Descartes

Abstract

A cosmological treatise (left unpublished for fear of Galileo’s fate) presenting a purely mechanical universe of matter and extension. It opens with an important epistemological argument: sensory ideas (such as light) do not resemble at all the physical causes that produce them.

Connections

Concetti: idea, esperienza, natura, causa, meccanicismo
Forme: trattato

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Chapitre premier

DE LA DIFFÉRENCE QUI EST ENTRE NOS SENTIMENTS ET LES CHOSES QUI LES PRODUISENT.

Me proposant de traiter ici de la lumière, la première chose dont je veux vous avertir est qu’il peut y avoir de la différence entre le sentiment que nous en avons, c’est-à-dire l’idée qui s’en forme en notre imagination par l’entremise de nos yeux, et ce qui est dans les objets qui produit en nous ce sentiment, c’est-à-dire ce qui est dans la flamme pu dans le soleil qui s’appelle du nom de lumière : car, encore que chacun se persuade communément que les idées que nous avons en notre pensée sont entièrement semblables aux objets dont elles procèdent, je ne vois point toutefois de raison qui nous assure que cela soit ; mais je remarque au contraire plusieurs expériences qui nous en doivent faire douter.

Vous savez bien que les paroles n’ayant aucune ressemblance avec les choses qu’elles signifient, ne laissent pas de nous les faire concevoir, et souvent même sans que nous prenions garde au son des mots ni à leurs syllabes ; en sorte qu’il peut arriver qu’après avoir ouï un discours dont nous aurons fort bien compris le sens, nous ne pourrons pas dire en quelle langue il aura été prononcé. Or si des mots qui ne signifient rien que par l’institution des hommes, suffisent pour nous faire concevoir des choses avec lesquelles ils n’ont aucune ressemblance, pourquoi la nature ne pourra-t-elle pas aussi avoir établi certain signe qui nous fasse avoir le sentiment de la lumière, bien que ce signe n’ait rien en soi qui soit semblable à ce sentiment ? Et n’est-ce pas ainsi qu’elle a établi les rires et les larmes, pour nous faire lire la joie et la tristesse sur le visage des hommes ?

Mais vous direz peut-être que nos oreilles ne nous font véritablement sentir que le son des paroles, ni nos yeux que la contenance de celui qui rit ou qui pleure, et que c’est notre esprit qui, ayant retenu ce que signifient ces paroles et cette contenance, nous le représente en même temps. A cela je pourrais répondre que c’est notre esprit tout de même qui nous représente l’idée de la lumière toutes les fois que l’action qui la signifie touche notre œil ; mais, sans perdre de temps à disputer, j’aurai plus tôt fait d’apporter un autre exemple.

Pensez-vous, lors même que nous ne prenons pas garde à la signification des paroles, et que nous entendons seulement leur son, que l’idée de ce son qui se forme en notre pensée soit quelque chose de semblable à l’objet qui en est la cause ? Un homme ouvre la bouche, remue la langue, pousse son haleine ; je ne vois rien en toutes ces actions qui ne soit fort différent de l’idée du son qu’elles nous font imaginer. Et la plupart des philosophes assurent que le son n’est autre chose qu’un certain tremblement d’air qui vient frapper nos oreilles ; en sorte que si le sens de l’ouïe rapportait à notre pensée la vraie image de son objet, il faudrait, au lieu de nous faire concevoir le son, qu’il nous fit concevoir le mouvement des parties de l’air qui tremble pour lors contre nos oreilles. Mais, parce que tout le monde ne voudra peut-être pas croire ce que disent les philosophes, j’apporterai encore un autre exemple.

L’attouchement est celui de tous nos sens que l’on estime le moins trompeur et le plus assuré ; de sorte que si je vous montre que l’attouchement même nous fait concevoir plusieurs idées qui ne ressemblent en aucune façon aux objets qui les produisent, je ne pense pas que vous deviez trouver étrange si je dis que la vue peut faire le semblable. Or il n’y a personne qui ne sache que les idées du chatouillement et de la douleur qui se forment en notre pensée à l’occasion des corps de dehors qui nous touchent, n’ont aucune ressemblance avec eux. On passe doucement une plume sur les lèvres d’un enfant qui s’endort, et il sent qu’on le chatouille : pensez-vous que l’idée du chatouillement qu’il conçoit ressemble à quelque chose de ce qui est en cette plume ? Un gendarme revient d’une mêlée ; pendant la chaleur du combat, il aurait pu être blessé sans s’en apercevoir, mais maintenant qu’il commence à se refroidir il sent de la douleur, il croit être blessé ; on appelle un chirurgien, on ôte ses armes, on le visite, et on trouve enfin que ce qu’il sentait n’était autre chose qu’une boucle ou une courroie qui, s’étant engagée sous ses armes, le pressait et l’incommodait. Si son attouchement, en lui faisant sentir cette courroie, en eût imprimé l’image en sa pensée, il n’aurait pas eu besoin d’un chirurgien pour l’avertir de ce qu’il sentait.

Or je ne vois point de raison qui nous oblige à croire que ce qui est dans les objets d’où nous vient le sentiment de la lumière, soit plus semblable à ce sentiment que les actions d’une plume et d’une courroie le sont au chatouillement et à la douleur ; et toutefois je n’ai point apporté ces exemples pour vous faire croire absolument que cette lumière est autre dans les objets que dans nos yeux, mais seulement afin que vous en doutiez, et que, vous gardant d’être préoccupé du contraire, vous puissiez maintenant mieux examiner avec moi ce qui en est.

Chapitre II

EN QUOI CONSISTE LA LUMIÈRE ET LA CHALEUR DU FEU.

Je ne connais au monde que deux sortes de : corps ; dans lesquels la lumière se trouve, à savoir les astres, et la flamme ou le feu ; et parce que les astres sont sans doute plus éloignés de la connaissance des hommes que n’est le feu ou la flamme, je tâcherai premièrement d’expliquer ce que je remarque touchant la flamme.

Lorsqu’elle brûle du bois, ou quelque autre semblable ; matière, nous pouvons voir à l’œil qu’elle remue les petites parties de ce bois, et les sépare l’une de l’autre, transformant ainsi les plus subtiles en feu, en air et en fumée, et laissant les plus grossières pour les cendres. Qu’un autre donc imagine, s’il veut, en ce bois la forme du feu, la qualité de la chaleur et l’action qui le brûle, comme des choses toutes diverses, pour moi, qui crains de me tromper si j’y suppose quelque chose de plus que ce que je vois nécessairement y devoir être, je me contente d’y concevoir le mouvement de ses parties : car mettez-y du feu, mettez-y de la chaleur, et faites qu’il brûle tant qu’il vous plaira, si vous ne supposez point avec cela qu’il y ait aucune de ses parties qui se remue, ni qui se détache de ses voisines, je ne me saurais imaginer qu’il reçoive aucune altération ni changement ; et au contraire, ôtez-en le feu, ôtez-en la chaleur, empêchez qu’il ne brûle, pourvu seulement que vous m’accordiez qu’il y a quelque puissance qui remue violemment les plus subtiles de ses parties, et qui les sépare des plus grossières, je trouve que cela seul pourra faire en lui tous les mêmes changements qu’on expérimente quand il brûle.

Or, d’autant qu’il ne me semble pas possible de concevoir qu’un corps en puisse remuer un autre, si ce n’est en se remuant aussi soi-même, je conclus de ceci que le corps de la flamme qui agit contre le bois est composé de petites parties qui se remuent séparément l’une de l’autre d’un mouvement très prompt et très violent, et qui, se remuant en cette sorte, poussent et remuent avec soi les parties des corps qu’elles touchent, et qui ne leur font point trop de résistance. Je dis que ses parties se remuent séparément l’une de l’autre, car encore que souvent elles s’accordent et conspirent plusieurs ensemble pour faire un même effet, nous voyons toutefois que chacune d’elles agit en son particulier contre les corps qu’elles touchent. Je dis aussi que leur mouvement est très prompt et très violent ; car, étant si petites que la vue ne nous les saurait faire distinguer, elles n’auraient pas tant de force qu’elles ont pour agir contre les autres corps, si la promptitude de leur mouvement ne récompensait le défaut de leur grandeur.

Chapter One

ON THE DIFFERENCE BETWEEN OUR FEELINGS AND THE THINGS THAT PRODUCE THEM.

Since I am proposing to discuss light here, the first thing I want to warn you about is that there may be a difference between the perception we have of it—that is, the idea that forms in our imagination through the medium of our eyes—and what actually exists within objects and produces this perception in us; in other words, what is contained within a flame or the sun and is referred to as “light.” For although everyone generally assumes that the ideas in our minds are entirely similar to the objects from which they originate, I see no reason to believe this to be true; on the contrary, there are several experiments that should lead us to doubt it.

You well know that words, since they bear no resemblance to the things they signify, cannot enable us to conceive those things; often, in fact, we do so without even paying attention to the sound of the words or their syllables. Thus, it may happen that after listening to a speech whose meaning we have fully understood, we are unable to say in what language it was spoken. Now, if words that signify nothing but through human conventions are sufficient to enable us to conceive things that bear no resemblance to them, why should nature not be able to establish certain signs that allow us to perceive the sensation of light, even though those signs themselves possess nothing in common with that sensation? Is it not precisely in this way that nature has created laughter and tears, so that we can read joy and sorrow on people’s faces?

But you might say that our ears actually only enable us to perceive the sound of words, and our eyes only allow us to see the expression of someone who is laughing or crying; it is our mind, then, that, having understood the meaning of these words and expressions, represents them to us. To this I would reply that it is still our mind that enables us to conceive the idea of light whenever the action that signifies it reaches our eye; but rather than wasting time on this debate, it would be quicker to provide another example.

Do you think that, even when we pay no attention to the meaning of words and merely hear their sound, the idea of that sound that forms in our minds is something similar to the object that causes it? A person opens their mouth, moves their tongue, and exhales; in all these actions, I see nothing that resembles in any way the sound that they make us imagine. Moreover, most philosophers claim that a sound is nothing more than a certain vibration of the air that reaches our ears; consequently, if the sense of hearing were to convey to our minds an accurate representation of its object, it would cause us to conceive not the sound itself, but rather the movement of the air particles that vibrate against our ears. However, since not everyone may be willing to believe what philosophers say, I will present another example.

Touch is among all our senses that one considers to be the least deceptive and the most reliable; therefore, if I were to show you that even touch allows us to form ideas that bear no resemblance to the objects that produce them, I don’t think you would find it strange if I claimed that sight could do the same. Yet everyone knows that the notions of tickling and pain that arise in our minds when external objects touch us have no actual connection with those objects. When one gently passes a feather over the lips of a sleeping child, the child feels being tickled—do you really think the notion of tickling that arises in his mind has any resemblance to the feather itself? Suppose a policeman returns from a fight; during the heat of the battle, he might have been injured without realizing it, but now, as the pain begins to manifest, he believes he is wounded. A surgeon is called, his weapons are removed, and upon examination, it is discovered that what he felt was merely a loop or strap that had become caught under his armor, causing pressure and discomfort. If touch, by enabling him to perceive this strap, had also imprinted its image in his mind, he would have never needed a surgeon to inform him of what was happening.

Or, I see no reason that would compel us to believe that what is contained within those objects from which we derive the sensation of light is in any way more similar to this sensation than the actions of a feather and a string are similar to the sensations of tickling and pain; yet I did not cite these examples with the intention of making you absolutely convinced that this light is different in those objects than it is in our eyes, but merely in order to make you doubt it. By avoiding preconceived opinions to the contrary, you will now be able to examine more carefully together with me what the truth actually is.

Chapter II

IN WHAT DO THE LIGHT AND THE HEAT OF FIRE Consist?

In this world, I know of only two kinds of entities in which light is present: namely, the stars, and flames or fire. Since the stars are undoubtedly much more distant from human understanding than fire or flames are, I will attempt first to explain what I observe regarding flames.

When it burns wood—or any similar substance—we can see with our eyes that it causes the tiny particles within the wood to move and separate from each other, transforming the more subtle elements into fire, air, and smoke, while leaving the coarser parts as ashes. Let someone else, if they wish, imagine that this wood possesses the form of fire, the quality of heat, and the force that causes it to burn—regarding these as entirely separate entities. As for me, who fear making mistakes by assuming anything more than what I necessarily observe to be present there, I am content to conceive only the movement of its constituent parts. For if you add fire or heat and make it burn as long as you please, so long as you do not assume that any of its parts move or separate from their neighbors, I cannot imagine that it undergoes any alteration or change at all. On the contrary, if you remove the fire and the heat and prevent it from burning—so long as you acknowledge that some force is at work, violently stirring the more subtle particles and separating them from the coarser ones—I believe that this alone would be sufficient to cause all the same changes in it as when it burns.

Or, since it seems to me impossible for one body to move another unless it moves itself as well, I conclude from this that the flame’s body, which acts upon the wood, is composed of tiny parts that move separately and rapidly, with great violence. In moving in this manner, these parts push and cause the surrounding bodies they touch to move along with them, without encountering much resistance. I say they move separately because, although often they coordinate their actions together to produce a single effect, we can still observe that each part acts individually upon the objects it touches. I also state that their movement is rapid and violent; for being so tiny that our eyes are unable to distinguish them, they would not possess such force were it not for the speed of their motion, which compensates for their small size.

Capitolo primo

Della differenza che esiste tra i nostri sentimenti e le cose che li generano.

Propormi di trattare qui della luce, la prima cosa di cui voglio avvertirvi è che può esserci una differenza tra la percezione che ne abbiamo, cioè l’immagine che ne si forma nella nostra mente attraverso i nostri occhi, e ciò che effettivamente si trova negli oggetti e che provoca in noi questa percezione, cioè ciò che si trova nella fiamma o nel sole e che viene chiamato “luce”. Infatti, sebbene tutti siano solitamente convinti che le idee che abbiamo nella nostra mente siano completamente simili agli oggetti da cui derivano, non vedo alcuna ragione che possa garantircelo; anzi, noto diverse esperienze che dovrebbero farci dubitare di ciò.

Sapete bene che le parole, poiché non hanno alcuna somiglianza con le cose che significano, non ci permettono di concepire tali cose; spesso, anzi, non prestiamo nemmeno attenzione al suono delle parole o alle loro sillabe. Per questo può accadere che, dopo aver ascoltato un discorso il cui senso abbiamo ben compreso, non riusciamo a dire in quale lingua sia stato pronunciato. Ora, se parole che significano qualcosa soltanto grazie all’istituzione umana sono sufficienti per farci concepire cose con cui non hanno alcuna somiglianza, perché allora la natura non potrebbe aver creato segni in grado di farci percepire la luce, anche se tali segni, in sé, non hanno nulla in comune con tale sensazione? E non è forse proprio così che ha creato il riso e le lacrime, per farci comprendere la gioia e la tristezza attraverso l’espressione del volto umano?

Ma forse direte che le nostre orecchie ci fanno percepire soltanto il suono delle parole, e i nostri occhi soltanto l’espressione di chi ride o piange; è quindi la nostra mente, che, avendo ricordato il significato di quelle parole e di quell’espressione, ce le rappresenta. A questo potrei rispondere che è comunque la nostra mente a rappresentarci l’idea della luce ogni volta che l’azione che la simboleggia raggiunge il nostro occhio; ma, senza perdere tempo in discussioni, sarebbe più semplice fornire un altro esempio.

Ritenete che, anche quando non prestiamo attenzione al significato delle parole e ascoltiamo soltanto il loro suono, l’idea di quel suono che si forma nella nostra mente sia qualcosa di simile all’oggetto che ne è la causa? Un uomo apre la bocca, muove la lingua, esala il respiro; in tutte queste azioni non vedo nulla che possa essere paragonato all’idea del suono che ci vengono fatte immaginare. Inoltre, la maggior parte dei filosofi afferma che il suono non sia altro che un certo movimento dell’aria che colpisce le nostre orecchie; quindi, se il senso dell’udito trasmettesse alla nostra mente l’immagine reale dell’oggetto che lo produce, ciò che ci farebbe concepire sarebbe il movimento delle parti dell’aria che si muovono contro le nostre orecchie, e non il suono stesso. Tuttavia, poiché forse non tutti sono disposti a credere in quanto dicono i filosofi, vi presenterò un altro esempio.

Il contatto fisico è quello di tutti i nostri sens che riteniamo meno ingannevole e più affidabile; pertanto, se vi dimostro che anche il contatto fisico ci fa concepire idee che in alcun modo non assomigliano agli oggetti che le generano, non credo che trovereste strano se affermassi che anche la vista può fare lo stesso. Ora, nessuno ignora che le idee di solletico e di dolore che si formano nella nostra mente in seguito al contatto con oggetti esterni non hanno alcuna somiglianza con tali oggetti. Si passa dolcemente una penna sulle labbra di un bambino che sta per addormentarsi, e lui sente di essere solleticato: pensate davvero che l’idea di solletico che si forma nella sua mente assomigli a qualcosa che si trovi in quella penna? Un poliziotto torna da una rissa; durante lo scontro intenso potrebbe essere stato ferito senza accorgersene, ma ora, man mano che il dolore inizia ad aumentare, crede di essere ferito; viene chiamato un chirurgo, gli vengono rimosse le armi e dopo un esame si scopre che ciò che provava non era altro che una fibbia o una cinghia che, essendosi incastrata sotto le sue armi, lo premeva e gli causava disagio. Se il contatto fisico, facendogli percepire questa cinghia, ne avesse impresso l’immagine nella sua mente, non avrebbe avuto bisogno di un chirurgo per fargli comprendere ciò che provava.

Ora, non vedo alcuna ragione che ci obblighi a credere che ciò che si trova negli oggetti da cui deriva la sensazione della luce sia più simile a questa sensazione di quanto lo siano le azioni di una penna e di una corda rispetto al formicolio e al dolore; tuttavia, non ho fornito questi esempi per farvi credere assolutamente che questa luce sia diversa negli oggetti rispetto ai nostri occhi, ma soltanto affinché ne dubitaste, e che, evitando di essere influenzati dal contrario, poteste ora esaminare più attentamente con me la verità su questo argomento.

Capitolo II

In cosa consistono la luce e il calore del fuoco?

Nel mondo esistono soltanto due tipi di cose: i corpi, nei quali risiede la luce, ovvero gli astri; e la fiamma o il fuoco. Poiché gli astri sono sicuramente più lontani dalla comprensione umana di quanto lo siano il fuoco o la fiamma, cercherò innanzitutto di spiegare ciò che osservo riguardo alla fiamma.

Quando questo legno viene bruciato, o una materia simile, possiamo osservare con i nostri occhi che le sue parti più sottili si muovono e si separano l’una dall’altra, trasformandosi così in fuoco, aria e fumo, mentre quelle più grossolane diventano ceneri. Che qualcun altro, se vuole, immagini in questo legno la forma del fuoco, la proprietà del calore e l’azione che lo fa bruciare; per me, tuttavia, che temo di sbagliarmi se ipotizzo qualcosa di più di ciò che vedo necessariamente esserci, mi basta concepire il movimento delle sue parti. Poiché, anche se vi mettete del fuoco o del calore e lo fate bruciare quanto volete, purché non si supponga che alcuna delle sue parti si muova o si stacchi da quelle vicine, non riesco a immaginare che subisca alcun cambiamento. Al contrario, se togliete il fuoco e il calore e impedite che bruci, basta che ammettiate l’esistenza di una forza capace di muovere violentemente le parti più sottili e di separarle da quelle più grossolane; allora ritengo che sia proprio questa forza a causare in esso tutti i cambiamenti che osserviamo quando brucia.

Oltre a ciò, poiché non mi sembra possibile concepire che un corpo possa muovere un altro se non muovendosi esso stesso, concludo che il corpo della fiamma che agisce sul legno sia composto da piccole parti che si muovono l’una dall’altra con un movimento molto rapido e violento; tali parti, muovendosi in questo modo, spingono e muovono insieme le parti dei corpi che toccano, senza opporre loro troppa resistenza. Dico che queste parti si muovono l’una dall’altra, perché sebbene spesso si coordinino e agiscano insieme per produrre lo stesso effetto, è evidente che ciascuna di esse agisce in modo indipendente sui corpi che tocca. Affermo anche che il loro movimento sia molto rapido e violento; poiché essendo così piccole da essere invisibili a occhio nudo, non avrebbero tanta forza per agire sugli altri corpi, se non fosse per la rapidità del loro movimento, che compensa la loro piccola dimensione.

Je n’ajoute point de quel côté chacune se remue ; car, si vous considérez que la puissance de se mouvoir, et celle qui détermine de quel côté le mouvement se doit faire, sont deux choses toutes diverses, et qui peuvent être l’une sans l’autre (ainsi que j’ai expliqué au discours second de la Dioptrique), vous jugerez aisément que chacune se remue en la façon qui lui est rendue moins difficile par la déposition des corps qui l’environnent, et que dans la même flamme il peut y avoir des, parties qui aillent en haut et d’autres en bas, tout droit et en rond, et de tous côtés, sans que cela change rien de sa nature ; en sorte que si vous les voyez tendre en haut presque toutes, il ne faut pas penser que ce soit pour autre raison, sinon parce que les autres corps qui les touchent se trouvent presque toujours disposés à leur faire plus de résistance de tous les autres côtés.

Mais, après avoir reconnu que les parties de la flamme se remuent en cette sorte, et qu’il suffit de concevoir ses mouvements pour comprendre comment elle a la puissance de consumer le bois et de brûler, examinons, je vous prie, si le même ne suffirait point aussi pour nous faire comprendre comment elle nous échauffe et comment elle nous éclaire : car, si cela se trouve, il ne sera pas nécessaire qu’il y ait en elle aucune autre qualité, et nous pourrons dire que c’est ce mouvement seul qui, selon les différents effets qu’il produit, s’appelle tantôt chaleur et tantôt lumière.

Or, pour ce qui est de la chaleur, le sentiment que nous en avons peut, ce me semble, être pris pour une espèce de douleur quand il est violent, et quelquefois pour une espèce de chatouillement quand il est modéré ; et comme nous avons déjà dit qu’il n’y a rien hors de notre pensée qui soit semblable aux idées que nous concevons du chatouillement et de la douleur, nous pouvons bien croire aussi qu’il n’y a rien qui soit semblable à celle que nous concevons de la chaleur, mais que tout ce qui peut remuer diversement les petites parties de nos mains, ou de quelque autre endroit de notre corps, peut exciter en nous ce sentiment : même plusieurs expériences favorisent cette opinion ; car en se frottant seulement les mains, on les échauffe, et tout autre corps peut aussi être échauffé sans être mis auprès du feu, pourvu seulement qu’il soit agité et ébranlé en telle sorte que plusieurs de ses petites parties se remuent et puissent remuer avec soi celles de nos mains.

Pour ce qui est de la lumière, on peut bien aussi concevoir que le même mouvement qui est dans la flamme suffît pour nous la faire sentir ; mais parce que c’est en ceci que consiste la principale partie de mon dessein, je veux tâcher de l’expliquer au long, et reprendre mon discours de plus haut.

Chapitre III

DE LA DURETÉ ET DE LA LIQUIDITÉ.

Je considère qu’il y a une infinité de divers mouvements qui durent perpétuellement dans le monde ; et après avoir remarqué les plus grands, qui font les jours, les mois et les années, je prends garde que les vapeurs de la terre ne cessent point de monter vers les nuées et d’en descendre, que l’air est toujours agité par les vents, que la mer n’est jamais en repos, que les fontaines et les rivières coulent sans cesse, que les plus fermes bâtiments tombent enfin en décadence, que les plantes et les animaux ne font que croître ou se corrompre ; bref, qu’il n’y a rien en aucun lieu qui ne se change : d’où je connais évidemment que ce n’est pas dans la flamme seule qu’il y a quantité de petites parties qui ne cessent point de se mouvoir ; mais qu’il y en a aussi dans tous les autres corps, encore que leurs actions ne soient pas si violentes, et qu’à cause de leur petitesse elles ne puissent être aperçues par aucun de nos sens.

Je ne m’arrête pas à chercher la cause de leurs mouvements ; car il me suffit de penser qu’elles ont commencé à se mouvoir aussitôt que le monde a commencé d’être ; et cela étant, je trouve par mes raisons qu’il est impossible que leurs mouvements cessent jamais, ni même qu’ils changent autrement que de sujet ; c’est-à-dire que la vertu ou la puissance de se mouvoir soi-même, qui se rencontre dans un corps, peut bien passer toute ou partie dans un autre, et ainsi n’être plus dans le premier, mais qu’elle ne peut pas n’être plus du tout dans le monde. Mes raisons, dis-je, me satisfont assez là-dessus, mais je n’ai pas encore occasion de vous les dire ; et cependant vous pouvez imaginer, si bon vous semble, ainsi que font la plupart des doctes, qu’il y a quelque premier mobile qui, roulant autour du monde avec une vitesse incompréhensible, est l’origine et la source de tous les autres mouvements qui s’y rencontrent.

Or, ensuite de cette considération, il y a moyen d’expliquer la cause de tous les changements qui arrivent dans le monde, et de toutes les variétés qui paraissent sur la terre ; mais je me contenterai ici de parler de celles qui servent à mon sujet.

La différence qui est entre les corps durs et ceux qui sont liquides, est la première que je désire que vous remarquiez ; et, pour cet effet, pensez que chaque corps peut être divisé en des parties extrêmement petites. Je ne veux point déterminer si leur nombre est infini ou non ; mais du moins il est certain qu’à l’égard de notre connaissance, il est indéfini, et que nous pouvons supposer qu’il y en a plusieurs millions dans le moindre petit grain de sable qui puisse être aperçu de nos yeux.

Et remarquez que si deux de ces petites parties s’entre-touchent sans être en action, pour s’éloigner l’une de l’autre, il est besoin de quelque force pour les séparer, si peu que ce puisse être ; car, étant une fois ainsi posées, elles ne s’aviseraient jamais d’elles-mêmes de se mettre autrement. Remarquez aussi qu’il faut deux fois autant de force pour en séparer deux que pour en séparer une, et mille fois autant pour en séparer mille ; de sorte que s’il en faut séparer plusieurs millions tout à la fois, comme il faut peut-être faire pour rompre un seul cheveu, ce n’est pas merveille s’il fout une force assez sensible.

Au contraire, si deux ou plusieurs de ces petites parties se touchent seulement en passant, et lorsqu’elles sont en action pour se mouvoir, l’une d’un côté, l’autre de l’autre, il est certain qu’il faudra moins de force pour les séparer que si elles étaient tout à fait sans mouvement, et, même qu’il n’y en faudra point du tout si le mouvement avec lequel elles se peuvent séparer d’elles-mêmes est égal ou plus grand que celui avec lequel on les veut séparer. Or je ne trouve point d’autre différence entre les corps durs et les corps liquides, sinon que les parties des uns peuvent être séparées d’ensemble beaucoup plus aisément que celles des autres. De sorte que, pour composer le corps le plus dur qui puisse être imaginé, je pense qu’il suffit que toutes ses parties se touchent, sans qu’il reste d’espace entre deux, ni qu’aucune d’elles soient en action pour se mouvoir ; car quelle colle ou quel ciment y pourrait-on imaginer outre cela pour les mieux faire tenir l’une à l’autre ?

Je pense aussi que c’est assez pour composer le corps le plus liquide qui se puisse trouver, si toutes ses plus petites parties se remuent le plus diversement l’une de l’autre et le plus vite qu’il est possible, encore qu’avec cela elles ne laissent pas de se pouvoir toucher l’une l’autre de tous côtés, et se ranger en aussi peu d’espace que si elles étaient sans mouvement. Enfin, je crois que chaque corps approche plus ou moins de ces deux extrémités, selon que ses parties sont plus ou moins en action pour s’éloigner l’une de l’autre ; et toutes les expériences sur lesquelles je jette les yeux me confirment en cette opinion.

La flamme, dont j’ai déjà dit que toutes les parties sont perpétuellement agitées, est non seulement liquide, mais aussi elle rend liquides la plupart des autres corps. Et remarquez que quand elle fond les métaux, elle n’agit pas avec une autre puissance que quand elle brûle du bois ; mais, parce que les parties des métaux sont à peu près égales, elle ne les peut remuer l’une sans l’autre, et ainsi elle en compose des corps tout liquides, au lieu que les parties du bois sont tellement inégales, qu’elle en peut séparer les plus petites et les rendre liquides, c’est-à-dire les faire voler en fumée, sans agiter ainsi les plus grosses.

I make no mention of in which direction each part moves; for if you consider that the power to move itself, and the force that determines in which direction the movement should take place, are two entirely different things that can exist independently of each other (as I explained in the second discourse on Dioptrics), you will easily understand that each part moves in the way that is least obstructed by the surrounding bodies. Moreover, within the same flame, some parts may move upward while others move downward, straight ahead or in circles, in all directions—without this altering their essential nature in the slightest. Therefore, if you observe that almost all of them tend to move upward, you should not assume that there is any other reason for this, except that the surrounding bodies almost always present greater resistance to their movement in all other directions.

But after having recognized that the various parts of a flame move in such a manner, and that it is sufficient to understand these movements in order to comprehend how the flame possesses the power to consume wood and burn, let us please examine whether the same approach might not also help us understand how the flame warms us and illuminates us. For if this is indeed the case, it will be unnecessary for the flame to possess any other qualities; we can then say that it is merely these movements alone—which, depending on the effects they produce, are called heat or light.

Or, as regards heat, the sensation that we experience of it can, in my opinion, be mistaken for a kind of pain when it is intense, and sometimes for a sort of tickling when it is mild. And since we have already stated that nothing outside our thoughts resembles the ideas we form regarding tickling and pain, we may well believe that nothing exists that resembles the concept we have of heat either. Nevertheless, anything that can cause various movements in the small parts of our hands or some other part of our body can provoke this sensation in us. Indeed, several experiments support this view; for simply rubbing our hands together can warm them, and any other object can also be heated without being placed near fire, so long as it is moved and shaken in such a way that its small parts are agitated and can thereby cause the corresponding movements in the parts of our hands.

As for light, it is also conceivable that the very same motion that is present in the flame is sufficient to make us perceive it; but since this constitutes the main part of my intention, I would like to attempt to explain it in detail and resume my discussion from earlier on.

Chapter III

ON DURITY AND LIQUIDITY.

I believe that there are an infinite number of various movements that continually take place in the world; and after observing those most prominent among them—those that constitute days, months, and years—I realize that the vapors from the earth never cease rising into the clouds and descending back again, that the air is always stirred by winds, that the sea is never at rest, that fountains and rivers flow incessantly, that even the strongest buildings eventually fall into decay, and that plants and animals are either in a state of growth or decomposition. In short, I am certain that nothing remains unchanged in any place. From this, it is evident to me that it is not only within flames that there exist countless tiny particles that are constantly in motion; but that these particles also exist throughout all other matter, albeit their movements are not as intense, and because of their minuteness, they cannot be perceived by any of our senses.

I do not bother to seek the cause of their movements; for it is sufficient for me to consider that they began moving as soon as the world itself came into existence. Given this, I conclude through reasoning that it is impossible for these movements to ever cease, nor can they change in any way other than in regard to their subject matter. In other words, the ability or power to move inherent in a particular body may indeed be transferred in whole or in part to another body, so that it no longer resides in the first one; but it is absolutely impossible for such ability to cease existing at all within the world. My reasoning satisfies me on this point, but I have not yet had the opportunity to present it to you. Nevertheless, you may imagine, as most scholars do, that there exists some primary mover that revolves around the world at an incomprehensible speed, and that this mover is the origin and source of all other movements that occur within it.

Or, following this line of thought, it is possible to explain the cause of all the changes that occur in the world, as well as all the variations that appear on earth; but here I will limit my discussion to those that are relevant to my subject.

The difference between solid bodies and liquid bodies is the first point I wish you to notice; for this purpose, consider that every body can be divided into extremely small parts. I do not intend to determine whether their number is infinite or not; but it is certainly true that, as far as our knowledge goes, that number is indefinite, and we may assume that there are millions of such parts in even the smallest grain of sand that our eyes can perceive.

And note that if two of these small parts come into contact with each other without being in motion, some force is required to separate them—even if it is only a slight force; for once in such a position, they would never on their own decide to change their arrangement. Also, notice that twice as much force is needed to separate two of these parts as to separate one, and a thousand times as much force to separate a thousand of them; hence, if it is necessary to separate several million of them at once—perhaps even to break just one single hair—it is not surprising that such an immense amount of force is required.

On the contrary, if two or more of these small parts merely come into contact as they move past each other, and when they act to cause movement—one on one side and the other on the opposite side—it is certain that less force will be required to separate them than if they were completely motionless. In fact, no force at all might be needed if the motion that allows them to separate on their own is equal to or greater than the force applied from outside to separate them. Now, I see no other difference between solid bodies and liquid bodies than that the parts of solids can be separated much more easily than those of liquids. Therefore, to construct the hardest body imaginable, I believe it would be sufficient for all its parts to be in contact with each other, without any space between them, and for none of them to be in motion; for what kind of glue or binder could possibly be used to hold them together more securely than this?

I also believe that this is sufficient to constitute the most fluid substance possible, provided that all its smallest parts move in the most diverse ways and at the fastest speed possible—yet even so, they are still able to touch each other on all sides and fit into as little space as if they were motionless. Finally, I think that every substance more or less approaches these two extremes, depending on the extent to which its parts are active in moving away from each other; and all the experiments I have observed confirm this view of mine.

The flame, about which I have already said that all its parts are constantly in motion, is not only liquid itself, but it also turns most other substances into liquids. Notice that when it melts metals, it exerts no different force than when it burns wood; however, because the parts of metals are relatively equal in size, the flame cannot separate them without affecting each other at the same time. As a result, metals become entirely liquid. In contrast, the parts of wood are so uneven in size that the flame can separate the smaller portions and turn them into liquids—that is, it can cause them to burn and produce smoke—but it cannot affect the larger portions in the same way.

Non aggiungo da quale parte cada ciascuna di queste parti; poiché, se considerate che la capacità di muoversi e quella che determina in quale direzione avvenga il movimento sono due cose del tutto diverse e possono esistere l’una senza l’altra (come ho spiegato nel secondo discorso della “Diottrica”), comprenderete facilmente che ciascuna di queste parti si muove nella maniera che le viene resa meno difficile dalle strutture dei corpi che la circondano. E in una stessa fiamma possono esserci parti che si muovono verso l’alto e altre verso il basso, dritte o curve, in tutte le direzioni, senza che ciò alteri minimamente la loro natura. Quindi, se vedete che quasi tutte queste parti tendono verso l’alto, non dovete pensare che ci sia una ragione diversa da questa: semplicemente perché gli altri corpi che le toccano sono quasi sempre disposti a opporre loro maggiore resistenza in tutte le altre direzioni.

Ma, dopo aver riconosciuto che le parti della fiamma si muovono in questo modo e che basta comprendere i loro movimenti per capire come abbiano la capacità di consumare il legno e di bruciare, esaminiamo, vi prego, se lo stesso non basti anche a farci comprendere come ci riscaldino e come ci illuminino: perché, se così fosse, non sarebbe necessario che nella fiamma esistesse alcuna altra qualità, e potremmo dire che sia proprio questo movimento, a seconda degli effetti diversi che produce, a essere chiamato a volte calore e a volte luce.

Ora, per quanto riguarda il calore, il senso che ne abbiamo può, a mio parere, essere considerato una sorta di dolore quando è intenso, e talvolta una sorta di solletico quando è moderato; e poiché abbiamo già detto che non esiste nulla al di fuori del nostro pensiero che sia simile alle idee che concepiamo riguardo al solletico e al dolore, possiamo ben credere che non esista nulla che sia simile a quella che abbiamo riguardo al calore, ma che tutto ciò che può muovere in modo diverso le piccole parti delle nostre mani, o di qualche altro parte del nostro corpo, possa suscitare in noi questo senso; anzi, diverse esperienze confermano questa opinione: infatti, semplicemente strofinandosi le mani, si riesce a riscaldarle, e qualsiasi altro corpo può essere riscaldato senza essere messo vicino al fuoco, purché venga agitato e scosso in modo tale che molte delle sue piccole parti si muovano e possano così muovere anche quelle delle nostre mani.

Per quanto riguarda la luce, si può ben immaginare che lo stesso movimento presente nella fiamma sia sufficiente a farla percepire; ma poiché questa è la parte principale del mio intento, vorrei cercare di spiegarla in dettaglio e riprendere il mio discorso da capo.

Capitolo III

Della durezza e della liquidità.

Ritengo che esistano un’infinità di movimenti diversi che continuano incessantemente nel mondo; e dopo aver osservato i più evidenti, quelli che determinano il sorgere dei giorni, dei mesi e degli anni, mi rendo conto che le vapori della terra non smettono mai di salire verso le nuvole e di discenderne, che l’aria è sempre agitata dai venti, che il mare non conosce mai riposo, che fontane e fiumi scorrono senza sosta, che anche i edifici più solidi finiscono per decadere, e che piante e animali continuano a crescere o a deteriorarsi; in breve, che nulla, in nessun luogo, rimane immutato. Da ciò concludo chiaramente che non è soltanto nella fiamma che esistono numerose particelle in movimento costante; ma anche in tutti gli altri corpi, sebbene le loro azioni siano meno intense e, a causa della loro piccolezza, non possano essere percepite dai nostri sensi.

Non mi soffermo a cercare la causa dei loro movimenti; poiché mi basta pensare che essi abbiano iniziato a muoversi non appena il mondo è sorto all’esistenza; e, data questa considerazione, con le mie ragioni arrivo alla conclusione che sia impossibile che tali movimenti cessino mai, né che cambino in alcun modo, se non nel soggetto su cui avvengono; in altre parole, la capacità o la forza di muoversi, che è intrinseca a un corpo, può certamente passare interamente o in parte in un altro corpo, e quindi cessare di esistere nel primo, ma non può assolutamente scomparire dal mondo. Le mie ragioni mi soddisfano pienamente su questo punto, ma non ho ancora l’occasione di esporle a voi; tuttavia potete immaginare, come fanno la maggior parte degli studiosi, che esista qualche primo motore che, ruotando attorno al mondo con una velocità incomprensibile, sia l’origine e la fonte di tutti gli altri movimenti che vi si verificano.

Inoltre, sulla base di questa considerazione, è possibile spiegare la causa di tutti i cambiamenti che avvengono nel mondo e di tutte le varietà che appaiono sulla terra; ma mi limiterò a parlare di quelle che riguardano il mio argomento.

La differenza che esiste tra i corpi duri e quelli liquidi è la prima che desidero vi facciate notare; e a tale scopo, pensate che ogni corpo possa essere diviso in parti estremamente piccole. Non intendo stabilire se il loro numero sia infinito o meno; ma almeno è certo che, per quanto riguarda la nostra conoscenza, tale numero è indefinito, e possiamo supporre che ci siano diversi milioni di queste parti nel più piccolo granello di sabbia che i nostri occhi possano vedere.

E notate che se due di queste piccole parti si toccano tra loro senza essere in movimento, per allontanarsi l’una dall’altra è necessaria una qualche forza per separarle, anche se minima; infatti, una volta posizionate in quel modo, non penserebbero mai da sole a cambiare posizione. Notate anche che per separare due di queste parti serve il doppio della forza necessaria per ne separare una, e mille volte tanto per ne separare mille; quindi, se bisogna separarne milioni tutte insieme – come potrebbe essere necessario per spezzare un singolo capello – non sorprende affatto che ci voglia una forza considerevole.

Al contrario, se due o più di queste piccole parti si toccano soltanto durante il loro movimento, è certo che sarà necessaria meno forza per separarle rispetto al caso in cui non si muovessero affatto; anzi, potrebbe non essere necessaria alcuna forza se il movimento con cui esse possono separarsi da sole è uguale o maggiore di quello con cui si vuole separarle. Non trovo dunque alcuna differenza tra i corpi solidi e quelli liquidi, se non nel fatto che le parti dei primi possono essere separate molto più facilmente rispetto a quelle dei secondi. Pertanto, per comporre il corpo più solido che si possa immaginare, penso sia sufficiente che tutte le sue parti si tocchino l’una con l’altra, senza lasciare alcuno spazio tra di esse e senza che nessuna di esse si muova; infatti, quale colla o legame potrebbe essere utilizzato per farle aderire meglio l’una all’altra?

Penso anche che ciò sia sufficiente per formare il corpo più “liquido” possibile, purché tutte le sue parti più piccole si muovano in modi diversi e il più rapidamente possibile; tuttavia, nonostante ciò, esse possono comunque toccarsi su tutti i lati e disporsi in uno spazio tanto ristretto quanto se fossero immobili. Infine, credo che ogni corpo si avvicini, più o meno, a queste due estremità, a seconda che le sue parti si muovano di più o di meno per allontanarsi l’una dall’altra; tutte le esperienze che ho osservato confermano questa mia opinione.

La fiamma, di cui ho già detto che tutte le sue parti sono costantemente in movimento, non è solo liquida, ma rende anche liquidi la maggior parte degli altri corpi. Notate inoltre che, quando fonde i metalli, non agisce con una forza diversa da quella con cui brucia il legno; tuttavia, poiché le parti dei metalli sono più o meno uguali tra loro, la fiamma non può muoverle separatamente, e di conseguenza ne forma corpi completamente liquidi. Al contrario, le parti del legno sono così disomogenee che la fiamma riesce a separare le parti più piccole e a renderle liquide, cioè a farle trasformare in fumo, senza influenzare in alcun modo le parti più grandi.

Après la flamme, il n’y a rien de plus liquide que l’air, et l’on peut voir à l’œil que ses parties se remuent séparément l’une de l’autre ; car si vous daignez regarder ces petits corps qu’on nomme communément des atomes, et qui paraissent aux rayons du soleil, vous les verrez, lors même qu’il n’y aura point de vent qui les agite, voltiger incessamment çà et là en mille façons différentes. On peut aussi éprouver le semblable en toutes les liqueurs les plus grossières, si l’on en mêle de diverses couleurs l’une parmi l’autre afin de mieux distinguer leurs mouvements. Et enfin cela paraît très clairement dans les eaux-fortes, lorsqu’elles remuent et séparent les parties de quelque métal.

Mais vous me pourriez demander en cet endroit-ci pourquoi, si c’est le seul mouvement des parties de la flamme qui fait qu’elle brûle et qu’elle est liquide, le mouvement des parties de l’air, qui le rend aussi extrêmement liquide, ne lui donne-t-il pas tout de même la puissance de brûler, mais au contraire il fait que nos mains ne le peuvent presque sentir. A quoi je réponds qu’il ne faut pas seulement prendre garde à la vitesse du mouvement, mais aussi à la grosseur des parties, et que ce sont les plus petites qui font les corps les plus liquides, mais que ce sont les plus grosses qui ont le plus de force pour brûler, et généralement pour agir contre les autres corps.

Remarquez en passant que je prends ici, et que je prendrai toujours ci-après pour une seule partie, tout ce qui est joint ensemble et qui n’est point en action pour se séparer, encore que celles qui ont tant soit peu de grosseur puissent aisément être divisées en beaucoup d’autres plus petites ; ainsi un grain de sable, une pierre, un rocher, et toute la terre même, pourra ci-après être prise pour une seule partie, en tant que nous n’y considérerons qu’un mouvement tout simple et tout égal.

Or, entre les parties de l’air, s’il y en a de fort grosses en comparaison des autres, comme sont ces atomes qui s’y voient, elles se remuent aussi fort lentement, et s’il y en a qui se remuent plus vite, elles sont aussi plus petites ; mais, entre les parties de la flamme, s’il y en a de plus petites que dans l’air, il y en a aussi de plus grosses, ou du moins il y en a un plus grand nombre d’égales aux plus grosses de celles de l’air, qui avec cela se remuent beaucoup plus vite, et ce ne sont que ces dernières qui ont la puissance de brûler.

Qu’il y en ait de plus petites, on le peut conjecturer de ce qu’elles pénètrent au travers de plusieurs corps, dont les pores sont si étroits que l’air même n’y peut entrer ; qu’il y en ait ou de plus grosses ou d’aussi grosses en plus grand nombre, on le voit clairement en ce que l’air seul ne suffit pas pour la nourrir ; qu’elles se remuent plus vite, la violence de leur action nous le fait assez éprouver ; et enfin que ce soient les plus grosses de ces parties qui ont la puissance de brûler, et non point les autres, il paraît en ce que la flamme qui sort de l’eau-de-vie ou des autres corps fort subtils ne brûle presque point, et qu’au contraire celle qui s’engendre dans les corps durs et pesants est fort ardente.

Chapitre IV

DU VIDE ; ET D’OÙ VIENT QUE NOS SENS N’APERÇOIVENT PAS CERTAINS CORPS.

Mais il faut examiner plus particulièrement pourquoi l’air étant un corps aussi bien que les autres, ne peut pas aussi bien qu’eux être senti, et par même moyen nous délivrer d’une erreur dont nous avons été préoccupés dès notre enfance, lorsque nous avons cru qu’il n’y avait point d’autres corps autour de nous que ceux qui pouvaient être sentis : et ainsi que si l’air en était un, parce que nous le sentions quelque peu, il ne devait pas au moins être si matériel ni si solide que ceux que nous sentions davantage.

Touchant quoi je désire premièrement que vous remarquiez que tous les corps, tant durs que liquides, sont faits d’une même matière, et qu’il est impossible de concevoir que les parties de cette matière composent jamais un corps plus solide, ni qui occupe moins d’espace qu’elles font lorsque chacune d’elles est touchée de tous côtés par les autres qui l’environnent ; d’où il suit, ce me semble, que s’il peut y avoir du vide quelque part, ce doit plutôt être dans les corps durs que dans les liquides : car il est évident que les parties de ceux-ci se peuvent bien plus aisément presser et agencer l’une contre l’autre, à cause qu’elles se remuent, que ne font pas celles des autres qui sont sans mouvement.

Si vous mettez, par exemple, de la poudre en quelque vase, vous le secouez, et frappez contre, pour faire qu’il y en entre davantage ; mais si vous y versez quelque liqueur, elle se range incontinent d’elle-même en aussi peu de lieu qu’on la peut mettre. Et même si vous considérez sur ce sujet quelques-unes des expériences dont les philosophes ont accoutumé de se servir pour montrer qu’il n’y a point de vide en la nature, vous connaîtrez aisément que tous ces espaces que le peuple estime vides, et où nous ne sentons que de l’air, sont du moins aussi remplis, et remplis de la même matière que ceux où nous sentons les autres corps.

Car dites-moi, je vous prie, quelle apparence y aurait-il que la nature fit monter les corps les plus pesants, et rompre les plus durs, ainsi qu’on expérimente qu’elle fait en certaines machines, plutôt que de souffrir qu’aucune de leurs parties cessent de s’entre-toucher, ou de toucher à quelques autres corps, et qu’elle permît cependant que les parties de l’air, qui sont si faciles à plier et à s’agencer de toutes manières, demeurassent les unes auprès des autres sans s’entre-toucher de tous côtés, ou bien sans qu’il y eût quelque autre corps parmi elles auquel elles touchassent ? Pourrait-on bien croire que l’eau qui est dans un puits dût monter en haut contre son inclination naturelle, afin seulement que le tuyau d’une pompe soit rempli, et penser que l’eau qui est dans les nues ne dût point descendre, pour achever de remplir les espaces qui sont ici-bas, s’il y avait tant soit peu de vide entre les parties des corps qu’ils contiennent ?

Mais vous me pourriez proposer ici une difficulté qui est assez considérable ; c’est à savoir que les parties qui composent les corps liquides ne peuvent pas, ce semble, se remuer incessamment comme j’ai dit qu’elles font, si ce n’est qu’il se trouve de l’espace vide parmi elles, au moins dans les lieux d’où elles sortent à mesure qu’elles se remuent ; à quoi j’aurais de la peine à répondre, si je n’avais reconnu, par diverses expériences, que tous les mouvements qui se font au monde sont en quelque façon circulaires, c’est-à-dire que, quand un corps quitte sa place, il entre toujours en celle d’un autre, et celui-ci en celle d’un autre, et ainsi de suite jusqu’au dernier, qui occupe au même instant le lieu délaissé par le premier, en sorte qu’il ne se trouve pas davantage de vide parmi eux lorsqu’ils se remuent que lorsqu’ils sont arrêtés. Et remarquez ici qu’il n’est point pour cela nécessaire que toutes les parties des corps qui se remuent ensemble soient exactement disposées en rond comme un vrai cercle, ni même qu’elles soient de pareille grosseur et figure ; car ces inégalités peuvent aisément être compensées par d’autres inégalités qui se trouvent en leur vitesse.

Or nous ne remarquons pas communément ces mouvements circulaires quand les corps se remuent en l’air, parce que nous sommes accoutumés de ne concevoir l’air que comme un espace vide ; mais voyez nager des poissons dans le bassin d’une fontaine, s’ils ne s’approchent point trop près de la surface de l’eau, ils ne la feront point du tout branler, encore qu’ils passent dessous avec une très grande vitesse ; d’où il paraît manifestement que l’eau qu’ils poussent devant eux ne pousse pas indifféremment toute l’eau du bassin, mais seulement celle qui peut mieux servir à parfaire le cercle de leur mouvement, et rentrer en la place qu’ils abandonnent.

After fire, nothing is more liquid than air, and it is evident to the eye that its various parts move independently of each other; for if you take the time to observe those tiny particles commonly called atoms, which become visible when exposed to sunlight, you will see them constantly moving about in countless different ways, even in the absence of any wind to disturb them. The same phenomenon can be observed in the thickest liquids as well, especially when different colored substances are mixed together to make their movements more apparent. Lastly, this effect is very clearly visible in engravings, where the chemicals used cause the metal surfaces to separate and move.

But you might ask me at this point why, if it is only the movement of the parts of a flame that causes it to burn and to be in a liquid state, then why doesn’t the movement of the parts of air, which also makes it extremely liquid, give it the power to burn? On this, I would say that we must not only consider the speed of the movement but also the size of the particles involved. It is the smallest particles that make substances the most liquid, while the largest particles possess the greatest capacity to burn and, in general, to interact with other substances.

