Descartes
Abstract
A description of the human body as a pure machine built by God — an automaton whose movements (digestion, breathing, reflexes) are explained without invoking the soul — completed by its union with a distinct thinking soul. The text that founds the beast-machine doctrine and anticipates the pineal gland as the seat of the soul-body union.
Connections
Assi: Anima e corpo
Posizioni: dualismo sostanziale
Concetti: l’animale-macchina, ghiandola pineale, anima, causa
Forme: trattato
Scuole: razionalismo continentale
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Première partie
DE LA MACHINE DE SON CORPS
Ces hommes seront composés, comme nous, d’une âme et d’un corps ; et il faut que je vous décrive premièrement le corps à part, puis après l’âme aussi à part, et enfin que je vous montre comment ces deux natures doivent être jointes et unies pour composer des hommes qui nous ressemblent.
Je suppose que le corps n’est autre chose qu’une statue ou machine de terre que Dieu forme tout exprès pour la rendre la plus semblable à nous qu’il est possible, en sorte que non seulement il lui donne au dehors la couleur et la figure de tous nos membres, mais aussi qu’il met au dedans toutes les pièces qui sont requises pour faire qu’elle marche, qu’elle mange, qu’elle respire, et enfin qu’elle imite toutes celles de nos fonctions qui peuvent être imaginées procéder de la matière, et ne dépendre que de la disposition des organes.
Nous voyons des horloges, des fontaines artificielles, des moulins, et autres semblables machines qui, n’étant faites que par des hommes, ne laissent pas d’avoir la force de se mouvoir d’elles-mêmes en plusieurs diverses façons ; et il me semble que je ne saurais imaginer tant de sortes de mouvements en celle-ci, que je suppose être faite des mains de Dieu, ni lui attribuer tant d’artifice, que vous n’ayez sujet de penser qu’il y en peut avoir encore davantage.
Or je ne m’arrêterai pas à, vous décrire les os, les nerfs, les muscles, les veines, les artères, l’estomac, le foie, la rate, le cœur, le cerveau, ni toutes les autres diverses pièces dont elle doit être composée ; car je les suppose du tout semblables aux parties de notre corps qui ont les mêmes noms, et que vous pouvez vous faire montrer par quelque savant anatomiste, au moins celles qui sont assez grosses pour être vues, si vous ne les connaissez déjà assez suffisamment de vous-même : et pour celles qui, à cause de leur petitesse, sont invisibles, je vous les pourrai plus facilement et plus clairement faire connaître en vous parlant des mouvements qui en dépendent ; si bien qu’il est seulement ici besoin que j’explique par ordre ces mouvements, et que je vous dise par même moyen quelles sont celles de nos fonctions qu’ils représentent.
Premièrement les viandes se digèrent dans l’estomac de cette machine par la force de certaines liqueurs qui, se glissant entre leurs parties, les séparent, les agitent, et les échauffent, ainsi que l’eau commune fait celles de la chaux vive, ou l’eau forte celles des métaux ; outre que ces liqueurs étant apportées du cœur fort promptement par les artères, ainsi que je vous dirai ci-après, ne peuvent manquer d’être fort chaudes : et même les viandes sont telles, pour l’ordinaire, qu’elles se pourraient corrompre et échauffer toutes seules, ainsi que fait le foin nouveau dans la grange quand on l’y serre avant qu’il soit sec.
Et sachez que l’agitation que reçoivent les petites parties de ces viandes en s’échauffant, jointe à celle de l’estomac et des boyaux qui les contiennent, et à la disposition des petits filets dont ces boyaux sont composés, fait qu’à mesure qu’elles se digèrent, elles descendent peu à peu vers le conduit par où les plus grossières d’entre elles doivent sortir ; et que cependant les plus subtiles et les plus agitées rencontrent çà et là une infinité de petits trous, par où elles s’écoulent dans les rameaux d’une grande veine qui les porte vers le foie, et en d’autres qui les portent ailleurs, sans qu’il y ait rien que la petitesse de ces trous qui les sépare des plus grossières ; ainsi que, quand on agite de la farine dans un sac, toute la plus pure s’écoule, et il n’y a rien que la petitesse des trous par où elle passe qui empêche que le son ne la suive.
Ces plus subtiles parties des viandes étant inégales, et encore imparfaitement mêlées ensemble, composent une liqueur qui demeurerait toute trouble et toute blanchâtre, n’était qu’une partie se mêle incontinent avec la masse du sang, qui est contenue dans tous les rameaux de la veine nommée porte (qui reçoit cette liqueur des intestins), dans tous ceux de la veine nommée cave (qui la Conduit vers le cœur), et dans le foie, ainsi que dans un seul vaisseau.
Même il est ici à remarquer que les pores du foie sont tellement disposés que, lorsque cette liqueur entre dedans, elle s’y subtilise, s’y élabore, y prend sa couleur, et y acquiert la forme du sang, tout ainsi que le suc des raisins noirs, qui est blanc, se convertit en vin clairet lorsqu’on le laisse cuver sur la râpe.
Or ce sang ainsi contenu dans les veines n’a qu’un seul passage manifeste par où il en puisse sortir, savoir celui qui le conduit dans la concavité droite du cœur ; et sachez que la chair du cœur contient dans ses pores un de ces feux sans lumière dont je vous ai parlé ci-dessus, qui la rend si chaude et si ardente, qu’à mesure qu’il entre du sang dans quelqu’une des deux chambres ou concavités qui sont en elle, il s’y enfle promptement, et s’y dilate, ainsi que vous pourrez expérimenter que fera le sang ou le lait de quelque animal que ce puisse être, si vous le versez goutte à goutte dans un vase qui soit fort chaud ; et le feu qui est dans le cœur de la machine que je vous décris n’y sert à autre chose qu’à dilater, échauffer et subtiliser ainsi le sang, qui tombe continuellement goutte à goutte, par un tuyau de la veine cave, dans la concavité de son côté droit, d’où il s’exhale dans le poumon ; et de la veine du poumon, que les anatomistes ont nommée l’artère veineuse dans son autre concavité, d’où il se distribue par tout le corps.
La chair du poumon est si rare et si molle, et toujours tellement rafraîchie par l’air de la respiration, qu’à mesure que les vapeurs du sang, qui sortent de la concavité droite du cœur ; entrent dedans par l’artère que les anatomistes ont nommée la veine artérieuse, elles s’y épaississent et convertissent en sang derechef, puis de là tombent goutte à goutte dans la concavité gauche du cœur, où si elles entraient sans être ainsi derechef épaissies, elles ne seraient pas suffisantes pour servir de nourriture au feu qui y est.
Et ainsi vous voyez que la respiration, qui sert seulement en cette machine à y épaissir ces vapeurs, n’est pas moins nécessaire à l’entretenement de ce feu, que l’est celle qui est en nous à la conservation de notre vie, au moins en ceux de nous qui sont hommes formés : car pour les enfants, qui étant encore au ventre de leurs mères ne peuvent attirer aucun air frais en respirant, ils ont deux conduits qui suppléent à ce défaut : l’un par où le sang de la veine cave passe dans la veine nommée artère, et l’autre par où les vapeurs ou le sang raréfié de l’artère nommée veine s’exhalent et vont dans la grande artère. Et pour les animaux qui n’ont point du tout de poumon, ils n’ont qu’une seule concavité dans le cœur, ou bien, s’ils y en ont plusieurs, elles sont toutes consécutives l’une à l’autre.
