Descartes

Abstract

A polemical open letter in which Descartes defends himself against the charge of atheism levelled by the Utrecht theologian Gisbert Voetius, denouncing it as slander without rational argument and setting his own method against scholastic polemics.

Connections

Assi: Metodo
Posizioni: dubbio metodico
Concetti: religione, ragione
Forme: epistola
Scuole: razionalismo continentale

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Argument

Depuis que j’ai fait connaître par quelques essais la philosophie que je regarde comme véritable et comme utile à l’humanité, plusieurs gens de lettres, surtout parmi ceux qui passent pour les plus habiles et les plus savants, m’ont exhorté à la perfectionner, et à la publier en entier : plein de déférence pour leur opinion, je regarde cependant comme un témoignage plus fort en faveur de ma doctrine l’acharnement de quelques hommes, nourris dans les disputes des écoles, qui par leurs calomnies s’efforcent de l’accabler dans sa naissance. Les opinions philosophiques ont toujours été libres ; beaucoup d’hommes ont erré dans la science de la nature, sans que personne en souffrît : si je me trompe après eux, ce sera sans péril pour le genre humain ; mais si par hasard j’ai trouvé la vérité, j’aurai rendu un grand service. Voilà pourquoi sans doute les amis de la vérité, dans l’espérance faible et douteuse de la trouver dans mes écrits, m’invitent à les publier ; mais je ne vois point par quels motifs d’autres personnes attaquent mes opinions avec tant d’aigreur, si ce n’est qu’obligées d’y donner leur assentiment, elles craignent que la vérité reconnue ne décrédite les controverses scolastiques, qui sont le fond de leur doctrine. Comme elles ne s’opposent point de raisons, mais des personnalités, je me dispense de leur répondre ; toutefois Gisbert Voet ne m’accuse pas seulement, comme les autres, d’erreur et d’ignorance ; il me charge d’imputations si odieuses, et m’attaque d’une manière si perfide, que je ne puis garder le silence.

L’année dernière, il publia, au nom de l’académie d’Utrecht, dont il était alors rhéteur, un jugement par lequel il condamnait ma philosophie, sous prétexte qu’elle conduisait à des opinions fausses et absurdes, contraires à la théologie orthodoxe. Je fus obligé d’insérer ce jugement dans un écrit que j’avais alors sous presse, en y joignant une réfutation et un tableau des vertus de Voet : il m’opposait non des raisons, mais son autorité ; je voulais montrer quelle valeur on devait y attacher, et l’obliger de produire ces opinions fausses et absurdes contraires à la théologie orthodoxe, qu’il prétendait être les conséquences de ma philosophie. Car s’il n’est pas permis de demander compte de leurs jugements à ceux qui ont en main le souverain pouvoir, du moins celui qui ose condamner un homme sur lequel il n’a aucun droit, et qui refuse de lui faire connaître, sur sa demande, les motifs de sa condamnation, se déclare par cela seul calomniateur. J’attendais donc de Voet une réponse où il montrât ces opinions contraires à la théologie orthodoxe, et où il repoussât le soupçon de calomnie, lorsqu’on publia pour lui un gros livre intitulé : Philosophie cartésienne, ou Méthode admirable de la philosophie nouvelle de René Descartes. Mais cet ouvrage parut sous le nom d’un de ses disciples, professeur de philosophie à Groningue, et au lieu de preuves ou d’excuses de son premier écrit, il ne contient que de nouvelles calomnies encore plus odieuses. Sans parler de l’insolence et de la bassesse de ses injures, il ne m’accuse de rien moins que d’enseigner l’athéisme perfidement et d’une manière insensible ; et il donne pour toute preuve de ce qu’il avance que j’ai écrit contre les athées, et que bien des gens s’imaginent que je les ai solidement réfutés. Jamais la calomnie ne fut plus évidente et moins excusable. C’est ce qui m’impose la nécessité de la combattre par cet écrit, et d’implorer publiquement la protection des magistrats contre les outrages, d’un calomniateur. En effet, comme il est payé par l’état pour instruire la jeunesse, et qu’il est professeur d’une académie, si, tout coupable qu’il est, il restait impuni, on croirait qu’il est soutenu par l’autorité de ceux qui lui permettent de remplir ces fonctions. Aucun corps, aucune république n’est déshonorée, parce qu’il s’y trouve un coupable ; car si partout il y a des lois et des magistrats, c’est que partout il peut se commettre des crimes ; et il faut louer ceux qui les punissent aussitôt qu’ils sont connus. Il y a quelques mois cent quarante-quatre pages, composant les six premières feuilles de ce libelle, m’ayant été envoyées d’Utrecht, où je savais que Voet en surveillait la publication, j’y répondis à mes heures de loisir. L’impression fut ensuite interrompue à cause du livre sur la Confrérie de la Vierge, dont Voet pressait davantage la publication, désirant qu’il parût savant le synode gallo-belge, tenu dernièrement à la Haye, où il croyait qu’il serait question du fait qu’il avait attaqué. J’ai pensé qu’il était de mon devoir d’examiner également cet ouvrage aussitôt qu’il fut mis au jour. J’ai évité avec le plus grand soin d’aborder la question religieuse dont il traite, et qui est étrangère à ma croyance, afin de ne point donner à mon adversaire un sujet de crier au scandale ; mais j’ai profité des moyens qu’il m’offrait de démontrer sa malice et ses mensonges. Voet ne me combat que sous le masque : tantôt il lâche un de ses disciples, tantôt un autre, afin de n’être pas responsable de ce qu’ils auront écrit, et cependant d’y prêter l’appui de son autorité auprès de ceux qui, considérant qu’il est ministre de l’église, et que par conséquent il doit être honnête homme et ennemi du mensonge, ne croiront pas qu’il eût souffert que ses disciples, écrivant en son nom et de concert avec lui, m’intentassent de si graves accusations, si je ne les méritais pas : j’ai donc cru nécessaire de rabaisser cette autorité dont il use si mal, en faisant connaître par quelques traits sa conduite, sa doctrine et ses mérites, d’abord pour me délivrer de ses calomnies, et ensuite dans l’intérêt public ; car ce n’est pas moi seulement qu’elles attaquent. Je m’inquiète peu des plaintes absurdes par lesquelles je prévois qu’il tâchera de me rendre odieux, en disant que j’attaque en lui les autres théologiens, et que je me fais juge des controverses de sa religion ; tous ceux qui me liront en reconnaîtront la fausseté, et verront au contraire avec quel soin j’ai évité d’y donner lieu. Bien plus, ayant appris ces jours derniers que ses partisans répandaient que le synode gallo-belge avait rendu un jugement en sa faveur, j’ai examiné attentivement s’il n’y avait pas dans cet écrit quelque point qu’il eût condamné : mais ayant lu tous les articles du synode où il est question de la confrérie de la sainte Vierge, loin d’y rien trouver qui favorisât Voet, j’ai reconnu qu’ils renfermaient sa condamnation formelle. Le synode dit, art. 24, qu’il n’approuve pas qu’un de ses prédicateurs ait soutenu l’affirmative de la question, de son propre mouvement, et sans demander l’avis du synode, bien qu’il y ait été invité par ceux dont il a pris la défense ; et il donne pour raison, non qu’il juge la cause mauvaise, non qu’il la trouve défendue par de mauvais moyens et des injustices, mais que cette question regarde toutes les églises en général. Par le même motif, art. 25, il en renvoie la décision à un synode général dans chaque pays, quoique l’église de Bois-le-Duc lui eût demandé de prononcer un jugement. Il est donc évident qu’il ne peut approuver que Voet, de son propre mouvement, et sans demander l’avis du synode, ait soutenu publiquement la négative, non pour défendre, mais pour diffamer, et que seul il fut plus hardi que tout le synode gallo-belge. Et il ne faut pas croire que cette assemblée ait plutôt favorisé la négative que l’affirmative, parce qu’elle a conseillé au nom des anciens de l’église de rester étrangers à cette controverse ;’car elle ajoute, à cause du scandale qui en résulte pour quelques-uns ; cette crainte du scandale suffit ordinairement pour détourner les hommes pieux de certaines actions où ils ne voient pas même l’ombre du mal. La question de l’église de Bois-le-Duc comprenait sans distinction la confrérie de la Vierge, les chapitres de chanoines et les autres sociétés qui portent le nom de quelques saints, telles qu’on en voit un grand nombre dans ce pays, sans scandale pour personne ; le synode, dans sa réponse, n’a fait aucune différence entre cette société et les autres, et le livre même de Voet n’en établit pas d’importantes : cependant ces autres sociétés sont radins exposées à scandaliser quelques-uns y parce qu’on y est plus habitué. Enfin, après le livre sur la Confrérie de la Vierge i la fin du livre sur la philosophie cartésienne fut imprimée ; j’ai cru devoir y répondre spécialement. C’est ainsi que, croyant écrire une lettre, l’abondance de la matière a produit un livre. Je l’ai divisé en neuf parties, afin que chacune pût se lire à part, et peut-être avec moins d’ennui.

Dans la première, je réponds à l’introduction du livre sur la Philosophie cartésienne, dans laquelle l’auteur a voulu faire l’énumération sommaire de mes vices.

Dans la seconde, je récompense M. Voet, en racontant quelques-unes de ses actions qui m’ont d’abord fait connaître ses vertus.

Argument

Since I have, through a series of essays, presented the philosophy that I regard as true and beneficial to humanity, many men of letters—especially those considered to be the most skilled and learned—have urged me to perfect it and publish it in its entirety. Though I hold great respect for their opinions, I consider the persistent efforts of certain individuals, who, nurtured within the disputes of various philosophical schools, attempt to slander my doctrine from its very inception, as even more convincing evidence in its favor. Philosophical opinions have always been free; many people have wandered in the realm of natural science without causing harm to anyone. If I happen to be mistaken in following their paths, it will bring no harm to mankind. But if, by chance, I have discovered the truth, then I would have rendered a great service. Perhaps it is for this reason that those who cherish the truth, in their faint and uncertain hope of finding it in my writings, urge me to publish them. However, I see no other reason why others should attack my opinions with such hostility, unless it is because they are forced to agree with them and fear that the recognition of truth might undermine the scholastic debates that form the basis of their own doctrines. Since their objections are based not on reason but on personal bias, I see no need to respond to them. Nevertheless, Gisbert Voet does not merely accuse me of error and ignorance like others; he makes such abhorrent accusations against me and attacks me in such a treacherous manner that I cannot remain silent.

Last year, in the name of the University of Utrecht, of which he was then the rector, he published a judgment condemning my philosophy on the grounds that it led to false and absurd opinions contrary to orthodox theology. I was forced to include this judgment in a work that I was then in the process of publishing, adding a refutation as well as an outline of the virtues of Voet’s views. He opposed me not with arguments, but with his authority; I wanted to show what value such authority deserved and to force him to produce those false and absurd opinions contrary to orthodox theology that he claimed were the consequences of my philosophy. For if it is not permissible to demand an account of someone’s judgments from those who hold supreme power, at least those who dare to condemn a person without any right over them and refuse to inform that person of the reasons for their condemnation are thereby declaring themselves slanderers. I was therefore expecting Voet to provide answers that would demonstrate these opinions contrary to orthodox theology and refute the accusations of slander. However, what was published in his name was a thick book titled Cartesian Philosophy, or the Admirable Method of the New Philosophy by René Descartes. But this work appeared under the name of one of his disciples, a philosophy professor at Groningen. Instead of providing evidence or excuses for his earlier writings, it contained only more vile slander. Apart from the sheer insolence and baseness of his insults, he accused me of teaching atheism in a deceitful and insensitive manner; and as proof of this, he cited the fact that I had written against atheists and that many people believed I had refuted them thoroughly. Never before had slander been so blatant and unforgivable. This is why I feel compelled to respond to it through this work and publicly seek the protection of authorities against the insults of such a calumniator. After all, since he is paid by the state to educate the youth and serves as a professor at an academy, if he were to go unpunished despite his guilt, it would seem that he has the support of those who allow him to hold these positions. No institution or republic is dishonored because there is a criminal within it; for wherever laws and authorities exist, crimes are bound to be committed, and those who punish them promptly deserve praise. A few months ago, 144 pages from this libel were sent to me from Utrecht, where I knew Voet was overseeing its publication. I responded to them in my spare time. The reading was then interrupted due to a book on the Confraternity of the Virgin, whose publication Voet was pressing for eagerly, hoping it would be published in time for the recent Gallo-Belgian synod held in The Hague, where he believed the issue of his attacks against me would be discussed. I felt it was my duty to examine this work as soon as it appeared. I took great care to avoid addressing the religious matters it dealt with, since they were foreign to my beliefs, so as not to give my opponent any grounds for claiming scandal; yet I made use of every opportunity it offered to expose his malice and lies. Voet only attacks me under a mask: at times he sends one of his disciples forward, at other times another, in order to avoid taking responsibility for what they write—yet he lends his authority to their statements, hoping that those who regard him as a minister of the church, and therefore as an honest man and an enemy of lies, would not believe that he would allow his disciples, writing in his name and in collusion with him, to hurl such serious accusations against me if I did not deserve them. Therefore, I felt it necessary to undermine this authority that he misused so badly by revealing aspects of his behavior, his doctrines, and his true nature—firstly, to clear myself of his slanderous accusations, and secondly, for the sake of the public good; for these accusations were not directed solely at me. I paid little attention to the absurd complaints he would surely make in an attempt to make me seem despicable, claiming that I was attacking other theologians through him and that I was presumptuously judging the controversies within his religion. Anyone who read this work would recognize their falsehood and see how carefully I had avoided giving them any basis for such claims. Moreover, having learned recently that his supporters were spreading the rumor that the Gallo-Belgian synod had rendered a judgment in his favor, I carefully examined whether there was any point in that document that might have supported Voet’s position. But after reading all the articles of the synod that dealt with the Confraternity of the Holy Virgin, I found nothing that favored him; on the contrary, they clearly contained a formal condemnation of his views. The synod stated in Article 24 that it did not approve of one of its preachers supporting the affirmative answer to this question on his own initiative, without seeking the synod’s opinion—even though those he defended had invited him to do so. The reason given was not that the cause was considered wrong or that it was defended by improper means or injustices, but rather that this issue concerned all churches in general. For the same reason, Article 25 instructed that a final decision on this matter should be made by a general synod in each country, despite the fact that the church of Bois-le-Duc had requested him to render a judgment. It is therefore evident that he could only approve of the fact that Voet, on his own initiative and without seeking the opinion of the synod, publicly supported the negative position—not in order to defend it, but in order to slander it—and that he alone was more courageous than the entire Gallo-Belgian synod. One should not assume that this assembly favored the negative view over the positive one; on the contrary, it advised the elders of the church to remain indifferent to this controversy—because it added that, due to the scandal it might cause for some individuals, such fear of scandal was usually sufficient to deter pious people from undertaking certain actions in which they saw no trace of evil at all. The issue concerning the church of Bois-le-Duc included, without distinction, the Confraternity of the Virgin, the chapters of canons, and other societies named after various saints—such as many exist in this country, without causing scandal for anyone. In its response, the synod made no distinction between these societies; nor did Voet’s own book draw any significant distinctions between them. However, these other societies are more likely to cause scandal because people are more accustomed to their practices. Finally, after the book on the Confraternity of the Virgin was published, the concluding chapters on Cartesian philosophy were also printed; I felt it necessary to respond specifically to those chapters. In this way, what was intended to be a simple letter ended up becoming a full-length book. I have divided it into nine parts so that each part could be read separately, perhaps making it less tedious for the reader.

In the first one, I respond to the introduction to the book on Cartesian philosophy, in which the author attempts to list my shortcomings in a summary manner.

In the second part, I reward Mr. Voet by recounting some of his actions that first introduced me to his virtues.

Argomento.

Da quando ho presentato, attraverso alcuni saggi, la filosofia che considero vera e utile per l’umanità, diversi letterati, soprattutto quelli ritenuti i più abili e i più eruditi, mi hanno esortato a perfezionarla e a pubblicarla integralmente. Rispettando molto il loro parere, considero tuttavia una prova ancora più convincente a favore della mia dottrina l’ostinazione di alcuni individui, cresciuti nel contesto delle dispute tra le varie scuole filosofiche, che cercano di diffamarla fin dalla sua nascita. Le opinioni filosofiche sono sempre state libere; molti uomini hanno errato nella conoscenza della natura, senza che ciò arrecasse danno all’umanità: se io mi sbaglio seguendo le loro orme, non ne deriverà alcun male per l’umanità stessa; ma se per caso ho scoperto la verità, avrò reso un grande servizio. Ecco perché, probabilmente, coloro che amano la verità mi esortano a pubblicare i miei scritti, nella debole e incerta speranza di trovarvi la verità; tuttavia non vedo alcun motivo per cui altri attacchino con tanta ferocia le mie opinioni, se non perché, essendo costretti ad accordarvi il loro assenso, temono che la verità riconosciuta possa screditare le controversie scolastiche, che costituiscono il fondamento della loro dottrina. Poiché non si basano su argomentazioni razionali, ma su questioni personali, mi riservo di non rispondere a queste critiche; tuttavia Gisbert Voet non mi accusa soltanto di errore e ignoranza, ma mi lancia accuse così odiose e mi attacca in modo così perfido che non posso rimanere in silenzio.

L’anno scorso, egli pubblicò, a nome dell’accademia di Utrecht di cui allora era rettore, un giudizio nel quale condannava la mia filosofia, sostenendo che portasse a opinioni false e assurde, contrarie alla teologia ortodossa. Fui costretto ad inserire questo giudizio in un’opera che stavo allora pubblicando, aggiungendovi una confutazione e una descrizione delle virtù di Voet: egli non mi opponeva argomentazioni valide, ma soltanto la sua autorità; volevo dimostrare quale valore si dovesse attribuire a tale autorità e costringerlo a fornire le prove concrete di quelle opinioni false e assurde che sosteneva derivassero dalla mia filosofia. Poiché non è permesso chiedere conto dei giudizi di coloro che detengono il potere supremo, almeno colui che osa condannare un uomo senza alcun diritto su di lui, e rifiuta di fargli conoscere i motivi della sua condanna, si dichiara di fatto calunniatore. Aspettavo quindi una risposta da parte di Voet in cui avrebbe presentato queste opinioni contrarie alla teologia ortodossa e avrebbe confutato le accuse di calunnia; invece fu pubblicato un libro intitolato “Filosofia cartesiana, o Metodo ammirevole della nuova filosofia di René Descartes”, ma scritto da uno dei suoi discepoli, professore di filosofia a Groninga. Quest’opera, invece di contenere prove o scuse per il suo precedente attacco, riportava soltanto nuove calunnie ancora più odiose. Oltre all’insolenza e alla bassezza delle sue offese, mi accusava addirittura di insegnare l’ateismo in modo subdolo e insensibile; e come prova di ciò adduceva il fatto che avessi scritto contro gli atei e che molte persone ritenessero che li avessi confutati con successo. Mai la calunnia fu più evidente e meno giustificabile. Per questo motivo sono costretto a combatterla con quest’opera e a chiedere pubblicamente la protezione delle autorità contro tali offese da parte di un calunniatore. Infatti, poiché tale individuo è pagato dallo stato per insegnare alla gioventù e ricopre una posizione accademica, se anche fosse colpevole, rimarrebbe impunito; ciò potrebbe far credere che sia sostenuto dall’autorità di coloro che gli permettono di svolgere tali funzioni. Nessun corpo sociale o repubblica viene disonorato perché vi si trova un criminale; anzi, se ovunque esistono leggi e magistrati, è perché ovunque possono verificarsi crimini; quindi bisogna lodare coloro che li puniscono non appena vengono scoperti. Qualche mese fa mi furono inviate da Utrecht centoquarantaquattro pagine di questo libello; sapevo che Voet ne supervisionava la pubblicazione, quindi risposi alle sue accuse nei momenti liberi. L’impression fu poi interrotta a causa del libro sulla Confraternita della Vergine, la cui pubblicazione Voet sollecitava con particolare insistenza, desiderando che venisse diffuso prima del sinodo gallo-belga tenutosi di recente ad L’aia, dove riteneva che sarebbe stata discussa la questione relativa alle sue accuse. Ho ritenuto fosse mio dovere esaminare anch’io quest’opera non appena fosse stata pubblicata. Ho fatto ogni sforzo per evitare di affrontare le questioni religiose di cui tratta, poiché sono estranee alla mia fede, al fine di non dare al mio avversario motivo di gridare allo scandalo; tuttavia ho approfittato delle opportunità offertemi dall’opera stessa per dimostrare la sua malizia e le sue menzogne. Voet combatte contro di me solo sotto mentite spoglie: a volte manda avanti uno dei suoi discepoli, altre volte un altro, in modo da non dover assumersi la responsabilità di ciò che scrivono, pur fornendo loro il proprio sostegno e l’autorità propria davanti a coloro che, ritenendolo ministro della chiesa e quindi uomo onesto e nemico del mentire, non crederebbero mai che avrebbe permesso ai suoi discepoli di lanciare contro di me accuse così gravi, se non fossi davvero colpevole. Ho quindi ritenuto necessario mettere in luce questa autorità mal utilizzata da Voet, facendo conoscere alcuni aspetti della sua condotta, della sua dottrina e dei suoi meriti, sia per liberarmi dalle sue calunnie, sia nell’interesse pubblico; poiché queste accuse non colpiscono solo me. Non mi preoccupo affatto delle lamentele assurde con cui probabilmente cercherà di rendermi odioso, sostenendo che attacco gli altri teologi e che mi assumo il ruolo di giudice nelle controversie della sua religione; tutti coloro che leggeranno quest’opera riconosceranno la sua falsità e vedranno invece con quanta cura ho evitato di fornire argomenti a sostegno di tali accuse. Inoltre, avendo appreso recentemente che i suoi sostenitori diffondevano la notizia che il sinodo gallo-belga avesse emesso una sentenza a suo favore, ho esaminato attentamente se in quell’atto fosse presente qualche punto che potesse favorire Voet; ma dopo aver letto tutti gli articoli del sinodo riguardanti la Confraternita della Santa Vergine, non ho trovato nulla che lo avvalorasse, anzi ho constatato che essi contenevano una condanna formale nei suoi confronti. Il sinodo afferma, nell’articolo 24, di non approvare il fatto che uno dei suoi predicatori abbia sostenuto la tesi in questione di sua iniziativa personale, senza chiedere l’opinione del sinodo, nonostante fosse stato invitato a farlo da coloro che aveva difeso; e adduce come motivo non il giudizio negativo sulla tesi stessa, né il fatto che fosse sostenuta con metodi scorretti o ingiustizie, ma il fatto che tale questione riguardasse tutte le chiese in generale. Per lo stesso motivo, nell’articolo 25, decide di rinviare la decisione a un sinodo generale in ogni paese, nonostante la chiesa di Bois-le-Duc gli avesse chiesto di emettere una sentenza. È quindi evidente che Voet possa essere stato l’unico ad appoggiare pubblicamente quella posizione negativa, di sua iniziativa e senza chiedere il parere del sinodo; non lo fece per difenderla, ma per diffamarla, e fu l’unico a mostrare più coraggio di tutto il sinodo gallo-belga. Non si deve credere che tale assemblea abbia preferito la posizione negativa a quella positiva, semplicemente perché consigliò agli anziani della chiesa di rimanere estranei a questa controversia; anzi, aggiungeva che, a causa dello scandalo che ne derivava per alcuni, questa paura dello scandalo era sufficiente per allontanare le persone piege da certe azioni in cui non vedevano nemmeno l’ombra del male. La questione riguardante la chiesa di Bois-le-Duc includeva senza distinzione la confraternita della Vergine, i capitoli dei canonici e altre società che portavano il nome di alcuni santi; in questo paese se ne trovano moltissime, e nessuno ne risente dello scandalo. Il sinodo, nella sua risposta, non fece alcuna distinzione tra queste società e le altre, e nemmeno il libro stesso di Voet ne stabiliva delle differenze significative; tuttavia, queste altre società sono più esposte a causare scandali, proprio perché ci si è abituati ad esse. Infine, dopo il libro sulla Confraternita della Vergine, fu stampata la fine del libro sulla filosofia cartesiana; ho ritenuto opportuno rispondere specificamente a questo argomento. Ed è così che, credendo di scrivere una semplice lettera, l’abbondanza del materiale ha portato alla stesura di un intero libro. L’ho diviso in nove parti, affinché ciascuna potesse essere letta separatamente e forse con meno noia per il lettore.

Nel primo testo rispondo all’introduzione del libro sulla Filosofia cartesiana, nella quale l’autore ha voluto elencare in modo sommario i miei difetti.

Nel secondo caso, premio il signor Voet raccontando alcune delle sue azioni che mi hanno permesso di conoscere per la prima volta le sue virtù.

Dans la troisième, je parcours le premier et le second chapitre du même livre sur la Philosophie cartésienne.

Dans la quatrième, j’expose mon sentiment sur l’usage des livres et la doctrine de Voet.

Dans la cinquième, je traite brièvement des autres chapitres de ce livre, c’est-à-dire du reste des deux premières sections.

Dans la sixième, j’examine le livre de la Confrérie de la Vierge.

Dans la septième, je considère les mérites de M. Voet, et l’exemple de charité chrétienne et de probité qu’il a donné dans cet ouvrage.

Dans la huitième, je reviens au livre sur la Philosophie cartésienne, et j’en réfute la préface (que je n’avais pas encore vue) et la troisième section.

Dans la neuvième, je réponds à la quatrième et dernière section du même livre, et je montre en même temps que ses auteurs sont coupables de la calomnie la plus odieuse et la plus inexcusable.

René Descartes à M. Gisbert Voet

Depuis longtemps on m’avait annoncé que vous prépariez un nouvel ouvrage contre moi : je viens enfin d’en recevoir les six premières feuilles, et l’on m’assure qu’il y en a un beaucoup plus grand nombre sous presse. Mais, d’après le peu de pages que j’ai parcourues aussitôt, il m’est facile de voir que je n’aurai pas besoin de consacrer beaucoup de temps à l’examen de cet écrit, ni peut-être même d’attendre qu’il ait entièrement paru, pour pouvoir en porter mon jugement et vous le faire connaître. Je lirai donc ces six feuilles à mes heures ordinaires de loisir ; et tous les passages que j’y trouverai dignes de remarque, je les noterai ici dans l’ordre même où la lecture me les présentera.

Première partie :

De l’introduction du livre faussement intitulé : Philosophie cartésienne.

Je n’ai point encore entre les mains la feuille qui doit contenir le titre tout entier ; elle n’est point imprimée : peut-être, ainsi qu’il arrive ordinairement, ne le sera-t-elle que la dernière. Mais comme je vois en tête de chaque page que vous intitulez votre livre Philosophie cartésienne, je crains que l’on ne pense que vous avez voulu, en agissant de la sorte, tromper le lecteur, et lui vendre votre ouvrage à la place de celui qu’il attend de moi, sous un titre à peu près semblable, mais assurément sur un tout autre sujet. Vous ne devez donc pas trouver mauvais, que je fasse promptement paraître cette lettre, pour instruire le public de votre dessein.

Vos sept premières pages n’offrent que des lieux communs contre les novateurs, et un éloge d’Aristote. Je ne vois là rien de remarquable, si ce n’est peut-être qu’à la page 2 vous vous plaignez que certains théologiens, par un amour immodéré de la paix, détruisent toute orthodoxie et toute religion, comme si l’amour de la paix était un péché capital et habituel aux théologiens ; l’amour de la paix, que, pour moi, je regarde comme la plus grande, la plus véritablement chrétienne de toutes les vertus. Heureux les hommes pacifiques, monsieur Voet ; mais, tant que vous chercherez ainsi des querelles, vous ne serez point heureux.

A la page 8 vous commencez à parler de moi, et c’est de la manière suivante : Telle est la présomption de ces nouveaux Titans, que tout récemment un d’eux, qui ne comprend même pas, et je puis le prouver, les termes de la philosophie péripatéticienne, a osé s’exprimer ainsi, dans une lettre pleine de bouffonneries et de mensonges, adressée à Dinet. « Bien plus, dit-il, je pose en fait qu’il n’est pas une seule question résolue d’après les principes particuliers à la philosophie péripatéticienne dont je ne puisse démontrer que la solution est vicieuse et fausse. Que l’on en fasse l’essai, que l’on me propose, non pas toutes les questions ainsi résolues (je regarderais comme tout à fait inutile d’employer beaucoup de temps à une pareille occupation), mais un petit nombre de questions choisies ; et je tiendrai ma promesse. » — En entendant parler de la sorte cet ignorant ennemi des lumières, ne serait-on pas tenté de le renvoyer à Anticyre — D’après un tel début, tout le monde concevra facilement que votre intention n’est pas d’épargner ici les injures, que je suis loin d’être de vos amis, et que par conséquent on ne doit ajouter aucune foi à tout ce que vous débiterez sur mon compte, à moins de témoignages irrécusables ou de raisons péremptoires. Qu’il fat vrai, comme vous vous engagez à le prouver, que je ne comprends même pas les termes de la philosophie péripatéticienne, peu m’importerait assurément : car ce serait plutôt une honte à mes yeux d’avoir donné à cette étude trop de soin et d’attention. Cependant, comme vous ne citez aucun de ces termes dont je me sois servi à contresens, on ne vous croira pas ; surtout quand on vous verra, à la page suivante, sortir de votre sujet pour aller reprocher à M. Regius, professeur distingué de la faculté de médecine, et votre collègue, d’avoir donné à une plante un nom qui ne lui appartenait pas. Cette remarque, vous l’avez déjà faite mille fois, et vous la faites encore plus bas, pages 37, 38 et 43, et toujours à tort, d’après l’opinion de quelques personnes : suivant elles, ce qui a donné lieu à ce conte de votre part, c’est que M. Le Roy, en assignant le nom dont il s’agit à une espèce d’ellébore, a suivi l’autorité de Dodonœus, et que je ne sais quel demi-savant, rencontrant dans un autre ouvrage un autre nom pour la même plante, s’est imaginé, d’après cela, que M. Regius s’était trompé. Grand crime vraiment, que de différer de quelqu’un sur le nom d’une plante ! Qui ne sait qu’il n’est peut-être pas une seule herbe qui n’ait plusieurs noms, et qu’à cet égard les plus célèbres botanistes sont rarement d’accord entre eux ? A vous voir soutenir avec tant de chaleur une pareille accusation, chacun pensera, du moins je le crains, qu’il y a quelque chose de vrai dans ce que l’on a dit de vous, que vous parliez de toutes choses avec une grande assurance, mais aussi avec une grande ignorance. Lorsque ensuite on viendra à savoir tout le bruit que vous avez fait pour cette seule expression être par accident, à laquelle le même professeur avait donné dans une thèse un sens un peu différent de celui qui est adopté dans les écoles ; lorsqu’on saura l’empressement avec lequel vous avez saisi cette occasion d’écrire contre lui les thèses les plus virulentes, et de les débattre publiquement pendant trois jours consécutifs ; lorsqu’enfin on connaîtra le soin que vous avez eu de placer ce mot dans le titre même de ces thèses, et votre ardeur à le faire condamner comme hérétique par la faculté de théologie, quoiqu’il ne fût nullement répréhensible, et qu’au contraire, ainsi que M. Regius l’a très bien démontré dans sa réponse, il ne s’en fût servi que pour, plaire aux théologiens ; alors, dis-je, on ne doutera plus que, si vous aviez trouvé dans mes ouvrages la plus petite expression à reprendre, vous n’eussiez pas manqué de la signaler dès le commencement de votre livre, pour inspirer au lecteur quelque confiance en vos autres assertions ; ou du moins vous en auriez fait mention plus bas, au chapitre V de la IIe partie, où vous revenez sur ce sujet, mais toujours sans rien citer. Si j’insiste tant sur ce point, c’est afin que vous sachiez bien qu’aucun homme de sens ne tiendra compte des injures que vous me prodiguez, s’il ne les voit appuyées, soit à la page même qui les contient, soit dans les passages précédents, de quelque preuve au moins vraisemblable ; car on sait que vous ne négligez pas les plus faibles raisons, lorsque vous pouvez en apporter quelques-unes.

Ainsi, quand vous prétendez que ma lettre au révérend père Dinet est un tissu de bouffonneries et de mensonges, le lecteur ne voit là qu’une injure, parce que vous ne lui montrez nulle part quels sont ces mensonges et ces bouffonneries ; et de tous mes ouvrages, effectivement, celui où je me suis le plus efforcé de me montrer grave et vrai, est, sans contredit, celle lettre que j’adressais à un homme de la plus haute considération, et pour qui je professe un respect tout particulier.

In the third one, I am reading the first and second chapters of the same book on Cartesian philosophy.

In the fourth one, I express my opinion on the use of books and Voet’s doctrine.

In the fifth chapter, I briefly discuss the other chapters of this book, that is, the remainder of the first two sections.

In the sixth one, I examine the book of the Confraternity of the Virgin.

In the seventh chapter, I consider the merits of Mr. Voet and the example of Christian charity and integrity that he set forth in this work.

In the eighth chapter, I return to the book on Cartesian philosophy and refute its preface (which I had not yet read) as well as its third section.

In the ninth chapter, I respond to the fourth and final section of that same book, and at the same time demonstrate that its authors are guilty of the most abhorrent and unforgivable slander.

René Descartes to Mr. Gisbert Voet

For some time, I had been informed that you were preparing a new work against me; I have finally received the first six pages of it, and I am assured that many more are still in the process of being published. However, from the few pages that I have read immediately upon receiving them, it is clear to me that I will not need to spend much time examining this work, nor perhaps even wait for it to be fully published before forming my opinion on it and communicating it to you. Therefore, I will read these six pages during my usual leisure time; and whenever I find any passages worthy of note, I will record them here in the very order in which they appear as I read them.

Part One:

From the introduction to the book falsely titled: Cartesian Philosophy.

I still do not have in my hands the page that should contain the full title of your work; it has not yet been printed—perhaps, as is often the case, it will only be printed at the very end. However, since I see that you have titled your book “Philosophie cartésienne” at the beginning of each chapter, I fear that people might think you intended to deceive the readers by doing so, and to sell them your work in place of what they expect from me—under a title that seems similar but certainly dealing with a completely different subject. Therefore, you should not mind if I publish this letter promptly, in order to inform the public of your intentions.

Your first seven pages consist merely of common objections against innovators and a praise of Aristotle. I see nothing remarkable in them, except perhaps that on page 2 you complain that certain theologians, out of an excessive love for peace, destroy all orthodoxy and religion, as if the love of peace were a capital sin and a common trait among theologians; whereas I regard the love of peace as the greatest and most truly Christian of all virtues. Happy are those who pursue peace, Mr. Voet; but so long as you continue to seek out disputes in this manner, you will never be happy.

On page 8, you begin to speak of me in the following manner: “Such is the presumption of these new ‘Titans’—that one of them, who not only fails to understand but also, I can prove it, does not even know the terms of Peripatetic philosophy, has dared to express himself in such a way, in a letter filled with nonsense and lies, addressed to Dinet. ‘Moreover,’ he says, ‘I assert that there is not a single question resolved according to the principles of Peripatetic philosophy whose solution I cannot prove to be flawed and false. Let them try; let them present me with, not all such questions (for I would consider it utterly futile to spend much time on such an endeavor), but just a few selected ones; and I will keep my promise.’” When one hears such words from this ignorant enemy of the light, wouldn’t one be tempted to send him back to Anticyra? Given such an opening, anyone would easily conclude that your intention is not to refrain from insults here, that I am far from being your friend, and therefore that nothing you say about me should be taken seriously, unless there are irrefutable evidence or compelling reasons. Even if it were true, as you claim to be able to prove, that I do not understand the terms of Peripatetic philosophy, it would hardly matter to me—because it would rather be a shame in my eyes that I had devoted so much time and attention to such studies. However, since you do not cite a single one of these terms that I have misused, no one will believe you; especially when, on the following page, you go off-topic to accuse M. Regius, a distinguished professor at the medical faculty and your colleague, of giving a name to a plant that does not belong to it. This accusation—of which you have made countless repetitions, on pages 37, 38, and 43—is, in the opinion of some, entirely baseless. According to them, the reason for this accusation is that M. Le Roy, in assigning a certain name to a species of eleborus, followed the authority of Dodonœus; and that some half-savant, encountering another name for the same plant in another work, assumed that M. Regius must have erred. What a grave offense indeed, to differ from someone over the name of a plant! Who does not know that there is probably no single herb that does not have multiple names, and that even the most renowned botanists often disagree on such matters? To see you defend such an accusation with such fervor, one would surely think—at least I fear so—that there is some truth to what people say about you: that you speak of everything with great assurance, but also with great ignorance. When it is later known all the fuss you made over the fact that this particular expression was used by accident, and that the same professor had given it a slightly different meaning in one of his theses than the one adopted in the schools; when it becomes known how eagerly you seized this opportunity to write some of the most vicious attacks against him and to debate them publicly for three consecutive days; when finally it is understood the care you took to include that word in the very title of those theses, and your fervor in having them condemned as heretical by the theology faculty, even though it contained nothing reprehensible at all—and indeed, as Mr. Regius demonstrated very clearly in his response, you had used it solely with the aim of pleasing the theologians—then, I say, no one will doubt that if you had found the slightest questionable expression in my works, you would have immediately pointed it out at the beginning of your book, in order to inspire some confidence in the reader regarding your other claims. Or at the very least, you would have mentioned it later on, in Chapter V of the Second Part, where you return to this subject—but still without citing any specific examples. I insist so strongly on this point because I want you to be fully aware that no reasonable person will take seriously the insults you hurl at me unless they are supported, either in the very passage where they appear or in previous sections, by at least some plausible evidence; for after all, it is well known that you do not hesitate to rely on even the weakest arguments whenever you can provide any.

Thus, when you claim that my letter to Reverend Father Dinet is nothing but a collection of nonsense and lies, the reader sees therein nothing but an insult, for you fail to demonstrate where these lies and nonsense lie; and of all my works, indeed, the one in which I made the greatest effort to appear serious and truthful is undoubtedly that very letter I addressed to a man of the highest esteem, whom I hold in particular regard.

Nel terzo capitolo, leggo il primo e il secondo libro dello stesso volume dedicato alla Filosofia cartesiana.

Nel quarto capitolo espongo il mio punto di vista sull’uso dei libri e sulla dottrina di Voet.

Nel quinto capitolo tratto brevemente degli altri capitoli di questo libro, ovvero del resto delle prime due sezioni.

Nel sesto capitolo esamino il libro della Confraternita della Vergine.

Nel settimo capitolo esamino i meriti di Monsieur Voet, nonché l’esempio di carità cristiana e di integrità che ha offerto in quest’opera.

Nell’ottava lezione torno al libro sulla Filosofia cartesiana e ne confuto la prefazione (che non avevo ancora letto) nonché la terza sezione.

Nella nona parte, rispondo alla quarta e ultima sezione dello stesso libro, dimostrando al contempo che i suoi autori sono colpevoli di calunnie delle più odiose e inescusabili.

René Descartes a Monsieur Gisbert Voet

Da tempo mi era stato detto che stavate preparando un nuovo scritto contro di me: ho appena ricevuto le prime sei pagine e mi assicurano che ne siano in stampa molte altre. Tuttavia, basandomi su queste poche pagine che ho letto subito, posso facilmente intuire che non avrò bisogno di dedicare molto tempo all’esame di questo testo, né tantomeno di aspettare la sua pubblicazione completa per poterne dare un giudizio e comunicarvelo. Leggerò quindi queste sei pagine nei miei soliti momenti di svago; e tutti i passaggi che riterrò degni di nota li annoterò qui, nell’ordine stesso in cui mi verranno presentati durante la lettura.

Prima parte:

Dalla prefazione del libro, intitolata falsamente “Filosofia cartesiana”.

Non ho ancora tra le mani la pagina che dovrebbe contenere l’integrale titolo del libro; non è ancora stata stampata. Forse, come accade di solito, lo sarà solo all’ultimo momento. Tuttavia, poiché vedo che in cima a ogni pagina avete intitolato il vostro libro “Filosofia cartesiana”, temo che si possa pensare che abbiate voluto ingannare i lettori, vendendogli il vostro lavoro al posto di quello che essi aspettano da me, con un titolo simile ma su un argomento certamente completamente diverso. Pertanto, non dovreste considerare male se pubblico rapidamente questa lettera, al fine di informare il pubblico sul vostro intento.

Le vostre prime sette pagine offrono soltanto luoghi comuni contro i novatori e un elogio di Aristotele. Non vedo nulla di particolarmente notevole in esse, se non forse il fatto che alla pagina 2 vi lamentate del fatto che alcuni teologi, a causa di un amore smisurato per la pace, distruggano ogni ortodossia e ogni religione, come se l’amore per la pace fosse un peccato capitale e tipico dei teologi; mentre io considero l’amore per la pace la più grande, la vera e propria virtù cristiana tra tutte. Felici gli uomini pacifici, signor Voet. Ma finché continuerete a cercare dispute in questo modo, non sarete mai veramente felici.

A pagina 8 iniziate a parlare di me nel seguente modo: “Ecco la presunzione di questi nuovi ‘Titani’: poco tempo fa uno di loro, che nemmeno comprende – e posso provarlo – i termini della filosofia peripatetica, ha osato esprimersi in questo modo in una lettera piena di sciocchezze e menzogne indirizzata a Dinet. ‘Anzi,’ dice, ‘affermo addirittura che non esiste nemmeno una singola questione risolta secondo i principi specifici della filosofia peripatetica la cui soluzione non possa essere dimostrata come errata e falsa. Provateci, presentatemi non tutte queste questioni risolte in questo modo (ritenerei del tutto inutile dedicare molto tempo a un’occupazione del genere), ma solo un piccolo numero di questioni scelte a caso; e manterrò la mia promessa.’” Sentendo parlare in questo modo questo ignorante nemico delle “luci”, non si sarebbe tentati di rimandarlo ad Anticyra? A giudicare da un simile inizio, chiunque potrebbe facilmente dedurre che il vostro intento non è certo quello di risparmiare insulti, che io sono lontano dall’essere uno dei vostri amici, e quindi che non si dovrebbe credere a nulla di ciò che direte su mio conto, a meno di prove inconfutabili o argomentazioni irrefutabili. Che sia vero, come promettete di dimostrare, che io nemmeno comprenda i termini della filosofia peripatetica, a me importerebbe ben poco: anzi, sarebbe una vergogna per me aver dedicato così tanto tempo e attenzione a questo studio. Tuttavia, poiché non citate nessuno di questi termini che ho usato in modo errato, nessuno vi crederà, soprattutto quando vedrete, nella pagina successiva, deviare dal vostro argomento per accusare il signor Regius, distinto professore della facoltà di medicina e vostro collega, di aver dato a una pianta un nome che non le appartiene. Questa osservazione l’avete già fatta mille volte, e la ripetete ancora più avanti, alle pagine 37, 38 e 43, sempre sbagliando, secondo l’opinione di alcune persone. Secondo loro, il motivo per cui avete inventato questa storia è che il signor Le Roy, assegnando a quella pianta il nome in questione, si è basato sull’autorità di Dodonœus; e qualche semidotto, trovando un altro nome per la stessa pianta in un altro libro, ha immaginato che anche il signor Regius si fosse sbagliato. Che grave crimine davvero, dissentire con qualcuno sul nome di una pianta! Chi non sa che probabilmente non esiste nemmeno una singola erba che non abbia diversi nomi, e che, in questo senso, anche i più famosi botanici spesso non sono d’accordo tra loro? Vedendovi sostenere con tanta passione un’accusa del genere, chiunque penserà, temo, che ci sia del vero in quanto si è detto su di voi, che parliate di tutto con grande sicurezza, ma anche con grande ignoranza. Quando poi si verrà a conoscenza di tutto il clamore che avete suscitato per quella singola espressione, che per caso corrispondeva al significato dato da lo stesso professore in una tesi, un significato leggermente diverso da quello adottato nelle scuole; quando si saprà l’impegno con cui avete colto quest’occasione per scrivere contro di lui le tesi più virulente e per dibatterle pubblicamente per tre giorni consecutivi; quando infine si conoscerà la cura con cui avete voluto inserire quella parola nel titolo stesso di quelle tesi, nonché la vostra determinazione a farla condannare come eretica dalla facoltà di teologia, sebbene essa non fosse affatto riprovevole, e anzi, come ha dimostrato molto bene il signor Regius nella sua risposta, vi foste servito di essa soltanto per compiacere i teologi; allora, dico io, nessuno dubiterà più che, se aveste trovato nelle mie opere anche la minima espressione da contestare, non avreste mancato di segnalarla fin dall’inizio del vostro libro, al fine di ispirare nel lettore fiducia nelle altre vostre affermazioni; o almeno ne avreste fatto menzione più avanti, nel capitolo V della seconda parte, dove tornate sull’argomento, ma sempre senza citarla esplicitamente. Insisto tanto su questo punto perché voglio che sappiate bene che nessun uomo di buon senso presterà attenzione alle offese che mi lanciate, se non le vedrà supportate, sia sulla pagina stessa in cui sono contenute, sia nei passaggi precedenti, da qualche prova almeno plausibile; perché si sa che non trascurate nemmeno le ragioni più deboli, quando potete addurre alcune.

Pertanto, quando affermate che la mia lettera al reverendo padre Dinet sia un insieme di sciocchezze e menzogne, il lettore vi vede soltanto un’offesa, poiché non gli indicate mai in quale modo si manifestino queste menzogne e sciocchezze; e, tra tutti i miei scritti, quello in cui mi sono davvero sforzato di essere serio e sincero è senza dubbio quella lettera che indirizzavo a un uomo di estrema considerazione, per il quale provo un rispetto particolare.

Vous croyez, d’un autre côté, me faire beaucoup de tort, en rappelant que j’ai dit dans cette lettre que les principes de la philosophie péripatéticienne ne donnent aucune solution dont le vice et la fausseté ne puissent être démontrés. Mais vous manquez ici de votre habileté ordinaire, vous trahissez la cause que vous voulez défendre, vous confirmez mes propres paroles, puisque vous ne mettez sous les yeux du public aucune solution de ce genre dont je n’aie pu prouver la fausseté, et que pour toute réfutation vous me traitez d’ignorant et de sot ; et cependant on sait assez que provoquer vos adversaires et leur poser des questions est pour vous un plaisir que vous ne vous refusez guère. C’est encore ainsi que plus bas, page 88, vous citez une seconde fois mes paroles, et que vous les réfutez uniquement par des injures. Que résultera-t-il de là ? Que les personnes les moins instruites finiront par découvrir toute la pauvreté de la philosophie vulgaire : peut-être ont-elles déjà ouï dire souvent qu’elle était pour beaucoup de personnes un objet de mépris ; mais, vous entendant sans cesse, vous et les vôtres, la vanter comme la connaissance des choses divines et humaines, comme le fondement de toutes les autres sciences, elles n’avaient jamais soupçonné sans doute qu’elle fût assez misérable pour ne pouvoir nous conduire à la connaissance d’une seule vérité. Aujourd’hui, qui doutera que, si elle en renfermait une seule, cette vérité n’eût été mise en avant, ou par vous dans ce passage de votre livre, ou par quelqu’un des pères de la société de Jésus ? C’est à leur supérieur qu’a été adressée la lettre d’où vous avez tiré les paroles rapportées plus haut ; ces pères ne manquent assurément pas d’instruction, vous le savez ; et jusqu’ici pourtant ils ont gardé le silence. Quant aux savants, depuis longtemps ils ont tous reconnu qu’aucune démonstration rigoureuse ne peut être basée sur les principes de la philosophie péripatéticienne ; et, comme ils verront que mon assertion se réduit à ce que je m’engage de prouver le vice de tout raisonnement construit d’après la méthode d’Aristote, loin de m’accuser d’une présomption trop grande, ils ne douteront pas un instant que je ne puisse facilement tenir ma promesse. En effet, la solution d’une question ne consiste pas dans la conclusion seulement, mais encore et surtout dans les prémisses ; or, si la conclusion n’est pas bien déduite de ces dernières, quoique par hasard elle puisse être vraie, la solution n’en sera pas moins vicieuse et fausse.

Vous dites ensuite, à la même page 8, en parlant de ma philosophie, que j’ose la jeter à la tête de quelques oisifs, qui n’ont jamais rien étudié, qui ne savent rien, et de quelques hommes qui se sont toujours occupés d’affaires publiques ; et à la page 9, vous ajoutez que, plus timide qu’un daim, et ne me sentant de courage que dans les ténèbres de ma retraite, je me suis servi d’un certain médecin pour essayer sérieusement d’introduire dans une université récemment établie, mais déjà célèbre, mes niaiseries jusqu’alors stériles, et, en quelque sorte, avortées, et pour les présenter, au mépris de toute la philosophie ancienne, comme la véritable et pure philosophie. Puis de là vous vous jetez sur ce médecin, pour lui reprocher, ainsi que je viens de le dire, le nom qu’il a donné à une plante. Enfin, vous terminez ainsi sur mon compte : En faveur de la jeunesse, qui ne doit point ignorer les attaques auxquelles est en butte son maître Aristote, et dans l’intérêt des autres personnes, que ce fourbe cherche à abuser et à induire en erreur, on a jugé à propos de mettre au grand jour la philosophie de ce plaisant réformateur, dont les ouvrages ne sont bons qu’à faire rire de pitié. A cela, je ne réponds qu’un mot, c’est que vous vous trompez grossièrement, si vous croyez que j’aie jamais jeté ma philosophie à la tête de qui que ce soit. Nous savons, dites-vous, page 12, toute la puissance qu’exercent des gestes habiles et une langue flatteuse. Vous pouvez le savoir, vous qui prêchez et qui enseignez. Mais moi, j’habite la campagne ; je m’éloigne, autant qu’il m’est possible, de la société des hommes ; je ne tends des pièges à la crédulité de personne ; jamais je n’ai eu de disciples, jamais je n’ai cherché à en avoir, je l’ai plutôt évité. Je dirai plus : M. Regius était depuis longtemps professeur, et il enseignait la doctrine que vous m’accusez d’avoir voulu introduire dans votre université par son moyen, que je ne lui avais pas encore parlé. Si donc je lui avais appris quelque chose, ce ne pouvait être que par les ouvrages que j’avais déjà publiés : et, en cela, il a montré une grande force d’intelligence, puisque dans ces écrits je n’ai point développé mon système de philosophie ; j’en ai seulement donné, si je puis dire, quelques échantillons, afin que chacun pût juger s’il lui convenait d’en connaître le reste : de cette manière, au moins, si je ne pouvais être utile, je ne faisais de tort à personne ; et tout le monde devait me savoir quelque gré de ma façon d’agir. (Voy. les premières pages de mon Discours de la méthode et la fin de la lettre au père Dinet.) Et certes, jusqu’ici, ces premiers essais m’ont attiré la bienveillance de trop de personnages distingués, pour que je puisse me repentir de les avoir fait paraître. En entrant avec vous dans ces détails, mon intention est que vous sachiez bien qu’il n’y a qu’un moyen d’attaquer mes opinions, c’est de les examiner dans les ouvrages que j’ai publiés, et de montrer ce que vous y trouvez de condamnable ou de faux. Les sophismes, les mensonges ne peuvent trouver place ici : les livres dont je parle sont entre les mains du public ; quiconque le veut peut les examiner à loisir et les critiquer. Mais supposer qu’ils contiennent tout autre chose que ce qu’ils contiennent en réalité, ou m’attribuer, sans vouloir consulter les écrits dont je me reconnais auteur, d’impertinentes opinions qui ne sont nulle part énoncées dans ces écrits, c’est ce que tout le monde appellera une calomnie.

Toutefois, ainsi que vous le dites page 1 o, avant d’exposer successivement et par ordre les mystères de cette nouvelle et orgueilleuse philosophie, vous devez tracer le portrait de celui qui en est le fondateur. Je ne peux que vous approuver : car, dans ma lettre au père Dinet, j’ai rapidement énuméré toutes les qualités qui vous distinguent ; et vous ne faites qu’user de votre droit en me rendant aujourd’hui la pareille. Je vous verrai avec plaisir passer en revue mes défauts ; et s’il en est quelques-uns que mes amis me dissimulent, ou qu’ils n’aperçoivent pas, aveuglés qu’ils sont par leur attachement pour moi, c’est de vous que je les apprendrai, pour mon plus grand bien : les injures par lesquelles vous avez débuté dans cet ouvrage ne me donnent pas lieu de craindre que la bienveillance vous fasse omettre une seule des découvertes que vous aurez faites en ce genre.

Vous commencez donc en ces termes : Son nom, quelque temps tenu secret, et qu’il a révélé lui-même, est René Descartes ; son pays est la France, le flambeau de l’Europe savante. Au dire de quelques autres personnes, il est d’une naissance illustre, ou du moins il est noble. Quant à cet avantage, que le hasard peut accorder aux méchants et aux sots, je ne le lui envie pas. Jusque-là, vous n’avancez rien qui puisse me faire déshonneur. Car si d’une famille distinguée on voit sortir quelquefois des méchants et des sots, vous ne Voulez pas en conclure, je pense, que l’on doit moins estimer celui qui a reçu le jour de parents honnêtes que le malheureux qui, fils d’un goujat, et né dans une taverne, n’a fait son apprentissage de vertu et de piété qu’au milieu des filles de joie et des valets d’une armée.

Vous continuez ainsi : Nous verrons les avantages de cette noblesse, lorsqu’il aura un fils, légitime ; car pour ceux qu’il a eus, dit-on, jusqu’à présent, ils ne seront plus tard que les témoins malheureux de la noblesse de leur pire. Ces paroles n’ont aucun, sens, puisque la noblesse du père ne peut aggraver en rien la condition des fils naturels. Quant à moi, si j’en avais, je ne le nierais pas s’il y a peu de temps encore que j’étais jeune ; je suis homme, je n’ai point fait vœu de chasteté, et n’ai jamais prétendu passer pour plus sage que les autres. Mais comme je n’en ai pas, votre phrase signifie tout simplement que je suis célibataire ? et je ne dois pas m’étonner que, répétant sans cesse, comme vous faites, que le plus grand des miracles est un ecclésiastique conservant sa chasteté dans le célibat, vous n’ayez pas voulu me croire supérieur en sagesse à un ecclésiastique.

On the other hand, you believe that you are doing me a great injustice by reminding me that I stated in this letter that the principles of Peripatetic philosophy offer no solutions whose errors and falsehoods cannot be demonstrated. But you are lacking in your usual skill here; you are betraying the cause you claim to defend, and you are actually confirming my own words, since you are not presenting to the public any such solution whose falsity I have failed to prove. Moreover, instead of offering any refutation, you call me ignorant and foolish; yet it is well known that provoking your opponents and posing questions to them is a pleasure you never refuse yourself. Once again, on page 88 below, you quote my words once more and reject them merely with insults. What will be the result of this? It is that even the least informed people will eventually come to realize the utter poverty of vulgar philosophy. Perhaps they have already often heard it dismissed as something worthy of contempt; but hearing you and your followers constantly praise it as the knowledge of divine and human matters, as the foundation of all other sciences, they probably never suspected that it was so miserable as to be incapable of leading us to the knowledge of a single truth. Today, who would doubt that if it contained even one true principle, that principle would have been stated either by you in this passage of your book or by some of the fathers of the Jesuit Society? The letter from which you quoted those words was addressed to their superiors; these fathers are certainly not lacking in knowledge, as you know. Yet so far they have remained silent. As for the scholars, they have long recognized that no rigorous demonstration can be based on the principles of Peripatetic philosophy. And since they will see that my assertion amounts merely to promising to prove the errors of any reasoning constructed according to Aristotle’s method, they will not doubt for a moment that I am capable of keeping my promise. Indeed, the solution to a problem lies not only in the conclusion but also, more importantly, in the premises; and if the conclusion is not properly derived from these premises, then even if it happens to be true, the solution will still be flawed and false.

You then say, on the same page 8, referring to my philosophy, that I dare to present it before certain idle people who have never studied anything, who know nothing, as well as before some individuals who have always been involved in public affairs; and on page 9, you add that, being more timid than a deer and feeling courage only in the darkness of my retreat, I used a certain physician to seriously attempt to introduce my previously sterile and, so to speak, aborted ideas into a newly established but already famous university, and to present them, in disregard of all ancient philosophy, as the true and pure philosophy. Then you turn your criticism towards this physician, accusing him, as I just mentioned, of giving a certain plant an inappropriate name. Finally, you conclude about me by saying: In order to protect the youth, who must not be ignorant of the attacks directed at their teacher Aristotle, and for the sake of other people whom this cunning individual seeks to deceive and mislead, it was deemed appropriate to bring to light the philosophy of this amusing reformer, whose writings are good only for provoking pity. To this, I reply with just one word: you are gravely mistaken if you think that I have ever presented my philosophy to anyone. You say, on page 12, that skillful gestures and flattering language possess great power; you may know this well, since you preach and teach. But I live in the countryside; I avoid human society as much as possible; I never lay traps for people’s credulity; I have never had any disciples, nor have I ever sought to have any—I have even avoided them. To be more precise: Mr. Regius had already been a professor for some time and was teaching the doctrine that you accuse me of trying to introduce into your university through him; I had not yet spoken to him. Therefore, if I had taught him anything, it could only have been through the works I had already published. And in this regard, he showed great intelligence, for in those writings I did not develop my entire philosophical system; I merely provided some samples, so that everyone could decide whether they wished to learn more. In this way, at least, if I could not be of any use, I was causing no harm to anyone; and everyone should have been grateful for my approach. (See the first pages of my “Discourse on Method” and the end of the letter to Father Dinet.) Indeed, so far, these initial attempts have won me the goodwill of many distinguished individuals; I have no reason to regret having published them. By entering into these details with you, my intention is to make it clear that there is only one way to challenge my views: to examine them in the works I have published and to point out what you consider condemnable or false within them. Sophisms and lies have no place here; the books I refer to are in the hands of the public. Anyone who wishes may study them at their leisure and criticize them. But to assume that they contain anything other than what they actually do, or to attribute to me, without even consulting the writings of which I claim to be the author, opinions that are nowhere mentioned in those works—this is what everyone would call slander.

However, as you state on page 10, before successively and in order presenting the mysteries of this new and proud philosophy, it is necessary to sketch the portrait of its founder. I can only agree with you: for in my letter to Father Dinet, I quickly listed all the qualities that distinguish you; and you are merely exercising your right by doing the same for me today. I would be pleased to see you examine my shortcomings; and if there are any that my friends fail to notice, or conceal from me out of their attachment to me, it will be through you that I shall become aware of them—for my own good. The insults with which you began this work give me no reason to fear that kindness might cause you to overlook a single of the discoveries you make in this field.

You begin thus: His name, which was kept secret for some time and was revealed by him himself, is René Descartes; his country is France, the beacon of European scholarship. According to some others, he comes from an illustrious family, or at least he is noble. As for this advantage that chance may bestow upon the wicked and the foolish, I do not envy it. So far, you have not stated anything that could bring me dishonor. For although sometimes evil and foolish people emerge from distinguished families, you surely do not intend to conclude that one should esteem less those who were born to honorable parents than those unfortunate individuals who, being the sons of ruffians and born in taverns, only learned virtue and piety among prostitutes and the servants of an army.

You continue thus: “We will see the advantages of this nobility when he has a legitimate son; for those he has had so far, it is said, will merely be unfortunate witnesses to the baseness of their father’s noble character.” These words make no sense at all, for the nobility of the father can in no way worsen the fate of his illegitimate children. As for me, if I had any, I would not deny them—especially since, not so long ago, I was young myself. I am a man; I have made no vow of chastity, and I have never claimed to be wiser than others. But since I have none, your statement simply means that I am celibate. And I should not be surprised that, by constantly repeating that the greatest miracle is for a clergyman to maintain his chastity through celibacy, you refused to believe me to be wiser than a clergyman.

D’altra parte, credete di farmi un grande tort ricordandomi che in questa lettera ho detto che i principi della filosofia peripatetica non offrono alcuna soluzione la cui falsità e il cui errore possano essere dimostrati. Ma qui mancate della vostra abilità consueta: tradite la causa che volete difendere, confermate anzi le mie stesse parole, poiché non presentate al pubblico alcuna soluzione di questo tipo la cui falsità io non abbia potuto dimostrare; eppure sappiamo bene che provocare i vostri avversari e porre loro domande è per voi un piacere che non vi rifiutate mai. È ancora così che, più sotto, a pagina 88, citate nuovamente le mie parole e le confutate soltanto con insulti. Che ne consegue? Che le persone meno istruite finiranno per scoprire tutta la povertà di questa filosofia volgare: forse hanno già sentito spesso dire che rappresenta oggetto di disprezzo per molte persone; ma, ascoltandovi voi e i vostri seguaci lodarla come conoscenza delle cose divine e umane, come fondamento di tutte le altre scienze, probabilmente non avevano mai sospettato che fosse così miserabile da non essere in grado di condurci alla conoscenza di una sola verità. Oggi, chi dubiterà che, se ne contenesse davvero una, questa verità non sarebbe stata esposta, o da voi in questo passaggio del vostro libro, o da uno dei padri della società di Gesù? È proprio a loro, i più istruiti, che è stata indirizzata la lettera da cui avete tratto le parole citate sopra; questi padri certamente non mancano di cultura, lo sapete bene; eppure finora hanno mantenuto il silenzio. Quanto ai dotti, da tempo tutti hanno riconosciuto che nessuna dimostrazione rigorosa può basarsi sui principi della filosofia peripatetica; e poiché vedranno che la mia affermazione si riduce semplicemente al mio impegno di dimostrare l’errore di qualsiasi ragionamento costruito secondo il metodo di Aristotele, invece di accusarmi di presunzione eccessiva, non dubiteranno un istante che io possa facilmente mantenere la mia promessa. Infatti, la soluzione di un problema non consiste solo nella conclusione, ma soprattutto nelle premesse; ora, se la conclusione non deriva correttamente da queste ultime, anche se per caso può essere vera, la soluzione rimarrà comunque errata e falsa.

Successivamente, nella stessa pagina 8, parlando della mia filosofia, affermate che oso presentarla davanti a persone oziose che non hanno mai studiato nulla, che non sanno nulla, e anche di alcuni individui che si sono sempre occupati di affari pubblici; inoltre, sulla pagina 9, aggiungete che, più timido di un cervo e sentendomi coraggioso soltanto nell’oscurità della mia ritirata, ho fatto ricorso a un certo medico per tentare seriamente di introdurre nelle università appena fondate ma già famose le mie idee fino ad allora sterili e, in qualche modo, abortite, presentandole, a dispetto di tutta la filosofia antica, come la vera e pura filosofia. Poi vi scagliate contro questo medico, rimproverandogli, come ho appena detto, il nome che ha dato a una pianta. Infine, concludete così riguardo a me: “A favore della gioventù, che non dovrebbe ignorare le attacche alle quali è esposta il suo maestro Aristotele, e nell’interesse delle altre persone che questo individuo astuto cerca di ingannare e indurre in errore, si è ritenuto opportuno mettere alla luce la filosofia di questo ridicolo riformatore, i cui scritti sono buoni soltanto a suscitare risate di pietà”. A questo non rispondo se non con una parola: vi sbagliate gravemente, se credete che io abbia mai presentato la mia filosofia davanti a qualcuno. Dite voi stesso, sulla pagina 12, che “tutta la potenza esercitata da gesti abili e da un linguaggio lusinghiero è ben nota”. Potete saperlo voi, che predicate e insegnate. Ma io vivo in campagna; mi allontano il più possibile dalla società umana; non tendo trappole alla credulità di nessuno; non ho mai avuto discepoli, anzi li ho evitati. Dirò di più: il signor Regius era da tempo professore e insegnava la dottrina che voi mi accusate di aver cercato di introdurre nella vostra università attraverso di lui; non gli avevo ancora parlato. Quindi, se gli avessi insegnato qualcosa, sarebbe stato soltanto attraverso i libri che avevo già pubblicato; e in questo, egli ha dimostrato una grande intelligenza, poiché in quegli scritti non ho sviluppato il mio sistema filosofico; ne ho semplicemente fornito, per così dire, alcuni esempi, affinché ognuno potesse giudicare se desiderasse conoscere il resto. In questo modo, almeno, se non potevo essere utile, non facevo del male a nessuno; e tutti avrebbero dovuto ringraziarmi per il mio comportamento. (Vedi le prime pagine del mio “Discorso sul metodo” e la fine della lettera al padre Dinet.) E certamente, finora, questi primi tentativi hanno attirato la benevolenza di troppe persone distinte, per poter rimpiangere di averli pubblicati. Entrando nei dettagli con voi, la mia intenzione è che comprendiate chiaramente che esiste un solo modo per confutare le mie opinioni: esaminarle nei libri che ho pubblicato e mostrare ciò che in essi si trova di condannabile o falso. I sofismi e i mentiti non hanno alcun posto qui: i libri di cui parlo sono nelle mani del pubblico; chiunque lo desideri può esaminarli liberamente e criticarli. Ma supporre che contengano qualcosa di diverso da ciò che effettivamente contengono, o attribuirmi, senza consultare gli scritti di cui mi riconosco autore, opinioni impertinenti che in essi non sono mai state espresse, è ciò che tutti chiamerebbero calunnia.

Tuttavia, come dite voi stesso a pagina 1, prima di esporre successivamente e in ordine i misteri di questa nuova e orgogliosa filosofia, è necessario tracciare il ritratto di colui che ne è il fondatore. Non posso che approvare: infatti, nella mia lettera al padre Dinet ho rapidamente elencato tutte le qualità che vi distinguono; e voi state semplicemente esercitando il vostro diritto nel ricambiarmi lo stesso oggi. Sarò felice di vedervi analizzare i miei difetti; e se ne fossero alcuni che i miei amici mi nascondono, o che non riescono a percepire a causa del loro affetto per me, saranno proprio voi a informarmene, per il mio stesso bene. Le offese con cui avete iniziato questo lavoro non mi fanno temere che la vostra benevolenza vi induca ad omettere anche solo una delle scoperte che farete in questo campo.

Quindi iniziate così: Il suo nome, per un certo tempo tenuto segreto e che egli stesso ha rivelato, è René Descartes; il suo paese è la Francia, la luce dell’Europa colta. Secondo alcune altre persone, proviene da una nobile famiglia, o almeno è di condizione nobile. Per quanto riguarda questo vantaggio che il caso può concedere ai malvagi e agli sciocchi, non lo invidio affatto. Fino a questo punto, non avete detto nulla che possa mettermi in imbarazzo. Infatti, anche se talvolta da famiglie distinte possono nascere persone malvagie o sciocche, non vorrete certo concludere che si debba valutare meno colui che è nato da genitori onesti rispetto a quel sfortunato che, figlio di un ubriacone e nato in una taverna, ha imparato la virtù e la pietà soltanto tra prostitute e servitori di un esercito.

Continuate così: Vedremo i vantaggi di questa “nobiltà” quando avrà un figlio legittimo; perché per quelli che ha avuto finora, si dice, in seguito non saranno altro che testimoni sfortunati della “nobiltà” dei loro padri. Queste parole non hanno alcun senso, poiché la nobiltà del padre non può in alcun modo peggiorare la condizione dei figli illegittimi. Quanto a me, se ne avessi, non lo negherei, anche se poco tempo fa ero ancora giovane; sono un uomo, non ho fatto voto di castità e non ho mai preteso di essere più saggio degli altri. Ma poiché non ne ho, la vostra frase significa semplicemente che sono celibe. E non devo meravigliarmi se, ripetendo continuamente, come fate voi, che il più grande dei miracoli sia un ecclesiastico che mantiene la sua castità nel celibato, non avete voluto credere che io fossi più saggio di un ecclesiastico.

Mais voyons la suite : Nous serions les premiers, dites-vous, à louer les qualités de son esprit, s’il ne travaillait lui-même à les obscurcir. On ne peut nier en effet qu’il n’ait assez d’esprit naturel. Il ne faut pas toutefois le regarder comme un dieu, ainsi que voudraient le persuader aux ignorants ses aveugles sectateurs, à moins que ce ne soit quelque Jupiter artisan de honteuses débauches. Qui ne sait que côtoient aussi des gens d’esprit ou des fourbes, et cependant des insensés et des furieux, ces hommes que l’histoire a flétris, Épicure, Marcion, Aphon, Tayanobus, Manes, Lucien, Mahomet, David Georgius, Machiavel, Jules-César, Vanini, Campanella, Godefroy de la Vallée, François Davidson, Socin, Anselme de Parme, D. Faust, Henr. Cornélius Agrippa, R. Lipman de Mulhausen, Jean Torrentius, quoique ce dernier fût d’ailleurs un peintre médiocre et illettré, et une foule d’autres, tous hommes de peu de valeur et de mauvais aloi.

L’esprit seul ne rend pas parfait, et souvent il est en mauvaise compagnie. Que résulte-t-il de tout ce bavardage ? Une seule chose : vous avouez que je ne manque pas absolument d’esprit, et que plusieurs personnes veulent bien faire quelque cas de moi : ce que du reste vous exprimez avec votre malignité ordinaire, en supposant qu’elles me représentent partout comme un dieu. Je n’examine pas si fourbe et homme d’esprit sont bien des mots synonymes, si l’esprit peut seul rendre parfait : il me suffît qu’il ne rende pas plus imparfait ; et c’est ce que vous accorderez, je pense.

Vous ajoutez encore, page 11 : Au reste, je ne saurais apprendre au public à quelle occasion notre homme d’esprit a commencé à philosopher. Si toutefois il était permis de se livrer à une conjecture assez vraisemblable, je dirais qu’il est né sous l’étoile d’Ignace de Loyola. Celui-ci en effet jeta les premiers fondements de l’ordre superstitieux des jésuites lorsqu’après avoir reçu mainte blessure à la guerre il désespéra d’y obtenir quelque couronne murale ou navale ; l’autre, désespérant de même, après un court apprentissage du métier des armes, d’atteindre au grade de maréchal de France ou de lieutenant général, et soutenu de quelque connaissance, assez mince sans doute, des sciences mathématiques, s’est mis à faire une nouvelle philosophie, ce qu’il a regardé probablement comme un nouveau moyen de parvenir à la gloire. Peut-être eût-il essayé de détrôner la superstition, si, trop convaincu de sa faiblesse, cet homme, d’un tempérament indomptable, n’eût pat craint que la violence de ses honteuses passions ne vînt trahir son hypocrisie. Tout ceci, d’après votre propre aveu, n’est qu’une suite de vos conjectures, c’est-à-dire un recueil de toutes les méchancetés que vous avez pu inventer sur mon compte. Il nous est donc impossible d’en rien conclure, si ce n’est que vous êtes un peintre, ou, si vous voulez, un poète bien malheureux dans ses conceptions : car, en donnant ainsi à votre imagination la liberté de tout oser, vous eussiez dû en vérité trouver des calomnies plus ingénieuses, et qui servissent mieux vos desseins contre moi.

Vous passez enfin, page 12, à ceux que vous appelez les sectateurs de ma philosophie ; et pour dire que je veux paraître en avoir quelques-uns, vous vous exprimez avec cette rare élégance : Le fondateur de la nouvelle philosophie veut nous faire croire qu’il a trompé quelques personnes, et qu’il les a entraînées à l’acropole de la folie. Ce ne serait donc pas assez pour vous de traiter de dupes et d’insensés ceux qui approuvent une partie de mes opinions : vous supposez encore, pour donner plus de vraisemblance à vos discours, que je tiens moi-même ce langage ; puis vous vous livrez à de grossières invectives contre ces prétendus disciples. Mais, je le répète, je n’ai point encore publié de système de philosophie qui puisse avoir des sectateurs ; et quant à ceux qui, d’après mes premiers essais, ont préjugé favorablement de l’ouvrage entier, ils sont trop au-dessus de vos attaques pour que j’aie besoin de les défendre.

(Je prie le lecteur d’observer que, lorsque ces premières pages ont été écrites, je ne me doutais nullement que la Philosophie cartésienne dût paraître sous un autre nom que celui de Voet. Depuis, je n’y ai rien changé, parce que ce livre, comme je le prouverai évidemment plus bas, n’en est pas moins son ouvrage.)

Examinons un peu, s’il vous plaît, ce que contient cette première partie de votre livre, où vous aviez dessein de tracer mon portrait, et de passer en revue, sinon tous mes défauts, du moins les plus remarquables. Je l’ai rapporté ici tout entière ; et le lecteur peut juger maintenant si je mérite les épithètes dont il vous a vu précédemment me gratifier avec tant de libéralité. Voici en effet le résultat de toutes vos recherches sur mes défauts : je suis François de nation, je sors d’une famille honorable, je ne manque pas absolument d’esprit, je vis dans le célibat, et, soutenu par quelque connaissance des mathématiques, je travaille à un nouveau système de philosophie, dont plusieurs personnes ont déjà conçu d’assez heureuses espérances. Et d’un autre côté cependant vous me traitez tour à tour de bouffon, d’ignorant ennemi des lumières, de sot, d’homme plus timide qu’un daim, de philosophe absurde, dont les ouvrages ne sont, bons qu’à faire rire de pitié, de menteur, d’imposteur, et tout cela dans les deux premières pages de votre livre : n’est-il pas probable que nous trouverons dans les pages suivantes des injures plus nombreuses encore, et peut-être plus indignes ? Si de tels discours s’échappaient de la bouche d’une femme ivre ou d’un cabaretier en colère, on en rirait : mais quand on les voit écrits et imprimés par un théologien, premier pasteur de son église, qui affecte la réputation d’homme pieux et dévot, qui devrait être pour ses frères un modèle, je ne dirai pas de douceur, d’humilité, de patience, de charité (vous dédaigneriez peut-être ces vertus de la vieille église), mais au moins de modération, de calme, de gravité ; certes, je ne vois pas comment on pourrait les excuser.

Quand bien même, effectivement, la philosophie contre laquelle vous déclamez avec tant de violence serait mauvaise, ce que vous n’avez encore démontré nulle part, ce que vous ne démontrerez jamais, peut-on supposer qu’elle soit assez perverse et assez dangereuse pour mériter à son auteur les plus atroces injures ? La philosophie que je recherche, ainsi que tous ceux qui ont conçu pour elle une noble passion, est la connaissance des vérités qu’il nous est permis d’acquérir par les lumières naturelles, et qui peuvent être utiles au genre humain : il n’est pas d’étude plus belle, plus digne de l’homme ; il n’en est point qui puisse mieux servir notre bien-être ici-bas. La philosophie dominante, au contraire, celle que l’on enseigne dans les écoles et les universités, n’est qu’un amas confus d’opinions, pour la plupart douteuses, comme le prouvent les discussions auxquelles elles donnent lieu chaque jour, et entièrement inutiles, comme une longue expérience ne l’a que trop appris. Qui a jamais pu, en effet, tirer quelque utilité de la matière première, des formes substantielles, des qualités occultes, et autres choses de ce genre ? Il est donc peu raisonnable, de la part des personnes qui ont étudié ces opinions, incertaines de leur aveu même, de concevoir tant de haine et d’envie contre ceux qui s’efforcent de trouver quelque chose de plus certain. Sans doute, en fait de religion, toute tentative d’innovation est odieuse : chacun croit sa religion instituée par Dieu même, qui ne saurait se tromper ; et dès lors on croit qu’il ne peut y être fait aucun changement, si ce n’est en mal. Pour la philosophie, c’est tout autre chose : on avoue que l’homme n’en a encore qu’une connaissance très imparfaite, qu’elle est susceptible de nombreux perfectionnements : il est donc glorieux ici de se placer au rang des novateurs. Peut-être allez-vous dire que vous êtes loin de blâmer les savants qui ont fait quelque découverte en philosophie, mais que moi je n’ai rien découvert, ce que pourtant j’espère bien que vous ne prouverez jamais. Eh bien ! soit, que je n’aie rien découvert : fallait-il pour cela m’accabler d’injures, et ne méritais-je pas plutôt de l’indulgence et quelque avis amical ? Croyez-moi, monsieur Voet, tout lecteur éclairé reconnaîtra qu’en écrivant cet ouvrage, vous étiez tellement possédé de la rage de nuire, que vous n’avez plus aperçu, ni ce qui convenait à votre position et à votre caractère, ni ce qui était vrai, ni même vraisemblable.

Deuxième partie :

Des actions de Voet qui m’ont appris à connaître qu’elles étaient ses vertus.

But let us see what follows: You claim that we would be the first to acknowledge the qualities of his mind were it not for his own efforts to obscure them. Indeed, it cannot be denied that he possesses considerable natural intelligence. However, we must not regard him as a god, as his ignorant followers would have us believe—unless perhaps he is some kind of Jupiter who fosters shameful debauchery. Who does not know that among those whom history has condemned are men of intellect as well as tricksters, and also fools and madmen—people like Epicure, Marcion, Aphon, Tayanobus, Manes, Lucian, Muhammad, David Georgius, Machiavelli, Julius Caesar, Vanini, Campanella, Godefroy de la Vallée, François Davidson, Socin, Anselm of Parme, Dr. Faust, Heinrich Cornelius Agrippa, R. Lipman von Mulhausen, and Jean Torrentius—though the latter was merely a mediocre and illiterate painter, among many others? All of them were men of little worth and low character.

The mere intellect alone does not make one perfect, and often it is in bad company. What is the result of all this chatter? Only one thing: you admit that I am by no means lacking in intellect, and that several people are willing to give me some consideration—something which, after all, you express quite plainly through your usual malice, assuming that they portray me everywhere as a god. I do not bother to examine whether “cunning” and “intelligent” are indeed synonyms, or whether the intellect alone can make one perfect; it is sufficient for me that it does not make one more imperfect—and I think you will agree with this.

On page 11, you also add: “Furthermore, I would not be able to tell the public at what exact moment our man of wit began to engage in philosophy. If it were permissible, however, to make a rather plausible conjecture, I would say that he was born under the influence of Ignatius of Loyola. Indeed, it was Ignatius who laid the foundations for the superstitious order of the Jesuits—when, after suffering many wounds in battle, he despaired of ever achieving any military distinction. Our man, likewise despairing after a brief apprenticeship in arms of ever reaching the rank of Marshal of France or Lieutenant General, and relying on some rather scant knowledge of mathematics, began to develop a new philosophy—which he probably saw as another means to attain glory. Perhaps he would have tried to overthrow superstition had he not been too convinced of its weakness; yet, with his indomitable temperament, he feared that the violence of his shameful passions might expose his hypocrisy. All of this, according to your own admission, is nothing but a series of conjectures—namely, a collection of all the malice you have managed to invent against me. Therefore, we cannot draw any conclusion from it, except that you are a painter, or, if you so wish, a poet whose conceits are truly unfortunate. For by giving your imagination such complete freedom to indulge in anything, you could have certainly come up with more ingenious slanderous claims that would serve your purposes against me more effectively.”

You finally move on, at page 12, to what you call the followers of my philosophy; and to say that I seem to have some such followers, you express yourself with this rare elegance: “The founder of this new philosophy wants us to believe that he has deceived certain people and led them to the pinnacle of madness.” Therefore, it is not enough for you to call those who agree with some of my ideas dupes and fools; you even assume, in order to give more credibility to your arguments, that I myself am using such language; and then you launch into gross insults against these so-called disciples. But once again, I have not yet published any philosophical system that could attract followers; as for those who, based on my early writings, formed a favorable opinion of the entire work, they are far too noble to be affected by your attacks, and I therefore have no need to defend them.

(I beg the reader to note that when these initial pages were written, I had no idea that Cartesian Philosophy would have to be published under a name other than Voet’s. Since then, I have not made any changes, because this book, as I will clearly demonstrate below, is nonetheless his work.)

Let us take a moment to examine what this first part of your book contains—where you intended to paint my portrait and, if not all my faults, at least the most notable ones among them. I have reproduced it here in its entirety; now the reader can judge for himself whether I truly deserve the epithets with which you so freely endowed me earlier. Here, indeed, is the result of all your “investigations” into my shortcomings: I am French by birth, come from an honorable family, am not entirely devoid of intelligence, live a life of celibacy, and, aided by some knowledge of mathematics, am working on a new philosophical system that has already inspired considerable hope in many people. Yet on the other hand, you call me a fool, an ignorant enemy of enlightenment, a dullard, a man more timid than a deer, an absurd philosopher whose writings are good only for provoking pity, a liar, an impostor—and all this in just the first two pages of your book! Is it not likely that we will find even more numerous and perhaps even more outrageous insults in the following pages? If such words were spoken by a drunken woman or an angry tavernkeeper, people would laugh them off; but when they are written and printed by a theologian, the chief pastor of his church, who pretends to be a pious and devout man and who should serve as an example to his fellow believers—well, I would not say that such behavior demonstrates gentleness, humility, patience, or charity (you might perhaps dismiss these virtues as belonging to the old church), but at least moderation, calmness, and seriousness. Indeed, I see no way in which such conduct could be justified.

Even if, indeed, the philosophy against which you hurl such violent accusations were truly evil—something you have yet to prove anywhere, and will never be able to prove—could it be assumed that it is so perverse and dangerous as to deserve such atrocious insults from its proponents? The philosophy I seek, and all those who have cherished a noble passion for it, is the pursuit of truths that we are permitted to acquire through natural light, and that can be beneficial to humanity. There is no study more beautiful, more worthy of man; none that could serve our well-being here below more effectively. On the contrary, the dominant philosophy taught in schools and universities is nothing but a confused mass of opinions—most of them doubtful, as evidenced by the daily debates they provoke—and entirely useless, as long experience has amply demonstrated. Who has ever derived any real benefit from such notions as primary matter, substantial forms, occult qualities, and the like? It is therefore unreasonable for those who have studied these uncertain theories to harbor so much hatred and envy toward those who endeavor to discover something more certain. Indeed, in matters of religion, any attempt at innovation is regarded as abhorrent: everyone believes that their religion was established by God himself, who could never err; hence it is assumed that no changes can be made, except for the worse. But philosophy is quite different: we admit that human knowledge of it is still very imperfect and that it can be greatly improved. Therefore, it is glorious to consider oneself among those who seek innovation. You may say that I am far from condemning scholars who have made discoveries in philosophy, but that I myself have achieved nothing—though I hope you will never be able to prove that fact. Well then! Even if I have accomplished nothing, does that warrant such insults? Shouldn’t I rather deserve indulgence and some friendly advice? Believe me, Mr. Voet, any discerning reader will recognize that in writing this work, you were so consumed by the desire to harm others that you failed to consider either what was appropriate to your position and character or what was true or even plausible.

Part Two:

Actions of Voet that taught me to recognize them as his virtues.

Ma vediamo cosa succede dopo: si dice che saremmo i primi a lodare le qualità del suo intelletto, se non fosse lui stesso ad operare per oscurarle. Infatti, non si può negare che possieda un’intelligenza naturale sufficiente. Tuttavia, non bisogna considerarlo una divinità, come vorrebbero convincere gli ignoranti i suoi seguaci ciechi, a meno che non si tratti di qualche “Jove” responsabile di vergognose dissolutezze. Chi non sa che accanto a persone intelligenti o astute ci sono anche sciocchi e furiosi, quegli uomini che la storia ha condannato: Epicuro, Marcione, Apon, Tayanobus, Mani, Luciano, Maometto, David Georgius, Machiavelli, Giulio Cesare, Vanini, Campanella, Godefroy de la Vallée, François Davidson, Socino, Anselmo da Parma, Faust, Henrico Cornelio Agrippa, R. Lipman de Mulhausen, Jean Torrentius, anche se quest’ultimo era in realtà un pittore mediocre e analfabeta, insieme a molti altri individui di scarso valore e cattiva indole.

Lo spirito da solo non basta a rendere una persona perfetta, e spesso si trova in cattive compagnie. Qual è il risultato di tutto questo chiacchiericcio? Solo uno: ammettete che non mi manca affatto lo spirito, e che molte persone sono disposte ad apprezzarmi. Il che, del resto, esprimete anche voi con la vostra solita malizia, supponendo che mi rappresentino ovunque come un dio. Non mi interessa verificare se “ingannatore” e “uomo di spirito” siano termini sinonimi, né se lo spirito possa da solo rendere una persona perfetta. Mi basta che non la renda più imperfetta; e credo che anche voi concorderete su questo.

Aggiungete ancora, a pagina 11: “Del resto, non saprei proprio indicare in quale occasione il nostro uomo di spirito abbia iniziato a filosofare. Tuttavia, se fosse permesso formulare un’ipotesi plausibile, direi che sia nato sotto la stella di Ignazio di Loyola. Quest’ultimo, infatti, gettò le basi dell’ordine superstizioso dei Gesuiti dopo essere stato gravemente ferito in guerra e aver perso ogni speranza di ottenere onori militari; l’altro, altrettanto disperato dopo un breve apprendistato nell’arte della guerra e non riuscendo a raggiungere gradi elevati nell’esercito, e avvalendosi di una conoscenza, per quanto limitata, delle scienze matematiche, iniziò a elaborare una nuova filosofia, considerandola probabilmente un nuovo mezzo per raggiungere la gloria. Forse avrebbe cercato di distruggere la superstizione, se non fosse stato troppo convinto della sua debolezza; uomo dal temperamento indomabile, temeva che la violenza delle sue passioni vergognose potesse tradire la sua ipocrisia. Tutto ciò, secondo le vostre stesse affermazioni, non è altro che il risultato delle vostre congetture, cioè un insieme di calunnie inventate su mio conto. Pertanto, non possiamo trarne alcuna conclusione, se non che siete un pittore, o, per meglio dire, un poeta molto sfortunato nelle sue concezioni: infatti, dando alla vostra immaginazione la libertà di osare qualsiasi cosa, avreste dovuto certamente trovare calunnie più ingegnose e più adatte ai vostri scopi contro di me.”

Finalmente, a pagina 12, passate a parlare di coloro che definite i seguaci della mia filosofia; e per dire che io voglio far credere di averne alcuni, vi esprimete con questa rara eleganza: “Il fondatore della nuova filosofia vuole farci credere di aver ingannato alcune persone, portandole sull’acropoli della follia”. Quindi, per voi non basterebbe definire ingannati e insensati coloro che approvano una parte delle mie opinioni: vi assumete anche il ruolo di chi parla con questo tono, al fine di rendere più plausibili le vostre argomentazioni; poi vi abbandonate a volgari invettive contro questi presunti discepoli. Ma, lo ripeto, non ho ancora pubblicato alcun sistema filosofico che possa avere dei seguaci; e quanto a coloro che, sulla base delle mie prime opere, hanno avuto una buona impressione dell’intero lavoro, sono troppo al di sopra delle vostre offensive per aver bisogno di essere difesi.

(Richiedo al lettore di notare che, quando queste prime pagine furono scritte, non avevo alcuna idea che la Filosofia cartesiana dovesse essere pubblicata con un altro nome diverso da quello di Voet. Da allora non ho apportato alcun cambiamento, perché questo libro, come dimostrerò chiaramente in seguito, è comunque il suo lavoro.)