Incidentally, note that I consider here—and will always consider in the following context—as a single entity everything that is joined together and cannot be separated by any action; even though those entities that possess some degree of size can easily be divided into many smaller parts. Thus, a grain of sand, a stone, a rock—even the entire earth—can all be regarded as a single entity here, inasmuch as we consider only one simple and uniform movement within them.

Or, among the various components of air, those that are much larger than others—such as these visible atoms—move very slowly; whereas those that move more quickly are also smaller in size. However, within the flame itself, although there are some components smaller than those in air, there are also larger ones, or at least a greater number of components that are equal in size to the largest ones in air. These latter components move much faster, and it is they alone that possess the power to burn.

We can conjecture that there must be smaller ones, since they are able to penetrate through various substances whose pores are so narrow that not even air can pass through them; we can also see clearly that there must be larger ones, or even an equal number of larger ones, since air alone is not sufficient to sustain their activity; their rapid movement is something we can readily perceive due to the intensity of their effects; and finally, it seems evident that it is the larger of these particles that possess the power to burn, rather than the smaller ones—since the flame emanating from spirits or other highly volatile substances hardly burns at all, whereas the flame produced in hard, heavy materials is extremely intense.

Chapter IV

From the void; and why is it that our senses cannot perceive certain bodies?

But it is necessary to examine more closely why air, being a body just like the others, cannot be perceived in the same way as they can; and how this might help us to overcome an error that has troubled us since childhood—when we believed that there were no other bodies around us except those that could be sensed. If air were indeed one of these bodies, simply because we can perceive it to some extent, then it surely could not be as material or solid as those bodies that we perceive more clearly.

Regarding what I wish to bring up first, I would like you to note that all bodies, whether solid or liquid, are made of the same substance. It is impossible to conceive that parts of this substance could ever form a body that is harder or occupies less space than when each part is surrounded on all sides by other parts; therefore, it seems to me that if there can be any void anywhere, it must exist in solid bodies rather than in liquids. After all, it is evident that the parts of solid bodies can much more easily be compressed and brought into contact with one another, since they are in motion, whereas the parts of liquids, being immobile, cannot be manipulated in the same way.

For instance, if you put some powder into a vase and shake it or tap it to make more of it settle inside, but then pour in some liquid, it will immediately fill the space available just as efficiently. Moreover, even if you consider some of the experiments that philosophers often use to demonstrate that there is no such thing as empty space in nature, you will easily realize that all those areas which people regard as empty—where we only perceive air—are at least just as filled, and filled with the very same substance as those areas where we can sense other materials.

For tell me, please: what kind of appearance could it possibly have if nature were to cause the heaviest bodies to rise and the hardest substances to break apart, as we observe it happening in certain machines? Why would it prefer such outcomes rather than ensuring that no part of these objects ceased to come into contact with each other or with other bodies? Moreover, how could one believe that water in a well would ascend against its natural tendency merely to fill a pump tube, or that water in the clouds would not descend to fill the spaces below, especially when there is even the slightest void between the parts of the bodies that contain it?

But you could raise a rather considerable difficulty here: namely, that the parts which constitute liquid bodies seem unable to move continuously and incessantly, as I have described, unless there is some empty space between them—at least in those areas where they emerge as they move. I would find it difficult to answer this objection were it not for various experiments that have shown me that all movements in the world are, in some way, circular in nature. That is to say, when one body leaves its place, it always occupies the place of another, which in turn takes the place of yet another, and so on, until the last body occupies the space formerly occupied by the first. Thus, there is no more empty space between these moving bodies than when they are at rest. And note here that it is not necessary for all the parts of such moving bodies to be arranged in a perfect circle, nor even for them to be of equal size and shape; indeed, these inequalities can easily be compensated for by other differences in their speed.

Or we usually do not notice these circular movements when objects move through the air, because we are accustomed to considering air merely as an empty space; but observe fish swimming in a fountain basin: if they do not come too close to the water’s surface, they will not cause it to stir at all, even though they pass through it at great speed. It is thus clear that the water they push ahead does not affect all the water in the basin indiscriminately, but only that portion which can best contribute to completing the circle of their movement and returning to the position they have vacated.

Dopo il fuoco, non c’è nulla di più liquido dell’aria, e si può vedere a occhio nudo che le sue parti si muovono l’una dall’altra; infatti, se vi degnate di osservare questi piccoli corpi che comunemente vengono chiamati atomi e che appaiono sotto i raggi del sole, li vedrete muoversi incessantemente in mille modi diversi, anche quando non c’è vento che li agiti. Lo stesso si può osservare in tutte le liquide più dense, se ne mescolano di diversi colori tra loro per poter distinguere meglio i loro movimenti. Infine, questo fenomeno appare molto chiaramente nelle acqueforti, quando queste separano le parti di un metallo.

Ma potreste chiedermi perché, se è solo il movimento delle parti della fiamma a far sì che essa bruci e sia liquida, il movimento delle parti dell’aria, che la rende anch’essa estremamente liquida, non le dia comunque la capacità di bruciare; anzi, fa sì che le nostre mani quasi non riescano a percepirne la presenza. A questo rispondo che non bisogna considerare soltanto la velocità del movimento, ma anche le dimensioni delle parti: sono proprio quelle più piccole a rendere i corpi più liquidi, mentre quelle più grandi possiedono maggiore forza per bruciare e, in generale, per agire sugli altri corpi.

Si noti, a titolo di osservazione, che qui – e che in seguito continuerò sempre a considerare come una sola entità – intendo tutto ciò che è unito insieme e che non può separarsi per azione propria; anche se gli elementi di dimensioni maggiori possono essere facilmente divisi in molti altri più piccoli. Così, un granello di sabbia, una pietra, una roccia, e persino tutta la terra stessa, potranno essere considerati come una singola entità, poiché ne considereremo soltanto il movimento, semplice ed uniforme.

Ora, tra le parti dell’aria, se alcune sono molto più grandi delle altre – come quegli atomi che vi si trovano – esse si muovono molto più lentamente; mentre quelle che si muovono più velocemente sono anche di dimensioni minori. Tuttavia, tra le parti della fiamma, se alcune sono più piccole di quelle presenti nell’aria, ce ne sono anche di più grandi, o almeno un numero maggiore di esse è delle stesse dimensioni delle più grandi dell’aria; queste ultime si muovono molto più rapidamente e sono proprio queste a possedere la capacità di bruciare.

Si può supporre che esistano particelle più piccole, dato che riescono a penetrare attraverso corpi i cui pori sono così stretti da non permettere nemmeno l’ingresso dell’aria; si può anche dedurre che esistano particelle più grandi o un numero maggiore di esse di dimensioni maggiori, visto che l’aria da sola non è sufficiente a nutrirle; si percepisce chiaramente che si muovono più velocemente, poiché la violenza del loro movimento lo fa sentire distintamente; infine, sembra evidente che siano proprio le particelle di dimensioni maggiori ad avere il potere di bruciare, e non le altre: infatti, la fiamma che emerge dall’alcol o da altri corpi molto sottili quasi non brucia, mentre quella che si genera nei corpi duri e pesanti è estremamente ardente.

Capitolo IV

Del vuoto. E da dove derivano quei corpi che i nostri sensi non riescono a percepire.

Ma è necessario esaminare più in dettaglio perché l’aria, essendo un corpo proprio come gli altri, non possa essere percepita nello stesso modo in cui lo sono loro; inoltre, questo ci permetterebbe di liberarci da un errore che ci ha preoccupato fin dall’infanzia, quando credevamo che intorno a noi non esistessero altri corpi se non quelli che potevamo percepire. Se l’aria fosse davvero uno di questi corpi, e poiché la percepivamo in qualche misura, allora non dovrebbe essere certo così materiale o solida come quelli che percepiamo più chiaramente.

Per quanto riguarda ciò che desidero esprimere in primo luogo, vorrei che notaste che tutti i corpi, sia solidi che liquidi, sono fatti della stessa materia; inoltre, è impossibile immaginare che le parti di questa materia possano mai formare un corpo più solido o che occupino meno spazio rispetto a quando ciascuna di esse è circondata da tutte le altre. Da ciò si deduce, a mio parere, che se esiste del vuoto da qualche parte, questo dovrebbe trovarsi piuttosto nei corpi solidi che in quelli liquidi: infatti, è evidente che le parti dei corpi solidi possono essere più facilmente pressate e messe in movimento l’una contro l’altra, poiché si muovono, mentre ciò non avviene nelle parti dei corpi liquidi, che sono immobili.

Ad esempio, se mettete della polvere in un vaso e lo scuotete o lo battete per farne entrare di più, ma se invece versateci una qualche liquido, quest’ultimo si distribuirà immediatamente nello spazio disponibile. E anche se consideraste alcune delle esperienze che i filosofi utilizzano per dimostrare l’inesistenza del vuoto nella natura, comprendereste facilmente che tutti quegli spazi che la gente ritiene vuoti, e in cui percepiamo soltanto aria, sono in realtà altrettanto pieni – e riempiti della stessa materia – di quelli in cui percepiamo altri corpi.

Ditemi, vi prego: quale potrebbe essere quella ragione per cui la natura dovrebbe far salire i corpi più pesanti e rompere quelli più duri, proprio come avviene in alcune macchine, piuttosto che permettere che nessuna delle loro parti smetta di toccarsi tra loro o di contattare altri corpi? Si potrebbe davvero credere che l’acqua presente in un pozzo debba salire verso l’alto contro la sua naturale tendenza, soltanto per riempire il tubo di una pompa, o che l’acqua nelle nuvole non debba scendere per completare l’occupazione degli spazi qui sotto, se esistesse anche solo un minimo vuoto tra le parti dei corpi che la contengono?

Ma potreste sollevare qui una difficoltà piuttosto considerevole: le parti che compongono i corpi liquidi, infatti, non sembrano potersi muovere incessantemente, come ho detto, se non esiste dello spazio vuoto tra di loro, almeno nei luoghi da cui emergono durante il movimento. Avrei difficoltà a rispondere a questa obiezione, se non avessi riconosciuto, attraverso diverse esperienze, che tutti i movimenti che avvengono nel mondo sono in qualche modo circolari: cioè quando un corpo lascia il proprio posto, entra sempre in quello di un altro, e quest’ultimo in quello di un altro ancora, e così via, fino all’ultimo, che nello stesso istante occupa il luogo lasciato dal primo. Di conseguenza, non esiste alcuno spazio vuoto tra di loro quando si muovono, proprio come quando sono fermi. E notate bene che non è affatto necessario che tutte le parti dei corpi in movimento siano disposte esattamente a cerchio, né che abbiano dimensioni e forme uguali; queste disparità possono essere facilmente compensate da altre differenze legate alla loro velocità di movimento.

In genere non notiamo questi movimenti circolari quando i corpi si muovono nell’aria, perché siamo abituati a considerare l’aria come uno spazio vuoto; ma osservate i pesci che nuotano nella vasca di una fontana: se non si avvicinano troppo alla superficie dell’acqua, questa non verrà affatto turbata, anche se i pesci la attraversano a grande velocità. Da ciò risulta chiaramente che l’acqua che essi spingono davanti a sé non influisce in modo uniforme su tutta l’acqua della vasca, ma soltanto su quella che può contribuire al completamento del loro movimento circolare e tornare nel posto che hanno lasciato libero.

Et cette expérience suffit pour montrer combien ces mouvements circulaires sont aisés et familiers à la nature ; mais j’en veux maintenant apporter une autre, pour montrer qu’il ne se fait jamais aucun mouvement qui ne soit circulaire. Lorsque le vin qui est dans un tonneau ne coule point par l’ouverture qui est au bas, à cause que le dessus est tout fermé, c’est parler improprement que de dire, ainsi que l’on fait d’ordinaire, que cela se fait crainte du vide. On sait bien que ce vin n’a point d’esprit pour craindre quelque chose ; et quand il en aurait, je ne sais pour quelle occasion il pourrait appréhender ce vide, qui n’est en effet qu’une chimère ; mais il faut dire plutôt qu’il ne peut sortir de ce tonneau à cause que le dehors est tout aussi plein qu’il peut être, et que la partie de l’air dont il occuperait la place s’il descendait n’en peut trouver d’autre où se mettre en tout le reste de l’univers, si on ne fait une ouverture au-dessus du tonneau, par laquelle cet air puisse remonter circulairement en sa place.

Au reste, je ne veux pas assurer pour cela qu’il n’y a point du tout de vide en la nature ; j’aurais peur que mon discours ne devînt trop long si j’entreprenais d’expliquer ce qui en est ; et les expériences dont j’ai parlé ne sont point suffisantes pour le prouver, quoiqu’elles le soient assez pour persuader que les espaces où nous ne sentons rien sont remplis de la même matière, et contiennent autant pour le moins de cette matière que ceux qui sont occupés par les corps que nous sentons : en sorte que lorsqu’un vase, par exemple, est plein d’or ou de plomb, il ne contient pas pour cela plus de matière que lorsque nous pensons qu’il soit vide ; ce qui peut sembler bien étrange à plusieurs dont la raison ne s’étend pas plus loin que les doigts, et qui pensent qu’il n’y a rien au monde que ce qu’ils touchent. Mais quand vous aurez considéré ce qui fait que nous sentons un corps, ou que nous le sentons pas, je m’assure que vous ne trouverez en cela rien d’incroyable ; car vous connaîtrez évidemment que tant s’en faut que toutes les choses qui sont autour de nous puissent être senties, qu’au contraire ce sont celles qui y sont le plus ordinairement qui le peuvent être le moins, et que celles qui y sont toujours ne le peuvent être jamais.

La chaleur de notre cœur est bien grande, mais nous ne la sentons pas, à cause qu’elle est ordinaire ; la pesanteur de notre corps n’est pas petite, mais elle ne nous incommode point ; nous ne sentons pas même celle de nos habits, parce que nous sommes accoutumés à les porter : et là raison de ceci est assez claire ; car il est certain que nous ne saurions sentir aucun corps s’il n’est cause de quelque changement dans les organes de nos sens, c’est-à-dire s’il ne remue en quelque façon les petites parties de la matière dont ces organes sont composés ; ce que peuvent bien faire les objets qui ne se présentent pas toujours, pourvu seulement qu’ils aient assez de force ; car s’ils y corrompent quelque chose pendant qu’ils agissent, cela se peut réparer après par la nature lorsqu’ils n’agissent plus : mais pour ceux qui nous touchent continuellement, s’ils ont jamais eu la puissance de produire quelque changement en nos sens, et de remuer quelques parties de leur matière, ils ont dû, à force de les remuer, les séparer entièrement des autres dès le commencement de notre vie, et ainsi ils n’y peuvent avoir laissé que celles qui résistent tout à fait à leur action, et par le moyen desquelles ils ne peuvent en aucune façon être sentis ; d’où vous voyez que ce n’est pas merveille qu’il y ait plusieurs espaces autour de nous où nous ne sentons aucun corps, encore qu’ils n’en contiennent pas moins que ceux où nous en sentons le plus.

Mais il ne faut pas penser pour cela que cet air grossier que nous attirons dans nos poumons en respirant, qui se convertit en vent quand il est agité, qui nous semble dur quand il est enfermé dans un ballon, et qui n’est composé que d’exhalaisons et de fumées, soit aussi solide que l’eau ni que la terre. Il faut suivre en ceci l’opinion commune des philosophes, lesquels assurent tous qu’il est plus rare. Et ceci se connaît facilement par expérience ; car les parties d’une goutte d’eau étant séparées l’une de l’autre par l’agitation de la chaleur, peuvent composer beaucoup plus de cet air que l’espace où était l’eau n’en saurait contenir : d’où il suit infailliblement qu’il y a grande quantité de petits intervalles entre les parties dont il est composé ; car il n’y a pas moyen de concevoir autrement un corps rare. Mais parce que ces intervalles ne peuvent être vides, ainsi que j’ai dit ci-dessus, je conclus de tout ceci qu’il y a nécessairement quelques autres corps, un ou plusieurs, mêlés parmi cet air, lesquels remplissent aussi justement qu’il est possible les petits intervalles qu’il laisse entre ses parties. Il ne reste plus maintenant qu’à considérer quels peuvent être ces autres corps, et après cela j’espère qu’il ne sera pas malaisé de comprendre quelle peut être la nature de la lumière.

Chapitre V

DU NOMBRE DES ÉLÉMENTS ET DE LEURS QUALITÉS.

Les philosophes assurent qu’il y a au-dessus des nuées un certain air beaucoup plus subtil que le nôtre, et qui n’est pas composé des vapeurs de la terre comme lui, mais qui fait un élément à part. Ils disent aussi qu’au-dessus de cet air il y a encore un autre corps beaucoup plus subtil qu’ils appellent l’élément du feu. Ils ajoutent de plus que ces deux éléments sont mêlés avec l’eau et la terre en la composition de tous les corps inférieurs ; si bien que je ne ferai que suivre leur opinion, si je dis que cet air plus subtil et cet élément du feu remplissent les intervalles qui sont entre les parties de l’air grossie que nous respirons, en sorte que ces corps, entrelacés l’un dans l’autre, composent une masse qui est aussi solide qu’aucun corps le saurait être.

Mais, afin que je puisse mieux vous faire entendre ma pensée sur ce sujet, et que vous ne pensiez pas que je veuille vous obliger à croire tout ce que les philosophes nous disant des éléments, il faut que je vous les décrive à ma mode.

Je conçois le premier, qu’on peut nommer l’élément de feu, comme une liqueur la plus subtile et la plus pénétrante qui soit au monde ; et ensuite de ce qui a été dit ci-dessus touchant la nature des corps liquides, je m’imagine que ses parties sont beaucoup plus petites et se remuent beaucoup plus vite qu’aucunes de celles des autres corps ; ou plutôt, afin de n’être pas contraint d’admettre aucun vide en la nature, je ne lui attribue point de parties qui aient aucune grosseur ni figure déterminée, mais je me persuade que l’impétuosité de son mouvement est suffisante pour faire qu’il soit divisé en toutes façons et en tous sens par la rencontre des autres corps, et que ses parties changent de figure à tous moments pour s’accommoder à celle des lieux où elles entrent ; en sorte qu’il n’y a jamais de passage si étroit ni d’angle si petit entre les parties des autres corps où celles de cet élément ne pénètrent sans aucune difficulté et qu’elles ne remplissent exactement.

Pour le second, qu’on peut prendre pour l’élément de l’air, je le conçois bien aussi comme une liqueur très subtile en le comparant avec le troisième ; mais, pour le comparer avec le premier, il est besoin d’attribuer quelque grosseur et quelque figure à chacune de ses parties, et de les imaginer à peu près toutes rondes et jointes ensemble ainsi que des grains de sable et de poussière ; en sorte qu’elles ne se peuvent si bien agencer, ni tellement presser l’une contre l’autre, qu’il ne demeure toujours autour d’elles plusieurs petits intervalles dans lesquels il est bien plus aisé au premier élément de se glisser, que non pas à elles de changer de figure tout exprès pour les remplir. Et ainsi je me persuade que ce second élément ne peut être si pur en aucun endroit du monde qu’il n’y ait toujours avec lui quelque peu de la matière du premier.

And this experience is sufficient to show how natural and effortless these circular movements are; but I now wish to present another example to demonstrate that no movement whatsoever occurs that is not circular in nature. When the wine inside a barrel does not flow out through the opening at the bottom, simply because the top of the barrel is completely sealed, it would be incorrect to say, as people often do, that this is due to the “fear” of the vacuum. It is clear that the wine lacks any capacity to fear anything; and even if it did, I cannot see under what circumstances it would perceive this so-called “vacuum,” which is in reality nothing but a mere illusion. Rather, it is because the outside of the barrel is just as full as possible, and the portion of air that would be displaced if the wine flowed out could not find any other place to occupy elsewhere in the universe—unless we create an opening at the top of the barrel, allowing that air to circulate back into its original position.

Furthermore, I do not wish to claim that there is absolutely no void in nature; I fear that my explanation would become too lengthy if I were to attempt to clarify this matter. Moreover, the experiments I have mentioned are not sufficient to prove it, although they are certainly enough to convince us that those spaces in which we perceive nothing are filled with the same substance as those spaces occupied by objects that we can sense. In other words, when a vase is filled with gold or lead, it does not contain any more matter than when we consider it to be empty. This may seem quite strange to many people whose understanding does not extend beyond what they can touch; they believe that the only things that exist in the world are those that they can perceive with their senses. But once you consider what actually enables us to sense an object, or prevents us from sensing it, I am certain you will find nothing incredible in this. For it will become clear to you that far from being able to perceive everything around us, those things that are most commonly present are often the least perceptible, while those that are always there may never be perceived at all.

The warmth of our hearts is indeed great, but we do not perceive it, because it is ordinary; the weight of our bodies is also considerable, yet it causes us no discomfort; we even fail to notice the weight of our clothes, because we are accustomed to wearing them. The reason for this is quite clear: surely we would be unable to sense any object at all if it did not cause some change in the organs of our senses, that is, if it did not in some way affect the tiny particles from which these organs are composed. Objects that do not always come into contact with us can still have such an effect, so long as they possess sufficient power; indeed, if they cause any damage while interacting with us, nature can restore things to their original state once they cease to act. But for those objects that constantly touch us, if they ever had the ability to bring about changes in our senses or alter the composition of these organs, then, through continuous interaction, they would have completely separated these altered parts from the rest from the very beginning of our lives. As a result, only those parts of our bodies that are entirely resistant to their influence would remain unaffected, and it is precisely through these unaltered parts that we are unable to perceive them at all. Hence, it is not surprising that there exist numerous spaces around us where we feel no objects present, even though these spaces contain just as many objects as those where we can detect them clearly.

But one should not think, on this account, that this air—which we inhale into our lungs, which becomes wind when it is in motion, which seems solid to us when confined within a balloon, and which is merely composed of exhalations and smoke—is any more solid than water or earth. In this regard, we must follow the general opinion of philosophers, who all agree that such air is far rarer in nature. This fact can be easily demonstrated through experiment: for when the parts of a drop of water are separated by the action of heat, they can produce much more of this “air” than the space originally occupied by the water could possibly contain. It follows inevitably from this that there must exist numerous tiny gaps between the constituent particles of this air; otherwise, such a rarefied substance would be impossible to conceive. However, since these gaps cannot be empty—as I have already stated—I conclude that there must necessarily be some other substances, one or more in number, mixed within this air, and that these substances fill those tiny gaps as perfectly as possible. What remains now is to determine what these additional substances might be; and once we have answered that question, I hope it will not be difficult to understand the nature of light itself.

Chapter V

On the number of elements and their qualities.

Philosophers assert that above the clouds there exists a certain air far more subtle than ours, which is not composed of the same vapors as the earth, but constitutes an independent element in its own right. They also say that beyond this air lies another, even more subtle substance, which they call the element of fire. Furthermore, they add that these two elements are mixed with water and earth to form the composition of all lower substances. Therefore, I will simply follow their opinion when I state that this subtler air and this element of fire fill the spaces between the particles of the denser air we breathe; thus, these intertwined elements constitute a mass that is as solid as any other substance could possibly be.

However, in order that I can better convey my thoughts on this subject and so that you do not think I am trying to force you to believe everything that philosophers tell us about the elements, it is necessary for me to describe them in my own way.

I conceive the first of these elements, which might be called the element of fire, as a liquid that is the most subtle and penetrating in existence. And given what has been said above regarding the nature of liquid substances, I imagine that its particles are much smaller and move far more rapidly than those of any other substance. Or rather, in order not to have to admit the existence of any void in nature, I do not attribute to it any particles that possess fixed size or shape. Instead, I believe that the sheer intensity of its movement is sufficient for it to be divided in every possible way and direction whenever it comes into contact with other substances; moreover, its particles constantly change shape in order to adapt to the structure of the environments they enter. As a result, there is never any narrow passage or tiny gap between the particles of other substances that this element cannot penetrate without difficulty, filling those spaces perfectly.

As for the second element, which can be regarded as the element of air, I can also conceive it as a very subtle liquid when comparing it to the third element; but in order to compare it with the first element, it is necessary to attribute some form and size to each of its parts, and to imagine them all more or less round and joined together, like grains of sand and dust. As a result, they cannot be arranged so neatly, nor pressed so tightly against each other, that there do not always remain small gaps between them. In these gaps, it is much easier for the first element to penetrate than for those parts to change their shape in order to fill them in. Therefore, I am convinced that this second element cannot exist in any part of the world in such a pure form that there would not be some trace of the first element present alongside it.

E questa esperienza è sufficiente a dimostrare quanto questi movimenti circolari siano naturali e familiari alla natura stessa; ma ora voglio presentarne un’altra per dimostrare che non esiste mai alcun movimento che non sia di tipo circolare. Quando il vino contenuto in un barile non scorre attraverso l’apertura posta nella parte inferiore, perché la superficie superiore è completamente chiusa, è improprio dire, come si fa solitamente, che ciò avvenga a causa della paura del vuoto. È evidente che quel vino non possiede alcuna capacità di “temere” qualcosa; e anche se ne avesse, non so per quale motivo potrebbe temere quel vuoto, che in realtà non è altro che un’illusione. Piuttosto, si deve dire che il vino non può uscire da quel barile perché l’esterno è altrettanto pieno quanto lo interno; inoltre, la parte d’aria che verrebbe sostituita dal vino se scendesse non potrebbe trovare un altro luogo dove posizionarsi nell’universo intero, a meno di creare un’apertura sopra il barile attraverso cui quell’aria possa risalire e riprendere il proprio posto in modo circolare.

Del resto, non intendo affatto affermare che nella natura non esista alcun vuoto; temerei che il mio discorso diventasse troppo lungo se tentassi di spiegare cosa realmente accada in questo ambito; inoltre, le esperienze di cui ho parlato non sono sufficienti per dimostrarlo, anche se bastano certamente a convincerci che gli spazi nei quali non percepiamo nulla siano pieni della stessa materia di quelli occupati dai corpi che percepiamo; quindi, quando un vaso è pieno d’oro o di piombo, non contiene necessariamente più materia di quando pensiamo che sia vuoto. Il che può sembrare molto strano a molte persone la cui ragione non va oltre ciò che possono toccare con le loro mani, e che ritengono che nel mondo esista soltanto ciò che possono percepire. Ma quando avrete considerato attentamente ciò che ci permette di percepire un corpo, o di non percepirlo affatto, sono certo che non troverete nulla di inverosimile in tutto questo; perché comprenderete chiaramente che lontanamente dal fatto che tutte le cose intorno a noi possano essere percepite, è proprio il contrario: quelle che ci circondano più frequentemente sono spesso quelle meno percepibili, mentre quelle che esistono sempre non vengono mai percepite.

Il calore del nostro cuore è davvero grande, ma non lo percepiamo, perché è qualcosa di ordinario; il peso del nostro corpo non è certo lieve, ma non ci causa alcun disagio; nemmeno avvertiamo il peso dei nostri abiti, perché siamo abituati a indossarli. La ragione di tutto ciò è piuttosto chiara: è certo che non potremmo percepire alcun oggetto se esso non causasse qualche cambiamento negli organi dei nostri sensi, cioè se non agitasse in qualche modo le piccole parti della materia di cui tali organi sono composti. Gli oggetti che non si presentano sempre davanti a noi possono comunque avere tale effetto, purché abbiano abbastanza forza; infatti, se durante il loro contatto con i nostri sensi causano qualche alterazione, la natura può poi riparare tutto dopo che tali oggetti smettono di agire. Ma per quelli che ci toccano continuamente, se un tempo hanno avuto la capacità di produrre cambiamenti nei nostri sensi e di muovere alcune parti della materia di cui questi sono fatti, allora, a causa di tale azione continua, devono aver separato tali parti completamente dalle altre fin dall’inizio della nostra vita. Di conseguenza, non devono esserci rimaste che quelle parti che resistono totalmente al loro effetto, e attraverso queste sole possiamo essere percepiti. Da ciò si capisce che non è affatto sorprendente che esistano molte zone intorno a noi in cui non percepiamo alcun oggetto, anche se in esse ne sono presenti quanti e quali nelle zone in cui li percepiamo più chiaramente.

Ma non si deve pensare che quest’aria grossolana che inaliamo e che, quando viene agitata, diventa vento; che ci sembra dura quando è racchiusa in un pallone; e che è composta soltanto da esalazioni e fumi, sia altrettanto solida dell’acqua o della terra. In questo punto bisogna seguire l’opinione comune dei filosofi, i quali affermano tutti che quest’aria sia molto più rara delle altre sostanze. E ciò si può facilmente constatare sperimentalmente: infatti, le parti di una goccia d’acqua, separate tra loro a causa dell’agitazione del calore, possono formare una quantità di questa aria molto maggiore dello spazio in cui l’acqua stessa si trovava; da ciò deriva inevitabilmente che esistano numerosi piccoli intervalli tra le parti che la compongono; poiché non è possibile concepire altrimenti una sostanza rara. Ma poiché questi intervalli non possono essere vuoti, come ho detto in precedenza, concludo che devono necessariamente esistere altre sostanze, una o più, mescolate in questa aria, le quali riempiono perfettamente quei piccoli spazi lasciati liberi tra le sue parti. Ora non resta che considerare quali possano essere queste altre sostanze; e dopo averlo fatto, spero che non sarà difficile comprendere quale possa essere la natura della luce.

Capitolo V

Del numero degli elementi e delle loro qualità.

I filosofi affermano che al di sopra delle nuvole esista un certo tipo d’aria molto più sottile della nostra; tale aria non è composta dalle stesse vapori terrestri, ma costituisce un elemento a sé stante. Dicono inoltre che al di sopra di questa aria esiste ancora un altro corpo ancora più sottile, che chiamano “elemento del fuoco”. Aggiungono inoltre che questi due elementi si mescolano con l’acqua e la terra nella composizione di tutti i corpi inferiori; pertanto, seguirò semplicemente il loro punto di vista se affermerò che quest’aria più sottile e questo elemento del fuoco riempiono gli spazi presenti tra le parti dell’aria grossolana che respiriamo, in modo che questi corpi, intrecciati tra loro, formino una massa altrettanto solida quanto qualsiasi altro corpo possa essere.

Ma affinché io possa spiegarvi meglio il mio punto di vista su questo argomento, e che non pensiate che voglia costringervi a credere in tutto ciò che i filosofi dicono sugli elementi, devo descriverveli a modo mio.

Intendo il primo di questi elementi, che possiamo chiamare “elemento del fuoco”, come una sostanza liquida la più sottile e la più penetrante esistente al mondo; e, in base a quanto detto finora riguardo alla natura dei corpi liquidi, immagino che le sue parti siano molto più piccole e si muovano molto più rapidamente di quelle degli altri corpi; o meglio, per non essere costretto ad ammettere l’esistenza di vuoti nella natura, non attribuisco a quest’elemento parti di dimensioni o forme definite; ma sono convinto che la violenza del suo movimento sia sufficiente affinché possa essere diviso in ogni modo e in ogni direzione al contatto con gli altri corpi, e che le sue parti cambino forma continuamente per adattarsi a quella degli ambienti in cui entrano; in tal modo, non esiste mai passaggio così stretto né angolo così piccolo tra le parti degli altri corpi in cui quest’elemento non possa penetrare senza alcuna difficoltà e riempire perfettamente lo spazio disponibile.

Per quanto riguarda il secondo elemento, che possiamo considerare l’elemento dell’aria, anch’esso lo concepisco come una sostanza molto sottile, se lo paragono al terzo elemento; ma per confrontarlo con il primo elemento, è necessario attribuire a ciascuna delle sue parti una certa dimensione e forma, immaginandole più o meno rotonde e unite tra loro, come grani di sabbia e polvere. In questo modo, tali parti non possono essere disposte in modo tale da pressarsi completamente l’una contro l’altra, lasciando sempre degli spazi vuoti nei quali è molto più facile che il primo elemento si insinui, piuttosto che che queste parti cambino forma appositamente per riempirli. Pertanto, sono convinto che questo secondo elemento non possa mai essere così puro in nessuna parte del mondo da non contenere sempre, almeno in piccola quantità, la materia del primo elemento.

Après ces deux éléments je n’en reçois plus qu’un troisième, à savoir celui de la terre, duquel je juge que les parties sont d’autant plus grosses et se remuent d’autant moins vite à comparaison de celles du second, que font celles-ci à comparaison de celles du premier ; et même je crois que c’est assez de le concevoir comme une ou plusieurs grosses masses dont les parties n’ont que fort peu ou point du tout de mouvement qui leur fasse changer de situation à l’égard l’une de l’autre.

Que si vous trouvez étrange que, pour expliquer ces éléments, je ne me serve point des qualités qu’on nomme chaleur, froideur, humidité et sécheresse, ainsi que font les philosophes, je vous dirai que ces qualités me semblent avoir elles-mêmes besoin d’explication, et que, si je ne me trompe, non seulement ces quatre qualités, mais aussi toutes les autres, et même toutes les formes des corps inanimés, peuvent être expliquées sans qu’il soit besoin de supposer pour cet effet aucune autre chose en leur matière que le mouvement, la grosseur, la figure et l’arrangement de ces parties ; ensuite de quoi je vous pourrai facilement faire entendre pourquoi je ne reçois point d’autres éléments que ceux que j’ai décrits : car la différence qui doit être entre eux et les autres corps que les philosophes appellent mixtes ou mêlés et composés, consiste en ce que les formes de ces corps mêlés contiennent toujours en soi quelques qualités qui se contrarient et qui se nuisent, ou du moins qui ne tendent point à la conservation l’une de l’autre ; au lieu que les formes des éléments doivent être simples et n’avoir aucune qualités qui ne s’accordent ensemble si parfaitement que chacune tende à la conservation de toutes les autres.

Or je ne saurais trouver aucunes formes au monde qui soient telles, excepté les trois que j’ai décrites ; car celle que j’ai attribuée au premier élément consiste en ce que ses parties se remuent si extrêmement vite, et sont si petites, qu’il n’y a point d’autres corps capables de les arrêter, et qu’outre cela elles ne requièrent aucune grosseur, ni figure, ni situation déterminées. Celle du second consiste en ce que ses parties ont un mouvement et une grosseur si médiocres que, s’il se trouve plusieurs causes au monde qui puissent augmenter leur mouvement et diminuer leur grosseur, il s’en trouve justement autant d’autres qui peuvent faire tout le contraire, en sorte qu’elles demeurent toujours comme en balance en cette même médiocrité. Et celle du troisième consiste en ce que ses parties sont si grosses, ou tellement jointes ensemble, qu’elles ont la force de résister toujours aux mouvements des autres corps.

Examinez tant qu’il vous plaira toutes les formes que les divers mouvements, les diverses figures et grosseurs, et le différent arrangement des parties de la matière peuvent donner aux corps mêlés, et je m’assure que vous n’en trouverez aucune qui n’ait en soi des qualités qui tendent à faire qu’elle se change, et en se changeant qu’elle se réduise à quelqu’une de celles des éléments.

Comme, par exemple, la flamme, dont la forme demande d’avoir des parties qui se remuent très vite, et qui avec cela aient quelque grosseur, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, ne peut pas être longtemps sans se corrompre ; car, ou la grosseur de ses parties, leur donnant la force d’agir contre les autres corps sera cause de la diminution de leur mouvement, ou la violence de leur agitation, les faisant rompre en se heurtant contre les corps qu’elles rencontrent, sera cause de l’a perte de leur grosseur ; et ainsi elles pourront peu à peu se réduire à la forme du troisième élément, ou à celle du second, et même aussi quelques-unes à celle du premier. Et par là vous pouvez connaître la différence qui est entre cette flamme, ou le feu commun qui est parmi nous, et l’élément du feu que j’ai décrit. Et vous devez savoir aussi que les éléments de l’air et de la terre, c’est-à-dire le second et troisième élément, ne sont point semblables non plus à cet air grossier que nous respirons, ni à cette terre sur laquelle nous marchons, mais que généralement tous les corps qui paraissent autour de nous sont mêlés ou composés et sujets à corruption.

Et toutefois il ne faut pas pour cela penser que les éléments n’aient aucuns lieux dans le monde qui leur soient particulièrement destinés, et où ils puissent perpétuellement se conserver en leur pureté naturelle ; mais au contraire, puisque chaque partie de la matière tend toujours à se réduire à quelques-unes de leurs formes, et qu’y étant une fois réduite elle ne tend jamais à la quitter, quand bien même Dieu n’aurait créé au commencement que des corps mêlés, néanmoins, depuis le temps que le monde est, tous ces corps auraient eu le loisir de quitter leurs formes et de prendre celles des éléments ; de sorte que maintenant il y a grande apparence que tous les corps qui sont assez grands pour être comptés entre les plus notables parties de l’univers n’ont chacun la forme que de l’un des éléments toute simple, et qu’il ne peut y avoir de corps mêlés ailleurs que sur les superficies de ces grands corps : mais là il faut de nécessité qu’il y en ait ; car les éléments étant de nature fort contraire, il ne se peut faire que deux d’entre eux s’entre-touchent sans qu’ils agissent contre les superficies l’un de l’autre, et donnent ainsi à la matière qui y est les diverses formes de ces corps mêlés..

A propos de quoi, si nous considérons généralement tous les corps dont l’univers est composé, nous n’en trouverons que de trois sortes qui puissent être appelés grands, et comptés entre ses principales parties, c’est à savoir le soleil et les étoiles fixes pour la première, les cieux pour la seconde, et la terre avec les planètes et les comètes pour la troisième ; c’est pourquoi nous avons grande raison de penser que le soleil et les étoiles fixes n’ont point d’autre forme que celle du premier élément toute pure ; les cieux, celle du second ; et la terre, avec les planètes et les comètes, celle du troisième.

Je joins les planètes et les comètes avec la terre ; car, voyant qu’elles résistent comme elle à la lumière, et qu’elles font réfléchir ses rayons, je n’y trouve point de différence. Je joins aussi le soleil avec les étoiles fixes, et leur attribue une nature toute contraire à celle de la terre ; car la seule action de leur lumière me fait assez connaître que leurs corps sont d’une matière fort subtile et fort agitée.

Pour les cieux, d’autant qu’ils ne peuvent être aperçus par nos sens, je pense avoir raison de leur attribuer une nature moyenne, entre celle des corps lumineux dont nous sentons l’action, et celle des corps durs et pesants dont nous sentons la résistance.

Enfin, nous n’apercevons point de corps mêlés en aucun autre lieu que sur la superficie de la terre ; et si nous considérons que tout l’espace qui les contient, savoir tout celui qui est depuis les nuées les plus hautes jusqu’aux fosses les plus profondes que l’avarice des hommes ait jamais creusées pour en tirer les métaux, est extrêmement petit à comparaison de la terre et des immenses étendues du ciel, nous pourrons facilement nous imaginer que ces corps mêlés ne sont tous ensemble que comme une écorce qui est engendrée au-dessus de la terre par l’agitation et le mélange de la matière du ciel qui l’environne.

Et ainsi nous aurons occasion de penser que ce n’est pas seulement dans l’air que nous respirons, mais aussi dans tous les autres corps composés, jusqu’aux pierres les plus dures et aux métaux les plus pesants, qu’il y a des parties de l’élément de l’air mêlées avec celles de la terre, et par conséquent aussi des parties de l’élément du feu, parce qu’il s’en trouve toujours dans les pores de celui de l’air.

Mais il faut remarquer qu’encore qu’il y ait des parties de ces trois éléments mêlées l’une avec l’autre en tous ces corps, il n’y a toutefois, à proprement parler, que celles qui, à cause de leur grosseur ou de la difficulté qu’elles ont à se mouvoir, peuvent être rapportées au troisième, qui composent tous ceux que nous voyons autour de nous : car les parties des deux autres éléments sont si subtiles, qu’elles ne peuvent être aperçues par nos sens ; et l’on peut se représenter tous ces corps ainsi que des éponges, dans lesquelles, encore qu’il y ait quantité de pores ou petits trous qui sont toujours pleins d’air ou d’eau, ou de quelque autre semblable liqueur, on ne juge pas toutefois que ces liqueurs entrent en la composition de l’éponge.

After these two elements, I only perceive a third one, namely that of the earth. I believe that its parts are much larger and move far more slowly compared to those of the second element; and even further, I think it is sufficient to conceive of the earth as one or several large masses whose parts possess very little or no movement at all that would cause them to change their relative positions with respect to each other.

Should you find it strange that, in order to explain these elements, I do not make use of those qualities such as heat, coldness, humidity, and dryness that philosophers employ, I would say that these very qualities seem to me to require explanation themselves. Moreover, if I am not mistaken, not only these four qualities but also all others, and even all the forms of inanimate bodies, can be explained without the need to assume anything else in their composition than motion, size, shape, and the arrangement of their parts. After that, I could easily demonstrate why I accept no other elements than those I have described. For the difference between these elements and those other bodies that philosophers call composite or mixed consists in the fact that the forms of such composite bodies always contain qualities that are contradictory and mutually destructive—or, at least, that do not contribute to each other’s preservation. In contrast, the forms of elements must be simple, containing no qualities that would conflict or undermine one another; rather, each element’s form must be such that all its parts work together perfectly to promote their mutual preservation.

Otherwise, I could not conceive of any form in the world that would be such, except for the three that I have described; for the form attributed to the first element consists in its parts moving with such extreme speed and being so tiny that no other bodies are capable of stopping them; moreover, these parts require neither a particular size nor shape nor position. The form of the second element is characterized by its parts having movements and sizes that are so mediocre that, while there may be numerous causes in the world that can increase their movement or reduce their size, there are just as many other factors that can have the exact opposite effect, ensuring that they always remain at this same mediocre state. As for the third element, its parts are so large or so closely joined together that they possess the ability to resist the movements of all other bodies.

You may examine as much as you please all the various forms, movements, shapes, and sizes that the different arrangements of the parts of matter can give to mixed bodies; I assure you that you will not find a single one of them that does not inherently possess qualities that tend to cause it to change, and in changing, to be reduced to one of the elements.

For instance, consider the flame: its form requires that its parts move very rapidly and at the same time possess a certain degree of solidity. As mentioned earlier, such a flame cannot exist for a long time without decaying; either the solidity of its parts will reduce their ability to interact with other substances, thereby slowing down their movement, or the intense agitation caused by these interactions will cause them to break apart upon collision with other objects, leading to their loss of solidity. Gradually, such a flame might transform into the form of the third element, or even the second element, and in some cases, the first element as well. From this, you can understand the difference between this ordinary flame that surrounds us and the elemental fire that I have described. You should also realize that the elements of air and earth—i.e., the second and third elements—are not similar to the coarse air we breathe or the solid earth on which we walk; rather, all substances that appear around us are in fact mixed or composed of these elements and are subject to decay.

Nevertheless, this does not mean that elements have any particular places in the world that are specifically destined for them, where they could perpetually remain in their natural purity. On the contrary, since every part of matter always tends to reduce itself to some of its fundamental forms, and once reduced in this way, it never tends to revert back; even if God had initially created only mixed substances, since the world’s existence, all such substances have had the opportunity to change from their original forms into those of elements. As a result, it seems very likely that all bodies large enough to be considered among the most significant components of the universe are each merely composed of one of these simple elements, and that mixed substances can only exist on the surfaces of these larger bodies. But there, such mixtures are necessarily present; for since the elements are of inherently opposing natures, it is inevitable that when two of them come into contact, they will affect each other’s surfaces, thereby giving rise to the various forms of these mixed substances within the resulting matter.

As for what these are, if we consider all the bodies that make up the universe in general, we will find only three kinds that can be regarded as principal components of it: namely, the sun and the fixed stars belong to the first category; the heavens belong to the second; and the earth, together with the planets and comets, belongs to the third. Therefore, we have every reason to believe that the sun and the fixed stars have no other form than that of the purest element; the heavens have the form of the second element; and the earth, along with the planets and comets, has the form of the third element.

I consider planets and comets to be similar to the earth; for since they, like the earth, resist light and cause its rays to reflect, I see no difference between them. I also regard the sun as belonging to the same category as the fixed stars, attributing to it a nature entirely different from that of the earth; for merely the effect of their light is sufficient to show me that their bodies are composed of extremely subtle and highly active matter.

For the heavens, since they cannot be perceived by our senses, I believe I am right in attributing to them a nature that is intermediate between that of luminous bodies whose effects we can perceive, and that of hard and heavy bodies whose resistance we can feel.

Finally, we do not observe any such mixed substances in any other place but on the surface of the earth; and if we consider that the entire space containing them—that is, all the space ranging from the highest clouds to the deepest pits ever dug by human greed in order to extract metals—is extremely small in comparison to the earth and the vast expanse of the sky, we can easily imagine that these mixed substances are, taken together, nothing more than a sort of outer layer formed above the earth as a result of the agitation and mixing of the celestial materials surrounding it.

And thus we shall come to consider that it is not only in the air we breathe that such elements exist, but also in all other composite substances—right down to the hardest rocks and the heaviest metals. For there are always portions of the element air mingled with those of the element earth; and consequently, there must also be portions of the element fire, since fire is invariably present within the pores of air.

However, it must be noted that although there are parts of these three elements mixed together in all these bodies, strictly speaking, only those parts which, due to their size or the difficulty they face in moving, can be associated with the third element constitute all those things we see around us. For the parts of the other two elements are so subtle that they cannot be perceived by our senses. One can imagine all these bodies as being like sponges: although they contain numerous pores or tiny holes that are always filled with air, water, or some other similar liquid, we do not consider that these liquids actually form part of the composition of the sponge itself.

Dopo questi due elementi, ne ricevo un terzo: quello della terra. Ritengo che le sue parti siano molto più grandi e si muovano molto più lentamente rispetto a quelle del secondo elemento; anzi, credo che sia sufficiente considerarla come una o più masse voluminose la cui mobilità è estremamente limitata, se non addirittura inesistente, al punto da impedire loro di cambiare posizione reciproca.

Se vi sembra strano che, per spiegare questi elementi, non utilizzi le qualità chiamate calore, freddo, umidità e secchezza, come fanno i filosofi, vi dirò che queste stesse qualità mi sembrano aver bisogno di una spiegazione a loro volta. E se non m’inganno, non solo queste quattro qualità, ma anche tutte le altre, e persino tutte le forme dei corpi inanimati, possono essere spiegate senza la necessità di ipotizzare nella loro natura nulla di diverso dal movimento, dalla grandezza, dalla forma e dall’ordine delle loro parti. In seguito, potrò facilmente farvi capire perché non accetto altri elementi se non quelli che ho descritto: infatti, la differenza tra questi elementi e gli altri corpi che i filosofi definiscono “misceli” o “composti” risiede nel fatto che le forme di questi corpi misti contengono sempre in sé qualità che si contraddicono e si ostacolano a vicenda, o almeno che non tendono affatto alla reciproca conservazione; mentre le forme degli elementi devono essere semplici e privi di qualità che non si armonizzino perfettamente tra loro, in modo che ciascuna di esse contribuisca alla conservazione delle altre.

Ora, non riuscirei a trovare al mondo alcuna forma che fosse tale, se non quelle tre che ho descritto; infatti, quella attribuita al primo elemento consiste nel fatto che le sue parti si muovono con estrema velocità e sono così piccole da non esistere altri corpi in grado di fermarle; inoltre, non richiedono alcuna dimensione, forma o posizione specifica. Quella del secondo elemento è caratterizzata dal fatto che le sue parti presentano un movimento e una dimensione così mediocri che, se nel mondo esistono molte cause capaci di aumentare il loro movimento o diminuire la loro dimensione, esistono altrettante altre che possono fare l’opposto, in modo che rimangano sempre nella stessa condizione di mediocrità. Quella del terzo elemento, infine, consiste nel fatto che le sue parti sono così grandi o così strettamente unite tra loro da avere la forza di resistere sempre ai movimenti degli altri corpi.

Esaminate pure tutte le forme che i diversi movimenti, le diverse figure e dimensioni, nonché l’ordine diverso con cui le parti della materia sono disposte, possono assumere nei corpi misti; vi assicuro che non ne troverete alcuna la quale non possieda in sé qualità tali da far sì che si trasformi, e che, trasformandosi, si riduca a uno degli elementi costitutivi della materia.

Ad esempio, la fiamma: la sua forma richiede che le sue parti si muovano molto velocemente e al contempo abbiano una certa massa; come già detto in precedenza, essa non può rimanere tale per molto tempo senza corrompersi. Infatti, o la massa delle sue parti le conferisce la forza di agire sugli altri corpi, causando così un rallentamento del loro movimento, oppure l’intensità della loro agitazione le fa rompere urtandosi contro i corpi che incontrano, con conseguente perdita di massa. In questo modo, la fiamma potrebbe gradualmente trasformarsi nella forma del terzo elemento, o addirittura del secondo, e alcune anche in quella del primo. Da ciò si può comprendere la differenza tra questa fiamma, ovvero il fuoco comune che abbiamo intorno a noi, e l’elemento del fuoco che ho descritto. Inoltre, bisogna sapere che gli elementi dell’aria e della terra, cioè il secondo e il terzo elemento, non sono affatto simili all’aria grossolana che respiriamo o alla terra su cui camminiamo; anzi, tutti i corpi che ci circondano sono in realtà mescolati o composti da tali elementi e soggetti a corruzione.

Eppure, ciò non significa che gli elementi abbiano nel mondo luoghi specificamente destinati a loro, dove possano perpetuarsi nella loro purezza naturale; al contrario, poiché ogni parte della materia tende sempre a ridursi a una o alcune delle sue forme, e una volta ridotta in tale forma non tende mai più a cambiarla, anche se all’inizio Dio avesse creato soltanto corpi mescolati, tuttavia, da quando esiste il mondo, tutti questi corpi hanno avuto la possibilità di cambiare forma e assumere quella degli elementi; quindi, è molto probabile che tutti i corpi abbastanza grandi da essere considerati tra le parti più importanti dell’universo abbiano ciascuno una forma semplice, appartenente agli elementi, e che i corpi mescolati esistano soltanto sulle superfici di questi grandi corpi; ma lì, necessariamente, devono esserci; poiché gli elementi, essendo di natura molto diversa tra loro, possono entrare in contatto solo se due di essi si toccano, agendo così sulle rispettive superfici e dando alla materia che li compone le varie forme dei corpi mescolati.

