Descartes
Abstract
The systematic summa of Cartesian philosophy: methodic doubt, the cogito, clear and distinct ideas as the criterion of truth, a proof of God’s existence, and an entirely mechanistic physics of extended matter. The textbook with which Descartes meant to replace scholastic manuals in the universities.
Connections
Assi: Metodo, Dio, Anima e corpo, Origine della conoscenza, Fondamento della morale
Posizioni: dubbio metodico, teismo dimostrativo, dualismo sostanziale, innatismo, virtù
Concetti: cogito, idee chiare e distinte, sostanza, causa, virtù, meccanicismo
Argomenti: il cogito, argomento ontologico
Figure: genio maligno
Forme: trattato
Scuole: razionalismo continentale
Testo originale francese · Arvensa Editions, 2015 · pubblico dominio
Épître
A la sérénissime princesse
ÉLISABETH,
Première fille de Frédéric, roi de Bohême
Madame,
Le plus grand avantage que j’aie reçu des écrits que j’ai ci-devant publiés a été qu’à leur occasion j’ai eu l’honneur d’être connu de votre altesse, et de lui pouvoir quelquefois parler, ce qui m’a procuré le bonheur de remarquer en elle des qualités si rares et si estimables, que je crois que c’est rendre service au public de les proposer k la postérité pour exemple. J’aurais mauvaise grâce à vouloir flatter, ou bien à écrire des choses dont je n’aurais point de connaissance certaine, principalement aux premières pages de ce livre, dans lequel je tacherai de mettre les principes de toutes les vérités que l’esprit humain peut savoir. Et la généreuse modestie que l’on voit reluire en toutes les actions de votre altesse m’assure que les discours simples et francs d’un homme qui n’écrit que ce qu’il croit lui seront plus agréables que ne seraient des louanges ornées de termes pompeux et recherchés par ceux qui ont étudié l’art des compliments, C’est pourquoi je ne mettrai rien en cette lettre dont l’expérience et la raison ne m’ait rendu certain ; et j’y écrirai en philosophe ainsi que dans le reste du livre. Il y a bien de la différence entre les vraies vertus et celles qui ne sont qu’apparentes ; et il y en a aussi beaucoup entre les vraies qui procèdent d’une exacte connaissance de la vérité, et celles qui sont accompagnées d’ignorance ou d’erreur. Les vertus que je nomme apparentes ne sont, à proprement parler, que des vices, qui, n’étant pas si fréquents que d’autres vices qui leur sont contraires, ont coutume d’être plus estimés que les vertus qui consistent en la médiocrité, dont ces vices opposés sont les excès. Ainsi, à cause qu’il y a bien plus de personnes qui craignent trop les dangers qu’il n’y en a qui les craignent trop peu, on prend souvent la témérité pour une vertu ; et elle éclate bien plus aux occasions que ne fait le vrai courage, Ainsi les prodigues ont coutume d’être plus loués que les libéraux ; et ceux qui sont véritablement gens de bien n’acquièrent point tarit la réputation d’être dévots que font les superstitieux et les hypocrites. Pour ce qui est des vraies vertus, elles ne viennent pas toutes d’une vraie connaissance, mais il y en a qui naissent aussi quelquefois du défaut ou de l’erreur : ainsi la simplicité est souvent la cause de la bonté, souvent la peur donne de la dévotion, et le désespoir du courage. Or les vertus qui sont ainsi accompagnées de quelque imperfection sont différentes entre elles, et on leur a aussi donné divers noms. Mais celles qui sont si pures et si parfaites qu’elles ne viennent que de la seule connaissance du bien, sont toutes de même nature, et peuvent être comprises sous le seul nom de la sagesse. Car quiconque a une volonté ferme et constante d’user toujours de sa raison le mieux qu’il est en son pouvoir, et de faire en toutes ses actions ce qu’il juge être le meilleur, est véritablement sage autant que sa nature permet qu’il le soit ; et par cela seul il est juste, courageux, modéré, et a toutes les autres vertus, mais tellement jointes ensemble qu’il n’y en a aucune qui paraisse plus que les autres : c’est pourquoi, encore qu’elles soient beaucoup plus parfaites que celles que le mélange de quelque défaut fait éclater, toutefois, à cause que le commun des hommes les remarque moins, on n’a pas coutume de leur donner tant de louanges. Outre cela, de deux choses qui sont requises à la sagesse ainsi décrite, à savoir que l’entendement connaisse tout ce qui est bien et que la volonté soit toujours disposée à le suivre, il n’y a que celle qui consiste en la volonté que tous les hommes puissent également avoir, d’autant que l’entendement de quelques-uns n’est pas si bon que celui des autres. Mais encore que ceux qui n’ont pas tant d’esprit puissent être aussi parfaitement sages que leur nature le permet, et se rendre très agréables à Dieu par leur vertu, si seulement ils ont toujours une ferme résolution de faire tout le bien qu’ils sauront, et de n’omettre rien pour apprendre celui qu’ils ignorent ; toutefois ceux qui avec une constante volonté de bien faire et un soin très particulier de s’instruire ont aussi un très excellent esprit, arrivent sans doute un plus haut degré de sagesse que les autres. Et je vois que ces trois choses se trouvent très parfaitement en votre altesse. Car pour le soin qu’elle a eu de s’instruire il paraît assez, de ce que ni les divertissements de la cour, ni la façon dont les princesses ont coutume d’être nourries, qui les détournent entièrement de la connaissance des lettres, n’ont pu empêcher que vous n’ayez étudié avec beaucoup de soin tout ce qu’il y a de meilleur dans les sciences : et on connaît l’excellence de votre esprit en ce que vous les avez parfaitement apprises en fort peu de temps. Mais j’en ai encore une autre preuve qui m’est particulière, en ce que je n’ai jamais rencontré personne qui ait si généralement et si bien entendu tout ce qui est contenu dans mes écrits. Car il y en a plusieurs qui les trouvent très obscurs, même entre les meilleurs esprits et les plus doctes ; et je remarque presque en tous que ceux qui conçoivent aisément les choses qui appartiennent aux mathématiques ne sont nullement propres à entendre celles qui se rapportent à la métaphysique, et au contraire que ceux à qui celles-ci sont aisées ne peuvent comprendre les autres : en sorte que je puis dire avec vérité que je n’ai jamais rencontré que le seul esprit de votre altesse auquel l’un et l’autre fût également facile ; ce qui fait que j’ai une très juste raison de l’estimer incomparable. Mais ce qui augmente le plus mon admiration, c’est qu’une si parfaite et si diverse connaissance de toutes les sciences n’est point en quelque vieux docteur qui ait employé beaucoup d’années à s’instruire, mais en une princesse encore jeune, et dont le visage représente mieux celui que les poètes attribuent aux Grâces que celui qu’ils attribuent aux Muses ou à la savante Minerve. Enfin, je ne remarque pas seulement en votre altesse tout ce qui est requis de la part de l’esprit à la plus haute et plus excellente sagesse, mais aussi tout ce qui peut être requis de la part de la volonté ou des mœurs, dans lesquelles on voit la magnanimité et la douceur jointes ensemble avec un tel tempérament que, quoique la fortune, en vous attaquant par de continuelles injures, semble avoir fait tous ses efforts pour vous faire changer d’humeur, elle n’a jamais pu tant soit peu ni vous irriter ni vous abattre. Et cette sagesse si parfaite m’oblige à tant de vénération, que non seulement je pense lui devoir ce livre, puisqu’il traite de la philosophie qui en est l’étude, mais aussi je n’ai pas plus de zèle à philosopher, c’est-à-dire à tâcher d’acquérir de la sagesse, que j’en ai à être,
Madame,
DE VOTRE ALTESSE
Le très humble, très obéissant et très dévot serviteur,
DESCARTES.
Lettre de l’auteur
CELUI QUI A TRADUIT LE LIVRE
Laquelle peut ici servir de Préface
Monsieur,
La version que vous avez pris la peine de faire de mes Principes est si nette et si accomplie, qu’elle me fait espérer qu’ils seront lus par plus de personnes en français qu’en latin, et qu’ils seront mieux entendus. J’appréhende seulement que le titre n’en rebute plusieurs qui n’ont point été nourris aux lettres, ou bien qui ont mauvaise opinion de la philosophie : à cause que celle qu’on leur a enseignée ne les a pas contentés ; et cela me fait croire qu’il serait bon d’y ajouter une préface qui leur déclarât quel est le sujet du livre, quel dessein j’ai eu en l’écrivant, et quelle utilité on en peut tirer. Mais encore que ce serait à moi de faire cette préface, à cause que je dois savoir ces choses-là mieux qu’aucun autre, je ne puis rien obtenir de moi-même sinon que je mettrai ici en abrégé les principaux points qui me semblent y devoir être traités ; et je laisse à votre discrétion d’en faire telle part au public que vous jugerez être à propos.
Epistle
To the most serene princess.
ÉLISABETH,
The eldest daughter of Frederick, King of Bohemia.
Madam,
The greatest advantage I have gained from the writings I have previously published is that they have afforded me the honor of being known to your Highness and occasionally having the opportunity to speak with you. This has allowed me to observe in you qualities so rare and admirable that I believe it would be a service to the public to record them for future generations to learn from. It would be utterly inappropriate for me to attempt flattery or to write about matters of which I am not entirely certain, especially in the first pages of this book, where I aim to lay out the principles of all the truths that the human mind can comprehend. Moreover, the generous modesty that is evident in every action of your Highness assures me that the simple and honest words of a man who writes only what he believes will be far more pleasing to you than flowery compliments crafted by those who have studied the art of flattery. Therefore, I will include in this letter nothing except what experience and reason have assured me to be true; I will write as a philosopher, just as I do throughout the rest of the book. There is indeed a great difference between true virtues and those that are merely apparent; and there is also a significant distinction between true virtues that arise from a thorough understanding of the truth and those that are tainted by ignorance or error. The virtues I refer to as apparent are, in essence, vices that, because they are less common than their opposite evils, are often regarded more highly than the so-called virtues that consist merely in avoiding mediocrity—those very vices that constitute their extremes. Thus, since far more people fear dangers too much than they fear them enough, recklessness is often mistaken for virtue; and it manifests itself far more frequently than true courage does. For this reason, prodigals are usually praised more than those who are frugal; and genuine good people rarely gain the reputation of being pious like those who are superstitious or hypocritical. As for true virtues, not all of them arise from a genuine understanding of the truth; some may even stem from ignorance or error. For instance, simplicity is often the source of goodness, fear can lead to devotion, and despair can inspire courage. However, virtues that are accompanied by such imperfections differ from each other and have been given various names accordingly. But those virtues that are so pure and perfect that they arise solely from a true understanding of the good are all of one nature and can be collectively referred to as wisdom. For anyone who possesses a firm and unwavering resolve to always use their reason to the best of their ability and to do in all their actions what they consider to be the right thing, is truly wise to the extent that their nature permits them to be; and by this alone, they are just, courageous, moderate, and possess all other virtues, so perfectly combined that none of them appears to stand out more than the others. Therefore, even though these virtues are far more perfect than those that are tainted by some defect, yet because ordinary people notice them less, we do not usually give them as much praise. Moreover, of the two requirements necessary for such wisdom—namely, that the intellect understand everything that is good and that the will be always ready to follow it—only the latter is something that all people can equally possess, since not everyone’s intellect is of equal quality. However, even those who do not possess great intelligence can still achieve a high degree of wisdom within the limits of their nature, and can please God greatly through their virtue, so long as they always make a firm determination to do all good they know how to do and spare no effort to learn what they do not know. Nevertheless, those who consistently strive to do good and take great care to educate themselves will also possess an excellent intellect and will undoubtedly attain a higher level of wisdom than others. And I see that these three qualities are perfectly present in your highness. For the diligence you have shown in your studies is evident in the fact that neither the amusements of court nor the way princesses are usually educated—which would otherwise distract them from learning—have prevented you from diligently studying everything that is best in the various sciences; and your excellent intellect is proven by the fact that you have mastered these subjects in a very short time. But I have another personal proof of this: I have never met anyone who has so thoroughly and clearly understood the content of my writings. Indeed, many people find them quite difficult to comprehend, even among those with the best intellects and greatest learning; and I observe that those who easily grasp mathematical concepts are usually not capable of understanding metaphysical ideas, and vice versa. Therefore, I can truly say that your highness is the only one whose intellect allows her to understand both types of content equally well; which gives me every reason to consider you incomparable. But what increases my admiration even more is the fact that such a perfect and diverse knowledge of all sciences does not come from some aged scholar who has spent many years in his studies, but rather from a young princess whose appearance better reflects the image that poets attribute to the Graces than to the Muses or the wise Minerva. Moreover, I observe in your highness not only everything that the intellect requires for the highest and most excellent wisdom, but also everything that courage or virtue might demand; in your character, generosity and gentleness are combined with such a temperament that, despite the constant insults inflicted upon you by fate, which seem to have done their utmost to change your mood, it has never been able to irritate or depress you in the slightest. And this perfect wisdom commands my deepest respect to such an extent that I feel not only obliged to dedicate this book to you, since it deals with the philosophy that is its subject of study, but also that I have no greater zeal for engaging in philosophical pursuits—that is, for striving to acquire wisdom—than I do for striving to become.
Madam,
To Your Highness
The very humble, very obedient, and very devout servant,
DESCARTES.
Author’s Letter
THE ONE WHO TRANSLATED THE BOOK
Which one can serve as a Preface here.
Sir,
The version you have taken the trouble to prepare of my Principles is so clear and well-executed that it gives me hope that they will be read in French by more people than in Latin, and that they will be understood more thoroughly. My only concern is that the title might deter some readers who are not familiar with literature or who hold unfavorable views of philosophy—because the philosophy that has been taught to them has not satisfied them. For this reason, I think it would be useful to add a preface that explains the subject of the book, the purpose behind my writing it, and its potential usefulness. However, although it is my duty to write such a preface, since I know these matters better than anyone else, all I can do is briefly outline the main points that, in my opinion, should be addressed in it; I leave it up to you to decide how much of this information to share with the public.
Epistola
Alla serenissima principessa.
ELISABETTA,
Prima figlia di Federico, re di Boemia.
Signora,
Il più grande vantaggio che ho tratto dagli scritti che ho pubblicato in precedenza è stato il fatto di aver avuto l’onore di essere conosciuto da Vostra Altezza e di poter talvolta conversare con Lei, il che mi ha permesso di notare in Lei qualità così rare ed estremamente preziose da ritenere sia un dovere nei confronti del pubblico presentarle alla posterità come esempi. Sarebbe scortese da parte mia cercare di lusingare o scrivere cose di cui non avessi certezza, soprattutto nelle prime pagine di questo libro, nel quale intendo esporre i principi di tutte le verità che lo spirito umano può conoscere. Inoltre, la generosa modestia che si nota in tutte le azioni di Vostra Altezza mi assicura che discorsi semplici e franchi da parte di una persona che scrive soltanto ciò in cui crede saranno per Lei più graditi di lodi adornate di termini pomposi e ricercati, tipici di coloro che hanno studiato l’arte dei complimenti. Per questo motivo, non inserirò in questa lettera nulla di ciò che esperienza e ragione non mi abbiano reso certo; scriverò quindi come un filosofo, proprio come nel resto del libro. Esiste infatti una grande differenza tra le vere virtù e quelle che appaiono tali soltanto; altrettanta differenza c’è tra le vere virtù che derivano da una conoscenza accurata della verità e quelle che sono accompagnate da ignoranza o errore. Le virtù che chiamo “apparenti” non sono, in realtà, altro che vizi che, pur essendo meno diffusi di altri vizi contrari a loro, sono spesso considerati più preziosi delle virtù che consistono nella mediocrità, le cui estremità sono rappresentate da quei vizi opposti. Così, poiché molte persone temono troppo i pericoli piuttosto che non temerli abbastanza, la temerarietà viene spesso scambiata per una virtù; inoltre, essa si manifesta più frequentemente di quanto lo faccia il vero coraggio. Per questo motivo, i prodighi sono solitamente lodati più dei liberali; mentre coloro che sono veramente persone buone non acquisiscono mai la reputazione di essere devoti come fanno i superstiziosi e gli ipocriti. Quanto alle vere virtù, non tutte derivano da una vera conoscenza; alcune nascono talvolta anche dal difetto o dall’errore: così la semplicità è spesso causa di bontà, la paura genera devozione, il dispero coraggio. Le virtù che sono accompagnate da qualche imperfezione differiscono tra loro e hanno ricevuto nomi diversi; ma quelle che sono così pure e perfette da derivare unicamente dalla conoscenza della verità appartengono tutte alla stessa natura e possono essere definite con un solo nome: saggezza. Chiunque abbia una volontà ferma e costante di utilizzare sempre la propria ragione nel modo migliore possibile, e di compiere in tutte le proprie azioni ciò che ritiene essere il meglio, è veramente saggio nella misura in cui la sua natura glielo permette; ed è proprio per questo motivo che è giusto, coraggioso, moderato e possiede tutte le altre virtù, ma queste sono così strettamente legate tra loro che nessuna di esse sembra predominare sulle altre. Per questo motivo, anche se queste virtù sono molto più perfette di quelle che vengono compromesse dall’ausilio di qualche difetto, poiché la maggior parte delle persone le nota meno, non è consuetudine attribuire loro tante lodi. Inoltre, tra le due condizioni necessarie per possedere una saggezza del genere – ovvero che l’intelletto conosca tutto ciò che è buono e che la volontà sia sempre disposta a seguirlo – soltanto la seconda è qualcosa che tutti gli uomini possono possedere in ugual misura, poiché l’intelligenza di alcuni non è paragonabile a quella degli altri. Tuttavia, anche coloro che non dispongono di un intelletto particolarmente acuto possono essere altrettanto saggi nella misura in cui la loro natura lo permette, e possono rendere molto graditi a Dio con le loro virtù; basta che abbiano sempre la ferma determinazione di compiere tutto il bene che sanno e di non tralasciare nulla per imparare ciò che ignorano. Chi invece possiede una volontà costante di fare del bene e un grande impegno nell’istruirsi raggiunge sicuramente un livello di saggezza molto più elevato rispetto agli altri. E vedo che queste tre caratteristiche sono perfettamente presenti nella vostra altezza: il grande impegno che avete messo nello studio dimostra chiaramente che né i divertimenti della corte né le abitudini tipiche delle principesse sono riusciti a distogliervi dalla conoscenza dei libri; inoltre, si sa dell’eccellenza del vostro intelletto dal fatto che avete appreso con grande rapidità tutto ciò che c’è di meglio nelle scienze. Ho anche un’altra prova personale: non ho mai incontrato nessuno che comprendesse così bene e in modo così generale il contenuto dei miei scritti. Molti, infatti, li trovano molto oscuri, persino tra gli intellettuali più dotati; inoltre, noto che coloro a cui sono facili le questioni matematiche di solito non riescono a comprendere quelle legate alla metafisica, e viceversa. Quindi posso dire con certezza che la vostra altezza è l’unica persona al mondo per cui sia altrettanto facile comprendere entrambi i tipi di argomenti; ed è proprio per questo motivo che ho tutte le ragioni per considerarvi incomparabile. Ma ciò che aumenta maggiormente la mia ammirazione è il fatto che una conoscenza così perfetta e così varia di tutte le scienze non appartiene a qualche vecchio dotto che abbia trascorso molti anni nell’istruirsi, ma a una principessa ancora giovane, la cui bellezza rappresenta meglio quella che i poeti attribuiscono alle Grazie che quella che attribuiscono alle Muse o alla saggia Minerva. Infine, non noto nella vostra altezza soltanto tutto ciò che l’intelligenza può richiedere per raggiungere la saggezza più elevata ed eccellente, ma anche tutto ciò che la volontà e i costumi possono offrire: magnanimità e dolcezza unite a un temperamento tale che, nonostante la fortuna, con le sue continue offese, sembri aver fatto di tutto per farvi cambiare umore, non è mai riuscita a irritarvi o abbattervi nemmeno minimamente. E questa saggezza così perfetta mi obbliga a provare una tale venerazione che non solo ritengo di doverle questo libro, poiché tratta della filosofia che ne è lo studio principale, ma anche non ho alcun desiderio maggiore di dedicarmi alla filosofia, cioè di cercare di acquisire saggezza.
Signora,
Altezza Vostra,
Il molto umile, molto obbediente e molto devoto servitore,
DESCARTES.
Lettera dell’autore
Colui che ha tradotto il libro.
Questa può fungere da Prefazione in questo contesto.
Signore,
La versione che avete preso la briga di preparare dei miei “Principi” è così chiara e completa che mi fa sperare che venga letta in francese da più persone rispetto al latino, e che venga compresa meglio. Temo soltanto che il titolo possa scoraggiare coloro che non hanno ricevuto un’educazione letteraria o che hanno una cattiva opinione della filosofia, poiché quella che loro è stata insegnata non li ha soddisfatti; per questo penso che sarebbe utile aggiungere una prefazione in cui si spieghi quale sia l’argomento del libro, quale sia lo scopo che avevo nel scriverlo e quale utilità se ne possa trarre. Tuttavia, anche se spetterebbe a me scrivere questa prefazione, poiché conosco queste cose meglio di chiunque altro, non riesco a fare altro che riassumere qui i punti principali che ritengo debbano essere trattati; lascio quindi a voi la libertà di decidere in quale modo presentarli al pubblico.
J’aurais voulu premièrement y expliquer ce que c’est que la philosophie, en commençant par les choses les plus vulgaires, comme sont : que ce mot philosophie signifie l’étude de la sagesse, et que par la sagesse on n’entend pas seulement la prudence dans les affaires, mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l’homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les arts ; et qu’afin que cette connaissance soit telle, il est nécessaire qu’elle soit déduite des premières causes, en sorte que pour étudier à l’acquérir, ce qui se nomme proprement philosopher, il faut commencer par la recherche de ces premières causes, c’est-à-dire des principes ; et que ces principes doivent avoir deux conditions : l’une, qu’ils soient si clairs et si évidents que l’esprit humain ne puisse douter de leur vérité, lorsqu’il s’applique avec attention à les considérer ; l’autre, que ce soit d’eux que dépende la connaissance des autres choses, en sorte qu’ils puissent être connus sans elles, mais non pas réciproquement elles sans eux ; et qu’après cela il faut tâcher de déduire tellement de ces principes la connaissance des choses qui en dépendent, qu’il n’y ait rien en toute la suite des déductions qu’on en fait qui ne soit très manifeste. Il n’y a véritablement que Dieu seul qui soit parfaitement sage, c’est-à-dire qui ait l’entière connaissance de la vérité de toutes choses ; mais on peut dire que les hommes ont plus ou moins de sagesse à raison de ce qu’ils ont plus ou moins de connaissance des vérités plus importantes. Et je crois qu’il n’y a rien en ceci dont tous les doctes ne demeurent d’accord.
J’aurais ensuite fait considérer l’utilité de cette philosophie, et montré que, puisqu’elle s’étend à tout ce que l’esprit humain peut savoir, on doit croire que c’est elle seule qui nous distingue des plus sauvages et barbares, et que chaque nation est d’autant plus civilisée et polie que les hommes y philosophent mieux ; et ainsi que c’est le plus grand bien qui puisse être en un État que d’avoir de vrais philosophes. Et outre cela que, pour chaque homme en particulier, il n’est pas seulement utile de vivre avec ceux qui s’appliquent à cette étude, mais qu’il est incomparablement meilleur de s’y appliquer soi-même ; comme sans doute il vaut beaucoup mieux se servir de ses propres yeux pour se conduire, et jouir par même moyen de la beauté des couleurs et de la lumière, que non pas de les avoir fermés et suivre la conduite d’un autre ; mais ce dernier est encore meilleur que de les tenir fermés et n’avoir que soi pour se conduire. C’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ; et le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n’est point comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu’on trouve par la philosophie ; et, enfin, cette étude est plus nécessaire pour régler nos mœurs et nous conduire en cette vie, que n’est l’usage de nos yeux pour guider nos pas. Les bêtes brutes, qui n’ont que leur corps à conserver, s’occupent continuellement à chercher de quoi le nourrir ; mais les hommes, dont la principale partie est l’esprit, devraient employer leurs principaux soins à la recherche de la sagesse, qui en est la vraie nourriture ; et je m’assure aussi qu’il y en a plusieurs qui n’y manqueraient pas, s’ils avaient espérance d’y réussir, et qu’ils sussent combien ils en sont capables. Il n’y a point d’âme tant soit peu noble qui demeure si fort attachée aux objets des sens qu’elle ne s’en détourne quelquefois pour souhaiter quelque autre plus grand bien, nonobstant qu’elle ignore souvent en quoi il consiste. Ceux que la fortune favorise le plus, qui ont abondance de santé, d’honneurs, de richesses, ne sont pas plus exempts de ce désir que les autres ; au contraire, je me persuade que ce sont eux qui soupirent avec le plus d’ardeur après un autre bien, plus souverain que tous ceux qu’ils possèdent. Or, ce souverain bien considéré par la raison naturelle sans la lumière de la foi, n’est autre chose que la connaissance de la vérité par ses premières causes, c’est-à-dire la sagesse, dont la philosophie est l’étude. Et, parce que toutes ces choses sont entièrement vraies, elles ne seraient pas difficiles à persuader si elles étaient bien déduites.
Mais parce qu’on est empêché de les croire, par l’expérience qui montre que ceux qui font profession d’être philosophes sont souvent moins sages et moins raisonnables que d’autres qui ne se sont jamais appliqués à cette étude, j’aurais ici sommairement expliqué en quoi consiste toute la science qu’on a maintenant, et quels sont les degrés de sagesse auxquels on est par venu. Le premier ne contient que des notions qui sont si claires d’elles-mêmes qu’on les peut acquérir sans méditation ; le second comprend tout ce que l’expérience des sens fait connaître ; le troisième, ce que la conversation des autres hommes nous enseigne ; à quoi l’on peut ajouter, pour le quatrième, la lecture, non de tous les livres, mais particulièrement de ceux qui ont été écrits par des personnes capables de nous donner de bonnes instructions, car c’est une espèce de conversation que nous avons avec leurs auteurs. Et il me semble que toute la sagesse qu’on a coutume d’avoir n’est acquise que par ces quatre moyens ; car je ne mets point ici en rang la révélation divine, parce qu’elle ne nous conduit pas par degrés, mais nous élève tout d’un coup à une croyance infaillible.
Or, il y a eu de tout temps de grands hommes qui ont tâché de trouver un cinquième degré pour parvenir à la sagesse, incomparablement plus haut et plus assuré que les quatre autres ; c’est de chercher les premières causes et les vrais principes dont on puisse déduire les raisons de tout ce qu’on est capable de savoir ; et ce sont particulièrement ceux qui ont travaillé à cela qu’on a nommés philosophes. Toutefois je ne sache point qu’il y en ait eu jusqu’à présent à qui ce dessein ait réussi. Les premiers et les principaux dont nous ayons les écrits sont Platon et Aristote, entre lesquels il n’y a eu autre différence sinon que le premier, suivant les traces de son maître Socrate, a ingénument confessé qu’il n’avait encore rien pu trouver de certain, et s’est contenté d’écrire les choses qui lui ont semblé être vraisemblables, imaginant à cet effet quelques principes par lesquels il tâchait de rendre raison des autres choses : au lieu qu’Aristote a eu moins de franchise ; et bien qu’il eût été vingt ans son disciple, et n’eût point d’autres principes que les siens, il a entièrement changé la façon de les débiter, et les a proposés comme vrais et assurés, quoiqu’il n’y ait aucune apparence qu’il les ait jamais estimés tels. Or, ces deux hommes avaient beaucoup d’esprit et beaucoup de la sagesse qui s’acquiert par les quatre moyens précédents, ce qui leur donnait beaucoup d’autorité ; en sorte que ceux qui vinrent après eux s’arrêtèrent plus à suivre leurs opinions qu’à chercher quelque chose de meilleur ; et la principale dispute que leurs disciples eurent entre eux, fut pour savoir si on devait mettre toutes choses en doute, ou bien s’il y en avait quelques-unes qui fussent certaines ; ce qui les porta de part et d’autre à des erreurs extravagantes ; car quelques-uns de ceux qui étaient pour le doute l’étendaient même jusqu’aux actions de la vie, en sorte qu’ils négligeaient d’user de prudence pour se conduire ; et ceux qui maintenaient la certitude, supposant qu’elle devait dépendre des sens, se fiaient entièrement à eux, jusque-là qu’on dit qu’Épicure osait assurer, contre tous les raisonnements des astronomes, que le soleil n’est pas plus grand qu’il paraît.
C’est un défaut qu’on peut remarquer en la plupart des disputes, que la vérité étant moyenne entre les deux opinions qu’on soutient, chacun s’en éloigne d’autant plus qu’il a plus d’affection à contredire. Mais l’erreur de ceux qui penchaient trop du côté du doute ne fut pas longtemps suivie, et celle des autres a été quelque peu corrigée, en ce qu’on a reconnu que les sens nous trompent en beaucoup de choses. Toutefois je ne sache point qu’on l’ait entièrement ôtée en faisant voir que la certitude n’est pas dans le sens, mais dans l’entendement seul lorsqu’il a des perceptions évidentes ; et que pendant qu’on n’a que les connaissances qui s’acquièrent par les quatre premiers degrés de sagesse, on ne doit pas douter des choses qui semblent vraies en ce qui regarde la conduite de la vie ; mais qu’on ne doit pas aussi les estimer si certaines qu’on ne puisse changer d’avis lorsqu’on y est obligé par l’évidence de quelque raison.
I would have wished to explain there first what philosophy actually is, starting with the most fundamental concepts. For instance, the word “philosophy” means the study of wisdom; and by wisdom, we do not mean merely prudence in everyday matters, but rather a thorough understanding of all things that humanity can know—whether for guiding one’s life, maintaining health, or inventing various arts. To attain such knowledge, it is necessary to derive it from its ultimate causes. In other words, to truly engage in philosophy, one must begin by seeking out these fundamental principles. These principles must meet two conditions: first, they must be so clear and evident that the human mind cannot doubt their truth when they are carefully examined; second, their understanding must be independent of all other knowledge—meaning that they can be known without relying on anything else, but nothing else can be known without them. Once these principles have been established, one should then strive to derive from them a comprehensive understanding of all related matters, ensuring that none of the conclusions drawn are uncertain or ambiguous. Indeed, only God alone possesses perfect wisdom—that is, a complete knowledge of the truth about all things. However, humans can possess more or less wisdom depending on the extent of their understanding of these fundamental truths. And I believe that all scholars would agree on this point.
I would then have discussed the usefulness of this philosophy and shown that, since it encompasses everything that the human mind can know, we must believe that it is precisely this philosophy that distinguishes us from the most savage and barbaric among us. Moreover, I would have argued that every nation becomes more civilized and polite to the extent that its people engage in philosophical inquiry; indeed, having true philosophers in a state is undoubtedly the greatest benefit it can enjoy. Furthermore, for any individual, it is not only useful to live among those who devote themselves to this pursuit but also incomparably better to engage in it oneself. Just as it is far preferable to use one’s own eyes to see and thus enjoy the beauty of colors and light than to keep them closed and follow the guidance of another; yet even that is better than keeping one’s eyes shut entirely and relying solely on oneself. To live without engaging in philosophy is, in essence, to keep one’s eyes closed and never attempt to open them. The pleasure of seeing all that our sight can perceive is nothing compared to the satisfaction derived from understanding those things through philosophy. Lastly, this pursuit is far more necessary for regulating our behavior and guiding us through life than the use of our eyes for navigating our surroundings. Wild animals, whose sole concern is preserving their physical bodies, constantly seek food to sustain them; but humans, whose most important aspect is the mind, should devote their greatest efforts to seeking wisdom—the true nourishment for the soul. I am certain that many people would not lack this if they had the hope of achieving it and if they realized how capable they are of doing so. There is no soul, however noble, that remains so utterly attached to the pleasures of the senses that it never turns its attention toward some greater good, even though it often does not know what that good consists of. Those who are most fortunate in life—those who enjoy good health, honor, and wealth—are no less susceptible to such desires than others; on the contrary, I believe they are precisely those who yearn most ardently for a supreme good that surpasses all they possess. Now, this supreme good, when considered through natural reason without the illumination of faith, is nothing other than the knowledge of truth through its fundamental causes—that is, wisdom itself, the subject of philosophical study. And since all these things are absolutely true, they would not be difficult to persuade anyone if presented in a clear and convincing manner.
But because we are prevented from believing them—because experience shows that those who profess to be philosophers are often less wise and less rational than others who have never devoted themselves to this study—I would have briefly explained here what all the knowledge we possess today consists of, and to what levels of wisdom we have thus progressed. The first level encompasses only such concepts that are so clear in their own right that they can be acquired without any deliberation; the second includes everything that our senses enable us to understand through experience; the third comprises what we learn from the conversations of other people; and to this we can add, for the fourth level, the reading of books—not all books, but particularly those written by individuals capable of providing us with sound guidance, for reading is in a way a form of conversation with their authors. And it seems to me that all the wisdom we commonly possess is acquired through these four means alone; for I do not include divine revelation in this list, since it does not lead us step by step through a process of learning, but rather elevates us instantly to an infallible belief.
Or, throughout history, there have always been great men who sought to attain a fifth level of wisdom—one that is incomparably higher and more certain than the other four. Such men sought to discover the primary causes and true principles from which all knowledge could be derived; it was they who were particularly called philosophers. However, I am not aware that anyone has ever succeeded in this endeavor to date. The earliest and most important of these philosophers whose writings have survived are Plato and Aristotle. The only difference between them is that Plato, following in the footsteps of his teacher Socrates, candidly admitted that he had not yet found anything certain and contented himself with writing down what seemed plausible to him, employing certain principles to attempt to explain other phenomena. Aristotle, on the other hand, was less frank; although he had been his disciple for twenty years and relied solely on his own principles, he completely altered the way these ideas were presented, presenting them as true and indisputable—though there is no evidence to suggest that he ever truly believed them to be such. Both of these men possessed great intelligence and much of the wisdom acquired through the aforementioned four methods, which gave them considerable authority. As a result, those who came after them tended to follow their opinions rather than seek something better. The main debate among their disciples revolved around whether all things should be doubted or whether there were some that were certain; this led them to commit various extreme errors—some of those who advocated doubt even extended it to everyday actions, failing to exercise prudence in their conduct; while those who upheld certainty, assuming that it depended on the senses, placed complete trust in them, to such an extent that Epicurus is said to have boldly claimed, against all the arguments of astronomers, that the sun was not larger than it appeared.
This is a flaw that can be observed in most disputes: since the truth lies somewhere between the two opinions held by opposing parties, each one deviates from it even more the stronger their desire to refute the other’s views. However, the errors of those who leaned too heavily towards doubt were not long sustained, and the mistakes of the others were somewhat corrected when it became recognized that our senses often deceive us in many matters. Nevertheless, I am not aware that this misconception has been completely dispelled through the realization that certainty does not reside in the senses, but solely in the intellect when it possesses clear perceptions; and that while we only possess knowledge acquired through the first four stages of wisdom, we should not regard things as absolutely true in terms of their practical implications for living; yet at the same time, we should not consider them so certain that we cannot change our opinions when confronted with compelling evidence.
Avrei voluto innanzitutto spiegare cosa sia la filosofia, partendo dalle cose più elementari: che il termine “filosofia” indica lo studio della saggezza, e che per saggezza non si intende soltanto la prudenza nelle azioni quotidiane, ma una conoscenza completa di tutte le cose che l’uomo può apprendere, sia per guidare la propria vita che per preservare la propria salute o inventare nuove arti. Affinché questa conoscenza sia effettivamente completa, è necessario che derivi dalle cause primarie; quindi, per studiare e acquisirla – il che costituisce propriamente l’atto di “filosofare” – bisogna iniziare cercando queste cause primarie, ovvero i principi fondamentali. Tali principi devono soddisfare due condizioni: la prima è che siano così chiari ed evidenti da non lasciare dubbi sulla loro veridicità quando vengono attentamente considerati; la seconda è che dalla conoscenza di questi principi derivi necessariamente quella di tutte le altre cose, in modo che essi possano essere compresi indipendentemente dalle altre realtà, ma non viceversa. Una volta individuati tali principi, bisogna cercare di dedurre da essi una conoscenza completa delle cose che ne dipendono, in modo che nessuna delle conclusioni derivanti sia ambigua o dubbia. In realtà, solo Dio è perfettamente saggio, cioè possiede una conoscenza totale della verità su tutte le cose; tuttavia si può dire che gli esseri umani abbiano più o meno saggezza in base alla misura in cui conoscono queste verità fondamentali. Credo che su questo punto tutti i dotti siano d’accordo.
Avrei poi esaminato l’utilità di questa filosofia, dimostrando che, poiché essa riguarda tutto ciò che lo spirito umano può conoscere, bisogna ritenere che sia proprio essa a distinguerci dai più selvaggi e barbari; inoltre, ogni nazione è tanto più civile e raffinata quanto più gli uomini vi si dedicano con impegno. Un vero filosofo rappresenta il bene più grande per uno Stato. Per ogni individuo, non solo è utile vivere tra coloro che si dedicano a questa ricerca, ma è anche incomparabilmente migliore impegnarsi personalmente in essa: utilizzare i propri occhi per vedere e godere della bellezza dei colori e della luce è molto più vantaggioso che tenerli chiusi e seguire le indicazioni altrui; tuttavia, questo non è ancora il meglio: il vero bene consiste nel usare la propria ragione per guidarsi. Vivere senza filosofare equivale a tenere gli occhi chiusi senza mai cercare di aprirli; il piacere di vedere tutte le cose che i nostri occhi possono percepire non è paragonabile alla soddisfazione che deriva dalla conoscenza di quelle che si ottengono attraverso la filosofia. Infine, questa ricerca è ancora più necessaria per regolare i nostri comportamenti e guidarci nella vita quotidiana di quanto lo sia l’uso dei nostri occhi per muoverci. Le bestie selvatiche, che hanno solo il proprio corpo da proteggere, si dedicano costantemente a cercare cibo; gli uomini, la cui parte principale è lo spirito, dovrebbero invece dedicare le loro energie alla ricerca della saggezza, che ne rappresenta il vero nutrimento. Sono certo che ci sono molte persone che non mancherebbero di questa saggezza se ne avessero la possibilità e sapessero quanto siano capaci di raggiungerla. Non esiste anima nobile che non si allontani, talvolta, dagli oggetti dei sensi per desiderare un bene più grande, anche se spesso ignora in cosa esso consista. Persino coloro che la fortuna favorisce maggiormente, che dispongono di salute, onore e ricchezza, non sono esenti da questo desiderio; anzi, sono proprio loro quelli che anelano con più ardore a un bene ancora più supremo di tutti quelli che possiedono. Questo bene supremo, considerato attraverso la ragione naturale ma senza la luce della fede, non è altro che la conoscenza della verità attraverso le sue cause primarie, cioè la saggezza, oggetto dello studio filosofico. Poiché tutte queste cose sono assolutamente vere, non sarebbe difficile convincerne chiunque se venissero spiegate con chiarezza.
Ma poiché siamo impediti di crederci, a causa dell’esperienza che dimostra come coloro che si proclamano filosofi siano spesso meno saggi e meno razionali di altri che non si sono mai dedicati allo studio della filosofia, avrei qui potuto spiegare in modo sommario in cosa consista tutta la scienza che possediamo attualmente, e quali siano i gradi di saggezza a cui siamo giunti. Il primo livello comprende soltanto concetti così chiari da poter essere appresi senza alcuna riflessione; il secondo include tutto ciò che la percezione dei sensi ci fa conoscere; il terzo, ciò che le conversazioni con gli altri uomini ci insegnano; al quarto livello si può aggiungere la lettura, non di tutti i libri, ma soprattutto di quelli scritti da persone capaci di fornirci buone istruzioni, poiché leggere è in un certo senso una forma di conversazione con gli autori di tali opere. E mi sembra che tutta la saggezza che comunemente possediamo venga acquisita soltanto attraverso questi quattro mezzi; infatti non includo qui nella lista la rivelazione divina, poiché essa non ci guida gradualmente verso la verità, ma ci eleva immediatamente a una fede inerrabile.
Fin dai tempi antichi, ci sono stati grandi uomini che hanno cercato di trovare un “quinto grado” per raggiungere una saggezza incomparabilmente più elevata e sicura rispetto ai quattro altri metodi tradizionali; si trattava di cercare le cause prime e i principi veri da cui poter dedurre le ragioni di tutto ciò che è possibile conoscere. Sono stati soprattutto coloro che si sono dedicati a questo scopo ad essere chiamati filosofi. Tuttavia, non so che fino ad oggi sia mai riuscito qualcuno in questo intento. I primi e principali tra questi filosofi di cui abbiamo scritti sono Platone e Aristotele; l’unica differenza tra loro è che il primo, seguendo le orme del suo maestro Socrate, ammise onestamente di non aver ancora trovato nulla di certo, limitandosi a scrivere ciò che gli sembrava plausibile, ipotizzando alcuni principi attraverso cui cercava di spiegare il resto. Aristotele, invece, fu meno franco: sebbene fosse stato suo discepolo per vent’anni e non avesse altri principi se non i suoi, modificò completamente il modo in cui li presentava, sostenendo che fossero veri e certi, anche se non c’era alcuna evidenza che lo pensasse davvero. Questi due uomini possedevano grande intelligenza e una notevole dose di saggezza acquisita attraverso i quattro metodi tradizionali, il che conferiva loro grande autorità; di conseguenza, coloro che vennero dopo di loro si limitarono a seguire le loro opinioni piuttosto che cercare qualcosa di meglio. La principale disputa tra i loro discepoli riguardava la questione se tutte le cose dovessero essere messe in dubbio o se alcune fossero certe; questa divergenza li portò entrambi a errori estremi: alcuni, sostenitori del dubbio, lo estesero persino alle azioni della vita quotidiana, arrivando a trascurare la prudenza nel comportarsi; quelli che invece credevano nella certezza, basandosi sugli organi di senso, si fidavano completamente di essi, al punto che si dice che Epicuro osasse affermare, contro tutte le argomentazioni degli astronomi, che il sole non fosse più grande di quanto sembri.
È un difetto che si può notare nella maggior parte delle dispute: poiché la verità è solitamente intermediaria tra le due opinioni sostenute, ognuno si allontana da essa tanto più quanto nutre una maggiore inclinazione a contraddirla. Tuttavia, l’errore di coloro che tendevano eccessivamente verso il dubbio non durò a lungo; quello degli altri fu in parte corretto, quando si riconobbe che i sensi ci ingannano in molte cose. Non so tuttavia se questo errore sia stato completamente eliminato, quando si dimostrò che la certezza non risiede nei sensi, ma unicamente nell’intelletto quando quest’ultimo possiede percezioni evidenti; e che, finché ci limitiamo alle conoscenze acquisite attraverso i primi quattro gradi di saggezza, non dobbiamo dubitare delle cose che sembrano vere per quanto riguarda la condotta della vita; ma nemmeno considerarle così certe da non poter cambiare opinione quando ciò diventa necessario a causa dell’evidenza di qualche ragionamento.
Faute d’avoir connu cette vérité, ou bien, s’il y en a qui l’ont connue, faute de s’en être servis, la plupart de ceux de ces derniers siècles qui ont voulu être philosophes ont suivi aveuglément Aristote ; en sorte qu’il ont souvent corrompu le sens de ses écrits, en lui attribuant diverses opinions qu’il ne reconnaîtrait pas être siennes s’il revenait en ce monde ; et ceux qui ne l’ont pas suivi, du nombre desquels ont été plusieurs des meilleurs esprits, n’ont pas laissé d’avoir été imbus de ses opinions en leur jeunesse, parce que ce sont les seules qu’on enseigne dans les écoles, ce qui les a tellement préoccupés qu’ils n’ont pu parvenir à la connaissance des vrais principes. Et bien que je les estime tous, et que je ne veuille pas me rendre odieux en les reprenant, je puis donner une preuve de mon dire (que je ne crois pas qu’aucun d’eux désavoue), qui est qu’ils ont tous supposé pour principe quelque chose qu’ils n’ont point parfaitement connue. Par exemple, je n’en sache aucun qui n’ait supposé la pesanteur dans les corps terrestres ; mais encore que l’expérience nous montre bien clairement que les corps qu’on nomme pesants descendent vers le centre de la terre, nous ne connaissons point pour cela quelle est la nature de ce qu’on nomme pesanteur, c’est-à-dire de la cause ou du principe qui les fait ainsi descendre, et nous le devons apprendre d’ailleurs. On peut dire le même du vide et des atomes, et du chaud et du froid, du sec, de l’humide, et du sel, du soufre et du mercure, et de toutes les choses semblables que quelques-uns ont supposées pour leurs principes. Or, toutes les conclusions que l’on déduit d’un principe qui n’est point évident, ne peuvent aussi être évidentes, encore qu’elles en seraient déduites évidemment ; d’où il suit que tous les raisonnements qu’ils ont appuyés sur de tels principes n’ont pu leur donner la connaissance certaine d’aucune chose, ni par conséquent les faire avancer d’un pas en la recherche de la sagesse. Et s’ils ont trouvé quelque chose de vrai, ce n’a été que par quelques-uns des quatre moyens ci-dessus déduits. Toutefois, je ne veux rien diminuer de l’honneur que chacun d’eux peut prétendre ; je suis seulement obligé de dire, pour la consolation de ceux qui n’ont point étudié, que tout de même qu’en voyageant, pendant qu’on tourne le dos au lieu où l’on veut aller, on s’en éloigne d’autant plus qu’on marche plus longtemps et plus vite, en sorte que, bien qu’on soit mis par après dans le droit chemin, on ne peut pas y arriver sitôt que si on n’avait point marché auparavant ; ainsi, lorsqu’on a de mauvais principes, d’autant qu’on les cultive davantage et qu’on s’applique avec plus de soin à en tirer diverses conséquences, pensant que ce soit bien philosopher, d’autant s’éloigne-t-on davantage de la connaissance de la vérité et de la sagesse : d’où il faut conclure que ceux qui ont le moins appris de tout ce qui a été nommé jusques ici philosophie sont les plus capables d’apprendre la vraie.
Après avoir bien fait entendre ces choses, j’aurais voulu mettre ici les raisons qui servent à prouver que les vrais principes par lesquels on peut parvenir à ce plus haut degré de sagesse, auquel consiste le souverain bien de la vie humaine, sont ceux que j’ai mis en ce livre ; et deux seules sont suffisantes à cela, dont la première est qu’ils sont très clairs ; et la seconde, qu’on en peut déduire toutes les autres choses ; car il n’y a que ces deux conditions qui soient requises en eux. Or, je prouve aisément qu’ils sont très clairs : premièrement, par la façon dont je les ai trouvés, à savoir, en rejetant toutes les choses auxquelles je pouvais rencontrer la moindre occasion de douter ; car il est certain que celles qui n’ont pu en cette façon être rejetées, lorsqu’on s’est appliqué à les considérer, sont les plus évidentes et les plus claires que l’esprit humain puisse connaître. Ainsi, en considérant que celui qui veut douter de tout ne peut toutefois douter qu’il ne soit pendant qu’il doute, et que ce qui raisonne ainsi, en ne pouvant douter de soi-même et doutant néanmoins de tout le reste, n’est pas ce que nous disons être notre corps, mais ce que nous appelons notre âme ou notre pensée, j’ai pris l’être ou l’existence de cette pensée pour le premier principe, duquel j’ai déduit très clairement les suivants, à savoir qu’il y a un Dieu qui est auteur de tout ce qui est au monde, et qui, étant la source de toute vérité, n’a point créé notre entendement de telle nature qu’il se puisse tromper au jugement qu’il fait des choses dont il a une perception fort claire et fort distincte. Ce sont là tous les principes dont je me sers touchant les choses immatérielles ou métaphysiques, desquels je déduis très clairement ceux des choses corporelles ou physiques, à savoir, qu’il y a des corps étendus en longueur, largeur et profondeur, qui ont diverses figures et se meuvent en diverses façons. Voilà, en somme tous les principes dont je déduis la vérité des autres choses. L’autre raison qui prouve la clarté de ces principes est qu’ils ont été connus de tout temps, et même reçus pour vrais et indubitables par tous les hommes, excepté seulement l’existence de Dieu, qui a été mise en doute par quelques-uns à cause qu’ils ont trop attribué aux perceptions des sens, et que Dieu ne peut être vu ni touché.
Mais, encore que toutes les vérités que je mets entre mes principes aient été connues de tout temps de tout le monde, il n’y a toutefois eu personne jusqu’à présent, que je sache, qui les ait reconnues pour les principes de la philosophie, c’est-à-dire pour telles qu’on en peut déduire la connaissance de toutes les autres choses qui sont au monde : c’est pourquoi il me reste ici à prouver qu’elles sont telles ; et il me semble ne le pouvoir mieux qu’en le faisant voir par expérience, c’est-à-dire en conviant les lecteurs à lire ce livre. Car encore que je n’y aie pas traité de toutes choses, et que cela soit impossible, je pense avoir tellement expliqué toutes celles dont j’ai eu occasion de traiter, que ceux qui les liront avec attention auront sujet de se persuader qu’il n’est pas besoin de chercher d’autres principes que ceux que j’ai donnés pour parvenir à toutes les plus hautes connaissances dont l’esprit humain soit capable ; principalement si, après avoir lu mes écrits, ils prennent la peine de considérer combien de diverses questions y sont expliquées, et que, parcourant aussi ceux des autres, ils voient combien peu de raisons vraisemblables on a pu donner pour expliquer les mêmes questions par des principes différents des miens. Et, afin qu’ils entreprennent cela plus aisément, j’aurais pu leur dire que ceux qui sont imbus de mes opinions ont beaucoup moins de peine à entendre les écrits des autres et à en connaître la juste valeur que ceux qui n’en sont point imbus ; tout au contraire de ce que j’ai tantôt dit de ceux qui ont commencé par l’ancienne philosophie, que d’autant qu’ils y ont plus étudié, d’autant ils ont coutume d’être moins propres à bien apprendre la vraie.
J’aurais aussi ajouté un mot d’avis touchant la façon de lire ce livre, qui est que je voudrais qu’on le parcourût d’abord tout entier ainsi qu’un roman, sans forcer beaucoup son attention ni s’arrêter aux difficultés qu’on y peut rencontrer, afin seulement de savoir en gros quelles sont les matières dont j’ai traité ; et qu’après cela, si on trouve qu’elles méritent d’être examinées et qu’on ait la curiosité d’en connaître les causes, on le peut lire une seconde fois pour remarquer la suite de mes raisons ; mais qu’il ne se faut pas derechef rebuter si on ne la peut assez connaître partout, ou qu’on ne les entende pas toutes ; il faut seulement marquer d’un trait de plume les lieux où l’on trouvera de la difficulté et continuer de lire sans interruption jusqu’à la fin ; puis, si on reprend le livre pour la troisième fois, j’ose croire qu’on y trouvera la solution de la plupart des difficultés qu’on aura marquées auparavant, et que s’il en reste encore quelques-unes, on en trouvera enfin la solution en relisant.
Many people have failed to understand this truth; or, even if some have known it, they have failed to put it into practice. Most of those who have sought to be philosophers in recent centuries have blindly followed Aristotle’s teachings; as a result, they have often distorted the meaning of his writings by attributing to him various opinions that he would not acknowledge had he returned to this world. And those who did not follow Aristotle—among whom were many of the greatest minds—were still influenced by his ideas in their youth, because these are the only ones taught in schools. This influence prevented them from attaining a true understanding of the fundamental principles. Although I hold them all in high regard and do not wish to offend anyone by criticizing them, I can provide evidence to support my claim (which I believe none of them would deny): they have all assumed as principles something that they did not truly understand. For example, I know of no one who has not assumed the existence of gravity on terrestrial bodies; yet although experience clearly shows that such bodies fall toward the center of the earth, we still do not know what the nature of this so-called “gravity” is—what its cause or principle is—and we must learn this. The same can be said of concepts such as emptiness and atoms, as well as heat, cold, dryness, humidity, salt, sulfur, mercury, and all other similar ideas that some have taken as fundamental principles. Any conclusions drawn from such uncertain principles cannot themselves be certain; therefore, the arguments based on them cannot lead to a true understanding of anything, nor can they help us advance in the pursuit of wisdom. If anyone has indeed discovered something true, it has been through one of the four methods mentioned above. Nevertheless, I wish to emphasize that none of these philosophers should have their reputation diminished; rather, I simply want to console those who have not studied philosophy by pointing out that, just as traveling backward will only make you move further away from your destination, pursuing erroneous principles will only prevent you from attaining knowledge and wisdom. Those who have learned the least about what is called philosophy are, in fact, the most capable of truly understanding it.
After having made these points clear, I would have liked to list here the reasons that prove that the true principles upon which one can attain this highest degree of wisdom—this supreme good in human life—are precisely those that I have presented in this book. Only two such principles are necessary for this goal; the first is that they are extremely clear, and the second is that all other truths can be derived from them, since these two conditions alone are required. I can easily demonstrate their clarity: firstly, by the very way in which I discovered them—namely, by rejecting everything for which I could find even the slightest reason to doubt. It is certain that those things which cannot be rejected in this manner must be the most evident and clear things that the human mind can comprehend. Thus, since anyone who wishes to doubt everything must necessarily acknowledge his own existence while doubting everything else, and since such a person—being unable to doubt himself yet doubting everything else—is certainly not what we call our body, but rather what we refer to as our soul or our mind—I have taken the existence of this mind as the primary principle from which I have clearly deduced all the other truths. In particular, I have concluded that there is a God who is the creator of everything in the world, and that, being the source of all truth, He has not created our intellect in such a way that it might err in its judgments about things that it perceives with great clarity and distinctness. These are all the principles I use to understand immaterial or metaphysical matters; from them, I clearly derive truths about material or physical phenomena—such as the existence of bodies that extend in length, width, and depth, have various shapes, and move in different ways. In short, these are all the principles upon which I base my understanding of the truth about other things. The second reason that proves the clarity of these principles is that they have been known since ancient times and have always been accepted as true and indisputable by all people—except for those who have doubted the existence of God, either because they have attributed too much importance to sensory perceptions or because they believe that God cannot be seen or touched.
However, even though all the truths that I have established as my principles have been known to everyone throughout time, so far, as far as I am aware, no one has recognized them as the principles of philosophy—that is, as principles from which one can derive knowledge of all other things in the world. Therefore, it remains for me to prove that they indeed are such principles; and I believe the best way to do this is by presenting them through experience, that is, by inviting readers to study this book. For although I have not addressed all matters, and it is impossible to do so, I think I have explained in sufficient detail those matters that I have dealt with. Those who read it carefully will come to believe that there is no need to seek other principles than the ones I have provided in order to attain all the highest levels of knowledge to which the human mind is capable; especially if, after reading my writings, they take the time to consider how many different issues are explained within them, and also if they examine the works of others and see how few plausible reasons have been offered to explain these same issues using principles other than mine. Moreover, in order to make this task easier for them, I could have told them that those who are steeped in my ideas find it much less difficult to understand the writings of others and to discern their true value than those who are not influenced by them; quite the opposite of what I said earlier about those who began their studies with the traditional philosophy—namely, that the more they studied it, the less likely they were to truly grasp the truth.
I would also like to add a word of advice regarding how to read this book. I suggest that one should first read it through in its entirety, just like reading a novel, without trying too hard to focus or getting stuck on the difficulties that may arise. This way, one can get an overall understanding of the topics that I have addressed. Afterwards, if one feels that these topics are worth exploring further and is curious about their underlying reasons, they can read the book a second time to follow the progression of my arguments. However, it is not necessary to become discouraged immediately if one does not understand everything at once or if not all the points are clear; simply mark those sections that present difficulties and continue reading without interruption until the end. Then, when reading the book for the third time, I believe most of the challenges that were marked will have been resolved. If there are still a few remaining issues, they will eventually be clarified upon further reading.
Poiché non hanno conosciuto questa verità, o forse perché coloro che l’hanno conosciuta non ne hanno fatto uso, la maggior parte di coloro che negli ultimi secoli hanno voluto essere filosofi hanno seguito ciecamente Aristotele; di conseguenza, hanno spesso distorto il significato delle sue opere, attribuendogli opinioni diverse da quelle che egli stesso avrebbe riconosciuto come proprie se fosse tornato in questo mondo. E coloro che non l’hanno seguito, tra cui molti dei migliori intellettuali, non sono rimasti privi di influenze negative derivanti dalle sue idee fin dalla loro giovinezza, poiché queste erano le uniche insegnate nelle scuole; ciò li ha così assorbiti da impedire loro di giungere alla conoscenza dei veri principi. E sebbene io stimi tutti quanti e non voglia rendermi odioso rimproverandoli, posso fornire una prova delle mie affermazioni (che credo nessuno di loro negherebbe), ovvero che tutti hanno presunto come principio qualcosa che in realtà non conoscevano perfettamente. Ad esempio, non conosco nessuno che non abbia supposto l’esistenza della gravità nei corpi terrestri; tuttavia, sebbene l’esperienza dimostri chiaramente che i corpi chiamati pesanti tendono a scendere verso il centro della Terra, non conosciamo ancora la natura di questa cosiddetta gravità, cioè la causa o il principio che la determina; e questo è qualcosa che dobbiamo ancora imparare. Lo stesso si può dire del vuoto, degli atomi, del caldo e del freddo, del secco e dell’umido, nonché del sale, dello zolfo, del mercurio e di tutte le altre cose simili che alcuni hanno considerato principi fondamentali della filosofia. Ora, tutte le conclusioni a cui si arriva partendo da principi non evidenti non possono essere a loro volta evidenti, anche se sembrerebbe logico che lo siano; quindi, tutti i ragionamenti basati su tali principi non hanno potuto fornire loro una conoscenza certa di nulla, né permetter loro di fare progressi nella ricerca della saggezza. E se hanno scoperto qualcosa di vero, è stato soltanto attraverso alcuni dei quattro metodi menzionati sopra. Tuttavia, non intendo minimizzare l’onore che ciascuno di loro può rivendicare; voglio semplicemente dire, a conforto di coloro che non hanno studiato filosofia, che proprio come in viaggio, quando ci si allontana dal luogo verso cui si vuole andare quanto più si cammina a lungo e velocemente, anche se in seguito si finisce per imboccare la strada giusta, non si arriva lì più rapidamente di quanto non si sarebbe potuti arrivare senza aver camminato prima; allo stesso modo, quando si basano su principi errati, tanto più questi vengono coltivati e da essi si traggono varie conclusioni, pensando che ciò costituisca vera filosofia, tanto più ci si allontana dalla conoscenza della verità e della saggezza. Da questo si può concludere che coloro che hanno imparato di meno su tutto ciò che è stato definito finora “filosofia” sono in realtà i più adatti a comprendere la vera essenza della filosofia stessa.
Dopo aver espresso chiaramente queste idee, avrei voluto aggiungere qui le ragioni che dimostrano come i veri principi attraverso cui si può raggiungere questo più alto grado di saggezza – che costituisce il bene supremo della vita umana – siano proprio quelli che ho esposto in questo libro. Esistono soltanto due ragioni sufficienti a sostenerlo: la prima è che questi principi sono estremamente chiari; la seconda è che da essi si possono dedurre tutte le altre verità, poiché sono proprio queste due condizioni a renderli efficaci. Ora dimostro facilmente che sono molto chiari: innanzitutto, per il modo in cui li ho individuati, cioè rifiutando tutte quelle idee di cui potevo anche solo dubitare; poiché è certo che ciò che non può essere rifiutato in questo modo, quando viene attentamente considerato, è sicuramente ciò che è più evidente e chiaro che la mente umana possa comprendere. Pertanto, considerando che chi vuole dubitare di tutto non può comunque dubitare del proprio esistere mentre dubita, e che ciò che ragiona in questo modo – non potendo dubitare di se stesso ma dubitando invece di tutto il resto – non è certo il nostro corpo, ma ciò che chiamiamo anima o pensiero, ho preso l’esistenza di questo pensiero come primo principio da cui ho dedotto molto chiaramente le altre verità: ad esempio, che esiste un Dio che è l’autore di tutto ciò che esiste nel mondo, e che, essendo la fonte di ogni verità, non ha creato il nostro intelletto in modo tale che possa sbagliarsi nel giudizio su ciò che percepisce con chiarezza e distinzione. Questi sono tutti i principi da cui deduco la verità sulle cose immateriali o metafisiche; da essi, inoltre, deduco molto chiaramente anche le verità sulle cose corporee o fisiche, ad esempio che esistono corpi estesi in lunghezza, larghezza e profondità, che hanno diverse forme e si muovono in modi diversi. In sintesi, questi sono tutti i principi grazie ai quali deduco la verità sulle altre cose. Un’altra ragione che dimostra la chiarezza di questi principi è che sono stati conosciuti da sempre, e anzi ritenuti veri e indubitabili da tutti gli uomini, tranne che per quanto riguarda l’esistenza di Dio, che alcuni hanno messo in dubbio perché attribuivano troppo alle percezioni dei sensi; inoltre, si è pensato che Dio non potesse essere visto né toccato.
Ma, anche se tutte le verità che ho inserito tra i miei principi erano conosciute da sempre e da tutti, fino ad oggi, per quanto ne so, nessuno le ha riconosciute come principi della filosofia, cioè come tali da cui si possa dedurre la conoscenza di tutte le altre cose esistenti nel mondo; è per questo che mi resta ancora il compito di dimostrare che effettivamente lo sono. E credo di poterlo fare meglio mostrandolo attraverso l’esperienza, cioè invitando i lettori a leggere questo libro. Poiché, anche se non ho trattato di tutte le cose, e ciò è impossibile, penso di aver spiegato in modo sufficientemente chiaro tutte quelle di cui ho avuto occasione di parlare; coloro che le leggeranno con attenzione potranno convincersi facilmente che non è necessario cercare altri principi oltre a quelli che ho fornito per raggiungere tutte le conoscenze più elevate di cui l’intelletto umano sia capace. Soprattutto se, dopo aver letto i miei scritti, si prenderanno la briga di considerare quante questioni diverse vi siano spiegate, e se, esaminando anche gli scritti degli altri, noteranno quanto poche siano le ragioni plausibili che si possano addurre per spiegare le stesse questioni con principi diversi dai miei. E affinché possano farlo più facilmente, avrei potuto dire loro che coloro che sono influenzati dalle mie opinioni hanno molta meno difficoltà ad ascoltare gli scritti degli altri e a comprenderne il giusto valore rispetto a coloro che non ne sono influenzati; al contrario di quanto ho detto in precedenza riguardo a coloro che hanno iniziato la loro formazione con la filosofia tradizionale: più vi si sono dedicati, meno sono propensi ad apprendere veramente la verità.
Avrei anche aggiunto un consiglio riguardo al modo di leggere questo libro: vorrei che venisse letto per intero, come si fa con un romanzo, senza concentrare eccessivamente l’attenzione né fermarsi sulle difficoltà che si possono incontrare, al fine di comprendere in linea di massima quali siano gli argomenti trattati. Solo successivamente, se si ritiene che tali argomenti meritino un’esame più approfondito e si ha la curiosità di conoscere le loro cause, si può rileggere il libro per notare il seguito delle mie argomentazioni. Tuttavia, non è necessario scoraggiarsi immediatamente se non si riesce a comprendere tutti i passaggi o tutte le idee esposte; basta semplicemente evidenziare con una linea a matita i punti in cui si riscontrano difficoltà e continuare a leggere senza interruzioni fino alla fine. Infine, se si riprende il libro per la terza volta, sono convinto che si troveranno le soluzioni alla maggior parte delle difficoltà evidenziate in precedenza; e se ne rimangono ancora alcune, si riuscirà comunque a trovarle leggendo nuovamente.
J’ai pris garde, en examinant le naturel de plusieurs esprits, qu’il n’y en a presque point de si grossiers ni de si tardifs qu’ils ne fussent capables d’entrer dans les bons sentiments et même d’acquérir toutes les plus hautes sciences, s’ils étaient conduits comme il faut. Et cela peut aussi être prouvé par raison : car, puisque les principes sont clairs et qu’on n’en doit rien déduire que par des raisonnements très évidents, on a toujours assez d’esprit pour entendre les choses qui en dépendent. Mais, outre l’empêchement des préjugés, dont aucun n’est entièrement exempt, bien que ce sont ceux qui ont le plus étudié les mauvaises sciences auxquels ils nuisent le plus, il arrive presque toujours que ceux qui ont l’esprit modéré négligent d’étudier, parce qu’ils n’en pensent pas être capables, et que les autres qui sont plus ardents se hâtent trop, d’où vient qu’ils reçoivent souvent des principes qui ne sont pas évidents, et qu’ils en tirent des conséquences incertaines. C’est pourquoi je voudrais assurer ceux qui se défient trop de leurs forces qu’il n’y a aucune chose en mes écrits qu’ils ne puissent entièrement entendre s’ils prennent la peine de les examiner ; et néanmoins aussi avertir les autres que même les plus excellents esprits auront besoin de beaucoup de temps et d’attention pour remarquer toutes les choses que j’ai eu dessein d’y comprendre.
Ensuite de quoi, pour faire bien concevoir quel but j’ai eu en les publiant, je voudrais ici expliquer l’ordre qu’il me semble qu’on doit tenir pour s’instruire. Premièrement, un homme qui n’a encore que la connaissance vulgaire et imparfaite que l’on peut acquérir par les quatre moyens ci-dessus expliqués doit, avant tout, tâcher de se former une morale qui puisse suffire pour régler les actions de sa vie, à cause que cela ne souffre point de délai, et que nous devons surtout tâcher de bien vivre. Après cela, il doit aussi étudier la logique, non pas celle de l’École, car elle n’est, à proprement parler, qu’une dialectique qui enseigne les moyens de faire entendre à autrui les choses qu’on sait, ou même aussi de dire sans jugement plusieurs paroles touchant celles qu’on ne sait pas, et ainsi elle corrompt le bon sens plutôt qu’elle ne l’augmente ; mais celle qui apprend à bien conduire sa raison pour découvrir les vérités qu’on ignore ; et, parce qu’elle dépend beaucoup de l’usage, il est bon qu’il s’exerce longtemps à en pratiquer les règles touchant des questions faciles et simples, comme sont celles des mathématiques. Puis, lorsqu’il s’est acquis quelque habitude à trouver la vérité en ces questions, il doit commencer tout de bon à s’appliquer à la vraie philosophie, dont la première partie est la métaphysique, qui contient les principes de la connaissance, entre lesquels est l’explication des principaux attributs de Dieu, de l’immatérialité de nos âmes, et de toutes les notions claires et simples qui sont en nous. La seconde est la physique, en laquelle, après avoir trouvé les vrais principes des choses matérielles, on examine en général comment tout l’univers est composé ; puis en particulier quelle est la nature de cette terre et de tous les corps qui se trouvent le plus communément autour d’elle, comme de l’air, de l’eau, du feu, de l’aimant et des autres minéraux. En suite de quoi il est besoin aussi d’examiner en particulier la nature des plantes, celle des animaux, et surtout celle de l’homme, afin qu’on soit capable par après de trouver les autres sciences qui lui sont utiles. Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences, qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale ; j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse.
Or, comme ce n’est pas des racines ni du tronc des arbres qu’on cueille les fruits, mais seulement des extrémités de leurs branches, ainsi la principale utilité de la philosophie dépend de celles de ses parties qu’on ne peut apprendre que les dernières. Mais, bien que je les ignore presque toutes, le zèle que j’ai toujours eu pour tâcher de rendre service au public est cause que je fis imprimer, il y a dix ou douze ans, quelques essais des choses qu’il me semblait avoir apprises. La première partie de ces essais fut un Discours touchant la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, où je mis sommairement les principales règles de la logique et d’une morale imparfaite, qu’on peut suivre par provision pendant qu’on n’en sait point encore de meilleure. Les autres parties furent trois traités : l’un de la Dioptrique, l’autre des Météores, et le dernier de la Géométrie. Par la Dioptrique, j’eus dessein de faire voir qu’on pouvait aller assez avant en la philosophie pour arriver par son moyen jusqu’à la connaissance des arts qui sont utiles à la vie, à cause que l’invention des lunettes d’approche, que j’y expliquais, est l’une des plus difficiles qui aient jamais été cherchées. Par les Météores, je désirais qu’on reconnût la différence qui est entre la philosophie que je cultive et celle qu’on enseigne dans les écoles où l’on a coutume de traiter de la même matière. Enfin, par la Géométrie, je prétendais démontrer que j’avais trouvé plusieurs choses qui ont été ci-devant ignorées, et ainsi donner occasion de croire qu’on en peut découvrir encore plusieurs autres, afin d’inciter par ce moyen tous les hommes à la recherche de la vérité. Depuis ce temps-là, prévoyant la difficulté que plusieurs auraient à concevoir les fondements de la métaphysique, j’ai tâché d’en expliquer les principaux points dans un livre de Méditations qui n’est pas bien grand, mais dont le volume a été grossi et la matière beaucoup éclaircie par les objections que plusieurs personnes très doctes m’ont envoyées à leur sujet, et par les réponses que je leur ai faites. Puis enfin, lorsqu’il m’a semblé que ces traités précédents avaient assez préparé l’esprit des lecteurs à recevoir les Principes de la Philosophie, je les ai aussi publiés ; et j’en ai divisé le livre en quatre parties, dont la première contient les principes de la connaissance, qui est ce qu’on peut nommer la première philosophie ou bien la métaphysique : c’est pourquoi, afin de la bien entendre, il est à propos de lire auparavant les Méditations que j’ai écrites sur le même sujet. Les trois autres parties contiennent tout ce qu’il y a de plus général en la physique, à savoir l’explication des premières lois ou des principes de la nature, et la façon dont les cieux, les étoiles fixes, les planètes, les comètes, et généralement tout l’univers est composé ; puis en particulier la nature de cette terre, et de l’air, de l’eau, du feu, de l’aimant, qui sont les corps qu’on peut trouver le plus communément partout autour d’elle, et de toutes les qualités qu’on remarque en ces corps, comme sont la lumière, la chaleur, la pesanteur, et semblables ; au moyen de quoi je pense avoir commencé à expliquer toute la philosophie par ordre, sans avoir omis aucune des choses qui doivent précéder les dernières dont j’ai écrit.
Mais, afin de conduire ce dessein jusqu’à sa fin, je devrais ci-après expliquer en même façon la nature de chacun des autres corps plus particuliers qui sont sur la terre, à savoir des minéraux, des plantes, des animaux, et principalement de l’homme ; puis enfin traiter exactement de la médecine, de la morale et des mécaniques. C’est ce qu’il faudrait que je fisse pour donner aux hommes un corps de philosophie tout entier ; et je ne me sens point encore si vieil, je ne me défie point tant de mes forces, je ne me trouve pas si éloigné de la connaissance de ce qui reste, que je n’osasse entreprendre d’achever ce dessein si j’avais la commodité de faire toutes les expériences dont j’aurais besoin pour appuyer et justifier mes raisonnements. Mais voyant qu’il faudrait pour cela de grandes dépenses auxquelles un particulier comme moi ne saurait suffire s’il n’était aidé par le public, et ne voyant pas que je doive attendre cette aide, je crois devoir dorénavant me contenter d’étudier pour mon instruction particulière, et que la postérité m’excusera si je manque à travailler désormais pour elle.
In examining the nature of various minds, I have observed that hardly any are so crude or backward in their understanding that they would be incapable of developing good sentiments or even acquiring the highest forms of knowledge, provided they are guided in the right manner. This can also be demonstrated through reason: since the principles upon which these things are based are clear, and one can deduce them only through very evident reasoning processes, it is always possible for people to grasp the concepts that depend on them. However, apart from the obstacles posed by prejudices—of which no one is entirely free, even though those who have delved most into erroneous doctrines are often the most harmed by them—it often happens that those with moderate intellects fail to pursue study because they believe themselves incapable of doing so, while those who are more eager to learn rush too hastily. As a result, they often acquire principles that are not clear-cut and draw uncertain conclusions from them. Therefore, I would like to assure those who underestimate their own abilities that there is nothing in my writings that they cannot fully comprehend if they take the time to study them carefully; at the same time, I also want to warn others that even the most brilliant minds will need considerable time and attention to grasp all the nuances and implications I have intended to convey.
Subsequently, in order to clearly explain the purpose behind publishing these works, I would like to outline the order that I believe should be followed in the pursuit of knowledge. First and foremost, a person who possesses only the superficial and imperfect knowledge that can be acquired through the four methods mentioned above must strive to develop a morality that is sufficient to guide the actions of his life. This is imperative, for there is no delay in doing so; indeed, our primary goal should be to live well. After that, he should also study logic—not the kind taught by certain schools, which are essentially merely dialectics designed to help one convey what one knows to others or to utter opinions on matters one does not understand, thus often corrupting rather than enhancing good judgment—but rather logic that teaches how to use reason effectively to uncover truths one is unaware of. Since the application of logic depends greatly on practice, it is beneficial to spend considerable time exercising its principles on simple and straightforward issues, such as those in mathematics. Once one has acquired some skill in identifying truths in such areas, he should then begin earnestly studying true philosophy. The first part of this philosophy is metaphysics, which encompasses the principles of knowledge—including an explanation of God’s primary attributes, the immaterial nature of our souls, and all other clear and fundamental concepts within us. The second part is physics, which, after establishing the true principles of material things, examines how the entire universe is structured. More specifically, it investigates the nature of the earth and all the substances commonly found around it—such as air, water, fire, magnets, and other minerals. Furthermore, it is necessary to study in detail the nature of plants, animals, and especially humans, so that one may subsequently acquire other sciences that are useful to them. In this way, the entire field of philosophy can be likened to a tree: its roots are metaphysics, its trunk is physics, and its branches represent all the other sciences, which can be summarized into three main categories: medicine, mechanics, and morality—particularly the highest and most perfect form of morality, which, relying on a thorough understanding of the other sciences, constitutes the ultimate pinnacle of wisdom.
Or, just as fruits are not gathered from the roots or trunk of trees but only from their branches, so too the primary usefulness of philosophy depends on those its parts that can be learned only in their later stages. Yet, although I am almost entirely ignorant of these latter parts, my constant zeal to serve the public led me to have some of the insights I had gained printed out twelve or ten years ago. The first part of these writings was a discourse on the method for properly using reason and seeking truth in the sciences, in which I briefly outlined the main rules of logic and a provisional morality that one can follow until better knowledge becomes available. The other parts consisted of three treatises: one on dioptrics, another on meteorology, and the last on geometry. Through the treatise on dioptrics, I aimed to show how far philosophy could lead one in understanding the arts that are useful for life, since the invention of the magnifying glasses, which I explained therein, is one of the most remarkable achievements ever made in this field. With the treatise on meteorology, I sought to highlight the differences between the philosophy I pursued and that taught in schools, where people often discuss the same subjects in the same way. Finally, through the treatise on geometry, I claimed to have discovered several things previously unknown, thus providing reason to believe that many more could still be uncovered, and thereby encouraging all men to pursue the truth. Since then, anticipating that many would find it difficult to grasp the foundations of metaphysics, I tried to explain its key points in a book titled Meditations. Although not very long, the scope of this work was greatly expanded and its content clarified through the objections sent to me by numerous learned individuals and my responses to them. Eventually, when I felt that these previous treatises had sufficiently prepared readers for understanding the Principles of Philosophy, I published them as well. I divided the book into four parts; the first part contains the principles of knowledge—what might be called the first philosophy or metaphysics. Therefore, in order to properly comprehend it, it is advisable to read beforehand the Meditations I wrote on the same subject. The other three chapters contain everything that is most general in the field of physics—namely, the explanation of the fundamental laws or principles of nature, and how the heavens, fixed stars, planets, comets, and in fact the entire universe are composed; furthermore, they delve specifically into the nature of earth, air, water, fire, and magnetism—these substances that are most commonly found throughout the universe—and examine all the properties observed in these elements, such as light, heat, gravity, and the like. Through this approach, I believe I have begun to explain the entire realm of philosophy in a systematic manner, without omitting any of the principles that must precede those discussed later on in my work.
However, in order to carry out this plan to its completion, I would subsequently need to explain in the same manner the nature of each of the other particular entities that exist on earth—namely, minerals, plants, animals, and particularly humans—and finally, to address in detail the subjects of medicine, morality, and mechanics. Such is what I ought to do if I wish to provide mankind with a complete system of philosophy. Moreover, I feel far from old enough, am by no means uncertain of my abilities, and believe myself still close enough to gaining knowledge of what remains unknown, that I dare undertake to fulfill this goal were it not for the considerable expenses required—expenses that an individual like me could never afford on his own without the support of the public. Since I cannot expect such assistance at present, I believe it is sufficient for me to continue focusing on my own education for now; and I hope that future generations will forgive me if I fail to dedicate my efforts to their benefit in the future.
Ho prestato attenzione, esaminando la natura di diversi individui, e ho constatato che quasi nessuno è così rozzo o lento nel comprendere le cose da non essere in grado di sviluppare buoni sentimenti e persino di acquisire le scienze più elevate, se guidato nel modo giusto. Questo può anche essere dimostrato razionalmente: poiché i principi fondamentali sono chiari e si possono dedurre soltanto attraverso ragionamenti molto evidenti, tutti abbiamo abbastanza intelligenza per comprendere ciò che ne deriva. Tuttavia, oltre agli ostacoli rappresentati dai pregiudizi – da cui nessuno è completamente esente, soprattutto coloro che hanno studiato troppo le scienze errate – spesso accade che coloro con un’intelligenza moderata trascurino lo studio, ritenendosi incapaci di comprenderlo; mentre quelli più appassionati si affrettano troppo, finendo per ricevere principi non chiari e trarne conclusioni incerte. Per questo motivo vorrei assicurare a coloro che sottovalutano le proprie capacità che non c’è nulla nei miei scritti che non possano comprendere completamente, se si prendono la briga di esaminarli attentamente; allo stesso tempo, vorrei avvertire anche gli altri che persino i cervelli più eccellenti avranno bisogno di molto tempo e attenzione per notare tutte le cose che ho inteso includere nei miei scritti.
In seguito, affinché si possa comprendere chiaramente lo scopo che avevo in mente pubblicandole, vorrei spiegare qui l’ordine che ritengo debba essere seguito per imparare. Prima di tutto, una persona che possiede soltanto quella conoscenza volgare e imperfetta che si può acquisire attraverso i quattro metodi descritti sopra deve, innanzitutto, cercare di formarsi una morale sufficiente a regolare le proprie azioni, poiché questo non richiede alcun ritardo e dobbiamo soprattutto impegnarci a vivere bene. In seguito, deve studiare anche la logica, ma non quella dell’Accademia, poiché essa non è altro che una dialettica che insegna i metodi per far comprendere ad altri ciò che si sa, o addirittura per pronunciare senza giudizio molte parole riguardanti ciò che non si conosce; tale logica, pertanto, corrompe più che non arricchisca il buon senso. Bisogna invece studiare quella logica che insegna a utilizzare correttamente la ragione per scoprire le verità ignorate; poiché dipende molto dall’uso pratico, è utile esercitarsi a lungo nell’applicarne le regole su questioni semplici e facili, come quelle della matematica. Una volta acquisita un minima abilità nel trovare la verità in tali questioni, si può iniziare seriamente lo studio della vera filosofia, la cui prima parte è la metafisica, che contiene i principi della conoscenza, tra cui l’interpretazione dei principali attributi di Dio, dell’immaterialità delle nostre anime e di tutte le nozioni chiare e semplici presenti in noi. La seconda parte è la fisica: dopo aver individuato i veri principi delle cose materiali, si esamina in generale come sia composto l’universo; successivamente si analizza più specificamente la natura di questa terra e di tutti i corpi che vi si trovano comunemente, come l’aria, l’acqua, il fuoco, il magnete e altri minerali. Inoltre, è necessario esaminare in particolare la natura delle piante, degli animali e soprattutto dell’uomo, affinché in seguito si possano scoprire le altre scienze utili per lui. Così, l’intera filosofia è come un albero: le sue radici sono la metafisica, il tronco è la fisica, e i rami che ne derivano sono tutte le altre scienze, le quali si riducono a tre principali: la medicina, la meccanica e la morale; intendo per moralità quella più elevata e perfetta, che, presupponendo una conoscenza completa delle altre scienze, rappresenta il massimo grado di saggezza.
Ora, poiché i frutti degli alberi non vengono raccolti dalle radici né dal tronco, ma soltanto dalle loro estremità, allo stesso modo l’utilità principale della filosofia dipende da quelle sue parti che si possono apprendere soltanto in un secondo momento. Tuttavia, anche se ne ignoro quasi tutte, la passione che ho sempre avuto nel cercare di essere utile al pubblico mi ha spinto, dieci o dodici anni fa, a far stampare alcuni saggi su ciò che ritenevo di aver appreso. La prima parte di questi saggi era un Discorso sulla Methode per guidare correttamente la ragione e cercare la verità nelle scienze; in essa riassumevo le principali regole della logica e di una morale imperfetta, che si possono seguire provvisoriamente finché non se ne conosce una migliore. Le altre parti erano tre trattati: uno sulla Diottrica, uno sui Meteori e l’ultimo sulla Geometria. Con il trattato sulla Diottrica intendevo dimostrare che si può avanzare abbastanza nella filosofia da raggiungere, attraverso di essa, la conoscenza degli arti utili alla vita; infatti, l’invenzione delle lenti di ingrandimento, di cui parlavo in quel trattato, è una delle scoperte più difficili che siano mai state fatte. Con il trattato sui Meteori volevo far comprendere la differenza tra la filosofia che io pratico e quella che viene insegnata nelle scuole, dove si tende a trattare dello stesso argomento in modo superficiale. Infine, con il trattato sulla Geometria sostenevo di aver scoperto molte cose fino ad allora sconosciute, e speravo così incoraggiare tutti gli uomini alla ricerca della verità. In seguito, prevendo le difficoltà che molti avrebbero avuto nel comprendere i fondamenti della metafisica, ho cercato di spiegarne i punti principali in un libro intitolato “Meditazioni”. Questo libro non è molto lungo, ma il suo contenuto è stato arricchito e chiarito dalle obiezioni che molte persone erudite mi hanno inviato al riguardo, nonché dalle risposte che ho loro dato. Infine, quando ho ritenuto che questi trattati precedenti avessero sufficientemente preparato i lettori ad accettare i “Principi della Filosofia”, li ho anche pubblicati; ho diviso il libro in quattro parti: la prima contiene i principi della conoscenza, ovvero ciò che si può definire la prima filosofia o metafisica. Pertanto, per comprenderla correttamente, è opportuno leggere prima le “Meditazioni” che ho scritto sull’argomento stesso. Le altre tre parti contengono tutto ciò che è di più generale nella fisica: cioè l’esplicazione delle prime leggi o dei principi della natura, nonché il modo in cui i cieli, le stelle fisse, i pianeti, le comete e, in generale, l’intero universo sono composti; inoltre, vengono trattate in particolare la natura di questa terra, dell’aria, dell’acqua, del fuoco, del magnete – corpi che si trovano ovunque intorno a noi – nonché tutte le qualità che si osservano in questi corpi, come la luce, il calore, la gravità e simili. Con ciò penso di aver iniziato a spiegare l’intera filosofia in modo sistematico, senza tralasciare nulla di ciò che deve precedere le ultime considerazioni che ho esposto.
Ma affinché di portare a termine questo progetto, dovrei in seguito spiegare allo stesso modo la natura di ciascun altro corpo particolare che esiste sulla terra, ovvero minerali, piante, animali e soprattutto l’uomo; infine, dovrei trattare in modo accurato di medicina, morale e meccanica. Questo è ciò che dovrei fare per fornire agli uomini un insieme completo di conoscenze filosofiche. Non mi sento ancora troppo vecchio, non dubito delle mie forze e non ritengo di essere così lontano dalla comprensione di ciò che resta da scoprire, da non osare tentare di portare a termine questo progetto, se solo avessi la possibilità di condurre tutte le esperimentazioni necessarie per supportare e giustificare i miei ragionamenti. Tuttavia, visto che ciò richiederebbe ingenti spese alle quali un individuo come me non potrebbe far fronte da solo senza l’aiuto del pubblico, e poiché non posso aspettarmi tale aiuto, ritengo di dovermi accontentare per il momento di studiare al fine della mia formazione personale; la posterità mi perdonerà se in futuro smetterò di lavorare per lei.
Cependant, afin qu’on puisse voir en quoi je pense lui avoir déjà servi, je dirai ici quels sont les fruits que je me persuade qu’on peut tirer de mes principes. Le premier est la satisfaction qu’on aura d’y trouver plusieurs vérités qui ont été ci-devant ignorées ; car, bien que souvent la vérité ne touche pas tant notre imagination que font les faussetés et les feintes, à cause qu’elle paraît moins admirable et plus simple, toutefois le contentement qu’elle donne est toujours plus durable et plus solide. Le second fruit est qu’en étudiant ces principes on s’accoutumera peu à peu à mieux juger de toutes les choses qui se rencontrent, et ainsi à être plus sage : en quoi ils auront un effet contraire à celui de la philosophie commune ; car on peut aisément remarquer en ceux qu’on appelle pédants qu’elle les rend moins capables de raison qu’ils ne seraient s’ils ne l’avaient jamais apprise. Le troisième est que les vérités qu’ils contiennent, étant très claires et très certaines, ôteront tous sujets de dispute, et ainsi disposeront les esprits à la douceur et à la concorde : tout au contraire des controverses de l’École, qui, rendant insensiblement ceux qui les apprennent plus pointilleux et plus opiniâtres, sont peut-être la première cause des hérésies et des dissensions qui travaillent maintenant le monde. Le dernier et le principal fruit de ces principes est qu’on pourra, en les cultivant, découvrir plusieurs vérités que je n’ai point expliquées ; et ainsi, passant peu à peu des unes aux autres, acquérir avec le temps une parfaite connaissance de toute la philosophie et monter au plus haut degré de la sagesse. Car comme on voit en tous les arts que, bien qu’ils soient au commencement rudes et imparfaits, toutefois, à cause qu’ils contiennent quelque chose de vrai et dont l’expérience montre l’effet, ils se perfectionnent peu à peu par l’usage : ainsi, lorsqu’on a de vrais principes en philosophie, on ne peut manquer en les suivant de rencontrer parfois d’autres vérités ; et on ne saurait mieux prouver la fausseté de ceux d’Aristote, qu’en disant qu’on n’a su faire aucun progrès par leur moyen depuis plusieurs siècles qu’on les a suivis.
Je sais bien qu’il y a des esprits qui se hâtent tant et qui usent de si peu de circonspection en ce qu’ils font, que, même ayant des fondements bien solides, ils ne sauraient rien bâtir d’assuré ; et, parce que ce sont d’ordinaire ceux-là qui sont les plus prompts à faire des livres, ils pourraient en peu de temps gâter tout ce que j’ai fait, et introduire l’incertitude et le doute en ma façon de philosopher, d’où j’ai soigneusement tâché de les bannir, si on recevait leurs écrits comme miens ou comme remplis de mes opinions. J’en ai vu depuis peu l’expérience en l’un de ceux qu’on a le plus cru me vouloir suivre, et même duquel j’avais écrit en quelque endroit que je m’assurais tant sur son esprit, que je ne croyais pas qu’il eût aucune opinion que je ne voulusse bien avouer pour mienne : car il publia l’année passée un livre intitulé Fundamenta physicae, où, encore qu’il semble n’avoir rien mis touchant la physique et la médecine qu’il n’ait tiré de mes écrits, tant de ceux que j’ai publiés que d’un autre encore imparfait touchant la nature des animaux, qui lui est tombé entre les mains ; toutefois, à cause qu’il a mal transcrit et changé l’ordre, et nié quelques vérités de métaphysique, sur qui toute la physique doit être appuyée, je suis obligé de le désavouer entièrement, et de prier ici les lecteurs qu’ils ne m’attribuent jamais aucune opinion s’ils ne la trouvent expressément en mes écrits, et qu’ils n’en reçoivent aucune pour vraie, ni dans mes écrits, ni ailleurs, s’ils ne la voient très clairement être déduite des vrais principes.
Je sais bien aussi qu’il pourra se passer plusieurs siècles avant qu’on ait ainsi déduit de ces principes toutes les vérités qu’on en peut déduire, parce que la plupart de celles qui restent à trouver dépendent de quelques expériences particulières qui ne se rencontreront jamais par hasard, mais doivent être cherchées avec soin et dépense par des hommes fort intelligents, et parce qu’il arrivera difficilement que les mêmes qui auront l’adresse de s’en bien servir aient le pouvoir de les faire, et aussi parce que la plupart des meilleurs esprits ont conçu une si mauvaise opinion de toute la philosophie, à cause des défauts qu’ils ont remarqués en celle qui a été jusqu’à présent en usage, qu’ils ne pourront pas s’appliquer à en chercher une meilleure. Mais, enfin, si la différence qu’ils verront entre ces principes et tous ceux des autres, et la grande suite des vérités qu’on en peut déduire, leur fait connaître combien il est important de continuer en la recherche de ces vérités, et jusqu’à quel degré de sagesse, à quelle perfection de vie, à quelle félicité elles peuvent conduire, j’ose croire qu’il n’y en aura aucun qui ne tâche de s’employer à une étude si profitable, ou du moins qui ne favorise et veuille aider de tout son pouvoir ceux qui s’y emploieront avec fruit. Je souhaite que nos neveux en voient le succès, etc.
Première partie
DES PRINCIPES DE LA CONNAISSANCE HUMAINE
1
Que pour examiner la vérité il est besoin, une fois en sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut.
Comme nous avons été enfants avant que d’être hommes et que nous avons jugé tantôt bien et tantôt mal des choses qui se sont présentées à nos sens lorsque nous n’avions pas encore l’usage entier de notre raison, plusieurs jugements ainsi précipités nous empêchent de parvenir à la connaissance de la vérité, et nous préviennent de telle sorte qu’il n’y a point d’apparence que nous puissions nous en délivrer, si nous n’entreprenons de douter une fois en notre vie de toutes les choses où nous trouverons le moindre soupçon d’incertitude.
2
Qu’il est utile aussi de considérer comme fausses toutes les choses dont on peut douter.
Il sera même fort utile que nous rejetions comme fausses toutes celles où nous pourrons imaginer le moindre doute, afin que si nous en découvrons quelques-unes qui, nonobstant cette précaution, nous semblent manifestement vraies, nous fassions état qu’elles sont aussi très certaines et les plus aisées qu’il est possible de connaître.
3
Que nous ne devons point user de ce doute pour la conduite de nos actions.
Cependant il est à remarquer que je n’entends point que nous nous servions d’une façon de douter si générale, sinon lorsque nous commençons à nous appliquer à la contemplation de la vérité. Car il est certain qu’en ce qui regarde la conduite de notre vie, nous sommes obligés de suivre bien souvent des opinions qui ne sont que vraisemblables, à cause que les occasions d’agir en nos affaires se passeraient presque toujours avant que nous pussions nous délivrer de tous nos doutes ; et lorsqu’il s’en rencontre plusieurs de telles sur un même sujet, encore que nous n’apercevions peut-être pas davantage de vraisemblance aux unes qu’aux autres, si l’action ne souffre aucun délai, la raison veut que nous en choisissions une, et qu’après l’avoir choisie nous la suivions constamment, de même que si nous l’avions jugée très certaine.
4
Pourquoi on peut douter de la vérité des choses sensibles.
Mais, d’autant que nous n’avons point maintenant d’autre dessein que de vaquer à la recherche de la vérité, nous douterons en premier lieu si, de toutes les choses qui sont tombées sous nos sens ou que nous avons jamais imaginées, il y en a quelques-unes qui soient véritablement dans le monde, tant à cause que nous savons par expérience que nos sens nous ont trompés en plusieurs rencontres, et qu’il y aurait de l’imprudence de nous trop fier à ceux qui nous ont trompés, quand même ce n’aurait été qu’une fois, comme aussi à cause que nous songeons presque toujours en dormant, et que pour lors il nous semble que nous sentons vivement et que nous imaginons clairement une infinité de choses qui ne sont point ailleurs, et que lorsqu’on est ainsi résolu à douter de tout, il ne reste plus de marque par où on puisse savoir si les pensées qui viennent en songe sont plutôt fausses que les autres.
5
Pourquoi on peut aussi douter des démonstrations de mathématique.
However, in order to show in what way I believe I have already been of service to him, I will state here what benefits I consider can be derived from my principles. The first benefit is the satisfaction one gains from discovering numerous truths that were previously unknown; for although truth often fails to touch our imagination as much as falsehood and deception do—because it seems less impressive and more straightforward—the pleasure it brings is always more lasting and solid. The second benefit is that by studying these principles, one gradually learns to judge all things more accurately and thus becomes wiser—a result quite the opposite of what common philosophy achieves. It is easy to observe that those who are labeled pedants often become less capable of reasoning than they would have been if they had never studied philosophy at all. The third benefit is that the truths contained within these principles, being clear and indisputable, eliminate all grounds for dispute and thus cultivate a spirit of gentleness and harmony—far different from the contentious debates of academic schools, which, by making their practitioners more stubborn and opinionated, may well be the primary cause of heresies and divisions that plague our world today. The final and most important benefit of these principles is that by cultivating them, one can discover many additional truths that I have not yet explained; and thus, by progressing step by step from one truth to another, one can gradually attain a thorough understanding of the entire field of philosophy and reach the highest level of wisdom. For just as in all arts, although they begin in a rough and imperfect state, they gradually improve through practice because they contain some element of truth whose effects can be observed in practice—so too, when one possesses genuine philosophical principles, following them will inevitably lead one to discover other truths over time. And there is no better way to prove the falsehood of Aristotle’s teachings than to show that no progress has been made in understanding philosophy through his methods for centuries.
I am well aware that there are some individuals who act so hastily and without any regard for caution in what they do that, even if their foundations are sound, they are unable to build anything solid or reliable. And since these are often the very same people who are most eager to publish books, they could potentially destroy everything I have accomplished in a short time, introducing uncertainty and doubt into my way of philosophizing—something I have carefully tried to avoid. Recently, I have experienced this firsthand with one of those individuals whom people believed to be my most ardent followers. In fact, I had written about him in certain passages, trusting so much in his intellect that I was certain he held no opinions which I would not willingly acknowledge as my own. However, last year he published a book titled Fundamenta physicae. Although it appears that he did not include any content related to physics or medicine that he had not drawn from my writings—either those I had already published or another unfinished work on the nature of animals that came into his hands—he nonetheless misinterpreted and altered the order of the material, and even denied some fundamental truths of metaphysics upon which all of physics rests. For these reasons, I am compelled to completely reject his work. I urge readers not to attribute any of my opinions to him unless they are explicitly stated in my writings, and not to consider anything he says as true—either in my works or elsewhere—unless it can be clearly demonstrated to be derived from the genuine principles of philosophy.
I am also well aware that it may take several centuries before all the truths that can be derived from these principles are actually discovered, because most of those still to be found depend on certain particular experiments that will never occur by chance but must be carefully sought after and pursued by highly intelligent individuals. Moreover, it is unlikely that those who possess the knowledge necessary to make effective use of these principles will also have the means to put them into practice. Furthermore, since most of the greatest minds have formed such poor opinions about philosophy in general, due to the flaws they have observed in the philosophy that has been in use until now, they are likely to be unwilling to devote themselves to seeking a better system. Nevertheless, if the difference between these principles and those of other systems, as well as the numerous truths that can be derived from them, makes people realize how important it is to continue this pursuit of knowledge—and how far such pursuit can lead to wisdom, a perfected life, and ultimate happiness—I dare say that no one will refuse to engage in such a fruitful endeavor. Indeed, I hope that our descendants will see the success of these efforts.
First Part
PRINCIPLES OF HUMAN KNOWLEDGE
1
In order to examine the truth, it is necessary, at some point in one’s life, to doubt everything to the greatest extent possible.
Since we were children before becoming men, and since we sometimes judged things rightly and sometimes wrongly based on what came to our senses when we did not yet possess the full use of our reason, many such hasty judgments prevent us from attaining knowledge of the truth. As a result, there seems to be no way for us to free ourselves from these errors, unless we once in our lives begin to doubt everything about which we detect even the slightest hint of uncertainty.
2
It is also useful to consider all things of which one can doubt to be false.
It will even be of great use if we reject as false all those cases in which we can conceive the slightest doubt; so that if we happen to discover a few that, despite this precaution, seem to us clearly true, we can declare them to be not only very certain but also among the most easily verifiable truths possible.
3
That we must not use such doubt in guiding our actions.
However, it should be noted that I do not mean by this that we should use such a general method of doubting at all times, except when we begin to engage in the contemplation of truth. For it is certainly true that, in regard to the conduct of our lives, we are often obliged to follow opinions that are merely probable, since the occasions to act in our affairs almost always arise before we have had the chance to dispel all our doubts. And when there are several such opinions on the same subject, even if we perceive no greater likelihood in some than in others, if action cannot be delayed, reason demands that we choose one of them and adhere to it consistently, just as if we were certain of its correctness.
4
Why one might doubt the truth of sensible things.
But since our only aim at present is to seek the truth, we must first question whether, among all the things that have come to our senses or that we have ever imagined, there are any that truly exist in the world. For we know from experience that our senses have deceived us on many occasions; it would therefore be imprudent to place too much trust in them, even if they had never deceived us before. Moreover, we often dream while asleep, and during these dreams we seem to perceive things vividly and imagine countless realities that do not actually exist. Hence, when we resolve to doubt everything, there remains no clear way to determine whether the thoughts that arise in our dreams are more likely to be false than those that occur while we are awake.
5
Why one might also doubt the demonstrations in mathematics.
Tuttavia, affinché si possa comprendere in che modo ritengo di avergli già reso un servizio, dirò qui quali siano i frutti che sono convinto si possano trarre dai miei principi. Il primo frutto è la soddisfazione che si prova nel scoprire molte verità che prima erano ignorate; poiché, sebbene spesso la verità non colpisca tanto l’immaginazione quanto le falsità e le illusioni – poiché sembra meno straordinaria e più semplice – tuttavia la soddisfazione che procura è sempre più duratura e solida. Il secondo frutto è che, studiando questi principi, ci si abituerà gradualmente a giudicare meglio tutte le cose che ci capitano, diventando così più saggi; il che contraddice l’effetto della filosofia comune, poiché si può facilmente notare che coloro che la praticano spesso diventano meno capaci di ragionare di quanto lo sarebbero se non l’avessero mai studiata. Il terzo frutto è che le verità contenute in questi principi, essendo molto chiare e certe, elimineranno ogni motivo di disputa, predisponendo così gli spiriti alla dolcezza e all’armonia; al contrario delle controversie dell’Accademia, che rendono gradualmente più puntigliosi e ostinati coloro che le praticano, e sono forse la principale causa delle eresie e delle dissensioni che attualmente affliggono il mondo. L’ultimo e principale frutto di questi principi è che, coltivandoli, si potranno scoprire molte verità che non ho ancora spiegato; e così, passando gradualmente da una verità all’altra, acquisire con il tempo una conoscenza perfetta di tutta la filosofia e raggiungere il più alto grado di saggezza. Poiché, come si vede in tutti gli arti, anche se all’inizio sono rozzi e imperfetti, tuttavia, poiché contengono qualcosa di vero e la pratica ne dimostra l’efficacia, questi arti si perfezionano gradualmente con l’uso; allo stesso modo, quando si possiedono principi veri in filosofia, seguendoli si finirà inevitabilmente per scoprire altre verità; e non si potrebbe dimostrare meglio la falsità di quelli di Aristotele, dicendo che nessun progresso è stato realizzato nel corso dei secoli attraverso il loro studio.
So bene che ci sono persone che agiscono con troppa fretta e senza alcuna cautela, al punto che, anche se le loro basi sono solide, non riescono a costruire nulla di certo; e poiché sono spesso proprio queste le stesse che si affrettano a scrivere libri, potrebbero in poco tempo rovinare tutto ciò che ho fatto io, introducendo incertezza e dubbi nel mio modo di filosofare. Per questo ho cercato con cura di escluderle dalla mia opera, qualora i loro scritti venissero considerati miei o contenenti le mie opinioni. Di recente ne ho avuto l’esperienza con uno di coloro che sembravano seguirmi con particolare attenzione; anzi, avevo scritto su di lui in alcuni passaggi, essendo così sicuro della sua intelligenza da ritenere che non avesse alcuna opinione che io non fossi disposto ad ammettere come mia. Tuttavia, l’anno scorso ha pubblicato un libro intitolato “Fundamenta physicae”; sebbene sembri che non abbia inserito nulla riguardo alla fisica e alla medicina che non derivasse dai miei scritti – sia da quelli che ho pubblicato io stesso, sia da un altro ancora incompleto sulle proprietà degli animali che gli è capitato tra le mani – tuttavia, poiché ha trascritto male i contenuti e ne ha cambiato l’ordine, oltre a negare alcune verità della metafisica su cui si fonda tutta la fisica, sono costretto a respingere completamente il suo lavoro. Invito quindi i lettori a non attribuirmi mai alcuna opinione se non la trovano esplicitamente nei miei scritti, e a non considerarla vera né in essi né altrove, se non ne vedono chiaramente la derivazione dai principi veri.
So bene anche che potrebbero trascorrere diversi secoli prima di riuscire a dedurre da questi principi tutte le verità che da essi si possono ricavare; infatti, la maggior parte di quelle ancora da scoprire dipende da alcune esperienze particolari che non si presenteranno mai per caso, ma dovranno essere cercate con cura e impegno da persone molto intelligenti. Inoltre, è improbabile che coloro che avranno la capacità di sfruttare al meglio questi principi abbiano anche il potere di metterli in pratica; in più, molti dei migliori intellettuali hanno un’opinione così negativa su tutta la filosofia, a causa dei difetti che hanno riscontrato in quella attualmente in uso, che probabilmente non si dedicheranno alla ricerca di una filosofia migliore. Tuttavia, se la differenza tra questi principi e quelli degli altri sistemi filosofici, nonché la vasta serie di verità che da essi si possono dedurre, farà loro comprendere quanto sia importante proseguire nella ricerca di queste verità, e a quale livello di saggezza, perfezione della vita e felicità possano condurci, oserei credere che non ci sarà nessuno che non si impegnerà con determinazione in uno studio così proficuo, o almeno che non farà tutto il possibile per incoraggiare e aiutare coloro che vi si dedicheranno con successo. Spero che i nostri nipoti possano assistere al successo di questo sforzo, ecc.
Prima parte
DEI PRINCIPI DELLA CONOSCENZA UMANA
1
Per esaminare la verità, è necessario, almeno una volta nella vita, mettere in dubbio ogni cosa nel modo più completo possibile.
Poiché siamo stati bambini prima di diventare uomini e abbiamo giudicato, a volte bene e a volte male, le cose che ci sono apparse attraverso i nostri sensi quando ancora non possedevamo un uso completo della nostra ragione, molti di questi giudizi affrettati ci impediscono di raggiungere la conoscenza della verità e ci impediscono in modo tale di liberarcene, a meno che non decidiamo, almeno una volta nella vita, di mettere in dubbio tutte le cose riguardo alle quali riscontriamo anche solo il minimo segno di incertezza.
2
È altresì utile considerare false tutte le cose di cui si può dubitare.
Sarà addirittura molto utile che rifiutiamo come false tutte quelle ipotesi nei confronti delle quali possiamo nutrire anche il minimo dubbio; in questo modo, se ne scopriremo alcune che, nonostante questa precauzione, ci sembrino chiaramente vere, potremo affermare con certezza che sono effettivamente molto attendibili e tra le più semplici da verificare.
3
Non dobbiamo utilizzare questo dubbio nella guida delle nostre azioni.
Tuttavia, è da notare che non intendo affatto che utilizziamo un metodo di dubbio così generale, se non quando iniziamo a dedicarci alla contemplazione della verità. Poiché è certo che, per quanto riguarda la conduzione della nostra vita, spesso siamo costretti ad attenerci a opinioni che sono soltanto plausibili; infatti, le occasioni di agire nelle nostre faccende si presentano quasi sempre prima che possiamo liberarci da tutti i nostri dubbi. E quando su un stesso argomento ne esistono diverse, anche se forse non riconosciamo maggiore plausibilità in alcuna di esse rispetto alle altre, se l’azione richiede immediatezza, la ragione ci impone di scegnerne una e di attenerci costantemente a essa, come se fosse assolutamente certa.
4
Perché si può dubitare della veridicità delle cose sensibili.
Ma poiché al momento non abbiamo altro scopo se non quello di cercare la verità, dobbiamo innanzitutto dubitare che, tra tutte le cose che sono cadute sotto i nostri sensi o che abbiamo mai immaginato, ce ne siano alcune realmente esistenti nel mondo. Questo perché sappiamo per esperienza che i nostri sensi ci hanno ingannati in molte occasioni, e sarebbe imprudente fidarci troppo di loro, anche se fosse accaduto una sola volta. Inoltre, pensiamo quasi sempre durante il sonno, e in quei momenti ci sembra di percepire chiaramente un’infinità di cose che in realtà non esistono. Pertanto, quando si è decisi a dubitare di tutto, non rimane alcun modo per sapere se i pensieri che emergono durante il sonno siano più falsi degli altri.
5
Perché si può anche dubitare delle dimostrazioni matematiche.
Nous douterons aussi de toutes les autres choses qui nous ont semblé autrefois très certaines, même des démonstrations de mathématique et de ses principes, encore que d’eux-mêmes ils soient assez manifestes, parce qu’il y a des hommes qui se sont mépris en raisonnant sur de telles matières ; mais principalement parce que nous avons ouï dire que Dieu, qui nous a créés, peut faire tout ce qui lui plaît, et que nous ne savons pas encore s’il a voulu nous faire tels que nous soyons toujours trompés, même aux choses que nous pensons mieux connaître ; car, puisqu’il a bien permis que nous nous soyons trompés quelquefois, ainsi qu’il a été déjà remarqué, pourquoi ne pourrait-il pas permettre que nous nous trompions toujours ? Et si nous voulons feindre qu’un Dieu tout-puissant n’est point auteur de notre être, et que nous subsistons par nous-mêmes ou par quelque autre moyen, de ce que nous supposerons cet auteur moins puissant, nous aurons toujours d’autant plus de sujet de croire que nous ne sommes pas si parfaits que nous ne puissions être continuellement abusés.
6
Que nous avons un libre arbitre qui fait que nous pouvons nous abstenir de croire les choses douteuses, et ainsi nous empêcher d’être trompés.
Mais quand celui qui nous a créés serait tout-puissant, et quand même il prendrait plaisir à nous tromper, nous ne laissons pas d’éprouver en nous une liberté qui est telle que, toutes les fois qu’il nous plaît, nous pouvons nous abstenir de recevoir en notre croyance les choses que nous ne connaissons pas bien, et ainsi nous empêcher d’être jamais trompés.
7
Que nous ne saurions douter sans être, et que cela est la première connaissance certaine qu’on peut acquérir.
Pendant que nous rejetons en cette sorte tout ce dont nous pouvons douter, et que nous feignons même qu’il est faux, nous supposons facilement qu’il n’y a point de Dieu, ni de ciel, ni de terre, et que nous n’avons point de corps ; mais nous ne saurions supposer de même que nous ne sommes point pendant que nous doutons de La vérité de toutes ces choses ; car nous avons tant de répugnance à concevoir que ce qui pense n’est pas véritablement au même temps qu’il pense, que, nonobstant toutes les plus extravagantes suppositions, nous ne saurions nous empêcher de croire que cette conclusion : Je pense, donc je suis, ne soit vraie, et par conséquent la première et la plus certaine qui se présente à celui qui conduit ses pensées par ordre.
8
Qu’on connaît aussi ensuite la distinction qui est entre l’âme et le corps.
Il me semble aussi que ce biais est tout le meilleur que nous puissions choisir pour connaître la nature de l’âme et qu’elle est une substance entièrement distincte du corps ; car, examinant ce que nous sommes, nous qui pensons maintenant qu’il n’y a rien hors de notre pensée qui soit véritablement ou qui existe, nous connaissons manifestement que, pour être, nous n’avons pas besoin d’extension, de figure, d’être en aucun lieu, ni d’aucune autre telle chose qu’on peut attribuer au corps, et que nous sommes par cela seul que nous pensons ; et par conséquent que la notion que nous avons de notre âme ou de notre pensée précède celle que nous avons du corps, et qu’elle est plus certaine, vu que nous doutons encore qu’il y ait au monde aucun corps, et que nous savons certainement que nous pensons.
9
Ce que c’est que penser.
Par le mot de penser, j’entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l’apercevons immédiatement par nous-mêmes ; c’est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais aussi sentir, est la même chose ici que penser. Car si je dis que je vois ou que je marche, et que j’infère de là que je suis ; si j’entends parler de l’action qui se fait avec mes yeux ou avec mes jambes, cette conclusion n’est pas tellement infaillible, que je n’aie quelque sujet d’en douter, à cause qu’il se peut faire que je pense voir ou marcher, encore que je n’ouvre point les yeux et que je ne bouge de ma place ; car cela m’arrive quelquefois en dormant, et le même pourrait peut-être arriver si je n’avais point de corps ; au lieu que si j’entends parler seulement de l’action de ma pensée ou du sentiment, c’est-à-dire de la connaissance qui est en moi, qui fait qu’il me semble que je vois ou que je marche, cette même conclusion est si absolument vraie que je n’en puis douter, à cause qu’elle se rapporte à l’âme, qui seule a la faculté de sentir ou bien de penser en quelque autre façon que ce soit.
10
Qu’il y a des notions d’elles-mêmes si claires qu’on les obscurcit en les voulant définir à la façon de l’École, et qu’elles ne s’acquièrent point par étude, mais naissent avec nous.
Je n’explique pas ici plusieurs autres termes dont je me suis déjà servi et dont je fais état de me servir ci-après ; car je ne pense pas que, parmi ceux qui liront mes écrits, il s’en rencontre de si stupides qu’ils ne puissent entendre d’eux-mêmes ce que ces termes signifient. Outre que j’ai remarqué que les philosophes, en tâchant d’expliquer par les règles de leur logique des choses qui sont manifestes d’elles-mêmes, n’ont rien fait que les obscurcir ; et lorsque j’ai dit que cette proposition : Je pense, donc je suis, est la première et la plus certaine qui se présente à celui qui conduit ses pensées par ordre, je n’ai pas pour cela nié qu’il ne fallût savoir auparavant ce que c’est que pensée, certitude, existence, et que pour penser il faut être, et autres choses semblables ; mais, à cause que ce sont là des notions si simples que d’elles-mêmes elles ne nous font avoir la connaissance d’aucune chose qui existe, je n’ai pas jugé qu’elles dussent être mises ici en compte.
11
Comment nous pouvons plus clairement connaître notre âme que notre corps.
Or, afin de savoir comment la connaissance que nous avons de notre pensée précède celle que nous avons du corps, et qu’elle est incomparablement plus évidente, et telle qu’encore qu’il ne fût point nous aurions raison de conclure qu’elle ne laisserait pas d’être tout ce qu’elle est, nous remarquerons qu’il est manifeste, par une lumière qui est naturellement en nos âmes, que le néant n’a aucunes qualités ni propriétés qui lui soient affectées, et qu’où nous en apercevons quelques-unes il se doit trouver nécessairement une chose ou substance dont elles dépendent. Cette même lumière nous montre aussi que nous connaissons d’autant mieux une chose ou substance, que nous remarquons en elle davantage de propriétés ; or, il est certain que nous en remarquons beaucoup plus en notre pensée qu’en aucune autre chose, d’autant qu’il n’y a rien qui nous excite à connaître quoi que ce soit, qui ne nous porte encore plus certainement à connaître notre pensée. Par exemple, si je me persuade qu’il y a une terre à cause que je la touche ou que je la vois : de cela même, par une raison encore plus forte, je dois être persuadé que ma pensée est ou existe, à cause qu’il se peut faire que je pense toucher la terre, encore qu’il n’y ait peut-être aucune terre au monde ; et qu’il n’est pas possible que moi, c’est-à-dire mon âme, ne soit rien pendant qu’elle a cette pensée ; nous pouvons conclure le même de toutes les autres choses qui nous viennent en la pensée, à savoir, que nous, qui les pensons, existons, encore qu’elles soient peut-être fausses ou qu’elles n’aient aucune existence.
12
D’où vient que tout le monde ne la connaît pas en cette façon.
Ceux qui n’ont pas philosophé par ordre ont eu d’autres opinions sur ce sujet, parce qu’ils n’ont jamais distingué assez soigneusement leur âme, ou ce qui pense, d’avec le corps, ou ce qui est étendu en longueur, largeur et profondeur. Car, encore qu’ils ne fassent point difficulté de croire qu’ils étaient dans le monde, et qu’ils en eussent une assurance plus grande que d’aucune autre chose, néanmoins, comme ils n’ont pas pris garde que par eux, lorsqu’il était question d’une certitude métaphysique, ils devaient entendre seulement leur pensée, et qu’au contraire ils ont mieux aimé croire que c’était leur corps qu’ils voyaient de leurs yeux qu’ils touchaient de leurs mains, et auquel ils attribuaient mal à propos la faculté de sentir, ils n’ont pas connu distinctement la nature de leur âme.
13
En quel sens on peut dire que si on ignore Dieu, on ne peut avoir de connaissance certaine d’aucune autre chose.
We will also doubt all other things that once seemed to us very certain—even mathematical proofs and their principles, although they are in themselves quite evident—because there have been people who have erred in reasoning about such matters; but chiefly because we have heard that God, who created us, is capable of doing whatever he pleases, and because we do not yet know whether he intended for us to always be deceived, even regarding things that we think we understand better. For since he has allowed us to err at times, as has already been observed, why should it be impossible for him to allow us to err continually? And if we wish to pretend that a omnipotent God is not the author of our existence, and that we exist by ourselves or through some other means, then the more we diminish the power of this supposed creator, the more reason we have to believe that we are not so perfect as to be incapable of being constantly deceived.
6
It is because we possess free will that we are able to refrain from believing in doubtful things, and thereby prevent ourselves from being deceived.
But if the one who created us were all-powerful, and yet still took pleasure in deceiving us, we would not allow ourselves to possess such freedom that, whenever he wished, we could refuse to accept into our beliefs things that we do not know well enough, thereby ensuring that we are never deceived.
7
That we could not doubt without being; and that this is the first certain knowledge one can acquire.
In this way, as we reject everything of which we can doubt and even pretend that it is false, we readily assume that there is no God, no heaven, no earth, and that we have no body at all; but we could never assume in the same manner that we do not exist while we doubt the truth of all these things. For we feel such strong aversion at the idea that something that thinks is not truly existing at the very moment it thinks, that despite all the most absurd assumptions, we cannot help but believe that the conclusion “I think, therefore I am” is true—and consequently, the first and most certain conclusion that arises for anyone who proceeds to order their thoughts systematically.
8
We also come to understand the distinction that exists between the soul and the body.
It also seems to me that this bias is precisely the best tool we can use to understand the nature of the soul, and that the soul is a substance entirely distinct from the body. For when we examine what we are—those of us who now believe that nothing outside of our thoughts exists in any true or real sense—we clearly see that in order to exist, we do not need extension, shape, a location in space, or any other attributes that can be attributed to the body. We exist simply because we think. Therefore, our understanding of our soul or our thoughts precedes our understanding of the body, and it is also far more certain—since we still doubt whether there is any body in the world at all, while we know for sure that we think.
9
What it means to think.
By the word “thinking,” I mean everything that takes place within us in such a way that we are immediately aware of it ourselves; therefore, not only hearing, wanting, and imagining, but also feeling, is considered the same as thinking here. For if I say that I see or that I walk, and infer from this that I exist; if I hear about actions that are performed by my eyes or my legs, such a conclusion is not entirely infallible, and I have reason to doubt it, because it is possible for me to think that I am seeing or walking, even though I do not open my eyes or move from my place; this sometimes happens to me while I am asleep, and the same might possibly happen if I did not possess a body at all. However, if I hear about the actions of my thought or of my sensations—that is, about the knowledge that resides within me and makes it seem to me as though I am seeing or walking—then such a conclusion is absolutely true, and I cannot doubt it at all, because it relates to the soul alone, which possesses the ability to feel or think in any other manner whatsoever.
10
There are certain concepts that are so clear in themselves that attempting to define them in the manner of the traditional schools only serves to obscure them; such concepts are not acquired through study, but rather arise with us at birth.
I do not explain several other terms that I have already used and will continue to use here; for I do not believe that among those who read my writings there are any so foolish as not to be able to understand the meaning of these terms on their own. Moreover, I have observed that philosophers, in attempting to explain things that are self-evident through the rules of their logic, have only managed to obscure them. And when I said that the proposition “I think, therefore I am” is the first and most certain assertion that arises to anyone who proceeds in a systematic order of thought, I did not in any way deny that it is necessary to understand beforehand what thoughts, certainties, and existence are, or that in order to think one must exist, and other similar matters. However, since these are such simple concepts that they in themselves do not provide us with any knowledge of anything that actually exists, I have deemed it unnecessary to include them here.
11
How can we come to know our soul more clearly than we know our own body?
Or, in order to understand how our knowledge of our own thoughts precedes our knowledge of our bodies—and how that knowledge is incomparably more evident—such that even if we did not possess it, we would still be justified in concluding that it must indeed exist as it is—we may observe that it is clear, by a light inherent within our souls, that nothing in the realm of non-existence possesses any qualities or attributes. Wherever we perceive such qualities or attributes in something, it must necessarily involve some thing or substance upon which they depend. This same light also reveals to us that the better we understand a particular thing or substance, the more properties we are able to discern within it. Now, it is undeniable that we perceive far more properties in our own thoughts than in any other object; indeed, nothing stimulates our desire to know anything so much as our own thoughts do. For instance, if I come to believe that there is a piece of land simply because I can touch it or see it, then, for even stronger reasons, I must conclude that my thoughts exist—or at least that the capacity to think about touching that land exists—even if in reality there is no such land at all. Moreover, it is impossible for me, that is, for my soul, to be nothing while possessing such thoughts. The same reasoning applies to all other objects that come into our minds: we who conceive of them must exist, even if those objects are ultimately false or do not possess any real existence.
12
Why isn’t everyone aware of it in this way?
Those who have not pursued philosophical inquiry in a systematic manner have held different opinions on this matter, because they have never carefully distinguished between their soul—that is, what thinks—and their body—that which extends in length, breadth, and depth. For although they have no difficulty believing that they exist in the world and are far more certain of this than of anything else, yet since they failed to realize that when it came to matters of metaphysical certainty, they should be referring solely to their thoughts, and instead preferred to believe that it was their bodies that they saw with their eyes and touched with their hands, attributing to these bodies the ability to perceive sensations, they have never come to truly understand the nature of their souls.
13
In what sense can it be said that if one ignores God, one cannot have any certain knowledge of anything else?
Dubiteremo anche di tutte le altre cose che un tempo ci sembravano assolutamente certe, persino delle dimostrazioni matematiche e dei loro principi, nonostante questi siano in sé abbastanza evidenti; questo perché esistono persone che hanno commesso errori nel ragionare su tali argomenti. Ma soprattutto perché abbiamo sentito dire che Dio, che ci ha creati, può fare tutto ciò che desidera, e che non sappiamo ancora se abbia voluto farci essere sempre ingannati, anche riguardo a quelle cose che riteniamo di conoscere meglio. Poiché, dato che ha permesso che ci ingannassimo in alcune occasioni – come è già stato osservato – perché non dovrebbe permettercelo anche continuamente? E se volessimo fingere che un Dio onnipotente non sia l’autore della nostra esistenza, e che sopravviviamo da soli o per qualche altro motivo, allora, considerando tale autore meno potente di quanto in realtà sia, avremmo ancora più motivi per credere di non essere così perfetti da non poter essere continuamente ingannati.
6
Che abbiamo un libero arbitrio che ci permette di astenerci dal credere in cose dubie, e così evitare di essere ingannati.
Ma quando colui che ci ha creati fosse onnipotente, e anche allora si divertisse a ingannarci, non permetteremmo comunque che in noi esistesse una libertà tale da permetterci, ogni volta che lo desideriamo, di astenerci dal credere in cose che non conosciamo bene, evitando così di essere mai ingannati.
7
Che non possiamo dubitare senza essere certi di ciò che sappiamo, e che questa è la prima conoscenza certa che si può acquisire.
Mentre rifiutiamo in questo modo tutto ciò di cui possiamo dubitare, e addirittura fingiamo che sia falso, supponiamo facilmente che non esistano né Dio, né cielo, né terra, e che non abbiamo alcun corpo; ma non potremmo mai supporre allo stesso modo di non esistere mentre dubitiamo della verità di tutte queste cose; perché proviamo una tale avversione all’idea che ciò che pensa non sia realmente esistente nello stesso momento in cui pensa, che, nonostante le ipotesi più stravaganti, non riusciremmo mai a impedirci di credere che la conclusione “Penso, quindi sono” sia vera, e quindi la prima e la più certa che si presenti a chi ordina i propri pensieri in modo logico.
8
Si conosce inoltre la distinzione che esiste tra anima e corpo.
Mi sembra inoltre che questo punto di vista sia senz’altro il migliore che possiamo scegliere per comprendere la natura dell’anima, e che essa sia una sostanza del tutto distinta dal corpo; infatti, esaminando ciò che siamo noi, che ora riteniamo non esista nulla al di fuori dei nostri pensieri che sia veramente reale o esistente, è evidente che per esistere non abbiamo bisogno di estensione, forma, di trovarci in un luogo particolare, né di alcuna altra caratteristica che possa essere attribuita al corpo; siamo quindi soltanto perché pensiamo. Di conseguenza, la nozione che abbiamo della nostra anima o del nostro pensiero precede quella che abbiamo del corpo, e è anche più certa: infatti, dubitiamo ancora dell’esistenza di un corpo nel mondo, mentre sappiamo con certezza di pensare.
9
Che cosa significhi pensare.
Con il termine “pensiero”, intendo tutto ciò che avviene in noi in modo tale da essere immediatamente percepito da noi stessi; è per questo che non solo ascoltare, volere, immaginare, ma anche sentire, sono qui la stessa cosa che pensare. Infatti, se dico di vedere o di camminare, e ne deduco quindi di esistere; se sento parlare dell’azione che avviene attraverso i miei occhi o le mie gambe, questa conclusione non è del tutto infallibile, e posso avere motivo di dubitarne, poiché è possibile che io pensi di vedere o di camminare anche senza aprire gli occhi o muovermi dal mio posto; questo mi accade talvolta mentre dormo, e lo stesso potrebbe accadere anche se non avessi un corpo. Invece, se sento parlare soltanto dell’azione del mio pensiero o del mio sentimento, cioè della conoscenza che è in me e che mi fa credere di vedere o di camminare, questa conclusione è assolutamente vera, e non posso dubitarne, poiché riguarda l’anima, l’unica che possiede la facoltà di sentire o pensare in qualsiasi altro modo.
10
Alcune nozioni sono così chiare di per sé che cercare di definirle secondo i metodi dell’Accademia le rende invece oscure; inoltre, non si acquisiscono attraverso lo studio, ma nascono insieme a noi.
Non spiego qui altri termini che ho già utilizzato e di cui farò ancora menzione in seguito; poiché non credo che tra coloro che leggeranno i miei scritti ci siano persone così stupide da non essere in grado di comprendere da sole il significato di tali termini. Inoltre, ho notato che i filosofi, nel tentativo di spiegare con le regole della loro logica cose che sono già ovvie per sé stesse, non hanno fatto altro che renderle ancora più oscure; e quando ho affermato che la proposizione “Penso, quindi esisto” è la prima e la più certa che si presenta a chi segue un ordine logico nel proprio pensiero, non ho affatto negato che fosse necessario conoscere in precedenza cosa siano il pensiero, la certezza, l’esistenza, e che per pensare sia necessario esistere, e altre cose simili; tuttavia, poiché si tratta di concetti così semplici da non fornirci di per sé alcuna conoscenza riguardo alle cose che esistono, ho ritenuto inutile menzionarli in questo contesto.
11
Come possiamo conoscere più chiaramente la nostra anima rispetto al nostro corpo?
Ora, affinché possiamo comprendere come la conoscenza che abbiamo della nostra mente preceda quella che abbiamo del corpo, e come essa sia incomparabilmente più evidente – tanto da farci concludere, anche in assenza di prove concrete, che non possa essere diversa da ciò che effettivamente è – osserviamo che è manifesto, grazie a una luce innata nelle nostre anime, che il nulla non possiede alcuna qualità o proprietà; e che dove percepiamo alcune qualità nel nulla, deve necessariamente esistere una cosa o una sostanza di cui tali qualità dipendono. Questa stessa luce ci mostra anche che conosciamo meglio una cosa o una sostanza quanto più ne riconosciamo le proprietà; e poiché è certo che nella nostra mente percepiamo molte più proprietà rispetto a qualsiasi altra realtà, si può concludere che noi, che possediamo questa capacità di pensare, esistiamo realmente, anche se le cose che pensiamo potrebbero essere false o non avere alcuna esistenza concreta. Ad esempio: se mi convinco dell’esistenza della terra perché la tocco o la vedo, allora, per una ragione ancora più evidente, devo convincermi anche dell’esistenza della mia mente, poiché è possibile che io pensi di toccare la terra, anche se in realtà non esista alcuna terra; e non è possibile che io, cioè la mia anima, non esista mentre possiedo questo pensiero. Lo stesso si può applicare a tutte le altre cose che ci vengono in mente: noi, che le pensiamo, esistiamo, anche se queste cose potrebbero essere false o non avere alcuna realtà concreta.
12
Allora, perché non tutti la conoscono in questo modo?
Coloro che non hanno riflettuto in modo sistematico su queste questioni hanno espresso opinioni diverse al riguardo, poiché non hanno mai distinto con sufficiente chiarezza tra l’anima, ovvero ciò che pensa, e il corpo, ovvero ciò che è esteso in lunghezza, larghezza e profondità. Infatti, sebbene non avessero difficoltà a credere di trovarsi nel mondo e ne fossero più certi di qualsiasi altra cosa, non hanno tenuto conto del fatto che, quando si trattava di una certezza metafisica, dovevano considerare soltanto i propri pensieri; invece, preferivano credere che fosse il proprio corpo ciò che vedevano con gli occhi e toccavano con le mani, attribuendo ingiustamente a quest’ultimo la capacità di percepire. Per questo motivo, non sono riusciti a comprendere chiaramente la natura della propria anima.
13
In questo senso, si può dire che se si ignora Dio, non è possibile avere alcuna conoscenza certa di nulla altro.
Mais lorsque la pensée, qui se connaît soi-même en cette façon, nonobstant qu’elle persiste encore à douter des autres choses, use de circonspection pour tâcher d’étendre sa connaissance plus avant, elle trouve en soi premièrement les idées de plusieurs choses ; et pendant qu’elle les contemple simplement, et qu’elle n’assure pas qu’il y ait rien hors de soi qui soit semblable à ces idées, et qu’aussi elle ne le nie pas, elle est hors de danger de se méprendre. Elle rencontre aussi quelques notions communes dont elle compose des démonstrations qui la persuadent si absolument qu’elle ne saurait douter de leur vérité pendant qu’elle s’y applique. Par exemple, elle a en soi les idées des nombres et des figures ; elle a aussi entre ses communes notions que, « si on ajoute des quantités égales à d’autres quantités égales, les touts seront égaux », et beaucoup d’autres aussi évidentes que celle-ci, par lesquelles il est aisé de démontrer que les trois angles d’un triangle sont égaux à deux droits, etc. Tant qu’elle aperçoit ces notions et l’ordre dont elle a déduit cette conclusion ou d’autres semblables elle est très assurée de leur vérité : mais, comme elle ne saurait y penser toujours avec tant d’attention lorsqu’il arrive qu’elle se souvient de quelque conclusion sans prendre garde à l’ordre dont elle peut être démontrée, et que cependant elle pense que l’Auteur de son être aurait pu la créer de telle nature qu’elle se méprît en tout ce qui lui semble très évident elle voit bien qu’elle a un juste sujet de se défier de la vérité de tout ce qu’elle n’aperçoit pas distinctement, et qu’elle ne saurait avoir aucune science certaine jusqu’à ce qu’elle ait connu celui qui l’a créée.
14
Qu’on peut démontrer qu’il y a un Dieu de cela seul que la nécessité d’être ou d’exister est comprise en la notion que nous avons de lui.
Lorsque par après, elle fait une revue sur les diverses idées ou notions qui sont en soi, et qu’elle y trouve celle d’un être tout-connaissant, tout-puissant et extrêmement parfait, elle juge facilement, par ce qu’elle aperçoit en cette idée, que Dieu, qui est cet être tout parfait, est ou existe : car encore qu’elle ait des idées distinctes de plusieurs autres choses, elle n’y remarque rien qui l’assure de l’existence de leur objet ; au lieu qu’elle aperçoit en celle-ci, non pas seulement comme dans les autres, une existence possible, mais une absolument nécessaire et éternelle. Et comme de ce qu’elle voit qu’il est nécessairement compris dans l’idée qu’elle a du triangle que ses trois angles soient égaux à deux droits elle se persuade absolument que le triangle a trois angles égaux à deux droits ; de même, de cela seul qu’elle aperçoit que l’existence nécessaire et éternelle est comprise dans l’idée qu’elle a d’un être tout parfait elle doit conclure que cet être tout parfait est ou existe.
15
Que la nécessité d’être n’est pas ainsi comprise en la notion que nous avons des autres choses, mais seulement le pouvoir d’être.
Elle pourra s’assurer encore mieux de la vérité de cette conclusion, si elle prend garde qu’elle n’a point en soi l’idée ou la notion d’aucune autre chose où elle puisse reconnaître une existence qui soit ainsi absolument nécessaire ; car de cela seul elle saura que l’idée d’un être tout parfait n’est point en elle par une fiction, comme celle qui représente une chimère, mais qu’au contraire, elle y est empreinte par une nature immuable et vraie, et qui doit nécessairement exister, parce qu’elle ne peut être conçue qu’avec une existence nécessaire.
16
Que les préjugés empêchent que plusieurs ne connaissent clairement cette nécessité d’être qui est en Dieu.
Notre âme ou notre pensée n’aurait pas de peine à se persuader cette vérité si elle était libre de ses préjugés mais, d’autant que nous sommes accoutumés à distinguer en toutes les autres choses l’essence de l’existence, et que nous pouvons feindre à plaisir plusieurs idées de choses qui, peut-être, n’ont jamais été et qui ne seront peut-être jamais, lorsque nous n’élevons pas comme il faut notre esprit à la contemplation de cet être tout parfait, il se peut faire que nous doutions si l’idée que nous avons de lui n’est pas l’une de celles que nous feignons quand bon nous semble, ou qui sont possibles, encore que l’existence ne soit pas nécessairement comprise en leur nature.
17
Que, d’autant que nous concevons plus de perfection en une chose, d’autant devons-nous croire que sa cause doit aussi être plus parfaite.
De plus, lorsque nous faisons réflexion sur les diverses idées qui sont en nous, il est aisé d’apercevoir qu’il n’y a pas beaucoup de différence entre elles, en tant que nous les considérons simplement comme les dépendances de notre âme ou de notre pensée, mais qu’il y en a beaucoup en tant que l’une représente une chose, et l’autre une autre ; et même que leur cause doit être d’autant plus parfaite que ce qu’elles représentent de leur objet a plus de perfection. Car tout ainsi que lorsqu’on nous dit que quelqu’un a l’idée d’une machine où il y a beaucoup d’artifice, nous avons raison de nous enquérir comment il a pu avoir cette idée, à savoir, s’il a vu quelque part une telle machine faite par un autre, ou s’il a si bien appris la science des mécaniques, ou s’il est avantagé d’une telle vivacité d’esprit que de lui-même il ait pu l’inventer sans avoir rien vu de semblable ailleurs, à cause de tout l’artifice qui est représenté dans l’idée qu’a cet homme, ainsi que dans un tableau, doit être en sa première et principale cause, non pas seulement par imitation, mais en effet de la même sorte ou d’une façon encore plus éminente qu’il n’est représenté.
18
Qu’on peut derechef démontrer par cela qu’il y a un Dieu.
De même, parce que nous trouvons en nous l’idée d’un Dieu, ou d’un être tout parfait, nous pouvons rechercher la cause qui fait que cette idée est en nous ; mais, après avoir considéré avec attention combien sont immenses les perfections qu’elle nous représente, nous sommes contraints d’avouer que nous ne saurions la tenir que d’un être très parfait, c’est-à-dire d’un Dieu qui est véritablement ou qui existe, parce qu’il est non seulement manifeste par la lumière naturelle que le néant ne peut être auteur de quoi que ce soit, et que le plus parfait ne saurait être une suite et une dépendance du moins parfait, mais aussi parce que nous voyons par le moyen de cette même lumière qu’il est impossible que nous ayons l’idée ou l’image de quoi que ce soit, s’il n’y a en nous ou ailleurs un original qui comprenne en effet toutes les perfections qui nous sont ainsi représentées : mais comme nous savons que nous sommes sujets à beaucoup de défauts, et que nous ne possédons pas ces extrêmes perfections dont nous avons l’idée, nous devons conclure qu’elles sont en quelque nature qui est différente de la nôtre, et en effet très parfaite, c’est-à-dire qui est Dieu, ou du moins qu’elles ont été autrefois en cette chose, et il suit de ce qu’elles étaient infinies qu’elles y sont encore.
19
Qu’encore que nous ne comprenions pas tout ce qui est en Dieu, il n’y a rien toutefois que nous ne connaissions si clairement comme ses perfections.
Je ne vois point en cela de difficulté pour ceux qui ont accoutumé leur esprit à la contemplation de la Divinité, et qui ont pris garde à ses perfections infinies : car encore que nous ne les comprenions pas, parce que la nature de l’infini est telle que des pensées finies ne le sauraient comprendre, nous les concevons néanmoins plus clairement et plus distinctement que les choses matérielles, à cause qu’étant plus simples et n’étant point limitées, ce que nous en concevons est beaucoup moins confus. Aussi il n’y a point de spéculation qui puisse plus aider à perfectionner notre entendement, et qui soit plus importante que celle-ci, d’autant que la considération d’un objet qui n’a point de bornes en ses perfections nous comble de satisfaction et d’assurance.
20
Que nous ne sommes pas la cause de nous-mêmes, mais que c’est Dieu, et que par conséquent il y a un Dieu.
But when thought, which knows itself in this manner, continues to doubt other things despite persisting in this awareness, uses caution in attempting to extend its knowledge further, it first discovers within itself the ideas of various things. While merely contemplating these ideas and neither affirming nor denying that anything outside itself exists that resembles them, it remains free from the risk of error. It also encounters certain common notions from which it constructs demonstrations that convince it so absolutely that it could never doubt their truth while engaging with them. For example, it possesses within itself the ideas of numbers and shapes; it also holds the common notion that “if equal quantities are added to other equal quantities, the resulting total will be equal,” along with many other equally evident principles that enable it to demonstrate, for instance, that the three angles of a triangle are equal to two right angles. As long as it retains awareness of these notions and the logical order from which such conclusions arise, it remains highly certain of their truth. However, since it cannot always focus its attention with such meticulousness—especially when it recalls a conclusion without recalling the specific sequence of reasoning that led to it—and yet assumes that the Creator of its being must have designed it in such a way that it occasionally mistakes what seems obvious for error, it becomes clear that it has every reason to doubt the truth of anything it does not perceive with absolute clarity. Indeed, until it comes to know the one who created it, it cannot possess any certain knowledge at all.
14
It can be demonstrated that there exists a God solely on the basis of the necessity of being or existing, which is inherent in our concept of Him.
Later on, when she examines the various ideas or concepts that exist in themselves and finds among them the notion of an being that is all-knowing, all-powerful, and extremely perfect, she readily concludes, based on what she perceives in this concept, that God—who is such a perfectly perfect being—must exist. For although she has distinct ideas regarding many other things, she does not find anything in them that could assure her of the existence of their corresponding objects; whereas in the case of this perfect being, she perceives not merely the possibility of its existence, but rather that its existence is absolutely necessary and eternal. Just as she is absolutely convinced that a triangle must have three angles equal to two right angles, simply because it is inherent in the concept of a triangle itself that such properties exist, she must likewise conclude that an being that is perfectly perfect must exist.
15
The necessity of being is not understood in the same way as we understand other things; rather, it refers only to the power to be.
She will be able to establish the truth of this conclusion even more firmly if she remembers that it does not contain in itself any notion or idea of anything else in which she might recognize an existence that is absolutely necessary; for only from this will she understand that the idea of a being that is entirely perfect does not exist within her merely as a figment of imagination—like the representation of a chimera—but rather that it is imprinted upon her by an immutable and true nature, and that such a being must necessarily exist, because it can only be conceived in conjunction with an existence that is necessary.
16
May prejudices prevent many from clearly understanding this necessity of being that which exists within God.
Our soul or our mind would have no difficulty in persuading itself of this truth if it were free from prejudice; but since we are accustomed to distinguishing the essence of existence in all other things, and since we can readily conceive various ideas about things that perhaps never existed and may never exist at all, unless we elevate our minds properly to contemplate this perfect being, it is possible that we might doubt whether the idea we have of it is not one of those we merely conjure up at will, or ones that are conceivable even though such existence is not necessarily implied by their nature.
17
For the more perfect we conceive something to be, the more we must believe that its cause must also be more perfect.
Furthermore, when we reflect on the various ideas that exist within us, it is easy to see that there is not much difference between them, if we consider them merely as dependencies of our soul or our thought. However, there is a significant difference when one of these ideas represents one thing and another represents something else; moreover, the cause behind such ideas must be all the more perfect in proportion to the greater perfection of the things they represent. Just as when someone tells us that they have the idea of a machine that involves numerous intricate mechanisms, we are justified in asking how they came to come up with this idea—whether they saw such a machine made by someone else somewhere, whether they have mastered the science of mechanics to such an extent, or whether they possess such keen intellect that they were able to invent it on their own without having seen anything similar before. For, just as all the complexity inherent in the idea of such a machine, as well as in a painting, must originate not merely from imitation but indeed from the same source—or even from a more profound and exquisite source—so too must the cause behind these ideas be of a corresponding nature.
18
It can be immediately demonstrated by this that there exists a God.
Similarly, because we find within ourselves the notion of a God, or of some being utterly perfect, we can seek to determine the cause that gives rise to this notion in us. However, after carefully considering the immense perfection that this notion represents for us, we are forced to admit that we can attribute it only to an being of utmost perfection—that is, to a God who truly exists. This is because such a being is not only evident to us through the natural light of reason, which proves that nothing can originate from nothing, and that the most perfect thing cannot be a derivative or dependent on something less perfect—but also because, through this very light of reason, we realize that it is impossible for us to conceive or form an idea of anything unless there exists within us or elsewhere an original model that truly embodies all those perfections. But since we know that we are subject to many flaws and that we do not possess these ultimate perfections, we must conclude that they must belong to some nature entirely different from our own—and indeed, to a being that is utterly perfect: that is, God. Or at least, it must have once existed in such a being; and since it was infinite in those qualities, it must still exist in that form today.
19
Even though we do not understand everything that is within God, there is nothing about His perfections that we do not know with such clarity.
I see no difficulty in this for those who have accustomed their minds to the contemplation of the Divine and who have taken notice of its infinite perfections: for although we cannot comprehend them, since the nature of the infinite is such that finite thoughts cannot grasp it, we nevertheless conceive them more clearly and distinctly than material things. Indeed, being simpler and not limited in any way, what we conceive of them is far less confused. Hence, there is no speculation that could be more useful in perfecting our understanding or more important than this one; moreover, the contemplation of an object whose perfections have no bounds fills us with satisfaction and assurance.
20
That we are not the cause of ourselves, but that God is, and therefore that there is a God.
Ma quando il pensiero, che si conosce in questo modo, nonostante continui a dubitare di altre cose, usa la prudenza per cercare di estendere ulteriormente la propria conoscenza, trova in sé stesso innanzitutto le idee di molte cose; e mentre le contempla semplicemente, senza affermare che esista qualcosa al di fuori di sé simile a queste idee, né negarlo apertamente, non corre il rischio di sbagliarsi. Trova anche alcune nozioni comuni con cui compone dimostrazioni così convincenti da non poter dubitare della loro verità mentre se ne occupa. Ad esempio, possiede in sé le idee dei numeri e delle figure; possiede anche la nozione comune che “se si aggiungono quantità uguali ad altre quantità uguali, il risultato sarà uguale”, e molte altre nozioni altrettanto evidenti, grazie alle quali è facile dimostrare che i tre angoli di un triangolo sono uguali a due angoli retti, ecc. Finché percepisce queste nozioni e l’ordine con cui ne ha dedotto tali conclusioni, è molto sicura della loro verità; ma poiché non riesce sempre a rifletterci con tale attenzione, e talvolta ricorda una conclusione senza prestare attenzione all’ordine logico con cui può essere dimostrata, eppure ritiene che l’Autore del suo essere avrebbe potuto crearla in modo da sbagliarsi su tutto ciò che le sembra evidente, è chiaro che ha buone ragioni per dubitare della verità di tutto ciò che non comprende chiaramente, e che non potrà mai disporre di una conoscenza certa finché non conoscerà colui che l’ha creata.
14
Si può dimostrare che esiste un Dio soltanto in base al fatto che la necessità di esistere è inclusa nella nozione che abbiamo di Lui.
Quando in seguito esamina le varie idee o nozioni che esistono, e vi trova quella di un essere onnisciente, onnipotente ed estremamente perfetto, giunge facilmente a concludere, sulla base di ciò che osserva in questa idea, che Dio, che è tale essere perfetto, esiste davvero: poiché, anche se possiede idee distinte riguardo ad altre cose, non trova nulla nelle stesse che le confermi l’esistenza dei loro oggetti; al contrario, nell’idea di un essere perfetto percepisce non solo una possibilità di esistenza, ma una necessità assoluta ed eterna. E così come, dal fatto che nella sua idea di un triangolo è necessario che i suoi tre angoli siano uguali a due angoli retti, si convince con certezza che il triangolo abbia effettivamente tre angoli uguali a due angoli retti; allo stesso modo, solo perché percepisce nell’idea di un essere perfetto l’esistenza necessaria ed eterna, deve concludere che tale essere esista davvero.
15
La necessità di esistere non viene intesa nel senso che attribuiamo ad altre cose, ma soltanto nel senso del potere di esistere.
Potrà assicurarsi ancora meglio della veridicità di questa conclusione, se fa attenzione a non contenere in sé l’idea o la nozione di alcun altro essere nel quale possa riconoscere un’esistenza assolutamente necessaria; perché solo da questo saprà che l’idea di un essere perfetto non è presente in lei come frutto di una finzione, come quella che rappresenta una chimera, ma al contrario, vi è inscritta per natura immutabile e vera, ed esiste necessariamente, poiché può essere concepita soltanto in relazione a un’esistenza stessa necessaria.
16
Che i pregiudizi impediscono a molte persone di comprendere chiaramente questa necessità di esistere, che è insita in Dio stesso.
La nostra anima o il nostro pensiero non avrebbero difficoltà a convincersi di questa verità se fossero liberi dai loro pregiudizi; tuttavia, poiché siamo abituati a distinguere, in tutte le altre cose, l’essenza dell’esistenza, e possiamo fingere liberamente molte idee su cose che forse non sono mai esistite e probabilmente non esisteranno mai, se non eleviamo adeguatamente il nostro spirito alla contemplazione di quell’essere perfetto, è possibile che dubitiamo del fatto che l’idea che ne abbiamo non sia una di quelle che fingiamo quando ne abbiamo voglia, o che siano semplicemente possibili, anche se l’esistenza stessa non è necessariamente compresa nella loro natura.
17
Poiché concepiamo una maggiore perfezione in una cosa, dobbiamo necessariamente credere che anche la sua causa debba essere più perfetta.
Inoltre, quando riflettiamo sulle varie idee che possediamo, è facile rendersi conto che, se le consideriamo semplicemente come manifestazioni della nostra anima o del nostro pensiero, non esistono grandi differenze tra di esse; tuttavia, se le analizziamo nel loro significato concreto, emerge chiaramente che alcune rappresentano una cosa e altre un’altra, e che la causa di queste idee deve essere tanto più perfetta quanto lo sia l’oggetto che esse rappresentano. Proprio come quando ci viene detto che qualcuno ha l’idea di una macchina complessa e ingegnosa, abbiamo il diritto di chiederci come abbia potuto formarsi tale idea: se abbia visto da qualche parte una macchina del genere costruita da altri, se abbia appreso a fondo la scienza della meccanica, o se possieda un’intelligenza così vivace da essere stato in grado di inventarla da solo, senza aver mai visto nulla di simile. Infatti, proprio come in un dipinto, anche nell’idea di una macchina complessa deve esserci una causa primaria e fondamentale che non si basi semplicemente sull’imitazione, ma che sia effettivamente dello stesso tipo o addirittura più elevata rispetto a ciò che viene rappresentato in quell’idea.
18
Si può pertanto dimostrare immediatamente che esiste un Dio.
Allo stesso modo, poiché in noi esiste l’idea di un Dio, o di un essere perfetto in ogni senso, possiamo cercare la causa che ha portato a questa idea; ma, dopo aver attentamente considerato quanto siano immense le perfezioni che essa ci rappresenta, siamo costretti ad ammettere che tali perfezioni possono provenire soltanto da un essere estremamente perfetto, cioè da un Dio che esiste realmente. Questo perché tale Dio non solo è dimostrato dall’esistenza stessa del mondo, poiché il nulla non potrebbe mai generare nulla di perfetto, e ciò che è più perfetto non può essere considerato una conseguenza o una dipendenza di ciò che è meno perfetto; ma anche perché, attraverso la stessa luce naturale che illumina il mondo, vediamo chiaramente che è impossibile possedere un’idea o un’immagine di qualcosa, se non esiste nell’universo un originale che possieda effettivamente tutte le perfezioni descritte. Tuttavia, poiché sappiamo di essere soggetti a molti difetti e di non possedere queste estreme perfezioni, dobbiamo concludere che esse appartengono a una natura diversa dalla nostra, cioè a quella di un Dio; oppure, almeno, che in passato esistevano realmente in questo universo, e poiché erano infinite, devono ancora esistere oggi.
19
Anche se non comprendiamo tutto ciò che è in Dio, c’è comunque qualcosa che conosciamo con assoluta chiarezza: le sue perfezioni.
Non vedo alcuna difficoltà in questo per coloro che hanno abituato il proprio intelletto alla contemplazione della Divinità e che hanno prestato attenzione alle sue infinite perfezioni: poiché, anche se non le comprendiamo appieno – poiché la natura dell’infinito è tale che i pensieri finiti non possono comprenderla – tuttavia le concepiamo in modo molto più chiaro e distinto rispetto alle cose materiali. Essendo infatti più semplici e prive di limiti, ciò che ne comprendiamo è molto meno confuso. Pertanto, non esiste alcuna speculazione che possa contribuire maggiormente al perfezionamento del nostro intelletto e che sia più importante di questa; inoltre, la considerazione di un oggetto il cui valore perfettivo non ha limiti ci riempie di soddisfazione e sicurezza.
20
Non siamo noi la causa di noi stessi, ma Dio; pertanto, esiste davvero un Dio.
Mais tout le monde n’y prend pas garde comme il faut, et parce que nous savons assez, lorsque nous avons une idée de quelque machine où il y a beaucoup d’artifice, la façon dont nous l’avons eue, et que nous ne saurions nous souvenir de même quand l’idée que nous avons d’un Dieu nous a été communiquée de Dieu, à cause qu’elle a toujours été en nous, il faut que nous fassions encore cette revue, et que nous recherchions quel est donc l’auteur de notre âme ou de notre pensée qui a en soi l’idée des perfections infinies qui sont en Dieu, parce qu’il est évident que ce qui connaît quelque chose de plus parfait que soi ne s’est point donné l’être, à cause que par même moyen il se serait donné toutes les perfections dont il aurait eu connaissance, et par conséquent qu’il ne saurait subsister par aucun autre que par celui qui possède en effet toutes ces perfections, c’est-à-dire qui est Dieu.
21
Que la seule durée de notre vie suffit pour démontrer que Dieu est.
Je ne crois pas qu’on doute de la vérité de cette démonstration, pourvu qu’on prenne garde à la nature du temps ou de la durée de notre vie ; car, étant telle que ses parties ne dépendent point les unes des autres et n’existent jamais ensemble, de ce que nous sommes maintenant, il ne s’ensuit pas nécessairement que nous soyons un moment après, si quelque cause, à savoir la même qui nous a produits, ne continue à nous produire, c’est-à-dire ne nous conserve. Et nous connaissons aisément qu’il n’y a point de force en nous par laquelle nous puissions subsister ou nous conserver un seul moment, et que celui qui a tant de puissance qu’il nous fait subsister hors de lui et qui nous conserve, doit se conserver soi-même, ou plutôt n’a besoin d’être conservé par qui que ce soit, et enfin qu’il est Dieu.
22
Qu’en connaissant qu’il y a un Dieu en la façon ici expliquée, on connaît aussi tous ses attributs, autant qu’ils peuvent être connus par la seule lumière naturelle.
Nous recevons encore cet avantage, en prouvant de cette sorte l’existence de Dieu, que nous connaissons par même moyen ce qu’il est, autant que le permet la faiblesse de notre nature. Car, faisant réflexion sur l’idée que nous avons naturellement de lui, nous voyons qu’il est éternel, tout-connaissant, tout-puissant, source de toute bonté et vérité, créateur de toutes choses, et qu’enfin il a en soi tout ce en quoi nous pouvons reconnaître quelque perfection infinie ou bien qui n’est bornée d’aucune imperfection.
23
Que Dieu n’est point corporel, et ne connaît point par l’aide des sens comme nous, et n’est point auteur du péché.
Car il y a des choses dans le monde qui sont limitées, et en quelque façon imparfaites, encore que nous remarquions en elles quelques perfections ; mais nous concevons aisément qu’il n’est pas possible qu’aucunes de celles-là soient en Dieu : ainsi, parce que l’extension constitue la nature du corps, et que ce qui est étendu peut être divisé en plusieurs parties, et que cela marque du défaut, nous concluons que Dieu n’est point un corps. Et bien que ce soit un avantage aux hommes d’avoir des sens, néanmoins, à cause que les sentiments se font en nous par des impressions qui viennent d’ailleurs, et que cela témoigne de la dépendance, nous concluons aussi que Dieu n’en a point, mais qu’il entend et veut, non pas encore comme nous par des opérations aucunement différentes, mais que toujours par une même et très simple action, il entend, veut et fait tout, c’est-à-dire toutes les choses qui sont en effet ; car il ne veut point la malice du péché, parce qu’elle n’est rien.
24
Qu’après avoir connu que Dieu est, pour passer à la connaissance des créatures, il se faut souvenir que notre entendement est fini, et la puissance de Dieu, infinie.
Après avoir ainsi connu que Dieu existe et qu’il est l’auteur de tout ce qui est ou qui peut être, nous suivrons sans doute la meilleure méthode dont on se puisse servir pour découvrir la vérité, si, de la connaissance que nous avons de sa nature, nous passons à l’explication des choses qu’il a créées, et si nous essayons de la déduire en telle sorte des notions qui sont naturellement en nos âmes, que nous ayons une science parfaite, c’est-à-dire que nous connaissions les effets par leurs causes. Mais, afin que nous puissions l’entreprendre avec plus de sûreté, nous nous souviendrons toutes les fois que nous voudrons examiner la nature de quelque chose, que Dieu, qui en est l’auteur est infini, et que nous sommes entièrement finis.
25
Et il faut croire tout ce que Dieu a révélé, encore qu’il soit au-dessus de la portée de notre esprit.
Tellement que s’il nous fait la grâce de nous révéler, ou bien à quelques autres, des choses qui surpassent la portée ordinaire de notre esprit, telles que sont les mystères de l’Incarnation et de la Trinité, nous ne ferons point difficulté de les croire, encore que nous ne les entendions peut-être pas bien clairement. Car nous ne devons point trouver étrange qu’il y ait en sa nature, qui est immense, et en ce qu’il a fait, beaucoup de choses qui surpassent la capacité de notre esprit.
26
Qu’il ne faut point tâcher de comprendre l’infini mais seulement penser que tout ce en quoi nous ne trouvons aucunes bornes est indéfini.
Ainsi nous ne nous embarrasserons jamais dans les disputes de l’infini ; d’autant qu’il serait ridicule que nous, qui sommes finis, entreprissions d’en déterminer quelque chose, et par ce moyen le supposer ni en tâchant de le comprendre ; c’est pourquoi nous ne nous soucierons pas de répondre à ceux qui demandent si la moitié d’une ligne infinie est infinie, et si le nombre infini est pair ou non pair, et autres choses semblables, à cause qu’il n’y a que ceux qui s’imaginent que leur esprit est infini qui semblent devoir examiner telles difficultés. Et, pour nous, en voyant des choses dans lesquelles, selon certains sens, nous ne remarquons point de limites, nous n’assurerons pas pour cela qu’elles soient infinies, mais nous les estimerons seulement indéfinies. Ainsi, parce que nous ne saurions imaginer une étendue si grande que nous ne concevions en même temps qu’il y en peut avoir une plus grande, nous dirons que l’étendue des choses possibles est indéfinie ; et parce qu’on ne saurait diviser un corps en des parties si petites que chacune de ses parties ne puisse être divisée en d’autres plus petites, nous penserons que la quantité peut être divisée en des parties dont le nombre est indéfini ; et parce que nous ne saurions imaginer tant d’étoiles que Dieu n’en puisse créer davantage, nous supposerons que leur nombre est indéfini, et ainsi du reste.
27
Quelle différence il y a entre indéfini et infini.
Et nous appellerons ces choses indéfinies plutôt qu’infinies, afin de réserver à Dieu seul le nom d’infini ; tant à cause que nous ne remarquons point de bornes en ses perfections, comme aussi à cause que nous sommes très assurés qu’il n’y en peut avoir. Pour ce qui est des autres choses, nous savons qu’elles ne sont pas ainsi absolument parfaites, parce qu’encore que nous y remarquions quelquefois des propriétés qui nous semblent n’avoir point de limites, nous ne laissons pas de connaître que cela procède du défaut de notre entendement, et non point de leur nature.
28
Qu’il ne faut point examiner pour quelle fin Dieu a fait chaque chose, mais seulement par quel moyen il a voulu qu’elle fut produite.
Nous ne nous arrêterons pas aussi à examiner les fins que Dieu s’est proposées en créant le monde, et nous rejetterons entièrement de notre philosophie la recherche des causes finales ; car nous ne devons pas tant présumer de nous-mêmes, que de croire que Dieu nous ait voulu faire part de ses conseils : mais, le considérant comme l’auteur de toutes choses, nous tâcherons seulement de trouver par la faculté de raisonner qu’il a mise en nous, comment celles que nous apercevons par l’entremise de nos sens ont pu être produites ; et nous serons assurés, par ceux de ses attributs dont il a voulu que nous ayons quelque connaissance, que ce que nous aurons une fois aperçu clairement et distinctement appartenir à la nature de ces choses, à la perfection d’être vrai.
29
Que Dieu n’est point la cause de nos erreurs.
But not everyone takes sufficient care to do so. And because we know quite well how we come to form ideas about machines that involve a great deal of artificiality—and because we would be unable to recall in the same way how those ideas were formed when we are given concepts of God—since these concepts have always existed within us—we must still conduct this examination and seek to determine who is the true author of our souls or thoughts, the one who possesses within himself the idea of those infinite perfections that belong to God. It is clear, after all, that anything that possesses something more perfect than itself could not have come into existence in that manner; for if it had done so, it would have simultaneously acquired all the perfections of which it has knowledge. Consequently, such a being could exist only through the one who truly possesses all those perfections—that is, God himself.
21
That the mere duration of our lives is enough to prove that God exists.
I do not believe that anyone would doubt the truth of this argument, so long as we keep in mind the nature of time or the duration of our life. For since the various parts of time are not dependent on one another and never exist simultaneously, it does not necessarily follow from what we are now that we will be something else at a later moment, unless some cause—namely, the very same cause that brought us into existence—continues to sustain us, to keep us in being. Moreover, it is clear to us that there is no force within us that enables us to endure or maintain our existence for even a single moment. Therefore, that power which is capable of sustaining us outside of itself and preserving our existence must itself be eternal; in other words, it does not require any other support to remain in being—and such a power is undoubtedly God.
22
For those who understand that there is a God in the manner explained here, it follows that they also know all His attributes, to the extent that these can be understood through the natural light of reason alone.
We still enjoy this advantage: by proving in this way the existence of God, we also come to understand what He is, to the extent that our limited nature permits. For when we reflect on the concept of God that we naturally possess, we see that He is eternal, all-knowing, omnipotent, the source of all goodness and truth, the creator of all things—and ultimately, that He possesses in Himself everything that allows us to recognize some infinite perfection, or something that is entirely free from any imperfection.
23
That God is not corporeal, and does not perceive things through the senses in the way we do, and that He is not the author of sin.
For there are things in the world that are limited and, in some way, imperfect, even though we perceive certain aspects of perfection within them; yet it is easy for us to understand that none of these qualities can exist in God. For instance, since extension constitutes the nature of a body, and anything that is extended can be divided into parts—which indicates imperfection—we conclude that God is not a body. Moreover, although it is an advantage for humans to possess senses, since emotions arise within us from external impressions, which suggests dependence, we also conclude that God does not have sensations. Instead, he understands and wills everything—not through processes different from those of humans—but always through one and the same simple act. He understands, wills, and brings about everything that actually exists; for he certainly does not will the malice inherent in sin, since such malice simply does not exist at all.
24
After having come to know that God exists, in order to understand how this knowledge is conveyed to creatures, we must remember that our understanding is limited, whereas God’s power is infinite.
Having thus come to know that God exists and that He is the creator of everything that is or can be, we will undoubtedly pursue the best method available for discovering the truth. If we move from our knowledge of His nature to the explanation of the things He has created, and if we attempt to derive this understanding from those concepts that are naturally inherent in our minds, then we shall attain perfect knowledge—that is, we will understand effects through their causes. However, in order to undertake this endeavor with greater certainty, we must always keep in mind that God, as the Creator of all things, is infinite, whereas we ourselves are entirely finite.
25
And we must believe everything that God has revealed, even though it lies beyond the grasp of our understanding.
To such an extent that if he were to grant us the grace of revealing to us, or to a few others, things that exceed the ordinary scope of our understanding—such as the mysteries of Incarnation and the Trinity—we would not hesitate to believe them, even though we might not hear them clearly. For it should not surprise us in the least that there are, within his immense nature and in what he has done, many things that go beyond the capacity of our minds.
26
We must not attempt to comprehend the infinite; rather, we should simply acknowledge that everything for which we cannot find any boundaries is infinite.
In this way, we will never find ourselves in trouble regarding the debates concerning the infinite; indeed, it would be ridiculous for us, who are finite beings, to attempt to determine anything about it or even to try to understand it. Therefore, we will not bother to answer those who ask whether half of an infinite line is infinite, or whether an infinite number is even or odd, and similar questions. Such inquiries arise only from those who imagine that their own minds are infinite. As for us, when we observe things that, in certain respects, appear to have no limits, we will not conclude that they must therefore be infinite; rather, we will simply consider them indefinite. Thus, since we cannot conceive of a limit so vast that it could not be surpassed by something even greater, we will say that the extent of what is possible is indefinite. Similarly, since we cannot divide a substance into parts so tiny that each of those parts could not be further divided, we will conclude that quantity can be divided into an indefinitely large number of parts. And because we cannot imagine a finite number of stars, since God could create many more, we will assume that their number is infinite—and so on for the rest.
27
What is the difference between ‘indefinite’ and ‘infinite’?
And we shall refer to these indefinite things as such, rather than as infinite, in order to reserve the title of ‘infinite’ solely for God. This is because we observe no boundaries in His perfections, and we are also utterly certain that such boundaries cannot exist at all. As for other things, we know that they are not absolutely perfect; indeed, although we sometimes perceive in them qualities that seem to have no limits, we are aware that this arises merely from the limitations of our understanding, and not from the inherent nature of those things themselves.
28
We should not inquire into what purpose God had in mind when He created each thing, but merely into the means by which He desired it to be brought into existence.
We will not merely examine the purposes that God had in mind when creating the world; we will also completely reject from our philosophy the pursuit of ultimate causes. For we should not place too much trust in our own abilities, but rather believe that God has wished to share his wisdom with us. By considering Him as the Creator of all things, we will merely endeavor to use the power of reason that He has granted us to understand how those phenomena that we perceive through our senses could have come into existence. And by relying on those attributes of His nature that He has chosen to reveal to us, we will be assured that whatever we clearly and distinctly comprehend must indeed belong to the very nature of these things and to their essential truthfulness.
29
That God is not the cause of our mistakes.
Ma non tutti prestano l’attenzione dovuta a questo aspetto; inoltre, poiché sappiamo abbastanza bene come si formano le nostre idee riguardo alle macchine complesse e ingegnose, non riusciamo a ricordare allo stesso modo come ci sono state comunicate le idee relative a Dio, visto che queste idee esistono sempre in noi. Pertanto dobbiamo ancora riflettere su questo argomento e cercare di capire chi sia l’autore della nostra anima o del nostro pensiero, colui che possiede in sé l’idea delle perfezioni infinite che appartengono a Dio. È infatti evidente che ciò che conosce qualcosa di più perfetto di se stesso non può essersi creato da solo, poiché in tal caso avrebbe ottenuto tutte le perfezioni di cui ha conoscenza; quindi può esistere soltanto colui che possiede effettivamente tutte queste perfezioni, cioè Dio.
21
Che solo la durata della nostra vita sia sufficiente a dimostrare che Dio esiste.
Non credo che si dubiti della veridicità di questa dimostrazione, a condizione che si presta attenzione alla natura del tempo o alla durata della nostra vita; poiché il tempo, essendo tale che le sue parti non dipendono l’una dall’altra e non esistono mai contemporaneamente, dal fatto che ora siamo in questo stato non ne consegue necessariamente che lo saremo anche un momento dopo, a meno che qualche causa – cioè quella stessa che ci ha creati – continui a operare su di noi, ossia a mantenerci in vita. E sappiamo bene che non esiste alcuna forza in noi capace di farci sopravvivere anche solo per un istante; pertanto, colui che possiede tale potenza da permetterci di esistere al di fuori di sé stesso e di mantenerci in vita, deve necessariamente conservarsi da solo, o meglio, non ha bisogno di essere mantenuto da alcuno. E infine, quel colui è Dio.
22
Poiché sappiamo che esiste un Dio nel modo qui spiegato, conosciamo anche tutti i suoi attributi, nella misura in cui essi possano essere compresi attraverso la sola luce naturale.
Riceviamo ancora questo vantaggio: dimostrando in questo modo l’esistenza di Dio, conosciamo anche ciò che Egli è, nella misura in cui la debolezza della nostra natura ce lo permette. Infatti, riflettendo sull’idea che abbiamo naturalmente di Lui, vediamo che Egli è eterno, onnisciente, onnipotente, fonte di ogni bontà e verità, creatore di tutte le cose, e che in sé possiede tutto ciò in cui possiamo riconoscere qualche perfezione infinita, o qualcosa che non sia limitato da alcuna imperfezione.
23
Che Dio non sia di natura corporea, e che non conosca le cose attraverso i sensi come facciamo noi, e che non sia il responsabile del peccato.
Poiché nel mondo esistono cose che sono limitate e, in qualche modo, imperfette, anche se in esse riconosciamo alcune perfezioni; tuttavia possiamo facilmente comprendere che nessuna di queste caratteristiche può essere attribuita a Dio. Così, poiché l’estensione costituisce la natura del corpo e ciò che è esteso può essere diviso in molte parti, il che indica una sorta di imperfezione, concludiamo che Dio non è un corpo. E sebbene sia un vantaggio per gli uomini possedere i sensi, poiché questi sentimenti nascono da impressioni provenienti dall’esterno e ciò dimostra una certa dipendenza dagli oggetti esterni, concludiamo anche che Dio non ne è affatto soggetto. Egli comprende e vuole tutto, non certo attraverso processi diversi dai nostri, ma sempre mediante un’unica e molto semplice azione; infatti, non desidera affatto la malvagità del peccato, poiché essa non esiste affatto.
24
Dopo aver compreso che Dio esiste, per passare alla conoscenza delle creature, è necessario ricordare che la nostra intelligenza è limitata, mentre il potere di Dio è infinito.
Dopo aver così appreso che Dio esiste e che è l’autore di tutto ciò che è o che può essere, seguiremo senza dubbio il miglior metodo possibile per scoprire la verità: se, partendo dalla conoscenza che abbiamo della sua natura, passiamo all’analisi delle cose da lui create, e cerchiamo di dedurle dalle nozioni naturalmente presenti nelle nostre anime, allora potremo disporre di una scienza perfetta, cioè conoscere gli effetti attraverso le loro cause. Ma affinché possiamo intraprendere questo percorso con maggiore sicurezza, ricorderemo sempre che, ogni volta che vorremo esaminare la natura di qualcosa, Dio, che ne è l’autore, è infinito, mentre noi siamo completamente finiti.
25
E bisogna credere in tutto ciò che Dio ha rivelato, anche se trascende la capacità del nostro intelletto di comprenderlo.
Tanto che, se ci fa la grazia di rivelarci, o ad alcuni altri, cose che superano la portata ordinaria della nostra mente – come i misteri dell’Incarnazione e della Trinità – non avremo alcuna difficoltà a crederle, anche se forse non le comprendiamo del tutto chiaramente. Infatti, non dovrebbe sorprenderci il fatto che nella sua natura, che è immensa, e in ciò che ha compiuto, ci siano molte cose che superano la capacità della nostra mente.
26
Non dobbiamo cercare di comprendere l’infinito, ma semplicemente considerare che tutto ciò in cui non riconosciamo alcun limite è infinito.
Pertanto, non ci troveremo mai in difficoltà nelle discussioni riguardanti l’infinito; tanto più che sarebbe ridicolo da parte nostra, essendo noi esseri finiti, cercare di determinare qualcosa riguardo all’infinito, né di supporne l’esistenza tentando di comprenderlo. Per questo motivo non ci preoccuperemo di rispondere a coloro che chiedono se la metà di una linea infinita sia anch’essa infinita, o se un numero infinito sia pari o dispari, e simili questioni; poiché sono soltanto coloro che immaginano di possedere una mente infinita ad essere portati a esaminare tali difficoltà. Noi, invece, vedendo cose le cui dimensioni, secondo alcuni punti di vista, non presentano limiti, non ne concluderemo necessariamente l’infinità, ma le considereremo semplicemente “indefinite”. Così, poiché non riusciremmo mai a immaginare un’estensione così vasta da non concepire al contempo che possa esistere una ancora più grande, diremo che l’ambito delle cose possibili è indeterminato; e poiché non sarebbe possibile dividere un corpo in parti così piccole da rendere impossibile ulteriormente suddividerle, penseremo che la quantità possa essere divisa in parti il cui numero è infinito; e poiché non riusciremmo mai a immaginare un numero così elevato di stelle da escludere la possibilità che Dio ne possa creare ancora di più, supporremo che il loro numero sia anch’esso infinito, e lo stesso vale per tutto il resto.
27
Qual è la differenza tra gli indefiniti e gli infiniti?
E chiameremo queste cose “indefinite” piuttosto che “infinite”, al fine di riservare il nome di “infinito” esclusivamente a Dio; sia perché non rileviamo alcun limite nelle sue perfezioni, sia perché siamo assolutamente certi che tali limiti non possano esistere. Per quanto riguarda le altre cose, sappiamo che esse non sono così assolutamente perfette: anche se talvolta osserviamo in loro proprietà che sembrano prive di confini, siamo consapevoli che ciò deriva dalla limitatezza della nostra comprensione, e non dalla loro vera natura.
28
Non è necessario indagare per quale scopo Dio abbia creato ogni cosa, ma soltanto con quale mezzo abbia voluto che venisse prodotta.
Non ci limiteremo ad esaminare le finalità che Dio si è proposto creando il mondo, ma scarteremo completamente dalla nostra filosofia la ricerca delle cause ultime; poiché non dobbiamo tanto presumere di noi stessi, quanto credere che Dio abbia voluto condividere con noi i suoi disegni. Considerandolo l’autore di tutte le cose, cercheremo soltanto, attraverso la facoltà di ragionare che ci ha donato, di comprendere come quelle realtà che percepiamo attraverso i nostri sensi siano potute venire alla luce; e saremo certi, grazie a quegli attributi suoi di cui ci ha voluto far conoscenza, che ciò che avremo chiaramente compreso appartiene davvero alla natura di quelle cose, alla loro perfezione come entità vere.
29
Che Dio non sia la causa dei nostri errori.
Et le premier de ses attributs qui semble devoir être ici considéré, consiste en ce qu’il est très véritable et la source de toute lumière, de sorte qu’il n’est pas possible qu’il nous trompe, c’est-à-dire qu’il soit directement la cause des erreurs auxquelles nous sommes sujets, et que nous expérimentons en nous-mêmes ; car encore que l’adresse à pouvoir tromper semble être une marque de subtilité d’esprit entre les hommes, néanmoins jamais la volonté de tromper ne procède que de malice ou de crainte et de faiblesse, et par conséquent ne peut être attribuée à Dieu.
30
Et que par conséquent tout cela est vrai que nous connaissons clairement être vrai, ce qui nous délivre des doutes ci-dessus proposés.
D’où il suit que la faculté de connaître qu’il nous a donnée, que nous appelons lumière naturelle, n’aperçoit jamais aucun objet qui ne soit vrai en ce qu’elle l’aperçoit, c’est-à-dire en ce qu’elle connaît clairement et distinctement ; parce que nous aurions sujet de croire que Dieu serait trompeur, s’il nous l’avait donnée telle que nous prissions le faux pour le vrai lorsque nous en usons bien. Et cette considération seule nous doit délivrer de ce doute hyperbolique où nous avons été pendant que nous ne savions pas encore si celui qui nous a créés avait pris plaisir à nous faire tels, que nous fussions trompés en toutes les choses qui nous semblent très claires. Elle doit nous servir aussi contre toutes les autres raisons que nous avions de douter, et que j’ai alléguées ci-dessus ; même les vérités de mathématique ne nous seront plus suspectes, à cause qu’elles sont très évidentes ; et si nous apercevons quelque chose par nos sens, soit en veillant, soit en dormant, pourvu que nous séparions ce qu’il y aura de clair et de distinct en la notion que nous aurons de cette chose de ce qui sera obscur et confus, nous pourrons facilement nous assurer de ce qui sera vrai. Je ne m’étends pas ici davantage sur ce sujet, parce que j’en ai amplement traité dans les Méditations de ma métaphysique, et ce qui suivra tantôt servira encore à l’expliquer mieux.
31
Que nos erreurs au regard de Dieu ne sont que des négations, mais au regard de nous sont des privations ou des défauts.
Mais parce qu’il arrive que nous nous méprenons souvent, quoique Dieu ne soit pas trompeur, si nous désirons rechercher la cause de nos erreurs, et en découvrir la source, afin de les corriger ; il faut que nous prenions garde qu’elles ne dépendent pas tant de notre entendement comme de notre volonté, et qu’elles ne sont pas des choses ou substances qui aient besoin du concours actuel de Dieu pour être produites ; en sorte qu’elles ne sont à son égard que des négations, c’est-à-dire qu’il ne nous a pas donné tout ce qu’il pouvait nous donner, et que nous voyons par même moyen qu’il n’était point tenu de nous donner ; au lieu qu’à notre égard elles sont des défauts et des imperfections.
32
Qu’il n’y a en nous que deux sortes de pensées, à savoir la perception de l’entendement et l’action de la volonté.
Car toutes les façons de penser que nous remarquons en nous peuvent être rapportées à deux générales, dont l’une consiste à apercevoir par l’entendement, et l’autre à se déterminer par la volonté. Ainsi sentir, imaginer et même concevoir des choses purement intelligibles, ne sont que des façons différentes d’apercevoir ; mais désirer, avoir de l’aversion, assurer, nier, douter, sont des façons différentes de vouloir.
33
Que nous ne nous trompons que lorsque nous jugeons de quelque chose qui ne nous est pas assez connue.
Lorsque nous apercevons quelque chose, nous ne sommes point en danger de nous méprendre si nous n’en jugeons en aucune façon ; et quand même nous en jugerions, pourvu que nous ne donnions notre consentement qu’à ce que nous connaissons clairement et distinctement devoir être compris en ce dont nous jugeons, nous ne saurions non plus faillir ; mais ce qui fait que nous nous trompons ordinairement est que nous jugeons bien souvent, encore que nous n’ayons pas une connaissance bien exacte de ce dont nous jugeons.
34
Que la volonté aussi bien que l’entendement est requise pour juger.
J’avoue que nous ne saurions juger de rien, si notre entendement n’y intervient, parce qu’il n’y a pas d’apparence que notre volonté se détermine sur ce que notre entendement n’aperçoit en aucune façon ; mais comme la volonté est absolument nécessaire, afin que nous donnions notre consentement à ce que nous avons aucunement aperçu, et qu’il n’est pas nécessaire pour faire un jugement tel quel que nous ayons une connaissance entière et parfaite ; de là vient que bien souvent nous donnons notre consentement à des choses dont nous n’avons jamais eu qu’une connaissance fort confuse.
35
Qu’elle a plus d’étendue que lui, et que de là viennent nos erreurs.
De plus, l’entendement ne s’étend qu’à ce peu d’objets qui se présentent à lui, et sa connaissance est toujours fort limitée : au lieu que la volonté en quelque sens peut sembler infinie, parce que nous n’apercevons rien qui puisse être l’objet de quelque autre volonté, même de cette immense qui est en Dieu, à quoi la nôtre ne puisse aussi s’étendre ; ce qui est cause que nous la portons ordinairement au-delà de ce que nous connaissons clairement et distinctement ; et lorsque nous en abusons de la sorte, ce n’est pas merveille s’il nous arrive de nous méprendre.
36
Lesquelles ne peuvent être imputées à Dieu.
Or, quoique Dieu ne nous ait pas donné un entendement tout-connaissant, nous ne devons pas croire pour cela qu’il soit l’auteur de nos erreurs, parce que tout entendement créé est fini, et qu’il est de la nature de l’entendement fini de n’être pas tout-connaissant.
37
Que la principale perfection de l’homme est d’avoir un libre arbitre, et que c’est ce qui le rend digne de louange ou de blâme.
Au contraire, la volonté étant, de sa nature, très étendue, ce nous est un avantage très grand de pouvoir agir par son moyen, c’est-à-dire librement ; en sorte que nous soyons tellement les maîtres de nos actions, que nous sommes dignes de louange lorsque nous les conduisons bien : car, tout ainsi qu’on ne donne point aux machines qu’on voit se mouvoir en plusieurs façons diverses, aussi justement qu’on saurait désirer, des louanges qui se rapportent véritablement à elles, parce que ces machines ne représentent aucune action qu’elles ne doivent faire par le moyen de leurs ressorts, et qu’on en donne à l’ouvrier qui les a faites, parce qu’il a eu le pouvoir et la volonté de les composer avec tant d’artifice ; de même on doit nous attribuer quelque chose de plus, de ce que nous choisissons ce qui est vrai, lorsque nous le distinguons d’avec le faux, par une détermination de notre volonté, que si nous y étions déterminés et contraints par un principe étranger.
38
Que nos erreurs sont des défauts de notre façon d’agir, mais non point de notre nature ; et que les fautes des sujets peuvent souvent être attribuées aux autres maîtres, mais non point à Dieu.
Il est bien vrai que toutes les fois que nous faillons, il y a du défaut en notre façon d’agir ou en l’usage de notre liberté ; mais il n’y a point pour cela de défaut en notre nature, à cause qu’elle est toujours la même quoique nos jugements soient vrais ou faux. Et quand Dieu aurait pu nous donner une connaissance si grande que nous n’eussions jamais été sujets à faillir, nous n’avons aucun droit pour cela de nous plaindre de lui ; car encore que parmi nous celui qui a pu empêcher un mal et ne l’a pas empêché en soit blâmé et jugé comme coupable, il n’en est pas de même à l’égard de Dieu, d’autant que le pouvoir que les hommes ont les uns sur les autres est institué afin qu’ils empêchent de mal faire ceux qui leur sont inférieurs, et que la toute-puissance que Dieu a sur l’univers est très absolue et très libre. C’est pourquoi nous devons le remercier des biens qu’il nous a faits, et non point nous plaindre de ce qu’il ne nous a pas avantagés de ceux que nous connaissons qui nous manquent et qu’il aurait peut-être pu nous départir.
39
Que la liberté de notre volonté se connaît sans preuve, par la seule expérience que nous en avons.
And the first of its attributes that seems to need to be considered here is that it is utterly true and the source of all light; therefore, it is impossible for it to deceive us—that is, it cannot be the direct cause of the errors to which we are susceptible and that we experience within ourselves. For although the ability to deceive appears to be a sign of mental subtlety among humans, yet the will to deceive always arises from malice, fear, or weakness; and therefore, it cannot be attributed to God.
30
And therefore, all of this is true; we clearly know that it is true, which frees us from the doubts mentioned above.
It follows therefore that the faculty of knowledge which God has granted us, which we call natural light, can never perceive any object that is not true in the sense that it perceives it clearly and distinctly; for we would have reason to believe that God is deceitful if he had given us this faculty in such a way that we might mistake the false for the true when using it properly. This consideration alone should suffice to free us from this absurd doubt into which we were plunged before we knew whether the Creator had taken pleasure in making us susceptible to being deceived in all things that seem so clear to us. It should also serve to refute all other reasons for doubt that I have mentioned above; even the truths of mathematics will no longer seem suspect to us, since they are utterly evident. And whenever we perceive something through our senses, whether awake or asleep, as long as we distinguish clearly between what is clear and distinct in our understanding of that thing and what is obscure and confused, we can easily be certain of what is true. I shall not go into further detail on this subject here, since I have treated it at length in my Meditations on Metaphysics; what follows will moreover serve to clarify it even further.
31
Our mistakes, when viewed in relation to God, are merely negations; but when considered from our own perspective, they represent privations or deficiencies.
But because it often happens that we misunderstand things—even though God is not deceitful—if we wish to ascertain the causes of our errors and discover their origins in order to correct them, we must be careful to realize that these errors depend less on our understanding than on our will. They are not things or substances that require God’s active intervention in order to come into existence; rather, they represent nothing more than negations—in other words, God has not given us everything he could have given us, and it is also clear that he was not obligated to do so. For us, these errors are merely defects and imperfections.
32
Within us, there are only two kinds of thoughts: the perceptions of the intellect and the actions of the will.
For all the modes of thinking that we observe within ourselves can be categorized into two general types: those that involve perceiving through understanding, and those that are determined by the will. Thus, sensing, imagining, and even conceiving things that are purely intellectual in nature are merely different ways of perceiving; whereas desiring, feeling aversion, asserting, denying, doubting, etc., are different ways of acting through the will.
33
We only make mistakes when we judge something that we do not know well enough.
When we perceive something, we are not in danger of misunderstanding it so long as we do not judge it in any way whatsoever; and even if we did judge it, so long as we only give our consent to what we clearly and distinctly know ought to be understood by what we are judging, we could not possibly err. However, what usually leads us to make mistakes is that we often judge things correctly, even though we do not have a very precise understanding of what we are judging.
34
Both will and understanding are required in order to judge.
I admit that we would be unable to judge anything at all if our understanding were not involved, because there is no apparent way in which our will could be determined by something that our understanding cannot perceive in any way. However, since the will is absolutely necessary for us to give our consent to things that we have never had any clear understanding of, and since it is not necessary for making a judgment of any kind to have complete and perfect knowledge, it often happens that we give our consent to things about which we have only had a very vague understanding.
35
It possesses a greater extent than he does, and it is from this that our mistakes arise.
Furthermore, the understanding extends only to those few objects that present themselves to it, and its knowledge is always quite limited. In contrast, the will seems in some sense to be infinite, because we cannot perceive anything that could be the object of some other will—even of that immense will which resides in God, to which our own will might also extend. This is why we tend to extend it beyond what we know clearly and distinctly. And when we abuse it in this way, it is not surprising that we sometimes misunderstand things.
36
Which cannot be attributed to God.
Or, although God has not given us an omniscient understanding, we must not therefore conclude that He is the cause of our mistakes, for every created understanding is limited, and it is inherent in the nature of a limited understanding to be incapable of possessing omniscience.
37
That the primary perfection of man lies in having free will, and that it is precisely this which makes him worthy of praise or blame.
On the contrary, since the will is, by its very nature, extremely versatile, it constitutes a tremendous advantage for us to be able to act through it—that is, freely. As such, we are truly masters of our own actions, and we deserve praise when we carry them out well. Just as one does not give praise to machines that move in various ways simply because they move, but only to the worker who has constructed them with such skill, since that worker possessed the power and will to create them with such ingenuity; likewise, we should be credited with something more than merely choosing what is true when we distinguish it from what is false through the exercise of our own will. After all, if we were determined to do so by some external force, such choice would no longer be a true expression of our free will.
38
That our mistakes are defects in the way we act, but not in our nature; and that the faults of human beings can often be attributed to other masters, but not to God.
It is indeed true that whenever we fail, there must be some defect in the way we act or in the use of our freedom; but this does not imply any flaw in our nature, for it remains unchanged regardless of whether our judgments are correct or wrong. Moreover, even if God could have granted us such knowledge that we would never be susceptible to error, we would still have no right to complain about Him. For, just as a person who has the power to prevent some harm but fails to do so is blamed and considered guilty, this is not true of God. After all, the authority that humans possess over one another exists precisely in order to prevent those beneath them from doing wrong, whereas God’s omnipotence over the entire universe is utterly absolute and free from any such limitations. Therefore, we should thank Him for the benefits He has bestowed upon us, rather than complain about those things He has not granted us—things that we know are lacking and that He might very well have given us had He chosen to.
39
That the freedom of our will can be understood without any proof, merely through the experience we have of it.
Il primo dei suoi attributi che sembra debba essere considerato qui è il fatto che sia assolutamente vero e la fonte di tutta la luce; pertanto non è possibile che ci inganni, cioè che possa essere direttamente la causa degli errori a cui siamo soggetti e che sperimentiamo in noi stessi. Poiché, sebbene l’abilità di ingannare sembri essere un segno di astuzia intellettuale tra gli uomini, tuttavia la volontà di ingannare deriva sempre da malizia, paura o debolezza, e quindi non può essere attribuita a Dio.
30
E quindi tutto ciò è vero; sappiamo chiaramente che è vero, il che ci libera dai dubbi sopra menzionati.
Da ciò deriva che la facoltà di conoscere che ci ha dato, quella che chiamiamo “luce naturale”, non riesce mai a percepire alcun oggetto che non sia vero nel senso in cui lo percepisce, cioè nel senso in cui lo conosce chiaramente e distintamente; perché potremmo essere indotti a credere che Dio sia ingannevole, se ci avesse data questa facoltà in modo tale da farci confondere il falso con il vero quando la utilizziamo correttamente. E solo questa considerazione dovrebbe liberarci da questo dubbio eccessivo in cui eravamo prima di conoscere se colui che ci ha creati avesse voluto che fossimo indotti ad errore in tutte le cose che ci sembrano molto chiare. Dovrebbe anche servirci contro tutte le altre ragioni per dubitare, quelle che ho menzionato sopra; persino le verità della matematica non ci sembreranno più sospette, poiché sono estremamente evidenti; e se percepiamo qualcosa attraverso i nostri sensi, sia da svegli che nel sonno, purché distinguiamo ciò che è chiaro e distinto da ciò che è oscuro e confuso nella nozione che ne abbiamo, potremo facilmente essere certi di ciò che è vero. Non mi soffermo ulteriormente su questo argomento, poiché ne ho trattato ampiamente nelle “Meditazioni” della mia metafisica, e quanto seguirà servirà ancora a spiegarlo meglio.
31
Le nostre errori, rispetto a Dio, non sono altro che negazioni; ma rispetto a noi stessi, rappresentano privazioni o difetti.
Ma poiché spesso ci sbagliamo, sebbene Dio non inganni, se desideriamo cercare la causa dei nostri errori e scoprirne l’origine al fine di correggerli, dobbiamo fare attenzione a che tali errori dipendano meno dalla nostra intelligenza che dalla nostra volontà, e che non siano cose o sostanze che richiedano il concorso attivo di Dio per essere generate; in altre parole, rispetto a Lui, questi errori rappresentano soltanto delle negazioni: cioè Egli non ci ha dato tutto ciò che poteva darci, e da questo possiamo anche dedurre che non era tenuto a farlo; mentre, dal nostro punto di vista, essi costituiscono difetti e imperfezioni.
32
In noi esistono soltanto due tipi di pensieri: la percezione dell’intelletto e l’azione della volontà.
Poiché tutte le modalità di pensiero che osserviamo in noi stessi possono essere ricondotte a due categorie generali: una consiste nel percepire attraverso l’intelletto, l’altra nel determinarsi attraverso la volontà. Pertanto, sentire, immaginare e persino concepire cose puramente intellegibili non sono altro che diversi modi di percepire; ma desiderare, provare avversione, affermare, negare, dubitare sono invece diversi modi di volere.
33
Ci sbagliamo soltanto quando giudichiamo qualcosa che non conosciamo abbastanza bene.
Quando percepiamo qualcosa, non corriamo il rischio di sbagliarci se non lo giudichiamo in alcun modo; e anche se lo giudicassimo, purché accordassimo il nostro consenso soltanto a ciò che sappiamo chiaramente e distintamente dover essere inteso da ciò che giudichiamo, non potremmo comunque sbagliare. Tuttavia, ciò che di solito ci fa sbagliare è che spesso giudichiamo correttamente, anche se non possediamo una conoscenza accurata di ciò su cui esprimiamo il nostro parere.
34
Sia la volontà che l’intelletto sono necessari per giudicare.
Ammetto che non saremmo in grado di giudicare nulla, se la nostra intelligenza non intervenisse, poiché non sembra affatto possibile che la nostra volontà si formi su ciò che la nostra intelligenza non percepisce in alcun modo; tuttavia, poiché la volontà è assolutamente necessaria affinché possiamo dare il nostro consenso a cose di cui non abbiamo alcuna conoscenza chiara e completa, spesso diamo il nostro consenso a cose di cui abbiamo avuto soltanto una comprensione molto confusa.
35
Ha una portata maggiore della sua, ed è da lì che derivano i nostri errori.
Inoltre, l’intelletto si estende soltanto a quei pochi oggetti che gli si presentano, e la sua conoscenza è sempre molto limitata: mentre la volontà, in qualche senso, può sembrare infinita, perché non riusciamo a percepire nulla che possa essere l’oggetto di un’altra volontà, nemmeno di quella immensa che esiste in Dio, alla quale anche la nostra volontà potrebbe estendersi; ed è proprio per questo che di solito la estendiamo al di là di ciò che conosciamo chiaramente e distintamente. E quando abusiamo in questo modo della nostra volontà, non sorprende affatto se finiamo per sbagliarci.
36
Tali cose non possono essere attribuite a Dio.
Ora, anche se Dio non ci ha dato un’intelligenza onnisciente, non dobbiamo per questo credere che sia l’autore dei nostri errori, poiché ogni intelligenza creata è limitata, e è proprio della natura di un’intelligenza limitata non essere onnisciente.
37
La principale perfezione dell’uomo consiste nel possedere un libero arbitrio, ed è proprio questo che lo rende degno di lode o di biasimo.
Al contrario, poiché la volontà è, per sua natura, molto estesa, avere la possibilità di agire attraverso di essa rappresenta un grande vantaggio: possiamo infatti agire liberamente, essendo così i veri padroni delle nostre azioni. E quando queste azioni vengono svolte bene, meritiamo davvero lode; proprio come non si attribuiscono lodi alle macchine che si muovono in modi diversi, se non perché esse eseguono effettivamente le funzioni per cui sono state progettate, così si lodano gli uomini che le hanno costruite, perché hanno avuto il potere e la volontà di realizzarle con tanta abilità. Allo stesso modo, quando scegliamo ciò che è vero e lo distinguiamo da ciò che è falso, attraverso una decisione consapevole della nostra volontà, meritiamo qualcosa in più rispetto a quanto ci verrebbe attribuito se fossimo costretti a farlo da un principio esterno.
38
Le nostre errori sono difetti del nostro modo di agire, ma non della nostra natura; inoltre, i peccati degli uomini possono spesso essere attribuiti ad altri responsabili, ma non a Dio.
È certamente vero che ogni volta che commettiamo un errore, ciò è dovuto a un difetto nella nostra azione o nell’uso della nostra libertà; ma questo non significa che vi sia alcun difetto nella nostra natura, poiché essa rimane sempre la stessa, indipendentemente dal fatto che i nostri giudizi siano corretti o errati. E anche se Dio avesse potuto darci una conoscenza tale da impedirci di commettere mai errori, non avremmo alcun diritto di lamentarci di Lui; perché, anche se tra di noi colui che avrebbe potuto evitare un male e non l’ha fatto viene biasimato e giudicato colpevole, non è lo stesso per Dio: il potere che gli uomini hanno gli uni sugli altri esiste infatti per permettere loro di impedire che coloro che sono inferiori a loro compiano azioni malvagie, mentre il potere onnipotente di Dio sull’universo è assolutamente libero. Per questo motivo dobbiamo ringraziarlo per i beni che ci ha donato, e non lamentarci di ciò che non ci ha concesso, soprattutto riguardo a quelle cose che ci mancano e che forse avrebbe potuto concederci.
39
Che la libertà della nostra volontà sia conoscibile senza prove, soltanto attraverso l’esperienza che ne abbiamo.
Au reste il est si évident que nous avons une volonté libre, qui peut donner son consentement ou ne le pas donner quand bon lui semble, que cela peut être compté pour une de nos plus communes notions. Nous en avons eu ci-devant une preuve bien claire ; car, au même temps que nous doutions de tout, et que nous supposions même que celui qui nous a créés employait son pouvoir à nous tromper en toutes façons, nous apercevions en nous une liberté si grande, que nous pouvions nous empêcher de croire ce que nous ne connaissions pas encore parfaitement bien. Or, ce que nous apercevions distinctement, et dont nous ne pouvions douter pendant une suspension si générale, est aussi certain qu’aucune autre chose que nous puissions jamais connaître.
40
Que nous savons aussi très certainement que Dieu a préordonné toutes choses.
Mais, à cause que ce que nous avons depuis connu de Dieu nous assure que sa puissance est si grande que nous ferions un crime de penser que nous eussions jamais été capables de faire aucune chose qu’il ne l’eût auparavant ordonnée, nous pourrions aisément nous embarrasser en des difficultés très grandes si nous entreprenions d’accorder la liberté de notre volonté avec ses ordonnances, et si nous tâchions de comprendre, c’est-à-dire d’embrasser et comme limiter avec notre entendement, toute l’étendue de notre libre arbitre et l’ordre de la Providence éternelle.
41
Comment on peut accorder notre libre arbitre avec la préordination divine.
Au lieu que nous n’aurons point du tout de peine à nous en délivrer, si nous remarquons que notre pensée est finie, et que la toute-puissance de Dieu, par laquelle il a non seulement connu de toute éternité ce qui est ou qui peut être, mais il l’a aussi voulu, est infinie. Ce qui fait que nous avons bien assez d’intelligence pour connaître clairement et distinctement que cette puissance est en Dieu ; mais que nous n’en avons pas assez pour comprendre tellement son étendue que nous puissions savoir comment elle laisse les actions des hommes entièrement libres et indéterminées ; et que d’autre côté nous sommes aussi tellement assurés de la liberté et de l’indifférence qui est en nous, qu’il n’y a rien que nous connaissions plus clairement ; de façon que la toute-puissance de Dieu ne nous doit point empêcher de la croire. Car nous aurions tort de douter de ce que nous apercevons intérieurement et que nous savons par expérience être en nous, parce que nous ne comprenons pas une autre chose que nous savons être incompréhensible de sa nature.
42
Comment, encore que nous ne voulions jamais faillir, c’est néanmoins par notre volonté que nous faillons.
Mais, parce que nous savons que l’erreur dépend de notre volonté, et que personne n’a la volonté de se tromper, on s’étonnera peut-être qu’il y ait de l’erreur en nos jugements. Mais il faut remarquer qu’il y a bien de la différence entre vouloir être trompé et vouloir donner son consentement à des opinions qui sont cause que nous nous trompons quelquefois. Car encore qu’il n’y ait personne qui veuille expressément se méprendre, il ne s’en trouve presque pas un qui ne veuille donner son consentement à des choses qu’il ne connaît pas distinctement : et même il arrive souvent que c’est le désir de connaître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l’ordre qu’il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent, à cause qu’il les incite à précipiter leurs jugements, et à prendre des choses pour vraies, desquelles ils n’ont pas assez de connaissance.
43
Que nous ne saurions faillir en ne jugeant que des choses que nous apercevons clairement et distinctement.
Mais il est certain que nous ne prendrons jamais le faux pour le vrai tant que nous ne jugerons que de ce que nous apercevons clairement et distinctement, parce que Dieu n’étant point trompeur, la faculté de connaître qu’il nous a donnée ne saurait faillir, ni même la faculté de vouloir, lorsque nous ne l’étendons point au-delà de ce que nous connaissons. Et quand même cette vérité n’aurait pas été démontrée, nous sommes naturellement si enclins à donner notre consentement aux choses que nous apercevons manifestement, que nous n’en saurions douter pendant que nous les apercevons de la sorte.
44
Que nous ne saurions que mal juger de ce que nous n’apercevons pas clairement, bien que notre jugement puisse être vrai, et que c’est souvent notre mémoire qui nous trompe.
Il est aussi très certain que toutes les fois que nous approuvons quelque raison dont nous n’avons pas une connaissance bien exacte, ou nous nous trompons, ou, si nous trouvons la vérité, comme ce n’est que par hasard, nous ne saurions être assurés de l’avoir rencontrée et ne saurions savoir certainement que nous ne nous trompons point. J’avoue qu’il arrive rarement que nous jugions d’une chose en même temps que nous remarquons que nous ne la connaissons pas assez distinctement à cause que la raison naturellement nous dicte que nous ne devons jamais juger de rien que de ce que nous connaissons distinctement auparavant que de juger. Mais nous nous trompons souvent parce que nous présumons avoir autrefois connu plusieurs choses, et que tout aussitôt qu’il nous en souvient nous y donnons notre consentement, de même que si nous les avions suffisamment examinées, bien qu’en effet nous n’en ayons jamais eu une connaissance bien exacte.
45
Ce que c’est qu’une perception claire et distincte.
Il y a même des personnes qui en toute leur vie n’aperçoivent rien comme il faut pour en bien juger ; car la connaissance sur laquelle on peut établir un jugement indubitable doit être non seulement claire, mais aussi distincte. J’appelle claire celle qui est présente et manifeste à un esprit attentif ; de même que nous disons voir clairement les objets lorsque étant présents ils agissent assez fort, et que nos yeux sont disposés à les regarder ; et distincte, celle qui est tellement précise et différente de toutes les autres, qu’elle ne comprend en soi que ce qui paraît manifestement à celui qui la considère comme il faut.
46
Qu’elle peut être claire sans être distincte, mais non au contraire.
Par exemple, lorsque quelqu’un sent une douleur cuisante, la connaissance qu’il a de cette douleur est claire à son égard, et n’est pas pour cela toujours distincte, parce qu’il la confond ordinairement avec le faux jugement qu’il fait sur la nature de ce qu’il pense être en la partie blessée, qu’il croit être semblable à l’idée ou au sentiment de la douleur qui est en sa pensée, encore qu’il n’aperçoive rien clairement que le sentiment ou la pensée confuse qui est en lui. Ainsi la connaissance peut être claire sans être distincte, et ne peut être distincte qu’elle ne soit claire par même moyen.
47
Que pour ôter les préjugés de notre enfance, il faut considérer ce qu’il y a de clair en chacune de nos premières notions.
Or, pendant nos premières années, notre âme ou notre pensée était si fort offusquée du corps, qu’elle ne connaissait rien distinctement, bien qu’elle aperçût plusieurs choses assez clairement ; et parce qu’elle ne laissait pas de faire cependant une réflexion telle quelle sur les choses qui se présentaient, nous avons rempli notre mémoire de beaucoup de préjugés, dont nous n’entreprenons presque jamais de nous délivrer, encore qu’il soit très certain que nous ne saurions autrement les bien examiner. Mais afin que nous le puissions maintenant sans beaucoup de peine, je ferai ici un dénombrement de toutes les notions simples qui composent nos pensées, et séparerai ce qu’il y a de clair en chacune d’elles, et ce qu’il y a d’obscur ou en quoi nous pouvons faillir.
48
Que tout ce dont nous avons quelque notion est considéré comme une chose ou comme une vérité ; et le dénombrement des choses.
Moreover, it is so evident that we possess a free will—one that can give its consent or refuse to do so at will—that this must be considered one of our most fundamental concepts. We have already had clear evidence of this; for while we doubted everything and even assumed that the Creator was using His power to deceive us in every possible way, we still perceived within ourselves a degree of freedom so great that we were able to resist believing in things that we did not yet know with absolute certainty. And what we perceived so clearly, and about which we could have no doubt amidst such widespread uncertainty, is just as certain as anything else we might ever come to know.
40
We also know with absolute certainty that God has predetermined everything.
However, since what we have known about God assures us that his power is so immense that it would be a crime to even think we could ever accomplish anything without his prior command, we would easily find ourselves in extremely difficult situations if we were to attempt to align the freedom of our will with his decrees, or if we tried to comprehend—that is, to grasp and limit with our understanding—the full extent of our free will and the order of eternal Providence.
41
How can we reconcile our free will with divine predestination?
Rather than finding it at all difficult to free ourselves from such beliefs, we should realize that our own thoughts are finite, whereas the Almighty power of God—not only has he known since eternity what exists or what is possible, but he also willed it into being—is infinite. This means that we possess sufficient intelligence to clearly and distinctly understand that this power resides in God; yet we lack the knowledge to fully comprehend its extent, and thus cannot know how it allows human actions to remain entirely free and indeterminate. On the other hand, we are so certain of the freedom and indifference inherent within us that there is nothing we understand more clearly. Therefore, the Almighty power of God should in no way prevent us from believing in it. For it would be wrong for us to doubt what we perceive internally and what we know through experience to exist within us, simply because we fail to comprehend another aspect of reality that we acknowledge to be inherently incomprehensible.
42
How is it that, although we never wished to fail, it is yet through our own will that we do so?
But since we know that error depends on our will, and since no one has the will to err, one might wonder why there is any error in our judgments. However, it must be noted that there is a clear difference between deliberately wishing to be deceived and willingly agreeing to opinions that sometimes lead us to make mistakes. For although no one explicitly desires to be mistaken, hardly anyone refuses to give their consent to things about which they do not have a clear understanding. Indeed, quite often it is precisely the desire to know the truth that causes those who do not understand the proper method of seeking it to fail to find it and to err, because such a desire prompts them to rush to judgment and to regard as true things about which they lack sufficient knowledge.
43
That we could never err in judging solely based on things that we perceive clearly and distinctly.
But it is certain that we will never mistake the false for the true so long as we judge only on what we perceive clearly and distinctly, for since God is not deceitful, the faculty of knowledge He has given us cannot fail, nor can the faculty of willing, when we do not extend it beyond what we know. And even if this truth had not been demonstrated to us, we are naturally so inclined to give our assent to things that we perceive clearly that we could never doubt them while we perceive them in such a manner.
44
We would be apt to misjudge things that we do not perceive clearly, even though our judgment might be correct; moreover, it is often our memory that deceives us.
It is also very certain that whenever we approve of some reasoning for which we do not possess a precise understanding, either we are mistaken, or—if we happen to discover the truth—it is only by chance. We can never be absolutely sure that we have indeed encountered it, nor can we be certain that we are not mistaken. I admit that it rarely happens that we judge something while simultaneously realizing that we do not know it with sufficient clarity; after all, reason naturally instructs us never to judge anything unless we have previously understood it clearly. Yet we often err because we assume that we have once known certain things in the past, and as soon as we remember them, we readily accept them as true, as if we had examined them thoroughly—even though in reality we never had a precise understanding of them in the first place.
45
What it means to have a clear and distinct perception.
There are even people who, throughout their entire lives, fail to perceive anything that would allow them to form a sound judgment; for the knowledge upon which an indisputable judgment can be based must not only be clear, but also distinct. By clear, I mean that which is present and manifest to an attentive mind; just as we say that we see objects clearly when they are present in sufficient quantity and our eyes are ready to perceive them. By distinct, I mean that which is so precise and different from everything else that it encompasses only what is evidently apparent to those who consider it in the right way.
46
It can be clear without being distinct, but not vice versa.
For example, when someone experiences a burning pain, their knowledge of that pain is clear to them; yet it is not always distinct, because they usually confuse it with the mistaken judgment they form about the nature of what they believe is happening in the injured area—assuming that it is similar to the notion or sensation of pain that exists in their mind. In fact, they cannot clearly perceive anything other than the confused sensation or thought that resides within them. Thus, knowledge can be clear without being distinct, and it can only become distinct when it is also clear.
47
In order to eliminate the prejudices of our childhood, it is necessary to examine what is clear and evident in each of our initial concepts.
Or, during our early years, our soul or our mind was so greatly offended by the body that it could perceive nothing distinctly, even though it saw many things quite clearly; and because it did not engage in any serious reflection on these things as they presented themselves, we filled our memory with numerous prejudices from which we hardly ever attempt to free ourselves, although it is absolutely certain that we would otherwise be able to examine them properly. But in order for us to be able to do so now without much difficulty, I will list here all the simple concepts that constitute our thoughts, and distinguish between what is clear in each of them and what is obscure or subject to error.
48
That everything of which we have any conception be regarded as either a thing or a truth; and the enumeration of things.
Del resto, è così evidente che abbiamo una volontà libera, capace di dare il proprio consenso o di rifiutarlo quando ne ha voglia, che questo può essere considerato uno dei nostri concetti più fondamentali. Ne abbiamo avuto precedentemente una prova molto chiara: poiché, mentre dubitavamo di tutto e addirittura supponevamo che colui che ci aveva creati utilizzasse il proprio potere per ingannarci in ogni modo possibile, percevevamo in noi stessi una libertà così grande da riuscire a impedirci di credere in ciò che non conoscevamo ancora perfettamente. Ora, ciò che percepiamo chiaramente e di cui non possiamo dubitare durante un periodo di totale incertezza, è altrettanto certo quanto qualsiasi altra cosa possiamo mai conoscere.
40
Sappiamo anche con assoluta certezza che Dio ha predisposto tutte le cose in anticipo.
Ma poiché ciò che abbiamo conosciuto di Dio ci assicura che la sua potenza è così grande da rendere criminoso anche solo pensare di essere stati in grado di compiere qualsiasi cosa senza il suo previo ordine, potremmo facilmente incorrere in grandi difficoltà se tentassimo di conciliare la libertà della nostra volontà con i suoi comandi, e se cercassimo di comprendere – cioè di afferrare e delimitare con la nostra intelligenza – l’intera portata del nostro libero arbitrio e l’ordine della Provvidenza eterna.
41
Come si può conciliare il nostro libero arbitrio con la predestinazione divina?
Invece di avere alcuna difficoltà nel liberarci da questa convinzione, basta osservare che il nostro pensiero è finito, mentre la potenza onnipotente di Dio – con la quale non solo ha conosciuto fin dall’eternità ciò che esiste o può esistere, ma l’ha anche voluto – è infinita. Abbiamo quindi abbastanza intelligenza per comprendere chiaramente e distintamente che questa potenza appartiene a Dio; tuttavia non ne abbiamo abbastanza per comprendere appieno la sua estensione, al punto di sapere in che modo essa lascia le azioni degli uomini completamente libere e indeterminate. D’altra parte, siamo così certi della libertà e dell’indipendenza che possediamo, che non esiste nulla di cui siamo più consapevoli; pertanto, la potenza onnipotente di Dio non dovrebbe impedirci di crederci. Infatti, sarebbe errato dubitare di ciò che percepiamo interiormente e che sappiamo per esperienza essere parte di noi stessi, solo perché non comprendiamo un’altra realtà la cui natura è intrinsecamente incomprensibile.
42
Come mai, sebbene non volessimo mai fallire, è proprio per nostra volontà che falliamo.
Ma poiché sappiamo che l’errore dipende dalla nostra volontà, e poiché nessuno ha la volontà di sbagliare, si potrebbe meravigliarsi che nei nostri giudizi esistano errori. Tuttavia è necessario notare che c’è una grande differenza tra voler essere ingannati e voler dare il proprio consenso ad opinioni che talvolta ci portano a sbagliare. Infatti, anche se nessuno desidera esplicitamente ingannarsi, quasi nessuno rifiuta di dare il proprio assenso a cose che non conosce chiaramente; anzi, spesso è proprio il desiderio di conoscere la verità a far sì che coloro che non conoscono correttamente il metodo per cercarla finiscano per non trovarla e sbagliare, poiché tale desiderio li spinge ad affrettarsi nei loro giudizi e a considerare vere cose di cui non hanno una conoscenza sufficiente.
43
Non potremmo mai sbagliare se giudicassimo soltanto cose che percepiamo chiaramente e distintamente.
Ma è certo che non confonderemo mai il falso con il vero finché giudicheremo soltanto ciò che vediamo chiaramente e distintamente, perché Dio non inganna, e quindi la facoltà di conoscere che ci ha dato non può fallire, né tantomeno la facoltà di volere, purché non la estendiamo al di là di ciò che conosciamo. E anche se questa verità non fosse stata dimostrata, siamo naturalmente così inclini a dare il nostro consenso alle cose che vediamo chiaramente, da non poter dubitarne finché le percepiamo in quel modo.
44
Saremmo in grado di giudicare male ciò che non vediamo chiaramente, anche se il nostro giudizio potrebbe essere corretto; inoltre, spesso è la nostra memoria a ingannarci.
È altresì molto certo che ogni volta che approviamo una qualche ragione di cui non possediamo una conoscenza sufficientemente precisa, o ci sbagliamo, oppure, anche se troviamo la verità, poiché ciò avviene soltanto per caso, non possiamo essere certi di averla effettivamente scoperta, né possiamo sapere con sicurezza di non sbagliarci. Ammetto che raramente giudichiamo qualcosa mentre ci rendiamo conto di non conoscerla abbastanza chiaramente; infatti, la ragione naturale ci dice che non dovremmo mai giudicare nulla se prima non ne abbiamo una conoscenza sufficientemente precisa. Tuttavia, ci sbagliamo spesso perché presumiamo di aver conosciuto in passato molte cose, e non appena ce ne ricordiamo, le approviamo come se le avessimo esaminate a fondo, anche se in realtà non ne abbiamo mai avuta una conoscenza accurata.
45
Che cosa significhi avere una percezione chiara e distinta.
Ci sono persino persone che, per tutta la loro vita, non riescono a percepire nulla in modo tale da poter giudicare correttamente; infatti, la conoscenza su cui si può basare un giudizio indubbiabile deve essere non solo chiara, ma anche distinta. Definisco “chiara” quella che è evidente e accessibile a una mente attenta; allo stesso modo, diciamo di vedere chiaramente gli oggetti quando sono presenti in modo sufficientemente evidente e i nostri occhi sono pronti ad osservarli; mentre definisco “distinta” quella conoscenza che è così precisa e nettamente separata da tutte le altre, da comprendere esclusivamente ciò che appare chiaramente a colui che la considera nel modo corretto.
46
Può essere chiara senza essere distinta, ma non viceversa.
Ad esempio, quando qualcuno prova un dolore intenso, la conoscenza che ha di tale dolore è chiara per lui; tuttavia, questa conoscenza non è sempre distinta e chiara, poiché di solito viene confusa con il giudizio errato che egli formula sulla natura di ciò che ritiene trovarsi nella parte del corpo ferita. Crede infatti che tale sensazione sia simile all’idea o al sentimento di dolore che ha nella propria mente, anche se in realtà non percepisce con chiarezza altro che quel sentimento confuso o quella percezione distorta che esiste dentro di lui. Così, la conoscenza può essere chiara senza essere distinta; e per essere effettivamente distinta, deve necessariamente essere anche chiara.
47
Per eliminare i pregiudizi della nostra infanzia, è necessario considerare ciò che è chiaro in ciascuna delle nostre prime nozioni.
Nelle nostre prime anni, l’anima o il pensiero erano così offesi dal corpo che non riconoscevano nulla in modo distinto, anche se percepivano molte cose abbastanza chiaramente; e poiché non si soffermavano a riflettere seriamente su ciò che si presentava loro, la nostra memoria si riempì di molti pregiudizi dai quali quasi mai cerchiamo di liberarci, sebbene sia assolutamente certo che altrimenti non saremmo in grado di esaminarli correttamente. Ma affinché ora possiamo farlo senza troppi sforzi, elencherò qui tutte le nozioni semplici che compongono i nostri pensieri, distinguendo ciò che è chiaro in ciascuna di esse da ciò che è oscuro o su cui possiamo sbagliare.
48
Che tutto ciò di cui abbiamo una qualche nozione venga considerato o come una cosa o come una verità; e che si proceda quindi al conteggio delle cose stesse.
Je distingue tout ce qui tombe sous notre connaissance en deux genres : le premier contient toutes les choses qui ont quelque existence, et l’autre toutes les vérités qui ne sont rien hors de notre pensée. Touchant les choses, nous avons premièrement certaines notions générales qui se peuvent rapporter à toutes, à savoir celles que nous avons de la substance, de la durée, de l’ordre et du nombre, et peut-être aussi quelques autres. Puis nous en avons aussi de plus particulières, qui servent à les distinguer. Et la principale distinction que je remarque entre toutes les choses créées est que les unes sont intellectuelles, c’est-à-dire sont des substances intelligentes, ou bien des propriétés qui appartiennent à ces substances ; et les autres sont corporelles c’est-à-dire sont des corps, ou bien des propriétés qui appartiennent au corps. Ainsi l’entendement, la volonté et toutes les façons de connaître et de vouloir, appartiennent à la substance qui pense ; la grandeur, ou l’étendue en longueur, largeur et profondeur, la figure, le mouvement, la situation des parties et la disposition qu’elles ont à être divisées, et telles autres propriétés, se rapportent au corps. Il y a encore outre cela certaines choses que nous expérimentons en nous-mêmes, qui ne doivent point être attribuées à l’âme seule, ni aussi au corps seul, mais à l’étroite union qui est entre eux, ainsi que j’expliquerai ci-après : tels sont les appétits de boire, de manger, et les émotions ou les passions de l’âme, qui ne dépendent pas de la pensée seule, comme l’émotion à la colère, à la joie, à la tristesse, à l’amour, etc. ; tels sont tous les sentiments, comme la lumière, les couleurs, les sons, les odeurs, le goût, la chaleur, la dureté, et toutes les autres qualités qui ne tombent que sous le sens de l’attouchement.
49
Que les vérités ne peuvent ainsi être dénombrées, et qu’il n’en est pas besoin.
Jusques ici j’ai dénombré tout ce que nous connaissons comme des choses, il reste à parler de ce que nous connaissons comme des vérités. Par exemple, lorsque nous pensons qu’on ne saurait faire quelque chose de rien, nous ne croyons point que cette proposition soit une chose qui existe ou la propriété de quelque chose, mais nous la prenons pour une certaine vérité éternelle qui a son siège en notre pensée, et que l’on nomme une notion commune ou une maxime : tout de même quand on dit qu’il est impossible qu’une même chose en même temps soit et ne soit pas, que ce qui a été fait ne peut n’être pas fait, que celui qui pense ne peut manquer d’être ou d’exister pendant qu’il pense et quantité d’autres semblables, ce sont seulement des vérités, et non pas des choses qui soient hors de notre pensée, et il y en a si grand nombre de telles qu’il serait malaisé de les dénombrer, mais aussi n’est-il pas nécessaire, parce que nous ne saurions manquer de les savoir lorsque l’occasion se présente de penser à elles, et que nous n’avons point de préjugés qui nous aveuglent.
50
Que toutes ces vérités peuvent être clairement aperçues, mais non pas de tous, à cause des préjugés.
Pour ce qui est des vérités qu’on nomme des notions communes, il est certain qu’elles peuvent être connues de plusieurs très clairement et très distinctement ; car autrement elles ne mériteraient pas d’avoir ce nom ; mais il est vrai aussi qu’il y en a qui le méritent au regard de quelques personnes, qui ne le méritent point au regard des autres, à cause qu’elles ne leur sont pas assez évidentes. Non pas que je croie que la faculté de connaître qui est en quelques hommes s’étende plus loin que celle qui est communément en tous, mais c’est plutôt qu’il y en a lesquels ont imprimé de longue main des opinions en leur créance qui, étant contraires à quelques-unes de ces vérités, empêchent qu’ils ne les puissent apercevoir, bien qu’elles soient fort manifestes à ceux qui ne sont point ainsi préoccupés.
51
Ce que c’est que la substance ; et que c’est un nom qu’on ne peut attribuer à Dieu et aux créatures en même sens.
Pour ce qui est des choses que nous considérons comme ayant quelque existence, il est besoin que nous les examinions ici l’une après l’autre, afin de distinguer ce qui est obscur d’avec ce qui est évident en la notion que nous avons de chacune. Lorsque nous concevons la substance, nous concevons seulement une chose qui existe en telle façon qu’elle n’a besoin que de soi-même pour exister. En quoi il peut y avoir de l’obscurité touchant l’explication de ce mot, n’avoir besoin que de soi-même ; car, à proprement parler, il n’y a que Dieu qui soit tel, et il n’y a aucune chose créée qui puisse exister un seul moment sans être soutenue et conservée par sa puissance. C’est pourquoi on a raison dans l’École de dire que le nom de substance n’est pas univoque au regard de Dieu et des créatures, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune signification de ce mot que nous concevions distinctement, laquelle convienne à lui et à elles : mais parce qu’entre les choses créées quelques-unes sont de telle nature qu’elles ne peuvent exister sans quelques autres, nous les distinguons d’avec celles qui n’ont besoin que du concours ordinaire de Dieu, en nommant celles-ci des substances, et celles-là des qualités ou des attributs de ces substances ;
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Qu’il peut être attribué à l’âme et au corps en même sens ; et comment on connaît la substance.
Et la notion que nous avons ainsi de la substance créée se rapporte en même façon à toutes, c’est-à-dire à celles qui sont immatérielles comme à celles qui sont matérielles ou corporelles ; car il faut seulement, pour entendre que ce sont des substances, que nous apercevions qu’elles peuvent exister sans l’aide d’aucune chose créée. Mais lorsqu’il est question de savoir si quelqu’une de ces substances existe véritablement, c’est-à-dire si elle est à présent dans le monde, ce n’est pas assez qu’elle existe en cette façon pour faire que nous l’apercevions : car cela seul ne nous découvre rien qui excite quelque connaissance particulière en notre pensée ; il faut outre cela qu’elle ait quelques attributs que nous puissions remarquer ; et il n’y en a aucun qui ne suffise pour cet effet, à cause que l’une de nos notions communes est que le néant ne peut avoir aucuns attributs, ni propriétés ou qualités : c’est pourquoi, lorsqu’on en rencontre quelqu’un, on a raison de conclure qu’il est l’attribut de quelque substance, et que cette substance existe.
53
Que chaque substance a un attribut principal, et que celui de l’âme est la pensée, comme l’extension est celui du corps.
Mais encore que chaque attribut soit suffisant pour faire connaître la substance, il y en a toutefois un en chacune qui constitue sa nature et son essence, et de qui tous les autres dépendent. A savoir, l’étendue en longueur, largeur et profondeur, constitue la nature de la substance corporelle ; et la pensée constitue la nature de la substance qui pense. Car tout ce que d’ailleurs on peut attribuer au corps présuppose de l’étendue, et n’est qu’une dépendance de ce qui est étendu ; de même, toutes les propriétés que nous trouvons en la chose qui pense ne sont que des façons différentes de penser. Ainsi nous ne saurions concevoir, par exemple, de figure, si ce n’est en une chose étendue, ni de mouvement qu’en un espace qui est étendu ; ainsi l’imagination, le sentiment et la volonté dépendent tellement d’une chose qui pense que nous ne les pouvons concevoir sans elle. Mais, au contraire, nous pouvons concevoir l’étendue sans figure ou sans mouvement ; et la chose qui pense sans imagination ou sans sentiment, et ainsi du reste.
54
Comment nous pouvons avoir des pensées distinctes de la substance qui pense, de celle qui est corporelle, et de Dieu.
Nous pouvons donc avoir deux notions ou idées claires et distinctes, l’une d’une substance créée qui pense, et l’autre d’une substance étendue, pourvu que nous séparions soigneusement tous les attributs de la pensée d’avec les attributs de l’étendue. Nous pouvons avoir aussi une idée claire et distincte d’une substance incréée qui pense et qui est indépendante, c’est-à-dire d’un Dieu, pourvu que nous ne pensions pas que cette idée nous représente tout ce qui est en lui, et que nous n’y mêlions rien par une fiction de notre entendement ; mais que nous prenions garde seulement à ce qui est compris véritablement en la notion distincte que nous avons de lui et que nous savons appartenir à la nature d’un être tout parfait. Car il n’y a personne qui puisse nier qu’une telle idée de Dieu soit en nous, s’il ne veut croire sans raison que l’entendement humain ne saurait avoir aucune connaissance de la Divinité.
55
Comment nous en pouvons aussi avoir de la durée, de l’ordre et du nombre.
I distinguish all that comes within our knowledge into two categories: the first includes all things that have any existence at all, and the second includes all truths that exist solely within our thoughts. Regarding things themselves, we first possess certain general concepts that apply to them all—such as those relating to substance, duration, order, and number, and perhaps others as well. Then we have more specific concepts that help us distinguish one thing from another. The main distinction I observe among all created things is that some are intellectual in nature, that is, they consist of intelligent substances or possess properties inherent to such substances; whereas others are corporeal, that is, they are bodies or possess properties associated with matter. Thus, the intellect, the will, and all forms of knowing and wanting belong to the thinking substance; whereas qualities such as size, shape, movement, the arrangement of parts, and their divisibility relate to physical bodies. In addition, there are certain phenomena that we experience within ourselves; these cannot be attributed solely to the soul or to the body alone, but rather to the close union between them, as I will explain further below. Examples include desires such as the desire to drink or eat, as well as emotions or passions of the soul that do not depend solely on intellectual processes—such as anger, joy, sadness, love, etc. There are also various sensations, such as light, color, sound, smell, taste, heat, hardness, and all other qualities that fall within the realm of the sense of touch.
49
It is true that such truths cannot be counted, and moreover, there is no need to do so.
So far, I have listed everything that we know as “things”; what remains to be discussed is what we know as “truths.” For example, when we think that it is impossible to create something out of nothing, we do not consider this statement to be a thing that exists in itself or the property of anything particular. Instead, we regard it as an eternal truth that resides within our thoughts—and such truths are often referred to as common notions or maxims. Statements like “it is impossible for the same thing to be both and not be at the same time,” “what has been done cannot possibly not have been done,” or “anyone who thinks must necessarily exist or be real while thinking”—these are all merely truths, not things that exist independently of our thoughts. There are countless such truths, too numerous to count, but it is also unnecessary to do so, because we will inevitably know them whenever the occasion arises to consider them, and we are free from any preconceptions that might obscure our understanding.
50
That all these truths can be clearly perceived by some people, but not by others, due to prejudice.
As for those truths which are called common notions, it is certain that they can be understood very clearly and distinctly by many people; otherwise, they would not deserve to bear such a name. However, it is also true that some of these truths are understandable to some individuals but not to others, because they are not sufficiently evident to the latter. It is not that I believe the faculty of knowledge possessed by certain people extends further than that which is commonly shared by all; rather, it is because some people have long held opinions that prevent them from perceiving these truths, even though they are quite obvious to those who are not influenced by such preconceptions.
51
What substance really is; and that it is a term which cannot be applied to God and creatures in the same sense.
As for those things that we consider to have some form of existence, it is necessary for us to examine them one by one here in order to distinguish what is obscure from what is clear in our understanding of each of them. When we conceive of substance, we are merely conceiving of something that exists in such a way that it needs nothing but itself in order to exist. There may be some ambiguity in explaining what it means for something to “need nothing but itself” to exist; for, strictly speaking, only God is such a being, and no created thing can exist for even a single moment without being sustained and preserved by His power. Therefore, the School of Thought is right in saying that the term “substance” does not have the same meaning when applied to God and to creatures. That is to say, there is no single meaning of this term that could be appropriately applied to both God and creatures. Instead, because among created things some are such that they cannot exist without the presence of other things, we distinguish them from those things that can exist solely with the ordinary assistance of God’s power. We call the former substances, and the latter qualities or attributes of these substances.
52
It can be attributed to both the soul and the body in the same sense; and how we come to know what that substance is.
And the notion that we thus have of created substances applies in the same way to all of them—whether they are immaterial or material, corporeal or otherwise—for it is only necessary for us to perceive that such substances can exist without the aid of anything created in order to understand that they are indeed substances. However, when it comes to determining whether any of these substances truly exists, that is, whether they are present in the world at present, it is not enough for them to exist in that way alone for us to perceive them; for this alone does not reveal anything that would arouse particular knowledge or understanding in our minds. Moreover, such substances must possess certain attributes that we can observe; and there is not a single attribute that would be sufficient for this purpose, because one of our fundamental concepts is that nothing that does not exist can possess any attributes, properties, or qualities whatsoever. Therefore, whenever we encounter something that seemingly possesses these attributes, it is legitimate to conclude that it must be an attribute of some substance, and that consequently that substance must exist.
53
That every substance possesses a primary attribute, and that for the soul, this attribute is thought, just as extension is the attribute of the body.
However, although each attribute is sufficient to characterize the substance, there is still one particular attribute in each case that constitutes its nature and essence, and from which all other attributes derive. That is, extent in length, breadth, and depth constitutes the nature of a corporeal substance; whereas thought constitutes the nature of a thinking substance. For everything that can be attributed to a body presupposes the existence of extent, and is merely a derivative of what is extended; likewise, all the properties that we find in a thinking thing are merely different modes or aspects of thinking itself. Thus, for example, we cannot conceive of shape unless it exists within an extended entity, nor can we conceive of motion unless it occurs within an extended space; accordingly, imagination, sensation, and will are so intimately dependent on a thinking being that we cannot conceive them in any way without it. On the other hand, we can conceive of extent without shape or motion; and we can also conceive of a thinking thing without imagination or sensation, and so on.
54
How can we have thoughts that are separate from the substance that thinks, from that which is corporeal, and from God.
We can thus have two clear and distinct concepts or ideas: one concerning a created substance that thinks, and the other concerning an extended substance, provided that we carefully separate all the attributes of thought from those of extension. We can also have a clear and distinct idea of an uncreated substance that thinks and that is independent—that is, of a God—but only if we do not assume that this idea represents everything that exists within God, nor if we mix any fictional elements derived from our understanding into it; rather, we must focus solely on what is truly inherent in the distinct concept we have of God and what we know belongs to the nature of a perfectly perfect being. For no one can deny that such an idea of God exists within us, unless they are willfully convinced that the human mind is incapable of gaining any knowledge of the Divine at all.
55
How is it that we also possess concepts of duration, order, and number?