Esaminiamo un po’, per favore, ciò che contiene questa prima parte del vostro libro, nella quale avevate intenzione di tracciare il mio ritratto e di passare in rassegna, se non tutti i miei difetti, almeno quelli più evidenti. L’ho riportata qui per intero; e ora il lettore può giudicare se merito davvero le epiteti con cui mi avete precedentemente onorato con tanta generosità. Ecco infatti il risultato di tutte le vostre ricerche sui miei difetti: sono francese di nazionalità, provengo da una famiglia onorevole, non manco affatto di intelligenza, vivo nel celibato e, avendo alcune conoscenze di matematica, lavoro su un nuovo sistema di filosofia, del quale molte persone hanno già nutrito grandi speranze. Eppure, d’altra parte, mi definite alternativamente buffone, ignorante nemico delle luce, sciocco, uomo più timido di un cervo, filosofo assurdo, il cui operato non è degno che di suscitare pietà, bugiardo, impostore. E tutto ciò nelle prime due pagine del vostro libro! Non è forse probabile che nelle pagine successive troveremo ancora più insulti, e forse anche più indegni? Se simili discorsi uscissero dalla bocca di una donna ubriaca o di un taverniere arrabbiato, ci si sorriderebbe. Ma quando li si vede scritti e stampati da un teologo, primo pastore della sua chiesa, che ostenta la reputazione di uomo pio e devoto, che dovrebbe essere un esempio per i suoi fratelli. Non dirò certo dolcezza, umiltà, pazienza, carità (forse disprezzereste queste virtù della vecchia Chiesa), ma almeno moderazione, calma, gravità. Certamente non riesco a scusarle in alcun modo.

Anche se, in effetti, quella filosofia contro cui vi scagliate con tanta violenza fosse davvero cattiva – cosa che voi non avete ancora dimostrato da nessuna parte e probabilmente non dimostrerete mai – si può forse supporre che sia abbastanza perversa e pericolosa da meritare al suo autore le più atroci offese? La filosofia che io cerco, così come tutti coloro che hanno nutrito per essa una nobile passione, è la conoscenza di quelle verità che ci è permesso acquisire attraverso le luci naturali e che possono essere utili all’umanità: non esiste studio più bello, più degno dell’uomo; nessuno può servire meglio al nostro benessere in questo mondo. Al contrario, la filosofia dominante, quella che si insegna nelle scuole e nelle università, non è altro che un ammasso confuso di opinioni, per lo più dubbiose, come dimostrano le discussioni a cui dà luogo ogni giorno, e completamente inutili, come una lunga esperienza non ha fatto che insegnarci. Chi mai, infatti, ha potuto trarre qualche utilità dalla materia prima, dalle forme sostanziali, dalle qualità occulte e simili concetti? È quindi poco ragionevole, da parte di coloro che hanno studiato queste opinioni, incerti persino della loro veridicità, provare tanta odio e invidia verso coloro che cercano di scoprire qualcosa di più certo. Senza dubbio, quando si tratta di religione, qualsiasi tentativo di innovazione è odioso: ognuno crede che la propria religione sia stata istituita direttamente da Dio, il quale non può sbagliarsi; e quindi si ritiene che non possano esserci cambiamenti, se non in peggio. Per quanto riguarda la filosofia, invece, si ammette apertamente che l’uomo ne ha ancora una conoscenza molto imperfetta e che essa può essere ulteriormente perfezionata: quindi è glorioso, in questo caso, considerarsi tra i novatori. Forse direte che non biasimo affatto gli scienziati che hanno fatto qualche scoperta in campo filosofico, ma che io stesso non ho scoperto nulla, il che, tuttavia, spero vivamente che non riusciate mai a dimostrare. Ebbene! anche se non avessi scoperto nulla, sarebbe davvero necessario coprirmi di insulti? Non meriterei forse piuttosto indulgenza e qualche parola amichevole? Credetemi, signor Voet: qualsiasi lettore illuminato riconoscerà che, scrivendo quest’opera, eravate talmente posseduti dall’ira di nuocere da non vedere più né ciò che era appropriato alla vostra posizione e al vostro carattere, né ciò che era vero, né nemmeno plausibile.

Seconda parte:

Azioni di Voet che mi hanno insegnato a riconoscere quali fossero le sue virtù.

Mais comme il est rare que l’on se déchaîne ainsi contre quelqu’un sans motif, je vais, pour ne point paraître aux yeux du lecteur vous en avoir jamais donné le moindre sujet par ma faute, raconter brièvement tout ce qui s’est passé jusqu’à ce jour entre vous et moi. Jamais je ne vous ai parlé, que je sache ; je ne vous connais même pas de vue, et je ne pensais pas plus à vous que je ne pense à ceux qui ne sont point encore, quand pour la première fois on m’apprit que vous me traitiez habituellement d’athée, et que le professeur Regius, qui enseigne, comme on le sait, une doctrine assez conforme à la mienne, était en butte de votre part aux attaques les plus injustes. Ce rapport me fit prendre des renseignements sur la réalité du fait, ainsi que sur votre caractère et sur les motifs qui pouvaient vous déterminer. Quant au fait, il n’était point douteux : vos thèses contre M. Regius avaient déjà paru, et peu de temps après fut publiée vôtre fameuse sentence de condamnation contre la nouvelle philosophie. Quant à votre caractère, on me dit que vous montriez beaucoup d’exactitude et d’assiduité dans l’exercice de vos fonctions, comme ministre et comme professeur ; que vous prêchiez, que vous enseigniez, que vous disputiez plus souvent qu’aucun de vos collègues ; que votre air grave, votre voix, vos gestes, tout en vous annonçait une piété singulière ; que vous portiez enfin l’ardeur de votre zèle pour la vérité et la pureté de votre religion jusqu’à reprendre avec une extrême sévérité, surtout dans les riches et les puissants, non seulement les fautes les plus légères, mais encore ce que généralement on ne regarde pas comme des fautes ; jusqu’à disputer et à déclamer avec une incroyable véhémence contre quiconque ne partageait pas vos opinions. D’après de pareils témoignages, j’eusse été tenté d’admirer en vous un prophète ou un apôtre, si l’injustice avec laquelle vous me rangiez au nombre des athées n’avait laissé quelque doute dans mon esprit. D’un autre côté, on voit chaque jour les plus honnêtes gens se tromper, en accordant trop de confiance aux rapports d’autrui, ou en jugeant par eux-mêmes avec trop de légèreté. Une triste alternative se présentait donc à moi : ou vous étiez effectivement un saint homme, peut-être du reste peu éclairé ; ou vous étiez (pardonnez si je ne trouve pas d’expression moins dure pour dire la vérité) un grand hypocrite. Car, avec tous les talents que l’on s’accordait à vous reconnaître, il me semblait que rien ne pouvait être médiocre en vous, ni les vertus, ni les vices. Depuis, j’ai vu clairement ce que je devais penser à votre égard, et c’est votre conduite envers M. Regius qui a fait cesser mon incertitude. J’ai appris en effet comment, à peine nommé recteur de l’université, vous lui aviez tout-à-coup témoigné plus d’amitié que jamais, comment vous aviez fait en sorte qu’il pût, à peu près à volonté, soutenir des thèses publiques, ce qui n’avait jamais lieu précédemment sans une permission spéciale du magistrat ; car, suivant l’usage, deux de ses collègues, professeurs de physique et de médecine, voyaient avec peine qu’il enseignât une doctrine toute différente de la leur, et craignaient que ces discussions publiques ne vinssent accréditer de plus en plus la nouvelle philosophie. J’ai appris comment M. Regius, plein de reconnaissance pour tant de bonté, avait poussé la déférence envers vous au point de ne livrer à l’impression aucune des thèses qu’il publia à cette époque, c’est-à-dire de celles où il développait son système entier de physiologie, sans vous les remettre les unes après les autres, en vous priant de les lire, de les examiner et de les corriger. Vous ne pouvez nier ce fait : vous avez marqué vous-même, de votre propre main, le petit nombre de passages que vous désapprouviez ; il a fait tous les changements qui vous semblaient convenables, et je ne doute pas que vos notes ne se trouvent encore dans ses papiers. Mais quelle a été dernièrement ma surprise, lorsque, m’adressant à lui pour avoir des renseignements plus précis sur cette circonstance, ainsi que sur quelques autres qu’il doit mieux connaître que personne, je n’ai reçu qu’une lettre tout à fait laconique, où il s’excuse de ne pouvoir répondre à mes questions. J’ai demandé à un autre de mes amis l’explication de cette singulière conduite : j’ai su qu’on était allé dire à M. Regius qu’un des magistrats de la ville lui faisait Un crime de certaines anecdotes publiées sur votre compte dans ma lettre au père Dinet, et qui, suivant l’opinion générale, ne pouvaient venir que de lui seul. Pour moi, il m’est impossible d’ajouter foi à un pareil bruit. Qui croira jamais que vous ayez assez de pouvoir dans une ville où vous êtes étranger, pour y diffamer publiquement qui bon vous semblera des citoyens les plus anciens et les plus honorables, pour y prononcer contre eux de fausses sentences de condamnation, sans qu’il leur soit permis, je ne dis pas de se plaindre hautement de tant d’outrages, mais même d’en déposer secrètement le récit dans le sein de l’amitié ? Certes, une telle pensée n’a jamais pu se présenter à l’esprit de vos magistrats ; je les connais tous, ou pour m’être entretenu quelquefois avec eux, ou du moins de réputation : leur prudence et leur équité les défendent de ce soupçon injurieux. D’ailleurs, les faits mêmes prouvent le contraire : depuis cette époque vos magistrats ont augmenté pour la seconde fois les honoraires de ce professeur. Je croirais donc assez volontiers que c’est vous qui avez eu le soin de faire parvenir jusqu’à M. Regius ce rapport mensonger, dans l’espérance que ce savant, peu timide assurément, mais plein de déférence et de respect pour les magistrats de sa ville natale, refuserait désormais de me raconter toutes les honteuses intrigues dont vous vous sentez coupable envers lui.

Je continue. Vous aviez examiné les thèses où M. Regius exposait tout son système de physiologie, et vous n’aviez exprimé aucune désapprobation. Peu de temps après, il en composa quelques autres : comme elles ne contenaient rien d’important qu’il n’eût avancé déjà dans celles que vous aviez vues, il ne jugea pas qu’elles méritassent de vous être présentées avant leur publication. Mais, saisissant avec une sorte d’empressement un mot, un simple mot, qui s’y trouvait dans un sens un peu différent de celui des écoles, vous prîtes de là occasion de l’attaquer ouvertement. Peu de jours avant la discussion de ses dernières thèses, quelques-uns de ses auditeurs vinrent l’avertir que les vôtres se préparaient à troubler la séance. Il alla vous trouver, vous fit part de l’avis qu’on lui avait donné, et vous pria d’employer tous les moyens qui étaient en votre pouvoir, comme recteur de l’université, pour prévenir tout désordre. Quoique alors vous eussiez vu les thèses dont il s’agit, rien de votre part ne lui laissa soupçonner, durant cette entrevue, qu’elles continssent des passages, suivant vous, répréhensibles. Cependant le jour de la séance était arrivé : lorsqu’on en fut venu à la thèse sur l’être par accident, il y eut d’abord quelques instants de silence, sans doute pour donner au proposant le temps d’énoncer ses preuves ; puis, tout-à-coup, et sans que rien y donnât le moindre prétexte, la salle retentit de clameurs et d’applaudissements dérisoires. Et vous qui présidiez l’assemblée en qualité de recteur, immobile, et tel qu’un roc au milieu des tempêtes et pas autrement :

Quàm si dura silex aut stet marpesia cautes.

But since it is rare for someone to lash out against another without any provocation, I will, in order not to give the reader the impression that I have ever provided you with any cause for such behavior on my part, briefly recount everything that has happened between us up to this day. As far as I know, I have never spoken to you; I do not even know you personally, and I did not think about you any more than I think about those who do not yet exist. It was only when I was first told that you habitually referred to me as an atheist, and that Professor Regius—whose teachings are quite in line with my own—I was the target of your most unjust attacks, that I began to inquire into the truth of these matters, as well as into your character and the motives that might have driven you. As for the facts themselves, there was no doubt: your arguments against Mr. Regius had already been published, and shortly thereafter, your famous condemnation of the new philosophy appeared. As for your character, I was told that you were extremely diligent and dedicated in the performance of your duties as both a minister and a professor; that you preached, taught, and debated more frequently than any of your colleagues; that your serious demeanor, voice, and gestures all indicated a profound piety; and that you went so far as to harshly criticize, even among the wealthy and powerful, not only the most minor faults but also what is generally considered to be no fault at all. You would debate and proclaim with incredible fervor against anyone who did not share your opinions. Given such accounts, I might have been inclined to regard you as a prophet or apostle, had it not been for the injustice of your labeling me among atheists, which left some doubt in my mind. On the other hand, we see every day how even the most honest people can be mistaken, either by placing too much trust in what others tell them or by judging too hastily on their own. Thus, I faced a sad dilemma: either you were truly a holy man, perhaps not particularly enlightened; or you were (forgive me if I cannot find a less harsh way to put it) a great hypocrite. For, with all the talents that were attributed to you, it seemed impossible for anything in you to be mediocre—neither your virtues nor your vices. Since then, I have come to understand clearly what I ought to think of you, and it was your behavior toward Mr. Regius that finally dispelled my uncertainty. I indeed learned how, soon after you were appointed rector of the university, you suddenly showed him more friendship than ever before; how you ensured that he could, almost at will, present public lectures on various topics—something that had never been possible before without special permission from the authorities. According to custom, two of his colleagues, professors of physics and medicine, were very reluctant to see him teach doctrines entirely different from their own, and they feared that these public discussions might further spread the influence of this new philosophy. I also learned how Mr. Regius, filled with gratitude for such kindness, went so far as not to publish any of his theses at that time—those in which he developed his entire system of physiology—without first presenting them to you one by one, asking you to read them, examine them, and make any corrections you deemed necessary. You cannot deny this fact: you yourself marked with your own hand the few passages that you disapproved of; he made all the changes you considered appropriate, and I have no doubt that your notes are still among his papers. But what surprise was mine when, in seeking more detailed information about this matter—and about some other issues that he must know better than anyone—I received only a very laconic letter in which he apologized for being unable to answer my questions. I asked another of my friends to explain this strange behavior, and I learned that someone had told Mr. Regius that one of the city’s authorities considered certain anecdotes published about you in my letter to Father Dinet to be his doing—since, in everyone’s opinion, those anecdotes could have come from no one else but him. For my part, I find it impossible to believe such a rumor. Who would ever think that you possessed enough influence in a city where you are an outsider to publicly slander any citizens you chose, to issue false condemnations against them—without even allowing them the right to complain loudly about such insults, let alone to secretly confide in others the details of these offenses? Surely such an idea could never occur to your authorities; I know them all, either from having spoken with them on various occasions or at least from hearing about them: their prudence and fairness prevent them from harboring such a harmful suspicion. Moreover, the facts themselves prove the opposite: since that time, your authorities have increased this professor’s salary for the second time. Therefore, I would be quite willing to believe that it was you who took care to ensure that these matters reached Mr. Regius. He submitted this false report in the hope that this scholar, who was certainly not timid but full of deference and respect for the magistrates of his hometown, would now refuse to tell me all those shameful schemes of which you feel guilty toward him.

I continue. You had examined the theses in which Mr. Regius presented his entire system of physiology, and you had expressed no disapproval at all. Shortly thereafter, he composed a few more theses; since they contained nothing of particular importance that he had not already discussed in those you had seen, he did not deem it necessary to present them to you before their publication. However, seizing upon a single word—just one word—that was used in a slightly different sense from that adopted by other schools of thought, you took this as an opportunity to attack him openly. A few days before the discussion of his latest theses, some of his listeners came to inform him that your theses were about to disrupt the proceedings. He went to see you, told you what had been said, and asked you to use whatever means were at your disposal, in your capacity as rector of the university, to prevent any disorder. Although you had seen those theses at that time, nothing you said during that meeting gave him any reason to suspect that they contained any passages that you considered objectionable. However, the day of the discussion arrived: when it came to the thesis on “being by accident,” there was first a moment of silence—probably so that the presenter could have time to state his arguments; then, suddenly, and without any provocation, the room erupted in laughter and derisive applause. And you, who were presiding over the assembly as rector, remained motionless, like a rock amidst the storm—nothing more.

Whether it be hard flint or cautious seaweed, both remain unchanged.

Ma poiché è raro che si scateni un tale attacco contro qualcuno senza alcun motivo, per non dare al lettore l’impressione di aver mai fornito io stesso un pretesto per questo comportamento, racconterò brevemente tutto ciò che è accaduto fino ad oggi tra voi e me. Non vi ho mai parlato, per quanto ne so; non vi conosco nemmeno di vista, e non pensavo affatto a voi, proprio come non penso a coloro che ancora non esistono. Quando per la prima volta mi fu detto che mi consideravate abitualmente un ateo, e che il professor Regius, che insegna una dottrina piuttosto simile alla mia, era vittima delle vostre più ingiuste attacchi, decisi di informarmi sulla realtà dei fatti, così come sul vostro carattere e sui motivi che potevano spingervi a comportarvi in quel modo. Per quanto riguarda i fatti, non c’era dubbio: le vostre tesi contro il signor Regius erano già state pubblicate, e poco dopo fu diffusa anche la vostra famosa sentenza di condanna contro la nuova filosofia. Per quanto riguarda il vostro carattere, mi dissero che dimostravate grande precisione e diligenza nell’esercitare le vostre funzioni, sia come ministro che come insegnante; che predicavate, insegnavate e discutevate più spesso di qualsiasi altro dei vostri colleghi; che il vostro aspetto serio, la vostra voce, i vostri gesti rivelavano una profonda devozione; e che portavate fino all’estremo l’entusiasmo per la verità e la purezza della vostra religione, tanto da rimproverare con estrema severità, soprattutto nei ricchi e nei potenti, non solo i peccati più lievi, ma anche ciò che generalmente non viene considerato tale; e che discutevate e predicavate con incredibile veemenza contro chiunque non condividesse le vostre opinioni. Di fronte a tali testimonianze, avrei potuto essere tentato di ammirarvi come un profeta o un apostolo, se l’ingiustizia con cui mi consideravate tra gli atei non avesse suscitato in me qualche dubbio. D’altra parte, si vede ogni giorno che le persone più oneste commettono errori, affidandosi troppo alle parole altrui o giudicando troppo superficialmente. Quindi mi trovavo di fronte a una triste alternativa: o eravate davvero un uomo santo, forse però poco illuminato; oppure, (perdonatemi se non riesco a trovare un’espressione meno dura per dire la verità) eravate un grande ipocrita. Poiché, con tutti i talenti che vi venivano riconosciuti, mi sembrava impossibile che in voi ci fosse qualcosa di mediocre, né nelle virtù né nei vizi. Da allora ho capito chiaramente cosa dovevo pensare di voi. E è stata proprio la vostra condotta verso il signor Regius a dissipare ogni mia incertezza. Ho infatti appreso come, non appena nominato rettore dell’università, voi abbiate improvvisamente dimostrato per lui più affetto che mai; ho saputo anche come abbiate fatto in modo che potesse, quasi a piacimento, pubblicare delle tesi, cosa che prima avveniva solo con il permesso speciale del magistrato. Infatti, secondo l’uso, due dei suoi colleghi, professori di fisica e medicina, erano molto riluttanti che insegnasse una dottrina completamente diversa dalla loro, e temevano che queste discussioni pubbliche potessero contribuire ad aumentare la diffusione della nuova filosofia. Ho appreso inoltre come il signor Regius, profondamente grato per tanta gentilezza, fosse arrivato al punto di non far circolare alcuna delle tesi che pubblicò in quel periodo, cioè quelle in cui sviluppava tutto il suo sistema di fisiologia, senza presentarvele una dopo l’altra per chiedervi di leggerle, esaminarle e correggerle. Non potete negare questo fatto: siete stato voi stesso a segnare con la vostra mano i pochi passaggi che non approvavate; egli ha apportato tutti i cambiamenti che vi sembravano opportuni, e non dubito che le vostre annotazioni si trovino ancora tra i suoi documenti. Ma quale è stata la mia sorpresa quando, rivolgendomi a lui per ottenere informazioni più precise su questa circostanza, così come su altre di cui dovrebbe conoscere meglio di chiunque altro, non ho ricevuto che una lettera molto laconica in cui si scusava di non poter rispondere alle mie domande. Ho chiesto a un altro mio amico di spiegarmi questo comportamento insolito; ho saputo che qualcuno aveva detto al signor Regius che uno dei magistrati della città lo accusava di alcune aneddoti pubblicati a vostro riguardo nella mia lettera al padre Dinet, e che, secondo l’opinione generale, tali aneddoti potevano provenire soltanto da lui. Per quanto mi riguarda, è impossibile credere in una tale calunnia. Chi potrebbe mai pensare che abbiate abbastanza potere in una città dove siete uno straniero, per diffamare pubblicamente chiunque vi pare, per pronunciare contro di loro false condanne senza nemmeno permettere loro di lamentarsi apertamente di tali offese, o anche solo di riferirle in privato nell’ambito dell’amicizia? Certamente, un simile pensiero non potrebbe mai aver sfiorato la mente dei vostri magistrati; li conosco tutti, sia perché ho avuto occasione di parlare con loro, sia per reputazione: la loro prudenza e equità li difendono da tale accusa offensiva. Inoltre, i fatti stessi dimostrano il contrario: da quel momento in poi, i vostri magistrati hanno aumentato per la seconda volta gli stipendi di quel professore. Quindi sarei molto disposto a credere che sia stato proprio voi ad occuparvi personalmente di far arrivare tali informazioni al signor Regius. Inviavo quel rapporto mendace nella speranza che quell’uomo, certamente poco timido, ma pieno di rispetto e deferenza nei confronti dei magistrati della sua città natale, rifiutasse da quel momento in poi di raccontarmi tutte le vergognose intrighi di cui si sentiva colpevole nei miei confronti.

Continuo. Avevate esaminato le tesi in cui il signor Regius esponeva tutto il suo sistema di fisiologia, e non avevate espresso alcuna disapprovazione. Poco tempo dopo ne compose altre; poiché queste non contenevano nulla di importante che non avesse già trattato nelle tesi che avevate visto, non ritenne necessario presentarvele prima della loro pubblicazione. Tuttavia, cogliendo con una sorta di fretta una parola, una semplice parola contenuta in quelle tesi e interpretata in modo leggermente diverso rispetto alle opinioni delle altre scuole di pensiero, ne approfittaste per attaccarlo apertamente. Pochi giorni prima della discussione delle sue ultime tesi, alcuni dei suoi ascoltatori vennero a avvertirlo che le vostre erano pronte a disturbare la seduta. Andò da voi, vi comunicò ciò che gli era stato detto e vi pregò di utilizzare tutti i mezzi a vostra disposizione, in qualità di rettore dell’università, per prevenire qualsiasi disordine. Sebbene aveste visto allora le tesi in questione, nulla nel vostro comportamento durante quell’incontro gli fece sospettare che contenessero passaggi, a vostro parere, riprovevoli. Tuttavia, arrivò il giorno della seduta: quando si arrivò alla tesi sull’“essere nato per caso”, ci furono prima alcuni momenti di silenzio, probabilmente per dare al relatore il tempo necessario per esporre le sue argomentazioni; poi, all’improvviso, e senza alcun pretesto, la sala fu invasa da grida e applausi derisori. E voi, che presiedevate l’assemblea in qualità di rettore, rimaste immobili, come una roccia nel mezzo delle tempeste.

Per quanto duri la selce, o la pietra levigata rimanga sempre pronta all’uso.

vous ne fîtes pas la moindre tentative de la voix, du geste, ou du regard, pour apaiser le tumulte. Je m’en étonne pourtant : car, quelque agréable que fut pour vous ce désordre, il était de votre devoir de feindre le contraire ; et je ne vois pas ce qui a pu vous faire ainsi rester immobile, si ce n’est la certitude que les turbulents obéiraient au plus léger signe de votre volonté. Apprenant alors que vous l’accusiez d’avoir offensé la théologie par cette expression d’être par accident, M. Regius se rendit chez vous ; il vous assura qu’il était prêt à faire telle correction que vous jugeriez à propos, et à déclarer publiquement qu’il n’avait jamais eu l’intention, comme c’était effectivement la vérité, et comme il l’a démontré depuis dans sa réponse à vos thèses, de blesser en rien votre religion ; et cette même déclaration, il l’a répétée en présence de plusieurs autres théologiens, vos collègues : mais vous n’en avez pas moins, aussitôt après, publié contre lui des thèses qui devaient être soutenues pendant trois jours, et vous avez eu le soin de placer dans le titre même cette expression d’être par accident, cherchant à faire croire ainsi qu’elle était condamnée comme hérétique par la faculté de théologie ; et pourtant ; dans lesdites thèses vous n’avez attaqué les opinions de M. Regius que relativement aux formes substantielles, au mouvement de la terre, à la circulation du sang, et à d’autres questions semblables qui concernent la physique et la médecine, mais nullement la théologie ; et dans ces différentes opinions, cependant, vous n’y aviez rien trouvé à reprendre, lorsque les thèses où elles étaient développées avaient été soumises à votre examen et à vos corrections.. Ce n’est pas tout : j’ai appris encore que vous aviez fait composer, par je ne sais qui de vos disciples, un poème en l’honneur de vos thèses, ou que du moins vous en aviez permis l’impression ; que cet ouvrage avait été distribué sous vos yeux dans toute l’université ; que l’on y désignait clairement M. Regius par ces mots, O regium factum, etc. ; et qu’il y était accablé des plus odieuses injures. J’ai appris enfin tous les autres détails que renferme ma lettre au P. Dinet. Dans toute cette conduite, je l’avoue, je n’ai pu trouver la moindre preuve de cette rare piété que l’on vantait en vous ; car il n’est pas possible d’en douter, ou vous avez d’abord témoigné à M. Regius une fausse amitié pour le surprendre plus facilement lorsqu’il ne serait plus sur ses gardes, et qu’il croirait n’avoir rien à craindre de vous ; ou, si votre amitié pour lui était sincère, vous l’avez indignement trahie dès que vous avez aperçu l’occasion favorable de lui nuire. L’une ou l’autre conduite est également odieuse ; et vous ne pouvez apporter ici pour excuse un prétendu zèle religieux. Quelque grandes en effet que pussent être ses erreurs (et il n’en avait commis aucune), quelle était cette piété, cette charité chrétienne, ce zèle ardent qui vous portait à ne pas vouloir l’écouter, lorsqu’il venait de lui-même vous promettre de faire toutes les corrections que vous désireriez, et à le livrer pendant trois jours, contre tout droit, toute justice et toute bienséance, à la dérision du public : de sorte que, si tout eût réussi comme vous l’espériez, il eût été privé de sa place et déshonoré sans avoir aucune faute à se reprocher, et par le seul effet de vos calomnies ? Le recteur peut-il donc dans votre université soutenir, sans la permission du magistrat, des thèses publiques dans une faculté qu’il ne professe pas ? Peut-il y diffamer celui de ses collègues qu’il lui plaira de choisir, et, qui plus est, prononcer, au nom de l’université entière, une sentence de condamnation contre les principes enseignés par ce professeur ? Je m’attends que vous allez dire que le magistrat vous avait ordonné de déclarer votre avis sur la doctrine de M. Regius. Mais il n’avait point ordonné, il n’avait point voulu que vous le fissiez paraître comme une sentence régulière et définitive. Ce qu’il voulait était très sage : c’était que, puisque ; vous portiez plainte contre la doctrine de votre collègue, vous missiez d’abord en avant toutes vos raisons, que celui-ci y répondît ensuite, et qu’enfin, les deux parties entendues, comme le veut la justice, le magistrat prononçât entre elles. Votre conduite au contraire est inexcusable : de toutes vos accusations vous n’avez apporté aucune preuve de quelque valeur, vous n’en aviez aucune ; et néanmoins vous n’avez pas hésité à condamner, et sans l’entendre, un de vos collègues, sur qui vous n’aviez nullement ce droit : car, sachez-le bien, dans cette cause où il s’agit de la nouvelle philosophie, ni vous, ni aucun autre de ceux qui enseignent l’ancienne philosophie ou les sciences qui en dépendent, comme la théologie scolastique et la médecine, vous ne sauriez être des juges compétents : vous ne pouvez être qu’accusateurs ou accusés. M. Regius croit ses opinions plus conformes à la vérité que les opinions aujourd’hui dominantes ; vous qui ne voulez pas, qui ne pouvez pas peut-être apprendre cette doctrine nouvelle, vous niez son assertion. A qui s’en rapporter ici ? ce ne sera ni à vous ni à lui, mais à ceux qui, neutres dans cette querelle, auront écouté et examiné les raisons des deux parties. Ce qu’il y a de plus singulier, sans contredit, c’est de vous entendre dire dans cet arrêt dont nous venons de parler, que vous rejetez cette nouvelle philosophie (c’est la mienne et celle de M. Regius), à cause de ses conséquences fausses, absurdes et contraires à la théologie orthodoxe ; et cependant vous n’avez pu citer une seule de ces conséquences, quoique, dans le conseil de l’université, un des professeurs de droit, qui désapprouvait cet arrêt, vous ait expressément demandé des preuves de ce que vous avanciez. M. Regius avait, au contraire, dans sa réponse à vos thèses, démontré de la manière la plus évidente que ses principes philosophiques s’accordaient beaucoup mieux avec la théologie que les principes reçus dans les écoles. Comme tous ces faits m’étaient connus, ainsi que beaucoup d’autres (il m’est impossible de tout dire), vous ne devez pas vous étonner que j’en aie parlé, par occasion, dans une lettre qui était alors sous presse : je n’avais pas de moyen plus simple et plus doux de repousser tout le mal que vous aviez voulu me faire. Et d’ailleurs, dans cette lettre que j’adressais à un des Pères de la société de Jésus, que vous ne pouvez nommer sans ajouter aussitôt une injure, eût-il été bien convenable de vous faire des compliments ? A part cela, je n’ai jamais rien fait, jamais rien tenté contre vous, qui ait pu m’attirer votre ressentiment ; et la virulence avec laquelle vous vous exprimez ici sur moi n’est vraiment pas méritée de ma part. Mais peut-être votre inimitié a-t-elle quelque autre motif que nous fera connaître la suite de votre ouvrage.

Troisième partie :

Des chapitres I et II de la Philosophie cartésienne.

You made not the slightest attempt to use your voice, gestures, or looks to calm down the turmoil. I am surprised by this, for although such disorder must have been pleasing to you, it was your duty to pretend otherwise; and I see no reason why you remained motionless except for the certainty that those who caused the disturbance would obey the slightest sign of your will. Upon learning that you accused him of having offended theology with that expression about being “by accident,” Mr. Regius came to see you. He assured you that he was willing to make whatever corrections you deemed appropriate and publicly declared that he had never intended, as was indeed the case and as he later proved in his response to your arguments, to harm your religion in any way. He repeated this declaration in the presence of several other theologians, your colleagues; yet you immediately afterward published against him arguments that were to be debated for three days, and you even took care to include that expression about being “by accident” in the title itself, trying to make it seem as if it had been condemned as heretical by the theological faculty. Nevertheless, in those arguments, you attacked Mr. Regius only with regard to matters pertaining to physics and medicine—such as the shape of the earth, the circulation of blood, and similar issues—but not theology at all. Moreover, in those very opinions, you found nothing wrong with them when they were submitted to your review and correction. Moreover, I learned that you had had one of your disciples compose a poem in praise of your arguments, or at least allowed it to be printed; that this work was distributed throughout the university in your presence; that Mr. Regius was explicitly referred to in it with offensive terms such as “O regium factum”; and that he was subjected to the most vile insults. I have also learned all the other details contained in my letter to Father Dinet. In all of this behavior, I must admit that I see no evidence of that rare piety which people praised you for. For it is impossible not to conclude either that you initially showed Mr. Regius false friendship in order to surprise him when he was least on guard and believe he had nothing to fear from you; or, if your friendship for him was sincere, that you indignously betrayed it the moment you saw an opportunity to harm him. Either course of action is equally repulsive; and you cannot offer any excuse here in the name of so-called religious zeal. No matter how serious his mistakes might have been (and he had committed none at all), what kind of piety, what kind of Christian charity, what kind of fervent zeal was it that drove you not to listen to him when he offered to make all the corrections you desired, and instead to subject him, against every right, justice, and decency, to public ridicule for three days? If everything had gone as you hoped, he would have been deprived of his position and disgraced, without having committed any fault whatsoever—merely because of your slander. So then, in your university, can a rector, without the permission of the magistrate, deliver public lectures in a faculty that he does not teach himself? Can he slander any colleague he chooses, and moreover pronounce, in the name of the entire university, a condemnation of the principles taught by that professor? I expect you to say that the magistrate ordered you to express your opinion on Mr. Regius’s doctrine. But he did not order you to present it as a formal and definitive judgment. What he wanted was very wise: since you were complaining about your colleague’s doctrine, he wanted you to first present all your arguments, for him to respond, and only after both sides had been heard, as justice requires, would the magistrate make a decision. On the contrary, your behavior is utterly inexcusable: of all your accusations, you did not produce a single piece of evidence of any value; yet you did not hesitate to condemn one of your colleagues without even hearing him—since, let me remind you, in this matter concerning the new philosophy, neither you nor anyone else who teaches the old philosophy or the sciences dependent on it, such as scholastic theology and medicine, can be considered competent judges. You can only be accusers or accused. Mr. Regius believes that his views are more in accordance with truth than those currently prevalent; you, who refuse to learn this new doctrine—or perhaps cannot learn it—deny his assertions. To whom should one turn in this matter? Neither to you nor to him, but to those who, remaining neutral in this dispute, have listened to and examined the arguments of both sides. What is most peculiar, without a doubt, is that in the resolution we just discussed, you claim to reject this new philosophy (which is mine and Mr. Regius’s) on account of its false, absurd consequences that are contrary to orthodox theology; yet you were unable to cite a single one of these consequences, even though, at the university council, a law professor who disapproved of this resolution explicitly asked you for evidence to support your claims. On the contrary, in his response to your theses, Mr. Regius had demonstrated in the most obvious way that his philosophical principles were much more in accord with theology than those accepted in the schools. Since all these facts, as well as many others (it is impossible for me to mention them all), were known to me, you should not be surprised that I occasionally referred to them in a letter that was then in the process of being published: I had no simpler or more gentle way of repelling all the harm you had intended to inflict upon me. Moreover, in that letter, which I addressed to one of the Fathers of the Society of Jesus—a man whose name would bring only insult if mentioned—would it have been appropriate at all for me to offer you any compliments? Apart from that, I have never done anything, never attempted anything against you, that could have drawn down your resentment upon me; and the vehemence with which you speak of me here is truly unwarranted on my part. But perhaps your hostility has some other motive, which the further development of your work will reveal to us.

Third Part:

Chapters I and II of Cartesian Philosophy.

Non avete fatto alcun tentativo, né con la voce, né con i gesti, né con lo sguardo, per placare quel tumulto. Tuttavia mi meraviglio: poiché, per quanto piacevole potesse essere per voi quell’ordine turbolento, era vostro dovere fingere il contrario; e non vedo quale motivo vi abbia spinto a rimanere immobili, se non la certezza che quei turbolenti avrebbero obbedito al minimo segnale della vostra volontà. Quando venne a sapere che lo accusavate di aver offeso la teologia con quell’espressione secondo cui si trattava di un errore accidentale, il signor Regius andò da voi; vi assicurò di essere pronto a fare le correzioni che ritenevate opportune e dichiarò pubblicamente di non aver mai avuto l’intenzione, come in effetti era la verità e come dimostrò successivamente nella sua risposta alle vostre tesi, di offendere in alcun modo la vostra religione; e ripeté questa stessa dichiarazione anche davanti ad altri teologi, vostri colleghi. Ma voi, subito dopo, pubblicaste contro di lui delle tesi che dovevano essere discusse per tre giorni, e vi preservaste il disturbo di includere nel titolo stesso quell’espressione “errore accidentale”, cercando così di far credere che fosse stata condannata come eresia dalla facoltà di teologia. Eppure, in quelle tesi non attaccaste affatto le opinioni del signor Regius se non riguardo a questioni legate alla fisica e alla medicina, ma assolutamente non alla teologia; e in queste stesse opinioni, non trovaste nulla da criticare quando le tesi in cui erano sviluppate furono sottoposte al vostro esame e alle vostre correzioni. Non basta: ho anche appreso che avete fatto comporre, da uno dei vostri discepoli, un poema in onore delle vostre tesi, o almeno ne avete permesso la stampa; che quell’opera fu distribuita sotto i vostri occhi in tutta l’università; che vi si faceva chiaramente riferimento al signor Regius con espressioni del tipo “O regium factum”, ecc.; e che veniva insultato in modo estremamente offensivo. Infine, ho appreso tutti gli altri dettagli contenuti nella mia lettera al padre Dinet. In tutta questa condotta, devo ammettere di non aver trovato alcuna traccia di quella rara pietà di cui si vantava in voi. Poiché non è possibile dubitarne: o avete prima dimostrato al signor Regius un’amicizia falsa, per sorprenderlo più facilmente quando non fosse più sulle sue guardie e credesse di non dover temervi; oppure, se la vostra amicizia per lui era sincera, l’avete tradita in modo ignobile non appena avete visto l’occasione favorevole per nuocergli. Una o l’altra condotta è ugualmente odiosa. E non potete certo addurre a scusa un presunto zelo religioso. Quali che fossero grandi i suoi errori (e in realtà non ne aveva commessi alcuno), quale era quella pietà, quella carità cristiana, quel zelo ardente che vi spingevano a rifiutare di ascoltarlo, quando egli stesso vi prometteva di apportare tutte le correzioni desiderate, e a consegnarlo, per tre giorni, contro ogni diritto, giustizia e buon senso, alla derisione del pubblico? Così che, anche se tutto fosse andato come speravate, egli sarebbe stato privato della sua posizione e umiliato senza aver commesso alcun errore, e soltanto a causa delle vostre calunnie. Il rettore può dunque, nella vostra università, tenere conferenze pubbliche in una facoltà che non insegna lui stesso? Può diffamare, a piacimento, uno dei suoi colleghi e, per di più, pronunciare, a nome dell’intera università, una sentenza di condanna contro i principi insegnati da quel professore? Spero che direte che il magistrato vi aveva ordinato di esprimere il vostro parere sulla dottrina del signor Regius. Ma egli non vi aveva ordinato, né voleva che voi la presentaste come una sentenza regolare e definitiva. Quello che voleva era molto saggio: poiché vi lamentavate della dottrina del vostro collega, voleva che prima esponeste tutte le vostre ragioni, poi che quest’ultimo rispondesse, e infine, dopo aver ascoltato entrambe le parti, come richiede la giustizia, il magistrato pronunciasse una decisione. Il vostro comportamento, invece, è inescusabile: di tutte le vostre accuse non avete presentato alcuna prova valida; eppure non esitate a condannare, senza nemmeno ascoltarlo, uno dei vostri colleghi, su cui non avevate alcun diritto. Poiché, sappiate bene, in questa questione che riguarda la nuova filosofia, né voi né nessuno degli altri che insegnano la vecchia filosofia o le scienze ad essa correlate, come la teologia scolastica e la medicina, potete essere giudici competenti: potete soltanto essere accusatori o accusati. Il signor Regius ritiene che le sue opinioni siano più conformi alla verità di quelle attualmente dominanti; voi, che non volete, forse nemmeno potete, imparare questa nuova dottrina, la negate. A chi allora rivolgersi in questa questione? Non a voi né a lui, ma a coloro che, essendo neutrali in questa controversia, avranno ascoltato e esaminato le ragioni di entrambe le parti. Quello che è davvero singolare è sentirvi dire, in quell’ordinanza di cui abbiamo appena parlato, che rifiutate questa nuova filosofia (che è la mia e quella del signor Regius) a causa delle sue conseguenze false, assurde e contrarie alla teologia ortodossa. Eppure non siete riusciti a citare nemmeno una di queste conseguenze, nonostante uno dei professori di diritto presenti nel consiglio dell’università, che disapprovava quell’ordinanza, vi avesse esplicitamente chiesto prove di quanto affermavate. Al contrario, il signor Regius, nella sua risposta alle vostre tesi, aveva dimostrato in modo assolutamente evidente che i suoi principi filosofici si accordavano molto meglio con la teologia che quelli accettati nelle scuole. Poiché tutti questi fatti erano noti a me, così come molti altri (è impossibile menzionarli tutti), non dovete meravigliarvi se ne ho parlato, occasionalmente, in una lettera che all’epoca era in fase di stampa: non avevo modo più semplice e delicato per respingere tutto il male che volevate causarmi. Inoltre, in quella lettera indirizzata a uno dei Padri della società di Gesù – che non potete nominare senza aggiungere immediatamente un insulto – sarebbe stato davvero appropriato fare complimenti a voi? A parte questo, non ho mai fatto nulla, né tentato nulla contro di voi, che potesse attirarmi il vostro risentimento; e la violenza con cui vi esprimete qui nei miei confronti non è davvero meritata da parte mia. Ma forse la vostra inimicizia ha altri motivi, che la continuazione della vostra opera ci farà conoscere.

Terza parte:

Dai capitoli I e II della Filosofia cartesiana.

Vous dites, au commencement de votre premier chapitre, que tout le monde n’est pas capable d’entendre ma philosophie ; et aux pages 14 et 15 vous vous exprimez ainsi : Pour faire éclater sa candeur et sa bonne foi, mais en réalité pour pouvoir attribuer toutes ses erreurs à de malheureux disciples, dont il accusera l’intelligence bornée, il vient, dès l’entrée de son cours de philosophie, nous déclarer, de l’air et du ton grave d’un homme d’importance, que tous les esprits ne sont pas en état de s’élever à la hauteur de ses sublimes mystères. Où et quand, je vous le demande, m’avez-vous entendu prononcer ces paroles d’un air grave ? Je le répète, je ne prêche point, je ne suis point professeur. Vous les avez sans doute tirées de mes écrits. Vous citez la quatrième partie de mes réponses aux objections. (Médit., p. 289, édit. d’Elzév.) J’y ai dit en effet que les sujets traités dans la première méditation et dans les autres (c’est-à-dire les cinq suivantes) n’étaient pas à la portée de tous les esprits. Mais cette citation n’est pas en votre faveur, elle est plutôt contre vous ; car de ce que je parlais ainsi en particulier de ces premières méditations, qui renferment une très petite partie de la philosophie, et en même temps la partie la plus difficile, vous eussiez dû en conclure qu’il n’en serait pas de même de l’ouvrage entier. J’avouerai volontiers cependant que tout le monde ne sera pas capable de la comprendre ; et si je ne l’ai dit nulle part, ce n’est pas que ce ne soit la vérité, c’est que la chose m’a paru superflue. Quelle est donc la science, l’art, le genre de connaissance quelconque, que tous les hommes puissent saisir avec une égale facilité ? Mais vous, que concluez-vous de là ? que je veux attribuer à de malheureux disciples toutes les erreurs de ma philosophie. Ne sait-on pas que je n’ai jamais rien fait connaître de ma philosophie que par des écrits publics ? et ira-t-on aussi attribuer à mes disciples les erreurs contenues dans ces écrits ?

Vous en venez, page 17, aux épreuves auxquelles sont soumis les esprits dans cette nouvelle étole d’orgueil. Et vous ajoutez : Il y en a cinq, que nous allons examiner successivement dans ce chapitre et dans les quatre suivants. Puis, à la page 18, vous prétendez que la première consiste à oublier, s’il peut (le futur disciple), tout ce que ses autres maîtres lui ont appris. Et vous avez eu soin, de faire imprimer ces mots en caractères différents, afin qu’ils parussent tirés de mes propres ouvrages, c’est-à-dire des pages 16 et 17 du Discours de la méthode, ou de la page 32 de mes réponses à la septième partie des objections, ou bien encore des pages 7, 21, 23 et 24 du même livre, passages que vous aviez tous cités peu auparavant : mais dans tous ces passages, non plus que dans aucun autre de mes écrits, je n’ai parlé d’oublier ce que l’on avait appris auparavant ; j’ai seulement conseillé de se dépouiller de ses préjugés. Le lecteur pourra juger d’après cela quelle confiance il doit avoir eu vos citations. Autre chose est effectivement de renoncer à des opinions adoptées sans réflexion, c’est-à-dire de cesser de leur donner son assentiment, ce qui dépend toujours de notre volonté, ou de les oublier, ce qui n’est presque jamais en notre pouvoir. Mais comme les premières thèses que vous avez publiées dans votre université traitaient des préjugés, et que vous avez reconnu mainte et mainte fois que chacun de nous de voit s’efforcer de les rejeter entièrement, il n’eut été guère convenable de venir me reprocher d’avoir écrit dans le même sens que vous : aussi avez-vous mieux aimé m’attribuer quelque autre chose qui fournit une plus ample matière à vos accusations.

Tout le reste du chapitre ne mérite pas la moindre remarque ; il prouve seulement que si vous ne montrez dans cet ouvrage ni honnêteté, ni bonne foi, vous n’y montrez pas plus d’habileté et de logique naturelle, puisque vous prêtez à un homme qui, suivant vous-même, ne manque pas d’esprit, des sottises et des absurdités vraiment incroyables. Je vous vois, à la page 22, rapporter les paroles de l’épître de l’apôtre saint Judes, sur ceux qui condamnent avec exécration ce qu’ils ignorent. Il n’est personne qui, sachant la manière dont vous attaquez ma philosophie, ne retourne aussitôt ces paroles contre vous. Vous n’avez jamais lu ma philosophie, puisque je ne l’ai pas encore publiée : vous ne pouvez donc la connaître.

Dans le deuxième chapitre, page 27, vous nous indiquez la seconde règle à laquelle doivent s’astreindre les disciples de mon école, que vous appelez les initiés aux mystères de la folie. Selon vous ils jurent de ne faire désormais aucun usage des livres ; mais dans quels écrits avez-vous trouvé ce serment, de qui le tenez-vous, d’où l’avez-vous tiré ? c’est ce que vous ne dites nulle part, c’est ce que vous ne pouvez dire, et assurément vous ne négligeriez pas d’apporter vos preuves, si vous en aviez quelques-unes ; car ici même et à la page suivante vous citez deux passages de mes écrits, qui du reste ne tiennent en rien au sujet, et pour vous en servir vous ne craignez pas d’en altérer le sens. Le premier est tiré de ma lettre au P. Dinet, page 163, où je disais que l’on ne pouvait se plaindre qu’un homme qui n’était pas encore vieux fit attendre trop longtemps ce que les autres philosophes n’avaient pu faire en tant de siècles. Et vous, vous m’interpellez en ces termes : Croit-il donc qu’un homme qui n’est pas encore vieux, ainsi quille dit en parlant de lui-même dans sa lettre à Dinet, page 193, puisse avoir une connaissance exacte et certaine de toutes choses ? J’ai écrit, il est vrai, ces mots, un homme qui n’est pas encore vieux ; mais le reste de la phrase ne m’appartient pas. Vous auriez pu facilement, par cet ingénieux moyen, tirer aussi de mes écrits le serment dont nous venons de parler ; par exemple, j’ai tracé quelque part dans la même lettre ces mots, les ouvrages des auteurs ; vous aussitôt vous eussiez fait cette phrase ; Ils jurent, de ne jamais lire les ouvrages des auteurs, comme il le dit lui-même dans sa lettre à Dinet, page 200.

C’est avec la même bonne foi, et tout aussi à propos, que vous citez à la page suivante un autre passage, dans lequel je rappelais que j’avais autrefois travaillé à une méthode propre à résoudre toutes les difficultés que présentent les sciences. Et voici ce que vous dites : Il n’en est pas plus capable de résoudre toutes les difficultés que présentent les sciences (comme René Descartes, le plus ridicule des fanfarons, se vante de pouvoir le faire, dans son épitre dédicatoire. Médit., page 5, édit. d’Elzév.) Est-ce donc la même chose de dire que l’on travaille à une méthode pour parvenir à tel ou tel but, ou de se vanter d’y parvenir facilement ?

Quatrième partie :

De l’usage des livres et du savoir de Voet.

At the beginning of your first chapter, you state that not everyone is capable of understanding my philosophy; and on pages 14 and 15, you say: “In order to highlight its candor and good faith—but in reality, in order to attribute all its errors to unfortunate disciples whose intelligence he accuses of being limited—he begins his philosophy course by declaring, with the solemn tone of an important person, that not all minds are capable of grasping the profundity of his lofty mysteries.” Where and when have I ever spoken these words in such a solemn manner? I repeat it: I do not preach; I am not a professor. You must have taken these words from my writings. You are quoting the fourth part of my responses to objections. (Méditations, p. 289, Elzévir edition.) Indeed, I stated there that the subjects discussed in the first meditation and in the following five meditations were not within the grasp of all minds. But this quotation is not in your favor; on the contrary, it is against you. For the fact that I specifically mentioned these initial meditations—which contain only a very small portion of my philosophy, yet the most difficult part of it—should have led you to conclude that the same cannot be said of the entire work. However, I am willing to admit that not everyone will be capable of understanding it; and if I have never stated this anywhere, it is not because it is not true, but because I deemed it unnecessary to do so. What science, art, or form of knowledge is there that all men can grasp with equal ease? But what do you conclude from this? That I want to attribute all the errors in my philosophy to unfortunate disciples. Don’t people know that I have never made any part of my philosophy known except through public writings? And would anyone dare to attribute the errors contained in those writings to my disciples?

On page 17, you refer to the tests that the mind undergoes in this new realm of pride. You add that there are five such tests, which we will examine one after another in this chapter and the following four. Then, on page 18, you claim that the first test consists of forgetting, if possible for the future disciple, everything that his other teachers have taught him. Moreover, you went to the trouble of printing these words in a different typeface, so as to make it seem as though they were taken from my own works—specifically, pages 16 and 17 of “The Discourse on Method,” page 32 of my responses to the seventh part of the objections, or pages 7, 21, 23, and 24 of the same book. These are all passages that you had previously cited; however, in none of these passages, nor in any other of my writings, do I mention forgetting what one has learned before—I merely advise people to get rid of their preconceptions. The reader can judge for himself how much trust he should place in your citations. Indeed, it is one thing to renounce opinions that have been adopted without reflection, that is, to cease to give them our approval—something that always depends on our will—but it is another thing to forget them, which is almost never within our power. Since the first theses you published at your university dealt with preconceptions, and since you have repeatedly acknowledged that each of us strives to completely reject them, it would have been rather inappropriate for you to come and accuse me of writing in the same vein as you. Therefore, you preferred to attribute to me something else that provided more material for your accusations.

The rest of this chapter deserves no comment at all; it merely proves that if you fail to demonstrate honesty and good faith in this work, you also lack skill and natural logic, since you attribute truly incredible foolishness and absurdity to a man who, in your own words, is by no means lacking in intelligence. On page 22, you quote the words from the epistle of the apostle Saint Jude, referring to those who condemn with utter disdain what they themselves do not understand. Anyone who knows how you attack my philosophy would immediately turn these very words against you. You have never read my philosophy, since I have not yet published it; therefore, you cannot possibly know it.

In the second chapter, on page 27, you inform us of the second rule that the disciples of my school—whom you call those initiated into the mysteries of madness—must abide by. According to you, they swear never to make use of any books again; but in which writings have you found this oath? From whom do you obtain it? Where did you derive it from? You say nothing about this anywhere; indeed, you cannot say anything. And surely, if you had any evidence at all, you would not hesitate to present it. For right here, on the very next page, you quote two passages from my writings—which, incidentally, have nothing to do with this subject—and you do not hesitate to alter their meaning in order to support your argument. The first passage is taken from my letter to Father Dinet, on page 163, where I said that one could only complain that a man who was not yet old made people wait too long for something that other philosophers had failed to achieve after countless centuries. And you address me in these terms: “Does he therefore believe that a man who is not yet old—such as he describes himself in his letter to Dinet, on page 193—can possess an exact and certain knowledge of all things?” It is true that I wrote those words, “a man who is not yet old”; but the rest of the sentence does not belong to me. You could have easily, by this same ingenious method, extracted from my writings the oath we have just been discussing. For instance, in the same letter, I mentioned something about “the works of authors”; you would then have immediately constructed this phrase: “They swear never to read the works of authors,” just as he himself states in his letter to Dinet, on page 200.

It is with the same good faith—and just as appropriately—that you quote another passage on the following page, in which I mentioned that I had once worked on a method capable of resolving all the difficulties encountered by the sciences. And here’s what you say: “It is no more capable of resolving all the difficulties posed by the sciences than René Descartes, the most ridiculous of all fanfarrons, claims to be able to do; he boasts about this in his dedication at the beginning of Meditations. Elzévir edition, page 5.” So is saying that one is working on a method to achieve a certain goal the same as boasting about being able to accomplish it easily?

Part Four:

On the use of books and the knowledge of Voet.

All’inizio del vostro primo capitolo affermate che non tutti sono in grado di comprendere la mia filosofia; e alle pagine 14 e 15 esprimetevi così: “Per far risaltare la sua candidezza e la sua buona fede, ma in realtà per poter attribuire tutte le sue errori a dei sfortunati discepoli, i cui limitati intelletti ne saranno ritenuti responsabili, egli dichiara fin dall’inizio del suo corso di filosofia, con l’aria e il tono solenne di una persona importante, che non tutti gli spiriti sono in grado di comprendere la profondità dei suoi misteri”. Dove e quando, vi chiedo, mi avete sentito pronunciare queste parole con tale gravità? Lo ripeto: non predico, non sono un professore. Probabilmente avete tratto queste affermazioni dai miei scritti; citate infatti la quarta parte delle mie risposte alle obiezioni (Médit., p. 289, edizione di Elzév.). Lì ho effettivamente detto che gli argomenti trattati nella prima e nelle altre meditazioni non sono alla portata di tutti; ma questa citazione non vi è a favore, anzi vi è contro: poiché il fatto che io abbia parlato in modo specifico di queste prime meditazioni, che rappresentano soltanto una piccola parte della filosofia e al contempo la parte più difficile, avrebbe dovuto farvi concludere che lo stesso non vale per l’intero lavoro. Ammetto volentieri che non tutti saranno in grado di comprenderlo; ma se non l’ho detto esplicitamente, non è perché questa non fosse la verità, bensì perché ho ritenuto superfluo farlo. Qual è dunque quella scienza, quell’arte, quel tipo di conoscenza che tutti gli uomini possano comprendere con uguale facilità? Ma voi, cosa ne deducete? Che voglio attribuire tutte le errori della mia filosofia a dei sfortunati discepoli. Non si sa forse che ho sempre fatto conoscere la mia filosofia soltanto attraverso scritti pubblici? E si vorrà davvero attribuire ai miei discepoli gli errori contenuti in questi scritti?

A pagina 17, vi occupate delle prove a cui vengono sottoposti gli spiriti in questa nuova condizione di orgoglio; aggiungete che ce ne sono cinque, le quali esamineremo successivamente in questo capitolo e nei quattro seguenti. Poi, a pagina 18, affermate che la prima di queste prove consiste nel dimenticare, se ciò è possibile per il futuro discepolo, tutto ciò che gli altri suoi maestri gli hanno insegnato. Avete persino curato di far stampare queste parole in caratteri diversi, affinché sembrassero tratte dai miei stessi scritti: cioè dalle pagine 16 e 17 del “Discorso sul metodo”, dalla pagina 32 delle mie risposte alla settima parte delle obiezioni, o ancora dalle pagine 7, 21, 23 e 24 dello stesso libro, passaggi che avevate tutti citato poco prima. Tuttavia, in nessuno di questi passaggi, né in alcun altro dei miei scritti, ho mai parlato di dimenticare ciò che si era imparato in precedenza; ho semplicemente consigliato di liberarsi dai propri pregiudizi. Il lettore potrà giudicare da questo quale fiducia abbiate dovuto riporre nelle vostre citazioni. Un’altra cosa, infatti, è rinunciare a opinioni accettate senza riflessione, cioè smettere di dar loro il proprio assenso – cosa che dipende sempre dalla nostra volontà – oppure dimenticarle, il che quasi mai è in nostro potere. Ma poiché le prime tesi che avete pubblicato nella vostra università trattavano dei pregiudizi, e voi stessi avete più volte riconosciuto che ognuno di noi si sforza di respingerli completamente, non sarebbe stato affatto appropriato venire a rimproverarmi per aver scritto nello stesso senso di voi; quindi avete preferito attribuirmi qualcos’altro che offrisse un argomento più ampio alle vostre accuse.

Il resto di questo capitolo non merita alcuna osservazione; dimostra soltanto che, se in quest’opera non dimostrate né onestà né buona fede, non dimostrate nemmeno abilità o logica naturale, poiché attribuite a un uomo che, secondo voi stesso, non manca di intelligenza, sciocchezze e assurdità davvero inverosimili. Vi vedo, alla pagina 22, citare le parole dell’epistola dell’apostolo San Giuda riguardo a coloro che condannano con disprezzo ciò che ignorano. Non esiste nessuno che, conoscendo il modo in cui attaccate la mia filosofia, non vi ribalti immediatamente queste parole contro di voi. Non avete mai letto la mia filosofia, poiché non l’ho ancora pubblicata: quindi non potete conoscerla.

Nel secondo capitolo, pagina 27, ci indicate la seconda regola che i discepoli della mia scuola devono osservare; voi li chiamate “iniziati ai misteri della follia”. Secondo voi, essi giurano di non utilizzare più alcun libro; ma in quali scritti avete trovato questo giuramento? Da chi lo avete ricevuto? Da dove l’avete tratto? Questo non lo dite da nessuna parte; sicuramente non trascurereste di presentare le vostre prove, se ne aveste alcune. Infatti, proprio in questa pagina e nella seguente citate due passaggi dei miei scritti, che però non hanno alcun rapporto con l’argomento trattato; eppure, per utilizzarli, non esitate a alterarne il significato. Il primo passaggio è tratto dalla mia lettera al P. Dinet, pagina 163, dove affermavo che si poteva solo lamentarsi che un uomo ancora giovane facesse attendere troppo a lungo ciò che altri filosofi non erano riusciti a realizzare in secoli. E voi mi interpellate con queste parole: “Quindi crede davvero che un uomo ancora giovane, come egli stesso dice nella sua lettera a Dinet, pagina 193, possa avere una conoscenza esatta e certa di tutte le cose?” È vero, ho scritto quelle parole; ma il resto della frase non mi appartiene. Avreste potuto facilmente, con questo ingegnoso metodo, trarre anche dal mio stesso scritto il giuramento di cui abbiamo parlato. Ad esempio, ho scritto in quella stessa lettera: “Gli opere degli autori”; voi avreste immediatamente potuto formulare questa frase: “Giurano di non leggere mai gli opere degli autori”, proprio come egli stesso afferma nella sua lettera a Dinet, pagina 200.

È con la stessa buona fede, e altrettanto appropriatamente, che citate sulla pagina successiva un altro passaggio in cui ricordavo di aver un tempo lavorato a una metodologia capace di risolvere tutte le difficoltà presenti nelle scienze. E ecco cosa dite voi: “Non è certo più in grado di risolvere tutte le difficoltà delle scienze, come si vanta René Descartes, il più ridicolo dei fanfaroni, nella sua lettera dedicatoria (Meditazioni, pagina 5, edizione Elzévir)”. Ma cosa significa davvero dire che si sta lavorando a una metodologia per raggiungere un certo obiettivo, e cosa significa vantarsi di riuscirci facilmente?

Quarta parte:

Sull’uso dei libri e sulla conoscenza di Voet.

Si vous eussiez voulu savoir ma véritable opinion sur les livres, vous n’aviez qu’à consulter mon Discours de la méthode, à la page 7, vous y auriez vu que j’ai dit en termes exprès que nous retirons de la lecture des bons ouvrages autant de profit que de la conversation des grands hommes qui en ont été les auteurs, et peut-être même davantage, puisque ceux-ci nous offrent dans leur composition, non pas toutes les pensées qui se présentent à leur esprit, ainsi qu’il arrive dans un entretien familier, mais bien seulement leurs pensées choisies ; et peut-être aussi eussiez-vous retiré de ce passage une utilité personnelle’, en considérant, dans un sens contraire, que la lecture trop fréquents des méchants livres n’est guère moins nuisible que la société des méchants : car, autant que je peux en juger d’après les écrits que vous avez publiés, vos lectures habituelles se composent principalement de trois sortes d’ouvrages, que la réflexion que nous venons de faire vous eût appris à ne toucher que rarement et avec précaution. La première sorte est celle des livres pervers et futiles, que je réunis dans la même classe, parce qu’il est impossible qu’un livre entièrement futile ne renferme pas quelque mélange de perversité ; or tout ce qu’ont écrit les athées ou les incrédules, tous les rêves absurdes de la cabale et de la sorcellerie, les ouvrages des imposteurs de tout genre, vous voulez paraître les avoir lus ; et à dire vrai, pour quelques-uns d’entre eux, vous le prouvez sans réplique, en intercalant dans vos écrits des raisonnements qui leur appartiennent tout entiers. La seconde espèce est celle des livres de controverse, dont souvent les auteurs, par esprit de parti, regardent comme un acte de piété de s’accabler mutuellement d’injures. Quant à ceux-ci, vous en citez un si grand nombre, que, n’en eussiez-vous lu que le quart, vous auriez encore passé la plus grande partie de votre vie au milieu des disputes et des querelles. Je ne dis pas sans doute que tous ces ouvrages soient mauvais : ceux qui combattent pour la vérité, qui n’attaquent que le vice, sont dignes de nos éloges. Je crois cependant qu’on ne doit point en faire un trop fréquent usage : telle est en effet la faiblesse attachée à la nature humaine, que nous défendre le mal, c’est quelquefois nous exciter à l’aimer. Je ne prétends pas non plus qu’il ne soit jamais utile à des théologiens, ou à d’autres personnes, de connaître les mauvais livres qui paraissent, lorsqu’ils sont chargés de les réfuter ou de les corriger ; mais cela n’arrive que rarement ; et de même que l’on ne visite jamais un hôpital de pestiférés uniquement par plaisir, de même un homme véritablement pieux n’ira jamais, dans le seul désir de passer pour avoir une immense lecture, nourrir habituellement son esprit de mauvais livres. Ils apportent toujours avec eux quelque funeste contagion. J’en fais dans ce moment une triste expérience : il m’a fallu, pour écrire cette lettre, parcourir quelques-uns de vos ouvrages ; mon style en a pris aussitôt une âpreté qu’il m’est presque impossible d’adoucir, et c’est à ce titre que je réclame l’indulgence du lecteur, s’il trouve que je m’exprime ici avec un peu plus d’incorrection et de dureté que de coutume. La troisième classe de vos livres favoris se compose de lieux communs, de commentaires, d’abrégés, d’index, et d’autres recueils de ce genre, qui ne contiennent que des pensées détachées de différents auteurs. Je ne les mets pas au rang des mauvais livres, je ne crois pas qu’il faille les dédaigner tout à fait ; cependant ils ne sont bons, suivant moi, qu’à rappeler à notre mémoire ce que nous avons précédemment appris dans les ouvrages classiques dont ils sont extraits. Négliger les véritables sources, et s’adresser, si je puis parler ainsi, à ces misérables ruisseaux, c’est vouloir ne puiser qu’une eau trouble, en d’autres termes, renoncer à toute instruction solide. Ce qu’il y a d’important et d’utile dans les livres des génies supérieurs ne consiste pas en telle ou telle pensée que l’on peut en extraire, le fruit précieux qu’ils renferment doit sortir du corps entier de l’ouvrage ; et ce n’est pas de prime-abord et par une seule lecture, mais peu à peu, par une lecture attentive et souvent répétée, que nous nous pénétrons sans nous en apercevoir des idées de ces grands hommes, que nous les digérons, que nous les convertissons en quelque sorte en notre propre substance. Pour vous, l’usage journalier que vous faites des lieux communs, des commentaires, des lexiques, et autres livres semblables, se reconnaît facilement aux nombreuses citations que l’on en remarque dans vos écrits. Je ne puis malheureusement dire qu’il en soit de même de ces auteurs du premier ordre, où se trouvent renfermées toutes les connaissances que l’on peut acquérir par la lecture. Vous les citez aussi quelquefois, il est vrai, mais la plupart du temps assez mal à propos, et presque toujours pêle-mêle avec d’autres écrivains d’un rang tout à fait inférieur ; en sorte que vous semblez ne les avoir pas lus, et vous être contenté de prendre leur texte dans quelque compilateur. Il y a plus : il est difficile qu’après avoir longtemps reposé sur des coussins parfumés on ne conserve point quelque chose de leur douce odeur ; l’étude assidue des grands maîtres doit laisser de même dans le style quelque chose de leur perfection. Eh bien ! pardonnez à ma franchise, j’ai lu plusieurs de vos ouvrages, et je n’y ai jamais aperçu une seule pensée qui ne fût basse ou commune, une seule qui annonçât l’homme d’esprit ou le savant. Observez que je dis le savant et non l’érudit ; car si par le mot d’érudition vous entendez tout ce que l’on peut apprendre dans les livres, le mauvais comme le bon, je conviendrai facilement que vous êtes un grand érudit. Ne sais-je pas que vous avez lu, et tous les contes que l’on a débités sur le Léviathan, et toutes les sottises impies de je ne sais quel Bonaventure de Périers, et cent autres chefs-d’œuvre de cette espèce ? Mais, moi, je ne donne le nom de savant qu’à l’homme qui, par de longues études, par des efforts continuels, a su perfectionner son esprit et son cœur. Et la science, telle que nous la définissons ici, ce n’est point, je pense, en lisant indistinctement toute espèce de livres que l’on peut l’acquérir : c’est en ne lisant que les livres excellents en chaque genre, et encore faut-il y revenir à plusieurs fois ; c’est en conversant, lorsque nous le pouvons, avec ceux qui ont déjà mérité le nom de savant ; c’est en fixant sans cesse nos regards sur la vertu comme sur un divin modèle ; c’est en travaillant sans nous décourager à la recherche de la vérité. Quant à ceux qui vont puiser la science dans les recueils de lieux communs, dans les index et les lexiques, ils peuvent en peu de temps remplir leur mémoire de beaucoup de choses ; mais ils n’en deviennent ni plus éclairés, ni meilleurs : au contraire même, comme il n’y a dans ces sortes d’ouvrages aucun raisonnement suivi, que tout y est décidé par l’autorité, ou prouvé par de courts syllogismes, on y apprend bientôt à s’en rapporter également à tous les auteurs, quels qu’ils soient, à ne faire entre eux aucune distinction, si ce n’est toutefois celle que peut commander l’esprit de parti ; l’on perd ainsi peu à peu l’habitude de faire usage de la raison naturelle, et on lui en substitue une autre tout artificielle et sophistique. Car, sachez-le bien, le véritable usage de la raison, sans lequel il n’y a ni science, ni bon sens, ni sagesse, ne consiste pas à faire ou à retenir des syllogismes isolés, mais à embrasser d’une manière exacte et complète toutes les idées qui peuvent servir à la connaissance de la vérité que l’on recherche ; et comme le plus souvent il est impossible d’exprimer ces idées par des syllogismes, à moins d’en lier plusieurs entre eux, il est malheureusement certain que ceux qui ne procèdent que par syllogismes isolés laissent presque toujours échapper quelque partie de ce tout dont il fallait saisir l’ensemble d’un même coup d’œil ; ils s’accoutument ainsi à l’irréflexion, et voient diminuer peu à peu le bon sens que leur avait donné la nature ; et comme d’un autre côté ils se croient très savants, parce qu’ils ont beaucoup retenu de ce qu’ont écrit les autres, et qu’ils y ajoutent une entière confiance, ils se gonflent d’une arrogance ridicule, et tout à fait pédantesque : si en outre ils viennent à lire habituellement des livres pervers, futiles et des ouvrages de controverse, alors de toute nécessité, et quand bien même ils n’auraient pas naturellement un mauvais cœur et un esprit très borné, ils deviendront, grâce à ce genre d’étude, méchants, sots et dangereux.

If you had wished to know my true opinion on books, you would have only needed to consult my “Discourse on Method,” on page 7, where I clearly state that we gain just as much benefit from reading good works as from conversing with the great men who authored them—perhaps even more, since these authors present us not with all the thoughts that occur to their minds, as happens in everyday conversations, but only with those they have chosen to share. You might also have drawn some personal utility from this passage by considering, in the opposite way, that reading too many bad books is just as harmful as associating with wicked people: for, judging from the writings you have published, your usual readings consist mainly of three types of works—which our recent reflection should have taught you to approach only rarely and with caution. The first type includes those perverse and futile books; I classify them together because it is impossible for a completely worthless book not to contain some element of wickedness. All the writings of atheists or unbelievers, all the absurd fantasies of alchemy and sorcery, the works of impostors of every kind—you seem to claim to have read them all; indeed, in the case of some of them, you prove it beyond dispute by incorporating their arguments into your own writings. The second type is that of controversial books, whose authors often, out of partisanship, regard hurling insults at each other as an act of piety. As for these, you quote so many of them that, even if you had read only a quarter of them, you would still have spent most of your life immersed in disputes and quarrels. I am not saying that all such works are bad; those that fight for the truth and attack evil deserve our praise. However, I believe they should not be used too frequently—for human nature is such that defending evil can sometimes lead us to love it. Nor do I claim that theologians or others should never learn about the bad books that appear, especially if their task is to refute or correct them; but this happens only rarely. Just as one does not visit a leprosarium merely for pleasure, a truly pious person will never, in the mere desire to appear well-read, constantly feed their mind with bad books. They always carry with them some form of deadly contagion. At this moment, I am making a sad discovery: in order to write this letter, I had to read some of your works, and as a result, my style has taken on a sharpness that I find almost impossible to soften. For this reason, I beg the reader’s indulgence—if they should notice that I express myself here with more rudeness and harshness than usual. The third category of your books consists of commonplaces, commentaries, abridgments, indexes, and other similar collections that merely contain thoughts taken from various authors. I do not consider them bad books; indeed, I do not think they should be entirely dismissed. However, in my opinion, their only use is to remind us of what we have previously learned in the classical works from which they are derived. To neglect the true sources of knowledge and instead resort to these so-called “minor streams” is tantamount to seeking only murky water—in other words, to renounce any solid education. What is truly important and useful in the books of great geniuses does not lie in individual ideas that can be extracted from them; rather, the precious fruit they contain must emerge from the entire body of the work itself. And this understanding comes not through a single reading, but gradually—through careful, repeated study. For you, your daily use of commonplaces, commentaries, and similar books is evident in the numerous quotations you include in your writings. Unfortunately, I cannot say the same for those first-rate authors who contain within them all the knowledge one can acquire through reading. You do quote them sometimes, it is true, but mostly inappropriately, and almost always alongside writers of a much lower caliber; as if you had never actually read their works, but merely copied their texts from some compilation. Moreover, it is hard for someone who has long been immersed in the “fragrant cushions” of high-quality literature not to be influenced by its subtle influence—just as diligent study of the great masters should leave their mark on one’s style. Well, forgive my frankness, but I have read several of your works, and I have never found a single thought in them that was not vulgar or commonplace, not a single idea that indicated a man of truly great intellect or learning. Note that I say “learned” and not “erudite”; for if by “erudition” you mean everything that can be learned from books—both good and bad—I would readily admit that you are a great erudite. Do I not know that you have read all those tales told about the Leviathan, as well as all those impious nonsense written by some so-called Bonaventure de Périers and a hundred other similar works? But for me, only a person who, through long-term study and continuous effort, has managed to perfect both his mind and his heart deserves to be called a scholar. And science, as we define it here, cannot be acquired by reading indiscriminately all sorts of books; rather, it can only be gained by reading only the finest works in each field—and even then, one must read them repeatedly. It also requires engaging in conversation, whenever possible, with those who have already earned the title of scholar; constantly setting one’s gaze upon virtue as a divine model; and persevering tirelessly in the pursuit of truth. As for those who seek knowledge from collections of trivialities, indexes, and dictionaries, they may quickly fill their memory with a great deal of information; but they will not become any wiser or better as a result. On the contrary, since such works contain no coherent reasoning and everything is merely decided upon authority or proven through brief syllogisms, one soon learns to place equal trust in all authors, without distinguishing between them—unless guided by partisan bias. In this way, one gradually loses the habit of using natural reason and replaces it with a wholly artificial and sophistical substitute. For let me tell you clearly: the true use of reason—without which there is no science, no good sense, and no wisdom—is not to construct or memorize isolated syllogisms, but rather to grasp in a precise and comprehensive manner all those ideas that can aid in the pursuit of truth. And since it is often impossible to express these ideas through syllogisms alone, unless several of them are linked together, those who rely solely on such isolated reasoning will almost certainly miss out on some aspect of the whole that could have been understood at once. They thus become accustomed to recklessness and see their innate good sense gradually diminish. Moreover, since they believe themselves to be very learned because they have memorized much of what others have written and place complete trust in it, they become filled with ridiculous and pedantic arrogance. And if, on top of that, they habitually read perverse, futile books or works of debate, then it is only inevitable that they will become evil, foolish, and dangerous—even if they do not inherently possess a bad heart or a narrow-minded nature.

Se voleste conoscere la mia vera opinione sui libri, avreste dovuto consultare il mio “Discorso sul metodo”, alla pagina 7: lì ho detto esplicitamente che traiamo dallo studio di buoni opere lo stesso beneficio che dalla conversazione con grandi uomini ne siano stati gli autori, e forse addirittura di più, poiché questi ultimi ci offrono nella loro opera non tutte le idee che gli vengono in mente, come avviene in una conversazione informale, ma soltanto quelle che hanno scelto personalmente. Forse avreste anche tratto un utile personale da questo passaggio, considerando, dal punto di vista opposto, che la lettura troppo frequente di cattivi libri è altrettanto dannosa quanto la compagnia di persone malvagie: infatti, a giudicare dagli scritti che avete pubblicato, le vostre letture abituali sono composte principalmente da tre tipi di opere, riguardo alle quali la riflessione che abbiamo appena fatto vi avrebbe dovuto insegnare a non toccarle se non di rado e con cautela. Il primo tipo è costituito da libri perversi e inutili; li ho raggruppati tutti insieme perché è impossibile che un libro del tutto futile non contenga qualche elemento di perversità; ormai avete dichiarato di averne letto molti, e alcuni di essi, a dire il vero, vi appartengono interamente, come si può vedere dai ragionamenti che inserite nei vostri scritti. Il secondo tipo è costituito da libri di controversia, i cui autori, spesso per motivi di partigianeria, ritengono un atto di pietà insultarsi a vicenda; ne citate un numero così grande che, anche se ne aveste letti solo un quarto, avreste trascorso la maggior parte della vostra vita tra dispute e litigi. Non sto certo dicendo che tutti questi libri siano cattivi: quelli che combattono per la verità, che attaccano soltanto il male, meritano sicuramente i nostri elogi. Tuttavia credo che non si debba farne un uso troppo frequente: è infatti una debolezza insita nella natura umana difendere il male, e a volte ci spinge addirittura ad amarlo. Non affermo nemmeno che sia mai utile per teologi o altre persone conoscere i cattivi libri che vengono pubblicati, quando hanno il compito di confutarli o correggerli; ma questo accade raramente. E proprio come non si visita mai un ospedale di pestiferiti soltanto per divertimento, allo stesso modo una persona veramente devota non andrà mai, con l’intento di mostrare di avere una vasta cultura, a nutrire abitualmente il proprio spirito con cattivi libri: questi portano sempre con sé qualche pericolosa “contagione”. In questo momento sto facendo una triste esperienza: per scrivere questa lettera ho dovuto leggere alcuni dei vostri libri; il mio stile ne è immediatamente diventato più aspro, e quasi impossibile da addolcire. Per questo motivo chiedo la comprensione del lettore, nel caso in cui ritenga che io mi esprima qui con un po’ più di imprecisione e durezza del solito. La terza categoria dei vostri libri preferiti è costituita da luoghi comuni, commenti, riassunti, indici e altre raccolte simili, che contengono solo pensieri tratti da diversi autori. Non li considero libri cattivi, né credo che debbano essere completamente disdegnati; tuttavia, secondo me, sono utili soltanto per ricordarci ciò che abbiamo già imparato nei classici da cui sono tratti. Ignorare le vere fonti di conoscenza e rivolgersi, per così dire, a questi “poveri ruscelli”, significa cercare solo acqua torbida, in altre parole, rinunciare a qualsiasi istruzione solida. Ciò che è importante e utile nei libri dei grandi geni non risiede in singole idee che possiamo estrarne; il vero valore di questi testi deriva dall’intero loro contenuto. E non lo si comprende immediatamente, con una sola lettura, ma solo gradualmente, attraverso una lettura attenta e spesso ripetuta. Per voi, l’uso quotidiano di luoghi comuni, commenti, dizionari e simili libri si nota facilmente dalle numerose citazioni che compaiono nelle vostre opere. Purtroppo non posso dire lo stesso di questi autori di primo ordine, nei quali sono racchiuse tutte le conoscenze che possiamo acquisire attraverso la lettura. Li citate talvolta, è vero, ma per lo più in modo inappropriato e quasi sempre mescolandoli con altri scrittori di rango molto inferiore; tanto che sembra che non li abbiate letti davvero, ma vi siate limitati a prendere il loro testo da qualche compilatore. C’è di più: è difficile che, dopo aver a lungo “riposato” su tali fonti, non ne rimanga traccia nel proprio stile di scrittura. Lo studio assiduo dei grandi maestri dovrebbe infatti lasciare nel proprio modo di scrivere qualcosa della loro perfezione. Bene, perdonate la mia franchezza: ho letto molti dei vostri libri, e non vi ho mai trovato una singola idea che fosse nobile o originale. Una sola che potesse rivelare l’esistenza di un uomo di spirito o di uno studioso. Notate bene che parlo di uno “studioso”, non di un “erudito”: perché se con il termine “erudizione” intendete tutto ciò che si può imparare dai libri, sia il buono che il cattivo, allora ammetterò facilmente che siete davvero un grande erudito. Non ignoro che avete letto tutti quei racconti riguardanti il Leviatano, così come tutte quelle sciocchezze irriverenti scritte da quel Bonaventure de Périers e da cento altri autori del genere. Ma io attribuisco il nome di “sapiente” soltanto a colui che, attraverso lunghi studi e sforzi continui, è riuscito a perfezionare sia la propria mente che il proprio cuore. La scienza, così come la definiamo noi qui, non si acquisisce certo leggendo indiscriminatamente ogni tipo di libro: si ottiene soltanto leggendo opere eccellenti in ciascun campo, e bisogna farlo più volte; conversando, quando possibile, con coloro che hanno già meritato il nome di “sapienti”; fissando costantemente lo sguardo sulla virtù come su un modello divino; lavorando senza mai arrenderci nella ricerca della verità. Quanto a coloro che attingono la scienza da raccolte di luoghi comuni, da indici e lessicchi, possono in poco tempo riempire la propria memoria di molte informazioni. Ma non diventano certo più illuminati o migliori: anzi, poiché in questi tipi di opere mancano ragionamenti coerenti e tutto viene deciso dall’autorità altrui o dimostrato attraverso brevi sillogismi, si finisce per imparare a fidarsi ciecamente di qualsiasi autore, senza fare distinzioni tra loro. Si perde così gradualmente l’abitudine di utilizzare la ragione naturale, sostituendola con una ragione artificiale e sofistica. Perché, sappiate bene: l’uso vero e proprio della ragione – senza il quale non esistono né scienza, né buon senso, né saggezza – non consiste nel formulare o ricordare singoli sillogismi, ma nell’abbracciare in modo completo e accurato tutte le idee che possono aiutare a comprendere la verità che si cerca. E poiché spesso è impossibile esprimere queste idee attraverso semplici sillogismi, se non collegandoli tra loro, coloro che procedono soltanto in questo modo finiscono per tralasciare gran parte di ciò che sarebbe necessario comprendere nel suo insieme. Si abituano così all’irreflessione e vedono diminuire progressivamente il buon senso che la natura loro aveva donato. E poiché, d’altro canto, si considerano molto sapienti perché hanno memorizzato molte cose scritte dagli altri e vi credono ciecamente, diventano arroganti e pedanti. Se inoltre leggono abitualmente libri perversi, inutili o opere di controversia, allora, inevitabilmente – anche se non hanno naturalmente un cuore malvagio o uno spirito limitato – diventeranno persone cattive, stupide e pericolose.

Cependant, il faut le dire, ce qui contribue le plus à les rendre tels, c’est le caractère. Les diverses espèces de livres dont j’ai parlé sont souvent confondues ; dans un même auteur on voit quelquefois réunis le mauvais, le frivole, le bon, soit que tout lui appartienne en propre, soit qu’il en ait tiré une partie d’autres écrivains ; et les lecteurs y puisent selon leur caractère, semblables à l’abeille ou à l’araignée, qui du suc des fleurs retirent, l’une son miel, l’autre son venin. C’est ainsi que l’étude rend meilleurs et plus éclairés ceux qui sont portés au bien, plus méchants et plus sots ceux qui n’ont de penchant que pour le mal. Et l’une des marques les plus certaines qui puissent servir à les distinguer les uns des autres, ce sont les ouvrages qu’ils préfèrent, chacun cherchant toujours le livre qui a le plus de rapport avec son caractère. Mais ils ont encore bien d’autres traits distinctifs : ceux-ci sont arrogants, entêtés, irascibles ; ceux-là ne s’enorgueillissent jamais, ils connaissent toute la faiblesse de l’homme, ils regardent comme peu de chose ce qu’ils savent, et pensent que ce qu’ils ignorent est bien plus considérable : aussi se montrent-ils pleins de candeur et de docilité, et toujours prêts à accueillir avec reconnaissance toutes les vérités qui leur étaient inconnues. Comme ils savent que ce n’est point par la lecture seule que l’on peut acquérir la véritable science, ils joignent à la lecture la méditation, l’usage des affaires du monde, et la fréquentation des hommes ; en un mot, ils ne restent pas continuellement ensevelis dans les livres : aussi le vulgaire ignorant n’a-t-il pas une haute idée de leur science. S’ils vivent dans une condition privée, ou ils restent entièrement ignorés, ou ils n’ont d’autre réputation que celle de bons pères de famille et d’hommes de ton sens ; et c’est ainsi que souvent les plus grands génies sont dérobés aux regards du monde. S’ils entrent dans les affaires publiques, on ne tarde pas à reconnaître en eux un esprit éclairé et un noble caractère, mais on attribue ces qualités moins à l’étude qu’à la nature. Enfin, s’ils sont appelés à remplir quelques fonctions dans l’enseignement public, il faut qu’avec une prudente insouciance ils évitent de paraître supérieurs à leurs collègues : c’est le seul moyen d’échapper à leur jalousie et à leur haine. Ceux, au contraire, qui ont beaucoup et toujours mal étudié, ont ordinairement si peu de bon sens, que, quand ils ont le malheur d’être d’une basse condition, et qu’ils n’ont pas su faire leur fortune à l’aide de leurs connaissances dans les lettres, la multitude les méprise et dit qu’ils sont devenus fous à force de lire. Mais si dans leur jeunesse, et avant d’avoir pu être appréciés, ils ont obtenu quelque place de professeur ou de ministre, ils peuvent sans aucune peine acquérir la réputation de savant et le crédit qui en est la suite. D’abord il y a toujours parmi le peuple un préjugé en faveur de celui que le magistrat, ou toute autre personne préposée à cet effet, choisit pour instruire les autres. Puis, entre tous ceux qui ont été ainsi choisis, il est impossible que la multitude ne regarde pas comme le plus savant l’orateur qui parle avec le plus de confiance, qui prétend en savoir le plus, celui enfin que ses collègues louent le plus souvent et le plus volontiers : trois conditions qui se rencontrent presque toujours dans nos ignorants docteurs. En effet, comme ils ne sont pas dirigés par la raison, mais bien seulement par l’autorité, tout ce qu’ils trouvent dans les auteurs qu’ils ont pris pour guides est pour eux une chose certaine et démontrée, et ils le répètent avec assurance ; en second lieu, ne sachant pas ce qu’un savant peut ignorer sans déshonneur, et persuadés que la science universelle est renfermée dans les livres, ils veulent paraître savoir tout ; enfin, ne louant eux-mêmes que leurs pareils, ils en sont loués à leur tour ; ils le sont aussi quelquefois par des hommes de talent, qui, jaloux d’une autre personne plus instruite, espèrent diminuer sa réputation, en lui préférant ceux-ci et en leur prodiguant des éloges exagérés. Ils se voient donc honorés du nom de savants, d’abord par le peuple seul, puis peu à peu par des gens plus instruits, qui, ne les connaissant pas par eux-mêmes, s’en rapportent à ce que l’on dit autour d’eux. Et certes, si parmi ces docteurs il s’en trouvé un qui soit plus laborieux, plus actif, plus ardent, plus bavard que les autres, et qui soit habitué à manier la dialectique des sophistes, comme je sais que vous l’êtes ; qui à la fois enseigne dans l’université et prêche dans l’église, comme vous faites depuis longtemps ; qui, au lieu d’attaquer dans ses sermons les vices ordinaires à l’humanité, se déchaîne perpétuellement contre les adversaires de sa religion et contre les moindres actions des riches, et qui par des discours virulents ou des plaisanteries ridicules excite en tout sens les passions de son auditoire, comme j’ai appris que vous faisiez presque toujours ; qui propose fréquemment des thèses dans l’université, qui invite les savants d’une opinion contraire à venir les combattre, et qui, s’ils ne viennent pas (et ils ne doivent jamais venir, s’ils ne veulent être accueillis par des sifflets et des huées), s’enorgueillisse et chante victoire, comme on sait que vous avez fait dernièrement ; qui publie volumes sur volumes, mais dans un style si barbare, et entrecoupé de tant de citations, que personne, ne pouvant les lire sans dégoût, n’examine s’ils sont bons ou mauvais, comme il est arrivé à plusieurs des vôtres ; qui enfin attaque, comme un ennemi mortel, quiconque lui résiste en la moindre chose ou même se contente de ne pas l’applaudir ; qui s’efforce de le diffamer et dans ses sermons et dans ses écrits, moyen dont vous vous êtes servi pour forcer plusieurs personnes à garder le silence sur votre compte, ou même à vous louer ; un tel homme, dis-je, et la chose est naturelle, doit parvenir au faîte de la réputation et du crédit, et s’y maintenir, tant que personne n’aura découvert les moyens qui l’ont porté si haut. Mais lorsque, aveuglé par l’excès de son bonheur, il offensera tant de personnes que quelques-unes sentiront la nécessité de lui arracher le masque qui le couvre, lorsqu’il commettra tant d’erreurs que les plus ignorants les reconnaîtront facilement, alors il serait bien étonnant que l’on ne vît pas s’écrouler la réputation et la puissance qu’il avait usurpée. Quand bien même en effet cet homme serait cher à la plupart de ses auditeurs dans l’église, et de ses disciples dans l’université, s’ils remarquent une fois combien il peut leur faire de mal, ils concevront tous pour lui une profonde aversion.