Di cosa si tratta? Se consideriamo tutti i corpi di cui è composto l’universo, ne troveremo soltanto tre tipi che possano essere considerati “grandi” e annoverati tra le sue parti principali: il sole e le stelle fisse per il primo tipo, i cieli per il secondo, e la terra insieme alle pianete e alle comete per il terzo. Per questo motivo abbiamo tutte le ragioni di ritenere che il sole e le stelle fisse non abbiano altra forma se non quella del primo elemento, purissimo; i cieli, quella del secondo elemento; e la terra, insieme alle pianete e alle comete, quella del terzo elemento.

Unisco i pianeti e le comete alla terra; poiché vedo che, proprio come la terra, resistono alla luce e ne riflettono i raggi, non trovo alcuna differenza tra di loro. Unisco anche il sole alle stelle fisse e attribuisco a queste ultime una natura completamente diversa da quella della terra; infatti, solo l’effetto della loro luce mi permette di comprendere che i loro corpi sono fatti di una materia estremamente sottile e in costante movimento.

Per quanto riguarda i cieli, poiché non possono essere percepiti dai nostri sensi, ritengo di avere ragione nel attribuire loro una natura intermedia, tra quella dei corpi luminosi le cui azioni possiamo percepire e quella dei corpi duri e pesanti la cui resistenza possiamo sentire.

Infine, non osserviamo alcun corpo mescolato in nessun altro luogo se non sulla superficie della terra; e se consideriamo che tutto lo spazio che li contiene – cioè tutto quello che si estende dalle nuvole più alte fino alle fosse più profonde che l’avidità umana abbia mai scavato per estrarne i metalli – è estremamente limitato rispetto alla terra e alle immense distanze del cielo, possiamo facilmente immaginare che tutti questi corpi mescolati non siano altro che una sorta di “scorza” che si forma sopra la terra a seguito dell’agitazione e del miscelarsi della materia celeste che la circonda.

E così avremo motivo di ritenere che non sia solo nell’aria che respiriamo, ma anche in tutti gli altri corpi composti, fino alle pietre più dure e ai metalli più pesanti, che vi siano parti dell’elemento aria mescolate con quelle dell’elemento terra; e di conseguenza, anche parti dell’elemento fuoco, poiché quest’ultimo si trova sempre nei pori dell’elemento aria.

Ma bisogna notare che, sebbene in tutti questi corpi vi siano parti di questi tre elementi mescolate tra loro, in realtà soltanto quelle parti, a causa della loro dimensione o della difficoltà con cui si muovono, possono essere considerate appartenenti al terzo elemento; tali parti compongono tutti quei corpi che vediamo intorno a noi. Le parti degli altri due elementi, infatti, sono così sottili da non poter essere percepite dai nostri sensi. Si può quindi immaginare tutti questi corpi come delle spugne: in esse, sebbene esistano numerosi pori o piccoli fori sempre pieni d’aria, d’acqua o di qualche altra sostanza simile, non si può considerare che queste sostanze facciano effettivamente parte della composizione stessa della spugna.

Il me reste ici encore beaucoup d’autres choses à expliquer, et je serais même bien aise d’y ajouter quelques raisons pour rendre mes opinions plus vraisemblables ; mais, afin que la longueur de ce discours vous soit moins ennuyeuse, j’en veux envelopper une partie dans l’invention d’une fable, au travers de laquelle j’espère que la vérité ne laissera pas de paraître suffisamment, et qu’elle ne sera pas moins agréable à voir que si je l’exposais toute nue.

Chapitre VI

DESCRIPTION D’UN NOUVEAU MONDE, ET DES QUALITÉS DE LA MATIÈRE DONT IL EST COMPOSÉ.

Permettez donc pour un peu de temps à votre pensée de sortir hors de ce monde, pour en venir voir un autre tout nouveau que je ferai naître en sa présence dans les espaces imaginaires. Les philosophes nous disent que ces espaces sont infinis ; et ils doivent bien en être crus, puisque ce sont eux-mêmes qui les ont faits : mais, afin que cette infinité ne nous empêche et ne nous embarrasse point, ne tâchons pas d’aller jusqu’au bout ; entrons-y seulement si avant que nous puissions perdre de vue toutes les créatures que Dieu fit il y a cinq ou six mille ans, et, après nous être arrêtés là en quelque lieu déterminé, supposons que Dieu crée de nouveau tout autour de nous tant de matière que, de quelque côté que notre imagination se puisse étendre, elle n’y aperçoive plus aucun lieu qui soit vide.

Bien que la mer ne soit pas infinie, ceux qui sont au milieu sur quelque vaisseau peuvent étendre leur vue, ce semble, à l’infini, et toutefois il y a encore de l’eau au-delà de ce qu’ils voient ; ainsi, encore que notre imagination semble se pouvoir étendre à l’infini, et que cette nouvelle matière ne soit pas supposée être infinie, nous pouvons bien toutefois supposer qu’elle remplit des espaces beaucoup plus grands que tous ceux que nous aurons imaginé ; et même, afin qu’il n’y ait rien en tout ceci où vous puissiez trouver à redire, ne permettons pas à notre imagination de s’étendre si loin qu’elle pourrait, mais retenons-la tout à dessein dans un espace déterminé, qui ne soit pas plus grand, par exemple, que la distance qui est depuis la terre jusqu’aux principales étoiles du firmament ; et supposons que la matière que Dieu aura créée s’étend bien loin au-delà de tous côtés jusqu’à une distance indéfinie ; car il y a bien plus d’apparence, et nous avons bien mieux le pouvoir de prescrire des bornes à l’action de notre pensée, que non pas aux œuvres de Dieu.

Or, puisque nous prenons la liberté de feindre cette matière à notre fantaisie, attribuons-lui, s’il vous plaît, une nature en laquelle il n’y ait rien du tout que chacun ne puisse connaître aussi parfaitement qu’il est possible ; et, pour cet effet, supposons expressément qu’elle n’a point la forme de la terre, ni du feu, ni de l’air, ni aucune autre plus particulière, comme du bois, d’une pierre, ou d’un métal ; non plus que les qualités d’être chaude ou froide, sèche ou humide, légère ou pesante ; ou d’avoir quelque goût, ou odeur, ou son, ou couleur, ou lumière, ou autre semblable, en la nature de laquelle on puisse dire qu’il y ait quelque chose qui ne soit pas évidemment connu de tout le monde.

Et ne pensons pas aussi, d’autre côté, qu’elle soit cette matière première des philosophes qu’on a si bien dépouillée de toutes ses formes et qualités, qu’il n’y est rien demeuré de reste qui puisse être clairement entendu ; mais concevons-la comme un vrai corps parfaitement solide, qui remplit également toutes les longueurs, largeurs et profondeurs de ce grand espace au milieu duquel nous avons arrêté notre pensée, en sorte que chacune de ses parties occupe toujours une partie de cet espace tellement proportionnée à sa grandeur, qu’elle n’en saurait remplir une plus grande, ni se resserrer en une moindre, ni souffrir que pendant qu’elle y demeure quelque autre y trouve place.

Ajoutons à cela que cette matière peut être divisée en toutes les parties et selon toutes les figures que nous pouvons imaginer, et que chacune de ses parties est capable de recevoir en soi tous les mouvements que nous pouvons aussi concevoir ; et supposons de plus que Dieu la divise véritablement en plusieurs telles parties, les unes plus grosses, les autres plus petites ; les unes d’une figure, les autres d’une autre, telles qu’il nous plaira de les feindre ; non pas qu’il les sépare pour cela l’une de l’autre, en sorte qu’il y ait quelque vide entre deux, mais pensons que toute la distinction qu’il y met consiste dans la diversité des mouvements qu’il leur donne, faisant que, dès le premier instant qu’elles sont créées, les unes commencent à se mouvoir d’un côté, les autres d’un autre ; les unes plus vite, les autres plus lentement (ou même, si vous voulez, point du tout), et qu’elles continuent par après leur mouvement suivant les lois ordinaires de la nature : car Dieu a si merveilleusement établi ces lois, qu’encore que nous supposions qu’il ne crée rien de plus que ce que j’ai dit, et même qu’il ne mette en ceci aucun ordre ni proportion, mais qu’il en compose un chaos le plus confus et le plus embrouillé que les poètes puissent décrire, elles sont suffisantes pour faire que les parties de ce chaos se démêlent d’elles-mêmes, et se disposent en si bon ordre, qu’elles auront la forme d’un monde très parfait, et dans lequel on pourra voir non seulement de la lumière, mais aussi toutes les autres choses, tant générales que particulières, qui paraissent dans ce vrai monde.

Mais, avant que j’explique ceci plus au long, arrêtez-vous encore un peu à considérer ce chaos, et remarquez qu’il ne contient aucune chose qui ne vous soit si parfaitement connue, que vous ne sauriez pas même feindre de l’ignorer ; car pour les qualités que j’y ai mises, si vous y avez pris garde 9 je les ai seulement supposées telles que vous les pouviez imaginer. Et pour la matière dont je l’ai composé, il n’y a rien de plus simple ni de plus facile à connaître dans les créatures inanimées ; et son idée est tellement comprise en toutes celles que notre imagination peut former, qu’il faut nécessairement que vous la conceviez, ou que vous n’imaginiez jamais aucune chose.

Toutefois, parce que les philosophes sont si subtils qu’ils savent trouver des difficultés dans les choses qui semblent extrêmement claires aux autres hommes, et que le souvenir de leur matière première, qu’ils savent être assez malaisée à concevoir, les pourrait divertir de la connaissance de celle dont je parle, il faut que je leur dise en cet endroit que, si je ne me trompe, toute la difficulté qu’ils éprouvent en la leur ne vient que de ce qu’ils la veulent distinguer de sa propre quantité et de son étendue extérieure, c’est-à-dire de la propriété qu’elle a d’occuper de l’espace ; en quoi toutefois je veux bien qu’ils croient avoir raison, car je n’ai pas dessein de m’arrêter à les contredire : mais ils ne doivent pas aussi trouver étrange si je suppose que la quantité de la matière que j’ai décrite ne diffère non plus de sa substance que le nombre fait des choses nombrées, et si je conçois son étendue, ou la propriété qu’elle a d’occuper de l’espace, non point comme un accident, mais comme sa vraie forme et son essence ; car ils ne sauraient nier qu’elle ne soit très facile à concevoir en cette sorte. Et mon dessein n’est pas d’expliquer comme eux les choses qui sont en-effet dans le vrai monde ; mais seulement d’en feindre un à plaisir dans lequel il n’y ait rien que les plus grossiers esprits ne soient capables de concevoir, et qui puisse toutefois être créé tout de même que je l’aurai feint.

Si j’y mettais la moindre chose qui fut obscure, il se pourrait faire que parmi cette obscurité il y aurait quelque répugnance cachée dont je ne me serais pas aperçu, et ainsi que, sans y penser, je supposerais une chose impossible ; au lieu que, pouvant distinctement imaginer tout ce que j’y mets, il est certain que, encore qu’il n’y eût rien de tel dans l’ancien monde, Dieu le peut toutefois créer dans un nouveau, car il est certain qu’il peut créer toutes les choses que nous pouvons imaginer.

Chapitre VII

DES LOIS DE LA NATURE DE CE NOUVEAU MONDE.

Mais je ne veux pas différer plus longtemps à vous dire par quel moyen la nature seule pourra démêler la confusion du chaos dont j’ai parlé, et quelles sont les lois que Dieu lui a imposées.

There are still many other things I need to explain here, and I would even be glad to add some reasons to make my opinions seem more plausible; but in order to prevent the length of this discourse from becoming too tedious for you, I wish to wrap part of it within the framework of a fable. Through this narrative, I hope that the truth will appear sufficiently clear, and that it will be just as pleasing to comprehend as if I were presenting it outright without any embellishments.

Chapter VI

Description of a new world, and the qualities of the material from which it is composed.

Therefore, allow your thoughts for a brief moment to step outside of this world and explore a completely new one that I will bring into existence right before their eyes, within the realms of imagination. Philosophers tell us that these realms are infinite; and we must believe them, for they were themselves who created them. But so that this infinity does not hinder or confuse us, let us not attempt to reach its limits. Instead, let us enter these realms only far enough so that we can still see all the creatures that God created five or six thousand years ago. Once we have stopped there, in some particular place, let us imagine that God creates even more matter around us, until no empty space remains anywhere our imagination can extend.

Although the sea is not infinite, those who are on it aboard some vessel seem to be able to extend their vision to infinity; yet there is still more water beyond what they see. In the same way, although our imagination appears to be capable of reaching infinity, and although this new substance is not supposed to be infinite itself, we can still assume that it fills spaces much larger than any we have imagined. Moreover, so as not to leave anything open to objection, let us not allow our imagination to extend beyond a certain limit—say, no further than the distance from the earth to the main stars in the sky. Let us assume that the matter created by God extends infinitely in all directions; for there is far more reason to believe that we can set limits to the scope of our thoughts than to the works of God himself.

Or, since we take the liberty of imagining this substance according to our own fancy, let us please attribute to it a nature in which there is nothing at all that anyone could not know with perfect certainty; and for this purpose, let us explicitly assume that it has neither the form of earth, nor of fire, nor of air, nor any other particular form such as wood, stone, or metal; nor does it possess the qualities of being hot or cold, dry or moist, light or heavy; nor does it have any taste, smell, sound, color, light, or anything similar—such that one could claim there is something about its nature that is not universally known.

And let us not think of it, on the other hand, as that kind of raw material for philosophers which has been so thoroughly stripped of all its forms and qualities that nothing at all remains that could be clearly understood; but rather let us conceive of it as a real, perfectly solid entity that fills in every dimension—length, breadth, and depth—of that vast expanse within which we have focused our thoughts. Thus, each part of this entity occupies a portion of space that is always proportionate to its size; it cannot occupy a larger portion, nor can it shrink to a smaller one, nor can it suffer in any way so long as it remains within that space, for no other entity could possibly take its place there.

Furthermore, we may add that this matter can be divided into all possible parts and assume all conceivable forms; moreover, each of these parts is capable of undergoing all imaginable movements. Suppose, furthermore, that God truly divides it into such parts—some larger, some smaller; some with one particular form, others with another—however we may choose to imagine them. It is not so that God separates them one from another in such a way as to create gaps between them; rather, the entire distinction he makes lies in the different movements he assigns to them. From the very moment they are created, some begin to move in one direction, others in another; some more quickly, others more slowly—or even, if you so wish, not at all. And they continue their movements according to the ordinary laws of nature. For God has established these laws so marvelously that, even if we assume he creates nothing beyond what I have described, and even if he introduces no order or proportion into this process, but instead creates a chaos as chaotic and confused as poets might imagine, these laws alone are sufficient to cause the various parts of this chaos to arrange themselves in such an orderly fashion that they form a perfectly structured world—in which not only light, but also all other things, both general and particular, that exist in that true world, would be visible.

But before I explain this in more detail, take some time to consider this chaos again—and notice that it contains nothing which is not utterly familiar to you; nothing about which you could even pretend not to know. For the qualities I have attributed to it, if you have paid attention, I have merely assumed them to be such as you might imagine them to be. And as for the material out of which it is composed, there is nothing simpler or easier to understand among inanimate objects; its essence is so clearly encompassed within everything that our imagination can conceive, that you must either grasp it yourself—or never be able to conceive anything at all.

However, since philosophers are so subtle that they manage to find difficulties in things that seem extremely clear to other men, and since the mere remembrance of their underlying nature—something they themselves acknowledge to be rather difficult to comprehend—might distract them from understanding what I am talking about, I must tell them here that, if I am not mistaken, all the difficulty they encounter arises solely from their attempt to distinguish this nature from its inherent quantity and external extent—that is, from its property of occupying space. In this regard, I am willing to let them believe they are right, for I have no intention of opposing them; but they should not find it strange if I assume that the quantity of this substance I have described differs from its essence no more than the number of named things differs from their reality. Nor should they consider my conception of its extent, or its property of occupying space, as anything other than its true form and essence—for they cannot deny that such a conception is in fact quite easy to grasp. My aim is not to explain the things that actually exist in the real world in the same way they do; rather, I merely wish to create a fictitious world within which even the simplest minds could understand everything, yet which might still be genuinely constructed, just as I have imagined it.

If I were to add the slightest thing that was obscure, it is possible that within that obscurity there would be some hidden repugnance that I would not have noticed; and as a result, without even thinking about it, I might assume something impossible. However, since I can clearly imagine everything that I add, it is certain that, even if such things did not exist in the old world, God could still create them in a new one—for it is certainly true that God can create all things that we are able to imagine.

Chapter VII

THE LAWS OF NATURE IN THIS NEW WORLD.

But I do not wish to delay any longer in telling you by what means nature alone will be able to unravel the chaos I have mentioned, and what laws God has imposed upon it.

Mi restano ancora molte altre cose da spiegare qui, e sarei anche felice di aggiungere alcune ragioni per rendere le mie opinioni più plausibili; tuttavia, affinché la lunghezza di questo discorso non vi risultasse noiosa, intendo avvolgerne una parte nell’invenzione di una favola, attraverso la quale spero che la verità appaia sufficientemente evidente e altrettanto piacevole da leggere, come se venisse esposta in modo diretto.

Capitolo VI

Descrizione di un nuovo mondo e delle qualità della materia di cui è composto.

Permettetemi quindi, per un momento, che il vostro pensiero esca da questo mondo per andare a vedere un altro, completamente nuovo, che io farò nascere davanti ai suoi occhi negli spazi immaginari. I filosofi ci dicono che questi spazi sono infiniti; e bisogna certamente crederci, poiché sono stati loro stessi a crearli. Ma affinché questa infinità non ci ostacoli o ci confonda, non cerchiamo di raggiungerne la fine; entriamo semplicemente in essi fino al punto in cui possiamo ancora vedere tutte le creature che Dio ha creato cinque o sei migliaia di anni fa. Una volta fermatisi in un luogo determinato, supponiamo allora che Dio crei nuovamente intorno a noi tanta materia da far sì che, in ogni direzione verso cui possa estendersi la nostra immaginazione, non vi sia più alcun luogo vuoto.

Sebbene il mare non sia infinito, coloro che si trovano al suo centro, su qualche nave, sembrano poter estendere la loro vista fino all’infinito; tuttavia, c’è ancora dell’acqua al di là di ciò che vedono. Così, anche se la nostra immaginazione sembra potersi estendere all’infinito, e anche se questa nuova materia non si ritiene essere infinita, possiamo comunque supporre che occupi spazi molto più vasti di quelli che abbiamo immaginato. E persino, affinché in tutto ciò non vi sia nulla che possiate obiettare, non permettiamo alla nostra immaginazione di estendersi oltre un certo limite; piuttosto, confiniamola deliberatamente in uno spazio determinato, che non sia maggiore, ad esempio, della distanza che va dalla terra alle principali stelle del cielo. E supponiamo che la materia creata da Dio si estenda molto lontano, in tutte le direzioni, fino a una distanza indefinita; perché c’è molta più probabilità, e abbiamo senz’altro il potere di stabilire dei limiti all’azione del nostro pensiero, rispetto alle opere di Dio.

Ora, poiché ci permettiamo di immaginare questa materia secondo la nostra fantasia, attribuiamole, per favore, una natura nella quale non vi sia nulla che ognuno non possa conoscere perfettamente; e a tal fine, supponiamo esplicitamente che essa non abbia la forma della terra, del fuoco, dell’aria, né alcuna altra forma particolare, come quella del legno, di una pietra o di un metallo; né le qualità di essere calda o fredda, secca o umida, leggera o pesante; né alcun sapore, odore, suono, colore, luce, o altro simile, nella natura della quale si possa dire che esista qualcosa che non sia ovviamente conosciuto da tutti.

E non pensiamo nemmeno che essa sia quella materia prima dei filosofi che è stata così completamente privata di tutte le sue forme e qualità, al punto da non rimanere nulla che possa essere compreso chiaramente; ma concepiamola come un vero corpo, perfettamente solido, che occupa pienamente tutte le lunghezze, larghezze e profondità di quell’immenso spazio nel quale abbiamo fermato il nostro pensiero, in modo tale che ciascuna sua parte occupi sempre una porzione di quel spazio proporzionata alle sue dimensioni: essa non potrebbe mai occuparne una più grande, né ridursi a una più piccola, né subire alcun impedimento nel momento in cui vi rimane, poiché in tal caso un’altra parte di quell’spazio troverebbe comunque il modo di occupare il proprio posto.

Aggiungiamo inoltre che questa materia può essere divisa in tutte le parti e secondo tutte le forme che possiamo immaginare, e che ciascuna delle sue parti è in grado di ricevere in sé tutti i movimenti che possiamo concepire; supponiamo inoltre che Dio la divida effettivamente in molte parti del genere, alcune più grandi, altre più piccole; alcune di una certa forma, altre di un’altra, come vogliamo noi immaginarle; non perché le separi l’una dall’altra in modo che esista qualche vuoto tra di esse, ma pensiamo che tutta la distinzione che egli introduce consista nella diversità dei movimenti che le conferisce, facendo sì che, fin dal primo istante della loro creazione, alcune comincino a muoversi in un certo senso, altre in un altro; alcune più velocemente, altre più lentamente (o addirittura, se si vuole, affatto), e che continuino poi il loro movimento secondo le leggi ordinarie della natura: poiché Dio ha stabilito queste leggi in modo così meraviglioso, che anche se supponessimo che non creasse nulla di più di ciò che ho detto, e anzi che non vi introducesse alcun ordine o proporzione, ma che ne formasse un caos il più confuso e intricato che i poeti possano descrivere, queste leggi sarebbero comunque sufficienti perché le parti di questo caos si disperdessero da sole e si disponessero in un ordine così perfetto da assumere la forma di un mondo davvero completo, nel quale si potrebbero vedere non solo la luce, ma anche tutte le altre cose, sia generali che particolari, che esistono in quel vero mondo.

Ma prima che io spieghi più dettagliatamente questo punto, fermatevi ancora un attimo a considerare questo “caos” e notate che non contiene nulla di ciò che non vi sia perfettamente noto, al punto da non poter nemmeno fingere di ignorarlo. Perché le qualità che ho attribuito a queste cose, se ve ne siete accorti, le ho soltanto ipotizzate come tali che poteste immaginarle. E per quanto riguarda la materia di cui sono composte, non esiste nulla di più semplice né di più facile da comprendere tra le creature inanimate; inoltre, l’idea stessa di questa materia è così chiaramente presente in tutte quelle che la nostra immaginazione può concepire, che è inevitabile che riusciate a comprenderla, oppure che non possiate mai immaginare nulla del genere.

Tuttavia, poiché i filosofi sono così perspicaci da riuscire a individuare difficoltà anche nelle cose che agli altri sembrano estremamente chiare, e poiché il ricordo della loro materia primaria – che essi sanno essere piuttosto difficile da concepire – potrebbe distoglierli dalla comprensione di ciò di cui parlo, devo chiarire loro che, se non mi sbaglio, tutta la difficoltà che incontrano deriva dal fatto che cercano di distinguere tale materia dalla sua quantità effettiva e dalla sua estensione spaziale, cioè dalla proprietà che le permette di occupare dello spazio. In questo sono disposto ad ammettere che possano avere ragione, poiché non ho intenzione di contraddirli; tuttavia non dovrebbero trovare strano se ipotizzo che la quantità della materia descritta non differisca dalla sua essenza, così come il numero delle cose nominate non dipenda dalla loro sostanza, e se considero la loro estensione, o la proprietà di occupare lo spazio, non come un accidente, ma come la loro vera forma ed essenza. Infatti, non potrebbero negare che in questo modo sia molto facile comprenderle. Il mio scopo, dunque, non è spiegare le cose così come esistono nel mondo reale, ma semplicemente inventarne uno fittizio, in cui nulla vi sia che anche gli intelletti più semplici non siano in grado di comprendere, e che possa comunque essere creato esattamente come l’ho immaginato.

Se aggiungessi anche la minima cosa che fosse oscura, potrebbe accadere che, in mezzo a quella oscurità, ci fosse qualche repulsione nascosta di cui non mi sarei reso conto, e così, senza pensarci, potrei supporre qualcosa di impossibile; mentre, poiché posso immaginare chiaramente tutto ciò che aggiungo, è certo che, anche se nulla del genere esisteva nel mondo antico, Dio può comunque crearlo in uno nuovo, perché è certo che può creare tutte le cose che possiamo immaginare.

Capitolo VII

Delle leggi della natura di questo nuovo mondo.

Ma non voglio indugiare oltre nel dirvi con quale mezzo la natura stessa possa risolvere il caos di cui ho parlato, e quali siano le leggi che Dio le ha imposto.

Sachez donc premièrement que, par la nature, je n’entends point ici quelque déesse ou quelque autre sorte de puissance imaginaire, mais que je me sers de ce mot pour signifier la matière même, en tant que je la considère avec toutes les qualités que je lui ai attribuées, comprises toutes ensemble, et sous cette condition que Dieu continue de la conserver en la même façon qu’il l’a créée ; car, de cela seul qu’il continue ainsi de la conserver, il suit de nécessité qu’il doit y avoir plusieurs changements en ses parties, lesquels ne pouvant, ce me semble, être proprement attribués à l’action de Dieu, parce qu’elle ne change point, je les attribue à la nature ; et les règles suivant lesquelles se font ces changements, je les nomme les lois de la nature.

Pour mieux entendre ceci, souvenez-vous qu’entre les qualités de la matière nous avons supposé que ses parties avaient eu divers mouvements dès le commencement qu’elles ont été créées, et outre cela qu’elles s’entretouchaient toutes de tous côtés, sans qu’il y eût aucun vide entre deux ; d’où il suit de nécessité que dès lors, en commençant à se mouvoir, elles ont commencé aussi à changer et diversifier leurs mouvements par la rencontre l’une de l’autre ; et ainsi que si Dieu les conserve par après en la même façon qu’il les a créées, il ne les conserve pas au même état, c’est-à-dire que Dieu agissant toujours de même, et par conséquent produisant toujours le même effet en substance, il se trouve comme par accident plusieurs diversités en cet effet. Et il est facile à croire que Dieu, qui, comme chacun doit savoir, est immuable, agit toujours de même façon. Mais, sans m’engager plus avant dans ces considérations métaphysiques, je mettrai ici deux ou trois des principales règles suivant lesquelles il faut penser que Dieu fait agir la nature de ce nouveau monde, et qui suffiront comme je crois pour vous faire connaître toutes les autres.

La première est que chaque partie de la matière en particulier continue toujours d’être en un même état pendant que la rencontre des autres ne la contraint point de le changer : c’est-à-dire que, si elle a quelque grosseur, elle ne deviendra jamais plus petite, sinon que les autres la divisent ; si elle est ronde ou carrée, elle ne changera jamais cette figure sans que les autres l’y contraignent ; si elle est arrêtée en quelque lieu, elle n’en partira jamais que les autres ne l’en chassent ; et si elle a une fois commencé à se mouvoir, elle continuera toujours avec une égale force jusqu’à ce que les autres l’arrêtent ou la retardent.

Il n’y a personne qui ne croie que cette même règle s’observe dans l’ancien monde, touchant la grosseur, la figure, le repos, et mille autres choses semblables ; mais les philosophes en ont excepté le mouvement, qui est pourtant la chose que je désire le plus expressément y comprendre. Et ne pensez pas pour cela que j’aie dessein de les contredire ; le mouvement dont ils parlent est si fort différent de celui que j’y conçois, qu’il se peut aisément faire que ce qui est vrai de l’un ne le soit pas de l’autre.

Ils avouent eux-mêmes que la nature du leur est fort peu connue ; et, pour la rendre en quelque façon intelligible, ils ne l’ont encore su expliquer plus clairement qu’en ces termes, motusestactus entis in potentia prout inpotentia est, lesquels sont pour moi si obscurs, que je suis contraint de les laisser ici en leur langue, parce que je ne les saurais interpréter (et en effet ces mots, le mouvement est l’acte d’un être en puissance, en tant qu’il est en puissance, ne sont pas plus clairs pour être français). Mais, au contraire, la nature du mouvement duquel j’entends ici parler est si facile à connaître, que les géomètres mêmes, qui, entre tous les hommes, se sont le plus étudiés à concevoir bien distinctement les choses qu’ils ont considérées, l’ont jugée plus simple et plus intelligible que celle de leurs superficies et de leurs lignes, ainsi qu’il paraît en ce qu’ils ont expliqué la ligne par le mouvement d’un point, et la superficie par celui d’une ligne.

Les philosophes supposent aussi plusieurs mouvements qu’ils pensent pouvoir être faits sans qu’aucun corps change de place, comme ceux qu’ils appellent motus ad formant, motus ad calorem, motus ad quantitatem (mouvement à la forme, mouvement à la chaleur, mouvement à la quantité), et mille autres ; et moi je n’en connais aucun plus aisé à concevoir que les lignes des géomètres, qui fait que les corps passent d’un lieu en un autre, et occupent successivement tous les espaces qui sont entre deux.

Outre cela, ils attribuent au moindre de ces mouvements un être beaucoup plus solide et plus véritable qu’ils ne font au repos, lequel ils disent n’en être que la privation ; et moi je conçois que le repos est aussi bien une qualité qui doit être attribuée à la matière pendant qu’elle demeure en une place, comme le mouvement en est une qui lui est attribuée pendant qu’elle en change.

Enfin, le mouvement dont ils parlent est d’une nature si étrange, qu’au lieu que toutes les autres choses ont pour fin leur perfection, et ne tâchent qu’à se conserver, il n’a point d’autre fin ni d’autre but que le repos, et, contre toutes les lois de la nature, il tâche soi-même à se détruire ; mais, au contraire, celui que je suppose suit les mêmes lois de la nature que font généralement toutes les dispositions et toutes les qualités qui se trouvent en la matière, aussi bien celles que les doctes appellent modos et entia rationis cum fundamento in re (des modes et des êtres de raison avec fondement dans la chose), comme qualitates reales (leurs qualités réelles), dans lesquelles je confesse ingénument ne trouver pas plus de réalité que dans les autres.

Je suppose, pour seconde réglé, que, quand un corps en pousse un autre, il ne saurait lui donner aucun mouvement qu’il n’en perde en même temps autant du sien, ni lui en ôter que le sien ne s’augmente d’autant. Cette règle, jointe avec la précédente, se rapporte fort bien à toutes les expériences dans lesquelles nous voyons qu’un corps commence ou cesse de se mouvoir, parce qu’il est poussé ou arrêté par quelque autre. Car, ayant supposé la précédente, nous sommes exempts de la peine où se trouvent les doctes quand ils veulent rendre raison de ce qu’une pierre continue de se mouvoir quelque temps après être hors de la main de celui qui l’a jetée : car on nous doit plutôt demander pourquoi elle ne continue pas toujours de se mouvoir. Mais la raison est facile à rendre ; car qui est-ce qui peut nier que l’air dans lequel elle se remue ne lui fasse quelque résistance ? On l’entend siffler lorsqu’elle le divise, et si l’on remue dedans un éventail ou quelque autre corps fort léger et fort étendu, on pourra même sentir au poids de la main qu’il en empêche le mouvement, bien loin de le continuer, ainsi que quelques-uns ont voulu dire. Mais si l’on manque d’expliquer l’effet de sa résistance, suivant notre seconde règle, et que l’on pense que plus un corps peut résister, plus il soit capable d’arrêter le mouvement des autres, ainsi que peut-être d’abord on se pourrait persuader, on aura derechef bien de la peine à rendre raison pourquoi le mouvement de cette pierre s’amortit plutôt en rencontrant un corps mou, et dont la résistance est médiocre, qu’il ne fait lorsqu’elle en rencontre un plus dur et qui lui résiste davantage ; comme aussi pourquoi, sitôt qu’elle a fait un peu d’effort contre ce dernier, elle retourne incontinent comme sur ses pas, plutôt que de s’arrêter ni d’interrompre son mouvement pour son sujet. Au lieu que, supposant cette règle, il n’y a point du tout en ceci de difficulté ; car elle nous apprend que le mouvement d’un corps n’est pas retardé par la rencontre d’un autre à proportion de ce que celui-ci lui résiste, mais seulement à proportion de ce que sa résistance en est surmontée, et qu’en lui obéissant il reçoit en soi la force de se mouvoir que l’autre quitte.

Therefore, first and foremost, let it be clear that by “nature” I do not mean any deity or some other kind of imaginary power here, but rather use this term to refer to matter itself, as I consider it in all the qualities that I have attributed to it—taken together as a whole—and on the condition that God continues to preserve it in exactly the same way he created it. For it is solely because God continues to maintain it in this state that changes must inevitably occur within its parts. Since these changes, in my view, cannot properly be attributed to God’s action itself, since God does not undergo any change himself, I attribute them to nature. And the principles according to which these changes take place, I call the laws of nature.

To better understand this, remember that among the properties of matter, we have assumed that its parts have undergone various movements since their very creation, and moreover that they have been in constant contact with each other on all sides, without any voids existing between them; it follows therefore that, from the moment they began to move, they also began to change and diversify their motions through their interactions with one another. Just as God may continue to maintain them in the same state in which he created them, he does not keep them unchanged—meaning that, since God always acts in the same manner and consequently produces the same effects, it is merely by chance that various differences arise in these effects. It is easy to believe that God, who is, as everyone knows, immutable, always acts in the same way. But without delving further into these metaphysical considerations, I will here present two or three of the main principles according to which we should understand how God causes the natural processes of this new world to operate; these principles, I believe, will be sufficient to help you grasp all the others as well.

The first point is that each particular portion of matter always remains in the same state unless its encounter with other elements forces it to change; in other words, if it possesses a certain size, it will never become smaller unless other forces divide it; if it is round or square, it will never change shape unless compelled to do so by external influences; if it is stationary in one place, it will not move until other forces drive it away; and once it begins to move, it will continue moving with equal force until it is stopped or hindered.

There is no one who does not believe that the same rule applies in the ancient world, regarding size, shape, rest, and countless other similar aspects; yet philosophers have excluded motion from this category, despite the fact that it is precisely the aspect I most earnestly wish to include within it. And do not think for a moment that I intend to contradict them; the notion of motion they refer to is so vastly different from the one I conceive, that it is entirely possible for what is true in their case to be false in mine.

They themselves admit that the nature of their own concept is far from being well understood; and in order to make it somewhat intelligible, they have not been able to explain it more clearly than in these terms: “motus est actus entis in potentia prout in potenlia est.” These words are so obscure to me that I am forced to leave them here in their original language, for I would be unable to interpret them properly (indeed, these phrases—“motion is the act of a being in potentiality, insofar as it is in potentiality”—are no clearer when expressed in French). On the contrary, the nature of motion about which I am speaking here is so easy to understand that even mathematicians, who, more than any other group of people, have devoted themselves to clearly conceiving the various concepts they studied, have found it simpler and more understandable than the nature of surfaces and lines. This is evident from the way they explained a line as being the motion of a point, and a surface as being the motion of a line.

Philosophers also propose various types of motion that they believe can occur without any objects actually changing position—movements they call “motus ad formant,” “motus ad calorem,” “motus ad quantitatem” (motion toward form, motion toward heat, motion toward quantity), and countless others. But among all these, I know of none that is easier to conceive than the lines used in geometry, which enable objects to move from one place to another and successively occupy every space situated between them.

Furthermore, they attribute to each of these movements a being that is much more substantial and real than they attribute to rest, claiming that rest is merely the absence of movement; whereas I understand that rest is just as much a quality that must be attributed to matter when it remains in one place, as motion is a quality that must be attributed to it when it changes position.

Finally, the movement they speak of is of such a strange nature that, whereas all other things have perfection as their ultimate goal and strive only to preserve themselves, this movement has no other end or purpose than rest. Moreover, against all the laws of nature, it seeks to destroy itself; on the contrary, the movement I consider follows precisely the same laws of nature as all other properties and qualities that exist within matter—whether those which scholars call “modes” and “entia rationis cum fundamento in re” (modes and beings of reason with a basis in reality), or those they refer to as “real qualities.” I frankly admit that I see no more reality in these so-called real qualities than in any other.

I suppose, as a second rule, that when one body pushes another, it can impart to it no motion unless it loses an equal amount of motion itself in the process; nor can it take away from the other body any motion unless its own motion is increased by the same amount. This rule, combined with the previous one, explains very well all those experiments in which we observe that a body begins or ceases to move because it is pushed or stopped by another body. For, given the previous rule, we are free from the difficulty that scholars face when trying to explain why a stone continues to move for some time after being thrown away: rather, one might ask why it does not continue moving forever. But the reason is easy to understand—after all, who can deny that the air through which the stone moves exerts some resistance on it? We hear it hiss as it moves through the air; and when we wave a fan or move something light and expansive through the air, we can even feel with our hands how the air resists their movement, far from helping it continue. However, if we fail to explain this effect of resistance according to our second rule—and assume instead that the more resistant a body is, the more capable it is of stopping the motion of other bodies—then we will find it very difficult to explain why the stone’s motion slows down when it encounters a soft body with little resistance, rather than speeding up when it meets a harder body that resists it more strongly. Moreover, if we fail to account for how the stone’s own momentum causes it to reverse direction immediately upon encountering such a hard body, then our explanation would be flawed. But given our second rule, there is no difficulty at all in understanding this phenomenon—for it tells us that a body’s motion is not hindered by another body’s resistance in proportion to that resistance; rather, its motion is affected only in proportion to how much of that resistance it manages to overcome, and by overcoming it, it gains the additional force needed to continue moving.

Sappiate dunque, innanzitutto, che per natura non intendo qui alcuna dea o alcun tipo di potenza immaginaria, ma uso questa parola per indicare la materia stessa, considerata nella sua totalità, con tutte le qualità che le ho attribuite; e ciò a condizione che Dio continui a conservarla nello stesso modo in cui l’ha creata. Poiché è proprio dal fatto che Dio continua a mantenerla così che ne derivano necessariamente dei cambiamenti nelle sue parti; e poiché questi cambiamenti, a mio parere, non possono essere attribuiti direttamente all’azione di Dio – essendo essa stessa immutabile – li attribuisco alla natura stessa. Le regole secondo cui avvengono tali cambiamenti le chiamo “leggi della natura”.

Per comprendere meglio questo concetto, ricordatevi che tra le qualità della materia abbiamo ipotizzato che le sue parti abbiano subito diversi movimenti fin dal momento della loro creazione; inoltre, queste parti si toccavano su tutti i lati, senza alcun vuoto tra di esse. Di conseguenza, non appena hanno iniziato a muoversi, hanno anche cominciato a modificare e diversificare tali movimenti a causa delle loro interazioni reciproche. Anche se Dio le mantiene nello stesso stato in cui le ha create, ciò non significa che agisca sempre allo stesso modo: poiché Dio agisce sempre in modo uniforme e produce quindi lo stesso effetto nella materia, è inevitabile che si verifichino diverse variazioni in questo processo. È facile credere che Dio, essendo immutabile, agisca sempre nello stesso modo. Tuttavia, senza addentrarmi ulteriormente in queste considerazioni metafisiche, riporterò qui due o tre delle principali regole secondo cui si deve pensare che Dio faccia agire la natura di questo nuovo mondo; queste regole, credo, saranno sufficienti per farvi comprendere tutte le altre implicazioni.

Il primo principio è che ogni parte della materia, in particolare, rimane sempre nello stesso stato finché l’incontro con altre parti non la costringe a cambiarlo: in altre parole, se ha una certa dimensione, non diventerà mai più piccola, a meno che altre parti non la dividano; se è rotonda o quadrata, non cambierà mai questa forma senza che altre parti la costringano a farlo; se si trova ferma in un luogo, non si muoverà mai da lì finché altre parti non la spingeranno via; e se ha iniziato a muoversi, continuerà sempre con la stessa forza fino a quando altre parti non la fermeranno o la rallenteranno.

Non c’è nessuno che non creda che la stessa regola si osservi nel mondo antico riguardo alla grandezza, alla forma, allo stato di riposo e a mille altre cose simili; tuttavia i filosofi ne hanno fatto un’eccezione per il movimento, che è proprio ciò che desidero ardentemente includere in questa regola. E non pensate che intenda contraddirli: il movimento di cui parlano è così diverso da quello che io concepisco, che è facile che ciò che è vero per l’uno non lo sia per l’altro.

Essi stessi ammettono che la natura del loro concetto sia molto poco conosciuta; e, al fine di renderla in qualche modo comprensibile, non sono ancora riusciti a spiegarla in termini più chiari di questi: “motus estactus entis in potentia prout in potenlia est”. Tuttavia, per me questi termini sono così oscuri che sono costretto a lasciarli nella loro lingua originale, poiché non saprei come interpretarli (e infatti, in francese, queste parole – “il movimento è l’atto di un essere in potenza, in quanto è in potenza” – non risultano affatto più chiare). Al contrario, la natura del movimento di cui parlo qui è così facilmente comprensibile che persino i geometri, tra tutte le persone che si sono dedicate allo studio delle cose per concepirle in modo chiaro e distinto, l’hanno ritenuta più semplice e più intelligibile rispetto alla natura delle superfici e delle linee. Come dimostra il fatto che abbiano spiegato la linea attraverso il movimento di un punto, e la superficie attraverso quello di una linea.

Anche i filosofi ipotizzano diversi tipi di movimenti che ritengono possibili senza che alcun corpo cambi posizione, come quelli che chiamano “moto verso la forma”, “moto verso il calore”, “moto verso la quantità”, e mille altri ancora; ma io non conosco nessuno di questi movimenti più facile da comprendere dei ragionamenti dei geometri, i quali spiegano come i corpi passino da un luogo all’altro e occupino successivamente tutti gli spazi che si trovano tra due punti.

Oltre a ciò, attribuiscono al minimo di questi movimenti un’essenza molto più solida e reale rispetto allo stato di riposo, che considerano semplicemente una sua privazione; mentre io ritengo che il riposo sia anch’esso una qualità che deve essere attribuita alla materia quando rimane nello stesso luogo, così come il movimento è una qualità che le viene attribuita quando si sposta.

Infine, il movimento di cui parlano è di una natura così strana che, mentre tutte le altre cose hanno come fine la propria perfezione e si sforzano soltanto di conservarsi, questo movimento non ha altra finalità se non il riposo; inoltre, contrariamente a tutte le leggi della natura, esso tende addirittura a distruggersi. Al contrario, quello che io ipotizzo segue esattamente le stesse leggi della natura che governano tutte le disposizioni e qualità presenti nella materia, sia quelle che i dotti chiamano “modi” ed “entità di ragione con fondamento nella realtà”, sia quelle che considerano “qualità reali”. Ammetto onestamente di non trovare in queste ultime più realtà di quanta ne trovi nelle altre.

Suppongo, come seconda regola, che quando un corpo spinge un altro, non possa dargli alcun movimento senza perdere allo stesso tempo altrettanto del proprio, né toglierglielo senza che il proprio movimento aumenti di conseguenza. Questa regola, unita alla precedente, si applica molto bene a tutte le esperienze in cui osserviamo che un corpo inizia o smette di muoversi perché viene spinto o fermato da un altro. Poiché, avendo già preso in considerazione la regola precedente, non ci troviamo più di fronte al problema con cui si imbattono gli studiosi quando cercano di spiegare perché una pietra continui a muoversi per qualche tempo dopo essere stata lanciata: anzi, dovremmo piuttosto chiederci perché non continui sempre a muoversi. Ma la ragione è facile da comprendere: chi può negare che l’aria in cui si muove eserciti su di essa una certa resistenza? Si sente sibilare quando la pietra la attraversa; inoltre, se si agita un ventaglio o qualche altro oggetto leggero e esteso all’interno dell’aria, si può persino percepire con il peso della mano che tale oggetto ostacola il suo movimento, piuttosto che aiutarlo a proseguire, come alcuni hanno voluto credere. Tuttavia, se non si riesce a spiegare l’effetto di questa resistenza seguendo la nostra seconda regola, e si ritiene che più un corpo è in grado di opporre resistenza, maggiormente possa fermare il movimento degli altri, allora ci troveremmo di fronte a una vera difficoltà nel comprendere perché il movimento di quella pietra si attenui quando incontra un corpo morbido e poco resistente, piuttosto che aumentare quando ne incontra uno più duro. Inoltre, non si capirebbe perché, dopo aver compiuto uno sforzo contro quest’ultimo, la pietra torni immediatamente indietro, invece di fermarsi o interrompere il proprio movimento. Ma seguendo la nostra regola, tale difficoltà scompare del tutto: essa ci insegna infatti che il movimento di un corpo non viene ritardato dall’incontro con un altro in proporzione alla resistenza che quest’ultimo esercita, ma soltanto in proporzione al grado in cui quella resistenza viene superata; e che, obbedendo a tale legge, il primo corpo riceve nella propria struttura la forza necessaria per continuare a muoversi, proprio come quella forza viene sottratta dal secondo corpo.

Or, encore qu’en la plupart des mouvements que nous voyons dans le vrai monde nous ne puissions pas apercevoir que les corps qui commencent ou cessent de se mouvoir soient poussés ou arrêtés par quelques autres, nous n’avons pas pour cela occasion de juger que ces deux règles n’y soient pas exactement observées : car il est certain que ces corps peuvent souvent recevoir leur agitation des deux éléments de l’air et du feu, qui se trouvent toujours parmi eux sans y pouvoir être sentis, ainsi qu’il a tantôt été dit, ou même de l’air plus grossier, qui ne peut non plus être senti ; et qu’ils peuvent la transférer tantôt à cet air plus grossier, et tantôt à toute la masse de la terre, en laquelle étant dispersée, elle ne peut aussi être aperçue.

Mais encore que tout ce que nos sens ont jamais expérimenté dans le vrai monde semblât manifestement être contraire à ce qui est contenu dans ces deux règles, la raison qui me les a enseignées me semble si forte, que je ne laisserais pas de croire être obligé de les supposer dans le nouveau que je vous décris : car quel fondement plus ferme et plus solide pourrait-on trouver pour établir une vérité, encore qu’on le voulût choisir à souhait, que de prendre la fermeté même et l’immutabilité qui est en Dieu ?

Or est-il que ces deux règles suivent manifestement de cela seul que Dieu est immuable, et qu’agissant toujours en même sorte, il produit toujours le même effet : car, supposant qu’il a mis certaine quantité de mouvement dans toute la matière en général dès le premier instant qu’il l’a créée, il faut avouer qu’il y en conserve toujours autant, ou ne pas croire qu’il agisse toujours en même sorte ; et supposant avec cela que dès ce premier instant les diverses parties de la matière en qui ces mouvements se sont trouvés inégalement dispersés ont commencé à les retenir, ou à les transférer de l’une à l’autre, selon qu’elles en ont pu avoir la force, il faut nécessairement penser qu’il leur fait toujours continuer la même chose ; et c’est ce que contiennent ces deux règles.

J’ajouterai, pour la troisième, que lorsqu’un corps se meut, encore que son mouvement se fasse le plus souvent en ligne courbe, et qu’il ne s’en puisse jamais faire aucun qui ne soit en quelque façon circulaire, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, toutefois chacune de ses partie en particulier tend toujours à continuer le sien en ligne droite. Et ainsi leur action, c’est-à-dire l’inclination qu’elles ont à se mouvoir, est différente de leur mouvement.

Par exemple, si l’on fait tourner une roue sur son essieu, encore que toutes ses parties aillent, en rond, parce que, étant jointes l’une à l’autre, elles ne sauraient aller autrement, toutefois leur inclination est d’aller droit, ainsi qu’il paraît clairement si par hasard quelqu’une se détache des autres ; car aussitôt qu’elle est en liberté, son mouvement cesse d’être circulaire, et se continue en ligne droite.

De même, quand on fait tourner une pierre dans une fronde, non seulement elle va tout droit aussitôt qu’elle en est sortie, mais de plus, pendant tout le temps qu’elle y est, elle presse le milieu de la fronde et fait tendre la corde ; montrant évidemment par là qu’elle a toujours inclination d’aller en droite ligne, et qu’elle ne va en rond que par contrainte.

Cette règle est appuyée sur le même fondement que les deux autres, et ne dépend que de ce que Dieu conserve chaque chose par une action continue, et par conséquent qu’il ne la conserve point telle qu’elle peut avoir été quelque temps auparavant, mais précisément telle qu’elle est au même instant qu’il la conserve. Or est-il que de tous les mouvements il n’y a que le droit qui soit entièrement simple, et dont toute la nature soit comprise en un instant : car, pour le concevoir, il suffit de penser qu’un corps est en action pour se mouvoir vers un certain côté, ce qui se trouve en chacun des instants qui peuvent être déterminés pendant le temps qu’il se meut : au lieu que, pour concevoir le mouvement circulaire, ou quelque autre que ce puisse être, il faut au moins considérer deux de ces instants, ou plutôt deux de ses parties, et le rapport qui est entre elles ; mais, afin que les philosophes, ou plutôt les sophistes, ne prennent pas ici occasion d’exercer leurs subtilités superflues, remarquez que je ne dis pas pour cela que le mouvement droit se puisse faire en un instant, mais seulement que tout ce qui est requis pour le produire se trouve dans les corps en chaque instant qui puisse être déterminé pendant qu’ils se meuvent, et non pas tout ce qui est requis pour produire le circulaire.

Comme, par exemple, si une pierre se meut dans une fronde suivant le cercle marqué A B, et que vous la considériez précisément telle qu’elle est à l’instant qu’elle arrive au point A, vous trouvez bien qu’elle est en action pour se mouvoir, car elle ne s’y arrête pas, et pour se mouvoir vers un certain côté, à savoir vers C, car c’est vers là que son action est déterminée en cet instant ; mais vous n’y sauriez rien trouver qui fasse que son mouvement soit circulaire. Si bien que supposant qu’elle commence pour lors à sortir de la fronde, et que Dieu continue de la conserver telle qu’elle est en ce moment, il est certain qu’il ne la conservera point avec l’inclination d’aller circulairement suivant la ligne AB, mais avec celle d’aller tout droit vers le point C.