Le pouls, ou battement des artères, dépend des onze petites peaux qui, comme autant de petites portes, ferment et ouvrent les entrées des quatre vaisseaux qui regardent dans les deux concavités du cœur ; car au moment qu’un de ces battements cesse, et qu’un autre est près de commencer, celles de ces petites portes qui sont aux entrées des deux artères se trouvent exactement fermées, et celles qui sont aux entrées des deux veines se trouvent ouvertes ; si bien qu’il ne peut manquer de tomber aussitôt deux gouttes de sang par ces deux veines, une dans chaque concavité du cœur. Puis ces gouttes de sang se raréfiant, et s’étendant tout d’un coup dans un espace plus grand sans comparaison que celui qu’elles occupaient auparavant, poussent et ferment ces petites portes qui sont aux entrées des deux veines, empêchant par ce moyen qu’il ne descende davantage de sang dans le cœur, et poussent et ouvrent celles des deux artères, par où elles entrent promptement et avec effort, faisant ainsi enfler le cœur et toutes les artères du corps en même temps. Mais, incontinent après, ce sang raréfié se condense derechef, où pénètre dans les autres parties ; et ainsi le cœur et les artères se désenflent, les petites portes qui sont aux deux entrées des artères se referment, et celles qui sont aux entrées des deux veines se rouvrent, et donnent passage à deux autres gouttes de sang, qui font derechef enfler le cœur et les artères, tout de même que les précédentes.
First Part
ON HIS BODY’S MECHANISM
These men will be composed, just like us, of a soul and a body; and I must first describe the body separately, then the soul separately as well, and finally show you how these two elements must be joined and united to form men who are similar to us.
I suppose that the body is nothing but a statue or machine made of earth, which God forms specifically in order to make it as similar to us as possible. Not only does He give it the color and shape of all our limbs from the outside, but He also provides it with all the internal organs necessary for it to walk, eat, breathe—and ultimately, to perform all those functions of ours that can be imagined as arising from matter itself, and that depend solely on the arrangement of these organs.
We see clocks, artificial fountains, mills, and other similar machines that, since they are all made by humans, must necessarily possess the ability to move on their own in various ways. It seems to me that I could not imagine so many different kinds of movements in a machine that I suppose to be created by God’s hands; nor could I attribute such ingenuity to it, without leading you to believe that there must be even more such mechanisms yet to be discovered.
Or I will not stop at describing to you the bones, nerves, muscles, veins, arteries, stomach, liver, spleen, heart, brain, and all the other various parts that it must be composed of; for I assume them to be entirely similar to those parts of our own bodies that have the same names, and which you can have shown to you by some skilled anatomist—at least those that are large enough to be seen, if you do not already know them well enough yourselves. As for those that are too small to be visible, I will be able to make them known to you more easily and clearly by discussing the movements that depend on them; so that all that is necessary here is for me to explain these movements in order, and to tell you, through them, which functions of our body they represent.
Firstly, the meats are digested within the stomach of this “machine” by the action of certain liquids which, slipping between its various parts, separate them, agitate them, and heat them—just as ordinary water heats quicklime, or strong acid heats metals. Moreover, since these liquids are rapidly transported from the heart through the arteries, as I will explain further below, they must necessarily be very hot. In fact, meats are usually such that they can undergo decomposition and heating on their own, just as fresh hay in a barn will begin to rot and warm up when compressed before it has even dried completely.
And know that the agitation caused by the heating of these small portions of meat, combined with the movement within the stomach and intestines that contain them, as well as the structure of the tiny fibers from which these intestines are composed, means that as they are digested, they gradually move downward through the ducts through which the coarser parts must be expelled. Yet the finer and more active substances encounter countless small pores along the way, through which they flow into larger veins that carry them toward the liver, or to other destinations. The only thing that separates these subtle substances from the coarser ones is the size of these tiny pores. Just as when one shakes flour in a bag, all the purest particles will flow out; and it is merely the size of the holes through which they pass that prevents the dust from following them.
Since these more subtle portions of the meat are uneven in composition and not yet perfectly mixed together, they form a liquid that would remain completely turbid and pale were it not for the fact that a certain part of this mixture immediately merges with the main mass of blood—blood that is contained within all the branches of the vein called the “porta” (which receives this liquid from the intestines), within all the branches of the vein called the “cava” (which carries it towards the heart), as well as within the liver and through a single vessel.
It is also worth noting here that the pores of the liver are arranged in such a way that when this liquid enters them, it becomes subtly transformed within, undergoes further development, takes on its color, and assumes the form of blood. Just as the juice of black grapes, which is initially white, turns into clear wine when left to ferment on the lees.
Or, this blood contained within the veins has but one apparent pathway through which it can emerge: namely, that which leads it into the right concavity of the heart. Know also that the flesh of the heart contains, within its pores, one of those fireless fires about which I have spoken above—fires that render it so hot and fervent that, whenever blood enters either of the two chambers or concavities within it, it rapidly swells and expands there. You may verify this for yourselves by pouring the blood or milk of any animal, drop by drop, into a very hot vessel. The fire residing in the heart serves no other purpose than to dilate, heat, and refine this blood—which continuously flows, drop by drop, through a duct from the inferior vena cava into the right concavity of the heart, from where it is then expelled into the lungs; and from the pulmonary vein—which anatomists call the “venous artery” in its other concavity—it is distributed throughout the body.
The flesh of the lung is so rare and so soft, and at all times so cooled by the air of respiration, that as soon as the vapors from the blood emerge from the right side of the heart and enter it through the artery—which anatomists call the arterial vein—they thicken there and are immediately converted back into blood. From there, they drip drop by drop into the left side of the heart; if they entered without being thickened first, they would not be sufficient to nourish the fire that resides there.
Thus, you see that respiration—which in this mechanism merely serves to thicken these vapors—is no less necessary for the maintenance of this fire than is the respiration within us for the preservation of our lives, at least in those of us who are fully developed human beings. For infants, who are still in their mothers’ wombs and cannot draw in any fresh air through breathing, they possess two pathways that compensate for this deficiency: one through which the blood from the vena cava flows into what is called the artery, and another through which the vapors or the diluted blood from the artery are expelled and flow into the main artery. As for animals that do not possess lungs at all, they have only one concavity within their hearts; or, if there are multiple such concavities, they are all connected in sequence with one another.
The pulse, or the beating of the arteries, depends on those eleven small membranes that function like tiny doors, opening and closing to regulate the flow of blood through the four vessels leading into the two chambers of the heart. At the moment when one of these beats ceases and another is about to begin, the membranes at the entrances of the two arteries are precisely closed, while those at the entrances of the two veins are opened. As a result, two drops of blood immediately flow through these veins, one into each chamber of the heart. Then, as these droplets of blood dilute and spread over a much larger area than before, they push the small membranes at the vein entrances closed again, preventing further blood from entering the heart. At the same time, they force the arteries open, allowing blood to flow back into the heart rapidly and with increased pressure, causing the heart and all the arteries of the body to swell. But soon after, this diluted blood coagulates and flows into other parts of the body; consequently, the heart and arteries deflate, the small membranes at the artery entrances close again, and those at the vein entrances open, allowing two more drops of blood to flow in—once more causing the heart and arteries to swell.