However, it must be said that what contributes most to shaping their character is their very nature. The various types of books I have mentioned are often confused; in the same author, one may find elements that are bad, frivolous, or good—either because these qualities truly belong to him or because he has borrowed them from other writers. Readers, depending on their own character, draw different things from these works, just as a bee or a spider extract different substances from flowers: one gathers honey, the other venom. In this way, study makes those who are inclined toward goodness better and wiser, while it makes those who have only a taste for evil worse and more foolish. One of the most certain ways to distinguish one person from another is by the books they prefer; each person always seeks out those works that best reflect their character. But there are many other distinguishing traits as well: some are arrogant, stubborn, and irritable; others never become complacent; they are aware of human weakness, regard what they know as insignificant, and believe that what they do not know is far more important. Therefore, they are open and humble, always ready to accept with gratitude any truth that was previously unknown to them. Since they understand that true knowledge cannot be acquired through mere reading alone, they combine study with meditation, practical experience in the world, and interaction with people—in short, they do not immerse themselves solely in books. As a result, the ignorant masses have little regard for their learning. If they lead private lives, they either remain unknown or are only regarded as good family men and decent citizens; often, the greatest geniuses go unnoticed by the world. If they enter public affairs, people soon recognize their intelligence and noble character, but these qualities are more attributed to their natural disposition than to their studies. Finally, if they are appointed to teach in public institutions, they must carefully avoid appearing superior to their colleagues—this is the only way to escape their jealousy and hatred. On the other hand, those who have studied poorly usually lack common sense; if they happen to be of low social status and fail to make a fortune through their knowledge, the crowd despises them, saying that reading has driven them mad. But if, in their youth, before anyone could appreciate their abilities, they manage to secure a position as a teacher or minister, they can easily gain the reputation of being learned and the respect that comes with it. Firstly, there is always among the people a prejudice in favor of those whom the magistrate or any other person appointed for this purpose chooses to instruct others. Secondly, among all those who have been thus chosen, it is inevitable that the multitude will regard as the most knowledgeable the speaker who speaks with the greatest confidence, who claims to know the most, and ultimately the one whose colleagues praise him most frequently and willingly—three conditions that are almost always present in our so-called “ignorant doctors.” In fact, since they are not guided by reason but merely by authority, everything they find in the authors they have chosen as their guides appears to them to be certain and proven, and they repeat it with assurance. Secondly, not knowing what a scholar can possibly ignore without losing honor, and convinced that all knowledge is contained within books, they strive to appear to know everything. Finally, since they only praise those who are like themselves, they in turn receive praise; sometimes this praise comes from talented individuals who, out of jealousy toward someone more learned, hope to diminish that person’s reputation by preferring these so-called “doctors” and lavishing excessive praise upon them. Thus, they come to be honored with the title of scholars—firstly by the common people alone, and then gradually by those who are more knowledgeable. These latter, not knowing them personally, rely on what others say about them. Indeed, if among these doctors there were one who were more diligent, more active, more fervent, more talkative than the others, and who were accustomed to using the dialectics of the sophists—just as I know you are; if such a person taught both in the university and preached in the church, just as you have done for so long; if, instead of attacking the common vices of humanity in his sermons, he constantly raged against the opponents of his religion and against the slightest actions of the wealthy, and stirred up the passions of his audience through vicious speeches or ridiculous jokes—just as I have learned you almost always did; if such a person frequently presented theories in the university, invited scholars of opposing views to challenge them, and, when they refused to come (and they never should have come, if they did not wish to be met with hisses and boos), took pride in claiming victory—just as you did recently; if such a person published volumes upon volumes in a style so barbaric, interspersed with so many quotations that no one could read them without disgust, and thus no one bothered to examine whether they were good or bad—just as several of your followers have done; if such a person attacked anyone who dared oppose him in the slightest way, or even simply refused to applaud him; if he tried to slander them both in his sermons and in his writings—a method you yourself once used to force many people into silence about you or even make them praise you—then, naturally, such a person would reach the pinnacle of reputation and prestige, and maintain it as long as no one discovered the means by which he had achieved it. But when, blinded by his own success, he offended so many people that some felt compelled to strip away the mask that concealed his true nature, when he committed so many errors that even the most ignorant could easily recognize them, then it would be no surprise at all if the reputation and power he had usurped began to collapse. Even if such a person were still beloved by most of his listeners in the church and his followers in the university, once they realized how much harm he could cause them, they would all develop a deep aversion toward him.

Tuttavia, bisogna ammetterlo: ciò che contribuisce maggiormente a renderli tali è il loro carattere. Le diverse tipologie di libri di cui ho parlato vengono spesso confuse; nello stesso autore si possono trovare elementi negativi, frivoli e positivi, sia che tutto ciò appartenga realmente a lui, sia che abbia tratto alcune idee da altri scrittori. I lettori, a seconda del proprio carattere – simili all’ape o all’aracnide che estrae dal nettare dei fiori miele o veleno – ne traggono ciò che più corrisponde alle loro inclinazioni. È così che lo studio rende migliori e più illuminati coloro che sono portati al bene, e peggiori e più sciocchi coloro che hanno un’attrazione esclusiva per il male. Uno dei segni più certi per distinguerli è l’opera che preferiscono: ognuno cerca sempre il libro che corrisponde maggiormente al proprio carattere. Ma esistono anche altri tratti distintivi: alcuni sono arroganti, testardi e irascibili; altri non si vantano mai delle proprie conoscenze, riconoscono la debolezza umana, considerano poco ciò che sanno e pensano che ciò che ignorano sia molto più importante; per questo mostrano candore e docilità, e sono sempre pronti ad accogliere con gratitudine tutte le verità che prima non conoscevano. Poiché sanno che non è solo attraverso la lettura che si può acquisire una vera conoscenza, combinano essa con la meditazione, l’esperienza pratica e l’incontro con le persone; in altre parole, non rimangono costantemente immersi nei libri. Per questo motivo, il volgo ignorante non ha un’alta stima della loro erudizione. Se vivono in condizioni private, o restano completamente sconosciuti, o hanno solo la reputazione di buoni genitori di famiglia e persone perbene; ed è così che spesso i più grandi talenti rimangono nascosti agli occhi del mondo. Se entrano nella vita pubblica, si riconosce presto in loro un’intelligenza illuminata e un carattere nobile, ma queste qualità vengono attribuite meno allo studio che alla natura stessa. Infine, se vengono chiamati a ricoprire incarichi nell’insegnamento pubblico, devono evitare con cautela di apparire superiori ai loro colleghi: è l’unico modo per sfuggire alla loro invidia e al loro odio. Al contrario, coloro che hanno studiato poco e male di solito sono privi di buon senso; quindi, quando hanno la sfortuna di provenire da condizioni socialmente basse e non riescono a farsi strada nel mondo grazie alle loro conoscenze letterarie, vengono disprezzati dalla gente comune, che li considera pazzi per aver letto troppo. Ma se, nella loro giovinezza, prima ancora di essere apprezzati, ottengono una posizione come insegnanti o funzionari pubblici, possono facilmente acquisire la reputazione di studiosi e il rispetto che ne consegue. Innanzitutto, tra la gente esiste sempre un pregiudizio a favore di colui che il magistrato o qualsiasi altra persona incaricata di tale compito sceglie per istruire gli altri. Inoltre, tra tutti coloro che vengono selezionati in questo modo, è inevitabile che la massa consideri il più sapiente colui che parla con maggiore sicurezza, che afferma di saperne di più, e soprattutto colui che i suoi colleghi lodano più spesso e con maggior entusiasmo: tre caratteristiche che si riscontrano quasi sempre in questi cosiddetti “dottori ignoranti”. Infatti, poiché non sono guidati dalla ragione, ma soltanto dall’autorità, tutto ciò che trovano negli autori che hanno scelto come guide per loro è considerato una verità certa e dimostrata; quindi lo ripetono con sicurezza. In secondo luogo, non sapendo cosa un vero studioso possa ignorare senza perdere onore, e convinti che la scienza universale sia contenuta nei libri, desiderano apparire come se sapessero tutto. Infine, lodando soltanto i loro simili, ricevono a loro volta lodi; talvolta queste lodi provengono anche da persone di talento, le quali, gelose di un’altra persona più istruita, sperano di diminuire la sua reputazione preferendo questi individui e elogiandoli in modo esagerato. Così, vengono onorati con il nome di “studiosi”: prima dalla gente comune, e poi gradualmente da persone più colte, le quali, non conoscendoli personalmente, si basano su ciò che si dice intorno a loro. E certamente, tra questi dottori, ci sarà stato qualcuno che fosse più laborioso, più attivo, più appassionato, più loquace degli altri; qualcuno abituato a utilizzare la dialettica dei sofisti, come so che voi fate; qualcuno che insegnasse nell’università e predicasse in chiesa, proprio come fate da molto tempo; qualcuno che, invece di attaccare nei suoi sermoni i vizi comuni dell’umanità, si scatenasse costantemente contro gli avversari della sua religione e contro le più banali azioni dei ricchi, eccitando in ogni modo le passioni del suo pubblico con discorsi virulenti o battute ridicole, come ho appreso che facevate quasi sempre; qualcuno che proponesse frequentemente tesi nell’università, invitasse gli studiosi di opinioni contrarie a venire a combatterle, e che, se questi non si presentavano (e non avrebbero mai dovuto farlo, se non volevano essere accolti da fischi e grida), ne andasse orgoglioso e proclamasse la propria vittoria, come avete fatto di recente; qualcuno che pubblicasse volumi su volumi, ma in uno stile così barbaro e intercalato da così tante citazioni, che nessuno, non riuscendo a leggerli senza disgusto, si prendesse la briga di verificare se fossero buoni o cattivi, come è successo a molti dei vostri seguaci; qualcuno infine che attaccasse, come un nemico mortale, chiunque gli resistesse anche solo in minima misura, o semplicemente si rifiutasse di applaudirlo; qualcuno che cercasse di diffamarlo sia nei suoi sermoni che nelle sue scritture, metodo che avete utilizzato per costringere molte persone a tacere su di voi o addirittura a lodarvi. Un tale uomo, dico io, e la cosa è naturale, dovrebbe raggiungere la vetta della reputazione e del credito, e mantenerla finché nessuno non scoprirà i mezzi con cui è riuscito ad arrivare così in alto. Ma quando, accecato dall’eccesso della sua fortuna, offenderà così tante persone da spingere alcune di esse a decidere di strappargli il “maschera” che lo nasconde; quando commetterà così tanti errori da farli riconoscere anche dai meno informati, allora sarebbe davvero sorprendente se la reputazione e il potere che ha usurpato non crollassero. Anche se, in effetti, questo uomo fosse molto amato dalla maggior parte dei suoi ascoltatori in chiesa e dei suoi discepoli nell’università, se loro si rendessero conto una volta di quanto male possa causare, tutti proverebbero per lui un profondo disgusto.

Je m’écarte de plus en plus, il est vrai, du sujet que je m’étais proposé en commençant cette quatrième partie. Mais peut-être ne vous en plaindrez-vous pas. Lorsqu’en effet j’aurai encore ajouté quelques mots sur les sermons et sur l’instruction de la jeunesse, vous trouverez ici, renfermé dans un même paragraphe, tout ce que j’ai à dire sur votre érudition et votre habileté. Je continue donc. Les sermons du docteur dont je viens de tracer le portrait plaisent ordinairement à la multitude. Nous aimons naturellement les émotions vives, non seulement celles qui portent à la joie, mais encore plus celles qui attristent l’âme. Voilà pourquoi la tragédie réussit au théâtre pour le moins autant que la comédie, voilà pourquoi les anciens se précipitaient en foule aux jeux du cirque, pour y voir leurs semblables cruellement déchirés par des bêtes féroces, c’est pourquoi enfin, lorsqu’un prédicateur excite ses auditeurs à la colère et à la haine contre d’autres hommes, surtout contre des hommes riches et puissants, auxquels les dernières classes de la société ne sont que trop disposées à porter envie, ou contre des hommes d’une religion différente, que l’on hait déjà comme la cause de toutes les guerres, il a beau ne rien dire de remarquable, ne rien dire de bon, et souvent même son auditoire ne rien comprendre à la question : qu’il parle avec assurance, avec chaleur, et avec abondance ; qu’il mêle à son discours de nombreuses injures, exprimées en style bas, ridicule, extraordinaire, et il sera mieux écouté par la multitude dévote y plus aimé, plus admiré, que d’autres beaucoup plus éloquents, mais qui, au lieu d’appeler sa haine sur les vices d’autrui, l’exhorteraient à se corriger des siens. Ces derniers traiteraient un sujet qui lui déplaît toujours, l’autre ne l’entretient que de ce qui lui plaît. C’est probablement une grande jouissance pour une populace sans méchanceté, je crois, mais malheureusement très ignorante, de pouvoir quelquefois se livrer à une pieuse indignation, à une pieuse haine contre les nobles et les riches : car tout ce qu’elle fait à la persuasion ou à l’exemple d’un tel homme est à ses yeux un acte de piété. Elle entend dire à ses disciples qu’il est auteur d’un grand nombre d’ouvrages, et qu’il a cent fois vaincu ses adversaires dans des disputes publiques : elle ne peut donc douter qu’il ne soit le plus savant des hommes, incapable qu’elle est de juger de ces matières ; Elle croit de même que la violence de ses sermons, que son audace à censurer les principaux citoyens de la ville lui est inspirée par la piété la plus sincère et par un zèle digne des anciens prophètes. Elle le prend en conséquence pour conseiller et pour guide, quand il lui faut résister aux premières classes de l’état, ou combattre contre les ennemis de sa religion ; et tout ce qu’il désirera qu’elle fasse, elle est prête à le faire avec ardeur. Est-il bien utile pour cette cité de renfermer dans son sein un prédicateur qui puisse exercer une pareille influence ? Ce n’est point à moi à examiner cette question ; Ceux qui sont à la tête des affaires peuvent seuls la décider. Je n’examine pas davantage s’il convient de livrer à un auditoire sans instruction des controverses subtiles qui n’importent nullement à leur salut ; je n’examine pas s’il est possible que des sermons lui en donnent une idée bien juste et bien exacte ; ni si l’on peut dire que le peuple reçoit une instruction véritable de ces docteurs moins occupés à exposer leurs preuves qu’à outrager les personnes ; ni enfin s’il est conforme à la piété, à l’humanité même, de haïr un de nos semblables, parce qu’il est d’une religion différente de la nôtre. Mais ce que nous pouvons affirmer, c’est que tout mouvement de colère et de haine, quelque légitime qu’en soit la cause, est toujours nuisible à celui qui l’éprouve. Telle est en effet notre nature, que nous prenons promptement l’habitude du mal ; et celui qui s’est une fois laissé aller à la colère pour un motif légitime est par cela même plus disposé à s’y livrer une autre fois à tort et sans raison. De pauvres femmes entendent à l’église un homme dont elles admirent la sagesse et la sainteté, déclamer, disputer, lancer mille invectives contre d’autres hommes ; le plus souvent elles ne comprennent pas ce dont il s’agit. Elles croient n’avoir rien de mieux à faire que d’imiter pieusement leur prédicateur, et d’exciter en elles-mêmes les passions dont il se montre animé : aussi, de retour dans leurs maisons, les voit-on chercher querelle pour le moindre sujet à tous ceux qui les entourent. Les hommes n’en rapportent pas de meilleurs fruits, ceux surtout qui, comprenant tant bien que mal le sujet de ces controverses, ne peuvent s’empêcher quelquefois de s’en entretenir avec des parents ou des amis d’une autre religion (et dans ce pays c’est un cas qui se présente à chaque instant dans la société) ; de là naissent les disputes, les inimitiés ; de là quelquefois, parmi les dernières classes, on en vient aux coups. Je pourrais ajouter que souvent les dissensions publiques et les guerres n’ont pas d’autre origine, et que ceux-là sont toujours les plus exposés, qui, pleins de confiance en la sagesse de ces dangereux docteurs, ont suivi tous leurs conseils. Mais il y a peu de prédicateurs de ce genre ; et je ne pense pas qu’un seul puisse inspirer tant de craintes, pourvu toutefois qu’il n’ait pas beaucoup de disciples qui lui ressemblent et qui viennent prêcher après lui.

I am indeed deviating increasingly from the subject I had intended to address at the beginning of this fourth part. But perhaps you will not object to it. For once I have added a few more words about sermons and the education of youth, you will find here, contained within the same paragraph, everything I have to say regarding your erudition and skill. So I shall continue. The sermons of the doctor whose portrait I have just drawn generally please the masses. We naturally crave intense emotions—not only those that bring joy but also those that move our souls to sorrow. This is why tragedy is just as successful in the theater as comedy; this is why the ancients flocked to circuses to watch their fellow humans brutally torn apart by ferocious animals; and this is why, when a preacher incites his listeners to rage and hatred toward other people—especially wealthy and powerful individuals whom the lower classes of society are only too eager to envy, or toward people of different religions who are already hated as the cause of all wars—even if he says nothing remarkable or good, and often his audience doesn’t understand the issue at hand—he will be listened to more attentively and admired more warmly by the devout masses than would other preachers who, instead of arousing hatred for others’ vices, encouraged their listeners to correct their own. These latter might address a subject that displeases them, while the former talks only about what pleases him. I believe it must be a great pleasure for an ignorant but generally well-intentioned populace to occasionally indulge in pious indignation and hatred toward the nobles and the rich—because everything they do, inspired by such a person’s words or example, is seen as an act of piety. They hear that their preacher has written numerous books and has repeatedly defeated his opponents in public debates; therefore, they cannot doubt that he must be the most learned man alive, since they are incapable of judging such matters themselves. They also believe that the intensity of his sermons and his audacity in condemning the city’s leading citizens are inspired by the most sincere piety and a zeal worthy of the ancient prophets. As a result, they regard him as their advisor and guide when it comes to resisting the power of the state or fighting against enemies of their religion; and they are ready to do whatever he asks them with great enthusiasm. Is it truly beneficial for this city to harbor a preacher who possesses such influence? It is not my role to examine this question; only those in charge of affairs can decide upon it. Nor do I consider whether it is appropriate to present subtle debates that are of no relevance to the salvation of an uninformed audience to them; nor do I question whether sermons might impart a fair and accurate understanding of these matters; nor whether the people truly receive any genuine instruction from such preachers, who seem more interested in offending others than in presenting their arguments. Lastly, I do not debate whether it is pious or humane to hate one of our own kind merely because they follow a different religion from ours. However, what we can affirm is that any act of anger and hatred, no matter how justified its cause, is always harmful to those who experience it. Such is human nature—that we readily form bad habits; and those who have once given in to anger for a legitimate reason are all the more prone to doing so again without reason at all. Poor women hear in church a man whom they admire for his wisdom and holiness preaching, arguing, and hurling insults against other men; often they do not understand what is being said. They believe their only duty is to imitate their preacher piously and to stir within themselves the same passions that he displays; hence, upon returning home, they seek out disputes over the most trivial matters with everyone around them. Men are no better affected by this—especially those who, though they barely understand the content of these debates, sometimes cannot help but discuss them with relatives or friends of different religions (a situation that occurs frequently in our society). From this arise arguments and feuds; and sometimes, among the lower classes, violence even ensues. I could also add that many public disagreements and wars have no other origin than those who, trusting too much in the wisdom of such dangerous preachers, follow all their advice. But there are few preachers of this kind; and I believe that not a single one would be able to inspire so much fear, unless he had many followers who were just like him and came after him to preach as well.

Mi allontano sempre di più dal tema che mi ero proposto all’inizio di questa quarta parte. Ma forse voi non ve ne lamenterete. Infatti, quando avrò aggiunto ancora qualche parola sui sermoni e sull’educazione della gioventù, troverete qui, racchiuso in un unico paragrafo, tutto ciò che ho da dire sulla vostra erudizione e sulla vostra abilità. Continuo quindi: i sermoni di quel dotto di cui ho appena tracciato il ritratto piacciono generalmente alla moltitudine. Amiamo naturalmente le emozioni forti, non solo quelle che portano alla gioia, ma anche quelle che addolorano l’anima. Ecco perché la tragedia ha successo sul teatro tanto quanto la commedia; ecco perché gli antichi si precipitavano in folla ai giochi del circo per vedere i loro simili crudelmente dilaniati da bestie feroci. Ed è anche per questo che, quando un predicatore incita i suoi ascoltatori alla rabbia e all’odio verso altri uomini – soprattutto verso quelli ricchi e potenti, verso cui le classi inferiori della società sono troppo disposte ad invidiare, o verso persone di una religione diversa, già odiate come causa di tutte le guerre –, anche se non dice nulla di notevole, nulla di buono, e spesso il suo pubblico non capisce nemmeno il tema trattato, basta che parli con sicurezza, con passione, con abbondanza; che mescoli nel suo discorso molte ingiurie, espresse in uno stile volgare, ridicolo, ed egli sarà ascoltato con maggiore attenzione e ammirazione dalla moltitudine devota, piuttosto che da altri molto più eloquenti, ma che, invece di incitare all’odio verso i vizi altrui, esorterebbero a correggersi dei propri. Questi ultimi tratterebbero un argomento che sempre dispiace alla gente comune; l’altro, invece, si occupa soltanto di ciò che le piace. Probabilmente è una grande gioia, per una popolazione priva di malvagità ma purtroppo molto ignorante, potersi talvolta abbandonare a un’indignazione “pia”, a un odio “pio” verso i nobili e i ricchi. Poiché tutto ciò che fa, sotto l’influenza o l’esempio di tale uomo, è ai suoi occhi un atto di pietà. Sente dire che quell’uomo è autore di molti libri, che ha vinto centinaia di volte i suoi avversari in dibattiti pubblici. Non può quindi dubitare che sia l’uomo più sapiente del mondo. Essendo lei stessa incapace di giudicare su queste questioni. Crede anche che la violenza dei suoi sermoni, il suo coraggio nel criticare i principali cittadini della città siano ispirati da una pietà sincera e da un zelo degno degli antichi profeti. E quindi lo considera un consigliere, un guida, quando le occorre resistere alle classi superiori dello stato o combattere contro i nemici della sua religione. E tutto ciò che lui desidera che lei faccia, lei è pronta a farlo con ardore. È davvero utile per questa città contenere al proprio interno un predicatore che possa esercitare una tale influenza? Non spetta a me esaminare questa questione; solo coloro che sono alla guida delle affari possono decidere al riguardo. Non esamino nemmeno se sia opportuno sottoporre un uditorio ignorante a controversie complesse e prive di qualsiasi rilevanza per la sua salvezza; non valuto se i sermoni possano fornire loro una comprensione accurata e precisa di tali argomenti; né se si possa dire che il popolo riceva davvero un’educazione vera da questi predicatori, i quali sembrano più interessati a insultare le persone che a esporre le proprie argomentazioni. Tuttavia, posso affermare con certezza che qualsiasi sentimento di rabbia e odio, per quanto legittimo possa essere il motivo che lo scatena, è sempre dannoso per colui che lo prova. È proprio della nostra natura prendere rapidamente l’abitudine al male; chi una volta si è lasciato trascinare dalla rabbia per un motivo legittimo è poi più propenso a farlo ancora in modo ingiusto e senza motivo. Povere donne, nell’ascoltare in chiesa un uomo che ammirano per la sua saggezza e santità mentre pronuncia discorsi e lancia invettive contro altri uomini, spesso non comprendono affatto di cosa si tratti. Pensano quindi di dover semplicemente imitare fedelmente il loro predicatore, suscitando in sé stesse le stesse passioni che lui manifesta; così, tornate a casa, cercano motivi per litigare con chiunque le circondi. Anche gli uomini non ne traggono benefici migliori, soprattutto coloro che, pur comprendendo solo in parte il contenuto di queste controversie, a volte non possono fare a meno di discuterne con parenti o amici di religione diversa; da ciò derivano dispute e inimicizie, e talvolta, nelle classi sociali più basse, si arriva persino alle violenze. Potrei aggiungere che spesso le dissensioni pubbliche e le guerre hanno proprio origine in questo modo, e che coloro che confidano ciecamente nella saggezza di questi pericolosi predicatori sono sempre i più esposti ai danni derivanti da loro. Tuttavia, ci sono pochi predicatori di questo tipo; e non credo che nemmeno uno possa suscitare tante paure, a condizione che non abbia molti discepoli simili a lui che vengano a predicare dopo di lui.

J’ignore entièrement de quelle manière vous instruirez les jeunes gens confiés à vos soins, et je n’ai jamais eu la curiosité de prendre des renseignements à ce sujet ; mais la lecture de vos ouvrages m’a mis à même de découvrir les moyens dont vous vous servez, et qui vous donnent auprès de la multitude ignorante la réputation de savant : ils sont de nature à pouvoir facilement être saisis par les esprits les plus vulgaires, et à faire beaucoup d’hommes capables de s’élever à votre niveau, mais jamais au-dessus. Le premier de ces moyens est cette dialectique puérile, à l’aide de laquelle les sophistes d’autrefois, sans posséder aucune instruction solide, dissertaient et disputaient avec une admirable abondance sur quelque sujet que ce fût. Elle se subdivise en trois parties ; l’une contient les lieux communs où l’on doit puiser ses preuves ; la seconde, les formes de syllogismes dont on doit revêtir ces preuves pour leur donner une plus grande apparence de force ; la troisième, les distinctions qui nous servent à éluder les arguments de notre adversaire. Assurément tous ceux qui ont une imagination vive mais peu de jugement, comme la plupart des jeunes gens, peuvent en quelques jours se familiariser avec cette méthode. Rien, en effet, n’est plus facile que de considérer séparément le nom de l’objet dont il s’agit, sa définition, son genre, son espèce, ses similitudes, ses différences, ses contraires, ses accessoires, ses antécédents, ses conséquents, et tous les autres lieux que l’on trouve ordinairement dans les topiques. Lorsqu’ils veulent seulement discourir, ils n’ont qu’à débiter à tort et à travers tout ce que leur fournit successivement chacun de ces lieux ; s’ils veulent soutenir et prouver une opinion, quelque invraisemblable qu’elle soit, ils pourront toujours tirer des mêmes sources une foule de preuves, sinon bien fortes, du moins qui feront nombre ; si enfin il faut disputer, ils sauront les habiller convenablement en syllogismes. C’est encore de la même manière qu’ils répondront à toute espèce d’objections, pourvu qu’ils soient munis de vingt à trente distinctions, telles qu’on peut en faire dans un même objet successivement considéré sous les rapports direct et indirect, spéculatif et pratique, extérieur et intérieur, et autres semblables, qui trouveront leur place dans toutes les questions, pourvu que l’on sache s’en servir hardiment et sans aucune honte. Mais si l’emploi de ce moyen est facile aux jeunes gens, ou à toute autre personne dont l’imagination est la faculté la plus active, il est certainement très difficile pour quiconque a du jugement ou du bon sens. En effet, toutes les preuves, toutes les réponses aux objections, qui, ne pouvant être tirées de la considération du sujet en lui-même, sont uniquement puisées dans ces lieux communs, sont presque toujours futiles et ridicules. Mais comme il n’y a que très peu d’auditeurs qui puissent en remarquer le vide et la nullité, surtout dans les questions de la philosophie d’aujourd’hui, où il est rare que l’on en donne de meilleures, ceux qui se servent habilement de ce moyen parviennent sans peine à une certaine réputation de savoir et d’esprit ; et c’est là ce qui rend cette méthode si funeste, non seulement aux hommes d’un âge mur, mais encore et surtout aux jeunes gens : ils en prennent l’habitude, s’enorgueillissent de cette réputation si facilement acquise, et gâtent entièrement-leur raison naturelle, que l’âge eût, sans cela, mûrie et perfectionnée de plus en plus.

I have no idea whatsoever how you instruct the young people entrusted to your care, nor have I ever felt the curiosity to inquire about it; but the reading of your works has enabled me to discover the methods you employ, which enable you to gain the reputation of a scholar among the ignorant multitude. These methods are such that they can be easily grasped by even the most mediocre minds, and they may make many people capable of reaching your level—but never surpassing it. The first of these methods is that childish dialectic whereby the sophists of old, without possessing any solid knowledge, would discourse and debate on any subject with admirable fluency. This dialectic consists of three parts: the first contains general statements from which evidence can be drawn; the second comprises the forms of syllogisms through which this evidence can be presented in a more convincing manner; the third includes distinctions that help us to refute our opponent’s arguments. Surely anyone with a vivid imagination but little judgment, such as most young people, can become familiar with this method within a few days. After all, there is nothing easier than separately considering the name of the subject in question, its definition, its genus, its species, its similarities, its differences, its opposites, its associated elements, its antecedents, its consequences, and all other common categories used in argumentation. When they wish to merely engage in conversation, they need only randomly arrange all these elements; if they want to defend or prove a viewpoint, no matter how implausible it may be, they can always draw numerous arguments from the same sources—perhaps not particularly strong, but certainly sufficient in number. And if a debate arises, they will know how to present them in the form of syllogisms. In the same way, they can respond to any type of objection, provided that they have at their disposal twenty or thirty such distinctions—those that can be made regarding a single subject when considered from direct and indirect perspectives, speculative and practical aspects, external and internal features, and so on. These distinctions can be applied to all kinds of issues, as long as one knows how to use them boldly and without any shame. However, while this method may be easy for young people or anyone whose imagination is their most active faculty, it is certainly very difficult for anyone who possesses judgment or common sense. Indeed, all those arguments and responses that are not based on a thorough consideration of the subject itself but merely drawn from these general categories are almost always futile and ridiculous. But since very few listeners are able to perceive the emptiness and worthlessness of such arguments, especially in the realm of contemporary philosophy where it is rare to find better alternatives, those who skillfully employ this method easily gain a reputation for knowledge and intelligence. And it is precisely this that renders this approach so perilous—not only for mature individuals but especially for young people. They become accustomed to it, take pride in this easily obtained reputation, and thus completely ruin their natural ability to think, which otherwise would have matured and improved with age.

Non ho alcuna idea di come voi instruiate i giovani affidati alle vostre cure, e non ho mai avuto la curiosità di informarmi al riguardo; tuttavia, la lettura delle vostre opere mi ha permesso di scoprire i metodi che utilizzate per guadagnarvi la reputazione di studiosi presso le masse ignoranti. Questi metodi sono di natura tale da poter essere facilmente compresi anche dalle menti più semplici, e permettono a molte persone di raggiungere il vostro livello, ma mai di superarlo. Il primo di questi metodi è quella dialettica infantile grazie alla quale i sofisti dell’antichità, senza possedere alcuna vera conoscenza, discutevano su qualsiasi argomento con grande abilità. Questa tecnica si compone di tre parti: la prima contiene i luoghi comuni da cui estrarre le prove; la seconda riguarda le forme di sillogismi con cui queste prove vengono presentate in modo più convincente; la terza consiste nelle distinzioni utilizzate per confutare gli argomenti dell’avversario. Certamente, chiunque abbia un’immaginazione vivace ma poco giudizio, come la maggior parte dei giovani, può familiarizzare con questo metodo in pochi giorni. Infatti, non c’è nulla di più facile che considerare separatamente il nome dell’oggetto in questione, la sua definizione, il suo genere, la sua specie, le sue somiglianze, le sue differenze, i suoi contrari, i suoi elementi accessori, i suoi antecedenti e le sue conseguenze, nonché tutti gli altri aspetti che di solito vengono analizzati nei trattati di argomentazione. Quando vogliono semplicemente discutere, basta loro elencare in modo disordinato tutto ciò che questi elementi offrono; se vogliono sostenere o dimostrare un’opinione, per quanto improbabile possa essere, possono sempre estrarre dalle stesse fonti una serie di argomentazioni, anche se non particolarmente convincenti, ma comunque numerose. Se invece devono discutere in modo più formale, sanno come presentare questi argomenti sotto forma di sillogismi. Allo stesso modo, saranno in grado di rispondere a qualsiasi tipo di obiezione, purché dispongano di venti o trenta distinzioni diverse, che possono essere applicate a un singolo oggetto considerato da diversi punti di vista: diretti e indiretti, speculativi e pratici, esterni ed interni, ecc. Tutto ciò è possibile, purché si sappia utilizzarlo con audacia e senza alcuna vergogna. Tuttavia, se l’uso di questo metodo è facile per i giovani o per chiunque abbia un’immaginazione vivace, è certamente molto difficile per chi possieda giudizio o buon senso. Infatti, tutte le prove e le risposte alle obiezioni che derivano soltanto da considerazioni superficiali su un argomento sono quasi sempre inutili e ridicole. Ma poiché solo un numero molto limitato di ascoltatori è in grado di notare il vuoto e la nullità di tali argomentazioni, soprattutto nelle questioni della filosofia odierna, dove raramente si trovano risposte migliori, coloro che utilizzano abilmente questo metodo riescono facilmente a guadagnarsi una certa reputazione di erudizione e intelligenza; ed è proprio questo che rende tale metodo così pericoloso, non solo per gli uomini maturi, ma soprattutto per i giovani: essi ne prendono l’abitudine, si vanno vantando di questa reputazione ottenuta con tanta facilità e rovinano completamente la loro ragione naturale, che altrimenti avrebbe maturato e perfezionato con il passare degli anni.

Le second moyen dont je remarque l’emploi dans vos ouvrages est celui qui vous met en état de composer sur un sujet quelconque des ouvrages que les ignorants regardent comme des chefs-d’œuvre de science. Ce moyen, comme le premier, peut être mis en usage par vos disciples, sans qu’il soit besoin de la moindre instruction ; il suffît qu’ils parcourent les index de différents livres, surtout de ceux où l’on trouve de nombreuses dotations d’autres livres ; et, après avoir rassemblé pêle-mêle tout ce qu’ils auront rencontré dans ces recueils sur le sujet qu’ils ont à traiter, ils disposeront ces matériaux, quels qu’ils soient, suivant l’ordre des lieux communs, en ayant soin d’y ajouter les noms de tous les auteurs dont ils auront emprunté quelques pensées, et des auteurs mêmes qui sont loués par les premiers. Ainsi, par exemple, veulent-ils écrire sur l’athéisme, ils copieront d’abord tout ce qui se trouve dans leurs compilations de relatif à la signification de ce mot ; dans un second paragraphe, ils mettront les synonymes ; dans un troisième, les espèces ou degrés ; et ainsi de suite, les causes, les effets, les accessoires, les signes, les contraires, etc. De cette manière, il n’est pas de mot tiré d’un de leurs auteurs, quelque peu important qu’il soit, auquel ils ne trouvent une place dans leur ouvrage. Ils pourront aussi y passer en revue tous les hommes qui auront été cités comme athées ; et s’ils ont lu quelques-uns de leurs écrits, ils pourront en transcrire des arguments tout entiers, et même raconter à leur sujet des contes ou des historiettes, sans la moindre utilité. De plus, s’ils en veulent secrètement à quelqu’un, ils pourront, avec toute liberté, mettre au nombre des signes ou des causes de l’athéisme ce qu’ils sauront sur son compte, ou du moins ce que l’on en raconte. Peu importe que ces actions ou ces opinions soient honorables et éloignent de lui toute espèce de soupçon : ils sauront bien y ajouter de leur propre fonds quelque chose qui leur donnera l’apparence du mal. Ainsi, portent-ils de la haine à quelqu’un qui ait la réputation d’avoir un peu d’esprit, mais de faire peu de cas de la philosophie péripatéticienne, de lire rarement les ouvrages qui l’enseignent, de travailler à une méthode particulière pour faciliter la recherche de la vérité, et d’en avoir même déjà publié quelques essais ; aussitôt ils diront que tous les athées sont des hommes d’esprit, d’un talent supérieur, et initiés aux mystères de la nature ; et ils mettront au nombre des causes de l’athéisme la dangereuse méthode de ceux qui, se contentant en quelque sorte d’eux-mêmes et de leurs facultés naturelles, veulent fonder sur cette base toutes les connaissances humaines ; ils y mettront encore la prétendue liberté en philosophie, la promesse chimérique d’un perfectionnement et d’un renouvellement général de toutes les sciences ; l’espérance follement présomptueuse d’établir des méthodes admirables et jusqu’alors inouïes, des dogmes, des règles, et mille autres choses semblables, qui pourront leur servir plus tard à prouver que leur ennemi est un athée, appuyant ainsi une calomnie par d’autres calomnies. Qu’importe qu’ils se contredisent, en disant dans un endroit que dépouiller l’esprit de tous ses préjugés, et en faire, pour ainsi dire, comme une table rase, c’est le préparer à la doctrine de l’athéisme ; et, dans un autre endroit, que l’idée de Dieu est innée en nous, d’où il suit que les préjugés ne font, qu’obscurcir cette idée, et qu’en débarrasser l’esprit c’est la rendre plus distincte et plus nette. Qu’importe que l’on puisse, par leurs propres paroles, les convaincre eux-mêmes d’athéisme, comme lorsqu’ils disent que les prétendues réfutations de l’athéisme, qui ont paru dans des livres sans talent, ne sont qu’un moyen subtil et dangereux dont se servent les athées pour répandre leur venin ; tandis qu’eux-mêmes, d’un autre côté, publient des livres sans talent, où l’on ne trouve pas un mot qui combatte l’athéisme, et où il y a beaucoup de passages qui pourraient en propager les principes ? Ainsi ils nous disent que la plupart des athées sont doués d’un génie supérieur ; ils nous en donnent plusieurs exemples, rapportent les principales preuves dont ils ont appuyé leur doctrine, et ne les réfutent nulle part. Ils doivent seulement prendre une précaution, qui du reste est très facile pour des ignorants, c’est de ne mettre dans leur ouvrage, soit d’eux-mêmes, soit d’un de leurs auteurs, rien de remarquable, rien qui puisse instruire le lecteur. Il leur est sans doute permis, à propos d’une question sans importance et qui n’exigerait que quelques mots pour être résolue, de discourir longuement, et d’employer toute leur dialectique à y jeter de l’embarras et de l’obscurité. Mais quand ils en viendront à la question principale, à celle de l’existence de Dieu, qu’ils reconnaissent à la vérité qu’on ne doit point la passer sous silence, ni la prouver par la seule autorité de l’Écriture sainte, qu’il faut surtout la démontrer par la méthode philosophique, qu’ils se gardent cependant d’en rien faire ; qu’ils imitent les mauvais médecins qui, dans leur ignorance des remèdes les plus simples et les meilleurs, accablent leurs malades sous une multitude de médicaments inutiles ou dangereux ; que de même, une fois arrivés au véritable sujet de leur ouvrage, ils déclarent qu’une foule de connaissances sont nécessaires pour résister à l’athéisme ; qu’outre une étude approfondie des saintes écritures, il faut posséder parfaitement la science universelle des universaux, surtout la métaphysique, la pneumatique, la physique, l’astronomie générale, la géographie, l’optique, la théorie des sons, de la pesanteur, etc., et de plus la connaissance des sciences particulières, l’histoire ancienne et moderne ; et qu’enfin ils nous dressent un long catalogue de livres contre l’athéisme, dans lequel ils placeront quelques-uns des auteurs qu’ils ont signalés, un instant auparavant, comme suspects de ces affreux principes : en observant avec soin toutes ces conditions, ils composeront des ouvrages parfaitement semblables aux vôtres, ainsi que pourront s’en convaincre ceux qui auront le courage de parcourir le traité que vous ayez publié sur l’athéisme, et qui est divisé en quatre livres, ou tout autre écrit de votre façon. Mais qu’on n’aille pas s’imaginer qu’ils en seront plus estimables : ce serait se tromper grossièrement. Je pourrais encore exposer quelques autres moyens que vous employez pour composer de gros volumes, plus remplis d’injures que de science ; mais comme ils touchent plutôt à votre caractère qu’à votre savoir, je n’en parlerai pas ici.

Cinquième partie :

Du troisième chapitre de la Philosophie cartésienne, et des suivants jusqu’à la page 144.

Jusqu’à présent je n’ai pu douter que votre intention ne fût de vous déclarer l’auteur du livre intitulé Philosophie cartésienne, d’abord parce que les six premières feuilles m’ont été envoyées comme étant de vous, que les épreuves, je le sais, étaient corrigées chez vous, mais surtout parce que le style est bien évidemment vôtre ; car vous seul savez donner à l’invective des formes si variées et si énergiques ; et que le motif qui a dicté l’ouvrage, c’est-à-dire le désir de réfuter ma lettre au père Dinet, le seul à peu près de mes écrits qui soit cité dans ces feuilles, vous est tout à fait personnel. Aucun autre, en effet, fût-il cent fois votre ami, ne ressentirait au sujet de cette lettre une si violente colère ; et depuis longtemps, dans votre sénat académique, quand vous exhortiez vos collègues à soutenir l’arrêt que vous aviez lancé au nom de l’académie, vous avez déclaré publiquement que dans cette occasion vous ne manqueriez pas à votre cause, c’est-à-dire que vous écririez contre moi. Cependant comme l’auteur dit, page 55, qu’il enseigne au fond de la Belgique ; qu’il vous appelle, page 57, un maître qu’il doit révérer toute sa vie à l’égal d’un père, je ne serai pas assez impoli pour affirmer à cet égard autre chose que ce que vous voudrez que l’on croie. Je chercherais même à m’excuser de vous avoir attribué ce qui précède. Mais comme celui qui se déclare auteur du livre est votre élève, que ce livre s’imprime non dans le fond de la Belgique où il nous dit qu’il enseigne, mais sous vos yeux, personne ne vous croira moins responsable des erreurs qu’il renferme que si vous vous en étiez déclaré l’auteur. Du moins si quelques personnes pouvaient croire que vous avez montré plus de respect pour les convenances en ne publiant que sous un nom d’emprunt des injures indignes d’un théologien, peut-être auraient-elles plus mauvaise idée de votre probité, quand elles verront que vous avez mis dans vos diffamations contre moi, non pas seulement de la colère et de l’emportement, mais du calcul et de la ruse. En attendant, pour vous prouver que j’ai cru devoir quelque chose à votre nom, je n’examinerai plus chaque chapitre séparément et en détail, mais je parcourrai tout le reste d’un seul trait, et je dirai sommairement ce que j’en pense ;

The second method that I observe being employed in your works is one that enables you to compose on any given subject works that are regarded by the ignorant as masterpieces of science. This method, like the first one, can be used by your disciples without the need for any instruction at all; it is sufficient for them to browse through the indices of various books, especially those that contain references to numerous other works. After gathering together everything they find in these sources relating to the subject they wish to address, they can arrange this material in the order of common categories, making sure to include the names of all the authors from whom they have borrowed certain ideas, as well as those who are praised by the first-mentioned authors. For example, if they want to write about atheism, they will first copy everything they find in their compilations regarding the meaning of this term; in a second paragraph, they will list its synonyms; in a third, the different types or degrees of it; and so on, including causes, effects, related concepts, signs, opposites, and so forth. In this way, there is no word borrowed from any of their authors, no matter how important it may be, that they cannot find a place for in their work. They can also review all the people who have been cited as atheists; and if they have read some of their writings, they can transcribe entire arguments from them or even tell stories or anecdotes about them, even though these may be completely irrelevant. Furthermore, if they wish to harm someone secretly, they can freely include whatever they know about that person’s character, or at least what people say about it, among the reasons or signs associated with atheism. No matter how honorable such actions or opinions may be, and no matter how far they remove that person from any suspicion, they will surely find a way to add something of their own that gives them the appearance of being malicious. Thus, they harbor hatred toward anyone who is reputed to possess a certain degree of intelligence but who pays little attention to Peripatetic philosophy, rarely reads the works that teach it, does not employ any particular method to facilitate the pursuit of truth, and has even published some essays on the subject; immediately, they claim that all atheists are men of great intellect, possessing superior talents and having an understanding of the mysteries of nature. They attribute atheism to the dangerous methodology of those who, in a sense, rely solely on themselves and their natural faculties, attempting to establish all human knowledge upon this basis. They also cite the so-called “freedom” in philosophy, the illusory promise of universal improvement and renewal in all sciences, as well as the foolishly presumptuous hope of devising marvelous and unprecedented methods, doctrines, and rules—everything that might later be used to prove their enemy an atheist, thus supporting one slander with another. It matters little that they contradict themselves: on one hand, they say that stripping the mind of all prejudices and making it as if “cleaned slate” is preparing it for atheistic doctrine; on the other hand, they claim that the idea of God is innate in us, meaning that prejudices merely obscure this idea, and that freeing the mind from them makes it clearer and sharper. It also matters little that their own words could convince them of atheism—such as when they say that the so-called refutations of atheism found in mediocre books are nothing but subtle and dangerous means used by atheists to spread their poison; yet on the same hand, they themselves publish mediocre books that contain not a single word against atheism and many passages that could actually promote its principles. Thus, they tell us that most atheists possess superior genius; they provide numerous examples and cite the main arguments supporting their doctrine, yet never refute them. All they need to do is take one simple precaution—which is, after all, very easy for ignorants—to ensure that nothing in their writings, whether their own or those of their authors, contains anything substantial or instructive for the reader. Regarding trivial matters that require but a few words to resolve, they are certainly free to indulge in lengthy discussions and use all their dialectical skills to obscure and complicate them. But when they come to address the main issue—the question of the existence of God—they must acknowledge that this truth cannot be ignored or proven solely by the authority of the Holy Scriptures. Rather, it must be demonstrated through philosophical methods. Yet they refrain from doing so; they imitate those poor doctors who, ignorant of the simplest and most effective remedies, overwhelm their patients with a multitude of useless or dangerous medications. In the same way, once they have reached the true subject of their work, they claim that a vast range of knowledge is necessary to resist atheism. Besides an in-depth study of the sacred scriptures, one must possess a thorough understanding of universal sciences—especially metaphysics, pneumatology, physics, general astronomy, geography, optics, the theory of sound and gravity, etc.—as well as specialized knowledge such as ancient and modern history. Finally, they present us with a long list of books against atheism, including some authors they have previously labeled as suspect of these abhorrent principles. By carefully fulfilling all these conditions, they would produce works utterly similar to yours—something those who dare to read your four-volume treatise on atheism, or any other work written in your style, can easily verify. But let us not delude ourselves into thinking that such works would make them more respectable; that would be a grave mistake. I could also point out several other methods you employ to produce voluminous works that are more filled with insults than with genuine knowledge; but since these methods relate more to your character than to your intellect, I will not address them here.

Part Five:

From the third chapter of ‘Cartesian Philosophy’, and the subsequent chapters up to page 144.

Up until now, I had no reason to doubt that your intention was indeed to declare yourself the author of the book entitled Philosophie cartésienne. Firstly, because the first six chapters were sent to me as yours; secondly, because I know that the proofs were being corrected by you; and most importantly, because the style is unmistakably yours. Only you could give such varied and vigorous forms to invective; moreover, the motive behind writing this work—namely, your desire to refute my letter to Father Dinet, the only one of my writings mentioned in these chapters—is entirely personal to you. No one else, even if they were your closest friends, would feel such intense anger regarding that letter. For a long time, in your academic role as president of the academy, when you exhorted your colleagues to support the decision you had made on behalf of the institution, you publicly declared that you would not fail to defend your cause—that is, that you would write against me. However, since the author states on page 55 that he teaches in the depths of Belgium, and calls you on page 57 a master whom he must respect for the rest of his life, like a father, I would be utterly impolite to assert anything other than what you wish people to believe about this matter. In fact, I would even try to apologize for attributing these things to you. But since the person claiming to be the author of this book is your student, and since it is published not in the depths of Belgium but right under your eyes, no one will consider you less responsible for the errors it contains than if you had openly acknowledged them yourself. At least, if some people might have thought that you showed considerable respect for propriety by publishing such offensive statements under a pseudonym, they would likely form an even worse opinion of your integrity when they see that you have poured not only anger and vehemence but also calculation and cunning into your attacks on me. In any case, to prove that I felt it necessary to mention your name in this matter, I will not examine each chapter individually in detail; instead, I will review the entire work briefly and state my overall opinion.

Il secondo metodo di cui noto l’uso nei vostri scritti è quello che vi permette di comporre, su un qualsiasi argomento, opere che gli ignoranti considerano capolavori della scienza. Questo metodo, come il primo, può essere utilizzato dai vostri discepoli senza alcuna necessità di istruzioni particolari; basta che consultino gli indici di diversi libri, soprattutto quelli che contengono elenchi di altre opere; e, dopo aver raccolto tutto ciò che hanno trovato in questi testi sull’argomento da trattare, disporranno questi materiali, qualunque essi siano, seguendo l’ordine logico degli argomenti, prendendosi cura di aggiungere i nomi di tutti gli autori da cui hanno tratto alcune idee, anche di quelli lodati dagli altri. Ad esempio, se vogliono scrivere sull’ateismo, copieranno prima tutto ciò che si trova nelle loro raccolte riguardo al significato di questa parola; in un secondo paragrafo inseriranno i sinonimi; in un terzo, le varie forme o gradazioni di questo concetto; e così via, indicando le cause, gli effetti, gli elementi correlati, i contrari, ecc. In questo modo, non esiste alcuna parola tratta da uno dei loro autori, per quanto importante possa essere, che non trovi il proprio posto nel loro scritto. Potranno anche passare in rassegna tutti coloro che sono stati citati come atei; e, se hanno letto alcuni dei loro scritti, potranno trascrivere interi argomenti o addirittura raccontare storie o aneddoti su di loro, anche senza alcun vero valore. Inoltre, se vogliono nuocere segretamente a qualcuno, possono liberamente includere nelle loro argomentazioni tutto ciò che sanno sul suo conto, o almeno ciò che si dice di lui. Non importa quanto queste azioni o opinioni possano essere onorevoli e lontane da qualsiasi sospetto: troveranno sempre il modo di aggiungere qualcosa di loro stessi che le renda apparentemente negative. Pertanto, essi provano odio verso coloro che hanno la reputazione di possedere un certo ingegno, ma che prestano poca attenzione alla filosofia peripatetica, che raramente leggono gli scritti che la insegnano, che non si impegnano in metodi specifici per facilitare la ricerca della verità e che addirittura hanno già pubblicato alcuni saggi al riguardo; immediatamente affermano che tutti gli atei siano persone dotate di ingegno, di talento superiore e introdotte nei misteri della natura. Tra le cause dell’ateismo menzionano anche il pericoloso metodo di coloro che, in qualche modo accontentandosi di se stessi e delle proprie facoltà naturali, vogliono fondare su queste basi tutte le conoscenze umane; citano inoltre la cosiddetta “libertà” nella filosofia, la promessa illusoria di un perfezionamento e di un rinnovamento generale di tutte le scienze, nonché l’aspettativa follemente presuntuosa di stabilire metodi straordinari e fino ad allora inesistenti, dogmi, regole e mille altre cose simili, che in seguito potrebbero servire loro a dimostrare che il loro nemico è un ateo, avvalendosi così di calunnie per combattere altre calunnie. Che importa se si contraddicono, dicendo da un lato che privare lo spirito di tutti i suoi pregiudizi significa, in qualche modo, renderlo “una tavola rasa”, preparandolo così alla dottrina dell’ateismo; e dall’altro lato che l’idea di Dio è innata in noi, da cui deriva che i pregiudizi non fanno altro che oscurare questa idea, e che liberare lo spirito significa renderla più chiara e netta. Che importa se, con le loro stesse parole, si possono convincere loro stessi dell’ateismo, proprio come quando affermano che le cosiddette “refutazioni” dell’ateismo apparse in libri privi di talento non sono altro che un mezzo subdolo e pericoloso utilizzato dagli atei per diffondere il loro veleno; mentre loro stessi, dall’altro lato, pubblicano libri privi di talento, nei quali non si trova una parola che combatta l’ateismo, e in cui ci sono molti passaggi che potrebbero invece diffonderne i principi. Così ci dicono che la maggior parte degli atei è dotata di un genio superiore; ne forniscono diversi esempi, riportano le principali prove con cui hanno avvalorato la loro dottrina, ma non le confutano da nessuna parte. Dovrebbero soltanto prendere una precauzione, che del resto è molto facile per degli ignoranti: quella di non inserire nei loro scritti, sia loro stessi che di uno dei loro autori, nulla di significativo, nulla che possa istruire il lettore. Probabilmente è loro permesso, riguardo a una questione senza importanza che richiederebbe soltanto poche parole per essere risolta, discutere a lungo e utilizzare tutta la loro dialettica per creare confusione e oscurità. Ma quando arriveranno alla questione principale, a quella dell’esistenza di Dio, che riconoscano chiaramente come una verità che non si può ignorare né dimostrare unicamente attraverso l’autorità delle Sacre Scritture, ma soprattutto attraverso il metodo filosofico; che tuttavia si astengano dal farlo; che imitino quei cattivi medici che, a causa della loro ignoranza dei rimedi più semplici e efficaci, sovraccaricano i loro pazienti di una miriade di medicinali inutili o pericolosi; che allo stesso modo, una volta giunti al vero oggetto del loro lavoro, dichiarino che sono necessarie molte conoscenze per resistere all’ateismo; che oltre a uno studio approfondito delle Sacre Scritture, sia indispensabile possedere una perfetta conoscenza della scienza universale, soprattutto della metafisica, della pneumatologia, della fisica, dell’astronomia generale, della geografia, dell’ottica, della teoria dei suoni, della gravità, ecc., nonché delle scienze particolari, come la storia antica e moderna; e che infine ci presentino un lungo elenco di libri contro l’ateismo, tra cui includeranno alcuni degli autori che hanno appena menzionato come sospetti di tali orribili principi. Se seguiranno attentamente tutte queste condizioni, comporranno opere perfettamente simili alle vostre; e coloro che avranno il coraggio di leggere il trattato che avete pubblicato sull’ateismo – diviso in quattro libri – o qualsiasi altro scritto del vostro genere, potranno convincersene. Ma non si debba pensare che tali opere li rendano più stimabili: sarebbe un grave errore. Potrei ancora esporre altri metodi che utilizzate per comporre volumi pesanti, pieni più di insulti che di conoscenza; ma poiché riguardano piuttosto il vostro carattere che la vostra erudizione, non ne parlerò qui.

Quinta parte:

Dal terzo capitolo della Filosofia cartesiana e successivi, fino alla pagina 144.

Fino ad ora non ho potuto dubitare che la vostra intenzione fosse quella di dichiararvi autore del libro intitolato “Filosofia cartesiana”: innanzitutto perché le prime sei pagine mi sono state inviate come vostre, e so che le bozze venivano corrette da voi; ma soprattutto perché lo stile è chiaramente vostro: solo voi sapete dare all’invettiva forme così varie ed energiche; inoltre, il motivo che ha ispirato quest’opera – ovvero il desiderio di confutare la mia lettera al padre Dinet, l’unica delle mie scritture citata in queste pagine – è certamente personale. Nessun altro, anche se fosse cento volte vostro amico, proverebbe una rabbia così violenta riguardo a quella lettera; e da tempo, nel vostro “senato accademico”, quando esortavate i vostri colleghi a sostenere la posizione che avevate preso in nome dell’Accademia, dichiaravate pubblicamente che in quell’occasione non avreste mancato di difendere la vostra causa, cioè che avreste scritto contro di me. Tuttavia, poiché l’autore afferma, a pagina 55, di insegnare nel profondo della Belgia; e vi chiama, a pagina 57, un maestro che deve rispettare per tutta la vita, come un padre, non sarei abbastanza scortese da affermare altro se non ciò che vorrete che si creda al riguardo. Anzi, cercherei persino di scusarmi per avervi attribuito quanto precede. Ma poiché colui che si dichiara autore del libro è vostro allievo, e poiché il libro viene pubblicato non nel profondo della Belgia, ma sotto i vostri occhi, nessuno crederà meno che siate voi responsabili degli errori che contiene. Almeno, se qualcuno potesse pensare che abbiate dimostrato troppo rispetto per le convenienze pubbliche pubblicando quelle offese indegne di un teologo sotto un nome fittizio, forse avrebbe ancora una peggiore opinione della vostra onestà, quando scoprirà che nelle vostre diffamazioni contro di me avete messo non solo rabbia ed impeto, ma anche calcolo e astuzia. Intanto, per dimostrare che ho ritenuto opportuno fare riferimento al vostro nome, non esaminerò più ogni capitolo separatamente, ma leggerò l’intero libro in un colpo d’occhio e dirò brevemente ciò che ne penso.

L’auteur paraît avoir rassemblé dans la première section tout ce qu’il avait pu trouver alors contre notre philosophie ; car, dans la seconde, il s’efforce de réfuter les objections, ou en d’autres termes de répondre à ce qu’on peut dire pour la défendre. Cette première section contient cinq chapitres. Dans le premier l’auteur prétend que je prescris à mes disciples de tout oublier ; dans le second, que je leur fais déclarer la guerre aux livres. On a déjà vu jusqu’à quel point ces deux assertions étaient fondées. Dans le troisième, il dit que je veux m’en faire admirer, adorer même, comme un autre Pythagore, et que j’exige de leur part une croyance aveugle à tout ce que je leur enseigne ; dans le quatrième, que je leur donne les plus grandes espérances, que je leur promets la solution de tous leurs doutes ; dans le cinquième, que je leur inspire du mépris pour tout le monde, et la plus haute estime pour eux-mêmes. Il n’est personne qui ne puisse juger combien toutes ces accusations sont vraisemblables. La seconde section, du moins depuis le commencement jusqu’à la page 144 via dernière que j’aie lue, comprend six chapitres. Il prétend, dans le premier, qu’il est inutile de faire sonner si haut l’ancienneté de notre philosophie ; dans le second, qu’il est tout aussi inutile d’en préconiser l’évidence ; dans le troisième, qu’il ne sert à rien de vanter les progrès de nos élèves ; dans le quatrième, que nos attaques contre la philosophie régnante se bornent à des disputes de mots ; dans la cinquième, que nous ne pouvons la combattre, parce que nous n’en connaissons pas les termes. Quand tout cela serait vrai, on n’en saurait conclure qu’il faut rejeter notre philosophie. Il dit ensuite, au commencement du sixième chapitre, que la nouvelle philosophie cartésienne a cinq pierres de touche poux reconnaître la vérité de toutes ses décisions et de ses dogmes : l’expérience, le raisonnement, l’algèbre, la géométrie et la mécanique ; et dans le même chapitre il disserte contre l’expérience, qui, dit-il, ne nous est d’aucun secours ; dans le septième, contre le raisonnement ; dans le huitième, contre la géométrie et l’algèbre ; dans le neuvième, contre la mécanique, mais toujours avec tant de sagacité, qu’un lecteur éclairé ne peut se défendre, en le lisant, d’avoir bonne opinion de notre manière de philosopher. Enfin, dans le dixième chapitre, il veut montrer par quelle tactique je fois valoir mes opinions. Il me reproche de jeter en avant un simple exposé de faits que je donne pour une démonstration, d’accorder beaucoup à l’évidence d’une proposition, et de forger des hypothèses. Mais ce ne sont là que les idées qu’il voudrait faire passer pour les miennes, c’est-à-dire tout ce que lui-même et ses auxiliaires ont pu imaginer de plus mauvais ; quant aux preuves, il n’en apporte aucune, aucune du moins dont le premier venu ne puisse au premier coup d’œil reconnaître la faiblesse et la nullité absolue.

C’est ainsi que, dans le second chapitre de la seconde section, en distinguant l’évidence de raisonnement et l’évidence de proposition, et en m’accordant fort longuement la première, il veut donner à penser par cela seul qu’il me nie légitimement la seconde ; et, dans le chapitre cinq, pour prouver M. Regius et moi nous ignorons les termes de Philosophie péripatéticienne, il se borne à citer un passage où M. Regius parle ainsi de lui-même : J’ai depuis longtemps, sinon approfondi, du moins passablement appris la philosophie des écoles ; et ce mot, passablement, il le commente depuis la page 102 jusqu’à la page 106, parce qu’il soutient que ce n’est pas passablement, mais parfaitement et à fond, qu’il faut la connaître. Souvent, au lieu de preuves, il m’adresse des questions, c’est-à-dire qu’il s’amuse à plaisanter. Par exemple, page 45, il me demande en général une solution facile et claire de quelque question philosophique ; aussitôt il s’objecte à lui-même que je m’imagine en avoir donné quelques-unes dans mes ouvrages d’astronomie, et, sans prendre la peine d’examiner ces solutions, il se borne à dire qu’il ne faut pas ajouter foi à un charlatan qui se fait avec une vanité insupportable le héraut de sa propre gloire. Or, comme cette manière de répondre s’appliquerait aussi bien à toutes les solutions nouvelles que je pourrais donner, ce serait sottise de ma part que de daigner répondre à une seule de ses questions.

Je ferai cependant une seule observation, c’est qu’il résulte évidemment de toute la marche du livre que le seul but de l’auteur est de ruiner mes opinions philosophiques et de réfuter ce que j’ai dit de vous dans ma lettre au père Dinet. Mais que cependant il se tient dans les généralités, dans les suppositions, système ordinaire des calomniateurs, sans jamais rien préciser, excepté dans trois passages, dont le premier a trait à ce que j’ai dit de vous, et les deux autres à mes opinions. Le premier de ces passages est à la page 118, où il me conteste la vérité de ce syllogisme : Ce dont l’idée est en moi a une existence réelle. Mais ces mots, je ne les ai jamais écrits nulle part, ils n’ont aucune forme de syllogisme, je n’ai jamais rien pensé qui en approche, et il ne cite pas l’endroit d’où il les a tirés. L’autre est à la page 124, où il nie que dans la conception d’une chose quelconque soit contenue son existence ou possible ou nécessaire. En quoi il ne prouve que son ignorance. Qui ne sait, en effet, que par le mot chose on entend une entité réelle, que entité dérive d’être ou d’existence, que les choses naturelles sont appelées par les philosophes des essences, parce que nous ne les pouvons concevoir qu’avec l’être ou l’existence ? et ce qu’il ajoute est absurde quand il dit que je suppose Dieu trompeur : car, quoique dans ma première méditation j’aie parlé d’un être menteur qui serait tout-puissant, je n’entendais aucunement parler du vrai Dieu, puisque, comme mon adversaire le dit lui-même, il est impossible que le vrai Dieu soit menteur : et si on lui demande d’où il sait que cela est impossible, il doit répondre qu’il le sait parce que cela implique contradiction dans l’idée ; en d’autres termes, parce que cela ne peut se concevoir, tellement que l’argument dont il se sert pour me combattre suffit pour ma défense.

The author seems to have gathered in the first section everything he could find at that time against our philosophy; for in the second section, he attempts to refute those objections—or, in other words, to respond to what might be said in its defense. This first section contains five chapters. In the first chapter, the author claims that I instruct my disciples to forget everything; in the second, that I urge them to declare war on books. We have already seen to what extent these two assertions are unfounded. In the third chapter, he says that I seek to make myself admired, even worshipped, like another Pythagoras, and that I demand blind faith from them in everything I teach; in the fourth, that I give them great hopes and promise to resolve all their doubts; in the fifth, that I inspire them to despise everyone else and hold themselves in the highest esteem. Anyone can see how plausible all these accusations are. The second section, at least from the beginning until page 144 (the last page I have read), contains six chapters. In the first chapter, he claims that it is useless to emphasize so much the antiquity of our philosophy; in the second, that it is equally futile to advocate its evidences; in the third, that praising the progress of our students is of no use at all; in the fourth, that our attacks on the prevailing philosophy amount merely to verbal disputes; in the fifth, that we cannot combat it because we do not even know its terms. Even if all this were true, it would only lead to the conclusion that our philosophy should be rejected. He then says, at the beginning of the sixth chapter, that the new Cartesian philosophy has five fundamental tools for verifying the truth of its doctrines and assertions: experience, reasoning, algebra, geometry, and mechanics. In the same chapter, he criticizes experience, claiming that it is of no help to us; in the seventh, reasoning; in the eighth, geometry and algebra; in the ninth, mechanics—but always with such perspicacity that any discerning reader cannot help but have a favorable opinion of our way of philosophizing. Finally, in the tenth chapter, he attempts to show what tactics I use to defend my views. He accuses me of presenting mere factual statements as demonstrations, of overemphasizing the evidences supporting a proposition, and of fabricating hypotheses. But these are merely the ideas he would have us believe are mine—that is, everything the most hostile critics could possibly conceive. As for any actual evidence, he provides none at all, not a single one that an ordinary person could immediately recognize as weak or utterly worthless.

In this manner, in the second chapter of the second section, by distinguishing between the evidence derived from reasoning and that derived from propositions, and by devoting considerable space to the former, he seeks to imply that he legitimately denies me the latter; and in chapter five, in order to prove that both Mr. Regius and I are ignorant of the terms of Peripatetic philosophy, he merely quotes a passage in which Mr. Regius speaks of himself as follows: “I have for some time now, if not thoroughly, at least fairly well learned the philosophies of these schools.” He then goes on to comment on this phrase from page 102 to page 106, insisting that one must understand it not merely fairly well, but perfectly and thoroughly. Often, instead of providing actual proofs, he poses questions to me—essentially engaging in banter. For example, on page 45, he asks me for a simple and clear solution to some philosophical problem; yet immediately afterward, he argues against himself that I might have provided such solutions in my astronomical works, and without even examining them, he concludes that one should not trust a charlatan who so arrogantly proclaims his own glory. Since this kind of response could apply to any new solution I might offer, it would be foolish of me to bother responding to a single one of his questions.

However, I would like to make only one observation: it is evident from the entire content of this book that the author’s sole purpose is to destroy my philosophical opinions and refute what I said about you in my letter to Father Dinet. Nevertheless, the author confines himself to generalities and assumptions—the usual tactics of slanderers—never providing any specific details, except in three passages. The first of these passages appears on page 118, where the author challenges the validity of this syllogism: “That which is conceived in my mind necessarily has real existence.” But I have never written such words anywhere; they do not constitute a proper syllogism at all, and I have never held any opinion that even approaches this notion. Moreover, the author does not provide any source for these claims. The second passage appears on page 124, where the author denies that the conception of anything necessarily implies its existence or possibility. In doing so, he merely demonstrates his own ignorance. After all, who would not understand that by “thing” we mean a real entity, that “entity” itself derives from being or existence, and that natural things are referred to by philosophers as “essences” precisely because we can only conceive of them in terms of being or existence? As for the claim that I suppose God to be deceitful, it is utterly absurd. Indeed, although I discussed in my first meditation an omnipotent being capable of lying, I had no intention of referring to the true God—since, as my opponent himself acknowledges, it is impossible for the true God to be deceitful. And if he is asked where he derives this assertion, he can only reply that he knows it because such a notion would involve logical contradiction; in other words, because it is simply inconceivable. Thus, the very argument he uses against me actually serves as my defense.

L’autore sembra aver raccolto nella prima sezione tutto ciò che era riuscito a trovare all’epoca contro la nostra filosofia; infatti, nella seconda sezione si sforza di confutare le obiezioni, o in altre parole di rispondere a quanto possa essere detto a suo favore. Questa prima sezione è composta da cinque capitoli: nel primo l’autore afferma che io ordini ai miei discepoli di dimenticare tutto; nel secondo, che li esorto a dichiarare guerra ai libri. Abbiamo già visto fino a che punto queste due asserzioni siano fondate. Nel terzo capitolo sostiene che io voglia essere ammirato, persino adorato, come un altro Pitagora, e che richieda da loro una fede cieca in tutto ciò che insegnano; nel quarto, che io dia loro grandi speranze, promettendo di risolvere tutti i loro dubbi; nel quinto, che susciti in loro disprezzo per tutti gli altri e la massima stima per se stessi. Chiunque possa giudicare, riconoscerà quanto siano plausibili tutte queste accuse. La seconda sezione, almeno dall’inizio fino alla pagina 144 che ho letto, è composta da sei capitoli: nel primo afferma che sia inutile enfatizzare eccessivamente l’antichità della nostra filosofia; nel secondo, che sia altrettanto inutile sottolinearne l’evidenza; nel terzo, che non serva a nulla lodare i progressi dei nostri discepoli; nel quarto, che le nostre critiche alla filosofia dominante si limitino a dispute verbali; nel quinto, che non possiamo combatterla perché non conosciamo i suoi termini tecnici. Anche se tutto ciò fosse vero, non ne seguirebbe altro che la necessità di rifiutare la nostra filosofia. Nel sesto capitolo sostiene che la nuova filosofia cartesiana disponga di cinque strumenti fondamentali per verificare la veridicità delle sue affermazioni e dei suoi dogmi: l’esperienza, il ragionamento, l’algebra, la geometria e la meccanica; nel settimo capitolo attacca l’esperienza, sostenendo che non ci sia di alcun aiuto; nell’ottavo, il ragionamento; nel nono, la geometria e l’algebra; nel decimo, cerca di dimostrare con quale tattica io intenda difendere le mie opinioni. Mi rimprovera di presentare semplicemente dei fatti come se fossero prove conclusive, di dare troppa importanza all’evidenza delle proposizioni e di formulare ipotesi senza fondamento. Ma queste sono soltanto le idee che lui stesso e i suoi seguaci hanno cercato di diffondere contro la nostra filosofia; quanto alle prove, non ne fornisce alcuna, almeno nessuna che un qualsiasi lettore possa riconoscere immediatamente come debole e assolutamente inutile.

Ecco come, nel secondo capitolo della seconda sezione, distinguendo tra l’evidenza derivante dal ragionamento e quella derivante dalle proposizioni, e concedendo molto più spazio alla prima, egli intenda far credere, semplicemente con questo, di negarmi legittimamente la seconda; inoltre, nel quinto capitolo, per dimostrare che sia lui che io ignoriamo i termini della filosofia peripatetica, si limita a citare un passaggio in cui il signor Regius parla di sé stesso così: “Da tempo ho appreso, se non approfonditamente, almeno abbastanza bene la filosofia delle scuole”; e su questa espressione “abbastanza bene”, egli commenta a lungo, dalla pagina 102 alla pagina 106, sostenendo che essa non significhi semplicemente “abbastanza bene”, ma “perfettamente e in modo approfondito”. Spesso, invece di fornire prove concrete, mi pone domande, cioè si diverte a scherzare con me. Ad esempio, alla pagina 45, mi chiede una soluzione semplice e chiara a qualche questione filosofica; subito dopo si obietta dicendo che immagino di averne fornite alcune nei miei scritti di astronomia, e senza nemmeno prendersi la briga di esaminarle, conclude dicendo che non si deve credere a un ciarlatano che, con una vanità insopportabile, si proclama annunciatore della propria gloria. Ora, poiché questo modo di rispondere si applicherebbe ugualmente a qualsiasi soluzione nuova potessi fornire, sarebbe sciocco da parte mia prendermi la briga di rispondere anche solo a una delle sue domande.

Farò tuttavia una sola osservazione: risulta evidente, dall’intero contenuto del libro, che lo scopo unico dell’autore è quello di distruggere le mie opinioni filosofiche e confutare ciò che ho detto su di voi nella mia lettera al padre Dinet. Tuttavia, l’autore si limita a formulare generalità e supposizioni, tipiche dei calunniatori, senza mai fornire informazioni precise, ad eccezione di tre passaggi: il primo riguarda ciò che ho detto su di voi, mentre gli altri due riguardano le mie opinioni personali. Il primo di questi passaggi si trova a pagina 118; in esso mi si contesta la veridicità di questo sillogismo: “Ciò la cui idea esiste nella mia mente ha un’esistenza reale”. Ma queste parole non le ho mai scritte da nessuna parte; esse non hanno alcuna forma di sillogismo, e non ho mai pensato nulla che vi si avvicini. Inoltre, l’autore non indica da dove abbia tratto tali affermazioni. Un altro passaggio si trova a pagina 124: in esso si nega che nella concezione di una cosa sia già contenuta la sua esistenza, o che essa sia possibile o necessaria. In questo modo, l’autore dimostra soltanto la propria ignoranza. Chi non sa, infatti, che con il termine “cosa” ci si riferisce a un’entità reale, che “entità” deriva da “essere” o “esistenza”, e che le cose naturali vengono definite dai filosofi “essenze”, perché possiamo concepirle soltanto in relazione all’essere o all’esistenza? Ciò che l’autore aggiunge è assurdo: afferma infatti che io supponga che Dio sia un ingannatore; ma, poiché nella mia prima riflessione ho parlato di un essere ingannevole che fosse onnipotente, non intendevo affatto riferirmi al vero Dio, poiché, come lo stesso mio avversario afferma, è impossibile che il vero Dio sia ingannatore. E se gli si chiede da dove sappia che ciò è impossibile, deve rispondere che lo sa perché tale ipotesi comporta contraddizioni logiche; in altre parole, perché tale idea non può essere concepita. Quindi, l’argomento che utilizza per attaccarmi basta perfettamente anche a mia difesa.

Le passage qui vous concerne est aux pages 57 et 58, où il croit réfuter parfaitement ce que j’avance des auteurs que vous citez, qu’ils prouvent plus souvent contre vous que pour vous ; et voici comment il me réfute. Supposant que je ne lis aucun livre, il dit que je n’ai pu le savoir que d’un autre, et il me somme de nommer celui qui me procure mes citations. Mais si l’on veut examiner dans vos écrits quelles longues listes d’auteurs vous citez quand il n’y a rien à prouver ; et quand vous auriez besoin de preuves, combien vous en citez peu qui ne soient ou sans nom ou d’une autre religion que vous, tellement que leur autorité, surtout en matière de foi, parle toujours contre vous, ou du moins prouve fort peu en votre faveur ; et enfin, combien de fois, au lieu de raisons que l’on a droit d’attendre de vous-même, vous renvoyez le lecteur à d’autres livres, et souvent à des livres qu’il est impossible de se procurer, et cela pour avoir l’air de dire quelque chose quand vous ne dites rien, ce que je regarde comme la plus forte preuve contre vous ; on reconnaîtra que j’étais suffisamment autorisé à dire ce que j’ai dit, même sans avoir consulté un seul des auteurs que vous citez ! car, puisque les citations n’ont de valeur que pour confirmer l’assertion à l’appui de laquelle ou les présente, toutes les fois qu’elles n’atteignent pas ce but, elles parlent contre celui qui les emploie, puisqu’elles accusent, ou sa mauvaise foi si elles sont fausses, ou son ignorance et sa pédanterie ai elles ne viennent pas à propos. Et que diriez-vous si j’ajoutais que dans votre Philosophie cartésienne je n’ai pas trouvé jusqu’à présent un seul passage de mes écrits qui ne prouve évidemment contre l’auteur qui le cite, parce qu’ils sont tous ou bien altérés, comme je l’ai prouvé déjà pour le plus grand nombre, ou étrangers à ce que vous voulez prouver ? Vous diriez que vous n’en êtes pas l’auteur, et que je ne l’avais pas encore vue quand j’écrivis cette phrase qui vous a blessé. Mais enfin si j’ajoutais que j’avais lu du moins la réponse de M. Regius à vos thèses, que j’y avais trouvé des passages de l’Écriture sainte que vous aviez cités en faveur des formes substantielles, citations auxquelles il a très ingénieusement répondu en se bornant à donner textuellement les passages que vous n’aviez fait qu’indiquer en chiffres ; par exemple, vous aviez cité les Proverbes, chapitre XXX, paragraphes 24, 25, 26, 27 et 28, et il y a trouvé ces paroles : Il y a quatre choses sur la terre qui sont très petites, et qui sont plus sages que les sages mêmes : Les fourmis, ce petit peuple qui fait sa provision pendant la moisson ; les lapins, cette troupe faible, qui établit sa demeure dans les rochers ; les sauterelles, qui n’ont pas de roi, et qui toutefois marchent toutes par bandes ; le lézard, qui se soutient sur ses mains et demeure dans le palais du roi j et certes il n’y a pas dans toute l’Écriture sainte un seul verset que vous ne puissiez citer tout aussi à propos, car dans tous on nomme quelque objet matériel à qui vous supposez une forme substantielle. Mais ils ne prouvent pas plus en votre faveur que les passages où l’on parle de neige ne prouvent en faveur de ceux qui prétendent que la neige est noire. Or, cet abus que vous faites de l’Écriture sainte, pour faire soupçonner d’hérésie votre collègue et votre ami, me semble parler bien haut contre vous. Je pourrais peut-être prouver la même chose pour tous vos ouvrages, mais je m’abstiens à dessein de parler de tout ce que vous avez publié sous le nom de thèses, désirant que cette lettre puisse se vendre plus librement chez vos libraires, à qui j’apprends qu’il est défendu de vendre ce que l’on écrit contre vos thèses : or, je ne connais d’autre ouvrage dont vous vous soyez reconnu l’auteur, si ce n’est pourtant votre Thersite. Je vais donc vous dire encore ce que j’en ai appris ; et en même temps, pour me conformer à vos désirs, je vous dirai de qui je l’ai appris. Vous n’avez, pas oublié l’auteur de cet Examen approfondi, que vous attaquez dans votre Thersite. Eh bien, dans sa réfutation du Thersite, publiée en 1637, il dit de vous, page 18 ”.Je déclare que monsieur Voet donne à toutes mes paroles des interprétations si absurdes, qu’il se permet avec tant d’impudence d’ajouter, de mutiler, de changer, que je ne reconnaîtrai comme étant de moi rien de ce qu’il m’attribue, ni pensée, ni argument. S’il ne citait qu’une ou deux fois à faux, cela pourrait s’appeler une erreur, mais des altérations si multipliées ne peuvent être attribuées qu’à la perfidie. Pour moi, j’ai comparé plusieurs de vos citations avec son texte, et je puis attester que sous ce rapport il a dit vrai. Ai-je dû, je vous le demande, penser que vous citiez plus fidèlement les autres écrivains, quand j’ai vu comment vous vous jouez de l’Écriture sainte, et comment vous altérez les paroles de ceux-là mêmes qui peuvent vous reprocher publiquement votre mauvaise foi. Certes, M. Voet, si vous n’avez pas de meilleur moyen de réfuter ce que j’ai dit de vous, ou de combattre mes opinions, je ne vois pas trop pourquoi vous avez composé votre Philosophie cartésienne, et quand on verra que vos cent quarante-quatre premières pages ne renferment pas autre chose, il faudrait avoir bien du temps de reste pour prendre la peine d’en lire davantage, car il n’est pas vraisemblable que vous ayez débuté par donner toutes ces rapsodies au public si vous aviez eu quelque chose de mieux. Mais de peur qu’on ne m’accuse de juger en aveugle ce que je n’ai pas lu, je ne fermerai pas encore cette lettre, et j’attendrai le reste de votre livre.

Sixième partie :

Du livre de Gisbert Voëtius contre la Confrérie de Notre-Dame.

Le commencement de cette lettre était resté depuis longtemps oublié sur mon bureau lorsque j’ai reçu à la fois, et votre, dernier ouvrage intitulé Confrérie de Notre-Dame, et la nouvelle que le reste de votre Philosophie cartésienne était livré à l’impression, mais que l’édition avait été suspendue pendant quelques mois, par les soins que vous donniez à cet autre ouvrage que vous désiriez faire paraître auparavant. Dès lors il n’est plus besoin d’autre preuve pour constater que l’ouvrage n’appartient pas à celui dont il portera le nom, du moins qu’il ne l’a pas composé seul, mais que tous en êtes le principal auteur. Et certes, quiconque verra combien cette Confrérie de Notre-Dame et la Philosophie cartésienne se ressemblent, non seulement par la forme donnée au titre, mais aussi par le caractère et l’esprit de l’auteur, ne pourra douter qu’elles ne soient filles jumelles du même père. Mais comme je me trouve avoir en ce moment beaucoup de loisir, j’ai lu en quelques heures votre Confrérie de Notre-Dame tout entière, et j’en dirai ici ma pensée : je ne parlerai pas toutefois de ce qui peut toucher à votre religion, je ne veux pas me mêler des affaires d’autrui ; mais j’examinerai dans cet ouvrage tout ce qui peut montrer qui vous êtes, et quelle confiance doivent inspirer vos écrits. Comme vous vous en déclarez ouvertement l’auteur, vous ne pouvez nier que vous soyez responsable de tout ce qu’ils contiennent. Pour votre philosophie cartésienne, elle paraîtra sous le nom d’un autre, et vous aurez alors, pour ne pas répondre de ce qu’elle renferme, une excuse bien digne de votre probité et de votre bonne foi. Vous n’en serez pas l’auteur, et moi de mon côté je ne me commets pas volontiers avec des masques. Mais quant à votre Confrérie de Notre-Dame, pour vous prouver que si j’en parle c’est avec connaissance de cause, je vais exposer en peu de mots à quelle occasion vous l’avez composée.

The passage that concerns you can be found on pages 57 and 58, where he believes he has perfectly refuted what I say about the authors you cite—how these authors often serve to prove against you rather than in your favor. Here’s how he refutes me: Assuming that I don’t read any books at all, he claims that I must have obtained my citations from someone else and demands that I name that person. But if one were to examine your writings, one would find long lists of authors cited when there is nothing actually at stake in proving a point; and when evidence is needed, you cite very few authors—either those whose names are unknown or those who belong to religions other than your own. As a result, the authority of these authors, especially in matters of faith, always speaks against you or, at best, provides very little evidence in your favor. Furthermore, how many times do you refer readers to other books—often ones that are impossible to obtain—in order to seem to say something when, in reality, you say nothing? In my view, this is the strongest proof against you. One would thus conclude that I had every right to say what I said, even without consulting a single one of the authors you cite! For after all, citations are only valuable if they serve to confirm the assertion they support; otherwise, they speak against those who use them—whether out of bad faith if they are false, or out of ignorance and pedantry if they are irrelevant. And what would you say if I added that in your work on Cartesian philosophy, I have not found a single passage in your writings that does not clearly prove against the author who cites it? Either these passages have been altered, as I have already shown for the majority of them, or they are entirely unrelated to what you aim to prove. You would probably claim that you are not the author of those passages and that I had not seen them when I wrote the statement that offended you. But in any case. I agreed with your theses, for I found therein passages from the Holy Scriptures that you had cited in support of the concept of substantial forms. He responded to these citations with great ingenuity, merely quoting verbatim those passages that you had only indicated by number; for example, you had cited Proverbs, chapter XXX, verses 24, 25, 26, 27, and 28, and he found in them the following words: “There are four things on earth that are very small, yet they are wiser than the wisest men: ants, a tiny people who store up provisions during the harvest; hares, a weak group that builds their homes in the rocks; locusts, which have no king yet march in organized bands; and the lizard, which moves on its hands and dwells in the palaces of kings.” Indeed, there is not a single verse in the entire Holy Scripture that you could not cite in the same way, for in all of them some material object is mentioned, to which you attribute a substantial form. But these passages do not prove your case any more than those that mention snow prove the claims of those who claim that snow is black. Moreover, this abuse you are making of the Holy Scripture, in order to suspect your colleague and friend of heresy, seems to speak very strongly against you. I could perhaps prove the same thing about all your works, but I deliberately refrain from discussing anything you have published under the name of theses, hoping that this letter will be able to sell more freely among your booksellers—whom I learn are prohibited from selling anything written against your theses. However, I am not aware of any other work for which you have claimed authorship, except perhaps your “Thersite.” Therefore, I will tell you again what I have learned about it; and at the same time, in order to comply with your wishes, I will also tell you from whom I learned it. You surely do not forget the author of that “Examination Approfondi” that you attack in your “Thersite.” Well, in his refutation of “Thersite,” published in 1637, he said about you, on page 18: “I declare that Mr. Voet gives such absurd interpretations to all my words that he dares, with such audacity, to add, mutilate, and change them so much that I would not recognize anything as belonging to me—neither thoughts nor arguments. If he had quoted one or two times incorrectly, it might have been considered a mistake; but such numerous alterations can only be attributed to perfidy. As for me, I compared several of your quotations with his text and can attest that in this regard he told the truth. Must I then think that you quote other writers more faithfully when I see how you play with the Holy Scripture and how you alter the words of those very people who can publicly reproach you for your dishonesty?” Indeed, Mr. Voet, if you have no better way to refute what I have said about you or to counter my arguments, I fail to see the purpose of your composing that “Cartesian Philosophy.” When it becomes clear that your first one hundred and forty-four pages contain nothing more than such ramblings, one would truly need a great deal of time to bother reading any further—since it seems unlikely that you would have begun by presenting such nonsense to the public if you had something better to offer. However, lest one accuse me of judging without having read the entire work, I will not close this letter just yet; I will wait for the rest of your book.

Sixth Part:

From Gisbert Voëtius’s book against the Confraternity of Notre Dame.

The beginning of this letter had long been forgotten on my desk when I received both your latest work titled Confrérie de Notre-Dame and the news that the rest of your Philosophie cartésienne was being prepared for publication, though its release had been postponed for several months due to your focus on that other work you desired to publish first. At this point, no further evidence is needed to conclude that this work does not actually belong to the person whose name it bears; indeed, it is clear that you did not compose it alone, but rather that many others are its principal authors. Anyone who compares Confrérie de Notre-Dame with your Philosophie cartésienne will see their similarities—not only in the title chosen but also in the author’s character and style—and will undoubtedly conclude that they are the works of the same person. However, since I currently have plenty of free time, I read your entire Confrérie de Notre-Dame in just a few hours and would like to share my thoughts on it here. I will not address matters related to your religion, for I wish to avoid meddling in others’ affairs; instead, I will examine what this work reveals about who you are and the confidence it inspires in those who read it. Since you openly declare yourself its author, you cannot deny responsibility for its contents. As for your Philosophie cartésienne, it will be published under someone else’s name, giving you a perfect excuse—worthy of your integrity and good faith—to avoid taking responsibility for what it contains. You will not be its author, and I, for my part, have no desire to associate with those who hide behind masks. But as for Confrérie de Notre-Dame, to prove that I speak about it with knowledge, I will briefly explain the circumstances under which you composed it.