Distingo tutto ciò che cade sotto la nostra conoscenza in due generi: il primo comprende tutte le cose che hanno una qualche esistenza, mentre il secondo include tutte le verità che non sono altro che il prodotto del nostro pensiero. Per quanto riguarda le cose stesse, innanzitutto possediamo alcune nozioni generali che si applicano a tutte loro, come quelle relative alla sostanza, alla durata, all’ordine e al numero; forse esistono anche altre nozioni di questo tipo. Inoltre, abbiamo nozioni più specifiche che ci permettono di distinguere le une dalle altre. La principale distinzione che noto tra tutte le cose create è che alcune sono intellettuali, cioè costituite da sostanze intelligenti o da proprietà appartenenti a tali sostanze; altre invece sono corporee, cioè costituite da corpi o da proprietà legate al corpo stesso. L’intelligenza, la volontà e tutte le modalità di conoscere e volere appartengono dunque alla sostanza pensante; la grandezza, l’estensione in lunghezza, larghezza e profondità, la forma, il movimento, la disposizione delle parti e le caratteristiche che ne derivano appartengono invece al corpo. Esistono inoltre alcune cose che sperimentiamo direttamente in noi stessi; queste non possono essere attribuite né unicamente all’anima né unicamente al corpo, ma piuttosto all’unione stretta che esiste tra loro, come spiegherò più avanti: si tratta di desideri come il bisogno di bere o mangiare, nonché di emozioni o passioni dell’anima che non dipendono esclusivamente dal pensiero, come la rabbia, la gioia, la tristezza, l’amore, ecc.; inoltre, ci sono sensazioni come la luce, i colori, i suoni, gli odori, il sapore, il calore, la durezza e altre qualità che sono percepite esclusivamente attraverso il senso del tatto.
49
Le verità non possono essere enumerate in questo modo, e inoltre non c’è alcun bisogno di farlo.
Fino ad ora ho elencato tutto ciò che conosciamo come “cose”; resta da parlare di ciò che conosciamo come “verità”. Ad esempio, quando riteniamo che non si possa ottenere nulla dal nulla, non crediamo affatto che questa affermazione sia una cosa concreta o la proprietà di qualcosa, ma la consideriamo piuttosto una verità eterna che ha sede nel nostro pensiero; queste verità vengono spesso definite “nozioni comuni” o “massime”. Tuttavia, quando si afferma che è impossibile che una stessa cosa sia allo stesso tempo sia e non sia, che ciò che è stato fatto non possa non essere stato fatto, che colui che pensa non possa non esistere mentre pensa, e molte altre simili affermazioni, si tratta soltanto di verità, e non di cose che esistano al di fuori del nostro pensiero. Esistono così tante di queste verità che sarebbe difficile elencarle tutte; inoltre, non è nemmeno necessario farlo, perché le conosceremo inevitabilmente ogni volta che ne avremo l’occasione di pensarci, e non abbiamo pregiudizi che possano offuscarci la vista.
50
Tutte queste verità possono essere chiaramente percepite, ma non da tutti, a causa dei pregiudizi.
Per quanto riguarda le verità che vengono chiamate “nozioni comuni”, è certo che molte di esse possono essere comprese in modo molto chiaro e distinto da diverse persone; altrimenti non meriterebbero affatto questo nome. Tuttavia, è anche vero che alcune di queste nozioni lo meritano per alcuni individui, ma non per altri, poiché non sono abbastanza evidenti per questi ultimi. Non credo affatto che la facoltà di conoscenza posseduta da alcuni uomini vada oltre quella comune a tutti; piuttosto, si tratta di persone le quali, da tempo, hanno acquisito opinioni errate riguardo a queste verità, e tali opinioni impediscono loro di percepirle chiaramente, anche se sono assolutamente evidenti per coloro che non sono influenzati da tali pregiudizi.
51
Che cos’è la sostanza. E che si tratta di un termine che non può essere attribuito a Dio e alle creature nel stesso senso.
Per quanto riguarda le cose che consideriamo come realmente esistenti, è necessario esaminarle una per una al fine di distinguere ciò che è oscuro da ciò che è evidente nella nozione che ne abbiamo. Quando concepiamo la sostanza, intendiamo semplicemente qualcosa che esiste in modo tale da non aver bisogno di nulla altro se non di sé stessa per continuare ad esistere. Tuttavia, può esserci oscurità nell’interpretazione di questo concetto: “non aver bisogno di nulla altro se non di sé stessa”, poiché, in senso stretto, solo Dio è così; nessuna creatura, infatti, potrebbe esistere anche solo per un istante senza essere sostenuta e mantenuta dalla sua potenza. Per questo motivo, è corretto affermare che il termine “sostanza” non abbia lo stesso significato per Dio e per le creature: non esiste infatti alcuna definizione di questo termine che possa essere applicata sia a Lui che alle creature in modo univoco. Poiché, tra le cose create, alcune sono talmente dipendenti da altre da non poter esistere senza di esse, le distinguiamo da quelle che possono esistere autonomamente grazie alla sola forza di Dio; chiamiamo queste ultime “sostanze”, mentre le prime consideriamo “qualità” o “attributi” di tali sostanze.
52
Può essere attribuito sia all’anima che al corpo nello stesso senso; e come si conosce la sostanza stessa.
E la nozione che abbiamo così della sostanza creata si applica allo stesso modo a tutte le sostanze, sia quelle immateriali che quelle materiali o corporee; infatti, per riconoscere che qualcosa è una sostanza, basta che si possa constatare che essa può esistere senza l’aiuto di alcuna cosa creata. Tuttavia, quando si tratta di stabilire se una di queste sostanze esista realmente, cioè se sia attualmente presente nel mondo, non è sufficiente che esista in quel modo: questo, infatti, da solo non ci fornisce informazioni capaci di suscitare una conoscenza particolare nella nostra mente. È necessario inoltre che tale sostanza possieda alcuni attributi che possiamo osservare; ma non esiste alcun attributo che sia sufficiente a questo scopo, poiché una delle nostre nozioni fondamentali è che il nulla non può avere attributi, proprietà o qualità di sorta. Ecco perché, quando incontriamo qualcosa che sembra possedere tali caratteristiche, abbiamo ragione di concludere che si tratta dell’attributo di qualche sostanza, e che quindi tale sostanza esiste realmente.
53
Che ogni sostanza abbia un attributo principale, e che quello dell’anima sia il pensiero, così come l’estensione è quello del corpo.
Tuttavia, sebbene ciascun attributo sia sufficiente a far conoscere la sostanza, ve n’è uno in particolare in ogni caso che costituisce la sua natura e la sua essenza, da cui dipendono tutti gli altri. L’estensione in lunghezza, larghezza e profondità costituisce la natura della sostanza corporea; la pensiero, invece, costituisce la natura della sostanza che pensa. Infatti, tutto ciò che possiamo attribuire al corpo presuppone l’esistenza di estensione ed è soltanto una conseguenza di ciò che è esteso; allo stesso modo, tutte le proprietà che riscontriamo nella cosa che pensa non sono altro che diverse modalità di pensare. Pertanto, non potremmo concepire, ad esempio, una figura se non in una cosa estesa, né un movimento se non in uno spazio esteso; inoltre, l’immaginazione, il sentimento e la volontà dipendono così strettamente da una cosa che pensa che non possiamo concepirli senza di essa. Al contrario, possiamo concepire l’estensione senza figura o senza movimento; e allo stesso modo, possiamo concepire la cosa che pensa senza immaginazione o senza sentimento, e così via.
54
Come possiamo avere pensieri distinti dalla sostanza che pensa, da quella che è corporea, e da Dio stesso?
Possiamo quindi avere due nozioni o idee chiare e distinte: una riguardante una sostanza creata che pensa, e l’altra riguardante una sostanza estesa; a condizione che separiamo attentamente tutti gli attributi del pensiero da quelli dell’estensione. Possiamo anche avere un’idea chiara e distinta di una sostanza incréata che pensa ed è indipendente, cioè di un Dio; a condizione però che non crediamo che questa idea ci rappresenti tutto ciò che esiste in Lui, né che vi mescoliamo nulla frutto della nostra immaginazione; ma che ci atteniamo soltanto a ciò che è veramente compreso nella nozione distinta che abbiamo di Lui e che sappiamo appartenere alla natura di un essere perfetto. Infatti, nessuno può negare che una tale idea di Dio esista in noi, a meno che non voglia credere senza motivo che l’intelletto umano non possa avere alcuna conoscenza della Divinità.
55
Come possiamo allora avere concetti di durata, ordine e numero?
Nous concevons aussi très distinctement ce que c’est que la durée, l’ordre et le nombre, si, au lieu de mêler dans l’idée que nous en avons ce qui appartient proprement à l’idée de la substance, nous pensons seulement que la durée de chaque chose est un mode ou une façon dont nous considérons cette chose en tant qu’elle continue d’être ; et que pareillement l’ordre et le nombre ne diffèrent pas en effet des choses ordonnées et nombrées, mais qu’ils sont seulement des façons sous lesquelles nous considérons diversement ces choses.
56
Ce que c’est que qualité et attribut, et façon ou mode.
Lorsque je dis ici façon ou mode, je n’entends rien que ce que je nomme ailleurs attribut ou qualité. Mais lorsque je considère que la substance en est autrement disposée ou diversifiée, je me sers particulièrement du nom de mode ou façon ; et lorsque, de cette disposition ou changement, elle peut être appelée telle, je nomme qualité les diverses façons qui font qu’elle est ainsi nommée ; enfin, lorsque je pense plus généralement que ces modes ou qualités sont en la substance, sans les considérer autrement que comme les dépendances de cette substance, je les nomme attributs. Et, parce que je ne dois concevoir en Dieu aucune variété ni changement, je ne dis pas qu’il y ait en lui des modes ou des qualités, mais plutôt des attributs ; et même dans les choses créées, ce qui se trouve en elles toujours de même sorte, comme l’existence et la durée en la chose qui existe et qui dure, je le nomme attribut, et non pas mode ou qualité.
57
Qu’il y a des attributs qui appartiennent aux choses auxquelles ils sont attribués, et d’autres qui dépendent de notre pensée.
De ces qualités ou attributs, il y en a quelques-uns qui sont dans les choses mêmes, et d’autres qui ne sont qu’en notre pensée ; ainsi le temps, par exemple, que nous distinguons de la durée prise en général, et que nous disons être le nombre du mouvement, n’est rien qu’une certaine façon dont nous pensons à cette durée, parce que nous ne concevons point que la durée des choses qui sont mues soit autre que celle des choses qui ne le sont point ; comme il est évident de ce que si deux corps sont mus pendant une heure, l’un vite et l’autre lentement, nous ne comptons pas plus de temps en l’un qu’en l’autre, encore que nous supposions plus de mouvement en l’un de ces deux corps. Mais afin de comprendre la durée de toutes les choses sous une même mesure, nous nous servons ordinairement de la durée de certains mouvements réguliers qui font les jours et les années, et la nommons temps, après l’avoir ainsi comparée ; bien qu’en effet ce que nous nommons ainsi ne soit rien, hors de la véritable durée des choses, qu’une façon de penser.
58
Que les nombres et les universaux dépendent de notre pensée.
De même le nombre que nous considérons en général, sans faire réflexion sur aucune chose créée, n’est point hors de notre pensée, non plus que toutes ces autres idées générales que dans l’École on comprend sous le nom d’universaux.
59
Quels sont les universaux.
Qui se font de cela seul que nous nous servons d’une même idée pour penser à plusieurs choses particulières qui ont entre elles un certain rapport. Et lorsque nous comprenons sous un même nom les choses qui sont représentées par cette idée, ce nom aussi est universel. Par exemple, quand nous voyons deux pierres et que, sans penser autrement à ce qui est de leur nature, nous remarquons seulement qu’il y en a deux, nous formons en nous l’idée d’un certain nombre que nous nommons le nombre de deux. Si, voyant ensuite deux oiseaux ou deux arbres, nous remarquons (sans penser aussi à ce qui est de leur nature) qu’il y en a deux, nous reprenons par ce moyen la même idée que nous avions auparavant formée, et la rendons universelle, et le nombre aussi que nous nommons d’un nom universel le nombre de deux. De même, lorsque nous considérons une figure de trois côtés, nous formons une certaine idée que nous nommons l’idée du triangle, et nous en servons ensuite à nous représenter généralement toutes les figures qui n’ont que trois côtés. Mais quand nous remarquons plus particulièrement que, des figures de trois côtés, les unes ont un angle droit et que les autres n’en ont point, nous formons en nous une idée universelle du triangle rectangle, qui, étant rapportée à la précédente qui est générale et plus universelle, peut être nommée espèce ; et l’angle droit, la différence universelle par où les triangles rectangles diffèrent de tous les autres ; de plus, si nous remarquons que le carré du côté qui sous-tend l’angle droit est égal aux carrés des deux autres côtés, et que cette propriété convient seulement à cette espèce de triangles, nous la pourrons nommer propriété universelle des triangles rectangles. Enfin, si nous supposons que de ces triangles les uns se meuvent et que les autres ne se meuvent point, nous prendrons cela pour un accident universel en ces triangles ; et c’est ainsi qu’on compte ordinairement cinq universaux, à savoir le genre, l’espèce, la différence, le propre et l’accident.
60
Des distinctions, et premièrement de celle qui est réelle.
Pour ce qui est du nombre que nous remarquons dans les choses mêmes, il vient de la distinction qui est entre elles ; et il y a des distinctions de trois sortes : à savoir, réelle, modale, et de raison, ou bien qui se fait de la pensée. La réelle se trouve proprement entre deux ou plusieurs substances. Car nous pouvons conclure que deux substances sont réellement distinctes l’une de l’autre, de cela seul que nous en pouvons concevoir une clairement et distinctement sans penser à l’autre ; parce que, suivant ce que nous connaissons de Dieu, nous sommes assurés qu’il peut faire tout ce dont nous avons une idée claire et distincte. C’est pourquoi, de ce que nous avons maintenant l’idée, par exemple, d’une substance étendue ou corporelle, bien que nous ne sachions pas encore certainement si une telle chose est à présent dans le monde, néanmoins, parce que nous en avons l’idée, nous pouvons conclure qu’elle peut être, et qu’en cas qu’elle existe, quelque partie que nous puissions déterminer de la pensée doit être distincte réellement de ses autres parties. De même, parce qu’un chacun de nous aperçoit en soi qu’il pense, et qu’il peut en pensant exclure de soi ou de son âme toute autre substance ou qui pense ou qui est étendue, nous pouvons conclure aussi qu’un chacun de nous ainsi considéré est réellement distinct de toute autre substance qui pense, et de toute substance corporelle. Et quand Dieu même joindrait si étroitement un corps à une âme qu’il fût impossible de les unir davantage, et ferait un composé de ces deux substances ainsi unies, nous concevons aussi qu’elles demeureraient toutes deux réellement distinctes, nonobstant cette union, parce que, quelque liaison que Dieu ait mise entre elles, il n’a pu se défaire de la puissance qu’il avait de les séparer, ou bien de les conserver l’une sans l’autre, et que les choses que Dieu peut séparer ou conserver séparément les unes des autres sont réellement distinctes.
61
De la distinction modale
We also clearly distinguish what duration, order, and number mean; provided that, instead of mixing in our concept of these notions what actually belongs to the concept of substance, we merely consider that the duration of any given thing is a manner or way in which we regard that thing as continuing to exist; and that, similarly, order and number are not essentially different from things that are ordered or numbered, but rather are simply ways in which we perceive those things in various ways.
56
What quality and attribute are, and what manner or way they exist in.
When I use the terms “way” or “mode” here, I mean nothing other than what I refer to elsewhere as an “attribute” or “quality”. However, when I consider how the substance is differently arranged or diversified in certain aspects, I particularly use the term “mode” or “way”. And when this arrangement or change can be described in certain terms, I call those various aspects “qualities”, since they are what make the substance be so named. Finally, when I think more generally about these “modes” or “qualities” as being inherent in the substance itself, and consider them merely as dependences of that substance, I call them “attributes”. And since I cannot conceive of any variation or change in God, I do not say that he possesses modes or qualities, but rather attributes. Even in created things, what always exists in them in the same way—such as existence and duration in a thing that exists and endures—I call an attribute, not a mode or quality.
57
Some attributes belong to the things to which they are assigned, while others depend on our thinking.
Of these qualities or attributes, some exist within the things themselves, while others are merely in our minds; for instance, time—which we distinguish from duration in general and refer to as the measure of motion—is nothing but a particular way in which we conceptualize duration. This is because we cannot conceive that the duration of moving objects is any different from that of immobile ones. It is evident that if two objects move for an hour, one quickly and the other slowly, we would not consider their movement to take the same amount of time, even though one object moves more than the other. However, in order to understand the duration of all things in a uniform manner, we typically use the duration of certain regular motions that constitute days and years, and call this “time” after making such a comparison. Nevertheless, what we thus designate is nothing but a way of thinking, nothing more than the true duration of things themselves.
58
That numbers and universal concepts depend on our thought.
In the same way, the number that we generally consider, without reflecting upon any particular created thing, is not outside the scope of our thought—just as all those other general ideas which are referred to in philosophy as “universals” are also within the realm of our conceptual understanding.
59
What are the universal concepts?
What we do in this regard is simply to use the same concept to think about several specific things that are related to each other. When we refer to these things under the same name, that name itself becomes universal. For example, when we see two stones and notice that there are two of them, without considering their nature, we form the concept of “two” in our minds. If then we observe two birds or two trees and again note that there are two of them, we use the same concept to refer to these as well, making it universal—and thus the number “two” becomes a universal term. Similarly, when we consider a triangle with three sides, we form the concept of “triangle,” which we then use to represent all figures with three sides in general. But if we further observe that some triangles have a right angle while others do not, we develop a more specific universal concept of the “right-angled triangle.” This concept, being more particular than the general one, can be called a “species”; the right angle itself is the universal difference that distinguishes right-angled triangles from all other types. Moreover, if we note that the square of the side opposite the right angle is equal to the squares of the other two sides, and this property applies only to right-angled triangles, we can call it a “universal property” of right-angled triangles. Finally, if we consider that some of these triangles are movable while others are not, we regard this as a universal characteristic of such triangles. In this way, people commonly identify five categories of universals: genus, species, difference, proper attribute, and accident.
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Distinctions—and, foremost, those that are real.
As for the number that we perceive in things themselves, it arises from the distinctions that exist between them; and there are three kinds of distinctions: real, modal, and conceptual, or those that arise from thought. The real distinction exists inherently between two or more substances. For we can conclude that two substances are truly distinct from each other simply because we can conceive one of them clearly and distinctly without thinking of the other; and since, according to what we know about God, we are certain that He is capable of doing anything for which we have a clear and distinct conception, it follows that, based on our current understanding of, for example, an extended or corporeal substance—even though we are not yet certain whether such a thing actually exists in the world—we can conclude that it is possible for it to exist. And if it did exist, any particular aspect of it that we could conceive would necessarily be truly distinct from its other aspects. Similarly, since each of us perceives within ourselves that we think, and since we can, through thinking, exclude all other substances—whether they too possess thought or are extended—from ourselves or our souls, we can conclude that each of us is thus truly distinct from any other substance that thinks, as well as from any corporeal substance. And even if God were to so closely unite a body with a soul that it were impossible for them to be separated further, and were to create a composite entity from these two united substances, we would still conceive that they would remain truly distinct from each other, despite their union. For whatever connection God may establish between them, He has not renounced the power to separate them or to preserve one of them without the other; and things that God can separate or preserve separately must necessarily be truly distinct from each other.
61
On the distinction of modalities
Concepiamo anche in modo molto chiaro cosa siano la durata, l’ordine e il numero; se, infatti, invece di mescolare nella nostra idea di essi ciò che appartiene propriamente all’idea di sostanza, pensiamo semplicemente che la durata di ogni cosa sia un modo o una forma attraverso cui consideriamo quella cosa nel suo essere continuo; e che, allo stesso modo, l’ordine e il numero non siano altro che modi diversi con cui consideriamo tali cose.
56
Che cos’è la qualità e l’attributo, nonché il modo o lo stile con cui vengono espressi.
Quando parlo di “modo” o “forma”, intendo esattamente ciò che altrove chiamo “attributo” o “qualità”. Tuttavia, quando considero che la sostanza sia disposta in modo diverso o presenti variazioni al suo interno, uso specificamente il termine “modo” o “forma”; e quando queste variazioni o modifiche permettono di definire la sostanza in un certo modo, chiamo “qualità” le caratteristiche che ne derivano. Infine, quando penso in termini più generali a questi “modi” o “qualità” come componenti intrinseci della sostanza stessa, senza considerarli altro che sue proprietà essenziali, li chiamo “attributi”. Poiché non posso concepire in Dio alcuna variazione o cambiamento, non dico che egli possieda modi o qualità, ma attributi; e anche nelle cose create, ciò che vi è sempre presente nello stesso modo – come l’esistenza e la durata nella cosa che esiste e dura – lo chiamo attributo, e non modo o qualità.
57
Alcuni attributi appartengono alle cose a cui vengono attribuiti, mentre altri dipendono dal nostro pensiero.
Di queste qualità o attributi, alcuni esistono effettivamente nelle cose stesse, mentre altri sono soltanto nella nostra mente; ad esempio, il tempo, che distinguiamo dalla durata in senso generale e che consideriamo come il “numero dei movimenti”, non è altro che un modo particolare in cui pensiamo a questa durata. Infatti, non riusciamo a concepire che la durata delle cose in movimento sia diversa da quella di quelle che non lo sono; è evidente che, se due corpi vengono mossi per un’ora, uno velocemente e l’altro lentamente, non contiamo lo stesso lasso di tempo per entrambi, anche se supponiamo che il primo corpo compia più movimenti del secondo. Tuttavia, al fine di comprendere la durata di tutte le cose secondo una stessa misura, utilizziamo solitamente la durata di alcuni movimenti regolari che costituiscono i giorni e gli anni, e li chiamiamo “tempo”, dopo averli confrontati in questo modo; sebbene, in realtà, ciò che così denominiamo non sia altro che un modo di pensare, rispetto alla vera durata delle cose stesse.
58
Che i numeri e gli universali dipendano dal nostro pensiero.
Allo stesso modo, il numero che di solito consideriamo, senza riflettere su nulla di ciò che è stato creato, non è affatto al di fuori del nostro pensiero, così come tutte queste altre idee generali che nell’Accademia vengono definite “universali”.
59
Quali sono i concetti universali?
Ciò deriva semplicemente dal fatto che utilizziamo lo stesso concetto per riflettere su diverse cose particolari tra cui esiste un certo rapporto. E quando, sotto lo stesso nome, raggruppiamo tutte quelle cose rappresentate da quel concetto, anche quel nome diventa universale. Ad esempio, quando vediamo due pietre e, senza considerare altro se non la loro natura, notiamo semplicemente che ne sono due, formiamo nella nostra mente l’idea di un certo numero che chiamiamo “due”. Quando vediamo due uccelli o due alberi, notiamo (senza pensare alla loro natura) che ce ne sono due; in questo modo riprendiamo l’idea che avevamo precedentemente formulato e la rendiamo universale, così come il numero due, che chiamiamo con un nome universale. Allo stesso modo, quando consideriamo una figura con tre lati, formiamo un certo concetto che chiamiamo “concetto di triangolo”, e poi lo utilizziamo per rappresentarci, in generale, tutte le figure che hanno soltanto tre lati. Ma quando osserviamo più particolarmente che, tra le figure a tre lati, alcune presentano un angolo retto mentre altre no, formiamo in noi stessi un’idea universale del triangolo rettangolo; questa idea, essendo relativa alla precedente – che è generale e ancora più universale – può essere definita “specie”; l’angolo retto, invece, rappresenta quella differenza universale per cui i triangoli rettangoli si distinguono da tutti gli altri. Inoltre, se notiamo che il quadrato del lato che forma l’angolo retto è uguale ai quadrati degli altri due lati, e che questa proprietà è caratteristica esclusivamente di questa specie di triangoli, possiamo definirla “proprietà universale dei triangoli rettangoli”. Infine, se ipotizziamo che alcuni di questi triangoli siano mobili mentre altri no, considereremo questa caratteristica un “accidente universale” propri di tali triangoli. Ed è così che solitamente si distinguono cinque elementi universali: genere, specie, differenza, proprietà e accidente.
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Distinguizioni, e in primo luogo quella che è reale.
Per quanto riguarda il numero che osserviamo nelle cose stesse, esso deriva dalla distinzione che esiste tra di esse; e ci sono tre tipi di distinzioni: quelle reali, quelle modali e quelle di ragione, ovvero quelle che derivano dal pensiero. Le distinzioni reali si trovano propriamente tra due o più sostanze. Poiché possiamo concludere che due sostanze siano realmente distinte l’una dall’altra semplicemente perché possiamo concepirle entrambe in modo chiaro e distinto, senza pensare all’altra; e poiché, secondo quanto conosciamo di Dio, siamo certi che Egli può realizzare qualsiasi cosa di cui abbiamo un’idea chiara e distinta. Pertanto, dato che attualmente abbiamo l’idea di una sostanza estesa o corporea, anche se non sappiamo con certezza se tale cosa esista realmente nel mondo, possiamo comunque concludere che può esistere; e in caso esista, qualsiasi parte della sua struttura possa essere concepita deve essere realmente distinta dalle altre sue parti. Allo stesso modo, poiché ognuno di noi percepisce chiaramente di pensare, e poiché nel pensare può escludere da sé o dalla propria anima qualsiasi altra sostanza che possa pensare o essere estesa, possiamo concludere che ciascuno di noi è realmente distinto da qualsiasi altra sostanza pensante o corporea. E anche se Dio unisse così strettamente un corpo a un’anima da rendere impossibile separarli ulteriormente, e creasse un composto di queste due sostanze unite, concepiamo comunque che esse rimarrebbero entrambe realmente distinte, nonostante questa unione; poiché qualsiasi legame Dio possa stabilire tra di loro non può impedirgli di mantenere la capacità di separarle o di conservarle separatamente, e le cose che Dio può separare o conservare separatamente sono davvero distinte l’una dall’altra.
61
La distinzione modale
Il y a deux sortes de distinction modale, à savoir, l’une entre le mode que nous avons appelé façon et la substance dont il dépend et qu’il diversifie ; et l’autre entre deux différentes façons d’une même substance. La première est remarquable en ce que nous pouvons apercevoir clairement la substance sans la façon qui diffère d’elle en cette sorte, mais que réciproquement nous ne pouvons avoir une idée distincte d’une telle façon sans penser à une telle substance. Il y a, par exemple, une distinction modale entre la figure ou le mouvement et la substance corporelle dont ils dépendent tous deux ; il y en a aussi entre assurer ou se ressouvenir et la chose qui pense. Pour l’autre sorte de distinction, qui est entre deux différentes façons d’une même substance, elle est remarquable en ce que nous pouvons connaître l’une de ces façons sans l’autre, comme la figure sans le mouvement, et le mouvement sans la figure ; mais que nous ne pouvons penser distinctement ni à l’une ni à l’autre que nous ne sachions qu’elles dépendent toutes deux d’une même substance. Par exemple, si une pierre est mue, et avec cela carrée, nous pouvons connaître sa figure carrée sans savoir qu’elle soit mue, et réciproquement nous pouvons savoir qu’elle est mue sans savoir si elle est carrée ; mais nous ne pouvons avoir une connaissance distincte de ce mouvement et de cette figure si nous ne connaissons qu’ils sont tous deux en une même chose, à savoir en la substance de cette pierre. Pour ce qui est de la distinction dont la façon d’une substance est différente d’une autre substance ou bien de la façon d’une autre substance, comme le mouvement d’un corps est différent d’un autre corps ou d’une chose qui pense, ou bien comme le mouvement est différent du doute, il me semble qu’on la doit nommer réelle plutôt que modale, à cause que nous ne saurions connaître les modes sans les substances dont ils dépendent, et que les substances sont réellement distinctes les unes des autres.
62
De la distinction qui se fait par la pensée.
Enfin, la distinction qui se fait par la pensée consiste en ce que nous distinguons quelquefois une substance de quelqu’un de ses attributs sans lequel néanmoins il n’est pas possible que nous en ayons une connaissance distincte ; ou bien en ce que nous tâchons de séparer d’une même substance deux tels attributs, en pensant à l’un sans penser à l’autre. Cette distinction est remarquable en ce que nous ne saurions avoir une idée claire et distincte d’une telle substance si nous lui ôtons un tel attribut ; ou bien en ce que nous ne saurions avoir une idée claire et distincte de l’un de deux ou plusieurs tels attributs si nous le séparons des autres. Par exemple, à cause qu’il n’y a point de substance qui ne cesse d’exister lorsqu’elle cesse de durer, la durée n’est distincte de la substance que par la pensée ; et généralement tous les attributs qui font que nous avons des pensées diverses d’une même chose, tels que sont par exemple l’étendue du corps et sa propriété d’être divisé en plusieurs parties, ne diffèrent du corps qui nous sert d’objet, et réciproquement l’un de l’autre, qu’à cause que nous pensons quelquefois confusément à l’un sans penser à l’autre. Il me souvient d’avoir mêlé la distinction qui se fait par la pensée avec la modale, sur la fin des réponses que j’ai faites aux premières objections qui m’ont été envoyées sur les Méditations de ma métaphysique ; mais cela ne répugne point à ce que j’écris en cet endroit, parce que, n’ayant pas dessein de traiter pour lors fort amplement de cette matière, il me suffisait de les distinguer toutes deux de la réelle.
63
Comment on peut avoir des notions distinctes de l’extension et de la pensée, en tant que l’une constitue la nature du corps et l’autre celle de l’âme.
Nous pouvons aussi considérer la pensée et l’étendue comme les choses principales qui constituent la nature de la substance intelligente et corporelle, et alors nous ne devons point les concevoir autrement que comme la substance même qui pense et qui est étendue ; c’est-à-dire comme l’âme et le corps ; car nous les connaissons en cette sorte très clairement et très distinctement. Il est même plus aisé de connaître une substance qui pense ou une substance étendue que la substance toute seule, laissant à part si elle pense ou si elle est étendue ; parce qu’il y a quelque difficulté à séparer la notion que nous avons de la substance de celle que nous avons de la pensée et de l’étendue : car elles ne diffèrent de la substance que par cela seul que nous considérons quelquefois la pensée ou l’étendue sans faire réflexion sur la chose même qui pense ou qui est étendue. Et notre conception n’est pas plus distincte parce qu’elle comprend peu de choses, mais parce que nous discernons soigneusement ce qu’elle comprend, et que nous prenons garde à ne le point confondre avec d’autres notions qui la rendraient plus obscure.
64
Comment on peut aussi les concevoir distinctement en les prenant pour des modes ou attributs de ces substances.
Nous pouvons considérer aussi la pensée et l’étendue comme les modes ou différentes façons qui se trouvent en la substance ; c’est-à-dire que lorsque nous considérons qu’une même âme peut avoir plusieurs pensées diverses et qu’un même corps avec sa même grandeur peut être étendu en plusieurs façons, tantôt plus en longueur et moins en largeur ou en profondeur, et quelquefois au contraire plus en largeur et moins en longueur ; et que nous ne distinguons la pensée et l’étendue de ce qui pense et de ce qui est étendu que comme les dépendances d’une chose, de la chose même dont elles dépendent ; nous les connaissons aussi clairement et aussi distinctement que leurs substances, pourvu que nous ne pensions point qu’elles subsistent d’elles-mêmes, mais qu’elles sont seulement les façons ou dépendances de quelques substances. Parce que, quand nous les considérons comme les propriétés des substances dont elles dépendent, nous les distinguons aisément de ces substances, et les prenons pour telles qu’elles sont véritablement ; au lieu que si nous voulions les considérer sans substance, cela pourrait être cause que nous les prendrions pour des choses qui subsistent d’elles-mêmes ; en sorte que nous confondrions l’idée que nous devons avoir de la substance avec celle que nous devons avoir de ses propriétés.
65
Comment on conçoit aussi leurs diverses propriétés ou attributs.
Nous pouvons aussi concevoir fort distinctement diverses façons de penser, comme entendre, imaginer, se souvenir, vouloir, etc. ; et diverses façons d’étendue, ou qui appartiennent à l’étendue, comme généralement toutes les figures, la situation des parties et leurs mouvements pourvu que nous les considérions simplement comme les dépendances des substances où elles sont ; et quant à ce qui est du mouvement, pourvu que nous pensions seulement à celui qui se fait d’un lieu en autre, sans rechercher la force qui le produit, laquelle toutefois j’essayerai de faire connaître lorsqu’il en sera temps.
66
Que nous avons aussi des notions distinctes de nos sentiments, de nos affections et de nos appétits, bien que souvent nous nous trompions aux jugements que nous en faisons.
Il ne reste plus que les sentiments, les affections et les appétits, desquels nous pouvons avoir aussi une connaissance claire et distincte, pourvu que nous prenions garde à ne comprendre dans les jugements que nous en ferons que ce que nous connaîtrons précisément par le moyen de notre entendement et dont nous serons assurés par la raison. Mais il est malaisé d’user continuellement d’une telle précaution, au moins à l’égard de nos sens, à cause que nous avons cru dès le commencement de notre vie que toutes les choses que nous sentions avaient une existence hors de notre pensée et qu’elles étaient entièrement semblables aux sentiments ou aux idées que nous avions à leur occasion. Ainsi, lorsque nous avons vu, par exemple, une certaine couleur, nous avons cru voir une chose qui subsistait hors de nous, et qui était semblable à l’idée que nous avions. Or nous avons ainsi jugé en tant de rencontres, et il nous a semblé voir cela si clairement et si distinctement, à cause que nous étions accoutumés à juger de la sorte, qu’on ne doit pas trouver étrange que quelques-uns demeurent ensuite tellement persuadés de ce faux préjugé qu’ils ne puissent pas même se résoudre à en douter.
67
Que souvent même nous nous trompons en jugeant que nous sentons de la douleur en quelque partie de notre corps.
There are two kinds of modal distinctions: one is between what we have called the “mode” and the substance upon which it depends and which it diversifies; the other is between different modes of the same substance. The first kind is noteworthy in that we can clearly perceive the substance without the mode, which differs from it in this regard; yet, conversely, we cannot form a distinct notion of such a mode without referring to the corresponding substance. For example, there is a modal distinction between shape or motion and the corporeal substance upon which they both depend; likewise, there is a distinction between “to assert” or “to recall” and the thing that thinks. As for the second kind of distinction, which involves different modes of the same substance, it is notable in that we can understand one of these modes without the other—just as we can perceive shape without motion, or motion without shape. However, we can only think about either mode distinctly if we know that they both depend on the same substance. For instance, if a stone is in motion and also square in shape, we can recognize its square shape without knowing it is in motion; conversely, we can know it is in motion without knowing whether it is square. But we can only have a clear understanding of both motion and shape if we realize that they are both aspects of the same thing—the substance of this stone. As for the distinction between one mode of a substance and another substance, or between one mode of a substance and some other entity such as motion or thought, I believe it should be called “real” rather than “modal,” because we would not be able to understand these modes at all without referring to the substances upon which they depend, and since substances are truly distinct from one another.
62
Of the distinction made by thought.
Finally, the distinction made by thought consists in our sometimes distinguishing a substance from some of its attributes without which it would nevertheless be impossible for us to have a distinct knowledge of that substance; or else in our attempting to separate two such attributes from the same substance, by thinking about one without thinking about the other. This distinction is noteworthy in the sense that we could not have a clear and distinct idea of such a substance if we were to remove one of its attributes; or likewise, we could not have a clear and distinct idea of one of several such attributes if we were to separate it from the others. For example, since there is no substance that ceases to exist when it ceases to endure, duration is only distinct from substance through thought; and in general, all those attributes that cause us to have different thoughts about the same thing—such as the extent of a body and its property of being divisible into several parts—differ from the body itself that serves as their object, and vice versa, only because we sometimes think about one of these attributes in a confused manner without thinking about the others. I recall having confused the distinction made by thought with the modal distinction at the end of my responses to the first objections raised regarding my Meditations on Metaphysics; but this does not contradict what I am writing here, for since I had no intention of treating this matter at length at that time, it was sufficient for me to distinguish between the two.
63
How can one have distinct concepts of extension and thought, when one constitutes the nature of the body and the other the nature of the soul?
We may also consider thought and extension as the primary elements that constitute the nature of intelligent, corporeal substance. In this regard, we must conceive them not in any other way than as the very substance that thinks and that is extended—that is, as the soul and the body. For we know these things in this manner with great clarity and distinctiveness. Indeed, it is even easier to understand a substance that thinks or a substance that is extended than to understand substance itself, independently of whether it thinks or is extended. This is because there is some difficulty in distinguishing between our concept of substance and our concepts of thought and extension. These latter concepts differ from the concept of substance only in that we sometimes consider thought or extension separately, without focusing on the thing itself that thinks or is extended. Moreover, our understanding of these concepts is not clearer merely because it encompasses fewer elements, but because we carefully distinguish what they entail and take care not to confuse them with other notions that might render them more obscure.
64
How can they also be conceived separately, by considering them as modes or attributes of these substances?
We can also consider thought and extension as modes or different aspects that exist within substance itself. In other words, when we acknowledge that the same soul can possess various thoughts, and that the same body, with its fixed dimensions, can be extended in different ways—sometimes longer in length and shorter in width or depth, and at other times vice versa—we understand that thought and extension are merely attributes of something that possesses them. We perceive them just as clearly and distinctly as we perceive their underlying substances, provided that we do not assume they exist independently but rather regard them as modes or characteristics of certain substances. For when we consider them as properties of those substances, we can easily distinguish them from the substances themselves and grasp them as they truly are. However, if we were to attempt to conceive them without any connection to substance, it might lead us to mistake them for entities that exist independently, thereby confusing our understanding of their true nature as attributes of certain things.
65
How can one also conceive of their various properties or attributes?
We can also clearly conceive of various ways of thinking, such as hearing, imagining, remembering, wanting, etc.; as well as various aspects or properties that belong to the realm of extension—such as all figures, the relative positions of parts, and their movements, provided that we consider them merely as attributes of the substances in which they exist. As for motion itself, let us focus only on that which occurs from one place to another, without attempting to examine the force that produces it; although I will endeavor to explain that force at an appropriate time.
66
We also possess distinct concepts of our emotions, affections, and desires, although we often err in the judgments we make regarding them.
Only emotions, affections, and desires remain for us to gain a clear and distinct understanding of; provided that we take care to interpret them solely in terms of what we know precisely through the power of our reason. However, it is difficult to consistently exercise such caution, especially with regard to our senses. From the very beginning of our lives, we have assumed that all things we perceive exist independently of our thoughts and are merely similar to the emotions or ideas that arise in our minds when we encounter them. For instance, when we see a certain color, we believe we are observing something that exists outside of us and resembles the mental image we form of it. We have come to judge in this manner so frequently, and because we are accustomed to such reasoning, it should not surprise us when some people remain firmly convinced by these false assumptions to the point where they are unable even to begin doubting them.
67
How often we deceive ourselves into thinking that we are experiencing pain in some part of our body.
Esistono due tipi di distinzione modale: la prima riguarda il rapporto tra il modo, che abbiamo definito “forma”, e la sostanza da cui dipende e che esso diversifica; la seconda riguarda due diverse forme della stessa sostanza. La prima distinzione è significativa perché possiamo percepire chiaramente la sostanza senza considerare la forma che la differenzia, ma al contrario non possiamo concepire distintamente una forma senza pensare alla relativa sostanza. Ad esempio, esiste una distinzione modale tra la figura o il movimento e la sostanza corporea da cui dipendono entrambi; ne esiste anche una tra l’atto di “assicurarsi” o “ricordarsi” e la cosa che pensa. Per quanto riguarda la seconda distinzione, cioè quella tra due diverse forme della stessa sostanza, essa è significativa perché possiamo conoscere una di queste forme senza l’altra, proprio come la figura senza il movimento o il movimento senza la figura; tuttavia non possiamo pensare distintamente a nessuna delle due forme se non sappiamo che entrambe dipendono dalla stessa sostanza. Ad esempio, se una pietra è in movimento e allo stesso tempo ha una forma quadrata, possiamo conoscere la sua forma quadrata senza sapere che sia in movimento, e viceversa possiamo sapere che è in movimento senza sapere se abbia una forma quadrata; ma non possiamo avere una conoscenza distinta di questo movimento e di questa forma se non sappiamo che entrambi fanno parte della stessa sostanza, cioè della sostanza di quella pietra. Quanto alla distinzione tra il modo di una sostanza e quello di un’altra sostanza, o tra il modo di una sostanza e di qualcos’altro, come il movimento di un corpo rispetto a un altro corpo o a una cosa che pensa, o il movimento rispetto al dubbio, credo che si debba definirla “reale” piuttosto che “modale”, poiché non potremmo conoscere i modi senza le sostanze da cui dipendono, e le sostanze sono effettivamente distinte l’una dall’altra.
62
Della distinzione che viene fatta attraverso il pensiero.
Infine, la distinzione che operiamo con il pensiero consiste nel fatto che a volte separiamo una sostanza da alcuni dei suoi attributi senza i quali tuttavia non sarebbe possibile averne una conoscenza distinta; oppure nel tentativo di separare due attributi della stessa sostanza, pensando a uno senza pensare all’altro. Questa distinzione è particolarmente evidente quando si considera che non potremmo avere un’idea chiara e distinta di una tale sostanza se le togliessimo uno di questi attributi; o quando si osserva che non potremmo avere un’idea chiara e distinta di uno tra due o più attributi del genere se lo separassimo dagli altri. Ad esempio, poiché non esiste alcuna sostanza che smetta di esistere non appena cessa di durare, la durata è distinta dalla sostanza soltanto attraverso il pensiero; in generale, tutti gli attributi grazie ai quali abbiamo diverse concezioni della stessa cosa – come ad esempio l’estensione di un corpo e la sua proprietà di essere diviso in parti – differiscono dal corpo stesso che ne è l’oggetto soltanto perché a volte pensiamo confusamente a uno di questi attributi senza considerare gli altri. Ricordo di aver confuso questa distinzione operata dal pensiero con quella di natura modale, alla fine delle risposte che ho dato alle prime obiezioni ricevute riguardo alle “Meditazioni” sulla mia metafisica; ma ciò non contraddice quanto scrivo in questo luogo, poiché non avevo l’intenzione di trattare ampiamente questo argomento e mi bastava distinguerle entrambe dalla realtà stessa.
63
Come è possibile avere concetti diversi riguardo all’estensione e al pensiero, dato che l’una costituisce la natura del corpo e l’altra quella dell’anima?
Possiamo anche considerare il pensiero e l’estensione come le principali componenti della natura di una sostanza intelligente e corporea; in tal caso, non dobbiamo concepirli in alcun altro modo se non come la stessa sostanza che pensa ed è estesa, cioè come l’anima e il corpo. Infatti, li conosciamo in questo modo in modo molto chiaro e distinto. Anzi, è ancora più facile comprendere una sostanza che pensa o un’entità estensiva rispetto alla sostanza in sé stessa, prescindendo dal fatto che essa pensi o sia estesa; poiché esiste una certa difficoltà nel separare la nozione che abbiamo della sostanza da quella che abbiamo del pensiero e dell’estensione. Queste ultime differiscono dalla sostanza soltanto perché a volte consideriamo il pensiero o l’estensione separatamente, senza riflettere sulla cosa stessa che pensa o è estesa. La nostra comprensione di tali concetti non è più chiara solo perché comprende poche cose, ma perché discerniamo con attenzione ciò che essa include e facciamo in modo da non confonderla con altre nozioni che potrebbero renderla meno chiara.
64
Come è possibile anche considerarli in modo distinto, considerandoli modi o attributi di queste sostanze.
Possiamo considerare anche il pensiero e l’estensione come modi o diverse forme che esistono all’interno della sostanza stessa; in altre parole, quando riconosciamo che lo stesso animo può avere diversi pensieri, e che lo stesso corpo, con la sua stessa dimensione, può estendersi in modi diversi – a volte più in lunghezza e meno in larghezza o profondità, altre volte viceversa – allora distinguiamo il pensiero e l’estensione da ciò che pensa e da ciò che è esteso soltanto come proprietà di una cosa, cioè della sostanza stessa da cui dipendono. Le conosciamo altrettanto chiaramente e distintamente delle loro sostanze, purché non crediamo che esistano per sé stesse, ma che siano semplicemente modi o proprietà di alcune sostanze. Infatti, quando le consideriamo come attributi delle sostanze da cui dipendono, le distinguiamo facilmente da queste ultime e le percepiamo così come realmente sono; al contrario, se cercassimo di considerarle indipendentemente dalle sostanze, potremmo confonderle con entità che esistono per sé stesse, mescolando così l’idea che dobbiamo avere della sostanza con quella che dobbiamo avere delle sue proprietà.
65
Come si possono concepire anche le loro diverse proprietà o attributi?
Possiamo anche concepire in modo molto chiaro diverse modalità di pensare: come ascoltare, immaginare, ricordare, volere, ecc.; nonché diverse forme di estensione, o quelle che appartengono all’estensione stessa, come generalmente tutte le figure geometriche, la posizione delle parti e i loro movimenti, purché li consideriamo semplicemente come proprietà delle sostanze in cui esistono; e per quanto riguarda il movimento, purché pensiamo soltanto a quello che avviene da un luogo a un altro, senza indagare sulla forza che lo produce, la quale tuttavia cercherò di spiegare quando sarà il momento opportuno.
66
Abbiamo anche concetti distinti riguardo ai nostri sentimenti, alle nostre affezioni e ai nostri desideri, sebbene spesso ci sbagliamo nei giudizi che ne formuliamo.
Non rimangono che i sentimenti, le affezioni e gli appetiti, di cui possiamo anche ottenere una conoscenza chiara e distinta, a condizione che prestiamo attenzione a comprendere nei giudizi che ne formuliamo soltanto ciò che conosciamo con certezza attraverso il nostro intelletto e di ciò che siamo sicuri sia vero per via della ragione. Tuttavia, è difficile mantenere costantemente tale cautela, almeno riguardo ai nostri sensi; infatti, fin dall’inizio della nostra vita abbiamo creduto che tutte le cose che percepiamo avessero un’esistenza al di fuori del nostro pensiero e fossero completamente simili ai sentimenti o alle idee che ne derivavano. Così, quando ad esempio vediamo un certo colore, crediamo di vedere qualcosa che esiste al di fuori di noi e che è simile all’idea che ne abbiamo. Abbiamo giudicato in questo modo in molte occasioni, e ci è sembrato di vedere quelle cose con tale chiarezza e distinzione, proprio perché eravamo abituati a ragionare in quel modo; perciò non dovrebbe sorprendere se alcune persone rimangano ancora così convinte di questo falso pregiudizio da non riuscire nemmeno a metterlo in dubbio.
67
Quante volte ci sbagliamo nel credere di provare dolore in qualche parte del nostro corpo.
La même prévention a eu lieu en tous nos autres sentiments, même en ce qui est du chatouillement et de la douleur. Car encore que nous n’ayons pas cru qu’il y eût hors de nous, dans les objets extérieurs, des choses qui fussent semblables au chatouillement ou à la douleur qu’ils nous faisaient sentir, nous n’avons pourtant pas considéré ces sentiments comme des idées qui étaient seulement en notre âme ; mais nous avons cru qu’ils étaient dans nos mains, dans nos pieds et dans les autres parties de notre corps, sans que toutefois il y ait aucune raison qui nous oblige à croire que la douleur que nous sentons, par exemple au pied, soit quelque chose hors de notre pensée qui soit dans notre pied, ni que la lumière que nous pensons voir dans le soleil soit dans le soleil ainsi qu’elle est en nous. Et si quelques-uns se laissent encore persuader à une si fausse opinion, ce n’est qu’à cause qu’ils font si grand cas des jugements qu’ils ont faits lorsqu’ils étaient enfants, qu’ils ne sauraient les oublier pour en faire d’autres plus solides, comme il paraîtra encore plus manifestement par ce qui suit.
68
Comment on doit distinguer en telles choses ce en quoi on peut se tromper d’avec ce qu’on conçoit clairement.
Mais afin que nous puissions distinguer ici ce qu’il y a de clair en nos sentiments d’avec ce qui est obscur, nous remarquerons en premier lieu que nous connaissons clairement et distinctement la douleur, la couleur et les autres sentiments, lorsque nous les considérons simplement comme des pensées ; mais que quand nous voulons juger que la couleur, que la douleur, etc., sont des choses qui subsistent hors de notre pensée, nous ne concevons en aucune façon quelle chose c’est que cette couleur, cette douleur, etc. Et il en est de même lorsque quelqu’un nous dit qu’il voit de la couleur dans un corps, ou qu’il sent de la douleur en quelqu’un de ses membres ; comme s’il nous disait qu’il voit ou qu’il sent quelque chose, mais qu’il ignore entièrement quelle est la nature de cette chose, ou bien qu’il n’a pas une connaissance distincte de ce qu’il voit et de ce qu’il sent. Car encore que, lorsqu’il n’examine pas ses pensées avec attention, il se persuade peut-être qu’il en a quelque connaissance, à cause qu’il suppose que la couleur qu’il croit voir dans l’objet a de la ressemblance avec le sentiment qu’il éprouve en soi, néanmoins, s’il fait réflexion sur ce qui lui est représenté par la couleur ou par la douleur, en tant qu’elles existent dans un corps coloré ou bien dans une partie blessée, il trouvera sans doute qu’il n’en a pas de connaissance.
69
Qu’on connaît tout autrement les grandeurs, les figures, etc., que les couleurs, les douleurs, etc.
Principalement, s’il considère qu’il connaît bien d’une autre façon ce que c’est que la grandeur dans le corps qu’il aperçoit, ou la figure, ou le mouvement, au moins celui qui se fait d’un lieu en un autre (car les philosophes, en feignant d’autres mouvements que celui-ci, n’ont pas connu si facilement sa vraie nature), ou la situation des parties, ou la durée, ou le nombre, et les autres propriétés que nous apercevons clairement en tous les corps comme il a été déjà remarqué, que non pas ce que c’est que la couleur dans le même corps, ou la douleur, l’odeur, le goût, la saveur et tout ce que j’ai dit devoir être attribué au sens. Car encore que voyant un corps nous ne soyons pas moins assurés de son existence par la couleur que nous apercevons à son occasion que par la figure qui le termine, toutefois il est certain que nous connaissons tout autrement en lui cette propriété qui est cause que nous disons qu’il est figuré, que celle qui fait qu’il nous semble coloré.
70
Que nous pouvons juger en deux façons des choses sensibles, par l’une desquelles nous tombons en l’erreur, et par l’autre nous l’évitons.
Il est donc évident, lorsque nous disons à quelqu’un que nous apercevons des couleurs dans les objets, qu’il en est de même que si nous lui disions que nous apercevons en ces objets je ne sais quoi dont nous ignorons la nature, mais qui cause pourtant en nous un certain sentiment fort clair et manifeste qu’on nomme le sentiment des couleurs. Mais il y a bien de la différence en nos jugements. Car, tant que nous nous contentons de croire qu’il y a je ne sais quoi dans les objets (c’est-à-dire dans les choses telles qu’elles soient) qui cause en nous ces pensées confuses qu’on nomme sentiments, tant s’en faut que nous nous méprenions, qu’au contraire nous évitons la surprise qui nous pourrait faire méprendre, à cause que nous ne nous emportons pas sitôt à juger témérairement d’une chose que nous remarquons ne pas bien connaître. Mais lorsque nous croyons apercevoir une certaine couleur dans un objet, bien que nous n’ayons aucune connaissance distincte de ce que nous appelons d’un tel nom, et que notre raison ne nous fasse apercevoir aucune ressemblance entre la couleur que nous supposons être en cet objet et celle qui est en notre sens ; néanmoins, parce que nous ne prenons pas garde à cela, et que nous remarquons en ces mêmes objets plusieurs propriétés, comme la grandeur, la figure, le nombre, etc. qui existent en eux de même sorte que nos sens ou plutôt notre entendement nous les fait apercevoir, nous nous laissons persuader aisément que ce qu’on nomme couleur dans un objet est quelque chose qui existe en cet objet, qui ressemble entièrement à la douleur qui est en notre pensée ; et ensuite nous pensons apercevoir clairement en cette chose ce que nous n’apercevons en aucune façon appartenir à sa nature.
71
Que la première et principale cause de nos erreurs sont les préjugés de notre enfance.
The same principle of perception applied to all our other sensations as well, including those of tickling and pain. For although we did not believe that objects external to us contained anything akin to the tickling or pain they caused us, we nonetheless did not regard these sensations as mere ideas existing solely within our minds; rather, we believed they resided in our hands, feet, and other parts of our bodies. Yet there is no reason at all to assume that the pain we feel in our foot, for example, is something external to our thoughts that actually exists within that foot, nor that the light we perceive in the sun is somehow contained within the sun itself, just as it exists within us. And if some people still cling to such erroneous beliefs, it is merely because they place too much trust in the judgments they formed when they were children, and are unable to set them aside in order to form more sound conclusions—something that will become even clearer as we proceed.
68
How must one distinguish in such matters what one might mistake for reality from what one clearly understands.
But in order to distinguish here what is clear in our sensations from what is obscure, we must first observe that we clearly and distinctly perceive pain, color, and other sensations when we consider them merely as thoughts; yet when we attempt to determine whether color or pain exist independently of our thoughts, we are utterly unable to conceive what such things actually are. The same holds true when someone tells us that they see color in a particular object or that they feel pain in one of their limbs—it’s as if they were saying that they perceive something, yet have no clear understanding of the nature of that perception. For although a person may believe they have some knowledge of these sensations when they do not examine them carefully, this belief often stems merely from the assumption that the color they see in an object resembles the feeling they experience within themselves. However, upon closer reflection on what is represented to them by color or pain—namely, their perception of something existing within a colored object or a wounded part of the body—they will likely realize that they actually possess no definite knowledge of these phenomena.
69
We perceive magnitudes, shapes, and the like in a completely different way than we perceive colors, pains, and such.
In essence, if one believes that they understand in some other way what greatness consists of in the bodies that they perceive—whether it be in terms of shape, motion (at least that which moves from one place to another; for philosophers, by pretending to consider other kinds of motion besides this, did not readily grasp its true nature), or in terms of the arrangement of its parts, duration, quantity, and other properties that we clearly observe in all bodies—then such understanding does not concern what color is within the same body, nor pain, smell, taste, flavor, or any of those qualities that I have said should be attributed to the senses. For although seeing a body allows us to be as certain of its existence because of the color we perceive as it does because of its shape, it is nonetheless clear that we understand these properties of the body in very different ways: one property is what makes us say that the body has a particular shape, while another is what makes us perceive it as colored.
70
We can judge sensible things in two ways: one way leads us to error, while the other helps us avoid it.
It is therefore evident that when we tell someone that we perceive colors in objects, it is no different from telling them that we perceive some unknown entity within those objects—something whose nature we are unaware of, yet which nevertheless induces in us a clear and distinct sensation that we call the perception of color. However, there is indeed a difference in our judgments. For as long as we merely believe that there exists something within objects (that is, within things as they are) that causes these vague sensations we refer to as emotions or feelings, we are far from being mistaken; on the contrary, we avoid making hasty judgments about things that we do not fully understand. But when we claim to perceive a certain color in an object, even though we have no clear knowledge of what this so-called “color” actually is, and even though our reason fails to show us any resemblance between the color we suppose exists in that object and the one that our senses perceive; nonetheless, because we do not pay attention to these discrepancies, and because we observe various properties in those objects—such as size, shape, number, etc.—which exist within them just as our senses, or rather our intellect, enable us to perceive them, we readily conclude that what is called “color” in an object must be something that truly exists within it, and that this color is somehow identical to the sensation of pain that arises in our minds. And thus we believe that we can clearly perceive in this object something that, in reality, has no place in its nature at all.
71
That the primary and main cause of our mistakes lies in the prejudices acquired in our childhood.
Lo stesso tipo di percezione si è verificato per tutti gli altri nostri sentimenti, anche per quanto riguarda la sensazione di formicolio o di dolore. Poiché, sebbene non credessimo che negli oggetti esterni esistessero qualcosa di simile a quel formicolio o dolore che essi ci provocavano, tuttavia non consideravamo questi sentimenti come semplici idee presenti nella nostra mente; credevamo invece che fossero effettivamente localizzati nelle nostre mani, nei nostri piedi e in altre parti del corpo. Tuttavia, non esisteva alcuna ragione che ci costringesse a credere che il dolore che provavamo, ad esempio al piede, fosse qualcosa che esistesse al di fuori della nostra mente ma all’interno del nostro piede stesso, né che la luce che credevamo di vedere nel sole si trovasse effettivamente nel sole, così come esiste nella nostra mente. E se ancora alcune persone continuano a credere in un’opinione così errata, è soltanto perché danno troppa importanza ai giudizi che hanno formato da bambini, al punto di non riuscire a scorderli per formulare altri giudizi più solidi e fondati. Come diventerà ancora più evidente nel seguito.
68
In simili questioni, come si può distinguere ciò in cui si può sbagliare da ciò che si comprende chiaramente?
Ma affinché possiamo distinguere qui ciò che è chiaro nei nostri sentimenti da ciò che è oscuro, noteremo innanzitutto che conosciamo chiaramente e distintamente il dolore, il colore e gli altri sentimenti quando li consideriamo semplicemente come pensieri; ma che quando vogliamo ritenere che il colore, il dolore, ecc., siano cose che esistono al di fuori del nostro pensiero, non riusciamo in alcun modo a concepire quale sia la natura di queste cose. Lo stesso vale quando qualcuno ci dice di vedere del colore in un corpo o di sentire dolore in una delle sue membra; è come se ci dicesse di vedere o sentire qualcosa, ma senza conoscere affatto la natura di quella cosa, o senza avere una comprensione chiara di ciò che vede e sente. Infatti, anche se, quando non esamina attentamente i propri pensieri, si persuade forse di averne qualche conoscenza, poiché suppone che il colore che crede di vedere nell’oggetto abbia qualche somiglianza con il sentimento che prova in sé, tuttavia, se riflette su ciò che gli viene rappresentato dal colore o dal dolore, in quanto esistono in un corpo colorato o in una parte ferita, probabilmente scoprirà di non averne alcuna conoscenza reale.
69
Le grandezze, le figure, ecc., vengono conosciute in modo completamente diverso rispetto alle colori, ai dolori, ecc.
In sostanza, se si considera che egli conosca in modo diverso ciò che significa la “grandezza” nel corpo che osserva – o la forma, o il movimento, almeno quello che avviene da un luogo a un altro (poiché i filosofi, fingendo altri tipi di movimento oltre a questo, non sono riusciti a comprendere facilmente la sua vera natura) – o la posizione delle sue parti, la durata, il numero e altre proprietà che osserviamo chiaramente in tutti i corpi, come già accennato in precedenza, allora non si può certo dire che egli conosca ciò che significa la “colore” nello stesso corpo, né il dolore, l’odore, il sapore, la dolcezza e tutte le altre qualità che, secondo quanto detto, dovrebbero essere attribuite ai sensi. Infatti, anche se vedendo un corpo siamo altrettanto certi della sua esistenza a causa del colore che ne percepiamo, quanto lo siamo a causa della forma che lo delimita, è comunque certo che conosciamo in modo diverso quella proprietà che fa sì che diciamo che il corpo sia “formato” da determinate caratteristiche, e quella proprietà che fa sì che ci sembri “coloreato”.
70
Possiamo giudicare le cose sensibili in due modi: uno di questi ci porta all’errore, mentre l’altro ci permette di evitarlo.
È quindi evidente che, quando diciamo a qualcuno di percepire dei colori negli oggetti, è come se gli dicessimo di percepire in essi qualcosa di cui ignoriamo la natura, ma che tuttavia suscita in noi un sentimento chiaro e manifesto, chiamato senso del colore. Tuttavia, i nostri giudizi differiscono in questo senso: finché ci limitiamo a credere che negli oggetti esista qualcosa che provoca in noi questi sentimenti confusi, non ci sbagliamo affatto; anzi, evitiamo di essere sorpresi, poiché non giudichiamo troppo affrettatamente una cosa di cui non conosciamo bene la natura. Ma quando crediamo di percepire un certo colore in un oggetto, anche se non abbiamo alcuna conoscenza distinta di ciò che chiamiamo “colore”, e se la nostra ragione non ci fa notare alcuna somiglianza tra il colore che supponiamo esistere in quell’oggetto e quello che percepiamo con i nostri sensi, nondimeno, poiché non prestiamo attenzione a questo aspetto e notiamo in quegli stessi oggetti altre proprietà – come la grandezza, la forma, il numero, ecc. – che esistono realmente in essi e che i nostri sensi, o piuttosto il nostro intelletto, ci fanno percepire, ci lasciamo facilmente convincere che ciò che chiamiamo “colore” in un oggetto sia davvero qualcosa che esiste in esso e che assomigli completamente al senso di dolore che proviamo nella nostra mente. E così pensiamo di percepire chiaramente in quella cosa qualcosa che, in realtà, non appartiene affatto alla sua natura.
71
Che la prima e principale causa dei nostri errori siano i pregiudizi della nostra infanzia.
C’est ainsi que nous avons reçu la plupart de nos erreurs. A savoir, pendant les premières années de notre vie, que notre âme était si étroitement liée au corps, qu’elle ne s’appliquait à autre chose qu’à ce qui causait en lui quelques impressions, elle ne considérait pas encore si ces impressions étaient causées par des choses qui existassent hors de soi, mais seulement elle sentait de la douleur lorsque le corps en était offensé ou du plaisir lorsqu’il en recevait de l’utilité, ou bien, si elles étaient si légères que le corps n’en reçût point de commodité, ni aussi d’incommodité qui fût importante à sa conservation, elle avait des sentiments tels que sont ceux qu’on nomme goût, odeur, son, chaleur, froid, lumière, couleur, et autres semblables, qui véritablement ne nous représentent rien qui existe hors de notre pensée, mais qui sont divers selon les diversités qui se rencontrent dans les mouvements qui passent de tous les endroits de notre corps jusqu’à l’endroit du cerveau auquel elle est étroitement jointe et unie. Elle apercevait aussi des grandeurs, des figures et des mouvements qu’elle ne prenait pas pour des sentiments, mais pour des choses ou des propriétés de certaines choses qui lui semblaient exister ou du moins pouvoir exister hors de soi, bien qu’elle n’y remarquât pas encore cette différence. Mais lorsque nous avons été quelque peu plus avancés en âge et que notre corps, se tournant fortuitement de part et d’autre par la disposition de ses organes, a rencontré des choses utiles ou en a évité de nuisibles, l’âme, qui lui était étroitement unie, faisant réflexion sur les choses qu’il rencontrait ou évitait, a remarqué premièrement qu’elles existaient au dehors, et ne leur a pas attribué seulement les grandeurs, les figures, les mouvements et les autres propriétés qui appartiennent véritablement au corps, et qu’elle concevait fort bien ou comme des choses ou comme les dépendances de quelques choses, mais encore les couleurs, les odeurs, et toutes les autres idées de ce genre qu’elle apercevait aussi à leur occasion ; et comme elle était si fort offusquée du corps qu’elle ne considérait les autres choses qu’autant qu’elles servaient à son usage, elle jugeait qu’il y avait plus ou moins de réalité en chaque objet, selon que les impressions qu’il causait lui semblaient plus ou moins fortes. De là vient qu’elle a cru qu’il y avait beaucoup plus de substance ou de corps dans les pierres et dans les métaux que dans l’air ou dans l’eau, parce qu’elle y sentait plus de dureté et de pesanteur ; et qu’elle n’a considéré l’air non plus que rien lorsqu’il n’était agité d’aucun vent, et qu’il ne lui semblait ni chaud ni froid. Et parce que les étoiles ne lui faisaient guère plus sentir de lumière que des chandelles allumées, elle n’imaginait pas que chaque étoile fût plus grande que la flamme qui paraît au bout d’une chandelle qui brûle. Et parce qu’elle ne considérait pas encore si la terre peut tourner sur son essieu, et si sa superficie est courbée comme celle d’une boule, elle a jugé d’abord qu’elle est immobile, et que sa superficie est plate. Et nous avons été par ce moyen si fort prévenus de mille autres préjugés que lors même que nous étions capables de bien user de notre raison, nous les avons reçus en notre créance ; et au lieu de penser que nous avions fait ces jugements en un temps que nous n’étions pas capables de bien juger, et par conséquent qu’ils pouvaient être plutôt faux que vrais, nous les avons reçus pour aussi certains que si nous en avions eu une connaissance distincte par l’entremise de nos sens, et n’en avons non plus douté que s’ils eussent été des notions communes.
72
Que la seconde est que nous ne pouvons oublier ces préjugés.
Enfin, lorsque nous avons atteint l’usage entier de notre raison, et que notre âme, n’étant plus si sujette au corps, tâche à bien juger des choses, et à connaître leur nature, bien que nous remarquions que les jugements que nous avons faits lorsque nous étions enfants sont pleins d’erreurs, nous avons assez de peine à nous en délivrer entièrement, et néanmoins il est certain que si nous manquons à nous souvenir qu’ils sont douteux, nous sommes toujours en danger de retomber en quelque fausse prévention. Cela est tellement vrai qu’à cause que dès notre enfance, nous avons imaginé, par exemple, les étoiles fort petites, nous ne saurions nous défaire encore de cette imagination, bien que nous connaissions par les raisons de l’astronomie qu’elles sont très grandes : tant a de pouvoir sur nous une opinion déjà reçue.
73
La troisième, que notre esprit se fatigue quand il se rend attentif à toutes les choses dont nous jugeons.
De plus, comme notre âme ne saurait s’arrêter à considérer longtemps une même chose avec attention sans se peiner et même sans se fatiguer, et qu’elle ne s’applique à rien avec tant de peine qu’aux choses purement intelligibles, qui ne sont présentes ni aux sens ni à l’imagination, soit que naturellement elle ait été faite ainsi à cause qu’elle est unie au corps, ou que pendant les premières années de notre vie nous nous soyons si fort accoutumés à sentir et imaginer, que nous ayons acquis une facilité plus grande à penser de cette sorte, de là vient que beaucoup de personnes ne sauraient croire qu’il y ait de substance si elle n’est imaginable et corporelle, et même sensible ; car on ne prend pas garde ordinairement qu’il n’y a que les choses qui consistent en étendue, en mouvement et en figure, qui soient imaginables, et qu’il y en a quantité d’autres que celles-là qui sont intelligibles : de là vient aussi que la plupart du monde se persuade qu’il n’y a rien qui puisse subsister sans corps, et même qu’il n’y a point de corps qui ne soit sensible. Et d’autant que ce ne sont point nos sens qui nous font découvrir la nature de quoi que ce soit, mais seulement notre raison lorsqu’elle y intervient, on ne doit pas trouver étrange que la plupart des hommes n’aperçoivent les choses que fort confusément, vu qu’il n’y en a que très peu qui s’étudient à la bien conduire.
74
La quatrième, que nous attachons nos pensées à des paroles qui ne les expriment pas exactement.
Au reste, parce que nous attachons nos conceptions à certaines paroles afin de les exprimer de bouche, et que nous nous souvenons plutôt des paroles que des choses, à peine saurions-nous concevoir aucune chose si distinctement que nous séparions entièrement ce que nous concevons d’avec les paroles qui avaient été choisies pour l’exprimer. Ainsi tous les hommes donnent leur attention aux paroles plutôt qu’aux choses ; ce qui est cause qu’ils donnent bien souvent leur consentement à des termes qu’ils n’entendent point, et qu’ils ne se soucient pas beaucoup d’entendre, ou parce qu’ils croient les avoir entendus autrefois, ou parce qu’il leur a semblé que ceux qui les leur ont enseignés en connaissaient la signification, et qu’ils l’ont apprise par même moyen. Et, bien que ce ne soit pas ici l’endroit où je dois traiter de cette matière, à cause que je n’ai pas enseigné quelle est la nature du corps humain et que je n’ai pas même encore prouvé qu’il y ait au monde aucun corps, il me semble néanmoins que ce que j’en ait dit nous pourra servir à discerner celles de nos conceptions qui sont claires et distinctes d’avec celles où il y a de la confusion et qui nous sont inconnues.
75
Abrégé de tout ce qu’on doit observer pour bien philosopher.
This is how we acquired most of our misconceptions. In other words, during the early years of our lives, our soul was so closely bound to the body that it focused solely on those things that caused certain sensations within it. It did not yet consider whether these sensations were arising from things existing outside of itself; rather, it simply felt pain when the body was harmed or pleasure when it benefited. Moreover, if these sensations were too slight to bring either tangible benefit or significant harm to the body, our soul would experience various perceptions such as taste, smell, sound, heat, cold, light, color, and the like—perceptions that, in reality, represent nothing existing outside of our thoughts, but rather vary depending on the movements within our bodies that reach the brain, to which our soul is closely connected. Our soul also perceived shapes, forms, and movements, which it did not regard as sensations themselves, but rather as properties or characteristics of certain things that seemed to exist—or at least could exist—outside of itself, although it was not yet able to distinguish this distinction clearly. However, as we grew older and our bodies, through the movement of their organs, encountered useful things or avoided harmful ones, our soul, being closely linked to them, began to reflect on these experiences. It gradually realized that these things truly existed outside of itself, and it no longer attributed to them only those properties inherent to the body—such as shape, form, and movement—but also concepts like color and smell. Since our soul was so deeply influenced by the physical world, it judged the reality of objects based on the intensity of the sensations they caused. Thus, it believed that stones and metals contained far more “substance” or “matter” than air or water, simply because it perceived greater hardness and weight in them; it also regarded still air as nothing at all when there was no wind, and it found it neither hot nor cold. Moreover, since the stars seemed to emit only as much light as a burning candle, it did not imagine that any star could be larger than the flame at the end of such a candle. And because she had not yet considered whether the earth could rotate on its axis, or whether its surface was curved like that of a sphere, she initially concluded that it was immobile and its surface flat. As a result, we were so strongly influenced by countless other preconceptions that, even when we were capable of using our reason properly, we accepted them without question. Instead of realizing that we had reached those conclusions at a time when we lacked the ability to judge accurately, and therefore that they might well be false rather than true, we regarded them as absolutely certain, just as if we had acquired direct knowledge of them through our senses—without ever doubting them in the same way we would doubt any ordinary notion.
72
The second point is that we cannot forget these prejudices.
Finally, when we have come to make full use of our reason, and when our soul, no longer so subject to the body, endeavors to judge things rightly and to understand their nature, even though we realize that the judgments we made as children were filled with errors, it is still very difficult for us to completely free ourselves from them. Nevertheless, it is certain that if we fail to remember that those judgments are doubtful, we are always at risk of falling back into some false notion. This is so true that, because since our childhood we have imagined that stars are very small, we are still unable to get rid of this misconception, even though we know from the principles of astronomy that they are in fact extremely large—such is the power of an opinion that has already taken root in our minds.
73
The third point is that our mind becomes fatigued when it tries to pay attention to all the things we judge.
Furthermore, since our soul would be unable to concentrate on the same object for an extended period without feeling distress or even fatigue, and since it exerts such great effort only when dealing with purely intellectual matters—matters that are neither perceived by the senses nor imagined—whether because it is naturally linked to the body, or because in the early years of our lives we become so accustomed to sensing and imagining that we develop a greater facility for thinking in this manner—it follows that many people would refuse to believe in the existence of anything substantial if it were not imaginable, corporeal, and even sensible. For people usually fail to realize that only those things which consist of extent, motion, and form are imaginable; whereas there are countless other things that are merely intelligible. Hence, most people conclude that nothing can exist without a body, and that even every body must be sensible. And since it is not our senses that enable us to understand the nature of anything, but only our reason when it engages in such inquiries, it should not surprise us that most people perceive things in a very vague manner—especially considering how few actually devote themselves to studying them properly.
74
The fourth is when we fix our thoughts on words that do not express them precisely.
Furthermore, because we attach our concepts to certain words in order to express them verbally, and because we remember the words more easily than the things they refer to, we would hardly be able to conceive anything in such clear detail if we were unable to completely separate what we conceive from the words chosen to express it. As a result, all people tend to focus more on words than on things; this is why they often agree with terms that they do not truly understand, or care little to understand them at all—either because they believe they have heard them before, or because they assume that those who taught them knew their meaning and that they learned it in the same way. Although this is not the place to discuss this matter in detail, since I have not yet explained what the nature of the human body is, nor proven that any bodies exist at all, I believe that what I have said about it can still help us distinguish between those concepts that are clear and distinct from those that are confused and obscure to us.
75
A summary of everything one must observe in order to philosophize properly.
Ecco come abbiamo ricevuto la maggior parte dei nostri errori. Nello specifico, nei primi anni della nostra vita, la nostra anima era così strettamente legata al corpo che si occupava soltanto di ciò che in esso provocava alcune sensazioni; non considerava ancora se queste sensazioni fossero causate da cose esistenti al di fuori di noi, ma provava dolore quando il corpo veniva offeso o piacere quando ne traeva beneficio. Se le sensazioni erano così lievi da non arrecare alcun vantaggio né alcun danno al corpo, allora l’anima provava sentimenti come il gusto, l’odore, il suono, il calore, il freddo, la luce, il colore, e simili; questi sentimenti, in realtà, non ci rappresentavano nulla che esistesse al di fuori del nostro pensiero, ma erano diversi a seconda delle variazioni che si verificavano nei movimenti che partivano da tutte le parti del corpo fino al cervello, con cui erano strettamente legati. L’anima percepiva anche dimensioni, forme e movimenti che non considerava come sentimenti, ma come proprietà di certe cose che le sembravano esistere o almeno poter esistere al di fuori di noi, anche se non riconosceva ancora questa distinzione. Tuttavia, quando siamo cresciuti un po’ di più e il nostro corpo, per caso, si è mosso in una determinata direzione a causa della disposizione dei suoi organi, ha incontrato cose utili o ne ha evitate di dannose; l’anima, essendo strettamente legata al corpo, riflettendo su ciò che questo incontrava o evitava, ha notato per la prima volta che queste cose esistevano al di fuori di noi. Non le attribuiva più soltanto le dimensioni, le forme, i movimenti e altre proprietà che appartenevano effettivamente al corpo, ma le considerava anche come cose o come derivazioni di altre cose; inoltre, percepiva anche colori, odori e tutte le altre idee di questo genere che si presentavano in relazione a queste cose. Poiché l’anima era così strettamente legata al corpo da considerare le altre cose soltanto in base al loro utilizzo per il nostro stesso benessere, giudicava che ogni oggetto avesse una realtà maggiore o minore a seconda delle sensazioni che provocava; da qui è nata l’idea che ci fosse molto più “sostanza” o “corpo” nelle pietre e nei metalli rispetto all’aria o all’acqua, perché in questi ultimi non percepiva né durezza né peso. Inoltre, quando l’aria non era agitata da alcun vento, non la considerava nulla; non le sembrava né calda né fredda. E poiché le stelle non le trasmettevano molta più luce di una candela accesa, non immaginava che ogni stella fosse più grande della fiamma che appare all’estremità di una candela. E poiché allora non si era ancora considerato se la Terra potesse ruotare attorno al proprio asse, né se la sua superficie fosse curva come quella di una sfera, si pensò inizialmente che fosse immobile e che la sua superficie fosse piatta. E per questo motivo fummo così influenzati da mille altri pregiudizi, che anche quando eravamo in grado di usare correttamente la nostra ragione, li accettammo senza esitazione; invece di riconoscere che avevamo formulato queste opinioni in un periodo in cui non eravamo ancora in grado di giudicare con lucidità, e quindi che potevano essere più falsi che veri, le considerammo come altrettanto certe, come se ne avessimo avuto una conoscenza diretta attraverso i nostri sensi, e non dubitammo mai di loro, proprio come se fossero state nozioni innate.
72
La seconda è che non possiamo dimenticare questi pregiudizi.
Infine, quando raggiungiamo il pieno utilizzo della nostra ragione e la nostra anima, non essendo più così soggetta al corpo, si sforza di giudicare correttamente le cose e di conoscere la loro vera natura; tuttavia, sebbene notiamo che i giudizi formulati da bambini sono pieni di errori, ci è molto difficile liberarcene del tutto. Eppure è certo che, se non ricordiamo che tali giudizi sono dubbi, rischiamo sempre di cadere nuovamente in errate convinzioni. Questo è così vero che, poiché fin da piccoli abbiamo immaginato le stelle come molto piccole, non riusciamo ancora a liberarci di questa idea, nonostante sappiamo, attraverso le ragioni dell’astronomia, che in realtà sono molto grandi: un’opinione già acquisita ha infatti un grande potere su di noi.
73
Il terzo aspetto è che la nostra mente si stanca quando si concentra su tutte le cose riguardo alle quali formuliamo giudizi.
Inoltre, poiché l’anima nostra non potrebbe concentrarsi a lungo su una stessa cosa con attenzione senza provare dolore o stanchezza, e poiché si dedica con tanta fatica soltanto alle cose puramente intellegibili, che non sono percepite né dai sensi né dall’immaginazione – sia perché è naturalmente legata al corpo, sia perché nei primi anni della nostra vita ci siamo abituati così tanto a percepire e immaginare, da acquisire una maggiore facilità nel pensare in questo modo – molte persone non riuscirebbero a credere nell’esistenza di sostanze se queste non fossero immaginabili, corporee e persino sensibili. Infatti, di solito non ci rendiamo conto che solo le cose costituite da estensione, movimento e forma sono immaginabili, mentre esistono molte altre cose che sono invece intellegibili. Da questo deriva anche il fatto che la maggior parte delle persone sia convinta che nulla possa esistere senza un corpo, e che non esista alcun corpo che non sia sensibile. E poiché è soltanto la ragione, quando interviene, a farci comprendere la natura delle cose, non dovrebbe sorprendere il fatto che la maggior parte degli uomini le percepisca in modo molto confuso, visto che poche persone si dedicano davvero allo studio approfondito di tali questioni.
74
Il quarto errore consiste nel fissare i nostri pensieri su parole che non li esprimono con precisione.
Del resto, poiché legiamo le nostre concezioni a determinate parole al fine di esprimerle verbalmente, e ricordiamo più facilmente le parole che le cose stesse, difficilmente riusciremmo a concepire qualcosa con tale chiarezza da separare completamente ciò che immaginiamo dalle parole scelte per esprimerlo. Ecco perché tutti gli uomini prestano maggiore attenzione alle parole che alle cose; di conseguenza, spesso acconsentono a termini che non comprendono affatto, o perché ritengono di averli già sentiti in passato, o perché pensano che coloro che li hanno insegnati ne conoscessero il significato e che essi lo abbiano appreso allo stesso modo. E sebbene questo non sia il luogo adatto per trattare questa materia – poiché non ho ancora spiegato la natura del corpo umano né dimostrato l’esistenza di corpi nel mondo – credo comunque che quanto detto possa aiutarci a distinguere tra le nostre concezioni chiare e distinte da quelle confuse e poco comprensibili.
75
Riassunto di tutto ciò che è necessario osservare per filosofare correttamente.
C’est pourquoi, si nous désirons vaquer sérieusement à l’étude de la philosophie et à la recherche de toutes les vérités que nous sommes capables de connaître, nous nous délivrerons en premier lieu de nos préjugés, et ferons état de rejeter toutes les opinions que nous avons autrefois reçues en notre créance, jusqu’à ce que nous les ayons derechef examinées ; nous ferons ensuite une revue sur les notions qui sont en nous, et ne recevrons pour vraies que celles qui se présenteront clairement et distinctement à notre entendement. Par ce moyen, nous connaîtrons premièrement que nous sommes, en tant que notre nature est de penser, et qu’il y a un Dieu duquel nous dépendons ; et après avoir considéré ses attributs nous pourrons rechercher la vérité de toutes les autres choses, parce qu’il en est la cause. Outre les notions que nous avons de Dieu et de notre pensée, nous trouverons aussi en nous la connaissance de beaucoup de propositions qui sont perpétuellement vraies, comme par exemple, que le néant ne peut être l’auteur de quoi que ce soit, etc. Nous y trouverons l’idée d’une nature corporelle ou étendue, qui peut être mue, divisée, etc., et des sentiments qui causent en nous certaines dispositions, comme la douleur, les couleurs etc. ; et comparant ce que nous venons d’apprendre en examinant ces choses par ordre, avec ce que nous en pensions avant que de les avoir ainsi examinées, nous nous accoutumerons à former des conceptions claires et distinctes sur tout ce que nous sommes capables de connaître. C’est en ce peu de préceptes que je pense avoir compris tous les principes plus généraux et plus importants de la connaissance humaine.
76
Que nous devons préférer l’autorité divine à nos raisonnements, et ne rien croire de ce qui n’est pas révélé que nous ne le connaissions fort clairement.
Surtout, nous tiendrons pour règle infaillible que ce que Dieu a révélé est incomparablement plus certain que le reste, afin que, si quelque étincelle de raison semblait nous suggérer quelque chose au contraire, nous soyons toujours prêts à soumettre notre jugement à ce qui vient de sa part ; mais pour ce qui est des vérités dont la théologie ne se mêle point, il n’y aurait pas d’apparence qu’un homme qui veut être philosophe reçût pour vrai ce qu’il n’a point connu être tel, et qu’il aimât mieux se fier à ses sens, c’est-à-dire aux jugements inconsidérés de son enfance, qu’à sa raison, lorsqu’il est en état de la bien conduire.
Seconde partie
DES PRINCIPES DES CHOSES MATÉRIELLES
1
Quelles raisons nous font savoir certainement qu’il y a des corps.
Bien que nous soyons suffisamment persuadés qu’il y a des corps qui sont véritablement dans le monde, néanmoins, comme nous en avons douté ci-devant, et que nous avons mis cela au nombre des jugements que nous avons faits dès le commencement de notre vie, il est besoin que nous recherchions ici des raisons qui nous en fassent avoir une science certaine. Premièrement, nous expérimentons en nous-mêmes que tout ce que nous sentons vient de quelque autre chose que de notre pensée ; car il n’est pas en notre pouvoir de faire que nous ayons un sentiment plutôt qu’un autre, mais cela dépend entièrement de cette chose, selon qu’elle touche nos sens. Il est vrai que nous pourrions nous enquérir si Dieu, ou quelque autre que lui, ne serait point cette chose : mais, à cause que nous sentons, ou plutôt que nos sens nous excitent souvent à apercevoir clairement et distinctement une matière étendue en longueur, largeur et profondeur dont les parties ont des figures et des mouvements divers, d’où procèdent les sentiments que nous avons des couleurs, des odeurs, de la douleur, etc., si Dieu présentait à notre âme immédiatement par lui-même l’idée de cette matière étendue, ou seulement s’il permettait qu’elle fut causée en nous par quelque chose qui n’eût point d’extension, de figure, ni de mouvement, nous ne pourrions trouver aucune raison qui nous empêchât de croire qu’il prend plaisir à nous tromper ; car nous concevons cette matière comme une chose différente de Dieu et de notre pensée, et il nous semble que l’idée que nous en avons se forme en nous à l’occasion des corps de dehors, auxquels elle est entièrement semblable. Or, puisque Dieu ne nous trompe point, parce que cela répugne à sa nature, comme il a été déjà remarqué, nous devons conclure qu’il y a une certaine substance étendue en longueur, largeur et profondeur, qui existe à présent dans le monde, avec toutes les propriétés que nous connaissons manifestement lui appartenir. Et cette substance étendue est ce qu’on nomme proprement le corps, ou la substance des choses matérielles.
2
Comment nous savons aussi que notre âme est jointe à un corps.
Nous devons conclure aussi qu’un certain corps est plus étroitement uni à notre âme que tous les autres qui sont au monde y parce que nous apercevons clairement que la douleur et plusieurs autres sentiments nous arrivent sans que nous les ayons prévus, et que notre âme, par une connaissance qui lui est naturelle, juge que ces sentiments ne procèdent point d’elle seule, en tant qu’elle est une chose qui pense, mais en tant qu’elle est unie à une chose étendue qui se meut par la disposition de ses organes, qu’on nomme proprement le corps d’un homme. Mais ce n’est pas ici l’endroit où je prétends traiter particulièrement de ces choses.
3
Que nos sens ne nous enseignent pas la nature des choses, mais seulement ce en quoi elles nous sont utiles ou nuisibles.
Il suffira que nous remarquions seulement que tout ce que nous apercevons par l’entremise de nos sens se rapporte à l’étroite union qu’a l’âme avec le corps, et que nous connaissons ordinairement par leur moyen ce en quoi les corps de dehors nous peuvent profiter ou nuire, mais non pas quelle est leur nature, si ce n’est peut-être rarement et par hasard. Car, après cette réflexion, nous quitterons sans peine tous les préjugés qui ne sont fondés que sur nos sens, et ne nous servirons que de notre entendement pour en examiner la nature, parce que c’est en lui seul que les premières notions ou idées, qui sont comme les semences des vérités que nous sommes capables de connaître, se trouvent naturellement.
4
Que ce n’est pas la pesanteur, ni la dureté, ni la couleur, etc., qui constitue la nature du corps, mais l’extension seule.
En ce faisant, nous saurons que la nature de la matière ou du corps pris en général ne consiste point en ce qu’il est une chose dure, ou pesante, ou colorée, ou qui touche nos sens de quelque autre façon, mais seulement en ce qu’il est une substance étendue en longueur, largeur et profondeur. Pour ce qui est de la dureté, nous n’en connaissons autre chose par le moyen de l’attouchement, sinon que les parties des corps durs résistent au mouvement de nos mains lorsqu’elles les rencontrent : mais si toutes les fois que nous portons nos mains quelque part les corps qui sont en cet endroit-là se retiraient aussi vite comme elles en approchent, il est certain que nous ne sentirions jamais de dureté ; et néanmoins nous n’avons aucune raison qui nous puisse faire croire que les corps qui se retireraient de cette sorte perdissent pour cela ce qui les fait corps. D’où il suit que leur nature ne consiste pas en la dureté que nous sentons quelquefois à leur occasion, ni aussi en la pesanteur, chaleur, et autres qualités de ce genre : car si nous examinons quelque corps que ce soit, nous pouvons penser qu’il n’a en soi aucunes de ces qualités, et cependant nous connaissons clairement et distinctement qu’il a tout ce qui le fait corps, pourvu qu’il ait de l’extension en longueur, largeur et profondeur ; d’où il suit aussi que pour être il n’a besoin d’elles en aucune façon, et que sa nature consiste en cela seul qu’il est une substance qui a de l’extension.
5
Que cette vérité est obscurcie par les opinions dont on est préoccupé touchant la raréfaction et le vide.
Pour rendre cette vérité entièrement évidente, il ne reste ici que deux difficultés à éclaircir. La première consiste en ce que quelques-uns, voyant proche de nous des corps qui sont quelquefois plus et quelquefois moins raréfiés, se sont imaginé qu’un même corps a plus d’extension lorsqu’il est raréfié que lorsqu’il est condensé ; il y en a même qui ont subtilisé jusqu’à vouloir distinguer la substance d’un corps d’avec sa propre grandeur, et la grandeur même d’avec son extension. L’autre n’est fondée que sur une façon de penser qui est en usage, à savoir qu’on n’entend pas qu’il y ait un corps où l’on dit qu’il n’y a qu’une étendue en longueur, largeur et profondeur, mais seulement un espace, et encore un espace vide, qu’on se persuade aisément n’être rien.
6
Comment se fait la raréfaction.
Therefore, if we wish to engage seriously in the study of philosophy and seek out all the truths that we are capable of understanding, we must first free ourselves from our prejudices and reject all those opinions that we once accepted without question, until we have examined them thoroughly. Next, we must scrutinize the concepts that reside within us and accept only those that present themselves clearly and distinctly to our understanding. In this way, we will first come to understand who we are—since our very nature is to think—and that there is a God upon whom we depend. After contemplating His attributes, we will be able to seek out the truth concerning all other things, for He is their cause. In addition to our concepts of God and our own thinking process, we will also find within us knowledge of many propositions that are inherently true, such as the fact that nothing can arise from nothing, etc. We will discover the idea of a corporeal or extended nature that can be moved, divided, etc., as well as emotions that give rise to certain states in us, such as pain and different sensations. By comparing what we have learned through this systematic examination with what we previously believed without such scrutiny, we will become accustomed to forming clear and distinct conceptions of everything within our capacity to know. It is in these few principles that I believe I have grasped all the most fundamental and important aspects of human knowledge.
76
We must prefer divine authority over our own reasoning, and not believe in anything that has not been revealed to us in a very clear manner.
Above all, we will hold as an infallible rule that whatever God has revealed is incomparably more certain than anything else; therefore, even if some flicker of reason might suggest the opposite, we should always be ready to submit our judgment to what comes from Him. As for those truths upon which theology does not intervene, it would seem utterly unreasonable for a person who wishes to pursue philosophy to regard as true something of which he has not first verified its authenticity, and to prefer relying on his senses—that is, on the hasty judgments of his childhood—to relying on his reason when that reason is in a position to guide him properly.
Second Part
THE PRINCIPLES OF MATERIAL THINGS
1
What reasons tell us with certainty that there are bodies?
Although we are sufficiently convinced that there are bodies that truly exist in the world, yet, since we have doubted this before and included it among the judgments we made at the beginning of our lives, it is necessary for us to seek reasons that will give us certain knowledge of this matter. First and foremost, we experience within ourselves that everything we feel arises from something other than our thoughts; indeed, it is not within our power to choose to have one feeling rather than another—such choices depend entirely on external objects that affect our senses. It is true that we might inquire whether God, or some other entity, could be this external cause; but since we perceive, or rather, our senses enable us to clearly and distinctly perceive, a material substance that extends in length, width, and depth, and whose parts possess various forms and movements—since these perceptions give rise to sensations such as those of color, smell, and pain—we would have no reason to doubt that God, if he were to directly present to our minds the concept of this material substance, or if he allowed it to be produced within us by something that possesses no extension, form, or movement—we would have no reason to doubt that he takes pleasure in deceiving us. For we conceive of this material substance as something distinct from God and from our own thoughts, and it seems to us that the idea of it arises within us in connection with external objects, which it closely resembles. Since God does not deceive us—since such deception would be contrary to his nature, as has already been noted—we must conclude that there exists a real material substance that extends in length, width, and depth, and that this substance is what we commonly refer to as a body, or the essence of material things.
2
How do we also know that our soul is connected to a body?
We must also conclude that a certain body is more closely united to our soul than all other bodies in the world, because we clearly observe that pain and various other sensations arise without our having anticipated them; moreover, our soul, by means of an innate understanding, judges that these sensations do not originate from itself alone—as if it were merely a thinking entity—but rather from its union with a corporeal entity that moves through the functioning of its organs, which we properly call a person’s body. However, this is not the place to discuss these matters in detail.
3
That our senses do not teach us the nature of things, but merely what is useful or harmful to us.
It is sufficient for us to observe that everything we perceive through our senses relates to the close union between the soul and the body. Normally, it is through these senses that we come to know what benefits or harms external bodies can bring us; yet we rarely, if ever, understand their true nature. For after such reflection, we will readily abandon all prejudices that are based solely on our senses, and rely solely upon our reason to examine the truth of things. Indeed, it is within reason alone that those initial concepts or ideas—which are like the seeds of the truths we are capable of understanding—exist naturally.
4
It is not gravity, hardness, color, or any other attribute that constitutes the nature of a body, but merely its extension.
In doing so, we will come to understand that the nature of matter or of any object in general does not reside in its being hard, heavy, colored, or otherwise affecting our senses; rather, its essence lies solely in its being a substance that extends in length, breadth, and depth. As for hardness, all we know about it through touch is that the parts of hard objects resist the movement of our hands when they come into contact with them. However, if whenever we brought our hands near an object, it were to retreat just as quickly as we approached it, we would certainly never perceive any hardness at all. Yet, we have no reason to believe that such objects would lose what makes them objects in the first place. It follows therefore that their nature does not consist in the hardness that we sometimes experience when touching them, nor in qualities like heaviness, heat, or anything of the sort. For if we examine any given object, we may conclude that it possesses none of these qualities inherently; yet we clearly and distinctly know that it has everything necessary to be an object, so long as it extends in length, breadth, and depth. This means that in order to exist at all, such an object does not require any of these qualities; its nature is simply that of a substance that possesses extension.
5
How this truth is obscured by the opinions that one holds regarding rarity and emptiness.
To make this truth entirely evident, there remain only two difficulties to be clarified here. The first one arises from the fact that some people, observing bodies around us that are sometimes more and sometimes less dense, have imagined that the same body possesses greater extension when it is in a diluted state than when it is condensed; some have even gone so far as to attempt to distinguish between the substance of a body and its own size, and between size and extension. The second difficulty is based merely on a prevalent way of thinking—that is, people fail to recognize that there exists a body which can be described solely in terms of length, width, and depth as extensions, but rather only as space, and even as empty space, which they readily assume to be nothing at all.
6
How does rarefaction occur?
Ecco perché, se desideriamo dedicarci seriamente allo studio della filosofia e alla ricerca di tutte le verità che siamo in grado di conoscere, dobbiamo innanzitutto liberarci dei nostri pregiudizi e rifiutare tutte quelle opinioni che in passato abbiamo accettato senza esaminarle attentamente; successivamente dovremo riesaminare attentamente le nozioni presenti nella nostra mente e considerare vere soltanto quelle che ci si presentano chiaramente e distintamente. In questo modo scopriremo innanzitutto che esistiamo, poiché la nostra natura è quella di pensare, e che c’è un Dio dal quale dipendiamo; dopo aver considerato i suoi attributi, potremo cercare la verità su tutte le altre cose, poiché Lui ne è la causa. Oltre alle nozioni che abbiamo su Dio e sul nostro pensiero, troveremo anche in noi la conoscenza di molte proposizioni che sono permanentemente vere, come ad esempio il fatto che il nulla non può essere l’autore di nulla; troveremo inoltre l’idea di una natura corporea o estesa, capace di muoversi, dividersi, ecc., nonché sentimenti che suscitano in noi determinate reazioni, come il dolore, i colori, ecc. Confrontando ciò che abbiamo appreso esaminando queste cose in modo sistematico con ciò che ne pensavamo prima di analizzarle attentamente, ci abitueremo a formare concetti chiari e distinti su tutto ciò che siamo in grado di conoscere. In questi pochi insegnamenti ritengo di aver compreso tutti i principi più generali e importanti della conoscenza umana.
76
Dobbiamo preferire l’autorità divina ai nostri ragionamenti, e non credere a nulla di ciò che non è stato rivelato, se non lo conosciamo con assoluta chiarezza.
Soprattutto, considereremo come regola infallibile che ciò che Dio ha rivelato sia incomparabilmente più certo del resto; in modo che, anche se qualche barlume di ragione potesse suggerirci il contrario, siamo sempre pronti a sottomettere il nostro giudizio a ciò che proviene da Lui. Per quanto riguarda invece le verità alle quali la teologia non si immette, non sembrerebbe affatto appropriato che un uomo che desidera essere filosofo consideri vero ciò che non ha mai conosciuto come tale, preferendo fidarsi dei propri sensi – cioè dei giudizi superficiali della propria infanzia – piuttosto che della propria ragione, quando questa è in grado di guidarlo correttamente.
Seconda parte
DEI PRINCIPI DELLE COSE MATERIALI
1
Quali ragioni ci fanno essere certi che esistano corpi?
Sebbene siamo abbastanza convinti che esistano corpi realmente presenti nel mondo, tuttavia, poiché in passato ne abbiamo dubitato e abbiamo considerato questa ipotesi tra i giudizi che abbiamo formulato fin dall’inizio della nostra vita, è necessario cercare ragioni che ci permettano di avere una conoscenza certa al riguardo. Prima di tutto, osserviamo che tutto ciò che percepiamo deriva da qualcosa di diverso dal nostro pensiero; infatti, non possiamo scegliere di provare un certo sentimento piuttosto che un altro: tale scelta dipende interamente da quella realtà esterna che agisce sui nostri sensi. È vero che potremmo chiederci se Dio, o qualcos’altro al suo posto, non sia questa realtà; tuttavia, poiché percepiamo chiaramente una materia estesa in lunghezza, larghezza e profondità, la cui struttura e i suoi movimenti generano sentimenti come i colori, gli odori, il dolore, ecc., se Dio presentasse direttamente alla nostra mente l’idea di questa materia, o se permettesse che essa fosse creata in noi da qualcosa che non possiede estensione, forma né movimento, non troveremmo alcuna ragione per dubitare che Egli si diverta a ingannarci. Infatti, concepiamo questa materia come qualcosa di diverso da Dio e dal nostro pensiero, e sembra che l’idea che ne abbiamo si formi in noi a causa dei corpi esterni, ai quali essa è completamente simile. Poiché Dio non ci inganna – poiché questo sarebbe contrario alla sua natura – dobbiamo concludere che esista effettivamente una sostanza estesa in lunghezza, larghezza e profondità, che attualmente esiste nel mondo e possiede tutte le proprietà che conosciamo. E questa sostanza estesa è ciò che comunemente viene definito corpo, ovvero la materia delle cose materiali.
2
Come possiamo sapere, inoltre, che la nostra anima è unita a un corpo?
Dobbiamo anche concludere che un certo corpo è strettamente più legato alla nostra anima di tutti gli altri esistenti nel mondo, perché vediamo chiaramente che il dolore e molti altri sentimenti ci colpiscono senza che li avessimo previsti; inoltre, la nostra anima, grazie a una conoscenza naturale, ritiene che questi sentimenti non derivino da lei stessa, in quanto essa è qualcosa che pensa, ma perché è unita a un essere esteso che si muove attraverso la disposizione dei suoi organi, che viene propriamente chiamato il corpo di un uomo. Tuttavia, questo non è il luogo adatto per trattare in modo dettagliato di queste questioni.
3
Che i nostri sens non ci insegnino la natura delle cose, ma soltanto in che modo queste siano utili o dannose per noi.
Basterà semplicemente notare che tutto ciò che percepiamo attraverso i nostri sensi è legato all’ stretta unione che esiste tra l’anima e il corpo; di solito, infatti, è attraverso questi sensi che conosciamo ciò di cui i corpi esterni possono esserci d’aiuto o di danno, ma non la loro vera natura, se non forse raramente e per caso. Poiché, dopo questa riflessione, abbandoneremo senza difficoltà tutti quegli pregiudizi che si basano unicamente sui nostri sensi, e useremo soltanto il nostro intelletto per esaminare la vera natura delle cose, poiché è solo in esso che risiedono le prime nozioni o idee, che rappresentano come semi le verità che siamo in grado di conoscere.
4
Non è la gravità, né la durezza, né il colore, ecc., a costituire la natura del corpo, ma soltanto l’estensione.
In questo modo, comprenderemo che la natura della materia o del corpo, in generale, non risiede nel fatto che sia qualcosa di duro, pesante, colorato, o che stimoli i nostri sensi in qualche altro modo, ma soltanto nel fatto che sia una sostanza estesa in lunghezza, larghezza e profondità. Per quanto riguarda la durezza, non conosciamo nulla al riguardo attraverso il tatto, se non che le parti dei corpi duri resistono al movimento delle nostre mani quando le tocchiamo; ma se ogni volta che portassimo le mani in un luogo i corpi presenti lì si allontanassero altrettanto rapidamente quanto ci avviciniamo, è certo che non percepiremmo mai la durezza; eppure non abbiamo alcuna ragione per credere che i corpi che si allontanassero in questo modo perdessero, a causa di ciò, ciò che li rende corpi. Da ciò consegue che la loro natura non risiede nella durezza che talvolta percepiamo quando li tocchiamo, né nella pesantezza, nel calore o in altre qualità simili; perché se esaminiamo qualsiasi corpo, possiamo pensare che non possieda nessuna di queste qualità, eppure sappiamo chiaramente e distintamente che possiede tutto ciò che lo rende un corpo, a condizione che abbia estensione in lunghezza, larghezza e profondità; da ciò consegue anche che, per essere un corpo, non ha affatto bisogno di queste qualità, e che la sua natura consiste soltanto nel fatto che è una sostanza estesa.
5
Quanta questa verità sia oscurata dalle opinioni a cui si è interessati riguardo alla rarefazione e al vuoto.
Per rendere questa verità del tutto evidente, rimangono qui soltanto due difficoltà da chiarire. La prima consiste nel fatto che alcuni, osservando corpi vicini a noi che a volte sono più e a volte meno rarefatti, si sono immaginati che lo stesso corpo avesse una maggiore estensione quando è rarefatto rispetto a quando è condensato; ci sono persino coloro che hanno cercato di distinguere la sostanza di un corpo dalla sua stessa grandezza, e la grandezza stessa dall’estensione. L’altra difficoltà si basa semplicemente su un modo di pensare diffuso, ovvero sul presupposto che non esista un corpo il cui unico attributo sia l’estensione in lunghezza, larghezza e profondità, ma soltanto uno “spazio”, e anzi uno “spazio vuoto”, che si ritiene facilmente non possa rappresentare nulla.
6
In che modo avviene la rarefazione?
Pour ce qui est de la raréfaction et de la condensation, quiconque voudra examiner ses pensées, et ne rien admettre sur ce sujet que ce dont il aura une idée claire et distincte, ne croira pas quelles se fassent autrement que par un changement de figure qui arrive au corps, lequel est raréfié ou condensé ; c’est-à-dire que toutes fois et quantes que nous voyons qu’un corps est raréfié, nous devons penser qu’il y a plusieurs intervalles entre ses parties, lesquels sont remplis de quelque autre corps, et que lorsqu’il est condensé, ses mêmes parties sont plus proches les unes des autres qu’elles n’étaient, soit qu’on ait rendu les intervalles qui étaient entre elles plus petits, ou qu’on les ait entièrement ôtés, auquel cas on ne saurait concevoir qu’un corps puisse être davantage condensé ; et toutefois il ne laisse pas d’avoir tout autant d’extension que lorsque ces mêmes parties étant éloignées les unes des autres, et comme éparses en plusieurs branches, embrassaient un plus grand espace. Car nous ne devons point lui attribuer l’étendue qui est dans les pores ou intervalles que ses parties n’occupent point lorsqu’il est raréfié, mais aux autres corps qui remplissent ces intervalles ; tout de même que voyant une éponge pleine d’eau ou de quelque autre liqueur, nous n’entendons point que chaque partie de cette éponge ait pour cela plus d’étendue, mais seulement qu’il y a des pores ou intervalles entre ses parties qui sont plus grands que lorsqu’elle est sèche et plus serrée.
7
Qu’elle ne peut être intelligemment expliquée qu’en la façon ici proposée.
Je ne sais pourquoi, lorsqu’on a voulu expliquer comment un corps est raréfié, on a mieux aimé dire que c’était par augmentation de sa quantité, que de se servir de l’exemple de cette éponge. Car bien que nous ne voyions point, lorsque l’air ou l’eau sont raréfiés, les pores qui sont entre les parties de ces corps, ni comment ils sont devenus plus grands, ni même le corps qui les remplit, il est toutefois beaucoup moins raisonnable de feindre je ne sais quoi qui n’est pas intelligible, pour expliquer seulement en apparence, et par des termes qui n’ont aucun sens, la façon dont un corps est raréfié, que de conclure, en conséquence de ce qu’il est raréfié, qu’il y a des pores ou intervalles entre ses parties qui sont devenus plus grands, et qui sont pleins de quelque autre corps. Et nous ne devons pas faire difficulté de croire que la raréfaction ne se fasse ainsi que je dis, bien que nous n’apercevions par aucun de nos sens le corps qui les remplit, parce qu’il n’y a point de raison qui nous oblige à croire que nous devions apercevoir par nos sens tous les corps qui sont autour de nous, et que nous voyons qu’il est très aisé de l’expliquer en cette sorte, et qu’il est impossible de la concevoir autrement ; car, enfin, il y aurait, ce me semble, une contradiction manifeste qu’une chose fut augmentée d’une grandeur ou d’une extension qu’elle n’avait point, et qu’elle ne fut pas accrue par même moyen d’une nouvelle substance étendue ou bien d’un nouveau corps, à cause qu’il n’est pas possible de concevoir qu’on puisse ajouter de la grandeur ou de l’extension à une chose par aucun autre moyen qu’en y ajoutant une chose grande et étendue, comme il paraîtra encore plus clairement par ce qui suit.
8
Que la grandeur ne diffère de ce qui est grand, ni le nombre des choses nombrées, que par notre pensée.
Dont la raison est que la grandeur ne diffère de ce qui est grand, et le nombre de ce qui est nombre, que par notre pensée : c’est-à-dire qu’encore que nous puissions penser à ce qui est de la nature d’une chose étendue qui est comprise en un espace de dix pieds, sans prendre garde à cette mesure de dix pieds, à cause que cette chose est de même nature en chacune de ses parties comme dans le tout ; et que nous puissions penser à un nombre de dix, ou bien à une grandeur continue de dix pieds, sans penser à une telle chose, à cause que l’idée que nous avons du nombre de dix est la même, soit que nous considérions un nombre de dix pieds, ou quelque autre dizaine ; et que nous puissions même concevoir une grandeur continue de dix pieds, sans faire réflexion sur telle ou telle chose, bien que nous ne puissions la concevoir sans quelque chose d’étendu : toutefois il est évident qu’on ne saurait ôter aucune partie d’une telle grandeur, ou d’une telle extension, qu’on ne retranche par même moyen tout autant de la chose ; et réciproquement, qu’on ne saurait retrancher de la chose, qu’on n’ôte par même moyen tout autant de la grandeur ou de l’extension.
9
Que la substance corporelle ne peut être clairement conçue sans son extension.
Si quelques-uns s’expliquent autrement sur ce sujet, je ne pense pourtant pas qu’ils conçoivent autre chose que ce que je viens de dire ; car lorsqu’ils distinguent la substance corporelle ou matérielle d’avec l’extension et la grandeur, ou ils n’entendent rien par le mot de substance corporelle, ou ils forment seulement en leur esprit une idée confuse de la substance immatérielle, qu’ils attribuent faussement à la substance corporelle, et laissent à l’extension la véritable idée de cette substance corporelle ; laquelle extension ils nomment un accident, mais si improprement qu’il est aisé de connaître que leurs paroles n’ont point de rapport avec leurs pensées.
10
Ce que c’est que l’espace ou le lieu intérieur.
L’espace, ou le lieu intérieur, et le corps qui est compris en cet espace, ne sont différents aussi que par notre pensée. Car, en effet, la même étendue en longueur, largeur et profondeur qui constitue l’espace, constitue le corps ; et la différence qui est entre eux ne consiste qu’en ce que nous attribuons au corps une étendue particulière, que nous concevons changer de place avec lui toutes fois et quantes qu’il est transporté, et que nous en attribuons à l’espace une si générale et si vague, qu’après avoir ôté d’un certain espace le corps qui l’occupait, nous ne pensons pas avoir aussi transporté l’étendue de cet espace, à cause qu’il nous semble que la même étendue y demeure toujours pendant qu’il est de même grandeur et de même figure, et qu’il n’a point changé de situation au regard des corps de dehors par lesquels nous le déterminons.
11
En quel sens on peut dire qu’il n’est point différent du corps qu’il contient.
Mais il sera aisé de connaître que la même étendue qui constitue la nature du corps constitue aussi la nature de l’espace, en sorte qu’ils ne diffèrent entre eux que comme la nature du genre ou de l’espèce diffère de la nature de l’individu, si, pour mieux discerner quelle est la véritable idée que nous avons du corps, nous prenons pour exemple une pierre et en ôtons tout ce que nous saurons ne point appartenir à la nature du corps. Ôtons-en donc premièrement la dureté, parce que, si on réduisait cette pierre en poudre, elle n’aurait plus de dureté, et ne laisserait pas pour cela d’être un corps ; ôtons-en aussi la couleur, parce que nous avons pu voir quelquefois des pierres si transparentes qu’elles n’avaient point de couleur ; ôtons-en la pesanteur, parce que nous voyons que le feu, quoiqu’il soit très léger, ne laisse pas d’être un corps ; ôtons-en le froid, la chaleur, et toutes les autres qualités de ce genre, parce que nous ne pensons point qu’elles soient dans la pierre, ou bien que cette pierre change de nature parce qu’elle nous semble tantôt chaude et tantôt froide.
Après avoir ainsi examiné cette pierre, nous trouverons que la véritable idée qui nous fait concevoir qu’elle est un corps consiste en cela seul que nous apercevons distinctement qu’elle est une substance étendue en longueur, largeur et profondeur : or cela même est compris en l’idée que nous avons de l’espace, non seulement de celui qui est plein de corps, mais encore de celui qu’on appelle vide.
12
Et en quel sens il en est différent.
As for the processes of rarefaction and condensation, anyone who wishes to examine these phenomena carefully and refuses to accept anything regarding them unless they have a clear and distinct understanding will realize that these processes must involve some change in the physical structure of matter. When a body is rarified, its parts must be separated by larger intervals filled with some other substance; when it is condensed, these intervals become smaller or even disappear entirely, making it impossible for a body to become more condensed than it already is. Nevertheless, such a condensed body still occupies the same amount of space as when its parts are scattered and separated by larger intervals. We should not attribute the volume of a rarified body to the empty spaces between its parts, but rather to the other substances that fill those spaces. Just as when we see a sponge filled with water or another liquid, we do not mean that each individual part of the sponge has increased in size, but rather that there are more pores or gaps between its parts than when it is dry and compacted.
7
It can only be intelligently explained in the manner proposed here.
I do not know why, when trying to explain how a body becomes rarified, people preferred to say that it was due to an increase in its volume, rather than using the example of a sponge. For although we cannot see, when air or water are rarified, the pores between their parts, nor how they become larger, nor even the substance that fills them, it is far less reasonable to invent something incomprehensible merely to explain superficially—and in terms that have no meaning—at how a body becomes rarified. It is far more logical to conclude, based on the fact that a body is rarified, that there must be pores or spaces between its parts that have become larger and that are filled with some other substance. And we should not hesitate to believe that rarification occurs in this way, even though we cannot perceive with any of our senses the substance that fills these pores, because there is no reason to assume that we must necessarily perceive with our senses all the substances surrounding us. Moreover, it is quite easy to explain rarification in this manner, and it is impossible to conceive of it otherwise. After all, there would seem to be a clear contradiction in the idea that something could increase in size or extent without acquiring any new substance or material, since it is impossible to imagine adding size or extent to something other than by incorporating something large and extended into it—a point that will become even clearer in what follows.
8
Whether greatness differs from what is truly great, or whether the number of things that can be named varies, it is all due merely to our mode of thinking.
The reason is that magnitude differs from what is large, and number differs from what is numerical, merely through our thinking: in other words, although we may think of something that is by nature extended and occupies a space of ten feet, without paying attention to that measure of ten feet—because this thing remains of the same nature in every part as it is in its whole—we may also think of the number ten, or of a continuous quantity equal to ten feet, without actually conceiving such a thing. This is because our idea of the number ten remains the same whether we are referring to ten feet or any other set of ten units. Moreover, we can even conceive of a continuous quantity of ten feet without specifically thinking of any particular extended object; yet it is clear that if we were to remove any part of such an extended quantity, we would correspondingly remove an equal amount from the original thing itself. Conversely, if we were to remove anything from the original thing, we would likewise remove an equivalent amount from its magnitude or extension.
9
That the corporeal substance cannot be clearly conceived without its extension.
If some people explain this matter differently, I do not think they have any other conception than what I have just stated. For when they distinguish between the corporeal or material substance and its extension or size, either they do not understand what is meant by the term “corporeal substance” at all, or they form only a vague notion in their minds of the immaterial substance, wrongly attributing this notion to the corporeal substance itself, while reserving the true definition of this latter for its extension. They call this extension an “accident,” but in such an inappropriate way that it is clear at once that their words have no relation to what they actually mean.
10
What it means to have an inner space or inner place.
Space, or the inner realm, and the body that is contained within this space differ from each other only in our perception. For indeed, the same extent in length, breadth, and depth that constitutes space also constitutes the body; and the difference between them lies solely in the fact that we attribute to the body a particular extent, which we conceive as changing position whenever it is moved, while we attribute to space a far more general and vague notion of extent. Thus, when we remove a body from a given space, we do not consider that the extent of that space itself has been altered—because it seems to us that the same extent remains there, as long as the space retains its original size and shape, and its relative position with regard to external objects remains unchanged.
11
In what sense can it be said that it is not different from the body it contains?
But it will be easy to understand that the same attributes that constitute the nature of a body also constitute the nature of space; thus, they differ from each other only in the same way that the nature of a genus or species differs from the nature of an individual. To more clearly discern what the true concept of a body actually is, let us take a stone as an example and remove everything we know to be unrelated to the nature of a body. First, remove its hardness—for if such a stone were reduced to powder, it would no longer possess hardness, yet it would still be considered a body. Next, remove its color; we have indeed seen stones that are so transparent as to lack any color at all. Then, remove its weight—after all, fire, despite being extremely light, is still a body. Finally, remove coldness, heat, and all other qualities of this kind, for we do not believe that such attributes exist within a stone, nor that the nature of a stone changes simply because it sometimes appears hot and sometimes cold to us.
After examining this stone in such a manner, we will find that the true notion which enables us to conceive of it as a body consists solely in the fact that we clearly perceive it to be a substance that extends in length, breadth, and depth; and this very perception is included in our concept of space—not only of that space which is filled with bodies, but also of what is called empty space.
12
And in what way is it different.
Per quanto riguarda la rarefazione e la condensazione, chiunque voglia esaminare attentamente i propri pensieri e non ammetta su questo argomento nulla se non ciò che ha una concezione chiara e distinta, non crederà che tali fenomeni avvengano in modo diverso da un cambiamento di forma del corpo stesso, il quale viene rarefatto o condensato. In altre parole, ogni volta che osserviamo che un corpo è rarefatto, dobbiamo ritenere che esistano degli spazi tra le sue parti, questi spazi essendo riempiti da altri corpi; e quando il corpo è condensato, le stesse parti sono più vicine l’una all’altra, sia perché gli spazi tra di esse si sono ridotti, sia perché sono stati completamente eliminati; in questo ultimo caso, non possiamo immaginare che un corpo possa essere ulteriormente condensato. Tuttavia, il corpo conserva comunque la stessa estensione di quando le sue parti sono distanti l’una dall’altra e disperse in diverse parti, occupando così uno spazio maggiore. Non dobbiamo attribuire al corpo l’estensione che risiede nei pori o negli spazi che non vengono occupati dalle sue parti quando è rarefatto, ma piuttosto ad altri corpi che riempiono tali spazi; allo stesso modo, vedendo una spugna piena d’acqua o di un’altra sostanza liquida, non dobbiamo pensare che ogni singola parte della spugna abbia aumentato di dimensioni, ma soltanto che esistano pori o spazi tra le sue parti più ampi rispetto a quando è secca e compatta.
7
Può essere spiegata in modo comprensibile soltanto nel modo qui proposto.
Non so perché, quando si è voluto spiegare come un corpo possa essere rarefatto, si sia preferito affermare che ciò avvenga attraverso un aumento della sua quantità, piuttosto che fare riferimento all’esempio di questa spugna. Infatti, anche se non possiamo osservare, quando l’aria o l’acqua vengono rarefatte, quali siano i pori presenti tra le loro parti, né come questi diventino più grandi, né quale sostanza li riempia, è tuttavia molto meno ragionevole inventare qualcosa di incomprensibile soltanto per spiegare, in modo apparente e con termini privi di significato, il processo di rarefazione di un corpo. È invece molto più logico concludere che, poiché un corpo è rarefatto, debbano esistere pori o intervalli tra le sue parti che siano diventati più grandi e che siano riempiti da qualche altra sostanza. Non dobbiamo quindi rifiutare l’idea che la rarefazione avvenga proprio in questo modo, anche se i nostri sensi non percepiscono quella sostanza che li riempie; infatti, non esiste alcuna ragione che ci obblighi a credere di dover percepire con i sensi tutti i corpi che ci circondano. Inoltre, è molto semplice spiegare il fenomeno in questo modo, e non è possibile concepirlo in altro modo. Infine, sembrerebbe esserci una contraddizione evidente nell’ipotesi secondo cui qualcosa possa aumentare di dimensioni o estensione senza che vi sia stata l’aggiunta di una nuova sostanza o di un nuovo corpo; infatti, non è possibile immaginare che si possa aggiungere grandezza o estensione a qualcosa altro che non una sostanza grande ed estesa. Questo diventerà ancora più chiaro nel seguito del discorso.
8
Che la grandezza non differisca da ciò che è grande, né il numero delle cose denominate, se non per il nostro pensiero.
La ragione è che la grandezza si distingue da ciò che è grande, e il numero da ciò che è numerico, soltanto attraverso il nostro pensiero: in altre parole, anche se possiamo considerare qualcosa che ha la natura di un’estensione misurata in dieci piedi, senza prestare attenzione a tale misura, questo perché tale cosa conserva la stessa natura in ogni sua parte come nel suo insieme; e anche se possiamo pensare al numero dieci o a un’entità continua lunga dieci piedi, senza considerare concretamente tale entità, ciò perché l’idea che abbiamo del numero dieci rimane la stessa, sia che si tratti di dieci piedi o di qualsiasi altro numero pari a dieci; e persino se possiamo concepire un’entità continua lunga dieci piedi senza riflettere su nulla di concreto, è evidente che non saremmo in grado di eliminare alcuna parte di tale entità senza eliminare contemporaneamente anche la sua intera estensione; e viceversa, non potremmo eliminare alcuna parte dell’estensione o della grandezza senza eliminare altresì l’intera entità.
9
Che la sostanza corporea non possa essere chiaramente concepita senza la sua estensione.
Anche se alcuni si spiegano in modo diverso su questo argomento, non credo che concepiscano nulla di diverso da ciò che ho appena detto; infatti, quando distinguono la sostanza corporea o materiale dall’estensione e dalla grandezza, o non comprendono affatto il significato del termine “sostanza corporea”, oppure si formano nella loro mente un’idea confusa della sostanza immateriale, attribuendola erroneamente alla sostanza corporea e lasciando all’estensione l’idea vera di questa stessa sostanza; chiamando poi quest’estensione “accidente”, in modo del tutto improprio, è facile comprendere che le loro parole non corrispondono affatto ai loro pensieri.
10
Che cosa sia lo spazio o il luogo interiore.
Lo spazio, o il luogo interno, e il corpo che è contenuto in tale spazio differiscono tra loro soltanto per via del nostro pensiero. Infatti, la stessa estensione in lunghezza, larghezza e profondità che costituisce lo spazio costituisce anche il corpo; e la differenza tra i due consiste semplicemente nel fatto che attribuiamo al corpo un’estensione particolare, che concepiamo come possa cambiare di posizione ogni volta che il corpo viene spostato, mentre attribuiamo allo spazio un’estensione così generale e vaga che, dopo aver rimosso dallo spazio un certo corpo che lo occupava, non pensiamo affatto che l’estensione dello stesso spazio sia cambiata, poiché ci sembra che la stessa estensione rimanga invariata, anche quando lo spazio mantiene le stesse dimensioni e forma, e non cambia la sua posizione rispetto ai corpi esterni con cui viene determinato.
11
In questo senso, si può dire che non sia diverso dal corpo che contiene.
Ma sarà facile comprendere che lo stesso ambito che costituisce la natura del corpo costituisce anche la natura dello spazio; in altre parole, essi differiscono tra loro soltanto nel modo in cui la natura di un genere o di una specie differisce da quella di un individuo. Se vogliamo comprendere più chiaramente quale sia l’idea vera che abbiamo del corpo, possiamo prendere come esempio una pietra e toglierle tutto ciò che sappiamo non appartenere alla sua natura. Togliamole prima di tutto la durezza: se riducessimo questa pietra in polvere, essa perderebbe la propria durezza, ma continuerebbe comunque a essere un corpo. Togliiamole anche il colore, poiché abbiamo visto pietre così trasparenti da non presentare alcun colore. Togliamole infine la pesantezza: il fuoco, pur essendo molto leggero, è comunque un corpo. Eliminiamo inoltre il freddo, il calore e tutte le altre qualità di questo genere, poiché non riteniamo che tali caratteristiche siano presenti nella pietra, né che questa cambi natura solo perché a volte ci sembra calda e a volte fredda.
Dopo aver esaminato in questo modo questa pietra, scopriremo che l’unica vera ragione per cui riteniamo che si tratti di un corpo consiste nel fatto che possiamo percepire chiaramente che essa è una sostanza estesa in lunghezza, larghezza e profondità; ed è proprio questo che è compreso nell’idea che abbiamo dello spazio, non solo di quello che è pieno di corpi, ma anche di quello che viene chiamato vuoto.
12
E in questo senso, è diverso.
Il est vrai qu’il y a de la différence en notre façon de penser ; car si on a ôté une pierre de l’espace ou du lieu où elle était, nous entendons qu’on en a ôté l’étendue de cette pierre, parce que nous les jugeons inséparables l’une de l’autre : et toutefois nous pensons que la même étendue du lieu où était cette pierre est demeurée, nonobstant que le lieu qu’elle occupait auparavant ait été rempli de bois, ou d’eau, ou d’air, ou de quelque autre corps, ou que même il paraisse vide, parce que nous prenons l’étendue en général, et qu’il nous semble que la même peut être commune aux pierres, au bois, à l’eau, à l’air, et à tous les autres corps, et aussi au vide s’il y en a, pourvu qu’elle soit de même grandeur et de même figure qu’auparavant, et qu’elle conserve une même situation à l’égard des corps de dehors qui déterminent cet espace.
13
Ce que c’est que le lieu extérieur.
Dont la raison est que les mots de lieu et d’espace ne signifient rien qui diffère véritablement du corps que nous disons être en quelque lieu, et nous marquent seulement sa grandeur, sa figure, et comment il est situé entre les autres corps. Car il faut, pour déterminer cette situation, en remarquer quelques autres que nous considérions comme immobiles ; mais, selon que ceux que nous considérons ainsi sont divers, nous pouvons dire qu’une même chose en même temps change de lieu et n’en change point. Par exemple, si nous considérons un homme assis à la poupe d’un vaisseau que le vent emporte hors du port, et ne prenons garde qu’à ce vaisseau, il nous semblera que cet homme ne change point de lieu, parce que nous voyons qu’il demeure toujours en une même situation à l’égard des parties du vaisseau sur lequel il est ; et si nous prenons garde aux terres voisines, il nous semblera aussi que cet homme change incessamment de lieu, parce qu’il s’éloigne de celles-ci, et qu’il approche de quelques, autres ; si outre cela nous supposons que la terre tourne sur son essieu, et qu’elle fait précisément autant de chemin du couchant au levant comme ce vaisseau en fait du levant au couchant, il nous semblera derechef que celui qui est assis à la poupe ne change point de lieu, parce que nous déterminerons ce lieu par quelques points immobiles que nous imaginerons être au ciel. Mais si nous pensons qu’on ne saurait rencontrer en tout l’univers aucun point qui soit véritablement immobile, comme on connaîtra par ce qui suit que cela peut être démontré, nous conclurons qu’il n’y a point de lieu d’aucune chose au monde qui soit ferme et arrêté, sinon en tant que nous l’arrêtons en notre pensée.
14
Quelle différence il y a entre le lieu et l’espace.
Toutefois le lieu et l’espace sont différents en leurs noms, parce que le lieu nous, marque plus expressément la situation que la grandeur ou la figure, et qu’au contraire nous pensons plutôt à celles-ci lorsqu’on nous parle de l’espace ; car nous disons qu’une chose est entrée en la place d’une, autre, bien qu’elle n’en ait exactement ni la grandeur ni la figure, et n’entendons point qu’elle occupe pour cela le même espace qu’occupait cette autre chose ; et lorsque la situation est changée, nous disons que le lieu est aussi changé, quoiqu’il soit de même grandeur et de même figure qu’auparavant : de sorte que si nous disons qu’une chose est en un tel lieu, nous entendons seulement qu’elle est située de telle façon à l’égard de quelques autres choses ; mais si nous ajoutons qu’elle occupe un tel espace, ou un tel lieu, nous entendons outre cela qu’elle est de telle grandeur et de telle figure qu’elle peut le remplir tout justement.
15
Comment la superficie qui environne un corps peut être prise pour son lieu extérieur.
Ainsi nous ne distinguons jamais l’espace d’avec l’étendue en longueur, largeur et profondeur ; mais nous considérons quelquefois le lieu comme s’il était en la chose qui est placée, et quelquefois aussi comme s’il en était dehors. L’intérieur ne diffère en aucune façon de l’espace ; mais nous prenons quelquefois l’extérieur ou pour la superficie qui environne immédiatement la chose qui est placée (et il est à remarquer que par la superficie on ne doit entendre aucune partie du corps qui environne, mais seulement l’extrémité qui est entre le corps qui environne et celui qui est environné, qui n’est rien qu’un mode ou une façon), ou bien pour la superficie en général, qui n’est point partie d’un corps plutôt que d’un autre, et qui semble toujours la même, tant qu’elle est de même grandeur et de même figure ; car, encore que nous voyions que le corps qui environne un autre corps passe ailleurs avec sa superficie, nous n’avons pas coutume de dire que celui qui en était environné ait pour cela changé de place lorsqu’il demeure en la même situation à l’égard des autres corps que nous considérons comme immobiles. Ainsi nous disons qu’un bateau qui est emporté par le cours d’une rivière, et qui en même temps est repoussé par le vent d’une force si égale qu’il ne change point de situation à l’égard des rivages, demeure en même lieu, bien que nous voyions que toute la superficie qui l’environne change incessamment.
16
Qu’il ne peut y avoir aucun vide au sens que les philosophes prennent ce mot.
Pour ce qui est du vide, au sens que les philosophes prennent ce mot, à savoir pour un espace où il n’y a point de substance, il est évident qu’il n’y a point d’espace en l’univers qui soit tel, parce que l’extension de l’espace ou du lieu intérieur n’est point différente de l’extension du corps. Et, comme de cela seul qu’un corps est étendu en longueur, largeur et profondeur, nous avons raison de conclure qu’il est une substance, à cause que nous concevons qu’il n’est pas possible que ce qui n’est rien ait de l’extension, nous devons conclure le même de l’espace qu’on suppose vide, à savoir que puisqu’il y a en lui de l’extension il y a nécessairement aussi de la substance.
17
Que le mot de vide pris selon l’usage ordinaire n’exclut point toute sorte de corps.
Mais lorsque nous prenons ce mot selon l’usage ordinaire, et que nous disons qu’un lieu est vide, il est constant que nous ne voulons pas dire qu’il n’y a rien du tout en ce lieu ou en cet espace, mais seulement qu’il n’y a rien de ce que nous présumons y devoir être. Ainsi, parce qu’une cruche est faite pour tenir de l’eau, nous disons qu’elle est vide lorsqu’elle ne contient que de l’air ; et s’il n’y a point de poisson dans un vivier, nous disons qu’il n’y a rien dedans, quoiqu’il soit plein d’eau ; ainsi nous disons qu’un vaisseau est vide, lorsqu’au lieu des marchandises dont on le charge d’ordinaire on ne l’a chargé que de sable, afin qu’il pût résister à l’impétuosité du vent : et c’est en ce même sens que nous disons qu’un espace est vide lorsqu’il ne contient rien qui nous soit sensible, encore qu’il contienne une matière créée et une substance étendue. Car nous ne considérons ordinairement les corps qui sont proches de nous qu’en tant qu’ils causent dans les organes de nos sens des impressions si fortes que nous les pouvons sentir. Et si, au lieu de nous souvenir de ce que nous devons entendre par ces mots de vide ou de rien, nous pensions par après qu’un tel espace où nos sens ne nous font rien apercevoir, ne contient aucune chose créée, nous tomberions en une erreur aussi grossière que si, à cause qu’on dit ordinairement qu’une cruche est vide dans laquelle il n’y a que de l’air, nous jugions que l’air qu’elle contient n’est pas une chose ou une substance.
18
Comment on peut corriger la fausse opinion dont on est préoccupé touchant le vide..
It is true that there is a difference in the way we think; for if a stone is removed from the space or place where it was located, we understand that its extent has been removed, because we consider these two aspects inseparable from each other. Yet we also believe that the very same extent of the space that the stone once occupied remains unchanged—whether that space is now filled with wood, water, air, or some other substance, or even appears to be empty. This is because we think of extent in a general sense, and it seems to us that the same extent can apply to stones, wood, water, air, and all other substances, as well as to emptiness itself, provided that the extent remains of the same size and shape as before, and that it retains the same relationship with external objects that define that space.
13
What the external space really is.
The reason is that terms relating to place and space do not signify anything truly different from the body that we say to be in a certain place; they merely indicate its size, shape, and how it is positioned relative to other bodies. Indeed, in order to determine this position, we must take into account other bodies that we consider immobile; but depending on which of these bodies we choose as references, we may conclude that the same object changes location at one moment and does not change it at another. For example, if we observe a man sitting at the stern of a ship being carried away by the wind out of the harbor, and focus only on that ship, it will seem to us that the man does not change location, because he remains in the same relative position with respect to the parts of the ship; but if we also consider the surrounding lands, it will seem to us that the man is constantly changing location, as he moves away from some and approaches others. Furthermore, if we assume that the earth rotates on its axis and travels just as far from west to east as that ship does, it would still seem to us that the man sitting at the stern does not change location, since we could determine his position based on fixed points in the sky. However, if we realize that there is no such thing as a truly immobile point in the entire universe—as will be demonstrated below—we must conclude that nothing in this world has a fixed, unchanging location, except in our own minds.
14
What is the difference between place and space?
However, place and space differ in their names, because “place” more explicitly indicates a particular situation than size or shape; whereas when we talk about “space,” we tend to think of size and shape instead. For instance, we say that one thing has taken the place of another, even though it does not have exactly the same size or shape as the other thing, and we do not mean that it occupies the same space as that other thing. Moreover, when the situation changes, we say that the “place” has changed, even though its size and shape remain the same. Therefore, when we say that something is in a particular place, we simply mean that it is situated in a certain relationship relative to other things; but if we also add that it occupies a certain space or occupies that particular place, then we are implying that it has exactly the right size and shape to fill that space.
15
How the surface that surrounds a body can be considered its external boundary.
Thus, we never distinguish space from the extent in terms of length, width, and depth; yet at times we consider a place as being within the object that is situated there, and at other times as being outside of it. The interior is in no way different from space; but sometimes we regard the exterior either as the surface that immediately surrounds the object in question (and it should be noted that by “surface” we mean not any part of the surrounding objects themselves, but merely the boundary between them), or simply as the concept of a surface in general—something that is not a part of any particular object and that always appears the same, so long as its size and shape remain constant. For although we observe that the surrounding objects may move along with their surfaces, we do not ordinarily say that the object being surrounded has changed its position, even when it remains in the same relative relationship to other objects that we consider immobile. Hence, we say that a boat carried by the current of a river, while at the same time being pushed back by an equal force from the wind, remains in the same place, even though the entire surface surrounding it is constantly changing.
16
There cannot be any kind of void in the sense that philosophers understand this term.
As for what philosophers understand by “void,” namely a space in which there is no substance at all, it is evident that there is no such space in the universe, because the extension of space or of an internal locus is no different from the extension of a body. And since it is only on account of this that a body extends in length, breadth, and depth, we are justified in concluding that it is a substance. For if we conceive that something which does not exist at all cannot possess any extension at all, then we must conclude the same regarding space, which is supposed to be void: since it possesses extension, it necessarily contains some substance as well.
17
The term ‘void’, as commonly used, does not exclude any kind of substance or entity.
But when we use this word in its ordinary sense and say that a place is empty, it is clear that what we mean is not that there is absolutely nothing in that place or space, but rather that there is nothing of what we assume should be there. For instance, since a jar is made to hold water, we say it is empty when it contains only air; and if there are no fish in a pond, we say it is empty, even though it is filled with water. Similarly, we say a vessel is empty when it contains only sand instead of the goods it is usually used to carry, in order for it to withstand the force of the wind. In the same way, we say a space is empty when it contains nothing that our senses can perceive, even though it may contain created matter and extended substance. For ordinarily, we consider objects that are near us only insofar as they produce strong impressions on our senses that allow us to perceive them. And if, rather than remembering what these terms of “empty” or “nothing” mean, we were to assume that a space where our senses detect nothing contains no created things at all, we would fall into an error just as grievous as assuming that the air contained in a jar is not a thing or a substance, simply because it is said to be empty.
18
How can one correct the mistaken notion one holds regarding the concept of voidness?
È vero che esiste una differenza nel nostro modo di pensare; infatti, se si rimuove una pietra dal luogo in cui si trovava, riteniamo che venga tolta anche la sua estensione, poiché consideriamo queste due cose inseparabili l’una dall’altra. Tuttavia, crediamo che lo stesso spazio occupato prima dalla pietra rimanga intatto, anche se quel luogo ora è riempito di legno, acqua, aria o qualsiasi altro elemento, o addirittura sembra vuoto. Questo perché consideriamo l’estensione dello spazio in senso generale, e riteniamo che essa possa essere comune a pietre, legno, acqua, aria e a tutti gli altri corpi, così come allo “vuoto”, purché abbiano la stessa dimensione e forma di prima, e mantengano la stessa relazione rispetto ai corpi esterni che delimitano quel spazio.
13
Che cosa sia questo luogo esterno.
Il motivo è che i termini legati al luogo e allo spazio non significano nulla di veramente diverso dal corpo che diciamo trovarsi in un certo luogo; essi indicano soltanto la sua grandezza, la sua forma e il modo in cui è posizionato rispetto ad altri corpi. Infatti, per determinare questa posizione, è necessario prendere in considerazione altri elementi che riteniamo immobili; ma, a seconda di quali di questi elementi vengano presi in considerazione, possiamo affermare che la stessa cosa possa contemporaneamente cambiare luogo o non cambiarlo affatto. Ad esempio, se consideriamo un uomo seduto sulla poppa di una nave che il vento spinge fuori dal porto, e ci concentriamo soltanto su quella nave, ci sembrerà che quell’uomo non cambi luogo, perché vediamo che rimane sempre nella stessa posizione rispetto alle parti della nave su cui si trova; se invece consideriamo anche le terre circostanti, ci sembrerà che quell’uomo cambi continuamente luogo, poiché si allontana da alcune e si avvicina ad altre. Inoltre, se ipotizziamo che la terra ruoti attorno al proprio asse e percorra esattamente lo stesso tragitto dal tramonto all’alba che quella nave, ci sembrerà ancora una volta che quell’uomo non cambi luogo, perché determineremo tale posizione in base a punti immobili che immagineremo esistere nel cielo. Tuttavia, se riflettiamo sul fatto che nell’universo intero non esiste alcun punto veramente immobile – come dimostrerò più avanti – concluderemo che non esiste alcun luogo per nulla al mondo che sia fisso e stabile, se non nel senso in cui noi lo consideriamo tale nella nostra mente.
14
Qual è la differenza tra luogo e spazio?
Tuttavia, luogo e spazio differiscono nei loro nomi: il luogo, infatti, ci indica in modo più esplicito la posizione di una cosa rispetto ad altre, piuttosto che la sua dimensione o forma; al contrario, quando si parla di spazio, pensiamo soprattutto a queste ultime caratteristiche. Per esempio, diciamo che una cosa ha preso il posto di un’altra, anche se non ne ha esattamente le stesse dimensioni o forma, e non intendiamo affatto che occupi lo stesso spazio dell’altra; inoltre, quando la posizione di una cosa cambia, diciamo che anche il luogo è cambiato, pur essendo ancora della stessa dimensione e forma di prima. Quindi, se diciamo che una cosa si trova in un certo luogo, intendiamo semplicemente che è situata in quel modo rispetto ad altre cose; ma se aggiungiamo che occupa uno spazio specifico, intendiamo anche che ha esattamente le dimensioni e la forma necessarie per riempirlo interamente.
15
In che modo la superficie che circonda un corpo possa essere considerata come il suo “luogo esterno”.
Pertanto, non distinguiamo mai lo spazio dall’estensione in lunghezza, larghezza e profondità; tuttavia, a volte consideriamo il “luogo” come se fosse parte della cosa che si trova al suo interno, e altre volte come se ne fosse separato. L’interno di una cosa non differisce in alcun modo dallo spazio stesso; ma a volte consideriamo l’esterno come la superficie che circonda immediatamente quella cosa (e va sottolineato che per “superficie” non si intende alcuna parte del corpo che la circonda, ma soltanto il limite esterno tra quel corpo e la cosa stessa, che non è altro che una caratteristica o una forma specifica della superficie); oppure lo consideriamo semplicemente come la superficie in generale, che non appartiene a un certo corpo piuttosto che a un altro, e che sembra sempre la stessa, purché abbia le stesse dimensioni e la stessa forma. Infatti, anche se vediamo che il corpo che circonda un altro corpo si sposta insieme alla sua superficie in altri luoghi, non abbiamo l’abitudine di dire che anche il corpo circondato abbia cambiato posizione, quando rimane nella stessa relazione rispetto agli altri corpi che consideriamo immobili. Così diciamo che una barca trascinata dalla corrente di un fiume, e allo stesso tempo spinta dal vento con una forza tale da non cambiare mai posizione rispetto alle rive, rimane nello stesso luogo, anche se vediamo che tutta la superficie che la circonda cambia continuamente.
16
Non può esistere alcun “vuoto” nel senso in cui i filosofi usano questo termine.
Per quanto riguarda il vuoto, nel senso in cui i filosofi usano questo termine – cioè un spazio privo di sostanza – è evidente che nell’universo non esiste alcun spazio del genere, poiché l’estensione dello spazio o del luogo interno non differisce dall’estensione di un corpo. E poiché soltanto per il fatto che un corpo ha estensione in lunghezza, larghezza e profondità possiamo concludere che si tratta di una sostanza, dobbiamo dedurre lo stesso anche dello spazio considerato vuoto: poiché esso possiede estensione, ne consegue necessariamente la presenza di sostanza.
17
Il termine “vuoto”, inteso nel senso comune, non esclude affatto ogni tipo di corpo.
Ma quando usiamo questa parola nel suo significato comune e diciamo che un luogo è vuoto, intendiamo chiaramente non che in quel luogo o in quell’ambiente non ci sia assolutamente nulla, ma solo che non vi è ciò che normalmente ci aspetteremmo di trovarvi. Ad esempio, poiché una brocca è fatta per contenere acqua, diciamo che è vuota quando contiene soltanto aria; e se in un stagno non ci sono pesci, diciamo che non c’è nulla al suo interno, anche se è pieno d’acqua. Allo stesso modo, diciamo che una nave è vuota quando, invece delle merci a cui di solito viene caricata, contiene solo sabbia, affinché possa resistere alla forza del vento; e in questo stesso senso diciamo che uno spazio è vuoto quando non contiene nulla che possiamo percepire con i nostri sensi, anche se contiene materia creata e sostanza estesa. Infatti, di solito consideriamo i corpi che ci circondano solo nel momento in cui causano nelle nostre facoltà sensoriali impressioni così forti da poterle percepire. E se, invece di riflettere su ciò che questi termini significano veramente, pensassimo che uno spazio del quale i nostri sensi non percepiscono nulla non contenga assolutamente nulla di creato, commetteremmo un errore altrettanto grave di chi, perché si dice comunemente che una brocca è vuota quando contiene solo aria, concludesse che l’aria stessa non sia una cosa o una sostanza.
18
Come si può correggere l’errata opinione riguardo al vuoto di cui ci si preoccupa?
Nous avons presque tous été préoccupés de cette erreur dès le commencement de notre vie, parce que, voyant qu’il n’y a point de liaison nécessaire entre le vase et le corps qu’il contient, il nous a semblé que Dieu pourrait ôter tout le corps qui est contenu dans un vase, et conserver ce vase en son même état sans qu’il fût besoin qu’aucun autre corps succédât en la place de celui qu’il aurait ôté. Mais, afin que nous puissions maintenant corriger une si fausse opinion, nous remarquerons qu’il n’y a point de liaison nécessaire entre le vase et un tel corps qui le remplit, mais qu’elle est si absolument nécessaire entre la figure concave qu’a ce vase et l’étendue qui doit être comprise en cette concavité, qu’il n’y a pas plus de répugnance à concevoir une montagne sans vallée qu’une telle concavité sans l’extension qu’elle contient, et cette extension sans quelque chose d’étendu, à cause que le néant, comme il a été déjà remarqué plusieurs fois, ne peut avoir d’extension.
C’est pourquoi, si on nous demande ce qui arriverait en cas que Dieu ôtât tout le corps qui est dans un vase sans qu’il permît qu’il en rentrât d’autre, nous répondrons que les côtés de ce vase se trouveraient si proches qu’ils se toucheraient immédiatement. Car il faut que deux corps s’entre-touchent lorsqu’il n’y a rien entre deux, parce qu’il y aurait contradiction que deux corps fussent éloignés, c’est-à-dire qu’il y eût de la distance de l’un à l’autre, et que néanmoins cette distance ne fût rien : car la distance est une propriété de l’étendue qui ne saurait subsister sans quelque chose d’étendu.
19
Que cela confirme ce qui a été dit de la raréfaction.
Après qu’on a remarqué que la nature de la substance matérielle ou du corps ne consiste qu’en ce qu’il est quelque chose d’étendu, et que son extension ne diffère point de celle qu’on attribue à l’espace vide, il est aisé de connaître qu’il n’est pas possible qu’en quelque façon que ce soit aucune de ses parties occupe plus d’espace une fois que l’autre, et puisse être autrement raréfiée qu’en la façon qui a été exposée ci-dessus ; ou bien qu’il y ait plus de matière ou de corps dans un vase lorsqu’il est plein d’or ou de plomb, ou de quelque autre corps pesant et dur, que lorsqu’il ne contient que de l’air et qu’il paraît vide : car la grandeur des parties dont un corps est composé ne dépend point de la pesanteur ou de la dureté que nous sentons à son occasion, comme il a été aussi remarqué, mais seulement de l’étendue qui est toujours égale dans un même vase.
20
Qu’il ne peut y avoir aucuns atomes ou petits corps indivisibles.
Il est aussi très aisé de connaître qu’il ne peut pas y avoir d’atomes, c’est-à-dire de parties des corps ou de la matière, qui soient de leur nature indivisibles, ainsi que quelques philosophes ont imaginé. D’autant que, pour petites qu’on suppose ces parties, néanmoins, parce qu’il faut qu’elles soient étendues, nous concevons qu’il n’y en a pas une d’entre elles qui ne puisse être encore divisée en deux ou plus grand nombre d’autres plus petites, d’où il suit qu’elle est divisible. Car, de ce que nous connaissons clairement et distinctement qu’une chose peut être divisée, nous devons juger qu’elle est divisible, parce que, si nous en jugions autrement, le jugement que nous ferions de cette chose serait contraire à la connaissance que nous avons ; et quand même nous supposerions que Dieu aurait réduit quelque partie de la matière à une petitesse si extrême qu’elle ne pourrait être divisée en d’autres plus petites, nous ne pourrions conclure pour cela qu’elle serait indivisible, parce que, quand Dieu aurait rendu cette partie si petite qu’il ne serait pas au pouvoir d’aucune créature de la diviser, il n’a pu se priver soi-même du pouvoir qu’il a de la diviser, à cause qu’il n’est pas possible qu’il diminue sa toute-puissance, comme il a été déjà remarqué. C’est pourquoi nous dirons que la plus petite partie étendue qui puisse être au monde peut toujours être divisée, parce qu’elle est telle de sa nature.
21
Que l’étendue du monde est indéfinie.
Nous saurons aussi que ce monde, ou la matière étendue qui compose l’univers, n’a point de bornes, parce que, quelque part où nous en voulions feindre, nous pouvons encore imaginer au-delà des espaces indéfiniment étendus, que nous n’imaginons pas seulement, mais que nous concevons être tels en effet que nous les imaginons ; de sorte qu’ils contiennent un corps indéfiniment étendu, car l’idée de l’étendue que nous concevons en quelque espace que ce soit est la vraie idée que nous devons avoir du corps.
22
Que la terre et les cieux ne sont faits que d’une même matière, et qu’il ne peut y avoir plusieurs mondes.
Enfin, il n’est pas malaisé d’inférer de tout ceci que la terre et les cieux sont faits d’une même matière, et que, quand même il y aurait une infinité de mondes, ils ne seraient faits que de cette matière ; d’où il suit qu’il ne peut y en avoir plusieurs, à cause que nous concevons manifestement que la matière, dont la nature consiste en cela seul qu’elle est une chose étendue, occupe maintenant tous les espaces imaginables où ces autres mondes pourraient être, et que nous ne saurions découvrir en nous l’idée d’aucune autre matière.
23
Que toutes les variétés qui sont en la matière dépendent du mouvement de ses parties.
Il n’y a donc qu’une même matière en tout l’univers, et nous ne la connaissons que par cela seul qu’elle est étendue ; et toutes les propriétés que nous apercevons distinctement en elle se rapportent à cela seul, qu’elle peut être divisée et mue selon ses parties, et partant qu’elle peut recevoir toutes les diverses dispositions que nous remarquons pouvoir arriver par le mouvement de ses parties. Car, encore que nous puissions feindre par la pensée des divisions en cette matière, néanmoins il est constant que notre pensée n’a pas le pouvoir d’y rien changer, et que toute la diversité des formes qui s’y rencontrent dépend du mouvement local : ce que les philosophes ont sans doute remarqué, d’autant qu’ils ont dit en beaucoup d’endroits que la nature est le principe du mouvement et du repos, et que par la nature ils entendaient ce qui fait que les corps se disposent ainsi que nous voyons qu’ils font par expérience.
24
Ce que c’est que le mouvement pris selon l’usage commun.
Or le mouvement (à savoir celui qui se fait d’un lieu en un autre, car je ne conçois que celui-là, et je ne pense pas aussi qu’il en faille supposer d’autre en la nature), le mouvement donc, selon qu’on le prend d’ordinaire, n’est autre chose que l’action par laquelle un corps passe d’un lieu en un autre. Et partant, comme nous avons remarqué ci-dessus qu’une même chose en même temps change de lieu et n’en change point, de même aussi nous pouvons dire qu’en même temps elle se meut et ne se meut point. Car, par exemple, celui qui est assis à la poupe d’un vaisseau que le vent fait aller croit se mouvoir quand il ne prend garde qu’au rivage, duquel il est parti, et le considère comme immobile ; et ne croit pas se mouvoir quand il ne prend garde qu’au vaisseau sur lequel il est, parce qu’il ne change point de situation au regard de ses parties. Toutefois, à cause que nous sommes accoutumés à penser qu’il n’y a point de mouvement sans action, nous dirons que celui qui est ainsi assis est en repos, puisqu’il ne sent point d’action en soi, et que cela est en usage.
25
Ce que c’est que le mouvement proprement dit.
Almost all of us have been troubled by this misconception from the very beginning of our lives. For, seeing that there is no necessary connection between a vase and the body it contains, we thought that God could remove the entire body from within a vase and yet leave the vase itself in its original state, without any other body needing to take the place of the one that had been removed. But in order to correct this mistaken notion, we must realize that there is no necessary connection between a vase and such a body that fills it; however, the connection between the concave shape of the vase and the extent that must be contained within it is absolutely essential. In fact, it would be just as conceivable to imagine a mountain without a valley, or such a concavity without the extent it contains, as it would be impossible to conceive nothing at all—since, as has been pointed out many times before, nothing can have any extension at all.
Therefore, if one were to ask us what would happen if God removed all the matter within a vessel without allowing any new matter to enter it, we would answer that the sides of that vessel would be so close together that they would immediately touch each other. For it is necessary for two bodies to come into contact with each other when there is nothing in between them; otherwise, there would be a contradiction—two bodies being separated by some distance, yet at the same time that distance being non-existent. After all, distance is a property of extension, and extension cannot exist without something that is extended.
19
This confirms what has been said regarding the phenomenon of rarefaction.
After observing that the nature of material substance or matter consists merely in its being something extended, and that its extension is no different from that attributed to empty space, it becomes clear that it is impossible, in any way whatsoever, for any part of it to occupy more space than another part; nor is it possible for it to be more “dense” or concentrated in any other manner than the one described above. Nor can there be more matter or substance in a container when it is filled with gold, lead, or some other heavy and solid material, than when it contains only air and appears empty—because the size of the parts that make up a body does not depend on the weight or hardness that we perceive in it, as has also been noted; rather, it depends solely on its extension, which remains constant in any given container.
20
It is impossible for there to be any atoms or small, indivisible particles.
It is also very easy to understand that it is impossible for there to exist any atoms—that is, any parts of bodies or matter that are inherently indivisible, as some philosophers have imagined. Moreover, no matter how small we assume these parts to be, since they must necessarily possess extension, we can conceive that none of them exists which cannot be further divided into two or more even smaller parts; hence, they are divisible. For, since we clearly and distinctly know that something can be divided, we must conclude that it is divisible. Otherwise, our judgment about that thing would be contrary to what we know. Even if we were to assume that God had reduced some part of matter to an extreme smallness such that it could no longer be divided into smaller parts, we could not conclude from this that it was indivisible. For if God had made such a part so tiny that no creature could divide it, he himself would have deprived himself of the power to divide it—which is impossible, since it is inconceivable that he could diminish his own omnipotence, as has already been pointed out. Therefore, we must say that the smallest extensible part in existence can always be divided, because it is inherently such by its nature.
21
How boundless the extent of the world is.
We will also come to understand that this world, or the vast matter that constitutes the universe, has no boundaries whatsoever; for wherever we might attempt to imagine such limits, we can always conceive of spaces that are infinitely extended—spaces that we not only imagine, but also believe truly exist in that manner. Such spaces therefore contain an indefinitely expansive substance, for the concept of extension that we form regarding any given space is precisely the true understanding we must have of what matter actually is.
22
That the earth and the heavens are made of the same substance, and that there can be no multiple worlds.
Finally, it is not difficult to infer from all this that the earth and the heavens are made of the same substance, and that even if there were an infinite number of worlds, they would still be composed solely of this substance; hence it follows that there cannot be multiple such worlds, because we clearly understand that this substance—whose essence lies merely in being an extended entity—already occupies all imaginable spaces where those other worlds might exist, and we are unable to conceive the existence of any other substance at all.
23
That all the variations that exist in this matter depend on the movement of its parts.
Therefore, there is only one and the same substance throughout the entire universe, and we know it solely because it is extended; all the properties that we clearly perceive in it are related merely to the fact that it can be divided and moved according to its parts, and thus it can assume all the various arrangements that we observe to arise from the movement of its parts. For although we may mentally conceive such divisions within this substance, it is undeniable that our thought has no power to alter it in any way; rather, all the diversity of forms that exist within it depend on local motion. Philosophers have undoubtedly observed this, especially since they have frequently stated that nature is the principle of motion and rest, and by “nature” they meant what causes bodies to assume their respective arrangements as we observe them in experience.
24
What motion is meant by common usage.
Or motion (that is, the movement from one place to another, for I conceive of no other kind of motion in nature), motion, taken in its ordinary sense, is nothing but the action by which a body moves from one place to another. And since we have observed above that the same thing can at the same time change place and not change place at all, we may likewise say that it can at the same time move and not move at all. For instance, a person sitting at the stern of a ship that is being carried by the wind would believe himself to be in motion if he were to pay no attention to the shore from which he set off and consider it as immobile; on the other hand, he would think himself not to be moving if he were to focus only on the ship itself, since his position relative to its various parts does not change. However, because we are accustomed to thinking that there is no motion without action, we would say that such a person is at rest, since he feels no internal action taking place within him—and this is how things are generally understood.
25
What motion truly is.
Quasi tutti noi ci siamo preoccupati di questo errore fin dall’inizio della nostra vita, perché, vedendo che non esiste alcun legame necessario tra il vaso e il corpo che esso contiene, ci è sembrato possibile che Dio potesse eliminare completamente il corpo contenuto in un vaso, conservando però il vaso stesso nello stesso stato in cui si trova, senza che fosse necessario che alcun altro corpo prendesse il posto di quello rimosso. Tuttavia, affinché ora possiamo correggere un’opinione così errata, noteremo che non esiste alcun legame necessario tra il vaso e un corpo del genere; al contrario, il legame tra la forma concava del vaso e l’estensione che deve essere contenuta in tale concavità è assolutamente indispensabile. Non c’è quindi alcuna contraddizione nel concepire una montagna senza valle, o una tale concavità senza l’estensione che essa racchiude; inoltre, non esiste alcuna contraddizione nell’immaginare un’entità estesa senza qualcosa di concreto che la costituisca, poiché il nulla, come è stato già osservato più volte, non può avere alcuna estensione.
Ecco perché, se ci si chiedesse cosa accadrebbe se Dio eliminasse tutto il contenuto di un vaso senza permettere che altro vi entrasse, risponderemmo che i bordi di quel vaso sarebbero così vicini da toccarsi immediatamente. Infatti, due corpi devono necessariamente toccarsi l’uno con l’altro quando non c’è nulla tra loro; altrimenti ci sarebbe contraddizione: due corpi che sono separati da una distanza dovrebbero, allo stesso tempo, non avere alcuna distanza. Poiché la distanza è una proprietà dell’estensione, e l’estensione non può esistere senza qualcosa di esteso.
19
Che ciò confermi quanto è stato detto riguardo alla rarefazione.
Dopo aver notato che la natura della sostanza materiale o del corpo consiste semplicemente nel fatto che esso è qualcosa di esteso, e che la sua estensione non differisce da quella attribuita allo spazio vuoto, diventa facile comprendere che non è possibile, in alcun modo, che una qualsiasi delle sue parti occupi più spazio rispetto alle altre, né che possa essere diversamente “rarefatta” rispetto al modo descritto sopra; né che ci sia più materia o corpo in un vaso quando esso è pieno d’oro, di piombo o di qualche altro corpo pesante e duro, rispetto a quando contiene soltanto aria e appare vuoto: poiché la grandezza delle parti che compongono un corpo non dipende affatto dalla pesantezza o dalla durezza che percepiamo al suo contatto, come è stato anche osservato, ma soltanto dall’estensione, che in un medesimo vaso rimane sempre uguale.
20
Non possono esistere atomi o piccoli corpi indivisibili.
È altresì molto facile comprendere che non può esistere alcuna particella dei corpi o della materia che sia per sua natura indivisibile, come alcuni filosofi hanno immaginato. Del resto, per quanto piccole si possano considerare queste parti, poiché devono necessariamente avere una certa estensione, è evidente che nessuna di esse non possa essere ulteriormente divisa in due o più parti ancora più piccole; quindi, sono divisibili. Poiché sappiamo con certezza che qualcosa può essere diviso, dobbiamo considerarlo divisibile; altrimenti, il nostro giudizio su di esso sarebbe in contraddizione con la conoscenza che possediamo. Anche se ipotizzassimo che Dio avesse ridotto qualche parte della materia a una grandezza così estrema da renderla impossibile da dividere ulteriormente, non potremmo comunque concludere che sia indivisibile. Infatti, se Dio avesse reso tale parte così piccola da impedire a qualsiasi creatura di dividerla, allora egli stesso si sarebbe privato del potere di farlo, il che è assurdo, poiché non è possibile che Egli riduca la propria onnipotenza. Pertanto, possiamo affermare con certezza che anche la più piccola parte estesa esistente nel mondo può sempre essere divisa, poiché tale è la sua natura intrinseca.
21
Quanto vasto sia il mondo è qualcosa di indefinito.
Sapremo anche che questo mondo, o la materia estesa che compone l’universo, non ha confini, perché, ovunque vogliamo immaginarne i limiti, possiamo ancora concepire spazi infinitamente ampi; non solo li immaginiamo, ma riteniamo davvero che esistano così come li immaginiamo; pertanto, questi spazi contengono una materia estesa all’infinito, poiché l’idea di estensione che abbiamo riguardo a qualsiasi spazio è proprio l’idea corretta che dobbiamo avere del corpo.
22
Che la terra e i cieli siano fatti di una sola materia, e che non possa esistere più di un mondo.
Infine, non è difficile dedurre da tutto ciò che la terra e i cieli siano fatti della stessa materia, e che, anche se esistesse un’infinità di mondi, essi sarebbero comunque formati da questa sola materia; ne consegue quindi che non può essercene più di uno, poiché è evidente che la materia, la cui natura consiste semplicemente nel fatto di essere una sostanza estesa, occupa attualmente tutti gli spazi immaginabili in cui potrebbero esistere questi altri mondi, e non riusciamo affatto a concepire l’esistenza di un’altra materia.
23
Che tutte le varietà che esistono in questo ambito dipendano dal movimento delle sue parti.
Esiste quindi una sola materia in tutto l’universo, e la conosciamo soltanto per il fatto che è estesa; tutte le proprietà che ne percepiamo chiaramente sono legate al fatto che possa essere divisa e muoversi secondo le sue parti, e quindi che possa assumere tutte le diverse configurazioni che osserviamo derivare dal movimento delle sue componenti. Anche se possiamo immaginare mentalmente tali divisioni, è certo che il nostro pensiero non ha il potere di modificarle in alcun modo; tutta la diversità delle forme che si riscontrano nella materia dipende infatti dal movimento locale: ciò che i filosofi hanno sicuramente notato, soprattutto quando affermavano che la natura è il principio del movimento e del riposo, intendendo con “natura” ciò che fa sì che i corpi assumano le configurazioni che osserviamo empiricamente.
24
Che cosa sia il movimento compiuto secondo l’uso comune.
Ora, il movimento (inteso come quello che porta un corpo da un luogo a un altro, poiché non ne concepisco alcun altro nella natura) non è altro che l’azione mediante la quale un corpo passa da uno stato all’altro. E poiché abbiamo osservato che una stessa cosa, nello stesso istante, può cambiare luogo senza però cambiarne effettivamente la posizione, possiamo dire altrettanto che, nello stesso momento, essa può muoversi e non muoversi. Ad esempio, colui che è seduto a poppa di una nave spinta dal vento crede di muoversi se considera solo la riva da cui si è partito, ritenendola immobile; al contrario, non crede di muoversi se considera soltanto la nave su cui si trova, poiché la sua posizione rispetto alle sue parti non cambia. Tuttavia, poiché siamo abituati a pensare che il movimento sia sempre accompagnato da un’azione, diremo che colui che è seduto in questo modo è in riposo, poiché non percepisce alcuna azione in sé stesso. E questa è l’opinione comune.
25
Che cos’è il movimento propriamente detto.
Mais, si au lieu de nous arrêter à ce qui n’a point d’autre fondement que l’usage ordinaire, nous désirons savoir ce que c’est que le mouvement selon la vérité, nous dirons, afin de lui attribuer une nature qui soit déterminée, « qu’il est le transport d’une partie de la matière ou d’un corps du voisinage de ceux qui le touchent immédiatement, et que nous considérons comme en repos, dans le voisinage de quelques autres. » Par un corps, ou bien par une partie de la matière, j’entends tout ce qui est transporté ensemble, quoiqu’il soit peut-être composé de plusieurs parties qui emploient cependant leur agitation à faire d’autres mouvements ; et je dis qu’il est le transport et non pas la force ou l’action qui transporte, afin de montrer que le mouvement est toujours dans le mobile, et non pas en celui qui meut ; car il me semble qu’on n’a pas coutume de distinguer ces deux choses assez soigneusement. De plus, j’entends qu’il est une propriété du mobile et non pas une substance ; de même que la figure est une propriété de la chose qui est figurée, et le repos de la chose qui est en repos.
26
Qu’il n’est pas requis plus d’action pour le mouvement que pour le repos.
Et d’autant que nous nous trompons ordinairement, en ce que nous pensons qu’il faut plus d’action pour le mouvement que pour le repos, nous remarquerons ici que nous sommes tombés en cette erreur dès le commencement de notre vie, parce que nous remuons ordinairement notre corps selon notre volonté, dont nous avons une connaissance intérieure, et qu’il est en repos de cela seul qu’il est attaché à la terre par sa pesanteur, dont nous ne sentons point la force. Et comme cette pesanteur, et plusieurs autres causes que nous n’avons pas coutume d’apercevoir, résistent au mouvement de nos membres, et font que nous nous lassons, il nous a semblé qu’il fallait une force plus grande et plus d’action pour produire un mouvement que pour l’arrêter, à cause que nous avons pris l’action pour l’effort qu’il faut que nous fassions afin de mouvoir nos membres et les autres corps parleur entremise. Mais nous n’aurons point de peine à nous délivrer de ce faux préjugé si nous remarquons que nous ne faisons pas seulement quelque effort pour mouvoir les corps qui sont proches de nous, mais que nous en faisons aussi pour arrêter leurs mouvements lorsqu’ils ne sont point amortis par quelque autre cause ; de sorte que nous n’employons pas plus d’action pour faire aller, par exemple, un bateau qui est en repos dans une eau calme et qui n’a point de cours, que pour l’arrêter tout-à-coup pendant qu’il se meut ; et si l’expérience nous fait voir en ce cas qu’il en faut quelque peu moins pour l’arrêter que pour le faire aller, c’est à cause que la pesanteur de l’eau qu’il soulève lorsqu’il se meut, et sa lenteur (car je la suppose calme et comme dormante) diminuent peu à peu son mouvement.
27
Que le mouvement et le repos ne sont rien que deux diverses façons dans le corps où ils se trouvent.
Mais parce qu’il ne s’agit pas ici de l’action qui est en celui qui meut ou qui arrête le mouvement, et que nous considérons principalement le transport et la cessation du transport ou le repos, il est évident que ce transport n’est rien hors du corps qui est mû, mais que seulement un corps est autrement disposé lorsqu’il est transporté que lorsqu’il ne l’est pas, de sorte que le mouvement et le repos ne sont en lui que deux diverses façons.
28
Que le mouvement en sa propre signification ne se rapporte qu’aux corps qui touchent celui qu’on dit se mouvoir.
J’ai aussi ajouté que le transport du corps se fait du voisinage de ceux qui le touchent dans le voisinage de quelques autres, et non pas d’un lieu en un autre, parce que le lieu peut être pris en plusieurs façons qui dépendent de notre pensée, comme il a été remarqué ci-dessus. Mais quand nous prenons le mouvement pour le transport d’un corps qui quitte le voisinage de ceux qui le touchent, il est certain que nous ne saurions attribuer à un même mobile plus d’un mouvement, à cause qu’il n’y a qu’une certaine quantité de corps qui le puissent toucher en même temps.
29
Et même qu’il ne se rapporte qu’à ceux de ces corps que nous considérons comme en repos.
Enfin, j’ai dit que le transport ne se fait pas du voisinage de toutes sortes de corps contigus, mais seulement de ceux que nous considérons comme en repos ; car ce transport est réciproque. Et nous ne saurions concevoir que le corps AB soit transporté du voisinage du corps CD que nous ne sachions aussi que le corps CD est transporté du voisinage du corps AB, et qu’il faut tout autant d’action pour l’un que pour l’autre. Tellement que si nous voulons attribuer au mouvement une nature qui lui soit entièrement propre ; que l’on puisse considérer toute seule et sans qu’il soit besoin de la rapporter à quelque autre chose, lorsque nous verrons que deux corps qui se touchent immédiatement seront transportés l’un d’un côté et l’autre d’un autre, et seront réciproquement séparés, nous ne ferons point de difficulté de dire qu’il y a tout autant de mouvement en l’un comme en l’autre. J’avoue qu’en cela nous nous éloignerons beaucoup de la façon de parler qui est en usage. Car, comme nous sommes sur la terre, et que nous pensons qu’elle est en repos, bien que nous voyions que quelques-unes de ses parties qui touchent d’autres corps plus petits soient transportées du voisinage de ces corps, nous n’entendons pas pour cela qu’elle soit mue.
30
D’où vient que le mouvement qui sépare deux corps qui se touchent est plutôt attribué à l’un qu’à l’autre.
Parce que nous pensons qu’un corps ne se meut tout entier, et que nous ne saurions nous persuader que la terre se meuve tout entière de cela seul que quelques-unes de ses parties sont transportées du voisinage de quelques autres corps plus petits qui les touchent, dont la raison est que nous remarquons souvent auprès de nous plusieurs tels transports qui sont contraires les uns aux autres ; car si nous supposons, par exemple, que le corps EFGH soit la terre, et qu’en même temps que le corps AB est transporté de E vers F le corps CD soit transporté de H vers G, bien que nous sachions que les parties de la terre qui touchent le corps AB sont transportées de B vers A, et que l’action qui sert à ce transport n’est point d’autre nature ni moindre dans les parties de la terre que dans celles du corps AB, nous ne dirons pas que la terre se meuve de B vers ou bien de l’occident vers l’orient ; à cause que celle de ses parties qui touchent le corps CD, étant transportées en même sorte de C vers D, il faudrait dire aussi qu’elle se meut vers le côté opposé, à savoir du levant au couchant, et il y aurait en cela trop d’embarras ; c’est pourquoi nous nous contenterons de dire que les corps AB et CD, et autres semblables, se meuvent, et non pas la terre. Mais cependant nous nous souviendrons que tout ce qu’il y a de réel dans les corps qui se meuvent, en vertu de quoi nous disons qu’ils se meuvent, se trouve pareillement en ceux qui les touchent, quoique nous les considérions comme en repos.
31
Comment il peut y avoir plusieurs divers mouvements en un même corps.
But if, rather than stopping at what has no basis other than ordinary usage, we wish to understand what motion truly is according to the truth, then we would say that, in order to attribute it a definite nature, “motion is the transfer of a part of matter or a body from the vicinity of those things that come into immediate contact with it, and which we consider to be at rest, to the vicinity of some other things.” By “body” or “part of matter,” I mean everything that is transported together, even though it may be composed of several parts that use their motion to produce other movements; and I say that motion is a transfer, not the force or action that carries out this transfer, in order to show that motion always resides in the moving thing itself, and not in the agent that causes it to move—because it does not seem customary to distinguish these two aspects carefully enough. Moreover, I understand motion to be a property of the moving thing, rather than a substance in itself; just as shape is a property of the object that possesses it, and rest is a property of the object that is at rest.
26
No more action is required for motion than for rest.
Moreover, since we often make mistakes in thinking that more effort is required to move something than to keep it at rest, we should notice that we have fallen into this error from the very beginning of our lives. After all, we usually move our bodies according to our will, which we are inwardly aware of; yet it is solely because the body remains at rest that it is attracted to the earth by gravity, a force whose effect we do not perceive directly. Since gravity and several other factors resist the movement of our limbs, causing us to feel fatigue, we have assumed that greater effort and more action are needed to initiate motion than to stop it. This assumption arises from our misunderstanding the concept of effort as the physical exertion required to move objects. However, it would be easy to dispel this misconception if we realize that we exert effort not only to move objects near us but also to prevent them from moving when nothing interferes with their motion. For instance, stopping a boat that is at rest in calm water requires no more effort than starting it; indeed, experience shows that less force is needed to stop it than to set it in motion. This is because the weight of the water being displaced by the boat and its slow movement gradually reduce its momentum.
27
That motion and rest are merely two different forms that the body assumes in those states.
But since what is at issue here is not the action that resides within that which moves or stops motion, and since we are primarily concerned with the process of transportation and its cessation, or rest, it is evident that this “transportation” is nothing other than the state of a body that is in motion; rather, it is merely the way in which a body is arranged when it is in motion as opposed to when it is not. Thus, motion and rest are nothing more than two different states of that same body.
28
Such that the motion, in its own sense, relates only to those bodies that come into contact with the body that is said to be moving.
I also added that the transport of a body occurs from the vicinity of those who touch it to the vicinity of some other individuals, and not from one place to another, because a place can be understood in various ways depending on our thinking, as has been noted above. However, when we consider motion as the transfer of a body that leaves the vicinity of those who touch it, it is certain that we could not attribute more than one motion to the same object, since there is only a certain quantity of bodies that can touch it at the same time.
29
And even though it only relates to those parts of these bodies that we consider to be at rest.
Finally, I said that motion does not occur in the vicinity of all kinds of contiguous bodies, but only in those that we consider to be at rest; for this motion is reciprocal. We could not conceive that the body AB is moved from the vicinity of the body CD without also understanding that the body CD is moved from the vicinity of the body AB, and that equal effort is required in both cases. Therefore, if we wish to attribute to motion a nature that is entirely its own, and if we want to consider it independently, without relating it to anything else, then when we observe that two bodies in direct contact with each other will be moved in opposite directions and thus separated from each other, we should have no difficulty in admitting that equal amounts of motion are involved in both cases. I admit that in this regard we would be departing considerably from the common way of speaking. For since we are on the earth and consider it to be at rest, even though we see that some of its parts in contact with smaller bodies are moved away from those bodies, we do not therefore conclude that the earth itself is in motion.
30
Why is it that the motion that separates two bodies in contact attributed more often to one than to the other?
Because we believe that a body does not move as a whole, and we cannot be convinced that the earth moves as a whole merely on the grounds that some of its parts are displaced in the vicinity of other smaller bodies that come into contact with them. The reason for this is that we often observe around us many such displacements that oppose each other; for instance, if we assume that the body EFGH represents the earth, and at the same time that the body AB is displaced from E to F while the body CD is displaced from H to G, even though we know that those parts of the earth in contact with the body AB are displaced from B to A, and that the force causing this displacement is of the same nature and magnitude in the parts of the earth as in those of the body AB, we would not say that the earth moves from B towards the east. On the contrary, since those parts of the earth in contact with the body CD are likewise displaced from C to D, it would imply that the earth moves in the opposite direction, namely from east to west—which would lead to numerous inconsistencies. Therefore, we will simply say that bodies such as AB and CD move, but not the earth itself. However, we must also remember that everything that is truly inherent in moving bodies—and which is why we say they move—exists equally in those bodies that come into contact with them, even though we consider those contacting bodies to be at rest.
31
How it is possible for there to be several different movements within a single body.
Ma se, invece di fermarci a ciò che ha come unico fondamento l’uso comune, desideriamo conoscere cosa sia il movimento secondo la verità, diremo, al fine di attribuirgli una natura ben definita, “che esso è il trasporto di una parte della materia o di un corpo che si trova nelle vicinanze di ciò che lo tocca immediatamente, e che consideriamo in quiete nelle vicinanze di altri corpi”. Con “corpo” o “parte della materia”, intendo tutto ciò che viene trasportato insieme, anche se può essere composto da diverse parti le quali, tuttavia, utilizzano il proprio movimento per generare altri movimenti; e dico che si tratta di un trasporto, e non della forza o dell’azione che effettua tale trasporto, al fine di dimostrare che il movimento è sempre presente nel mobile, e non in colui che lo muove; poiché mi sembra che non si abbia l’abitudine di distinguere con sufficiente chiarezza queste due cose. Inoltre, intendo che il movimento sia una proprietà del mobile, e non una sostanza stessa; così come la figura è una proprietà della cosa che è figurata, e la quiete è una proprietà della cosa che è in quiete.
26
Non è necessaria alcuna azione maggiore per il movimento che per il riposo.
E poiché di solito ci sbagliamo, ritenendo che sia necessaria un’azione maggiore per produrre movimento rispetto a quando si è in riposo, noteremo qui che abbiamo commesso questo errore fin dall’inizio della nostra vita: infatti di solito muoviamo il nostro corpo secondo la nostra volontà, di cui abbiamo una conoscenza interna; mentre esso è in riposo soltanto perché è trattenuto a terra dalla sua gravità, forza che non percepiamo affatto. Poiché questa gravità e molte altre cause, che di solito non notiamo, ostacolano il movimento dei nostri membri e ci fanno stancare, abbiamo pensato che fosse necessaria una forza maggiore e un’azione più intensa per produrre movimento rispetto a quando lo si ferma; in quanto abbiamo confuso l’azione con lo sforzo che dobbiamo compiere per muovere i nostri membri e gli altri corpi. Ma non avremo difficoltà a liberarci di questo falso pregiudizio se osserviamo che non facciamo uno sforzo solo per muovere i corpi che ci sono vicini, ma anche per fermarne il movimento quando non viene ostacolato da altre cause; quindi non impieghiamo certo più sforzo per far muovere, ad esempio, una barca che è ferma in acqua tranquilla e non si muove, di quanto ne occorra per fermarla all’improvviso mentre si sta muovendo. E se l’esperienza ci dimostra che in questo caso è necessario un po’ meno sforzo per fermarla rispetto a quello richiesto per farla muovere, è perché la gravità dell’acqua che solleva durante il movimento, nonché la sua lentezza (poiché supponiamo che l’acqua sia tranquilla e “addormentata”), riducono gradualmente il suo movimento.
27
Che il movimento e il riposo non siano altro che due diverse modalità attraverso cui il corpo si manifesta in quel contesto specifico.
Ma poiché qui non si tratta dell’azione che provoca il movimento o lo arresta, bensì del trasporto e della cessazione di tale trasporto, ovvero del riposo, è evidente che questo “trasporto” non è altro che una diversa disposizione del corpo stesso quando è in movimento rispetto a quando non lo è; pertanto, il movimento e il riposo non sono altro che due diverse forme dello stesso stato corporeo.
28
Che il movimento, nella sua stessa accezione, si riferisca soltanto ai corpi che entrano in contatto con quello che viene definito “in movimento”.
Ho anche aggiunto che il trasporto di un corpo avviene nel luogo immediatamente vicino a coloro che lo toccano, e non da un luogo all’altro, perché il concetto di “luogo” può essere interpretato in modi diversi a seconda del nostro modo di pensare, come è stato già osservato. Tuttavia, quando consideriamo il movimento come il risultato del trasporto di un corpo che lascia l’ambito immediatamente vicino a coloro che lo toccano, è certo che non possiamo attribuire allo stesso oggetto più di un movimento, poiché esiste soltanto una determinata quantità di corpi che possono toccarlo contemporaneamente.
29
E anche se si riferisce soltanto a quelle parti di questi corpi che consideriamo in riposo.
Infine, ho detto che il trasporto non avviene dal contatto con ogni sorta di corpi adiacenti, ma soltanto con quelli che consideriamo in quiete; poiché tale trasporto è reciproco. Non potremmo concepire che il corpo AB venga spostato dal contatto con il corpo CD se non sapessimo anche che il corpo CD viene spostato dal contatto con il corpo AB, e che sia necessaria la stessa quantità di azione per entrambi. Quindi, se vogliamo attribuire al movimento una natura che gli sia completamente propria, e se vogliamo considerarlo in sé stesso, senza bisogno di riferirlo ad altro, quando vedremo che due corpi che si toccano immediatamente vengono spostati in direzioni opposte e vengono così separati l’uno dall’altro, non avremo difficoltà a riconoscere che c’è la stessa quantità di movimento in entrambi i casi. Ammetto che in questo modo ci allontaneremo molto dal modo di parlare comunemente in uso. Poiché, essendo sulla terra e considerandola in quiete, anche se vediamo che alcune sue parti, che sono a contatto con corpi più piccoli, vengono spostate dal loro contatto, non intendiamo per questo dire che la terra stessa si muova.
30
Da dove deriva il fatto che il movimento che separa due corpi che si toccano venga attribuito piuttosto a uno che all’altro?
Perché riteniamo che un corpo non si muova nel suo insieme, e non possiamo convincerci che la terra si muova nel suo insieme se non sulla base del fatto che alcune sue parti vengono spostate dalla vicinanza di altri corpi più piccoli che le toccano; il motivo è che spesso osserviamo intorno a noi numerosi movimenti del genere, alcuni dei quali sono contrari agli altri. Ad esempio, se supponiamo che il corpo EFGH sia la terra, e che contemporaneamente al movimento del corpo AB da E verso F avvenga anche il movimento del corpo CD da H verso G, pur sapendo che le parti della terra che toccano il corpo AB vengono spostate da B verso A, e che l’azione che causa questo movimento non è di natura diversa né minore nelle parti della terra rispetto a quella nel corpo AB, non diremmo che la terra si muova da B verso est o dall’ovest verso est; infatti, poiché anche le parti della terra che toccano il corpo CD vengono spostate allo stesso modo da C verso D, dovremmo dire che si muove nella direzione opposta, cioè da est a ovest, il che comporterebbe troppi inconvenienti. Per questo ci limiteremo a dire che corpi come AB e CD si muovono, e non la terra stessa. Tuttavia ricorderemo che tutto ciò che è realmente presente nei corpi in movimento, e che ci fa ritenere che si muovano, esiste anche in quei corpi che li toccano, anche se questi vengono considerati come immobili.
31
Come è possibile che in un solo corpo si verifichino diversi movimenti contemporaneamente.
Mais encore que chaque corps en particulier n’ait qu’un seul mouvement qui lui soit propre, à cause qu’il n’y a qu’une certaine quantité de corps qui le touchent, et qui soient en repos à son égard, toutefois il peut participer à une infinité d’autres mouvements, en tant qu’il fait partie de quelques autres corps qui se meuvent diversement. Par exemple, si un marinier se promenant dans son vaisseau porte sur soi une montre, bien que les roues de sa montre n’aient qu’un mouvement unique qui leur soit propre, il est certain qu’elles participent aussi à celui du marinier qui se promène, parce qu’elles composent avec lui un corps qui est transporté tout ensemble ; il est certain aussi qu’elles participent à celui du vaisseau, et même à celui de la mer, parce qu’elles suivent son cours ; et à celui de la terre, si on suppose que la terre tourne sur son essieu, parce qu’elles composent un corps avec elle : et bien qu’il soit vrai que tous ces mouvements sont dans les roues de cette montre, néanmoins, parce que nous n’en concevons pas ordinairement un si grand nombre à la fois, et que même il n’est pas en notre pouvoir de connaître, tous ceux auxquels elles participent, il suffira que nous considérions en chaque corps celui qui est unique et duquel nous pouvons avoir une connaissance certaine.
32
Comment le mouvement unique proprement dit, qui est unique en chaque corps, peut aussi être pris pour plusieurs.
Nous pouvons même considérer ce mouvement unique qui est proprement attribué à chaque corps comme s’il était composé de plusieurs autres mouvements, tout ainsi que nous en distinguons deux dans les roues d’un carrosse, à savoir un circulaire, qui se fait autour de leur essieu, et l’autre droit, qui laisse une trace le long du chemin qu’elles parcourent. Toutefois il est évident que ces deux mouvements ne diffèrent pas en effet l’un de l’autre, parce que chaque point de ces roues, et de tout autre corps qui se meut, ne décrit jamais plus d’une seule ligne : et n’importe que cette ligne soit souvent tortue, en sorte qu’elle semble avoir été produite par plusieurs mouvements divers ; car on peut imaginer que quelque ligne que ce soit, même la droite, qui est la plus simple de toutes, a été décrite par une infinité de tels mouvements. Par exemple si, en même temps que la ligne AB tombe sur CD, on fait avancer son point A vers B la ligne AD, qui sera décrite par le point A, ne dépendra pas moins des deux mouvements de A vers B et de AB sur CD, qui sont droits, que la ligne courbe qui est décrite par chaque point de la roue dépend du mouvement droit et du circulaire. Et, bien qu’il soit utile de distinguer quelquefois un mouvement en plusieurs parties, afin d’en avoir une connaissance plus distincte, néanmoins, absolument parlant, nous n’en devons jamais compter plus d’un en chaque corps.
33
Comment en chaque mouvement il doit y avoir tout un cercle ou anneau de corps qui se meuvent ensemble.
Après ce qui a été démontré ci-dessus, à savoir que tous les lieux sont pleins de corps et que chaque partie de la matière est tellement proportionnée à la grandeur du lieu qu’elle occupe, qu’il n’est pas possible qu’elle en remplisse un plus grand, ni qu’elle se resserre en un moindre, ni qu’aucun autre corps y trouve place pendant qu’elle y est, nous devons conclure qu’il faut nécessairement qu’il y ait toujours un cercle de matière ou anneau de corps qui se meuvent ensemble en même temps ; en sorte que quand un corps quitte sa place à quelque autre qui le chasse, il entre en celle d’un autre, et cet autre en celle d’un autre, et ainsi de suite jusqu’au dernier ; qui occupe au même instant le lieu délaissé par le premier. Nous concevons cela sans peine en un cercle parfait, à cause que, sans recourir au vide et à la raréfaction ou condensation, nous voyons que la partie A de ce cercle peut se mouvoir vers B, pourvu que sa partie B se meuve en même temps vers C, et C vers D, et B vers A. Mais on n’aura pas plus de peine à concevoir cela même en un cercle imparfait et le plus irrégulier qu’on saurait imaginer, si on prend garde à la façon dont toutes les inégalités des lieux peuvent être compensées par d’autres inégalités qui se trouvent dans le mouvement des parties : en sorte que toute la matière qui est comprise en l’espace EFGH peut se mouvoir circulairement, et sa partie qui est vers E passer vers G, et celle qui est vers G passer en même temps vers E, sans qu’il faille supposer de condensation ou de vide, pourvu que, comme on suppose l’espace G quatre fois plus grand que l’espace E, et deux fois plus grand que les espaces F et H, on suppose aussi que son mouvement est quatre fois plus vite vers E que vers G, et deux fois plus que vers F ou vers H, et qu’en tous les endroits de ce cercle la vitesse du mouvement compense la petitesse du lieu ; car par ce moyen il est aisé de connaître qu’en chaque espace de temps qu’on voudra déterminer il passera tout autant de matière dans ce cercle par un endroit que par l’autre.
34
Qu’il suit de là que la matière se divise en des parties indéfinies et innombrables.
Toutefois il faut avouer qu’il y a quelque chose en ce mouvement que notre esprit conçoit être vrai, mais que néanmoins il ne saurait comprendre, à savoir une division de quelques parties de la matière jusqu’à l’infini, ou bien une division indéfinie, et qui se fait en tant de parties, que nous n’en saurions déterminer de la pensée aucune si petite que nous ne concevions qu’elle est divisée en effet en d’autres plus petites ; car il n’est fias possible que la matière qui remplit maintenant l’espace G remplisse successivement tous les espaces qui sont entre G et E, plus petits les uns que les autres, par des degrés qui sont innombrables, si quelqu’une de ses parties ne change sa figure, et ne se divise ainsi qu’il faut pour emplir tout justement les grandeurs de ces espaces qui sont différentes les unes des autres et innombrables : mais, afin que cela soit, il faut que toutes les petites parcelles auxquelles on peut imaginer qu’une telle partie est divisée, lesquelles véritablement sont innombrables, s’éloignent quelque peu les unes des autres ; car, si petit que soit cet éloignement, il ne laisse pas d’être une vraie division.
35
Que nous ne devons point douter que cette division ne se fasse encore que nous ne la puissions comprendre.
Il faut remarquer que je ne parle pas de toute la matière, mais seulement de quelqu’une de ses parties : car, encore que nous supposions qu’il y a deux ou trois parties en l’espace G de la grandeur de l’espace E, et qu’il y en a d’autres plus petites en plus grand nombre qui demeurent indivises, nous concevons néanmoins qu’elles peuvent se mouvoir toutes circulairement vers E, pourvu qu’il y en ait d’autres mêlées parmi, qui changent leurs figures en tant de façons qu’étant jointes à celles qui ne peuvent changer les leurs si facilement, mais qui vont plus ou moins vite à raison du lieu qu’elles doivent occuper, elles puissent emplir tous les angles et les petits recoins où ces autres, pour être trop grandes, ne sauraient entrer ; et, bien que nous n’entendions pas comment se fait cette division indéfinie, nous ne devons point douter qu’elle ne se fasse, parce que nous apercevons qu’elle suit nécessairement de la nature de la matière dont nous avons déjà une connaissance très distincte, et que nous apercevons aussi que cette vérité est du nombre de celles que nous ne saurions comprendre, à cause que notre pensée est finie.
36
Que Dieu est la première cause du mouvement, et qu’il en conserve toujours une égale quantité en l’univers.
However, although each particular body possesses only one movement that is inherent to it, and this is because there is only a certain number of other bodies in contact with it and at rest relative to it, it can nevertheless participate in an infinite number of other movements, since it is part of other bodies that move in various ways. For example, if a sailor walking on his ship carries a watch with him, although the gears of the watch have only one unique movement of their own, it is certain that they also participate in the sailor’s movement, because they form together a single body that moves as a whole; it is also certain that they participate in the movement of the ship, and even in the movement of the sea, since they follow its course; and in the movement of the earth, if we assume that the earth rotates on its axis, because they form a body with it. And although it is true that all these movements occur within the gears of this watch, nevertheless, because we usually do not conceive of so many movements occurring at once, and because it is even beyond our ability to know all of those movements in which they participate, it is sufficient for us to consider in each body only that one unique movement of which we can have a definite understanding.
32
How can the unique movement proper, which is unique to each particular body, also be considered to exist in multiple instances?
We can even consider this unique motion that is inherent to each body as if it were composed of several other motions, just as we distinguish two types of motion in the wheels of a carriage: one circular motion around their axis, and another straight-line motion that leaves a trail along the path they travel. However, it is evident that these two motions are not actually different from each other, because every point on those wheels, and on any moving body, never traces more than one line in its movement; and even if that line is often curved, giving the impression that it results from several different motions, we can still imagine that any given line—even the straight-line motion, which seems the simplest of all—must have been produced by an infinite number of such movements. For instance, if, while the line AB moves along CD, its starting point A is also made to move along the line AD, then the path traced by point A will undoubtedly depend on both the straight-line motions of A toward B and of AB along CD, just as the curved path traced by the wheels depends on both straight-line and circular motion. And although it is sometimes useful to divide a single motion into several parts in order to understand it more clearly, strictly speaking, we should never consider more than one motion at work within any given body.
33
In every movement, there must be a whole circle or ring of bodies moving together.
Having demonstrated above that all spaces are filled with matter, and that every part of matter is proportionate in size to the space it occupies, it follows that it is impossible for any portion of matter to fill a larger space, nor to contract into a smaller one, nor for any other body to take its place while it is still there. We must therefore conclude that there must always exist a circle or ring of matter moving together as a whole; so that when one body leaves its place to be replaced by another, it takes the place of another body, which in turn takes the place of yet another, and so on until the last body occupies the space previously occupied by the first. We can easily conceive this in the case of a perfect circle, because without relying on the concepts of void or condensation/dilation, we see that one part of the circle can move towards another part, as long as another part moves simultaneously in the opposite direction. The same principle holds true even for an imperfect or irregularly shaped circle, provided that we take into account how all the unevenities in the spaces can be compensated by corresponding movements of the various parts. In this way, all the matter contained within the space EFGH can move in a circular motion: the part located near E can move towards G, and the part near G can move towards E at the same time, without any need for condensation or void. This is possible because we assume that the space G is four times larger than space E and twice larger than spaces F and H; moreover, we assume that the movement of matter towards E is four times faster than its movement towards G, and twice faster than its movement towards F or H. Since the speed of motion compensates for the size of the space in each case, it follows that an equal amount of matter will always pass through any given point in this circular motion over any given period of time.
34
It follows therefore that matter is divided into countless and indefinite parts.
However, it must be admitted that there is something in this notion that our mind understands to be true, yet it is unable to fully comprehend—namely, the idea of dividing certain parts of matter indefinitely, into an endless series of smaller and smaller portions. For it is simply impossible for the matter that currently fills space G to successively fill all the spaces between G and E, which are progressively smaller, in a manner that can be counted or described in detail, unless some part of that matter changes its form and divides in such a way as to precisely occupy these various, countless spaces. But for this to happen, it is necessary for all those tiny fragments into which such a part could be divided—indeed, an infinitely large number of them—to be somewhat separated from each other; for even the smallest distance between them would constitute a true division.
35
We must not doubt that this division will continue to occur until we are able to understand it.
It should be noted that I am not referring to all matter in general, but only to one of its parts; for although we assume that there are two or three parts in the space G, of a size comparable to that of space E, and that there are also other smaller parts, in far greater numbers, which remain indivisible, we still conceive that they can all move in a circular manner towards E, provided that there are other parts mixed among them—which change their configurations in various ways. These latter parts, being joined to those that cannot so easily alter their own form, move at different speeds depending on the positions they must occupy; as a result, they can fill all the angles and tiny spaces into which those larger parts would not be able to fit. And although we do not understand how this indefinite division comes about, we should not doubt that it does take place, for we see that it necessarily follows from the nature of matter, about which we already possess a very clear understanding. Moreover, we realize that this truth belongs to those things that we are unable to comprehend fully, simply because our thinking is limited.
36
That God is the primary cause of motion, and that He always maintains an equal amount of motion throughout the universe.
Tuttavia, anche se ogni singolo corpo possiede soltanto un movimento proprio, poiché esiste solo una determinata quantità di corpi che lo toccano e sono in quiete rispetto a esso, esso può comunque partecipare a un’infinità di altri movimenti, in quanto fa parte di altri corpi che si muovono in modi diversi. Ad esempio, se un marinaio che si trova a bordo della sua nave indossa un orologio, anche se le ruote dell’orologio hanno soltanto un movimento proprio, è certo che partecipano anche al movimento del marinaio stesso, poiché costituiscono insieme a lui un corpo che si muove nel complesso; sono altresì certe che partecipino al movimento della nave e persino a quello del mare, poiché seguono il suo corso; e anche a quello della terra, se si ammette che la terra ruoti attorno al proprio asse, perché costituiscono un corpo con essa. Ebbene, anche se tutti questi movimenti avvengono effettivamente all’interno delle ruote di quell’orologio, poiché di solito non concepiamo contemporaneamente un numero così elevato di movimenti e poiché non è nemmeno in nostro potere conoscere tutti quelli a cui quelle ruote partecipano, basterà considerare in ogni corpo quel movimento unico che possiamo comprendere con certezza.
32
Come può il movimento unico, propriamente detto – che è unico in ogni corpo – essere considerato anche come plurimo?
Possiamo persino considerare questo movimento unico, proprio di ogni corpo, come se fosse composto da diversi altri movimenti; allo stesso modo in cui distinguiamo due tipi di movimento nelle ruote di una carrozza: uno circolare, che si svolge attorno all’asse, e l’altro rettilineo, che lascia una traccia lungo il percorso seguito. Tuttavia è evidente che questi due movimenti non differiscono tra loro, poiché ogni punto di queste ruote, e di qualsiasi altro corpo in movimento, descrive sempre soltanto una linea; e anche se questa linea può essere tortuosa, tanto da sembrare prodotta da diversi movimenti, possiamo immaginare che anche la linea retta, la più semplice di tutte, sia stata descritta da un’infinità di tali movimenti. Ad esempio, se, mentre la linea AB cade su CD, facciamo avanzare il punto A lungo la linea AD, questa linea sarà comunque determinata dai due movimenti rettilinei di A verso B e di AB su CD, proprio come la linea curva descritta da ogni punto della ruota dipende dal movimento rettilineo e da quello circolare. E sebbene a volte sia utile distinguere un movimento in più parti per comprenderlo meglio, in termini assoluti non dobbiamo mai considerarne più di uno in ogni corpo.
33
In ogni movimento, deve esserci un intero cerchio o anello di corpi che si muovono insieme.
Dopo quanto è stato dimostrato sopra, ovvero che tutti i luoghi sono pieni di corpi e che ogni parte della materia è in perfetta proporzione con le dimensioni del luogo che occupa, non è possibile che essa riempia un luogo più grande, né che si riduca a uno più piccolo, né che alcun altro corpo possa trovarvi posto mentre essa vi si trova. Pertanto dobbiamo concludere che debba necessariamente esistere sempre un cerchio di materia, o un anello di corpi, i quali si muovono tutti insieme nello stesso istante; in modo tale che quando un corpo lascia il proprio posto per essere sostituito da un altro, entra nel posto di quest’ultimo, e quest’ultimo in quello di un altro ancora, e così via fino all’ultimo, che occupa nello stesso momento il luogo lasciato dal primo. Questo concetto può essere facilmente inteso anche in un cerchio perfetto, poiché, senza ricorrere al vuoto o a processi di rarefazione o condensazione, possiamo vedere come la parte A di tale cerchio possa muoversi verso la parte B, a condizione che anche la parte B si muova contemporaneamente verso la parte C, e questa verso la D, e così via fino alla parte A. Lo stesso concetto può essere facilmente applicato anche a un cerchio imperfetto o di forma irregolare, purché si tenga conto di come tutte le disomogeneità dei luoghi possano essere compensate da altre disomogeneità presenti nel movimento delle parti; in questo modo, l’intera materia contenuta nello spazio EFGH può muoversi in cerchio, e la sua parte situata verso il punto E può passare al punto G, mentre quella situata verso il punto G può contemporaneamente passare al punto E, senza che sia necessario ipotizzare processi di condensazione o vuoto. Questo perché, dato che si suppone che lo spazio G sia quattro volte più grande dello spazio E e due volte più grande degli spazi F e H, si può anche supporre che il movimento delle parti nello spazio G avvenga a una velocità quattro volte maggiore rispetto a quella nello spazio E, e due volte maggiore rispetto a quella negli spazi F e H; inoltre, poiché nella forma irregolare di questo cerchio le disomogeneità dei luoghi possono essere compensate da altre disomogeneità nel movimento delle parti, è facile comprendere che, in qualsiasi intervallo di tempo si consideri, la stessa quantità di materia passerà attraverso ogni punto del cerchio.
34
Da ciò deriva che la materia si divide in parti infinite e innumerevoli.
Tuttavia, bisogna ammettere che in questo movimento c’è qualcosa che la nostra mente ritiene vero, ma che nondimeno non è in grado di comprendere appieno: si tratta della possibilità che alcune parti della materia vengano divise fino all’infinito, o comunque in un modo indefinito e continuo. Tuttavia, non riusciamo a concepire nemmeno la più piccola di queste parti, se non nel contesto di una divisione ulteriore in parti ancora più minuscole. Infatti, è assolutamente impossibile che la materia che attualmente occupa lo spazio G possa successivamente riempire tutti gli spazi situati tra G ed E – spazi sempre più piccoli l’uno rispetto all’altro – attraverso processi di divisione che seguano gradi innombrabili, se alcuna delle sue parti non modificasse la propria forma e non si dividesse esattamente nel modo necessario per occupare correttamente tali spazi diversi e numerosi. Ma affinché ciò possa avvenire, è indispensabile che tutte quelle piccolissime parti in cui si può immaginare che tale materia sia divisa – parti davvero infinite – si allontanino leggermente le une dalle altre; poiché, per quanto piccolo possa essere questo allontanamento, esso rappresenta comunque una vera e propria divisione della materia.
35
Non dobbiamo dubitare che questa divisione continuerà ad avvenire, finché non saremo in grado di comprenderla appieno.
È da notare che non parlo di tutta la materia, ma soltanto di una sua parte: poiché, anche se supponiamo che nello spazio G esistano due o tre parti della stessa grandezza dello spazio E, e che ce ne siano altre più piccole in numero maggiore che rimangono indivise, concepiamo comunque che tutte possano muoversi circolarmente verso lo spazio E, a condizione che ci siano altre parti mescolate tra di loro, le quali cambino la propria forma in modi tali che, essendo unite a quelle che non possono cambiare facilmente la propria forma, possano comunque occupare tutti gli angoli e i piccoli recessi in cui queste ultime, per essere troppo grandi, non riuscirebbero ad entrare; e sebbene non comprendiamo esattamente come avvenga questa divisione infinita, non dobbiamo dubitare che avvenga, poiché vediamo chiaramente che essa deriva necessariamente dalla natura della materia di cui già possediamo una conoscenza molto precisa, e riconosciamo anche che questa verità appartiene a quelle che non potremmo comprendere del tutto, a causa della finitezza del nostro pensiero.
36
Dio è la prima causa del movimento e ne mantiene sempre una quantità uguale nell’universo.
Après avoir examiné la nature du mouvement, il faut que nous en considérions la cause, et parce qu’elle peut être prise en deux façons, nous commencerons par la première et plus universelle, qui produit généralement tous les mouvements qui sont au monde ; nous considérerons par après l’autre, qui fait que chaque partie de la matière en acquiert qu’elle n’a voit pas auparavant. Pour ce qui est de la première, il me semble qu’il est évident qu’il n’y en a point d’autre que Dieu, qui, par sa toute-puissance, a créé la matière avec le mouvement et le repos de ses parties, et qui conserve maintenant en l’univers, par son concours ordinaire, autant de mouvement et de repos qu’il y en a mis en le créant. Car, bien que le mouvement ne soit qu’une façon en la matière qui est mue, elle en a pourtant une certaine quantité qui n’augmente et ne diminue jamais, encore qu’il y en ait tantôt plus et tantôt moins en quelques-unes de ses parties ; c’est pourquoi, lorsqu’une partie de la matière se meut deux fois plus vite qu’une autre, et que cette autre est deux fois plus grande que la première, nous devons penser qu’il y a tout autant de mouvement dans la plus petite que dans la plus grande, et que toutes fois et quantes que le mouvement d’une partie diminue, celui de quelque autre partie augmente à proportion. Nous connaissons aussi que c’est une perfection en Dieu, non seulement de ce qu’il est immuable en sa nature, mais encore de ce qu’il agit d’une façon qu’il ne change jamais : tellement qu’outre les changements que nous voyons dans le monde, et ceux que nous croyons parce que Dieu les a révélés, et que nous savons arriver ou être arrivés en la nature sans aucun changement de la part du Créateur, nous ne devons point en supposer d’autres en ses ouvrages, de peur de lui attribuer de l’inconstance ; d’où il suit que, puisqu’il a mu en plusieurs façons différentes les parties de la matière lorsqu’il les a créées, et qu’il les maintient toutes en la même façon et avec les mêmes lois qu’il leur a fait observer en leur création, il conserve incessamment en cette matière une égale quantité de mouvement.
37
La première loi de la nature, que chaque chose demeure en l’état qu’elle est pendant que rien ne le change.
De cela aussi que Dieu n’est point sujet à changer et qu’il agit toujours de même sorte, nous pouvons parvenir à la connaissance de certaines règles, que je nomme les lois de la nature, et qui sont les causes secondes des divers mouvements que nous remarquons en tous les corps, ce qui les rend ici fort considérables. La première est que chaque chose en particulier continue d’être en même état autant qu’il se peut, et que jamais elle ne le change que par la rencontre des autres. Ainsi nous voyons tous les jours que lorsque quelque partie de cette matière est carrée, elle demeure toujours carrée, s’il n’arrive rien d’ailleurs qui change sa figure ; et que, si elle est en repos, elle ne commence point à se mouvoir de soi-même : mais, lorsqu’elle a commencé une fois de se mouvoir, nous n’avons aussi aucune raison de penser qu’elle doive jamais cesser de se mouvoir de même force pendant qu’elle ne rencontre rien qui retarde ou qui arrête son mouvement ; de façon que si un corps a commencé une fois de se mouvoir, nous devons conclure qu’il continue par après de se mouvoir, et que jamais il ne s’arrête de soi-même. Mais, parce que nous habitons une terre dont la constitution est telle que tous les mouvements qui se font auprès de nous cessent en peu de temps, et souvent par des raisons qui sont cachées à nos sens, nous avons jugé, dès le commencement de notre vie, que les mouvements qui cessent ainsi par des raisons qui nous sont inconnues s’arrêtent d’eux-mêmes, et nous avons encore à présent beaucoup d’inclination à croire le semblable de tous les autres qui sont au monde, à savoir que naturellement ils cessent d’eux-mêmes et qu’ils tendent au repos, parce qu’il nous semble que nous en avons fait l’expérience en plusieurs rencontres. Et toutefois ce n’est qu’un faux préjugé, qui répugne manifestement aux lois de la nature ; car le repos est contraire au mouvement, et rien ne se porte par l’instinct de sa nature à son contraire ou à la destruction de soi-même.
38
Pourquoi les corps poussés de la main continuent de se mouvoir après qu’elle les a quittés.
Nous voyons tous les jours la preuve de cette première règle dans les choses qu’on a poussées au loin : car il n’y a point d’autre raison pourquoi elles continuent de se mouvoir lorsqu’elles sont hors de la main de celui qui les a poussées, sinon que, suivant les lois de la nature, tous les corps qui se meuvent continuent de se mouvoir jusqu’à ce que leur mouvement soit arrêté par quelques autres corps ; et il est évident que l’air et les autres corps liquides entre lesquels nous voyons ces choses se mouvoir diminuent peu à peu la vitesse de leur mouvement : car nous pouvons même sentir de la main la résistance de l’air, si nous secouons assez vite un éventail qui soit étendu ; et il n’y a point de corps fluide sur la terre qui ne résiste encore plus manifestement que l’air aux mouvements des autres corps.
39
La seconde loi de la nature, que tout corps qui se meut tend à continuer son mouvement en ligne droite.
La seconde loi que je remarque en la nature est que chaque partie de la matière en son particulier ne tend jamais à continuer de se mouvoir suivant des lignes courbes, mais suivant des lignes droites, bien que plusieurs de ces parties soient souvent contraintes de se détourner parce qu’elles en rencontrent d’autres en leur chemin, et que, lorsqu’un corps se meut, il se fait toujours un cercle ou anneau de toute la matière qui est mue ensemble. Cette règle, comme la précédente, dépend de ce que Dieu est immuable et qu’il conserve le mouvement en la matière par une opération très simple ; car il ne le conserve pas comme il a pu être quelque temps auparavant, mais comme il est précisément au même instant qu’il le conserve. Et, bien qu’il soit vrai que le mouvement ne se fait pas en un instant, néanmoins il est évident que tout corps qui se meut est déterminé à se mouvoir suivant une ligne droite, et non pas suivant une circulaire : car, lorsque la pierre A tourne dans la fronde EA, suivant le cercle ABF, dans l’instant même qu’elle est au point A, elle est déterminée à se mouvoir vers quelque côté, à savoir vers C, suivant la ligne droite AC, si l’on suppose que c’est celle-là qui touche le cercle : mais on ne saurait feindre qu’elle soit déterminée à se mouvoir circulairement, parce que, encore qu’elle soit venue d’L vers A suivant une ligne courbe, nous ne concevons point qu’il y ait aucune partie de cette courbure en cette pierre lorsqu’elle est au point A ; et nous en sommes assurés par l’expérience, parce que cette pierre avance tout droit vers C lorsqu’elle sort de la fronde, et ne tend en aucune façon à se mouvoir vers B : ce qui nous fait voir manifestement que tout corps qui est mû en rond tend sans cesse à s’éloigner du centre du cercle qu’il décrit ; et nous le pouvons même sentir de la main pendant que nous faisons tourner cette pierre dans cette fronde, car elle tire et fait tendre la corde pour s’éloigner directement de notre main. Cette considération est de telle importance, et servira en tant d’endroits ci-après, que nous devons la remarquer soigneusement ici, et je l’expliquerai encore plus au long lorsqu’il en sera temps.
40
La troisième, que, si un corps qui se meut en rencontre un autre plus fort que soi, il ne perd rien de son mouvement ; et s’il en rencontre un plus faible qu’il puisse mouvoir, il en perd autant qu’il lui en donne.
After examining the nature of motion, we must consider its cause. Since this cause can be understood in two ways, we will begin with the first and more universal one—that which generally produces all the motions that exist in the world. Later on, we will consider the other cause, which enables each part of matter to acquire properties it did not previously possess. As for the first cause, it seems to me evident that there is none other than God. By his omnipotence, God created matter along with the motion and rest inherent in its parts, and he continues to maintain an equal amount of motion and rest throughout the universe through his regular agencies. For although motion is merely one aspect of matter in motion, there exists a definite quantity of motion within it that never increases or decreases—though this quantity may vary from part to part at any given moment. Thus, when one part of matter moves twice as fast as another, and the larger part is twice as large as the smaller one, we must conclude that the amount of motion in the smaller part is equal to that in the larger part. Moreover, whenever the motion of one part decreases, the motion of some other part necessarily increases in proportion. We also know that it is a characteristic of God’s nature not only to remain unchanging himself but also to act in a consistent manner. Beyond the changes we observe in the world—and those which we believe to be divinely ordained—we must not assume any further changes in God’s works, for to do so would imply inconsistency on his part. Therefore, since God created the various parts of matter in different forms and continues to maintain them all in the same state, using the same laws that governed their creation at that time, it follows that he constantly preserves an equal amount of motion within matter.
37
The first law of nature is that everything remains in the state it is in until something causes it to change.
It is also because God is not subject to change and always acts in the same manner that we are able to understand certain principles—which I call the laws of nature—and which are the secondary causes of the various movements that we observe in all things. The first of these laws is that every particular thing tends to remain in its original state as long as possible, and never changes it unless it comes into contact with something else. Thus, we see every day that when a piece of matter is square, it remains square unless something else happens to change its shape; and if it is at rest, it does not begin to move on its own. But once it has started moving, there is no reason to believe that it will ever stop moving with the same force, unless it encounters something that slows or stops it. Therefore, if a body begins to move, we must conclude that it will continue to move in the same manner, and that it will never stop on its own. However, because we live on a planet where all movements around us cease after a short time, often for reasons that are hidden from our senses, we have assumed since childhood that such movements cease of their own accord. We still tend to believe the same about all other movements in the world, thinking that they naturally come to an end and tend towards rest, because it seems to us that we have experienced this many times. But in fact, this is merely a false prejudice that clearly contradicts the laws of nature, for rest is the opposite of movement, and nothing in its natural state tends toward its opposite or self-destruction.
38
Why do objects that are pushed with the hand continue to move even after the hand has left them?
We see evidence of this first rule every day in things that have been pushed away: for there is no other reason why they continue to move after being removed from the hand of the person who pushed them, except that, according to the laws of nature, all moving bodies continue in their motion until it is halted by other bodies; and it is evident that air and other liquids through which these objects move gradually reduce the speed of their movement. In fact, we can even feel the resistance of the air with our hands if we shake a fan quickly; moreover, there is no fluid on Earth that resists the motion of other objects more noticeably than air does.
39
The second law of nature states that every body in motion tends to continue its motion in a straight line.
The second law that I observe in nature is that every particular part of matter always tends to continue moving in straight lines, rather than along curved paths; yet many of these parts are often forced to change direction because they encounter other elements on their way. Moreover, whenever a body moves, it always creates a circle or ring consisting of all the matter that is moving together. This rule, like the previous one, stems from the fact that God is immutable and maintains motion within matter through a very simple mechanism. He does not preserve motion in the same way it may have existed at some point in the past, but rather in exactly the form it possesses at any given moment. And although motion does not occur instantaneously, it is clear that every moving body is determined to move along straight lines, not circular paths. For instance, when a stone is thrown in a sling and follows the curve ABF, at the very moment it is at point A, it is destined to move in some particular direction—say, toward point C—along the straight line AC, assuming that this line actually touches the circle. It would be absurd to claim that the stone is determined to move in a circular path; after all, although it began its motion along a curved line from point L to point A, we cannot conceive of any part of that curve remaining in the stone at point A. This fact is confirmed by experience: the stone moves straight toward point C once it leaves the sling and shows no tendency to move toward point B. This observation is of such great importance that it will be used repeatedly throughout our discussion; therefore, we must pay close attention to it here, and I will explain it in more detail later on when the time comes.
40
The third point is that when a moving body encounters another that is stronger than itself, it does not lose anything of its motion; whereas if it encounters one that is weaker and which it can move, it loses exactly as much as it imparts to the other body.
Dopo aver esaminato la natura del movimento, dobbiamo considerarne la causa; poiché questa può essere intesa in due modi diversi, inizieremo con il primo e più universale, che generalmente genera tutti i movimenti esistenti nel mondo. Successivamente analizzeremo l’altro modo, che permette a ciascuna parte della materia di acquisire qualità che prima non possedeva. Per quanto riguarda il primo modo, mi sembra evidente che non ne esista alcuno altro se non Dio: egli, con la sua onnipotenza, ha creato la materia insieme al movimento e al riposo delle sue parti, e continua oggi a mantenere nell’universo una quantità di movimento e di riposo pari a quella che aveva stabilito al momento della creazione. Infatti, sebbene il movimento sia soltanto uno dei modi in cui la materia si muove, essa possiede comunque una certa quantità di movimento che non aumenta né diminuisce mai; anzi, talvolta alcune parti della materia presentano più movimento altre meno. Per questo motivo, quando una parte della materia si muove due volte più velocemente di un’altra e quest’ultima è due volte più grande della prima, dobbiamo ritenere che nella parte più piccola ci sia lo stesso quantitativo di movimento presente in quella più grande, e che ogni volta che il movimento di una parte diminuisce, quello di un’altra aumenti proporzionalmente. Sappiamo anche che questa è una caratteristica essenziale di Dio: non solo perché egli rimane immutabile nella sua natura, ma anche perché agisce in modo costante e senza mai cambiare. Pertanto, oltre ai cambiamenti che osserviamo nel mondo – o che riteniamo esistano grazie alle rivelazioni di Dio – non dobbiamo supporne altri nei suoi operi, per evitare di attribuirgli instabilità. Da ciò consegue che, poiché Dio ha creato le parti della materia in modi diversi e le mantiene tutte secondo le stesse leggi stabilite al momento della creazione, egli conserva costantemente nell’universo una quantità equilibrata di movimento.
37
La prima legge della natura è che ogni cosa rimanga nello stato in cui si trova finché nulla non la modifica.
È proprio perché Dio non è soggetto a cambiamenti e agisce sempre nello stesso modo che possiamo giungere alla conoscenza di alcune regole, che chiamo leggi della natura, e che rappresentano le cause secondarie dei diversi movimenti che osserviamo in tutti i corpi; queste leggi rendono tali fenomeni particolarmente significativi. La prima di queste leggi è che ogni cosa, in quanto tale, tende a rimanere nello stesso stato il più a lungo possibile, e cambia soltanto in seguito all’interazione con altre cose. Ogni giorno possiamo constatare che, se una parte di materia ha una forma quadrata, essa rimane tale finché non si verificano eventi che ne alterino la struttura; inoltre, un corpo fermo non inizia mai a muoversi da solo, ma continua a muoversi con la stessa intensità finché non incontra ostacoli che ne rallentino o interrompano il movimento. Pertanto, se un corpo ha iniziato a muoversi, possiamo concludere che continuerà a farlo, a meno che non si verifichino circostanze particolari. Tuttavia, poiché viviamo su una terra dove i movimenti spesso cessano rapidamente per ragioni sconosciute ai nostri sensi, fin da piccoli abbiamo creduto che tali movimenti si interrompessero spontaneamente; questa convinzione persiste ancora oggi, soprattutto riguardo agli altri fenomeni naturali. In realtà, si tratta di un falso pregiudizio che va palesemente contro le leggi della natura: il riposo, infatti, è l’opposto del movimento, e nulla, per sua stessa natura, tende verso il proprio contrario o alla distruzione.
38
Perché i corpi spinti con la mano continuano a muoversi anche dopo che la mano li ha lasciati.
Ogni giorno vediamo prove di questa prima regola nelle cose che vengono spinte lontano: non esiste infatti alcun altro motivo per cui continuino a muoversi una volta uscite dalla mano di colui che le ha spinte, se non il fatto che, secondo le leggi della natura, tutti i corpi in movimento continuano a muoversi fino a quando il loro movimento non viene arrestato da altri corpi; è evidente inoltre che l’aria e gli altri corpi liquidi tra cui questi oggetti si muovono riducono gradualmente la velocità del loro movimento: possiamo infatti percepire con la mano la resistenza dell’aria se scuotiamo abbastanza rapidamente un ventaglio aperto; inoltre, non esiste alcun corpo fluido sulla Terra che resista più chiaramente ai movimenti degli altri corpi rispetto all’aria.
39
La seconda legge della natura stabilisce che ogni corpo in movimento tende a continuare il proprio movimento in linea retta.
La seconda legge che osservo nella natura è che ciascuna parte della materia, in sé considerata, non tende mai a continuare il proprio movimento lungo linee curve, ma lungo linee rette; tuttavia, molte di queste parti sono spesso costrette a deviare perché incontrano altre nel loro percorso. Inoltre, quando un corpo si muove, si forma sempre un cerchio o un anello formato da tutta la materia che si muove insieme. Questa regola, come la precedente, deriva dal fatto che Dio è immutabile e conserva il movimento nella materia attraverso un’operazione molto semplice; infatti, non lo conserva nel modo in cui esso potrebbe essere stato in passato, ma esattamente nel modo in cui lo è in quel preciso istante. E sebbene sia vero che il movimento non avvenga in un istante, è evidente che ogni corpo che si muove è determinato a farlo lungo una linea retta, e non circolare: ad esempio, quando la pietra A ruota all’interno della molla EA seguendo il cerchio ABF, nel momento stesso in cui si trova al punto A, è determinata a muoversi verso un certo lato, cioè verso C, lungo la linea retta AC; non possiamo però supporre che sia determinata a muoversi in modo circolare, perché, anche se è arrivata dal punto L al punto A seguendo una linea curva, non esiste alcuna traccia di questa curvatura nella pietra quando si trova al punto A; e ne siamo certi grazie all’esperienza: la pietra infatti si muove dritta verso C quando esce dalla molla, e non mostra alcuna tendenza a muoversi verso il punto B. Questo ci dimostra chiaramente che ogni corpo che si muove in cerchio tende costantemente ad allontanarsi dal centro del cerchio che descrive; possiamo persino percepirlo con le mani mentre facciamo ruotare la pietra nella molla, poiché essa tira e fa tendere la corda per allontanarsi direttamente dalla nostra mano. Questa considerazione è di estrema importanza e verrà utilizzata in diversi contesti; pertanto dobbiamo prenderla attentamente in considerazione qui, e ne spiegherò i dettagli più avanti, quando sarà il momento giusto.
40
In terzo luogo, che quando un corpo in movimento incontra un altro più forte di sé, non perde nulla del proprio movimento; e che, se incontra uno più debole di sé, ne perde tanto quanto ne trasferisce a quest’ultimo.
La troisième loi que je remarque en la nature est que si un corps qui se meut et qui en rencontre un autre a moins de force pour continuer de se mouvoir en ligne droite que cet autre pour lui résister, il perd sa détermination sans rien perdre de son mouvement ; et que, s’il a plus de force, il meut avec soi cet autre corps, et perd autant de son mouvement qu’il lui en donne. Ainsi nous voyons qu’un corps dur que nous avons poussé contre un autre plus grand qui est dur et ferme rejaillit vers le côté d’où il est venu, et ne perd rien de son mouvement ; mais que si le corps qu’il rencontre est mou, il s’arrête incontinent, parce qu’il lui transfère tout son mouvement. Les causes particulières des changements qui arrivent aux corps sont toutes comprises en cette règle, au moins celles qui sont corporelles, car je ne m’informe pas maintenant si les anges et les pensées des hommes ont la force de mouvoir les corps ; c’est une question que je réserve au traité que j’espère faire de l’homme.
41
La preuve de la première partie de cette règle.
On connaîtra encore mieux la vérité de la première partie de cette règle si on prend garde à la différence qui est entre le mouvement d’une chose et sa détermination vers un côté plutôt que vers un autre, laquelle différence est cause que cette détermination peut être changée sans qu’il y ait rien de changé au mouvement. Car de ce que chaque chose telle qu’elle est continue toujours d’être comme elle est en soi simplement, et non pas comme elle est au regard des autres, jusqu’à ce qu’elle soit contrainte de changer d’état par la rencontré de quelque autre, il faut nécessairement qu’un corps qui se meut et qui en rencontre un autre en son chemin, si dur et, si ferme qu’il ne saurait le pousser en aucune façon, perde entièrement la détermination qu’il avait à se mouvoir vers ce côté-là, d’autant que la cause qui la lui fait perdre est manifesté, à savoir la résistance du corps qui l’empêche de passer outre ; mais il ne faut point qu’il perde rien pour cela de son mouvement, d’autant qu’il ne lui est point ôté par ce corps, ni par aucune autre cause, et que le mouvement n’est point contraire au mouvement.
42
La preuve de la seconde partie.
On connaîtra mieux aussi la vérité de l’autre de cette règle si on prend garde que Dieu ne change jamais sa façon d’agir, et qu’il conserve le mondé avec la même action qu’il l’a créé. Car, tout étant plein de corps, et néanmoins chaque partie de la matière tendant à se mouvoir en ligne droite, il est évident que, dès le commencement que Dieu a créé la matière, non seulement, il a mû diversement ses parties, mais aussi qu’il les a faites de telle nature que les unes ont dès lors commencé à pousser les autres et à leur communiquer une partie de leur mouvement ; et parce qu’il les maintient encore avec la même action et les mêmes lois qu’il leur a fait observer en leur création, il faut qu’il conserve maintenant en elles toutes le mouvement qu’il y a mis dès lors, avec la propriété qu’il a donnée à ce mouvement de ne demeurer pas toujours attaché aux mêmes parties de la matière, et de passer des unes aux autres, selon leurs diverses rencontres ; en sorte que ce continuel changement qui est dans les créatures ne répugne en aucune façon à l’immutabilité qui est en Dieu, et semble même servir d’argument pour la prouver.
43
En quoi consiste la force de chaque corps pour agir ou pour résister.
Outre cela il faut remarquer que la force dont un corps agit contre un autre corps, ou résiste à son action, consiste en cela seul que chaque chose persiste autant qu’elle peut à demeurer au même état où elle se trouve, conformément à la première loi qui a été exposée ci-dessus : de façon qu’un corps qui est joint à un autre corps a quelque force pour empêcher qu’il n’en soit séparé ; et, lorsqu’il en est séparé, il a quelque force pour empêcher qu’il ne lui soit joint ; comme aussi, lorsqu’il est en repos, il a de la force pour demeurer en ce repos, et par conséquent pour résister à tout ce qui pourrait le faire changer ; et de même, lorsqu’il se meut, il a de la force pour continuer son mouvement, c’est-à-dire pour se mouvoir avec la même vitesse et vers le même côté : mais on doit juger de la quantité de cette force par la grandeur du corps où elle est, et de la superficie selon laquelle ce corps est séparé d’un autre, et aussi par la vitesse du mouvement, et les façons contraires dont plusieurs divers corps se rencontrent.
44
Que le mouvement n’est pas contraire à un autre mouvement, mais au repos ; et la détermination d’un mouvement vers un côté à sa détermination vers un autre.
De plus, il faut remarquer qu’un mouvement n’est pas contraire à un autre mouvement plus vite ou aussi vite que soi, et qu’il n’y a de la contrariété qu’en deux façons seulement, à savoir entre le mouvement et le repos, ou bien entre la vitesse et la tardivité du mouvement, en tant que cette tardivité participe de la nature du repos ; et entre la détermination qu’a un corps à se mouvoir vers quelque côté, et la résistance des autres corps qu’il rencontre en son chemin, soit que ces autres corps se reposent, ou qu’ils se meuvent autrement que lui, ou que celui qui se meut rencontre diversement leurs parties : car, selon que ces corps se trouvent disposés, cette contrariété est plus ou moins grande.
45
Comment on peut déterminer combien les corps qui se rencontrent changent les mouvements les uns des autres par les règles qui suivent.
Or, afin que nous puissions déduire de ces principes comment chaque corps en particulier augmente ou diminue ses mouvements, ou change leur détermination à cause de la rencontre des autres corps, il faut seulement calculer combien il y a de force en chacun de ces corps pour mouvoir ou pour résister au mouvement, parce qu’il est évident que celui qui en a le plus doit toujours produire son effet et empêcher celui de l’autre ; et ce calcul serait aisé à faire en des corps parfaitement durs, s’il se pouvait faire qu’il n’y en eût point plus de deux qui se rencontrassent ni qui se touchassent l’un l’autre en même temps, et qu’ils fussent tellement séparés de tous les autres, tant durs que liquides, qu’il n’y en eût aucun qui aidât ni qui empêchât en aucune façon leurs mouvements, car alors ils observeraient les règles suivantes.
46
La première.
La première est que si ces deux corps, par exemple B et C étaient exactement égaux, et se mouvaient d’égale vitesse en ligne droite l’un vers l’autre, lorsqu’ils viendraient à se rencontrer, ils rejailliraient tous deux également et retourneraient chacun vers le côté d’où il serait venu, sans perdre rien de leur vitesse ; car il n’y a point en cela de cause qui la leur puisse ôter, mais il y en a une fort évidente qui les doit contraindre de rejaillir, et parce qu’elle serait égale en l’un et en l’autre, ils rejailliraient tous deux en même façon.
47
La seconde.
La seconde est que si B était tant soit peu plus grand que C, et qu’ils se rencontrassent avec même vitesse, il n’y aurait que C qui rejaillirait vers le côté d’où il serait venu, et ils continueraient par après leur mouvement tous deux ensemble vers ce même côté ; car B ayant plus de force que C, il ne pourrait être contraint par lui à rejaillir.
48
La troisième.
La troisième, que si ces deux corps étaient de même grandeur, mais, que B eût tant soit peu plus vitesse que C, non seulement, après s’être rencontrés, C seul rejaillirait, et ils iraient tous deux ensemble, comme devant, vers le côté d’où C serait venu, mais aussi il serait nécessaire que B lui transférât la moitié de ce qu’il aurait de plus de vitesse, à cause que l’ayant devant soi il ne pourrait aller plus vite que lui ; de façon que si B avait eu, par exemple, six degrés de vitesse avant leur rencontre, et que C en eût eu seulement quatre, il lui transférerait l’un de ses deux degrés qu’il aurait eu de plus, et ainsi ils iraient par après chacun avec cinq degrés de vitesse : car il lui est bien plus aisé de communiquer un de ses degrés de vitesse à C, qu’il n’est aisé à C de changer le cours de tout le mouvement qui est en B.
49
La quatrième
The third law that I observe in nature is that if a moving body encounters another body and possesses less force to continue moving in a straight line than the other body does to resist it, it loses its initial momentum without losing any of its motion; whereas if it possesses more force, it will cause the other body to move along with it, and it will lose an amount of its own motion equal to that transferred to the other body. Thus, we see that a hard object pushed against another larger and equally hard object will rebound in the direction from which it came, losing no momentum; but if the object it encounters is soft, it will come to a stop immediately, because all its momentum is transferred to the softer object. All the particular causes of changes that occur to bodies are encompassed within this rule, at least those that are physical; for I am not concerned here with whether angels or human thoughts possess the power to move objects; that is a question I reserve for the treatise on man that I hope to write.
41
Proof of the first part of this rule.
We will come to understand more fully the truth of the first part of this rule if we pay attention to the difference that exists between the motion of a thing and its tendency to move in one direction rather than another. This difference arises because such a tendency can be altered without any change taking place in the thing’s actual motion. For, since every thing remains essentially what it is, simply considered in itself and not in relation to other things, until it is compelled to change its state as a result of encountering something else, it is inevitable that a moving body, when it encounters another body on its path—no matter how hard or solid that second body may be—will completely lose the tendency it originally had to move in a certain direction. The reason for this loss is clear: the resistance of the other body prevents it from continuing on its course. However, this encounter should not in any way affect the first body’s motion, since neither that body nor any other cause can prevent it from moving; moreover, one movement is not necessarily contrary to another.
42
The proof for the second part.
We will also come to understand more clearly the truth regarding the other aspect of this principle if we keep in mind that God never changes the way He acts, and that He maintains the world through the same mechanisms by which He created it. For since everything is composed of matter, and yet every part of this matter tends to move in a straight line, it is evident that, from the very beginning when God created matter, He not only caused its various parts to develop differently but also arranged them in such a way that some began to push against others and transmit a portion of their motion to them. And since God continues to maintain them through the same mechanisms and laws that governed their creation, it follows that He must still be preserving within them all that motion He imparted at that time, along with the inherent property of that motion—to never remain fixed to the same parts of matter but to pass from one part to another, depending on their various interactions. Thus, this constant change that occurs in creatures in no way contradicts the immutability inherent in God; rather, it seems to serve as evidence for proving that immutability indeed exists in Him.
43
In what consists the power of each body to act or to resist.