Donc, suivant cette règle, il faut dire que Dieu seul est l’auteur de tous les mouvements qui sont au monde, en tant qu’ils sont, et en tant qu’ils sont droits ; mais que ce sont les diverses dispositions de la matière qui les rendent irréguliers et courbés, ainsi que les théologiens nous apprennent que Dieu est aussi l’auteur de toutes nos actions, en tant qu’elles sont, et en tant qu’elles ont quelque bonté ; mais que ce sont les diverses dispositions de nos volontés qui les peuvent rendre vicieuses.

Je pourrais mettre encore ici plusieurs règles, pour déterminer en particulier quand et comment et de combien le mouvement de chaque corps peut être détourné, et augmenté ou diminué par la Rencontre des autres, ce qui comprend sommairement tous les effets de la nature ; mais je me contesterai de vous avertir qu’outre les trois lois que j’ai expliquées, je n’en veux point supposer d’autres que celles qui suivent infailliblement de ces vérités éternelles sur lesquelles les mathématiciens ont accoutumé d’appuyer leurs plus certaines et plus évidentes démonstrations ; ces vérités, dis-je, suivant lesquelles Dieu même nous a enseigné qu’il avait disposé toutes choses en nombre, en poids et en mesure, et dont la connaissance est si naturelle à nos âmes que nous ne saurions ne les pas juger infaillibles lorsque nous les concevons distinctement, ni douter que si Dieu avait créé plusieurs mondes, elles ne fussent en tous aussi véritables qu’en celui-ci. De sorte que ceux qui sauront suffisamment examiner les conséquences de ces vérités et de nos règles pourront connaître les effets par leurs causes, et, pour m’expliquer en termes de l’école, pourront avoir des démonstrations a priori de tout ce qui peut être produit en ce nouveau monde.

Et, afin qu’il n’y ait point d’exception qui en empêche, nous ajouterons, s’il vous plaît, à nos suppositions, que Dieu n’y fera jamais aucun miracle, et que les intelligences, ou les âmes raisonnables que nous y pourrons supposer ci-après, n’y troubleront en aucune façon le cours ordinaire de la nature. Ensuite de quoi néanmoins je ne vous promets pas de mettre ici des démonstrations exactes de toutes les choses que je dirai ; ce sera assez que je vous ouvre le chemin par lequel vous les pourrez trouver de vous-même quand vous prendrez la peine de les chercher. La plupart des esprits se dégoûtent lorsqu’on leur rend les choses trop faciles. Et pour faire ici un tableau qui vous agrée, il est besoin que j’y emploie de l’ombre aussi bien que des couleurs. Si bien que je me contenterai de poursuivre la description que j’ai commencée, comme n’ayant autre dessein que de vous raconter une fable.

Chapitre VIII

DE LA FORMATION DU SOLEIL ET DES ÉTOILES DE CE NOUVEAU MONDE.

Or, although in most of the movements we observe in the real world we are unable to see that the bodies which begin or cease moving are propelled or stopped by some other forces, this does not give us reason to conclude that these two principles are not strictly observed: for it is certainly possible that such bodies often receive their motion from the two elements of air and fire, which are always present around them yet cannot be perceived; or even from the denser form of air, which likewise cannot be sensed. Moreover, these bodies may transfer their motion either to this denser air or to the entire mass of the earth—where, once dispersed, it too remains invisible.

Yet, even though everything that our senses have ever experienced in the real world seems to be clearly contrary to what is contained in these two rules, the reason that taught me them appears so compelling that I would not hesitate to assume their validity in the new realm that I am describing to you. For what more solid and firm basis could one possibly find for establishing a truth—even if one were to choose it at will—than the very steadfastness and immutability inherent in God?

Or is it not evident that these two rules follow solely from the fact that God is immutable, and that since He always acts in the same manner, He always produces the same effects? For if we assume that God imparted a certain amount of motion to all matter at the very moment of its creation, it must be acknowledged that He continues to maintain that same amount of motion within it; otherwise, we would have to deny that He always acts in the same way. Furthermore, assuming that from that very initial moment, the various parts of matter, into which these motions were unevenly distributed, began to retain or transfer them from one part to another, depending on their respective capacities to do so, it follows necessarily that God continues to enable them to carry out the same processes. And precisely this is what these two rules convey.

I would add, thirdly, that when a body moves, although its motion is usually in a curved line—and it is impossible for it to move in any other manner than a circular one, as has been stated above—each of its parts, nevertheless, always tends to continue its motion in a straight line. Thus, their tendency to move is different from their actual motion.

For example, if one rotates a wheel on its axis, although all its parts move in a circular motion because they are connected to each other and cannot move otherwise, their inherent tendency is to move in a straight line—this becomes clear whenever one of the parts accidentally breaks away from the others; once free, its motion ceases to be circular and continues in a straight line.

In the same way, when a stone is made to spin in a sling, not only does it move straight immediately after being released, but also, while it is inside the sling, it presses against the middle of the sling and causes the string to tighten; this clearly demonstrates that the stone always has an inclination to move in a straight line and can only move in a circular path as a result of external constraints.

This rule is based on the same foundation as the other two; it depends solely on the fact that God preserves every thing through a continuous action—and therefore, he does not preserve things as they may have been at some previous time, but precisely as they are at the very instant in which he preserves them. Among all movements, only rectilinear motion is entirely simple in nature, and its entire process can be understood in an instant: to conceive it, one merely needs to think of a body in motion moving in a certain direction—in every single instant during its movement. In contrast, to understand circular motion or any other type of motion, one would need to consider at least two such instants, or rather two aspects of the motion, and the relationship that exists between them. However, so as to prevent philosophers—or rather sophists—from exploiting their unnecessary subtleties here, let it be clear that I am not claiming that rectilinear motion can take place in an instant; I am merely saying that everything required for its occurrence is present in the bodies at every single instant during their movement—but not that everything necessary for circular motion is also present.

For instance, if a stone moves within a sling along the path marked by line AB, and you consider it precisely as it is at the moment when it reaches point A, you will certainly observe that it is in motion—since it does not stop there—but also that its motion is directed toward a certain point, namely point C, since that is where its movement is determined at that instant. However, you would not be able to discern anything in it that indicates that its motion is circular. Consequently, even if we assume that it begins to move away from the sling at that moment, and that God were to continue preserving it in exactly that state, it is certain that He would not preserve it moving in a circular path along line AB, but rather straight toward point C.

Therefore, according to this rule, it must be said that God alone is the author of all movements in the world, as they exist and as they are righteous; but it is the various qualities of matter that make them irregular and bent, just as theologians teach us that God is also the author of all our actions, as they exist and as they possess some degree of goodness; yet it is the various inclinations of our wills that can render them wicked.

I could add several more rules here to determine in particular when, how, and to what extent the motion of each body can be altered, increased, or decreased by the interaction with other bodies—which, in essence, encompasses all the effects of nature. However, I would refuse to warn you that, apart from the three laws I have already explained, I intend to assume no other laws than those that necessarily follow from these eternal truths upon which mathematicians have always based their most certain and evident demonstrations. These truths, I say, are such that God himself has taught us that he arranged all things in terms of number, weight, and measure; and the understanding of these truths is so inherent to our minds that we cannot possibly doubt their infallibility whenever we conceive them clearly. Nor can we doubt that if God had created multiple worlds, these principles would be just as true there as they are in this one. Thus, those who thoroughly examine the consequences of these truths and our rules will be able to understand the effects through their causes—and, to use the terminology of the philosophical schools, they will be able to provide a priori demonstrations of everything that can possibly occur in those other worlds.

And in order to ensure that there are no exceptions which might prevent this from happening, we would like to add to our assumptions that God will never perform any miracles therein, and that the intelligent beings or rational souls that we may assume to exist there will in no way disturb the normal course of nature. Nevertheless, I do not promise to provide you with exact demonstrations for all the things I shall say; it will be sufficient if I show you the path by which you can find them yourselves, provided you take the trouble to search for them. Most people lose interest when things are made too easy for them. And in order to present a picture that pleases you, it is necessary for me to use both shade and color. Therefore, I will simply continue with the description I have begun, with the sole intention of telling you a fable.

Chapter VIII

ON THE FORMATION OF THE SUN AND THE STARS IN THIS NEW WORLD.

Ora, anche se nella maggior parte dei movimenti che osserviamo nel mondo reale non possiamo vedere chiaramente che i corpi che iniziano o cessano di muoversi siano spinti o fermati da altri agenti, questo non ci dà motivo per ritenere che queste due leggi non vengano rigorosamente rispettate: infatti è certo che questi corpi possano spesso ricevere la loro movimentazione dagli elementi aria e fuoco, che sono sempre presenti attorno a loro senza poter essere percepiti; oppure anche dall’aria più densa, anch’essa invisibile. Inoltre, questi corpi possono trasferire questa movimentazione sia all’aria più densa che all’intera massa terrestre, nella quale, una volta dispersa, essa non può essere nemmeno percepita.

Ma anche se tutto ciò che i nostri sensi hanno mai sperimentato nel mondo reale sembra chiaramente contraddire quanto contenuto in queste due regole, la ragione che me le ha insegnate mi appare così convincente che non potrei fare a meno di ritenere necessario applicarle anche al nuovo scenario che vi sto descrivendo: infatti, quale fondamento più solido e affidabile si potrebbe trovare per stabilire una verità, anche se si volesse sceglierne uno a piacimento, se non la fermezza stessa e l’immutabilità che caratterizzano Dio?

Ora, è evidente che queste due regole derivano esclusivamente dal fatto che Dio è immutabile e che, agendo sempre nello stesso modo, produce sempre lo stesso effetto: poiché, supponendo che abbia infuso una certa quantità di movimento in tutta la materia fin dal primo istante della sua creazione, bisogna ammettere che tale quantità di movimento vi rimanga costantemente, altrimenti non si potrebbe credere che agisca sempre nello stesso modo; inoltre, supponendo che, da quel primo istante, le varie parti della materia, nelle quali tali movimenti si erano distribuiti in modo disomogeneo, abbiano iniziato a trattenere o trasferire quei movimenti da un luogo all’altro, nella misura in cui ne avevano la capacità, è inevitabile concludere che Dio continui sempre a far sì che tali processi avvengano; ed è proprio questo ciò che queste due regole intendono esprimere.

Aggiungerò, in terzo luogo, che quando un corpo si muove, anche se il suo movimento avviene spesso lungo linee curve e non può mai verificarsi in modo del tutto circolare, come è stato detto sopra, ciascuna delle sue parti tende comunque a proseguire il proprio movimento lungo una linea retta. Pertanto, la loro “azione”, ovvero la tendenza che hanno a muoversi, è diversa dal loro movimento effettivo.

Ad esempio, se si fa ruotare una ruota attorno al suo asse, anche se tutte le sue parti si muovono in cerchio perché sono collegate l’una all’altra e non potrebbero muoversi diversamente, la loro tendenza naturale è comunque quella di muoversi in linea retta; questo diventa evidente nel momento in cui, per caso, una delle parti si stacca dalle altre: non appena è libera, il suo movimento cessa di essere circolare e prosegue in linea retta.

Allo stesso modo, quando si fa ruotare una pietra all’interno di una lama di un’ascia, non solo essa tende immediatamente a dirigersi in linea retta non appena ne esce, ma anche durante tutto il tempo in cui rimane all’interno della lama, preme sul suo centro facendo tendere la corda; ciò dimostra chiaramente che ha sempre la tendenza a muoversi in linea retta e che procede in cerchio soltanto per forza.

Questa regola si basa sullo stesso fondamento delle altre due, e dipende soltanto da ciò che Dio mantiene ogni cosa attraverso un’azione continua; pertanto, Egli non la mantiene tale come potrebbe essere stata in un certo momento precedente, ma esattamente tale come è nel preciso istante in cui la mantiene. Ora, tra tutti i movimenti, soltanto il movimento rettilineo è completamente semplice, e tutta la sua natura può essere compresa in un singolo istante: infatti, per concepirlo basta pensare che un corpo sia in movimento verso una determinata direzione, e ciò vale per ogni istante durante il quale si muove. Al contrario, per comprendere il movimento circolare – o qualsiasi altro tipo di movimento – è necessario considerare almeno due di questi istanti, o meglio, due delle sue parti, nonché il rapporto che esiste tra di esse. Tuttavia, affinché i filosofi – o piuttosto i sofisti – non approfittino di questa occasione per esibire le loro sofisticate argomentazioni superflue, notiamo che non sto dicendo che il movimento rettilineo possa avvenire in un istante, ma soltanto che tutto ciò che è necessario per produrlo si trova nei corpi in ogni istante durante il quale si muovono, e non anche tutto ciò che è necessario per produrre il movimento circolare.

Ad esempio, se una pietra si muove all’interno di un ramo seguendo il percorso tracciato dai punti A e B, e se la osserviamo proprio nel momento in cui raggiunge il punto A, è evidente che sta compiendo un movimento, poiché non si ferma lì, ma prosegue verso una certa direzione, cioè verso il punto C; infatti, è proprio verso di lì che il suo movimento è determinato in quel momento. Tuttavia, non vi è nulla nel comportamento di questa pietra che possa far pensare che il suo movimento sia circolare. Quindi, anche se ipotizzassimo che iniziasse a uscire dal ramo e che Dio continuasse a mantenerla nella stessa posizione di quel momento, è certo che non la mantenerebbe con l’inclinazione necessaria per muoversi in cerchio lungo la linea AB, ma piuttosto con quella necessaria per dirigersi dritta verso il punto C.

Quindi, secondo questa regola, bisogna affermare che solo Dio è l’autore di tutti i movimenti esistenti nel mondo, in quanto tali e in quanto retti; ma sono le varie caratteristiche della materia a renderli irregolari e curvi, così come ci insegnano i teologi: Dio è anche l’autore di tutte le nostre azioni, in quanto tali e in quanto contenenti qualche elemento di bontà; tuttavia sono le diverse disposizioni delle nostre volontà a poter renderle viziose.

Potrei ancora aggiungere qui diverse regole per determinare, in particolare, quando, come e di quanto il movimento di ogni corpo possa essere deviato, aumentato o diminuito dall’incontro con altri corpi; ciò include, in sintesi, tutti gli effetti della natura. Tuttavia, mi astengo dal dirvi che, oltre alle tre leggi che ho spiegato, non intendo ipotizzare altre se non quelle che derivano inevitabilmente da queste verità eterne su cui i matematici hanno l’abitudine di basare le loro dimostrazioni più certe ed evidenti. Queste verità, dico io, secondo cui Dio stesso ci ha insegnato di aver disposto tutte le cose in termini di numero, peso e misura, e la conoscenza delle quali è così naturale per le nostre anime che non potremmo mai considerarle infallibili quando le concepiamo chiaramente; né dubitare che, se Dio avesse creato molti mondi, esse sarebbero ugualmente vere in tutti quanti quanto lo sono in questo. Pertanto, coloro che sapranno esaminare a sufficienza le conseguenze di queste verità e delle nostre regole potranno conoscere gli effetti attraverso le loro cause; e, per usare i termini della scuola filosofica, potranno disporre di dimostrazioni a priori di tutto ciò che può essere prodotto in quel nuovo mondo.

E affinché non vi siano eccezioni che possano impedirlo, aggiungeremo, per favore, alle nostre ipotesi che Dio non compierà mai alcun miracolo, e che le intelligenze o le anime razionali che potremo supporre in seguito non disturberanno in alcun modo il corso ordinario della natura. Tuttavia, non vi prometto di fornire qui dimostrazioni esatte di tutte le cose che dirò; sarà sufficiente che vi indichi la strada per trovarle da soli, se vi impegnerete a cercarle. La maggior parte delle persone si stanca quando le cose vengono rese troppo semplici. E affinché il quadro che vi presento sia piacevole da leggere, è necessario che utilizzi sia l’ombra che i colori; perciò mi limiterò a proseguire nella descrizione che ho iniziato, con l’intento unico di raccontarvi una favola.

Capitolo VIII

Della formazione del Sole e delle stelle di questo nuovo mondo.

Quelque inégalité et confusion que nous puissions supposer que Dieu ait mise au commencement entre les parties de la matière, il faut, suivant les lois qu’il a composées à la nature, que par après elles se soient réduites presque toutes à une grosseur et à un mouvement médiocre, et ainsi qu’elles aient pris la forme du second élément, telle que je l’ai ci-dessus expliquée. Car, pour considérer cette matière en l’état qu’elle aurait pu être avant que Dieu eût commencé de la mouvoir, on la doit imaginer comme le corps le plus dur et le plus solide qui soit au monde. Et comme on ne saurait pousser aucune partie d’un tel corps sans pousser aussi ou tirer par même moyen toutes les autres, ainsi faut-il penser que l’action ou la force de se mouvoir et de se diviser qui aura été mise d’abord en quelques-unes de ses parties, s’est épandue et distribuée en toutes les autres au même instant aussi également qu’il se pouvait.

Il est vrai que cette égalité n’a pu totalement être parfaite : car, premièrement, à cause qu’il n’y a point du tout de vide en ce monde, il a été impossible que toutes les parties de la matière se soient mues en ligne droite ; mais étant égales à peu près, et pouvant presque aussi facilement être détournées les unes que les autres, elles ont dû s’accorder toutes ensemble à quelques mouvements circulaires. Et toutefois, à cause que nous supposons que Dieu les a mues d’abord diversement, nous ne devons pas penser qu’elles se soient toutes accordées à tourner autour d’un seul centre, mais autour de plusieurs différents, et que nous pouvons imaginer diversement situés les uns à l’égard des autres.

Ensuite de quoi l’on peut conclure qu’elles ont dû naturellement être moins agitées ou plus petites, ou l’un et l’autre ensemble, vers les lieux les plus proches de ces centres que vers les plus éloignés ; car, avant toutes inclination à continuer leur mouvement en ligne droite, il est certain que ce sont les plus fortes, c’est-à-dire les plus grosses entre celles qui étaient également agitées, et les plus agitées entre celles qui étaient également grosses, qui ont dû décrire les plus grands cercles, comme étant les plus approchants de la ligne droite. Et pour la matière contenue entre trois ou plusieurs de ces cercles, elle a pu d’abord se trouver beaucoup moins divisée et moins agitée que toute l’autre ; et, qui plus est, d’autant que nous supposons que Dieu a mis au commencement toute sorte d’inégalité entre les parties de cette matière, nous devons penser qu’il y en a eu pour lors de toutes sortes de grosseurs et figures, et de disposées à se mouvoir ou ne se mouvoir pas en toutes façons et en tous sens.

Mais cela n’empêche pas que par après elles ne se soient rendues presque toutes assez égales, principalement celles qui sont demeurées à pareille distance des centres autour desquels elles tournoyaient : car, ne se pouvant mouvoir les unes sans les autres, il a fallu que les plus agitées communiquassent de leur mouvement à celles qui l’étaient moins, et que les plus grosses se rompissent et se divisassent, afin de pouvoir passer par les mêmes lieux que celles qui les précédaient, ou bien qu’elles montassent plus haut ; et ainsi elles se sont arrangées en peu de temps toutes par ordre, en telle sorte que chacune s’est trouvée plus ou moins éloignée du centre autour duquel elle a pris son cours, selon qu’elle a été plus ou moins grosse et agitée à comparaison des autres ; et même, d’autant que la grosseur répugne toujours à la vitesse du mouvement, on doit penser que les plus éloignées de chaque centre ont été celles qui, étant un peu plus petites que les plus proches, ont été avec cela de beaucoup plus agitées.

Tout de même pour leurs figures, encore que nous supposions qu’il y en ait eu au commencement de toutes sortes, et qu’elles aient eu pour la plupart plusieurs angles et plusieurs côtés, ainsi que les pièces qui s’éclatent d’une pierre quand on la rompt, il est certain que par après, en se remuant et se heurtant les unes contre les autres, elles ont dû rompre peu à peu les petites pointes de leurs angles, et émousser les carrés de leurs côtés jusqu’à ce qu’elles se soient rendues à peu près toutes rondes, ainsi que font les grains de sable et les cailloux lorsqu’ils roulent avec l’eau d’une rivière ; si bien qu’il ne peut y avoir maintenant aucune notable différence entre celles qui sont assez voisines, ni même aussi entre celles qui sont fort éloignées, sinon en ce qu’elles peuvent se mouvoir un peu plus vite et être un peu plus petites ou plus grosses l’une que l’autre ; et ceci n’empêche pas qu’on ne leur puisse attribuer à toutes la même forme.

Seulement en faut-il excepter quelques-unes qui, ayant été dès le commencement beaucoup plus grosses que les autres, n’ont pu si facilement se diviser, ou qui, ayant eu des figures fort irrégulières et empêchantes, se sont plutôt jointes plusieurs ensemble que de se rompre pour s’arrondir ; et ainsi elles ont retenu la forme du troisième élément, et ont servi à composer les planètes et les comètes, comme je vous dirai ci-après.

De plus, il est besoin de remarquer que la matière qui est sortie d’autour des parties du second élément, à mesure qu’elles ont rompu et émoussé les petites pointes de leurs angles pour s’arrondir, a dû nécessairement acquérir un mouvement beaucoup plus vite que le leur, et ensemble une facilité à se diviser et à changer à tous moments de figure pour s’accommoder à celle des lieux où elle se trouvait, et ainsi qu’elle a pris la forme du premier élément.

Je dis qu’elle a dû acquérir un mouvement beaucoup plus vite que le leur ; et la raison en est évidente : car, devant sortir de côté et par des passages fort étroits, hors des petits espaces qui étaient entre elles, à mesure qu’elles s’allaient rencontrer de front l’une l’autre, elle avait beaucoup plus de chemin qu’elles à faire en même temps.

Il est aussi besoin de remarquer que ce qui se trouve de ce premier élément de plus qu’il n’en faut pour remplir les petits intervalles que les parties du second, qui sont rondes, laissent nécessairement autour d’elles, se doit retirer vers les centres autour desquels elles tournent, à cause qu’elles occupent tous les autres lieux plus éloignés, et que là il doit composer des corps ronds, parfaitement liquides et subtils, lesquels, tournant sans cesse beaucoup plus vite et en même sens que les parties du second élément qui les environne, ont la force d’augmenter l’agitation de celles dont ils sont les plus proches, et même de les pousser toutes de tous côtés, en tirant du centre vers la circonférence, ainsi qu’elles Se poussent aussi les unes les autres, et ce par une action qu’il faudra tantôt que j’explique le plus exactement que je pourrai ; car je vous avertis ici par avance que c’est cette action que nous prendrons pour la lumière, comme aussi que nous prendrons ces corps ronds composés de la matière du premier élément toute pure, l’un pour le soleil et les autres pour les étoiles fixes du nouveau monde que je vous décris, et la matière du second élément, qui tourne autour d’eux, pour les cieux.

Imaginez-vous, par exemple, que les points S, E, ɛ, A, sont les centres dont je vous parle, et que toute la matière comprise en l’espace FGGF est un ciel qui tourne autour du soleil marqué S, et que toute celle de l’espace HGGH en est un autre qui tourne autour de l’étoile marquée e, et ainsi des autres ; en sorte qu’il y 3 autant de divers cieux comme il y a d’étoiles, et comme leur nombre est indéfini, celui des cieux l’est de même ; et que le firmament n’est autre chose que la superficie sans épaisseur qui sépare tous ces cieux les uns des autres.

No matter what inequalities and confusion we may suppose God to have initially imposed among the various components of matter, it must be acknowledged that, in accordance with the laws he established for nature, these components eventually reduced themselves to a uniform size and motion, thereby assuming the form of the second element, as I have explained above. For if we consider this matter in its state before God began to manipulate it, we must imagine it as being the hardest and most solid substance imaginable. And since it would be impossible to move any part of such a substance without simultaneously moving or pulling upon all other parts, it follows that the force or ability to move and divide that was initially inherent in some of its components must have immediately and evenly spread throughout the entire substance.

It is true that this equality could not have been perfectly perfect: for, firstly, since there is absolutely no void in this world, it was impossible for all parts of matter to move in a straight line; but since they were approximately equal and could be deflected with equal ease, they must have all moved together in some circular motions. Nevertheless, since we assume that God initially caused them to move in various directions, we should not think that they all came to move around a single center, but rather around several different ones, and that these centers could be situated in various relationships relative to each other.

From this, we can conclude that they must naturally have been less agitated or smaller, or both, in those areas closest to these centers than in those farther away; for, before any tendency to continue their motion in a straight line, it is certain that the strongest ones—that is, the largest among those that were also agitated, and the most agitated among those that were also large—must have described larger circles, since they were closest to the straight line. As for the matter contained within three or more of these circles, it must first have been much less divided and less agitated than the rest; moreover, since we assume that God created various inequalities among the different parts of this matter from the beginning, we must conclude that there must have been all sorts of differences in size and shape, as well as in the ways in which these parts moved or remained motionless.

But this does not prevent them from eventually becoming almost all equal in status—especially those that remained at similar distances from the centers around which they moved. For since one could not move without affecting the others, it was necessary for the more active ones to transmit their motion to those that were less active, and for the larger ones to break apart and divide so as to pass through the same paths as those preceding them or to rise higher. In this way, they quickly arranged themselves in order, such that each one ended up at a distance from its starting center that was proportional to its size and activity relative to the others. Moreover, since greater size always tends to slow down the speed of motion, it is reasonable to conclude that those which were farthest from their centers were those that were slightly smaller than the nearer ones—and therefore also much more active.

Nevertheless, regarding their shapes—though we assume that there must have been various forms initially, and that most of them had multiple angles and sides, just like the fragments that break off when a stone is shattered—it is certain that over time, as they moved and collided with each other, their sharp corners gradually became rounded, and their straight edges became smoother until they all took on more or less the same shape. This is exactly what happens to sand grains and pebbles as they are carried along by a river; as a result, there is now no significant difference between those that are fairly close to each other, nor even between those that are far apart—except perhaps in terms of their speed of movement or their size. And yet, this does not prevent us from assigning them all the same general form.

Only a few exceptions need to be made. Those which were, from the very beginning, much larger than the others could not be divided so easily; or those whose irregular and obstructive shapes prevented them from breaking apart to become more rounded. As a result, they retained the form of the third element and played a role in the formation of planets and comets, as I will explain further below.

Furthermore, it must be noted that the matter that emerged from around the parts of the second element, as those parts broke away and rounded off their sharp angles, necessarily acquired a much faster rate of movement than the second element itself. Consequently, this matter gained the ability to divide easily and change its shape at any moment in order to adapt to the surrounding environment, thereby taking on the form of the first element.

I say that she must have acquired the ability to move much faster than they did; and the reason for this is obvious: since she had to move sideways through very narrow passages, emerging from the small spaces between them as they gradually came face-to-face with each other, she had a much longer distance to cover in the same amount of time.

It is also necessary to note that the excess of the first element that fills the small gaps left by the round portions of the second element must be withdrawn towards the centers around which they rotate, because these round portions occupy all other more distant locations. In those areas, this excess material forms round bodies that are perfectly liquid and subtle in nature. These bodies, rotating much faster and in the same direction as the surrounding parts of the second element, possess the power to increase the agitation of those elements closest to them; they can even push all these elements in every direction, pulling from the center towards the periphery—just as these elements also push each other away. This mechanism will be explained in as much detail as possible later on. I hereby warn you in advance that it is precisely this process that we shall consider to be responsible for the phenomenon of light. Moreover, we shall regard those round bodies composed entirely of the pure material of the first element as representing the sun and the fixed stars of the new world I am describing; while the material of the second element, revolving around them, will symbolize the heavens.

Imagine, for example, that the points S, E, ɛ, A are the centers I am referring to, and that all the matter contained within the space FGGF constitutes one sky that revolves around the sun marked S, while all the matter within the space HGGH constitutes another sky that revolves around the star marked e, and so on; in other words, there are as many different skies as there are stars, and since the number of stars is infinite, the same holds true for the number of skies. Moreover, the firmament is nothing but the seamless, thicknessless surface that separates all these skies from one another.

Qualunque disparità o confusione si possa supporre che Dio abbia creato all’inizio tra le varie parti della materia, è necessario riconoscere che, secondo le leggi che ha stabilito per la natura, in seguito tutte queste parti sono state ridotte pressoché alla stessa dimensione e allo stesso movimento, assumendo così la forma del secondo elemento, come ho spiegato sopra. Infatti, se consideriamo questa materia nello stato in cui avrebbe potuto trovarsi prima che Dio iniziasse a muoverla, dobbiamo immaginarla come il corpo più duro e solido esistente al mondo. Poiché non sarebbe possibile spingere alcuna parte di un tale corpo senza allo stesso tempo spingere o tirare tutte le altre parti, è logico ritenere che la forza che ha permesso a alcune di queste parti di muoversi e dividersi si sia immediatamente diffusa e distribuita in modo uniforme a tutte le altre.

È vero che questa uguaglianza non è potuta essere completamente perfetta: poiché, in primo luogo, dato che in questo mondo non esiste affatto il vuoto, è stato impossibile che tutte le parti della materia si muovessero in linea retta; tuttavia, essendo più o meno uguali e potendosi deviare con uguale facilità l’una rispetto all’altra, hanno dovuto accordarsi tutte insieme su alcuni movimenti circolari. Eppure, poiché supponiamo che Dio le abbia mosse inizialmente in modi diversi, non dobbiamo pensare che si siano tutte accordate per ruotare attorno a un solo centro, ma attorno a diversi centri, e possiamo immaginare che questi centri siano situati in modi vari tra loro.

Da ciò si può concludere che queste parti dovevano necessariamente essere meno agitate o più piccole, oppure entrambe le cose insieme, nei luoghi più vicini a questi centri rispetto a quelli più lontani; poiché, prima di ogni tendenza a proseguire il loro movimento in linea retta, è certo che sono state quelle più forti, cioè le più grandi tra quelle che erano ugualmente agitate, e le più agitate tra quelle che erano ugualmente grandi, ad aver descritto cerchi più ampi, poiché tali cerchi erano i più vicini alla linea retta. Quanto alla materia contenuta all’interno di tre o più di questi cerchi, essa poteva inizialmente trovarsi molto meno divisa e meno agitata rispetto al resto; inoltre, poiché supponiamo che Dio abbia creato fin dall’inizio ogni sorta di disuguaglianza tra le parti di questa materia, dobbiamo ritenere che all’epoca esistessero già varie dimensioni, forme e disposizioni capaci di muoversi o di non muoversi in tutti i modi e in tutte le direzioni.

Ma ciò non impedisce che, in seguito, quasi tutte si siano messe più o meno alla stessa distanza dai centri attorno ai quali ruotavano: poiché non potevano muoversi l’una senza l’altra, era necessario che quelle più agitate trasmettessero il proprio movimento a quelle meno mobili, e che le più grandi si spezzassero e si dividessero per poter passare attraverso gli stessi luoghi delle altre o per salire più in alto; così, in poco tempo, tutte si sono disposte in ordine, in modo tale che ciascuna si trovava a una distanza maggiore o minore dal centro attorno al quale ruotava, a seconda della propria dimensione e dell’intensità del proprio movimento rispetto alle altre; e anche perché, di per sé, la grandezza ostacola sempre la velocità del movimento, si può pensare che quelle più lontane da ogni centro fossero proprio quelle che, essendo leggermente più piccole delle più vicine, erano anche molto più agitate.

Comunque, per quanto riguarda le loro forme, anche se supponiamo che all’inizio ne esistessero di ogni tipo, e che la maggior parte di esse avesse diversi angoli e lati, proprio come i frammenti che si staccano da una pietra quando viene spezzata, è certo che in seguito, muovendosi e urtandosi a vicenda, queste parti abbiano gradualmente perso le loro punte acuminate e smussato i loro angoli, fino a diventare più o meno rotonde, proprio come avvviene ai grani di sabbia e alle pietre quando vengono trasportati dall’acqua di un fiume; per questo motivo, non esiste ora alcuna differenza significativa tra quelle che si trovano vicine tra loro, né tantomeno tra quelle che sono molto lontane le une dalle altre, se non nel fatto che alcune possano muoversi più velocemente e che alcune siano più piccole o più grandi delle altre; e questo non impedisce comunque di attribuire a tutte la stessa forma.

Ad eccezione di alcune di esse che, essendo state fin dall’inizio molto più grandi delle altre, non sono potute dividersi facilmente; oppure che, avendo forme estremamente irregolari e ostacolanti alla divisione, si sono piuttosto unite tra loro piuttosto che rompersi per assumere una forma più regolare. Così hanno conservato la caratteristica del terzo elemento e hanno contribuito a formare pianeti e comete, come vi spiegherò in seguito.

Inoltre, è necessario notare che la materia che si è staccata dalle parti del secondo elemento, man mano che queste ultime hanno rotto e smussato le piccole punte dei loro angoli per arrotondarsi, ha dovuto necessariamente acquisire un movimento molto più rapido di quello delle parti originali del secondo elemento; inoltre, ha sviluppato la capacità di dividersi e di cambiare forma in qualsiasi momento, al fine di adattarsi alle caratteristiche dei luoghi in cui si trovava, e così è riuscita a assumere la forma del primo elemento.

Dico che doveva acquisire un movimento molto più rapido del loro; e la ragione è evidente: poiché, essendo costretta a uscire di lato attraverso passaggi molto stretti, al di fuori degli spazi ristretti in cui si trovavano, man mano che si avvicinavano una all’altra frontalmente, doveva percorrere una distanza molto più lunga rispetto a loro.

È anche necessario notare che ciò che costituisce questo primo elemento, e che va oltre quanto sia sufficiente per riempire i piccoli spazi lasciati liberi dalle parti del secondo elemento, che sono di forma rotonda, deve necessariamente ritirarsi verso i centri attorno ai quali ruotano; poiché queste parti occupano tutti gli altri luoghi più lontani, in quei punti si formano corpi rotondi, perfettamente liquidi e sottili. Questi corpi, ruotando incessantemente molto più velocemente e nella stessa direzione delle parti del secondo elemento che li circondano, hanno la forza di aumentare l’agitazione di quelle parti più vicine a loro, e persino di spingerle tutte in tutte le direzioni, trascinando il materiale dal centro verso la periferia; allo stesso modo, queste parti si spingono a vicenda. Si tratta di un processo che dovrò spiegare nel modo più preciso possibile; vi avverto infatti fin da ora che è proprio questo processo che considereremo come causa della luce, così come considereremo questi corpi rotondi composti interamente dal materiale del primo elemento come il sole e le stelle fisse di quel nuovo mondo che vi descrivo, mentre il materiale del secondo elemento, che ruota attorno a loro, rappresenterà i cieli.

Immaginatevi, ad esempio, che i punti S, E, ɛ, A siano i centri di cui vi parlo, e che tutta la materia contenuta negli spazi FGGF e HGGH costituisca rispettivamente due “cieli” che ruotano intorno al sole contrassegnato dal punto S e alla stella contrassegnata dal punto e; e così via. In tal modo, esistono altrettanti cieli diversi quante sono le stelle, e poiché il loro numero è infinito, lo stesso vale per i cieli stessi. Il firmamento, dunque, non è altro che la superficie senza spessore che separa tutti questi cieli gli uni dagli altri.

Pensez aussi que les parties du second élément qui sont vers F ou vers G sont plus agitées que celles qui sont vers K ou vers L ; en sorte que leur vitesse diminue peu à peu, depuis la circonférence extérieure de chaque ciel jusqu’à un certain endroit, comme, par exemple, jusqu’à la sphère KK autour du soleil, et jusqu’à la sphère LL autour de l’étoile e ; puis qu’elle augmente de là peu à peu jusqu’aux centres de ces cieux, à cause de l’agitation des astres qui s’y trouvent. En sorte que pendant que les parties du second élément qui sont vers R ont le loisir d’y décrire un cercle entier autour du soleil, celles qui sont vers que je suppose en être dix fois plus proches, n’ont pas seulement le loisir d’y en décrire dix, ainsi qu’elles feraient si elles ne se mouvaient qu’également vite, mais peut-être plus de trente. Et derechef, celles qui sont vers F ou vers G, que je suppose en être deux ou trois mille fois plus éloignées, en peuvent peut-être décrire plus de soixante. D’où vous pourrez entendre tantôt que les planètes qui sont les plus hautes se doivent mouvoir plus lentement que celles qui sont plus basses ou plus proches du soleil, et tout ensemble plus lentement que les comètes, qui en sont toutefois, plus éloignées.

Pour la grosseur de chacune des parties du second élément, on peut penser qu’elle est égale en toutes celles qui sont depuis la circonférence extérieure du ciel FGGF jusqu’au cercle KK, ou même que les plus hautes d’entre elles sont quelque peu plus petites que les plus basses, pourvu qu’on ne suppose point la différence de leur grosseur plus grande à proportion que celle de leur vitesse ; mais il faut penser, au contraire, que depuis le cercle K jusqu’au soleil, ce sont les plus basses qui sont les plus petites, et même que la différence de leur grosseur est plus grande, ou du moins aussi grande à proportion, que celle de leur vitesse : car autrement ces plus basses étant les plus fortes, à cause de leur agitation, elles iraient occuper la place des plus hautes.

Enfin, remarquez que, vu la façon dont j’ai dit que le soleil et les autres étoiles fixes se formaient, leurs corps peuvent être si petits à l’égard des cieux qui les contiennent, que même tous les cercles KR, LL, et semblables, qui marquent jusqu’où leur agitation fait avancer le cours de la matière du second élément, ne seront considérables, à comparaison de ces cieux, que comme des points qui marquent leur centre, ainsi que les nouveaux astronomes ne considèrent presque que comme un point toute la sphère de Saturne à comparaison du firmament.

Chapitre IX

DE l’ORIGINE DU COURS DES PLANÈTES ET DES COMÈTES EN GÉNÉRAL, ET EN PARTICULIER DES COMÈTES.

Or, afin que je commence à vous parler des planètes et des comètes, considérez que, vu la diversité des parties de la matière que j’ai supposée, bien que la plupart d’entre elles, en se froissant et divisant par la rencontre l’une de l’autre, aient pris la forme du premier ou du second élément, il ne laisse pas néanmoins de s’en être encore trouvé de deux sortes, qui ont dû retenir la forme du troisième ; savoir celles dont les figures ont été si étendues et si empêchantes, que, lorsqu’elles se sont rencontrées l’une l’autre, il leur a été plus aisé de se joindre plusieurs ensemble, et par ce moyen de devenir grosses, que de se rompre et s’amoindrir ; et celles qui ayant été dès le commencement les plus grosses et les plus massives de toutes, ont bien pu rompre et froisser les autres en les heurtant, mais non pas réciproquement en être brisées et froissées.

Or, soit que vous vous imaginiez que ces deux sortes de parties aient été d’abord fort agitées, ou même fort peu ou point du tout, il est certain que par après elles ont dû se mouvoir de même branle que la matière du ciel qui les contenait ; car si d’abord elles se sont mues plus vite que cette matière, n’ayant pu manquer de la pousser en la rencontrant en leur chemin, elles ont dû en peu de temps lui transférer une partie de leur agitation ; et si au contraire elles n’ont eu en elles-mêmes aucune inclination à se mouvoir, néanmoins, étant environnées de toutes parts de cette matière du ciel, elles ont dû nécessairement suivre son cours ; ainsi que nous voyons tous les jours que les bateaux et les autres divers corps qui flottent dans l’eau, aussi bien les plus grands et les plus massifs que ceux qui le sont moins, suivent le cours de l’eau dans laquelle ils sont, quand il n’y a rien d’ailleurs qui les en empêche.

Et remarquez que, entre les divers corps qui flottent ainsi dans l’eau, ceux qui sont assez durs et assez massifs, comme sont ordinairement les bateaux, principalement les plus grands et les plus chargés, ont toujours beaucoup plus de force qu’elle à continuer leur mouvement, encore même que ce soit d’elle seule qu’ils l’aient reçue ; et qu’au contraire ceux qui sont fort légers, tels que peuvent être ces amas d’écume blanche qu’on voit flotter le long des rivages en temps de tempête, en ont moins. En sorte que si vous vous imaginez deux rivières qui se joignent en quelque endroit l’une à l’autre, et qui se séparent derechef un peu après, avant que leurs eaux, qu’il faut supposer fort calmes et d’une force assez égale, mais avec cela fort rapides, aient le loisir de se mêler, les bateaux ou autres corps assez massifs et pesants qui seront emportés par le cours de l’une pourront facilement passer en l’autre, au lieu que les plus légers s’en éloigneront, et seront rejetés par la force de cette eau vers les lieux où elle est le moins rapide.

Par exemple, si ces deux rivières sont ABF et CDG, qui, venant de deux côtés différents, se rencontrent vers E, puis de là se détournent, AB vers F, et CD vers G, il est certain que le bateau H, suivant le cours de la rivière AB, doit passer par E vers G, et réciproquement le bateau I vers F, si ce n’est qu’ils se rencontrent tous deux au passage en même temps, auquel cas le plus grand et le plus fort brisera l’autre ; et qu’au contraire l’écume, les feuilles d’arbres et les plumes, les fétus, et autres tels corps fort légers qui peuvent flotter vers A, doivent être poussés par le cours de l’eau qui les contient, non pas vers E et vers G, mais vers B, où il faut penser que l’eau est moins forte et moins rapide que vers E, puisqu’elle y prend son cours suivant une ligne qui est moins approchante de la droite.

Et de plus il faut considérer que non seulement ces corps légers, mais aussi que d’autres plus pesants et plus massifs, se peuvent joindre en se rencontrant, et que, tournoyant alors avec l’eau qui les entraîne, ils peuvent, plusieurs ensemble, composer de grosses boules, telles que vous voyez K et L, dont les unes, comme L, vont vers E, et les autres, comme K, vont vers B, selon que chacune est plus ou moins solide, et composée de parties plus ou moins grosses et massives.

A l’exemple de quoi il est aisé de comprendre qu’en quelque endroit que se soient trouvées au commencement les parties de la matière qui ne pouvaient prendre la forme du second élément ni du premier, toutes les plus grosses et plus massives d’entre elles ont dû en peu de temps prendre leur cours vers la circonférence extérieure des cieux qui les contenaient, et passer après continuellement des uns de ces cieux dans les autres, sans s’arrêter jamais beaucoup de temps de suite dans le même ciel : et qu’au contraire toutes les moins massives ont dû être poussées chacune vers le centre du ciel qui les contenait, par le cours de la matière de ce ciel ; et que, vu les figures que je leur ai attribuées, elles ont dû, en se rencontrant l’une l’autre, se joindre plusieurs ensemble, et composer de grosses boules, qui, tournoyant dans les cieux, y ont un mouvement tempéré de tous ceux que pourraient avoir leurs parties étant séparées, en sorte que les unes se vont rendre vers les circonférences de ces cieux, et les autres vers leurs centres.

Et sachez que ce sont celles qui se vont ainsi ranger vers le centre de quelque ciel, que nous devons prendre ici pour les planètes, et celles qui passent au travers de divers cieux, que nous devons prendre pour des comètes.

Consider also that the parts of the second element located towards F or G are more turbulent than those situated towards K or L; therefore their velocity gradually decreases from the outer edge of each celestial sphere until it reaches a certain point—for instance, the sphere KK around the sun, or the sphere LL around the star e. From there, the velocity gradually increases again as one approaches the center of these spheres, due to the greater turbulence caused by the stars located therein. Thus, while the parts of the second element near R have the ability to describe a complete circle around the sun, those that are ten times closer must not only describe ten such circles—but perhaps even more than thirty. Similarly, those parts located towards F or G, which I assume to be two or three thousand times farther away, may be able to describe more than sixty such circles. From this, it follows that the planets situated at greater distances must move more slowly than those closer to the sun—or even slower than comets, which are still further away.

As for the size of each part of the second element, one might assume that it is equal throughout all those parts situated between the outer circumference of the sky FGGF and the circle KK; or even that the higher parts are somewhat smaller than the lower ones, provided that we do not assume a greater difference in their size than in their speed. On the contrary, it must be considered that, from the circle K onward until the sun, it is the lower parts that are actually smaller, and that the difference in their size is even greater—or at least proportionally as great—as the difference in their speed. Otherwise, if these lower parts were stronger due to their greater agitation, they would occupy the positions of the higher ones.

Finally, note that, given the way I described how the sun and other fixed stars were formed, their bodies may be so tiny in relation to the heavens that contain them, that even all those circles such as KR, LL, and others that mark the extent to which their movements influence the progression of matter in the second element, would seem insignificant compared to these heavens—like mere points marking their centers. Just as the new astronomers regard almost the entire sphere of Saturn as nothing more than a point when compared to the vast expanse of the firmament.

Chapter IX

On the origin of the orbits of planets and comets in general, and particularly of comets.

Or, in order for me to begin speaking to you about planets and comets, consider that, given the diversity of the various components of matter that I have assumed to exist, although most of them, through coming into contact with each other and undergoing compression and division, have taken on the form of either the first or the second element, it is still possible that there existed two additional types of matter which must have retained the form of the third element. These are those substances whose structures were so extensive and dense that, when they came into contact with each other, it was easier for them to combine together and thus become larger than for them to break apart and diminish in size. And then there are those substances which, from the very beginning, were the largest and most massive of all; they were indeed able to break and compress other substances upon collision, but they themselves could not be broken or compressed in return.

Or, whether you imagine that these two kinds of movements were initially very vigorous, or even quite weak or non-existent at all, it is certain that they must later have moved in the same manner as the material of the sky that contained them; for if at first they moved faster than this material, they must have pushed it forward as they encountered it on their path, and thus must have transferred a part of their own motion to it within a short time. On the other hand, even if they themselves had no inherent tendency to move, being surrounded on all sides by this celestial matter, they would inevitably have followed its course. Just as we can observe every day that ships and various other objects floating in water—whether large and massive or smaller—follow the current of the water in which they are, unless something else prevents them from doing so.

And note that, among the various objects that float in water in this manner, those that are hard enough and dense enough—such as ships, especially the larger and heavier ones—always possess much greater capacity to continue moving forward, even though they receive their momentum entirely from the water itself; whereas those that are very light, such as the masses of white foam that can be seen floating along the shores during a storm, have much less such capacity. Thus, if you imagine two rivers joining together at some point and then separating again shortly thereafter, assuming that their waters are calm and of roughly equal speed but still flowing rapidly, ships or other dense objects carried by one river will be able to easily cross over into the other; whereas lighter objects will be pushed away by the force of the water and drift toward the areas where the current is slower.

For example, if these two rivers are ABF and CDG—coming from different directions and meeting at point E before continuing on their separate paths, with AB leading to F and CD leading to G—it is certain that the boat H, traveling along the course of river AB, must pass through E to reach G, and likewise, the boat I, traveling along river CD, must also pass through E to reach G. However, it is possible for both boats to meet at that point at the same time; in that case, the larger and stronger boat would likely push the smaller one away. On the other hand, objects such as foam, tree leaves, feathers, and small, light objects that can float would be carried by the current toward A, not toward E or G, but rather toward B, where the flow of water is presumably weaker and slower than near E, since the course of the river there follows a path that is less straight.

Moreover, it must be considered that not only these light bodies, but also other heavier and more massive ones, can come together when they meet; and by rotating together with the water that carries them, several of them can combine to form large masses, such as those you see represented by K and L. Some of these masses, like L, move towards E, while others, like K, move towards B—depending on whether each mass is more or less solid, and composed of parts that are larger or more massive.

From this example, it is easy to understand that whatever parts of matter initially existed in places where they could not assume the form of either the second or the first element, those that were larger and more massive must have soon begun moving towards the outer edges of the heavens that contained them. They continuously passed from one heaven to another, never staying in the same heaven for an extended period of time. On the other hand, the less massive parts must have been pushed towards the center of each heaven they inhabited, due to the movement of the matter within those heavens. Given the shapes I have attributed to them, these parts must have collided with one another, joining together to form large masses. As these masses rotated within the heavens, they underwent a regulated motion—different from what would occur if their components remained separated. As a result, some of these masses moved towards the outer edges of the heavens, while others moved towards their centers.

And know that those which align themselves in this manner toward the center of some celestial body—those we should consider to be planets—and those which pass through various celestial spheres—those we should regard as comets.

Pensate anche che le parti del secondo elemento situate verso F o verso G siano più agitate di quelle situate verso K o verso L; pertanto la loro velocità diminuisce gradualmente, partendo dalla circonferenza esterna di ciascun cielo fino a un certo punto, ad esempio fino alla sfera KK attorno al sole o fino alla sfera LL attorno alla stella e; da quel punto in poi aumenta nuovamente gradualmente verso i centri di questi cieli, a causa dell’agitazione degli astri che vi si trovano. Quindi, mentre le parti del secondo elemento situate verso R hanno la possibilità di descrivere un cerchio completo attorno al sole, quelle che si trovano, suppongo, dieci volte più vicine non solo possono descriverne dieci, come farebbero se si muovessero alla stessa velocità, ma forse anche più di trenta. E ancora, quelle situate verso F o verso G, che presumo siano due o tremila volte più lontane, potrebbero addirittura descriverne più di sessanta. Da ciò si può dedurre che i pianeti più distanti debbano muoversi più lentamente rispetto a quelli più vicini al sole, e allo stesso tempo anche più lentamente delle comete, che tuttavia sono ancora più lontane.

Per quanto riguarda le dimensioni di ciascuna delle parti del secondo elemento, si può ritenere che siano uguali in tutte quelle che si trovano tra la circonferenza esterna del cielo FGGF e il cerchio KK; oppure, anche se le più alte di queste parti fossero leggermente più piccole delle più basse, non si dovrebbe ipotizzare che tale differenza nelle dimensioni sia maggiore in proporzione rispetto alla differenza nella loro velocità. Al contrario, bisogna ritenere che, dal cerchio K fino al sole, siano proprio le parti più basse a essere le più piccole, e che la differenza nelle loro dimensioni sia maggiore, o comunque proporzionalmente uguale, rispetto alla differenza nella loro velocità: altrimenti, poiché queste parti più basse sarebbero le più forti a causa della loro agitazione, occuperebbero il posto delle parti più alte.

Infine, notate che, considerando il modo in cui ho descritto la formazione del sole e delle altre stelle fisse, i loro corpi possono essere così piccoli rispetto ai cieli che li contengono, che anche tutti quei cerchi KR, LL e simili che indicano fino a quale punto il loro movimento influisce sul corso della materia del secondo elemento, risulteranno, in confronto a questi cieli, soltanto dei punti che ne segnano il centro, proprio come i nuovi astronomi considerano quasi un punto intero tutta la sfera di Saturno rispetto al firmamento.