Il passaggio che vi riguarda si trova alle pagine 57 e 58; in esso l’autore crede di confutare perfettamente quanto io affermo riguardo agli autori che citate, sostenendo che questi ultimi li utilizzino più spesso contro di voi che a vostro favore. Ecco come mi confuta: supponendo che non legga nessun libro, sostiene che io possa aver appreso quelle informazioni soltanto da un altro autore e mi esorta a nominare chi me le abbia fornite. Tuttavia, se si esaminano i vostri scritti, si nota quante lunghe liste di autori citiate ci siano quando in realtà non c’è nulla da dimostrare; e quando invece avreste bisogno di prove, ne citate pochissime, per lo più prive di nome o appartenenti a religioni diverse dalla vostra, tanto che la loro autorità, soprattutto in materia di fede, parla sempre contro di voi, o almeno dimostra molto poco a vostro favore. Inoltre, quante volte, invece di fornire argomentazioni valide, inviate il lettore ad altri libri, spesso impossibili da reperire, solo per dare l’impressione di dire qualcosa quando in realtà non dite nulla. Questo, a mio parere, è la prova più convincente contro di voi. Si può quindi concludere che avevo tutte le ragioni per dire ciò che ho detto, anche senza aver consultato nessuno degli autori che citate! Poiché, dopotutto, le citazioni hanno valore soltanto se servono a confermare l’affermazione a cui fanno riferimento; altrimenti parlano contro chi le utilizza, poiché o accusano di falsità o di ignoranza e pedanteria chi le cita, quando invece non sono pertinenti. E che direste se aggiungessi che nella vostra “Filosofia cartesiana” non ho trovato nemmeno un passaggio dei vostri scritti che non dimostri chiaramente contro l’autore che lo cita, poiché tutti questi passaggi sono o alterati, come ho già dimostrato per la maggior parte di essi, oppure irrilevanti rispetto a ciò che voi volete dimostrare. Direste che non siete voi l’autore di quegli scritti, e che io non li avevo ancora letti quando ho scritto quella frase che vi ha offeso. Ma insomma, se aggiungessi anche che avevo almeno letto la risposta di M. Ero assolutamente convinto che le vostre tesi contenessero passaggi della Sacra Scrittura che voi stesso avevate citato a sostegno delle idee sulla “forma sostanziale”; egli ha risposto in modo molto ingegnoso, limitandosi semplicemente a riportare testualmente quei passaggi che voi avevate indicato soltanto con numeri. Ad esempio, avevate citato i Proverbi, capitolo XXX, paragrafi 24, 25, 26, 27 e 28, e lui vi ha trovato queste parole: “Ci sono quattro cose sulla terra che sono molto piccole, ma più sagge dei saggi stessi: le formiche, quel piccolo popolo che si prepara il cibo durante la raccolta; i conigli, quella debole creatura che costruisce il proprio nido tra le rocce; le cavallette, che non hanno re eppure marciano tutte insieme in gruppi; il lucertola, che si sostiene sulle mani e vive nei palazzi dei re”. Certamente, nella Sacra Scrittura esiste un solo versetto che non potreste citare allo stesso modo, perché in tutti si menziona qualche oggetto materiale a cui voi attribuite una “forma sostanziale”; ma questi passaggi non dimostrano nulla a vostro favore più di quanto i passaggi che parlano della neve non dimostrino a favore di coloro che sostengono che la neve sia nera. Tuttavia, questo abuso che fate della Sacra Scrittura per far sospettare eresia il vostro collega e amico mi sembra un grave errore da parte vostra. Forse potrei dimostrare lo stesso per tutti i vostri scritti, ma mi astengo di farlo apposta, per permettere che questa lettera possa essere venduta liberamente presso i vostri librai. Anche se so che è vietato vendere ciò che si scrive contro le vostre tesi. Non conosco alcun altro scritto di cui vi siate riconosciuto autore, se non forse il vostro “Thersite”. Vi dirò quindi ancora ciò che ho appreso al riguardo. E allo stesso tempo, per rispettare i vostri desideri, vi dirò da chi l’ho saputo. Non avete dimenticato l’autore di quell’“Esame approfondito” che attaccate nel vostro “Thersite”, vero? Ebbene, nella sua confutazione del “Thersite”, pubblicata nel 1637, egli parla di voi, a pagina 18: “Affermo che il signor Voet dà alle mie parole interpretazioni così assurde da osare aggiungere, mutilare e modificare i testi in modo così audace che non riconoscerei nulla di mio in ciò che mi attribuisce, né idee né argomentazioni. Se citasse solo una o due volte in modo errato, si potrebbe parlare di errore. Ma alterazioni così numerose possono essere attribuite soltanto alla perfidia”. Io stesso ho confrontato diverse delle vostre citazioni con il suo testo, e posso affermare che in questo senso egli ha detto la verità. Dovrei forse pensare che citiate più fedelmente gli altri scrittori, quando vedo come manipolate la Sacra Scrittura e come alterate le parole di coloro che possono accusarvi pubblicamente di falsità? Certamente. Voet, se non avete un modo migliore per confutare ciò che ho detto su di voi o per contrastare le mie opinioni, non vedo davvero il motivo per cui abbiate scritto la vostra “Filosofia cartesiana”. E quando si scoprirà che le vostre prime centoquarantaquattro pagine non contengono nulla di significativo, ci vorrà davvero molto tempo prima di decidere di leggere il resto. Poiché è improbabile che abbiate iniziato presentando al pubblico tutte queste riflessioni se aveste qualcosa di meglio da offrire. Tuttavia, per evitare che si possa accusarmi di giudicare a caso ciò che non ho letto, non chiuderò ancora questa lettera e aspetterò il resto del vostro libro.

Sesta parte:

Dall’opera di Gisbert Voëtius contro la Confraternita di Nostra Signora.

L’inizio di questa lettera era da tempo dimenticato sulla mia scrivania quando ho ricevuto contemporaneamente sia il vostro ultimo lavoro intitolato “Confrérie de Notre-Dame”, sia la notizia che il resto della vostra “Philosophie cartésienne” era stato messo in stampa, ma che l’edizione era stata sospesa per alcuni mesi a causa dell’attenzione che dedicavate a un altro lavoro che desideravate pubblicare prima. Da allora non c’è più bisogno di alcuna altra prova per constatare che quest’opera non appartiene a colui il cui nome porta, o quanto meno che non è stata scritta interamente da voi, ma che tutti ne sono i principali autori. E certamente, chiunque osservi quanto questa “Confrérie de Notre-Dame” e la “Philosophie cartésienne” siano simili, sia nella forma del titolo che nel carattere e nello spirito dell’autore, non potrà dubitare che siano due opere nate dalla stessa mente. Ma poiché in questo momento ho molto tempo a disposizione, ho letto l’intera “Confrérie de Notre-Dame” in poche ore e dirò qui la mia opinione: tuttavia non parlerò di ciò che riguarda la vostra religione, non voglio immischiarmi negli affari altrui; esaminerò invece tutto ciò che può rivelare chi siete voi e quale fiducia i vostri scritti dovrebbero ispirare. Poiché dichiarate apertamente di essere l’autore di queste opere, non potete negare di esserne responsabili di ogni singola parola che contengono. Per quanto riguarda la vostra “Philosophie cartésienne”, essa apparirà sotto il nome di un altro, e avrete così una scusa più che degna della vostra onestà e buona fede per non dovervi assumere la responsabilità di ciò che contiene. Non ne sarete l’autore, e io da parte mia preferisco non avere a che fare con persone che si nascondono dietro maschere. Ma quanto alla “Confrérie de Notre-Dame”, per dimostrare che parlo di essa con cognizione di causa, esporrò in poche parole l’occasione per cui l’avete scritta.

Il existe à Bois-le-Duc, une ancienne association qui porte le nom de la bienheureuse Vierge, et dans laquelle on n’admet que les premiers de la ville ; aussi est-elle très célèbre et très puissante. Dans l’origine elle n’était composée que de catholiques romains ; mais comme dans une ville assez récemment arrachée à l’Espagne une association d’hommes puissants et élevés au milieu des ennemis ne paraissait pas sans danger, que cependant on ne pouvait l’empêcher puisque la liberté de ces associations était stipulée dans l’acte de réunion, les fonctionnaires chargés de la garde de la ville jugèrent que, pour prévenir les soupçons, pour maintenir la paix et la concorde entre les citoyens, il était de la plus grande utilité qu’on les admît dans cette confrérie conjointement avec les catholiques romains, mais à cette condition, que dans la suite on n’y ferait rien qui fût contraire à leur religion. Cette demande ne put être refusée, parce que les conditions de l’acte de réunion, portant que tous les biens ecclésiastiques rentreraient dans le domaine du trésor public, les anciens sociétaires n’avaient pu conserver l’administration des biens de leur société qu’en la faisant considérer, non comme spirituelle ou ecclésiastique, mais comme purement civile. Ainsi monsieur le bourgmestre, et avec lui treize personnes des plus recommandables de la ville, qu’il choisit pour associés, furent reçus dans la confrérie, et ils s’étudièrent avec tant de soins, de réserve, de scrupules, à n’y faire aucune démarche condamnée par les principes de leur religion, que de ce côté-là seulement ils semblent avoir passé la mesure. Cependant ils n’ont pu empêcher qu’à la première nouvelle de cet accord vous ne lanciez contre eux une de ces thèses qui sont vos armes ordinaires. Je ne me propose point d’écrire contre ces thèses ; je veux seulement en citer quelques passages, qui sont nécessaires pour l’intelligence de ce qui doit suivre ; elles sont intitulées : Disputations theologicœ ex posteriori parte theologiœ, 23 ; De idolatria directa et indirecta, pars tertia, etc. ; et à la page 2 et suivantes on lit entre autres choses ce qui suit : Si une confrérie de la Vierge peut en bonne conscience être tolérée publiquement par un magistrat réformé, qui a le pouvoir de la détruire, et conservée par lui, bien entendu qu’elle sera purgée de l’idolâtrie papale ; et si le magistrat la maintient, est-il permis à aucun réformé de s’affilier à cette confrérie, à condition qu’il ne sera porté aucune atteinte à la religion réformée ? A la première question, dites-vous, je réponds négativement, parce qu’il participe grossièrement à l’idolâtrie d’autrui. Et un peu plus loin : Mais quelque connivence, quelque négligence que le magistrat puisse laisser voir en cette occasion, aucun homme attaché à l’église et à la religion réformée ne peut s’y adjoindre. Et plus bas : Ainsi donc, ils commettent (ceux qui s’y adjoignent) une idolâtrie plus qu’indirecte. Et encore : Quelques restrictions, exceptions, corrections qu’ifs y mettent, l’existence de cette association est du moins un monument de l’idolâtrie et du pacte idolâtre en vigueur autrefois et encore aujourd’hui parmi les catholiques romains dans les états du pape et ailleurs, pour conserver et propager le culte de Marie, soit ouvertement, soit en secret et d’une manière furtive. C’est ainsi que ces malheureux se glorifient dans la conduite charnelle des nôtres, s’affermissent dans leur idolâtrie, triomphent de la tiédeur ou de la folie des réformés, de la préférence qu’ils donnent aux choses de ce monde sur Dieu (v. 2, Timothée 3, 4, aux hab, de Philippes, 3, 19, ) et mêlent à ce triomphe le rire, l’insulte et le dédain. S’il fallait participer à quelques travaux, à quelque cotisation ; s’il n’y avait que des frais à supporter ; si cette association n’amenait pas à sa suite des repas somptueux, de bons revenus, des occasions fréquentes de participer à quelques profits, ils savent que ce nom seul de Notre-Dame, sans parler des règles et des statuts de la confrérie ou du rosaire, eût empêché les réformés d’entrer dans cette association, etc. Et encore : Les insignes de la confrérie sont déjà changés. Le morceau d’étoffe rouge qu’ils portent sur l’épaule, surtout quand ils célèbrent les funérailles de quelqu’un des frères, est remplacé par la médaille qu’on doit attacher au bras, et qui portera cette inscription : Comme le lis entre les épines, etc. Et enfin : Comment les catholiques romains auraient-ils pu triompher plus manifestement des nôtres, les donner plus ridiculement en spectacle, en se moquant d’eux par-derrière ? Si le lis est ici l’emblème de l’église, comme il l’est pour les réformés et comme il l’est aussi dans la réalité, il faut que tous les frères expliquent sans ambiguïté de quelle église ils entendent parler, de l’église réformée de Bois-le-Duc, ou de l’église papiste, que cette ville recèle.

Quiconque sait lire peut voir que dans ces passages vous nommez expressément la ville de Bois-le-Duc et la confrérie de Notre-Dame, celle dont les membres portaient autrefois un manteau rouge dans les cérémonies funèbres. Votre ouvrage renferme encore plusieurs autres indications aussi précises ; mais il n’est pas besoin d’en citer davantage pour faire reconnaître à qui que ce soit, sans erreur et sans ambiguïté, tous ceux de vos coreligionnaires qui sont entrés dans cette confrérie, de sorte que vous les nommez, ou que vous les désignez nominativement, c’est-à-dire d’une manière certaine et explicite, tout aussi bien que si vous aviez ajouté à ces phrases leurs noms, prénoms et surnoms. Car il arrive quelquefois que plusieurs hommes portent le même nom ; mais dans le monde entier, il n’y a pas deux villes de Bois-le-Duc où l’on puisse trouver une semblable confrérie ; ainsi quand nous disons le roi de France, c’est la désignation nominale, aussi bien que si nous disions Louis de Bourbon ; en appliquant le même principe à vos thèses, il est très vrai de dire que vous avez désigné nommément tous ceux qui se sont associés à la confrérie de Notre-Dame, comme il n’est pas moins, vrai que vous les avez condamnés dans ces écrits, non seulement comme coupables et convaincus d’idolâtrie, mais encore comme livrés à un sordide amour du gain, et courant après la bonne chère. Car quel autre sens pourrez-vous donner à ces paroles, Ils commettent donc une idolâtrie plus qu’indirecte, et à celles-ci, Si l’on n’y trouvait point des repas somptueux, de bons revenus, des occasions fréquentes de participer à quelques profits, les papistes savent que les réformés ne seraient pas entrés dans cette congrégation ? Enfin il est encore incontestable que vous avez soumis à votre censure, non seulement ceux que vous regardez comme simples particuliers, quoique l’on compte parmi eux le gouverneur, le sous-gouverneur et le bourgmestre, mais spécialement et nommément le magistrat de Bois-le-Duc : car lorsque vous demandez si la confrérie de Notre-Dame peut être tolérée par le magistrat, qui peut la détruire, etc., vous supposez qu’il peut le faire, sans doute en employant la force, qui est votre moyen favori ; car sans cela vous n’eussiez pas dit, qui peut, mais s’il peut la détruire. Et en conséquence vous condamnez ce magistrat, comme participant grossièrement à l’idolâtrie d’autrui. Tout cela, à moins que mes yeux ne soient abusés par quelque prestige, à moins que je n’entende pas le latin ; tout cela, dis-je, je le trouve dans vos thèses : avez-vous eu tort ou raison de l’écrire, c’est ce que je n’examinerai pas, car mon intention, je l’ai déjà dit, n’est pas de combattre vos thèses ; mais je crois qu’il faut en prendre note avec le plus grand soin pour l’intelligence de ce qui va suivre.

In Bois-le-Duc, there exists an old association named after the Blessed Virgin, and only the most prominent citizens of the town are allowed to join it; therefore, it is very famous and powerful. Initially, it was composed solely of Roman Catholics. However, in a town that had recently been freed from Spanish rule, forming such an association among influential individuals amidst enemies seemed somewhat dangerous. Yet, since the freedom of such associations was stipulated in the founding documents, the officials responsible for governing the town decided that, in order to avoid suspicion and maintain peace and harmony among the citizens, it would be highly beneficial to allow both Roman Catholics and members of this association to join together—on the condition, however, that nothing contrary to their respective religions be done within it. This request could not be refused, because according to the founding documents, all ecclesiastical properties were to be turned over to the public treasury; thus, the original members of the association had been able to continue managing its assets only by treating it as a purely civil organization, rather than a religious one. Consequently, the mayor and thirteen other highly respected individuals from the town were accepted into the association. They took great care to ensure that their activities did not violate the principles of their religion; indeed, in this regard, they seemed to have gone beyond what was acceptable. Nevertheless, as soon as you learned of this arrangement, you launched one of your usual attacks against them. I intend neither to criticize these arguments nor to defend them; I merely wish to quote a few passages from their writings that are necessary for understanding what follows. These passages are titled “Theological Disputations from a Posterior Perspective,” Part 23, and “On Direct and Indirect Idolatry, Third Part,” etc. On pages 2 and following, it reads in part: “If an association of the Virgin can be tolerated publicly by a reformed magistrate who has the power to destroy it yet chooses to allow it to exist—provided that it is free from papal idolatry—then is it permissible for any reformed person to join such an association, on the condition that their religious beliefs are not compromised in any way?” To the first question, I reply negatively, because such participation would constitute gross indulgence in the idolatry of others. Further down, it states: “However much collusion or negligence a magistrate might display in this matter, no person who is loyal to the Reformed Church and its religion should join such an association.” And still later: “Therefore, those who do join commit what is nothing short of indirect idolatry.” Furthermore: No matter what restrictions, exceptions, or corrections they might impose, the very existence of this association is nothing less than a monument to idolatry and the idolatrous practices that were once, and still are today, prevalent among Roman Catholics in the territories under the Pope’s authority and elsewhere—practices aimed at preserving and promoting the worship of Mary, either openly or secretly, in a furtive manner. It is in this way that these unfortunate individuals take pride in the worldly conduct of our people, strengthen their idolatry, and triumph over the lukewarmness or madness of the Reformed, as well as over their preference for worldly things over God (see 2 Timothy 3:4, and Philippians 3:19). They even mix laughter, insults, and scorn into this so-called “triumph.” If they were required to participate in certain tasks or pay dues; if there were merely expenses to bear; if this association did not entail sumptuous meals, substantial income, or frequent opportunities for personal gain, they would know that merely the name of Notre Dame alone—let alone the rules and statutes of the confraternity or the Rosary—would have prevented Reformed people from joining such an organization. Moreover: The symbols of this confraternity have already been changed. The piece of red cloth they used to wear on their shoulders, especially during the funerals of fellow members, has been replaced by a medal to be worn on the arm, bearing the inscription: “Like a lily among thorns, ” Finally: How could Roman Catholics possibly have triumphed over us more visibly, or made us a more ridiculous spectacle, if not by mocking us behind our backs? If the lily here symbolizes the church—just as it does for the Reformed, and indeed in reality—then all these members of the confraternity must clearly explain which church they refer to: whether it is the Reformed Church of Bois-le-Duc, or the papist church that this city harbors.

Anyone who can read will see that in these passages you explicitly mention the city of Bois-le-Duc and the confraternity of Notre-Dame, that organization whose members used to wear red robes during funeral ceremonies. Your work contains several other equally precise references; but there is no need to cite them all in order for anyone to identify, without error or ambiguity, all those of your fellow believers who joined this confraternity—since you name them explicitly, in a definite and straightforward manner, just as if you had included their names, surnames, and titles. For sometimes several people may share the same name; but throughout the world, there are no two cities called Bois-le-Duc where such a confraternity could exist. Similarly, when we refer to “the king of France,” it is a nominal designation, just as if we said “Louis de Bourbon.” Applying the same principle to your writings, it is certainly true that you have explicitly identified all those who joined the confraternity of Notre-Dame; and it is also true that you have condemned them in these texts, not only as guilty of idolatry but also as indulging in a vile lust for gain and pursuing worldly pleasures. What other meaning could these words possibly have? It follows then that they are engaging in a form of idolatry, albeit indirect. Moreover, if these practices did not involve sumptuous meals, substantial income, and frequent opportunities to reap financial benefits, the Papists would surely argue that the Reformed could never have joined such an organization. Finally, it is undeniable that you subjected to your criticism not only those whom you regarded as ordinary individuals—though among them were the governor, the deputy governor, and the mayor—but also, specifically and explicitly, the magistrate of Bois-le-Duc. When you ask whether the confraternity of Notre-Dame can be tolerated by a magistrate who has the power to destroy it, you imply that such a magistrate indeed has that power—probably through force, which is your preferred method. Otherwise, you would not have asked “who can,” but rather “if he can destroy it.” And consequently, you are condemning this magistrate as being complicit in others’ idolatry. All of this—I hope my eyes are not deceiving me, and that I am understanding the Latin correctly—can be found in your writings. Whether you were right or wrong to write such things is not something I intend to discuss, for, as I have said before, my purpose is not to challenge your arguments. But I believe it is essential to take these points seriously in order to understand what follows.

A Bois-le-Duc esiste un’antica associazione intitolata alla Beata Vergine; vi sono ammessi soltanto i primi cittadini della città, e per questo motivo essa è molto famosa e potente. In origine era composta esclusivamente da cattolici romani; tuttavia, in una città che era stata appena strappata alla Spagna, l’idea di creare un’associazione formata da persone influenti e rispettabili in mezzo agli nemici sembrava piuttosto pericolosa. Poiché, d’altra parte, non si poteva impedire tale creazione, dato che la libertà di tali associazioni era prevista dagli accordi fondativi, i funzionari incaricati della sicurezza della città decisero che, per evitare sospetti e mantenere la pace e l’armonia tra i cittadini, fosse molto utile ammettervi sia i cattolici romani che altre persone, purché ciò non comportasse atti contrari alla loro religione. Questa richiesta non poté essere rifiutata, poiché gli accordi fondativi prevedevano che tutti i beni ecclesiastici passassero sotto il controllo del tesoro pubblico; di conseguenza, gli ex membri dell’associazione avevano potuto conservarne la gestione soltanto considerandola una questione puramente civile, e non religiosa. Così il sindaco, insieme a tredici altre persone molto rispettabili della città scelte come suoi associati, fu ammesso nell’associazione; essi si impegnarono con grande attenzione e scrupolo a non compiere alcun atto contrario ai principi della loro religione. Tuttavia, non riuscirono a impedire che, appena venne conoscenza di questo accordo, voi lanciaste contro di loro le solite accuse tipiche delle vostre posizioni. Non intendo scrivere nulla contro queste accuse; voglio semplicemente citare alcuni passaggi necessari per comprendere ciò che seguirà. Questi passaggi si trovano nell’opera “Disputations theologicœ ex posteriori parte theologiœ”, volume 23, e in particolare nelle pagine 2 e seguenti, dove si legge tra l’altro: “È possibile che un’associazione dedicata alla Vergine venga tollerata pubblicamente da un magistrato riformato, il quale ha il potere di distruggerla ma la lascia esistere, a condizione che venga purgata dall’idolatria papale? E se il magistrato la mantiene in vita, è permesso a qualche riformato unirsi a questa associazione, purché ciò non danneggi la religione riformata?” Alla prima domanda rispondo negativamente: chi si unisce a tale associazione partecipa, in modo grave, all’idolatria altrui. E poco più avanti si legge: “Ma qualunque complicità o negligenza il magistrato possa mostrare in questa occasione, nessun uomo fedele alla chiesa e alla religione riformata può unirsi a tale associazione”. In conclusione, coloro che vi aderiscono commettono un’idolatria più che indiretta. E ancora: Quali che siano le restrizioni, le eccezioni o le correzioni che vengano introdotte, l’esistenza di questa associazione rappresenta comunque un monumento all’idolatria e al patto idolatrico che un tempo era in vigore, e che ancora oggi persiste tra i cattolici romani negli stati del papa e altrove, al fine di conservare e diffondere il culto di Maria, sia apertamente che in segreto e in modo furtivo. È così che questi sfortunati si vanno vantando delle pratiche carnali dei nostri fratelli, rafforzano la loro idolatria, trionfano sulla tiepidezza o sulla follia dei riformati, sulla preferenza che questi danno alle cose di questo mondo rispetto a Dio (vedi 2 Timoteo 3,4; 1 Corinzi 3,19), e mescolano a questo trionfo risate, insulti e disprezzo. Se dovesse essere necessario partecipare a qualche attività o pagare una quota; se ci fossero solo spese da sostenere; se questa associazione non comportasse banchetti sontuosi, buoni guadagni o frequenti opportunità di trarre profitto, loro saprebbero che già il semplice nome di Nostra Signora, senza parlare delle regole e degli statuti della confraternita, avrebbe impedito ai riformati di entrare in questa associazione, ecc. E ancora: Gli emblemi della confraternita sono stati già modificati. Il pezzo di stoffa rossa che portavano sulla spalla, soprattutto durante i funerali di un fratello, è stato sostituito da una medaglia da indossare al braccio, su cui è scritto: “Come il giglio tra le spine”, ecc. E infine: Come potrebbero i cattolici romani aver trionfato più apertamente sui nostri fratelli, esponendoli in modo così ridicolo e deridendoli alle loro spalle? Se il giglio è qui l’emblema della chiesa, come lo è per i riformati e come lo è anche nella realtà, allora tutti i fratelli devono spiegare senza ambiguità di quale chiesa stanno parlando: della chiesa riformata di Bois-le-Duc, o della chiesa papista che questa città ospita.

Chiunque sappia leggere può vedere che in questi passaggi menzionate esplicitamente la città di Bois-le-Duc e la confraternita di Notre-Dame, quella i cui membri un tempo indossavano un mantello rosso durante le cerimonie funebri. Il vostro lavoro contiene ancora molte altre indicazioni altrettanto precise; ma non è necessario citarne altre per far riconoscere a chiunque, senza errore e senza ambiguità, tutti coloro dei vostri confratelli che sono entrati in questa confraternita, poiché li nominate o li indicate in modo esplicito e certo, proprio come se aveste aggiunto i loro nomi, cognomi e soprannomi. Infatti, a volte più persone possono portare lo stesso nome; ma in tutto il mondo non esistono due città di Bois-le-Duc dove si possa trovare una confraternita simile; quindi, quando diciamo “il re di Francia”, è un’espressione nominale, proprio come se dicessimo “Luigi di Borbone”. Applicando lo stesso principio alle vostre tesi, è certamente vero che avete indicato in modo esplicito tutti coloro che si sono uniti alla confraternita di Notre-Dame; ed è altrettanto vero che li avete condannati in questi scritti, non solo come colpevoli e convinti di idolatria, ma anche come persone preda di un meschino amore per il denaro e desiderose di godimenti materiali. Poiché quale altro significato si potrebbe dare a queste parole? Quindi, commettono un’idolatria più che indiretta. E se in questi testi non si trovassero riferimenti a banchetti sontuosi, buoni guadagni e occasioni frequenti per trarre profitto, i cattolici saprebbero che i protestanti non avrebbero mai aderito a questa confraternita. Infine, è innegabile che abbiate sottoposto alla vostra censura non solo coloro che considerate semplici individui, sebbene tra loro vi siano il governatore, il vice-governatore e il sindaco, ma anche, in modo specifico e esplicito, il magistrato di Bois-le-Duc: poiché quando chiedete se la confraternita di Notre-Dame possa essere tollerata dal magistrato, che può distruggerla, ecc., presumete che egli possa farlo, probabilmente utilizzando la forza, che è il vostro mezzo preferito; altrimenti non avreste detto “che può”, ma “se può distruggerla”. E di conseguenza condannate questo magistrato, come se partecipasse in modo grossolano all’idolatria altrui. Tutto ciò, a meno che i miei occhi non siano ingannati da qualche illusione, a meno che non comprenda male il latino. Tutto ciò lo trovo nelle vostre tesi: se avete agito bene o male scrivendole, questo non è ciò che intendo esaminare; poiché, come ho già detto, la mia intenzione non è quella di combattere le vostre tesi. Ma credo sia necessario prenderne atto con estrema attenzione per comprendere meglio quanto seguirà.

Les notables de Bois-le-Duc, jugeant que ces atteintes portées à leur honneur ne pouvaient être suffisamment réparées que par un écrit public, en confièrent la rédaction à un de leurs pasteurs, M. Samuel Desmarets ; et en cela ils firent preuve d’une grande modération, ne voulant adopter pour défenseur qu’un de vos collègues, très favorablement, disposé pour vous, et qui composa son livre de manière à mettre dans le jour le plus évident la piété et la bonne foi de ceux qu’il était chargé de défendre, à repousser loin d’eux tout soupçon des vices ou des mauvaises actions dont vous les aviez faussement accusés, mais en dissimulant toutefois la plus grande partie de vos torts, si bien qu’à tout prendre il n’a pas écrit contre vous, mais bien, comme il l’a déclaré lui-même, pour vous ; car il a supposé qu’on vous avait donné de fausses hypothèses, c’est-à-dire qu’on vous avait raconté le fait d’une manière inexacte, ajoutant qu’il était d’accord avec vous pour la thèse, c’est-à-dire pour la solution générale de cette question : Est-il permis aux réformés de participer aux cérémonies des catholiques romains ? Partout il parle de vous avec éloge et dans les termes les plus honorables ; et ne pouvant garder le silence sur les misérables calomnies par lesquelles on ose noircir la réputation d’hommes recommandables, il fait tomber toute son indignation sur un être indéterminé, ou sur des personnages entièrement inconnus, aimant mieux vous reprocher un excès de crédulité que des calomnies ; il a même entièrement laissé de côté la question la plus importante, à mon avis, dans toute cette affaire, c’est-à-dire celle de savoir si vous aviez le droit de condamner de votre autorité privée les notables et nommément les magistrats de cette ville, et cela dans un écrit public, et sans les avoir entendus, ni même avertis. Tout ce qu’il a dit de vous c’est que, dans l’opinion des gens sages, une thèse publique soutenue dans votre université n’était pas un excellent moyen de ramener, s’il y avait lieu, dans la bonne voie des habitants de Bois-le-Duc, complètement ignorants des thèses que l’on pouvait soutenir à Utrecht. On voulut même, par égard pour votre ministère, que le livre de M. Desmarets ne fût pas livré au public. On se contenta de le faire distribuer à quelques-unes des personnes qui avaient vu vos thèses. Cependant, quand vous l’avez reçu vous avez montré la même fureur qui vous avait transporté quelque temps auparavant à la vue de la réponse si modérée que M. Regius avait faite à vos thèses sur les formes substantielles : c’est que vous sentiez votre conscience chargée d’une faute grave, et que vous ne vouliez ni la réparer, ni la reconnaître ; aussi parut à l’instant une brochure, dont on vous croit l’auteur, car on y reconnaît clairement votre caractère et votre style : cette brochure était anonyme, on y faisait parler un des ministres de Bois-le-Duc, qui disait être celui-là même de qui M. Desmarets supposait que vous aviez reçu ces fausses hypothèses. Or il est certain que M. Desmarets n’a désigné, à ce sujet, aucun ministre de l’Église ; car on ne trouverait pas dans son livre un seul passage qui ne s’appliquât aussi bien, et même mieux, à toute autre personne ; et dans la lettre qu’il vous a adressée il rejette expressément la faute sur ceux qui ont vu avec chagrin leur nom omis dans la liste des nouveaux confrères, ce qui ne peut s’entendre d’aucun des ministres de la parole évangélique. Ainsi vous n’avez mis ce ministre sur la scène que pour avoir, selon votre usage, quelqu’un qui partageât votre faute, et sous le nom duquel vous pussiez satisfaire avec plus de liberté et d’impunité votre goût pour l’invective. Mais son livre, ou plutôt le vôtre, fut jugé dès le principe diffamatoire, calomnieux et fait pour exciter à la sédition. La lecture en fut interdite, et cette interdiction fut proclamée, comme vous le dites vous-même page 420, sur les places et carrefours de la ville, au son des tambours et des trompettes ; j’ai même ici un exemplaire du jugement, dont voici les termes :

« Attendu que, depuis quelques jours, on a distribué dans cette ville certaine brochure bleue intitulée Retorsio calumniarum, etc., sans aucun nom d’auteur, attendu qu’après examen de différents passages de cette brochure, il nous a paru qu’elle renfermait des calomnies révoltantes contre plusieurs personnes en place ; considérant que l’impunité de pareils libelles, en troublant la concorde et la tranquillité qui doivent être maintenues dans cette ville, l’exposerait à des déchirements scandaleux, nuisibles à l’Église de Dieu et au salut des citoyens, ce que nous désirons prévenir, arrêtons, etc., »

Ainsi vous avez déjà été exemplairement et publiquement châtié à Bois-le-Duc, sous un nom d’emprunt ; mais cet échec ne vous a pas découragé, vous n’avez pas même tenu compte des lettres que le sénat de cette dernière ville écrivit aux états de la province d’Utrecht, au sénat de la ville et même à vous, pour arrêter, comme vous vous en vantez vous-même page 421, l’édition du nouveau livre que vous vous prépariez à publier sur vos encouragements si publics et si fréquents, vos lettres collectives (je ne dirai rien de plus, dans la crainte de passer pour un esprit vain ou d’éveiller l’envie), me donnaient une nouvelle ardeur et m’animaient à tenter quelque chose de semblable ou même de plus grand.

The dignitaries of Bois-le-Duc, believing that such insults to their honor could only be adequately redressed through a public statement, entrusted its drafting to one of their ministers, Mr. Samuel Desmarets. In doing so, they demonstrated great moderation, choosing only one of your colleagues—someone who was highly favorable to you—to defend their cause. This colleague composed his book in such a way as to clearly highlight the piety and good faith of those he was tasked with defending, while thoroughly refuting any accusations of vices or wrongdoing that had been falsely leveled against them. However, he also concealed the majority of your errors, to such an extent that, overall, his work was not written against you but, as he himself stated, in your defense. He assumed that false information had been presented to you—that is, that the facts had been misreported—and expressed agreement with your general position on the issue: whether it was permissible for Reformed people to participate in Catholic ceremonies. Throughout the book, he spoke of you in the highest terms of praise. Unable to remain silent in the face of those despicable slanderous attacks aimed at tarnishing the reputation of worthy individuals, he directed his indignation toward unnamed or completely unknown persons, preferring to accuse you of excessive credulity rather than outright slander. Moreover, he entirely overlooked what I consider the most crucial aspect of this entire matter: whether you had the right to publicly condemn the dignitaries of Bois-le-Duc—especially its magistrates—without even hearing their side of the story or giving them a chance to defend themselves. All that he said about you was that, in the opinion of wise people, a public defense presented at your university would not be an effective way of guiding the inhabitants of Bois-le-Duc, who were utterly ignorant of the arguments that could be made in Utrecht on this subject. Out of respect for your ministry, it was even decided not to make Mr. Desmarets’ book available to the public; instead, it was only distributed to a few individuals who had seen your theses. Nevertheless, when you received it, you reacted with the same fury as you had earlier upon seeing Mr. Regius’s highly moderate response to your arguments regarding substantial forms. It seemed that you felt your conscience was burdened by a grave mistake, and you were neither willing to rectify it nor admit it. Consequently, an anonymous pamphlet soon appeared—its author was believed to be one of Bois-le-Duc’s ministers, as his style and tone were clearly recognizable. In this pamphlet, that minister claimed to have been the very person from whom you had supposedly received those false information. Or it is certain that Mr. Desmarets did not designate any minister of the Church in this regard; for one would not find a single passage in his book that could not apply just as well, or even better, to any other person. Moreover, in the letter he addressed to you, he explicitly attributes the fault to those who were disappointed to see their names omitted from the list of new brethren—which certainly cannot refer to any minister of the gospel. Thus, you included this minister in the story merely to have someone, according to your own practices, share in your blame, and so that you could more freely and without consequences indulge your propensity for invective. But his book—and rather yours, since it was your work—was deemed from the outset to be defamatory, slanderous, and intended to incite rebellion. Its reading was prohibited, and this ban was publicly announced, as you state yourself on page 420, in the streets and squares of the city, accompanied by the sound of drums and trumpets. I even have a copy of this judgment here; its terms are as follows:

“Whereas, for some days now, a certain blue brochure entitled ‘Retorsio calumniarum, etc.’ has been distributed in this city without any indication of the author; whereas, upon examining various passages from this brochure, we found that it contained outrageous slanderous statements against several persons in office; and whereas the impunity of such libels, by disturbing the harmony and tranquility that must be maintained in this city, would expose it to shameful strife detrimental to the Church of God and to the salvation of its citizens—whom we wish to protect from such harm—we hereby order, ”

Thus, you were already exemplarily and publicly punished in Bois-le-Duc, under a pseudonym; yet this failure did not discourage you. You even paid no attention to the letters written by the senate of that city to the states of the province of Utrecht, to the city’s own senate, and even to you, in an attempt to stop the publication of your new book—which you yourself boast about on page 421. Your so public and frequent encouragements, along with those collective letters of yours (I shall say no more for fear of appearing vain or of arousing envy), gave me renewed enthusiasm and inspired me to attempt something similar—or even greater.

I notabili di Bois-le-Duc, ritenendo che tali offese alla loro reputazione potessero essere adeguatamente riparate solo attraverso un documento pubblico, incaricarono uno dei loro pastori, il signor Samuel Desmarets, di redigerlo. In questo mostrarono grande moderazione, scegliendo come difensore soltanto uno dei vostri colleghi, molto favorevole verso di voi, il quale compose il suo libro in modo da evidenziare al massimo la pietà e l’integrità delle persone che aveva il compito di difendere, scacciando ogni sospetto riguardo a vizi o azioni malvagie di cui eravate stati falsamente accusati. Tuttavia nascose la maggior parte dei vostri torti, al punto che, in definitiva, non scrisse contro di voi, ma, come egli stesso dichiarò, a vostro favore; poiché ipotizzò che vi fossero state fornite informazioni errate, cioè che il fatto fosse stato descritto in modo impreciso. Aggiunse inoltre di essere d’accordo con voi sulla tesi principale della questione: è permesso ai riformati partecipare alle cerimonie dei cattolici romani? In tutto il libro parla di voi in termini lusinghieri e onorifici; e, non potendo rimanere in silenzio di fronte alle orribili calunnie con cui si osa macchiare la reputazione di persone stimabili, riversò tutta la sua indignazione su individui non specificati o completamente sconosciuti, preferendo accusarvi di eccessiva credulità piuttosto che di calunnie vere. Lasciò inoltre da parte la questione più importante, a mio parere, ovvero se aveste il diritto di condannare, con autorità privata, i notabili della città, e in particolare i magistrati, attraverso un documento pubblico senza averli ascoltati o nemmeno avvisati. Tutto ciò che disse su di voi fu che, secondo l’opinione delle persone sagge, una tesi pubblicamente sostenuta nella vostra università non rappresentava certo il mezzo più adatto per ricondurre, se necessario, gli abitanti di Bois-le-Duc, completamente ignari delle tesi che potevano essere difese a Utrecht. Si volle persino, per rispetto verso il vostro ministero, che il libro del signor Desmarets non venisse reso pubblico; si limitò quindi a farlo distribuire ad alcune persone che avevano letto le vostre tesi. Tuttavia, quando lo riceveste, dimostraste la stessa furia che vi aveva colto in precedenza alla vista della risposta estremamente moderata data dal signor Regius alle vostre tesi sulle questioni teologiche: sentivate infatti la vostra coscienza gravata da un grave errore e non volevate né correggerlo né ammetterlo. Così, poco dopo, apparve una brochure di cui si crede che foste voi l’autore, poiché vi si riconosceva chiaramente lo stile e il carattere; questa brochure era anonima e presentava un ministro di Bois-le-Duc che sosteneva di essere colui da cui avevate ricevuto quelle informazioni errate. Ora è certo che il signor Desmarets non abbia designato, in merito a questo argomento, alcun ministro della Chiesa; poiché nel suo libro non si troverebbe nemmeno un passaggio che non si applicasse altrettanto bene, se non addirittura meglio, a qualsiasi altra persona. Nella lettera che vi ha inviato, egli respinge esplicitamente la colpa su coloro che hanno visto con rammarico il proprio nome omesso nell’elenco dei nuovi confratelli, il che non può riguardare alcuno dei ministri della parola evangelica. Quindi avete inserito questo ministro nella narrazione soltanto per avere, secondo la vostra abitudine, qualcuno che condividesse la vostra colpa, e sotto il cui nome poteste soddisfare più liberamente e impunemente il vostro gusto per le invettive. Ma il suo libro, o meglio il vostro, fu giudicato fin dall’inizio diffamatorio, calunnioso e destinato a incitare alla sedizione. La sua lettura fu proibita, e questo divieto fu annunciato, come dite voi stesso a pagina 420, nelle piazze e negli incroci della città, al suono di tamburi e trombe; ho persino qui un esemplare di tale sentenza, la cui formulazione è la seguente:

“Poiché da alcuni giorni in questa città è stata distribuita una certa brochure blu intitolata ‘Retorsio calumniarum, ecc.’, senza alcun nome di autore; poiché, dopo aver esaminato diversi passaggi di questa brochure, ci è sembrato che contenesse calunnie oltraggiose contro diverse persone in carica; considerando che l’impunità di simili libelli, turbando la concordia e la tranquillità che devono essere mantenute in questa città, la esporrebbe a gravi disordini scandalosi, dannosi per la Chiesa di Dio e per il bene dei cittadini; ciò che desideriamo evitare, quindi ordiniamo, ”

Quindi siete già stato punito in modo esemplare e pubblico a Bois-le-Duc, sotto un nome fittizio; ma questo insuccesso non vi ha scoraggiato: non avete nemmeno tenuto conto delle lettere che il senato di quella città scrisse agli stati della provincia di Utrecht, al senato della città stessa e persino a voi, per impedire, come voi stesso vantate sulla pagina 421, la pubblicazione del nuovo libro che vi stavate preparando a pubblicare. I vostri incoraggiamenti così aperti e frequenti, le vostre lettere collettive (non dirò altro, per non sembrare un uomo vanitoso o per non suscitare invidia) mi hanno infuso nuova energia e mi hanno spinto a tentare qualcosa di simile, o addirittura di più grande.

Croira-t-on que jamais ils vous aient excité à censurer publiquement dans vos thèses les notables et les magistrats d’une ville, et à devenir par cette conduite une cause de désordres ? je ne crois pas qu’un seul d’entre eux en convienne. J’aurais encore bien d’autres choses à remarquer ; mais je ne veux pas entreprendre un examen complet de votre livre ; c’est un soin que je laisse à M. Desmarets. Le talent, la prudence et l’érudition dont il a déjà fait preuve dans sa défense, me sont garants qu’il fera en cette occasion tout ce qui sera convenable. Pour moi, je veux, en attendant, vous donner seulement quelques avis en peu de mots sur les passages qui s’offriront à ma mémoire. J’ai trouvé, dans tout ce que vous nous donnez pour des raisons, beaucoup d’absurdité jointe à l’injustice la plus révoltante ; il ne vous arrive pas une seule fois de raisonner juste, et d’un bout à l’autre vous péchez contre cette règle, qui est le fondement de toute justice : on doit se soumettre soi-même aux principes que l’on invoque contre les autres. Ainsi, p. 24, vous rapportez ces paroles de M. Desmarets : J’aurais souhaité que, se renfermant dans la discussion générale, il eût évité de désigner par leur nom la ville de Bois-le-Duc et les personnes dont il s’agit. A cela que répondez-vous ? Et moi aussi, dites-vous, et avec moi tous ceux qui aiment la vraie religion, la piété, la paix de l’Église, nous aurions souhaité plus vivement encore qu’il n’eût pas attaqué des thèses sur l’idolâtrie, qu’il ne se fût pas déclaré le champion d’une telle cause, surtout dans un temps comme le nôtre et contre un livre de cette nature ; car s’il faut que des leçons, de » corollaires, des thèses académiques, aient à subir la discussion, non pas seulement des adversaires, mais encore des amis, des concitoyens, des neutres, des anonymes, et de leurs inutiles et odieux libelles, où en serions-nous, bon Dieu, et quand pourrions-nous espérer d’en finir ? Certes, on ne peut rien imaginer de plus absurde et de plus injuste qu’une pareille réponse. Quoi, vous voulez qu’il vous ait été ; permis de nommer dans vos thèses la ville de Bois-le-Duc, de troubler, autant qu’il était en vous, la paix de l’Église, en accusant ses magistrats et ses notables, et vous faites un reproche à M. Desmarets, à leur pasteur, d’avoir osé contredire ces thèses sacrées pour défendre l’innocence de ses concitoyens, et maintenir dans sa ville la paix de l’Église ! De pareils traits d’injustice se rencontrent à chaque page dans votre livre, et telle en est souvent l’absurdité, qu’ils me rappellent la démence de ce Fimbria, qui, n’ayant réussi qu’à blesser Scévola au lieu de le tuer, comme il en avait l’intention, voulut ensuite l’appeler en justice pour n’avoir pas reçu le coup tout entier. Peut-être cependant pourrait-on supporter votre injustice si elle n’était mêlée d’impertinence ; mais on ne saurait voir sans une aversion prononcée avec quelle insolence et quel orgueil vous prenez toujours le ton d’accusateur ou de juge, quand vous êtes en effet accusé d’un fait qu’il vous est impossible de nier, et dont vous ne pouvez obtenir le pardon que par d’humbles excuses et des marques de repentir. Cette impertinence perce déjà dans le titre même de votre livre ; vous n’y promettez ni excuses, ni justification, mais un Extrait des propositions, les unes douteuses et suspectes, les autres dangereuses, tirées du traité récemment publié en faveur des confréries de Notre-Dame, qu’on veut former ou introduire clandestinement parmi les réformés ; etc. ; ce qui veut dire : censure des erreurs de M. Desmarets ; de celles, bien entendu, que vous lui attribuer calomnieusement ; et dans le titre même vous donnez un échantillon de ces calomnies en disant que son livre est un traité en faveur de l’introduction des confréries de Notre-Dame, assertion que vous savez être fausse et de nature à le faire voir avec défaveur parmi vos co-religionnaires. Dans le reste de votre livre, de la page 28 à la page 75, et ailleurs, vous interrogez M. Desmarets comme si vous étiez le juge et lui l’accusé, ou comme un maître pourrait interroger son disciple, etc. ; vous espérez par là faire naître dans l’esprit du lecteur quelques soupçons défavorables à votre adversaire. C’est là un de ces moyens adroits que vous employez pour calomnier impunément ; car vous n’êtes pas tenu de prouver ce que vous n’affirmez pas, et ces faits présentés sous une forme interrogative peuvent obtenir autant de confiance que si vous en affirmiez la vérité.

En second lieu, l’impertinence la plus dégoûtante se montre encore dans toutes vos paroles ; comme lorsque vous dites à la page 5 que M. Desmarets veut se faire une réputation par quelque entreprise hardie et extraordinaire, sans doute en osant se mesurer avec un si grand homme ; ou encore lorsque vous supposez que toutes les églises de la Belgique sont attaquées en votre personne, comme si elles ne pouvaient subsister sans vous, ou que vous y fussiez tout, et M. Desmarets rien. N’est-ce pas le comble de l’arrogance que de vous obstiner à ne pas vous reconnaître le moindre tort, bien que vous soyez convaincu et pris sur le fait ; de persister, malgré les meilleures raisons et les plus puissantes autorités, à publier votre injurieux libelle ? J’ai relu deux fois ce que vous dites à la page 420 et dans les quinze suivantes, pour bien comprendre les raisons qui doivent prouver, comme vous dites, que vous n’êtes pas un disputeur importun, un brouillon qui ne respecte ni le rang des personnes, ni l’autorité des assemblées ecclésiastiques ; mais je suis resté stupéfait, car je n’y ai rien trouvé qui ne prouvât au contraire l’esprit de chicane et le mépris de tout ordre et de toute supériorité sociale, de sorte que je ne sais plus quel a été votre projet. Peut-être, comme il faut une incroyable patience pour lire avec une attention soutenue un livre si frivole, vous espériez persuader à un lecteur peu attentif que toutes vos expressions ambiguës couvraient quelques bonnes raisons qu’il n’avait pas aperçues, ou plutôt vous vouliez montrer que vous êtes assez opiniâtre, assez rebelle à l’autorité, pour ne respecter ni magistrats ni synodes, et vous obstiner à écrire, n’eussiez-vous à écrire que des calomnies ? Ce serait un moyen de vous rendre redoutable aux yeux de tout le monde, d’empêcher que personne ne fût désormais assez hardi pour vous contredire, lors même que vous auriez attaqué sa réputation, de peur que vous ne lanciez aussitôt contre lui un gros volume d’injures. Car quand vous vous êtes vanté, page 412, qu’on avait tout mis en œuvre pour arrêter la publication de votre ouvrage, et qu’à cette fin plusieurs lettres avaient été écrites à vous et à d’autres au nom du sénat de Bois-le-Duc et par plusieurs autres personnes, qui sans doute regardaient vos livres comme bien redoutables ; quelles raisons dites-vous que l’on vous a données pour vous détourner d’écrire ? la première, c’est que cette défense ou cette apologie avait été écrite en faveur de la confrérie, et que dans la forme on l’appelait actuellement apologie des notables ; et après avoir quelque temps plaisanté en demandant si c’était ou non une apologie, vous concluez en disant que ce titre est un épouvantail bon pour faire peur aux petits enfants, et que cela ne vous ôte pas le droit d’attaquer le livre. L’autre raison que vous citez, page 427, est que la décision de cette affaire appartenait à des synodes et ne devait pas être livrée à la polémique ; qu’il fallait donc la soumettre au jugement de ces assemblées et ne pas la discuter plus longtemps dans des pamphlets. On ajoutait encore, dites-vous, ces motifs : i° Que les membres de la confrérie de Notre-Dame déclarent qu’ils sont prêts à la soumettre aux synodes de la Belgique, même à celui d’Utrecht ; 2° que le consistoire gallo-belge de Bois-le-Duc avait écrit à MM. Cl. DD., professeurs de théologie dans l’académie de Leyde, qu’ils avaient décidé en faveur de la confrérie de Notre-Dame, mais qu’ils voulaient cependant soumettre leur décision au synode ; 3° qu’il y aurait beaucoup moins de danger, d’inconvénient et de scandale à proposer vos raisons devant un synode que dans un écrit public.

Could anyone believe that they ever encouraged you to publicly criticize in your theses the notable figures and magistrates of a city, and thereby become the cause of disorder? I don’t think any of them would admit such a thing. I could point out many other things; but I don’t want to undertake a thorough examination of your book; that task I leave to Mr. Desmarets. The talent, prudence, and erudition he has already demonstrated in his defense ensure that he will do everything that is appropriate in this matter. For my part, I simply wish to give you some brief comments on the passages that come to mind. In all that you have presented to us as reasons, I have found a great deal of absurdity coupled with the most outrageous injustice; not once do you reason correctly; throughout, you violate that rule which is the foundation of all justice: one must submit oneself to the principles one invokes against others. For instance, on page 24, you quote Mr. Desmarets as saying: “I would have wished that, within the framework of a general discussion, he had avoided mentioning by name the city of Bois-le-Duc and the individuals involved.” What do you reply to this? And you say, “Yes, I too, and all those who love the true religion, piety, and the peace of the Church, would have wished even more earnestly that he had not attacked theses on idolatry, that he had not declared himself a champion of such a cause, especially at a time like ours and against a book of this nature.” For if it is necessary for lessons, “corollaries,” and academic theses to be subjected to criticism—not only from opponents but also from friends, fellow citizens, neutrals, and anonymous critics, as well as their useless and hateful libels—where would we be, good God? And when could we hope to bring it all to an end? Indeed, one cannot imagine anything more absurd or unjust than such a response. What, you want him to have been permitted to mention the city of Bois-le-Duc in his theses, to disturb the peace of the Church as much as he wished by accusing its magistrates and notable figures, and yet you reproach Mr. Desmarets, their pastor, for having dared to oppose these sacred theses in order to defend the innocence of his fellow citizens and maintain the peace of the Church in his city! Such acts of injustice are found on every page of your book, and often their absurdity is so great that it reminds me of the madness of that Fimbria—who, having only managed to wound Scévola instead of killing him as he had intended, then tried to bring Scévola before a court because Scévola had not received the full force of his blow. Perhaps one could tolerate your injustice if it were not accompanied by such impertinence; but it is impossible not to feel intense aversion at the way in which you always assume the tone of an accuser or judge, when in fact you are the one accused of a fact that you cannot deny, and for which you can obtain forgiveness only through humble apologies and signs of repentance. This impertinence is already evident in the very title of your book; you promise neither excuses nor justifications, but rather an “Excerpt from Propositions”—some of which are doubtful and suspicious, others dangerous—extracted from a treatise recently published in support of the Confreries of Notre-Dame, which people seek to establish or introduce secretly among the Reformed; etc. In other words, it is a critique of Mr. Desmarets’ errors—those, of course, that you falsely attribute to him—and already in the title you provide an example of these calumnies by claiming that his book is a treatise in favor of introducing the Confreries of Notre-Dame, an assertion you know to be false and one that will surely bring you disrepute among your fellow believers. Throughout the rest of your book, from page 28 to page 75 and elsewhere, you question Mr. Desmarets as if you were the judge and he the accused, or as if a master were questioning his disciple; you hope thereby to sow doubts in the reader’s mind against your opponent. This is one of those cunning methods you employ to slander others with impunity—for you are not required to prove what you do not claim, and such facts presented in the form of questions can gain just as much credence as if you were affirming their truth.

Secondly, the most disgusting arrogance is evident in every word you write; for instance, when you claim on page 5 that Mr. Desmarets seeks to establish his reputation through some bold and extraordinary undertaking, perhaps by daring to challenge such a great man; or when you assume that all the churches of Belgium are being attacked because of you, as if they could not survive without you, or as if you were everything and Mr. Desmarets was nothing. Isn’t this the very epitome of arrogance—to insist obstinately on denying any wrongdoing, even when you are clearly convicted and caught in the act? To persist, despite all reasonable arguments and authoritative opinions, in publishing such offensive libels. I read what you say on pages 420 and the following fifteen times over to understand the reasons you claim prove that you are not some annoying quarreler or a rascal who disregards the status of people or the authority of ecclesiastical assemblies. But I was left utterly stunned; nothing in it proved anything other than a spirit of pettiness and contempt for all social order and hierarchy. I no longer know what your real intention was. Perhaps, since it takes incredible patience to read such a frivolous book with sustained attention, you hoped to convince an inattentive reader that your ambiguous statements concealed some valid reasons that the reader had failed to notice. Or perhaps you simply wanted to show how stubborn and rebellious you are against authority—how you refuse to respect either magistrates or synods, and how you insist on writing, even if it means spreading slander. Such an approach would make you feared by everyone; it would prevent anyone from daring to contradict you, for fear that you would immediately unleash a flood of insults upon them. For when you boasted on page 412 that every effort had been made to stop the publication of your work, and that several letters had been written to you and others in the name of the Senate of Bois-le-Duc by people who undoubtedly regarded your books as highly threatening, what reasons did you claim were given to dissuade you from continuing? The first reason was that this defense or apology was actually written in favor of a certain confraternity, and was currently referred to as an “apology for the notables.” After teasingly questioning whether it truly was an apology, you concluded by saying that such a title was merely a scarecrow meant to frighten children—and that this in no way deprived you of the right to attack the book itself. The other reason you mention, on page 427, is that the decision regarding this matter belonged to the synods and should not be subjected to debate; therefore, it was necessary to submit it to the judgment of these assemblies and not continue discussing it in pamphlets. Additionally, the following arguments were added: 1) That the members of the Confrérie of Notre-Dame declared their willingness to submit the matter to the synods of Belgium, even to that of Utrecht; 2) That the Gallo-Belgian consistoire of Bois-le-Duc had written to Messrs. Cl. DD., theology professors at the University of Leiden, stating that they had decided in favor of the Confrérie of Notre-Dame but wished to submit their decision to the synod; 3) That presenting your arguments before a synod would involve far less danger, inconvenience, and scandal than doing so in a public written statement.

Si potrà mai credere che abbiano mai incoraggiato voi a condannare pubblicamente, nelle vostre tesi, i notabili e i magistrati di una città, e a diventare così causa di disordini? Non credo che nemmeno uno di loro lo ammetterebbe. Avrei ancora molte altre cose da osservare; ma non intendo intraprendere un esame completo del vostro libro: questo compito lo lascio al signor Desmarets. Il talento, la prudenza e l’erudizione di cui ha già dato prova nella sua difesa mi garantiscono che farà in questa occasione tutto ciò che è appropriato. Per quanto mi riguarda, intanto voglio darvi solo alcuni suggerimenti, in poche parole, sui passaggi che mi verranno in mente. Ho trovato, in tutto ciò che ci offrite come argomentazioni, molta assurdità unita all’ingiustizia più scandalosa; nemmeno una volta avete ragionato correttamente, e in ogni momento violate questa regola fondamentale di ogni giustizia: bisogna sottomettersi oneself ai principi che si invocano contro gli altri. Ad esempio, a pagina 24, citate queste parole del signor Desmarets: “Avrei voluto che, limitandosi alla discussione generale, evitasse di menzionare per nome la città di Bois-le-Duc e le persone di cui si tratta”. A cosa rispondete voi? E voi dite anche che, insieme a tutti coloro che amano la vera religione, la pietà e la pace della Chiesa, avreste voluto ancora di più che non attaccasse tesi sull’idolatria, che non si dichiarasse difensore di una tale causa, soprattutto in un tempo come il nostro e contro un libro del genere; perché se proprio le lezioni, i “corollari”, le tesi accademiche devono essere messe alla prova, non solo dagli avversari, ma anche dagli amici, dai concittadini, dai neutrali, dagli anonimi, e dai loro inutili e odiosi libelli, dove saremmo mai arrivati, mio Dio, e quando potremo sperare di porre fine a tutto ciò? Certamente, non si può immaginare nulla di più assurdo e ingiusto di una risposta del genere. Volete davvero che vi sia stato permesso di menzionare nella vostra tesi la città di Bois-le-Duc, di disturbare, nel modo possibile, la pace della Chiesa, accusando i suoi magistrati e i suoi notabili. Eppure rimproverate il signor Desmarets, il loro pastore, per aver osato contraddire queste tesi sacre al fine di difendere l’innocenza dei suoi concittadini e mantenere nella sua città la pace della Chiesa! Simili esempi di ingiustizia si trovano a ogni pagina del vostro libro, e spesso l’assurdità di tali argomentazioni mi ricorda la follia di quel Fimbria che, non riuscendo a uccidere Scévola come aveva intenzione, cercò poi di processarlo perché non aveva ricevuto il colpo nel modo previsto. Tuttavia, forse si potrebbe sopportare la vostra ingiustizia se non fosse mescolata con un’impertinenza così evidente; ma è impossibile non provare un profondo disgusto di fronte all’arroganza e alla presunzione con cui assumete sempre il ruolo di accusatore o giudice, quando in realtà siete voi stessi accusati di fatti che non potete negare e per i quali potete ottenere perdono soltanto attraverso scuse umili e segni di pentimento. Quest’impertinenza si manifesta già nel titolo stesso del vostro libro: non promettete scuse né giustificazioni, ma semplicemente “Estratti dalle proposte” – alcune delle quali dubie e sospette, altre pericolose – tratte dal trattato recentemente pubblicato a favore delle confraternite di Nostra Signora, che si vuole formare o introdurre segretamente tra i riformati, ecc. Questo significa, in sostanza, una critica alle errori di Monsieur Desmarets, ovviamente, errori che attribuitegli ingiustamente; e già nel titolo date un esempio di queste calunnie, affermando che il suo libro sia un trattato a favore dell’introduzione delle confraternite di Nostra Signora, una dichiarazione che sapete essere falsa e destinata a farlo apparire in cattiva luce agli occhi dei vostri co-religioni. Nel resto del libro, dalla pagina 28 alla pagina 75 e altrove, interrogate Monsieur Desmarets come se foste voi il giudice e lui l’accusato, o come un maestro potrebbe interrogare il suo discepolo. Sperate così di suscitare nel lettore alcuni sospetti sfavorevoli nei confronti del vostro avversario. Questo è uno dei metodi abili che utilizzate per diffamare impunemente: non siete infatti obbligati a provare ciò che non affermate, e queste informazioni presentate in forma interrogativa possono suscitare la stessa fiducia come se ne affermaste la veridicità.

In secondo luogo, l’impertinenza più disgustosa si manifesta ancora in tutte le vostre parole; ad esempio quando affermate, a pagina 5, che il signor Desmarets intenda farsi una reputazione attraverso qualche impresa audace e straordinaria, probabilmente osando sfidare un uomo così grande; oppure quando supponete che tutte le chiese del Belgio siano minacciate a causa vostra, come se non potessero esistere senza di voi, o come se foste voi tutto ciò che conta in quelle chiese, e il signor Desmarets nulla. Non è forse l’apice dell’arroganza insistere nel negare di avere commesso alcun errore, pur essendo convinti del contrario e con le prove sotto mano; persistere, nonostante le migliori ragioni e le autorità più autorevoli, nella pubblicazione di un libello offensivo? Ho riletto due volte ciò che dite a pagina 420 e nelle quindici pagine successive, nel tentativo di comprendere le ragioni che dovrebbero dimostrare, come affermate voi, che non siete un disputatore importuno o una persona che disprezza né il rango delle persone né l’autorità delle assemblee ecclesiastiche; ma sono rimasto stupito, perché non ho trovato nulla che non dimostrasse invece uno spirito pettegolezzo e un disprezzo per qualsiasi ordine o superiorità sociale, al punto da non capire più quale fosse il vostro vero intento. Forse, dato che richiede una pazienza incredibile leggere con attenzione un libro così frivolo, speravate di convincere un lettore poco attento che tutte le vostre espressioni ambigue nascondessero in realtà delle buone ragioni che lui non aveva notato; o forse volevate semplicemente dimostrare di essere abbastanza testardi e ribelli all’autorità da non rispettare né magistrati né sinodi, e di insistere comunque a scrivere, anche se ciò significava diffondere calunnie. Questo sarebbe stato un modo per rendervi temibili agli occhi di tutti, per impedire che qualcuno osasse più contraddirvi, soprattutto dopo aver attaccato la reputazione di qualcuno, per paura che voi non lanciaste immediatamente contro di lui un intero volume di insulti. Infatti, quando avete vantato a pagina 412 che era stato fatto di tutto per impedire la pubblicazione del vostro libro, e che a tale scopo erano state scritte diverse lettere a voi e ad altri in nome del senato di Bois-le-Duc e da altre persone che sicuramente consideravano i vostri libri molto pericolosi; quali ragioni avete addotto per convincervi a non pubblicarli? La prima era che quella difesa o apologia fosse stata scritta a favore della confraternita, e che in termini formali venisse chiamata “apologia dei notabili”; dopo aver scherzato per un po’ sul fatto che si trattasse davvero di un’apologia, avete concluso dicendo che quel titolo era soltanto uno spaventapasseri adatto a intimorire i bambini, e che questo non vi impediva comunque di attaccare il libro stesso. Un’altra ragione che citate, a pagina 427, è che la decisione su questa questione spettava ai sinodi e non doveva essere sottoposta a controversie; pertanto era necessario presentarla al giudizio di tali assemblee, senza continuare a discuterne in pamphlet. Si aggiungevano ancora, secondo quanto dite voi, questi motivi: 1) che i membri della confraternita di Nostra Signora dichiaravano di essere pronti a sottoporla ai sinodi del Belgio, anche a quello di Utrecht; 2) che il consistorio gallo-belga di Bois-le-Duc aveva scritto ai signori Cl. DD., professori di teologia all’Accademia di Leyde, dichiarando di aver preso una decisione a favore della confraternita di Nostra Signora, ma di voler comunque sottoporre tale decisione al giudizio del sinodo; 3) che presentare le vostre argomentazioni davanti a un sinodo comporterebbe molto meno pericoli, inconvenienti e scandali rispetto a farlo attraverso un documento pubblico.

Malgré le soin que vous prenez de présenter ces raisons avec tant de nudité et de sécheresse, elles montrent cependant deux choses, d’abord que le fait des notables de Bois-le-Duc a du moins obtenu l’approbation de leur consistoire, dont l’autorité me paraît plus respectable que celle d’un théologien isolé, comme vous ; ensuite qu’ils n’ont cherché dans toute cette affaire que la vérité et la paix de l’Église ; qu’il n’y a eu dans leur fait aucune obstination, puisqu’ils consentent à reconnaître l’autorité d’un synode quelconque, même de celui d’Utrecht dont vous faites vous-même partie. Mais vous, pour répondre à ces démarches pacifiques, pour montrer combien vous êtes pieux, humble de cœur, jaloux de maintenir la paix de l’Église, vous citez d’abord l’exemple de Gomar, à qui, dites-vous, les partisans d’Arminius interdirent quelque temps d’écrire, ce qui le détermina à quitter l’académie. Tout ce que je sais de cette histoire, c’est qu’elle n’a aucun rapport avec le sujet qui nous occupe. Ensuite, page 429, vous vous exprimez en ces termes : De plus clairvoyants croient découvrir ici un autre mystère. Je ne saurais dire si le foyer du mal est parmi nous ou s’il agit à distance et dans les ténèbres ; mais il y a des gens qui voudraient que les professeurs de théologie fussent comme des enfants mineurs entièrement soumis à leur tutelle, il leur fût interdit de soutenir des thèses, de faire des leçons, de proposer des exercices, sans un examen ou une permission préalable de certains inspecteurs ou censeurs. Je ne vois pas quel peut être le sens de ces paroles, à moins que vous ne vouliez insinuer qu’un professeur de théologie doit être indépendant des magistrats et des synodes, et qu’étant professeur en théologie, par la grâce de Dieu, vous pouvez écrire tout ce que bon vous semble. Il est vrai qu’un peu plus loin vous sembler reconnaître en partie et à certaines conditions l’autorité des synodes. Mais bientôt les exceptions arrivent, et vous ajoutez avec dérision, page 431, Jusqu’à présent les synodes n’ont ici rien à semer ni à recueillir ; et page 433, Je conclus, dites-vous, qu’en tout ceci je n’ai rien à démêler avec les synodes. Néanmoins pour bien faire sentir que cette suprême puissance de professeur de théologie ne doit appartenir qu’à vous seul, sans doute en qualité de grand archithéologien, vous dites, page 432, en parlant du livre de M. Desmarets, qui est aussi professeur et docteur en théologie : Il est indispensable d’examiner en plein synode un livre qui est devenu occasion et matière de scandale et de censure ; et page 436, Je ne saurais songer à déposer la plume s’il ne rétracte publiquement ce qu’il a dit dans son livre, ou s’il ne le corrige dans une seconde édition. Ainsi, quand vous avez calomnié des hommes de la première distinction, vous avez bien fait ; quand vous les avez indignement injuriés, vous étiez sans reproche ; et quoiqu’on ait lieu de craindre que de vos écrits il ne résulte de grandes et fâcheuses dissensions, inimitiés, schismes dans une villa ?populeuse et frontière, on n’a pas le mot à vous dire. Mais quand M. Desmarets ? de l’aveu des personnes offensées, et par devoir, comme pasteur de leur église, s’efforce de réparer autant qu’il est possible le mal que vous avez fait, son livre est une matière de scandale et de censure, il faut l’examiner, et, si l’on vous en croit, le condamner dans les synodes ; et vous ne vous abstiendrez pas de le calomnier publiquement, à moins qu’il ne rétracte ou ne corrige dans un écrit public ce qu’il a dit sur votre compte avec autant de justice que de vérité. Et même aux pages 434 et 435, après vous être plaint que M. Desmarets et les siens ont commencé, par agir et s’en rapporter à leur jugement particulier, 1 ° en publiant et répandant un livre contre vos thèses ; 2° en sollicitant des suffrages à Utrecht, à Dordrecht, à Leyde, à Amsterdam, à Franecker, à La Haye ; 3° en excluant provisoirement de la sainte table un ex-sénateur (parce qu’il suivait votre parti) ;’4° en condamnant votre réplique ; on finit aujourd’hui, dites-vous, par invoquer l’intervention des synodes ; on prétend que l’on s’en rapporte, pour les matières controversées ou les faits douteux, au jugement et à la décision des autorités ecclésiastiques ; et cela lorsqu’on a sinon emporté, du moins essayé d’emporter gain de cause, en ouvrant la digue au torrent des opinions privées. Je ne doute pas que tous ceux des ecclésiastiques qui voient d’un peu loin les choses, ne s’aperçoivent où tend cette manœuvre politique, et combien peu doit s’émouvoir celui que, depuis quelques années, on a tellement fatigué de remontrances, que, bon gré malgré, il lui a fallu devenir un peu plus prudent. Et plus bas, en pariant de l’honorable sénat de votre ville, qui, ne voulant rien décider sur un sujet qui touchait à votre théologie, et par conséquent vous commander le silence, vous engageait néanmoins à ne pas écrire, Je lui ai répondu, dites-vous, que je ne pouvais défendre l’honneur de notre religion et des fonctions que j’exerce si je ne décidais dans un écrit public cette question, qui d’ailleurs est hypothétique. N’est-ce pas dire en d’autres termes que vous n’êtes pas assez imprudent pour vous en rapporter au jugement des synodes, dans la certitude où vous êtes que vous y seriez condamné : 1° parce que le livre de M. Desmarets montre trop clairement vos torts ; 2° parce qu’il a déjà pour lui le suffrage de bien des gens ; 3° et 4° parce que plusieurs personnes qui s’étaient prononcées trop ouvertement pour vous ont été déjà condamnées. Vous ne réussirez pas quand vous donnez à entendre que M. Desmarets a écrit le premier contre vous, que ses écrits ont tellement prévenu en sa faveur les membres des synodes, que, malgré l’excellence de votre cause, vous ne deviez pas l’abandonner à leur décision, mais qu’il valait mieux défendre par la voie de la presse votre réputation, que vous jugez inséparablement liée avec les intérêts de la religion et l’honneur de votre état. Toutes ces insinuations n’ont pas la moindre apparence de vérité. C’est vous qui le premier avez voulu par la publication de vos thèses prévenir contre vos adversaires l’opinion générale. Et les notables de Bois-le-Duc, même en vous pardonnant cette offense comme individu, ce qu’ils ont fait autant qu’on peut en juger, puisque, au lieu de vous accuser, ils se sont contentés de se défendre, étaient obligés de rendre leur défense publique ; car, comme la paix et l’existence des états reposent sur l’estime des citoyens pour leurs magistrats, ceux qui sont appelés à l’administration des affaires ne sont pas maîtres de pardonner comme il leur plaît les injures qu’on leur a faites publiquement, et de négliger le soin de leur réputation ; et dans un état il n’y a pas d’action plus condamnable et qui mérite de plus grands supplices que d’attaquer la réputation des gouvernants, et de rendre ainsi le peuple moins respectueux, moins soumis, moins disposé à se soumettre à leur autorité. Mais, vous devez en convenir vous-même, il n’en est pas de votre honneur, ou, si vous voulez, de l’honneur de la religion et de votre profession comme de celui d’un magistrat politique. Votre cause fût-elle excellente, il vaudrait mieux pour vous et pour la gloire de la religion vous soumettre librement à la décision des synodes, à leur condamnation même, que de lutter avec tant d’obstination contre les autres théologiens et les consistoires, et de vous refuser au jugement des synodes.

Despite the care you take in presenting these arguments so plainly and succinctly, they still reveal two things: firstly, that the actions of the dignitaries from Bois-le-Duc at least gained the approval of their consistory, whose authority seems to me more respectable than that of a lone theologian like yourself; secondly, that throughout this entire matter, they sought only the truth and peace of the Church. There was no stubbornness in their approach, since they were willing to acknowledge the authority of any synod—even one like Utrecht, of which you are yourself a member. But in response to these peaceful efforts, to demonstrate how pious and humble-hearted you are in your desire to maintain the Church’s peace, you first cite the example of Gomar, whom, you say, the supporters of Arminius once prevented from writing, which ultimately led him to leave the academy. All I know about this story is that it has no relevance to the subject at hand. Furthermore, on page 429, you write: “Some more discerning individuals believe they detect another mystery here.” I cannot say whether the source of evil lies among us or operates from a distance in the shadows; but there are people who wish that theologians were like minor children, entirely under the guardianship of others—people who would forbid them to defend any thesis, give lectures, or propose exercises without prior examination or permission from certain inspectors or censors. I see no meaning in these words, unless you are implying that a theologian should be independent of both magistrates and synods, and that since you are a theologian yourself, by the grace of God, you are free to write whatever you please. It is true that later on you seem to acknowledge the authority of synods to some extent and under certain conditions. But soon enough, exceptions are introduced, and on page 431, you add in mockery: “So far, synods have had nothing to do with either sowing or reaping here.” And on page 433, you conclude: “In all this, I have nothing to do with synods at all.” Nevertheless, to emphasize even more that this supreme authority as a theologian belongs solely to you—perhaps in your capacity as a great architheologian—you say, on page 432, referring to Mr. Desmarets, who is also a professor and doctor of theology: “It is indispensable to examine a book that has become the cause of scandal and censure in a full synod.” And on page 436, you add: “I would never consider putting down my pen unless he publicly retracts what he said in his book or corrects it in a second edition.” Thus, when you slandered men of the first rank, you did well; when you insulted them in an outrageous manner, you were without reproach; and although there is reason to fear that your writings may lead to great and harmful divisions, feuds, and schisms within a populous and border town, we have no words to address you on that matter. But what about Mr. Desmarets? Admittedly, the offended individuals, and out of duty as the pastor of their church, are trying their best to repair the harm you have caused. Yet his book is a source of scandal and criticism; it must be examined, and if we believe him, it must be condemned in the synods. And you will not refrain from publicly slandering him again, unless he retracts or corrects in a public document what he has said about you, doing so with both justice and truth. Moreover, on pages 434 and 435, after complaining that Mr. Desmarets and his followers began by acting on their own judgment—1) by publishing and distributing a book against your theses; 2) by seeking votes in Utrecht, Dordrecht, Leiden, Amsterdam, Franecker, The Hague; 3) by temporarily excluding an ex-senator from the holy altar because he supported your cause; 4) by condemning your reply—you now claim to be calling for the intervention of the synods, claiming to rely on the judgment and decision of ecclesiastical authorities in matters of controversy or doubt. And this, despite the fact that you have either succeeded or at least tried to succeed in gaining the upper hand by unleashing the torrent of private opinions. I do not doubt that those ecclesiastics who look at things from a broader perspective will see the political intent behind this maneuver, and that one who, for several years now, has been so frequently rebuked must have become somewhat more cautious, whether he likes it or not. And further down, you mention the honorable senate of your city, which, unwilling to decide on a matter pertaining to your theology and thus ordering you to remain silent, nevertheless required you not to write. I replied to them that I could not defend the honor of our religion and the duties I perform unless I publicly addressed this issue, which is after all hypothetical. In other words, it means that you are not foolish enough to rely on the judgment of the synods, knowing full well that you would be condemned there: 1) because Mr. Desmarets’ book clearly exposes your faults; 2) because it already has the support of many people; 3) and 4) because several individuals who have spoken too openly in your defense have already been condemned. You will not succeed in your attempt to claim that Mr. Desmarets was the first to write against you; his writings so effectively influenced the members of the synods in his favor that, despite the excellence of your cause, you should not have abandoned it to their decision. Instead, it would have been better to defend your reputation through the press, which you considered inseparably linked to the interests of religion and the honor of your position. All these insinuations lack any basis in truth. It was you who, by publishing your arguments, sought first to influence public opinion against your opponents. And the dignitaries of Bois-le-Duc, even if they forgave this offense committed against you as an individual—which they did, judging from their actions, since they chose to defend themselves rather than accuse you—were obliged to make their defense public. For, since the peace and existence of states depend on the citizens’ respect for their magistrates, those charged with governing cannot freely pardon public insults or neglect the protection of their own reputation. In any state, there is no more condemnable act or one that deserves greater punishment than attacking the reputation of rulers, thus making the people less respectful, less obedient, and less willing to submit to their authority. But you must admit yourself that this does not concern your honor—or, if you so wish, the honor of religion and your profession as a political magistrate. No matter how excellent your cause may be, it would have been better for you and for the glory of religion to willingly submit to the decisions of the synods, even to their condemnation, than to resist so stubbornly against other theologians and councils and refuse to accept their judgment.

Nonostante vi impegniate a presentare queste ragioni con tanta schiettezza e secchezza, esse dimostrano comunque due cose: innanzitutto, che l’iniziativa dei notabili di Bois-le-Duc ha almeno ottenuto l’approvazione del loro consiglio ecclesiastico, il cui potere mi sembra più rispettabile di quello di un teologo isolato come voi; in secondo luogo, che in tutta questa vicenda essi hanno cercato soltanto la verità e la pace della Chiesa, senza alcuna ostinazione, poiché sono disposti ad riconoscere l’autorità di qualsiasi sinodo, anche quello di Utrecht di cui fate parte voi stesso. Ma voi, per rispondere a queste iniziative pacifiche, per dimostrare quanto siate pio, umili e desiderosi di mantenere la pace della Chiesa, citate innanzitutto l’esempio di Gomar, a cui, dite voi, i sostenitori di Arminio vietarono per un certo tempo di scrivere, il che lo spinse ad abbandonare l’Accademia. Tutto ciò che so su questa storia è che non ha alcuna relazione con l’argomento che ci occupa. In seguito, a pagina 429, esprimetevi in questi termini: “Alcuni più perspicaci credono di scoprire qui un altro mistero. Non saprei dire se la fonte del male si trovi tra di noi o agisca da lontano e nell’oscurità; ma ci sono persone che vorrebbero che i professori di teologia fossero come bambini minori, completamente soggetti alla loro tutela, a cui fosse vietato sostenere tesi, tenere lezioni o proporre esercizi senza un esame o un permesso preventivo da parte di alcuni ispettori o censori. Non vedo quale possa essere il significato di queste parole, a meno che non vogliate insinuare che un professore di teologia debba essere indipendente dai magistrati e dai sinodi, e che, essendo professore di teologia, per grazia di Dio, possiate scrivere tutto ciò che vi pare. È vero che poco più avanti sembrate riconoscere in parte e a determinate condizioni l’autorità dei sinodi; ma presto arrivano le eccezioni, e aggiungete con derisione, a pagina 431: ‘Fino ad ora i sinodi non hanno nulla da seminare né da raccogliere in questa materia, ’ E a pagina 433 concludete dicendo che in tutto ciò non ho nulla a che fare con i sinodi. Tuttavia, per far bene capire che questo supremo potere di professore di teologia debba appartenere soltanto a voi, forse in qualità di grande architeologo, dite, a pagina 432, parlando del libro di M. Desmarets, che è anch’egli professore e dottore in teologia: ‘È indispensabile esaminare in pieno sinodo un libro che è diventato oggetto di scandalo e censura, ’ E a pagina 436 aggiungete: ‘Non penserei mai a posare la penna se quel libro non ritrattasse pubblicamente quanto ha detto, o non lo correggesse in una seconda edizione, ’” Pertanto, quando avete diffamato uomini di prim’ordine, avete fatto bene; quando li avete insultati in modo ignobile, non avete commesso alcun errore; e anche se si teme che i vostri scritti possano causare grandi e spiacevoli dissidi, inimicizie e scismi in una città popolare e di frontiera, non abbiamo nulla da dirvi. Ma quando il signor Desmarets, per volere delle persone offese e per dovere suo, come pastore della loro chiesa, cerca di rimediare, nel limite del possibile, al danno che avete causato, il suo libro diventa oggetto di scandalo e censura; bisogna esaminarlo e, se ci credete, condannarlo nei sinodi; e voi non vi astenuerete dal diffamarlo pubblicamente, a meno che lui non ritratti o non corregga, in un scritto pubblico, quanto ha detto su di voi con giustizia e verità. E persino alle pagine 434 e 435, dopo esservi lamentati che il signor Desmarets e i suoi siano iniziati a agire basandosi sul loro giudizio personale: 1) pubblicando e diffondendo un libro contro le vostre tesi; 2) chiedendo voti a Utrecht, Dordrecht, L’Aia, Amsterdam, Franecker, La Haye; 3) escludendo temporaneamente dalla santa tavola un ex senatore (perché seguiva il vostro partito); 4) condannando la vostra replica, oggi si invoca l’intervento dei sinodi; si pretende di affidarsi al giudizio e alla decisione delle autorità ecclesiastiche per le questioni controversie o i fatti dubbi. E questo proprio quando, se non avete ottenuto vittoria, almeno avete cercato di ottenerla, aprendo la diga al torrente delle opinioni private. Non dubito che tutti coloro tra gli ecclesiastici che vedono le cose da una certa distanza si rendano conto della natura politica di questa manovra e di quanto poco debba preoccuparsi colui che, negli ultimi anni, è stato così assillato dalle rimproveri da doversi rendere un po’ più prudente. E più avanti, parlando dell’onorevole senato della vostra città, che, non volendo decidere su una questione riguardante la vostra teologia e quindi ordinandovi il silenzio, vi impegnava comunque a non scrivere. Gli ho risposto che non potevo difendere l’onore della nostra religione e delle funzioni che esercito se non decidessi pubblicamente questa questione, che del resto è ipotetica. Non è forse questo dire, in altre parole, che non siete abbastanza imprudenti da affidarvi al giudizio dei sinodi, essendo certi di essere condannati: 1) perché il libro del signor Desmarets mostra troppo chiaramente i vostri torti; 2) perché ha già il sostegno di molte persone; 3) e 4) perché diverse persone che si erano pronunciate apertamente a favore vostra sono state già condannate. Non riuscirete nel vostro intento se continuate a sostenere che il signor Desmarets. Desmarets è stato il primo a scrivere contro di voi; i suoi scritti hanno influenzato così positivamente i membri dei sinodi a suo favore che, nonostante l’eccellenza della vostra causa, non avreste dovuto abbandonarla alla loro decisione. Sarebbe stato meglio difendere attraverso la stampa la vostra reputazione, che ritenete strettamente legata agli interessi della religione e all’onore del vostro stato. Tuttavia, tutte queste insinuazioni non hanno alcun fondamento di verità. Siete stati voi i primi a voler, con la pubblicazione delle vostre tesi, prevenire l’opinione pubblica contro i vostri avversari. E i notabili di Bois-le-Duc, anche se vi hanno perdonato questa offesa a livello individuale – come si può giudicare dal fatto che non vi hanno accusato ma si sono limitati a difendersi – erano comunque costretti a rendere pubblica la loro difesa. Poiché la pace e l’esistenza degli stati dipendono dall’opinione positiva dei cittadini nei confronti dei loro magistrati, coloro che sono chiamati ad amministrare gli affari non possono permettersi di perdonare liberamente le offese ricevute pubblicamente, né di trascurare la cura della propria reputazione. In uno stato, non esiste azione più condannabile e che meriti punizioni più severe di attaccare la reputazione dei governanti, rendendo così il popolo meno rispettoso, meno sottomesso e meno disposto ad obbedire alla loro autorità. Ma dovete ammetterlo anche voi: non si tratta dell’onore vostro, né, se volete, dell’onore della religione o della vostra professione come quello di un magistrato politico. Anche se la vostra causa fosse eccellente, sarebbe meglio per voi e per la gloria della religione sottomettervi liberamente alla decisione dei sinodi, anche alla loro condanna, piuttosto che lottare con tanta ostinazione contro gli altri teologi e i consigli diocesani, rifiutandovi di sottoporvi al giudizio dei sinodi.

Il serait honorable pour votre profession de ne pas imiter les ignorants, qui ont la prétention de ne se tromper jamais. Assurément il ne saurait y avoir rien de plus beau et de plus louable pour un théologien que de soumettre son jugement au jugement des autres, d’avouer ingénument ses erreurs, puisque nous ne sommes tous que des hommes, de les réparer, et de donner ainsi l’exemple de la piété et de l’humilité chrétienne. Mais vous allez rire d’un homme assez grossier, assez ignorant pour vous rappeler à ces vertus plébéiennes des hommes simples. On ne doit attendre de vous que ce qu’on en peut exiger à la rigueur. Eh bien, du moins, lorsque vous eûtes publié votre premier écrit et M. Desmarets le sien, chacun de vous ayant pris la plume à son tour, n’était-il pas juste qu’au lieu de la prendre une seconde fois, vous attendissiez la décision des synodes ? A qui persuaderez-vous que vous avez craint de voir la vérité tellement obscurcie par les artifices de M. Desmarets, que, malgré le puissant secours de vos talents, elle échapperait dans le synode à toutes les recherches de savants théologiens, tandis qu’il serait beaucoup plus facile au premier venu de la découvrir en feuilletant votre brochure sur la confrérie. Assurément il est bien plus vraisemblable que si vous infusez de soumettre votre cause aux synodes, c’est que vous la jugez si évidemment mauvaise, que vos confrères mêmes ne sauraient admettre vos excuses. Et comme ; pour justifier votre dernière publication, vous ne donnez pas d’autres raisons que celles dont j’ai déjà fait mention tout à l’heure, il faut conclure, en se servant de vos expressions mêmes, que vous êtes un disputeur importun, un brouillon qui ne respecte ni le rang des personnes, ni l’autorité des assemblées ecclésiastiques. Cependant on pourrait encore passer sur toutes ces choses, s’il y avait dans votre livre un seul mot d’où l’on pût inférer que le fait des notables de Bois-le-Duc vous a paru véritablement répréhensible, ou du moins si vous faisiez valoir quelque motif honorable pour justifier ou faire excuser vos écrits précédents. Mais, malgré toute mon attention, je n’ai rien trouvé de semblable dans votre livre. Dans ce gros volume tout entier je n’ai rien vu qui contredit le fait d’une manière directe, si ce n’est à la page 475 et suivantes, où je rencontre cet argument unique : Ceux qui conservent et le nom de cette confrérie et la chose même, participent indirectement à l’idolâtrie. Or, tel est le cas des notables. Donc, etc. Mais il n’est pas besoin de rien entendre à votre théologie pour concevoir qu’il faut ici distinguer ; car si sous ce mot la chose vous comprenez la plus petite pratique contraire à votre religion, on niera que dans ce sens la chose ait été conservée, comme le prouve clairement l’article 11 de l’acte de transaction cité par vous-même page 212, article par lequel sont abrogées toutes pratiques de cette espèce. Si par ce mot la chose vous entendez seulement ce que l’on a conservé, comme il ne s’y trouve rien de contraire à votre religion, les réformés n’ont pas à craindre d’y rencontrer l’ombre même de l’idolâtrie. Et il ne faut pas croire que la confrérie ne sera plus rien si l’on en retranche tout ce qui est contraire à votre religion ; lisez l’art. 5 de la transaction, article cité par vous, p. 210, et dites-moi si la réunion seule des habitants d’une même ville, dans l’intention de détruire toute trace de défiance causée par le mélange de populations différentes, et d’augmenter au contraire la confiance et l’union, en rendant les relations plus fréquentes (ce sont les termes mêmes de l’article), ne constitue pas ce que vous appelez la chose même, c’est-à-dire la nature et l’essence d’une association pieuse et extrêmement utile. Aussi ne pressez-vous pas beaucoup cette partie de votre argument ; mais vous vous mettez aussitôt à disputer sur le nom, dispute qui remplit un grand nombre de pages et vous conduit jusqu’à la fin du volume. Vous affirmez que ce nom est entaché d’idolâtrie ; vous produisez à ce sujet une foule de lieux communs, et tout cela pour arriver à cette conclusion, qu’on ne peut le conserver sans conserver en même temps une ombre d’idolâtrie. Une ombre ! voilà donc où aboutit cette dispute si animée ! Il est évident que votre seul prétexte pour attaquer cette confrérie c’est qu’elle a pris le nom de la Vierge mère du Sauveur, au lieu d’emprunter, comme vos livres, ceux de Thersite ou de Tertullus. Je dis prétexte : je ne dirai pas motif ou raison, car vous savez qu’il y a dans ce pays nombre de temples auxquels on donne encore habituellement le nom des saints qu’on leur avait autrefois imposé ; que, dans votre ville même, il y a un collège de chanoines qui porte le nom de Notre-Dame. Vous ne vous croyez pas vous-même entaché d’idolâtrie pour avoir emprunté votre prénom à saint Gisbert, et cela conformément à l’usage de l’Église romaine, dans le baptême, qui renferme un pacte religieux tout à fait personnel. Il est donc évident que vous n’aviez pas une seule raison valide pour improuver la conduite des notables de Bois-le-Duc. Vous avez eu pourtant un motif pour l’improuver : c’est qu’elle avait été approuvée par d’autres. En effet, il est notoire que votre caractère vous porte à saisir avec joie toutes les occasions de contredire l’opinion d’autrui. Et nous voyons dans votre livre, page 418, que si l’on en croit certains bruits, vous-même, il y a quelques années, étant à Bois-le-Duc, vous avez proposé en pleine assemblée de faire entrer les réformés dans cette confrérie. Je sais que vous vous en défendez avec force ; mais puisque d’autres l’affirment, n’est-il pas plus raisonnable de préférer le témoignage de plusieurs, le témoignage de gens qui n’ont pas d’intérêt à mentir, à celui d’un seul homme, de vous qui êtes partie intéressée ?