Furthermore, it must be noted that the force whereby one body acts upon another, or resists its action, consists solely in the fact that each thing strives as much as possible to remain in the same state in which it befinds itself, in accordance with the first law mentioned above: that is, a body in contact with another possesses a certain force that prevents them from separating; and when they are separated, such a force exists to prevent their rejoining. Similarly, when a body is at rest, it has the power to remain in that state and thus resist anything that might cause it to change; and likewise, when it is in motion, it possesses the force to continue that motion—i.e., to move at the same speed in the same direction. However, the magnitude of this force must be determined by the size of the body in which it resides, by the surface area through which the body is separated from another, as well as by the speed of the motion and the various ways in which different bodies come into contact with each other.
44
That motion is not contrary to another motion, but rather to rest; and that the determination of a motion in one direction is its very opposite when it comes to motion in another direction.
Furthermore, it must be noted that one movement is not necessarily contrary to another movement, whether that other movement be faster or slower than the first; and that opposition exists only in two ways: either between motion and rest, or between the speed of a movement and its delay, inasmuch as such delay is inherent in the nature of rest; or between the tendency of a body to move in a certain direction and the resistance encountered by other bodies along its path—whether those other bodies are at rest, moving in another manner, or consisting of various parts that interact with the moving body. For, depending on how these other bodies are arranged, the degree of opposition will vary accordingly.
45
How can one determine, using the following rules, how much the bodies that come into contact with each other alter each other’s movements?
Or, in order for us to deduce from these principles how each particular body increases or decreases its movements, or how their direction is altered as a result of the interaction with other bodies, it is merely necessary to calculate the amount of force present in each of these bodies that causes movement or resists motion. For it is evident that the body possessing the greatest amount of force must always produce its effect and prevent the effect of the other body; and such calculations would be easy to perform in bodies that are perfectly rigid, provided that no two of them ever came into contact with each other at the same time, and were so completely separated from all other bodies—so rigid and yet so fluid—that none of them could in any way influence or hinder the movements of the others. For then they would strictly adhere to these rules.
46
The first one.
The first point is that if these two bodies, for example B and C, were exactly equal and moved towards each other at the same speed in a straight line, when they came into contact with each other, they would both rebound in the same manner and return to the side from which they had come, without losing any of their speed. Because there is no cause that could diminish their speed; on the contrary, there is a very clear reason that must force them to rebound. And since this reason is identical for both bodies, they would both rebound in exactly the same way.
47
The second one.
The second point is that if B were even slightly larger than C, and if they both moved at the same speed, it would be only C that would rebound in the direction from which it came, and both of them would continue moving together in that same direction; because since B has more force than C, it could not be forced by C to rebound.
48
The third one.
Thirdly, even if these two bodies were of the same size, but if B had even a slight advantage in speed over C, not only would C be the only one to continue moving after their collision, and they would both move together in the direction from which C had come, but it would also be necessary for B to transfer half of the extra speed it possessed to C. This is because, with C right in front of it, B could not move any faster than C; therefore, if B had, for example, six degrees of speed before their collision and C only four, B would transfer one of its two extra degrees to C, so that both would then move forward at a speed of five degrees each. After all, it is much easier for B to transfer a portion of its speed to C than for C to alter the entire motion of B.
49
The fourth one
La terza legge che osservo nella natura è che, se un corpo in movimento incontra un altro corpo il cui potere di resistere a tale movimento è maggiore del suo stesso potere di proseguire lungo la stessa direzione, il primo perde la propria capacità di muoversi senza tuttavia interrompere il proprio movimento; al contrario, se il primo corpo possiede un potere maggiore, spinge l’altro corpo a muoversi insieme a sé, perdendo però una parte del proprio movimento. Così vediamo che un corpo duro, se lo si spinge contro un altro corpo più grande e altrettanto duro, viene respinto nella direzione opposta senza subire alcuna perdita di movimento; invece, se il corpo incontrato è morbido, il primo si ferma immediatamente, poiché trasferisce tutto il proprio movimento a esso. Tutte le cause specifiche dei cambiamenti che avvengono nei corpi sono comprese in questa regola, almeno quelle di natura fisica; non mi occupo infatti in questo momento della possibilità che angeli o pensieri umani possano esercitare un effetto sul movimento dei corpi; questa è una questione che riserverò al trattato sull’uomo che spero di scrivere.
41
La prova della prima parte di questa regola.
Si conoscerà ancora meglio la verità della prima parte di questa regola se si presta attenzione alla differenza che esiste tra il movimento di una cosa e la sua determinazione verso un certo lato piuttosto che verso un altro; tale differenza deriva dal fatto che questa determinazione può essere modificata senza che il movimento stesso subisca alcun cambiamento. Poiché ogni cosa, nella sua essenza, continua sempre a essere ciò che è, e non necessariamente ciò che appare agli occhi degli altri, fino al momento in cui viene costretta a cambiare stato a causa dell’incontro con un’altra cosa, è inevitabile che un corpo in movimento, incontrando un altro corpo lungo il suo percorso – anche se questo secondo corpo fosse estremamente duro e impenetrabile – perda completamente la determinazione di muoversi verso quel lato. La causa di tale perdita è evidente: si tratta della resistenza del corpo che gli impedisce di proseguire il suo movimento. Tuttavia, questo non significa affatto che il primo corpo perda qualcosa del proprio movimento; anzi, tale movimento non viene affatto ostacolato da quel secondo corpo, né da alcuna altra causa, e non è nemmeno contrario al proprio naturale impulso di muoversi.
42
La prova della seconda parte.
Si conoscerà meglio anche la verità riguardante il modo in cui Dio agisce se si tiene presente che Egli non cambia mai il proprio metodo di operare e che mantiene il mondo con le stesse forze che lo hanno creato. Poiché tutto è formato da corpi, e tuttavia ogni parte della materia tende a muoversi in linea retta, è evidente che, fin dal momento in cui Dio ha creato la materia, non solo ne ha fatto muovere diverse parti in modi diversi, ma le ha anche formate in modo tale che alcune di esse cominciassero immediatamente a spingere le altre e a trasmetter loro una parte del proprio movimento. Poiché Egli continua a mantenerle con le stesse forze e le stesse leggi che hanno regolato la loro creazione, è necessario ritenere che conservi ancora in esse tutto il movimento che vi ha introdotto all’epoca della loro creazione, nonché quella proprietà che tale movimento possiede: quella di non rimanere sempre legato alle stesse parti della materia, ma di passare da un’altra parte all’altra, in base alle diverse interazioni che avvengono tra di esse. In questo modo, il continuo cambiamento che si osserva nelle creature non contraddice affatto l’immutabilità di Dio; anzi, sembra addirittura costituire un argomento a sostegno di tale principio.
43
In cosa consiste la forza di ogni corpo, sia per agire che per resistere?
Oltre a ciò, è necessario notare che la forza con cui un corpo agisce su un altro corpo, o resiste alla sua azione, consiste semplicemente nel fatto che ogni cosa tende costantemente a rimanere nello stesso stato in cui si trova, in conformità con la prima legge esposta sopra: un corpo che è unito a un altro possiede cioè una forza che gli permette di impedire di essere separato da esso; quando invece viene separato, possiede ancora una forza che gli impedisce di ricongiungersi con l’altro corpo; allo stesso modo, quando è in quiete, possiede la forza necessaria per rimanere in tale stato e quindi per resistere a tutto ciò che potrebbe farlo cambiare; e analogamente, quando si muove, possiede la forza per continuare quel movimento, cioè per spostarsi con la stessa velocità e nella stessa direzione. Tuttavia, la quantità di questa forza deve essere valutata in base alle dimensioni del corpo che la possiede, alla superficie attraverso cui tale corpo è separato da un altro, nonché alla velocità del movimento e alle diverse modalità con cui diversi corpi interagiscono tra loro.
44
Che il movimento non sia contrario a un altro movimento, ma al riposo; e che la determinazione di un movimento verso un lato sia opposta alla sua determinazione verso un altro lato.
Inoltre, è necessario notare che un movimento non è contrario a un altro movimento che sia più veloce o altrettanto veloce di esso, e che la contrarietà esiste soltanto in due modi: tra il movimento e la quiete, oppure tra la velocità e la lentezza del movimento, poiché questa lentezza fa parte della natura stessa della quiete; inoltre, c’è contrarietà anche tra la tendenza di un corpo a muoversi in una determinata direzione e la resistenza degli altri corpi che incontra lungo il suo percorso, sia che questi altri corpi siano in quiete, si muovano in modo diverso da lui, o che il corpo in movimento incontri parti diverse di quegli altri corpi: poiché, a seconda della disposizione di tali corpi, questa contrarietà può essere maggiore o minore.
45
Come si può determinare, in base alle seguenti regole, quanto i corpi che si incontrano influenzino a vicenda i loro movimenti?
Ora, affinché possiamo dedurre da questi principi in che modo ciascun corpo, in particolare, aumenti o diminuisca i propri movimenti, o ne modifichi la direzione a causa dell’interazione con altri corpi, è sufficiente calcolare quanta forza sia contenuta in ciascuno di essi per muoversi o per resistere al movimento; infatti è evidente che colui che possiede più forza debba sempre esercitare il proprio effetto e impedire quello dell’altro. Tale calcolo sarebbe facile da effettuare nei corpi perfettamente duri, se solo non ci fossero mai due di essi che si incontrassero o si toccassero contemporaneamente, e se fossero così separati da tutti gli altri, così duri quanto liquidi, da non influenzare in alcun modo i loro movimenti. In tal caso, osserverebbero infatti regole precise e coerenti.
46
La prima.
Il primo punto è che, se questi due corpi, ad esempio B e C, fossero esattamente uguali e si muovessero con la stessa velocità in linea retta l’uno verso l’altro, quando si incontrassero, entrambi rimbalzerebbero allo stesso modo e tornerebbero ciascuno dal lato da cui erano venuti, senza perdere nulla della loro velocità; poiché non esiste alcuna causa che possa ridurla, ma esiste invece una causa molto evidente che li costringe a rimbalzare, e poiché questa causa è uguale per entrambi, essi rimbalzeranno allo stesso modo.
47
La seconda.
La seconda considerazione è che, se B fosse anche solo leggermente più grande di C e si scontrassero con la stessa velocità, sarebbe soltanto C a rimbalzare verso il lato da cui proveniva; entrambi continuerebbero poi il loro movimento insieme nella stessa direzione, poiché B, avendo più forza di C, non potrebbe essere costretto da quest’ultimo a rimbalzare.
48
La terza.
La terza ipotesi prevede che questi due corpi siano della stessa dimensione, ma che B abbia una velocità leggermente superiore a quella di C. Non solo, dopo essersi incontrati, sarebbe soltanto C ad avanzare, e entrambi proseguirebbero insieme nella direzione da cui proveniva C, ma sarebbe anche necessario che B trasferisse a C metà della velocità in eccesso che possiede; infatti, avendo C davanti a sé, B non potrebbe muoversi più velocemente di lui. Quindi, se ad esempio B avesse sei gradi di velocità prima dell’incontro, mentre C ne aveva soltanto quattro, B gli trasferirebbe uno dei due gradi in eccesso, e così entrambi proseguirebbero con una velocità complessiva di cinque gradi ciascuno. Infatti, per B è molto più facile trasferire un grado di velocità a C, rispetto al fatto che C possa modificare l’intero movimento di B.
49
Il quarto
La quatrième, que si le corps C était tant soit peu plus grand que B, et qu’il fut entièrement en repos, c’est-à-dire que non seulement il n’eût point de mouvement apparent, mais aussi qu’il ne fut point environné d’air, ni d’aucuns autres corps liquides (lesquels, comme je dirai ci-après, disposent les corps durs qu’ils environnent à pouvoir être mus fort aisément), de quelque vitesse que B pût venir vers lui, jamais il n’aurait la force de le mouvoir, mais il serait contraint de rejaillir vers le même côté d’où il serait venu. Car, d’autant que B ne saurait pousser C sans le faire aller aussi vite qu’il irait soi-même par après, il est certain que C doit d’autant plus résister que B vient plus vite vers lui, et que sa résistance doit prévaloir à l’action de B, à-cause qu’il est plus grand que lui. Ainsi, par exemple, si C est double de B, et que B ait trois degrés de mouvement, il ne peut pousser C, qui est en repos, si ce n’est qu’il lui en transfère deux degrés, à savoir un pour chacune de ses moitiés, et qu’il retienne seulement le troisième pour soi, à cause qu’il n’est pas plus grand que chacune des moitiés de C, et qu’il ne peut aller par après plus vite qu’elles. Tout de même, si B a trente degrés de vitesse, il faudra qu’il en communique vingt à C ; s’il en a trois cents, qu’il en communique deux cents ; et ainsi toujours le double de ce qu’il retiendra pour soi. Mais puisque C est en repos, il résiste dix fois plus à la réception de vingt degrés qu’à celle de deux, et cent fois plus à la réception de deux cents ; en sorte que, d’autant plus que B a de vitesse, d’autant plus trouve-t-il en C de résistance ; et parce que chacune des moitiés de C a autant de force pour demeurer en son repos que B en a pour la pousser, et qu’elles lui résistent toutes deux en même temps, il est évident qu’elles doivent prévaloir à le contraindre de rejaillir. De façon que, de quelque vitesse que B aille vers C ainsi en repos et plus grand que lui, jamais il ne peut avoir la force de le mouvoir.
50
La cinquième.
La cinquième est que, si au contraire le corps C. était tant soit peu moindre que B, celui-ci ne saurait aller si lentement vers l’autre, lequel je suppose encore parfaitement en repos, qu’il n’eût la force de le pousser et de lui transférer la partie de son mouvement qui serait requise pour faire qu’ils allassent par après de même vitesse : à savoir, si B était double de C, il ne lui transférerait que le tiers de son mouvement, à cause que ce tiers ferait mouvoir C aussi vite que les deux autres tiers feraient mouvoir B, puisqu’il est supposé deux fois aussi grand ; et ainsi après que B aurait rencontré C il irait d’un tiers plus lentement qu’auparavant, c’est-à-dire qu’en autant de temps qu’il aurait pu parcourir auparavant trois espaces, il n’en pourrait plus parcourir que deux. Tout de même, si B était trois fois plus grand que C, il ne lui transférerait que la quatrième partie de son mouvement, et ainsi des autres ; et B ne saurait avoir si peu de force qu’elfe ne lui suffise toujours pour mouvoir C : car il est certain que les plus faibles mouvements doivent suivre, les mêmes lois et avoir à proportion les mêmes effets que les plus forts, bien que souvent on pense remarquer le contraire sur cette terre, à cause de l’air et des autres liqueurs qui environnent toujours les corps durs qui se meuvent, et qui peuvent beaucoup augmenter ou retarder leur vitesse, ainsi qu’il paraîtra ci-après.
51
La sixième.
La sixième, que si le corps C était en repos et parfaitement égal en grandeur au corps B, qui se meut vers lui, il faudrait nécessairement qu’il fût en partie poussé par B, et qu’en partie il le fit rejaillir ; en sorte que, si B était venu vers C avec quatre degrés de vitesse, il faudrait qu’il lui en transférât un, et qu’avec les trois autres il retournât vers le côté d’où il serait venu. Car étant nécessaire, ou bien que B pousse C sans rejaillir, et ainsi qu’il lui transfère deux degrés de son mouvement, ou bien qu’il rejaillisse sans le pousser, et que par conséquent il retienne ces deux degrés de vitesse avec les deux autres qui ne lui peuvent être ôtés, ou bien enfin qu’il rejaillisse en retenant une partie de ces deux degrés, et qu’il le pousse en lui en transférant l’autre partie, il est évident que puisqu’ils sont égaux, et ainsi qu’il n’y a pas plus de raison pourquoi il doive rejaillir que pousser C, ces deux effets doivent être également partagés : c’est-à-dire que B doit transférer à C l’un de ces deux degrés de vitesse, et rejaillir avec l’autre.
52
La septième
La septième et dernière règle est que, si B et C vont vers un même côté, et que C précède, mais aille plus lentement que B, en sorte qu’il soit enfin atteint par lui, il peut arriver que B transférera une partie de sa vitesse à C pour le pousser devant soi, et il peut arriver aussi qu’il ne lui en transférera rien du tout, mais rejaillira avec tout son mouvement vers le côté d’où il sera venu ; à savoir, non seulement lorsque C est plus petit que B, mais aussi lorsqu’il est plus grand, pourvu que ce en quoi la grandeur de C surpasse celle de B soit moindre que ce en quoi la vitesse de B surpasse celle de C, jamais B ne doit rejaillir, mais il doit pousser C en lui transférant une partie de sa vitesse ; et au contraire, lorsque ce en quoi la grandeur de C surpasse celle de B est plus grand que ce en quoi la vitesse de B surpasse celle de C, il faut que B rejaillisse sans rien communiquer à C de son mouvement ; et enfin lorsque l’excès de grandeur qui est en C est parfaitement égal à l’excès de vitesse qui est en B, celui-ci doit transférer une partie de son mouvement à l’autre, et rejaillir avec le reste ; ce qui peut être supputé en cette façon. Si C est justement deux fois aussi grand que B, et que B ne se meuve pas deux fois aussi vite que C, mais qu’il en manque quelque chose, B doit rejaillir sans augmenter le mouvement de C ; et si B se meut plus de deux fois aussi vite que C, il ne doit point rejaillir, mais il doit transférer autant de son mouvement à C qu’il est requis pour faire qu’ils se meuvent tous deux par après de même vitesse. Par exemple, si C n’a que deux degrés de vitesse, et que B en ait cinq, qui est plus que le double, il lui en doit communiquer deux de ses cinq, lesquels deux étant en C n’en feront qu’un, à cause que C est deux fois aussi grand que B, et ainsi ils iront tous deux par après avec trois degrés de vitesse. Et les démonstrations de tout ceci sont si certaines, qu’encore que l’expérience nous semblerait faire voir le contraire, nous serions néanmoins obligés d’ajouter plus de foi à notre raison qu’à nos sens.
53
Que l’explication de ces règles est difficile, à cause que chaque corps est touché par plusieurs autres en même temps.
En effet, il arrive souvent que l’expérience peut sembler d’abord répugner aux règles que je viens d’expliquer, mais la raison en est évidente ; car elles présupposent que les deux corps B et C sont parfaitement durs, et tellement séparés de tous les autres qu’il n’y en a aucun autour d’eux qui puisse aider ou empêcher leur mouvement ; et nous n’en voyons point de tels en ce monde. C’est pourquoi, avant qu’on puisse juger si elles s’y observent ou non, il ne suffit pas de savoir comment deux corps, tels que B et C, peuvent agir l’un contre l’autre lorsqu’ils se rencontrent, mais il faut outre cela considérer comment tous les autres corps qui les environnent peuvent augmenter ou diminuer leur action ; et parce qu’il n’y a rien qui leur fasse avoir en ceci des effets différents, sinon la différence qui est entre eux, en ce que les uns sont liquides ou mous, et les autres durs, il est besoin que nous examinions en cet endroit en quoi consistent ces deux qualités d’être dur et d’être liquide.
54
En quoi consiste la nature des corps durs et des liquides.
The fourth point is that if body C were even slightly larger than body B, and if it were in complete rest—meaning not only that it would exhibit no apparent motion, but also that it would be surrounded by neither air nor any other liquid substances (which, as I will explain later, have the ability to cause hard objects surrounding them to move quite easily)—then no matter at what speed body B approached it, body C would never possess the force to be moved; instead, it would always be compelled to rebound in the same direction from which it had come. This is because, since body B could not push body C without causing it to move at the same speed as itself, it is certain that the greater the speed at which B approaches, the greater the resistance body C will offer. Moreover, since body C is larger than body B, its resistance is ten times greater when subjected to a force of twenty degrees than when subjected to a force of two degrees; and even a hundred times greater when subjected to a force of two hundred degrees. Therefore, the more speed body B possesses, the greater the resistance it encounters from body C. And since each half of body C has equal strength to remain at rest as body B does to push it, and since both halves resist it simultaneously, it is evident that their combined resistance will always be sufficient to prevent body B from moving body C. In short, no matter how fast body B moves towards body C—especially when body C is at rest and larger than body B—it is impossible for body B to have the power to move it.
50
The fifth one.
The fifth point is that, if on the contrary the body C were even slightly smaller than B, then B would not be able to move towards C so slowly—assuming that C remains perfectly at rest—that it would lack the force necessary to push C and transfer to it such a portion of its own motion as would be required for them both to move at the same speed afterward. For instance, if B were twice as large as C, it would only transfer one-third of its own motion to C; since this one-third would make C move at the same speed as the other two-thirds would make B move, and given that C is supposed to be twice as big, after B has met C, it would move at one-third the original speed, meaning that in the same amount of time it could previously cover three distances, it could now only cover two. Nevertheless, if B were three times as large as C, it would still only transfer one-fourth of its own motion to C, and so on. Moreover, B could not possibly possess such little strength that it would be insufficient even to move C, for it is certain that the weakest movements must obey the same laws and produce corresponding effects as the strongest ones—though often on this earth we observe the opposite, due to the influence of air and other substances surrounding moving solid objects, which can greatly increase or decrease their speed, as will be explained further below.
51
The sixth one.
Sixthly, if body C were at rest and exactly equal in size to body B, which moves towards it, it would necessarily be pushed by B in part, and in part cause B to recoil; consequently, if B approached C with a speed of four degrees, it would have to transfer one degree of that speed to C, and use the other three degrees to return in the direction from which it came. For it is necessary either that B push C without causing it to recoil, thereby transferring two degrees of its own motion to C; or that B recoil without being pushed by C, thus retaining those two degrees of speed along with the other two degrees that cannot be removed from it; or finally, that B recoil while retaining a part of these two degrees and push C while transferring the other part. Since the two bodies are equal in size, and there is no reason why B should recoil rather than push C, it follows that these two effects must be shared equally: that is, B must transfer one of these two degrees of speed to C and recoil with the other degree.
52
The seventh one
The seventh and final rule is that if B and C move in the same direction, and C starts ahead but moves more slowly than B, so that B eventually catches up with it, it is possible for B to transfer a portion of its speed to C in order to push it ahead; it is also possible for B not to transfer any speed at all and instead continue moving in the same direction from which it started. This applies not only when C is smaller than B but also when C is larger—so long as the excess in C’s size is less than the excess in B’s speed. In no case should B reverse its movement; rather, it must transfer some of its speed to C. Conversely, if the excess in C’s size is greater than the excess in B’s speed, then B must reverse its movement without transferring any of its speed to C. Finally, when the excess in C’s size is exactly equal to the excess in B’s speed, B must transfer a portion of its speed to C and continue moving with the remaining amount; this can be deduced in such a manner. For example, if C moves at a speed of two units and B moves at a speed of five units—which is more than twice as fast—then B must transfer two of its five units of speed to C. Since C is twice as large as B, these two units will make C move at a speed of three units, and thus both will move at the same speed thereafter. The demonstrations for all of this are so clear and certain that, even though experience might seem to suggest the opposite, we would still be obliged to place more trust in our reason than in our senses.
53
The explanation of these rules is difficult, because each body is simultaneously affected by several others.
Indeed, it often happens that a certain experience may at first seem to contradict the rules I have just explained, but the reason for this is evident: those rules assume that the two bodies B and C are perfectly rigid and completely isolated from all other bodies around them, so that none of these surrounding bodies could affect their motion in any way. However, we do not observe such isolated bodies in this world. Therefore, before we can determine whether these rules hold true in reality, it is not enough to understand how two bodies like B and C can interact when they come into contact; we must also consider how all the other surrounding bodies might influence their motion. And since nothing else can affect their behavior except for the difference between them—namely, whether they are liquid or solid—we need to examine what precisely constitutes these qualities of being rigid or liquid.
54
In what consists the nature of solids and liquids?
La quarta ipotesi è che, se il corpo C fosse anche solo leggermente più grande del corpo B e si trovasse in completo riposo – cioè non solo senza alcun movimento apparente, ma anche privo di aria o di altri corpi liquidi intorno a sé (i quali, come spiegherò in seguito, rendono i corpi solidi che li circondano molto più facilmente muovibili) –, non importa con quale velocità il corpo B si avvicinasse a lui, il corpo C non avrebbe mai la forza di essere spinto; anzi, sarebbe costretto a rimbalzare nella stessa direzione da cui era venuto. Infatti, poiché il corpo B non potrebbe spingere il corpo C senza farlo muovere alla stessa velocità con cui si muove lui stesso, è evidente che più veloce sarà il movimento di B, maggiore sarà la resistenza del corpo C; inoltre, poiché il corpo C è più grande del corpo B, la sua resistenza prevale sicuramente sull’azione di quest’ultimo. Ad esempio, se il corpo C fosse il doppio del corpo B e quest’ultimo avesse una velocità di tre gradi, non potrebbe spingere il corpo C, che si trova in riposo, se non trasferendogliene due gradi – uno per ciascuna delle sue metà – e tenendo per sé soltanto il terzo grado; poiché il corpo B non è più grande di ciascuna delle metà del corpo C, non potrebbe muoversi dopo con una velocità maggiore. Tuttavia, se il corpo B avesse una velocità di trenta gradi, trasferirebbe venti gradi al corpo C; se ne avesse trecento, ne trasferirebbe duecento, e così via, sempre il doppio di quella che si trattiene per sé. Ma poiché il corpo C è in riposo, resiste dieci volte di più alla ricezione di venti gradi rispetto a quella di due gradi, e cento volte di più alla ricezione di duecento gradi; quindi, più veloce sarà il movimento del corpo B, maggiore sarà la resistenza incontrata dal corpo C. E poiché ciascuna delle metà del corpo C ha la stessa forza per rimanere in riposo quanto il corpo B ne ha per spingerla, e poiché entrambe le metà resistono contemporaneamente all’azione del corpo B, è evidente che questa loro resistenza prevale sicuramente sulla sua capacità di spingere il corpo C. Pertanto, indipendentemente dalla velocità con cui il corpo B si avvicini al corpo C – che sia fermo e più grande di lui – non potrà mai avere la forza di muoverlo.
50
La quinta.
La quinta considerazione è che, se invece il corpo C fosse anche solo leggermente più piccolo di B, quest’ultimo non potrebbe muoversi verso l’altro con tanta lentezza; inoltre, supponendo che l’altro corpo sia perfettamente fermo, B non avrebbe la forza necessaria per spingerlo e trasferirgli quella parte del proprio movimento che sarebbe necessaria affinché entrambi si muovessero alla stessa velocità. Ad esempio, se B fosse il doppio di C, trasferirebbe a quest’ultimo soltanto un terzo del proprio movimento: poiché quel terzo farebbe muovere C alla stessa velocità con cui i due terzi restanti fanno muovere B, dato che si suppone che C sia il doppio di grandezza. Di conseguenza, dopo aver incontrato C, B proseguirebbe il proprio movimento a un terzo di velocità in meno rispetto a prima; cioè, in quanto tempo prima avrebbe potuto percorrere tre distanze, ora ne potrebbe percorrere soltanto due. Tuttavia, anche se B fosse tre volte più grande di C, trasferirebbe comunque solo un quarto del proprio movimento, e così via. In ogni caso, B non avrebbe mai tanta debolezza da non essere in grado di muovere C: poiché è certo che anche i movimenti più deboli seguono le stesse leggi e producono gli stessi effetti dei movimenti più forti, sebbene spesso su questa terra si possa osservare il contrario a causa dell’aria e delle altre sostanze che circondano i corpi in movimento, e che possono aumentarne o diminuirne notevolmente la velocità.
51
La sesta.
La sesta ipotesi stabilisce che, se il corpo C fosse fermo e della stessa dimensione del corpo B che si muove verso di esso, sarebbe necessario che il corpo B spingesse in parte il corpo C e lo facesse rimbalzare in parte; quindi, se il corpo B si fosse avvicinato al corpo C con una velocità di quattro gradi, avrebbe trasferito uno di questi gradi al corpo C e, con gli altri tre, sarebbe tornato nella direzione da cui proveniva. Poiché è necessario che il corpo B spinga il corpo C senza farlo rimbalzare, trasferendogli così due gradi della sua velocità, oppure che lo faccia rimbalzare senza spingerlo, trattenendo quindi questi due gradi insieme agli altri due che non possono essere sottratti, o infine che lo faccia rimbalzare trattenendo una parte di questi due gradi e spingendolo trasferendogli l’altra parte, è evidente che, poiché i due corpi sono della stessa dimensione e non esiste motivo per cui il corpo B debba far rimbalzare il corpo C piuttosto che spingerlo, questi due effetti devono essere distribuiti equamente: cioè il corpo B deve trasferire a quello C uno di questi due gradi di velocità e rimbalzare con l’altro.
52
Il settimo
La settima e ultima regola è la seguente: se B e C si muovono nella stessa direzione, e C precede B ma procede più lentamente, al punto di essere infine raggiunto da quest’ultimo, può accadere che B trasferisca una parte della propria velocità a C per spingerlo davanti a sé; oppure può anche non trasferirgli nulla, ma continuare il proprio movimento nella stessa direzione. Ciò vale sia quando C è più piccolo di B, sia quando è più grande, purché la differenza nella grandezza tra C e B sia inferiore alla differenza nella velocità. In quest’ultimo caso, B deve necessariamente trasferire una parte della propria velocità a C; al contrario, se la differenza nella grandezza è maggiore di quella nella velocità, B non deve trasferire nulla, ma deve continuare il proprio movimento senza influenzare quello di C. Infine, quando la differenza nella grandezza tra C e B è esattamente uguale alla differenza nella velocità, entrambi devono trasferirsi reciprocamente una parte del proprio movimento, in modo che continuino a muoversi alla stessa velocità. Ad esempio, se C si muove a due gradi di velocità e B a cinque gradi, B deve trasferire due dei suoi cinque gradi a C; poiché C è due volte più grande di B, i tre gradi rimanenti verranno condivisi tra entrambi, facendo sì che si muovano entrambi a tre gradi di velocità. Le dimostrazioni di tutto ciò sono così certe che, anche se l’esperienza potrebbe sembrare contraddire queste regole, saremmo comunque obbligati ad affidarci di più alla nostra ragione che ai nostri sensi.
53
Spiegare queste regole è davvero difficile, poiché ogni corpo viene contemporaneamente influenzato da molti altri corpi.
Infatti, spesso accade che un’esperienza possa inizialmente sembrare contraria alle regole che ho appena spiegato, ma la ragione è evidente: tali regole presuppongono infatti che i due corpi B e C siano perfettamente duri e completamente isolati da tutti gli altri corpi presenti nell’ambiente, in modo che nessuno di essi possa influenzare il loro movimento; e noi, in questo mondo, non vediamo alcun corpo del genere. Pertanto, prima di poter giudicare se tali regole si verifichino realmente, non basta conoscere come due corpi come B e C possano interagire tra loro quando si incontrano, ma è necessario anche considerare in che modo tutti gli altri corpi presenti nell’ambiente possano influenzare il loro movimento; e poiché nulla può modificare tale interazione se non la differenza stessa tra i due corpi – ovvero il fatto che alcuni siano liquidi o morbidi, mentre altri sono duri – è necessario esaminare più da vicino quali siano le caratteristiche specifiche di queste due qualità.
54
In cosa consiste la natura dei corpi solidi e dei liquidi?
En quoi nous devons premièrement recevoir le témoignage de nos sens, puisque ces qualités se rapportent à eux : or ils ne nous enseignent en ceci autre chose, sinon que les parties des corps liquides cèdent si aisément leur place qu’elles ne font point de résistance à nos mains lorsqu’elles les rencontrent ; et qu’au contraire les parties des corps dure sont tellement jointes les unes aux autres qu’elles ne peuvent être séparées sans une force qui rompe cette liaison qui est entre elles. Ensuite de quoi si nous examinons quelle peut être la cause pourquoi certains corps cèdent leur place sans faire de résistance, et pourquoi les autres ne la cèdent pas de même, nous n’en trouvons point d’autre, sinon que les corps qui sont déjà en action pour se mouvoir n’empêchent point que les lieux qu’ils sont disposés à quitter d’eux-mêmes ne soient occupés par d’autres corps ; mais que ceux qui sont en repos ne peuvent être chassés de leur place sans quelque force qui vienne d’ailleurs, afin de causer en eux ce changement. D’où il suit qu’un corps est liquide lorsqu’il est divisé en plusieurs petites parties qui se meuvent séparément les unes des autres en plusieurs façons différentes, et qu’il est dur lorsque toutes ses parties s’entre-touchent sans être en action pour s’éloigner l’une de l’autre.
55
Qu’il n’y a rien qui joigne les parties des corps durs, sinon qu’elles sont en repos au regard l’une de l’autre.
Et je ne crois pas qu’on puisse imaginer aucun ciment plus propre à joindre ensemble les parties des corps durs que leur propre repos. Car de quelle nature pourrait-il être ? il ne sera pas une chose qui subsiste de soi-même ; car toutes ces petites parties étant des substances, pour quelle raison seraient-elles plutôt unies par d’autres substances que par elles-mêmes ? il ne sera pas aussi une qualité différente du repos, parce qu’il n’y a aucune qualité plus contraire au mouvement qui pourrait séparer ces parties que le repos qui est en elles ; mais, outre les substances et leurs qualités, nous ne connaissons point qu’il y ait d’autres genres de choses.
56
Que les parties des corps fluides ont des mouvements qui tendent également de tous côtés, et que la moindre force suffit pour mouvoir les corps durs qu’elles environnent.
Pour ce qui est des corps fluides, bien que nous ne voyions point que leurs parties se meuvent, d’autant qu’elles sont trop petites, nous pouvons néanmoins le connaître par plusieurs effets, et principalement parce que l’air et l’eau corrompent plusieurs autres corps, et que les parties dont ces liqueurs sont composées ne pourraient produire une action corporelle telle qu’est cette corruption, si elles ne se remuaient actuellement. Je montrerai ci-après quelles sont les causes qui font mouvoir ces parties. Mais la difficulté que nous devons examiner ici est que les petites parties qui composent ces corps fluides ne sauraient se mouvoir toutes en même temps de tous côtés, et que néanmoins cela semble être requis afin qu’elles n’empêchent pas le mouvement des corps qui peuvent venir vers elles de tous côtés, comme en effet nous voyons qu’elles ne l’empêchent point. Car si nous supposons, par exemple, que le corps dur B se meut vers C, et que quelques parties de la liqueur qui est entre deux se meuvent de C vers B, tant s’en faut que celles-là facilitent le mouvement de B vers C, qu’au contraire elles l’empêchent beaucoup plus que si elles étaient tout à fait sans mouvement. Pour résoudre cette difficulté, nous nous souviendrons en cet endroit que le mouvement est contraire au repos, et non pas au mouvement ; et que la détermination d’un mouvement vers un côté est contraire à la détermination vers le côté opposé, comme il a été remarqué ci-dessus, et aussi que tout ce qui se meut tend toujours à continuer de se mouvoir en ligne droite : ensuite de quoi il est évident que lorsque le corps B est en repos, il est plus opposé, par son repos, aux mouvements des petites parties du corps liquide D, prises toutes ensemble, qu’il ne leur serait opposé par son mouvement s’il se mouvait ; et, pour ce qui est de leur détermination, il est évident aussi qu’il y en a tout autant qui se meuvent de C vers B, comme il y en a qui se meuvent au contraire ; d’autant que ce sont les mêmes qui, venant de C, heurtent contre la superficie du corps B, et retournent par après vers C. Et bien que quelques-unes de ces parties, prises en particulier, poussent B vers à mesure qu’elles le rencontrent, et l’empêchent par ce moyen davantage de se mouvoir vers C que si elles étaient sans mouvement ; néanmoins, parce qu’il y en a tout autant d’autres qui, tendant de F vers B, le poussent vers C, il n’est pas plus poussé par elles toutes d’un côté que d’un autre, et ne doit point se mouvoir s’il ne lui arrive rien d’ailleurs, à cause que, quelque figure que l’on suppose en, ce corps B, il y aura toujours justement autant de ces parties qui le pousseront vers un côté, comme il y en aura d’autres qui le pousseront au contraire, pourvu que la liqueur qui l’environne n’ait point de cours semblable à celui des rivières qui la fasse couler tout entière vers quelque part. Or je suppose que B est environné de tous côtés par la liqueur FD ; mais il n’importe pas qu’il soit justement au milieu d’elle : car, encore qu’il y en ait plus entre B et C qu’entre B et F, elle n’a pas pour cela plus de force à le pousser vers F que vers C, parce qu’elle n’agit pas tout entière contre lui, mais seulement par celles de ses parties qui touchent sa superficie. Nous avons considéré jusqu’à cette heure le corps B comme étant en repos ; mais si nous supposons maintenant qu’il soit poussé vers C par quelque force qui lui vienne de dehors, si petite qu’elle puisse être, elle suffira, non pas véritablement à le mouvoir toute seule, mais à se joindre avec les parties du corps liquide F D, en les déterminant à le pousser aussi vers C, et à lui communiquer une partie de leur mouvement.
57
La preuve de l’article précédent.
In what way must we first accept the testimony of our senses, since these qualities relate directly to them? For they teach us nothing other than this: that the parts of liquid bodies yield so easily to pressure that they offer no resistance when our hands come into contact with them; whereas the parts of solid bodies are so tightly joined together that they can only be separated by some external force that breaks their interconnection. Furthermore, if we examine why certain bodies yield without resisting and others do not, we find no other reason than this: bodies that are already in motion do not prevent the spaces they are intended to occupy from being taken over by other bodies; whereas bodies at rest can only be displaced by some external force that induces this change in them. It follows therefore that a body is liquid when it is divided into small parts that move independently in various ways; and it is solid when all its parts are in contact with each other without any attempt to separate.
55
Nothing connects the various parts of hard objects, except that they are at rest relative to each other.
And I do not believe that any other bond could be more suitable for bringing together the various parts of hard bodies than their own rest. For what kind of thing could it be? It could not be something that exists independently; since all these small parts are substances, why would they be united more by other substances than by themselves? Nor could it be some quality distinct from rest, because there is no quality more contrary to motion than the rest that already exists within them. But beyond substances and their qualities, we know of no other kinds of things.
56
That the parts of fluid bodies undergo movements that tend in all directions simultaneously, and that even the slightest force is sufficient to move the solid bodies surrounding them.
As for fluid bodies, although we cannot see their parts moving because they are too small, we can still understand this phenomenon through various effects. In particular, it is because air and water affect other substances, and the parts that make up these liquids would not be able to produce such an effect if they were not in motion. I will explain below what causes these parts to move. However, the difficulty we must consider here is that the tiny parts that constitute these fluid bodies cannot all move simultaneously in every direction; yet it seems necessary for them to do so in order not to prevent other objects from moving towards them from all sides—something which, in fact, does not happen. For example, if we assume that the solid object B moves towards C, and some parts of the liquid between them move from C towards B, these parts will not facilitate B’s movement towards C; on the contrary, they will greatly hinder it, just as if those parts were completely motionless. To resolve this difficulty, we must recall that motion is the opposite of rest, and that directing something in one direction is the opposite of directing it in the opposite direction. Moreover, everything that moves tends to continue moving in a straight line. Therefore, it is clear that when object B is at rest, its inertia opposes the movement of the tiny parts of liquid D; whereas if it were in motion, its inertia would not oppose their movement so much. As for the direction of these movements, it is also evident that there are just as many parts that move from C towards B as there are that move in the opposite direction—because those same parts that come from C and strike the surface of object B will then return towards C. Although some of these parts may push object B forward as they encounter it, thereby hindering its movement towards C more than if they were motionless, there are just as many other parts that push it towards C, so that overall, object B is not pushed more in one direction than another. Moreover, unless something else happens to affect it, it will not move at all, because no matter what shape object B has, there will always be an equal number of parts pushing it in one direction and others pushing it in the opposite direction—so long as the surrounding liquid does not flow in a way that causes it to move as a whole in a particular direction. Or I suppose that B is surrounded on all sides by the liquid FD; but it does not matter whether it is precisely in its middle: for although there is more of this liquid between B and C than between B and F, this does not mean that the liquid exerts a greater force on B to push it towards C than towards F, because the liquid does not act upon B as a whole, but only through those of its parts that come into contact with B’s surface. Until now, we have considered the body B to be at rest; but if we now assume that it is pushed towards C by some external force, no matter how small, this force will be sufficient—not to actually move B on its own—but to combine with those parts of the liquid FD and cause them to push B towards C as well, thereby imparting a portion of their motion to B.
57
Evidence supporting the previous article.
In che modo dobbiamo innanzitutto accettare il testimone dei nostri sensi, poiché queste qualità sono legate direttamente a essi? I nostri sensi ci insegnano soltanto che le parti dei corpi liquidi cedono facilmente il loro posto senza opporre alcuna resistenza alle nostre mani quando le incontriamo; al contrario, le parti dei corpi duri sono così strettamente unite tra loro che non possono essere separate se non con una forza esterna che rompa tale legame. Se esaminiamo quindi la causa per cui alcuni corpi cedono il loro posto senza resistenza, mentre altri no, non ne troviamo altra se non questa: i corpi che sono già in movimento non impediscono che i luoghi che hanno intenzione di lasciare vengano occupati da altri corpi; invece, quelli che sono in riposo possono essere spostati solo con l’intervento di una forza esterna. Da ciò deriva che un corpo è liquido quando è diviso in molte piccole parti che si muovono separatamente le une dalle altre, e è duro quando tutte le sue parti si toccano tra loro senza cercare di allontanarsi l’una dall’altra.
55
Non c’è nulla che unisca le parti dei corpi duri, se non il fatto che esse si trovino in quiete reciproca l’una rispetto all’altra.
E non credo che si possa immaginare alcun legame più adatto a unire tra loro le parti dei corpi duri di quanto non sia il loro stesso riposo. Di quale natura potrebbe essere tale legame? Non può trattarsi di qualcosa che esista di per sé; poiché tutte queste piccole parti sono sostanze, perché dovrebbero essere unite piuttosto da altre sostanze che da se stesse? Non può nemmeno trattarsi di una qualità diversa dal riposo, poiché non esiste alcuna qualità più contraria al movimento che possa separare queste parti, se non proprio il riposo che è intrinseco ad esse. Oltre alle sostanze e alle loro qualità, non conosciamo altri tipi di entità.
56
Che le parti dei corpi fluidi compiano movimenti che tendono in tutte le direzioni, e che anche la minima forza sia sufficiente per muovere i corpi solidi che li circondano.
Per quanto riguarda i corpi fluidi, anche se non possiamo vedere le loro parti muoversi – poiché sono troppo piccole – possiamo comunque conoscere il loro comportamento attraverso diversi effetti. In particolare, l’aria e l’acqua alterano la natura di altri corpi; quindi le parti che compongono queste sostanze liquide non potrebbero produrre un effetto del genere se non si muovessero effettivamente. Dimostrerò in seguito quali siano le cause che determinano il movimento di queste parti. Tuttavia, la difficoltà da considerare qui è che le piccole parti che compongono questi corpi fluidi non potrebbero muoversi tutte contemporaneamente e in tutte le direzioni; eppure sembra necessario che ciò avvenga affinché non ostacolino il movimento di altri corpi che potrebbero avvicinarsi loro da ogni lato, come effettivamente non succede. Ad esempio, se supponiamo che il corpo solido B si muova verso C, e alcune parti della sostanza liquida che si trova tra i due corpi si muovano da C verso B, queste parti non facilitano affatto il movimento di B verso C; anzi, lo ostacolano molto di più rispetto a quando sarebbero completamente immobili. Per risolvere questa difficoltà, ricorderemo che il movimento è contrario al riposo, e che la tendenza di un corpo a muoversi in una certa direzione è opposta alla tendenza a muoversi nella direzione opposta; inoltre, tutto ciò che si muove tende sempre a continuare il proprio movimento in linea retta. Da queste considerazioni risulta evidente che, quando il corpo B è fermo, esso è più ostacolato dal movimento delle piccole parti della sostanza liquida D di quanto lo sarebbe se si muovesse; inoltre, ci sono uguali quantità di parti che si muovono da C verso B e quelle che si muovono nella direzione opposta: queste ultime, infatti, colpendo la superficie del corpo B, lo spingono verso C. Anche se alcune di queste parti, considerate individualmente, potrebbero spingere il corpo B verso C, impedendogli così di muoversi in quella direzione; tuttavia, poiché ci sono uguali quantità di parti che lo spingono nella direzione opposta, il corpo B non deve necessariamente muoversi, a meno che non intervengano altri fattori. Inoltre, indipendentemente dalla forma del corpo B, ci saranno sempre uguali quantità di parti che lo spingeranno in una direzione e altre che lo spingeranno nell’opposta, a condizione che la sostanza liquida che lo circonda non abbia un movimento continuo che la porti verso un luogo specifico. Ora suppongo che il corpo B sia circondato da tutte le parti dal liquido FD; ma non importa se si trovi esattamente al suo centro: poiché, anche se ci è più di questo liquido tra B e C che tra B e F, ciò non significa che esso abbia una forza maggiore nel spingere B verso F rispetto a C, perché il liquido agisce su di esso soltanto attraverso le sue parti che entrano in contatto con la sua superficie. Finora abbiamo considerato il corpo B come fermo; ma se ora supponiamo che venga spinto verso C da qualche forza esterna, per quanto piccola possa essere, essa sarà sufficiente non solo a muoverlo, ma anche a unirsi alle parti del liquido FD, determinandole a spingerlo anch’esse verso C e trasmettendogli una parte del loro movimento.
57
La prova dell’articolo precedente.
Afin de connaître ceci plus distinctement, considérons que quand il n’y a point de corps dur dans le corps fluide F D ses petites parties sont disposées comme un anneau, et qu’elles se meuvent circulairement suivant l’ordre des lettres aei ; et que celles qui sont marquées ouyao se meuvent de même suivant l’ordre des lettres ouy. Car, afin qu’un corps soit fluide, les petites parties qui le composent doivent se mouvoir en plusieurs façons différentes, comme il a été déjà remarqué. Mais, supposant que le corps dur B flotte dans le fluide FD entre ses parties a et o sans se mouvoir, considérons ce qui en arrive. Premièrement, il empêche que les petites parties aeio ne passent d’o vers a et n’achèvent le cercle de leur mouvement ; il empêche aussi que celles qui sont marquées ouya ne passent d’a vers o : de plus, celles qui viennent d’i vers o poussent B vers C, et celles qui viennent pareillement d’y vers a, le poussent vers F, d’une force si égale que, s’il n’arrive rien d’ailleurs, elles ne peuvent le faire mouvoir ; mais les unes retournent d’o vers u, et les autres d’a vers e, et au lieu des deux circulations qu’elles faisaient auparavant, elles n’en font plus qu’une suivant l’ordre des lettres aeiouya. Il est donc manifeste qu’elles ne perdent rien de leur mouvement par la rencontre du corps B, et qu’elles changent seulement leur détermination, et ne continuent plus de se mouvoir suivant des lignes si droites ni si approchantes de la droite, que si elles ne le rencontraient point en leur chemin. Enfin, si nous supposons que B soit poussé par quelque force qui n’était pas en lui auparavant, je dis que cette force étant jointe à celle dont les parties du corps fluide qui viennent d’i vers o le poussent vers C, ne saurait être si petite qu’elle ne surmonte celle qui fait que les autres qui viennent d’y vers a le repoussent au contraire, et qu’elle suffit pour changer leur détermination et faire qu’elles se meuvent suivant l’ordre des lettres ayuo, autant qu’il est requis pour ne point empêcher le mouvement du corps B ; parce que quand deux corps sont déterminés à se mouvoir vers deux endroits directement opposés l’un à l’autre et qu’ils se rencontrent, celui qui a plus de force doit changer la détermination de l’autre. Et ce que je viens de remarquer touchant les petites parties aeiouy se doit aussi entendre de toutes les autres parties du corps fluide FD, qui heurtent contre le corps B, à savoir que celles qui le poussent vers C sont opposées à un nombre égal d’autres qui le poussent à l’opposite, et que pour peu de force qui survienne aux unes plus qu’aux autres, ce peu de force suffit pour changer la détermination de celles qui en ont moins ; et quand même elles, ne décriraient pas des cercles tels que ceux qui sont ici représentés, elles emploient sans doute leur agitation à se mouvoir circulairement, ou bien en quelques autres façons équivalentes.
58
Qu’un corps ne doit pas être estimé entièrement fluide au regard d’un corps dur qu’il environne, quand quelques-unes de ses parties se meuvent moins vite que ne fait ce corps dur.
Or la détermination des petites parties du corps fluide qui empêchaient le corps B de se mouvoir vers C. étant ainsi changée, ce corps commencera entièrement de se mouvoir, et aura tout autant de vitesse qu’en a la force qui doit être ajoutée à celles des petites parties de cette liqueur pour le déterminer à ce mouvement ; pourvu toutefois qu’il n’y en ait aucune parmi elles qui ne se meuvent plus vite ou du moins aussi vite que cette force, parce que, s’il y en a quelques-unes qui se meuvent plus lentement, on ne doit pas considérer ce corps comme liquide, en tant qu’il en est composé ; et en ce cas aussi la moindre petite force ne pourrait pas mouvoir le corps dur qui serait dedans, d’autant qu’il faudrait qu’elle fût si grande qu’elle pût surmonter la résistance de celles qui ne se remueraient pas assez vite. Ainsi nous voyons que l’air, l’eau, et les autres corps fluides, résistent assez sensiblement aux corps qui se meuvent parmi eux d’une vitesse extraordinaire, et que ces mêmes liqueurs leur cèdent très aisément lorsqu’ils se meuvent plus lentement.
59
Qu’un corps dur étant poussé par un autre ne reçoit pas de lui seul tout le mouvement qu’il acquiert, mais en emprunte aussi une partie du corps fluide qui l’environne.
Toutefois nous devons penser que, lorsque le corps B est mû par une force extérieure, il ne reçoit pas son mouvement de la seule force qui l’a poussé, mais qu’il en reçoit aussi beaucoup de petites parties du corps fluide qui l’environne ; et que celles qui composent les cercles aeio et ayuo perdent autant de leur mouvement comme elles en communiquent aux parties du corps B qui sont entre o et a, parce que ces parties participent aux mouvements circulaires aeioa et ayuoa, nonobstant qu’elles se joignent sans cesse à d’autres parties de cette liqueur pendant qu’elles avancent vers C, ce qui est cause aussi qu’elles ne reçoivent que fort peu de mouvement de chacune en particulier.
60
Qu’il ne peut toutefois avoir plus de vitesse que ce corps dur ne lui en donne.
Mais il faut que je rende raison pourquoi je n’ai pas dit ci-dessus que la détermination des parties ayuo devait être entièrement changée, mais seulement qu’elle devait l’être autant qu’il était requis pour ne point empêcher le mouvement du corps B ; dont la raison est que ce corps B ne se peut mouvoir plus vite qu’il n’est poussé par la force extérieure, encore que les parties du corps fluide FD aient souvent beaucoup plus d’agitation. Et c’est ce qu’on doit soigneusement observer en philosophant, que de n’attribuer jamais à une cause aucun effet qui surpasse son pouvoir. Car si nous supposons que le corps B, qui était environné de tous côtés de la liqueur FD sans se mouvoir, est maintenant poussé assez lentement par quelque force extérieure, à savoir par celle de ma main, nous ne devons pas croire qu’il se meuve avec plus de vitesse qu’il n’en a reçu de ma main, parce qu’il n’y a que la seule impulsion qu’il a reçue de ma main qui soit cause de ce qu’il se meut ; et bien que les parties du corps fluide se meuvent peut-être beaucoup plus vite, nous ne devons pas croire qu’elles soient déterminées à des mouvements circulaires, tels que aeioa et ayuoa, ou autres semblables qui aient plus de vitesse que la force qui pousse le corps B, mais seulement qu’elles emploient l’agitation qu’elles ont de reste à se mouvoir en plusieurs autres façons.
61
Qu’un corps fluide qui se meut tout entier vers quelque côté emporte nécessairement avec soi tous les corps durs qu’il contient ou environne.
Or il est aisé de connaître, par ce qui vient d’être démontré, qu’un corps dur qui est en repos entre les petites parties d’un corps fluide qui l’environne de tout de tous côtés est également balancé ; en sorte que la moindre petite force le peut pousser de côté et d’autre, nonobstant qu’on le suppose fort grand, soit que cette force lui vienne de quelque cause extérieure, ou qu’elle consiste en ce que tout le corps fluide qui l’environne prend son cours vers un certain côté, de même que les rivières coulent vers la mer, et l’air vers le couchant lorsque les vents d’orient soufflent : car en ce cas il faut que le corps dur qui est environné de tous côtés de cette liqueur soit emporté avec elle ; et la quatrième règle, suivant laquelle il a été dit ci-dessus qu’un corps qui est en repos ne peut être mû par un plus petit, bien que ce plus petit se meuve extrêmement vite, ne répugne en aucune façon à cela.
62
Qu’on ne peut pas dire proprement qu’un corps dur se meut lorsqu’il est ainsi emporté par un corps fluide.
Et même si nous prenons garde à la vraie nature du mouvement, qui n’est proprement que le transport du corps qui se meut du voisinage de quelques autres corps qui le touchent, et que ce transport est réciproque dans les corps qui se touchent l’un l’autre, encore que nous n’ayons pas coutume de dire qu’ils se meuvent tous deux, nous saurons néanmoins qu’il n’est pas si vrai de dire qu’un corps dur se meut lorsque, étant environné de tous côtés d’une liqueur, il obéit à son cours, que s’il avait tant de force pour lui résister qu’il pût s’empêcher d’être emporté par elle, car il s’éloigne beaucoup moins des parties qui l’environnent lorsqu’il suit le cours de cette liqueur que lorsqu’il ne le suit point.
63
D’où vient qu’il y a des corps si durs qu’ils ne peuvent être divisés par nos mains, bien qu’ils soient plus petits qu’elles.
In order to understand this more clearly, let us consider that when there is no solid body within the fluid body FD, its small parts are arranged in a circular pattern, moving in a clockwise direction according to the sequence of the letters aei; those marked ouyao also move in the same manner, following the sequence of the letters ouy. For for a body to be fluid, its constituent small parts must move in various different ways, as has already been observed. However, assuming that the solid body B floats within the fluid FD between its parts a and o without moving, let us consider what happens. Firstly, it prevents the small parts aeio from moving from o towards a and completing their circular motion; it also prevents those marked ouyao from moving from a towards o. Moreover, those parts that move from i towards o push B towards C, while those that move from y towards a push it towards F, with such equal force that, if nothing else intervened, they would not be able to move it at all; but some of these parts return from o towards u, and others from a towards e, so that instead of the two previous circular motions, they now perform only one motion following the sequence of the letters aeiouya. It is therefore clear that their motion is not diminished by encountering the body B; rather, their direction is altered, and they no longer move along straight lines or lines nearly straight, had it not been for this encounter. Finally, if we assume that B is pushed by some force that was not originally present within it, I say that this additional force, combined with the force exerted by the parts of the fluid body FD moving from i towards o and pushing B towards C, would surely be sufficient to overcome the opposing force caused by those parts moving from y towards a and repelling B in the opposite direction. Indeed, such a combination of forces would be enough to change their direction and cause them to move along the sequence of letters ayuo, without preventing the movement of body B at all. For when two bodies are determined to move towards directly opposite directions and they come into contact with each other, the one with greater force must alter the direction of the other. What I have just observed regarding the small parts aeiouy also applies to all other parts of the fluid body FD that come into contact with body B: those that push it towards C are opposed by an equal number of parts that push it in the opposite direction, and any additional force exerted by one group over the other would be sufficient to change the direction of the weaker group. Even if these parts did not describe circular motions, they would undoubtedly use their agitation to move in a cyclical manner or some other equivalent form of motion.
58
Just because some parts of a body move more slowly than the surrounding solid object, it does not mean that the entire body can be considered entirely fluid.
Or, once the determination of those small parts within the fluid that prevent body B from moving towards C is altered, then this entire body will begin to move, and it will acquire exactly the same speed as the force that must be added to the combined forces of those small parts in order to compel it to move in that direction—provided, of course, that none of these small parts move more slowly or at least as slowly as this force. For if any of them moved more slowly, then such a body could not be considered fluid, since it would no longer consist entirely of fluid particles; and in that case, not even the slightest force would be able to move the solid particles within it, since such a force would have to be extraordinarily strong in order to overcome the resistance of those particles that did not move fast enough. Thus, we see that air, water, and other fluids resist considerably the movement of objects moving through them at extremely high speeds; yet these very liquids yield quite easily when those objects move more slowly.
59
When a hard body is pushed by another, it does not acquire all the motion it gains on its own; rather, it also borrows part of the motion from the surrounding fluid bodies.
However, we must consider that when the body B is propelled by an external force, it does not receive its motion solely from that force which has pushed it; rather, it also receives motion from numerous small portions of the fluid surrounding it. Those portions that make up the circles aeio and ayuo lose as much motion as they impart to the parts of body B located between o and a, because these parts participate in the circular motions aeioa and ayuoa. Moreover, since these parts continually merge with other portions of this fluid as they move towards C, it is also why each of them receives very little motion in itself.
60
However, he cannot exceed the speed that this hard body permits him to attain.
But I must explain why I did not state above that the determination of the parts of body B needed to be completely changed; rather, only as much as was necessary to prevent any obstruction to its movement. The reason is that body B cannot move faster than the force exerted upon it by external influences, even though the various parts of the fluid body FD often exhibit much greater agitation. It is essential in philosophical inquiry to never attribute to a cause an effect that exceeds its inherent power. For if we assume that body B, which was previously surrounded by the fluid FD without moving, is now pushed slowly by some external force—say, my hand—we must not conclude that it moves faster than the speed at which it was propelled by my hand. The only cause of its motion is the impulse received from my hand; and although the parts of the fluid body FD may move much more rapidly, we cannot assume that they are compelled to perform circular motions such as aeioa or ayuoa, or any other movements that exceed the force exerted upon body B. Instead, we must recognize that they utilize their inherent agitation to move in various other ways.
61
If a fluid body moves entirely in one direction, it necessarily carries with it all the solid bodies that it contains or surrounds.
Or it is easy to understand, from what has just been demonstrated, that a solid body at rest, surrounded on all sides by a fluid substance, is also in equilibrium; consequently, the slightest force is capable of causing it to move from side to side, even though we assume it to be extremely large. Whether this force originates from some external cause, or arises merely from the fact that the entire surrounding fluid flows in a certain direction—just as rivers flow towards the sea and the air moves towards the west when eastern winds blow—it does not in any way contradict this principle. For in such a case, the solid body must inevitably be carried along with the flowing fluid; and the fourth rule, which states that a stationary body cannot be moved by a smaller force, even if that smaller force moves extremely quickly, is not at all violated by this scenario.
62
It would not be accurate to say that a solid body moves when it is carried along by a fluid body.
And even if we take care to consider the true nature of motion, which is merely the displacement of a body that is in contact with other bodies, and that this displacement is mutual between those bodies in contact, yet we are not accustomed to saying that both bodies move simultaneously; nevertheless, we would realize that it is not entirely accurate to claim that a solid body moves when it is surrounded on all sides by a fluid and follows its flow. For if the body possessed enough strength to resist the fluid’s influence and prevent itself from being carried along, it would move far less away from the surrounding parts than when it actually follows the fluid’s course.
63
Why are there some bodies that are so hard that they cannot be divided by our hands, even though they are smaller than our hands?
Per comprendere più chiaramente questo fenomeno, consideriamo che quando nel corpo fluido FD non vi sono parti dure, queste ultime sono disposte a formare un anello e si muovono in cerchio seguendo l’ordine delle lettere aei; inoltre, le parti contrassegnate con “uyao” si muovono allo stesso modo, secondo l’ordine delle lettere “uy”. Poiché affinché un corpo sia fluido, le sue parti componenti devono muoversi in modi diversi, come già osservato in precedenza. Tuttavia, supponendo che il corpo duro B galleggi nel fluido FD tra le parti a e o senza muoversi, consideriamo cosa ne deriverebbe. Prima di tutto, questo corpo impedisce alle parti aeiio di passare da o verso a, completando così il loro movimento circolare; inoltre, impedisce anche alle parti contrassegnate con “uyao” di passare da a verso o. In più, le parti che vanno da i verso o spingono B verso C, mentre quelle che vanno da y verso a lo spingono verso F, con una forza tale che, se non ci fossero altri fattori in gioco, queste forze non riuscirebbero a muovere il corpo B; tuttavia, alcune di queste parti tornano da o verso u, altre da a verso e, al posto delle due circolazioni precedenti, ne formano ora una sola, seguendo l’ordine delle lettere aeiouya. È quindi evidente che le parti del corpo fluido non perdono nulla del loro movimento a causa dell’incontro con il corpo duro B, ma cambiano semplicemente la direzione del proprio movimento; inoltre, non continuano più a muoversi lungo linee rette o quasi rette, se non incontrassero il corpo B sul loro percorso. Infine, se supponiamo che il corpo B venga spinto da una forza che prima non esisteva in esso, questa forza, unita a quella delle parti del corpo fluido che lo spingono verso C, non potrebbe essere così debole da non superare quella che spinge le altre parti verso l’opposto; anzi, tale forza è sufficiente per cambiare la direzione di movimento di queste ultime e farle muoversi secondo l’ordine delle lettere ayuo, in modo da non impedire il movimento del corpo B stesso. Poiché quando due corpi sono destinati a muoversi verso punti opposti e si incontrano, quello che ha più forza deve modificare la direzione di movimento dell’altro. Quello che ho appena osservato riguardo alle parti aeiouy si applica anche a tutte le altre parti del corpo fluido FD che entrano in contatto con il corpo B: quelle che lo spingono verso C sono contrapposte a un numero uguale di parti che lo spingono nella direzione opposta, e una piccola forza aggiuntiva da una parte può essere sufficiente per modificare la direzione del movimento delle parti più deboli. Anche se queste parti non descrivessero cerchi come quelli rappresentati qui, probabilmente utilizzerebbero comunque il proprio movimento disordinato per spostarsi in cerchio o in altri modi equivalenti.
58
Un corpo non può essere considerato interamente fluido rispetto a un corpo duro che lo circonda, quando alcune delle sue parti si muovono più lentamente di quel corpo duro.
Ora, poiché la determinazione delle piccole parti di quel corpo fluido che impedivano al corpo B di muoversi verso C è cambiata, questo corpo inizierà completamente a muoversi e avrà esattamente la stessa velocità della forza che deve essere aggiunta alle forze di quelle piccole parti per determinarlo a tale movimento; a condizione tuttavia che non vi sia alcuna di queste parti che si muova più velocemente, o almeno con la stessa velocità di quella forza. Infatti, se ci fossero alcune parti che si muovessero più lentamente, non si potrebbe considerare quel corpo fluido, dato che è composto da tali parti; e in tal caso nemmeno la minima forza sarebbe in grado di muovere il corpo solido che si trova al suo interno, poiché tale forza dovrebbe essere così grande da superare la resistenza delle parti che non si muovono abbastanza velocemente. Così vediamo che l’aria, l’acqua e gli altri corpi fluidi resistono in modo piuttosto significativo ai corpi che si muovono al loro interno a una velocità eccezionale, mentre queste stesse sostanze liquide cedono molto facilmente quando i corpi che vi si muovono lo fanno più lentamente.
59
Un corpo duro, quando spinto da un altro, non riceve da quest’ultimo tutta la quantità di movimento che acquisisce, ma ne prende in prestito anche una parte dal corpo fluido che lo circonda.
Tuttavia, dobbiamo considerare che, quando il corpo B viene spinto da una forza esterna, non riceve il proprio movimento soltanto dalla forza che lo ha colpito, ma anche da molte altre piccole parti del fluido che lo circonda; inoltre, quelle parti che compongono i cerchi aeio e ayuo perdono parte del loro movimento nel momento stesso in cui lo trasmettono alle parti del corpo B situate tra o e a, poiché queste ultime partecipano anch’esse ai movimenti circolari aeioa e ayuoa. Questo fenomeno si verifica perché tali parti continuamente si uniscono ad altre parti di quel fluido mentre avanzano verso il punto C, motivo per cui ciascuna di esse riceve in realtà molto poco movimento nel complesso.
60
Tuttavia, non può superare la velocità che quel corpo duro gli permette di raggiungere.
Ma devo spiegare perché non ho detto prima che la determinazione delle parti del corpo B dovesse essere completamente cambiata, ma soltanto modificata nella misura necessaria per non ostacolare il suo movimento; la ragione è che tale corpo non può muoversi più velocemente di quanto sia spinto dalla forza esterna, anche se le parti del fluido FD sono spesso molto più agitate. Ed è proprio questo che bisogna osservare con attenzione nella filosofia: non attribuire mai a una causa un effetto che superi il suo potere. Infatti, se supponiamo che il corpo B, che prima era circondato dal fluido FD senza muoversi, ora venga spinto lentamente da una forza esterna, ad esempio dalla mia mano, non dobbiamo credere che si muova più velocemente di quanto abbia ricevuto da questa forza; l’unica causa del suo movimento è infatti l’impulso ricevuto dalla mia mano. E anche se le parti del fluido FD potrebbero muoversi molto più rapidamente, non dobbiamo pensare che siano destinate a movimenti circolari di velocità superiore a quella della forza che spinge il corpo B, ma soltanto che utilizzino l’agitazione che possiedono per muoversi in altri modi.
61
Un corpo fluido che si muove interamente in una determinata direzione trasporta necessariamente con sé tutti i corpi solidi che contiene o che lo circondano.
È infatti facile comprendere, da quanto appena dimostrato, che un corpo duro fermo tra le piccole parti di un corpo fluido che lo circonda su tutti i lati è anch’esso in equilibrio; pertanto anche la più debole delle forze può spostarlo da una parte all’altra, nonostante si supponga che sia molto grande. Che questa forza provenga da una causa esterna o che derivi dal fatto che l’intero corpo fluido circostante scorre in una determinata direzione – proprio come i fiumi corrono verso il mare e l’aria verso occidente quando soffiano i venti d’est – è del tutto logico. In questo caso, infatti, il corpo duro, circondato su tutti i lati da quel liquido, deve necessariamente essere trascinato insieme ad esso; e la quarta regola, secondo cui un corpo fermo non può essere mosso da uno più piccolo, anche se quest’ultimo si muove estremamente velocemente, non contraddice affatto questa logica.
62
Non si può propriamente dire che un corpo duro si muova quando viene trasportato in questo modo da un corpo fluido.
E anche se facciamo attenzione alla vera natura del movimento, che in realtà non è altro che il trasporto di un corpo che si trova nelle vicinanze di altri corpi che lo toccano, e che questo trasporto è reciproco tra i corpi che si toccano a vicenda, anche se non abbiamo l’abitudine di dire che entrambi i corpi si muovono, sappiamo comunque che non è del tutto vero affermare che un corpo duro si muove quando, essendo circondato da tutti i lati da una qualche sostanza liquida, segue il suo corso; infatti, se quel corpo avesse abbastanza forza per resistere a tale movimento e potesse impedirsi di essere trascinato via dalla sostanza liquida, allora si allontanerebbe molto meno dalle parti che lo circondano quando segue il corso di quella sostanza rispetto a quando non la segue affatto.
63
Da dove derivano corpi così duri da non poter essere divisi con le nostre mani, sebbene siano più piccoli di esse?
Après avoir montré que la facilité que nous avons quelquefois à mouvoir de fort grands corps, lorsqu’ils flottent ou sont suspendus en quelque liqueur, ne répugne point à la quatrième règle ci-dessus expliquée, il faut aussi que je montre comment la difficulté que nous avons a en rompre d’autres qui sont assez petits se peut accorder avec la cinquième. Car, s’il est vrai que les parties des corps durs ne soient jointes ensemble par aucun ciment, et qu’il n’y ait rien du tout qui empêche leur séparation, sinon qu’elles sont en repos les unes, contre les autres, ainsi qu’il a été tantôt dit, et qu’il soit vrai aussi qu’un corps qui se meut, quoique lentement, a toujours assez de force pour en mouvoir un autre plus petit qui est en repos, ainsi qu’enseigne cette cinquième règle, on peut demander pourquoi nous ne pouvons avec la seule force de nos mains rompre un clou ou un autre morceau de fer qui est plus petit qu’elles ; d’autant que chacune des moitiés de ce clou peut être prise pour un corps qui est en repos contre son autre moitié, et qui doit ce semble en pouvoir être séparé par la force de nos mains, puisqu’il n’est pas si grand qu’elles, et que la nature du mouvement consiste en ce que le corps qu’on dit se mouvoir est séparé des autres corps qui le touchent. Mais il faut remarquer que nos mains sont fort molles, c’est-à-dire qu’elles participent davantage de la nature des corps liquides que des corps durs ; ce qui est cause que toutes les parties dont elles sont composées n’agissent pas ensemble contre le corps que nous voulons séparer, et qu’il n’y a que celles qui, en le touchant, s’appuient conjointement sur lui. Car, comme la moitié d’un clou peut être prise pour un corps, à cause qu’on la peut séparer de son autre moitié, de même la partie de notre main qui touche cette moitié de clou, et qui est beaucoup plus petite que la main entière, peut être prise pour un autre corps, à pause qu’elle peut être séparée des autres parties qui composent cette main ; et parce qu’elle peut être séparée plus aisément du reste de la main qu’une partie de clou du reste du clou, et que nous sentons de la douleur lorsqu’une telle séparation arrive aux parties de notre corps, nous ne saurions rompre un clou avec nos mains : mais si nous prenons un marteau, ou une lime, ou des ciseaux, ou quelque autre tel instrument, et nous en servons en telle sorte que nous appliquions la force de notre main contre la partie du corps que nous voulons diviser, qui doit être plus petite que la partie de l’instrument que nous appliquons contre elle, nous pourrons venir à bout de la dureté de ce corps, bien qu’elle soit fort grande.
64
Que je ne reçois point de principes en physique qui ne soient aussi reçus en mathématique, afin de pouvoir prouver par démonstration tout ce que j’en déduirai, et que ces principes suffisent, d’autant que tous les phénomènes de la nature peuvent être expliqués par leur moyen.
Je n’ajoute rien ici touchant les figures, ni comment de leurs diversités infinies il arrive dans les mouvements des diversités innombrables, d’autant que ces choses pourront être assez entendues d’elles-mêmes lorsqu’il sera temps d’en parler, et que je suppose que ceux qui liront mes écrits savent les éléments de la géométrie, ou pour le moins qu’ils ont l’esprit propre à comprendre les démonstrations de mathématique. Car j’avoue franchement ici que je ne connais point d’autre matière des choses corporelles que celle qui peut être divisée, figurée et mue en toutes sortes de façons, c’est-à-dire celle que les géomètres nomment la quantité et qu’ils prennent pour l’objet de leurs démonstrations ; et que je ne considère en cette matière que ses divisions, ses figures et ses mouvements ; et enfin que touchant cela je ne veux rien recevoir pour vrai, sinon ce qui en sera déduit avec tant d’évidence qu’il pourra tenir lieu d’une démonstration mathématique. Et, d’autant que par ce moyen on peut rendre raison de tous les phénomènes de la nature, comme on pourra voir par ce qui suit, je ne pense pas qu’on doive recevoir d’autres principes en physique, ni même qu’on en doive souhaiter d’autres que ceux qui sont ici expliqués.
Troisième partie
DU MONDE VISIBLE
1
Qu’on ne saurait penser trop hautement des œuvres de Dieu.
Après avoir rejeté ce que nous avions autrefois reçu en notre créance avant que de l’avoir suffisamment examiné, puisque la raison toute pure nous a fourni assez de lumière pour nous faire découvrir quelques principes des choses matérielles, et qu’elle nous les a présentés avec tant d’évidence que nous ne saurions plus douter de leur vérité, il faut maintenant essayer si nous pourrons déduire de ces seuls principes l’explication de tous les phénomènes, c’est-à-dire des effets qui sont en la nature, et que nous apercevons par l’entremise de nos sens. Nous commencerons par ceux qui sont les plus généraux et dont tous les autres dépendent, à savoir par l’admirable structure de ce monde visible. Mais, afin que nous puissions nous garder de nous méprendre en les examinant, il me semble que nous devons soigneusement observer deux choses : la première est que nous nous remettions toujours devant les yeux que la puissance et la bonté de Dieu sont infinies, afin que cela nous fasse connaître que nous ne devons point craindre de faillir en imaginant ses ouvrages trop grands, trop beaux ou trop parfaits ; mais que nous pouvons bien manquer, au contraire, si nous supposons en eux quelques bornes ou quelques limites dont nous n’ayons aucune connaissance certaine.
2
Qu’on présumerait trop de soi-même si on entreprenait de connaître la fin que Dieu s’est proposée en créant le monde.
La seconde est que nous nous remettions aussi toujours devant les yeux que la capacité de notre esprit est fort médiocre, et que nous ne devons pas trop présumer de nous-mêmes, comme il semble que nous ferions si nous supposions que l’univers eût quelques limites, sans que cela nous en créant le fût assuré par révélation divine, ou du moins par des raisons naturelles fort évidentes, parce que ce serait vouloir que notre pensée pût s’imaginer quelque chose au-delà de ce à quoi la puissance de Dieu s’est étendue en créant le monde ; mais aussi encore plus si nous nous persuadions que ce n’est que pour notre usage que Dieu a créé toutes les choses, ou bien seulement si nous prétendions de pouvoir connaître par la force de notre esprit quelles sont les fins pour lesquelles il les a créées.
3
En quel sens on peut dire que Dieu a créé toutes choses pour l’homme.
Car encore que ce soit une pensée pieuse et bonne, en ce qui regarde les mœurs, de croire que Dieu a fait toutes choses pour nous, afin que cela nous excite d’autant plus à l’aimer et à lui rendre grâces de tant de bienfaits, encore aussi qu’elle soit vraie en quelque sens, à cause qu’il n’y a rien de créé dont nous ne puissions tirer quelque usage, quand ce ne serait que celui d’exercer notre esprit en le considérant, et d’être incités à louer Dieu par son moyen, il n’est toutefois aucunement vraisemblable que toutes choses aient été faites pour nous, en telle façon que Dieu n’ait eu aucune autre fin en les créant ; et ce serait, ce me semble, être impertinent de se vouloir servir de cette opinion pour appuyer des raisonnements de physique ; car nous ne saurions douter qu’il n’y ait une infinité de choses qui sont maintenant dans le monde, ou bien qui y ont été autrefois, et ont déjà entièrement cessé d’être, sans qu’aucun homme les ait jamais vues ou connues, et sans qu’elles lui aient jamais servi à aucun usage.
4
Des phénomènes ou expériences, et à quoi elles peuvent ici servir.
Or les principes que j’ai ci-dessus expliqués sont si amples qu’on en peut déduire beaucoup plus de choses que nous n’en voyons monde, et même beaucoup plu que nous n’en saurions parcourir de la pensée en tout le temps de notre vie. C’est pourquoi je ferai ici une briève description des principaux phénomènes dont je prétends rechercher les causes ; non point afin d’en tirer des raisons qui servent à prouver ce que j’ai à dire ci-après, car j’ai dessein d’expliquer les effets par leurs causes, et non les causes par leurs effets, mais afin que nous puissions choisir entre une infinité d’effets qui peuvent être déduits des mêmes causes ceux que nous devons principalement tâcher d’en déduire.
5
Quelle proportion il y a entre la terre, le soleil et la lune, à raison de leurs distances et de leurs grandeurs.
After having shown that the ease with which we sometimes manage to move very large objects when they are floating or suspended in some liquid does not contradict the fourth rule explained above, it is also necessary for me to demonstrate how the difficulty we encounter in breaking apart smaller objects can be reconciled with the fifth rule. For if it is true that the parts of solid bodies are not held together by any kind of adhesive substance, and if there is nothing at all preventing their separation except that they are in contact with each other as mentioned earlier, and if it is also true that a moving object, even if slowly, always possesses enough force to move another smaller object that is at rest, as the fifth rule teaches, then one might ask why we are unable to break a nail or some other piece of iron that is smaller than our hands using only the strength of our hands. After all, each half of a nail could be considered a separate body at rest in relation to the other half, and it seems that they could be separated by the force of our hands since the nail is not larger than them. Moreover, the essence of motion lies in the separation of a moving object from other surrounding objects. However, it must be noted that our hands are quite soft, meaning they possess more of the characteristics of liquid substances than solid ones. As a result, not all the parts of our hands work together to exert force against the object we wish to separate; only those parts that come into direct contact with it do so. Just as one half of a nail can be considered a separate body because it can be separated from the other half, the part of our hand that touches the nail—being much smaller than the entire hand—can also be regarded as a separate entity that can be separated from the rest of the hand. Since this part of the hand can be separated more easily than a nail from its counterpart, and since we feel pain when such separation occurs in our own bodies, it is clear that we cannot break a nail with our hands alone. But if we use a hammer, file, scissors, or some other tool and apply force through it against the part of the object we wish to separate—ensuring that this part is smaller than the tool we are using—we will be able to overcome the hardness of that object, no matter how great it may be.
64
That I should not receive any principles in physics that are not also accepted in mathematics, so that I can prove by demonstration everything I derive from them; and that these principles are sufficient, since all phenomena in nature can be explained through them.
I add nothing here regarding figures or how, from their infinite variety, they give rise to countless different movements and configurations. These matters will be sufficiently understood in their own right when the time comes to discuss them; moreover, I assume that those who read my writings possess at least a basic knowledge of geometry or the mental capacity necessary to comprehend mathematical demonstrations. For I must frankly admit that I know of no other aspect of material things except that which can be divided, represented, and manipulated in various ways—that is, what geometers call “quantity” and which they take as the object of their proofs. In this regard, I consider only its divisions, figures, and movements. And finally, regarding these matters, I am willing to accept as true only what can be deduced from them with such evident clarity that it could serve as a mathematical proof. Moreover, since this approach enables us to explain all natural phenomena, as will be shown below, I do not believe that any other principles are needed in physics—nor indeed that we should seek any others beyond those explained here.
Third Part
THE Visible World
1
One can never praise the works of God too highly.
After having rejected what we had once accepted as true without examining it thoroughly enough—since pure reason has provided us with sufficient light to discover some fundamental principles of the material world and presented them to us in such an evident manner that we can no longer doubt their truth—we must now attempt to see whether we can derive an explanation for all phenomena, that is, for those effects that exist in nature and that we perceive through our senses. We will begin with those phenomena that are most general and from which all others depend, namely the magnificent structure of this visible world. However, in order to avoid misunderstanding these phenomena upon examination, it seems to me necessary to carefully consider two points: first, we must always keep in mind that the power and goodness of God are infinite; this will help us understand that we need not fear making mistakes in attempting to comprehend His works, which are so great, so beautiful, or so perfect. On the contrary, we would indeed be mistaken if we assumed that these works have any boundaries or limitations of which we have no certain knowledge.
2
It would be an overestimation of one’s own abilities to attempt to comprehend the purpose that God had in mind when he created the world.
The second point is that we must always keep in mind that the capacity of our minds is quite limited; therefore, we should not overestimate ourselves. It would be foolish to assume that the universe has any limitations, unless such limitations are clearly established through divine revelation or through extremely evident natural reasons. Indeed, it would imply that our human intellect is capable of conceiving something beyond what God’s power has enabled Him to create in the world. Moreover, it would be even more erroneous to believe that God created all things solely for our use, or to claim that we can discern by the power of our minds the purposes for which He created them.
3
In what sense can it be said that God created all things for man?
For although it is a pious and good thought, in terms of morality, to believe that God has created all things for our benefit, so as to inspire us even more to love Him and give thanks for His many blessings, and although this belief is true in some sense—since there is nothing in creation that we cannot utilize, even if it is merely to exercise our minds by contemplating it and to be encouraged to praise God through it—it is nonetheless entirely unlikely that all things were created solely for our use. Moreover, I believe it would be inappropriate to use this opinion to support arguments in physics; for we cannot doubt that there are countless things in the world that exist either now or at some point in the past, yet have since completely ceased to exist, without ever having been seen or known by any human being, and without ever having served any purpose for us.
4
Phenomena or experiences, and how they can be useful here.
Or the principles that I have explained above are so broad that one can derive from them far more things than we currently perceive, and even far more than we could possibly come to understand in the course of our entire lives through contemplation of thought. For this reason, I will here provide a brief description of the main phenomena whose causes I aim to investigate; not in order to establish arguments that would serve to prove what I have to say later on, for my intention is to explain the effects in terms of their causes, and not the causes in terms of their effects. Rather, it is so that we may be able to distinguish among the countless effects that can be derived from the same causes those ones that we should primarily strive to ascertain.
5
What is the ratio between the earth, the sun, and the moon in terms of their distances and sizes?
Dopo aver dimostrato che la facilità con cui talvolta riusciamo a muovere corpi molto grandi quando questi galleggiano o sono sospesi in qualche liquido non contraddice affatto la quarta regola spiegata sopra, devo anche mostrare come la difficoltà che incontriamo nel rompere altri corpi più piccoli possa essere compatibile con la quinta regola. Poiché, se è vero che le parti dei corpi duri non sono unite da alcun legame e che non esiste nulla che impedisca loro di separarsi, se non il fatto che siano in quiete una contro l’altra, come già detto in precedenza, e poiché è vero anche che un corpo che si muove, per quanto lentamente, possiede sempre abbastanza forza per muovere un altro corpo più piccolo che sia fermo, come insegna questa quinta regola, ci si può chiedere perché non riusciamo a rompere con la sola forza delle nostre mani un chiodo o un altro pezzo di ferro che è più piccolo di esse. Dopotutto, ciascuna metà di quel chiodo può essere considerata un corpo fermo rispetto all’altra metà, e sembrerebbe quindi possibile separarle con la forza delle nostre mani, dato che non sono così grandi come quelle parti del chiodo. Inoltre, poiché il movimento consiste nel fatto che un corpo viene separato dagli altri corpi che lo toccano, si potrebbe pensare che anche le nostre mani, essendo molto più morbide dei corpi duri, dovrebbero riuscire a rompere facilmente tali oggetti. Tuttavia, le nostre mani sono in realtà piuttosto molli e partecipano maggiormente della natura dei corpi liquidi che di quella dei corpi duri; per questo motivo, non tutte le parti delle nostre mani agiscono insieme contro il corpo che vogliamo separare, ma solo quelle che lo toccano e si appoggiano su di esso. Poiché la metà di un chiodo può essere considerata un corpo fermo rispetto all’altra metà, allo stesso modo la parte della nostra mano che tocca quella metà del chiodo – essendo molto più piccola dell’intera mano – può essere considerata un altro corpo che può essere separato dalle altre parti della mano stessa. Poiché questa separazione avviene più facilmente rispetto a quanto accade con una parte di chiodo rispetto al resto del chiodo, e poiché sentiamo dolore quando tali separazioni avvengono nelle nostre mani, non riusciamo quindi a rompere un chiodo con le sole mani. Ma se utilizziamo un martello, una lima, delle forbici o qualche altro strumento, e applichiamo la forza della nostra mano contro la parte del corpo che vogliamo separare – che deve essere più piccola della parte dello strumento che usiamo – allora possiamo superare la durezza di quel corpo, anche se essa è molto grande.
64
Che io non riceva in fisica principi diversi da quelli accettati in matematica, affinché possa dimostrare con argomentazioni logiche tutto ciò che ne dedurrò, e che tali principi siano sufficienti, poiché tutti i fenomeni della natura possono essere spiegati attraverso di essi.
Non aggiungo nulla riguardo alle figure geometriche, né su come, dalle loro infinite varietà, possano derivare i movimenti di una miriade di forme diverse; inoltre, queste cose potranno essere comprese facilmente da sole quando verrà il momento di discuterne, e suppongo che coloro che leggeranno le mie scritture conoscano gli elementi della geometria, o almeno abbiano l’intelligenza necessaria per comprendere le dimostrazioni matematiche. Ammetto apertamente di non conoscere alcun’altra realtà dei corpi materiali se non quella che può essere divisa, rappresentata e manipolata in mille modi diversi; questa è proprio quella che i geometri chiamano “quantità” e che considerano oggetto delle loro dimostrazioni. In questa materia, considero soltanto le sue divisioni, le sue figure e i suoi movimenti; e riguardo a tutto ciò, non accetto come vero nulla se non ciò che ne deriva in modo così evidente da poter essere considerato una dimostrazione matematica. Poiché, con questo metodo, si possono spiegare tutti i fenomeni della natura, come vedremo più avanti, non ritengo necessario adottare altri principi in fisica, né desiderare altri che quelli qui esposti.
Terza parte
DEL MUNDO VISTIBILE
1
Non si potrebbe mai lodare abbastanza le opere di Dio.
Dopo aver rifiutato ciò che un tempo avevamo accettato come verità senza esaminarlo a fondo, poiché la ragione pura ci ha fornito abbastanza luce per scoprire alcuni principi fondamentali delle cose materiali e ce li ha presentati con tale evidenza da renderci impossibile dubitare della loro veridicità, ora dobbiamo cercare di dedurre da questi stessi principi una spiegazione per tutti i fenomeni, cioè per gli effetti che esistono nella natura e che percepiamo attraverso i nostri sensi. Cominceremo da quelli che sono più generali e dai quali dipendono tutti gli altri, ovvero dall’incantevole struttura di questo mondo visibile. Tuttavia, affinché non ci inganniamo nell’esaminarli, ritengo sia necessario osservare attentamente due cose: la prima è ricordare sempre che il potere e la bontà di Dio sono infiniti; questo ci farà comprendere che non dobbiamo temere di sbagliare nell’immaginare le sue opere come troppo grandi, troppo belle o troppo perfette, ma al contrario possiamo certamente errare se supponiamo in esse alcune limitazioni di cui non abbiamo alcuna conoscenza certa.
2
Sarebbe un eccesso di presunzione tentare di comprendere quale fine Dio si fosse prefisso creando il mondo.
La seconda considerazione è che dobbiamo sempre ricordare quanto sia assai limitata la capacità del nostro intelletto, e quindi non dovremmo sopravvalutarci troppo; questo sembrerebbe avvenire se presumessimo che l’universo abbia delle limitazioni, senza che tale ipotesi fosse confermata da rivelazioni divine o, almeno, da ragioni naturalmente evidenti. Inoltre, sarebbe ancora più errato convincerci che Dio abbia creato tutte le cose esclusivamente per il nostro uso, o pretendere di poter conoscere, con la sola forza del nostro intelletto, quali siano gli scopi per cui le ha create.
3
In questo senso, si può dire che Dio abbia creato tutte le cose per l’uomo.
Anche se è un pensiero pio e nobile, dal punto di vista morale, credere che Dio abbia creato tutte le cose appositamente per noi, al fine di stimolarci ancora di più ad amarlo e a ringraziarlo per tanti benefici, anche se in qualche senso questa idea è vera – poiché non esiste nulla di creato che non possiamo utilizzare, anche solo per esercitare il nostro intelletto nel considerarlo e essere spinti a lodare Dio attraverso di esso – tuttavia non è affatto verosimile che tutte le cose siano state create appositamente per noi, in modo tale che Dio non avesse alcun altro scopo nella loro creazione. Inoltre, mi sembra che sia del tutto inappropriato utilizzare questo punto di vista per supportare ragionamenti di natura fisica; poiché non possiamo dubitare che esistano infinite cose che attualmente si trovano nel mondo, o che in passato siano esistite e ora siano completamente scomparse, senza che alcun uomo le abbia mai viste o conosciute, e senza che abbiano mai avuto alcuna utilità per lui.
4
Fenomeni o esperienze, e a cosa possono essere utili in questo contesto.
Ora, i principi che ho spiegato sopra sono così ampi che ne possiamo dedurre molte più cose di quante ne vediamo effettivamente nel mondo, e persino molto di più di quanto riusciremmo a comprendere attraverso il pensiero nell’arco di tutta la nostra vita. Per questo motivo, fornirò qui una breve descrizione dei principali fenomeni i cui motivi intendo cercare; non certo al fine di trarne argomentazioni utili a dimostrare ciò che dirò in seguito, poiché ho l’intenzione di spiegare gli effetti attraverso le loro cause, e non le cause attraverso gli effetti. Ma piuttosto affinché possiamo scegliere, tra un’infinità di effetti che possono essere dedotti dalle stesse cause, quelli che dobbiamo principalmente cercare di individuare.
5
Qual è la proporzione tra la terra, il sole e la luna, in base alle loro distanze e alle loro dimensioni?
Il nous semble d’abord que la terre est beaucoup plus grande que tous les autres corps qui sont au monde, et que la lune et le soleil sont plus grands que les étoiles ; mais, si nous corrigeons le défaut de notre vue par des raisonnements de géométrie qui sont infaillibles, nous connaîtrons premièrement que la lune est éloignée de nous d’environ trente diamètres de la terre, et le soleil de six ou sept cents : et, comparant ensuite ces distances avec le diamètre apparent du soleil et de la lune, nous trouverons que la lune est plus petite que la terre, et que le soleil est beaucoup plus grand.
6
Quelle distance il y a entre les autres planètes et le soleil.
Nous connaîtrons aussi, par l’entremise de nos yeux lorsqu’ils seront aidés de la raison, que Mercure est distant du soleil de plus de deux cents diamètres de la terre ; Vénus, de plus de quatre cents ; Mars, de neuf cents ou mille ; Jupiter, de trois mille et davantage ; et Saturne, de cinq ou six mille.
7
Qu’on peut supposer les étoiles fixes autant éloignées qu’on veut.
Pour ce qui est des étoiles fixes, selon leurs apparences nous ne devons point croire qu’elles soient plus proches de la terre ou du soleil que Saturne ; mais aussi nous n’y remarquons rien qui nous puisse empêcher de les supposer plus éloignées, même jusqu’à une distance indéfinie : et nous pourrons même conclure de ce que je dirai ci-après touchant le mouvement des cieux, qu’elles sont si éloignées de la terre que Saturne, à comparaison d’elles, en est extrêmement proche.
8
Que la terre étant vue du ciel, ne paraîtrait que comme une planète moindre que Jupiter ou Saturne.
Ensuite de quoi il est aisé de connaître celui qui les regarderait de Jupiter ou de Saturne, que ne paraît Jupiter ou Saturne au même spectacle qui les regarde de la terre, et que si on regardait le soleil de dessus quelque étoile fixe, il ne paraîtrait peut-être pas plus grand que les étoiles paraissent à ceux qui les regardent du lieu où nous sommes : de sorte que si nous voulons comparer les parties du monde visible les unes aux autres et juger de leurs grandeurs sans prévention, nous ne devons point croire que la lune, ou la terre, ou le soleil, soient plus grands que les étoiles.
9
Que la lumière du soleil et des étoiles fixes leur est propre.
Mais outre que les étoiles ne sont pas égales en grandeur, on y remarque encore cette différence, que les unes brillent de leur propre lumière, et que les autres réfléchissent seulement celle qu’elles ont reçue d’ailleurs. Premièrement, nous ne saurions douter que le soleil n’ait en soi cette lumière qui nous éblouit lorsque nous le regardons trop fixement ; car elle est si grande que toutes les étoiles ensemble ne lui en pourraient pas tant communiquer, parce que celle qu’elles nous envoient est incomparablement plus faible que la sienne, bien qu’elles ne soient pas tant éloignées de nous que de lui ; et s’il y avait dans le monde quelque autre corps plus brillant duquel il empruntât sa lumière, il faudrait que nous le vissions. Mais si nous considérons aussi combien sont vifs et étincelants les rayons des étoiles fixes nonobstant qu’elles soient extrêmement éloignées de nous et du soleil, nous ne ferons pas difficulté de croire qu’elles lui ressemblent ; en sorte que si nous étions aussi proches de quelques-unes d’elles que nous sommes de lui, celle-là nous paraîtrait grande et lumineuse comme un soleil.
10
Que celle de la lune et des autres planètes est empruntée du soleil.
Au contraire, de ce que nous voyons que la lune n’éclaire que du côté qui est opposé au soleil, nous devons croire qu’elle n’a point de lumière qui lui soit propre, et qu’elle renvoie seulement vers nos yeux les rayons qu’elle a reçus du soleil. Cela a été observé depuis peu sur Vénus, avec des lunettes de longue vue ; et nous pouvons juger le semblable de Mercure, Mars, Jupiter et Saturne, parce que leur lumière nous paraît beaucoup plus faible et moins éclatante que celle des étoiles fixes, et que ces planètes ne sont pas si éloignées du soleil qu’elles n’en puissent être éclairées.
11
Qu’en ce qui est de la lune, la terre est semblable aux planètes.
Enfin, de ce que nous voyons que les corps dont la terre est composée sont opaques, et qu’ils renvoient les rayons qu’ils reçoivent du soleil pour le moins aussi fort que la lune (car les nuages qui l’environnent, bien qu’ils ne soient composés que de celles de ses parties qui sont les moins opaques et les moins propres à réfléchir la lumière, nous paraissent aussi blancs que la lune lorsqu’ils sont éclairés du soleil), nous devons conclure que la terre, en ce qui est de la lumière, n’est point différente de la lune, de Vénus, de Mercure, et des autres planètes.
12
Que la lune, lorsqu’elle est nouvelle, est illuminée par la terre.
Nous en serons encore plus assurés si nous prenons garde à une certaine lumière faible qui paraît sur la partie de la lune qui n’est point éclairée du soleil lorsqu’elle est nouvelle, qui sans doute lui est envoyée de la terre par réflexion, puisqu’elle diminue peu à peu, à mesure que la partie de la terre qui est éclairée du soleil se détourne de la lune.
13
Que le soleil peut être mis au, nombre des étoiles fixes, et la terre au nombre des planètes.
Tellement que si nous supposions que quelqu’un de nous fût dessus Jupiter et qu’il considérât notre terre, il est évident qu’elle lui paraîtrait plus petite, mais peut-être aussi lumineuse que Jupiter nous paraît, et qu’elle paraîtrait plus grande au même spectateur s’il était sur quelque autre planète plus voisine ; mais qu’il ne la verrait point du tout s’il était sur quelqu’une des étoiles fixes, à cause de la trop grande distance : ainsi la terre pourra être mise au nombre des planètes, et le soleil au nombre des étoiles fixes.
14
Que les étoiles fixes demeurent toujours en même situation au regard l’une de l’autre, et qu’il n’en est pas de même des planètes.
Il y a encore une autre différence entre les étoiles, qui consiste en ce que les unes gardent un même ordre entre elles et se trouvent toujours également distantes, ce qui est cause qu’on les nomme fixes, et que les autres changent continuellement de situation, ce qui est cause qu’on les nomme planètes ou étoiles errantes.
15
Qu’on peut user de diverses hypothèses pour expliquer les phénomènes des planètes.
Et comme celui qui, étant en mer pendant un temps calme, regarde quelques autres vaisseaux assez éloignés qui lui semblent changer de situation, ne saurait dire bien souvent si c’est le vaisseau sur lequel il est, ou les autres, qui en se remuant causent un tel changement ; ainsi, lorsque nous regardons du lieu où nous sommes le cours des planètes et leurs différentes situations, après les avoir bien considérées, nous n’en Saurions tirer aucun éclaircissement qui soit tel que nous puissions déterminer par ce qui nous paraît quel est celui de ces corps auquel nous devons proprement attribuer la cause de ces changements, et parce qu’ils sont inégaux et fort embrouillés, il n’est pas aisé de les démêler, si, de toutes les façons dont on les peut concevoir, nous n’en choisissons une suivant laquelle nous supposions qu’ils se fassent. A cette fin les astronomes ont inventé trois différentes hypothèses, ou suppositions, qu’ils ont seulement tâché de rendre propres à expliquer tous les phénomènes, sans s’arrêter particulièrement à examiner si elles étaient avec cela conformes à la vérité.
16
Qu’on ne les peut expliquer tous par celle de Ptolémée.
Ptolémée inventa la première ; mais comme elle est aujourd’hui désapprouvée de tous les philosophes, parce qu’elle est contraire à plusieurs observations qui ont été faites depuis peu, et particulièrement aux Changements de lumière qu’on remarque sur Vénus, semblables à ceux qui se font sur la lune, je n’en parlerai pas ici davantage.
17
Que celles de Copernic et de Tycho ne diffèrent point, si on ne les considère que comme hypothèses.
La seconde est de Copernic, et la troisième de Tycho-Brahé, lesquelles deux, en tant qu’on les prend seulement pour des suppositions, expliquent également bien les phénomènes, et il n’y a pas beaucoup de différence entre elles, néanmoins celle de Copernic me semble quelque peu plus simple et plus claire ; de sorte que Tycho n’a pas eu sujet de la changer, sinon parce qu’il essayait d’expliquer comment la chose était en effet, et non pas seulement par hypothèse.
18
Que par celle de Tycho on attribue en effet plus de mouvement à la terre que par celle de Copernic, bien qu’on lui en attribue moins en paroles.
At first glance, it seems to us that the earth is much larger than all other bodies in the world, and that the moon and the sun are larger than the stars; but if we correct the distortions of our perception through geometric reasoning that is infallible, we will discover that the moon is actually about thirty times the distance of the earth from us, while the sun is six or seven hundred times that distance. Moreover, when we compare these distances with the apparent diameters of the sun and the moon, we will see that the moon is smaller than the earth, and that the sun is far, much larger.
6
What is the distance between the other planets and the sun?
We will also come to know, through the use of our eyes aided by reason, that Mercury is more than two hundred times the distance from the Earth to the Sun away; Venus, more than four hundred times; Mars, nine hundred or a thousand times; Jupiter, three thousand times or more; and Saturn, five or six thousand times.
7
One may assume that fixed stars are as distant as one wishes to believe them to be.
As for the fixed stars, based on their appearances alone, we have no reason to believe that they are any closer to Earth or the Sun than Saturn; moreover, there is nothing that would prevent us from assuming that they are even farther away, perhaps at an indefinite distance. In fact, what I will say later regarding the motion of the heavens leads us to conclude that these stars are so distant from Earth that Saturn, in comparison to them, is actually extremely close by.
8
If one were to view the earth from heaven, it would appear merely as a planet smaller than Jupiter or Saturn.
Thereafter, it becomes easy to understand how those who observe these phenomena from Jupiter or Saturn would perceive them; after all, Jupiter or Saturn would appear in exactly the same way as they are seen from Earth. Moreover, if we were to observe the Sun from some distant star, it might not seem any larger than the stars do to those who view them from where we are. Therefore, if we wish to compare different parts of the visible world and assess their sizes without prejudice, we must not assume that the Moon, the Earth, or the Sun are any bigger than the stars.
9
May the light of the sun and the fixed stars be their own.
But besides the fact that stars are not equal in size, there is also this difference: some shine with their own light, while others merely reflect the light they have received from elsewhere. First and foremost, we cannot doubt that the sun itself possesses that light which blinds us when we look at it too intently; for its intensity is so great that all the stars combined could not possibly transmit to it as much light as it emits, since the light they send to us is incomparably weaker than its own—even though they are not so far from us as they are from the sun. Moreover, if there were some other celestial body in the world that were even brighter and borrowed their light from the sun, we would surely be able to see it. But when we consider how intense and dazzling the rays of those fixed stars are, despite their immense distance from both us and the sun, it is not difficult to believe that they resemble the sun in some way; consequently, if we were as close to some of these stars as we are to the sun itself, they would appear to us to be just as large and luminous as the sun.
10
That the moon’s and other planets’ light is borrowed from the sun.
On the contrary, since we observe that the moon shines only on the side opposite to the sun, we must conclude that it does not possess any light of its own, but merely reflects towards our eyes the rays it receives from the sun. This phenomenon was recently observed on Venus using telescopes; and we can infer the same for Mercury, Mars, Jupiter, and Saturn, because their light appears much weaker and less brilliant than that of the fixed stars. Moreover, these planets are not so far from the sun that they could not be illuminated by it.
11
As for the moon, the earth is similar to the planets.
Finally, since we observe that the bodies from which the earth is composed are opaque and that they reflect the rays received from the sun with at least as much intensity as the moon does (for the clouds surrounding the moon, although they consist only of those parts of it that are the least opaque and least capable of reflecting light, still appear to us as white as the moon when illuminated by the sun), we must conclude that the earth, in terms of its interaction with light, is no different from the moon, Venus, Mercury, and the other planets.
12
That the moon, when it is new, is illuminated by the earth.
We will be even more certain of this if we observe a certain faint light that appears on the part of the moon that is not illuminated by the sun when it is in its new phase. This light must undoubtedly be reflected from the earth towards the moon; moreover, it gradually diminishes as the part of the earth that is exposed to the sun moves away from the moon.
13
The sun can be classified among the fixed stars, and the earth among the planets.
To such an extent that if we assumed someone of us were on Jupiter and looked at our Earth, it would undoubtedly appear smaller to them; yet perhaps it would also seem as bright as Jupiter appears to us. Moreover, the same person would find the Earth larger if they were on some other, closer planet. But if they were on one of the fixed stars, they would not be able to see the Earth at all due to the immense distance. Thus, the Earth could be classified as a planet, just as the Sun could be considered one of the fixed stars.
14
That fixed stars always remain in the same relative positions with respect to each other, whereas planets are not so.
There is yet another difference among stars: some maintain the same relative order and always remain at equal distances from each other, which is why they are called fixed stars; whereas others continually change their position, which is why they are called planets or wandering stars.
15
Various hypotheses can be employed to explain the phenomena observed on planets.
Just as someone who is at sea during calm weather may observe several distant ships that seem to be changing position, but often cannot tell whether it is their own ship or the other ships moving that cause such changes; in the same way, when we observe from where we are the movements of the planets and their various positions, after careful consideration, we are unable to draw any conclusions that would allow us to determine which of these celestial bodies is actually responsible for these changes. Moreover, since these phenomena are complex and confusing, it is not easy to sort them out unless we choose one particular way of understanding them. For this reason, astronomers have proposed three different hypotheses or theories, attempting merely to explain all the observed phenomena, without bothering to verify whether they correspond to the truth.
16
Not all of them can be explained by Ptolemy’s theory.
Ptolemy invented the first one; but since it is now disapproved by all philosophers, because it contradicts several observations made recently—especially those regarding the changes in light observed on Venus, which are similar to those that occur on the moon—I will not discuss it further here.
17
The theories of Copernicus and Tycho differ not at all when regarded merely as hypotheses.
The second one is by Copernicus, and the third one by Tycho-Brahé; both of these, when taken merely as hypotheses, explain the phenomena quite well, and there isn’t much difference between them. However, I find Copernicus’s version to be somewhat simpler and clearer; therefore, Tycho had no reason to alter it, unless he was trying to explain how things actually were, rather than merely based on hypotheses.
18
Indeed, according to Tycho’s model, more motion is attributed to the Earth than according to Copernicus’ model, although in words, less motion is assigned to it.
A prima vista, sembra che la Terra sia molto più grande di tutti gli altri corpi esistenti nel mondo, e che la Luna e il Sole siano più grandi delle stelle; tuttavia, se correggiamo i limiti della nostra visione attraverso ragionamenti geometrici infallibili, scopriremo che la Luna si trova a una distanza di circa trenta diametri terrestri da noi, mentre il Sole è a sei o settecento diametri terrestri. Confrontando poi queste distanze con il diametro apparente del Sole e della Luna, risulterà evidente che la Luna è più piccola della Terra, e che il Sole è di gran lunga più grande.
6
Quanta distanza c’è tra gli altri pianeti e il sole.
Con l’aiuto della ragione e dei nostri occhi, scopriremo anche che Mercurio si trova a una distanza dal sole superiore a duecento diametri terrestri; Venere, a più di quattrocento diametri; Marte, a novecento o mille diametri; Giove, a tremila diametri o più; e Saturno, a cinque o sei mila diametri.
7
Si può presumere che le stelle fisse siano distanti quanto si vuole.
Per quanto riguarda le stelle fisse, a giudicare dalle loro apparenze non dobbiamo credere che siano più vicine alla Terra o al Sole di Saturno; tuttavia non notiamo nulla che possa impedirci di supporre che siano ancora più lontane, persino fino a una distanza indefinita. Anzi, da quanto dirò in seguito riguardo al movimento dei cieli, possiamo concludere che siano così lontane dalla Terra che Saturno, rispetto a loro, è estremamente vicino.
8
Se la Terra fosse vista dal cielo, apparirebbe soltanto come un pianeta più piccolo di Giove o Saturno.
Di conseguenza, è facile immaginare chi potrebbe osservarli da Giove o da Saturno; infatti, Giove o Saturno apparirebbero allo stesso modo di questi corpi celesti visti dalla Terra. Inoltre, se si osservasse il Sole da qualche stella fissa, probabilmente non sembrerebbe più grande di quanto le stelle appaiano a noi dal nostro pianeta. Quindi, se vogliamo confrontare tra loro le varie parti del mondo visibile e valutarne le dimensioni senza pregiudizi, non dobbiamo credere che la Luna, la Terra o il Sole siano più grandi delle stelle.
9
Che la luce del sole e delle stelle fisse sia loro propria.
Ma oltre al fatto che le stelle non siano uguali per dimensioni, si nota ancora una differenza: alcune brillano con la propria luce, mentre altre riflettono soltanto quella che ricevono da altri corpi celesti. Prima di tutto, non possiamo dubitare che il sole abbia in sé quella luce che ci abbaglia quando lo guardiamo troppo a lungo; essa è infatti così intensa che tutte le stelle messe insieme non potrebbero trasmetterne neanche una frazione, poiché la luce che esse inviano verso di noi è incomparabilmente più debole della sua. Inoltre, se nel mondo esistesse qualche altro corpo celeste ancora più luminoso da cui il sole attingesse la propria luce, dovremmo necessariamente esserne a conoscenza. Ma se consideriamo anche quanto siano vividi e intensi i raggi delle stelle fisse, nonostante siano estremamente lontane da noi e dal sole, non avremo difficoltà a credere che assomiglino al sole; quindi, se fossimo abbastanza vicini a alcune di esse come lo siamo al sole stesso, queste ci apparirebbero grandi e luminose quanto lui.
10
Che quella della Luna e delle altre pianete sia presa in prestito dal Sole.
Al contrario, poiché osserviamo che la luna illumina soltanto il lato opposto al sole, dobbiamo credere che non possieda una luce propria, ma che rifletta soltanto i raggi ricevuti dal sole verso i nostri occhi. Questo fenomeno è stato recentemente osservato su Venere con l’ausilio di telescopi potenti; e possiamo dedurre lo stesso per Mercurio, Marte, Giove e Saturno, poiché la loro luce ci appare molto più debole e meno brillante rispetto a quella delle stelle fisse, e inoltre queste pianete non sono così lontane dal sole da non essere illuminate da esso.
11
Per quanto riguarda la Luna, la Terra è simile ai pianeti.
Infine, poiché vediamo che i corpi di cui è composta la Terra sono opachi e riflettono i raggi del sole con intensità almeno paragonabile a quella della Luna (poiché le nuvole che la circondano, sebbene siano composte soltanto dalle parti meno opache e meno capaci di riflettere la luce, ci appaiono ugualmente bianche della Luna quando vengono illuminate dal sole), dobbiamo concludere che, per quanto riguarda la luce, la Terra non è diversa dalla Luna, da Venere, da Mercurio e dalle altre pianete.
12
Che la luna, quando è nuova, sia illuminata dalla terra.
Ne saremo ancora più certi se prestiamo attenzione a una certa luce debole che appare sulla parte della Luna che non è illuminata dal Sole quando questa è nel suo primo quarto; questa luce, probabilmente, viene inviata dalla Terra per riflessione, poiché diminuisce gradualmente man mano che la parte della Terra illuminata dal Sole si allontana dalla Luna.
13
Il sole può essere considerato tra le stelle fisse, e la terra tra i pianeti.
Tanto che, se supponessimo che qualcuno di noi si trovasse su Giove e osservasse la nostra Terra, è evidente che gli apparirebbe più piccola; tuttavia, forse anche altrettanto luminosa quanto Giove appare a noi. Inoltre, lo stesso oggetto potrebbe sembrare più grande a un osservatore situato su un’altra pianeta più vicina; ma non lo si vedrebbe affatto se ci si trovasse su una delle stelle fisse, a causa della distanza eccessivamente grande. Così, la Terra potrebbe essere considerata una pianeta, proprio come il Sole può essere considerato una stella fissa.
14
Che le stelle fisse rimangano sempre nella stessa posizione reciproca, mentre i pianeti non lo sono.
Esiste un’altra differenza tra le stelle: alcune mantengono sempre lo stesso ordine reciproco e si trovano sempre alla stessa distanza l’una dall’altra; per questo vengono chiamate “stelle fisse”, mentre altre cambiano continuamente posizione; per questo vengono chiamate “pianete” o “stelle erranti”.
15
Si possono utilizzare diverse ipotesi per spiegare i fenomeni osservati sui pianeti.
E così come colui che, trovandosi in mare durante un periodo di calma, osserva alcuni altri vascelli piuttosto lontani e gli sembra che cambino posizione, spesso non riesce a capire se sia il proprio vascello o quelli altri a causare tali cambiamenti; allo stesso modo, quando osserviamo dal luogo in cui ci troviamo il movimento dei pianeti e le loro diverse posizioni, dopo averle attentamente esaminate, non riusciamo a trarne alcuna conclusione che ci permetta di determinare quale di questi corpi debba essere considerato la causa effettiva di tali cambiamenti. Poiché questi fenomeni sono complessi e poco chiari, non è facile distinguerli tra tutte le possibili interpretazioni; per questo gli astronomi hanno proposto tre diverse ipotesi, cercando semplicemente di farle quadrare con tutti i fenomeni osservati, senza preoccuparsi troppo di verificare se fossero realmente in accordo con la verità.
16
Non è possibile spiegarli tutti attraverso la teoria di Tolomeo.
Tolomeo ne inventò la prima versione; ma poiché oggi è rifiutata da tutti i filosofi, in quanto contraddice diverse osservazioni effettuate di recente, soprattutto quelle relative ai cambiamenti di luminosità che si notano su Venere, simili a quelli che avvengono sulla Luna, non ne parlerò ulteriormente qui.
17
Le teorie di Copernico e di Tycho non differiscono tra loro, se vengono considerate semplicemente come ipotesi.
La seconda è di Copernico, e la terza di Tycho-Brahe; entrambe, se considerate semplicemente come ipotesi, spiegano altrettanto bene i fenomeni, e non vi è molta differenza tra loro. Tuttavia, quella di Copernico mi sembra un po’ più semplice e chiara; per questo motivo Tycho non ebbe motivo di modificarla, se non perché cercava di spiegare come le cose fossero realmente, e non soltanto ipoteticamente.
18
Infatti, secondo la teoria di Tycho, alla Terra viene attribuito un movimento maggiore rispetto a quello ipotizzato da Copernico, anche se in termini verbali si afferma il contrario.
Car d’autant que Copernic n’avait pas fait difficulté d’avancer que la terre était mue, Tycho, à qui cette opinion semblait absurde et entièrement éloignée du sens commun, a tâché de la corriger ; mais, parce qu’il n’a pas assez considéré quelle est la vraie nature du mouvement, bien qu’il ait dit que la terre était immobile, il n’a pas laissé de lui attribuer plus de mouvement que l’autre.
19
Que je nie le mouvement de la terre avec plus de soin que Copernic, et plus de vérité que Tycho.
C’est pourquoi, sans être en rien différent de ces deux, excepté en cela seul que j’aurai plus de soin que Copernic de ne point attribuer de mouvement à la terre, et que je tâcherai de faire que mes raisons sur ce sujet soient plus vraies que celles de Tycho, je proposerai ici l’hypothèse qui me semble être la plus simple de toutes et la plus commode, tant pour connaître les phénomènes que pour en rechercher les causes naturelles : et cependant j’avertis que je ne prétends point qu’elle soit reçue comme entièrement conforme à la vérité, mais seulement comme une hypothèse ou supposition qui peut être fausse.
20
Qu’il faut supposer les étoiles fixes extrêmement éloignées de Saturne.
Premièrement, à cause que nous ne savons pas encore assurément quelle distance il y a entre la terre et les étoiles fixes, et que nous ne saurions les imaginer si éloignées que cela répugne à l’expérience, ne nous contentons point de les mettre au-dessus de Saturne, où tous les astronomes avouent qu’elles sont, mais prenons la liberté de les supposer autant éloignées au-dessus de lui que cela pourra être utile à notre dessein : car si nous voulions juger de leur hauteur par la comparaison des distances qui sont entre les corps que nous voyons sur la terre, celle qu’on leur attribue déjà serait aussi peu croyable que la plus grande que nous saurions imaginer ; au lieu que si nous considérons la toute-puissance de Dieu qui les a créées, la plus grande distance que nous puissions concevoir n’est pas moins croyable qu’une plus petite. Et je ferai voir ci-après qu’on ne saurait bien expliquer ce qui nous paraît tant des planètes que des comètes, si on ne suppose un très grand espace entre les étoiles fixes et la sphère de Saturne.
21
Que la matière du soleil ainsi que celle de la flamme est fort mobile, mais qu’il n’est pas besoin pour cela qu’il passe tout entier d’un lieu en un autre.
En second lieu, puisque le soleil a cela de conforme avec la flamme et avec les étoiles fixes, qu’il sort de lui de la lumière, laquelle il n’emprunte point d’ailleurs, pensons qu’il est semblable aussi à la flamme en ce qui est de son mouvement, et aux étoiles fixes en ce qui concerne sa situation. Et comme nous ne voyons rien sur la terre qui soit plus agité que la flamme (en sorte que si les corps qu’elle touche ne sont grandement durs et solides, elle ébranle toutes leurs petites parties et emporte avec soi celles qui ne lui font point trop de résistance), toutefois son mouvement ne consiste qu’en ce que chacune de ses parties se meut séparément ; car toute la flamme ne passe point pour cela d’un lieu en un autre, si elle n’est transportée par quelque corps auquel elle soit attachée : ainsi nous pouvons croire que le soleil, est composé d’une matière extrêmement liquide, et dont les parties sont si fort agitées qu’elles emportent avec elles les parties du ciel qui leur sont voisines et qui les environnent ; mais qu’il a cela de commun avec les étoiles fixes, qu’il ne passe point pour cela d’un endroit du ciel en un autre.
22
Que le soleil n’a pas besoin d’aliment comme flamme.
Et on n’a pas sujet de penser que la comparaison que je fais du soleil avec la flamme ne soit pas bonne, à cause que toute la flamme que nous voyons sur la terre a besoin d’être jointe à quelque autre corps qui lui serve de nourriture, et que nous ne remarquons point le même du soleil.
Car, suivant les lois de la nature, la flamme, ainsi que tous les autres corps, continuerait d’être après qu’elle est une fois formée, et n’aurait pas besoin d’aucun aliment à cet effet, si ses parties, qui sont extrêmement fluides et mobiles, n’allaient point continuellement se mêler avec l’air qui est autour d’elle, et qui, leur ôtant leur agitation, fait qu’elles cessent de la composer ; et ainsi ce n’est pas proprement pour être conservée qu’elle a besoin de nourriture, mais afin qu’il renaisse continuellement d’autre flamme qui lui succède à mesure que l’air la dissipe. Or nous ne voyons pas que le soleil soit dissipé par la matière du ciel qui l’environne ; c’est pourquoi nous n’avons pas sujet de juger qu’il ait besoin de nourriture comme la flamme, encore qu’il lui ressemble en autre chose ; et toutefois j’espère faire voir ci-après qu’il lui est encore semblable en cela qu’il entre en lui sans cesse quelque matière, et qu’il en sort d’autre.
23
Que toutes les étoiles ne sont point en une superficie sphérique, et qu’elles sont fort éloignées l’une de l’autre.
Au reste, il faut ici remarquer que, si le soleil et les étoiles fixes se ressemblent en ce qui est de leur situation, nous ne devons pas néanmoins penser qu’elles soient toutes en la superficie d’une même sphère, ainsi que plusieurs supposent, puisque le soleil ne peut être avec elles en la superficie de cette sphère ; mais nous devons penser que tout ainsi que le soleil est environné d’un vaste espace où il n’y a point d’étoile fixe, de même que chaque étoile fixe est fort éloignée de toutes les autres, et que quelques-unes de ces étoiles sont plus éloignées de nous et du soleil que quelques autres : en sorte que si S, par exemple, est le soleil, F, f, seront des étoiles fixes ; et nous en pourrons concevoir d’autres sans nombre au-dessus, au-dessous et par-delà le plan de cette figure, éparses par toutes les dimensions de l’espace.
24
Que les cieux sont liquides.
En troisième lieu, pensons que la matière du ciel est liquide, aussi bien que celle qui compose le soleil et les étoiles fixes. C’est une opinion qui est maintenant communément reçue de tous les astronomes, parce qu’ils voient qu’il est presque impossible sans cela de bien expliquer les phénomènes.
25
Qu’ils transportent avec eux tous les corps qu’ils contiennent.
Mais il me semble que plusieurs se méprennent, en ce que, voulant attribuer au ciel la propriété d’être liquide, ils l’imaginent comme un espace entièrement vide, lequel non seulement ne résiste point au mouvement des autres corps, mais aussi qui n’a aucune force pour les mouvoir et les emporter avec soi. Car, outre qu’il ne saurait y avoir de tel vide en la nature, il y a cela de commun en toutes les liqueurs, que la raison pourquoi elles ne résistent point aux mouvements des autres corps n’est pas qu’elles aient moins qu’eux de matière, mais qu’elles ont autant ou plus d’agitation, et que leurs petites parties peuvent aisément être déterminées à se mouvoir de tous côtés ; et lorsqu’il arrive qu’elles sont déterminées à se mouvoir toutes ensemble vers un même côté, cela fait qu’elles doivent nécessairement emporter avec elles tous les corps qu’elles embrassent et environnent de tous côtés, et qui ne sont point empêchés de les suivre par aucune cause extérieure, quoique ces corps soient entièrement en repos, et durs et solides, ainsi qu’il suit évidemment de ce qui a été dit ci-dessus de la nature des corps liquides.
26
Que la terre se repose en son ciel, mais qu’elle ne laisse pas d’être transportée par lui.
En quatrième lieu, puisque nous voyons que la terre n’est point soutenue par des colonnes, ni suspendue en l’air par des câbles, mais qu’elle est environnée de tous côtés d’un ciel très liquide, pensons qu’elle est en repos, et qu’elle n’a point de propension au mouvement, vu que nous n’en remarquons point en elle ; mais ne croyons pas aussi que cela puisse empêcher qu’elle ne soit emportée par le cours du ciel et qu’elle ne suive son mouvement, sans pourtant se mouvoir : de même qu’un vaisseau qui n’est point emporté par le vent ni par des rames, et qui n’est point aussi retenu par des ancres, demeure en repos au milieu de la mer, quoique peut-être le flux ou reflux de cette grande masse d’eau l’emporte insensiblement avec soi.
27
Qu’il en est de même de toutes les planètes.
Since Copernicus had made no attempt to deny that the earth moves, Tycho, who found this view utterly absurd and contrary to common sense, tried to correct it. However, because he did not fully understand the true nature of motion, although he stated that the earth was immobile, he still attributed to it as much motion as to the other celestial bodies.
19
I deny the motion of the earth with more care than Copernicus, and with more truth than Tycho.
Therefore, although I am in no way different from these two in any respect, except that I will be more careful than Copernicus not to attribute motion to the Earth, and that I will strive to make my arguments on this subject more convincing than Tycho’s, I propose here the hypothesis which seems to me to be the simplest of all and the most convenient both for understanding phenomena and for seeking their natural causes. However, I warn that I do not claim that it should be accepted as entirely in accordance with truth, but merely as a hypothesis or supposition that may prove to be false.
20
It must be assumed that these fixed stars are extremely distant from Saturn.
Firstly, since we are not yet certain of the exact distance between the earth and the fixed stars, and since it would defy all experience to imagine them to be so distant, let us not merely place them above Saturn, where all astronomers agree they are located, but rather assume them to be even farther away, as far as may be necessary for our purposes. For if we were to try to determine their height by comparing the distances between objects visible on earth, the distance already attributed to them would seem just as unbelievable as any greater distance we could conceive; whereas, if we consider the Almighty power of God who created them, then even the greatest distance we can imagine is not less credible than a smaller one. Moreover, I will show below that what we observe about both planets and comets cannot be properly explained unless we assume a vast expanse of space between the fixed stars and the sphere of Saturn.
21
The matter of the sun, as well as that of a flame, is highly mobile; yet it is not necessary for it to move entirely from one place to another in order to do so.
Secondly, since the sun shares certain characteristics with flames and fixed stars—since it emits light of its own, without borrowing it from any other source—we may consider it similar to flames in terms of its motion, and to fixed stars with regard to its position in the sky. Moreover, on Earth, nothing is more turbulent than a flame; indeed, if the objects it touches are not extremely hard and solid, it shakes all their smallest parts and carries away those that offer little resistance. Yet, the movement of a flame consists merely in the separate motion of its various parts. For the entire flame does not move from one place to another on its own; rather, it is carried by some physical entity to which it is attached. Thus, we may conclude that the sun is composed of an extremely fluid substance, whose parts are so vigorously agitated that they drag along those portions of the sky surrounding them. Nevertheless, it shares one thing in common with fixed stars: it does not move from one location in the heavens to another on its own.
22
The sun does not need fuel to burn like a flame.
And there is no reason to think that the comparison I make between the sun and a flame is inappropriate, for every flame that we see on earth needs to be connected to some other substance that serves as its fuel; whereas we do not observe anything similar in the case of the sun.
For, according to the laws of nature, a flame, like all other substances, would continue to exist once it has been formed and would not require any nourishment for that purpose, were it not for the fact that its extremely fluid and mobile parts continually mix with the air surrounding them; this mixture removes their agitation, causing them to cease existing as flames. Thus, a flame does not truly need nourishment in order to maintain itself, but rather in order for new flames to continuously emerge as the old ones are dissipated by the air. Now, we observe that the sun is not dissipated by the material of the sky surrounding it; therefore, there is no reason to conclude that it requires nourishment like a flame, even though it resembles one in other respects. Nevertheless, I hope to demonstrate below that it also shares with flames the characteristic of constantly absorbing certain substances and emitting others.
23
That not all stars are concentrated on a spherical surface, but that they are quite far apart from each other.
Furthermore, it should be noted here that although the sun and the fixed stars resemble each other in their position, we must not assume that they are all located on the surface of the same sphere, as some people suppose. After all, the sun cannot be situated on the same plane as these stars. Instead, we must consider that, just as the sun is surrounded by a vast expanse containing no fixed stars, so too is each fixed star distant from all the others. In fact, some of these stars are even farther away from us and from the sun than others. Thus, if S represents the sun, then F and f would be examples of fixed stars; and we can conceive of countless other such stars scattered throughout all dimensions of space, above, below, and beyond the plane depicted in this figure.
24
How liquid the heavens must be.
Thirdly, let us consider that the substance comprising the heavens is liquid, just as it is the case with the material that makes up the sun and the fixed stars. This opinion is now generally accepted by all astronomers, because they realize that it would be almost impossible to properly explain various celestial phenomena without it.
25
That they carry with them all the bodies that they contain.
But it seems to me that many people misunderstand the matter; in attempting to attribute the property of being liquid to the sky, they imagine it as an entirely empty space—which not only offers no resistance to the motion of other bodies but also lacks any force to move or carry those bodies along with it. For, apart from the fact that such an empty space could not exist in nature at all, there is one thing common to all liquids: the reason why they do not resist the movement of other bodies is not that they contain less matter than those bodies, but rather that they possess equal amounts of motion or even more; their tiny particles can easily be compelled to move in every direction. And when these particles are all directed to move in the same direction, it follows necessarily that they will carry along with them all the bodies that they enclose and surround on all sides—bodies that are not prevented from following them by any external force, even though those bodies themselves remain completely at rest, solid, and immovable. This conclusion follows clearly from what has been said above about the nature of liquid substances.
26
May the earth rest in its heaven, but yet not cease to be carried by it.
Fourthly, since we see that the earth is not supported by any columns nor suspended in the air by any cables, but is surrounded on all sides by a very fluid sky, let us assume that it remains at rest and has no tendency to move, since we observe no such tendency within it; yet we should not believe that this prevents it from being carried along by the movement of the sky and following its course, even though it itself does not move. Just as a ship that is neither driven by the wind nor propelled by oars, and which is also not held in place by anchors, remains at rest in the middle of the sea, although perhaps the tides of this vast body of water carry it along imperceptibly.
27
The same holds true for all planets.
Poiché Copernico non aveva esitato ad affermare che la Terra si muove, Tycho, per il quale tale opinione sembrava assurda e completamente contraria al senso comune, cercò di correggerla; tuttavia, poiché non aveva sufficientemente considerato la vera natura del movimento, anche se aveva dichiarato che la Terra era immobile, non riuscì a evitare che gli venisse attribuito un movimento maggiore di quello degli altri corpi celesti.
19
Nego il movimento della Terra con più convinzione di Copernico e con maggiore veridicità di Tycho.
Ecco perché, senza essere in alcun modo diverso da questi due, se non per il fatto che farò maggiore attenzione di Copernico a non attribuire alcun movimento alla Terra, e cercherò di rendere le mie argomentazioni su questo tema più veritiere di quelle di Tycho, propongo qui l’ipotesi che mi sembra la più semplice di tutte e la più conveniente sia per comprendere i fenomeni che per cercarne le cause naturali. Tuttavia avverto che non pretendo affatto che venga accettata come completamente conforme alla verità, ma soltanto come un’ipotesi o una supposizione che potrebbe essere errata.
20
È necessario ipotizzare che le stelle fisse siano estremamente lontane da Saturno.
In primo luogo, poiché non sappiamo ancora con certezza quale distanza esista tra la Terra e le stelle fisse, e poiché non riusciremmo nemmeno a immaginarle così lontane da contraddire ogni esperienza umana, non ci accontentiamo di collocarle al di sopra di Saturno, dove tutti gli astronomi ammettono che si trovino; ma abbiamo il diritto di supporle ancora più lontane, nella misura in cui ciò possa essere utile ai nostri scopi. Infatti, se volessimo determinare la loro altezza confrontando le distanze tra i corpi celesti visibili dalla Terra, quella che già viene attribuita loro sarebbe altrettanto incredibile quanto la più grande distanza che riuscissimo a immaginare; mentre, considerando la potenza infinita di Dio che le ha create, anche la più grande distanza che possiamo concepire non è meno plausibile di una più piccola. E dimostrerò in seguito che ciò che ci sembra così strano riguardo sia ai pianeti che alle comete, non potrebbe essere spiegato senza ipotizzare uno spazio immenso tra le stelle fisse e la sfera di Saturno.
21
La materia del sole, così come quella della fiamma, è molto fluida, ma non è necessario che interamente si sposti da un luogo all’altro per farlo.
In secondo luogo, poiché il sole presenta somiglianze con la fiamma e con le stelle fisse: emette luce che non preleva da alcuna altra fonte, si può pensare che sia simile alla fiamma per quanto riguarda il suo movimento, e alle stelle fisse per quanto concerne la sua posizione nello spazio. Inoltre, sulla terra non esiste nulla di più agitato della fiamma; infatti, se i corpi che essa tocca non sono estremamente duri e solidi, la fiamma scuote tutte le loro parti più piccole e trascina con sé anche quelle che non oppongono troppa resistenza. Tuttavia, il movimento della fiamma consiste semplicemente nel fatto che ciascuna delle sue parti si muove separatamente; la fiamma stessa, infatti, non si sposta da un luogo all’altro se non viene trasportata da qualche corpo a cui è attaccata. Pertanto, possiamo ritenere che il sole sia composto da una materia estremamente fluida, le cui parti sono così intensamente agitate da trascinare con sé anche quelle parti del cielo che le circondano; tuttavia, ha in comune con le stelle fisse il fatto di non spostarsi da un punto all’altro dello spazio celeste.
22
Il sole non ha bisogno di alimenti per bruciare.
Non vi è motivo di ritenere che il paragone che faccio tra il sole e la fiamma non sia appropriato, poiché ogni fiamma che vediamo sulla terra ha bisogno di essere unita a un altro corpo che ne costituisce il nutrimento, mentre per il sole non osserviamo nulla del genere.
Poiché, secondo le leggi della natura, la fiamma, come tutti gli altri corpi, continuerebbe ad esistere una volta formata e non avrebbe bisogno di alcun nutrimento per farlo, se le sue parti, estremamente fluide e mobili, non si mescolassero continuamente con l’aria che la circonda; quest’ultima, infatti, togliendole il movimento, fa sì che cessino di esistere. Pertanto, la fiamma ha bisogno di nutrimento non per essere conservata, ma affinché continui a formarsi da nuova materia man mano che l’aria la distrugge. Ora, non vediamo che il sole venga distrutto dalla materia celeste che lo circonda; per questo motivo non abbiamo motivo di ritenere che abbia bisogno di nutrimento come la fiamma, anche se in altri aspetti gli assomiglia. Tuttavia, spero di dimostrare in seguito che anche lui presenta questa stessa caratteristica: cioè riceve continuamente nuova materia e ne emette altra.
23
Che tutte le stelle non si trovino su una superficie sferica, e che siano molto distanti le une dalle altre.
Del resto, è necessario notare che, se il sole e le stelle fisse assomigliano tra loro per quanto riguarda la loro posizione nello spazio, non dobbiamo tuttavia pensare che si trovino tutte sulla superficie di una stessa sfera, come alcuni suppongono, poiché il sole stesso non può trovarsi con esse su tale superficie. Dobbiamo piuttosto ritenere che, proprio come il sole è circondato da un vasto spazio privo di stelle fisse, così ogni singola stella fissa si trovi a grande distanza dalle altre, e alcune di queste siano ancora più lontane da noi e dal sole rispetto ad altre. Pertanto, se S rappresenta il sole, allora F e f sono delle stelle fisse; e possiamo immaginare innumerevoli altre stelle sparse sopra, sotto e al di là del piano rappresentato in questa figura, disperse in tutte le dimensioni dello spazio.
24
Che i cieli siano liquidi.
In terzo luogo, si ritiene che la materia del cielo sia liquida, così come quella che costituisce il sole e le stelle fisse. Questa è un’opinione ormai comunemente accettata da tutti gli astronomi, poiché senza di essa risulterebbe quasi impossibile spiegare correttamente i fenomeni osservati.
25
Che trasportino con sé tutti i corpi che contengono.
Ma mi sembra che molti si sbaglino, poiché, volendo attribuire al cielo la proprietà di essere liquido, lo immaginano come uno spazio completamente vuoto, che non solo non resiste affatto al movimento degli altri corpi, ma non possiede nemmeno alcuna forza per muoverli e trascinarli con sé. Infatti, oltre al fatto che una tale vacuità non potrebbe esistere nella natura, tutte le sostanze liquide hanno in comune il fatto che il motivo per cui non resistono ai movimenti degli altri corpi non deriva dal fatto che contengano meno materia di questi ultimi, ma dal fatto che presentano lo stesso livello o un livello maggiore di agitazione; inoltre, le loro piccole particelle possono facilmente essere spinte a muoversi in tutte le direzioni. Quando queste particelle vengono indotte a muoversi tutte insieme verso una stessa direzione, è inevitabile che trascinino con sé tutti i corpi che si trovano all’interno di esse o che le circondano su tutti i lati; inoltre, nessuna causa esterna può impedire a questi corpi di seguirle, anche se essi sono completamente immobili, duri e solidi. Questo risulta chiaramente dalle considerazioni fatte finora sulla natura delle sostanze liquide.
26
Che la terra riposi nel suo cielo, ma che non smetta di essere trasportata da esso.
In quarto luogo, poiché vediamo che la terra non è sostenuta da colonne né sospesa in aria da cavi, ma è circondata su tutti i lati da un cielo estremamente liquido, pensiamo che sia in equilibrio e che non abbia alcuna tendenza al movimento, poiché non ne osserviamo alcuna in lei; tuttavia, non crediamo nemmeno che questo possa impedirle di essere trascinata dal movimento del cielo e di seguirne il corso, senza però muoversi effettivamente: proprio come una nave che non è spinta dal vento né dalle remi, e che non è neppure trattenuta dagli anelli, rimane ferma al centro del mare, anche se forse le correnti di questa vasta massa d’acqua la portano lentamente con sé.
27
Lo stesso vale per tutti i pianeti.
Et tout ainsi que les autres planètes ressemblent à la terre, en ce qu’elles sont opaques, et qu’elles renvoient les rayons du soleil, nous avons sujet de croire qu’elles lui ressemblent encore en ce qu’elles demeurent comme elle en repos en la partie du ciel où chacune se trouve, et que tout le changement qu’on observe en leur situation procède seulement de ce qu’elles obéissent au mouvement de la matière du ciel qui les contient.
28
Qu’on ne peut pas proprement dire que la terre ou les planètes se meuvent, bien qu’elles soient ainsi transportées.
Nous nous souviendrons aussi en cet endroit de ce qui a été dit ci-dessus touchant la nature du mouvement, à savoir, qu’à proprement parler il n’est que le transport d’un corps du voisinage de ceux qui le touchent immédiatement, et que nous considérons comme en repos, dans le voisinage de quelques autres ; mais que, selon l’usage commun, on appelle souvent du nom de mouvement toute action qui fait qu’un corps passe d’un lieu en un autre, et qu’en ce sens on peut dire qu’une même chose en même temps est mue et ne l’est pas, selon qu’on détermine son lieu diversement. Or on ne saurait trouver dans la terre ni dans les autres planètes aucun mouvement selon la propre signification de ce mot, parce qu’elles ne sont point transportées du voisinage des parties du ciel qui les touchent, en tant que nous considérons ces parties comme en repos ; car, pour être ainsi transportées, il faudrait qu’elles s’éloignassent en même temps de toutes les parties de ce ciel prises ensemble, ce qui n’arrive point : mais la matière du ciel étant liquide, et les parties qui la composent fort agitées, tantôt les unes de ces parties s’éloignent de la planète qu’elles touchent, et tantôt les autres, et ce par un mouvement qui leur est propre, et qu’on leur doit attribuer plutôt qu’à la planète qu’elles quittent ; de même qu’on attribue les particuliers transports de l’air ou de l’eau qui se font sur la superficie de la terre à l’air ou à l’eau, et non pas à la terre.
29
Que même, en parlant improprement et suivant l’usage, on ne doit point attribuer de mouvement à la terre, mais seulement aux autres planètes.
Et si on prend le mouvement suivant la façon vulgaire, on peut bien dire que toutes les autres planètes se meuvent, et même le soleil et les étoiles fixes ; mais on ne saurait parler ainsi de la terre que fort improprement. Car le peuple détermine les lieux des étoiles par certains endroits de la terre qu’il considère comme immobiles, et croit qu’elles se meuvent lorsqu’elles s’éloignent des lieux qu’il a ainsi déterminés ; ce qui est commode pour l’usage de la vie, et n’est pas imaginé sans raison, parce que, comme nous avons tous jugé dès notre enfance que la terre était plate et non pas ronde, et que le bas et le haut, et ses parties principales, à savoir le levant, le couchant, le midi et le septentrion, étaient toujours et partout les mêmes, nous avons marqué par ces choses qui ne sont arrêtées qu’en notre pensée les lieux des autres corps. Mais si un philosophe qui fait profession de rechercher la vérité, ayant pris garde que la terre est un globe qui flotte dans un ciel liquide dont les parties sont extrêmement agitées, et que les étoiles fixes gardent entre elles toujours une même situation, se voulait servir de ces étoiles et les considérer comme stables, pour déterminer le lieu de la terre, et ensuite de cela voulait conclure qu’elle se meut, il se méprendrait, et son discours ne serait appuyé d’aucune raison. Car si on prend le lieu en son vrai sens, et comme tous les philosophes qui en connaissent la nature le doivent prendre, il faut le déterminer par les corps qui touchent immédiatement celui qu’on dit être mû, et non pas par ceux qui en sont extrêmement éloignés, comme sont les étoiles fixes au regard de la terre ; et si on le prend selon l’usage, on n’a point de raison pour se persuader que les étoiles soient stables plutôt que la terre, si ce n’est peut-être qu’on s’imagine qu’il n’y a point d’autres corps par-delà les étoiles qu’elles puissent quitter, et au regard desquels on puisse dire qu’elles se meuvent, et que la terre demeure en repos, au même sens qu’on prétend pouvoir dire que la terre se meut au regard des étoiles fixes. Mais cette imagination serait sans fondement, parce que notre pensée étant de telle nature qu’elle n’aperçoit point de limites qui bornent l’univers, quiconque prendra garde à la grandeur de Dieu et à la faiblesse de nos sens, jugera qu’il est bien plus à propos de croire que peut-être au-delà de toutes les étoiles que nous voyons il y a d’autres corps au regard desquels il faudrait dire que la terre est en repos et que les étoiles se meuvent, que de supposer que a puissance du Créateur est si peu parfaite qu’il n’y en saurait avoir de tels, ainsi que doivent supposer ceux qui assurent en cette façon que la terre se meut. Que si néanmoins ci-après, pour nous accommoder à l’usage, nous semblons attribuer quelque mouvement à la terre, il faudra penser que c’est en parlant improprement, et au même sens qu’on peut dire quelquefois de ceux qui dorment et sont couchés dans un vaisseau, qu’ils passent cependant de Calais à Douvres, à cause que le vaisseau les y porte.
30
Que toutes les planètes sont emportées autour du soleil par le ciel qui les contient.
Après avoir ôté par ces raisonnements tous les scrupules qu’on peut avoir touchant le mouvement de la terre, pensons que la matière du ciel où sont les planètes tourne sans cesse en rond, ainsi qu’un tourbillon au centre duquel est le soleil, et que ses parties qui sont proches du soleil se meuvent plus vite que celles qui en sont éloignées jusqu’à une certaine distance, et que toutes les planètes (au nombre desquelles nous mettrons désormais la terre) demeurent toujours suspendues entre les mêmes parties de cette matière du ciel ; car par cela seul, et sans y employer d’autres machines, nous ferons aisément entendre toutes les choses qu’on remarque en elles. Car, tout de même que dans les détours des rivières où l’eau se replie en elle-même, et tournoyant ainsi fait des cercles, si quelques fétus ou autres corps fort légers flottent parmi cette eau, on peut voir qu’elle les emporte et les fait mouvoir en rond avec soi ; et même parmi ces fétus on peut remarquer qu’il y en a souvent quelques-uns qui tournent aussi autour de leur propre centre ; et que ceux qui sont plus proches du centre du tourbillon qui les contient achèvent leur tour plus tôt que ceux qui en sont plus éloignés ; et enfin que, bien que ces tourbillons d’eau affectent toujours de tourner en rond, ils ne décrivent presque jamais des cercles entièrement parfaits, et s’étendent quelquefois plus en long et quelquefois plus en large, de façon que toutes les parties de la circonférence qu’ils décrivent ne sont pas également distantes du centre ; ainsi on peut aisément imaginer que toutes les mêmes choses arrivent aux planètes ; et il ne faut que cela seul pour expliquer tous leurs phénomènes.
31
Comment elles sont ainsi emportées.
Pensons donc que S est le soleil, et que toute la matière du ciel qui l’environne tourne de même côté que lui, à savoir du couchant par le midi vers l’orient, ou d’A par B vers C, supposant que le pôle septentrional est élevé au-dessus du plan de cette figure. Pensons aussi que la matière qui est autour de Saturne emploie quasi trente années à lui faire parcourir tout le cercle marqué , et que celle qui environne Jupiter le porte en douze ans avec les autres petites planètes qui l’accompagnent par tout le cercle marqué ; que Mars achève par même moyen en deux ans, la, terre avec la lune en un an, Vénus en huit mois, Mercure en trois, leurs tours, qui nous sont représentés par les cercles marqués .
32
Comment le sont aussi les taches qui se voient sur la superficie du soleil.
Pensons aussi que ces corps opaques qu’on voit avec des lunettes de longue vue sur le soleil, et qu’on nomme ses taches, se meuvent sur sa superficie, et emploient vingt-six jours à y faire leur tour.
33
Que la terre est aussi portée en rond autour de son centre, et la lune autour de la terre.
Just as the other planets resemble the earth in being opaque and reflecting the rays of the sun, we have reason to believe that they also resemble it in remaining stationary in the part of the sky where each one is located, and that any change in their position is merely due to their movement along with the celestial matter that contains them.
28
It would not be entirely accurate to say that the earth or planets move, although they are indeed transported in this manner.
We will also recall here what was said above regarding the nature of motion: namely, that motion, in its proper sense, is merely the transfer of a body from the vicinity of those parts of the sky that come into immediate contact with it to the vicinity of some other parts that we consider to be at rest; yet, according to common usage, the term “motion” is often applied to any action that causes a body to move from one place to another. In this sense, it is possible to say that the same thing is sometimes in motion and sometimes not, depending on how its location is defined. However, we would not be able to find any motion in the earth or other planets in the true sense of this term, because these bodies are not moved from the vicinity of those parts of the sky that come into contact with them—since we consider those parts to be at rest. For for them to be moved in such a way, they would have to move away simultaneously from all the parts of the sky taken together, which is not the case. Moreover, since the material constituting the sky is fluid and its various parts are in constant motion, some of these parts sometimes move away from the planet they touch, while others move in the opposite direction. This motion is inherent to these parts themselves and should be attributed to them rather than to the planet they leave behind. Similarly, we attribute the particular movements of air or water that occur on the surface of the earth to the air or water itself, and not to the earth.
29
Indeed, to use language imprecisely and following common usage, one should not attribute motion to the earth itself, but only to the other planets.
And if we consider the motion of celestial bodies in a vulgar sense, it is certainly true that all other planets move, even the sun and the fixed stars; but to apply this same notion to the earth would be quite inappropriate. For people determine the positions of the stars by referring to certain points on the earth that they regard as immovable, and they believe that the stars move when they seem to move away from these fixed points. This approach is convenient for practical purposes, and it is not without reason; after all, since we have all assumed since childhood that the earth is flat rather than round, and that the directions of east, west, south, and north are constant everywhere, we have used these concepts—which exist only in our minds—to determine the positions of other celestial bodies. However, if a philosopher who seeks truth were to consider the earth as a sphere floating within a turbulent celestial medium, and if he were to use the fixed stars as stable references to determine the position of the earth, he would be mistaken, and his reasoning would lack any basis in reality. For if we define “position” in its true sense—and as all philosophers who understand its nature should do—then it must be determined by those celestial bodies that are in direct contact with the earth, not by those that are extremely distant from it, such as the fixed stars. And if we consider things from a practical standpoint, there is no reason to assume that the stars are stable while the earth moves, unless we imagine that there are no other celestial bodies beyond the stars that could affect their motion, and that the earth remains stationary relative to these imagined bodies—just as some claim that the earth moves relative to the fixed stars. But such an imagination would be unfounded, for our understanding of the world is limited by our senses, and anyone who takes into account the greatness of God and the limitations of human knowledge will realize that it is far more reasonable to believe that there may be other celestial bodies beyond the visible stars, relative to which the earth could be considered stationary while those stars move. Even if we seem to attribute some sort of movement to the earth below in order to accommodate common usage, it should be understood that this is a metaphorical expression. In the same way, one might sometimes say that people who are asleep and lying inside a ship are nevertheless traveling from Calais to Dover, simply because the ship is carrying them there.
30
That all planets are carried around the sun by the sky that contains them.
After dispelling all scruples regarding the motion of the earth through such reasoning, let us consider that the material constituting the heavens, in which the planets are located, continuously moves in circles, just like a whirlpool with the sun at its center. The parts of this celestial material that are closer to the sun move faster than those that are farther away, up to a certain distance. Moreover, all the planets—of which we will now include the earth—always remain suspended within the same portions of this celestial matter. For merely by this mechanism, and without employing any other mechanisms, we can easily explain all the phenomena observed in these planets. Just as in the meanders of rivers, where the water flows inward and forms circles, if some light objects such as twigs float in the water, one can see that the current carries them along and makes them move in circles as well. Among these floating objects, some often rotate around their own centers; those closer to the center of the whirlpool complete a full circle more quickly than those farther away. Finally, although these water whirlpools always appear to move in circular paths, they almost never form perfectly round shapes, but sometimes extend longer in one direction or wider in another, so that the various parts of their circumference are not equally distant from the center. By analogy, we can easily imagine that the same principles apply to the planets, and this alone is sufficient to explain all their observed phenomena.
31
How they are thus carried away.
Let us therefore assume that S is the sun, and that all the matter in the sky surrounding it moves in the same direction as it does—namely, from west through south to east, or from A through B to C—assuming that the northern pole is situated above the plane of this diagram. Let us also assume that the material surrounding Saturn takes nearly thirty years to complete one full orbit around it; that the material surrounding Jupiter accomplishes the same in twelve years, along with the other smaller planets accompanying it; that Mars completes its orbit in two years; that the Earth and Moon do so in one year; that Venus does so in eight months; and that Mercury does so in three months—these orbits being represented by the marked circles in the diagram.
32
The same is true for the spots that can be seen on the surface of the sun.
We also believe that these opaque spots that can be observed on the sun through telescopes, and which are called sunspots, move across its surface and take twenty-six days to complete one full cycle.
33
Just as the earth revolves in a circular orbit around its center, so too does the moon revolve around the earth.
E proprio come le altre pianete assomigliano alla Terra, in quanto sono opache e riflettono i raggi del sole, abbiamo motivo di ritenere che assomiglino anche a essa per il fatto che rimangono immobili nella parte del cielo in cui si trovano, e che ogni cambiamento nel loro posizionamento derivi soltanto dal movimento della materia celeste che le contiene.
28
Non si può propriamente dire che la terra o i pianeti si muovano, anche se in realtà vengono trasportati in questo modo.
Ricorderemo anche in questo luogo quanto è stato detto sopra riguardo alla natura del movimento: cioè che, in senso stretto, esso consiste semplicemente nel trasporto di un corpo dal luogo immediatamente contiguo a quello in cui si trova, e che consideriamo “in riposo” nei luoghi adiacenti ad altri corpi; tuttavia, secondo l’uso comune, si definisce spesso “movimento” qualsiasi azione che faccia sì che un corpo passi da un luogo a un altro. In questo senso, si può dire che una stessa cosa sia contemporaneamente in movimento e non lo sia, a seconda del modo in cui il suo luogo viene determinato. Ora, non si potrebbe trovare sulla Terra né su altre pianete alcun movimento nel vero senso di questa parola, poiché queste corpi non vengono trasportati dal luogo contiguo alle parti del cielo che le toccano, dato che consideriamo tali parti “in riposo”. Infatti, per essere trasportate in questo modo, tali corpi dovrebbero allontanarsi contemporaneamente da tutte le parti del cielo, il che non avviene mai. Poiché la materia celeste è liquida e le sue parti sono molto agitate, alcune di esse si allontanano talvolta dalla pianeta che toccano, altre volte no; questo movimento è proprio di queste parti stesse, e dovrebbe essere attribuito a loro piuttosto che alla pianeta che lasciano. Allo stesso modo, i movimenti particolari dell’aria o dell’acqua che avvengono sulla superficie della Terra vanno attribuiti all’aria o all’acqua stessa, e non alla Terra.
29
Anche quando si parla in modo improprio e seguendo l’uso comune, non si deve attribuire alcun movimento alla Terra, ma soltanto alle altre pianete.
E se si considera il movimento delle cose secondo il modo comune di intendere, si può certamente affermare che tutte le altre pianete si muovono, così come il sole e le stelle fisse; ma parlare allo stesso modo della terra sarebbe assai improprio. Infatti, la gente determina la posizione delle stelle in base a certi punti della terra che ritiene immobili, e crede che queste stelle si muovano quando si allontanano da quei punti; questa concezione è utile per le esigenze della vita quotidiana e non è priva di fondamento, poiché fin dall’infanzia tutti abbiamo ritenuto che la terra fosse piatta e non rotonda, e che i punti cardinali fossero sempre gli stessi ovunque. Tuttavia, se un filosofo, impegnato nella ricerca della verità, tenesse conto del fatto che la terra è un globo che galleggia in un cielo liquido le cui parti sono estremamente agitate, e che le stelle fisse mantengono sempre la stessa posizione tra loro, e utilizzasse queste stelle come punto di riferimento per determinare la posizione della terra, concluderebbe erroneamente che essa si muove; in tal caso, il suo ragionamento non sarebbe basato su alcuna argomentazione valida. Poiché, se si considera il luogo nella sua vera natura – come devono fare tutti i filosofi che ne comprendono la realtà – esso deve essere determinato in base ai corpi che tocchiano direttamente quel corpo che si ritiene sia fermo, e non in base a quelli che sono estremamente lontani da esso, come le stelle fisse rispetto alla terra. E se si considera il luogo secondo l’uso comune, non esiste alcuna ragione per ritenere che le stelle siano stabili piuttosto che la terra, a meno di supporre che non esistano altri corpi al di là delle stelle rispetto ai quali queste possano muoversi, e che la terra rimanga ferma; ma questa ipotesi sarebbe priva di fondamento, poiché la nostra mente è tale da non riuscire a percepire limiti che delimitino l’universo. Chiunque tenga conto della grandezza di Dio e della debolezza dei nostri sensi, giudicherà più appropriato credere che al di là di tutte le stelle che vediamo possano esistere altri corpi rispetto ai quali si dovrebbe dire che la terra è ferma e le stelle si muovono, piuttosto che supporre che il potere del Creatore sia così limitato da non permettere l’esistenza di tali corpi. Anche se in seguito, per adattarci all’uso comune, possiamo sembrare attribuire qualche movimento alla terra, bisogna considerare che si tratta di un modo di esprimersi improprio; allo stesso modo, si può dire a volte che coloro che dormono e sono sdraiati su una nave “passano” da Calais a Dover, semplicemente perché la nave li porta lì.
30
Che tutti i pianeti siano trascinati intorno al sole dal cielo che li contiene.
Dopo aver eliminato, attraverso questi ragionamenti, tutti i dubbi che si potrebbero avere riguardo al movimento della Terra, consideriamo che la materia celeste in cui si trovano i pianeti ruoti costantemente in cerchio, proprio come un vortice il cui centro è il Sole; che le parti di questa materia più vicine al Sole si muovono più velocemente di quelle più lontane, fino a una certa distanza; e che tutti i pianeti (tra cui ora includiamo anche la Terra) rimangano sempre sospesi tra le stesse parti di questa materia celeste. Poiché solo così, senza l’uso di altre macchine, possiamo facilmente spiegare tutti i fenomeni osservabili nei pianeti. Proprio come nei meandri dei fiumi, dove l’acqua si ripiega su se stessa formando cerchi, e se alcuni corpi leggeri galleggiano in quell’acqua, possiamo vedere che vengono trascinati e fatti muovere insieme al flusso; e tra questi corpi spesso ce ne sono alcuni che ruotano anche attorno al proprio centro; quelli più vicini al centro del vortice si muovono più rapidamente di quelli più lontani; e infine, sebbene questi vortici d’acqua ruotino sempre in cerchio, quasi mai descrivono cerchi perfettamente regolari, ma a volte si estendono di più in lunghezza o in larghezza, in modo che le varie parti della loro circonferenza non siano tutte alla stessa distanza dal centro. Così possiamo facilmente immaginare che le stesse cose accadano anche ai pianeti; e questo basta per spiegare tutti i loro fenomeni.
31
Come vengono trascinate via in questo modo.
Pertanto, consideriamo che S sia il sole e che tutta la materia celeste che lo circonda ruoti nella stessa direzione di esso: cioè da ovest verso est, passando per il mezzogiorno; supponendo inoltre che il polo nord si trovi al di sopra del piano rappresentato in questa figura. Pensiamo anche che la materia che circonda Saturno impieghi quasi trent’anni perché questo pianeta compia l’intero cerchio indicato, mentre quella che circonda Giove lo faccia in dodici anni insieme alle altre piccole planetine che lo accompagnano; che Marte completi lo stesso percorso in due anni, la Terra e la Luna in un anno, Venere in otto mesi, Mercurio in tre mesi; i loro movimenti sono rappresentati dai cerchi indicati nella figura.
32
Lo stesso vale per le macchie visibili sulla superficie del Sole.
Pensiamo anche che questi corpi opachi che si vedono sul sole con un telescopio e che vengono chiamati “macchie solari”, si muovano sulla sua superficie e impieghino ventisei giorni per compiere un’intera orbita.
33
Che anche la terra ruoti in cerchio attorno al suo centro, e che la luna ruoti attorno alla terra.
Pensons, outre cela, que dans ce grand tourbillon qui compose le ciel, duquel le soleil est le centre, il y en a d’autres plus petits qu’on peut comparer à ceux qu’on voit quelquefois dans le tournant des rivières, où ils suivent tous ensemble le cours du plus grand qui les contient, et se meuvent du même côté qu’il se meut ; et que l’un de ces tourbillons a Jupiter en son centre, lequel fait mouvoir avec lui les autres quatre planètes qui font leur circuit autour de cet astre d’une vitesse tellement proportionnée que la plus éloignée des quatre achève le sien à peu près en seize jours, celle qui la suit en sept, la troisième en quatre-vingt-cinq heures, et la plus proche du centre en quarante-deux, et qu’elles tournent ainsi plusieurs fois autour de lui pendant qu’il décrit un grand cercle autour du soleil ; et que tout de même le tourbillon dont la terre est le centre fait mouvoir la lune autour de la terre en l’espace d’un mois, et la terre même sur son essieu en l’espace de vingt-quatre heures, et que dans le temps que la lune et la terre parcourent ce grand cercle qui leur est commun et qui fait l’année, la terre tourne environ trois cent soixante-cinq fois sur son essieu, et la lune environ douze fois autour de la terre.
34
Que les mouvements des cieux ne sont pas parfaitement circulaires.
Enfin, nous devons penser que les centres des planètes ne sont point tous exactement en un même plan, et que les cercles qu’elles décrivent ne sont point parfaitement ronds, mais qu’il s’en faut toujours quelque peu que cela ne soit exact, et même que le temps y apporte sans cesse du changement, ainsi que nous voyons arriver en tous les autres effets de la nature.
35
Que toutes les planètes ne sont pas toujours en un même plan.
De façon que si cette figure nous représente le plan dans lequel est le cercle que le centre de la terre décrit chaque année, lequel on nomme le plan de l’écliptique, on doit penser que chacune des autres planètes fait son cours dans un autre plan quelque peu incliné sur celui-ci, et qui le coupe par une ligne qui ne passe pas loin du centre du soleil, et que les diverses inclinations de ces plans sont déterminées par le moyen des étoiles fixes. Par exemple, le plan dans lequel est maintenant la route de Saturne coupe l’écliptique vis-à-vis des signes de l’écrevisse et du capricorne, et est incliné vers le nord vis-à-vis de la balance, et vers le sud vis-à-vis du bélier, et l’angle qu’il fait avec le plan de l’écliptique, en s’inclinant de la sorte, est environ de deux degrés et demi. De même, les autres planètes font leur cours en des plans qui coupent celui de l’écliptique en d’autres endroits ; mais l’inclination est moindre en ceux de Jupiter et de Mars qu’elle n’est en celui de Saturne ; elle est environ d’un degré plus grande en celui de Vénus, et elle est beaucoup plus grande en celui de Mercure, où elle est presque de sept degrés. De plus, les taches qui paraissent sur la superficie du soleil y font aussi leurs cours en des plans inclinés à celui de l’écliptique de sept degrés ou davantage, au moins si les observations du P. Scheiner sont vraies ; et il les a faites avec tant de soin qu’il ne semble pas qu’on en doive désirer d’autres que les siennes sur cette matière. La lune aussi fait son cours autour de la terre dans un plan incliné de cinq degrés sur celui de l’écliptique ; et enfin la terre même est portée autour de son centre suivant le plan de l’équateur, lequel elle transfère partout avec soi, et qui est écarté de vingt-trois degrés et demi de celui de l’écliptique. Or on nomme la latitude des planètes la quantité des degrés qui se comptent ainsi entre l’écliptique et les endroits de leurs plans ou elles se trouvent.
36
Et que chacune n’est pas toujours éloignée d’un même centre.
Mais le circuit qu’elles font autour du soleil se nomme leur longitude, en laquelle il y a aussi de l’irrégularité, en ce que, n’étant pas toujours à même distance du soleil, elles ne semblent pas se mouvoir toujours à son égard de même vitesse. Car, au siècle où nous sommes, Saturne est plus éloigné du soleil, lorsqu’il est au signe du sagittaire que lorsqu’il est au signe des gémeaux, d’environ la vingtième partie de la distance qui est entre eux ; et lorsque Jupiter est en la balance, il en est plus éloigné que lorsqu’il est au bélier ; et ainsi les autres planètes se trouvent en des lieux différents, et ne sont pas vis-à-vis des mêmes signes, lorsqu’elles sont aux endroits où elles s’approchent ou s’éloignent le plus du soleil. Mais après quelques siècles toutes ces choses seront autrement disposées qu’elles ne sont à présent, et ceux qui seront alors pourront remarquer que les planètes, et la terre aussi, couperont le plan où est maintenant l’écliptique en des lieux différents de ceux où elles le coupent à présent, et qu’elles s’en écarteront un peu plus ou moins, et ne seront pas vis-à-vis des mêmes signes où elles se trouvent maintenant, lorsqu’elles sont plus ou moins éloignées du soleil.
37
Que tous les phénomènes peuvent être expliqués par l’hypothèse ici proposée.
Ensuite de quoi il n’est pas besoin que j’explique comment on peut entendre par cette hypothèse que se font les jours et les nuits, les étés et les hivers, le croissant et le décours de la lune, les éclipses, les stations et rétrogradations des planètes, l’avancement des équinoxes, la variation qu’on remarque en l’obliquité de l’écliptique, et choses semblables ; car il n’y a rien en cela qui ne soit facile à ceux qui sont un peu versés en l’astronomie.
38
Que suivant l’hypothèse de Tycho, on doit dire que la terre se meut autour de son centre.
Mais je dirai encore ici en peu de mots comment par l’hypothèse de Tycho, qui est reçue communément par ceux qui rejettent celle de Copernic, on attribue plus de mouvement à la terre que par l’autre. Premièrement, il faut que, pendant que la terre, selon l’opinion de Tycho, demeure immobile, le ciel avec les étoiles tourné autour d’elle chaque jour ; ce qu’on ne saurait entendre sans concevoir aussi que toutes les parties de la terre sont séparées de toutes les parties du ciel qu’elles touchaient auparavant, et que de moment en moment elles en touchent d’autres ; et parce que cette séparation est réciproque, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, et qu’il faut qu’il y ait autant de force ou d’action en la terre comme au ciel, je ne vois rien qui nous oblige à croire que le ciel soit plutôt mû que la terre ; au contraire, nous avons bien plus de raison d’attribuer ce mouvement à la terre, parce que la séparation se fait en toute sa superficie, et non pas de même en toute la superficie du ciel, mais seulement en la concave qui touche la terre et qui est extrêmement petite à comparaison de la convexe. Et n’importe qu’ils disent que, selon leur opinion, la superficie convexe du ciel étoilé est aussi bien séparée du ciel qui l’environne, à savoir du cristallin ou de l’empyrée, comme la superficie concave du même ciel l’est de la terre, et que pour cela ils attribuent le mouvement au ciel plutôt qu’à la terre ; car ils n’ont aucune preuve qui fasse paraître cette séparation de toute la superficie convexe du ciel étoilé d’avec l’autre ciel qui l’environne, mais ils la feignent à plaisir : et ainsi, par leur hypothèse, la raison pour laquelle on doit attribuer le mouvement au ciel et le repos à la terre est imaginaire, et ne dépend que de leur fantaisie ; au lieu que la raison pour laquelle ils pourraient dire que la terre se meut est évidente et certaine.
39
Et aussi qu’elle se meut autour du soleil.
De plus, suivant l’hypothèse de Tycho, le soleil faisant un circuit tous les ans autour de la terre emporte avec soi non seulement Mercure et Vénus, mais encore Mars, Jupiter et Saturne, qui sont plus éloignés de lui que n’est la terre, ce qu’on ne saurait concevoir dans un ciel liquide, comme ils le supposent, si la matière du ciel qui est entre le soleil et ces astres n’est emportée tout ensemble avec eux, et que cependant la terre, par une force particulière et différente de celle qui transporte ainsi le ciel, se sépare des parties de cette matière qui la touchent immédiatement, et qu’elle décrive un cercle au milieu d’elles. Mais cette séparation qui se fait ainsi de toute la terre devra être prise pour son mouvement.
40
Furthermore, we believe that within this vast whirlpool that constitutes the heavens, with the sun at its center, there exist other smaller whirlpools that can be likened to those sometimes observed at the bends of rivers—whirlpools that move together in the same direction as the larger stream that contains them. Among these smaller whirlpools, one has Jupiter at its center, and this planet causes the other four planets to orbit around it at speeds that are precisely proportionate to their distances from it: the farthest planet completes one orbit in about sixteen days, the next in seven days, the third in eighty-five hours, and the closest in forty-two hours. All these planets revolve around Jupiter numerous times as it itself travels in a large circle around the sun. Meanwhile, the whirlpool whose center is the earth causes the moon to orbit around it in one month, and the earth itself to rotate on its axis in twenty-four hours. In the time it takes for the moon and the earth to complete this common great circle that constitutes a year, the earth rotates about its axis approximately 365 times, while the moon orbits the earth about twelve times.
34
That the movements of the heavens are not perfectly circular.
Finally, we must consider that the centers of planets are not all exactly in the same plane, and that the circles they describe are not perfectly circular; there is always some slight deviation from perfection. Moreover, time constantly brings about changes in these aspects, just as we observe in all other natural phenomena.
35
That not all planets are always in the same plane.
Thus, if this figure represents the plane in which the Earth’s center moves annually along what is called the ecliptic plane, then it follows that each of the other planets must move in another plane that is slightly inclined relative to this one, and that intersects it with a line passing not far from the Sun’s center. The various inclinations of these planes are determined by the positions of the fixed stars. For example, the plane in which Saturn currently moves intersects the ecliptic near the constellations of Scorpio and Capricorn; it is inclined toward the north relative to Libra and toward the south relative to Aries. The angle it forms with the ecliptic plane as a result of this inclination is approximately two and a half degrees. Similarly, the other planets also move in planes that intersect the ecliptic at different points; however, the inclinations of Jupiter and Mars are smaller than that of Saturn—about one degree greater for Venus, and much larger for Mercury, where it is nearly seven degrees. Moreover, the sunspots also move across the solar surface in planes inclined relative to the ecliptic by at least seven degrees, if the observations made by Mr. Scheiner are accurate. He conducted these observations with such meticulous care that it seems unnecessary to seek any other explanations on this matter. The Moon also moves around the Earth in a plane inclined by five degrees relative to the ecliptic. Finally, the Earth itself revolves around its axis along the equatorial plane, which is itself inclined by twenty-three and a half degrees relative to the ecliptic. The “latitude” of a planet is therefore defined as the number of degrees that separate its orbital plane from the ecliptic.
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And that each one of them is not always distant from the same center.
But the orbits they describe around the sun are called their longitudes, and there too is irregularity: since they are not always at equal distances from the sun, it does not seem that they move towards it at constant speeds. In our century, for example, Saturn is farther from the sun when it is in the sign of Sagittarius than when it is in the sign of Gemini—by about one-twentieth of the distance between them. Similarly, Jupiter is farther away when it is in the sign of Libra than when it is in the sign of Aries. And the same holds true for the other planets; they do not always occupy the same positions relative to the zodiac signs when they are at their closest or farthest from the sun. But after a few centuries, all these arrangements will have changed, and those who live then will observe that the planets—and indeed the earth as well—will cross the ecliptic plane at different locations than they do now, and that they will deviate from it to a greater or lesser extent, no longer aligning with the same zodiac signs when they are at their greatest or smallest distances from the sun.
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That all phenomena can be explained by the hypothesis proposed here.
Afterward, there is no need for me to explain how, according to this hypothesis, days and nights, summers and winters, the phases of the moon, eclipses, the positions and retrogradations of the planets, the progression of the equinoxes, and similar phenomena come about; for nothing in all this is difficult to understand for those who have some knowledge of astronomy.
38
According to Tycho’s hypothesis, it must be said that the earth moves around its own center.
But I would like to briefly explain here how, according to Tycho’s hypothesis—which is commonly accepted by those who reject Copernicus’ theory—more motion is attributed to the earth than according to the other theory. First of all, it must be acknowledged that, according to Tycho’s view, while the earth remains stationary, the heavens along with the stars revolve around it every day. This assertion would be incomprehensible unless we also assume that all parts of the earth are now separated from those parts of the heavens that they previously touched, and that at each moment they come into contact with other parts of the heavens. Moreover, since this separation is reciprocal—as has been stated above—and since there must be an equal amount of force or action on the earth as on the heavens, I see no reason to believe that the heavens are in a state of motion rather than the earth. On the contrary, we have far more reason to attribute motion to the earth, because this separation occurs over its entire surface, whereas it does not occur in the same way across the entire surface of the heavens, but only in the concave portion that touches the earth—and this concave area is extremely small compared to the convex portion of the heavens. No matter what they may say, according to their theory, the convex surface of the starry heavens is just as separated from the surrounding heavens (i.e., from the crystalline or empyreal realm) as the concave surface of the same heavens is separated from the earth; and yet they attribute motion to the heavens rather than to the earth. But they have no real evidence to support this claim regarding the separation of the entire convex surface of the starry heavens from the surrounding heavens; rather, they merely invent such a notion at will. Thus, according to their hypothesis, the reason why motion should be attributed to the heavens and rest to the earth is purely imaginary and based solely on their fanciful assumptions—whereas the reason why the earth moves is clear and undeniable.
39
And also that it moves around the sun.
Furthermore, according to Tycho’s hypothesis, the sun, which orbits the earth once every year, carries with it not only Mercury and Venus but also Mars, Jupiter, and Saturn—planets that are farther from it than the earth is. Such a scenario would be impossible to conceive in a liquid sky, as they assume, unless the material constituting the sky between the sun and these planets were also carried along with them. Yet, the earth, by some particular force different from that which moves the sky, manages to separate itself from the portions of this material that are in direct contact with it and thus follows a circular path amidst them. But this very separation that takes place must be considered as the earth’s motion.
40
Pensiamo inoltre che, in questo grande vortice che costituisce il cielo e nel quale il sole è al centro, esistano altri vortici più piccoli, paragonabili a quelli che talvolta si osservano nei corsi dei fiumi: questi seguono tutti insieme il movimento del vortice più grande che li contiene e si muovono nella stessa direzione. Uno di questi vortici ha Giove al suo centro; questo asteroide fa muovere con sé le altre quattro pianete, le quali descrivono intorno a esso orbite la cui velocità è tale che la più lontana delle quattro compie il proprio percorso in circa sedici giorni, quella successiva in sette, la terza in ottantacinque ore, e la più vicina al centro in quarantadue ore. Tali pianete ruotano così molte volte intorno a Giove mentre quest’ultimo descrive un grande cerchio attorno al sole. Allo stesso modo, il vortice nel quale la Terra è al centro fa muovere la Luna attorno alla Terra in un mese, e la Terra stessa sul proprio asse in ventiquattro ore. Nel tempo che la Luna e la Terra impiegano per completare questo grande cerchio comune che costituisce l’anno, la Terra ruota circa trecentosessantacinque volte sul proprio asse, mentre la Luna ruota circa dodici volte attorno alla Terra.
34
I movimenti dei cieli non sono affatto perfettamente circolari.
Infine, dobbiamo considerare che i centri dei pianeti non si trovano tutti esattamente nello stesso piano, e che i cerchi che descrivono non sono perfettamente circolari; c’è sempre una certa discrepanza rispetto alla perfezione, e anzi il tempo apporta costantemente cambiamenti in questo senso, proprio come osserviamo avvenire in tutti gli altri effetti della natura.
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Che non tutte le pianete siano sempre nello stesso piano.
Pertanto, se questa figura ci rappresenta il piano nel quale si trova il cerchio descritto ogni anno dal centro della Terra, e che viene chiamato piano dell’eclittica, dobbiamo considerare che ciascuna delle altre pianete percorre il proprio cammino in un altro piano leggermente inclinato rispetto a questo, e che questi piani si intersecano con una linea che non passa lontano dal centro del Sole; inoltre, le varie inclinazioni di questi piani sono determinate dalle stelle fisse. Ad esempio, il piano nel quale attualmente si trova la traiettoria di Saturno interseca l’eclittica nei segni dell’Acquario e del Capricorno; è inclinato verso nord rispetto al segno della Bilancia e verso sud rispetto a quello del Toro. L’angolo che questo piano forma con l’eclittica, a causa di questa inclinazione, è di circa due gradi e mezzo. Allo stesso modo, anche le altre pianete percorrono i loro percorsi in piani che intersecano l’eclittica in altri punti; tuttavia, l’inclinazione di Giove e Marte è minore rispetto a quella di Saturno; è circa di un grado maggiore nel caso di Venere, e molto più elevata in quello di Mercurio, dove raggiunge quasi sette gradi. Inoltre, anche le macchie che appaiono sulla superficie del Sole si muovono lungo piani inclinati rispetto all’eclittica di almeno sette gradi; questo almeno secondo le osservazioni effettuate dal signor Scheiner, il quale le ha condotte con tale cura che non sembra necessario cercare altre spiegazioni su questo argomento. Anche la Luna percorre il proprio cammino attorno alla Terra in un piano inclinato di cinque gradi rispetto all’eclittica; infine, la Terra stessa ruota attorno al proprio centro seguendo il piano dell’equatore, che essa porta con sé ovunque si muova e che è distante dall’eclittica di ventitré gradi e mezzo. La latitudine delle pianete viene definita come la quantità di gradi che intercorrono tra l’eclittica e i punti in cui si trovano i loro piani rispettivi.
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E che ciascuna di esse non sia sempre lontana da uno stesso centro.
Ma il percorso che queste pianete descrivono attorno al sole viene chiamato “lunghezza meridiana”; anche in questo caso esistono irregolarità: poiché non si trovano sempre alla stessa distanza dal sole, non sembrano muoversi verso di esso sempre alla stessa velocità. Nel secolo in cui viviamo, Saturno è più lontano dal sole quando si trova nel segno del Sagittario che quando si trova nel segno dei Gemelli, circa un ventesimo della distanza che esiste tra loro; e Giove è più lontano dal sole quando si trova nella Bilancia che quando si trova nel Toro. Allo stesso modo, le altre pianete si trovano in posizioni diverse e non sono più rivolte verso gli stessi segni zodiacali quando sono più vicine o più lontane dal sole. Ma tra alcuni secoli tutte queste condizioni saranno cambiate rispetto a oggi, e coloro che vivranno allora potranno osservare che le pianete, e anche la Terra, taglieranno il piano dell’eclittica in punti diversi da quelli attuali, e si allontaneranno un po’ di più o di meno da esso; inoltre, non saranno più rivolte verso gli stessi segni zodiacali quando saranno più o meno lontane dal sole.
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Che tutti i fenomeni possano essere spiegati dall’ipotesi qui proposta.
A questo punto non è necessario che spieghi come si possa intendere, attraverso questa ipotesi, il sorgere e il tramonto del sole e della luna, l’avvicinamento e il allontanamento di questi corpi celesti, le eclissi, i movimenti delle pianete, il progresso degli equinozi, nonché le variazioni nell’inclinazione dell’eclittica; poiché nulla di tutto ciò è difficile da comprendere per coloro che hanno una certa conoscenza di astronomia.
38
Secondo l’ipotesi di Tycho, si deve quindi affermare che la Terra ruoti attorno al proprio centro.
Ma dirò ancora qui, in poche parole, come l’ipotesi di Tycho, accettata comunemente da coloro che rifiutano quella di Copernico, attribuisca alla terra un movimento maggiore rispetto all’altra ipotesi. Prima di tutto, secondo Tycho, mentre la terra rimane immobile, il cielo con le stelle ruota intorno a essa ogni giorno; cosa che non si potrebbe spiegare senza ritenere anche che tutte le parti della terra siano separate da tutte le parti del cielo che prima le toccavano, e che di momento in momento ne tocchino altre. Poiché questa separazione è reciproca, e poiché deve esserci uguale forza o azione sulla terra quanto nel cielo, non vedo nulla che ci obblighi a credere che il cielo sia più “attivo” della terra; al contrario, abbiamo molte più ragioni per attribuire questo movimento alla terra, poiché la separazione avviene su tutta la sua superficie, mentre nel cielo avviene solo sulla parte concava che tocca la terra, e questa è estremamente piccola rispetto alla superficie convessa. E anche se si dicesse che, secondo la loro ipotesi, la superficie convessa del cielo stellato sia altrettanto separata dal cielo circostante – cioè dal cristallino o dall’empireo – quanto la superficie concava dello stesso cielo lo è dalla terra, e che per questo motivo si debba attribuire il movimento al cielo piuttosto che alla terra; non avrebbero alcuna prova concreta a sostegno di questa separazione su tutta la superficie convessa del cielo stellato rispetto all’altro cielo circostante, ma la inventano soltanto a piacimento. Quindi, secondo la loro ipotesi, la ragione per cui si dovrebbe attribuire il movimento al cielo e il riposo alla terra è puramente immaginaria e dipende esclusivamente dalla loro fantasia; mentre la ragione per cui si potrebbe dire che sia la terra a muoversi è evidente e certa.
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E anche che ruoti intorno al sole.
Inoltre, secondo l’ipotesi di Tycho, il sole, che compie ogni anno un giro attorno alla terra, trascina con sé non solo Mercurio e Venere, ma anche Marte, Giove e Saturno, che si trovano più lontani da esso rispetto alla terra. Una tale ipotesi sarebbe incomprensibile se il cielo, situato tra il sole e questi astri, non fosse trascinato insieme a loro; tuttavia, la terra, grazie a una forza particolare e diversa da quella che muove il cielo, si separerebbe dalle parti di questa materia che la circondano direttamente, descrivendo così un cerchio al suo interno. Ma questa separazione della terra deve essere considerata come il suo stesso movimento.
40
Encore que la terre change de situation au regard des autres planètes, cela n’est pas sensible au regard des étoiles fixes, à cause de leur extrême distance.
On peut ici proposer une difficulté contre mon hypothèse ; à savoir, que, puisque le soleil garde toujours une même situation à l’égard des étoiles fixes, il est donc nécessaire que la terre qui tourne autour de lui approche de ces étoiles et s’en éloigne aussi de tout l’intervalle qui est compris en ce grand cercle qu’elle décrit en faisant sa route d’une année ; et néanmoins on n’en a encore rien su découvrir par les observations qu’on a faites. Mais il est aisé de répondre que la grande distance qui est entre la terre et les étoiles en est cause : car je la suppose si immense, que tout le cercle que la terre décrit autour du soleil, à comparaison d’elle, ne doit être compté que pour un point. Ce qui semblera peut-être incroyable à ceux qui, n’ont pas accoutumé leur esprit à considérer les merveilles de Dieu, et qui pensent que la terre est la principale partie de l’univers parce qu’elle est la demeure de l’homme, en faveur duquel ils se persuadent sans raison que toutes choses ont été faites ; mais je suis assuré que les astronomes, qui savent déjà que la terre comparée au ciel ne tient lieu que d’un point, ne le trouveront pas si étrange.
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Que cette distance des étoiles fixes est nécessaire pour expliquer les mouvements des comètes.
Et cette opinion de la distance des étoiles fixes peut être confirmée par les mouvements des comètes, lesquelles on sait maintenant assez n’être point des météores qui s’engendrent en l’air proche de nous, ainsi qu’on a vulgairement cru dans l’école avant que les astronomes eussent examiné leurs parallaxes ; car j’espère faire voir ci-après que ces comètes sont des astres qui font de si grandes excursions de tous côtés dans les cieux, et si différentes tant de la stabilité des étoiles fixes que du circuit régulier que font les planètes autour du soleil, qu’il serait impossible de les expliquer conformément aux lois de la nature, à moins que de supposer un espace extrêmement vaste entre le soleil et les étoiles fixes, dans lequel ces excursions se puissent faire. Et nous ne devons point avoir d’égard à ce que Tycho et les autres astronomes qui ont recherché soigneusement leurs parallaxes ont dit qu’elles étaient seulement au-dessus de la lune, vers la sphère de Vénus ou de Mercure, car ils eussent encore mieux pu déduire de leurs observations qu’elles étaient au-dessus de Saturne ; mais parce qu’ils disputaient contre les anciens, qui ont compris les comètes entre les météores qui se forment dans l’air au-dessous de la lune, ils se sont contentés de montrer qu’elles sont dans le ciel, et n’ont osé leur attribuer toute la hauteur qu’ils découvraient par leur calcul, de peur de rendre leur proposition moins croyable.
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Qu’on peut mettre au nombre des phénomènes toutes les choses qu’on voit sur la terre, mais qu’il n’est pas ici besoin de les considérer toutes.
Outre ces choses générales, je pourrais bien comprendre encore ici entre les phénomènes, non seulement plusieurs autres choses particulières touchant le soleil, les planètes, les comètes et les étoiles fixes, mais aussi toutes celles que nous voyons autour de la terre, ou qui se font sur sa superficie, d’autant que pour connaître la vraie nature de ce monde visible ce n’est pas assez de trouver quelques causes par lesquelles on puisse rendre raison de ce qui paraît dans le ciel bien loin de nous, mais il faut aussi en pouvoir déduire ce que nous voyons proche de nous, et qui nous touche plus sensiblement. Mais je crois qu’il n’est pas besoin pour cela que nous les considérions toutes d’abord, et qu’il sera mieux que nous tâchions de trouver les causes de ces plus générales que j’ai ici proposées ; afin de voir par après si de ces mêmes causes nous pourrons aussi déduire toutes les autres plus particulières, auxquelles nous n’aurons point pris garde en cherchant ces causes. Car, si nous trouvons que cela soit, ce sera un très fort argument pour nous assurer que nous sommes dans le bon chemin.
43
Qu’il n’est pas vraisemblable que les causes desquelles on peut déduire tous les phénomènes soient fausses.
Et certes, si les principes dont je me sers sont très évidents, si les conséquences que j’en tire sont fondées sur la certitude des mathématiques, et si ce que j’en déduis de la sorte s’accorde exactement avec toutes les expériences, il me semble que ce serait faire injure à Dieu de croire que les causes des effets qui sont en la nature, et que nous avons ainsi trouvées, sont fausses : car ce serait le vouloir rendre coupable de nous avoir créés si imparfaits, que nous fussions sujets à nous méprendre, lors même que nous usons bien, de la raison qu’il nous a donnée.
44
Que je ne veux point toutefois assurer que celles que je propose sont vraies.
Mais parce que les choses dont je traite ici ne sont pas de peu d’importance, et qu’on me croirait peut-être trop hardi si j’assurais que j’ai trouvé des vérités qui n’ont pas été découvertes par d’autres, j’aime mieux n’en rien décider ; et afin que chacun soit libre d’en penser ce qu’il lui plaira, je désire que ce que j’écrirai soit seulement pris pour une hypothèse, laquelle est peut-être fort éloignée de la vérité, mais encore que cela fût, je croirai avoir beaucoup fait si toutes les choses qui en seront déduites sont entièrement conformes aux expériences : car si cela se trouve elle ne sera pas moins utile à la vie que si elle était vraie, parce qu’on s’en pourra servir en même façon pour disposer les causes naturelles à produire les effets que l’on voudra.
45
Que même j’en supporterai ici quelques-unes que je crois fausses.
Et tant s’en faut que je veuille que l’on croie toutes les choses que j’écrirai, que même je prétends en proposer ici quelques-unes que je crois absolument être fausses : à savoir, je ne doute point que le monde n’ait été créé au commencement avec autant de perfection qu’il en a ; en sorte que le soleil, la terre, la lune et les étoiles ont été dès lors ; et que la terre n’a pas eu seulement en soi les semences des plantes, mais que les plantes même en ont couvert une partie ; et qu’Adam et Ève n’ont pas été créés enfants, mais en âge d’hommes parfaits. La religion chrétienne veut que nous le croyions ainsi, et la raison naturelle nous persuade entièrement cette vérité : car si nous considérons la toute-puissance de Dieu, nous devons juger que tout ce qu’il a fait a eu dès le commencement toute la perfection qu’il devait avoir. Mais néanmoins, comme on connaitrait beaucoup mieux quelle a été la nature d’Adam et celle des arbres du paradis si on avait examiné comment les enfants se forment peu à peu dans le ventre de leurs mères, et comment les plantes sortent de leurs semences, que si on avait seulement considéré quels ils ont été quand Dieu les a créés : tout de même, nous ferons mieux entendre qu’elle est généralement la nature de toutes les choses qui sont au monde si nous pouvons imaginer quelques principes qui soient fort intelligibles et fort simples, desquels nous fassions voir clairement que les astres et la terre, et enfin tout ce monde visible aurait pu être produit ainsi que de quelques semences (bien que nous sachions qu’il n’a pas été produit en cette façon), que si nous le décrivions seulement comme il est, ou bien comme nous croyons qu’il a été créé. Et parce que je pense avoir trouvé des principes qui sont tels, je tâcherai ici de les expliquer.
46
Quelles sont ces suppositions.
Although the Earth’s position changes relative to other planets, this is not noticeable when considering fixed stars due to their immense distances.
Here, one might raise an objection against my hypothesis: namely, since the sun always maintains the same relative position with respect to the fixed stars, it would seem necessary for the earth, which revolves around it, to approach these stars at one time and then move away from them over the entire distance covered in its annual orbit. Yet, nothing of this has been discovered through our observations so far. However, this objection can be easily refuted by considering the immense distance that separates the earth from the stars. I assume this distance to be so vast that the entire orbit described by the earth around the sun is, in comparison to it, merely insignificant—like a point in space. This may seem incredible to those who are not accustomed to contemplating the wonders of God and who believe that the earth is the central part of the universe because it is the home of humanity, and thus assume without reason that everything was created for mankind’s sake. But I am certain that astronomers, who already realize that the earth is insignificant compared to the vastness of space, will not find this argument strange at all.
41
That such a vast distance between the fixed stars is necessary in order to explain the movements of comets.
And this opinion regarding the vast distances between the fixed stars can be confirmed by the movements of comets. It is now well established that comets are not meteors that originate in the atmosphere near us, as was commonly believed before astronomers began to study their parallaxes. In fact, I hope to demonstrate below that comets are celestial bodies that undertake enormous journeys across the heavens in all directions, differing vastly both from the stability of the fixed stars and from the regular orbits followed by the planets around the sun. It would be impossible to explain such phenomena in accordance with the laws of nature unless we assume the existence of an extremely vast space between the sun and the fixed stars, within which these movements can take place. We should not pay attention to what Tycho Brahe and other astronomers who carefully measured the parallaxes of comets claimed—that they were merely located above the moon, in the region of Venus or Mercury. In fact, their observations could have led them to conclude that comets are even farther away, beyond Saturn. But since they opposed the views of the ancients, who considered comets to be mere meteors originating in the lower atmosphere, they were content to establish merely that comets exist in the heavens. They did not dare assign them the immense distances they calculated, for fear of making their theories seem less credible.
42
We can include in the category of phenomena all those things that we see on earth, but it is not necessary to consider them all here.
Apart from these general considerations, I could probably also understand here, among the various phenomena, not only several other specific aspects related to the sun, planets, comets, and fixed stars, but also all those that we observe around the earth or that occur on its surface. Indeed, in order to comprehend the true nature of this visible world, it is not enough merely to identify some causes that can explain what appears in the sky far from us; we must also be able to deduce from these causes everything that happens near us and that affects us more directly. However, I believe that it is not necessary for us to consider all these phenomena at once. It would be better to try first to identify the causes of those more general principles I have mentioned here; only afterward can we determine whether we can also derive from these same causes all the other more specific phenomena that we might not have considered initially in our search. For if we find that this is indeed possible, it will be a very strong argument confirming that we are on the right path.
43
It is not plausible that the causes from which all phenomena can be deduced could be false.
Indeed, if the principles I employ are utterly evident, if the conclusions I draw from them are based on the certainty of mathematics, and if what I infer in this way corresponds precisely with all experimental evidence, then it seems to me that to believe that the causes of those effects which exist in nature—and which we have thus discovered—are false would be an insult to God. For such belief would imply holding Him responsible for having created us in such a imperfect state that we are prone to error, even when we make proper use of the reason He has granted us.
44
However, I do not wish to claim that what I propose is true.
But since the matters I deal with here are of considerable importance, and one might consider me too presumptuous if I claimed to have discovered truths that others had not yet found, I prefer not to make any definite assertions. Moreover, in order to allow everyone the freedom to form their own opinions, I wish to present what I write merely as a hypothesis—perhaps one far from the truth. Even so, I would consider myself to have accomplished much if all the conclusions drawn from it are fully consistent with experimental evidence. For if this hypothesis proves to be correct, it will be just as useful in practical life as if it were true, since it can still be used to manipulate natural causes in order to produce the desired effects.
45
Even if I have to tolerate some of them here, which I believe to be false.
And far from wishing that people should believe everything I write, I even claim to propose here some ideas that I firmly believe to be false. In particular, I have no doubt whatsoever that the world was created at its beginning in all its present perfection; that the sun, the earth, the moon, and the stars existed from that very time; that the earth not only contained within itself the seeds of various plants, but that these plants themselves actually covered a part of its surface; and that Adam and Eve were not created as children, but as fully grown adults. The Christian religion demands that we believe this, and reason itself convinces us utterly of this truth. For if we consider God’s omnipotence, we must conclude that everything he created possessed from the beginning all the perfection it was destined to have. Nevertheless, we would understand much better the nature of Adam and the trees in the garden of Eden if we examined how children are gradually formed within their mothers’ bodies and how plants emerge from their seeds, than if we merely considered what they were like when God created them. Nonetheless, in order to explain more clearly the general nature of all things in the world, we will try to outline some principles that are both easy to understand and simple to grasp, from which it will become evident that the stars, the earth, and indeed the entire visible universe could have come into existence in this way—even though we know they were not created in that manner. And since I believe I have identified such principles, I shall attempt to explain them here.
46
What are these assumptions?
Sebbene la Terra cambi posizione rispetto alle altre pianete, ciò non è percepibile osservando le stelle fisse, a causa della loro enorme distanza.
Si può sollevare un’obiezione contro la mia ipotesi: poiché il sole mantiene sempre lo stesso rapporto rispetto alle stelle fisse, è necessario che la terra, che ruota intorno a esso, si avvicini e si allontani da queste stelle per tutto l’intervallo compreso nel grande cerchio che descrive nel corso di un anno; tuttavia, fino ad oggi non siamo riusciti a scoprire nulla attraverso le osservazioni effettuate. Tuttavia è facile rispondere che la grande distanza che separa la terra dalle stelle ne è la causa: infatti, suppongo tale distanza così immensa che tutto il cerchio descritto dalla terra intorno al sole, in confronto ad essa, non rappresenta altro che un punto. Ciò potrebbe sembrare incredibile a coloro che non sono abituati a considerare le meraviglie di Dio e che ritengono la terra la parte principale dell’universo, poiché è la dimora dell’uomo; per questi ultimi, si persuade senza motivo che tutte le cose siano state create appositamente per l’uomo. Tuttavia sono certo che gli astronomi, che già sanno che la terra, rispetto al cielo, non rappresenta altro che un punto, non troveranno questa idea così strana.
41
Che questa distanza tra le stelle fisse sia necessaria per spiegare i movimenti delle comete.
E questa opinione riguardo alla distanza delle stelle fisse può essere confermata dai movimenti delle comete, le quali oggi sappiamo con certezza non essere meteori che si formano nell’aria vicino a noi, come si credeva comunemente prima che gli astronomi studiassero le loro parallasse; poiché spero di dimostrare in seguito che queste comete sono astri che compiono viaggi estremamente ampi in ogni direzione nel cielo, e che sono così diverse sia dalla stabilità delle stelle fisse che dal percorso regolare dei pianeti intorno al sole, da rendere impossibile spiegarle in base alle leggi della natura, a meno di ipotizzare l’esistenza di uno spazio estremamente vasto tra il sole e le stelle fisse, all’interno del quale tali movimenti possano avvenire. E non dobbiamo dare peso a quanto abbiano affermato Tycho Brahe e altri astronomi che hanno studiato con attenzione le parallasse delle comete, dicendo che queste si trovavano soltanto al di sopra della Luna, verso la sfera di Venere o di Mercurio; poiché avrebbero potuto facilmente dedurre dalle loro osservazioni che esse si trovassero anche al di sopra di Saturno. Ma poiché si opponevano agli antichi, i quali consideravano le comete tra i meteori che si formano nell’aria al di sotto della Luna, si sono limitati a dimostrare che esistono nel cielo, senza osare attribuire loro tutta la distanza che calcolavano, per paura di rendere meno credibile la loro ipotesi.
42
Si possono annoverare tra i fenomeni tutte le cose che vediamo sulla terra, ma non è necessario considerarle tutte in questo contesto.
Oltre a queste considerazioni generali, potrei facilmente comprendere, tra i fenomeni osservabili, non solo molte altre caratteristiche specifiche relative al sole, ai pianeti, alle comete e alle stelle fisse, ma anche tutte quelle che vediamo intorno alla Terra o che avvengono sulla sua superficie. Infatti, per conoscere la vera natura di questo mondo visibile, non basta individuare alcune cause capaci di spiegare ciò che osserviamo nel cielo lontano da noi; è necessario anche essere in grado di dedurre da queste stesse cause tutto ciò che vediamo più vicino a noi e che ci colpisce in modo più immediato. Tuttavia, credo che non sia necessario considerare tutte queste cose contemporaneamente; sarà meglio cercare prima di tutto le cause di quelle caratteristiche più generali che ho qui proposto, per poi verificare se da esse possiamo dedurre anche tutte le altre, più specifiche, alle quali forse non avremo prestato attenzione nel corso della nostra indagine. Se ciò dovesse rivelarsi possibile, questo costituirebbe un argomento molto convincente per confermare che siamo sulla strada giusta.
43
Non è probabile che le cause da cui si possono dedurre tutti i fenomeni siano false.
E certamente, se i principi che utilizzo sono molto evidenti, se le conseguenze che ne traggo si basano sulla certezza della matematica, e se ciò che ne deduco corrisponde esattamente a tutte le esperienze fatte, mi sembra che sarebbe un insulto verso Dio credere che le cause degli effetti presenti nella natura, e che abbiamo così individuato, siano false: perché ciò equivarrebbe a ritenere Dio colpevole di averci creati in modo così imperfetto da renderci soggetti ad errori, anche quando utilizziamo correttamente la ragione che ci ha donato.
44
Tuttavia, non intendo affatto affermare che ciò che propongo sia vero.
Ma poiché le questioni di cui parlo qui non sono di scarsa importanza, e si potrebbe pensare che io sia troppo audace se affermassi di aver scoperto verità che altri non hanno ancora individuato, preferisco non prendere alcuna decisione al riguardo; e affinché ognuno possa pensarci come desidera, desidero che ciò che scriverò venga considerato soltanto un’ipotesi, che forse è molto lontana dalla verità. Tuttavia, anche in questo caso, crederei di aver fatto molto se tutte le conclusioni che ne derivano fossero completamente in accordo con le esperienze osservate: perché, anche se si trattasse di un’ipotesi errata, essa sarebbe comunque utile nella vita pratica, poiché potrebbe essere utilizzata allo stesso modo per indirizzare le cause naturali affinché producano gli effetti desiderati.
45
Anche se dovrò sopportare alcune di queste cose che ritengo false.
E non solo non voglio che si creda in tutto ciò che scriverò, ma pretendo addirittura di proporre alcune cose che ritengo assolutamente false: cioè, non dubito affatto che il mondo sia stato creato fin dall’inizio con tutta la perfezione che possiede oggi; quindi il sole, la terra, la luna e le stelle esistevano già allora; inoltre, la terra non conteneva soltanto i semi delle piante, ma queste stesse ne coprivano una parte; infine, Adamo ed Eva non furono creati bambini, bensì già in età di adulti perfetti. La religione cristiana vuole che crediamo così, e la ragione naturale ci convince pienamente di questa verità: poiché, se consideriamo l’onnipotenza di Dio, dobbiamo ritenere che tutto ciò che ha creato abbia posseduto fin dall’inizio tutta la perfezione che doveva avere. Tuttavia, conoscerebbe molto meglio quale fosse la natura di Adamo e degli alberi del paradiso se si esaminasse come i bambini si formano gradualmente nel grembo delle loro madri e come le piante nascono dai loro semi, piuttosto che limitarsi a considerare com’erano quando Dio li creò. Comunque sia, spiegheremo meglio quale sia in generale la natura di tutte le cose esistenti nel mondo se riusciremo ad immaginare alcuni principi chiari e semplici dai quali possiamo dimostrare chiaramente che gli astri, la terra e tutto il mondo visibile avrebbero potuto essere creati a partire da alcuni semi (sebbene sappiamo che in realtà non sia stato così), piuttosto che descriverli semplicemente come sono o come crediamo che siano stati creati. E poiché penso di aver trovato tali principi, cercherò qui di spiegarli.
46
Quali sono queste supposizioni?
Nous avons remarqué ci-dessus que tous les corps qui composent l’univers sont faits d’une même matière, qui est divisible en toutes sortes de parties, et déjà divisée en plusieurs, qui sont mues diversement, et dont les mouvements sont en quelque façon circulaires, et qu’il y a toujours une égale quantité de ces mouvements dans le monde : mais nous n’avons pu déterminer en même façon combien sont grandes les parties auxquelles cette matière est divisée, ni quelle est la vitesse dont elles se meuvent, ni quels cercles elles décrivent ; car ces choses ayant pu être ordonnées de Dieu en une infinité de diverses façons, c’est par la seule expérience, et non par la force du raisonnement, qu’on peut savoir laquelle de toutes ces façons il a choisie. C’est pourquoi il nous est maintenant libre de supposer celle que nous voudrons, pourvu que toutes les choses qui en seront déduites s’accordent entièrement avec l’expérience. Supposons donc, s’il vous plaît, que Dieu a divisé au commencement toute la matière dont il a composé ce monde visible en des parties aussi égales entre elles qu’elles ont pu être, et dont la grandeur était médiocre, c’est-à-dire moyenne entre les diverses grandeurs des différentes parties qui composent maintenant les cieux et les astres ; et, enfin, qu’il a fait qu’elles ont toutes commencé à se mouvoir d’égale force en deux diverses façons : à savoir chacune à part autour de son propre centre, au moyen de quoi elles ont composé un corps liquide, tel que je juge être le ciel ; et avec cela plusieurs ensemble autour de quelques centres disposés en même façon dans l’univers que nous voyons que le sont à présent les centres des étoiles fixes, mais dont le nombre a été plus grand, en sorte qu’il a égalé le leur, joint à celui des planètes et des comètes ; et que la vitesse dont il les a ainsi mues était médiocre, c’est-à-dire qu’il a mis en elles toutes autant de mouvement qu’il y en a encore à présent dans le monde. Ainsi, par exemple, on peut penser que Dieu a divisé toute la matière qui est dans l’espace AEI en un très grand nombre de petites parties, qu’il a mues non seulement chacune autour de son centre, mais aussi toutes ensemble autour du centre S, et tout de même qu’il a mû toutes les parties de la matière qui est en l’espace AEV autour du centre F, et ainsi des autres ; en sorte qu’elles ont composé autant de différents tourbillons (je me servirai dorénavant de ce mot pour signifier toute la matière qui tourne ainsi en rond autour de chacun de ces centres) qu’il y a maintenant d’astres dans le monde.
47
Que leur fausseté n’empêche point que ce qui en sera déduit ne soit vrai.
Ce peu de suppositions me semble suffire pour m’en servir comme de causes ou de principes, dont je déduirai tous les effets qui paraissent en la nature, par les seules lois ci-dessus expliquées. Et je ne crois pas qu’on puisse imaginer des principes plus simples, ni plus intelligibles, ni aussi plus vraisemblables que ceux-ci. Car, bien que ces lois de la nature soient telles que, quand bien même nous supposerions le chaos des poètes, c’est-à-dire une entière confusion de toutes les parties de l’univers, on pourrait toujours démontrer que par leur moyen cette confusion doit peu à peu revenir à l’ordre qui est à présent dans le monde ; et que j’aie autrefois entrepris d’expliquer comment cela aurait pu être, toutefois, à cause qu’il ne convient pas si bien à la souveraine perfection qui est en Dieu de le faire auteur de la confusion que de l’ordre, et aussi que la notion que nous en avons est moins distincte, j’ai cru devoir ici préférer la proportion et l’ordre à la confusion du chaos : et parce qu’il n’y a aucune proportion ni aucun ordre qui soit plus simple et plus aisé à comprendre que celui qui consiste en une parfaite égalité, j’ai supposé ici que toutes les parties de la matière ont au commencement été égales entre elles, tant en grandeur qu’en mouvement, et n’ai voulu concevoir aucune autre inégalité en l’univers que celle qui est en la situation des étoiles fixes, qui paraît si clairement à ceux qui regardent le ciel pendant la nuit qu’il n’est pas possible de la mettre en doute. Au reste, il importe fort peu de quelle façon je suppose ici que la matière ait été disposée au commencement, puisque sa disposition doit par après être changée, suivant les lois de la nature, et qu’à peine en saurait-on imaginer aucune de laquelle on ne puisse prouver que par ces lois elle doit continuellement se changer, jusqu’à ce qu’enfin elle compose un monde entièrement semblable à celui-ci, bien que peut-être cela serait plus long à déduire d’une supposition que d’une autre ; car ces lois étant cause que la matière doit prendre successivement toutes les formes dont elle est capable, si on considère par ordre toutes ces formes, on pourra enfin parvenir à celle qui se trouve à présent en ce monde. Ce que je mets ici expressément, afin qu’on remarque qu’encore que je parle de suppositions, je n’en fais néanmoins aucune dont la fausseté, quoique connue, puisse donner occasion de douter de la vérité des conclusions qui en seront tirées.
48
Comment toutes les parties du ciel sont devenues rondes.
Or ces choses étant ainsi posées, afin que nous commencions à voir quel effet en peut être déduit par les lois de la nature, considérons que toute la matière dont le monde est composé, ayant été au commencement divisée en plusieurs parties égales, ces parties n’ont pu d’abord être toutes rondes, à cause que plusieurs boules jointes ensemble ne composent pas un corps entièrement solide et continu, tel qu’est cet univers, dans lequel j’ai démontré ci-dessus qu’il ne peut y avoir de vide. Mais, quelque figure que ces parties aient eue pour lors, elles ont dû par succession de temps devenir rondes, d’autant qu’elles ont eu divers mouvements circulaires ; et parce que la force dont elles ont été mues au commencement était assez grande pour les séparer les unes des autres, cette même force, continuant encore en elles par après, a été aussi sans doute assez grande pour émousser tous leurs angles, à mesure qu’elles se rencontraient, car il n’en fallait pas tant pour cet effet, qu’il en avait fallu pour l’autre ; et de cela seul que tous les angles d’un corps sont ainsi émoussés, il est aisé de concevoir qu’il est rond, à cause que tout ce qui avance en ce corps au-delà de sa figure sphérique est ici compris.
49
Qu’entre ces parties rondes il y en doit avoir d’autres plus petites pour remplir tout l’espace où elles sont.
Mais d’autant qu’il ne saurait y avoir d’espace vide en aucun endroit de l’univers, et que les parties de la matière étant rondes ne sauraient se joindre avoir d’autres si étroitement ensemble qu’elles ne laissent plusieurs petits intervalles entre elles, il faut que ces petits intervalles soient remplis de quelques autres parties de cette matière, qui doivent être extrêmement menues, afin de changer de figure à tous moments, pour s’accommoder à celle des lieux où elles entrent ; c’est pourquoi nous devons penser que ce qui sort des angles des parties de la matière à mesure qu’elles s’arrondissent en se frottant les unes contre les autres, est si menu et acquiert une vitesse si grande, que l’impétuosité de son mouvement le peut diviser en des parties innombrables, qui, n’ayant aucune grosseur ni figure déterminée, remplissent aisément tous les petits intervalles par où les autres parties de la matière ne peuvent passer.
50
Que ces plus petites parties sont aisées à diviser.
Car il faut remarquer que d’autant plus que ce qui sort de la raclure des parties de la matière, à mesure qu’elles s’arrondissent, est menu, d’autant plus aisément il peut être mû et derechef amenuisé ou divisé en des parties encore plus petites que celles qu’il a déjà, parce que plus un corps est petit, plus il a de superficie à raison de la quantité de sa matière, et que la grandeur de cette superficie fait qu’il rencontre d’autant plus de corps qui font effort pour le mouvoir ou diviser, pendant que son peu de matière fait qu’il peut d’autant moins résister à leur force.
51
Et qu’elles se meuvent très vite.
We have observed above that all the bodies that constitute the universe are made of the same substance, which can be divided into various parts; these parts already exist in multiple divisions and move in different ways, their motions being of some sort circular in nature. Moreover, there is always an equal amount of such motion throughout the universe. However, we have not been able to determine precisely how large these parts are, at what speed they move, or what orbits they follow. Since these arrangements could have been created by God in countless different ways, it is only through experience, and not through reasoning alone, that we can discern which of these possibilities he actually chose. Therefore, it is now up to us to assume whatever theory seems most plausible, so long as all the conclusions derived from it are consistent with empirical observation. Let us therefore suppose that God, at the beginning, divided all the matter from which this visible world was formed into parts that were equal in size to one another and of moderate magnitude—meaning their size was intermediate between those of the various components that now make up the heavens and stars. He also caused these parts to begin moving with equal force in two different directions: each part moved around its own center, resulting in the formation of a cohesive whole, which I consider to be the sky; in addition, many of these parts moved together around certain centers arranged in a similar pattern throughout the universe—just as we observe the centers of fixed stars today. However, the number of such centers was greater in the past, so that their total number equalled that of the planets and comets combined. The speed at which God propelled these parts was also moderate; in other words, he imparted to them exactly as much motion as exists in the world today. For example, one might imagine that God divided all the matter in the space AEI into a very large number of small parts, causing each part to move around its own center and also all together around a central point S; similarly, he caused all the parts in the space AEV to move around a central point F, and so on. As a result, these various parts formed as many different whirlpools—or to use this term to describe any collection of matter moving in circles around a central point—as there are stars in the universe today.
47
Even though their falsehood does not prevent what is deduced from them from being true.
These few assumptions seem sufficient to me to use as causes or principles from which I can deduce all the effects that appear in nature, solely through the laws explained above. And I do not believe that one could conceive of any principles that are simpler, more intelligible, or more plausible than these. For, even if we were to assume the chaos described by poets—that is, a complete disorder of all parts of the universe—we could still demonstrate that such disorder would gradually revert to the order that currently exists in the world. Although I have previously attempted to explain how this might be possible, it is not appropriate for God, who embodies supreme perfection, to be regarded as the cause of disorder rather than order. Moreover, since our understanding of these matters is somewhat vague, I have chosen to emphasize proportion and order over the chaos of confusion here. And since there is no proportion or order that is simpler or easier to understand than one based on perfect equality, I have assumed that all parts of matter were initially equal in both size and motion. I have refused to consider any other form of inequality in the universe except for the arrangement of the fixed stars, which is so evident to those who observe the night sky that it cannot be doubted. In any case, it matters little how I assume that matter was initially arranged, since its configuration must later change according to the laws of nature. Indeed, one could hardly imagine any other arrangement that would not inevitably lead to changes, until ultimately a world entirely similar to the present one is formed—though perhaps this conclusion would be more difficult to reach from one assumption than from another. For these laws are precisely what determine how matter will gradually assume all the forms it is capable of taking. If we consider these forms in order, we can eventually arrive at that which currently constitutes our world. I state this explicitly so that it is clear that, although I am referring to assumptions, none of them are such that their falsity could cast doubt on the truth of the conclusions drawn from them.
48
How it is that all parts of the sky have become round.
Or, having thus established these premises, in order to begin to examine what effects can be deduced from the laws of nature, let us assume that all the matter out of which the world is composed was initially divided into several equal parts. These parts could not have been round at first, for several spheres combined together would not form a completely solid and continuous entity such as this universe—which I have already shown above contains no voids at all. Nevertheless, whatever shape these parts may have had initially, they must have gradually become round over time, given that they underwent various circular movements. Moreover, since the force that initially propelled them was sufficient to separate them from one another, this very force, continuing to act upon them thereafter, must also have been strong enough to smooth out all their edges as they came into contact with each other. In fact, less force would have been required for this effect than for the previous separation process. And it is precisely because all the edges of a body have been smoothed out in this manner that we can conclude it must be round—since anything that extends beyond its spherical shape is necessarily contained within it.
49
Among these round shapes, there must be others that are smaller in order to fill the entire space they occupy.
But since there can be no empty space anywhere in the universe, and since the parts of matter being round cannot come into such close contact with each other that no small intervals remain between them, it follows that these small intervals must be filled with additional portions of this matter—parts that must be extremely tiny, in order to be able to change shape at any moment and thus adapt to the contours of the spaces they occupy. This is why we must assume that what is released from the edges of those parts of matter as they round off and come into contact with each other is something so minute and fast-moving that its rapid motion causes it to divide into countless tiny particles. These particles, being devoid of any definite size or shape, can easily fill all those small gaps through which other portions of matter are able to pass.
50
That these smaller parts are easily divisible.
For it must be noted that the more fine and delicate something is that emerges from the process of grinding or smoothing off the edges of materials as they are rounded, the easier it is for that substance to be further processed or divided into even smaller parts than those it already contains. This is because the smaller a body is, the greater its surface area relative to the amount of matter it contains; and the larger this surface area is, the more other bodies there will be that exert forces upon it in an attempt to move or divide it. At the same time, its relatively small amount of matter means that it is far less capable of resisting such forces.
51
And they move very quickly.
Abbiamo già osservato che tutti i corpi che compongono l’universo sono fatti di una stessa materia, divisibile in infinite parti, ciascuna delle quali si muove in modo diverso; inoltre, questi movimenti seguono in qualche modo un percorso circolare, e nel mondo esiste sempre una quantità uguale di tali movimenti. Tuttavia non siamo riusciti a determinare con precisione le dimensioni delle singole parti in cui questa materia è divisa, né la velocità con cui si muovono, né i percorsi circolari che descrivono; poiché queste caratteristiche potrebbero essere state disposte da Dio in un’infinità di modi diversi, è soltanto attraverso l’esperienza, e non attraverso il ragionamento, che possiamo conoscere quale di questi modi egli abbia effettivamente scelto. Pertanto, ci è permesso supporre qualsiasi ipotesi vogliamo, purché tutte le conseguenze derivanti da essa siano in perfetta armonia con l’esperienza reale. Supponiamo dunque che Dio, all’inizio, abbia diviso tutta la materia di cui è composto questo mondo visibile in parti uguali tra loro, e che la loro dimensione fosse media rispetto a quelle delle parti che oggi compongono i cieli e le stelle; inoltre, supponiamo che tutte queste parti abbiano iniziato a muoversi con uguale forza in due direzioni opposte: ciascuna attorno al proprio centro, il che ha portato alla formazione di un corpo “liquido”, come penso sia il cielo; inoltre, supponiamo che molte di queste parti si siano mosse insieme attorno a centri disposti nello stesso modo nell’universo, come oggi sono disposti i centri delle stelle fisse, ma con un numero maggiore rispetto a quello attuale, tanto da eguagliare il loro totale, unito a quello dei pianeti e delle comete; infine, supponiamo che la velocità con cui queste parti si sono mosse fosse media. Ad esempio, si potrebbe pensare che Dio abbia diviso tutta la materia nello spazio AEI in un numero molto grande di piccole parti, muovendole non solo ciascuna attorno al proprio centro, ma anche tutte insieme attorno al centro S; allo stesso modo, avrebbe mosso tutte le parti della materia nello spazio AEV attorno al centro F, e così via; in questo modo, si sarebbero formati numerosi “vortici” (userò questo termine per indicare tutta la materia che si muove in cerchio attorno a ciascuno di questi centri), quanti sono oggi gli astri nell’universo.
47
Il fatto che siano falsi non impedisce affatto che ciò che ne deriva sia vero.
Queste poche ipotesi mi sembrano sufficienti per utilizzarle come cause o principi da cui dedurre tutti gli effetti che si osservano nella natura, attraverso le sole leggi appena spiegate. Non credo che si possano immaginare principi più semplici, più comprensibili o più plausibili di questi. Infatti, anche se queste leggi della natura fossero tali da far sì che, pur ipotizzando il caos descritto dai poeti – cioè una totale confusione di tutte le parti dell’universo – si potesse dimostrare comunque che tale confusione, attraverso queste leggi, dovrebbe gradualmente rientrare nell’ordine attualmente esistente nel mondo; e anche se in passato ho cercato di spiegare come ciò possa essere avvenuto, è perché non sembra appropriato attribuire a Dio la causa della confusione piuttosto che dell’ordine, e inoltre perché la nostra concezione di tale ordine è meno chiara. Per questo motivo ho preferito qui rappresentare la proporzione e l’ordine rispetto alla confusione del caos; e poiché non esiste alcuna proporzione o ordine più semplice e facile da comprendere di quello che consiste in una perfetta equità, ho ipotizzato che tutte le parti della materia fossero all’inizio uguali tra loro, sia per dimensioni che per movimento, e non ho voluto concepire nell’universo alcuna altra disuguaglianza se non quella riscontrabile nella posizione delle stelle fisse, chiaramente visibile a chi osserva il cielo di notte. Del resto, non ha molta importanza in quale modo io ipotizzi l’origine della materia, poiché la sua disposizione deve comunque cambiare in seguito alle leggi della natura, e si potrebbe difficilmente immaginare alcuna altra disposizione che non derivi necessariamente da queste leggi, e che non porti inevitabilmente a un continuo cambiamento fino a formare un mondo completamente simile a questo. Anche se forse dedurre tutto ciò da un’ipotesi piuttosto che da un’altra richiederebbe più tempo, è proprio perché queste leggi sono la causa per cui la materia deve assumere successivamente tutte le forme possibili che, considerando queste forme in ordine, si può infine giungere a quella attualmente esistente nel mondo. Lo dichiaro esplicitamente affinché si comprenda che, anche se parlo di ipotesi, non ne faccio alcuna la cui falsità, pur essendo nota, possa far dubitare della veridicità delle conclusioni a cui si arriverà.
48
Come tutte le parti del cielo siano diventate rotonde.
Ora che queste cose sono state così poste, affinché possiamo iniziare a comprendere quale effetto ne possa derivare dalle leggi della natura, consideriamo che tutta la materia di cui è composto il mondo, essendo stata all’inizio divisa in diverse parti uguali, non poteva certo essere tutte rotonde fin dall’inizio; infatti, più sfere unite insieme non formano un corpo completamente solido e continuo, come è questo universo, nel quale ho dimostrato che non può esistere alcun vuoto. Tuttavia, qualunque forma avessero avuto all’inizio queste parti, con il passare del tempo dovevano necessariamente diventare rotonde, poiché subivano diversi movimenti circolari; inoltre, poiché la forza che le muoveva all’inizio era sufficientemente grande per separarle l’una dall’altra, questa stessa forza, continuando ad agire su di esse in seguito, doveva essere certamente abbastanza potente anche per smussare tutti i loro angoli man mano che si incontravano; e non occorreva certo una forza maggiore per questo effetto di quanto ne fosse stata necessaria per il precedente. Da questo solo fatto – ovvero dal fatto che tutti gli angoli di un corpo sono stati così smussati – è facile concludere che esso sia rotondo, poiché tutto ciò che si estende al di fuori della sua forma sferica è necessariamente incluso al suo interno.
49
Tra queste parti rotonde, devono essercene altre più piccole che riempiano tutto lo spazio in cui si trovano.
Ma poiché non potrebbe esistere alcuno spazio vuoto in nessuna parte dell’universo, e poiché le parti della materia essendo rotonde non potrebbero unirsi così strettamente tra loro da non lasciare piccoli intervalli, questi intervalli devono essere riempiti da altre parti di questa materia, che devono essere estremamente minute, al fine di poter cambiare forma in ogni momento per adattarsi a quella dei luoghi in cui entrano; è per questo che dobbiamo ritenere che ciò che fuoriesce dagli angoli delle parti della materia man mano che queste si arrotondano sfregandosi le une contro le altre sia così minuscolo e acquisisca una velocità così grande, che l’impetuosità del suo movimento può dividerlo in innumerevoli parti, le quali, non avendo alcuna dimensione né forma definita, riempiono facilmente tutti quei piccoli intervalli attraverso i quali le altre parti della materia possono passare.
50
Che queste parti più piccole siano facilmente divisibili.
Poiché è da notare che, quanto più ciò che emerge dalla raschiatura delle parti di una materia è fine e sottile, tanto più facilmente può essere trasformato o diviso in parti ancora più piccole di quelle che già possiede; infatti, più un corpo è piccolo, maggiore è la sua superficie rispetto alla quantità di materia che contiene, e tale superficie, essendo più estesa, fa sì che il corpo entri in contatto con molti altri corpi che cercano di muoverlo o dividerlo; al contrario, poiché la materia contenuta in un corpo piccolo è scarsa, questo può resistere meno alla loro forza.
51
E si muovono molto velocemente.
Il faut aussi remarquer que, bien que ce qui sort ainsi de la raclure des parties qui s’arrondissent n’ait aucun mouvement qui ne vienne d’elles, il doit toutefois se mouvoir beaucoup plus vite, à cause que, pendant qu’elles vont par des chemins droits et ouverts, elles contraignent cette raclure ou poussière qui est parmi elles à passer par d’autres chemins plus étroits et plus détournés ; de même qu’on voit qu’en fermant un soufflet assez lentement on en fait sortir l’air assez vite, à cause que le trou par où cet air sort est étroit. Et j’ai déjà prouvé ci-dessus qu’il doit y avoir nécessairement quelque partie de la matière qui se meuve extrêmement vite et se divise en une infinité de petites parties, afin que tous les mouvements circulaires et inégaux qui sont dans le monde se puissent faire sans aucune raréfaction ni aucun vide ; mais je ne crois pas qu’on en puisse imaginer aucune plus propre à cet effet que celle que je viens de décrire.
52
Qu’il y a trois principaux éléments du monde visible.
Ainsi nous pouvons faire état d’avoir déjà trouvé deux diverses formes en la matière, qui peuvent être prises pour les formes des deux premiers éléments du monde visible. La première est celle de cette raclure qui a dû être séparée des autres parties de la matière lorsqu’elles se sont arrondies, et qui est mue avec tant de vitesse que la seule force de son agitation est suffisante pour faire que, rencontrant d’autres corps, elle soit froissée et divisée par eux en une infinité de petites parties qui se font de telle figure qu’elles remplissent toujours exactement tous les recoins ou petits intervalles quelles trouvent autour de ces corps. L’autre est celle de tout le reste de la matière, dont les parties sont rondes et fort petites à comparaison des corps que nous voyons sur la terre ; mais néanmoins elles ont quelque quantité déterminée, en sorte qu’elles peuvent être divisées en d’autres beaucoup plus petites. Et nous trouverons encore ci-après une troisième forme en quelques parties de la matière, à savoir en celles qui, à cause de leur grosseur et de leurs figures, ne pourront pas être mues si aisément que les précédentes : et je tâcherai de faire voir que tous les corps de ce monde visible sont composés de ces trois formes qui se trouvent en la matière, ainsi que de trois divers éléments ; à savoir que le soleil et les étoiles fixes ont la forme du premier de ces éléments, les cieux celle du second, et la terre avec les planètes et les comètes celle du troisième. Car, voyant que le soleil et les étoiles fixes envoient vers nous de la lumière, que les cieux lui donnent passage, et que la terre, les planètes et les comètes la rejettent et la font réfléchir, il me semble que j’ai quelque raison de me servir de ces trois différences, être lumineux, être transparent, et être opaque ou obscur, qui sont les principales qu’on puisse rapporter au sens de la vue, pour distinguer les trois éléments de ce monde visible.
53
Qu’on peut distinguer l’univers en trois divers cieux.
Ce ne sera peut-être pas aussi sans raison que je prendrai dorénavant toute la matière comprise en l’espace AEI, qui compose un tourbillon autour du centre S, pour le premier ciel, et toute celle qui compose un fort grand nombre d’autres tourbillons autour des centres Ff, et semblables, pour le second ; et enfin toute celle qui est au-delà de ces deux cieux pour le troisième : et je me persuade que le troisième est immense au regard du second, comme aussi le second est extrêmement grand au regard du premier. Mais je n’aurai point ici occasion de parler de ce troisième, parce que nous ne remarquons en lui aucune chose qui puisse être vue par nous en cette vie, et que j’ai seulement entrepris de traiter du monde visible, comme aussi je ne prends tous les tourbillons qui sont autour des centres Ff que pour un ciel, à cause qu’ils ne nous paraissent point différents, et qu’ils doivent être tous considérés d’une même façon. Mais pour le tourbillon dont le centre est marqué S, encore qu’il ne soit point représenté différent des autres en cette figure, je le prends néanmoins pour un ciel à part, et même pour le premier ou principal, à cause que c’est en lui que nous trouverons ci-après la terre, qui est notre demeure, et que pour ce sujet nous aurons beaucoup plus de choses à remarquer en lui seul que dans les autres ; car, n’ayant besoin d’imposer les noms aux choses que pour expliquer les pensées que nous en avons, nous devons ordinairement avoir plus d’égard à ce en quoi elles nous touchent qu’à ce qu’elles sont en effet.
54
Comment le soleil et les étoiles ont pu se former.
Or, d’autant que les parties du second élément se sont frottées dès le commencement les unes contre les autres, la matière du premier, qui a dû se faire de la raclure de leurs angles, s’est augmentée peu à peu ; et lorsqu’il s’en est trouvé en l’univers plus qu’il n’en fallait pour remplir les recoins que les parties du second, qui sont rondes, laissent nécessairement entre elles, le reste s’est écoulé vers le centre SFf, et y a composé des corps très subtils et très liquides, à savoir le soleil dans le centre S, et les étoiles aux autres centres ; car, après que tous les angles des parties qui composent le second élément ont été émoussés, et qu’elles ont été arrondies, elles ont occupé moins d’espace qu’auparavant, et ne se sont plus étendues jusqu’au centre ; mais, s’en éloignant également de tous côtés, elles y ont laissé des espaces ronds, lesquels ont été incontinent remplis de la matière du premier qui y affluait de tous les endroits d’alentour, parce que les lois de la nature sont telles, que tous les corps qui se meuvent en rond doivent continuellement faire quelque effort pour s’éloigner des centres autour desquels ils se meuvent.
55
Ce que c’est que la lumière.
Je tâcherai maintenant d’expliquer le plus exactement que je pourrai quel est l’effort que font ainsi non seulement les petites boules qui composent le second élément, mais aussi toute la matière du premier, pour s’éloigner des centres SFf et semblables, autour desquels elles tournent ; car je prétends faire voir ci-après que c’est en cet effort seul que consiste la nature de la lumière, et la connaissance de cette vérité pourra servir à nous faire entendre beaucoup d’autres choses.
56
Comment on peut dire d’une chose inanimée qu’elle tend à produire quelque effort.
Quand je dis que ces petites boules font quelque effort, ou bien qu’elles ont de l’inclination à s’éloigner des centres autour desquels elles tournent, je n’entends pas qu’on leur attribue aucune pensée d’où procède cette inclination, mais seulement qu’elles sont tellement situées et disposées à se mouvoir qu’elles s’en éloigneraient en effet, si elles n’étaient retenues par aucune autre cause.
57
Comment un corps peut tendre à se mouvoir en plusieurs diverses façons en même temps.
Or, d’autant qu’il arrive souvent que plusieurs diverses causes, agissant ensemble contre un même corps, empêchent l’effet l’une de l’autre, on peut dire, selon diverses considérations, que ce corps tend ou fait effort pour aller vers divers côtés en même temps. Par exemple, la pierre A qu’on fait tourner dans la fronde EA tend véritablement d’A vers B, si on considère toutes les causes qui concourent à déterminer son mouvement, parce qu’elle se meut en effet vers là ; mais on peut dire aussi que cette même pierre tend vers C lorsqu’elle est au point A, si on ne considère que la force de son mouvement toute seule et son agitation, supposant que AC est une ligne droite qui touche le cercle au point A : car il est certain que si cette pierre sortait de la fronde à l’instant qu’elle arrive au point A, elle irait d’A vers C, et non pas vers B ; et bien que la fronde la retienne, elle n’empêche point qu’elle ne fasse effort pour aller vers C. Enfin si, au lieu de considérer toute la force de son agitation, nous prenons garde seulement à l’une de ses parties dont l’effet est empêché par la fronde, et que nous la distinguions de l’autre partie dont l’effet n’est point ainsi empêché, nous dirons que cette pierre étant au point A, tend seulement vers D, ou bien qu’elle fait seulement effort pour s’éloigner du centre E, suivant la ligne droite EAD.
58
Comment il tend à s’éloigner du centre autour duquel il se meut.
It must also be noted that, although what emerges from the scraping of these rounded surfaces possesses no movement of its own, it must nevertheless move much more quickly. This is because, as those surfaces follow straight and open paths, they force the resulting scrapings or dust to take narrower and more circuitous routes. Just as one can observe that when a bellows is closed slowly, air is forced out rapidly due to the narrowness of the outlet, I have already shown above that there must necessarily exist some part of matter that moves extremely fast and divides into countless tiny particles, so that all the circular and irregular movements in the world can take place without any reduction in density or creation of voids. However, I do not believe that any mechanism could be more suitable for this purpose than the one I have just described.
52
There are three main elements that constitute the visible world.
Thus, we can state that we have already identified two different forms of matter, which can be considered as the forms of the first two elements of the visible world. The first form is that of certain particles which must have been separated from other parts of matter when they became rounded in shape; these particles move so rapidly that the force of their motion alone is sufficient to cause them, upon encountering other objects, to become crushed and divided into countless tiny fragments. These fragments always take such shapes that they fill every nook and cranny or small space they encounter around those objects. The second form consists of all the rest of matter; its parts are round and very small compared to the objects we see on Earth, yet they still possess a definite volume, allowing them to be further divided into even smaller portions. Later on, we will discover a third form in certain parts of matter—those that, due to their size and shape, cannot move as easily as the previous two forms. I will attempt to demonstrate that all the objects in this visible world are composed of these three forms of matter, as well as three different elements: the sun and fixed stars belong to the first element, the heavens to the second, and the earth, along with the planets and comets, to the third. For since the sun and fixed stars emit light towards us, the heavens allow that light to pass through them, while the earth, planets, and comets reflect it back, I believe there is some justification in using these three distinctions—luminous, transparent, and opaque or dark—to distinguish the three elements of this visible world.
53
One can distinguish the universe into three different realms or heavens.
Perhaps it is not without reason that I shall henceforth consider all matter contained within the space AEI—as constituting a single vortex surrounding the center S—as belonging to the first heaven; and all that constitutes a very large number of other vortices around centers such as Ff, and similar ones, as belonging to the second heaven; and finally, all that lies beyond these two heavens as belonging to the third heaven. I am convinced that the third heaven is immense in comparison to the second, just as the second heaven is extremely vast in comparison to the first. However, I shall not have occasion to discuss this third heaven here, because we perceive nothing in it that could be observed by us in this life. Moreover, I have only undertaken to study the visible world; and I consider all those vortices surrounding centers like Ff as constituting a single heaven, since they do not appear different to us and should therefore be regarded in the same way. But as for the vortex whose center is marked S, even though it does not appear distinct from the others in this representation, I still regard it as a separate heaven—and indeed as the primary or foremost one—because it is in this vortex that we will find the earth, our dwelling place. On this subject, we will have much more to observe regarding it alone than regarding the other vortices. For since we need only assign names to things in order to explain our thoughts about them, we should usually pay more attention to what things relate to us than to what they actually are.
54
How the sun and stars were able to form.