Prima parte
Della macchina del suo corpo
Questi uomini saranno composti, come noi, da un’anima e da un corpo; devo quindi descrivervi prima il corpo separatamente, poi anche l’anima separatamente, e infine mostrarvi come queste due nature debbano essere unite per formare degli uomini che ci assomiglino.
Suppongo che il corpo non sia altro che una statua o una macchina di terra che Dio ha creato appositamente per renderla il più simile possibile a noi; non solo gli ha dato dall’esterno il colore e la forma di tutti i nostri membri, ma gli ha anche fornito all’interno tutte le strutture necessarie affinché possa camminare, mangiare, respirare, e infine imitare tutte quelle funzioni umane che possono derivare dalla materia stessa e dipendere esclusivamente dall’organizzazione degli organi.
Vediamo orologi, fontane artificiali, mulini e altre macchine simili che, essendo state create dagli uomini, non possono comunque muoversi da sole in molti modi diversi; e mi sembra che non riuscirei a immaginare tante forme di movimento in quella che presumo essere stata creata dalle mani di Dio, né potrei attribuirle tanto ingegno, senza che si possa pensare che ne esistano ancora molte di più.
Ora, non mi limiterò a descrivervi gli ossa, i nervi, i muscoli, le vene, le arterie, lo stomaco, il fegato, la milza, il cuore, il cervello, né tutte le altre parti diverse di cui è composto il corpo umano; poiché suppongo che siano del tutto simili alle parti del nostro stesso corpo che hanno gli stessi nomi, e che possiate farvi mostrare da qualche esperto anatomista, almeno quelle abbastanza grandi da essere viste, se non le conoscete già a sufficienza; mentre per quelle che, a causa della loro piccolezza, sono invisibili, potrò farvele conoscere più facilmente e chiaramente parlandovi dei movimenti di cui dipendono; in modo che qui sia necessario soltanto spiegare questi movimenti in ordine, e indicarvi, allo stesso tempo, quali delle nostre funzioni essi rappresentano.
Innanzitutto, le carni vengono digerite nello stomaco di questa “macchina” grazie alla forza di alcune sostanze liquide che, infiltrandosi tra le sue parti, le separano, le agitano e le riscaldano, proprio come l’acqua comune riscalda la calce viva o l’acqua forte i metalli. Inoltre, poiché queste sostanze liquide vengono rapidamente trasportate dal cuore attraverso le arterie, come vi spiegherò in seguito, non possono che essere molto calde; e di norma, anche le carni stesse sono in grado di corrompersi e riscaldarsi da sole, proprio come il fieno fresco in un granaio, quando viene compresso prima ancora di asciugarsi.
E sappiate che l’agitazione che subiscono le piccole parti di queste carni quando si riscaldano, unita all’agitazione dello stomaco e degli intestini che le contengono, nonché alla struttura dei piccoli tessuti di cui questi intestini sono composti, fa sì che, man mano che vengono digerite, scendano gradualmente verso il canale attraverso il quale quelle più grosse dovranno essere espulse; eppure le parti più sottili e più agitate incontrano, qua e là, un’infinità di piccoli fori attraverso i quali si riversano nei rami di una grande vena che le conduce verso il fegato, o in altre vene che le portano altrove; e non c’è nulla, se non la piccolissima dimensione di questi fori, a separarle da quelle più grosse. Allo stesso modo, quando si agita la farina in un sacco, tutta quella più pura fuoriesce, e non c’è nulla, se non la piccolezza dei fori attraverso i quali passa, a impedire che il “suono” prodotto dalla sua agitazione la segua.
Poiché queste parti più sottili della carne sono disomogenee e inoltre non mescolate perfettamente tra loro, formano una sostanza liquida che rimarrebbe completamente torbida e biancastra, se non fosse per il fatto che una parte di essa si mescola immediatamente con la massa di sangue contenuta in tutti i rami della vena denominata “porta” (che riceve questa sostanza liquida dagli intestini), in tutti i rami della vena denominata “cava” (che la conduce verso il cuore), nonché nel fegato e in un singolo vaso sanguigno.
È anche degno di nota che i pori del fegato sono disposti in modo tale che, quando questa sostanza liquida vi entra, vi si diffonde lentamente, vi si trasforma e vi assume il colore del sangue, proprio come il succo delle uve nere, che è bianco, si trasforma in vino chiaro quando viene lasciato fermentare.
Ora, questo sangue contenuto nelle vene ha soltanto un unico passaggio evidente attraverso cui può uscire: quello che lo conduce nella cavità destra del cuore. Sappiate che la carne del cuore contiene, nei suoi pori, uno di quei “fuochi senza luce” di cui vi ho parlato in precedenza; tali fuochi rendono il cuore così caldo e ardente che, non appena il sangue entra in una delle due camere o cavità che esso contiene, si dilata rapidamente. Potete sperimentarlo voi stessi: versate goccia a goccia il sangue o il latte di qualsiasi animale in un vaso molto caldo, e vedrete come avvenga lo stesso processo. Il fuoco presente nel cuore serve esclusivamente a dilatare, riscaldare e rendere più sottile il sangue; questo sangue, che scorre continuamente goccia a goccia attraverso un tubo della vena cava nella cavità destra del cuore, vienne poi espulso nei polmoni; da lì, attraverso la vena polmonare – che gli anatomisti chiamano “arteria venosa” nella sua altra cavità – si distribuisce in tutto il corpo.
La carne dei polmoni è così rara e morbida, e sempre così rinfrescata dall’aria respirata, che man mano che i vapori del sangue, che escono dalla cavità destra del cuore ed entrano al suo interno attraverso l’arteria che gli anatomisti chiamano “vena arteriosa”, si ispessiscono e si trasformano immediatamente in sangue; da lì poi cadono goccia a goccia nella cavità sinistra del cuore. Se entrassero in essa senza essere prima ispessiti, non sarebbero sufficienti per nutrire il “fuoco” che vi si trova.
E così si vede che la respirazione, che in questa “macchina” serve soltanto a rendere più dense queste vapori, non è meno necessaria per il mantenimento di questo fuoco, di quanto lo sia quella che in noi è indispensabile per la conservazione della nostra vita, almeno per coloro di noi che sono esseri umani completi. Perché i bambini, essendo ancora nel grembo delle loro madri e quindi incapaci di aspirare aria fresca attraverso la respirazione, dispongono di due sistemi che compensano questa mancanza: uno attraverso il quale il sangue della vena cava passa nella vena denominata arteria, e l’altro attraverso il quale i vapori o il sangue rarefatto dell’arteria denominata vena vengono espulsi e raggiungono l’arteria principale. Per quanto riguarda gli animali che non possiedono affatto polmoni, hanno soltanto una singola cavità nel cuore; oppure, se ne hanno più, queste sono tutte collegate tra loro in sequenza.