Mais examinons jusqu’à quel point les moyens de défense que vous alléguez en faveur de vos écrits précédents sont avoués par l’honneur et conformes à la vérité. Le principal reproche que vous fait M. Desmarets c’est d’avoir désigné nommément dans vos thèses ceux des réformés de Bois-le-Duc qui sont entrés dans la confrérie de Notre-Dame, et de les avoir livrés au mépris public, comme entachés et accusés d’idolâtrie, comme livrés à une cupidité sordide et aux plaisirs de la table. Nous avons vu tout à l’heure de nos propres yeux/que tout cela se trouvait bien réellement dans votre ouvrage ; cependant vous soutenez hardiment le contraire, et vous prétendez, page 9, que M. Desmarets, pour tirer cette conclusion de ce que vous avez dit, a recours à une suite de conséquences forcées, et calomnieuses. Vous ajoutez, page 10 : Ce sont d’atroces calomnies, et il ne reste plus à M. Desmarets que d’avouer franchement son mensonge, et d’en faire amende honorable. Page-15 : Quant au reproche qu’il me fait d’avoir accusé nommément les notables, comme si j’étais payé pour attaquer leur réputation, il suffirait de me taire, et d’en appeler à l’analyse de mes thèses. Où ai-je dit un seul mot de tout cela (de ce que vous reproche M. Desmarets) ? Nulle part. Dirons-nous donc que notre adversaire a été pris en flagrant mensonge, ou, pour mieux dire, dans une calomnie manifeste, construite déplorablement sur un appareil de conséquences anti-théologiques aussi semblables au jésuitisme, à l’ubiquiticisme, et au remonstrantisme que le lait ressemble au lait, et par suite d’une syncope ou ellipse de jugement et de savoir ?

It would be honorable for your profession not to imitate the ignorant, who pretend never to make mistakes. Surely nothing could be more beautiful or praiseworthy for a theologian than to submit one’s judgment to that of others, to admit one’s errors candidly—since we are all but mere men—to correct them, and thus set an example of Christian piety and humility. But you would laugh at someone who were foolish enough to remind you of such simple virtues. All that can be expected of you is strictly what is required of anyone in your position. At the very least, after you had published your first work and Mr. Desmarets published his, wouldn’t it have been reasonable for you to wait for the decisions of the synods, rather than publishing another one immediately? Who would believe that you were afraid that the truth might be so obscured by Mr. Desmarets’ manipulations that, despite your own considerable talents, it would escape the scrutiny of learned theologians at the synods, while it would be much easier for anyone to discover it by reading your pamphlet on this matter? It is far more likely that you are submitting your cause to the synods precisely because you consider it so obviously wrong that even your fellow members would not accept your excuses. And since, in order to justify your latest publication, you offer no other reasons than those I have already mentioned, it follows from your own words that you are an annoying quarreler and a disruptor who shows no respect for the status of individuals or the authority of ecclesiastical assemblies. Nevertheless, all these things could be overlooked if there were even one single word in your book that suggested you truly considered the actions of the nobles of Bois-le-Duc to be reprehensible, or if you provided some honorable reason to justify or excuse your previous writings. But despite my careful examination, I found nothing of the sort in your book. Throughout this entire volume, I saw nothing that directly contradicts this claim, except on pages 475 and following, where you argue that those who continue to maintain the name of this fraternity and its practices are indirectly involved in idolatry—and that this is certainly the case with the nobles. Yet there is no need to delve into your theology at all to realize that a distinction must be made here; for if by “this fraternity” you mean any practice that contradicts your religion, then it is clear that such practices have not been continued, as clearly stated in Article 11 of the transaction document you cited on page 212, which abolishes all such practices. If by this term you mean merely what has been preserved, and since nothing in it is contrary to your religion, the Reformed have no reason to fear that it contains even the slightest trace of idolatry. Nor should one believe that the fraternity would cease to exist if everything contrary to your religion were removed from it; read Article 5 of the agreement cited by you on page 210, and tell me whether the mere assembly of inhabitants of the same city, with the intent to eliminate all traces of hostility caused by the mixing of different populations and instead enhance trust and unity by promoting more frequent interactions—these very terms used in the article—does not constitute what you call the essence and core of a pious and highly beneficial association. Therefore, you do not place much emphasis on this aspect of your argument; yet you immediately begin to debate over its name, a discussion that occupies numerous pages and extends throughout the entire volume. You claim that this name is tainted with idolatry; you produce a plethora of clichés to support this point, all leading to the conclusion that it cannot be preserved without also preserving some form of idolatry. A mere shadow of idolatry! Such is the outcome of this heated debate. Clearly, your sole reason for attacking this fraternity is that it has taken the name of the Virgin Mother of the Savior, rather than adopting names like those of Thersite or Tertullus, which are used in your own writings. I say “sole reason”; I would not use the term “justification” or “argument,” because you know that in this country, many temples still bear the names of saints assigned to them in the past; and even in your own city, there is a chapter of canons called Notre-Dame. You do not consider yourself guilty of idolatry for adopting the name Saint Gisbert, since this is in accordance with the Roman Catholic practice of including a personal religious pledge in baptism. It is therefore evident that you had no valid reason to condemn the actions of the dignitaries of Bois-le-Duc. Yet you found a motive: it was approved by others. Indeed, it is well known that your nature leads you to eagerly seize every opportunity to oppose the opinions of others. And in your book, on page 418, it is stated that, if certain rumors are true, you yourself, some years ago while in Bois-le-Duc, proposed in a public assembly to admit the Reformed into this fraternity. I know you vehemently deny this; but since others claim it, is it not more reasonable to trust the testimony of multiple people—people who have no incentive to lie—rather than that of one individual, namely you, who have a personal stake in the matter?

But let us examine to what extent the defensive arguments you advance in support of your earlier writings are acknowledged by honesty and conform to the truth. The main accusation Mr. Desmarets makes against you is that you specifically named in your treatises those Reformed individuals from Bois-le-Duc who joined the confraternity of Notre-Dame, and that you exposed them to public scorn, accusing them of idolatry, vile greed, and indulgence in sensual pleasures. We have just seen with our own eyes that all these claims are indeed contained in your work; yet you boldly deny them, claiming on page 9 that Mr. Desmarets draws these conclusions from forced and slanderous interpretations of what you said. You further add on page 10: “These are utterly outrageous calumnies; it remains for Mr. Desmarets to frankly admit his lies and atone for them.” On page 15, regarding the accusation that I specifically named certain prominent individuals in my attacks, as if I were paid to slander their reputations, you argue that all I needed to do was remain silent and let people examine the content of my treatises. Where in all have I mentioned any of these things? Not once. Must we therefore conclude that our opponent has been caught in blatant lies—or, more precisely, in a flagrant slander constructed on a series of anti-theological conclusions that are just as absurd as Jesuitism, universalism, or Pietism? And all this stems from a complete failure of judgment and knowledge.

Sarebbe onorevole per la vostra profession non imitare gli ignoranti, quei che pretendono di non sbagliare mai. Certamente non esiste nulla di più bello e lodevole per un teologo che sottomettere il proprio giudizio a quello degli altri, ammettere umilmente i propri errori – poiché tutti noi siamo soltanto uomini – correggerli e così dare l’esempio della pietà e dell’umiltà cristiana. Ma riderete di un uomo così rozzo, così ignorante da ricordarvi queste virtù plebee tipiche delle persone semplici. Non ci si può aspettare da voi altro se non ciò che è strettamente necessario. Almeno, dopo aver pubblicato il vostro primo scritto e quello di Monsieur Desmarets, quando ognuno di voi ha preso la penna a turno, non sarebbe stato giusto aspettare la decisione dei sinodi, invece di scrivere ancora una volta? A chi potrete convincere che avete temuto che la verità venisse oscurata dagli stratagemmi di Monsieur Desmarets al punto che, nonostante il vostro notevole talento, essa sfuggisse a ogni ricerca da parte dei teologi esperti durante i sinodi, mentre sarebbe stato molto più facile per chiunque scoprirla semplicemente leggendo la vostra brochure sulla confraternita? È certamente molto più probabile che se avete deciso di sottoporre la vostra causa ai sinodi, è perché la ritenete così palesemente errata da dubitare che anche i vostri colleghi possano accettare le vostre scuse. E poiché, per giustificare la vostra ultima pubblicazione, non date altre ragioni se non quelle di cui ho già parlato poco fa, si deve concludere, utilizzando proprio le vostre parole, che siete un disputatore importuno, una persona che non rispetta né il rango delle persone né l’autorità delle assemblee ecclesiastiche. Tuttavia, si potrebbe ancora ignorare tutto ciò, se nel vostro libro ci fosse anche solo una parola che permettesse di dedurre che il comportamento dei notabili di Bois-le-Duc vi sia sembrato davvero riprovevole. O almeno, se aveste fornito qualche motivo onorevole per giustificare o scusare i vostri scritti precedenti. Ma, nonostante la mia attenzione, non ho trovato nulla del genere nel vostro libro. In tutto questo volume non c’è nulla che contraddica direttamente tale comportamento, se non alle pagine 475 e seguenti, dove trovo questo unico argomento: “Coloro che conservano sia il nome di questa confraternita che la sua stessa esistenza partecipano indirettamente all’idolatria. E questo vale soprattutto per i notabili”. Tuttavia, non è necessario conoscere nulla della vostra teologia per capire che in questo caso si deve fare una distinzione: poiché se con il termine “confraternita” intendete qualsiasi pratica contraria alla vostra religione, allora si potrà negare che tale pratica sia stata effettivamente conservata. Come dimostra chiaramente l’articolo 11 dell’accordo citato da voi stesso a pagina 212, con il quale vengono abrogate tutte le pratiche di questo tipo. Con questa parola intendete soltanto ciò che è stato conservato; poiché non vi si trova nulla di contrario alla vostra religione, i riformati non hanno motivo di temere di incontrarvi anche solo l’ombra dell’idolatria. E non crediate che questa confraternita perda ogni significato se le vengono rimossi tutti gli elementi contrari alla vostra religione: leggete l’articolo 5 dell’accordo, citato da voi stesso a pagina 210, e ditemi se la semplice riunione degli abitanti di una stessa città, con lo scopo di eliminare ogni traccia di diffidenza causata dall’insieme di popolazioni diverse e, al contrario, di aumentare la fiducia e l’unione rendendo le relazioni più frequenti – esattamente ciò che dice l’articolo stesso – non costituisca proprio ciò che voi chiamate “la natura stessa” di un’associazione pia ed estremamente utile. Pertanto, non insistete molto su questo aspetto del vostro argomento; invece, vi mettete subito a discutere sul nome stesso dell’associazione, una discussione che occupa molte pagine e arriva fino alla fine del volume. Affermate che questo nome sia macchiato d’idolatria; presentate in merito un gran numero di luoghi comuni, e tutto ciò per giungere alla conclusione che non si possa conservare tale nome senza mantenere al contempo anche solo l’ombra dell’idolatria. Un’ombra! Ecco a cosa arriva questa discussione così accesa. È evidente che il vostro unico pretesto per attaccare questa confraternita sia il fatto che abbia preso il nome della Vergine Madre del Salvatore, invece di adottare, come fanno i vostri libri, nomi tratti da personaggi come Tersite o Tertulliano. Dico “pretesto”, non “motivo” o “ragione”: sapete bene che in questo paese ci sono ancora molti templi a cui viene comunemente dato il nome dei santi che un tempo vi erano stati attribuiti; e anche nella vostra stessa città esiste un collegio di canonici chiamato Notre-Dame. Voi stesso non vi considerate macchiati d’idolatria per aver preso il vostro nome da san Gisbert, e questo in conformità con l’uso della Chiesa romana nel battesimo, che comporta un patto religioso di natura strettamente personale. Quindi è evidente che non avevate alcun motivo valido per criticare l’iniziativa dei notabili di Bois-le-Duc. Tuttavia avete trovato comunque un pretesto: il fatto che tale iniziativa fosse stata approvata da altri. Infatti, è noto che il vostro carattere vi spinge a cogliere con gioia ogni occasione per contraddire l’opinione altrui. E nel vostro libro, a pagina 418, si legge che, se ci si crede a certi pettegolezzi, anche voi stesso, alcuni anni fa, trovandovi a Bois-le-Duc, avete proposto in pubblico di far entrare i riformati in questa confraternita. So bene che vi difendete con forza da quest’accusa; ma poiché altri la sostengono, non è forse più ragionevole dare credito al testimone di molti, a persone che non hanno alcun interesse a mentire, piuttosto che a quello di una sola persona, cioè voi stesso, che siete interessato direttamente alla questione?

Ma esaminiamo fino a che punto i mezzi di difesa che adducente a sostegno dei vostri scritti precedenti siano realmente ammessi dall’onore e conformi alla verità. Il principale rimprovero che vi muove il signor Desmarets è quello di aver menzionato esplicitamente, nelle vostre tesi, quei riformati di Bois-le-Duc che sono entrati nella confraternita di Notre-Dame, e di averli esposti al disprezzo pubblico, accusandoli di idolatria, di avidità meschina e di piaceri mondani. Abbiamo visto con i nostri occhi che tutto ciò si trovava effettivamente nel vostro libro; tuttavia voi sostenete coraggiosamente il contrario, affermando, alla pagina 9, che il signor Desmarets, per trarre questa conclusione da quanto avete detto, ricorre a una serie di deduzioni forzate e calunniose. Aggiungete, alla pagina 10: “Sono calunnie atroci; al signor Desmarets non resta quindi che ammettere apertamente il suo errore e chiedere scusa”. Alla pagina 15: “Quanto al rimprovero che mi muove di aver accusato esplicitamente quei notabili, come se fossi pagato per attaccare la loro reputazione, basterà che io taccia e lasci che si analizzino le mie tesi. Dove ho mai detto una sola parola di tutto ciò? Da nessuna parte. Diremo dunque che il nostro avversario è stato colto in flagrante menzogna, o, per meglio dire, in una calunnia evidente e mal congegnata, basata su deduzioni anti-teologiche simili al giudaismo, all’ubiquitarianesimo e al protestantesimo, ”.

Vous affirmez encore que vos livres ne renferment aucune accusation personnelle, mais que vous décidez toujours d’une manière abstraite et générale que telle chose est illicite. Vous vous exprimez en ces termes : Je réponds en un mot que cela n’est que calomnie toute pure, et j’en appelle à l’analyse des thèses ; et vous répétez la même chose en mille endroits différents. Mais dites-moi, je vous prie, mon cher monsieur Voet, n’est-ce pas là ou jamais qu’on peut appliquer les mots d’effronté et d’impudent menteur ? On se ferait bafouer honteusement si l’on traitait un homme de menteur pour avoir avancé un fait faux, mais qu’il croyait ou qu’il pouvait croire vrai ; car toute parole fausse n’est pas un mensonge. Tout homme qui parle sans intention de tromper ne peut être accusé que d’erreur ou d’ignorance. Mais quand on traite un homme de menteur, sans pouvoir produire un seul mot de lui qui soit désavoué par sa conscience ou démenti par les faits, et c’est ce qui vous arrive fort souvent avec M. Desmarets et avec moi, on n’est plus qu’un vil calomniateur sur qui retombe toute la honte. Si au contraire on démontre clairement qu’un homme a dit non seulement une fausseté, mais ce qu’il savait parfaitement être une fausseté, on doit dire, pour parler, avec franchise et liberté, comme il convient à un honnête, homme, que c’est un menteur ; et si on l’a pris souvent sur le fait, un insigne menteur, et même, comme le mensonge est ce qu’il y a de plus honteux, de plus avilissant aux yeux d’un honnête homme, quiconque s’est rendu coupable de mensonges grossiers et réitérés doit être regardé comme le plus déhonté de tous les hommes. Or, non seulement il est faux que vous n’ayez rien dit contre les notables de Bois-le-Duc, comme vous le prétendez dans cet ouvrage, mais il est clair comme le jour que vous saviez, parfaitement combien cela était faux ; car vous n’avez pu oublier les expressions qu’on lit dans vos thèses : M. Desmarets vous les a suffisamment remis en mémoire, quelquefois même vous les répétez dans votre livre. Il y a plus, page 306, vous les mettez ridiculement dans la bouche des catholiques, et par conséquent, lorsque vous niez ensuite que vous les ayez écrites, il faut avouer absolument que vous êtes un menteur, et comme il vous arrive souvent de mentir de la même manière, un insigne menteur, et enfin un impudent menteur, puisqu’il est impossible de mentir plus évidemment ; car vous en appelez à vos thèses, qui sont imprimées, que beaucoup de personnes ont entre les mains, et qui prouvent jusqu’à l’évidence que vous êtes un menteur. Mais vous faites encore mieux : non content d’en appeler à la lecture de vos thèses, quand vous savez à n’en pas douter qu’elles prononcent contre vous, vous avez l’insolence de traiter M. Desmarets comme un calomniateur pris sur le fait, lui qui n’a dit sur votre compte rien qui ne fût évidemment vrai, et vous lui appliquez faussement des épithètes qu’on vous appliquerait avec plus de justice. Cet inconcevable excès d’audace n’est-il pas une preuve sans réplique que vous êtes endurci dans le mensonge et la calomnie ?’Vous avouez, page 9, et encore pages 340, 341 et ailleurs, que : vous avez nommé Bois-le-Duc ; mais vous dites, page 340, que ce nom ne se trouve ni dans le titre ni dans l’expression et la détermination du problème, mais seulement dans la réponse à l’avant-dernière exception, parce qu’il s’est rencontré là sous votre plume sans que vous l’ayez cherché… Ce nom s’est-il donc glissé malgré vous dans vos thèses ? Mais que diriez-vous, s’il arrivait qu’ignorant cette circonstance, quelqu’un s’imaginât que vous avez à dessein réservé pour la fin le nom de la ville, afin qu’après avoir éveillé la curiosité du lecteur, le désir qu’il a de savoir qui vous désignez lui fit mieux remarquer le nom de Bois-le-Duc quand vous venez enfin à le citer, et reconnaître individuellement chaque personnage ? Peut-être serait-ce un crime de penser que vous, la franchise même, vous, l’ami de la vraie religion, de la piété, de la paix de l’Église, vous ayez voulu employer cet art perfide des calomniateurs ? Un autre des principaux reproches de M. Desmarets, c’est que selon les lois de la charité et le précepte exprès de Notre Seigneur (Matth., XVIII, 15, 16), un avertissement particulier doit précéder la censure publique, surtout à l’égard de personnes recommandables qui auraient volontiers prêté l’oreille à des avis donnés en particulier. A cela vous répondez, page 19, que vous ne connaissiez en aucune manière ceux qui avaient besoin de ces avis ; et c’est encore un mensonge évident, comme on peut s’en convaincre en lisant, page 413 de la lettre du ministre, l’avertissement suivant : Qu’il s’agissait de membres recommandables de votre église, appartenant presque tous à l’ordre sénatorial. C’était les désigner assez clairement pour que vous pussiez leur écrire si vous en aviez eu l’intention, attendre d’eux assez de déférence à vos conseils, puisque c’étaient des membres recommandables de votre église, et enfin ne pas vous arroger le droit de les condamner puisqu’ils appartenaient à l’ordre des sénateurs. Mais sans doute vous ne voulez pas vous laisser enchaîner par ces règles de charité que dans le même passage, pages 19 et 20, vous nommez des règles doucereuses. Vous n’osiez, dites-vous encore, prendre cette liberté envers des citoyens d’une république étrangère. Quoi ! vous n’osez les avertir en ami et à l’oreille ! mais vous avez bien osé les attaquer publiquement. Qui pourra vous écouter sans rire ? Ainsi vous n’avez aucune excuse à donner, à moins d’abjurer tout sentiment de pudeur et de charité, car toutes vos réponses sont absolument de la même force.

You still claim that your books contain no personal accusations, but rather that you make your decisions in an abstract and general manner, determining that certain things are illicit. You express it this way: “In a word, I say that it is pure slander, and I call for an analysis of the arguments themselves.” Yet you repeat this same thing in countless different places. But please tell me, my dear Mr. Voet, isn’t this precisely the moment when one can use terms like “brazen” and “impudent liar”? One would be shamefully mocked if someone were called a liar for stating a false fact that they believed or thought might be true; after all, not every false statement is necessarily a lie. Any person who speaks without the intention to deceive can only be accused of error or ignorance. But when someone is called a liar without any evidence to support such an accusation—especially when this happens frequently, as in your case regarding Mr. Desmarets and myself—we are simply dealing with a vile slanderer who deserves all the shame that comes with it. On the contrary, if it can be clearly demonstrated that someone has not only stated a lie but also something they knew to be a lie, then it is perfectly legitimate to call them a liar, frankly and openly—just as it would be appropriate for an honest person to do. Moreover, if such a person has been caught lying repeatedly and blatantly, especially since lying is considered the most shameful and degrading thing in the eyes of an honest person, then anyone who commits such acts should be regarded as the most disgraceful of all people. Yet not only is it false that you have said nothing against the notable individuals of Bois-le-Duc, as you claim in this work; it is also clear that you knew full well how false these claims were. You couldn’t have forgotten the expressions contained in your arguments—Mr. Desmarets certainly reminded you of them on many occasions, and you even repeat them in your book itself. On page 306, you go so far as to attribute these statements falsely to Catholics; therefore, when you later deny having written them, you must admit that you are a liar. And since you frequently lie in this manner, you are an obvious and impudent liar—since there is no way to lie more blatantly. After all, you refer to your printed arguments, which many people possess and which clearly prove that you are a liar. But you do even more: instead of simply relying on the content of your own writings, which undoubtedly condemn you, you have the audacity to call Mr. Desmarets a slanderer who has been caught in the act—when, in reality, he has said nothing about you that is not absolutely true. And you wrongly apply to him epithets that would be far more justified when applied to you. Isn’t this inconceivable excess of audacity irrefutable proof that you are hardened in the practice of lying and slander? You admit, on page 9, and also on pages 340, 341, and elsewhere, that you did use the name “Bois-le-Duc”; yet you claim, on page 340, that this name appears neither in the title nor in the formulation of your argument, but only in the response to the penultimate objection—because it happened to be written under your pen without your intention. Did this name somehow slip into your arguments against your will? But what would you say if someone, unaware of this detail, assumed that you had deliberately reserved this name for the end, so as to arouse the reader’s curiosity and make them pay closer attention when you finally mentioned it, thus enabling them to identify each character individually? Would it be considered a crime to suppose that you, who are synonymous with honesty and friendship toward true religion, piety, and the peace of the Church, would resort to such deceitful tactics as those of slanderers? Another major accusation against you raised by M. Desmarets is that, according to the principles of charity and the explicit teachings of our Lord (Matthew 18:15–16), a personal warning should precede public condemnation, especially when it concerns respectable individuals who might be willing to listen to private advice. To this you reply, on page 19, that you had no way of knowing those who needed such advice; yet this is another obvious lie—especially when one reads, on page 413 of the minister’s letter, the following warning: “These were respectable members of your church, almost all belonging to the senatorial order.” This description is more than sufficient to indicate that you could have written to them if you had intended to do so; it also implies that they would have respected your advice, given their status as respected church members. Furthermore, it suggests that you had no right to condemn them since they belonged to the senatorial order. But surely you don’t intend to be bound by such rules of charity—which you yourself describe in the same passage as “softened principles.” You claim that you wouldn’t dare take such liberties with citizens of a foreign republic. Yet you did dare to attack them publicly. Who could possibly take your words seriously? Thus, you have no excuse left—unless you are prepared to abandon all sense of decency and charity. For all your responses are equally untenable.

Affermate ancora che i vostri libri non contengono alcuna accusa personale, ma che decidete sempre in modo astratto e generale che qualcosa sia illecito. Vi esprimete così: “Rispondo in una parola: si tratta pura e semplice calunnia, e chiedo l’analisi dei contenuti delle mie tesi”; e ripetete la stessa cosa in mille modi diversi. Ma ditemi, per favore, caro signor Voet: non è forse proprio questo il caso in cui si possono applicare gli epiteti di “impudente” e “mentitore sfacciato”? Si verrebbe trattati con disprezzo se si accusasse qualcuno di mentire perché ha affermato un fatto falso, anche se credeva o poteva credere che fosse vero; infatti, non ogni parola falsa è necessariamente una menzogna. Chi parla senza l’intenzione di ingannare può essere accusato soltanto di errore o ignoranza. Ma quando si definisce qualcuno un mentitore, senza che sia possibile produrre nemmeno una singola frase da lui scritta che venga smentita dalla sua stessa coscienza o dai fatti reali – e questo vi succede spesso riguardo a M. Desmarets e a me – allora si diventa semplicemente dei calunniatori spregevoli, su cui ricade tutta la vergogna. Al contrario, se si dimostra chiaramente che qualcuno ha detto non solo una falsità, ma anche qualcosa di cui sapeva perfettamente che era falso, allora si può dire, con franchezza e libertà, come è giusto fare per un uomo onesto, che si tratta di un mentitore; e se questa persona viene sorpresa più volte mentre mente, diventa senz’altro un mentitore spregevole e, dato che il mentire è ciò che c’è di più vergognoso e umiliante agli occhi di un uomo onesto, chi commette bugie gravi e ripetute deve essere considerato l’uomo più disonorevole di tutti. Ora, non solo è falso affermare che non abbiate detto nulla contro i notabili di Bois-le-Duc, come sostenete in questo libro, ma è anche evidente che sapevate perfettamente quanto fosse falsa questa affermazione; non avreste potuto dimenticare le espressioni presenti nelle vostre tesi: M. Desmarets ve le ha ricordate più volte, e a volte le ripetete persino nel vostro libro. Ancora di più: alla pagina 306 le attribuite ridicolmente ai cattolici; quindi, quando poi negate di averle scritte, è assolutamente necessario ammettere di essere dei mentitori. E poiché spesso mentite in questo modo, siete senz’altro degli impudenti e spregevoli mentitori. Questo incredibile eccesso di audacia non è forse una prova inconfutabile del fatto che siate abituati a mentire e diffamare? Ammettete, a pagina 9, e anche a pagine 340, 341 e altrove, di aver menzionato il nome “Bois-le-Duc”; ma affermate, a pagina 340, che tale nome non si trovi né nel titolo né nell’espressione del problema, ma soltanto nella risposta all’ultima obiezione, perché è apparso sotto la vostra penna senza che lo aveste cercato intenzionalmente. Quindi quel nome è entrato nelle vostre tesi contro la vostra volontà? Ma cosa direste se qualcuno, ignaro di questa circostanza, pensasse che aveste deliberatamente riservato quel nome per la fine, al fine di suscitare la curiosità del lettore e far sì che desiderasse conoscere chi vi riferivate, notando così meglio il nome “Bois-le-Duc” quando finalmente lo menzionate, e riconoscendo così ogni personaggio? Forse sarebbe un crimine pensare che voi, che rappresentate l’onestà stessa, che siete amici della vera religione, della pietà e della pace della Chiesa, abbiate voluto utilizzare queste astuzie perfide dei calunniatori. Un altro dei principali rimproveri mossi a M. Desmarets è che, secondo le leggi della carità e il precetto esplicito di Nostro Signore (Matteo, XVIII, 15-16), un avvertimento personale dovrebbe precedere la censura pubblica, soprattutto nei confronti di persone rispettabili che sarebbero state disposte ad ascoltare consigli dati in privato. A questo rispondete, a pagina 19, che non conoscevate affatto quelle persone; ma si tratta ancora una volta di una menzogna evidente, come si può constatare leggendo, a pagina 413 della lettera del ministro, l’avvertimento seguente: “Si trattava di membri rispettabili della vostra chiesa, quasi tutti appartenenti all’ordine senatoriale”. Questo è un modo abbastanza chiaro per indicarli. Avreste potuto scrivere loro se aveste voluto, contare sulla loro obbedienza ai vostri consigli, dato che erano membri rispettabili della vostra chiesa. E infine, non avreste dovuto arrogarvi il diritto di condannarli, visto che appartenevano all’ordine dei senatori. Ma probabilmente non volete essere vincolati da queste regole di carità, che nello stesso passaggio, a pagine 19 e 20, definite “regole dolci”. Dite ancora di non osare prendervi questa libertà nei confronti di cittadini di una repubblica straniera. Ma allora, perché avete osato attaccarli pubblicamente? Chi potrebbe ascoltarvi senza ridere? Quindi non avete alcuna scusa da fornire, a meno di abiurare ogni senso di pudore e carità. Perché tutte le vostre risposte sono assolutamente prive di fondamento.

Mais, bien loin de donner aucune excuse honnête, vous rejetez celle que vous offrait M. Desmarets, en disant que sans doute vous étiez mal informé. Non, vous ne voulez pas reconnaître que vous puissiez en rien vous tromper. Vous aimez mieux confondre ce qui se rapporte spécialement à la confrérie de Bois-le-Duc, avec cette question générale, Est-il permis d’instituer parmi les réformés des confréries de Notre-Dame ? Et cela, non seulement pour montrer que M. Desmarets diffère avec vous d’opinion sur la thèse même, ce dont il s’était défendu par égard pour vous, mais surtout pour profiter, dans l’examen des faits particuliers, de cette liberté d’opinion que l’usage accorde pour les questions générales. Vous trouvez encore à cette marche un autre avantage. Dans cette même thèse, où vous désignez certaines personnes, vous attaquez en même temps tous les vices qui vous semblent pouvoir s’accorder avec ce qu’elles ont fait ; ainsi le lecteur est conduit à leur attribuer ces vices, et vous, avec cette franchise et cette candeur qui vous caractérisent, vous pourrez dire que vous n’avez jamais appris ni pensé d’eux rien de semblable ; que vous avez seulement, avec cette liberté qu’autorisent vos usages académiques, suivi dans toutes ses circonstances le développement d’une question générale. Ainsi, par exemple, à la fin de vos thèses, vous nommez Bois-le-Duc, et vous dites que dans cette ville il existe une confrérie de Notre-Dame dans laquelle sont entrés des réformés, et dans le courant du même discours, vous aviez écrit un peu plus haut : S’il fallait participer à quelque cotisation, s’il n’y avait que des frais à supporter, si cette association n’amenait pas à sa suite des repas somptueux, de bons revenus, des occasions fréquentes de participer à quelques profits, ils savent que ce nom seul de Notre-Dame, sans parler des règles et des statuts de la confrérie ou du rosaire, eût empêché les réformés d’entrer dans cette association. Et ailleurs vous les traitez de gens stupides et d’imbéciles. Il n’est aucun lecteur qui n’applique toutes ces imputations aux habitants de Bois-le-Duc ; et cependant vous, homme de bonne foi, vous n’y songiez pas le moins du monde : mais traitant d’une manière abstraite et indéfinie, avec tous ses antécédents, ses conséquents et ses circonstances, la question générale suivante, Est-il permis aux réformés, etc., vous n’avez pu omettre un cas qui vous semblait pouvoir se présenter dans une ville ou dans l’autre. S’il a plu à M. Desmarets d’appliquer ce passage à ces notables, c’est sa faute et non pas la vôtre ; il agit mal envers eux et envers vous, comme on peut le voir page 184 et ailleurs. Encore si vous ajoutiez qu’ils sont à l’abri d’un pareil soupçon, puisque ces mêmes notables étant au nombre de 36, comme je l’apprends dans votre livre, page 215, et les revenus de cette confrérie se montant à 5, 000 florins environ, comme je le vois page 412, cette somme, quand même ils la partageraient entre eux, ne donnerait pas à chacun d’eux une part assez considérable pour éveiller la cupidité chez des personnes de leur rang ; mais elle est en entier distribuée aux pauvres : vous nous l’apprenez, page 229. Il faut donc, pour les autres dépenses, qu’ils participent à des cotisations. Et quant à leurs repas de corps, auxquels je vois, page 98 de votre livre, que président la décence et la sobriété, comme ils y étaient toujours invités précédemment, c’est encore vous qui nous l’apprenez, ils ne pouvaient désirer d’y être admis. Si vous y ajoutiez, dis-je, ces observations, qui sont parfaitement vraies, et vous ne pouvez l’ignorer, puisque je les ai puisées dans votre livre, vous auriez au moins une excuse à donner ; mais au contraire, quand vous niez en avoir dit aucun mal, c’est de manière à faire croire que tout ce qu’on vous reproche d’avoir dit est vrai. Bien plus, vous voulez donner à croire que Dieu vous a révélé toutes ces choses comme à un prophète ; c’est ce qui résulte évidemment de Ces paroles très remarquables que je trouve page 330 et 331 : Il se peut qu’ignorant tout ce qui s’est passé dans cette ville, quand j’en suis venu à presser cette plaie, selon ma coutume et ma méthode ordinaire, à mettre le fait en lumière, à le peindre avec ses véritables couleurs, j’aie paru en bien des endroits raconter une histoire et former une hypothèse : mes amis et tous ceux qui ont avec moi des relations habituelles peuvent attester que cela m’est plus d’une fois arrivé dans mes discours publics. S’ensuit-il qu’il fallût s’en rapporter à des soupçons téméraires, à des conjectures, au point de faire peser sur un innocent de cruelles imputations ? N’était-ce pas plutôt le rôle du défenseur de faire admirer en cette occasion à ces généreux notables les voies merveilleuses de la providence, et de leur faire entendre ces paroles de l’apôtre (I Cor., 14, 24, 25) : Il est signalé par tous et jugé par tous ; et ainsi ce qui est caché au fond de son cœur paraît au grand jour ; et ainsi, tombant la face contre terre, il adorera Dieu, annonçant que Dieu est véritablement en vous ? Ainsi c’est l’esprit saint qui vous a dicté jusqu’au nom de la ville où se trouve avoir eu lieu ce que vous attaquez dans vos thèses ; ainsi vous prophétisiez, car voici ce que dit l’apôtre saint Paul dans le passage que vous avez cité : Que tous prophétisent, et qu’un infidèle ou un insensé se présente, il est signalé par tous, etc. ; ainsi voilà M. Voet au rang des prophètes. Il est bon de remarquer en passant qu’il vous arrive souvent dans vos discours publics de décrire des faits particuliers, au point qu’on les attribue à tel ou tel, et qu’on prend vos paroles pour un récit. C’est ouvrir un champ bien libre et bien vaste à vos calomnies, et je m’étonnerais bien si l’autorité supérieure ne finit par y mettre ordre.

But far from offering any honest excuse, you reject the one offered by Mr. Desmarets, claiming that he must have been misinformed. No, you refuse to admit that you could possibly be mistaken in anything. You prefer to confuse what is specifically related to the confrérie of Bois-le-Duc with this general question: “Is it permissible for reformers to establish confreries of Notre-Dame?” And you do this not only to show that Mr. Desmarets disagrees with you on the core issue itself—something he had avoided mentioning out of respect for you—but also to take advantage, when examining specific cases, of the freedom of opinion allowed regarding general matters. You even see another advantage in this approach: within the same framework of argument, where you identify certain individuals, you simultaneously accuse them of all the vices that you believe may be associated with their actions; thus, the reader is led to attribute these vices to them, and you, with your usual frankness and candor, can claim that you have never known or thought anything of the sort about them—claiming instead that you have merely, within the limits allowed by academic convention, followed the logical development of a general issue. For example, at the end of your arguments, you mention Bois-le-Duc and state that there is a confrérie of Notre-Dame in that city to which reformers have joined. Yet earlier in your text, you wrote: “If there were any contributions to be made, if there were only expenses to bear, if such an association did not involve lavish meals, substantial profits, or frequent opportunities for gain, they would know that merely the name ‘Notre-Dame’—let alone the rules and statutes of the confrérie or its devotional practices—would prevent reformers from joining it.” And elsewhere, you call them stupid and foolish people. No reader could fail to associate all these accusations with the inhabitants of Bois-le-Duc; yet you, in good faith, had no such intention at all. Instead, by treating the issue in an abstract and general way, taking into account all its precedents, consequences, and circumstances, you simply failed to consider a particular case that might arise in one city or another. If Mr. Desmarets chose to apply these arguments to those individuals, it is his fault, not yours; he has wronged them as well as you, as can be seen on page 184 and elsewhere. Even if you added that they are beyond such suspicion, since there are 36 of these notable individuals, as I learn from your book on page 215, and the income of this fraternity amounts to about 5,000 florins, as stated on page 412—even if they shared this amount among themselves, none of them would receive a portion large enough to arouse greed in people of their rank. However, the entire sum is distributed to the poor, as you tell us on page 229. Therefore, for other expenses, they must contribute through donations. As for their communal meals, which, as I see on page 98 of your book, are characterized by decency and sobriety—and since they were always invited to such gatherings in the past—again, as you state, they would have had no desire to be excluded from them. If you added these observations, which are entirely true and which you cannot possibly ignore since I have taken them directly from your book, you would at least have an excuse to offer. But on the contrary, when you deny having said anything wrong, it only serves to make people believe that everything accused against you is actually true. Moreover, you seem to want people to think that God revealed all these things to you as if you were a prophet—something that is clearly implied by those remarkable statements I find on pages 330 and 331: “It is possible that, being ignorant of all that had taken place in this city when I began to investigate this matter according to my usual methods and to bring the truth to light, I may have at times presented a story or made an assumption. My friends and those who are regularly in contact with me can attest that this has happened more than once in my public speeches.” Does that mean we should rely on mere suspicions and conjectures, to the point of bringing cruel accusations against an innocent person? Wouldn’t it be more appropriate for the defender to demonstrate to these generous notables the wonderful ways of divine providence, and to remind them of the words of the apostle (I Corinthians 14:24-25): “He is judged by all; what is hidden in his heart is brought to light. Thus, when he falls face down, he will worship God, acknowledging that God truly resides within him.” In other words, it was the Holy Spirit who inspired you even to mention the name of the city where these events took place; you were thus prophesying, for here is what the apostle Paul says in the passage you cited: “Let everyone prophesy; and if someone who is unbelieving or foolish comes forward, he will be judged by all.” Thus, Mr. Voet stands among the prophets. It is worth noting that in your public speeches, you often describe specific facts in such detail that they are attributed to certain individuals, and your words are then interpreted as a form of narration. This undoubtedly opens up a wide and fertile ground for slander; I would be surprised if the higher authorities did not eventually take action to rectify this situation.

Ma, lontano dal fornire qualsiasi scusa valida, rifiutate quella che vi offriva il signor Desmarets, sostenendo di essere probabilmente mal informati. No: non volete ammettere che possiate sbagliarvi in alcun modo. Preferite confondere ciò che riguarda specificamente la confraternita di Bois-le-Duc con questa questione generale: “È permesso istituire tra i riformati delle confraternite di Nostra Signora?”. E questo non solo per dimostrare che il signor Desmarets è in disaccordo con voi sulla stessa tesi, cosa di cui si era difeso per rispetto verso di voi, ma soprattutto per approfittare, nell’esame dei fatti specifici, di quella libertà di opinione che l’uso consente riguardo alle questioni generali. Trovate ancora un altro vantaggio in questo approccio: nella stessa tesi, mentre menzionate alcune persone, attaccate contemporaneamente tutti i vizi che vi sembrano poter essere associati alle loro azioni; così il lettore viene indotto a attribuire loro questi vizi, e voi, con quella franchezza e candidezza che vi caratterizzano, potete dire di non aver mai saputo o pensato nulla del genere; di esservi semplicemente limitati, con la libertà concessa dai vostri usi accademici, a seguire lo sviluppo di una questione generale in tutte le sue circostanze. Ad esempio, alla fine delle vostre tesi menzionate Bois-le-Duc e dite che in questa città esiste una confraternita di Nostra Signora nella quale sono entrati dei riformati; nel corso dello stesso discorso avevate scritto poco prima: “Se fosse necessario pagare qualche quota, se ci fossero solo spese da sostenere, se questa associazione non comportasse banchetti sontuosi, buoni guadagni o frequenti opportunità di trarre profitto, loro saprebbero che solo il nome di Nostra Signora, senza parlare delle regole e degli statuti della confraternita o del rosario, avrebbe impedito ai riformati di entrarvi”. E altrove li definite persone stupide e ignoranti. Non c’è lettore che non attribuisca tutte queste accuse agli abitanti di Bois-le-Duc; eppure voi, uomo di buona fede, non ci avete pensato nemmeno per un momento: trattando in modo astratto e indeterminato, con tutti i suoi antecedenti, conseguenze e circostanze, la questione generale “È permesso ai riformati, ”, non avete potuto omettere un caso che vi sembrava potesse verificarsi in una città qualsiasi. Se al signor Desmarets è piaciuto applicare questo passaggio a quei notabili, è colpa sua e non vostra; agisce male nei loro confronti e nei vostri, come si può vedere a pagina 184 e altrove. Se aggiungeste anche che sono al riparo da simili sospetti, poiché questi stessi notabili sono in numero di 36, come apprendo dal vostro libro, a pagina 215, e i ricavi di questa confraternita ammontano a circa 5.000 fiorini, come leggo a pagina 412, questa somma, anche se divisa tra loro, non darebbe a ciascuno di loro una parte sufficientemente considerevole da suscitare la cupidigia in persone del loro rango; ma viene interamente distribuita ai poveri, come ci dite voi stesso, a pagina 229. Pertanto, per le altre spese, devono partecipare con delle quote. E quanto ai loro banchetti, di cui leggo a pagina 98 del vostro libro che sono caratterizzati da decenza e sobrietà, e poiché vi venivano sempre invitati in precedenza, ancora voi stesso ci dite che non avrebbero potuto desiderare di essere ammessi. Se aggiungeste queste osservazioni, che sono assolutamente vere – e non potete ignorarle, poiché le ho prese direttamente dal vostro libro – avreste almeno una scusa da fornire; ma invece, quando negate di aver detto nulla di male, è come se volesseste far credere che tutto ciò di cui vi si accusa sia vero. Anzi, cercate addirittura di far credere che Dio vi abbia rivelato tutte queste cose come a un profeta; questo emerge chiaramente da quelle parole molto significative che trovo a pagina 330 e 331: “È possibile che, ignaro di tutto ciò che è accaduto in questa città, quando ho iniziato a esaminare questa questione secondo la mia abitudine e il mio metodo consueto, per portare alla luce i fatti e descriverli con le loro vere sembianze, possa essere sembrato in molti casi che stessi raccontando una storia o formulando un’ipotesi; i miei amici e tutte le persone che hanno rapporti abituali con me possono testimoniare che ciò mi è accaduto più volte nei miei discorsi pubblici”. Ne consegue forse che si debba affidarsi a sospetti temerari o a congetture, al punto di gettare su un innocente accuse crudeli? Non sarebbe piuttosto il compito del difensore quello di far ammirare in questa occasione a questi generosi notabili i meravigliosi disegni della provvidenza, e di fargli ascoltare queste parole dell’apostolo (I Corinzi 14:24-25): “È riconosciuto da tutti e giudicato da tutti; ciò che è nascosto nel suo cuore viene portato alla luce; così, prostrandosi a terra, adorerà Dio, dichiarando che Dio è veramente in lui”. Quindi è lo spirito santo che vi ha ispirato persino il nome della città dove si sono verificate queste cose, di cui attaccate nelle vostre tesi; quindi state profetizzando, poiché ecco ciò che dice l’apostolo Paolo nel passaggio che avete citato: “Che tutti profetizino, un infedele o uno sciocco si presenterà, ed è riconosciuto da tutti, ecc.”; quindi, signor Voet, vi colloca tra i profeti. È bene notare che, nelle vostre dichiarazioni pubbliche, capita spesso di descrivere fatti specifici al punto che vengono attribuiti a questa o quella persona, e le vostre parole vengono interpretate come resoconti veritieri. Questo apre un campo davvero ampio e favorevole alle vostre calunnie; mi sorprenderebbe molto se l’autorità competente non intervenisse per porvi rimedio.

Mais bien qu’un prédicateur, de qui surtout on a droit d’attendre la vérité, se dégrade par le mensonge ; qu’un homme qui fait profession de piété et de charité chrétienne se couvre de honte quand il ose, sous prétexte de censurer le vice, médire de son prochain et satisfaire des ressentiments secrets, je trouve encore quelque chose de plus révoltant dans votre conduite, c’est qu’après avoir soutenu que vous n’avez pas écrit ce que vous avez réellement écrit, que vous vous êtes borné à signaler certains vices d’une manière générale, quand vous les avez attribués à des personnages connus, vous allez encore plus loin, et vous osez prétendre, page 13, page 342 et ailleurs, que vous avez eu tout droit de désigner par leurs noms et les notables et Bois-le-Duc : il est vrai que vous ne donnez pas une seule raison pour le prouver, cela vous serait impossible ; vous vous contentez d’exemples ou peu concluants ou peu honorables ; et avec cette manière de raisonner il n’est pas un crime qui ne soit permis. Mais ce qui est le comble du ridicule, c’est que, page 350, vous vous autorisez de votre propre exemple, comme si, pour avoir mal fait impunément, il vous était toujours permis de mal faire. Cependant, vous allez plus loin encore, et, quoiqu’il y ait bien de la différence entre un accusateur et un juge, il ne vous suffit pas de pouvoir nommer ceux qu’il vous plaît d’accuser publiquement, vous prétendez encore publier des décisions, des jugements sur leur compte, et, par une insolence qui passe toutes les bornes, vous voulez que ces jugements suprêmes, émanés de vous seul, aient autant d’autorité que s’ils étaient rendus par une faculté de théologie, un concile, et peut-être, en suivant rigoureusement les conséquences, par le Saint-Esprit lui-même. En effet, page 343, pour prouver qu’il vous était permis de nommer Bois-le-Duc, vous citez l’exemple de je ne sais quelle décision de messieurs les docteurs en théologie de Leyde, dans laquelle les ignorants mêmes et les bonnes femmes reconnaîtraient qu’on désigne non pas d’une manière indéterminée, mais expressément, les honorables magistrats et tout le sénat de je ne sais quelle ville. Du moins, c’est vous qui le dites ; car, pour moi, je ne sais rien ni ne veux rien savoir de toute cette histoire. Ensuite, page 344, vous vous faites cette objection : mais les professeurs de Leyde ont rendu une décision commune au nom de la faculté de théologie, tandis que vous ne prenez, vous, qu’une résolution personnelle et privée. Pour répondre à cette objection, page 345, 1° vous citez les noms de quelques particuliers qui, dites-vous, en ont agi de même ; 2° c’est, dites-vous, montrer trop de curiosité pour les affaires d’un état étranger, étrange curiosité, sans doute que d’examiner si les conclusions que vous avez prises dans vos thèses, conclusions qui sans doute intéressent fort la chose publique, et font partie de ses secrets les plus importants, doivent avoir autant d’autorité que si elles étaient données au nom de toute la faculté de théologie de votre province. Or, voici comment vous prouvez au même endroit qu’elles ont autant de valeur : Qu’ils sachent, s’il leur plaît, dites-vous, que les professeurs de notre faculté sont tous animés d’un même esprit dans leur doctrine, dans leurs études et l’exercice de leurs fonctions, que les réponses et les thèses de chacun d’eux sont regardées comme revêtues de l’approbation générale ; soit que leur publication ait été précédée d’un examen et d’une décision, soit que le défait de temps ou quelque autre motif ait empêché de suivre cette marche. Excellent argument sans doute, et bien digne de vous : vous êtes dans votre faculté de théologie trois professeurs, les deux autres ont peut-être de l’aversion pour les querelles, et ils ont grandement raison à mon avis ; or, ils savent, combien vous êtes amer, mordant, toujours prêt à lancer de gros volumes d’injures contre quiconque vous fait éprouver la moindre contradiction ; et, s’ils l’avaient ignoré jusqu’à ce jour, l’exemple de monsieur Desmarets leur eût aisément appris, que vous n’épargnez pas plus que les autres les théologiens réformés, même quand vous leur devez de la reconnaissance. Car, j’oserais l’affirmer, je n’ai : pas vu que monsieur Desmarets ait flatté personne dans son livre, excepté vous. Cela n’empêche pas qu’en cent passages différents vous ne l’appeliez injurieusement le flatteur de ses notables. Faut-il donc s’étonner s’ils n’osent pas vous résister en face, et vous laissent ainsi maître absolu dans votre faculté. Or à vous trois vous composez la faculté de théologie et à ce titre l’église de votre province, si toutefois ce droit est reconnu par les prédicateurs et les autres réformés, ce que j’ignore. Mais quand ils le nieraient, vous le prouveriez aisément par l’Écriture sainte : car il est écrit que lorsque deux ou trois sont réunis au nom du Seigneur, le Seigneur lui-même, ou du moins le Saint-Esprit, est au milieu d’eux. Ainsi, puisque seul vous avez le pouvoir de trois, que ces trois composent toute votre église, et qu’au milieu de l’église habite le Saint-Esprit, vous possédez le Saint-Esprit à vous seul si vos confrères en conviennent ; je ne m’y oppose pas, je veux bien même que votre autorité soit plus grande que celle de tous les autres réunis, puisque, comme vous dites, vous n’avez rien à démêler avec les synodes. Il ne m’appartient point de me mêler de ce qui touche à votre religion mais il est dans la sphère de mes droits, peut-être même de mes devoirs, de ne point taire ici ce qui ne sera, pas, je crois, sans utilité pour le maintien de la paix et de la concorde dans ce pays.

Septième partie :

Des mérites de Gisbert Voet.

But even though a preacher, who is especially expected to speak the truth, degenerates through lying; even though a man who professes Christian piety and charity brings shame upon himself when he dares, under the pretext of condemning vice, to slander his neighbors and indulge in secret resentment, I find something even more outrageous in your behavior. After claiming that you did not actually write what you claimed to have written, that you merely made general references to certain vices and attributed them to specific individuals, you go even further and dare to assert, on pages 13, 342, and elsewhere, that you had every right to name those individuals by their actual names—such as Bois-le-Duc. It is true that you provide not a single reason to support this claim; such a thing would be impossible for you to do. You merely offer examples that are either inconclusive or disgraceful. And with such reasoning, there seems to be no crime that is not permissible. But what is absolutely ridiculous is that, on page 350, you base your argument on your own example, as if the fact that you have been able to act wrong without consequences gives you the right to continue doing so. Yet you go even further: although there is a clear distinction between an accuser and a judge, it is not enough for you simply to be able to publicly name those you choose to accuse. You also claim to be issuing decisions and judgments regarding them, and with an audacity that transcends all bounds, you expect these so-called “supreme judgments,” emanating solely from you, to carry the same authority as if they were rendered by a theological faculty, a council—or perhaps, if we were to strictly follow the consequences of your reasoning, even by the Holy Spirit himself. Indeed, on page 343, in order to prove that it was permissible for you to name Bois-le-Duc, you cite an example from some decision made by the theologians at Leiden—decisions that even laypeople and good women would recognize as explicitly naming specific, honorable officials and the entire senate of some city. At least that is what you say; but as for me, I know nothing about this whole matter, nor do I wish to know anything. Furthermore, on page 344, you raise the objection that the professors at Leiden issued their decision in the name of the theological faculty, whereas you are merely making a personal and private resolution. To address this objection, on page 345, first you cite the names of certain individuals who, according to you, acted in the same manner; secondly, you argue that it would be excessive curiosity to delve into the affairs of a foreign state—certainly an unusual curiosity—to examine whether the conclusions you have reached in your theses, which undoubtedly concern the public interest greatly and constitute some of its most important secrets, possess the same authority as if they were issued on behalf of the entire faculty of theology in your province. Yet, at the very same place, you attempt to prove that these conclusions have equal value by stating that people should know that the professors in our faculty all share the same spirit in their teachings, studies, and performance of their duties, and that each of their responses and theses are considered to carry general approval—whether their publication was preceded by examination and decision or whether circumstances prevented such a process. An excellent argument indeed, quite in line with your style: you are one of three professors in your faculty of theology; perhaps the other two disapprove of quarreling, and I would say they have every right to do so; yet they know how bitter and vindictive you are, always ready to hurl harsh insults at anyone who challenges you. If they had not been aware of this until now, the example of Monsieur Desmarets would have easily convinced them that you spare no effort to insult even those Reformed theologians whom you ought to acknowledge. Indeed, I dare affirm that in his book, Monsieur Desmarets did not flatter anyone but you—yet in a hundred different passages, you call him a flatterer of your own notable colleagues. Should it surprise us then that they do not dare to resist you and thus allow you absolute dominion over your faculty? You three together constitute the faculty of theology—and by that very right, the church of your province, provided this authority is recognized by preachers and other Reformed individuals, though I am unaware whether it is. But even if they denied it, you could easily prove it from the Holy Scriptures: for it is written that whenever two or three gather in the name of the Lord, the Lord himself, or at least the Holy Spirit, is among them. Therefore, since only you possess the authority of three, and these three make up your entire church, and since the Holy Spirit dwells within the church, then if your colleagues agree, you alone possess the Holy Spirit. I have no objection to this; indeed, I would even be willing to admit that your authority is greater than that of all the others combined, since, as you say, you have nothing to do with synods. It is not my place to interfere in matters pertaining to your religion; however, it falls within the scope of my rights—and perhaps even my duties—to speak out on what I believe will be of some use in maintaining peace and harmony in this country.

Seventh Part:

Some merits of Gisbert Voet.

Ma sebbene un predicatore, da cui si dovrebbe soprattutto aspettare la verità, si degradi attraverso il mentire; sebbene un uomo che professa di praticare la pietà e la carità cristiana si copra di vergogna quando osa, sotto pretesto di condannare il vizio, diffamare il proprio prossimo e soddisfare risentimenti segreti, trovo ancora qualcosa di più rivoltante nella vostra condotta: dopo aver sostenuto di non aver scritto ciò che in realtà avete scritto, di esservi limitati a indicare alcuni vizi in modo generico, e quando li avete attribuiti a personaggi noti, andate ancora oltre, osando affermare, a pagina 13, a pagina 342 e altrove, di aver avuto tutto il diritto di nominarli per nome, tra cui Bois-le-Duc. È vero che non fornite alcuna ragione per dimostrarlo; vi sarebbe impossibile farlo. Vi limitate ad esempi poco convincenti o poco onorevoli. E con questo modo di ragionare, non c’è crimine che non sia permesso. Ma ciò che è il colmo del ridicolo è che, a pagina 350, vi autorizzate con il vostro stesso esempio, come se, per aver commesso un male senza essere puniti, vi fosse sempre permesso di commetterne altri. Tuttavia andate ancora oltre: e sebbene ci sia una grande differenza tra un accusatore e un giudice, non vi basta il fatto di poter nominare pubblicamente coloro che volete accusare; pretendete addirittura di pubblicare decisioni, giudizi su di loro. E con un’insolenza che supera ogni limite, vorreste che questi “giudizi supremi”, emessi da voi soltanto, avessero lo stesso valore di quelli pronunciati da una facoltà di teologia, da un concilio. O forse, seguendo rigorosamente le conseguenze, persino dallo stesso Spirito Santo. Infatti, a pagina 343, per dimostrare che vi era permesso nominare Bois-le-Duc, citate l’esempio di una decisione dei dottori in teologia di Leida. Decisioni che anche gli ignoranti e le donne comuni riconoscerebbero come tali, poiché indicano esplicitamente i magistrati onorabili e tutto il senato di una certa città. Almeno è ciò che dite voi. Perché, per quanto mi riguarda, non so nulla e non voglio sapere nulla di tutta questa storia. In seguito, a pagina 344, sollevate questa obiezione: “Ma i professori di Leida hanno emesso una decisione comune in nome della facoltà di teologia, mentre voi vi limitate a prendere una risoluzione personale e privata, ” Per rispondere a questa obiezione, a pagina 345, prima citate i nomi di alcuni individui che, secondo voi, hanno agito allo stesso modo; in secondo luogo, affermate che esaminare se le conclusioni a cui siete giunti nelle vostre tesi – conclusioni che certamente riguardano molto gli affari pubblici e fanno parte dei loro segreti più importanti – debba avere lo stesso valore come se fossero state emesse in nome di tutta la facoltà di teologia della vostra provincia. Eppure, nello stesso passaggio dimostrate che tali conclusioni hanno ugual valore: “Che sappiano pure”, dite voi, “che i professori della nostra facoltà sono tutti animati dallo stesso spirito nella loro dottrina, nelle loro ricerche e nell’esercizio delle loro funzioni; che le risposte e le tesi di ciascuno di loro siano considerate come approvate in modo generale, sia che la loro pubblicazione sia stata preceduta da un esame e da una decisione, sia che il tempo o qualche altro motivo abbia impedito di seguire questa procedura”. Ottimo argomento, senza dubbio. Ma voi siete soltanto tre professori in una facoltà di teologia; gli altri due, forse, hanno avversione per le controversie, e a mio parere hanno pienamente ragione. Eppure, essi sanno quanto siate aggressivi, pronti sempre a lanciare insulti pesanti contro chiunque vi contraddica. Se non lo sapessero fino ad oggi, l’esempio di monsieur Desmarets glielo avrebbe facilmente insegnato: voi non risparmiate certo i teologi riformati, nemmeno quando dovreste loro gratitudine. Infatti, oserei affermare che in tutto il suo libro monsieur Desmarets non ha lusingato nessuno, tranne voi. Eppure, in centinaia di passaggi diversi, lo chiamate ingiuriosamente “il lusinghiero dei suoi notabili”. Bisogna quindi meravigliarsi se non osano resistervi apertamente, lasciandovi così padrone assoluto nella vostra facoltà? Voi tre costituite la facoltà di teologia, e, in questo senso, l’intera chiesa della vostra provincia, a meno che tale diritto non sia riconosciuto dai predicatori e dagli altri riformati, il che ignoro. Ma anche se lo negassero, voi potreste facilmente provarlo con la Sacra Scrittura: è scritto infatti che quando due o tre persone si riuniscono nel nome del Signore, il Signore stesso, o almeno lo Spirito Santo, è in mezzo a loro. Quindi, poiché soltanto voi avete il potere di tre persone, poiché queste tre costituiscono tutta la vostra chiesa, e poiché nello stesso tempo dello spirito della chiesa abita lo Spirito Santo, allora, se i vostri confratelli sono d’accordo, voi possedete lo Spirito Santo soltanto per voi. Non mi oppongo. Anzi, vorrei persino che il vostro potere fosse maggiore di quello di tutti gli altri riuniti, poiché, come dite voi, non avete nulla a che fare con i sinodi. Non spetta a me intromettermi in ciò che riguarda la vostra religione; tuttavia rientra nella sfera dei miei diritti, e forse anche dei miei doveri, non tacere su ciò che, credo, possa essere di qualche utilità per il mantenimento della pace e dell’armonia in questo paese.

Settima parte:

I meriti di Gisbert Voet.

Il entre dans le plan de cet ouvrage de montrer combien il pourrait y avoir de danger à laisser vos diatribes impunies. Et quoique j’aie donné à cet écrit la forme épistolaire, je l’adresserai non pas seulement à vous, mais encore à toute espèce de lecteurs, et je puis le faire sans manquer, comme vous, aux lois de la charité. J’aurais assurément préféré vous ramener au bien, si cela eût encore été possible, sans donner de publicité à mes reproches ; mais puisque les représentations et les lettres amicales des magistrats et de vos confrères ont été jusqu’à présent sans pouvoir sur votre esprit, il ne reste plus qu’à essayer si des reproches publics seront plus utiles. Je me serais volontiers épargné l’ennui de composer un pareil écrit ; mais il m’a paru si nécessaire, que je ne puis en aucune façon m’en dispenser : d’abord, parce qu’il est du devoir de chacun de contribuer selon ses faibles moyens au salut et à la tranquillité du pays qu’il habite ; ensuite, parce que personne n’a eu peut-être occasion d’observer mieux que moi vos mauvaises qualités, que personne ne peut les mettre au jour avec plus de liberté ; enfin, parce qu’il n’est personne de la part de qui une pareille révélation puisse être mieux reçue, et obtenir plus de crédit auprès du public. Que j’aie été précédemment à portée de vous bien connaître, et que je le sois aujourd’hui de bien faire connaître vos mérites, c’est ce qu’on m’accordera sans peine, quand on saura qu’il y a quelques années vous avez voulu, par la plus impudente de toutes les calomnies, m’imputer, sans la plus légère apparence de raison, le plus grand des crimes, je veux dire l’athéisme. On peut s’en convaincre en lisant vos brochures sur l’athéisme, publiées en 1639, et dont j’ai parlé plus haut, à la fin de la quatrième partie de cette lettre. Je pourrais citer encore votre libelle diffamatoire intitulé Philosophie cartésienne, et dont les dernières feuilles me sont parvenues pendant que je m’occupais de la rédaction de cet écrit. Je ne dis pas qu’il soit d’un bout à l’autre votre ouvrage, car je me ferais scrupule de ravir à votre associé la part de gloire qui doit lui en revenir ; mais du moins c’est par votre ordre et vos soins qu’il a été imprimé. Et puisque dans ce libelle vous avez pris la liberté d’avancer sur mon compte les faits les plus faux et les moins vraisemblables, on ne me refusera pas, j’espère, le droit de dire publiquement et ouvertement sur le vôtre ce dont je pourrai prouver la vérité. Et votre habileté dans l’art de la calomnie, qui fait craindre à tant d’autres de vous attaquer, ne saurait m’inspirer de crainte. J’ai vécu de telle sorte, et je suis connu de tant de monde, qu’on ne peut pas dire de moi une vérité que je craigne d’entendre, ni un mensonge dont je ne puisse aisément démontrer la fausseté. D’ailleurs, vous avez si bien épuisé, dans, votre Philosophie cartésienne, votre recueil d’injures, et vos talents pour l’invective et la calomnie, qu’on peut comparer ce que j’ai dit de vous dans ma lettre au père Dinet, au morceau d’étoffe que l’on a coutume d’offrir à la morsure des serpents que l’on veut apprivoiser, car ils y laissent si bien leur venin et leurs dents, qu’on peut ensuite les toucher impunément. Enfin bien des motifs se réuniront pour donner à mes écrits contre vous quelque poids auprès des lecteurs éclairés et des juges impartiaux. D’abord, on sait que personne n’est plus que moi l’ami de la tranquillité et de la paix ; que jamais je n’ai intenté de procès ni cherché de querelle à personne ; que j’ai même souvent pardonné le mal qu’on m’avait fait plutôt que de chercher à me venger. Au contraire on vous connaît pour le querelleur le plus acharné et le plus insupportable, au point que si je vous donnais dans cet écrit le plus léger prétexte pour m’attaquer, il faudrait en venir aux procès, pour lesquels j’ai la plus grande aversion ; on est donc sûr que j’apporterai la plus grande attention à ne rien écrire qui ne soit non seulement parfaitement vrai, mais encore incontestable. On sait encore que je ne m’offense point quand on contredit mes opinions ; que c’est même un titre à mon amitié de les combattre par amour pour la vérité ; qu’on est d’autant plus assuré de me plaire qu’on propose contre moi des objections plus solides ; mais que ceux qui se bornent à des insultes et à des plaisanteries n’obtiennent de moi que le mépris. J’ai donné plus d’une fois la preuve que tels étaient mes principes. De tous ceux qui m’ont calomnié, il n’en est qu’un seul auquel j’aie répondu, parce que je m’y trouvais contraint par un motif particulier. On croira donc aisément que j’aurais encore aujourd’hui dédaigné de répondre à vos injures, si elles n’avaient eu quelque chose d’atroce, et si ma défense personnelle ne se rattachait à quelque intérêt public. D’ailleurs, il est de notoriété publique, qu’habitant depuis plusieurs années ces provinces, j’ai montré pour elles autant d’attachement qu’aucun de leurs enfants ; et peut-être même doit-on me tenir plus de compte d’un séjour qui n’est pas l’effet du hasard de la naissance, mais de mon choix et de ma volonté. Bien des gens savent que je vivais assez à mon aise dans ma patrie, et que mon seul motif pour aller vivre ailleurs, c’est que le grand nombre d’amis et de patents que je ne pouvais me dispenser de voir dérobaient tout mon temps et mon loisir à ces études qui font mon bonheur, et que plusieurs personnes ne croient pas indifférentes au bien de l’humanité. Aucune partie du monde ne m’était fermée, il n’en était pas une seule où je n’eusse la certitude d’être accueilli volontiers comme un hôte qui ne serait jamais à charge, et dont peut-être on pourrait même se faire honneur. Ainsi mon choix était parfaitement libre, et j’ai choisi ce pays de préférence à tous les autres. Enfin il est notoire que je ne fais pas profession d’être théologien, qu’on ne m’a jamais vu disputer sur aucun des points de controverses qui ont divisé les chrétiens en différentes sectes, que je puis donc plus librement que M. Desmarets, ou tout autre de vos théologiens, mettre en lumière tout ce qu’on peut dire sur votre compte, et qu’on pourra s’en rapporter à mon témoignage plutôt qu’à celui des gens qui disputent contre vous sur des questions religieuses ; car, on pourra le remarquer, je ne dirai de vous rien que je ne pusse dire de la même manière si nous professions tous deux la même religion,

The purpose of this work is to demonstrate how dangerous it can be to allow your inflammatory statements to go unpunished. Although I have chosen the form of a letter in writing this, I address it not only to you but also to all kinds of readers, and I can do so without violating the principles of charity, just as you have done. I would certainly have preferred to persuade you to return to the right path, if that were still possible, without publicizing my reproaches; but since the admonitions and friendly letters from magistrates and your colleagues have thus far been ineffective in influencing your mind, it remains to see whether public reprimands will be more useful. I would have gladly avoided the trouble of composing such a letter had it not seemed absolutely necessary: firstly, because it is everyone’s duty to contribute, within their means, to the salvation and peace of the country they inhabit; secondly, because perhaps no one has observed your bad qualities as clearly as I have, and no one else could expose them with such freedom; finally, because no one would be more receptive to such revelations or give them greater credence than the public. That I had previously had the opportunity to get to know you well, and that I now seek to make your faults known, will be readily believed when people learn that a few years ago you attempted, through the most outrageous of calumnies, to attribute to me, without the slightest basis in reason, the greatest of crimes—namely atheism. This can be confirmed by reading your pamphlets on atheism, published in 1639, about which I spoke earlier at the end of the fourth part of this letter. I could also cite your defamatory tract entitled “Cartesian Philosophy,” the last copies of which reached me while I was working on this writing. I do not claim that it is entirely your work, for I would have no desire to deprive your associate of the credit he deserves; but at least it was printed at your order and with your involvement. And since you took the liberty in that tract of stating about me some of the most false and unlikely things, I hope people will not refuse me the right to publicly and openly address the truth regarding your own actions. Moreover, your skill in the art of slander, which makes so many others hesitate to attack you, should in no way inspire fear in me. I have lived in such a manner and am known to so many people that it is impossible for anyone to tell me a truth that I would fear to hear, or a lie that I could not easily refute. Furthermore, you have exhausted in your Cartesian philosophy all your capacity for insults, as well as your talents for venomous rhetoric and slander; to such an extent that what I said about you in my letter to Father Dinet can be compared to the piece of cloth that people customarily offer to snakes they wish to tame—since the snakes leave their venom and fangs on it, allowing one to touch them without danger afterward. In short, many reasons will combine to give some weight to my writings against you among enlightened readers and impartial judges. First and foremost, it is well known that no one is more devoted to peace and tranquility than I am; that I have never initiated any lawsuit or sought to quarrel with anyone; indeed, I have often chosen to forgive those who have done me harm rather than seek vengeance. On the contrary, you are known as the most relentless and intolerable quarreler, such that if I were to give you even the slightest pretext in this writing to attack me, it would inevitably lead to litigation—which I detest greatly. Therefore, one can be certain that I will take utmost care to write nothing that is not not only entirely true but also indisputable. It is also known that I am not offended when people oppose my views; indeed, it is an honor for me when they do so out of a love for the truth. The more substantial the objections they raise against me, the more certain one can be that I will be pleased. However, those who limit themselves to insults and mockery only earn my contempt. I have repeatedly demonstrated what these principles are. Of all those who have slandered me, only one person responded to me—because of a particular reason that compelled me to do so. Therefore, it is easy to believe that I would still have refused to respond to your insults today, if they had not been so outrageous, and if my personal defense were not tied to some public interest. Moreover, it is common knowledge that, having lived in these provinces for many years, I have shown them as much devotion as any of their own people; indeed, one might even say that my presence there is not the result of mere chance but of my own choice and will. Many people know that I lived quite comfortably in my homeland, and that my only reason to move elsewhere was that the large number of friends and acquaintances I couldn’t avoid seeing consumed all my time and leisure—time that should have been devoted to the pursuits that bring me true happiness, and that are certainly of importance to the welfare of humanity. No part of the world was closed to me; there wasn’t a single place where I wouldn’t have been welcomed as a guest who would never be a burden but might even bring honor to those who received me. Thus, my choice was entirely free, and I chose this country over all others. It is well known that I do not make a profession of being a theologian; nor has anyone ever seen me engage in debate on any of the points of controversy that have divided Christians into different sects. Therefore, I am able to discuss your beliefs more freely than Mr. Desmarets or any other of your theologians. People can rely on my testimony rather than that of those who argue against you on religious matters; for, as one might notice, I would say about you exactly the same things that I could say about anyone else if we both professed the same religion.

Sono determinato a dimostrare in questo scritto quanto possa essere pericoloso lasciare che le vostre calunnie rimangano impunite. E sebbene abbia dato a quest’opera una forma epistolare, non la indirizzerò soltanto a voi, ma a ogni tipo di lettore, e posso farlo senza trasgredire, come voi, alle leggi della carità. Avrei certamente preferito ricondurvi al bene, se ciò fosse ancora stato possibile, senza dare pubblicità ai miei rimproveri; ma poiché le rappresentazioni e le lettere amichevoli dei magistrati e dei vostri confratelli non sono state fino ad ora in grado di influenzare il vostro modo di pensare, non resta che provare se rimproveri pubblici possano essere più efficaci. Avrei volentieri evitato la noia di scrivere un simile testo; ma mi è sembrato così necessario che non posso assolutamente rinunciarvi: innanzitutto, perché è dovere di ognuno contribuire, con i propri mezzi limitati, al bene e alla tranquillità del paese in cui vive; in secondo luogo, perché nessuno, forse, ha avuto l’occasione di osservare meglio di me le vostre cattive qualità, né nessuno può metterle in luce con maggiore libertà; infine, perché nessuno potrebbe ricevere una tale rivelazione in modo più favorevole o darle maggior credito presso il pubblico. Che in passato io abbia avuto l’opportunità di conoscervi bene, e che oggi abbia l’opportunità di far conoscere i vostri difetti, è qualcosa che mi verrà certamente riconosciuto quando si saprà che alcuni anni fa avete cercato, con la calunnia più audace, di attribuirmi, senza il minimo fondamento, il crimine più grave, ovvero l’ateismo. Ciò può essere confermato leggendo le vostre brochure sull’ateismo pubblicate nel 1639, di cui ho parlato più sopra, alla fine della quarta parte di questa lettera. Potrei anche citare il vostro libello diffamatorio intitolato “Filosofia cartesiana”, le cui ultime pagine mi sono arrivate mentre lavoravo alla stesura di questo scritto. Non dico che sia interamente opera vostra, poiché non mi sentirei in diritto di togliere al vostro socio la parte di gloria che gli spetta; ma almeno è stato stampato su vostro ordine e con i vostri sforzi. E poiché in quel libello avete osato attribuirmi i fatti più falsi e meno plausibili, non mi si negherà certo il diritto di parlare pubblicamente e apertamente dei vostri difetti, dimostrando la veridicità di quanto affermo. E la vostra abilità nell’arte della calunnia, che spaventa tanti altri dal attaccarvi, non dovrebbe certo inspirarmi paura. Ho vissuto in modo tale e sono conosciuto da così tante persone, che nessuno può dire di me una verità che io tema di sentire, né un falso di cui non possa facilmente dimostrare la falsità. Del resto, avete esaurito completamente, nella vostra filosofia cartesiana, le vostre invettive e i vostri talenti per l’insulto e la calunnia; si può quindi paragonare ciò che ho detto di voi nella mia lettera al padre Dinet a quel pezzo di stoffa che si usa solitamente offrire ai serpenti che si vogliono addomesticare, poiché questi lasciano lì il loro veleno e i loro denti, permettendo così di toccarli senza pericolo. Inoltre, molti motivi potrebbero far sì che le mie opere contro di voi abbiano peso presso lettori illuminati e giudici imparziali. Prima di tutto, si sa che nessuno è più amico della tranquillità e della pace di me; che io non ho mai intentato processi né cercato dispute con nessuno; anzi, ho spesso perdonato il male che mi era stato fatto piuttosto che cercare di vendicarmi. Al contrario, voi siete noto come il più accanito e insopportabile litigioso; quindi, anche se in queste mie scritture vi dessi il minimo pretesto per attaccarmi, si arriverebbe inevitabilmente ai processi, che io detesto profondamente. Si può quindi essere certi che farò ogni sforzo per non scrivere nulla che non sia non solo completamente vero, ma anche incontestabile. Si sa inoltre che non mi offendo quando qualcuno contraddice le mie opinioni; anzi, considero tale atteggiamento un segno di amicizia verso la verità. Si può quindi essere ancora più certi che mi piaceranno le obiezioni solide e fondate che mi vengono mosse; ma coloro che si limitano a insulti e battute non ottengono da me altro che disprezzo. Ho dimostrato più volte di seguire questi principi. Di tutti coloro che mi hanno calunniato, solo uno ha ricevuto una mia risposta, perché ne ero costretto per motivi particolari. Si può quindi credere facilmente che anche oggi avrei ignorato le vostre offese, se non fossero state così atroci, e se la mia difesa personale non fosse legata a un interesse pubblico. Inoltre, è di notorietà pubblica che, vivendo in queste province da diversi anni, ho dimostrato per loro lo stesso affetto che qualsiasi loro abitante; anzi, si potrebbe dire che il mio soggiorno lì non sia stato dovuto al caso della nascita, ma alla mia scelta e volontà. Molti sanno che vivevo abbastanza bene nella mia patria, e che il solo motivo per cui sono andato a vivere altrove è stato il gran numero di amici e conoscenti che non potevo evitare di incontrare, il che mi impediva di dedicarmi agli studi che costituiscono la mia felicità; inoltre, molte persone ritengono che questi studi siano importanti per il bene dell’umanità. Nessuna parte del mondo mi era chiusa: non c’era nessun luogo dove non fossi certo di essere accolto con piacere come un ospite che non avrebbe mai rappresentato un onere, e forse addirittura come qualcuno di cui ci si potesse sentire onorati. Pertanto, la mia scelta era del tutto libera, e ho preferito questo paese a tutti gli altri. È noto a tutti che non mi occupo professionalmente di teologia, che nessuno mi ha mai visto discutere su alcuno dei punti di controversia che hanno diviso i cristiani in diverse sette; pertanto posso, molto più liberamente di Monsieur Desmarets o di qualsiasi altro vostro teologo, mettere in luce tutto ciò che si può dire a vostro riguardo. Si potrà quindi fare riferimento alla mia testimonianza piuttosto che a quella delle persone che discutono contro di voi su questioni religiose; infatti, come si potrà notare, non dirò di voi nulla che non potrei dire allo stesso modo anche se entrambi professassimo la stessa religione.

Ici je parlerai d’abord des vertus qui me paraissent convenir à un professeur de théologie et au pasteur d’une église ; ensuite je récapitulerai, en peu de mots, vos actions ; et enfin j’examinerai vos mérites. Il est certain que la base et le fondement de toutes les vertus, c’est la charité ; qu’elle est surtout nécessaire à ceux qui doivent, par état, s’occuper d’instruire les autres, et les exciter à la vertu. Vous connaissez les paroles de l’Apôtre, 1. Cor. 13 : Quand je parlerais le langage des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je serai semblable à l’airain sonore ou à la cymbale retentissante ; quand j’aurais le don de prophétie, quand j’aurais percé tous les mystères, quand je posséderais toute science, quand j’aurais une foi assez grande pour transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien ; quand je dépenserais tout ce que je possède pour donner à manger aux pauvres, si je n’ai pas la charité, tout cela sera compté pour rien. Il est clair, d’après ce passage, que tous les autres présents de Dieu, qui peuvent être accordés à l’homme, n’ont de valeur qu’autant qu’ils sont unis à la charité. Or les signes auxquels la charité peut se reconnaître sont décrits en ces termes dans le même passage de l’Apôtre : La charité est patiente ; elle est bienveillante. La charité ne connaît ni les rivalités, ni les actions criminelles, ni l’orgueil, ni l’ambition ; elle ne cherche point même ce qui est à elle ; elle ne s’irrite point ; elle ne pense point le mal ; elle ne se réjouit point de l’iniquité, mais elle met son plaisir dans la vérité. Il suit de là que ceux qui sont esclaves de leur colère, malveillants, envieux, turbulents, orgueilleux, arrogants, disputeurs, violents, médisants, insolents et menteurs, sont loin d’avoir la charité. Or comme cette charité, c’est-à-dire cette amitié sainte que nous portons à Dieu, et à cause de Dieu à tous les hommes, en tant que nous savons qu’ils sont aimés de Dieu, a de grands rapports avec cette amitié honnête qu’un commerce plus intime fait ordinairement naître entre les hommes, nous pourrons, à bon droit, examiner en même temps les devoirs que l’une et l’autre impose. Il n’y a, en fait d’amitié, qu’une règle fondamentale ; c’est de ne jamais faire de mal à nos amis, et de leur faire autant de bien qu’il nous est possible ; et, comme le plus grand de tous les biens est d’être exempt de vices, le plus grand service que l’on puisse rendre à un autre, c’est d’essayer, par les moyens convenables, de le guérir de quelque vice. Mais j’ajoute, par les moyens convenables, car si l’on va réprimander son prochain mal à propos, lui reprocher une faute légère trop sévèrement, ou devant des témoins dont la présence n’était pas nécessaire ; si on lui impute des fautes qu’il n’a point commises, et qu’on montre, par cette conduite, que l’on cherchait moins la conversion que la honte du prochain et que sa propre gloire, on ne fera que se rendre odieux et importun. Mais il est presque toujours possible d’avertir son ami sans témoins et avec douceur. Si ce premier avertissement ne suffit pas, et si la faute est grave, il est encore permis d’insister, et de lui parler sur le ton du reproche, et enfin de faire employer ces mêmes moyens par ses autres amis, par un, par deux, par tous. Si tous ces moyens ne réussissent pas, et si sa faute est de nature à le rendre indigne de l’amitié d’un honnête homme, nous pouvons nous retirer de sa société, et ne plus le compter au nombre de nos amis ; mais assurément tant que nous lui sommes attachés, nous ne devons jamais le reprendre publiquement, et en présence de tout le monde, même des étrangers et des inconnus ; car de cette manière nous n’agirions pas pour son bien, mais pour son mal et pour sa honte. Cela ne doit pas seulement s’entendre des défauts secrets, mais encore de ceux-là même qui sont publics. Car, pour l’ordinaire, les hommes qui pèchent en public se glorifient de leurs fautes, et s’inquiètent fort peu qu’on les connaisse ; mais ils s’affligent des reproches que ces fautes leur attirent. Et il faut remarquer que la crainte du déshonneur est un puissant moyen de retirer l’homme du vice, mais non pas le déshonneur même, qu’on ne redoute plus une fois qu’on l’a subi ; et c’est pour cela que ceux qui n’écoutent pas les reproches particuliers de leurs amis ne sont pas plus touchés de ceux qu’on leur adresse en public, mais qu’ils en prennent bien plutôt occasion de persévérer plus librement dans leurs fautes. Les exemples ne manquent pas à l’appui de ce que j’avance. Ces lois de l’amitié humaine sont parfaitement d’accord avec les lois de la charité que Jésus-Christ lui-même enseigne en ces termes, Matth., 18 : Si ton frère a péché contre toi, va et prends-le entre toi et lui ; s’il t’écoute, tu auras gagné un frère ; s’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux témoins, afin que toutes vos paroles ne soient qu’entre deux ou trois ; s’il ne les écoute pas, dis-le à l’Église, et, s’il n’écoute pas l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Il faut remarquer ici qu’il ne s’agit pas de toutes les fautes du prochain indifféremment, mais seulement des torts qu’il peut avoir eus envers nous ; car il n’y a pas seulement dans le texte, Si ton frère a commis une faute, mais on ajoute contre toi : et, comme le droit de faire des reproches existe beaucoup plutôt pour celui qui est personnellement offensé que pour celui qui voit seulement commettre le mal, il n’est pas douteux que ce passage ne contienne tous les remèdes extrêmes dont il est permis d’user envers son prochain, lorsqu’une faute grave lui a mérité nos reproches. Et si l’on rappelle ici tous les péchés du prochain, c’est qu’on suppose que les âmes pieuses, par un effet du zèle qui les anime, ne voient pas avec plus de chagrin leurs injures personnelles que les torts du prochain envers Dieu, ou, comme les mortels ne peuvent rien contre la Divinité, le tort que le coupable qu’ils chérissent comme leur prochain, se fait à lui-même. Si donc vous avez à vous plaindre de quelqu’un qui soit chrétien, et que, par conséquent, la charité vous commande d’aimer comme un frère, vous devez d’abord l’avertir en particulier. S’il ne s’amende pas, il faut alors l’avertir en présence d’un ou deux amis, et choisir pour cela ceux que vous savez avoir le plus d’empire sur son esprit, et, s’il ne se corrige pas encore, dites-le à l’Église, c’est-à-dire portez vos plaintes devant l’assemblée générale de ceux qui l’aiment aussi en Jésus-Christ. Et, suivant l’ordre hiérarchique qu’on m’a dit être établi parmi vous, on peut entendre, par ce mot, l’Église, ou le consistoire, ou le synode. Mais il faut bien remarquer ici que, par ces mots, dites-le à l’Église, l’écrivain sacré n’a pas voulu entendre une réprimande publique faite en présence de tout le monde, et même des étrangers, comme dans une thèse de théologie, ou dans un sermon ; d’abord, parce que cela, est directement contraire à la charité, et ; porte tous les caractères d’un châtiment, inutile pour le bien de celui à qui on l’inflige, mais capable de lui faire beaucoup de mal. En effet, comme je l’ai déjà dit, celui qui ne se corrige point, quand on a fait connaître sa conduite à ses amis, ne se corrigera pas davantage quand on l’aura rendue publique. Au contraire, délivré de la crainte d’un pareil affront, il n’aura plus aucune retenue dans le mal. En second lieu, parce que l’Écriture ajoute ces paroles, s’il n’écoute pas l’Église, qu’il soit pour vous comme un païen et un publicain, c’est-à-dire cessez de le mettre au nombre de ceux avec qui la conformité de sentiment et de foi vous a lié d’une manière plus intime, et ne le traitez plus que comme un étranger et un inconnu, sans le poursuivre néanmoins comme un ennemi ; car autrefois les disciples de Jésus-Christ n’avaient point de haine pour les païens et les publicains ; ils se bornaient à ne pas les aimer comme leurs frères.

Here, I will first speak of the virtues that I believe are appropriate for a professor of theology and a pastor of a church; then I will briefly summarize your actions; and finally, I will examine your merits. It is certainly true that the foundation and root of all virtues is charity; it is especially necessary for those who, by their position, are responsible for educating others and encouraging them toward virtue. You are familiar with the words of the Apostle in 1 Corinthians 13: “Even if I speak in human languages and in the language of angels, without love, I am like a brass trumpet or a clanging cymbal. If I have the gift of prophecy and can reveal all secrets, and possess all knowledge, and have faith that can move mountains, but without love, I am nothing. Even if I give all my possessions to feed the poor, without love, it is of no value.” It is clear from this passage that all other gifts of God that may be bestowed upon a person are only valuable if they are combined with charity. Moreover, the characteristics of charity are described in the same passage: Charity is patient and kind; it is not jealous or resentful; it does not boast or seek glory for itself; it is not angry; it does not take pleasure in evil; it is always happy in the truth. Therefore, those who are enslaved by anger, malicious, envious, turbulent, proud, arrogant, contentious, violent, slanderous, insolent, and deceitful are far from possessing charity. Since this charity—this holy friendship we hold toward God, and because of God, toward all men, knowing that they are loved by God—is closely related to the honest friendships that usually arise from closer relationships between people, we can rightly examine the duties that both require. In fact, there is only one fundamental rule for friendship: never to do harm to our friends and to do as much good to them as possible. And since the greatest of all blessings is to be free from vice, the greatest service we can render to another is to try, by appropriate means, to help them overcome some vice. But I add “by appropriate means,” for if we harshly reprimand someone for their mistakes, criticize a minor fault too severely, or do so in the presence of unnecessary witnesses; if we accuse them of sins they have not committed, and thereby show that our intention is less to bring them to conversion than to cause them shame and gain our own glory, we will only become detestable and troublesome. But it is almost always possible to warn one’s friend in private and with gentleness. If this first warning is not sufficient, and if the fault is serious, it is still permissible to insist, to speak to them in a tone of reprimand, and ultimately to have other friends employ the same means—either one by one or collectively. If all these efforts fail, and if their fault is such that they deserve no longer to be considered friends of an honest person, we may withdraw from their company and cease to regard them as our friends. However, so long as we are still connected to them, we must never publicly reprimand them in front of everyone—even strangers or acquaintances—because to do so would not be for their good, but rather for their harm and shame. This applies not only to secret faults but also to those that are public. Generally speaking, people who commit sins in public take pride in their wrongdoing and care little whether others know about it; they are only distressed by the reproaches it brings them. It must be noted that the fear of disgrace is a powerful deterrent against vice, but disgrace itself—once endured—no longer inspires fear. Therefore, those who ignore the private reprimands of their friends are not affected by public admonitions; instead, they may use such criticism as an excuse to continue in their wrongdoing. There are many examples that support what I am saying. These principles of human friendship are perfectly consistent with the teachings of charity as expounded by Jesus Christ himself: “If your brother sins against you, go and reprimand him privately; if he listens, you have gained a brother; if he does not listen, take one or two witnesses with you, so that your statement can be confirmed by two or three people; if he still refuses to listen, tell the church; and if he rejects even the church’s judgment, consider him as an outsider.” It is important to understand that this does not apply to all faults of one’s neighbors indiscriminately, but only to those offenses they have committed against us. After all, the original phrase says not simply “if your brother sins,” but “if your brother sins against you.” Since the right to reprimand exists primarily for those who have been personally offended, it is clear that this passage outlines all the extreme measures that may be taken toward one’s neighbor when their serious faults warrant our reproaches. And if we were to recall here all the sins of another person, it would mean assuming that pious souls, driven by the zeal that animates them, feel no greater sorrow at personal insults inflicted upon them than they do at the wrongs that that person commits against God. Or, since mortals are powerless against divinity, such offenses committed by a person whom we cherish as our neighbor actually harm that person themselves. Therefore, if you have reason to complain about someone who is Christian—and thus charity demands that you love him as a brother—you must first warn him personally. If he does not repent, then you should warn him in the presence of one or two friends, choosing those whom you know have the greatest influence over his mind. Still, if he does not correct himself, you should bring your complaint before the Church, that is, before the general assembly of those who also love him in Jesus Christ. And following the hierarchical structure that has been established among you, by “the Church” one can mean either the council, the synod, or some other ecclesiastical body. However, it must be clearly understood that when the sacred writers say “bring your complaint before the Church,” they do not mean a public reprimand held in front of everyone, even strangers—such as might happen in a theological treatise or sermon. Firstly, such an approach is directly contrary to the spirit of charity; moreover, it bears all the characteristics of punishment, which is useless for the good of the person being punished but can cause them great harm. Indeed, as I have already stated, someone who does not repent after their behavior has been brought to the attention of their friends will not repent any more if that behavior is made public. On the contrary, freed from the fear of such humiliation, they will become even less restrained in their wrongdoing. Secondly, the Scriptures add: “If he does not listen to the Church, let him be regarded among you as a pagan or a publican.” This means that you should cease to consider him among those with whom you share a deep bond of faith and sentiment, and treat him no differently than an outsider or stranger—though you should not pursue him as an enemy. For in times past, the disciples of Jesus Christ held no hatred toward pagans and publicans; they simply refused to love them as brothers.