Or, since the various parts of the second element had been in contact with each other from the very beginning, the matter of the first element—which must have resulted from the friction between these edges—gradually increased in quantity. When there was more of this matter in the universe than was needed to fill the spaces left vacant by the rounded edges of the second element, the excess material flowed toward the center, where it formed extremely subtle and liquid substances: the sun at the central point S and the stars at the other centers. For after all the sharp edges of those parts had been smoothed and rounded, they occupied less space than before and no longer extended toward the center. Instead, by spreading out in all directions, they created round voids, which were immediately filled with the matter from the first element that flowed in from every surrounding area—because such is the nature of things: all bodies that move in a circular motion must constantly strive to move away from their central points.
55
What light really is.
I will now try to explain as accurately as possible what kind of effort is made not only by those small particles that constitute the second element, but also by all the matter of the first element, in order to move away from the centers such as SFf around which they revolve; for I claim to show below that it is precisely this effort alone that constitutes the nature of light, and that understanding this truth will help us to comprehend many other things as well.
56
How can one say that an inanimate object tends to exert some kind of effort?
When I say that these small spheres make some effort, or that they have a tendency to move away from the centers around which they rotate, I do not mean to imply that they possess any kind of thought that gives rise to this tendency; rather, I simply mean that their position and arrangement allow them to move away from those centers, were it not for some other restraining factor.
57
How a body can tend to move in various different ways at the same time.
Or, since it often happens that several different causes acting together on the same object prevent one another from producing their effects, we can say, based on various considerations, that this object tends or makes an effort to move in multiple directions simultaneously. For example, the stone A when rotated in the sling EA truly tends from A towards B, if we take into account all the factors that determine its motion, because it indeed moves in that direction; but we can also say that the same stone tends towards C when it is at point A, if we consider only the force of its motion and its movement itself, assuming that AC is a straight line that touches the circle at point A: for it is certain that if the stone were released from the sling at the moment it reached point A, it would move from A towards C, not towards B; and although the sling holds it back, it does not prevent it from making an effort to move towards C. Finally, if instead of considering the entire force of its motion we only take into account one of its components whose effect is prevented by the sling, and distinguish it from the other component whose effect is not hindered in this way, we would say that since the stone is at point A, it tends only towards D, or rather, it makes an effort to move away from the center E along the straight line EAD.
58
How it tends to move away from the center around which it revolves.
Si deve anche notare che, sebbene ciò che emerge dalla pulizia delle parti arrotondate non presenti alcun movimento proveniente da esse stesse, deve comunque muoversi molto più velocemente, poiché, mentre queste parti seguono percorsi dritti e aperti, costringono quella polvere o detrito presente al loro interno a seguire percorsi più stretti e tortuosi; allo stesso modo, si osserva che chiudendo un mantice abbastanza lentamente, l’aria ne esce molto velocemente, proprio perché il foro attraverso cui l’aria fuoriesce è stretto. E ho già dimostrato in precedenza che deve necessariamente esserci una parte della materia che si muove estremamente rapidamente e si divide in un’infinità di piccole parti, affinché tutti i movimenti circolari e disomogenei presenti nel mondo possano avvenire senza alcuna riduzione della densità o la creazione di vuoti; tuttavia, non credo che si possa immaginare nulla di più adatto a questo scopo di ciò che ho appena descritto.
52
Esistono tre elementi principali nel mondo visibile.
Pertanto possiamo affermare di aver già individuato due diverse forme nella materia, che possono essere considerate come le strutture dei primi due elementi del mondo visibile. La prima forma è quella di quelle particelle che, durante il processo di arrotondamento della materia, dovettero separarsi dalle altre parti; tali particelle si muovono con tale velocità che la sola forza derivante dal loro movimento è sufficiente per far sì che, incontrando altri corpi, vengano strappate e divise in un’infinità di piccole parti le quali, a causa della loro forma, riempiono sempre esattamente tutti gli spazi e gli intervalli presenti intorno a tali corpi. L’altra forma riguarda il resto della materia: le sue parti sono rotonde e molto piccole rispetto ai corpi che vediamo sulla Terra; tuttavia possiedono una certa quantità, tanto da poter essere ulteriormente suddivise in parti ancora più piccole. Inoltre, troveremo ancora una terza forma in alcune parti della materia: si tratta di quelle particelle la cui dimensione e forma non permettono loro di muoversi con la stessa facilità delle precedenti. Cercherò di dimostrare che tutti i corpi del mondo visibile sono composti da queste tre forme presenti nella materia, così come da tre diversi elementi: il sole e le stelle fisse hanno la forma del primo di questi elementi, i cieli quella del secondo, mentre la Terra, insieme alle pianete e alle comete, ha quella del terzo. Poiché vediamo che il sole e le stelle fisse emettono luce, che i cieli ne permettono il passaggio, e che la Terra, le pianete e le comete la riflettono, ritengo di avere fondamenti per utilizzare queste tre caratteristiche – essere luminosi, trasparenti o opachi/oscuri –, che sono le principali relative al senso della vista, per distinguere i tre elementi del mondo visibile.
53
Si può distinguere l’universo in tre diversi “cieli”.
Forse non sarà del tutto senza motivo se da ora in poi considererò tutta la materia contenuta nello spazio AEI – che costituisce un vortice attorno al centro S – come facente parte del primo cielo, e tutta quella che compone un gran numero di altri vortici attorno ai centri Ff e simili come facente parte del secondo cielo; infine, tutta quella che si trova al di là di questi due cieli come facente parte del terzo cielo. Sono convinto che il terzo cielo sia immenso rispetto al secondo, così come il secondo è estremamente vasto rispetto al primo. Tuttavia, non avrò l’occasione di parlare di questo terzo cielo, poiché in esso non osserviamo nulla che possa essere percepito da noi in questa vita; ho infatti inteso trattare soltanto del mondo visibile. Inoltre, considero tutti i vortici attorno ai centri Ff come facenti parte di un unico cielo, poiché non ci sembrano diversi tra loro e devono quindi essere considerati in modo uniforme. Tuttavia, per quanto il vortice il cui centro è indicato con la lettera S non appaia diverso dagli altri in questa rappresentazione, lo considero comunque un cielo a parte, anzi il primo o principale, poiché è in esso che troveremo la terra, la nostra dimora; e su questo argomento avremo molte più cose da osservare proprio in lui che negli altri. Infatti, poiché non abbiamo bisogno di attribuire nomi alle cose se non per spiegare i pensieri che ne abbiamo, dobbiamo solitamente prestare maggiore attenzione a ciò che queste cose hanno per noi, piuttosto che a ciò che effettivamente sono.
54
Come è stato possibile che il sole e le stelle si formassero.
Inoltre, poiché le parti del secondo elemento si sono sfregate tra loro fin dall’inizio, la materia del primo elemento, che deve essersi formata dalla raccolta degli angoli risultanti da queste frizioni, è aumentata gradualmente; e quando nell’universo ne è rimasta una quantità sufficiente per riempire gli spazi lasciati vuoti dalle parti del secondo elemento, che sono di forma rotonda, il resto della materia si è riversato verso il centro, formando corpi estremamente sottili e liquidi: il sole al centro S e le stelle negli altri centri. Infatti, una volta che tutti gli angoli delle parti che compongono il secondo elemento sono stati smussati e arrotondati, queste parti hanno occupato uno spazio inferiore a prima e non si sono più estese fino al centro; invece, allontanandosi uniformemente da esso su tutti i lati, hanno lasciato degli spazi rotondi, che sono stati immediatamente riempiti dalla materia del primo elemento proveniente da tutte le direzioni circostanti. Poiché infatti le leggi della natura stabiliscono che tutti i corpi in movimento circolare debbano costantemente compiere uno sforzo per allontanarsi dai centri attorno ai quali ruotano.
55
Che cosa sia la luce.
Ora cercherò di spiegare nel modo più preciso possibile quale sia lo sforzo che compiono non solo le piccole particelle che costituiscono il secondo elemento, ma anche tutta la materia del primo, per allontanarsi dai centri SFf e simili attorno ai quali ruotano; poiché affermo di poter dimostrare che proprio in questo sforzo consiste la natura della luce, e la conoscenza di questa verità ci potrà aiutare a comprendere molte altre cose.
56
Come si può dire che una cosa inanimata abbia la tendenza a compiere uno sforzo?
Quando affermo che queste piccole sfere compiono qualche sforzo, o che hanno la tendenza a allontanarsi dai centri attorno ai quali ruotano, non intendo affatto attribuire loro alcuna forma di pensiero da cui derivi tale tendenza, ma semplicemente che sono disposte e posizionate in modo tale da allontanarsi effettivamente da quei centri, se non fossero trattenute da altre cause.
57
Come può un corpo tendere a muoversi in più modi diversi contemporaneamente?
Oltre a ciò, poiché spesso diverse cause, agendo insieme su un medesimo corpo, si ostacolano a vicenda nel produrre il loro effetto, si può dire, considerando vari aspetti della situazione, che quel corpo tenda o sforzi di muoversi verso più direzioni contemporaneamente. Ad esempio, la pietra A che viene fatta ruotare all’interno della molla EA tende effettivamente da A verso B, se si considerano tutte le cause che contribuiscono a determinarne il movimento; infatti, essa si muove proprio in quella direzione. Tuttavia, si può anche affermare che la stessa pietra tenda verso C quando si trova nel punto A, se si prende in considerazione soltanto la forza del suo movimento e il suo movimento stesso, supponendo che AC sia una linea retta che tocchi il cerchio nel punto A: infatti, è certo che se questa pietra uscisse dalla molla nel momento in cui raggiunge il punto A, si muoverebbe da A verso C e non verso B; e anche se la molla la trattiene, questo non impedisce affatto che essa faccia uno sforzo per dirigersi verso C. Infine, se invece di considerare l’intera forza del suo movimento ci concentriamo soltanto su una delle sue componenti il cui effetto viene ostacolato dalla molla, e la distinguiamo dall’altra componente il cui effetto non viene così impedito, diremo che questa pietra, trovandosi nel punto A, tende soltanto verso D, o meglio, sforza di allontanarsi dal centro E lungo la linea retta EAD.
58
Come tende ad allontanarsi dal centro attorno al quale si muove.
Afin de mieux entendre ceci, comparons le mouvement dont cette pierre irait vers C, si rien ne l’en empêchait, avec le mouvement dont une fourmi qui serait au même point A irait vers C, supposant que EY fût une règle sur laquelle cette fourmi marchât en ligne droite d’A vers Y, pendant qu’on ferait tourner cette règle autour du centre E, et que son point marqué A décrirait le cercle ABF, d’un mouvement tellement proportionné à celui de la fourmi qu’elle se trouverait à l’endroit marqué X quand la règle serait vers C, puis à l’endroit marqué Y quand la règle serait vers G, et ainsi de suite, en sorte qu’elle serait toujours en la ligne droite ACG. Comparons aussi la force dont la pierre qui tourne dans cette fronde, suivant le cercle ABF, fait effort pour s’éloigner du centre E, suivant les lignes AD, BC, FG, avec l’effort que ferait la même fourmi si elle était attachée sur la règle EY au point A, de telle façon qu’elle employât toutes ses forces pour aller vers Y et s’éloigner du centre E, suivant les lignes droites EAY, EBY, et autres semblables, pendant que cette règle l’emporterait autour du centre E.
59
Combien cette tension a de force.
Je ne doute point que le mouvement de cette fourmi ne doive être très lent au commencement, et que son effort ne saurait sembler bien grand, si on le rapporte seulement à cette première motion : mais aussi on ne peut pas dire qu’il soit tout à fait nul, et d’autant qu’il augmente à mesure qu’il produit son effet, la vitesse qu’il cause devient en peu de temps assez grande. Mais, pour éviter toute sorte de difficulté, servons-nous encore d’une autre comparaison : que la petite boule A soit mise dans le tuyau EY, et voyons ce qui en arrivera. Au premier moment qu’on fera mouvoir ce tuyau autour du centre E, cette boule n’avancera que lentement vers Y, mais elle avancera un peu plus vite au second, à cause qu’outre qu’elle aura retenu la force qui lui avait été communiquée au premier instant, elle en acquerra encore une nouvelle par le nouvel effort qu’elle fera pour s’éloigner du centre E parce que cet effort continue autant que dure le mouvement circulaire, et se renouvelle presque à tous moments : car nous voyons que lorsqu’on fait tourner ce tuyau EY assez vite autour du centre E, la petite boule qui est dedans passe fort promptement d’A vers Y ; nous voyons aussi que la pierre qui est dans une fronde fait tendre la corde d’autant plus fort qu’on la fait tourner plus vite ; et parce que ce qui fait tendre cette corde n’est autre chose que la force dont la pierre fait effort pour s’éloigner du centre autour duquel elle est mue, nous pouvons connaître par cette tension quelle est la quantité de cet effort.
60
Que toute la matière des cieux tend ainsi à s’éloigner de certains centres.
Il est aisé d’appliquer aux parties du second élément ce que je viens de dire de cette pierre qui tourne dans une fronde autour du centre E, ou de la petite boule qui est dans le tuyau EY ; à savoir que chacune de ces parties emploie une force assez considérable pour s’éloigner du centre du ciel autour duquel elle tourne, mais qu’elle est arrêtée par les autres qui sont arrangées au-dessus d’elle, de même que cette pierre est retenue par la fronde. De plus, il est à remarquer que la force de ces petites boules est beaucoup augmentée, de ce qu’elles sont continuellement poussées, tant par celles de leurs semblables qui sont entre elles et l’astre qui occupe le centre du tourbillon qu’elles composent, que par la matière même de cet astre. Mais afin de pouvoir expliquer ceci plus distinctement, j’examinerai séparément l’effet de ces petites boules, sans penser à celui de la matière des astres, non plus que si tous les espaces qu’elle occupe étaient vides ou pleins d’une matière qui ne contribuât rien au mouvement des autres corps et qui ne l’empêchât point aussi ; car, suivant ce qui a été dit ci-dessus, c’est ainsi que nous devons concevoir le vide.
61
Que cela est cause que les corps du soleil et des étoiles fixes sont ronds.
Premièrement, de ce que toutes les petites boules qui tournent autour d’S, dans le ciel AEI, font effort pour s’éloigner du centre S, comme il a été déjà remarqué, nous pouvons conclure que celles qui sont en la ligne droite SA se poussent les unes les autres vers A, et que celles qui sont en la ligne droite SE se poussent vers E, et ainsi des autres ; en sorte que s’il n’y en a pas assez pour remplir et occuper tout l’espace qui est entre S et la circonférence AEI, elles laissent vers S tout ce qu’elles n’en occupent point. Et d’autant que celles, par exemple, qui sont en la ligne droite SE, s’appuyant seulement les unes sur les autres, ne tournent pas conjointement comme un bâton, mais font leur tour, les unes plus tôt et les autres plus tard, ainsi que je dirai ci-après, l’espace qu’elles laissent vers S doit être rond, parce que, encore que nous voulussions feindre que la ligne SE fût plus longue et contint plus de petites boules que la ligne SA ou SI, en sorte que celles qui seraient à l’extrémité de la ligne SE fussent plus proches du centre S que celles qui sont à l’extrémité de la ligne SI ; néanmoins, comme ces plus proches auraient plus tôt achevé leur tour que les autres plus éloignées du même centré, quelques-unes d’entre elles ne manqueraient pas de s’aller joindre à l’extrémité de la ligne SI, afin de s’éloigner d’autant plus du centre S : c’est pourquoi nous devons conclure qu’elles sont maintenant disposées de telle sorte, que toutes celles qui terminent ces lignes se trouvent également distantes du point S, et par conséquent que l’espace BCD qu’elles laissent autour de ce centre est rond.
62
Que la matière céleste qui les environne tend à s’éloigner de tous les points de leur superficie.
De plus, il est à remarquer que toutes les petites boules qui sont en la ligne droite SE, non seulement se poussent vers E, mais aussi que chacune d’elles est poussée par toutes les autres qui sont comprises entre les lignes droites qui, étant tirées de l’une de ces petites boules à la circonférence BCD, toucheraient cette circonférence ; et que, par exemple, la petite boule F est poussée par toutes celles qui sont comprises entre les lignes BF et DF, ou bien dans le triangle BFD, et qu’elle n’est poussée par aucune de celles qui sont hors de ce triangle ; en sorte que si le lieu marqué F était vide, toutes celles qui sont en l’espace BFD s’avanceraient autant qu’il se pourrait afin de le remplir, et non point les autres : d’autant que comme nous voyons que la pesanteur d’une pierre, qui la conduit en ligne droite vers le centre de la terre lorsqu’elle est en l’air, la fait rouler de travers lorsqu’elle tombe sur le penchant d’une montagne, de même nous devons penser que la force qui fait que les petites boules qui sont en l’espace BFD tendent à s’éloigner du centre S suivant des lignes droites tirées de ce centre, peut faire aussi qu’elles s’éloignent du même centre par des lignes qui s’en écartent quelque peu.
63
Que les parties de cette matière ne s’empêchent pas en cela l’une l’autre.
In order to better understand this, let us compare the motion that a stone would undergo if nothing prevented it from moving towards point C, with the motion that an ant at the same starting point A would make towards point C. Suppose that EY represents a straight line along which the ant moves directly from A to Y. If we then rotate this line around its center E, the point A will trace out the circle ABF. The motion of the ant should be proportionate to that of the stone in such a way that when the line rotates to point C, the ant would be at point X; when it rotates to point G, the ant would be at point Y, and so on, always remaining on the straight line ACG. We can also compare the force exerted by the stone as it moves along the circle ABF, trying to move away from the center E along lines AD, BC, FG, with the force that the same ant would exert if it were attached to the line EY at point A, and tried to move towards Y while always moving away from the center E along straight lines such as EAY, EBY, and so on. In both cases, the forces involved are essentially equivalent.
59
How powerful is this tension.
I doubt not that the movement of this ant must be very slow at first, and that its effort may seem rather insignificant when considered solely in relation to that initial motion; yet it cannot be said to be entirely nonexistent. Moreover, as its effect becomes more pronounced, the speed it generates also increases rapidly. To avoid any confusion, let us use another analogy: suppose the small ball A is placed inside the tube EY, and observe what happens. The moment the tube begins to move around the center E, the ball will advance slowly toward Y; but in the second moment, it will move a bit faster, because in addition to retaining the force imparted to it at the beginning, it gains additional momentum from its new effort to move away from the center E. This effort continues as long as the circular motion persists and is almost constantly renewed—after all, when we observe the tube moving quickly around the center E, we see the small ball inside it swiftly moving from A toward Y. Similarly, a stone in a sling makes the string tauter the faster it is swung; since what causes this tension is precisely the force with which the stone resists being pulled away from the center of its trajectory, we can determine the magnitude of this force by observing the degree of tension generated.
60
That all matter in the heavens tends in this manner to move away from certain centers.
It is easy to apply what I have just said about that stone which rotates in a sling around the central point E, or about that small ball located within the tube EY, to the various parts of the second element. That is to say, each of these parts exerts a considerable force in order to move away from the center of the celestial sphere around which it revolves; yet they are held in place by the other parts arranged above them, just as that stone is restrained by the sling. Moreover, it should be noted that the force exerted by these small balls is greatly increased because they are continuously propelled both by their fellow particles located between them and by the central star at the center of the celestial vortex they form, as well as by the material composition of that star itself. However, in order to explain this more clearly, I will examine the effect of these small balls separately, without considering the influence of the matter comprising the stars, nor whether all the spaces occupied by them are empty or filled with a substance that neither contributes to the motion of other bodies nor hinders it in any way. For, as has been stated above, this is precisely how we should conceive of emptiness.
61
This is because the bodies of the sun and the fixed stars are round.
Firstly, since all those small spheres that move around S in the sky AEI strive to move away from the center S, as has already been observed, we can conclude that those situated on the straight line SA push each other towards A, and those on the straight line SE push each other towards E, and so on. Therefore, if there are not enough of them to fill and occupy the entire space between S and the circumference AEI, they will leave some empty space towards S. Moreover, since those on the straight line SE, for example, merely rely on each other for support and do not rotate together like a single entity, but complete their orbits at different times, as I will explain further below, the space they leave towards S must be circular. For even if we were to assume that the line SE is longer and contains more small spheres than the lines SA or SI, so that those on the end of the line SE would be closer to the center S than those on the end of the line SI, some of the former would still eventually move to join the end of the line SI, thereby moving even further away from the center S. Hence, we must conclude that they are currently arranged in such a way that all those completing their orbits along these lines are equally distant from point S, and consequently, the space BCD they leave around this center is circular.
62
That the celestial matter surrounding them tends to move away from every point on their surface.
Furthermore, it is worth noting that all the small balls located on the straight line SE not only move towards the direction of E, but also that each of them is propelled by all the other balls situated between the straight lines that are drawn from one of these small balls on the circumference BCD and that would intersect this circumference. For example, the small ball F is pushed by all those balls located between the lines BF and DF, or within the triangle BFD; it is not, however, propelled by any balls outside this triangle. Consequently, if the space marked F were empty, all the balls within the region BFD would move as far as possible in order to fill that space, whereas the other balls would not do so. For just as we observe that the force of gravity causes a stone to fall in a straight line towards the center of the earth when it is in the air, but causes it to roll sideways when it hits the slope of a mountain, we must also conclude that the force that drives the small balls within the region BFD to move away from the center S along straight lines drawn from this center can also cause them to move away from the same center along lines that deviate slightly from these straight lines.
63
Let the various parts of this substance not prevent one another in doing so.
Per comprendere meglio questo concetto, confrontiamo il movimento che questa pietra compierebbe se nulla la ostacolasse nel dirigersi verso il punto C, con il movimento che una formica situata nello stesso punto A compirebbe per raggiungere lo stesso punto C. Supponiamo che la linea EY rappresenti una regola lungo cui la formica si muoverebbe in linea retta dal punto A al punto Y; se poi questa regola venisse fatta ruotare attorno al centro E, il punto A della formica traccerebbe il cerchio ABF. Il movimento compiuto dalla formica dovrebbe essere proporzionato a quello della pietra, in modo che essa si trovasse nel punto X quando la regola è rivolta verso C, nel punto Y quando la regola è rivolta verso G, e così via, rimanendo sempre sulla retta ACG. Confrontiamo inoltre la forza che la pietra esercita per allontanarsi dal centro E lungo il percorso del cerchio ABF, con la forza che la stessa formica eserciterebbe se fosse fissata al punto A della regola EY, cercando di muoversi verso il punto Y e allontanandosi dal centro E lungo le rette EAY, EBY e simili, mentre la regola la porterebbe comunque in giro attorno al centro E.
59
Quanta forza possiede questa tensione.
Non dubito affatto che il movimento di questa formica debba essere molto lento all’inizio, e che il suo sforzo possa sembrare piuttosto modesto se considerato soltanto in relazione a quel primo movimento; tuttavia non si può dire che sia del tutto nullo. Anzi, poiché tale sforzo aumenta man mano che produce il proprio effetto, la velocità che ne deriva diventa abbastanza elevata in breve tempo. Ma, per evitare ogni tipo di difficoltà, utilizziamo un’altra analogia: supponiamo che la piccola palla A venga posta all’interno del tubo EY e osserviamo cosa accadrà. Nel momento in cui il tubo viene fatto ruotare attorno al centro E, questa palla avanzerà lentamente verso Y; nel secondo momento, però, avancerà un po’ più velocemente, perché oltre ad aver trattenuto la forza che le è stata trasferita al primo istante, ne acquisirà un’altra grazie allo sforzo nuovo che compie per allontanarsi dal centro E. Questo sforzo continua finché dura il movimento circolare e si rinnova quasi in ogni momento; infatti, quando il tubo viene fatto ruotare abbastanza velocemente attorno al centro E, la piccola palla all’interno di esso passa molto rapidamente da A a Y. Lo stesso vale per la pietra posta all’interno di una fionda: più la corda viene fatta girare velocemente, più forte si tende; e poiché ciò che fa tendere la corda non è altro che la forza con cui la pietra si sforza di allontanarsi dal centro attorno al quale ruota, possiamo conoscere, attraverso questa tensione, esattamente quale sia l’intensità di tale sforzo.
60
Che tutta la materia celeste tenda quindi ad allontanarsi da certi centri.
È facile applicare a queste parti del secondo elemento quanto ho appena detto riguardo a quella pietra che ruota attorno al centro E, o alla piccola sfera situata nel tubo EY: cioè che ciascuna di queste parti impiega una forza considerevole per allontanarsi dal centro del cielo attorno al quale ruota, ma viene trattenuta dalle altre parti disposte al di sopra di essa, proprio come quella pietra è trattenuta dalla corda che la fa girare. Inoltre, si può notare che la forza di queste piccole sfere aumenta notevolmente poiché vengono continuamente spinte sia dalle altre sfere simili presenti tra loro e dall’astro che occupa il centro del vortice che formano, sia dalla materia stessa di quell’astro. Tuttavia, per spiegare più chiaramente questo fenomeno, esaminerò separatamente l’effetto di queste piccole sfere, senza considerare l’influenza della materia degli astri, né se tutti gli spazi che essa occupa siano vuoti o pieni di una materia che non contribuisca in alcun modo al movimento degli altri corpi e che non lo ostacoli nemmeno; poiché, come detto in precedenza, è proprio così che dobbiamo concepire il vuoto.
61
Questo perché i corpi del sole e delle stelle fisse sono rotondi.
In primo luogo, poiché tutte le piccole sfere che ruotano attorno al punto S, nel cielo AEI, fanno sforzo per allontanarsi dal centro S – come è già stato osservato – possiamo concludere che quelle situate sulla linea retta SA si spingono a vicenda verso il punto A, mentre quelle sulla linea retta SE si spingono verso il punto E, e così via. Pertanto, se non ci fossero abbastanza sfere per riempire completamente lo spazio compreso tra S e la circonferenza AEI, esse lascerebbero uno spazio vuoto verso il punto S. Inoltre, poiché le sfere situate sulla linea retta SE si appoggiano l’una sull’altra senza ruotare tutte insieme come un unico corpo, ma completano il loro giro in tempi diversi, lo spazio che lasciano verso il punto S deve essere di forma circolare. Anche se potremmo ipotizzare che la linea retta SE sia più lunga e contenga più sfere rispetto alla linea retta SA o SI, così da far sì che le sfere situate all’estremità della linea SE fossero più vicine al centro S di quelle situate all’estremità della linea SI, queste ultime, essendo più lontane dal centro, completerebbero il loro giro prima delle prime, e quindi alcune di esse si sposterebbero verso l’estremità della linea SI per allontanarsi ulteriormente dal centro S. Pertanto, dobbiamo concludere che le sfere sono disposte in modo tale che tutte quelle situate alle estremità delle linee rette siano ugualmente distanti dal punto S; di conseguenza, lo spazio BCD che lasciano attorno a questo centro è di forma circolare.
62
Che la materia celeste che li circonda tenda ad allontanarsi da tutti i punti della loro superficie.
Inoltre, è da notare che tutte le piccole sfere disposte in linea retta SE non solo si spingono verso est, ma che ciascuna di esse viene anche spinta da tutte le altre situate tra le linee rette tracciate da una qualsiasi di queste sfere sulla circonferenza BCD e che toccherebbero tale circonferenza; ad esempio, la piccola sfera F viene spinta da tutte quelle situate tra le linee BF e DF, ovvero all’interno del triangolo BFD, e non viene spinta da nessuna di quelle che si trovano al di fuori di questo triangolo. Pertanto, se il punto F fosse vuoto, tutte le sfere presenti nello spazio BFD si muoverebbero nella direzione necessaria per riempirlo, mentre le altre no; infatti, proprio come vediamo che la forza di gravità fa cadere una pietra in linea retta verso il centro della Terra quando è sospesa in aria, ma la fa rotolare di lato quando cade lungo il pendio di una montagna, allo stesso modo dobbiamo ritenere che la forza che spinge le piccole sfere nello spazio BFD a allontanarsi dal centro S lungo linee rette tracciate da questo centro possa anche farle allontanarsi da esso lungo linee che si discostano leggermente da queste rette.
63
Che le parti di questa materia non si ostacolino a vicenda in questo senso.
Et cette comparaison de la pesanteur fera connaître ceci fort clairement, si l’on considère plusieurs petites boules de plomb arrangées comme s’empêchent celles qui sont représentées dans le vase BFD, qui s’appuient de telle façon les unes sur les autres, qu’ayant fait une ouverture au fond de ce vase, la boule marquée I soit contrainte d’en sortir, tant par la force de sa pesanteur que par celle des autres qui sont au-dessus d’elle : car, au même instant que celle-ci sortira, on pourra voir que les deux marquées 2, 2, et les trois autres marquées 3, 30, 3, s’avanceront, et les autres ensuite ; on pourra voir aussi qu’au même instant que la plus basse commencera de se mouvoir, celles qui sont comprises dans le triangle BFD s’avanceront toutes, mais qu’il n’y en aura pas une de celles qui sont hors de ce triangle qui se dispose à se mouvoir vers là. Il est bien vrai qu’en cet exemple les deux boules 2, 2 s’entre-touchent après être quelque peu descendues, ce qui les empêche de descendre plus bas ; mais il n’en est pas de même des petites boules qui composent le second élément ; car, encore qu’il arrive quelquefois qu’elles se trouvent disposées en même façon que celles qui sont représentées en cette, figure, elles ne s’y arrêtent néanmoins que ce peu de temps qu’on nomme un instant, parce qu’elles sont sans cesse en action pour se mouvoir, ce qui est cause qu’elles continuent leur mouvement sans interruption. De plus, il faut remarquer que la force de la lumière, pour l’explication de laquelle j’écris tout ceci, ne consiste point en la durée de quelque mouvement, mais seulement en ce que ces petites boules sont pressées, et font effort pour se mouvoir vers quelque endroit, encore qu’elles ne s’y meuvent peut-être pas actuellement.
64
Que cela suffit pour expliquer toutes les propriétés de la lumière et pour faire paraître les astres lumineux sans qu’ils y contribuent aucune chose.
Ainsi nous n’aurons pas de peine à connaître pourquoi cette action que je prends pour la lumière s’étend en rond de tous côtés autour du soleil et des étoiles fixes, et pourquoi elle passe en un instant à toute sorte de distance, suivant des lignes qui ne viennent pas seulement du centre du corps lumineux, mais aussi de tous les points qui sont en sa superficie ; ce qui contient les principales propriétés de la lumière, ensuite desquelles on peut connaître aussi les autres. Et l’on peut remarquer ici une vérité qui semblera peut-être fort paradoxe à plusieurs, à savoir que ces mêmes propriétés ne laisseraient pas de se trouver en la matière du ciel, encore que le soleil, ou les autres astres autour desquels elle tourne n’y contribuassent en aucune façon ; en sorte que si le corps du soleil n’était rien autre chose qu’un espace vide, nous ne laisserions pas de le voir avec la même lumière que nous pensons venir de lui vers nos yeux, excepté seulement qu’elle, serait moins forte. Toutefois ceci ne doit être entendu que de la lumière qui s’étend autour du soleil, au sens que tourne la matière du ciel dans lequel il est, c’est-à-dire vers le cercle de l’écliptique : car je ne considère pas encore ici l’autre dimension de la sphère qui s’étend vers les pôles. Mais afin que je puisse aussi expliquer ce que la matière du soleil et des étoiles peut contribuer à la production de cette lumière, et comment elle s’étend non seulement vers l’écliptique, mais aussi vers les pôles, et en toutes les dimensions de la sphère, il est besoin que je dise auparavant quelque chose touchant le mouvement des cieux.
65
Que les cieux sont divisés en plusieurs tourbillons et que les pôles de quelques-uns de ces tourbillons touchent les parties les plus éloignées des pôles des autres.
De quelque façon que la matière ait été mue au commencement, les tourbillons auxquels elle est partagée doivent être maintenant tellement disposés entre eux que chacun tourne du côté où il lui est le plus aisé de continuer son mouvement : car, selon les lois de la nature, un corps qui se meut se détourne aisément par la rencontre d’un autre corps. Ainsi, supposant que le premier tourbillon, qui a S pour son centre, est emporté d’A par E vers I, l’autre qui lui est voisin, et qui a F pour son centre, tournera d’A par E vers Y, si ceux qui les environnent ne les empêchent point, parce que leurs mouvements s’accordent très bien en cette façon ; de même, le troisième, qu’il faut imaginer avoir son centre hors du plan SAFE, et faire un triangle avec les centres S et F, se joignant aux deux tourbillons AEI et AEV, en la ligne droite AE, tournera d’A par E vers le haut. Cela supposé, le quatrième tourbillon, dont le centre est f, ne tournera pas d’E vers I, à cause que si son mouvement s’accordait avec celui du premier il serait contraire à ceux du second et du troisième ; ni aussi de même que le second, à savoir d’E vers V, à cause que le premier et le troisième l’en empêcheraient ; ni enfin d’E par en haut, comme le troisième, à cause que le premier et le second lui seraient contraires ; mais il tournera sur son essieu marqué EB, d’I vers Y, et l’un de ses pôles sera vers E, et l’autre à l’opposite vers B.
66
Que les mouvements de ces tourbillons se doivent un peu détourner pour n’être pas contraires l’un à l’autre.
De plus, il est à remarquer qu’il y aurait encore quelque peu de contrariété en ces mouvements si les écliptiques de ces trois premiers tourbillons, c’est-à-dire les cercles qui sont les plus éloignés de leurs pôles, se rencontraient directement au point E, où je mets le pôle du quatrième. Car si, par exemple, IVX est sa partie qui est vers le pôle E, qui tourne suivant l’ordre des lettres IVX, le premier tourbillon se frottant contre elle, suivant la ligne droite El et les autres qui sont parallèles à celle-ci, le second tourbillon se frottant aussi contre elle suivant la ligne droite EV, et le troisième suivant la ligne EX, empêcheraient son mouvement circulaire. Mais la nature accommode cela fort aisément par les lois du mouvement, en détournant quelque peu les écliptiques de ces trois tourbillons, vers l’endroit où tourne le quatrième IVX ; en sorte que, ne se frottant plus contre lui suivant les lignes droites EI, EV, EX, mais suivant les lignes courbes 1I, 2V, 3X, ils s’accordent très bien avec son mouvement.
67
Que deux tourbillons ne se peuvent toucher par leurs pôles.
Je ne crois pas que l’on puisse rien inventer de mieux pour ajuster les mouvements de plusieurs tourbillons. Car si l’on suppose qu’il y en ait deux qui se touchent par leurs pôles, ou ils tourneront tous deux de même côté et de même sens, et s’unissant ensemble n’en feront plus qu’un ; ou bien l’un prendra son cours d’un côté et l’autre d’un autre, et par ce moyen ils s’empêcheront tous deux extrêmement : c’est pourquoi, bien que je n’entreprenne pas de déterminer comment tous les tourbillons qui composent le ciel sont situés, ni comment ils se meuvent, je pense néanmoins que je peux déterminer en général que chaque tourbillon a ses pôles plus éloignés des pôles de ceux qui sont les plus proches de lui que de leurs écliptiques, et il me semble même que je l’ai suffisamment démontré.
68
Qu’ils ne peuvent être tous de même grandeur.
And this comparison of gravity will make this very clear if we consider several small lead balls arranged in such a way that those depicted in vase BFD prevent each other from falling; they are positioned one atop another in such a fashion that, if an opening is made at the bottom of this vase, the ball marked I will be compelled to emerge, both due to its own weight and because of the force exerted by the balls above it. For the moment it emerges, it will be evident that the two balls marked 2, 2 and the three others marked 3, 30, 3 will also begin to move, followed by the rest; it will also be clear that the moment the lowest ball starts moving, all those within triangle BFD will advance together, but none of the balls outside this triangle will attempt to move in that direction. It is true that in this example the two balls 2, 2 touch each other after descending a short distance, which prevents them from falling any further; however, this is not the case with the small balls that make up the second element. Although they sometimes arrange themselves in the same manner as those depicted in this figure, they only remain in that position for what we call an instant, because they are constantly in motion and therefore continue their movement without interruption. Moreover, it should be noted that the force of light, which I am explaining here, does not reside in the duration of any particular motion, but rather in the fact that these small balls are compelled to move toward some destination, even if they may not actually be moving at that moment.
64
That alone is sufficient to explain all the properties of light and to account for the existence of luminous stars, without any contribution on their part.
Thus, we will not have difficulty in understanding why this action—which I consider to be light—spreads out in all directions around the sun and the fixed stars, and why it can instantaneously reach various distances along lines that do not originate solely from the center of the luminous body but also from every point on its surface; these properties constitute the essence of light, and from them we can also understand its other characteristics. Here, one truth may seem highly paradoxical to many: namely, that these very same properties would be present in the matter of the heavens, even though the sun or other stars around which it revolves contribute nothing to them at all; consequently, if the sun were nothing but an empty space, we would still perceive it with the same light that we believe emanates from it toward our eyes, only perhaps at a weaker intensity. However, this should be understood solely in relation to the light that spreads out around the sun, meaning the movement of the celestial matter within the sphere of the ecliptic—since I am not yet considering the other dimension of the spherical structure that extends toward the poles. But in order to explain further how the matter of the sun and stars contributes to the production of this light, and how it extends not only along the ecliptic but also toward the poles and in all directions of the celestial sphere, it is necessary for me to first discuss something concerning the motion of the heavens.
65
That the heavens are divided into numerous whirlpools, and that the poles of some of these whirlpools touch the farthest regions from the poles of others.
In whatever manner matter was initially set in motion, the whirlpools into which it is divided must now be arranged in such a way that each one rotates in the direction in which it can continue its movement most easily—for, according to the laws of nature, a moving body is readily deflected by the encounter with another body. Thus, assuming that the first whirlpool, with center at S, is carried from A through E toward I, the neighboring whirlpool, with center at F, will also rotate from A through E toward Y, unless something intervenes to prevent this, since their movements would otherwise be perfectly coordinated in this manner. Similarly, the third whirlpool—supposed to have its center outside the plane SAFE and form a triangle with centers S and F, connecting with the two whirlpools AEI and AEV along the straight line AE—will rotate from A through E upward. Assuming all this, the fourth whirlpool, with center at f, will not rotate from E toward I, because its motion would then be contrary to that of the first whirlpool; nor will it rotate from E toward V, as the second and third whirlpools would prevent this; nor will it rotate upward from E, as the first and second whirlpools would also oppose such a movement. Instead, it will rotate around its axis marked EB, from I toward Y, with one of its poles facing E and the other facing B in the opposite direction.
66
That the movements of these whirlpools must slightly deviate from their original paths in order not to oppose each other.
Furthermore, it is worth noting that there would still be some degree of conflict in these movements if the ecliptics of these first three whirlpools—that is, the circles farthest from their poles—were to intersect directly at point E, where I have placed the pole of the fourth whirlpool. For instance, if IVX were the part of the fourth whirlpool that faces pole E and rotated in the order of the letters IVX, then the first whirlpool, moving along the straight line El and the others parallel to it, would come into conflict with it; similarly, the second whirlpool would collide with it along the straight line EV, and the third along the line EX. Such collisions would prevent their circular motion. However, nature readily resolves this issue through the laws of motion, slightly deflecting the ecliptics of these three whirlpools in such a way that they no longer intersect with the fourth whirlpool at point E. As a result, they no longer collide with it along straight lines but instead follow curved paths—1I, 2V, 3X—which allow them to move in perfect harmony with the fourth whirlpool’s motion.
67
That two whirlpools cannot touch each other at their poles.
I do not believe that anything better could be invented to regulate the movements of multiple whirlpools. For if we assume that there are two whirlpools that touch each other at their poles, then they will both rotate in the same direction and at the same speed, and by merging together, they will form a single entity; otherwise, one will move in one direction and the other in another, and in this way, they will effectively prevent each other from moving. Therefore, although I do not attempt to determine how all the whirlpools that make up the sky are positioned or how they move, I believe that it is still possible to establish in general that each whirlpool has its poles located further away from the poles of those whirlpools that are closest to it than from their respective ecliptics. In fact, I even feel that I have sufficiently demonstrated this point.
68
They cannot all be of the same size after all.
E questa comparazione della forza di gravità chiarirà molto bene questo fenomeno: se si considerano diverse piccole sfere di piombo disposte in modo tale che quelle rappresentate nel vaso BFD si sostengano a vicenda, allora, facendo un’apertura sul fondo di quel vaso, la sfera contrassegnata con la lettera “I” sarà costretta ad uscire, sia a causa della sua stessa forza di gravità che per l’influenza delle sfere sopra di essa; infatti, nel momento stesso in cui questa sfera esce, si potrà osservare come le due sfere contrassegnate con la lettera “2”, 2 e le altre tre contrassegnate con “3”, 30, 3 avanzino a loro volta, e così via. Si noterà anche che, non appena la sfera più in basso inizia a muoversi, tutte quelle situate all’interno del triangolo BFD avanzano anch’esse; tuttavia, nessuna delle sfere che si trovano al di fuori di quel triangolo sembra essere disposta a muoversi verso quella direzione. È vero che, in questo esempio, le due sfere “2”, 2 si toccano dopo essere scese leggermente, il che le impedisce di scendere ulteriormente; ma non è lo stesso per le piccole sfere che compongono il secondo elemento: anche se a volte sono disposte nello stesso modo di quelle rappresentate in quella figura, esse rimangono in movimento continuo, senza mai fermarsi. Inoltre, bisogna ricordare che la forza della luce, per quanto riguarda la spiegazione di questo fenomeno, non deriva dalla durata di un qualche movimento, ma semplicemente dal fatto che queste piccole sfere sono spinte a muoversi verso una certa direzione, anche se in quel momento specifico potrebbero non essere effettivamente in movimento.
64
Che ciò sia sufficiente a spiegare tutte le proprietà della luce e a far apparire gli astri luminosi senza che essi vi contribuiscano in alcun modo.
Così non avremo difficoltà a comprendere perché questa luce, che consideriamo fonte di illuminazione, si diffonde in ogni direzione attorno al sole e alle stelle fisse, e perché riesce in un istante a raggiungere distanze infinite, seguendo linee che non provengono soltanto dal centro del corpo luminoso, ma anche da tutti i punti presenti sulla sua superficie; queste caratteristiche fondamentali della luce ci permettono di conoscere anche le altre sue proprietà. Si può notare qui una verità che potrebbe sembrare molto paradossale a molti: cioè che queste stesse proprietà si riscontrerebbero ugualmente nella materia celeste, anche se il sole o gli altri astri attorno ai quali essa ruota non vi contribuissero in alcun modo; quindi, se il corpo del sole non fosse altro che uno spazio vuoto, lo vedremmo comunque illuminato dalla stessa luce che riteniamo provenga da esso verso i nostri occhi, anche se più debole. Tuttavia, questo si deve intendere soltanto per quanto riguarda la luce che si diffonde attorno al sole, nel senso in cui la materia celeste ruota attorno a esso, cioè lungo l’orbita dell’eclittica; infatti, non considero ancora qui l’altra dimensione della sfera celeste che si estende verso i poli. Ma affinché possa spiegare anche in che modo la materia del sole e delle stelle contribuisca alla produzione di questa luce, e come essa si diffonda non solo lungo l’eclittica, ma anche verso i poli e in tutte le direzioni della sfera celeste, è necessario prima parlare del movimento dei cieli.
65
I cieli sono divisi in numerosi vortici, e i poli di alcuni di questi vortici toccano le parti più lontane dai poli degli altri.
In qualunque modo la materia sia stata messa in movimento all’inizio, i vortici in cui è divisa devono ora essere disposti tra loro in modo tale che ciascuno ruoti nella direzione in cui gli è più facile continuare il proprio movimento: infatti, secondo le leggi della natura, un corpo che si muove tende facilmente a deviare al contatto con un altro corpo. Pertanto, supponendo che il primo vortice, il cui centro è S, venga spinto da A verso I passando per E, l’altro vortice adiacente, il cui centro è F, ruoterà anch’esso da A verso Y passando per E; se i vortici circostanti non lo impedissero, poiché i loro movimenti sono in perfetta armonia in questo modo. Allo stesso modo, il terzo vortice, il cui centro si trova al di fuori del piano SAFE e forma un triangolo con i centri S e F, unendosi ai due vortici AEI ed AEV lungo la linea retta AE, ruoterà da A verso l’alto passando per E. Presumendo tutto ciò, il quarto vortice, il cui centro è f, non ruoterà da E verso I, poiché se il suo movimento fosse in accordo con quello del primo sarebbe contrario a quelli del secondo e del terzo; né tantomeno ruoterà da E verso V, poiché il primo e il terzo glielo impedirebbero; né ancora ruoterà verso l’alto passando per E, come farebbe il terzo, poiché il primo e il secondo gli sarebbero contrari in questo senso. Piuttosto, ruoterà attorno al proprio asse, indicato con EB, da I verso Y: uno dei suoi poli sarà rivolto verso E, mentre l’altro sarà situato nell’opposto verso B.
66
Che i movimenti di questi vortici si devono deviare leggermente affinché non siano reciprocamente contrastanti.
Inoltre, è da notare che in questi movimenti verrebbero ancora presenti alcune contraddizioni se le eclittiche di questi primi tre vortici, cioè i cerchi più lontani dai loro poli, si incontrassero direttamente nel punto E, dove ho posizionato il polo del quarto vortice. Infatti, se, ad esempio, IVX fosse la parte di questo quarto vortice rivolta verso il polo E e ruotasse seguendo l’ordine delle lettere IVX, il primo vortice, sfregandosi contro di essa lungo la linea retta El, e gli altri due, che sono paralleli a questa linea, sfregandosi anch’essi contro di essa lungo le linee rette EV ed EX, impedirebbero al quarto vortice di muoversi in cerchio. Tuttavia, la natura risolve facilmente questo problema attraverso le leggi del movimento, deviando leggermente le eclittiche di questi tre vortici verso il punto in cui ruota il quarto IVX; in questo modo, essi non si sfregano più contro di esso lungo linee rette, ma lungo linee curve, e quindi si adattano perfettamente al suo movimento.
67
Due vortici non possono mai toccarsi tra i loro poli.
Non credo che si possa inventare nulla di meglio per coordinare i movimenti di diversi vortici. Infatti, se si ipotizza che due di essi si tocchino ai loro poli, allora entrambi ruoteranno nella stessa direzione e con lo stesso ritmo, unendosi così in uno solo; altrimenti, uno seguirà una direzione e l’altro un’altra, impedendosi reciprocamente di muoversi. Per questo motivo, anche se non intendo stabilire con precisione come siano disposti e come si muovano tutti i vortici che compongono il cielo, penso comunque di poter affermare in generale che ciascun vortice ha i suoi poli più lontani da quelli dei vortici più vicini a esso rispetto alle loro eclittiche; anzi, mi sembra di aver dimostrato abbastanza chiaramente questo punto.
68
Dopotutto, non possono tutti essere della stessa dimensione.
Il me semble aussi que cette variété incompréhensible qui paraît en la situation des étoiles fixes montre assez que les tourbillons qui tournent autour d’elles ne sont pas égaux en grandeur. Et je tiens qu’il est manifeste, par la lumière qu’elles nous envoient, que chaque étoile est au centre d’un tourbillon, et ne peut être ailleurs : car, si on admet cette supposition, il est aisé de comprendre comment leur lumière peut parvenir jusqu’à nos yeux par des espaces immenses, ainsi qu’il paraîtra évidemment, partie de ce qui a déjà été dit, et partie de ce qui suit, et il n’est pas possible sans cela d’en pouvoir rendre aucune raison qui soit plausible. Mais, d’autant que nous n’apercevons rien dans les étoiles fixes par l’entremise de nous sens que leur lumière et la situation où nous les voyons, nous ne devons supposer que ce qui est absolument nécessaire pour rendre raison de ces deux effets ; et parce qu’on ne saurait connaître la nature de la lumière si on ne suppose que chaque tourbillon tourne autour d’une étoile avec toute la matière qu’il contient, et qu’on ne peut aussi rendre raison de la situation où elles nous paraissent si on ne suppose que ces tourbillons sont différents en grandeur, je crois qu’il est également nécessaire que ces deux suppositions soient admises. Mais s’il est vrai qu’ils soient inégaux, il faudra que les parties éloignées des pôles des uns touchent les autres aux endroits qui sont proches de leurs pôles, à cause qu’il n’est pas possible que les parties semblables des corps qui sont inégaux en grandeur conviennent entre elles.
69
Que la matière du premier élément entre par les pôles de chaque tourbillon vers son centre, et sort de là par les endroits les plus éloignés des pôles.
On peut inférer de ceci que la matière du premier élément sort sans cesse de chacun de ces tourbillons par les endroits qui sont les plus éloignés de leurs pôles, et qu’il y en entre aussi d’autre sans cesse par les endroits qui en sont les plus proches. Car, si nous supposons, par exemple, que le premier ciel AYBM, au centre duquel est le soleil tourne sur ses pôles, dont l’un, marqué A, est l’austral, et B le septentrional, et que les quatre tourbillons qui sont autour de lui tournent sur leurs essieux TT, YY, ZZ, MM, et qu’il touche les deux marqués O et C vers leurs pôles, et les deux autres K et L vers les endroits qui en sont fort éloignés, il est évident, par ce qui a déjà été dit, que toute la matière dont il est composé, faisant effort pour s’éloigner de l’essieu AB, tend plus fort vers les endroits marqués Y et M que vers ceux qui sont marqués A et B ; et parce qu’elle rencontre vers Y et M les pôles des tourbillons O et C qui ont peu de force pour lui résister, et qu’elle rencontre vers A et B les tourbillons K et L aux endroits les plus éloignés de leurs pôles, et qui ont plus de force pour avancer de K et d’L vers S que les parties qui sont vers les pôles du ciel S n’en ont pour avancer vers L et vers K, il est évident aussi que celle qui est aux endroits K et L doit s’avancer vers S, et que celle qui est à l’endroit S doit s’avancer et prendre son cours vers O et vers C.
70
Qu’il n’en est pas de même du second élément.
Cela se devrait entendre de la matière du second élément aussi bien que de celle du premier, si quelques causes particulières n’empêchaient ses petites parties de s’avancer jusque-là ; mais parce que l’agitation du premier élément est beaucoup plus grande que celle du second, et qu’il est toujours très aisé à ce premier de passer par les petits intervalles que les parties du second, qui sont rondes, laissent nécessairement autour d’elles ; quand même on supposerait que toute la matière, tant du premier que du second élément, qui est comprise dans le tourbillon L, commencerait en même temps de se mouvoir d’L vers S, il faudrait néanmoins que celle du premier parvînt au centre S plus tôt que celle du second ; et cette matière du premier étant ainsi parvenue dans l’espace S, pousse d’une telle impétuosité les parties du second, non seulement vers l’écliptique eg, ou MY, mais aussi vers les pôles fd, ou AB, comme j’expliquerai tout maintenant, qu’elle empêche que les petites boules qui viennent du tourbillon L n’avancent vers S que jusqu’à un certain terme qui est ici marqué par la lettre B ; le même se doit entendre du tourbillon K et de tous les autres.
71
Quelle est la cause de cette diversité.
De plus, il faut remarquer que les parties du second élément qui tournent autour du centre L n’ont pas seulement la force de s’éloigner de ce centre, mais aussi celle de retenir la vitesse de leur mouvement, et que ces deux effets sont en quelque façon contraires l’un à l’autre, parce que, pendant qu’elles tournent dans le tourbillon L, l’espace dans lequel elles peuvent s’étendre est limité en quelques endroits de la circonférence qu’elles décrivent par les autres tourbillons qu’il faut imaginer au-dessus et au-dessous du plan de cette figure : de façon qu’elles ne peuvent s’éloigner davantage de ce centre vers l’endroit B, où leur espace n’est pas ainsi limité, si ce n’est que leur vitesse y soit d’autant plus diminuée qu’il y aura plus d’espace entre L et B qu’entre le même L et la superficie de ces autres tourbillons. Ainsi, quoique la force qu’elles ont à s’éloigner du centre L soit cause qu’elles s’en éloignent davantage vers B que vers les autres côtés, parce qu’elles y rencontrent les parties polaires du tourbillon S, qui ne leur font pas beaucoup de résistance, toutefois la force qu’elles ont de retenir leur vitesse est cause qu’elles ne s’en éloignent pas sans fin, et qu’elles n’avancent pas jusqu’à S. Il n’en est pas de même de la matière du premier élément : car, encore qu’elle s’accorde avec les parties du second, en ce que, tournant comme elles dans les tourbillons qui la contiennent, elle tend à s’éloigner de leurs centres, il y a néanmoins cette différence, qu’elle peut s’éloigner de ces centres sans rien perdre de sa vitesse, à cause qu’elle trouve de tous côtés des passages entre les parties du second élément qui sont à peu près égaux les uns aux autres, ce qui fait qu’elle coule sans cesse vers le centre S par les endroits qui sont proches des pôles A et B, non seulement des tourbillons marqués K et L, mais aussi de plusieurs autres qui n’ont pu être commodément représentés en cette figure, parce qu’ils ne doivent pas être tous imaginés en un même plan, et que je ne peux déterminer leur situation, ni leur grandeur, ni leur nombre, et qu’elle passe du centre S vers les tourbillons O et C, et vers plusieurs autres semblables, dont je n’entreprends point aussi de déterminer ni la situation, ni la grandeur, ni le nombre, ni même de déterminer si cette même matière retourne immédiatement d’O et C vers K et L, ou bien si elle passe par beaucoup d’autres tourbillons plus éloignés d’S que ceux-ci, avant que d’achever le cercle de son mouvement.
72
Comment se meut la matière qui compose le corps du soleil.
It also seems to me that this incomprehensible diversity observed in the arrangement of fixed stars sufficiently demonstrates that the whirlpools surrounding them are not all of equal size. Moreover, I believe it is clear, from the light they emit towards us, that each star must be at the center of its own whirlpool and cannot be elsewhere; for if we accept this assumption, it becomes easy to understand how their light can travel vast distances to reach our eyes. This will also become evident from what has already been stated and from what follows further in this discussion. Without such an assumption, it would be impossible to provide any plausible explanation for these phenomena. However, since we perceive nothing about the fixed stars except for their light and the position in which we observe them, we must only assume what is absolutely necessary to explain these two observations. Furthermore, since we cannot understand the nature of light unless we assume that each whirlpool revolves around a star along with all the matter it contains, and since we cannot also explain the arrangement of the stars as we see them unless we assume that these whirlpools differ in size, I believe it is equally necessary to accept both of these assumptions. But if it is true that these whirlpools are not of equal size, then the outer portions of their orbits must touch each other at points that are close to their respective poles, for it is impossible for similar parts of bodies that differ in size to fit together properly.
69
That the substance of the primary element enters through the poles of each vortex and moves towards its center, and then exits from the parts farthest from those poles.
It can be inferred from this that the matter comprising the first element continuously emerges from each of these whirlpools at those points farthest from their poles, and that additional matter also constantly enters at those points closest to them. For instance, if we assume that the first celestial sphere AYBM, with the sun revolving around its poles—one of which is marked A (the southern pole) and the other B (the northern pole)—contains four whirlpools rotating on their axes TT, YY, ZZ, MM, and that this sphere touches the points O and C at their respective poles, as well as the points K and L at locations far from these poles, it is evident that all the matter comprising this sphere, striving to move away from the axis AB, is drawn more strongly toward the points Y and M than toward A and B. Moreover, since on its journey toward Y and M it encounters the whirlpools O and C, which exert little resistance against its movement, while on its way toward A and B it encounters the whirlpools K and L at locations far from their poles—and these whirlpools have greater momentum moving toward S than the parts of the celestial sphere located near the poles of sphere S—it follows that the matter situated at points K and L must move toward S, and the matter at point S must likewise move and proceed toward O and C.
70
The same is not true of the second element.
This should hold true both for the matter of the second element and that of the first, were it not for certain particular causes that prevent its smaller parts from advancing as far; but since the agitation of the first element is much greater than that of the second, and since it is always very easy for the particles of the first element to pass through those small intervals that the round particles of the second element necessarily leave behind them; even if we assumed that all the matter, both from the first and the second element, contained within the vortex L, began moving simultaneously from L towards S, the matter of the first element would still reach the center S before that of the second. And once this matter of the first element has entered the space S, it pushes the particles of the second element with such force not only towards the ecliptic eg, or MY, but also towards the poles fd, or AB—as I will explain in detail shortly—that it prevents those small spheres originating from the vortex L from advancing towards S beyond a certain point, which is here indicated by the letter B; the same principle applies to the vortex K and all other similar phenomena.
71
What is the cause of this diversity?
Furthermore, it must be noted that the parts of the second element that rotate around the center L not only possess the force to move away from this center but also have the ability to maintain their velocity of motion. These two effects are in some way contradictory to each other: while they rotate within the vortex L, the space within which they can expand is limited in certain areas along their orbital path—these areas are defined by other vortices that must be imagined above and below the plane of this figure. As a result, they cannot move further away from the center towards point B, where their spatial expansion would not be restricted; however, their velocity would decrease accordingly, due to the increased distance between L and B compared to the distance between L and those other vortices. Thus, although the force that drives them away from the center L causes them to move further towards B than towards the other sides (because there the resistance posed by the polar parts of vortex S is minimal), the force that prevents them from losing velocity ensures that they do not move indefinitely or reach point S. This is not the case for the material of the first element: although it moves in unison with the parts of the second element, rotating within the surrounding vortices and thus tending to move away from their centers, there is a difference—this material can move away from these centers without losing any velocity, because it finds passages through the parts of the second element that are more or less equal in size. As a result, it continuously moves towards the center S, passing through areas near the poles A and B—not only through the vortices marked K and L but also through many other similar vortices that cannot be conveniently represented in this figure, since they may not all lie within the same plane. It is also impossible to determine their exact locations, sizes, or numbers. Moreover, this material moves from the center S towards the vortices O and C, as well as several others of a similar nature; yet I neither attempt to determine their specific positions nor their quantities. Nor do I consider whether this same material immediately returns from O and C back to K and L, or whether it passes through many more distant vortices before completing its circular motion.
72
How does the matter that constitutes the sun move?
Mi sembra anche che questa varietà incompreensibile che si osserva nella disposizione delle stelle fisse dimostri chiaramente che i vortici che ruotano attorno a esse non sono uguali per dimensione. Ritengo inoltre che sia evidente, dalla luce che ci inviano, che ciascuna stella si trovi al centro di un tale vortice e non possa trovarsi altrove: infatti, se ammettiamo questa ipotesi, diventa facile comprendere come la loro luce possa raggiungere i nostri occhi attraverso spazi immensi. Questo concetto risulta chiaramente derivante da quanto già detto e da quanto seguirà; in assenza di tale ipotesi, non sarebbe possibile fornire alcuna spiegazione plausibile di questi fenomeni. Tuttavia, poiché non percepiamo nulla nelle stelle fisse se non la loro luce e la posizione in cui le vediamo, dobbiamo ammettere soltanto ciò che è assolutamente necessario per spiegare questi due aspetti. Inoltre, non si potrebbe comprendere la natura della luce se non si ipotizzasse che ogni vortice ruoti attorno a una stella insieme a tutta la materia che contiene; allo stesso modo, non si potrebbe spiegare la posizione in cui le stelle ci appaiono se non si ammettesse che questi vortici differiscano per dimensione. Pertanto, credo sia altrettanto necessario accettare queste due ipotesi. Ma se è vero che tali vortici siano disomogenei per dimensione, allora le parti più lontane dai poli di ciascuno di essi dovranno toccarsi in punti situati vicini ai loro poli stessi, poiché non è possibile che parti simili di corpi di dimensioni diverse si adattino tra loro.
69
Che la materia del primo elemento entri attraverso i poli di ogni vortice verso il suo centro, e ne esca dai punti più lontani da tali poli.
Da ciò si può inferire che la materia dell’elemento primordiale esce costantemente da ciascuno di questi vortici attraverso i punti più lontani dai loro poli, e ne entra altrettanto continuamente attraverso i punti più vicini. Ad esempio, supponiamo che il primo cielo AYBM, al centro del quale il sole ruota attorno ai suoi poli – di cui uno, contrassegnato con la lettera A, è l’australe e l’altro la lettera B il settentrionale – sia circondato da quattro vortici che ruotano attorno ai loro assi rispettivamente TT, YY, ZZ, MM. Se questo cielo entra in contatto con i punti contrassegnati O e C verso i loro poli, e con i punti K e L in posizioni molto lontane dai poli dei vortici stessi, è evidente che tutta la materia che lo compone, nel tentativo di allontanarsi dall’asse AB, tende con maggiore forza verso i punti Y e M rispetto ai punti A e B. Poiché nei punti Y e M si trova in contatto con i poli dei vortici O e C, che hanno poca capacità di resistere al suo movimento, mentre nei punti A e B è in contatto con i vortici K e L, situati in posizioni molto lontane dai loro poli e quindi più propensi a spostarsi verso S rispetto alle parti dei vortici stessi che si trovano vicini ai loro poli, è altrettanto evidente che la materia presente nei punti K e L deve muoversi verso S, mentre quella presente nel punto S deve avanzare e dirigersi verso O e C.
70
Il secondo elemento, invece, non è lo stesso.
Ciò dovrebbe valere sia per la materia dell’elemento secondo che per quella del primo, se non fossero alcune cause particolari a impedire alle parti minori di quest’ultimo di avanzare fino a quel punto; ma poiché l’agitazione dell’elemento primo è molto maggiore di quella del secondo, e poiché a questo primo elemento è sempre molto facile attraversare quei piccoli intervalli che le parti del secondo, essendo rotonde, lasciano inevitabilmente intorno a sé; anche ammettendo che tutta la materia, sia dell’elemento primo che di quello secondo, inclusa nel vortice L, iniziasse contemporaneamente a muoversi da L verso S, quella del primo elemento raggiungerebbe comunque il centro S prima di quella del secondo; e questa materia del primo, una volta giunta nello spazio S, spingerebbe con tale impeto le parti del secondo non solo verso l’eclittica eg o MY, ma anche verso i poli fd o AB, come spiegherò ora in dettaglio, al punto da impedire alle piccole particelle provenienti dal vortice L di avanzare verso S oltre un certo limite, indicato qui dalla lettera B; lo stesso vale per il vortice K e per tutti gli altri.
71
Qual è la causa di questa diversità?
Inoltre, è necessario notare che le parti del secondo elemento che ruotano attorno al centro L non possiedono soltanto la forza per allontanarsi da questo centro, ma anche quella per mantenere la velocità del loro movimento; questi due effetti sono in qualche modo opposti tra loro. Infatti, mentre ruotano nel vortice L, lo spazio entro cui possono espandersi è limitato in alcune zone della circonferenza che descrivono, a causa di altri vortici che si devono immaginare al di sopra e al di sotto del piano di questa figura; per questo motivo non possono allontanarsi ulteriormente dal centro verso il punto B, dove lo spazio disponibile non è altrettanto limitato, se non perché la loro velocità diminuisce in misura maggiore quanto lo spazio tra L e B sia maggiore rispetto a quello tra L e le superfici di quegli altri vortici. Quindi, sebbene la forza che le spinge ad allontanarsi dal centro L sia tale da farle muoversi maggiormente verso il punto B piuttosto che verso gli altri lati – poiché in questi ultimi incontrano le parti polari del vortice S, che non oppongono loro molta resistenza – la forza che le impedisce di perdere velocità fa sì che non si allontanino all’infinito e non raggiungano mai il punto S. La stessa cosa non vale per la materia del primo elemento: anche se essa si muove insieme alle parti del secondo elemento, ruotando nei vortici che la contengono e tendendo ad allontanarsi dai loro centri, esiste comunque una differenza: essa può allontanarsi da questi centri senza perdere velocità, poiché trova ovunque dei passaggi tra le parti del secondo elemento che sono più o meno uguali tra loro; questo le permette di muoversi costantemente verso il centro S attraverso le zone vicine ai poli A e B, non solo dei vortici indicati con K e L, ma anche di molti altri che non possono essere rappresentati facilmente in questa figura, poiché non tutti si trovano nello stesso piano. Non posso quindi determinare la loro posizione, la loro grandezza o il loro numero; inoltre, non è chiaro se questa stessa materia ritorni immediatamente da O e C verso K e L, oppure se attraversi molti altri vortici più lontani dal punto S prima di completare il ciclo del suo movimento.
72
In che modo si muove la materia che costituisce il corpo del sole?
Mais je tâcherai d’expliquer la force dont elle est mue dans l’espace defg. Celle qui est venue d’A vers f doit continuer son mouvement en ligne droite jusqu’à d., parce qu’il n’y a rien entre deux qui l’en empêche ; mais quand elle y est parvenue, elle rencontre les parties du second élément, qu’elle pousse vers B, et qui en même temps la repoussent et contraignent de retourner en dedans du pôle d, vers tous les côtés de l’écliptique eg : de même, celle qui est venue de B vers d continue son mouvement en ligne droite jusqu’à f, où elle rencontre aussi les parties du second élément, qu’elle pousse vers A, et qui la repoussent du pôle f vers la même écliptique eg ; et passant ainsi des deux pôles d et f vers tous les côtés de l’écliptique eg, elle pousse également toutes le parties du second élément qu’elle rencontre en la superficie de la sphère defg, et s’écoule ensuite vers M et Y par les petits passages qu’elle trouve entre les parties du second élément vers cette écliptique eg. De plus, pendant que cette matière du premier élément est mue en ligne droite par sa propre agitation, depuis les pôles du ciel A et B jusqu’aux pôles du corps du soleil d et f, elle est aussi portée en rond autour de l’essieu AB, par le mouvement circulaire de ce ciel ; au moyen de quoi chacune de ses parties décrit une ligne spirale ou tournée en limaçon ; et ces spirales s’avancent tout droit d’A jusqu’à d, et de B jusqu’à f ; mais étant parvenues à d et f, elles se replient de part et d’autre vers l’écliptique eg ; et d’autant que l’espace que contient la sphère defg est plus grand que la matière du premier élément qui passe entre les parties du second n’en pourrait occuper, si elle ne faisait qu’y entrer et sortir suivant ces spirales, cela fait qu’il y en reste toujours quelque partie qui y compose un corps très liquide qui tourne sans cesse autour de l’essieu fd, à savoir le corps du soleil.
73
Qu’il y a beaucoup d’inégalités en ce qui regarde la situation du soleil au milieu du tourbillon qui l’environne.
Et il faut ici remarquer que ce corps ne peut manquer d’être rond ; car, encore que l’inégalité des tourbillons qui environnent le ciel AMBY soit cause que nous ne devons pas penser que la matière du premier élément vienne aussi abondamment vers le soleil par l’un des pôles de ce ciel que par l’autre ; ni que ces pôles soient directement opposés, en sorte que la ligne ASB soit exactement droite ; ni qu’il y ait aucun cercle parfait qu’on puisse prendre pour son écliptique, et auquel se rapportent si également tous les tourbillons qui l’environnent que la matière du premier élément, qui vient du soleil, puisse sortir de ce ciel avec pareille facilité par tous les endroits de cette écliptique : toutefois on ne peut pas de là inférer qu’il y ait aucune notable inégalité en la figure du soleil, mais seulement qu’il y en a en sa situation, en son mouvement et en sa grandeur, comparée à celle des autres astres. Car, par exemple, si la matière du premier élément qui vient du pôle A vers S a plus de force que celle qui vient du pôle B, elle ira plus loin avant qu’elles se puissent détourner l’une l’autre par leur mutuelle rencontre ; et ainsi elles feront que le soleil sera plus proche du pôle B que du pôle A. Mais les petites parties du second élément ne seront pas poussées plus fort à l’endroit de la circonférence marqué d qu’en l’autre marqué f qui lui est directement opposé, et cette circonférence ne laissera pas d’être ronde. Tout de même, si la matière du premier élément passe plus aisément d’S vers O que vers C (à savoir parce qu’elle y trouve des chemins plus droits et plus ouverts), cela sera cause que le corps du soleil s’approchera quelque peu plus d’O que de C, et que, accourcissant par ce moyen l’espace qui est entre O et S, il s’arrêtera à l’endroit où la force de cette matière sera également balancée des deux côtés. Et partant, quand nous n’aurions égard qu’aux quatre tourbillons LCKO, pourvu que nous les supposions inégaux, cela suffit pour nous obliger à conclure que le soleil n’est pas situé justement au milieu de la ligne OC, ni aussi au milieu de la ligne KL ; et l’on peut encore concevoir beaucoup d’autres inégalités en sa situation, si l’on considère qu’il y a plusieurs autres tourbillons qui l’environnent.
74
Qu’il y en a aussi beaucoup en ce qui regarde le mouvement de sa matière.
De plus, si la matière du premier élément qui vient des tourbillons K et L n’est pas si disposée à se mouvoir vers S que vers quelques autres endroits proches de là : par exemple, si celle qui vient de K est plus disposée à se mouvoir vers e, et celle qui vient d’L à se mouvoir vers g, cela sera cause que les pôles fetd, autour desquels elle tourne lorsqu’elle compose le corps du soleil, ne seront pas dans les lignes droites menées de K et L vers S, mais que le pôle austral s’avancera quelque peu plus vers e, et le septentrional d vers g. Tout de même, si la ligne droite SM, suivant laquelle je suppose que la matière du premier élément va plus facilement d’S vers C que suivant aucune autre, passe par un point de la circonférence fed qui soit plus proche du point d que du point f ; de même aussi, si la ligne SY, suivant laquelle je suppose que cette matière tend d’S vers O, passe par un point de la circonférence fgd qui soit plus proche du point f que du point d, cela sera cause que gSe, qui représente ici l’écliptique du soleil, c’est-à-dire le plan dans lequel se meut la partie de sa matière qui décrit le plus grand cercle, aura sa partie Se plus penchée vers le pôle d que vers le pôle f, mais non pas toutefois du tout tant qu’est la ligne droite SM, et que son autre partie S g sera plus penchée vers f que vers d, mais non pas aussi du tout tant que la ligne droite SY. D’où il suit que l’essieu autour duquel toute la matière dont le corps du soleil est composé fait son tour, et qui est terminé par les deux pôles f et d, n’est pas exactement droit, mais quelque peu courbé des deux côtés ; et que cette matière tourne quelque peu plus vite entre e et d ou entre f et g, qu’entre e et f, ou d et g ; et que peut-être aussi la vitesse dont elle tourne entre e et d n’est pas entièrement égale à celle dont elle tourne entre f et g.
75
Que cela n’empêche pas que la figure ne soit ronde.
Mais cela ne peut pourtant empêcher que le corps du soleil ne soit assez exactement rond, parce que sa matière a cependant un autre mouvement, savoir de ses pôles vers son écliptique, lequel corrige ces inégalités : et comme on voit qu’une bouteille de verre se fait ronde par cela seul qu’en soufflant par un tuyau de fer on fait entrer de l’air dans la matière dont on la fait, à cause que cet air n’a pas plus de force à pousser la partie de cette matière qui est directement opposée au bout du tuyau par où il entre, qu’à pousser celle qui est en tous les autres côtés vers lesquels il est repoussé par la résistance qu’elle lui fait, ainsi la matière du premier élément qui entre dans le corps du soleil par ses pôles doit pousser également de tous côtés les parties du second qui l’environnent, aussi bien celles contre qui elle est repoussée obliquement que celles qu’elle rencontre de front.
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Comment se meut la matière du premier élément qui est entre les parties dn second dans le ciel.
But I will try to explain the force that drives it in the space defg. That force, which originated at A and moved towards f, must continue its straight-line motion until it reaches d, because nothing in between prevents it from doing so; but once it has reached d, it encounters the parts of the second element, which it pushes towards B, yet these same parts also repel it, forcing it to return back towards the interior of the pole d, in all directions along the ecliptic eg. Similarly, the force that originated at B and moved towards d continues its straight-line motion until it reaches f, where it again encounters the parts of the second element, which it pushes towards A; these parts, however, repel it away from the pole f, back towards the same ecliptic eg. Thus, moving from the poles d and f in all directions along the ecliptic eg, this force also pushes all the parts of the second element that it encounters on the surface of the sphere defg, and then continues its flow towards M and Y through the small passages available between those parts and the ecliptic eg. Moreover, while this matter of the first element moves in a straight line due to its own inherent motion, from the celestial poles A and B towards the solar poles d and f, it is also carried around in a circular motion by the rotation of the sky itself; as a result, each part of this matter describes a spiral or snail-like trajectory. These spirals extend straight from A to d and from B to f, but once they reach these points, they bend back towards the ecliptic eg on either side. Since the space contained within the sphere defg is larger than the amount of matter from the first element that can occupy it if it merely moves along these spirals, some of this matter always remains within the sphere, forming a highly fluid substance that continuously rotates around the axis fd—that is, the sun itself.
73
There are many inequalities with regard to the position of the sun at the center of the whirlpool that surrounds it.
And it must be noted here that this celestial body cannot but be round; for although the uneven distribution of the whirlpools surrounding the sky AMBY is such that we should not assume that the material of the primary element flows towards the sun more abundantly from one pole of this sky than from the other, nor that these poles are directly opposite to each other, so that the line ASB would be perfectly straight; nor that there exists any perfect circle that could be taken as its ecliptic, and to which all the surrounding whirlpools and the material of the primary element flowing from the sun would relate in such a way that it could exit this sky with equal ease through every point on this ecliptic; nevertheless, we cannot infer from this that there is any significant inequality in the shape of the sun itself, but only that there are inequalities in its position, movement, and size compared to those of other stars. For example, if the material of the primary element flowing from pole A towards S has more force than that flowing from pole B, it will travel further before the two forces counteract each other; as a result, the sun will be closer to pole B than to pole A. However, the smaller portions of the secondary element will not be pushed more forcefully in one part of its circumference than in the directly opposite part, and this circumference will still remain round. Nevertheless, if the material of the primary element can pass more easily from S towards O than towards C (because it finds there straighter and clearer paths), then this will cause the sun’s body to move slightly closer to O than to C, thereby shortening the distance between O and S and causing it to stop at a point where the force of this material is evenly balanced on both sides. Therefore, even if we consider only the four whirlpools LCKO and assume them to be unevenly distributed, this alone is sufficient to conclude that the sun is not located exactly at the midpoint of the line OC, nor at the midpoint of the line KL; and many other inequalities in its position can be imagined if we take into account the existence of numerous other surrounding whirlpools.
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There are also many such instances regarding the movement of its matter.
Furthermore, if the matter comprising the primary element that originates from the K and L whirlpools is not so inclined to move towards S as it is towards some other nearby locations—for instance, if the matter originating from K tends more towards e, while the matter originating from L tends more towards g—then this will be because the poles around which this matter rotates when forming the sun’s body will not lie on the straight lines extending from K and L to S. Instead, the southern pole will shift slightly towards e, and the northern pole will shift slightly towards g. Nevertheless, if the straight line SM, along which I assume the matter of the primary element moves more readily from S to C than along any other path, passes through a point on the circumference fgd that is closer to point d than to point f; similarly, if the straight line SY, along which I assume this matter tends to move from S towards O, passes through a point on the circumference fgd that is closer to point f than to point d—then this will result in the ecliptic plane of the sun, which represents the plane within which the portion of the sun’s matter that traces the largest circle moves, having its Se portion inclined more towards the pole d than towards the pole f. However, this inclination will not be as significant as that of the straight line SM; likewise, the other portion Sg will be inclined more towards f than towards d, but again, not to the same extent as the straight line SY. It follows therefore that the axis around which all the matter comprising the sun’s body rotates, and which is terminated by the poles f and d, is not exactly straight but is slightly curved on both sides; and that this matter rotates somewhat faster between points e and d or between points f and g than between points e and f or d and g; moreover, it is possible that the speed at which it rotates between points e and d is not entirely equal to the speed at which it rotates between points f and g.
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This does not prevent the figure from being round.
However, this does not prevent the sun’s body from being essentially round, because its matter undergoes another motion: that is, it moves from its poles towards its ecliptic plane, which compensates for these irregularities. Just as a glass bottle becomes round simply because air is forced into its material through a metal tube, and this air exerts equal force on all parts of the material—whether those directly opposite the end of the tube or those on all other sides where it is pushed away by resistance—the same principle applies here. The matter of the primary element that enters the sun’s body through its poles must therefore push outward in all directions against the surrounding secondary elements, whether those it encounters at an angle or those it faces head-on.
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How does the matter of the primary element that lies between the parts move towards the secondary elements in the sky?
Ma cercherò di spiegare la forza che la muove nello spazio defg. Quella che è venuta da A verso f deve continuare il suo movimento in linea retta fino a d, perché non c’è nulla tra i due punti che possa impedirlo; ma quando arriva lì, incontra le parti del secondo elemento, che spinge verso B e che allo stesso tempo la respingono costringendola a tornare all’interno del polo d, in tutte le direzioni dell’eclittica eg. Allo stesso modo, quella che è venuta da B verso d continua il suo movimento in linea retta fino a f, dove incontra anch’essa le parti del secondo elemento, che spinge verso A e che la respingono dal polo f verso la stessa eclittica eg; passando così dai due poli d e f verso tutte le direzioni dell’eclittica eg, spinge anche tutte le parti del secondo elemento che incontra sulla superficie della sfera defg, e poi scorre verso M e Y attraverso i piccoli passaggi che trova tra le parti del secondo elemento in quella stessa eclittica eg. Inoltre, mentre questa materia del primo elemento si muove in linea retta a causa della sua propria agitazione, dai poli celesti A e B fino ai poli del corpo solare d e f, viene anche portata in circolo attorno all’asse AB dal movimento rotatorio del cielo stesso; per questo motivo, ciascuna delle sue parti descrive una linea a spirale. Queste spirali avanzano dritte da A verso d e da B verso f; ma arrivate a d e f, si piegano da entrambi i lati verso l’eclittica eg. Poiché lo spazio contenuto nella sfera defg è più grande della materia del primo elemento che vi passa attraverso, se questa non entrasse e uscisse soltanto seguendo queste spirali, ne rimarrebbe sempre una parte che costituirebbe un corpo molto fluido che ruota continuamente attorno all’asse fd, ovvero il corpo solare stesso.
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Esistono molte disuguaglianze riguardo alla posizione del sole all’interno del vortice che lo circonda.
E qui è importante notare che questo corpo deve necessariamente essere rotondo; poiché, anche se l’irregolarità dei vortici che circondano il cielo AMBY fa sì che non dobbiamo pensare che la materia del primo elemento si dirami verso il sole con uguale abbondanza da un polo di questo cielo che dall’altro, né che questi poli siano direttamente opposti in modo che la linea ASB sia esattamente dritta, né che esista alcun cerchio perfetto che possa essere considerato la sua eclittica e al quale tutti i vortici che lo circondano e la materia del primo elemento proveniente dal sole si riferiscano in modo uniforme, ciò non significa necessariamente che esistano notevoli irregolarità nella forma del sole stesso, ma soltanto che ne esistono nella sua posizione, nel suo movimento e nelle sue dimensioni rispetto agli altri astri. Ad esempio, se la materia del primo elemento proveniente dal polo A verso S fosse più potente di quella proveniente dal polo B, essa si spingerebbe più lontano prima che le due correnti possano incontrarsi e deviare a vicenda; di conseguenza, il sole sarebbe più vicino al polo B che al polo A. Tuttavia, le piccole parti del secondo elemento non verrebbero spinte con maggiore forza verso la circonferenza contrassegnata con la lettera d rispetto a quella contrassegnata con la lettera f, che le è direttamente opposta, e questa circonferenza non sarebbe necessariamente rotonda. Ciononostante, se la materia del primo elemento passasse più facilmente da S verso O piuttosto che verso C (perché in quel caso troverebbe strade più diritte e aperte), ciò significherebbe che il corpo del sole si avvicinerebbe leggermente di più a O rispetto a C, accorciando così lo spazio tra O e S e fermandosi nel punto in cui la forza di questa materia sarebbe equilibrata da entrambi i lati. E quindi, anche se considerassimo soltanto i quattro vortici LCKO, supponendoli irregolari, ciò basterebbe per concludere che il sole non si trova esattamente al centro della linea OC, né tantomeno al centro della linea KL; inoltre, possiamo immaginare molte altre irregolarità nella sua posizione, se teniamo conto dell’esistenza di altri vortici che lo circondano.
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Ce ne sono molti anche in relazione al movimento della sua materia.
Inoltre, se la materia dell’elemento primario proveniente dai vortici K e L non è particolarmente propensa a muoversi verso il punto S piuttosto che verso altri punti vicini, ad esempio se quella proveniente da K tende di più a muoversi verso il punto e, mentre quella proveniente da L tende di più a muoversi verso il punto g, ciò significherà che i poli intorno ai quali questa materia ruota per formare il corpo del sole non si troveranno lungo le rette che collegano K e L con S, ma che il polo australe si sposterà leggermente più verso il punto e, mentre il polo settentrionale si sposterà più verso il punto g. Tuttavia, se la retta SM, lungo cui presumo che la materia dell’elemento primario si muova più facilmente da S a C rispetto ad altre possibili traiettorie, attraversa un punto della circonferenza fgd che sia più vicino al punto f che al punto d; allo stesso modo, se la retta SY, lungo cui presumo che questa materia tenda a muoversi da S verso O, attraversa un punto della circonferenza fgd che sia più vicino al punto f che al punto d, ciò significherà che l’asse intorno al quale ruota tutta la materia che compone il corpo del sole non è esattamente retto, ma leggermente curvo su entrambi i lati; inoltre, questa materia ruoterà probabilmente più velocemente tra i punti e e d, o tra i punti f e g, rispetto a quanto avvenga tra i punti e e f, o tra i punti d e g. Da ciò si deduce che l’asse attorno al quale ruota tutta la materia che compone il corpo del sole non è perfettamente retto, ma leggermente curvo; inoltre, questa materia ruoterà probabilmente più velocemente tra i punti e e d, o tra i punti f e g, rispetto a quanto avvenga tra i punti e e f, o tra i punti d e g.
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Ciò non impedisce comunque che la figura sia rotonda.
Ma ciò non può comunque impedire che il corpo del sole sia abbastanza perfettamente rotondo, poiché la sua materia presenta un altro movimento: quello dai suoi poli verso l’eclittica, movimento che corregge queste irregolarità. E come si può vedere, una bottiglia di vetro diventa rotonda semplicemente perché soffiandovi dentro attraverso un tubo di ferro si introduce aria nella sua materia; quest’aria esercita sulla parte della bottiglia direttamente opposta all’estremità del tubo la stessa forza con cui spinge le parti situate in tutti gli altri lati, dove viene respinta dalla resistenza che la materia oppone. Allo stesso modo, la materia dell’elemento primario che entra nel corpo del sole attraverso i suoi poli deve spingere in tutte le direzioni le parti dell’elemento secondario che lo circonda, sia quelle contro cui viene respinta in modo obliquo che quelle che incontra frontalmente.
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In che modo si muove la materia dell’elemento primordiale che si trova tra le parti del secondo elemento nel cielo?
Il faut aussi remarquer, touchant cette matière du premier élément, que, pendant qu’elle est entre les petites boules qui composent le ciel AMBY, outre qu’elle a deux mouvements, l’un en ligne droite, qui la porte des pôles A et B vers le soleil, puis du soleil vers l’écliptique YM, et l’autre circulaire autour de ces pôles, qui lui est commun avec tout le reste de ce ciel, elle emploie la plus grande partie de son agitation à se mouvoir en toutes les autres façons qui sont requises pour changer continuellement les figures de ses petites parties, et ainsi remplir exactement tous les recoins qu’elle trouve autour des petites houles entre lesquelles elle passe ; ce qui est cause que sa force est plus faible étant ainsi divisée, et que ce peu de matière qui est en chacun des petits recoins par où elle passe est toujours près d’en sortir et de céder au mouvement de ces boules, pour continuer le sien en ligne droite vers quelque côté que ce soit. Mais ce qu’il y a de cette matière vers S, où elle compose le corps du soleil, a une force qui est très notable et très grande, à cause que toutes ses parties s’accordent ensemble à se mouvoir fort vite en même sens, et qu’elle emploie cette force à pousser toutes les petites boules du second élément qui environnent le soleil.
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Que le soleil n’envoie pas seulement sa lumière vers l’écliptique, mais aussi vers les pôles.
Ensuite de quoi il est aisé de connaître combien la matière du premier élément contribue à l’action que je crois devoir être prise pour la lumière, et comment cette action s’étend de tous côtés, aussi bien vers les pôles que vers l’écliptique ; car, premièrement, si nous supposons qu’il y ait en quelque endroit du ciel vers l’écliptique, par exemple en l’endroit marqué H, un espace assez grand pour contenir une ou plusieurs des petites boules du second élément, dans lequel il n’y ait que de la matière du premier, nous pourrons facilement remarquer que les petites boules qui sont dans le cône dHf, lequel a pour base l’hémisphère defse doivent avancer toutes en même temps vers cet espace pour le remplir.
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Comment il l’envoie vers l’écliptique.
Et j’ai déjà prouvé ceci touchant les petites boules qui sont comprises dans le triangle qui a pour sa base l’écliptique du soleil, bien que je ne considérasse point encore que la matière du premier élément y contribue ; mais le même peut maintenant être encore mieux expliqué par son moyen, non seulement touchant les petites boules qui sont en ce triangle, mais aussi touchant toutes les autres qui sont dans le cône dHf : car, en tant que cette matière compose le corps du soleil, elle pousse aussi bien celles qui sont dans le demi-cercle def, et généralement toutes celles qui sont dans le cône dHf, que celles qui sont dans le demi-cercle qui coupe def à angles droits au point e ; d’autant qu’elle ne se meut pas avec plus de force vers l’écliptique e que vers les pôles d et f, et vers toutes les autres parties de la superficie sphérique def g ; et, en tant que nous la supposons remplir l’espace H, elle est disposée à sortir du lieu où elle est pour aller vers C, et de là, passant par les tourbillons L et K, et autres semblables, retourner vers S. C’est pourquoi elle n’empêche en aucune façon que toutes les petites boules comprises dans le cône dHf ne s’avancent, vers H ; et, en même temps qu’elles s’avancent, il vient des tourbillons K et L, et semblables, autant de matière du premier élément vers le soleil qu’il en entre de celle du second en l’espace H.
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Combien il est aisé quelquefois aux corps qui se meuvent d’étendre extrêmement loin leur action.
Et tant s’en faut qu’elle les empêche de s’avancer ainsi vers H, que plutôt elle les y dispose ; car, puisque tout corps qui se meut tend à continuer son mouvement en ligne droite, ainsi que j’ai prouvé ci-dessus, cette matière du premier élément qui est en l’espace H étant extrêmement agitée, a bien plus de facilité à passer en ligne droite vers C, qu’à tournoyer dans le lieu où elle est ; et, n’y ayant point de vide en la nature, il est nécessaire qu’il y ait toujours tout un cercle de matière qui se meuve ensemble en même temps, ainsi que j’ai aussi prouvé ci-dessus. Mais d’autant plus que le cercle de la matière qui se meut ainsi ensemble est grand, d’autant plus le mouvement de chacune de ses parties est libre, à cause qu’il se fait suivant une ligne moins courbée ou moins différente de la droite ; ce qui peut servir pour empêcher qu’on ne trouve étrange que souvent le mouvement des plus petits corps étende son action jusqu’aux plus grandes distances, et ainsi que la lumière du soleil et des étoiles les plus éloignées passe en un moment jusqu’à la terre.
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Comment le soleil envoie sa lumière vers les pôles.
Ayant ainsi vu comment le soleil agit vers l’écliptique, nous pouvons voir en même façon comment il agit vers les pôles, si nous supposons qu’il s’y trouve quelque espace, comme par exemple au point N, qui ne soit rempli que du premier élément, bien qu’il soit assez grand pour contenir quelques-unes des parties du second ; car, puisque la matière qui compose le corps du soleil pousse de tous côtés avec gronde force la superficie du ciel qui l’environne, il est évident qu’elle doit faire avancer vers N toutes les parties du second élément qui sont comprises dans le cône eNg, encore que peut-être ces parties n’aient en elles-mêmes aucune disposition à se mouvoir vers là, car elles n’en ont aussi aucune qui les fasse résister à l’action qui les y pousse ; et la matière du premier élément dont l’espace N est rempli ne les empêche point aussi d’y entrer, à cause qu’elle est entièrement disposée à en sortir et à aller vers S remplir la place qu’elles laissent derrière elles en la superficie du soleil efg à mesure qu’elles s’avancent vers N. Et il n’y a en ceci aucune difficulté, bien qu’il soit besoin pour cet effet que, pendant que toute la matière du second élément qui est dans le cône eNg s’avance en ligne droite d’S vers N, celle du premier se meuve tout au contraire d’N vers S ; car celle-ci passant aisément par les petits intervalles que les parties de l’autre laissent autour d’elles, son mouvement ne peut empêcher ni être empêché par le leur ; ainsi qu’on voit en une horloge de sable que l’air enfermé dans le vase d’en bas n’est point empêché de monter en celui d’en-haut par les petits grains de sable qui en descendent, bien que ce soit parmi eux qu’il doive passer.
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Qu’il n’a peut-être pas du tout tant de force vers les pôles que vers l’écliptique.
Mais on peut faire ici une question, savoir si les petites boules du cône eNg sont poussées avec force vers les autant de force vers N par la matière du soleil toute seule, que celles du cône dHf sont vers H par la même matière du soleil, et avec cela par leur propre mouvement, lequel fait qu’elles tendent à s’éloigner du centre S ; et il y a grande apparence que cette force n’est pas égale, si on suppose que H et N soient également éloignés du point S : mais comme j’ai déjà remarqué que la distance qui est entre le soleil et la circonférence du ciel qui l’environne est moindre vers ses pôles que vers son écliptique, on doit, ce me semble, juger qu’afin qu’elles soient poussées aussi fort vers N que vers H, il faut que la ligne droite SH soit au moins aussi grande, au regard de la ligne SN, que SM au regard de SA ; et il n’y a qu’un seul phénomène en la nature qui nous puisse faire savoir la vérité de ceci par expérience, à savoir lorsqu’il arrive quelquefois qu’une comète passe par une si grande partie de notre ciel, qu’elle est vue premièrement vers l’écliptique ? puis vers l’un des pôles, et après derechef vers l’écliptique ; car alors on peut connaître, ayant égard à la diversité de sa distance, si sa lumière (laquelle, ainsi que je dirai ci-après, lui vient du soleil) est plus forte à proportion vers l’écliptique que vers les pôles, ou bien si elle est seulement égale.
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Quelle diversité il y a en la grandeur et aux mouvements des parties du second élément qui composent les cieux.
It should also be noted, regarding this matter concerning the first element, that while it is situated between the small spheres that constitute the sky AMBY, in addition to undergoing two types of motion—one linear, which carries it from the poles A and B towards the sun, and then from the sun towards the ecliptic YM—and another circular motion around these same poles, which it shares with the rest of this sky—it spends the greater part of its energy moving in all other ways necessary to continuously change the configurations of its constituent parts. In this way, it manages to fill every nook and cranny it encounters between those small spheres. As a result, its force is weakened by being divided in so many directions; moreover, the tiny amounts of this substance that find themselves in each of these small spaces are always on the verge of escaping and succumbing to the motion of those surrounding spheres, causing it to resume its linear trajectory in some other direction. However, the portion of this substance located near S, where it forms the body of the sun, possesses a remarkably strong force. This is because all its parts move together in the same direction at high speed, and it uses this collective energy to push away all the small spheres of the second element that surround the sun.
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That the sun should not send only its light towards the ecliptic, but also towards the poles.
Thereafter, it becomes easy to understand how much of the material constituting the first element contributes to the action that I believe must be taken in relation to light, and how this action extends in all directions—both toward the poles and along the ecliptic. For if we assume that there exists some region in the sky, for example at the location marked H, sufficiently large to contain one or more of those small spheres composed of the second element, and if that region contains only material belonging to the first element, it is clear that the small spheres located within the cone Hf, whose base is the southern hemisphere, must all move simultaneously toward this region in order to fill it.
78
How he sends it towards the ecliptic.
And I have already demonstrated this in relation to those small spheres that are contained within the triangle whose base is the sun’s ecliptic; although I do not yet consider that the matter of the first element contributes to their formation. However, this same phenomenon can now be explained even more clearly through the medium of that first element—not only with regard to those small spheres within the aforementioned triangle, but also regarding all those other spheres that are located within the cone formed by Hf. For, since this matter constitutes the body of the sun, it exerts an equal influence on those spheres situated within the semi-circle def, and in general on all those within the cone of Hf, as well as on those within the semi-circle that intersects def at right angles at point e. Moreover, this matter moves towards the ecliptic e with just as much force as it does towards the poles d and f, as well as towards all other parts of the spherical surface def g. And since we assume that this matter fills the entire space H, it is capable of leaving its current location and moving towards C; from there, passing through the whirlpools L and K, and others of their kind, it can return to S. This is why it in no way prevents all those small spheres within the cone of Hf from advancing towards H. And as they move forward, whirlpools such as K and L generate an equal amount of matter of the first element that flows towards the sun, as much as matter of the second element enters the space H as a result.
79
How easily, sometimes, bodies that move are able to extend the reach of their actions over immense distances.
On the contrary, it is precisely what enables them to move in that direction toward H; for since any moving body tends to continue its motion in a straight line, as I have proven above, this matter composed of the primary element and located within space H, being in a state of intense agitation, finds far greater ease in moving in a straight line toward C than in remaining in place; and since there is no such thing as vacuum in nature, it is inevitable that there must always be a continuous circle of matter moving together in unison, as I have also demonstrated earlier. Moreover, the larger this circle of moving matter is, the more free the motion of each of its parts will be, since it occurs along lines that are less curved or deviate less from a straight line; which helps to explain why the motion of even the smallest particles often extends over immense distances—and why the light from the sun and distant stars can reach the earth in an instant.
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How the sun sends its light towards the poles.
Having thus observed how the sun acts upon the ecliptic, we can likewise understand how it behaves regarding the poles, assuming that there exists some space there—such as at point N—which is filled solely with the first element, even though this space is large enough to contain certain portions of the second element. For since the matter that constitutes the sun presses vigorously in all directions against the surrounding celestial surface, it is evident that this same matter must propel all those parts of the second element that lie within the cone eNg toward point N—even if these parts themselves possess no inherent tendency to move in that direction, nor any resistance to such motion. Moreover, the matter of the first element that fills space N does not prevent these parts from entering it, since it is entirely capable of moving outward and toward point S to fill the void left behind as they advance toward N. There is thus no inherent difficulty in this process; indeed, for it to occur, it is necessary that while all the matter of the second element within cone eNg moves straight from S toward N, the matter of the first element moves in the opposite direction, from N toward S. Since the former can easily pass through the small gaps left by the latter, its motion is neither hindered nor affected by the latter’s movement. Just as one can observe in an hourglass: the air trapped in the lower chamber is not prevented from rising into the upper chamber by the grains of sand descending through it, even though they must pass through those very particles on their way upward.
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It may not possess much strength towards the poles at all, but rather towards the ecliptic.
But here we may raise a question: whether the small particles at the tips of the cone eNg are pushed with equal force toward N by the material of the sun itself, just as those at the tips of the cone dHf are pushed toward H by the same solar material—and moreover, whether they move under their own impetus, which causes them to tend away from the center S. It seems highly likely that this force is not equal in both cases, assuming that H and N are equidistant from point S. However, since I have already observed that the distance between the sun and the celestial sphere surrounding it is shorter at its poles than along its ecliptic, it follows that, for these particles to be pushed with equal force toward N and H, the straight line SH must be at least as long as the line SN relative to the line SM relative to SA. There is only one natural phenomenon that could provide us with empirical evidence to verify this: namely, when a comet passes through a large portion of our sky, it may sometimes be seen first near the ecliptic, then near one of the poles, and then again near the ecliptic. In such cases, by observing the variation in its distance from us, we could determine whether its brightness—which, as I will explain later, originates from the sun—is greater when it is near the ecliptic than when it is near the poles, or whether it remains constant.
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What diversity there is in the magnitude and movements of those parts of the second element that constitute the heavens.
È anche necessario notare, riguardo a questa materia dell’elemento primario, che, mentre si trova tra le piccole sfere che compongono il cielo AMBY, oltre ad avere due tipi di movimento – uno rettilineo che la porta dai poli A e B verso il sole, e poi dal sole verso l’eclittica YM, e l’altro circolare attorno a questi stessi poli, comune a tutto il resto di quel cielo – impiega la maggior parte della propria energia per muoversi in tutte le altre maniere necessarie al fine di modificare continuamente la forma delle sue parti più piccole, e così riempire esattamente tutti gli spazi che si trovano tra le altre sfere attraverso cui passa. Questo fa sì che la sua forza sia ridotta, essendo divisa in tanti modi diversi; inoltre, quella piccola quantità di materia che si trova in ciascuno di questi spazi è sempre sul punto di uscirne e lasciarsi trascinare dal movimento delle altre sfere, per continuare il proprio percorso rettilineo verso qualsiasi direzione. Tuttavia, quella parte di questa materia che si trova vicino a S, dove costituisce il corpo del sole, possiede una forza molto notevole e intensa: tutte le sue parti infatti si muovono rapidamente nella stessa direzione, utilizzando questa forza per spingere tutte le piccole sfere dell’elemento secondario che circondano il sole.
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Che il sole non invii la sua luce soltanto verso l’eclittica, ma anche verso i poli.
Da ciò deriva facilmente comprendere in che misura la materia dell’elemento primario contribuisca all’azione che ritengo debba essere compiuta riguardo alla luce, e come questa azione si estenda in tutte le direzioni, sia verso i poli che verso l’eclittica; poiché, innanzitutto, se supponiamo che esista da qualche parte nel cielo, lungo l’eclittica – ad esempio nel punto indicato con la lettera H – uno spazio abbastanza grande da contenere una o più delle piccole sfere dell’elemento secondario, e che in tale spazio vi sia soltanto materia dell’elemento primario, possiamo facilmente osservare che le piccole sfere situate all’interno del cono Hf, il cui base è l’emisfero destro, dovranno avanzare tutte contemporaneamente verso quel luogo per riempirlo.
78
Come lo invia verso l’eclittica.
E ho già dimostrato questo riguardo alle piccole sfere contenute nel triangolo la cui base è l’eclittica del sole, anche se non consideravo ancora che la materia del primo elemento vi contribuisse; ma ora lo stesso può essere spiegato ancora meglio attraverso il suo intervento, non solo per quelle piccole sfere che si trovano in quel triangolo, ma anche per tutte le altre che sono all’interno del cono di Hf: poiché, essendo questa materia costitutiva del corpo solare, essa spinge tanto quelle che si trovano nel semicerchio def quanto, in generale, tutte quelle che sono nel cono di Hf, così come quelle che si trovano nel semicerchio che interseca il semicerchio def ad angoli retti nel punto e; inoltre, non si muove con maggiore forza verso l’eclittica e che verso i poli d e f, né verso tutte le altre parti della superficie sferica def g; e poiché supponiamo che riempia lo spazio H, essa è disposta a uscire dal luogo in cui si trova per dirigersi verso C, e da lì, passando attraverso i vortici L e K e altri simili, tornare verso S. È per questo motivo che non impedisce affatto che tutte le piccole sfere contenute nel cono di Hf avanzino verso H; e, mentre avanzano, dai vortici K e L, e simili, proviene tanta materia del primo elemento verso il sole quanta ne entra dal secondo nello spazio H.
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Quanto spesso è facile, per i corpi che si muovono, estendere enormemente l’ambito delle loro azioni.
E non solo: essa non impedisce affatto loro di avanzare in questa direzione verso H, ma anzi li spinge proprio verso di essa; poiché, come ho dimostrato sopra, ogni corpo che si muove tende a continuare il suo movimento lungo una linea retta, questa materia dell’elemento primordiale che si trova nello spazio H, essendo estremamente agitata, ha molta più facilità nel muoversi in linea retta verso C che nel ruotare nello stesso luogo in cui si trova; e poiché nella natura non esiste il vuoto, è necessario che ci sia sempre un intero cerchio di materia che si muova contemporaneamente, come ho dimostrato anch’io sopra. Ma tanto più grande è questo cerchio di materia, tanto più libero è il movimento di ciascuna sua parte, poiché avviene lungo una linea meno curva o meno deviata dalla retta; il che può spiegare perché il movimento dei corpi più piccoli si estenda spesso fino a grandi distanze, e perché la luce del sole e delle stelle più lontane arrivi immediatamente sulla Terra.
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Come il sole invia la sua luce verso i poli.
Avendo così osservato in che modo il sole agisce lungo l’eclittica, possiamo allo stesso modo comprendere come agisca nei confronti dei poli, purché supponiamo l’esistenza di uno spazio, ad esempio nel punto N, che sia riempito soltanto dal primo elemento, anche se tale spazio è abbastanza ampio da contenere alcune parti del secondo elemento; infatti, poiché la materia che costituisce il corpo del sole spinge con grande forza in tutte le direzioni la superficie celeste che lo circonda, è evidente che deve far avanzare verso il punto N tutte quelle parti del secondo elemento che si trovano all’interno del cono eNg, anche se queste parti stesse potrebbero non avere alcuna tendenza naturale a muoversi in quella direzione, poiché non esiste nemmeno nulla che le impedisca di essere spinte verso lì; inoltre, la materia del primo elemento che riempie lo spazio N non ostacola affatto l’ingresso delle parti del secondo elemento in quel luogo, poiché essa è completamente disposta a uscire da lì e dirigersi verso il punto S per occupare lo spazio lasciato vuoto dalle parti del secondo elemento sulla superficie del sole efg man mano che queste avanzano verso il punto N. Non esiste alcuna difficoltà in tutto ciò, anche se è necessario che, mentre tutta la materia del secondo elemento all’interno del cono eNg si muove in linea retta dal punto S verso il punto N, quella del primo elemento si muova invece nel senso opposto; infatti, poiché la materia del primo elemento può passare facilmente attraverso i piccoli spazi lasciati liberi dalle parti del secondo elemento, il suo movimento non può né impedire né essere ostacolato da quello delle altre. Lo stesso avviene in un orologio a sabbia: l’aria racchiusa nella parte inferiore del vaso non viene infatti impedita di salire verso quella superiore dai piccoli granelli di sabbia che ne discendono, anche se è proprio attraverso di essi che deve passare.
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Forse non possiede affatto tanta forza nei confronti dei poli quanto rispetto all’eclittica.
Ma qui sorge una domanda: le piccole sfere del cono eNg vengono spinte verso N con la stessa forza con cui la materia solare spinge quelle del cono dHf verso H, e inoltre grazie al loro proprio movimento, che le porta a allontanarsi dal centro S? Sembra molto probabile che questa forza non sia uguale, soprattutto se si ipotizza che H e N siano alla stessa distanza dal punto S. Tuttavia, poiché ho già osservato che la distanza tra il sole e la circonferenza del cielo che lo circonda è minore ai suoi poli rispetto all’eclittica, si dovrebbe dedurre che, affinché le sfere vengano spinte con uguale forza verso N e H, la linea retta SH debba essere almeno altrettanto lunga della linea SN quanto SM lo è di SA. Esiste un solo fenomeno naturale che possa permetterci di verificare questa ipotesi sperimentalmente: quando una cometa attraversa una grande parte del nostro cielo, a volte viene vista prima verso l’eclittica, poi verso uno dei poli e infine di nuovo verso l’eclittica. In questo caso, osservando la variazione della sua distanza dal sole, possiamo capire se la sua luce sia più intensa verso l’eclittica che verso i poli, o se invece sia semplicemente uguale in entrambi i casi.
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Che varietà si riscontra nella grandezza e nei movimenti delle parti del secondo elemento che compongono i cieli.
Il reste encore ici à remarquer que les parties du second élément qui sont les plus proches du centre de chaque tourbillon sont plus petites et se meuvent plus vite que celles qui en sont quelque peu plus éloignées, et ce jusqu’à un certain terme, au-delà duquel celles qui sont plus hautes se meuvent plus vite que celles qui sont plus basses ; et, pour ce qui est de leur grosseur, elles sont égales : par exemple, on peut penser que dans le premier ciel les plus petites parties du second élément sont celles qui touchent la superficie du soleil, et que celles qui en sont plus éloignées sont plus grosses, selon les différents étages où elles se rencontrent jusqu’à la superficie de la sphère irrégulière HNQR ; mais que celles qui sont au-delà de cette sphère sont toutes également grosses, et que celles qui se meuvent le plus lentement de toutes sont en la superficie HNQR : en sorte que les parties du second élément qui sont vers H et Q emploient peut-être trente années ou plus à décrire un cercle autour des pôles A et B ; au lieu que celles qui sont plus hautes vers M et Y, et celles qui sont plus basses vers e et g, se meuvent si vite qu’elles n’emploient que peu de semaines à faire leur tour.
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Pourquoi les plus éloignées du soleil dans le premier ciel se meuvent plus vite que celles qui en sont un peu plus proche.
Et, premièrement, il est aisé de prouver que celles qui sont vers M et Y se doivent mouvoir plus vite que celles qui sont plus bas vers H et Q : car, de ce que j’ai supposé qu’elles ont été au commencement du monde toutes égales (ce que je pense avoir eu raison de supposer pendant que je n’en avais point qui m’obligeât de les estimer inégales), et de ce que le ciel qui les contient et qui les emporte avec soi circulairement, ainsi qu’un tourbillon, n’est pas exactement rond, tant à cause que les autres tourbillons qui le touchent ne sont pas égaux entre eux, comme aussi à cause qu’il doit être plus serré vis-à-vis des centres de ces tourbillons qu’aux autres endroits, il faut nécessairement que quelques-unes de ses parties se meuvent quelquefois plus vite que les autres, à savoir lorsqu’elles doivent changer leur rang pour passer d’un chemin plus large en un plus étroit ; comme, par exemple, on peut voir ici que les deux boules qui sont entre les points A et B ne peuvent passer entre les deux autres points C et D, que je suppose plus proches, s’il n’y en a une qui s’avance devant l’autre, et qui par conséquent aille plus vite. Or, d’autant que toutes les parties du second élément qui composent le premier ciel tendent à s’éloigner du centres, sitôt qu’il y en a quelqu’une qui va plus vite que celles qui en sont plus éloignées, cette vitesse lui donnant plus de force fait qu’elle passe au-dessus d’elles, tellement que ce sont toujours celles qui se meuvent le plus vite qui en doivent être les plus éloignées. Je ne détermine point quelle est la quantité de leur vitesse, parce que c’est par la seule expérience que nous pouvons l’apprendre, et cette expérience ne se peut faire que par le moyen des comètes, qui, comme je ferai voir, ci-après, traversent d’un ciel dans un autre, et suivent à peu près le cours de celui où elles se trouvent. Je ne détermine point non plus combien est lent le mouvement du cercle HQ, car nous ne le connaissons qu’autant que nous l’apprend le cours de Saturne, qui ne s’achève qu’en trente ans, et doit être compris dans ce cercle, comme il paraîtra de ce qui suit.
84
Pourquoi aussi celles qui sont les plus proches du soleil se meuvent plus vite que celles qui en sont un peu plus loin.
Il est aisé aussi de prouver qu’entre les parties du second élément qui sont au dedans du cercle HQ, celles qui sont les plus proches du centre S plus proches doivent taire leur tour en moins de temps que celles qui en sont plus éloignées, à cause que le mouvement qu’a le soleil autour du même centre doit augmenter leur vitesse : car, d’autant qu’il se meut plus vite qu’elles et qu’il sort continuellement de lui quelques parties de sa matière qui coulent entre celles du second élément vers l’écliptique, pendant qu’il en reçoit d’autres vers les pôles, il est évident qu’il doit entraîner avec soi toute la matière du ciel qui est autour de lui, jusqu’à une certaine distance. Et les limites de cette distance sont ici représentés par l’ellipse HNQR plutôt que par un cercle : car, encore que le soleil soit rond, et qu’il ne pousse pas moins fort les parties du ciel qui sont vers les pôles que celles qui sont vers l’écliptique, par l’action que j’ai dit devoir être prise pour sa lumière, il n’en est pas néanmoins de même de cette autre action par laquelle il entraîne avec soi celles qui sont les plus proches de lui, parce qu’elle ne dépend que du mouvement circulaire qu’il fait autour de son essieu, lequel sans doute a moins de force vers les pôles que vers l’écliptique ; c’est pourquoi H et Q doivent être plus éloignés du centre S que N et R ; et ceci servira ci-après pour rendre raison de ce que les queues des comètes nous paraissent quelquefois droites, et quelquefois courbées.
85
Pourquoi ces plus proches du soleil sont plus petites que celles qui en sont plus éloignées.
Or, de ce que les parties du second élément qui sont fort proches du soleil se meuvent plus vite que celles qui en sont un peu plus éloignées, jusqu’à l’endroit du ciel marqué HNQR, on peut prouver qu’elles doivent aussi être plus petites ; car, si elles étaient plus grosses ou égales, elles iraient au-dessus des autres, à cause que ce qu’elles ont de vitesse plus que ces autres leur ferait avoir plus de force. Mais lorsqu’il arrive que quelqu’une de ces parties devient si petite, à proportion de celles qui sont au-dessus d’elle, que la vitesse dont elle les surpasse, à cause qu’elle est plus proche du soleil, n’augmente pas sa force de tant comme la grandeur dont ces autres la surpassent augmente la leur, il est évident qu’elle doit toujours demeurer au-dessous d’elle vers le soleil, encore qu’elle se meuve plus vite. Et bien que j’aie supposé que toutes ces parties du second élément ont été égales en leur commencement, quelques-unes ont dû par succession de temps devenir plus petites que les autres, à cause que les endroits par où elles étaient contraintes de passer n’étant pas tous égaux, il a dû y avoir quelque inégalité en leur mouvement, ainsi que j’ai tantôt prouvé ; et il a dû aussi suivre de là quelque inégalité en leur grosseur, parce que celles qui ont eu le plus de vitesse se sont heurtées l’une l’autre avec plus de force, et ainsi ont perdu davantage de leur matière. Et il ne peut y en avoir eu si peu qui par succession de temps soient devenues notablement moindres que les autres, qu’il ne soit facile à croire qu’elles suffisent pour remplir l’espace HNQR, parce qu’il est extrêmement petit à comparaison de tout le ciel AYBM, bien qu’à comparaison du soleil il soit assez grand : mais la proportion qui est entre eux n’a pu être représentée en cette figure, à cause qu’il l’eût fallu faire trop grande. Il y a encore plusieurs autres inégalités à remarquer touchant le mouvement des parties du ciel, principalement de celles qui sont en l’espace HNQR, mais elles pourront plus commodément ci-après être expliquées.
86
Que ces parties du second élément ont divers mouvements qui les rendent rondes en tous sens.
Au reste il ne faut pas oublier ici à prendre garde que, bien que la matière du premier élément qui vient des tourbillons KL, et semblables, prenne principalement son cours vers le soleil, elle ne laisse pas de couler aussi de divers côtés vers les autres endroits du ciel AYBM, et de passer de là vers les autres tourbillons CO, et semblables, sans avoir été jusques au soleil, et que coulant ainsi de divers côtés entre les petites parties du second élément, elle fait que chacune d’elles se meut non seulement autour de son centre, mais souvent aussi en plusieurs autres façons. Ensuite de quoi il est évident que, quelques figures que ces parties du second élément aient eues au commencement, elles ont dû par succession de temps devenir rondes de tous côtés comme des boules, et non point seulement comme des cylindres, ou autres solides qui ne sont ronds que d’un côté.
87
Qu’il y a divers degrés d’agitation dans les petites parties du premier élément.
It remains to note here that the parts of the second element that are closest to the center of each vortex are smaller and move faster than those that are slightly further away, at least up to a certain point; beyond that, the higher parts move faster than the lower ones. As for their size, they are equal. For example, one might think that in the first heaven, the smallest parts of the second element are those that touch the surface of the sun, while those that are further away are larger, depending on the different layers they occupy until they reach the surface of the irregular sphere HNQR; but that those located beyond this sphere are all of equal size, and that those which move the slowest are situated on the surface of HNQR. Thus, the parts of the second element that are near H and Q may take thirty years or more to complete one orbit around the poles A and B, whereas those that are higher near M and Y, and those that are lower near e and g, move so quickly that they complete their orbit in just a few weeks.
83
Why do those that are farthest from the sun in the first sky move faster than those that are a little closer?
Firstly, it is easy to prove that those parts of the celestial bodies located near M and Y must move faster than those further down, near H and Q. This is because, assuming that all these parts were initially equal in size (a hypothesis I believe to be justified, since there was no initial reason to assume otherwise), and considering that the celestial sphere containing them moves in a circular path, similar to a whirlwind—but not perfectly round—because other surrounding whirlwinds are not of equal size, and because the sphere itself must be denser near the centers of these whirlwinds than elsewhere, it follows that some parts of the celestial sphere must occasionally move faster than others. This occurs when they need to change direction, moving from a wider path to a narrower one. For example, the two spheres located between points A and B cannot pass between the two other points C and D unless one of them moves ahead of the other and thus faster. Moreover, since all parts of the celestial sphere tend to move away from its center, whenever one part moves faster than those further from the center, this greater speed gives it more momentum, causing it to move above the slower-moving parts. As a result, it is always the fastest-moving parts that end up being the farthest from the center. I do not specify exactly how fast these parts move, because this can only be determined through observation—specifically, by studying comets, which cross from one celestial sphere to another and roughly follow the path of the sphere they are in. Nor do I determine the exact speed of the circular motion around points HQ, because we know only about it through the course of Saturn’s orbit, which takes thirty years to complete—and it is clear that Saturn itself must be within this circular region, as will be demonstrated further on.
84
Why are those that are closest to the sun moving faster than those that are a bit further away?
It is also easy to prove that among the parts of the second element that are located inside the circle HQ, those that are closest to the center S must complete their cycle in less time than those that are farther away, because the motion of the sun around the same center necessarily increases their speed. For as the sun moves faster than these parts and continuously releases portions of its matter which flow towards the ecliptic from the regions of the second element, while at the same time receiving other portions towards the poles, it is evident that it must drag along with it all the matter in the sky that surrounds it, for a certain distance. The boundaries of this distance are represented here by the ellipse HNQR rather than a circle, because although the sun is round and exerts equal force on the parts of the sky towards the poles as on those towards the ecliptic, due to the manner in which its light is produced, the force it exerts on the nearer parts depends solely on its circular motion around its axis—which undoubtedly has less strength towards the poles than towards the ecliptic. This is why H and Q must be located farther from the center S than N and R; and this explanation will also help us understand why the tails of comets sometimes appear straight and at other times curved.
85
Why are those closer to the sun smaller than those that are farther away from it?
Or, since those parts of the second element that are closer to the sun move faster than those that are slightly farther away, right up to the region of the sky marked HNQR, it can be proven that they must also be smaller; for if they were larger or equal in size, they would move above the other parts, because their greater speed would give them more force. But when some of these parts become so small, relative to those above them, that the extra speed they gain from being closer to the sun does not compensate for the decrease in their size, it is clear that they must always remain below the other parts toward the sun, even though they move faster. And although I assumed at the beginning that all these parts of the second element were initially equal in size, some of them must have become smaller over time, because the paths they had to follow were not all the same length; this inevitably led to differences in their motion, as I have already demonstrated. It also resulted in variations in their size, since those parts that moved faster collided with greater force, thereby losing more of their substance. And since it is unlikely that so few of these parts could have diminished significantly over time, it is reasonable to believe that they are sufficient to fill the region HNQR—especially considering how tiny this area is compared to the entire sky AYBM, although it is still quite large relative to the sun. However, the precise proportion between these areas cannot be represented in this diagram, because doing so would require excessively large scales. There are several other irregularities in the motion of these celestial parts, particularly those within the region HNQR, but these can be explained more conveniently later on.
86
That these parts of the second element undergo various movements that cause them to become round in all directions.
Furthermore, it must not be forgotten here that, although the substance of the first element, which originates from whirlpools such as KL, primarily moves towards the sun, it also flows in various directions towards other parts of the sky AYBM, and from there continues to move towards other whirlpools such as CO. In doing so, as it flows in different directions through the various components of the second element, each of these components not only rotates around its own center but often moves in many other ways as well. It is therefore evident that, whatever initial shape these components of the second element may have had, they must have gradually become round on all sides over time, resembling balls rather than cylinders or other solids that are only round on one side.
87
There are various degrees of agitation within the smaller parts of the first element.
Si può ancora osservare che le parti del secondo elemento che si trovano più vicine al centro di ogni vortice sono più piccole e si muovono più velocemente rispetto a quelle che ne sono leggermente più lontane; questo fenomeno persiste fino a un certo punto, oltre il quale le parti più alte si muovono più rapidamente di quelle più basse. Per quanto riguarda la loro dimensione, queste parti sono uguali tra loro: ad esempio, si può pensare che nel primo cielo le parti più piccole del secondo elemento siano quelle che toccano la superficie del sole, mentre quelle più lontane da essa siano di dimensioni maggiori, a seconda degli strati in cui si trovano fino alla superficie della sfera irregolare HNQR; tuttavia, le parti che si trovano al di là di questa sfera sono tutte ugualmente grandi, e quelle che si muovono più lentamente sono proprio quelle situate sulla superficie HNQR. Di conseguenza, le parti del secondo elemento che si trovano in prossimità dei punti H e Q potrebbero impiegare trent’anni o più per completare un giro attorno ai poli A e B; al contrario, quelle che si trovano più in alto nei punti M e Y, nonché quelle più in basso nei punti e e g, si muovono così velocemente da compiere il loro percorso in poche settimane soltanto.
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Perché quelle più lontane dal sole, nel primo cielo, si muovono più velocemente di quelle che ne sono leggermente più vicine?
Innanzitutto, è facile dimostrare che quelle parti del cielo situate tra i punti M e Y devono muoversi più velocemente di quelle situate più in basso, tra i punti H e Q: poiché ho ipotizzato che all’inizio del mondo tutte queste parti fossero uguali tra loro (una supposizione che ritengo fondata), e poiché il cielo che le contiene si muove in cerchio, proprio come un vortice, ma non è perfettamente rotondo – sia a causa delle altre parti del cielo che lo circondano e che non sono uguali tra loro, sia perché deve essere più stretto nei pressi dei centri di questi vortici rispetto ad altri punti – è inevitabile che alcune di queste parti si muovano più velocemente di altre, soprattutto quando devono cambiare percorso passando da un ambiente più ampio a uno più ristretto. Ad esempio, le due sfere situate tra i punti A e B non possono passare tra i punti C e D, che presumo siano più vicini, se non c’è una di queste sfere che si muove più velocemente dell’altra. Poiché tutte le parti del secondo cielo che compongono il primo tendono a allontanarsi dai loro centri, non appena alcuna di esse si muove più velocemente delle altre più lontane, questa maggiore velocità le conferisce più forza, permettendole di superare quelle più lente; di conseguenza, sono sempre le parti che si muovono più velocemente ad allontanarsi maggiormente dai loro centri. Non determino esattamente quale sia la misura di questa velocità, poiché essa può essere conosciuta soltanto attraverso l’esperienza, e tale esperienza è possibile solo osservando le comete, che, come mostrerò in seguito, attraversano da un cielo all’altro seguendo più o meno il percorso di quello in cui si trovano. Non determino nemmeno con precisione quanto sia lenta la rotazione del cerchio HQ, poiché ne conosciamo soltanto il periodo, che è di trent’anni; inoltre, questo cerchio deve essere considerato parte del cielo generale, come emergerà dalle spiegazioni successive.
84
Perché quelle che sono più vicine al sole si muovono più velocemente di quelle che ne sono un po’ più lontane?
È altresì facile dimostrare che, tra le parti del secondo elemento situate all’interno del cerchio HQ, quelle più vicine al centro S devono completare il proprio giro in meno tempo rispetto a quelle più lontane; infatti, il movimento circolare del sole attorno allo stesso centro aumenta la velocità di tali parti. Poiché il sole si muove più rapidamente di esse e continua a espellere materiale verso le regioni dell’eclittica, mentre ne riceve altra verso i poli, è evidente che trascini con sé tutta la materia celeste che si trova attorno a lui, per una certa distanza. I limiti di questa distanza sono rappresentati qui dall’ellisse HNQR e non da un cerchio: sebbene il sole sia rotondo e eserciti lo stesso effetto sulle parti del cielo situate verso i poli come su quelle verso l’eclittica, l’azione che esercita attraverso la sua luce è diversa dall’altra azione con cui trascina con sé le parti più vicine a sé; quest’ultima dipende soltanto dal movimento circolare attorno al proprio asse, il quale, senza dubbio, ha meno forza verso i poli che verso l’eclittica. Per questo motivo, H e Q devono trovarsi a una distanza maggiore rispetto a N e R dal centro S; ciò spiegherà in seguito perché le code delle comete ci appaiono a volte dritte e a volte curve.
85
Perché queste che sono più vicine al sole sono più piccole di quelle che ne sono più lontane?
Ora, poiché le parti del secondo elemento che si trovano molto vicini al sole si muovono più velocemente di quelli che ne sono un po’ più lontani, fino al punto del cielo indicato con HNQR, si può dimostrare che devono anche essere di dimensioni minori; infatti, se fossero più grandi o uguali alle altre parti, si muoverebbero sopra di esse, poiché la maggiore velocità che possiedono le renderebbe più potenti. Tuttavia, quando alcune di queste parti diventano così piccole rispetto a quelle situate al di sopra di loro, che la velocità con cui superano queste ultime, dovuta alla loro maggiore vicinanza al sole, non aumenta la loro forza nella stessa misura in cui la dimensione delle parti superiori ne aumenta la forza, è evidente che tali parti devono comunque rimanere sotto di quelle più lontane dal sole, anche se si muovono più velocemente. E benché abbia ipotizzato che all’inizio tutte queste parti del secondo elemento avessero dimensioni uguali, alcune di esse devono essersi successivamente ridotte rispetto alle altre, poiché i percorsi che dovevano seguire non erano tutti uguali; ciò ha inevitabilmente comportato delle disuguaglianze nel loro movimento, come ho già dimostrato in precedenza. Da questo si è poi derivata anche una diversa grandezza di queste parti: quelle che avevano maggiore velocità si scontravano tra loro con maggiore forza, perdendo così una parte della loro materia. Non può esserci stata una quantità così esigua di queste parti che, nel corso del tempo, si siano ridotte notevolmente rispetto alle altre; quindi è facile credere che siano sufficienti a riempire lo spazio indicato con HNQR, poiché tale spazio è estremamente piccolo rispetto all’intero cielo AYBM, anche se, in confronto al sole, appare abbastanza ampio. Tuttavia, la proporzione esatta tra questi due spazi non può essere rappresentata in questa figura, poiché richiederebbe dimensioni eccessivamente grandi. Esistono ancora molte altre disuguaglianze da osservare riguardo al movimento delle parti del cielo, soprattutto di quelle situate nello spazio HNQR; queste però potranno essere spiegate più chiaramente in seguito.
86
Che queste parti del secondo elemento presentino movimenti diversi che le rendono rotonde in tutti i sensi.
Del resto, non bisogna dimenticare di fare attenzione al fatto che, sebbene la materia dell’elemento primario proveniente dai vortici KL e simili si diriga principalmente verso il sole, essa scorre comunque in varie direzioni verso altre parti del cielo AYBM, passando da lì ad altri vortici CO e simili, senza aver raggiunto il sole. Scorrendo così in diverse direzioni tra le piccole parti dell’elemento secondario, queste ultime non solo ruotano attorno al proprio centro, ma spesso si muovono anche in molti altri modi. Da ciò deriva chiaramente che, qualunque forma avessero inizialmente queste parti dell’elemento secondario, con il passare del tempo esse devono essersi trasformate in forme rotonde su tutti i lati, come delle sfere, e non soltanto come cilindri o altri solidi che sono rotondi solo da un lato.
87
Esistono diversi gradi di agitazione nelle piccole parti del primo elemento.
Après avoir acquis une médiocre notion de la nature des deux premiers éléments, il faut que nous tâchions aussi de connaître celle du troisième : et à cet effet il est besoin de considérer que la matière du premier n’est pas également agitée en toutes ses parties, et que souvent en une fort petite quantité de cette matière il y a tant de divers degrés de vitesse qu’il serait impossible de les nombrer ; ce qui peut facilement être prouvé, tant par la façon que j’ai supposé ci-dessus qu’elle a été produite, que par l’usage auquel elle doit continuellement servir. Car j’ai supposé qu’elle a été produite de ce que, lorsque les parties du second élément n’étaient pas encore rondes, et qu’elles remplissaient entièrement l’espace qui les contenait, elles n’ont pu se mouvoir sans rompre les petites pointes de leurs angles, et sans que ce qui s’est séparé d’elles à mesure qu’elles se sont arrondies ait changé diversement de figures pour remplir exactement tous les petits intervalles qu’elles ont laissés autour d’elles, au moyen de quoi il a pris la forme du premier élément. Et je crois que maintenant encore son usage est de remplir ainsi tous les petits espaces qui se trouvent entre tous les corps, quels qu’ils soient : d’où il est évident que chacune des parties dont ce premier élément est composé n’a pu au commencement être plus grande que les petites pointes d’angles qui devaient être ôtées de celles du second afin qu’elles se pussent mouvoir, ou tout au plus que l’espace qui s’est trouvé entre trois de ces parties du second élément, jointes l’une à l’autre après qu’elles ont été arrondies, et que quelques-unes ont pu retenir par après la même grosseur ; mais qu’il a fallu que les autres se soient froissées et divisées en une infinité de plus petites parties, qui n’eussent aucune grosseur ni figure déterminée, afin qu’elles se pussent accommoder aux diverses grandeurs des petits espaces qui se trouvent entre les parties du second élément pendant qu’elles se meuvent. Par exemple, si nous pensons que les petites boules ABC sont trois de ces parties du second élément, et que les deux premières A et B qui se touchent au point G ne se meuvent chacune qu’autour de son propre centre, pendant que la troisième C, qui touche la première au point E, roule sur la superficie de cette première d’E vers I jusqu’à ce que son point D aille rencontrer le point F de la seconde, il est évident que la matière du premier élément qui est dans l’espace triangulaire FIG y peut cependant demeurer sans avoir aucun mouvement, et ainsi n’être composée que d’une seule partie (bien qu’elle puisse aussi être composée de plusieurs), mais que celle qui remplit l’espace FIED ne peut manquer de se mouvoir, et même qu’on ne saurait déterminer aucune partie si petite entre les points F et D, qu’elle ne soit plus grande que celle qui doit sortir à chaque moment hors de la ligne FD, à cause que, pendant tous les moments de temps que la boule C approche de B, elle accourcit cette ligne FD, et lui fait avoir successivement plus de différentes longueurs qu’on n’en saurait exprimer par aucun nombre.
88
Que celles de ces parties qui ont le moins de vitesse en perdent aisément une partie, et s’attachent les unes aux autres.
Ainsi on voit qu’il doit y avoir quelques parties en la matière du premier élément qui soient moins petites et moins agitées que les autres : et, parce que nous supposons qu’elles ont été faites de la raclure qui est sortie d’autour de celles du second élément pendant qu’elles se sont arrondies, leurs figures doivent avoir eu beaucoup d’angles et être fort empêchantes ; ce qui est cause qu’elles s’attachent facilement les unes aux autres et transfèrent une grande partie de leur agitation à celles qui sont les plus petites et les plus agitées : car, suivant les lois de la nature, quand des corps de diverses grandeurs sont mêlés ensemble, le mouvement des uns est souvent communiqué aux autres ; mais il y a bien plus de rencontres où celui des plus grands doit passer dans les plus petits, qu’il n’y en a au contraire où les plus petits puissent donner le leur aux plus grands, de façon qu’on peut assurer que ces plus petits sont ordinairement les plus agités.
89
Que c’est principalement en la matière qui coulent des pôles vers le centre de chaque tourbillon qu’il se trouve de telles parties.
Et les parties qui s’attachent ainsi les unes aux autres, et qui retiennent le moins d’agitation, se trouvent principalement en la matière du premier élément qui coule en ligne droite des pôles de chaque tourbillon vers son centre : car elles n’ont pas besoin d’être tant agitées pour ce seul mouvement droit, que pour les autres plus détournés et divers qui se font aux autres lieux ; de façon que lorsqu’elles se trouvent en ces autres lieux, elles ont coutume d’en être repoussées vers celui-là, où elles se joignent plusieurs ensemble, et composent certains petits corps dont je tâcherai d’expliquer ici fort particulièrement la figure, à cause qu’elle mérite d’être remarquée.
90
Quelle est la figure de ces parties que nous nommerons cannelées.
Premièrement, ils doivent avoir la figure d’un triangle en leur largeur et profondeur, à cause qu’ils passent par ces petits espaces triangulaires qui se trouvent au milieu de trois des parties du second élément quand elles se touchent ; et pour ce qui est de leur longueur, il n’est pas aisé de la déterminer, d’autant qu’il ne semble pas qu’elle dépende d’aucune autre cause que de l’abondance de la matière qui se trouve aux endroits où se forment ces petits corps ; mais il suffît que nous les concevions ainsi que de petites colonnes cannelées, à trois raies ou canaux, et tournées comme la coquille d’un limaçon, tellement qu’elles puissent passer en tournoyant par les petits intervalles qui ont la figure du triangle curviligne FIG, et qui se rencontrent infailliblement entre trois boules lorsqu’elles s’entre-touchent. Car d’autant que ces parties cannelées peuvent être beaucoup plus longues que larges, et qu’elles passent fort promptement entre les parties du second élément, pendant que celles-ci suivent le cours du tourbillon qui les emporte autour de son essieu, on conçoit aisément que les trois canaux qui sont en la superficie de chacune doivent être tournés à vis ou comme une coquille, et que ces trois canaux sont plus ou moins tournés, selon qu’elles passent par des endroits qui sont plus ou moins éloignés de cet essieu, à cause que les parties du second élément tournent plus vite aux endroits qui en sont plus éloignés qu’aux autres qui en sont plus proches.
91
Qu’entre ces parties cannelées, celles qui viennent d’un pôle sont tout autrement tournées que celles qui viennent de l’autre.
Et parce qu’elles viennent vers le milieu du ciel de deux côtés qui sont opposés l’un à l’autre, k savoir les unes du pôle austral, et les autres du septentrional, pendant que tout le ciel tourne en même sens sur son essieu, il est manifeste que celles qui viennent du pôle austral doivent être tournées en coquille d’un autre sens que celles qui viennent du septentrional ; et cette particularité me semble fort remarquable, à cause que c’est principalement d’elle que dépend la force ou la vertu de l’aimant, laquelle j’expliquerai ci-après.
92
Qu’il n’y a que trois canaux en la superficie de chacune.
After having gained a somewhat vague understanding of the nature of the first two elements, we must also endeavor to understand the nature of the third one. To this end, it is necessary to consider that the matter comprising the first element is not uniformly agitated throughout; in fact, within a very small quantity of this matter, there exist countless varying degrees of motion, too numerous to be counted. This can be easily demonstrated both by the manner in which I assumed its formation above and by the purpose for which it must constantly serve. For I assumed that it was produced when the parts of the second element were not yet round and completely filled the space within which they were contained; at that time, these parts could move only by breaking off their small angular tips. As they gradually rounded, the separated matter took on various shapes in order to fill precisely all the small gaps left behind. Thus, it assumed the form of the first element. I believe that its current function is still to fill all the tiny spaces between various bodies whatsoever. It is therefore evident that each individual part of this first element could not have been larger than those small angular tips at the beginning—those tips had to be removed in order for the parts to move freely. At most, the size of such a part would have corresponded to the space left between three adjacent parts of the second element after they had rounded. Some of these parts might have retained their original size, but others must have been crushed and divided into countless even smaller fragments, lacking any definite shape or size, in order to fit into the various spaces between the parts of the second element as they moved. For example, if we consider that the small spheres ABC are three of these parts of the second element, and that the first two spheres, A and B, which touch at point G, each move only around their own centers, while the third sphere, C, which touches the first one at point E, rolls along the surface of the first sphere from E to I until its point D meets the point F of the second sphere, it is evident that the matter of the first element, which occupies the triangular space FIG, can remain entirely still and thus consist of only a single part (although it could also be composed of multiple parts). However, the matter that fills the space FIED must necessarily move. In fact, we would not be able to identify any part, no matter how small, between points F and D that were smaller than the part that must constantly extend beyond the line FD, because whenever sphere C moves towards B, it shortens this line FD, causing its length to change continuously in a way that cannot be expressed by any numerical value.
88
Those parts of these entities that possess the least speed easily lose their integrity and become attached to one another.
Thus, it is evident that there must be certain parts of the first element that are smaller and less turbulent than others; and since we assume that these parts were formed from the residue that remained after the second element took on its rounded shape, their configurations must have contained many sharp angles and been highly turbulent. As a result, these parts tend to adhere easily to one another, transferring much of their agitation to the smaller and more turbulent elements. According to the laws of nature, when objects of different sizes are mixed together, the motion of the larger ones often spreads to the smaller ones; however, there are far more instances in which the motion of the larger elements is transmitted to the smaller ones than vice versa. Therefore, it can be concluded that these smaller elements are generally the most turbulent.
89
It is mainly in that matter that such parts are found, flowing from the poles towards the center of each vortex.
And those parts which thus attach themselves to one another and undergo the least amount of agitation are primarily found in relation to that first element which flows in a straight line from the poles of each vortex towards its center; for they do not need to be so greatly disturbed by this single straight-line motion as they are by those other more complex and varied movements that occur in other locations. As a result, when these parts find themselves in those other places, they tend to be pushed back toward that central region where they come together in large numbers, forming certain small structures whose configuration I will attempt to explain in detail here, for it indeed deserves attention.
90
What is the shape of these parts that we will call channelled?
Firstly, they must have the shape of a triangle in terms of both width and depth, because they pass through those small triangular spaces that are located at the points where three parts of the second element touch each other; as for their length, it is not easy to determine, especially since it seems not to depend on any other factor than the abundance of material found in the areas where these small structures form. However, we can conceive of them as being small, channelled columns with three ridges or channels, shaped like the shell of a snail, so that they can smoothly pass through those triangular gaps—referred to as FIG—in the spaces between three spheres when they come into contact. Since these channelled parts can be much longer than they are wide and move swiftly through the second element’s components, while those components follow the path of the swirling motion that carries them around its axis, it is easy to understand that the three channels on each column must be helically shaped or coiled like a shell. Moreover, the degree of this curling depends on whether the columns pass through areas that are further or closer to the axis—the second element’s components, after all, rotate more rapidly at greater distances from the axis than at shorter distances.
91
Among these channelled parts, those that originate from one pole are arranged in a completely different manner than those that come from the other pole.
And because they originate from opposite sides of the sky—namely, some from the southern pole and others from the northern pole—while the entire sky rotates in the same direction on its axis, it is evident that those originating from the southern pole must rotate in the opposite direction to those coming from the northern pole. This particularity seems to me quite remarkable, for it is chiefly upon this that the strength or power of a magnet depends, and I will explain this further below.
92
There are only three channels on the surface of each one.
Dopo aver acquisito una conoscenza approssimativa della natura dei primi due elementi, dobbiamo ora cercare di comprendere quella del terzo. A tal fine è necessario considerare che la materia del primo elemento non è agitata in modo uniforme nelle sue parti; spesso, in quantità molto piccole di questa materia, si riscontrano gradi di velocità così diversi da essere impossibile enumerarli tutti. Ciò può essere facilmente dimostrato sia dal modo in cui ho ipotizzato la sua origine, sia dall’uso a cui deve continuamente servire. Ho infatti supposto che questa materia sia nata da ciò che, quando le parti del secondo elemento non erano ancora rotonde e riempivano interamente lo spazio che le conteneva, non potevano muoversi senza rompere le piccole punte dei loro angoli; inoltre, ciò che si è separato da esse man mano che queste parti si sono arrotondate ha assunto forme diverse per riempire esattamente tutti gli spazi lasciati vuoti attorno a loro, assumendo così la forma del primo elemento. Credo che anche oggi il suo uso sia proprio quello di riempire tutti questi piccoli spazi presenti tra i vari corpi; da ciò deriva chiaramente che ciascuna delle parti che compongono questo primo elemento non poteva inizialmente essere più grande delle piccole punte degli angoli del secondo elemento, necessarie affinché queste prime parti potessero muoversi; al massimo, la loro dimensione poteva equivalere allo spazio che si creava tra tre di queste parti dopo il loro arrotondamento, e alcune di esse potevano mantenere tale dimensione. Tuttavia, le altre parti dovevano deformarsi e dividersi in un’infinità di parti ancora più piccole, prive di dimensioni o forme definite, affinché potessero adattarsi alle diverse dimensioni degli spazi presenti tra le parti del secondo elemento durante il loro movimento. Ad esempio, se riteniamo che le piccole sfere ABC siano tre di queste parti del secondo elemento, e che le prime due, A e B, che si toccano nel punto G, si muovano ciascuna soltanto attorno al proprio centro, mentre la terza, C, che si tocca con la prima nel punto E, rotoli sulla superficie di questa prima da E verso I fino a quando il suo punto D non incontra il punto F del secondo elemento, è evidente che la materia del primo elemento che si trova nello spazio triangolare FIG può comunque rimanere immobile, e quindi essere composta soltanto da una singola parte (sebbene possa anche essere composta da più parti); al contrario, quella materia che occupa lo spazio FIED deve necessariamente muoversi. Inoltre, non si potrebbe individuare alcuna parte così piccola tra i punti F e D che non fosse più grande di quella che, in ogni momento, esce dalla linea FD: infatti, durante tutto il processo in cui la sfera C si avvicina a B, essa accorcia questa linea FD, facendola assumere successivamente lunghezze diverse, che non potrebbero essere espresse con alcun numero.
88
Le parti di queste strutture che hanno la minore velocità perdono facilmente una parte del loro movimento e si attaccano l’una all’altra.
Si può quindi dedurre che, nell’ambito del primo elemento, debbano esistere alcune parti che siano più piccole e meno turbolente delle altre; poiché si suppone che queste parti siano state formate dalla materia residua rimasta dopo la formazione delle parti del secondo elemento, durante il processo di arrotondamento, le loro strutture devono presentare molti angoli e quindi essere particolarmente instabili. Per questo motivo, tali parti tendono ad attaccarsi facilmente alle altre, trasferendo gran parte della propria turbolenza a quelle che sono più piccole e più agitate. Secondo le leggi della natura, quando corpi di dimensioni diverse vengono mescolati tra loro, il movimento di alcuni si comunica spesso agli altri; tuttavia, in molti casi è il movimento dei corpi più grandi a trasferirsi a quelli più piccoli, piuttosto che il contrario. Da ciò si può concludere che i corpi più piccoli siano generalmente quelli più turbolenti.
89
È soprattutto in questa materia che, dai poli verso il centro di ogni vortice, si formano tali parti.
E le parti che si uniscono così tra loro e che subiscono il minimo di agitazione si trovano principalmente nella regione del primo elemento che scorre in linea retta dai poli di ogni vortice verso il suo centro: poiché non hanno bisogno di essere tanto agitate per questo movimento rettilineo, quanto per gli altri movimenti più deviati e diversificati che avvengono in altre zone; in modo tale che, quando si trovano in queste altre zone, sono solitamente spinte verso quella regione dove si uniscono tutte insieme, formando piccoli corpi di cui cercherò qui di spiegare molto dettagliatamente la struttura, poiché merita davvero di essere osservata.
90
Qual è la forma di queste parti che chiameremo cannicolate?
Innanzitutto, devono avere la forma di un triangolo sia in larghezza che in profondità, poiché passano attraverso quei piccoli spazi triangolari che si trovano al centro di tre delle parti del secondo elemento quando queste si toccano; quanto alla loro lunghezza, non è facile determinarla, soprattutto perché sembra non dipendere da alcuna altra causa se non dall’abbondanza della materia che si trova nei luoghi in cui si formano questi piccoli corpi. Tuttavia, basta concepirli come piccole colonne cannelate, a tre strisce o canali, e rivolte come la conchiglia di un lumache, in modo che possano passare rotolando attraverso quei piccoli intervalli a forma di triangolo curvilineo, che si incontrano inevitabilmente tra tre sfere quando queste si toccano. Poiché queste parti cannelate possono essere molto più lunghe che larghe e passano rapidamente tra le parti del secondo elemento, mentre queste ultime seguono il movimento vorticoso che le porta attorno al proprio asse, è facile intuire che i tre canali presenti sulla superficie di ciascuna di esse debbano essere rivolti a spirale o come una conchiglia, e che questi canali siano più o meno inclinati a seconda del fatto che passino attraverso punti più o meno lontani da tale asse, poiché le parti del secondo elemento ruotano più velocemente nei punti più distanti rispetto a quelli più vicini.
91
Tra queste parti cannelate, quelle che provengono da un polo sono di forma completamente diversa rispetto a quelle che provengono dall’altro polo.
E poiché queste stelle arrivano nel mezzo del cielo da due direzioni opposte tra loro – vale a dire alcune dal polo australe e altre dal polo settentrionale – mentre tutto il cielo ruota nello stesso senso attorno al proprio asse, è evidente che quelle provenienti dal polo australe devono ruotare in senso inverso rispetto a quelle provenienti dal polo settentrionale. Questa particolarità mi sembra assai notevole, poiché è soprattutto da essa che dipende la forza o l’efficacia del magnete, di cui spiegherò il funzionamento in seguito.
92
Su ogni superficie ne esistono soltanto tre canali.
Mais afin qu’on ne croie pas que j’assure sans raison que ces parties du premier élément n’ont que trois canaux en leur superficie, nonobstant que les parties du second ne se touchent pas toujours de telle sorte que les intervalles qu’elles laissent entre elles aient la figure d’un triangle, on peut voir ici que les autres figures qu’ont les intervalles qui se trouvent entre, ces parties du second élément ont toujours leurs angles entièrement égaux à ceux du triangle FGI ; et qu’au reste elles se remuent incessamment, ce qui fait que les parties cannelées qui passent par ces intervalles y doivent prendre la figuré que j’ai décrite. Par exemple, les quatre boules ABCH, qui se touchent aux points RLGE, laissent au milieu d’elles un espace qui a quatre angles, chacun desquels est égal à chaque angle du triangle FGI ; et parce que ces petites boules, en se remuant, changent sans cesse la figure de cet espace, en sorte que tantôt il est carré, tantôt plus long que large, et qu’il est aussi quelquefois divisé en deux autres espaces qui ont chacun la figure d’un triangle, cela fait que la matière du premier élément la moins agitée qui se trouve là est contrainte de se retirer vers un ou deux de ces angles, et de quitter ce qui reste de place à la matière la plus agitée, laquelle peut changer à tous moments de figure pour s’accommoder à tous les mouvements de ces petites boules. Et si par hasard il y a quelque partie de cette matière du premier élément, ainsi retirée vers l’un de ces angles, qui s’étende vers l’endroit opposé à cet angle, au-delà d’un espace égal au triangle FGI, elle sera heurtée et divisée par la rencontre de la troisième boule lorsqu’elle s’avancera pour toucher les deux autres qui font l’angle où cette matière s’est retirée. Par exemple, si la matière qui n’est pas la plus agitée, après s’être retirée en l’angle G, s’étend vers D, plus loin que la ligne FI, la boule C, en roulant vers B, la chassera hors de cet angle, ou bien en retranchera ce qui l’empêche de fermer le triangle FGI. Et parce que les parties du premier élément qui sont les moins petites et les moins agitées doivent fort souvent, pendant qu’elles passent çà et là dans les cieux, se trouver entre trois boules qui s’avancent ainsi pour s’entre-toucher, il ne semble pas qu’elles puissent avoir aucune figure déterminée qui demeure en elles pendant quelque temps, excepté celle que je viens de décrire.
93
Qu’entre les parties cannelées et les plus petites du premier élément, il y en a d’une infinité de diverses grandeurs.
Or, encore que ces parties cannelées soient fort différentes des plus petites parties du premier élément, je ne laisse pas de les comprendre sous ce nom de premier élément, pendant qu’elles sont autour des parties du second, tant a cause que je ne remarque point quelles y produisent aucuns effets différents, comme aussi à cause que je juge qu’entre ces parties cannelées et les plus petites il y en a de moyennes d’une infinité de diverses grandeurs, ainsi qu’il est aisé à prouver par la diversité des lieux par où elles passent et qu’elles remplissent.
94
Comment elles produisent des taches sur le soleil et sur les étoiles.
Mais lorsque la Matière du premier élément compose le corps du soleil ou de quelque étoile, tout ce qu’il y a en elle de plus subtil n’étant point détourné par la rencontre des parties du second élément, s’accorde à se mouvoir tout ensemble fort vite ; ce qui fait que les parties cannelées et plusieurs autres un peu moins grosses, qui, à cause de l’irrégularité de leurs figures, ne peuvent recevoir un mouvement si prompt, sont rejetées par les plus subtiles hors de l’astre qu’elles composent, et, s’attachant facilement les unes aux autres, elles nagent sur sa superficie, où, perdant la forme du premier élément, elles acquièrent celle du troisième ; et lorsqu’elles y sont en fort grande quantité, elles y empêchent l’action de sa lumière, et ainsi composent des taches semblables à celles qu’on a observées sur le soleil : ce qui se fait en même façon et pour la même raison qu’il sort ordinairement de l’écume hors des liqueurs qu’on fait bouillir sur le feu lorsqu’elles ne sont pas pures, et qu’elles ont des parties qui, ne pouvant être agitées par l’action du feu si fort que les autres, s’en séparent, et, s’attachant facilement ensemble, composent cette écume.
95
Quelle est la cause des principales propriétés de ces taches.
Ensuite de quoi il est aisé à entendre pourquoi ces taches ont coutume de paraître sur le soleil vers son écliptique plutôt que vers ses pôles, et pourquoi elles ont des figures fort irrégulières et changeantes, et enfin pourquoi elles se meuvent en rond autour de lui, non pas peut-être si vite que la matière qui le compose, mais au moins conjointement avec celle du ciel qui l’environne, ainsi que l’on voit que l’écume qui nage sur quelque liqueur suit aussi son cours, et reçoit cependant plusieurs diverses figures.
96
Comment elles sont détruites, et comment il s’en produit de nouvelles.
Et comme il y a beaucoup de liqueurs qui, en continuant de bouillir, dissipent l’écume qu’elles ont auparavant produite, ainsi doit-on penser que les taches qui sont sur la superficie du soleil s’y détruisent avec la même facilité qu’elles s’y engendrent ; car ce n’est pas de toute la matière qui est dans le soleil, mais seulement de celle qui est nouvellement entrée qu’elles se composent. Et pendant que les moins subtiles parties de cette nouvelle matière s’en séparent, et, s’attachant les unes aux autres, font continuellement de nouvelles taches, ou augmentent celles qui sont déjà faites, l’autre matière, qui a été plus longtemps dans le soleil, où elle s’est entièrement purifiée et subtilisée, y tourne avec tant de violence qu’elle emporte sans cesse avec soi quelque partie des taches qui sont en sa superficie, et ainsi en défait ou en dissout à peu près autant qu’il s’en produit de nouvelles. Et l’expérience fait voir que toute la superficie du soleil, excepté celle qui est vers ses pôles, est ordinairement couverte de la matière qui compose ces taches, bien qu’on ne lui donne proprement le nom de taches qu’aux endroits où elle est si épaisse qu’elle obscurcit notablement la lumière qui vient de lui vers nos yeux.
97
D’où vient que leurs extrémités paraissent quelquefois peintes des mêmes couleurs que l’arc-en-ciel.
Or il peut aisément arriver, lorsque ces taches sont assez épaisses et serrées, que la matière du soleil, qui les dissout peu à peu en coulant sous elles, les diminue davantage en leur circonférence qu’au milieu, et que par ce moyen leurs extrémités deviennent transparentes et moins épaisses vers la circonférence que vers le milieu, ce qui fait que la lumière qui passe au travers y souffre réfraction ; d’où il suit que ces extrémités doivent alors paraître peintes des couleurs de l’arc-en-ciel, pour les raisons que j’ai expliquées au huitième discours des météores, en parlant d’un prisme ou triangle de cristal, et on a souvent observé de telles couleurs en ces taches.
98
Comment ces taches se changent en flammes, on au contraire les flammes en taches.
Il peut souvent aussi arriver que la matière du soleil rend leurs extrémités si minces en passant sous elles, qu’elle peut enfin passer aussi au-dessus, et les enfoncer sous soi ; au moyen de quoi, se trouvant engagée entre elles et la superficie du ciel qui est tout proche, elle est contrainte de se mouvoir plus vite qu’à l’ordinaire : ainsi que les rivières sont plus rapides aux endroits où leur lit étant fort étroit, il se trouve encore des bancs de sable qui s’élèvent presque à fleur d’eau, qu’en ceux où il est plus large et plus profond. Et de ce qu’elle se meut plus vite, il est évident que la lumière y doit paraître plus vive qu’aux autres endroits de la superficie du soleil : ce qui s’accorde fort bien avec l’expérience, car on observe souvent de petites flammes qui succèdent aux taches qu’on avait auparavant observées ; mais on observe aussi quelquefois, au contraire, qu’il revient des taches aux endroits où ces petites flammes ont paru, ce qui arrive lorsque les taches qui avaient précédé ces flammes n’étant enfoncées que d’un côté dans la matière du soleil, la nouvelle matière des taches qu’il rejette continuellement hors de soi s’arrête et s’accumule contre elles de l’autre côté.
99
Quelles sont les parties en quoi elles se divisent.
But so that one might not think I claim without reason that these parts of the first element have only three channels on their surface, even though the parts of the second element do not always touch each other in such a way that the intervals they leave between them form a triangle, it can be seen here that the other shapes formed by these intervals always have angles that are exactly equal to those of the triangle FGI; moreover, these intervals are constantly in motion, which means that the channel-like parts that pass through them must necessarily take on the shape I have described. For example, the four small spheres ABCH, which touch at points RLGE, leave a space in their midst that has four angles, each of which is equal to an angle of the triangle FGI; and because these small spheres are constantly moving, they change the shape of this space continuously—sometimes making it square, sometimes longer than it is wide, and sometimes dividing it into two other spaces, each of which resembles a triangle. As a result, the least active portion of the first element that finds itself in this area is forced to move towards one or both of these angles, leaving the remaining space for the more active portions of the element, which can change shape at any moment to accommodate the movements of these small spheres. If, by chance, some part of this less active material extends beyond the space corresponding to the triangle FGI towards the opposite side, it will be struck and divided when the third sphere moves forward to touch the other two spheres that form the angle where this material has retreated. For instance, if the least active material has moved back into angle G and then extends towards D, beyond line FI, sphere C, by moving towards B, will push it out of this angle or remove whatever prevents it from forming a complete triangle FGI. And since the smallest and least active parts of the first element often find themselves sandwiched between three spheres that move in this manner as they traverse the space, it seems impossible for them to maintain any fixed shape for an extended period of time; except for the one I have just described.
93
Between the channelled parts and the smaller ones of the first element, there exist an infinite variety of different sizes.
Or, even though these channelled parts are quite different from the smallest parts of the first element, I still consider them to belong under the same name as that first element, simply because I observe no distinct effects they produce on the parts of the second element; moreover, I believe that there exist intermediate parts of countless various sizes between these channelled parts and the smallest ones, a fact that can be easily demonstrated by the diversity of locations through which they pass and which they occupy.
94
How they create spots on the sun and on the stars.
But when the Matter of the first element constitutes the body of the sun or some other star, all that in it is more subtle is not diverted by the interaction with the parts of the second element; as a result, these subtler components move together very rapidly. Those parts that are more coarse in structure, due to their irregular shapes, are unable to move so swiftly and are thus expelled from the star they form. These coarser elements readily adhere to each other and float on the surface of the star, where they lose the form of the first element and assume the form of the third. When they accumulate in large quantities, they prevent the star’s light from reaching the outside, thereby creating spots similar to those observed on the sun. This process occurs for the same reason as when foam forms on liquids being boiled on fire—when the liquids are not pure, some components, unable to be stirred as vigorously as the others, separate and come together to form the foam.
95
What are the causes of the main properties of these spots?
Thereafter, it becomes easy to understand why these spots tend to appear on the sun along its ecliptic rather than near its poles, why their shapes are so irregular and changeable, and finally why they move in circles around the sun—perhaps not as quickly as the matter that constitutes the sun itself, but at least in conjunction with the material in the surrounding sky. Just as one can observe how foam floating on a liquid moves along its surface while still taking on various shapes.
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How they are destroyed, and how new ones are created.
And just as there are many liquids that, as they continue to boil, dissipate the foam they had previously produced, one must assume that the spots on the surface of the sun are destroyed there with the same ease as they are formed; for these spots are not composed of all the matter contained within the sun, but only of that which has newly entered it. As the less subtle parts of this new material separate and combine with each other, they continuously form new spots or increase those that already exist. Meanwhile, the other material—that which has been within the sun for a longer time and has thus been completely purified and refined—circulates within it with such force that it constantly carries away some of the spots on its surface, thereby destroying or dissolving them at roughly the same rate as new ones are formed. Experience shows that the entire surface of the sun, except for the regions near its poles, is usually covered by this material that constitutes these spots; however, we only properly refer to these areas as “spots” when they are so dense that they significantly obscure the light emanating from the sun and reaching our eyes.
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Why is it that their extremities sometimes appear to be painted in the same colors as the rainbow?
Or it is quite possible that, when these spots are sufficiently thick and dense, the material of the sun—which gradually dissolves them by flowing beneath them—reduces their thickness more at their edges than in the middle. As a result, their outer portions become transparent, and their thickness decreases towards the edge rather than the center. This causes the light passing through them to undergo refraction; hence, these edges appear to exhibit the colors of the rainbow, for the reasons I explained in the eighth discourse on meteors, when discussing a prism or a triangular crystal. Such colors have often been observed in these spots.
98
How these spots transform into flames—on the contrary, how flames turn into spots.
It often also happens that the material of the sun makes their edges so thin as it passes beneath them that it is eventually able to pass above them as well, pushing them further beneath itself. Thus, being trapped between these edges and the surface of the sky that is right above, it is forced to move faster than usual. Just as rivers flow more rapidly in places where their beds are very narrow, there are also areas where sandbanks rise almost to the water’s surface, whereas in other places the riverbeds are wider and deeper. And because it moves faster in these areas, it is evident that the light must appear brighter there than in other parts of the sun’s surface—which is well in line with observations: one often sees small flames appearing after the spots that were previously observed; however, on occasion, spots reappear in the very places where these small flames had appeared. This happens when the spots that preceded these flames were only partially embedded within the sun’s material, and the new material that the sun continuously expels from itself stops accumulating against them on the other side.
99
Into what parts do they divide?
Ma affinché non si creda che io affermi senza motivo che queste parti del primo elemento abbiano soltanto tre canali sulla loro superficie, nonostante le parti del secondo elemento non si tocchino sempre in modo tale da far sì che gli intervalli che lasciano tra di loro abbiano la forma di un triangolo, si può osservare che anche gli altri tipi di forme degli intervalli presenti tra queste parti del secondo elemento hanno sempre angoli completamente uguali a quelli del triangolo FGI; inoltre, questi intervalli si muovono incessantemente, il che fa sì che le parti cannelate che attraversano tali intervalli assumano necessariamente la forma che ho descritto. Ad esempio, le quattro sfere ABCH, che si toccano nei punti RLGE, lasciano tra di loro uno spazio con quattro angoli, ciascuno dei quali è uguale ad un angolo del triangolo FGI; poiché queste piccole sfere, muovendosi continuamente, cambiano costantemente la forma di questo spazio – talvolta rendendolo quadrato, altre volte più lungo che largo, o ancora dividendolo in due altri spazi ciascuno a forma di triangolo – ciò costringe la materia del primo elemento, quella meno soggetta ai movimenti, ad allontanarsi verso uno o due di questi angoli, lasciando così lo spazio rimanente alla materia più attiva, la quale può modificare continuamente la propria forma per adattarsi a tutti i movimenti delle piccole sfere. E se per caso alcuna parte di questa materia del primo elemento si estende verso l’opposto di uno di questi angoli, al di là di uno spazio uguale al triangolo FGI, essa verrà colpita e divisa dall’incontro con la terza sfera quando questa si avvicinerà per toccare le altre due che formano l’angolo in cui tale materia si è ritirata. Ad esempio, se la materia meno attiva, dopo essersi ritirata nell’angolo G, si estende verso D, oltre la linea FI, la sfera C, rotolando verso B, la scaccerà da quell’angolo o eliminerà ciò che le impedisce di formare il triangolo FGI. Poiché le parti del primo elemento che sono più piccole e meno attive spesso si trovano, mentre si muovono nel cielo, tra tre sfere che si avvicinano l’una all’altra per toccarsi, non sembra possibile che abbiano una forma definita che rimanga invariata per un certo periodo di tempo, se non quella che ho appena descritto.
93
Tra le parti canulate e quelle più piccole del primo elemento, ne esistono di infinite dimensioni diverse.
Ora, anche se queste parti cannellate sono molto diverse dalle parti più piccole del primo elemento, non esito a considerarle ancora sotto il nome di primo elemento, poiché si trovano intorno alle parti del secondo; sia perché non noto che producano alcun effetto diverso, sia perché ritengo che tra queste parti cannellate e quelle più piccole esistano parti di dimensioni infinite e varie, come è facile dimostrare dalla diversità dei luoghi attraverso i quali passano e nei quali si inseriscono.
94
Come producono macchie sul sole e sulle stelle.
Ma quando la Materia dell’elemento primario costituisce il corpo del sole o di qualche altra stella, tutto ciò che in essa è di più sottile, non essendo deviato dall’incontro con le parti dell’elemento secondario, si accorda per muoversi insieme molto rapidamente; di conseguenza, quelle parti più fini e altre di dimensioni leggermente inferiori, che, a causa della loro forma irregolare, non possono ricevere un movimento così veloce, vengono spinte dalle parti più sottili fuori dall’astro che compongono; poi, attaccandosi facilmente le une alle altre, galleggiano sulla sua superficie, dove, perdendo la forma dell’elemento primario, assumono quella dell’elemento terzo. Quando queste parti sono presenti in grande quantità, impediscono l’emissione della luce da parte dell’astro e così formano macchie simili a quelle osservate sul sole; questo avviene nello stesso modo e per la stessa ragione per cui di solito si forma schiuma dalle bevande che vengono messe a bollire sul fuoco quando non sono pure: in questi casi, alcune parti delle sostanze, non potendo essere agitate con la stessa intensità dal calore del fuoco rispetto alle altre, si separano e, attaccandosi facilmente tra loro, formano questa schiuma.
95
Qual è la causa delle principali proprietà di queste macchie?
Da questo si può facilmente comprendere perché queste macchie tendono ad apparire sul sole lungo la sua eclittica piuttosto che ai suoi poli, e perché presentano forme molto irregolari e in continuo cambiamento; inoltre, si capisce anche perché si muovono in cerchio attorno al sole, forse non con la stessa velocità della materia che lo compone, ma comunque in modo coordinato con quella del cielo che lo circonda. È proprio come l’schiuma che galleggia su un liquido segue il suo corso, assumendo tuttavia forme diverse a seconda delle condizioni.
96
Come vengono distrutte, e come ne vengono create di nuove.
E poiché ci sono molte bevande alcoliche che, continuando a bollire, dissipano la schiuma che in precedenza avevano formato, si deve pensare che anche le macchie presenti sulla superficie del sole vengano distrutte con la stessa facilità con cui si formano; infatti, tali macchie sono costituite soltanto da quella materia che entra nuovamente nel sole, e non da tutta la materia che vi si trova. Mentre le parti meno sottili di questa nuova materia si separano e si uniscono tra loro, continuando a formare nuove macchie o ad aumentare quelle già esistenti, l’altra materia, che è rimasta nel sole per un periodo più lungo e vi si è completamente purificata e sottileggiata, ruota con tale violenza da portarsi via costantemente una parte delle macchie presenti sulla sua superficie, distruggendole o dissolvendole quasi nella stessa misura in cui ne vengono formate di nuove. L’esperienza dimostra che l’intera superficie del sole, ad eccezione di quella vicina ai suoi poli, è solitamente ricoperta da questa materia; tuttavia, si le dà propriamente il nome di “macchie” solo nei punti in cui essa è così densa da oscurare notevolmente la luce che proviene dal sole verso i nostri occhi.
97
Da dove deriva il fatto che le loro estremità appaiono a volte dipinte delle stesse colori dell’arcobaleno?
O forse può facilmente accadere che, quando queste macchie sono abbastanza dense e ravvicinate, la materia solare, che le dissolve gradualmente scorrendo al loro interno, riduca ulteriormente lo spessore delle loro estremità rispetto al centro; di conseguenza, tali estremità diventano trasparenti e meno spesse verso il perimetro che verso il centro. Questo fenomeno fa sì che la luce che le attraversa subisca rifrazione, e per questo motivo queste estremità appaiono colorate come i colori dell’arcobaleno, per le stesse ragioni che ho spiegato nell’ottavo discorso sui meteori, parlando di un prisma o di un triangolo di cristallo. Si sono spesso osservati tali colori in queste macchie.
98
Come queste macchie si trasformano in fiamme. Al contrario, le fiamme diventano macchie.
Spesso può anche accadere che la materia solare renda le loro estremità così sottili quando vi passa sotto, da riuscire infine a passarvi anche sopra e ad affondarle sotto di sé; in questo modo, essendo intrappolata tra queste estremità e la superficie del cielo che è molto vicina, è costretta a muoversi più velocemente del solito. Proprio come i fiumi sono più rapidi nei punti in cui il loro letto è molto stretto, esistono anche delle banchine di sabbia che si elevano quasi fino alla superficie dell’acqua, mentre in altri punti il letto del fiume è più largo e profondo. E poiché si muove più velocemente, è evidente che la luce debba apparire più intensa in questi luoghi rispetto ad altre parti della superficie solare; ciò corrisponde perfettamente all’esperienza osservativa, poiché spesso si notano piccole fiamme che succedono alle macchie precedentemente visibili; tuttavia, a volte accade anche il contrario: le macchie ricompaiono nei luoghi in cui erano apparse queste piccole fiamme. Ciò avviene quando le macchie precedenti non erano affondate che da un lato nella materia solare, e la nuova materia emessa dal sole si accumula contro di esse dall’altro lato.
99
In quali parti si dividono?
Au reste, lorsque ces taches se défont, les parties en quoi elles se divisent ne sont pas entièrement semblables à celles dont elles ont été composées, mais quelques-unes sont plus petites, et avec cela plus massives ou solides, à cause que leurs pointes se sont rompues, et pour ce sujet elles passent facilement entre les parties du second élément pour aller vers les centres des tourbillons d’alentour ; quelques autres sont encore plus petites, à savoir celles qui se font des pointes, rompues des précédentes, et celles-ci peuvent aussi passer de tous côtés vers le ciel, ou bien être repoussées vers le soleil, et servir à composer sa plus pure substance ; enfin, les autres demeurent plus grosses, parce qu’elles sont composées de plusieurs parties cannelées, ou autres, jointes ensemble, et celles-ci ne pouvant passer par les espaces triangulaires qui se trouvent autour des petites boules du second élément dans le ciel, entrent dans les places de quelques-unes de ces boules, mais parce qu’elles ont des figures fort irrégulières et embarrassantes, elles ne les peuvent pas imiter en la vitesse de leur mouvement.
I00
Comment il se forme une espèce d’air autour des astres.
Et se joignant les unes aux autres sans aucunement se presser, elles composent un corps fort rare, semblable à l’air qui est autour de la terre, au moins à celui qui est le plus pur au-dessus des nues ; et ce corps rare, que j’appellerai air dorénavant, environne le soleil de tous côtés, s’étendant depuis sa superficie jusques vers la sphère de Mercure, et peut-être même plus loin. Mais encore qu’il reçoive sans cesse de nouvelles parties de la matière des taches qui se défont, il ne peut pas pour cela croître à l’infini ; parce que l’agitation du second élément, qui passe tout autour et tout au travers de son corps, dissipe autant de ses parties qu’il lui en vient de nouvelles, et les divisant en plusieurs pièces, leur fait reprendre la forme du premier élément. Mais pendant qu’elles composent cet air ou ces taches, soit autour du soleil, soit autour des autres astres, lesquels sont en ceci tous semblables, elles ont la forme que j’attribue au troisième élément à cause qu’elles sont plus grosses et moins propres à se mouvoir que les parties des deux premiers.
101
Que les causes qui produisent ou dissipent ces taches sont fort incertaines.
Il faut si peu de chose pour faire qu’il se produise des taches sur un astre, ou pour l’empêcher, qu’on n’a pas sujet de trouver étrange si quelquefois il n’en paraît aucune sur le soleil, et si quelquefois au contraire il y en a tant que sa lumière en devient notablement plus obscure ; car il ne faut que deux ou trois des moins subtiles parties du premier élément qui s’attachent l’une à l’autre pour former le commencement d’une tache, contre laquelle s’assemblent par après quantité d’autres parties qui ne se fussent point ainsi assemblées si elles ne l’avaient rencontrée, parce que celle rencontre diminue la force de leur agitation.
102
Comment quelquefois une seule tache couvre toute la superficie d’un astre.
Et il faut remarquer que ces taches sont fort molles et fort rares lorsqu’elles commencent à se quelquefois former, ce qui fait qu’elles peuvent diminuer l’agitation des parties du premier élément qu’elles rencontrent, et les joindre à soi ; mais que la matière du soleil qui coule sous elles avec grande force, pressant leur superficie du côté qu’elle les touche, ne les rend pas seulement égales et polies de ce côté-là, mais aussi peu à peu plus serrées et plus dures, bien qu’elles demeurent molles et rares de l’autre côté qui est tourné vers le ciel, et ainsi qu’elles ne peuvent pas aisément être défaites par la matière du soleil qui coule sous elles, si ce n’est qu’elle coule aussi autour de leurs bords, et les rende peu à peu si minces qu’elle puisse passer par-dessus : car, pendant que leurs bords sont si élevés au-dessus de la superficie du soleil qu’ils ne sont aucunement pressés par sa matière, elles se peuvent plutôt accroître que diminuer, parce qu’il s’attache toujours quelques nouvelles parties contre ces bords ; c’est pourquoi il se peut faire qu’une seule tache devienne si grande qu’enfin elle s’étende sur toute la superficie de l’astre qui l’a produite, et qu’elle s’y arrête quelque temps avant que de pouvoir être dissipée.
103
Pourquoi le soleil a paru quelque fois plus obscur que de coutume, et pourquoi les étoiles ne paraissent pas toujours de même grandeur.
C’est ainsi que quelques historiens nous rapportent qu’autrefois le soleil, pendant plusieurs jours, voire même pendant toute une année, a paru plus pâle qu’à l’ordinaire, et n’a fait voir qu’une lumière fort pâle et sans rayons, quasi comme celle de la lune : et l’on remarque qu’il y a certaines étoiles qui nous paraissent plus petites, et d’autres plus grandes qu’elles n’ont paru autrefois aux astronomes qui en ont exprimé la grandeur en leurs écrits ; de quoi je ne pense pas qu’on puisse rendre aucune autre raison, sinon qu’étant maintenant plus ou moins couvertes de taches qu’elles n’ont été autrefois, leur lumière nous doit paraître plus sombre ou plus vive.
104
Pourquoi il y en a qui disparaissent ou qui paraisse de nouveau.
Il se peut faire aussi que les taches qui couvrent quelque astre soient devenues par succession de temps si épaisses, qu’elles nous en ôtent entièrement la vue ; et c’est ainsi qu’on a compté autrefois sept Pléiades, au lieu qu’on n’en voit maintenant que six. Et il se peut faire au contraire qu’un astre que nous n’avons point vu auparavant paraisse tout-à-coup, et nous surprenne par l’éclat de sa lumière, à savoir si tout le corps de cet astre ayant été couvert jusqu’à présent d’une tache assez épaisse pour nous en ôter entièrement la vue, il arrive maintenant que la matière du premier élément, y affluant plus abondamment qu’à l’ordinaire, se répande sur la superficie extérieure de cette tache : car, cela étant, elle la doit couvrir toute en fort peu de temps, et faire que cet astre nous paraisse avec autant de lumière que s’il n’était enveloppé d’aucune tache. Et il peut continuer longtemps par après à paraître avec cette même lumière, ou bien il peut aussi la perdre peu à peu ; et c’est ainsi qu’il arriva, sur la fin de l’année 1572, qu’une étoile qu’on n’avait point vue auparavant, parut dans le signe de Cassiopée, avec une lumière fort éclatante et fort vive, laquelle s’obscurcit par après peu à peu, tant qu’elle disparut entièrement vers le commencement de l’année 1574 ; et nous en remarquons quelques autres dans le ciel que les anciens n’ont point vues, mais qui ne disparaissent pas sitôt : de toutes lesquelles choses je tâcherai ici de rendre raison.
105
Qu’il y a des pores dans les taches par où les parties cannelées ont libre passage.
Posons, par exemple, que l’astre 1 est entièrement couvert de la tache defg, et considérons que cette tache ne peut être si épaisse qu’il n’y ait en elle plusieurs pores ou petits trous par où la matière du premier élément et même ses parties cannelées peuvent passer : car, ayant été fort molle et fort rare en son commencement, il y a eu en elle quantité de tels pores ; et, bien que ses parties se soient par après plus serrées, et qu’elle soit devenue plus dure, toutefois les parties cannelées et autres du premier élément, passant continuellement par-dedans ses pores, n’ont pas permis qu’ils se soient fermés tout à fait , mais seulement qu’ils se soient étrécis, en telle sorte qu’il n’y est resté qu’autant d’espace qu’il en faut pour donner passage à ces parties cannelées, qui sont les plus grosses du premier élément, et même qu’autant qu’il en faut pour leur donner passage du côté qu’elles ont coutume d’y entrer ; en sorte que les pores par où passent celles qui viennent de l’un des pôles vers I ne seraient pas propres à les recevoir si elles retournaient dl vers ce même pôle, ni même à recevoir celles qui viennent de l’autre pôle, parce que celles-là sont tournées en coquille d’une autre façon.
106
Pourquoi elles ne peuvent retourner par les mêmes pores par où elles entrent.
Furthermore, when these particles disintegrate, the parts into which they divide are not entirely identical to those from which they were composed; some of them become smaller, but at the same time more dense or solid, because their tips have broken off. As a result, these smaller particles can easily pass through the various parts of the second element and move towards the centers of the surrounding whirlpools. Some are even smaller still—those that have formed from the broken tips of the previous ones—and these can move in all directions towards the sky or be pushed back towards the sun, contributing to the formation of its purest substances. Finally, there are those that remain larger; they consist of multiple channel-shaped or other structures joined together. Since these larger particles cannot pass through the triangular spaces surrounding the smaller spheres of the second element in the sky, they fill in the voids left by some of those spheres. However, due to their highly irregular and cumbersome shapes, they are unable to move as quickly as the smaller particles.
I00
How a sort of atmosphere is formed around the stars.
And by joining together without any haste, they form a very rare substance, similar to the air surrounding the earth—at least to that part of it which is purest above the clouds. This rare substance, which I shall henceforth call “golden air,” surrounds the sun on all sides, extending from its surface right up to the sphere of Mercury, and perhaps even further. Yet, although it continuously receives new portions of matter from the scattered particles around it, it cannot grow indefinitely; for the agitation caused by the second element, which passes through and around its entire structure, disperses just as many of its parts as new ones are added, dividing them into numerous fragments that once again assume the form of the first element. However, while these fragments constitute this “golden air” either around the sun or around the other stars—whom I regard as identical in this respect—they possess a form that I attribute to the third element, because they are larger and less capable of movement than the parts of the first two elements.
101
It is highly uncertain what causes produce or dispel these spots.
So little is required for the formation of spots on a celestial body, or for their prevention, that it is not surprising at all when sometimes no spots are observed on the sun, or when, on the contrary, so many spots appear that its light becomes noticeably dimmer. For merely two or three of the least subtle particles of the primary element coming into contact with each other are enough to initiate the formation of a spot; subsequently, numerous other particles gather around it—particles that would not have come together in this way if they had not first encountered that initial spot, for such encounters diminish the intensity of their motion.
102
How it is that sometimes a single spot can cover the entire surface of a celestial body.
And it must be noted that these spots are extremely soft and rare when they first begin to form; as a result, they can reduce the agitation of the portions of the primary element they encounter and cause them to merge with themselves. However, the material from the sun that flows beneath them with great force, pressing upon their surface on the side where it comes into contact, not only makes those sides even and smooth but also gradually makes them denser and harder. Nevertheless, the other side of these spots, which faces the sky, remains soft and rare, and thus cannot be easily altered by the sun’s influence—unless the sun’s material also flows around their edges, gradually making them so thin that it can pass over them entirely. For as long as their edges remain elevated above the sun’s surface and are not subjected to any pressure from its material, they are more likely to grow rather than shrink, because new portions of matter are constantly adhering to these edges. Hence, it is possible for a single spot to grow so large that it eventually covers the entire surface of the star that produced it, remaining there for some time before finally dissipating.
103
Why does the sun sometimes appear darker than usual, and why don’t the stars always seem to be of the same size?
Thus, some historians tell us that in the past, the sun would appear paler than usual for several days, or even for an entire year, emitting only a very faint light without any rays, almost like that of the moon. It is also observed that certain stars seem smaller to us than they did in the past, while others appear larger; astronomers have recorded these changes in their writings. I see no other explanation for this phenomenon than the fact that these stars are now covered with more or less spots than before, which makes their light appear either dimmer or brighter to us.
104
Why do some of them disappear or reappear again?
It is also possible that the patches covering a certain star have become so thick over time that they completely obscure our view of it; this is how it was once believed that there were seven Pleiades stars, whereas we now see only six. Conversely, it is also possible for a star that we had not previously observed to suddenly appear before us, dazzling us with its brilliance—perhaps because the entire surface of the star had been covered by a thick patch until now, but now, as more of the primary material flows onto this surface than usual, it quickly covers the entire patch, causing the star to appear as bright as if it were completely unobscured. This star may then continue to shine with the same intensity for some time, or its brightness may gradually diminish; indeed, in late 1572, a new star appeared in the constellation Cassiopeia, shining very brightly and intensely, but its light slowly faded until it disappeared entirely by early 1574. We also observe several other such stars in the sky that the ancients had not seen; I will attempt to explain the origins of these phenomena here.
105
There are pores within these spots through which the canalized parts can pass freely.
For example, let us assume that the star 1 is entirely covered by the spot defg, and consider that this spot cannot be so thick that it does not contain numerous pores or small holes through which the substance of the first element—and even its channelled parts—can pass. For, in its initial state, when it was very soft and rare, such pores existed in abundance; and although its structure later became denser and harder, the channelled parts of the first element continued to pass through these pores, preventing them from closing completely—but only causing them to narrow, so that only enough space remained for those channelled parts to pass through. These channelled parts are the largest components of the first element, and they can only enter from the side they are accustomed to using; therefore, the pores through which those parts coming from one pole toward I can pass would not be suitable for receiving those coming back in the same direction, nor would they be able to accommodate those coming from the other pole, because those latter are arranged in a different manner.
106
Why can they not return through the same pores through which they entered?
Del resto, quando queste macchie si disfanno, le parti in cui si dividono non sono del tutto simili a quelle da cui erano composte; alcune di esse diventano più piccole, ma allo stesso tempo più dense e solide, poiché le loro estremità si sono spezzate. Per questo motivo, queste parti riescono facilmente a passare tra le varie componenti del secondo elemento e a dirigersi verso i centri dei vortici circostanti; altre ancora diventano ancora più piccole, quelle cioè che si formano dalle estremità spezzate delle precedenti, e queste ultime possono muoversi in tutte le direzioni verso il cielo, oppure essere spinte verso il sole e contribuire a formare la sua sostanza più pura; infine, altre rimangono di dimensioni maggiori, poiché sono composte da diverse parti cannelate o simili che si uniscono tra loro. Poiché queste parti non riescono a passare attraverso gli spazi triangolari presenti intorno alle piccole sfere del secondo elemento nel cielo, entrano nelle posizioni di alcune di queste sfere; tuttavia, a causa delle loro forme molto irregolari e complesse, non sono in grado di imitarne la velocità di movimento.
I00
Come si forma una sorta di “aria” intorno agli astri.
E unendosi l’una all’altra senza alcuna fretta, formano un corpo estremamente raro, simile all’aria che circonda la Terra, almeno a quella più pura che si trova al di sopra delle nuvole; questo corpo raro, che da ora in poi chiamerò “aria dorata”, circonda il Sole su tutti i lati, estendendosi dalla sua superficie fino alla sfera di Mercurio, e forse anche oltre. Tuttavia, anche se riceve continuamente nuove parti di materia provenienti dalle macchie che si dissolvono, non può per questo crescere all’infinito; poiché l’agitazione del secondo elemento, che attraversa completamente il suo corpo, disperde altrettante delle sue parti quante ne riceve, e dividendole in diverse parti le fa riprendere la forma del primo elemento. Ma mentre formano quest’“aria” o queste macchie, sia intorno al Sole che intorno agli altri astri – i quali in questo sono tutti simili –, esse hanno quella forma che attribuisco al terzo elemento, poiché sono più dense e meno propense a muoversi rispetto alle parti dei primi due elementi.
101
Le cause che generano o eliminano queste macchie sono assai incerte.
Bisogna davvero poco perché su un astro si formino delle macchie, o perché ciò venga impedito; quindi non c’è motivo di meravigliarsi se talvolta sul sole non se ne osservano affatto, o se invece ne compaiono così tante da rendere la sua luce notevolmente più scura. Infatti, basta che due o tre delle parti meno sottili del primo elemento si uniscano tra loro per formare l’inizio di una macchia; successivamente, altre molte parti si aggregano a queste, e non avrebbero mai fatto ciò se non le avessero incontrate, poiché proprio quell’incontro riduce l’intensità del loro movimento.
102
Come, a volte, un solo punto nero possa coprire l’intera superficie di un astro.
E bisogna notare che queste macchie sono estremamente morbide e molto rare quando iniziano a formarsi; per questo motivo possono ridurre l’agitazione delle parti dell’elemento primario che incontrano e unirsi a esso. Tuttavia, la materia solare che scorre sotto di esse con grande forza, premendo sulla loro superficie dal lato con cui le tocca, non solo le rende uniformi e lisce da quel lato, ma le rende anche gradualmente più dense e dure. Dall’altro lato, invece – quello rivolto verso il cielo – rimangono morbide e rare; inoltre, la materia solare che scorre sotto di esse non riesce facilmente a distruggerle, se non quando scorre anche lungo i loro bordi, rendendole gradualmente così sottili da poter passare al di sopra di esse. Poiché i loro bordi si trovano molto in alto rispetto alla superficie solare e non sono affatto compressi dalla sua materia, queste macchie possono anzi aumentare di dimensioni piuttosto che diminuire, poiché continuamente nuove parti della materia solare si attaccano a questi bordi. Per questo motivo, può accadere che una singola macchia diventi così grande da coprire l’intera superficie dell’astro che l’ha prodotta, e rimanga lì per un certo periodo prima di poter essere dissipata.
103
Perché a volte il sole sembra più scuro del solito, e perché le stelle non appaiono sempre della stessa grandezza?
Ecco come alcuni storici ci raccontano che un tempo il sole, per diversi giorni, o addirittura per un intero anno, appariva più pallido del solito, emettendo una luce molto debole e priva di raggi, quasi simile a quella della luna. Inoltre, si osserva che alcune stelle ci appaiono più piccole, mentre altre sembrano più grandi rispetto a quanto indicato dagli astronomi nei loro scritti riguardo alle loro dimensioni; non credo si possa trovare alcuna altra spiegazione per questo fenomeno, se non il fatto che queste stelle siano ora più o meno coperte da macchie rispetto al passato, il che fa sì che la loro luce ci appaia più scura o più intensa.
104
Perché alcuni scompaiono o ricompaiono improvvisamente.
È possibile che le macchie che coprono un astro, con il passare del tempo, diventino così dense da impedirci completamente di vederlo; è per questo motivo che un tempo si contavano sette Pleiadi, mentre oggi ne vediamo soltanto sei. Al contrario, è anche possibile che un astro che prima non vedevamo appaia all’improvviso, sorprendendoci con la intensità della sua luce: ciò potrebbe accadere se tutta la superficie di quell’astro fosse stata fino ad ora coperta da una macchia abbastanza densa da impedirci di vederlo; in questo caso, la materia dell’elemento primordiale che vi fluisce in quantità maggiore del solito si diffonderebbe sulla superficie esterna di quella macchia, coprendola completamente in poco tempo e facendo sì che l’astro appaia con la stessa intensità luminosa di prima. È anche possibile che tale astro continui a mostrare la stessa luminosità per un lungo periodo, oppure che questa diminuisca gradualmente; è proprio ciò che è accaduto alla fine dell’anno 1572: una stella che prima non si vedeva è apparsa nella costellazione di Cassiopea, emettendo una luce molto intensa e vivida, ma questa luce è poi diminuita gradualmente fino a scomparire completamente all’inizio dell’anno 1574. Notiamo anche altre stelle nel cielo che gli antichi non avevano visto, ma che non scompaiono immediatamente; cercherò di spiegare il motivo di tutto ciò in seguito.
105
Le macchie presentano dei pori attraverso i quali le parti canulate possono passare liberamente.
Supponiamo, ad esempio, che la stella 1 sia interamente ricoperta dalla macchia defg, e consideriamo che questa macchia non possa essere così spessa da non contenere numerosi pori o piccoli fori attraverso i quali la materia del primo elemento, e persino le sue parti cannelate, possano passare: poiché, all’inizio, tale materia era molto molle e molto rara, ne risultarono molti di questi pori; e anche se in seguito le sue parti si sono fatte più dense e la materia stessa è diventata più dura, le parti cannelate del primo elemento, continuando a passare attraverso questi pori, non hanno permesso che essi si chiudessero completamente, ma soltanto che si restringessero, in modo da lasciare aperto solo lo spazio necessario per il passaggio di tali parti cannelate, le quali sono le più grandi del primo elemento; inoltre, questo spazio è sufficiente anche affinché esse possano entrare dal lato verso cui hanno abitudine di farlo; quindi, i pori attraverso i quali passano quelle parti che provengono da un polo verso I non sarebbero adatti a riceverle se queste ultime tornassero verso lo stesso polo, né lo sarebbero per quelle che provengono dall’altro polo, poiché queste ultime sono strutturate in modo diverso.
106
Perché non possono tornare attraverso gli stessi pori da cui sono entrate.
Ainsi il faut penser que les parties cannelées qui coulent sans cesse d’A vers I, c’est-à-dire de toute la partie du ciel qui est autour du pôle A vers la partie du ciel HIQ, se sont formés certains pores dans la tache defg, suivant des lignes droites qui sont parallèles à l’essieu fd (ou peut-être qui sont tant soit peu plus proches l’une de l’autre vers d que vers f, à cause que l’espace qui est vers A, d’où elles viennent, est plus ample que celui où elles se vont rendre vers I), et que les entrées de ces pores sont éparses en toute la moitié de la superficie efg, et les sorties en l’autre moitié edg ; de façon que les parties cannelées qui viennent d’A peuvent aisément entrer par efg, et sortir par edg, mais non point retourner par edg, ni sortir par efg. Dont la raison est que cette tache n’ayant été composée que des parties du premier élément qui, étant très petites, et ayant des figures fort irrégulières, se sont jointes les unes aux autres, ainsi que plusieurs petites branches d’arbres entassées toutes ensemble, les parties cannelées qui sont venues d’A par f vers d ont dû plier et faire pencher d’f vers d toutes les extrémités de ces petites branches qu’elles ont rencontrées en passant par les pores qu’elles se sont formés ; de sorte que si elles repassaient de d vers f, par ces mêmes pores, elles rencontreraient à contresens les extrémités de ces petites branches qu’elles ont ainsi pliées, et les redressant quelque peu se boucheraient le passage. En même façon, les parties cannelées qui viennent du pôle B se sont formé d’autres pores en cette tache defg, l’entrée desquels est en la moitié de cette tache edg, et la sortie en l’autre moitié efg.
107
Pourquoi celles qui viennent d’un pôle doivent avoir d’autres pores que celles qui viennent de l’autre.
Et il faut remarquer que ces pores sont creusés en dedans, ainsi que l’écrou d’une vis, au sens qu’ils le doivent être pour donner libre passage aux parties cannelées qu’ils ont coutume de recevoir ; ce qui est cause que ceux par où passent les parties cannelées qui viennent d’un pôle ne sauraient recevoir celles qui viennent de l’autre pôle, parce que leurs raies ou canaux sont tournés en coquille d’une façon toute contraire.
108
Comment la matière du premier élément prend son cours par ces pores.
Ainsi donc la matière du premier élément qui vient de part et d’autre des pôles peut passer par ces pores jusqu’à l’astre I ; et parce que celles de ses parties qui sont cannelées sont les plus grosses de toutes, et qu’elles ont par conséquent le plus de force à continuer leur mouvement en ligne droite, elles n’ont pas coutume de s’y arrêter ; mais celles qui entrent par f sortent par d, par où elles arrivent dans le ciel, où elles rencontrent les parties du second élément, ou bien la matière du premier venant de B, qui, les empêchant de passer plus avant en ligne droite, fait qu’elles retournent de tous côtés entre les parties de l’air marquées par xx vers efg, l’hémisphère de la tache par lequel elles sont auparavant entrées en cet astre. Et toutes celles de ces parties cannelées qui peuvent trouver place dans les pores de cette tache (ou de ces taches, car il y en peut avoir plusieurs l’une sur l’autre, ainsi que je ferai voir ci-après) rentrent par eux en l’astre I, puis en ressortant par l’hémisphère edg, et de là retournant par l’air de tous côtés vers l’hémisphère efg, elles composent comme un tourbillon autour de cet astre ; mais celles qui ne peuvent trouver place en ces pores sont brisées et dissipées par la rencontre des parties de cet air, ou bien sont chassées vers les parties du ciel qui sont proches de l’écliptique HQ ou MY. Car il faut ici remarquer que les parties cannelées qui viennent d’A vers I ne sont point en si grand nombre qu’elles occupent continuellement tous les pores qui leur peuvent donner passage au travers de la tache efg, parce qu’elles n’occupent pas aussi dans le ciel tous les intervalles qui sont autour des petites boules du second élément, et qu’il doit y avoir là parmi elles beaucoup d’autre matière plus subtile, afin de remplir tous ces intervalles, nonobstant les divers mouvements de ces boules ; laquelle matière plus subtile, venant d’A vers I avec les parties cannelées, entrerait avec elles dans les pores de la tache efg, si les autres parties cannelées qui sont sorties de cette tache par son hémisphère edgy et qui sont revenues de là par l’air xx vers f, n’avaient plus de force qu’elle pour les occuper. Au reste, ce que je viens de dire des parties cannelées qui viennent du pôle A et entrent par l’hémisphère efg, se doit entendre de même façon de celles qui viennent du pôle B et entrent par l’hémisphère edg ; à savoir qu’elles y ont creusé des passages tournés en coquille tout au rebours des autres, par lesquels elles coulent à travers l’astre I de d vers fy puis de là retournent vers d par l’air xx, faisant ainsi une espèce de tourbillon autour de cet astre ; et que cependant il y a toujours autant de ces parties cannelées qui se défont ou bien qui s’écoulent dans le ciel vers l’écliptique MY, qu’il en vient de nouvelles du pôle B.
109
Qu’il y a encore d’autres pores en ces taches qui croisent les précédents.
Pour le reste de la matière du premier élément qui compose l’astre I, comme il tourne autour de l’essieu fd, il fait continuellement effort pour s’en éloigner et aller dans le ciel vers l’écliptique MY ; c’est pourquoi il s’est formé dès le commencement d’autres pores, et les a conservés depuis dans la, tache defg, lesquels croisent les précédents ; et il y a toujours quelques parties de cette matière qui sortent par eux, à cause qu’il en entre aussi toujours quelques-unes par les autres pores avec les parties cannelées : car les parties de cette tache sont tellement jointes l’une à l’autre que l’astre I, qu’elles environnent, ne peut devenir plus grand ni plus petit qu’il est ; c’est pourquoi il doit toujours sortir de lui autant de matière qu’il y en entre.
110
Que ces taches empêchent la lumière des astres qu’elles couvrent.
Et pour la même raison, la force en quoi j’ai dit ci-dessus, que consiste la lumière des astres doit être en celui-ci entièrement éteinte, ou du moins fort affaiblie ; car, en tant que sa matière se meut autour de l’essieu fd, toute la force dont elle tend à s’éloigner de cet essieu s’amortit contre la tache et n’agit point contre les parties du second élément qui sont au-delà. Et aussi la force dont les parties cannelées qui viennent d’un pôle tendent directement vers l’autre en sortant de cet astre, ne peut avoir en ceci aucun effet, non seulement à cause que ces parties cannelées ne se meuvent pas du tout si vite que le reste de la matière du premier élément, et sont fort petites à comparaison de celles du second, lesquelles il faudrait qu’elles poussassent pour exciter de la lumière ; mais principalement à cause que celles qui sortent de cet astre ne peuvent avoir) plus de force à pousser la matière du ciel vers les pôles, que celles qui viennent des pôles à la repousser en même temps vers cet astre.
111
Comment il peut arriver qu’une nouvelle étoile paraisse tout-à-coup dans le ciel.
Thus, it must be considered that those channelled portions that continuously flow from A to I—that is, from the entire region of the sky surrounding pole A towards the region HIQ—must have formed certain pores within the patch defg, following straight lines that are parallel to the axis fd (or perhaps somewhat closer to each other in the direction from d to f, because the space near A, where they originate, is more expansive than the space where they lead to I). The entrances to these pores are scattered throughout the entire half of the surface efg, while the exits are located in the other half, edg. As a result, the channelled portions coming from A can easily enter through efg and exit through edg, but cannot return through edg or exit through efg again. The reason for this is that the patch defg was merely composed of tiny fragments of the first element, which, being highly irregular in shape, came together with one another—much like multiple small branches of a tree piled up together. Therefore, those channelled portions that traveled from A via f towards d had to bend and cause these small branches to tilt in the direction from f to d as they passed through the pores formed therein. If they were to attempt to return from d to f through the same pores, they would encounter these bent branches in the opposite direction and, by slightly straightening them, would block their own path. Similarly, those channelled portions originating from pole B also formed other pores within the patch defg; the entrances to these pores are located in the half of the patch edg, while the exits are in the other half, efg.
107
Why must those that come from one pole have different pores than those that come from the other pole?
It must be noted that these pores are hollowed out on the inside, just like the threads of a screw – in fact, they have to be this way in order to allow the passage of those channelled parts they are designed to receive. As a result, those pores through which the channelled parts coming from one pole pass would not be able to accommodate those coming from the other pole, because their ridges or channels are arranged in a completely opposite direction.
108
How does the substance of the primary element flow through these pores?
Thus, the substance of the first element, which originates from both poles, can pass through these pores and reach the star I; and because those parts of it that are channelled are the largest of all, and consequently possess the greatest force to continue their motion in a straight line, they do not tend to stop there. However, those parts that enter through pore d exit through pore e, thereby reaching the heavens where they encounter the substances of the second element—or else the substance of the first element coming from pole B, which prevents them from continuing their straight-line movement and causes them to scatter in all directions between the portions of air marked as xx towards the region efg, the hemisphere through which they previously entered this star. All those channelled parts that can find space within these pores (or within multiple such pores, as I will explain further below) enter the star I through them and then exit through the hemisphere edg; from there, they circulate in all directions towards the region efg, forming a kind of whirlwind around this star. But those parts that cannot find space within these pores are broken apart or dispersed by the encounter with the portions of air in that region, or else they are driven towards the portions of heaven near the ecliptic lines HQ or MY. It should be noted here that the channelled parts coming from pole A towards I are not numerous enough to continuously fill all the pores through which they can pass through the region efg; moreover, they do not occupy all the intervals in the heavens surrounding the small spheres of the second element. There must therefore be much more subtle substance present there to fill these intervals, despite the various movements of those small spheres. This more subtle substance, coming from pole A towards I along with the channelled parts, would enter the pores of the region efg if it were not for other channelled parts that have already exited this region through its hemisphere edg and then returned through the air xx towards f, which prevent them from occupying those pores. In any case, what I have just said about the channelled parts coming from pole A and entering through the hemisphere efg applies equally to those coming from pole B and entering through the hemisphere edg: they too have created passages that run in the opposite direction of the others, through which they flow through the star I from d towards fy and then return towards d through the air xx, thus forming another kind of whirlwind around this star. Nevertheless, there are always as many of these channelled parts that disperse into the heavens towards the ecliptic line MY as new ones arrive from pole B.
109
There are also other pores in these spots that intersect with the previous ones.
As for the remaining matter of the first element that constitutes the star I, since it revolves around the axis fd, it constantly strives to move away from it and extend into the sky towards the ecliptic MY; this is why, from the very beginning, other pores were formed and have been preserved ever since within the region denoted by the symbol defg. These new pores intersect with the previous ones; and there are always some portions of this matter that emerge through these new pores, because at the same time, other portions continually enter through the other pores along with those channel-like structures. Indeed, the various parts of this region are so closely interconnected that the star I, which is surrounded by them, cannot become larger or smaller than it already is; therefore, an equal amount of matter must always be both emitted and absorbed by it.
110
That these patches prevent the light from the stars they cover from reaching through.
And for the same reason, the force that I mentioned above—that is, the force constituting the light of the stars—must be entirely extinguished in these bodies, or at least greatly weakened; for since their matter moves around the central axis, all the force that tends to make them move away from this axis is neutralized by the resistance encountered, and thus has no effect on those parts of the second element that are located beyond this axis. Moreover, the force exerted by those channelled portions of matter that originate at one pole and extend directly towards the other pole as they emerge from these stars cannot have any effect in this regard. This is not only because these channelled portions move far more slowly than the rest of the material of the first element, and are also considerably smaller in size compared to those parts of the second element that would need to be pushed in order to generate light; but chiefly because the forces emanating from these stars are no more capable of pushing the celestial matter towards the poles than the forces coming from the poles that push it back towards these same stars at the same time.
111
How it is possible for a new star to suddenly appear in the sky.
Pertanto, si deve pensare che le parti cannelate che scorrono continuamente da A verso I, cioè da tutta la parte del cielo che circonda il polo A verso la parte del cielo HIQ, siano formatesi attraverso dei pori disposti lungo linee rette parallele all’asse fd (o forse leggermente più vicine l’una all’altra verso d che verso f, poiché lo spazio da cui provengono, cioè da A, è più ampio di quello verso cui si dirigono, verso I); inoltre, le entrate di questi pori sono distribuite uniformemente nella metà superiore della superficie efg, mentre le uscite si trovano nell’altra metà, edg. Di conseguenza, le parti cannelate provenienti da A possono facilmente entrare attraverso efg e uscire attraverso edg, ma non possono tornare indietro attraverso edg né uscire nuovamente attraverso efg. La ragione di ciò è che questa zona del cielo è stata formata soltanto da parti dell’elemento primario le cui dimensioni sono molto ridotte e le cui forme sono estremamente irregolari; queste parti si sono unite tra loro, proprio come diverse piccole ramificazioni degli alberi ammassate insieme. Pertanto, le parti cannelate provenienti da A attraverso f verso d hanno dovuto piegarsi e inclinarsi lungo tutte le estremità di queste piccole ramificazioni che hanno incontrato lungo il percorso; se tornassero indietro attraverso gli stessi pori, incontrerebbero in senso contrario queste estremità piegate e, cercando di raddrizzarle, si bloccherebbero il passaggio. Allo stesso modo, le parti cannelate provenienti dal polo B hanno formato altri pori nella zona defg; le entrate di questi pori si trovano nella metà inferiore della superficie edg, mentre le uscite nella metà superiore, efg.
107
Perché quelle che provengono da un polo devono avere pori diversi da quelle che provengono dall’altro polo?
E bisogna notare che questi pori sono scavati all’interno, proprio come il gambo di una vite, nel senso che devono essere così strutturati per permettere il passaggio delle parti cannelate che solitamente vi entrano; per questo motivo, i pori attraverso cui passano le parti cannelate provenienti da un polo non potrebbero ricevere quelle provenienti dall’altro polo, poiché le loro scanalature sono disposte in modo completamente opposto.
108
Come il materiale dell’elemento primordiale scorre attraverso questi pori.
Pertanto, la materia dell’elemento primario che proviene da entrambi i poli può passare attraverso questi pori fino all’astro I; e poiché le parti di questo elemento che sono cannelate sono le più grandi di tutte, e quindi hanno maggior forza per continuare il loro movimento in linea retta, non hanno l’abitudine di fermarsi lì; quelle invece che entrano da un certo punto escono da un altro, attraverso il quale raggiungono il cielo, dove incontrano le parti dell’elemento secondario. Oppure, la materia del primo elemento proveniente dal polo B impedisce loro di proseguire in linea retta, facendole tornare in tutte le direzioni tra le parti dell’aria indicate con “xx” verso “efg”, nell’emisfero attraverso il quale sono entrate in questo astro. Tutte quelle parti cannelate che riescono a trovare spazio nei pori di questa zona entrano nell’astro I, ne escono poi attraverso l’emisfero “edg” e da lì tornano in tutte le direzioni verso l’emisfero “efg”, formando così una sorta di vortice attorno a questo astro; quelle invece che non riescono a trovare spazio in questi pori vengono distrutte o scacciate verso le parti del cielo vicine all’eclittica HQ o MY. Bisogna infatti notare che le parti cannelate provenienti dal polo A verso I non sono così numerose da occupare continuamente tutti i pori attraverso i quali possono passare, perché nel cielo non occupano tutti gli spazi attorno alle piccole sfere dell’elemento secondario; deve quindi esserci molta altra materia più sottile che riempie questi spazi, nonostante i diversi movimenti di queste sfere. Questa materia più sottile, proveniente dal polo A verso I insieme alle parti cannelate, entrerebbe nei pori della zona “efg” se le altre parti cannelate uscite da questa zona attraverso l’emisfero “edg” e tornate poi in cielo attraverso l’aria “xx” verso “f” non avessero più la forza necessaria per occuparli. In ogni caso, quanto ho detto riguardo alle parti cannelate provenienti dal polo A può essere applicato allo stesso modo a quelle che provengono dal polo B e entrano attraverso l’emisfero “edg”: anch’esse hanno creato dei passaggi a forma di conchiglia, attraverso i quali scorrono nell’astro I da “d” verso “fy”, per poi tornare indietro attraverso l’aria “xx”, formando così un vortice attorno a questo astro; tuttavia, c’è sempre la stessa quantità di queste parti cannelate che si disperde o scorre nel cielo verso l’eclittica MY, quanto ne arriva nuove dal polo B.
109
In queste macchie ci sono ancora altri pori che si sovrappongono ai precedenti.
Per quanto riguarda la restante materia del primo elemento che compone l’astro I, poiché esso ruota attorno all’asse fd, compie costantemente uno sforzo per allontanarsene e dirigersi verso il cielo, lungo l’eclittica MY; è per questo motivo che fin dall’inizio si sono formate altre strutture porose, le quali sono state conservate fino ad oggi nella zona denominata defg; queste nuove strutture si intersecano con quelle precedenti. Inoltre, vi sono sempre alcune parti di questa materia che fuoriescono attraverso queste nuove aperture, poiché allo stesso tempo altre parti ne entrano attraverso le aperture esistenti, insieme alle parti presenti nelle strutture cannelate; infatti, le parti di questa zona sono così strettamente connesse tra loro che l’astro I, che le circonda, non può diventare né più grande né più piccolo di quanto sia attualmente. È per questo motivo che da esso deve sempre uscire la stessa quantità di materia che vi entra.
110
Che queste macchie impediscano alla luce delle stelle di raggiungere le aree che coprono.
E per la stessa ragione, quella forza di cui ho parlato sopra – e che consiste nella luce degli astri – deve essere in questo caso completamente spenta, o almeno notevolmente attenuata; poiché, dato che la materia di questi astri si muove attorno all’asse centrale, tutta la forza che tende a allontanarsi da tale asse viene assorbita dalla superficie stessa dell’astro e non agisce affatto sulle parti del secondo elemento situate al di là di esso. Inoltre, quella forza delle parti cannicolate che provengono da un polo e si dirigono direttamente verso l’altro all’uscita da questo astro non può avere alcun effetto, non solo perché queste parti non si muovono affatto con la stessa velocità del resto della materia del primo elemento, ma soprattutto perché sono di dimensioni molto ridotte rispetto a quelle del secondo elemento; per cui sarebbe impossibile che esse potessero generare luce. Inoltre, le forze che escono da questo astro non possono avere più effetto nel spingere la materia celeste verso i poli di quanto ne abbiano quelle che provengono dai poli e la respingono contemporaneamente verso tale astro.
111
Come può accadere che una nuova stella appaia improvvisamente nel cielo?
Mais cela n’empêche pas que la matière du second élément qui est autour de cet astre et compose le tourbillon AYBM ne retienne la force dont elle pousse de tous côtés les autres tourbillons qui l’environnent ; et même, encore que peut-être cette force soit trop petite pour faire sentir de la lumière à nos yeux, dont je suppose que ce tourbillon est fort éloigné, elle peut néanmoins être assez grande pour prévaloir à celle des autres tourbillons voisins de celui-ci, en sorte qu’il les presse plus fort qu’il n’est pressé par eux, ensuite de quoi il faudrait que l’astre I devînt plus grand qu’il n’est, s’il n’était point borné de tous côtés par la tache defg. Car si nous pensons que maintenant AYBM est la circonférence du tourbillon I, nous devons aussi penser que la force dont les parties de sa matière qui sont vers cette circonférence tendent à passer plus outre et entrer en la place des autres tourbillons voisins, n’est ni plus ni moins grande, mais exactement égale à celle dont la matière de ces autres tourbillons tend à s’avancer vers I, parce qu’il n’y a aucune cause que la seule égalité de ces forces qui fasse que cette circonférence soit où elle est, et non point plus proche ni plus éloignée du point I. Que si après cela nous pensons, par exemple, que la force dont la matière du tourbillon O presse celle du tourbillon I diminue sans qu’il ;y ait rien de changé en celle des autres (et ceci peut arriver pour plusieurs causes, comme si sa matière s’écoule en quelqu’un des autres tourbillons qui le touchent, ou bien qu’il devienne couvert de taches, etc.), il faut, suivant les lois de la nature, que la circonférence du tourbillon I s’avance d’Y vers P ; ensuite de quoi il faudrait aussi que celle de l’astre devînt plus grande qu’elle n’est, si elle n’était point bornée par la tache defg, à cause que toute la matière de ce tourbillon s’éloigne le plus qu’elle peut du centre I ; mais parce que la taché defg ne permet pas que la grandeur de cet astre se change, il ne peut arriver ici autre chose sinon que les petites parties du second élément qui sont autour de cette tache s’écarteront les unes des autres, afin d’occuper plus de place qu’auparavant ; et elles peuvent ainsi un peu s’écarter, sans pour cela se séparer entièrement ni cesser d’être jointes à cette tache, ce qui n’y causera aucun changement remarquable, à cause que la matière du premier élément qui remplira tous les intervalles qui sont autour d’elles y sera tellement divisée qu’elle n’aura pas beaucoup de force. Mais s’il arrive qu’elles s’écartent si fort les unes des autres que la matière du premier élément qui les pousse en sortant de la tache, ou quelque autre cause que ce soit, ait la force de faire que quelques-unes cessent de toucher la superficie de cette tache, la matière du premier élément, qui remplira incontinent tout l’espace qui sera entre deux, y aura aussi assez de force pour en séparer encore quelques autres ; et parce que sa force augmentera d’autant plus qu’elle en aura ainsi séparé davantage de la superficie de cette tache, et que son action est extrêmement prompte, elle séparera presque en un instant toute la superficie de cette tache de celle du ciel, et, prenant son cours entre deux, elle tournera en même façon que celle qui compose l’astre I, pressant par ce moyen de tous côtés la matière du ciel qui l’environne, avec autant de force que ferait cet astre s’il n’était couvert d’aucune tache, et ainsi il paraîtra tout-à-coup avec une lumière fort éclatante.
112
Comment une étoile peut disparaitre peu à peu.
Or, si cette tache est si mince et si rare que la matière du premier élément prenant ainsi son cours sur sa superficie extérieure, la puisse dissoudre et dissiper, l’astre I ne disparaîtra pas aisément derechef, parce qu’il faudrait à cet effet qu’il se formât sur lui une nouvelle tache qui couvrît toute sa superficie. Mais, si elle est si épaisse que l’agitation de la matière du premier élément ne la dissipe point, elle la rendra tout au contraire plus dure et plus serrée en sa superficie extérieure ; et s’il arrive cependant que les causes qui ont fait auparavant que la matière du tourbillon O s’est reculée d’Y vers P soient changées, en sorte que, tout au contraire, elle s’avance peu à peu de P vers Y, ce qu’il y a du premier élément entre la tache degf et le ciel diminuera et se couvrira de plusieurs autres taches qui obscurciront peu à peu sa lumière ; puis, si cela continue, elles la pourront enfin éteindre tout à fait , et même occuper entièrement l’espace qu’a rempli le premier élément entre la tache defg et le ciel xx : car les parties du second élément qui composent le tourbillon O, s’avançant de P vers Y, presseront toutes celles du tourbillon I qui sont en sa circonférence extérieure APBM, et ensuite aussi toutes celles de sa circonférence intérieure xx, lesquelles étant ainsi pressées et engagées dans les pores de l’air que j’ai dit se trouver autour de chaque astre feront que les parties cannelées, et autres des moins subtiles du premier élément qui sortent de l’astre I, n’entreront pas si librement que de coutume dans le ciel xx ; c’est pourquoi elles seront contraintes de se joindre les unes aux autres, et de composer des taches, lesquelles occupant enfin tout l’espace qui était entre defg et xx y feront comme une nouvelle écorce, au-dessus de la première qui couvre l’astre I.
113
Que les parties cannelées se font plusieurs passages en toutes les taches.
Et il peut, par succession, de temps se former en même façon plusieurs autres telles écorces sur ce même astre, touchant lesquelles on peut ici remarquer par occasion que les parties cannelées se font des passages par où elles peuvent suivre leur cours sans interruption au travers de toutes ces taches, ainsi qu’au travers d’une seule ; car, à cause qu’elles ne sont composées que de la matière du premier élément, elles sont fort molles en leur commencement et laissent passer aisément ces parties cannelées, qui, continuant toujours par après le même cours pendant que ces taches deviennent plus dures, empêchent que les chemins qu’elles se sont faits ne se bouchent : mais il n’en est pas de même de l’air qui environne les astres ; car, bien qu’étant composé du débris de ces taches, les plus grosses de ses parties retiennent encore quelques-unes des ouvertures que les parties cannelées y ont faites ; néanmoins, parce qu’elles obéissent aux mouvements de la matière du ciel qui est mêlée parmi elles, et ne sont pas toujours en une même situation, les entrées et sorties de ces ouvertures ne se rapportent pas les unes aux autres ; et ainsi les parties cannelées qui tendent à suivre leur cours en ligne droite ne peuvent que fort rarement les rencontrer.
114
Qu’une même étoile peut paraître et disparaître plusieurs fois.
Mais il peut aisément arriver qu’une même étoile nous paraisse et disparaisse plusieurs fois en la façon qui a été ici expliquée, et qu’à chaque fois qu’elle disparaîtra il se forme une nouvelle écorce de taches qui la couvre ; car ces changements alternatifs qui arrivent aux corps qui se meuvent sont fort ordinaires en la nature, en sorte que, lorsqu’un corps est poussé vers un lieu par quelque cause, au lieu de s’arrêter en ce lieu-là lorsqu’il y est parvenu, il a coutume de passer outre, jusqu’à ce qu’il soit repoussé vers le même lieu par une autre cause. Ainsi, pendant qu’un poids attaché à une corde est emporté de travers par la force de sa pesanteur vers la ligne qui joint le centre de la terre avec le point duquel pend cette corde, il acquiert une autre force qui lui fait continuer son mouvement au-delà de cette ligne vers le côté opposé à celui d’où il a commencé à se mouvoir, jusqu’à ce que sa pesanteur ayant surmonté cette autre force, le fasse retourner, et en retournant il acquiert derechef une autre force qui le fait passer au-delà de cette même ligne : ainsi, lorsqu’on a mû un vaisseau, quoiqu’on l’ait seulement poussé vers un côté, la liqueur qui est contenue dedans va et revient plusieurs fois vers les bords de ce vaisseau, avant que de s’arrêter ; et ainsi, parce que tous les tourbillons qui composent les cieux sont à peu près égaux en force, et comme balancés entre eux, si la matière de quelques-uns sort de cet équilibre (comme je suppose que fait ici celle des tourbillons O et I), elle peut avancer et reculer plusieurs fois de P vers Y, et d’Y vers P avant que ce mouvement soit arrêté.
115
Que quelquefois tout un tourbillon peut être détruit.
But this does not prevent the matter of the second element that surrounds this star and constitutes the AYBM vortex from retaining the force that it exerts in all directions upon the surrounding vortexes; indeed, even if this force may be too weak to produce light for our eyes—assuming that this vortex is quite distant from us—it could still be sufficient to overcome the forces of nearby vortexes, causing it to press them more strongly than they press it. Consequently, the star I would have to become larger than it currently is, were it not bounded on all sides by the defg region. For if we consider that AYBM now constitutes the perimeter of vortex I, then the force exerted by the parts of its matter located near this perimeter, tending to extend beyond and replace the surrounding vortexes, must be exactly equal to the force exerted by those surrounding vortexes toward I. There is no other reason why this perimeter lies where it does, rather than being closer or farther from point I. Moreover, if we assume that the force exerted by vortex O on vortex I decreases while the forces of the other vortexes remain unchanged (which could happen for various reasons, such as if the matter of vortex O flows into one of the surrounding vortexes or if it becomes covered with certain regions), then, according to the laws of nature, the perimeter of vortex I would have to move from Y toward P. Consequently, the star’s size would also have to increase, were it not constrained by the defg region, as all its matter would strive to move as far away from center I as possible. However, since the presence of the defg region prevents any change in the star’s size, the only outcome would be that the small portions of the second element surrounding this region would spread out slightly, occupying more space than before. They could do so without completely separating or losing their connection to this region, and such a change would not be significant, since the matter of the first element filling in the intervening spaces would be so dispersed that it would possess little force. But if it should happen that they separate so far from each other that the substance of the first element that pushes them out from the spot, or some other cause whatever, is able to make some of them cease to touch the surface of that spot, then the substance of the first element, which will immediately fill in all the space between them, will also have enough force to separate yet more of them. And since its power will increase even more the more it separates them from the surface of that spot, and since its effect is extremely rapid, it will almost instantly separate the entire surface of that spot from the surrounding sky. By flowing between these two areas, it will behave in just the same way as the substance that constitutes the star I; pressing upon the surrounding sky on all sides with such force that, if this star were not covered by any spots, it would emit extremely bright light.
112
How a star can gradually disappear.
Or, if this spot is so thin and so rare that the material of the first element, as it flows across its outer surface, is able to dissolve and disperse it, the star I will not disappear immediately, for in order for that to happen, a new spot would have to form on its entire surface. But if this spot is too dense, so that the agitation of the material of the first element cannot disperse it, it will instead make that material harder and denser on its outer surface. And if, however, the circumstances that previously caused the material of the vortex O to move from Y towards P should change, so that it moves in the opposite direction, gradually moving from P towards Y, then the amount of the first element between the spot defg and the sky will decrease, and it will be covered by several other spots that will gradually dim its light. If this continues, these new spots may eventually completely extinguish its light and even occupy the entire space that was previously occupied by the first element between defg and xx. For the parts of the second element that make up the vortex O, as they move from P towards Y, will press against all those parts of the vortex I that are on its outer circumference APBM, and later also against those on its inner circumference xx. As a result, these compressed parts, being squeezed into the pores of the air that surround each star, will prevent the more subtle parts of the first element that emerge from the star I from entering the sky xx as freely as they usually do. Therefore, these parts will be forced to combine with one another and form new spots, which will eventually occupy the entire space between defg and xx, creating a sort of new “skin” over the original layer that covers the star I.
113
That the grooved parts create multiple pathways throughout all the areas.
And it is possible, over time, for several such layers to form successively on the same star. Observing these layers, one can notice that the channel-like structures within them create passages through which they can continue flowing uninterrupted, both across these various layers and even through a single one. Since these channels are composed solely of the material of the first element, they remain very soft at their beginning, allowing such passages to form easily. As these channels continue to flow in the same direction while the surrounding material becomes harder, they prevent these pathways from becoming blocked. However, this is not the case with the air surrounding the stars. Although it is composed of the debris from these layers, its larger particles still retain some of the openings created by those channel-like structures. Nevertheless, because this air moves in accordance with the movements of the celestial matter mixed within it and is not always in the same state, the entrances and exits of these openings do not align with each other. As a result, the channel-like structures that attempt to flow in a straight line can very rarely find such passages to follow.
114
The same star can appear and disappear several times.
But it is quite possible that the same star may appear and disappear several times in the manner explained here; and every time it disappears, a new layer of spots forms to cover it. For such alternating changes are quite common in nature among moving bodies. Thus, when a body is propelled toward a certain place by some cause, instead of stopping there once it has reached it, it usually continues on its way until it is pushed back in the same direction by another force. For instance, when a weight attached to a string is pulled horizontally by its own weight toward the line connecting the center of the earth with the point where the string is suspended, it acquires another force that causes it to continue moving beyond that line in the opposite direction to its initial motion. Once its weight overcomes this opposing force, it returns; and on its return, it gains another force that pushes it beyond that same line again. Hence, when a ship is set in motion, even if it is only pushed to one side, the liquid inside it will move back and forth several times against the sides of the ship before coming to rest. Similarly, because all the whirlpools in the heavens are more or less equal in strength and are balanced among themselves, if the balance of some of them is disrupted (as I suppose happens here with the whirlpools O and I), their motion may cause them to advance and retreat several times from P to Y, and from Y to P, before finally coming to a stop.
115
That sometimes an entire whirlwind can be destroyed.
Ma ciò non impedisce che la materia del secondo elemento che circonda quest’astro e costituisce il vortice AYBM conservi quella forza con cui spinge da tutte le parti gli altri vortici che la circondano; anzi, anche se forse questa forza è troppo debole per far sì che i nostri occhi possano percepire della luce proveniente da questo vortice, che presumo sia molto lontano da noi, essa può comunque essere sufficientemente potente da prevalere su quella degli altri vortici vicini a esso, tanto da spingerli con maggiore forza di quanto essi spingano lei stessa. Di conseguenza, l’astro I dovrebbe diventare più grande di quanto non sia attualmente, se solo non fosse delimitato su tutti i lati dalla macchia defg. Poiché se riteniamo che attualmente AYBM costituisca la circonferenza del vortice I, dobbiamo anche considerare che la forza con cui le parti della sua materia orientate verso questa circonferenza tendono a spingersi oltre e a sostituire gli altri vortici vicini non è né maggiore né minore, ma esattamente uguale a quella con cui la materia di questi altri vortici tende ad avvicinarsi a I; poiché non esiste alcuna ragione, se non l’equilibrio tra queste forze, che possa spiegare perché questa circonferenza si trovi proprio in quel luogo e non più vicina o più lontana dal punto I. Se poi consideriamo, ad esempio, che la forza con cui la materia del vortice O spinge quella del vortice I diminuisca, senza che ciò influisca in alcun modo su quella degli altri vortici (e questo può accadere per diverse ragioni, come se la sua materia si riversasse in uno di quegli altri vortici con cui è a contatto, o se venisse coperta da macchie, ecc.), allora, secondo le leggi della natura, la circonferenza del vortice I dovrebbe spostarsi da Y verso P; di conseguenza, anche l’astro I dovrebbe diventare più grande di quanto non sia attualmente, se solo non fosse delimitato dalla macchia defg, poiché tutta la materia di questo astro tenderebbe a allontanarsi il più possibile dal centro I. Tuttavia, poiché la macchia defg impedisce che le dimensioni di questo astro cambino, l’unica conseguenza possibile è che le piccole parti del secondo elemento presenti intorno a questa macchia si allontanino le une dalle altre, occupando così più spazio di prima; esse possono quindi allontanarsi leggermente, senza però separarsi completamente o smettere di essere collegate a quella macchia, il che non causerebbe alcun cambiamento significativo, poiché la materia del primo elemento che riempirà tutti gli spazi intorno a loro sarà così distribuita da non possedere molta forza. Ma se dovesse accadere che queste particelle si allontanassero l’una dall’altra a tal punto che la materia del primo elemento che le spinge al momento della loro separazione, o qualsiasi altra causa, abbia la forza di far sì che alcune di esse smettano di toccare la superficie di quella macchia, allora la materia del primo elemento, occupando immediatamente tutto lo spazio interposto tra queste particelle, disporrà anche di sufficiente forza per separarne altre ancora; e poiché la sua forza aumenterà ulteriormente man mano che ne separerà sempre più dalla superficie della macchia, e dato che il suo agire è estremamente rapido, in un istante separerebbe l’intera superficie di quella macchia da quella del cielo; scorrendo quindi tra queste due parti, si muoverebbe nello stesso modo di quel corpo celeste che costituisce l’astro I, spingendo da tutti i lati la materia celeste che lo circonda con una forza tale da equivalere a quella di quell’astro se non fosse coperto da alcuna macchia; e così, all’improvviso, apparirebbe con una luce estremamente intensa.
112
Come una stella possa scomparire gradualmente.
Ora, se questa macchia è così sottile e rara che il materiale del primo elemento, scorrendo sulla sua superficie esterna, possa dissolverla e dissiparla, l’astro I non scomparirà immediatamente, poiché per farlo sarebbe necessario che su di esso si formasse una nuova macchia che coprisse tutta la sua superficie. Ma se questa macchia è così densa che l’agitazione del materiale del primo elemento non riesce a dissolverla, essa lo renderà invece ancora più duro e compatto sulla sua superficie esterna. E se poi le cause che in precedenza avevano fatto sì che il materiale del vortice O si ritirasse da Y verso P cambiano, facendo sì che esso avanzi gradualmente da P verso Y, la quantità di primo elemento situata tra la macchia defg e il cielo diminuirà e verrà coperta da molte altre macchie che gradualmente oscureranno la sua luce. E se questa tendenza continua, queste nuove macchie potranno infine estinguerla del tutto, occupando completamente lo spazio che in precedenza era occupato dal primo elemento tra la macchia defg e il cielo xx. Poiché le parti del secondo elemento che compongono il vortice O, avanzando da P verso Y, comprimeranno tutte quelle del vortice I situate sulla sua superficie esterna APBM, e in seguito anche quelle della sua superficie interna xx; queste ultime, essendo così pressate e coinvolte nei pori dell’aria che circondano ogni astro, impediranno alle parti meno dense del primo elemento di entrare liberamente nel cielo xx. Per questo motivo, tali parti saranno costrette a unirsi tra loro, formando nuove macchie che, occupando completamente lo spazio precedentemente occupato dal primo elemento, creeranno una sorta di nuova “corteccia” sopra quella che già ricopre l’astro I.
113
Che le parti canulate realizzino diversi passaggi in tutte le aree interessate.
E, attraverso il passare del tempo, su lo stesso astro possono formarsi, in modo analogo, molte altre “scorie” simili; si può notare che le parti cannelate presenti in queste scorie creano dei passaggi attraverso i quali esse possono proseguire il proprio corso senza interruzioni, sia attraverso tutte queste macchie che attraverso una singola di esse. Poiché tali parti sono composte unicamente dalla materia dell’elemento primordiale, all’inizio sono molto morbide e permettono facilmente il passaggio di queste strutture cannelate; in seguito, però, poiché queste macchie diventano più dure, tali passaggi non vengono più ostruiti. Tuttavia, l’aria che circonda gli astri è diversa: sebbene sia composta dai detriti di queste macchie, le sue parti più grandi conservano ancora alcune delle aperture create dalle strutture cannelate; tuttavia, poiché queste parti seguono i movimenti della materia celeste che è mescolata al loro interno e non si trovano sempre nella stessa posizione, gli ingressi e gli usciti di queste aperture non corrispondono necessariamente tra loro; di conseguenza, le strutture cannelate che tendono a seguire un percorso rettilineo riescono molto raramente a incontrarsi con tali aperture.
114
Una stessa stella può apparire e scomparire più volte.
Ma può facilmente accadere che una stessa stella ci appaia e scompaia più volte nel modo qui spiegato; ogni volta che scompare, si forma una nuova “crosta” di macchie che la ricopre. Infatti, questi cambiamenti alternativi che avvengono nei corpi in movimento sono molto comuni nella natura: quando un corpo viene spinto verso un luogo da qualche causa, invece di fermarsi una volta raggiunto quel punto, ha l’abitudine di continuare il suo movimento oltre quella posizione, fino a quando non viene spinto nuovamente verso lo stesso luogo da un’altra causa. Ad esempio, quando un peso legato a una corda viene portato verso destra dalla forza della sua gravità lungo la linea che collega il centro della Terra al punto in cui pende la corda, acquisisce un’altra forza che lo fa continuare il suo movimento oltre quella linea, verso il lato opposto a quello da cui ha iniziato; quando poi la sua gravità supera questa nuova forza, il peso torna indietro, e nel tornare acquisisce nuovamente un’altra forza che lo spinge ancora oltre quella stessa linea. Allo stesso modo, quando si fa muovere una nave, anche se la si spinge soltanto verso un lato, il liquido contenuto al suo interno va avanti e indietro più volte lungo i bordi della nave prima di fermarsi; inoltre, poiché tutti i vortici che compongono il cielo hanno circa la stessa forza e sono come bilanciati tra loro, se la materia di alcuni di questi vortici esce da questo equilibrio (come presumo accada qui nei vortici O e I), può avanzare e retrocedere più volte da P verso Y, e da Y verso P, prima che questo movimento si arresti.
115
Che a volte un intero vortice possa essere distrutto.
Il peut arriver aussi qu’un tourbillon entier soit détruit par les autres qui l’environnent, et que l’étoile qui était en son centre passant en quelqu’un de ces autres tourbillons, se change en une comète ou en une planète. Car nous n’avons trouvé ci-dessus que deux causes qui empêchent ces tourbillons de se détruire les uns les autres, dont l’une, qui consiste en ce que la matière d’un tourbillon est empêchée de s’avancer vers un autre par ceux qui en sont plus proches, ne peut avoir heu en tous, parce que si, par exemple, la matière du tourbillon S est tellement pressée de part et d’autre par celle des tourbillons L et N, que cela l’empêche de s’avancer vers D plus qu’elle ne fait, elle ne peut être empêchée en même façon de s’avancer vers L ou vers N par celle du tourbillon D, ni d’aucuns autres, si ce n’est qu’ils soient plus proches de lui que ne sont L et N ; et ainsi cette cause n’a point lieu en ceux qui sont les plus proches. Pour l’autre, qui consiste en ce que la matière de l’astre qui est au centre de chaque tourbillon pousse continuellement celle de ce tourbillon vers les autres qui l’environnent, elle a véritablement lieu en tous les tourbillons dont les astres ne sont offusqués d’aucunes taches ; mais il est certain qu’elle cesse en ceux dont les astres sont entièrement couverts de ces taches, principalement lorsqu’il y en a plusieurs couches qui sont comme autant d’écorces l’une sur l’autre.
116
Comment cela peut arriver avant que les taches qui couvrent son astre soient fort épaisses.