Il battito cardiaco, ovvero il movimento delle arterie, dipende da undici piccole strutture simili a porte che si aprono e si chiudono regolarmente, permettendo il passaggio del sangue attraverso i quattro vasi sanguigni che collegano le due cavità del cuore. Nel momento in cui uno di questi battiti cessa e un altro sta per iniziare, quelle porte situate all’ingresso delle arterie si chiudono completamente, mentre quelle all’ingresso delle vene si aprono; di conseguenza, due gocce di sangue fuoriescono immediatamente attraverso queste vene, una in ciascuna cavità del cuore. Successivamente, queste gocce di sangue si dilatano in uno spazio molto più ampio rispetto a prima, spingendo nuovamente quelle porte delle vene a chiudersi e impedendo che ulteriore sangue scenda nel cuore; allo stesso tempo, spingono quelle porte delle arterie ad aprirsi, facendo sì che il sangue vi entri rapidamente e con forza, causando così l’ingrossamento del cuore e di tutte le arterie del corpo. Tuttavia, subito dopo, questo sangue si condensa nuovamente e si dirama verso altre parti dell’organismo; di conseguenza, il cuore e le arterie ritornano allo stato precedente, quelle porte delle arterie si chiudono di nuovo, mentre quelle delle vene si aprono, permettendo l’uscita di altre due gocce di sangue che, come le precedenti, causano nuovamente l’ingrossamento del cuore e delle arterie.
Sachant ainsi la cause du pouls, il est aisé à entendre que ce n’est pas tant le sang contenu dans les veines de cette machine, et qui vient nouvellement de son foie, comme celui qui est dans ses artères, et qui a déjà été distillé dans son cœur, qui se peut attacher à ses autres parties et servir à réparer ce que leur agitation continuelle et les diverses actions des autres corps qui les environnent en détachent et font sortir. Car le sang qui est dans ses veines s’écoule toujours peu à peu de leurs extrémités vers le cœur (et la disposition de certaines petites portes, ou valvules, que les anatomistes ont remarquées en plusieurs endroits le long de nos veines vous doit assez persuader qu’il arrive en nous tout le semblable) ; mais au contraire celui qui est dans ses artères est poussé hors du cœur avec effort, et à diverses petites secousses, vers leurs extrémités ; en sorte qu’il peut facilement s’aller joindre et unir à tous ses membres, et ainsi les entretenir, ou même les faire croître, si elle représente le corps d’un homme qui y soit disposé.
Car, au moment que les artères s’enflent, les petites parties du sang qu’elles contiennent vont choquer çà et là les racines de certains petits filets qui, sortant des extrémités des petites branches de ces artères, composent les os, les chairs, les peaux, les nerfs, le cerveau, et tout le reste des membres solides, selon les diverses façons qu’ils se joignent ou s’entrelacent ; et ainsi elles ont la force de les pousser quelque peu devant soi et de se mettre en leur place ; puis au moment que les artères se désenflent, chacune de ses parties s’arrête où elle se trouve, et par cela seul y est jointe et unie à celles qu’elle touche, suivant ce qui a été dit ci-dessus.
Or, si c’est le corps d’un enfant que notre machine représente, sa matière sera si tendre et ses pores si aisés à élargir, que les parties du sang qui entreront ainsi en la composition des membres solides, seront communément un peu plus grosses que celles en la place de qui elles se mettront, ou même il arrivera que deux ou trois succéderont ensemble à une seule, ce qui sera cause de sa croissance : mais cependant la matière de ses membres se durcira peu à peu, en sorte qu’après quelques années ses pores ne se pourront plus tant élargir ; et ainsi, cessant de croître, elle représentera le corps d’un homme plus âgé.
Au reste, il n’y a que fort peu de parties du sang qui se puissent unir à chaque fois aux membres solides en la façon que je viens d’expliquer ; mais la plupart retournent dans les veines par les extrémités des artères, qui se trouvent en plusieurs endroits jointes à celles des veines ; et des veines il en passe peut-être aussi quelques parties en la nourriture de quelques membres ; mais la plupart retournent dans le cœur, puis de là vont derechef dans les artères ; en sorte que le mouvement du sang dans le corps n’est qu’une circulation perpétuelle.
De plus, il y a quelques-unes des parties du sang qui se vont rendre dans la rate et d’autres dans la vésicule du fiel, et, tant de la rate et du fiel comme immédiatement des artères, il y en a qui retournent dans l’estomac et dans les boyaux, où elles servent comme d’eau forte pour aider à la digestion des viandes ; et pour ce qu’elles y sont apportées du cœur quasi en un moment par les artères, elles ne manquent jamais d’être fort chaudes, ce qui fait que leurs vapeurs peuvent monter facilement par le gosier vers la bouche, et y composer la salive. Il y en a aussi qui s’écoulent en urine au travers de la chair des rognons, ou en sueur et autres excréments au travers de toute la peau ; et, en tous ces lieux, c’est seulement ou la situation, ou la figure, ou la petitesse des pores par où elles passent, qui fait que les unes y passent plutôt que les autres, et que le reste du sang ne les peut suivre, ainsi que vous pouvez avoir vu en divers cribles qui, étant diversement percés, servent à séparer divers grains les uns des autres.
Mais ce qu’il faut ici principalement remarquer, c’est que toutes les plus vives, les plus fortes et les plus subtiles parties de ce sang se vont rendre dans les concavités du cerveau, d’autant que les artères qui les y portent sont celles qui viennent du cœur le plus en ligne droite de toutes, et que, comme vous savez, tous les corps qui se meuvent tendent, chacun autant qu’il est possible, à continuer leur mouvement en ligne droite.
Voyez, par exemple, le cœur A, et pensez que lorsque le sang en sort avec effort par l’ouverture B, il n’y a aucune de ses parties qui ne tende vers C, où sont les concavités du cerveau, mais que le passage n’étant pas assez grand pour les y porter toutes, les plus faibles en sont détournées par les plus fortes, qui par ce moyen s’y vont rendre seules.
Vous pouvez aussi remarquer en passant qu’après celles qui entrent dans le cerveau, il n’y en a point de plus fortes ni de plus vives que celles qui se vont rendre aux vaisseaux destinés à la génération. Car, par exemple, si celles qui ont la force de parvenir jusqu’à D ne peuvent aller plus avant vers C, à cause qu’il n’y a pas assez de place pour toutes, elles se détournent plutôt vers E que vers F ni vers G, d’autant que le passage y est plus droit. Ensuite de quoi je pourrais peut-être vous faire voir comment de l’humeur qui s’assemble vers E, il se peut former une autre machine toute semblable à celle-ci ; mais je ne veux pas entrer plus avant en cette matière.
Pour ce qui est des parties du sang qui pénètrent jusqu’au cerveau, elles n’y servent pas seulement à nourrir et entretenir sa substance, mais principalement aussi à y produire un certain vent très subtil, ou plutôt une flamme très vive et très pure, qu’on nomme les esprits animaux. Car il faut savoir que les artères qui les apportent du cœur, après s’être divisées en une infinité de petites branches, et avoir composé ces petits tissus qui sont étendus comme des tapisseries au fond des concavités du cerveau, se rassemblent autour d’une certaine petite glande située environ le milieu de la substance de ce cerveau, tout à l’entrée de ses concavités, et ont en cet endroit-là un grand nombre de petits trous par où les plus subtiles parties du sang qu’elles contiennent se peuvent écouler dans cette glande, mais qui sont si étroits qu’ils ne donnent aucun passage aux plus grossières.
Il faut aussi savoir que ces artères ne s’arrêtent pas là, mais que, s’y étant assemblées plusieurs en une, elles montent tout droit et se vont rendre dans ce grand vaisseau qui est comme un Euripe, dont toute la superficie extérieure de ce cerveau est arrosée. Et de plus il faut remarquer que les plus grosses parties du sang peuvent perdre beaucoup de leur agitation dans les détours des petits tissus par où elles passent, d’autant qu’elles ont la force de pousser les plus petites qui sont parmi elles, et ainsi de la leur transférer ; mais que ces plus petites ne peuvent pas en même façon perdre la leur, d’autant qu’elle est même augmentée par celle que leur transfèrent les plus grosses, et qu’il n’y a point d’autres corps autour d’elles auxquels elles puissent si aisément la transférer.