Qui parlo innanzitutto delle virtù che ritengo appropriate a un insegnante di teologia e a un pastore di chiesa; in seguito riassumerò, in poche parole, le vostre azioni; infine esaminerò i vostri meriti. È certo che la base e il fondamento di tutte le virtù sia la carità; essa è particolarmente necessaria a coloro che, per il loro ruolo, hanno il compito di insegnare agli altri e di incoraggiarli alla virtù. Conoscete le parole dell’Apostolo in 1 Corinzi 13: “Anche se parlassi la lingua degli uomini e degli angeli, senza carità sarei come un cimbalo sonoro o uno strumento che emette suoni senza significato; anche se avessi il dono della profezia, se conoscessi tutti i misteri, se possedessi tutta la scienza, se avessi una fede tale da spostare le montagne, senza carità non sarei nulla; anche se spendessi tutto ciò che ho per dare da mangiare ai poveri, senza carità tutto questo sarebbe inutile”. È chiaro, da questo passaggio, che tutti gli altri doni di Dio, che possono essere concessi all’uomo, hanno valore solo se uniti alla carità. I segni attraverso cui si può riconoscere la carità sono descritti nello stesso passaggio dell’Apostolo: “La carità è paziente, è benevola; non conosce rivalità, né atti criminali, né orgoglio, né ambizione; non cerca nemmeno ciò che le appartiene; non si irrita, non pensa al male, non si rallegra dell’ingiustizia, ma trova gioia nella verità”. Da ciò deriva che coloro che sono schiavi della loro ira, malvagi, invidiosi, turbolenti, orgogliosi, arroganti, litigiosi, violenti, calunniosi, insolenzi e bugiardi, sono lontani dall’avere la carità. Ora, poiché questa carità, cioè quest’amicizia sacra che abbiamo verso Dio e, a causa di Dio, verso tutti gli uomini, in quanto sappiamo che sono amati da Dio, ha grandi rapporti con quell’amicizia onesta che normalmente nasce da un rapporto più intimo tra le persone, possiamo legittimamente esaminare contemporaneamente i doveri che entrambe impongono. In realtà, nell’amicizia c’è una regola fondamentale: non fare mai del male ai nostri amici e far loro il maggior bene possibile; poiché il più grande di tutti i beni è essere esenti dai vizi, il più grande servizio che possiamo rendere a un altro è cercare, con i mezzi appropriati, di guarirlo da qualche vizio. Ma aggiungo: “con i mezzi appropriati”, perché se rimproveriamo in modo inappropriato il male al nostro prossimo, se gli rinfacciamo una piccola colpa in modo troppo severo, o davanti a testimoni di cui la presenza non era necessaria; se gli attribuiamo errori che non ha commesso e con questo comportamento mostriamo di cercare meno la sua conversione che la sua umiliazione e la nostra propria gloria, non faremo altro che renderci odiosi e importuni. Ma è quasi sempre possibile avvertire un amico in privato e con dolcezza. Se questo primo avvertimento non fosse sufficiente, e se la colpa fosse grave, sarebbe ancora permesso insistere, parlargli con tono di rimprovero, e infine far ricorre agli stessi metodi anche da parte degli altri amici, uno o due, tutti quanti. Se tutti questi mezzi non avessero successo, e se la sua colpa fosse tale da renderlo indegno dell’amicizia di un uomo onesto, potremmo allora allontanarci dalla sua compagnia e smettere di considerarlo tra i nostri amici; ma certamente, finché siamo legati a lui, non dobbiamo mai rimproverarlo pubblicamente, davanti a tutti, nemmeno davanti a estranei o sconosciuti; perché in questo modo non agiremmo per il suo bene, ma per il suo male e la sua vergogna. Ciò vale non solo per i difetti segreti, ma anche per quelli che sono pubblici. Infatti, di solito le persone che commettono errori in pubblico si vanno vantando delle loro colpe e non si preoccupano affatto che vengano conosciute; invece si addolorano dei rimproveri che tali colpe attirano su di loro. Bisogna notare che la paura della vergogna è un potente mezzo per allontanare una persona dal vizio, ma non la vergogna stessa, che, una volta subita, non viene più temuta; ed è proprio per questo che coloro che non ascoltano i rimproveri privati dei loro amici non sono affatto toccati da quelli che ricevono in pubblico, ma anzi ne approfittano per perseverare ancora più liberamente nei loro errori. Non mancano esempi a sostegno di quanto affermo. Queste regole dell’amicizia umana sono perfettamente in accordo con le leggi della carità che lo stesso Gesù Cristo insegna, dicendo: “Se tuo fratello ha peccato contro di te, va e parlagli da solo; se ti ascolta, avrai guadagnato un fratello; se non ti ascolta, prendi con te uno o due testimoni, affinché le vostre parole siano confermate da due o tre persone; se nemmeno loro lo ascoltano, riferiscilo alla comunità; e se nemmeno la comunità lo ascolta, sia considerato come un pagano o un pubblicano”. Bisogna notare che qui non si parla di tutti i peccati del prossimo in modo indiscriminato, ma solo dei torti che può averci commessi; perché nel testo non si dice semplicemente “se tuo fratello ha commesso un errore”, ma si aggiunge “se ti ha offeso personalmente”. E poiché il diritto di rimproverare esiste molto più spesso per chi è stato personalmente offeso che per chi vede soltanto commettere il male, non c’è dubbio che questo passo contenga tutti i mezzi estremi che sono permessi utilizzare nei confronti del proprio prossimo, quando una grave colpa merita i nostri rimproveri. E se qui ricordiamo tutti i peccati del prossimo, è perché supponiamo che le anime pie, per effetto dello zelo che le anima, non vedano con maggiore dolore le offese personali ricevute quanto i torti che il prossimo compie contro Dio; o, poiché i mortali non possono nulla contro la Divinità, considerino come un torto verso se stessi quello che il colpevole, che amano come loro prossimo, si infligge. Pertanto, se avete motivo di lamentarvi di qualcuno che è cristiano, e quindi la carità vi impone di amarlo come un fratello, dovete prima avvertirlo personalmente. Se non si corregge, allora dovete avvertirlo in presenza di uno o due amici, scegliendo coloro che sapete avere maggiore influenza su di lui; e se ancora non si corregge, riferite la cosa alla Chiesa, cioè presentate le vostre lamentele davanti all’assemblea generale di coloro che lo amano anch’essi in Gesù Cristo. E, seguendo l’ordine gerarchico che mi è stato detto essere stabilito tra voi, con il termine “Chiesa” si può intendere il consiglio dei vescovi, o il sinodo. Tuttavia, bisogna ben notare che, con queste parole, “riferite la cosa alla Chiesa”, lo scrittore sacro non intendeva una rimprovera pubblica fatta davanti a tutti, nemmeno davanti agli estranei, come avviene in una tesi di teologia o in un sermone; innanzitutto, perché ciò sarebbe direttamente contrario alla carità e avrebbe tutti i tratti di una punizione inutile per il bene di colui a cui viene inflitta, ma capace di fargli molto male. Infatti, come ho già detto, colui che non si corregge, dopo essere stato informato dei suoi comportamenti dai suoi amici, non si correggerà certo se la cosa diventa pubblica; al contrario, liberato dalla paura di un simile affronto, non avrà più alcuna inibizione nel compiere il male. In secondo luogo, perché l’Scrittura aggiunge queste parole: “Se non ascolta la Chiesa, sia per voi come un pagano e un pubblicano”, cioè smettete di considerarlo tra coloro con cui la comunanza di sentimenti e fede vi ha legati in modo più stretto, e trattatelo quindi come uno straniero e un sconosciuto, senza però perseguirlo come un nemico; perché un tempo i discepoli di Gesù Cristo non odiavano i pagani e i pubblicani; si limitavano a non amarli come fratelli.

Or ces lois de l’amitié, obligatoires pour tous les hommes, le sont encore plus pour les théologiens, les prédicateurs et les pasteurs des églises. Car comme il n’y a pas dans la vie sociale de plus grand bien que l’amitié, comme le plus grand avantage de l’amitié est de pouvoir être averti par ses amis et corrigé par leurs conseils ; que d’un autre côté tout le monde n’est pas à même devoir personnellement des amis assez fidèles et assez sages pour remplir convenablement des fonctions aussi délicates, on consent volontiers à écouter, comme les amis communs de tous les hommes, ceux en qui l’on reconnaît, dans un degré éminent, l’esprit de piété, de prudence et de charité chrétienne. Or on s’attend ordinairement à trouver toutes ces qualités dans ceux qui s’adonnent spécialement aux études théologiques, et qui sont reçus au nombre des prédicateurs et des ministres de l’Église ; et quand ils les possèdent réellement, ils ont les titres les plus incontestables au respect et à l’amour de tous les autres hommes. Mais si nous voyons qu’un homme, sans nous avertir en particulier d’aucune de nos fautes, saisit et cherche même toutes les occasions de nous accuser publiquement auprès des autres, surtout lorsqu’il espère que nous n’en saurons jamais rien ; que souvent même il nous attribue des fautes auxquelles nous sommes complètement étrangers, ou qu’il condamne comme de grands crimes des actions que nous avons bien réellement commises, mais qui n’avaient rien de criminel à nos yeux, ni à ceux des autres, et tout cela sans avoir eu jamais à se plaindre de nous ; que ce même homme a tenu la même conduite envers plusieurs autres, nous reconnaîtrons clairement qu’il est entièrement dépourvu, de charité chrétienne, même de tout sentiment humain, et qu’il est indigne de notre amitié. Je crains bien que mes lecteurs ne regardent comme superflu tout ce que je viens d’écrire. Nous avons vu suffisamment dans ce qui précède que vous dédaignez les lois de la charité en les traitant de lois mielleuses anodynes, peut-être parce que vous craignez de paraître doucereux, et que vous préférez le ton d’un censeur amer et d’un législateur impérieux. J’ajouterai donc ici quelques mots sur ce sujet ; et d’abord, quant aux réprimandes que l’on fait, sans avoir aucun droit de condamner, et qu’on appelle, à proprement parler, des accusations, elles sont certainement permises dans tout état bien ordonné, quelquefois même elles sont commandées, comme quand il s’agit d’un crime de lèse-majesté. Et à la rigueur, ceux qui en blâmant autrui ne disent rien de contraire à la vérité, ceux-là ne sont pas condamnés par les lois, car il est dit expressément dans le Digeste, livre XVIII, des injures et libelles diffamatoires : Celui qui attaque la réputation d’un coupable ne peut encourir pour ce motif aucune condamnation ; car il est bon et utile que les fautes des coupables soient connues. Mais néanmoins il est diverses circonstances qui font que telle accusation est moins honorable et moins juste que telle autre ; car lorsqu’un coupable montre de l’humilité et des dispositions au repentir, il n’est pas honorable de se faire son accusateur, à moins qu’on ne soit magistrat, ou qu’on n’y soit contraint par quelque autre motif. Ce serait aller contre la charité que nous nous devons les uns aux autres, que de chercher à faire punir un homme qui s’humilie et demande grâce ; mais si un coupable arrogant et obstiné menace de troubler la paix et la concorde publique ; si, malgré les avertissements particuliers de ses amis et même des magistrats, il refuse de reconnaître et de réparer ses fautes, s’il se montre si violent dans l’attaque, si audacieux en fait de calomnies, si opiniâtre à les soutenir que peu de gens osent lui résister, s’il a enfin tant de faux-fuyants, tant de ruses pour dissimuler ses vices, tant d’impudence pour les nier, qu’aisément reconnus par ceux qui examinent la chose de près, il ne soit pas aussi facile de les démasquer aux yeux de tout le monde, il est certain que celui qui peut, et qui ose le faire, lorsqu’il ne remplit aucune fonction publique, fait une bonne action quand il l’accuse, et qu’il ne peut même honnêtement se dispenser de le faire, s’il a été lui-même attaqué, offensé par d’atroces calomnies, et qu’il, s’exposerait par cette négligence à se faire accuser de lâcheté et d’indifférence pour l’utilité publique et pour sa propre réputation. J’ai fait une exception pour ceux qui remplissent des fonctions publiques, non que je pense qu’ils doivent tous s’abstenir de se porter pour accusateurs, quelques-uns même y sont obligés par état, mais parce que, cette dernière circonstance exceptée, il est moins honorable pour eux de le faire, que pour les particuliers. En effet, lorsqu’ils ne peuvent remplir les fonctions de juges, il est à craindre qu’on ne les accuse d’abuser de leur influence pour opprimer un innocent. Car un particulier accuse à ses risques et périls, et s’il ne peut prouver qu’il a dit la vérité, ou du moins qu’il avait de puissants motifs pour croire qu’il la disait, il est puni comme calomniateur : mais les hommes en place peuvent souvent nuire plus impunément ; et assurément de tous ceux qui remplissent des fonctions publiques, il n’est personne à qui le rôle d’accusateur convienne moins qu’à un prédicateur, à un professeur de théologie, à un ministre de l’Église. Comme en raison de leurs fonctions ils sont regardés comme supérieurs aux autres hommes en piété, en science, et surtout en charité, leur témoignage est un préjugé bien fort contre celui qu’ils accusent, et s’ils veulent faire le mal, ils ont de grandes chances de calomnier impunément. Mais quoique peut-être on puisse quelquefois leur permettre d’accuser les autres, de venger leurs propres injures et de s’abandonner à leurs ressentiments personnels, il ne leur est jamais permis d’employer pour cela les sermons ou les thèses publiques.

Personne ne doute en effet que les sermons ne soient institués pour enseigner la vérité dans tout ce qui touche à la religion, et en même temps pour détourner les hommes du mal et les amener à la vertu ; mais jamais on n’a pensé qu’ils dussent servir à imprimer l’ignominie, à ouvrir un champ plus vaste à la malignité, ou à conférer aucun droit sur les individus ; et quand un prédicateur blâme, du haut de la chaire, la conduite d’un particulier ou d’un magistrat, assurément il fait plus de tort à leur réputation que s’il leur adressait les mêmes reproches ailleurs, quoique en présence du même auditoire. Choisi par ses concitoyens pour leur dire la vérité dans ce lieu-là même, il donne à son témoignage privé le poids de l’autorité publique, abusant ainsi de la dignité de ses fonctions pour détruire la réputation du prochain. D’ailleurs, toute censure publique tombant sur les personnes, quelque vraie, quelque juste qu’on la suppose, excède pourtant les bornes de la charité, et tend à rendre le prochain odieux : aussi est-elle d’un très mauvais exemple dans un sermon. Enfin, comme, sous prétexte d’attaquer les vices, on peut en venir fort aisément à attaquer impunément les personnes, en s’abstenant, il est vrai, de les nommer, mais en les désignant de telle sorte que l’auditoire puisse aisément les reconnaître sans que le prédicateur soit obligé de convenir qu’il les avait en vue, les hommes vraiment pieux, qui ne veulent point abuser de ce moyen pour, s’arroger une autorité illégitime sur les magistrats et le reste de leurs concitoyens, prennent bien garde qu’on ne puisse dire jamais d’eux ce que vous dites de vous-même, page 331, que par suite de votre méthode habituelle on rencontre souvent dans vos sermons des faits particuliers retracés d’une manière si frappante, que même sans nommer personne vous avez l’air de raconter.

Or these laws of friendship, which are obligatory for all men, are even more so for theologians, preachers, and ministers of the church. For since there is no greater good in social life than friendship, and since the greatest advantage of friendship lies in being able to receive warnings from one’s friends and be corrected by their advice; and since not everyone is in a position to have friends who are both faithful and wise enough to fulfill such delicate duties, people are willing to listen to those whom they recognize as possessing a high degree of Christian piety, prudence, and charity. Such qualities are generally expected in those who devote themselves specifically to theological studies and are accepted as preachers and ministers of the church; and when they truly possess them, they have the most undeniable claims to the respect and love of all other men. But if we see a person who, without specifically informing us of any of our faults, seizes every opportunity to publicly accuse us before others, especially when he hopes that we will never learn of it; if he often attributes to us faults that we are entirely innocent of, or condemns as grave crimes actions that we have indeed committed but which were not considered criminal in our eyes or in the eyes of others—and all this without ever having had any reason to complain about us; if this same person has behaved in the same manner toward many others, it is clear that he is utterly devoid of Christian charity, and even of any human sentiment, and is therefore unworthy of our friendship. I fear that my readers may consider what I have just written superfluous. We have seen enough from what precedes to understand that you despise the laws of charity, calling them mere soothing, insipid rules—perhaps because you are afraid of appearing too gentle, and prefer the tone of a harsh critic or an imperious legislator. Therefore, I will add a few more words on this subject. First, as for those reprimands that people issue without any right to condemn, and which could be properly called accusations, they are certainly permitted in any well-ordered society; sometimes they are even required, especially in cases of crimes against majesty. Strictly speaking, those who criticize others in this way are not saying anything contrary to the truth, and therefore they are not condemned by law. For it is explicitly stated in the Digest, Book XVIII, on insults and defamatory libels: “He who attacks the reputation of a criminal cannot be condemned for that reason; indeed, it is good and useful for the faults of criminals to be known.” However, there are various circumstances that render one accusation less honorable and less just than another; for when a guilty person shows humility and a willingness to repent, it is not honorable to become their accuser, unless one is a magistrate or is compelled to do so by some other reason. It would be contrary to the charity we owe one another to seek to have a man who humbles himself and begs for forgiveness punished; but if an arrogant and stubborn criminal threatens to disturb public peace and harmony, if, despite the personal warnings of his friends and even of the authorities, he refuses to acknowledge and rectify his mistakes, if he is so violent in his attacks, so audacious in his slander, and so obstinate in defending it that few dare resist him, if he employs so many deceptions and tricks to conceal his vices, and such impudence to deny them, that they are easily recognized by those who examine the matter closely, it is certainly not so easy for everyone else to see through these deceitful acts. Therefore, anyone who is able and dares to accuse such a person, especially when they hold no public office, is performing a good deed; and if they have themselves been attacked and offended by vicious slander, they cannot honestly refrain from doing so without exposing themselves to accusations of cowardice and indifference toward the public good and their own reputation. I have made an exception for those who hold public offices, not because I think they should all avoid acting as accusers—some are even obliged to do so by their duties—but because, apart from this circumstance, it is less honorable for them to do so than for private individuals. Indeed, when they cannot serve as judges, there is a risk that they may be accused of using their influence to oppress the innocent. A private individual accuses at their own risk; if they cannot prove that what they said is true, or at least that they had good reasons to believe it was true, they are punished as slanderers. But those in power often can cause greater harm without facing consequences; and certainly among all those who hold public offices, none is less suited to the role of accuser than a preacher, a theology professor, or a church minister. Since their positions make them regarded as superior to others in terms of piety, knowledge, and especially charity, their testimony carries considerable weight against the person they accuse; and if they intend to do harm, they have a high chance of succeeding in their slander without facing any consequences. But although perhaps they may sometimes be allowed to accuse others, to avenge their own insults, and to give vent to their personal resentments, it is never permitted for them to use sermons or public speeches for such purposes.

Indeed, no one doubts that sermons are intended to teach the truth in all matters relating to religion, and at the same time to turn people away from evil and lead them towards virtue; but it has never been thought that they should be used to spread disgrace, to create more room for malice, or to grant any sort of authority over individuals. When a preacher, from the pulpit, condemns the behavior of a particular person or a magistrate, he surely does more harm to their reputation than if he were to address the same criticisms elsewhere, even though in front of the same audience. Having been chosen by his fellow citizens to speak the truth to them in that very place, he gives his private testimony the weight of public authority, thus abusing the dignity of his role to destroy the reputation of others. Moreover, any public criticism directed at individuals, no matter how true or just it may be, still exceeds the bounds of charity and tends to make those criticized despised; therefore, such criticism is a very bad example in a sermon. Finally, since, under the pretext of attacking vices, it is quite easy to attack individuals without punishment—though one avoids mentioning their names directly—yet by describing them in such a way that the audience can easily identify them, without the preacher having to admit that he was referring to them specifically—honestly pious people, who do not wish to abuse this means to assert illegitimate authority over magistrates and their fellow citizens, take great care to ensure that one could never say about them what you say about yourself, page 331: that is, because of your habitual method of presentation, one often finds in your sermons specific incidents described in such a striking way that it seems as if you are naming people even when you do not.

Ora, queste leggi dell’amicizia, obbligatorie per tutti gli uomini, lo sono ancora di più per i teologi, i predicatori e i pastori delle chiese. Poiché non esiste nella vita sociale nulla di più prezioso dell’amicizia, poiché il maggior vantaggio dell’amicizia consiste nel poter essere avvertiti dai propri amici e corretti dai loro consigli; e poiché non tutti sono in grado di avere amici abbastanza fedeli e saggi per svolgere in modo adeguato funzioni così delicate, si è disposti ad ascoltare coloro in cui si riconosce, in alto grado, lo spirito di pietà, di prudenza e di carità cristiana. Si tende generalmente a trovare tutte queste qualità in coloro che si dedicano specificamente allo studio teologico e che vengono accettati tra i predicatori e i ministri della Chiesa; e quando le possiedono realmente, hanno i titoli più indiscutibili al rispetto e all’amore di tutti gli altri uomini. Ma se vediamo che un uomo, senza avvertirci personalmente di alcuna delle nostre colpe, cerca persino tutte le occasioni per accusarci pubblicamente davanti agli altri, soprattutto quando spera che non ne veniamo mai a conoscenza; se spesso ci attribuisce colpe di cui siamo completamente estranei, o condanna come grandi crimini azioni che abbiamo effettivamente compiuto, ma che ai nostri occhi, e a quelli degli altri, non avevano nulla di criminale; e tutto questo senza mai aver avuto motivo di lamentarsi di noi; se lo stesso uomo ha tenuto lo stesso comportamento verso molte altre persone, riconosceremo chiaramente che è completamente privo di carità cristiana, persino di ogni sentimento umano, e che non merita la nostra amicizia. Temo che i miei lettori possano considerare superfluo tutto ciò che ho appena scritto. Abbiamo già visto abbastanza nel contenuto precedente che voi disprezzate le leggi della carità, definendole leggi dolci e inoffensive, forse perché temete di sembrare troppo gentili, e preferite un tono severo e autoritario da censori. Aggiungerò quindi ancora qualche parola su questo argomento; innanzitutto, riguardo alle rimproveri che si fanno senza alcun diritto di condannare, e che si potrebbero chiamare, in senso stretto, accuse, essi sono certamente permessi in ogni stato ben ordinato, a volte addirittura sono richiesti, come nel caso di crimini contro la maestà. E, in fondo, coloro che rimproverano gli altri senza dire nulla di contrario alla verità non vengono condannati dalle leggi, poiché è detto esplicitamente nel Digesto, libro XVIII, sulle ingiurie e sui libelli diffamatori: Chi attacca la reputazione di un colpevole non può incorrere per questo motivo in alcuna condanna; poiché è bene e utile che le colpe dei colpevoli siano conosciute. Tuttavia, ci sono diverse circostanze che rendono tale accusa meno onorevole e meno giusta rispetto ad un’altra; infatti, quando un colpevole mostra umiltà e disponibilità al pentimento, non è onorevole assumere il ruolo di suo accusatore, a meno che non si sia magistrati o che ciò non sia imposto da altri motivi. Sarebbe contrario alla carità che ci dobbiamo gli uni agli altri cercare di far punire una persona che si umilia e chiede perdono; ma se un colpevole arrogante e ostinato minaccia di disturbare la pace e l’armonia pubblica, se, nonostante gli avvertimenti dei suoi amici e persino dei magistrati, rifiuta di riconoscere e rimediare ai propri errori, se si mostra violento nelle sue attacche, audace nelle calunnie e testardo nel sostenerle al punto che pochi osano resistergli, se utilizza tanti stratagemmi per nascondere i propri vizi e tanta impudenza per negarli, allora non è facile smascherarlo davanti a tutti. È certo che chi può e osa farlo, quando non ricopre alcuna funzione pubblica, compie un’azione nobile nell’accusarlo; e non può nemmeno astenersi onestamente dal farlo se stesso è stato attaccato e offeso da terribili calunnie, rischiando così di essere accusato di codardia e indifferenza verso il bene pubblico e la propria reputazione. Ho fatto un’eccezione per coloro che ricoprono funzioni pubbliche, non perché ritenga che debbano tutti astenersi dal fare da accusatori – alcuni addirittura sono costretti a farlo per motivi legati al loro ruolo – ma perché, ad eccezione di questa circostanza, per loro è meno onorevole farlo rispetto ai privati. Infatti, quando non possono svolgere il ruolo di giudici, si può temere che vengano accusati di abusare della loro influenza per opprimere un innocente. Un privato infatti accusa a proprio rischio e pericolo; se non riesce a dimostrare di dire la verità, o almeno di avere motivi validi per crederci, viene punito come calunniatore; ma le persone in carica spesso possono nuocere più impunemente. E certamente, tra coloro che ricoprono funzioni pubbliche, nessuno è meno adatto a svolgere il ruolo di accusatore di un predicatore, di un professore di teologia o di un ministro della Chiesa. Poiché, a causa delle loro funzioni, sono considerati superiori agli altri in termini di pietà, scienza e soprattutto carità, la loro testimonianza rappresenta un pregiudizio molto forte contro chi accusano; quindi, se vogliono fare del male, hanno grandi possibilità di calunniare impunemente. Ma sebbene a volte possa essere loro consentito di accusare gli altri, di vendicarsi delle proprie offese e di lasciarsi guidare dai propri sentimenti personali, non è mai permesso loro di utilizzare per questo scopo prediche o argomentazioni pubbliche.

Infatti, nessuno dubita che i sermoni siano istituiti per insegnare la verità in tutto ciò che riguarda la religione e, al contempo, per allontanare gli uomini dal male e indurli alla virtù; ma mai si è pensato che dovessero servire a diffondere l’ignominia, ad aprire un campo più ampio alla malvagità o a conferire alcun diritto sugli individui. Quando un predicatore, dall’alto del pulpito, condanna il comportamento di un privato o di un magistrato, certamente arreca maggior danno alla loro reputazione che se rivolgesse gli stessi rimproveri altrove, anche se davanti allo stesso pubblico. Scelto dai suoi concittadini per dire la verità proprio in quel luogo, egli conferisce al suo discorso privato il peso dell’autorità pubblica, abusando così della dignità delle sue funzioni per distruggere la reputazione altrui. Inoltre, qualsiasi critica pubblica rivolta alle persone, per quanto vera e giusta possa essere, oltrepassa comunque i limiti della carità e tende a rendere l’altro odioso; pertanto rappresenta un cattivo esempio all’interno di un sermone. Infine, poiché, sotto il pretesto di attaccare i vizi, si può facilmente arrivare ad attaccare impunemente le persone, anche se si evita di nominarle esplicitamente, basta indicarle in modo che l’ascoltatore possa riconoscerle facilmente, senza che il predicatore debba ammettere di averle prese di mira. Gli uomini veramente devoti, che non desiderano abusare di questo mezzo per arrogarsi un’autorità illegittima sui magistrati e sugli altri concittadini, fanno molta attenzione affinché non si possa mai dire di loro ciò che voi dite di voi stesso: poiché, secondo il vostro metodo abituale, nei vostri sermoni si incontrano spesso fatti particolari descritti in modo così evidente che, anche senza nominare nessuno, sembra che stiate raccontando cose specifiche.

Pour les thèses, à ne considérer que leur usage ordinaire, elles n’ont pas grande autorité. Elles sont, la plupart du temps, supposées faites par des écoliers, et elles ne doivent contenir que des assertions que l’auteur entreprend de soutenir pendant quelques heures, qu’il soit persuadé ou non de leur vérité. Car dans toutes les matières qui ne touchent point à la foi, et qui ne peuvent entraîner de préjudice pour personne, on peut sans mensonge soutenir même ce qu’on ne croit pas vrai. C’est un moyen d’exercer l’esprit, en repoussant toutes les objections que l’on peut faire pendant la courte durée de la discussion. On peut même, quand on le juge convenable, citer le nom d’un auteur dont on ne partage pas les opinions ; proposer par exemple les thèses suivantes ou d’autres semblables ; Le sang ne circule pas dans les veines, contre l’opinion d’Hervey… Il y a des formes substantielles contre l’opinion de Regius, Alors on est censé nommer par déférence ceux dont on ne partage pas l’opinion, et tous les véritables amis de la vérité souffrent sans peine la contradiction. Mais il faut bien se garder de nommer ou de désigner quelqu’un dans une thèse, de telle sorte qu’il puisse considérer la citation comme une censure, car alors les thèses dégénèreraient en libelles, dont tout l’odieux retomberait sur l’université dans laquelle on les aurait publiées. Il est vrai qu’un seul les compose, mais comme on les épluche en commun, on semble les approuver toutes les fois qu’on n’en arrête point la publication ; et il n’est pas un seul lieu où la diffamation soit plus déplacée que dans les universités ou dans les écoles, où l’on doit enseigner la vertu en même temps que la science. Mais si elle est interdite dans ces thèses ordinaires, qui ne sont destinées qu’à fournir un sujet de discussion pendant une heure, elle doit l’être encore bien plus dans les écrits respectés que vous publiez de temps en temps sous le nom de thèses ; car vous vous en déclarez l’auteur, et vous voulez qu’on y voie les décisions ou plutôt les décrets de votre faculté de théologie, puisque vous nous apprenez, page 343, que les professeurs de votre faculté sont animés du même esprit dans leur doctrine, leurs études et l’exercice de leurs fonctions, et que les réponses et les thèses de chacun d’eux doivent être considérées comme l’ouvrage de tous.

Enfin, pour faire mieux sentir combien il est déplacé d’attaquer, dans ces thèses ou dans un sermon, les personnes au lieu des vices, il faut remarquer que les droits que donne la charité, les seuls dont veuillent user les âmes pieuses, ou même les droits attachés aux fonctions de l’enseignement, que vous pouvez faire valoir quand il s’agit de la jeunesse soumise à votre férule, mars non pas quand il s’agit de magistrats, n’ont rien de commun avec l’autorité d’un maître, et même avec le droit civil dont les magistrats sont armés pour la punition des coupables. La principale différence consiste en ce que le droit civil a pour but l’utilité commune d’un grand nombre d’hommes réunis, et que les droits que donnent la charité ou les fonctions du professorat, se rapportent au bien des personnes considérées individuellement ; or il est permis au magistrat de nuire à un individu, et même de lui ôter la vie, quand ces mesures sont exigées par l’intérêt général ; mais il n’est jamais permis à un instituteur qui a plusieurs élèves de faire le moindre tort à l’un d’eux, quand il devrait en résulter pour les autres les plus grands avantages, car il les a reçus tous individuellement de leurs parents, pour contribuer à leur amélioration, et non pour leur nuire en aucune manière. C’est ici qu’il faut appliquer à la rigueur la règle qui prescrit de ne jamais faire Je mal pour qu’il en résulte du bien : à plus forte raison est-elle obligatoire pour ceux qui n’agissent qu’en vertu des lois de la charité ; car faire du tort à quelqu’un, c’est prouver qu’on n’est pas son ami. Vous ne croyez pas, j’imagine, qu’il vous soit permis de tuer ou de blesser quelqu’un, quelque grand crime qu’il ait pu commettre ; de voler un riche, quelque mauvais usage qu’il puisse faire de sa fortune, pour donner ses biens aux pauvres ou l’employer à tout autre usage, fut-ce même à l’usage le plus pieux du monde ; mais assurément je ne vois pas pourquoi il vous serait plus permis d’attaquer, dans des sermons ou des décisions théologiques, la réputation du prochain, c’est-à-dire ce que bien des gens estiment plus que la fortune et la vie, quelque justes que l’on puisse supposer vos reproches ; ce serait leur faire autant de tort que si vous leur arrachiez leur fortune ou leur vie. Or je parle ici de votre prochain ; car peut-être demanderez vous qu’on vous laisse le champ plus libre pour attaquer les autres : je sais que vous êtes grand batailleur, et que vous rangez parmi vos ennemis tous ceux qui ne partagent pas entièrement vos opinions religieuses. Je ne veux pas examiner si en tout cela votre conduite est conforme aux règles de la piété : on en pourra juger quand on saura combien vous vous montrez charitable même envers vos frères.

As regards these theses, when considered solely in their ordinary use, they do not possess much authority. Most of the time, it is assumed that they are written by students, and they should merely contain assertions that the author intends to defend for a limited period of time, whether he believes them to be true or not. In all matters that do not concern faith and that cannot cause harm to anyone, one can without lying defend even what one does not believe to be true. This is a way of exercising the mind, by addressing all possible objections during the brief duration of the discussion. One may even, when deemed appropriate, cite the name of an author whose opinions one does not share; for example, proposing the following theses or others similar to them: “Blood does not circulate in the veins,” contrary to Hervey’s opinion, “There are substantial forms that exist,” contrary to Regius’ opinion. Therefore, it is considered polite to cite those whose views one disagrees with, and all true friends of truth can readily endure contradiction. However, one must be careful not to mention or refer to anyone in such theses in a way that could be interpreted as criticism, for otherwise they would degenerate into libels, and all their harmful effects would fall upon the university where they are published. It is true that only one person compiles them, but since they are reviewed collectively, it seems as if we are approving of them every time we allow their publication to continue; and there is no place where slander is more inappropriate than in universities or schools, where virtue must be taught alongside science. But if such slander is prohibited in these ordinary theses, which are merely intended to provide a topic for discussion for an hour, it should be even more so in the respected writings that you occasionally publish under the name of theses. After all, you declare yourself their author, and you wish them to be regarded as the decisions—or rather, the decrees—of your theological faculty. Since you tell us on page 343 that the professors of your faculty are guided by the same spirit in their teachings, research, and performance of their duties, and that the responses and theses of each of them should be considered the work of all of them.

Finally, in order to more clearly illustrate how inappropriate it is to attack individuals—whether in these theses or in sermons—instead of condemning vices, it must be noted that the rights granted by charity, the only ones that pious souls seek to exercise, or even the rights associated with teaching duties, which can be asserted when dealing with youth under one’s authority, have nothing in common with the authority of a master, nor even with civil law, which magistrates wield for the punishment of criminals. The main difference lies in the fact that civil law aims at the common good of a large number of people, whereas the rights derived from charity or teaching duties concern the individual welfare of each person. However, it is permitted for a magistrate to harm an individual, even to take their life, when such measures are required by the general interest; but it is never permissible for an educator, who has several students under his care, to cause the slightest harm to one of them, especially when this would bring the greatest benefits to the others—since the educator has received these responsibilities from the parents of each student individually, with the aim of helping them improve, and not of harming them in any way. Here, we must strictly apply the rule that dictates: “Never do evil in the hope that good will result from it.” This rule is all the more binding for those who act solely out of the principles of charity; for to harm someone is to prove that one is not their friend. You surely do not believe it is permissible to kill or injure anyone, no matter how grave their crimes may be; nor to steal from a rich person, regardless of how they might misuse their wealth, in order to give it to the poor or use it for any other purpose, even if it were for the most pious cause in the world. But surely, I see no reason why it would be more permissible to attack someone’s reputation—in sermons or theological discussions—when these reputations are valued by many more than wealth and life itself, no matter how just your accusations may seem. Such actions would cause them as much harm as if you were to take away their wealth or their lives. And yet I am speaking here of your fellow human beings; for perhaps you will argue that you should be given greater freedom to attack others. I know you are a fervent advocate of conflict, and that you consider anyone who does not fully share your religious views to be your enemy. I do not intend to assess whether your behavior in all this conforms to the principles of piety; that can be judged when it becomes clear how charitable you are even toward those who differ from you in faith.

Per quanto riguarda le tesi, se si considera soltanto il loro uso ordinario, esse non possiedono grande autorità. La maggior parte delle volte si presuppone che siano state redatte da studenti, e dovrebbero contenere soltanto affermazioni che l’autore intende sostenere per un breve periodo di tempo, indipendentemente dal fatto che ne sia convinto o meno della loro veridicità. Infatti, in tutte le materie che non riguardano la fede e che non possono causare danno a nessuno, si può senza mentire sostenere anche ciò che non si ritiene vero. Questo rappresenta un modo per esercitare l’intelligenza, respingendo tutte le obiezioni che possano essere sollevate durante il breve arco di tempo della discussione. Si può persino, quando si ritiene opportuno, citare il nome di un autore il cui punto di vista non si condivide; ad esempio, si potrebbero proporre tesi del tipo: “Il sangue non circola nelle vene”, contrariamente all’opinione di Hervey. O altre simili. Esistono anche teorie sulle forme sostanziali, in contrasto con l’opinione di Regius. In questi casi si dovrebbe, per rispetto, citare coloro i cui punti di vista non si condividono; e tutti i veri amici della verità sopportano senza problemi le contraddizioni. Tuttavia, è necessario fare attenzione a non menzionare o indicare qualcuno in una tesi in modo tale che possa considerare quella citazione come un attacco personale; altrimenti, le tesi degenererebbero in libelli, e tutta la loro offensività ricadrebbe sull’università nella quale sono state pubblicate. È vero che è una sola persona a redigerle, ma poiché vengono discusse insieme, sembra che vengano approvate ogni volta che non si interrompe la loro diffusione. E non esiste luogo più inappropriato per le diffamazioni delle università o delle scuole, dove si deve insegnare sia la virtù che la scienza. Tuttavia, se questa pratica è vietata nelle tesi ordinarie, destinate soltanto a fornire un argomento di discussione per un’ora, dovrebbe essere ancora più severamente proibita negli scritti rispettabili che pubblicate di tanto in tanto con il nome di tesi; poiché vi dichiarate voi stessi loro autori e volete che vengano considerati come le decisioni, o meglio i decreti, della vostra facoltà di teologia. Visto che ci insegnate, a pagina 343, che i professori della vostra facoltà sono animati dallo stesso spirito nella loro dottrina, nei loro studi e nell’esercizio delle loro funzioni, e che le risposte e le tesi di ciascuno di loro devono essere considerate come l’opera di tutti.

Infine, per far meglio comprendere quanto sia inappropriato attaccare, nelle proprie tesi o nei propri sermoni, le persone invece dei loro vizi, bisogna notare che i diritti connessi alla carità – gli unici che le anime pieghe desiderano esercitare – così come i diritti derivanti dalle funzioni dell’insegnamento, possono essere fatti valere quando si tratta di giovani sottoposti al vostro controllo, ma non certo nei confronti dei magistrati. L’autorità di un magistrato, infatti, non ha nulla in comune con quella di un insegnante, né tantomeno con i diritti civili che questi possiede per punire i colpevoli. La principale differenza sta nel fatto che i diritti civili mirano al bene comune di un gran numero di persone, mentre quelli derivanti dalla carità o dall’insegnamento riguardano il benessere individuale delle singole persone. Un magistrato può quindi nuocere a un individuo, persino togliergli la vita, quando ciò è necessario per l’interesse generale; ma un insegnante che ha molti studenti non può mai fare del male a uno di loro, anche se questo potrebbe portare ai maggiori benefici per gli altri, poiché questi ultimi hanno ricevuto i propri diritti individualmente dai loro genitori, proprio al fine di essere aiutati e non di subire alcun danno. Qui bisogna applicare rigorosamente la regola che vieta di causare mai del male con l’intento di ottenere del bene: tanto più questa regola è obbligatoria per coloro che agiscono esclusivamente sulla base delle leggi della carità, poiché fare del male a qualcuno significa dimostrare di non essere suoi amici. Non credete certo che vi sia permesso uccidere o ferire qualcuno, per quanto grave possa essere il suo crimine; né che si possa rubare ai ricchi, per poi utilizzare i loro beni a scopi benefici o anche religiosi. Ma certamente non vedo alcuna ragione per cui vi sia permesso attaccare, nei sermoni o nelle decisioni teologiche, la reputazione del prossimo – qualcosa che molte persone considerano ancora più prezioso della ricchezza e della vita stessa – anche quando i vostri rimproveri potrebbero essere giustificati. Questo equivarrebbe a far loro del male, proprio come se gli strappaste la loro fortuna o la loro vita. E parlo qui del vostro prossimo. Poiché forse vorrete avere più libertà nel criticare gli altri: so che siete molto propensi a combattere e considerate nemici tutti coloro che non condividono appieno le vostre opinioni religiose. Non intendo giudicare se la vostra condotta sia conforme alle regole della pietà. Si potrà farlo quando si saprà quanto siate generosi anche nei confronti dei vostri fratelli.

Je ne cite non plus que les sermons et les décisions théologiques, parce que, dans ces circonstances, étant revêtu d’un caractère public, le tort que vous faites est beaucoup plus grave. Je ne veux point affirmer que vous soyez incapable d’accuser jamais ailleurs vos ennemis, soit devant le juge, soit devant le public, bien qu’assurément cette conduite fût moins convenable de votre part que de la part d’un simple particulier. Cette liberté que l’on prend en pareil cas, d’accuser publiquement les autres excède les bornes de la charité, et, comme nous l’avons déjà dit, elle n’a point pour but le bien de ceux qu’on accuse, mais des autres hommes à qui la crainte d’une semblable accusation peut donner plus d’éloignement pour le vice. Or écoutez l’apôtre saint Jacques, chapitre IV : Celui qui ôte à son frère, ôte à la loi ; et celui qui juge son frère, juge la loi. En effet, on vous accorde le droit, ou plutôt, en votre qualité de prédicateur, on vous a imposé le devoir de reprendre les vices et de tâcher d’en détourner les hommes ; mais il y a bien de la différence entre censurer des vices, qui sont généralement reconnus pour tels, et prononcer que telle ou telle personne est sujette à ces vices, ou encore décider que l’on, doit juger coupable telle ou telle action que les autres jugent fort innocente ; si vous agissez de la sorte, assurément vous ôtez à la loi et vous jugez la loi, c’est-à-dire que vous accordez plus d’autorité à votre jugement qu’à la loi. En effet, pour décider les questions de droit, vous avez, je pense, vos synodes, où l’on juge d’après l’opinion commune, et pour punir les actes coupables il y a des magistrats. Or j’ai de la peine à me persuader que les personnes de votre communion vous voient avec plaisir vous arroger à vous seul le droit de décider une question de votre autorité privée, et, malgré l’opinion contraire de plusieurs autres théologiens et même de consistoires entiers, persister à faire plus de cas de votre jugement isolé que des avis de tous les autres réunis ; à moins pourtant qu’ils n’aient dessein de vous mettre à la tête de leur Église, dessein que je me garderai bien de combattre, car je craindrais de m’exposer à leurs soupçons, ou de rendre un mauvais service à notre Église. Mais à coup sûr je serais grandement surpris si les magistrats, de leur côté, vous permettaient de vous constituer, dans vos thèses et dans vos sermons, juge de la conduite privée de vos concitoyens, et d’attaquer avec si peu de réserve la réputation de tout le monde. Je sais, il est vrai, un prétexte que vous pourriez alléguer pour couvrir cette prétention ; car si les prophètes partaient autrefois aux princes avec tant de liberté, vous qui marchez avec tant de sagesse sur les pas de ces divins modèles, dominé par votre zèle, vous ne pouvez supporter rien de contraire, je ne dis pas à la loi de Dieu, mais à ce que vous regardez ou même à ce que vous pouvez feindre de regarder comme la loi de Dieu ; et comme vous ne faites aucune acception de personnes, vous vous emportez aussi librement contre des magistrats ou des notables, que contre des hommes d’une classe inférieure. Mais, mon cher monsieur Voet, je vous prie d’observer que ce droit suprême que les prophètes ont autrefois exercé contre les rois même ne leur a été accordé qu’en vertu d’une impulsion extraordinaire et surnaturelle qui leur était donnée par Dieu même, et qu’obéissant à sa volonté ils n’étaient pas sujets à l’erreur : aussi ne croyait-on à leur mission que quand elle était attestée par des miracles authentiques. Et pour bien comprendre combien il est difficile que des pouvoirs si vastes vous soient jamais accordés, voyez comment Dieu les caractérise, Jérémie, I : Je t’ai placé aujourd’hui, lui dit-il, au-dessus des peuples et des trônes ; je t’ai donné le pouvoir d’arracher et de détruire, de dissiper et de perdre, d’édifier et de planter. Mais cet homme que Dieu établissait ainsi au-dessus des peuples et des trônes était un individu isolé, n’ayant pas avec lui de conseillers visibles dont il pût prendre les avis ; n’ayant de plus aucun caractère public. Aussi n’eût-il pas été raisonnable que les rois et les peuples se soumissent volontairement à ses remontrances, s’il n’eût prouvé par des miracles évidents la mission qu’il avait reçue d’en haut. Quant à vous, vous êtes bien sous un certain rapport l’héritier de ces prophètes extraordinaires ; comme eux vous ne tenez aucun compte des avis des autres hommes, et comme si vous entreteniez commerce avec Dieu même, vous tirez de votre propre fonds toutes vos décisions. Mais jusqu’à présent les miracles vous manquent, et vos ouvrages m’ont appris que votre religion ne reconnaît plus dans ce siècle aucun de ces prophètes qui font des miracles et que tout le monde doit écouter avec soumission. Je me dispenserai donc d’examiner quelle peut être sur ce sujet l’opinion de notre Église, et de toutes celles qui ne partagent pas votre croyance ; il me suffit de montrer que vous êtes comme un autre sujet à l’erreur, et que vous n’avez aucun privilège qui vous mette au-dessus des autres ministres de votre religion ; il suit de là que, s’il vous est permis de censurer publiquement, de votre autorité privée, la conduite des magistrats, le même droit appartient à tous vos confrères ; or comme vous êtes sujet à l’erreur, et qu’autant d’hommes, autant de sentiments, il ne peut résulter de ce droit que de la confusion. Et tout le monde sait avec quel soin, dans une république si puissante, composée de tant de membres, et qui ne peut subsister que par la concorde, on doit s’attacher à prévenir un pareil, fléau. Mais, pour ne pas oublier les lois de la charité, comme nous avons coutume de pardonner à nos amis tous les torts qu’ils peuvent avoir envers nous, tant que nous jugeons qu’ils sont réellement nos amis, tandis que nous en voulons plus à ces faux amis, dont les feintes caresses avaient pour but de nous faire du tort, qu’à nos ennemis déclarés, de même, s’il arrivait qu’un théologien animé d’une piété sincère, et qu’on saurait guidé uniquement par la charité, vînt excéder les bornes de son ministère, on lui pardonnerait aisément ; mais qu’un homme vienne, avec le langage et l’extérieur de la piété, montrer dans toutes ses actions la malignité et la passion de dominer, il faut nécessairement réprimer toutes ses entreprises.

I also refer only to sermons and theological decisions, because in these circumstances, since such actions assume a public character, the harm you cause is far more serious. I do not mean to claim that you are incapable of accusing your enemies elsewhere—whether before a judge or in public—but certainly such behavior would be less appropriate for you than for an ordinary individual. The freedom to publicly accuse others in such situations exceeds the bounds of charity; moreover, as we have already stated, its purpose is not to benefit those who are accused, but rather to deter others from committing vices through fear of similar accusations. Listen to the apostle Saint James, Chapter 4: “He who takes away the life of his brother takes away the law; and he who judges his brother judges the law.” Indeed, you are granted the right—or, rather, it is your duty as a preacher—to condemn vices and strive to prevent people from committing them. However, there is a significant difference between condemning vices that are generally recognized as such and declaring that particular individuals are prone to such vices, or deciding that certain actions are guilty when others consider them entirely innocent. If you act in this manner, you are undoubtedly stripping the law of its authority and judging it yourself, which means giving your own judgment more weight than the law itself. After all, for legal matters, you have your synods where decisions are made based on collective opinion; for punishing criminal acts, there are magistrates. I find it difficult to believe that people within your communion are willing to see you assert such unilateral authority over them, and persist in giving more weight to your individual judgment than to the combined opinions of many others—unless, perhaps, they intend to place you at the head of their Church, a notion which I would certainly not oppose, for I would not wish to incur their suspicion or do harm to our Church. But surely I would be greatly surprised if magistrates, on their part, allowed you to assert such authority in your sermons and teachings, to criticize the private conduct of your fellow citizens without any restraint. I know indeed that there is some pretext you could invoke to justify such a claim; for if the prophets of old were able to address the princes with such freedom, then you, who follow in the footsteps of these divine examples with such wisdom, and are guided by such zeal, must surely not tolerate anything that contradicts what you regard—or even pretend to regard—as God’s law. And since you show no favoritism toward any individual, you attack both magistrates and nobles just as freely as you would those of lower status. But, my dear Mr. Voet, please consider this: the supreme authority that the prophets once exercised over even kings was granted to them only by an extraordinary and supernatural impulse from God himself; in obeying his will, they were not subject to error—and their mission was believed only when it was attested by authentic miracles. To truly understand how difficult it would be for you to wield such vast power, consider how God described it in Jeremiah 1: “Today I have placed you above the nations and kingdoms,” he said, “I have given you the power to destroy and build, to scatter and gather.” Yet this prophet was an individual, with no visible counselors to seek advice from, nor any public office to rely upon. Therefore, it would have been unreasonable for kings and peoples to willingly submit to his admonitions if he had not proven the mission entrusted to him by miracles. As for you, you are in a way the successor of these extraordinary prophets; like them, you disregard the opinions of others and seem to communicate directly with God, making all your decisions based on your own judgment. But so far, you lack such miracles; indeed, your actions have shown that your religion no longer recognizes any prophets who perform miracles—in this century, at least. Therefore, I need not consider what our Church or those who do not share your beliefs think on this matter; it is enough to show that you are subject to error just like anyone else, and that you possess no special privilege that places you above other ministers of your religion. It follows therefore that, since you are capable of publicly criticizing the actions of magistrates in the name of your private authority, the same right belongs to all your fellow ministers. But since you are fallible, such a right can only lead to confusion, for there will be as many opinions as people exist. And everyone knows how carefully, in a republic so powerful and composed of so many members, and which can exist only through harmony, one must strive to prevent such a scourge. But, without forgetting the laws of charity—just as we are accustomed to forgiving our friends all the wrongs they may have done us, so long as we believe they are truly our friends—we hold those false friends, whose hypocritical kindnesses were intended to harm us, in even greater disdain than our declared enemies. Similarly, if a theologian, driven by sincere piety and believed to be guided solely by charity, were to overstep the bounds of his ministry, he would easily be forgiven. But if someone were to use the language and appearance of piety while in fact displaying malice and a desire to dominate in all their actions, such persons must certainly be restrained in every endeavor they undertake.

Non cito che prediche e decisioni teologiche, perché in queste circostanze, essendo tali dichiarazioni di natura pubblica, il torto che compite è molto più grave. Non intendo affatto affermare che siate incapaci di accusare i vostri nemici altrove, sia davanti al giudice che davanti al pubblico; tuttavia, questa condotta è certamente meno appropriata da parte vostra rispetto a quella di un semplice privato. La libertà che si prende in tali casi, di accusare pubblicamente gli altri, oltrepassa i limiti della carità; e, come abbiamo già detto, il suo scopo non è certo il bene di coloro che vengono accusati, ma piuttosto quello di spaventare altre persone, inducendole a tenersi lontane dal vizio. Ascoltate dunque l’apostolo San Giacomo, nel IV capitolo: “Chi toglie al fratello suo, toglie alla legge; e chi giudica il fratello suo, giudica la legge”. Vi viene infatti concesso il diritto – o meglio, nella vostra qualità di predicatore, vi è stato imposto il dovere – di denunciare i vizi e di cercare di distogliere gli uomini da essi; ma c’è una grande differenza tra criticare dei vizi generalmente riconosciuti come tali e affermare che questa o quella persona sia soggetta a tali vizi, o ancora decidere che un certo atto sia colpevole quando tutti gli altri lo considerano innocente. Se agite in questo modo, state certamente togliendo autorità alla legge e giudicandola voi stessi; cioè stiate attribuendo più importanza al vostro giudizio che a quello della legge stessa. Infatti, per decidere questioni legali avete i vostri sinodi, dove si giude in base all’opinione comune, e per punire gli atti criminali ci sono i magistrati. Mi è difficile credere che le persone della vostra comunità vi vedano con piacere assumervi da soli il diritto di decidere questioni legali sulla base della vostra autorità privata; e che, nonostante l’opinione contraria di molti altri teologi e persino di interi concili, insistiate nel dare più importanza al vostro giudizio isolato rispetto ai pareri di tutti gli altri riuniti. A meno che non abbiano intenzione di mettervi a capo della loro Chiesa, un’intenzione che io certo non mi sforzerei di contrastare, poiché temerei di suscitare i loro sospetti o di nuocere alla nostra Chiesa. Ma sicuramente sarei molto sorpreso se anche i magistrati vi permettessero, nelle vostre prediche e nei vostri scritti, di giudicare la condotta privata dei vostri concittadini e di attaccare con così poca riserva la reputazione di tutti. So bene che esista un pretesto che potreste addurre per giustificare questa vostra pretensione; infatti, se i profeti un tempo si avventuravano presso i principi con tanta libertà, voi, che seguite con tanta saggezza le orme di questi divini esempi e vi lasciate guidare dal vostro zelo, non potete tollerare nulla che sia in contraddizione con ciò che ritenete essere la volontà di Dio, o meglio, con ciò che fingete di considerare tale. E poiché non fate distinzioni tra le persone, vi pronunciate liberamente contro magistrati e notabili, così come contro individui di classe inferiore. Ma, caro signor Voet, vi prego di considerare che quel potere supremo che i profeti un tempo esercitavano persino sui re, loro fu concesso soltanto grazie a una spinta straordinaria e soprannaturale proveniente direttamente da Dio; obbedendo alla sua volontà, essi non erano soggetti all’errore. E la loro missione veniva creduta solo quando era avvalorata da miracoli autentici. Per comprendere appieno quanto sia difficile che poteri così vasti vengano mai concesi a qualcuno, basta considerare come Dio li descrive: “Ti ho posto oggi al di sopra dei popoli e dei troni”, dice a Geremia, “ti ho dato il potere di strappare e distruggere, di disperdere e perdere, di costruire e piantare”. Ma quell’uomo, che Dio elevava così al di sopra dei popoli e dei troni, era un individuo isolato, privo di consiglieri da cui poter ricevere suggerimenti, e senza alcun ruolo pubblico. Pertanto, non sarebbe stato ragionevole che i re e i popoli si sottomettessero volontariamente alle sue rimproveri, se non avesse dimostrato con miracoli evidenti la missione ricevuta dal cielo. Quanto a voi, in un certo senso siete l’erede di quei profeti straordinari; come loro, non tenete conto degli pareri altrui e, come se comunicaste direttamente con Dio, prendete tutte le vostre decisioni partendo dalle vostre sole convinzioni. Tuttavia, finora vi mancano i miracoli. E dai vostri atti risulta chiaramente che la vostra religione non riconosce più, in questo secolo, quei profeti capaci di compiere miracoli, e che tutti debbano ascoltare con sottomissione le loro parole. Pertanto, mi limiterò a dimostrare che siete anch’vous soggetti all’errore, e che non possedete alcun privilegio che vi ponga al di sopra degli altri ministri della vostra religione. Da ciò consegue che, se vi è permesso criticare pubblicamente, in base alla vostra autorità personale, il comportamento dei magistrati, lo stesso diritto appartiene a tutti i vostri colleghi. E poiché siete soggetti all’errore, tale diritto non può portare che al caos. E tutti sanno con quale cura, in una repubblica così potente, composta da tanti membri e che può sopravvivere solo attraverso l’armonia, si debba impegnarsi a prevenire un simile flagello. Tuttavia, senza dimenticare le leggi della carità – poiché abbiamo l’abitudine di perdonare ai nostri amici tutti i torti che possano averci fatto, purché riteniamo davvero che siano nostri amici – mentre proviamo ancora più rancore verso quegli falsi amici il cui comportamento apparentemente gentile aveva lo scopo di nuocerci, rispetto ai nostri nemici dichiarati – allo stesso modo, se dovesse accadere che un teologo animato da sincera pietà, e che si sapesse essere guidato esclusivamente dalla carità, andasse oltre i limiti del proprio ruolo, gli si perdonerebbe facilmente; ma se qualcuno, sotto il pretesto della pietà, mostrasse nelle proprie azioni malvagità e desiderio di dominare, allora è necessario reprimere senza esitazione tutte le sue tentative.

Maintenant, si j’examine votre conduite dans l’affaire de Bois-le-Duc, je comprends sans peine de quel zèle vous êtes enflammé. D’abord, en considérant les raisons qui ont pu vous engager à nommer cette ville dans des thèses publiques, à blâmer la conduite de son magistrat, à condamner et même à injurier ses principaux citoyens, il est impossible d’en trouver une seule qui respire la charité ; vous-même, vous n’avez pu en imaginer aucune, vous n’en donnez point dans votre livre ; seulement vous dites, p. 4, que vous fûtes consulté sur ce qui se passait à Bois-le-Duc, par je ne sais quel ministre de cette ville, et que, publiant alors des thèses sur l’idolâtrie indirecte, vous y, aviez inséré ce cas, afin d’épargner votre peine. Mais on ne se donne pas moins de peine en insérant dans des thèses une question, et en la faisant imprimer, qu’en la traitant dans une correspondance familière : tout le monde en conviendra, surtout ceux qui savent qu’on ne met rien dans une thèse dont le répondant ne soit tenu de s’instruire ; ce qui exige encore quelque travail. Mais quand il serait, vrai que vous épargniez votre peine, vous n’en seriez pas plus charitable. Certainement vous n’avez eu pour but ni de réformer, ni de servir sous aucun rapport ceux que vous accusiez : car on voit aux pages 339 et 341 de votre livre, que vous n’espériez pas que ces thèses leur parvinssent jamais. D’un autre côté vous ne pouviez vous proposer le bien de vos disciples ni d’aucune autre personne, en nommant Bois-le-Duc, et en désignant les auteurs du fait que vous blâmiez ; au contraire, en citant des hommes distingués, jouissant d’une réputation éminente, dont cette action n’avait pas éveillé les scrupules, et que tout le monde se plairait à imiter, il vous devenait plus difficile de combattre leur exemple, qu’en séparant de toutes les circonstances le fait que vous censuriez, afin de prévenir les applications. Or, puisque la désignation des personnes n’était utile ni à ceux que vous accusiez, ni aux autres, n’est-il pas évident que vous avez eu l’intention de médire ? D’où a-t-elle pu vous venir, si ce n’est de votre empressement à saisir de pareilles occasions pour usurper et affermir sur tous les esprits votre injuste domination ? Vous n’aviez aucune haine personnelle contre ceux que vous avez attaqués ; de votre aveu vous ne les connaissiez pas ; mais, comptant que vos thèses ne tomberaient jamais dans leurs mains, ou que du moins ils ne les honoreraient pas d’une réponse publique, vous avez cru que vous alliez acquérir une grande autorité, et que les membres de votre académie et tous ceux que la renommée instruirait de votre conduite, voyant que vous aviez osé impunément condamner des hommes si distingués et une ville si célèbre, respecteraient votre puissance, et n’entreprendraient rien, soit en public, soit en particulier, sans votre approbation, tremblant de s’exposer à vos calomnies. En usant de tels moyens, quiconque est impudent, méchant, grand parleur, agréable à la populace, peut aisément acquérir beaucoup de pouvoir, si personne ne démasque ses artifices. Mais, malheureusement pour vous, Desmarets a prouvé par un écrit public l’innocence de ses concitoyens et l’iniquité de votre accusation ; le magistrat de Bois-le-Duc et d’autres encore ont essayé par différentes lettres de vous décider à garder le silence jusqu’au jugement du prochain synode, auquel ceux que Vous aviez accusés protestaient qu’ils voulaient se soumettre. Ainsi vous fûtes réduit à l’alternative ou de jeter le masque de la piété et de la charité, en refusant (l’écouter leur juste demande ; ou de voir s’évanouir presque toutes vos espérances de domination, en vous soumettant à l’autorité des synodes. Vous faites connaître votre choix en publiant le livre sur la confrérie de la Vierge. Vous y disputez la victoire, non par des raisons, non par aucun prétexte spécieux, mais sans autre soutien que votre obstination et l’audace de vos calomnies. Tout l’art de ce livre consiste en ce que vous l’avez fait si long et si ennuyeux, qu’aucune patience d’homme ne suffirait à le lire tout entier. De plus Desmarets et tous ceux qu’il défend y sont si souvent accusés, blâmés, condamnés que ceux qui ne feront qu’en parcourir quelques pages, voyant que vous triomphez partout, comme si vous aviez invinciblement démontré la justice de votre cause et les torts de vos adversaires, s’imagineront que vos arguments sont développés dans d’autres pages qu’ils n’auront pas lues. Vous avez trouvé le moyen de grossir le volume, en ramassant une foule de contes pour rendre odieuses les confréries de la Sainte-Vierge, en mettant en pièces le livre de Desmarets, en l’arrangeant en lieux communs, et en proposant diverses questions, qui certainement ne sont pas charitables ; car la charité ne pense pas à mal : or ces questions prouvent que vous y avez souvent pensé, lorsqu’il n’y avait pas lieu. Vous racontez aussi dans ce livre comme vos adversaires ont essayé tous les moyens de vous détourner d’écrire, et comme vous avez persisté, cherchant à faire croire qu’ils se défient de leur cause, et que vous ne doutez pas de votre bon droit. Ces suggestions préviendront facilement ceux qui n’examineront pas le fond de la chose, et quant aux autres, en très petit nombre, selon vos espérances, si même il doit s’en trouver, qui compareront le livre de Desmarets avec le vôtre, et qui pèseront les raisons de part et d’autre, il paraît que vous n’avez compté que sur la crainte pour leur imposer silence. Il est impossible en effet qu’ils ne s’aperçoivent que vous n’apportez pas une seule raison solide pour blâmer la conduite des principaux citoyens de Bois-le-Duc, ni pour défendre la vôtre, si ce n’est que vous niez avec une incroyable audace que vous ayez écrit ce qu’on lit clairement dans vos thèses. Ils connaîtront par là que Desmarets et les habitants de Bois-le-Duc ne se sont nullement défiés de leur cause, que vous n’avez eu aucune espérance de bien défendre la vôtre, et que par conséquent s’ils ont voulu vous détourner d’écrire, ce n’a été que pour conserver la paix de cette Église, et dans l’intérêt de votre honneur ; que vous, au contraire, vous avez cherché les querelles et les troublés, pour noircir leur réputation, et pour paraître audacieux, implacable et terrible, afin que personne n’ose désormais vous résister. En effet, puisque vous n’avez pas craint de condamner la conduite suivie par les principaux citoyens de Bois-le-Duc, pour la sûreté de leur ville et le salut de la république, nul ne pourra se croire assez irréprochable, assez élevé en autorité, pour braver vos accusations. Puisque vous êtes si irrité contre Desmarets, et si acharné à le poursuivre, uniquement pour avoir défendu ses amis avec modération, en vous excusant, autant qu’il le pouvait, et même en vous donnant des éloges que vous ne méritiez pas, il faut compter, quelques égards qu’on mette à vous avertir, que vous n’y répondrez que par vos fureurs ; puisque vous mentez si audacieusement dans votre livre, puisque vous en appelez si souvent à vos thèses, qui confondent votre mensonge, et que vous méprisez si ouvertement les lois de la charité, comme d’invention récente, personne ne peut espérer de vous réduire au silence, par l’évidence du raisonnement ; enfin, puisque vous paraissez si implacable, et si opiniâtre à venger vos moindres injures, que vous ne vous laissez arrêter ni par l’autorité, ni par les avis, ni par les prières des magistrats et des assemblées ecclésiastiques, tout le monde redoutera votre inimitié, et fuira votre rencontre comme celle d’une bête féroce. Si par ces moyens vous parvenez à sauver votre, réputation et à empêcher ceux qui pénétreront la vérité, de la mettre au jour, ou du moins à leur ôter toute créance, j’avoue que vous exercerez un grand pouvoir. Mais j’ajouterai ici en peu de mots les raisons qui m’empêchent de croire que vous réussissiez, et en même temps je ferai connaître vos mérites.

Now, if I examine your conduct in the matter of Bois-le-Duc, it is easy to see the zeal with which you were driven. First of all, considering the reasons that may have led you to mention this city in public writings, to criticize the actions of its magistrate, and even to condemn and insult its principal citizens, not a single one of these reasons bears any trace of generosity or kindness; you yourself could not conceive of any such reason, nor do you mention it in your book. You merely state on page 4 that you were consulted on what was happening in Bois-le-Duc by some minister from that city, and that you included that case in your writings on indirect idolatry in order to save yourself the trouble of addressing it separately. However, taking the same amount of trouble to include a particular issue in a written work and have it printed is no different from dealing with it in private correspondence—everyone will agree on this, especially those who know that nothing is included in a written work unless the person being addressed is expected to take some action as a result; and that certainly requires some effort. But even if you did save yourself the trouble, it would not make your actions any more charitable. Clearly, your intention was neither to reform nor to serve in any way those whom you accused; for as you state on pages 339 and 341 of your book, you did not expect these writings to ever reach their hands. On the other hand, you could not have had the welfare of your “disciples” or of anyone else in mind by mentioning Bois-le-Duc and identifying the people whose actions you criticized; quite the contrary—by citing distinguished individuals who enjoyed high reputations and for whom such behavior did not arouse any sense of guilt, and who would likely be imitated by many, it became even more difficult for you to oppose their example than if you had separated the facts you condemned from all surrounding circumstances in order to prevent any possible interpretations. Since mentioning these individuals was of no benefit either to those you accused or to anyone else, is it not obvious that your intention was simply to slander them? Where else could such an intention have come from, but from your eagerness to seize such opportunities to assert your unjust dominance over everyone’s minds? You personally harbored no hatred toward those you attacked; you admitted that you did not even know them. But since you were certain that your writings would never reach them, or that they would at least not respond publicly to them, you believed that you would gain great authority. You thought that the members of your academy and everyone else who learned of your actions would respect your power and refrain from doing anything, whether in public or in private, without your approval, for fear of exposing themselves to your slander. By using such means, anyone who is impudent, malicious, boastful, and popular among the people can easily gain great power, so long as no one exposes their schemes. But unfortunately for you, Desmarets has proven, through a public document, the innocence of his fellow citizens and the injustice of your accusations; the magistrate of Bois-le-Duc and others have also tried, through various letters, to persuade you to remain silent until the next synod, at which those you had accused claimed they were willing to submit. Thus, you were left with no choice but either to abandon the pretense of piety and charity by refusing to heed their legitimate demands, or to see almost all your hopes of gaining dominance vanish by submitting to the authority of the synods. You have made your choice known by publishing the book on the Confraternity of the Virgin. In it, you claim victory not on any grounds or with any convincing arguments, but merely through your obstinacy and the audacity of your slander. The whole purpose of this book is that you have made it so lengthy and tedious that no human patience could endure reading it in its entirety. Moreover, Desmarets and all those he defends are frequently accused, blamed, and condemned within it; therefore, those who only skim through a few pages will assume that you have won everywhere, as if you had irrefutably proven the justice of your cause and the wrongdoing of your opponents. You have also tried to inflate the volume by including a plethora of irrelevant stories intended to make the Confraternities of the Holy Virgin seem despicable, by tearing apart Desmarets’ book, by presenting it in a trivial manner, and by raising various questionable issues—issues that are certainly not characteristic of someone who acts out of charity. For charity never harbors malice; yet these questions clearly indicate that you often harbored such intentions when there was no need for them. You also describe in the book how your opponents tried every means to prevent you from writing, and how you persisted, trying to make it seem as if they were afraid of defending their cause and that you had no doubts about your own rightfulness. Such tactics will easily deceive those who do not delve into the substance of the matter; as for the few who might compare Desmarets’ book with yours and weigh the arguments on both sides, it seems you have relied solely on fear to silence them. In fact, it is impossible for them not to realize that you offer not a single solid reason to condemn the actions of the leading citizens of Bois-le-Duc or to defend your own position—except that you brazenly deny having written what is clearly stated in your arguments. They will thus understand that Desmarets and the inhabitants of Bois-le-Duc did not in any way defy their cause, that you had no hope of successfully defending your own, and that therefore, if they sought to dissuade you from writing, it was merely to preserve the peace of this Church and for the sake of your honor. On the contrary, you were the one who sought out quarrels and troubles in order to tarnish their reputation and to appear bold, relentless, and terrible, so that no one would dare to resist you anymore. Indeed, since you did not hesitate to condemn the actions taken by the principal citizens of Bois-le-Duc for the safety of their city and the salvation of the republic, no one can consider themselves sufficiently blameless or sufficiently authoritative to brave your accusations. Since you are so angered at Desmarets and so determined to persecute him merely because he defended his friends in a moderate manner, apologized as much as possible, and even paid you compliments that you did not deserve, it is certain that, despite any efforts made to warn you, you will respond only with your fury. Since you lie so boldly in your book, since you frequently refer to your own arguments that only serve to expose your lies, and since you so openly despise the laws of charity as if they were recent inventions, no one can hope to silence you through logical reasoning. Finally, since you seem so relentless and so determined to avenge even the smallest of insults, that you are not deterred by authority, advice, or the prayers of magistrates and ecclesiastical assemblies, everyone will fear your hostility and avoid encountering you as if you were a ferocious beast. If you succeed in this way in saving your own reputation and preventing those who discover the truth from bringing it to light—or at least in making them lose all belief in it—I admit that you will wield great power. But I will also briefly state the reasons why I do not believe you will succeed, while at the same time acknowledging your merits.

Ora, se esamino il vostro comportamento nella questione di Bois-le-Duc, capisco facilmente con quale zelo siate animato. Innanzitutto, considerando le ragioni che vi hanno spinto a menzionare questa città in pubblici scritti, a criticare l’operato del suo magistrato, a condannare e persino insultare i suoi principali cittadini, è impossibile trovarne una sola che esprima anche solo un minimo di carità; nemmeno voi stesso ne avete immaginata alcuna, né la menzionate nel vostro libro; dite soltanto, a pagina 4, di essere stato consultato su quanto accadeva a Bois-le-Duc da qualche ministro di quella città, e che, pubblicando quindi scritti sull’idolatria indiretta, abbiate inserito quel caso al loro interno per risparmiarvi la fatica di trattare l’argomento direttamente. Ma dedicare del tempo a inserire un argomento in un libro e farlo stampare non è certo meno impegnativo che affrontarlo in una corrispondenza privata: tutti lo ammetteranno, soprattutto coloro che sanno che nulla viene incluso in un libro se il destinatario non è tenuto a informarsi sull’argomento; il che richiede comunque del lavoro. Ma anche supponendo di risparmiarvi la fatica, questo non vi renderebbe certo più caritatevoli. Certamente non avevate alcuna intenzione di riformare o servire in alcun modo coloro che accusavate: infatti, dalle pagine 339 e 341 del vostro libro si evince chiaramente che non speravate affatto che tali scritti arrivassero mai nelle loro mani. D’altra parte, non potevate certo avere a cuore il bene dei vostri discepoli o di altre persone, menzionando Bois-le-Duc e indicando gli autori delle azioni che criticavate; al contrario, citando uomini distinti e rispettati, la cui condotta non aveva suscitato alcun rimorso e che tutti sarebbero stati disposti a imitare, vi risultava ancora più difficile contrastarne l’esempio, piuttosto che separare nettamente il fatto che criticavate da tutte le circostanze per evitare possibili applicazioni. Ora, poiché la menzione di queste persone non era utile né a coloro che accusavate né ad altri, non è forse evidente che avevate l’intenzione di diffamare? Da dove potrebbe essere derivata tale intenzione, se non dal vostro desiderio di approfittare di simili occasioni per usurpare e affermare su tutti gli spiriti il vostro dominio ingiusto? Non provavate alcun odio personale verso coloro che attaccavate; ammettete stesso di non conoscerli; ma, poiché sapevate che i vostri scritti non sarebbero mai arrivati nelle loro mani, o che comunque non avrebbero ricevuto alcuna risposta pubblica, pensavate di acquisire grande autorità, e che i membri della vostra accademia e tutti coloro che venivano a conoscenza del vostro comportamento avrebbero rispettato il vostro potere, evitando di intraprendere qualsiasi azione, pubblica o privata, senza la vostra approvazione, temendo di esporsi alle vostre calunnie. Usando tali mezzi, chiunque sia impudente, malvagio, loquace e gradito al popolo può facilmente acquisire molto potere, se nessuno smaschera le sue astuzie. Ma, sfortunatamente per voi, Desmarets ha dimostrato con un documento pubblico l’innocenza dei suoi concittadini e l’iniquità delle vostre accuse; il magistrato di Bois-le-Duc e altri ancora hanno cercato, attraverso diverse lettere, di convincervi a mantenere il silenzio fino al giudizio del prossimo sinodo, al quale coloro che avevate accusato dichiaravano di volersi sottomettere. Così siete stati costretti ad affrontare l’alternativa: o togliervi la maschera della pietà e della carità, rifiutando di ascoltare le loro giuste richieste; oppure vedere svanire quasi tutte le vostre speranze di dominio, sottomettendovi all’autorità dei sinodi. Avete fatto conoscere la vostra scelta pubblicando il libro sulla confraternita della Vergine: in esso cercate di ottenere la vittoria non attraverso argomentazioni valide o pretesti plausibili, ma soltanto grazie alla vostra ostinazione e all’audacia delle vostre calunnie. L’intero “arte” di questo libro consiste nel fatto che l’avete reso così lungo e noioso da rendere impossibile per chiunque leggerlo completamente senza perdere la pazienza. Inoltre, Desmarets e tutti coloro che egli difende vengono spesso accusati, biasimati e condannati in questo libro; quindi coloro che ne leggano solo alcune pagine, vedendo che voi vincete ovunque, potrebbero pensare che le vostre argomentazioni siano completamente dimostrate, anche se non hanno letto il resto del testo. Avete cercato di aumentare il volume del libro raccogliendo una serie di storie per rendere odiose le confraternite della Santa Vergine, distruggendo il libro di Desmarets e presentando domande che certamente non sono caritatevoli; infatti la carità non prevede mai azioni malvagie. E queste domande dimostrano chiaramente che avete spesso pensato a cose negative, quando non c’era alcun motivo per farlo. Nel libro raccontate anche come i vostri avversari abbiano cercato in tutti i modi di impedirvi di scrivere, e come voi abbiate insistito, cercando di far credere che essi si difendessero dalla loro stessa causa, e che voi non dubitaste della vostra giustizia. Queste insinuazioni potranno facilmente ingannare coloro che non esamineranno attentamente il contenuto del libro; quanto agli altri, che secondo le vostre aspettative saranno molto pochi, se mai ne dovesse esserci qualcuno che confronti il libro di Desmarets con il vostro e valuti attentamente le argomentazioni di entrambi, sembra che abbiate contato soltanto sulla paura per farli tacere. È infatti impossibile che non si rendano conto che non presentate alcuna ragione valida per biasimare il comportamento dei principali cittadini di Bois-le-Duc, né per difendere il vostro, se non che negate con incredibile audacia di aver scritto ciò che è chiaramente espresso nelle vostre tesi. Essi comprenderanno così che Desmarets e gli abitanti di Bois-le-Duc non si sono affatto opposti alla loro causa, che voi non avete mai avuto alcuna speranza di difendere efficacemente la vostra, e che quindi, se hanno cercato di dissuadervi dal scrivere, è stato soltanto per preservare la pace di quella Chiesa e nell’interesse del vostro onore; mentre voi, al contrario, avete cercato dispute e turbamenti solo per diffamare la loro reputazione e apparire audaci, implacabili e terribili, affinché nessuno osasse più opporvi resistenza. Infatti, poiché non avete esitato a condannare il comportamento tenuto dai principali cittadini di Bois-le-Duc per la sicurezza della loro città e il bene della repubblica, nessuno potrà ritenersi abbastanza irreprensibile o sufficientemente autorevole da sfidare le vostre accuse. Poiché siete così irritati contro Desmarets e così determinati a perseguitarlo soltanto perché ha difeso i suoi amici con moderazione, scusandosi nel modo possibile e addirittura lodandolo quando non lo meritavate, è evidente che, nonostante gli sforzi fatti per avvertirvi, risponderete solo con la vostra furia; poiché mentite così audacemente nel vostro libro, facendo spesso riferimento alle vostre tesi che confondono il vero e il falso, e poiché disprezzate apertamente le leggi della carità come se fossero invenzioni recenti, nessuno potrà sperare di farvi tacere attraverso argomentazioni razionali; infine, poiché sembrate così implacabili e ostinati nel vendicarvi anche delle offese più insignificanti, rifiutandovi di essere fermati né dall’autorità né dai consigli né dalle preghiere dei magistrati e delle assemblee ecclesiastiche, tutti temeranno la vostra inimicizia e eviteranno di incontrarvi come se foste una bestia feroce. Se con questi mezzi riuscirete a salvare la vostra reputazione e a impedire che coloro che scopriranno la verità la facciano conoscere, o almeno a privarli di ogni credibilità, ammetto che eserciterete un grande potere. Ma aggiungerò qui in poche parole le ragioni che mi impediscono di credere che riusciate nel vostro intento, e allo stesso tempo farò conoscere i vostri meriti.

Tant que vos injures ne sont tombées que sur les adversaires de votre religion, vous avez conservé sans peine quelque réputation de savoir et de piété dans votre parti. Vous imprimiez beaucoup ; on attribuait cette fécondité à votre science : vous employiez souvent l’outrage ; on pensait que vos adversaires le méritaient et que votre zèle en était la cause : mais en même temps les dissidente s’indignaient, s’irritaient et vos livrés n’étaient d’aucun usage. Ceux qui les lisaient, peu nombreux d’ailleurs, je l’avoue, y cherchant des raisons et n’y trouvant que des injures, et voyant une cause si mal défendue, en concevaient encore une plus mauvaise opinion ; en sorte qu’il est dans l’intérêt de votre religion elle-même que les moyens que vous employez soient signalés, et je peux craindre que ceux de ma communion ne m’accusent de prévariquer en me taisant. Lorsque ensuite on remarqua que vos invectives ne s’adressaient guère à des péchés connus, mais que vous mettiez votre habileté à en découvrir de nouveaux, si légers que personne n’y trouve de mal, et qui sont propres aux grands plutôt qu’aux gens du peuple ; lorsqu’on vit que vous en parliez comme de crimes énormes, on pensa qu’on pouvait justement vous appliquer les paroles de Jésus-Christ, saint Matth., 7 : Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés ; car vous serez jugés selon ce que vous aurez jugé les autres, et on se servira envers vous de la même mesure dont vous vous serez servis envers eux. Pourquoi voyez-vous une paille dans l’œil de votre frère, vous qui ne voyez pas une poutre dans votre œil ? Ou comment dites-vous à votre frère, Laissez-moi tirer une paille de votre œil, vous qui avez une poutre dans le vôtre ? Hypocrites, ôtez premièrement la poutre de votre œil, et alors vous verrez comment vous pourrez tirer la paille de l’œil de votre frère. Lorsqu’on connaît encore comment vous avez attaqué Regius et comment vous avez voulu étendre, sans aucune ombre de raison, votre censure théologique à des questions purement philosophiques, on n’a pu douter de votre méchanceté. Lorsqu’enfin vous en êtes venu à condamner dans des thèses académiques le magistrat et les principaux habitants d’une ville puissante, pour une chose qui a reçu l’approbation des autres théologiens et de leur consistoire ; à traduire comme un calomniateur leur ministre, qui vous a répondu avec autant de modération que de vérité ; à dire des lois de la charité qu’elles sont de nouvelle date ; à soutenir qu’il n’y a pas de rapport entre les synodes et vous ; à renier impudemment dans un nouvel, ouvrage ce que vous avez écrit dans des thèses publiques ; et à ne vous laisser détourner par aucune raison de faire paraître un livre si méchant et si injurieux, vous ne sauriez douter que vos supérieurs ne reconnaissent clairement la nécessité de réprimer votre audace. En effet, quelle provocation plus ouverte à la guerre civile que de s’appuyer de l’autorité d’une ville pour condamner dans un écrit public, faible de raisons et fort d’injures, ce qu’a fait une autre ville, non pas d’indifférent, mais d’utile à la république. Vous êtes fâché sans doute de ce que j’écris ; mais que voulez-vous ? Il s’agit du salut commun et de la paix de ce pays que j’habite comme vous depuis plusieurs années. Il n’est point ici question de la bonté de la mesure que Vous avez blâmée ; il ne faut pas attendre qu’un synode détermine s’il est permis à ceux de votre religion d’entrer, avec des catholiques romains, dans quelque société qui soit appelée du nom de la Vierge, et dans laquelle il n’y ait rien de contraire à votre religion (on y trouverait sans doute de grandes difficultés) ; la question est seulement de savoir s’il est permis à un théologien d’une ville de condamner une autre ville de son autorité privée, et de la diffamer autant qu’il est en lui ; et s’il faut penser que ses supérieurs ne jugeront pas, dans leur sagesse et leur équité, qu’il doit être puni. Le châtiment est d’autant plus nécessaire qu’ils connaissent déjà votre opiniâtreté. Si vous n’êtes réprimé, vous serez bientôt d’une audace insupportable ; et tout ce qu’on peut attendre en vous épargnant, c’est que, devenu plus prudent sans devenir meilleur, vous ne nommerez plus les villes à l’avenir, mais que, suivant, comme vous le dites, votre méthode ordinaire, vous désignerez si exactement les actions de ceux que vous voudrez diffamer, que l’application sera facile ; et vous ne ferez pas moins de mal, sans vous exposer au châtiment. Je ne dirai pas ici par quelles raisons je crois impossible que vos supérieurs civils ou ecclésiastiques pardonnent à votre conduite ; on pourrait croire qu’en vous avertissant, j’ai voulu leur apprendre indirectement ce qu’ils doivent savoir et ce qu’ils savent mieux que moi. Mais il est encore une chose que je ne puis taire, dans l’intérêt du peuple. J’ai toujours entendu dire que c’est une règle suivie dans votre Église de déposer un prédicateur convaincu de quelque péché honteux ; par exemple, s’il a commis un adultère, ou un vol, ou un homicide ; coutume sage ; car bien qu’il soit possible que ceux qui font le mal donnent aux autres de bons conseils, jamais cependant leurs paroles n’obtiennent la même confiance que s’ils étaient d’une probité irréprochable. Mais certainement il n’est point de péché qui déshonore plus un prédicateur, qui ôte plus à ses paroles toute confiance, et, par conséquent, il n’en est pas qui le rende plus indigne de ses fonctions, que de tomber sans cesse évidemment dans le mensonge, la médisance et la calomnie. Les autres péchés sont étrangers au prêche, et ont leur excuse dans la fragilité humaine. La charité nous oblige même à croire que ceux qui les ont commis abjurent l’intention d’y persévérer, avant d’adresser au peuple leur instruction, et qu’ainsi l’on doit les écouter comme s’ils étaient exempts de péché. On n’a d’ailleurs pas à craindre que personne propose à ses auditeurs l’exemple de l’homicide, de l’adultère ou du vol ; au contraire, si quelqu’un a tué un homme dans un accès de colère, si toute autre passion lui a fait commettre d’autres péchés, souvent le repentir qu’il en éprouve le rend plus capable d’en détourner les autres que celui qui n’y est jamais tombé. Mais le mensonge, la médisance, la calomnie n’ont jamais plus de liberté que dans le prêche, et nulle part ils ne sont plus coupables. La chaire fut instituée pour l’enseignement de la vérité : le peuple compte qu’elle en doit descendre ; le plus grand vice dans un prédicateur c’est donc le mensonge. La chaire fut encore instituée pour offrir des exemples de piété et de charité chrétienne ; de tous les mensonges il n’en est pas de plus honteux, de plus contraires à la charité, que ceux qui tendent à nuire au prochain, et qu’on appelle injures et calomnies ; il n’en est pas non plus de plus coupables dans un prédicateur. On a vu que vous avez été convaincu d’avoir employé plus d’une fois, dans votre livre, cette sorte de mensonges. Et je ne demande pas qu’on m’en croie sur parole : je n’ai rien avancé qui ne soit évident, d’après les écrits que vous avez publiés ; et si quelques-uns ne veulent pas lire vos ouvrages, et qu’ils trouvent injuste de croire mes affirmations plutôt que les dénégations formelles de leur pasteur, ils ne peuvent cependant vous excuser sans condamner Desmarets, votre confrère ; car on ne saurait nier que vous l’accusez souvent dans votre livre de mensonge et de calomnie. Si vous dites vrai, il est indigné de prêcher ; mais si vous dites ce qui n’est pas, en l’accusant de calomnie, vous calomniez vous-même ; et comme on ne saurait le soupçonner, je ne vois pas qu’il vous reste aucune excuse.

Huitième partie :

De la Préface et de la troisième section du livre publié à Utrecht sur la philosophie cartésienne.

Je n’avais pas encore lu tout entier le livre sur la confrérie de Marie, lorsqu’il en parut un autre sur la Philosophie cartésienne. Plusieurs personnes, qui connaissent ce dernier ouvrage, l’ont jugé indigne d’une réfutation ; cependant, puisque j’ai entrepris de répondre, je ne peux me taire sur une calomnie dont je suis l’objet. J’examinerai ce livre brièvement.