Ainsi on peut voir que chaque tourbillon n’est point en danger d’être détruit pendant que l’astre qu’il a en son centre est sans taches ; mais que, lorsqu’il en est entièrement couvert, il n’y a que la façon dont ce tourbillon est situé entre les autres fort épaisses, qui fasse qu’il soit détruit par eux, plus tôt ou plus tard. A savoir, s’il est tellement situé qu’il fasse beaucoup d’empêchement au cours de la matière des autres tourbillons, il pourra être détruit par eux avant que les taches qui couvrent son astre aient le loisir de devenir fort épaisses ; mais, s’il ne les empêche pas tant, ils le feront diminuer peu à peu en attirant vers eux quelques parties de sa matière ; et cependant les taches qui couvrent l’astre qu’il a en son centre s’épaissiront de plus en plus, et il s’accumulera continuellement de nouvelle matière, non seulement en dehors en la façon ci-dessus expliquée, mais aussi en dedans autour d’elles. Par exemple, en cette figure le tourbillon N est tellement situé qu’il empêche manifestement davantage le cours du tourbillon S que ne fait aucun des autres qui l’environnent ; c’est pourquoi il sera facilement emporté par lui, sitôt que l’astre qu’il a en son centre, étant couvert de taches, n’aura plus de force pour lui résister ; et alors la circonférence du tourbillon S, qui est maintenant resserrée par la ligne courbe OPQ, s’étendra jusqu’à la ligne ORQ, parce qu’il emportera avec soi toute la matière qui est contenue entre ces deux lignes OPQ, ORQ, et lui fera suivre son cours, pendant que le reste de la matière qui composait le tourbillon N, à savoir celle qui est entre les lignes ORQ, OMQ, sera aussi emportée par les autres tourbillons voisins ; car rien ne saurait conserver le tourbillon N en la situation où je le suppose à présent, sinon la force de l’astre qui est en son centre, et qui, poussant de tous côtés la matière du second élément qui l’environne, la contraint de suivre son cours plutôt que celui des tourbillons d’alentour ; et cette force s’affaiblit, puis enfin se perd tout à fait , à mesure que cet astre se couvre de taches.
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Comment ces taches peuvent aussi quelquefois devenir fort épaisses avant que le tourbillon qui les contient soit détruit.
Mais en cette autre figure le tourbillon G est tellement situé entre les quatre SFGH, et les deux autres M et N, lesquels on doit concevoir au-dessus de ces quatre, que, bien qu’il s’amasse quantité de taches fort épaisses autour de l’astre qu’il a en son centre, il ne pourra toutefois être entièrement détruit pendant que les forces de ces six qui l’environnent seront égales. Car je suppose que les deux SF et le troisième M, qui est au-dessus d’eux, environ le point D, se meuvent chacun autour de son propre centre de D vers C, et que les trois autres GH, et le sixième N, qui est sur eux, se meuvent aussi chacun autour de son centre d’E vers G ; et enfin que le tourbillon C’est tellement environné de ces six qu’il n’en touche aucun autre, et que son centre est également distant de tous leurs centres, et que l’essieu autour duquel il se meut est en la ligne ED, au moyen de quoi les mouvements de ces sept tourbillons s’accordent fort bien ; et quelque quantité de taches qu’il puisse y avoir autour de l’astre C, en sorte qu’il ne lui reste que peu ou point de force pour faire tourner avec soi la matière du tourbillon qui l’environne, il n’y a aucune raison pour laquelle les six autres tourbillons puissent chasser cet astre hors de sa place pendant qu’ils sont tous six égaux en force.
118
En quelle façon elles sont produites.
Mais afin de savoir en quelle façon il a pu s’amasser fort grande quantité de taches autour de lui, pensons que son tourbillon a été au commencement aussi grand que chacun des six autres qui l’environnent, et que cet astre étant composé de la matière du premier élément qui venait en lui des trois tourbillons SFM par son pôle D, et des trois autres GHN par son autre pôle, et n’en ressortait par son écliptique, qui était vis-à-vis des points K et L, que pour rentrer en ces mêmes tourbillons, a été aussi fort grand, en sorte qu’il avait la force de faire tourner avec soi toute la matière du ciel comprise en la circonférence 1, 2, 3, 4, et ainsi d’en composer son tourbillon. Mais que l’inégalité et l’incommensurabilité des figures et grandeurs qu’ont les autres parties de l’univers, n’ayant pu permettre que les forces de ces sept tourbillons soient toujours demeurées égales, comme nous supposons qu’elles ont été au commencement, lorsqu’il est arrivé que le tourbillon C a eu tant soit peu moins de force que ses voisins, il y a eu quelque partie de sa matière qui a passé en eux, et cela s’est fait avec impétuosité, en sorte qu’il en est plus passé que la différence qui était entre sa force et la leur ne requérait ; c’est pourquoi il a dû repasser en lui un peu après quelque partie de la matière des autres, et ainsi par intervalles en passer derechef de lui en eux, et d’eux en lui plusieurs fois. Et parce qu’à chaque fois qu’il est ainsi sorti de lui quelque matière son astre s’est dû, couvrir d’une nouvelle écorce de taches, en la façon ci-dessus expliquée, ses forces se sont diminuées de plus en plus, ce qui a été cause qu’il est à chaque fois sorti de lui un peu plus de matière qu’il n’y en est rentré, jusqu’à ce qu’enfin il est devenu fort petit, ou même qu’il n’est rien du tout resté de lui, excepté l’astre qu’il avait en son centre ; lequel astre étant enveloppé de plusieurs taches, ne peut se mêler avec la matière des autres tourbillons, ni être chassé par eux hors de sa place, pendant que ces autres tourbillons sont entre eux à peu près d’égale force : mais cependant les taches qui l’enveloppent se doivent épaissir de plus en plus ; et enfin, si quelqu’un des tourbillons voisins devient notablement plus grand et plus fort que les autres, comme, par exemple, si le tourbillon H s’augmente tant qu’il étends sa superficie jusqu’à la ligne 5, 6, 7, alors il emportera facilement avec soi tout cet astre C, lequel ne sera plus liquide et lumineux, mais dur et obscur, ou opaque, ainsi qu’une comète ou une planète.
119
Comment une étoile fixe peut devenir comète ou planète.
It is also possible for an entire vortex to be destroyed by those surrounding it; and the star that was at its center, upon becoming one of these surrounding vortices, may transform into a comet or a planet. For we have only identified two reasons that prevent such vortices from destroying each other. The first reason—that the matter within a vortex is prevented from moving towards another by those vortices that are closer to it—cannot apply in all cases. For instance, if the matter within vortex S is so compressed on both sides by the matter of vortices L and N that this prevents it from moving towards D more than it otherwise would, then it cannot be prevented in the same way from moving towards L or N by the matter of vortex D, nor by any other vortex, unless those other vortices are closer to it than L and N; hence, this reason does not apply in those cases where the surrounding vortices are the closest. As for the second reason—that the matter of the star at the center of each vortex continuously pushes that vortex’s matter towards the surrounding vortices—it certainly applies in all vortices whose stars are not obscured by any imperfections; but it is certain that this effect ceases to exist in those vortices whose stars are completely covered by such imperfections, especially when there are multiple layers of these imperfections, one atop another.
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How can such a thing happen before the spots covering his star become too thick?
Thus, it can be seen that each vortex is not in danger of being destroyed so long as the star at its center remains spotless; but once it is completely covered with spots, only the way in which that vortex is positioned among other, much denser vortexes determines whether it will be destroyed by them sooner or later. Specifically, if a vortex is situated in such a way that it significantly hinders the movement of the material surrounding it, it may be destroyed before the spots covering its central star have a chance to become sufficiently dense; whereas if it does not hinder them as much, they will gradually reduce its size by drawing some of its material toward themselves. Nevertheless, the spots covering the star at the center of the vortex will continue to thicken, and new material will continuously accumulate—not only on the outside, in the manner described above, but also inside, around those spots. For example, in this diagram, vortex N is positioned in such a way that it significantly hinders the movement of vortex S more than any of the other surrounding vortexes; therefore, it will be easily swept away by vortex S once the star at its center is covered with spots and no longer has the strength to resist it. At that point, the circumference of vortex S, which is currently confined by the curved line OPQ, will expand until it reaches the line ORQ, because vortex S will carry with it all the material contained between these two lines; meanwhile, the remaining material that originally constituted vortex N—i.e., the material located between lines ORQ and OMQ—will also be swept away by the surrounding vortexes. Indeed, nothing could maintain vortex N in its current position unless it were for the strength of the star at its center, which pushes the surrounding material in all directions, forcing it to follow the path of vortex N rather than that of the neighboring vortexes; but this force weakens over time, and eventually disappears entirely once the star’s surface becomes completely covered with spots.
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How is it that these spots can sometimes become extremely thick before the vortex that contains them is destroyed?
But in this other configuration, the vortex G is situated so closely between the four SFGHs and the two additional M and N, which must be imagined to be located above these four, that although it accumulates a considerable amount of dense matter around the star at its center, it cannot be completely destroyed as long as the forces exerted by these six surrounding elements remain balanced. For I assume that the two SFs and the third M, which are positioned above them and surround point D, each move around their own centers—from D towards C—and that the three other GHs and the sixth N, which are situated above them, also move around their own centers—from E towards G. Finally, since vortex C is completely surrounded by these six elements without touching any of them, and its center is equidistant from all of theirs, and since the axis around which it rotates lies on the line ED, the movements of these seven vortices are perfectly coordinated. No matter how much dense matter accumulates around star C, leaving it with little or no force to drive the surrounding vortex in motion, there is no reason why the other six vortices could not prevent this star from maintaining its position, given that they are all equally powerful.
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In what manner they are produced.
But in order to understand how it was able to accumulate such a large amount of matter around itself, let us assume that its initial vortex was as large as each of the six other surrounding vortexes. Since this celestial body was composed of matter originating from three SFM vortexes through its D pole and three GHN vortexes through its other pole, and only emerged along its ecliptic line—which lay opposite the points K and L—to re-enter those very vortexes, it must have possessed sufficient force to draw all the material within the circumferences 1, 2, 3, 4 into its own vortex. However, due to the inequality and incomensurability of the shapes and sizes of the various parts of the universe, it was impossible for the forces of these seven vortexes to remain constant throughout time, as we assume they were at the beginning. When the vortex C acquired slightly less strength than its neighbors, some of its matter flowed into them, and this process occurred with such intensity that more matter was transferred than the difference in their strengths would have required. As a result, some of the material from the other vortexes had to flow back into vortex C at intervals, and this exchange continued repeatedly. Each time matter left vortex C, it covered itself with new layers of matter, as explained above; consequently, its strength diminished progressively, causing more and more matter to be expelled than to re-enter. Eventually, it became extremely small, or perhaps nothing remained of it except for the central celestial body. This remaining body, being enveloped in multiple layers of matter, could neither mix with the material of other vortexes nor be forced out of its position by them, since these neighboring vortexes were roughly equal in strength. Nevertheless, the layers surrounding this central body would continue to thicken over time. Finally, if one of the neighboring vortexes grew significantly larger and stronger—for example, if vortex H expanded its area until it reached the lines 5, 6, 7—it would easily draw celestial body C into itself. At that point, body C would no longer be liquid and luminous but would become solid, dark, or opaque, resembling a comet or a planet.
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How a fixed star can become a comet or a planet.
È anche possibile che un intero vortice venga distrutto da quelli che lo circondano, e che la stella che si trovava al suo centro, passando in uno di questi altri vortici, si trasformi in una cometa o in un pianeta. Infatti, finora abbiamo individuato soltanto due cause che impediscono a questi vortici di distruggersi a vicenda; la prima consiste nel fatto che la materia di un vortice viene ostacolata dal movimento delle materie dei vortici più vicini, ma questa causa non può essere applicata in tutti i casi, poiché, ad esempio, se la materia del vortice S è così pressata da entrambi i lati dalle materie dei vortici L e N da non poter avanzare verso il vortice D più di quanto già non lo faccia, essa non può essere allo stesso modo ostacolata nel suo movimento verso L o N dalla materia del vortice D, né da quella di altri vortici, a meno che questi non siano più vicini di L e N; quindi questa causa non si applica nei casi in cui i vortici sono particolarmente vicini tra loro. La seconda causa, invece, consiste nel fatto che la materia dell’astro situato al centro di ogni vortice spinge continuamente quella del proprio vortice verso gli altri vortici circostanti; questa causa si verifica effettivamente in tutti i vortici i cui astri non sono oscurati da alcuna macchia, ma è certo che cessa nei casi in cui gli astri sono completamente coperti da tali macchie, soprattutto quando queste formano più strati sovrapposti l’uno all’altro.
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Come può accadere questo prima che le macchie che coprono il suo astro diventino molto dense?
Si può quindi osservare che ogni vortice non corre il rischio di essere distrutto finché l’astro al suo centro è privo di macchie; ma quando tale astro viene completamente ricoperto da macchie, soltanto la posizione del vortice all’interno di altri vortici molto più densi può determinarne la distruzione, prima o poi. In altre parole, se il vortice si trova in una posizione tale da ostacolare notevolmente il movimento della materia degli altri vortici, potrà essere distrutto da questi prima ancora che le macchie presenti sul suo astro abbiano la possibilità di diventare molto dense; al contrario, se non ostacola tanto il movimento degli altri vortici, questi ne attireranno gradualmente alcune parti, facendolo diminuire progressivamente. Tuttavia, le macchie che ricoprono l’astro centrale del vortice continueranno ad ispessirsi sempre di più, e nuova materia continuerà ad accumularsi non solo all’esterno, come spiegato sopra, ma anche all’interno stesso dei vortici. Ad esempio, nella figura qui presentata il vortice N si trova in una posizione tale da ostacolare notevolmente il movimento del vortice S rispetto agli altri vortici che lo circondano; per questo motivo verrà facilmente distrutto dal vortice S non appena l’astro al suo centro, essendo ricoperto di macchie, perderà la capacità di resistergli. In quel caso, il raggio del vortice S, attualmente ridotto dalla linea curva OPQ, si estenderà fino alla linea ORQ, poiché il vortice S porterà con sé tutta la materia situata tra queste due linee; al contempo, la restante materia che componeva il vortice N verrà attirata dai vortici vicini. Infatti, nulla potrebbe mantenere il vortice N nella posizione in cui lo immagino ora, se non la forza dell’astro centrale, che spinge da tutte le parti la materia del secondo elemento che lo circonda, costringendola a seguire il proprio movimento piuttosto che quello dei vortici vicini; ma questa forza si indebolisce progressivamente, fino a scomparire del tutto non appena l’astro centrale viene ricoperto da macchie.
117
Come mai queste macchie possono talvolta diventare molto dense prima che il vortice che le contiene venga distrutto?
Ma in questa seconda configurazione, il vortice G si trova esattamente tra i quattro SFGH e gli altri due M e N, che devono essere concepiti al di sopra di questi quattro; pertanto, anche se si accumula una grande quantità di materia densa intorno all’astro al suo centro, esso non potrà comunque essere completamente distrutto finché le forze di questi sei elementi che lo circondano rimarranno uguali. Infatti, ipotizzo che i due SF e il terzo M, situati al di sopra di loro e intorno al punto D, si muovano ciascuno attorno al proprio centro, da D verso C; che gli altri tre GH e il sesto N, situati sopra di essi, si muovano anch’essi ciascuno attorno al proprio centro, da E verso G; e infine che il vortice C sia completamente circondato da questi sei elementi, senza toccarne nessun altro, e che il suo centro disti ugualmente da tutti i loro centri. L’asse attorno al quale si muove il vortice C si trova sulla linea ED; per questo motivo, i movimenti di questi sette vortici sono perfettamente coordinati tra loro. Anche se intorno all’astro C si accumuli una grande quantità di materia, tanto da lasciargli pochissima o nessuna forza per far ruotare con sé la materia del vortice che lo circonda, non esiste alcun motivo per cui gli altri sei vortici possano spingere quest’astro fuori dalla sua posizione, dato che tutti e sei hanno uguali forze.
118
In che modo vengono prodotte.
Ma per comprendere in che modo questo astro abbia potuto accumulare una così grande quantità di macchie attorno a sé, pensiamo che il suo vortice fosse all’inizio delle stesse dimensioni di ciascuno degli altri sei vortici che lo circondavano. Questo astro era composto dalla materia del primo elemento: una parte proveniva dai tre vortici SFM attraverso il suo polo D, un’altra parte dai tre vortici GHN attraverso l’altro suo polo; e usciva dalla sua orbita, che si trovava di fronte ai punti K e L, solo per rientrare nuovamente in questi stessi vortici. Tuttavia, a causa delle disuguaglianze e delle differenze nelle dimensioni delle altre parti dell’universo, non era possibile che le forze di questi sette vortici rimanessero sempre uguali, come supponiamo fosse all’inizio. Quando è successo che il vortice C avesse una forza leggermente inferiore a quella dei suoi vicini, parte della sua materia si è trasferita in loro; questo processo è avvenuto con grande rapidità, tanto che ne è passata più di quanto fosse necessario per compensare la differenza di forza. Per questo motivo, dopo un po’ parte della materia degli altri vortici è tornata nel vortice C, e così via, in modo ripetuto. Ogni volta che una parte della materia usciva dal vortice C, quest’astro si ricopriva di nuove macchie; di conseguenza, le sue forze diminuivano sempre di più, fino a quando non ne è uscita una quantità tale da far sì che l’astro stesso diventasse molto piccolo, o addirittura scomparisse del tutto, lasciando solo l’astro centrale. Questo astro, essendo avvolto da molte macchie, non poteva mescolarsi con la materia degli altri vortici né essere spinto via dal loro campo di forza; tuttavia, le macchie che lo circondavano continuavano ad ispessirsi sempre di più. Infine, se uno dei vortici vicini diventava significativamente più grande e potente degli altri – ad esempio, se il vortice H si espandeva fino alla linea 5, 6, 7 – allora avrebbe facilmente trascinato con sé l’astro C, che non sarebbe più stato liquido e luminoso, ma duro e oscuro, simile a una cometa o a un pianeta.
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Come può una stella fissa trasformarsi in cometa o pianeta?
Maintenant il faut que nous considérions de quelle façon se doit mouvoir cet astre lorsqu’il commence à être ainsi emporté par le cours de quelqu’un des tourbillons qui lui sont voisins. Il ne doit pas seulement se mouvoir en rond avec la matière de ce tourbillon, mais aussi être poussé par elle vers le centre de ce mouvement circulaire, pendant qu’il a en soi moins d’agitation que les parties de cette matière qui le touchent. Et parce que toutes les petites parties de la matière qui compose un tourbillon ne sont pas égalés ni en agitation, ni en grandeur, et que leur mouvement est plus lent selon qu’elles sont plus éloignées de la circonférence jusqu’à un certain endroit au-dessous duquel elles se meuvent plus vite, et sont plus petites selon qu’elles sont plus proches du centre, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, si cet astre est si solide que, devant que d’être descendu jusqu’à l’endroit où sont les parties du tourbillon qui se meuvent le plus lentement de toutes, il ait acquis autant d’agitation qu’en ont celles entre lesquelles il se trouvera, il ne descendra point plus bas vers le centre de ce tourbillon, mais, au contraire, il montera vers sa circonférence, puis passera de là dans un autre, et ainsi sera changé en une comète. Au lieu que s’il n’est pas assez solide pour acquérir tant d’agitation, et que pour ce sujet il descende plus bas que l’endroit où les parties du tourbillon se meuvent le moins vite, il arrivera jusqu’à quelque autre endroit entre celui-ci et le centre, où étant parvenu il ne fera plus que suivre le cours de la matière qui tourne autour de ce centre, sans monter ni descendre davantage, et alors il sera changé en une planète.
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Comment se meut cette étoile lorsqu’elle commence à n’être plus fixe.
Pensons, par exemple, que la matière du tourbillon AEIO commence maintenant à emporter avec soi l’astre N, et voyons vers où elle doit le conduire. Puisque toute cette matière se meut autour du centre S, il est certain qu’elle tend à s’en éloigner, suivant ce qui a été dit ci-dessus, et par conséquent que celle qui est à présent vers O, en tournant par R vers Q, doit pousser cet astre en ligne droite d’N vers S, et, par ce moyen, le faire descendre vers là ; car, considérant ci-après la nature de la pesanteur, ou connaîtra que lorsqu’un corps est ainsi poussé vers le centre du tourbillon dans lequel il est, on peut dire proprement qu’il descend. Or cette matière du ciel qui est vers O, doit ainsi faire descendre cet astre au commencement, lorsque nous ne concevons point qu’elle lui donne encore aucune autre agitation : mais parce que, l’environnant de toutes parts, elle l’emporte aussi circulairement avec soi d’N vers A, cela lui donne incontinent quelque force pour s’éloigner du centre S ; et ces deux forces étant contraires, c’est selon qu’il est plus ou moins, solide que l’une a plus d’effet que l’autre ; en sorte que s’il a fort peu de solidité il doit descendre fort bas vers S, et s’il en a beaucoup, il ne doit que fort peu descendre au commencement, puis incontinent après remonter, et s’éloigner du centre S.
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Ce que j’entends par la solidité des corps et par leur agitation.
J’entends ici par la solidité de cet astre la quantité de la matière du troisième élément dont les taches et l’air qui l’environnent sont composés, en tant qu’elle est comparée avec l’étendue de leur superficie et la grandeur de l’espace qu’occupe cet astre ; car la force dont la matière du tourbillon AEIO l’emporte circulairement autour du centre S doit être estimée par la grandeur des superficies qu’elle rencontre en l’air ou aux taches de cet astre, à cause que, d’autant plus que ces superficies sont grandes, il y a d’autant plus grande quantité de cette matière qui agit contre lui. Mais la force dont cette même matière le fait descendre vers S doit être mesurée par la grandeur de l’espace qu’il occupe, à cause que, bien que toute la matière qui est dans le tourbillon AEIO fasse effort pour s’éloigner d’S, ce n’est pas toutefois toute cette matière, mais seulement celles de ses parties qui montent en la place de l’astre N lorsqu’il descend, et qui par conséquent sont égales en grandeur à l’espace qu’il quitte, lesquelles agissent contre lui ; enfin, la force que cet astre acquiert de ce qu’il est transporté circulairement autour du centre S par la matière du ciel qui le contient, cette force, dis-je, qu’il acquiert pour continuer à être ainsi transporté, ou bien à se mouvoir, qui est ce que j’appelle son agitation, ne doit pas être mesurée par la grandeur de sa superficie ni par la quantité de toute la matière dont il est composé, mais seulement par ce qu’il y a en lui ou autour de lui de la matière du troisième élément dont les petites parties se soutiennent et demeurent jointes les unes aux autres : car pour la matière qui appartient au premier ou bien au second élément, d’autant qu’elle sort continuellement hors de cet astre, et qu’il y en entre d’autre en sa place, cette nouvelle matière ne peut pas retenir la force de l’agitation qui a été mise en celle à qui elle succède, outre qu’il n’avait peut-être été mis aucune nouvelle agitation en celle-là ; mais le mouvement qu’elle avait d’ailleurs avait peut-être été seulement déterminé à se faire vers certain côté plutôt que vers d’autres, et cette détermination peut être continuellement changée par diverses causes.
122
Ce que j’entends par la solidité des corps et par leur agitation.
Ainsi nous voyons sur cette terre que des pièces d’or, de plomb, ou d’autre métal, conservent bien plus leur agitation, et ont beaucoup plus de seulement de force à continuer leur mouvement lorsqu’elles sont une fois ébranlées que n’ont des pièces de bois ou des pierres de même grandeur et de même figure ; ce qui fait que nous jugeons qu’elles sont plus solides, c’est-à-dire que ces métaux ont en eux plus de la matière du troisième élément, et moins de pores qui soient remplis de celle du premier ou du second. Mais une boule pourrait être si petite, que, encore qu’elle fut d’or, elle aurait moins de force à continuer son mouvement qu’une autre beaucoup plus grosse qui ne serait que de bois ou de pierre ; et on pourrait aussi donner telle figure à un lingot d’or qu’une boule de bois plus petite que lui serait capable d’une plus grande agitation, à savoir si on le tirait en filets fort déliés, ou si on le battait en feuilles fort minces, ou si on le rendait plein de pores, ou petits trous semblables à ceux d’une éponge, ou enfin si en quelque autre façon que ce soit on lui faisait avoir plus de superficie, à raison de la quantité de sa matière, que n’en a cette boule de bois.
123
Comment les petites boules du second élément peuvent avoir plus de solidité que tout le corps d’un astre.
Et il peut arriver en même façon que l’astre N ait moins de solidité ou moins de force pour continuer son mouvement que les petites boules du second élément qui l’environnent, nonobstant qu’il soit fort gros et couvert de plusieurs écorces de taches : car ces petites boules sont aussi solides qu’aucun corps de même grandeur saurait être, d’autant que nous ne supposons point qu’il y ait en elles aucuns pores qui doivent être remplis de quelque autre matière, et que leur figure est sphérique, qui est celle qui contient le plus de matière sous une moindre superficie, ainsi que savent les géomètres. Et de plus, encore qu’il y ait beaucoup d’inégalité entre leur petitesse et la grandeur d’un astre, cela est récompensé, parce que ce n’est pas une seule de ces boules qui doit être ici comparée avec cet astre, mais une quantité de telles boules qui puisse occuper autant de place que lui : en sorte que pendant qu’elles tournent, avec l’astre N autour du centre S, et que ce mouvement circulaire leur donne, tant à elles qu’à cet astre, quelque force pour s’éloigner de ce centre, s’il arrive que cette force soit plus grande en cet astre seul qu’en toutes les petites boules jointes ensemble qui doivent occuper sa place en cas qu’il la quitte, il se doit éloigner de ce centre ; mais si au contraire il en a moins, il doit s’en approcher.
124
Comment elles peuvent aussi en avoir moins.
Now we must consider how this celestial body must move when it begins to be carried along by the course of one of the nearby whirlpools. It must not only move in a circular motion together with the material of that whirlpool, but also be propelled toward the center of this circular movement, since it itself contains less agitation than the parts of that material which come into contact with it. Moreover, since all the small portions of the material that make up a whirlpool are not equal in terms of either agitation or size, and their motion becomes slower as they move farther from the edge toward a certain point below which their movement speeds up again, and they become smaller as they approach the center—just as mentioned above—if this celestial body is solid enough to acquire as much agitation as the parts of the whirlpool surrounding it by the time it has descended to that level, it will not continue moving downward toward the center of the whirlpool. Instead, it will move upward toward its edge and then pass into another whirlpool, thereby transforming into a comet. On the other hand, if it is not solid enough to acquire such agitation, and as a result descends below the point where the parts of the whirlpool move most slowly, it will reach some other location between that point and the center. Once there, it will simply follow the course of the material circulating around that center, moving neither upward nor downward further, and at that point it will transform into a planet.
120
How does this star move when it begins to cease being fixed in position?
For instance, let us consider that the matter comprising the vortex AEIO is now beginning to carry the star N along with it; let us see where this movement must lead it. Since all this matter moves around the center S, it is certain that it tends to move away from it, as has been explained above. Consequently, that portion of the matter which is currently located near O, by moving through R towards Q, must push this star in a straight line from N towards S, thereby causing it to descend in that direction. Moreover, considering the nature of gravity, one can say that when a body is pushed in this manner towards the center of the vortex within which it befinds itself, it indeed descends. Now, the matter in the sky that is located near O must cause this star to descend initially; at this stage, we assume that it is not yet exerting any other forces upon it. However, since this matter surrounds the star on all sides and carries it along in a circular motion from N towards A, it immediately imparts some force upon the star, causing it to move away from the center S. Since these two forces are opposite in direction, the greater the solidity of the star, the more effective one of these forces will be; consequently, if the star has very little solidity, it will descend quite far towards S. On the other hand, if it possesses considerable solidity, it will descend only slightly at first, then immediately begin to rise again and move away from the center S.
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What I mean by the solidity of bodies and their state of agitation.
By the solidity of this star, I mean the amount of matter belonging to the third element from which its spots and the surrounding air are composed, as measured in relation to the extent of its surface and the volume of space it occupies. For the force with which the matter within the vortex AEIO circulates around the center S must be assessed by the size of the areas it encounters within the star’s air or spots; indeed, the greater these areas are, the greater the amount of this matter that exerts a force upon the star. However, the force with which this same matter draws the star toward S should be measured by the volume of space it occupies, because although all the matter within the vortex AEIO strives to move away from S, not all of it does so; only those portions that rise to replace the star N when it descends—and therefore are equal in volume to the space it vacates—exert this force. Lastly, the force acquired by the star as a result of being continuously propelled around the center S by the matter of the heavens surrounding it—this force, which enables it to continue in this motion or agitation—should not be measured by the size of its surface or the total amount of matter it contains, but only by that portion of the third-element matter within or surrounding it whose tiny particles remain firmly bound together. For the matter belonging to the first or second element, since it constantly exits the star and is replaced by new matter, this new substance cannot retain the force of agitation previously possessed by the departing matter; moreover, the motion inherent in the new substance may merely be directed in one direction rather than another, and such directionality can change continuously under various influences.
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What I mean by the solidity of bodies and their state of agitation.
Thus, we observe on this earth that pieces of gold, lead, or other metals retain much more of their ability to move and possess greater strength to continue their motion once set in motion than pieces of wood or stone of the same size and shape; this is why we consider them to be harder or more solid—meaning that these metals contain a greater proportion of the substance of the third element, and fewer pores filled with the substances of the first or second elements. However, a tiny gold ball, no matter how small, would possess less ability to move than a much larger piece made of wood or stone; moreover, it is possible to shape a piece of gold in such a way that a smaller wooden ball would be more capable of moving—whether by weaving it into very fine threads, beating it into thin sheets, making it porous, or creating tiny holes similar to those in a sponge. In short, any method that increases its surface area relative to the amount of its substance would result in the metal having greater mobility.
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How can those small spheres of the second element possess more solidity than the entire body of a celestial body?
And it is possible that the star N possess less solidity or less strength to continue its motion than those small spheres of the second element surrounding it, even though it is very large and covered with numerous layers of various substances. For these small spheres are as solid as any body of the same size could possibly be; moreover, we assume that they contain no pores that would need to be filled with some other material, and their shape is spherical—which is indeed the form that contains the greatest amount of matter in the smallest possible volume, as mathematicians know. Furthermore, even though there is a great disparity between the tiny size of these spheres and the immense size of the star N, this discrepancy is compensated for. For it is not a single one of these spheres that is being compared to the star N, but rather a large number of such spheres combined, which together occupy the same amount of space as the star N. Therefore, as these spheres rotate along with the star N around the center S, and this circular motion provides both them and the star N with the force necessary to move away from this center, if the star N possesses more strength than all these small spheres combined when it attempts to move away from the center, then it will indeed move away; but if it possesses less strength, then it will move towards the center.
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How is it possible that some of them have even less?
Ora dobbiamo considerare in che modo questo astro debba muoversi quando viene trascinato dal corso di uno dei vortici vicini a lui. Non deve soltanto muoversi in cerchio insieme alla materia di quel vortice, ma deve anche essere spinto da essa verso il centro di tale movimento circolare, poiché possiede meno agitazione rispetto alle parti di quella materia che lo toccano. Poiché tutte le piccole parti della materia che compone un vortice non sono uguali né per agitazione né per dimensioni, e il loro movimento è più lento quanto più si trovano lontane dalla circonferenza; al contrario, diventa più veloce quanto più si avvicinano al centro, se questo astro fosse abbastanza solido da acquisire tanta agitazione quanto quella delle parti del vortice in cui si troverà, non scenderebbe mai verso il centro di quel vortice, ma salirebbe invece verso la sua circonferenza; da lì passerebbe in un altro vortice e, così facendo, si trasformerebbe in una cometa. Se, d’altra parte, non fosse abbastanza solido per acquisire tale quantità di agitazione, scenderebbe più in basso del punto in cui le parti del vortice si muovono più lentamente, arrivando così a un altro punto situato tra quel punto e il centro; una volta lì, seguirebbe semplicemente il movimento della materia che ruota attorno al centro, senza salire o scendere ulteriormente, e allora si trasformerebbe in un pianeta.
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Come si muove questa stella quando inizia a smettere di essere fissa.
Pensiamo, ad esempio, che la materia del vortice AEIO stia ora cominciando a trascinare con sé l’astro N, e vediamo verso dove dovrà condurlo. Poiché tutta questa materia si muove attorno al centro S, è certo che tende ad allontanarsene, secondo quanto detto in precedenza; pertanto, quella parte della materia che si trova attualmente verso O, girando attraverso R verso Q, dovrà spingere quest’astro in linea retta da N verso S, facendolo così scendere verso quel punto. Considerando la natura della gravità, si può affermare che quando un corpo viene spinto verso il centro di un vortice, effettivamente scende. Quindi, questa materia celeste che si trova verso O dovrà necessariamente far scendere quest’astro all’inizio del suo movimento, soprattutto se non gli impartisce altre forze che possano alterarne il percorso; ma poiché la materia lo circonda da tutte le parti e lo trascina con sé in un movimento circolare da N verso A, questo gli conferisce immediatamente una certa forza che lo spinge ad allontanarsi dal centro S. Poiché queste due forze sono opposte tra loro, il risultato dipenderà dalla solidità del corpo: se questa è scarsa, l’astro scenderà molto in basso verso S; se invece è elevata, all’inizio scenderà poco, per poi subito risalire e allontanarsi nuovamente dal centro S.
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Quello che intendo per solidità dei corpi e per il loro movimento.
Con il termine “solidità di questo astro” intendo qui la quantità di materia appartenente al terzo elemento di cui sono composte le macchie e l’aria che lo circondano, in relazione alla superficie totale di quest’astro e allo spazio che occupa. La forza con cui la materia del vortice AEIO si muove circolarmente attorno al centro S deve essere stimata in base alle superfici che questa materia incontra nell’aria o sulle macchie dell’astro stesso: più grandi sono queste superfici, maggiore è infatti la quantità di materia che agisce su di esse. D’altra parte, la forza con cui questa stessa materia spinge l’astro verso il centro S deve essere misurata in base allo spazio che occupa; tutta la materia presente nel vortice AEIO, infatti, cerca di allontanarsi dal centro S, ma non tutta essa agisce effettivamente su di esso: soltanto quella parte della materia che sale al posto dell’astro N quando quest’ultimo scende, e che quindi è equivalente allo spazio che abbandona. Infine, la forza che l’astro acquisisce a causa del movimento circolare attorno al centro S, dovuta alla materia celeste che lo contiene, non deve essere misurata in base alle dimensioni della sua superficie o alla quantità totale di materia di cui è composto, ma soltanto in relazione alla quantità di materia appartenente al terzo elemento, le cui piccole particelle rimangono unite tra loro. Per quanto riguarda la materia appartenente al primo o al secondo elemento, poiché questa continua a uscire dall’astro e ne entra altra al suo posto, questa nuova materia non può conservare la forza di movimento che era presente nella precedente; inoltre, il movimento stesso potrebbe essere soltanto orientato verso una direzione piuttosto che un’altra, e tale orientamento può cambiare continuamente a causa di diverse cause.
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Quello che intendo per solidità dei corpi e per il loro movimento.
Ecco quindi come vediamo su questa terra che pezzi d’oro, di piombo o di altri metalli conservano molto più a lungo il loro movimento e possiedono una forza maggiore per continuarlo, una volta messi in movimento, rispetto a pezzi di legno o pietre della stessa dimensione e forma; da questo deduciamo che tali metalli siano più solidi, cioè che contengano in sé una maggiore quantità della materia del “terzo elemento” e meno pori riempiti dalla materia del “primo” o del “secondo elemento”. Tuttavia, una piccolissima sfera d’oro potrebbe avere meno forza per continuare il suo movimento rispetto a un pezzo molto più grande fatto di legno o pietra; inoltre, si potrebbe dare a un lingotto d’oro una forma tale che una sfera di legno più piccola di esso possa mostrare un movimento maggiore, se quel lingotto viene trasformato in fili molto sottili, battuto fino a formare foglie estremamente sottili, reso pieno di pori o piccoli fori simili a quelli di una spugna, o comunque modificato in modo tale da avere una superficie maggiore rispetto a quella della sfera di legno, in base alla quantità di materia che contiene.
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Come possono le piccole sfere del secondo elemento avere una maggiore solidità rispetto all’intero corpo di un astro?
Ed è possibile che l’astro N abbia meno solidità o meno forza per continuare il suo movimento rispetto alle piccole sfere dell’altro elemento che lo circondano, nonostante sia molto grande e coperto da molteplici strati di macchie: perché queste piccole sfere sono infatti altrettanto solide quanto qualsiasi altro corpo della stessa dimensione potrebbe essere; inoltre, non si può supporre che contengano pori che debbano essere riempiti da qualche altra materia, e la loro forma è sferica, che è quella che permette di contenere più materia su una superficie minore, come sanno i geometri. Inoltre, anche se c’è molta disparità tra la loro piccolezza e la grandezza dell’astro N, questa disparità viene compensata: non è infatti una singola di queste piccole sfere a dover essere paragonata all’astro N, ma un certo numero di esse che possano occupare lo stesso spazio che lui; quindi, mentre ruotano insieme attorno al centro S, e questo movimento circolare conferisce loro, così come all’astro N, la forza necessaria per allontanarsi da quel centro, se questa forza è maggiore nell’astro N rispetto a tutte le piccole sfere messe insieme che dovrebbero occupare il suo stesso spazio in caso di separazione, allora l’astro N si allontanerà dal centro; al contrario, se questa forza è minore, si avvicinerà a esso.
124
Come possono anche loro averne di meno?
Et comme il se peut faire qu’il en ait moins, il se peut faire aussi qu’il en ait davantage, nonobstant qu’il n’y ait peut-être pas tant en lui de la matière du troisième élément, en laquelle seule consiste cette force, qu’il y en a de celle du second en autant de ces petites boules qu’il en faut pour occuper une place égale à la sienne ; dont la raison est, qu’étant séparées les unes des autres, et ayant divers mouvements, quoiqu’elles conspirent toutes ensemble pour agir contre lui, elles ne sauraient être si bien d’accord, qu’il n’y ait toujours quelque partie de leur force qui est divertie, et demeure en cela inutile ; mais au contraire, toutes les parties de la matière du troisième élément qui composent l’air et les taches de cet astre ne font ensemble qu’un seul corps qui se meut tout entier d’un même branle, et emploie ainsi toute sa force à continuer son mouvement vers un seul côté. Et c’est pour cette même raison que les pièces de bois et les glaçons qui sont emportés par le cours d’une rivière, ont beaucoup plus de force que son eau à continuer leur mouvement en ligne droite, ce qui fait qu’ils choquent avec plus d’impétuosité les détours de son rivage, et les autres obstacles qu’ils rencontrent, nonobstant qu’il y ait moins en eux de la matière du troisième élément, qu’il n’y en a en une quantité d’eau qui leur est égale en grosseur.
125
Comment quelques-unes en peuvent avoir plus et quelques-autres en avoir moins.
Enfin, il se peut faire qu’un même astre soit moins solide que quelques parties de la matière du ciel, et le soit plus que quelques autres qui seront un peu plus petites ; tant pour la raison que je viens d’expliquer, à savoir que les forces de plusieurs petites boules ne sont pas si unies que celles d’une plus grosse qui leur est égale ; comme aussi à cause que, bien qu’il y ait justement autant de la matière du second élément en toutes les boules qui occupent un espace égal à celui de, cet astre, lorsqu’elles sont fort petites, que lorsqu’elles sont plus grosses, toutefois les plus petites ont moins de force, à cause qu’elles ont plus de superficie, à raison de la quantité de leur matière ; et pour ce sujet elles peuvent plus facilement être détournées que les plus grosses, soit par la matière du premier élément qui est dans les recoins qu’elles laissent autour d’elles, soit par les autres corps qu’elles rencontrent.
126
Comment une comète peut commencer à se mouvoir.
Si donc maintenant nous supposons que l’astre N soit plus solide que les parties du second élément assez éloignées du centre S, et qui sont égales entre elles, il est vrai qu’il pourra d’abord être poussé vers divers côtés, et aller plus ou moins directement vers S, suivant la diverse disposition des autres tourbillons du voisinage desquels il s’éloignera, d’autant qu’ils peuvent le retenir ou le pousser en plusieurs façons ; à quoi contribuera aussi sa solidité, parce que d’autant plus qu’elle est grande, d’autant peut-elle aussi plus résister aux causes qui le détournent du premier chemin qu’il a pris. Mais néanmoins les tourbillons dont il est voisin ne le peuvent pousser au commencement avec beaucoup de force, vu que nous supposons qu’il est demeuré un peu auparavant au milieu d’eux sans changer de place, et par conséquent sans être poussé par eux d’aucun côté ; d’où il suit qu’il ne peut commencer à se mouvoir contre le cours du tourbillon AEIOQ, c’est-à-dire passer du lieu où il est vers les parties de ce tourbillon qui sont entre le côté de sa circonférence IO et le centre S, mais seulement vers l’autre côté, entre S et AQ ; et, en se mouvant ainsi, il doit enfin arriver en quelque lieu où la ligne, soit droite, soit courbe, que décrit son mouvement, touchera l’une des lignes circulaires que décrivent les parties du second élément en tournant autour du centre S, où, après être parvenu, il continuera son cours de telle sorte qu’il s’éloignera toujours de plus en plus du point S, jusqu’à ce qu’il sorte entièrement du tourbillon AEIO, et passe dans les limites d’un autre. Par exemple, s’il se meut au commencement suivant la ligne NC, lorsqu’il sera parvenu au point C, où cette ligne courbe NC touche le cercle que décrivent en ce lieu les parties du second élément qui tournent autour d’S, il commencera à s’éloigner de ce centre S suivant la ligne courbe C 2, laquelle passe entre ce cercle et la ligne droite qui le touche au point C : car, ayant été conduit jusqu’à C par la matière du second élément, plus éloignée d’S que celle qui est vers C, et qui par conséquent se mouvait plus vite, et avec cela étant plus solide qu’elle, ainsi que nous supposons, il ne peut manquer d’avoir plus de force à continuer son mouvement suivant la ligne droite qui touche ce cercle ; mais parce que, sitôt qu’il est au-delà du point C, il rencontre d’autre matière du second élément qui se meut un peu plus vite que celle qui est vers C, et qui tourne en rond comme elle autour du centre S, le mouvement circulaire de cette matière fait que cet astre se détourne quelque peu de la ligne droite qui touche le cercle au point C, et ce qu’elle a de vitesse plus que lui augmente la sienne, et est cause qu’il monte plus haut, et ainsi qu’il suit la ligne courbe Ca, laquelle s’écarte d’autant moins de la ligne droite qui touche le cercle, que cet astre est plus solide, et qu’il est venu d’N vers C avec plus de vitesse.
127
Comment les comètes contiennent leur mouvement
Pendant qu’il suit ainsi son cours vers la circonférence du tourbillon AEIO, il acquiert assez d’agitation pour avoir la force de passer au-delà et entrer dans un autre tourbillon, d’où il passe par après dans un autre, et continue ainsi son mouvement, touchant lequel il y a ici deux choses à remarquer. La première est que, lorsque cet astre passe d’un tourbillon dans un autre, il pousse toujours devant soi quelque peu de la matière de celui d’où il sort, et n’en peut être entièrement développé qu’il ne soit entré assez avant dans les limites de l’autre : par exemple, lorsqu’il sort du tourbillon AEIO et qu’il est vers 2, il se trouve encore environné, de la matière de ce tourbillon qui tourne autour de lui, et n’en peut être entièrement dégagé qu’il ne soit vers 3, dans le tourbillon AEY. L’autre chose qu’il faut remarquer est que le cours de cet astre décrit une ligne diversement courbée selon les divers mouvements des tourbillons par où il passe ; comme on voit ici que la partie de cette ligne 2, 3, 4 est courbée tout autrement que la précédente NC2, parce que la matière du tourbillon AEV tourne d’A par E vers V, et celle du tourbillon AEIO, d’A par E vers I ; et la partie de cette ligne 5, 6, 7, 8 est presque droite, parce que la matière du tourbillon où elle est tourne sur l’essieu XX. Au reste, les astres qui passent ainsi d’un tourbillon dans un autre sont ceux qu’on nomme des comètes, desquelles je tâcherai ici d’expliquer tous les phénomènes.
128
Quels sont leurs principaux phénomènes.
And since it is possible for him to contain less of this third-element matter—which is the very essence of that force—it is also possible for him to contain more of it. Even though there may not be as much of this third-element matter within him as there is of the second-element matter in those tiny particles needed to occupy a space equal to his own, the reason is that, since these particles are separated from each other and move in different directions, although they all work together against him, they cannot be perfectly coordinated. As a result, some part of their combined force is always diverted and thus rendered useless. On the contrary, all the parts of the third-element matter that make up the air and the various layers of this celestial body form a single entity that moves as a whole in a uniform direction, using all its strength to continue moving in that same direction. For this very reason, pieces of wood or ice carried by a river possess much greater force than the water itself in terms of continuing their straight-line motion. This is why they collide more violently with the bends in the riverbank and other obstacles they encounter—even though there is less third-element matter in them than in an equivalent amount of water.
125
How it is that some people possess more of it while others have less.
Finally, it is possible that a single star may be less solid than certain parts of the celestial matter, yet more so than other smaller portions; this is due to both the reason I have just explained—that is, because the forces within several small spheres are not as united as those within a larger sphere of equal size—as well as because, although there is exactly the same amount of the second element in all the spheres that occupy the same volume as that star, whether they are very small or relatively large, the smaller ones possess less strength because they have a larger surface area, which results from their greater mass. For this reason, they can be more easily displaced than the larger spheres, either by the first element present in the spaces they leave behind or by other celestial bodies they encounter.
126
How a comet can begin to move.
Therefore, if we now assume that the celestial body N is more solid than those parts of the second element that are located far from the center S and are equal to each other in density, it is indeed possible for it to be initially pushed in various directions and move towards S more or less directly, depending on the arrangement of the surrounding whirlpools from which it will distance itself—especially since these whirlpools can either hold it back or push it in different ways. Its own solidity will also play a role in this, for the greater its solidity, the more capable it is of resisting the forces that would cause it to deviate from the initial path it took. However, at first, the nearby whirlpools will not be able to push it with much force, given that we assume it had previously remained in their midst without moving, and thus had not been affected by their influence in any particular direction. As a result, it cannot begin to move against the direction of the whirlpool AEIOQ—that is, it cannot move from its current position towards those parts of this whirlpool that are located between the side IO of its circumference and the center S—but only towards the other side, between S and AQ. In doing so, it will eventually reach a point where the path it follows, whether straight or curved, intersects with one of the circular paths traced by the parts of the second element as they rotate around the center S. Once there, it will continue on its way, gradually moving further away from the point S until it completely exits the whirlpool AEIOQ and enters the realm of another whirlpool. For example, if it initially moves along the line NC, when it reaches the point C where this curved line NC intersects with the circle traced by the parts of the second element at that location, it will begin to move away from the center S along the curved line C2, which extends between this circle and the straight line that touches the circle at point C. Since it was brought to point C by the material of the second element—which is located further from S than the material near C and therefore moves more quickly—and since this celestial body N is also more solid than that material, it will undoubtedly possess greater strength to continue moving along the straight line that touches the circle. However, as soon as it passes point C, it encounters other portions of the second element that move even faster than those near C and also rotate around the center S. The circular motion of these surrounding materials causes the celestial body N to deviate slightly from the straight line at point C, and its greater speed relative to this surrounding material further enhances its movement, causing it to follow the curved line Ca—a path that deviates even less from the straight line touching the circle, all because the celestial body N is more solid and started its journey from N towards C with greater velocity.
127
How do comets contain their motion?
As it moves in this manner towards the periphery of the vortex AEIO, it acquires sufficient momentum to cross over and enter another vortex, and from there it moves on to yet another one, continuing its motion in this way. There are two things worth noting regarding this process. The first is that whenever this celestial body passes from one vortex to another, it always pushes some of the material from the former vortex ahead of it; it can only completely break free from this material once it has advanced far enough into the boundaries of the new vortex. For example, when it emerges from the vortex AEIO and is at position 2, it is still surrounded by material from that vortex; it is not until it reaches position 3, within the vortex AEY, that it is completely free of this influence. The second thing to note is that the trajectory of this celestial body follows a line that varies in curvature depending on the movements of the various vortices it passes through. As can be seen here, the section of the trajectory represented by the sequence 2, 3, 4 has a completely different curve than the previous section NC2, because the material within the vortex AEV moves from A via E towards V, while the material within the vortex AEIO moves from A via E towards I. The section 5, 6, 7, 8 of the trajectory is almost straight, because the material within the vortex in which it lies rotates around the axis XX. In any case, the celestial bodies that move in this manner from one vortex to another are what we call comets, and I will attempt to explain all the phenomena associated with them here.
128
What are their main phenomena?
E poiché è possibile che ne abbia di meno, è anche possibile che ne abbia di più; nonostante in lui possa non esserci tanto della materia del terzo elemento – l’unica da cui deriva questa forza – quanta ce n’è della materia del secondo elemento, nella stessa quantità di “piccole particelle” necessarie per occupare uno spazio equivalente al suo; la ragione è che, essendo queste particelle separate le une dalle altre e muovendosi in modi diversi, anche se agiscono tutte insieme contro di lui, non riescono mai a coordinarsi perfettamente, così che sempre una parte della loro forza viene deviata e rimane inutilizzata. Al contrario, tutte le parti della materia del terzo elemento che compongono l’aria e le “macchie” di questo astro formano un unico corpo che si muove interamente nel medesimo verso, utilizzando così tutta la sua forza per proseguire il proprio movimento in una sola direzione. Ed è proprio per questa stessa ragione che i pezzi di legno e i blocchi di ghiaccio trascinati dal corso di un fiume hanno molta più forza dell’acqua stessa nel proseguire il loro movimento in linea retta; questo fa sì che urtino con maggiore impeto le curve della riva e gli altri ostacoli che incontrano, nonostante in loro ci sia meno materia del terzo elemento di quanta ce ne sia nell’acqua che ha la stessa massa.
125
Come mai alcune ne hanno di più e altre ne hanno di meno.
Infine, è possibile che lo stesso astro sia meno solido di alcune parti della materia celeste e più solido di altre parti ancora più piccole; sia per la ragione che ho appena spiegato, ovvero perché le forze presenti in molte piccole sfere non sono così unite come quelle di una sfera più grande di dimensioni uguali; sia anche perché, sebbene nella stessa quantità di materia del secondo elemento vi siano sfere di dimensioni uguali a quelle dell’astro in questione, le più piccole possiedono meno forza, poiché hanno una superficie maggiore e quindi una quantità di materia superiore; per questo motivo, possono essere più facilmente deviate sia dalla materia del primo elemento presente nei punti in cui lasciano spazi vuoti attorno a sé, sia da altri corpi che incontrano nel loro percorso.
126
Come una cometa possa iniziare a muoversi.
Quindi, se ora supponiamo che l’astro N sia più solido delle parti del secondo elemento situate abbastanza lontano dal centro S e tra loro uguali, è vero che inizialmente potrà essere spinto in diverse direzioni e muoversi verso S in modo più o meno diretto, a seconda della disposizione dei vari vortici presenti nelle vicinanze da cui si allontanerà; inoltre, la sua stessa solidità contribuirà a far sì che possa resistere meglio alle forze che lo spingono lontano dal percorso iniziale. Tuttavia, i vortici nei quali è immerso non potranno spingerlo con molta forza all’inizio, poiché supponiamo che prima si sia trovato al loro centro senza muoversi da quella posizione; di conseguenza, non può ancora iniziare a muoversi contro la direzione del vortice AEIOQ, cioè verso le parti di questo vortice situate tra il lato IO della sua circonferenza e il centro S, ma soltanto verso l’altro lato, tra S e AQ. Muovendosi in questo modo, arriverà infine in un punto in cui la linea descritta dal suo movimento, sia essa dritta che curva, toccherà una delle linee circolari tracciate dalle parti del secondo elemento che ruotano attorno al centro S; da quel punto continuerà il suo percorso allontanandosi sempre di più dal punto S, fino a uscire completamente dal vortice AEIOQ e entrare in un altro ambito. Ad esempio, se si muove all’inizio lungo la linea NC, quando arriverà al punto C, dove questa linea curva tocca il cerchio tracciato dalle parti del secondo elemento in quel luogo, inizierà ad allontanarsi dal centro S seguendo la linea curva C2, che passa tra quel cerchio e la linea dritta che lo tocca al punto C. Poiché è stato guidato fino a C dalla materia del secondo elemento, più lontana da S rispetto a quella vicina a C, e quindi si muoveva più velocemente e, inoltre, essendo più solida di quest’ultima, avrà sicuramente più forza per continuare il suo movimento lungo la linea dritta che tocca quel cerchio. Tuttavia, non appena supera il punto C, incontra altra materia del secondo elemento che si muove ancora più velocemente di quella vicina a C e ruota anch’essa attorno al centro S; il movimento circolare di questa nuova materia farà sì che l’astro si allontani leggermente dalla linea dritta che tocca il cerchio nel punto C, e la sua maggiore velocità aumenterà ulteriormente quella dell’astro stesso, facendolo salire più in alto e farlo seguire così la linea curva Ca, che si allontana sempre meno dalla linea dritta che tocca il cerchio, quanto più solido è l’astro e quanta più velocità aveva quando è partito da N verso C.
127
In che modo le comete mantengono il loro movimento?
Mentre segue così il suo corso verso la circonferenza del vortice AEIO, acquisisce abbastanza agitazione da avere la forza di oltrepassarlo ed entrare in un altro vortice; da lì passa poi in un altro ancora, e continua così il suo movimento. Ci sono due cose da notare riguardo a questo processo. La prima è che, quando quest’astro passa da un vortice all’altro, spinge sempre davanti a sé una certa quantità di materia proveniente dal vortice da cui proviene; non può liberarsi completamente di questa materia se non entra abbastanza in profondità nei confini dell’altro vortice. Ad esempio, quando esce dal vortice AEIO e si trova intorno al punto 2, è ancora circondato dalla materia di quel vortice che ruota attorno a lui; solo quando raggiunge il punto 3, all’interno del vortice AEY, può liberarsi completamente da essa. La seconda cosa da notare è che il percorso di quest’astro descrive una linea la cui curvatura varia in base ai movimenti diversi dei vortici attraverso i quali passa. Come si può vedere, la parte della linea rappresentata dai punti 2, 3, 4 ha una curvatura molto diversa da quella precedente, rappresentata dai punti NC2; ciò perché la materia del vortice AEV ruota dall’ punto A attraverso E verso il punto V, mentre quella del vortice AEIO ruota dall’ punto A attraverso E verso il punto I. Inoltre, la parte della linea rappresentata dai punti 5, 6, 7, 8 è quasi dritta, perché la materia del vortice in cui si trova ruota attorno all’asse XX. Infine, gli astri che passano così da un vortice all’altro sono quelli che vengono chiamati comete; cercherò qui di spiegare tutti i fenomeni legati a questi corpi celesti.
128
Quali sono i loro principali fenomeni?
Les principales choses qu’on observe en elles sont qu’elles passent l’une par un endroit du ciel, l’autre par un autre, sans suivre en cela aucune règle qui nous soit connue, et que nous n’en voyons une même que pendant peu de mois, ou quelquefois même peu de jours ; et que pendant ce temps-là elles ne traversent jamais plus ou guère plus, mais souvent beaucoup moins que la moitié de notre ciel : et que lorsqu’elles commencent à paraître elles semblent assez grosses, en sorte que leur grosseur apparente n’augmente guère par après, sinon lorsqu’elles traversent une fort grande partie du ciel ; mais que lorsqu’elles tendent à leur fin, on les voit diminuer peu à peu, jusqu’à ce qu’elles cessent de paraître ; et que leur mouvement est aussi en sa plus grande force au commencement ou peu après le commencement de leur apparition, mais qu’il s’alentit par après peu à peu jusqu’à la fin. Et je ne me souviens point d’avoir lu que d’une seule qu’elle ait été vue traverser environ la moitié de notre ciel, à savoir dans le livre de Lotharius Sarsius, ou bien Horatius Gratius, nommé Libra astronomica, où il en parle comme de deux comètes ; mais je juge que ce n’a été qu’une même, dont il a tiré l’histoire de deux auteurs, Regiomontanus et Pontanus, qui l’ont expliquée en termes différents, et qu’on dit avoir paru en l’année 1475, entre les étoiles de la Vierge, et avoir été au commencement assez petite et tardive en son mouvement ; mais que peu après elle devint d’une merveilleuse grandeur, et acquit tant de vitesse qu’en passant par le septentrion elle y parcourut en un jour trente ou quarante degrés de l’un des grands cercles qu’on imagine en la sphère, et alla par après peu à peu disparaître proche des étoiles du poisson septentrional, ou bien vers le signe du bélier.
129
Quelles sont les causes de ces phénomènes.
Or les causes de toutes ces observations se peuvent ici entendre fort aisément : car nous voyons que la comète que nous y avons décrite y traverse le tourbillon F d’autre façon que le tourbillon Y, et qu’il n’y a aucun côté dans le ciel par lequel elle ne puisse passer en cette sorte ; et il faut penser qu’elle retient à peu près la même vitesse, à savoir celle qu’elle acquiert en passant vers les extrémités de ces tourbillons, où la matière du ciel est si fort agitée qu’elle y fait son tour en peu de mois, comme il a été dit ci-dessus ; d’où il suit que cette comète, qui ne fait qu’environ la moitié d’un tel tour dans le tourbillon Y, et en fait beaucoup moins dans le tourbillon F, et n’en peut jamais faire guère plus en aucun, ne peut demeurer que peu de mois dans un même tourbillon. Et si nous considérons qu’elle ne saurait être vue de nous que pendant qu’elle est dans le premier ciel, c’est-à-dire dans le tourbillon vers le centre duquel nous habitons, et même que nous ne l’y pouvons apercevoir que lorsqu’elle cesse d’être environnée et suivie par la matière du tourbillon d’où elle vient, nous pourrons entendre pourquoi, nonobstant qu’une même comète se meuve toujours à peu près de même vitesse et demeure de même grandeur, il doit néanmoins sembler, qu’elle est plus grande et se meut plus vite au commencement de son apparition qu’à la fin, et quelquefois aussi qu’elle est encore plus grande et se meut plus vite entre ces deux temps qu’au commencement. Car si nous pensons que l’œil de celui qui la regarde est vers le centre du tourbillon F, elle lui paraîtra plus grande, et avec un mouvement plus vite, étant vers 5, où il commencera de l’apercevoir, que vers 4 où elle cessera de lui paraître, parce que la ligne droite F3 est beaucoup plus courte que F4, et que l’angle F43 est plus aigu que l’angle F34 ; mais si le spectateur est vers Y, cette comète lui paraîtra sans doute plus grande, et avec un mouvement plus vite, quand elle sera vers 5, où il commencera de la voir, que quand elle sera vers 8, où il la perdra de vue ; mais elle lui paraîtra encore beaucoup plus grande et avec plus de vitesse que vers 5, quand elle passera de 6 jusqu’à 7, parce qu’elle sera fort proche de ses yeux. En sorte que si nous prenons ce tourbillon Y pour le premier ciel où nous sommes, elle pourra paraître entre les étoiles de la Vierge étant vers 5, et proche du pôle boréal en passant de 6 jusqu’à 7, et là parcourir en un jour trente ou quarante degrés de l’un des grands cercles de la sphère, et enfin se cacher vers 8, proche des étoiles du poisson septentrional, en même façon que cette admirable comète de l’année 1475, qu’on dit avoir été observée par Regiomontanus.
130
Comment la lumière des étoiles fixes peut parvenir jusqu’à la terre.
Il est vrai qu’on peut ici demander pourquoi nous cessons de voir les comètes sitôt qu’elles sortent de notre ciel, et que nous ne laissons pas de voir les étoiles fixes, encore qu’elles soient fort loin au-delà ; mais il y a de la différence, en ce que la lumière des étoiles venant d’elles-mêmes est bien plus vive et plus forte que celle des comètes, qui est empruntée du soleil : et si on prend garde que la lumière de chaque étoile consiste en l’action dont toute la matière du tourbillon dans lequel elle est fait effort pour s’éloigner d’elle suivant les lignes droites qu’on peut tirer de tous les points de sa superficie, et qu’elle presse par ce moyen la matière de tous les autres tourbillons qui l’environnent, suivant les mêmes lignes droites (ou suivant celles que les lois de la réfraction leur font produire quand elles passent obliquement d’un corps en un, autre, ainsi que j’ai expliqué en la Dioptrique), on n’aura pas de difficulté à croire que la lumière des étoiles, non seulement de celles qui, comme fTLD, sont les plus proches de la terre (laquelle je suppose être vers S), mais aussi de celles qui en sont beaucoup plus éloignées, comme Y et semblables, peut parvenir jusqu’à nos yeux ; car, d’autant que les forces de toutes ces étoiles (au nombre desquelles je mets aussi le soleil), jointes à celles des tourbillons qui les environnent, sont toujours égales entre elles, la force dont les rayons de lumière qui viennent d’F tendent vers S est véritablement diminuée à mesure qu’ils entrent dans le tourbillon AEIO par la résistance qu’ils y trouvent, mais elle ne peut être entièrement éteinte que lorsqu’ils sont parvenus jusqu’au centre S ; c’est pourquoi lorsqu’ils arrivent à la terre, qui est un peu éloignée de ce centre, il leur en reste encore assez pour agir contre nos yeux ; et tout de même, les rayons qui viennent d’y peuvent étendre leur action jusqu’à la terre, car l’interposition du tourbillon AEV ne diminue rien de leur force, sinon en ce qu’elle les en rend plus éloignés, parce qu’elle ne leur résiste pas davantage, en tant qu’elle fait effort pour aller d’F vers Y, qu’elle leur aide en tant qu’elle fait aussi effort pour aller d’F vers S : et le même se doit entendre des autres étoiles.
131
Que les étoiles ne sont peut-être pas aux mêmes lieux où elles paraissent ; et ce que c’est que le firmament.
On peut aussi remarquer en cet endroit que les rayons qui viennent d’Y vers la terre tombent obliquement sur les lignes AE et YX, lesquelles représentent les superficies qui séparent les tourbillons SFY les uns des autres, de façon qu’ils y doivent souffrir réfraction et se courber : d’où il suit qu’on ne voit point de la terre toutes les étoiles comme étant aux lieux où elles sont véritablement, mais qu’on les voit comme si elles étaient dans les lignes droites menées vers la terre, des endroits de la superficie de notre ciel AEIO par lesquels passent ceux de leurs rayons qui viennent à nos yeux ; et peut-être aussi qu’on voit une même étoile comme si elle était en deux ou plusieurs lieux, et ainsi qu’on la compte pour plusieurs : car, par exemple, les rayons de l’étoile Y peuvent aussi bien aller vers S, en passant obliquement par les superficies du tourbillon f, qu’en passant par celles de l’autre marqué F, au moyen de quoi on doit voir cette étoile en deux lieux, à savoir entre E et I, et entre A et E ; mais d’autant que les lieux où se voient ainsi les étoiles demeurent fermes, et n’ont point paru se changer depuis que les astronomes les ont remarqués, il me semble que le firmament n’est autre chose que la superficie qui sépare ces tourbillons les uns des autres, laquelle superficie ne peut être changée que les lieux apparents des étoiles ne changent aussi.
132
The main observations regarding these comets are that they pass through different parts of the sky, following no discernible pattern; we can only see them for a short period of time, sometimes just a few days. During this brief appearance, they rarely cover more than half of our sky. When they first appear, they seem quite large, but their apparent size hardly increases afterward, unless they cross a significant portion of the sky. As they approach their end, they gradually diminish until they disappear completely. Their speed is also greatest at the beginning or shortly after their appearance, but it slowly decreases until they vanish. I cannot recall having read about any comet that covered approximately half of our sky; this seems to be a unique event. In the works of Lotharius Sarsius and Horatius Gratius (in his “Libra astronomica”), these comets are mentioned as if they were two separate objects. However, I believe they were actually the same comet, and their stories were derived from different authors—Regiomontanus and Pontanus—who explained it in different ways. It is said that this comet appeared in the year 1475, between the stars of the Virgin constellation. Initially, it was small and moved slowly, but soon afterward, it grew enormously fast and covered thirty or forty degrees of the celestial sphere in just one day as it moved through the northern hemisphere. Eventually, it disappeared near the stars of the northern Fish constellation or around the constellation of Aries.
129
What are the causes of these phenomena?
The causes behind all these observations can be quite easily understood here: for we see that the comet we have described crosses the vortex F in a different manner than it does the vortex Y, and that there is no part of the sky through which it cannot pass in this way. It must be assumed that it maintains approximately the same speed—that is, the speed it acquires as it passes near the edges of these vortices, where the celestial matter is so violently agitated that it completes a full orbit in just a few months, as mentioned earlier. Therefore, since this comet completes only about half such an orbit within the vortex Y, and even less within the vortex F, it cannot remain in any one of these vortices for more than a few months. Moreover, if we consider that it can only be observed by us while it is within the first sky—that is, within the vortex toward the center of which we reside—we can also understand why, despite the fact that the same comet always moves at approximately the same speed and remains of roughly the same size, it still appears to be larger and move faster at the beginning of its appearance than at the end. Sometimes, it even appears even larger and faster between these two points in time than at the beginning. This is because if we consider that the observer’s viewpoint is directed toward the center of the vortex F, the comet will appear larger and move faster when it is near position 5, where the observer begins to see it, than when it is near position 4, where it disappears from view. This is because the straight line F3 is much shorter than F4, and the angle F43 is steeper than the angle F34. However, if the observer is positioned near the vortex Y, the comet will also appear larger and move faster when it is near position 5 than when it is near position 8, where it disappears from view. But it will appear even larger and faster still when it moves from position 6 to position 7, because it will then be very close to the observer’s eyes. Thus, if we consider this vortex Y as the first sky in which we reside, the comet may appear near the stars of the Virgin when it is at position 5, and close to the northern pole when it moves from position 6 to position 7. There, it could cover thirty or forty degrees of one of the great circles of the celestial sphere in just one day, before finally disappearing near the stars of the northern fish constellation around position 8—just as that remarkable comet observed by Regiomontanus in the year 1475 is said to have done.
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How the light from fixed stars can reach the earth.
It is true that one might ask why we cease to see comets the moment they disappear from our sky, and why we continue to perceive fixed stars even though they are located far beyond us; but there is a difference: the light emitted by stars themselves is much brighter and more intense than the light of comets, which merely reflects the rays of the sun. Moreover, if we consider that the light from each star results from the efforts made by all the matter within that star to move away from its center along straight lines—lines that can be drawn from any point on its surface—and that in doing so this light exerts pressure on the surrounding matter, causing it to move along the same straight lines (or the lines produced by the laws of refraction as light passes obliquely from one object to another, as I explained in my work “Dioptrica”), it is not difficult to believe that the light from stars—whether those closest to Earth, such as fTLD, or those much farther away, like Y and its companions—can still reach our eyes. For as long as the forces exerted by these stars, together with those of the surrounding celestial bodies, remain balanced among themselves, the intensity of the light rays traveling from F toward S will indeed decrease as they pass through the celestial body AEIO due to resistance, but it will not be completely extinguished until they reach the center S. Therefore, when these rays reach Earth, which is somewhat distant from this center, enough of their energy remains to affect our eyes. Moreover, even though the interference caused by the celestial body AEV reduces their intensity to some extent, by helping these rays travel from F toward S just as much as it hinders their progress from F toward Y, their effect on Earth is not diminished at all. The same principle applies to all other stars.
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That perhaps the stars are not in the same places where they appear to be; and what the firmament really is.
It can also be observed here that the rays emanating from Y towards the earth fall obliquely on the lines AE and YX, which represent the surfaces that separate the various whirlpools SFY from each other; as a result, these rays must undergo refraction and bend. Consequently, we do not see all the stars from the earth as they actually are located, but rather as if they were situated on straight lines leading towards the earth, starting from points AEIO on the surface of our sky through which those rays pass that reach our eyes. Perhaps it is also for this reason that we appear to see the same star in two or more different locations, and thus count it as multiple stars. For instance, the rays from the star Y could potentially go towards S by passing obliquely through the surface of the whirlpool f, or they could pass through the surface of another whirlpool marked F; this would mean that we see this star in two places: between E and I, and between A and E. However, since the locations where these stars appear to be remain constant and have not changed since astronomers first observed them, it seems to me that the firmament is nothing other than the surface that separates these various whirlpools from each other—a surface that can only change if the apparent locations of the stars themselves also change.
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Le principali caratteristiche che si osservano in queste comete sono che ognuna di esse attraversa una diversa parte del cielo, senza seguire alcuna regola nota a noi; inoltre, se ne vede una sola per un periodo molto breve, spesso solo pochi mesi o giorni. Durante questo lasso di tempo, la loro estensione nel cielo non aumenta quasi mai, tranne quando attraversano una grande parte del firmamento; al contrario, verso la fine della loro apparizione, sembrano diminuire gradualmente fino a scomparire del tutto. Il loro movimento è più intenso all’inizio o poco dopo l’emergere, per poi rallentare progressivamente fino alla fine. Non ricordo di aver letto che alcuna cometa abbia mai attraversato circa metà del nostro cielo; questo potrebbe essere vero nel caso della cometa menzionata nel libro di Lotharius Sarsius o in quello di Horatius Gratius, nel suo “Libra astronomica”, dove ne parla come di due comete diverse. Tuttavia, ritengo che si tratti della stessa cometa, la cui storia è stata raccontata da due autori diversi: Regiomontanus e Pontanus, i quali l’hanno descritta in modi diversi. Si dice che questa cometa sia apparsa nell’anno 1475, tra le stelle della Vergine; all’inizio era piuttosto piccola e il suo movimento era lento, ma poco dopo ha raggiunto una grandezza straordinaria e una velocità tale da attraversare in un solo giorno trenta o quaranta gradi di uno dei grandi cerchi immaginari nella sfera celeste. In seguito, è gradualmente scomparsa vicino alle stelle del pesce settentrionale o verso il segno dell’Ariete.
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Quali sono le cause di questi fenomeni?
Le cause di tutte queste osservazioni possono essere facilmente comprese: vediamo infatti che la cometa descritta qui attraversa il vortice F in modo diverso rispetto al vortice Y, e non esiste alcun punto nel cielo attraverso cui essa non possa passare in questo modo; inoltre, si deve pensare che mantenga più o meno la stessa velocità, ovvero quella che acquisisce quando attraversa le estremità di questi vortici, dove la materia celeste è così intensamente agitata da compiere il proprio giro in pochi mesi, come già detto; da ciò consegue che questa cometa, che completa circa metà di un tale percorso nel vortice Y e molto meno nel vortice F, non può rimanere nello stesso vortice per più di pochi mesi. Se consideriamo inoltre che essa può essere vista da noi soltanto quando si trova nel primo cielo, cioè nel vortice verso il centro del quale viviamo, e che possiamo percepirla solo quando smette di essere circondata e seguita dalla materia del vortice da cui proviene, allora possiamo comprendere perché, nonostante una stessa cometa si muova sempre a velocità più o meno costante e mantenga dimensioni simili, possa sembrare più grande e muoversi più rapidamente all’inizio della sua apparizione che alla fine; talvolta può persino apparire ancora più grande e muoversi più velocemente tra questi due momenti. Se infatti consideriamo che l’occhio di chi la osserva si trovi verso il centro del vortice F, essa gli sembrerà più grande e muoversi più rapidamente quando si troverà vicino al punto 5, dove inizierà a essere vista, rispetto al punto 4, dove smetterà di apparire; infatti la linea retta F3 è molto più corta della linea F4, e l’angolo F43 è più acuto dell’angolo F34. Se invece lo spettatore si trovi verso il vortice Y, questa cometa gli sembrerà senza dubbio ancora più grande e muoversi più rapidamente quando si troverà vicino al punto 5, dove inizierà a essere vista, rispetto al punto 8, dove scomparirà dalla sua visuale; tuttavia le sembrerà ancora molto più grande e muoversi più velocemente quando passerà dal punto 6 al punto 7, perché sarà allora molto vicina ai suoi occhi. Quindi, se consideriamo questo vortice Y come il primo cielo in cui ci troviamo, questa cometa potrebbe apparire tra le stelle della Vergine quando si troverà vicino al punto 5, e prossima al polo boreale quando passerà dal punto 6 al punto 7; in quel momento potrebbe percorrere in un giorno trenta o quaranta gradi di uno dei grandi cerchi della sfera celeste, per poi nascondersi vicino al punto 8, vicino alle stelle del pesce settentrionale, proprio come quella meravigliosa cometa del 1475 che si dice sia stata osservata da Regiomontanus.
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Come può la luce delle stelle fisse raggiungere la Terra?
È vero che si può chiedere perché smettiamo di vedere le comete non appena escono dal nostro cielo, e perché non riusciamo a vedere le stelle fisse, anche se si trovano molto lontane; ma c’è una differenza: la luce delle stelle, essendo emessa direttamente da esse, è molto più intensa e potente di quella delle comete, che riceve la sua luce dal sole. Inoltre, considerando che la luce di ogni stella deriva dall’azione con cui tutta la materia presente nel vortice in cui si trova cerca di allontanarsi da essa lungo le linee rette tracciate da tutti i punti della sua superficie, e che tale forza spinge anche la materia dei vortici circostanti lungo le stesse linee rette (o lungo quelle generate dalle leggi della rifrazione quando tali vortici attraversano obliquamente un corpo dall’altro), non è difficile credere che la luce delle stelle, sia di quelle più vicine alla Terra (che suppongo si trovi verso il punto S), sia di quelle molto più lontane, come Y e simili, possa comunque raggiungere i nostri occhi. Poiché le forze generate da tutte queste stelle, insieme a quelle dei vortici che le circondano, sono sempre uguali tra loro, la forza dei raggi di luce provenienti dal punto F e diretti verso il punto S viene effettivamente ridotta man mano che questi raggi entrano nel vortice AEIO a causa della resistenza che vi incontrano; tuttavia, questa forza non può essere completamente annullata se non quando i raggi arrivano al centro stesso del vortice, ovvero al punto S. Per questo motivo, quando raggiungono la Terra, che si trova un po’ lontana da questo centro, ne rimane ancora abbastanza per influenzare i nostri occhi; inoltre, anche i raggi provenienti dalla Terra possono estendere la loro azione fino alle altre stelle, poiché l’intervento del vortice AEV non riduce affatto la loro forza, se non nel senso che li fa allontanare di più dal punto S, poiché anche quel vortice compie lo stesso sforzo per spostarsi da F verso Y, proprio come lo fa per spostarsi da F verso S. Lo stesso vale per le altre stelle.
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Forse le stelle non si trovano nei luoghi in cui sembrano essere; e che cosa significhi davvero il cielo stellato.
Si può anche notare in questo punto che i raggi provenienti da Y verso la Terra cadono obliquamente sulle linee AE e YX, le quali rappresentano le superfici che separano i vortici SFY l’uno dall’altro; di conseguenza, tali raggi devono subire rifrazione e curvatura. Da ciò deriva il fatto che non vediamo le stelle sulla Terra esattamente dove si trovano realmente, ma sembrano trovarsi lungo linee rette che portano verso la Terra, partendo dai punti della superficie del nostro cielo AEIO attraverso i quali passano i raggi di quelle stelle che arrivano ai nostri occhi. Forse anche una stessa stella può apparire in due o più luoghi, e quindi essere considerata tale; ad esempio, i raggi della stella Y potrebbero dirigersi verso S passando obliquamente attraverso le superfici del vortice f, oppure attraverso quelle di un altro vortice contrassegnato con la lettera F; di conseguenza, questa stella sembrerebbe trovarsi in due luoghi: tra E e I, e tra A ed E. Tuttavia, poiché i luoghi in cui le stelle appaiono in questo modo rimangono immutati da quando gli astronomi li hanno osservati, mi sembra che il firmamento non sia altro che la superficie che separa questi vortici l’uno dall’altro; tale superficie non può cambiare, a meno che i luoghi apparenti delle stelle non cambino anch’essi.
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Pourquoi nous ne voyons pas les comètes lorsqu’elles sont hors de notre ciel.
Pour ce qui est de la lumière des comètes, d’autant qu’elle est beaucoup plus faible que celle des étoiles fixes, elle n’a point assez de force pour agir contre nos yeux si nous ne les voyons sous un angle assez grand, de façon que leur distance seule peut empêcher que nous les apercevions quand elles sont fort éloignées de notre ciel : car il est constant que nous voyons un même corps sous un angle d’autant plus petit qu’il est plus éloigné de nous. Mais lorsqu’elles sont assez proches de notre ciel, il est aisé d’imaginer diverses causes qui nous peuvent empêcher de les voir avant qu’elles y soient tout à fait entrées, bien qu’il ne soit pas aisé de savoir laquelle c’est de ces causes qui véritablement nous en empêche ; par exemple, si l’œil du spectateur est vers F, il ne commencera de voir la comète ici représentée que lorsqu’elle sera vers 3, et ne la verra pas encore quand elle sera vers 2, parce qu’elle ne sera pas tout à fait développée de la matière du tourbillon d’où elle sort, suivant ce qui a été dit ci-dessus ; et toutefois il la pourra voir lorsqu’elle sera vers 4, bien qu’il y ait plus de distance entre F et 4 qu’entre F et 2 ; ce qui peut être causé par la façon dont l’étoile F qui tendent vers 2 souffrent réfraction en la superficie convexe de la matière du ciel AEIO, qui se trouve encore autour de la comète : car cette réfraction les détourne de la perpendiculaire (conformément à ce que j’ai démontré en la Dioptrique), à cause que ces rayons passent beaucoup plus difficilement par la matière du ciel AEIO que par celle du tourbillon AEVX ; ce qui fait qu’il en arrive beaucoup moins jusqu’à la comète qu’il n’y en arriverait sans cette réfraction, et ainsi que, recevant peu de rayons, ceux qu’elle renvoie vers l’œil du spectateur ne sont pas assez forts pour la rendre visible. Le même effet peut aussi être causé de ce que comme c’est toujours la même face de la lune qui regarde la terre, ainsi chaque comète a peut-être un côté qu’elle tourne toujours vers le centre du tourbillon dans lequel elle est, et n’a que ce côté qui soit propre à réfléchir les rayons qu’elle reçoit : de façon que la comète qui est vers 2 a encore celui de ses côtés qui est propre à réfléchir la lumière tournée vers S, et ainsi ne peut être vue par ceux qui sont vers F ; mais étant vers 3 elle l’a tourné vers F, et ainsi commence à pouvoir y être vue : car nous avons grande raison de penser premièrement que, pendant que la comète a passé d’N par C vers 2, celui de ses côtés qui était vis-à-vis de l’astre S a été plus échauffé ou agité en ses petites parties et raréfié par la lumière de cet astre que n’était par son autre côté ; et ensuite que les plus petites, ou, pour ainsi parler, les plus molles parties du troisième élément qui étaient sur ce côté de la superficie de la comète en ont été séparées par cette agitation ; ce qui l’a rendue plus propre à renvoyer les rayons de la lumière de ce côté-là que de l’autre. Ainsi qu’on pourra connaître par ce que je dirai ci-après de la nature du feu, que la raison qui fait que les corps brûlés étant convertis en charbons sont tout noirs, et convertis en cendres sont blancs, consiste en ce que l’action du feu agitant toutes les plus petites et plus molles parties des corps qu’il brûle, fait que ces petites parties viennent premièrement couvrir toutes les superficies, tant extérieures qu’intérieures, qui sont dans les pores de ces corps, et que de là par après elles s’envolent et ne laissent que les plus grossières qui n’ont pu être ainsi agitées ; d’où vient que si le feu est éteint pendant que ces petites parties couvrent encore les superficies du corps brûlé, ce corps paraît noir et est converti en charbon ; mais s’il ne s’éteint que de soi-même, après avoir séparé de ces corps toutes les petites parties qu’il en peut séparer, alors il n’y reste que les plus grossières, qui sont les cendres, et ces cendres sont blanches, à cause qu’ayant pu résister à l’action du feu, elles résistent aussi à celle de la lumière et la font réfléchir : car les corps blancs sont les plus propres de tous à réfléchir la lumière, et les noirs y sont les moins propres. De plus, nous avons raison de penser que ce côté de la comète qui a été le plus raréfié est moins propre à se mouvoir que l’autre, à cause qu’il est le moins solide ; et que par conséquent, suivant les lois de la mécanique, il doit toujours se tourner vers les centres des tourbillons dans lesquels passe la comète ; ainsi qu’on voit que les flèches se tournent en l’air, et que c’est toujours le plus léger de leurs côtés qui est le plus bas pendant qu’elles montent, et le plus haut pendant qu’elles descendent : dont la raison est que par ce moyen la ligne que décrit le plus rare côté de la comète et le plus léger de la flèche est un peu plus courte que celle qui est décrite par l’autre ; comme ici la partie concave du chemin de la comète marqué NC2, qui est tournée vers S, est un peu plus courte que la convexe ; et celle du chemin 2, 3, 4, qui est tournée, vers F, est aussi la plus courte, et ainsi des autres. On pourrait encore imaginer d’autres raisons qui nous pourraient empêcher de voir les comètes pendant qu’elles sont hors de notre ciel, à cause qu’il ne faut que fort peu de chose pour faire que la superficie d’un corps soit propre à renvoyer les rayons de la lumière, ou pour l’empêcher ; et touchant tels effets particuliers, desquels nous n’avons pas assez d’expériences pour déterminer quelles sont les vraies causes qui les produisent, nous devons nous contenter d’en savoir quelques-unes par lesquelles il se peut faire qu’ils soient produits.
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De la queue des comètes, et des diverses choses qu’on y a observées.
Outre les propriétés des comètes que je viens d’expliquer, il y en a encore une autre bien remarquable, à savoir cette lumière fort étendue en forme de queue ou de chevelure qui a coutume de les accompagner, et dont elles ont pris leur nom. Touchant laquelle on observe que c’est toujours vers le côté le plus éloigné du soleil qu’elle paraît. En sorte que si la terre se rencontre justement en ligne droite entre la comète et le soleil, cette lumière se répand également de tous côtés autour de la comète ; et lorsque la terre se trouve hors de cette ligne droite, c’est du même côté où est la terre que paraît cette lumière, laquelle on nomme la chevelure de la comète lorsqu’elle la précède au regard du mouvement qu’on observe en elle, et on la nomme sa queue lorsqu’elle la suit. Comme on observa en la comète de l’année 1475, qu’au commencement de son apparition elle avait une chevelure qui la précédait, et à la fin une queue qui la suivait, à cause qu’elle était alors en la partie du ciel opposée à celle où elle avait été au commencement. On observe aussi que cette queue ou chevelure est plus grande ou plus, petite, non seulement à raison de la grandeur apparente des comètes, en sorte qu’on n’en voit aucune en celles qui sont fort petites, et qu’on la voit diminuer en toutes les autres, à mesure qu’approchant de leur fin elles paraissent moins grandes, mais aussi à raison du lieu où elles sont ; en sorte que, supposant le reste égal, la chevelure de la comète paraît d’autant plus longue que la terre est plus éloignée du point de sa route qui est en la ligne droite qu’on peut tirer de cette comète vers le soleil, et même que lorsqu’elle en est si éloignée que le corps de la comète ne peut être vu, à cause qu’il est offusqué par les rayons du soleil, l’extrémité de sa queue ou chevelure ne laisse pas quelquefois de paraître, et on la nomme alors une barre ou chevron de feu, à cause qu’elle en a la figure. Enfin, on observe que cette queue ou chevelure des comètes est quelquefois un peu plus large, quelquefois un peu plus étroite que de coutume ; qu’elle est quelquefois droite, et quelquefois un peu courbée ; et qu’elle paraît quelquefois exactement dans le même cercle qu’on imagine passer par les centres du soleil et de la comète, et que quelquefois elle semble s’en détourner quelque peu : de toutes lesquelles choses je tâcherai ici de rendre raison.
Why can’t we see comets when they are outside of our sky?
As for the light of comets, since it is much weaker than that of fixed stars, it does not possess sufficient intensity to affect our eyes unless we observe them at a sufficiently large angle—only then can their distance prevent us from seeing them when they are far away from our sky. It is a well-established fact that we perceive the same object at a smaller angle whenever it is farther away from us. However, when comets are relatively close to our sky, it is easy to imagine various reasons that might prevent us from seeing them before they have fully entered our field of vision, although it is not always clear which specific factor is responsible for this effect. For instance, if the observer’s eye is positioned at point F, they will begin to see the comet represented here only when it moves to position 3; it will still not be visible when it is at position 2, because at that point, the comet has not yet fully developed from the material of the turbulent region from which it originated, as explained earlier. Nevertheless, the comet will become visible when it moves to position 4, even though the distance between F and 4 is greater than that between F and 2. This phenomenon may be caused by the way in which the star F, which lies on the line toward position 2, undergoes refraction as its rays pass through the convex surface of the celestial material surrounding the comet. This refraction causes the rays to deviate from their original path (as I demonstrated in my work on Dioptrics), making it much harder for them to reach the comet than if there were no such refraction at all. As a result, fewer rays reach the comet, and those that do are not strong enough to make it visible. The same effect could also be due to the fact that since always the same side of the moon faces the earth, perhaps each comet has a particular side that always points toward the center of the turbulent region within which it moves. Only this side is capable of reflecting the rays it receives; therefore, a comet at position 2 would still have its light-reflecting side facing away from Earth and thus would not be visible to observers at F. But when it moves to position 3, this side faces toward F, and the comet becomes visible. We have every reason to believe that, as the comet moves from N through C toward position 2, the side of the comet facing star S is heated or agitated more intensely by its light than the other side, causing the lighter, softer elements on this side to separate from the rest. This makes this side more capable of reflecting light than the other side, allowing the comet to become visible at position 3. As we shall learn from what I will say regarding the nature of fire, the reason why burned bodies turn black when reduced to charcoal and white when reduced to ashes lies in the fact that the action of fire agitates all the smallest and most tender parts of the substances it burns. These tiny particles first cover all the external and internal surfaces within the pores of these substances; afterward, they are carried away, leaving only the coarser elements that could not be affected in this manner. Therefore, if the fire is extinguished while these fine particles still cover the surface of the burned body, the body will appear black and turn into charcoal. But if the fire dies out on its own after having removed all the delicate components from the substance, only the coarser elements will remain—these are the ashes—and they are white because they have been able to resist the action of fire; thus, they also resist the effect of light and reflect it. Indeed, white substances are best at reflecting light, while black ones are least capable of doing so. Furthermore, we have reason to believe that the side of a comet that has been most highly diluted is less capable of moving than the other side because it is less solid; consequently, according to the laws of mechanics, it must always turn toward the centers of the whirlpools through which the comet passes. Just as arrows in flight always have their lighter sides directed downward when rising and upward when descending, the reason for this is that the path described by the more diluted and lighter side of the comet or arrow is slightly shorter than that described by the other side. For instance, the concave portion of the comet’s trajectory, denoted as NC2 and facing toward S, is shorter than the convex portion; likewise, the segment of trajectory 2, 3, 4, which faces toward F, is also shorter, and so on. We could also conceive of other reasons that might prevent us from seeing comets when they are outside our sky, since it takes very little for a surface to become capable of reflecting light or, conversely, to prevent such reflection. As for these particular phenomena, since we lack sufficient experimental data to determine their true causes, we must content ourselves with knowing some of the factors that may lead to their occurrence.
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Regarding the tails of comets, and the various phenomena observed there.
In addition to the properties of comets that I have just explained, there is another very remarkable feature, namely that extensive luminous tail or “hair” that usually accompanies them and from which they have derived their name. Observing this phenomenon, one notices that it always appears on the side of the comet farthest from the sun. Therefore, if the Earth happens to be directly in line between the comet and the sun, this light spreads out in all directions around the comet; but when the Earth is not in this straight line, the light appears on the same side as the Earth. When the tail precedes the comet in its apparent motion, it is called the “hair” of the comet; when it follows behind, it is called its “tail.” For example, in the comet of 1475, it was observed that at the beginning of its appearance its “hair” preceded it, and at the end its “tail” followed it, because at that time it was in the part of the sky opposite to where it had been initially. It is also noted that the size of this tail or hair varies not only depending on the apparent size of the comet—since very small comets do not exhibit such a tail, and the tail of larger comets appears smaller as they approach their end—but also depending on their position in the sky. Assuming other factors remain constant, the tail of a comet appears longer the farther the Earth is from the straight line connecting the comet’s center to the sun. In fact, sometimes even when the comet’s body itself cannot be seen because it is obscured by the sun’s rays, the tip of its tail can still be observed; in such cases, it is referred to as a “bar” or “firebow,” due to its resemblance to these shapes. Finally, it has been observed that the shape and width of a comet’s tail sometimes vary; it may be straight or slightly curved, and it may sometimes appear to lie exactly in the same circle passing through the centers of the sun and the comet, or it may deviate slightly from this path. I will attempt to explain all these phenomena here.
Perché non vediamo le comete quando si trovano al di fuori del nostro cielo?
Per quanto riguarda la luce delle comete, essendo molto più debole di quella delle stelle fisse, non possiede abbastanza forza per influenzare i nostri occhi se non la osserviamo da un angolo sufficientemente ampio; è infatti la sola distanza a impedirci di vederle quando si trovano molto lontane dal nostro cielo: vediamo infatti lo stesso corpo da un angolo sempre più piccolo quanto più esso è lontano da noi. Tuttavia, quando le comete sono abbastanza vicine al nostro cielo, è facile immaginare diverse cause che possano impedirci di vederle prima che entrino completamente nel nostro campo visivo, anche se non è facile individuare quale di queste cause sia effettivamente la causa del fenomeno; ad esempio, se l’occhio dello spettatore si trova in posizione F, inizierà a vedere la cometa rappresentata qui solo quando questa si troverà in posizione 3, e non la vedrà ancora quando sarà in posizione 2, perché in quel momento non sarà ancora completamente sviluppata dalla materia del vortice da cui proviene; tuttavia potrà vederla quando sarà in posizione 4, anche se la distanza tra F e 4 è maggiore di quella tra F e 2; questo fenomeno può essere spiegato dal modo in cui le stelle situate in posizione F subiscono rifrazione sulla superficie convessa della materia celeste AEIO, che si trova ancora intorno alla cometa: tale rifrazione devia i raggi luminosi dalla perpendicolare (come ho dimostrato nella “Diottrica”), poiché questi raggi incontrano maggiori ostacoli nella materia celeste AEIO rispetto a quella del vortice AEVX; di conseguenza, arrivano alla cometa in quantità molto inferiore rispetto a quanto accadrebbe senza questa rifrazione, e quindi i raggi che la cometa rimanda verso l’occhio dello spettatore non sono abbastanza intensi da renderla visibile. Lo stesso effetto può essere causato anche dal fatto che, poiché è sempre la stessa faccia della Luna a rivolgersi verso la Terra, ogni cometa ha probabilmente un lato che ruota costantemente verso il centro del vortice in cui si trova, e solo quel lato è in grado di riflettere i raggi luminosi che riceve; quindi una cometa situata in posizione 2 avrà ancora quel lato rivolto verso la stella S, e non potrà essere vista da coloro che si trovano in posizione F; ma quando si trova in posizione 3, quel lato è rivolto verso F, e quindi può essere vista: abbiamo infatti buone ragioni per ritenere che, durante il suo movimento da N a C fino a raggiungere la posizione 2, il lato della cometa rivolto verso la stella S sia stato più scaldato o agitato dalle sue radiazioni rispetto all’altro lato; in seguito, le parti più minute o, per così dire, più morbide di quel lato sono state separate da tale agitazione, rendendo quel lato più propenso a riflettere i raggi luminosi rispetto all’altro. Come potremo comprendere, attraverso quanto dirò in seguito sulla natura del fuoco, che la ragione per cui i corpi bruciati diventano carboni neri e le ceneri diventano bianche risiede nel fatto che l’azione del fuoco agita tutte le parti più piccole e morbide dei corpi che brucia, facendo sì che queste parti coprano prima tutte le superfici, sia esterne che interne, presenti nei pori di tali corpi; successivamente, queste parti si disperdono, lasciando solo quelle più grosse che non sono state influenzate dall’azione del fuoco. Pertanto, se il fuoco si spegne mentre queste piccole parti coprono ancora le superfici del corpo bruciato, questo corpo appare nero e si trasforma in carbone; ma se il fuoco si spegne da solo, dopo aver separato tutte le parti più piccole presenti nei corpi, allora rimangono solo quelle più grosse, ovvero le ceneri, che sono bianche perché, avendo resistito all’azione del fuoco, resistono anche alla luce e la riflettono: infatti, i corpi bianchi sono i più adatti a riflettere la luce, mentre quelli neri lo sono molto meno. Inoltre, abbiamo motivo di ritenere che il lato della cometa che è stato maggiormente rarefatto sia meno propenso a muoversi rispetto all’altro, poiché è meno solido; e quindi, secondo le leggi della meccanica, deve sempre rivolgersi verso i centri dei vortici attraverso cui la cometa passa. Lo stesso avviene per le frecce: nell’aria, è sempre il lato più leggero che si trova più in basso quando salgono e più in alto quando scendono; la ragione di ciò è che in questo modo la linea descritta dal lato più raro della cometa e dal lato più leggero della freccia è leggermente più corta rispetto a quella descritta dall’altro lato. Ad esempio, nella traiettoria della cometa, la parte concava indicata con NC2, che è rivolta verso S, è leggermente più corta della parte convessa; allo stesso modo, la traiettoria 2, 3, 4, che è rivolta verso F, è anch’essa la più corta, e così via. Si potrebbero ancora immaginare altre ragioni che potrebbero impedirci di vedere le comete quando si trovano al di fuori del nostro cielo, poiché basta molto poco perché la superficie di un corpo diventi in grado di riflettere i raggi della luce o, al contrario, per impedirlo; e riguardo a tali effetti particolari, poiché non abbiamo abbastanza esperienze per determinare quali siano le vere cause che li producono, dobbiamo accontentarci di conoscere alcune delle ragioni possibili attraverso cui possono verificarsi.
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Della coda delle comete e delle varie cose che vi sono state osservate.
Oltre alle proprietà delle comete che ho appena spiegato, ne esiste un’altra molto notevole, ovvero quella luce estremamente ampia che le accompagna sotto forma di coda o di “criniera”, e da cui hanno preso il loro nome. Si osserva che questa luce appare sempre dal lato più lontano dal sole; quindi, se la Terra si trova esattamente sulla linea retta tra la cometa e il sole, questa luce si diffonde in ogni direzione attorno alla cometa. Quando invece la Terra si trova fuori da questa linea retta, è dallo stesso lato della Terra che appare questa luce: viene chiamata “criniera” quando precede il movimento osservabile della cometa, e “coda” quando lo segue. Come si notò nella cometa del 1475, all’inizio della sua apparizione presentava una “criniera” che la precedeva, mentre alla fine mostrava una “coda” che la seguiva, poiché in quel momento si trovava nella parte del cielo opposta a quella dove era stata all’inizio. Si osserva anche che questa coda o criniera è più ampia o più stretta a seconda della dimensione apparente della cometa: non se ne vede alcuna nelle comete molto piccole, e nelle altre la sua larghezza diminuisce man mano che si avvicinano alla fine del loro percorso, rendendole meno visibili. Inoltre, questa coda varia anche a seconda della posizione in cui si trovano le comete; quindi, a parità di tutte le altre condizioni, la criniera sembra più lunga quanto più la Terra è lontana dal punto della sua traiettoria che rappresenta la linea retta tra il sole e la cometa. Anche quando la Terra si trova così lontana da non permettere di vedere il corpo stesso della cometa, a causa dell’oscuramento causato dai raggi solari, l’estremità della sua coda può comunque essere visibile; in questi casi viene chiamata “barra” o “crociera di fuoco”, poiché assomiglia a queste forme. Infine, si osserva che questa coda delle comete a volte è un po’ più larga, altre volte un po’ più stretta del solito; a volte è dritta, altre volte leggermente curva; e a volte sembra seguire esattamente il cerchio immaginario che passa per i centri del sole e della cometa, mentre altre volte appare deviare leggermente da esso. Cercherò di spiegare tutte queste caratteristiche in modo dettagliato in seguito.
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En quoi consiste la réfraction qui fait paraître la queue des comètes.
Et, à cet effet, il faut que j’explique un nouveau genre de réfraction, duquel je n’ai point parlé en la Dioptrique, à cause qu’on ne le remarque point dans les corps terrestres ; il consiste en ce que les parties du second élément qui composent le ciel n’étant pas toutes égales, mais plus petites au-dessous de la sphère de Saturne qu’au-dessus, les rayons de lumière qui viennent des comètes vers la terre sont tellement transmis des plus grosses de ces parties aux plus petites, qu’outre qu’ils suivent leurs cours en lignes droites, ils s’écartent aussi quelque peu de part et d’autre par le moyen de ces plus petites, et ainsi souffrent quelque réfraction.
135
Explication de cette réfraction.
Considérons, par exemple, cette figure, en laquelle des boules assez grosses sont appuyées sur d’autres beaucoup plus petites, et pensons que ces boules sont en continuel mouvement, ainsi que les parties du second élément ont été ci-dessus représentées ; en sorte que, si l’une d’elles est poussée vers quelque côté, par exemple si la boule A est poussée vers B, elle pousse en même temps toutes les autres qui sont vers ce même côté, à savoir toutes celles qui sont en la ligne droite AB, et ainsi leur communique cette action ; touchant laquelle action il faut remarquer qu’elle passe bien tout entière en ligne droite depuis A jusqu’à C, mais qu’il n’y en a qu’une partie qui continue ainsi en ligne droite de C jusqu’à B, et que le reste se détourne et se répand tout à l’entour jusque vers D et vers E : car la boule C ne peut pousser vers B la petite boule marquée 2, qu’elle ne pousse les deux autres 1 et 3 vers D et vers E, au moyen de quoi elle pousse aussi toutes celles qui sont dans le triangle DCE. Et il n’en est pas de même de la boule A lorsqu’elle pousse les deux autres boules 4 et 5 vers C ; car, encore que l’action dont elle les pousse soit tellement reçue par ces deux boules qu’elle semble être détournée par elles vers D et vers E, elle ne : laisse pas de passer tout entière vers C, tant à cause que ces deux boules 4 et 5 étant également soutenues des deux côtés par celles qui les environnent, la transfèrent toute à la boule 6, comme aussi à cause que leur continuel mouvement fait que cette action ne peut jamais être reçue conjointement par deux telles boules pendant quelque espace de temps ; et que si elle est maintenant reçue par une qui soit disposée à la détourner vers un côté, elle est incontinent après reçue par une autre qui est disposée à la détourner vers le côté contraire, au moyen de quoi elle suit toujours la même ligne droite. Mais lorsque la boule C pousse les autres plus petites 1, 2, 3 vers B, son action ne peut pas être ainsi renvoyée tout entière par elle vers ce côté-là : car, encore qu’elles se meuvent, il y en a toujours plusieurs qui la reçoivent obliquement, et la détournent vers divers côtés en même temps ; c’est pourquoi, encore que la principale force ou le principal rayon de cette action soit toujours celui qui passe en ligne droite de C vers B, elle se divise en une infinité d’autres plus faibles, qui s’étendent de part et d’autre vers D et vers E. Tout de même, si la boule F est poussée vers G, son action passe en ligne droite d’F jusqu’à H, où étant parvenue, elle se communique aux petites boules 7, 8 ;9, qui la divisent en plusieurs rayons dont le principal va vers G, et les autres se détournent vers D ; mais il faut ici remarquer que, parce que je suppose que la ligne HC, suivant laquelle les plus grosses de ces boules sont arrangées sur les plus petites, est un cercle, les rayons de l’action dont elles sont poussées se doivent détourner diversement, à raison de leurs diverses incidences sur ce cercle : en sorte que l’action qui vient d’A vers C envoie son principal rayon vers B, et distribue les autres également vers les deux côtés D et E, parce que la ligne AC rencontre ce cercle à angles droits, et l’action qui vient d’F vers H envoie bien aussi son principal rayon vers G ; mais, supposant que la ligne FH rencontre le cercle le plus obliquement qu’il se puisse, les autres rayons ne se détournent que vers Un seul côté, à savoir vers D, où ils se répandent en tout l’espace qui est entre G et B, et sont toujours d’autant plus faibles qu’ils se détournent davantage de la ligne HG ; enfin’, si la ligne FH ne rencontre pas si obliquement le cercle, il y a quelques-uns de ces rayons qui se détournent aussi vers l’autre côté, mais il y en a d’autant moins, et ils sont d’autant plus faibles, que l’incidence de cette ligne est plus oblique.
136
Explication des causes qui font paraître les queues des comètes.
134
What exactly is the refraction that causes the tails of comets to appear?
And for this purpose, I must explain a new kind of refraction, about which I did not speak in “Dioptrica,” because it is not observed in terrestrial bodies. This phenomenon arises because the various parts of the second element that constitute the heavens are not all of equal size; rather, they are smaller below the sphere of Saturn than above it. As a result, the rays of light that come from comets toward the earth are transmitted, from the larger portions of these elements to the smaller ones, in such a way that, in addition to following straight paths, they also deviate slightly to one side or the other due to the influence of these smaller portions, and thus undergo some degree of refraction.
135
Explanation of this refraction.
Consider, for example, this figure in which relatively large balls are placed on top of much smaller ones, and assume that these larger balls are in constant motion, just as the various parts of the second element were depicted above. If one of these larger balls is pushed in a certain direction—say, if ball A is pushed towards ball B—it will simultaneously push all the other balls that are also in that same direction, namely those that lie on the straight line AB. Thus, this action is transmitted throughout the chain of balls. It should be noted, however, that while the entire force travels in a straight line from A to C, only a portion of it continues in a straight line from C to B; the rest of the force is diverted and spreads out in various directions, towards D and E. For instance, ball C cannot push the smaller ball labeled 2 directly towards B; instead, it pushes the other two balls, 1 and 3, towards D and E, which in turn affects all the balls within the triangle DCE. The same is not true when ball A pushes the balls 4 and 5 towards C: although the force exerted by A seems to be diverted by these two balls towards D and E, it still travels in a straight line from A to C. Moreover, because balls 4 and 5 are supported on both sides by surrounding balls, they transfer this force entirely to ball 6. Additionally, due to their constant motion, such forces cannot ever be simultaneously received by two adjacent balls over any given period of time; if one ball receives the force and then diverts it in one direction, another ball will immediately redirect it in the opposite direction, ensuring that the force always follows a straight line. However, when ball C pushes the smaller balls 1, 2, and 3 towards B, its force cannot be entirely transmitted in a straight line; instead, it is partially diverted by these smaller balls, spreading out in various directions. Therefore, although the primary force or main direction of this action is always from C to B, it divides into countless weaker forces that extend in different directions, towards D and E. Nevertheless, if the ball F is pushed towards G, its effect travels in a straight line from F to H, where it then affects the smaller balls 7, 8, 9, which divide it into several rays: the main ray proceeds towards G, while the others diverge towards D. It should be noted, however, that since I assume the line HC—along which the larger balls are arranged in relation to the smaller ones—is a circle, the rays resulting from their interaction must diverge in various ways, depending on their angle of incidence upon this circle. Thus, the effect originating from A and moving towards C sends its main ray towards B and distributes the other rays equally towards both sides D and E, because the line AC intersects the circle at right angles. Similarly, the effect originating from F and moving towards H also sends its main ray towards G; but if the line FH intersects the circle at a more oblique angle, the other rays will diverge in only one direction, namely towards D, where they spread out across the entire space between G and B, and their strength decreases proportionally to the greater degree of their deviation from the line HG. Finally, if the line FH does not intersect the circle at such an oblique angle, some of these rays may also diverge in the other direction; however, the number of such rays will be fewer, and their strength will likewise decrease as their angle of incidence becomes more acute.
136
Explanation of the causes that cause the tails of comets to appear.
134
In cosa consiste la rifrazione che fa apparire la coda delle comete?
E a tal fine, devo spiegare un nuovo tipo di rifrazione di cui non ho parlato nella “Diottrica”, poiché non si osserva nei corpi terrestri; tale fenomeno consiste nel fatto che le parti del secondo elemento che compongono il cielo non sono tutte uguali: quelle situate al di sotto della sfera di Saturno sono infatti più piccole di quelle al di sopra. Di conseguenza, i raggi di luce provenienti dalle comete verso la Terra vengono deviati, passando dalle parti più grandi a quelle più piccole; per questo motivo, pur seguendo traiettorie rette, si allontanano leggermente da entrambi i lati, subendo così una certa rifrazione.
135
Spiegazione di questa rifrazione.
Consideriamo, ad esempio, questa figura nella quale delle palle abbastanza grandi sono appoggiate su altre molto più piccole, e pensiamo che queste palle si muovano continuamente, proprio come sono state rappresentate le parti del secondo elemento sopra descritto; in tal modo, se una di esse viene spinta verso un lato, ad esempio se la palla A viene spinta verso B, essa spinge contemporaneamente tutte le altre che si trovano nella stessa direzione, cioè tutte quelle che sono sulla linea retta AB, trasmettendo loro questa azione; riguardo a questa azione, è importante notare che essa passa interamente in linea retta da A a C, ma solo una sua parte prosegue in linea retta da C a B, mentre il resto si dirama e si diffonde in tutte le direzioni, fino a D ed E: infatti, la palla C non può spingere la piccola palla contrassegnata con il numero 2 verso B senza contemporaneamente spingere le altre due, 1 e 3, verso D ed E, e di conseguenza spinge anche tutte quelle che si trovano nel triangolo DCE. Non è lo stesso per la palla A quando spinge le altre due palle, 4 e 5, verso C; infatti, anche se l’azione che esercita su di esse sembra essere deviata da queste ultime verso D ed E, essa passa comunque interamente verso C, sia perché le due palle 4 e 5 sono sostenute su entrambi i lati dalle palle circostanti, trasferendola così alla palla 6, sia perché il loro movimento continuo impedisce che questa azione venga ricevuta contemporaneamente da due palle nello stesso momento; inoltre, anche se in un certo istante essa viene ricevuta da una palla che la devia verso un lato, subito dopo viene ricevuta da un’altra che la devia nella direzione opposta, facendo sì che segua sempre la stessa linea retta. Tuttavia, quando la palla C spinge le altre palle più piccole, 1, 2, 3, verso B, la sua azione non può essere completamente deviata in quella direzione; infatti, anche se queste ultime si muovono, molte di esse ricevono l’azione in modo obliquo, deviandola contemporaneamente in varie direzioni; per questo motivo, anche se la forza principale o il raggio principale di questa azione è sempre quello che passa in linea retta da C a B, essa si divide in un’infinità di altre forze più deboli, che si estendono su entrambi i lati verso D ed E. Tuttavia, se la sfera F viene spinta verso G, la sua azione si propaga in linea retta da F fino a H; una volta raggiunta H, questa azione si trasmette alle piccole sfere 7, 8, 9, le quali la dividono in diversi raggi: il principale di questi raggi va verso G, mentre gli altri si diramano verso D. È importante notare che, poiché ipotizzo che la linea HC – lungo cui le sfere più grandi sono disposte rispetto alle più piccole – sia un cerchio, i raggi dell’azione generata da queste sfere devono deviare in modi diversi a seconda del loro angolo di incidenza su tale cerchio. Pertanto, l’azione che parte da A verso C invia il suo raggio principale verso B e distribuisce gli altri raggi equamente sui due lati D ed E, poiché la linea AC interseca il cerchio ad angoli retti; allo stesso modo, l’azione che parte da F verso H manda anch’essa il suo raggio principale verso G. Tuttavia, se si ipotizza che la linea FH intersechi il cerchio in modo più obliquo possibile, gli altri raggi si dirameranno soltanto verso un solo lato, ovvero verso D, dove si diffonderanno nell’intero spazio compreso tra G e B; inoltre, tali raggi saranno tanto più deboli quanto più si allontaneranno dalla linea HG. Infine, se la linea FH interseca il cerchio in modo meno obliquo, alcuni di questi raggi si dirameranno anche verso l’altro lato, ma ne sarà un numero inferiore e tali raggi saranno ancora più deboli, in quanto l’angolo di incidenza della linea sarà maggiore.
136
Spiegazione delle cause che rendono visibili le code delle comete.
Après avoir bien compris les raisons de tout ceci, il est aisé de les approprier à la matière du ciel, dont toutes les petites parties sont rondes comme ces boules ; car, encore qu’il n’y ait aucun lieu où ces parties du ciel soient fort notablement plus grosses que celles qui les suivent immédiatement, ainsi que ces boules sont ici représentées en la ligne CH, toutefois, à cause qu’elles vont en diminuant peu à peu depuis la sphère de Saturne jusqu’au soleil, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, et que ces diminutions se font suivant des cercles tels que celui qui est ici représenté par cette ligne CH, on peut aisément se persuader qu’il n’y a pas moins de différence entre celles qui sont au-dessus de Saturne et celles qui sont vers la terre, qu’il y a entre les plus grosses et les plus petites de ces houles ; et que par conséquent les rayons de la lumière n’y doivent pas moins être détournés que ceux de l’action dont je viens de parler, sans qu’il y ait d’autre diversité, sinon qu’au lieu que les rayons de cette action se détournent beaucoup en un endroit et point ailleurs, ceux de la lumière ne se détournent que peu à peu, à mesure que les parties du ciel par où ils passent vont en diminuant : par exemple, si S est le soleil, 2, 3, 4, 5, le cercle que la terre décrit chaque année y prenant son cours, suivant l’ordre des chiffres 2, 3, 4, et DEFGH, la sphère qui marque l’endroit où les parties du ciel cessent d’être égales et vont en diminuant jusqu’au soleil (laquelle sphère j’ai dit ci-dessus n’être pas entièrement régulière, mais beaucoup plus plate vers les pôles que vers l’écliptique), et que C soit une comète située au-dessus de Saturne en notre ciel, il faut penser que les rayons du soleil qui vont vers cette comète sont tellement renvoyés par elle vers la sphère DEFGH, que la plupart de ceux qui rencontrent cette sphère à angles droits au point F passent outre en ligne droite vers 3, mais que les autres se détournent quelque peu tout autour de la ligne F3, comme vers 2 et vers 4, et que la plupart de ceux qui la rencontrent obliquement au point G passent aussi en ligne droite vers 4, et que les autres se détournent, non pas également tout autour, mais beaucoup plus vers 3, c’est-à-dire vers le centre de la sphère, que vers l’autre côté ; et que la plupart de ceux qui la rencontrent au point H, passant outre en ligne droite, ne parviennent point jusqu’au cercle 2, 3, 4, 5, mais que les autres qui se détournent vers le centre de la sphère y parviennent ; et, enfin, que ceux qui rencontrent cette sphère en d’autres lieux, comme vers E ou vers D, pénètrent au dedans en même façon, partie en lignes droites, et partie en se détournant. Ensuite de quoi il est évident que si la terre est en l’endroit de sa route marquée 3, nous devons voir cette comète avec une chevelure également éparse de tous côtés ; car les plus forts rayons qui viennent en ligne droite d’F vers 3 représentent son corps, et les autres plus faibles, qui, étant détournés, viennent aussi de G et d’E vers 3, font voir sa chevelure : et on a donné le nom de rose à cette espèce de comète. Tout de même, il est évident que si la terre est vers 4, nous devons voir le corps de cette comète par le moyen des rayons qui suivent la ligne droite CG4, et sa chevelure, ou, pour mieux dire, sa queue, étendue vers un seul côté, par le moyen des rayons courbés qui viennent d’H, et de tous les autres lieux qui sont entre G et H vers 4. Il est évident aussi que si la terre est vers 2, nous devons voir la comète par le moyen des rayons droits CE 2, et sa chevelure par le moyen de tous les rayons courbés qui passent entre les lignes CE2 et CD2, et qui s’assemblent vers 2, sans qu’il y ait en cela autre différence, sinon que la terre étant vers 2, cette comète paraîtra le matin avec sa chevelure qui semblera la précéder ; et la terre étant vers 4, la comète se verra le soir avec une queue qu’elle traînera après soi.
137
Explication de l’apparition des chevrons de feu
Enfin, si la terre est vers 5, il est évident que nous ne pourrons voir cette comète, à cause de l’interposition du soleil, mais seulement une partie de sa queue ou chevelure, qui semblera un chevron de feu, et paraîtra le soir ou le matin, selon que la terre sera plus proche du point 4, ou du point 2 ;-en sorte que si elle est justement au point 5, également distant de ces deux autres, peut-être que cette même comète nous fera voir deux chevrons de feu ; l’un au soir et l’autre au matin, par le moyen des rayons courbés qui viennent d’H, et de D vers 5 ; je dis peut-être, à cause que si elle n’est fort grande, ses rayons ainsi courbés ne seront pas assez forts pour être aperçus de nos yeux.
138
Pourquoi la queue des comètes n’est pas toujours exactement droite ni directement opposée au soleil.
Au reste, cette queue ou chevelure des comètes ne paraît pas toujours entièrement droite, mais quelquefois un peu courbée, ni aussi toujours dans la même ligne droite, ou, ce qui revient à un, dans le même cercle qui passe par les centres du soleil et de la comète, mais souvent elle s’en écarte quelque peu, et enfin elle ne paraît pas toujours également large, mais quelquefois plus étroite et aussi plus lumineuse, lorsque les rayons qui viennent de ses côtés s’assemblent vers l’œil ; car toutes ces variétés doivent suivre de ce que la sphère DEFGH n’est pas régulière. Et, d’autant que sa figure est plus plate vers les pôles qu’ailleurs, les queues des comètes y doivent être plus droites et plus larges ; mais quand elles s’étendent de travers entre les pôles et l’écliptique, elles doivent être courbées, et s’écarter un peu de la ligne qui passe par les centres du soleil et de la comète ; enfin, lorsqu’elles s’y étendent en long, elles doivent être plus lumineuses et plus étroites qu’aux autres lieux. Et je ne pense pas que l’on ait jamais fait aucune observation touchant les comètes, laquelle ne doive point être prise pour fable ni pour miracle, dont la raison n’ait été ici expliquée.
139
Pourquoi les étoiles fixes et les planètes ne paraissent point avec de telles queues.
On peut seulement proposer encore une difficulté, savoir pourquoi il ne paraît point de chevelure autour des étoiles fixes, ni aussi autour des plus hautes planètes, Saturne et Jupiter, en même façon qu’autour des comètes ; mais il est aisé d’y répondre. Premièrement, à cause que, même autour des comètes, cette chevelure n’a point coutume d’être vue, lorsque leur diamètre apparent n’est pas plus grand que celui des étoiles fixés, à cause que les rayons qui la forment n’ont point alors assez de force. Puis, en particulier, touchant les étoiles fixes, il faut remarquer que, d’autant qu’elles ont leur lumière en elles-mêmes, et ne l’empruntent point du soleil, s’il paraissait quelque chevelure autour d’elles, il faudrait qu’elle y fut également éparse de tous côtés, et par conséquent aussi fort courte, ainsi qu’aux comètes qu’on nomme roses : mais on voit véritablement une telle chevelure autour d’elles, car leur figure n’est point limitée par aucune ligne qui soit uniforme, et on les voit environnées de rayons de tous côtés ; et peut-être aussi que cela est la cause qui fait que leur lumière est si étincelante ou tremblante, bien qu’on en puisse encore donner d’autres raisons. Enfin, pour ce qui est de Jupiter et de Saturne, je ne doute point qu’ils ne paraissent aussi quelquefois avec une telle chevelure, aux pays où l’air est fort clair et fort pur ; et je me souviens fort bien d’avoir lu quelque part que cela a été autrefois observé, bien que je ne me souvienne point du nom de l’auteur. Outre que ce que dit Aristote au premier des Météores, chap. VI, que les Égyptiens ont quelquefois aperçu de telles chevelures autour des étoiles, doit, je crois, plutôt être entendu de ces planètes que non pas des étoiles fixes ; et quant à ce qu’il dit avoir vu lui-même une chevelure autour de l’une des étoiles qui sont en la cuisse du chien, cela doit être arrivé par quelque réfraction extraordinaire qui se faisait en l’air, ou plutôt par quelque indisposition qui était en ses yeux, car il ajoute que cette chevelure paraissait d’autant moins qu’il la regardait plus fixement.
140
Comment les planètes ont pu commencer à se mouvoir.
After thoroughly understanding the reasons behind all this, it is easy to apply them to the composition of the heavens, where all its smallest parts are round, just like these balls. For although there is no particular place where these celestial parts are significantly larger than those immediately following them—just as these balls are represented in the line CH here—yet because their size gradually decreases from the sphere of Saturn towards the sun, as mentioned earlier, and because this reduction occurs along circles such as the one represented by the line CH, it is readily conceivable that the difference between the parts of the heavens above Saturn and those near the earth is no less than the difference between the larger and smaller waves on the sea. Consequently, the rays of light must be deflected in just the same way as those rays of influence I have just discussed. The only difference is that, whereas the rays of that influence are deflected significantly in one place and not elsewhere, the rays of light are merely deflected gradually as they pass through different parts of the heavens. For example, if S represents the sun and 2, 3, 4, 5 represent the sequence of circles that the earth follows in its annual orbit, and DEFGH represents the sphere where the celestial parts begin to decrease in size towards the sun (as I mentioned earlier, this sphere is not perfectly regular but is much flatter near the poles than along the ecliptic), and if C represents a comet located above Saturn in our sky, then it can be concluded that the rays of the sun heading towards this comet are greatly deflected by it towards the sphere DEFGH. Most of those rays that meet this sphere at a right angle to point F pass straight through and continue towards 3, while others are slightly deflected around the line F3, towards 2 or 4. Most of those rays that meet it obliquely at point G also pass straight through and reach 4, while others are deflected more significantly, towards 3, that is, towards the center of the sphere, rather than in the opposite direction. Finally, those rays that meet this sphere at other points, such as E or D, also penetrate inside in similar ways—some by going straight through and some by being deflected. Furthermore, it is evident that if the Earth is located at position 3 on its designated trajectory, we should be able to observe this comet with a tail that also extends in all directions; for the strongest rays that originate directly from point F and extend towards position 3 constitute its main body, while the weaker rays, which are deflected and come from points G and E towards position 3, form its tail. This type of comet has thus been given the name “rose-comet.” Nevertheless, it is still clear that if the Earth is at position 4, we will observe the comet’s main body through the rays that follow the straight line CG4, and its tail—or, to put it more precisely, its coma—which extends in one direction, through the curved rays that originate from point H and all other locations situated between G and H towards position 4. It is also evident that if the Earth is at position 2, we will see the comet through the straight rays CE2, and its tail through all the curved rays that pass between lines CE2 and CD2 and converge towards position 2. The only difference here is that, when the Earth is at position 2, the comet will appear in the morning with its tail seeming to precede it; whereas when the Earth is at position 4, the comet will be seen in the evening with a tail trailing behind it.
137
Explanation of the appearance of the fire arrows
Finally, if the Earth is situated at approximately point 5, it is obvious that we will not be able to see this comet due to the interference of the Sun; we will only be able to observe a part of its tail, which will appear like a fiery V-shape, and it will be visible in the evening or morning, depending on whether the Earth is closer to point 4 or point 2. – Thus, if it is precisely at point 5, equally distant from both of these points, perhaps we would see two such fiery V-shaped patterns: one in the evening and one in the morning, due to the curved rays emanating from points H and D towards point 5. I say “perhaps” because, if the comet is not particularly large, its rays will not be strong enough to be observed by our eyes.
138
Why isn’t the tail of a comet always perfectly straight or directly opposite the sun?
Furthermore, the tail or coma of comets does not always appear entirely straight; at times it is slightly curved, nor is it always aligned in the same straight line, or—in other words, within the same circle passing through the centers of the sun and the comet. Often it deviates from this alignment. Moreover, its width does not remain constant either; sometimes it appears narrower, and at such times it may be brighter, as the rays coming from its sides converge towards the observer’s eye. All these variations are inevitable, given that the spherical shape of the comet’s orbit, represented by the figure DEFGH, is not perfect. Moreover, since this shape is flatter near the poles than elsewhere, the tails of comets should be straighter and wider in those regions. However, when they extend across the space between the poles and the ecliptic, they must curve and deviate from the line connecting the centers of the sun and the comet. Finally, when they extend along the long axis of the comet’s orbit, they tend to be brighter and narrower than at other points. I believe that no observations regarding comets have ever been made that cannot be explained by these principles, and that such phenomena should neither be regarded as fables nor as miracles.
139
Why don’t fixed stars and planets appear to have such tails?
One might only raise another question: why is it that no such “hair” seems to surround the fixed stars, nor the larger planets like Saturn and Jupiter, in the same way as it can be observed around comets? However, this is easily answered. Firstly, even around comets, this “hair” is usually not visible when their apparent diameter is no greater than that of the fixed stars, because the rays that form it are not strong enough at that time. Secondly, regarding the fixed stars themselves, since they emit their own light and do not obtain it from the sun, if any such “hair” existed around them, it would have to be evenly distributed in all directions—and therefore just as short as the “hair” seen around comets like those called “rosy comets.” Yet we indeed observe such a “hair” around these stars, because their shapes are not bounded by any uniform lines; they appear to be surrounded by rays from all sides. Perhaps this is also the reason why their light appears so bright and flickering, although other explanations are possible as well. Finally, as for Jupiter and Saturn, I have no doubt that such a “hair” can sometimes be observed in regions where the air is very clear and pure. I vividly remember having read somewhere that this has been observed in the past, though I cannot recall the name of the author. Moreover, what Aristotle says in the first book of his “Meteors,” chapter VI—namely that the Egyptians sometimes observed such “hair” around stars—should probably be applied to these planets rather than the fixed stars. As for Aristotle’s claim that he himself saw such “hair” around one of the stars located in the “thigh” of the constellation Canis Major, this must have been due to some extraordinary refraction in the air, or perhaps some defect in his own eyes, since he adds that the “hair” seemed even less visible the more intently he looked at it.
140
How planets were able to begin moving.
Dopo aver compreso appieno le ragioni di tutto ciò, è facile applicarle al caso del cielo, le cui parti sono tutte rotonde come queste palle; poiché, anche se non esiste alcun punto in cui queste parti del cielo siano notevolmente più grandi di quelle che le seguono immediatamente – proprio come queste palle sono rappresentate nella linea CH – tuttavia, poiché queste dimensioni diminuiscono gradualmente dalla sfera di Saturno fino al sole, e questa diminuzione avviene lungo cerchi come quello rappresentato dalla linea CH, si può facilmente convincersi che non esista meno differenza tra le parti del cielo situate sopra Saturno e quelle più vicine alla Terra, di quanta ce ne sia tra le parti più grandi e quelle più piccole di queste onde; e quindi anche i raggi della luce devono subire lo stesso deviazione di quelli dell’azione di cui ho appena parlato, senza alcuna altra differenza, se non che, mentre i raggi di quell’azione si deviano in modo marcato in alcuni punti e no in altri, i raggi della luce si deviano solo gradualmente, man mano che le parti del cielo attraversate da essi diminuiscono di dimensioni; ad esempio, se S è il sole e 2, 3, 4, 5 sono i cerchi descritti annualmente dalla Terra nel suo movimento, e DEFGH è la sfera che segna il punto in cui le parti del cielo smettono di essere uguali e iniziano a diminuire verso il sole (una sfera che, come ho detto prima, non è completamente regolare, ma molto più piatta nei poli rispetto all’eclittica), e se C è una cometa situata sopra Saturno nel nostro cielo, si deve pensare che i raggi del sole diretti verso questa cometa vengano deviati in gran parte verso la sfera DEFGH; quindi la maggior parte di quei raggi che incontrano questa sfera ad angolo retto con il punto F proseguono dritti verso il punto 3, mentre altri si deviano leggermente attorno alla linea F3, verso i punti 2 e 4; inoltre, la maggior parte di quei raggi che incontrano questa sfera in modo obliquo con il punto G proseguono anch’essi dritti verso il punto 4, mentre altri si deviano, non necessariamente uniformemente attorno alla linea F3, ma molto più verso il centro della sfera rispetto all’altro lato; infine, la maggior parte di quei raggi che incontrano questa sfera in altri punti, come E o D, penetra al suo interno allo stesso modo: in parte dritti, in parte deviandosi. È evidente che, se la Terra si trovasse nel punto indicato come “3” sulla sua traiettoria prevista, dovremmo vedere questa cometa con una chioma altrettanto diffusa in tutte le direzioni; infatti, i raggi più intensi che provengono direttamente da F verso il punto 3 rappresentano il suo corpo principale, mentre gli altri raggi, più deboli e deviati, provenienti da G ed E verso il punto 3, costituiscono la sua chioma. A questa specie di cometa è stato quindi dato il nome di “cometa a ciocca di rosa”. Tuttavia, se la Terra si trovasse nel punto 4, dovremmo vedere il corpo della cometa attraverso i raggi che seguono la linea retta CG4, mentre la sua chioma, o meglio detto la sua coda, estesa in un’unica direzione, sarebbe visibile attraverso i raggi curvi provenienti da H e da tutti gli altri punti situati tra G e H verso il punto 4. È altrettanto evidente che, se la Terra si trovasse nel punto 2, dovremmo vedere la cometa attraverso i raggi retti CE2, mentre la sua chioma sarebbe visibile attraverso tutti i raggi curvi che passano tra le linee CE2 e CD2 e si riuniscono verso il punto 2. Non vi è alcuna differenza sostanziale in questi casi, se non nel fatto che, quando la Terra si trova nel punto 2, la cometa appare al mattino con la sua chioma che sembra precederla; mentre, quando la Terra si trova nel punto 4, la cometa viene vista alla sera con una coda che la segue.
137
Spiegazione dell’insorgere dei fulmini.
Infine, se la Terra si trova esattamente nel punto 5, è evidente che non potremo vedere questa cometa a causa dell’interposizione del Sole; vedremo soltanto una parte della sua coda, che sembrerà un “croce di fuoco” e apparirà alla sera o al mattino, a seconda che la Terra sia più vicina al punto 4 o al punto 2. Se invece si trova esattamente nel punto 5, equidistante da questi due punti, forse vedremo addirittura due “croci di fuoco”: uno alla sera e l’altro al mattino, grazie ai raggi curvi che provengono dai punti H e D verso il punto 5. Dico “forse”, perché se la cometa non è molto grande, i suoi raggi curvi potrebbero non essere abbastanza intensi da essere percepiti dai nostri occhi.
138
Perché la coda delle comete non è sempre esattamente dritta né direttamente opposta al sole?
Del resto, questa coda o criniera delle comete non sembra sempre essere completamente dritta, ma a volte appare leggermente curva; inoltre, non segue sempre esattamente la stessa linea retta, né si trova necessariamente nello stesso cerchio che passa per i centri del sole e della cometa. Spesso si discosta un po’ da questa traiettoria. Inoltre, la sua larghezza non è sempre uniforme: a volte appare più stretta, e diventa anche più luminosa quando i raggi provenienti dai suoi lati si concentrano verso l’occhio osservatore; tutte queste variazioni sono dovute al fatto che la sfera DEFGH non è regolare. Inoltre, poiché la sua forma è più piatta nei poli rispetto ad altre zone, le code delle comete in quei punti devono essere più dritte e più larghe; ma quando si estendono attraverso l’intervallo tra i poli e l’eclittica, diventano curve e si allontanano leggermente dalla linea che collega i centri del sole e della cometa. Infine, quando si estendono in lunghezza lungo questa linea, appaiono più luminose e più strette rispetto ad altre zone. Non credo che sia mai stata fatta alcuna osservazione sulle comete la cui spiegazione non sia stata fornita qui stesso.
139
Perché le stelle fisse e i pianeti non presentano tale tipo di “code” quando vengono osservati?
Si può soltanto proporre un’altra difficoltà: perché non sembra esserci alcuna “chioma” di stelle intorno alle stelle fisse, né intorno alle più grandi pianete come Saturno e Giove, allo stesso modo in cui si osserva tale fenomeno intorno alle comete. Tuttavia, è facile rispondere a questa domanda. Primo perché, anche intorno alle comete, questa “chioma” di stelle non viene solitamente osservata quando il loro diametro apparente non è maggiore di quello delle stelle fisse; i raggi che la formano, in quel caso, non sono abbastanza intensi. Inoltre, riguardo alle stelle fisse, bisogna considerare che poiché la loro luce proviene direttamente da esse stesse e non è presa dal sole, se esistesse davvero una tale “chioma” intorno a loro, essa dovrebbe essere distribuita uniformemente in tutte le direzioni, il che significherebbe che sarebbe estremamente sottile, proprio come nelle comete chiamate “rosse”. Tuttavia, si osserva effettivamente una tale “chioma” intorno alle stelle fisse, poiché la loro forma non è delimitata da linee regolari e sono circondate da raggi provenienti da tutte le direzioni. Forse anche questo è il motivo per cui la loro luce appare così scintillante o tremolante, sebbene si possano ipotizzare altre spiegazioni. Infine, per quanto riguarda Giove e Saturno, non dubito che a volte si possa osservare una tale “chioma” in regioni dove l’aria è molto chiara e pulita; ricordo anche di aver letto da qualche parte che questo fenomeno è stato effettivamente osservato in passato, sebbene non ricordi il nome dell’autore. Inoltre, ciò che Aristotele afferma nel primo libro dei “Meteori”, capitolo VI – ovvero che gli Egizi avrebbero talvolta visto una tale “chioma” intorno alle stelle – credo debba essere riferito piuttosto a queste pianete che non alle stelle fisse. Quanto a ciò che Aristotele stesso afferma di aver visto, ovvero una “chioma” intorno a una delle stelle situate nella “coscia del cane”, questo deve essere dovuto a qualche fenomeno di rifrazione straordinaria nell’aria, o piuttosto a un problema visivo dell’autore stesso, poiché aggiunge che tale “chioma” sembrava diventare sempre meno evidente quanto più la fissava attentamente.
140
Come le pianete sono riuscite ad iniziare a muoversi.
Après avoir ainsi examiné tout ce qui appartient aux comètes, nous pouvons considérer en même façon les planètes, et supposer que l’astre N est moins solide, ou bien a moins de force pour continuer son mouvement en ligne droite, que les parties du second élément qui sont vers la circonférence de notre ciel, mais qu’il en a quelque peu plus que celles qui sont proches du centre où est le soleil ; d’où il suit que sitôt qu’il est emporté par le cours de ce ciel, il doit continuellement descendre vers son centre, jusqu’à ce qu’il soit parvenu au lieu où sont celles de ses parties qui n’ont ni plus ni moins de force que lui à persévérer en leur mouvement ; et que, lorsqu’il est descendu jusque-là, il ne doit pas s’approcher ni se reculer du soleil, sinon en tant qu’il est poussé quelque peu çà ou là par d’autres causes, mais seulement tourner en rond autour de lui, avec ces parties du ciel qui lui sont égales en force, et ainsi que cet astre est une planète : car s’il descendait plus bas vers le soleil, il s’y trouverait environné de parties du ciel un peu plus petites, et qui, par conséquent, lui céderaient en force, mais qui, étant aussi plus agitées que lui, augmenteraient son agitation et ensemble sa force, laquelle le ferait aussitôt remonter ; et, au contraire, s’il allait plus haut, il y rencontrerait des parties du ciel un peu moins agitées, au moyen de quoi elles diminueraient son mouvement ; et un peu plus grosses, au moyen de quoi elles auraient la force de le repousser vers le soleil.
141
Quelles sont les diverses causes qui détournent le mouvement des planètes : la première.
Les autres causes qui peuvent quelque peu détourner çà ou là cette planète sont, premièrement, que l’espace dans lequel elle tourne avec toute la matière du premier ciel n’est pas exactement rond ; car il est nécessaire qu’aux lieux où cet espace est plus ample la matière du ciel se meuve plus lentement, et donne moyen à cette planète de s’éloigner un peu plus du soleil qu’aux lieux où il est plus étroit.
142
La seconde.
Et, en second lieu, que la matière du premier élément coulant sans cesse de quelques-uns des tourbillons voisins vers le centre de celui que nous nommons notre ciel, et retournant de là vers quelques autres, pousse diversement cette planète selon les divers endroits où elle se trouve.
143
La troisième.
De plus, que les pores ou petits passages que les parties cannelées de ce premier élément se sont faits dans cette planète, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, peuvent être plus disposés à recevoir celles de ces parties cannelées qui viennent de certains endroits du ciel, qu’à recevoir celles qui viennent des autres ; ce qui fait que les pôles de la planète se doivent tourner vers ces endroits-là.
144
La quatrième.
Puis aussi, quelque mouvement peut avoir été imprimé auparavant en cette planète, lequel elle conserve encore longtemps après, nonobstant que les autres causes ici expliquées y répugnent. Car, comme nous voyons qu’une pirouette acquiert assez de force, de cela seul qu’un enfant la fait tourner entre ses doigts, pour continuer par après toute seule pendant quelques minutes, et faire peut-être pendant ce temps-là plus de deux ou trois mille tours sur son centre, nonobstant qu’elle soit fort petite, et que tant l’air qui l’environne que la terre qui la soutient lui résistent et retardent son mouvement de tout leur pouvoir, ainsi on peut aisément croire que si une planète avait été agitée en même façon dès le commencement qu’elle a été créée, cela seul serait suffisant pour lui faire encore à présent continuer le même mouvement sans aucune notable diminution, parce que d’autant plus qu’un corps est grand, d’autant plus longtemps aussi peut-il retenir l’agitation qui lui a été ainsi imprimée, et que la durée de cinq ou six mille ans qu’il y a que le monde est, si on le compare avec la grosseur d’une planète, n’est pas tant qu’une minute comparée avec la petitesse d’une pirouette.
145
La cinquième.
Puis enfin, que la force de continuer ainsi à se mouvoir est plus durable et plus constante dans les planètes que dans la matière du ciel qui les environne, et même qu’elle est plus durable dans une grande planète que dans une moins grande. Dont la raison est que les moindres corps ayant plus de superficie à raison de la quantité de leur matière, que n’en ont ceux qui sont plus grands, rencontrent plus de choses en leur chemin qui empêchent ou détournent leur mouvement ; et qu’une portion de la matière du ciel qui égale en grosseur une planète est composée de plusieurs petites parties qui se doivent toutes accorder à un même mouvement pour égaler celui de cette planète, mais qui, n’étant point attachées les unes aux autres, peuvent être détournées de ce mouvement, chacune à part, par les moindres causes ; d’où il suit qu’aucune planète ne se meut si vite que les petites parties de la matière du ciel qui l’environnent, parce qu’elle peut seulement égaler celui de leurs mouvements selon lequel elles s’accordent à suivre toutes un même cours ; et que, d’autant qu’elles sont divisées, elles en ont toujours quelques autres qui leur sont particuliers. Il suit aussi de cela que lorsqu’il y a quelque cause qui augmente, ou retarde, ou détourne le mouvement de cette matière du ciel, la même cause ne peut pas si promptement ni si fort augmenter, ou retarder, ou détourner celui de la planète.
146
Comment toutes les planètes peuvent avoir été formées.
Or, si on considère bien toutes ces choses, on pourra tirer les raisons de tout ce qui a pu être observé jusqu’ici touchant les planètes, et voir qu’il n’y a rien en cela qui ne s’accorde parfaitement avec les lois de la nature ci-dessus expliquées : car rien n’empêche que nous ne pensions que ce grand espace que nous nommons le premier ciel a autrefois été divisé en quatorze tourbillons, ou en davantage, et que ces tourbillons ont été tellement disposés, que les astres qu’ils avaient en leurs centres se sont peu à peu couverts de plusieurs taches, ensuite de quoi les plus petits ont été détruits par les plus grands en la façon qui a été décrite. A savoir, on peut penser que les deux tourbillons qui avaient les astres que nous nommons maintenant Jupiter et Saturne en leurs centres étaient les plus grands, et qu’il y en avait quatre moindres autour de celui de Jupiter, dont les astres sont descendus vers lui, et ce sont les quatre petites planètes que nous y voyons ; puis qu’il y en avait aussi deux autres autour de celui de Saturne, dont les astres sont descendus vers lui en même façon (au moins s’il est vrai que Saturne ait proche de soi deux autres moindres planètes, ainsi qu’il semble paraître) ; et que la lune est aussi descendue vers la terre lorsque le tourbillon qui la contenait a été détruit ; et, enfin, que les six tourbillons qui avaient Mercure, Vénus, la terre, Mars, Jupiter et Saturne en leurs centres étant détruits par un autre plus grand, au milieu duquel était le soleil, tous ces astres sont descendus vers lui, et s’y sont disposés en la façon qu’ils y paraissent à présent : mais que, s’il y a eu encore quelques autres tourbillons en l’espace qui comprend maintenant le premier ciel, les astres qu’ils avaient en leurs centres étant devenus plus solides que Saturne se sont convertis en comètes.
147
Pourquoi toutes les planètes ne sont pas également distantes du soleil.
Ainsi, voyant maintenant que les principales planètes, Mercure, Vénus, la terre, Mars, Jupiter et Saturne, font leurs cours à diverses distances du soleil, nous devons juger que cela vient de ce qu’elles ne sont pas également solides, et que ce sont celles qui le sont moins qui s’en approchent davantage. Et nous n’avons pas sujet de trouver étrange que Mars en soit plus éloigné que la terre, nonobstant qu’il soit plus petit qu’elle, parce que ce n’est pas la seule grandeur qui fait que les corps sont solides, et qu’il le peut être plus que la terre, encore qu’il ne soit pas si grand.
148
Pourquoi les plus proches du soleil se meuvent plus vite que les plus éloignées, et toutefois ses taches, qui en sont fort proches, se meuvent moins vite qu’aucune planète.
After having thus examined everything that belongs to comets, we can apply the same considerations to planets and assume that the star N is less solid, or possesses less power to continue moving in a straight line, than those parts of the second element that are located near the circumference of our sky; yet it must possess somewhat more such power than those parts that are closer to the center where the sun lies. Therefore, once it begins to move along the course of this celestial sphere, it must continuously move toward its center until it reaches a position where its various parts possess exactly the same amount of force as it does itself in maintaining their motion. And when it has reached this point, it should neither approach nor recede from the sun, except perhaps due to the influence of other forces; rather, it should orbit around the sun together with those portions of the celestial sphere that have equal strength as it does. For if it were to move lower toward the sun, it would be surrounded by parts of the sky that are smaller in size and, consequently, weaker in force; yet since these surrounding parts would also be more turbulent than it is, they would increase its own agitation and thus its strength, causing it to immediately rise back upward. On the other hand, if it were to move higher, it would encounter parts of the sky that are less turbulent, which would reduce its motion; and if those parts were also larger in size, they would have enough force to push it back toward the sun.
141
What are the various causes that deflect the motion of the planets: the first one.
The other factors that may somewhat cause this planet to deviate from its course include, firstly, the fact that the space in which it orbits, along with all the matter of the first heaven, is not perfectly circular; for it is necessary that in those areas where this space is more expansive, the matter of the heavens moves more slowly, allowing the planet to move slightly further away from the sun than in those areas where the space is narrower.
142
The second one.
And, secondly, that the substance of the primary element, which continuously flows from some of the surrounding whirlpools towards the center of what we call our sky, and then returns from there to other whirlpools, exerts various influences on this planet depending on the different locations where it comes into contact with it.
143
The third one.
Furthermore, the pores or small passages that are formed in this planet by the channelled parts of that first element, as mentioned above, may be more readily capable of receiving those channelled parts that come from certain regions of the sky than those that come from other regions; as a result, the poles of the planet must turn towards those particular locations.
144
The fourth one.
Furthermore, some kind of motion may have been imparted to this planet in the past, and it continues to retain that motion for a long time afterward, even though all the other factors explained here would seem to oppose such continuation. For, as we see, a small toy like a spinning top can acquire enough momentum simply by being turned between a child’s fingers, so that it will continue spinning on its own for several minutes—perhaps even completing two or three thousand rotations—despite the resistance of the surrounding air and the earth beneath it. Therefore, it is entirely plausible to believe that if a planet had been subjected to similar forces from the very beginning of its creation, it would still be continuing in that same motion today, with no significant decrease in its momentum. Indeed, the larger a body is, the longer it is capable of sustaining the motion that has been imparted to it; and the fact that the world has existed for only five or six thousand years—compared to the size of a planet—is merely like comparing one minute to the tiny size of a spinning top.
145
The fifth one.
Furthermore, the force that enables a planet to continue moving in this manner is more enduring and constant on the planet itself than in the celestial matter surrounding it; indeed, such force is even more persistent on a larger planet than on a smaller one. The reason for this is that smaller bodies, having a greater surface area relative to their mass compared to larger ones, encounter more obstacles along their path that hinder or deflect their motion. Moreover, a portion of the celestial matter equal in size to a planet is composed of numerous smaller parts, each of which must move in unison with the others in order to produce a combined motion equivalent to that of the planet. However, since these smaller parts are not bound together, they can each be separately diverted from this common motion by the most minor influences. As a result, no planet moves as quickly as the constituent parts of the celestial matter surrounding it, because the planet can only match the combined movement of those parts; and precisely because these parts are separate from one another, some of them always possess their own distinct motions. It also follows from this that whenever some external cause accelerates, slows down, or deflects the motion of this celestial matter, the same cause cannot have an equally immediate or intense effect on the motion of a planet.
146
How it is possible that all these planets were formed.
Or, if we carefully consider all these matters, we can discern the reasons for everything that has been observed so far regarding the planets, and see that nothing in this contradicts the laws of nature explained above. For there is no reason to think that the vast expanse we call the first heaven was not once divided into fourteen or more whirlpools, and that these whirlpools were arranged in such a way that the stars at their centers gradually developed various markings; subsequently, the smaller ones were destroyed by the larger ones in exactly the manner described. In other words, it is conceivable that the two whirlpools containing what we now call Jupiter and Saturn were the largest, and that there were four smaller ones surrounding Jupiter’s whirlpool—whose stars eventually moved toward it, forming the four small planets we see there today. Similarly, there may have been two more whirlpools around Saturn’s whirlpool, whose stars also descended toward it in the same way (at least if it is true that Saturn has two additional smaller planets near it). Moreover, the moon must have also moved toward the earth when the whirlpool containing it was destroyed. Finally, since the six whirlpools containing Mercury, Venus, the earth, Mars, Jupiter, and Saturn were all destroyed by a larger whirlpool in whose center lay the sun, all these stars descended toward it and arranged themselves in their current positions. But if there had been additional whirlpools in the space that now constitutes the first heaven, the stars at their centers—having become more solid than Saturn—would have transformed into comets.
147
Why aren’t all planets equally distant from the sun?
Thus, now that we see that the principal planets—Mercury, Venus, Earth, Mars, Jupiter, and Saturn—orbit the Sun at various distances, we must conclude that this is due to the fact that they are not all of equal solidity; rather, it is those that are less solid that come closer to the Sun. And there is nothing strange about Mars being farther from the Sun than the Earth, even though it is smaller; for size is not the only factor that determines the solidity of a celestial body—Mars could very well be more solid than the Earth, despite being smaller in size.
148
Why do the planets closest to the sun move faster than those farther away, yet its spots, which are very close to it, move more slowly than any of the planets?
Dopo aver esaminato in questo modo tutto ciò che riguarda le comete, possiamo considerare allo stesso modo anche i pianeti, e supporre che l’astro N sia meno solido, o che abbia meno forza per continuare il suo movimento rettilineo, rispetto alle parti del secondo elemento situate verso la circonferenza del nostro cielo; tuttavia ne possiede un po’ di più rispetto a quelle vicine al centro, dove si trova il sole. Da ciò consegue che, non appena viene trascinato dal movimento del cielo, deve continuare a scendere verso il suo centro, fino a raggiungere quel punto in cui le sue parti hanno esattamente la stessa forza per mantenere il loro movimento; e quando arriva lì, non deve avvicinarsi né allontanarsi dal sole, se non per effetto di altre cause che lo spingono un po’ da una parte o dall’altra; ma deve semplicemente ruotare in cerchio attorno a esso, insieme a quelle parti del cielo che hanno la stessa forza sua. Questo astro è quindi un pianeta: infatti, se scendesse ancora di più verso il sole, si troverebbe circondato da parti del cielo leggermente più piccole, le quali, di conseguenza, gli cederebbero in forza; ma poiché queste parti sarebbero anche più agitate di lui, aumenterebbero la sua stessa agitazione e quindi anche la sua forza, il che lo farebbe immediatamente risalire verso l’alto. Al contrario, se salisse ancora di più, incontrerebbe parti del cielo meno agitate, le quali ridurrebbero il suo movimento; inoltre, essendo queste parti leggermente più grandi, avrebbero la forza di spingerlo nuovamente verso il sole.
141
Quali sono le diverse cause che deviano il movimento dei pianeti? La prima.
Le altre cause che possono in qualche modo deviare leggermente il percorso di questo pianeta sono, innanzitutto, il fatto che lo spazio nel quale ruota, insieme a tutta la materia del primo cielo, non è esattamente rotondo; infatti, nei punti in cui tale spazio è più ampio, la materia celeste si muove più lentamente, permettendo così al pianeta di allontanarsi leggermente dal sole rispetto ai punti in cui lo spazio è più stretto.
142
La seconda.
In secondo luogo, il fatto che la materia dell’elemento primario scorra continuamente da alcuni dei vortici vicini verso il centro di quello che chiamiamo cielo, e poi ritorni da lì verso altri vortici, influisce in modo diverso su questo pianeta a seconda delle zone in cui si trova.
143
La terza.
Inoltre, i pori o i piccoli passaggi che le parti cannelate di questo primo elemento hanno formato su questo pianeta, come detto in precedenza, possono essere più adatti a ricevere quelle parti cannelate provenienti da certe zone del cielo rispetto a quelle provenienti da altre zone; per questo motivo, i poli del pianeta devono rivolgersi verso queste zone specifiche.
144
La quarta.
Inoltre, è possibile che su questo pianeta sia stato impresso in precedenza un certo movimento, il quale esso conservi ancora per molto tempo, nonostante le altre cause qui spiegate siano in contrasto con tale movimento. Infatti, come possiamo osservare, una piroetta acquisisce abbastanza forza solo perché un bambino la fa ruotare tra le dita, al punto da continuare a muoversi da sola per diversi minuti, e forse anche per due o tre migliaia di giri attorno al proprio centro, nonostante sia molto piccola e sia ostacolata dall’aria che la circonda e dalla terra che la sostiene. Pertanto, è facile credere che, se un pianeta fosse stato agitato allo stesso modo fin dal momento della sua creazione, questo solo sarebbe sufficiente perché continui ancora oggi a mantenere lo stesso movimento, senza subire alcuna riduzione significativa. Infatti, più un corpo è grande, più a lungo può conservare l’agitazione che gli è stata impressa in quel modo; e il periodo di cinque o sei migliaia di anni trascorsi dalla creazione del mondo, se confrontato con le dimensioni di un pianeta, non è nulla rispetto a un minuto, se paragonato alle dimensioni di una piroetta.
145
La quinta.
Infine, la forza che spinge i corpi celesti a continuare il loro movimento è più duratura e costante sui pianeti rispetto alla materia celeste che li circonda; anzi, tale forza è ancora più persistente su un grande pianeta che su uno più piccolo. La ragione di ciò è che i corpi più piccoli, avendo una superficie maggiore in relazione alla loro quantità di materia rispetto a quelli più grandi, incontrano lungo il loro percorso molte più ostacoli che possono impedire o deviare il loro movimento. Inoltre, una porzione della materia celeste la cui dimensione è paragonabile a quella di un pianeta è composta da molteplici parti minori; queste parti, pur dovendo coordinarsi tra loro per seguire lo stesso movimento del pianeta, non essendo collegate tra loro, possono essere deviate da questo movimento, ciascuna separatamente, anche da cause molto lievi. Da ciò deriva che nessun pianeta si muove con la stessa velocità delle parti minori della materia celeste che lo circonda, poiché queste ultime possono soltanto coordinarsi tra loro per seguire lo stesso percorso. Inoltre, essendo divise in molteplici parti, tali parti presentano sempre altre caratteristiche specifiche che influenzano il loro movimento. Da tutto ciò si deduce anche che, quando esiste una causa che aumenta, ritarda o devia il movimento della materia celeste, la stessa causa non può agire in modo altrettanto rapido e efficace sul movimento di un pianeta.
146
Come tutte le pianete siano potute formarsi.
Ora, se si considerano attentamente tutte queste cose, si possono trarre spiegazioni per tutto ciò che è stato osservato finora riguardo ai pianeti, e si può constatare che nulla di tutto ciò contraddice le leggi della natura qui sopra esplicate: infatti, non c’è alcun motivo per ritenere che lo vasto spazio che chiamiamo primo cielo non sia stato un tempo diviso in quattordici o più vortici, e che questi vortici fossero disposti in modo tale che gli astri al loro centro si siano gradualmente coperti di diverse macchie; successivamente, i vortici più piccoli sono stati distrutti da quelli più grandi, secondo il processo descritto. Si può quindi ipotizzare che i due vortici i cui centri ospitavano gli astri oggi chiamati Giove e Saturne fossero i più grandi; intorno a quello di Giove ce n’erano altri quattro più piccoli, i cui astri si sono poi spostati verso di esso, formando le quattro piccole pianete che osserviamo oggi; allo stesso modo, intorno a quello di Saturne ce n’erano altri due, e anche i loro astri si sono spostati verso di esso; inoltre, la luna deve essere scesa verso la Terra quando il vortice che la conteneva è stato distrutto. Infine, i sei vortici i cui centri ospitavano Mercurio, Venere, la Terra, Marte, Giove e Saturno sono stati distrutti da un altro vortice ancora più grande, al centro del quale si trovava il Sole; tutti questi astri si sono quindi spostati verso di esso, assumendo la disposizione che osserviamo oggi. Tuttavia, se nello spazio attualmente compreso nel primo cielo fossero esistiti altri vortici, gli astri al loro centro, diventati più solidi di Saturno, si sarebbero trasformati in comete.
147
Perché tutte le pianete non sono ugualmente lontane dal sole?
Pertanto, vedendo ora che i pianeti principali – Mercurio, Venere, Terra, Marte, Giove e Saturno – orbitano a diverse distanze dal Sole, dobbiamo concludere che ciò derivi dal fatto che non siano tutti della stessa solidità; sono proprio quelli meno solidi ad avvicinarsi di più al Sole. Non c’è nulla di strano nel fatto che Marte sia più lontano dalla Terra, nonostante sia più piccolo di essa: infatti, la sola dimensione non è l’unica fattore che determina la solidità di un corpo celeste; quindi, anche se Marte non è così grande come la Terra, può comunque essere più solido.
148
Perché le parti più vicine al sole si muovono più velocemente di quelle più lontane, eppure le sue macchie, che sono molto vicine a esso, si muovono più lentamente di qualsiasi altro pianeta?
Et voyant que les planètes qui sont plus proches du soleil se meuvent plus vite que celles qui en sont plus éloignées, nous penserons que cela arrive à cause que la matière du premier élément qui compose le soleil, tournant extrêmement vite sur son essieu, augmente davantage le mouvement des parties du ciel qui sont proches de lui, que celles qui en sont plus loin. Et, cependant, nous ne trouverons point étrange que les taches qui paraissent sur sa superficie se meuvent plus lentement qu’aucune planète, en sorte qu’elles emploient environ vingt-six jours à faire leur tour qui est fort petit, au lieu que Mercure n’emploie pas trois mois à faire le sien, qui est plus de soixante fois plus grand ; et que Saturne achève le sien en trente ans, ce qu’il ne devrait pas faire en cent, s’il n’allait point plus vite que ces taches, à cause que le chemin qu’il fait est environ deux mille fois plus grand que le leur. Car on peut penser que ce qui les retarde est qu’elles sont jointes à l’air que j’ai dit ci-dessus devoir être autour du soleil, parce que cet air s’étend jusque vers la sphère de Mercure, ou peut-être même plus loin, et que les parties dont il est composé ayant des figures fort irrégulières, s’attachent les unes aux autres, et ne se peuvent mouvoir que toutes ensemble, en sorte que celles qui sont sur la superficie du soleil avec ses taches ne peuvent faire guère plus de tours autour de lui que celles qui sont vers la sphère de Mercure, et par conséquent doivent aller beaucoup plus lentement : ainsi qu’on voit en une roue, lorsqu’elle tourne, que les parties proches de son centre vont beaucoup moins vite que celles qui sont en sa circonférence.
149
Pourquoi la lune tourne autour de la terre.
Puis, voyant que la lune a son cours non seulement autour du soleil, mais aussi autour de la terre, nous jugerons que cela peut être arrivé de ce qu’elle est descendue dans le tourbillon qui avait la terre en son centre, auparavant que la terre fut descendue vers le soleil, ainsi que quatre autres planètes sont descendues vers Jupiter ; ou plutôt, de ce que n’étant pas moins solide que la terre, et toutefois étant plus petite, sa solidité est cause qu’elle doit prendre son cours à même distance du soleil, et sa petitesse qu’elle s’y doit mouvoir plus vite, ce qu’elle ne peut faire, sinon en tournant aussi autour de la terre. Soit par exemple S le soleil, et NTZ le cercle suivant lequel la terre et la lune prennent leurs cours autour de lui ; en quelque endroit de ce cercle que la lune ait été au commencement, elle a dû venir bientôt vers A, proche de la terre T, puisqu’elle allait plus vite qu’elle ; et, trouvant au point A que la terre avec l’air et la partie du ciel qui l’environne lui faisait quelque résistance, elle a dû se détourner vers B, je dis vers B plutôt que vers D, parce qu’en cette façon le cours qu’elle a pris a été moins éloigné de la ligne droite. Et pendant que la lune est ainsi allée d’A vers B, elle a disposé la matière du ciel contenue dans le cercle ABGD à tourner avec l’air et la terre autour du centre T, et y faire comme un petit tourbillon, qui a toujours depuis continué son cours avec la lune et la terre, suivant le cercle TZN, autour du soleil.
150
Pourquoi la terre tourne autour de son centre.
Cela n’est pas toutefois la seule cause qui fait que la terre tourne sur son essieu ; car, puisque nous la considérons comme si elle avait été autrefois une étoile fixe qui occupait le centre d’un tourbillon particulier dans le ciel, nous devons penser qu’elle tournait dès lors en cette sorte, et que la matière du premier élément, qui est toujours demeurée depuis en son centre, continue de la mouvoir en même façon.
151
Pourquoi la lune se meut plus vite que la terre.
Et on n’a point sujet de trouver étrange que le terre fasse presque trente tours sur son essieu pendant que la lune en fait seulement un, suivant le cercle ABCD, parce que la circonférence de ce cercle étant environ soixante fois aussi grande que le circuit de la terre, cela fait que le mouvement de la lune est encore deux fois aussi vite que celui de la terre. Et parce que c’est la matière du ciel qui les emporte toutes deux, et qui vraisemblablement se meut aussi vite contre la terre que vers la lune, je ne pense pas qu’il y ait d’autre raison pourquoi la lune a plus de vitesse que la terre, sinon parce qu’elle est plus petite.
152
Pourquoi c’est toujours un même côté de la lune qui est tourné vers la terre.
On n’a pas sujet aussi de trouver étrange que ce soit toujours à peu près le même côté de la lune qui est tourné vers la terre. Car on peut aisément se persuader que cela vient de ce que son autre côté est quelque peu plus solide, et, par conséquent, doit décrire le plus grand cercle, suivant ce qui a ci-dessus été remarqué touchant les comètes. Et certainement toutes ces inégalités en forme de montagnes et de vallées, que les lunettes d’approche font voir sur celui de ses côtés qui est tourné vers nous, montrent qu’il n’est pas si solide que peut être son autre côté. Et on peut attribuer la cause de cette différence à l’action de la lumière, parce que celui des côtés de la lune qui nous regarde ne reçoit pas seulement la lumière qui vient du soleil ainsi que l’autre, mais aussi celle qui lui est envoyée, par la réflexion de la terre, au temps des nouvelles lunes.
153
Pourquoi la lune va plus vite et s’écarte moins de sa route, étant pleine ou nouvelle, que pendant son croissant ou son décours.
On ne se doit pas non plus étonner de ce que la lune se meut un peu plus vite, et se détourne de moins de sa route en tous sens lorsqu’elle est pleine ou nouvelle, c’est-à-dire lorsqu’elle est vers B ou vers D, que pendant son croissant ou son décours, c’est-à-dire pendant qu’elle est vers A ou vers C : car la matière du ciel qui est contenue en l’espace ABCD est composée des parties du second élément, semblables à celles qui sont vers N et vers Z, et par conséquent un peu plus grosses et un peu moins agitées que celles qui sont plus bas que D vers K, mais au contraire plus petites et plus agitées que celles qui sont plus haut que B vers L ; ce qui fait qu’elles se mêlent plus aisément avec celles qui sont vers N et vers Z qu’avec celles qui sont vers K ou vers L ; et, ainsi que le cercle ABCD n’est pas exactement rond, mais plus long que large en forme d’ellipse, et que l’a matière du ciel qu’il contient, allant plus lentement entre A et C qu’entre B et D, la lune qu’elle emporte avec soi y doit aussi aller plus lentement, et y faire ses excursions plus grandes, tant en s’éloignant qu’en s’approchant de la terre ou de l’écliptique.
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Pourquoi les planètes qui sont autour de Jupiter y tournent fort vite, et qu’il n’en est pas de même de celles qu’on dit être autour de Saturne.
De plus, on n’admirera point que les deux planètes qu’on dit être auprès de Saturne ne se meuvent que fort lentement ou peut-être point du tout autour de lui ; et, au contraire, que les quatre qui sont autour de Jupiter s’y meuvent fort vite ; et même que celles qui sont les plus proches de lui se meuvent plus vite que les autres. Car on peut penser que cette diversité est causée de ce que Jupiter, ainsi que le soleil et la terre, tourne sur son essieu ; et que Saturne, qui est la plus haute planète, tient toujours un même côté tourné vers le centre du tourbillon qui la contient ainsi que la lune et les comètes.
155
Pourquoi les pôles de l’équateur sont fort éloignés de ceux de l’écliptique.
And seeing that the planets which are closer to the sun move faster than those which are farther away from it, we would think that this is because the matter that constitutes the sun rotates extremely fast on its axis, thereby increasing the motion of the parts of the sky that are near it more significantly than those that are further away. However, we would not find it strange at all that the spots that appear on the surface of the sun move more slowly than any of the planets; in fact, these spots take about twenty-six days to complete their very small orbits, whereas Mercury takes only three months to complete its much larger orbit—more than sixty times larger. Saturn, on the other hand, takes thirty years to complete its orbit, when it should actually take a hundred years if it did not move faster than those spots, since the distance it travels is approximately two thousand times greater than theirs. One might assume that what slows them down is their connection to the air that surrounds the sun, as I mentioned earlier; this air extends all the way to the orbit of Mercury, or perhaps even further. Since the various parts of this air have very irregular shapes, they stick together and can only move as a whole. Therefore, those parts that are on the surface of the sun, along with its spots, can hardly complete more than one orbit around it in the same amount of time as those parts that are near Mercury’s orbit, and thus must move much more slowly. Just as in the case of a wheel turning, the parts closer to its center move much slower than those on its edge.
149
Why does the moon orbit around the earth?
Furthermore, since we observe that the moon not only orbits the sun but also revolves around the earth, we may conclude that this must have occurred because the moon once moved into a orbit centered on the earth, before the earth itself began to move toward the sun—just as four other planets have moved toward Jupiter. Or rather, since the moon is no less solid than the earth yet smaller in size, its greater solidity necessitates that it follow an orbit at the same distance from the sun, and its smaller size means it must move more rapidly around this orbit; consequently, it can only achieve this by also revolving around the earth. For example, let S represent the sun, and NTZ the circular path along which both the earth and the moon move around it. No matter where the moon initially began its orbit within this circle, it must soon have moved toward point A, near the earth T, since it was moving faster than the earth. Upon reaching point A, it encountered resistance from the earth, along with the air and the portion of the sky surrounding it; therefore, it had to change direction and move toward point B—rather than D—because this path kept it closer to a straight line. As the moon moved from A to B, it caused the celestial matter contained within the circular region ABGD to rotate together with the earth and air around the central point T, forming a small vortex that has since continued to move along with the moon and earth, following the circular path TZN around the sun.
150
Why does the earth rotate around its center?
However, this is not the only reason why the earth rotates on its axis; for since we consider it as if it were once a fixed star that occupied the center of a particular vortex in the sky, we must conclude that it was already rotating in that manner at that time, and that the matter of the primary element, which has ever since remained at its center, continues to cause it to rotate in the same way.
151
Why does the moon move faster than the earth?
And there is no reason to find it strange that the earth rotates almost thirty times on its axis, while the moon only does so once, following the circle ABCD; since the circumference of this circle is approximately sixty times larger than the distance the earth travels in one revolution, the moon’s motion is therefore twice as fast as the earth’s. Moreover, since it is the same material that constitutes the heavens that moves both the earth and the moon, and this material likely moves toward the moon at the same speed as it moves away from the earth, I see no other reason why the moon has a greater speed than the earth, except perhaps because it is smaller in size.
152
Why is it always the same side of the moon that faces the earth?
There is also no reason to find it strange that it is always approximately the same side of the moon that faces the earth. For one can easily persuade oneself that this is because the other side of the moon is somewhat more solid, and therefore must describe a larger circle, in accordance with what was observed above regarding comets. Moreover, all those irregularities in shape, such as mountains and valleys, which telescopes reveal on the side of the moon that faces us, clearly indicate that it is not as solid as the other side might be. The cause of this difference can be attributed to the effect of light: the side of the moon that looks at us receives not only the light from the sun but also the light reflected by the earth during the new moon phase.
153
Why does the moon move faster and deviate less from its path when it is full or new than when it is in its crescent phase?
One should also not be surprised that the moon moves a bit faster and deviates less from its path in all directions when it is full or new—that is, when it is positioned towards B or D—as opposed to when it is in the crescent phase, when it is positioned towards A or C. This is because the celestial matter contained within the space ABCD consists of parts of the second element that are similar to those located towards N and Z; consequently, these parts are somewhat larger and less turbulent than those situated below D, towards K, while at the same time they are smaller and more turbulent than those above B, towards L. As a result, these latter parts mix more easily with the materials towards N and Z than with those towards K or L. Just as the circle ABCD is not perfectly round but rather elongated in an elliptical shape, and because the celestial matter within it moves more slowly between A and C than between B and D, the moon, carrying this matter with it, must also move more slowly and undergo greater variations in its trajectory both when moving away from or approaching the earth or the ecliptic.
154
Why do the planets orbiting Jupiter move so fast, while those said to be orbiting Saturn do not?
Furthermore, it is not surprising that the two planets said to be near Saturn move very slowly, or perhaps not at all, in their orbit around it; whereas the four planets surrounding Jupiter move much faster—and indeed, those closest to Jupiter move even more rapidly than the others. For one can reason that this diversity in motion is caused by the fact that Jupiter, just like the sun and the earth, rotates on its axis; whereas Saturn, being the outermost planet, always keeps the same side facing the center of the celestial orbit in which it moves, along with the moon and comets.
155
Why are the poles of the equator so far removed from those of the ecliptic?
E vedendo che i pianeti più vicini al sole si muovono più velocemente di quelli più lontani da esso, penseremo che ciò avvenga perché la materia dell’elemento primario che compone il sole, girando estremamente rapidamente sul proprio asse, aumenta di molto il movimento delle parti del cielo che si trovano vicine a esso rispetto a quelle più lontane. Tuttavia, non troveremo strano che le macchie che appaiono sulla superficie del sole si muovano più lentamente di qualsiasi pianeta: queste ultime impiegano infatti circa ventisei giorni per completare un giro molto piccolo attorno al sole, mentre Mercurio ne impiega soltanto tre mesi per compiere un giro molto più ampio; Saturno, invece, ci mette trent’anni per completare il proprio giro, quando invece dovrebbe farlo in cento anni, se non si muovesse più velocemente di quelle macchie, poiché la distanza che percorre è circa duemila volte maggiore della loro. Si può infatti pensare che ciò che le rallenta sia il fatto che queste macchie siano legate all’aria che, come ho detto prima, dovrebbe circondare il sole; tale aria si estende fino alla sfera di Mercurio, o forse anche oltre, e le parti di cui è composta, avendo forme molto irregolari, si attaccano l’una all’altra e non possono muoversi se non tutte insieme. Di conseguenza, quelle che si trovano sulla superficie del sole, insieme alle macchie, non possono compiere molti giri attorno a esso rispetto a quelle situate più vicino alla sfera di Mercurio, e quindi devono muoversi molto più lentamente; proprio come avviene in una ruota, quando gira, le parti vicine al suo centro si muovono molto meno velocemente di quelle che si trovano sulla sua circonferenza.
149
Perché la luna gira intorno alla terra.
Poi, vedendo che la luna non solo descrive una traiettoria attorno al sole, ma anche attorno alla terra, giudicheremo che ciò possa essere avvenuto perché essa è scesa in un vortice il cui centro era la terra, prima ancora che la terra stessa si muovesse verso il sole, così come altre quattro pianete si sono mosse verso Giove; o meglio, poiché non è meno solida della terra eppure è più piccola, la sua solidità le impone di seguire una traiettoria alla stessa distanza dal sole, mentre la sua piccolezza la spinge a muoversi più velocemente, il che può avvenire solo ruotando anche attorno alla terra. Supponiamo ad esempio che S sia il sole e NTZ il cerchio attorno al quale la terra e la luna descrivono le loro orbite; in qualche punto di questo cerchio, la luna deve essersi trovata all’inizio del suo percorso, e presto deve essere arrivata vicino a A, in prossimità della terra T, poiché si muoveva più velocemente di quest’ultima; trovandosi poi al punto A, ha dovuto subire una qualche resistenza da parte della terra, dell’aria e della parte del cielo che la circonda, quindi deve essersi deviata verso B. Dico “verso B” piuttosto che “verso D”, perché in questo modo il suo percorso è risultato meno lontano dalla linea retta. E mentre la luna si muoveva da A verso B, ha fatto sì che la materia celeste contenuta nel cerchio ABGD ruotasse insieme all’aria e alla terra attorno al centro T, formando così un piccolo vortice che da allora continua a seguire il percorso del cerchio TZN, attorno al sole.
150
Perché la Terra ruota attorno al proprio centro.
Tuttavia, questa non è l’unica causa per cui la Terra ruota attorno al proprio asse; poiché la consideriamo come se un tempo fosse stata una stella fissa che occupava il centro di un particolare vortice nel cielo, dobbiamo ritenere che già allora ruotasse in questo modo, e che la materia dell’elemento primordiale, che da allora è sempre rimasta al suo centro, continui a muoverla nello stesso modo.
151
Perché la luna si muove più velocemente della terra?
Non c’è motivo di trovare strano il fatto che la Terra compia quasi trenta giri attorno al proprio asse, mentre la Luna ne compie soltanto uno, seguendo il cerchio ABCD; poiché il diametro di questo cerchio è circa sessanta volte maggiore del perimetro della Terra, il movimento della Luna è dunque due volte più veloce di quello terrestre. Inoltre, poiché è la stessa materia celeste a muovere sia la Terra che la Luna, e probabilmente si sposta con la stessa velocità verso la Luna quanto verso la Terra, non credo esista alcuna altra ragione per cui la Luna abbia una velocità maggiore della Terra, se non il fatto che sia più piccola.
152
Perché è sempre lo stesso lato della Luna a essere rivolto verso la Terra.
Non c’è motivo di trovare strano il fatto che sia sempre più o meno lo stesso lato della Luna a essere rivolto verso la Terra. Si può infatti facilmente convincersi che ciò derivi dal fatto che l’altro lato sia leggermente più solido e, di conseguenza, debba descrivere un cerchio più grande, come già osservato in merito alle comete. Inoltre, tutte quelle irregolarità nella forma di montagne e valli che le telescopi rivelano sul lato della Luna rivolto verso di noi dimostrano chiaramente che non è così solido come potrebbe essere l’altro lato. La causa di questa differenza può essere attribuita all’azione della luce: infatti, il lato della Luna che ci guarda riceve non solo la luce proveniente dal Sole, ma anche quella riflessa dalla Terra durante le fasi nuove della Luna.
153
Perché la luna si muove più velocemente e devia di meno dalla sua traiettoria quando è piena o nuova, rispetto a quando è in fase di crescente o di decrescente?
Non si deve nemmeno meravigliare del fatto che la luna si muova un po’ più velocemente e devii meno dalla sua traiettoria in tutte le direzioni quando è piena o nuova, cioè quando si trova verso B o verso D, rispetto a quando è nella fase di crescente o di decrescere, cioè quando si trova verso A o verso C: infatti, la materia celeste contenuta nell’area ABCD è composta da parti dello stesso elemento, simili a quelle situate verso N e verso Z; per questo motivo, tali parti sono un po’ più dense e meno agitate rispetto a quelle situate più in basso, verso K, mentre sono invece più leggere e più turbolente rispetto a quelle situate più in alto, verso L. Questo fa sì che si mescolino più facilmente con le parti verso N e Z piuttosto che con quelle verso K o verso L. Inoltre, poiché il cerchio ABCD non è esattamente rotondo, ma allungato a forma di ellisse, e poiché la materia celeste al suo interno si muove più lentamente tra A e C rispetto a B e D, anche la luna, portandola con sé, deve muoversi più lentamente e compiere movimenti più ampi sia allontanandosi che avvicinandosi alla Terra o all’eclittica.
154
Perché i pianeti che orbitano intorno a Giove ruotano molto velocemente, mentre non succede lo stesso per quelli che si dice siano intorno a Saturno?
Inoltre, non sorprenderà affatto il fatto che le due pianete che si dice siano vicine a Saturno si muovano molto lentamente, o forse affatto non ruotino attorno a lui; al contrario, le quattro pianete che orbitano attorno a Giove lo fanno molto velocemente, e persino quelle più vicine a lui si muovono più rapidamente delle altre. Si può infatti pensare che questa diversità sia dovuta al fatto che Giove, così come il sole e la terra, ruoti attorno al proprio asse; mentre Saturno, essendo la pianeta più lontana dal centro dell’universo, presenta sempre lo stesso lato rivolto verso il centro del vortice cosmico che la contiene, insieme alla Luna e alle comete.
155
Perché i poli dell’equatore sono molto distanti da quelli dell’eclittica.
On n’admirera point aussi que l’essieu sur lequel la terre fait son tour en un jour ne soit pas parallèle à celui de l’écliptique sur lequel elle fait son tour en un an, et que leur inclination, qui fait la différence de l’été et de l’hiver, soit de plus de vingt-trois degrés. Car le mouvement annuel de la terre dans l’écliptique est principalement déterminé par le cours de toute la matière céleste qui tourne autour du soleil, comme il paraît de ce que toutes les planètes s’accordent en cela qu’elles prennent leurs cours à peu près suivant l’écliptique ; mais ce sont les endroits du firmament d’où viennent les parties cannelées du premier élément qui sont les plus propres à passer par les pores de la terre, lesquelles déterminent la situation de l’essieu sur lequel elle fait son tour chaque jour, ainsi que ces parties cannelées causent aussi la direction de l’aimant, comme il sera dit ci-après. Et puisque nous considérons tout J’espace dans lequel est maintenant le premier ciel comme ayant autrefois contenu quatorze tourbillons, ou plus, aux centres desquels il y avait des astres qui sont convertis en planètes, nous ne pouvons supposer que les essieux sur lesquels se mouvaient tous ces astres fussent tournés vers un même côté, parce que cela ne s’accorderait pas avec les lois de la nature, ainsi qu’il a été démontré ci-dessus ; mais nous avons raison de penser que les pôles du tourbillon qui avait la terre en son centre regardaient presque les mêmes endroits du firmament vis-à-vis desquels sont encore à présent les pôles de la terre sur lesquels elle fait son tour chaque jour, et que ce sont les parties cannelées qui viennent de ces endroits du firmament, lesquelles étant plus propres à entrer en ses pores que celles qui viennent des autres lieux, la retiennent en cette situation.
156
Pourquoi ils s’en approchent peu à peu.
Mais cependant, à cause que le tour que la terre fait dans l’écliptique pendant une année, et celui qu’elle fait chaque jour sur son essieu, se feraient plus commodément si l’essieu de la terre et celui de l’écliptique étaient parallèles, les causes qui empêchent qu’ils ne le soient se changent par succession de temps peu à peu, ce qui fait que l’équateur s’approche insensiblement de l’écliptique.
157
La cause générale de toutes les variétés qu’on remarque aux mouvements des astres.
Enfin, toutes les diverses erreurs des planètes, lesquelles s’écartent toujours plus ou moins en tous sens du mouvement circulaire auquel elles sont principalement déterminées, ne donneront aucun, sujet d’admiration, si on considère que tous les corps qui sont au monde s’entre-touchent sans qu’il puisse y avoir rien de vide, en sorte que même les plus éloignés agissent toujours quelque peu les uns contre les autres par l’entremise de ceux qui sont entre deux, bien que leur effet soit moins grand et moins sensible, à raison de ce qu’ils sont plus éloignés, et ainsi que le mouvement particulier de chaque corps peut être continuellement détourné tant soit peu en autant de diverses façons qu’il y a d’autres divers corps qui se meuvent en l’univers. Je n’ajoute rien ici davantage, parce qu’il me semble y avoir rendu raison de tout ce qu’on observe dans les cieux, et que nous ne pouvons voir que de loin ; mais je tâcherai ci-après d’expliquer en même façon tout ce qui paraît sur la terre, en laquelle il y a beaucoup plus de choses à remarquer, parce que nous la voyons, de plus près.
Quatrième partie
DE LA TERRE
1
Que, pour trouver les vraies causes de ce qui est sur la terre, il faut retenir l’hypothèse déjà prise, nonobstant qu’elle soit fausse.
Bien que je ne veuille point veuille point que l’on se persuade que les corps qui composent ce monde visible aient jamais été produits en la façon que j’ai décrite, ainsi que j’ai ci-dessus averti, je suis néanmoins obligé de retenir encore ici la même hypothèse pour expliquer ce qui est sur la terre ; afin que, si je montre évidemment, ainsi que j’espère faire, qu’on peut par ce moyen donner des raisons très intelligibles et certaines de toutes les choses qui s’y remarquent, et qu’on ne puisse faire le semblable par aucune autre invention, nous ayons sujet de conclure que, bien que le monde n’ait pas été fait au commencement en cette façon, et qu’il ait été immédiatement créé de Dieu, toutes les choses qu’il contient ne laissent pas d’être maintenant de même nature que si elles avaient été ainsi produites.
2
Quelle a été la génération de la terre suivant cette hypothèse.
Feignons donc que cette terre ou nous sommes a été autrefois un astre composé de la matière du premier élément toute pure, laquelle occupait le centre d’un de ces quatorze tourbillons qui étaient contenus en l’espace que nous nommons le premier ciel, en sorte qu’elle ne différait en rien du soleil, sinon qu’elle était plus petite : mais que les moins subtiles parties de sa matière s’attachant peu à peu les unes aux autres, se sont assemblées sur sa superficie, et y ont composé des nuages, ou autres corps plus épais et obscurs, semblables aux taches qu’on voit continuellement être produites, et peu après dissipées sur la superficie du soleil, et que ces corps obscurs étant aussi dissipés peu de temps après qu’ils avaient été produits, les parties qui en restaient, et qui, étant plus grosses que celles des deux premiers éléments, avaient la forme du troisième, se sont confusément entassées autour de cette terre, et, l’environnant de toutes parts, ont composé un corps presque semblable à l’air que nous respirons : puis, enfin, que cet air étant devenu fort grand et épais, les corps obscurs qui continuaient à se former sur la superficie de la terre n’ont pu si facilement qu’auparavant y être détruits, de façon qu’ils l’ont peu à peu toute couverte et offusquée ; et même que peut-être plusieurs couches de tels corps s’y sont entassées l’une sur l’autre, ce qui a tellement diminué la force du tourbillon qui la contenait, qu’il a été entièrement détruit, et que la terre avec l’air et les corps obscurs qui l’environnaient est descendue vers le soleil jusqu’à l’endroit où elle est à présent.
3
Sa division en trois diverses régions, et la description de la première.
Et si nous la considérons en l’état qu’elle a dû être peu de temps auparavant qu’elle soit ainsi descendue vers le soleil, nous y pourrons remarquer trois régions fort diverses ; dont la première et plus basse, qui est ici marquée I, semble ne devoir contenir que de la matière du premier élément, qui s’y meut en même façon que celle qui est dans le soleil, et qui n’est point d’autre nature, sinon qu’elle n’est peut-être pas du tout si subtile, à cause qu’elle ne se peut purifier ainsi que fait celle du soleil, qui rejette continuellement hors de soi la matière de ses taches. Et cette raison me pourrait persuader que l’espace I n’est maintenant presque rempli que de la matière du troisième élément, que les moins subtiles parties du premier ont composée, en s’attachant les unes aux autres ; sinon qu’il me semble que si cela était la terre serait si solide qu’elle ne pourrait demeurer si proche du soleil qu’elle est. Outre qu’on peut imaginer diverses raisons qui empêchent qu’il ne puisse y avoir autre chose en l’espace I que de la plus pure matière du plus pur élément : car peut-être que les parties de cette matière qui sont les plus disposées à s’attacher les unes aux autres sont empêchées d’y entrer par le corps de sa seconde région ; et peut-être aussi que son mouvement a tant de force, lorsqu’elle est enfermée en cet espace, que non seulement il empêche qu’aucune de ses parties ne demeurent jointes, mais qu’il en détache aussi peu à peu quelques-unes du corps qui l’environne.
4
Description de la seconde.
It is hardly surprising that the axis on which the earth rotates in one day is not parallel to the ecliptic axis on which it orbits the sun in one year, nor that their inclination—responsible for the distinction between summer and winter—is more than twenty-three degrees. For the earth’s annual motion along the ecliptic is primarily determined by the course of all celestial bodies orbiting the sun; indeed, all the planets seem to follow roughly the same path along the ecliptic. However, it is precisely those regions of the heavens from which the “canalized” portions of the primary element originate that are most capable of penetrating the earth’s pores, thereby determining the position of the axis on which the earth rotates daily. These very same canalized regions also determine the direction of a magnet, as will be explained further below. Moreover, since we consider the entire space containing the current celestial realm to have once contained fourteen or more whirlpools, with stars at their centers that later transformed into planets, we cannot assume that the axes around which these stars moved were all aligned in the same direction—such an arrangement would contradict the laws of nature as demonstrated above. Instead, it is reasonable to conclude that the poles of the whirlpool containing the earth once pointed roughly in the same directions as the current poles of the earth’s rotation, and that it is precisely those canalized regions of the heavens that, being more conducive to penetrating the earth’s pores, have kept the earth in its current position.
156
Why do they approach it gradually?
However, since the motion of the earth along the ecliptic over the course of a year, as well as its daily rotation on its axis, would be much more convenient if these axes were parallel, the factors that prevent such parallelism gradually change over time. As a result, the equator slowly moves closer to the ecliptic.
157
The general cause of all the variations observed in the movements of the stars.
Finally, all the various deviations of the planets from their circular motion—deviations that occur to a greater or lesser extent in every direction—offer no cause for admiration at all, if we consider that all bodies in the world are in mutual contact, with nothing in between them that could constitute empty space; thus, even the most distant bodies always exert some influence on each other, albeit to a lesser degree and less perceptibly, due to their greater distance. Moreover, the particular motion of each body can be continuously diverted in numerous ways, simply because there are countless other bodies moving throughout the universe. I add nothing further here, for it seems to me that I have sufficiently explained everything that can be observed in the heavens, since we can only view them from a distance. However, I will endeavor later to explain in the same manner all that occurs on Earth, where there is far more to observe, since we can see it up close.
Fourth Part
OF THE EARTH
1
That, in order to discover the true causes of everything that exists on earth, one must adhere to the hypothesis that has already been adopted, even though it may be false.
Although I certainly do not wish anyone to believe that the bodies that constitute this visible world were ever created in the manner I have described—just as I warned above—I am still obliged to adhere to the same hypothesis here in order to explain what exists on earth. For if I can demonstrate, as I hope to do, that this approach provides very intelligible and definitive explanations for all the phenomena observed in the world, and that no other theory could accomplish the same, then we may conclude that, even though the world was not originally created in this way and was rather immediately brought into existence by God, all the things it contains must still be of the same nature as if they had indeed been produced in that manner.
2
According to this hypothesis, what was the process by which the earth was formed?
Let us therefore assume that this earth on which we live was once a star composed entirely of the purest matter of the first element, situated at the center of one of those fourteen whirlpools contained within what we call the first heaven. It differed from the sun in no way except in being smaller; however, as the finer particles of its substance gradually came together and accumulated on its surface, they formed clouds or other denser, darker bodies—similar to the spots that can be observed constantly appearing on the sun’s surface before dissipating shortly thereafter. When these dark bodies also disappeared after a short time, the remaining parts, being larger than those of the first two elements, assumed the form of the third element and piled up around the earth, surrounding it on all sides and forming a substance almost identical to the air we breathe. Eventually, as this air became vast and dense, the dark bodies that continued to form on the earth’s surface could no longer be easily destroyed; as a result, they gradually covered and obscured the entire earth. It is even possible that multiple layers of such bodies accumulated one atop another, greatly weakening the vortex that once contained them, until it was completely destroyed—and the earth, along with the air and those dark bodies, fell toward the sun to its present location.
3
Its division into three distinct regions, and a description of the first one.
And if we consider it in the state it must have been shortly before descending towards the sun, we can observe three very distinct regions within it; the first and lowest of these regions, marked here as I, seems to contain only matter belonging to the first element—matter that moves therein in exactly the same manner as it does within the sun itself. This matter is not of any different nature, except perhaps that it is not so subtle; indeed, it may not be able to purify itself in the same way as the sun does, which continuously expels the impure substances from its interior. For this reason, I am inclined to believe that region I is now almost entirely filled with matter belonging to the third element, which has been formed by the combination of the less subtle parts of the first element. However, it also seems possible that if this were indeed the case, the earth would be so solid that it could not remain so close to the sun as it currently does. Moreover, one can imagine various reasons that might prevent anything other than the purest matter of the purest element from existing within region I: perhaps the parts of this matter that are most prone to combining with each other are prevented from entering this region by the structure of its second layer; or perhaps, when confined within this space, its movements are so intense that they not only prevent any of its components from remaining intact but also gradually cause some of them to separate from the surrounding material.
4
Description of the second one.
Non si può certo meravigliare che l’asse attorno al quale la Terra ruota in un giorno non sia parallelo all’asse dell’eclittica attorno al quale ruota in un anno, e che il loro inclinamento, responsabile della differenza tra estate e inverno, sia di oltre ventitré gradi. Infatti, il movimento annuale della Terra nell’eclittica è determinato principalmente dal percorso di tutta la materia celeste che ruota attorno al Sole; sembra infatti che tutte le pianete seguano più o meno questa stessa traiettoria. Tuttavia, sono proprio quelle parti del cielo da cui provengono le strutture canalicolate dell’elemento primordiale quelle più adatte a penetrare nei pori della Terra, determinando così la posizione dell’asse attorno al quale essa ruota ogni giorno. Queste stesse strutture canalicolate influenzano anche la direzione del magnete, come verrà spiegato in seguito. Inoltre, poiché consideriamo che tutto lo spazio in cui si trova attualmente il primo cielo abbia un tempo contenuto quattordici o più vortici, al centro dei quali si trovavano astri che sono poi diventati pianeti, non possiamo supporre che gli assi attorno ai quali ruotavano tutti questi astri fossero orientati nella stessa direzione, poiché ciò sarebbe in contraddizione con le leggi della natura. È invece plausibile ritenere che i poli del vortice nel cui centro si trovava la Terra guardassero quasi verso gli stessi punti del cielo rispetto ai quali sono ancora oggi posizionati i poli terrestri; sono proprio queste parti del cielo, più adatte a penetrare nei pori della Terra, a mantenerla nella sua attuale posizione.
156
Perché si avvicinano gradualmente.
Tuttavia, poiché il movimento della Terra attorno all’eclittica nell’arco di un anno, nonché il suo movimento quotidiano attorno al proprio asse, avverrebbero più agevolmente se questi due assi fossero paralleli, le cause che impediscono loro di esserlo cambiano gradualmente nel corso del tempo; per questo motivo l’equatore si avvicina lentamente all’eclittica.
157
La causa generale di tutte le varietà che si osservano nei movimenti degli astri.
Infine, tutti i diversi errori di movimento delle pianete, che si allontanano sempre più o meno in ogni direzione dal movimento circolare al quale sono principalmente destinate, non suscitano alcuna ammirazione, se si considera che tutti i corpi esistenti nel mondo si toccano tra loro senza che possa esserci nulla di vuoto; quindi anche i corpi più lontani agiscono sempre in qualche modo gli uni sugli altri, attraverso quelli che si trovano tra loro, sebbene il loro effetto sia minore e meno evidente a causa della maggiore distanza. Inoltre, il movimento particolare di ogni corpo può essere continuamente deviato, in molteplici modi, a seconda dei corpi altri che si muovono nell’universo. Non aggiungo altro, perché ritengo di aver spiegato tutto ciò che si osserva nel cielo, e che possiamo vedere solo da lontano; tuttavia cercherò in seguito di spiegare allo stesso modo tutto ciò che si osserva sulla terra, dove ci sono molte più cose da notare, poiché la vediamo molto più da vicino.
Quarta parte
Della Terra.
1
Che, per individuare le vere cause di ciò che esiste sulla terra, sia necessario mantenere l’ipotesi già formulata, anche se si tratta di un’ipotesi falsa.
Anche se non desidero affatto che si creda che i corpi che compongono questo mondo visibile siano mai stati creati nel modo che ho descritto, come ho avvertito in precedenza, sono tuttavia costretto a mantenere ancora questa stessa ipotesi per spiegare ciò che esiste sulla terra; affinché, se riesco effettivamente, come spero, a dimostrare che è possibile fornire ragioni molto chiare e certe per tutte le cose che vi si osservano, e che non sia possibile fare lo stesso con alcuna altra ipotesi, possiamo concludere che, anche se il mondo all’inizio non è stato creato in questo modo e è stato immediatamente formato da Dio, tutte le cose che contiene hanno comunque la stessa natura di quelle che sarebbero state prodotte in quel modo.
2
Qual è stata, secondo questa ipotesi, la generazione della terra successiva?
Facciamo quindi finta che questa terra su cui ci troviamo sia stata un tempo un astro composto interamente dalla materia del primo elemento, pura e semplice; tale astro occupava il centro di uno dei quattordici vortici presenti nello spazio che chiamiamo “primo cielo”, e non differiva in nulla dal sole, se non per le sue dimensioni più ridotte. Man mano che le parti meno sottili della sua materia si univano gradualmente tra loro, formarono nuvole o altri corpi più densi e scuri, simili alle macchie che continuamente appaiono e poi scompaiono sulla superficie del sole. Anche questi corpi oscuri, dopo poco tempo dalla loro formazione, si dissolsero; quelle parti residue, essendo più dense delle sostanze dei primi due elementi, assunsero la forma del terzo elemento e si accumularono confusamente intorno alla terra, formando un corpo quasi simile all’aria che respiriamo. Infine, quando quest’aria divenne estremamente densa, i corpi oscuri che continuavano a formarsi sulla superficie terrestre non furono più distrutti con facilità come prima; di conseguenza, coprirono completamente la terra e ne offuscarono l’aspetto. È anche possibile che siano state accumulate più strati di tali corpi uno sopra l’altro, il che ridusse notevolmente la forza del vortice che li conteneva; alla fine, quel vortice si distrusse completamente, e la terra, insieme all’aria e ai corpi oscuri che la circondavano, scese verso il sole fino al luogo in cui si trova attualmente.
3
La sua suddivisione in tre diverse regioni, e la descrizione della prima di queste.
E se la consideriamo nello stato in cui doveva trovarsi poco tempo prima di discendere verso il sole, possiamo notarvi tre regioni molto diverse tra loro; la prima e più bassa, qui contrassegnata con la lettera I, sembra contenere soltanto materia appartenente al primo elemento, che vi si muove nello stesso modo in cui avviene nel sole, e non è di natura diversa, se non forse per il fatto che non è altrettanto sottile; infatti, non può purificarsi come avviene nella materia solare, la quale espelle continuamente le impurità che la costituiscono. Questo mi porterebbe a credere che lo spazio contrassegnato con la lettera I sia attualmente quasi interamente riempito da materia appartenente al terzo elemento, formata dalle parti meno sottili del primo elemento che si sono unite tra loro; tuttavia, mi sembra improbabile che la Terra possa trovarsi così vicina al sole senza subire danni gravi. Inoltre, si possono immaginare diverse ragioni che impediscano l’esistenza di altre sostanze nello spazio I, se non quella costituita dalla materia più pura del primo elemento; forse le parti di questa materia più propense a unirsi tra loro vengono ostacolate dall’interferenza della seconda regione in cui si trova; inoltre, il suo movimento potrebbe essere così intenso da impedire che tali parti rimangano unite, facendone gradualmente staccare alcune dal corpo circostante.
4
Descrizione della seconda.
Car la seconde ou moyenne région, qui est ici marquée M, est remplie d’un corps fort opaque ou obscur, et fort solide ou serré, en sorte qu’il ne contient aucuns pores plus grands que ceux qui donnent passage aux parties cannelées de la matière du premier élément ; d’autant qu’il n’a été composé que des parties de cette matière, qui, étant extrêmement petites, n’ont pu laisser de plus grands intervalles parmi elles lorsqu’elles se sont jointes les unes aux autres. Et on voit, par expérience, que les taches du soleil qui sont produites en même façon qu’a été ce corps M, et ne sont point d’autre nature que lui, excepté qu’elles sont beaucoup plus minces et moins serrées, empêchent le passage de la lumière, ce qui montre qu’elles n’ont point de pores assez grands pour recevoir les petites parties du second élément. Car s’il y avait en elles de tels pores, ils y seraient sans doute assez droits et unis pour ne point interrompre la lumière, à cause qu’ils se seraient formés en une matière qui a été au commencement fort molle et fort fluide, et qui n’a que des parties fort petites et fort faciles à plier.
5
Description de la troisième.
Or ces deux premières et plus basses régions de la terre nous importent fort peu, d’autant que jamais homme vivant n’est descendu jusqu’à elles. Mais nous aurons beaucoup plus de choses à remarquer en la troisième, à cause que c’est en elle que doivent se produire tous les corps que nous voyons autour de nous. Toutefois il n’y paraît encore ici autre chose sinon un amas confus de petites parties du troisième élément, qui ne sont point si étroitement jointes, qu’il n’y ait beaucoup de la matière du second parmi elles ; et parce que nous pourrons connaître leur nature en considérant exactement de quelle façon elles ont été formées, nous pourrons aussi venir à une parfaite connaissance de tous les corps qui en doivent être composés.
6
Que les parties du troisième élément qui sont en cette troisième région doivent être assez grandes.
Et, premièrement, puisque ces parties du troisième élément sont venues du débris des nuages ou taches qui se formaient autrefois sur la terre, élément lorsqu’elle était encore semblable au soleil, chacune d’elles doit être composée de plusieurs autres parties beaucoup plus petites, qui appartenaient au premier élément avant qu’elles fussent jointes ensemble, et doit aussi être assez solide et assez grande pour ne pouvoir être rompue par les petites boules de la matière du ciel qui roulent continuellement autour d’elles ; car toutes celles qui ont pu être ainsi rompues n’ont pas retenu la forme du troisième élément, mais ont repris celle du premier, ou bien ont acquis celle du second.
7
Qu’elles peuvent être changées par l’action des deux autres éléments.
Il est vrai que, bien que ces parties du troisième élément soient assez grandes et solides pour n’être pas entièrement dissipées par la rencontre de celles du second, toutefois elles peuvent toujours quelque peu être changées par elles, et même par succession de temps entièrement détruites, à cause que chacune est composée de plusieurs qui, ayant eu la forme du premier élément, doivent être fort petites et fort flexibles.
8
Qu’elles sont plus grandes que celles du second, mais non pas si solides ni tant agitées.
Et parce que ces parties du premier élément, qui composent celles du troisième, ont plusieurs diverses figures, elles n’ont pu se joindre si justement l’une à l’autre qu’il ne soit demeuré entre elles beaucoup d’intervalles, qui sont si étroits, qu’ils ne peuvent être remplit que de la plus fluide et plus subtile matière de ce premier élément ; ce qui fait que les parties du troisième, qui en sont composées, ne sont pas si massives ou solides ni capables d’une si forte agitation que celles du second, bien qu’elles soient beaucoup plus grosses. Joint que ces parties du second élément sont rondes, ce qui les rend fort propres à se mouvoir ; au lieu que celles du troisième ne peuvent avoir que des figures fort irrégulières et diverses, à cause de la façon dont elles sont produites.
9
Comment elles se sont au commencement assemblées.
Et il faut ici remarquer qu’avant que la terre fut descendue vers le soleil, bien que ces parties du troisième élément qui étaient déjà autour d’elle fussent entièrement séparées les unes des autres, elles ne se répandaient pas toutefois confusément dans tout le ciel, mais demeuraient entassées et appuyées l’une sur l’autre, en la façon qu’elles sont ici représentées. Dont la raison est que les parties du second élément, qui composaient un tourbillon autour de cette terre, et qui étaient plus massives qu’elles, les poussaient continuellement vers son centre, en faisant effort pour s’en éloigner.
10
Qu’il est demeuré plusieurs intervalles autour d’elles, que les deux autres éléments ont remplis.
Il faut ici remarquer qu’encore qu’elles fussent ainsi appuyées l’une sur l’autre, toutefois, à cause de l’inégalité et irrégularité de leurs figures, et qu’elles s’étaient entassées sans ordre à mesure qu’elles avaient été formées, elles ne pouvaient être si pressées, ni si justement jointes, qu’il n’y eût quantité d’intervalles autour d’elles qui étaient assez grands pour donner passage non seulement à la matière du premier élément, mais aussi à celle du second.
11
Que les parties du second élément étaient alors plus petites, proches de la terre, qu’un peu plus haut.
De plus, il faut remarquer qu’entre les parties du second élément qui se trouvaient en ces intervalles, celles qui étaient les plus basses au regard de la terre étaient quelque peu plus petites que celles qui étaient plus hautes, pour la même raison qu’il a été dit ci-dessus que celles qui sont autour du soleil sont par degrés plus petites, selon qu’elles sont plus proches de sa superficie ; et que toutes ces parties du second élément qui étaient en la plus haute région de la terre n’étaient point plus grosses que celles qui sont maintenant autour du soleil, au-dessous de la sphère de Mercure, mais que peut-être elles étaient plus petites, à cause que le soleil est plus grand que n’a jamais été la terre : d’où il suit qu’elles étaient aussi plus petites que celles qui sont à présent en cette même région de la terre, parce que celles-ci, étant plus éloignées du soleil que celles qui sont au-dessous de la sphère de Mercure, doivent par conséquent être plus grosses.
12
Que les espaces par où elles passaient entre les parties de la troisième région étaient plus étroits.
Il faut encore ici remarquer qu’à mesure que les parties terrestres de cette plus haute région ont été produites, elles se sont tellement entassées que les intervalles qui sont demeurés parmi elles ne se sont ajustés qu’à la grandeur de ces plus petites parties du second élément, ce qui a fait que, lorsque d’autres plus grosses leur ont succédé, elles n’y ont pas trouvé le passage entièrement libre.
13
Que les plus grosses parties de cette troisième région n’étaient pas toujours plus basses.
Enfin, il faut remarquer qu’il est souvent arrivé pour lors que quelques-unes des plus grosses et plus solides de ces parties du troisième élément se tenaient au-dessus de quelques autres qui étaient moindres, parce que, n’ayant qu’un mouvement uniforme autour de l’essieu de la terre, et s’arrêtant facilement l’une à l’autre, à cause de l’irrégularité de leurs figures, encore que chacune fût poussée vers le centre de la terre par les parties du second élément, d’autant plus fort qu’elle était plus grosse et plus solide, elle ne pou voit pas toujours se dégager de celles qui l’étaient moins, afin de descendre plus bas, et ainsi elles retenaient à peu près le même ordre selon lequel elles avaient été formées, en sorte que celles qui venaient des taches qui se dissipaient les dernières étaient les plus basses.
14
Qu’il s’est par après formé en elle divers corps.
Or quand la terre, ainsi composée de trois diverses régions, est descendue vers le soleil, cela n’a pu causer grand changement aux deux plus basses, mais seulement en la plus haute, laquelle a dû premièrement se partager en deux divers corps, puis en trois et après en quatre, et ensuite en plusieurs autres.
15
Quelles sont les principales actions par lesquelles ces corps ont été produits. Et l’explication de la première.
For the second or intermediate region, which is marked here as M, is filled with a dense, opaque, and solid substance; consequently, it contains no pores larger than those that allow the passage of the channelled parts of the material comprising the first element. Moreover, this region is composed solely of such tiny particles that, when they came together, could not have created any larger gaps between them. Experience shows that the spots on the sun, which are formed in exactly the same way as this substance M and are of no different nature from it—except that they are much thinner and less compact—also prevent light from passing through. This proves that their pores are not large enough to accommodate the smaller particles of the second element. For if such pores did exist, they would likely be straight and continuous enough to allow light to pass through unobstructed, since they would have formed from a material that was initially very soft and fluid, and thus consisted of extremely tiny and easily deformable parts.
5
Description of the third one.
Or these first two and lower regions of the earth are of very little importance to us, especially since no living man has ever descended to them. But we will have much more to observe in the third region, for it is therein that all the bodies around us come into being. Nevertheless, at present, this region appears merely as a confused mass of small portions of the third element; these portions are not so closely joined together that there is not much of the second element intermingled among them. And since we will be able to understand their nature by examining precisely how they were formed, we will also be able to attain a perfect understanding of all the bodies that must be composed of them.
6
It is necessary that those parts of the third element located in this third region be sufficiently large.
And, first of all, since these parts of the third element originated from the debris of clouds or spots that once formed on the earth—when the earth was still similar to the sun—each of them must be composed of numerous smaller parts that belonged to the first element before they were combined together. Moreover, these parts must be sufficiently solid and large enough to withstand the impact of those tiny spheres of celestial matter that constantly move around them; for all those that have been broken in this way have not retained the form of the third element, but have instead reverted to the form of the first element or acquired the form of the second element.
7
They can be altered by the action of the other two elements.
It is true that, although these parts of the third element are large and solid enough to not be completely dissipated upon coming into contact with those of the second element, they can still be somewhat altered by them, and even entirely destroyed over time, because each of these parts is composed of multiple smaller and more flexible elements that once had the form of the first element.
8
They are larger than those of the second type, but not as solid or as turbulent.
And because those parts of the first element that constitute the parts of the third element possess various different forms, they were unable to join together so precisely that no gaps remained between them. These gaps are so narrow that they can only be filled by the most fluid and subtle substance of that first element; as a result, the parts of the third element that are composed of these gaps are not as massive or solid, nor are they capable of such intense motion as those of the second element, even though they are much larger in size. Moreover, the parts of the second element are round in shape, which makes them highly suitable for movement; whereas the parts of the third element can only have very irregular and diverse forms, due to the way in which they were formed.
9
How they came together in the beginning.
It must be noted here that before the earth descended towards the sun, although those parts of the third element that were already surrounding it were completely separated from one another, they did not spread out chaotically throughout the entire sky; instead, they remained stacked and pressed against each other, just as they are depicted here. The reason for this is that the parts of the second element, which formed a vortex around the earth and were more massive than it, continuously pushed them towards its center, while striving themselves to move away from it.
10
There were several intervals remaining around them, which were then filled by the other two elements.
It must be noted here that, although they were placed one upon another in this manner, due to the inequality and irregularity of their shapes, and because they had been piled up in a disordered fashion as they were formed, it was impossible for them to be so closely pressed together or so precisely aligned that there would not be sufficient gaps around them—gaps large enough to allow not only the passage of the material from the first element but also that from the second.
11
Thus, the parts of the second element were smaller at that time, closer to the earth, than a little further up.
Furthermore, it must be noted that among the parts of the second element located in these intervals, those which were situated at greater distances from the earth were somewhat smaller than those which were closer to it—for the same reason why it was stated above that the parts surrounding the sun are gradually smaller as they move farther away from its surface. Moreover, all those parts of the second element that were in the highest regions of the earth were not larger than those currently surrounding the sun, below the sphere of Mercury; in fact, they might even have been smaller, since the sun is much larger than the earth ever was. Therefore, it follows that these distant parts must also have been smaller than those presently located in the same regions of the earth, simply because they are farther away from the sun and thus necessarily larger.
12
That the spaces through which they passed between the various parts of the third region were narrower.
It should also be noted here that as the terrestrial portions of this higher region were formed, they accumulated one upon another in such a way that the gaps that remained between them could only accommodate the size of these smaller portions of the second element; as a result, when other larger portions succeeded them, they did not find the passage entirely free.
13
That the largest portions of this third region were not always lower in altitude.
Finally, it must be noted that it often happened that some of the larger and more solid portions of these elements located in the third region would remain above others that were smaller. This was because, since they all moved uniformly around the axis of the earth and easily came into contact with one another due to the irregular shapes of their formations, and although each of them was drawn toward the center of the earth by the forces exerted by the elements in the second region—especially more so if it was larger and more solid—they did not always manage to separate from those that were less dense in order to descend further. As a result, they maintained roughly the same order in which they had originally been arranged, such that those portions that originated from the areas that dissipated last ended up being the lowest.
14
Various forms subsequently came into being within it.
Or when the earth, being composed of three different regions, descended towards the sun, this could not have caused much change in the two lower regions, but only in the highest region. That region first had to divide into two distinct parts, then into three, and afterwards into four, and eventually into several other parts as well.
15
What are the main processes through which these bodies were created? And an explanation for the first one of them.
Poiché la seconda o media regione, qui qui è qui contrassegnata con la lettera M, è composta da un corpo estremamente opaco e denso, privo di pori più grandi di quelli attraverso i quali passano le parti cannelate della materia del primo elemento; inoltre, essendo stata formata esclusivamente da tali parti estremamente piccole, non è possibile che tra di esse siano presenti intervalli più ampi quando si sono unite tra loro. E si può osservare, sperimentalmente, che le macchie solari, generate nello stesso modo in cui è stato formato questo corpo M e della stessa natura di esso, sebbene molto più sottili e meno dense, impediscono il passaggio della luce; ciò dimostra che non possiedono pori abbastanza grandi da permettere il passaggio delle piccole particelle del secondo elemento. Infatti, se tali pori esistessero in esse, sarebbero sicuramente abbastanza diritti e regolari da non interrompere la luce, poiché si sarebbero formati in una materia che all’inizio era estremamente molle e fluida, e quindi composta da parti molto piccole e facilmente deformabili.
5
Descrizione della terza.
Ora, queste prime due regioni più basse della terra ci interessano molto poco, soprattutto perché nessun uomo vivente è mai sceso fino a esse. Ma nella terza regione avremo molte più cose da osservare, poiché è proprio in essa che devono formarsi tutti i corpi che vediamo intorno a noi. Tuttavia, qui non sembra esserci nulla di diverso da un ammasso confuso di piccole parti dell’elemento terzo; queste parti non sono così strettamente unite tra loro che non vi sia molta materia dell’elemento secondo in mezzo ad esse. E poiché potremo conoscere la loro natura osservando con precisione il modo in cui sono state formate, potremo anche arrivare a una comprensione perfetta di tutti i corpi che ne devono essere composti.
6
Che le parti del terzo elemento che si trovano in questa terza regione debbano essere abbastanza grandi.
E, in primo luogo, poiché queste parti del terzo elemento provengono dai detriti delle nuvole o delle macchie che un tempo si formavano sulla terra – quando il pianeta era ancora simile al sole – ciascuna di esse deve essere composta da molte altre parti molto più piccole, che appartenevano al primo elemento prima di essere unite insieme. Inoltre, queste parti devono essere abbastanza solide e grandi da non poter essere spezzate dalle piccole particelle della materia celeste che ruotano continuamente intorno a loro; poiché tutte quelle che sono state effettivamente spezzate non hanno conservato la forma del terzo elemento, ma hanno ripreso quella del primo o acquisito quella del secondo.
7
Possono essere modificate dall’azione degli altri due elementi.
È vero che, sebbene queste parti del terzo elemento siano abbastanza grandi e solide da non essere completamente dissipate dall’incontro con quelle del secondo elemento, tuttavia possono comunque subire qualche cambiamento a causa di esse, e persino essere completamente distrutte nel corso del tempo, poiché ciascuna di queste parti è composta da molteplici elementi che, avendo inizialmente assunto la forma del primo elemento, devono necessariamente essere molto piccoli e molto flessibili.
8
Sono più grandi di quelle del secondo tipo, ma non altrettanto solide né così agitate.
E poiché queste parti del primo elemento, che compongono quelle del terzo, presentano diverse forme e strutture, non sono potute unirsi tra loro in modo perfetto, lasciando così molti intervalli estremamente ridotti; tali intervalli possono essere riempiti soltanto dalla materia più fluida e sottile di quel primo elemento. Per questo motivo, le parti del terzo elemento che ne derivano non sono né così dense né così solide, né in grado di subire movimenti intensi come quelle del secondo elemento, nonostante siano molto più grandi. Inoltre, poiché le parti del secondo elemento hanno una forma rotonda, questo le rende particolarmente adatte al movimento; al contrario, quelle del terzo elemento presentano forme estremamente irregolari e varie, a causa del modo in cui sono state formate.
9
Come si sono riunite all’inizio.
E bisogna notare che, prima che la terra iniziasse a muoversi verso il sole, anche se quelle parti del terzo elemento che già si trovavano intorno a essa erano completamente separate le une dalle altre, non si diffondevano tuttavia in modo disordinato per tutto il cielo, ma rimanevano accumulate una sopra l’altra, esattamente come sono raffigurate qui. La ragione di ciò è che le parti del secondo elemento, che formavano un vortice intorno a quella terra e che erano più dense di queste ultime, le spingevano continuamente verso il loro centro, sforzandosi al contempo di allontanarsene.
10
Sono rimasti diversi spazi vuoti attorno ad esse, che sono stati poi riempiti dagli altri due elementi.
È necessario notare che, sebbene fossero così sovrapposte l’una all’altra, a causa della loro forma disomogenea e irregolare, e poiché si erano accumulate in modo disordinato man mano che venivano formate, non potevano essere sufficientemente pressate o unite con precisione al punto da non lasciare spazi sufficientemente ampi attorno a sé, tali da permettere il passaggio non solo della materia del primo elemento, ma anche di quella del secondo.
11
Le parti del secondo elemento erano allora più piccole, più vicine alla terra, rispetto a quelle un po’ più in alto.
Inoltre, è da notare che, tra le parti del secondo elemento situate in tali intervalli, quelle che si trovavano a una distanza maggiore dalla terra erano leggermente più piccole di quelle che si trovavano a una distanza minore; lo stesso motivo per cui, come detto sopra, le parti dell’elemento situate intorno al sole sono progressivamente più piccole quanto più vicine alla sua superficie. Inoltre, tutte queste parti del secondo elemento che si trovavano nella regione più alta della terra non erano più grandi di quelle attualmente presenti intorno al sole, al di sotto della sfera di Mercurio; anzi, forse erano persino più piccole, poiché il sole è molto più grande della terra. Da ciò si deduce che anche queste parti del secondo elemento dovevano essere più piccole rispetto a quelle attualmente presenti nella stessa regione terrestre, poiché queste ultime, essendo più lontane dal sole rispetto alle prime, devono necessariamente essere di dimensioni maggiori.
12
Che gli spazi attraverso cui passavano tra le parti della terza regione fossero più stretti.
È ancora necessario notare che, man mano che le parti terrestri di questa regione più elevata venivano formate, si sovrapponevano sempre di più l’una all’altra; di conseguenza, gli spazi rimasti tra di esse si adattavano soltanto alle dimensioni di queste parti più piccole del secondo elemento. Quando poi ne sono succedute altre, più grandi, non vi era più alcun passaggio completamente libero.
13
Che le maggiori parti di questa terza regione non fossero sempre più basse.
Infine, è da notare che spesso accadeva che alcune delle parti più grandi e solide di questo terzo elemento si trovassero sopra altre più piccole; poiché esse si muovevano uniformemente attorno all’asse della Terra e si fermavano facilmente l’una contro l’altra a causa della loro forma irregolare, e dato che ciascuna di queste parti veniva spinta verso il centro della Terra con maggiore forza dalle parti del secondo elemento, tanto più quanto era grande e solida, non riuscivano sempre a liberarsi da quelle meno grandi al fine di scendere più in basso; di conseguenza, mantenevano più o meno lo stesso ordine in cui erano state formate, in modo che quelle provenienti dalle zone che si dissipavano per ultime fossero le più basse.
14
In seguito, vi si sono formati diversi corpi all’interno di essa.
Quando la Terra, composta da tre diverse regioni, iniziò a muoversi verso il Sole, ciò non poté causare grandi cambiamenti nelle due regioni più basse, ma soltanto nella più alta. Quest’ultima dovette prima dividersi in due parti distinte, poi in tre, successivamente in quattro, e infine in molte altre parti ancora.
15
Quali sono le principali azioni attraverso cui questi corpi sono stati prodotti? E qual è la spiegazione relativa alla prima di queste azioni.
Et je tâcherai d’expliquer ici en quelle sorte tous ces corps ont dû être produits : mais il est besoin que je dise auparavant quelque chose de trois ou quatre des principales actions qui ont contribué à cette production. La première consiste au mouvement des petites parties de la matière du ciel considéré en général ; la deuxième, en ce qu’on nomme la pesanteur ; la troisième, en la lumière ; et la quatrième, en la chaleur. Par le mouvement des petites parties de la matière du ciel en général, j’entends leur agitation continuelle, qui est si grande, que non seulement elle suffit à leur faire faire un grand tour chaque année autour du soleil, et un autre chaque jour autour de la terre, mais aussi à les mouvoir cependant en plusieurs autres façons. Et parce que, lorsqu’elles ont pris leur cours vers quelque côté, elles le continuent toujours autant qu’il se peut en ligne droite, de là vient qu’étant mêlées parmi les parties du troisième élément qui composent tous les corps de cette plus haute région de la terre, elles produisent plusieurs divers effets, dont je remarquerai ici trois des principaux.
16
Le premier effet de cette première action, qui est de rendre les corps transparents.
Le premier est qu’elle rend transparents tous les corps liquides qui sont composés des parties du troisième élément, qui sont si petites et ensuite si peu pressées, que celles du second peuvent passer autour d’elles ; car en passant ainsi entre les parties de ces corps, et ayant la force de leur faire changer de situation, elles ne manquent pas de s’y faire des passages qui suivent en tous sens des lignes droites, ou du moins des lignes qui sont aussi propres à transmettre l’action de la lumière que les droites, et ainsi de rendre ces corps transparents. Aussi nous voyons par expérience qu’il n’y a aucune liqueur sur la terre qui soit pure, et composée de parties assez petites, laquelle ne soit transparente : car, pour ce qui est de l’argent vif, ses parties sont si grosses, que, se pressant trop fort l’une l’autre, elles ne permettent pas à la matière du second élément de passer de tous côtés autour d’elles, mais seulement à celle du premier ; et pour ce qui est de l’encre, du lait, du sang, ou autres semblables liqueurs qui ne sont pas pures et simples, il y a en elles des parties fort grosses dont chacune compose un corps à part, ainsi que fait chaque grain de sable ou de poussière, ce qui les empêche d’être transparents. Et on peut remarquer, touchant les corps durs, que tous ceux-là sont transparents qui ont été faits de quelques liqueurs, transparentes, dont les parties se sont arrêtées peu à peu l’une contre l’autre, sans qu’il se soit rien mêlé parmi elles qui ait changé leur ordre ; mais, au contraire que tous ceux-là sont opaques ou obscurs, dont les parties ont été jointes par quelque force étrangère qui n’obéissait pas au mouvement de la matière du ciel : car, encore qu’il ne laisse pas d’y avoir aussi en Ces corps plusieurs pores par où les parties du second élément peuvent passer, toutefois, à cause que ces pores sont bouchés ou interrompus en plusieurs lieux, ils ne peuvent transmettre l’action de la lumière.
17
Comment les corps durs et solides peuvent être transparents.
Mais afin d’entendre comment il est possible qu’un corps fort dur et solide, par exemple du verre ou du cristal, ait en soi assez de pores pour donner passage, suivant des lignes droites en tout sens, à la matière du ciel, et ainsi avoir ce que j’ai dit être requis en un corps pour le rendre transparent, on peut considérer plusieurs pommes ou boules assez grosses et polies, qui soient enfermées dans un rets, et tellement pressées qu’elles composent toutes ensemble-un corps dur ; car, sur quelque côté que ce corps puisse être tourné, si on jette dessus des dragées de plomb, ou d’autres boules assez petites pour passer entre ces plus grosses ainsi pressées, on les verra couler tout droit en bas au travers de ce corps, par la force de leur pesanteur ; et même si on accumule tant de ces dragées sur ce corps dur, que tous les passages où elles peuvent entrer en soient remplis, au même instant que les plus hautes presseront celles qui seront sous elles, cette action de leur pesanteur passera en ligne droite jusqu’aux plus basses : et ainsi on aura l’image d’un corps fort dur, fort solide, et avec cela fort transparent, à cause qu’il n’est pas besoin que les parties du second élément aient des passages plus droits pour transférer l’action de la lumière, que sont ceux par où descendent ces dragées entre ces pommes.
18
Le second effet de la première action, qui est de purifier les liqueurs et les divise en divers corps.
Le second effet que produit l’agitation de la matière subtile dans les corps terrestres, principalement dans ceux qui sont liquides, est que lorsqu’il y a deux ou plusieurs sortes de parties en ces corps confusément mêlées ensemble, ou bien elle les Sépare et en fait deux ou plusieurs corps différents, ou bien elle les ajuste les unes aux autres et les distribue également en tous les endroits de ce corps, et ainsi le purifie et fait que chacune de ses gouttes devient entièrement semblable aux autres : dont la raison est que, se glissant de tous côtés entre ces parties terrestres qui sont inégales, elle pousse continuellement celles qui, à cause de leur grosseur, ou de leur figure, ou de leur situation, se trouvent plus avancées que les autres dans les chemins par où elle passe, jusqu’à ce qu’elle ait tellement changé leur situation, qu’elles soient également répandues par tous les endroits de ce corps, et si bien ajustées avec les autres qu’elles n’empêchent plus ses mouvements ; ou bien, si elles ne peuvent être ainsi ajustées, elle les sépare entièrement de ces autres et en fait un corps différent du leur. Ainsi il y a plusieurs impuretés dans le vin nouveau, qui en sont séparées par cette action de la matière subtile : car elles ne vont pas seulement au-dessus ou au-dessous du vin, ce que l’on pourrait attribuer à leur légèreté ou pesanteur, mais il y en a aussi qui s’attachent aux côtés du tonneau ; et, bien que ce vin demeure encore composé de plusieurs parties de diverses grosseurs et figures, elles y sont tellement agencées après qu’il est clarifié par l’action de cette matière subtile, que celui qui est au haut du tonneau n’est pas différent de celui qui est au milieu ou, vers le bas au-dessus de la lie : et on voit arriver le semblable en quantité d’autres liqueurs.
19
Le troisième effet, qui est d’arrondir les gouttes de ces liqueurs.
And I will try to explain here in what manner all these bodies must have come into existence; but first, it is necessary for me to say something about three or four of the main processes that contributed to this formation. The first process consists in the movement of the tiny particles that make up the matter in the heavens as a whole; the second is what is called gravity; the third is light; and the fourth is heat. By the movement of these tiny particles, I mean their continuous agitation—which is so intense that it not only causes them to complete a great orbit around the sun every year and another smaller orbit around the earth every day, but also enables them to move in many other ways as well. And because, once they begin moving in one direction, they continue along that path as straightly as possible, when they mix with the various components of the third element that constitutes all the bodies in this higher region of the earth, they produce a multitude of different effects; of which I will mention three of the principal ones here.
16
The first effect of this initial action is to make objects transparent.
The first reason is that it renders all liquid substances transparent, since these substances are composed of tiny particles of the third element that are so closely packed together that the particles of the second element can pass through them; indeed, as these particles move between the components of these substances and have the power to alter their arrangement, they inevitably create passages that follow straight lines—or at least lines capable of transmitting light just as effectively as straight lines—thus making the substances transparent. Experience tells us that there is no pure liquid on Earth whose constituent particles are small enough to render it transparent: for instance, in the case of fine silver, its particles are too large; when they press too tightly against each other, they prevent the particles of the second element from passing through on all sides, allowing only those of the first element to do so. As for liquids such as ink, milk, blood, and others that are not pure and simple in composition, they contain relatively large particles, each forming a separate entity—just like each grain of sand or dust—which prevents them from being transparent. Moreover, among solid substances, those that are transparent are generally made up of various transparent liquids whose particles have gradually come together without any foreign elements interfering with their natural arrangement; conversely, those that are opaque or dull result from the combination of particles brought together by some external force that does not follow the natural laws of matter. Even in these opaque substances, although there are numerous pores through which the particles of the second element can pass, these pores are often blocked or interrupted in certain areas, preventing light from passing through.
17
How can hard and solid bodies be transparent?
But in order to understand how it is possible for a hard and solid substance, such as glass or crystal, to contain enough pores within itself to allow the matter from the sky to pass through in straight lines in all directions, thereby achieving what I have described as the necessary conditions for transparency, one can consider several large, smooth apples or balls enclosed within a net and pressed so tightly together that they form a single solid mass. No matter which side this mass is turned to, if lead pellets or other small objects small enough to pass through these compressed spheres are thrown onto it, they will fall straight through due to their weight. Even if an enormous number of such pellets are piled onto this solid mass, filling every possible passage through it, the force of their gravity will still travel in a straight line all the way to the lowest parts. Thus, we would have an example of a hard, solid substance that is also highly transparent—because it is not necessary for the “second element” that constitutes this substance to possess any particularly straight passages for light to pass through; rather, the passage created by these compressed spheres is sufficient for this purpose.
18
The second effect of the first action is to purify these liquids and divide them into various substances.
The second effect produced by the agitation of subtle matter within terrestrial bodies, particularly those that are liquid, is that when there are two or more different types of components mixed together in these bodies, either this process separates them and turns them into two or more distinct substances, or it adjusts them so that they are evenly distributed throughout the body, thereby purifying it and ensuring that every individual component becomes completely identical to the others. The reason for this is that as this subtle matter moves through all the uneven parts of these terrestrial bodies, it continuously pushes those components that, due to their size, shape, or position, are situated further ahead in the pathways it follows, until their arrangement has been completely altered so that they are evenly distributed throughout the body and no longer interfere with its movements. Alternatively, if such adjustment is not possible, the subtle matter simply separates these components entirely, turning them into a substance distinct from the original mixture. Thus, there are various impurities in fresh wine that are removed through this process of the action of subtle matter—these impurities do not merely rise or sink within the wine due to their relative lightness or heaviness; some even adhere to the sides of the barrel. Even though such wine still consists of multiple components of different sizes and shapes, after being clarified by the influence of this subtle matter, the components at the top of the barrel are no different from those in the middle or near the sediment at the bottom. The same principle applies to numerous other liquids as well.
19
The third effect is to round the droplets of these liquors.
Cercherò di spiegare qui in che modo tutti questi corpi siano stati prodotti; ma prima è necessario parlare di tre o quattro delle principali forze che hanno contribuito a questa formazione. La prima consiste nel movimento delle piccole particelle della materia celeste nel suo complesso; la seconda, in ciò che viene chiamato “peso”; la terza, nella luce; e la quarta, nel calore. Con il movimento delle piccole particelle della materia celeste intendo il loro continuo agitarsi, così intenso da essere sufficiente non solo a farle compiere ogni anno un grande giro attorno al sole e ogni giorno un altro attorno alla terra, ma anche a muoverle in molti altri modi. Poiché, quando queste particelle prendono una certa direzione, la mantengono il più possibile in linea retta, è per questo che, mescolandosi tra le parti del terzo elemento che costituisce tutti i corpi di questa regione più elevata della terra, producono diversi effetti; ne evidenzierò qui tre dei principali.
16
Il primo effetto di questa prima azione è quello di rendere i corpi trasparenti.
Il primo motivo per cui tutti i corpi liquidi risultano trasparenti è che sono composti da parti dell’“terzo elemento” così piccole e scarsamente compresse che quelle dell’“secondo elemento” possono passare attorno ad esse; poiché, muovendosi tra queste parti e avendo la capacità di farle cambiare posizione, tali parti riescono a creare dei canali trasparenti in tutte le direzioni, o almeno in linee che siano altrettanto efficaci delle rette nel trasmettere l’azione della luce, rendendo così i corpi liquidi trasparenti. Per esperienza, possiamo constatare che non esiste alcuna sostanza liquida sulla Terra che sia pura e composta da parti abbastanza piccole da risultare trasparente: ad esempio, le particelle dell’argento sono troppo grandi, quindi quando si comprimono con forza l’una contro l’altra, non permettono al “secondo elemento” di passare attorno ad esse, ma solo a quello del “primo elemento”; allo stesso modo, sostanze come inchiostro, latte, sangue e simili, essendo impure e composte da parti troppo grandi, risultano opache. Per quanto riguarda i corpi solidi, quelli che sono trasparenti sono quelli formati da alcune sostanze liquide le cui particelle si sono sovrapposte gradualmente senza che nulla vi si mescolasse alterando il loro ordine naturale; al contrario, i corpi opachi o scuri sono quelli in cui le parti sono state unite da forze esterne che non seguivano il movimento naturale della materia. Anche in questi corpi solidi esistono pori attraverso i quali il “secondo elemento” potrebbe passare, ma poiché tali pori sono bloccati o interrotti in più punti, la luce non riesce a passare.
17
Come possono essere trasparenti corpi duri e solidi?
Ma affinché si possa comprendere come sia possibile che un corpo forte, duro e solido, ad esempio di vetro o cristallo, abbia in sé abbastanza pori per permettere al materiale celeste di passare attraverso di esso seguendo linee rette in tutte le direzioni, e quindi possieda quelle caratteristiche necessarie perché tale corpo diventi trasparente, si possono prendere diverse mele o sfere abbastanza grandi e lisce, chiuse all’interno di una rete e pressate così strettamente da formare un corpo unico e solido; poiché, indipendentemente dal lato in cui questo corpo venga girato, se si gettano su di esso piccole sfere di piombo o altre particelle abbastanza piccole da passare attraverso le fessure presenti tra queste mele pressate insieme, si vedrà che queste particelle scenderanno dritte verso il basso, attraverso tutto il corpo, per effetto della loro gravità; e anche se si accumulano molte di queste particelle su tale corpo solido, fino a riempire tutte le fessure disponibili, non appena le parti più in alto eserciteranno pressione su quelle sottostanti, questa forza di gravità verrà trasmessa dritta verso il basso, fino alle parti più basse; e così si otterrà l’esempio di un corpo forte, duro, solido e al contempo trasparente, poiché non è necessario che le parti di questo corpo abbiano passaggi particolarmente diritti per permettere il passaggio della luce, basta che esistano delle fessure attraverso cui tali particelle possano scendere.
18
Il secondo effetto della prima azione consiste nel purificare i liquidi e nel suddividerli in diverse sostanze.