D’où il est facile à concevoir que lorsque les plus grosses montent tout droit vers la superficie extérieure du cerveau, où elles servent de nourriture à sa substance, elles sont cause que les plus petites et les plus agitées se détournent et entrent toutes en cette glande, qui doit être imaginée comme une source fort abondante, d’où elles coulent en même temps de tous côtés dans les concavités du cerveau ; et ainsi, sans autre préparation ni changement, sinon qu’elles sont séparées des plus grossières, et qu’elles retiennent encore l’extrême vitesse que la chaleur du cœur leur a donnée, elles cessent d’avoir la forme du sang, et se nomment les esprits animaux.
Seconde partie
COMMENT SE MEUT LA MACHINE DE SON CORPS
Since we thus understand the cause of the pulse, it is easy to see that it is not so much the blood contained in the veins of this “machine” – which has just been produced by its liver – nor the blood in its arteries, which has already been “distilled” by its heart – that can nourish its other parts and help repair what their constant agitation and the various influences of surrounding substances cause to be lost. For the blood in the veins gradually flows from the extremities toward the heart (and the presence of certain small valves, observed by anatomists throughout our veins, should suffice to convince us of this); whereas the blood in the arteries is forced out of the heart with considerable effort, through various pulsations, toward its extremities. As a result, it can easily reach and unite with all the parts of the body, thus maintaining or even promoting their growth, provided that the body itself is properly structured for such functions.
For when the arteries swell, the small portions of blood they contain cause these tiny networks—rooted at the ends of the smaller branches of these arteries—to expand in various directions; these networks constitute bones, flesh, skin, nerves, the brain, and all other solid parts of the body, depending on how they connect or interweave with one another. In this way, they possess the power to push these tissues slightly forward and arrange them in their proper positions. And when the arteries deflate again, each of their components stops where it is, thereby becoming connected and integrated with those surrounding it, just as explained above.
Or, if our machine represents the body of a child, its substance will be so tender and its pores so easily expandable that the components of blood that enter to form the solid limbs will generally be somewhat larger than those that they replace; in some cases, even two or three components may succeed one another in the same location, which will lead to further growth. However, over time the substance of these limbs will gradually harden, so that after a few years their pores will no longer be able to expand as easily. Consequently, once this growth ceases, the resulting structure will represent the body of an older person.
Furthermore, there are very few parts of the blood that can join the solid limbs in the manner I have just explained; most of it returns to the veins through the extremities of the arteries, which are connected to the veins in several places. Perhaps a small portion of the blood from the veins also nourishes certain limbs; but the majority of it returns to the heart and then immediately flows back into the arteries. Thus, the circulation of blood throughout the body is nothing more than a continuous cycle.
Furthermore, some of the components of blood travel to the spleen, while others go to the gallbladder. Both from the spleen and the gallbladder, as well as directly from the arteries, there are portions of blood that return to the stomach and intestines, where they function like a strong digestive aid for meats. Since these blood components are transported from the heart to these areas almost instantaneously through the arteries, they are always in a very hot state. As a result, their vapors can easily rise through the throat and into the mouth, where they help form saliva. There are also portions of blood that are excreted as urine through the tissues of the kidneys, or as sweat and other waste substances through the entire skin. In all these cases, it is merely the location, shape, or size of the pores through which they pass that determine which components of blood are able to move through them while others cannot—just as you can observe in various sieves with different perforations, which are used to separate different types of grains from each other.
But what is primarily noteworthy here is that all the most active, powerful, and subtle components of this blood flow towards the concavities of the brain, precisely because the arteries that carry them are those that come from the heart in the straightest course. Moreover, as you know, all moving bodies tend, to the greatest extent possible, to continue their motion in a straight line.
For instance, consider the heart A; imagine that when blood is forced to flow out through opening B, not a single part of it fails to strive towards C—the region containing the brain’s concavities. However, since the passage is not wide enough to accommodate all of it at once, the weaker parts are diverted by the stronger ones, which thus manage to reach their destination on their own.
You may also notice that, among those substances that enter the brain, none are stronger or more active than those that proceed towards the vessels destined for generation. For instance, if those substances strong enough to reach point D are unable to continue on towards point C because there is not enough space for them all, they will instead take the path towards point E rather than F or G, since that route is straighter. Afterwards, I might be able to show you how from the humors that gather in point E, another mechanism entirely similar to this one can be formed; but I do not wish to go into further detail on this matter.
As for those parts of the blood that penetrate into the brain, they serve not only to nourish and maintain its substance but primarily also to produce a very subtle vapor—or rather, a very intense and pure flame—which is called the “animal spirits.” For it must be understood that the arteries which carry these substances from the heart, after dividing into countless tiny branches and forming those delicate tissues that extend like tapestries throughout the brain’s internal cavities, gather around a small gland located roughly in the middle of the brain tissue, at the very entrance to its recesses. At this point, they possess numerous tiny pores through which the most subtle components of the blood can flow into this gland; however, these pores are so narrow that they allow no passage for the coarser elements of the blood.
It must also be understood that these arteries do not stop there; rather, after converging into one another, they rise straight upwards and proceed to feed that large vessel, which is akin to an “Euripe”—a channel that irrigates the entire outer surface of the brain. Moreover, it is worth noting that the larger portions of blood can lose much of their turbulence as they pass through the intricate networks of smaller tissues. In fact, these larger vessels possess the strength to propel the smaller ones along their path and thus transfer their own momentum to them; however, the smaller vessels cannot in the same way lose their own momentum, since it is actually enhanced by that transferred from the larger vessels. Moreover, there are no other surrounding structures through which they could so readily exchange this momentum.
It is therefore easy to understand that when the larger vessels rise straight towards the outer surface of the brain, where they nourish its substance, the smaller and more active ones divert their course and enter this gland, which must be regarded as a very abundant source from which they flow out in all directions into the various cavities of the brain. In this way, without any additional transformation or alteration—other than being separated from the larger vessels and retaining the high speed imparted to them by the heat of the heart—they cease to have the form of blood and are then called animal spirits.
Second Part
HOW DOES HIS BODY’S “MACHINE” OPERATE?
Conoscendo così la causa del battito cardiaco, è facile comprendere che non è tanto il sangue contenuto nelle vene di questo organismo – quello che appena proviene dal fegato – quanto quello presente nelle arterie – che già è stato “distillato” nel cuore – a potersi legare alle altre parti del corpo e contribuire a riparare ciò che la loro continua agitazione, nonché le varie azioni degli altri organi circostanti, ne separano e ne espellono. Il sangue nelle vene, infatti, scorre lentamente dalle estremità verso il cuore (e la posizione di alcune piccole strutture, o valvole, osservate dagli anatomisti in diversi punti lungo le nostre vene, dovrebbe convincervi sufficientemente che lo stesso processo avviene nel nostro corpo); al contrario, il sangue nelle arterie viene spinto con forza fuori dal cuore, attraverso diverse pulsazioni, verso le estremità; per questo può facilmente raggiungere e unirsi a tutti i membri del corpo, mantenendoli in salute o persino favorendone la crescita, purché il corpo umano sia strutturato in modo appropriato.