As long as your insults were directed solely at the adversaries of your religion, you managed without difficulty to maintain some reputation for knowledge and piety within your own camp. You published extensively; people attributed this productivity to your erudition. You often resorted to slander; others believed that your opponents deserved it and that your zeal was the cause thereof. But at the same time, dissidents were outraged and angered, and your writings proved of no use whatsoever. Those who did read them—few, I must admit—found nothing but insults in them, and seeing how poorly your arguments were defended, they formed even worse opinions about you. Hence, it is actually in the interest of your religion itself that the methods you employ be brought to light; and I fear that those in my communion may accuse me of being deceitful if I remain silent on this matter. Later on, when it became apparent that your invectives hardly targeted any well-known sins, but rather that you went to great lengths to invent new ones—so trivial that no one found them objectionable—and that such accusations were more suited to the behavior of nobles than of common people; when it was seen that you presented these so-called sins as monstrous crimes, people thought they could rightly apply to you the words of Jesus Christ in St. Matthew 7: “Do not judge, lest you be judged; for you shall be judged according to the same measure you use to judge others.” Why do you see a straw in your brother’s eye, but not a beam in your own? Or how can you say to your brother, “Let me remove the straw from your eye,” when you yourself have a beam in yours? Hypocrites, first remove the beam from your own eye, and then you will be able to remove the straw from your brother’s eye. Finally, when it became clear how you attacked Regius and how you sought, without any basis whatsoever, to extend your theological criticism to purely philosophical issues, there was no doubt left about your malice. And when you went so far as to condemn in academic treatises the magistrate and leading citizens of a powerful city for something that had been approved by other theologians and their councils; when you portrayed their minister as a slanderer, despite his measured and truthful response to you; when you claimed that laws of charity were of recent origin; when you denied any connection between synods and yourself; when you brazenly retracted what you had written in published treatises in a new work; and when you showed no regard for any reason whatsoever in publishing such a vicious and offensive book—there was no doubt that your superiors would recognize the necessity of suppressing your audacity. Indeed, what could be a more blatant provocation to civil war than to use the authority of one city to publicly condemn, in writings devoid of reason and filled with insults, what another city has done—not out of indifference, but because that city is beneficial to the republic? You are surely displeased with what I have written; but what do you expect? It is about the common salvation and the peace of this country where both you and I have lived for many years. The issue here is not whether the measure you condemned was good or not; there is no need to wait for a synod to decide whether it is permissible for people of your religion to join, along with Roman Catholics, in any society that bears the name of the Virgin—and in which nothing is contrary to your religion (though such societies would undoubtedly present great difficulties). The question is simply whether it is permissible for a theologian from one city to condemn another city using the authority of his own city, and to slander it as much as he deems fit; and whether we should assume that his superiors will not, in their wisdom and fairness, decide that he deserves punishment. The punishment is all the more necessary given that they are already aware of your stubbornness. If you are not reprimanded now, you will soon become unbearably audacious; and the only thing that delaying punishment might achieve is that, becoming more cautious but not necessarily better, you will in the future refer directly to the actions of those you wish to slander, making it easier to take action against them—yet you would still cause just as much harm without incurring punishment. I will not explain here why I believe it is impossible for your civil or ecclesiastical superiors to forgive your behavior; one might think that by warning you, I am indirectly informing them of what they already know and understand better than I do. But there is still one thing I cannot refrain from saying, for the sake of the people. I have always heard that in your Church, it is a rule to remove from office any preacher who is convicted of some shameful sin—such as adultery, theft, or homicide. This is a wise practice; for although those who commit evil may sometimes offer good advice, their words can never command the same trust as those of someone whose integrity is beyond reproach. Yet surely no sin is more disgraceful for a preacher, none more likely to destroy the credibility of his teachings, and therefore none more deserving of disqualification from his ministry, than constantly engaging in lies, slander, and defamation. Other sins may be related to preaching, but they are excusable given human weakness. Charity even obliges us to believe that those who commit such acts renounce the intention of persisting in them before addressing the people with their teachings; therefore, we should listen to them as if they were free from sin. Moreover, there is no need to fear that anyone would set an example of homicide, adultery, or theft before their listeners; on the contrary, if someone has killed a man in a fit of anger, or if some other passion has led them to commit other sins, often their repentance makes them more capable of preventing others from falling into the same errors than those who have never committed such sins. However, lies, slander, and defamation are never more permissible in preaching than anywhere else, and they are certainly the most sinful acts. The pulpit was established for the teaching of truth; the people expect it to proclaim truth; therefore, the greatest vice in a preacher is lying. The pulpit was also created to provide examples of Christian piety and charity; among all lies, none are more shameful or more contrary to charity than those that seek to harm others—and these are what we call insults and slander. Such lies are especially culpable in the mouth of a preacher. As you have seen, I have been convinced that you have used such lies on many occasions in your book. And I do not ask you to believe me on my word alone; everything I have said is evident from the writings you have published. If some people refuse to read your works and consider it unjust to believe my statements rather than the formal denials of their pastor, they cannot excuse you without condemning Desmarets, your fellow preacher—for it is undeniable that you frequently accuse him in your book of lying and slandering. If what you say is true, then it is shameful for a person to preach such things; but if you are lying by accusing him of slander, then you are yourself committing slander. And since this cannot be denied, I see no excuse left for you.

Eighth Part:

From the Preface and the third section of the book published in Utrecht on Cartesian philosophy.

I had not yet finished reading the entire book on Marie’s confraternity when another one appeared on Cartesian philosophy. Several people who are familiar with that latter work deemed it unworthy of refutation; however, since I have undertaken to respond, I cannot remain silent in the face of such slander directed at me. I will briefly examine this book.

Finché le vostre offese sono cadute soltanto sugli avversari della vostra religione, avete potuto conservare senza difficoltà una certa reputazione di saggezza e pietà nel vostro partito. Publicavate molto; si attribuiva questa prolificità alla vostra erudizione. Spesso ricorrevate all’offesa; si pensava che i vostri avversari la meritassero e che il vostro zelo ne fosse la causa. Ma allo stesso tempo, i dissidenti si indignavano e si irritavano, e i vostri scritti non avevano alcun effetto. Coloro che li leggevano, pochi in numero, devo ammetterlo, vi cercavano ragioni di verità ma trovavano soltanto offese; vedendo una causa così mal difesa, ne formavano un’opinione ancora peggiore. Pertanto, è nell’interesse stesso della vostra religione che i metodi che utilizzate vengano denunciati. E temo che coloro della mia comunità possano accusarmi di ingannare il pubblico se taccio. Quando poi si notò che le vostre invettive non si rivolgevano quasi mai a peccati conosciuti, ma che vi sforzavate di scoprirne di nuovi, anche se così lievi da non essere considerati colpevoli da nessuno, e che li presentavate come crimini orribili, allora si pensò che fosse giusto applicarvi le parole di Gesù Cristo (San Matteo 7): “Non giudicate, affinché non siate giudicati; poiché vi saranno giudicati secondo quello che avrete giudicato gli altri”. Perché vedete la paglia nell’occhio del vostro fratello, ma non vedete la trave nel vostro occhio? O come potete dire al vostro fratello: “Lasciami togliere la paglia dal tuo occhio”, se voi avete una trave nel vostro? Ipocriti, togliete prima la trave dal vostro occhio, e poi vedrete come potrete togliere la paglia da quello del vostro fratello. Quando si seppe inoltre come avevate attaccato Regius e come avevate cercato di estendere, senza alcuna ragione, la vostra critica teologica a questioni puramente filosofiche, non si poté dubitare della vostra malvagità. Quando infine giungete a condannare, in opere accademiche, il magistrato e i principali abitanti di una città potente, per qualcosa che aveva ricevuto l’approvazione di altri teologi e del loro consiglio, quando definite il loro ministro un calunniatore, nonostante avesse risposto con moderazione e verità, quando affermaste che le leggi della carità fossero di recente istituzione, quando negaste categoricamente qualsiasi legame tra i sinodi e voi stessi, quando rinnegaste senza vergogna, in un nuovo libro, ciò che avevate scritto in opere pubbliche, e quando non vi lasciaste dissuadere da alcuna ragione dal pubblicare un libro così malvagio e offensivo, non si può dubitare che i vostri superiori riconoscano chiaramente la necessità di reprimere la vostra audacia. Infatti, quale provocazione più diretta alla guerra civile potrebbe esserci se non quella di avvalersi dell’autorità di una città per condannare in un documento pubblico, privo di argomentazioni valide e pieno di insulti, ciò che un’altra città ha fatto – non una città indifferente, ma una città utile alla repubblica? Senz’altro siete arrabbiati per ciò che sto scrivendo; ma cosa volete che faccia? Si tratta del bene comune e della pace di questo paese in cui vivo anch’io, proprio come voi, da molti anni. Qui non si discute della bontà delle misure che avete criticato; non è necessario attendere che un sinodo decida se sia permesso a coloro della vostra religione entrare, insieme ai cattolici romani, in società denominate “della Vergine”, nelle quali non ci sia nulla di contrario alla vostra fede (certamente si incontrerebbero grandi difficoltà); la questione è semplicemente questa: se sia permesso a un teologo di una città condannare un’altra città in nome della propria autorità privata e diffamarla nel modo più aggressivo possibile; e se si debba ritenere che i suoi superiori, con saggezza ed equità, giudicheranno che debba essere punito. Il castigo è tanto più necessario quanto sappiano già della vostra ostinazione. Se non venite puniti, presto diventerete estremamente audaci; e tutto ciò che si può sperare evitandovi punizioni è che, diventando più cauti senza però migliorare, in futuro non nominerete più le città in questione, ma che, seguendo il vostro solito metodo, indicherete con precisione le azioni di coloro che vorrete diffamare, in modo che le conseguenze delle vostre parole siano facilmente prevedibili; e così facendo, causerete comunque tanto danno, senza correre rischi. Non dirò qui quali siano i motivi per cui ritengo impossibile che i vostri superiori civili o ecclesiastici perdonino il vostro comportamento; si potrebbe pensare che, avvertendovi, io stia cercando di far loro conoscere ciò che già sanno, e meglio di me. Ma c’è ancora una cosa che non posso tacere, nell’interesse del popolo. Ho sempre sentito dire che nella vostra Chiesa sia una regola quella di destituire un predicatore riconosciuto colpevole di qualche peccato vergognoso; ad esempio, se ha commesso adulterio, furto o omicidio. Una pratica saggia; perché, anche se coloro che compiono il male possono dare consigli utili agli altri, le loro parole non ottengono mai la stessa fiducia di quelle di persone di integrità irreprensibile. Ma certamente non esiste peccato più vergognoso per un predicatore, né più dannoso per la sua reputazione e per il suo ruolo, di cadere continuamente nel mentire, nella calunnia e nella diffamazione. Gli altri peccati sono estranei al ministero pastorale e hanno le loro scuse nella fragilità umana. La carità ci obbliga persino a credere che coloro che hanno commesso tali atti rinuncino all’intenzione di perseverarvi, prima di rivolgersi al popolo con i loro insegnamenti; per questo motivo dobbiamo ascoltarli come se fossero esenti dal peccato. Inoltre, non c’è alcun motivo di temere che qualcuno proponga ai propri ascoltatori l’esempio dell’omicidio, dell’adulterio o del furto; al contrario, se qualcuno ha ucciso un uomo in un impeto di rabbia, o se altre passioni lo hanno spinto a commettere altri peccati, spesso il pentimento che ne prova lo rende più capace di distogliere gli altri da tali comportamenti rispetto a chi non è mai caduto in simili errori. Tuttavia, il mentire, la calunnia e la diffamazione non hanno mai più libertà nel contesto del predicato che altrove; in nessun luogo sono più colpevoli. La cattedra fu istituita per insegnare la verità: il popolo si aspetta che da essa derivino insegnamenti veridici; quindi, il più grande vizio di un predicatore è proprio il mentire. Inoltre, la cattedra fu creata anche per offrire esempi di pietà e carità cristiana; tra tutti i tipi di menzogne, non ce n’è nessuna più vergognosa, più contraria alla carità, di quelle che mirano a nuocere al prossimo, e che vengono definite insulti e calunnie; in un predicatore, queste menzogne sono particolarmente colpevoli. Abbiamo visto che siete stato convinto di aver utilizzato più volte, nel vostro libro, questo tipo di menzogne. E non chiedo che mi crediate sulla parola: non ho detto nulla che non sia evidente, a giudicare dai testi che avete pubblicato; e se qualcuno rifiuta di leggere i vostri scritti, e ritiene ingiusto credere alle mie affermazioni piuttosto che alle negazioni formali del vostro pastore, non può comunque scusarvi senza condannare Desmarets, il vostro confratello; infatti, è innegabile che lo accusiate spesso nel vostro libro di mentire e diffamare. Se dite la verità, è vergognoso predicare menzogne; ma se dite cose false, accusandolo di calunnia, state diffamando voi stessi; e poiché non si può dubitare che lo facciate, non vedo alcuna scusa per voi.

Parte ottava:

Dalla Prefazione e dalla terza sezione del libro pubblicato a Utrecht sulla filosofia cartesiana.

Non avevo ancora letto completamente il libro sulla confraternita di Maria, quando ne uscì un altro sulla Filosofia cartesiana. Diverse persone, che conoscono quest’ultimo lavoro, lo hanno ritenuto indegno di una confutazione; tuttavia, poiché ho deciso di rispondere, non posso rimanere in silenzio di fronte a una calunnia di cui sono vittima. Esaminerò brevemente questo libro.

Le premier feuillet porte ce titre : Méthode admirable de la nouvelle philosophie de René Descartes. Utrecht, chez Jean Van-Wœsberge, 1643. Point de nom d’auteur, que le mien. Vous avez jugé, sans doute, qu’il achalanderait vos marchandises mieux que le vôtre. Au second feuillet on lit, en tête d’une longue préface, le nom d’un de vos disciples ; je le tairai, il n’obtiendra pas la gloire d’Érostrate. Il paraît avoir formé sur vous son caractère et son style : on pourrait confondre le maître et l’écolier. Craignant de prendre le change, je n’attribuerai l’ouvrage ni à vous ni à lui exclusivement, je le considérerai comme votre production commune. Il dit d’abord que mon nom s’est accrédité, depuis quelques années, parmi certains grands, proclamé surtout par la trompette d’un homme assez docte qui n’a pas voulu lui montrer l’antre où je me tiens caché. Cependant ma retraite n’est pas si obscure qu’elle ne soit ouverte aux honnêtes gens et aux savants : si quelqu’un de mes amis n’a pas voulu me le présenter, alléguant, dit-il, que je suis paucorum hominum, il ne doit pas s’en prendre à moi, mais à lui-même et à l’opinion qu’il donne de lui. Il raconte ensuite qu’il a lu et relu avec une attention opiniâtre le livre que je publiai en 1637, et qu’il est persuadé que pas un homme, admis au théâtre de la science, n’applaudirait à ces niaiseries d’un esprit sans principes, misérables avortons exposés par leur père. J’en suis fâché pour son jugement, elles ont obtenu plus d’un suffrage. Il ajoute qu’un médecin (Regius) a le premier levé l’étendard de la philosophie cartésienne ; et que, dès le berceau de la nouvelle académie, j’ai aspiré à en devenir le dictateur. — Sans doute les voies devaient m’être préparées par Regius, qui, avant de m’être connu, y enseignait la doctrine de mes écrits. — Mais que cette philosophie, contre l’attente de bien des gens, avait été proscrite par un seul décret du sénat académique, avec ‘l’approbation du très noble et très illustre magistrat, et qu’avec la grâce de Dieu jamais le ban ne serait révoqué. Il veut parler sans doute de votre fameux jugement, qui a reçu de moi tous les éloges qu’il mérite dans ma lettre au P. Dinet. Mais quelle raison l’autorise à dire que ce décret a eu l’approbation du magistrat ? La même, peut-être, qui vous fait dire que vos thèses sont des décrets de la Faculté de théologie. En effet ; il n’y a chez vous qu’une opinion, et tout ce qu’a fait M. Voet, il faut estimer que toute la ville le trouve bon ; c’est ce que je croirai quand le livre sur la Confrérie de Marie et celui de la Philosophie cartésienne obtiendront l’approbation publique. Il attaque ensuite la lettre où j’ai rendu compte de votre jugement. Il a cru d’abord, dit-il, que je voulais éblouir, par le prestige des opinions nouvelles, des riches d’un esprit simple, pour m’approprier leur bourse et leur coffre-fort, etc. ; mais ensuite il a renoncé à cette idée quand il a vu que je portais avec moi des sacs d’écus, dont je me servais pour m’emparer de ce qui devrait être plus précieux que tout l’or du monde. Je ne vois pas de quoi je m’empare, si ce n’est peut-être de l’amitié de quelques personnes, et des suffrages du public en faveur de la nouvelle philosophie. Je n’entends pas davantage de quel crime il m’accuse, lorsqu’il ajoute : Bien qu’il affecte la modestie, tous ses vœux, tous ses efforts tendent à élever, avec le secours de ses amis et par des moyens indignes d’un honnête homme, une nouvelle tour de Babel, et dans des lieux où l’ancienne philosophie, consacrée par l’usage, fut toujours enseignée en public et en particulier. Peut-être tient-il pour hérétiques toutes les opinions qui s’éloignent de la philosophie vulgaire, que, par une liberté assez profane, vous nommez orthodoxe. Mais ce qui suit s’entend à merveille. (Pag. 13 de la Préface.) J’ai reconnu, comme tout le monde peut le voir dans ce traité, qu’il partageait les opinions de Vanini ; qu’en feignant d’opposer aux athées des arguments invincibles, il insinue perfidement, et d’une manière insensible, le venin de l’athéisme à ceux qui par simplicité n’aperçoivent pas toujours le serpent caché tout l’herbe. Je reconnais l’odieuse et impudente calomnie dont vous avez répandu le poison sur tout votre livre. Il essaie ensuite de réfuter ce que j’ai écrit de vous dans ma lettre au P. Dinet ; il le divise en deux parties : dans l’une il range, dit-il, ce qui est hors de la question ; dans l’autre ce qui est essentiel à la cause. 1° Il regarde comme appartenant à la première l’endroit de ma lettre où je dis qu’en invectivant contre des hommes puissants, vous affectez le zèle d’une piété ardente et intrépide. Il se borne à répondre que le magistrat vous a toléré comme citoyen et comme ministre de son église, dans un bourg voisin de Bois-le-Duc, pendant six ans, et à Heusden pendant dix-sept, que dans cet intervalle vous avez été l’objet de fréquentes sollicitations, et qu’enfin vous êtes aujourd’hui professeur de théologie et pasteur à Utrecht. Mais on a vu dans la quatrième partie comment vos semblables se font une réputation : dans je ne sais quel bourg ou village, de bons paysans ont vanté votre faconde ; le bruit s’en est répandu ; plusieurs y ont cru sur parole et par charité ; des gens qui ne vous connaissaient pas vous ont fait des propositions, et peut-être alors n’aviez-vous pas encore cette audacieuse impudence. Mais votre défenseur me demande quels sont ces hommes puissants qui ont éprouvé l’emportement de votre zèle, comme si l’exemple que vous citez dans le livre sur la Confrérie de la Vierge n’était pas connu. 2° Il dit que je m’efforce de vous peindre comme embrasé du feu d’un zèle ardent et sans frein, parce que vous attaquez tour à tour la religion romaine et toutes celles qui diffèrent de la vôtre. Ce langage est flatteur pour votre vanité ; aussi je n’ai ni écrit, ni pensé que vous aviez un zèle de cette espèce, que pourraient louer vos coreligionnaires ; j’ai dit qu’en attaquant tour à tour l’Église romaine et toutes celles qui diffèrent de la vôtre, en invectivant contre les hommes puissants, vous affectiez un zèle ardent, pour établir votre crédit et votre pouvoir sur le peuple. 3° Il se plaint que j’aie écrit que vous charmiez quelquefois même par des plaisanteries les oreilles de la populace. Nouvelle complaisance pour votre vanité : d’abord il omet une épithète. J’ai dit des plaisanteries bouffonnes, c’est-à-dire grossières, communes, froides, sans politesse, tirées du langage le plus trivial. Ensuite il convient que vous aimez la plaisanterie ; car vous prétendez être piquant, et vous n’êtes qu’amer ; mais il assure que vos bons mots ne charment pas seulement la populace, et il ajoute que la ville d’Utrecht, grâce à Dieu, renferme encore dans son sein bien des personnes de qualité, qui ne souffriront pas qu’une poignée de calomniateurs accablent, par le mensonge et de lâches artifices, la piété, le zèle et l’innocence ; la vôtre, sans doute ; il n’ose pas le dire de crainte des rieurs. Cependant vous ne me persuaderez jamais que vos bouffonneries vous concilient l’estime des gens bien nés ; mais comme je ne doute pas qu’ils ne vous aient tous favorisé, tant qu’ils vous ont regardé comme un-homme pieux et innocentée même je suis persuadé qu’ils vous détesteront tous dès que vos vices leur seront connus. En attendant je suis charmé d’apprendre que vous vous êtes un peu corrigé de cette bouffonnerie que je vous ai reprochée. 4° Il cite ces paroles : Il passe pour être théologien, prédicateur, argumentateur. Il n’en conteste pas la vérité ; mais, comme si je vous avais fait injure en vous appelant théologien, prédicateur et argumentateur, il en prend occasion de m’accabler d’injures. 5°, 6°, 70. Il me blâme d’avoir dit que vos livres ne méritent pas d’être lus ; que-tous citez différents auteurs qui vous sont plus souvent contraires que favorables, et que vous ne les connaissez peut-être que par les tables. J’ai montré dans la quatrième partie que j’avais raison sur ces trois points ; et il n’en prouve la fausseté qu’en vous louant et en m’injuriant, prenant à témoin les libraires que vos livres ne manquent pas de lecteurs ; comme si tous les livres qui trouvent quelques acheteurs, bonne fortune assez rare pour les vôtres, valaient la peine d’être lus. Il vous appelle ensuite gourmand de livres : je ne vous dispute pas ce nom ; car vous pouvez bien en dévorer beaucoup, mais certainement vous les digérez mal, et vous n’en profitez pas. 8° Il déclare faux que vous parliez sur toutes les sciences avec autant d’audace que d’ignorance, comme si vous les connaissiez, afin d’en imposer au vulgaire ; et il s’efforce de jeter sur moi de l’odieux, parce que ceux qui vous tiennent pour doctes ne sont pas tous ignorants. Mais ce n’est pas non plus ce que j’ai écrit, et mes paroles ne se prêtent pas à cette conséquence ; car je n’ai point ajouté dans un membre de phrase subséquent que tous les savants vous regardent comme ignorant, mais seulement que vous êtes méprisé et blâmé par ceux des savants ou des habiles qui n’ignorent pas combien vous êtes toujours prêt à provoquer les querelles, combien de fois dans les discussions vous avez suppléé aux raisons par les injures, et perdu honteusement votre cause. Quant aux autres, quelles que soient leurs lumières il n’est pas étonnant qu’ils aient cru d’abord à la réputation que vous vous êtes faite parmi les ignorants. Toutefois je suis charmé de vous avoir déjà rendu un peu plus modeste : j’ai vu les premières thèses que vous avez publiées à l’académie d’Utrecht ; j’ai vu comme vous provoquiez tout le monde, et comme vous vous vantiez de connaître toutes les sciences. Celui qui fut chargé de les examiner vous en fit un reproche ; voici ce que vous lui répondez dans la section III, chapitre IV de votre Thersite : Il regarde comme démontrés mon orgueil, mon hypocrisie, ma vanité, parce que j’ai proposé fièrement une foule de questions sur toutes les sciences. De quoi me fait-il un crime ? Est-ce de l’opiniâtreté avec laquelle je me livre à ces études ? Est-ce de ma hardiesse à les introduire dans nos écoles ? Est-ce de l’une et de l’autre ? Plût à Dieu que cet ennemi des muses eût voulu motiver set reproches ! Et vous montrez ensuite, par de nombreux exemples, qu’il ne messied pas à un théologien de posséder des connaissances variées, apparemment pour vous excuser d’être un servant universel, reproche agréable à votre orgueil, mais qu’on ne vous faisait pas, et nulle part je ne vous ai trouvé plus éloquent. Mais aujourd’hui votre disciple, écrivant sous votre dictée, parle ainsi de vous : Il se renferme dans les limites de ses études ; et si, pour éclairer l’Écriture et la théologie, il croit devoir emprunter les lumières des sciences, il a recours aux hommes les plus habiles dans la médecine, dans la jurisprudence, dans la chirurgie, dans les mathématiques, etc. Ainsi, cette prétention à la science universelle se rabat à devenir disciple de tout le monde. 9° Il nie plaisamment que vous ayez coutume de suppléer aux raisons par les injures, et il en appelle à ceux qui assistent à vos discussions de l’académie ; mais vos écrits, qui en fournissent mille exemples, sont une preuve plus sûre. 10° Il imagine que j’ai écrit que vous n’avez peut-être jamais vu Gorlœus ni Taurellus, ce que j’ai dit non de vous, mais de Regius ; on croirait que vous attendiez cette occasion de tirer vanité d’avoir lu des livres qui, de votre aveu, ne sont pas bons. 11° Il essaie d’excuser la sottise, ou, si vous aimez mieux, la méchanceté, avec laquelle vous avez voulu attirer sur ma philosophie le soupçon de magie, parce qu’elle s’occupe de figures, en disant que vous n’attaquiez pas alors ma philosophie, que vous ne connaissiez pas encore, mais qu’un médecin en ayant parlé, vous lui aviez opposé cette objection entre autres arguments ; cela ne revient-il pas au même ? A la page 128, vous oubliez tous deux ce que vous avez dit ; vous revenez à cette même imputation absurde ou perfide, en attribuant à la magie la considération des lignes, des figures et des nombres. Ainsi une clef, une épée, une roue, et toutes les choses dont la figure détermine l’emploi, sont pour vous des instruments de magie. Rien de plus stupide ne peut tomber dans l’esprit humain. 12° Il affirme que jamais on ne vous a vu prêt à provoquer les querelles ; ceci paraîtra plaisant à ceux qui connaissent vos premières thèses ou vos autres écrits. Il n’est pas moins plaisant qu’il suppose que j’aie écrit que plusieurs fois vous avez honteusement perdu votre cause. On dirait que je crois que du moins quelquefois vous l’avez gagnée. Je ne l’ai ni écrit, ni pensé : j’ai dit que plusieurs fois, dans les discussions (c’est-à-dire toutes les fois qu’il a fallu disputer, et il l’a fallu souvent), vous avez supplié aux raisons par les injures, et perdu honteusement votre cause. Il est encore plaisant d’avoir pris ce que j’avais dit de vous dans une ou deux périodes, de l’avoir mis en lambeaux, d’avoir omis les idées principales, et d’avoir reproduit le reste sans ordre et sans suite, afin qu’on ne pût saisir ma pensée. Enfin, je trouve plaisant de supposer que je n’ai écrit contre vous que pour gagner les bonnes grâces des pères jésuites, à qui vous êtes particulièrement en haine, pour avoir combattu quelquefois certains dogmes de l’Église romaine : comme si vous leur étiez très connu, et qu’ils craignissent plus un adversaire qui n’a d’autre arme que l’injure, que ceux qui combattent avec des raisons.

The first page bears this title: “An Admirable Method of the New Philosophy by René Descartes.” Utrecht, published by Jean Van-Wœsberge, 1643. There is no author’s name; it will be mine. You must have thought that this title would attract more customers than your own. On the second page, at the beginning of a lengthy preface, appears the name of one of your disciples; I will keep it secret—he shall not gain the fame of Herostratus. It seems that he modeled his character and style after you; one might easily confuse the master with the disciple. Lest there be any misunderstanding, I will not attribute this work exclusively to you or to him; I will consider it your joint creation. He begins by saying that my name has gained prominence in recent years among certain scholars, chiefly through the efforts of a rather learned man who chose not to reveal where I actually reside. However, my retreat is not so obscure that it cannot be accessed by honest people and scholars; if one of my friends refused to introduce me, claiming that I was “unimportant,” the fault lies with him, not with me or with his own judgment of himself. He then goes on to say that he read my book published in 1637 repeatedly and attentively, and is convinced that no true scholar would approve of such nonsense—the product of an unprincipled mind, worthless aborts exposed by their own creator. I regret his opinion; such works have indeed received many supporters. He adds that a physician (Regius) was the first to advocate Cartesian philosophy, and that from the very beginning of the new academy, I aspired to become its leader. Perhaps Regius had prepared the way for me, having already taught the doctrines of my writings there before he met me. However, contrary to many expectations, this philosophy was condemned by a single decree of the academic senate—“with the approval of the very noble and illustrious magistrate.” He surely refers to your famous judgment, which I praised highly in my letter to Father Dinet. But what right does he have to claim that this decree was approved by that magistrate? Perhaps the same right that allows you to assert that your theses represent the decrees of the Theological Faculty. After all, among you, there is only one accepted opinion; whatever Mr. Voet has done must be deemed good by the entire city—this is what I will believe when the book on the Confrérie de Marie and the book on Cartesian philosophy receive public approval. He then attacks the letter in which I responded to your judgment. At first, he thought that I was trying to dazzle simple-minded wealthy people with the prestige of new ideas, in order to steal their money and possessions. But later he abandoned this idea when he saw that I was carrying with me bags full of coins, which I used to seize things that should be considered more precious than all the gold in the world. I don’t see what I’m seizing, unless it’s perhaps the friendship of a few people, and the public support for this new philosophy. Nor do I understand what crime he accuses me of, when he adds: “Although he pretends to be modest, all his desires and efforts are aimed at building, with the help of his friends and through means unworthy of an honest man, a new Tower of Babel—in places where the old philosophy, having been established by tradition, was always taught both publicly and privately. Perhaps he considers all opinions that deviate from the common philosophy heretical, which you, with rather profane freedom, call orthodox.” But what follows is truly remarkable. (Page 13 of the Preface.) I have recognized, as everyone can see in this treatise, that he shared Vanini’s views; that by pretending to oppose atheists with irrefutable arguments, he was insidiously and subtly injecting the poison of atheism into those who, out of simplicity, did not always perceive the hidden serpent lurking among the grass. I acknowledge the vile and audacious slander you have spread throughout your book. He then attempts to refute what I wrote about you in my letter to Father Dinet; he divides it into two parts: in one part, he claims that what I said is irrelevant to the issue at hand; in the other part, he argues that what I said is essential to his case. First, he considers the passage in my letter where I say that, by attacking powerful men, you feign a fervent and fearless piety. He simply replies that the magistrate tolerated you as a citizen and as minister of his church in a town near Bois-le-Duc for six years, and in Heusden for seventeen; that during this time you received frequent requests, and that today you are a professor of theology and pastor in Utrecht. But as shown in the fourth part, people like you often build their reputations on false claims: in some small town or village, good peasants praised your eloquence; the rumor spread, and many believed it out of sheer kindness; people who did not know you made you offers—perhaps at that time you did not yet possess such audacious impudence. But your defender asks me who these powerful men are whose zeal you claim to have provoked, as if the example you mention in the book about the Confraternity of the Virgin were unknown. Second, he claims that I portray you as someone consumed by an unbridled fervor because you attack both Roman religion and all those beliefs that differ from your own. This language flatters your vanity; therefore, I neither wrote nor believed that you possessed such zeal—such zeal as might be praised by your fellow-believers. I said that by attacking the Roman Church and all those churches that differ from yours, and by hurling insults at powerful men, you were displaying intense fervor in order to establish your credibility and power among the people. 3° He complains that I stated that you sometimes even charm the ears of the common people with your jokes. Yet another indulgence of your vanity: first of all, he omits an important qualifier. I referred to vulgar, crude, commonplace, and insincere jokes—jokes drawn from the most trivial language. Moreover, it is true that you love to joke; for you claim to be witty, but in reality you are merely bitter. However, he insists that your jokes do not only please the common people; he even claims that the city of Utrecht, thanks to God, still contains many people of quality who will not allow a handful of slanderers to overwhelm piety, zeal, and innocence with lies and cowardly manipulations—especially yours, I suppose; though he dares not say so for fear of being laughed at. Nevertheless, you will never convince me that your jokes earn you the respect of well-born people. But since I have no doubt that they once favored you, as long as they regarded you as a pious and innocent man, I am certain that they will despise you once your vices are revealed. In the meantime, I am pleased to learn that you have somewhat abandoned that habit of joking which I reproached you for. 4° He cites these words: He pretends to be a theologian, a preacher, an argumentator. He does not deny the truth of these claims; but as if I had insulted you by calling you such, he takes this as an opportunity to hurl insults at me. 5°, 6°, 70. He criticizes me for saying that your books are not worth reading; that you quote various authors who often oppose you rather than support you, and that you may know them only from their titles. I demonstrated in the fourth part that I was right on these three points; yet he proves their falsehood by praising you and insulting me, citing bookstores as evidence that your books have many readers—as if every book that finds a few buyers deserved to be read, which is a rare fortune for your works. He then calls you an avid reader of books: I do not dispute this title; for you may well consume many books, but surely you digest them poorly and gain little from them. 8° He claims it is false that you speak about all sciences with such audacity as ignorance, as if you truly understood them in order to deceive the common people; and he tries to cast me in disrepute because those who regard you as learned are not all ignorant. But this is not what I have written either, and my words do not lend themselves to such a conclusion; for I did not add in any subsequent sentence that all scholars regard you as ignorant, but only that you are despised and condemned by those among the scholars or experts who are well aware of how readily you provoke disputes, and how many times in debates you have resorted to insults instead of arguments, thereby shamefully losing your cause. As for the others, whatever their level of knowledge may be, it is not surprising that they initially believed the reputation you had established among the ignorant. Nevertheless, I am pleased that I have already managed to make you a bit more modest: I saw the first treatises you published at the University of Utrecht; I saw how you provoked everyone and how you boasted about your knowledge of all sciences. The person assigned to review them criticized you; here is what you replied to him in Section III, Chapter IV of your work Thersite: He considers my pride, hypocrisy, and vanity to be proven just because I boldly proposed numerous questions on various sciences. What crime has he committed because of this? Is it because of my persistence in engaging in these studies? Is it because of my courage in introducing them into our schools? Or both? May God wish that this enemy of the Muses had provided a more substantial basis for his accusations! You then go on to show, with numerous examples, that it is not inappropriate for a theologian to possess a wide range of knowledge—apparently in order to justify your claim of being a “universal servant,” an accusation that flatters your pride—but nowhere do I find you more eloquent than when making such claims. However, today your disciple, writing under your dictation, speaks of you in this way: He confines himself within the limits of his own field of study; and if, in order to understand the Scriptures and theology, he deems it necessary to draw on the knowledge of experts in medicine, jurisprudence, surgery, mathematics, and so forth, then this so-called “claim to universal knowledge” amounts merely to becoming a disciple of everyone. 9° He humorously denies that you have ever resorted to insults instead of arguments, and invites those who attend your debates at the academy to testify against this; but your own writings, which provide countless examples to the contrary, are far more convincing evidence. 10° He assumes that I claimed you had never read works by Gorlœus or Taurellus—something I said not about you, but about Regius; one might think you were simply waiting for an opportunity to boast about having read books that, in your own words, are of no merit. 11° He attempts to justify the foolishness—or, if you prefer, the malice—with which you sought to cast suspicion of magic upon my philosophy, on the grounds that it deals with figures and patterns. He claims that in doing so, you were not actually attacking my philosophy, which you did not yet understand; rather, it was because a physician had mentioned it that you raised this objection among other arguments. But isn’t this essentially the same thing? On page 128, both of you forget what you said earlier and resort to the very same absurd or perfidious accusation, attributing to magic the consideration of lines, figures, and numbers. Thus, a key, a sword, a wheel—any object whose shape determines its use—is regarded by you as an instrument of magic. Nothing could be more stupid than such an idea.
12° He claims that no one has ever seen you willing to provoke arguments; this may seem amusing to those who are familiar with your early theses or other writings. Equally amusing is his assumption that I claimed you had repeatedly and shamefully lost your arguments. It’s as if I believed you had sometimes won them! I neither wrote nor thought such a thing. What I said was that on many occasions, during debates—that is, whenever argumentation was necessary, and such occasions were frequent—you resorted to insults instead of reasoning and thus lost disgracefully. It’s also amusing that he took what I said about you in one or two specific contexts, tore it apart, omitted the main points, and presented the rest in a disordered and illogical manner, so as to obscure my actual meaning. Finally, I find it amusing that he assumes I wrote against you merely to win over the favor of the Jesuits, whom you particularly hate, just because I occasionally criticized certain doctrines of the Roman Church—as if they were well-acquainted with me and feared an opponent who used only insults more than one who argued with reason.

La prima pagina reca questo titolo: “Metodo ammirevole della nuova filosofia di René Descartes”. Utrecht, presso Jean Van-Wœsberge, 1643. Non è indicato il nome dell’autore; sarà il mio. Avrete sicuramente pensato che questo titolo avrebbe attirato di più l’attenzione dei vostri clienti rispetto al mio. Nella seconda pagina, in apertura a una lunga prefazione, compare il nome di uno dei vostri discepoli; lo terrò nascosto: non merita certo la gloria che spetta ad Erostrato. Sembra che abbia formato il proprio carattere e lo stile letterario ispirandosi a voi; si potrebbero confondere maestro e allievo. Per evitare equivoci, non attribuirò l’opera né esclusivamente a voi né esclusivamente a lui, ma la considererò una produzione condivisa. L’autore afferma innanzitutto che il mio nome si è diffuso negli ultimi anni tra alcuni intellettuali, soprattutto grazie alle pubblicazioni di un uomo piuttosto erudito che non ha voluto rivelare dove mi nascondo. Tuttavia, la mia ritirata non è così segreta da essere inaccessibile alle persone oneste e ai dotti: se alcuni dei miei amici hanno rifiutato di presentarmi, probabilmente perché ritenevano che fossi poco importante, la colpa non è mia, ma loro stessi o dell’opinione che hanno di sé. Successivamente, l’autore racconta di aver letto più volte con attenzione il libro che pubblicai nel 1637 e di essere convinto che nessun uomo veramente istruito avrebbe approvato quelle sciocchezze prodotte da un intelletto privo di principi. Sono dispiaciuto per la sua valutazione: quelle opere hanno ricevuto molti consensi. Aggiunge inoltre che un medico (Regius) fu il primo a sostenere apertamente la filosofia cartesiana, e che fin dalle origini della nuova accademia aspiravo a diventarne il leader. Probabilmente Regius aveva già preparato il terreno per me, insegnando le idee dei miei scritti prima di conoscermi. Ma questa filosofia, contro le aspettative di molti, fu bandita da un solo decreto del senato accademico, “con l’approvazione del molto nobile e illustre magistrato”; e che, per grazia di Dio, tale bando non verrà mai revocato. Probabilmente si riferisce al vostro famoso giudizio, che ho lodato appieno nella mia lettera al P. Dinet. Ma quale motivo lo autorizza a dire che tale decreto abbia ricevuto l’approvazione di quel magistrato? Lo stesso motivo per cui voi affermate che le vostre tesi rappresentino i “decreti” della Facoltà di teologia. In effetti, da voi esiste soltanto un’unica opinione; tutto ciò che ha fatto il signor Voet è considerato giusto da tutta la città. Lo crederò solo quando il libro sulla Confraternita di Maria e quello sulla filosofia cartesiana riceveranno l’approvazione ufficiale. Successivamente, l’autore attacca la lettera in cui ho descritto il vostro giudizio. All’inizio ha pensato che volessi abbagliare le persone semplici con le nuove idee, per impossessarmi dei loro beni. Ma poi abbandonò quest’idea quando vide che portavo con me dei sacchi pieni di monete d’oro, che utilizzavo per appropriarmi di ciò che doveva essere più prezioso di tutto l’oro del mondo. Non vedo cosa io stia prendendo, se non forse l’amicizia di alcune persone e il favore del pubblico nei confronti della nuova filosofia. Non capisco nemmeno di quale crimine mi accusi, quando aggiunge: “Anche se si atteggia alla modestia, tutti i suoi desideri, tutti i suoi sforzi tendono a erigere, con l’aiuto dei suoi amici e con metodi indegni di un uomo onesto, una nuova Torre di Babele in luoghi dove la vecchia filosofia, consacrata dall’uso, è sempre stata insegnata sia pubblicamente che privatamente. Forse considera eretiche tutte le opinioni che si allontanano dalla filosofia comune, che voi, con una libertà piuttosto profana, chiamate ortodossa”. Ma ciò che segue è davvero sorprendente, (Pagina 13 della Prefazione.) Ho riconosciuto, come tutti possono vedere in questo trattato, che condivideva le opinioni di Vanini; che, fingendo di opporre agli atei argomenti invincibili, insinuava perfidamente, e in modo subdolo, il veleno dell’ateismo a coloro che, per semplicità d’animo, non riuscivano sempre a scorgere il serpente nascosto tra l’erba. Riconosco anche la odiosa e impudente calunnia che avete diffuso in tutto il vostro libro. Cerca poi di confutare ciò che ho scritto su di voi nella mia lettera al Padre Dinet; lo divide in due parti: nella prima include, a suo dire, quanto è irrilevante per la questione principale; nella seconda ciò che invece è essenziale. 1° Ritiene che appartenga alla prima parte il passo della mia lettera in cui dico che, attaccando uomini potenti, fingete di avere un zelo religioso ardente e intrepido. Si limita a rispondere che il magistrato vi ha tollerato come cittadino e come ministro della sua chiesa, in un paese vicino a Bois-le-Duc per sei anni, e a Heusden per diciassette; che in questo periodo siete stato oggetto di frequenti sollecitazioni, e che oggi siete professore di teologia e pastore a Utrecht. Ma nella quarta parte ho spiegato come i vostri simili si creino una reputazione: in qualche paese o villaggio, alcuni contadini hanno lodato il vostro eloquio; la notizia si è diffusa; molti ci hanno creduto per parole e per carità. Forse allora non avevate ancora quell’audacia impudente. Ma il vostro difensore mi chiede quali siano questi “uomini potenti” che avrebbero provato l’effetto del vostro zelo. Come se l’esempio che citate nel libro sulla Confraternita della Vergine non fosse noto, 2° Dice che cerco di dipingervi come una persona posseduta da un zelo ardente e incontrollabile, perché attaccate alternativamente la religione romana e tutte quelle che si discostano dalla vostra. Questo linguaggio è lusinghiero per la vostra vanità; pertanto non ho scritto né pensato nulla che potesse lodare in voi un tale zelo, se non ciò che i vostri confratelli avrebbero potuto lodare; ho detto soltanto che, attaccando alternativamente la Chiesa romana e tutte quelle che differiscono dalla vostra, insultando gli uomini potenti, voi fingevate un zelo ardente al fine di stabilire il vostro credito e il vostro potere sul popolo. 3° Si lamenta che abbia scritto che a volte riuscite persino ad incantare le orecchie della plebe con delle battute; un’altra lusinga per la vostra vanità: innanzitutto omette un epiteto. Ho detto “battute buffonesche”, cioè volgari, comuni, fredde, prive di cortesia, tratte dal linguaggio più banale. Inoltre ammette che vi piacciano le battute; perché pretendete di essere pungenti, ma in realtà siete solo amari. Tuttavia afferma che i vostri “belli discorsi” non incantino soltanto la plebe, e aggiunge che la città di Utrecht, grazie a Dio, ancora ospita molte persone di qualità, le quali non permetteranno che un manipolo di calunniatori sommerga con menzogne e artifici vili la pietà, lo zelo e l’innocenza. La vostra, senza dubbio; ma non osa dirlo per paura delle risate altrui. Tuttavia, non riuscirete mai a convincermi che le vostre buffonerie vi facciano guadagnare il rispetto delle persone di buona nascita. Ma poiché non dubito che vi abbiano tutti favorito finché vi hanno considerato persone pie e innocenti, sono convinto che vi odieranno tutti non appena i vostri vizi verranno conosciuti. Nel frattempo, sono lieto di sapere che vi siete un po’ corretti riguardo a quella buffoneria di cui vi ho rimproverato, 4° Citate queste parole. Si considera teologo, predicatore, argomentatore. Non ne contesta la veridicità; ma, come se vi avessi offeso chiamandovi teologo, predicatore e argomentatore, ne approfitta per insultarmi. 5°, 6°, 70. Mi rimprovera di aver detto che i vostri libri non meritano di essere letti; che citate autori diversi, la maggior parte dei quali vi sono contrari piuttosto che favorevoli, e che probabilmente li conoscete soltanto di nome. Ho dimostrato nella quarta parte di avere ragione su questi tre punti; e lui non ne prova l’errore se non lodandovi e insultandomi, facendo riferimento ai librai secondo cui i vostri libri hanno molti lettori. Come se tutti i libri che trovano qualche acquirente meritassero davvero di essere letti. Vi chiama poi “golosi di libri”. Non vi contesto questo nome; potete anche ne divorare molti, ma sicuramente non li digerite bene e non ne traiete alcun beneficio, 8° Afferma che sia falso dire che parliate su tutte le scienze con tanto ardore quanto ignoranza, come se le conosceste bene per poterle imporre al volgo. E cerca di gettarmi discredito perché coloro che vi considerano dotti non sono tutti ignoranti. Ma nemmeno questo è ciò che ho scritto io, e le mie parole non possono essere interpretate in quel senso; infatti non ho mai aggiunto in alcuna frase successiva che tutti gli studiosi vi considerino ignoranti, ma soltanto che siete disprezzati e biasimati da coloro tra gli studiosi o i dotti che non ignorano quanto siate sempre pronti a scatenare liti, e quante volte, nelle discussioni, abbiate sostituito le ragioni con insulti, perdendo così vergognosamente la vostra causa. Per quanto riguarda gli altri, qualunque siano le loro conoscenze, non sorprende che abbiano inizialmente creduto alla reputazione che vi siete fatti tra gli ignoranti. Tuttavia, sono lieto di avervi reso un po’ più umili: ho visto le prime tesi che avete pubblicato all’Accademia di Utrecht; ho visto come provocaste tutti, e come vi vantaste di conoscere tutte le scienze. Colui incaricato di esaminarle ve ne fece un rimprovero; ecco cosa gli rispondeste nella sezione III, capitolo IV del vostro “Thersite”: “Considera dimostrati il mio orgoglio, la mia ipocrisia, la mia vanità, perché ho proposto con fierezza una serie di domande su tutte le scienze. Di cosa mi accusa? È forse per l’ostinazione con cui mi dedico a questi studi? È forse per la mia audacia nel introdurli nelle nostre scuole? O forse per entrambe queste cose? Possa Dio che questo nemico delle Muse avesse voluto motivare tutti questi rimproveri! E poi dimostrate, con numerosi esempi, che non è affatto strano che un teologo possieda conoscenze varie, apparentemente per scusarvi di essere considerato un ‘servitore universale’, un rimprovero gradito al vostro orgoglio. Ma in nessun luogo vi ho trovato più eloquente. Tuttavia oggi il vostro discepolo, scrivendo sotto la vostra dettatura, parla di voi così: Si limita ai confini delle proprie conoscenze; e se, per chiarire l’Antico Testamento e la teologia, ritiene necessario attingere alle luci delle scienze, si rivolge agli uomini più abili in medicina, giurisprudenza, chirurgia, matematica, ecc. Così, questa pretesa di possedere conoscenze universali si riduce semplicemente al fatto di essere un discepolo di tutti. Nega anche, con ironia, che abbiate l’abitudine di sostituire le ragioni con insulti, e invita coloro che assistono alle vostre discussioni all’Accademia a testimoniarlo; ma i vostri scritti, che ne forniscono mille esempi, sono una prova ancora più convincente. Immagina inoltre che io abbia detto che probabilmente non avete mai letto Gorlœus né Taurellus. Il che non riguarda voi, ma Regius; si potrebbe pensare che aspettaste proprio quest’occasione per vantarvi di aver letto libri che, a vostro dire, non sono buoni, ” 11° Cerca di scusare la stupidità, o, se preferite, la malvagità con cui avete cercato di gettare su la mia filosofia il sospetto di magia, sostenendo che non stavate attaccando la mia filosofia stessa, poiché essa si occupa di figure geometriche; ma questo non equivale forse allo stesso cosa? A pagina 128, voi due dimenticate completamente ciò che avete detto; tornate ancora su questa stessa accusa assurda o perfida, attribuendo alla magia l’importanza delle linee, delle figure e dei numeri. Così, una chiave, una spada, una ruota, e tutte le cose il cui uso è determinato dalla loro forma, diventano per voi strumenti di magia. Non c’è nulla di più stupido che possa venire in mente all’uomo.
12° Afferma che nessuno vi abbia mai visto disposto a provocare discussioni; questo potrebbe sembrare divertente a coloro che conoscono le vostre prime tesi o altri scritti vostri. Altrettanto divertente è il fatto che supponga io abbia detto che molte volte avete perso vergognosamente la vostra causa. Come se credessi che almeno qualche volta l’abbiate vinta! Non l’ho mai detto, né l’ho pensato: ho semplicemente affermato che molte volte, durante le discussioni (cioè ogni volta che è stato necessario discutere, e spesso questo è accaduto), avete cercato di confutare le argomentazioni con insulti, perdendo così vergognosamente la vostra causa. È ancora divertente il fatto che abbia preso ciò che avevo detto su di voi in un paio di occasioni, l’abbia scomposto in pezzi, omesso le idee principali e riprodotto il resto in modo disordinato e senza logica, affinché nessuno potesse comprendere il mio pensiero. Infine, trovo divertente supporre che io abbia scritto contro di voi soltanto per guadagnarmi le simpatie dei gesuiti, a cui voi siete particolarmente ostile, perché ho combattuto talvolta alcuni dogmi della Chiesa romana. Come se foste loro molto noto, e temessero di più un avversario che utilizza soltanto insulti, piuttosto che coloro che combattono con argomentazioni razionali.

Après avoir ainsi examiné ce qu’il dit être hors de la question, il passe à ce qui est, de son aveu, essentiel à la cause ; et premièrement il cite ces paroles de mon écrit : Cependant ce cas a paru assez grave à un recteur théologien pour attaquer un médecin, le condamner comme hérétique, et, si le succès répondait à son espérance, le dépouiller de sa profession, même contre la volonté du magistrat. Mais il n’a garde d’ajouter qu’à l’occasion d’un badinage philosophique vous avez voulu faire condamner Regius comme hérétique, par l’autorité de la faculté de théologie. La conséquence eût été pour lui d’être déposé par le magistrat, contre la volonté du magistrat lui-même, puisqu’on ne conserve aucun professeur regardé comme hérétique. Secondement, il rapporte encore un autre passage dans le même sens, et le réfute plaisamment par le témoignage de Regius ; il copie deux pages de sa réponse à nos thèses. Regius termine ce morceau par dire ironiquement, et en parlant du passé, que vous lui avez toujours montré de la bienveillance et de l’amitié ; votre apologiste feint de croire qu’il reconnaît sérieusement votre bienveillance et votre amitié dans le moment actuel et depuis la publication des thèses. Il faut que vous ayez peu de témoignages en votre faveur puisque vous invoquez celui-là. Troisièmement, il dit que vous n’êtes pas le seul qui ait combattu Regius, et que quelques autres professeurs ont soutenu dans leurs thèses des opinions contraires aux siennes. C’est ce que ni Regius, ni aucun autre ami de la vérité n’a jamais pu trouver mauvais ; et ce n’est pas non plus ce dont je me suis plaint ; mais je vous ai reproché d’avoir voulu, sans raison et calomnieusement, l’accuser d’hérésie, et voilà, je pense, ce que vous avez seul entrepris. Quatrièmement, il cite le passage où j’ai dit que vous avez été dans la même cause juge et accusateur, et que vous n’avez attaqué votre collègue comme coupable d’injures, que parce qu’il avait allégué des raisons si évidentes et si justes, etc. Au lieu de cet etc., il devait ajouter, contre les accusations d’hérésie et d’athéisme que vous lui aviez intentées, qu’il n’a pas permis à la calomnie de le faire tomber dans ses pièges, c’est-à-dire que vous avez été juge dans votre propre cause, et que dans l’accusation vous avez imité Fimbria. Que répond-il à cela ? rien, si ce n’est qu’il n’a pas été témoin de ces faits, et qu’il renvoie le lecteur à la relation qui sera, dit-il, publiée au premier jour par l’Académie elle-même. Cette réponse est ridicule ; car ce passage renferme le principal reproche que je vous aie fait, et si vous aviez quelque bonne excuse c’était le moment de la faire valoir. Quand il paraîtrait maintenant sous le nom de l’Académie quelque publication relative à ce sujet, si elle est conforme à la vérité, elle ne vous servira de rien ; et si elle est mensongère, tout le monde sera d’accord pour ne l’attribuer qu’à vous. On connaît le talent de comédien avec lequel vous savez jouer le rôle, tantôt de la faculté de théologie, tantôt de l’Académie, tantôt du sénat, tantôt de la république tout entière, tantôt des églises belges, tantôt d’un prophète ou de l’Esprit-Saint, tantôt enfin de l’un ou de l’autre de vos disciples. Cinquièmement, après avoir cité ce passage où je vous reproche votre plus grande injustice, qui est d’avoir accusé Regius, il ne cherche pas à vous défendre des épithètes qu’il a justement rétorquées contre vous, et que vous lui aviez données le premier faussement et sans raison ; mais il essaie d’exciter contre Regius les autres philosophes, en disant que ce qu’il avait écrit sur vous leur était également applicable. Cela est pourtant d’une fausseté évidente : car ils n’avaient pas accepté la condition que vous aviez admise. Vous aviez écrit que les principes de Regius étaient dignes de Chorœbus, parce qu’ils étaient peu nombreux et faciles à connaître ; vous aviez donc reconnu tacitement qu’on pouvait donner le nom de Chorœbus à ceux dont les principes réunissaient ces deux qualités ; mais les autres philosophes n’avaient pas accordé la même chose ; Regius lui-même n’était pas de cette opinion ; on ne doit donc pas leur appliquer ce qu’il n’a entendu que de vous seul. Ensuite votre avocat renvoie à la relation qui doit paraître dans votre Académie ; il se contente d’invoquer la même autorité sur le sixième point qui regarde les troubles : en attendant il ne répond rien. Septièmement, il se plaint, comme d’une grave injure, que je vous aie appelé recteur turbulent et séditieux, et que j’aie qualifié votre discussion de séditieuse, et sur cela il me menace de m’intenter une autre fois, dans un autre lieu et par d’autres écrits, une action en injures : comme si mon récit ne démontrait pas clairement que vous avez pu avec justice être appelé séditieux dans l’Académie. Prenez garde maintenant que vos supérieurs, considérant ce que vous avez écrit contre Bois-le-Duc, ne jugent aussi que vous êtes séditieux dans la république. Et puisque vous me menacez de procès injustes, souffrez donc que je vous prévienne, en vous accusant selon toute justice devant le monde entier. Enfin, il dit que je décerne à Regius le triomphe, parce que sa réponse à vos thèses est restée sans réplique : mais il n’ajoute rien qui ne confirme que ce triomphe est mérité. J’ai dit que les écrits publiés pour vous contre cette réponse ne méritent que le ridicule et le mépris ; il répond que votre fils, éditeur d’un de ces écrits, n’a point traité le sujet ex professo, et que celui de vos élèves sous le nom duquel l’autre a paru l’a publié à votre insu. On voit que vous n’en êtes pas vous-même satisfait ; or chacun sait de science certaine que vous êtes l’auteur de celui dont vous feignez d’avoir ignoré la publication. Mais lorsqu’il ajoute que ces écrits n’ont été ni ne doivent être réfutés, il dit la vérité : en effet, des compositions si absurdes sont indignes d’une réfutation. Enfin, lorsqu’il nous invite, Regius et moi, à combattre votre élève plutôt que vous-même, il fait voir que vous avez abandonné votre camp, qu’il n’est plus gardé que par de mauvais soldats à moitié vaincus, qu’en un mot personne ne dispute à Regius la victoire. J’ai cité toutes ces futilités pour montrer que vous n’avez mis dans cette longue préfacé aucune réfutation sérieuse de ce que j’avais écrit sur vous, et que cependant vous ne l’avez faite que pour avoir l’air de me réfuter. Vous dites en finissant que votre livre a quatre parties ; que dans la première vous tracez le portrait de mon disciple ; que dans la seconde vous exposez les principes et la méthode de ma prétendue philosophie ; que dans la troisième vous examinez brièvement, pour en donner une idée, ma métaphysique et quelques-unes de mes opinions en physique ; que dans la quatrième vous montrez que cette nouvelle méthode philosophique conduit tout droit, non seulement au scepticisme ; mais à l’enthousiasme, à l’athéisme et à la frénésie. Enfin vous citez ce que j’ai écrit de Regius, page 174 de ma lettre au P. Dinet : Il lut ma Dioptrique et mes Météores dès qu’ils eurent paru, et aussitôt il jugea qu’il s’y trouvait quelques principes d’une philosophie véritable. Il les recueillit avec soin, il en déduisit de nouveaux, et telle fut sa sagacité, qu’en peu de mois il en forma un système complet de physiologie. Vous concluez de ces paroles, avec votre justice ordinaire, que. Vous avez raison de m’attribuer les thèses et les leçons de Regius. En effet, avant de m’être connu il a lu mes écrits : par des analyses et des déductions, il a composé une physiologie : donc toute cette physiologie doit être regardée comme m’appartenant ; chacun voit l’absurdité. Cependant, telle est ma confiance dans l’esprit éclairé et pénétrant de Regius, qu’il n’a, je pense, rien écrit que je ne puisse avouer hardiment c’est ici que se découvre l’impudence de la calomnie que vous préparez. Dans tout votre ouvrage vous ne citez pas même une seule fois mes Météores, ma Dioptrique, ni mes Méditations, seuls écrits où j’aie fait connaître ma philosophie ; on peut en conclure que vous ne les entendez pas, et cependant vous osez faire paraître un gros volume d’injures contre cette philosophie, qui ne vous est pas moins étrangère qu’aux hommes les plus ignorants ; et, pour avoir l’air de dire quelque chose, vous attaquez un petit nombre de passages des leçons de Regius, non par des raisons, mais par des mots vides de sens. Ces vains discours auraient pu tout aussi bien se rapporter à tout autre de mes écrits ; mais parce que les leçons de Regius n’ont pas été publiées, vous avez espéré qu’il serait plus difficile et plus rare de découvrir quelle incroyable ignorance se joint à votre méchanceté.

After thus examining what he claimed to be off the table, he moves on to what he admits is essential to the cause at hand. First, he quotes these words from my writings: “Nevertheless, this case seemed serious enough to a theological dean as to prompt him to attack a physician, condemn him as heretic, and—should his efforts prove successful—deprive him of his profession, even against the will of the authorities.” But he adds that during some philosophical banter, you sought to have Regius condemned as a heretic through the authority of the theological faculty. The consequence would have been that Regius would have been dismissed from his position by the authorities, against their own will—since no professor who is deemed heretical is allowed to remain in office. Second, he cites another passage in the same vein and humorously refutes it with Regius’ own testimony; he also copies two pages of Regius’ response to our theses. Regius concludes this section by ironically stating that you have always shown him kindness and friendship—in the past, he says. Your apologist pretends to believe that Regius genuinely acknowledges your kindness and friendship now, since the theses were published. It seems you must lack solid evidence in your defense if you resort to such an argument. Third, he points out that you are not the only one who has opposed Regius; several other professors have also expressed opinions contrary to his in their theses. This is something neither Regius nor any other friend of truth would ever find objectionable—and it is certainly not what I have complained about. What I have criticized is your unjust and slanderous attempt to accuse him of heresy. Fourth, he quotes the passage where I mentioned that you acted both as judge and prosecutor in this matter, and that you attacked your colleague only because he presented such clear and valid arguments against you. Instead of adding anything further regarding the accusations of heresy and atheism you made against him, he should have acknowledged that Regius did not fall for those slanderous claims—meaning that you acted as a judge biased in your own favor, imitating the behavior of Fimbria. What does he reply to this? Nothing, except that he was not present at these events and refers readers to a report that will be published by the Academy itself on the first day. This response is ridiculous; after all, that passage contains the main criticism I directed at you, and if you had any valid defense, now would be the time to present it. If some publication related to this matter appears under the name of the Academy in the future, and if it turns out to be truthful, it will do you no good at all; if it is false, everyone will agree that it can only have been written by you. Your acting talent is well-known; you know how to portray various roles—sometimes those of a theologian, sometimes an academic, sometimes a senator, sometimes the entire republic, sometimes Belgian churches, sometimes a prophet or the Holy Spirit, and even at times one of your own disciples. Fifthly, after quoting the passage in which I reproach you for your greatest injustice—accusing Regius—he does not attempt to defend you against the epithets he himself had rightly used against you, epithets that you had falsely and without reason directed at him first; instead, he tries to incite other philosophers against Regius by claiming that what Regius wrote about you could also apply to them. Yet this is clearly false, for those philosophers did not accept the same conditions as you had admitted. You had written that Regius’s principles were worthy of being called “Chorœbus” because they were few in number and easy to understand; thus, you tacitly acknowledged that one could give the name “Chorœbus” to those whose principles possessed these two qualities. But other philosophers did not agree; even Regius himself did not hold this view. Therefore, what he wrote about you cannot be applied to them, since they never heard it from you personally. Next, your advocate refers to a report that is supposed to appear in your Academy; he merely invokes the same authority regarding the sixth point concerning disorders, but otherwise offers no response. Seventhly, he complains, as if it were a grave insult, that I called you a turbulent and seditious rector and described your discussions as seditious, and on this basis he threatens to take legal action against me again, in another place and with other writings—as if my account did not clearly show that you could rightly be called seditious within the Academy. Be careful now; your superiors may consider what you have written against Bois-le-Duc and also judge you as seditious within the republic. And since you threaten me with unjust proceedings, allow me to warn you in all fairness before the whole world. Finally, he claims that I bestow victory upon Regius because his response to your arguments left no room for rebuttal; but he adds nothing that would not confirm that this victory is well-deserved. I have said that the writings published against this response deserve only ridicule and contempt; he replies that your son, who edited one of these works, did not deal with the subject professionally, and that another of your students, under a pseudonym, published it without your knowledge. It is evident that you yourself are not satisfied with it; yet everyone knows for certain that you are the author of the work whose publication you pretend to have been unaware of. But when he adds that these writings have not been nor should be refuted, he speaks the truth: indeed, such absurd compositions are not worthy of rebuttal. Finally, when he invites both Regius and me to fight against your disciple rather than you yourself, it becomes clear that you have abandoned your camp; that it is now guarded only by poor, half-defeated soldiers—in other words, that no one stands in the way of Regius achieving victory. I have cited all these trivialities to show that you did not include any serious refutation of what I wrote about you in that lengthy preface; yet you did so merely to appear to be refuting me. You conclude by saying that your book is divided into four parts: in the first part, you portray my disciple; in the second, you outline the principles and methods of my so-called philosophy; in the third, you briefly examine my metaphysics and some of my views on physics; in the fourth, you claim that this new philosophical method not only leads to skepticism but also to enthusiasm, atheism, and frenzy. Finally, you quote what I wrote about Regius on page 174 of my letter to Father Dinet: “He read my ‘Dioptrica’ and ‘Météores’ as soon as they were published and immediately recognized that they contained certain principles of a genuine philosophy. He carefully studied them, deduced new ideas from them, and such was his perspicacity that within a few months he had formulated a complete system of physiology.” You then conclude, with your usual fairness, that you are right in attributing Regius’s theses and teachings to me. Indeed, before getting to know me, Regius read my writings; through analysis and deduction, he composed his own system of physiology—hence, this entire system must be considered as belonging to me. Anyone can see the absurdity of this conclusion. However, I have such confidence in Regius’s enlightened and discerning mind that I believe he has written nothing that I could not readily acknowledge. It is here that the audacity of the slander you are preparing becomes evident. Throughout your entire work, you do not once mention my ‘Météores,’ ‘Dioptrica,’ or ‘Meditations’—the only works in which I have expounded my philosophy. This alone should be enough to show that you do not understand them at all; yet you dare to publish a voluminous work full of insults against this philosophy, which is just as foreign to you as it is to the most ignorant people. And in order to seem to say something meaningful, you attack a few isolated passages from Regius’s teachings—not on the basis of any logical reasoning, but with meaningless words. These empty arguments could have just as easily applied to any other of my writings; but because Regius’s teachings have not been published, you hoped that it would be even more difficult and unlikely for anyone to uncover the incredible ignorance that underlies your malice.

Dopo aver esaminato ciò che considera inaccettabile, passa a ciò che, secondo lui, è essenziale per la causa in questione; innanzitutto cita queste parole tratte dalla mia opera: “Tuttavia, questo caso è sembrato abbastanza grave a un rettore teologo da spingerlo ad attaccare un medico, a condannarlo come eretico e, se il successo avesse risposto alle sue aspettative, a privarlo della sua professione, anche contro la volontà del magistrato”. Tuttavia, non manca di aggiungere che, in occasione di una semplice discussione filosofica, avete voluto far condannare Regius come eretico, facendo leva sull’autorità della facoltà di teologia. La conseguenza sarebbe stata che Regius venisse destituito dalla sua carica dal magistrato stesso, contro la volontà di quest’ultimo, poiché nessun professore considerato eretico può mantenere la propria posizione. In secondo luogo, cita un altro passaggio nella stessa direzione e lo confuta divertendosi con il testimone fornito da Regius; copia anche due pagine della sua risposta alle nostre tesi. Regius conclude questo brano dicendo ironicamente che voi gli avete sempre dimostrato benevolenza e amicizia; il vostro difensore finge di credere che Regius riconosca seriamente tale benevolenza e amicizia anche in questo momento, e da quando sono state pubblicate le tesi. È evidente che abbiate pochi argomenti a vostro favore, se vi affidate proprio a quello. In terzo luogo, afferma che non siete l’unico ad aver combattuto Regius; altri professori hanno espresso opinioni contrarie alle sue nelle loro tesi. Né Regius né alcun altro amico della verità hanno mai trovato nulla di male in questo; e non è certo ciò di cui mi sono lamentato. Mi sono semplicemente lamentato del fatto che abbiate cercato, senza motivo e calunniosamente, di accusarlo di eresia. In quarto luogo, cita il passaggio in cui ho detto che siete stato sia giudice che accusatore nella stessa causa, e che avete attaccato il vostro collega come colpevole di offese soltanto perché aveva fornito argomentazioni così evidenti e giuste. Invece di “etc.”, avrebbe dovuto aggiungere che, di fronte alle accuse di eresia e ateismo che gli avevate rivolto, Regius non si è lasciato ingannare dalla calunnia; in altre parole, siete stato voi stesso a giudicare nella vostra stessa causa, imitando il comportamento di Fimbria. A cosa risponde? Niente, se non che non ha assistito personalmente a questi fatti e invita il lettore a consultare la relazione che, secondo lui, sarà pubblicata dall’Accademia stessa il primo giorno. Questa risposta è ridicola: quel passaggio contiene infatti il principale rimprovero che vi ho fatto. Se aveste qualche buona giustificazione, sarebbe stato il momento adatto per presentarla. Quando ora apparirà una pubblicazione sull’argomento a nome dell’Accademia, se sarà conforme alla verità, non vi servirà a nulla; se invece sarà falsa, tutti concorderanno nel attribuirla soltanto a voi. Si conosce il vostro talento di attore, con cui sapete interpretare ruoli diversi: ora quelli della facoltà di teologia, ora quelli dell’Accademia, ora quelli del senato, ora quelli dell’intera repubblica, ora quelli delle chiese belghe, ora quelli di un profeta o dello Spirito Santo, e infine quelli di uno dei vostri discepoli. Quinto, dopo aver citato quel passaggio in cui vi rimprovero la vostra più grande ingiustizia, ovvero l’accusa rivolta a Regius, egli non cerca di difendervi dalle epiteti che gli avete rivolto voi stessi ingiustamente e senza motivo; al contrario, tenta di suscitare contro Regius l’ostilità degli altri filosofi, sostenendo che ciò che Regius ha scritto su di voi si possa applicare anche a loro. Tuttavia, questa affermazione è palesemente falsa: gli altri filosofi non avevano accettato le condizioni che voi avevate posto. Avevate detto che i principi di Regius erano degni di Chorœbus, perché pochi e facili da comprendere; quindi avevate ammesso implicitamente che si potesse definire “Chorœbus” chiunque avesse principi con queste caratteristiche; ma gli altri filosofi non erano d’accordo, e nemmeno Regius stesso la pensava così. Pertanto, non si può applicare loro ciò che egli ha sentito soltanto da voi. Inoltre, il vostro avvocato fa riferimento a un documento che dovrebbe essere pubblicato nell’Accademia; si limita però a invocare lo stesso autorevole argomento riguardo al sesto punto relativo ai disordini, senza fornire alcuna risposta concreta. Settimo, si lamenta, come di una grave offesa, del fatto che vi abbia definito “rectore turbolento e sedizioso”, e che abbia qualificato la vostra discussione come “sediziosa”; su questo punto mi minaccia di intentare un altro processo contro di me in un altro luogo e con altri scritti. Come se il mio resoconto non dimostrasse chiaramente che avete potuto essere giustamente definiti “sediziosi” nell’Accademia. Fate attenzione ora: i vostri superiori, considerando ciò che avete scritto contro Bois-le-Duc, potrebbero ritenere anche voi sedizioso nella repubblica. E poiché mi minacciate di processi ingiusti, permettetemi di prevenirvi, accusandovi pubblicamente e con piena giustizia davanti a tutto il mondo. Infine, afferma che vi attribuisco la vittoria su Regius, perché la sua risposta alle vostre tesi non ha trovato alcuna replica. Ma non aggiunge nulla che non confermi che questa vittoria sia meritata. Ho detto che gli scritti pubblicati contro quella risposta meritano soltanto derisione e disprezzo; egli risponde che vostro figlio, editore di uno di quegli scritti, non ne ha trattato l’argomento in modo esperto, e che quello dei vostri discepoli, sotto cui è stato pubblicato, lo ha fatto a vostra insaputa. Si vede chiaramente che voi stesso non siete soddisfatto di questo; eppure tutti sanno con certezza che siete l’autore di quel testo di cui fingete di ignorare la pubblicazione. Ma quando aggiunge che questi scritti non sono stati né devono essere confutati, dice la verità: infatti, composizioni così assurde non meritano nemmeno una replica. Infine, quando ci invita, sia io che Regius, a combattere il vostro discepolo piuttosto che voi stesso, dimostra chiaramente che avete abbandonato il vostro campo, che esso è ormai difeso soltanto da soldati deboli e sconfitti, e che, in altre parole, nessuno può contendere a Regius la vittoria. Ho citato tutte queste cose per dimostrare che non avete inserito nella vostra lunga prefazione alcuna seria confutazione di ciò che avevo scritto su di voi, e che tuttavia l’avete fatto soltanto per dare l’impressione di confutarmi. Dite infine che il vostro libro è composto da quattro parti: nella prima descrivete il ritratto del mio discepolo; nella seconda esponete i principi e il metodo della mia presunta filosofia; nella terza analizzate brevemente, al fine di darne un’idea, la mia metafisica e alcune delle mie opinioni in materia di fisica; nella quarta dimostrate che questa nuova metodologia filosofica conduce non solo allo scetticismo, ma anche all’entusiasmo, all’ateismo e alla follia. Infine citate ciò che ho scritto su Regius, a pagina 174 della mia lettera al P. Dinet: “Leggendo la mia ‘Dioptrica’ e i miei ‘Meteori’ non appena furono pubblicati, giudicò immediatamente che vi fossero alcuni principi di una vera filosofia. Li raccolse con cura, ne dedusse altri nuovi, e tale fu la sua saggezza che, in pochi mesi, ne formò un sistema completo di fisiologia”. Da queste parole, con la vostra solita giustizia, concludete che avete ragione ad attribuirmi le tesi e le lezioni di Regius. Infatti, prima di conoscermi, egli aveva letto i miei scritti; attraverso analisi e deduzioni, ne aveva tratto una concezione della fisiologia: quindi tutta questa dottrina deve essere considerata come mia. Ognuno può vedere l’assurdità di tale conclusione. Tuttavia, confido così tanto nello spirito illuminato e perspicace di Regius che ritengo che non abbia scritto nulla che io non possa ammettere apertamente. Ed è proprio qui che si rivela l’impudenza della calunnia che state preparando. In tutto il vostro libro non citate nemmeno una volta i miei “Meteori”, la mia “Dioptrica” o le mie “Meditazioni”, gli unici scritti in cui ho esposto la mia filosofia; si può quindi concludere che non ne comprendete affatto il contenuto, eppure osate pubblicare un volume intero di insulti contro questa dottrina, che vi è altrettanto estranea quanto agli uomini più ignoranti. E, per dare l’impressione di dire qualcosa di significativo, attaccate soltanto pochi passaggi delle lezioni di Regius, non con argomentazioni valide, ma con parole prive di senso. Questi vani discorsi avrebbero potuto riguardare altrettanto bene qualsiasi altro dei miei scritti; ma poiché le lezioni di Regius non sono state pubblicate, speravate che fosse più difficile e raro scoprire quale incredibile ignoranza si nasconda dietro la vostra malvagità.

J’ai déjà examiné assez longuement dans la troisième et la cinquième partie, les deux premières sections de votre livre ; il est inutile d’y revenir : je pourrais ne rien dire sur les suivantes ; car je sais bien qu’aucun homme d’esprit ne pourra les lire sans les mépriser et sans les reconnaître pour d’absurdes et impudentes calomnies. Cependant, afin de ne rien négliger de ce qui peut paraître me regarder, je vais encore parcourir les deux dernières sections. Dans la troisième, après avoir équivoqué ridiculement sur le nom de théologie, vous paraissez enfin vouloir combattre quelque partie de mes Méditations ; non que vous les attaquiez réellement, vous craindriez de faire voir que vous ne les comprenez pas ; mais vous avez trouvé fort à propos, à la fin de ma réponse aux secondes objections, une espèce d’index des propositions principales que j’ai développées ; vous avez osé en transcrire trois ou quatre passages, espérant qu’il vous serait difficile de tomber dans aucune erreur qui trahit votre ignorance ; néanmoins vous avez mal compté, car vous avez nié précisément ce qu’il y a de plus évident. Ainsi, d’abord (pag. 174), vous niez que tout le monde puisse faire ce raisonnement : Je pense, donc j’existe. Vous voulez qu’un sceptique conclue seulement de l’antécédent qu’il lui semble qu’il existe ; comme si, quelque sceptique que soit un être raisonnable, il pouvait lui sembler qu’il existe, sans qu’il comprenne d’abord qu’il existe réellement, puisqu’il lui semble qu’il existe. Vous niez donc une proposition telle qu’il n’en est de plus évidente en aucune science. Page 177, vous citez, comme étant de moi, quelques mots de l’auteur des premières objections, et vous les appelez mon premier argument contre les athées ; mais vous n’avez pu l’extraire de mes écrits, car vous ne les entendez pas. Ensuite vous faites des objections indignes d’être citées : tout ce qu’elles prouvent, c’est que le premier venu ne parlerait pas sur ces sujets avec autant d’impertinence. Pag. 180, 183 et 189 : Mais voici une de vos imaginations, telle que j’en ai déjà trouvé une dans votre Thersite et dans vos livres sur l’athéisme. Vous feignez de croire que les raisons par lesquelles je démontre l’existence de Dieu n’ont de valeur que pour ceux qui savent déjà qu’il existe, parce qu’elles ne dépendent que d’idées innées : mais il : faut remarquer que toutes les choses dont la connaissance est dite nous avoir été donnée par la nature, ne sont pas pour cela expressément connues de nous, mais seulement que nous pouvons les connaître, indépendamment de l’expérience des sens et par les propres forces de l’esprit. Telles sont toutes les vérités, géométriques, non seulement les plus immédiates, mais aussi les plus abstruses. Ainsi, dans Platon, Socrate interroge un enfant sur les éléments de la géométrie, et posant des questions de manière à lui faire trouver dans son esprit certaines vérités qu’il n’y avait pas remarquées auparavant, il essaie ainsi de prouver que ses connaissances sont des souvenirs. Telle est aussi la notion de Dieu : et quand vous en concluez, dans votre Thersite, et dans vos livres sur l’athéisme, que personne n’est athée spéculativement, c’est-à-dire qu’il n’est personne qui ne reconnaisse en quelque manière l’existence de Dieu, vous tombez dans une aussi grande absurdité que si, de ce que toutes les vérités géométriques sont dites innées dans le même sens, vous alliez conclure qu’il n’est personne au monde qui ne sache les éléments d’Euclide. Pag. 190 : Vous niez que tout ce que nous concevons clairement, puisse être produit par Dieu, comme nous le concevons ; et votre raison est que nous concevons clairement deux choses contradictoires à la fois, et que cependant elles ne peuvent exister en même temps. Sophisme puéril ! En effet, nous ne concevons pas que des choses contradictoires puissent être produites à la fois, et par conséquent pour qu’elles soient produites comme nous les concevons, elles ne doivent pas l’être à la fois. Pag. 191 : Vous dites qu’on ne prouve pas l’immortalité de l’âme de l’homme, en montrant que, par la puissance extraordinaire de Dieu, elle peut exister indépendamment du corps, parce qu’on peut en dire autant de l’âme du chien. Je le nie : l’âme du chien étant corporelle, en d’autres termes, étant une : espèce de matière subtile, il est contradictoire de la séparer du corps. Les autres idées que vous mêlez à celles-là sont tellement étrangères au sujet, qu’on croirait plutôt entendre le babil incohérent d’un perroquet que les discours d’un philosophe. Ici se termine tout ce que vous dites de la métaphysique ; à la page 196 vous passez à la physique, et vous n’en citez pas un seul mot tiré de mes écrits ; vous vous contentez de prendre quelques passages des leçons de Regius, 1° sur les principes, 2° sur les particules insensibles, 5° sur la chaleur, 4° sur l’aimant, 5° sur le flux et le reflux de la mer. Et puis vous en jugez à tort et à travers ; toute réponse serait superflue. Seulement on peut remarquer l’impudence insigne de votre mauvaise foi : vous discutez longuement sur l’aimant et sur le flux et le reflux de la mer, comme si c’était moi que vous combattiez, bien qu’on ne trouve pas un mot de ces questions dans les écrits que j’ai publiés.

Neuvième et dernière partie :

De la quatrième section du livre sur la Philosophie cartésienne et des auteurs de ce livre.

Après avoir ainsi fait connaître, l’un et l’autre, par quelles solides raisons et avec quelle maturité de jugement vous désapprouvez mes opinions, vous ajoutez encore, pour conclure, une section divisée en quatre chapitres, et qui se réduit à quatre graves injures. Dans le premier chapitre, page 245, vous affirmez que ma méthode philosophique conduit au scepticisme, et que je me place sur le terrain des sceptiques. Vous en donnez pour preuves, que je tonne, en apparence, contre les sceptiques les plus célèbres, que j’annonce avec emphase une science certaine sur divers sujets ; et qu’enfin je propose un nouveau critérium de la vérité, tel que nul homme, quel qu’il soit, ne saurait, avec les seules forces de la nature, appliquer à aucune science. Et, selon vous, ce nouveau critérium n’est autre que celui-ci : On ne doit adopter comme vrai que ce qui est clair au point de ne laisser aucun doute. En effet vous dites que les vérités mêmes de la foi n’échappent pas à la nécessité d’être souvent sujettes au doute. Entendez-vous ceci du moment même où a lieu l’acte de foi, ou de celui où nous exprimons le sentiment de quelque connaissance ? Vous détruisez toute foi, toute science humaine, et c’est vous qui êtes en effet sceptiques, puisque vous affirmez qu’on ne peut avoir aucune connaissance exempte de doute. Si vous voulez parler d’instants différents, voulez-vous dire que celui qui a maintenant une foi véritable, ou une connaissance évidente de quelque objet naturel, peut ne pas l’avoir dans un autre moment ? Cela prouve seulement la faiblesse de l’homme, auquel les mêmes pensées ne sauraient être toujours présentes ; mais il ne s’ensuit pas qu’il y ait aucun doute dans la science. Par conséquent vous ne prouvez rien contre moi ; car je n’ai point parlé d’une certitude inaltérable pendant toute la vie, mais seulement de l’évidence que nous obtenons au moment où nous acquérons quelque connaissance. Bien plus, n’ayant pas fait cette distinction, et vous efforçant de prouver fort au long que l’homme ne peut rien savoir au point de n’en pas douter, vous enseignez, autant qu’il est en vous, le scepticisme. Quand vous ajoutez (pag. 253) que je professe ouvertement le scepticisme, lorsque j’apprends à révoquer en doute le témoignage des sens, vous donnez lieu de penser que vous croyez bien à vos sens, mais non aux matières de foi, ni à aucune conclusion fondée sur la nature ; et vous êtes si conséquents et si justes, que tout en affirmant qu’on peut douter des matières de foi et des principes de toutes les sciences, vous prétendez toutefois être saints et orthodoxes, tandis que, pour avoir dit qu’il faut douter du témoignage des sens, vous m’accusez de professer ouvertement le scepticisme. Et que ne diriez-vous pas si j’avais, comme vous, publié en hollandais un gros livre sur le catéchisme, qui contient près de huit mille questions sans aucune solution ? C’est alors que vous pourriez justement m’accuser d’enseigner le scepticisme ; car rien n’est plus propre à porter au doute que de proposer ainsi un grand nombre de questions sans réponses, et dans aucun sujet le doute n’est plus dangereux que dans le catéchisme.

I have already examined at length, in the third and fifth parts, the first two sections of your book; there is no need to return to them. I could say nothing about the following sections, for I know full well that no intelligent person could read them without despising them and recognizing them as absurd and brazen calumnies. Nevertheless, in order not to overlook anything that might seem to concern me, I will still briefly go through the last two sections. In the third section, after having ridiculously equivocated over the term “theology,” you finally seem to want to attack some part of my Meditations—not that you actually do so, for you would be afraid to show that you don’t understand them—but you have very opportunely found, at the end of my response to the second objections, a sort of index of the main propositions I have developed. You have dared to transcribe three or four passages from it, hoping that it would be difficult for you to fall into any error that would betray your ignorance. Yet you miscalculated, for you denied precisely what is most evident. Thus, first (p. 174), you deny that everyone can make this reasoning: “I think, therefore I exist.” You want a skeptic to conclude only from the antecedent that it seems to him that he exists—as if, no matter how skeptical a rational being might be, it could seem to him that he exists without first understanding that he really does exist, since it seems to him that he exists. You thus deny a proposition that is no more evident in any science. On p. 177, you quote, as if they were mine, a few words from the author of the first objections, calling them my first argument against atheists; but you could not have extracted them from my writings, because you simply do not understand them. Next, you raise objections unworthy of being quoted—everything they prove is that anyone off the street would not speak on these topics with such impertinence. On pp. 180, 183, and 189: But here is one of your fantasies, just like the ones I’ve already found in your Thersites and in your books on atheism. You pretend to believe that the reasons by which I demonstrate God’s existence are valid only for those who already know that He exists, because they depend solely on innate ideas—but it must be noted that all things whose knowledge is said to have been given to us by nature are not thereby expressly known to us, but only that we can come to know them independently of sensory experience and by the mind’s own powers. Such are all geometric truths—not only the most immediate ones, but also the most abstract. Thus, in Plato, Socrates questions a child about the elements of geometry, asking questions in such a way as to lead him to discover within his own mind certain truths he had never noticed before, thereby trying to prove that his knowledge is recollection. Such is also the notion of God—and when you conclude, in your Thersites and in your books on atheism, that no one is an atheist speculatively, that is, that no one fails in any way to recognize God’s existence, you fall into as great an absurdity as if, from the fact that all geometric truths are said to be innate in the same sense, you were to conclude that there is no one in the world who knows Euclid’s elements. On p. 190: You deny that everything we clearly conceive can be produced by God exactly as we conceive it—and your reason is that we clearly conceive two contradictory things at once, yet they cannot exist simultaneously. A childish sophism! Indeed, we do not conceive that contradictory things can be produced at the same time, and consequently, for them to be produced as we conceive them, they must not be produced simultaneously. On p. 191: You say that one does not prove the immortality of the human soul by showing that, by God’s extraordinary power, it can exist independently of the body, because the same could be said of the dog’s soul. I deny this: the dog’s soul being corporeal—in other words, being a kind of subtle matter—it is contradictory to separate it from the body. The other ideas you mix in with these are so foreign to the subject that one would rather think one was hearing the incoherent chatter of a parrot than the discourse of a philosopher. Here ends everything you say about metaphysics; on p. 196 you move on to physics, and you do not quote a single word from my writings—you merely take a few passages from Regius’s lectures: 1st on principles, 2nd on insensible particles, 5th on heat, 4th on magnetism, 5th on the tides. And then you judge them arbitrarily—any reply would be superfluous. One can only note the outrageous audacity of your bad faith: you discuss at length about magnetism and the tides, as if it were me you were fighting, even though not a single word on these matters appears in the writings I have published.

Ninth and final part:

On the fourth section of the book on Cartesian philosophy and the authors of that book.

Having thus shown, each of you, by what solid reasons and with what maturity of judgment you disapprove of my views, you add, to conclude, a section divided into four chapters, which boils down to four serious insults. In the first chapter, on p. 245, you assert that my philosophical method leads to skepticism and that I place myself on the ground of the skeptics. As proof, you point out that I thunder, ostensibly, against the most famous skeptics, that I announce emphatically a certain science on various subjects, and that finally I propose a new criterion of truth such that no man, whatever he may be, could, by the sole forces of nature, apply it to any science. And according to you, this new criterion is none other than this: One should accept as true only what is so clear as to leave no room for doubt. Indeed, you say that even the truths of faith are not exempt from often being subject to doubt. Do you mean this from the very moment the act of faith takes place, or from the moment we express our feeling of some knowledge? You destroy all faith, all human science, and it is you who are truly skeptical, since you affirm that one cannot have any knowledge free from doubt. If you wish to speak of different moments, do you mean that someone who now has genuine faith or evident knowledge of some natural object may not have it at another moment? This proves only the weakness of man, to whom the same thoughts cannot always remain present; but it does not follow that there is any doubt in science. Therefore, you prove nothing against me—for I have not spoken of an unalterable certainty throughout life, but only of the evidence we obtain at the moment we acquire some knowledge. Moreover, having failed to make this distinction and striving hard to prove at length that man cannot know anything without ever doubting it, you teach, as much as you can, skepticism. When you add (p. 253) that I openly profess skepticism whenever I teach people to doubt the testimony of the senses, you give rise to the thought that you yourself believe in your senses, but not in matters of faith nor in any conclusion based on nature—and you are so consistent and fair that, while claiming that one can doubt matters of faith and the principles of all sciences, you nevertheless pretend to be holy and orthodox, whereas, for having said that one must doubt the testimony of the senses, you accuse me of openly professing skepticism. And what would you say if I had, like you, published in Dutch a large book on the catechism containing nearly eight thousand questions without a single solution? Then you could rightly accuse me of teaching skepticism—for nothing is more likely to lead to doubt than proposing so many unanswered questions, and in no subject is doubt more dangerous than in the catechism.