Il secondo effetto prodotto dall’agitazione della materia sottile nei corpi terrestri, soprattutto in quelli liquidi, è che, quando in tali corpi vi sono due o più tipi di parti mescolate in modo confuso tra loro, questa materia sottile o le separa, trasformandole in due o più corpi diversi, oppure le regola e le distribuisce uniformemente in tutti gli angoli di quel corpo, purificandolo così completamente da rendere ciascuna delle sue parti identica alle altre. La ragione di ciò è che questa materia sottile, infiltrandosi in ogni parte di quei corpi disomogenei, spinge continuamente quelle parti che, a causa della loro dimensione, forma o posizione, si trovano più avanti rispetto alle altre lungo i percorsi attraverso cui si muove, fino a modificare completamente la loro disposizione, facendole distribuire uniformemente in tutto il corpo e adattandole così bene alle altre da non ostacolare più i loro movimenti; oppure, se ciò non è possibile, le separa del tutto, trasformandole in un corpo diverso dal resto. È proprio per questo che nel vino nuovo si trovano diverse impurità, le quali vengono separate dall’azione di questa materia sottile: tali impurità non si limitano infatti a risalire verso l’alto o ad affondare verso il basso del vino, come ci si potrebbe aspettare in base alla loro leggerezza o pesantezza, ma alcune si attaccano anche ai lati della botte. Eppure, nonostante il vino sia ancora composto da parti di dimensioni e forme diverse, dopo essere stato chiarito dall’azione di questa materia sottile, quelle parti che si trovano in alto nella botte non sono diverse da quelle presenti al centro o più in basso, sopra la feccia; lo stesso accade per molte altre sostanze liquide.
19
Il terzo effetto consiste nel rendere più rotonde le gocce di queste bevande alcoliche.
Le troisième effet de cette matière céleste est qu’elle fait devenir rondes les gouttes de toutes les liqueurs, lorsqu’elles sont entièrement environnées d’air ou d’une autre liqueur dont la nature est si différente de la leur qu’elles ne se mêlent point avec elle, ainsi que j’ai déjà expliqué dans les Météores. Car, d’autant que cette matière subtile trouve des pores autrement disposés en une goutte d’eau, par exemple, que dans l’air qui l’environne, et qu’elle tend toujours à se mouvoir suivant des lignes droites, ou le moins différentes de la droite qu’il est possible, il est évident que la superficie de cette goutte d’eau empêche moins non seulement les parties de la matière subtile qui est en ses pores, mais aussi les parties de celle qui est en l’air qui l’environne, de continuer ainsi leur mouvement suivant des lignes les plus droites qu’elles peuvent être sans passer d’un corps en l’autre, lorsque cette superficie est toute ronde, que si elle avait quelque autre figure ; et que lorsqu’elle ne l’est pas, les mouvements de la matière subtile qui est en l’air d’alentour sont plus détournés par les parties de sa superficie qui sont les plus éloignées du centre que par les autres, ce qui est cause qu’elle les pousse davantage vers ce centre ; et, au contraire, les mouvements de celle qui est dans la goutte d’eau sont plus détournés par les parties de sa superficie qui sont les plus proches du centre, ce qui est cause qu’elle fait effort pour les en éloigner. Et ainsi la matière subtile qui est au dedans de cette goutte, aussi bien que celle qui est au dehors, contribue à faire que toutes les parties de sa superficie soient également distantes de son centre, c’est-à-dire à la rendre ronde ou sphérique. Pour mieux entendre ceci, on doit remarquer que l’angle que fait une ligne droite avec une courbe qu’elle touche est plus petit qu’aucun angle qui puisse être fait par deux lignes droites, et que de toutes les lignes courbes il n’y a que la circulaire en toutes les parties de laquelle cet angle d’attouchement soit égal ; d’où il suit que les mouvements qui sont empêchés d’être droits par quelque cause qui les détourne également en toutes leurs parties doivent être circulaires lorsqu’ils se font en une seule ligne, et sphériques lorsqu’ils se font fers tous les côtés de quelque superficie.
20
L’explication de la seconde action, en laquelle consiste la pesanteur.
La seconde action dont j’ai entrepris ici de parler est celle qui rend les corps pesants, laquelle a beaucoup de rapport avec celle qui fait que les gouttes d’eau deviennent rondes ; car c’est la même matière subtile qui, par cela seul qu’elle se meut indifféremment de tous côtés autour d’une goutte d’eau, pousse également toutes les parties de sa superficie vers son centre, et qui, par cela seul qu’elle se meut autour de la terre, pousse aussi vers elle tous les corps qu’on nomme pesants, lesquels en sont les parties.
21
Que chaque partie de la terre, étant considérée toute seule, est plutôt légère que pesante.
Mais, afin d’entendre plus parfaitement en quoi consiste la nature de cette pesanteur, il faut remarquer que si tout l’espace qui est autour de la terre, et qui n’est rempli par aucune de ses parties, était vide, c’est-à-dire s’il n’était rempli que d’un corps qui ne pût aider ni empêcher les mouvements des autres corps (car c’est ce qu’on doit proprement entendre par le nom de vide), et que cependant elle ne laissât pas de tourner en vingt-quatre heures sur son essieu, ainsi qu’elle fait à présent, toutes celles de ses parties qui ne seraient point fort étroitement jointes à elle, s’en sépareraient, et s’écarteraient de tous côtés vers le ciel, en même façon que la poussière qu’on jette sur une pirouette pendant qu’elle tourne n’y peut demeurer, mais est rejetée par elle vers l’air de tous côtés ; et, si cela était, tous les corps terrestres pourraient être appelés légers plutôt que pesants.
22
En quoi consiste la légèreté de la matière du ciel.
Mais à cause qu’il n’y a point de vide autour de la terre, et qu’elle n’a pas de soi-même la force qui fait qu’elle tourne en vingt-quatre heures sur son essieu, mais qu’elle est emportée par le cours de la matière du ciel qui l’environne, et qui pénètre partout en ses pores, on la doit considérer comme un corps qui n’a aucun mouvement, et penser aussi que la matière du ciel ne serait ni légère ni pesante à son regard, si elle n’avait point d’autre agitation que celle qui la fait tourner en vingt-quatre heures avec la terre ; mais que, d’autant qu’elle en a beaucoup plus qu’il ne lui en faut pour cet effet, elle emploie ce qu’elle a de plus, tant à tourner plus vite que la terre en même sens, qu’à faire divers autres mouvements de tous côtés, lesquels ne pouvant être continués en lignes si droites qu’ils seraient si la terre ne se rencontrait point en leur chemin, non seulement ils font effort pour la rendre ronde ou sphérique, ainsi qu’il a été dit des gouttes d’eau, mais aussi cette matière du ciel a plus de force à s’éloigner du centre autour duquel elle tourne que n’ont aucune des parties de la terre, ce qui fait qu’elle est légère à leur égard.
23
Que c’est la légèreté de cette matière du ciel qui rend les corps terrestres pesants.
Et il faut remarquer que la force dont la matière du ciel tend à s’éloigner du centre de la terre, ne peut avoir son effet, si ce n’est que celles de ses parties qui s’en éloignent montent en la place de quelques parties terrestres qui descendent au même temps en la leur : car, d’autant qu’il n’y a aucun espace autour de la terre qui ne soit rempli de sa matière, ou bien de celle du ciel, et que toutes les parties du second élément qui composent celles du ciel ont pareille force, elles ne se chassent point l’une l’autre hors de leurs places ; mais, parce que la même force n’est pas en la terre, lorsqu’il se trouve quelqu’une de ses parties plus éloignée de son centre que ne sont des parties du ciel qui peuvent monter en sa place, il est certain qu’elles y doivent monter, et par conséquent la faire descendre en là leur. Ainsi chacun des corps qu’on nomme pesants n’est pas poussé vers le centre de la terre par toute la matière du ciel qui l’environne, mais seulement par les parties de cette matière qui montent en sa place lorsqu’il descend, et qui par conséquent sont toutes ensemble justement aussi grosses que lui. Par exemple, si B est un corps terrestre dont les parties soient plus serrées que celles de l’air qui l’environne, en sorte que ses pores contiennent moins de la matière du ciel que ceux de la portion de cet air qui doit monter en sa place en cas qu’il descende, il est évident que ce qu’il y a de plus de la matière du ciel en cette portion d’air qu’en ce corps B, tendant à s’éloigner du centre de la terre, a la force de faire qu’il s’en approche, et ainsi de lui donner la qualité qu’on nomme sa pesanteur.
24
En quoi consiste la légèreté de la matière du ciel.
Mais, afin de pouvoir exactement calculer combien est grande cette pesanteur, il faut considérer qu’il y a quelque quantité de matière céleste dans les pores de ce corps B, laquelle ayant autant de force qu’une pareille quantité de celle qui est dans les pores de la portion d’air qui doit monter en sa place, fait qu’il n’y a que le surplus qui doive être compté, et que tout de même il y a quelque quantité de la matière du troisième élément en cette portion d’air, laquelle doit aussi être rabattue avec une égale quantité de celle qui compose le corps A ; si bien que toute la pesanteur de ce corps consiste en ce que le reste de la matière subtile qui est en cette portion d’air a plus de force à s’éloigner du centre de la terre que le reste de la matière terrestre qui le compose.
25
Que leur pesanteur n’a pas toujours même rapport avec leur matière.
The third effect of this celestial substance is that it causes the droplets of all liquids to become round when they are completely surrounded by air or another liquid whose nature is so different from theirs that they do not mix with it, as I have already explained in my work on Meteors. For, since this subtle substance finds its pores arranged differently in a drop of water, for example, than in the surrounding air, and since it always tends to move along straight lines—or lines that are as close to straight as possible—it is evident that the surface of the water droplet prevents not only the subtle substance within its pores but also the surrounding air from continuing their movements along the most direct paths without passing from one medium to another. When this surface is perfectly round, such interference is minimal; whereas if it has any other shape, the movements of the subtle substance in the air are more disrupted by the uneven surfaces, causing it to be pushed more towards the center of the droplet. Conversely, the movement of the subtle substance within the droplet is hindered by the parts of its surface that are closest to the center, prompting it to try to move away from there. In this way, both the subtle substance inside and outside the droplet contribute to making its entire surface equidistant from its center, thereby giving the droplet a round or spherical shape. To better understand this, one must note that the angle formed by a straight line intersecting a curve is always smaller than any angle that can be formed by two straight lines, and among all curves, only the circular one has such an angle at every point. It follows therefore that movements that are prevented from being straight due to external interference must take a circular path when occurring in a single line, and a spherical shape when spreading across a surface.
20
The explanation of the second principle, which is what gravity consists of.
The second phenomenon I have chosen to discuss here is the one that makes bodies heavy; it is closely related to the phenomenon that causes water droplets to take on a round shape. For it is precisely the same subtle substance that, by moving indifferently in all directions around a water droplet, exerts a force that pushes all parts of its surface toward its center. And it is also this same substance that, as it moves around the earth, draws all those bodies that we call heavy toward it—those bodies being, in fact, merely parts of this universal substance.
21
That every part of the earth, when considered alone, is rather light than heavy.
However, in order to more fully understand what the nature of this gravity really consists of, it must be noted that if all the space surrounding the earth—that is, if that space were entirely empty, containing not a single particle that could either assist or hinder the motion of other bodies—yet if the earth itself continued to rotate on its axis just as it does now, then all those parts of it that were not tightly bound to it would separate and scatter in every direction, just like the dust thrown onto a spinning top is forced outward into the air; and if this were to happen, all terrestrial bodies could be considered light rather than heavy.
22
In what consists the lightness of the material that constitutes the sky?
But since there is no void surrounding the earth, and since it does not possess within itself the force that enables it to rotate on its axis in twenty-four hours; rather, it is carried along by the movement of the material in the heavens that surrounds it and penetrates every part of it, we must consider the earth as a body that possesses no motion of its own. We should also understand that, in the eyes of this celestial matter, neither weight nor light would exist if it were not compelled to rotate alongside the earth within twenty-four hours. However, since it possesses far more force than is necessary for this purpose, it uses the excess energy to rotate faster than the earth in the same direction, as well as to perform various other movements in all directions. These movements could not continue in perfectly straight lines were it not for the presence of the earth obstructing their paths; as a result, these celestial forces not only help shape the earth into a round or spherical form—just as has been observed with water droplets—but they also give this heavenly matter greater momentum to move away from the center around which it orbits, which is why it appears lighter to us in comparison.
23
It is the lightness of this celestial substance that makes terrestrial bodies heavy.
It must be noted that the force which tends to pull the celestial matter away from the center of the earth can only exert its effect when those parts of the celestial matter that move away are replaced by corresponding parts of terrestrial matter that move toward the center. Since there is no space around the earth that is not filled either with terrestrial or celestial matter, and since all the components of the celestial element possess equal force, they do not displace each other from their respective positions. However, since terrestrial matter does not possess this same force, whenever some of its parts are located farther from the center than corresponding parts of the celestial matter that could take their place, it is inevitable that those terrestrial parts will move toward the center, causing the celestial parts to move away accordingly. Thus, each of the so-called heavy bodies is not pulled toward the center of the earth by all the surrounding celestial matter; rather, this effect is solely due to those portions of the celestial matter that move toward the center when the heavy body moves downward—parts that are, in total, of equal weight to the heavy body itself. For example, if B is a terrestrial body whose parts are more densely packed than those of the surrounding air, such that its pores contain less celestial matter than the corresponding portions of the air that would take its place if B were to descend, then it is clear that the excess amount of celestial matter in these air particles, tending to move away from the center of the earth, exerts a force that draws B toward the center, thereby endowing it with what we call weight.
24
In what consists the lightness of the material that constitutes the sky?
However, in order to accurately calculate the magnitude of this gravity, it is necessary to consider that there exists a certain amount of celestial matter within the pores of body B. Since this amount of matter exerts the same force as an equivalent quantity of matter contained within the pores of the portion of air that must rise to take its place, only the excess amount needs to be taken into account. Nevertheless, there is still a certain amount of the third element present in this portion of air, and this amount must also be deducted by an equal quantity of the same element that constitutes body A. In short, the entire gravity of body B arises from the fact that the remaining subtle matter within that portion of air exerts a greater force to move away from the center of the earth than the remaining terrestrial matter that makes up body B.
25
Their weight does not always correspond directly to their material composition.
Il terzo effetto di questa sostanza celeste è quello di rendere rotonde le gocce di tutte le liquide, quando queste sono completamente circondate da aria o da un’altra liquida la cui natura sia così diversa dalla loro da non mescolarsi con essa, come ho già spiegato nei “Meteori”. Poiché questa sostanza sottile trova, all’interno di una goccia d’acqua, pori disposti in modo diverso rispetto all’aria che la circonda, e poiché tende sempre a muoversi lungo linee rette, o almeno il più possibile vicine alla retta, è evidente che la superficie di questa goccia d’acqua impedisce non solo alle parti della sostanza sottile presenti nei suoi pori di continuare il loro movimento lungo linee il più diritte possibile senza passare da un corpo all’altro, ma anche alle parti della sostanza sottile presente nell’aria circostante di muoversi allo stesso modo. Quando questa superficie è completamente rotonda, tale impedimento è maggiore rispetto a quando ha una forma diversa; inoltre, quando la superficie non è rotonda, i movimenti della sostanza sottile nell’aria circostante sono più deviati dalle parti della sua superficie più lontane dal centro rispetto ad altre parti, il che fa sì che questa sostanza spinga tali movimenti verso il centro; al contrario, i movimenti della sostanza sottile all’interno della goccia d’acqua sono più deviati dalle parti della sua superficie più vicine al centro, il che fa sì che essa si sforzi di allontanarli da esso. In questo modo, sia la sostanza sottile all’interno che quella all’esterno della goccia contribuiscono a rendere la sua superficie uniformemente distante dal suo centro, cioè a farla diventare rotonda o sferica. Per comprendere meglio questo fenomeno, bisogna notare che l’angolo formato da una linea retta con una curva che essa tocca è più piccolo di qualsiasi angolo possa essere formato da due linee rette, e che tra tutte le curve solo la circolare presenta in ogni punto tale angolo uguale; da ciò deriva che i movimenti che, per qualche motivo, sono impediti di essere diritti devono risultare circolari quando avvengono lungo una singola linea, e sferici quando avvengono su tutti i lati di una superficie.
20
La spiegazione della seconda forza, ovvero quella che determina la gravità.
La seconda azione di cui ho intenzione di parlare qui è quella che rende i corpi pesanti; essa ha molti punti in comune con quella che fa sì che le gocce d’acqua assumano una forma rotonda. Infatti, è la stessa materia sottile che, semplicemente muovendosi in tutte le direzioni attorno a una goccia d’acqua, spinge tutte le sue parti verso il centro; allo stesso modo, questa stessa materia, muovendosi attorno alla Terra, spinge tutti i corpi che chiamiamo pesanti verso di essa, poiché essi sono costituiti da tali parti.
21
Che ogni parte della terra, considerata separatamente, sia piuttosto leggera che pesante.
Ma, affinché si possa comprendere più chiaramente in che cosa consista la natura di questa gravità, è necessario notare che, se tutto lo spazio che circonda la Terra e che non è riempito da alcuna delle sue parti fosse vuoto – cioè se fosse riempito soltanto da un corpo che non potesse né aiutare né impedire i movimenti degli altri corpi (poiché è proprio questo che si intende propriamente per “vuoto”) – eppure la Terra continuasse a ruotare su di sé in ventiquattro ore, come fa attualmente, tutte le sue parti che non fossero strettamente legate a essa si separerebbero e si allontanerebbero in ogni direzione verso il cielo, proprio come la polvere che viene gettata su una piroetta mentre ruota non può rimanervi attaccata, ma viene respinta verso l’aria da tutte le parti; e, se ciò accadesse, tutti i corpi terrestri potrebbero essere definiti “leggeri” piuttosto che “pesanti”.
22
In cosa consiste la leggerezza della materia celeste?
Ma poiché non esiste alcun vuoto intorno alla Terra e essa stessa non possiede la forza necessaria per ruotare in ventiquattro ore attorno al proprio asse, bensì viene trascinata dal movimento della materia celeste che la circonda e penetra in ogni sua parte, dobbiamo considerarla come un corpo privo di qualsiasi movimento. Inoltre, si deve pensare che la materia celeste non sarebbe né leggera né pesante ai nostri occhi, se non avesse altra agitazione se non quella che le fa ruotare insieme alla Terra in ventiquattro ore; ma poiché ne possiede molto di più di quanto ne sia necessario per questo scopo, utilizza quella parte in eccesso sia per ruotare più velocemente della Terra nello stesso senso, sia per compiere vari altri movimenti in tutte le direzioni. Poiché questi movimenti non potrebbero proseguire lungo linee rette se la Terra non si trovasse sul loro percorso, essi non solo contribuiscono a rendere la Terra rotonda o sferica, come è stato detto anche per le gocce d’acqua, ma la materia celeste possiede anche una forza maggiore di quella delle parti terrestri per allontanarsi dal centro attorno al quale ruota, il che la rende “leggera” rispetto a queste ultime.
23
È proprio la leggerezza di questa materia celeste che rende i corpi terrestri pesanti.
E bisogna notare che la forza con cui la materia celeste tende ad allontanarsi dal centro della Terra non può esercitare il proprio effetto se non perché le parti della materia celeste che si allontanano vengono sostituite da alcune parti terrestri che contemporaneamente scendono al loro posto: poiché non esiste alcuno spazio attorno alla Terra che non sia riempito dalla sua materia o da quella del cielo, e poiché tutte le parti dell’elemento celeste hanno la stessa forza, esse non si scacciano a vicenda dalle proprie posizioni; ma poiché sulla Terra questa stessa forza non esiste, quando alcune sue parti si trovano più lontane dal loro centro di quanto lo siano alcune parti del cielo che possono salire al loro posto, è certo che queste ultime dovranno salire, e di conseguenza far scendere le prime. Così, ciascun corpo che viene definito “pesante” non viene spinto verso il centro della Terra da tutta la materia celeste che lo circonda, ma soltanto dalle parti di questa materia che salgono al suo posto quando il corpo stesso scende, e che quindi sono esattamente uguali a esso per peso. Ad esempio, se B è un corpo terrestre le cui parti sono più dense di quelle dell’aria che lo circonda, in modo che i suoi pori contengano meno materia celeste rispetto ai pori della parte d’aria che dovrà salire al suo posto nel caso in cui questo corpo scenda, è evidente che quella quantità in più di materia celeste presente in questa parte d’aria tende ad allontanarsi dal centro della Terra, e quindi ha la forza di far sì che il corpo B si avvicini a esso, conferendogli così la qualità che viene definita “pesantezza”.
24
In cosa consiste la leggerezza della materia celeste?
Ma, affinché si possa calcolare con esattezza quanto sia grande questa forza di gravità, è necessario considerare che nei pori di questo corpo B vi è una certa quantità di materia celeste; tale quantità possiede una forza equivalente a quella di una quantità analoga di materia presente nei pori della parte d’aria che deve sostituirla. Pertanto, bisogna tenere conto soltanto del “sovrappiù” di materia celeste. Tuttavia, anche in questa parte d’aria esiste una certa quantità di materia appartenente al terzo elemento; anch’essa va sottratta da una quantità equivalente di materia che costituisce il corpo A. In definitiva, l’intera forza di gravità di questo corpo deriva dal fatto che la parte residua di materia sottile presente in quella porzione d’aria esercita una forza maggiore per allontanarsi dal centro della Terra rispetto alla parte residua di materia terrestre che lo compone.
25
Il loro peso non è sempre proporzionale alla loro materia.
Et, afin de ne rien oublier, il faut prendre garde que, par la matière céleste ou subtile, je n’entends pas seulement celle du second élément, mais aussi ce qu’il y a du premier mêlé entre ses parties : et même, outre cela, qu’on y doit comprendre en quelque façon les parties du troisième qui sont emportées par le cours de cette matière du ciel plus vite que toute la masse de la terre, et toutes celles qui composent l’air sont de ce nombre. Il faut aussi prendre garde que ce qu’il y a du premier élément, en ce que je comprends sous le nom de matière subtile, a plus de force à s’éloigner du centre de la terre qu’une pareille quantité du second, à cause qu’elle se meut plus vite ; et par la même raison, que le second élément a plus de force qu’une pareille quantité des parties du troisième qui composent l’air, et qu’elles meuvent avec soi ; ce qui est cause que la pesanteur seule ne suffit pas pour faire connaître combien il y a de matière terrestre en chaque corps. Et il se peut faire que, bien que, par exemple, une masse d’or soit vingt fois plus pesante qu’une quantité d’eau de même grosseur, elle ne contienne pas néanmoins vingt fois plus de matière, mais quatre ou cinq fois seulement, parce qu’il en faut autant soustraire de l’eau que de l’or, à cause de l’air dans lequel on les pèse, puis aussi parce que les parties terrestres de l’eau, et généralement de toutes les liqueurs, ainsi qu’il a été dit de celles de l’air, ont quelque mouvement qui, s’accordant avec ceux de la matière subtile, empêche qu’elles ne soient si pesantes que celles des corps durs.
26
Pourquoi les corps pesants n’agissent point lorsqu’ils sont qu’entre leurs semblables.
Il faut aussi se souvenir que tous les mouvements sont circulaires, au sens qui a été ci-dessus expliqué ; d’où il suit qu’un corps ne peut être porté en bas par la force de sa pesanteur si au même instant un autre corps qui occupe autant d’espace, et soit toutefois moins pesant, ne monte en haut : et cela est cause que les plus hautes parties de l’eau, ou d’une autre liqueur qui est contenue en un vase, tant grand et tant profond qu’il puisse être, n’agissent point contre les plus basses, et même que chaque endroit du fond de ce vase n’est pressé que par autant de parties de cette liqueur qu’il y en a qui sont directement posées sur lui. Par exemple, en la cuve ABC, la goutte d’eau marquée 1 n’est point poussée par les autres 2, 3, 4, qui sont au-dessus, d’autant que si celles-ci descendaient, il ne pourrait y avoir que d’autres gouttes d’eau, telles que, 5, 6, 7, qui montassent en leur place, et parce que celles-ci ne sont pas moins pesantes, elles les tiennent en balance, au moyen de quoi elles les empêchent de se pousser l’une l’autre ; et toutes les gouttes d’eau qui sont en la ligne droite 1, 2, 3, 4 pressent ensemble la partie du fond de la cuve qui est marquée B, parce que si B descendait, toutes ces gouttes pourraient aussi descendre au même instant, et faire monter en leur place, par le dehors de la cuve, les parties d’air 8, 9 ou semblables, qui sont plus légères. Mais cette partie B n’est pressée que par le petit cylindre d’eau 1, 2, 3, 4 dont elle est la base, parce qu’en cas qu’elle commence à descendre, il ne peut y avoir que l’eau de ce cylindre 1, 2, 3, 4 (ou une autre pareille quantité) qui la suive au même instant. Et la considération de ceci peut servir à rendre raison de plusieurs particularités qu’on remarque touchant les effets de la pesanteur, et qui semblent fort admirables à ceux qui n’en savent pas les vraies causes.
27
Pourquoi c’est vers le centre de la terre qu’ils tendent.
Au reste il faut remarquer que, encore que les parties du ciel se meuvent en plusieurs diverses façons en même temps, elles s’accordent néanmoins à se balancer et à s’opposer l’une à l’autre, en telle sorte qu’elles étendent également leur action vers tous les côtés où elles peuvent l’étendre ; et ainsi que de cela seul que la masse de la terre par sa dureté répugne à leurs mouvements, elles tendent toutes à s’éloigner également de tous côtés de son voisinage, suivant les lignes droites tirées de son centre, si ce n’est qu’il y ait des causes particulières qui mettent en cela quelque diversité ; et je puis bien concevoir deux ou trois telles causes, mais je n’ai encore su faire aucune expérience qui m’assure si leurs effets sont sensibles ou non.
28
Et la troisième action qui est la lumière, comment elle agite les parties de l’air.
Quant à la lumière, qui est la troisième action que nous avons ici à considérer, je pense avoir déjà ci-dessus assez expliqué sa nature ; il reste seulement à remarquer que, bien que tous ses rayons viennent en même façon du soleil, et ne fassent autre chose que presser en ligne droite les corps qu’ils rencontrent, ils causent néanmoins divers mouvements dans les parties du troisième élément dont la plus haute région de la terre est composée, parce que ces parties étant mues aussi par d’autres causes, ne se présentent pas toujours à eux de même sorte. Par exemple, si AB est une de ces parties du troisième élément, appuyée sur une autre marquée C, et qui en a plusieurs autres, comme DEF, au-dessus d’elle, il est aisé à entendre que les rayons du soleil qui viennent de GG peuvent maintenant être moins empêchés par l’interposition de ces autres de presser celle de ses extrémités qui est marquée A, que de presser celle qui est marquée B, de façon qu’ils la doivent faire baisser davantage ; et que, incontinent après, ces parties DEF changeant de situation, à cause qu’elles sont mues par la matière du ciel qui coule autour d’elles, il arrivera qu’elles empêcheront moins les rayons du soleil de presser B que A ; ce qui doit donner à cette partie terrestre AB un mouvement tout contraire au précédent : et il en est de même de toutes les autres, ce qui fait qu’elles sont continuellement agitées çà et là par la lumière du soleil.
29
Explication de la quatrième action, qui est la chaleur ; et pourquoi elle demeure après la lumière qui l’a produite.
Or c’est une telle agitation des petites parties des corps terrestres, qu’on nomme en eux la chaleur (soit qu’elle ait été excitée par la lumière du soleil, soit par quelque autre cause), principalement lorsqu’elle est plus grande que de coutume, et qu’elle peut mouvoir assez fort les nerfs de nos mains pour être sentie ; car cette dénomination de chaleur se rapporte au sens de l’attouchement. Et on peut ici remarquer la raison pourquoi la chaleur qui a été produite par la lumière demeure par après dans les corps terrestres, encore que cette lumière soit absente, jusqu’à ce que quelque autre cause l’en ôte : car elle ne consiste qu’au mouvement des petites parties de ces corps, et ce mouvement étant une fois excité en elles y doit demeurer (suivant les lois de la nature) jusqu’à ce qu’il puisse être transféré à d’autres corps.
30
Comment elle pénètre dans les corps qui ne sont point transparents.
On doit aussi remarquer que les parties terrestres qui sont ainsi agitées par la lumière du soleil, en agitent d’autres qui sont sous elles, et que celles-ci en agitent encore d’autres qui sont plus bas, et ainsi de suite ; en sorte que, bien que les rayons du soleil ne passent point plus avant que jusqu’à la première superficie des corps terrestres qui sont opaques ou obscurs, toutefois, à, cause qu’il y a toujours une moitié de la terre qui est échauffée par le soleil en même temps, sa chaleur parvient jusqu’aux plus basses parties du troisième élément qui composent sa seconde ou moyenne région.
31
Pourquoi elle a coutume de dilater les corps où elle est, et pourquoi elle condense aussi quelques-uns.
And, in order not to forget anything, it must be noted that by “celestial or subtle matter,” I do not mean merely the substance of the second element, but also that which is composed of parts of the first element; moreover, one must understand that among this mixture are also included those parts of the third element which are carried along by the movement of this celestial matter at a faster rate than the entire mass of the earth—indeed, all those components of air fall into this category. It should also be remembered that the portion of the first element that I refer to as “subtle matter” possesses greater capacity to move away from the center of the earth than an equivalent amount of the second element, precisely because it moves more swiftly; for the same reason, the second element has more force than an equivalent amount of those parts of the third element that make up air, and these latter components are carried along by the movement of the second element. This is why mere gravity alone is insufficient to determine exactly how much terrestrial matter exists within any given body. For instance, although a mass of gold may be twenty times heavier than an equal volume of water, it may not contain twenty times as much matter—perhaps only four or five times more. This is because when measuring their weight, the air present in both cases must be taken into account; furthermore, the terrestrial components within water—and, in general, within all liquids, just as was mentioned for air—possess certain movements that, in combination with those of the subtle matter, prevent them from being as heavy as the components of solid bodies.
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Why do heavy bodies not exert any force when they are merely in contact with other similar bodies?
It must also be remembered that all movements are circular, in the sense explained above; hence it follows that a body cannot be pulled downward by the force of its gravity if, at the same time, another body occupying the same amount of space but being less heavy does not rise upward. This is because the upper parts of water, or any other liquid contained within a vessel as large and deep as possible, exert no pressure on the lower parts; in fact, every part of the bottom of the vessel is subjected to pressure only by the amount of liquid that directly covers it. For example, in the vessel ABC, the drop marked 1 is not pushed downward by the drops above it—2, 3, 4—for the simple reason that if those drops descended, other drops such as 5, 6, 7 would rise to take their place. Since these latter drops are not less heavy, they counteract the downward force and prevent the original drop from moving. Moreover, all the drops along the line 1, 2, 3, 4 exert pressure together on the bottom of the vessel at point B; if point B were to descend, all those drops would also descend simultaneously, causing air particles 8, 9, or similar lighter substances outside the vessel to rise in their place. However, point B is only subjected to pressure by the small cylinder of water 1, 2, 3, 4 on which it rests; if this cylinder were to begin descending, only an equivalent amount of water from that cylinder would follow it. Understanding these principles can help explain various peculiarities observed in the effects of gravity, which may seem quite remarkable to those unaware of their true causes.
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Why do they tend towards the center of the earth?
Furthermore, it must be noted that although the various parts of the sky move in numerous different ways at the same time, they yet coordinate their movements so as to swing back and forth against each other, thereby extending their influence in all directions where it is possible for them to do so. Moreover, aside from the fact that the solidity of the earth resists their movements, they all tend to drift away in every direction from its vicinity, following straight lines radiating from its center—unless there are particular causes that introduce some variation into this pattern. I can certainly conceive of two or three such causes, but I have yet to conduct any experiments that would confirm whether their effects are actually observable.
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And the third element, which is light—how it affects various parts of the air.
As for light, which is the third element we need to consider here, I believe I have already explained its nature sufficiently above; it remains only to note that, although all its rays originate in the same way from the sun and merely act by pressing straight upon the bodies they encounter, they nevertheless cause various movements within those parts of the third element from which the highest regions of the earth are composed. This is because these parts are also influenced by other causes and therefore do not always present themselves to the rays of light in the same manner. For example, if AB is one of these parts of the third element, resting against another part marked C, and having several other parts above it, such as DEF, it is easy to understand that the rays of the sun coming from GG will now be less obstructed by the interposition of these other parts in pressing upon the end of AB marked A, than they would be in pressing upon the end marked B, resulting in the former being pushed downward more significantly. Moreover, as these parts DEF change their position due to the influence of the celestial matter surrounding them, they will eventually obstruct the rays of the sun less in pressing upon B than upon A; this will cause the terrestrial part AB to move in a completely opposite direction to before. The same principle applies to all other such parts, which is why they are constantly subjected to various movements caused by the light of the sun.
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Explanation of the fourth element, which is heat; and why it persists even after the light that produced it has ceased to exist.
Or it is such an agitation of the tiny parts within terrestrial bodies that we call it “heat”—whether it is induced by the sunlight or some other cause—and chiefly when this agitation exceeds what is usual, when it is strong enough to affect the nerves in our hands and be perceived accordingly; for the term “heat” relates to the sense of touch. Here one can also understand why heat generated by light remains within terrestrial bodies even after the light itself is gone, until some other factor removes it: for heat merely consists in the movement of these tiny particles within the bodies, and once this movement is initiated, it must remain there (according to the laws of nature) until it can be transferred to other objects.
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How it penetrates into bodies that are not transparent.
It must also be noted that those terrestrial regions which are thus agitated by the light of the sun affect other regions beneath them, and these in turn affect yet other regions further below, and so on; consequently, although the rays of the sun do not extend beyond the outermost surfaces of those opaque or dark terrestrial bodies, nevertheless, since half of the earth is always being heated by the sun at the same time, its heat manages to reach even the lowest portions of that third element which constitutes its middle region.
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Why does it have the habit of expanding the bodies within which it resides, and why does it also condense some of them?
E, affinché non ci sfuggisse nulla, è necessario fare attenzione al fatto che, con il termine “materia celeste” o “sottile”, non intendo soltanto quella appartenente al secondo elemento, ma anche quella parte del primo elemento che si trova mescolata tra le sue componenti; inoltre, bisogna comprendere in qualche modo anche quelle parti del terzo elemento che vengono trasportate dal flusso di questa materia celeste più rapidamente di tutta la massa terrestre, e tutte quelle che compongono l’aria rientrano in questo numero. È altresì necessario considerare che quella parte del primo elemento, intesa come “materia sottile”, ha una maggiore capacità di allontanarsi dal centro della terra rispetto a una quantità equivalente del secondo elemento, poiché si muove più velocemente; per la stessa ragione, il secondo elemento possiede una forza maggiore rispetto a una quantità analoga delle parti del terzo elemento che compongono l’aria, e queste ultime vengono trasportate insieme al secondo elemento stesso. Questo spiega perché la sola forza di gravità non sia sufficiente per determinare con precisione quanta materia terrestre si trovi in ogni corpo. È possibile che, ad esempio, una massa d’oro sia venti volte più pesante di una quantità d’acqua della stessa dimensione, ma che tuttavia non contenga venti volte più materia; probabilmente ne contiene soltanto quattro o cinque volte in più, poiché è necessario sottrarre dalla massa dell’acqua la quantità di aria presente al suo interno, e inoltre perché le parti terrestri presenti nell’acqua, e in generale in tutte le sostanze liquide, possiedono un movimento che, combinandosi con quello della materia sottile, impedisce loro di essere così pesanti quanto le parti dei corpi solidi.
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Perché i corpi pesanti non agiscono quando si trovano soltanto tra loro, tra corpi simili?
È anche necessario ricordare che tutti i movimenti sono circolari, nel senso appena spiegato; da ciò deriva che un corpo non può essere spinto verso il basso dalla forza della sua gravità se, nello stesso istante, un altro corpo che occupa lo stesso spazio ma è meno pesante non viene spinto verso l’alto: questo perché le parti più alte dell’acqua, o di un’altra liquido contenuto in un vaso, per quanto grande e profondo possa essere, non esercitano alcuna pressione sulle parti più basse; inoltre, ogni punto del fondo di tale vaso viene soltanto compresso da quella quantità di liquido che vi si trova direttamente sopra. Ad esempio, nella vasca ABC, la goccia d’acqua contrassegnata con il numero 1 non viene spinta dalle altre gocce 2, 3, 4 situate al di sopra; inoltre, se queste ultime scendessero, altre gocce come le 5, 6, 7 salirebbero al loro posto, e poiché queste nuove gocce hanno lo stesso peso delle precedenti, esse le bilanciano e impediscono che si spingano a vicenda. Inoltre, tutte le gocce disposte lungo la linea retta 1, 2, 3, 4 esercitano una pressione sulla parte inferiore della vasca contrassegnata con il numero B; se questa parte iniziasse a scendere, tutte quelle gocce potrebbero anch’esse scendere contemporaneamente, facendo salire al loro posto le parti d’aria 8, 9 o simili presenti all’esterno della vasca, che sono più leggere. Tuttavia, la parte B viene compressa soltanto dall’acqua contenuta nel piccolo cilindro contrassegnato con i numeri 1, 2, 3, 4; in caso di movimento verso il basso di questa parte, solo quella quantità d’acqua potrebbe seguirla immediatamente. La comprensione di questi principi può aiutare a spiegare molte particolarità legate agli effetti della gravità, che possono sembrare davvero sorprendenti a chi non ne conosce le vere cause.
27
Perché si dirigono verso il centro della terra.
Del resto, è da notare che, sebbene le varie parti del cielo si muovano in modi diversi contemporaneamente, esse si coordinano comunque per oscillare e contrastarsi a vicenda, estendendo così la loro azione in tutte le direzioni possibili. Inoltre, sebbene la massa terrestre, per la sua durezza, ostacoli i loro movimenti, tutte queste parti tendono ugualmente ad allontanarsi da essa in ogni direzione, seguendo le linee rette che partono dal suo centro, a meno che non esistano cause particolari che introducano qualche variazione in questo processo. Posso certamente immaginare due o tre di queste cause, ma finora non ho ancora condotto alcuna sperimentazione che mi permetta di verificare se i loro effetti siano effettivamente percepibili.
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E la terza azione, che è la luce: in che modo essa influisce sulle parti dell’aria.
Per quanto riguarda la luce, che rappresenta la terza forza da considerare in questo contesto, penso di aver già spiegato a sufficienza la sua natura; rimane soltanto da osservare che, sebbene tutti i suoi raggi provengano allo stesso modo dal sole e non facciano altro che esercitare una pressione diretta sui corpi che incontrano lungo il loro percorso, essi causano comunque movimenti diversi nelle parti del cosiddetto “terzo elemento” di cui è composta la regione più alta della Terra. Questo avviene perché tali parti sono influenzate anche da altre cause e non si trovano sempre nella stessa posizione rispetto ai raggi solari. Ad esempio, se AB rappresenta una di queste parti del terzo elemento, posta sopra un’altra parte contrassegnata con la lettera C e sovrastata da altre parti come DEF, è facile comprendere che i raggi solari provenienti da GG incontreranno meno ostacoli nell’esercitare una pressione sulla parte contrassegnata con la lettera A rispetto a quella contrassegnata con la lettera B; di conseguenza, questa ultima sarà spinta a muoversi maggiormente verso il basso. Inoltre, poiché queste parti come DEF cambiano continuamente posizione a causa dell’influenza della materia celeste che le circonda, avverrà che essi ostacoleranno meno i raggi solari nell’esercitare una pressione su B rispetto ad A; ciò determinerà quindi un movimento opposto di questa parte terrestre AB rispetto a quello precedente. Lo stesso vale per tutte le altre parti, il che significa che esse vengono costantemente messe in movimento dalla luce solare.
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Spiegazione della quarta forza naturale, ovvero il calore; e perché esso persiste anche dopo che la luce che lo ha generato è scomparsa.
Ora, tale agitazione delle piccole parti dei corpi terrestri viene definita “calore” – sia che sia stata provocata dalla luce del sole, sia da qualche altra causa – soprattutto quando è più intensa del solito e riesce a stimolare in modo significativo i nervi delle nostre mani, tanto da essere percepita; infatti, il termine “calore” si riferisce proprio alla sensazione che derivante dal contatto con tali corpi. Si può notare anche il motivo per cui il calore prodotto dalla luce rimane nei corpi terrestri anche dopo la scomparsa di quella luce, fino a quando qualche altra causa non lo elimina: esso, infatti, consiste semplicemente nel movimento delle piccole parti di questi corpi, e poiché tale movimento viene una volta stimolato in loro, deve necessariamente rimanervi (secondo le leggi della natura) fino a quando non possa essere trasferito ad altri corpi.
30
Come riesce ad penetrare nei corpi che non sono trasparenti.
Si deve inoltre notare che le parti terrestri che vengono così agitate dalla luce del sole ne influenzano altre che si trovano al di sotto di loro, e queste a loro volta ne influenzano ancora altre più in basso, e così via; in modo tale che, sebbene i raggi solari non riescano ad arrivare oltre la prima superficie dei corpi terrestri opachi o oscuri, tuttavia, poiché sempre metà della Terra viene contemporaneamente riscaldata dal sole, il suo calore raggiunge anche le parti più basse del terzo elemento che compone la sua seconda o media regione.
31
Perché ha l’abitudine di dilatare i corpi in cui si trova, e perché allo stesso tempo condensa alcuni di essi.
Enfin, on doit remarquer que cette agitation des petites parties des corps terrestres est ordinairement cause qu’elles occupent plus d’espace lorsqu’elles sont en repos, ou bien qu’elles sont moins agitées : dont la raison est qu’ayant des figures irrégulières, elles peuvent être mieux agencées l’une contre l’autre lorsqu’elles retiennent toujours-une même situation, que lorsque leur mouvement la fait changer ; et de là vient que la chaleur raréfie presque tous les corps terrestres, les uns toutefois plus que les autres, selon la diversité des figures et des arrangements de leurs parties ; en sorte qu’il y en a aussi quelques-uns qu’elle condense, parce que leurs parties s’arrangent mieux et s’approchent davantage l’une de l’autre étant agitées que ne l’étant pas, ainsi qu’il a été dit de la glace et de la neige dans les Météores.
32
Comment la troisième région de la terre a commencé à se diviser en deux divers corps.
Après avoir remarqué les diverses actions qui peuvent causer quelques changements en l’ordre des petites parties de la terre, si nous considérons derechef cette terre comme étant tout nouvellement descendue vers le soleil, et ayant sa plus haute région composée des parties du troisième élément, qui sont entassées l’une sur l’autre, sans être fort étroitement liées ou jointes ensemble, en sorte qu’il y a parmi elles beaucoup de petits espaces qui sont remplis de parties du second élément, un peu plus petites que celles qui composent, non seulement les endroits du ciel par où elle passe en descendant, mais aussi celui où elle s’arrête autour du soleil, il nous sera aisé de juger que ces petites parties du second élément doivent quitter leurs places à ces plus grosses, et que celles-ci, entrant avec impétuosité en des places qui sont un peu trop étroites pour les recevoir, poussent les parties terrestres qu’elles rencontrent en leur chemin, les faisant par ce moyen descendre au-dessous des autres ; et que ce sont principale, ment les plus grosses qu’elles font ainsi descendre, parce que la pesanteur de ces plus grosses leur aide à cet effet, et que ce sont celles qui empêchent le plus leurs mouvements ; et d’autant que ces parties terrestres ainsi poussées au-dessous des autres ont des figures fort irrégulières et diverses, elles se pressent, s’accrochent et se joignent bien plus étroitement que celles qui demeurent plus haut, ce qui est cause qu’elles interrompent aussi le cours de la matière du ciel qui les pousse. Et ainsi la plus haute région de la terre ayant été auparavant comme elle est représentée vers A, est par après divisée en deux corps fort différents, tels que sont B et C, dont le plus haut B est rare, liquide et transparent, et l’autre, à savoir C, est à comparaison de lui fort solide, dur et opaque.
33
Qu’il y a trois divers genres de parties terrestres.
On pourra facilement aussi juger qu’il s’est dû encore former un troisième corps entre B et C, pourvu qu’on considère que, bien que les parties du troisième élément qui composent cette plus haute région de la terre aient une infinité de figures fort irrégulières et diverses, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, elles se réduisent toutefois à trois genres principaux, dont le premier comprend toutes celles qui ont des figures fort empêchantes, et dont les extrémités s’étendent diversement çà et là, ainsi que des branches d’arbres, ou choses semblables, et ce sont principalement les plus grosses de ceux qui appartiennent à ce genre, qui, ayant été poussées en bas par l’action de la matière du ciel, se sont accrochées les unes aux autres et ont composé le corps C. Le second genre contient toutes celles qui ont quelque figure qui les rend plus massives et solides que les précédentes ; et il n’est pas besoin pour cela qu’elles soient parfaitement rondes ou carrées, mais elles peuvent avoir toutes les diverses figures qu’ont des pierres qui n’ont jamais été taillées, et les plus grosses de ce genre ont dû se joindre au corps C, à cause de la pesanteur, mais les plus petites sont demeurées vers B entre les intervalles de celles du premier genre. Le troisième est de celles qui étant longues et menues, ainsi que des joncs ou des bâtons, ne sont point embarrassantes comme les premières, ni massives comme les secondes, et elles se mêlent aussi bien que ces secondes dans les corps B et C ; mais, parce qu’elles ne s’y attachent point, elles en peuvent aisément être tirées.
34
Comment il s’est formé un troisième corps entre les deux précédents.
Ensuite de quoi il est raisonnable de croire que, lorsque les parties du premier genre dont le corps C est composé ont commencé à se joindre, plusieurs de celles du troisième ont été mêlées parmi elles ; mais que, lorsque l’action de la matière du ciel les a par après davantage pressées, ces parties du troisième genre sont sorties du corps C, et se sont assemblées au-dessus vers D, où elles ont composé un corps fort différent des deux précédents B et C, en même façon que, lorsqu’on marche sur la terre d’un marais, la seule force dont on la presse avec les pieds suffit pour faire qu’il sorte de l’eau de ses pores, et que toutes les parties de cette eau s’assemblent en un corps qui couvre sa superficie. Il est aussi fort raisonnable de croire que, pendant que ces parties du troisième genre sont montées de C vers D, il en est descendu d’autres de B, tant de ce même genre que du second, lesquelles ont augmenté ces deux corps C et D.
35
Que ce corps ne s’est composé que d’un seul genre de parties.
Or, encore qu’il y ait eu au commencement plusieurs parties du second genre, aussi bien que de celles du troisième, mêlées avec celles du premier, qui composaient le corps C, il est toutefois à remarquer que ces parties du second genre n’ont pu sortir si facilement de ce corps (lorsqu’il a été davantage pressé) que celles du troisième ; ou bien, si quelques-unes en sont sorties, qu’elles y sont rentrées par après plus facilement : dont la raison est que celles du troisième genre ayant plus de superficie, à raison de la quantité de leur matière, ont été plus aisément chassées hors de ce corps C par la matière du ciel qui coule en ses pores ; et à cause qu’elles sont longues, elles se sont couchées de travers sur sa superficie, après être sorties de ses pores, de façon qu’elles n’ont pu y rentrer comme ont fait celles du second.
36
Que toutes les parties de x ce genre se sont réduites à deux espèces.
Ainsi plusieurs parties du troisième genre se sont assemblées vers D, et bien qu’elles n’aient peut-être pas été d’abord toutes égales, ni entièrement semblables, elles ont toutefois en cela de commun, qu’elles n’ont pu s’attacher les unes aux autres, ni à aucuns autres corps, et qu’elles ont suivi le cours de la matière du ciel qui coulait autour d’elles ; car c’est cela qui a été cause qu’elles se sont assemblées vers D. Et parce que la matière du ciel qui est là parmi elles n’a cessé de les agiter, et de faire qu’elles s’entre-suivent et succèdent à la place l’une de l’autre, elles ont dû, par succession de temps, devenir fort unies et glissantes, et à peu près d’égale grosseur, afin de pouvoir remplir les mêmes places ; en sorte qu’elles se sont toutes réduites à deux espèces, à savoir celles qui étaient au commencement les plus grosses sont demeurées toutes droites sans se plier, et les autres qui étaient assez petites pour être pliées par l’agitation de la matière du ciel se sont entortillées autour de ces plus grosses, et se sont mues conjointement avec elles. Or ces deux espèces de parties, dont les unes sont pliantes et les autres ne le sont pas, ont pu continuer plus aisément à se mouvoir, étant ainsi mêlée ? ensemble, qu’elles n’auraient pu faire étant séparées ; ce qui est cause qu’elles ne se sont point réduites à une seule espèce. Et bien qu’au commencement il y en ait eu de plus et de moins flexibles ou inflexibles par degrés, toutefois, parce que celles qui ont pu d’abord être pliées par l’action de la matière du ciel ont toujours continué par après à être pliées et repliées en diverses façons par cette même action, elles sont toutes devenues fort flexibles, ainsi que des petites anguilles ou des bouts de cordes, qui sont si courts qu’ils ne se nouent point les uns aux autres. Et, au contraire, celles qui n’ont point été pliées d’abord ne l’ont pu être aussi par après ; ce qui fait qu’elles sont toutes fort roides et inflexibles.
37
Comment le corps marqué C s’est divisé en plusieurs autres.
Finally, it must be noted that this agitation of the smaller parts of terrestrial bodies is usually caused by their occupying more space when at rest, or by being less agitated. The reason for this is that, since these parts have irregular shapes, they can be more efficiently arranged against each other when they remain in the same position, rather than when their motion causes them to change position. Hence, heat tends to rarefy almost all terrestrial bodies—though to varying degrees, depending on the shape and arrangement of their parts. In some cases, however, heat actually condenses these bodies, because their parts become more efficiently arranged and come closer together when in motion, as has been observed with ice and snow in the Meteorological Treatises.
32
How the third region of the earth began to divide into two distinct entities.
After observing the various processes that can cause certain changes in the arrangement of the earth’s various components, if we consider the earth itself as having recently descended toward the sun, and assume that its highest regions are composed of parts of the third element—parts that are stacked upon each other without being tightly bound or connected—such that there are numerous small spaces filled with parts of the second element, which are somewhat smaller than those that constitute not only the portions of the sky through which the earth passes as it descends but also the area where it stops around the sun—we can easily conclude that these smaller parts of the second element must give way to the larger ones. As these larger elements rush into places that are somewhat too narrow to accommodate them, they push the terrestrial components they encounter along the way, causing them to descend below the others. Moreover, it is precisely these larger elements that cause this downward movement, since their greater weight facilitates this process and they are those that most hinder their motion. Furthermore, since these pushed-down terrestrial components assume highly irregular and varied shapes, they compress, cling, and join together much more tightly than those that remain higher up, which in turn disrupts the flow of the celestial matter that pushes them. As a result, the earth’s highest regions—which were initially arranged as depicted near point A—later divide into two distinctly different entities: B and C. The higher of these two, B, is rarefied, liquid, and transparent; whereas C, in contrast, is much denser, solid, and opaque.
33
There are three different types of terrestrial lands.
It is also easy to conclude that a third body must have been formed between B and C, provided we consider that, although the various parts of this third element that constitute the higher regions of the earth possess countless highly irregular and diverse shapes—as mentioned above—they can still be categorized into three main types. The first type includes those forms whose structure is so obstructive that their extremities extend in various directions, resembling tree branches or similar structures; primarily the larger ones among these have been pulled downward by the forces of celestial matter, clinging to one another and thus forming body C. The second type comprises those forms that are more massive and solid than the first; it is not necessary for them to be perfectly round or square—they can possess all sorts of shapes, just like uncut stones. The larger ones among this type must have joined body C due to gravity, while the smaller ones remained between B and C, interspersed among those of the first type. The third type consists of those long and slender forms, resembling reeds or sticks—they are neither as obstructive as the first nor as massive as the second; they can blend easily into bodies B and C, yet since they do not adhere firmly to them, they can be readily removed.
34
How a third body came into being between the two preceding ones.
It is therefore reasonable to believe that when those parts of the first category whose composition includes body C began to merge together, several parts from the third category became mixed among them; but when the action of the celestial matter subsequently pressed them more intensely, these parts from the third category emerged from body C and gathered above, towards D, where they formed a body quite different from the previous two, B and C. Just as when one walks on marshy ground, the force exerted by the feet alone is enough to cause the water within its pores to emerge, and all that water to gather into a single mass covering the surface of the ground. It is also entirely reasonable to believe that while these parts from the third category were rising from C towards D, other parts descended from B—both from the same category and from the second category—as well, which increased in number and size, thus expanding both bodies C and D.
35
That this body is composed of only one type of parts.
Or, although at first there were several parts of the second and third types mixed with those of the first type, which together formed the body C, it is nonetheless noteworthy that these parts of the second type could not be separated from this body so easily (when the body was subjected to greater pressure) as those of the third type; or, if some of them did manage to separate, they were able to re-enter more readily afterward. The reason for this is that the parts of the third type, having a larger surface area due to their greater amount of material, were more easily expelled from body C by the celestial matter that flowed through its pores; and because they were elongated in shape, they lay across the surface of body C after emerging from its pores, preventing them from re-entering in the same manner as those of the second type.
36
That all such parts of x have been reduced to two species.
Thus, various parts of the third kind gathered around D. Although they may not have been initially equal or entirely similar, they shared one thing in common: they were unable to attach themselves to each other or to any other bodies, and they followed the course of the celestial matter that flowed around them. It was this very process that caused them to gather around D. Moreover, since the celestial matter surrounding them continually agitated them, causing them to interpenetrate and succeed one another in position, over time they became highly unified and smooth in texture, and approximately of equal size, so as to be able to occupy the same positions. As a result, they all reduced themselves to two distinct types: those that were initially the largest remained straight and unyielding, while those that were small enough to be bent by the agitation of the celestial matter twisted around the larger ones and moved together with them. These two types of parts—some flexible and some not—were able to move more easily because they were mixed together; otherwise, they would not have been able to do so when separated. For this reason, they did not merge into a single type. Although initially there were differences in their flexibility or rigidity, those that could be bent at first continued to bend and unfold in various ways under the influence of the celestial matter, and as a result all became highly flexible—just like small snakes or pieces of rope so short that they cannot tie themselves together. On the other hand, those that could not be bent at first were never able to do so later on; therefore, they remained completely rigid and inflexible.
37
How the body marked with the letter ‘C’ divided into several other parts.
Infine, si deve notare che questa agitazione delle piccole parti dei corpi terrestri è solitamente causata dal fatto che esse occupano più spazio quando sono in riposo, o perché sono meno agitate: il motivo di ciò risiede nel fatto che, avendo forme irregolari, possono essere meglio disposte le une rispetto alle altre quando mantengono sempre la stessa posizione, piuttosto che quando il loro movimento le fa cambiare; da qui deriva il fatto che il calore rarefà quasi tutti i corpi terrestri, sebbene alcuni di più rispetto ad altri, a seconda della diversità delle loro forme e dell’organizzazione delle loro parti; esistono infatti anche alcuni corpi che il calore condensa, perché le loro parti si dispongono meglio e si avvicinano di più l’una all’altra quando sono in movimento, come è stato detto per il ghiaccio e la neve nei “Meteori”.
32
Come la terza regione della terra iniziò a dividersi in due corpi diversi.
Dopo aver notato le varie azioni che possono causare alcuni cambiamenti nell’ordine delle piccole parti della terra, se consideriamo questa terra come appena discesa verso il sole, e vediamo che la sua regione più alta è composta da parti dell’elemento terzo, sovrapposte l’una sull’altra senza essere strettamente legate o unite tra loro, tanto che esistono molti piccoli spazi riempiti da parti dell’elemento secondo, un po’ più piccole di quelle che compongono non solo le zone del cielo attraverso cui la terra discende, ma anche quella in cui si ferma attorno al sole, sarà facile dedurre che queste piccole parti dell’elemento secondo debbano lasciare il loro posto a quelle più grandi; e che queste ultime, entrando con impeto in spazi un po’ troppo ristretti per accoglierle, spingano le parti terrestri che incontrano sul loro cammino, facendole così scendere al di sotto delle altre. Sono soprattutto le parti più grandi a compiere questo movimento, poiché il loro peso le aiuta in questo processo e sono proprio queste ad ostacolare maggiormente i loro movimenti; inoltre, poiché queste parti terrestri spinte al di sotto delle altre hanno forme molto irregolari e diverse, si comprimono, si attaccano e si uniscono ancora più strettamente rispetto a quelle che rimangono più in alto, il che provoca l’interruzione del flusso della materia celeste che le spinge. E così, la regione più alta della terra, che inizialmente era come rappresentata verso il punto A, viene successivamente divisa in due corpi molto diversi: B e C; di questi, il più alto, B, è raro, liquido e trasparente, mentre l’altro, C, rispetto a lui, è molto solido, duro e opaco.
33
Esistono tre diversi tipi di terre emerse.
Si può facilmente dedurre che sia dovuto formarsi anche un terzo corpo tra B e C, purché si consideri che, sebbene le parti del terzo elemento che compongono questa regione più elevata della terra presentino un’infinità di forme molto irregolari e varie, come già detto in precedenza, esse si riducono comunque a tre generi principali. Il primo genere comprende tutte quelle forme che rendono tali elementi particolarmente massicci e solidi; non è necessario che queste forme siano perfettamente rotonde o quadrate: possono assumere qualsiasi forma, come quelle delle pietre mai tagliate. I membri più grandi di questo genere si sono sicuramente uniti al corpo C a causa della loro pesantezza; i più piccoli, invece, sono rimasti tra B e C, negli spazi lasciati dai membri del primo genere. Il secondo genere comprende tutte quelle forme che conferiscono agli elementi una maggiore solidità rispetto al primo genere; non è necessario che queste forme siano regolari: possono assumere qualsiasi forma, come quella delle pietre grezze. Anche i membri più grandi di questo genere si sono uniti al corpo C a causa della loro pesantezza, mentre i più piccoli sono rimasti tra B e C. Il terzo genere comprende quelle forme lunghe e sottili, simili a canne o bastoni: queste non presentano gli svantaggi del primo genere né la solidità del secondo; si mescolano facilmente con i membri dei primi due generi nei corpi B e C, ma poiché non vi si attaccano saldamente, possono essere facilmente estratte.
34
Come si è formato un terzo corpo tra i due precedenti.
È quindi del tutto ragionevole credere che, quando le parti di primo genere le cui componenti costituiscono il corpo C hanno iniziato a unirsi tra loro, molte di quelle di terzo genere si siano mescolate al loro interno; ma che, quando l’azione della materia celeste abbia successivamente spinto queste parti con maggiore forza, esse siano uscite dal corpo C e si siano raccolte sopra, verso il punto D, dove hanno formato un corpo molto diverso dai due precedenti, B e C. Allo stesso modo, quando si cammina su terreni paludosi, la sola pressione esercitata dai piedi è sufficiente perché l’acqua presente nei pori del terreno fuoriesca e tutte le sue parti si uniscano in un corpo che ricopre la superficie stessa. È altrettanto ragionevole credere che, mentre queste parti di terzo genere salivano da C verso D, altre parti di secondo genere, sia dello stesso tipo che di altro genere, scendessero da B, aumentando così le dimensioni di entrambi i corpi, C e D.
35
Che questo corpo sia composto soltanto da un unico tipo di parti.
Ora, anche se all’inizio vi erano diverse parti del secondo genere, così come quelle del terzo genere, mescolate con quelle del primo genere che componevano il corpo C, è tuttavia da notare che queste parti del secondo genere non sono potute uscire così facilmente da quel corpo (quando esso è stato compresso ulteriormente) quanto quelle del terzo genere; oppure, se alcune di esse ne sono uscite, è perché in seguito sono rientrate ancora più facilmente. La ragione di ciò è che le parti del terzo genere, avendo una superficie maggiore a causa della quantità della loro materia, sono state più facilmente espulse da quel corpo C dalla materia celeste che scorre attraverso i suoi pori; inoltre, essendo lunghe, si sono stese orizzontalmente sulla sua superficie dopo essere uscite dai suoi pori, per cui non sono potute rientrarvi nello stesso modo delle parti del secondo genere.
36
Che tutte le parti di questo genere siano ridotte a due specie.
Pertanto, diverse parti di questo terzo genere si sono raccolte attorno al punto D; e sebbene all’inizio potessero non essere tutte uguali né del tutto simili tra loro, avevano comunque qualcosa in comune: non erano in grado di attaccarsi l’una all’altra, né a nessun altro corpo, e seguivano il corso della materia celeste che scorreva intorno a loro; è proprio questo che le ha portate a riunirsi attorno al punto D. Poiché la materia celeste presente tra di loro non smetteva di agitarle, facendole sì che si sovrapponessero e si sostituissero l’una con l’altra, col passare del tempo sono diventate molto unite e lisce, e pressoché della stessa dimensione, in modo da poter occupare le stesse posizioni; di conseguenza, si sono ridotte a due tipi: quelle che all’inizio erano più grandi sono rimaste dritte senza piegarsi, mentre quelle abbastanza piccole da potersi piegare a causa dell’azione della materia celeste si sono avvolte attorno alle prime e si sono mosse insieme a loro. Questi due tipi di parti, una flessibile e l’altra no, hanno potuto muoversi più facilmente essendo mescolate insieme, cosa che non sarebbe stato possibile se fossero state separate; ed è per questo che non si sono ridotte a un solo tipo. Anche se all’inizio alcune erano più flessibili e altre meno, tuttavia, poiché quelle che potevano piegarsi fin dall’inizio hanno continuato a farlo nel corso del tempo, sono diventate tutte molto flessibili, proprio come piccole anguille o pezzi di corda così corti da non riuscire a intrecciarsi tra loro. Al contrario, quelle che all’inizio non erano piegabili non lo sono mai diventate in seguito; per questo motivo sono rimaste tutte molto rigide e inflessibili.
37
In che modo il corpo contrassegnato dal simbolo “C” si è diviso in diversi altri corpi.
Et il faut ici remarquer que le corps D a commencé à être séparé des deux autres B et C avant qu’ils fussent entièrement formés, c’est-à-dire avant que C fut devenu si dur que la matière du ciel ne pût serrer davantage ses parties, ni les faire descendre plus bas ; et aussi avant que les parties du corps B fussent toutes réduites à tel ordre que cette matière du ciel pût librement passer de tous côtés parmi elles en lignes droites. De façon qu’il y a eu encore plusieurs parties de ce corps B qu’elle a fait descendre, quelques-unes desquelles ont été plus solides que celles qui composent le corps D, et les autres l’ont été moins. Or, pour celles qui l’ont été davantage, elles ont facilement passé au travers de ce corps D, parce qu’il est liquide ; et, descendant jusqu’à C, quelques-unes sont entrées dans ses pores, et les autres, dont la grosseur ou la figure ne l’a pas permis, sont demeurées sur sa superficie ; et ainsi le corps C a été divisé en plusieurs diverses régions, selon les diverses espèces de parties qui l’ont composé, et leurs divers arrangements ; en sorte qu’il y a même peut-être quelques-unes de ces régions où il est entièrement fluide, à cause qu’il ne s’y est assemblé que des parties de telles figures, qu’elles ne se peuvent attacher les unes aux autres. Mais il est impossible d’expliquer tout.
38
Comment il s’est formé un quatrième corps au-dessus du troisième.
Quant aux parties du troisième élément qui ont été poussées hors du corps B par l’action de la matière du ciel, et qui étaient moins solides que celles du corps D, elles ont dû demeurer au-dessus de sa superficie ; et d’autant que plusieurs avaient des figures irrégulières, ainsi que sont celles des branches d’arbres, ou semblables, elles se sont peu à peu entrelacées et attachées les unes aux autres, en sorte qu’elles ont composé le corps E, qui est dur et fort différent des deux liquides B et D, entre lesquels il est. Et bien que ce corps E n’ait eu au commencement que fort peu d’épaisseur, et qu’il n’ait été que comme une petite peau ou écorce qui couvrait la superficie du corps D, il a dû devenir peu à peu plus épais, à cause qu’il y a eu beaucoup de parties qui se sont jointes à lui, tant de celles qui sont descendues du corps B, que de celles qui sont montées de D, en la façon que je dirai aux deux articles suivants. Et parce que les actions de la lumière et de la chaleur ont contribué à faire monter et descendre ces parties du troisième élément qui se sont jointes au corps E, celles qui s’y sont jointes en chaque lieu durant l’été ou durant le jour ont été autrement disposées que celles qui s’y sont jointes l’hiver ou la nuit ; ce qui a mis quelque distinction entre les parties de ce corps, en sorte qu’il est maintenant composé de plusieurs couches de matière qui sont comme autant de petites peaux étendues l’une sur l’autre.
39
Comment ce quatrième corps s’est accru, et le troisième s’est purifié.
Or il n’a pas été besoin de beaucoup de temps pour diviser la plus haute région de la terre en deux corps tels que B et C, ni pour assembler vers D les parties du troisième, ni même pour commencer vers E la première couche du quatrième : mais ce ne peut avoir été qu’en plusieurs années que toutes les parties du corps D se sont réduites aux deux espèces tantôt décrites, et que toutes les couches du corps E se sont achevées, parce qu’au commencement il n’y a eu aucune raison qui ait empêché que les parties du troisième élément qui s’assemblaient vers D ne fussent quelque peu plus longues ou plus grosses les unes que les autres ; et même elles ont pu avoir diverses figures en leur longueur, et être plus grosses par un bout que par l’autre, et enfin avoir des superficies qui n’étaient pas tout à fait glissantes et polies, mais quelque peu rudes et inégales, pourvu qu’elles ne l’aient point tant été que cela les ait empêchées de se séparer des corps C ou E ; mais parce qu’elles n’étaient pas jointes l’une à l’autre, et que la matière du ciel qui coulait autour d’elles ne cessait de les agiter, elles ont dû, en s’entre-suivant, et passant toutes par les mêmes chemins, devenir fort glissantes et unies, et se réduire aux deux espèces de figures que j’ai décrites : ou bien celles qui n’ont pu s’y réduire ont dû sortir de ce corps D ; et si elles ont été plus solides que celles qui y demeuraient, elles sont descendues vers C ; mais celles qui l’ont été moins sont montées en haut, dont la plupart se sont arrêtées entre B et D, où elles ont servi de matière pour augmenter le corps E.
40
Comment l’épaisseur de ce troisième corps s’est diminuée, en sorte qu’il est demeuré de l’espace entre lui et le quatrième corps, lequel espace s’est rempli de la matière du premier.
Car, pendant le jour et l’été, la lumière et la chaleur du soleil, qui agissaient conjointement contre toute une moitié du corps D, augmentaient tellement l’agitation des petites parties de cette moitié qu’elles ne pouvaient être contenues en si peu d’espace qu’auparavant ; de façon que, se trouvant enfermées entre les deux corps durs C et E, plusieurs étaient contraintes de passer par les pores du corps E pour monter vers B, lesquelles par après, pendant l’hiver, descendaient derechef vers D, par le moyen de leur pesanteur, à cause que leur agitation était moindre. Mais plusieurs causes pouvaient les empêcher de retourner jusqu’à ce corps D, et faire que la plupart se joignissent au corps E : car la lumière et la chaleur, en les agitant lorsqu’elles étaient enfermées entre B et C, les incitaient bien plus à monter, que par après leur pesanteur ne les incitait à descendre ; et ainsi plusieurs se faisaient des passages au travers du corps E lorsqu’elles montaient, qui, n’y en rencontrant point en descendant, s’arrêtaient sur sa superficie, où elles servaient de matière pour l’augmenter ; et même quelques-unes se trouvaient tellement engagées en ses pores que, ne pouvant monter plus avant, elles fermaient le chemin à celles qui descendaient. Et, enfin, c’était presque toujours les plus petites, et même celles qui avaient des figures plus différentes du commun des autres, qui, pouvant être chassées du corps D par la plus ordinaire action de la matière subtile, se présentaient les premières pour monter vers E et vers B, où rencontrant les parties de ces corps elles s’attachaient quelquefois à elles, mais le plus souvent elles se divisaient et changeaient de figure, et ainsi cessaient d’être propres à composer le corps D. Ce qui est cause qu’après plusieurs années il y a eu beaucoup moins de matière en ce corps D qu’il n’y en avait lorsque le corps E a commencé se former, et qu’il n’est demeuré en lui que celles de ses parties qui ont pu se réduire aux deux espèces que j’ai décrites ; et aussi que le corps E a été assez épais et serré, d’autant que la plupart des parties qui sont sorties de D se sont arrêtées en ses pores, et ainsi l’ont rendu plus serré, ou bien, changeant de figures, et se joignant à quelques-unes de celles du corps B, sont retombées sur sa superficie, et ainsi l’ont rendu plus épais.
Et, enfin, cela est cause qu’il est demeuré entre D et E un espace assez grand, tel qu’est F, qui n’a pu être rempli que de la matière qui compose le corps B, en laquelle il y a eu des parties fort déliées qui ont pu aisément passer par les pores du, corps E, pour entrer en la place de celles qui sont sorties du corps D.
41
Comment il s’est fait plusieurs fentes dans le quatrième corps.
It must be noted here that the body D began to separate from the other two bodies, B and C, before they were fully formed—that is, before C had become so solid that the celestial matter could no longer compress its parts or cause them to descend further; and also before all the parts of body B had been arranged in such a way that the celestial matter could freely pass through them in straight lines. As a result, there were still several parts of body B that were caused to descend; some of these parts became even more solid than those that make up body D, while others remained less so. Those that became more solid easily passed through body D because it was liquid; and as they descended to reach C, some entered its pores, while others, whose size or shape did not allow them to do so, remained on its surface. Thus, body C was divided into several different regions, depending on the various types of parts that composed it and their arrangement; in fact, there may even be some regions where it is entirely fluid, because only parts of such a nature were able to come together there. However, it is impossible to explain everything.
38
How a fourth body came into being above the third one.
As for those parts of the third element that were forced out of body B by the action of the celestial matter, and which were less solid than those of body D, they had to remain above its surface. Moreover, since many of these parts had irregular shapes—such as the branches of trees, or something similar—they gradually intertwined and attached themselves to one another, thus forming body E, which is hard and quite different from the two liquids B and D between which it lies. Although this body E initially had very little thickness and was merely like a thin skin or crust covering the surface of body D, it gradually became thicker as many more parts joined to it—both those that descended from body B and those that rose from body D, in the manner I will explain in the following two sections. Furthermore, since the effects of light and heat helped to cause these parts of the third element to move up and down and thus join with body E, those parts that joined during the summer or daytime were arranged differently from those that joined during the winter or night. This led to certain distinctions within the various layers of this body, so that it is now composed of multiple layers of material, much like successive layers of skin lying one atop another.
39
How this fourth body came into being, and how the third one was purified.
Or it did not take much time to divide the highest region of the earth into two parts such as B and C, nor to assemble the various components of the third part towards D, nor even to begin forming the first layer of the fourth part at E. However, it must have taken several years for all the parts of body D to transform into the two types described earlier, and for all the layers of body E to be fully formed. At the beginning, there was no reason that would prevent the components of the third element from being somewhat longer or thicker than others; in fact, they could even have various shapes in length, be thicker at one end than at the other, and their surfaces might not have been entirely smooth and polished, but rather slightly rough and uneven—so long as this did not prevent them from separating from bodies C or E. Since these components were not joined together, and the celestial matter flowing around them kept disturbing them, they must have become increasingly smooth and unified as they moved along the same pathways, eventually transforming into the two types of shapes I described. Those that could not undergo such transformation must have departed from body D; and if some of them were more solid than those that remained within it, they would have descended towards body C. Those that were less solid would have risen upwards, with most of them stopping between bodies B and D, where they served as material to expand and enrich body E.
40
How did the thickness of this third body decrease, such that space remained between it and the fourth body, and this space was then filled with the matter from the first body?
For during the day and in summer, the light and heat of the sun, acting together on one half of the body D, greatly increased the agitation of the tiny particles within that half; as a result, these particles could no longer be contained within such a limited space as before. Being enclosed between the two solid bodies C and E, many of them were forced to pass through the pores of body E in order to rise towards body B. During winter, however, due to their reduced agitation, they would descend back towards body D. Yet there were various factors that could prevent them from returning to body D, causing most of them to merge with body E. The light and heat, by agitating them as they moved between bodies B and C, actually prompted them more to rise than their weight caused them to descend. Thus, many of these particles formed passages through body E on their way upwards; but since there were no corresponding passages on the way downwards, they remained on the surface of body E, where they contributed to its growth in volume. Some even became so entangled within its pores that they were unable to continue ascending and thus blocked the paths for those descending. In short, it was mainly the smallest particles—and those with the most unusual shapes—that were expelled from body D by ordinary natural processes. These particles were the first to attempt to rise towards bodies E and B; but upon encountering the substances there, they sometimes attached themselves to them, yet more often they changed in form and ceased to be capable of forming part of body D again. As a result, after many years, there was much less matter in body D than when body E first began to take shape. Only those particles that were able to reduce themselves into the two types I described remained within it; moreover, body E became quite dense and compact, either because most of the particles that had left it became trapped in its pores or because they changed in form and merged with certain substances from body B, thus increasing its thickness further.
And finally, this is because there remained a sufficiently large space between D and E, such as the space occupied by F; this space could only be filled with the matter that constitutes body B. Some of this matter contained very fine particles that were able to easily pass through the pores of body E and take the place of those particles that had escaped from body D.
41
How several cracks appeared in the fourth body.
E qui bisogna notare che il corpo D ha iniziato a separarsi dagli altri due corpi, B e C, prima ancora che questi ultimi fossero completamente formati; cioè prima che il corpo C diventasse così duro da impedire alla materia celeste di comprimere ulteriormente le sue parti o di farle scendere più in basso; e anche prima che tutte le parti del corpo B fossero disposte in modo tale che quella materia celeste potesse passare liberamente attraverso di esse in linee rette. Di conseguenza, alcune parti di quel corpo B sono state fatte scendere; alcune di queste parti sono risultate più solide di quelle che compongono il corpo D, mentre altre lo sono state meno. Ora, per quelle parti che si sono rivelate più solide, è stato facile che passassero attraverso il corpo D, poiché questo è liquido; e, scendendo fino al corpo C, alcune di esse sono entrate nei suoi pori, mentre altre, a causa della loro dimensione o forma, non sono riuscite a farlo ed sono rimaste sulla sua superficie. Così il corpo C si è diviso in diverse regioni, a seconda delle varie parti che lo compongono e del loro diverso disporre; tanto che probabilmente esistono anche alcune di queste regioni in cui il corpo C è completamente liquido, poiché vi si sono raccolte solo parti la cui forma non permette loro di attaccarsi l’una all’altra. Ma è impossibile spiegare tutto questo nei dettagli.
38
Come si è formato un quarto corpo al di sopra del terzo.
Per quanto riguarda le parti del terzo elemento che sono state spinte fuori dal corpo B dall’azione della materia celeste e che erano meno solide di quelle del corpo D, queste dovevano rimanere al di sopra della sua superficie; inoltre, poiché molte di esse avevano forme irregolari – simili alle branche degli alberi o a cose del genere – si sono gradualmente intrecciate e legate le une alle altre, formando così il corpo E, che è duro e molto diverso dai due liquidi B e D tra cui si trova. Anche se all’inizio questo corpo E aveva una spessore molto ridotto, essendo soltanto come una piccola pelle o corteccia che copriva la superficie del corpo D, è diventato gradualmente più spesso grazie all’unione di molte parti: sia quelle provenienti dal corpo B che quelle provenienti dal corpo D, nel modo che descriverò nei due articoli successivi. Inoltre, poiché le azioni della luce e del calore hanno contribuito a far salire e scendere queste parti del terzo elemento che si sono unite al corpo E, quelle che si sono unite in determinati punti durante l’estate o il giorno sono state disposte in modo diverso da quelle che si sono unite durante l’inverno o la notte; questo ha creato alcune differenze tra le varie parti di questo corpo, rendendolo attualmente composto da diverse strati di materia sovrapposti gli uni agli altri.
39
Come questo quarto corpo si sia ampliato, e come il terzo si sia purificato.
Non è stato necessario molto tempo per dividere la regione più elevata della terra in due parti come B e C, né per unire verso D le parti del terzo elemento, né tantomeno per iniziare a formare la prima strato del quarto elemento verso E: tuttavia, solo nel corso di molti anni tutte le parti del corpo D sono riuscite a ridursi alle due forme descritte in precedenza, e tutti gli strati del corpo E hanno potuto completarsi. All’inizio, infatti, non esisteva alcun motivo che impedisse alle parti del terzo elemento di essere, nel loro processo di unione verso D, di avere dimensioni diverse o di presentare superfici irregolari; tuttavia, poiché queste caratteristiche non erano tali da impedire loro di separarsi dai corpi C ed E, e poiché la materia celeste che le circondava continuava a muoverle, esse, attraverso continui movimenti e interazioni reciproche, sono diventate estremamente lisce e uniformi, riducendosi alle due forme descritte. Le parti che non sono riuscite a conformarsi a queste regole hanno dovuto lasciare il corpo D; quelle più solide sono scese verso il corpo C, mentre quelle meno solide sono salite verso l’alto, molte delle quali si sono fermate tra i corpi B e D, dove hanno contribuito ad arricchire la struttura del corpo E.
40
In che modo lo spessore di questo terzo corpo si è ridotto, al punto che ne è rimasto dello spazio tra esso e il quarto corpo; tale spazio è stato poi riempito dalla materia del primo corpo.
Poiché, durante il giorno e in estate, la luce e il calore del sole, agendo congiuntamente su metà del corpo D, aumentavano notevolmente l’agitazione delle piccole parti di quella metà; tali parti, essendo confinate nello spazio ristretto tra i due corpi duri C ed E, erano costrette a passare attraverso i pori del corpo E per raggiungere il punto B. In inverno, invece, a causa della loro minore agitazione, scendevano nuovamente verso il corpo D. Tuttavia, molte di queste parti non riuscivano a tornare al corpo D e si univano al corpo E. La luce e il calore, agitandole mentre erano intrappolate tra B e C, le spingevano con maggiore forza verso l’alto rispetto al peso che le spingeva verso il basso; di conseguenza, alcune di queste parti si formavano dei passaggi attraverso il corpo E durante la salita, ma non trovando tali passaggi durante la discesa, rimanevano sulla superficie del corpo E, dove contribuivano ad aumentarne lo spessore. Alcune, inoltre, si impegnavano così profondamente nei pori di quel corpo che, non potendo più salire, bloccavano il passaggio alle altre parti in discesa. Di conseguenza, dopo molti anni, nel corpo D rimaneva molto meno materia rispetto a quando il corpo E aveva iniziato a formarsi; soprattutto quelle parti del corpo D che erano riuscite a ridursi alle due forme descritte in precedenza. Il corpo E, inoltre, diventava sempre più spesso e denso, poiché la maggior parte delle parti uscite dal corpo D si fermava nei suoi pori, oppure, cambiando forma e unendosi ad alcune parti del corpo B, ritornava sulla sua superficie, aumentandone ulteriormente lo spessore.
E, infine, è proprio perché è rimasto uno spazio abbastanza ampio tra D ed E – come quello rappresentato da F – che tale spazio potesse essere riempito soltanto dalla materia che costituisce il corpo B; in questa materia vi erano parti molto sottili che potevano facilmente passare attraverso i pori del corpo E, per sostituire quelle che erano uscite dal corpo D.
41
Come sono apparse diverse fessure nel quarto corpo.
Ainsi, encore que le corps E fut beaucoup plus massif et plus pesant que celui qui était vers F, et même aussi peut-être que le corps D, il a dû toutefois pendant quelque temps se soutenir au-dessus comme une voûte, à cause de sa dureté. Mais il est à remarquer que, lorsqu’il a commencé à se former, les parties du corps D, à la superficie duquel il était joint, ont dû se réserver en lui plusieurs pores par où elles pussent passer, à cause qu’il y en avait continuellement plusieurs que la chaleur faisait monter vers B durant le jour, et que leur pesanteur faisait redescendre vers D durant la nuit ; en sorte qu’elles remplissaient toujours ces pores du corps E, par lesquels elles passaient. Au lieu que, par après, commençant à y avoir quelque espace entre D et E, qui contenait le corps F, quelques-unes des parties de ce corps F sont entrées en quelques-uns de ces pores du corps E ; mais étant plus petites que celles du corps D, qui avaient coutume d’y être, elles ne les pouvaient entièrement remplir. Et parce qu’il n’y a aucun vide en la nature, et que la matière des deux premiers éléments achève toujours de remplir les espaces que les parties du troisième laissent autour d’elles, cette matière des deux premiers éléments entrant avec impétuosité dans ces pores avec les parties du corps F, a fait tel effort pour en élargir quelques-uns que les autres qui leur étaient voisins en devenaient plus étroits ; et ainsi qu’il s’est fait plusieurs fentes dans le corps E, lesquelles sont peu à peu devenues fort grandes, en même façon et pour les mêmes raisons qu’il a coutume aussi de s’en faire dans la terre des lieux marécageux lorsque les chaleurs de l’été la dessèchent.
42
Comment ce quatrième corps s’est rompu en plusieurs pièces.
Or y ayant ainsi plusieurs fentes dans le corps E, lesquelles s’augmentaient de plus en plus, elles sont enfin devenues si grandes qu’il n’a pu se soutenir plus longtemps par la liaison de ses parties, et que la voûte qu’il composait se crevant tout d’un coup, sa pesanteur l’a fait tomber en grandes pièces sur la superficie du corps C ; mais parce que cette superficie n’était pas assez large pour recevoir toutes les pièces de ce corps en la même situation qu’elles avaient été auparavant, il a fallu que quelques-unes soient tombées de côté, et se soient appuyées les unes contre les autres ; en sorte que si, par exemple, en la partie du corps E, qui est ici représenté, les principales fentes ont été aux endroits marqués 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, et que les deux pièces 2, 3 et 6, 7 aient commencé à tomber un peu plus tôt que les autres, et aussi que les bouts des quatre autres marqués 2, 3, 5 et 6 soient tombés plus tôt que leurs autres bouts marqués 1, 2 et Y, et enfin que 5, l’un des bouts de la pièce 4, 5, soit tombé un peu plus tôt que le V, l’un des bouts de la pièce V6, ces pièces doivent se trouver après leur chute disposées sur la superficie du corps C en la façon qu’elles paraissent en cette figure, où les pièces 2, 3 et 6, 7 sont couchées tout plat sur cette superficie, et les autres quatre sont penchées sur leurs côtés et se soutiennent les unes les autres.
43
Comment une partie du troisième est montée au-dessus du quatrième.
De plus, à cause que la matière du corps D est liquide et moins pesante que les pièces du corps E, elle a dû non seulement occuper tous les recoins et tous les passages qu’elle a trouvés au-dessous d’elles, mais aussi, à cause qu’elle n’y pouvait être toute contenue, elle a dû monter en même temps au-dessus des plus basses, telles que sont 2, 3, et 6, 7, et par même moyen se former des passages pour entrer ou sortir du dessous des unes au-dessus des autres.
44
Comment ont été produites les montagnes, les plaines, les mers, etc.
Ensuite de quoi, si nous pensons que les corps B et F ne sont autre chose que de l’air, que D est de l’eau, et C une croûte de terre intérieure fort solide et fort pesante de laquelle viennent tous les métaux, et enfin que E est une autre croûte de terre moins massive, qui est composée de pierres, d’argile, de sable et de limon, nous verrons clairement en quelle façon les mers se sont faites au-dessus des pièces 2, 3, 6, 7 et semblables, et que ce qu’il y a des autres pièces qui n’est point couvert d’eau ni beaucoup plus élevé que le reste a fait des plaines ; mais que ce qui a été plus élevé et fort en pente, comme 1, 2 et 9, 4V, a fait des montagnes ; et enfin, considérant que ces grandes pièces n’ont pu tomber en la façon qui a été dite sans que leurs extrémités aient été brisées en beaucoup d’autres moindres pièces par la force de leur pesanteur et l’impétuosité de leur chute, nous verrons pourquoi il y a des rochers en quelques endroits au bord de la mer, comme 1, 2, et même des écueils au dedans, comme 3 et 6 ; et enfin pourquoi il y a ordinairement plusieurs diverses pointes de montagnes en une même contrée, dont les unes sont fort hautes, comme vers 4, les autres le sont moins, comme vers 9 et vers V.
45
Quelle est la nature de l’air.
On peut aussi connaître de ceci quelle est la vraie nature de l’air, de l’eau, des minéraux et de tous les autres corps qui sont sur la terre, ainsi que je tâcherai maintenant d’expliquer. Premièrement on en peut déduire que l’air n’est autre chose qu’un amas des parties du troisième élément, qui sont si déliées, et tellement détachées les unes des autres qu’elles obéissent à tous les mouvements de la matière du ciel qui est parmi elles : ce qui est cause qu’il est rare, liquide et transparent, et que les petites parties dont il est composé peuvent être de toutes sortes de figures. La raison qui me fait dire que ces parties doivent être entièrement détachées les unes des autres, est que si elles se pouvaient attacher, elles se seraient jointes avec le corps E ; mais parce qu’elles sont ainsi déjointes, chacune se meut séparément de ses voisines et retient tellement à soi tout le petit espace sphérique dont elle a besoin pour se mouvoir de tous côtés autour de son centre, qu’elle en chasse toutes les autres sitôt qu’elles se présentent pour y entrer, sans qu’il importe pour cet effet de quelles figures elles soient.
46
Pourquoi il peut être facilement dilaté et condensé.
Et cela fait que l’air est aisément condensé par le froid et dilaté par la chaleur ; car ses parties étant presque toutes fort molles et flexibles, ainsi que des petites plumes ou des bouts de cordes fort déliées, chacune se doit d’autant plus étendre qu’elle est plus agitée, et par ce moyen occuper un espace sphérique d’autant plus grand ; mais, suivant ce qui a été dit de la nature de la chaleur elle doit augmenter leur agitation, et le froid la doit diminuer.
47
D’où vient qu’il a beaucoup de force à se dilater étant pressé en certaines machines.
Enfin, lorsque l’air est renfermé en quelque vaisseau dans lequel on en fait entrer beaucoup plus grande quantité qu’il n’a coutume d’en contenir, cet air en sort par après avec autant de force qu’on en a employé à l’y faire entrer, dont la raison est que, lorsque l’air est ainsi pressé, chacune de ses parties n’a pas à soi seule tout l’espace sphérique dont elle a besoin pour se mouvoir, à cause que les autres sont contraintes de prendre une partie du même espace, et que retenant cependant l’agitation qu’elles avaient, à cause que la matière subtile qui continue toujours de couler autour d’elles leur fait retenir le même degré de chaleur, elles se frappent ou se poussent les unes les autres en se remuant, et ainsi s’accordent toutes ensemble à faire effort pour occuper plus d’espace qu’elles n’en ont : ce qui a servi de fondement à l’invention de diverses machines, dont les unes sont des fontaines, où l’air ainsi renfermé fait sauter l’eau tout de même que si elle venait d’une source fort élevée ; et les autres sont comme de petits canons, qui, n’étant chargés que d’air, poussent des balles ou des flèches presque aussi fort que s’ils étaient chargés de poudre.
48
De la nature de l’eau, et pourquoi elle se change si aisément en air et en glace.
Thus, although body E was much more massive and heavier than the one located near F, and perhaps even heavier than body D, it still had to maintain itself in position above like a vault, due to its rigidity. It is worth noting, however, that when body D began to take shape, its various parts at the surface where it was connected with body E had to create numerous pores through which they could pass. This was because there were constantly channels formed by heat rising towards B during the day and then their weight causing them to descend back towards D at night; as a result, these pores in body E were always filled by the parts of body D that moved through them. Later on, as some space began to emerge between D and E—space within which body F was located—some of the parts of body F entered these pores of body E. But since these parts of body F were smaller than those of body D that had originally occupied them, they could not fill them completely. And since there is no such thing as empty space in nature, and the matter of the first two elements always fills any gaps left by the parts of the third element, this material from the first two elements, rushing violently into these pores along with the parts of body F, exerted such force that it caused some of these pores to expand, while others nearby became narrower as a result. In this way, numerous fissures were formed within body E, which gradually grew very large—just as cracks often appear in the soil of marshy areas when the summer heat dries it out.
42
How that fourth body shattered into several pieces.
Since there were thus several fissures in the body E, and these fissures kept growing larger and larger, they eventually became so large that the body E could no longer maintain its integrity through the connection of its various parts. The vault it formed suddenly collapsed, and its weight caused it to break into large pieces and fall onto the surface of the body C. However, since the surface of body C was not wide enough to accommodate all these pieces in their original position, some of them fell to one side and ended up resting against each other. For example, if in the part of body E depicted here, the main fissures were located at the marked positions 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, and if the pieces 2, 3, 6, and 7 began to fall slightly earlier than the others, and if the ends of the other four pieces—marked 2, 3, 5, and 6—fell sooner than their other ends marked 1, 2, and Y, then after falling, these pieces would be arranged on the surface of body C in the manner shown in this figure: pieces 2, 3, and 6, 7 would lie flat on that surface, while the other four pieces would be tilted to one side and support each other.
43
How a part of the third has risen above the fourth.
Furthermore, since the substance comprising body D is liquid and less dense than the components of body E, it not only had to fill every corner and passage available beneath it; but also, because it could not be completely contained within those spaces, it had to extend upward beyond the lower parts—such as numbers 2, 3, 6, 7—and in doing so create passages that allowed it to move in and out between these layers.
44
How were mountains, plains, seas, and so on created?
Furthermore, if we consider that bodies B and F are nothing but air, that D is water, and that C is a very solid and heavy inner layer of earth from which all metals originate, and finally that E is another less dense layer of earth composed of rocks, clay, sand, and silt, we will clearly understand how seas were formed over areas such as 2, 3, 6, 7, and similar regions. We will also see how the parts of these areas that were not covered by water or were not much higher than the surrounding terrain became plains; whereas those areas that were more elevated and had steeper slopes, such as 1, 2, 9, and 4V, formed mountains. Lastly, given that these large areas could not have fallen in the manner described without their edges breaking into numerous smaller fragments due to their weight and the force of their descent, we will understand why there are rocks along the coasts in some places, such as 1 and 2, and even reefs inland, such as 3 and 6. Finally, we will comprehend why a single mountainous region often has various peaks of different heights—some very high, like those near 4, others less so, like those near 9 and V.
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What is the nature of air?
We can also use this understanding to discern the true nature of air, water, minerals, and all other substances that exist on earth, as I will now attempt to explain. Firstly, it follows that air is nothing but a collection of extremely fine particles of the third element; these particles are so finely separated from one another that they obey every movement of the celestial matter surrounding them. This is why air is rarefied, liquid, and transparent, and because its constituent particles can assume various forms. The reason I assert that these particles must be completely detached from each other is that if they were able to adhere together, they would merge with the element E. But since they are separated in this way, each particle moves independently of its neighbors and clings tightly to the tiny spherical space it requires in order to move freely in all directions around its center. As a result, whenever other particles attempt to enter that space, they are instantly repelled—regardless of their shape or composition.
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Why it can be easily expanded and contracted.
As a result, air is easily condensed by cold and expanded by heat; since its various parts are almost all highly soft and flexible, much like tiny feathers or extremely thin strands of cord, each part will expand more when subjected to greater agitation, thereby occupying a larger spherical volume. However, as previously discussed regarding the nature of heat, heat must increase their agitation, while cold must decrease it.
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Why does it possess such great capacity to expand when compressed within certain machinery?
Finally, when air is confined within a vessel into which much larger quantities of it are forced than it usually contains, that air is subsequently discharged with equal force as was used to force it in. The reason for this is that, when compressed in this manner, each part of the air does not have all the spherical space it needs to move freely, because the other parts occupy a portion of that same space. Since these compressed portions retain their original agitation—because the subtle substance surrounding them continues to cause them to maintain the same degree of heat—they collide or push against each other as they move, thereby collectively striving to occupy more space than they originally had. This principle has served as the basis for the invention of various machines. Some of these are fountains, in which the compressed air causes water to spray out as if it were coming from a very high source; others are like small cannons—charged only with air—but capable of propelling balls or arrows with almost as much force as if they were filled with gunpowder.
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Of the nature of water, and why it so easily transforms into air and ice.
Pertanto, anche se il corpo E era molto più massiccio e pesante di quello situato vicino a F, e forse anche del corpo D, è stato comunque costretto, per un certo periodo di tempo, a mantenersi sospeso in aria come una volta, a causa della sua durezza. Tuttavia, è da notare che, quando il corpo D ha iniziato a formarsi, le sue parti, situate sulla superficie del corpo E con cui era collegato, hanno dovuto lasciare aperti dei pori attraverso i quali potessero passare; infatti, durante il giorno il calore faceva salire queste parti verso il punto B, mentre di notte la loro gravità le faceva scendere verso il punto D. In questo modo, questi pori venivano costantemente riempiti dalle parti del corpo D. Più tardi, quando è iniziato a formarsi uno spazio tra il corpo D ed E, alcune delle parti del corpo F sono entrate in alcuni di questi pori; tuttavia, essendo più piccole di quelle del corpo D, non riuscivano a riempirli completamente. Poiché nella natura non esistono vuoti e la materia dei primi due elementi finisce sempre per riempire gli spazi lasciati liberi dalle parti del terzo elemento, questa materia dei primi due elementi, entrando con forza in questi pori insieme alle parti del corpo F, ha esercitato una tale pressione da far allargare alcuni di essi, facendo così diventare più stretti quelli adiacenti. Così, nel corpo E si sono formate diverse fessure, le quali, col tempo, sono diventate molto grandi; lo stesso processo può verificarsi anche nella terra dei luoghi paludosi, quando il calore estivo la asciuga.
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In che modo quel quarto corpo si è spezzato in più parti.
Poiché nel corpo E esistevano diverse fessure, le quali si andavano gradualmente ampliando, alla fine divennero così grandi che il corpo E non fu più in grado di reggersi grazie alla connessione delle sue parti; la volta che lo componeva, quindi, crollò all’improvviso e, a causa del proprio peso, si spezzò in numerosi pezzi che caddero sulla superficie del corpo C. Tuttavia, poiché questa superficie non era abbastanza ampia da contenere tutti i pezzi nello stesso stato in cui si trovavano prima della caduta, alcuni di essi dovettero cadere di lato e appoggiarsi gli uni agli altri. Per esempio, se nelle parti del corpo E indicate con i numeri 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 le fessure principali si trovavano in quei luoghi, e i pezzi contrassegnati con i numeri 2, 3, 6, 7 avessero iniziato a cadere prima degli altri, così come gli estremi dei quattro pezzi contrassegnati con i numeri 2, 3, 5, 6 fossero caduti prima rispetto agli altri loro estremi indicati con i numeri 1, 2 e Y, allora, dopo la caduta, questi pezzi si sarebbero disposti sulla superficie del corpo C esattamente come si vedono in questa rappresentazione: i pezzi 2, 3 e 6, 7 sarebbero distesi orizzontalmente su quella superficie, mentre gli altri quattro sarebbero inclinati di lato e si sostenessero a vicenda.
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Come una parte del terzo si è sovrapposta al quarto.
Inoltre, poiché la materia del corpo D è liquida e meno pesante delle parti che compongono il corpo E, non solo ha dovuto occupare tutti gli spazi e i passaggi disponibili al di sotto di esse, ma anche, poiché non poteva essere completamente contenuta lì, è stata costretta a diffondersi anche al di sopra delle parti più basse, come le numerate 2, 3, 6, 7, creando così nuovi passaggi per poter entrare o uscire da sotto queste parti.
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Come sono state formate le montagne, le pianure, i mari, ecc.?
In seguito, se consideriamo che i corpi B e F non siano altro che aria, che D sia acqua e che C rappresenti una crosta terrestre interna molto solida e pesante da cui derivano tutti i metalli, e infine che E sia un’altra crosta terrestre meno massiccia, composta da pietre, argilla, sabbia e limo, allora comprenderemo chiaramente in quale modo si sono formate le maree sopra le zone 2, 3, 6, 7 e simili; capiremo anche come ciò che si trova in altre zone non coperte d’acqua e che non è molto più elevato rispetto al resto abbia formato pianure; come ciò che era più alto e presentava un pendio più ripido, come le zone 1, 2, 9, 4V, abbia dato origine a montagne; e infine, considerando che queste grandi aree non avrebbero potuto cadere nel modo descritto senza che le loro estremità si spezzassero in molte altre parti più piccole a causa della forza del loro peso e dell’impeto della loro caduta, comprenderemo perché in alcuni luoghi lungo la costa ci siano rocce, come nelle zone 1, 2, e persino scogli all’interno del mare, come nelle zone 3 e 6; e infine, capiremo perché in una stessa regione si trovino solitamente diverse cime di montagne: alcune molto alte, come quelle indicate con il numero 4, altre meno alte, come quelle indicate con i numeri 9 e V.
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Qual è la natura dell’aria?
Si può anche comprendere da ciò quale sia la vera natura dell’aria, dell’acqua, dei minerali e di tutti gli altri corpi che si trovano sulla terra, come cercherò ora di spiegare. Prima di tutto, si può dedurre che l’aria non è altro che un insieme di parti appartenenti al terzo elemento, le quali sono così sottilmente separate le une dalle altre da obbedire a tutti i movimenti della materia celeste che si trova al loro interno; per questo motivo, l’aria è rara, liquida e trasparente, e le sue piccole parti possono assumere ogni sorta di forma. La ragione per cui sostengo che queste parti debbano essere completamente separate le une dalle altre è che, se potessero unirsi tra loro, si fonderebbero con il corpo E; ma poiché sono così disperse, ciascuna di esse si muove separatamente dalle sue vicine e trattiene per sé tutto lo spazio sferico necessario per muoversi in tutte le direzioni attorno al proprio centro, scacciando qualsiasi altra parte che tenti di entrare in quel territorio, indipendentemente dalla sua forma.
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Perché può essere facilmente dilatato e compresso.
Ed è per questo che l’aria si condensa facilmente con il freddo e si dilata con il calore; poiché le sue parti sono quasi tutte molto morbide e flessibili, come piccole piume o estremità di corde molto sottili, ciascuna di esse si espande maggiormente quanto più viene agitata, occupando così uno spazio sferico sempre più ampio. Tuttavia, come è stato detto riguardo alla natura del calore, quest’ultimo aumenta l’agitazione delle molecole d’aria, mentre il freddo la riduce.
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Da dove deriva la grande capacità che ha di dilatarsi quando viene compresso in alcune macchine?
Infine, quando l’aria viene racchiusa in un contenitore nel quale ne viene introdotta una quantità molto maggiore di quella che normalmente vi potrebbe stare, quest’aria ne esce successivamente con la stessa forza con cui è stata spinta all’interno. La ragione di ciò è che, quando l’aria viene compressa in questo modo, ciascuna delle sue parti non dispone da sola dello spazio sferico necessario per muoversi, poiché le altre parti sono costrette a occupare parte di tale spazio. Tuttavia, poiché mantengono lo stesso livello di agitazione – essendo la materia sottile che continua a circolare attorno a loro responsabile di questo fenomeno – si urtano o si spingono a vicenda durante il loro movimento, e così tutte insieme si impegnano per occupare uno spazio maggiore di quello che hanno effettivamente. Questo principio ha costituito la base per l’invenzione di diverse macchine: alcune di queste sono fontane, in cui l’aria compressa fa spruzzare l’acqua con la stessa forza come se provenisse da una sorgente molto alta; altre invece funzionano come piccoli cannoni che, essendo caricati soltanto d’aria, riescono a lanciare proiettili o frecce con una potenza quasi paragonabile a quella di un cannone carico di polvere.
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Della natura dell’acqua, e del perché si trasforma così facilmente in aria e in ghiaccio.
Pour ce qui est de l’eau, j’ai déjà montré comment elle est composée de deux sortes de parties, toutes deux longues et unies, dont les unes sont molles et pliantes, et les autres sont raides et inflexibles ; en sorte que, lorsqu’elles sont séparées, celles-ci composent le sel, et les autres composent l’eau douce. Et parce que j’ai assez curieusement fait voir dans les Météores comment toutes les propriétés qu’on peut remarquer dans le sel et dans l’eau douce suivent de cela seul qu’ils sont composés de telles parties, je n’ai pas besoin d’en dire autre chose, sinon qu’on y peut remarquer la suite et la liaison des choses que j’ai écrites, et comment, de ce que la terre s’est formée en la façon que je viens d’expliquer, on peut conclure qu’il y a maintenant telle proportion entre la grosseur des parties de l’eau et celle des parties de l’air, et aussi entre ces mêmes parties et la force dont elles sont mues par la matière du second élément, que lorsque cette force est quelque peu moindre qu’à l’ordinaire cela suffît pour faire que les vapeurs qui se trouvent en l’air prennent la forme de l’eau, et que l’eau prenne celle de la glace ; comme au contraire, lorsqu’elle est tant soit peu plus grande, elle élève en vapeurs les plus flexibles parties de l’eau, et ainsi leur donne la forme de l’air.
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Du flux et reflux de la mer.
J’ai aussi expliqué dans les Météores les causes des vents, par lesquels l’eau de la mer est agitée en plusieurs façons irrégulières ; mais il y a encore en elle un autre mouvement, qui fait qu’elle se hausse et se baisse réglément deux fois le jour en chaque lieu, et que cependant elle coule sans cesse du levant vers le couchant, de quoi je tâcherai ici de dire la cause. Soit ABCD la partie du premier ciel qui compose un petit tourbillon autour de la terre T, dans lequel la lune est comprise, et qui les fait mouvoir toutes deux autour de son centre, pendant qu’elle les emporte aussi autour du soleil. Et posant pour plus grande facilité que la mer 1, 2, 3, 4 couvre toute la superficie de la (erre EFGH, comme elle est aussi couverte de l’air 5, 6, 7, 8, considérons que la lune empêche que le point T, qui est le centre de la terre, ne soit justement au même lieu que le point M, qui est le centre de ce tourbillon, et qu’elle est cause que T est un peu plus éloigné que M du point B. Dont la raison est que la lune et la terre ne se pouvant mouvoir si vite que la matière de ce tourbillon par qui elles sont emportées, si le point T n’était point un peu plus éloigné de B que de D, la présence de la lune empêcherait que cette matière ne coulât si librement entre B et T qu’entre T et D ; et parce qu’il n’y a rien qui détermine le lieu de la terre en ce tourbillon, sinon l’égalité des forces dont elle est pressée par lui de tous côtés, il est évident qu’elle doit un peu s’approcher vers D quand la lune est vers B, afin que la matière de ce tourbillon ne la presse point plus vers F que vers H ; tout de même, lorsque la lune est vers C, la terre se doit un peu retirer vers A ; et généralement, en quelque lieu que la lune se trouve, le centre de la terre T doit toujours être un peu plus éloigné d’elle que le centre du tourbillon M. Considérons aussi que lorsque la lune est vers B elle fait que la matière du tourbillon ABCD a moins d’espace pour couler non seulement entre B et T, mais aussi entre T et D, qu’elle n’aurait si la lune était hors du diamètre BD, et que par conséquent elle s’y doit mouvoir plus vite, et presser davantage les superficies de l’air et de l’eau, tant vers 6 et 2 que vers 8 et 4 et, ensuite, que l’air et l’eau étant des corps liquides, qui cèdent lorsqu’ils sont pressés, et s’écoulent aisément ailleurs, ils doivent avoir moins de hauteur ou profondeur sur les endroits de la terre marqués F et H, et par même moyen en avoir plus sur les endroits E et G que si la lune était ailleurs.
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Pourquoi l’eau de la mer emploie douze heures et environ vingt-quatre minutes à monter et descendre en chaque marée.
Considérons outre cela que, d’autant que la terre fait un tour sur son centre en vingt-quatre heures, sa partie marquée F, qui est maintenant vis-à-vis de B, où l’eau de la mer est fort basse, doit arriver en six heures vis-à-vis de C, où la mer est fort haute : et de plus que la lune, qui fait aussi un tour en un mois dans le tourbillon BCDA, s’avance quelque peu de B vers C, pendant les six heures que l’endroit de la terre marqué F emploie à être transporté jusqu’au lieu où est maintenant G ; en sorte que ce point marqué F ne doit pas seulement employer six heures, mais aussi environ douze minutes de plus, pour parvenir jusqu’au lieu de la plus grande hauteur de la mer, qui sera pour lors un peu au-delà de G, à cause de ce que la lune se sera cependant avancée ; et tout de même qu’en six autres heures et douze minutes le point de la terre marqué F sera un peu au-delà du lieu où est H, où la mer sera pour lors la plus basse. Et ainsi on voit clairement que la mer doit employer environ douze heures et vingt-quatre minutes à monter et descendre en chaque lieu.
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Pourquoi les marées sont plus grandes lorsque la lune est pleine ou nouvelle qu’aux autres temps.
De plus il faut remarquer que ce tourbillon ABCD n’est pas exactement rond, et que celui de ses diamètres dans lequel la lune se trouve étant pleine ou nouvelle est le plus petit de tous, et celui qui le coupe à angles droits est le plus grand, ainsi qu’il a été dit ci-dessus ; d’où il suit que la présence de la lune presse davantage les eaux de la mer, et les fait hausser et baisser davantage, lorsqu’elle est pleine ou nouvelle, que lorsqu’elle n’est qu’à demi pleine.
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Pourquoi elles sont aussi plus grandes aux équinoxes qu’aux solstices.
Il faut aussi remarquer que la luné est toujours fort proche du plan de l’écliptique, au lieu que la terre tourne sur son centre suivant le plan de l’équateur, qui en est assez éloigné, et que ces deux plans s’entrecoupent aux lieux ou se font les équinoxes, mais qu’ils sont fort éloignés l’un de l’autre en ceux des solstices. D’où il suit que c’est au commencement du printemps et de l’automne, c’est-à-dire au temps des équinoxes, que la lune agit le plus directement contre la terre, et ainsi rend les marées plus grandes.
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Pourquoi l’eau et l’air coulent sans cesse des parties orientales de la terre vers les occidentales.
Il y a encore ici à remarquer que, pendant que la terre tourne d’E par F vers G, c’est-à-dire de l’occident vers l’orient, l’enflure de l’eau 4, 1, 2, et celle de l’air 8, 5, 6, que je suppose maintenant sur l’endroit de la terre marqué E, passent peu à peu vers ses autres parties qui sont plus à l’occident ; en sorte que dans six heures et douze minutes elles seront sur l’endroit de la terre marqué H, et dans douze heures et vingt-quatre minutes, sur celui qui est marqué G, et en même façon que les enflures de l’eau et de l’air marquées 2, 3, 4 et 6, 7, 8 passent de G vers F, en sorte que l’air et l’eau de la mer ont un cours continu qui les porte des parties orientales de la terre vers les occidentales.
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Pourquoi les pays qui ont la mer à l’orient sont ordinairement moins chauds que ceux qui l’ont au couchant.
As for water, I have already shown how it is composed of two kinds of parts—both long and continuous—one kind being soft and flexible, the other rigid and unyielding. When these two parts are separated, the softer ones form salt, while the harder ones form fresh water. Since I have quite intriguingly demonstrated in my work on Meteorology how all the properties observed in salt and fresh water can be explained by their composition of such parts, there is no need for me to say anything further. It should be clear, however, that this theory supports and connects everything I have written earlier. Moreover, given that the earth was formed in the manner I have described, it follows logically that there exists a certain proportion between the size of the water particles and those of the air particles, as well as between these particles and the force that drives their movement within the second element. When this force is slightly weaker than usual, it causes the water vapor in the air to take on the form of water, and water to turn into ice. Conversely, when this force is slightly stronger, it causes the more flexible parts of water to evaporate and assume the form of air.
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Of the ebb and flow of the sea.
I also explained in Météores the causes of the winds that agitate the waters of the sea in various irregular ways; yet there is another movement within these waters that causes them to rise and fall regularly twice a day in every location, even though they continuously flow from east to west. I will attempt to explain the cause of this phenomenon here. Let ABCD represent the portion of the upper sky that forms a small vortex around the earth T, within which the moon is also included; this vortex causes both the earth and the moon to move around its center, while simultaneously carrying them around the sun as well. For the sake of clarity, let us assume that the sea 1, 2, 3, 4 covers the entire surface of the region EFGH, just as the air 5, 6, 7, 8 covers it; we also consider that the moon prevents the point T, which is the center of the earth, from being located exactly at the same place as the point M, which is the center of this vortex, and that this difference in position causes T to be slightly further away from B than M. The reason for this is that neither the moon nor the earth can move as quickly as the material within this vortex that carries them along; if point T were not slightly further away from B than from D, the presence of the moon would prevent the material within the vortex from flowing as freely between B and T as it does between T and D. Moreover, since nothing determines the exact position of the earth within this vortex except for the balance of the forces exerted upon it from all sides, it is evident that the earth must move slightly closer to D when the moon is positioned near B, so that the material within the vortex does not press it more towards F than towards H. Conversely, when the moon is near C, the earth must move slightly further away towards A; in general, no matter where the moon is located, the center of the earth T must always be slightly farther away from it than the center of the vortex M. We should also consider that when the moon is near B, it reduces the amount of space available for the material within the vortex ABCD to flow between B and T, as well as between T and D; this means the material must move more quickly in these areas, exerting greater pressure on the surfaces of air and water towards 6 and 2, as well as towards 8 and 4. Since air and water are liquid substances that yield under pressure and flow easily to other places, their height or depth at locations F and H will be less than at locations E and G when the moon is in this position.
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Why does it take approximately twelve hours and twenty-four minutes for the water of the sea to rise and fall with each tide?
Furthermore, since the earth completes one revolution around its center in twenty-four hours, the part of it marked F, which is currently facing B where the sea level is very low, must take six hours to reach the area marked C where the sea level is very high. Moreover, since the moon also completes one revolution within the cycle BCDA in one month, it moves slightly from B towards C during the six hours it takes for the earth’s point F to travel from its current position to G. Therefore, point F will not only require six hours but also approximately twelve additional minutes to reach the location of the highest sea levels, which at that time will be slightly beyond G, due to the moon’s forward movement. Similarly, in another six hours and twelve minutes, point F will have moved slightly beyond the location marked H, where the sea level will then be at its lowest. Thus, it is clear that the sea takes approximately twelve hours and twenty-four minutes to rise and fall to each of these locations.
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Why are the tides larger when the moon is full or new than at other times?
Furthermore, it must be noted that this whirlpool ABCD is not precisely circular; the diameter at which the moon is located, whether in its full or new phase, is the smallest of all, while the diameter that intersects it at right angles is the largest, as mentioned above. Therefore, it follows that the presence of the moon exerts a greater influence on the waters of the sea, causing them to rise and fall more significantly when the moon is in its full or new phase than when it is only half-full.
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Why are they also much larger at the equinoxes than at the solstices?
It should also be noted that the moon is always very close to the plane of the ecliptic, whereas the Earth rotates on its axis along the plane of the equator, which is quite far from it. These two planes intersect at the points where the equinoxes occur, but they are greatly separated at the solstices. Therefore, it is at the beginning of spring and autumn, during the equinoxes, that the moon exerts its most direct influence on the Earth, resulting in larger tides.
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Why do water and air constantly flow from the eastern parts of the earth towards the western ones?
It should also be noted here that, while the earth rotates from E through F towards G, that is, from west to east, the areas affected by the influence of water (4, 1, 2) and air (8, 5, 6)—which I assume are located at the area marked E on the earth—gradually extend towards its other parts that are further to the west. Thus, in six hours and twelve minutes, these areas will reach the location marked H; and in twelve hours and twenty-four minutes, they will reach the location marked G. In the same way, the areas affected by water and air marked 2, 3, 4, 6, 7, 8 move from G towards F, ensuring that the sea’s waters and air flow continuously from the eastern to the western parts of the earth.
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Why are countries that have the sea to the east generally less hot than those that have it to the west?
Per quanto riguarda l’acqua, ho già dimostrato come sia composta da due tipi di parti, entrambe lunghe e unite: alcune sono morbide e flessibili, altre invece dure e inflessibili; quando vengono separate, quelle morbide formano il sale, mentre quelle dure formano l’acqua dolce. Poiché ho mostrato in modo piuttosto dettagliato nei “Meteori” come tutte le proprietà osservabili nel sale e nell’acqua dolce derivino semplicemente dal fatto che sono composti da tali parti, non ho bisogno di aggiungere altro. Si può infatti notare come ciò confermi la continuità e la logica delle idee che ho espresso, e come, considerando il modo in cui la terra si è formata, si possa concludere che esista attualmente una determinata proporzione tra le dimensioni delle parti dell’acqua e quelle delle parti dell’aria, nonché tra queste stesse parti e la forza che le muove grazie alla materia del secondo elemento. Quando questa forza è leggermente inferiore al normale, basta perché le vapori presenti nell’aria assumano la forma dell’acqua, e l’acqua quella del ghiaccio; al contrario, quando tale forza è leggermente maggiore, essa trasforma le parti più flessibili dell’acqua in vapori, dando loro così la forma dell’aria.
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Dallo flusso e dal riflusso del mare.
Ho anche spiegato nei “Meteori” le cause dei venti, grazie ai quali l’acqua del mare viene agitata in modi irregolari; tuttavia esiste un altro movimento all’interno dell’acqua stesso, che la fa sollevarsi e abbassarsi regolarmente due volte al giorno in ogni luogo, pur scorrendo costantemente da est verso ovest. Cercherò qui di spiegare la causa di questo fenomeno. Supponiamo che ABCD rappresenti la parte del cielo superiore che forma un piccolo vortice attorno alla terra T, nel quale è inclusa anche la luna; entrambi questi corpi ruotano attorno al proprio centro, mentre la luna li porta anche a girare attorno al sole. Per semplificare il ragionamento, consideriamo che il mare 1, 2, 3, 4 copra interamente la superficie dell’area EFGH, così come l’aria 5, 6, 7, 8; inoltre, supponiamo che la luna impedisca che il punto T, centro della terra, si trovi esattamente nello stesso luogo del punto M, centro di questo vortice, e che questa differenza di posizione renda il punto T leggermente più lontano dal punto B rispetto a M. La ragione di ciò è che la luna e la terra non possono muoversi con la stessa velocità della materia del vortice che le trascina; se il punto T fosse esattamente alla stessa distanza da B quanto da D, la presenza della luna impedirebbe alla materia del vortice di scorrere liberamente tra B e T come avviene tra T e D. Poiché non esiste alcun fattore che determini con precisione la posizione della terra all’interno di questo vortice, se non l’equilibrio delle forze che su di essa agiscono da tutti i lati, è evidente che la terra debba avvicinarsi leggermente a D quando la luna si trova vicina a B, affinché la materia del vortice non la spinga più verso F che verso H; al contrario, quando la luna si trova vicina a C, la terra deve allontanarsi leggermente da A. In generale, in qualsiasi posizione si trovi la luna, il centro della terra T deve sempre essere leggermente più lontano da essa rispetto al centro del vortice M. Inoltre, quando la luna è vicina a B, la materia del vortice ABCD ha meno spazio per scorrere sia tra B e T che tra T e D rispetto a quanto avverrebbe se la luna si trovasse fuori dal diametro BD; di conseguenza, il movimento dell’acqua e dell’aria in queste zone è più rapido, e questi corpi liquidi si spostano facilmente verso le aree indicate con i numeri 6 e 2 rispetto a quelle contrassegnate con i numeri 8 e 4. Poiché aria e acqua sono sostanze liquide che cedono quando vengono pressate, il loro livello diminuisce nelle zone F e H, mentre aumenta nelle zone E e G.
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Perché l’acqua del mare impiega circa dodici ore e ventiquattro minuti per salire e scendere ad ogni marea?
Consideriamo inoltre che, poiché la Terra compie un giro attorno al proprio centro in ventiquattro ore, la sua parte contrassegnata con la lettera “F”, che attualmente si trova di fronte a “B” – dove il livello del mare è molto basso – dovrà raggiungere, in sei ore, la posizione opposta a “C”, dove il livello del mare è molto alto. Inoltre, poiché la Luna compie anch’essa un giro completo attorno al proprio percorso nel corso di un mese, si sposta leggermente da “B” verso “C” durante le sei ore che la parte della Terra contrassegnata con la lettera “F” impiega per spostarsi dalla posizione attuale a quella in cui ora si trova il punto “G”. Pertanto, questo punto “F” dovrà impiegare non solo sei ore, ma anche circa dodici minuti in più per raggiungere la zona in cui il livello del mare è al suo massimo; tale posizione sarà infatti leggermente oltre “G”, a causa dello spostamento della Luna. Inoltre, in altre sei ore e dodici minuti, il punto “F” si troverà ancora un po’ oltre la zona in cui ora si trova il punto “H”, dove il livello del mare sarà al suo minimo. Da tutto ciò si evince chiaramente che il livello del mare impiega circa dodici ore e ventiquattro minuti per salire e scendere in ciascuna zona.
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Perché le maree sono più alte quando la luna è piena o nuova rispetto ad altri periodi?
Inoltre, è necessario notare che questo vortice ABCD non è esattamente rotondo; il diametro nel quale la luna si trova quando è piena o nuova è il più piccolo di tutti, mentre quello che lo taglia ad angoli retti è il più grande, come già detto in precedenza. Da ciò deriva che la presenza della luna esercita una pressione maggiore sull’acqua del mare, facendola salire e scendere di più quando è piena o nuova, rispetto a quando è solo semipiena.
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Perché sono più grandi agli equinozi che ai solstizi.
È anche importante notare che la Luna si trova sempre molto vicina al piano dell’eclittica, a differenza della Terra, che ruota attorno al proprio centro seguendo il piano dell’equatore, dal quale è piuttosto lontana. Questi due piani si intersecano nei punti in cui si verificano gli equinozi, ma sono molto distanti tra loro nei punti dei solstizi. Da ciò deriva che è all’inizio della primavera e dell’autunno, cioè durante i periodi degli equinozi, che la Luna agisce più direttamente sulla Terra, rendendo così le maree più intense.
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Perché acqua e aria scorrono continuamente dalle parti orientali della terra verso quelle occidentali?
Si può ancora notare che, mentre la terra ruota da E verso F e poi verso G, cioè dall’ovest verso l’est, le correnti d’acqua 4, 1, 2 e quelle d’aria 8, 5, 6, che si trovano attualmente nella zona della terra contrassegnata da E, si spostano gradualmente verso le altre parti più occidentali; in sei ore e dodici minuti arriveranno nella zona contrassegnata da H, e in dodici ore e ventiquattro minuti in quella contrassegnata da G. Allo stesso modo, le correnti d’acqua e d’aria indicate con i numeri 2, 3, 4 e 6, 7, 8 si muovono da G verso F, rendendo così il flusso dell’acqua e dell’aria marina continuo e diretto dalle parti orientali della terra verso quelle occidentali.
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Perché i paesi che hanno il mare a est sono generalmente meno caldi di quelli che lo hanno a ovest?
Il y a encore ici à remarquer que, pendant que la terre tourne d’E par F vers G, c’est-à-dire de l’occident vers l’orient, l’enflure de l’eau 4, 1, 2, et celle de l’air 8, 5, 6, que je suppose maintenant sur l’endroit de la terre marqué E, passent peu à peu vers ses autres parties qui sont plus à l’occident ; en sorte que dans six heures et douze minutes elles seront sur l’endroit de la terre marqué H, et dans douze heures et vingt-quatre minutes, sur celui qui est marqué G, et en même façon que les enflures de l’eau et de l’air marquées 2, 3, 4 et 6, 7, 8 passent de G vers F, en sorte que l’air et l’eau de la mer ont un cours continu qui les porte des parties orientales de la terre vers les occidentales. Il est vrai que ce cours n’est pas fort rapide ; mais il ne laisse pas d’être tel qu’on le peut aisément remarquer : premièrement, à cause que dans les longues navigations il faut toujours employer plus de temps lorsqu’on va vers l’orient que lorsqu’on retourne vers l’occident ; puis aussi à cause qu’il y a des détroits dans la mer où l’on voit que l’eau coule sans cesse vers le couchant ; et enfin, à cause que les terres qui ont la mer vers l’orient ont coutume d’être moins échauffées par le soleil que celles qui sont en même climat et ont la mer vers l’occident. Comme en voit, par exemple, qu’il fait moins chaud au Brésil qu’en la Guinée ; dont on ne peut donner autre raison, sinon que le Brésil est plus rafraîchi par l’air qui lui vient de la mer, que la Guinée par celui qui lui vient des terres qu’elle a au levant.
55
Pourquoi il n’y a point de flux et reflux dans les lacs, et pourquoi vers les bords de la mer il ne se fait pas aux mêmes heures qu’au milieu.
Enfin, il faut remarquer que, bien que la terre n’y a point de ne soit pas toute couverte des eaux de la mer, ainsi qu’elle est ici représentée, toutefois, à cause, que celles de l’Océan l’environnent, elles doivent être mues par la lune en même façon que si elles la couvraient entièrement : mais que pour ce qui est des lacs et des étangs qui sont du tout séparés de l’Océan, d’autant qu’ils ne couvrent pas de si grandes parties de la terre qu’un côté de leur superficie soit jamais beaucoup plus pressé que l’autre par la présence de la lune, leurs eaux ne peuvent être ainsi mues par elles ; et que bien que celles qui sont au milieu de l’Océan s’y haussent et baissent réglément en la façon que j’ai décrite, toutefois leur flux et reflux vient différemment et à divers temps aux divers endroits de ses bords, à cause qu’ils sont fort irréguliers, et beaucoup plus avancés en un lieu qu’en l’autre.
56
Comment on peut rendre raison de toutes les différences particulières des flux et reflux.
Et on peut de ce qui a déjà été dit déduire les causes particulières de toutes les diversités du flux et reflux, pourvu qu’on sache que, lorsque la lune est pleine ou nouvelle, les eaux qui sont au milieu de l’Océan, aux lieux les plus éloignés de ses bords, comme vers l’équateur et l’écliptique, sont le plus enflées aux endroits où il est six heures du soir ou du matin, ce qui fait qu’elles s’écoulent de là vers les bords ; et qu’elles sont au même temps le moins enflées aux lieux où il est midi ou minuit, ce qui fait qu’elles y coulent des bords vers le milieu ; et que selon que ces bords sont plus proches ou plus éloignés, et que ces eaux passent par des chemins plus ou moins droits et larges et profonds, elles y arrivent plus tôt ou plus tard, et en plus ou moins grande quantité : et aussi que les divers détours de ces chemins causés par l’interposition des îles, par les différentes profondeurs de la mer, par la descente des rivières, et par l’irrégularité des bords ou rivages, font souvent que les eaux qui vont vers un bord sont rencontrées par celles qui viennent d’un autre, ce qui avance ou retarde leur cours en plusieurs diverses façons ; et enfin qu’il peut aussi être avancé ou retardé par les vents, quelques-uns desquels soufflent toujours réglément en certains lieux à certains temps ; car je crois qu’il n’y a rien de particulier à observer touchant les flux et reflux de la mer, dont la cause ne soit comprise en ce peu que je viens de dire.
57
De la nature de la terre intérieure qui est au-dessous des plus basses eaux.
Touchant la terre intérieure marquée C, qui s’est formée au-dessous des eaux, on peut remarquer qu’elle est composée de parties de toutes sortes de figures, et qui sont si grosses que la matière du second élément n’a pas la force par son mouvement ordinaire de les emporter avec soi, comme elle emporte celles de l’air et de l’eau, mais qu’elle en a seulement assez pour les rendre pesantes, en les pressant vers le centre de la terre, et aussi pour les ébranler quelque peu, en coulant par les intervalles qui doivent être parmi elles en grand nombre, à cause de l’irrégularité de leurs figures ; et qu’elles sont aussi ébranlées, tant par la matière du premier élément qui remplit tous ceux de ces intervalles qui sont si étroite qu’aucun autre corps n’y eut entrer que par les parties de l’eau de l’air et de la terre extérieure qui s’est formée au-dessus de l’eau, lesquelles descendent souvent dans les plus grands de ces intervalles, et agitent si fort quelques parties de la terre intérieure qu’elles les détachent des autres, et les font par après monter avec elles : car il est aisé à juger que les plus hautes parties de cette terre intérieure C doivent être véritablement fort entrelacées, et fermement jointes les unes aux autres, parce que ce sont elles qui ont été les premières à soutenir l’effort et rompre le cours de la matière subtile qui passait en lignes droites par les corps B et D, pendant que C se formait ; mais que néanmoins étant assez grosses, et ayant des figures fort irrégulières, elles n’ont pu s’ajuster si bien l’une à l’autre qu’il ne soit demeuré parmi elles plusieurs espaces assez grands pour donner passage à quelques-unes des parties terrestres qui étaient au-dessus, comme particulièrement à celles du sel et de l’eau douce : mais que les autres parties de ce corps C, qui étaient au-dessous de ces plus hautes, n’ont point été si fermement jointes, ce qui est cause qu’elles ont pu être séparées par les parties du sel ou autres semblables qui venaient vers elles.
58
De la nature de l’argent vif.
Et même il y a eu peut-être quelque endroit au-dedans ou bien au-dessous de ce corps C, où il s’est assemblé plusieurs de ces parties qui ont des figures si unies et si glissantes, qu’encore que leur pesanteur soit cause qu’elles s’appuient l’une sur l’autre, en sorte que la matière du second élément ne coule pas librement de tous côtés autour d’elles, ainsi qu’elle fait autour de celles de l’eau, elles ne sont toutefois aucunement attachées l’une à l’autre, mais sont continuellement mues, tant par la matière du premier élément qui remplit tous les intervalles qu’elles laissent autour d’elles, que par les plus petites du second qui peuvent aussi passer par quelques-uns de ces intervalles, au moyen de quoi elles composent une liqueur qui, étant beaucoup plus pesante que l’eau, et n’étant aucunement transparente comme elle, a la forme de l’argent vif.
59
Des inégalités de la chaleur qui est en cette terre intérieure.
It should also be noted here that, while the earth rotates from E through F towards G, that is, from west to east, the currents of water at positions 4, 1, 2, and those of air at positions 8, 5, 6—which I assume are located where the earth is marked as E—gradually move towards other parts of the earth that are further to the west. Thus, in six hours and twelve minutes, these currents will reach the area marked as H; in another twelve hours and twenty-four minutes, they will reach the area marked as G. Similarly, the currents of water and air at positions 2, 3, 4, 6, 7, 8 move from G towards F, ensuring that the waters and winds of the sea flow continuously from the eastern to the western parts of the earth. It is true that this flow is not particularly rapid; yet it is certainly noticeable. Firstly, because long voyages always take longer when heading east than when returning west. Secondly, because there are straits in the sea where one can observe that water flows constantly towards the west. Lastly, because lands located to the east of the sea tend to be less heated by the sun than those in the same climate but located to the west. For example, Brazil is generally cooler than Guinea; and the only reason for this difference is that Brazil is cooled more by the winds coming from the sea, whereas Guinea is cooled by winds originating from the lands to its east.
55
Why is there no ebb and flow in lakes, and why do these phenomena not occur at the same times near the shores as they do in the middle of the sea?
Finally, it must be noted that although the earth is not entirely covered by the waters of the ocean, as depicted here, nevertheless, because those oceans surround it, their tides are influenced by the moon in just the same way as if they completely covered the earth. But as for lakes and ponds that are completely separated from the ocean, and since they do not cover such large areas of land that one side of their surfaces would ever be more significantly affected by the moon’s influence than the other, their waters cannot be affected in the same manner. Moreover, although the waters located in the middle of the ocean rise and fall in a regular manner, as I have described, their tides still occur differently and at different times in various parts of the ocean’s shores, because these tides are highly irregular and much more pronounced in some areas than in others.
56
How can one explain all the particular differences in these flows and reversals?
And from what has already been said, it is possible to deduce the particular causes of all the variations in the tides, provided that one understands that when the moon is full or new, the waters located in the middle of the Ocean, in those areas farthest from its shores—such as near the equator and the ecliptic—reach their highest level at times when it is six in the evening or six in the morning. This causes these waters to flow toward the shores. At the same time, these waters are at their lowest level at times when it is noon or midnight, which makes them flow from the shores toward the middle of the Ocean. Moreover, depending on whether the shores are closer or farther apart, and on whether the water flows through channels that are more or less straight, wide, and deep, it will reach these areas sooner or later, and in greater or lesser quantities. In addition, the various twists and turns in these channels, caused by the presence of islands, differences in sea depth, the flow of rivers, and the irregularity of the shores, often cause waters moving toward one shore to meet those coming from the opposite direction, which can advance or delay their movement in numerous ways. Finally, the tides can also be affected by winds, some of which always blow regularly in certain areas at certain times. I believe that there is nothing particularly complex about understanding the causes of the tides; they can all be explained by what I have just stated.
57
Of the nature of the inner earth that lies beneath even the lowest waters.
Regarding the inner layer of earth marked “C,” which formed beneath the waters, it can be observed that it is composed of portions of various shapes and sizes. These portions are so large that the substance of the second element does not possess sufficient force to carry them along with itself through its normal movements, as it does with the substances of air and water. Instead, it merely manages to make these portions heavy by pressing them toward the center of the earth, and also causes them to shake slightly as it flows through the numerous gaps that exist between them due to their irregular shapes. Moreover, these portions are also disturbed by the substance of the first element, which fills all those narrow gaps; since these gaps are so small that no other substances could enter except for the parts of water, air, and the outer layer of earth that formed above the waters. These latter substances often descend into the larger of these gaps and cause certain portions of the inner earth to shake violently, detaching them from the surrounding material and causing them to rise upward along with them. It is easy to conclude that the higher parts of this inner earth “C” must be tightly intertwined and firmly connected to one another, since it was they that first resisted the force of the subtle substance that flowed in straight lines through the bodies B and D during the formation of layer C. However, because these portions are relatively large and have very irregular shapes, they were not able to fit together so perfectly that no gaps remained between them—except for those that allowed certain terrestrial substances, such as salt and fresh water, to pass through. As for the other parts of this layer C that lay beneath these higher regions, they were not so firmly joined, which is why they could be separated by substances like salt or similar materials that moved toward them.
58
On the nature of liquid money.
And perhaps there was some place inside or beneath this substance C where several of these parts came together; these parts had such uniform and smooth shapes that, although their weight caused them to press against each other, preventing the matter of the second element from flowing freely around them in all directions, as it does around the particles of water, they were not in any way bound to one another. Instead, they were constantly in motion—both due to the matter of the first element filling in all the gaps between them and also because of the smaller particles of the second element that could pass through some of these gaps as well. In this way, they formed a liquid that was much heavier than water and not at all transparent like it; this liquid had the appearance of pure silver.
59
Inequalities in the heat that exists within this inner earth.
Si può ancora notare che, mentre la terra ruota da E verso F e poi verso G, cioè dall’occidente verso l’oriente, le correnti marine indicate con i numeri 4, 1, 2 e quelle d’aria indicate con i numeri 8, 5, 6, che si trovano attualmente nella zona della terra contrassegnata da E, si spostano gradualmente verso le altre parti più situate a ovest; in sei ore e dodici minuti arriveranno nella zona contrassegnata da H, e in dodici ore e ventiquattro minuti in quella contrassegnata da G. Allo stesso modo, le correnti marine e d’aria indicate con i numeri 2, 3, 4 e 6, 7, 8 si muovono da G verso F, il che significa che l’acqua e l’aria del mare seguono un flusso continuo che li porta dalle parti orientali della terra verso quelle occidentali. È vero che questo flusso non è molto rapido; tuttavia è abbastanza evidente da poter essere facilmente osservato: innanzitutto, perché nelle lunghe navigazioni ci vuole sempre più tempo per dirigersi verso l’oriente rispetto al ritorno verso l’occidente; in secondo luogo, perché esistono stretti marittimi nei quali si può notare che l’acqua scorre costantemente verso ovest; infine, perché le terre situate a est del mare di solito sono meno riscaldate dal sole rispetto a quelle dello stesso clima ma situate a ovest. Come si può osservare, ad esempio, il Brasile è meno caldo della Guinea; e l’unica spiegazione possibile per questo fenomeno è che il Brasile viene raffreddato dall’aria marina proveniente da est, mentre la Guinea viene raffreddata dall’aria proveniente dalle terre situate a levante.
55
Perché nei laghi non si verifica alcun flusso e riflusso, e perché lungo le rive del mare tali fenomeni non avvengono alle stesse ore rispetto al centro del lago o del mare?
Infine, è da notare che, sebbene la terra non sia interamente coperta dalle acque dell’oceano, come qui rappresentato, tuttavia, poiché queste acque la circondano su tutti i lati, esse devono essere influenzate dalla luna nello stesso modo in cui lo sarebbero se la coprissero interamente. Per quanto riguarda invece i laghi e gli stagni che sono completamente separati dall’oceano, poiché non occupano parti così vaste della terra da far sì che una parte della loro superficie sia maggiormente influenzata dalla luna rispetto all’altra, le loro acque non possono essere mosse in questo modo. Inoltre, anche se le acque situate al centro dell’oceano si alzano e si abbassano regolarmente secondo quanto ho descritto, il loro flusso e riflusso avviene in modi diversi e in momenti diversi lungo i vari margini dell’oceano, poiché tali fenomeni sono estremamente irregolari e molto più intensi in alcuni luoghi rispetto ad altri.
56
Come si può spiegare l’esistenza di tutte queste differenze specifiche nei flussi e nei riflussi?
E da quanto è stato detto finora si possono dedurre le cause particolari di tutte le variazioni nel flusso e nel riflusso delle acque marine, a condizione che si sappia che, quando la luna è piena o nuova, le acque che si trovano nel centro dell’Oceano, nei luoghi più lontani dai suoi bordi – come verso l’equatore e l’eclittica – sono al massimo del loro livello nei punti in cui è ora di sei del pomeriggio o delle sei del mattino; per questo motivo queste acque scorrono da quei luoghi verso i margini dell’Oceano. Allo stesso tempo, tali acque sono al minimo del loro livello nei punti in cui è mezzogiorno o mezzanotte, e quindi scorrono dai margini verso il centro dell’Oceano. Inoltre, a seconda che i margini dell’Oceano siano più vicini o più lontani tra loro, e a seconda che le acque seguano percorsi più o meno dritti, larghi e profondi, esse arrivano nei rispettivi punti prima o dopo, e in quantità maggiore o minore. Inoltre, i diversi deviazioni di questi percorsi, causate dall’interposizione delle isole, dalle varie profondità del mare, dal deflusso dei fiumi e dall’irregolarità dei margini costieri, spesso fanno sì che le acque dirette verso un certo margine si incontrino con quelle provenienti da un altro margine; questo fenomeno può accelerare o rallentare il loro corso in molti modi diversi. Infine, anche i venti possono influenzare il flusso e il riflusso delle acque marine, poiché alcuni di essi soffiano sempre in modo regolare in determinati luoghi e a determinati momenti del giorno. Credo quindi che non ci sia nulla di particolarmente complesso da osservare riguardo ai fenomeni del flusso e del riflusso delle acque marine, poiché la loro causa può essere compresa nel poco che ho appena detto.
57
Della natura della terra interna che si trova al di sotto delle acque più basse.
Toccando la terra interna contrassegnata con la lettera “C”, che si è formata al di sotto delle acque, si può notare che è composta da parti di ogni sorta di forma, e tali da essere così ingombranti che la materia del secondo elemento non ha la forza, attraverso il suo movimento naturale, di trascinarle con sé, come fa invece con le materie dell’aria e dell’acqua; tuttavia, essa è sufficiente a rendere queste parti pesanti, comprimendole verso il centro della terra, e anche a farle tremare leggermente, attraverso gli spazi che devono esistere tra di esse, a causa delle loro forme irregolari. Inoltre, queste parti vengono scosse sia dalla materia del primo elemento, che riempie tutti questi spazi estremamente stretti – tali da non permettere l’ingresso ad altri corpi se non attraverso le parti dell’acqua, dell’aria e della terra esterne che si sono formate al di sopra delle acque – e queste ultime, discendendo spesso negli spazi più ampi tra le parti interne della terra, agitano con forza alcune di esse, staccandole dalle altre e facendole poi salire insieme a sé. È facile intuire che le parti più elevate di questa terra interna “C” debbano essere davvero strettamente intrecciate e saldamente unite tra loro; infatti, sono state proprio queste parti ad assorbire per prime lo sforzo della materia sottile che passava in linea retta attraverso i corpi “B” e “D”, durante la formazione della terra interna. Tuttavia, essendo abbastanza ingombranti e presentando forme molto irregolari, non sono riuscite ad adattarsi perfettamente l’una all’altra, lasciando così spazi sufficientemente ampi per permettere il passaggio di alcune parti della terra che si trovavano al di sopra; in particolare, quelle del sale e dell’acqua dolce. Le altre parti di questo corpo “C”, invece, essendo situate al di sotto di queste parti più elevate, non erano così saldamente unite, il che ha permesso loro di essere separate dalle parti di sale o altri materiali simili che vi si dirigevano.
58
Della natura dell’argento vivo.
E forse c’era persino qualche luogo all’interno o al di sotto di questo corpo C, dove si erano riunite molte di queste parti le cui forme erano così unite e scivolose che, sebbene la loro gravità facesse sì che si appoggiassero l’una sull’altra, impedendo così che il materiale del secondo elemento scorresse liberamente intorno a esse, come avviene per l’acqua, queste parti non erano affatto legate tra loro, ma si muovevano continuamente sia a causa del materiale del primo elemento che riempiva tutti gli spazi lasciati liberi da esse, sia a causa dei più piccoli particolari del secondo elemento che potevano anch’essi passare attraverso alcuni di questi spazi. In questo modo formavano una sostanza liquida la quale, essendo molto più pesante dell’acqua e assolutamente non trasparente come questa, aveva la forma dell’argento vivo.
59
Ineguaglianze nella distribuzione del calore presente in questa regione interna della Terra.
Outre cela, ou doit remarquer que, comme nous voyons que les taches qui s’engendrent journellement autour du soleil ont des figures fort irrégulière ? et diverses, ainsi la moyenne région de la terre marquée M, qui est composée de même matière que ces taches, n’est pas également solide partout, mais qu’il y a en elle quelques endroits où ses parties sont moins serrées qu’aux autres ; ce qui fait que la matière du premier élément, qui vient du centre de la terre vers le corps C, passe par quelques endroits de cette moyenne région en plus grande quantité que par les autres, et ainsi a plus de force pour agiter ou ébranler les parties de ce corps C, qui sont au-dessus de ces endroits-là. On doit aussi remarquer que la chaleur du soleil, qui, comme il a été dit ci-dessus, pénètre jusqu’aux plus intérieures parties de la terre, n’agit pas également contre tous les endroits de ce corps C, parce qu’elle lui est plus abondamment communiquée par les parties de la terre extérieure E qui le touchent, que par les eaux D ; et que les côtés des montagnes qui sont exposés au midi sont beaucoup plus échauffés par le soleil que ceux qui regardent les pôles ; et enfin que les terres situées vers l’équateur sont autrement échauffées que celles qui en sont fort loin, et que la vicissitude, tant des jours et des nuits que des étés et des hivers, cause aussi en cela de la diversité.
60
Quel est l’effet de cette chaleur.
Ensuite de quoi il est évident que toutes les petites parties de ce corps C ont toujours quelque agitation, laquelle y est inégale, selon les lieux et les temps ; et ceci ne doit pas seulement être entendu des parties de l’argent vif, ou de celles du sel et de l’eau douce, et autres semblables, qui sont descendues de la terre extérieure E dans les plus grands pores de l’intérieure C, où elles ne sont aucunement attachées ; mais aussi de toutes celles de cette terre intérieure, tant dures et fermement jointes les unes aux autres qu’elles puissent être ; non pas que ces parties ainsi jointes aient coutume d’être entièrement séparées par l’action de la chaleur ; mais comme nous voyons que le vent agite les branches des arbres, et fait quelles s’approchent et se reculent quelque peu les unes des autres, sans pour cela être arrachées ni rompues, ainsi on doit penser que la plupart des parties du corps C ont diverses branches, tellement entrelacées et liées ensemble que la chaleur, en les ébranlant, ne les peut pas entièrement déjoindre, mais seulement faire que les intervalles qui sont parmi elles deviennent tantôt plus étroits et tantôt plus larges. Et que d’autant qu’elles sont beaucoup plus dures que les parties des corps D et E, qui descendent en ces intervalles quand ils s’élargissent, elles les pressent lorsqu’ils deviennent plus étroits ; et les frappant à diverses reprises, elles les froissent ou les plient en telle façon qu’elles les réduisent à deux genres de figures qui méritent d’être ici considérés.
61
Comment s’engendrent les sucs aigres ou corrosifs qui entrent en la composition du vitriol, de l’alun et autres tels minéraux.
Le premier genre vient des parties du sel, ou autres semblables, assez dures et soudes, qui, étant engagées dans les pores du corps C, y sont tellement pressées et agitées, qu’au lieu qu’elles ont été auparavant rondes et raides, ainsi que des petits bâtons, elles deviennent plates et pliantes, en même façon qu’une verge de fer ou d’autre métal se change en une lame à force d’être battue à coups de marteau. Et de plus, ces parties des corps D ou E, ainsi aplaties, en se glissant çà et là contre celles du corps C, qui les surpassent en dureté, s’y aiguisent et s’y polissent en telle sorte que, devenant tranchantes et pointues, elles prennent la forme de certains sucs aigres et corrosifs, qui, montant par après vers le corps E, où sont les mines, composent du vitriol, de l’alun, ou d’autres minéraux, selon qu’ils se mêlent en se congelant avec des métaux, ou des pierres, ou d’autres matières.
62
Comment s’engendre la matière huileuse qui entre en la composition du soufre, du bitume, etc.
L’autre genre vient des parties des corps D et E, qui, étant moins dures que les précédentes, sont tellement froissées dans les pores du corps C par l’agitation de ses parties, qu’elles se divisent en plusieurs branches fort déliées et flexibles, qui étant écartées les unes des autres par la matière du premier élément, et emportées vers le corps E, s’attachent à quelques-unes de ses parties, et par ce moyen composent le soufre, le bitume, et généralement toutes les matières grasses ou huileuses qui sont dans les mines.
63
Des principes de la chimie, et de quelle façon les métaux viennent dans les mines.
J’ai donc ici expliqué trois sortes de corps qui me semblent avoir beaucoup de rapport avec ceux que les chimistes ont coutume de prendre pour leurs trois principes, et qu’ils nomment le sel, le soufre et le mercure : car on peut prendre ces sucs corrosifs pour leur sel, ces petites branches qui composent une matière huileuse pour leur soufre, et le vif argent pour leur mercure : et mon opinion est que la vraie cause qui fait que les métaux viennent dans les mines est que ces sucs corrosifs coulant çà et là dans les pores du corps C font que quelques-unes de ses parties se détachent des autres, lesquelles par après se trouvant enveloppées et comme revêtues des petites branches de la matière huileuse, sont facilement poussés de C vers E par les parties de l’argent vif, lorsqu’il est agité et raréfié par la chaleur ; et selon les diverses grandeurs et figures qu’ont ces parties du corps C, elles composent diverses espèces de métaux, lesquelles j’aurais peut-être ici plus particulièrement expliquées si j’avais eu la commodité de faire toutes les expériences qui sont requises pour vérifier les raisonnements que j’ai faits sur ce sujet.
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De la nature de la terre extérieure, et de l’origine des fontaines.
Mais, sans nous arrêter à cela davantage, commençons à examiner la terre extérieure E, que nous avons déjà dit être divisée en plusieurs pièces dont les plus basses sont couvertes de l’eau de la mer, les plus hautes font les montagnes, et celles qui sont entre deux font les plaines ; et voyons maintenant quelles y sont les sources des fontaines et des rivières, et pourquoi elles ne s’épuisent jamais, bien que leurs eaux ne cessent de couler dans la mer, comme aussi pourquoi toutes ces eaux douces qui vont dans la mer ne la rendent point plus grande ni moins salée. A cet effet il faut considérer qu’il y a de grandes concavités pleines d’eau sous les montagnes, d’où la chaleur élève continuellement plusieurs vapeurs, lesquelles n’étant autre chose que des petites parties d’eau séparées l’une de l’autre et fort agitées se glissent en tous les pores de la terre extérieure, et ainsi parviennent jusqu’aux plus hautes superficies des plaines et des montagnes. Car, puisque nous voyons quelques-unes de ces vapeurs passer bien loin au-delà jusque dans l’air, où elles composent les nues, nous ne pouvons douter qu’il n’y en ait davantage qui montent jusqu’aux sommets des montagnes, à cause qu’il leur est plus aisé de s’élever en coulant entre les parties de la terre qui aide à les soutenir, qu’en passant par l’air qui, étant fluide, ne les peut soutenir en même façon ; de plus, il faut considérer que lorsque ces vapeurs sont parvenues vers le haut des montagnes, et qu’elles ne se peuvent élever davantage, à cause que leur agitation diminue, leurs petites parties se joignent plusieurs ensemble ; et que, reprenant par ce moyen la forme de l’eau, elles ne peuvent descendre par les pores par où elles sont montées, à cause qu’ils sont trop étroits, mais qu’elles rencontrent d’autres passages un peu plus larges entre les diverses croûtes ou écorces dont j’ai dit que la terre extérieure est composée, par lesquels elles se vont rendre dans les fentes que j’ai dit aussi se trouver en cette terre extérieure ; et les remplissant, elles font des sources qui demeurent cachées sous terre jusqu’à ce qu’elles rencontrent quelques ouvertures en sa superficie, et sortant par ces ouvertures elles composent des fontaines dont les eaux, coulant par le penchant des vallées, s’assemblent en rivières et descendent enfin jusqu’à la mer.
65
Pourquoi l’eau de la mer ne croît point de ce que les rivières y entrent.
Furthermore, it must be noted that the spots which form daily around the sun possess highly irregular and varied shapes. Moreover, the central region of the earth, denoted as “M” and composed of the same material as these spots, is not uniformly solid throughout; rather, there are areas where its composition is less dense than in other places. As a result, the substance of the primary element that originates from the center of the earth and moves towards the outer layers of the earth passes through these denser regions in greater quantities than through other areas, thereby possessing greater power to affect or disturb those parts of the earth’s exterior located above these dense zones. It should also be observed that the heat emitted by the sun, as mentioned earlier, penetrates deep into the earth’s interior; however, this heat does not affect all parts of the earth’s outer layers in equal measure. Indeed, it is more intensely transmitted to those areas touched by the outer portions of the earth than to regions surrounded by water. Additionally, the sides of mountains facing south are much hotter due to the sun’s direct exposure, whereas those facing the poles receive less heat. Lastly, lands situated near the equator experience different levels of heating compared to those far from it; moreover, the alternation of days and nights, as well as seasons, also contributes to these variations.
60
What is the effect of this heat?
Thereafter, it is evident that all the various parts of this body C are always in some state of agitation, and that this agitation varies depending on the location and the time; and this applies not only to those parts of silver, salt, fresh water, and other similar substances that have descended from the outer earth E into the larger pores of the inner body C, where they are not fixedly attached; but also to all those parts of this inner earth itself, no matter how hard and tightly connected they may be. It is not that these closely joined parts are usually completely separated by the action of heat; but just as we see that the wind causes the branches of trees to move closer together or farther apart without causing them to be torn off or broken, we must assume that most of the parts of body C have various branches that are so intertwined and bound together that heat, even when it shakes them, cannot completely separate them, but can only cause the intervals between them to become sometimes narrower and sometimes wider. Moreover, since these inner parts are much harder than those of bodies D and E, which descend into these intervals when they widen, they press upon these outer parts when the intervals narrow; and by striking them repeatedly, they crush or bend them in such a way that they reduce them into two distinct forms, which deserve to be considered here.
61
How are those sour or corrosive juices formed that constitute vitriol, alum, and other such minerals?
The first type originates from those parts of salt or similar substances that are hard and brittle enough; when they penetrate the pores of body C, they are compressed and agitated so intensely that, whereas they were originally round and rigid, like small rods, they become flat and malleable—just as a bar of iron or another metal is transformed into a blade through repeated hammering. Moreover, these flattened portions, as they slide back and forth against the harder parts of body C, become sharpened and polished. Thus, turning sharp and pointed, they assume the form of certain acidic and corrosive substances. These substances then ascend toward body E, where the mines are located, and combine with metals, stones, or other materials to form vitriol, alum, or other minerals.
62
How is the oily substance that constitutes sulfur, asphalt, etc. formed?
The other type originates from the parts of bodies D and E; since these are less hard than the previous ones, they become so compressed within the pores of body C due to the agitation of its various components that they divide into numerous fine, flexible branches. These branches, being separated by the substance of the first element and carried toward body E, attach themselves to certain parts of it, thereby forming sulfur, bitumen, and in general, all the fatty or oily substances found in mines.
63
Principles of chemistry, and how metals are extracted from mines.
I have thus explained here three kinds of substances that seem to have a great deal in common with those that chemists usually consider to be their three fundamental principles—salt, sulfur, and mercury. For these corrosive juices can be regarded as salt; those tiny branches that constitute an oily substance can be considered as sulfur; and the pure silver can be seen as mercury. In my opinion, the true reason why metals are found in mines is that these corrosive juices, flowing through the pores of the mineral body C, cause certain parts of it to separate from others. These separated parts, being subsequently enveloped by those oily branches, are easily propelled from part C towards part E by the action of pure silver when it is heated and thus becomes more concentrated. Depending on the various sizes and shapes of these separated parts of mineral C, different types of metals are formed. I might have been able to explain these in more detail if I had had the convenience of conducting all the experiments necessary to verify the theories I have presented on this subject.
64
Of the nature of the outer earth, and the origin of springs.
But without dwelling further on this, let us begin to examine the outer earth E, which we have already said is divided into several portions—those lowest parts being covered by the waters of the sea, the higher ones forming mountains, and those in between constituting plains. Let us now consider what the sources of springs and rivers are, and why they never run dry, even though their water continuously flows into the sea; likewise, let us understand why all this fresh water that enters the sea does not make it any larger or less salty. To explain this, we must consider that there are vast cavities filled with water beneath the mountains. The heat there constantly generates numerous vapors, which are nothing but small droplets of water separated from each other and in a state of intense agitation. These vapors penetrate every pore of the outer earth and thus reach even the highest surfaces of plains and mountains. Since we observe that some of these vapors extend far into the atmosphere, where they form clouds, it is certain that many more ascend to the very summits of the mountains. It is easier for them to rise by flowing through the layers of the earth that support them than by passing through the air, which, being fluid, cannot sustain them in the same way. Moreover, when these vapors reach the upper regions of the mountains and can no longer ascend due to their reduced agitation, their tiny droplets combine together. Reverting to the form of water, they are unable to descend through the same pores from which they came because they are too narrow. Instead, they find other slightly wider passages between the various layers or crusts that make up the outer earth, and through these openings they flow into the fissures within it. There, they fill these spaces and form springs that remain hidden beneath the ground until they encounter an opening on the surface. Emerging through these openings, they create springs whose waters, flowing down the slopes of valleys, gather together to form rivers and ultimately reach the sea.
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Why doesn’t the amount of water in the sea increase by all the water that flows into it from the rivers?
Oltre a ciò, si deve notare che le macchie che si formano quotidianamente intorno al sole presentano forme molto irregolari e varie; allo stesso modo, la regione centrale della Terra, composta dalla stessa materia di queste macchie, non è uniformemente solida in tutte le sue parti: esistono infatti zone in cui le sue componenti sono meno dense rispetto ad altre. Questo fa sì che la materia dell’elemento primario, che si dirama dal centro della Terra verso il corpo C, attraversi alcune di queste zone in quantità maggiore rispetto ad altre, e quindi abbia una forza maggiore per agitare o scuotere le parti di quel corpo C situate in quelle aree. Si deve anche osservare che il calore del sole, che, come detto in precedenza, penetra fino nelle parti più interne della Terra, non agisce uniformemente su tutte le zone di quel corpo C: esso viene infatti trasmesso in quantità maggiore dalle parti esterne della Terra che lo contattano rispetto alle acque D; inoltre, i versanti delle montagne esposti a sud vengono riscaldati molto di più dal sole rispetto a quelli rivolti verso i poli; infine, le terre situate vicino all’equatore sono riscaldate in modo diverso da quelle che ne sono lontane, e anche la alternanza di giorni e notti, estati e inverni contribuisce a questa varietà.
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Qual è l’effetto di questo calore?
Di conseguenza, è evidente che tutte le parti di questo corpo C presentano sempre qualche tipo di movimento, il quale varia a seconda della posizione e del momento; ciò vale non solo per le parti dell’argento vivo, del sale, dell’acqua dolce e simili, che sono penetrate nei pori più profondi del corpo interno C senza esservi fissate in alcun modo, ma anche per tutte quelle parti di questo stesso corpo interno, per quanto dure e strettamente connesse tra loro. Non si tratta certo di parti che vengano normalmente separate dall’azione del calore; tuttavia, proprio come vediamo il vento muovere i rami degli alberi, facendoli avvicinare o allontanarsi l’uno dall’altro senza che vengano strappati o spezzati, si può pensare che anche le parti del corpo C abbiano diverse strutture interne così intrecciate e collegate tra loro che il calore, agitandole, non riesce a separarle completamente, ma soltanto a modificare gli spazi che esistono tra di esse, rendendoli talvolta più stretti e talvolta più ampi. Inoltre, poiché queste parti sono molto più dure rispetto alle parti dei corpi D ed E che penetrano in questi spazi quando questi si allargano, esse esercitano una pressione su di esse quando questi si restringono; colpendole ripetutamente, le deformano o le piegano in modo da farle assumere due tipi diversi di forma, che meritano sicuramente di essere analizzati qui.
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In che modo si formano i succhi acidi o corrosivi che costituiscono il vetro acido, l’allume e altri minerali simili?
Il primo genere di tali sostanze deriva da parti del sale o da altre materie simili, abbastanza dure e taglienti; quando queste vengono introdotte nei pori del corpo C, vi vengono premute e agitate con tale forza che, invece di rimanere rotonde e rigide come piccoli bastoncini, diventano piatte e flessibili, proprio come una barra di ferro o di altro metallo che, battuta ripetutamente con un martello, assume la forma di una lama affilata. Inoltre, queste parti dei corpi D o E, essendo state appiattite in questo modo e sfregandosi contro le parti del corpo C più dure, si affilano e si levigano ulteriormente; diventando così taglienti e acuminate, assumono la forma di alcuni succhi acidi e corrosivi che, salendo successivamente verso il corpo E, dove si trovano le miniere, costituiscono sostanze come il vetroio, l’allume o altri minerali, a seconda del modo in cui si mescolano e si solidificano con metalli, pietre o altre materie.
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Come si origina la materia oleosa che entra nella composizione dello zolfo, del bitume, ecc.?
L’altro genere di sostanze deriva dalle parti dei corpi D ed E; queste, essendo meno dure delle precedenti, vengono profondamente deformate nei pori del corpo C a causa dell’agitazione delle sue parti interne. Di conseguenza, si dividono in molte ramificazioni sottili e flessibili che, spinte lontano le une dalle altre dal materiale dell’elemento primario e dirette verso il corpo E, si attaccano a alcune delle sue parti, formando così lo zolfo, il bitume e, in generale, tutte le sostanze grasse o oleose presenti nelle miniere.
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Principi della chimica, e in che modo i metalli vengono estratti dalle miniere.
Ho quindi spiegato qui tre tipi di sostanze che, a mio parere, hanno molti punti in comune con quelle che i chimici solitamente considerano i loro tre principali elementi: il sale, lo zolfo e il mercurio. Infatti, si può considerare questi succhi corrosivi come il “sale”, queste piccole strutture che costituiscono una materia oleosa come lo “zolfo”, e l’argento puro come il “mercurio”. La vera causa per cui i metalli vengono estratti dalle miniere, secondo me, è che questi succhi corrosivi, scorrendo nei pori della sostanza C, fanno sì che alcune sue parti si staccino dalle altre. Queste parti, successivamente avvolte da queste piccole strutture oleose, vengono facilmente spinte dalla parte dell’argento puro verso la parte E, quando quest’ultimo viene agitato e rarefatto dal calore. A seconda delle diverse dimensioni e forme che assumono queste parti della sostanza C, ne derivano diversi tipi di metalli; forse avrei potuto spiegarli più in dettaglio se avessi avuto la possibilità di condurre tutte le esperimentazioni necessarie per verificare i ragionamenti che ho espresso su questo argomento.
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Della natura della terra esterna e dell’origine delle sorgenti.
Ma senza soffermarci ulteriormente su questo argomento, cominciamo ad esaminare la terra esterna E, che abbiamo già detto essere divisa in diverse parti: le più basse sono coperte dalle acque del mare, quelle più alte formano le montagne, e quelle intermedie costituiscono le pianure. Ora vediamo quali siano le sorgenti di queste fonti e di questi fiumi, e perché queste acque non si esauriscono mai, nonostante continuiamente scorrono verso il mare; inoltre, comprendiamo perché tutte queste acque dolci che finiscono nel mare non ne aumentano né diminuiscono il livello o la salinità. A tal fine è necessario considerare che sotto le montagne esistono grandi cavità piene d’acqua; il calore presente in queste zone genera continuamente vapore, il quale, essendo costituito da piccole gocce d’acqua fortemente agitate, si diffonde attraverso tutti i pori della terra esterna, raggiungendo così anche le superfici più alte delle pianure e delle montagne. Poiché vediamo che alcune di queste particelle di vapore arrivano fino all’aria, dove formano le nuvole, non possiamo dubitare che ne esistano molte altre che salgono ancora più in alto, soprattutto perché è più facile per loro elevarsi scorrendo tra le parti della terra che le sostengono, piuttosto che attraverso l’aria, che essendo fluida non può sostenere la loro pressione. Inoltre, quando queste particelle di vapore raggiungono la sommità delle montagne e la loro agitazione diminuisce, le loro gocce si uniscono tra loro; riprendendo così la forma dell’acqua, non riescono a scendere attraverso i pori da cui sono salite, poiché questi sono troppo stretti. Tuttavia, incontrano altri passaggi più ampi tra le varie croste o strati di cui è composta la terra esterna; attraverso di essi raggiungono le fessure presenti in questa superficie e, riempiendole, formano sorgenti che rimangono nascoste sotto terra fino a quando non trovano delle aperture in superficie; da queste aperture fuoriescono e formano fonti le cui acque, scendendo lungo i versanti delle valli, si uniscono in fiumi per poi raggiungere il mare.
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Perché l’acqua del mare non aumenta di quantità per via di tutto ciò che i fiumi vi versano?
Or, encore qu’il sorte ainsi continuellement beaucoup d’eau des concavités qui sont sous les montagnes, d’où étant élevée elle coule par les rivières jusqu’à la mer, toutefois ces concavités ne s’épuisent point, et la mer n’en devient point plus grande : dont la raison est que la terre extérieure n’a pu être fermée en la façon que j’ai décrite par le débris du corps E dont les pièces sont tombées inégalement sur la superficie du corps C, qu’il ne soit demeuré plusieurs grands passages au-dessous de ces pièces, par où il retourne autant des eaux de la mer vers le bas des montagnes qu’il en sort par le haut qui va dans la mer ; de façon que le cours de l’eau en cette terre imite celui du sang dans le corps des animaux, où il fait un cercle, en coulant sans cesse fort promptement de leurs veines dans leurs artères, et de leurs artères dans leurs veines.
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Pourquoi l’eau de la plupart des fontaines est douce, et la mer demeure salée.
Et, bien que la mer soit salée, toutefois la plupart des fontaines ne le sont point : dont la raison est que les parties de l’eau de la mer qui sont douces, étant molles et pliantes, se changent aisément en vapeurs, et passent par les chemins détournés qui sont entre les petits grains de sable et les autres telles parties de la terre extérieure ; au lieu que celles qui composent le sel étant dures et raides, sont plus difficilement élevées par la chaleur, et ne peuvent passer par les pores de la terre, si ce n’est qu’ils soient plus larges qu’ils n’ont coutume d’être. Et les eaux de ces fontaines en s’écoulant dans la mer ne la rendent point douce, à cause que le sel qu’elles y ont laissé en s’élevant en vapeurs dans les montagnes se mêle derechef avec elles.
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Pourquoi il y a aussi quelques fontaines dont l’eau est salée.
Mais nous ne devons pas pour cela trouver étrange qu’il se rencontre aussi quelques sources d’eau salée en des lieux fort éloignés de la mer : car la terre s’étant entre-fendue en plusieurs endroits, ainsi qu’il a été dit, il se peut faire que l’eau de la mer vient jusqu’aux lieux où sont ces sources sans passer que par des conduits qui sont si larges qu’elle amène facilement son sel avec soi, non seulement lorsque ces conduits se rencontrent en des puits si profonds qu’elles ne sont pas moins basses que l’eau de la mer, auquel cas elles participent ordinairement à son flux et reflux, mais aussi lorsqu’elles sont beaucoup plus hautes, à cause que les parties du sel étant soutenues par la pente de ces conduits, peuvent monter avec celles de l’eau douce : comme on voit par expérience, en faisant chauffer de l’eau de mer dans une cuve telle que ABC, qui est plus large par le haut que par le bas, qu’il s’élève du sel le long de ses bords, lequel s’y attache de tous côtés en forme de croûte, pendant que l’eau douce qui l’accompagnait s’évapore.
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Pourquoi il y a des mines de sel en quelques montagnes.
Et cet exemple sert aussi à entendre comment il s’est assemblé quantité de sel en certaines montagnes, dont on le tire en forme de pierres pour s’en servir ainsi que de celui qui se fait de l’eau de la mer : car cela vient de ce que les parties de l’eau douce qui ont amené du sel de la mer jusque-là ont passé outre en s’évaporant, et qu’il ne les a pu suivre plus loin.
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Pourquoi outre le sel commun, on en trouve aussi de quelques autres espèces.
Mais il arrive aussi quelquefois que le sel qui vient de la mer passe par des pores de la terre si étroits, ou tellement disposés, qu’ils changent quelque chose en la figure de ses parties, au moyen de quoi il perd la forme du sel commun, et prend celle du salpêtre, du sel ammoniac, ou de quelque autre espèce de se). Et outre cela, plusieurs des petites parties de la terre, sans être venues de la mer, peuvent être de telles figures qu’elles entrent en la composition de ces sels : car rien n’est requis à cet effet, sinon qu’elles soient assez longues et roides, sans être divisées en branches ; et selon les autres différences qu’elles ont elles composent des sels de diverses espèces.
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Quelle différence il y a ici entre les vapeurs, les esprits et les exhalaisons.
Outre les vapeurs qui s’élèvent des eaux qui sont sous la terre extérieure E, il sort aussi de la terre intérieure grande quantité d’esprits pénétrants et corrosifs, et plusieurs exhalaisons grasses ou huileuses, et même de l’argent vif, lequel, montant en forme de vapeur, amène avec soi des parties des autres métaux ; et, selon les diverses façons que ces choses se mêlent ensemble, elles composent divers minéraux. Je prends ici pour des esprits tant les parties des sucs corrosifs que celles des sels volatils, lorsqu’elles sont séparées l’une de l’autre, et tellement mues que la force de leur agitation surpasse celle de leur pesanteur. Et, bien que le mot d’exhalaisons soit général, je ne le prends néanmoins maintenant que pour signifier des parties de la matière du troisième élément, séparées et agitées, comme celles des vapeurs ou des esprits, mais qui sont fort déliées et divisées en plusieurs branches fort pliantes, en sorte qu’elles peuvent servir à composer tous les corps gras et les huiles. Ainsi, encore que les eaux, les sucs corrosifs et les huiles soient des corps liquides, il y a néanmoins cette différence, que leurs parties ne font que ramper et glisser l’une contre l’autre, au lieu que ces mêmes parties, lorsqu’elles composent des vapeurs, des esprits, ou des exhalaisons, sont tellement séparées et agitées qu’on peut dire qu’elles volent.
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Comment leur mélange compose diverses espèces de pierres dont quelques-unes sont transparentes et les autres ne le sont pas.
Et ce sont les esprits qui doivent être mus le plus fort pour voler en cette façon ; ce sont ceux aussi qui pénètrent le plus aisément dans les petits pores des corps terrestres, à cause de la force dont ils sont mus, et de la figure de leurs parties ; ensuite de quoi ils s’y arrêtent et s’y attachent aussi le plus fort ; c’est pourquoi ils rendent ces corps plus durs que ne font les exhalaisons ni les vapeurs. Au reste, à cause qu’il y a grande différence entre ces trois sortes de fumées, que je nomme vapeurs, esprits et exhalaisons, selon que leurs parties se mêlent et se joignent diversement, soit avec les petites parties des corps terrestres, soit entre elles, elles composent toutes les diverses sortes de pierres et autres corps qui se trouvent sous terre. Et quelques-uns de ces corps sont transparents, les autres ne le sont pas : car lorsque ces fumées ne font que s’arrêter dans les pores de quelque partie de la terre extérieure sans changer leur situation, il est évident que les corps qu’elles composent ne peuvent être transparents, à cause que cette terre ne l’est pas ; mais lorsqu’elles s’assemblent hors de ces pores en quelques fentes ou concavités de la terre, les corps qu’elles composent sont liquides au commencement, et par même moyen transparents, ce qu’ils retiennent encore par après, bien que les fluides de leurs parties s’évaporant peu à peu, ils deviennent durs ; et c’est ainsi que les diamants, les agates, le cristal, et autres telles pierres, se produisent.
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Comment les métaux viennent dans les mines, et comment s’y fait le vermillon.
Ainsi les vapeurs de l’argent vif qui montent par les petites fentes et les plus larges pores de la terre intérieure amenant aussi avec soi des parties d’or, d’argent, de plomb, ou de quelque autre métal, lesquelles y demeurent par après, bien que souvent l’argent vif ne s’y arrête pas, à cause qu’étant fort fluide il passe outre, ou bien redescend ; mais il arrive aussi quelquefois qu’il s’y arrête, à savoir lorsqu’il rencontre plusieurs exhalaisons dont les parties fort déliées enveloppent les siennes, et par ce moyen le changent en vermillon. Au reste, ce n’est pas le seul argent vif qui peut amener avec soi les métaux de la terre intérieure en l’extérieure, les esprits et les exhalaisons font aussi le semblable au regard de quelques-uns, comme du cuivre, du fer et de l’antimoine.
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Pourquoi les métaux ne se trouvent qu’en certains endroits de la terre.
Or, even though a great deal of water continuously flows from the depressions beneath the mountains and, rising therefrom, travels through rivers towards the sea, these depressions do not become depleted in any way, nor does the sea increase in volume as a result. The reason for this is that the outer layers of the earth were not closed in the manner I described—namely, because the fragments of that larger body E did not fall evenly across the surface of body C. As a result, numerous large passages remained beneath these fragments, through which an equal amount of seawater flows back down from the mountains as much as flows upward towards the sea. In this way, the circulation of water within the earth resembles the circulation of blood in animals: it forms a continuous cycle, flowing rapidly from their veins into their arteries and then back again into their veins.
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Why is the water in most fountains sweet, while the sea remains salty?
And although the sea is salty, most springs are not; the reason for this is that the parts of the seawater that are fresh and soft are easily transformed into vapor and pass through the tiny pores between the sand grains and other such parts of the earth’s surface. In contrast, the salt that makes up seawater is hard and rigid, and therefore it is more difficult for heat to raise it into vapor; moreover, these salts cannot pass through the pores of the earth unless those pores are larger than they usually are. When the waters from these springs flow back into the sea, they do not make it less salty, because the salt that has been released into the air and then returned to the sea immediately mixes with the seawater again.
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Why are there also some fountains whose water is salty?
But we should not find it strange that some sources of salt water are found in places far from the sea, for since the earth has split open in many places, as has been said, it is possible for seawater to reach these areas through channels that are so wide that they easily carry their salt along with them. This occurs not only when these channels meet in very deep wells that are no less deep than the sea level, and in such cases they usually participate in the ebb and flow of the tides, but also when the channels are much higher up. This is because the salt is carried upward by the slope of these channels, allowing it to rise together with the fresh water. As we can observe from experience, when seawater is heated in a container like ABC, which is wider at the top than at the bottom, salt begins to crystallize along its edges, forming a crust on all sides, while the accompanying fresh water evaporates.
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Why are there salt mines in certain mountains?
And this example also helps us understand how large amounts of salt have accumulated in certain mountains, where it is extracted in the form of stones for use; the same process occurs with seawater: it is because the parts of fresh water that carried salt from the sea to those areas have evaporated, leaving the salt behind.
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Why are there various other types of salt besides common salt?
But sometimes, it also happens that the salt which comes from the sea passes through pores in the earth that are so narrow or so arranged in particular ways that they alter the structure of its components. As a result, this salt loses its usual form and takes on the appearance of nitre, ammonium chloride, or some other kind of salt. Moreover, many of these small elements within the earth, even though they do not originate from the sea, can possess such properties that they contribute to the formation of these salts. For this process, nothing more is required than for them to be long and rigid enough, without being divided into branches; and depending on their other characteristics, they will combine to form various types of salts.
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What difference is there here between vapors, spirits, and exhalations?
In addition to the vapors that rise from the waters beneath the outer earth E, a great quantity of penetrating and corrosive spirits also emerge from the inner earth, along with various oily or fatty exhalations—and even pure silver, which, in the form of vapor, carries with it portions of other metals. Depending on the ways in which these substances mix together, they form various minerals. Here, I refer to both the corrosive juices and the volatile salts as “spirits,” when they are separated from each other and moved in such a way that the force of their agitation exceeds that of their weight. Although the term “exhalations” is general, I use it here specifically to denote those parts of the material of the third element that are separated and agitated—just like vapors or spirits—but which are extremely delicate and divided into numerous flexible branches, allowing them to combine and form all kinds of fats and oils. Thus, although water, corrosive juices, and oils are liquid substances, there is still this difference: their parts merely slide and move against each other, whereas when they combine to form vapors, spirits, or exhalations, those same parts become so separated and agitated that one could say they “fly.”
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How their mixture constitutes various types of stones—some of which are transparent and others not.
It is the spirits that must be propelled with the greatest force in order to ascend in this manner; it is also they that penetrate most easily into the tiny pores of terrestrial bodies, due to the strength with which they are driven and the shape of their constituent parts. Once inside, they settle there and become firmly attached; hence, they make these bodies harder than either exhalations or vapors can achieve. Moreover, since there is a great difference among these three types of smoke—which I call vapors, spirits, and exhalations—depending on how their components mix and combine, whether with the tiny parts of terrestrial bodies or with each other, they together form all sorts of rocks and other substances that exist underground. Some of these substances are transparent, while others are not; for when these vapors merely settle within the pores of the outer layers of the earth without altering their state, it is clear that the resulting bodies cannot be transparent, since the earth itself is not transparent. But when these vapors gather outside these pores in certain fissures or cavities within the earth, the resulting bodies are initially liquid and thus transparent; as time goes by, however, and their constituents gradually evaporate, they become solid. It is in this way that diamonds, agates, crystal, and other such stones are formed.
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How do metals end up in mines, and how is cinnabar produced there?
Thus, the vapors of quicksilver that rise through the small fissures and larger pores of the inner earth also carry with them portions of gold, silver, lead, or some other metal, which remain there afterward—though often quicksilver itself does not stop there, for being highly fluid, it either passes through or descends again. However, it sometimes does stay behind, especially when it encounters other vapors whose extremely fine particles envelop its own and thereby transform it into vermilion. Moreover, quicksilver is not the only substance capable of bringing these inner-earth metals to the surface; other substances such as spirits and exhalations can also accomplish the same for certain metals like copper, iron, and antimony.
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Why are metals only found in certain parts of the earth?
Oltre che molta acqua continui ad uscire dalle cavità situate sotto le montagne, e da lì scorra attraverso i fiumi fino al mare, queste cavità non si esauriscono mai, né il mare diventa più grande: la ragione di ciò è che la superficie terrestre esterna non è stata chiusa nel modo che ho descritto, a causa dei detriti del corpo E i cui frammenti sono caduti in modo disomogeneo sulla superficie del corpo C; quindi sono rimasti numerosi passaggi sotterranei attraverso i quali l’acqua del mare ritorna verso le basse zone delle montagne nella stessa quantità in cui ne esce verso le zone superiori che conducono al mare. In questo modo, il flusso dell’acqua in questa terra segue lo stesso percorso del sangue negli animali: scorre incessantemente e molto rapidamente dalle vene alle arterie, e dalle arterie alle vene.
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Perché l’acqua della maggior parte delle fontane è dolce, mentre il mare rimane salato?
E, sebbene il mare sia salato, la maggior parte delle sorgenti non lo è: la ragione sta nel fatto che le parti dell’acqua marina dolci, essendo morbide e flessibili, si trasformano facilmente in vapore e passano attraverso i canali presenti tra i piccoli granelli di sabbia e altre parti della superficie terrestre; al contrario, quelle componenti del sale, essendo dure e rigide, sono più difficili da riscaldare e non riescono a passare attraverso i pori della terra, se non quando questi sono più larghi del solito. L’acqua di queste sorgenti, una volta versata nel mare, non lo rende dolce, poiché il sale che vi viene lasciato durante la trasformazione in vapore si mescola immediatamente con essa.
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Perché esistono anche alcune fontane le cui acque sono salate.
Ma non dobbiamo considerare strano il fatto che si trovino alcune sorgenti d’acqua salata in luoghi molto lontani dal mare: poiché la terra, come è stato detto, si è divisa in più parti, è possibile che l’acqua marina raggiunga questi luoghi attraverso canali così ampi da trasportare facilmente con sé il proprio sale. Ciò avviene non solo quando questi canali si incontrano in pozzi così profondi da essere altrettanto bassi quanto l’acqua marina, e in tal caso partecipano normalmente al suo flusso e riflusso, ma anche quando sono molto più alti: poiché le particelle di sale, sostenute dal pendio di questi canali, possono salire insieme alle acque dolci. Come si può osservare dall’esperienza, riscaldando l’acqua marina in una vasca come ABC, che è più larga nella parte superiore che in quella inferiore, il sale si deposita lungo i suoi bordi, formando uno strato crostoso su tutti i lati, mentre l’acqua dolce che vi era contenuta evapora.
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Perché in alcune montagne esistono miniere di sale.
E questo esempio serve anche per comprendere come in alcune montagne si sia accumulata una grande quantità di sale; quel sale viene estratto sotto forma di pietre e utilizzato allo stesso modo di quello ottenuto dall’acqua di mare. Ciò avviene perché le parti dell’acqua dolce che hanno portato il sale del mare fino a quelle zone sono poi evaporate, impedendo al sale di seguirle ulteriormente.
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Perché, oltre al sale comune, ne esistono anche di altre varietà.
Ma a volte succede che il sale proveniente dal mare passi attraverso pori della terra così stretti o disposti in modo particolare da modificare la struttura delle sue parti, facendogli perdere la forma tipica del sale comune e assumere invece quella del salnitro, del sale ammoniacale o di qualche altra specie di sale. Inoltre, molte delle piccole particelle presenti nella terra, anche se non provenienti dal mare, possono avere una struttura tale da entrare nella composizione di questi sali: infatti, per questo scopo non è necessario nulla di particolare, tranne che tali particelle siano abbastanza lunghe e dure, senza essere divise in rami; e a seconda delle altre differenze che presentano, esse possono formare sali di varie specie.
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Qual è la differenza tra queste vapori, questi spiriti e queste emissioni?
Oltre alle vapore che si elevano dalle acque situate al di sotto della superficie terrestre esterna E, anche dalla terra interna provengono grandi quantità di esseri penetranti e corrosivi, nonché diversi gas grassi o oleosi; inoltre, emerge addirittura dell’argento puro, il quale, assumendo forma di vapore, trasporta con sé parti di altri metalli. A seconda dei modi in cui queste sostanze si mescolano tra loro, ne derivano diversi minerali. Qui intendo per “esseri penetranti e corrosivi” sia le parti dei succhi acidi che quelle dei sali volatili, quando sono separate l’una dall’altra e sottoposte a movimenti tali da far superare alla loro forza di agitazione quella della loro gravità. E sebbene il termine “gas” sia generico, lo uso qui esclusivamente per indicare parti della materia dell’elemento terzo, separate e in movimento, simili alle vapore o agli esseri penetranti, ma estremamente sottili e divise in molteplici componenti flessibili; tali sostanze possono quindi costituire tutti i corpi grassi e le oli. Così, anche se acque, succhi corrosivi e oli sono corpi liquidi, esiste comunque questa differenza: mentre le loro parti si muovono soltanto strisciando l’una contro l’altra, quando formano vapore, esseri penetranti o gas, queste stesse parti sono così separate e in movimento che si può dire che “volino”.
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Il loro miscuglio dà origine a diverse specie di pietre: alcune sono trasparenti, altre no.
Sono gli spiriti quelli che devono essere spinti con maggiore forza per poter volare in questo modo; sono anche quelli che penetrano più facilmente nei piccoli pori dei corpi terrestri, a causa della forza che li spinge e della forma delle loro parti; successivamente si fermano e vi si attaccano con ancora maggiore intensità; è per questa ragione che rendono questi corpi più duri di quanto possano fare le esalazioni o le vapori. Inoltre, poiché esiste una grande differenza tra queste tre tipologie di fumo – che chiamo vapori, spiriti ed esalazioni – a seconda del modo in cui le loro parti si mescolano e si uniscono, sia con le piccole parti dei corpi terrestri sia tra di loro, esse compongono tutte le varie tipologie di pietre e altri corpi che si trovano sottoterra. Alcuni di questi corpi sono trasparenti, altri no: infatti, quando queste fumate si limitano a fermarsi nei pori di una qualche parte della terra esterna senza modificare la loro posizione, è evidente che i corpi che ne risultano non possono essere trasparenti, poiché la stessa terra non lo è; ma quando si raccolgono al di fuori di questi pori in alcune fessure o concavità della terra, i corpi che ne derivano sono inizialmente liquidi e quindi trasparenti; successivamente, man mano che i fluidi delle loro parti si evaporano gradualmente, diventano duri; ed è così che si formano diamanti, agate, cristalli e altre pietre simili.
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Come i metalli arrivano nelle miniere, e come viene prodotto il rosso vermiglio.
Così i vapori dell’argento vivo che emergono attraverso le piccole fessure e i pori più ampi della terra interna portano con sé anche parti d’oro, d’argento, di piombo o di qualche altro metallo, le quali rimangono lì in seguito; sebbene spesso l’argento vivo non si fermi in quel luogo, poiché essendo molto fluido passa oltre o ritorna giù. Tuttavia, a volte si ferma, soprattutto quando incontra altre emanazioni le cui parti molto sottili avvolgono le sue e, in questo modo, le trasformano in rosso. Del resto, non è l’unico argento vivo che può portare i metalli della terra interna verso l’esterno: gli spiriti e le emanazioni possono fare lo stesso per alcuni metalli, come il rame, il ferro e l’antimonio.
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Perché i metalli si trovano soltanto in alcune zone della Terra?
Et il faut remarquer que ces métaux ne peuvent guère monter que des endroits de la terre intérieure auxquels touchent les pièces de l’extérieure qui sont tombées sur elle ; comme par exemple en cette figure ils montent de 5 vers Y ; et ce qui empêche qu’ils ne montent aussi des autres lieux, est qu’il y a de l’eau entre deux, au travers de laquelle ils ne peuvent être élevés ; ce qui est cause qu’on ne trouve pas des métaux en tous les endroits de la terre.
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Pourquoi c’est principalement au pied des montagnes, du côté qui regarde le midi ou l’orient, qu’ils se trouvent.
Il faut aussi remarquer que par le pied des montagnes que montent ces métaux, comme ici de 5 vers V ; et que c’est là qu’ils s’arrêtent le plus aisément pour faire des mines d’or, d’argent, de cuivre, ou semblables, à cause qu’il s’y trouvent quantité de petites fentes ou de pores fort larges que ces métaux peuvent remplir ; et même qu’ils ne s’assemblent guère en ces montagnes que vers les côtés qui sont exposés au midi ou à l’orient, à cause que ce sont ceux que la chaleur du soleil, qui aide à les faire monter, échauffe le plus ; ce qui s’accorde avec l’expérience, parce que ceux qui cherchent des mines n’ont coutume d’en trouver qu’en ces côtés-là.
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Que toutes les mines sont en la terre extérieure, et qu’on ne saurait creuser jusqu’à l’intérieure.
Mais il ne faut pas espérer qu’on puisse jamais, à force de creuser, parvenir jusqu’à cette terre intérieure que j’ai dit être entièrement métallique ; car, outre l’extérieure, qui est au-dessus, est si épaisse qu’à peine la force des hommes pourrait suffire pour creuser au-delà, on ne manquerait pas d’y rencontrer diverses sources, par lesquelles l’eau sortirait avec d’autant plus d’impétuosité qu’elles seraient ouvertes plus bas, en sorte que les mineurs ne pourraient éviter d’être noyés.
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Comment se compose le soufre, le bitume, l’huile minérale et l’argile.
Quant aux exhalaisons que j’ai décrites, et qui viennent de la terre intérieure, leurs parties sont si déliées qu’elles ne peuvent composer, étant seules, aucun autre corps que de l’air ; mais elles se joignent aisément avec les plus subtiles parties des esprits, lesquelles, cessant par ce moyen d’être unies et glissantes, acquièrent des petites branches qui font qu’elles peuvent aussi s’attacher à d’autres corps : à savoir elles s’attachent quelquefois avec des parties des sucs corrosifs, mêlées de quelques autres qui sont métalliques, et ainsi elles composent du soufre ; quelquefois elles se joignent avec des parties de la terre extérieure parmi lesquelles il y a quantité des mêmes sucs, et ainsi composent des terres qui sont propres à brûler, comme du bitume, de la naphte, et semblables ; quelquefois aussi elles ne se mêlent qu’avec des parties de terre, et lors elles composent de l’argile : enfin, quelquefois elles s’assemblent presque toutes seules, à savoir lorsque leur agitation est si faible que leur pesanteur est suffisante pour faire qu’elles se pressent les unes les autres, au moyen de quoi elles composent les huiles qu’on trouve en quelques endroits dans les mines.
77
Quelle est la cause des tremblements de terre.
Mais lorsque ces exhalaisons, jointes aux plus subtiles parties des esprits, sont trop agitées pour se convertir ainsi en huile, et qu’elles se rencontrent sous terre en des fentes ou concavités qui n’ont auparavant contenu que de l’air, elles y composent une fumée grasse et épaisse qu’on peut comparer à celle qui sort d’une chandelle lorsqu’elle vient d’être éteinte : et comme celle-ci s’embrase fort aisément sitôt qu’on en approche la flamme d’une autre chandelle, ainsi, lorsque quelque étincelle de feu est excitée en ces concavités, elle s’éprend incontinent en toute la fumée dont elles sont pleines, et par ce moyen la matière de cette fumée se changeant en flamme, se raréfie tout-à-coup, et pousse avec grande violence tous les côtés du lieu où elle est enfermée, principalement s’il y a en elle quantité d’esprits ou de sels volatils. Et c’est ainsi que se font les tremblements de terre ; car, lorsque les concavités qu’elle occupe sont fort grandes, elle peut ébranler en un moment tout le pays qui les couvre et même qui les environne.
78
D’où vient qu’il y a des montagnes dont il sort quelquefois de grandes flammes.
Il arrive aussi quelquefois que la flamme qui cause ces tremblements entrouvre la terre vers le sommet de quelque montagne, et sort en grande abondance par là ; car les concavités où elle est n’étant pas assez grandes pour la contenir, elle fait effort de tous côtés pour en sortir et se fait plus aisément un passage par le sommet d’une montagne que par aucun autre lieu ; premièrement, à cause qu’il ne se rencontre guère de concavités qui soient fort grandes et propres à recevoir ces fumées, sinon au-dessous des plus hautes montagnes, puis aussi à cause qu’il n’est pas besoin de tant de force pour entrouvrir et séparer les extrémités de ces grandes pièces de terre extérieure que j’ai dit être appuyées de côté l’une contre l’autre, aux lieux où elles composent les sommets des montagnes, que pour y faire une nouvelle ouverture en quelque autre endroit ; et, bien que la pesanteur de ces grandes pièces de terre ainsi entrouvertes soit cause quelles se rejoignent fort proprement lorsque la flamme est sortie, toutefois, à cause que cette flamme qui sort avec grande impétuosité pousse ordinairement devant soi beaucoup de terre mêlée de soufre ou de bitume, il se peut faire que ces montagnes brûlent encore longtemps après, jusqu’à ce que tout ce soufre ou ce bitume soit consumé : et lorsque ces mêmes concavités se remplissent derechef de semblables fumées qui s’embrasent, la flamme en sort plus aisément par l’endroit qui a déjà été ouvert que par d’autres ; ce qui est cause qu’il y a des montagnes où plusieurs tels embrasements ont été vus, comme sont Etna en Sicile, le Vésuve près de Naples, Hécla en Islande.
79
D’où vient que les tremblements de terre se font souvent à plusieurs secousses.
Au reste, les tremblements de terre ne finissent pas toujours après la première secousse, mais il s’en fait quelquefois plusieurs pendant quelques heures ou quelques jours de suite : dont la raison est que les fumées qui s’enflamment ne sont pas toujours en une seule concavité, mais ordinairement en plusieurs, qui ne sont séparées que d’un peu de terre bitumineuse ou soufrée, en sorte que lorsque le feu s’éprend en l’une de ces concavités, et donne par ce moyen la première secousse à la terre, il ne peut entrer pour cela dans les autres jusqu’à ce qu’il ait consumé la matière qui est entre deux, à quoi il a besoin de quelque temps.
80
Quelle est la nature du feu.
Mais je n’ai point encore dit en quelle façon le feu se peut éprendre dans les concavités de la terre, à cause qu’il faut savoir auparavant quelle est sa nature, laquelle je tâcherai maintenant d’expliquer. Toutes les petites parties des corps terrestres, de quelque grosseur ou figure qu’elles soient, prennent la forme du feu, lorsqu’elles sont séparées l’une de l’autre, et tellement environnées de la matière du premier élément qu’elles sont contraintes de suivre son cours ; comme aussi elles prennent la forme de l’air lorsqu’elles sont environnées de la matière du second élément, de laquelle elles suivent le cours. De façon que la première et la principale différence qui est entre l’air et le feu consiste en ce que les parties du feu se meuvent beaucoup plus vite que celles de l’air, d’autant que l’agitation du premier élément est incomparablement plus grande que celle du second. Mais il y a encore entre eux une autre différence fort remarquable, qui consiste en ce que ce sont les plus grosses parties des corps terrestres qui sont les plus propres à conserver et nourrir le feu, au lieu que ce sont les plus petites qui retiennent le mieux la forme de l’air ; car, bien que les plus grosses, comme par exemple, celles de l’argent vif, la puissent aussi recevoir lorsqu’elles sont fort agitées par la chaleur, elles la perdent par après d’elles-mêmes, lorsque cette agitation diminuant, leur pesanteur les fait descendre.
81
Comment il peut être produit.
It must be noted that these metals can only rise from those parts of the interior earth that are in contact with the outer fragments that have fallen upon it; for instance, in this diagram, they rise 5 units towards the point Y. What prevents them from rising from other locations is the presence of water in between, which prevents their ascent; this is why metals are not found in every part of the earth.
74
Why are they mainly found at the foot of mountains, on the side that faces south or east?
It should also be noted that it is at the foot of the mountains where these metals ascend, as in this case from a distance of 5 units towards the direction of V; and it is there that they tend to accumulate most readily, forming deposits of gold, silver, copper, or similar metals. This is because those areas contain numerous small fissures or wide pores that these metals can fill. Moreover, these metals rarely accumulate in the mountains except on the sides facing south or east, since it is these sides that are heated most by the sun’s rays, which facilitate their upward movement. This observation is consistent with practical experience, as miners usually find deposits in these very areas.
75
That all mines are located in the outer layers of the earth, and that it is impossible to dig down to the inner parts.
But one must not hope that it would ever be possible, through relentless digging, to reach that inner layer of earth which I said is entirely metallic; for besides the outer layer above, this inner layer is so thick that even the greatest human effort would hardly be sufficient to dig through it. One would undoubtedly encounter various springs there, from which water would gush forth with even greater force the deeper they were located, making it absolutely impossible for miners to avoid being drowned.
76
How are sulfur, asphalt, mineral oil, and clay composed?
As for those exhalations I have described, which originate from the inner earth, their constituent parts are so delicate that, on their own, they cannot form any other substance but air; however, they readily combine with the most subtle aspects of spiritual substances. In doing so, these spiritual elements cease to be in a state of fluidity and acquire new properties that allow them to attach themselves to other substances. Sometimes they combine with parts of corrosive juices mixed with metallic elements, thus forming substances like sulfur; at other times, they merge with components of the outer earth that also contain such juices, resulting in flammable materials such as tar and petroleum. Yet in other cases, they merely mix with earthly elements, producing clay. Finally, sometimes these exhalations combine almost entirely on their own, when their movement is so minimal that their inherent weight is sufficient to cause them to press together, thereby forming the oils found in certain mineral deposits.
77
What are the causes of earthquakes?
But when these exhalations, combined with the most subtle elements of the spirits, become too turbulent to be converted into oil in this manner, and when they meet underground in fissures or cavities that previously contained only air, they form a thick, oily smoke—comparable to the smoke that rises from a candle just after it has been extinguished. Just as such smoke ignites very easily when brought near the flame of another candle, so too, when some spark of fire is ignited in these underground cavities, it immediately spreads throughout the entire volume of smoke contained therein. As a result, the substance of this smoke transforms into flames, causing it to expand rapidly in all directions within the confined space—especially if there are large amounts of spirits or volatile salts present. It is in this way that earthquakes occur; for when these underground cavities are sufficiently large, they can shake entire regions that cover and even surround them in an instant.
78
Where do those mountains come from, from which sometimes great flames burst forth?
Sometimes, the flame that causes these tremors opens cracks in the earth towards the summit of a mountain and emerges in great abundance through those openings. Since the cavities within which it resides are not large enough to contain it, it strives to escape from all sides, and it finds it much easier to break through the summit of a mountain than any other place. Firstly, because there are very few large cavities capable of holding such smoke, except beneath the highest mountains. Secondly, because it takes far less effort to crack open and separate the edges of these massive blocks of earth—which, as I have said, lie pressed against each other at the summits of mountains—than to create new openings in other locations. Moreover, although the weight of these split blocks causes them to rejoin tightly once the flame has passed through, the intense force with which the flame emerges often pushes large amounts of earth mixed with sulfur or tar ahead of it. As a result, these mountains may continue to burn for a long time until all the sulfur or tar is consumed. When these same cavities are once again filled with such flammable gases, the flame emerges more easily through the previously opened cracks than through other areas. This is why there are mountains where such eruptions have been observed on many occasions, such as Etna in Sicily, Vesuvius near Naples, and Hekla in Iceland.
79
Why do earthquakes often occur in multiple phases?
Furthermore, earthquakes do not always cease after the first shock; sometimes several more shocks occur within hours or even days. The reason for this is that the flames that arise are not always confined to a single cavity, but usually spread across multiple ones, which are only separated by thin layers of bituminous or sulphur-rich material. As a result, when fire breaks out in one of these cavities and causes the first shock, it cannot immediately spread to the others until it has consumed the material separating them—which takes some time.
80
What is the nature of fire?
But I have not yet explained in what manner fire can originate within the cavities of the earth, for it is necessary first to understand what its nature truly is, which I will now attempt to elucidate. All the small parts of terrestrial bodies, regardless of their size or shape, assume the form of fire when they are separated from one another and are surrounded entirely by the substance of the primary element, thereby being compelled to follow its natural course; likewise, they take on the form of air when they are encircled by the substance of the secondary element and thus follow its trajectory. Thus, the primary and most significant difference between fire and air lies in the fact that the parts of fire move much more rapidly than those of air, given that the agitation caused by the primary element is incomparably greater than that of the secondary element. However, there is another notable distinction between them: it is the larger parts of terrestrial bodies that are best suited to retain and nourish fire, whereas the smaller parts are more capable of retaining the form of air. For although even the larger parts—such as those of red-hot silver—can be heated intensely by heat, they lose this state once the agitation subsides and their weight causes them to cool down.
81
How it can be produced.
E bisogna notare che questi metalli possono salire soltanto da quelle parti della terra interiore a cui arrivano le parti esterne cadute su di essa; ad esempio, in questa figura salgono fino al punto Y per una distanza di 5 unità; ciò che impedisce loro di salire anche da altre zone è la presenza d’acqua tra queste zone, attraverso cui non possono essere sollevati; ed è proprio per questo motivo che non si trovano metalli in tutte le parti della terra.
74
Perché si trovano principalmente ai piedi delle montagne, sul versante che guarda verso mezzogiorno o l’oriente.
È anche necessario notare che è proprio ai piedi delle montagne dove questi metalli risalgono, come in questo caso per una distanza di 5 versi a partire dal punto V; ed è lì che si fermano più facilmente, permettendo così la creazione di miniere d’oro, d’argento, di rame o simili. Ciò avviene perché in quelle zone si trovano numerose piccole fessure o pori abbastanza ampi da essere riempiti da questi metalli. Inoltre, questi metalli tendono a concentrarsi soprattutto sui versanti esposti a sud o a est, poiché sono proprio questi i lati che vengono più riscaldati dal calore del sole, il quale favorisce il loro risalire verso la superficie. Questo concorda con l’esperienza pratica: coloro che cercano miniere di solito le trovano proprio in queste zone.
75
Che tutte le miniere si trovino nella terra esterna, e che non sia possibile scavare fino all’interno.
Ma non si può sperare che, con continui scavi, si possa mai raggiungere quella terra interna di cui ho detto che è interamente metallica; poiché, oltre alla superficie esterna che si trova sopra di essa, lo strato di materiale è così spesso che a malapena le forze umane potrebbero essere sufficienti per scavare più in profondità. Si incontrerebbero sicuramente diverse sorgenti da cui l’acqua sgorgerebbe con ancora maggiore impeto, soprattutto se queste fossero situate a livelli più bassi; di conseguenza, i minatori non potrebbero evitare di annegare.
76
In che modo sono composti lo zolfo, il bitume, l’olio minerale e l’argilla?
Per quanto riguarda le esalazioni che ho descritto e che provengono dalla terra interna, le loro parti sono così sottili da non poter formare, da sole, alcun altro corpo se non l’aria; tuttavia si uniscono facilmente alle parti più delicate degli spiriti. Queste ultime, cessando in tal modo di essere unite e scivolose, acquisiscono delle caratteristiche che permettono loro di legarsi anche ad altri corpi: a volte si uniscono con parti di succhi corrosivi, mescolate ad altre sostanze metalliche, formando così il zolfo; altre volte si combinano con componenti della terra esterna che contengono tali stessi succhi, creando terreni capaci di bruciare, come il bitume e la nafta; in altri casi si mescolano soltanto con parti di terra, formando l’argilla. Infine, a volte queste esalazioni si uniscono quasi interamente da sole, quando la loro agitazione è così debole che la loro gravità è sufficiente per farle aderire le une alle altre; in questo modo si formano le oli che si trovano in alcune miniere.
77
Qual è la causa dei terremoti?
Ma quando queste esalazioni, unite alle parti più sottili degli spiriti, diventano troppo agitate per trasformarsi in olio, e si incontrano sotto terra in fessure o concavità che prima contenevano soltanto aria, vi formano una fumata grassa ed densa, paragonabile a quella che esce da una candela appena spenta. E così come questa fumata si accende facilmente non appena vi si avvicina la fiamma di un’altra candela, allo stesso modo, quando in queste concavità viene stimolata qualche scintilla di fuoco, essa si diffonde immediatamente in tutta la fumata che le riempie; e così, poiché la materia di questa fumata si trasforma in fiamma, si rarefà all’improvviso e spinge con grande violenza verso tutti i lati del luogo in cui è racchiusa, soprattutto se vi sono presenti grandi quantità di spiriti o sali volatili. Ed è proprio in questo modo che avvengono i terremoti: poiché, quando le concavità che ne sono la causa sono molto estese, possono scuotere in un istante l’intera regione che le circonda.
78
Da dove deriva il fatto che ci siano montagne dalle quali a volte fuoriescono grandi fiamme?
A volte accade che la fiamma che provoca questi tremori apra il terreno verso la cima di qualche montagna e ne esca in abbondanza; poiché le cavità in cui si trova non sono abbastanza grandi da contenerla, essa fa uno sforzo da tutte le parti per uscire, e riesce più facilmente a crearsi un passaggio attraverso la cima di una montagna che in qualsiasi altro luogo. Primo perché difficilmente si trovano cavità abbastanza grandi e adatte a contenere queste fumate, se non sotto le montagne più alte; inoltre, non è necessario impiegare tanta forza per aprire e separare le estremità di queste grandi porzioni di terreno esterno che, come ho detto, sono una contro l’altra nei punti in cui formano la cima delle montagne, rispetto a quanto ne sarebbe necessario per creare un nuovo passaggio in altri luoghi. E sebbene il peso di queste grandi porzioni di terreno, una volta aperte, faccia sì che si richiudano perfettamente quando la fiamma esce, tuttavia, poiché questa fiamma esce con grande violenza spingendo davanti a sé molta terra mescolata a zolfo o bitume, è possibile che queste montagne continuino a bruciare per molto tempo, fino a quando tutto quel zolfo o bitume non sia consumato. E quando queste stesse cavità si riempiono nuovamente di fumate simili che prendono fuoco, la fiamma ne esce più facilmente dal punto in cui è già stata aperta rispetto ad altri luoghi; per questo motivo esistono montagne dove sono stati osservati numerosi tali incendi, come l’Etna in Sicilia, il Vesuvio vicino a Napoli, l’Hekla in Islanda.
79
Da dove deriva il fatto che i terremoti avvengono spesso in più scosse?
Del resto, i terremoti non terminano sempre dopo la prima scossa; a volte ne avvengono diverse in sequenza, nell’arco di alcune ore o giorni. La ragione di ciò è che le fiamme che si sprigionano non si concentrano sempre in una sola cavità, ma solitamente in più di una, separate soltanto da uno strato sottile di materiale bituminoso o sulfureo. Pertanto, quando il fuoco divampa in una di queste cavità e provoca la prima scossa, non può diffondersi immediatamente nelle altre fino a quando non avrà consumato completamente il materiale che le separa, il che richiede del tempo.
80
Qual è la natura del fuoco?
Ma non ho ancora spiegato in che modo il fuoco possa nascere nelle cavità della terra, poiché prima è necessario conoscere la sua vera natura, cosa che ora cercherò di chiarire. Tutte le piccole parti dei corpi terrestri, indipendentemente dalla loro dimensione o forma, assumono la forma del fuoco quando vengono separate l’una dall’altra e sono completamente circondate dalla materia dell’elemento primario, costringendole così a seguire il suo corso; allo stesso modo, assumono la forma dell’aria quando sono avvolte dalla materia dell’elemento secondario, seguendo anch’esse il suo movimento. La principale differenza tra aria e fuoco risiede nel fatto che le parti del fuoco si muovono molto più rapidamente di quelle dell’aria, poiché l’agitazione dell’elemento primario è incomparabilmente maggiore rispetto a quella dell’elemento secondario. Esiste inoltre un’altra differenza molto evidente: sono proprio le parti più grandi dei corpi terrestri quelle più adatte a conservare e alimentare il fuoco, mentre sono le parti più piccole quelle che meglio mantengono la forma dell’aria; infatti, anche se le parti più grandi, come ad esempio quelle dell’argento vivo, possono assorbire il fuoco quando vengono fortemente agitate dal calore, lo perdono in seguito a causa della loro stessa pesantezza, che le fa scendere verso il basso non appena l’agitazione diminuisce.
81
Come può essere prodotto.
Or les parties du second élément occupent tous les intervalles autour de la terre et dans ses pores qui sont assez grands pour les recevoir, et y sont tellement entassées qu’elles s’entre-touchent et se soutiennent l’une l’autre ; en sorte qu’on n’en peut mouvoir aucune sans mouvoir aussi ses voisines (si ce n’est peut-être qu’on la fasse tourner sur son centre), ce qui est cause que, bien que la matière du premier élément achève de remplir tous les recoins où ces parties du second ne peuvent être, et qu’elle s’y meuve extrêmement vite, toutefois, pendant qu’elle n’y occupe point d’autres plus grands espaces, elle ne peut avoir la force d’emporter avec soi les parties des corps terrestres, et leur faire suivre son cours, ni par conséquent de leur donner la forme du feu, parce qu’elles se soutiennent toutes les unes les autres, et sont soutenues par les parties du second élément qui sont autour d’elles. Mais, afin qu’il commence à y avoir du feu quelque part, il est besoin que quelque autre force chasse les parties du second élément de quelques-uns des intervalles qui sont entre les parties des corps terrestres, afin que, cessant de se soutenir les unes les autres, il y en ait quelqu’une qui se trouve environnée tout autour de la seule matière du premier élément, au moyen de quoi elle doit suivre son cours.
82
Comment il est conservé.
Puis, afin que le feu ainsi produit ne soit pas incontinent éteint, il est besoin que ces parties terrestres soient assez grosses et solides, et assez propres à se mouvoir pour avoir la force, en s’écartant de tous côtés avec l’impétuosité qui leur est communiquée par le premier élément, de repousser les parties du second qui se présentent sans cesse pour rentrer en la place du feu, d’où elles ont été chassées, et ainsi empêcher que, se joignant derechef les unes aux autres, elles ne l’éteignent.
83
Pourquoi il doit toujours avoir quelque corps à consumer afin de se pouvoir entretenir.
Outre cela, ces parties terrestres, en repoussant celles du second élément, peuvent bien les empêcher de rentrer dans le lieu où est le feu, mais elles ne peuvent pas être empêchées par elles de passer outre vers l’air, où, perdant peu à peu leur agitation, elles cessent d’avoir la forme du feu et prennent celle de la fumée : ce qui est cause que le feu ne peut demeurer longtemps en un même lieu, si ce n’est qu’il y ait quelque corps qu’il consume successivement pour s’entretenir ; et, à cet effet, il est besoin, premièrement, que les parties de ce corps soient tellement disposées qu’elles en puissent être séparées l’une après l’autre par l’action du feu, duquel elles prennent la forme à mesure que celles qui l’ont se changent en fumée ; puis aussi qu’elles soient en assez grand nombre et assez grosses pour avoir la force de repousser les parties du second élément qui tendent à suffoquer ce feu, ce que ne pourraient faire celles de l’air seul ; c’est pourquoi il ne suffit pas pour l’entretenir.
84
Comment on peut allumer du feu avec un fusil.
Mais, afin que ceci puisse être plus parfaitement entendu, j’expliquerai ici les divers moyens par lesquels le feu a coutume d’être produit, puis aussi toutes les choses qui servent à le conserver, et enfin quels sont les effets qui dépendent de son action. Le plus ordinaire moyen qu’on emploie pour avoir du feu, quand on en manque, est d’en faire sortir d’un caillou en le frappant avec un fusil, ou bien avec un autre caillou : et je crois que la cause du feu, ainsi produit, consiste en ce que les cailloux sont durs et roides (c’est-à-dire tels que, si on plie tant soit peu quelques-unes de leurs parties, elles tendent à se remettre en leur première figure, tout de même qu’un arc qui est bandé) et qu’avec cela ils sont cassants : car, de ce qu’ils sont durs et roides, il arrive qu’en les frappant, plusieurs de leurs petites parties s’approchent quelque peu les unes des autres sans se joindre entièrement pour cela, et que les intervalles qui sont autour d’elles deviennent si étroits que les parties du second élément en sortent toutes, de façon qu’ils ne demeurent remplis que du premier ; puis derechef, de ce qu’ils sont raides, sitôt que le coup a cessé, leurs parties tendent à reprendre leur première figure ; et, de ce qu’ils sont cassants, la force dont elles tendent ainsi à retourner en leurs places fait que quelques-unes se séparent entièrement des autres, au moyen de quoi, ne se trouvant environnées que de la matière du premier élément, elles se convertissent en feu. Par exemple, on peut penser que les petites boules qu’on voit entre les parties du caillou A représentent le second élément qui est en ses pores, et que lorsqu’il est frappé d’un fusil, comme on voit vers B, toutes ces petites boules sortent de ses pores, lesquels deviennent si étroits qu’ils ne contiennent que le premier élément ; et enfin, qu’après le coup, ces parties du caillou étant rompues tombent en pirouettant, à cause de la violente agitation du premier élément qui les environne, et ainsi composent des étincelles de feu.
85
Comment on en allume aussi en frottant un bois sec.
Si on frappe du bois en même façon, tant sec qu’il puisse être, on n’en fera point sortir de feu pour cela ; car il s’en faut toujours beaucoup qu’il ne soit aussi dur qu’un caillou, et les premières de ses parties qui sont pressées par la violence du coup se replient sur celles qui les suivent et se joignent à elles avant que ces secondes se replient sur les troisièmes, ce qui fait que les parties du second élément (qui devraient sortir de plusieurs de leurs intervalles en même temps, afin que le premier élément qui leur succède y pût agir avec quelque force) n’en sortent que successivement des premiers en premier lieu, après des seconds, et ainsi de suite. Mais si on frotte assez fort ce même bois pendant quelque temps, le branle que cette agitation donne à ses parties peut suffire pour chasser le second élément d’autour d’elles, et faire que quelques-unes se détachent des autres ; au moyen de quoi, ne se trouvant environnées que du premier élément, elles se convertissent en feu.
86
Comment avec un miroir creux ou un verre convexe.
On peut aussi allumer du feu par le moyen d’un miroir concave ou d’un verre convexe, en faisant que plusieurs rayons du soleil tendant vers un même point y joignent leurs forces : car, encore que ces rayons n’agissent que par l’entremise du second élément, leur action ne laisse pas d’être beaucoup plus prompte que celle qui lui est ordinaire ; et elle l’est assez pour exciter du feu, à cause qu’elle vient du premier élément qui compose le corps du soleil : elle peut aussi être assez forte, lorsque plusieurs rayons se joignent ensemble, pour séparer des corps terrestres quelques-unes de leurs parties, et leur communiquer la vitesse du premier élément, en laquelle consiste la forme du feu.
87
Comment la seule agitation d’un corps le peut embraser.
Car, enfin, partout où se trouve une telle vitesse dans les parties des corps terrestres il y a du feu, sans qu’il importe qu’elle en soit la cause. Et comme il est vrai que ces parties terrestres ne peuvent être environnées de la seule matière du premier élément sans acquérir cette vitesse, bien qu’elles n’en eussent point du tout auparavant, en même façon qu’un bateau ne peut être au milieu d’un torrent sans suivre son cours, lorsqu’il n’y a point d’ancres ni de cordes qui le retiennent ; il est vrai aussi que lorsque, par quelque cause que ce soit, elles acquièrent cette grande vitesse, bien qu’il y ait plusieurs parties du second élément qui les touchent, et qu’elles se touchent aussi les unes les autres, elles chassent incontinent d’autour de soi tout ce qui peut empêcher leur agitation, en sorte qu’il n’y demeure que le premier élément, lequel sert à l’entretenir. Ainsi tous les mouvements violents suffisent pour produire du feu : et cela fait voir comment la foudre, les éclairs et les tourbillons de vent se peuvent enflammer ; parce que, suivant ce qui a été dit dans les Météores, ils sont causés de ce que l’air qui est enfermé entre deux nues en sort avec une très grande vitesse lorsque la plus haute de ces nues tombe sur la plus basse.
88
Comment le mélange de deux corps peut aussi faire qu’ils s’embrasent.
Or, the parts of the second element occupy all the spaces surrounding the earth and within its pores that are large enough to contain them; they are so densely packed that they touch and support each other. As a result, it is impossible to move any one of these parts without also moving its neighbors (unless perhaps it is rotated around its center). This is why, although the substance of the first element fills every nook where the parts of the second element cannot be present and moves extremely quickly within these spaces, as long as it does not occupy any larger areas, it lacks the force to carry the parts of terrestrial bodies along with it and give them the form of fire. This is because those parts of the second element surrounding them hold them in place. However, for fire to begin to exist somewhere, some other force must displace the parts of the second element from certain spaces between the parts of terrestrial bodies. Only when they cease to support each other will one of these parts be completely surrounded by the substance of the first element, allowing it to begin moving along its natural course.
82
How it is preserved.
Furthermore, in order to prevent the fire thus produced from being extinguished immediately, it is necessary that these terrestrial elements be sufficiently large and solid, and also capable of moving freely. Only in this way can they possess the strength to push away, with the fervor imparted to them by the first element, those parts of the second element that constantly attempt to reoccupy the space formerly occupied by the fire, thereby preventing their immediate reunion and subsequent extinction of the fire.
83
Why it always has to consume some form of matter in order to sustain itself.
Furthermore, these terrestrial elements, by repelling those of the second element, may indeed prevent them from entering the region where fire is located; yet they cannot prevent those elements themselves from passing on towards the air. There, gradually losing their turbulent motion, they cease to take the form of fire and assume that of smoke. This is why fire cannot remain in one place for a long time, unless there is some substance that it continuously consumes in order to sustain itself. For this purpose, first of all, the components of such a substance must be arranged in such a way that they can be separated one after another by the action of fire—taking on the form of fire as those components that have been consumed turn into smoke. Moreover, these components must be numerous enough and substantial enough to possess the power to repel those elements of the second element that tend to smother the fire; something that the elements of air alone would not be able to accomplish. Therefore, air alone is not sufficient for sustaining fire.
84
How can one start a fire using a rifle?
But in order to make this clearer, I will explain here the various ways in which fire is usually produced, as well as all the things that help to maintain it, and finally what effects depend on its action. The most common method used to produce fire when it is lacking is to strike a stone with a club or another stone; and I believe that the cause of fire produced in this way lies in the fact that stones are hard and rigid—that is, such that if any part of them is bent even slightly, they tend to return to their original shape, just like a bow when drawn. Moreover, because they are hard and rigid, when struck, many of their small parts move closer together without actually joining completely, and the spaces between them become so narrow that only the first element remains inside these spaces; then, because they are rigid, as soon as the impact stops, their parts tend to return to their original shape again. And because they are brittle, the force exerted by this movement causes some of them to separate completely from the others. Since they are now surrounded only by the material of the first element, they transform into fire. For example, one can imagine that the small particles visible between the parts of stone A represent the second element contained within its pores; when the stone is struck with a club, as shown at B, all these small particles are expelled from the pores, which become so narrow that they contain only the first element. After the impact, these broken parts of the stone spin around due to the violent agitation of the first element surrounding them, and thus form sparks of fire.
85
How can it also be lit by rubbing together dry wood?
If one strikes wood in the same manner, no matter how dry it is, it will not produce fire; for it is always far from being as hard as a stone. Moreover, when the outer parts of the wood are subjected to intense pressure, they bend inward and merge with the inner layers before these inner layers can in turn bend inward. As a result, the elements within the wood (which would otherwise emerge simultaneously from various interlayers, allowing the subsequent element to act upon them with sufficient force) are released one after another: first those from the outermost layers, then those from the intermediate ones, and so on. However, if the same piece of wood is rubbed vigorously for a sufficient length of time, the resulting agitation can cause the secondary elements within it to be expelled, causing some of the wood’s parts to separate from others. Once surrounded solely by the primary element, these separated parts then transform into fire.
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How, using a concave mirror or a convex lens.
It is also possible to kindle fire using a concave mirror or a convex lens, by bringing several rays of the sun that converge at the same point together; for although these rays act only through the intermediary effect of the lens, their combined action is nonetheless much more rapid than usual. In fact, it is fast enough to generate fire, since these rays originate from the primary element that constitutes the sun’s body. Moreover, when several rays come together, their force can be sufficient to separate certain parts of terrestrial substances and impart to them the velocity of that primary element—precisely the essence of what fire is.
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How the mere agitation of a body can set it ablaze.
For, in every place where such speed exists in the various parts of the terrestrial bodies, there is fire—whether it be the cause of that speed or not. And since it is true that these terrestrial bodies cannot exist surrounded solely by the substance of the first element without acquiring this speed, even though they previously had none at all; just as a boat cannot remain in the middle of a torrent without being carried along by its current, when there are no anchors or ropes to hold it back; it is also true that whenever, for whatever reason, these bodies acquire such great speed—even though several parts of the second element come into contact with them and they themselves touch each other—they immediately expel everything that might hinder their motion, so that only the first element remains, which is what sustains their agitation. Thus, all violent movements are sufficient to produce fire—and this explains how thunder, lightning, and whirlwinds can become ignited. For, as stated in the treatise On Meteorites, these phenomena are caused by the air enclosed between two clouds being expelled with tremendous speed when the higher cloud descends upon the lower one.
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How the mixture of two substances can also cause them to ignite.
Ora, le parti del secondo elemento occupano tutti gli spazi attorno alla Terra e nei suoi pori abbastanza grandi da accoglierli; sono così ammassati che si toccano e si sostengono a vicenda, al punto che non è possibile muoverne uno senza influenzare anche quelli adiacenti (a meno forse di farlo ruotare attorno al proprio centro). Per questo motivo, anche se la materia del primo elemento riempie completamente tutti gli spazi in cui questi parti del secondo elemento non possono trovarsi e si muove in essi con grande velocità, finché non occupa spazi più ampi, non è in grado di trascinare con sé le parti dei corpi terrestri e farle seguire il proprio movimento, né tantomeno di dar loro la forma del fuoco. Questo perché tali parti si sostengono a vicenda ed sono inoltre sostenute dalle parti del secondo elemento che le circondano. Tuttavia, affinché possa nascere del fuoco da qualche parte, è necessario che un’altra forza allontani le parti del secondo elemento da alcuni degli spazi presenti tra le parti dei corpi terrestri; in questo modo, cessando di sostenersi a vicenda, alcune di queste parti rimarranno circondate esclusivamente dalla materia del primo elemento, e potranno così seguire il proprio movimento.
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Come è ben conservato.
Inoltre, affinché il fuoco così prodotto non venga immediatamente spento, è necessario che queste parti terrestri siano abbastanza grandi e solide, e sufficientemente adatte al movimento, in modo da avere la forza, allontanandosi in tutte le direzioni con l’impetuosità che loro viene conferita dal primo elemento, di spingere via quelle parti del secondo elemento che continuamente si presentano per rientrare nel luogo occupato dal fuoco, da dove sono state scacciate; così facendo, si evita che queste parti si uniscano nuovamente tra loro e spegnano il fuoco.
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Perché deve sempre disporre di un qualche corpo da consumare per potersi mantenere in vita.
Oltre a ciò, queste parti terrestri, respingendo quelle del secondo elemento, possono certamente impedire loro di entrare nel luogo in cui si trova il fuoco, ma non possono impedire a queste ultime di passare verso l’aria, dove, perdendo gradualmente la loro agitazione, cessano di avere la forma del fuoco e assumono quella del fumo. Questo spiega perché il fuoco non possa rimanere a lungo nello stesso luogo, se non vi fosse qualche corpo che venga consumato progressivamente al suo fine di mantenerlo in vita. A tal scopo, è necessario, innanzitutto, che le parti di questo corpo siano disposte in modo tale da poter essere separate l’una dopo l’altra dall’azione del fuoco, il quale conferisce loro la propria forma man mano che quelle che lo hanno vengono trasformate in fumo; inoltre, è necessario che queste parti siano sufficientemente numerose e dense da avere la forza di respingere le parti del secondo elemento che tendono a soffocare il fuoco, cosa che le sole parti dell’aria non riuscirebbero a fare. Ecco perché l’aria sola non è sufficiente per mantenere il fuoco in vita.
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Come si può accendere un fuoco usando un fucile?
Ma affinché ciò possa essere compreso più chiaramente, spiegherò qui i diversi metodi con cui di solito si produce il fuoco, nonché tutte le cose che servono a mantenerlo e, infine, quali siano gli effetti derivanti dalla sua azione. Il metodo più comune per ottenere del fuoco quando ne manca consiste nel farne uscire da un sasso colpendolo con un’arma da fuoco o con un altro sasso; credo che la causa di questo fenomeno risieda nel fatto che i sassi sono duri e rigidi (cioè tali che, se ne piegano leggermente alcune parti, queste tendono a riprendere immediatamente la loro forma originale, proprio come un arco quando viene teso), e inoltre sono fragili: poiché sono duri e rigidi, colpendoli, molte delle loro piccole parti si avvicinano l’una all’altra senza però unirsi completamente, e gli spazi che le circondano diventano così stretti che il materiale del secondo elemento presente al loro interno viene espulso, lasciando soltanto il primo elemento; inoltre, poiché sono rigidi, non appena il colpo cessa, le loro parti tendono a riprendere la loro forma originale, e poiché sono fragili, questa forza che le spinge a tornare al loro posto fa sì che alcune di esse si separino completamente dalle altre; essendo quindi circondate soltanto dal materiale del primo elemento, si trasformano in fuoco. Ad esempio, si può pensare che quelle piccole particelle visibili tra le parti del sasso rappresentino il secondo elemento presente nei suoi pori, e che quando il sasso viene colpito, tutte queste particelle vengono espulse dai pori, i quali diventano così stretti da contenere soltanto il primo elemento; infine, dopo il colpo, queste parti del sasso, essendo rotte, cadono girando a causa dell’intensa agitazione del primo elemento che le circonda, e così si formano scintille di fuoco.
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Come si accende anche strofinando del legno secco.
Se si colpisce del legno nello stesso modo, per quanto sia asciutto possibile, non ne uscirà alcun fuoco; infatti, esso manca sempre di quella durezza necessaria per essere paragonabile a una pietra. Le parti del legno che vengono colpite con forza si piegano verso quelle successive e vi si uniscono prima ancora che queste ultime si pieghino a loro volta verso le parti ancora più interne; di conseguenza, le parti del secondo elemento (che dovrebbero uscire contemporaneamente da diversi intervalli del legno, affinché il primo elemento che le segue possa agire su di esse con efficacia) ne escono soltanto in sequenza: prima quelle più esterne, poi quelle intermedie, e così via. Tuttavia, se si strofina quel medesimo legno con sufficiente forza per un certo periodo di tempo, il movimento prodotto da questa azione può essere sufficiente per scacciare il secondo elemento dalle parti del legno e far sì che alcune di queste ultime si staccino dalle altre; in questo modo, essendo circondate soltanto dal primo elemento, tali parti si trasformano in fuoco.
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Come, utilizzando uno specchio concavo o un vetro convesso.
Si può anche accendere il fuoco utilizzando uno specchio concavo o un vetro convesso, facendo sì che diversi raggi del sole che convergono verso lo stesso punto uniscano le loro forze: poiché, sebbene questi raggi agiscano soltanto attraverso l’intermediazione dello specchio o del vetro, la loro azione risulta comunque molto più rapida di quella normale; ed è abbastanza potente da generare fuoco, poiché proviene dal primo elemento che costituisce il corpo del sole. Inoltre, quando diversi raggi si uniscono tra loro, questa forza può essere sufficientemente intensa da separare alcune parti di corpi terrestri e trasmetter loro la velocità del primo elemento, che è proprio ciò che caratterizza la natura del fuoco.
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Come possa l’unica agitazione di un corpo farlo “infuriare” (o, in questo contesto, farlo reagire con intensità).
Infatti, ovunque si riscontri una tale velocità nelle parti della Terra, c’è fuoco, indipendentemente dal fatto che esso ne sia la causa o meno. E poiché è vero che queste parti terrestri non possono trovarsi circondate unicamente dalla materia dell’elemento primario senza acquisire tale velocità, anche se prima non la possedevano affatto – proprio come una barca non può trovarsi nel mezzo di un torrente senza seguirne il corso, quando non ci sono ancore o corde che la trattenano – è altrettanto vero che, quando, per qualche motivo, queste parti terrestri acquisiscono tale grande velocità, anche se vi sono diverse parti dell’elemento secondario che le toccano e anche se esse stesse si toccano tra loro, scacciano immediatamente tutto ciò che potrebbe ostacolare il loro movimento, in modo che rimanga soltanto l’elemento primario, il quale ne è la causa. Così, tutti i movimenti violenti sono sufficienti a generare fuoco; e questo spiega come tuoni, fulmini e turbini possano prendere fuoco: poiché, secondo quanto detto nei “Meteori”, essi si verificano perché l’aria racchiusa tra due nubi esce con grande velocità quando la nube più alta cade sulla più bassa.
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Come può il miscuglio di due corpi far sì che si infiammino a vicenda.
Toutefois cette vitesse n’est peut-être jamais la seule cause des feux qui s’allument dans les nues, parce qu’il y a ordinairement des exhalaisons dedans l’air qui leur servent de matière, et qui sont de telle nature qu’elles s’embrasent fort aisément, ou du moins elles composent des corps qui jettent quelque lumière, encore qu’ils ne se consument pas ; et c’est de ces exhalaisons que se font les feux follets en la plus basse région de l’air, et les éclairs qu’on voit quelquefois sans qu’il tonne en la moyenne ; et en la plus haute, les lumières en forme d’étoiles qui semblent tomber du ciel, ou y courir d’un lieu à l’autre : car les exhalaisons, ainsi qu’il a été dit, sont composées de parties fort déliées, et divisées en plusieurs branches qui se sont attachées à d’autres parties un peu plus grosses, tirées des sels volatils et des sucs aigres et corrosifs ; et il est à remarquer que les intervalles qui sont entre ces branches fort déliées sont si petits, qu’ils ne sont ordinairement remplis que de la matière du premier élément ; ce qui est cause que, bien que les parties du second occupent tous les antres plus grands intervalles qui se trouvent entre les parties des sels ou sucs qui sont revêtues de ces branches, elles en peuvent facilement être chassées lorsque ces exhalaisons étant pressées de divers côtés par d’autres, quelques-unes de leurs parties entrent et s’insinuent en ces plus grands intervalles : car l’action du premier élément, qui est entre les petites branches qui environnent ces sucs, leur aide à les chasser ; et par ce moyen ces parties des exhalaisons se changent en flamme.
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Comment s’allume le feu de la foudre, des éclairs et des étoiles qui traversent.
Et la cause qui presse ainsi les exhalaisons pour faire qu’elles s’enflamment quand elles composent la foudre ou les éclairs, est évidente, parce qu’elles sont enfermées entre deux nues, dont l’une tombe sur l’autre. Mais celle qui leur fait composer les lumières en forme d’étoiles qu’on voit en temps calme et serein courir çà et là par le ciel, n’est pas du tout si manifeste : néanmoins on peut penser qu’elle consiste en ce que, lorsqu’une exhalaison est déjà aucunement condensée et arrêtée par le froid en quelque lieu de l’air, les parties d’une autre qui viennent d’un lieu plus chaud, et sont par conséquent plus agitées, ou seulement qui, à cause de leurs figures, continuent plus longtemps à se mouvoir, ou bien aussi qui sont portées vers elle par un peu de vent, s’insinuent en ses pores et en chassent le second élément ; au moyen de quoi, si elles peuvent aussi déjoindre ses parties, elles en composent une flamme qui, consumant promptement cette exhalaison, ne dure que fort peu de temps, et semble une étoile qui passe d’un lieu en un autre.
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Comment s’allument les étoiles qui tombent et quelle est la cause de tous les autres tels feux qui luisent et ne brûlent point.