Poiché, nel momento in cui le arterie si dilatano, le piccole particelle di sangue che contengono vanno a colpire, qua e là, le radici di alcuni sottili filamenti che, partendo dalle estremità delle piccole ramificazioni di queste arterie, costituiscono ossa, carne, pelle, nervi, cervello e tutti gli altri componenti dei nostri corpi solidi; questi filamenti, attraverso i diversi modi in cui si uniscono o si intrecciano tra loro, hanno la forza di spingere leggermente questi tessuti verso l’esterno e di posizionarli nella loro giusta collocazione; poi, nel momento in cui le arterie si restringono, ciascuna delle loro parti si ferma dove si trova, e proprio per questo motivo viene unita a quelle che la contattano, secondo quanto detto sopra.
Ora, se la nostra macchina rappresenta il corpo di un bambino, la sua materia sarà così tenera e i suoi pori così facilmente estensibili che le parti di sangue che vi entreranno per comporre gli arti solidi saranno generalmente un po’ più grandi di quelle che ne prenderanno il posto; anzi, potrebbe accadere che due o tre di queste parti sostituiscano contemporaneamente una sola, il che causerebbe la sua crescita. Tuttavia, la materia dei suoi arti si indurirà gradualmente, fino a quando, dopo alcuni anni, i suoi pori non saranno più in grado di espandersi tanto; e così, cessando di crescere, la macchina rappresenterà il corpo di un uomo più anziano.
Del resto, ci sono soltanto poche parti del sangue che possano unirsi ogni volta ai membri solidi nel modo che ho appena spiegato; ma la maggior parte ritorna nelle vene attraverso le estremità delle arterie, le quali in diversi punti si collegano a quelle delle vene; e forse alcune parti del sangue provenienti dalle vene vengono utilizzate per nutrire alcuni membri; tuttavia, la maggior parte ritorna al cuore e da lì prosegue direttamente verso le arterie; in questo modo, il movimento del sangue nel corpo rappresenta semplicemente una circolazione continua.
Inoltre, alcune parti del sangue si dirigono verso la milza e altre verso la cistifellea; sia dalla milza che dalla cistifellea, così come direttamente dalle arterie, alcune di queste sostanze ritornano nello stomaco e nei intestini, dove svolgono la funzione di “acido forte” per aiutare nella digestione delle carni. Poiché vengono trasportate dal cuore attraverso le arterie in un istante, sono sempre molto calde; per questo i loro vapori possono facilmente salire attraverso la gola fino alla bocca, dove contribuiscono alla formazione della saliva. Altre parti del sangue, invece, vengono eliminate sotto forma di urina attraverso il tessuto dei reni, o come sudore e altri escrementi attraverso tutta la pelle. In tutti questi casi, è soltanto la posizione, la struttura o la dimensione dei pori attraverso cui queste sostanze passano a determinare che alcune vengano eliminate in un modo piuttosto che in un altro; il resto del sangue, pertanto, non può seguirle. Questo fenomeno può essere osservato anche in diversi setacci: poiché questi sono perforati in modi diversi, permettono di separare i vari tipi di grani l’uno dall’altro.
Ma ciò che è principalmente importante notare in questo contesto è che tutte le parti più vivide, più forti e più sottili di questo sangue si diriggono verso le cavità del cervello; inoltre, le arterie che le portano sono proprio quelle che provengono dal cuore seguendo la traiettoria più dritta possibile, e, come sapete, tutti i corpi in movimento tendono, nella misura del possibile, a proseguire il loro movimento lungo una linea retta.
Ecco, ad esempio, il cuore A: quando il sangue ne fuoriesce con sforzo attraverso l’apertura B, nessuna delle sue parti non tende verso C, dove si trovano le cavità del cervello; tuttavia, poiché il passaggio non è abbastanza ampio per farvi arrivare tutte insieme, quelle più deboli vengono deviate da quelle più forti, che in questo modo riescono a raggiungere il loro destino da sole.
Potete anche notare, incidentalmente, che, tra tutte le sostanze che entrano nel cervello, non ce ne sono alcune più forti o più vivide di quelle che vanno direttamente ai vasi destinati alla produzione di sangue. Ad esempio, se alcune sostanze hanno la capacità di raggiungere il punto D, ma non possono proseguire verso il punto C a causa della mancanza di spazio, allora preferiscono dirigersi verso il punto E piuttosto che verso F o G, poiché il passaggio in quella direzione è più diretto. In seguito, forse potrei mostrarvi come dall’umore che si accumula nel punto E possa formarsi un’altra struttura simile a questa; ma non voglio approfondire ulteriormente l’argomento.
Per quanto riguarda le parti del sangue che penetrano nel cervello, esse non servono soltanto a nutrire e mantenere la sua sostanza, ma soprattutto a produrre in esso un certo “vento” molto sottile, o meglio una “fiamma” molto viva e pura, che viene chiamata “spiriti animali”. Bisogna infatti sapere che le arterie che le portano dal cuore, dopo essersi divise in un’infinità di piccole ramificazioni e aver formato quei piccoli tessuti che si estendono come delle tappezzerie all’interno delle cavità del cervello, si raccolgono attorno a una piccola ghiandola situata approssimativamente al centro della sostanza cerebrale, proprio all’ingresso delle sue cavità. In quel punto esistono numerosi piccoli fori attraverso i quali le parti più sottili del sangue contenute in queste arterie possono fluire verso quella ghiandola; tuttavia questi fori sono così stretti da non permettere il passaggio delle parti più dense del sangue.
È anche necessario sapere che queste arterie non si fermano lì, ma che, essendosi unite in un’unica via principale, salgono direttamente verso quel grande vaso sanguigno che funge da “Euripe”, il quale irrora tutta la superficie esterna del cervello. Inoltre, bisogna notare che le parti più voluminose di sangue possono perdere in parte la loro agitazione lungo i percorsi tortuosi attraverso i piccoli tessuti attraverso cui scorrono; tuttavia, esse hanno la forza di spingere quelle parti più sottili presenti al loro interno, trasferendo loro la propria energia. Al contrario, queste parti più sottili non possono perdere altrettanto facilmente la propria agitazione, poiché essa viene anzi aumentata da quella che ricevono dalle arterie più grandi; inoltre, non esistono altri tessuti intorno a loro attraverso cui possano trasferire così agevolmente questa energia.
Da ciò si può facilmente comprendere che, quando le vene più grosse salgono direttamente verso la superficie esterna del cervello, dove forniscono nutrimento alla sua sostanza, quelle più piccole e più agitate deviano il loro percorso e entrano tutte in quella ghiandola che deve essere considerata una fonte molto abbondante; da lì scorrono contemporaneamente in tutte le direzioni nelle cavità del cervello. E così, senza alcuna preparazione o modificazione, se non quella di essere separate dalle vene più grosse e di mantenere ancora la velocità estrema che il calore del cuore loro ha conferito, perdono la forma del sangue e vengono chiamate “spiriti animali”.