Capitolo IX

Dell’origine del percorso dei pianeti e delle comete in generale, e in particolare delle comete.

Ora, affinché io possa iniziare a parlarvi dei pianeti e delle comete, considerate che, data la diversità delle parti della materia che ho ipotizzato, sebbene la maggior parte di esse, urtandosi e dividendosi le une contro le altre, abbia assunto la forma del primo o del secondo elemento, sono pur sempre esistite due tipi di materie che hanno dovuto mantenere la forma del terzo elemento: quelle il cui aspetto era così esteso e compatto che, quando si urtavano tra loro, era per loro più facile unirsi tra loro e aumentare di dimensioni piuttosto che rompersi e ridursi; e quelle che, essendo fin dall’inizio le più grandi e massicce di tutte, potevano certamente rompere e deformare le altre urtandole, ma non venivano a loro volta rotte o danneggiate dalle stesse.

Ora, che si immagini che queste due tipologie di corpi siano state inizialmente molto agitate, o addirittura quasi del tutto immobili, è certo che in seguito abbiano dovuto muoversi nello stesso modo della materia celeste che le conteneva; poiché, se all’inizio si fossero mosse più velocemente di questa materia, avrebbero inevitabilmente spinto quest’ultima al loro passaggio, trasferendole in breve tempo una parte della propria agitazione; e se invece non avessero avuto alcuna tendenza a muoversi, pur essendo circondate da ogni parte da tale materia celeste, avrebbero comunque dovuto seguirne il corso; proprio come vediamo ogni giorno che i battelli e tutti gli altri oggetti che galleggiano nell’acqua, sia quelli più grandi e massicci che quelli meno, seguono la direzione del flusso dell’acqua in cui si trovano, quando non c’è nulla che li ostacoli.

E notate che, tra i vari corpi che galleggiano in acqua, quelli che sono abbastanza duri e massicci – come di solito sono le navi, soprattutto quelle più grandi e cariche – possiedono sempre molta più forza per continuare il loro movimento, anche se questa forza deriva unicamente dall’acqua stessa; al contrario, quelli che sono molto leggeri, come quei mucchi di schiuma bianca che si vedono galleggiare lungo le rive durante una tempesta, ne possiedono meno. Quindi, se vi immaginate due fiumi che si uniscono in qualche punto e poi si separano subito dopo, prima ancora che le loro acque – che bisogna supporre molto calme e di uguale forza, ma comunque molto rapide – abbiano il tempo di mescolarsi, le navi o altri corpi abbastanza massicci e pesanti che vengano trascinati dal corso di uno dei fiumi potranno facilmente passare nell’altro; al contrario, quelli più leggeri si allontaneranno da esso e verranno spinti dalla forza dell’acqua verso i luoghi in cui essa è meno rapida.

Ad esempio, se queste due rive sono ABF e CDG, e si incontrano verso E per poi separarsi di nuovo, con AB che prosegue verso F e CD verso G, è certo che la barca H, seguendo il corso del fiume AB, dovrà passare per E per raggiungere G; allo stesso modo, la barca I, diretta verso F, dovrà anch’essa passare per E per raggiungere G, a meno che non si incontrino entrambe nello stesso punto, nel qual caso quella più grande e potente distruggerebbe l’altra. Al contrario, schiuma, foglie d’albero, piume, germogli e altri corpi molto leggeri che possono galleggiare verso A devono essere spinti dal flusso dell’acqua verso B, dove si può presumere che il corso dell’acqua sia più debole e lento rispetto a quello verso E, poiché in quel punto segue una linea meno vicina alla retta.

Inoltre, bisogna considerare che non solo questi corpi leggeri, ma anche altri più pesanti e più massicci, possono unirsi tra loro quando si incontrano; ruotando quindi insieme all’acqua che li trascina, possono formare grandi masse, come quelle che vedete rappresentate da K e L. Alcune di queste masse, come L, si dirigono verso E, mentre altre, come K, si dirigono verso B; ciò dipende dal fatto che ciascuna massa sia più o meno solida, e sia composta da parti più o meno grandi e massicce.

Da questo esempio è facile comprendere che, ovunque si trovassero all’inizio le parti della materia che non erano in grado di assumere la forma del secondo o del primo elemento, tutte quelle più grandi e massicce dovevano necessariamente, in breve tempo, dirigersi verso la periferia dei cieli che le contenevano, passando continuamente da un cielo all’altro senza mai rimanere a lungo nello stesso; al contrario, tutte quelle meno massicce dovevano essere spinte verso il centro del cielo in cui si trovavano, a causa del movimento della materia di quel cielo stesso. E, data la forma che ho attribuito loro, queste parti, incontrandosi tra loro, si sono unite formando grandi masse che, ruotando nei cieli, hanno compiuto un movimento regolare, diverso da quello che avrebbero avuto se fossero rimaste separate; di conseguenza, alcune di queste masse si sono spostate verso le periferie dei cieli, mentre altre verso i loro centri.

E sappiate che quelle stelle che si dispongono in questo modo verso il centro di qualche “cielo”, dobbiamo considerarle pianeti; mentre quelle che attraversano diversi “cieli”, dobbiamo considerarle comete.

Or, premièrement, touchant ces comètes, il faut remarquer qu’il y en doit avoir peu en ce nouveau monde, à comparaison du nombre des cieux ; car, quand bien même il y en aurait eu beaucoup au commencement, elles auraient dû, par succession de temps, en passant au travers des divers cieux, se heurter et se briser presque toutes les unes les autres, ainsi que j’ai dit que font deux bateaux quand ils se rencontrent, en sorte qu’il n’y pourrait maintenant rester que les plus grosses.

Il faut aussi remarquer que lorsqu’elles passent ainsi d’un ciel dans un autre, elles poussent toujours devant soi quelque peu de la matière de celui d’où elles sortent, et en demeurent quelque temps enveloppées, jusqu’à ce qu’elles soient entrées assez avant dans les limites de l’autre ciel ; où étant, elles s’en dégagent enfin comme tout d’un coup ; et sans y employer peut-être plus de temps que fait le soleil à se lever le matin sur notre horizon : en sorte qu’elles se meuvent beaucoup plus lentement lorsqu’elles tendent ainsi à sortir de quelque ciel, qu’elles ne font un peu après y être entrées.

Comme vous voyez ici que la comète qui prend son cours suivant la ligne CDQR, étant déjà entrée assez avant dans les limites du ciel F G lorsqu’elle est au point C, demeure néanmoins encore enveloppée de la matière du ciel FI, d’où elle vient, et n’en peut être entièrement délivrée avant qu’elle soit environ le point D ; mais sitôt qu’elle y est parvenue, elle commence à suivre le cours du ciel FG, et ainsi à se mouvoir beaucoup plus vite qu’elle ne faisait auparavant. Puis, continuant son cours de là vers R, son mouvement doit se retarder derechef peu à peu, à mesure qu’elle approche du point Q ; tant à cause de la résistance du ciel FGH, dans les limites duquel elle commence à entrer, qu’à cause qu’y ayant moins de distance entre S et D qu’entre S et Q, toute la matière du ciel qui est entre S et D, où la distance est moindre, s’y meut plus vite ; ainsi que nous voyons que les rivières coulent toujours plus promptement aux lieux où leur lit est plus étroit et resserré, qu’en ceux où il est plus large et étendu.

De plus, il faut remarquer que cette comète ne doit paraître à ceux qui habitent vers le centre du ciel FG que pendant le temps qu’elle emploie à passer depuis D jusqu’à Q, ainsi que vous entendrez tantôt plus clairement, lorsque je vous aurai dit ce que c’est que la lumière ; et par même moyen vous connaîtrez que son mouvement leur doit paraître beaucoup plus vite, et son corps beaucoup plus grand, et sa lumière beaucoup plus claire, au commencement du temps qu’ils la voient, que vers la fin.

Et outre cela, si vous considérez un peu curieusement en quelle sorte la lumière qui peut venir d’elle se doit répandre et distribuer de tous côtés dans le ciel, vous pourrez bien aussi entendre qu’étant fort grosse, comme nous la devons supposer, il peut paraître certains rayons autour d’elle, qui s’y étendent quelquefois en formelle chevelure de tous côtés, et quelquefois se ramassent en forme de queue d’un seul côté, selon les divers endroits où se trouvent les yeux qui la regardent ; en sorte qu’il ne manque à cette comète pas une de toutes les particularités qui ont été observées jusqu’ici en celles qu’on a vues dans le vrai monde, du moins de celles qui doivent être tenues pour véritables ; car si quelques historiens, pour faire un prodige qui menace le croissant des Turcs, nous racontent qu’en l’an 1450 la lune a été éclipsée par une comète qui passait au-dessous, ou chose semblable ; et si les astronomes, calculant mal la quantité des réfractions des cieux, laquelle ils ignorent, et la vitesse du mouvement des comètes, qui est incertaine, leur attribuent assez de parallaxe pour être placées auprès des planètes, ou même au-dessous, où quelques-uns les veulent tirer comme par force, nous ne sommes pas obligés de les croire.

Chapitre X

DES PLANÈTES EN GÉNÉRAL ET EN PARTICULIER DE LA TERRE ET DE LA LUNE.

Il y a tout de même, touchant les planètes, plusieurs choses à remarquer : dont la première est, qu’encore qu’elles tendent toutes vers les centres des cieux qui les contiennent, ce n’est pas à dire pour cela qu’elles puissent jamais parvenir jusqu’au-dedans de ces centres ; car, comme j’ai déjà dit ci-devant, c’est le soleil et les autres étoiles fixes qui les occupent. Mais, afin que je vous fasse entendre distinctement en quels endroits elles doivent s’arrêter, voyez, par exemple, celle qui est marquée η, que je suppose suivre le cours de la matière du ciel qui est vers le cercle R ; et considérez que si cette planète avait tant soit peu plus de force à continuer son mouvement en ligne droite que n’ont les parties du second élément qui l’environnent, au lieu de suivre toujours ce cercle R, elle irait vers Y, et ainsi elle s’éloignerait plus qu’elle n’est du centre S. Puis, d’autant que les parties du second élément qui l’environneraient vers Y se meuvent plus vite, et même sont un peu plus petites, ou du moins ne sont point plus grosses que celles qui sont vers R, elles lui donneraient encore plus de force pour passer outre vers F, en sorte qu’elle irait jusqu’à la circonférence de ce ciel, sans se pouvoir arrêter en aucune place qui soit entre deux ; puis de là elle passerait facilement dans un autre ciel : et ainsi, au lieu d’être une planète, elle deviendrait une comète.

D’où vous voyez qu’il ne se peut arrêter aucun astre en tout ce vaste espace qui est depuis le cercle R jusqu’à la circonférence du ciel FGGF, par où les comètes prennent leur cours ; et outre cela qu’il faut de nécessité que les planètes n’aient point plus de force à continuer leur mouvement en ligne droite que les parties du second élément qui sont vers R lorsqu’elles se meuvent de même branle avec elles, et que tous les corps qui en ont plus sont des comètes.

Pensons donc maintenant que cette planète η a moins de force que les parties du second élément qui l’environnent ; en sorte que celles qui la suivent, et qui sont placées un peu plus bas qu’elle, puissent la détourner, et faire qu’au lieu de suivre le cercle K, elle descende vers la planète marquée y, où étant, il se peut faire qu’elle se trouvera justement aussi forte que les parties du second élément qui pour lors l’environneront : dont la raison est que ces parties du second élément étant plus agitées que celles qui sont vers K, elles l’agiteront aussi davantage, et qu’étant avec cela plus petites, elles ne lui pourront pas tant résister ; auquel cas elle demeurera justement balancée au milieu d’elles, et y prendra son cours en même sens qu’elles font autour du soleil, sans s’éloigner de lui plus ou moins une fois que l’autre, qu’autant qu’elles pourront aussi s’en éloigner.

Mais si cette planète étant vers Ψ a encore moins de force à continuer son mouvement en ligne droite que la matière du ciel qu’elle y trouvera, elle sera poussée par elle encore plus bas vers la planète marquée , et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’enfin elle se trouve environnée d’une matière qui n’ait ni plus ni moins de force qu’elle.

Et ainsi vous voyez qu’il peut y avoir diverses planètes, les unes plus et les autres moins éloignées du soleil, telles que sont ici ɧ. Ψ.  ; dont les plus basses et moins massives peuvent atteindre jusqu’à sa superficie, mais dont les plus hautes ne passent jamais au-delà du cercle K ; qui, bien que très grand à comparaison de chaque planète en particulier, est néanmoins si extrêmement petit à comparaison de tout le ciel FGGF, que, comme j’ai déjà dit ci-devant, il peut être considéré comme son centre.

Or, first of all, regarding these comets, it must be noted that there must be very few of them in this new world, compared to the number of heavens; for even if there had been many at the beginning, they would have had to collide and break apart almost entirely as they passed through the various heavens over time, just as I said happens when two ships meet. Therefore, only the largest comets could possibly have survived to this day.

It should also be noted that when they pass from one sky to another in this manner, they always carry with them some of the matter from the sky they leave behind and remain enveloped by it for a while until they have penetrated far enough into the boundaries of the other sky; once there, they suddenly break free from it, perhaps in no longer time than it takes the sun to rise over our horizon in the morning. Thus, their movement is much slower when trying to emerge from one sky than when they have just entered it.

As you can see here, the comet, which follows the path represented by the line CDQR, has already entered the region of the sky F G quite far ahead of the point C; yet it is still surrounded by the material of the sky FI, from which it originated. It is not completely free of this influence until it reaches approximately the point D. But once it has reached that point, it begins to follow the path of the sky FG and thus moves much faster than before. As it continues its course towards R, its movement gradually slows down again as it approaches the point Q. This is due both to the resistance encountered by the sky FGH as it begins to enter this region, and also because the distance between S and D is shorter than that between S and Q; consequently, all the material of the sky located between S and D moves more quickly in that area. Just as we observe that rivers flow more swiftly in places where their channels are narrower and more confined than in areas where they are wider and more extensive.

Furthermore, it must be noted that this comet will only appear to those living in the central regions of the sky FG for the duration of its journey from point D to point Q. As you will hear more clearly later on, once I have explained what light is; by the same reasoning, you will also understand that its motion will seem much faster to them, its size much larger, and its light much brighter at the beginning of their observation than towards the end.

Moreover, if you consider in some detail how the light emanating from this comet must spread and distribute itself throughout the sky, you will also realize that, given its considerable size—which we must assume—it is possible for certain rays to extend outward in all directions, sometimes forming a sort of “hairlike” pattern, and at other times gathering into a tail shape on one side alone, depending on the position of the observer’s eyes. In this way, this comet possesses every one of those characteristics that have been observed in comets in the real world—at least those that are generally considered genuine. For even if some historians, in order to create a sensational tale threatening the Ottoman Empire, claim that in the year 1450 the moon was obscured by a comet passing beneath it, or something similar; and even if astronomers, miscalculating the degree of refraction in the heavens (which they do not truly understand) and the uncertain speed of comets, attribute to them enough parallax to place them near the planets or even below them, we are not obliged to believe such claims.

Chapter X

Planets in general, and particularly the Earth and the Moon.

Nevertheless, there are several things worth noting regarding these planets: the first of which is that, although they all tend toward the centers of the heavens that contain them, this does not mean that they can ever reach inside those centers; for, as I have already stated earlier, it is the sun and the other fixed stars that occupy those spaces. But in order to make it clear to you where these planets must stop, consider, for example, the planet marked η, which I assume follows the course of the celestial matter extending toward the circle R; and realize that if this planet possessed even a slight greater ability to continue its motion in a straight line than the surrounding parts of the second element, it would not follow the path of circle R but would instead move toward Y, thereby moving further away from the center S than it currently is. Moreover, since the surrounding parts of the second element that face Y move more quickly and are even slightly smaller—or at least no larger than those surrounding R—it would give this planet even more momentum to continue moving beyond F, causing it to reach the edge of this celestial sphere without being able to stop at any point between two such boundaries; from there, it could easily pass into another celestial sphere—and in this way, instead of remaining a planet, it would become a comet.

From this, it is evident that no star can come to a halt within this vast expanse of space, ranging from the circle R to the circumference of the sky FGGF, along which comets move. Moreover, it is absolutely necessary that the planets possess no more force to continue their motion in a straight line than those parts of the second element that are located toward R; whenever these latter move in the same direction as the planets, they too follow the same path. Any bodies that possess additional force must necessarily be comets.

Let us therefore consider that this planet η possesses less force than the portions of the second element surrounding it; as a result, those portions that follow it and are located slightly below it may cause it to deviate from its course along circle K and cause it to descend towards the planet marked y. There, it may become precisely as strong as those portions of the second element that now surround it. The reason for this is that since these surrounding portions of the second element are more turbulent than those near K, they will perturb it even more intensely. Moreover, being smaller in size, they will be unable to resist its motion as effectively; consequently, the planet will remain balanced amidst them and move in the same direction as they do around the sun, neither moving closer nor farther away from it, to the extent that those surrounding portions are able to influence its trajectory.

But if this planet, being located near Ψ, possesses even less force to continue moving in a straight line than the matter found in the sky there, it will be pushed by that matter even further downward towards the marked planet, and so on, until finally it is surrounded by matter that possesses exactly the same amount of force as it does.

And thus you see that there can be various planets, some further from the sun and others closer, such as ɧ and Ψ here; among them, those that are lower in position and less massive may even reach the surface of the sun, whereas those that are higher never go beyond the circle K. Although this circle is very large compared to any individual planet, it is still extremely small in comparison to the entire sky FGGF; therefore, as I have already stated earlier, it can be considered the center of the whole celestial realm.

Innanzitutto, riguardo a queste comete, bisogna notare che in questo nuovo mondo ne devono esserci poche, rispetto al numero dei cieli; perché, anche se ne fossero state molte all’inizio, con il passare del tempo, attraversando i vari cieli, si sarebbero sicuramente scontrate e distrutte l’una con l’altra, proprio come avviene quando due navi si incontrano; quindi oggi dovrebbero esserci rimaste soltanto le più grandi.

È anche da notare che, quando passano da uno cielo all’altro in questo modo, portano sempre con sé una certa quantità di materia proveniente dal cielo da cui provengono e rimangono avvolte in essa per un certo periodo, fino a quando non sono entrate abbastanza profondamente nei confini dell’altro cielo; una volta lì, si liberano all’improvviso, probabilmente in meno tempo di quanto il sole impieghi per sorgere al mattino sul nostro orizzonte: in altre parole, si muovono molto più lentamente quando cercano di uscire da un certo cielo rispetto a quanto lo fanno poco dopo essere entrate in esso.

Come potete vedere qui, la cometa che segue la traiettoria rappresentata dalla linea CDQR, essendo già entrata abbastanza in profondità nei confini del cielo F G quando si trova nel punto C, rimane comunque avvolta nella materia del cielo FI, da cui proviene; non potrà liberarsene completamente fino a quando non raggiungerà circa il punto D. Tuttavia, non appena vi arriva, inizia a seguire la traiettoria del cielo FG e quindi si muove molto più velocemente di prima. Successivamente, proseguendo il suo percorso verso R, il suo movimento deve rallentare gradualmente man mano che si avvicina al punto Q; sia a causa della resistenza offerta dal cielo FGH, nei confini del quale inizia ad entrare, sia perché la distanza tra S e D è inferiore a quella tra S e Q, quindi tutta la materia del cielo situata tra S e D si muove più velocemente. Proprio come vediamo che i fiumi scorrono sempre più rapidamente nei punti in cui il loro corso è più stretto e ristretto, rispetto a quelli in cui è più ampio e esteso.

Inoltre, è necessario notare che questa cometa dovrà apparire a coloro che abitano le zone centrali del cielo FG soltanto per il tempo che impiega ad attraversare la distanza tra i punti D e Q; come comprenderete più chiaramente in seguito, quando vi spiegherò cosa sia la luce. Attraverso lo stesso principio, capirete anche che il suo movimento dovrà sembrare molto più veloce, il suo corpo molto più grande e la sua luce molto più intensa all’inizio del periodo in cui viene osservata, rispetto alla fine di tale periodo.

Inoltre, se considerate con un po’ di attenzione in che modo la luce emessa da questa cometa debba diffondersi e distribuirsi in ogni direzione nel cielo, potrete facilmente capire che, essendo molto intensa – come dobbiamo supporre –, possono apparire dei raggi intorno ad essa; questi raggi a volte si estendono in modo simile a una “chioma” su tutti i lati, altre volte si concentrano in una “coda” su un solo lato, a seconda delle posizioni in cui si trovano gli occhi che la osservano. Quindi, a questa cometa non manca nessuna delle caratteristiche finora osservate nelle comete reali, almeno quelle che vengono generalmente ritenute vere. Infatti, anche se alcuni storici raccontano che nel 1450 la luna fu oscurata da una cometa che passava sotto di essa, o cose del genere; e anche se gli astronomi, calcolando in modo errato le rifrazioni della luce nei diversi strati dell’atmosfera e la velocità dei movimenti delle comete – informazioni che ignorano completamente – attribuiscono loro una parallasse tale da farle sembrare situate vicino alle pianete, o persino al di sotto di esse, non siamo obbligati a crederci.

Capitolo X

Dei pianeti in generale e, in particolare, della Terra e della Luna.

Ci sono comunque diverse cose da notare riguardo ai pianeti: la prima è che, sebbene tendano tutti verso i centri dei cieli in cui si trovano, questo non significa affatto che possano mai raggiungere l’interno di tali centri; infatti, come ho già detto in precedenza, sono il sole e le altre stelle fisse a occuparli. Ma affinché possiate comprendere chiaramente in quali punti devono fermarsi, considerate, ad esempio, quel pianeta contrassegnato con la lettera η: supponiamo che segua il percorso della materia celeste che si estende verso il cerchio R; se questo pianeta possedesse anche solo un po’ più di forza per continuare il suo movimento in linea retta rispetto alle parti dell’elemento secondario che lo circondano, invece di seguire sempre quel cerchio R, si dirigerebbe verso Y, allontanandosi così ancora di più dal centro S. Inoltre, poiché le parti dell’elemento secondario che lo circondano verso Y si muovono più velocemente e sono anche un po’ più piccole – o almeno non più grandi di quelle situate verso R – gli darebbero ancora più forza per proseguire verso F, fino a raggiungere la circonferenza di quel cielo, senza potersi fermare in alcun punto situato tra due cerchi diversi; da lì passerebbe facilmente in un altro cielo. E così, invece di essere un pianeta, diventerebbe una cometa.

Da ciò si evince che in tutto questo vasto spazio, che va dal cerchio R fino alla circonferenza del cielo FGGF, dove le comete seguono il loro percorso, non è possibile che alcuna stella si fermi; inoltre, è necessario che i pianeti non abbiano più forza di continuare il loro movimento in linea retta di quanto ne abbiano le parti del secondo elemento situate verso R quando si muovono insieme a essi; e tutti gli oggetti che possiedono una tale forza aggiuntiva sono comete.

Pensiamo quindi ora che questo pianeta η abbia meno forza delle parti del secondo elemento che lo circondano; in modo che quelle che seguono, e che si trovano un po’ più in basso di esso, possano deviarne il corso, facendolo scendere verso il pianeta indicato con la lettera y. Lì, potrebbe trovarsi esattamente nella stessa condizione di forza rispetto alle parti del secondo elemento che lo circondano in quel momento: la ragione è che queste parti del secondo elemento, essendo più agitate di quelle situate vicino al punto K, lo agiteranno ancora di più; inoltre, essendo più piccole, non saranno in grado di resistergli efficacemente. In tal caso, il pianeta rimarrà esattamente equilibrato tra di esse e seguirà la stessa traiettoria che queste seguono attorno al sole, senza allontanarsene di più o meno rispetto a loro, nella misura in cui anche queste ultime potranno allontanarsi da esso.

Ma se questo pianeta, essendo situato in direzione di Ψ, possiede ancora meno forza per continuare il suo movimento rettilineo rispetto alla materia celeste che vi troverà, sarà spinto da essa ancora più in basso verso il pianeta contrassegnato con quel simbolo, e così via, fino a quando non si troverà circondato da una materia la cui forza sia esattamente uguale alla sua.

E così vedete che possono esistere diverse pianete, alcune più vicine e altre più lontane dal sole, come quelle indicate qui con ɧ e Ψ; tra queste, le più basse e meno massicce possono raggiungere persino la superficie del sole, mentre le più alte non superano mai il cerchio K. Questo cerchio, sebbene molto grande rispetto a ciascuna singola pianeta, è tuttavia estremamente piccolo rispetto all’intero cielo FGGF; per questo motivo, come ho già detto in precedenza, può essere considerato il suo centro.

Que si je ne vous ai pas encore assez fait entendre la cause qui peut faire que les parties du ciel qui sont au-delà du cercle K, étant incomparablement plus petites que les planètes, ne laissent pas d’avoir plus de force qu’elles à continuer leur mouvement en ligne droite, considérez que cette force ne dépend pas seulement de la quantité de la matière qui est en chaque corps, mais aussi de l’étendue de sa superficie. Car encore que lorsque deux corps se meuvent également vite, il soit vrai de dire que « l’un contient deux fois autant de matière que l’autre, il a aussi deux fois autant d’agitation, ce n’est pas à dire pour cela qu’il ait deux fois autant de force à continuer de se mouvoir en ligne droite ; mais il en aura justement deux fois autant, si avec cela sa superficie est justement deux fois aussi étendue, à cause qu’il rencontrera toujours deux fois autant d’autres corps qui lui feront résistance ; et il en aura beaucoup moins, si sa superficie est étendue beaucoup plus de deux fois.

Or vous savez que les parties du ciel sont à peu près toutes rondes, et ainsi qu’elles ont celle de toutes les figures qui comprend le plus de matière sous une moindre superficie ; et qu’au contraire les planètes étant composées de petites parties qui ont des figures fort irrégulières et étendues, ont beaucoup de superficie à raison de la quantité de leur matière, en sorte qu’elles peuvent en avoir plus que la plupart de ces parties du ciel, et toutefois aussi en avoir moins que quelques-unes des plus petites, et qui sont les plus proches des centres : car il faut savoir qu’entre deux boules toutes massives, telles que sont ces parties du ciel, la plus petite a toujours plus de superficie, à raison de sa quantité, que la plus grosse.

Et l’on peut aisément confirmer tout ceci par l’expérience. Car, poussant une grosse boule composée de plusieurs branches d’arbres confusément jointes et entassées l’une sur l’autre, ainsi qu’il faut imaginer que sont les parties de la matière dont les planètes sont composées, il est certain qu’elle ne pourra pas continuer si loin son mouvement, quand bien même elle serait poussée par une force entièrement proportionnée à sa grosseur, comme serait une autre boule beaucoup plus petite et composée du même bois, mais qui serait toute massive ; il est certain aussi tout au contraire qu’on pourrait faire une autre boule du même bois, et toute massive, mais qui serait si extrêmement petite, qu’elle aurait beaucoup moins de force à continuer son mouvement que la première ; enfin, il est certain que cette première peut avoir plus ou moins de force à continuer son mouvement, selon que les branches qui la composent sont plus ou moins grosses et pressées.

D’où vous voyez comment diverses planètes peuvent être suspendues au dedans du cercle K, à diverses distances du soleil ; et comment ce ne sont pas simplement celles qui paraissent à l’extérieur les plus grosses, mais celles qui en leur intérieur sont les plus solides et les plus massives, qui en doivent être les plus éloignées :

Il faut remarquer après cela que, comme nous expérimentons que les bateaux qui suivent le cours d’une rivière ne se meuvent jamais si vite que l’eau qui les entraîne, ni même les plus grands d’entre eux si vite que les moindres ; ainsi, encore que les planètes suivent le cours de la matière du ciel sans résistance, et se meuvent de même branle avec elle, ce n’est pas à dire pour cela qu’elles se meuvent jamais du tout si vite : et même l’inégalité de leur mouvement doit avoir quelque rapport à celle qui se trouve entre la grosseur de leur masse et la petitesse des parties du ciel qui les environnent. Dont la raison est que, généralement parlant, plus un corps est gros, plus il lui est facile de communiquer une partie de son mouvement aux autres corps, et plus il est difficile aux autres de lui communiquer quelque chose du leur : car encore que plusieurs petits corps, en s’accordant tous, ensemble pour agir contre un plus gros, puissent avoir autant de force que lui, toutefois ils ne le peuvent jamais faire mouvoir si vite en tous sens comme ils se meuvent ; à cause que s’ils s’accordent en quelques-uns de leurs mouvements, lesquels ils lui communiquent, ils diffèrent infailliblement en d’autres en même temps, lesquels ils ne lui peuvent communiquer.

Or il suit de ceci deux choses, qui me semblent fort considérables : la première est que la matière du ciel ne doit pas seulement faire tourner les planètes autour du soleil, mais aussi autour de leur propre centre (excepté lorsqu’il y a quelque cause particulière qui les en empêche), et ensuite qu’elle doit composer de petits cieux autour d’elles qui se meuvent en même sens que le plus grand. Et la seconde est que, s’il se rencontre deux planètes inégales en grosseur, mais disposées à prendre leur cours dans le ciel à une même distance du soleil, en sorte que l’une soit justement d’autant plus massive que l’autre sera plus grosse, la plus petite de ces deux ayant un mouvement plus vite que la plus grosse, devra se joindre au petit ciel qui sera autour de cette plus grosse, et tournoyer continuellement avec lui.

Car, puisque les parties du ciel qui sont par exemple vers A se meuvent plus vite que la planète marquée T, qu’elles poussent vers Z, il est évident qu’elles doivent être détournées par elle, et contraintes de prendre leur cours vers B : je dis vers B plutôt que vers D, car, ayant inclination à continuer leur mouvement en ligne droite, elles doivent plutôt aller vers le dehors du cercle ACZN qu’elles décrivent, que vers le centre S. Or, passant ainsi d’A vers B, elles obligent la planète T de tourner avec elles autour de son centre ; et réciproquement cette planète, en tournant ainsi, leur donne occasion de prendre leur cours de B vers C, puis vers D et vers A, et ainsi de former un ciel particulier autour d’elle, avec lequel elle doit toujours après continuer à se mouvoir de la partie qu’on nomme l’occident vers celle qu’on nomme l’orient, non seulement autour du soleil, mais aussi autour de son propre centre.

De plus, sachant que la planète marquée ɛ est disposée à prendre son cours suivant le cercle NACZ, aussi bien que celle qui est marquée T, et qu’elle doit se mouvoir plus vite à cause qu’elle est plus petite, il est aisé à entendre qu’en quelque endroit du ciel qu’elle puisse s’être trouvée au commencement, elle a dû en peu de temps s’aller rendre contre la superficie extérieure du petit ciel ABCD, et que, s’y étant une fois jointe, elle doit toujours après suivre son cours autour de T, avec les parties du second élément qui sont vers cette superficie.

Car, puisque nous supposons qu’elle aurait justement autant de force que la matière de ce ciel à tourner suivant le cercle NACZ, si l’autre planète n’y était point, il faut penser qu’elle en a quelque peu plus à tourner suivant le cercle ABCD, à cause qu’il est plus petit, et par conséquent qu’elle s’éloigne toujours le plus qu’il est possible du centre T ; ainsi qu’une pierre étant agitée dans une fronde tend toujours à s’éloigner du centre du cercle qu’elle décrit. Et toutefois cette planète étant vers A, n’ira pas pour cela s’écarter vers L, d’autant qu’elle entrerait en un endroit du ciel dont la matière aurait la force de la repousser vers le cercle NACZ ; et tout de même étant vers C, elle n’ira pas descendre vers K, d’autant qu’elle s’y trouverait environnée d’une matière qui lui donnerait la force de remonter vers ce même cercle NACZ ; elle n’ira pas non plus de B vers Z, ni beaucoup moins de D vers N, d’autant qu’elle n’y pourrait aller si facilement ni si vite que vers C et vers A ; si bien qu’elle doit demeurer comme attachée à la superficie du petit ciel ABCD, et tourner continuellement avec elle autour de T, ce qui empêche qu’il ne se forme un autre petit ciel auteur d’elle qui la fasse tourner derechef autour de son centre.

Je n’ajoute point ici comment il se peut rencontrer un plus grand nombre de planètes jointes ensemble, et qui prennent leur cours l’une autour de l’autre, comme celles que les nouveaux astronomes ont observées autour de Jupiter et de Saturne, car je n’ai pas entrepris de dire tout ; et je n’ai parlé en particulier de ces deux qu’afin de vous représenter, la terre que nous habitons par celle qui est marquée T, et la lune, qui tourne autour d’elle, par celle qui est marquée Ȼ.

Chapitre XI

DE LA PESANTEUR.

Even if I have not yet made it clear enough to you why the parts of the heavens that lie beyond the circle K, being incomparably smaller than the planets, nevertheless possess sufficient force to continue moving in a straight line, consider that this force does not depend solely on the amount of matter contained within each body, but also on the extent of its surface area. For although two bodies moving at the same speed may indeed contain twice as much matter as one another and thus exhibit twice as much motion, it does not necessarily mean they possess twice as much force to continue moving in a straight line. Instead, they will have precisely twice as much force if their surface areas are also exactly twice as large, because in that case they will always encounter twice as many other bodies that resist their movement; whereas if their surface areas are much larger than twice that amount, they will possess considerably less force.

Or you know that nearly all parts of the sky are round in shape; indeed, they possess the form of all figures that contain the greatest amount of matter within the smallest surface area. On the other hand, planets are composed of small portions with highly irregular and extensive shapes; as a result, they occupy much larger surface areas relative to the amount of matter they contain. Therefore, some planets may have larger surfaces than most of these celestial bodies, while others may have smaller surfaces than some of the smallest and closest-to-the-center objects. For it must be understood that, among two completely identical masses—such as these celestial bodies—the smaller one will always occupy a larger surface area relative to its mass than the larger one.

And all of this can be easily confirmed through experience. For, when one pushes a large ball composed of multiple branches of trees that are haphazardly joined and stacked on top of each other—just as one might imagine the various parts of matter from which planets are made—one can be certain that such a ball will not be able to continue moving for very far, even if it were propelled by a force that was entirely proportional to its size. For instance, another ball, much smaller but made of the same material and equally dense, would have considerably less ability to maintain motion. Furthermore, it is also clear that the initial ball’s ability to move forward could vary depending on the thickness and density of the branches that constitute it.

From this, you can see how various planets can be positioned within the circle K at different distances from the sun; and why it is not simply those that appear on the outside to be the largest, but rather those that are the most solid and massive on the inside, that must be located the farthest away.

It must be noted that, as we observe, ships that follow the course of a river never move at a speed greater than that of the water carrying them along, not even the largest of them move faster than the smallest; similarly, although planets move along with the celestial matter without any resistance and move in unison with it, this does not mean that they ever move at extremely high speeds. Moreover, the inequality in their motion must be related to the difference between the size of their masses and the relative smallness of the parts of the sky surrounding them. The reason for this is that, generally speaking, the larger a body is, the easier it is for it to transmit a portion of its motion to other bodies; conversely, it becomes increasingly difficult for other bodies to transfer any of their own motion to it. For even if several small bodies, acting together in coordination against a larger one, could possess as much force as it does, they would still never be able to make it move at such high speeds in all directions as they themselves do. This is because, while they may coordinate some of their movements and transmit them to the larger body, they will inevitably differ in other aspects of their motion, which they are unable to convey to it.

Or this leads to two consequences that seem to me quite significant: the first is that the material constituting the heavens must not only cause the planets to orbit around the sun, but also around their own centers (except when some particular cause prevents them from doing so), and furthermore, it must form smaller “heavens” around these larger ones, which move in the same direction as the larger celestial bodies. The second consequence is that if there are two planets of unequal size, but positioned so that they follow the same path in the heavens at the same distance from the sun, such that one planet is precisely twice as massive as the other, then the smaller planet, having a faster motion than the larger one, will inevitably join the smaller “heaven” surrounding the larger planet and continue to orbit together with it.

For since those portions of the heavens that are located, for example, near point A move faster than the planet marked T and are therefore propelled toward point Z, it is evident that they must be deflected by this planet and compelled to follow a course toward point B. I say “toward point B” rather than “toward point D,” because, since these portions have an inclination to continue their motion in a straight line, they are actually led outward from the circle ACZN they describe, rather than toward its center, point S. By moving in this manner from A to B, they cause the planet T to rotate along with them around its own center; and conversely, as the planet T rotates, it provides these portions of the heavens with the opportunity to continue their motion from B to C, then to D, and back to A, thus forming a particular configuration of the heavens around it. This configuration forces the planets to continue moving not only around the sun but also around their own centers, from what is called the west toward what is called the east.

Furthermore, since it is known that the planet marked ɛ is destined to follow its course along the NACZ circle, just as the planet marked T is, and since it must move faster because it is smaller, it is easy to understand that no matter where it might have been initially located in the sky, it must have soon moved to the outer edge of the small region ABCD. Once there, it must continue to follow its course around T, along with those parts of the second element that are situated towards this surface.

For, since we assume that this planet possesses exactly the same force as the matter in this portion of the sky that causes it to move along the circle NACZ, if that other planet were not present, one would have to conclude that this planet exerts even greater force to move along the circle ABCD—since that circle is smaller—and consequently, it would always move as far away from the center T as possible. Just as a stone thrown in a sling tends to move away from the center of the circle it describes. However, since this planet is located near the point A, it will not move towards the point L; rather, it will enter a region of the sky where the surrounding matter would exert a force that pushes it back towards the circle NACZ. Similarly, even if it were located near the point C, it would not move downwards towards the point K, because it would be surrounded by matter that would pull it upwards towards the same circle NACZ. Nor would it move from the point B to the point Z, or from the point D to the point N, since it could not do so as easily or quickly as it could move towards C or A. Therefore, it must remain fixed to the surface of the small sky ABCD and continue to rotate around the center T, which prevents the formation of another smaller sky that might cause it to orbit around its own center.

I shall not here explain how it is possible to find a larger number of planets orbiting one another, such as those which the new astronomers have observed around Jupiter and Saturn, for I have not set out to explain everything; moreover, I have mentioned these two in particular only in order to illustrate for you the earth on which we live—represented by the figure marked T—and the moon, which orbits it, represented by the figure marked Ȼ.

Chapter XI

ON HEAVYNESS.

Anche se non vi ho ancora spiegato a sufficienza la ragione per cui le parti del cielo che si trovano al di là del cerchio K, essendo incomparabilmente più piccole dei pianeti, possiedono comunque una forza sufficiente per continuare il loro movimento in linea retta, considerate che questa forza non dipende soltanto dalla quantità di materia contenuta in ciascun corpo, ma anche dall’estensione della sua superficie. Infatti, anche quando due corpi si muovono alla stessa velocità, è vero che “uno contiene il doppio della materia dell’altro e quindi ha anche il doppio di agitazione”; ciò tuttavia non significa che abbia il doppio di forza per continuare a muoversi in linea retta. Avrà esattamente il doppio di quella forza soltanto se la sua superficie è anch’essa esattamente il doppio più estesa, poiché in tal caso incontrerà sempre il doppio delle altre masse che gli opporranno resistenza; al contrario, avrà molto meno di quella forza se la sua superficie è molto più estesa del doppio.

Ora voi sapete che le parti del cielo sono quasi tutte rotonde, e che presentano quindi quelle forme che racchiudono la maggior quantità di materia in una superficie minore; al contrario, i pianeti, essendo composti da piccole parti di forma molto irregolare e estesa, hanno una superficie molto più grande rispetto alla quantità di materia che contengono, tanto che possono avere una superficie maggiore della maggior parte di queste parti del cielo, e tuttavia anche minore di alcune delle parti più piccole e situate più vicino ai loro centri: infatti, tra due sfere completamente omogenee in termini di massa – come sono queste parti del cielo – quella più piccola ha sempre una superficie maggiore rispetto a quella più grande, in relazione alla quantità di materia che contiene.

E tutto ciò può essere facilmente confermato dall’esperienza. Infatti, se si spinge una grande sfera composta da molte ramificazioni di alberi strettamente legate e sovrapposte l’una all’altra – come si deve immaginare che siano le parti della materia di cui sono composte i pianeti – è certo che non potrà continuare il suo movimento per una distanza molto lunga, anche se fosse spinta da una forza completamente proporzionale alle sue dimensioni; al contrario, si potrebbe creare un’altra sfera dello stesso materiale, anch’essa composta da ramificazioni strettamente legate, ma di dimensioni molto più ridotte: in tal caso, questa seconda sfera avrebbe sicuramente molta meno forza per continuare il suo movimento rispetto alla prima. Infine, è anche certo che la forza con cui la prima sfera continua il suo movimento può variare a seconda che le ramificazioni che la compongono siano più o meno grosse e strettamente legate tra loro.

Da ciò si può comprendere come diverse pianete possano trovarsi all’interno del cerchio K, a varie distanze dal sole; e perché non sono necessariamente quelle che appaiono più grandi dall’esterno ad essere le più lontane, ma piuttosto quelle che al loro interno sono le più solide e le più massicce.

Si deve notare che, poiché osserviamo che le imbarcazioni che seguono il corso di un fiume non si muovono mai con la stessa velocità dell’acqua che le trascina, né tantomeno le più grandi lo fanno più rapidamente delle più piccole; allo stesso modo, anche se i pianeti seguono il movimento della materia celeste senza alcuna resistenza e si muovono insieme ad essa, ciò non significa affatto che si muovano mai con grande velocità. Anzi, l’irregolarità del loro movimento deve necessariamente essere legata alla diversa grandezza delle loro masse rispetto alle parti del cielo che le circondano. La ragione di ciò è che, in generale, più un corpo è grande, più gli è facile trasmettere una parte del proprio movimento ad altri corpi; al contrario, per gli altri corpi diventa sempre più difficile trasferire loro qualcosa del proprio movimento. Infatti, anche se diversi piccoli corpi, agendo insieme contro uno più grande, possono esercitare su di esso la stessa forza, non riescono comunque a farlo muovere con la stessa velocità in tutte le direzioni; questo perché, se alcuni dei loro movimenti coincidono e vengono trasmessi al corpo più grande, altri movimenti, inevitabilmente diversi, non possono essere trasmessi.

Da ciò derivano due conseguenze che mi sembrano molto importanti: la prima è che la materia celeste non deve soltanto far ruotare i pianeti intorno al sole, ma anche attorno al proprio centro (ad eccezione dei casi in cui esistono cause particolari che lo impediscono); inoltre, questa materia deve formare piccoli “cieli” intorno ai pianeti stessi, i quali si muovono nella stessa direzione del pianeta più grande. La seconda conseguenza è che, se si trovano due pianeti di dimensioni diverse, ma disposti a seguire la stessa traiettoria nel cielo, mantenendo una distanza uguale dal sole, in modo che uno sia esattamente il doppio dell’altro per massa, il pianeta più piccolo, avendo un movimento più rapido, dovrà unirsi a quel “piccolo cielo” che circonda il pianeta più grande e ruotare continuamente insieme ad esso.

Poiché infatti le parti del cielo che si trovano ad esempio in direzione di A si muovono più velocemente del pianeta indicato con la lettera T e sono spinte verso Z, è evidente che debbano essere deviate da questo pianeta e costrette a seguire una traiettoria verso B; dico “verso B” piuttosto che “verso D”, perché, avendo l’inclinazione a proseguire il loro movimento in linea retta, devono necessariamente dirigersi verso l’esterno del cerchio ACZN che descrivono, piuttosto che verso il centro S. In questo modo, passando da A a B, costringono il pianeta T a ruotare insieme a loro attorno al proprio centro; e viceversa, questo pianeta, ruotando in tal modo, dà loro l’opportunità di proseguire il loro movimento da B verso C, poi verso D e infine verso A, formando così un cielo particolare attorno a sé stesso. Questo cielo, insieme al pianeta T, deve continuare a muoversi costantemente dalla parte chiamata “occidente” verso quella chiamata “oriente”, non solo attorno al sole, ma anche attorno al proprio centro.

Inoltre, sapendo che il pianeta contrassegnato con la lettera ɛ è destinato a seguire il percorso del cerchio NACZ, così come quello contrassegnato con la lettera T, e che deve muoversi più velocemente poiché è più piccolo, è facile comprendere che, qualunque fosse la sua posizione iniziale nel cielo, abbia dovuto in breve tempo raggiungere la superficie esterna del piccolo cielo ABCD; una volta vi giunto, deve necessariamente continuare a seguire il suo percorso attorno al punto T, insieme alle parti del secondo elemento che si trovano in quella direzione.

Poiché supponiamo che questa pianeta abbia esattamente la stessa forza della materia di questo cielo, capace di ruotare lungo il cerchio NACZ, se l’altra pianeta non esistesse, si dovrebbe pensare che questa ne abbia una leggermente maggiore per poter ruotare lungo il cerchio ABCD, poiché quest’ultimo è più piccolo; di conseguenza, essa si allontanerebbe sempre il più possibile dal centro T. Allo stesso modo, una pietra mossa da una frusta tende costantemente ad allontanarsi dal centro del cerchio che descrive. Tuttavia, poiché questa pianeta si trova vicino al punto A, non si allontanerà verso il punto L, poiché in quella zona della volta celeste esiste materia in grado di spingerla nuovamente verso il cerchio NACZ; allo stesso modo, non scenderà verso il punto K, poiché sarà circondata da materia che le darà la forza necessaria per risalire verso lo stesso cerchio NACZ; né andrà dal punto B al punto Z, né tantomeno dal punto D al punto N, poiché non potrebbe muoversi in quelle direzioni con la stessa facilità e velocità di quanto possa farlo verso i punti C e A. Pertanto, deve rimanere legata alla superficie del piccolo cielo ABCD e ruotare continuamente insieme ad esso attorno al centro T; questo evita che si formi un altro piccolo cielo che possa farla ruotare nuovamente attorno al proprio centro.

Non aggiungo qui in che modo possa esistere un numero maggiore di pianeti uniti tra loro e che ruotino l’uno intorno all’altro, come quelli che i nuovi astronomi hanno osservato intorno a Giove e Saturno; infatti non ho intenzione di dire tutto. Ho parlato in particolare di questi due pianeti soltanto per farvi comprendere, attraverso il pianeta contrassegnato con la lettera “T”, la Terra che abitiamo, e attraverso il pianeta contrassegnato con la lettera “Ȼ”, la Luna che le ruota intorno.

Capitolo XI

Della pesantezza.

Mais je désire maintenant que vous considériez quelle est la pesanteur de cette terre, c’est-à-dire la force qui unit toutes ses parties, et qui fait qu’elles tendent toutes vers son centre, chacune plus ou moins, selon qu’elles sont plus ou moins grosses et solides ; laquelle n’est autre et ne consiste qu’en ce que les parties du petit ciel qui l’environne, tournant beaucoup plus vite que les siennes autour de son centre, tendent aussi avec plus de force à s’en éloigner, et par conséquent les y repoussent. En quoi si vous trouvez quelque difficulté sur ce que j’ai tantôt dit que les corps les plus massifs et les plus solides, tels que j’ai supposé ceux des comètes, s’allaient rendre vers les circonférences des cieux, et qu’il n’y avait que ceux qui l’étaient moins qui fussent repoussés vers leurs centres, comme s’il devait suivre de là que ce fussent seulement les parties de la terre les moins solides qui pussent être poussées vers son centre, et que les autres dussent s’en éloigner ; remarquez que, lorsque j’ai dit que les corps les plus solides et les plus massifs tendaient à s’éloigner du centre de quelque ciel, j’ai supposé qu’ils se mouvaient déjà auparavant de même branle que la matière de ce ciel : car il est certain que s’ils n’ont point encore commencé à se mouvoir, ou s’ils se meuvent, pourvu que ce soit moins vite qu’il n’est requis pour suivre le cours de cette matière, ils doivent d’abord être chassés par elle vers le centre autour duquel elle tourne ; et même il est certain que, d’autant qu’ils seront plus gros et plus solides, ils y seront poussés avec plus de force et de vitesse. Et toutefois cela n’empêche pas que, s’ils le sont assez pour composer des comètes, ils ne s’aillent rendre peu après vers les circonférences extérieures des cieux, d’autant que l’agitation qu’ils auront acquise en descendant vers quelqu’un de leurs centres leur donnera infailliblement la force de passer outre, et de remonter vers sa circonférence.

Mais, afin que vous entendiez ceci plus clairement, considérez la terre EFGH avec l’eau 1, 2, 3, 4, et l’air 5, 6, 7, 8, qui, comme je vous dirai ci-après, ne sont composés que de quelques-unes des moins solides de ses parties, et font une même masse avec elle ; puis considérez aussi la matière du ciel, qui remplit non seulement tout l’espace qui est entre les cercles ABCD et 5, 6, 7, 8, mais encore tous les petits intervalles qui sont au-dessous entre les parties de l’air, de l’eau et de la terre, et pensez que ce ciel et cette terre tournant ensemble autour du centre T, toutes leurs parties tendent à s’en éloigner, mais beaucoup plus fort celles du ciel que celles de la terre, à cause qu’elles sont beaucoup plus agitées ; et même aussi entre celles de la terre, les plus agitées vers le même côté que celles du ciel tendent plus à s’en éloigner que les autres. En sorte que si tout l’espace qui est au-delà du cercle ABCD était vide, c’est-à-dire n’était rempli que d’une matière qui ne pût résister aux actions des autres corps, ni produire aucun effet considérable, car c’est ainsi qu’il faut prendre le nom de vide), toutes les parties du ciel qui sont dans le cercle ABCD en sortiraient les premières, puis celles de l’air et de l’eau les suivraient, et enfin aussi celles de la terre, chacune d’autant plus promptement qu’elle se trouverait moins attachée au reste de sa masse, en même façon qu’une pierre sort hors de la fronde en laquelle elle est agitée, sitôt qu’on lui lâche la corde, et que la poussière que l’on jette sur une pirouette pendant qu’elle tourne s’en écarte tout aussitôt de tous côtés.