Au lieu que, si les parties de l’exhalaison sont si bien jointes qu’elles ne puissent ainsi être séparées par l’action des autres exhalaisons qui s’insinuent en ses pores, elle ne s’embrase pas tout à fait , mais rend seulement quelque lumière, ainsi que font aussi quelquefois les bois pourris, les poissons salés, les gouttes de l’eau de mer, et quantité d’autres corps : car il n’est besoin d’autre chose pour produire de la lumière, sinon que les parties du second élément soient poussées par la matière du premier, ainsi qu’il a été dit ci-dessus. Et lorsque quelque corps terrestre a plusieurs pores qui sont si étroits qu’ils ne peuvent donner passage qu’à cette matière du premier élément, il peut arriver que, bien qu’elle n’y ait pas assez de force pour détacher les parties de ce corps les unes des autres, et par ce moyen le brûler, elle en ait néanmoins assez pour pousser les parties du second élément qui sont en l’air d’alentour, et ainsi causer quelque lumière. Or on peut penser que les étoiles qui tombent ne sont que des lumières de cette sorte ; car on trouve souvent sur la terre aux lieux où elles sont tombées une matière visqueuse et gluante qui ne brûle point. Toutefois on peut croire aussi que la lumière qui paraît en elles ne vient pas proprement de cette matière visqueuse, mais d’une autre plus subtile qui l’environne, et qui étant enflammée se consume pour l’ordinaire avant qu’elle parvienne jusqu’à la terre.
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Quelle est la lumière de l’eau de mer, des bois pourris, etc.
Mais pour ce qui est de l’eau de mer dont j’ai ci-dessus expliqué la nature, il est aisé à juger que la lumière qui paraît autour de ses gouttes, lorsqu’elles sont agitées par quelque tempête, ne vient que de que cette agitation fait que, pendant que celles de leurs parties qui sont molles et pliantes demeurent jointes ensemble, les pointes des autres qui sont roides et droites s’avancent ainsi que des petits dards hors de leurs superficies, et poussent avec impétuosité les parties du second élément qu’elles rencontrent. Je crois aussi que les bois pourris, les poissons salés, et autres tels corps, ne luisent point que lorsqu’il se fait en eux quelque altération, qui rétrécit tellement plusieurs de leurs pores qu’ils ne peuvent contenir que de la matière du premier élément, soit que cette altération vienne de ce que quelques-unes de leurs parties s’approchent lorsque quelques autres s’éloignent, comme il semble arriver aux bois pourris, soit de ce que quelque autre corps se mêle avec eux, comme il arrive aux poissons salés, qui ne luisent que pendant les jours que les parties du sel entrent dans leurs pores.
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Quelle est la cause des feux qui brûlent ou échauffent et ne luisent point, comme lorsque le foin s’échauffe de soi-même.
However, this speed may perhaps never be the sole cause of those fires that appear in the clouds, because there are usually certain emissions in the air that serve as their fuel—and these emissions are of such a nature that they catch fire very easily, or at least they consist of substances that emit some light without burning itself up. It is from these emissions that fireflies are produced in the lower regions of the atmosphere, and also the flashes of lightning that we sometimes see without any thunder in the middle layers of the air. In the highest regions, we observe lights in the form of stars that seem to fall from the sky or move from one place to another. For, as has been stated, these emissions are composed of very fine particles that are divided into numerous branches, which have attached themselves to larger substances derived from volatile salts and acidic, corrosive juices. It is worth noting that the gaps between these fine branches are so small that they are usually filled only with the substance of the first element. As a result, although the parts of the second element occupy all the larger gaps between the salt or juice particles covered by these branches, they can be easily expelled when these emissions are compressed from various sides by other forces—some of their particles then penetrate into these larger gaps. Moreover, the influence of the first element, which surrounds these juices within the fine branches, helps to expel them, causing these parts of the emissions to turn into flames.
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How is the fire of lightning, the flashes, and the stars that streak across the sky ignited?
And the cause that forces these exhalations to ignite when they combine to form thunder or lightning is obvious, for they are enclosed between two layers of air, one of which descends upon the other. But the reason why they form stars that we see moving across the sky on calm, serene nights is not at all so clear. Nevertheless, one might suppose that it arises from the following: when an exhalation has already been completely condensed and halted by the cold in some part of the air, portions of another exhalation, coming from a warmer place and therefore more turbulent, or simply continuing to move due to their particular structure, or perhaps being carried toward it by a slight breeze, penetrate into its structure and displace the other constituent element. As a result, if these newly introduced elements can also separate the original components of the exhalation, they combine to form a flame that quickly consumes it—lasting for only a very brief moment—and appears as a star moving from one place to another in the sky.
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How do those stars that fall come to life, and what is the cause of all those other fires that shine without burning?
Rather than being completely ignited when the various parts of an exhalation are so closely joined that they cannot be separated by other exhalations that penetrate their pores, such substances merely emit some light—just as sometimes rotten wood, salted fish, drops of seawater, and numerous other objects do as well. For producing light, nothing more is required than for the parts of the second element to be propelled by the substance of the first element, as has been explained above. When a terrestrial object possesses pores so narrow that only the substance of the first element can pass through them, it may happen that, although there is not enough force to separate the various parts of the object and thus cause it to burn, there is still sufficient force to push the parts of the second element in the surrounding air, thereby producing some light. One might therefore suppose that stars that fall from the sky are nothing more than such luminous phenomena; for often, on the earth where they have landed, one finds viscous and sticky substances that do not burn. Nevertheless, it is also possible to believe that the light observed in these stars does not actually originate from these viscous substances, but rather from some subtler substance surrounding them—which, when ignited, usually burns up before reaching the earth.
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What is the light of seawater, decaying wood, and so on?
But as for the sea water, whose nature I have explained above, it is easy to understand that the light which appears around its droplets when they are stirred by a storm arises merely from this agitation. When the soft, flexible parts of these droplets remain joined together, the rigid, straight portions extend outward like small spikes, pushing vigorously against any elements they come into contact with. I also believe that rotten wood, salted fish, and other such substances only shine when some change occurs within them, causing many of their pores to shrink so much that they can no longer retain anything but the substance of the first element. This change may be due to certain parts of these substances moving closer together while others move away, as in the case of rotten wood; or it may result from the mixing of other substances with them, as in the case of salted fish, which only shine during the days when salt penetrates their pores.
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What is the cause of those fires that burn or heat up but do not emit light, such as when hay heats up on its own?
Tuttavia, questa velocità potrebbe non essere mai l’unica causa degli incendi che si verificano nelle nuvole, poiché solitamente nell’aria esistono emissioni di sostanze che ne costituiscono la materia e che, per loro natura, si accendono facilmente; oppure queste emissioni formano corpi che irradiano luce senza consumarsi completamente. Sono proprio queste emissioni a causare i fuochi fatui nelle zone più basse dell’atmosfera, i fulmini che talvolta si vedono senza tuoni nelle zone intermedie, e le luci celesti sotto forma di stelle che sembrano cadere dal cielo o muoversi da un luogo all’altro. Come già detto, queste emissioni sono costituite da parti molto sottili e divise in molte ramificazioni, che si sono attaccate ad altre sostanze più dense, derivanti da sali volatili e succhi acidi e corrosivi. È importante notare che gli spazi tra queste ramificazioni estremamente sottili sono solitamente riempiti esclusivamente dalla materia dell’elemento primario; per questo motivo, anche se le parti dell’elemento secondario occupano gli spazi più ampi presenti tra i sali o i succhi rivestiti da queste ramificazioni, possono essere facilmente scacciate quando tali emissioni vengono pressate da varie parti. In tal caso, alcune di queste parti penetrano in questi spazi più ampi, e l’azione dell’elemento primario che si trova tra le piccole ramificazioni che circondano tali sostanze aiuta a scacciarle; è così che queste parti delle emissioni si trasformano in fiamme.
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Come si accende il fuoco del fulmine, dei lampi e delle stelle che attraversano il cielo?
La causa che spinge queste esalazioni a infiammarsi quando formano il tuono o i fulmini è evidente: esse sono infatti racchiuse tra due strati di aria fredda, uno dei quali cade sull’altro. Ma quella che le fa formare luci sotto forma di stelle, visibili in tempi calmi e sereni mentre si muovono nel cielo, non è affatto così evidente; tuttavia si può pensare che consista nel fatto che, quando un’esalazione è già stata completamente condensata dal freddo in qualche parte dell’aria, le parti di un’altra esalazione proveniente da luoghi più caldi – e quindi più agitate – o semplicemente quelle che, a causa della loro forma, continuano a muoversi per un periodo più lungo, oppure quelle spinte da una leggera brezza, si insinuano nei pori di quella prima esalazione e ne scacciano l’elemento secondario; in questo modo, se queste nuove parti riescono a unirsi alle altre, formano una fiamma che, consumando rapidamente l’esalazione originale, dura soltanto per poco tempo e appare come una stella che si sposta da un luogo all’altro.
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Come si accendono le stelle che cadono, e qual è la causa di tutti quei fuochi che brillano senza bruciare?
Invece di essere così strettamente unite da non poter essere separate dall’azione di altre esalazioni che penetrano nei loro pori, tali corpi non si incendiano completamente, ma emettono soltanto una certa luce, proprio come talvolta fanno i legni marci, i pesci salati, le gocce d’acqua di mare e molti altri oggetti: infatti, per produrre luce non è necessario nulla di più che il fatto che le parti del secondo elemento vengano spinte dalla materia del primo elemento, come già detto in precedenza. Quando un corpo terrestre presenta pori così stretti da permettere il passaggio soltanto di tale materia, può accadere che, anche se essa non possiede abbastanza forza per separare le parti di quel corpo e quindi incenderlo, sia comunque sufficiente a spingere le parti del secondo elemento presenti nell’aria circostante, generando così una certa luce. Si può dunque pensare che le stelle cadenti siano proprio di questo tipo; infatti, sulla terra, nei luoghi dove sono cadute, si trova spesso una materia vischiosa e appiccicosa che non brucia. Tuttavia, è anche possibile ritenere che la luce che appare in esse non provenga propriamente da questa materia vischiosa, ma da un’altra più sottile che la circonda e che, essendo infuocata, si consuma prima di raggiungere la terra.
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Qual è la luce dell’acqua di mare, dei legni marci, ecc.?
Ma per quanto riguarda l’acqua di mare, la cui natura ho spiegato sopra, è facile capire che la luce che appare intorno alle sue gocce quando vengono agitate da una tempesta deriva soltanto dall’agitazione stessa: infatti, mentre le parti morbide e flessibili delle gocce rimangono unite tra loro, le punte rigide e dritte sporgono fuori dalla superficie, come piccoli aghi, e spingono con forza le parti dell’altro elemento che incontrano. Credo inoltre che legni marci, pesci salati e altri corpi simili brillino soltanto quando avvengono in loro cambiamenti che riducono notevolmente i loro pori, impedendo loro di contenere altro che materia del primo elemento; tali cambiamenti possono derivare dal fatto che alcune parti di questi corpi si avvicinano mentre altre si allontanano, come accade nei legni marci, oppure dal mescolarsi di altri corpi con essi, come nel caso dei pesci salati, i quali brillano soltanto durante i giorni in cui le particelle di sale penetrano nei loro pori.
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Qual è la causa di quei fuochi che bruciano o riscaldano senza emettere luce, come quando il fieno si riscalda da solo?
Et lorsque les parties d’un corps s’insinuent ainsi entre celles d’un autre, elles ne peuvent pas seulement le faire luire sans l’échauffer en la façon que je viens d’expliquer, mais souvent aussi elles l’échauffent sans le faire luire, et enfin quelquefois elles l’embrasent tout à fait : comme il paraît au foin qu’on a renfermé avant qu’il fut sec, et en la chaux vive sur laquelle on verse de l’eau, et en toutes les fermentations qu’on voit communément en la chimie. Car il n’y a point d’autre raison qui fasse que le foin qu’on a renfermé avant qu’il fût sec s’échauffe peu à peu jusqu’à s’embraser, sinon que les sucs ou esprits qui ont coutume de monter de la racine des herbes tout le long de leurs tiges pour leur servir de nourriture, n’étant pas encore tous sortis de ces herbes lorsqu’on le renferme, continuent par après leur agitation, et sortant des unes de ces herbes entrent dans les autres, à cause que le foin étant renfermé ces sucs ne se peuvent évaporer ; et parce que ces herbes commencent à se sécher, ils y trouvent plusieurs pores un peu plus étroits que de coutume, qui, ne les pouvant plus recevoir avec le second élément, les reçoivent seulement environnés du premier, lequel les agitant fort promptement leur donne la forme du feu. Pensons, par exemple, que l’espace qui est entre les corps B et C représente un des pores qui sont dans les herbes encore vertes, et que les petits bouts des cordes 1, 2, 3, avec les petites boules qui les environnent, représentent les parties des sucs ou esprits environnés du second élément, ainsi qu’elles ont coutume d’être lorsqu’elles coulent le long de ces pores, et de plus, que l’espace qui est entre les corps D et E soit l’un des pores d’une autre herbe qui commence à se sécher, ce qui est cause qu’il est si étroit que, lorsque les mêmes parties des sucs 1, 2, 3 y viennent, elles n’y peuvent être environnées du second élément, mais seulement de quelque peu du premier ; et nous verrons évidemment que, pendant que les sucs 1, 2, 3 coulent par dedans l’herbe verte et humide BC, ils n’y suivent que le cours du second élément, mais que, lorsqu’ils passent dans l’herbe sèche DE, ils y doivent suivre le cours du premier, lequel est beaucoup plus rapide. Car encore qu’il n’y ait que fort peu du premier élément autour des parties de ces sucs, c’est assez qu’il les environne en telle sorte qu’elles ne soient aucunement retenues par le second, ni par aucun autre corps qui les touche, pour faire qu’il ait la force de les emporter avec soi : ainsi qu’un bateau peut être emporté par le cours d’un ruisseau, qui n’a justement qu’autant de largeur qu’il en faut pour le contenir, avec quelque peu d’eau tout autour qui empêche qu’il ne touche à la terre, aussi bien que par le cours d’une rivière également rapide et beaucoup plus large. Or, quand ces parties des sucs suivent ainsi le cours du premier élément, elles ont beaucoup plus de force à pousser les corps qu’elles rencontrent que n’aurait pas ce premier élément s’il était seul : comme on voit aussi qu’un bateau qui suit le cours d’une rivière en a beaucoup plus que l’eau de cette rivière, qui toutefois est seule la cause de son mouvement. C’est pourquoi ces parties des sucs ainsi agitées rencontrant les plus dures parties du foin, les poussent avec tant d’impétuosité, qu’elles les séparent aisément de leurs voisines, principalement lorsqu’il arrive que plusieurs en poussent une seule en même temps, et lorsqu’elles en séparent ainsi un assez grand nombre, qui étant proches les unes des autres suivent le cours du premier élément, le foin s’embrase tout à fait : mais lorsqu’elles n’en meuvent que quelques-unes qui n’ont pas assez d’espace autour d’elles pour en aller choquer d’autres, elles font seulement que ce foin devient chaud et se corrompt peu à peu sans s’embraser, en sorte qu’alors il y a en lui une espèce de feu qui est sans lumière.
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Pourquoi lorsqu’on jette de l’eau sur de la chaux vive, et généralement lorsque deux corps de diverses natures sont mêlés ensemble, cela excite en eux de la chaleur.
En même façon nous pouvons penser que lorsqu’on cuit de la chaux, l’action du feu chasse quelques-unes des parties du troisième élément qui sont dans les pierres dont elle se fait ; ce qui est cause que plusieurs des pores qui étaient en ces pierres s’élargissent jusqu’à telle mesure, qu’au lieu qu’ils ne pouvaient auparavant donner passage qu’au second élément, ils peuvent par après, lorsqu’elles sont converties en chaux, le donner aux parties de l’eau, environnées de quelque peu de la matière du premier élément : ensuite de quoi il est évident que, lorsqu’on jette de l’eau sur cette chaux, les parties de cette eau entrant en ses pores en chassent le second élément, et y demeurent seules avec le premier, lequel augmentant leur agitation échauffe la chaux. Et afin que j’achève en peu de mots tout ce que j’ai à dire sur ce sujet, je crois généralement de tous, les corps qui peuvent être échauffés par le seul mélange de quelque liqueur, que cela vient de ce que ces corps ont des pores de telle grandeur que les parties de cette liqueur peuvent entrer dedans, en chasser le second élément, et n’y demeurer environnées que du premier. Je crois aussi que c’est la même raison qui fait échauffer diverses liqueurs lorsqu’on les mêle l’une avec l’autre, car toujours l’une de ces liqueurs est composée de parties qui ont quelques petites branches par le moyen desquelles se joignant et s’accrochant quelque peu les unes aux autres, elles font l’office d’un corps dur : et ceci peut même être entendu des exhalaisons, suivant ce qui a tantôt été dit.
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Comment le feu peut être allumé dans les concavités de la terre.
Au reste, le feu peut être allumé en toutes les façons qui viennent d’être expliquées, non seulement sur la superficie de la terre, mais aussi dans les concavités qui sont au-dessous : car il peut y avoir des esprits qui, se glissant entre les parties des exhalaisons, les enflamment ; et il y a des pièces de rochers demi-rompues, qui, étant minées peu à peu par le cours des eaux ou par d’autres causes, peuvent tomber tout-à-coup du haut de ces concavités, et par ce moyen faire du feu, soit à cause qu’en tombant elles frappent d’autres pierres, ainsi qu’un fusil, soit aussi à cause que, lorsqu’elles sont grandes, elles chassent l’air qui est sous elles avec fort grande violence, ainsi qu’est chassé celui qui est entre deux nues lorsque l’une tombe sur l’autre.
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De la façon que brûle un flambeau.
Or après que le feu s’est épris en quelque corps, il passe facilement de là dans les autres voisins, lorsqu’ils sont propres à le recevoir : car les parties du premier corps qui est enflammé étant fort violemment agitées par le feu, rencontrent celles des autres qui sont proches de lui, et leur communiquent leur agitation. Mais ceci n’appartient pas tant à la façon dont le feu est produit qu’à celle dont il est conservé, laquelle je dois maintenant expliquer. Considérons, par exemple, le flambeau AB qui est allumé, et pensons qu’il y a plusieurs petites parties de la cire ou autre matière grasse ou huileuse dont il est composé, comme aussi plusieurs du second élément, qui se meuvent fort vite en tout l’espace CD, où elles composent la flamme, à cause qu’elles y suivent le cours du premier élément, et que, bien, qu’elles se rencontrent souvent et s’entre-poussent, elles ne se touchent pas toutefois de tant de côtés, et ne se soutiennent pas si bien (ainsi qu’elles font aux autres endroits où il n’y a point du tout de feu) qu’elles se puissent arrêter l’une l’autre, et s’empêcher d’être emportées par lui.
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Ce que c’est qui conserve sa flamme.
And when the parts of one body interpenetrate in this manner into those of another body, they not only cause it to glow without heating it in the way I have just explained, but often they also heat it without causing it to glow; and sometimes they even set it on fire entirely—just as hay that has been stored before it has dried appears to catch fire, as does quicklime when water is poured onto it, and in all those chemical processes of fermentation that we commonly observe. For there is no other reason why hay that has been stored before it dries gradually heats up until it catches fire, except that the juices or essences that are normally drawn from the roots of plants up along their stems to nourish them, since they have not all yet been released when the hay is stored, continue to move around. Some of these juices leave one plant and enter another, because once the hay is stored, these juices cannot evaporate; and as the plants begin to dry out, their pores become somewhat narrower than usual. Since these pores can no longer accommodate the second element, they only allow the first element to pass through them, and this rapid movement of the first element gives rise to the form of fire. For example, let us imagine that the space between bodies B and C represents one of those pores in a green, moist plant, and that the small segments of strings 1, 2, 3, along with the tiny spheres surrounding them, represent the juices or essences surrounded by the second element, as they usually are when flowing through these pores. Let us also assume that the space between bodies D and E represents a pore in another plant that is beginning to dry out—since this pore is so narrow, when the same juices 1, 2, 3 flow into it, they cannot be surrounded by the second element; they can only be enclosed by some of the first element. It will then be clear that while these juices flow through the green, moist plant BC, they follow the course of the second element; but when they pass into the dry plant DE, they must follow the course of the first element, which is much faster. For even though there is only a very small amount of the first element surrounding these juices, it is enough for them to be completely enveloped by this element, so that they are not retained by the second element or any other substance they come into contact with—just as a boat can be carried along by the flow of a stream, which is just wide enough to contain it, with some water surrounding it to prevent it from touching the ground, or by the faster flow of a river that is much wider. Or, when these parts of the juices follow the course of that primary element, they possess much greater power to push aside the objects they encounter than would that primary element alone; just as a boat moving along the course of a river possesses more force than the water itself, even though it is solely the cause of the boat’s movement. Therefore, when these activated parts of the juices come into contact with the harder portions of the hay, they push them away with such vigor that they easily separate them from their neighboring elements. This effect is particularly evident when multiple of these forces act simultaneously on a single object, or when they separate a considerable number of such elements. Since these separated parts are all connected to each other and follow the same direction, the hay will catch fire entirely. However, if only a few of these parts are activated and do not have enough space to interact with other elements, the hay will merely become warm and gradually decay without catching fire—creating what might be considered a kind of “fire” that lacks light.
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Why is it that when water is poured onto quicklime, and generally when two substances of different natures are mixed together, it generates heat within them?
In the same way, we can consider that when lime is burned, the heat expels certain parts of the third element that are contained within the stones from which it is produced; as a result, many of the pores in these stones expand to such an extent that, whereas they previously could only allow the passage of the second element, they become capable of allowing the passage of the parts of water that are surrounded by a small amount of the first element. Consequently, it is clear that when water is poured onto this lime, the parts of water that enter its pores expel the second element, leaving only the first element behind; this increased agitation of the first element then heats up the lime. To summarize in few words what I have to say on this subject, I generally believe that all substances which can be heated merely by mixing certain liquids together do so because these substances possess pores of such a size that the parts of those liquids can enter them, expel the second element, and remain surrounded only by the first element. I also believe that this same principle is responsible for the heating effect when different liquids are mixed together, because in each case, one of the liquids contains particles with tiny branches that, when they come into contact with each other and adhere slightly, function as if they formed a solid substance; this phenomenon can even be observed in exhalations, as has been mentioned earlier.
94
How fire can be kindled in the recesses of the earth.
Furthermore, fire can be kindled in all the ways that have just been explained, not only on the surface of the earth but also in the cavities beneath it; for there may be spirits that, slipping between the various parts of these exhalations, cause them to ignite. Moreover, there are pieces of rock that, gradually undermined by the flow of water or other causes, may suddenly fall from the top of these cavities and thus generate fire—either because, in falling, they strike against other stones, much like a gun discharge; or because, when they are large enough, they expel the air beneath them with tremendous force, just as the air between two bare rocks is displaced when one falls upon the other.
95
Just as a torch burns brightly.
Or once fire has taken hold in one substance, it easily spreads to neighboring substances whenever they are capable of receiving it; for the parts of the first substance that are on fire undergo intense agitation due to the fire, and these agitated parts come into contact with those of the neighboring substances, transmitting their agitation to them. However, this does not so much concern the manner in which fire is produced as the way in which it is maintained, which I must now explain. Consider, for example, a lit candle or torch. It consists of numerous small particles of wax, fat, or oil, as well as other elements that move very rapidly throughout the space where the flame is formed. These elements follow the course of the flammable substances within the candle, and although they frequently come into contact with each other and push against one another, they do not touch each other on all sides, nor do they support one another as firmly (as they do in other areas where there is no fire at all) as to prevent themselves from being carried away by the flames.
96
What is it that preserves its flame?
E quando le parti di un corpo si insinuano in questo modo tra quelle di un altro corpo, non solo possono far sì che quest’ultimo emetta luce senza riscaldarsi nel modo che ho appena spiegato, ma spesso anche lo riscaldano senza farlo brillare; e infine, a volte, lo fanno letteralmente ardere: come si osserva nel fieno che viene raccolto prima che sia completamente asciutto, nella calce viva su cui si versa acqua, e in tutte le reazioni chimiche che comunemente avvengono. Non esiste infatti altra ragione per cui il fieno raccolto prima di essersi asciugato possa riscaldarsi gradualmente fino ad ardere, se non perché i succhi o gli spiriti che solitamente risalgono dalle radici delle piante lungo i loro steli per nutrirle, non essendo ancora tutti usciti al momento della raccolta, continuano la loro attività; e uscendo da alcune piante entrano in altre, poiché il fieno essendo stato raccolto questi succhi non possono evaporare; inoltre, poiché le piante cominciano ad asciugarsi, i loro pori diventano più stretti del solito, e non potendo essere più riempiti dal secondo elemento, vengono riempiti solo dal primo, il quale, agitandoli con forza, conferisce loro la forma del fuoco. Pensiamo, ad esempio, che lo spazio tra i corpi B e C rappresenti uno di questi pori presenti nelle piante ancora verdi, e che i piccoli pezzi delle corde 1, 2, 3, insieme alle piccole sfere che li circondano, rappresentino le parti dei succhi o degli spiriti circondati dal secondo elemento, così come di solito avvviene quando scorrono lungo questi pori; inoltre, che lo spazio tra i corpi D e E sia uno di quei pori presenti in un’altra pianta che sta iniziando ad asciugarsi, il che rende quel poro così stretto che, quando le stesse parti dei succhi 1, 2, 3 vi entrano, non possono essere circondate dal secondo elemento, ma solo da una piccola quantità del primo; e vedremo chiaramente che, mentre i succhi 1, 2, 3 scorrono all’interno della pianta verde e umida BC, seguono soltanto il corso del secondo elemento, quando passano nella pianta secca DE devono seguire il corso del primo, che è molto più rapido. Poiché anche se c’è solo una piccola quantità di primo elemento intorno alle parti di questi succhi, questa è sufficiente affinché essi non siano trattenuti dal secondo elemento, né da alcun altro corpo che li tocchi, e quindi possano essere portati via con esso; proprio come una barca può essere trasportata dalla corrente di un ruscello, che ha esattamente la larghezza necessaria per contenerla, con un po’ d’acqua intorno che impedisce che tocchi il terreno, così come dalla corrente di un fiume, anch’esso rapido e molto più largo. Ora, quando queste parti dei succhi seguono così il corso del primo elemento, hanno molta più forza per spingere i corpi che incontrano di quanto non ne avrebbe quel primo elemento se fosse da solo: come si può vedere anche in un barca che segue la corrente di un fiume, la quale ha molto più forza dell’acqua stessa del fiume, che tuttavia è l’unica causa del suo movimento. È per questo che queste parti dei succhi, agitate in questo modo e incontrando le parti più dure dell’erba secca, le spingono con tale impeto da separarle facilmente dalle loro vicine, soprattutto quando più di una di queste parti spinge contemporaneamente una singola parte, e quando ne separano così un numero sufficientemente grande. Poiché queste parti sono vicine tra loro e seguono il corso del primo elemento, l’erba secca si incendia completamente; ma quando ne muovono solo alcune, le quali non hanno abbastanza spazio intorno a sé per urtare altre parti, allora l’erba si riscalda soltanto e si deteriora gradualmente senza prendere fuoco, in modo che in tal caso vi è una sorta di “fuoco” che non emette luce.
93
Perché, quando si getta acqua su calce viva, e in generale quando due corpi di natura diversa vengono mescolati insieme, questo provoca in loro il manifestarsi di calore?
Allo stesso modo possiamo pensare che, quando si cuoce la calce, l’azione del fuoco scaccia alcune delle parti dell’“terzo elemento” presenti nelle pietre da cui essa viene ricavata; di conseguenza, molti dei pori presenti in queste pietre si allargano a tal punto che, invece di permettere il passaggio soltanto del “secondo elemento”, dopo la trasformazione delle pietre in calce, questi pori consentono il passaggio anche delle parti dell’“acqua”, circondate da una piccola quantità della materia del “primo elemento”. È evidente quindi che, quando si versa acqua su questa calce, le parti di acqua che entrano nei suoi pori scacciano il “secondo elemento”, lasciando al suo interno soltanto il “primo elemento”; quest’ultimo, aumentando la loro agitazione, riscalda la calce. Per concludere brevemente quanto ho da dire su questo argomento, ritengo generalmente che tutti i corpi che possono essere riscaldati semplicemente mescolandoli con una certa liquido lo siano perché tali corpi possiedono pori di dimensioni sufficientemente grandi affinché le parti di quel liquido possano entrarvi e scacciare il “secondo elemento”, lasciando al loro interno soltanto il “primo elemento”. Credo anche che sia per la stessa ragione che diverse sostanze liquide si riscaldano quando vengono mescolate tra loro: in ogni caso, una di queste sostanze è composta da parti che presentano piccole strutture ramificate; queste strutture, unendosi e attaccandosi l’una all’altra, funzionano come se fossero un corpo solido; ciò può essere applicato anche alle esalazioni, come già accennato in precedenza.
94
Come è possibile accendere il fuoco nelle cavità della terra.
Del resto, il fuoco può essere acceso in tutti i modi appena spiegati, non solo sulla superficie della terra, ma anche nelle cavità sottostanti: poiché possono esserci spiriti che, insinuandosi tra le parti delle esalazioni, le infiammano; inoltre, ci sono blocchi di roccia parzialmente frantumati che, eroditi gradualmente dal corso delle acque o per altre cause, possono cadere all’improvviso dalla sommità di queste cavità e, in questo modo, generare fuoco: sia perché, cadendo, colpiscono altre pietre, proprio come avviene con un fucile, sia perché, quando sono abbastanza grandi, spingono via l’aria sottostante con grande violenza, esattamente come accade quando una roccia cade su un’altra.
95
Proprio come brucia una fiamma.
Ora, dopo che il fuoco si è diffuso in un certo corpo, esso passa facilmente da quel corpo agli altri adiacenti, quando questi sono idonei a riceverlo: infatti le parti del primo corpo infuocato vengono agitate con grande violenza dal fuoco, e queste agitazioni si trasmettono alle parti degli altri corpi vicini. Tuttavia, ciò non riguarda tanto il modo in cui il fuoco viene generato, quanto il modo in cui viene mantenuto, il che devo ora spiegare. Consideriamo, ad esempio, una candela accesa; essa è composta da molte piccole parti di cera o altra materia grassa o oleosa, così come da altre sostanze appartenenti al secondo elemento. Queste parti si muovono molto rapidamente nello spazio in cui formano la fiamma, seguendo il movimento del primo elemento; pur incontrandosi e spingendosi a vicenda, non si toccano su tutti i lati e non si sostengono reciprocamente con tanta forza (come avviene in altre zone dove non c’è fuoco affatto), quindi non riescono a fermarsi l’una con l’altra né a impedire che siano trascinate dal movimento del fuoco stesso.
96
È ciò che mantiene viva la sua fiamma.
Pensons aussi que la matière du premier élément, qui est en grande quantité avec les parties du second et avec celles de la cire en cette flamme, tend toujours à en sortir, à cause qu’elle ne peut continuer son mouvement en ligne droite, qu’en s’éloignant du lieu où elle est ; et qu’elle tend même à en sortir en montant plus haut et s’éloignant du centre de la terre, à cause que, suivant ce qui a été dit ci-dessus, elle est légère, non seulement à comparaison des parties de l’air d’alentour, mais aussi à comparaison de celles du second élément qui sont en ses pores : c’est pourquoi ces parties de l’air et du second élément tendent aussi à descendre en sa place, laquelle elles occuperaient incontinent, et ainsi suffoqueraient cette flamme, si elle n’était composée que du premier ; mais les parties de la cire qui commencent à suivre son cours dès lors qu’elles sortent de la mèche FG, vont rencontrer ces parties de l’air et du second élément qui sont disposées à descendre en la place de la flamme, et les repoussent avec plus de force que ce premier élément seul ne pourrait faire, au moyen de quoi cette flamme se conserve.
97
Pourquoi elle monte en pointe, et d’où vient la fumée.
Et parce que ces parties de la cire suivent le cours du premier élément, elles tendent principalement à monter en haut, ce qui est cause de la figure pointue de la flamme ; mais parce qu’elles ont plus de force que les parties de l’air d’alentour, tant à cause qu’elles sont plus grosses, qu’à cause qu’elles se meuvent plus vite, bien qu’elles empêchent cet air de descendre vers la flamme, elles ne peuvent pas être empêchées par lui en même façon de monter plus haut vers H, où, perdant peu à peu leur agitation, elles se changent en fumée.
98
Comment l’air et les autres corps nourrissent la flamme.
Et cette fumée ne trouverait aucune place où se mettre hors de la flamme, à cause qu’il n’y a point de vide, si, à même temps qu’elle entre dans l’air, une pareille quantité de cet air ne prenait son cours circulairement vers le lieu qu’elle quitte ; c’est pourquoi lorsqu’elle monte vers H, elle en chasse de l’air qui descend par I et K vers B, où, rasant le haut du flambeau B et le bas de la mèche F, il coule de là dans la flamme et sert de matière pour l’entretenir. Toutefois, à cause que ses parties sont fort déliées, elles ne pourraient suffire à cela toutes seules ; mais elles font aussi monter avec soi, par les pores de la mèche, des parcelles de cire à qui la chaleur du feu a déjà donné quelque agitation ; ce qui fait que la flamme se conserve en changeant continuellement de matière, et en ne demeurant jamais deux moments de suite la même, que comme fait une rivière en laquelle il afflue incessamment de nouvelles eaux.
99
Que l’air revient circulairement vers le feu en la place de la fumée.
Et ce mouvement circulaire de l’air vers la flambe peut aisément être connu par expérience ; car lorsqu’il y a un assez grand feu dans une chambre où toutes les portes et fenêtres sont bien fermées, et où, excepté le tuyau de la cheminée par où la fumée sort, il n’y a rien d’ouvert que quelque vitre cassée ou quelque autre trou assez étroit, si on met la main auprès de ce trou l’on sent manifestement le vent que fait l’air en venant par là vers le feu en la place de la fumée.
100
Comment les liqueurs éteignent le feu, et d’où vient qu’il y a des corps qui brûlent dans l’eau.
Ainsi on peut voir qu’il y a toujours deux choses requises pour faire que le feu ne s’éteigne point. La première est qu’il y ait en lui des parcelles du troisième élément, qui, étant mues par le premier, aient assez de force pour repousser le second élément avec l’air ou les autres liqueurs qui sont au-dessus de lui, et empêcher qu’elles ne le suffoquent. Je ne parle ici que des liqueurs qui sont au-dessus, à cause que, n’y ayant que leur pesanteur qui les fasse aller vers lui, celles qui sont au-dessous n’y vont jamais en cette façon pour l’éteindre, et elles y vont seulement lorsqu’elles y sont attirées pour le nourrir, comme on voit que la même liqueur qui sert à entretenir la flamme d’un flambeau quand il est droit le peut éteindre quand il est renversé ; et, au contraire, on peut faire des feux qui brûlent sous l’eau, à cause qu’ils contiennent des parcelles du troisième élément si solides, si agitées, et en si grand nombre, qu’elles ont la force de repousser l’eau de tous côtés, et ainsi l’empêcher d’éteindre le feu.
101
Quelles matières sont propres à le nourrir.
L’autre chose qui est requise pour la durée du feu est qu’il y ait auprès de lui quelque corps qui lui fournisse toujours de la matière pour succéder à la fumée qui en sort ; et à cet effet il faut que ce corps ait en soi plusieurs parties assez déliées, à raison du feu qu’il doit entretenir, et qui soient jointes entre elles ou à d’autres plus grosses, en telle sorte que les parties qui sont déjà embrasées puissent les séparer de ce corps, et aussi des parties du second élément qui sont proches d’elles, afin de leur donner par ce moyen la forme du feu.
102
Pourquoi la flamme de l’eau-de-vie ne brûle point un linge mouillé de cette même eau.
Je dis qu’il faut que ce corps ait en soi des parties assez déliées à comparaison du feu qu’elles doivent entretenir, parce qu’elles ne pourraient servir si elles étaient si grosses qu’elles ne pussent être mues et séparées par les parties du troisième élément qui composent ce feu, et qui ont d’autant moins de force qu’elles sont plus déliées.
Comme on voit qu’ayant mis le feu à de l’eau-de-vie dont un linge est mouillé, ce linge n’en peut être brûlé, ni par conséquent nourrir ce feu : dont la raison est que les parties de la flamme qui vient de l’eau-de-vie sont trop déliées et trop faibles pour mouvoir celles du linge ainsi mouillé.
103
D’où vient que l’eau-de-vie brûle facilement.
J’ajoute qu’elles doivent être jointes en telle sorte que le feu les puisse séparer les unes des autres, et aussi des parties du second élément qui sont proches d’elles. Et afin qu’elles puissent être séparées les unes des autres, ou bien elles doivent être si petites et si peu jointes ensemble, qu’encore que la flamme ne touche que la superficie du corps qu’elles composent, son action suffise pour les tirer de cette superficie l’une après l’autre ; et c’est ainsi que brûle l’eau-de-vie. Mais le linge est composé de parties trop grosses et trop bien jointes pour être séparées en même façon ; ou bien il doit y avoir plusieurs pores en ce corps qui soient assez grands pour recevoir les parties de la flamme, afin que les parties de la flamme coulant autour des siennes aient plus de force à les séparer : et parce qu’il y a quantité de tels pores dans le linge, de là vient qu’il peut aisément être brûlé, même par la flamme de l’eau-de-vie, lorsqu’il n’est point du tout mouillé ; mais lorsqu’il est mouillé, encore que ce ne soit que d’eau-de-vie, les parties de cette eau qui ne sont point enflammées remplissent ses pores, et ainsi empêchent celles de la flamme qui est au-dessus d’y entrer. De plus, afin que les parties du corps qui sert à entretenir le feu puissent être séparées du second élément qui les environne, ou bien elles doivent être assez fermement jointes les unes aux autres, en sorte que les parties du second élément résistant moins quelles à la flamme en soient chassées les premières, et cette condition se trouve en tous les corps durs qui peuvent brûler, ou bien si les parties du corps qui brûle sont si petites et si peu jointes ensemble, qu’encore que la flamme ne touche que la superficie de ce corps elle ait la force de les séparer, il est besoin qu’elles aient plusieurs petites branches si déliées et si proches les unes des autres, qu’il n’y ait que le seul premier élément qui puisse remplir les petits intervalles qui sont autour d’elles. Et parce que l’eau-de-vie brûle fort aisément, il est à croire que ses parties ont de telles branches, mais qui sont fort courtes ; car si ces branches étaient un peu longues, elles se lieraient les unes aux autres, et ainsi composeraient de l’huile.
104
D’où vient que l’eau commune éteint le feu.
We also believe that the substance of the first element, which is present in large quantities along with the parts of the second element and those of wax within this flame, always tends to escape from it. This is because it can only continue its straight-line motion by moving away from the place where it is located. Moreover, it even tends to rise higher and move further away from the center of the earth, since, as mentioned earlier, it is lighter—not only compared to the surrounding air but also compared to the parts of the second element that are contained within its pores. For this reason, these parts of air and the second element also tend to descend and take its place; if the flame were composed solely of the first element, they would immediately suffocate it. However, the parts of wax that begin to flow as soon as they emerge from the wick FG encounter these descending portions of air and the second element and push them away with greater force than the first element alone could manage, thereby allowing the flame to continue burning.
97
Why does it rise to the tip, and where does the smoke come from?
And because these parts of the wax follow the course of the first element, they tend primarily to rise upwards, which is why the flame has a pointed shape; but since they possess more force than the surrounding air—both because they are heavier and because they move more quickly—they prevent this air from descending towards the flame. However, they themselves cannot be prevented by the air from rising even higher towards H, where, gradually losing their agitation, they transform into smoke.
98
How air and other substances nourish the flame.
And this smoke would not find any place to escape the flames, for there is no such thing as vacuum; rather, at the very moment when it enters the air, an equal amount of air begins to circulate in the opposite direction, towards the place from which it originated. Hence, as the smoke rises towards H, it displaces the air descending through I and K towards B. There, this displaced air flows along the upper edge of flame B and the lower part of wick F, merging into the flames and serving as their sustaining substance. However, since these air currents are extremely fine and delicate, they alone would not be sufficient to maintain the flame; instead, they also draw up through the pores of the wick tiny particles of wax that have already been heated by the fire’s heat. This process ensures that the flame continues to exist by constantly renewing its material, never remaining the same for two consecutive moments—just as a river is sustained by an endless flow of fresh water.
99
Let the air circulate back towards the fire, in place of the smoke.
And this circular movement of air toward the flame can be easily understood through experience; for when there is a fairly large fire in a room where all doors and windows are tightly closed, and where, apart from the chimney duct through which the smoke escapes, there is no other opening except perhaps some broken glass or some other very narrow hole, if one places their hand near such a hole, they will clearly feel the wind generated as the air moves through it toward the fire, in place of the smoke.
100
How is it that liquors can put out fire, and why are there some substances that burn even when in water?
Thus, it can be seen that there are always two requirements necessary to prevent a fire from extinguishing. The first is that the fire must contain elements of the third element; when these elements, driven by the first element, possess sufficient force, they can push back the second element—such as air or other liquids surrounding them—and prevent them from suffocating the fire. I am referring here only to those liquids that are located above the fire, because it is their weight alone that causes them to move toward the fire. Liquids below the fire never move in this manner to extinguish it; they only do so when they are drawn upward to feed the fire. For instance, the same liquid that keeps a flame burning when the candle is upright can also extinguish it when it is turned upside down. Conversely, it is possible to create fires that burn underwater because these fires contain such solid, vigorous, and numerous elements of the third element that they are capable of pushing back the water on all sides, thereby preventing it from putting out the fire.
101
Which substances are suitable for nourishing it?
Another requirement for the continuity of a fire is that there must be some substance present that continuously supplies material to replace the smoke that is released; for this purpose, such a substance must consist of several sufficiently fine parts, capable of sustaining the fire within them. These parts must be connected either to each other or to larger components, so that the already ignited portions can separate from the main body of the substance as well as from any adjacent parts of the second element involved, thereby allowing these separated portions to assume the form of fire.
102
Why does the flame of alcohol not burn wet cloth soaked in that very same liquid?
I say that this body must possess within itself parts that are sufficiently delicate in comparison to the fire that they need to maintain; otherwise, such parts would be incapable of functioning if they were too bulky to be moved or separated by those components of the third element that constitute this fire—and which, being even more delicate, possess even less strength.
As we can see, when one sets fire to alcohol with which a piece of cloth has been wetted, the cloth itself cannot be burned, nor can it therefore feed into that fire; the reason for this is that the parts of the flame that originate from the alcohol are too delicate and too weak to affect the wet cloth.
103
Why is it that vodka burns so easily?
I add that these components must be arranged in such a way that the flame can separate them from each other, as well as from those parts of the second element that are adjacent to them. Moreover, in order for them to be separable, they must either be extremely small and poorly connected together, so that even though the flame only touches the surface of the material they form, its heat is sufficient to separate them one by one; this is how alcohol burns. However, cloth is made up of larger components that are closely joined together, so it cannot be separated in the same way. Alternatively, the fabric must contain pores large enough to allow the flame to penetrate, so that the parts of the flame flowing around them have sufficient power to separate them; because cloth contains many such pores, it can easily be burned even by alcohol flames, even when it is not wet at all. But when it is wet—even if only with alcohol—the unburned parts of the alcohol fill these pores, preventing the flame from reaching inside. Furthermore, in order for the components that sustain the fire to be separated from the surrounding second element, they must either be tightly connected together, so that the less flammable parts of the second element are expelled first; this condition is present in all solid materials that can burn. Alternatively, if the burning components are very small and poorly joined, so that the flame only touches their surface but still has enough power to separate them, then these components must have numerous tiny, closely spaced branches, so that only the first element can fill the gaps between them. Since alcohol burns so easily, it is likely that its components possess such branches, although they are quite short; otherwise, if these branches were longer, they would combine with each other and form oil.
104
Why is it that ordinary water can put out fire?
Pensiamo anche che la materia dell’elemento primario, essendo presente in grandi quantità insieme alle parti dell’elemento secondo e a quelle della cera in questa fiamma, tenda sempre ad allontanarsi da essa; infatti non può continuare il proprio movimento in linea retta se non allontanandosi dal luogo in cui si trova. Inoltre, tende ancora di più ad allontanarsi salendo verso l’alto e allontanandosi dal centro della terra, poiché, come detto sopra, è leggera non solo rispetto alle parti d’aria circostanti, ma anche rispetto a quelle dell’elemento secondo presenti nei suoi pori. Per questo motivo, queste parti d’aria e di elemento secondo tendono anch’esse a scendere al posto della fiamma, occupandolo immediatamente e soffocandola; tuttavia, le parti della cera che iniziano a muoversi non appena escono dalla candela FG incontrano queste parti d’aria e di elemento secondo e le respingono con maggiore forza di quanto possa fare da sola l’elemento primario, permettendo così alla fiamma di mantenersi.
97
Perché sale in punta, e da dove proviene quel fumo?
E poiché queste parti di cera seguono il movimento del primo elemento, tendono principalmente a salire verso l’alto, il che è la causa della forma appuntita della fiamma; ma poiché possiedono una forza maggiore rispetto alle parti d’aria circostanti – sia per essere più dense, sia perché si muovono più velocemente –, anche se impediscono a quell’aria di scendere verso la fiamma, non possono essere a loro volta trattenute da essa dal salire ulteriormente verso l’alto; in quel punto, perdendo gradualmente il loro movimento frenetico, si trasformano in fumo.
98
In che modo l’aria e gli altri corpi alimentano la fiamma.
E questa fumata non troverebbe alcun luogo dove allontanarsi dalla fiamma, poiché non esiste alcun vuoto; infatti, nel momento stesso in cui entra nell’aria, una quantità equivalente di quell’aria si dirama verso il punto da cui essa proviene. Per questo motivo, quando la fumata sale verso H, spinge via l’aria che scende attraverso I e K verso B; quest’ultima, scorrendo lungo la parte superiore della fiamma B e la parte inferiore della miccia F, vi si unisce e contribuisce a mantenerla. Tuttavia, poiché le sue parti sono molto sottili, non sarebbero sufficienti da sole per questo scopo; inoltre, attraverso i pori della miccia, esse portano verso l’alto anche piccole particelle di cera che, a causa del calore del fuoco, sono già state messe in movimento. Questo permette alla fiamma di mantenersi, cambiando continuamente la sua materia e non rimanendo mai per due momenti consecutivi la stessa, proprio come avviene per un fiume nel quale continuamente affluiscono nuove acque.
99
Che l’aria torni a circolare verso il fuoco, al posto del fumo.
Questo movimento circolare dell’aria verso la fiamma può essere facilmente compreso attraverso l’esperienza; infatti, quando in una stanza tutte le porte e le finestre sono ben chiuse, e non vi è nulla di aperto se non qualche vetro rotto o qualche altro foro abbastanza stretto, se si mette la mano vicino a tale foro si percepisce chiaramente il vento prodotto dall’aria che vi passa attraverso per dirigersi verso la fiamma, al posto del fumo.
100
Come i liquori riescono a spegnere il fuoco, e da dove deriva il fatto che ci siano sostanze che bruciano nell’acqua.
Si può quindi osservare che ci sono sempre due elementi necessari affinché il fuoco non si spegna. Il primo è che nel fuoco siano presenti particelle dell’elemento terzo; queste, spinte dall’elemento primo, possiedono abbastanza forza per respingere l’elemento secondo – ovvero l’aria o altre sostanze presenti al di sopra del fuoco – e impedire che queste ultime lo soffochino. Qui parlo esclusivamente delle sostanze presenti al di sopra del fuoco, poiché soltanto la loro gravità le spinge verso di esso; quelle presenti al di sotto, invece, non vi si dirigono mai in questo modo per spegnerlo, ma solo quando vengono attirate verso di esso al fine di alimentarlo. Come si può vedere, la stessa sostanza che mantiene accesa la fiamma di una candela quando è eretta può anche speggerla quando viene capovolta; al contrario, è possibile creare fuochi che bruciano sott’acqua, poiché tali fuochi contengono particelle dell’elemento terzo così solide e numerose da essere in grado di respingere l’acqua da tutti i lati, impedendole così di spegnere il fuoco.
101
Quali sostanze sono adatte a nutrirlo?
Un’altra condizione necessaria per la durata del fuoco è che vi sia un corpo che gli fornisca costantemente materia per sostituire il fumo che ne esce; a tale scopo, questo corpo deve essere composto da parti abbastanza sottili, in relazione al fuoco che deve mantenere, e tali parti devono essere collegate tra loro o ad altre più grandi, in modo che quelle già avvolte dal fuoco possano separarsi da questo corpo, nonché dalle parti dell’altro elemento che si trovano nelle vicinanze, al fine di dare loro, con questo mezzo, la forma del fuoco.
102
Perché la fiamma dell’acquavite non brucia i panni bagnati con quella stessa acqua?
Dico che questo corpo deve possedere parti abbastanza sottili, rispetto al fuoco che devono mantenere; infatti, tali parti non potrebbero funzionare se fossero troppo grosse per essere mosse e separate dalle altre componenti del terzo elemento che costituisce quel fuoco, le quali, essendo più sottili, possiedono anche meno forza.
Come si può vedere, quando si dà fuoco a dell’acquavite con cui un panno è stato inumidito, tale panno non può essere bruciato e, di conseguenza, non può alimentare quel fuoco; la ragione è che le parti della fiamma provenienti dall’acquavite sono troppo sottili e deboli per influenzare quelle del panno inumidito.
103
Da dove deriva il fatto che gli alcolici ardono facilmente?
Aggiungo che tali parti devono essere unite in modo tale che il fuoco possa separarle le une dalle altre, così come dalle parti del secondo elemento che si trovano loro vicine. Affinché possano essere effettivamente separate, o bien devono essere molto piccole e poco legate tra loro, al punto che, anche se la fiamma tocchi soltanto la superficie di quelle parti, la sua azione sia sufficiente per separarle una dopo l’altra; ed è proprio in questo modo che brucia l’alcol. Tuttavia, i tessuti sono composti da parti troppo grandi e troppo ben legate tra loro, per poter essere separati allo stesso modo; oppure devono contenere dei pori abbastanza grandi da permettere alla fiamma di penetrare al loro interno, in modo che le sue parti possano avere maggiore forza nel separarle. Poiché nei tessuti esistono molti di questi pori, essi possono essere facilmente bruciati, anche dalla fiamma dell’alcol, anche quando non sono affatto bagnati; ma quando sono umidi, anche solo con alcol, le parti di quest’ultimo che non sono in fiamme riempiono i pori del tessuto, impedendo così alla fiamma di penetrare. Inoltre, affinché le parti del corpo che servono a mantenere il fuoco possano essere separate dal secondo elemento che le circonda, o bien devono essere abbastanza strettamente legate tra loro, in modo che le parti del secondo elemento, essendo meno resistenti al fuoco, vengano spinte via dalle prime; questa condizione si riscontra in tutti i corpi duri che possono bruciare. Oppure, se le parti di quel corpo sono molto piccole e poco legate tra loro, anche se la fiamma tocca soltanto la loro superficie, essa ha comunque la forza necessaria per separarle; in questo caso, tali parti devono avere molte piccole ramificazioni così sottili e vicine le une alle altre, che solo il primo elemento possa riempire gli spazi tra di esse. Poiché l’alcol brucia molto facilmente, si può presumere che le sue parti abbiano proprio queste caratteristiche, anche se queste ramificazioni siano piuttosto corte; infatti, se fossero un po’ più lunghe, si legherebbero tra loro, formando così dell’olio.
104
Da dove deriva il fatto che l’acqua comune spegne il fuoco?
L’eau commune est en cela fort différente de l’eau-de-vie, car elle est plus propre à éteindre le feu qu’à l’entretenir ; dont la raison est que ses parties sont assez grosses, et avec cela si glissantes, unies et pliantes, que non seulement les parties du second élément qui se joignent à elles de tous côtés n’y laissent que fort peu de place pour le premier, mais aussi elles entrent facilement dans les pores des corps qui brûlent, et, en chassant les parties qui ont déjà l’agitation du feu, empêchent que les autres ne s’embrasent.
105
D’où vient qu’elle peut aussi quelquefoisl’augmenter, et que tous les sels font le semblable.
Toutefois cela dépend de la proportion qui est entre la grosseur de ses parties et la violence du feu, ou la grandeur des pores du corps qui brûle. Car, comme il a déjà été dit de la chaux vive, qu’elle s’échauffe avec de l’eau froide, ainsi il y a une espèce de charbon qui en doit être arrosé lorsqu’il brûle, afin que sa flamme en soit plus, vive ; et tous les feux qui sont fort ardents le deviennent encore plus lorsqu’on jette dessus quelque peu d’eau. Mais si on jette du sel, leur ardeur sera encore plus augmentée que par l’eau douce, à cause que les parties du sel étant longues et raides, et s’élançant de pointe comme des flèches, ont beaucoup de force, lorsqu’elles sont enflammées pour ébranler les parties des corps qu’elles rencontrent. Et c’est pour cette raison qu’on a coutume de mêler certains sels parmi les métaux, pour les fondre plus aisément.
106
Quels corps sont les plus propres à entretenir le feu.
Pour ce qui est du bois et des autres corps durs dont on peut entretenir le feu, ils doivent être composés de diverses parties ; quelques-unes desquelles soient assez petites, les autres un peu plus grosses, et qu’il y en ait ainsi par degrés jusqu’à celles qui sont les plus grosses de toutes ; et il y en doit avoir dont les figures soient assez irrégulières et comme divisées en plusieurs branches, en sorte qu’il y ait parmi elles d’assez grands pores, afin que les parties du troisième élément qui sont enflammées, entrant en ces pores, puissent premièrement agiter les plus petites, puis par leur moyen les médiocres, et par le moyen de celles-ci les plus grosses ; et en même temps (Chasser, le second-élément, premièrement des plus petits pores, puis aussi de tous les autres, et enfin emporter avec soi toutes les parties de ce corps, excepté les plus grosses, qui demeurent et composent les cendres.
107
Pourquoi il y a des corps qui s’enflamment, et d’autres que le feu consume sans les enflammer.
Et lorsque les parties qui portent en un même temps du corps qui brûle sont en assez grand nombre pour avoir la force de chasser les parties du second élément qui sont en quelque endroit de l’air proche de ce corps, elles remplissent tout cet endroit de flamme : mais si elles sont en trop petit nombre, ce corps brûle sans s’enflammer. Et, s’il est composé de parties si égales, et tellement disposées que les premières qui s’embrasent aient la force d’embraser leurs voisines en se glissant parmi elles, le feu se conserve en ce corps jusqu’à ce qu’il l’ait consumé, comme on voit arriver aux mèches dont se servent les soldats pour leurs mousquets.
108
Comment le feu se conserve dans le charbon.
Mais si les parties de ce corps ne sont point ainsi disposées, le feu ne s’y conserve qu’en tant que les plus subtiles qui sont déjà embrasées, se trouvant engagées entre plusieurs autres plus grosses qui ne le sont pas, ont besoin de quelque temps pour s’en dégager. Ce qu’on expérimente aux charbons, qui, étant couverts de cendres, conservent le feu pendant quelques heures, par cela seul que ce feu consiste en l’agitation de certaines parties du troisième élément assez petites, qui ont plusieurs branches, et qui, se trouvant engagées entre d’autres plus grosses, n’en peuvent sortir que l’une après l’autre, nonobstant qu’elles soient fort agitées, et qui peut-être aussi ont besoin de quelque temps pour être diminuées ou divisées peu à peu par la force de leur agitation avant qu’elles puissent sortir des lieux où elles sont.
109
De la poudre à canon, qui se fait de soufre, de salpêtre et de charbon ; et, premièrement du soufre.
Mais il n’y a rien qui prenne sitôt feu et qui le retienne moins longtemps que fait la poudre à canon : de quoi on peut voir clairement la cause, en considérant la nature du soufre, du salpêtre et du charbon, qui sont les seuls ingrédients dont on la compose. Car, premièrement, le soufre est de soi-même extrêmement prompt à s’enflammer, d’autant qu’il est composé des parcelles des sucs aigres ou corrosifs, environnées de la matière huileuse qui se trouve avec eux dans les mines, et qui est divisée en petites branches si déliées et si proches les unes des autres qu’il n’y a que le premier élément qui puisse passer parmi elles ; ce qui fait aussi que pour l’usage de la médecine on estime le soufre fort chaud.
110
Du salpêtre.
Puis, pour ce qui est du salpêtre, il est composé des parties qui sont toutes longues et roides, ainsi que celles du sel commun, dont elles diffèrent seulement en cela, qu’un de leurs bouts est plus menu et plus pointu que l’autre, au lieu que les deux bouts des parties du sel commun sont égaux entre eux ; ce qu’on peut connaître par expérience, en faisant dissoudre ces deux sels dans de l’eau : car, à mesure que cette eau s’évapore, les parties du sel commun demeurent couchées sur sa superficie, où elles composent des petits carrés, ainsi que j’ai expliqué dans les Météores ; mais les parties du salpêtre descendent au fond ou s’attachent aux côtés du vaisseau, et montrent par là que l’un de leurs bouts est beaucoup plus gros ou plus pesant que l’autre.
111
Du mélange de ces deux ensemble.
Et il faut remarquer qu’il y a telle proportion entre les parties du salpêtre et celles du soufre, que bien que celles-ci soient plus petites ou moins massives que les autres, toutefois, étant enflammées, elles ont la force de chasser fort vite tout ce qu’il y a du second élément entre elles et ces autres, et par même moyen de faire que le premier élément les agite.
112
Quel est le mouvement des parties du salpêtre.
Il faut aussi remarquer que c’est principalement le bout le plus pointu de chacune de ces parties du salpêtre qui se meut pendant qu’elles sont ainsi agitées, et qu’il décrit un cercle en tournoyant, au lieu que son autre bout, qui est plus gros et plus pesant, se tient en bas vers le centre de ce cercle : en sorte, par exemple, que si B est une par celle du salpêtre qui n’est point encore agitée, G la représente lorsqu’elle commence à s’agiter, et que le cercle qu’elle décrit n’est pas encore fort grand ; mais il s’augmente incontinent après, et devient aussi grand qu’il peut être, comme on voit vers D, et cependant les parties du soufre qui ne tournaient pas en même façon, passent fort promptement plus loin de tous côtés en ligne droite vers les autres parties du salpêtre, qu’elles enflamment tout-à-coup en même façon en chassant le second élément d’autour d’elles.
113
Pourquoi la flamme de la poudre se dilate beaucoup et pourquoi son action tend en haut.
Ce qui fait déjà voir la cause pourquoi la poudre à canon se dilate beaucoup lorsqu’elle s’enflamme, et aussi pourquoi son effort tend en haut, en sorte que, lorsqu’elle est bien fine, on la peut faire brûler dans le creux de la main sans en recevoir aucun mal. Car chacune des parties du salpêtre chasse toutes les autres du cercle qu’elle décrit ; et elles s’entre-chassent aussi avec grande force, à cause qu’elles sont dures et raides : mais parce que ce ne sont que leurs pointes qui décrivent ces cercles, et qu’elles tendent toujours vers le haut, de là vient que si leur flamme se peut étendre librement vers là, elle ne brûle aucunement ce qui est sous elle.
114
Quelle est la nature du charbon.
Common water is in this regard quite different from alcohol, for it is far more apt to extinguish fire than to sustain it; the reason for this is that its particles are large enough, yet at the same time so smooth, cohesive, and malleable that not only do the parts of the second element that come into contact with them on all sides leave very little space for the first element, but they also easily penetrate the pores of burning substances, displacing those portions already affected by the fire and thus preventing the rest from catching alight.
105
How come it is also possible to increase it in some way, and why do all salts behave in the same manner?
However, this depends on the proportion between the size of its components and the intensity of the fire, or on the size of the pores in the material being burned. For just as quicklime is said to heat up when mixed with cold water, there is also a type of coal that must be sprinkled with water while it burns in order to make its flame even more intense; indeed, all very fierce fires become even more intense when a little water is poured onto them. But if salt is added, their intensity will increase even more than with water, because the crystalline structure of salt—with its long, rigid crystals extending out like arrows—possesses great force when ignited, allowing it to effectively disrupt the structures of the materials it touches. It is for this reason that certain salts are commonly mixed with metals to facilitate their melting process.
106
Which bodies are best suited for sustaining fire?
As for wood and other hard materials from which fire can be sustained, they must be composed of various parts—some of which are quite small, others somewhat larger, and so on, progressing to the largest ones among them. There must also be parts whose shapes are sufficiently irregular and branched out in multiple directions, such that they contain relatively large pores. In this way, when the portions of the third element that are on fire enter these pores, they can first agitate the smaller particles, then, through those, the intermediate ones, and ultimately, through those, the largest ones. At the same time, the second element is expelled first from the smallest pores, then from all the others, carrying away with it all parts of this material except for the largest ones, which remain and form the ashes.
107
Why are there some bodies that catch fire, while others are consumed by fire without igniting?
And when there are enough parts of a body that is on fire to possess the power to drive away those portions of the second element that are located somewhere in the air near that body, they fill that entire space with flames; but if there are too few such parts, the body continues to burn without catching fire. Moreover, if the body is composed of parts that are so evenly distributed that those which first catch fire have the ability to ignite their neighboring parts as they move among them, then the fire will persist within that body until it has consumed it entirely, just as one can observe with the fuses used by soldiers for their muskets.
108
How fire is preserved within coal.
But if the various parts of this body are not arranged in such a way, fire can only be maintained therein to the extent that the most subtle portions, which are already ignited, become trapped between several larger, unlit parts. This phenomenon can be observed with charcoal: covered in ashes, it retains fire for several hours—simply because this fire consists of the agitation of certain tiny particles of the third element, which have multiple branches and are caught between larger particles. These tiny particles can only escape one by one, despite their intense movement; perhaps they also require some time to gradually diminish or separate due to the force of their own agitation before they are able to break free from their confined positions.
109
Gunpowder, which is made from sulfur, saltpeter, and charcoal; and first and foremost, sulfur.
But there is nothing that ignites so quickly and burns for a shorter time than gunpowder—something whose cause becomes clear upon considering the nature of sulfur, saltpeter, and charcoal, which are its only components. For, firstly, sulfur itself is extremely prone to catching fire; moreover, it consists of particles of acidic or corrosive substances surrounded by oily matter found in the same mines. This oily substance forms tiny, closely packed branches, allowing only sulfur to pass through them; precisely for this reason, sulfur is considered very hot when used in medicine.
110
Nitre.
Furthermore, as regards saltpeter, it is composed of parts that are all long and rigid, just like those of common salt; the only difference between them is that one end of the saltpeter particles is finer and more pointed than the other, whereas both ends of common salt particles are equal in size. This can be observed through experimentation by dissolving both salts in water: as the water evaporates, the parts of common salt remain on its surface, forming small squares, as I explained in my work “Météores”; however, the parts of saltpeter sink to the bottom or adhere to the sides of the container, indicating that one end of these particles is significantly larger or heavier than the other.
111
It is the combination of these two elements together.
It must be noted that there is such a precise proportion between the parts of saltpeter and those of sulfur that, although the latter are smaller in quantity or less massive than the former, once ignited, they possess the power to quickly displace all the elements present between them and the other components, thereby causing the first element to react with them.
112
What is the movement of the various components of saltpeter?
It should also be noted that it is primarily the most pointed end of each of these parts of the saltpeter that moves when they are agitated in this manner; this end describes a circle as it rotates, whereas the other end, which is larger and heavier, remains positioned toward the center of this circle. For example, if B represents the part of the saltpeter that has not yet begun to move, then G represents it once it starts moving, and the circle it describes is initially not very large; however, it quickly increases in size until it becomes as large as possible, as can be seen at D. At the same time, the parts of sulfur that do not rotate in the same way move rapidly in straight lines toward all other parts of the saltpeter, where they suddenly ignite together by expelling the second element surrounding them.
113
Why does the flame of gunpowder expand so much, and why does its movement tend upwards?
This already explains why gunpowder expands considerably when it ignites, and also why its force tends upwards. As a result, when gunpowder is very fine, it can be burned in the palm of one’s hand without causing any harm. For each component of saltpeter drives all the others out of the circle it describes; they also push against each other with great force because they are hard and rigid. However, since only their tips describe these circles and they always tend upwards, it is possible for their flame to extend freely in that direction without burning anything beneath it.
114
What is the nature of coal?
L’acqua comune è in questo senso molto diversa dall’acquavite, poiché è più adatta a spegnere il fuoco che a mantenerlo; la ragione di ciò sta nel fatto che le sue molecole sono abbastanza grandi e al contempo così lisce, unite tra loro e flessibili, da non lasciare quasi spazio alle molecole dell’altro elemento quando queste si uniscono ad esse da tutti i lati; inoltre, queste molecole entrano facilmente nei pori dei corpi che bruciano, allontanando quelle parti già soggette all’agitazione del fuoco e impedendo così che le altre prendano fuoco.
105
Da dove deriva il fatto che possa anche aumentare in qualche modo, e che tutti i sali facciano lo stesso?
Tuttavia, ciò dipende dalla proporzione tra le dimensioni delle parti del materiale e l’intensità del fuoco, o dalla grandezza dei pori del corpo che viene bruciato. Poiché, come già detto per la calce viva, essa si riscalda quando venne bagnata con acqua fredda, esiste anche un tipo di carbone che deve essere innaffiato durante la combustione affinché la fiamma diventi ancora più intensa; inoltre, tutti i fuochi molto ardenti diventano ancora più violenti se vi si getta un po’ d’acqua. Ma se si aggiunge del sale, l’intensità del loro ardore aumenta ancora di più rispetto all’uso dell’acqua dolce: infatti, le parti del sale, essendo lunghe e rigide, e proiettandosi verso l’esterno come frecce, possiedono una grande forza quando vengono incendiate, tanto da scuotere le parti dei corpi che incontrano. Ed è proprio per questa ragione che si ha l’abitudine di mescolare alcuni tipi di sale con i metalli, al fine di facilitarne la fusione.
106
Quali corpi sono i più adatti a mantenere il fuoco?
Per quanto riguarda il legno e altri materiali duri nei quali è possibile mantenere il fuoco, essi devono essere composti da diverse parti: alcune di queste piuttosto piccole, altre un po’ più grandi, e così via, fino a quelle che sono le più voluminose di tutte. Inoltre, tali materiali devono presentare una struttura abbastanza irregolare, divisa in molte “branche”, in modo da disporre di pori abbastanza ampi. Questo permetterà alle parti del terzo elemento che si trovano in stato di combustione di entrare in questi pori, agitare prima le parti più piccole, poi quelle intermedie, e infine anche le più grandi. Allo stesso tempo, il secondo elemento verrà espulso dapprima dai pori più piccoli, e successivamente da tutti gli altri; alla fine, porterà via con sé tutte le parti di quel materiale, tranne quelle più voluminose che rimarranno e costituiranno le ceneri.
107
Perché ci sono corpi che si infiammano, e altri che vengono consumati dal fuoco senza però infiammarsi.
E quando il numero delle parti di un corpo che brucia sia sufficientemente grande da avere la forza di scacciare le parti dell’altro elemento presenti nell’aria vicina a quel corpo, esse riempiono l’intera area interessata di fiamme; ma se il loro numero è troppo esiguo, quel corpo brucia senza divampare. Inoltre, se tale corpo è composto da parti uguali e disposte in modo che quelle che si accendono abbiano la capacità di infuocare le vicine attraverso il contatto con queste ultime, il fuoco si mantiene all’interno di quel corpo fino a quando non lo ha completamente consumato, proprio come avviene nelle micce utilizzate dai soldati per i loro fucili.
108
Come il fuoco si conserva nel carbone.
Ma se le parti di questo corpo non sono disposte in questo modo, il fuoco vi si conserva soltanto perché le parti più sottili che sono già accese si trovano intrappolate tra altre parti più grosse che non lo sono ancora; queste ultime hanno bisogno di tempo per liberarsi. Ciò che si osserva nei carboni, che, essendo coperti di cenere, conservano il fuoco per alcune ore, deriva dal fatto che questo fuoco è causato dall’agitazione di particelle molto piccole appartenenti al terzo elemento; queste particelle, avendo diverse diramazioni e trovandosi intrappolate tra altre parti più grandi, non possono uscire da esse se non una dopo l’altra. Nonostante siano fortemente agitate, probabilmente hanno bisogno di tempo per ridursi gradualmente a causa della loro stessa energia cinetica, prima di riuscire a liberarsi dai luoghi in cui si trovano.
109
La polvere da cannone è composta da zolfo, nitrato di potassio e carbone; e, in primo luogo, dallo zolfo.
Ma non c’è nulla che prenda fuoco così rapidamente e che bruci per un periodo di tempo più breve della polvere da cannone: da questo si può chiaramente comprendere la ragione, considerando la natura dello zolfo, del nitrato e del carbone, che sono gli unici ingredienti di cui essa è composta. Infatti, innanzitutto, lo zolfo è di per sé estremamente propenso ad infiammarsi; inoltre, essendo formato da particelle di succhi acidi o corrosivi, circondate dalla materia oleosa che si trova insieme a esse nelle miniere, e poiché questa materia oleosa è divisa in piccole ramificazioni così sottili e vicine le une alle altre, solo lo zolfo stesso può passare attraverso di esse; per questo motivo, anche nell’uso medico, lo zolfo viene considerato molto caldo.
110
Del nitrato di calcio.
Inoltre, per quanto riguarda il nitrato di potassio, esso è composto da parti tutte lunghe e dure, proprio come quelle del sale comune; la differenza tra i due risiede nel fatto che uno dei loro estremi è più sottile e appuntito dell’altro, mentre nei cristalli di sale comune entrambi gli estremi sono uguali. Questo si può constatare sperimentalmente sciogliendo questi due sali in acqua: man mano che l’acqua evapora, i cristalli di sale comune rimangono posizionati sulla superficie, formando piccoli quadratini, come ho spiegato nei “Meteori”; invece, i cristalli di nitrato di potassio affondano o si attaccano ai bordi del contenitore, dimostrando così che uno dei loro estremi è molto più grande e pesante dell’altro.
111
Dall’insieme di questi due elementi.
E bisogna notare che esiste una tale proporzione tra le parti di nitrato e quelle di zolfo, che anche se queste ultime sono più piccole o meno massicce delle prime, tuttavia, quando vengono infiammate, hanno la forza di scacciare molto rapidamente tutto ciò che costituisce il secondo elemento presente tra loro e le altre parti del composto; in questo modo, permettono anche al primo elemento di agire su di esse.
112
Qual è il movimento delle parti del nitrato di calcio?
È anche necessario notare che è principalmente l’estremità più appuntita di ciascuna di queste parti di nitrato di calcio quella che si muove quando vengono agitate in questo modo; tale estremità descrive un cerchio ruotando, mentre l’altra estremità, più grossa e pesante, rimane posizionata verso il centro di quel cerchio. Ad esempio, se B rappresenta la parte del nitrato di calcio che ancora non è stata agitata, G ne rappresenta quella che inizia a muoversi, e il cerchio che descrive in questo momento non è ancora molto grande; tuttavia, tale cerchio aumenta rapidamente di dimensioni fino a diventare il più ampio possibile, come si può osservare nella zona D. Nel contempo, le parti di zolfo che non ruotano nello stesso modo si spostano molto velocemente in tutte le direzioni lungo linee rette verso le altre parti del nitrato di calcio, e improvvisamente queste ultime prendono fuoco tutte insieme, espellendo il secondo elemento presente al loro interno.
113
Perché la fiamma della polvere si espande molto e perché la sua azione tende verso l’alto?
Questo spiega già il motivo per cui la polvere da cannone si dilata notevolmente quando prende fuoco, e anche perché la sua fiamma tende verso l’alto; quindi, quando è abbastanza fine, può essere bruciata nel palmo della mano senza causare alcun danno. Infatti, ciascuna delle parti del salnitro spinge le altre fuori dal cerchio che descrive; inoltre, queste parti si scacciano a vicenda con grande forza, poiché sono dure e rigide. Ma poiché solo le loro estremità tracciano questi cerchi e tendono sempre verso l’alto, è possibile che la fiamma si estenda liberamente in quella direzione senza bruciare ciò che si trova al di sotto.
114
Qual è la natura del carbone?
Au reste, on mêle du charbon avec le salpêtre et le soufre ; et de ces trois choses ensemble, humectées de quelque liqueur afin qu’elles se puissent mieux joindre, on compose de petites boules ou de petits grains, qui, étant parfaitement séchés en sorte qu’il n’y reste rien de la liqueur, font la poudre. Et en considérant que le charbon est ordinairement fait de bois duquel on a éteint le feu avant qu’il fut entièrement brûlé, on voit qu’il doit y avoir en lui plusieurs pores qui sont fort grands ; premièrement à cause qu’il y en a eu ! beaucoup dans le bois ou autre matière dont il est fait, puis aussi à cause qu’il est sorti beaucoup de parties terrestres hors de ce bois pendant qu’il a brûlé, lesquelles se sont changées en fumée. On voit aussi qu’il n’est composé que de deux sortes de parties, dont les unes sont si grosses qu’elles ne sauraient être converties en fumée par l’action du feu, mais seraient demeurées pour les cendres si le charbon avait achevé de brûler ; et les autres sont plus petites, à savoir celles qui en seraient sorties : et celles-ci ayant déjà été ébranlées par l’action du feu, sont déliées et molles, et aisées à embraser derechef, et avec cela elles ont des figures assez embarrassantes, en sorte qu’elles ne se dégagent pas aisément des lieux où elles sont ; comme il paraît de ce que beaucoup d’autres en étant déjà sorties, et changées en fumée, elles y sont demeurées les dernières.
115
Pourquoi on grène la poudre, et en quoi principalement consiste sa force.
Ainsi les parcelles ; du salpêtre et du soufre entrent aisément dans les pores du charbon, parce qu’ils sont grands, et elles y sont enveloppées et liées ensemble par celles de ses parties qui sont embarrassantes ; principalement lorsque le tout ensemble, après avoir été humecté et formé en grains, est desséché. Et la raison pourquoi on grène la poudre est afin que les parties du salpêtre ne s’embrasent pas seulement l’une après l’autre, ce qui leur donnerait moins de force, mais qu’il y en ait plusieurs qui prennent feu toutes ensemble : car chaque grain de poudre ne s’allume pas au même instant qu’il est touché de quelque flamme, mais cette flamme doit premièrement passer de la superficie de ce grain jusqu’au dedans, et y embraser les parties du soufre, par l’entremise desquelles celles du salpêtre sont agitées et décrivent au commencement de fort petits cercles ; puis, tendant à en décrire de plus grands, elles font effort toutes ensemble pour rompre les parties du charbon qui les retiennent, au moyen de quoi tout le grain s’enflamme. Et bien que le temps qui est requis pour toutes ces choses soit extrêmement court, si on le compare avec des heures ou des journées, en sorte qu’il ne nous est presque point sensible, il ne laisse pas d’être assez long lorsqu’on le compare avec l’extrême vitesse dont la flamme qui sort ainsi d’un grain de poudre s’étend de tous côtés en l’air qui l’environne. Ce qui est cause, par exemple, que, lorsqu’un canon est chargé, la flamme de l’amorce ou des premiers grains de poudre qui prennent feu, a loisir de s’étendre en tout l’air qui est autour des autres grains, et de les toucher tous avant qu’il y en ait aucun qui s’enflamme ; puis incontinent après, bien que les plus proches de la lumière soient les premiers disposés à s’enflammer, toutefois, à cause qu’en se dilatant ils ébranlent les autres et leur aident à se rompre, cela fait qu’ils s’enflamment et se dilatent tous en un même instant, au moyen de quoi toutes leurs forces, jointes ensemble, chassent la balle avec très grande vitesse. A quoi la résistance que font les parties du charbon sert beaucoup, à cause qu’elle retarde au commencement la dilatation des parties du salpêtre, ce qui augmente incontinent après la vitesse dont elles se dilatent. Il sert aussi que la poudre soit composée de grains, et même que la grosseur de ces grains et la quantité du charbon soit proportionnée à la grandeur du canon, afin que les intervalles que ces grains laissent entre eux soient assez larges pour donner passage à la flamme de l’amorce, et faire qu’elle ait loisir de s’étendre par toute la poudre, et de parvenir jusqu’aux grains les plus éloignés avant qu’elle ait embrasé les plus proches.
116
Ce qu’on peut juger des lampes qu’on dit avoir conservé leur flamme durant plusieurs siècles.
Après le feu de la poudre, qui est l’un de ceux qui durent le moins, considérons si, tout au contraire, il peut y avoir quelque feu qui dure fort longtemps sans avoir besoin de nouvelle matière pour s’entretenir, comme on raconte de certaines lampes qu’on a trouvées ardentes en des tombeaux lorsqu’on les a ouverts après qu’ils avaient été fermés plusieurs siècles. Je ne veux point être garant de la vérité de telles histoires ; mais il me semble qu’en un lieu souterrain, qui est si exactement clos de tous côtés que l’air n’y est jamais agité par aucun vent qui vienne du dedans ou du dehors de la terre, les parties de l’huile qui se changent en fumée, et de fumée en suie, lorsqu’elles s’arrêtent et s’attachent les unes aux autres, se peuvent arrêter tout autour de la flamme d’une lampe, et y, composer comme une petite voûte qui soit suffisante pour empêcher que l’air d’alentour ne vienne suffoquer cette flamme ; et aussi pour la rendre si faible et si débile qu’elle n’ait pas la force d’enflammer aucune des parties de l’huile ni de la mèche, si tant est qu’il en reste encore qui n’aient point été brûlées : au moyen de quoi le premier élément demeurant seul en cette flamme, à cause que les parties de l’huile qu’elle contenait se sont toutes peu à peu attachées à la petite voûte de suie qui l’environne, et tournant en rond là-dedans en forme d’une petite étoile, a la force de repousser de toutes parts le second élément, qui seul tend encore à venir vers la flamme par les pores qu’il s’est réservés en cette voûte, et ainsi d’envoyer de la lumière en l’air d’alentour ; laquelle ne peut être que fort faible pendant que le lieu demeure fermé ; mais à l’instant qu’il est ouvert, et que l’air qui tient de dehors dissipe la petite voûte de fumée qui l’environnait, elle peut reprendre sa vigueur et faire paraître la lampe assez ardente, bien que peut-être elle s’éteigne bientôt après, à cause qu’il est vraisemblable que cette flamme n’a pu ainsi se conserver sans aliment qu’après avoir consumé toute son huile.
117
Quels sont les autres effets du feu.
Passons maintenait aux effets du feu que l’explication des divers moyens qui servent à le produire ou conserver n’a pu encore faire entendre. Et parce que, de ce qui a déjà été dit, on connaît assez pourquoi il luit et échauffe, et dissout en plusieurs petites parties tous les corps qui lui servent de nourriture, et aussi pourquoi ce sont les plus petites et plus glissantes parties de ces corps qu’il en chasse les premières, et pourquoi elles sont suivies par après de celles qui, bien qu’elles ne soient peut-être pas moins petites que les précédentes, sortent toutefois moins aisément, à cause que leurs figures sont embarrassantes et divisées en plusieurs branches (d’où vient que, s’attachant aux tuyaux des cheminées, elles se changent en suie) ; puis enfin pourquoi il ne laisse rien que les plus grosses qui composent les cendres, il reste seulement ici à expliquer comment un même feu peut faire que certains corps, qui ne servent point à l’entretenir, deviennent liquides et qu’ils bouillent ; et que les autres, au contraire, se sèchent et se durcissent ; et enfin que les uns se changent en vapeurs, les autres en chaux, et les autres en verre.
118
Quels sont les corps qu’il fait fondre et bouillir.
Tous les corps, durs, composés de parties si égales ou si semblables qu’elles peuvent être toutes agitées et séparées aussi aisément l’une que l’autre, deviennent liquides lorsque leurs parties sont ainsi agitées et séparées par l’action du feu. Car un corps est liquide par cela seul que les parties dont il est composé se meuvent séparément les unes, des autres : et lorsque leur mouvement est si grand que quelques-unes, se changeant en air ou en feu, requièrent beaucoup plus d’espace que de coutume pour le continuer, elles font élever par bouillons la liqueur d’où elles sortent.
119
Quels sont ceux qu’il rend secs et durs.
Furthermore, coal is mixed with saltpeter and sulfur; and these three substances, when moistened with some liquid so that they can combine more easily, are then shaped into small balls or grains. Once thoroughly dried so that no trace of the liquid remains, they form what we call powder. Considering that coal is usually made from wood from which the fire has been extinguished before it is completely burned, it is clear that it must contain numerous large pores—firstly, because there were many such pores in the wood or other material from which it was derived; and also because a great deal of earthy substances were released from this wood during burning and turned into smoke. It is also evident that coal consists of only two types of components: some of these components are so large that they could not possibly be converted into smoke by the action of fire and would have remained as ash if the coal had burned completely; whereas the other components are smaller in size. These smaller components, having already been affected by the heat of fire, become loose and soft, and can be easily ignited again. However, they also have a rather sticky texture, which prevents them from separating easily from the surfaces on which they are located—as is evident when many of these components have already been released as smoke but remain stuck in their original places.
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Why is gunpowder used, and what are its main properties or effects?
Thus, the particles of saltpeter and sulfur readily penetrate the pores of coal because these pores are large; there they get enveloped and bound together by the coarser parts of the coal itself—especially when the mixture, after being moistened and formed into granules, is then dried. The reason why powder is ground is to ensure that the components of saltpeter do not ignite one after another, which would reduce their effectiveness; instead, it is necessary for multiple particles to ignite simultaneously. Each grain of powder does not catch fire at the exact moment it comes into contact with a flame—first, the flame must spread from the surface of the grain inward, igniting the sulfur within, which in turn causes the saltpeter particles to begin expanding in small circles; as these circles grow larger, they exert force together, breaking free from the coal that holds them in place, and eventually causing the entire grain to ignite. Although the time required for all these processes is extremely short—far shorter than hours or even days, and thus almost imperceptible to us—it is still long enough when compared to the incredible speed at which the flame spreads through the air from one grain of powder to others. This explains why, when a cannon is loaded, the flame from the primer or the first ignited grains has time to spread throughout the entire charge before any of the other grains catch fire; even those closest to the ignition point do so simultaneously, their combined force propelling the bullet at great velocity. The resistance offered by the coal particles plays a crucial role here—by delaying the expansion of the saltpeter initially, it ultimately increases the speed at which the entire mixture ignites. It is also essential that the powder be composed of granules, and that the size of these granules and the amount of coal used be proportionate to the size of the cannon, ensuring that there are sufficient gaps between the particles for the flame to spread freely throughout the charge and reach even the farthest grains.
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What one can conclude about those lamps said to have maintained their flame for several centuries.
After the fire of gunpowder, which is one of those that lasts the shortest time, let us consider whether there might be some other kind of fire that can burn for a very long time without needing any new material to sustain itself. There are stories, for example, of certain lamps that were found still burning inside tombs centuries after they had been sealed away. I do not wish to claim the truth of such tales; but it seems to me that in an underground space completely enclosed on all sides so that no air from within or without the earth can ever disturb it, those parts of the oil that turn into smoke and then into soot, when they stop moving and stick together, could form a kind of small dome around the flame of the lamp. This dome would be sufficient to prevent the surrounding air from extinguishing the flame; moreover, it might make the flame so weak that it no longer has the power to ignite any remaining oil or wick. In this way, the first element within the flame—since all the oil had gradually adhered to the sooty dome—would remain unaltered, circulating inside it in the form of a tiny star. This single element would then be able to push back the second element, which still tries to approach the flame through the pores left in the sooty dome, thereby emitting light into the surrounding air. However, this light would likely be very faint while the space remains sealed; but as soon as the space is opened and the external air disperses the sooty dome, the light would regain its intensity, making the lamp appear quite bright—though it might soon go out again, since it is probable that such a flame could only sustain itself for so long before consuming all its fuel.
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What are the other effects of fire?
Passon continued to discuss the effects of fire, stating that explanations regarding the various means by which it is produced or maintained had not yet been fully understood. Since what has already been said provides sufficient insight into why fire emits light and heat, and why it breaks down all substances that serve as its fuel into smaller components; since it is also clear why the smallest and most slippery parts of these substances are the first to be consumed by fire, followed by those that, although perhaps no less small, are more difficult to burn due to their complex and branching structures (which is why they accumulate as soot when adhering to chimney pipes); it remains to explain how the same fire can cause some substances—those that do not contribute to its maintenance—to become liquid and boil, while others dry up and harden; and finally, how some substances transform into vapor, others into lime, and still others into glass.
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Which bodies are he capable of melting and boiling?
All bodies that are solid and composed of parts that are so equal or so similar to one another that they can all be easily stirred and separated, become liquid when their parts are stirred and separated by the action of fire. For a body is liquid simply because the parts from which it is composed move separately from each other; and when their motion becomes so intense that some of these parts transform into air or fire, requiring much more space than usual to continue moving, they cause the liquid from which they emerge to bubble up.
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Which ones are those that he turns dry and hard?
Del resto, si mescolano carbone, salnitro e zolfo; e da queste tre sostanze, umidificate con un liquido affinché possano amalgamarsi meglio, si formano piccole palline o granelli che, una volta completamente essiccati fino a quando non rimane più traccia del liquido, diventano la polvere utilizzata. Considerando che il carbone è solitamente ottenuto da legno la cui fiamma è stata spenta prima che si bruciasse completamente, si può dedurre che esso contenga numerosi pori piuttosto grandi: innanzitutto perché ne esistevano molti nel legno o nella materia di origine; inoltre, durante la combustione, molte sostanze terrestri presenti nel legno si sono trasformate in fumo. Il carbone è composto soltanto da due tipi di componenti: alcuni di questi sono così grossolani da non poter essere trasformati in fumo dall’azione del fuoco e rimarrebbero come ceneri se il carbone continuasse a bruciare; gli altri, invece, sono più piccoli e, essendo stati già alterati dal calore, risultano morbidi e facili da accendere. Tuttavia, hanno una struttura tale che non si staccano facilmente dai luoghi in cui si trovano; come dimostra il fatto che molte di queste particelle, una volta trasformate in fumo, rimangono ancora lì dove erano inizialmente presenti.
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Perché si polverizza la polvere e in cosa consiste principalmente la sua forza.
In questo modo, i granelli di nitrato e zolfo penetrano facilmente nei pori del carbone, poiché questi sono abbastanza grandi; inoltre, tali sostanze vengono avvolte e legate insieme dalle parti del carbone stesso che fungono da “barriera”. Ciò avviene soprattutto quando il tutto, dopo essere stato umidificato e trasformato in grani, viene poi essiccato. Il motivo per cui la polvere da sparo viene setacciata è proprio quello di evitare che i granelli di nitrato si accendano uno dopo l’altro, il che ridurrebbe la loro potenza esplosiva; invece, è necessario che diversi granelli prendano fuoco contemporaneamente. Infatti, ogni granello di polvere non si accende immediatamente al contatto con la fiamma: questa deve prima diffondersi dalla superficie del granello verso l’interno, innescando le parti contenenti lo zolfo; queste a loro volta agiscono sul nitrato, facendolo dilatare e formare piccoli cerchi all’inizio, per poi espandersi sempre di più fino a rompere le barriere costituite dalle parti del carbone. Sebbene il tempo necessario per tutto ciò sia estremamente breve – rispetto ad ore o giorni – non è comunque trascurabile se si considera la velocità con cui la fiamma si propaga nell’aria circostante. Questo spiega, ad esempio, perché, quando un cannone viene caricato, la fiamma inizia a diffondersi rapidamente in tutto l’ambiente, raggiungendo tutti i granelli di polvere prima che uno solo si accenda; successivamente, anche quelli più vicini alla fiamma prendono fuoco contemporaneamente, grazie alla propagazione della scintilla verso l’esterno. La resistenza offerta dalle parti del carbone è fondamentale: inizialmente rallenta la dilatazione dei granuli di nitrato, aumentando poi notevolmente la velocità con cui avviene l’esplosione. Inoltre, è essenziale che la polvere da sparo sia composta da grani di dimensioni appropriate e che la quantità di carbone utilizzata sia proporzionata alle dimensioni del cannone; in questo modo gli spazi tra i granelli risultano sufficientemente ampi per permettere alla fiamma di diffondersi liberamente, raggiungendo tutti i granuli prima che uno solo si accenda.
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Ciò che si può giudicare riguardo alle lampade di cui si dice che abbiano mantenuto la loro fiamma per diversi secoli.
Dopo il fuoco prodotto dalla polvere, che è uno dei tipi di fiamme più effimere, consideriamo se possa esistere invece un tipo di fuoco che duri molto a lungo senza aver bisogno di nuovi materiali per continuare ad ardere, come si racconta di alcune lampade trovate accese all’interno di tombe dopo secoli di chiusura. Non intendo garantire la veridicità di tali storie; tuttavia mi sembra che in un luogo sotterraneo completamente sigillato su tutti i lati, dove l’aria non viene mai agitata da venti provenienti dall’interno o dall’esterno della terra, le parti dell’olio che si trasformano in fumo e poi in fuliggine, quando si accumulano attorno alla fiamma di una lampada, possano formare una sorta di piccola volta sufficiente a impedire all’aria esterna di soffocarla; inoltre, questa “volta” potrebbe rendere la fiamma così debole da non avere la forza di bruciare le parti rimanenti dell’olio o della stoppina. In questo modo, l’unico elemento presente nella fiamma – poiché tutte le parti dell’olio sono state gradualmente assorbite dalla fuliggine che la circonda – potrebbe assumere una forma simile a quella di una piccola stella e spingere via tutti gli altri elementi che tendono ancora ad avvicinarsi alla fiamma; così facendo, emetterebbe luce nell’aria circostante. Questa luce sarebbe molto debole finché il luogo rimane chiuso; ma non appena viene aperto e l’aria esterna dissipa la “volta” di fumo che lo circonda, la luce potrebbe riacquistare intensità, facendo apparire la lampada abbastanza luminosa, anche se probabilmente si spegnerebbe presto, poiché è probabile che tale fiamma possa sopravvivere solo consumando tutta l’olio a sua disposizione.
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Quali sono gli altri effetti del fuoco?
Passiamo ora agli effetti del fuoco: l’esplicazione dei diversi mezzi che servono a produrlo o a mantenerlo non è ancora riuscita a fornire una spiegazione completa. Poiché, da quanto già detto, si conosce abbastanza bene perché il fuoco bruci e riscaldi, e perché scinde in molte piccole parti tutti i corpi che ne costituiscono il “nutrimento”, si sa anche perché siano proprio le parti più piccole e più lisce di questi corpi quelle che vengono eliminate per prime dal fuoco, e perché dopo di queste vengano eliminate altre parti che, pur non essendo forse meno piccole delle precedenti, vengono espulse con maggiore difficoltà a causa della loro forma complessa e ramificata (da qui il fatto che, attaccandosi ai tubi dei camini, si trasformino in fuliggine); infine, resta da spiegare come lo stesso fuoco possa far sì che alcuni corpi, che non contribuiscono affatto al suo mantenimento, diventino liquidi e bollano; mentre altri, al contrario, si secchino e si induriscano; e ancora, perché alcuni si trasformino in vapore, altri in calce, e altri ancora in vetro.
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Quali sono i corpi che fa sciogliere e bollire?
Tutti i corpi duri, composti da parti uguali o simili tra loro, e che possono essere facilmente agitati e separate l’una dall’altra, diventano liquidi quando le loro parti vengono così messe in movimento e separate dall’azione del fuoco. Un corpo è infatti liquido soltanto perché le parti di cui è composto si muovono separatamente l’una dall’altra; e quando questo movimento diventa così intenso che alcune di queste parti, trasformandosi in aria o in fuoco, richiedono uno spazio molto maggiore del solito per continuare a muoversi, esse fanno sì che il liquido da cui provengono venga portato a ebollizione.
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Quali sono quelli che rende secchi e duri?
Mais au contraire le feu sèche les corps qui sont composés de parties inégales, plusieurs desquelles sont longues, pliantes et glissantes ; de façon que, n’étant aucunement attachées à ces corps, elles en sortent aisément lorsque la chaleur du feu les agite. Car, quand on dit d’un corps dur qu’il est sec, cela ne signifie autre chose sinon qu’il ne contient en ses pores ni sur sa superficie aucunes de ces parties unies et glissantes qui, lorsqu’elles sont jointes ensemble, composent de l’eau ou quelque autre liqueur. Et parce que ces parties glissante étant dans les pores des corps durs, les élargissent quelque peu et communiquent leur mouvement aux autres parties de ces corps, cela diminue ordinairement leur dureté ; mais lorsqu’elles sont chassées par l’action du feu hors de leurs pores, cela fait que leurs autres parties ont coutume de se joindre plus, fort les unes aux autres, et ainsi que ces corps deviennent plus durs.
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Comment on tire diverses eaux par distillation.
Et les parties qui peuvent être chassées hors des corps terrestres par l’action du feu sont de divers genres, comme on expérimente fort clairement par la chimie. Car, outre celles qui sont si mobiles et si petites qu’elles ne composent étant seules aucun autre corps que de l’air, il y en a d’autres, tant soit peu plus grosses, qui sortent fort aisément hors de ces corps ; à savoir celles qui, étant ramassées et jointes ensemble par le moyen d’un alambic, composent des eaux-de-vie, telles qu’on a coutume de les tirer du vin, du blé et de quantité d’autres matières ; puis il y en a d’autres un peu plus grosses, dont se composent les eaux douces et insipides qu’on tire aussi par distillation hors des plantes ou des autres corps ; et il y en a encore d’autres un peu plus grosses qui composent les eaux-fortes, et se tirent des sels avec grande violence de feu.
121
Comment on tire aussi des sublimés et des huiles.
Derechef, il y en a qui sont encore plus grosses, à savoir celles des sels, lorsqu’elles demeurent entières, et celles de l’argent vif, qui, étant élevées par l’action d’un assez grand feu, ne demeurent pas liquides, mais, s’attachant au haut du vaisseau qui les contient, y composent des sublimes. Les dernières, ou celles qui sortent avec plus de difficulté des corps durs et secs, sont, les huiles ; et ce n’est pas tant par la violence du feu que par un peu d’industrie qu’elles en peuvent être tirées : car, d’autant que leurs parties sont fort déliées et ont des figures fort embarrassantes, l’action d’un grand feu les ferait rompre et changerait entièrement leur nature, en les tirant avec force d’entre les autres parties des corps où elles sont ; mais on a coutume de tremper ces corps dans une grande quantité d’eau commune, dont les parties qui sont unies et glissantes s’insinuent fort aisément dans leurs pores et en détachent peu à peu les parties des huiles, en sorte que cette eau, montant par après par l’alambic, les amène tout entières avec soi.
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Qu’en augmentant ou diminuant la force du feu on change souvent son effet.
Or, en toutes ces distillations, le degré du feu se doit observer ; car selon qu’on le fait plus ou moins ardent, les effets qu’il produit sont divers : et il y a plusieurs corps qu’on peut rendre fort secs, et par après tirer d’eux diverses liqueurs par distillation, lorsqu’on les expose au commencement à un feu lent lequel on augmente après peu à peu, qui seraient fondus d’abord, en sorte qu’on ne pourrait tirer d’eux les mêmes liqueurs s’ils étaient exposés à un grand feu.
123
Comment on calcine plusieurs corps.
Et ce n’est pas seulement le degré du feu, mais aussi la façon de l’appliquer qui peut changer ses effets. Ainsi on voit plusieurs corps qui se fondent lorsque toutes leurs parties sont échauffées également, et qui se calcinent ou convertissent en chaux lorsqu’une flamme fort ardente agit seulement contre leur superficie, d’où séparant quelques parties elle fait que les autres demeurent en poudre. Car, selon la façon de parler des chimistes, on dit qu’un corps dur est calciné lorsqu’il est ainsi mis en poudre par l’action du feu ; en sorte qu’il n’y a point d’autre différence entre les cendres et la chaux, sinon que les cendres sont ce qui reste des corps entièrement brûlés après que le feu en a séparé beaucoup de parties qui ont servi à l’entretenir, et que la chaux est ce qui reste de ceux qu’il a pulvérisés, sans en pouvoir séparer que peu de parties qui servaient de liaison aux autres.
124
Comment se fait le verre.
Au reste, le dernier et l’un des principaux effets du feu est qu’il peut convertir toutes sortes de cendres et de chaux en verre. Car les cendres et la chaux n’étant autre chose que ce qui reste des corps brûlés, après que le feu en a fait sortir toutes les parties qui étaient assez petites pour être chassées ou rompues par lui, toutes leurs parties sont si solides et si grosses qu’elles ne sauraient être élevées comme les vapeurs par son action, et avec cela elles ont pour la plupart des figures assez irrégulières et inégales : ce qui fait que, bien qu’elles soient appuyées l’une sur l’autre et s’entre-soutiennent, elles ne s’attachent point toutefois les unes aux autres et même ne se touchent pas immédiatement, si ce n’est peut-être en quelques points extrêmement petits. Mais lorsqu’elles cuisent par après dans un feu fort ardent, c’est-à-dire lorsque plusieurs parties du troisième élément moindres qu’elles, et plusieurs de celles du second, qui, étant agitées par le premier, composent ce feu, passent avec très grande vitesse de tous côtés parmi elles, cela fait que les pointes de leurs angles s’émoussent peu à peu, et que leurs petites superficies s’aplanissent, et peut-être aussi que quelques-unes de ces parties se plient ; en sorte qu’elles peuvent enfin couler de biais les unes sur les autres, et ainsi se toucher immédiatement, non pas seulement en des points, mais aussi en quelques-unes de leurs superficies, par lesquelles demeurant jointes elles composent le verre.
125
Comment ses parties se joignent ensemble.
Car il est à remarquer que, lorsque deux corps dont les superficies ont quelque étendue se rencontrent de front, ils ne se peuvent approcher si fort l’un de l’autre qu’il ne demeure quelque peu d’espace entre deux, qui est occupé par le second élément ; mais que, lorsqu’ils coulent de biais l’un sur l’autre, leurs superficies se peuvent entièrement joindre. Par exemple, si les corps B et C s’approchent l’un de l’autre suivant la ligne droite AD, les parties du second élément qui se trouvent entre deux n’en peuvent être chassées, c’est pourquoi elles empêchent qu’ils ne se touchent ; mais les corps G et H qui viennent l’un vers l’autre suivant la ligne EF, se peuvent tellement joindre, qu’il ne demeure rien entre deux, au moins si leurs superficies sont toutes plates et polies ; et si elles ne le sont pas, le mouvement dont elles glissent ainsi l’une sur l’autre fait que peu à peu elles le deviennent. Ainsi les corps B et C représentent la façon dont les parties des cendres sont jointes ensemble, et G et H représentent celle dont se joignent les parties du verre. Et de la seule différence qui est entre ces deux façons de se joindre, dont il est évident que la première est dans les cendres, et que la seconde y doit être introduite par une longue et violente agitation du feu, on peut connaître parfaitement la nature du verre, et rendre raison de toutes ses propriétés.
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Pourquoi il est liquide et gluant lorsqu’il est embrasé.
On the contrary, fire dries out bodies that are composed of uneven parts—some of which are long, flexible, and slippery. Since these parts are not in any way attached to the body, they easily separate when heated by the fire. When we say that a hard body is dry, it simply means that its pores or surface contain no of these cohesive, slippery substances that, when combined, form water or some other liquid. Because these slippery substances within the pores of hard bodies slightly enlarge them and transmit their movement to other parts of the body, this usually reduces their hardness. However, when these substances are expelled by the heat of fire from their pores, the other parts of the body tend to adhere more closely together, causing the body to become harder as a result.
120
How various liquids are obtained through distillation.
And those substances that can be extracted from terrestrial bodies through the action of fire are of various kinds, as is clearly demonstrated by chemical experiments. For besides those that are so tiny and mobile that they alone cannot form any other substance except air, there are others that are slightly larger and can be easily separated from these materials; for instance, those substances that, when gathered and combined using an alembic, produce spirits such as those commonly obtained from wine, wheat, and numerous other materials. Then there are others that are still a bit larger and form the bland, tasteless waters that are also obtained through distillation from plants or other substances. And finally, there are even larger substances that constitute strong acids, which are produced by heating salts under intense heat.
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Sublimates and oils can also be obtained in this way.
Furthermore, there are some substances that are even heavier, namely salts when they remain in their solid state, and also metallic silver. When subjected to intense heat, these substances do not become liquid but instead adhere to the upper walls of the containers holding them, forming sublime compounds. The last type of such substances—those that are more difficult to extract from hard, dry materials—are oils. It is not so much the intensity of the fire as rather some skillful techniques that are required to obtain them. Since their components are very delicate and have complex structures, intense heat would cause them to break apart and completely alter their nature if used directly for extraction. Instead, it is customary to soak these materials in a large amount of water. The smooth, slippery parts of the water easily penetrate their pores, gradually separating the oily components from the rest of the material. Eventually, this water is distilled through an alembic, allowing the oils to be extracted intact.
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By increasing or decreasing the intensity of the fire, one often changes its effect.
Or, in all these processes of distillation, it is essential to observe the intensity of the fire; for depending on whether the fire is used more or less intensely, the effects produced will vary. There are several substances that can be rendered quite dry, and from which various liquids can be obtained through distillation, provided they are initially exposed to a slow fire whose intensity is gradually increased. If these same substances were subjected to a very intense fire, it would be impossible to obtain the same liquids from them.
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How to calcine several substances together.
And it is not only the intensity of the fire but also the manner in which it is applied that can alter its effects. Thus, we observe that various substances melt when all their parts are heated evenly; whereas others are calcined or converted into lime when a very intense flame acts only on their surfaces, causing some parts to separate while leaving the rest in powder. In the terminology of chemists, a solid substance is said to be calcined when it is reduced to powder by the action of fire; consequently, there is no essential difference between ashes and lime, except that ashes consist of what remains after a substance has been completely burned—many of its components having been separated by the fire—and lime results from substances that have been pulverized, with so few of their original parts remaining intact.
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How is glass made?
Furthermore, one of the last and most significant effects of fire is that it can transform all sorts of ashes and lime into glass. For ashes and lime are nothing but what remains after a body has been burned; once fire has removed all those parts that were small enough to be expelled or broken apart by its heat, what is left consists of extremely solid and bulky fragments. These fragments have irregular and uneven shapes, so even when they lie one on top of another and support each other, they do not actually adhere to each other—unless in a very few tiny spots. However, when these materials are further heated in a intense fire—when various parts of the third element, which is smaller than them, as well as parts of the second element that are stirred by the first element, move rapidly through them from all sides—then the sharp edges of their angles gradually become rounded, their small surfaces flatten out, and some of these fragments may even bend. As a result, they can eventually flow together at an angle, coming into direct contact not just in individual points but also over large areas of their surface, thus forming glass when they come together.
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How its various parts come together.
For it must be noted that when two bodies, each having some extent in surface, come into contact with one another face to face, they cannot approach so closely that there does not remain some space between them, which is occupied by the second body; but when they move alongside one another, their surfaces can come into complete contact. For example, if bodies B and C approach each other along the straight line AD, those parts of the second body that lie between them cannot be displaced, and therefore prevent them from touching; whereas bodies G and H, moving towards each other along the line EF, can come into such close contact that there is no space left between them—at least if their surfaces are flat and smooth. If their surfaces are not smooth, the motion whereby they slide over one another gradually makes them smooth. Thus, bodies B and C illustrate the way in which the parts of ashes come together, while bodies G and H demonstrate the manner in which the parts of glass join. And from this single difference between these two ways of joining—where it is evident that the first occurs naturally in ashes, while the second must be achieved through prolonged and intense heating of fire—we can fully understand the nature of glass and explain all its properties.
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Why it becomes liquid and sticky when ignited.
Al contrario, il fuoco asciuga i corpi composti da parti disuguali, molte delle quali sono lunghe, flessibili e scivolose; poiché non sono affatto attaccate a questi corpi, ne escono facilmente quando il calore del fuoco le agita. Infatti, quando si dice che un corpo duro è asciutto, ciò significa semplicemente che nei suoi pori o sulla sua superficie non vi sono parti unite e scivolose che, quando si uniscono tra loro, formano acqua o qualche altra sostanza liquida. Poiché queste parti scivolose si trovano nei pori dei corpi duri, li allargano leggermente e trasmettono il loro movimento alle altre parti di tali corpi; di conseguenza, la loro durezza solitamente diminuisce. Tuttavia, quando vengono espulse dai pori dall’azione del fuoco, le altre parti di questi corpi tendono a unirsi più strettamente tra loro, rendendoli così più duri.
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Come si ottengono diverse acque attraverso la distillazione.
E le sostanze che possono essere estratte dai corpi terrestri tramite l’azione del fuoco sono di diversi tipi, come si può osservare chiaramente attraverso gli esperimenti di chimica. Infatti, oltre a quelle così leggere e piccole da non formare, da sole, alcun altro corpo se non l’aria, ne esistono altre, un po’ più dense, che vengono facilmente estratte da tali corpi; si tratta delle sostanze che, quando raccolte e unite tramite l’uso di un alambicco, danno origine agli alcolici, come quelli ottenuti dal vino, dal grano e da molte altre materie. Poi ci sono altre ancora, un po’ più dense, dalle quali si ottengono le acque dolci e insipide mediante distillazione da piante o altri corpi. E infine, ci sono altre sostanze ancora più dense, che costituiscono gli alcolici forti e vengono ottenute dai sali tramite processi di distillazione ad alta temperatura.
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Anche dagli essiccati e dalle oli si possono ottenere prodotti di alta qualità.
Inoltre, ci sono sostanze ancora più dense, ovvero i sali quando rimangono solidi, e l’argento vivo: quest’ultimo, sottoposto all’azione di un fuoco intenso, non diventa liquido, ma si attacca alla parte superiore del contenitore in cui è conservato, formando sostanze sublimi. Le ultime tra queste sostanze dense e secche sono gli oli; per ottenerli non basta tanto la violenza del fuoco quanto un po’ di abilità: infatti, poiché le loro parti sono molto sottili e disposte in modo complesso, l’azione del fuoco potrebbe romperle completamente e alterarne la natura se si cercasse di estrarle con forza dalle altre sostanze in cui sono contenute; per questo motivo è consuetudine immergere tali corpi in una grande quantità d’acqua comune: le parti dell’acqua, essendo lisce e unite tra loro, penetrano facilmente nei pori delle sostanze oleose e ne staccano gradualmente le parti di olio; successivamente, quest’acqua viene fatta passare attraverso un alambicco, permettendo così di ottenere l’olio interamente.
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Aumentando o diminuendo l’intensità del fuoco, si altera spesso il suo effetto.
Ora, in tutte queste distillazioni, è necessario osservare l’intensità del fuoco; poiché a seconda che esso sia più o meno intenso, gli effetti che produce sono diversi. Esistono infatti diversi materiali che possono essere resi estremamente secchi e da cui, successivamente, si possono ottenere varie liquide attraverso la distillazione, purché vengano inizialmente esposti a un fuoco lento che viene gradualmente intensificato. Altrimenti, tali materiali si scioglierebbero immediatamente, rendendo impossibile estrarre le stesse sostanze liquide se venissero sottoposti a un fuoco più intenso.
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Come si calcina diversi corpi.
E non è solo il grado di intensità del fuoco, ma anche il modo in cui viene applicato a determinare i suoi effetti. Si osserva infatti che diversi corpi si fondono quando tutte le loro parti vengono riscaldate uniformemente, mentre si carbonizzano o si trasformano in calce quando una fiamma molto intensa agisce soltanto sulla loro superficie, separandone alcune parti e lasciando le altre in polvere. Secondo i chimici, un corpo duro viene detto “carbonizzato” quando viene ridotto in polvere dall’azione del fuoco; quindi non esiste alcuna differenza tra ceneri e calce, se non che le ceneri rappresentano ciò che rimane dei corpi completamente bruciati, dopo che il fuoco ne ha separato molte parti utilizzate per alimentarsi stesso, mentre la calce è ciò che rimane di quei corpi che sono stati ridotti in polvere senza che alcuna parte venga separata.
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Come viene prodotto il vetro.
Del resto, l’ultimo e uno dei principali effetti del fuoco è quello di poter trasformare ogni tipo di ceneri e calce in vetro. Poiché le ceneri e la calce non sono altro che ciò che rimane dei corpi bruciati, dopo che il fuoco ne ha estratto tutte quelle parti abbastanza piccole da essere espulse o frantumate, queste parti risultano così solide e voluminose da non poter essere sollevate dall’azione del fuoco, come avviene per le vapori. Inoltre, la maggior parte di esse presenta forme irregolari ed disomogenee; per questo motivo, anche se si sovrappongono e si sostengono a vicenda, non si uniscono realmente tra loro, né si toccano direttamente, se non forse in alcuni punti estremamente piccoli. Tuttavia, quando vengono ulteriormente cotte in un fuoco intenso, cioè quando diverse parti dell’“terzo elemento”, più piccole di esse, e altre del “secondo elemento”, mescolate dal primo e agitate da esso, passano rapidamente da tutte le parti all’interno di queste ceneri e calce, questo processo fa sì che le estremità dei loro angoli si smussino gradualmente, le loro piccole superfici si appiattiscano e, forse, alcune di queste parti si pieghino; in questo modo, le ceneri e la calce possono finalmente scorrere lateralmente l’una sull’altra, toccandosi direttamente non solo in alcuni punti, ma anche su alcune delle loro superfici, e così unirsi tra loro per formare il vetro.
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In che modo le sue parti si uniscono tra loro.
Poiché è da notare che, quando due corpi la cui superficie presenta una certa estensione si incontrano frontalmente, non possono avvicinarsi tanto l’uno all’altro da non lasciare uno spazio tra loro, spazio che viene occupato dal secondo elemento; invece, quando si muovono lateralmente l’uno rispetto all’altro, le loro superfici possono unirsi completamente. Ad esempio, se i corpi B e C si avvicinano l’uno all’altro lungo la linea retta AD, le parti del secondo elemento situate tra di loro non possono essere spostate, ed è proprio per questo che impediscono loro di toccarsi; al contrario, i corpi G e H, che si muovono lungo la linea EF, possono unirsi completamente, in modo che non rimanga alcuno spazio tra di loro, almeno se le loro superfici sono lisce e levigate; e se non lo sono, il movimento con cui si sfregano l’una contro l’altra fa sì che gradualmente diventino tali. Così i corpi B e C rappresentano il modo in cui le parti delle ceneri vengono unite tra loro, mentre G e H rappresentano il modo in cui le parti del vetro si uniscono. E dalla sola differenza esistente tra questi due modi di unione – che è evidente sia nel caso delle ceneri che in quello del vetro, dove questa differenza deriva da una lunga e intensa agitazione del fuoco – si può comprendere perfettamente la natura del vetro e spiegare tutte le sue proprietà.
126
Perché diventa liquido e appiccicoso quando viene incendiato.
La première de ses propriétés est qu’il est liquide lorsqu’il est fort échauffé par le feu, et peut aisément recevoir toutes sortes de figures, lesquels les il retient étant refroidi ; et même qu’il peut être tiré en filets aussi déliés que des cheveux. Il est liquide, à cause que l’action du feu ayant déjà eu la force de faire couler ses parties l’une sur l’autre pour les polir et plier, et ainsi les changer de cendres en verre, a infailliblement aussi la force de les mouvoir séparément l’une de l’autre ; et tous les corps que le feu a rendus liquides ont cela de commun, qu’ils prennent aisément toutes les figures qu’on leur veut donner, à cause que leur petites parties qui sont alors en continuelle agitation s’y accommodent ; et en se refroidissant ils retiennent la dernière qu’on leur a donnée, à cause que le mouvement de leurs parties est arrêté par le froid. Mais outre cela le verre est comme gluant, en sorte qu’il peut être tiré en filets sans se rompre, pendant qu’il est encore chaud et qu’il commence à se refroidir ; dont la raison est que, ses parties étant mues de telle façon qu’elles glissent continuellement les unes sur des autres, il leur est plus aisé de continuer ce mouvement, et ainsi de s’étendre en filets, que non pas de se séparer.
127
Pourquoi il est fort dur étant froid.
Une autre propriété du verre est qu’étant froid il est fort dur, et avec cela fort cassant, et même qu’il est d’autant plus cassant qu’il est plus promptement devenu froid. La cause de sa dureté est que chacune de ses parties est si grosse et si dure, et avec cela si difficile à plier, que le feu n’a pas eu la force de les rompre, et qu’elles ne sont pas jointes ensemble par l’entrelacement de leurs branches, mais par cela seul qu’elles se touchent immédiatement les unes les antres. Car il y a plusieurs corps qui sont mous à cause que leurs parties sont pliantes, ou du moins qu’elles ont quelques branches dont les extrémités sont pliantes, et qu’elles ne sont jointes les unes aux autres que par l’entrelacement de ces branches ; mais jamais les parties d’un corps ne peuvent être mieux jointes que lorsqu’elles se touchent immédiatement, et qu’elles ne sont point en action pour se mouvoir séparément l’une de l’autre ; ce qui arrive aux parties du verre sitôt qu’il est retiré du feu, d’autant qu’elles sont si grosses et tellement posées les unes sur les autres, et ont des figures si irrégulières et inégales, que l’air n’a pas la force d’entretenir en elles l’agitation que le feu leur avait donnée.
128
Pourquoi il est aussi fort cassant.
La cause qui rend le verre cassant est que ses parties ne se touchent immédiatement qu’en des superficies qui sont fort petites et en petit nombre. Et on ne doit pas trouver étrange que plusieurs corps beaucoup moins durs sont plus difficiles à diviser : car cela vient de ce que leurs parties étant engagées l’une dans l’autre, ainsi que les anneaux d’une chaîne, on peut bien les plier de tous côtés, mais non pas pour cela les déjoindre sans les rompre ; et qu’il y a bien plus de petites parties à rompre dans ces corps avant qu’ils soient entièrement divisés, qu’il n’y a de petites superficies à séparer dans le verre.
129
Pourquoi il devient moins cassant lorsqu’on le laisse refroidir lentement.
Mais la cause qui le rend plus cassant lorsqu’on le tire tout-à-coup du fourneau que lorsqu’on le laisse recuire et se refroidir peu à peu, consiste en ce que ses pores sont un peu plus larges lorsqu’il est liquide que lorsqu’il est froid, et que s’il devient froid trop promptement, ses parties n’ont pas loisir de s’agencer comme il faut pour les rétrécir tous autant l’un que l’autre ; de façon que le second élément qui passe par après dans ces pores fait effort pour les rendre égaux, au moyen de quoi le verre se casse ; car ses parties ne se tenant que par des superficies fort petites, sitôt que deux de ces superficies se séparent, toutes les autres qui les suivent en même ligne se séparent aussi : c’est pourquoi les verriers ont coutume de recuire leurs verres, c’est-à-dire de les remettre dans le feu après les avoir faits, et puis de les en retirer par degrés, afin qu’ils ne deviennent pas froids trop promptement. Et lorsqu’un verre froid est exposé au feu, en sorte qu’il s’échauffe beaucoup plus d’un côté que d’autre, cela le fait rompre, à cause que la chaleur dilate ses pores, et que les uns ne peuvent être notablement plus dilatés que les autres sans que ses parties se séparent. Mais si on chauffe un verre également de tous côtés, en telle sorte qu’un même degré de chaleur parvienne en même temps à toutes ses parties, il ne cassera point, à cause que tous ses pores s’élargiront également.
130
Pourquoi il est transparent.
De plus, le verre est transparent, à cause qu’ayant été liquide lorsqu’il a été fait, la matière du feu qui coulait de tous côtés entre ses parties, y a laissé plusieurs pores par où le second élément peut après transmettre en tous sens l’action de la, lumière, suivant des lignes droites ; et il n’est pas besoin pour cela que ses pores soient exactement droits, il suffit qu’ils s’entre-suivent sans être fermés ni interrompus en aucun lieu : en sorte que si un corps était composé de parties exactement rondes qui s’entre-touchassent, et fussent si grosses que le second élément pût passer par les petits espaces triangulaires qui demeurent entre trois telles parties lorsqu’elles se touchent, ce corps serait plus solide que n’est aucun verre que nous ayons, et ne laisserait pas pour cela d’être fort transparent, ainsi qu’il a déjà été expliqué.
131
Comment on le teint de diverses couleurs.
Mais lorsqu’on mêle parmi le verre quelques métaux, ou autres matières, dont les parties résistent davantage, et ne peuvent pas si aisément être polies par l’action du feu que celles des cendres dont on le compose, cela le rend moins transparent et lui donne diverses couleurs, à cause que ces parties des métaux étant plus grosses et autrement figurées que celles des cendres, avancent quelque peu au dedans de certains pores, au moyen de quoi elles changent le mouvement des parties du second élément qui y passent, et font que ces parties passant par les autres y roulent en diverses façons ; et j’ai prouvé dans les Météores que c’est ce roulement qui cause les couleurs.
132
Ce que c’est qu’être raide ou faire ressort, et pourquoi cette qualité se trouve aussi dans le verre.
Its first property is that it becomes liquid when heated intensely by fire, and it can easily assume various shapes, which it retains once cooled; in fact, it can even be drawn into threads as fine as hair. It remains liquid because the action of fire, having already had the power to cause its components to flow together and merge, thus transforming them from ash into glass, inevitably also possesses the ability to separate those same components again. All substances that fire turns into liquids share this characteristic: they readily assume whatever shape is imposed upon them, because their tiny particles, being in constant motion, adjust themselves accordingly; and when they cool down, they retain the final form given to them, since the movement of their parts is halted by the cold. Moreover, glass has a somewhat sticky quality, which allows it to be drawn into threads without breaking while it is still warm and beginning to cool. The reason for this is that its components move in such a way that they continuously slide over each other, making it easier for them to continue this motion and thus extend into threads than for them to separate.
127
Why it is so hard when it is cold.
Another property of glass is that, being cold, it is extremely hard and consequently very brittle—even more so the colder it is. The reason for its hardness is that each of its parts is so large and so rigid that fire does not have enough power to break them apart, and they are not held together by any interlocking structure; rather, they are simply in direct contact with one another. There are many substances that are soft because their parts are flexible, or at least because some of their branches have flexible ends, and these parts are connected only through the intertwining of those branches. However, the parts of a substance can never be better joined than when they are in direct contact with each other and do not move independently from one another—this is precisely what happens to the parts of glass once it has been removed from the fire. Their large size, their close proximity to one another, and their irregular, uneven shapes mean that air does not have enough force to maintain the agitation that fire had created within them.
128
Why is it so painfully harsh?
The reason why glass is brittle is that its parts only come into immediate contact with each other at very small and few surfaces. It should not be surprising that many substances much less hard are more difficult to divide; this is because their parts are interlocked with one another, just like the links in a chain. One can bend such substances in all directions, but it is impossible to separate them without breaking them. Moreover, there are far more small parts that need to be broken before these substances can be completely divided, than there are small surfaces that need to be separated in the case of glass.
129
Why it becomes less brittle when allowed to cool down slowly.
However, the reason why a glass becomes more brittle when it is suddenly removed from the furnace rather than allowed to cool down gradually is that its pores are slightly wider in its liquid state than in its solid state. If it cools too quickly, its various parts do not have enough time to adjust and contract evenly; as a result, when another substance passes through these pores, it exerts force, causing the glass to crack. Since the glass’s components are held together only by very small surfaces, whenever two of these surfaces separate, all the others in the same line also separate. That is why glassmakers customarily reheat their glass after shaping it—first putting it back into the fire and then removing it gradually—to prevent it from cooling too quickly. Moreover, when a cold glass is exposed to heat, causing one side to warm up much faster than the other, this can also cause it to break, as the heat expands its pores unevenly, leading to separation of the glass’s components. But if the glass is heated evenly on all sides, so that the same degree of heating reaches every part at the same time, it will not crack, because all its pores will expand uniformly.
130
Because it is transparent.
Furthermore, glass is transparent because, being in liquid form during its creation, the fire that flowed through all its parts left behind numerous pores through which the second element can subsequently transmit light in all directions along straight lines. It is not necessary for these pores to be perfectly straight; it is sufficient that they are continuous without any closures or interruptions anywhere. Thus, if a body were composed of perfectly round parts that touched each other and were large enough so that the second element could pass through the small triangular spaces remaining between them when they came into contact, such a body would be harder than any glass we have today—and yet it would still remain highly transparent, as has already been explained.
131
Commenting on various colors of complexion.
But when certain metals or other materials, whose parts are more resistant and cannot be so easily polished by the action of fire as those from which glass is composed, are mixed into it, this makes the glass less transparent and gives it various colors. This is because these metallic elements, being larger in size and having different shapes than the silicate components of glass, penetrate somewhat into the pores of the glass. As a result, they alter the movement of the silicate particles as they pass through these pores, causing them to roll or move in various ways. I have demonstrated in my work on meteorites that it is precisely this rolling motion that produces the different colors observed in glass.
132
What it means to be rigid or to protrude, and why this property also exists in glass.
La prima delle sue proprietà è che diventa liquido quando viene fortemente riscaldato dal fuoco e può facilmente assumere qualsiasi forma; tale forma viene mantenuta anche dopo essere stato raffreddato, al punto di poter essere tirato in fili sottilissimi come i capelli. La sua natura liquida deriva dal fatto che l’azione del fuoco, avendo già la capacità di far scorrere le sue parti una sull’altra per lucidarle e pliarle, trasformandole così da cenere in vetro, possiede inevitabilmente anche la forza di separarle. Tutti i corpi che il fuoco rende liquidi condividono questa caratteristica: assumono facilmente qualsiasi forma si desideri, poiché le loro piccole parti, in costante movimento, si adattano facilmente a essa; e, raffreddandosi, mantengono la forma ultima assunta, poiché il movimento delle loro parti viene arrestato dal freddo. Inoltre, il vetro presenta una consistenza appiccicosa, che gli permette di essere tirato in fili senza rompersi, mentre è ancora caldo e inizia a raffreddarsi; ciò avviene perché le sue parti si muovono in modo tale da scivolare continuamente l’una sull’altra, rendendo così più facile per loro proseguire questo movimento e estendersi in fili, piuttosto che separarsi.
127
Perché è molto duro quando è freddo.
Un’altra proprietà del vetro è che, essendo freddo, è estremamente duro e, di conseguenza, molto fragile; anzi, diventa ancora più fragile quanto più rapidamente si raffredda. La ragione della sua durezza risiede nel fatto che ciascuna delle sue parti è così spessa e rigida da essere difficilissimo piegarla; inoltre, il fuoco non ha avuto la forza di romperle, e queste parti non sono unite tra loro attraverso intrecciature, ma semplicemente perché si toccano direttamente l’una con l’altra. Esistono infatti molti corpi che risultano morbidi perché le loro parti sono pieghevoli, o almeno perché alcune delle loro strutture presentano estremità flessibili; tali corpi sono uniti tra loro soltanto attraverso queste parti flessibili. Tuttavia, le parti di un corpo non possono essere unite in modo più efficace di quando si toccano direttamente l’una con l’altra e non sono soggette a movimenti separati; questo accade esattamente alle parti del vetro non appena viene rimosso dal fuoco: poiché queste parti sono così spesse e disposte una sopra l’altra, e presentano forme irregolari ed disomogenee, l’aria non è in grado di mantenere in esse lo stato di agitazione che il fuoco aveva creato.
128
Perché è così estremamente fragile.
La causa per cui il vetro si rompe è che le sue parti si toccano soltanto in superfici molto piccole e in numero limitato. Non dovrebbe quindi sorprendere il fatto che molti corpi, molto meno duri del vetro, siano più difficili da dividere: ciò deriva dal fatto che le loro parti sono legate tra loro, proprio come gli anelli di una catena; è possibile piegarli in ogni direzione, ma non è possibile separarle senza romperle. Inoltre, in questi corpi ci sono molte più parti piccole da rompere prima che possano essere completamente divisi, rispetto alle poche superfici piccole da separare nel caso del vetro.
129
Perché diventa meno fragile quando si lascia raffreddare lentamente.
Ma la ragione per cui questo materiale si rompe più facilmente se estratto bruscamente dal forno rispetto a quando viene lasciato raffreddare gradualmente sta nel fatto che i suoi pori sono leggermente più larghi quando è liquido che quando è freddo; se quindi raffredda troppo rapidamente, le sue parti non hanno il tempo di adattarsi correttamente per restringersi uniformemente. Di conseguenza, il secondo elemento che entra in questi pori durante il processo di raffreddamento cerca di farli tornare alla stessa dimensione, causando così la rottura del vetro. Poiché le parti del vetro si uniscono soltanto attraverso superfici molto piccole, non appena due di queste superfici si separano, anche tutte le altre che si trovano sulla stessa linea subiscono lo stesso effetto; per questo i vetrai hanno l’abitudine di raffreddare gradualmente i loro vasi dopo la produzione, per evitare che si rompano. Inoltre, quando un vetro freddo viene esposto al calore in modo che uno dei suoi lati si riscaldi molto più rapidamente dell’altro, ciò può causarne la rottura: il calore infatti dilata i pori del vetro, e se alcuni di questi pori si allargano in modo significativo rispetto ad altri, le parti del vetro non riescono a mantenere l’integrità. Al contrario, se il vetro viene riscaldato uniformemente su tutti i lati, tutti i suoi pori si allargaranno allo stesso modo, evitando così la rottura.
130
Perché è trasparente.
Inoltre, il vetro è trasparente perché, essendo stato liquido al momento della sua fabbricazione, la materia del fuoco che scorreva in tutte le direzioni tra le sue parti ne ha lasciato numerosi pori attraverso i quali il secondo elemento può trasmettere in ogni direzione l’effetto della luce, seguendo linee rette. Non è nemmeno necessario che questi pori siano perfettamente dritti: basta che si susseguano senza essere chiusi o interrotti in alcun punto. Pertanto, se un corpo fosse composto da parti completamente rotonde che si toccassero tra loro e fosse abbastanza grande perché il secondo elemento potesse passare attraverso gli spazi triangolari che rimangono tra di esse quando si toccano, tale corpo sarebbe più solido di qualsiasi vetro esistente e, nonostante ciò, rimarrebbe estremamente trasparente, come già spiegato in precedenza.
131
Come si ottiene un incarnato di vari colori.
Ma quando si mescolano nel vetro alcuni metalli o altre materie le cui parti sono più resistenti e non possono essere facilmente levigate dall’azione del fuoco, come quelle delle ceneri di cui il vetro è composto, questo rende il vetro meno trasparente e gli conferisce diverse colorazioni. Infatti, poiché queste parti metalliche sono più grandi e hanno una forma diversa rispetto alle ceneri, si insinuano leggermente all’interno di alcuni pori del vetro; ciò altera il movimento delle particelle dell’altro elemento che vi passano attraverso, facendo sì che queste ultime ruotino in modi diversi. Ho dimostrato nei “Meteori” che è proprio questo movimento rotatorio a causare le varie colorazioni del vetro.
132
Che cosa significhi essere rigidi o elastici, e perché questa caratteristica si riscontra anche nel vetro.
Au reste, le verre peut être plié quelque peu qu’être raide sans se casser, comme on voit clairement lorsqu’il est tiré en filets fort déliés ; car, quand il est ainsi plié, il fait ressort comme un arc, et tend à reprendre sa première figure. Et cette propriété de plier et faire ressort, qu’on peut appeler en un mot être raide, se trouve généralement en tous les corps dont les parties sont jointes par le parfait attouchement de leurs petites superficies, et non par le seul entrelacement de leurs branches ; dont la raison contient trois circonstances : la première est que ces corps ont tous plusieurs pores par où il coule sans cesse quelque matière ; la seconde, que la figure de ces pores est disposée à donner libre passage à cette matière, d’autant que c’est toujours par son action ou par quelque autre semblable qu’ils ont été formés, comme, par exemple, lorsque le verre devient dur, ses pores, qui ont été élargis par l’action du feu pendant qu’il était liquide, sont rétrécis par l’action du second élément qui les ajuste à la grosseur de ses parties ; et la troisième est que ces corps ne peuvent être pliés que la figure de leurs pores ne se change quelque peu, en sorte que la matière qui a coutume de les remplir, n’y pouvant plus Couler si facilement que de coutume, pousse les parties de ce corps qui l’en empêchent, et ainsi fait effort pour les remettre en leur première figure. Par exemple, si, dans un arc qui n’est point bandé, les pores qui donnent passage au second élément sont exactement ronds, il est évident qu’après qu’il est bandé, ces mêmes pores doivent être un peu plus longs que larges, en forme d’ovales, et que les parties du second élément pressent les côtés de ces ovales, afin de les faire derechef devenir rondes ; et bien que la force dont elles les pressent, étant considérée en chacune de ces parties en particulier, ne soit pas fort grande, toutefois, à cause qu’il y en a toujours un fort grand nombre qui agissent ensemble, ce n’est pas merveille qu’elles fassent que l’arc se débande avec beaucoup de violence. Mais si on tient un arc longtemps bandé, principalement un arc de bois ou d’autre matière qui ne soit pas des plus dures, la force dont il tend à se débander diminue avec le temps ; dont la raison est que les parties de la matière subtile qui pressent les côtés de ses pores, les élargissent peu à peu à force de couler par dedans, et ainsi les accommodent à leur figure.
133
Explication de la nature de l’aimant.
Jusqu’ici j’ai tâché d’expliquer la nature et toutes les principales propriétés de l’air, de l’eau, des terres et du feu, parce que ce sont les corps qui se trouvent le plus généralement partout en cette région sublunaire que nous habitons, de laquelle on les nomme les quatre éléments ; mais il y a encore un autre corps, à savoir l’aimant, qu’on peut dire avoir plus d’étendue qu’aucun de ces quatre, à cause que même toute la masse de la terre est un aimant, et que nous ne saurions aller en aucun lieu où sa vertu ne se remarque ; c’est pourquoi, ne désirant rien oublier de ce qu’il y a de plus général en cette terre, il est besoin maintenant que je l’explique. A cet effet remettons-nous en la mémoire ce qui a été dit ci-dessus, en l’article 87 de la troisième partie, et aux suivants, touchant les parties cannelées du premier élément de ce monde visible ; et appliquant ici à la terre tout ce qui a été dit en cet endroit-là, depuis l’article 105 jusqu’à l’article 109, de l’astre qui était marqué I, pensons qu’il y a en sa moyenne région plusieurs pores ou petits conduits parallèles à son essieu par où les parties cannelées passent librement d’un pôle vers l’autre ; et que ces conduits sont tellement creusés et ajustés à la figure de ces parties cannelées, que ceux qui reçoivent les parties qui viennent du pôle austral ne sauraient recevoir celles qui viennent du pôle boréal ; et que réciproquement les conduits qui reçoivent les parties qui viennent du pôle septentrional ne sont pas propres à recevoir celles qui viennent du pôle austral, à cause qu’elles sont tournées à vis tout au rebours les unes des autres. Pensons aussi que ces parties cannelées peuvent bien entrer par un côté dans les pores qui sont propres à les recevoir, mais qu’elles ne peuvent pas retourner par l’autre côté des mêmes pores, à cause qu’il y a certains petits poils, ou certaines branches très déliées, qui avancent tellement dans les replis de ces conduits qu’elles n’empêchent aucunement le cours des parties cannelées quand elles y viennent par le côté qu’elles ont coutume d’y entrer, mais qui se rebroussent et redressent quelque peu leurs extrémités lorsque ces parties cannelées se présentent pour y entrer par l’autre côté, et ainsi leur bouchent le passage, comme il a été dit en l’article 106. C’est pourquoi, après qu’elles ont traversé toute la terre, d’une moitié à l’autre, suivant des lignes parallèles à son essieu, il y en a plusieurs qui retournent par l’air d’alentour, vers la même moitié par où elles étaient entrées ; et passant ainsi réciproquement de la terre dans l’air, et de l’air dans la terre, y composent une espèce de tourbillon qui a été expliqué en l’article 108.
134
Qu’il n’y a point de pores dans l’air, ni dans l’eau qui soient propres à recevoir les parties cannelées.
De plus, il a été dit en l’article 113 de la même troisième partie, qu’il ne pouvoir y avoir de pores dans l’air qui environnait l’astre marqué I, c’est-à-dire la terre, sinon dans les plus grosses parcelles de cet air, dans lesquelles il était demeuré des traces des conduits qui y avaient été formés auparavant : et il a été dit depuis en cette dernière, partie, que toute la masse de cet air s’est distinguée en quatre divers corps, qui sont l’air que nous respirons, l’eau tant douce que salée, la terre sur laquelle nous marchons, et une autre terre intérieure d’où viennent les métaux, en laquelle toutes les plus grosses parcelles qui étaient auparavant en l’air se sont assemblées ; d’où il suit qu’il ne peut y avoir aucuns conduits propres à recevoir les parties cannelées, ni dans l’eau, ni dans l’air qui est maintenant, tant à cause que les parcelles qui les composent sont trop menues, comme aussi à cause qu’elles sont toutes en action pour se mouvoir séparément les unes des autres, de façon que, quand même il y aurait eu de tels conduits en quelques-unes, il y aurait déjà longtemps qu’ils auraient été gâtés par un changement si fréquent, à cause qu’ils ont besoin d’une situation ferme et arrêtée pour se conserver.
135
Qu’il n’y en a point aussi en aucun autre corps sur cette terre excepté dans le fer.
Et parce qu’il a aussi été dit que la terre intérieure, d’où viennent les métaux, est composée de deux sortes de parties, dont les unes sont divisées en branches qui se tiennent accrochées ensemble, et les autres se meuvent incessamment çà et là dans les intervalles qui sont entre ses branches, nous devons penser qu’il n’y a point de tels conduits en ces dernières, pour la raison qui vient d’être dite, et qu’il n’y a que celles qui sont divisées en branches qui en puissent avoir. Nous devons aussi penser qu’il n’y en a eu aucuns au commencement en cette terre extérieure où nous habitons, parce que s’étant formée entre l’eau et l’air, toutes les parcelles qui l’ont composée étaient fort petites ; mais par succession de temps elle a reçu en soi plusieurs métaux qui sont venus de la terre intérieure ; et, bien qu’il n’y ait point aussi de tels conduits en ceux de ces métaux qui sont composés de parties très solides et très fluides, comme l’or et le vif argent, il est néanmoins fort croyable qu’il y en a en celui ou en ceux dont les parties sont divisées en branches, et ne sont pas solides à proportion de ce qu’elles sont grosses : ce qui se peut dire du fer ou de l’acier, et non point d’aucun autre métal.
136
Pourquoi il y a de tels pores dans le fer.
Furthermore, glass can be bent to some extent without breaking, as is clearly evident when it is drawn into very fine strands; for when bent in this way, it resists like a bow and tends to return to its original shape. This property of bending and then returning to its original state—which could be simply described as being “rigid”—is generally found in all substances whose parts are joined by the precise contact of their tiny surfaces, rather than merely by the interlacing of their components. The reason for this phenomenon involves three factors: First, such substances all possess numerous pores through which a certain substance continuously flows. Second, the shape of these pores is designed to allow this substance to pass freely through them; after all, these pores are formed by the action of that substance or some similar process. For example, when glass hardens, its pores, which were expanded by the heat while it was still liquid, become narrowed by the influence of another element, adjusting their size to fit the structure of the glass. Third, these substances can only be bent if the shape of their pores changes slightly; otherwise, the substance that fills them would not flow as easily as usual, and would exert pressure on the parts of the substance that prevent it from moving, forcing them back into their original shape. For instance, in an unstrung bow, if the pores through which the elastic material passes are perfectly round, it is obvious that when the bow is drawn, these pores must become slightly longer than they are wide, taking on an oval shape. The parts of the elastic material pressing against the sides of these ovals cause them to return to their round shape again. Although the force exerted by each individual part is not very great, since a large number of parts act together, it is not surprising that the bow can be unstrung with considerable force. However, if a bow is kept drawn for a long time, especially one made of wood or another material that is not very hard, the force that causes it to tend to unstring itself decreases over time. This is because the subtle substance that fills the pores gradually expands as it flows through them, adjusting their shape accordingly.
133
Explanation of the nature of a magnet.
Thus far, I have tried to explain the nature and all the principal properties of air, water, earth, and fire, because these are the substances that are most commonly found throughout this sublunar region in which we live; they are what are called the four elements. However, there is another substance as well, namely magnetism, which one might say possesses a greater extent than any of these four elements. Indeed, even the entire mass of the earth itself is a magnet, and we cannot find any place where its magnetic properties are not evident. Therefore, since I wish to leave nothing out regarding what is most general or fundamental about this earth, it is now necessary for me to explain magnetism as well. To this end, let us recall what was said earlier in Article 87 of the third part, as well as in the subsequent articles concerning the canalized portions of the first element of this visible world. Applying everything that was discussed there—starting from Article 105 and up to Article 109, which pertained to the star marked “I”—we can conclude that in the central region of the earth, there exist numerous pores or small channels parallel to its axis through which these canalized portions can freely pass from one pole to the other. Moreover, these channels are so precisely crafted to fit the shape of these canalized portions that those channels which receive the substances coming from the southern pole would be unable to accommodate those coming from the northern pole; and vice versa. These channels that receive substances from the northern pole are not suited to receive those from the southern pole, because their orientations are completely opposite. It is also true that these canalized portions can enter through one side of these pores, but they cannot exit through the other side, because there are certain fine hairs or extremely delicate branches that extend deep into the folds of these channels. These prevent the passage of the canalized portions when they enter from the usual direction; however, when they attempt to exit from the opposite side, these hairs and branches reorient themselves, somewhat blocking their path, just as mentioned in Article 106. Therefore, after traversing the entire earth—along lines parallel to its axis—many of these canalized portions return through the surrounding air, back to the same half of the earth where they originated. Thus, they pass alternately from the earth into the air and from the air back into the earth, forming a kind of vortex, as explained in Article 108.
134
There are no pores in the air, nor in water, that are capable of receiving these canalized particles.
Furthermore, it was stated in Article 113 of the same third part that there cannot be any pores in the air surrounding the celestial body designated as I, namely the earth, except in the largest portions of this air where traces of the channels that had previously been formed therein still remain. It was also mentioned later in this same part that the entire mass of this air is composed of four distinct substances: the air we breathe, water—both fresh and saltwater, the earth on which we walk, and an inner earth from which metals originate; all the larger portions that were previously present in the air have gathered together within this inner earth. Therefore, it is impossible for there to exist any channels capable of accommodating these tubular structures, neither in water nor in the current state of the air—firstly because the constituent particles are too tiny, and secondly because they are constantly in motion, moving apart from each other. As a result, even if such channels had existed in some parts of the air or water in the past, they would have long been destroyed by such frequent changes, since they require a stable and immobile environment in order to remain intact.
135
None exist in any other substance on this earth except in iron.
And because it has also been said that the inner earth, from which metals originate, is composed of two kinds of parts: some of which are divided into branches that remain firmly attached together, while others move incessantly back and forth within the spaces between those branches, we must conclude that such conduits do not exist in the latter type of parts for the reasons already mentioned; only those parts that are divided into branches can possess such conduits. We must also believe that such conduits did not exist at all in the outer earth where we live, because it formed between water and air, and therefore all the elements that composed it were initially very small. But over time, it acquired various metals that came from the inner earth. And although there are no such conduits in those metals that consist of extremely solid and fluid parts, such as gold and pure silver, it is still highly probable that such conduits exist in those metals whose parts are divided into branches and are not completely solid, given their size. This can be said of iron or steel, but not of any other metal.
136
Why are there such pores in iron?
Del resto, il vetro può essere piegato leggermente senza rompersi, come si può vedere chiaramente quando viene tirato in filamenti molto sottili; infatti, quando è piegato in questo modo, si tende a riacquistare la sua forma originale, proprio come un arco che si tende. Questa proprietà di piegarsi e poi tornare alla sua forma originale deriva dal fatto che tutti i corpi i cui componenti sono uniti attraverso il perfetto contatto delle loro superfici, e non semplicemente dall’intreccio delle loro parti, presentano dei pori attraverso i quali una sostanza continua a fluire. La ragione di questo fenomeno dipende da tre fattori: il primo è che questi corpi possiedono numerosi pori attraverso i quali la sostanza fluisce costantemente; il secondo è che la forma stessa di questi pori permette al fluido di passare liberamente, poiché essi sono stati formati proprio dall’azione di tale sostanza o da processi simili; infine, il terzo fattore è che tali corpi possono essere piegati soltanto se la forma dei loro pori subisce un leggero cambiamento, in modo che la sostanza che li riempie non possa più fluire con facilità come prima, e quindi spinga le parti del corpo che la ostacolano, cercando di ripristinare la sua forma originale. Ad esempio, in un arco non teso, i pori attraverso cui fluisce la sostanza sono perfettamente rotondi; quando l’arco viene teso, questi pori diventano leggermente più lunghi che larghi, assumendo una forma ovale, e le parti della sostanza che li compone esercitano una pressione sui loro bordi per farli tornare alla forma originale. Anche se la forza esercitata da ciascuna parte singolarmente non è molto grande, poiché ci sono moltissime parti che agiscono insieme, non sorprende affatto che l’arco si tenda con notevole violenza. Tuttavia, se un arco viene tenuto teso per un lungo periodo di tempo, soprattutto uno realizzato in legno o in altre materie non molto dure, la forza con cui tende a rilassarsi diminuisce col tempo; ciò avviene perché le parti della sostanza sottile che esercitano pressione sui pori li allargano gradualmente, adattandoli così alla loro nuova forma.
133
Spiegazione della natura del magnete.
Finora ho cercato di spiegare la natura e tutte le principali proprietà dell’aria, dell’acqua, della terra e del fuoco, poiché questi sono i corpi che si trovano più comunemente ovunque in questa regione sublunare in cui viviamo; per questo vengono chiamati i quattro elementi. Tuttavia esiste un altro corpo, ovvero il magnete, il quale si può dire abbia una portata maggiore di qualsiasi uno di questi quattro elementi: infatti l’intera massa della terra è un magnete, e non esiste alcun luogo in cui la sua proprietà magnetica non si manifesti. Pertanto, poiché desidero non tralasciare nulla di ciò che è più comune nella terra, è necessario ora spiegare anche questo elemento. A tal fine, ricordiamo quanto detto in precedenza, nell’articolo 87 della terza parte, e negli articoli successivi riguardanti le parti cannelate del primo elemento di questo mondo visibile; applichiamo quindi a la terra tutto ciò che è stato detto in quegli articoli, dall’articolo 105 all’articolo 109, riguardo all’astro contrassegnato con la lettera “I”. Pensiamo che nella regione centrale della terra esistano numerosi pori o piccoli canali paralleli al suo asse attraverso i quali le parti cannelate possono passare liberamente da un polo all’altro; questi canali sono così scavati e adattati alla forma di tali parti che quelli che ricevono le parti provenienti dal polo australe non potrebbero accogliere quelle provenienti dal polo boreale, e viceversa. Inoltre, queste parti cannelate possono entrare da un lato nei pori adatti a riceverle, ma non possono uscire dall’altro lato dello stesso percorso, poiché esistono piccoli peli o rami molto sottili che si estendono all’interno di questi canali; tali strutture non ostacolano il passaggio delle parti cannelate quando queste entrano dal lato abituale, ma si piegano e riportano leggermente le loro estremità quando tentano di uscire dall’altro lato, bloccando così il passaggio. Per questo motivo, dopo aver attraversato l’intera terra lungo linee parallele al suo asse, alcune di queste parti cannelate tornano nell’aria circostante, dirigendosi verso la stessa metà da cui erano entrate; in questo modo, passando alternativamente dalla terra all’aria e dall’aria alla terra, formano una sorta di vortice, come spiegato nell’articolo 108.
134
Né nell’aria né nell’acqua esistono pori in grado di ricevere tali parti canulate.
Inoltre, l’articolo 113 della stessa terza parte afferma che nell’aria che circonda la stella denominata I, cioè la Terra, non possono esistere pori, se non nelle parti più dense di tale aria, dove sono rimaste tracce dei canali che in passato vi erano stati formati. Successivamente, nella stessa parte è stato detto che l’intera massa di quest’aria si è suddivisa in quattro elementi diversi: l’aria che respiriamo, l’acqua, sia dolce che salata, la Terra su cui camminiamo, e un’altra “Terra interna” da cui derivano i metalli; tutte le parti più dense che in precedenza si trovavano nell’aria si sono così raccolte in queste quattro entità. Da ciò deriva che non possono esistere canali idonei a ricevere tali sostanze, né nell’acqua né nell’aria attuale: sia perché le particelle che le compongono sono troppo piccole, sia perché tutte sono in costante movimento e si separano l’una dall’altra; quindi, anche se in passato in alcune di queste sostanze fossero esistiti tali canali, essi sarebbero già da tempo stati distrutti a causa dei frequenti cambiamenti che avvengono, poiché per sopravvivere necessitano di una struttura stabile e immobile.
135
Non ne esiste alcuno in nessun altro corpo su questa terra, tranne che nel ferro.
E poiché si è anche detto che la terra interna, da cui provengono i metalli, è composta da due tipi di parti: alcune di queste sono divise in rami che rimangono uniti tra loro, mentre altre si muovono incessantemente avanti e indietro negli spazi presenti tra tali rami, dobbiamo pensare che nelle seconde non esistano tali canali, per le ragioni appena espresse; esistono soltanto in quelle parti divise in rami. Dobbiamo anche ritenere che all’inizio non ne esistessero affatto nella terra esterna in cui viviamo, poiché essendo formata tra l’acqua e l’aria, tutte le sue particelle erano molto piccole; ma col passare del tempo ha assorbito diversi metalli provenienti dalla terra interna. E sebbene anche in quei metalli composti da parti estremamente solide o fluide, come l’oro e l’argento, non esistano tali canali, è tuttavia molto probabile che ne esistano in quelli i cui componenti sono divisi in rami e non sono sufficientemente solidi in relazione alle loro dimensioni; ciò si può dire del ferro o dell’acciaio, ma non di nessun altro metallo.
136
Perché nel ferro esistono pori del genere?
Car nous n’en avons aucun qui obéisse plus malaisément au marteau sans l’aide du feu, qu’on fasse fondre avec tant de peine, ni qui se puisse rendre si dur sans le mélange d’aucun autre corps, ce qui témoigne que les parcelles dont il est composé ont plus d’inégalités ou de branches, par le moyen desquelles elles se peuvent joindre et lier ensemble, que n’ont les parcelles des autres métaux. Il est vrai qu’on n’a pas tant de peine à le fondre la première fois après qu’il est tiré de la mine, mais cela vient de ce que ses parties étant alors tout à fait séparées les unes des autres, peuvent plus aisément être agitées par l’action du feu ; et, bien que le fer soit plus dur et plus malaisé à fondre que les autres métaux, il ne laisse pas d’être l’un des moins pesants, et de ceux qui peuvent le plus aisément être dissous par les eaux-fortes, et même la rouille seule peut le corrompre ; ce qui sert à prouver que les parcelles dont il est composé ne sont pas plus solides que celles des autres métaux, à proportion de ce qu’elles sont plus grosses, et que par conséquent il y a en elles plusieurs pores.
137
Comment peuvent être ces pores en chacune de ses parties.
Je ne veux pas toutefois assurer que ces conduits tournés à vis, qui donnent passage aux parties cannelées, soient tous entiers en chacune des parcelles du fer, comme aussi je n’ai aucune raison pour le nier ; mais il suffira ici que nous pensions que les figures des moitiés de ces conduits sont tellement formées sur les superficies de ces parcelles du fer, que lorsque deux de ces superficies sont bien ajustées l’une à l’autre, ces conduits s’y trouvent entiers : et parce que lorsqu’un corps dur dans lequel il y a plusieurs trous ronds est rompu, c’est ordinairement suivant des lignes qui passent justement par le milieu de ces trous qu’il se divise, les parties de la terre intérieure dans lesquelles il y avait de tels trous étant celles dont le fer est composé, il est bien aisé à croire qu’elles n’ont pu être tant divisées par la force des esprits ou sucs corrosifs qui les ont amenées dans les mines, qu’il n’y soit au moins demeuré de telles moitiés de ces trous gravés sur leurs superficies.
138
Comment ils y sont disposés à recevoir les parties cannelées des deux côtés.
Et il est à remarquer que pendant que les parcelles du fer sont ainsi montées dans les mines, elles n’ont pu retenir toujours une même situation, parce qu’ayant des figures irrégulières, et les chemins par où elles passaient étant inégaux, elles ont roulé en montant et se sont tournées tantôt sur un côté, tantôt sur un autre, et que, lorsque leur situation a été telle que les parties cannelées (qui, sortant avec grande vitesse de la terre intérieure, cherchent en toute l’extérieure les passages qui sont les plus propres pour les recevoir) ont rencontré ceux qui étaient en ces parcelles du fer tournés à contresens, soit qu’ils fussent entiers ou non, elles ont fait rebrousser les pointes de ces petites branches que j’ai dit être couchées dans leurs replis, et ont fait peu à peu qu’elles se sont entièrement renversées, en sorte qu’elles ont pu entrer par le côté de ces pores par où elles sortaient auparavant ; et que, lorsque par après la situation de ces parcelles du fer a été changée, l’action des parties cannelées a fait derechef que les petites branches qui avancent dans leurs pores se sont couchées de l’autre côté ; et, enfin, que lorsqu’il est arrivé que ces petites branches ont été ainsi repliées plusieurs fois, maintenant sur un côté, et après sur le côté contraire, elles ont acquis une grande facilité à pouvoir par après derechef être repliées d’un côté sur l’autre.
139
Quelle différence il y a entre l’aimant et le fer.
Or la différence qui est entre l’aimant et le fer consiste en ce que les parcelles dont le fer est composé ont ainsi changé plusieurs fois de situation depuis qu’elles sont sorties de la terre intérieure, ce qui est cause que les petites pointes qui avancent dans les replis de leurs pores peuvent aisément être renversées de tous côtés ; et qu’au contraire celles de l’aimant ont retenu toujours, ou du moins fort longtemps, une même situation, ce qui est cause que les pointes des branches qui sont en leurs pores ne peuvent que difficilement être renversées. Ainsi l’aimant et le fer participent beaucoup de la nature l’un de l’autre, et ce ne sont que ces parcelles de la terre intérieure dans lesquelles il y a des pores propres à recevoir les parties cannelées qui leur donnent la forme, bien qu’ordinairement il y ait beaucoup d’autre matière mêlée avec elles, non seulement en la mine de fer, d’où cette autre matière est aisément séparée par la fonte, mais encore plus en l’aimant ; car souvent la cause qui a fait que les parcelles de l’aimant ont plus longtemps demeuré en une même situation que les parcelles qui composent le fer est qu’elles sont engagées entre les parties de quelque pierre fort dure, et cela fait aussi quelquefois qu’il est presque impossible de les fondre pour en faire du fer, à cause qu’elles sont plutôt calcinées et consumées par le feu que dégagées des lieux où elles sont.
140
Comment on fait du fer ou de l’acier en fondant la mine.
Pour ce qui est de la mine de fer, lorsqu’on la fait fondre afin de la convertir en fer ou en acier, il faut penser que les parcelles du métal, étant agitées par la chaleur, se dégagent premièrement des autres matières avec qui elles sont mêlées, et ne cessent après de se remuer séparément les unes des autres jusqu’à ce que leurs superficies, où les moitiés des conduits ci-dessus décrits sont imprimées, soient tellement ajustées les unes aux autres que ces conduits s’y trouvent entiers. Mais, lorsque cela est, les parties cannelées, qui ne sont pas en moins grand nombre dans le feu que dans tous les autres corps terrestres, prenant incontinent leur coûts par dedans ces conduits, empêchent que les petites superficies, par la conjonction desquelles ils sont faits, ne changent si aisément de situation qu’elles faisaient auparavant ; outre que leur mutuel attouchement, et la force de la pesanteur qui presse toutes les parties du métal l’une contre l’autre, aident à les retenir ainsi jointes. Et, parce que cependant ces parties du métal ne laissent pas de continuer à être agitées par le feu, cela fait que plusieurs s’accordent ensemble à suivre un même mouvement, et ainsi que toute la liqueur du métal fondu se divise en plusieurs petits tas ou petites gouttes dont les superficies deviennent polies. Car toutes les parcelles du métal, qui sont en quelque façon jointes ensemble, composent une de ces gouttes, laquelle étant pressée de tous côtés par les autres gouttes qui l’environnent, et qui se meuvent en autre sens qu’elle, pas une de ces pointes ou branches de ces parcelles ne saurait avancer tant soi peu plus que les autres hors de sa superficie qu’elle ne soit incontinent repoussée vers son centre par les autres gouttes, ce qui polit cette superficie ; et cela fait aussi que les parcelles qui composent chaque goutte se resserrent et se joignent d’autant mieux ensemble.
141
Pourquoi l’acier est fort dur et raide et cassant ?
Lorsque le métal est ainsi fondu et divisé en petites gouttes qui se défont sans cesse et se refont pendant qu’il demeure liquide, si on le fait promptement refroidir il devient de l’acier, qui est fort dur et raide, et cassant à peu près comme le verre. Il est dur, à cause que ses parties sont fort étroitement jointes ; il est raide et fait ressort, à cause que ce n’est pas l’arrangement de ses parties, mais seulement la figure de ses pores qu’on peut changer en le pliant, ainsi qu’il a tantôt été dit du verre ; et il est cassant, à cause que les petites gouttes dont il est composé ne sont jointes que par l’attouchement de leurs superficies, lesquelles ne se touchent immédiatement qu’en fort peu de petites parties.
142
Quelle différence il y a entre le simple fer et l’acier.
For we do not possess any metal that is more difficult to melt without the use of fire—something that requires such great effort—and yet none that can be hardened so effectively without the addition of other substances. This fact testifies to the fact that the constituent particles of iron contain more irregularities and subdivisions than those of other metals, allowing them to combine and bond together in various ways. It is true that iron is not as difficult to melt once it has been extracted from the mine, but this is because its components are still completely separated at that point, making them more susceptible to the effects of heat. Moreover, although iron is harder and more difficult to melt than other metals, it is nonetheless one of the lightest and most easily dissolved in strong acids—even rust alone can corrode it. All these circumstances demonstrate that the constituent particles of iron are not inherently more solid than those of other metals, despite their larger size; rather, they contain numerous pores and voids within their structure.
137
How can such pores exist in every part of it?
However, I am not willing to assert that all of these threaded channels, which allow the passage of the canalized parts, are entirely intact within each segment of iron; nor do I have any reason to deny it. But it is sufficient to consider that the shapes of these channel halves are so precisely formed on the surfaces of those iron segments that, when two such surfaces are perfectly aligned with one another, the channels remain intact within them. Moreover, since when a solid object containing multiple round holes is broken, it usually splits along lines that pass directly through the centers of those holes, and since the inner layers of the earth where such holes exist are precisely the parts from which iron is derived, it is quite reasonable to believe that these holes could not have been divided in such a manner by any natural forces or corrosive agents that might have formed them in the mines—meaning that at least some traces of those half-holes must still remain on their surfaces.
138
How they are arranged to receive the channelled sections on both sides.
It is worth noting that as these iron fragments were being mined in this manner, they could not always maintain the same position. Due to their irregular shapes and the uneven paths they followed while rising, they would roll and turn either to one side or the other. When their arrangement caused the channelled portions—which emerged rapidly from within the earth and sought out the most suitable passages on the surface to emerge through—to come into contact with parts of these iron fragments that were bent in the opposite direction, whether intact or not, this would cause the tips of those small branches to bend back, gradually causing them to reverse their orientation entirely. As a result, they could then enter through the same pores from which they had previously emerged. Later, when the position of these iron fragments changed again, the action of those channelled portions would once more cause the small branches inside them to bend in the opposite direction. Eventually, after being folded back and forth multiple times—now in one direction and then the other—these small branches acquired a great degree of flexibility, allowing them to easily fold back and forth again in any direction.
139
What is the difference between a magnet and iron?
Or the difference between a magnet and iron lies in the fact that the particles which constitute iron have changed their position numerous times since emerging from the inner earth; as a result, the tiny projections within their pores can easily be reversed in direction. In contrast, the particles of a magnet have always maintained the same orientation—or at least for a very long time—meaning that the protrusions within its pores can hardly be reversed. Thus, magnet and iron share many similarities in their nature. It is merely these particular particles from the inner earth, which contain pores capable of accommodating the channelled structures that give them their shape. Although usually many other substances are mixed with them—in iron ore, for example, these additional materials can be easily separated through smelting—but this is even more true of magnets. Often, the reason why magnetic particles remain in one state for a longer period than those that form iron is that they become embedded within the structure of very hard rocks. This sometimes makes it practically impossible to melt them and convert them into iron, as they tend to be burned or destroyed by the heat rather than being separated from their surrounding materials.
140
How is iron or steel produced by melting ore?
As for the iron mine, when it is melted in order to be converted into iron or steel, one must understand that the metal particles, being agitated by the heat, first separate from the other materials with which they are mixed. They then continue to move independently until their surfaces—on which the aforementioned channels are imprinted—become so perfectly aligned with each other that these channels are completely filled. However, once this occurs, the channel-like structures, which exist in equal numbers both within the molten metal and in all other terrestrial substances, immediately take hold of these channels from within, preventing the small surfaces from changing position as easily as before. Moreover, their mutual contact, along with the force of gravity that presses all parts of the metal together, help to keep them firmly joined. And since these metal particles continue to be agitated by the heat, many of them end up moving in the same direction, causing the entire molten metal to divide into small droplets whose surfaces become polished. In fact, all the metal particles that are somehow connected together form one of these droplets. Since this droplet is pressed from all sides by other surrounding droplets that move in opposite directions, not a single particle at its edge can move outward without being immediately pushed back toward its center by the surrounding droplets—this process polishes the surface of the droplet. It also causes the particles that make up each droplet to tighten and join together even more closely.
141
Why is steel so hard, rigid, and brittle?
When metal is melted in this way and divided into small droplets that continually break apart and re-form while remaining liquid, if it is quickly cooled, it becomes steel—hard, rigid, and almost as brittle as glass. It is hard because its parts are closely joined together; it is rigid and elastic because it is not the arrangement of its parts themselves that can be changed by bending, but merely the shape of its internal pores, just as was said earlier about glass; and it is brittle because the small droplets from which it is composed are only held together by the slight contact of their surfaces, which meet in very few areas.
142
What difference is there between ordinary iron and steel?
Poiché non esiste alcun altro metallo che si fonda con tanta difficoltà senza l’aiuto del fuoco, né che possa diventare così duro senza la miscela di altri elementi; ciò dimostra che le particelle che lo compongono presentano molte più disomogeneità e strutture complesse rispetto alle particelle degli altri metalli. È vero che la prima volta che il ferro viene estratto dalla miniera non è così difficile fondarlo, ma questo perché le sue parti sono ancora completamente separate l’una dall’altra, quindi possono essere più facilmente influenzate dall’azione del fuoco. E sebbene il ferro sia più duro e più difficile da fondere rispetto agli altri metalli, rimane comunque uno dei meno pesanti e tra quelli che si dissolvono più facilmente con gli acidi forti; persino la ruggine è in grado di corromperlo. Ciò dimostra che le particelle che lo compongono non sono più solide di quelle degli altri metalli, nonostante siano più grandi, e quindi che contengono molti pori.
137
Come possono essere questi pori presenti in ogni sua parte?
Tuttavia, non voglio affermare con certezza che tutti questi canali scavati a vite, attraverso i quali passano le parti cannelate del ferro, siano completamente intatti in ciascuna delle sue porzioni; né ho alcun motivo per negarlo. Basterà considerare che la forma di queste metà dei canali è tale da adattarsi perfettamente alle superfici delle rispettive parti del ferro, in modo che quando due di queste superfici vengono ben accostate l’una all’altra, i canali risultano completi. Inoltre, poiché quando un corpo duro contenente diversi fori rotondi si rompe, di solito avviene lungo linee che passano esattamente attraverso il centro di questi fori, e poiché le parti interne della terra in cui tali fori si trovavano sono proprio quelle da cui è composto il ferro, è facile credere che queste parti non siano state divise dalla forza degli agenti naturali o dai liquidi corrosivi che le hanno formate nelle miniere, senza che almeno alcune di queste “metà dei fori” rimanessero incise sulle loro superfici.
138
Come sono disposti per ricevere le parti canulate su entrambi i lati.
È da notare che, durante il processo di estrazione delle particelle di ferro dalle miniere, queste non sono sempre rimaste nella stessa posizione, poiché presentavano forme irregolari e i percorsi attraverso cui venivano estratte erano disomogenei. Durante l’ascesa, le particelle si sono rotolate, ruotando ora da un lato ora dall’altro; inoltre, quando le parti cannelate – che uscivano dalla terra interna ad alta velocità e cercavano all’esterno i passaggi più adatti per riceverle – incontravano quelle presenti sulle superfici delle particelle di ferro, queste ultime si piegavano in entrambi i sensi, facendo così ruotare le piccole ramificazioni presenti nei loro solchi. Gradualmente, queste ramificazioni si sono completamente ribaltate, permettendo alle parti cannelate di entrare nuovamente dai pori da cui erano uscite in precedenza. Quando poi la posizione delle particelle di ferro cambiava, l’azione delle parti cannelate faceva sì che le piccole ramificazioni si piegassero nuovamente dall’altra parte; infine, dopo essere state ripiegate più volte da un lato e poi dall’altro, queste ramificazioni hanno acquisito una grande flessibilità, permettendo loro di ruotare facilmente da un lato all’altro.
139
Che differenza c’è tra un magnete e il ferro.
La differenza tra il magnete e il fer risiede nel fatto che le particelle che compongono il ferro hanno cambiato più volte posizione da quando sono emerse dall’interno della terra; per questo motivo, le piccole estremità presenti nei pori del ferro possono essere facilmente ribaltate in ogni direzione. Al contrario, le particelle del magnete hanno mantenuto sempre, o almeno per un lungo periodo di tempo, la stessa posizione; di conseguenza, le estremità delle sue strutture interne sono difficilmente ribaltabili. Così il magnete e il ferro condividono molte caratteristiche reciproche; tuttavia, sono soltanto queste particelle dell’interno della terra che possiedono pori adatti a ricevere le parti cannelate che conferiscono loro la loro forma specifica. Sebbene di norma vi sia molta altra materia mescolata con esse – non solo nelle miniere di ferro, dove questa materia può essere facilmente separata tramite la fusione, ma anche nel magnete stesso – spesso la ragione per cui le particelle del magnete rimangono più a lungo nella stessa posizione risiede nel fatto che sono intrappolate tra le parti di rocce molto dure; questo rende talvolta quasi impossibile fondere tali particelle per ottenere ferro, poiché vengono piuttosto bruciate e consumate dal fuoco, anziché essere separate dai loro luoghi di origine.
140
Come si ottiene il ferro o l’acciaio fondendo le rocce minerarie.
Per quanto riguarda la miniera di ferro, quando viene fusa al fine di essere trasformata in ferro o acciaio, bisogna considerare che le particelle del metallo, agitate dal calore, si separano prima dalle altre materie con cui sono mescolate e continuano a muoversi separatamente fino a quando le loro superfici, su cui sono incise le “canne” descritte in precedenza, non si adattano perfettamente l’una all’altra, permettendo così che queste canne rimangano integre. Tuttavia, poiché nel fuoco esistono un numero equivalente di parti cannellate come in tutti gli altri corpi terrestri, queste parti, entrando immediatamente nelle “canne” formatesi durante il processo di fusione, impediscono che le piccole superfici che le compongono cambino facilmente posizione; inoltre, il contatto reciproco tra queste parti e la forza di gravità, che spinge tutte le parti del metallo l’una contro l’altra, contribuiscono a mantenerle unite. Poiché queste particelle continuano comunque ad essere agitate dal calore, molte di esse si muovono nella stessa direzione, facendo sì che tutta la massa liquida del metallo fuso si divida in piccole gocce la cui superficie diventa liscia. Infatti, tutte le particelle del metallo che sono in qualche modo unite tra loro formano una di queste gocce; poiché questa goccia viene pressata da tutte le parti circostanti che si muovono nella direzione opposta, nessuna delle sue estremità riesce a sporgersi dalla sua superficie senza essere immediatamente respinta verso il centro dalle altre gocce, il che rende la superficie liscia; inoltre, le particelle che compongono ogni goccia si avvicinano sempre di più tra loro.
141
Perché l’acciaio è così duro, rigido e fragile?
Quando il metallo viene fuso in questo modo e diviso in piccole gocce che continuamente si separano e si riuniscono mentre rimane liquido, se lo si raffredda rapidamente, diventa acciaio: materiale molto duro, rigido e quasi fragile come il vetro. È duro perché le sue parti sono strettamente unite tra loro; è rigido e possiede la capacità di ritornare alla sua forma originale quando piegato, proprio come avviene per il vetro; ed è fragile perché le piccole gocce che lo compongono sono collegate soltanto attraverso i contatti delle loro superfici, i quali si toccano in realtà solo in una piccola parte.
142
Che differenza c’è tra il semplice ferro e l’acciaio.
Mais toutes les mines dont on tire du fer ne sont pas propres à faire de bon acier, et la mine dont on en peut faire de très bon ne donne que de simple fer lorsqu’on la fait fondre à un feu qui n’est pas tempéré comme il faut. Car, si les parcelles de la mine sont trop rudes et inégales, en sorte qu’elles s’accrochent les unes aux autres avant qu’elles aient eu le loisir d’ajuster leurs petites superficies, et se distinguer en plusieurs petites gouttes en la façon que j’ai expliquée ; ou bien si le feu n’est pas assez fort pour faire que la mine fondue se distingue ainsi en plusieurs gouttes, et que les parcelles de chacune de ces gouttes se resserrent ensemble ; ou, enfin, s’il est si violent qu’il trouble leur juste situation, elles ne composent pas de l’acier, mais seulement du fer commun.
143
Quelle est la raison des diverses trempes qu’on donne à l’acier.
Et lorsqu’on a de l’acier déjà fait, si on le remet dans le feu, il ne peut pas aisément être refondu et rendu semblable au fer commun, à cause que les petites gouttes dont il a été composé sont trop grosses et trop solides pour être remuées tout entières par l’action du feu, et que les parcelles de chacune de ces gouttes sont aussi trop bien jointes et trop serrées pour être tout à fait séparées par cette même action : mais il peut être ramolli, à cause que toutes ses parties sont ébranlées par la chaleur. Et si on le laisse par après refroidir assez lentement, il ne devient point si dur, si raide et si cassant comme il a été, mais demeure mou et pliant comme du fer ; dont la raison est que, pendant qu’il se refroidit, les petites branches des parcelles qui composent chacune de ses gouttes, et que j’ai dit être repoussées en dedans par l’action des autres gouttes qui l’environnent, ont le loisir, à mesure que la force de cette action diminue, de s’avancer quelque peu hors de sa superficie (suivant en cela leur plus naturelle situation), et par ce moyen de s’accrocher et s’entrelacer avec celles qui s’avancent en même façon hors des superficies des autres gouttes : ce qui fait que les parcelles de chaque goutte ne sont plus si étroitement jointes et resserrées ensemble, et aussi que ces gouttes ne se touchent plus immédiatement, mais sont seulement liées par les petites pointes ou branches qui sortent de leurs superficies, au moyen de quoi l’acier n’est plus si dur, ni si raide, ni si cassant comme il a été. Mais il demeure toujours cette différence entre l’acier et le simple fer, qu’on lui peut rendre sa première dureté en le faisant rougir dans le feu et après refroidir tout-à-coup ; au lieu que le fer commun ne peut être rendu si dur en même façon ; dont la raison est que les parcelles de l’acier ne sont point si éloignées de la situation en laquelle il faut qu’elles soient pour le rendre fort dur, qu’elles n’y puissent être remises par l’action du feu, et la retenir lorsque le froid succède fort promptement à la chaleur ; au lieu que les parties du fer n’ayant jamais eu une telle situation, ne la peuvent ainsi acquérir. Or, afin de faire que le fer ou l’acier se refroidisse fort promptement, on a coutume de le tremper dans de l’eau ou dans quelques autres liqueurs froides ; comme, au contraire, afin qu’il se refroidisse lentement et devienne plus mou, on le trempe dans de l’huile ou dans quelque autre liqueur grasse ; et parce qu’à mesure qu’il se rend plus dur il devient aussi plus cassant, les artisans qui en font des épées, des scies, des limes, et autres instruments, n’emploient pas toujours les plus froides liqueurs à le tremper, mais celles qui sont tempérées et proportionnées à l’effet qu’ils désirent. Ainsi, la trempe des limes ou des burins est différente de celle des scies, des épées, ou autres semblables instruments, selon que la dureté est plus requise aux uns qu’aux autres, et qu’il est plus ou moins à craindre qu’ils ne se cassent : c’est pourquoi on peut dire avec raison qu’on tempère l’acier lorsqu’on le trempe bien à propos.
144
Quelle différence il y a entre les pores de l’aimant, de l’acier et du fer.
Pour ce qui est des petits conduits propres à recevoir les parties cannelées, on connaît de ce qui été dit qu’il y en doit avoir en très grand nombre tant dans l’acier que dans le fer, et même beaucoup plus que dans l’aimant, dans lequel il y a toujours plusieurs parties qui ne sont point métalliques. On connaît aussi que ces conduits doivent être beaucoup plus entiers et plus parfaits dans l’acier que dans le fer, et que les petites pointes que j’ai dit être couchées dans leurs replis ne s’y renversent pas si aisément d’un côté sur l’autre qu’ils font dans le fer ; premièrement à cause que la mine dont on fait l’acier est la plus pure, et celle dont les parcelles ont le moins changé depuis qu’elles sont sorties de la terre intérieure, puis aussi a cause qu’elles y sont mieux agencées et plus serrées que dans le fer. Enfin, on connaît que ces conduits ne sont point tous tournés ni dans l’acier ni dans le fer, ainsi qu’ils sont dans l’aimant ; à savoir, en sorte que toutes les entrées des conduits par où les parties cannelées qui viennent du pôle austral peuvent passer regardent un même côté, et que toutes celles qui peuvent recevoir les parties cannelées qui viennent du pôle septentrional regardent le côté contraire ; mais que ces conduits y sont tournés en diverses façons et sans aucun ordre certain, à cause que l’action du feu a diversement changé leur situation. Il est vrai que pendant le moment que cette action cesse, et que le fer ou l’acier embrasé se refroidit, les parties cannelées qui coulent toujours par le dessus de la terre d’un de ses pôles vers l’autre, peuvent disposer quelques-uns de leurs conduits en la façon qu’ils doivent être, afin qu’elles y aient libre passage ; et elles peuvent aussi disposer ainsi peu à peu quelques-uns des pores de l’acier ou du fer qui n’est point embrasé, lorsqu’il demeure longtemps en une même situation, mais parce qu’il y a beaucoup plus de tels conduits dans le fer et dans l’acier que les parties cannelées qui passent par l’air n’en peuvent remplir, elles n’en peuvent ainsi disposer que fort peu ; ce qui est cause qu’il n’y a point de fer ni d’acier qui n’ait quelque chose de la vertu de l’aimant, bien qu’il n’y en ait presque point qui en ait tant qu’il n’en puisse avoir encore davantage.
145
Le dénombrement de toutes les propriétés de l’aimant.
Et toutes ces choses suivent si clairement des principes qui ont été ci-dessus exposés, que je ne laisserais pas de juger qu’elles sont telles que je viens de dire, quand bien je n’aurais aucun égard aux propriétés qui en peuvent être déduites ; mais j’espère maintenant faire voir que toutes celles de ces propriétés que les plus curieuses expériences des admirateurs de l’aimant ont pu découvrir jusqu’à présent peuvent si facilement être expliquées par leur moyen, que cela seul suffirait pour persuader qu’elles sont vraies, encore qu’elles n’eussent point été déduites des premiers principes de la nature. Et afin qu’on remarque mieux quelles sont toutes ces propriétés, je les réduirai ici à certains articles, qui sont :
1 – Qu’il y a deux pôles en chaque aimant, l’un desquels, en quelque lieu de la terre que ce soit, tend toujours à être tourné vers le septentrion, et l’autre vers le midi.
2 – Que ces pôles de l’aimant tendent aussi à se pencher vers la terre, et ce diversement, à raison des divers lieux où il est transporté.
3 – Que lorsque deux aimants de figure ronde sont proches, chacun d’eux se tourne et se penche vers l’autre, en même façon qu’un seul se tourne et penche vers la terre.
4 – Que lorsqu’ils sont ainsi tournés l’un vers l’autre, ils s’approchent jusqu’à ce qu’ils se touchent.
5 – Que s’ils sont retenus par contrainte en une situation contraire à celle-là, ils se fuient et se reculent l’un de l’autre.
6 – Que si un aimant est divisé en deux pièces, suivant la ligne qui joint ses deux pôles, les parties de chacune de ces pièces tendent à s’éloigner de celles de l’autre pièce dont elles étaient les plus proches avant la division.
But not all mines from which iron is extracted are suitable for producing high-quality steel; moreover, a mine that can yield very good steel will only produce ordinary iron when it is melted using a fire that is not properly tempered. For if the particles in the ore are too rough and uneven, they will stick together before having the chance to adjust their shapes and separate into small droplets in the manner I have described; or if the fire is not hot enough to cause the molten ore to separate into such droplets, and the particles within each droplet do not fuse together properly; or, finally, if the fire is too intense, it will disrupt their natural arrangement. In all these cases, what results is not steel, but merely ordinary iron.
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What are the reasons for the various treatments applied to steel?
And when steel has already been produced, if it is put back into the fire, it cannot be easily remelted and made similar to ordinary iron. This is because the small droplets from which it is composed are too large and too solid to be completely stirred or melted by the heat of the fire; moreover, the particles within each of these droplets are too tightly bound together to be separated by the same process. However, the steel can be softened, since all its parts are affected by the heat. If it is then allowed to cool down slowly, it does not become as hard, rigid, or brittle as before; instead, it remains soft and malleable, just like iron. The reason for this is that as the steel cools, the small branches within each droplet—which, as I have mentioned, are pushed inward by the influence of surrounding droplets—have the opportunity, as the force of this interaction diminishes, to extend slightly beyond the surface of the steel. In doing so, they can interconnect with similar extensions from other droplets, resulting in less tight bonding between these particles and preventing them from touching directly. Instead, they are merely connected by these extending branches, which makes the steel less hard, rigid, or brittle. Nevertheless, there remains a distinction between steel and ordinary iron: steel can be restored to its original hardness by heating it in the fire and then cooling it suddenly, whereas ordinary iron cannot be hardened in the same way. This is because the particles in steel are not so far removed from their ideal state of hardness that they can be easily reconfigured by heat and retained when cooled rapidly; in contrast, the parts of ordinary iron have never been in such a state and therefore cannot be hardened in this manner. To make iron or steel cool down quickly, it is usually immersed in water or other cold liquids; conversely, to make it cool down slowly and become softer, it is dipped into oil or other fatty substances. Since greater hardness often leads to increased brittleness, craftsmen who produce swords, axes, files, and other tools do not always use the coldest liquids for tempering—but rather those that are appropriate and balanced for the desired effect. Thus, the tempering of files or chisels is different from that of saws, swords, or other similar instruments, depending on whether greater hardness is required in one case than in another, and also on the degree of risk involved in their potential to break. It is for this reason that it is justified to say that steel is truly tempered when it is properly tempered in accordance with the relevant requirements.
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What is the difference between the pores of a magnet, steel, and iron?
As for those tiny channels capable of accommodating these channelled parts, it is known from what has been said that they must exist in very large numbers both in steel and iron—and even far more numerous in magnetite, where there are always several parts that are not metallic at all. It is also known that these channels must be much more intact and perfect in steel than in iron, and that those tiny tips I mentioned, which are arranged within their folds, do not reverse so easily from one side to the other as they do in iron. Firstly, this is because the ore from which steel is made is the purest, and its components have undergone the least alteration since emerging from the earth’s interior. Secondly, these channels are better organized and more tightly arranged within steel than within iron. Finally, it is known that these channels are not all aligned in the same direction, either in steel or in iron, as they are in magnetite. That is to say, all the entrances to these channels through which the channelled parts coming from the southern pole can pass face the same side, while those entrances capable of receiving the channelled parts coming from the northern pole face the opposite side. However, these channels are arranged in various ways without any definite pattern, because the effects of heat have altered their positions in different ways. It is true that once this heating process ceases and the heated iron or steel cools down, the channelled parts that continuously flow from one pole of the earth to the other may arrange some of these channels in the correct manner so as to allow free passage for them. They may also gradually reorganize some of the pores in unheated steel or iron if it remains in the same state for a long time. However, since there are far more such channels in iron and steel than the number of channelled parts that can be accommodated by them, only a very small portion of these pores can be rearranged in this way. This is why no iron or steel possesses all the properties of magnetite—even if almost none of it has as many of these properties as it could potentially have.
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The enumeration of all the properties of a magnet.
And all these phenomena so clearly follow principles that have been expounded above, that I would not hesitate to declare them to be such as I have just described, even if I took no account of the properties that may be deduced from them; but I now hope to show that all those properties which the most meticulous experiments conducted by those who admire magnets have been able to discover so far can be explained quite easily through those very experiments, and that this alone would be sufficient to prove their truth, even if they had not been derived from the fundamental principles of nature. And in order to make it clearer what these properties are, I will reduce them here to certain key points, which are:
1 – That every magnet possesses two poles, one of which, wherever it may be on the earth, always tends to point toward the north, and the other toward the south.
2 – That these poles of the magnet also tend to lean towards the earth, and in various degrees, depending on the different locations where it is placed.
3 – When two round magnets are brought close together, each one turns and leans towards the other, in just the same way that a single magnet turns and leans towards the earth.
4 – That when they are thus turned towards each other, they come close enough until they touch.
5 – If they are held against their will in a situation contrary to that one, they flee and move away from each other.
6 – If a magnet is divided into two pieces along the line that connects its two poles, the parts of each piece will tend to move away from those parts of the other piece that they were closest to before the division.
Ma non tutte le miniere da cui si estrae il ferro sono adatte a produrre acciaio di buona qualità; inoltre, la miniera che permette di ottenere un ottimo acciaio fornisce soltanto ferro comune quando viene fusa con un fuoco non adeguatamente regolato. Infatti, se le particelle della minerale sono troppo ruvide e irregolari, tanto da attaccarsi l’una all’altra prima ancora di poter adattare le loro superfici e separarsi in diverse gocce, come ho spiegato; oppure se il fuoco non è abbastanza intenso per far sì che la minerale fusa si suddivida effettivamente in tali gocce e che le particelle di ciascuna di esse si uniscano tra loro; o ancora, se il fuoco è troppo violento, alterando la corretta struttura delle particelle, allora non si otterrà acciaio, ma soltanto ferro comune.
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Qual è la ragione delle diverse percentuali di umidità che vengono applicate all’acciaio?
E quando l’acciaio è già stato prodotto, se lo si rimette nel fuoco, non può essere facilmente raffreddato e reso simile al ferro comune; questo perché le piccole gocce di cui è composto sono troppo grandi e troppo solide per essere completamente mescolate dall’azione del fuoco, e inoltre le particelle di ciascuna di queste gocce sono troppo strettamente legate tra loro per poter essere completamente separate dalla stessa azione. Tuttavia, l’acciaio può essere reso più morbido, poiché tutte le sue parti vengono scosse dal calore. Se poi si lascia raffreddare lentamente, non diventa così duro, rigido e fragile come prima, ma rimane morbido e flessibile, proprio come il ferro. Il motivo è che, durante il processo di raffreddamento, le piccole parti che compongono ciascuna goccia di acciaio, e che sono state spinte all’interno dall’azione delle altre gocce circostanti, hanno la possibilità, man mano che l’effetto di questa azione diminuisce, di sporgersi leggermente dalla superficie dell’acciaio; in questo modo si attaccano e si intrecciano con quelle altre parti che si sporgono allo stesso modo dalle superfici delle altre gocce. Di conseguenza, le particelle di ciascuna goccia non sono più così strettamente legate tra loro, e le gocce stesse non si toccano più direttamente, ma sono soltanto collegate attraverso quelle piccole estremità o parti che sporgono dalla loro superficie; per questo motivo l’acciaio non è più così duro, rigido e fragile come prima. Tuttavia, rimane sempre quella differenza tra l’acciaio e il semplice ferro: mentre all’acciaio si può restituire la sua durezza originale facendolo arroventare nel fuoco e poi raffreddarlo rapidamente, il ferro comune non può essere reso così duro allo stesso modo. Il motivo è che le particelle dell’acciaio non sono così lontane dalla posizione in cui devono trovarsi per diventare estremamente dure, da poter essere riportate in quella condizione dall’azione del fuoco e mantenute tale quando il freddo segue rapidamente al calore; invece, le parti del ferro, non avendo mai avuto una tale posizione, non possono raggiungerla in questo modo. Per far sì che il ferro o l’acciaio si raffreddi rapidamente, si ha l’abitudine di immergerlo nell’acqua o in altre sostanze liquide fredde; al contrario, per far sì che si raffreddi lentamente e diventi più morbido, si lo immerge nell’olio o in altre sostanze liquide grasse. Poiché, man mano che l’acciaio diventa più duro, diventa anche più fragile, gli artigiani che ne fanno spade, seghe, limette e altri strumenti non utilizzano sempre le sostanze liquide più fredde per la tempra, ma quelle che sono adatte all’effetto desiderato. Pertanto, il trattamento termico dei limi o dei trapani è diverso da quello delle seghe, delle spade o di altri strumenti simili; ciò dipende dal fatto che per alcuni di questi strumenti sia necessaria una maggiore durezza, e dal rischio che possano rompersi. Per queste ragioni si può affermare con ragione che l’acciaio viene trattato termicamente quando viene temprato nel modo appropriato.
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Qual è la differenza tra i pori di un magnete, dell’acciaio e del ferro?
Per quanto riguarda i piccoli canali destinati ad accogliere le parti canulate, si sa che ne deve esserci un gran numero sia nell’acciaio che nel ferro; anzi, ce ne sono molti di più nell’imanto, in cui ci sono sempre diverse parti che non sono metalliche. Si sa anche che questi canali devono essere molto più integri e perfetti nell’acciaio che nel ferro, e che le piccole punte presenti nei loro ripiegamenti non si ribaltano così facilmente da un lato all’altro come avviene nel ferro. Questo per due motivi: innanzitutto, perché la roccia da cui si ottiene l’acciaio è la più pura e le sue particelle hanno subito meno alterazioni da quando sono emerse dal sottosuolo; inoltre, perché nella roccia queste strutture sono meglio organizzate e più compresse rispetto al ferro. Infine, si sa che questi canali non sono tutti disposti nello stesso modo sia nell’acciaio che nel ferro, come avviene nell’imanto: tutte le entrate dei canali attraverso cui passano le parti canulate provenienti dal polo australe sono rivolte verso lo stesso lato, mentre quelle che possono accogliere le parti canulate provenienti dal polo settentrionale sono rivolte verso il lato opposto; tuttavia, questi canali sono disposti in modi diversi e senza alcun ordine preciso, poiché l’azione del fuoco ha modificato la loro posizione in modo variabile. È vero che, nel momento in cui questa azione cessa e il ferro o l’acciaio incandescente si raffredda, le parti canulate che scorrono sempre dalla superficie della terra da un polo all’altro possono disporre alcuni di questi canali nella maniera giusta, affinché vi abbiano libero passaggio; possono anche fare lo stesso gradualmente in alcuni pori dell’acciaio o del ferro che non sono stati riscaldati, quando questi rimangono per lungo tempo nella stessa posizione. Tuttavia, poiché nel ferro e nell’acciaio esistono molti più di questi canali di quanti ne possano essere riempiti dalle parti canulate che passano attraverso l’aria, queste ultime possono disporli solo in misura molto limitata. È per questo che non esiste alcun ferro o acciaio che non abbia almeno in parte le proprietà dell’imanto, anche se quasi nessuno ne possiede una quantità tale da poterne godere appieno.
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Elenco di tutte le proprietà del magnete.
E tutte queste cose seguono così chiaramente da principi che sono stati esposti sopra, che non esiterei affatto a ritenere che siano effettivamente tali come ho appena detto, anche senza tenere conto delle proprietà che ne possono essere dedotte; tuttavia spero ora di dimostrare che tutte quelle proprietà, che le più curiose esperienze dei ricercatori che studiano l’imanto sono riuscite finora a scoprire, possono essere facilmente spiegate attraverso tali esperimenti, il che basterebbe da solo per convincere della loro veridicità, anche se non fossero state dedotte dai principi fondamentali della natura. E affinché si possano meglio comprendere quali siano tutte queste proprietà, le ridurrò qui a alcuni punti specifici, che sono:
1 – In ogni magnete esistono due poli: uno di essi, in qualsiasi punto della Terra si trovi, tende sempre a rivolgersi verso il nord, mentre l’altro verso il sud.
2 – Che questi poli del magnete tendano anch’essi a inclinarsi verso la terra, e in modo diverso a seconda dei luoghi in cui viene trasportato.
3 – Quando due magneti di forma rotonda si trovano vicini, ciascuno di essi ruota e si piega verso l’altro, esattamente come un singolo magnete ruota e si piega verso la terra.
4 – Quando sono così rivolti l’uno verso l’altro, si avvicinano fino a toccarsi.
5 – Se vengono trattenuti a forza in una situazione diversa da quella, si allontanano e si allontanano l’uno dall’altro.
6 – Se un magnete viene diviso in due parti lungo la linea che collega i suoi due poli, le parti di ciascuna di queste due parti tendono a allontanarsi da quelle dell’altra parte con cui erano più vicine prima della divisione.
7 – Que s’il est divisé en un autre sens, en sorte que le plan de la division coupe à angles droits la ligne qui joint ses pôles, les deux points de cette ligne ainsi coupée, qui se touchaient auparavant, et dont l’un est en l’une des pièces de l’aimant, et l’autre en l’autre, y sont deux pôles de vertu contraire ; en sorte que l’un tend à se tourner vers le nord, et l’autre vers le sud-
8 – Que bien qu’il n’y ait que deux pôles en chaque aimant, l’un boréal et l’autre austral, il ne laisse pas d’y en avoir aussi deux en chacune de ses parties lorsqu’elle est seule, et ainsi que la vertu de chaque partie est semblable à celle qui est dans le tout.
9 – Que le fer peut recevoir cette vertu de l’aimant lorsqu’il en est touché ou seulement approché.
10 – Que selon le côté qu’on le tourne en l’approchant de l’aimant, il reçoit diversement cette vertu.
11 – Que néanmoins, de quelque façon qu’on en approche un morceau de fer, qui est beaucoup plus long que large, il la reçoit toujours suivant sa longueur.
12 – Que l’aimant ne perd rien de cette vertu, encore qu’il la communique au fer.
13 – Qu’il la lui communique en fort peu de temps ; mais que si le fer demeure fort longtemps en une même situation contre l’aimant, elle s’y fortifie et s’y affermit davantage.
14 – Que le plus dur acier reçoit une vertu plus forte, et retient celle qu’il a reçue beaucoup mieux que le fer commun.
15 – Qu’il en reçoit davantage d’une bonne pierre que d’une moins bonne.
16 – Que toute la terre est un aimant, et qu’elle communique aussi au fer quelque peu de sa vertu.
17 – Que, bien que la terre soit grande, cette vertu ne paraît pas en elle si forte qu’en la plupart des pierres d’aimant, qui sont incomparablement plus petites.
18 – Que les aiguilles touchées de l’aimant tournent leurs bouts l’un vers le nord, l’autre vers le sud, ainsi que l’aimant tourne ses pôles.
19 – Mais que ni les pôles de ces aiguilles, ni ceux des pierres d’aimant, ne se tournent pas si justement vers les pôles de la terre qu’ils ne s’en écartent souvent quelque peu, et ce plus ou moins, selon les divers lieux où elles sont.
20 – Et que cela peut aussi changer avec le temps, en sorte qu’il y a maintenant des lieux où cette déclinaison de l’aimant est moindre qu’elle n’a été au siècle passé, et d’autres où elle est plus grande.
21 – Que cette déclinaison est nulle, ainsi que quelques-uns disent, ou peut-être qu’elle n’est, pas la même, ni si grande, quand un aimant est perpendiculairement élevé sur l’un de ses pôles, que lorsque ses deux pôles sont également distants de la terre.
22 – Que l’aimant attire le fer.
23 – Qu’étant armé il en peut soutenir une plus grande quantité que lorsqu’il ne l’est pas.
24 – Que, bien que ses pôles soient de vertu contraire en autre chose, ils s’aident néanmoins à soutenir un même morceau de fer.
25 – Que pendant qu’une pirouette de fer tourne, soit à droite, soit à gauche, si on la tient suspendue à un aimant, elle n’est point empêchée par lui de continuer à se mouvoir.
26 – Que la vertu d’un aimant est quelquefois augmentée, et quelquefois diminuée, par le voisinage d’un morceau de fer ou d’un autre aimant, selon les divers côtés qu’ils ont tournés vers lui.
27 – Qu’un morceau de fer et un aimant, tant faible qu’il soit, étant joints ensemble, ne peuvent être séparés par un autre aimant, bien que très fort, pendant qu’il ne les touche point ;
28 – Et qu’au contraire le fer joint à un aimant qui est très fort en peut souvent être séparé par un aimant plus faible lorsqu’il le touche.
29 – Que le côté de l’aimant qui tend vers le nord peut soutenir plus de fer en ces régions septentrionales que ne fait son autre côté.
30 – Que la limure de fer s’arrange en certain ordre autour des pierres d’aimant.
31 – Qu’appliquant une lame de fer contre l’un des pôles de l’aimant, on détourne la vertu qu’il a pour attirer d’autre fer vers ce même pôle.
32 – Et que cette vertu ne peut être détournée ni empêchée par aucun autre corps qui soit mis en la place de cette lame de fer.
33 – Que si un aimant demeure longtemps autrement tourné au regard de la terre, ou des autres aimants dont il est proche, qu’il ne tend naturellement à se tourner, cela lui fait peu à peu perdre sa force.
34 – Et enfin, que cette force lui peut être ôtée par le feu, et diminuée par la rouille et par l’humidité, mais non point par aucune autre chose qui nous soit connue.
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Comment les parties cannelées prennent leur cours au travers et autour de la terre.
Maintenant, pour entendre les raisons de ces propriétés de l’aimant, considérons cette figure en laquelle ABCD représente la terre, dont A est le pôle austral ou celui du sud, et B est le boréal ou celui du nord : et toutes ces petites viroles qu’on a peintes autour représentent les parties cannelées, touchant lesquelles il faut remarquer que les unes sont tournées tout au rebours des autres, ce qui est cause qu’elles ne peuvent passer par les mêmes pores, et que toutes celles qui viennent de la partie du ciel marquée E, qui est le sud, sont tournées en un même sens et ont en la moitié de la terre CAD les entrées des pores par où elles passent sans cesse en ligne droite, jusqu’à la superficie de son autre moitié CBD, puis de là retournent circulairement de part et d’autre par dedans l’air, l’eau, et les autres corps de la terre supérieure vers CAD, et qu’en même façon toutes celles qui sont tournées de l’autre sens viennent du nord F, et, entrant par l’hémisphère CBD, prennent leur cours en lignes droites au dedans de la terre, jusqu’à l’autre hémisphère CAD par où étant sorties elles retournent par l’air vers CBD : car il a été dit que les pores par où elles passent au travers de la terre sont tels qu’elles n’y peuvent entrer par le même côté par où elles peuvent sortir.
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Qu’elles passent plus difficilement par l’air et par le reste de la terre extérieure que par l’intérieure.
Il faut aussi remarquer qu’il afflue toujours cependant de nouvelles parties cannelées vers la terre, des endroits du ciel qui sont au sud et au nord, bien qu’elles n’aient pu commodément, être ici représentées, mais qu’il y en a autant d’autres qui retournent dans le ciel vers G et vers H, ou bien qui perdent leur figure en y allant. Il est vrai qu’elles ne la peuvent jamais perdre pendant qu’elles traversent le dedans de la terre, à cause qu’elles y trouvent des conduits si ajustés à leur mesure, qu’elles y passent sans aucun empêchement ; mais pendant qu’elles retournent par l’air, ou par l’eau, ou par les autres corps de la terre extérieure, dans lesquels elles ne trouvent point de tels pores, elles y passent avec beaucoup plus de difficulté ; et parce qu’elles y sont continuellement heurtées par les parties du second et du troisième élément, il est aisé à croire que souvent elles y changent de figure.
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Qu’elles n’ont pas la même difficulté à passer par l’aimant.
Or, pendant que ces parties cannelées ont ainsi de la difficulté à couler par-dedans la terre extérieure si elles y rencontrent une pierre d’aimant dans laquelle il y a des conduits ajustés à leur mesure, tout de même qu’en la terre intérieure, elles doivent sans doute passer plus aisément par dedans cette pierre qu’elles ne font par l’air ou par les autres corps d’alentour : au moins si elle est en telle situation que les entrées de ses pores soient tournées vers les côtés d’où viennent les parties cannelées qu’ils peuvent aisément recevoir.
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Quels sont ses pôles.
7 – If it is divided in another manner, such that the plane of the division intersects at right angles the line that connects its poles, then the two points on this line that are thus separated—whom previously touched each other, and one of which lies within one piece of the magnet and the other within the other piece—become two poles of opposite virtues; one of them tends to turn towards the north, while the other turns towards the south.
8 – Although there are only two poles in each magnet, one northern and one southern, when the magnet is considered on its own, it still possesses two poles as well; moreover, the properties of each part of the magnet are identical to those of the entire magnet.
9 – That iron can acquire this property of magnetism when it comes into contact with a magnet or is merely brought near to it.
10 – Depending on which side it is turned when brought near the magnet, it receives this property in various ways.
11 – Nevertheless, no matter how one approaches a piece of iron—which is much longer than it is wide—it always receives the force according to its length.
12 – That the magnet should not lose any of this virtue, even though it transmits it to iron.
13 – That it be communicated to him in a very short time; but that if the iron remains in the same position against the magnet for a long period of time, it will become stronger and more firmly attached there.
14 – Thus, even the hardest steel acquires greater strength; it retains the qualities bestowed upon it far more effectively than ordinary iron.
15 – That he receive more from a good stone than from a lesser one.
16 – That the entire earth is like a magnet, and that it also imparts some of its properties to iron.
17 – Even though the earth is vast, this virtue does not appear to be as strong within it as it is in most magnet stones, which are incomparably smaller in size.
18 – Let the ends of the needles touched by the magnet point one towards north and the other towards south, just as the magnet itself turns its poles in those directions.
19 – Yet neither the poles of these needles nor those of magnetic stones align so precisely with the earth’s poles that they do not often deviate from them to some extent; and this degree of deviation varies depending on the location where they are placed.
20 – And moreover, this can change over time; so nowadays there are places where the degree of this magnetic declination is less than it was in the last century, while in other places it is greater.
21 – Whether this declination is zero, as some people claim, or perhaps whether it is different and not as significant when a magnet is held vertically at one of its poles, compared to when its two poles are equidistant from the ground.
22 – That a magnet attracts iron.
23 – Being armed, he is able to withstand a greater number of them than when he is not armed.
24 – Even though their poles possess opposite virtues in other respects, they still help each other to support the same piece of iron.
25 – When a iron spin is rotating, whether to the right or to the left, if it is suspended by a magnet, it is not prevented from continuing its motion by the magnet.
26 – The virtue of a magnet is sometimes increased, and sometimes decreased, by the proximity of a piece of iron or another magnet, depending on which sides of them are facing each other.
27 – That a piece of iron and a magnet, no matter how weak the magnet may be, once brought together, cannot be separated by another magnet, no matter how strong it is, as long as that other magnet does not come into contact with them.
28 – On the contrary, iron attached to a very strong magnet can often be separated by a weaker magnet when it comes into contact with it.
29 – That the side of a magnet which points towards the north is capable of holding more iron in these northern regions than its other side.
30 – That the iron limure arrange itself in a certain order around the magnets.
31 – By placing a piece of iron against one pole of a magnet, the property that the magnet possesses to attract other iron towards that same pole is diverted.
32 – And that this virtue cannot be diverted or prevented by any other substance that takes the place of this iron blade.
33 – If a magnet is kept for a long time in a position different from its natural orientation with respect to the earth, or other magnets nearby, it will naturally tend to align itself, and this process gradually causes it to lose its magnetic strength.
34 – And finally, that this power can be removed by fire, and diminished by rust and moisture, but not by any other means known to us.
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How these channelled streams can flow through and around the earth.
Now, in order to understand the reasons behind these properties of magnets, consider this diagram in which ABCD represents the earth, with A being the southern pole and B being the northern pole. All those small lines painted around represent the channel-like structures within the earth. It should be noted that some of these lines are oriented in the opposite direction to others; this is why they cannot pass through the same pores. Those lines that originate from the southern hemisphere, denoted by E, are all aligned in the same direction. In the middle of the earth, at CAD, these lines have their entrances to the pores, and they move in a straight line through the earth until they reach the opposite half, CBD. From there, they circulate back through the air, water, and other substances in the upper layers of the earth, returning once again to CAD. Similarly, those lines that are oriented in the opposite direction originate from the northern hemisphere, denoted by F. Entering through the CBD hemisphere, they move in straight lines inside the earth until they reach the CAD hemisphere, where they emerge and then circulate back through the same pathways. It has been stated that the pores through which these lines pass allow them to enter but not exit from the same side.
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They pass more difficultly through the air and the rest of the external world than through the interior.
It should also be noted that new, channelled portions of it continually flow towards the earth, coming from regions in the sky located to the south and north—though these cannot be conveniently represented here. Yet there are just as many other channels that lead back into the sky, towards points G and H, or that change their shape as they move in those directions. It is true that these channels can never lose their original form while passing through the interior of the earth, because there they find passages perfectly adapted to their size, allowing them to pass through without any obstruction. However, when they return through the air, water, or other external parts of the earth—where such passages do not exist—they encounter much greater difficulties in doing so. Moreover, since they are constantly subjected to impacts from the elements of fire and water, it is easy to believe that they often change shape in these processes.
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They do not face the same difficulty passing through the magnet.
Or, whereas these canalized parts encounter difficulty in passing through the outer earth if they come across a magnetite stone whose internal channels are precisely matched to their own dimensions, yet within the inner earth, they must surely pass through such stones more easily than they do through air or other surrounding substances—at least if the stone is positioned in such a way that the entrances to its pores face the sides from which these canalized parts originate, allowing for easy passage.
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What are its poles?
7 – Se tale corpo magnetico viene diviso in modo che il piano della divisione tagli a angoli retti la linea che unisce i suoi poli, i due punti di questa linea così tagliata, che prima erano in contatto tra loro e uno dei quali si trova in una delle parti del magnete e l’altro nell’altra, costituiscono due poli di virtù opposte; quindi uno di questi poli tende a ruotare verso il nord, mentre l’altro verso il sud.
8 – Sebbene in ogni magnete ci siano soltanto due poli, uno boreale e l’altro australe, non si può negare che anche ciascuna delle sue parti, quando è separata dal tutto, presenti anch’essa due poli; inoltre, la proprietà di ciascuna parte è simile a quella dell’intero magnete.
9 – Che il fer possa acquisire questa proprietà del magnete quando viene a contatto con esso o semplicemente gli si avvicina.
10 – A seconda del lato verso cui viene ruotato avvicinandolo al magnete, esso riceve questa proprietà in modi diversi.
11 – Tuttavia, in qualunque modo si avvicini un pezzo di ferro, che è molto più lungo che largo, esso viene sempre ricevuto nella sua forma longitudinale.
12 – Che l’impianto magnetico non perda nulla di questa proprietà, anche se la trasmette al ferro.
13 – Che esso ne trasmetta gli effetti in un tempo molto breve; ma che, se il ferro rimane per un lungo periodo nella stessa posizione di fronte al magnete, esso si rafforzi e si consolidi ulteriormente in quella condizione.
14 – Che l’acciaio più resistente acquisti una qualità ancora maggiore e conservi molto meglio quella che gli è stata conferita rispetto al ferro comune.
15 – Che riceva di più da una pietra buona che da una meno buona.
16 – Che tutta la terra sia un magnete e che trasmetta anche al ferro una certa parte della sua proprietà magnetica.
17 – Pur essendo la terra molto vasta, questa virtù non sembra in essa così potente come nella maggior parte delle pietre di ferro, che sono di dimensioni incomparabilmente inferiori.
18 – Che le punte delle aguglie colpite dal magnete ruotino una verso il nord e l’altra verso il sud, proprio come i poli del magnete stessi ruotano.
19 – Tuttavia, né i poli di queste aghi né quelli delle pietre magnetiche si orientano mai con tale precisione rispetto ai poli della Terra da non deviare leggermente dal loro percorso; e questa deviazione varia in base al luogo in cui si trovano.
20 – E questo può anche cambiare nel tempo: oggi esistono luoghi in cui questa declinazione del magnete è minore rispetto a quanto avvenisse nel secolo scorso, mentre in altri luoghi è maggiore.
21 – Che questa declinazione sia nulla, come alcuni affermano, oppure che forse non sia la stessa, né così intensa, quando un magnete è posto perpendicolarmente su uno dei suoi poli, rispetto al caso in cui entrambi i poli siano equidistanti dalla terra.
22 – Che il magnete attiri il ferro.
23 – Essendo armato, è in grado di resistere a una quantità maggiore di attacchi rispetto a quando non lo è.
24 – Pur essendo i loro poli contrari in termini di virtù, essi si aiutano comunque a sostenere lo stesso pezzo di ferro.
25 – Quando una ruota di ferro gira, sia a destra che a sinistra, se viene tenuta sospesa accanto a un magnete, questo non le impedisce di continuare a muoversi.
26 – Il potere di un magnete può talvolta aumentare e talvolta diminuire in presenza di un pezzo di ferro o di un altro magnete, a seconda dei diversi lati che questi rivolgono verso di esso.
27 – Un pezzo di ferro e un magnete, per quanto debole possa essere, una volta uniti, non possono essere separati da un altro magnete, per quanto potente sia, finché quest’ultimo non li tocchi direttamente.
28 – E, al contrario, un fer unito a un magnete molto potente può spesso essere separato da un magnete più debole quando quest’ultimo lo tocca.
29 – Che il lato dell’impianto magnetico che punta verso il nord sia in grado di trattenere più ferro in queste regioni settentrionali rispetto all’altro suo lato.
30 – Che la limatura di ferro si disponga in un certo ordine attorno alle pietre di magnetismo.
31 – Applicando una lama di ferro contro uno dei poli di un magnete, si neutralizza la sua capacità di attrarre altro ferro verso lo stesso polo.
32 – E che questa virtù non possa essere deviata né ostacolata da alcun altro oggetto che venga posto al posto di questa lama di ferro.
33 – Se un magnete rimane per lungo tempo orientato in modo diverso rispetto alla terra o agli altri magneti che gli sono vicini, non tenderà naturalmente a riprendere la sua normale posizione; ciò lo farà gradualmente perdere la sua forza.
34 – E infine, che questa forza possa essere distrutta dal fuoco, ridotta dall’ossido e dall’umidità, ma non da alcun altro elemento che ci sia noto.
146
Come i corsi d’acqua incanalati scorrono attraverso e attorno alla terra.
Ora, per comprendere le ragioni di queste proprietà del magnete, consideriamo questa rappresentazione in cui ABCD simboleggia la Terra: A rappresenta il polo australe, mentre B rappresenta il polo settentrionale; tutte quelle piccole strisce disegnate intorno indicano le parti cannellate attraverso cui i flussi magnetici passano. È importante notare che alcune di queste strisce sono orientate nella direzione opposta alle altre, il che impedisce loro di passare attraverso gli stessi pori della Terra. Inoltre, tutte quelle strisce provenienti dalla parte del cielo indicata con la lettera E (il sud) sono orientate nella stessa direzione e presentano all’interno della Terra i punti di ingresso nei pori; da lì i flussi magnetici proseguono in linea retta fino alla superficie dell’altra metà della Terra, il polo nord, per poi tornare circolarmente attraverso l’aria, l’acqua e gli altri strati terrestri verso il polo sud. Allo stesso modo, quelle strisce orientate nella direzione opposta provengono dal polo nord; entrando nell’emisfero sud, i flussi magnetici seguono percorsi rettilinei all’interno della Terra fino al polo nord, per poi uscire attraverso l’aria e tornare nuovamente verso il polo sud. Come già detto, i pori attraverso cui questi flussi passano nella Terra sono tali che non permettono loro di entrare dallo stesso lato da cui escono.
147
Passano più difficilmente attraverso l’aria e il resto della superficie terrestre che all’interno del pianeta stesso.
È anche da notare che continuano sempre ad affluire nuove parti canalizzate verso la terra, provenienti da punti del cielo situati a sud e a nord; sebbene queste non possano essere rappresentate in modo appropriato in questo contesto, esistono altre parti che ritornano nel cielo verso i punti G e H, oppure perdono la loro forma durante il percorso. È vero che non possono mai perdere la loro forma quando attraversano l’interno della terra, poiché vi trovano canali perfettamente adattati alle loro dimensioni e quindi vi passano senza alcun ostacolo; tuttavia, quando ritornano nell’aria, nell’acqua o in altri corpi esterni della terra, dove non esistono tali canali, il loro passaggio risulta molto più difficile. Inoltre, poiché vengono costantemente urtate dalle parti del secondo e del terzo elemento, è facile credere che spesso cambino forma durante questo percorso.
148
Non incontrano le stesse difficoltà nel passare attraverso il magnete.
Ora, mentre queste parti canulate incontrano difficoltà ad attraversare la terra esterna se vi trovano una pietra di ferro le cui cavità siano adatte alle loro dimensioni, allo stesso modo nella terra interna devono certamente passarvi più facilmente che nell’aria o negli altri corpi circostanti; almeno se questa pietra è disposta in modo tale che gli ingressi delle sue porzioni siano rivolti verso i lati da cui provengono le parti canulate, e quindi possano essere facilmente accettate.
149
Quali sono i suoi poli?
Et comme le pôle austral de la terre est justement au milieu de celle de ses moitiés par où entrent les parties cannelées qui viennent du ciel du côté du sud, ainsi je nomme le pôle austral de l’aimant celui de ses points qui est au milieu de celle de ses moitiés par où entrent les mêmes parties, et je prends le point opposé pour son pôle septentrional, nonobstant que je sache bien que cela est contre l’usage de plusieurs, qui, voyant que le pôle de l’aimant que je nomme austral se tourne naturellement vers le septentrion (comme j’expliquerai tout maintenant), l’ont nommé son pôle septentrional, et pour la même raison ont nommé l’autre son pôle austral. Car il me semble qu’il n’y a que le peuple auquel on doive laisser le droit d’autoriser par un long usage les noms qu’il a mal imposés aux choses ; mais, parce que le peuple n’a point coutume de parler de celle-ci, mais seulement ceux qui philosophent et qui désirent savoir la vérité, je m’assure qu’ils ne trouveront pas mauvais que je préfère la raison à l’usage.
150
Pourquoi ils se tournent vers les pôles de la terre.
Lorsque les pôles de l’aimant ne sont pas tournés vers les côtés de la terre d’où viennent les parties cannelées qu’ils peuvent recevoir, elles se présentent de biais pour y entrer ; et, par la force qu’elles ont à continuer leur mouvement en ligne droite, elles poussent celles de ses parties qu’elles rencontrent jusqu’à ce qu’elles leur aient donné la situation qui leur est la plus commode ; au moyen de quoi, si cet aimant n’est point retenu par d’autres corps plus forts, elles le contraignent de se mouvoir jusqu’à ce que celui de ses pôles que je nomme austral soit entièrement tourné vers le boréal de la terre, et celui que je nomme boréal soit tourné vers l’austral. Dont la raison est que les parties cannelées qui viennent du côté du nord vers l’aimant sont les mêmes qui sont entrées dans la terre intérieure par le côté du sud, et en sont sorties par le nord ; comme aussi celles qui viennent du sud vers l’aimant sont les mêmes qui sont entrées, par le nord en la terre intérieure, et en sont sorties par le sud.
151
Pourquoi ils se penchent aussi diversement vers son centre, à raison des divers lieux où ils sont.
La force qu’ont les parties cannelées pour continuer leur mouvement en ligne droite fait aussi que les pôles de l’aimant se penchent l’un plus que l’autre vers la terre, et ce diversement, selon les divers lieux où il est. Par exemple, en l’aimant L, qui est ici directement posé sur l’équateur de la terre, les parties cannelées font bien que son pôle austral a est tourné vers B, le boréal de la terre, et son autre pôle b vers l’austral A, parce que celles qui entrent par son côté CaG sont aussi entrées en la terre par CAD, et sorties par CBD ; mais elles ne font point pencher l’un de ces pôles plus que l’autre, à cause que celles qui viennent du nord n’ont pas plus de force à faire baisser l’un, que celles qui viennent du sud à faire baisser l’autre. Et, au contraire, en l’aimant N, qui est sur le pôle boréal de la terre, les parties cannelées font que son pôle austral a s’abaisse entièrement vers la terre, et que l’autre b demeure élevé tout droit au-dessus. Et en l’aimant M, qui est entre l’équateur et le nord, elles font pencher son pôle austral plus ou moins bas, selon que le lieu où est cet aimant est plus proche du septentrion ou du midi. Et, en l’autre hémisphère, elles font pencher le pôle boréal des aimants I et K en même façon que l’austral des aimants N et M en celui-ci. Dont les raisons sont évidentes ; car les parties cannelées qui sortent de la terre par B, et entrent en l’aimant N par a, y doivent continuer leur cours en ligne droite, à cause de la facilité du passage qu’elles y trouvent, et que les autres parties cannelées qui viennent d’A par H et par G vers N n’entrent pas en lui beaucoup plus difficilement pour cela par son pôle b. Tout de même, les parties cannelées qui entrent par a, le côté austral de l’aimant M, sortent de la superficie de la terre intérieure qui est entre B et M, c’est pourquoi elles doivent faire pencher son pôle a environ vers le milieu de cette superficie ; et cela ne peut être empêché par les autres parties cannelées qui entrent par l’autre côté de cet aimant, à cause que, venant de l’autre hémisphère de la terre, et ainsi devant nécessairement faire tout un demi-tour pour y entrer, elles ne se détournent pas davantage en passant par cet aimant, lorsqu’il est ainsi situé, que si elles ne passaient que par l’air.
152
Pourquoi deux pierres d’aimant se tournent l’une vers l’autre, ainsi que chacune se tourne vers la terre, laquelle est aussi un aimant.
Ainsi on voit que les parties cannelées prennent leur cours par les pores de chaque pierre d’aimant, en même façon que par ceux de la terre : d’où il suit que lorsque deux aimants de figure ronde sont proches l’un de l’autre, chacun d’eux se doit tourner et pencher vers l’autre, en même façon qu’il se pencherait vers la terre s’il était seul. Car il faut remarquer qu’il y a toujours beaucoup plus de ces parties cannelées autour des pierres d’aimant qu’il n’y en a aux autres endroits de l’air, à cause qu’après qu’elles sont sorties par l’un des côtés de l’aimant, la résistance qu’elles trouvent en l’air qui les environne, fait que la plupart retournent par cet air vers l’autre côté de cet aimant, par lequel elles entrent derechef : et ainsi plusieurs demeurant autour de lui, elles y font une espèce de tourbillon, tout de même qu’il a été dit qu’elles font autour de la terre. De sorte que toute cette terre peut aussi être prise pour un aimant, lequel ne diffère point des autres, sinon en ce qu’il est beaucoup plus grand, et que, sur sa superficie où nous vivons, sa vertu ne paraît pas être bien forte.
153
Pourquoi deux aimants s’approchent l’un de l’autre, et quelle est la sphère de leur vertu.
And just as the southern pole of the earth is located in the middle of the half of it through which those channelled portions enter from the southern hemisphere, I therefore call the southern pole of a magnet that point which is situated in the middle of the half of it through which these same portions enter; and I take the opposite point to be its northern pole, even though I am well aware that this goes against the practice of many people. Those who observe that the magnetic pole which I call southern naturally points towards the north (as I will explain shortly) have thus called it the northern pole, and for the same reason they have named the other pole the southern pole. For it seems to me that only the general public should be allowed the right to establish, through long-standing usage, those names that they have improperly assigned to things. However, since the common people do not ordinarily refer to this matter, but only those who engage in philosophical inquiry and seek to understand the truth, I am certain that they will not object if I give precedence to reason over customary usage.
150
Why do they turn towards the poles of the earth?
When the poles of a magnet are not oriented toward the sides of the earth from which the channelled portions that can be attracted originate, these portions enter at an angle; and due to their inherent tendency to move in a straight line, they push against those parts of the earth they encounter until they have positioned them in the most convenient arrangement possible. As a result, unless the magnet is held in place by other stronger objects, it will continue moving until the pole I refer to as “austral” is completely aligned with the earth’s “boreal” pole, and vice versa. The reason for this is that the channelled portions that approach the magnet from the north are precisely those same parts that entered the inner layers of the earth through the south and emerged through the north; similarly, those that approach from the south are the same parts that entered from the north and exited through the south.
151
Why do they incline towards its center in such different ways, depending on the various locations where they are situated?
The force possessed by the channelled portions of these magnets allows them to continue moving in a straight line, which also causes the poles of the magnet to tilt towards the earth to varying degrees, depending on their location. For example, in the magnet L, which is placed directly on the Earth’s equator, the channelled portions cause its southern pole to point towards B, the Earth’s north pole, while its northern pole points towards A; however, this does not cause one pole to tilt more than the other, because the forces coming from the north are no stronger than those coming from the south. Conversely, in the magnet N, which is located at the Earth’s north pole, the channelled portions cause its southern pole to descend completely towards the earth, while its northern pole remains upright. In the magnet M, which is situated between the equator and the north pole, these channelled portions cause its southern pole to tilt downward to varying degrees, depending on whether the magnet is closer to the north or the south. In the other hemisphere, the same effect occurs with magnets I and K, with respect to their northern poles. The reasons for this are evident: the channelled portions that exit the earth through B and enter magnet N through a must continue moving in a straight line due to the ease of passage; similarly, the other channelled portions that enter from A through H and G do not face greater difficulty in doing so. Nevertheless, since the portions entering through the southern side of magnet M exit through an area between B and M on the inner surface of the earth, this causes its southern pole to tilt towards the center of that area. This effect cannot be prevented by the other channelled portions entering from the other side of the magnet, because those coming from the opposite hemisphere would have to make a full half-turn to enter, but doing so through magnet M would not result in any additional deviation, just as if they were passing through the air itself.
152
Why do two magnets attract each other, and why does each of them attract the earth, which is also a magnet?
Thus it can be seen that these channelled portions proceed through the pores of every magnet, in just the same way as they do through those of the earth. It follows therefore that when two round magnets are brought close to each other, each one must turn and incline toward the other, in exactly the same manner as it would incline toward the earth if it were alone. For it should be noted that there are always far more of these channelled portions around magnets than in any other part of the air. This is because, after emerging from one side of the magnet, they encounter resistance from the surrounding air, causing most of them to return through that very air to the other side of the magnet, from where they re-enter it. As a result, many of these portions remain surrounding the magnet, forming a kind of vortex—just as it has been said that they form around the earth. Hence, the entire earth can also be considered a magnet, differing from ordinary magnets only in being much larger; and on its surface, where we live, its magnetic force does not appear to be very strong.
153
Why do two magnets attract each other, and what is the scope of their ‘virtue’?
E così come il polo australe della Terra si trova esattamente al centro di quella metà attraverso cui entrano le parti canulate provenienti dal cielo sul lato sud, allo stesso modo chiamo “polo australe” del magnete quel punto che si trova al centro di quella sua metà attraverso cui entrano le stesse parti; prendo invece il punto opposto come suo polo settentrionale, nonostante sappia bene che ciò contraddice l’uso di molti, i quali, vedendo che il polo del magnete che chiamo australe si orienta naturalmente verso il nord (come spiegherò ora), lo hanno chiamato polo settentrionale; e per la stessa ragione hanno chiamato l’altro polo polo australe. Poiché ritengo che soltanto al popolo debba essere concesso il diritto di autorizzare, attraverso un lungo uso, i nomi che ha mal imposto alle cose; ma poiché il popolo non ha l’abitudine di parlare di queste cose, bensì solo coloro che filosofano e desiderano conoscere la verità, sono certo che non troveranno nulla di male nel fatto che io preferisca la ragione all’uso comune.
150
Perché si dirigono verso i poli della Terra.
Quando i poli di un magnete non sono rivolti verso le parti della terra da cui provengono le canne attraverso cui possono ricevere materiale, queste si presentano di sbieco per poter entrare all’interno del magnete; e, grazie alla forza che hanno di continuare il loro movimento in linea retta, spingono quelle parti della terra che incontrano fino a farle assumere la posizione più comoda possibile. Di conseguenza, se questo magnete non viene trattenuto da altri corpi più forti, esso viene costretto a muoversi fino a quando il polo denominato “australe” non sia completamente rivolto verso il polo denominato “boreale” della terra, e viceversa. La ragione di ciò è che le canne che si dirigono dal nord verso il magnete sono le stesse che sono entrate nel terreno interno dalla parte sud ed ne sono uscite dalla parte nord; allo stesso modo, quelle che si dirigono dal sud verso il magnete sono le stesse che sono entrate nel terreno interno dalla parte nord ed ne sono uscite dalla parte sud.
151
Perché si inclinano in modi così diversi verso il loro centro, a seconda dei luoghi in cui si trovano.
La forza che possiedono le parti cannelate di continuare il loro movimento in linea retta fa sì anche che i poli di un magnete si inclinino uno più dell’altro verso la terra, e ciò in modo diverso a seconda della posizione del magnete stesso. Ad esempio, nel caso del magnete L, posto direttamente sull’equatore terrestre, le parti cannelate fanno sì che il suo polo sud si orienti verso B, il polo nord della terra, mentre l’altro polo si orienta verso A; tuttavia, queste parti cannelate non fanno inclinare uno dei poli più dell’altro, poiché quelle che provengono dal nord non hanno una forza maggiore rispetto a quelle che provengono dal sud per far abbassare uno dei poli. Al contrario, nel caso del magnete N, situato sul polo nord della terra, le parti cannelate fanno sì che il suo polo sud si abbassi completamente verso la terra, mentre l’altro polo rimane eretto sopra di essa. Nel caso del magnete M, posizionato tra l’equatore e il polo nord, le parti cannelate fanno inclinare il suo polo sud in misura maggiore o minore a seconda che la posizione del magnete sia più vicina al nord o al sud. Nell’altro emisfero, lo stesso fenomeno si verifica per i magneti I e K, ma con direzioni opposte rispetto ai magneti N e M. Le ragioni di questo comportamento sono evidenti: le parti cannelate che escono dalla terra attraverso il punto B e entrano nel magnete N attraverso il punto a devono continuare il loro movimento in linea retta, poiché trovano un passaggio più agevole; al contrario, le altre parti cannelate che entrano nel magnete N attraverso i punti H e G non incontrano difficoltà maggiori nel farlo. Tuttavia, le parti cannelate che entrano nel lato a del magnete M e escono dalla superficie interna della terra situata tra B e M fanno sì che il suo polo sud si inclini verso il centro di questa superficie; ciò non può essere evitato dalle altre parti cannelate che entrano dall’altro lato del magnete, poiché, provenendo dall’altro emisfero terrestre e dovendo necessariamente compiere una mezza rotazione per entrare nel magnete, non si deviano di più passando attraverso di esso rispetto a se non lo attraversassero direttamente nell’aria.
152
Perché due pietre di ferro si attirano a vicenda, proprio come ciascuna di esse si attira verso la terra, che anch’essa è una sorta di calamita?
Si può dunque osservare che queste parti cannelate scorrono attraverso i pori di ogni pietra magnetica, esattamente come avviene per i pori della terra; da ciò deriva che quando due calamite rotonde si trovano vicine l’una all’altra, ciascuna di esse deve ruotare e inclinarsi verso l’altra, proprio come si inclinerebbe verso la terra se fosse sola. È infatti necessario notare che intorno alle pietre magnetiche esistono sempre molte più di queste parti cannelate rispetto ad altre zone dell’aria; ciò avviene perché, una volta uscite da un lato della calamita, le resistenze incontrate nell’aria circostante fanno sì che la maggior parte di esse ritorni verso l’altro lato della stessa calamita, attraverso il quale rientrano immediatamente. Così, molte di queste parti rimangono intorno alla calamita, formando una sorta di vortice, proprio come si dice che avvenga intorno alla terra. Pertanto, anche tutta la terra può essere considerata una calamita; essa non differisce dalle altre se non per le sue dimensioni molto maggiori e perché, sulla sua superficie su cui viviamo, il suo “potere magnetico” non sembra essere particolarmente intenso.
153
Perché due magneti si attraggono a vicenda, e qual è l’ambito della loro “virtù” (del loro potere di attrazione).
Outre que deux aimants qui sont proches se tournent Jusqu’à ce que le pôle austral de l’un regarde le pôle boréal de l’autre, ils s’approchent en se tournant, ou bien, après être ainsi tournés, jusqu’à ce qu’ils viennent à se toucher, lorsque rien n’empêche leur mouvement ; car il faut remarquer que les parties cannelées passent beaucoup plus vite par les conduits de l’aimant que par l’air, dans lequel leur cours est arrêté par le second et troisième élément, qu’elles rencontrent ; au lieu qu’en ces conduits elles ne se mêlent qu’avec la plus subtile matière du premier élément, laquelle augmente leur vitesse. C’est pourquoi elles continuent quelque peu en ligne droite, après être sorties de l’aimant, avant que la résistance de l’air les puisse détourner ; et si en l’espace par où elles vont ainsi en ligne droite, elles rencontrent les conduits d’un autre aimant qui soient disposés à les recevoir, elles entrent en cet autre aimant au lieu de se détourner, et, chassant l’air qui est entre ces deux aimants, font qu’ils s’approchent l’un de l’autre. Par exemple, les parties cannelées qui coulent dans les conduits de l’aimant marqué O, les unes de B vers A, et les autres d’A vers B, ont la force de passer outre en ligne droite des deux côtés jusqu’à R et S, avant que la résistance de l’air les contraigne de prendre leur cours de part et d’autre vers Y. Et notez que tout l’espace RVS, qui contient le tourbillon que font les parties cannelées autour de cet aimant O se nomme la sphère de son activité ou de sa vertu, et que cette sphère est d’autant plus ample qu’il est plus grand, ou du moins qu’il est plus long, parce que les parties cannelées y coulant par de plus longs conduits, ont loisir d’y acquérir la force de passer plus avant dans l’air en ligne droite ; ce qui fait que la vertu des grands aimants s’étend toujours beaucoup plus loin que celle des petits, bien que d’ailleurs elle soit quelquefois plus faible, à savoir lorsqu’il n’y a pas tant de conduits propres à recevoir les parties cannelées dans un grand aimant que dans un moindre. Or, si la sphère de la vertu de l’aimant O était entièrement séparée de celle de l’aimant P, qui est TXS, encore que les parties cannelées qui sortent de cet aimant O poussassent l’air qui est vers R et vers S comme elles font, elles ne le chasseraient point pour cela des lieux où il est, à cause qu’il n’aurait point d’autre lieu où il pût aller pour éviter d’être poussé par elles, et rendre leur cours plus facile. Mais maintenant que les sphères de ces deux aimants sont tellement jointes en S, que le pôle boréal de l’un regarde le pôle austral de l’autre, il se trouve un lieu où l’air qui est vers S peut se retirer, à savoir vers R et vers T, derrière ces deux aimants, en faisant qu’ils s’approchent l’un de l’autre ; car, il est évident que cela facilite le cours des parties cannelées, auxquelles il est plus aisé de passer en ligne droite, d’un aimant dans l’autre, que de faire deux tourbillons séparés autour d’eux ; et elles peuvent ainsi passer en ligne droite de l’un dans l’autre, d’autant plus aisément qu’ils sont plus proches : c’est pourquoi elles chassent vers R et vers T l’air qui se trouve entre deux ; et cet air ainsi chassé fait avancer les deux aimants d’R et T vers S.