Seconda parte
COME FUNZIONA IL “MECCANISMO” DEL SUO CORPO
Or, à mesure que ces esprits entrent ainsi dans les concavités du cerveau, ils passent de là dans les pores de sa substance, et de ces pores dans les nerfs ; où selon qu’ils entrent, ou même seulement qu’ils tendent à entrer plus ou moins dans les uns que dans les autres, ils ont la force de changer la figure des muscles en qui ses nerfs sont insérés, et par ce moyen de faire mouvoir tous les membres. Ainsi que vous pouvez avoir vu dans les grottes et les fontaines qui sont aux jardins de nos rois, que la seule force dont l’eau se meut en sortant de sa source est suffisante pour y mouvoir diverses machines, et même pour les y faire jouer de quelques instruments, ou prononcer quelques paroles, selon la diverse disposition des tuyaux qui la conduisent.
Et véritablement l’on peut fort bien comparer les nerfs de la machine que je vous décris aux tuyaux des machines de ces fontaines, ses muscles et ses tendons aux autres divers engins et ressorts qui servent à les mouvoir, ses esprits animaux à l’eau qui les remue, dont le cœur est la source, et dont les concavités du cerveau sont les regards. De plus, la respiration et autres telles actions qui lui sont naturelles et ordinaires, et qui dépendent du cours des esprits, sont comme les mouvements d’une horloge ou d’un moulin, que le cours ordinaire de l’eau peut rendre continus. Les objets extérieurs, qui, par leur seule présence, agissent contre les organes de ses sens, et qui par ce moyen la déterminent à se mouvoir en plusieurs diverses façons, selon que les parties de son cerveau sont disposées, sont comme des étrangers qui, entrant dans quelques-unes des grottes de ces fontaines, causent eux-mêmes sans y penser les mouvements qui s’y font en leur présence ; car ils n’y peuvent entrer qu’en marchant sur certains carreaux tellement disposés que, par exemple, s’ils approchent d’une Diane qui se baigne, ils la feront cacher dans des roseaux ; et s’ils passent plus outre pour la poursuivre, ils feront venir vers eux un Neptune, qui les menacera de son trident ; ou, s’ils vont de quelque autre côté, ils en feront sortir un monstre marin qui leur vomira de l’eau contre la face, ou choses semblables, selon le caprice des ingénieurs qui les ont faites, Et, enfin, quand l’âme raisonnable sera en cette machine, elle y aura son siège principal dans le cerveau, et sera là comme le fontenier, qui doit être dans les regards où se vont rendre tous les tuyaux de ces machines, quand il veut exciter, ou empêcher, ou changer en quelque façon leurs mouvements.
Mais, afin que je vous fasse entendre tout ceci distinctement, je veux premièrement vous parler de la fabrique des nerfs et des muscles, et vous montrer comment de cela seul que les esprits qui sont dans le cerveau se présentent pour entrer dans quelques nerfs, ils ont la force de mouvoir au même instant quelque membre ; puis, ayant touché un mot de la respiration, et de tels autres mouvements simples et ordinaires, je dirai comment les objets extérieurs agissent contre les organes des sens ; et après cela j’expliquerai par le menu tout ce qui se fait dans les concavités et dans les pores du cerveau, comment les esprits animaux y prennent leurs cours, et quelles sont celles de nos fonctions que cette machine peut imiter par leur moyen : car si je commençais par le cerveau, et que je ne fisse que suivre par ordre le cours des esprits, ainsi que j’ai fait celui du sang, il me semble que mon discours ne pourrait pas être du tout si clair.
Voyez donc ici, par exemple, le nerf A, dont la peau extérieure est comme un grand tuyau, qui contient plusieurs autres petits tuyaux b, c, k, l, etc., composés d’une peau intérieure plus déliée ; et ces deux peaux sont continues avec les deux K, L, qui enveloppent le cerveau MNo.
Voyez aussi qu’en chacun de ces petits tuyaux il y a comme une moelle composée de plusieurs filets fort déliés, qui viennent de la propre substance du cerveau N, et dont les extrémités finissent d’un côté à sa superficie intérieure qui regarde ses concavités, et de l’autre aux peaux et aux chairs contre lesquelles le tuyau qui les contient se ter mine. Mais parce que cette moelle ne sert point au mouvement des membres, il me suffit pour maintenant que vous sachiez qu’elle ne remplit pas tellement les petits tuyaux qui la contiennent, que les esprits animaux n’y trouvent encore assez de place pour couler facilement du cerveau dans les muscles où ces petits tuyaux, qui doivent ici être comptés pour autant de petits nerfs, se vont rendre.
Voyez après cela comment le tuyau, ou petit nerf bf se va rendre dans le muscle D, que je suppose être l’un de ceux qui meuvent l’œil ; et comment y étant il se divise en plusieurs branches, composées d’une peau lâche, qui se peut étendre, ou élargir et rétrécir, selon la quantité des esprits animaux qui y entrent ou qui en sortent, et dont les rameaux ou les fibres sont tellement disposés, que lorsque les esprits animaux entrent dedans, ils font que tout le corps du muscle s’enfle et s’accourcit, et ainsi qu’il tire l’œil auquel il est attaché ; comme au contraire, lorsqu’ils en ressortent, ce muscle se désenfle et se rallonge.
De plus, voyez qu’outre le tuyau bf, il y en a encore un autre, à savoir ef, par où les esprits animaux peuvent entrer dans le muscle D, et un autre, à savoir dg, par où ils en peuvent sortir. Et que tout de même le muscle E, que je suppose servir à mouvoir l’œil tout au contraire du précédent, reçoit les esprits animaux du cerveau par le tuyau cg, et du muscle D par dg, et les renvoie vers D par ef. Et pensez qu’encore qu’il n’y ait aucun passage évident par où les esprits contenus dans les deux muscles D et E en puissent sortir, si ce n’est pour entrer de l’un dans l’autre, toutefois, parce que leurs parties sont fort petites, et même qu’elles se subtilisent sans cesse de plus en plus par la force de leur agitation, il s’en échappe toujours quelques-unes au travers des eaux et des chairs de ces muscles, mais qu’en revanche il y en revient toujours aussi quelques autres par les deux tuyaux bf, cg.
Enfin, voyez qu’entre les deux tuyaux bf, ef, il y a une certaine petite peau Hfi qui sépare ces deux tuyaux, et qui leur sert comme de porte, laquelle a deux replis h et i, tellement disposés, que lorsque les esprits animaux qui tendent à descendre de b vers h ont plus de force que ceux qui tendent à monter d’e vers i, ils abaissent et ouvrent cette peau, donnant ainsi moyen à ceux qui sont dans le muscle de couler très promptement avec eux vers D. Mais lorsque ceux qui tendent à monter d’e vers i sont plus forts, ou seulement lorsqu’ils sont aussi forts que les autres, ils haussent et ferment cette peau Hfi, et ainsi s’empêchent eux-mêmes de sortir hors du muscle E ; au lieu que s’ils n’ont pas de part et d’autre assez de force pour la pousser, elle demeure naturellement entrouverte. Et, enfin, que si quelquefois les esprits contenus dans le muscle D tendent à en sortir par die, ou dfb, le repli h se peut étendre, et leur en boucher le passage ; et que tout de même entre les deux tuyaux cg, dg, il y a une petite peau ou valvule g, semblable à la précédente, qui demeure naturellement entrouverte, et qui peut être fermée par les esprits qui viennent du tuyau dg, et ouverte par ceux qui viennent de cg.