Puis considérez que n’y ayant point ainsi aucun espace au-delà du cercle ABCD qui soit vide, ni où les parties du ciel contenues au dedans de ce cercle puissent aller, si ce n’est qu’au même instant il en rentre d’autres en leur place qui leur soient toutes semblables, les parties de la terre ne peuvent aussi s’éloigner plus qu’elles ne sont du centre T, si ce n’est qu’il en descende en leur place de celles du ciel ou d’autres terrestres, tout autant qu’il en faut pour la remplir, ni réciproquement s’en approcher qu’il n’en monte tout autant d’autres en leur place ; en sorte qu’elles sont toutes opposées les unes aux autres, chacune à celles qui doivent entrer en leur place, en cas qu’elles montent, et de même à celles qui doivent y entrer en cas qu’elles descendent, ainsi que les deux côtés d’une balance le sont l’un à l’autre : c’est-à-dire que comme l’un des côtés de la balance ne peut se hausser ni se baisser que l’autre ne fasse au même instant tourte contraire, et que toujours le plus pesant emporte l’autre, ainsi la première pierre R, par exemple, est tellement opposée à la quantité d’air, justement égale à sa grosseur, qui est au-dessus d’elle, et dont elle devrait occuper la place en cas qu’elle s’éloignât davantage du centre T, qu’il faudrait nécessairement que cet air descendît à mesure qu’elle monterait ; et même aussi elle est tellement opposée à une autre pareille quantité d’air qui est au-dessous d’elle, et dont elle doit occuper la place en cas qu’elle s’approche de ce centre, qu’il est besoin qu’elle descende lorsque cet air monte.

Or il est évident que cette pierre contenant en soi beaucoup plus de la matière de la terre, et en récompense en contenant d’autant moins de celle du ciel qu’une quantité d’air d’égale étendue, et même ses parties terrestres étant moins agitées par la matière du ciel que celle de cet air, elle ne doit pas avoir la force de monter au-dessus de lui, mais bien lui au contraire doit avoir la force de la faire descendre au-dessous ; en sorte qu’il se trouve léger étant comparé avec elle, au lieu qu’étant comparé avec la matière du ciel toute pure, il est pesant. Et ainsi vous voyez que chaque partie des corps terrestres est pressée vers T, non pas indifféremment par toute la matière qui l’environne, mais seulement par une quantité de cette matière justement égale à sa grosseur, qui, étant au-dessous, peut prendre sa place en cas qu’elle descende ; ce qui est cause qu’entre les parties d’un même corps, qu’on nomme homogène, comme entre celles de l’air ou de l’eau, les plus basses ne sont point notablement plus pressées que les plus hautes, et qu’un homme étant au-dessous d’une eau fort profonde, ne la sent point davantage peser sur son dos que s’il nageait tout au-dessus. Mais s’il vous semble que la matière du ciel, faisant ainsi descendre la pierre R vers T au-dessous de l’air qui l’environne, la doive aussi faire aller vers 6 ou vers 7, c’est-à-dire vers l’occident ou vers l’orient, plus vite que cet air, en sorte qu’elle ne descende pas tout droit et à plomb, ainsi que font les corps pesants sur la vraie terre, considérez premièrement que toutes les parties terrestres comprises dans le cercle 5, 6, 7, 8 étant pressées vers T par la matière du ciel, en la façon que je viens d’expliquer, et ayant avec cela des figures fort irrégulières et diverses, se doivent joindre et accrocher les unes aux autres, et ainsi ne composer qu’une masse qui est emportée tout entière par le cours du ciel ABCD, en telle sorte que, pendant qu’elle tourne, celles de ses parties qui sont, par exemple, vers 6 demeurent toujours vis-à-vis de celles qui sont vers 2 et vers ; F, sans s’en écarter notablement ni çà ni là, qu’autant que les vents ou les autres causes particulières les y contraignent.

Et de plus remarquez que ce petit ciel ABCD tourne beaucoup plus vite que cette terre, mais que celles de ses parties qui sont engagées dans les pores des corps terrestres ne peuvent pas tourner notablement plus vite que ces corps autour du centre T, encore qu’elles se meuvent beaucoup plus vite en divers autres sens, selon la disposition de ces pores.

Puis, afin que vous sachiez qu’encore que la matière du ciel fasse approcher la pierre R de ce centre, à cause qu’elle tend avec plus de force qu’elle à s’en éloigner, elle ne doit pas tout de même la contraindre de reculer vers l’occident, bien qu’elle tende aussi avec plus de force qu’elle à aller vers l’orient, considérez que cette matière du ciel tend à s’éloigner du centre T, parce qu’elle tend à continuer son mouvement en ligne droite, mais qu’elle ne tend de l’occident vers l’orient que simplement, parce qu’elle tend à le continuer de même vitesse, et qu’il lui est d’ailleurs indifférent de se trouver vers 6 ou vers 7.

But now I wish that you consider what the weight of this earth actually is—that is, what the force is that holds all its parts together and causes them to tend toward its center, to varying degrees depending on their size and solidity. This force arises simply from the fact that the outer portions of the small celestial sphere surrounding the earth rotate much faster than its own parts do around its center; therefore, these outer portions are compelled with greater force to move away from the earth’s center and, as a result, push it inward. If you find any difficulty in understanding why the most massive and solid bodies—such as those I assumed to be comets—should tend toward the outer edges of the heavens, while only less solid bodies would be pushed toward their centers, you might think that this means only the less solid parts of the earth could be drawn toward its center, while the other parts would move away from it. However, note that when I said the most solid and massive bodies tend to move away from the center of a celestial sphere, I was assuming that they are already in motion, moving in the same direction as the rest of that celestial matter. For if they had not yet begun to move, or if they moved more slowly than the surrounding matter, they would first be compelled by it toward the center of rotation. Moreover, the greater their mass and solidity, the stronger and faster they would be pushed toward that center. Nevertheless, this does not prevent such massive bodies from eventually moving toward the outer edges of the heavens—since the momentum they gain as they descend toward one of these centers will surely give them the force needed to cross over and ascend toward its outer edge.

But in order for you to understand this more clearly, consider the earth EFGH together with water 1, 2, 3, 4, and air 5, 6, 7, 8—elements that, as I will explain later, are composed only of some of the least solid parts of the earth itself and yet form a single whole with it. Then also consider the substance that constitutes the sky: it not only fills the entire space between the circles ABCD and 5, 6, 7, 8 but also occupies all the tiny intervals situated below, between the layers of air, water, and earth. Imagine that this sky and this earth rotate together around a common center T; in such a case, all their parts would tend to move away from this center—especially those of the sky, much more so than those of the earth, because they are subjected to greater agitation. Even among the parts of the earth itself, those that are most vigorously moved in the same direction as the sky would tend to separate faster than others. Consequently, if the entire space beyond the circle ABCD were empty—meaning it contained only a substance that could neither resist the forces exerted by other bodies nor produce any significant effects—then all the parts of the sky within the circle ABCD would be the first to escape, followed by those of air and water, and finally those of the earth itself. Each part would move away more rapidly the less tightly it was bound to the rest of the mass; just as a stone is thrown from the end of a bowstring and immediately flies away, or as dust scattered onto a spinning top spreads in all directions as soon as the rotation stops.

Furthermore, consider that since there is not a single empty space beyond the circle ABCD, nor any place where the portions of the sky contained within this circle could go except at the exact same moment when other identical portions replace them, then the portions of the earth cannot move away from the center T either, unless an equal amount of air from above or below replaces them in order to fill the void; and conversely, they cannot approach the center unless an equivalent amount of air rises to take their place. In this way, all these elements are always in opposition to one another: each opposes those that would take its place if it were to move upward, and vice versa, just as the two sides of a balance are opposite to each other—meaning that when one side moves up or down, the other must move in the opposite direction, and the heavier side always prevails. For instance, the first stone R is absolutely opposed to the amount of air equal to its weight that lies above it; if R were to move further away from the center T, that air would have to descend in order to fill its place. Similarly, if R were to approach the center, that same amount of air would have to rise.

Or it is evident that this stone, containing in itself much more of the substance of the earth, and consequently far less of the substance of the sky than an equal volume of air, and even its earthly parts being less affected by the influence of the heavenly substance than those of this air, must not possess the power to rise above it; on the contrary, it must have the power to cause it to descend below. Thus, compared with this air, it is light; but when compared with the purely heavenly substance, it is heavy. You can see that every part of earthly bodies is subjected to pressure toward T, not by all the surrounding matter in general, but only by a quantity of that matter exactly equal to its own volume—since this quantity, being below, can take its place if it were to descend. This is why, within the same body, which we call homogeneous, such as air or water, the lower parts are not significantly more compressed than the higher ones; and therefore a man standing beneath deep water does not feel it pressing heavier on his back than if he were swimming above it. But if you think that the heavenly substance, by causing the stone R to descend toward T below the surrounding air, must also cause it to move faster toward 6 or 7, that is, toward the west or east, faster than the air itself, so that it does not descend in a straight line and vertically like heavy bodies on true earth—then consider first that all the earthly parts within the circle 5, 6, 7, 8 are subjected to pressure toward T by the heavenly substance, in the manner I have just explained. Moreover, since these parts have very irregular and varied shapes, they must join together and cling to one another, thus forming a single mass that is entirely carried along by the movement of the celestial sphere ABCD. As a result, as this mass rotates, those parts that are, for example, directed toward 6 always remain opposite those directed toward 2 and F, without deviating significantly either way, unless winds or other particular factors cause them to do so.

Furthermore, note that this small sphere ABCD rotates much faster than the earth; however, those parts of it that are embedded within the pores of terrestrial bodies cannot rotate significantly faster than these bodies around the center T, even though they move much more rapidly in various other directions, depending on the arrangement of these pores.

Furthermore, so that you understand: although the material of the heavens tends to draw the stone R toward this center, since it also strives with greater force to move away from it, it nonetheless cannot force the stone to retreat toward the west—just because it likewise tends with greater intensity to move in the east. Consider that this celestial matter strives to move away from the center T, because it seeks to continue its motion in a straight line; however, its direction from west to east is merely a result of its continued movement at the same speed, and in fact, it is indifferent whether it ends up positioned at position 6 or position 7.

Ma ora desidero che consideriate quale sia la forza di gravità di questa terra, cioè quella forza che unisce tutte le sue parti e fa sì che tendano tutte verso il suo centro, ognuna in misura diversa a seconda della sua massa e della sua solidità; tale forza non è altro che il risultato del fatto che le parti del piccolo cielo che la circondano, ruotando molto più velocemente delle sue stesse parti attorno al proprio centro, tendono anch’esse con maggiore intensità a allontanarsene, e di conseguenza la spingono verso il suo centro. Se trovate qualche difficoltà nel comprendere ciò che ho detto poco fa, ovvero che i corpi più massicci e solidi, come quelli delle comete, tendono ad allontanarsi dalle circonferenze dei cieli, e che solo quelli meno solidi vengono spinti verso i loro centri, potreste pensare che quindi siano soltanto le parti della terra meno solide a essere spinte verso il suo centro, mentre le altre dovrebbero allontanarsene. Tuttavia, quando ho detto che i corpi più solidi e massicci tendono ad allontanarsi dal centro di un certo cielo, ho supposto che si muovessero già in precedenza con la stessa velocità della materia di quel cielo; infatti, è certo che se non avessero ancora iniziato a muoversi, o se si muovessero più lentamente del necessario per seguire il movimento della materia circostante, sarebbero prima spinti verso il centro da essa stessa. Inoltre, più sono massicci e solidi, più forte e veloce sarà questa spinta. Eppure ciò non impedisce che, se sono abbastanza massicci da formare delle comete, possano in seguito allontanarsi verso le circonferenze esterne dei cieli, poiché l’agitazione acquisita durante la loro discesa verso i centri di questi cieli gli darà sicuramente la forza necessaria per superarli e risalire verso le loro circonferenze esterne.

Ma affinché possiate comprendere meglio ciò che sto dicendo, considerate la terra EFGH insieme all’acqua 1, 2, 3, 4 e all’aria 5, 6, 7, 8: queste componenti, come vi spiegherò in seguito, sono formate soltanto da alcune delle parti meno dense della terra stessa e costituiscono comunque un’unica massa con essa. Considerate inoltre la materia celeste: essa non solo riempie tutto lo spazio compreso tra i cerchi ABCD e 5, 6, 7, 8, ma occupa anche tutti quei piccoli intervalli presenti al di sotto, tra le parti dell’aria, dell’acqua e della terra. Pensate che, poiché cielo e terra ruotano insieme attorno al centro T, tutte le loro parti tendono a allontanarsi da esso; tuttavia, questa tendenza è molto più marcata nelle parti del cielo rispetto a quelle della terra, poiché il cielo è soggetto a movimenti molto più intensi. Anche all’interno della stessa terra, le parti che si muovono nella stessa direzione del cielo tendono ad allontanarsi dal centro con maggiore rapidità delle altre. Pertanto, se tutto lo spazio al di là del cerchio ABCD fosse vuoto – cioè se fosse riempito soltanto da una materia incapace di resistere agli effetti degli altri corpi o di produrre alcun effetto significativo – tutte le parti del cielo situate all’interno del cerchio ABCD uscirebbero per prime, seguite poi dalle parti dell’aria e dell’acqua, e infine anche da quelle della terra. Ognuna di queste parti si allontanerebbe dal centro con maggiore velocità quanto meno legata fosse al resto della massa complessiva; proprio come una pietra esce dalla frusta su cui è stata scagliata non appena la corda viene lasciata andare, o come la polvere che viene gettata su una ruota in movimento si disperde immediatamente in tutte le direzioni.

Poi considerate che, non essendo alcuno spazio al di là del cerchio ABCD che sia vuoto, né alcun luogo verso cui le parti del cielo contenute all’interno di questo cerchio possano spostarsi, se non nel momento stesso in cui altre parti, uguali a loro, ne prendono il posto; allo stesso modo, le parti della terra non possono allontanarsi dal centro T se non nel momento in cui altre parti terrestri o dell’aria ne scendono al loro posto, nella misura necessaria per riempire lo spazio vuoto, né possono avvicinarsi a esso se non nel momento in cui altre parti simili salgono al loro posto. In altre parole, tutte queste parti sono tra loro opposte: ciascuna è contrapposta a quelle che dovrebbero prendere il suo posto qualora si muovessero verso l’alto o verso il basso; proprio come i due lati di una bilancia sono reciprocamente opposti: se uno dei lati sale, l’altro deve scendere allo stesso tempo, e sempre il peso maggiore prevale sull’altro. Ad esempio, la prima pietra R è così contrapposta alla quantità d’aria, uguale alla sua massa, che si trova al di sopra di essa e che dovrebbe occupare il suo posto qualora si allontanasse dal centro T; quindi, necessariamente, quell’aria dovrà scendere mentre la pietra sale. Allo stesso modo, R è contrapposta anche a un’altra quantità d’aria simile che si trova al di sotto di essa e che dovrebbe occupare il suo posto qualora si avvicinasse al centro T; quindi, anche in questo caso, la pietra dovrà scendere mentre quell’aria sale.

È evidente che questa pietra, contenendo in sé molto più materia terrestre e, di conseguenza, molto meno materia celeste rispetto a una quantità d’aria di uguale estensione, e le sue parti terrestri essendo meno influenzate dalla materia celeste rispetto alle parti di quell’aria, non può avere la forza di salire al di sopra di essa; anzi, deve necessariamente avere la capacità di farla scendere al di sotto. Pertanto, rispetto a quella materia celeste pura, questa pietra appare leggera; ma rispetto alla materia terrestre, è pesante. Ogni parte dei corpi terrestri, dunque, viene compressa verso il centro T non da tutta la materia che la circonda, bensì soltanto da una quantità di quella materia esattamente uguale alle sue dimensioni; questa quantità, essendo situata al di sotto, può occupare il proprio posto qualora scenda. Per questo motivo, tra le parti di un medesimo corpo omogeneo – come nell’aria o nell’acqua – quelle più basse non sono sensibilmente più comprimate di quelle più alte; e un uomo, trovandosi al di sotto di un’acqua molto profonda, non percepisce che essa pesi maggiormente sul suo dorso rispetto a quando nuota in superficie. Tuttavia, se vi sembra che la materia celeste, facendo scendere la pietra R verso il centro T al di sotto dell’aria che la circonda, dovrebbe anche farla muovere verso l’ovest o l’est più velocemente di quell’aria, in modo che non scenda dritta e verticalmente come fanno i corpi pesanti sulla vera terra. Allora considerate innanzitutto che tutte le parti terrestri incluse nel cerchio 5, 6, 7, 8 vengono compresse verso il centro T dalla materia celeste, secondo quanto ho appena spiegato; inoltre, avendo forme molto irregolari e diverse, queste parti si devono unire e attaccarsi le une alle altre, formando così un’unica massa che viene trasportata interamente dal movimento della materia celeste ABCD. Durante questa rotazione, quelle parti della massa che si trovano ad esempio verso l’ovest rimangono sempre di fronte a quelle verso il centro T o verso est, senza allontanarsi sensibilmente da esse, salvo quando venti o altre cause particolari le spingono in una direzione diversa.

Inoltre, notate che questo piccolo cielo ABCD gira molto più velocemente di questa terra; tuttavia le sue parti che sono immerse nei pori dei corpi terrestri non possono girare significativamente più velocemente di questi corpi attorno al centro T, anche se si muovono molto più rapidamente in altre direzioni, a seconda della disposizione di tali pori.

Poi, affinché siate consapevoli del fatto che, anche se la materia celeste spinge la pietra R verso questo centro, poiché tende con maggiore forza a allontanarsene, essa non deve comunque costringerla a ritirarsi verso l’ovest; anzi, poiché tende altrettanto intensamente ad avanzare verso l’est, considerate che questa materia celeste ha la tendenza ad allontanarsi dal centro T, perché è spinta a proseguire il proprio movimento in linea retta. Ma tende ad andare dall’ovest verso l’est soltanto perché lo fa con la stessa velocità; inoltre, a lei non importa affatto trovarsi a 6 o a 7 unità di distanza dal centro.

Or il est évident qu’elle se meut quelque peu plus en ligne droite pendant qu’elle fait descendre la pierre R vers T, qu’elle ne ferait en la laissant vers R ; mais elle ne pourrait pas se mouvoir si vite vers l’orient, si elle la faisait reculer vers l’occident, que si elle la laisse en sa place, ou même que si elle la pousse devant soi.

Et toutefois, afin que vous sachiez aussi qu’encore que cette matière du ciel ait plus de à faire descendre cette pierre R vers T, qu’à y faire descendre l’air qui l’environne, elle ne doit pas tout de même en avoir plus à la pousser devant soi de l’occident vers l’orient, ni par conséquent la faire mouvoir plus vite que l’air en ce sens-là ; considérez qu’il y a justement autant de cette matière du ciel qui agit contre elle pour la faire descendre vers T, et qui y emploie toute sa force, qu’il en entre de celle de la terre en la composition de son corps, et que, d’autant qu’il y en entre beaucoup davantage qu’en une quantité d’air de pareille étendue, elle doit être pressée beaucoup plus fort vers T que n’est cet air, mais que pour la faire tourner vers l’orient, c’est toute la matière du ciel contenue dans le cercle R qui agit contre elle et conjointement contre toutes les parties terrestres de l’air contenu en ce même cercle ; en sorte que, n’y en ayant point davantage qui agisse contre elle que contre cet air, elle ne doit point tourner plus vite que lui en ce sens-là.

Et vous pouvez entendre de ceci que les raisons dont se servent plusieurs philosophes pour réfuter le mouvement de la vraie terre, n’ont point de force contre celui de la terre que je vous décris ; comme lorsqu’ils disent que si la terre se mouvait les corps pesants ne devraient pas descendre à plomb vers son centre, mais plutôt s’en écarter çà et là vers le ciel, et que les canons pointés vers l’occident devraient porter beaucoup plus loin qu’étant pointés vers l’orient, et que l’on devrait toujours sentir en l’air de grands vents et entendre de grands bruits, et choses semblables, qui n’ont lieu qu’en cas qu’on suppose qu’elle n’est pas emportée par le cours du ciel qui l’environne, mais qu’elle est mue par quelque autre force et en quelque autre sens que ce ciel.

Chapitre XII

DU FLUX ET DU REFLUX DE LA MER.

Or, après vous avoir ainsi expliqué la pesanteur des parties de cette terre, qui est causée par l’action de la matière du ciel qui est en ses pores, il faut maintenant que je vous parle d’un certain mouvement de toute sa masse, qui est causé par la présence de la lune, comme aussi de quelques particularités qui en dépendent.

Pour cet effet, considérez la lune, par exemple vers B, où vous pouvez la supposer comme immobile, à comparaison de la vitesse dont se meut la matière du ciel qui est sous elle ; et considérez que cette matière du ciel ayant moins d’espace entre O et 6 pour y passer, qu’elle n’en aurait entre B et 6 (si la lune n’occupait point l’espace qui est entre O et B), et par conséquent s’y devant mouvoir un peu plus vite, elle ne peut manquer d’avoir la force de pousser quelque peu toute la terre vers D, en sorte que son centre T s’éloigne, comme vous voyez, quelque peu du point M, qui est le centre du petit ciel ABCD : car il n’y a rien que le seul cours de la matière de ce ciel qui la soutienne au lieu où elle est. Et parce que l’air 5, 6, 7, 8 et l’eau 1, 2, 3, 4, qui environnent cette terre, sont des corps liquides, il est évident que la même force qui la presse en cette façon, les doit aussi faire baisser vers T, non seulement du côté 6, 2, mais aussi de son opposé 8, 4, et en récompense les faire hausser aux endroits 4, 1 et 7, 3 ; en sorte que la superficie de la terre EFGH demeurant ronde, à cause qu’elle est dure ; celle de l’eau 1, 2, 3, 4 et celle de l’air 5, 6, 7, 8, qui sont liquides, se doivent former en ovale.

Puis considérez que la terre tournant cependant autour de son centre, et par ce moyen faisant les jours, qu’on peut diviser en vingt-quatre heures, comme les nôtres, celui de ses côtés F qui est maintenant vis-à-vis de la lune, et sur lequel pour cette raison l’eau 2 est moins haute, se doit trouver dans six heures vis-à-vis du ciel marqué C, où cette eau sera plus haute, et dans douze heures vis-à-vis de l’endroit du ciel marqué D, où l’eau derechef sera plus basse ; en sorte que la mer, qui est représentée par cette eau 1, 2, 3, 4, doit avoir son flux et son reflux autour de cette terre de six heures en six heures, comme elle a autour de celle que nous habitons.

Considérez aussi que pendant que cette terre tourne d’E par F vers G, c’est-à-dire de l’occident par le midi vers l’orient, l’enflure de l’eau et de l’air qui demeure vers 1 et 5 et vers 3 et 7, passe de sa partie orientale vers l’occidentale, y faisant un flux sans reflux tout semblable à celui qui, selon le rapport de nos pilotes, rend la navigation beaucoup plus facile dans nos mers de l’orient vers l’occident, que de l’occident vers l’orient. Et pour ne rien oublier en cet endroit, ajoutons que la lune fait en chaque mois le même tour que la terre fait en chaque jour, et ainsi qu’elle fait avancer peu à peu vers l’orient les points 1, 2, 3, 4, qui marquent les plus hautes et les plus basses marées ; en sorte que ces marées ne changent pas précisément de six heures en six heures, mais qu’elles retardent d’environ la cinquième partie d’une heure à chaque fois, ainsi que font aussi celles de nos mers.

Considérez outre cela que le petit ciel ABCD n’est pas exactement rond, mais qu’il s’étend avec un peu plus de liberté vers A et vers C, et s’y meut à proportion plus lentement que vers B et vers D, où il ne peut pas si aisément rompre le cours de la matière de l’autre ciel qui le contient ; en sorte que la lune, qui demeure toujours comme attachée à sa superficie extérieure, se doit mouvoir un peu plus vite, et s’écarter moins de sa route, et ensuite être cause que les flux et reflux de la mer soient beaucoup plus grands lorsqu’elle est vers B, où elle est pleine, et vers D, où elle est nouvelle, que lorsqu’elle est vers A et vers C, où elle n’est qu’à demi pleine, qui sont des particularités que les astronomes observent aussi toutes semblables en la vraie lime, bien qu’ils n’en puissent peut-être pas si facilement rendre raison par les hypothèses dont ils se servent.

Pour les autres effets de cette lune, qui diffèrent quand elle est pleine de quand elle est nouvelle, ils dépendent manifestement de sa lumière. Et pour les autres particularités du flux et du reflux, elles dépendent en partie de la diverse situation des côtes de la mer, et en partie des vents qui règnent aux temps et aux lieux qu’on les observe. Enfin, pour les autres mouvements généraux tant de la terre et de la lune que des autres astres et des cieux, ou vous les pouvez assez entendre de ce que j’ai dit, ou bien ils ne servent pas à mon sujet, et ne se faisant pas en même plan que ceux dont j’ai parlé, je serais trop long à les décrire : si bien qu’il ne me reste plus ici qu’à expliquer cette action des cieux et des astres que j’ai tantôt dit devoir être prise pour leur lumière.

Chapitre XIII

DE LA LUMIÈRE.

J’ai déjà dit plusieurs fois que les corps qui tournent en rond tendent toujours à s’éloigner des centres des cercles qu’ils décrivent ; mais il faut ici que je détermine plus particulièrement vers quels côtés tendent les parties de la matière dont les cieux et les astres sont composés.

Or it is evident that she moves somewhat more in a straight line when she directs the stone R towards T than when she lets it move towards R; yet she could not move as quickly towards the east if she made it move towards the west, just as she couldn’t move any faster in either direction if she left it in its original place or even pushed it ahead of her.

Nevertheless, so that you also understand that although this celestial substance has more to do in causing the stone R to descend towards T, and in drawing the surrounding air downward with it, it must not, for that very reason, exert any greater force in pushing the stone forward from west to east, nor cause it to move faster in that direction than the air; consider that there is just as much of this celestial substance acting against the stone to propel it towards T and exerting all its power in this regard, as there is of terrestrial substance contributing to the composition of the stone’s body. Moreover, since there is far more of celestial substance involved than of air over the same area, the stone must be pressed far more forcefully towards T than the air is. But in order for it to move towards the east, it is the entire amount of celestial substance contained within the circle R that acts against it—and, concurrently, against all the terrestrial components of the air within that same circle. Therefore, since no additional force is exerted on the stone beyond what is applied to the air, it cannot move faster in that direction than the air.

And from this, you can see that the arguments used by many philosophers to refute the motion of the true earth are utterly ineffective against the motion of the earth as I describe it to you; just as when they claim that if the earth were in motion, heavy objects would not fall vertically toward its center but rather scatter in various directions toward the sky, and that cannons aimed toward the west would shoot much farther than those aimed toward the east, and that one would always feel strong winds in the air and hear loud noises—such things only occur when one assumes that the earth is not moved by the natural course of the surrounding sky but by some other force, in some other direction than that of the sky.

Chapter XII

OF THE FLOW AND REFLOW OF THE SEA.

Or, after having thus explained to you the weight of the various parts of this earth, which is caused by the influence of the celestial matter that permeates its pores, it is now necessary for me to speak to you about a certain movement of its entire mass, which is brought about by the presence of the moon, as well as some particularities that depend on it.

To achieve this effect, consider, for example, the moon at position B—where it can be assumed to be immobile, in comparison to the speed at which the celestial matter beneath it moves. Since this celestial matter has less space to traverse between points O and 6 than it would if the moon did not occupy the space between O and B, it must move somewhat faster as a result. Consequently, it will inevitably exert a force that pushes the entire earth toward point D, causing its center T to move away from point M, which is the center of the smaller celestial region ABCD. After all, nothing but the movement of this celestial matter holds it in place where it is. Moreover, since the air (5, 6, 7, 8) and water (1, 2, 3, 4) surrounding the earth are liquid substances, it is evident that the same force that presses the earth in this manner must also cause them to sink toward T—not only on the side of 6, 2 but also on their opposite side, 8, 4. In return, these liquids will be pushed upward toward the points 4, 1 and 7, 3 respectively. As a result, while the surface of the earth EFGH remains round because it is solid, the surfaces of water (1, 2, 3, 4) and air (5, 6, 7, 8), being liquids, will take on an oval shape.

Furthermore, consider that since the earth rotates on its axis, thereby creating days that can be divided into twenty-four hours, just like ours, the side of the earth facing the moon at present—where the level of water is lower—will, in six hours, face the part of the sky marked C, where the water level will be higher. In another twelve hours, it will face the part of the sky marked D, where the water level will again be lower. Consequently, the sea, represented by these levels of water 1, 2, 3, 4, must experience tides that rise and fall around the earth every six hours, just as they do around the earth we inhabit.

Consider also that as this earth rotates from E through F towards G, that is, from the west through the south towards the east, the areas where water and air gather at positions 1 and 5, as well as at 3 and 7, move from their eastern to their western sides, creating a current that flows in one direction without reversal—just as, according to the reports of our navigators, this same phenomenon makes navigation much easier in our eastern seas than in the western ones. And to ensure we do not overlook anything here, let us add that the moon completes the same cycle each month as the earth does every day. In this way, the points 1, 2, 3, and 4, which mark the high and low tides, gradually move towards the east. As a result, these tides do not occur exactly every six hours; instead, they are delayed by about one-fifth of an hour each time, just as is the case with the tides in our own seas.

Furthermore, consider that the small sphere ABCD is not precisely round; it extends with greater freedom towards points A and C, and moves more slowly in those directions than towards points B and D, where it cannot so easily break away from the continuity of the material comprising the larger sphere. As a result, the moon, which remains seemingly attached to the outer surface of this small sphere, must move somewhat faster and deviate less from its path when it is near points B and D—where it is at its full phase—and thus cause much greater tides than when it is near points A and C, where it is only half-full. These phenomena are observed by astronomers to be identical in the actual celestial bodies, although they may not be able to explain them as easily using the hypotheses they employ.

As for the other effects of this moon, which differ when it is full and when it is new, they evidently depend on its light. As for the other peculiarities related to the tides, they depend in part on the various conditions of the sea coasts, and in part on the winds that prevail at the times and places where these phenomena are observed. Finally, as for all those other general movements of the earth, the moon, the other stars, and the heavens, either you can understand them sufficiently from what I have said, or they are not relevant to my subject. Since they do not fall within the same category as the phenomena I have discussed, it would be too lengthy to describe them here. Therefore, all that remains for me to explain is this action of the heavens and stars that I mentioned earlier, which must be understood in terms of their light.

Chapter XIII

OF LIGHT.

I have already said several times that bodies that move in circles always tend to move away from the centers of the circles they describe; but here, I need to specify more precisely in which directions the various parts of matter that make up the heavens and stars tend to move.

Ora è evidente che, quando fa scendere la pietra R verso T, il suo movimento è leggermente più diritto rispetto a quando la lascia andare verso R; tuttavia, non potrebbe muoversi così velocemente verso est se la facesse retrocedere verso ovest, né potrebbe farlo più rapidamente di quanto faccia se la lascia ferma nel suo posto, o addirittura se la spinge davanti a sé.

E tuttavia, affinché anche voi sappiate che, sebbene questa materia celeste abbia più bisogno di spingere la pietra R verso il punto T piuttosto che di far scendere l’aria che la circonda, ciò non significa necessariamente che debba spingerla con maggiore forza da ovest verso est, né che la faccia muoversi più rapidamente dell’aria in quella direzione; considerate infatti che esiste esattamente la stessa quantità di materia celeste che agisce su di essa per farla scendere verso T, impiegando tutta la sua forza, così come esiste una certa quantità di materia terrestre che entra nella composizione del suo corpo. Poiché questa quantità di materia terrestre è molto maggiore rispetto all’aria di uguale estensione, la pietra deve essere spinta con molta più forza verso T rispetto all’aria; ma affinché possa muoversi verso est, è tutta la materia celeste contenuta nel cerchio R a agire su di essa e contemporaneamente su tutte le parti terrestri dell’aria che si trovano nello stesso cerchio; pertanto, poiché non c’è nulla in più che agisca su di essa rispetto all’azione esercitata dall’aria, non può muoversi più velocemente di quest’ultima in quella direzione.

Da ciò si può dedurre che le argomentazioni utilizzate da molti filosofi per confutare il movimento della vera Terra non hanno alcuna validità contro il movimento di quella Terra che vi sto descrivendo; infatti, quando essi affermano che se la Terra si muovesse, i corpi pesanti non dovrebbero cadere verso il suo centro, ma allontanarsi da esso in tutte le direzioni verso il cielo, e che i cannoni puntati verso l’ovest dovrebbero colpire bersagli molto più lontani rispetto a quando sono puntati verso l’est, o che si dovrebbero sempre percepire forti venti nell’aria e udire grandi rumori, queste affermazioni sono valide soltanto nel caso in cui si supponga che la Terra non sia spinta dal movimento del cielo che la circonda, ma che sia mossa da qualche altra forza e in una direzione diversa da quella del cielo stesso.

Capitolo XII

Del flusso e del riflusso del mare.

Ora, dopo avervi spiegato in questo modo la forza di gravità delle parti di questa terra, che è causata dall’azione della materia celeste presente nei suoi pori, devo parlarvi di un certo movimento complessivo di tutta la sua massa, che è dovuto alla presenza della luna, nonché di alcune particolarità che ne derivano.

Per spiegare questo fenomeno, consideriamo ad esempio la Luna: possiamo supporla immobile rispetto alla velocità con cui si muove la materia celeste che si trova al di sotto di essa. Poiché questa materia celeste ha meno spazio da percorrere tra i punti O e 6 per raggiungere il punto 6, rispetto a quanto ne avrebbe se la Luna non occupasse lo spazio compreso tra O e B, deve quindi muoversi un po’ più velocemente. Di conseguenza, è inevitabile che eserciti una pressione sulla Terra, spingendola verso il punto D; in questo modo, il suo centro T si allontana dal punto M, che rappresenta il centro del piccolo “cielo” ABCD. Infatti, solo il movimento della materia celeste è in grado di mantenerla nella posizione attuale. Inoltre, poiché l’aria (punti 5, 6, 7, 8) e l’acqua (punti 1, 2, 3, 4), che circondano la Terra, sono corpi liquidi, è evidente che la stessa forza che spinge la Terra verso il basso deve anche farle abbassare i livelli d’acqua e d’aria nei punti opposti a quelli in cui subisce pressione; al contempo, questi livelli devono aumentare nei punti opposti. Di conseguenza, sebbene la superficie terrestre EFGH rimanga rotonda poiché è solida, quella dell’acqua e dell’aria assume una forma ovale.

Poi considerate che la Terra, essendo in rotazione attorno al proprio centro, determina l’alternanza dei giorni, i quali possono essere divisi in ventiquattro ore, come i nostri. Il lato della Terra denominato F, che in questo momento è rivolto verso la Luna e sul quale, per questa ragione, il livello dell’acqua è più basso, si troverà tra sei ore di fronte alla zona del cielo indicata con la lettera C, dove il livello dell’acqua sarà più alto; dopo dodici ore, si troverà di fronte alla zona del cielo indicata con la lettera D, dove il livello dell’acqua sarà nuovamente più basso. In questo modo, il mare – rappresentato dalle acque indicate con i numeri 1, 2, 3, 4 – subirà flussi e riflussi attorno alla Terra ogni sei ore, esattamente come avviene attorno al pianeta su cui viviamo noi.

Tenete anche presente che, mentre questa terra ruota da E verso F e poi verso G, cioè dall’occidente attraverso il mezzogiorno verso l’est, l’aumento del livello dell’acqua e dell’aria che si verifica intorno ai punti 1 e 5, nonché intorno ai punti 3 e 7, avviene dalla parte orientale verso quella occidentale, generando un flusso continuo senza ritorni, proprio come accade, secondo quanto riferiscono i nostri navigatori, nelle nostre acque dall’est verso l’ovest, molto più facilmente che dall’ovest verso l’est. E per non tralasciare nulla in questo contesto, aggiungiamo che la luna compie ogni mese lo stesso percorso che la terra compie ogni giorno; di conseguenza, i punti 1, 2, 3, 4, che indicano le maree più alte e più basse, si spostano gradualmente verso est. Tali maree, quindi, non cambiano esattamente ogni sei ore, ma ritardano di circa un quinto d’ora ad ogni volta, proprio come avviene anche nelle nostre acque.

Considerate inoltre che il piccolo cielo ABCD non è esattamente rotondo, ma si estende con maggiore libertà verso i punti A e C, muovendosi in modo più lento rispetto ai punti B e D; in questi ultimi, infatti, non può rompere facilmente il corso della materia del cielo che lo contiene. Di conseguenza, la luna, essendo sempre “attaccata” alla sua superficie esterna, deve muoversi un po’ più velocemente e deviare meno dalla sua traiettoria; questo spiega perché i flussi e le maree siano molto più intensi quando la luna si trova nei punti B (dove è piena) e D (dove è nuova), rispetto ai punti A e C (dove è solo parzialmente piena). Queste particolarità vengono osservate dagli astronomi anche nella vera Luna, sebbene essi probabilmente non riescano a spiegarle facilmente attraverso le ipotesi che utilizzano.

Per gli altri effetti di questa luna, che differiscono quando è piena e quando è nuova, essi dipendono chiaramente dalla sua luce. E per le altre particolarità del flusso e del riflusso delle acque marine, queste dipendono in parte dalle diverse caratteristiche delle coste e in parte dai venti che soffiano nei luoghi e nei momenti in cui si osservano tali fenomeni. Infine, per gli altri movimenti generali della terra, della luna, degli altri astri e del cielo, o li potete comprendere facilmente da quanto ho detto, oppure essi non sono rilevanti per il mio argomento; inoltre, poiché non seguono lo stesso schema di quelli di cui ho parlato, descriverli sarebbe troppo lungo. Pertanto, non mi resta che spiegare questo effetto degli astri e del cielo, di cui ho detto che deve essere attribuito alla loro luce.

Capitolo XIII

Della luce.

Ho già detto più volte che i corpi che ruotano in cerchio tendono sempre ad allontanarsi dai centri dei cerchi che descrivono; ma qui devo specificare più chiaramente verso quali direzioni tendono le parti della materia di cui sono composti i cieli e gli astri.

Et pour cela il faut savoir que lorsque je dis qu’un corps tend vers quelque côté, je ne veux pas pour cela qu’on s’imagine qu’il ait en soi une pensée ou une volonté qui l’y porte, mais seulement qu’il est disposé à se mouvoir vers là, soit que véritablement il s’y meuve, soit plutôt que quelque autre corps l’en empêche ; et c’est principalement en ce dernier sens que je me sers du mot de tendre, à cause qu’il semble signifier quelque effort, et que tout effort présuppose de la résistance. Or, d’autant qu’il se trouve souvent diverses causes qui, agissant ensemble contre un même corps, empêchent l’effet, l’une de l’autre, on peut, selon diverses considérations, dire qu’un même corps tend vers divers côtés en même temps, ainsi qu’il a tantôt été dit que les parties de la terre tendent à s’éloigner de son centre, en tant qu’elles sont considérées toutes seules, et qu’elles tendent au contraire à s’en approcher, en tant que l’on considère la force des parties du ciel qui les y pousse ; et derechef qu’elles tendent à s’en éloigner, si on les considère comme opposées à d’autres parties terrestres qui composent des corps plus massifs qu’elles ne sont.

Ainsi, par exemple, la pierre qui tourne dans une fronde suivant le cercle AB tend vers C lorsqu’elle est au point A, si on ne considère autre chose que son agitation toute seule ; et elle tend circulairement d’A vers B, si on considère son mouvement comme réglé et déterminé par la longueur de la corde qui la retient ; et enfin la même pierre tend vers E, si, sans considérer la partie de son agitation dont l’effet n’est point empêché, on en oppose l’autre partie à la résistance que lui fait continuellement cette fronde.

Mais, pour entendre distinctement ce dernier point, imaginez-vous l’inclination qu’a cette pierre à se mouvoir d’A vers C, comme si elle était composée de deux autres qui fussent, l’une de tourner suivant le cercle AB, et l’autre de monter tout droit suivant la ligne VXY ; et ce en telle proportion que, se trouvant à l’endroit de la fronde marquée Y lorsque la fronde est à l’endroit du cercle marqué A, elle se dût trouver par après à l’endroit marqué X lorsque la fronde serait vers B, et à l’endroit marqué Y lorsqu’elle serait vers F, et ainsi demeurer toujours en la ligne droite AGG. Puis, sachant que l’une des parties de son inclination, à savoir celle qui la porte suivant le cercle AB, n’est nullement empêchée par cette fronde, vous verrez bien qu’elle ne trouve de résistance que pour l’autre partie, à savoir pour celle qui la ferait mouvoir suivant la ligne DVXY, si elle n’était point empêchée, et par conséquent qu’elle ne tend, c’est-à-dire qu’elle ne fait effort que pour s’éloigner directement du centre D. Et remarquez que, selon cette considération, étant au point A elle tend si véritablement vers E, qu’elle n’est point du tout plus disposée à se mouvoir vers H que vers I, bien qu’on pourrait aisément se persuader le contraire si on manquait à considérer la différence qui est entre le mouvement qu’elle a déjà, et l’inclination à se mouvoir qui lui reste.

Or vous devez penser de chacune des parties du second élément qui composent les cieux tout le même que de cette pierre ; c’est à savoir que celles qui sont, par exemple, vers E ne tendent de leur propre inclination que vers P, mais que la résistance des autres parties du ciel qui sont au-dessus d’elles les fait tendre, c’est-à-dire les dispose à se mouvoir suivant le cercle ER ; et derechef que cette résistance, opposée à l’inclination qu’elles ont de continuer leur mouvement en ligne droite, les fait tendre, c’est-à-dire est cause qu’elles font effort pour se mouvoir vers M ; et ainsi, jugeant de toutes les autres en même sorte, vous voyez en quel sens on peut dire qu’elles tendent vers les lieux qui sont directement opposés au centre du ciel qu’elles composent.

Mais ce qu’il y a encore en elles à considérer de plus qu’en une pierre qui tourne dans une fronde, c’est qu’elles sont continuellement poussées, tant par toutes celles de leurs semblables qui sont entre elles et l’astre qui occupe le centre de leur ciel, que même par la matière de cet astre, et qu’elles ne le sont aucunement par les autres. Par exemple, que celles qui sont vers E ne sont point poussées par celles qui sont vers M, ou vers T, ou vers R, ou vers K, ou vers H, mais seulement par toutes celles qui sont entre les deux lignes AF, DG, et ensemble par la matière du soleil ; ce qui est cause qu’elles tendent non seulement vers M, mais aussi vers L et vers N, et généralement vers tous les points où peuvent parvenir les rayons, ou lignes droites qui, venant de quelque partie du soleil, passent par le lieu où elles sont.

Mais, afin que l’explication de tout ceci soit plus facile, je désire que vous considériez les parties du second élément toutes seules, et comme si tous les espaces qui sont occupés par la matière du premier, tant, celui où est le soleil que les autres, étaient vides. Même, à cause qu’il n’y a point de meilleur moyen pour savoir si un corps est poussé par quelques autres que de voir si ces autres s’avanceraient actuellement vers le lieu où il est pour le remplir en cas qu’il fut vide, je désire aussi que vous vous imaginiez que les parties du second élément qui sont vers E en soient ôtées, et, cela posé, que vous regardiez, en premier lieu, qu’aucune de celles qui sont au-dessus du cercle TER, comme vers M, ne sont point disposées à remplir leur place, d’autant qu’elles tendent tout au contraire à s’en éloigner ; puis aussi que celles qui sont en ce cercle, à savoir vers T, n’y sont point non plus disposées : car, encore bien qu’elles se meuvent véritablement de T vers G, suivant le cours de tout le ciel, toutefois, pour ce que celles qui sont vers F se meuvent aussi avec pareille vitesse vers R, l’espace E, qu’il faut imaginer mobile comme elles, ne laisserait pas de demeurer vide entre G et F, s’il n’en venait d’autres d’ailleurs pour le remplir. Et, en troisième lieu, que celles qui sont au-dessous de ce cercle, mais qui ne sont pas comprises entre les lignes AF, DG, comme Celles qui sont vers H et vers K, ne tendent aussi aucunement à s’avancer vers cet espace E pour le remplir, encore que l’inclination qu’elles ont à s’éloigner du point S les y dispose en quelque sorte ; ainsi que la pesanteur d’une pierre la dispose, non seulement à descendre tout droit en l’air libre, mais aussi à rouler de travers sur le penchant d’une montagne, en cas qu’elle ne puisse descendre d’autre façon.

Or la raison qui les empêche de tendre vers cet espace est que tous les mouvements se continuent autant qu’il est possible en ligne droite ; et par conséquent que lorsque la nature a plusieurs voies pour parvenir à un même effet, elle suit toujours infailliblement la plus courte ; car si les parties du second élément qui sont, par exemple, vers K, s’avançaient vers E, toutes celles qui sont plus proches qu’elles du soleil s’avanceraient aussi au même instant vers le lieu qu’elles quitteraient, et ainsi l’effet de leur mouvement ne serait autre, sinon que l’espace E se remplirait, et qu’il y en aurait un autre d’égale grandeur en la circonférence ABCD, qui deviendrait vide en même temps. Mais il est manifeste que ce même effet peut suivre beaucoup mieux, si celles qui sont entre les lignes AF, DG, s’avancent tout droit vers E ; et par conséquent que, lorsqu’il n’y a rien qui en empêche celles-ci, les autres n’y tendent point du tout : non plus qu’une pierre ne tend jamais à descendre obliquement vers le centre de la terre, lorsqu’elle y peut descendre en ligne droite.

And for this reason, it must be understood that when I say that a body tends in a certain direction, I do not mean to imply that it possesses within itself some thought or will that drives it in that direction, but merely that it is inclined to move there—whether it actually moves there or whether some other body prevents it from doing so. It is primarily in this latter sense that I use the word “tend,” because it seems to imply some sort of effort, and every effort presupposes resistance. Moreover, since there are often various causes acting together against a single body and preventing one effect from taking place, one can, depending on different considerations, say that the same body tends in various directions at the same time. Just as it has been said that the parts of the earth tend to move away from its center when considered individually, but tend instead to move toward it when we take into account the forces exerted by the celestial bodies; and conversely, they tend to move away from it again if we consider them in opposition to other terrestrial parts that form more massive entities.

Thus, for example, a stone that rotates in a sling following the circle AB tends toward C when it is at point A, if we consider only its motion itself; and it tends to move in a circular path from A to B if we regard its movement as being regulated and determined by the length of the cord that holds it; and finally, the same stone tends toward E if, without taking into account the part of its motion whose effect is not hindered, we oppose the other part of its motion to the resistance that the sling continuously exerts upon it.

But in order to clearly understand this last point, imagine the tendency of this stone to move from A towards C, as if it were composed of two other parts: one that moves along the circle AB, and the other that rises straight up along the line VXY. This proportion is such that when the stone is at the position Y on the arc, corresponding to the point A on the circle, it will later be at the position X when the arc moves towards B, and at the position Y again when it moves towards F, thus always remaining in the straight line AGG. Furthermore, since one of the components of this stone’s tendency—namely, the part that moves along the circle AB—is not hindered by this arc at all, it is clear that resistance is only encountered by the other component, the part that would cause it to move along the line DVXY if not obstructed. Consequently, this stone exerts its force solely in trying to move directly away from the center D. And note that, according to this reasoning, since it is initially at point A, it actually tends far more towards E than towards H or I—though one might easily conclude the opposite if one failed to take into account the difference between the movement it has already made and the remaining tendency it possesses to move.

Or you must consider each of the parts that constitute the heavens in exactly the same way as you consider this stone; that is to say, those parts that are, for example, located towards the east tend, due to their own inclination, only towards the south; but the resistance of the other parts of the heavens that are above them causes them to tend in another direction, that is, they are compelled to move along the circle ER; and furthermore, this very resistance, which opposes their natural tendency to move in a straight line, causes them to strive to move towards the point M; and by applying this same reasoning to all the other parts, you can see in what sense it is possible to say that they tend towards locations that are directly opposite to the center of the heavens that they comprise.

But what is further to be considered about them, as opposed to a stone that rotates within a sling, is that they are continually propelled—not only by all those of their kind that lie between them and the star that occupies the center of their sky, but also by the very matter of that star itself; whereas other objects are not influenced in this way. For instance, those stars located toward the direction E are not pushed by those situated toward M, T, R, K, or H, but only by all those stars that lie between the lines AF and DG, and collectively by the substance of the sun itself. This is why they tend not only toward M, but also toward L and N, and in general toward all those points that the rays or straight lines emanating from the sun can reach when passing through their positions.

However, in order to make the explanation of all this easier, I would like you to consider the various parts of the second element separately, and to imagine that all the spaces occupied by the matter of the first element—whether it be the space where the sun is located or any other—are actually empty. Moreover, since there is no better way to determine whether one body is being propelled by another than to observe whether those other bodies would currently move towards the location of the first body in order to fill its place if it were empty, I also want you to imagine that all the parts of the second element located toward E have been removed. Given this assumption, first, consider that none of the parts located above the circle TER—such as those toward M—are in a position to fill their respective places, since they tend instead to move away from them; likewise, those within this circle, namely those toward T, are also not in such a position: although they indeed move from T towards G along the entire course of the sky, because those toward F move at the same speed towards R, the space E—which must be imagined as moving along with them—would remain empty between G and F if no other bodies came to fill it. Thirdly, consider that those parts located below this circle but not within the lines AF and DG, such as those toward H and K, also show no tendency to move towards the space E in order to fill it, even though their inherent tendency is to move away from the point S; just as the weight of a stone causes it not only to fall straight downward into the open air but also to roll sideways down a mountain slope if it cannot descend any other way.

Or the reason why they are prevented from moving towards this space is that all movements continue in a straight line as much as possible; and therefore, when nature has multiple ways to achieve the same effect, it always follows the shortest path. For if those parts of the second element that are, for example, directed towards K were to move towards E, then all those parts that are closer to the sun would also move at the same moment towards the same location; and as a result, the effect of their movement would simply be that space E would be filled, while another space of equal size in the region of ABCD would become empty. But it is clear that this same effect could be achieved much more efficiently if those parts situated between lines AF and DG moved directly towards E; and therefore, when nothing prevents them from doing so, the other parts have no tendency to move in that direction at all—just as a stone never tends to fall obliquely towards the center of the earth, when it can fall straight there.