154
Pourquoi aussi quelquefois ils se fuient.
Mais cela n’arrive que lorsque le pôle austral de l’un de ces aimants est tourné vers le boréal de l’autre ; car, au contraire, ils se reculent et se fuient l’un l’autre lorsque ceux de leurs pôles qui se regardent sont de même vertu, et que leur situation, ou quelque autre cause, les empêche tellement de se tourner qu’elle ne les empêche pas pour cela de se mouvoir en ligne droite ; dont la raison est que les parties cannelées qui sortent de ces deux aimants, ne pouvant entrer de l’un dans l’autre, se doivent réserver entre deux quelque espace pour passer en l’air d’alentour. Par exemple, si l’aimant O flotte sur l’eau dans une petite gondole, en laquelle il soit tellement planté sur son pôle boréal B qu’il ne se puisse mouvoir qu’avec elle, et que tenant l’aimant P avec la main, en sorte que son pôle austral a soit tourné vers A, le pôle austral de l’autre, on l’avance peu à peu de P vers Y, il doit faire que l’aimant O se recule d’O vers Z avant que de le toucher, à cause que les parties cannelées qui sortent de l’endroit de chacun de ces aimants qui est vis-à-vis de l’autre aimant doivent avoir quelque espace entre ces deux aimants par où elles puissent passer.
155
Pourquoi, lorsqu’un aimant est divisé, les parties qui ont été jointes se fuient.
Des choses qui ont déjà été dites, on voit clairement que si un aimant est divisé en deux pièces, suivant la ligne qui joint ses deux pôles, et qu’on tienne l’une de ces pièces pendue à un filet au-dessus de l’autre, elle se doit tourner de soi-même et prendre une situation contraire à celle qu’elle a eue : car avant la division ses parties australes étaient jointes aux parties australes de l’autre pièce, et les boréales aux boréales ; mais lorsqu’elles sont séparées, les parties cannelées qui sortent du pôle austral de l’une de ces pièces prennent leur cours par-dedans l’air vers le pôle boréal de l’autre ; au moyen de quoi elles font que a, le pôle austral de celle qui est suspendue, se tourne vers B, le pôle boréal de l’autre, et b vers A.
156
Comment il arrive que deux parties d’un aimant qui se touchent deviennent deux pôles de vertu contraire lorsqu’on le divise.
On voit aussi pourquoi lorsqu’un aimant est divisé, en telle sorte que le plan de la division coupe a angles droits la ligne AB qui joint ses deux pôles, les deux points de cette ligne qui se touchaient avant qu’elle fût divisée, et qui sont l’une en l’une de ses pièces, et l’autre en l’autre, comme sont ici b et a, y sont deux pôles de vertu contraire, à cause que les parties cannelées qui peuvent sortir par l’un peuvent entrer par l’autre.
157
Comment la vertu qui est en chaque petite pièce d’un aimant est semblable à celle qui est dans le tout.
De plus, on voit comment la vertu de tout un aimant n’est pas d’autre nature que celle de chacune de ses parties, encore qu’elle paraisse tout autrement en ses pôles qu’ailleurs : car elle n’y est pas autre pour cela ; mais elle y est seulement plus grande, à cause que la ligne qui les joint est la plus longue, et qu’elle tient le milieu entre toutes les lignes suivant lesquelles les parties cannelées passent au travers de cet aimant, au moins dans un aimant sphérique, à l’exemple duquel on juge que les pôles des autres aimants sont les points où leur vertu paraît le plus ; et cette vertu n’est pas aussi autre dans le pôle austral que dans le boréal, sinon en tant que ce qui entre par l’un doit sortir par l’autre. Mais il n’y a point de pièce d’aimant, tant petite qu’elle soit, en laquelle il y ait quelque pore par où passent les parties cannelées, qu’il n’y ait un côté par où elles entrent, et un autre par où elles sortent, et par conséquent qui n’ait ses deux pôles.
158
Comment cette vertu est communiquée au fer par l’aimant.
Et nous n’avons pas sujet de trouver étrange qu’un morceau de fer ou d’acier étant approché d’une pierre d’aimant en acquière incontinent la vertu : car, suivant ce qui a été dit, il a déjà des pores propres à recevoir les parties cannelées aussi bien que l’aimant, et même en plus grand nombre ; c’est pourquoi il ne lui manque rien pour avoir la même vertu, sinon que les petites pointes qui avancent dans les replis de ses pores y sont tournées sans ordre, les unes d’une façon, et les autres d’une autre, au lieu que toutes celles des pores qui peuvent recevoir les parties cannelées qui viennent du nord devraient être couchées sur un même côté, et toutes les autres sur le côté contraire ; mais lorsqu’un aimant est proche de lui, les parties cannelées qui sortent de cet aimant entrent en tel ordre et avec tant d’impétuosité dans ses pores, qu’elles ont la force d’y disposer ces petites pointes en la façon qu’il faut ; et ainsi elles donnent au fer tout ce qui lui manquait pour avoir la vertu de l’aimant.
159
Comment elle est communiquée au fer diversement, à raison des diverses façons que l’aimant est tourné vers lui.
In addition to the fact that two magnets placed close together will align such that the south pole of one faces the north pole of the other, they will also move towards each other as they continue to rotate in this aligned position—unless something prevents their movement. It should be noted that the channelled parts of these magnets move much more quickly through the internal passages of the magnet than they do through the air, where their progress is hindered by the second and third elements they encounter; whereas within these magnetic channels, they mix only with the finest substance of the first element, which actually increases their speed. This is why, after emerging from the magnet, these channelled parts continue moving in a more or less straight line before being deflected by the resistance of the air. Moreover, if, during this straight-line motion, they come across the channels of another magnet that are positioned to receive them, they will enter that second magnet instead of being diverted. By displacing the air between these two magnets, they cause them to draw closer together. For example, the channelled parts flowing through the magnetic passages of magnet O—from B towards A or from A towards B—have the ability to move straight through on both sides until they reach R and S, before being forced by the air’s resistance to change direction and move towards Y. It should also be noted that the entire space encompassing this path from R to S, where the channelled parts of magnet O form a swirling motion, is referred to as the sphere of its “activity” or “virtue.” This sphere is larger in magnitude the greater the magnet is in size—or, at least, the longer its magnetic channels are—because the channelled parts within such magnets have more space to gain additional momentum and move more freely through the air. As a result, the “virtue” of large magnets extends much farther than that of smaller ones, although it may sometimes be weaker when there are fewer suitable channels for the channelled parts to pass through. If the sphere of magnet O’s virtue were completely separated from that of magnet P, which is located at TXS, even if the channelled parts emerging from magnet O pushed the air towards R and S as they did before, they would not be able to displace it from its original positions, because there would be no other place for the air to go in order to avoid being pushed by these parts and thus allow their movement to proceed more smoothly. But now that the spheres of these two magnets are so closely aligned in an S shape, with the northern pole of one facing the southern pole of the other, there arises a region where the air located towards the south can be displaced—namely, towards the regions R and T, behind these two magnets—causing them to move closer together. It is evident that this arrangement facilitates the movement of those channel-shaped portions of air; it is much easier for such air to pass straight through one magnet and into the other than to form two separate vortices around them. As a result, the air can flow directly from one magnet to the other, all the more readily because the magnets are now closer together. This process causes the air situated between them to be displaced towards R and T, and it is this displaced air that pushes the two magnets towards the south.
154
Why do they sometimes also flee from each other?
But this only happens when the southern pole of one of these magnets is oriented towards the northern pole of the other; otherwise, they move away from each other. This occurs because, when the poles facing each other have the same characteristic and some external factor prevents them from coming into contact, it does not prevent them from moving in a straight line. The reason for this is that the channelled portions extending from these two magnets, being unable to pass through each other, must leave some space between them so as to be able to extend into the surrounding air. For example, if magnet O is placed in a small boat on water, fixed firmly at its northern pole B so that it can only move together with the boat, and if magnet P is held in the hand with its southern pole oriented towards A, then moving magnet P slowly towards Y will cause magnet O to move away from O towards Z before they come into contact, because the channelled portions on each magnet must have some space between them to allow this movement.
155
Why does it happen that when a magnet is split, the parts that were previously joined repel each other?
Things that have already been stated make it clear that if a magnet is divided into two parts along the line that connects its poles, and one of these parts is hung from a string above the other, it will turn on its own and assume a position opposite to its original one. Before being separated, its southern poles were connected to the southern poles of the other piece, and its northern poles were connected to the northern poles of the other piece; but once they are separated, the grooved portions that extend from the southern pole of one piece move through the air towards the northern pole of the other piece. As a result, the southern pole of the hanging piece turns towards the northern pole of the other piece, and vice versa.
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How is it that when a magnet is divided, the two parts that come into contact with each other become two poles of opposite virtues?
It is also clear why, when a magnet is divided in such a way that the plane of division forms right angles with the line AB connecting its two poles, the two points on this line that were in contact before the division—and which correspond to one piece of the magnet and the other respectively—become two poles of opposite virtues. This is because the channels or openings that exist in one part of the magnet can allow magnetic flux to pass through into the other part.
157
How the virtue that resides within each small part of a magnet is similar to that which exists in the whole magnet as a whole.
Furthermore, it is evident that the virtue of an entire magnet is no different in nature from that of any of its individual parts, even though it appears to be quite different at its poles than elsewhere; for it is not actually different there, but merely greater, because the line connecting the poles is the longest, and because it lies at the midpoint between all the lines along which the magnetic particles pass through the magnet—at least in the case of a spherical magnet. It is on this basis that we conclude that the poles of other magnets are those points where their magnetic virtue appears to be greatest. Moreover, this virtue is not different in the southern pole than in the northern pole, except in the sense that what enters through one pole must necessarily exit through the other. However, in any magnet, no matter how small, there must always be a pore through which the magnetic particles pass; consequently, there must be a side where they enter and another where they exit, meaning that every magnet possesses its two poles.
158
How this virtue is transmitted to iron through the magnet.
And we have no reason to find it strange that a piece of iron or steel, when brought near to a magnet, immediately acquires the same properties: for, as has been stated, such materials already possess pores capable of receiving those channelled parts of the magnet, and even in greater numbers; therefore, they lack nothing to possess the same properties, except that those tiny projections within their pores are arranged in a disordered manner—some in one direction and others in another. In contrast, all the pores capable of accepting the channelled parts coming from the north should be aligned in the same direction, while the rest in the opposite direction. However, when a magnet is brought near, these channelled parts from the magnet enter the pores in such an orderly and vigorous manner that they manage to arrange those tiny projections in the correct position; thus, they endow the iron with all that it previously lacked to possess the magnet’s properties.
159
How it is transmitted to iron varies depending on the different ways in which the magnet is oriented towards it.
Oltre al fatto che due magneti posti vicini si orientano l’uno verso l’altro fino a quando il polo sud di uno non guarda direttamente il polo nord dell’altro, essi continuano ad avvicinarsi mentre ruotano, oppure, una volta orientati in questo modo, proseguono fino a toccarsi, purché nulla ostacoli il loro movimento. È importante notare che le parti canulate dei magneti attraversano molto più rapidamente i canali interni rispetto all’aria, dove il loro percorso viene ostacolato dagli altri elementi che incontrano; nei canali interni, invece, queste parti si mescolano soltanto con la materia più sottile del primo elemento, la quale aumenta la loro velocità. Per questo motivo, dopo essere uscite dal magnete, continuano per un tratto in linea retta prima che la resistenza dell’aria le obblighi a deviare; e se, nel corso di questo tragitto rettilineo, incontrano i canali di un altro magnete disposti ad accoglierle, entrano direttamente in esso senza deviare, spingendo via l’aria presente tra i due magneti e facendoli così avvicinare l’uno all’altro. Ad esempio, le parti canulate che scorrono nei canali del magnete O, alcune da B verso A e altre da A verso B, hanno la capacità di attraversare direttamente entrambi i lati fino a raggiungere R e S, prima che la resistenza dell’aria le costringa a deviare verso Y. Si noti inoltre che l’intero spazio RVS, che contiene il movimento vorticoso delle parti canulate attorno al magnete O, viene definito “sfera della sua attività o della sua virtù”; tale sfera è tanto più estesa quanto maggiore è la dimensione del magnete, poiché le parti canulate che vi scorrono attraverso canali più lunghi hanno la possibilità di avanzare più rapidamente nell’aria; per questo motivo, la “virtù” dei grandi magneti si estende sempre molto più lontano rispetto a quella dei piccoli, anche se talvolta può essere inferiore, soprattutto quando i canali interni di un grande magnete sono meno numerosi rispetto a quelli di uno più piccolo. Se dunque la sfera della virtù del magnete O fosse completamente separata da quella del magnete P, le parti canulate che ne escono non riuscirebbero comunque a spingere via l’aria presente nei punti R e S, poiché quest’ultima non avrebbe alcun altro luogo in cui rifugiarsi per evitare di essere spinte; di conseguenza, il movimento delle parti canulate sarebbe ostacolato. Ma ora che le sfere di questi due magneti sono così unite a forma di “S”, tanto da far sì che il polo boreale di uno guardi il polo australe dell’altro, si trova un punto in cui l’aria situata verso il sud può ritirarsi, cioè verso R e T, dietro questi due magneti, facendoli così avvicinare l’uno all’altro; poiché è evidente che ciò facilita il passaggio delle parti cannellate, le quali possono muoversi in linea retta da un magnete all’altro più facilmente che formando due vortici separati attorno ad essi; e così possono attraversare direttamente da un magnete all’altro, tanto più agevolmente quanto più questi sono vicini tra loro: è per questo che spingono l’aria situata tra di loro verso R e T; e quest’aria, spinta via in questo modo, fa avanzare i due magneti verso il sud.
154
Perché a volte si allontanano anche loro.
Ma ciò avviene soltanto quando il polo australe di uno di questi magneti è rivolto verso il polo boreale dell’altro; al contrario, essi si allontanano l’uno dall’altro quando i loro poli opposti hanno la stessa caratteristica e quando la loro posizione, o qualche altra causa, impedisce loro di ruotare, senza però impedire che si muovano in linea retta. La ragione di ciò è che le parti cannelate che sporgono da questi due magneti, non potendo entrare l’una nell’altra, devono necessariamente lasciare uno spazio tra loro affinché possano passare attraverso l’aria circostante. Ad esempio, se il magnete O galleggia sull’acqua all’interno di una piccola barca, fissato saldamente al suo polo boreale B in modo da potersi muovere soltanto insieme a essa, e se teniamo il magnete P nella mano in modo che il suo polo australe sia rivolto verso A, allora, avvicinando gradualmente il magnete P a Y, il magnete O dovrà allontanarsi da O verso Z prima di toccare P; ciò avviene perché le parti cannelate presenti sui due magneti, essendo opposte l’una all’altra, devono necessariamente lasciare uno spazio tra loro per poter interagire.
155
Perché, quando un magnete viene diviso, le parti che erano unite si allontanano l’una dall’altra?
Di ciò che è già stato detto, si può chiaramente vedere che, se un magnete viene diviso in due parti lungo la linea che collega i suoi poli e una di queste parti viene appesa a un filo sopra l’altra, essa deve girare da sola assumendo una posizione opposta a quella precedente: infatti, prima della divisione, le sue parti meridionali erano collegate alle parti meridionali dell’altra parte, mentre quelle settentrionali erano collegate alle parti settentrionali; ma quando vengono separate, le parti cannicolate che si estendono dal polo sud di una delle due parti iniziano a muoversi nell’aria verso il polo nord dell’altra parte; di conseguenza, il polo sud della parte appesa si orienta verso il polo nord dell’altra, e viceversa.
156
Come mai, quando si divide un magnete e le sue due parti entrano in contatto tra loro, queste diventano due poli con proprietà opposte?
Si capisce anche perché, quando un magnete viene diviso in modo che il piano della divisione tagli in angoli retti la linea AB che collega i suoi due poli, i due punti di questa linea che prima erano in contatto e ora si trovano rispettivamente in una delle due parti del magnete – ovvero b e a – rappresentano due poli di virtù opposte; ciò avviene perché le parti del magnete che possono uscire da un lato possono entrare dall’altro.
157
Come la virtù che si trova in ogni piccola parte di un magnete sia simile a quella che esiste nel tutto.
Inoltre, si può osservare come la virtù di un intero magnete non sia diversa da quella di ciascuna delle sue parti, anche se in corrispondenza dei poli sembri essere completamente diversa; infatti, non lo è affatto: è semplicemente più intensa lì, poiché la linea che collega i poli è la più lunga e si trova esattamente a metà tra tutte le altre linee lungo cui le parti cannicolate del magnete passano attraverso di esso, almeno in un magnete sferico. È proprio su questo modello che si giudica che i poli di altri magneti siano i punti in cui la loro virtù appare più intensa; inoltre, questa virtù non è diversa nel polo australe rispetto a quella nel polo boreale, se non per il fatto che ciò che entra da un polo deve necessariamente uscire dall’altro. Tuttavia, non esiste alcuna parte di un magnete, per quanto piccola possa essere, in cui non vi siano pori attraverso i quali passano le parti cannicolate; quindi, in ogni caso, esistono sempre un lato attraverso il quale queste entrano e un altro attraverso il quale escono, e di conseguenza ogni magnete possiede necessariamente due poli.
158
In che modo questa virtù viene trasmessa al ferro tramite il magnete.
E non abbiamo motivo di trovare strano che un pezzo di ferro o d’acciaio, avvicinato a una pietra di magnetite, ne acquisisca immediatamente le proprietà: poiché, come è stato detto, esso possiede già dei pori idonei ad accogliere tali parti cannelate, e addirittura in numero maggiore rispetto alla pietra di magnetite; quindi non gli manca nulla per avere le stesse proprietà, se non che quelle piccole punte che si trovano all’interno dei suoi pori sono disposte in modo disordinato: alcune in un certo verso, altre in un altro. Invece, tutte quelle pori capaci di accogliere tali parti cannelate provenienti dal nord dovrebbero essere disposte su uno stesso lato, e le restanti sul lato opposto; ma quando una pietra di magnetite viene avvicinata a questo pezzo di ferro, le parti cannelate che ne emergono si inseriscono nei suoi pori in modo ordinato e con grande rapidità, tanto da riuscire a disporre quelle piccole punte nella giusta posizione; ed è così che il ferro acquisisce tutto ciò che gli mancava per possedere le proprietà del magnetite.
159
In che modo viene trasmessa energia magnetica sul ferro, a seconda delle diverse posizioni in cui il magnete viene orientato rispetto ad esso.
Nous ne devons point admirer non plus que le fer reçoive diversement cette vertu, selon les divers côtés de l’aimant auxquels il est appliqué. Car, par exemple, si R, l’un des bouts du fer RST, est mis contre B, le pôle boréal de l’aimant P, ce fer recevra tellement la vertu de cet aimant, que R sera son pôle austral, et T le boréal ; à cause que les parties cannelées qui viennent du sud dans la terre, et en sortent par le nord, entrent par R, et que celles qui viennent du nord, après être sorties de la terre par A, et avoir fait le tour de part et d’autre par l’air, entrent par T dans le fer. Si ce même fer est couché sur l’équateur de cet aimant (c’est-à-dire sur le cercle également distant de ses pôles), et que son point R soit tourné Vers B, comme on le voit sur la partie de l’équateur marquée C, il y recevra sa vertu en même sens qu’auparavant, et R sera encore son pôle austral, à cause que les mêmes parties cannelées y entreront ; mais si on tourne ce point R vers A, comme on le voit sur l’endroit de l’équateur marqué D, il perdra la vertu du pôle austral, et deviendra le pôle septentrional de ce fer, à cause que les parties cannelées qui entraient auparavant par R entreront par T, et celles qui entraient par T entreront par R. Enfin, si S, le point du milieu de ce fer, touche le pôle austral de cet aimant, les parties cannelées qui viennent du nord entreront dans le fer par S, et sortiront par ses extrémités R et T, au moyen de quoi il aura en son milieu la vertu du pôle boréal, et en ses deux bouts celle duopole austral.
160
Pourquoi néanmoins un fer qui est plus long que large ni épais la reçoit toujours suivant sa longueur.
Et il n’y a point en tout cela de difficulté, sinon qu’on peut demander pourquoi les parties cannelées qui, sortant du pôle A de l’aimant, entrent par S, le milieu du fer, ne vont pas plus outre en ligne droite vers E, au lieu de se détourner de part et d’autre vers R et vers T : à quoi il est aisé de répondre que ces parties cannelées trouvant des pores dans le fer qui sont propres à les recevoir, et n’en trouvant point dedans l’air, sont détournées par la résistance de cet air, et coulent le plus longtemps qu’elles peuvent par dedans le fer, lequel pour cette cause reçoit toujours la vertu de l’aimant suivant sa longueur lorsqu’il est notablement plus long que large ou épais.
161
Pourquoi l’aimant ne perd rien de sa vertu en la communiquant au fer.
Il est aisé aussi de répondre à ceux qui demandent pourquoi l’aimant ne perd rien de sa force, encore qu’on fasse qu’il la communique à une fort grande quantité de fer : car il n’arrive aucun changement en l’aimant de ce que les parties cannelées qui sortent de ses pores entrent dans le fer plutôt que dans quelque autre corps, sinon en tant que passant plus facilement par le fer que par d’autres corps, cela fait qu’elles passent aussi plus librement et en plus grande quantité par l’aimant lorsqu’il a du fer autour de lui que lorsqu’il n’en a point ; ainsi, au lieu de diminuer sa vertu, il l’augmente en la communiquant au fer.
162
Pourquoi elle se communique au fer fort promptement et comment elle y est affermie par le temps.
Et cette vertu est acquise fort promptement par le fer, à cause qu’il ne faut guère de temps aux parties cannelées qui vont très vite pour passer de de ses bouts jusqu’à l’autre, et que dès qu’elles y passent, elles lui communiquent la vertu de l’aimant duquel elles viennent. Mais si on retient longtemps un même fer en même situation contre une pierre d’aimant, il y acquiert une vertu plus ferme, et qui ne peut pas si aisément lui être ôtée, à cause que les petites branches qui avancent dans les replis de ses pores, demeurant fort longtemps couchées sur un même côté, perdent peu à peu la facilité qu’elles ont eue à se renverser sur l’autre côté.
163
Pourquoi l’acier le reçoit mieux que le simple fer.
Et l’acier reçoit mieux cette vertu que le simple fer, parce que ses pores qui sont propres à recevoir les parties cannelées sont plus parfaits et en plus grand nombre, et après qu’il l’a reçue, elle ne peut pas sitôt être ôtée, à cause que les petites branches qui avancent en ses conduits ne se peuvent pas si aisément renverser.
164
Pourquoi il la reçoit plus grande d’un fort bon aimant que d’un moindre.
Et selon qu’un aimant est plus grand et plus parfait, il lui communique une vertu plus forte, à cause que les parties cannelées entrant avec plus d’impétuosité dans ses pores renversent plus parfaitement toutes les petites branches qu’elles rencontrent en leurs replis, et aussi à cause que, venant en plus grande quantité toutes ensemble, elles se préparent plus grand nombre de pores ; car il est, à remarquer qu’il y a toujours beaucoup plus de tels pores dans le fer ou l’acier, duquel toutes les parties sont métalliques, que dans l’aimant, où ces parties métalliques sont mêlées avec celles d’une pierre ; et ainsi que, ne pouvant sortir en même temps que peu de parties cannelées d’un aimant faible, elles n’entrent pas en tous les pores de l’acier, mais seulement en ceux où il y a moins de petites branches qui leur résistent, ou bien où ces branches sont plus faciles à plier, et que les autres parties cannelées qui viennent après, ne passent que par ces mêmes pores où elles trouvent le chemin déjà ouvert, si bien que les autres pores ne servent de rien, sinon lorsque ce fer est approché d’un aimant plus parfait, qui, envoyant vers lui plus de parties cannelées, lui donne une vertu plus forte.
165
Comment la terre seule peut communiquer cette vertu au fer.
Et parce que les petites branches qui avancent dans les pores du plus simple fer y peuvent fort aisément être pliées, de la vient que la terre même lui peut en un moment communiquer la vertu de l’aimant, encore qu’elle semble n’en avoir qu’une fort faible : de quoi l’expérience étant assez belle, je mettrai ici le moyen de la faire. On prend un morceau de simple fer, quel qu’il soit, pourvu que sa figure soit longue et qu’il n’ait point encore en soi aucune vertu d’aimant qui soit notable ; on baisse un peu l’un de ses bouts plus que l’autre vers la terre, puis, les tenant tous deux également distants de l’horizon, on approche une boussole de celui qui a été baissé le dernier, et l’aiguille de cette boussole tourne vers lui le même côté qu’elle a coutume de tourner vers le sud ; puis, haussant quelque peu le même bout de ce fer, et le remettant incontinent parallèle à l’horizon proche de la même boussole, on voit que l’aiguille lui présente son autre côté ; et si on le hausse et baisse ainsi plusieurs fois, on trouve toujours en ces régions septentrionales que le côté que l’aiguille a coutume de tourner vers le sud se tourne vers le bout du ter qui a été baissé le dernier, et que celui qu’elle a coutume de tourner vers le nord se tourne contre ! le bout du fer qui a été haussé le dernier ; ce qui montre que la seule situation qu’on lui donne au regard de la terre lui communique la vertu de faire ainsi tourner cette aiguille ; et on le peut hausser et baisser si adroitement, que ceux qui le voient, ne pouvant remarquer la cause qui lui change si subitement sa vertu, ont occasion de l’admirer.
166
D’où vient que de fort petites pierres d’aimant paraissent souvent avoir plus de force que toute la terre.
We should also not be surprised that iron exhibits this property in different ways, depending on the various sides of the magnet to which it is applied. For example, if one end of the iron bar RST is placed against the northern pole B of the magnet P, then this iron will acquire the properties of that magnet, such that R becomes its southern pole and T its northern pole. This is because those channels in the iron that extend from the south into the earth and emerge from the north enter through R, while those that originate in the north, after emerging from the earth through A and passing through the air on either side, enter through T into the iron. If the same iron bar is placed on the equator of this magnet (that is, on a circle equally distant from its poles), and if its end R is oriented towards B, as indicated by the mark C on the equatorial line, it will again acquire the properties of that magnet in the same direction; R will once again be its southern pole, because the same channels will still allow magnetic flux to enter. However, if this end R is oriented towards A, as indicated by the mark D on the equator, the iron will lose its southern-pole properties and become its northern pole, because the channels that previously entered through R will now enter through T, and those that entered through T will enter through R. Finally, if the midpoint S of this iron bar touches the southern pole of the magnet, then the channels coming from the north will enter the iron through S and exit through its ends R and T, causing the middle portion of the iron to possess the properties of the northern pole, while its two ends will have the properties of a dual southern pole.
160
Why, then, is a piece of iron that is longer than it is wide or thick always handled according to its length?
And there is no difficulty whatsoever in this matter, except that one might ask why those channelled portions that emerge from the north pole of the magnet and enter through the center of the iron, at S, do not continue straight on towards E, but instead deviate to the sides, towards R and T. To this, the answer is readily given: these channelled portions encounter pores within the iron that are capable of receiving them, but find no such pores in the air; therefore, they are deflected by the resistance of the air and proceed as far as possible inside the iron. As a result, the iron always retains the magnetic properties along its length whenever it is significantly longer than it is wide or thick.
161
Why does a magnet not lose any of its properties when it transfers them to iron?
It is also easy to answer those who ask why a magnet does not lose any of its strength even when it transfers it to a large amount of iron: for no change takes place in the magnet itself as a result of the channels formed by its pores allowing the magnetic force to pass into the iron rather than into any other substance. Rather, these channels enable the magnetic force to pass more easily and in greater quantities through the magnet when it is surrounded by iron than when it is not; thus, instead of diminishing its effectiveness, the magnet actually enhances it by transferring this power to the iron.
162
Why it communicates with iron so quickly, and how it becomes stronger over time.
And this property is quickly acquired by iron, because the channelled portions that move very rapidly take little time to travel from one end of the iron to the other; and once they have done so, they impart to the iron the properties of the magnet from which they originate. However, if the same piece of iron is kept in the same position against a magnet for an extended period of time, it acquires a more stable property that cannot be so easily removed. This is because the tiny branches that extend into the pores of the iron, remaining lying on one side for a long time, gradually lose their ability to easily reverse direction and lie on the other side.
163
Why does steel withstand it better than plain iron?
And steel retains this quality more effectively than plain iron, because its pores—which are particularly suited for receiving these channelled structures—are more perfect and more numerous. Moreover, once such qualities have been imparted to the steel, they cannot be easily removed, since the tiny branches that extend within its internal structure cannot be so readily reversed or disrupted.
164
Why does it receive a stronger magnetic force from a larger magnet than from a smaller one?
And the greater and more perfect a magnet is, the stronger its power becomes; this is because the channelled portions that penetrate its pores with greater intensity more thoroughly reverse all the tiny obstacles they encounter within those pores. Moreover, since these channelled portions arrive in larger quantities at once, they create a greater number of pores. It is worth noting that there are always far more such pores in iron or steel—where all parts are metallic—than in a magnet, where these metallic parts are mixed with non-metallic elements. Furthermore, since few channelled portions can emerge from a weak magnet at the same time, they do not penetrate all the pores of steel; rather, they only enter those pores where there are fewer obstacles blocking their path, or where those obstacles are easier to overcome. Other channelled portions that follow afterward simply pass through these same pre-existing pathways, leaving the remaining pores unused—unless the iron is brought close to a more perfect magnet, which then sends even more channelled portions toward it, thereby enhancing its power significantly.
165
How alone the earth can impart such virtue to iron.
And because the small branches that extend into the pores of even the simplest piece of iron can be easily bent, it follows that the very earth itself can, in an instant, impart to it the properties of a magnet, even though it seems to possess only a very weak magnetic force. Since the experiment is quite striking, I will provide here the method to perform it. Take any piece of simple iron, as long as it is long in shape and does not yet exhibit any notable magnetic properties; lower one end of it slightly more than the other towards the ground. Then, holding both ends at equal distances from the horizon, bring a compass close to the end that was lowered first—the needle of the compass will then point in the same direction as it usually does when facing south. Next, raise this end slightly and once again align it parallel to the horizon with the same compass; you will see that the needle now points in the opposite direction. If you repeat this process several times, you will consistently observe that in these northern regions, the side of the iron that usually faces south now points towards the end that was lowered first, while the side that usually faces north points away from it—towards the end that was raised last. This demonstrates that the very position of the iron relative to the earth is what confers upon it this magnetic effect. Moreover, one can manipulate it so skillfully that observers, unable to discern the underlying cause behind these sudden changes in its properties, are left in awe.
166
Why is it that such tiny pieces of magnetite often seem to possess more power than all the earth itself?
Non dobbiamo nemmeno meravigliarci del fatto che il ferro riceva questa proprietà in modo diverso a seconda dei diversi lati dell’impianto magnetico a cui viene applicato. Ad esempio, se uno dei capi del ferro RST viene posto contro il polo settentrionale dell’impianto magnetico P, questo ferro assumerà la stessa proprietà di quell’impianto, in modo tale che R diventerà il suo polo sud e T il polo nord; ciò avviene perché le parti cannelate del ferro che entrano nella terra dal sud e ne escono dal nord entrano nel ferro attraverso R, mentre quelle che entrano nella terra dal nord, dopo essere uscite dalla terra attraverso A e aver percorso un tragitto nell’aria, entrano nel ferro attraverso T. Se lo stesso ferro viene posizionato sull’equatore di quell’impianto magnetico (cioè sul cerchio equidistante dai suoi poli), e il punto R viene rivolto verso B, come si vede nella parte dell’equatore contrassegnata con la lettera C, il ferro assumerà nuovamente la stessa proprietà di prima, e R rimarrà il suo polo sud; ciò avviene perché le stesse parti cannelate entreranno ancora nel ferro attraverso R. Tuttavia, se il punto R viene rivolto verso A, come si vede nella parte dell’equatore contrassegnata con la lettera D, il ferro perderà la proprietà del polo sud e diventerà il suo polo nord; ciò avviene perché le parti cannelate che prima entravano nel ferro attraverso R entreranno ora attraverso T, e quelle che prima entravano attraverso T entreranno ora attraverso R. Infine, se il punto S, che si trova al centro del ferro, tocca il polo sud di quell’impianto magnetico, le parti cannelate che vengono dal nord entreranno nel ferro attraverso S e ne usciranno dalle sue estremità R e T; in questo modo, il centro del ferro assumerà la proprietà del polo nord, mentre i suoi due estremi assumeranno la proprietà del dupolo sud.
160
Perché, allora, un ferro che è più lungo che largo e non molto spesso viene sempre inserito seguendo la sua lunghezza?
E in tutto ciò non vi è alcuna difficoltà, se non che si potrebbe chiedere perché le parti cannelate che, uscendo dal polo A del magnete, entrano attraverso il punto S, ovvero il centro del ferro, non proseguiscano dritto verso il punto E, ma deviano invece in direzione dei punti R e T: a questa domanda si può facilmente rispondere che tali parti cannelate, trovando nel ferro pori adatti a riceverle, e non trovandone nell’aria, vengono deviate dalla resistenza dell’aria stessa; per questo motivo scorrono il più a lungo possibile all’interno del ferro, il quale, essendo notevolmente più lungo che largo o spesso, trasmette sempre al proprio interno l’effetto magnetico in modo uniforme lungo la propria lunghezza.
161
Perché l’impianto magnetico non perde nulla della sua proprietà magnetica quando la trasmette al ferro.
È altrettanto facile rispondere a coloro che chiedono perché un magnete non perda nulla della sua forza anche quando la trasmette a una grande quantità di ferro: infatti, nel magnete non avviene alcun cambiamento, poiché le parti cannicolate che escono dai suoi pori entrano nel ferro e non in altri corpi; anzi, queste parti passano più facilmente attraverso il ferro rispetto ad altri materiali. Per questo motivo, quando il magnete è circondato da ferro, trasmette la sua forza in quantità maggiore rispetto a quando non lo è; quindi, invece di diminuire le sue proprietà, queste vengono anzi potenziate attraverso la comunicazione con il ferro.
162
Perché si diffonde rapidamente nel ferro e come vi viene consolidata col tempo.
E questa proprietà viene acquisita molto rapidamente dal ferro, poiché le parti cannelate che si muovono molto velocemente impiegano poco tempo per passare da un’estremità all’altra; non appena lo fanno, trasmettono al ferro la proprietà del magnete da cui provengono. Tuttavia, se si lascia il stesso pezzo di ferro nella stessa posizione contro una pietra magnetica per un lungo periodo di tempo, esso acquisisce una proprietà più stabile, che non può essere facilmente eliminata; ciò avviene perché le piccole strutture presenti nei pori del ferro, rimanendo a lungo inclinate da un lato, perdono gradualmente la facilità con cui prima si ribaltavano dall’altra parte.
163
Perché l’acciaio lo assorbe meglio del semplice ferro.
L’acciaio riceve questa proprietà in modo migliore del semplice ferro, poiché i suoi pori, adatti a ricevere le parti cannelate, sono più perfetti e più numerosi; inoltre, una volta acquisita questa proprietà, essa non può essere facilmente rimossa, poiché i piccoli rami che si estendono all’interno dei suoi canali non possono essere così facilmente invertiti.
164
Perché la riceve più intensamente da un forte magnete che da uno debole.
E poiché un magnete è più grande e più perfetto, esso trasmette una forza maggiore; ciò avviene perché le parti cannellate che entrano con maggiore impeto nei suoi pori ribaltano in modo più efficace tutte le piccole strutture che incontrano al loro interno. Inoltre, poiché queste parti arrivano in quantità maggiore, vengono create un numero più elevato di pori. È degno di nota che nel ferro o nell’acciaio, i cui componenti sono tutti metallici, esistono sempre molti più di tali pori rispetto al magnete, dove le parti metalliche sono mescolate con quelle di una pietra. Inoltre, poiché da un magnete debole possono uscire contemporaneamente solo poche parti cannellate, queste non riescono a raggiungere tutti i pori dell’acciaio, ma soltanto quelli in cui le piccole strutture che vi si trovano sono meno resistenti o più facilmente piegabili. Le altre parti cannellate che arrivano successivamente passano soltanto attraverso quegli stessi pori, poiché il cammino è già stato aperto; di conseguenza, gli altri pori non servono a nulla, se non quando l’acciaio viene avvicinato a un magnete più perfetto, che invia verso di esso un numero maggiore di parti cannellate, conferendogli così una forza maggiore.
165
Come può la terra, da sola, trasmettere questa proprietà al ferro?
E poiché i piccoli rami che sporgono dai pori del ferro più semplice possono essere facilmente piegati verso il basso, è proprio per questo motivo che anche la terra stessa può, in un istante, trasmettergli le proprietà di un magnete, anche se apparentemente ne possiede solo una molto debole. L’esperimento è abbastanza significativo, quindi fornirò qui il metodo per eseguirlo. Si prende un pezzo di ferro qualsiasi, purché abbia una forma allungata e non presenti ancora alcuna proprietà magnetica evidente; si abbassa leggermente uno dei suoi estremi rispetto all’altro verso il suolo, poi, tenendoli entrambi alla stessa distanza dall’orizzonte, si avvicina una bussola a quello degli estremi che è stato abbassato: l’ago della bussola si orienta verso di esso nello stesso modo in cui di solito si orienta verso sud. Successivamente, alzando leggermente lo stesso estremità del ferro e riportandolo nuovamente parallelo all’orizzonte, si osserva che l’ago ora punta nella direzione opposta; ripetendo questo processo più volte, si nota sempre che, nelle regioni settentrionali, la parte dell’ago che di solito indica sud si orienta verso l’estremità del ferro che è stata abbassata, mentre quella che di solito indica nord si orienta verso l’estremità opposta; ciò dimostra chiaramente che è proprio la posizione assunta dal ferro rispetto al suolo a far sì che l’ago della bussola si orienti in quel modo. Inoltre, è possibile alzare e abbassare il ferro con grande abilità, tanto che coloro che lo osservano, non riuscendo a individuare la causa di questo improvviso cambiamento nelle sue proprietà magnetiche, ne rimangono davvero stupiti.
166
Da dove deriva il fatto che delle pietre magnetiche molto piccole sembrino spesso avere una forza maggiore di tutta la terra?
Mais on peut ici demander pourquoi la terre, qui est un fort grand aimant, à moins de vertu que n’en ont ordinairement les pierres d’aimant, qui sont incomparablement plus petites. A quoi je réponds que mon opinion est qu’elle en a beaucoup davantage en la seconde région, en laquelle j’ai dit ci-dessus qu’il y a quantité de pores par où les parties cannelées prennent leur cours, mais que la plupart de ces parties cannelées, après être sorties par l’un des côtés de cette seconde région, retournent vers l’autre par la plus basse partie de la troisième région d’où viennent les métaux, en laquelle il y a aussi beaucoup de tels pores, ce qui est cause qu’elles ne viennent qu’en fort petit nombre jusqu’à cette superficie de la terre où nous habitons ; car je crois que les entrées et sorties des pores par où elles passent sont tournées en cette troisième région de la terre tout autrement qu’en la seconde, en sorte que les parties cannelées qui viennent du sud vers le nord par les pores de cette seconde région, retournent du nord vers le sud par la troisième, en passant presque toutes par son plus bas étage, et aussi par les mines d’aimant et de fer, à cause qu’elles y trouvent des pores commodes ; ce qui fait qu’il n’en reste que fort peu qui s’efforcent de passer par l’air et par les autres corps proches de nous, où il n’y a point de tels pores : de quoi on peut examiner la vérité par l’expérience ; car, si ce que j’en écris est vrai, le même côté de l’aimant qui regarde le nord pendant qu’il est encore joint à la mine se doit toujours tourner de soi-même vers le nord après qu’il en est séparé et qu’on le laisse librement flotter sur l’eau, sans qu’il soit proche d’aucun autre aimant que de la terre. Et Gilbert, qui a découvert le premier que toute la terre est un aimant, et qui en a très curieusement, examiné les vertus, assure qu’il a éprouvé que cela est. Il est vrai que quelques autres disent aussi qu’ils ont éprouvé le contraire ; mais peut-être qu’ils se sont trompés, en faisant flotter l’aimant dans le lieu même d’où ils l’a voient coupé, pour voir s’il changerait de situation, et que lors véritablement il l’a changée, à cause que le reste de la mine dont on l’avait séparé était aussi un aimant, suivant ce qui a été dit en l’article 155 ; au lieu que, pour bien faire cette expérience, il faut après avoir remarqué quels sont les côtés de l’aimant qui regardent le nord et le sud pendant qu’il est joint à la mine, le tirer tout à fait hors de là, et ne le tenir proche d’aucun autre aimant que de la terre pour voir ver ? où ses mêmes côtés se tourneront.
167
Pourquoi les aiguilles aimantées ont toujours les pôles de leur vertu en leurs extrêmités.
Or, d’autant que le fer ou l’acier qui est de figure longue reçoit toujours la vertu de l’aimant suivant sa longueur, encore qu’il lui soit appliqué en un autre sens, il est certain que les aiguilles aimantées doivent toujours avoir les pôles de leur vertu précisément en leurs deux bouts, et les tourner vers les mêmes côtés qu’un aimant parfaitement sphérique tournerait ses pôles s’il était aux mêmes endroits de la terre où elles sont.
168
Pourquoi les pôles de l’aimant ne se tournent pas toujours exactement vers les pôles de la terre.
Et parce qu’on peut beaucoup plus aisément observer vers quel côté se tourne la pointe d’une aiguille, que vers lequel se tourne le pôle d’une pierre ronde, on a découvert par le moyen de ces aiguilles que l’aimant ne tourne pas toujours exactement vers les pôles de la terre, mais qu’il les en détourne ordinairement quelque peu, et quelquefois plus, quelquefois moins, selon les divers pays où l’on le porte. De quoi la raison doit être attribuée aux inégalités qui sont en la superficie de la terre, ainsi que Gilbert a fort bien remarqué : car il est évident qu’il y a des endroits en cette terre où il y a plus d’aimant ou de fer que dans le reste, et que par conséquent les parties cannelées qui sortent de la terre intérieure vont en plus grande quantité vers ces endroits-là que vers les autres, ce qui fait qu’elles se détournent souvent du chemin qu’elles prendraient si tous les endroits de la terre étaient semblables ; et parce qu’il n’y a rien que ces parties cannelées qui fassent tourner çà ou là les pôles de l’aimant, ils doivent suivre toutes les variations de leur cours : ce qui peut être confirmé par l’expérience, si on met une fort petite aiguille d’acier sur une assez grosse pierre d’aimant qui ne soit pas ronde, car on verra que les bouts de cette aiguille ne se tourneront pas toujours exactement vers les mêmes points de cette pierre, mais qu’ils s’en détourneront diversement suivant les inégalités de sa figure. Et, bien que les inégalités qui paraissent en la superficie de la terre ne soient pas fort grandes à raison de toute la grosseur de son corps, elles ne laissent pas de l’être assez à raison des divers endroits de cette superficie pour y causer la variation des pôles de l’aimant qu’on y observe.
169
Comment cette variation peut changer avec le temps en un même endroit de la terre.
Il y en a qui disent que cette variation n’est pas seulement différente aux différents endroits de la terre, mais qu’elle peut aussi changer avec le temps en un même lieu en sorte que celle qu’on observe maintenant en certains lieux ne s’accorde pas avec celle qu’on y a observée au siècle passé : ce qui ne me semble nullement étrange, en considérant qu’elle ne dépend que de la quantité du fer et de l’aimant qui se trouve plus ou moins grande vers l’un des côtés de ces lieux-là que vers l’autre, non seulement à cause que les hommes tirent continuellement du fer de certains endroits, de la terre et le transportent en d’autres, mais principalement aussi à cause qu’il y a eu autrefois des mines de fer en des lieux où il n’y en a plus, parce qu’elles s’y sont corrompues avec le temps ; et qu’il y en a maintenant en d’autres où il n’y en avait point auparavant, parce qu’elles y ont depuis peu été produites.
170
Comment elle peut aussi être changée par la diverse situation de l’aimant.
Il y en a aussi qui disent que cette variation est nulle en un aimant de figure ronde planté sur peut aussi être l’un de ses pôles, à savoir sur son pôle austral lorsqu’il est en ces parties septentrionales, et sur le boréal lorsqu’il est en l’autre hémisphère ; en sorte que cet aimant ainsi planté dans une petite gondole qui flotte sur l’eau tourne toujours un même côté vers la terre, sans s’écarter en aucune façon lorsqu’il est transporté en divers lieux. Mais encore que je n’aie point fait d’expérience qui m’assure que cela soit vrai, je juge néanmoins que la déclinaison d’un aimant ainsi planté n’est pas la même, et peut-être aussi qu’elle n’est pas si grande que lorsque la ligne qui joint ses pôles est parallèle à l’horizon ; car en tous les endroits de cette terre extérieure, excepté en l’équateur et sur les pôles, il y a des parties cannelées qui prennent leur cours en deux façons, à savoir les unes le prennent suivant des lignes parallèles à l’horizon, parce qu’elles viennent de plus loin et passent outre ; et les autres le prennent de bas en haut ou de haut en bas, parce qu’elles sortent de la terre intérieure ou qu’elles y entrent en ces endroits-là. Et ce sont principalement ces dernières qui font tourner l’aimant planté sur ces pôles, au lieu que ce sont les premières qui causent la variation qu’on y observe lorsqu’il est en cette autre situation.
171
Pourquoi l’aimant attire le fer.
But one might ask here why the earth, which is a very large magnet, possesses less magnetic power than magnet stones, which are incomparably smaller. To this I reply that, in my opinion, the earth possesses much greater magnetic power in the second region mentioned above—that region where there are numerous pores through which these channelled portions of the earth’s substance flow. However, most of these channelled portions, after emerging from one side of this second region, return to the other side via the lowest part of the third region from where metals originate. This third region also contains many such pores, which is why only a very small portion of these channelled substances reaches the earth’s surface where we live. I believe that the entrances and exits of these pores are arranged in this third region in a different manner than in the second region; as a result, those channelled portions that move from south to north through the pores of the second region return from north to south through the third region, passing almost all of them through its lowest layer. This also explains why there are magnet and iron mines located in this region—because these minerals contain convenient pores for such movement. As a result, only a very small amount of these substances manage to pass through the air and other surrounding materials, which lack such pores. The truth of this can be verified through experimentation; if what I write is true, then the same side of a magnet that faces north while still connected to its mine will always turn toward north once it is separated from the mine and allowed to float freely on water, without being in the vicinity of any other magnets except for the earth itself. Gilbert, who was the first to discover that the entire earth is a magnet and who studied its magnetic properties in great detail, claimed to have verified this fact experimentally. Indeed, some others also claim to have observed the opposite effect; but perhaps they made mistakes by placing the magnet in the very location where it had been cut from the mine in order to observe whether it would change position. In reality, if such an experiment were properly conducted—by first identifying the sides of the magnet that face north and south while it is still connected to the mine, then removing it completely from that area and ensuring that it is not in the vicinity of any other magnets except for the earth—together with observing whether its north-south-facing sides would indeed change direction—then we might arrive at a more accurate conclusion.
167
Why do magnetic needles always have their poles of polarity at their ends?
Furthermore, since iron or steel, which are long in shape, always acquire the properties of a magnet along their length, even when subjected to force in another direction, it is certain that magnetic needles must always have their poles located at their two ends, and that these poles should face the same directions as those of a perfectly spherical magnet would if its poles were situated in the same locations on Earth as the needle’s poles are.
168
Why don’t the poles of a magnet always point exactly in the same direction as the Earth’s poles?
And because it is much easier to observe in which direction the tip of a needle turns than in which direction the pole of a round magnet points, it was through the use of these needles that people discovered that a magnet does not always point precisely towards the Earth’s poles; rather, it usually deviates from them to some extent—sometimes more, sometimes less—depending on the location where it is placed. The reason for this must be attributed to the irregularities in the Earth’s surface, as Gilbert rightly observed: it is evident that there are areas on the Earth where there is more magnetism or iron than in other places; consequently, the channels that extend from the Earth’s interior flow in greater quantities towards these areas than towards others. This causes them to deviate from their natural course if all parts of the Earth were identical. Moreover, since it is only these channel-like structures that cause the magnet’s poles to shift in different directions, the poles must follow all the variations in their path. This can be confirmed by experiment: if a very small steel needle is placed on a relatively large, non-round magnet, it will be observed that the needle’s ends do not always point exactly towards the same points on the magnet’s surface; instead, they deviate from them depending on the irregularities of the magnet’s shape. And although these irregularities on the Earth’s surface may not seem significant given the planet’s overall size, they are nonetheless sufficient to cause the observed variations in the magnet’s poles.
169
How can such variations change over time in the same place on Earth?
Some people say that this variation is not only different in different parts of the earth, but that it can also change over time in the same place; so that what we observe now in certain areas does not correspond to what was observed there a century ago. This does not seem strange to me at all, considering that such variation depends solely on the amount of iron and magnetism found in these regions—amounts that may be greater on one side than on the other. This is true not only because people continuously extract iron from certain areas and transport it to others, but mainly also because there were once iron mines in places where they no longer exist today, due to their degradation over time; whereas in other areas where there were previously no iron mines, they have been developed recently.
170
How it can also be altered by the various conditions of the magnet.
Some also say that this variation is zero for a round magnet placed in such a way that one of its poles faces the north when it is located in these northern regions, and faces the south in the other hemisphere; as a result, when such a magnet is placed inside a small boat floating on water, it always points in the same direction toward the ground, without deviating in any way regardless of where it is moved. Although I have not conducted experiments to confirm this, I still believe that the declination of a magnet positioned in this manner is not the same as when the line connecting its poles is parallel to the horizon—and perhaps even less significant. This is because, in all parts of this outer earth except for the equator and the poles, there are regions where rivers flow in two different directions: some follow lines parallel to the horizon because they originate from further away and extend beyond those boundaries; others flow from bottom to top or from top to bottom because they emerge from or enter the inner earth at those locations. It is mainly these latter types of river courses that cause a magnet placed at the poles to rotate, rather than the former type of rivers that would cause the variation observed when the magnet is in its other position.
171
Why does a magnet attract iron?
Ma si può chiedere perché la terra, che è un magnete molto potente, abbia meno proprietà magnetiche rispetto alle pietre di magnetite, che sono di dimensioni incomparabilmente più ridotte. A questo rispondo che ritengo che la terra possieda molte più proprietà magnetiche nella seconda regione terrestre, quella in cui, come ho già detto, esistono numerosi pori attraverso i quali le parti cannicolate del minerale scorrono; tuttavia, la maggior parte di queste parti, dopo essere uscite da un lato di questa seconda regione, torna verso l’altro lato attraverso la parte più bassa della terza regione, quella da cui provengono i metalli. Anche in questa terza regione esistono molti pori simili, e questo spiega perché solo un numero molto limitato di queste parti riesce a raggiungere la superficie terrestre dove viviamo; credo infatti che gli ingressi e le uscite dei pori attraverso i quali questi minerali passano siano disposti in modo diverso nella terza regione rispetto alla seconda, tanto che le parti cannicolate che provengono dal sud verso il nord attraverso i pori della seconda regione tornano poi dal nord verso il sud attraverso la terza regione, passando quasi tutte per il suo livello più basso. Questo spiega anche perché solo poche di queste parti riescono a raggiungere l’aria o altri corpi presenti intorno a noi, dove non esistono tali pori; si può quindi verificare la veridicità di questa teoria attraverso sperimentazioni concrete. Se quanto scrivo è vero, allora lo stesso lato del magnete che guarda verso il nord mentre è ancora collegato alla miniera dovrebbe sempre rivolgersi verso il nord anche dopo essere stato separato dalla miniera e lasciato galleggiare liberamente sull’acqua, senza essere in prossimità di altri magneti se non della terra. Gilbert, che per primo scoprì che l’intera terra è un magnete e ne studiò con grande curiosità le proprietà magnetiche, afferma di aver verificato questa teoria. È vero che alcuni altri sostengono il contrario; ma forse si sono sbagliati, facendo galleggiare il magnete nello stesso luogo da cui lo avevano estratto per vedere se avrebbe cambiato posizione. In realtà, se volessero effettuare una sperimentazione corretta, dovrebbero prima individuare quali siano i lati del magnete che guardano verso il nord e il sud mentre è ancora collegato alla miniera, poi tirarlo completamente fuori da lì e tenerlo lontano da qualsiasi altro magnete se non dalla terra, per verificare in quale direzione si rivolgerebbero i suoi lati.
167
Perché le aguglie magnetiche hanno sempre i poli della loro “virtù” alle estremità?
Inoltre, poiché il fer o l’acciaio di forma allungata riceve sempre le proprietà del magnete in base alla sua lunghezza, anche se viene utilizzato in un’altra direzione, è certo che le aghi magnetici debbano sempre avere i poli delle loro proprietà esattamente alle due estremità, e devono essere orientati nella stessa direzione in cui lo sarebbero i poli di un magnete perfettamente sferico se si trovassero negli stessi punti della Terra dove si trovano questi aghi.
168
Perché i poli del magnete non si orientano sempre esattamente verso i poli della Terra?
E poiché è molto più facile osservare verso quale direzione si orienta la punta di un ago rispetto al polo di una pietra rotonda, grazie a questi strumenti si è scoperto che il magnete non ruota sempre esattamente verso i poli della Terra, ma che di solito li devia leggermente, a volte di più, a volte di meno, a seconda dei luoghi in cui viene posto. La ragione di ciò deve essere attribuita alle irregolarità presenti sulla superficie terrestre, come ha osservato molto bene Gilbert: è evidente infatti che esistono zone della Terra in cui la quantità di materiale magnetico o ferro è maggiore rispetto ad altre, e quindi le parti del magnete che emergono dal sottosuolo si dirigono in maggior numero verso queste aree piuttosto che verso altre; ciò fa sì che il loro percorso venga deviato rispetto a quello che seguirebbero se tutti i punti della Terra fossero uguali. Poiché sono soltanto queste parti del magnete a determinarne l’orientamento, esse seguono inevitabilmente tutte le variazioni presenti nel terreno; ciò può essere confermato sperimentalmente: posizionando un ago di acciaio molto piccolo su una pietra magnetica abbastanza grande e non rotonda, si noterà che le sue estremità non si orientano sempre verso gli stessi punti della pietra, ma si deviano in modo diverso a seconda delle irregolarità della sua superficie. E sebbene queste irregolarità non siano particolarmente evidenti considerando la grandezza complessiva della Terra, sono comunque sufficienti per causare le variazioni nell’orientamento dei poli del magnete che si osservano in diversi luoghi.
169
Come questa variazione possa cambiare nel tempo nello stesso luogo della Terra.
Alcuni sostengono che questa variazione non sia solo diversa in diverse parti della terra, ma possa anche cambiare nel tempo nello stesso luogo; di conseguenza, ciò che osserviamo oggi in alcuni luoghi potrebbe non corrispondere a quanto osservato un secolo fa. A mio parere, questo non è affatto strano, poiché tale variazione dipende soltanto dalla quantità di ferro e di materiale magnetico presenti in quelle zone: tali quantità possono essere maggiori da un lato che dall’altro, sia perché gli esseri umani estraggono continuamente il ferro da certe località per trasportarlo altrove, sia soprattutto perché in passato in alcune zone esistevano miniere di ferro, mentre oggi non ne sono più; inoltre, in altre zone dove prima non ce n’erano, esse sono state recentemente scoperte e messe in produzione.
170
In che modo possa essere modificata anche in base alle diverse condizioni dell’impianto magnetico.
Ci sono anche coloro che affermano che questa variazione sia nulla in un magnete di forma rotonda posto in modo tale che uno dei suoi poli si trovi rivolto verso il nord, quando esso si trova nelle regioni settentrionali del pianeta, e verso il sud nell’altro emisfero; di conseguenza, tale magnete, posizionato all’interno di una piccola imbarcazione che galleggia sull’acqua, ruota sempre nella stessa direzione rispetto alla terra, senza mai deviare quando viene trasportato in luoghi diversi. Tuttavia, anche se non ho effettuato esperimenti che possano confermare la veridicità di questa affermazione, ritengo comunque che la declinazione di un magnete posizionato in questo modo non sia la stessa, e forse nemmeno così marcata come quando la linea che collega i suoi poli è parallela all’orizzonte; infatti, in tutte le regioni di questa terra esterna, ad eccezione dell’equatore e dei poli, esistono zone dove i corsi d’acqua seguono due tipi di percorsi: alcuni corrono lungo linee parallele all’orizzonte, perché provengono da luoghi più lontani e attraversano queste regioni; altri scorrono da basso verso l’alto o dall’alto verso il basso, perché emergono dalla terra interna o vi rientrano in quei punti specifici. Sono soprattutto questi ultimi corsi d’acqua a far ruotare il magnete posizionato sui poli, piuttosto che quelli descritti prima, i quali invece causano la variazione osservata quando il magnete si trova in un’altra posizione.
171
Perché il magnete attira il ferro.
La propriété de l’aimant qui est la plus commune et qui a été remarquée la première, est qu’il attire le fer, ou plutôt que le fer et l’aimant s’approchent naturellement l’un de l’autre lorsqu’il n’y a rien qui les retienne ; car, à proprement parler, il n’y a aucune attraction en cela : mais sitôt que le fer est dans la sphère de la vertu de l’aimant, cette vertu lui est communiquée, et les parties cannelées qui passent de cet aimant en ce fer chassent l’air qui est entre deux, faisant par ce moyen qu’ils s’approchent, ainsi qu’il a été dit de deux aimants en l’article 153 ; et même le fer a plus de facilité à se mouvoir vers l’aimant, que l’aimant à se mouvoir vers le fer, à cause que toute la matière du fer a des pores propres à recevoir les parties cannelées, au lieu que l’aimant est appesanti par la matière destituée de ces pores dont il a coutume d’être composé.
172
Pourquoi il soutient plus de fer lorsqu’il est armé que lorsqu’il ne l’est pas.
Mais il y en a plusieurs qui admirent qu’un aimant étant armé, c’est-à-dire ayant quelque morceau de fer attaché à l’un de ses pôles, puisse, par le moyen de ce fer, soutenir beaucoup plus d’autre fer qu’il ne ferait étant désarmé : de quoi néanmoins on peut assez facilement découvrir la cause, en remarquant que, bien que son armure lui aide à soutenir le fer qu’elle touche, elle ne lui aide point en même façon à faire approcher celui dont elle est tant soit peu séparée, ni même à le soutenir quand il y a quelque chose entre lui et elle, encore que ce ne fut qu’une feuille de papier fort déliée : car cela montre que la force de l’armure ne consiste en autre chose, sinon en ce qu’elle touche le fer d’autre façon que ne peut faire l’aimant : à savoir, parce que cette armure est de fer, tous ses pores se rencontrent vis-à-vis du fer qu’elle soutient, et les parties cannelées, qui passent de l’un en l’autre de ces fers, chassent tout l’air qui est entre deux, faisant par ce moyen que leurs superficies se touchent immédiatement, et c’est en cette sorte d’attouchement que consiste la plus forte liaison qui puisse joindre deux corps l’un à l’autre, ainsi qu’il a été prouvé ci-dessus : mais, à cause de la matière non métallique qui a coutume d’être en l’aimant, ses pores ne peuvent ainsi se rencontrer justement vis-à-vis de ceux du fer, c’est pourquoi les parties cannelées qui sortent de l’un ne peuvent entrer en l’autre qu’en coulant quelque peu de biais entre leurs superficies ; et ainsi, encore qu’elles les fassent approcher l’un de l’autre, elles empêchent néanmoins qu’ils ne se touchent tout à fait , à cause qu’elles retiennent entre deux autant d’espace qu’il leur en faut pour couler ainsi de biais des pores de l’un en ceux de l’autre.
173
Comment les deux pôles de l’aimant s’aident l’un l’autre à soutenir le fer.
Il y en a aussi quelques-uns qui admirent que, bien que les deux pôles d’un même aimant aient des vertus toutes contraires, en ce qui est de se tourner vers le sud et vers le nord, ils s’accordent néanmoins et s’entraident en ce qui est de soutenir le fer ; en sorte qu’un aimant, armé de ses deux pôles, peut porter presque deux fois autant de fer que lorsqu’il n’est armé qu’en l’un de ses pôles. Par exemple, si AB est un aimant aux deux pôles duquel sont jointes les armures CD et EF, tellement avancées en dehors vers D et F, que le fer GH peut être presque deux fois aussi pesant que s’il ne touchait qu’à l’une de ces deux armures. Mais la raison en est évidente à ceux qui considèrent le mouvement des parties cannelées qui a été expliqué ; car, bien qu’elles soient contraires les unes aux autres en ce que celles qui sortent de l’aimant par l’un de ses pôles n’y peuvent rentrer que par l’autre, cela n’empêche pas qu’elles ne joignent leurs forces ensemble pour attacher le fer à l’aimant ; à cause que celles qui sortent d’A, le pôle austral de cet aimant, étant détournées par l’armure CD vers b, où elles font le pôle boréal du fer GH, coulent de b vers a, le pôle austral du même fer ; et d’a par l’armure FE, entrent dans B, le pôle boréal de l’aimant ; comme aussi en inertie façon celles qui sortent de B retournent circulairement vers A par EF, HG et DC. Et ainsi elles attachent le fer autant à l’une de ces armures qu’à l’autre.
174
Pourquoi une pirouette de fer n’est point empêchée de tourner par l’aimant auquel elle est suspendue.
Mais ce mouvement des parties cannelées ne semble pas s’accorder si bien avec une autre propriété de l’aimant, qui est de pouvoir soutenir en empêchée de l’air une petite pirouette de fer pendant qu’elle tourne (soit qu’elle tourne à droite, soit à gauche), et de n’empêcher point qu’elle continue à se mouvoir étant suspendue à l’aimant plus longtemps qu’elle ne ferait étant appuyée sur une table. En effet, si les parties cannelées n’avaient qu’un mouvement droit, et que le fer et l’aimant se pussent tellement ajuster que tous les pores de l’un se trouvassent exactement vis-à-vis de ceux de l’autre, je croirais que ces parties cannelées, en passant de l’un en l’autre, devraient ajuster ainsi tous leurs pores, et par ce moyen empêcher la pirouette de tourner. Mais, parce qu’elles tournent elles-mêmes sans cesse les unes à droite, les autres à gauche, et qu’elles se réservent toujours quelque peu d’espace entre les superficies de l’aimant et du fer, par où elles coulent de biais des pores de l’un en ceux de l’autre, à cause qu’ils ne se rapportent pas les uns aux autres, elles peuvent tout aussi aisément passer des pores de l’aimant en ceux d’une pirouette lorsqu’elle tourne soit à droite, soit à gauche, que si elle était arrêtée, c’est pourquoi elles ne l’arrêtent point. Et parce que, pendant qu’elle est ainsi suspendue, il y a toujours quelque peu d’espace entre elle et l’aimant, son attouchement l’arrête bien moins que ne fait celui d’une table quand elle est appuyée dessus, et qu’elle la presse par sa pesanteur.
175
Comment deux aimants doivent être situés pour s’aider ou s’empêcher l’un l’autre à soutenir du fer.
Au reste, la force qu’a une pierre d’aimant à soutenir le fer peut diversement être augmentée ou diminuée par un autre aimant, ou par un autre morceau de fer, selon qu’il lui est diversement appliqué : mais il n’y a en cela qu’une règle générale à remarquer, qui est que toutes fois et quantes qu’un fer ou un aimant est tellement posé au regard d’un autre aimant qu’il fait aller quelques parties cannelées vers lui, il augmente sa force ; et au contraire, s’il est cause qu’il y en aille moins, il la diminue. Car, d’autant que les parties cannelées qui passent par un aimant sont en plus grand nombre ou plus agitées, il a d’autant plus de force, et elles peuvent venir vers lui en plus grand nombre et plus agitées d’un morceau de fer ou d’un autre aimant que de l’air seul, ou de quelque autre corps qu’on mette en leur place. Ainsi, non seulement lorsque le pôle austral d’un aimant est joint au pôle septentrional d’un autre, ils s’aident mutuellement à soutenir le fer qui est vers leurs autres pôles, mais ils s’aident aussi lorsqu’ils sont séparés à soutenir le fer qui est entre deux. Par exemple, l’aimant C est aidé par l’aimant F à soutenir contre soi le fer DE, qui lui est joint ; et réciproquement l’aimant F est aidé par l’aimant C à soutenir en l’air le bout de ce fer marqué E ; car il pourrait être si pesant que cet aimant F ne le soutiendrait pas ainsi en l’air si l’autre bout marqué D, au lieu d’être joint à l’aimant C, était appuyé sur quelque autre corps qui le retiendrait en la place où il est sans empêcher E de se baisser.
176
Pourquoi un aimant bien fort ne peut attirer le fer qui pend à un aimant plus faible.
The most common and earliest observed property of a magnet is that it attracts iron—or rather, that iron and a magnet naturally draw towards each other when nothing prevents them from doing so; for strictly speaking, there is no actual attraction at play in this process. However, once iron comes within the influence of the magnet’s “virtue,” this virtue is transmitted to the iron, and the channels present in the magnet that extend into the iron displace the air between them, causing the two objects to approach each other—just as it has been described for two magnets in Article 153. Moreover, iron tends to move towards a magnet more readily than a magnet moves towards iron. This is because every part of iron contains pores capable of receiving these channel-like structures, whereas a magnet, being composed of material lacking such pores, is inherently less inclined to move toward iron.
172
Why does it possess more strength when armed than when it is not?
However, there are many who marvel at how a magnet, when armed—that is, when a piece of iron is attached to one of its poles—can support much more iron than it could if it were unarmed. The cause of this phenomenon can be easily understood by observing that, although the magnet’s “armor” helps it to hold onto the iron it touches, it does not in the same way help it to bring closer the iron that is slightly separated from it, nor even to support it when something—such as a very thin sheet of paper—interposes between them. This shows that the strength of the magnet’s “armor” lies solely in its ability to interact with iron in a way that ordinary materials cannot: since the armor itself is made of iron, its pores align perfectly with those of the iron it supports, and the grooves that connect these two surfaces expel all the air between them, allowing their surfaces to touch directly. It is this direct contact that creates the strongest bond possible between two objects, as has been demonstrated above. However, because a magnet usually contains non-metallic materials, its pores cannot align perfectly with those of iron; as a result, the grooves that connect them must flow at an angle, preventing complete contact and thus reducing the strength of the bond.
173
How the two poles of a magnet help each other to hold up the iron.
There are also those who marvel at how, although the two poles of the same magnet possess completely opposite properties in terms of their tendency to point towards the south or north, they nevertheless work together and complement each other in their ability to attract iron. As a result, a magnet equipped with both poles can hold nearly twice as much iron as one that is only equipped with one pole. For example, if AB is a magnet whose two poles are connected by the arms CD and EF, which extend outward towards D and F respectively, such that the iron GH can be attracted with nearly twice the force as if it were only in contact with one of these arms. But the reason for this is evident to anyone who understands the mechanism described regarding the movement of those channel-shaped parts within the magnet. Although these parts move in opposite directions—those exiting from one pole can only re-enter through the other—this does not prevent them from combining their forces to attach the iron to the magnet. In fact, those parts that emerge from pole A, the southern pole of the magnet, are deflected by arm CD towards point b, where they form the northern pole of the iron GH; then they flow from b back towards a, the southern pole of the same iron. And from a, through arm FE, they enter into point B, the northern pole of the magnet. Similarly, due to inertia, those parts that exit from point B circulate back towards A via arms EF, HG, and DC. In this way, they ensure that the iron is firmly attached to either of these arms.
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Why isn’t a iron pirouette prevented from spinning by the magnet to which it is suspended?
However, this movement of the grooved parts does not seem to be in perfect accord with another property of magnets, which is their ability to support a small iron object while it spins—whether clockwise or counterclockwise—and to prevent it from stopping even when suspended by the magnet for a longer time than if it were placed on a table. Indeed, if the grooved parts only moved in a straight line, and if the iron and the magnet could be aligned in such a way that all their pores matched perfectly, I would believe that these grooves would prevent the object from spinning at all as it passed from one surface to another. But because the grooves continuously rotate in opposite directions, leaving some space between them and the surfaces of the magnet and iron, the object can still pass smoothly through these gaps regardless of the direction of rotation—just as easily as if it were stationary. Moreover, since there is always some distance between the suspended object and the magnet, its contact with it results in much less resistance than when it is pressed against a table by its own weight.
175
How must two magnets be positioned in order for them to either assist or prevent each other from holding up iron?
Furthermore, the force that a magnet possesses to attract iron can be increased or decreased in various ways by another magnet or by another piece of iron, depending on how they are positioned relative to each other. However, there is only one general rule to observe: whenever an iron object or a magnet is placed in such a way that its magnetic channels are directed toward another magnet, its attracting power increases; conversely, if those channels are directed away from it, its power decreases. This is because the more numerous and more vigorously the magnetic channels interact with another magnet or piece of iron, the greater the attracting force will be—these channels will allow more particles to move towards the other object with greater intensity than they would if there were only air or some other substance in between. Thus, not only does the southern pole of one magnet assist the northern pole of another in attracting iron toward their common poles, but they also work together when separated to attract iron that lies between them. For example, magnet C is aided by magnet F in attracting the iron DE towards it; likewise, magnet F is assisted by magnet C in holding the end marked E of that iron in the air—otherwise, if the end marked D were not attached to magnet C but instead rested on some other surface, it might be too heavy for magnet F to hold it suspended.
176
Why can a very strong magnet not attract the iron that is hanging from a weaker magnet?
La proprietà più comune e per prima nota dell’impianto è quella di attirare il ferro; o meglio, il ferro e l’impianto si avvicinano naturalmente l’uno all’altro quando non vi è nulla che li ostacoli; in realtà, non esiste alcuna vera attrazione tra loro. Tuttavia, non appena il ferro entra nella “sfera di virtù” dell’impianto, questa virtù viene trasmessa al ferro stesso; le parti cannicolate presenti nell’impianto e nel ferro allontanano l’aria che si trova tra loro, facendoli così avvicinare l’uno all’altro, proprio come accade tra due impianti, come descritto nell’articolo 153. Inoltre, il ferro ha maggiore facilità nel muoversi verso l’impianto rispetto a quest’ultimo nel muoversi verso di esso; ciò perché tutta la materia del ferro possiede pori adatti a ricevere tali parti cannicolate, mentre l’impianto è formato da una materia priva di tali pori.
172
Perché sostiene una pressione maggiore quando è armato rispetto a quando non lo è.
Ma ci sono molti che ammirano il fatto che un magnete, essendo munito di un pezzo di ferro attaccato a uno dei suoi poli, possa, grazie a questo ferro, sostenere una quantità molto maggiore di altro ferro rispetto a quanto riuscirebbe a fare se fosse privo di tale accessorio. Tuttavia, la causa di questo fenomeno è abbastanza facile da comprendere: sebbene l’armatura del magnete lo aiuti a sostenere il ferro che viene a contatto con essa, non gli permette in modo analogo di avvicinare quel ferro che si trova a una certa distanza da esso, né tantomeno di sostenerlo quando c’è qualcosa – anche solo un foglio di carta molto sottile – tra i due. Ciò dimostra che la forza dell’armatura non deriva altro dal fatto che essa entra in contatto con il ferro in modo diverso rispetto a come avviene nel caso del magnete: l’armatura, essendo fatta di ferro, fa sì che tutti i suoi pori si incontrino direttamente con il ferro che sostiene; inoltre, le parti cannelate presenti tra questi due materiali espellono tutta l’aria presente tra loro, permettendo alle loro superfici di toccarsi direttamente. È proprio questo tipo di contatto che crea il legame più forte possibile tra due corpi, come è stato dimostrato in precedenza. Nel caso del magnete, invece, a causa della materia non metallica che lo compone, i suoi pori non possono incontrarsi direttamente con quelli del ferro; per questo motivo, le parti cannelate presenti tra i due materiali devono scorrere leggermente di lato per permettere loro di entrare in contatto, e anche così, non riescono a far sì che si tocchino completamente, poiché lasciano uno spazio tra loro necessario per tale movimento laterale.
173
Come i due poli di un magnete si aiutano a vicenda per sostenere la lamina di ferro.
Ci sono anche coloro che ammirano il fatto che, sebbene i due poli di un medesimo magnete abbiano proprietà completamente opposte – nel senso che uno punta verso sud e l’altro verso nord – tuttavia si coordinano e si completano a vicenda nel compito di attirare il ferro; in questo modo, un magnete munito dei suoi due poli è in grado di trattenere quasi il doppio del ferro rispetto a quando è dotato soltanto di uno dei poli. Ad esempio, se AB rappresenta un magnete i cui due poli sono collegati alle armature CD ed EF, disposte in modo tale che il ferro GH possa essere attirato con forza quasi doppia rispetto a quando fosse attratto soltanto da una di queste armature. Ma la ragione di questo fenomeno è evidente per coloro che hanno compreso il meccanismo del movimento delle parti cannelate presenti nel magnete; infatti, anche se queste parti agiscono in modo opposto – quelle che escono da un polo del magnete possono rientrarvi soltanto dall’altro – ciò non impedisce loro di unire le loro forze per attirare il ferro verso il magnete. Le parti che escono dal polo australe A vengono deviate dall’armatura CD verso il punto b, dove formano il polo boreale del ferro GH; da lì scorrono verso il punto a, che rappresenta nuovamente il polo australe del ferro, e da qui entrano nel punto B, che è il polo boreale del magnete stesso. Allo stesso modo, per effetto dell’inerzia, le parti che escono dal punto B tornano circolarmente verso il punto A passando per EF, HG e DC; in questo modo, il ferro viene attirato con uguale forza sia da un’estremità che dall’altra del magnete.
174
Perché una piroetta di ferro non viene ostacolata nel suo movimento dall’impianto magnetico a cui è sospesa?
Ma questo movimento delle parti cannelate non sembra accordarsi bene con un’altra proprietà del magnete, che è quella di poter sostenere in aria una piccola ruota di ferro mentre questa gira (sia che giri a destra che a sinistra), senza impedirle di continuare a muoversi anche se sospesa per un periodo più lungo rispetto a quando è appoggiata su un tavolo. Infatti, se le parti cannelate avessero un movimento esclusivamente orizzontale, e se il ferro e il magnete potessero adattarsi in modo tale che tutti i pori di uno si trovassero esattamente di fronte a quelli dell’altro, crederei che queste parti cannelate, passando da un lato all’altro, dovrebbero adattare così tutti i loro pori, impedendo in questo modo al ferro di girare. Ma poiché esse stesse ruotano continuamente in direzioni opposte, e lasciano sempre uno spazio tra le loro superfici e quelle del magnete, permettendo così al ferro di scivolare obliquamente dai pori dell’uno a quelli dell’altro – poiché questi non si allineano perfettamente – esse possono ugualmente facilmente passare dai pori del magnete a quelli della ruota, sia che questa giri a destra che a sinistra, proprio come se fosse ferma. Inoltre, poiché quando è sospesa c’è sempre uno spazio tra di essa e il magnete, il contatto con quest’ultimo la frena molto meno rispetto al caso in cui sia appoggiata su un tavolo e vi si appoggia con tutto il proprio peso.
175
In che modo due magneti devono essere posizionati affinché si aiutino a vicenda o si impediscano reciprocamente di sollevare del ferro?
Del resto, la forza che un magnete ha nel trattenere il ferro può essere aumentata o diminuita in modo diverso da un altro magnete o da un altro pezzo di ferro, a seconda del modo in cui vengono utilizzati; tuttavia esiste una regola generale da osservare: ogni volta che un ferro o un magnete viene posizionato in modo tale che le sue parti cannelate si avvicinino ad un altro magnete, la sua forza aumenta; al contrario, se queste parti vengono allontanate, la sua forza diminuisce. Infatti, più le parti cannelate che passano attraverso un magnete sono numerose o in movimento rapido, maggiore sarà la sua forza, e tali parti potranno avvicinarsi ad esso con maggiore intensità rispetto all’aria o ad altri corpi che possano trovarsi nella loro stessa posizione. Pertanto, non solo quando il polo sud di un magnete è collegato al polo nord di un altro, entrambi si aiutano a trattenere il ferro situato tra i loro poli opposti, ma lo fanno anche quando sono separati, nel caso in cui il ferro si trovi tra di loro. Ad esempio, il magnete C viene aiutato dal magnete F nel trattenere contro di sé il ferro DE, che è collegato a esso; al contrario, il magnete F viene aiutato dal magnete C nel tenere sospeso in aria l’estremità del ferro contrassegnata con la lettera E: questo perché tale estremità potrebbe essere così pesante da non essere trattenuta in aria dal solo magnete F, se l’altra estremità contrassegnata con la lettera D non fosse collegata al magnete C e fosse appoggiata su qualche altro corpo che la sostiene nella sua posizione.
176
Perché un magnete molto potente non riesce ad attrarre il ferro che pende da un magnete più debole?
Mais pendant que l’aimant F est ainsi aidé par l’aimant C à soutenir le fer DE, il est empêché par ce même aimant de faire approcher ce fer vers soi : car il est à remarquer que pendant que ce fer touche C, il ne peut être attiré par F, lequel il ne touche point, nonobstant qu’on suppose ce dernier beaucoup plus puissant que le premier : dont la raison est que les parties cannelées passant au travers de ces deux aimants et de ce fer, ainsi que s’ils n’étaient qu’un seul aimant, en la façon déjà expliquée, n’ont point notablement plus de force en l’un des endroits qui est entre C et F qu’en l’autre, et par conséquent ne peuvent faire que le fer DE quitte C pour aller vers F, d’autant qu’il n’est pas retenu vers C, par la seule force qu’a cet aimant pour l’attirer, mais principalement aussi parce qu’ils se touchent, bien que ce ne soit pas en tant de parties que si cet aimant était armé.
177
Pourquoi quelquefois au contraire, le plus faible aimant attire le fer d’un autre plus fort.
Et ceci fait entendre pourquoi un aimant qui a peu de force, ou même un simple morceau de fer, peut souvent détacher un autre fer d’un aimant fort puissant auquel il est joint. Car il faut remarquer que cela n’arrive jamais, si ce n’est que le plus faible aimant touche aussi le fer qu’il doit séparer de l’autre ; et que lorsqu’un fer de figure longue, comme DE, touche deux aimants situés comme C et E, en sorte qu’il touche de ses deux bouts deux de leurs pôles qui aient diverse vertu, si on retire ces deux aimants l’un de l’autre, le fer qui les touchait tous deux ne demeurera pas toujours joint au plus fort, ni toujours aussi au plus faible, mais quelquefois à celui-ci, et quelquefois à celui-là. Ce qui montre que la seule raison qui fait qu’il en suit l’un plutôt que l’autre, est qu’il se rencontre qu’il touche en une superficie tant soit peu plus grande, ou bien en plus de points, celui auquel il demeure attaché.
178
Pourquoi en ces pays septentrionaux le pôle austral de l’aimant peut tirer plus de fer que l’autre.
On peut aussi entendre pourquoi le pôle austral de toutes les pierres d’aimant semble avoir plus de force, et soutient plus de fer en cet hémisphère septentrional que leur autre pôle ; en considérant comment l’aimant C est aidé par l’aimant F à soutenir le fer DE. Car la terre étant aussi un aimant, elle augmente la force des autres aimants, lorsque leur pôle austral est tourné vers son pôle boréal, en même façon que l’aimant F augmente celle de l’aimant C ; comme aussi au contraire elle la diminue lorsque le pôle septentrional de ces autres aimants est tourné vers elle en cet hémisphère septentrional.
179
Comment s’arrangent les grains de la limure d’acier autour d’un aimant.
Et si on s’arrête à considérer en quelle façon la poudre ou limure de fer qu’on a jetée autour d’un aimant s’y arrange, on y pourra remarquer beaucoup de choses qui confirmeront la vérité de celles que je viens de dire. Car, en premier lieu, on y verra que les petits grains de cette poudre ne s’entassent pas confusément, mais que, se joignant en long les uns aux autres, ils composent comme des filets qui sont autant de petits tuyaux par où passent les parties cannelées plus librement que par l’air, et qui pour ce sujet peuvent servir à faire connaître les chemins qu’elles tiennent après être sorties de l’aimant. Mais, afin qu’on puisse voir à l’œil quelle est l’inflexion de ces chemins, il faut répandre cette limure sur un plan bien uni, au milieu duquel soit enfoncé un aimant sphérique, en telle sorte que ses deux pôles le touchent, comme on a coutume d’enfoncer les globes dans le cercle de l’horizon pour représenter la sphère droite : car les petits grains de cette limure s’arrangeront sur ce plan suivant des lignes qui marqueront exactement le chemin que j’ai dit ci-dessus que prennent les parties cannelées autour de chaque aimant et aussi autour de toute la terre. Puis si on enfonce en même façon deux aimants dans ce plan, et que le pôle boréal de l’un soit tourné vers l’austral de l’autre, comme ils sont en cette figure, la limure mise autour fera voir que les parties cannelées prennent leur cours autour de ces deux aimants en même façon que s’ils n’étaient qu’un : car les lignes suivant lesquelles s’arrangeront ses petits grains, seront droites entre les deux pôles qui se regardent, comme sont ici celles qu’on voit entre A et b, et les autres seront repliées des deux côtés, comme on voit celles que désignent les lettres BRVXTa. On peut aussi voir, en tenant un aimant avec la main, l’un des pôles duquel, par exemple l’austral, soit tourné vers la terre, et qu’il y ait de la limure de fer pendue à ce pôle, que s’il y a un autre aimant au-dessous, dont le pôle de même vertu, à savoir l’austral, soit tourné vers cette limure, les petits filets qu’elle compose, qui pendent tout droit de haut en bas lorsque ces deux aimants sont éloignés l’un de l’autre, se replient de bas en haut lorsqu’on les approche ; à cause que les parties cannelées de l’aimant supérieur qui coulent le long de ces filets, sont repoussées vers en haut par leurs semblables qui sortent de l’aimant inférieur. Et même si cet aimant inférieur est plus fort que l’autre, il en détachera cette limure et la fera tomber sur soi lorsqu’ils seront proches ; à cause que ses parties cannelées faisant effort pour passer par les pores de la limure, et ne pouvant y entrer que par les superficies de ses grains qui sont jointes à l’autre aimant, elles les sépareront de lui. Mais si, au contraire, on tourne le pôle boréal de l’aimant inférieur vers l’austral du supérieur, auquel pend cette limure, elle allongera ses petits filets en ligne droite, à cause que leurs pores seront disposés à recevoir toutes les parties cannelées qui passeront de l’un de ses pôles à l’autre ; mais la limure ne se détachera point pour cela de l’aimant supérieur pendant qu’elle ne touchera point à l’autre, à cause de la liaison qu’elle acquiert par l’attouchement, ainsi qu’il a tantôt été dit. Et à cause de cette même liaison, si la limure qui pend à un aimant fort puissant est touchée par un autre aimant beaucoup plus faible, ou seulement par quelque morceau de fer, il y aura toujours plusieurs de ses grains qui quitteront le plus fort aimant, et demeureront attachés au plus faible, ou bien au morceau de fer, lorsqu’on les retirera d’auprès de lui : dont la raison est que les petites superficies de cette limure étant fort diverses et inégales, il se rencontre toujours que plusieurs de ces grains touchent en plus de points ou par une plus grande superficie le plus faible aimant que le plus fort.
180
Comment une lame de fer jointe à l’un des pôles de l’aimant empêche sa vertu.
Une lame de fer qui, étant appliquée contre l’un des pôles d’un aimant, lui sert d’armure et augmente de beaucoup la force qu’il a pour soutenir d’autre fer, empêche celle qu’a ce même aimant pour attirer ou faire tourner vers soi les aiguilles qui sont proche de ce pôle. Par exemple, la lame DCD empêche que l’aimant AB, au pôle duquel elle est jointe, ne fasse tourner ou approcher de soi l’aiguille EF, ainsi qu’il ferait si cette lame était ôtée. Dont la raison est que les parties cannelées qui continueraient leur cours de B vers EF, s’il n’v avait que de l’air entre deux, entrant en cette lame par son milieu C, sont détournées par elle vers les extrémités DD, d’où elles retournent vers A, et ainsi à peine peut-il y en avoir aucune qui aille vers l’aiguille EF : en même façon qu’il a été dit ci-dessus qu’il en vient peu jusqu’à nous de celles qui passent par la seconde région de la terre, à cause qu’elles retournent presque toutes d’un pôle vers l’autre, par la croûte intérieure de la troisième région où nous sommes ; et que c’est ce qui fait que la vertu de l’aimant nous paraît en elle si faible.
181
Que cette même vertu ne peut être empêchée par l’interposition d’aucun autre corps.
But while the magnet F is thus assisted by magnet C in holding the iron DE in place, it is precisely this same magnet C that prevents F from drawing the iron DE toward itself. For it should be noted that as long as the iron DE touches magnet C, it cannot be attracted by magnet F, which it does not touch at all—despite the assumption that magnet F is much more powerful than magnet C. The reason for this is that the channel-like parts passing through both magnets and the iron DE, just as if they were a single magnet, do not possess significantly greater force in the region between magnets C and F than in any other part; consequently, they can only cause the iron DE to move away from magnet C toward magnet F. Moreover, this movement is not solely due to the attraction exerted by magnet C, but also because the two magnets actually touch each other, even though they are not designed in such a way that their magnetic fields interact directly.
177
Why is it that sometimes, on the contrary, the weaker magnet attracts the iron of a stronger one?
And this explains why a magnet of weak strength, or even a simple piece of iron, can often separate another piece of iron from a much stronger magnet to which it is attached. For it must be noted that this never happens unless the weaker magnet also touches the piece of iron that it is intended to separate from the other magnet; and moreover, when a long-shaped piece of iron, such as DE, touches two magnets positioned at C and E, so that its two ends come into contact with two poles of different properties, if these two magnets are then separated from each other, the iron piece that was in contact with both magnets will not always remain attached to the stronger one, nor always to the weaker one; sometimes it will stay attached to the weaker magnet, and sometimes to the stronger one. This demonstrates that the only reason why it remains attached to one magnet rather than the other is that it happens to make contact with that magnet over a larger surface area, or at more points, thereby maintaining its connection.
178
Why, in these northern countries, does the southern pole of the magnet attract more iron than the other pole?
One can also understand why the southern pole of all magnets seems to possess greater strength, and is capable of holding more iron in this northern hemisphere than their northern pole; by considering how magnet C is aided by magnet F in holding onto iron DE. For the earth itself being a magnet as well, it enhances the power of other magnets when their southern poles are oriented toward its northern pole, just as magnet F increases the strength of magnet C; conversely, it diminishes that strength when the northern poles of those other magnets are directed toward it in this northern hemisphere.
179
How do the particles of steel rust arrange themselves around a magnet?
And if we observe carefully the way in which the iron powder or dust that we scatter around a magnet arranges itself, we can notice many details that will confirm the truth of what I have just said. For first of all, we will see that these tiny particles do not pile up haphazardly, but rather, by aligning end to end, they form sort of “nets” that function like small tubes through which the magnetic flux can pass more freely than through the air itself. These nets can thus help us understand the paths that the magnetic fields follow after leaving the magnet. However, in order to visually discern these pathways, we must spread this iron dust on a flat surface and place a spherical magnet in its center so that its two poles touch the dust, just as we would place globes at the horizon to represent the earth’s sphere. The particles of iron dust will then arrange themselves along lines that precisely mark the paths I described earlier—the paths followed by the magnetic flux around any magnet, including the entire earth. If we then place two magnets in this same arrangement, with the northern pole of one facing the southern pole of the other, as shown in the diagram, the iron dust surrounding them will reveal that the magnetic fields flow around both magnets in the same way as if they were a single magnet. The lines along which the particles arrange themselves will be straight between the two poles facing each other, just like the line between points A and B in the diagram; whereas other lines will bend inward on either side, as indicated by the letters BRVXTa. We can also observe this phenomenon by holding a magnet with its southern pole facing the ground, and hanging some iron dust from that pole. If another magnet is placed underneath it with its southern pole also facing the dust, the iron dust strands that hang vertically between the magnets will bend upward when the two magnets are brought closer together. This is because the magnetic fields of the upper magnet push the dust strands upward, as their corresponding fields on the lower magnet pull them in the opposite direction. Even if the lower magnet is stronger than the upper one, it will still cause the dust to fall onto it when they come close—because the magnetic fields of the lower magnet try to pass through the particles of the upper magnet’s dust, but can only do so along the surfaces where those particles are in contact with the other magnet, causing them to separate from each other. But on the contrary, if one turns the northern pole of the lower magnet towards the southern pole of the upper magnet to which this limy substance is attached, it will extend its tiny filaments in a straight line, because their pores will be positioned to receive all those channelled parts that pass from one pole to the other. However, the limy substance will not detach itself from the upper magnet as long as it remains in contact with it, due to the bond that is established through contact, as has been explained earlier. And precisely because of this same bond, if the limy substance attached to a powerful magnet comes into contact with another much weaker magnet, or even with a piece of iron, several of its particles will always detach from the stronger magnet and remain attached to the weaker one—or to the piece of iron—when they are removed from it. The reason for this is that the tiny surfaces of this limy substance are highly varied and irregular in shape; as a result, multiple particles always come into contact with the weaker magnet at more than one point or over a larger surface area than with the stronger magnet.
180
How can a piece of iron attached to one pole of a magnet prevent it from performing its function?
An iron blade that, when placed against one pole of a magnet, serves as its armor and greatly enhances its ability to attract or draw other pieces of iron toward itself, prevents the magnet from exerting that same force to attract or turn toward it any needles located near that pole. For example, the DCD blade prevents the magnet AB, at the pole to which it is attached, from causing the needle EF to move toward it or be attracted by it, just as it would if the blade were removed. The reason for this is that the channel-shaped portions of the magnetic field that would otherwise extend from B toward EF, if there were only air between them, are diverted by the blade through its central portion C and directed instead toward the ends DD, from where they return toward A. As a result, almost none of these magnetic fields are able to reach the needle EF. Similarly, it has been said above that very few magnetic fields passing through the second region of the earth actually reach us, because nearly all of them are diverted from one pole to the other by the inner crust of the third region in which we reside; and it is precisely this phenomenon that makes the magnetic force of magnets seem so weak to us.
181
That precisely this same virtue cannot be prevented by the intervention of any other entity or substance.
Ma mentre il magnete F viene così aiutato dal magnete C a sostenere il ferro DE, è proprio lo stesso magnete C a impedirgli di attirare quel ferro verso di sé: infatti, quando il ferro DE tocca il magnete C, non può essere attratto dal magnete F, che invece non tocca affatto; nonostante si supponga che il magnete F sia molto più potente del primo. La ragione di ciò è che le parti cannelate presenti in entrambi i magneti e nel ferro DE, proprio come se fossero un unico magnete, non possiedono una forza maggiore in alcuna delle zone situate tra C e F rispetto alle altre; pertanto, il ferro DE può soltanto allontanarsi dal magnete C per dirigersi verso il magnete F, non perché venga trattenuto da quest’ultimo, ma soprattutto perché i due magneti si toccano, anche se non attraverso le loro parti cannelate come avverrebbe in un unico magnete.
177
Perché, a volte, invece, è proprio il magnete più debole ad attrarre il ferro di un altro più forte.
E questo spiega perché un magnete di debole forza, o addirittura un semplice pezzo di ferro, possa spesso staccare un altro pezzo di ferro da un magnete molto potente a cui è attaccato. Infatti, ciò non accade mai se il magnete più debole non tocca anche il pezzo di ferro che deve separare dall’altro; inoltre, quando un pezzo di ferro di forma allungata, come DE, tocca due magneti posizionati rispettivamente come C ed E, in modo che i suoi due estremi tocchino due poli dei magneti aventi proprietà diverse, se si allontanano questi due magneti l’uno dall’altro, il pezzo di ferro che li toccava entrambi non rimarrà sempre attaccato a quello più potente, né sempre a quello più debole, ma a volte a uno e a volte all’altro. Ciò dimostra che l’unica ragione per cui avviene questo fenomeno è che il pezzo di ferro si trova, in qualche modo, a contatto su una superficie più ampia o in più punti con il magnete al quale rimane attaccato.
178
Perché in questi paesi settentrionali il polo magnetico sud è in grado di attirare più ferro dell’altro polo.
Si può anche comprendere perché il polo sud di tutte le pietre magnetiche sembra avere una forza maggiore e riesce a sostenere una quantità maggiore di ferro in questo emisfero settentrionale rispetto al loro altro polo; considerando infatti come il magnete C sia aiutato dal magnete F nel sostenere il ferro DE. Poiché la Terra stessa è un magnete, essa aumenta la forza degli altri magneti quando il loro polo sud è rivolto verso il suo polo nord, proprio come il magnete F aumenta quella del magnete C; al contrario, tale forza diminuisce quando il polo settentrionale di questi altri magneti è rivolto verso di essa in questo emisfero settentrionale.
179
Come si disposano i granelli di limatura d’acciaio attorno a un magnete?
E se ci si sofferma a osservare in che modo la polvere o la limatura di ferro gettata intorno a un magnete si dispone al suo interno, si potranno notare molte cose che confermeranno la veridicità di quanto ho appena detto. Infatti, innanzitutto, si vedrà che i piccoli granelli di questa polvere non si accumulano in modo disordinato, ma si uniscono tra loro formando delle reti simili a piccoli tubi attraverso cui le parti cannelate del magnete passano più facilmente rispetto all’aria; tali strutture possono quindi aiutare a comprendere i percorsi che queste parti seguono dopo essere uscite dal magnete. Tuttavia, affinché si possa osservare visivamente la direzione di questi percorsi, è necessario disporre questa limatura su un piano uniforme e inserire al suo centro un magnete sferico, in modo che i suoi due poli lo tocchino completamente; così facendo, i piccoli granelli della limatura si disporranno lungo linee che indicano esattamente il percorso descritto. Se poi si inseriscono altri due magneti nello stesso piano, con il polo boreale di uno rivolto verso l’polo australe dell’altro, la limatura intorno a loro mostrerà chiaramente che le parti cannelate seguono lo stesso percorso sia intorno a questi due magneti che intorno alla Terra intera. Inoltre, tenendo un magnete in mano e facendo sì che uno dei suoi poli (ad esempio l’polo australe) sia rivolto verso la Terra, e se si appende della limatura di ferro a questo polo, si noterà che, quando si avvicina un altro magnete con il polo australe rivolto verso questa stessa limatura, le reti formate dai granelli di limatura si piegano verso l’alto quando i due magneti sono distanti tra loro, e viceversa quando sono vicini; ciò accade perché le parti cannelate del magnete superiore vengono spinte verso l’alto dalle parti corrispondenti del magnete inferiore. Anche se il magnete inferiore è più potente dell’altro, riesce comunque a staccare la limatura dal primo e a farla cadere su di sé quando i due magneti sono vicini; ciò avviene perché le parti cannelate del magnete superiore, cercando di passare attraverso i pori della limatura, non possono entrare se non attraverso le superfici dei suoi granelli che sono in contatto con il magnete inferiore, e quindi queste parti separano i due magneti l’uno dall’altro. Ma se, al contrario, si ruota il polo boreale dell’impianto magnetico inferiore verso l’ polo australe di quello superiore, al quale è attaccata questa sostanza, essa allungherà i suoi piccoli filamenti in linea retta, poiché i suoi pori saranno disposti in modo da ricevere tutte le parti canulate che passeranno da un polo all’altro; tuttavia, la sostanza non si staccherà dall’impianto magnetico superiore finché non toccherà l’altro polo, a causa del legame che si stabilisce attraverso il contatto, come è stato detto in precedenza. E proprio per questo stesso legame, se la sostanza attaccata a un impianto magnetico molto potente viene a contatto con un altro impianto molto più debole, o semplicemente con un pezzo di ferro, alcuni dei suoi granelli lasceranno l’impianto più potente e rimarranno attaccati a quello più debole o al pezzo di ferro quando verranno separati da esso: la ragione di ciò è che le piccole superfici di questa sostanza sono molto diverse e irregolari, quindi alcuni dei suoi granelli entrano in contatto con l’impianto più debole in più punti o su una superficie più ampia rispetto a quello più potente.
180
Come una lama di ferro fissata a uno dei poli di un magnete possa impedire che esso eserciti la propria funzione.
Una lama di ferro che, posta a contatto con uno dei poli di un magnete, ne agisce come armatura, aumentando notevolmente la sua capacità di trattenere un altro pezzo di ferro; al contempo, impedisce al medesimo magnete di attrarre o far ruotare verso di sé le aghi situati vicino a quel polo. Ad esempio, la lama DCD impedisce che il magnete AB, al polo con cui è collegata, faccia ruotare o avvicinare verso di sé l’ago EF, proprio come accadrebbe se quella lama venisse rimossa. La ragione di ciò è che le parti cannelate della lama, che in assenza di essa proseguirebbero il loro percorso da B verso EF, entrando nella lama attraverso il suo centro C, vengono deviate verso le estremità DD; da lì tornano indietro verso A, impedendo così che alcuna di esse raggiunga effettivamente l’ago EF. Allo stesso modo, poche delle forze magnetiche che provengono dalla seconda regione della Terra riescono a raggiungerci, poiché quasi tutte vengono deviate da una parte all’altra attraverso la crosta interna della terza regione in cui ci troviamo; ed è proprio questo il motivo per cui la forza magnetica sembra così debole ai nostri occhi.
181
Che questa stessa virtù non possa essere ostacolata dall’intervento di alcun altro elemento esterno.
Mais, excepté le fer et l’aimant, nous n’avons aucun autre corps en cette terre extérieure qui, étant mis en la place où est cette lame CD, puisse empêcher que la vertu de l’aimant AB ne passe jusqu’à l’aiguille EF : car nous n’en avons aucun, autre corps, tant solide et tant dur qu’il puisse être, dans lequel il n’y ait plusieurs pores, non pas véritablement qui soient ajustés à la figure des parties cannelées, comme sont ceux du fer et de l’aimant, mais qu’ils sont beaucoup plus grands, en sorte que le second élément les occupe ; ce qui fait que les parties cannelées passent aussi aisément par dedans ces corps durs que par l’air, par lequel elles ne peuvent passer, non plus que par eux, sinon en se faisant faire place par les parties du second élément qu’elles rencontrent.
182
Que la situation de l’aimant, qui est contraire à celle qu’il prend naturellement quand rien ne l’empêche, lui ôte peu à peu sa vertu.
Je ne sais aussi aucune chose qui fasse perdre la vertu à l’aimant ou au fer, excepté lorsqu’on le retient longtemps en une situation contraire à celle qu’il prend naturellement, quand rien ne l’empêche de tourner ses pôles vers ceux de la terre ou des autres aimants dont il est proche, et aussi lorsque l’humidité ou la rouille le corrompt, et enfin lorsqu’il est mis dans le feu, mais s’il est retenti longtemps hors de sa situation naturelle, les parties cannelées qui viennent de la terre, ou des autres aimanta proches font effort pour entrer, à contresens dans ses pores, et par ce moyen, changeant peu à peu leurs figures, lui font perdre sa vertu.
183
Que cette vertu peut aussi lui être ôtée par le feu et diminuée par la rouille.
La rouille aussi en sortant hors des parties métalliques de l’aimant bouche les entrées de ses pores, en sorte que les parties cannelées n’y sont pas si aisément reçues, et l’humidité fait en quelque façon le semblable, en tant qu’elle dispose à la rouille ; et enfin, le feu étant assez fort trouble l’ordre des parties du fer ou de l’aimant en les agitant, et même il peut être si violent qu’il change aussi la figure de leurs pores. Au reste, je ne crois pas qu’on ait encore jamais observé aucune chose touchant l’aimant qui soit vraie, et en laquelle l’observateur ne se soit point mépris, dont la raison ne soit comprise en ce que je viens d’expliquer, et n’en puisse facilement être déduite.
184
Quelle est l’attraction de l’ambre, du jayet, de la cire, du verre, etc.
Mais, après avoir parlé de la vertu qu’a l’aimant pour attirer le fer, il semble à propos que je dise aussi quelque chose de celle qu’ont l’ambre, le jayet, la cire, la résine, le verre, et plusieurs autres corps, pour attirer toutes sortes de petits fétus. Car, encore que mon dessein ne soit pas d’expliquer ici la nature d’aucun corps particulier, sinon en tant qu’elle peut servir à confirmer la vérité de ce que j’ai écrit touchant ceux qui se trouvent le plus universellement partout, et qui peuvent être pris pour les éléments de ce monde visible, encore aussi que je ne puisse savoir assurément pourquoi l’ambre ou le jayet a telle vertu, si je ne fais premièrement plusieurs expériences qui me découvrent intérieurement quelle est leur nature, toutefois à cause que la même vertu est dans le verre duquel j’ai été ci-dessus obligé de parler entre les effets du feu, si je n’expliquais point en quelle sorte cette vertu est en lui, on aurait sujet de douter des autres choses que j’en ai écrites, vu principalement que ceux qui remarquent que presque tous les autres corps où est cette vertu sont gras ou huileux, se persuaderaient peut-être qu’elle consiste en ce que, lorsqu’on frotte ces corps (car il est ordinairement besoin de les frotter afin qu’elle soit excitée), il y a quelques-unes des plus petites de leurs parties qui se répandent par l’air d’alentour, et qui, étant composées de plusieurs petites branches, demeurent tellement liées les unes aux autres qu’elles retournent incontinent après vers le corps d’où elles sont sorties, et apportent vers lui les petits fétus auxquels elles se sont attachées ; ainsi qu’on voit quelquefois qu’en secouant un peu le bout d’une baguette auquel pend une goutte de quelque liqueur fort gluante, qu’une partie de cette liqueur, file en l’air, et descend jusqu’à une certaine distance, puis remonte incontinent de soi-même vers le reste de la goutte qui est demeuré joint à la baguette, et y apporte aussi des fétus si elle en rencontre en son chemin : car on ne peut imaginer rien de semblable dans le verre, au moins si sa nature est telle que je l’ai décrite ; c’est pourquoi il est besoin que je cherche en lui une autre cause de cette attraction.
185
Quelle est la cause de cette attraction dans le verre.
Or en considérant de quelle façon j’ai dit qu’il se fait, on peut connaître que les intervalles qui sont entre ses parties doivent être pour la plupart de figure longue, et que c’est seulement le milieu de ces intervalles qui est assez large pour donner passage aux parties du second élément, lesquelles rendent le verre transparent, de sorte qu’il demeure des deux côtés en chacun de ces intervalles des petites fentes si étroites qu’il n’y a rien que le premier élément qui les puisse occuper ; ensuite de quoi il faut remarquer touchant ce premier élément, dont la propriété est de prendre toujours la figure des lieux où il se trouve, que pendant qu’il coule par ces petites fentes, les moins agitées de ses parties s’attachent les unes aux autres, et composent des bandelettes qui sont fort minces, mais qui ont un peu de largeur et beaucoup plus de longueur, et qui vont et viennent en tournoyant de tous côtés entre les parties du verre, sans jamais guère s’en éloigner, à cause que les passages qu’elles trouvent dans l’air, ou dans les autres corps qui l’environnent, ne sont pas si ajustés à leur mesure, ni si propres à les recevoir. Car, encore que le premier élément soit très fluide, il a néanmoins en soi des parties qui sont moins agitées que le reste de sa matière, ainsi qu’il a été expliqué aux articles 87 et 88 de la troisième partie, et il est raisonnable de croire que, pendant que ce qu’il y a de plus fluide en sa matière passe continuellement de l’air dans le verre, et du verre dans l’air, les moins fluides de ses parties qui se trouvent dans le verre y demeurent dans les fentes auxquelles ne répondent pas les pores de l’air, et que là se joignant les unes aux autres elles composent ces bandelettes, lesquelles acquièrent par ce moyen en, peu de temps des figures si fermes qu’elles ne peuvent pas aisément être changées ; ce qui est cause que lorsqu’on frotte le verre assez fort, en sorte qu’il s’échauffe quelque peu, ces bandelettes qui sont chassées hors de ses pores par cette agitation, sont contraintes d’aller vers l’air et vers les autres corps d’alentour, où ne trouvant pas des pores si propres à les recevoir, elles retournent aussitôt dans le verre, et y amènent avec soi les fétus, ou autres petite corps dans les pores desquels elles se trouvent engagées.
186
Que la même cause semble aussi avoir lieu en toutes les autres attractions.
But, apart from iron and magnet, we have no other substance on this external earth that, if placed in the position where that blade CD is located, could prevent the magnetic force of the magnet AB from reaching the needle EF. For we do not possess any such substance—no matter how solid or hard it may be—that does not contain numerous pores, not necessarily ones that are precisely shaped to fit the grooves of those objects, but rather pores that are much larger, allowing the second element to fill them entirely. As a result, the grooved parts can pass through these hard substances just as easily as they can pass through air—though they cannot pass through air at all, nor can they pass through these hard substances unless the parts of the second element they encounter make room for them.
182
How the situation of a magnet, which is contrary to its natural state when nothing hinders it, gradually deprives it of its properties.
I also know of nothing that can cause a magnet or iron to lose its magnetic properties, except when it is kept for a long time in a situation contrary to its natural state—when nothing prevents it from aligning its poles with those of the earth or other nearby magnets—and also when it becomes corroded by moisture or rust. Finally, when it is placed in fire, if it remains outside its natural environment for an extended period, the channels within it that originate from the earth or nearby magnets exert force to try to enter these pores in the opposite direction. Through this process, gradually changing their own structure, they cause the magnet to lose its magnetic properties.
183
How yet this virtue can also be stripped away by fire and diminished by rust.
Rust also blocks the pores of an magnet once it emerges from its metallic parts; as a result, substances that are supposed to enter through these pores cannot do so easily. Humidity behaves in a similar manner, as it facilitates the formation of rust. Moreover, intense heat disrupts the structure of the iron or magnetic material by disturbing its internal arrangement; in extreme cases, it can even alter the shape of these pores. In conclusion, I believe that nothing regarding magnets has ever been observed that is truly accurate and free from any misunderstandings on the part of the observer—nothing whose cause cannot be understood based on what I have just explained, nor anything that cannot be easily deduced from it.
184
What is it about amber, jet, wax, glass, and so on that attracts people?
But after having discussed the virtue that magnets possess in attracting iron, it seems appropriate for me to also speak about the similar properties possessed by amber, jayet, wax, resin, glass, and several other substances in attracting various kinds of small particles. For although my intention is not to explain the nature of any particular substance here, except in so far as it may serve to confirm the truth of what I have written regarding those substances that are most universally present everywhere and can be considered as the elements of this visible world; and although I cannot certainly know why amber or jayet possess such a virtue, unless I first conduct various experiments that reveal their true nature to me; yet, since the same virtue exists in glass—of which I had to speak earlier in connection with the effects of fire—it would be unjustifiable for me not to explain in what manner this virtue is inherent in it. Otherwise, people might begin to doubt the other things I have written about it. Moreover, those who observe that nearly all substances containing this virtue are greasy or oily might assume that its essence lies in the fact that when such substances are rubbed together (for usually friction is necessary to activate this virtue), some of their smallest particles are released into the surrounding air. These particles, being composed of numerous tiny branches, remain so closely bound to each other that they immediately return to the substance from which they originated, carrying with them any small particles to which they have attached themselves. Similarly, when one shakes the end of a stick onto which a drop of highly viscous liquid has been hung, some of the liquid may be drawn into the air and travel a certain distance before returning to the droplet, also carrying along any tiny particles it encounters on its path. However, such a mechanism cannot possibly explain the same phenomenon in glass, at least not if its nature is truly as I have described it; therefore, it is necessary for me to seek another explanation for this attraction within glass itself.
185
What is the cause of this attraction within glass?
Or, by considering the manner in which this process occurs, it can be understood that the intervals between the various parts of this substance are mostly of a long shape, and that only the middle portions of these intervals are wide enough to allow the passage of those components of the second element that make the glass transparent. As a result, on both sides of each of these intervals, there remain extremely narrow fissures through which only the first element can pass; furthermore, it should be noted that this first element, which always assumes the shape of the surrounding medium, tends to cause its less mobile parts to adhere together while flowing through these narrow fissures. These adhered parts form very thin, yet somewhat wide and considerably long strands that move back and forth continuously between the various parts of the glass, never straying far from their original path. This is because the passages available in the air or other surrounding substances are not sufficiently suited to accommodate them. Although the first element is highly fluid, it still contains portions that are less mobile than the rest of its substance—as explained in Articles 87 and 88 of the third part—and it is reasonable to assume that as the more fluid parts continuously move from the air into the glass and back again, the less fluid parts remaining within the glass remain trapped in those narrow fissures. There, they join together to form these strands, which over time become so solid that their shape is hardly altered. Consequently, when the glass is rubbed vigorously enough to generate some heat, these strands, being forced out of the glass’s pores by the resulting agitation, are compelled to move towards the air and other surrounding substances. However, since these external substances do not have pores suitable for their passage, they immediately return back into the glass, carrying with them any tiny particles or other matter that may be lodged within those pores.
186
That the same cause seems to be at work in all other instances as well.
Ma, ad eccezione del ferro e dell’impianto, non abbiamo alcun altro corpo in questa terra esterna che, posto al posto di quella lama CD, possa impedire che la forza dell’impianto AB raggiunga l’ago EF: poiché non esiste alcun corpo così solido e duro da non presentare numerosi pori; questi pori, però, non sono affatto adattati alla forma delle parti cannelate del ferro e dell’impianto, ma sono molto più grandi, al punto che il secondo elemento li occupa interamente; di conseguenza, le parti cannelate riescono a passare facilmente attraverso questi corpi duri, proprio come attraverso l’aria, attraverso la quale non potrebbero passare affatto, se non grazie alle parti del secondo elemento che incontrano lungo il loro percorso.
182
La situazione in cui si trova il magnete, diversa da quella che assume naturalmente quando nulla glielo impedisce, gli toglie gradualmente la sua proprietà magnetica.
Non conosco nulla che possa far perdere la propria proprietà magnetica all’impianto o al ferro, tranne quando vengono trattenuti a lungo in una posizione contraria a quella naturale; quando non vi è nulla che impedisca loro di orientare i propri poli verso quelli della Terra o di altri impianti vicini; quando sono corrotti dall’umidità o dalla ruggine; e infine, quando vengono messi nel fuoco. Tuttavia, se vengono trattenuti a lungo al di fuori della loro posizione naturale, le parti cannelate provenienti dalla Terra o da altri impianti vicini fanno sforzo per entrare nei loro pori, in senso contrario alla loro direzione naturale; e in questo modo, modificando gradualmente la loro struttura, fanno perdere all’impianto la sua proprietà magnetica.
183
Che anche questa virtù possa essere tolta dal fuoco e ridotta dall’ossidazione.
Anche la ruggine, uscendo dalle parti metalliche dell’impianto magnetico, ostruisce gli ingressi dei suoi pori; di conseguenza, le sostanze che dovrebbero penetrarvi non riescono a farlo facilmente. L’umidità agisce in modo simile, poiché favorisce lo sviluppo della ruggine. Infine, il fuoco intenso disturba l’ordine delle parti costitutive del ferro o dell’impianto magnetico, agitandole; in alcuni casi, può essere così violento da modificare persino la struttura dei loro pori. Del resto, non credo che sia mai stata osservata alcuna caratteristica relativa all’impianto magnetico che non si possa spiegare con quanto ho appena detto, e dalla quale non si possa facilmente trarre conclusioni logiche.
184
Qual è l’attrattiva dell’ambra, del giada, della cera, del vetro, ecc.?
Ma, dopo aver parlato della virtù che possiede il magnete nel attirare il ferro, sembra opportuno che io parli anche di quella che possiedono l’ambra, il jaspe, la cera, la resina, il vetro e molti altri corpi nel attirare ogni sorta di piccoli grumi o particelle. Poiché, sebbene il mio intento non sia quello di spiegare qui la natura di un singolo corpo in particolare, se non nella misura in cui essa possa servire a confermare la veridicità di quanto ho scritto riguardo a quei corpi che si trovano universalmente ovunque e che possono essere considerati gli elementi di questo mondo visibile; e poiché non posso conoscere con certezza perché l’ambra o il jaspe abbiano tale proprietà, se prima non conduco diverse esperimenti che mi rivelino internamente la loro natura. Tuttavia, poiché la stessa virtù è presente anche nel vetro di cui ho dovuto parlare sopra, tra gli effetti del fuoco, se non spiegassi in che modo questa proprietà si manifesti in esso, si potrebbe dubitare delle altre cose che ne ho scritto. In particolare, coloro che osservano che quasi tutti gli altri corpi nei quali questa virtù è presente sono grassi o oleosi, potrebbero convincersi che essa consista nel fatto che, quando questi corpi vengono strofinati (poiché di solito è necessario strofinarli affinché la loro proprietà venga attivata), alcune delle loro parti più minute si diffondono nell’aria circostante e, essendo composte da molte piccole strutture legate tra loro, ritornano immediatamente verso il corpo da cui sono uscite, portando con sé i piccoli grumi o particelle a cui si sono attaccate. Allo stesso modo, talvolta, scuotendo leggermente l’estremità di un bastone su cui pende una goccia di qualche liquido molto appiccicoso, una parte di questo liquido si diffonde nell’aria e scende per una certa distanza, per poi risalire immediatamente verso il resto della goccia che è rimasta attaccata al bastone, portandovi anche dei piccoli grumi o particelle se ne incontra lungo il cammino. Poiché non si può immaginare nulla di simile nel vetro, almeno se la sua natura è tale come l’ho descritta; è per questo che è necessario che io cerchi in esso un’altra causa di questa attrazione.
185
Qual è la causa di questa attrazione all’interno del vetro?
O considerando il modo in cui questo processo avviene, si può comprendere che gli intervalli presenti tra le parti del primo elemento debbano essere per lo più di forma allungata, e che soltanto la parte centrale di questi intervalli sia abbastanza larga da permettere il passaggio delle parti del secondo elemento, quelle cioè che rendono il vetro trasparente. Di conseguenza, su entrambi i lati di ogni intervallo rimangono delle piccole fessure così strette che soltanto il primo elemento può occuparle. Inoltre, riguardo a questo primo elemento – la cui proprietà principale è quella di assumere sempre la forma del luogo in cui si trova – bisogna notare che, mentre scorre attraverso queste piccole fessure, le parti meno mobili del suo composto si attaccano l’una all’altra, formando delle strisce sottili ma piuttosto larghe e molto lunghe. Queste strisce si muovono continuamente avanti e indietro tra le parti del vetro, senza mai allontanarsi troppo da esse; infatti, i passaggi che trovano nell’aria o negli altri corpi circostanti non sono adatti a riceverle in modo appropriato. Nonostante il primo elemento sia estremamente fluido, contiene comunque parti meno mobili rispetto al resto della sua materia, come è stato spiegato negli articoli 87 e 88 della terza parte. È quindi ragionevole ritenere che, mentre la parte più fluida del suo composto passa continuamente dall’aria al vetro e dal vetro all’aria, le parti meno fluide presenti nel vetro rimangano nelle fessure non collegate ai pori dell’aria; lì, unendosi tra loro, formano queste strisce che, in poco tempo, assumono una forma così solida da non poter essere facilmente alterata. Quando si strofina il vetro con forza, facendolo quindi riscaldare leggermente, queste strisce vengono spinte fuori dai pori del vetro e si dirigono verso l’aria o gli altri corpi circostanti; non trovando però pori adatti a riceverle, tornano immediatamente nel vetro, portando con sé dei piccoli corpi che si trovano nei pori in cui sono impigliate.
186
Che lo stesso motivo sembri essere alla base di tutte le altre forme di attrazione.
Et ce qui est dit ici du verre se doit aussi entendre de tous les autres corps, ou du moins de la plupart, en qui est cette attraction, à savoir qu’il y a quelques intervalles entre leurs parties, qui, étant trop étroits pour le second élément, ne peuvent recevoir que le premier ; et qui étant plus grands que ne sont dans l’air ceux où le seul premier élément peut passer, retiennent en soi les parties de ce premier élément qui sont les moins agitées, lesquelles se joignant les unes aux autres, y composent des bandelettes qui ont à la vérité diverses figures, selon la diversité des pores par où elles passent, mais qui conviennent toutes en cela qu’elles sont longues, plates, pliantes, et qu’elles coulent çà et là entre les parties de ces corps ; car, d’autant que les intervalles par où elles passent sont si étroits que le second élément n’y peut entrer, ils ne pourraient être plus grands que le sont dans l’air ceux où le même second élément n’entre point s’ils ne s’étendaient plus qu’eux en longueur, étant comme autant de petites fentes qui rendent ces bandelettes larges et minces : et ces intervalles doivent être plus grands que ceux de l’air, afin que les parties les moins agitées du premier élément s’arrêtent en eux, pendant qu’il sort continuellement autant du même premier élément par quelques autres pores de ces corps qu’il y en vient des pores de l’air. C’est pourquoi, encore que je ne nie pas que l’autre cause d’attraction que j’ai tantôt expliquée ne puisse avoir lieu en quelque corps, toutefois, parce qu’elle ne semble pas assez générale pour pouvoir convenir à tant de divers corps, comme fait cette dernière, et que néanmoins il y en a un fort grand nombre en qui cette propriété de lever des fétus se remarque, je crois que nous devons penser qu’elle est en eux, ou du moins en la plupart, semblable à celle qui est dans le verre.
187
Qu’à l’exemple des choses qui ont été expliquées, on peut rendre raison de tous les plus admirables effets qui sont sur terre.
Au reste, je désire ici qu’on prenne garde que ces bandelettes, ou autres petites parties longues et remuantes, qui se forment ainsi de la matière du premier élément dans les intervalles des corps terrestres, y peuvent être la cause, non seulement des diverses attractions, telles que sont celles de l’aimant et de l’ambre, mais aussi d’une infinité d’autres effets très admirables : car celles qui se forment dans chaque corps ont quelque chose de particulier en leur figure qui les rend différentes de toutes celles qui se forment dans les autres corps. Et, d’autant qu’elles se meuvent sans cesse fort vite, suivant la nature du premier élément duquel elles sont des parties, il se peut faire que des circonstances très peu remarquables les déterminent quelquefois à tournoyer çà et là dans le corps où elles sont, sans s’en écarter ; et quelquefois au contraire à passer en fort peu de temps jusqu’à des lieux fort éloignés, sans qu’aucun corps qu’elles rencontrent en leur chemin les puisse arrêter ou détourner, et que rencontrant là une matière, disposée à recevoir leur action, elles y produisent des effets entièrement rares et merveilleux : comme peuvent être de faire saigner les plaies du mort lorsque le meurtrier s’en approche, d’émouvoir l’imagination de ceux qui dorment, ou même aussi de ceux qui sont éveillés, et leur donner des pensées qui les avertissent des choses qui arrivent loin d’eux, en leur faisant ressentir les grandes afflictions ou les grandes joies d’un intime ami, les mauvais desseins d’un assassin, et choses semblables. Et enfin, quiconque voudra considérer combien les propriétés de l’aimant et du feu sont admirables, et différentes de toutes celles qu’on observe communément dans les autres corps ; combien est grande la flamme que peut exciter en fort peu de temps une seule étincelle de feu quand elle tombe en une grande quantité de poudre, et combien elle peut avoir de force ; jusqu’à quelle extrême distance les étoiles fixes étendent leur lumière en un instant ; et quels sont tous les autres effets dont je crois avoir ici donné des raisons assez claires, sans les déduire d’aucuns autres principes que de ceux qui sont généralement reçus et connus de tout le monde, à savoir de la grandeur, figure, situation et mouvement des diverses parties de la matière ; il me semble qu’il aura sujet de se persuader qu’on ne remarque aucunes qualités qui soient si occultes, ni aucuns effets de sympathie ou d’antipathie si merveilleux et si étranges, ni enfin aucune autre chose si rare en la nature (pourvu qu’elle ne procède que des causes purement matérielles et destituées de pensées ou de libre arbitre) que la raison n’en puisse être donnée par le moyen de ces mêmes principes. Ce qui me fait ici conclure que tous les autres principes qui ont jamais été ajoutés à ceux-ci, sans qu’on ait eu aucune autre raison pour les ajouter, sinon qu’on n’a pas cru que sans eux quelques effets naturels pussent être expliqués, sont entièrement superflus.
188
Quelles choses doivent encore être expliquées, afin que ce traité soit complet.
Je finirais ici cette quatrième partie des principes de la philosophie, si je l’accompagnais de deux autres, l’une touchant la nature des animaux et des plantes ; l’autre touchant celle de l’homme, ainsi que je m’étais proposé lorsque j’ai commencé ce traité. Mais parce que je n’ai pas encore assez de connaissance de plusieurs choses que j’avais envie de mettre aux deux dernières parties, et que par faute d’expérience ou de loisir je n’aurai peut-être jamais le moyen de les achever, afin que celles-ci ne laissent pas d’être complètes, et qu’il n’y manque rien de ce que j’aurais cru y devoir mettre, si je ne me fusse point réservé à l’expliquer dans les suivantes, j’ajouterai ici quelque chose touchant les objets de nos sens : car jusqu’ici j’ai décrit cette terre, et généralement tout le monde visible, comme si c’était seulement une machine en laquelle il n’y eût rien du tout à considérer que les figures et les mouvements de ses parties ; et toutefois il est certain que nos sens nous y font paraître plusieurs autres choses, à savoir des couleurs, des odeurs, des sons, et toutes les autres qualités sensibles, desquelles si je ne parlais point on pourrait penser que j’aurais omis l’explication de la plupart des choses qui sont en la nature.
189
Ce que c’est que le sens, et en quelle façon nous sentons.
C’est pourquoi il est ici besoin que nous remarquions qu’encore que notre âme soit unie à tout le corps, elle exerce néanmoins ses principales fonctions dans le cerveau, et que c’est là non seulement qu’elle entend et qu’elle imagine, mais aussi qu’elle sent ; et ce par l’entremise des nerfs, qui sont étendus comme des filets très déliés, depuis le cerveau jusqu’à toutes les parties des autres membres, auxquelles ils sont tellement attachés, qu’on n’en saurait presque toucher aucune qu’on ne fasse mouvoir les extrémités de quelque nerf, et que ce mouvement ne passe, par le moyen de ce nerf, jusqu’à cet endroit du cerveau où est le siège du sens commun, ainsi que j’ai assez amplement expliqué au quatrième discours de la Dioptrique ; et que les mouvements qui passent ainsi par l’entremise des nerfs jusqu’à cet endroit du cerveau auquel notre âme est étroitement jointe et unie, lui font avoir diverses pensées, à raison des diversités qui sont en eux ; et, enfin, que ce sont ces diverses pensées de notre âme qui viennent immédiatement des mouvements qui sont excités par l’entremise des nerfs dans le cerveau, que nous appelons proprement nos sentiments, ou bien les perceptions de nos sens.
190
Combien il y a de divers sens, et quels sont les intérieurs, c’est-à-dire les appétits naturels et les passions.
What is said here about glass must also be applied to all other bodies, or at least to most of them, which possess this attraction. That is to say, there exist certain intervals between their various parts; these intervals are too narrow for the second element to pass through, and thus can only accommodate the first element. Where these intervals are larger than those in air, through which only the first element can move, they retain within themselves those portions of the first element that are least agitated. When these portions come together, they form bands that assume various shapes, depending on the nature of the pores through which they pass; yet all such bands share certain characteristics: they are long, flat, flexible, and flow back and forth between the parts of these bodies. Since the intervals through which they pass are so narrow that the second element cannot enter, these intervals must be larger than those in air—if not, they would not be able to accommodate the first element at all. In fact, these intervals act like tiny channels that make these bands wide and thin. Moreover, these intervals must be larger than those in air, so that the least agitated portions of the first element can remain within them, while the element itself continues to flow out through other pores in these bodies, just as it does through the pores in air. Therefore, although I do not deny that the other cause of attraction I explained earlier might also be at work in some bodies, yet since it seems less universal and capable of explaining the phenomena observed in so many different bodies, whereas this other principle clearly can, and since a very large number of bodies exhibit this property of producing fetuses, I believe that this property must exist in them—or at least in most of them—just as it exists in glass.
187
Just as in the case of those phenomena that have been explained, we can account for all the most astonishing effects that occur on earth.
Furthermore, I wish to emphasize that these long, moving bands or filaments, which are formed from the substance of the primary element in the spaces between terrestrial bodies, can be the cause not only of various attractions, such as those between magnets and amber, but also of countless other extremely remarkable effects. For those that form within a particular body possess certain unique characteristics in their structure that distinguish them from those formed in other bodies. Moreover, since they move rapidly and continuously, according to the nature of the primary element from which they are derived, it is possible that certain circumstances, though seemingly insignificant, may cause them to circulate within the body in which they exist without moving away; or conversely, they may travel over great distances in a very short time, without being stopped or deflected by any bodies they encounter along the way. When they come into contact with material capable of responding to their influence, they can produce entirely rare and marvelous effects—for instance, causing wounds on the dead to bleed when the murderer approaches, stirring the imagination of both sleeping and awake people, and inducing thoughts that warn them of events occurring far away, by making them feel the great sorrows or joys of a close friend, or the evil intentions of an assassin. Lastly, anyone who considers how admirable and distinct are the properties of magnets and fire compared to those commonly observed in other bodies; how intense a flame can be ignited in an instant by a single spark falling on a large amount of powder; how far the light of fixed stars can extend in an instant; and all the other effects for which I believe I have provided clear explanations, based solely on principles generally accepted and understood by everyone—namely, the size, shape, position, and motion of the various parts of matter—will surely conclude that there are no qualities so obscure, no effects of sympathy or antipathy so marvelous and strange, and no other phenomena so rare in nature (so long as they arise solely from purely material causes devoid of thought or free will)—that reason cannot provide an explanation for them. This leads me to conclude that all additional principles that have ever been added to these fundamental ones, without any real justification beyond the assumption that certain natural effects could not be explained otherwise, are entirely superfluous.
188
What other things need to be explained in order for this treaty to be complete?
I could conclude this fourth part of the principles of philosophy here, were it not for the fact that I had intended to accompany it with two additional parts: one dealing with the nature of animals and plants, and the other concerning the nature of man—just as I had planned when I began this treatise. However, since I still lack sufficient knowledge regarding several matters that I wished to include in those final two parts, and because of a lack of experience or leisure time, I may never have the opportunity to complete them. In order to ensure that these parts are not left incomplete and that nothing is omitted of what I believed should be included, I will add here some remarks concerning the objects of our senses. Thus far, I have described this earth—and, in fact, the entire visible world—as if it were merely a machine, in which nothing worth considering exists beyond the shapes and movements of its parts. Yet it is clear that our senses enable us to perceive many other things: colors, smells, sounds, and all other sensory qualities. If I did not mention these, one might assume that I had omitted an explanation of the majority of the elements that constitute nature.
189
What meaning is, and in what way we perceive it.
For this reason, it is necessary for us to note that although our soul is united with the entire body, it nevertheless performs its primary functions in the brain. It is there not only where we hear and imagine, but also where we perceive sensations; and this is accomplished through the nerves, which extend like extremely fine networks from the brain to all parts of the other limbs. These nerves are so closely connected to those limbs that we can hardly touch any part of our body without triggering movements in some nerve endings. Such movements, via these nerves, reach that portion of the brain where the faculties of perception reside—as I have explained at length in the fourth discourse of my work “Dioptrica.” It is also these various thoughts generated by our soul, triggered by nerve movements in the brain, that we properly refer to as our sensations or perceptions.
190
How many different meanings there are, and what these inner qualities consist of—that is, the natural desires and passions.
E ciò che qui viene detto del vetro deve essere inteso anche per tutti gli altri corpi, o almeno per la maggior parte di essi, nei quali esiste questa attrazione: cioè che esistono alcuni intervalli tra le loro parti i quali, essendo troppo stretti per permettere l’ingresso del secondo elemento, possono accogliere soltanto il primo; e che, essendo più ampi di quelli presenti nell’aria nei quali può passare soltanto il primo elemento, trattenono al loro interno le parti di questo primo elemento che sono meno in movimento; queste parti, unendosi tra loro, formano delle strisce che, a seconda della diversità dei pori attraverso i quali passano, assumono forme varie, ma che hanno tutte in comune il fatto di essere lunghe, piatte e flessibili, e di scorrere qua e là tra le parti di questi corpi. Poiché gli intervalli attraverso i quali passano sono così stretti da impedire l’ingresso del secondo elemento, essi potrebbero essere più ampi di quelli presenti nell’aria nei quali lo stesso secondo elemento non può entrare affatto, se non si estendessero maggiormente in lunghezza; tali intervalli sono infatti come delle piccole fessure che rendono queste strisce larghe e sottili. Inoltre, questi intervalli devono essere più ampi di quelli dell’aria affinché le parti meno in movimento del primo elemento vi si fermino, mentre questo stesso elemento continua a uscire da essi attraverso altri pori presenti in questi corpi, proprio come avviene nell’aria. Per questo motivo, anche se non nego che l’altra causa di attrazione che ho spiegato possa verificarsi in alcuni corpi, tuttavia, poiché essa non sembra abbastanza generale da poter essere applicata a un numero così elevato di corpi come avviene invece con questa seconda causa, e poiché c’è un gran numero di corpi nei quali si osserva questa proprietà di “sollevare i feti”, credo che essa debba esistere in loro, o almeno nella maggior parte, in modo simile a quanto avviene nel vetro.
187
Alla stregua di ciò che è stato spiegato, si possono dare spiegazioni a tutti gli effetti più straordinari che si osservano sulla Terra.
Del resto, desidero sottolineare che queste strisce o altre piccole parti lunghe e mobili, che si formano dalla materia del primo elemento negli spazi tra i corpi terrestri, possono essere la causa non solo di diverse attrazioni, come quelle dell’imbroglione e dell’ambra, ma anche di un’infinità di altri effetti davvero meravigliosi. Poiché quelle che si formano in ogni corpo presentano caratteristiche particolari che le rendono diverse da tutte le altre che si formano negli altri corpi, e poiché si muovono continuamente molto velocemente, a seconda della natura del primo elemento di cui fanno parte, può accadere che circostanze poco evidenti le inducano talvolta a ruotare all’interno del corpo in cui si trovano senza allontanarsene; oppure, al contrario, a spostarsi in brevissimo tempo fino a luoghi molto lontani, senza che alcun corpo incontrato lungo il cammino le possa fermare o deviare. Quando incontrano una materia predisposta ad essere influenzata da loro, producono effetti assolutamente rari e meravigliosi: ad esempio, possono far sanguinare le ferite di un morto quando il assassino si avvicina, suscitare immagini nella mente di coloro che dormono o anche di quelli che sono svegli, facendo loro provare le grandi sofferenze o le grandi gioie di un amico intimo, o percepire i cattivi propositi di un assassino. Inoltre, chiunque voglia considerare quanto siano meravigliose e diverse dalle altre proprietà comunemente osservate negli altri corpi quelle dell’imbroglione e del fuoco; quanto possa essere intensa la fiamma che una singola scintilla di fuoco può generare in breve tempo quando cade su una grande quantità di polvere, e quale forza possieda; fino a quale distanza le stelle fisse possano diffondere la loro luce in un istante; e quali siano tutti gli altri effetti di cui credo di aver fornito spiegazioni abbastanza chiare, senza basarmi su principi diversi da quelli generalmente accettati e conosciuti da tutti, cioè sulla grandezza, sulla forma, sulla posizione e sul movimento delle varie parti della materia; si convincerà certamente che non esistono qualità così oscure, né effetti di simpatia o antipatia così meravigliosi ed strani, né altre cose così rare nella natura (a condizione che derivino soltanto da cause puramente materiali e prive di pensieri o libero arbitrio), per cui la ragione non possa essere data attraverso questi stessi principi. Ciò mi porta a concludere che tutti gli altri principi che sono stati aggiunti a questi, senza alcuna vera ragione per farlo, se non il semplice rifiuto di credere che alcuni effetti naturali potessero essere spiegati altrimenti, sono completamente superflui.
188
Quali cose devono ancora essere spiegate affinché questo trattato sia completo?
Concluderei qui questa quarta parte dei principi della filosofia, se non l’avessi accompagnata con altre due: una riguardante la natura degli animali e delle piante; l’altra riguardante quella dell’uomo, proprio come avevo intenzione di fare all’inizio di questo trattato. Tuttavia, poiché non possiedo ancora sufficienti conoscenze su molte cose che avrei voluto includere nelle ultime due parti, e a causa della mancanza di esperienza o di tempo libero forse non avrò mai l’opportunità di completarle, affinché queste parti risultino davvero complete e non manchi nulla di ciò che ritenevo dovesse essere incluso, aggiungerò qui qualcosa riguardante gli oggetti dei nostri sensi. Finora, infatti, ho descritto questa terra, e in generale tutto ciò che è visibile, come se fosse soltanto una macchina nella quale non vi fosse nulla da considerare se non le forme e i movimenti delle sue parti; eppure è certo che i nostri sensi ci fanno percepire molte altre cose: colori, odori, suoni e tutte le altre qualità sensoriali. Se non ne parlassi, si potrebbe pensare che abbia tralasciato l’esplicazione della maggior parte delle cose che esistono nella natura.
189
Che cos’è il senso, e in che modo lo percepiamo.
Ecco perché è necessario notare che, sebbene l’anima sia unita a tutto il corpo, esercita le sue principali funzioni nel cervello: non solo là ascolta e immagina, ma anche percepisce attraverso i nervi, che si estendono come reti molto sottili dal cervello fino a tutte le parti degli altri membri, ai quali sono strettamente collegati; tanto che quasi non è possibile toccare alcuna di queste parti senza far muovere le estremità di qualche nervo, e che questo movimento, attraverso quel nervo, raggiunge quella parte del cervello dove risiede la facoltà di percezione, come ho spiegato ampiamente nel quarto discorso della “Dioptrica”. Inoltre, sono proprio queste diverse percezioni dell’anima, generate dai movimenti stimolati nei nervi del cervello, che chiamiamo propriamente i nostri sentimenti o le percezioni dei nostri sensi.
190
Quanti significati diversi ci sono, e quali sono i desideri interiori, ovvero gli appetiti naturali e le passioni.
Il est besoin aussi de considérer que toutes les variétés de ces sentiments dépendent premièrement de ce que nous avons plusieurs nerfs, puis aussi de ce qu’il y a divers mouvements en chaque nerf ; mais que néanmoins nous n’avons pas autant de sens différents que nous avons de nerfs. Et je n’en distingue principalement que sept, deux desquels peuvent être nommés intérieurs, et les cinq autres extérieurs. Le premier sens, que je nomme intérieur, comprend la faim, la soif, et tous les autres appétits naturels ; et il est excité en l’âme par les mouvements des nerfs de l’estomac, du gosier, et de toutes les autres parties qui servent aux fonctions naturelles, pour lesquelles on a de tels appétits. Le second comprend la joie, la tristesse, l’amour, la colère, et toutes les autres passions, et il dépend principalement d’un petit nerf qui va vers le cœur, puis aussi de ceux du diaphragme, et des autres parties intérieures. Car, par exemple, lorsqu’il arrive que notre sang est fort pur et bien tempéré, en sorte qu’il se dilate dans le cœur plus aisément et plus fort que de coutume, cela fait tendre les petits nerfs qui sont aux entrées de ses concavités, et les meut d’une certaine façon qui répond jusqu’au cerveau, et y excite notre âme à sentir naturellement de la joie. Et toutes et quantes fois que ces mêmes nerfs sont mus de la même façon, bien que ce soit pour d’autres causes, ils excitent en notre âme ce même sentiment de joie. Ainsi, lorsque nous pensons jouir de quelque bien, l’imagination de cette jouissance ne contient pas en soi le sentiment de la joie, mais elle fait que les esprits animaux passent du cerveau dans les muscles auxquels ces nerfs sont insérés ; et faisant par ce moyen que les entrées du cœur se dilatent, elle fait aussi que ces nerfs se meuvent en la façon qui est instituée de la nature pour donner le sentiment de la joie. Ainsi, lorsqu’on nous dit quelque nouvelle, l’âme juge premièrement si elle est bonne ou mauvaise ; et, si elle la trouve bonne, elle s’en réjouit en elle-même, d’une joie qui est purement intellectuelle, et tellement indépendante des émotions du corps, que les stoïques n’ont pu la dénier à leur sage, bien qu’ils aient voulu qu’il fût exempt de toute passion. Mais sitôt que cette joie spirituelle vient de l’entendement en l’imagination, elle fait que les esprits coulent du cerveau vers les muscles qui sont autour du cœur, et là excitent le mouvement des nerfs, par lequel est excité un autre mouvement dans le cerveau, qui donne à l’âme le sentiment ou la passion de la joie. Tout de même, lorsque le sang est si grossier qu’il ne coule et ne se dilate qu’à peine dans le cœur, il excite dans les mêmes nerfs un mouvement tout autre que le précédent, et qui est institué de la nature pour donner à l’âme le sentiment de la tristesse, bien que souvent elle ne sache pas elle-même ce que c’est qui fait qu’elle s’attriste ; et toutes les autres causes qui meuvent ces nerfs en même façon, donnent aussi à l’âme le même sentiment. Mais les autres mouvements des mêmes nerfs lui font sentir d’autres passions, à savoir celles de l’amour, de la haine, de la crainte, de la colère, etc., en tant que ce sont des sentiments ou passions de l’âme ; c’est-à-dire en tant que ce sont des pensées confuses que l’âme n’a pas de soi seule, mais de ce qu’étant étroitement unie au corps elle reçoit l’impression des mouvements qui se font en lui : car il y a une grande différence entre ces passions et les connaissances ou pensées distinctes que nous avons de ce qui doit être aimé, ou haï, ou craint, etc., bien que souvent elles se trouvent ensemble. Les appétits naturels, comme la faim, la soif, et tous les autres, sont aussi des sentiments excités en l’âme par le moyen des nerfs de l’estomac, du gosier, et des autres parties ; et ils sont entièrement différents de l’appétit ou de la volonté qu’on a de manger, de boire, et d’avoir tout ce que nous pensons être propre à la conservation de notre corps ; mais, à cause que cet appétit ou volonté les accompagne presque toujours, on les a nommés des appétits.
191
Des sens extérieurs, et en premier lieu de l’attouchement.
Pour ce qui est des sens extérieurs, tout le monde a coutume d’en compter cinq, à cause qu’il y a autant de divers genres d’objets qui meuvent les nerfs, et que les impressions qui viennent de ces objets excitent en l’âme cinq divers genres de pensées confuses. Le premier est l’attouchement, qui a pour objet tous les corps qui peuvent mouvoir quelque partie de la chair ou de la peau de notre corps, et pour organe tous les nerfs qui, se trouvant en cette partie de notre corps, participent à son mouvement. Ainsi les divers corps qui touchent notre peau meuvent les nerfs qui se terminent en elle, d’une façon par leur dureté, d’une autre par leur pesanteur, d’une autre par leur chaleur, d’une autre par leur humidité, etc. ; et ces nerfs excitent autant de divers sentiments en l’âme qu’il y a de diverses façons dont ils sont mus, ou dont leur mouvement ordinaire est empêché : à raison de quoi on a aussi attribué autant de diverses qualités à ces corps ; et on a donné à ces qualités les noms de dureté, de pesanteur, de chaleur, d’humidité, et semblables, qui ne signifient rien autre chose, sinon qu’il y a en ces corps ce qui est requis pour faire que nos nerfs excitent en notre âme les sentiments de dureté, de pesanteur, de chaleur, etc. Outre cela, lorsque ces nerfs sont mus un peu plus fort que de coutume, et toutefois en telle sorte que notre corps n’en est aucunement endommagé, cela fait que l’âme sent un chatouillement qui est aussi en elle une pensée confuse ; et cette pensée lui est naturellement agréable, d’autant qu’elle lui rend témoignage de la force du corps avec lequel elle est jointe, en ce qu’il peut souffrir l’action qui cause ce chatouillement sans être offensé. Mais si cette même action a tant soit peu plus de force, en sorte qu’elle offense notre corps en quelque façon, cela donne à notre âme le sentiment de la douleur. Et ainsi l’on voit pourquoi la volupté du corps et la douleur sont en l’âme des sentiments entièrement contraires, nonobstant que souvent l’un suive de l’autre, et que leurs causes soient presque semblables.
192
Du goût.
Le sens qui est le plus grossier après l’attouchement est le goût, lequel a pour organe les nerfs de la langue et des autres parties qui lui sont voisines ; et pour objet les petites parties des corps terrestres, lorsque, étant séparées les unes des autres, elles nagent dans la salive qui humecte le dedans de la bouche : car, selon qu’elles sont différentes en figure, en grosseur ou en mouvement, elles agitent diversement les extrémités de ces nerfs, et par leur moyen font sentir à l’âme toutes sortes de goûts différents.
193
De l’odorat.
Le troisième est l’odorat, qui a pour organe deux nerfs, lesquels ne semblent être que des parties du cerveau qui s’avancent vers le nez, parce qu’ils ne sortent point hors du crâne ; et il a pour objet les petites parties des corps terrestres qui, étant séparées les unes des autres, voltigent par l’air, non pas toutes indifféremment, mais seulement, celles qui sont assez subtiles et pénétrantes pour entrer par les pores de l’os qu’on nomme spongieux, lorsqu’elles sont attirées avec l’air de la respiration, et aller mouvoir les extrémités de ces nerfs, ce qu’elles font en autant de différentes façons que nous sentons de différentes odeurs.
194
De l’ouïe.
Le quatrième est l’ouïe, qui n’a pour objet que les divers tremblements de l’air ; car il y a des nerfs au dedans des oreilles tellement attachés à trois petits os qui se soutiennent l’un l’autre, et dont le premier est appuyé contre la petite peau qui couvre la concavité qu’on nomme le tambour de l’oreille, que tous les divers tremblements que l’air de dehors communique à cette peau sont rapportés à l’âme par ces nerfs, et lui font entendre autant de divers sons.
195
De la vue.
Enfin, le plus subtil de tous les sens est celui de la vue ; car les nerfs optiques qui en sont les organes ne sont point mus par l’air, ni par les autres corps terrestres, mais seulement par les parties du second élément, qui, passant par les pores de toutes les humeurs et peaux transparentes des yeux, parviennent jusqu’à ces nerfs ; et selon les diverses façons qu’elles se meuvent, elles font sentir à l’âme toutes les diversités des couleurs et de la lumière, comme j’ai déjà expliqué assez au long dans la Dioptrique et dans les Météores.
196
It is also necessary to consider that all variations of these emotions depend primarily on the fact that we possess numerous nerves, and secondly on the various movements that occur within each nerve; yet nevertheless, we do not have as many different senses as we have nerves. I distinguish mainly seven senses: two of which can be called internal, and the other five external. The first sense, which I call internal, includes hunger, thirst, and all other natural desires; it is aroused in the soul by the movements of the nerves in the stomach, throat, and all other parts that are involved in natural functions for which such desires arise. The second sense encompasses joy, sorrow, love, anger, and all other emotions; it primarily depends on a small nerve that leads to the heart, as well as on those nerves in the diaphragm and other internal organs. For instance, when our blood is pure and well-balanced, allowing it to dilate more easily and powerfully in the heart than usual, this causes the small nerves at the entrances to the heart’s chambers to contract in a certain way that affects the brain, thereby arousing a natural feeling of joy in our soul. Whenever these same nerves are activated in the same manner, even for other reasons, they provoke the same sensation of joy in our soul. Thus, when we anticipate enjoying some good thing, the mere thought of it does not itself generate the emotion of joy; rather, it causes the vital spirits to flow from the brain to the muscles connected to these nerves, causing the heart’s chambers to dilate and triggering the nerve movements that result in the sensation of joy. Similarly, when we hear some news, our soul first evaluates whether it is good or bad; if it deems it good, it experiences joy within itself—a purely intellectual joy that is entirely independent of physical emotions. Indeed, the Stoics claimed that their wise individuals could be free from all passions, yet this spiritual joy still arises when such thoughts affect the imagination and then trigger the bodily reactions that produce the emotion of joy. Nevertheless, when the blood becomes so thick that it hardly flows or expands within the heart, it induces in those very nerves a completely different kind of movement—one that is inherent in nature and designed to evoke in the soul the emotion of sadness, even though often the soul itself is unaware of what exactly causes this sorrow. All other factors that act in the same manner on these nerves also produce the same effect on the soul. However, other movements triggered by these same nerves give rise to different emotions, such as love, hatred, fear, anger, and so forth—emotions or passions that are inherent to the soul itself. In other words, these emotions arise from confused thoughts that the soul does not possess independently, but rather receives from the body, since it is closely connected with it. Indeed, there is a profound difference between these emotions and those clear, distinct perceptions or thoughts we have regarding what should be loved, hated, feared, etc., even though they often coexist. Natural desires, such as hunger, thirst, and others, are also emotions aroused in the soul through the nerves associated with the stomach, throat, and other bodily organs. Yet these desires are entirely different from the conscious will or desire to eat, drink, or obtain anything that we believe is necessary for maintaining our physical well-being. However, because this will or desire often accompanies them, they have come to be referred to as “desires.”
191
External senses, and foremost, the sense of touch.
As for the external senses, it is customary for everyone to count five of them, because there are as many different kinds of objects that stimulate our nerves, and because the impressions arising from these objects excite in the soul five different kinds of confused thoughts. The first of these senses is touch, which relates to all those objects that can move some part of our flesh or skin, and to all those nerves that, being located in those parts of our body, participate in their movement. Thus, various objects that come into contact with our skin stimulate the nerves that terminate there—some by their hardness, some by their weight, some by their warmth, some by their moisture, and so on. These nerves then excite in the soul as many different sensations as there are different ways in which they are stimulated or whose normal movement is hindered. For this reason, people have also attributed various qualities to these objects, naming them hardness, weight, warmth, moisture, and the like—terms that mean nothing other than indicating that these objects possess the necessary properties to cause our nerves to generate sensations of hardness, weight, warmth, etc., in our soul. Moreover, when these nerves are stimulated more intensely than usual, yet in a way that does not harm our body, it causes the soul to experience a sensation of tickling, which is also a kind of confused thought. This thought is naturally pleasing to the soul, for it testifies to the strength of the body with which it is connected—since that body can endure the action that causes this tickling without being damaged. However, if the same action is somewhat more intense and thus harms our body in some way, it causes the soul to experience pain. Thus, we see why physical pleasure and pain are entirely opposite sensations in the soul, even though one often follows the other and their causes seem almost identical.
192
Of taste.
The sense that is most directly related to physical contact is taste; its organs are the nerves of the tongue and other adjacent areas, and its objects are the small particles of solid substances. When these particles are separated from each other and come into contact with the saliva that moistens the inside of the mouth, they stimulate these nerves in various ways depending on their shape, size, or movement. Through these nerve impulses, the soul experiences a wide range of different tastes.
193
Of the sense of smell.
The third sense is the sense of smell, which is mediated by two nerves that appear to be nothing more than portions of the brain extending towards the nose, since they do not extend outside the skull. Its function is to detect those tiny particles in the air that are separate from one another and float through the atmosphere—not all of them indiscriminately, but only those that are sufficiently subtle and penetrating enough to pass through the pores of what is called the spongy bone. When these particles are inhaled along with the breath, they stimulate the endings of these nerves, causing us to perceive various odors in different ways.
194
By hearing.
The fourth sense is hearing, whose object is merely the various vibrations of the air. For there are nerves inside the ears that are closely connected to three small bones which support each other; the first of these bones rests against the thin membrane that covers the concave area known as the eardrum. Whenever the air outside causes these vibrations in the eardrum, they are transmitted to the soul through these nerves, enabling us to perceive a multitude of different sounds.
195
From a visual perspective.
Finally, among all the senses, the most subtle one is sight; for the optic nerves, which are its organs, are not stimulated by air or any other terrestrial substances, but only by those parts of the second element that pass through the pores of all the transparent humors and tissues of the eyes, reaching these nerves in the process. And depending on the various ways in which these substances move, they enable the soul to perceive all the different colors and forms of light—as I have already explained at length in my works Dioptrica and Météores.
196
È necessario anche considerare che tutte le varietà di questi sentimenti dipendono innanzitutto dal fatto che abbiamo diversi nervi, e in secondo luogo dai movimenti che avvengono all’interno di ciascun nervo; tuttavia, non possediamo altrettanti sensi quanti sono i nostri nervi. Ne distinguo principalmente sette: due dei quali possono essere considerati “interni”, e gli altri cinque “esterni”. Il primo senso, che chiamo interno, comprende la fame, la sete e tutti gli altri appetiti naturali; viene stimolato nell’anima dai movimenti dei nervi dello stomaco, della gola e di tutte le altre parti coinvolte nelle funzioni naturali. Il secondo senso include la gioia, la tristezza, l’amore, la rabbia e tutte le altre emozioni; dipende principalmente da un piccolo nervo che va verso il cuore, nonché dai nervi del diaframma e di altre parti interne del corpo. Ad esempio, quando il nostro sangue è pulito e ben equilibrato, si dilata più facilmente e intensamente nel cuore, stimolando i piccoli nervi presenti alle sue entrate; questo movimento raggiunge il cervello e suscita in noi un sentimento di gioia. Ogni volta che questi stessi nervi vengono stimolati allo stesso modo, anche per motivi diversi, provocano ugualmente in noi questa sensazione di gioia. Quando pensiamo di poter godere di qualcosa di buono, l’immaginazione non genera direttamente il sentimento di gioia, ma fa sì che gli spiriti animali passino dal cervello ai muscoli collegati a questi nervi; questo movimento stimola il cuore e i nervi, provocando così il sentimento di gioia. Allo stesso modo, quando riceviamo una notizia, prima l’anima valuta se sia positiva o negativa; se la ritiene positiva, ne prova gioia internamente, un sentimento puramente intellettuale e indipendente dalle emozioni fisiche; tuttavia, non appena questa gioia spirituale arriva dall’intelletto all’immaginazione, fa sì che gli spiriti animali passino dal cervello ai muscoli intorno al cuore, stimolando i nervi e generando così il sentimento di gioia. Tuttavia, quando il sangue è così denso da scorrere e dilatarsi appena nel cuore, eccita nei medesimi nervi un movimento del tutto diverso dal precedente; questo movimento è insito nella natura stessa e serve ad infondere nell’anima il sentimento della tristezza, anche se spesso l’anima stessa non sa esattamente cosa la renda triste. Anche tutte le altre cause che agiscono allo stesso modo su questi nervi producono lo stesso effetto sull’anima. Ma altri movimenti dei medesimi nervi suscitano in lei altre emozioni, come l’amore, l’odio, la paura, la rabbia, ecc.; queste sono emozioni o passioni dell’anima stessa, ossia pensieri confusi che l’anima non genera da sé, ma riceve dall’unione stretta con il corpo, a seguito dei movimenti che avvengono in esso. Esiste infatti una grande differenza tra queste emozioni e le conoscenze o i pensieri chiari che abbiamo riguardo a ciò che dobbiamo amare, odiare, temere, ecc.; anche se spesso questi due tipi di pensieri coesistono. Gli appetiti naturali, come la fame, la sete e altri simili, sono anch’essi sentimenti suscitati nell’anima attraverso i nervi dello stomaco, della gola e di altre parti del corpo; tuttavia essi sono completamente diversi dall’appetito o dalla volontà che abbiamo di mangiare, bere o ottenere tutto ciò che riteniamo necessario per la conservazione del nostro corpo. Poiché questa volontà li accompagna quasi sempre, questi appetiti sono stati chiamati “appetiti naturali”.
191
I sensi esterni, e in primo luogo il tatto.
Per quanto riguarda i sensi esterni, tutti sono soliti contarne cinque, poiché esistono altrettanti tipi diversi di oggetti che stimolano i nervi, e le impressioni derivanti da questi oggetti suscitano nell’anima cinque tipi diversi di pensieri confusi. Il primo di questi sensi è il tatto; esso riguarda tutti i corpi in grado di muovere alcuna parte della carne o della pelle del nostro corpo, e per organo utilizza tutti i nervi che si trovano in quelle parti del corpo e partecipano al loro movimento. I diversi corpi che toccano la nostra pelle stimolano i nervi che vi terminano: alcuni lo fanno attraverso la loro durezza, altri attraverso il loro peso, altri ancora attraverso il loro calore o l’umidità, e così via. Questi nervi suscitano nell’anima sentimenti diversi a seconda del modo in cui vengono stimolati o il cui movimento normale viene ostacolato; per questo motivo si attribuiscono ai corpi diverse qualità come durezza, peso, calore, umidità, ecc., che non significano altro se non che tali corpi possiedono ciò che è necessario affinché i nostri nervi suscitino nell’anima sentimenti di durezza, peso, calore, ecc. Inoltre, quando questi nervi vengono stimolati con una forza leggermente maggiore del solito, ma in modo tale da non danneggiare il nostro corpo, l’anima prova una sensazione di formicolio che rappresenta anch’essa un pensiero confuso; tale pensiero è naturalmente piacevole, poiché testimonia la forza del corpo con cui è collegato, visto che questo può sopportare senza danni l’azione che provoca quel formicolio. Tuttavia, se lo stesso stimolo ha una forza leggermente maggiore, al punto di danneggiare il nostro corpo, allora l’anima prova dolore. Da ciò si capisce perché piacere e dolore siano sentimenti completamente opposti nell’anima, nonostante spesso uno segua l’altro e le loro cause siano quasi identiche.
192
Del gusto.
Il senso più grossolano dopo il contatto fisico è il gusto; esso ha come organi i nervi della lingua e delle altre parti adiacenti, e come oggetto le piccole particelle dei corpi terrestri, quando queste, separate l’una dall’altra, galleggiano nella saliva che umidifica l’interno della bocca. Poiché queste particelle differiscono per forma, dimensioni o movimento, esse stimolano in modo diverso le estremità di tali nervi, facendo così percepire all’anima svariati tipi di gusti.
193
Del senso dell’olfatto.
Il terzo senso è l’olfatto; il suo organo è costituito da due nervi che sembrano essere soltanto parti del cervello che si estendono verso il naso, poiché non escono dal cranio. Il compito di questi nervi è percepire le piccole particelle presenti negli oggetti terrestri che, essendo separate l’una dall’altra, galleggiano nell’aria; tuttavia, non tutte queste particelle vengono percepite in modo uniforme, ma soltanto quelle abbastanza sottili e penetranti da poter entrare attraverso i pori dell’osso denominato “spugnoso”. Quando tali particelle vengono trasportate dall’aria respirata, esse stimolano le estremità di questi nervi, facendoci percepire odori diversi a seconda del modo in cui vengono influenzate.
194
Dall’udito.
Il quarto senso è l’udito, il cui oggetto sono soltanto i vari movimenti dell’aria; infatti, all’interno delle orecchie ci sono dei nervi strettamente collegati a tre piccoli ossicini che si sostengono a vicenda, e il primo di questi ossicini è aderente alla sottile pelle che ricopre la cavità interna dell’orecchio, chiamata “tamburo dell’orecchio”. Tutti i movimenti dell’aria che raggiungono questa pelle vengono trasmessi all’anima attraverso questi nervi, permettendole di percepire così numerosi suoni diversi.
195
Dalla vista.
Infine, il senso più delicato di tutti è quello della vista; poiché i nervi ottici, che ne sono gli organi, non vengono mossi dall’aria né da altri corpi terrestri, ma soltanto dalle parti dell’elemento etereo che, attraverso i pori di tutte le umori e delle pelli trasparenti degli occhi, raggiungono questi nervi; e a seconda del modo in cui si muovono, queste parti dell’elemento etereo fanno percepire all’anima tutte le varietà di colori e di luce, come ho già spiegato ampiamente nella “Dioptrica” e nei “Meteori”.
196
Comment on prouve que l’âme ne sent qu’en tant qu’elle est dans le cerveau.
Et on peut aisément prouver que l’âme ne sent pas, en tant qu’elle est en chaque membre du corps, mais seulement en tant qu’elle est dans le cerveau, où les nerfs, par leurs mouvements, lui rapportent les diverses actions des objets extérieurs qui touchent les parties du corps dans lesquelles ils sont insérés. Car, premièrement, il y a plusieurs maladies qui, bien qu’elles n’offensent que le cerveau seul, ôtent néanmoins l’usage de tous les sens, comme fait aussi le sommeil, ainsi que nous expérimentons tous les jours, et toutefois il ne change rien que dans le cerveau. De plus, encore qu’il n’y ait rien de mal disposé, ni dans le cerveau, ni dans les membres où sont les organes des sens extérieurs, si seulement le mouvement de l’un des nerfs qui s’étendent du cerveau jusqu’à ces membres, est empêché en quelque endroit de l’espace qui est entre deux, cela suffit pour ôter le sentiment à la partie du corps où sont les extrémités de ces nerfs. Et, outre cela, nous sentons quelquefois de la douleur, comme si elle était en quelques-uns de nos membres, dont la cause n’est pas en ces membres où elle se sent, mais en quelque lieu plus proche du cerveau par où passent les nerfs qui en donnent à l’âme le sentiment : ce que je pourrais prouver par plusieurs expériences ; mais je me contenterai ici d’en rapporter une fort manifeste. On avait coutume de bander les yeux à une jeune fille lorsque le chirurgien la venait panser d’un mal qu’elle avait à la main, à cause qu’elle n’en pouvait supporter la vue ; et la gangrène s’étant mise à son mal, on fut contraint de lui couper jusqu’à la moitié du bras, ce qu’on fit sans l’en avertir, parce qu’on ne la voulait pas attrister ; et on lui attacha plusieurs linges liés l’un sur l’autre en la place de la partie qu’on lui avait coupée, en sorte qu’elle demeura longtemps après sans le savoir. Et ce qui est en ceci fort remarquable, elle ne laissait pas cependant d’avoir diverses douleurs qu’elle pensait être dans la main qu’elle n’avait plus, et de se plaindre de ce qu’elle sentait, tantôt en l’un de ses doigts, et tantôt à l’autre ; de quoi on ne saurait donner d’autre raison, sinon que les nerfs de sa main, qui finissaient alors vers le coude, y étaient mus en la même façon qu’ils auraient dû être auparavant dans les extrémités de ses doigts, pour faire avoir à l’âme dans le cerveau le sentiment de semblables douleurs. Et cela montre évidemment que la douleur de la main n’est pas sentie par l’âme en tant qu’elle est dans la main, mais en tant qu’elle est dans le cerveau.
197
Comment on prouve qu’elle est de telle nature que le seul mouvement de quelque corps suffit pour lui donner toutes sortes de sentiments.
On peut aussi prouver fort aisément que notre âme est de telle nature que les seuls mouvements qui se font dans le corps sont suffisants pour lui faire avoir toutes sortes de pensées, sans qu’il soit besoin qu’il y ait en eux aucune chose qui ressemble à ce qu’ils lui font concevoir, et particulièrement qu’ils peuvent exciter en elle ces pensées confuses qui s’appellent des sentiments. Car, premièrement, nous voyons que les paroles, soit proférées de la voix, soit écrites sur du papier, lui font concevoir toutes les choses qu’elles signifient, et lui donnent ensuite diverses passions. Sur un même papier, avec la même plume et la même encre, en remuant tant soit peu le bout de la plume en certaine façon, vous tracez des lettres qui font imaginer des combats, des tempêtes ou des furies à ceux qui les lisent, et qui les rendent indignés ou tristes ; au lieu que si vous remuez la plume d’une autre façon presque semblable, la seule différence qui sera en ce peu de mouvement leur peut donner des pensées toutes contraires, comme de paix, de repos, de douceur, et exciter en eux des passions d’amour et de joie. Quelqu’un répondra peut-être que l’écriture et les paroles ne représentent immédiatement à l’âme que la figure des lettres et leurs sons, ensuite de quoi, elle qui entend la signification de ces paroles, excite en soi-même les imaginations et passions qui s’y rapportent. Mais que dira-t-on du chatouillement et de la douleur ? Le seul mouvement d’une épée coupant quelque partie de notre peau, nous fait sentir de la douleur, sans nous faire sentir pour cela quel est le mouvement ou la figure de cette épée. Et il est certain que l’idée que nous avons de cette douleur n’est pas moins différente du mouvement qui la cause, ou de celui de la partie de notre corps que l’épée coupe, que sont les idées que nous avons des couleurs, des sons, des odeurs ou des goûts. C’est pourquoi on peut conclure que notre âme est de telle nature que les seuls mouvements de quelques corps peuvent aussi bien exciter en elle tous ces divers sentiments que celui d’une épée y excite de la douleur.
198
Qu’il n’y a rien dans les corps qui puisse exciter en nous quelque sentiment, excepté le mouvement, la figure ou situation, et la grandeur de leurs parties.
Outre cela nous ne saurions remarquer aucune différence entre les nerfs qui nous fasse juger que les uns puissent apporter au cerveau quelque autre chose que les autres, bien qu’ils causent en l’âme d’autres sentiments, ni aussi qu’ils y apportent aucune autre chose que les diverses façons dont ils sont mus. Et l’expérience nous montre quelquefois très clairement que les seuls mouvements excitent en nous non seulement du chatouillement et de la douleur, mais aussi des sons et de la lumière. Car si nous recevons en l’œil quelque coup assez fort, en sorte que le nerf optique en soit ébranlé, cela nous fait voir mille étincelles de feu, qui ne sont point toutefois hors de notre œil ; et quand nous mettons le doigt un peu avant dans notre oreille nous entendons un bourdonnement dont la cause ne peut être attribuée qu’à l’agitation de l’air que nous y tenons enfermé. Nous pouvons aussi souvent remarquer que la chaleur, la dureté, la pesanteur, et les autres qualités sensibles, en tant qu’elles sont dans les corps que nous appelons chauds, durs, pesants, etc., et même aussi les formes de ces corps qui sont purement matérielles, comme la forme du feu, et semblables, y sont produites par le mouvement de quelques autres corps, et qu’elles produisent aussi par après d’autres mouvements en d’autres corps. Et nous pouvons fort bien concevoir comment le mouvement d’un corps peut être causé par celui d’un autre, et diversifié par la grandeur, la figure et la situation de ses parties ; mais nous ne saurions concevoir en aucune façon comment ces mêmes choses, à savoir la grandeur, la figure et le mouvement, peuvent produire des natures entièrement différentes des leurs, telles que sont celles des qualités réelles et des formes substantielles, que la plupart des philosophes ont supposé être dans les corps ; ni aussi comment ces formes ou qualités, étant dans un corps, peuvent avoir la force d’en mouvoir d’autres. Or, puisque nous savons que notre âme est de telle nature que les divers mouvements de quelque corps suffisent pour lui faire avoir tous les divers sentiments qu’elle a, et que nous voyons bien par expérience que plusieurs de ses sentiments sont véritablement causés par de tels mouvements, mais que nous n’apercevons point qu’aucune autre chose que ces mouvements passe jamais par les organes des sens jusqu’au cerveau, nous avons sujet de conclure que nous n’apercevons point aussi en aucune façon que tout ce qui est dans les objets que nous appelons leur lumière, leurs couleurs, leurs odeurs, leurs goûts, leurs sons, leur chaleur ou froideur, et leurs autres qualités qui se sentent par l’attouchement, et aussi ce que nous appelons leurs formes substantielles, soit en eux autre chose que les diverses figures, situations, grandeurs et mouvements de leurs parties, qui sont tellement disposées qu’elles peuvent mouvoir nos nerfs en toutes les diverses façons qui sont requises pour exciter en notre âme tous les divers sentiments qu’ils y excitent.
199
Qu’il n’y a aucun phénomène en la nature qui ne soit compris en ce qui a été expliqué en ce traité.
How can it be proven that the soul can only perceive things when it is within the brain?
And it is easy to prove that the soul does not feel anything, in so far as it is present in every member of the body, but only insofar as it is located in the brain, where the nerves, through their movements, transmit to it information about the various actions of external objects that come into contact with the parts of the body where these nerves are situated. For, firstly, there are many illnesses that, although they affect only the brain itself, nevertheless cause the loss of sensation in all the senses; this is also true during sleep, as we can observe every day. Moreover, even when nothing is wrong either with the brain or with the limbs where the external sensory organs are located, if the movement of any of these nerves, which extend from the brain to these limbs, is blocked somewhere along their course, this is sufficient to cause a loss of sensation in the part of the body where those nerve endings are situated. Furthermore, we sometimes experience pain in certain limbs, even though the cause of that pain is not in those limbs themselves, but in some location closer to the brain, where the nerves that transmit the sensation to the soul pass through. This can be demonstrated by various experiments; but for the sake of clarity, I will mention just one very clear example. It was customary to blind a young girl whenever a surgeon had to treat her hand due to an injury, because she could not bear to see it. When gangrene set in, it became necessary to amputate half of her arm without informing her, in order not to upset her. Instead, several layers of bandages were wrapped around the stump, so that she remained unaware of what had happened for a long time after the operation. What is particularly noteworthy in this case is that she continued to experience various pains that she believed were located in her missing hand, and would complain about what she felt, sometimes in one finger and sometimes in another. There is no other explanation for this than that the nerves of her hand, which at that point extended towards her elbow, were being stimulated in the same way as they would have been if those fingers had still been present, thereby causing the soul in her brain to perceive those sensations. This clearly demonstrates that the pain experienced in the hand is not felt by the soul because it is actually located in the hand, but because it is perceived by the brain.
197
How can it be proven that she is of such a nature that the mere movement of any body is sufficient to evoke in her various kinds of sensations?
It is also quite easy to prove that our soul is of such a nature that the mere movements occurring within the body are sufficient to provoke it to have all sorts of thoughts, without there needing to be anything in those movements that resembles what they cause the soul to conceive. In particular, it is possible for these movements to arouse in the soul those confused states of mind that we call emotions. For, firstly, we see that words, whether spoken aloud or written down on paper, enable the soul to conceive all the things they signify and subsequently provoke various passions within it. On the same piece of paper, using the same pen and ink, and by moving the pen in a particular way, you can create letters that evoke images of battles, storms, or fierce emotions in those who read them, making them either indignant or sad; whereas if you move the pen in a slightly different manner, the very slight difference in that movement can provoke entirely opposite thoughts—such as feelings of peace, rest, and gentleness—and arouse emotions of love and joy. Some might argue that writing and words merely represent the shape of the letters and their sounds to the soul, and it is the soul itself, upon understanding the meaning of these words, that then generates the corresponding images and emotions within itself. But what about sensations such as tickling or pain? The mere movement of a sword cutting into our skin causes us to feel pain, yet we do not perceive what exactly that movement or the shape of the sword are. Moreover, it is clear that our understanding of this pain is just as different from the physical movement that causes it, or from the part of our body that is cut by the sword, as our perceptions of colors, sounds, smells, and tastes are different from the corresponding physical phenomena. Therefore, we can conclude that our soul is of such a nature that the mere movements of certain physical objects are capable of provoking in it all these various emotions, just as the movement of a sword can cause us to feel pain.
198
Nothing within the bodies can arouse any sensation in us, except for the movement, shape, or position of their parts, as well as their size.
Apart from this, we could not observe any difference between nerves that would lead us to conclude that some of them could convey something different to the brain than others, even though they provoke different sensations in the soul, nor could we say that they transmit anything other than the various ways in which they are stimulated. Experience sometimes makes it very clear to us that certain movements not only cause sensations such as tickling and pain but also produce sounds and light. For instance, if a strong blow is struck on our eye, disturbing the optic nerve, we see thousands of flashes of light, although these flashes do not originate outside our eye; similarly, when we put our finger slightly inside our ear, we hear a buzzing sound, whose cause can only be attributed to the disturbance of the air trapped within. We also often observe that qualities such as heat, hardness, and weight, as they exist in bodies that we consider hot, hard, or heavy, as well as the purely material forms of these bodies—such as the “form” of fire—are produced by the movement of other bodies, and that these same qualities can subsequently cause movements in other bodies. We can easily understand how the movement of one body can be caused by another, and how this movement can vary depending on the size, shape, and arrangement of its parts; but we cannot in any way conceive how such things as size, shape, and movement could give rise to entirely different entities—such as real qualities or substantial forms—which many philosophers have assumed to exist within bodies. Nor can we understand how these forms or qualities, being present within a body, could possess the power to move other bodies. Or, since we know that our soul is of such a nature that various movements of any physical object are sufficient to cause it to experience all the different sensations it possesses, and since we observe through experience that many of these sensations are indeed triggered by such movements, yet we see that nothing other than these movements ever passes through the sensory organs and reaches the brain, we have reason to conclude that we also perceive in no way whatsoever that anything contained within those objects—which we call their light, color, odor, taste, sound, heat or cold, as well as other qualities perceived through touch—and neither do we perceive any “substantial forms” inherent in them—other than the various shapes, positions, sizes, and movements of their parts, which are arranged in such a way as to stimulate our nerves in all the different ways necessary to evoke all the sensations they provoke in our soul.
199
There is not a single phenomenon in nature that cannot be understood within what has been explained in this treatise.
Come si può dimostrare che l’anima percepisce soltanto nel momento in cui si trova nel cervello?
E si può facilmente dimostrare che l’anima non percepisce nulla, in quanto si trova in ogni membro del corpo, ma soltanto in quanto si trova nel cervello, dove i nervi, attraverso i loro movimenti, le trasmettono le varie azioni degli oggetti esterni che toccano le parti del corpo in cui sono inseriti. Infatti, innanzitutto, esistono molte malattie che, pur colpendo soltanto il cervello, privano comunque di ogni sensazione tutti i cinque sensi; lo stesso accade durante il sonno, come possiamo constatare ogni giorno, eppure ciò avviene soltanto nel cervello. Inoltre, anche quando non vi è nulla di danneggiato né nel cervello né nei membri in cui si trovano gli organi dei sensi esterni, basta semplicemente impedire il movimento di uno qualsiasi dei nervi che si estendono dal cervello fino a questi membri, in qualche punto dello spazio situato tra loro, e ciò è sufficiente per privare di sensazione la parte del corpo in cui si trovano le estremità di quei nervi. Inoltre, a volte percepiamo dolore come se fosse localizzato in alcuni dei nostri membri, ma la causa di tale dolore non risiede in quei membri stessi, bensì in qualche luogo più vicino al cervello, attraverso cui passano i nervi che trasmettono tali sensazioni all’anima; questo potrei dimostrarlo con molte esperienze, ma mi limiterò qui a riportarne una molto evidente. Era consuetudine bendare gli occhi di una giovane ragazza quando il chirurgo andava a curarle un male alla mano, poiché lei non riusciva a sopportarne la vista; quando la cancrena iniziò a diffondersi, fu necessario amputarle metà del braccio, cosa che si fece senza avvertirla, per non addolorarla; le vennero applicati diversi strati di bende al posto della parte amputata, così che lei non se ne accorse per molto tempo. La cosa più sorprendente è che continuava a provare diverse dolori, che pensava fossero localizzati nella mano che ormai non possedeva più, e si lamentava di ciò che sentiva, ora in un dito, ora in un altro; non si potrebbe dare altra spiegazione se non il fatto che i nervi della sua mano, che a quel punto terminavano vicino al gomito, venivano stimolati nello stesso modo in cui avrebbero dovuto essere stimolati nelle estremità dei suoi dita, permettendo così all’anima nel cervello di percepire tali dolori. E questo dimostra chiaramente che il dolore alla mano non viene percepito dall’anima in quanto si trova nella mano stessa, ma in quanto si trova nel cervello.
197
Come si può dimostrare che essa sia di tale natura da far sì che il solo movimento di un corpo qualsiasi sia sufficiente a suscitare in esso ogni sorta di sensazioni?
Si può anche dimostrare molto facilmente che la nostra anima è di tale natura da permettere che soltanto i movimenti che avvengono nel corpo siano sufficienti a farle avere ogni sorta di pensieri, senza che sia necessario che in quei movimenti vi sia nulla che assomigli a ciò che essi le fanno concepire; in particolare, si può osservare come tali movimenti possano suscitare in lei quelle idee confuse che vengono chiamate “sentimenti”. Infatti, da un lato, vediamo che le parole, sia pronunciate a voce alta sia scritte su carta, fanno sì che l’anima concepisca tutto ciò che esse significano e successivamente suscitino in lei diverse emozioni. Su lo stesso foglio di carta, con la stessa penna e lo stesso inchiostro, semplicemente muovendo leggermente la punta della penna in un certo modo, si possono tracciare lettere che fanno immaginare battaglie, tempeste o furie a chi le legge, facendolo infuriare o rattristare; al contrario, se si muove la penna in un altro modo quasi simile, la sola differenza nel movimento può suscitare in lui pensieri completamente opposti, come pace, riposo, dolcezza, e far nascere in lui sentimenti di amore e gioia. Qualcuno potrebbe obiettare che la scrittura e le parole rappresentino immediatamente all’anima soltanto la forma delle lettere e i loro suoni, e che sia poi l’anima stessa a suscitare in sé le immagini e le emozioni correlate a tali suoni. Ma cosa si può dire del pizzicotto o del dolore? Il semplice movimento di una spada che taglia una parte della nostra pelle ci fa provare dolore, senza che per questo comprendiamo quale sia il movimento o la forma effettiva di quella spada; inoltre, è certo che l’idea che abbiamo di quel dolore non è affatto simile al movimento che lo causa, né a quello della parte del nostro corpo che viene tagliata. Da ciò si può concludere che la nostra anima è di tale natura da permettere che soltanto i movimenti di alcuni corpi possano suscitare in lei tutti questi diversi sentimenti, proprio come il movimento di una spada può provocare dolore.
198
Non c’è nulla nei corpi che possa suscitare in noi qualche sentimento, se non il movimento, la forma o la posizione delle loro parti, nonché la loro dimensione.
Oltre a ciò, non riusciremmo a notare alcuna differenza tra i nervi che ci permettono di percepire certe sensazioni, tale da farci credere che alcuni possano trasmettere al cervello qualcosa di diverso dagli altri, anche se questi causano nell’anima sentimenti differenti; né riusciremmo a stabilire che essi contribuiscano in qualche modo diverso alle varie percezioni, in base al modo in cui vengono stimolati. L’esperienza ci mostra, talvolta in modo molto chiaro, che gli unici movimenti che suscitano in noi sensazioni sono quelli legati a stimoli fisici come il solletico o il dolore, nonché suoni e luci. Ad esempio, se riceviamo un colpo abbastanza forte all’occhio, tale da danneggiare il nervo ottico, vediamo mille scintille di luce; allo stesso modo, mettendo un dito nell’orecchio percepiamo un ronzio, la cui causa è certamente l’agitazione dell’aria che vi viene intrappolata. Spesso possiamo anche osservare come calore, durezza, peso e altre qualità sensoriali siano generate dal movimento di altri corpi; inoltre, forme puramente materiali come quella del fuoco vengono anch’esse prodotte da tali movimenti. Possiamo facilmente immaginare come il movimento di un corpo possa essere causato da quello di un altro e come tale movimento possa variare a seconda delle dimensioni, della forma e della disposizione delle sue parti; tuttavia, non riusciamo in alcun modo a comprendere come queste stesse caratteristiche possano generare qualità o forme completamente diverse da quelle originarie, come quelle che la maggior parte dei filosofi ha ipotizzato esistere nei corpi; né come tali forme o qualità, essendo presenti in un corpo, possano avere il potere di muovere altri corpi. Ora, poiché sappiamo che la nostra anima è di tale natura da essere influenzata dai vari movimenti dei corpi, i quali le provocano tutti i sentimenti possibili, e poiché osserviamo con certezza che molti di questi sentimenti sono effettivamente causati da tali movimenti, ma non riusciamo a percepire alcun altro elemento, oltre a questi movimenti, che passi attraverso gli organi dei sensi fino al cervello, possiamo concludere che nulla di ciò che si trova negli oggetti – le loro luci, i loro colori, i loro odori, i loro sapori, i loro suoni, il loro calore o freddo, nonché altre qualità percepite attraverso il tatto, e anche ciò che chiamiamo le loro “forme sostanziali” – sia altro, in questi oggetti, se non le varie forme, posizioni, dimensioni e movimenti delle loro parti, disposte in modo tale da poter stimolare i nostri nervi in tutte le maniere necessarie per suscitare nella nostra anima tutti i sentimenti che essi provocano.
199
Non esiste alcun fenomeno nella natura che non possa essere spiegato attraverso quanto è stato illustrato in questo trattato.
Et ainsi je puis démontrer par un dénombrement très facile qu’il n’y a aucun phénomène en la nature dont l’explication ait été omise en ce traité ; car il n’y a rien qu’on puisse mettre au nombre de ces phénomènes, sinon ce que nous pouvons apercevoir par l’entremise des sens ; mais, excepté le mouvement, la grandeur, la figure et la situation des parties de chaque corps, qui sont des choses que j’ai ici expliquées le plus exactement qu’il m’a été possible, nous n’apercevons rien hors de nous par le moyen de nos sens que la lumière, les couleurs, les odeurs, les goûts, les sons, et les qualités de l’attouchement. Or je viens de prouver que nous n’apercevons point que toutes ces sortes de qualités soient rien hors de notre pensée, sinon les mouvements, les grandeurs, et les figures de quelques corps, si bien que j’ai prouvé qu’il n’y a rien en tout ce monde visible, en tant qu’il est seulement visible ou sensible, sinon les choses que j’y ai expliquées.
200
Que ce traité ne contient aussi aucuns principes qui n’aient été reçus de tout temps de tout le monde ; en sorte que cette philosophie n’est pas nouvelle, mais la plus ancienne et la plus commune qui puisse être.
Mais je désire aussi que l’on remarque que, bien que j’aie ici tâché de rendre raison de toutes les choses matérielles, je ne m’y suis néanmoins servi d’aucun principe qui n’ait été reçu et approuvé par Aristote et par tous les autres philosophes qui ont jamais été au monde ; en sorte que cette philosophie n’est point nouvelle, mais la plus ancienne et la plus vulgaire qui puisse être : car je n’ai rien du tout considéré que la figure, le mouvement et la grandeur de chaque corps, ni examiné aucune autre chose que ce que les lois des mécaniques, dont la vérité peut être prouvée par une infinité d’expériences, enseignent devoir suivre de ce que des corps qui ont diverses grandeurs, ou figures, ou mouvements, se rencontrent ensemble. Mais personne n’a jamais douté qu’il n’y eût des corps dans le monde qui ont diverses grandeurs et figures, et se meuvent diversement, selon les diverses façons qu’ils se rencontrent, et même qui quelquefois se divisent, au moyen de quoi ils changent de figure et de grandeur. Nous expérimentons la vérité de cela tous les jours, non par le moyen d’un seul sens, mais par le moyen de plusieurs, savoir de l’attouchement, de la vue, et de l’ouïe ; notre imagination en reçoit des idées très distinctes, et notre entendement le conçoit très clairement. Ce qui ne se peut dire d’aucune des autres choses qui tombent sous nos sens, comme sont les couleurs, les odeurs, les sons, et semblables : car chacune de ces choses ne touche qu’un seul de nos sens, et n’imprime en notre imagination qu’une idée de soi qui est fort confuse, et enfin ne fait point connaître à notre entendement ce qu’elle est.
201
Qu’il est certain que les corps sensibles sont composés de parties insensibles.
On dira peut-être que je considère plusieurs parties en chaque corps qui sont si petites qu’elles ne peuvent être senties, et je sais bien que cela ne sera pas approuvé par ceux qui prennent leurs sens pour la mesure des choses qui se peuvent connaître. Mais c’est, ce me semble, faire grand tort au raisonnement humain de ne vouloir pas qu’il aille plus loin que les yeux ; et il n’y a personne qui puisse douter qu’il n’y ait des corps qui sont si petits qu’ils ne peuvent être aperçus par aucun de nos sens, pourvu seulement qu’il considère quels sont les corps qui sont ajoutés à chaque fois aux choses qui s’augmentent continuellement peu à peu, et quels sont ceux qui sont ôtés des choses qui diminuent en même façon. On voit tous les jours croître les plantes, et il est impossible de concevoir comment elles deviennent plus grandes qu’elles n’ont été, si on ne conçoit que quelque corps est ajouté au leur : mais qui est-ce qui a jamais pu remarquer par l’entremise des sens quels sont les petits corps qui sont ajoutés en chaque moment, à chaque partie d’une plante qui croît ? Pour le moins, entre les philosophes, ceux qui avouent que les parties de la quantité sont divisibles à l’infini, doivent avouer qu’en se divisant elles peuvent devenir si petites qu’elles ne seront aucunement sensibles. Et la raison qui nous empêche de pouvoir sentir les corps qui sont fort petits est évidente : car elle consiste en ce que tous les objets que nous sentons doivent mouvoir quelques-unes des parties de notre corps qui servent d’organes à nos sens, c’est-à-dire quelques petits filets de nos nerfs, et que chacun de ces petits filets ayant quelque grosseur, les corps qui sont beaucoup plus petits qu’eux n’ont point la force de les mouvoir : ainsi, étant assurés que chacun des corps que nous sentons est composé de plusieurs autres corps si petits que nous ne les saurions apercevoir, il n’y a, ce me semble, personne, pourvu qu’il veuille user de raison, qui ne doive avouer que c’est beaucoup mieux philosopher de juger de ce qui arrive en ces petits corps que leur seule petitesse nous empêche de pouvoir sentir par l’exemple de ce que nous voyons arriver en ceux que nous sentons, et de rendre raison par ce moyen de tout ce qui est en la nature (ainsi que j’ai tâché de faire en ce traité), que, pour rendre raison des mêmes choses, en inventer je ne sais quelles autres qui n’ont aucun rapport avec celles que nous sentons, comme sont la matière première, les formes substantielles, et tout ce grand attirail de qualités, que plusieurs ont coutume de supposer, chacune desquelles peut plus difficilement être connue que toutes les choses qu’on prétend expliquer par leur moyen.
202
Que ces principes ne s’accordent pas mieux avec ceux de Démocrite qu’avec ceux d’Aristote ou des autres.
Peut-être aussi que quelqu’un dira que Démocrite a déjà ci-devant imaginé des petits corps qui avaient diverses figures, grandeurs et mouvements, par le divers mélange desquels tous les corps sensibles étaient composés, et que néanmoins sa philosophie est communément rejetée. A quoi je réponds qu’elle n’a jamais été rejetée de personne parce qu’il faisait considérer des corps plus petits que ceux qui sont aperçus de nos sens, et qu’il leur attribuait diverses grandeurs, diverses figures et divers mouvements ; car il n’y a personne qui puisse douter qu’il n’y en ait véritablement de tels, ainsi qu’il a déjà été prouvé : mais elle a été rejetée, premièrement à cause qu’elle supposait que ces petits corps étaient indivisibles, ce que je rejette aussi entièrement ; puis à cause qu’il imaginait du vide entre deux, et je démontre qu’il est impossible qu’il y en ait ; puis aussi à cause qu’il leur attribuait de la pesanteur, et moi je nie qu’il y en ait en aucun corps, en tant qu’il est considéré seul, parce que c’est une qualité qui dépend du mutuel rapport que plusieurs corps ont les uns aux autres ; puis, enfin, on a eu sujet de la rejeter à cause qu’il n’expliquait point en particulier comment toutes choses avaient été formées par la seule rencontre de ces petits corps, ou bien, s’il l’expliquait de quelques-unes, les raisons qu’il en donnait ne dépendaient pas tellement les unes des autres que cela fit voir que toute la nature pouvait être expliquée en même façon (au moins on ne peut le connaître de ce qui nous a été laissé par écrit de ses opinions). Mais je laisse à juger aux lecteurs si les raisons que j’ai mises en ce Traité se suivent assez, et si on en peut déduire assez de choses : et d’autant que la considération des figures, des grandeurs et des mouvements a été reçue par Aristote et par tous les autres, aussi bien que par Démocrite, et que je rejette tout ce que ce dernier a supposé outre cela, ainsi que je rejette généralement tout ce qui a été supposé par les autres, il est évident que cette façon de philosopher n’a pas plus d’affinité avec celle de Démocrite qu’avec toutes les autres sectes particulières.
203
Comment on peut parvenir à la connaissance des figures, grandeurs et mouvements des corps insensibles.
And thus, I can easily demonstrate through counting that there is not a single phenomenon in nature whose explanation has been omitted in this treatise; for there is nothing that can be classified as one of these phenomena except what we can perceive through the senses. However, apart from motion, size, shape, and the position of the various parts of each body—things that I have explained here as accurately as possible—we perceive nothing beyond ourselves through our senses except light, colors, smells, tastes, sounds, and the qualities of touch. Now, I have just shown that we perceive none of these qualities as existing outside of our thoughts, except for the motions, sizes, and shapes of certain bodies. Therefore, I have proven that there is nothing in all of this visible world, in so far as it is merely visible or perceptible, except for the things that I have explained here.
200
That this treaty also contains no principles which have not been accepted by everyone throughout all time; in other words, that this philosophy is not new at all, but rather the oldest and most widespread one possible.
But I also wish it to be noted that, although I have here tried to explain all material things, I have in doing so made use of no principles other than those accepted and approved by Aristotle and all other philosophers who have ever existed; consequently, this philosophy is not new at all, but rather the oldest and most fundamental one possible. For I have considered nothing other than the shape, motion, and size of each body, and examined nothing beyond what the laws of mechanics—whose truth can be proven through countless experiments—teach us about the interactions between bodies of different sizes, shapes, or motions. Yet no one has ever doubted that there exist bodies in the world that vary in size and shape, and that they move in various ways depending on how they come into contact with each other; some even divide, thereby changing their shape and size. We experience the truth of this every day, not through a single sense alone, but through multiple senses—touch, sight, and hearing. Our imagination receives very clear ideas about these things, and our understanding grasps them very clearly. This cannot be said of any other things that fall within our senses, such as colors, smells, sounds, and the like; for each of these things affects only one of our senses, leaves only a very vague impression in our imagination, and ultimately fails to convey any clear understanding of their nature to our understanding.
201
It is certainly true that sensible bodies are composed of insensible parts.
One might perhaps say that I consider numerous parts within each body that are so tiny as to be imperceptible to our senses; and I am well aware that such views would not be approved by those who regard their senses as the sole means of understanding what is accessible to knowledge. Yet, in my opinion, it would be a grave injustice to human reasoning to refuse to extend its scope beyond what the eyes can perceive. Moreover, there is no one who could doubt that there exist bodies so minute as to elude even our most sensitive senses, provided we merely consider those elements that are constantly added to things that gradually increase in size, as well as those that are removed from things that decrease in the same manner. We see plants growing every day; it is impossible to conceive how they can become larger than they were before, unless we assume that some small elements are being added to them. But who has ever been able to observe, through the senses, what these tiny elements are that are constantly being incorporated into each part of a growing plant? At the very least, among philosophers those who admit that quantities can be divided infinitely must also acknowledge that when divided indefinitely, they can become so small as to become entirely imperceptible to our senses. The reason why we are unable to perceive such tiny bodies is obvious: all objects that we perceive require the movement of certain parts of our body—our nerves, for instance—and since these nerves possess a certain degree of thickness, bodies much smaller than them simply do not have the power to move them. Therefore, given that we know that every object we perceive is composed of numerous other tiny elements too small for us to see, it seems to me that anyone who uses reason must acknowledge that it is far more rational to attempt to understand what happens within these tiny bodies, even though their extreme smallness prevents our senses from detecting it, by observing what occurs in those objects we can perceive. This approach allows us to explain everything in nature (as I have tried to do in this treatise), rather than inventing various hypothetical entities—such as primary matter, substantial forms, and all the other qualities that some people assume exist—but which are far more difficult to understand than the things we actually perceive.
202
Whether these principles accord better with those of Democritus or with those of Aristotle or others is irrelevant.
Perhaps someone might say that Democritus had already envisioned tiny particles with various shapes, sizes, and movements, and that all sensible substances were composed of these different combinations; yet his philosophy is generally rejected. To this I reply that it has never been rejected by anyone because he considered entities smaller than those perceived by our senses and attributed to them various sizes, shapes, and motions. Indeed, no one can doubt that such particles truly exist, as has already been proven. However, his philosophy was rejected primarily because he assumed these tiny particles to be indivisible—something I also firmly reject. It was also rejected because he imagined a void existing between them, but I demonstrate that such a void is impossible. Furthermore, he attributed weight to these particles, while I deny that any substance possesses weight when considered in isolation, since weight is a property that arises from the relative relationships between multiple substances. Lastly, his philosophy was dismissed because he failed to provide a clear explanation of how all things were formed solely through the interaction of these tiny particles; or, even if he did explain some cases, the reasons he gave were not sufficiently interconnected, suggesting that the entire natural world could be explained in the same way (at least from what we have been left in written form of his ideas). But I leave it to the readers to judge whether the arguments presented in this treatise are coherent enough and whether sufficient conclusions can be drawn from them. Since considerations of shape, size, and motion were accepted by both Aristotle and all other philosophers, as well as by Democritus—and since I reject everything else that Democritus assumed, as well as everything else proposed by other thinkers—I believe it is clear that this approach to philosophy has no more in common with Democritus’s than it does with any other particular philosophical tradition.
203
How can one come to know the shapes, sizes, and movements of inanimate objects?
E così posso dimostrare, con un calcolo molto semplice, che non esiste alcun fenomeno nella natura la cui spiegazione sia stata omessa in questo trattato; infatti, non c’è nulla che possiamo considerare tra questi fenomeni se non ciò che possiamo percepire attraverso i sensi. Tuttavia, ad eccezione del movimento, della grandezza, della forma e della posizione delle parti di ogni corpo – argomenti che ho spiegato qui nel modo più accurato possibile – non percepiamo nulla al di fuori di noi attraverso i nostri sensi se non la luce, i colori, gli odori, i sapori, i suoni e le qualità tattili. Ora ho dimostrato che tutte queste qualità non sono altro che il risultato dei movimenti, delle grandezze e delle forme di alcuni corpi; pertanto, ho dimostrato che in tutto questo mondo visibile, nel senso in cui è soltanto visibile o percepibile, non esiste nulla se non ciò che ho spiegato qui.
200
Che questo trattato non contenga alcun principio che non sia stato accettato da sempre e da tutti; in modo che questa filosofia non sia affatto nuova, ma la più antica e la più diffusa che esista.
Ma desidero anche che si noti che, sebbene qui abbia cercato di spiegare tutte le cose materiali, non ho utilizzato alcun principio che non fosse stato accettato e approvato da Aristotele e da tutti gli altri filosofi che siano mai esistiti; quindi questa filosofia non è affatto nuova, ma la più antica e la più comune che si possa trovare: infatti non ho preso in considerazione nulla altro se non la forma, il movimento e le dimensioni di ogni corpo, né ho esaminato nulla al di fuori di ciò che le leggi della meccanica, la cui verità può essere dimostrata attraverso un’infinità di esperimenti, insegnano debba accadere quando corpi di diverse dimensioni, forme o movimenti si incontrano tra loro. Tuttavia, nessuno ha mai dubitato che nel mondo esistano corpi di varie dimensioni e forme che si muovono in modi diversi a seconda del modo in cui si scontrano, e che talvolta si dividono, cambiando così forma e dimensioni. Noi constatiamo quotidianamente la veridicità di ciò attraverso diversi sensi: il tatto, la vista e l’udito; la nostra immaginazione ne riceve idee molto chiare, e il nostro intelletto la comprende con assoluta certezza. Ciò non si può dire per nessuna altra cosa che cade sotto i nostri sensi, come i colori, gli odori o i suoni: infatti ciascuna di queste cose colpisce soltanto un senso, lascia nella nostra immaginazione un’idea molto vaga di sé stessa e non permette al nostro intelletto di comprenderne veramente la natura.
201
È certo che i corpi sensoriali sono composti da parti insensibili.
Si potrebbe dire che io consideri nell’ambito di ogni corpo delle parti così piccole da non essere percepibili con i sensi; so bene che coloro che ritengono i propri sensi l’unica misura delle cose conoscibili non approveranno questa ipotesi. Tuttavia, a mio parere, negare al ragionamento umano la possibilità di spingersi oltre i limiti dei sensi rappresenta un grave errore. Non c’è dubbio che esistano corpi così minuscoli da non poter essere percepiti da alcuno dei nostri sensi; basta considerare quali siano i corpi che vengono aggiunti continuamente alle cose che crescono gradualmente, e quali quelli che vengono rimossi dalle cose che diminuiscono allo stesso modo. Ogni giorno vediamo le piante crescere, e è impossibile immaginare come possano diventare più grandi di quanto fossero inizialmente, se non si considera l’aggiunta di qualche elemento al loro interno. Ma chi ha mai potuto osservare, attraverso i sensi, quali siano questi piccoli elementi che vengono aggiunti in ogni momento a ciascuna parte di una pianta in crescita? Almeno tra i filosofi, coloro che ammettono che le parti della quantità sono divisibili all’infinito devono riconoscere che, dividendosi ulteriormente, queste parti possono diventare così piccole da non essere percepite affatto dai sensi. La ragione che ci impedisce di percepire corpi estremamente piccoli è evidente: tutti gli oggetti che percepiamo infatti richiedono che alcune parti del nostro corpo, cioè i nostri nervi, vengano messe in movimento; poiché ogni singolo nervo possiede una certa dimensione, corpi molto più piccoli di essi non hanno la forza necessaria per muoverli. Pertanto, dato che sappiamo che ogni corpo che percepiamo è composto da molte altre parti così minuscole da non poter essere viste, non c’è dubbio che chi voglia ragionare correttamente debba ammettere che sia molto più opportuno cercare di comprendere ciò che accade in questi piccoli corpi, considerando l’esempio di ciò che osserviamo nei corpi che percepiamo effettivamente, piuttosto che inventare teorie complesse e prive di fondamento reale, come la materia primordiale o le forme sostanziali, utilizzate da molti per spiegare i fenomeni naturali. Questo approccio, come ho cercato di dimostrare in questo trattato, permette di comprendere meglio la natura delle cose, rispetto all’invenzione di concetti astratti e poco concreti.
202
Che questi principi non si accordino meglio con quelli di Democrito che con quelli di Aristotele o degli altri.
Forse qualcuno dirà che Democrito abbia già immaginato l’esistenza di piccoli corpi la cui forma, dimensione e movimento fossero variabili, e che tutti i corpi sensibili fossero composti da tali elementi mescolati tra loro; tuttavia, la sua filosofia viene comunemente rifiutata. A questo rispondo che nessuno l’ha mai rifiutata, semplicemente perché Democrito considerava l’esistenza di corpi più piccoli di quelli percepibili dai nostri sensi e ne attribuiva diverse dimensioni, forme e movimenti; infatti, non esiste persona che possa dubitare dell’esistenza effettiva di tali corpi, come già dimostrato in passato. Tuttavia, la sua filosofia è stata rifiutata soprattutto perché supponeva che questi piccoli corpi fossero indivisibili, cosa che anch’io rigetto completamente; inoltre, Democrito immaginava l’esistenza di un vuoto tra di essi, mentre io dimostro che ciò è impossibile; inoltre, attribuiva a questi corpi la proprietà del peso, ma io nego che alcun corpo possieda tale qualità in sé stesso, poiché essa dipende dal rapporto reciproco che diversi corpi hanno tra loro; infine, la sua filosofia è stata rifiutata anche perché non spiegava in modo chiaro e dettagliato come tutte le cose fossero state formate dall’incontro di questi piccoli corpi; o, se lo faceva per alcune cose, le ragioni che adducevano non erano sufficientemente coerenti tra loro, il che dimostrava che l’intera natura potesse essere spiegata allo stesso modo (almeno così si può dedurre da ciò che di sue opinioni ci è stato tramandato per iscritto). Lascio però ai lettori giudicare se le ragioni che ho esposto in questo trattato siano sufficientemente logiche e se ne possano trarre conclusioni valide; inoltre, poiché sia Aristotele che tutti gli altri filosofi hanno accettato l’idea delle forme, dimensioni e movimenti dei corpi, mentre io rifiuto tutto ciò che Democrito ha ipotizzato oltre a queste cose, e rifiuto in generale tutto ciò che sono stati proposti dagli altri filosofi, è evidente che questo modo di pensare non abbia alcuna affinità né con quello di Democrite né con qualsiasi altra scuola filosofica particolare.
203
Come è possibile giungere alla conoscenza delle forme, delle dimensioni e dei movimenti dei corpi inanimati?
Enfin, quelqu’un pourra aussi demander d’où j’ai appris quelles sont les figures, les grandeurs et les mouvements des petites parties de chaque corps, plusieurs desquelles j’ai ici déterminées tout de même que si je les avais vues, bien qu’il soit certain que je n’ai pu les apercevoir par l’aide des sens, puisque j’avoue qu’elles sont insensibles. A quoi je réponds que j’ai premièrement considéré en général toutes les notions claires et distinctes qui peuvent être en, notre entendement touchant les choses matérielles ; et que n’en ayant point trouvé d’autres, sinon celles que nous avons des figures, des grandeurs et des mouvements, et des règles suivant lesquelles ces trois choses peuvent être diversifiées l’une par l’autre, lesquelles règles sont les principes de la géométrie et des mécaniques, j’ai jugé qu’il fallait nécessairement que toute la connaissance que les hommes peuvent avoir de la nature fut tirée de cela seul ; parce que toutes les autres notions que nous avons des choses sensibles, étant confuses et obscures, ne peuvent servir à nous donner la connaissance d’aucune chose hors de nous, mais plutôt la peuvent empêcher. Ensuite de quoi j’ai examiné toutes les principales différences qui se peuvent trouver entre les figures, grandeurs et mouvements de divers corps, que leur seule petitesse rend insensibles, et quels effets sensibles peuvent être produits par les diverses façons dont ils se mêlent ensemble, et par après, lorsque j’ai, rencontré de semblables effets dans les corps que nos sens aperçoivent, j’ai pensé qu’ils avaient pu être ainsi produits ; puis j’ai cru qu’ils l’avaient infailliblement été, lorsqu’il m’a semblé être impossible de trouver en toute l’étendue de la nature aucune autre cause capable de les produire. A quoi l’exemple de plusieurs corps composés par l’artifice des hommes m’a beaucoup servi : car je ne reconnais aucune différence entre les machines que font les artisans, et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que de l’agencement de certains tuyaux, ou ressorts, ou autres instruments, qui, devant avoir quelque proportion avec les mains de ceux qui les font, sont toujours si grands que leurs figures et mouvements se peuvent voir ; au lieu que les tuyaux, ou ressorts, qui causent les effets des corps naturels, sont ordinairement trop petits pour être aperçus de nos sens. Et il est certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique, en sorte que toutes les choses qui sont artificielles sont avec cela naturelles : car, par exemple, lorsqu’une montre marque les heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel, qu’il est à un arbre de produire ses fruits. C’est pourquoi tout de même qu’un horloger, en considérant une montre qu’il n’a pas faite, peut ordinairement juger par le moyen de quelques-unes de ses parties qu’il regarde, quelles sont toutes les autres qu’il ne voit pas ; ainsi, en considérant les effets et les parties sensibles des corps naturels, j’ai tâché de connaître quelles doivent être celles de leurs parties qui sont insensibles.
204
Que, touchant les choses que nos sens n’aperçoivent point, il suffit d’expliquer comment elles peuvent être : et que c’est tout ce qu’Aristote a tâché de faire.
On répliquera peut-être encore à ceci que, bien que j’aie peut-être imaginé des causes qui pourraient produire des effets semblables à ceux que nous voyons, nous ne devons pas pour cela conclure que ceux que nous voyons soient produits par elles : parce que, comme un horloger industrieux peut faire deux montres qui marquent les heures en même façon, et entre lesquelles il n’y ait aucune différence en ce qui paraît à l’extérieur, qui n’aient toutefois rien de semblable en la composition de leurs roues, ainsi il est certain que Dieu a une infinité de divers moyens par chacun desquels il peut avoir fait que toutes les choses de ce monde paraissent telles que maintenant elles paraissent, sans qu’il soit possible à l’esprit humain de connaître lequel de tous ces moyens il a voulu employer à les faire, ce que je ne fais aucune difficulté d’accorder. Et je croirai avoir assez fait, si les causes que j’ai expliquées sont telles que tous les effets qu’elles peuvent produire se trouvent semblables à ceux que nous voyons dans le monde, sans m’informer si c’est par elles ou par d’autres qu’ils sont produits. Même je crois qu’il est aussi utile pour la vie de connaître des causes ainsi imaginées que si on avait la connaissance des vraies : car la médecine, les mécaniques, et généralement tous les arts à quoi la connaissance de la physique peut servir, n’ont pour fin que d’appliquer tellement quelques corps sensibles les uns aux autres que, par la suite des causes naturelles, quelques effets sensibles soient produits ; ce que l’on pourra faire tout aussi bien en considérant la suite de quelques causes ainsi imaginées, quoique fausses, que si elles étaient les vraies, puisque cette suite est supposée semblable en ce qui regarde les effets sensibles. Et, afin qu’on ne pense pas s’imaginer qu’Aristote ait jamais prétendu rien faire de plus que cela, il dit lui-même, au commencement du septième chapitre du premier livre de ses Météores, que, « pour ce qui est des choses qui ne sont pas manifestes aux sens, il pense les démontrer suffisamment et autant qu’on peut désirer avec raison, s’il fait seulement voir qu’elles peuvent être telles qu’il les explique. »
205
Que néanmoins on a une certitude morale que toutes les choses de ce monde sont telles qu’il a été ici démontré qu’elles peuvent être.
Mais néanmoins, afin que je ne fasse point de tort à la vérité, en la supposant moins certaine qu’elle n’est, je distinguerai ici deux sortes de certitude. La première est appelée morale, c’est-à-dire suffisante pour régler nos mœurs ; ou aussi grande des choses dont nous n’avons point coutume de douter touchant la conduite de la vie, bien que nous sachions qu’il se peut faire, absolument parlant, qu’elles soient fausses. Ainsi ceux qui n’ont jamais été à Rome ne doutent point que ce ne soit une ville en Italie, bien qu’il se pourrait faire que tous ceux desquels ils l’ont appris les eussent trompés. Et si quelqu’un, pour deviner un chiffre écrit avec les lettres ordinaires, s’avise de lire un B partout où il y aura un A, et de lire un C partout où il y aura un B, et ainsi de substituer en la place de chaque lettre celle qui la suit en l’ordre de l’alphabet, et que, le lisant en cette façon, il y trouve des paroles qui aient du sens, il ne doutera point que ce ne soit le vrai sens de ce chiffre qu’il aura ainsi trouvé, bien qu’il se pourrait faire que celui qui l’a écrit y en ait mis un autre tout différent en donnant une autre signification à chaque lettre : car cela peut si difficilement arriver, principalement lorsque le chiffre contient beaucoup de mots, qu’il n’est pas moralement croyable. Or si on considère combien de diverses propriétés de l’aimant, du feu, et de toutes les autres choses qui sont au monde, ont été très évidemment déduites d’un fort petit nombre de causes que j’ai proposées au commencement de ce traité, quand bien même on voudrait s’imaginer que je les ai supposées par hasard et sans que la raison me les ait persuadées, on ne laissera pas d’avoir pour le moins autant de raison de juger qu’elles sont les vraies causes de tout ce que j’en ai déduit, qu’on en a de croire qu’on a trouvé le vrai sens d’un chiffre lorsqu’on le voit suivre de la signification qu’on a donnée par conjecture à chaque lettre : car le nombre des lettres de l’alphabet est beaucoup plus grand que celui des premières causes que j’ai supposées ; et on n’a pas coutume de mettre tant de mots ni même tant de lettres dans un chiffre que j’ai déduit de divers effets de ces causes.
206
Et même qu’on en a une certitude plus que morale.
Finally, someone might ask where I learned about the shapes, sizes, and movements of the various parts that make up each body; several of these I have determined here, even though it is certain that I could not have perceived them with my senses, since I admit that they are imperceptible to our senses. To this, I reply that first I considered in general all those clear and distinct concepts that can be found in our understanding regarding material things; and since I found no others but those concerning shapes, sizes, movements, and the rules according to which these three aspects can be varied from one another—rules that are essentially the principles of geometry and mechanics—I concluded that all human knowledge of nature must necessarily derive from these alone. For all other concepts we have regarding sensible things are vague and obscure; they cannot help us understand anything outside ourselves, but rather may prevent us from understanding it. Next, I examined all the main differences between the shapes, sizes, and movements of various bodies, which are rendered imperceptible by their tiny size, and what sensible effects can result from the various ways in which they combine with each other. Then, when I observed similar effects in bodies that our senses can perceive, I assumed that they must have been produced in that way; and finally, I believed that they necessarily had been produced in that way, since it seemed impossible to find any other cause capable of producing them within the entire realm of nature. In this regard, the examples of many artificial objects created by human ingenuity were of great help to me. For I see no difference between the machines made by craftsmen and the various natural bodies; except that the effects of machines depend solely on the arrangement of certain tubes, springs, or other instruments, which, being proportioned to the hands of their creators, are always large enough for their shapes and movements to be visible. In contrast, the tubes or springs that produce the effects of natural bodies are usually too small to be perceived by our senses. Moreover, it is clear that all the principles of mechanics belong to physics; therefore, everything that is artificial is also, in a way, natural. For instance, when a clock indicates time through the mechanism of its wheels, this is just as natural for the clock as it is for a tree to produce fruit. For this very reason, in much the same way as a watchmaker, by examining some of the parts of a watch that he himself has not made, can usually determine what all the other parts are that he cannot see; similarly, by observing the effects and tangible parts of natural bodies, I have tried to understand what those invisible parts must be.
204
As for those things that our senses cannot perceive, it is sufficient to explain how they can exist; and this is precisely what Aristotle sought to do.
One might still argue that, even though I may have imagined causes that could produce effects similar to those we observe, this does not necessarily mean that the effects we see are indeed produced by those causes. Just as an industrious watchmaker can create two watches that indicate time in the same way, with no external differences between them, yet their internal mechanisms are entirely different, it is certainly possible that God has employed countless various means to make all things in this world appear as they do today, without it being possible for the human mind to discern which of these means He actually used. I have no difficulty accepting this. And I believe I have sufficiently demonstrated my point if the causes I have explained are such that all the effects they can produce are indeed similar to those we observe in the world—without needing to know whether these effects are actually caused by those reasons or by others. In fact, I even think that knowing about such imagined causes is just as useful for everyday life as having knowledge of the real causes. After all, medicine, mechanics, and all other fields that benefit from an understanding of physics aim merely to manipulate various tangible substances in such a way that certain sensory effects are produced through natural processes. We could achieve the same results by considering the consequences of imagined causes, even if those causes are false, since their effects are assumed to be similar to those of real causes. And to ensure that one does not mistakenly think Aristotle ever claimed anything more than this, he himself states at the beginning of the seventh chapter of the first book of his Meteorology: “As for things that are not apparent to the senses, I believe I have demonstrated them sufficiently and as thoroughly as one could reasonably desire, provided that I have shown that they can be such as I have described them.”
205
Nevertheless, we possess a moral certainty that all things in this world are such as they have been demonstrated here to be capable of being.
Nevertheless, in order not to wrong the truth by assuming it to be less certain than it actually is, I will distinguish here between two kinds of certainty. The first is called moral certainty; that is, certainty sufficient to guide our conduct. It applies to matters about which we are accustomed not to doubt regarding the way we live, even though we know that, in principle, they could be false. For instance, those who have never been to Rome do not doubt that it is a city in Italy, even though it is possible that all those from whom they learned this information have deceived them. Similarly, if someone tries to decipher a number written using ordinary letters by replacing an A with a B, a B with a C, and so on, reading each letter according to the order of the alphabet, and finds words that make sense when arranged in this way, he will not doubt that this is the true meaning of the number, even though it is possible that the person who wrote it intended something entirely different by assigning each letter a particular meaning. Such an error is highly unlikely, especially when the number contains many words; therefore, it is morally plausible to consider these reasons as the true causes of what I have deduced from them. Moreover, if one considers how many various properties of magnets, fire, and all other things in the world have been clearly explained by a very small number of underlying principles that I outlined at the beginning of this treatise, even if one were to assume that I had merely guessed these principles without any logical reasoning, one would still have at least as much reason to believe them to be the true causes of what I have demonstrated, as one would have to believe that a deciphered number actually contains the meaning we have conjectured for each of its letters. After all, the number of letters in the alphabet is far greater than the number of basic principles I assumed; and it is highly unlikely that someone would use so many words or letters in a number that results from such simple principles.
206
And even more so, we have a certainty that goes beyond mere morality.
Infine, qualcuno potrebbe anche chiedere da dove abbia appreso quali siano le forme, le dimensioni e i movimenti delle piccole parti di ogni corpo; molte di queste cose le ho comunque determinate, come se le avessi viste con i miei occhi, anche se è certo che non sono stato in grado di percepirle attraverso i sensi, poiché ammetto che tali elementi siano insensibili. A questo rispondo dicendo che innanzitutto ho esaminato tutte le nozioni chiare e distinte che possiamo avere nella nostra mente riguardo alle cose materiali; non trovandone altre se non quelle relative a forme, dimensioni e movimenti, nonché alle regole secondo cui queste tre caratteristiche possono variare l’una rispetto all’altra – regole che costituiscono i principi della geometria e della meccanica – ho concluso che tutta la conoscenza che gli esseri umani possano avere sulla natura dovesse derivare esclusivamente da queste nozioni. Poiché tutte le altre idee che abbiamo riguardo alle cose sensibili sono confuse e oscure, non possono aiutarci a comprendere nulla al di fuori di noi stessi, anzi possono addirittura ostacolarci in questo processo. Successivamente ho analizzato tutte le principali differenze tra le forme, le dimensioni e i movimenti dei vari corpi; queste differenze, essendo troppo minute per essere percepite dai nostri sensi, rendono tali elementi insensibili. Ho inoltre esaminato quali effetti sensibili possano derivare dalle varie combinazioni di questi elementi; quando ho riscontrato effetti simili nei corpi che i nostri sensi possono osservare, ho pensato che tali effetti potessero essere prodotti in quel modo; e infine ho ritenuto che ciò fosse inevitabile, poiché non mi sembrava possibile trovare nell’intera natura alcuna altra causa capace di generarli. In questo contesto, l’esempio di molti corpi creati dall’ingegno umano mi è stato di grande aiuto: non vedo infatti alcuna differenza tra le macchine costruite dagli artigiani e i vari corpi che la natura stessa crea; l’unica differenza sta nel fatto che gli effetti prodotti dalle macchine dipendono dall’assemblaggio di tubi, molle o altri strumenti che, essendo progettati in modo appropriato, risultano visibili ai nostri occhi; al contrario, i tubi o le molle che causano gli effetti dei corpi naturali sono solitamente troppo piccoli per essere percepiti dai sensi umani. Inoltre, tutte le regole della meccanica fanno parte della fisica; quindi tutto ciò che è di natura artificiale è in realtà anche di natura, poiché, ad esempio, quando un orologio indica l’ora grazie alle ruote che lo compongono, questo processo non è meno “naturale” del fatto che un albero produca i suoi frutti. Ecco perché, proprio come un orologiaio, osservando un orologio che non ha lui stesso costruito, può generalmente dedurre, attraverso alcune delle sue parti visibili, quali siano tutte le altre che non vede; allo stesso modo, esaminando gli effetti e le parti sensibili dei corpi naturali, ho cercato di comprendere quali debbano essere le proprietà delle loro parti invisibili o insensibili.
204
Per quanto riguarda le cose che i nostri sens non riescono a percepire, basta spiegare come possano esistere; ed è proprio questo che Aristotele ha cercato di fare.
Si potrebbe ancora obiettare che, anche se io possa aver immaginato delle cause capaci di produrre effetti simili a quelli che osserviamo, questo non significa necessariamente che tali effetti siano realmente prodotti da queste cause: infatti, proprio come un abile orologiaio può costruire due orologi che indicano l’ora allo stesso modo, senza alcuna differenza esteriore, ma con composizioni delle loro ruote completamente diverse, è altrettanto certo che Dio possieda un’infinità di mezzi diversi attraverso i quali ha potuto far sì che tutte le cose di questo mondo appaiano come ora appaiono, senza che sia possibile per l’intelletto umano conoscere quale di questi mezzi abbia effettivamente utilizzato. Non ho alcuna difficoltà ad ammettere questa possibilità. E ritengo di aver fatto abbastanza, se le cause che ho spiegato sono sufficienti a far sì che tutti gli effetti che possono produrre risultino simili a quelli che osserviamo nel mondo, senza che sia necessario sapere se questi effetti siano realmente prodotti da queste cause o da altre. Anzi, credo che conoscere tali cause immaginarie sia altrettanto utile per la vita quotidiana quanto conoscere quelle reali: infatti, la medicina, la meccanica e in generale tutti gli arti ai quali può essere di aiuto la conoscenza della fisica hanno lo scopo di combinare diversi corpi sensibili in modo che, attraverso le leggi naturali, si producano determinati effetti; ciò si può ottenere altrettanto bene considerando la sequenza di alcune cause immaginarie, anche se false, purché questa sequenza sia ritenuta simile per quanto riguarda gli effetti osservabili. E affinché non si pensi che Aristotele abbia mai preteso di fare qualcosa di più di questo, egli stesso afferma, all’inizio del settimo capitolo del primo libro dei suoi “Meteorologi”, che “per quanto riguarda le cose che non sono evidenti ai sensi, ritiene di averle dimostrate in modo sufficiente e adeguato, purché mostri soltanto che possono essere tali come le spiega”.
205
Tuttavia, abbiamo una certezza morale: tutte le cose di questo mondo sono tali come è stato qui dimostrato che possono essere.
Tuttavia, affinché non ingiustamente attribuisca alla verità una certezza maggiore di quella che realmente possiede, distinguerò qui due tipi di certezza. La prima è chiamata “morale”, cioè sufficiente per regolare il nostro comportamento; si tratta di una certezza relativa a cose di cui non abbiamo abitudine a dubitare riguardo alla condotta della vita, anche se sappiamo che, in linea di principio, potrebbero essere false. Ad esempio, coloro che non sono mai stati a Roma non dubitano affatto che si tratti di una città in Italia, anche se è possibile che tutte le persone da cui ne hanno appreso l’esistenza li abbiano ingannati. E se qualcuno, nel tentativo di decifrare un numero scritto con lettere ordinarie, decidesse di leggere una “B” al posto di una “A”, e una “C” al posto di una “B”, sostituendo ciascuna lettera con quella che segue nell’ordine alfabetico, e se, leggendolo in questo modo, trovasse frasi che hanno senso, non dubiterebbe affatto che si tratti del vero significato di quel numero, anche se è possibile che chi l’ha scritto ne abbia dato un altro completamente diverso, attribuendo a ciascuna lettera un significato diverso: infatti, questo è molto improbabile, soprattutto quando il numero contiene molte parole. Ora, se consideriamo quante diverse proprietà dell’impianto magnetico, del fuoco e di tutte le altre cose esistenti nel mondo siano state chiaramente dedotte da un numero molto limitato di cause che ho proposto all’inizio di questo trattato, anche se si volesse supporre che le abbia ipotizzate casualmente senza che la ragione me le avesse convinto, non si potrebbe negare di avere almeno altrettante ragioni per ritenere che siano davvero le cause di tutto ciò che ne ho dedotto, quanto ne abbiamo per credere di aver trovato il vero significato di un numero quando lo vediamo corrispondere alla significazione che abbiamo ipotizzato per ciascuna lettera: infatti, il numero delle lettere dell’alfabeto è molto maggiore di quello delle cause iniziali che ho supposto; inoltre, non è abituale inserire nel contenuto di un numero così tante parole o lettere quante ne ho dedotte da diversi effetti di queste cause.
206
E persino se ne abbiamo una certezza che va oltre il semplice ambito morale.
L’autre sorte de certitude est lorsque nous pensons qu’il n’est aucunement possible que la chose soit autre que nous la jugeons. Et elle est fondée sur un principe de métaphysique très assuré, qui est que Dieu étant souverainement bon et la source de toute vérité, puisque c’est lui qui nous a créés, il est certain que la puissance ou faculté qu’il nous a donnée pour distinguer le vrai d’avec le faux ne se trompe point lorsque nous en usons bien, et qu’elle nous montre évidemment qu’une chose est vraie. Ainsi cette certitude s’étend à tout ce qui est démontré dans la mathématique ; car nous voyons clairement qu’il est impossible que deux et trois joints ensemble fassent plus ou moins que cinq, ou qu’un carré n’ait que trois côtés, et choses semblables. Elle s’étend aussi à la connaissance que nous avons qu’il y a des corps dans le monde, pour les raisons ci-dessus expliquées au commencement de la seconde partie ; puis ensuite elle s’étend à toutes les choses qui peuvent être démontrées, touchant ces corps, par les principes de la mathématique ou par d’autres aussi évidents et certains, au nombre desquelles il me semble que celles que j’ai écrites en ce traité doivent être reçues, au moins les principales et plus générales ; et j’espère qu’elles le seront en effet par ceux qui les auront examinées avec tant de soin, qu’ils verront clairement toute la suite des déductions que j’ai faites, et combien sont évidents tous les principes desquels je me suis servi, principalement s’ils comprennent bien qu’il ne se peut faire que nous sentions aucun objet, sinon par le moyen de quelque mouvement local que cet objet excite en nous, et que les étoiles fixes ne peuvent exciter ainsi aucun mouvement en nos yeux, sans mouvoir aussi en quelque façon toute la matière qui est entre elles et nous. D’où il suit très évidemment que les cieux doivent être fluides, c’est-à-dire composés de petites parties qui se meuvent séparément les unes des autres, ou du moins qu’il doit y avoir en eux de telles parties ; car tout ce qu’on peut dire que j’ai supposé, et qui se trouve en l’article 46 de la troisième partie, peut être réduit à cela seul que les cieux sont fluides. En sorte que ce seul point étant reconnu pour suffisamment démontré par tous les effets de la lumière, et par la suite de toutes les autres choses que j’ai expliquées, je pense qu’on doit aussi reconnaître que j’ai prouvé par démonstration mathématique (suivant les principes que j’ai établis) toutes les choses que j’ai écrites, au moins les plus générales qui concernent la fabrique du ciel et de la terre ; et même de la façon que je les ai écrites : car j’ai eu soin de proposer comme douteuses toutes celles que j’ai pensé l’être.
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Mais que je soumets toutes mes opinions au jugement des plus sages, et à l’autorité de l’église.
Toutefois, à cause que je ne veux pas me fier trop à moi-même, je n’assure ici aucune chose, et je soumets toutes mes opinions au jugement des plus sages et à l’autorité de l’église. Même je prie les lecteurs de n’ajouter point du tout de foi à, tout ce qu’ils trouveront ici écrit, mais seulement de l’examiner, et de n’en recevoir que ce que la force et l’évidence de la raison les pourra contraindre de croire.
The other kind of certainty arises when we believe that it is absolutely impossible for something to be otherwise than what we judge it to be. This certainty is based on a very solid principle of metaphysics: since God is supremely good and the source of all truth—since He created us—then it is certain that the power or ability He has given us to distinguish between truth and falsehood will not lead us into error if we use it properly; indeed, it will clearly show us when something is true. Thus, this kind of certainty extends to everything that can be demonstrated in mathematics—for we clearly see that it is impossible for two plus three to equal anything other than five, or for a square to have fewer than three sides, and so on. It also applies to our knowledge that there are bodies in the world, for the reasons explained at the beginning of the second part; furthermore, it extends to all things that can be demonstrated regarding these bodies, whether through the principles of mathematics or through other equally clear and certain methods. I believe that the arguments I have presented in this treatise—especially the more general and fundamental ones—should be accepted by those who examine them carefully enough to see clearly all the logical conclusions I have drawn and how evident the principles upon which I have relied are. In particular, they should realize that we can perceive any object only through some local movement that that object induces in us; thus, fixed stars must induce some movement in our eyes, and this movement must also affect all the matter situated between them and us. It follows quite clearly from this that the heavens must be fluid—i.e., composed of small parts that move independently of each other—or at least that such parts must exist within them. Everything I have assumed can be reduced to this single conclusion: that the heavens are fluid. Since all the effects of light, as well as all the other things I have explained, sufficiently demonstrate this point, I believe that my mathematical demonstrations (based on the principles I have established) also prove everything I have written, especially those more general arguments concerning the composition of the heavens and the earth. Moreover, I have taken care to present only those arguments that I considered doubtful.
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Yet I am willing to submit all my opinions to the judgment of the wisest, and to the authority of the church.
However, since I do not wish to place too much trust in myself, I make no claims here; instead, I submit all my opinions to the judgment of the wisest and to the authority of the church. I even ask readers not to attach any faith whatsoever to what they read here, but rather to examine it carefully and accept only that which the force and evidence of reason compel them to believe.
Un altro tipo di certezza si ha quando riteniamo assolutamente impossibile che una cosa possa essere diversa da come la giudichiamo noi. Questa certezza si basa su un principio metafisico molto solido: poiché Dio è infinitamente buono e fonte di ogni verità, essendo lui stesso colui che ci ha creati, è certo che il potere o la facoltà che ci ha dato per distinguere il vero dal falso non ci inganni quando la utilizziamo correttamente, e che ci mostra chiaramente se una cosa è vera. Pertanto, questa certezza si estende a tutto ciò che viene dimostrato nella matematica; vediamo infatti chiaramente che è impossibile che due più tre diano un risultato diverso da cinque, o che un quadrato abbia meno di tre lati, e simili. Si estende anche alla conoscenza che abbiamo del fatto che esistano corpi nel mondo, per le ragioni spiegate all’inizio della seconda parte; inoltre, si estende a tutte le cose che possono essere dimostrate riguardo a questi corpi, sia attraverso i principi della matematica che attraverso altri principi altrettanto evidenti e certi. Penso che quelle che ho esposto in questo trattato debbano essere accettate, almeno le più generali; spero infatti che lo siano coloro che le avranno esaminate con attenzione, poiché vedranno chiaramente tutta la sequenza di deduzioni che ho fatto e quanto siano evidenti i principi su cui mi sono basato. In particolare, comprenderanno bene che non possiamo percepire alcun oggetto se non attraverso il movimento locale che tale oggetto stimola in noi, e che le stelle fisse non possono stimolare alcun movimento nei nostri occhi senza influenzare in qualche modo tutta la materia che si trova tra loro e noi. Da ciò deriva chiaramente che i cieli devono essere fluidi, cioè composti da piccole parti che si muovono l’una rispetto all’altra, o almeno che devono esistere tali parti; poiché tutto ciò che ho ipotizzato può essere ridotto a questo unico principio: i cieli sono fluidi. Pertanto, se questo punto viene riconosciuto come sufficientemente dimostrato da tutti gli effetti della luce e dalle altre cose che ho spiegato, penso che si debba anche ammettere che ho provato matematicamente, seguendo i principi che ho stabilito, tutte le cose che ho scritto, almeno quelle più generali relative alla struttura del cielo e della terra; anzi, proprio il modo in cui le ho esposte dimostra la mia attenzione nel presentare come dubbi tutti gli argomenti che ritenevo potessero esserlo.
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Ma anche se sottometto tutte le mie opinioni al giudizio dei più saggi e all’autorità della chiesa.
Tuttavia, poiché non desidero fidarmi troppo di me stesso, qui non affermo nulla con certezza e sottopongo tutte le mie opinioni al giudizio dei più saggi e all’autorità della chiesa. Prego persino i lettori di non attribuire alcuna credibilità a ciò che troveranno scritto qui, ma di esaminarlo attentamente e di accettarne soltanto quanto la forza e l’evidenza della ragione possano convincerli ad ammetterlo.