Ho già esaminato abbastanza a lungo, nella terza e nella quinta parte, le prime due sezioni del vostro libro; è inutile tornarci sopra: potrei non dire nulla sulle successive; poiché so bene che nessun uomo di spirito potrà leggerle senza disprezzarle e riconoscerle come assurde e sfaccendate calunnie. Tuttavia, affinché nulla venga trascurato di ciò che può riguardarmi, esaminerò ancora le ultime due sezioni. Nella terza, dopo aver equivocato ridicolmente sul nome di teologia, sembrate finalmente voler combattere qualche parte delle mie Meditazioni; non che le attacchiate davvero – temereste di far vedere che non le capite – ma avete trovato assai opportuno, alla fine della mia risposta alle seconde obiezioni, un sorta di indice delle principali proposizioni da me sviluppate; vi siete permessi di trascrivere tre o quattro passaggi, sperando che sarebbe stato difficile per voi cadere in qualche errore che tradisse la vostra ignoranza; nondimeno avete sbagliato i conti, poiché avete negato proprio ciò che vi è di più evidente. Così, innanzitutto (pag. 174), negate che chiunque possa fare questo ragionamento: «Penso, dunque sono». Volete che uno scettico concluda soltanto dall’antecedente che gli sembra di esistere; come se, qualunque sia lo scettico tra gli esseri razionali, potesse sembrargli di esistere senza prima comprendere che esiste realmente, giacché gli sembra di esistere. Negate dunque una proposizione così evidente da non esserci in alcuna scienza più evidente. A pagina 177, citate, come fossero mie, alcune parole dell’autore delle prime obiezioni e le definite il mio primo argomento contro gli atei; ma non avete potuto ricavarle dai miei scritti, perché non le capite. Poi fate obiezioni indegne di essere citate: tutto ciò che dimostrano è che il primo venuto non parlerebbe su questi argomenti con tanta impertinenza. Pagine 180, 183 e 189: Ma ecco una vostra fantasia, simile a quella già trovata nel vostro Thersite e nei vostri libri sull’ateismo. Pretendete che le ragioni con cui dimostro l’esistenza di Dio abbiano valore solo per coloro che già sanno che Egli esiste, perché dipendono soltanto da idee innate: ma occorre notare che tutte le cose la cui conoscenza si dice ci sia stata data dalla natura non sono per questo esplicitamente note a noi, bensì solo che possiamo conoscerle, indipendentemente dall’esperienza dei sensi e mediante le sole forze dello spirito. Tali sono tutte le verità geometriche, non solo le più immediate, ma anche le più astratte. Così, in Platone, Socrate interroga un bambino sugli elementi della geometria e, ponendo domande in modo da fargli scoprire nella propria mente certe verità che non aveva mai notato prima, cerca così di dimostrare che le sue conoscenze sono ricordi. Tale è anche la nozione di Dio: e quando ne deducete, nel vostro Thersite e nei vostri libri sull’ateismo, che nessuno è ateo speculativamente, cioè che non c’è nessuno che non riconosca in qualche modo l’esistenza di Dio, cadete in un’assurdità pari a quella che deriverebbe dal fatto che, siccome tutte le verità geometriche si dicono innate nello stesso senso, si concludesse che al mondo non c’è nessuno che conosca gli elementi di Euclide. Pagina 190: Negate che tutto ciò che concepiamo chiaramente possa essere prodotto da Dio così come lo concepiamo; e la vostra ragione è che concepiamo chiaramente due cose contraddittorie insieme, eppure esse non possono esistere contemporaneamente. Sofisma puerile! Infatti, non concepiamo che cose contraddittorie possano essere prodotte insieme, e pertanto, affinché siano prodotte come le concepiamo, non devono esserlo contemporaneamente. Pagina 191: Dite che non si dimostra l’immortalità dell’anima umana mostrando che, grazie alla straordinaria potenza di Dio, essa può esistere indipendentemente dal corpo, perché lo stesso si potrebbe dire dell’anima del cane. Lo nego: l’anima del cane essendo corporea, in altre parole essendo una specie di materia sottile, è contraddittorio separarla dal corpo. Le altre idee che mescolate a queste sono talmente estranee all’argomento che sembrerebbe piuttosto ascoltare il chiacchiericcio incoerente di un pappagallo che i discorsi di un filosofo. Qui termina tutto ciò che dite sulla metafisica; a pagina 196 passate alla fisica e non citate nemmeno una parola dei miei scritti; vi limitate a prendere alcuni passaggi dalle lezioni di Regius: 1° sui principi, 2° sulle particelle insensibili, 5° sul calore, 4° sull’ago magnetico, 5° sul flusso e riflusso del mare. E poi giudicate arbitrariamente; ogni risposta sarebbe superflua. Si può solo notare l’impudenza eccezionale della vostra malafede: discutete a lungo sull’ago magnetico e sul flusso e riflusso del mare, come se foste voi a combattermi, benché non si trovi una sola parola su queste questioni negli scritti da me pubblicati.

Nona e ultima parte:

Della quarta sezione del libro sulla Filosofia cartesiana e degli autori di questo libro.

Dopo aver così reso noto, l’uno e l’altro, con quali solide ragioni e con quale maturità di giudizio disapproviate le mie opinioni, aggiungete ancora, per concludere, una sezione divisa in quattro capitoli, che si riduce a quattro gravi ingiurie. Nel primo capitolo, a pagina 245, affermate che la mia metodologia filosofica conduce allo scetticismo e che mi colloco sul terreno degli scettici. Ne date come prove che tuono, in apparenza, contro i più celebri scettici, che annuncio con enfasi una scienza certa su vari argomenti; e che infine propongo un nuovo criterio della verità tale che nessun uomo, qualunque esso sia, potrebbe, con le sole forze della natura, applicarlo a qualsiasi scienza. E secondo voi, questo nuovo criterio non è altro che questo: Non si deve accettare come vero se non ciò che è chiaro al punto da non lasciare alcun dubbio. Infatti, dite che persino le verità della fede non sfuggono alla necessità di essere spesso soggette al dubbio. Intendete questo dal momento stesso in cui ha luogo l’atto di fede, oppure da quello in cui esprimiamo il sentimento di qualche conoscenza? Distruggete ogni fede, ogni scienza umana, e siete proprio voi gli scettici, poiché affermate che non si può avere alcuna conoscenza priva di dubbio. Se volete parlare di momenti diversi, intendete forse che colui che ora ha una fede vera, o una conoscenza evidente di qualche oggetto naturale, potrebbe non averla in un altro momento? Questo dimostra soltanto la debolezza dell’uomo, al quale le stesse idee non potrebbero sempre essere presenti; ma non segue che vi sia alcun dubbio nella scienza. Pertanto non provate nulla contro di me; poiché io non ho parlato di una certezza inalterabile per tutta la vita, ma soltanto dell’evidenza che otteniamo nel momento in cui acquisiamo qualche conoscenza. Anzi, non avendo fatto questa distinzione e sforzandovi di dimostrare a lungo che l’uomo non può sapere nulla al punto da non dubitarne, insegnate, per quanto è in voi, lo scetticismo. Quando aggiungete (pag. 253) che professo apertamente lo scetticismo quando imparo a mettere in dubbio il testimone dei sensi, date motivo di pensare che credete ai vostri sensi, ma non alle materie di fede né a nessuna conclusione fondata sulla natura; e siete così coerenti e giusti che, pur affermando che si può dubitare delle materie di fede e dei principi di tutte le scienze, pretendete comunque di essere santi e ortodossi, mentre, per aver detto che bisogna dubitare del testimone dei sensi, mi accusate di professare apertamente lo scetticismo. E cosa direste se avessi, come voi, pubblicato in olandese un grosso libro sul catechismo, che contiene quasi ottomila domande senza alcuna soluzione? Allora sì che potreste giustamente accusarmi di insegnare lo scetticismo; poiché nulla è più adatto a portare al dubbio che proporre così un gran numero di domande senza risposte, e in nessun campo il dubbio è più pericoloso che nel catechismo.

Dans le second chapitre, page 255, vous dites que ma méthode mène droit à l’enthousiasme, et toute la preuve que vous en donnez, c’est que j’ai écrit qu’il faut détacher l’âme des sens pour contempler Dieu. Pour inculper cette pensée, vous posez d’abord en principe, page 256, que l’intelligence a besoin d’être guidée par les sens extérieurs, et qu’elle n’adopterait pas comme indubitables les axiomes même les plus évidents, sans les avoir soumis à l’épreuve des sens ; fausseté inadmissible : autrement on n’obtiendrait aucune connaissance des choses divines, parce qu’elles ne tombent pas sous les sens extérieurs. Ensuite, page 258, vous parlez ainsi : Un cartésien a découvert que Dieu existe en lui par l’idée qu’il en a ; pourquoi donc ne raisonnerait-il pas comme l’enthousiaste ? Dieu est en moi et moi en Dieu, donc je n’agis que par Dieu qui existe en moi, et par conséquent je ne pèche pas et je ne puis pécher. J’avoue que ces conséquences ne peuvent être tirées que par des enthousiastes, par des fous, ou par des gens qui vous ressemblent. Enfin, vous dites, page 260, que l’expérience prouve que ceux qui veulent par l’esprit en tant qu’esprit, c’est-à-dire selon la règle de la raison humaine, contempler la perfection de l’Être suprême, lui attribuent une très grande imperfection. On peut en conclure que vous ne voulez pas penser à Dieu, de peur de devenir enthousiastes ou de lui attribuer quelques imperfections, et qu’ainsi ne songeant jamais à Dieu vous êtes plongés dans une profonde impiété.

In the second chapter, on page 255, you state that my method leads directly to enthusiasm, and the entire evidence you provide for this is that I have written that it is necessary to separate the soul from the senses in order to contemplate God. To condemn this idea, you first establish, on page 256, the principle that the intellect needs to be guided by external senses, and that it would not accept even the most obvious axioms as unquestionable unless they had been tested through the senses; this is an utterly false assertion—otherwise, we would obtain no knowledge of divine things at all, since they do not fall within the scope of external senses. Then, on page 258, you say: “A Cartesian discovered that God exists within him through the idea he has of God; why then should he not reason in the same way as an enthusiast? God is within me and I am within God; therefore, I act only through God who exists within me, and consequently I neither sin nor can sin.” I admit that such conclusions can only be drawn by enthusiasts, fools, or people who are like you. Finally, on page 260, you claim that experience proves that those who attempt to contemplate the perfection of the Supreme Being through reason alone, following the rules of human logic, end up attributing great imperfections to God. From this, it seems that you yourself do not wish to think about God, for fear of becoming an enthusiast or of attributing some imperfections to Him; and by never thinking about God at all, you have fallen into profound impiety.

Nel secondo capitolo, a pagina 255, affermate che il mio metodo conduce direttamente all’entusiasmo, e l’unica prova che adducete a sostegno di questa tesi è il fatto che io abbia scritto che è necessario separare l’anima dai sensi per contemplare Dio. Per condannare questo pensiero, però, a pagina 256 stabilite come principio fondamentale che l’intelligenza abbia bisogno di essere guidata dai sensi esterni e che non adotterebbe mai come verità indiscutibili gli assiomi più evidenti, se non li avesse sottoposti alla verifica dei sensi; una falsità inaccettabile: altrimenti non si otterrebbero alcune conoscenze sulle cose divine, poiché queste non rientrano nell’ambito dei sensi esterni. In seguito, a pagina 258, dite: “Un cartesiano ha scoperto che Dio esiste in lui attraverso l’idea che ne ha; perché allora non dovrebbe ragionare come un entusiasta? Dio è in me e io in Dio, quindi agisco soltanto per mezzo di Dio che esiste in me, e pertanto non pecco e non posso peccare”. Ammetto che queste conclusioni possano essere tratte soltanto da entusiasti, da pazzi o da persone simili a voi. Infine, a pagina 260, affermate che l’esperienza dimostra che coloro che cercano di contemplare la perfezione dell’Essere supremo attraverso il ragionamento umano attribuiscono a Dio grandi imperfezioni; da ciò si può concludere che voi non volete pensare a Dio, per paura di diventare entusiasti o di attribuirgli qualche imperfezione, e che quindi, non pensando mai a Dio, siete immersi in una profonda impietà.

Dans le troisième chapitre, page 261, vous affirmez que j’enseigne et que je propage l’athéisme. Il est vrai que vous ajoutez que si je le fais par ignorance, il faut me plaindre ; mais que si c’est méchamment, il faut me punir. Mais vous ne souffrez pas qu’on doute de la réalité du fait ; bien plus vous employez tous vos moyens pour y faire croire ; et après beaucoup de paroles, vous concluez sérieusement, p. 265, que je travaille à élever dans l’esprit des ignorants le trône de l’athéisme. Il faut observer que c’est une vieille calomnie que vous avez, m’a-t-on dit, opiniâtrement répétée contre moi pendant nombre d’années, et j’ai pu m’en convaincre facilement par vos traités sur l’athéisme, publiés en 1637. Il semble que vous n’ayez fait un livre que pour, la fortifier et l’accréditer. En effet, à la page 13 de la préface, vous vous engagez à montrer dans le reste de l’ouvrage que j’insinue perfidement et d’une manière insensible le venin de l’athéisme. Ensuite vous me donnez des disciples, et vous employez toute la première section à controuver des lois absurdes et impertinentes, que par une impudence incroyable, sans la moindre apparence de vérité, vous prétendez que je leur impose ; et me comparant partout aux athées, aux imposteurs, aux perturbateurs des églises et des états, les plus détestables et les plus odieux, qui ont été livrés aux plus affreux supplices, en punition de leurs crimes, vous finissez par conclure qu’à leur exemple Renseigne et je propage l’athéisme. Si vous disiez vrai, je commettrais sans doute un crime très grave, et qu’aucun état, quelque libre qu’il soit, ne saurait tolérer ; je vais donc rapporter toutes les raisons que vous avez méditées pendant quelques années pour m’intenter cette accusation : j’ai la conscience intime qu’elles ne sont point vraies ; mais n’eussent-elles que la moindre apparence de vérité, je demanderai pardon de mon imprudence et de mon ignorance ; si au contraire il est évident qu’elles ne partent que de votre méchanceté et de votre perfidie, j’aurai le droit de me plaindre d’une si cruelle calomnie devant Dieu et devant les hommes. Voici le principe de tout votre raisonnement ; je dis, page 261 : Si les paroles étaient la représentation fidèle de la pensée, et qu’on pût y croire avec assurance, je serais à l’abri du moindre soupçon d’athéisme. En effet, quelques gens ont dans la bouche des discours vertueux et sont cependant, vous le savez, des scélérats hypocrites ; de plus il est évident d’après mes écrits qu’on ne peut même me soupçonner d’athéisme ; vous prétendez qu’il faut en conclure que je suis athée, c’est-à-dire que vous me supposez hypocrite ; mais c’est ce que vous ne prouvez ni n’essayez de prouver nulle part ; à moins que vous ne donniez pour preuve cette longue comparaison entre moi et Vanini, qui, comme vous le rappelez, fut brûlé publiquement à Toulouse, non seulement comme athée, mais comme apôtre de l’athéisme. Or voici ce parallèle : Vanini écrivait contre les athées, et lui-même était le père de tous ; c’est ce que fait Descartes. Vanini se vantait de vaincre les athées par des arguments auxquels ne pouvait résister le bouclier de leur entêtement ; c’est ce que fait Descartes. Vanini s’avisait de déposséder les arguments vulgaires de l’autorité dont ils jouissaient depuis longtemps, et d’y substituer les siens ; c’est le but que Descartes s’efforce d’atteindre. Enfin, les arguments que Vanini opposait aux athées comme des Achilles ou des Hectors, examinés attentivement, paraissent sans force et sans valeur ; les raisonnements de René Descartes sont, sous tous les rapports, de la même espèce. Vous concluez ensuite, page 265 : Ce n’est donc pas injustice de comparer René au défenseur le plus subtil de l’athéisme, César Vanini ; car il travaille par les mêmes moyens à élever, dans l’âme des ignorants, le trône de l’athéisme. Qui n’admirerait votre absurde impudence ? Quand il serait vrai, comme je le reconnais hardiment, que j’eusse écrit contre les athées, et que j’eusse vanté mes arguments comme les meilleurs ; quand il serait vrai, ce que je nie positivement, que je rejetasse les arguments anciens et que les miens fussent trouvés sans force et sans valeur, il ne s’ensuivrait pas que je dusse être, je ne dis pas accusé, mais soupçonné d’athéisme. Qu’un homme s’imaginant réfuter les athées propose des arguments insuffisants, l’accusera-t-on d’athéisme ? non, mais de maladresse. Bien plus, la réfutation des athées étant très difficile, comme vous l’avancez dans votre dernier livre sur l’athéisme, il ne faut pas tenir pour ignorants tous ceux qui ont combattu cette doctrine sans succès. Voyez Grégoire (Je Valence : ce théologien célèbre et profond réfute tous les arguments employés par saint Thomas à prouver l’existence de Dieu, et il montre qu’ils sont sans valeur. D’autres théologiens graves et pieux l’ont fait comme lui ; et si l’on raisonnait à votre manière, on pourvoit dire de saint Thomas, qui plus que personne fut à l’abri du soupçon d’athéisme, que ses arguments contre les athées, examinés attentivement, paraissent sans force et sans valeur, et le comparer en conséquence à Vanini, avec plus de raison que moi, j’ose le dire, puisque mes argumente n’ont jamais été réfutés comme les siens. Mais vous avez deux excellents moyens d’en prouver la faiblesse : le premier, c’est de dire que vous l’avez démontrée, en passant, dans la troisième section de votre livre, vous faites bien d’ajouter en passant, parce qu’en effet il est difficile de rien écrire de plus faible et de plus absurde, comme je viens de le prouver ; le second consiste à supposer que j’en conviens moi-même implicitement dans la lettre qui précède mes Méditations, et telle est votre inconséquence, que vous rapportez l’endroit même de cette lettre où je dis expressément que mes arguments égalent ou surpassent en certitude et en évidence ceux de la géométrie, ce qui n’est pas sans doute faire entendre qu’ils sont sans force et sans valeur. Il est vrai que j’exprime ensuite la crainte qu’ils ne soient compris que d’un petit nombre de personnes, comme les démonstrations d’Archimède ; vous en inférez, par un raisonnement de la même force que tous les autres, qu’ils ne peuvent servir à la réfutation des athées. Cependant, quoiqu’ils ne soient pas à la portée de tout le monde, ils serviront du moins à ceux qui les entendent ; et comme ceux qui ne peuvent saisir les démonstrations ont coutume de s’en rapporter au témoignage de ceux qui les comprennent, je ne doute pas que dans quelque temps mes arguments, en dépit de vous, n’acquièrent assez de puissance pour détourner de l’athéisme ceux mêmes dont l’esprit ne pourra les concevoir, parce qu’ils sauront qu’ils sont regardés comme des démonstrations certaines de tous ceux qui les entendent, c’est-à-dire des hommes les plus habiles et les plus éclairés, et que, malgré votre malice et celle de bien d’autres, aucune attaque n’a pu les détruire. Ainsi personne aujourd’hui ne doute de la vérité de tout ce qu’a démontré Archimède, quoique, sur plusieurs milliers d’hommes, il s’en trouve à peine un seul qui comprenne ses démonstrations. Vous saviez tout cela, car je m’en étais exprimé clairement dans la lettre que vous citez ; mais vous vous efforcez, hommes religieux que vous êtes, de rendre infructueuses, par vos calomnies, les raisons qui combattent le plus fortement l’athéisme. Quant à mon intention de déposséder les arguments vulgaires du droit dont ils jouissent, et d’y substituer les miens, toute la preuve que vous en donnez c’est que dans la même lettre j’ai dit de mes arguments qu’ils sont les meilleurs de tous. Il ne s’ensuit pas que je rejette les autres ; bien loin de là j’ajoutais que, dans mon opinion, presque tous les arguments par lesquels de grands hommes ont défendu cette cause, étant bien compris, ont force de démonstration. Il est donc évident que vous me calomniez : encore sur ce point, d’ailleurs peu important.

In the third chapter, on page 261, you claim that I teach and spread atheism. It is true that you add that if I do so out of ignorance, then one should pity me; but if it is done out of malice, then I deserve punishment. However, you are not at all tolerant of anyone doubting the reality of this claim; on the contrary, you use every means possible to make people believe in it. After much rhetoric, you seriously conclude, on page 265, that I am working to establish atheism in the minds of the ignorant. It should be noted that this is an old slander against me—one that has been repeatedly repeated for many years, as I have been informed. I was able to easily prove its falsity through your own treatises on atheism, published in 1637. It seems that you wrote that book solely with the intent of reinforcing and spreading this slander. Indeed, on page 13 of the preface, you pledge to demonstrate throughout the work that I insinuate the poison of atheism in a deceitful and subtle manner. Later on, you give me “disciples” and devote the entire first section of the book to refuting absurd and irrelevant claims, which you arrogantly assert I am imposing upon people—without any basis in truth. You compare me everywhere to atheists, impostors, and those who disrupt churches and states—the most detestable and odious individuals who have been subjected to the most cruel punishments for their crimes. In conclusion, you claim that I follow in their footsteps by teaching and spreading atheism. If what you say were true, I would undoubtedly be committing a very serious crime, one that no free society could tolerate. Therefore, I will present all the arguments you have spent years concocting to make this accusation against me. I am deeply convinced that they are false; but even if they contained the slightest hint of truth, I would ask for forgiveness for my imprudence and ignorance. On the other hand, if it is clear that they stem merely from your malice and deceit, then I have every right to complain about such a cruel slander before God and man. Here is the core of your entire reasoning: on page 261, you say, “If words were an accurate representation of thought, and people could believe them without doubt, I would be free from any suspicion of atheism.” Indeed, some people deliver virtuous speeches while being hypocritical scoundrels; moreover, it is evident from my writings that one cannot even suspect me of atheism. You claim that this proves I am an atheist—that is, you assume I am hypocritical—but you never provide any evidence to support this claim, except for that lengthy comparison between me and Vanini, who, as you recall, was publicly burned in Toulouse—not only as an atheist but also as an apostle of atheism. Or here is the parallel: Vanini wrote against atheists, and yet he himself was the father of all atheists; this is precisely what Descartes did. Vanini boasted that he could defeat atheists with arguments that their stubbornness could not withstand; again, this is what Descartes did. Vanini sought to strip those vulgar arguments of the authority they had long enjoyed and replace them with his own; this is the very goal Descartes strove to achieve. Finally, the arguments Vanini used against atheists—arguments that seemed as powerful as those of Achilles or Hector—upon closer examination, prove to be weak and worthless; the reasoning of René Descartes, in every respect, is of the same kind. You then conclude, on page 265: “It is therefore not unjust to compare René Descartes to César Vanini, the most subtle defender of atheism; for both used the same methods to establish the throne of atheism in the hearts of the ignorant.” Who would not admire such absurd audacity? Even if it were true—though I boldly deny it—that I had written against atheists and boasted about the excellence of my arguments, even if it were true that I had rejected old arguments and claimed my own were weak and worthless, it would not in any way mean that I should be accused, let alone suspected, of atheism. If a person who claims to refute atheists presents insufficient arguments, will he be accused of atheism? No—only of clumsiness. Moreover, since refuting atheists is extremely difficult, as you point out in your latest book on the subject, it would be unjust to consider all those who have failed to succeed in combating this doctrine as ignorant. Take Grégoire de Valence, for example: this renowned and profound theologian refuted every argument Saint Thomas used to prove the existence of God and showed them to be worthless. Other serious and pious theologians did the same. And if we were to reason in your manner, we could very well say that Saint Thomas—more than anyone else free from suspicion of atheism—had arguments against atheists that, upon closer examination, proved to be weak and worthless; therefore, comparing him to Vanini would be even more justified than comparing me to him, since my arguments have never been refuted in the same way as his were. But you have two excellent ways to prove their weakness: the first is to say that you have already demonstrated it—in fact, you do mention it in the third section of your book; it’s worth adding, because indeed it is difficult to conceive of anything more weak and absurd than what I have just shown. The second way is to assume that I myself implicitly acknowledge this point in the letter that precedes my “Meditations.” Yet your inconsistency is such that you actually quote the very passage where I explicitly state that my arguments are equal to or even surpass those of geometry in terms of certainty and clarity—which, undoubtedly, implies that they are devoid of any force or value. It’s true that I later express the concern that these arguments may be understood only by a small number of people, just like Archimedes’ demonstrations; you, however, infer from this—using an argument of equal validity as all others—that they cannot serve to refute atheism. Nevertheless, even if they are not accessible to everyone, they will at least be useful to those who do understand them. And since those who cannot grasp these demonstrations usually rely on the testimony of those who do, I have no doubt that in time my arguments will gain enough influence to turn away from atheism even those whose minds are unable to comprehend them, simply because it will be known that they are regarded as certain and indisputable by all who understand them—that is, by the most capable and informed people. And despite your malice and that of many others, no attack has been able to destroy them. Thus, today no one doubts the truth of everything Archimedes demonstrated, even though among thousands of people, there may be only one who truly understands his demonstrations. You knew all this, for I had expressed it clearly in the letter you quote; but you, as religious men that you are, strive to render futile, through your slander, those arguments that most effectively combat atheism. As for my intention to replace the ordinary arguments with mine and deprive them of their claimed authority, the only evidence you provide is that I said in the same letter that my arguments are the best of all. This does not mean that I reject the others; on the contrary, I added that, in my opinion, nearly all the arguments used by great men to defend this cause, when properly understood, possess the force of demonstration. It is therefore evident that you are slandering me—yet even on this point, it matters little.

Nel terzo capitolo, a pagina 261, affermate che io insegno e diffondo l’ateismo. È vero che aggiungete che, se lo faccio per ignoranza, si dovrebbe compatirmi; ma se lo faccio con malizia, si dovrebbe punirmi. Tuttavia non tollerate che si dubiti della realtà di questo fatto; anzi, utilizzate tutti i mezzi a vostra disposizione per far credere nella sua esistenza; e dopo molte parole, concludete seriamente, a pagina 265, che io mi sforzo di elevare nell’animo degli ignoranti il trono dell’ateismo. Bisogna osservare che si tratta di una vecchia calunnia: mi è stato detto che l’avete ripetuta ostinatamente contro di me per molti anni, e ho potuto convincermene facilmente attraverso i vostri trattati sull’ateismo pubblicati nel 1637. Sembra che abbiate scritto quel libro esclusivamente per rafforzare e diffondere questa calunnia. Infatti, a pagina 13 della prefazione, vi impegnate ad dimostrare nel resto dell’opera che io insinuo perfidamente e in modo subdolo il “veleno” dell’ateismo. In seguito mi date dei discepoli e dedicate l’intera prima sezione a confutare leggi assurde e irragionevoli, che, con una spudoratezza incredibile e senza alcuna traccia di verità, pretendete che io imponga loro; e mi paragonate ovunque agli atei, agli impostori, ai perturbatori delle chiese e degli stati, i più odiosi e detestabili, che sono stati condannati ai supplizi più atroci in punizione dei loro crimini. Alla fine concludete che, seguendo il loro esempio, io “insegno e diffondo l’ateismo”. Se diceste la verità, commetterei senza dubbio un crimine molto grave, e nessuno stato, per quanto libero possa essere, lo tollererebbe; pertanto riporterò tutte le ragioni che avete meditato per anni per lanciare questa accusa contro di me: ho la certezza profonda che non siano vere; ma anche se avessero solo una minima apparenza di verità, chiederei scusa per la mia imprudenza e ignoranza; se invece fosse evidente che derivano soltanto dalla vostra malvagità e perfidia, avrei il diritto di lamentarmi di una calunnia così crudele davanti a Dio e agli uomini. Ecco il principio di tutto il vostro ragionamento: a pagina 261 dite: “Se le parole fossero una rappresentazione fedele del pensiero, e si potesse crederci con sicurezza, sarei al riparo da ogni sospetto di ateismo”. Infatti, alcune persone pronunciano discorsi virtuosi, ma sono comunque, come voi stesso sapete, individui ipocriti e malvagi; inoltre è evidente, dai miei scritti, che non si può nemmeno sospettare che io sia ateo; voi pretendete che da questo si debba concludere che io sono ateo, cioè che mi considerate un ipocrita; ma questa è una conclusione che non provate né cercate di dimostrare in alcun modo; a meno che non consideriate come prova quella lunga comparazione tra me e Vanini, che, come ricordate, fu bruciato pubblicamente a Tolosa, non solo come ateo, ma anche come apostolo dell’ateismo. Ecco questo parallelo: Vanini scriveva contro gli atei, e lui stesso era il padre di tutti loro; lo stesso fa Cartesio. Vanini si vantava di sconfiggere gli atei con argomentazioni a cui non poteva resistere nemmeno l’ostinazione loro; lo stesso fa Cartesio. Vanini si impegnava a privare gli argomenti comuni dell’autorità di cui godevano da tempo, sostituendoli con i propri; questo è proprio l’obiettivo che Cartesio si sforza di raggiungere. Infine, gli argomenti che Vanini opponeva agli atei sembravano privi di forza e valore se esaminati attentamente; i ragionamenti di René Cartesio, sotto tutti i punti di vista, sono dello stesso genere. E poi si conclude, a pagina 265: “Non è quindi ingiusto paragonare René al più abile difensore dell’ateismo, César Vanini; poiché entrambi utilizzano gli stessi mezzi per elevare, nell’animo degli ignoranti, il trono dell’ateismo”. Chi non ammirerebbe questa vostra assurda audacia? Anche se fosse vero, come lo ammetto apertamente, che io avessi scritto contro gli atei e che avessi lodato i miei argomentazioni come i migliori; anche se fosse vero, cosa che nego categoricamente, che avessi rifiutato gli argomenti tradizionali e che i miei fossero stati considerati privi di forza e valore, ciò non significherebbe affatto che dovessi essere accusato, ma nemmeno sospettato di ateismo. Se un uomo si impegna a confutare gli atei proponendo argomentazioni insufficienti, lo si accuserà di ateismo? No, ma di goffaggine. Ancora di più, poiché la confutazione dell’ateismo è molto difficile, come affermate nel vostro ultimo libro sull’argomento, non si può considerare ignoranti tutti coloro che hanno combattuto questa dottrina senza successo. Guardate Grégoire de Valence: questo celebre e profondo teologo confuta tutti gli argomenti utilizzati da San Tommaso per dimostrare l’esistenza di Dio, dimostrando che sono privi di valore. Altri teologi seri e devoti hanno fatto lo stesso; e se si ragionasse secondo il vostro modo di pensare, si potrebbe dire anche di San Tommaso, che più di chiunque altro è stato al riparo dal sospetto di ateismo, che i suoi argomenti contro gli atei, esaminati attentamente, sembrano privi di forza e valore. E quindi paragonarlo a Vanini sarebbe ancora più giustificato di quanto lo sia per me, poiché i miei argomenti non sono mai stati confutati come i suoi. Ma avete due ottimi modi per dimostrare la loro debolezza: il primo è affermare che le abbiate già dimostrate, e infatti lo fate nella terza sezione del vostro libro; aggiungete anche che sia difficile scrivere qualcosa di più debole e assurdo di quanto ho appena dimostrato. Il secondo modo consiste nel supporre che io stesso ne convenga implicitamente nella lettera che precede le mie “Meditazioni”; ma la vostra incoerenza è tale che citate proprio quel passaggio in cui affermo esplicitamente che i miei argomenti sono uguali o addirittura superiori, per certezza ed evidenza, a quelli della geometria, il che, senza dubbio, significa riconoscere che tali argomenti sono privi di forza e valore. È vero che in seguito esprimo la preoccupazione che possano essere compresi soltanto da un numero limitato di persone, proprio come le dimostrazioni di Archimede; voi ne deducete, con un ragionamento altrettanto fallace, che non possano servire a confutare gli atei. Tuttavia, anche se non sono accessibili a tutti, serviranno comunque a coloro che li comprendono; e poiché coloro che non riescono ad afferrare tali dimostrazioni di solito si affidano al parere di chi le comprende, non dubito che, col tempo, i miei argomenti, nonostante voi, acquisiscano abbastanza forza per allontanare dall’ateismo anche coloro il cui intelletto non sarà in grado di comprenderli, poiché sapranno che vengono considerati dimostrazioni certe da tutti coloro che li ascoltano, cioè dalle persone più capaci e istruite. E che, nonostante la vostra malizia e quella di molti altri, nessuna attacco è riuscito a distruggerli. Così, oggi nessuno dubita della veridicità di quanto Archimede ha dimostrato, anche se su migliaia di persone ce n’è forse una sola che comprenda le sue dimostrazioni. Voi lo sapevate bene, poiché me ne ero espresso chiaramente nella lettera che citate; ma voi, uomini religiosi che siete, cercate in tutti i modi, con le vostre calunnie, di rendere inefficaci le ragioni che combattono più vigorosamente l’ateismo. Quanto alla mia intenzione di sostituire gli argomenti comuni con i miei, l’unica prova che avete è che nella stessa lettera ho detto dei miei argomenti che sono i migliori di tutti. Questo non significa affatto che rifiuti gli altri; anzi, aggiungevo che, a mio parere, quasi tutti gli argomenti con cui grandi uomini hanno difeso questa causa, se ben compresi, hanno valore dimostrativo. Quindi è evidente che mi calunniate. Anche su questo punto, del resto poco importante.

Après avoir ainsi fait semblant de m’opposer quelques raisonnements pour établir que j’enseigne l’athéisme, vous cherchez à le persuader davantage à ceux qui parcourront négligemment les titres de votre livre, sans examiner votre argumentation ; car c’est tout ce que vous attendez des lecteurs, sachant par expérience que c’est le sort réservé à tous vos écrits ; et vous ajoutez quatre objections que vous réfutez comme suit : 1° Peu importe que beaucoup de gens pensent mieux de Descartes que de Vanini, et que Descartes professe publiquement la religion catholique romaine : c’est ce que faisait l’adroit Vanini. 2° Il ne lui sert de rien de dire qu’il écrit contre les athées, car Vanini leur avait aussi déclaré la guerre. 3° Descartes ne peut pas non plus s’excuser sur ce qu’il combat des théologiens contraires à sa religion, et nommément Voet, que les théologiens de l’académie de Louvain, par exemple, tiennent pour hérétique ; Vanini faisait la même chose en France. On ne peut s’empêcher de rire de votre ridicule vanité : votre renommée a donc été jusqu’à Louvain ; et parce que j’ai écrit sur vous deux ou trois pages, bien que je n’aie jamais eu de querelles avec aucun professeur de théologie, bien que je ne vous aie pas attaqué sur la théologie, mais seulement sur vos injustices, je combats les théologiens. Croyez-moi, si l’on vous connaît à Louvain, ou dans quelque autre pays éloigné, ce n’est point par vos talents, par votre science en théologie ou par quelque vertu ; semblable à Érostrate, vous ne pouvez être connu qu’avec infamie, comme un insigne calomniateur ; et pour moi, avant d’écrire sur votre sujet, je ne vous regardais plus comme un théologien, mais comme un ennemi de la théologie et de la piété. Nous honorons plus ceux que la forme et les couleurs de leurs habillements nous font reconnaître pour des domestiques du prince i que ceux de la même condition qui ne portent pas de tels habillements ; de même, je révère comme des serviteurs de Dieu tous les théologiens, même ceux qui sont d’une religion différente, parce que tous nous adorons le même Dieu. Mais si quelque traître avait revêtu les habits d’un des gardes du prince, pour demeurer en sûreté parmi nous, sans doute ces habits n’empêcheraient pas que ceux qui reconnaîtraient un ennemi ne fussent tenus de le découvrir ; de même, s’il m’est connu qu’un homme qui professe la théologie est coupable de mensonge et de calomnie, et que ses vices menacent l’état de grands périls, le nom de théologien ne m’obligera pas au silence. Or vous savez qu’en grec on appelle diable le calomniateur, et que c’est le nom que les chrétiens donnent au démon, ennemi de Dieu. Voici maintenant la quatrième objection réfutée : 4° Il ne servira de rien à Descartes de dire que bien des gens le regardent comme un intrépide adversaire des athées : la même chose est arrivée à Vanini ; une foule de gens inhabiles à démêler les subtilités du diable approuvaient sa doctrine ; mais quelques-uns le démasquèrent, et le pouvoir souverain lui Infligea à propos le supplice qu’il avait mérité. Ainsi vous ne vous êtes armé que du nom seul de Vanini. C’est ici que paraît la malice du diable : on a vu d’abord que vous fondiez votre calomnie sur ce que j’ai écrit contre les athées, et sur ce que, si mes paroles étaient l’image fidèle de ma pensée, j’étais à l’abri de tout soupçon d’athéisme ; ainsi, parce que bien des gens me regardent comme l’adversaire des athées, et que quelques-uns, c’est-à-dire vous et votre disciple, me dénoncent, ou, pour mieux dire, me calomnient comme athée, il faut le livrer au supplice. Par là, sans doute, vous montrez l’impudence et l’insolence de votre incroyable méchanceté ; car si de ce que j’ai écrit contre les athées, et que l’on croit généralement que je les ai réfutés solidement, vous prenez l’occasion de m’accuser d’athéisme ; quel homme au monde est assez innocent, assez à l’abri du soupçon, pour se croire en sûreté contre un calomniateur qui ne respecte rien ? personne n’écrira jamais contre les athées, personne ne passera pour les avoir combattu avec succès, sans que vous puissiez en écrire ce que vous avez écrit de moi, avec autant et plus de droit encore : et, si l’on ne veut être proscrit par vous, comme athée digne du dernier supplice, et diffamé dans un gros livre, fruit pénible de longues veilles, on doit se garder de réfuter les athées. Ainsi, autant qu’il est en vous, vous défendez, vous nourrissez l’athéisme. Je ne m’étonne plus, monsieur Voet, que vous, qui avez écrit quatre livres sur l’athéisme, vous n’ayez pas, proposé le moindre argument pour prouver l’existence de Dieu, ou pour attaquer l’athéisme, mais qu’au contraire vous protestiez que c’est chose très difficile ; vous craigniez sans doute d’être comparé à Vanini, parce que vous aviez entendu dire qu’il avait écrit contre les athées, et que cependant il avait été brûlé pour athéisme. Mais vous auriez dû remarquer qu’il ne fut pas brûlé pour ses écrits publics : bien qu’ils ne contiennent que des arguments faibles, et peut-être équivoques à dessein, cependant ils ne l’exposèrent à aucun danger ; mais il fut condamné pour des actions et des paroles privées, qu’on prouvait par témoins. Au reste, vous vous embarrassez peu de vos paroles, pourvu que vous puissiez calomnier, et l’on pourrait croire que vous n’avez même jamais lu les ouvrages de Vanini ; car vous écrivez partout Vaninius, au lieu de Vaninus ; et, comme la même erreur se retrouve continuellement dans vos livres sur l’athéisme, plusieurs jugeront peut-être que ce dernier ouvrage sur la philosophie cartésienne est sorti de votre plume. Cependant je ne désire pas de le persuader au lecteur ; il me suffit qu’il ait été écrit pour vous et publié à votre connaissance et avec votre consentement, pour que j’aie le droit de vous accuser d’injure, autant que l’auteur qui s’est nommé.

Au dernier chapitre, page 268, vous affirmez que ma méthode ne produit pas des philosophes, mais des fous et des frénétiques : vous n’en donnez qu’une seule raison, c’est que j’ai écrit qu’il faut détacher l’esprit des sens pour comprendre les choses divines. Je le vois, vous ne voulez ni méditer ni penser à Dieu, de peur de devenir frénétiques. Je n’ai pas besoin maintenant de chercher l’origine de ces faux bruits qu’on répand sur les disciples de Regius : j’entends dire qu’après avoir quitté Utrecht, ils sont tombés dans le délire ; vous m’expliquez tout, page 269, en disant que vous ne voulez pas rassembler les exemples de ceux que la nouvelle philosophie a récemment transformés de prêtres de la sagesse en mystagogues et en initiés de la folie. Sans doute vous ne voulez pas les nommer, afin que la fausseté de vos calomniés ne soit pas trop manifeste ; mais cependant vous voulez faire accroire que quelques têtes ont été tournées : privés de tout prétexte de médire, il vous reste la rage pour calomnier ; et je vois que ma philosophie a le pouvoir de rendre fous, non pas ceux qui l’approuvent et la cultivent, mais les envieux qu’elle désespère.

After going to such lengths as to pretend to oppose you with certain arguments in order to establish that I teach atheism, you now attempt to persuade even more those who will merely skim through the titles of your book without examining your reasoning—because that is precisely what you expect from your readers, knowing from experience that this is the fate reserved for all your writings. You then add four objections that you refute as follows: 1° It matters little whether many people think better of Descartes than of Vanini, or whether Descartes publicly professed the Roman Catholic religion—after all, the cunning Vanini did the same. 2° It serves no purpose for him to claim that he is writing against atheists, since Vanini had also declared war on them. 3° Descartes cannot either use as an excuse his opposition to theologians who oppose his religion, such as Voet—after all, theologians at the University of Louvain consider Voet a heretic; Vanini did the same in France. One cannot help but laugh at your ridiculous vanity: so your reputation has reached as far as Louvain? And because I have written two or three pages about you, even though I have never had any disputes with any theologian and have not attacked you on theological matters but only on your injustices, I am now considered to be opposing theologians. Believe me, if anyone in Louvain—or in some other distant country—knew you, it would not be because of your talents, your knowledge of theology, or any virtue; just like Erostratus, you could only be known for your infamy, as a notorious slanderer. And as for me, before writing about you at all, I no longer regarded you as a theologian but as an enemy of theology and piety. We honor those whom the appearance and clothes they wear identify as servants of the prince far more than those of the same condition who do not wear such attire; likewise, I regard all theologians—as servants of God—even if they belong to different religions, because we all worship the same God. But if some traitor were to don the clothes of one of the prince’s guards in order to hide among us safely, surely those who recognized him would be obliged to expose him; similarly, if I knew that a person who professes to be a theologian is guilty of lying and slander and that his vices pose great dangers to society, the title of “theologian” would not prevent me from speaking out against him. You know that in Greek, a slanderer is called a “devil,” and that this is precisely the name Christians give to the demon, God’s enemy. Here is the fourth objection that has been refuted: 4° It will be of no use to Descartes to claim that many people regard him as an intrepid opponent of atheists; the same thing happened to Vanini—a multitude of people, incapable of discerning the subtleties involved, approved of his doctrines; but a few others exposed him, and the sovereign power inflicted upon him the punishment he deserved. Thus, you have resorted merely to the name of Vanini in your attack. Here lies the devil’s cunning: at first, it seemed that you were basing your slander on what I had written against atheists, and on the fact that, if my words truly reflected my thoughts, I would be beyond any suspicion of atheism; therefore, because many people regarded me as an opponent of atheists, and because you and your disciple denounced me—or, to put it more precisely, slandered me—as an atheist, I was to be punished accordingly. By doing so, you undoubtedly demonstrate the audacity and insolence of your incredible malice; for if you take advantage of what I have written against atheists—something that is generally believed to refute their views—you are accusing me of atheism. What man in the world could be so innocent, so beyond suspicion, as to feel safe from such a slanderer who respects nothing? No one would ever write against atheists, no one would ever claim to have successfully fought them, without your being able to do the same thing about me—and with even more justification. And if one does not wish to be condemned by you as an atheist deserving of the ultimate punishment, and to be slandered in a lengthy, painstakingly written book, one must refrain from refuting atheists. In other words, as far as you are concerned, you are defending and fostering atheism. I am no longer surprised, Mr. Voet, that you, having written four books on atheism, have not offered a single argument to prove the existence of God or to attack atheism; on the contrary, you even claimed that it was extremely difficult to do so. You were probably afraid of being compared to Vanini, since you had heard that he had written against atheists but was still burned as an atheist. However, you should have noted that he was not burned for his public writings—though they contained weak and perhaps deliberately ambiguous arguments—they did not pose any danger to him; rather, he was condemned for private actions and statements proven by witnesses. After all, you seem to care little about the truth of your words, so long as you can slander others; one might even think that you have never read Vanini’s works at all, since you consistently write “Vaninius” instead of “Vaninus.” And since this same mistake appears repeatedly in your books on atheism, many might conclude that that last work on Cartesian philosophy was actually written by you. However, I do not intend to persuade the reader of this; it is sufficient for me that it have been written for you, published with your knowledge and with your consent, so that I have the right to accuse you of insult, just as the author who signed his name did.

In the final chapter, on page 268, you claim that my method does not produce philosophers, but rather fools and fanatics. You give only one reason for this: I have stated that it is necessary to separate the mind from the senses in order to understand divine matters. It is clear that you neither wish to meditate nor to think about God, for fear of going mad. I no longer need to seek the origin of these false rumors circulating about Regius’s disciples—I hear that they fell into delirium after leaving Utrecht. On page 269, you explain further that you do not want to list examples of those whom this new philosophy has recently transformed from priests of wisdom into mystagogues and initiates of madness. Perhaps you do not wish to name them, so as not to make the falsehood of your accusations too obvious; yet you still seek to convince people that some have indeed been driven mad by my philosophy. deprived of any pretext for slander, you resort to rage in order to spread lies. And it is evident that my philosophy has the power to turn people insane—not those who embrace and pursue it, but rather those envious souls it leaves in despair.

Dopo aver così finto di oppormi a voi con alcune argomentazioni al fine di dimostrare che insegno l’ateismo, cercate ora di convincere ancora di più coloro che leggeranno superficialmente i titoli del vostro libro, senza esaminare la vostra argomentazione; perché è proprio ciò che aspettate dai lettori, sapendo per esperienza che tale è il destino di tutti i vostri scritti. Aggiungete inoltre quattro obiezioni che confutate nel seguente modo: 1° Non importa se molte persone pensano meglio di Cartesio che di Vanini, né che Cartesio professi pubblicamente la religione cattolica romana: lo faceva anche l’astuto Vanini. 2° Non vi serve a nulla dire di scrivere contro gli atei, poiché Vanini aveva anch’egli dichiarato guerra loro. 3° Cartesio non può nemmeno scusarsi dicendo di combattere contro teologi contrari alla sua religione, in particolare contro Voet, che i teologi dell’accademia di Lovanio considerano eretico; Vanini faceva la stessa cosa in Francia. Non si può fare a meno di ridere della vostra ridicola vanità: la vostra fama è arrivata fino a Lovanio. E perché ho scritto due o tre pagine su di voi, anche se non ho mai avuto dispute con alcun professore di teologia, anche se non vi ho attaccato in materia di teologia, ma solo per le vostre ingiustizie, combatto contro i teologi. Credetemi: se qualcuno vi conoscesse a Lovanio, o in qualche altro paese lontano, non sarebbe certo per i vostri talenti, per la vostra scienza in teologia o per qualche virtù; proprio come Erostrato, potreste essere conosciuti soltanto per la vostra infamia, come un evidente calunniatore. Per quanto mi riguarda, prima di scrivere su di voi, non vi consideravo più un teologo, ma un nemico della teologia e della pietà. Onoriamo di più coloro che, dalla loro apparenza e dai loro abiti, riconosciamo come servitori del principe, piuttosto che coloro della stessa condizione che non indossano tali abiti; allo stesso modo, rispetto tutti i teologi come servitori di Dio, anche quelli di una religione diversa, perché tutti adoriamo lo stesso Dio. Ma se qualche traditore si fosse travestito da guardia del principe per restare al sicuro tra di noi, certamente quegli abiti non impedirebbero a coloro che riconoscessero un nemico di scoprirlo; allo stesso modo, se sapessi che un uomo che professa la teologia è colpevole di menzogne e calunnie, e che i suoi vizi rappresentano un grave pericolo per lo stato, il nome di teologo non mi costringerebbe al silenzio. E voi sapete che in greco si chiama “diavolo” il calunniatore. Ed è proprio questo il nome che i cristiani danno al demone, nemico di Dio. Ecco ora la quarta obiezione confutata: 4° Non servirà a nulla a Cartesio dire che molte persone lo considerano un temerario avversario degli atei; la stessa cosa è accaduta a Vanini: una folla di persone incapaci di comprendere le sottigliezze delle argomentazioni “demoniache” approvò la sua dottrina; ma alcuni lo smascherarono, e il potere sovrano gli inflisse la punizione che meritava. Quindi, voi vi siete armato soltanto del nome di Vanini. È qui che appare la malizia del diavolo: avete visto che fondavate le vostre calunnie su ciò che ho scritto contro gli atei, e su quanto, se le mie parole fossero state un fedele riflesso dei miei pensieri, io fossi stato al riparo da ogni sospetto di ateismo; quindi, poiché molte persone mi considerano l’avversario degli atei, e alcuni – cioè voi e il vostro discepolo – mi denunciano, o meglio, mi calunniano come ateo, devo essere consegnato alla punizione. Così facendo, dimostrate senza dubbio l’impudenza e l’insolenza della vostra incredibile malvagità; perché, se prendete spunto da ciò che ho scritto contro gli atei – e che si ritiene generalmente che io abbia confutato solidamente le loro tesi – per accusarmi di ateismo, quale uomo al mondo potrebbe essere abbastanza innocente, abbastanza al riparo da ogni sospetto, da sentirsi al sicuro di fronte a un calunniatore che non rispetta nulla? Nessuno scriverà mai contro gli atei, nessuno sarà considerato colui che li ha combattuti con successo, senza che voi possiate scrivere su di loro ciò che avete scritto su di me. E se si vuole evitare di essere proscritti da voi come atei degni della pena più severa, e diffamati in un libro lungo e noioso frutto di lunghi sforzi, bisogna astenersi dal confutare gli atei. Quindi, per quanto sia in voi, voi difendete, alimentate l’ateismo. Non mi meraviglio più, signor Voet, che voi, che avete scritto quattro libri sull’ateismo, non abbiate proposto nemmeno un argomento per provare l’esistenza di Dio, o per attaccare l’ateismo; anzi, avete addirittura affermato che sia una cosa molto difficile. Probabilmente temevate di essere paragonati a Vanini, perché avevate sentito dire che questi aveva scritto contro gli atei, eppure era stato bruciato per ateismo. Ma avreste dovuto notare che non fu bruciato per i suoi scritti pubblici: anche se contengono argomentazioni deboli, e forse deliberatamente ambigue, non lo esposero a alcun pericolo; fu invece condannato per azioni e parole private, prove fornite da testimoni. Del resto, a voi non importa nulla di ciò che dite, purché possiate calunniare. Si potrebbe persino pensare che non abbiate mai letto gli scritti di Vanini; perché scrivete sempre “Vaninius” invece di “Vaninus”. E poiché lo stesso errore si ripete continuamente nei vostri libri sull’ateismo, molti potrebbero pensare che quel libro sulla filosofia cartesiana sia stato scritto da voi. Tuttavia, non desidero convincere il lettore di ciò; mi basta che questo testo sia stato scritto per voi e pubblicato a vostra conoscenza e con il vostro consenso, affinché io abbia il diritto di accusarvi di offesa, proprio come ha fatto l’autore che si è presentato con quel nome.

Nell’ultimo capitolo, pagina 268, affermate che il mio metodo non produce filosofi, ma soltanto pazzi e frenetici; ne date una sola ragione: ho scritto che è necessario separare l’intelletto dai sensi per comprendere le cose divine. Capisco che voi non vogliate né meditare né pensare a Dio, per paura di diventare folli. Ora non ho bisogno di cercare l’origine di queste false voci diffuse sui discepoli di Regius: si dice che, dopo aver lasciato Utrecht, siano caduti nel delirio; voi mi spiegate tutto, pagina 269, dicendo che non volete riportare gli esempi di coloro che la nuova filosofia ha recentemente trasformato da preti della saggezza in mistagoghi e in iniziati della follia. Probabilmente non volete nominarli, affinché la falsità delle vostre calunnie non sia troppo evidente; tuttavia volete far credere che alcune persone siano state “sconvolte” da questa filosofia: privati di qualsiasi pretesto per diffamarla, vi resta soltanto la rabbia per continuare a calunniarla. E vedo chiaramente che la mia filosofia ha il potere di rendere pazzi non coloro che la approvano e la praticano, ma gli invidiosi che essa dispera.

Mais je ne me plains pas que vous détourniez les hommes d’embrasser ma philosophie, en leur faisant craindre le délire et l’enthousiasme ; peu m’importe que vous la nommiez ridicule, absurde, fausse ; que je sois ignorant, que je m’abuse, que j’aie mis par erreur dans mes écrits quelque opinion mauvaise : quelle qu’elle soit, comme je ne l’ai jamais imposée à personne, comme je ne l’ai autorisée par aucun artifice, mais que je l’ai simplement exposée, afin que chacun en usât à ses risques et périls, ma faute ne saurait être si pernicieuse, si énorme qu’il faille, inculper mon caractère : Je ne suis pas l’auteur de mes facultés, je n’ai pas choisi l’esprit qui m’anime ; je ne puis répondre que des actes de ma volonté dont Dieu m’a remis la conduite. Mais quand vous m’appelez en mille endroits de votre livre menteur, fourbe, trompeur, et qu’ensuite vous finissez par affirmer que je travaille, par les mêmes moyens que Vanini, à élever dans l’âme des ignorants le trône de l’athéisme, afin de persuader au lecteur que je veux atteindre ce but par des moyens indignes d’un honnête homme, vous attaquez mon caractère, qui dépend de ma volonté, et je manquerais à l’honneur et à mes devoirs envers Dieu si je ne me plaignais d’une si exécrable calomnie. Sans doute, si j’étais tel que vous me représentez dans ce livre, on ne devrait me souffrir dans aucun état bien réglé ; je vais plus loin, si j’avais donné lieu par ma faute de me soupçonner, même à tort, d’un si grand crime, ceux parmi lesquels j’habiterais auraient raison plaindre de vos calomnies au magistrat ; car il semble que je ne doive pas renoncer à ce moyen ; d’autant plus que vous m’avez menacé quelquefois d’écrits d’une autre espèce, c’est-à-dire d’une accusation d’injures à la manière de Fimbria, parce que, frappé par votre décret académique, j’ai osé vous répondre, et que je n’ai pas tendu la gorge à vos coups. Cependant, comme, par amour de la paix et du repos, je n’ai jamais appelé personne en justice, et que je suis tellement étranger au barreau que j’ignore même aujourd’hui à quels juges ressortit une cause de ce genre ; et comme les délits publiquement connus, lors même qu’ils ne sont pas l’objet d’une plainte particulière, sont ordinairement punis par l’autorité publique, je me contenterai d’avoir mis au grand jour vos calomnies et d’avoir rendu difficile qu’elles échappent à la vigilance de ceux que la loi charge d’en connaître.

Et d’abord, pour plaider ici en peu de mots la cause de votre professeur de Groningue, je désire que ceux à qui il appartient d’en juger considèrent qu’il n’y avait rien jusqu’alors entre lui et moi ; que, malgré vos ressentiments, et quoiqu’il vous nomme son maître, il n’a aucun droit de m’attaquer ; que par conséquent ils n’ont pas besoin d’examiner si vous avez tort ou raison de m’en vouloir. Qu’ils considèrent aussi que je ne me plains pas de ce qu’il attaque mes opinions philosophiques ; il est libre de les trouver fausses, ridicules, absurdes : elles n’intéressent pas mon caractère, mais seulement mon esprit, et cependant vous êtes convenus que je n’étais pas sans talent. Bien plus, je passe sous silence toutes ses injures ; je ne demande justice que d’une seule : à la page 13 de sa préface, et dans tout l’avant-dernier chapitre de son livre, il dit expressément que j’enseigne l’athéisme d’une manière perfide et insensible, et il tâche de le faire croire par des raisons méchamment inventées. Toute la question est renfermée dans ces deux passages ; on peut, si l’on veut, ne pas lire tout le reste ; il est inutile de chercher d’autres témoignages. Si les raisons qu’il y a données prouvent, ou que je suis athée, ou que j’enseigne l’athéisme, ou seulement que j’aie donné quelque sujet de le soupçonner ; si même il peut apporter quelques nouvelles raisons qui démontrent ce qu’il a avancé, point de doute, je dois être très sévèrement puni, et je ne demande aucune grâce, aucun pardon : si au contraire, comme j’en suis certain, il n’en a point de meilleures que celles qu’il a déjà exposées, et si, comme je suis sûr que tout juge équitable en sera frappé, l’on n’en peut rien conclure, si ce n’est qu’il calomnie avec une odieuse effronterie, je supplie les tribunaux, autant qu’il est en moi, de décider une fois si la calomnie ne sera jamais punie dans ce pays. Car celle-ci est si odieuse, si inexcusable et si publique qu’elle ne peut rester impunie, saris paraître autoriser toutes les autres. Je sais bien que les citoyens de ces provinces aiment passionnément la liberté ; mais je m’assure que cette liberté consiste dans la sécurité des bons et des innocents, et non dans l’impunité des méchants ; et comme la sûreté des bons est incompatible avec la liberté de nuire accordée aux méchants, je crois que la liberté de cette république consiste surtout dans l’égalité des droits de tous, dans l’incorruptible équité des jugements, qui protègent l’offensé contre l’agresseur, sans acception de personnes, sinon avec rigueur et cruauté, du moins avec une infaillible vigilance. On peut quelquefois fermer les yeux sur des calomnies moins graves et plus obscures ; mais aucune ne saurait être plus grave ni plus éclatante. Le parricide, celui qui brûle ou qui trahit sa ville natale, sont moins coupables que celui qui enseigne frauduleusement l’athéisme : car il faut observer que vous dites, non pas que je suis athée, on pourrait me croire plus ignorant que coupable ; mais que j’insinue aux autres perfidement et d’une manière insensible le venin de l’athéisme. C’est m’accuser de la trahison la plus coupable et la plus insidieuse ; c’est un crime plus exécrable d’être infidèle à Dieu que de trahir sa patrie ou ses parents. Et, pour donner de moi cette opinion au lecteur, vous m’appelez cent fois dans votre livre menteur, fourbe, trompeur ; si je mérite ces noms, ou si jamais vous m’avez convaincu de mensonge ou de la moindre fraude, ou si vous pouvez prouver qu’un autre m’y ait surpris, que votre professeur de Groningue soit absous, j’y consens, et que je sois puni à sa place. Mais si, par la méchanceté la plus raffinée, vous n’avez accablé de tant d’injures un homme qui devait plus qu’un autre être à l’abri de pareils soupçons, que pour faire croire qu’il enseignait secrètement l’athéisme, chez quelle nation, je vous le demande, cet attentat peut-il rester impuni ? Ajoutez que votre calomnie n’est pas seulement connue d’une ou deux personnes, mais que vous l’avez répandue par toute, la terre. Il y a trois ans, lorsqu’on publia contre moi, à La Haye, un libelle anonyme, si faible de raisons, que le vôtre, tout supérieur qu’il est en méchanceté, ne peut que lui être égalé pour la faiblesse et l’absurdité, beaucoup de gens, en France, en Angleterre et ailleurs, désirèrent d’abord de le voir, et après l’avoir lu, ils furent dans l’indignation et dans l’étonnement, que chez un peuple aussi poli, on pût tolérer tant de grossièreté et d’impertinence. Que vont-ils dire, aujourd’hui qu’outre la faiblesse des raisons et l’indignité des injures, ils trouveront encore vos odieuses calomnies ? Que diront-ils en apprenant qu’un professeur de philosophie d’une académie se vante d’être l’auteur du livre, et que vous, professeur de théologie dans une autre académie, vous qui voulez passer pour la lumière et l’ornement des églises des Provinces-Unies, vous en êtes regardé comme le principal auteur ? Ils ne croiront pas sans doute que Vous êtes payé par l’état pour Composer de pareils livres, pour apprendre à la jeunesse l’art de mentir avec tant d’impudence, d’invectiver avec tant d’injustice, de calomnier avec tant de licence et d’infamie, et pour déshonorer ainsi vos académies chez les étrangers. Si ces considérations frappent les autorités dont relève votre professeur de Groningue, je ne pense pas qu’il puisse trouver auprès d’elles aucune excuse.

But I do not complain that you deter people from embracing my philosophy by making them fear madness and enthusiasm; it matters little to me whether you call it ridiculous, absurd, or false; whether I am ignorant, mistaken, or have inadvertently included some harmful opinions in my writings. Whatever those opinions may be, since I have never imposed them on anyone, nor used any trickery to promote them, but simply presented them for everyone to use at their own risk, my fault cannot be so grievous or terrible as to warrant an attack on my character. I am not the creator of my own faculties; I did not choose the spirit that animates me. I can only be responsible for the actions of my will, which God has placed under my control. But when you call me a liar, a cunning deceiver in every passage of your deceitful book, and then go on to claim that I am using the same methods as Vanini to foster atheism in the hearts of the ignorant, thereby convincing readers that I seek to achieve this goal through means unworthy of an honest man, you are attacking my character, which is indeed within my control. If I did not protest against such abhorrent slander, I would be failing in both my honor and my duty toward God. Surely, if I were truly what you depict me as in this book, no respectable society would tolerate me; moreover, if I had given you even the slightest reason to suspect me of such a grave crime, those among you who knew me would have every right to bring your accusations before the authorities. Since it seems that I cannot abandon this method of defending myself—and since you have sometimes threatened me with even more severe accusations, akin to those made by Fimbria—because I dared to respond to your academic decrees and refused to submit passively to your attacks—I will simply expose your slander and make it impossible for it to escape the notice of those who are charged with investigating such matters.

First and foremost, in order to briefly plead on behalf of your professor from Groningen, I request that those who are entitled to judge this matter consider the following: up until now, there was nothing between him and me; despite your grievances, and even though he calls you his master, he has no right to attack me. Therefore, there is no need for them to examine whether you have a right or not to hold grudges against me. I also wish to make it clear that I am not complaining about the fact that he attacks my philosophical opinions; he is free to consider them false, ridiculous, or absurd—after all, they concern only my mind, not my character. Moreover, you yourselves have acknowledged that I am not without talent. Furthermore, I choose to ignore all his insults and demand justice only on one point: on page 13 of his preface, as well as throughout the penultimate chapter of his book, he explicitly states that I teach atheism in a perfidious and insensitive manner, and he attempts to prove this through maliciously fabricated arguments. The entire issue boils down to these two passages; one could choose not to read the rest at all, as there is no need for additional evidence. If the reasons he provides prove either that I am an atheist, that I teach atheism, or even that I have given cause for such suspicion; if he can offer new arguments to support his claims—then undoubtedly, I deserve severe punishment. I ask for no mercy or forgiveness. On the other hand, if, as I am certain, he has no better arguments than those he has already presented, and if any fair judge will be convinced by them, then it follows that he is simply spreading slander with abhorrent audacity. I implore the courts, to the best of their ability, to decide once and for all whether such slander can ever go unpunished in this country. For such slander is so vile, so unforgivable, and so blatant that it cannot remain unchecked—otherwise, it would seem to justify all other forms of slander as well. I know that the citizens of these provinces passionately cherish freedom; but I believe that true freedom lies in the safety of the good and the innocent, not in the impunity of the wicked. Since the safety of the good is incompatible with granting the wicked the freedom to harm others, I believe that the essence of this republic’s freedom lies in the equality of rights for all, in the impartial and unwavering fairness of justice—justice that protects the offended against the aggressor, without any distinction of person, but with rigidity and severity, or at least with unwavering vigilance. Sometimes, less serious and more obscure slander may be overlooked; but none could be more grave or more blatant than this one. The parricide—who burns down or betrays his hometown—is less guilty than those who deceitfully teach atheism; for it must be noted that you do not claim that I am an atheist, for that would make me seem more ignorant than guilty; rather, you accuse me of insidiously and mercilessly instilling the poison of atheism into others. This is to charge me with the most heinous and treacherous form of betrayal; it is a far more abhorrent crime to be disloyal to God than to betray one’s country or parents. And in order to convey this view of me to the reader, you call me a liar, a cunning swindler, a deceiver hundreds of times over in your book. If I truly deserve such names, or if you have ever convinced me of lying or committing any deceit, or if you can prove that someone else has caught me at it, then let your professor from Groningen be acquitted, and let me be punished in his place. But if, through the most refined malice, you have heaped so many insults upon a man who ought more than anyone else to be free from such suspicions—then, I ask you, in what nation can such an outrage go unpunished? Moreover, your slander is not known to just one or two people; you have spread it throughout the world. Three years ago, when an anonymous libel was published against me in The Hague, one so lacking in substance that yours, in terms of malice, could only be equal to it in its weakness and absurdity—many people in France, England, and elsewhere were initially eager to read it. But after doing so, they were filled with indignation and astonishment at how such rudeness and impertinence could be tolerated in a nation so polite. What will they say now, when, in addition to the weak arguments and outrageous insults, they discover your vile slander? What will they think when they learn that a philosophy professor from one academy boasts of being the author of this book, while you, a theology professor from another academy—who profess to be the light and glory of the churches of the Netherlands—are regarded as its chief instigator? They will surely not believe that you are paid by the state to write such books, to teach young people the art of lying with such audacity, to hurl insults with such injustice, to spread slander with such licentiousness and infamy, thus bringing shame upon your academies abroad. If these considerations persuade the authorities over whom your professor from Groningen holds authority, I do not believe he will find any excuse for his actions.

Ma non mi lamento affatto che voi distogliate gli uomini dal seguire la mia filosofia, facendoli temere il delirio e l’entusiasmo; non mi importa affatto se la definite ridicola, assurda o falsa; che io sia ignorante, che m’inganni, che abbia involontariamente espresso nelle mie opere opinioni errate: qualunque essa sia, poiché non l’ho mai imposta a nessuno, né l’ho promossa con alcun artificio, ma l’ho semplicemente esposta affinché ognuno la utilizzasse a proprio rischio e pericolo, il mio errore non può essere così dannoso da giustificare un’accusa contro il mio carattere. Non sono io l’autore delle mie capacità mentali, non ho scelto lo spirito che mi anima; posso rispondere soltanto degli atti della mia volontà, di cui Dio ha affidato a me la guida. Ma quando voi, in molte parti del vostro libro mendace e ingannevole, mi definite bugiardo, astuto, truffatore, e poi affermate che io utilizzi gli stessi metodi di Vanini per diffondere l’ateismo tra gli ignoranti, convincendo il lettore che intenda raggiungere questo scopo con mezzi indegni di un uomo onesto, allora state attaccando il mio carattere, che dipende dalla mia volontà. E se non mi lamentassi di una calunnia così abominevole, mancherei all’onore e ai miei doveri verso Dio. Senza dubbio, se fossi davvero come voi mi descrivete in questo libro, nessuno dovrebbe tollerarmi in alcuna società civile; anzi, se per mia colpa si potesse sospettare che abbia commesso un crimine così grave, coloro tra cui vivo avrebbero tutto il diritto di denunciare le vostre calunnie alle autorità. Poiché sembra che non debba rinunciare a questo modo di esprimere le mie idee; soprattutto considerando che alcune volte mi avete minacciato con altre forme di accusa, cioè con accuse di offese, proprio perché ho osato rispondervi dopo essere stato colpito dal vostro decreto accademico, e non ho accettato passivamente le vostre aggressioni. Tuttavia, poiché desidero la pace e il tranquillo, non ho mai chiamato nessuno in giudizio, e sono così lontano dall’essere un avvocato che oggi stesso ignoro davanti a quali tribunali dovrebbero essere portate cause di questo genere; inoltre, poiché i reati noti al pubblico vengono solitamente puniti dalle autorità, mi accontenterò di aver reso note le vostre calunnie e di aver fatto sì che non possano sfuggire alla vigilanza di coloro che hanno il compito di verificarle.

Innanzitutto, per difendere in poche parole la causa del vostro professore di Groninga, desidero che coloro che hanno il diritto di giudicarlo considerino che fino ad ora non c’è mai stato nulla tra lui e me; che, nonostante i vostri rancori, e anche se lui mi chiama suo maestro, non abbia alcun diritto di attaccarmi; quindi non è necessario esaminare se abbiate ragione o torto nel serbarmi rancore. Vorrei inoltre che si considerasse che io non mi lamento per le critiche rivolte alle mie opinioni filosofiche: lui è libero di ritenerle false, ridicole o assurde; queste opinioni non riguardano il mio carattere, ma soltanto la mia mente, eppure siete tutti d’accordo nel riconoscere che non manco di talento. Ancora, ignoro completamente tutte le sue offese; chiedo giustizia solo per un punto: a pagina 13 della sua prefazione, e in tutto l’ultimo capitolo del suo libro, egli afferma esplicitamente che io insegni l’ateismo in modo perfido e insensibile, e cerca di far credere ciò con argomentazioni maliziosamente inventate. Tutto si riduce a questi due passaggi; si può tranquillamente ignorare il resto del testo; non è necessario cercare altre prove. Se le ragioni addotte da lui dimostrano che io sia ateo, o che insegni l’ateismo, o semplicemente che abbia fornito motivo di sospettarlo; se addirittura può presentare nuove argomentazioni a sostegno delle sue accuse, allora senza dubbio devo essere punito severamente. E non chiedo alcuna grazia, nessun perdono. Al contrario, se, come sono certo, le sue argomentazioni non sono migliori di quelle già esposte, e se, come sono sicuro, qualsiasi giudice equo ne sarà convinto, allora non si può concludere altro che egli stia diffamando me con una odiosa sfacciataggine. Supplico quindi i tribunali di decidere una volta per tutte se la calunnia possa rimanere impunita in questo paese. Poiché questa calunnia è così odiosa, così inescusabile e così pubblica, non può certo restare senza conseguenze. Altrimenti ciò significherebbe autorizzare tutte le altre forme di calunnia. So bene che i cittadini di queste province amano appassionatamente la libertà; ma sono convinto che questa libertà consista nella sicurezza dei buoni e degli innocenti, e non nell’impunità dei malvagi. E poiché la sicurezza dei buoni è incompatibile con l’impunità concessa ai malvagi, credo che la vera libertà di questa repubblica risieda soprattutto nell’uguaglianza dei diritti di tutti, nell’equità infallibile dei giudizi che proteggono l’offeso contro l’aggressore, senza distinzioni personali, ma con rigore e severità. A volte si può chiudere un occhio su calunnie meno gravi e meno evidenti; ma nessuna calunnia potrebbe essere più grave o più palese di questa. Il parricida, colui che brucia o tradisce la sua città natale, è meno colpevole di colui che insegna fraudolentemente l’ateismo: perché bisogna osservare che voi non dite “io sono ateo”, altrimenti si potrebbe pensare che io sia più ignorante che colpevole; ma che io insinuo agli altri, in modo perfido e insensibile, il veleno dell’ateismo. Questo significa accusarmi della tradizione più colpevole e più insidiosa; è un crimine ancora più abominevole essere infedeli a Dio che tradire la propria patria o i propri genitori. E per dare al lettore questa opinione su di me, voi mi chiamate cento volte nel vostro libro bugiardo, astuto, truffatore; se merito questi nomi, o se mai siete riusciti a convincermi di essere un mentitore o di aver commesso la minima frode, o se potete provare che qualcun altro mi abbia sorpreso in tali atti, che il vostro “professore” di Groninga sia scagionato, io lo accetto e sarò punito al suo posto. Ma se, con la malvagità più raffinata, avete coperto d’insulti un uomo che doveva essere più protetto di chiunque altro da simili sospetti, per far credere che insegnasse segretamente l’ateismo, in quale nazione, vi chiedo, può un tale atto rimanere impunito? Aggiungete che la vostra calunnia non è conosciuta solo da una o due persone, ma che l’avete diffusa in tutto il mondo. Tre anni fa, quando a L’Aia fu pubblicato contro di me un libello anonimo, così debole nelle argomentazioni che il vostro, per quanto più malvagio, non può essere paragonato a esso per la debolezza e l’assurdità, molte persone in Francia, in Inghilterra e altrove desiderarono prima leggerlo, e dopo averlo letto furono indignate e sorprese nel constatare che in un popolo così educato si potesse tollerare tanta volgarità e insolenza. Cosa diranno oggi, quando scopriranno non solo la debolezza delle argomentazioni e l’indignità degli insulti, ma anche le vostre odiose calunnie? Cosa diranno aprendo gli occhi sul fatto che un professore di filosofia di un’accademia si vanta di essere l’autore di quel libro, e che voi, professore di teologia in un’altra accademia, voi che vi presentate come la luce e l’onore delle chiese delle Province Unite, siete considerato il suo principale autore? Probabilmente non crederanno che siate pagati dallo stato per scrivere libri del genere, per insegnare alla gioventù l’arte di mentire con tanta impudenza, di insultare con tanta ingiustizia, di calunniare con tanta licenzia e infamia, e così disonorare le vostre accademie agli occhi degli stranieri. Se queste considerazioni colpiscono le autorità a cui appartiene il vostro “professore” di Groninga, non credo che possa trovare alcuna scusa da loro.

Quant à Vous, je prévois ce que vous allez dire ; vous nierez tout audacieusement ; vous ne reconnaîtrez pas le livre sur la philosophie cartésienne, peut-être en promettrez-vous un autre sur le tombeau de l’orgueil de Descartes, et de sa curiosité excessive et inouïe dans une académie, une république et une église étrangère ; vous ajouterez que vous ne pensez pas qu’il plaise aux gens sages qu’un étranger obscur, professant extérieurement le papisme, mais au fond candidat du scepticisme, sinon de l’athéisme, proteste continuellement qu’il ne touche, ni à la théologie, ni aux matières ecclésiastiques, tandis que sous prétexte de discussions philosophiques, il dirige toutes ses attaques contre les seuls théologiens, laissant en paix les médecins et les philosophes, qu’il pénètre furtivement dans le domaine de la théologie et de la police ecclésiastique, et qu’il médite de troubler les églises et les académies ; qu’on ne doit attendre de ces attentats, comme le savent ceux qui connaissent le caractère des habitants des Provinces-Unies, que l’ébranlement de la république et des dissensions parmi les grands. C’est en ces termes que vous concluez les Paralipomènes de la préface. Tout cela est si impertinent et si absurde, que les bons paysans du village où vous avez été prédicateur n’y ajouteraient même pas foi ; à plus forte raison ne dois-je pas craindre que vous en tiriez quelque utilité dans une ville aussi éclairée qu’aucune autre des Provinces-Unies. Car, premièrement, quand vous ne seriez pas l’auteur du livre sur la philosophie cartésienne (et en effet de savants critiques pensent que vous n’en avez fourni que le fond, bien que, le jugeant par les pensées plutôt que par les mots, j’aie dit plus haut qu’il était évidemment de vous), il suffit qu’il ait été publié pour vous et de concert avec vous, pour que vous soyez aussi coupable que si vous l’aviez écrit seul. Ensuite, quand vous me reprochez de montrer une curiosité excessive dans une académie, une église et une république, où je suis étranger, parce que j’ai osé examiner le jugement publié contre moi sous le nom de votre académie, que je vous en ai considéré, sinon comme l’unique, du moins comme le principal auteur (ce qui est incontestable, puisque vous étiez alors recteur de l’académie, et que vous avez présidé à ce jugement) ; enfin, parce que j’ai tracé le tableau de quelques-uns de vos vices, afin de décréditer vos calomnies. Qui ne voit que vous imitez l’iniquité de Fimbria ? Vous voulez qu’il vous soit permis de me déshonorer, moi, sur qui vous n’eûtes jamais aucun droit ; et vous m’accusez d’orgueil, parce que j’ai murmuré contre votre insolente tyrannie. Sans doute vous faites injure à votre académie, à votre république et à votre Église, en voulant que vos vices soient une partie d’elles-mêmes, un objet sacré interdit aux regards profanes d’un étranger. Vous avez autrefois porté contre Desmarets la même accusation de curiosité, parce qu’il avait osé examiner vos thèses sacrées. Et vous, n’étiez-vous pas coupable d’une curiosité excessive dans une république étrangère, lorsque vous accusiez d’idolâtrie, dans ces mêmes thèses, les principaux habitants de Bois-le-Duc ? Ce serait une merveille que vous pussiez persuader à leurs seigneuries que la puissance d’un professeur de théologie dans votre nouvelle académie doit être assez grande pour condamner, à son gré et sans raison, par jugements publics ; et qu’il ne doit pas être permis à ceux qu’il a ainsi condamnés de murmurer contre ses arrêts, sans encourir d’abord l’accusation de curiosité excessive dans une république étrangère, sans qu’on dise qu’ils pénètrent furtivement dans le domaine sacré de la théologie et de votre police ecclésiastique, et qu’ils méditent de troubler les églises et les académies. En vérité, vous faites beaucoup d’honneur à votre Église, si vous prétendez que vos calomnies composent son domaine ; en sorte que personne ne puisse s’en plaindre sans entreprendre d’en troubler la paix. Vainement m’appellerez-vous étranger et papiste ; je n’ai pas besoin de dire que, par la nature des traités de mon souverain avec la république, quand j’y aborderais aujourd’hui pour la première fois, je devrais cependant jouir de droits égaux à ceux des indigènes. Je ne dirai pas non plus que j’habite ce pays depuis tant d’années, que j’y suis si bien connu des honnêtes gens que, quand je serais d’une nation ennemie, je ne devrais plus passer pour étranger. Il est également inutile que je réclame la liberté religieuse qui nous est accordée par vos lois ; mais j’affirme que votre livre renferme des mensonges si coupables, des injures si basses, des calomnies si odieuses, qu’un ennemi ne pourrait les proférer contre un ennemi, un chrétien contre un infidèle, sans faire preuve d’une perversité coupable. J’ajoute que j’ai trouvé tant de politesse dans cette nation, que j’ai reçu de tous ceux que j’ai fréquenté tant de témoignages d’amitié, que j’ai éprouvé de la part de tout le monde tant de bonté et d’obligeance, tant d’éloignement pour cette licence brutale et grossière qui vous porte à attaquer les hommes les plus innocents et que vous connaissez le moins, que je ne doute pas que vous ne soyez l’objet d’une plus grande aversion parmi vos compatriotes que les étrangers d’aucun pays. Enfin, d’après la connaissance que j’ai du caractère national, je pense que l’autorité, à l’exemple de Dieu, diffère souvent la punition des coupables ; mais que, quand leur audace s’est augmentée au point qu’elle juge nécessaire de la réprimer, aucun crédit ne peut la corrompre, aucune vaine parole la tromper. Vous, qui déshonorez votre religion et votre profession en publiant des livres sans raison, sans charité, et qui ne sont remplis que de calomnies, prenez garde qu’elle ne juge, qu’elle ne compromette son équité en différant de vous punir.

FIN DE LA LETTRE DE RENÉ DESCARTES A GISBERT VOET

As for you, I anticipate what you are about to say: you will boldly deny everything; you will refuse to acknowledge the book on Cartesian philosophy, and perhaps even promise another one at the tomb of Descartes’ pride—and his excessive and unprecedented curiosity in a foreign academy, republic, and church. You will add that you do not think it would please wise people for some obscure stranger, who outwardly professes papistry but in reality is a champion of skepticism, if not atheism, to constantly claim that he has nothing to do with theology or ecclesiastical matters, while under the guise of philosophical discussions, he actually directs all his attacks solely at theologians, leaving physicians and philosophers unharmed. You will also claim that such actions would only shake the republic and cause divisions among the elite—something those who know the character of the inhabitants of the Dutch Provinces can easily foresee. In these very terms you conclude your “Paralipomènes” to the preface. All of this is so irrelevant and absurd that even the honest villagers in the village where you once preached would not give it a second thought; how much less should I fear that you might benefit from such behavior in a city as enlightened as any in the Dutch Provinces. First of all, even if you were not the author of that book on Cartesian philosophy (and indeed, some discerning critics believe you only provided its underlying framework, although, judging by the ideas rather than the words, I have said above that it was clearly your work), the very fact that it was published—whether by you or in collaboration with you—is enough to make you equally responsible as if you had written it yourself. Secondly, when you accuse me of showing excessive curiosity in an academy, church, and republic where I am a stranger, simply because I dared to examine the judgment issued against me in the name of your academy, and because I considered you its primary, if not sole, author (which is undeniable, since you were then the rector of the academy and presided over that judgment), and finally, because I described some of your vices in order to discredit your slander—who cannot see that you are merely imitating the injustice of Fimbria? You want to be allowed to dishonor me, someone you have no right to insult at all; and you accuse me of pride because I have voiced my opposition to your arrogant tyranny. Surely you are insulting your own academy, republic, and church by implying that your vices are an integral part of them, a sacred matter forbidden to the profane gaze of a stranger. You once made the same accusation against Desmarets for daring to examine your sacred theses. And you yourselves, were you not guilty of excessive curiosity in a foreign republic when you accused the main inhabitants of Bois-le-Duc of idolatry in those very treatises? It would be truly remarkable if you could persuade their authorities that the power of a theology professor in your new academy was sufficient to condemn people at will and without reason through public judgments; and that those whom he thus condemned were not allowed to murmur against his decisions, without first being accused of excessive curiosity in a foreign republic—without being labeled as those who intrude upon the sacred domain of theology and your ecclesiastical authority, and without being suspected of attempting to disrupt churches and academies. Indeed, you do your church a great honor if you claim that your slanderous writings constitute its legitimate domain, so that no one can complain about them without threatening to disturb its peace. In vain you call me a foreigner and a papist; I need not say that, given the nature of the treaties between my sovereign and this republic, I should still enjoy rights equal to those of the locals if I were to visit it for the first time today. Nor will I claim that I have lived in this country for so many years or am so well-known among the honest people here that I would no longer be considered a foreigner even if I were from an enemy nation. It is also unnecessary for me to demand the religious freedom granted to us by your laws; but I assert that your books contain such vile lies, such base insults, such hateful slander that not even an enemy could utter them against another enemy, or a Christian against a non-believer, without showing extreme malice. Moreover, I have experienced so much courtesy in this nation, received so many signs of friendship from everyone I have met, and witnessed so much kindness and generosity from all people—that I am certain you arouse even greater disgust among your own compatriots than foreigners from any other country. Finally, based on my understanding of the national character, I believe that authority, like God, often delays punishing the guilty; but when their audacity reaches such a level that punishment becomes necessary, no flattery can corrupt it, and no empty words can deceive it. You, who dishonor your religion and profession by publishing slanderous books without reason or compassion—be careful lest justice itself be compromised because you choose not to punish those who deserve it.

END OF THE LETTER FROM RENE DESCARTES TO GISBERT VOET

Quanto a voi, prevedo esattamente ciò che direte: negherete tutto con audacia, non riconoscerete il libro sulla filosofia cartesiana, forse ne prometterete un altro sulla tomba dell’orgoglio e della curiosità eccessiva di Cartesio in un’accademia, in una repubblica e in una chiesa straniera; aggiungerete inoltre che non ritenete sia opportuno che persone sagge permettano a uno straniero oscuro, che esteriormente professa il papismo ma in realtà è un sostenitore del scetticismo, se non dell’ateismo, di protestare continuamente che non si occupi né della teologia né delle questioni ecclesiastiche, mentre, sotto pretesto di discussioni filosofiche, dirige tutte le sue attacchi contro i soli teologi, lasciando in pace medici e filosofi; insomma, affermerete che tali attacchi porteranno solo al sconvolgimento della repubblica e a dissensioni tra i potenti. È con queste parole che concludete i “Paralipomeni” della prefazione. Tutto ciò è così impertinente e assurdo che nemmeno i buoni contadini del villaggio in cui avete predicato vi crederebbero; figuriamoci se dovrei temere che possiate trarne qualche vantaggio in una città così illuminata come qualsiasi altra delle Province Unite. Primo di tutto, anche se non foste l’autore del libro sulla filosofia cartesiana (e infatti alcuni critici saggi ritengono che abbiate fornito soltanto il contenuto fondamentale, anche se, giudicandovi dalle vostre idee piuttosto che dalle parole, ho detto prima che siate chiaramente voi l’autore), basta che sia stato pubblicato perché voi ne siate ritenuti colpevole, come se lo aveste scritto personalmente. In secondo luogo, quando mi rimproverate per la mia eccessiva curiosità in un’accademia, in una chiesa e in una repubblica dove sono straniero, perché ho osato esaminare il giudizio pubblicato contro di me a nome della vostra accademia, perché vi ho considerato, se non l’unico, almeno il principale autore di tale giudizio (il che è indiscutibile, poiché all’epoca eravate rettore dell’accademia e avete presieduto a quel processo); infine, perché ho descritto alcuni dei vostri vizi al fine di screditare le vostre calunnie. Chi non vede che imitate l’iniquità di Fimbria? Volete che vi sia permesso di disonorarmi, io, su cui non avete alcun diritto; e mi accusate di orgoglio perché ho osato lamentarmi della vostra tirannia insopportabile. Senza dubbio insultate la vostra accademia, la vostra repubblica e la vostra chiesa, quando volete che i vostri vizi siano considerati parte di esse stesse, un oggetto sacro vietato ai profani occhi di uno straniero. In passato avete mosso lo stesso rimprovero a Desmarets per aver osato esaminare le vostre tesi sacre. E voi, non eravate forse colpevoli di una curiosità eccessiva in una repubblica straniera, quando accusavate di idolatria, nelle stesse tesi, i principali abitanti di Bois-le-Duc? Sarebbe davvero meraviglioso se riusciste a convincere le loro autorità che il potere di un professore di teologia nella vostra nuova accademia debba essere tale da permettergli di condannare, a suo piacimento e senza motivo, attraverso giudizi pubblici; e che non debba essere permesso a coloro che sono stati così condannati di lamentarsi delle sue decisioni, senza prima essere accusati di curiosità eccessiva in una repubblica straniera, senza che si dica che stiano violando il sacro dominio della teologia e della vostra polizia ecclesiastica, o che intendano disturbare chiese e accademie. In verità, fate davvero onore alla vostra Chiesa se pretendete che le vostre calunnie facciano parte del suo territorio; in questo modo, nessuno potrebbe lamentarsene senza mettere a rischio la pace pubblica. Invano mi chiamerete straniero e papista; non ho bisogno di dire che, data la natura dei trattati tra il mio sovrano e questa repubblica, anche se vi entrassi oggi per la prima volta, dovrei comunque godere di diritti uguali a quelli degli abitanti autoctoni. Non dirò nemmeno che vivo in questo paese da tanti anni e che sono così conosciuto dalle persone oneste da non essere più considerato uno straniero, anche se provenissi da una nazione nemica. È inutile che reclami la libertà religiosa che le vostre leggi ci concedono; ma affermo che il vostro libro contiene menzogne così gravi, insulti così volgari e calunnie così odiose, che nemmeno un nemico oserebbe pronunciarle contro un altro nemico, o un cristiano contro un infedele, senza dimostrare una perversità davvero ripugnante. Aggiungo inoltre che ho trovato in questa nazione tanta cortesia da ricevere da tutti coloro che ho incontrato segni evidenti di amicizia; ho provato da parte di tutti tanta gentilezza e disponibilità, così come un profondo disprezzo per quella licenziosità brutale e volgare che vi spinge ad attaccare le persone più innocenti e poco conosciute. Non dubito quindi che tra i vostri connazionali siate oggetto di un’antipatia ancora maggiore rispetto agli stranieri di qualsiasi altro paese. Infine, conoscendo il carattere nazionale di questa gente, penso che l’autorità, seguendo l’esempio di Dio, spesso ritardi la punizione dei colpevoli; ma quando la loro audacia raggiunge un livello tale da rendere necessaria una reazione, nessuna influenza può corromperla, nessuna parola vana può ingannarla. Voi, che disonorate la vostra religione e la vostra professione pubblicando libri privi di motivo e di compassione, pieni solo di calunnie, fate attenzione: forse Dio deciderà di punirvi prima ancora che voi abbiate il coraggio di farlo.

Fine della lettera di René Descartes a Gisbert Voet