E per questo è necessario comprendere che quando dico che un corpo tende verso una certa direzione, non intendo affatto che possieda in sé un pensiero o una volontà che lo spinga in quella direzione, ma soltanto che sia predisposto a muoversi verso di essa, sia che effettivamente si muova realmente, sia che invece qualche altro corpo gli impedisca di farlo; ed è soprattutto in questo secondo senso che uso il termine “tendere”, poiché sembra indicare uno sforzo, e ogni sforzo presuppone l’esistenza di una resistenza. Ora, poiché spesso si verificano diverse cause che, agendo insieme contro lo stesso corpo, ne impediscono l’effetto, a seconda delle varie considerazioni possibili, si può dire che uno stesso corpo tenda contemporaneamente verso diverse direzioni: così come è stato detto che le parti della Terra tendono ad allontanarsi dal suo centro quando vengono considerate separatamente, e al contrario tendono ad avvicinarsi a esso se si tiene conto della forza esercitata dalle parti del cielo che le spingono in quella direzione; oppure, d’altra parte, possono essere considerate come destinate ad allontanarsi dal centro terrestre se vengono viste come opposte ad altre parti della Terra che formano corpi più massicci di loro.

Ad esempio, la pietra che ruota all’interno di un cerchio seguendo il percorso AB tend verso il punto C quando si trova nel punto A, se si considera soltanto il suo movimento circolare; tend invece verso il punto B se si ritiene che il suo movimento sia regolato e determinato dalla lunghezza della corda che la sostiene; infine, la stessa pietra tend verso il punto E se, senza tenere conto di quella parte del suo movimento la cui azione non viene ostacolata, si considera l’altra parte come soggetta alla resistenza costante esercitata da quel cerchio.

Ma per comprendere chiaramente questo ultimo punto, immaginatevi l’inclinazione che ha questa pietra di muoversi da A verso C, come se fosse composta da due altre parti: una delle quali ruoterebbe lungo il cerchio AB, e l’altra salirebbe dritta lungo la linea VXY; e tutto ciò in modo tale che, trovandosi nel punto Y quando la lama è nel punto A del cerchio, si troverebbe successivamente nel punto X quando la lama fosse rivolta verso B, e nel punto Y quando fosse rivolta verso F, rimanendo sempre sulla linea retta AGG. Ora, sapendo che una delle componenti di questa inclinazione, cioè quella che la spinge lungo il cerchio AB, non è affatto ostacolata da questa lama, sarà evidente che essa incontra resistenza soltanto nella parte opposta, cioè in quella che la porterebbe a muoversi lungo la linea DVXY, se non fosse ostacolata; di conseguenza, tale parte tende, cioè sforza siché per allontanarsi direttamente dal centro D. E notate che, secondo questa considerazione, essendo nel punto A, essa tende veramente verso il punto E, tanto che non è affatto disposta a muoversi verso il punto H quanto verso il punto I, anche se si potrebbe facilmente pensare il contrario se si trascurasse la differenza tra il movimento che ha già compiuto e l’inclinazione che le rimane per muoversi.

Ovviamente, dovete considerare ciascuna delle parti del secondo elemento che compone il cielo esattamente come considerate questa pietra: quelle che si trovano, ad esempio, verso est tendono per loro stesse soltanto verso il punto P; tuttavia, la resistenza delle altre parti del cielo situate al di sopra di esse le spinge a muoversi lungo il cerchio ER. Inoltre, questa stessa resistenza, che si oppone alla loro tendenza naturale a proseguire il loro movimento in linea retta, le induce ad sforzarsi di muoversi verso il punto M. E così, applicando lo stesso ragionamento a tutte le altre parti, potete comprendere in quale senso si possa dire che esse tendano verso i punti direttamente opposti al centro del cielo che compongono.

Ma ciò che in esse c’è di ancora più degno di considerazione rispetto a una pietra che ruota all’interno di un giroscopio, è il fatto che vengono continuamente spinte, sia da tutte quelle loro simili che si trovano tra di loro e dall’astro che occupa il centro del loro cielo, sia persino dalla materia stessa di quell’astro; al contrario, non vengono affatto spinte dalle altre cose circostanti. Ad esempio, quelle che si trovano nella direzione E non sono spinte da quelle che si trovano nelle direzioni M, T, R, K o H, ma soltanto da tutte quelle che si trovano tra le due linee AF e DG, e insieme dalla materia del sole; per questo motivo tendono non solo verso la direzione M, ma anche verso L e N, e in generale verso tutti i punti nei quali possono arrivare i raggi o le rette diritte che, provenienti da qualche parte del sole, passano attraverso il luogo in cui si trovano.

Ma affinché la spiegazione di tutto ciò sia più facile, desidero che consideriate separatamente le parti del secondo elemento, e come se tutti gli spazi occupati dalla materia del primo – sia quello in cui si trova il sole che gli altri – fossero vuoti. Inoltre, poiché non esiste modo migliore per capire se un corpo viene spinto da altri corpi se non osservando se questi ultimi si muovono attualmente verso il luogo in cui si trova quel corpo al fine di riempirlo nel caso fosse vuoto, desidero anche che vi immaginiate che le parti del secondo elemento situate nella direzione E siano state rimosse; e, data questa ipotesi, che osserviate innanzitutto come nessuna delle parti situate al di sopra del cerchio TER – ad esempio quelle in direzione M – sia disposta a riempire il proprio posto, poiché tendono piuttosto ad allontanarsene; inoltre, che anche le parti situate all’interno di quel cerchio, cioè quelle in direzione T, non siano altrettanto predisposte a farlo: infatti, sebbene si muovano effettivamente da T verso G lungo il percorso dell’intero cielo, poiché anche le parti in direzione F si muovono con la stessa velocità verso R, lo spazio E, che dobbiamo immaginare come mobile insieme a esse, non rimarrebbe vuoto tra G e F se non arrivassero altri corpi da qualche altra parte per riempirlo. Infine, che anche le parti situate al di sotto di quel cerchio ma non comprese tra le linee AF e DG – come quelle in direzione H e K – non tendano affatto ad avanzare verso lo spazio E per riempirlo, nonostante l’inclinazione che hanno a allontanarsi dal punto S le predisponga in qualche modo a farlo; così come la gravità di una pietra la spinge non solo a cadere dritta nell’aria aperta, ma anche a rotolare di traverso sul pendio di una montagna, nel caso non possa scendere in altro modo.

La ragione che impedisce loro di tendere verso tale spazio è che tutti i movimenti si svolgono, per quanto possibile, in linea retta; e pertanto, quando la natura dispone di diversi percorsi per ottenere lo stesso risultato, segue sempre inevitabilmente il più breve. Infatti, se le parti del secondo elemento che sono, ad esempio, dirette verso K si muovessero verso E, tutte quelle che si trovano più vicine al sole farebbero lo stesso nello stesso istante, e l’effetto di questo movimento sarebbe semplicemente quello di riempire lo spazio E, lasciando uno spazio altrettanto grande nella circonferenza ABCD vuoto allo stesso tempo. Tuttavia è evidente che lo stesso risultato potrebbe essere ottenuto in modo molto più efficace se le parti interessate si muovessero direttamente verso E; e quindi, quando nulla ostacola questo movimento, gli altri non tendono affatto in quella direzione: proprio come una pietra non tende mai a cadere obliquamente verso il centro della Terra, quando può farlo in linea retta.

Enfin, considérez que toutes les parties du second élément qui sont entre les lignes AF, DG, doivent s’avancer ensemble vers cet espace E, pour le remplir au même instant qu’il est vide. Car, encore qu’il n’y ait que l’inclination qu’elles ont à s’éloigner du point S qui les y porte, et que cette inclination fasse que celles qui sont entre les lignes BF, CG, tendent plus directement vers là que celles qui restent entre les lignes A F, BF, et DG, CG, vous verrez néanmoins que ces dernières ne laisse pas d’être aussi disposées que les autres à y aller, si vous prenez garde à l’effet qui doit suivre de leur mouvement, qui n’est autre sinon, comme j’ai dit tout maintenant, que l’espace E se remplisse, et qu’il y en ait un autre d’égale grandeur en la circonférence ABCD qui devienne vide en même temps. Car pour le changement de situation qui leur arrive dans les autres lieux qu’elles remplissaient auparavant, et qui en demeurent après encore pleins, il n’est aucunement considérable, d’autant qu’elles doivent être supposées si égales et si pareilles en tout les unes aux autres, qu’il n’importe de quelles parties chacun de ces lieux soit rempli. Remarquez néanmoins qu’on ne doit pas conclure de ceci qu’elles soient toutes égales, mais seulement que les mouvements dont leur inégalité peut être cause n’appartiennent point à l’action dont nous parlons.

Or il n’y a point de plus court moyen pour faire qu’une partie de l’espace E se remplissant, celui par exemple qui est vers D devienne vide, que si toutes les parties de la matière qui se trouvent en la ligne droite DG, DE, s’avancent ensemble vers E : car s’il n’y avait que celles qui sont entre les lignes BF, CG, qui s’avançassent les premières vers cet espace E, elles en laisseraient un autre au-dessous d’elles vers Y, dans lequel devraient venir celles qui sont vers D ; en sorte que le même effet qui peut être produit par le mouvement de la matière qui est en la ligne droite DG, ou DE, le serait par le mouvement de celle qui est en la ligne courbe DVE ; ce qui est contraire aux lois de la nature.

Mais si vous trouvez ici quelque difficulté à comprendre comment les parties du second élément qui sont entre les lignes AF, DG peuvent s’avancer toutes ensemble vers E, sur ce qu’y ayant plus de distance entre A et D qu’entre F et G, l’espace où elles doivent entrer pour s’avancer ainsi est plus étroit que celui d’où elles doivent sortir, considérez que l’action par laquelle elles tendent à s’éloigner du centre de leur ciel ne les oblige point à toucher celles de leurs voisines qui sont à pareille distance qu’elles de ce centre, mais seulement à toucher celles qui en sont d’un degré plus éloignées. Ainsi que la pesanteur des petites boules 1, 2, 3, 4, 5 n’oblige point celles qui sont marquées d’un même chiffre à s’entre-toucher, mais seulement oblige celles qui sont marquées 1 ou 10 à s’appuyer sur celles qui sont marquées 2 ou 2o, et celles-ci sur celles qui sont marquées 3 ou 30, et ainsi de suite : en sorte que ces petites boules peuvent bien n’être pas seulement arrangées comme vous les voyez en cette septième figure, mais aussi comme elles sont en la huit et neuvième, et en mille autres diverses façons.

Puis considérez que ces parties du second élément se remuant séparément les unes des autres, ainsi qu’il a été dit ci-dessus qu’elles doivent faire, ne peuvent jamais être arrangées comme les boules de la septième figure ; et toutefois qu’il n’y a que cette seule façon en laquelle la difficulté proposée puisse avoir quelque lieu : car on ne saurait supposer si peu d’intervalle entre celles de ces parties qui sont à pareille distance du centre de leur ciel, que cela ne suffise pour concevoir que l’inclination qu’elles ont à s’éloigner de ce centre doit faire avancer celles qui sont entre les lignes AF, DG, toutes ensemble, vers l’espace E lorsqu’il est vide ; ainsi que vous voyez en la neuvième figure, rapportée à la dixième, que la pesanteur des petites boules 40, 30, etc., les doit faire descendre toutes ensemble vers l’espace qu’occupe celle qui est marquée 50, sitôt que celle-ci en peut sortir.

Et l’on peut ici clairement apercevoir comment celles de ces boules qui sont marquées d’un même chiffre se rangent en un espace plus étroit que n’est celui d’où elles sortent, à savoir en s’approchant l’une de l’autre. On peut aussi apercevoir que les deux boules marquées 40 doivent descendre un peu plus vite, et s’approcher à proportion un peu plus l’une de l’autre que les trois marquées 30, et ces trois, que les quatre marquées 20, et ainsi des autres.

Ensuite de quoi vous me direz peut-être que, comme il paraît en la dixième figure que les deux boules 40, 40, après être tant soit peu descendues viennent à s’entre-toucher (ce qui est cause qu’elles s’arrêtent sans pouvoir descendre plus bas), tout de même les parties du second élément qui doivent s’avancer vers E s’arrêteront avant que d’avoir achevé de remplir tout l’espace que nous y avons supposé.

Mais je réponds à cela qu’elles ne peuvent si peut s’avancer vers là que ce ne soit assez pour prouver parfaitement ce que j’ai dit ; c’est à savoir que tout l’espace qui y est étant déjà plein de quelque corps, quel qu’il puisse être, elles pressent continuellement ce corps, et font effort contre lui comme pour le chasser hors de sa placé.

Puis outre cela je réponds que leurs autres mouvements qui continuent en elles pendant qu’elles s’avancent ainsi vers E, ne leur permettant pas de demeurer un seul moment arrangées en même sorte, les empêchent de s’entre-toucher, ou bien font qu’après s’être touchées elles se séparent incontinent derechef, et ainsi ne laissent pas pour cela de s’avancer sans interruption vers l’espace E, jusqu’à ce qu’il soit tout rempli. De sorte qu’on ne peut conclure de ceci autre chose sinon que la force dont elles tendent vers E est peut-être comme tremblante, et se redouble et se relâche à diverses petites secousses, selon qu’elles changent de situation, ce qui semblé être une propriété fort convenable à la lumière.

Or, si Vous avez entendu tout ceci suffisamment, en supposant les espaces E et S, et tous les petits angles qui sont entre les parties du ciel, comme vides, vous l’entendrez encore mieux en les supposant être remplis de la matière du premier élément ; car les parties de ce premier élément qui se trouvent en l’espace E ne peuvent empêcher que celles du second qui sont entre les lignes AF, DG, ne s’avancent pour le remplir, tout de même que s’il était vide : à cause qu’étant extrêmement subtiles et extrêmement agitées, elles sont toujours aussi prêtes à sortir des lieux où elles se trouvent, que puisse être aucun autre corps à y entrer. Et, pour cette même raison, celles qui occupent les petits angles qui sont entre les parties du ciel, cèdent leur place sans résistance à celles qui viennent de cet espace E, et qui vont se rendre vers le point S. Je dis plutôt vers S que vers aucun autre lieu, à cause que les autres corps, qui étant plus unis et plus gros ont plus de force, tendent tous à s’en éloigner.

Même il faut remarquer qu’elles passent d’E vers S entre les parties du second élément qui vont d’S vers E, sans s’empêcher aucunement les unes les autres ; ainsi que l’air qui est enfermé dans l’horloge XYZ monte de Z vers X au travers du sable Y, qui ne laisse pas pour cela de descendre cependant vers Z.

Enfin, les parties de ce premier élément qui se trouvent en l’espace ABCD, où elles composent le corps du soleil, y tournant en rond fort promptement autour du point S, tendent à s’en éloigner de tous côtés en ligne droite, suivant ce que je viens d’expliquer ; et par ce moyen toutes celles qui sont en la ligne SD poussent ensemble la partie du second élément qui est au point D, et toutes celles qui sont en la ligne SA poussent celle qui est au point A, et ainsi des autres ; en telle sorte que cela seul suffirait pour faire que toutes celles de ces parties du second élément qui sont entre les lignes AF, DG, s’avançassent vers l’espace E, encore qu’elles n’y eussent aucune inclination d’elles-mêmes.

Finally, consider that all those parts of the second element that lie between the lines AF and DG must move together towards that space E in order to fill it at the very moment when it becomes empty. For although there is only an inclination on their part to move away from the point S from which they originate, and this inclination causes those parts situated between the lines BF and CG to tend more directly towards that space than those remaining between the lines AF, BF, and DG, CG, you will see that these latter are nonetheless just as ready to move in that direction as the others, if you take into account the effect that must result from their motion—that effect being nothing other than the space E being filled, and at the same time another space of equal size within the figure ABCD becoming empty. For the change in their position in those other places which they previously occupied and which they still remain full of after moving, is not in any way significant; moreover, it must be assumed that these various parts are entirely equal and identical to one another, so that it does not matter from which particular parts each of these spaces is filled. Nevertheless, it should be noted that this does not imply that they are all actually equal, but only that the movements that could lead to their inequality do not belong to the process we are discussing here.

Or, there is no shorter way to cause a part of space E to fill up—such as the part located towards D—to become empty, than for all the portions of matter that are situated on the straight lines DG and DE to move together towards E. For if only those portions situated between the lines BF and CG were to move first towards this space E, they would leave another space below them, towards Y, into which those portions located towards D would have to move; thus, the same effect that can be produced by the movement of matter along the straight lines DG or DE could also be achieved by the movement of matter along the curved line DVE—which is contrary to the laws of nature.

However, if you find it difficult to understand here how the parts of the second element that are located between lines AF and DG can all move together towards E—given that the distance between A and D is greater than that between F and G—the space through which they must move in order to do so is actually narrower than the space from which they originate. Consider that the force that drives them to move away from the center of their “celestial sphere” does not require them to touch those neighboring elements that are at the same distance from this center as they are; rather, it only requires them to touch those that are one degree further away. Just as the gravity of the small balls numbered 1, 2, 3, 4, 5 does not force those with the same number to touch each other, but only requires those numbered 1 or 10 to interact with those numbered 2 or 20, and these in turn with those numbered 3 or 30, and so on—these small balls can be arranged in many different ways, not just as you see them in this seventh figure, but also in the eighth, ninth, and countless other configurations.

Furthermore, consider that these parts of the second element, when moving separately from one another—as has been stated above—can never be arranged in the same manner as the balls in the seventh figure; yet this is indeed the only way in which the proposed difficulty can be satisfactorily resolved. For it would be impossible to assume that there exists even the slightest distance between those parts that are equidistant from the center of their respective “heavens,” such that this distance alone would be sufficient to explain why their tendency to move away from that center would cause those parts situated between the lines AF and DG to collectively advance towards the space E when it is empty. As you can see in the ninth figure, relative to the tenth one, the weight of the smaller balls—40, 30, etc.—forces them all together to descend towards the space occupied by the ball marked 50, as soon as that ball is able to move out of that space.

And it is clear here that those balls marked with the same number arrange themselves in a space that is narrower than the one from which they originate—namely, by moving closer to each other. It can also be seen that the two balls marked 40 must move down at a slightly faster speed and approach each other more proportionately than the three balls marked 30, and these three in turn more so than the four balls marked 20, and so on for the others as well.

After that, you might tell me that, as it appears in the tenth figure, the two balls 40, 40, after descending to some extent, end up touching each other (which causes them to stop and be unable to descend any further). Nevertheless, the parts of the second element that are supposed to move towards E will still stop before they have managed to fill the entire space that we assumed they would occupy.

But to this I reply that they can only proceed in this manner if it is sufficient to prove perfectly what I have said; namely, that since all the space there already contains some kind of body, whatever it may be, they are constantly pressing upon this body and exerting force against it as if trying to drive it out of its place.

Furthermore, I would say that their other movements, which continue within them as they advance in this manner towards E, prevent them from remaining in the same arrangement for even a single moment; these movements either prevent them from touching each other or cause them to separate immediately after coming into contact. As a result, they are able to continue advancing without interruption towards space E until it is completely filled. From this, we can conclude nothing other than that the force which drives them towards E must be somewhat tremulous in nature, doubling and relaxing in various small pulses as their position changes—something that seems quite appropriate for light.

Or, if you have listened to all this carefully enough—and assuming that the spaces E and S, as well as all those small angles between various portions of the sky, are empty—then you will understand it even better if you imagine these spaces being filled with the substance of the first element. For those parts of this first element that reside in space E cannot prevent those parts of the second element that lie between the lines AF and DG from moving forward and filling those spaces, just as if they were empty. Indeed, since these elements are extremely subtle and highly active, they are always ready to leave their current locations, just as any other substance might be able to enter them. And for the same reason, those parts of the second element that occupy the small angles between various portions of the sky will readily give way without resistance to those elements that come from space E and move towards point S. I say “towards point S” rather than any other place, because all other substances, being more cohesive and larger in size, tend to push these elements away from S.

It should also be noted that they move from E to S between the parts of the second element that go from S to E, without in any way interfering with each other; just as the air enclosed within the XYZ clock rises from Z to X through the sand Y, which does not prevent it from descending back towards Z.

Finally, those parts of this first element that are located within the space ABCD—and which constitute the body of the sun—move rapidly in a circular motion around point S, and tend to move away from it in straight lines in all directions, as I have just explained. In this way, all those parts that lie on the line SD exert a combined force on the part of the second element located at point D; those on the line SA do the same for the part at point A, and so on. Thus, this alone would be sufficient to cause all those parts of the second element situated between the lines AF and DG to move towards the space E, even though they themselves have no inherent tendency to do so.

Infine, considerate che tutte le parti del secondo elemento che si trovano tra le linee AF e DG devono avanzare insieme verso quell’area E, per riempirla nello stesso istante in cui essa è vuota. Poiché, sebbene esista soltanto l’inclinazione che le spinge a allontanarsi dal punto S da cui provengono, e poiché questa inclinazione fa sì che quelle parti situate tra le linee BF e CG tendano più direttamente verso quell’area rispetto a quelle che rimangono tra le linee AF, BF e DG, CG, vedrete comunque che queste ultime non sono meno disposte ad andarvi di quelle altre; basta considerare l’effetto che deriva dal loro movimento, il quale consiste semplicemente nel fatto che l’area E si riempie, e che un’altra area di uguale grandezza nella circonferenza ABCD si vuota nello stesso istante. Poiché, per quanto riguarda i cambiamenti di posizione che subiscono in altri luoghi che prima occupavano e che ora rimangono pieni, tali cambiamenti non sono affatto significativi; inoltre, si deve supporre che tutte queste parti siano uguali e identiche tra loro, in modo che non importi da quali parti vengano riempiti. Tuttavia, non si deve concludere da questo che siano tutte uguali, ma soltanto che i movimenti che potrebbero derivare dalla loro disuguaglianza non rientrano nell’ambito dell’azione di cui stiamo parlando.

Ora, non esiste modo più semplice per far sì che una parte dello spazio E si riempia, ad esempio quella che si trova in direzione di D, mentre un’altra parte rimanga vuota, se non facendo avanzare tutte le parti della materia situate sulla linea retta DG, DE verso lo spazio E: infatti, se solo quelle che si trovano tra le linee BF, CG avanzassero per prime verso quello spazio E, ne lascerebbero un altro al di sotto di sé, in direzione di Y, nel quale dovrebbero poi entrare quelle che si trovano in direzione di D; in questo modo lo stesso effetto potrebbe essere ottenuto sia con il movimento della materia sulla linea retta DG o DE, sia con quello della materia sulla linea curva DVE, il che è contrario alle leggi della natura.

Ma se trovate difficoltà a comprendere come le parti del secondo elemento che si trovano tra le linee AF e DG possano avanzare tutte insieme verso il punto E, considerando che la distanza tra A e D è maggiore di quella tra F e G, lo spazio attraverso cui devono muoversi per avanzare in questo modo è più ristretto rispetto a quello da cui devono uscire. Si noti inoltre che l’azione che le spinge ad allontanarsi dal centro del loro “cielo” non le obbliga necessariamente a toccare quelle delle loro vicine che si trovano alla stessa distanza da quel centro, ma soltanto quelle che ne sono più lontane di un certo grado. Allo stesso modo, la gravità delle piccole sfere numerate 1, 2, 3, 4, 5 non obbliga quelle contrassegnate dallo stesso numero a toccarsi tra loro, ma soltanto quelle contrassegnate con il numero 1 o 10 ad appoggiarsi su quelle contrassegnate con il numero 2 o 20, e queste ultime su quelle contrassegnate con il numero 3 o 30, e così via: in modo che queste piccole sfere possano essere disposte non solo come le vedete nella settima figura, ma anche come sono nella ottava e nella nona, e in mille altre diverse maniere.

Poi considerate che queste parti del secondo elemento, muovendosi separatamente le une dalle altre, come è stato detto in precedenza, non possono mai essere disposte nello stesso modo delle sfere della settima figura; e tuttavia esiste soltanto questo unico modo in cui la difficoltà proposta può avere senso: poiché non si potrebbe immaginare che esista uno spazio così ridotto tra quelle parti che si trovano alla stessa distanza dal centro del loro “cielo”, da rendere possibile che l’inclinazione che hanno di allontanarsi da tale centro faccia avanzare tutte insieme quelle situate tra le linee AF, DG verso lo spazio E quando quest’ultimo è vuoto; proprio come si può vedere nella nona figura, in relazione alla decima, dove il peso delle piccole sfere 40, 30, ecc., le fa scendere tutte insieme verso lo spazio occupato da quella contrassegnata con il numero 50, non appena quest’ultima può uscire da esso.

E qui si può chiaramente osservare come quelle palle contrassegnate dallo stesso numero si dispongano in uno spazio più ristretto di quello da cui provengono, ovvero avvicinandosi l’una all’altra. Si può anche notare che le due palle contrassegnate con il numero 40 devono scendere un po’ più velocemente e avvicinarsi reciprocamente in misura maggiore rispetto alle tre palle contrassegnate con il numero 30, e queste a loro volta rispetto alle quattro palle contrassegnate con il numero 20, e così via.

In seguito, forse mi direte che, come appare nella decima figura, le due sfere 40, dopo essere scese leggermente, finiscono per toccarsi tra loro (il che fa sì che si fermino senza poter scendere ulteriormente); tuttavia, le parti del secondo elemento che dovrebbero avanzare verso il punto E si fermeranno prima di aver riempito completamente lo spazio che abbiamo ipotizzato.

Ma a questo rispondo che esse possono avanzare verso quel luogo soltanto se ciò è sufficiente per dimostrare perfettamente quanto ho detto; cioè, poiché tutto lo spazio in questione è già pieno di qualche corpo, qualunque esso sia, esse esercitano continuamente una pressione su quel corpo e fanno sforzi per scacciarlo dal suo posto.

Inoltre, rispondo che le loro altre movenze, che continuano mentre si muovono verso il punto E, non permettono loro nemmeno per un istante di rimanere disposte nello stesso modo; queste movenze impediscono loro di toccarsi tra loro, oppure, dopo essersi toccate, le fanno immediatamente separarsi. Nonostante ciò, esse continuano a muoversi senza interruzioni verso lo spazio E, fino a quando non lo riempiono completamente. Da tutto questo si può concludere soltanto che la forza che le spinge verso il punto E è probabilmente di natura tremolante; essa si raddoppia e si allenta attraverso diverse piccole oscillazioni, in base ai cambiamenti nella loro posizione, il che sembra essere una caratteristica assai adatta alla luce.

Ora, se avete ascoltato tutto ciò con sufficiente attenzione, supponendo che gli spazi E e S, nonché tutti i piccoli angoli presenti tra le varie parti del cielo, siano vuoti, comprenderete ancora meglio il concetto in questione se li immaginerete pieni della materia dell’elemento primordiale; infatti, le parti di questo elemento che si trovano nello spazio E non possono impedire affatto alle parti dell’elemento secondo presenti tra le linee AF e DG di avanzare per riempire quel vuoto, proprio come se lo spazio fosse effettivamente vuoto. Questo perché tali parti dell’elemento primordiale sono estremamente sottili e in costante movimento, quindi sono sempre pronte a lasciare i luoghi in cui si trovano, esattamente come qualsiasi altro corpo potrebbe entrarvi. E per la stessa ragione, quelle parti che occupano i piccoli angoli tra le varie parti del cielo cedono il loro posto senza alcuna resistenza a quelle che provengono da quello spazio E e si dirigono verso il punto S. Dico “verso il punto S” piuttosto che verso qualsiasi altro luogo, perché gli altri corpi, essendo più densi e compatti, hanno una forza maggiore e tendono tutti a allontanarsi da quel punto.

È anche necessario notare che tali processi avvengono da E verso S tra le parti del secondo elemento che si estendono da S verso E, senza che ciò ostacoli in alcun modo il loro svolgimento reciproco; allo stesso modo, l’aria racchiusa all’interno dell’orologio XYZ sale da Z verso X attraverso la sabbia Y, senza per questo cessare di scendere verso Z.

Infine, le parti di questo primo elemento che si trovano nell’ambito del quadrato ABCD, e che costituiscono il corpo del sole, ruotando molto rapidamente attorno al punto S, tendono a allontanarsi da esso in tutte le direzioni lungo linee rette, secondo quanto ho appena spiegato; e in questo modo, tutte quelle che si trovano sulla linea SD spingono insieme la parte del secondo elemento situata nel punto D, mentre tutte quelle che si trovano sulla linea SA spingono quella situata nel punto A, e così via. Basterebbe quindi solo questo per far sì che tutte le parti di quel secondo elemento che si trovano tra le linee AF e DG avanzassero verso lo spazio E, anche se esse stesse non avessero alcuna tendenza naturale in quella direzione.

Au reste, puisqu’elles doivent ainsi s’avancer vers cet espace E lorsqu’il n’est occupé que par la matière du premier élément, il est certain qu’elles tendent aussi à y aller encore même qu’il soit rempli de quelque autre corps, et par conséquent qu’elles poussent et font effort contre ce corps comme pour le chasser hors de sa place. En sorte que si c’était l’œil d’un homme qui fut au point E, il serait poussé actuellement tant par le soleil que par toute la matière du ciel qui est entre les lignes AF, DG.

Or il faut savoir que les hommes de ce nouveau monde seront de telle nature que lorsque leurs yeux seront poussés en cette façon, ils en auront un sentiment tout semblable à celui que nous avons de la lumière, ainsi que je dirai ci-après plus amplement.

Chapitre XIV

DES PROPRIÉTÉS DE LA LUMIÈRE.

Mais je me veux arrêter encore un peu en cet endroit à expliquer les propriétés de l’action dont leurs yeux peuvent ainsi être poussés. Car elles se rapportent toutes si parfaitement à celles que nous remarquons en la lumière, que, lorsque vous les aurez considérées, je m’assure que vous avouerez comme moi qu’il n’est pas besoin d’imaginer dans les astres ni dans les cieux d’autre qualité que cette action, qui s’appelle du nom de lumière.

Les principales propriétés de la lumière sont : 1° qu’elle s’étend en rond de tous côtés autour des corps qu’on nomme lumineux ; 2° et à toute sorte de distance ; 3° et en un instant ; 4° et pour l’ordinaire en lignes droites, qui doivent être prises pour les rayons de la lumière ; 5° et que plusieurs de ces rayons, venant de divers points, peuvent s’assembler en un même point ; 6° ou, venant d’un même point, peuvent s’aller rendre en divers points ; ou, venant de divers points, et allant vers divers points, peuvent passer par un même point, sans s’empêcher les uns les autres ; 8° et qu’ils peuvent aussi quelquefois s’empêcher les uns les autres, à savoir quand leur force est fort inégale, et que celle des uns est beaucoup plus grande que celle des autres ; 9° et enfin qu’ils peuvent être détournés par réflexion, 10° ou par réfraction ; 11° et que leur force peut être augmentée, 12° ou diminuée par les diverses dispositions ou qualités de la matière qui les reçoit. Voilà les principales qualités qu’on observe en la lumière, qui conviennent toutes à cette action, ainsi que vous allez voir.

  1. Que cette action se doive étendre de tous côtés autour des corps lumineux, la raison en est évidente, à cause que c’est du mouvement circulaire de leurs parties qu’elle procède.

  2. Il est évident aussi qu’elle peut s’étendre à toute sorte de distance : car, par exemple, supposant que les parties du ciel qui se trouvent entre AF et DG sont déjà d’elles-mêmes disposées à s’avancer vers E, comme nous avons dit qu’elles sont, on ne peut pas douter non plus que la force dont le soleil pousse celles qui sont vers ABCD ne se doive aussi étendre jusqu’à E, encore même qu’il y eût plus de distance des unes aux autres qu’il n’y en a depuis les plus hautes étoiles du firmament jusqu’à nous.

  3. Et sachant que les parties du second élément qui sont entre AF et DG se touchent et pressent toutes l’une l’autre autant qu’il est possible, on ne peut pas aussi douter que l’action dont les premières sont poussées ne doive passer en un instant jusqu’aux dernières, tout de même que celle dont on pousse l’un des bouts d’un bâton passe jusqu’à l’autre bout au même instant ; ou plutôt, afin que vous ne fassiez point de difficulté sur ce que ces parties ne sont point attachées l’une à l’autre ainsi que le sont celles d’un bâton, tout de même qu’en la neuvième figure la petite boule marquée 50 descendant vers 6, les autres marquées 10 descendent aussi vers là au même instant.

  4. Quant à ce qui est des lignes suivant lesquelles se communique cette action, et qui sont proprement les rayons de la lumière, il faut remarquer qu’elles diffèrent des parties du second élément par l’entremise desquelles cette même action se communique, et qu’elles ne sont rien de matériel dans le milieu par où elles passent, mais qu’elles désignent seulement en quel sens et suivant quelle détermination le corps lumineux agit contre celui qu’il illumine ; et ainsi qu’on ne doit pas laisser de les concevoir exactement droites, encore que les parties du second élément qui servent à transmettre cette action, ou la lumière, ne puissent presque jamais être si directement posées l’une sur l’autre qu’elles composent des lignes toutes droites. Tout de même que vous pouvez aisément concevoir que la main A pousse le corps E suivant la ligne droite AE, encore qu’elle ne le pousse que par l’entremise du bâton BCD, qui est tortu ; et tout de même ainsi que la boule marquée pousse celle qui est marquée 7 par l’entremise des deux marquées 5, 5, aussi directement que par l’entremise des autres 2, 3, 4, 6.

    1. Vous pouvez aussi aisément concevoir comment plusieurs de ces rayons venant de divers points s’assemblent en un même point, ou venant d’un même point se vont rendre en divers points, sans s’empêcher ni dépendre les uns des autres. Comme vous voyez en la sixième figure qu’il en vient plusieurs des points ABCD qui s’assemblent au point E, et qu’il en vient plusieurs du seul point D qui s’étendent, l’un vers E, l’autre vers K, et ainsi vers une infinité d’autres lieux ; tout de même que les diverses forces dont on tire les cordes 1, 2, 3, 4, 5 s’assemblent toutes en la poulie, et que la résistance de cette poulie s’étend à toutes les diverses mains qui tirent ces cordes.
  5. Mais pour concevoir comment plusieurs de ces rayons venant de divers points et allant vers divers points peuvent passer par un même point sans s’empêcher les uns les autres, comme en cette sixième figure, les deux rayons AN et DL passent par le point E, il faut considérer que chacune des parties du second élément est capable de recevoir plusieurs divers mouvements en même temps : en sorte que celle qui est par exemple au point E peut tout ensemble être poussée vers L, par l’action qui vient de l’endroit du soleil marqué D, et en même temps vers N, par celle qui vient de l’endroit marqué A. Ce que vous entendrez encore mieux si vous considérez qu’on peut pousser l’air en même temps d’F vers G, d’H vers I, et de K vers L, par les trois tuyaux FG, HI, KL, bien que ces tuyaux soient tellement unis au point N, que tout l’air qui passe par le milieu de chacun d’eux doit nécessairement passer aussi par le milieu des deux autres.

  6. Et cette même comparaison peut servir à expliquer comment une forte lumière empêche l’effet de celles qui sont plus faibles ; car si l’on pousse l’air beaucoup plus fort par F que par H ni par K, il ne tendra point du tout vers I ni vers L, mais seulement vers G.

    1. Pour la réflexion et la réfraction, je les ai déjà ailleurs suffisamment expliquées. Toutefois, parce que je me suis servi pour lors de l’exemple du mouvement d’une balle au lieu de parler des rayons de la lumière, afin de rendre par ce moyen mon discours plus intelligible, il me reste encore ici à vous faire considérer que l’action ou l’inclination à se mouvoir, qui est transmise d’un lieu en un autre par le moyen de plusieurs corps qui s’entre-touchent et qui se trouvent sans interruption en tout l’espace qui est entre deux, suit exactement la même voie par où cette même action pourrait faire mouvoir le premier de ces corps, si les autres n’étaient point en son chemin, sans qu’il y ait aucune autre différence sinon qu’il faudrait du temps à ce corps pour se mouvoir, au lieu que l’action qui est en lui peut, par l’entremise de ceux qui le touchent, s’étendre jusqu’à toutes sortes de distances en un instant ; d’où il suit que comme une halle se réfléchit quand elle donne contre la muraille d’un jeu de paume, et qu’elle souffre réfraction quand elle entre obliquement dans de l’eau ou qu’elle en sort, de même, aussi quand les rayons de la lumière rencontrent un corps qui ne leur permet pas de passer outre, ils doivent se réfléchir ; et quand ils entrent obliquement, en quelque lieu par où ils peuvent s’étendre plus ou moins aisément que par celui d’où ils sortent, ils doivent aussi, au point de ce changement, se détourner et souffrir réfraction.

Furthermore, since they must necessarily move towards this space E when it is occupied only by the matter of the first element, it is certain that they also tend to proceed there even when it is filled with some other substance. Consequently, they exert force against this other substance as if trying to expel it from its place. Thus, if it were the human eye located at point E, it would currently be pushed both by the sun and by all the matter in the sky situated between lines AF and DG.

Or it must be understood that the people of this new world will be of such a nature that when their eyes are developed in this way, they will experience something very similar to what we feel when we see light—as I shall explain more fully below.

Chapter XIV

PROPERTIES OF LIGHT.

But I would like to pause here for a moment longer to explain the properties of that action which enables their eyes to function in such a manner. For these properties correspond so perfectly to those we observe in light that, once you have considered them carefully, I am certain you will agree with me that there is no need to imagine any other quality in the stars or in the heavens than this very action—which is called “light.”

The main properties of light are: 1° that it extends in all directions around objects that we call luminous; 2° that it can do so at any distance; 3° that it can accomplish this in an instant; 4° that it generally travels in straight lines, which should be considered as rays of light; 5° that multiple such rays, coming from different points, can converge at a single point; 6° or, coming from the same point, they can diverge towards various points; or, coming from different points and heading in different directions, they can pass through the same point without interfering with each other; 8° that sometimes these rays can interfere with each other, especially when their intensities are greatly unequal, with one ray being much stronger than the others; 9° finally, that light rays can be deflected through reflection or refraction; 10° and that their intensity can be increased or decreased by the various properties or conditions of the material they encounter. These are the principal characteristics of light that are observed, and all of them are essential for this phenomenon, as you will see shortly.

  1. The reason why this effect must extend in all directions around the luminous bodies is obvious, for it arises from the circular motion of their parts.

  2. It is also evident that this force can extend over any kind of distance: for instance, assuming that the portions of the sky located between AF and DG are already inclined to move towards E, as we have stated, it is undeniable that the same force which causes the sun to propel those parts towards ABCD must also extend all the way to E, even though the distance between those parts might be greater than the distance from the highest stars in the sky to us.

  3. And since it is evident that the parts of the second element which are situated between AF and DG touch and press against each other as much as possible, one cannot doubt for a moment that the action which is initiated at one end must instantly reach the other end, just as the movement transmitted from one end of a stick reaches the other end in the same instant. Or rather, to avoid any confusion regarding the fact that these parts are not connected to each other in the same way as the segments of a stick are—just as, in the ninth figure, the small ball marked 50 moving downward towards 6 is simultaneously accompanied by the other balls marked 10 also moving downward in the same direction.

  4. As for those lines along which this action is transmitted, and which are essentially the rays of light itself, it must be noted that they differ from those parts of the second element through which the same action is conveyed. Moreover, these rays are nothing material in the medium they pass through; rather, they merely indicate in what direction and according to what principles the luminous body exerts its influence upon the object it illuminates. Therefore, we should not conceive of these rays as being strictly straight, even though those parts of the second element that serve to transmit this action—or light—rarely ever align so directly with one another as to form perfectly straight lines. Just as you can easily imagine that hand A pushes object E along the straight line AE, even though it actually does so through the intermediary of the bent rod BCD; or just as the marked ball exerts force on the marked ball 7 through the intermediate points 5, 5, even if it could also do so directly through the other points 2, 3, 4, 6.

    1. It is also easy to understand how several of these rays, originating from different points, can converge at a single point, or how they can originate from the same point and extend to various locations, without interfering with each other or being dependent on one another. As you can see in the sixth figure, several rays originating from points ABCD converge at point E; likewise, several rays originating from the single point D extend in different directions—some toward E, some toward K, and so on, to an infinite number of locations. Just as the various forces that pull on the ropes 1, 2, 3, 4, 5 all converge at the pulley, so too does the resistance exerted by this pulley affect all the hands that pull on these ropes.
  5. But in order to understand how several rays originating from different points and heading in different directions can pass through the same point without interfering with each other—just as in this sixth figure, where the rays AN and DL both pass through point E—it is necessary to consider that each part of the second element is capable of undergoing multiple different movements simultaneously. Thus, for instance, the part located at point E can be pushed simultaneously towards L by the force originating from the position marked D (the sun), and at the same time towards N by the force originating from the position marked A. This will become even clearer if you consider that air can be pushed simultaneously in the directions from F to G, from H to I, and from K to L through the three tubes FG, HI, KL—even though these tubes are so closely connected at point N that any air passing through the middle of one tube must necessarily also pass through the middle of the other two.

  6. And the same analogy can be used to explain how a very bright light prevents the effects of weaker lights; for if one pushes the air much more forcefully in the direction of F than in the directions of H or K, it will not at all move towards I or L, but only towards G.

    1. As for reflection and refraction, I have already explained them in sufficient detail elsewhere. However, since I used the example of a ball in motion rather than light rays in order to make my argument more understandable, it remains necessary for me to clarify here that the tendency or impulse to move, which is transmitted from one place to another through various interacting bodies that occupy the entire space between them, follows exactly the same path as if those intervening bodies were not there. The only difference is that it takes time for such a body to move, whereas the force within it can, with the help of other interacting bodies, extend over vast distances in an instant. Hence, just as a beam of light is reflected when it hits the wall of a hall or undergoes refraction when it enters or exits water at an angle, so too do light rays reflect when they encounter an obstacle that prevents their passage; and when they enter at an angle, they must deviate and be refracted at the point where this change occurs.

Del resto, poiché devono avanzare verso quell’area E quando essa è occupata soltanto dalla materia del primo elemento, è certo che tendano anche ad andarvi sebbene sia riempita da qualche altro corpo; di conseguenza, spingono e fanno sforzo contro quel corpo come per scacciarlo dal suo posto. Quindi, se fosse l’occhio di un uomo a trovarsi in quell’area E, verrebbe attualmente spinto sia dal sole che da tutta la materia celeste situata tra le linee AF e DG.

Ora bisogna sapere che gli uomini di questo nuovo mondo saranno di tale natura che, quando i loro occhi si svilupperanno in questo modo, ne proveranno una sensazione del tutto simile a quella che noi proviamo per la luce, come spiegherò più ampiamente in seguito.

Capitolo XIV

DEI PROPRIETÀ DELLA LUCE.

Ma desidero soffermarmi ancora un po’ in questo punto per spiegare le proprietà di quell’“azione” grazie alla quale i loro occhi possono essere stimolati in questo modo. Poiché queste proprietà corrispondono perfettamente a quelle che osserviamo nella luce, sono certo che, dopo averle attentamente considerate, ammetterete come me che non è necessario immaginare negli astri o nei cieli alcuna qualità diversa da quella dell’“azione” chiamata luce.

Le principali proprietà della luce sono: 1) che si estende in tutte le direzioni attorno ai corpi chiamati luminosi; 2) a qualsiasi distanza; 3) in un istante; 4) solitamente in linee rette, che possono essere considerate i raggi di luce; 5) che diversi di questi raggi, provenienti da punti diversi, possono convergere in un punto stesso; 6) o, provenienti dallo stesso punto, possono dirigersi verso punti diversi; oppure, provenienti da punti diversi e dirigendosi verso punti diversi, possono attraversare lo stesso punto senza ostacolarsi a vicenda; 8) che talvolta possono ostacolarsi a vicenda, cioè quando la loro intensità è molto disomogenea e quella di alcuni è molto maggiore di quella degli altri; 9) infine, che possono essere deviate per riflessione o per rifrazione; 10) e che la loro intensità può aumentare o diminuire a seconda delle diverse caratteristiche della materia che le riceve. Queste sono le principali proprietà osservabili nella luce, e tutte concordano con il modo in cui essa esercita i suoi effetti, come vedrete presto.

  1. Il fatto che questa azione debba estendersi in tutte le direzioni attorno ai corpi luminosi è evidente, poiché deriva dal movimento circolare delle loro parti.

È evidente anche che tale forza possa estendersi su qualsiasi tipo di distanza: infatti, supponendo ad esempio che le parti del cielo situate tra AF e DG siano già predisposte a spostarsi verso E, come abbiamo detto, non si può dubitare che la forza con cui il sole spinge quelle parti situate in direzione di ABCD debba estendersi anche fino a E, anche se esistesse una distanza maggiore tra queste ultime rispetto a quella che separa le stelle più alte del firmamento da noi.

  1. E poiché si sa che le parti del secondo elemento che si trovano tra AF e DG si toccano e si premono l’una contro l’altra nel modo più completo possibile, non si può dubitare affatto che l’azione che viene esercitata sulle prime parti debba propagarsi immediatamente fino alle ultime, proprio come l’azione esercitata su un’estremità di un bastone si estende immediatamente all’altra estremità; o meglio ancora, affinché non vi sorgano dubbi sul fatto che queste parti non siano collegate tra loro in modo analogo a quanto avviene con le parti di un bastone – proprio come nella nona figura la piccola sfera contrassegnata dal numero 50 si muove verso il punto contrassegnato dal numero 6, e le altre sfere contrassegnate dal numero 10 si muovono anch’esse verso lo stesso punto nello stesso istante.

  2. Per quanto riguarda le linee attraverso cui avviene questa azione, ovvero i raggi di luce stessi, è necessario notare che esse differiscono dalle parti del secondo elemento attraverso cui la stessa azione viene trasmessa; inoltre, tali linee non sono nulla di materiale nel mezzo attraverso cui passano, ma indicano semplicemente in quale direzione e secondo quali principi il corpo luminoso agisce su quello che illumina. Non si deve quindi considerarle necessariamente dritte, anche se le parti del secondo elemento utilizzate per trasmettere questa azione, ovvero la luce, quasi mai possono essere disposte in modo tale da formare linee perfettamente rette. È come se si potesse facilmente immaginare che la mano A spinga il corpo E lungo la linea retta AE, anche se in realtà lo spinge soltanto attraverso il bastone BCD, che è tortuoso; allo stesso modo, la sfera contrassegnata con la lettera “p” spinge quella contrassegnata con la lettera “7” sia attraverso le due sfere contrassegnate con la lettera “5”, sia in modo diretto, sia attraverso le altre sfere contrassegnate con le lettere “2”, “3”, “4”, “6”.

    1. È anche facile immaginare come molti di questi raggi, provenienti da punti diversi, si uniscano in un unico punto, o come quelli che provengono dallo stesso punto si diramino verso punti diversi, senza ostacolarsi a vicenda né dipendere l’uno dall’altro. Come si può vedere nella sesta figura, molti dei punti ABCD si uniscono al punto E; inoltre, molti di questi stessi punti, partendo dal solo punto D, si estendono verso il punto E, verso il punto K, e così via, verso un’infinità di altri luoghi. Allo stesso modo, le diverse forze che agiscono sulle corde 1, 2, 3, 4, 5 si uniscono tutte nella puleggia, e la resistenza di questa puleggia si estende a tutte le mani che tirano queste corde.
  3. Ma per comprendere come diversi raggi provenienti da punti diversi e direzionati verso punti diversi possano passare attraverso lo stesso punto senza ostacolarsi a vicenda, come nella sesta figura in cui i due raggi AN e DL attraversano il punto E, è necessario considerare che ciascuna delle parti del secondo elemento sia in grado di ricevere contemporaneamente diversi movimenti: in modo che quella che si trova, ad esempio, nel punto E possa essere spinta verso L dall’azione proveniente dal punto D, rappresentante il sole, e allo stesso tempo verso N dall’azione proveniente dal punto A. Questo diventerà ancora più chiaro se consideriamo che l’aria può essere spinta contemporaneamente da F verso G, da H verso I e da K verso L attraverso i tre tubi FG, HI, KL; nonostante questi tubi siano strettamente connessi al punto N, tutto l’aria che passa attraverso il centro di ciascuno di essi deve necessariamente passare anche attraverso il centro degli altri due.

  4. E proprio questa stessa analogia può servire a spiegare come una luce intensa impedisca l’effetto di quelle più deboli; infatti, se si spinge l’aria con molta più forza in direzione di F rispetto a H o K, essa non tenderà affatto verso I o L, ma soltanto verso G.

    1. Per quanto riguarda la riflessione e la rifrazione, le ho già spiegate a sufficienza in altri contesti. Tuttavia, poiché all’epoca ho utilizzato l’esempio del movimento di una palla invece di parlare dei raggi di luce, al fine di rendere il mio discorso più comprensibile, devo ancora farvi notare che l’azione o la tendenza a muoversi, che viene trasmessa da un luogo all’altro attraverso diversi corpi che si toccano e che sono disposti senza interruzioni in tutto lo spazio tra due punti, segue esattamente lo stesso percorso che permetterebbe a quel primo corpo di muoversi, se gli altri non fossero sul suo cammino. L’unica differenza sta nel fatto che a quel corpo servirebbe del tempo per muoversi, mentre l’azione che è in lui può, attraverso i corpi che lo toccano, estendersi fino a distanze molto maggiori in un istante. Da ciò si deduce che, proprio come una palla si riflette quando colpisce il muro di un gioco da biliardo e subisce rifrazione quando entra obliquamente nell’acqua o ne esce, allo stesso modo i raggi di luce, quando incontrano un corpo che impedisce loro di proseguire, devono riflettersi; e quando entrano obliquamente in un luogo dove possono diffondersi più facilmente rispetto a quello da cui provengono, devono anche deviare e subire rifrazione nel punto di quel cambiamento.

    1. Enfin, la force de la lumière est non seulement plus ou moins grande en chaque lieu, selon la quantité des rayons qui s’y assemblent, mais elle peut aussi être augmentée ou diminuée par les diverses dispositions des corps qui se trouvent aux lieux par où elle passe, ainsi que la vitesse d’une balle ou d’une pierre qu’on pousse dans l’air, peut être augmentée par les vents qui soufflent vers le même côté qu’elle se meut, et diminuée par leurs contraires.

Chapitre XV

QUE LA FACE DU CIEL DE CE NOUVEAU MONDE DOIT PARAÎTRE A SES HABITANTS SEMBLABLE A CELLE DU NÔTRE.

Ayant ainsi expliqué la nature et les propriétés de l’action que j’ai prise pour la lumière, il faut aussi que j’explique comment par son moyen les habitants de la planète que j’ai supposée pour la terre peuvent voir la face de leur ciel toute semblable à celle du nôtre.

Premièrement, il n’y a point de doute qu’ils ne doivent voir le corps marqué S tout plein de lumière et semblable à notre soleil, vu que ce corps envoie des rayons de tous les points de sa superficie vers leurs yeux ; et, parce qu’il est beaucoup plus proche d’eux que les étoiles, il leur doit paraître beaucoup plus grand. Il est vrai que les parties du petit ciel ABCD, qui tourne autour de la terre, font quelque résistance à ces rayons ; mais parce que toutes celles du grand ciel, qui sont depuis S jusqu’à D, les fortifient, celles qui sont depuis D jusqu’à T, n’étant à comparaison qu’en petit nombre, ne leur peuvent ôter que peu de leur force ; et même toute l’action des parties du grand ciel FGGF, ne suffit pas pour empêcher que les rayons de plusieurs étoiles fixes ne parviennent jusqu’à la terre du côté qu’elle n’est point éclairée par le soleil.

Car il faut savoir que les grands cieux, c’est-à-dire ceux qui ont une étoile fixe ou le soleil pour leur centre, quoique peut-être assez inégaux en grandeur, doivent être toujours exactement d’égale force, en sorte que toute la matière qui est par exemple en la ligne SB doit tendre aussi fort vers e que celle qui est en la ligne ɛ B tend vers S ; car, s’ils n’avaient entre eux cette égalité, ils se détruiraient infailliblement dans peu de temps, ou du moins se changeraient jusqu’à ce qu’ils l’eussent acquise.

Or, puisque toute la force du rayon SB, par exemple, n’est que justement égale à celle du rayon ɛ B, il est manifeste que celle du rayon TB, qui est moindre, ne peut empêcher la force du rayon e B de s’étendre jusqu’à T ; et tout de même il est évident que l’étoile A peut étendre ses rayons jusqu’à la terre T, d’autant que la matière du ciel qui est depuis A jusqu’à 2 leur aide plus que celle qui est depuis 4 jusqu’à T ne leur résiste, et avec cela que celle qui est depuis 3 jusqu’à 4 ne leur aide pas moins que leur résiste celle qui est depuis 3 jusqu’à 2 ; et ainsi, jugeant des autres à proportion, vous pouvez entendre que ces étoiles ne doivent pas paraître moins confusément arrangées, ni moindres en nombre, ni moins inégales entre elles, que font celles que nous voyons dans le vrai monde.

Mais il faut encore que vous considériez, touchant leur arrangement, qu’elles ne peuvent quasi jamais paraître dans le vrai lieu où elles sont. Car, par exemple, celle qui est marquée 1 paraît comme si elle était en la ligne droite TB ; et l’autre, marquée A, comme si elle était en la ligne droite T 4 : dont la raison est que les cieux étant inégaux en grandeur, les superficies qui les séparent ne se trouvent quasi jamais tellement disposées que les rayons qui passent au travers pour aller de ces étoiles vers la terre, les rencontrent à angles droits ; et, lorsqu’ils les rencontrent obliquement, il est certain, suivant ce qui a été démontré en la Dioptrique, qu’ils doivent s’y courber et souffrir beaucoup de réfraction, d’autant qu’ils passent beaucoup plus aisément par l’un des côtés de cette superficie que par l’autre. Et il faut supposer ces lignes TB, T 4, et semblables, si extrêmement longues à comparaison du diamètre du cercle que la terre décrit autour du soleil, qu’en quelque endroit de ce cercle qu’elle se trouve, les hommes qu’elle soutient voient toujours les étoiles comme fixes et attachées aux mêmes endroits du firmament ; c’est-à-dire, pour user des termes des astronomes, qu’ils ne peuvent remarquer en elles de parallaxes.

Considérez aussi, touchant le nombre de ces étoiles, que souvent une même peut paraître en divers lieux, à cause des diverses superficies qui détournent ses rayons vers la terre ; comme ici celle qui est marquée A paraît en la ligne T 4, par le moyen du rayon A 2 4 T, et ensemble en la ligne T f, par le moyen du rayon A 6 fT, ainsi que se multiplient les objets qu’on regarde au travers des verres ou autres corps transparents qui sont taillés à plusieurs faces.

De plus considérez, touchant leur grandeur, qu’encore qu’elles doivent paraître beaucoup plus petites qu’elles ne sont, à cause de leur extrême éloignement, et même qu’il y en ait la plus grande partie qui pour cette raison ne doivent point paraître du tout, et d’autres qui ne paraissent qu’en tant que les rayons de plusieurs joints ensemble rendent les parties du firmament par où ils passent un peu plus blanches et semblables à certaines étoiles que les astronomes appellent nébuleuses, ou à cette grande ceinture de notre ciel que les poètes feignent être blanchie du lait de Junon ; toutefois, pour celles qui sont les moins éloignées, il suffit de les supposer environ égales à notre soleil, pour juger qu’elles peuvent paraître aussi grandes que font les plus grandes de notre monde.

Car outre que généralement tous les corps qui envoient de plus forts rayons contre les yeux des regardants, que ne font ceux qui les environnent, paraissent aussi plus grands qu’eux à proportion, et par conséquent que ces étoiles doivent toujours sembler plus grandes que les parties de leurs cieux égales à elles et qui les avoisinent, ainsi que j’expliquerai ci-après, les superficies FG, GG, GF, et semblables, où se font les réfractions de leurs rayons, peuvent être courbées de telle façon qu’elles augmentent beaucoup leur grandeur ; et même étant seulement toutes plates, elles l’augmentent.

Outre cela il est fort vraisemblable que ces superficies étant en une matière très fluide, et qui ne cesse jamais de se mouvoir, doivent branler et ondoyer toujours quelque peu ; et par conséquent que les étoiles qu’on voit au travers doivent paraître étincelantes et comme tremblantes, ainsi que font les nôtres, et même, à cause de leur tremblement, un peu plus grosses, ainsi que fait l’image de la lune au fond d’un lac dont la surface n’est pas fort troublée ni agitée, mais seulement un peu crispée par le souffle de quelque vent.

Et enfin il se peut faire que par succession de temps ces superficies se changent un peu, ou même aussi que quelques-unes se courbent assez notablement en peu de temps, quand ce ne serait qu’à l’occasion d’une comète qui s’en approche, et par ce moyen que plusieurs étoiles semblent, après un long temps, être un peu changées de place sans l’être de grandeur, ou un peu changées de grandeur sans l’être de place ; et même que quelques-unes commencent assez subitement à paraître ou à disparaître, ainsi qu’on l’a vu arriver dans le vrai monde.

    1. Finally, the intensity of light is not only greater or lesser in different places depending on the amount of rays that converge there, but it can also be increased or decreased by the various arrangements of objects situated along its path. Similarly, the speed of a ball or stone thrown into the air can be increased by winds blowing in the same direction as its motion, and decreased by winds blowing in the opposite direction.

Chapter XV

That the face of the sky in this new world must appear to its inhabitants just like ours does.

Having thus explained the nature and properties of the action that I have assumed to be responsible for light, it is also necessary for me to explain how, through this action, the inhabitants of the planet that I have assumed to be Earth can see their sky, which is just as similar to ours.

Firstly, there is no doubt that they must see a body marked with the letter “S,” filled with light and resembling our sun, since this body emits rays from every point on its surface toward their eyes; and because it is much closer to them than the stars, it must appear to them much larger. It is true that the parts of the small celestial sphere ABCD, which revolve around the earth, offer some resistance to these rays; but since all those parts of the great celestial sphere, from “S” to “D,” strengthen these rays, and those parts from “D” to “T,” being comparatively few in number, can only diminish their intensity slightly; indeed, the combined effect of all the parts of the great celestial sphere FGGF is not enough to prevent rays from several fixed stars from reaching the earth on the sides that are not illuminated by the sun.

For it must be understood that the great heavens—those around which a fixed star or the sun revolves as their center—though perhaps quite unequal in size, must necessarily possess exactly equal forces. As a result, all matter situated along the line SB must exert an equal force toward e as that situated along the line ɛ B does toward S; for were there any inequality between them, they would inevitably destroy each other within a very short time, or at least change until such equality was established.

Or, since the entire force of ray SB, for example, is precisely equal to the force of ray ɛ B, it is evident that the force of ray TB, which is lesser, cannot prevent the force of ray e B from extending all the way to point T; yet it is still clear that star A can extend its rays all the way to the earth T. Moreover, the celestial matter situated between A and 2 facilitates this extension more than the matter situated between 4 and T does; and at the same time, the matter situated between 3 and 4 neither facilitates nor hinders this process in any way. By analogy with other cases, it follows that these stars must not appear to be less disorderly arranged, fewer in number, or less unevenly distributed than those we observe in the real world.

But you must also consider, with regard to their arrangement, that they can hardly ever appear in the true locations where they actually are. For instance, the one marked 1 appears as if it were on the straight line TB; and the other, marked A, as if it were on the straight line T4. The reason for this is that since the heavens vary in size, the surfaces that separate them almost never arrange themselves in such a way that the rays of light passing through from these stars to the earth meet at right angles. And when they meet obliquely, it is certain—according to what has been demonstrated in the field of optics—that these rays must bend and undergo considerable refraction, especially because they pass much more easily through one side of these surfaces than through the other. Moreover, we must assume that lines such as TB and T4 are extremely long compared to the diameter of the circle traced by the earth around the sun; therefore, no matter where the earth is located within this circle, the people on it will always see the stars as fixed and immovable, situated in the same positions in the sky. In other words, using the terminology of astronomers, they will never observe any parallax in these stars.

Consider also, with regard to the number of these stars, that often the same star may appear in different locations, due to the various surfaces that deflect its rays towards the earth; for instance, the star marked A appears on line T4 through the ray A24T, and also on line Tf through the ray A6fT. Similarly, the number of objects that can be seen when viewed through lenses or other transparent materials with multiple surfaces increases.

Furthermore, consider, in regard to their size, that although they must appear much smaller than they actually are due to their immense distance—indeed, the vast majority of them must not be visible at all for this reason—and others may only be seen because the rays from several stars converge together, making the areas of the sky they pass through appear slightly whiter and more similar to certain stars that astronomers call nebulae, or to that large band in our sky which poets imagine is whitened by the milk of Juno; nevertheless, for those stars that are less distant, it is sufficient to assume that they are roughly comparable in size to our sun, in order to conclude that they can appear as large as some of the largest objects in our own world.

For, apart from the fact that generally all bodies which emit stronger rays that affect the eyes of observers—just as those surrounding them do—also appear to be larger in proportion, it follows that these stars must always seem larger than those parts of their sky that are equal to them in size and located nearby. As I will explain below, surfaces such as FG, GG, GF, and similar ones, where the rays from these stars undergo refraction, can be curved in such a way as to greatly increase their apparent size; and even if they were completely flat, they would still enhance their visual magnitude.

Furthermore, it is highly probable that since these surfaces are made of a very fluid material that is constantly in motion, they must always be slightly shaking and wavering; as a result, the stars that we see through them must appear to sparkle and tremble, just like our own stars do. Moreover, due to this trembling, those distant stars may even seem somewhat larger in size, much like how the reflection of the moon in a lake appears larger when the surface is only slightly disturbed or rippled by the breeze.

And finally, it is possible that over the course of time these surfaces may change slightly, or even some of them may bend considerably in a short period of time—perhaps merely as a result of a comet passing nearby. In this way, several stars may seem to have changed their position after a long time, without, however, changing in size; or they may change in size without changing their position. Moreover, it is also possible that some stars may suddenly begin to appear or disappear, just as such phenomena have been observed in the real world.

    1. Infine, la forza della luce non è soltanto maggiore o minore in ogni luogo a seconda della quantità di raggi che vi si raccolgono, ma può anche essere aumentata o diminuita dalle varie disposizioni dei corpi presenti lungo il suo percorso; allo stesso modo, la velocità di una palla o di una pietra lanciate nell’aria può essere incrementata dai venti che soffiano nella stessa direzione in cui si muovono, e diminuita dai venti contrari.

Capitolo XV

Che il volto del cielo di questo nuovo mondo appaia ai suoi abitanti simile a quello del nostro.

Avendo così spiegato la natura e le proprietà dell’azione che ho adottato per rappresentare la luce, devo anche chiarire come, grazie a essa, gli abitanti del pianeta che ho immaginato come la Terra possano vedere il loro cielo, identico al nostro.

In primo luogo, non vi è dubbio che debbano vedere il corpo celeste contrassegnato dalla lettera “S”, pieno di luce e simile al nostro sole, poiché tale corpo emette raggi da tutti i punti della sua superficie verso i loro occhi; inoltre, essendo molto più vicino a loro delle stelle, deve apparire loro molto più grande. È vero che le parti del piccolo cielo ABCD, che ruotano intorno alla terra, oppongono una certa resistenza a questi raggi; ma poiché tutte quelle del grande cielo, che vanno da “S” fino a “D”, li rafforzano, quelle che vanno da “D” fino a “T”, essendo in numero molto inferiore, non possono attenuarne che di poco la forza; anzi, l’intera azione delle parti del grande cielo FGGF non è sufficiente per impedire che i raggi di molte stelle fisse raggiungano la terra da quella parte che non è illuminata dal sole.

Poiché bisogna sapere che i grandi cieli, cioè quelli che hanno una stella fissa o il sole al loro centro, anche se forse molto disuguali per dimensioni, devono necessariamente avere una potenza esattamente uguale; in modo che tutta la materia che si trova ad esempio sulla linea SB debba tendere con la stessa intensità verso e, così come quella che si trova sulla linea ɛ B deve tendere verso S. Infatti, se non esistesse questa equilibrio tra di loro, inevitabilmente si distruggerebbero in breve tempo, o almeno cambierebbero fino a raggiungerlo.

Ora, poiché l’intera forza del raggio SB è esattamente uguale a quella del raggio ɛ B, è evidente che anche la forza del raggio TB, essendo minore, non può impedire che la forza del raggio e B si estenda fino a T; e tuttavia è altrettanto chiaro che la stella A può estendere i suoi raggi fino alla terra T, soprattutto perché la materia celeste situata tra A e 2 aiuta questi raggi più di quella situata tra 4 e T a diffondersi, e allo stesso tempo perché quella situata tra 3 e 4 non ostacola affatto questa diffusione, proprio come quella situata tra 3 e 2 non la favorisce. E così, valutando gli altri casi in modo analogo, si può concludere che queste stelle non devono sembrare meno disordinate nella loro disposizione, né meno numerose, né meno disomogenee tra loro di quanto lo siano quelle che vediamo nel mondo reale.

Ma bisogna ancora considerare, riguardo alla loro disposizione, che queste linee quasi mai appaiono nel vero luogo in cui si trovano. Ad esempio, quella contrassegnata con il numero 1 sembra trovarsi sulla linea retta TB; mentre l’altra, contrassegnata con la lettera A, sembra trovarsi sulla linea retta T4. La ragione di ciò è che i cieli, essendo di dimensioni disuguali, non presentano mai superfici tali da far sì che i raggi che passano attraverso di loro per andare dalle stelle alla terra li incontrino ad angoli retti; e quando questi raggi li incontrano in modo obliquo, è certo – secondo quanto dimostrato nella “Dioptrica” – che devono curvarsi e subire una notevole rifrazione, soprattutto perché passano molto più facilmente da un lato di queste superfici che dall’altro. Inoltre, bisogna supporre che queste linee TB, T4 e simili siano estremamente lunghe rispetto al diametro del cerchio descritto dalla terra intorno al sole; quindi, in qualsiasi punto di questo cerchio si trovi la terra, gli esseri umani che essa sostiene vedranno sempre le stelle come immobili e fissate nello stesso punto del cielo; in altre parole, per usare i termini degli astronomi, non potranno osservare in esse alcuna parallasse.

Considerate anche, riguardo al numero di queste stelle, che spesso una stessa può apparire in luoghi diversi a causa delle varie superfici che deviano i suoi raggi verso la Terra; come quella contrassegnata con la lettera A appare sulla linea T 4 grazie al raggio A 2 4 T, e contemporaneamente anche sulla linea T f grazie al raggio A 6 fT. Allo stesso modo, gli oggetti che osserviamo attraverso vetri o altri corpi trasparenti tagliati su più lati appaiono multipli.

Inoltre, considerate, riguardo alla loro grandezza, che sebbene debbano apparire molto più piccole di quanto non siano a causa della loro estrema distanza – anzi, la maggior parte di esse probabilmente non appare affatto – e altre appaiono soltanto perché i raggi di diversi corpi celesti, incontrandosi, rendono le parti del cielo attraversate da essi un po’ più bianche, simili a certe stelle che gli astronomi chiamano nebulose, o a quella grande fascia nel nostro cielo che i poeti immaginano essere resa bianca dal latte di Giunone – tuttavia, per quelle che sono le meno lontane, basta supporle approssimativamente uguali al nostro sole, per giudicare che possano apparire altrettanto grandi quanto le più grandi stelle del nostro mondo.

Poiché, inoltre, generalmente tutti i corpi che emettono raggi più intensi verso gli occhi di chi li osserva – proprio come fanno quelli che li circondano – appaiono anche più grandi di questi ultimi, in proporzione; di conseguenza, queste stelle devono sempre sembrare più grandi delle parti del loro cielo uguali a loro e che le circondano. Come spiegherò in seguito, le superfici FG, GG, GF e simili, dove avvengono le rifrazioni dei loro raggi, possono essere curvate in modo tale da aumentare notevolmente la loro apparenza di grandezza; e anche se fossero semplicemente piatte, ciò basterebbe comunque ad aumentarla.

Oltre a ciò, è molto probabile che queste superfici, essendo fatte di una materia estremamente fluida e in continua movimento, debbano oscillare e ondeggiare leggermente; di conseguenza, le stelle che vediamo attraverso di esse devono apparire scintillanti e come se tremolassero, proprio come fanno le nostre stelle. Anzi, a causa di questo tremolio, queste stelle potrebbero sembrare anche un po’ più grandi, proprio come l’immagine della luna riflessa sul fondo di un lago la cui superficie non è particolarmente turbata o agitata, ma soltanto leggermente increspata dal soffio di qualche vento.

E infine, è possibile che, a causa della successione del tempo, queste superfici cambino leggermente, o addirittura che alcune di esse si curvino in modo significativo in breve tempo, anche solo a causa dell’avvicinamento di una cometa; per questo motivo, molte stelle sembrano, dopo un lungo periodo, essere state spostate di posizione senza subire variazioni di dimensione, o viceversa. Inoltre, è possibile che alcune di queste stelle inizino improvvisamente a comparire o a scomparire, proprio come si è verificato nel mondo reale.

Pour les planètes et les comètes qui sont dans le même ciel que le soleil, sachant que les parties du troisième élément dont elles sont composées sont si grosses, ou tellement jointes plusieurs ensemble, qu’elles peuvent résister à l’action de la lumière, il est aisé à entendre qu’elles doivent paraître par le moyen des rayons que le soleil envoie vers elles, et qui se réfléchissent de là vers la terre ; ainsi que les objets opaques ou obscurs qui sont dans une chambre y peuvent être vus par le moyen des rayons que le flambeau qui y éclaire envoie vers eux, et qui retournent de là vers les yeux des regardants. Et avec cela les rayons du soleil ont un avantage fort remarquable par-dessus ceux d’un flambeau, qui consiste en ce que leur force se conserve, ou même s’augmente de plus en plus à mesure qu’ils s’éloignent du soleil, jusqu’à ce qu’ils soient parvenus à la superficie extérieure de son ciel, à cause que toute la matière de ce ciel tend vers là : au lieu que les rayons d’un flambeau s’affaiblissent en s’éloignant, à raison de la grandeur des superficies sphériques qu’ils illuminent, et même encore quelque peu plus à cause de la résistance de l’air par où ils passent. D’où vient que les objets qui sont proches de ce flambeau en sont notablement plus éclairés que ceux qui en sont loin ; et que les plus basses planètes ne sont pas à même proportion plus éclairées par le soleil que les plus hautes, ni même que les comètes, qui en sont sans comparaison plus éloignées.

Or l’expérience nous montre que le semblable arrive aussi dans le vrai monde ; et toutefois je ne crois pas qu’il soit possible d’en rendre raison, si on suppose que la lumière y soit autre chose dans les objets qu’une action ou disposition telle que je l’ai expliquée. Je dis une action ou disposition : car si vous avez bien pris garde à ce que j’ai tantôt démontré, que si l’espace où est le soleil était tout vide, les parties de son ciel ne laisseraient pas de tendre vers les yeux des regardants en même façon que lorsqu’elles sont poussées par sa matière, et même avec presque autant de force, vous pouvez bien juger qu’il n’a quasi pas besoin d’avoir en soi aucune action ni quasi même d’être autre chose qu’un pur espace, pour paraître tel que nous le voyons ; ce que vous eussiez peut-être pris auparavant pour une proposition fort paradoxe. Au reste, le mouvement qu’ont ces planètes autour de leur centre est cause qu’elles étincellent, mais beaucoup moins fort et d’une autre façon que ne font les étoiles fixes ; et parce que la lune est privée de ce mouvement, elle n’étincelle point du tout.

Pour les comètes qui ne sont pas dans le même ciel que le soleil, elles ne peuvent pas, à beaucoup près, envoyer tant de rayons vers la terre que si elles y étaient, non pas même lorsqu’elles sont toutes prêtes à y entrer, et par conséquent elles ne peuvent pas être vues par les hommes, si ce n’est peut-être quelque peu, lorsque leur grandeur est extraordinaire. Dont la raison est que la plupart des rayons que le soleil envoie vers elles sont écartés çà et là, et comme dissipés par la réfraction qu’ils souffrent en la partie du firmament par où ils passent. Car, par exemple, au lieu que la comète CD reçoit du soleil, marqué S, tous les rayons qui sont entre les lignes SC, SD, et renvoie vers la terre tous ceux qui sont entre les lignes CT, DT, il faut penser que la comète F F ne reçoit du même soleil que les rayons qui sont entre les lignes SGE, SHF à cause que, passant beaucoup plus aisément depuis S jusqu’à la superficie GH, que je prends pour une partie du firmament, qu’ils ne peuvent passer au-delà, leur réfraction y doit être fort grande, et fort en dehors : ce qui en détourne plusieurs d’aller vers la comète EF, vu principalement que cette superficie est courbée en dedans vers le soleil, ainsi que vous savez qu’elle doit se courber lorsqu’une comète s’en approche. Mais encore qu’elle fut toute plate, ou même courbée de l’autre côté, la plupart des rayons que le soleil lui enverrait ne laisseraient pas d’être empêchés par la réfraction, sinon d’aller jusqu’à elle, au moins de retourner de là jusqu’à la terre. Comme, par exemple, supposant la partie du firmament IR être une portion de sphère dont le centre soit au point S, les rayons SIL, S RM, ne s’y doivent point du tout courber en allant vers la comète LM ; mais en revanche ils se doivent beaucoup courber en retournant de là vers la terre, en sorte qu’ils n’y peuvent parvenir que fort faibles, et en fort petite quantité. Outre que ceci ne pouvant arriver que lorsque la comète est encore assez loin du ciel qui contient le soleil (car autrement, si elle en était proche, elle ferait courber en dedans sa superficie), son éloignement empêche aussi qu’elle n’en reçoive tant de rayons que lorsqu’elle est prête à y entrer. Et pour les rayons qu’elle reçoit de l’étoile fixe qui est au centre du ciel qui la contient, elle ne peut pas les renvoyer vers la terre, non plus que la lune étant nouvelle n’y renvoie pas ceux du soleil.

Mais ce qu’il y a de plus remarquable touchant ces comètes, c’est une certaine réfraction de leurs rayons, qui est ordinairement cause qu’il en paraît quelques-uns en forme de queue ou de chevelure autour d’elles, ainsi que vous entendrez facilement si vous jetez les yeux sur cette figure où S est le soleil, C une comète, EBG la sphère qui, suivant ce qui a été dit ci-dessus, est composée des parties du second élément qui sont les plus grosses et les moins agitées de toutes, DA le cercle qui est décrit par le mouvement annuel de la terre ; et que vous pensiez que le rayon qui vient de C vers B passe bien tout droit jusqu’au point A, mais qu’outre cela il commence au point B à s’élargir et à se diviser en plusieurs autres rayons, qui s’étendent çà et là de tous côtés, en telle sorte que chacun d’eux se trouve d’autant plus faible qu’il s’écarte davantage de celui du milieu BA, qui est le principal de tous et le plus fort ; puis aussi que le rayon CE commence, étant au point E, à s’élargir, et à se diviser aussi en plusieurs autres, comme EH, E Y, ES, mais que le principal et le plus fort de ceux-ci est EH, et le plus faible ES ; et tout de même que CG passe principalement de G vers I, mais qu’outre cela il s’écarte aussi vers S et vers tous les espaces qui sont entre GI et GS, et enfin que tous les autres rayons qui peuvent être imaginés entre ces trois CE, CB, CG, tiennent plus ou moins de la nature de chacun d’eux, selon qu’ils en sont plus ou moins proches. A quoi je pourrais ajouter qu’ils doivent être un peu courbés vers le soleil ; mais cela n’est pas tout à fait nécessaire à mon sujet, et j’omets souvent beaucoup de choses, afin de rendre celles que j’explique d’autant plus simples et plus aisées.

Or, cette réfraction étant supposée, il est manifeste que lorsque la terre est vers A, non seules, ment le rayon BA doit faire voir aux hommes qu’elle soutient le corps de la comète C, mais aussi que les rayons LA, K A, et semblables, qui sont plus faibles que B A, venant vers leurs yeux, leur doivent faire paraître une couronne, ou chevelure de lumière, éparse également de tous côtés autour d’elle (comme vous voyez à l’endroit marqué 11), au moins s’ils sont assez forts pour être sentis ; ainsi qu’ils le peuvent être souvent venant des comètes, que nous supposons être fort grosses, mais non pas venant des planètes, ni même des étoiles fixes, qu’il faut imaginer plus petites.

For those planets and comets that are in the same sky as the sun, given that the parts of the third element from which they are composed are so large or so closely bound together that they can resist the effect of light, it is easy to understand how they must be visible through the rays that the sun sends toward them and that are then reflected back toward the earth. In the same way, opaque objects in a room can be seen through the rays emitted by a lamp inside that room and that reflect back toward the observer’s eyes. Moreover, the rays of the sun have a remarkably significant advantage over those of a lamp: their intensity remains unchanged, or even increases, as they move farther away from the sun, all the way to the outer edge of its celestial sphere—because all the matter in that sphere tends in that direction. In contrast, the rays of a lamp weaken as they travel farther away, due to the large spherical surfaces they illuminate, and even more so because of the resistance of the air they pass through. This is why objects near a lamp are much brighter than those far from it; and why the lower planets are not proportionally brighter when illuminated by the sun than the higher ones, nor even than comets, which are far farther away.

Or experience tells us that similar phenomena also occur in the real world; yet I do not believe it is possible to explain them if we assume that light in objects is something other than an action or a disposition as I have described it. By “action” or “disposition,” I mean this: if you have carefully considered what I have shown earlier—that even if the space containing the sun were completely empty, its various parts would still tend to be directed toward the eyes of observers in just the same way as when they are propelled by the sun’s matter, and perhaps even with almost equal force—you will surely conclude that the sun hardly needs to possess any such action or disposition at all; in fact, it seems entirely possible for it to exist merely as pure space and yet appear to us just as we do see it. This might have seemed to you a highly paradoxical notion before. Moreover, the motion of these planets around their centers is what causes them to shine, but their brightness is much weaker and of a different nature than that of the fixed stars; and because the moon lacks this motion, it does not shine at all.

For comets that are not in the same sky as the sun, they cannot send nearly as many rays toward the earth as if they were there—even when they are about to enter its orbit—and therefore cannot be seen by humans, unless perhaps on very rare occasions when their size is exceptionally large. The reason for this is that most of the rays sent by the sun towards these comets are scattered in various directions and weakened by refraction as they pass through different parts of the sky. For instance, instead of the comet CD receiving all the rays between lines SC and SD from the sun marked S and sending them toward the earth between lines CT and DT, it is more likely that the comet FF receives only those rays between lines SGE and SHF from the same sun. This is because these rays can pass much more easily from S to the surface GH (which I assume to be a part of the sky) than they can pass beyond it; as a result, their refraction there must be very significant, causing many of them to deviate and not reach the comet EF. Moreover, even if this surface were completely flat or curved in the opposite direction, most of the rays sent by the sun would still not be prevented from reaching it, at least not from returning back to the earth. For example, assuming that the part of the sky IR represents a segment of a sphere with its center at point S, rays SIL and SRM would not bend at all as they traveled toward the comet LM; instead, they would bend significantly on their return to the earth, making it extremely difficult for them to reach it in any substantial quantity. In addition, this could only happen if the comet was still far away from the sky containing the sun (otherwise, its proximity would cause that surface to curve inward toward the sun). Its distance also prevents it from receiving as many rays as it would if it were about to enter that region. As for the rays it receives from the fixed star at the center of the sky containing it, it is unable to send them back toward the earth, just as the moon cannot reflect the sun’s rays back to the earth when it is new.

But what is most remarkable about these comets is a certain refraction of their rays, which is usually the reason why some of them appear in the form of a tail or a halo around them. You can easily understand this if you look at this diagram, where S represents the sun, C a comet, and EBG the sphere that, as mentioned earlier, is composed of those parts of the second element that are the largest and most stable. DA represents the circle traced by the earth’s annual orbit. Imagine that the ray coming from C towards B seems to go straight on until it reaches point A; however, beyond that point, it begins to expand and divide into several other rays that spread out in all directions. Each of these rays becomes weaker the further it moves away from the central ray BA, which is the strongest and most prominent one. Similarly, the ray CE, starting from point E, also expands and divides into several branches, such as EH, EY, and ES; among these, EH is the strongest, while ES is the weakest. Moreover, the ray CG mainly extends from G towards I, but it also deviates in directions towards S and all the spaces between GI and GS. Finally, all the other rays that can be imagined between these three rays—CE, CB, and CG—each possess some characteristics of these original rays, to varying degrees depending on their proximity to them. I could also add that these rays must be slightly bent towards the sun; but this is not entirely necessary for my explanation, and I often omit many details in order to make what I am explaining simpler and more understandable.

Or, since this refraction is assumed to take place, it is evident that when the earth is positioned towards point A, not only must the ray BA appear to indicate that the earth supports the tail of comet C, but also rays such as LA and KA, which are weaker than BA, must appear to our eyes as a crown or halo of light scattered in all directions around the comet (as can be seen at the location marked 11), provided that these rays are strong enough to be detected; indeed, such effects are often observed in comets, which we assume to be quite large in size. However, such phenomena cannot possibly arise from planets or even fixed stars, which must be imagined as much smaller.

Per quanto riguarda i pianeti e le comete che si trovano nello stesso cielo del sole, considerando che le parti dell’“terzo elemento” di cui sono composti sono così grandi o strettamente legate tra loro da poter resistere all’azione della luce, è facile capire che devono essere visibili grazie ai raggi che il sole invia verso di loro e che da lì vengono riflessi sulla Terra; allo stesso modo, gli oggetti opachi o scuri presenti in una stanza possono essere visti attraverso i raggi emessi da una lampada che illumina quella stanza e che da lì tornano agli occhi di chi guarda. Inoltre, i raggi del sole hanno un vantaggio notevole rispetto a quelli di una lampada: la loro intensità infatti aumenta progressivamente man mano che si allontanano dal sole, fino a raggiungere la superficie esterna del suo cielo, poiché tutta la materia presente in quel cielo tende verso di lì; al contrario, i raggi di una lampada si indeboliscono all’aumentare della distanza, sia a causa delle grandi superfici sferiche che illuminano, sia anche a causa della resistenza dell’aria attraverso cui passano. Da questo deriva il fatto che gli oggetti vicini a una lampada vengono illuminati in modo molto più intenso rispetto a quelli lontani; inoltre, i pianeti più bassi non sono illuminati dal sole nella stessa misura dei pianeti più alti, né tantomeno delle comete, che sono di gran lunga più lontane.

L’esperienza ci mostra infatti che anche nel mondo reale accadono fenomeni simili; tuttavia non credo sia possibile spiegarli se si ipotizza che la luce negli oggetti sia qualcosa di diverso da un’azione o una disposizione, come le ho descritte. Dico “azione o disposizione” perché, se avete ben compreso quanto ho dimostrato in precedenza – ovvero che anche se lo spazio in cui si trova il sole fosse completamente vuoto, le sue parti continuerebbero comunque a dirigersi verso gli occhi di chi le osserva, proprio come avviene quando sono mosse dalla sua materia, e addirittura con quasi la stessa forza – allora è evidente che al sole non sia affatto necessaria alcuna “azione” interna, né tantomeno essere qualcosa di diverso da uno spazio puro, per apparire come lo vediamo; una conclusione che in precedenza potrebbe essere sembrata piuttosto paradossale. Inoltre, il movimento delle pianete attorno al loro centro è la causa del loro splendore, ma tale movimento è molto più debole e di natura diversa rispetto a quello delle stelle fisse; per questo motivo, la luna, essendo priva di tale movimento, non emette affatto luce.

Per le comete che non si trovano nella stessa regione del cielo del sole, è praticamente impossibile che inviino verso la Terra tanti raggi quante ne invierebbero se fossero in quella posizione; questo vale anche quando sono sul punto di entrare nel campo visivo terrestre. Di conseguenza, non possono essere viste dagli esseri umani, salvo forse in alcuni casi particolari in cui la loro grandezza è eccezionale. La ragione di ciò è che la maggior parte dei raggi emessi dal sole verso queste comete viene deviata da varie cause, soprattutto a causa della rifrazione che subiscono nel passaggio attraverso le diverse parti del firmamento. Ad esempio, supponendo che la cometa CD riceva dal sole tutti i raggi compresi tra le linee SC e SD, e ne invii verso la Terra quelli compresi tra le linee CT e DT, è facile intuire che una cometa come F F riceverebbe soltanto quei raggi situati tra le linee SGE e SHF. Questo perché tali raggi riescono a passare più facilmente dalla posizione del sole fino alla superficie del firmamento considerata, mentre altri non riescono ad attraversarla; di conseguenza, la loro rifrazione diventa molto intensa, deviandoli dal loro percorso originale. Inoltre, anche se la superficie del firmamento fosse completamente piatta o curva dall’altra parte, la maggior parte dei raggi solari che vi arrivassero verrebbe comunque deviata a causa della rifrazione, impedendo loro di raggiungere la cometa o almeno di tornare verso la Terra. Un altro fattore che influisce su questo fenomeno è l’entità dell’allontanamento della cometa rispetto al cielo solare: se fosse troppo vicina, la sua superficie verrebbe curvata verso il sole, deviando ulteriormente i raggi. Inoltre, anche se la superficie del firmamento fosse completamente piatta o curva dall’altra parte, la maggior parte dei raggi solari che vi arrivassero verrebbe comunque deviata a causa della rifrazione, impedendo loro di raggiungere la cometa o almeno di tornare verso la Terra. Un altro fattore che influisce su questo fenomeno è l’entità dell’allontanamento della cometa rispetto al cielo solare: se fosse troppo vicina, la sua superficie verrebbe curvata verso il sole, deviando ulteriormente i raggi. Inoltre, anche se la superficie del firmamento fosse completamente piatta o curva dall’altra parte, la maggior parte dei raggi solari che vi arrivassero verrebbe comunque deviata a causa della rifrazione, impedendo loro di raggiungere la cometa o almeno di tornare verso la Terra. Un altro fattore che influisce su questo fenomeno è l’entità dell’allontanamento della cometa rispetto al cielo solare: se fosse troppo vicina, la sua superficie verrebbe curvata verso il sole, deviando ulteriormente i raggi.

Ma ciò che è più notevole riguardo a queste comete è una certa rifrazione dei loro raggi, che di solito fa sì che alcuni di essi appaiano sotto forma di coda o di “capelli” attorno alla cometa stessa; questo potrete facilmente comprendere osservando questa rappresentazione grafica: in essa S rappresenta il sole, C la cometa e EBG la sfera composta dalle parti del secondo elemento più dense e meno agitate di tutte. Il cerchio DA indica l’orbita annuale della Terra; si potrebbe pensare che il raggio che va da C a B passi dritto fino al punto A, ma in realtà, a partire dal punto B, questo raggio inizia ad allargarsi e a dividersi in diversi raggi che si estendono in tutte le direzioni; ogni uno di questi raggi diventa sempre più debole quanto più si allontana da quello centrale, BA, che è il principale e il più forte. Anche il raggio CE, partendo dal punto E, inizia ad allargarsi e a dividersi in altri raggi, come EH, EY, ES; tra questi, l’ultimo, ES, è il più debole. Inoltre, il raggio CG si estende principalmente da G verso I, ma si discosta anche verso S e verso tutti gli spazi compresi tra GI e GS. Tutti gli altri raggi che possono essere immaginati tra questi tre raggi principali (CE, CB, CG) presentano caratteristiche simili a quelle di ciascuno di essi, in base alla loro distanza da essi. Potrei aggiungere anche che questi raggi devono essere leggermente curvi verso il sole; tuttavia, questo non è del tutto necessario per il mio discorso, e spesso ometto molte cose al fine di rendere ciò che spiego più semplice ed accessibile.

Ora, dato che si ammette questa rifrazione, è evidente che quando la Terra si trova rivolta verso il punto A, non solo il raggio BA deve far credere agli uomini che essa sostenga il corpo della cometa C, ma anche i raggi LA, KA e simili, che sono più deboli di BA e giungono ai loro occhi, devono far loro apparire una sorta di corona o di ciuffo luminoso distribuito uniformemente su tutti i lati attorno alla Terra (come si può vedere nel punto contrassegnato con il numero 11), almeno se questi raggi sono abbastanza intensi da essere percepiti; e questo spesso avviene nei casi delle comete, che presumiamo siano molto grandi, ma non certo nelle pianete né nemmeno nelle stelle fisse, le quali bisogna immaginare più piccole.

Il est manifeste aussi que lorsque la terre est vers M, et que la comète paraît par le moyen du rayon CKM, sa chevelure doit paraître par le moyen de QM, et de tous les autres qui tendent vers M ; en sorte qu’elle s’étend plus loin qu’auparavant vers la partie opposée au soleil, et moins ou point du tout vers celle qui le regarde, comme vous voyez ici 22. Et ainsi paraissant toujours de plus en plus longue vers le côté qui est opposé au soleil, à mesure que la terre est plus éloignée du point A, elle perd peu à peu la figure d’une chevelure, et se transforme en une longue queue, que la comète traîne après elle. Comme par exemple, la terre étant vers D, les rayons QD, VD, la font paraître semblable à 33. Et la terre étant vers o, les rayons Vo, Eo, et semblables, la font paraître encore plus longue ; et enfin la terre étant vers Y, on ne peut plus voir la comète, à cause de l’interposition du soleil, mais les rayons VY, EY, et semblables, ne laissent pas de faire encore paraître sa queue, en forme d’un chevron ou d’une lance de feu, telle qu’est ici 44. Et il est à remarquer que la sphère EBG n’étant point toujours exactement ronde, ni aussi toutes les autres qu’elle contient, ainsi qu’il est aisé à juger de ce que nous avons expliqué, ces queues ou lances de feu ne doivent point toujours paraître exactement droites, ni tout à fait en même plan que le soleil.

Pour la réfraction qui est cause de tout ceci, je confesse qu’elle est d’une nature fort particulière, et fort différente de toutes celles qui se remarquent communément ailleurs. Mais vous ne laisserez pas de voir clairement qu’elle se doit faire en la façon que je viens de vous décrire, si vous considérez que la boule H, étant poussée vers I, pousse aussi vers là toutes celles qui sont au-dessous jusqu’à K ; mais que celle-ci étant environnée de plusieurs autres plus petites, comme 4, 5, 6, ne pousse que 5 vers I ; et cependant qu’elle pousse 4 vers L, et 6 vers M, et ainsi des autres : en sorte pourtant qu’elle pousse celle du milieu 5, beaucoup plus fort que les autres 4 ; 6, et semblables, qui sont vers les côtés : et tout de même que la boule N, étant poussée vers L, pousse les petites boules 1, 2, 3, l’une vers L, l’autre vers I, et l’autre vers M, mais avec cette différence que, c’est qu’elle pousse le plus fort de toutes, et non pas celle du milieu 2, et de plus que les petites boules 1, 2, 3, 4, etc., étant ainsi en même temps toutes poussées par les autres boules N, P, H, P, s’empêchent les unes les autres de pouvoir aller vers les côtés L et M si facilement que vers le milieu I. En sorte que si tout l’espace LIM était plein de pareilles petites boules, les rayons de leur action s’y distribueraient en même façon que j’ai dit que font ceux des comètes au dedans de la sphère EBG.

A quoi si vous m’objectez que l’inégalité qui est entre les boules N, P, H, P, et 1, 2, 3, 4, est beaucoup plus grande que celle que j’ai supposée entre les parties du second élément qui composent la sphère EBG, et celles qui sont immédiatement au-dessous vers le soleil, je réponds qu’on ne peut tirer de ceci autre conséquence, sinon qu’il ne se doit pas tant faire de réfraction en cette sphère EBG, qu’en celle que composent les boules 1, 2, 3, 4 etc. ; mais qu’y ayant derechef de l’inégalité entre les parties du second élément qui sont immédiatement au-dessous de cette sphère EBG, et celles qui sont encore plus bas vers le soleil, cette réfraction s’augmente de plus en plus, à mesure que les rayons pénètrent plus avant ; en sorte qu’elle peut bien être aussi grande, ou même plus grande, lorsqu’ils parviennent à la sphère de la terre DAF, que celle de l’action dont les petites boules 1, 2, 3, 4, etc., sont poussées. Car il est bien vraisemblable que les parties du second élément qui sont vers cette sphère de la terre DAF ne sont pas moins petites à comparaison de celles qui sont vers la sphère EBG, que le sont ces boules 1, 2, 3, 4, etc., à comparaison des autres boules N, P, H, P.

FIN DU TRAITÉ DE LA LUMIÈRE

It is also evident that when the earth is positioned towards M, and the comet appears through the ray CKM, its ‘tail’ must appear through rays QM and all other rays that extend towards M; as a result, it extends further than before towards the side opposite to the sun, and much less or not at all towards the side that faces the sun, as can be seen here at 22. Thus, the tail appears increasingly longer on the side opposite to the sun as the earth moves farther away from point A; gradually, it loses its shape of a ‘tail’ and transforms into a long ‘streamer’ that the comet drags behind it. For example, when the earth is positioned towards D, rays QD and VD make the comet appear similar to 33. When the earth is positioned towards o, rays Vo and Eo, and others like them, make it appear even longer; finally, when the earth is positioned towards Y, the comet can no longer be seen due to the interference of the sun, but rays VY, EY, and similar ones still allow its tail to be visible, appearing in the shape of a ‘V’ or a ‘flame-like projection’, as shown here at 44. It is also worth noting that since the sphere EBG is not always perfectly circular, nor are all the other spheres it contains, it is easy to understand from what we have explained that these tails or flame-like projections do not necessarily appear always straight or completely in the same plane as the sun.

As for the refraction that is the cause of all this, I confess that it is of a very particular nature, quite different from all those that are commonly observed elsewhere. But if you consider that the ball H, being pushed towards I, also pushes all those balls that are below it towards I, up to K; yet since K is surrounded by several smaller balls, such as 4, 5, 6, it only pushes 5 towards I; and nevertheless it pushes 4 towards L and 6 towards M, and so on with the others; it is clear that it pushes the middle ball 5 much more forcefully than the other balls 4, 6, and the like, which are on the sides. Moreover, since the ball N, being pushed towards L, pushes the smaller balls 1, 2, 3, one towards L, another towards I, and yet another towards M; yet there is this difference: it pushes the strongest of all these balls, not the middle one 2. Furthermore, since the smaller balls 1, 2, 3, 4, etc., are also being pushed by the ball N, P, H, P, they prevent each other from moving as easily towards the sides L and M as they do towards the middle I. Therefore, if the entire space LIM were filled with such small balls, their effects would be distributed in just the same way as I have described how the rays of comets are distributed inside the sphere EBG.

If you object that the inequality between the spheres N, P, H, P and those numbered 1, 2, 3, 4 is much greater than the inequality I assumed to exist between the parts of the second element that constitute the sphere EBG and those immediately below it toward the sun, I reply that this can only lead to one conclusion: namely, that the refraction occurring in the sphere EBG must be less than that occurring in the sphere composed of the spheres 1, 2, 3, 4, etc. However, since there is also an inequality between the parts of the second element immediately below the sphere EBG and those even further below toward the sun, this refraction increases progressively as the rays penetrate deeper; consequently, it can be just as great, or even greater, when they reach the earth’s sphere DAF, as the refractive effect that causes the smaller spheres 1, 2, 3, 4, etc. to be displaced. It is quite probable, in fact, that the parts of the second element located near the earth’s sphere DAF are no less dense than those near the sphere EBG, just as the spheres 1, 2, 3, 4, etc. are not less dense than the other spheres N, P, H, P.

END OF THE TREATY ON LIGHT

È altresì evidente che quando la Terra si trova rivolta verso il punto M e la cometa appare attraverso il raggio CKM, la sua “coda” deve apparire attraverso i raggi QM e tutti gli altri che tendono verso il punto M; di conseguenza, essa si estende più lontano rispetto al passato verso la parte opposta al Sole, e molto meno – o addirittura per nulla – verso quella che lo guarda, come si può vedere qui 22. E così, man mano che la Terra si allontana dal punto A, la sua “coda” appare sempre più lunga verso il lato opposto al Sole; tuttavia, essa gradualmente perde la forma di una vera coda e si trasforma in un’estesa striscia che la cometa trascina dietro di sé. Ad esempio, quando la Terra è rivolta verso il punto D, i raggi QD, VD la fanno apparire simile a 33; mentre quando la Terra è rivolta verso il punto o, i raggi Vo, Eo e simili la fanno apparire ancora più lunga. Infine, quando la Terra è rivolta verso il punto Y, non si riesce più a vedere la cometa a causa dell’interposizione del Sole; tuttavia, i raggi VY, EY e simili permettono comunque di percepire la sua “coda”, che assume una forma a mezzaluna o a lancia di fuoco, come si può vedere qui 44. È inoltre da notare che la sfera EBG non è sempre perfettamente rotonda, né lo sono tutte le altre sfere che essa contiene; pertanto, come facilmente si può dedurre da quanto abbiamo spiegato, queste “code” o “lance di fuoco” non devono necessariamente apparire sempre dritte, né completamente allo stesso livello del Sole.

Per quanto riguarda la rifrazione che è alla causa di tutto ciò, confesso che sia di una natura molto particolare, e assai diversa da tutte quelle che comunemente si osservano altrove. Ma non potrete fare a meno di riconoscere chiaramente che essa deve avvenire nel modo che vi ho appena descritto, se considerate che la sfera H, essendo spinta verso I, spinge anche verso quel punto tutte quelle che si trovano al di sotto fino a K; ma che questa, essendo circondata da altre più piccole, come 4, 5, 6, spinge soltanto la numero 5 verso I; eppure spinge la numero 4 verso L, e la numero 6 verso M, e così via; in modo tale che spinge quella centrale, il numero 5, molto più forte delle altre, come le numeri 4, 6, ecc., che si trovano sui lati. E allo stesso modo, poiché la sfera N, essendo spinta verso L, spinge le piccole sfere 1, 2, 3, una verso L, un’altra verso I, e un’altra ancora verso M, c’è tuttavia questa differenza: essa spinge con la massima forza proprio quella centrale, il numero 2, mentre le piccole sfere 1, 2, 3, 4, ecc., essendo contemporaneamente spinte dalle altre sfere N, P, H, P, si ostacolano a vicenda nel poter muoversi verso i lati L e M con la stessa facilità con cui lo fanno verso il centro I. Quindi, se tutto lo spazio LIM fosse pieno di simili piccole sfere, i raggi del loro effetto si distribuirebbero in quel modo stesso in cui ho detto che avvviene all’interno della sfera EBG per gli effetti delle comete.

Se mi si obietta che l’ineguaglianza esistente tra le sfere N, P, H, P e quelle 1, 2, 3, 4 sia molto maggiore di quella che ho ipotizzato tra le parti del secondo elemento che compongono la sfera EBG e quelle immediatamente sottostanti verso il sole, rispondo che da ciò non si può dedurre altro se non che in questa sfera EBG non avviene una rifrazione paragonabile a quella verificatasi nelle sfere composte dalle sfere 1, 2, 3, 4, ecc.; tuttavia, poiché esiste anch’essa un’ineguaglianza tra le parti del secondo elemento situate immediatamente sotto la sfera EBG e quelle ancora più in basso verso il sole, questa rifrazione aumenta progressivamente all’aumentare della profondità di penetrazione dei raggi; pertanto, può ben darsi che sia altrettanto intensa, o addirittura maggiore, quando i raggi raggiungono la sfera terrestre DAF, rispetto a quella causata dall’azione delle piccole sfere 1, 2, 3, 4, ecc. Infatti, è molto probabile che le parti del secondo elemento situate in prossimità della sfera terrestre DAF non siano meno estese di quelle presenti nella sfera EBG, così come queste piccole sfere 1, 2, 3, 4, ecc. non lo sono rispetto alle altre sfere N, P, H, P.

Fine del Trattato sulla Luce