Ensuite de quoi il est aisé à entendre que si les esprits animaux qui sont dans le cerveau ne tendent point, ou presque point, à couler par les tuyaux bf, cg, les deux petites peaux ou valvules f et g demeurent entrouvertes, et ainsi que les deux muscles D et E sont lâches et sans action ; d’autant que les esprits animaux qu’ils contiennent passent librement de l’un dans l’autre, prenant leur cours d’e par f vers d, et réciproquement de d par g vers e. Mais si les esprits qui sont dans le cerceau tendent d’entrer avec quelque force dans les deux tuyaux bf, cg, et que cette force soit égale des deux côtés, ils ferment aussitôt les deux passages g et f, et enflent les deux muscles D et E autant qu’ils peuvent, leur faisant par ce moyen tenir et arrêter l’œil ferme en la situation qu’ils le trouvent.
Or, as these spirits enter into the concavities of the brain, they proceed from there to the pores of its substance, and from those pores into the nerves; and depending on whether they enter more or less into some nerves than others, they have the power to alter the shape of the muscles to which their nerves are connected, and thereby cause all the limbs to move. Just as you can observe in the caves and fountains found in our kings’ gardens, that the mere force with which water flows from its source is sufficient to operate various machinery there, and even to make it play certain instruments or utter words, depending on the different arrangements of the pipes through which the water is directed.
Indeed, one can very well compare the nerves of the machine I am describing to the pipes of these fountains; its muscles and tendons to the various other mechanisms and springs that enable them to move; and its “animal spirits” to the water that propels them—of which the heart is the source, and the concavities of the brain the “eyes.” Moreover, actions such as breathing and others that are natural and regular to this machine, and that depend on the flow of these “spirits,” are akin to the movements of a clock or mill, which the regular flow of water can make continuous. External objects, which, by their mere presence, affect the senses of this machine and cause it to move in various ways, depending on how the different parts of its brain are arranged, are like strangers who, entering some of these fountains’ “caverns,” inadvertently trigger the movements that occur there in their presence. For they can only enter such places by walking on certain specially laid stones; for instance, if they approach a bathing Diana, she may hide in reeds; if they go further to pursue her, Neptune may emerge and threaten them with his trident; or if they move in another direction, a marine monster may emerge and spray water at their faces—things all determined by the whims of the engineers who created these mechanisms. Finally, when the rational soul inhabits this machine, its primary seat will be in the brain, where it will function much like the master craftsman who, through the “eyes”—that is, the various parts of the brain—can initiate, prevent, or alter the movements of this entire system.
But in order to make all this clear to you, I would first like to talk to you about the formation of nerves and muscles, and show you how merely by the fact that the spirits present in the brain take certain forms and enter certain nerves, they are able to move a particular limb at the same instant. Then, after briefly mentioning respiration and other such simple and ordinary movements, I will explain how external objects act upon our sensory organs. After that, I will detail everything that takes place within the brain’s cavities and pores, how the animal spirits circulate there, and which of our functions this mechanism is capable of imitating. For if I were to begin with the brain itself and merely follow in order the course of these spiritual processes, just as I did with the circulation of blood, I believe my explanation would not be nearly so clear.
For example, consider here the nerve A—whose outer layer resembles a large tube that contains several smaller tubes, such as b, c, k, l, etc., each composed of an inner layer that is more delicate in structure; and both these layers are continuous with the two layers surrounding the brain, denoted as K and L.
Note also that within each of these small tubes, there exists a kind of substance composed of numerous extremely fine filaments, which originate from the very tissue of the brain N itself. These filaments extend on one end to the inner surface of the brain, facing its concavities, and on the other end to the skins and muscles against which the tubes containing them are attached. However, since this substance is not involved in the movement of the limbs, it is sufficient for you to understand at this point that it does not fill these small tubes entirely; as a result, the animal spirits still have enough space to flow freely from the brain into the muscles through these tubes—which can be considered as equivalent to tiny nerves.
See then how this tube, or small nerve, proceeds towards the muscle D, which I suppose to be one of those that move the eye; and how, once there, it divides into several branches composed of a loose tissue that can expand or contract depending on the amount of vital spirits that enter or exit it. The arrangement of these branches or fibers is such that when vital spirits flow into them, the entire muscle becomes swollen and shortened, thereby pulling on the eye to which it is attached; conversely, when these spirits withdraw, the muscle relaxes and lengthens again.
Furthermore, observe that in addition to the tube bf, there is another one, namely ef, through which the animal spirits can enter into muscle D, and yet another one, dg, through which they can exit it. Moreover, muscle E, which I suppose serves to move the eye—contrary to the previous muscle—receives the animal spirits from the brain via tube cg, and from muscle D via dg; it then sends these spirits back to muscle D through ef. And consider that although there appears to be no obvious pathway for the spirits contained within muscles D and E to escape, except for entering one muscle from another, yet because their parts are extremely small and constantly undergo subtle movements due to their agitation, some of these spirits always manage to escape through the waters and tissues of these muscles; conversely, other spirits always re-enter through the two tubes bf and cg.
Finally, observe that between the two tubes bf and ef, there is a small membrane called Hfi which separates them and serves as a kind of “door.” This membrane has two folds, h and i, arranged in such a way that when the animal spirits inclined to move downward from b towards h are stronger than those inclined to move upward from e towards i, they cause this membrane to descend and open, allowing the substances inside the muscle to flow rapidly along with them towards D. However, when the spirits moving upward from e towards i are stronger—or at least as strong as the others—they cause the membrane Hfi to rise and close, thereby preventing themselves from escaping out of the muscle E. If the opposing forces are not equal enough to push the membrane open or closed, it remains naturally slightly open. Moreover, occasionally, when the spirits contained within the muscle D attempt to escape through a different passage, such as dfb, the fold h can expand and block their way. Nevertheless, between the two tubes cg and dg, there is another small membrane or valve called g, which, like the previous one, remains naturally slightly open and can be closed by the spirits coming from the tube dg or opened by those coming from the tube cg.
It is then easy to understand that if the animal spirits contained within the brain do not tend, or hardly at all, to flow through the tubes bf and cg, then the two small membranes or valves f and g remain open, and the muscles D and E are relaxed and inactive; moreover, the animal spirits they contain can pass freely from one tube to the other, flowing from e through f towards d, and vice versa from d through g towards e. But if these spirits exert some force in trying to enter the tubes bf and cg, and if this force is equal on both sides, then the passages g and f are immediately closed, and the muscles D and E contract with all their strength, thereby enabling the eye to remain in its fixed position.
Ora, man mano che questi spiriti entrano nelle cavità del cervello, passano poi attraverso i pori della sua sostanza e da questi pori raggiungono i nervi; e a seconda che entrino in alcuni di questi nervi più o meno profondamente, hanno la capacità di modificare la forma dei muscoli nei quali tali nervi sono inseriti, e così facendo fanno muovere tutti i membri del corpo. Come avete potuto vedere nelle grotte e nelle fontane presenti nei giardini dei nostri re, l’unica forza necessaria affinché l’acqua si muova uscendo dalla sua sorgente è sufficiente per far funzionare diverse macchine, persino per far suonare alcuni strumenti o pronunciare alcune parole, a seconda della diversa disposizione dei tubi che la conducono.
E in effetti, si può ben paragonare i nervi di questa macchina che vi descrivo ai tubi delle fontane, i suoi muscoli e tendini ad altri vari meccanismi e molle che servono a muoverla, i suoi “spiriti animali” all’acqua che li fa funzionare, la cui sorgente è il cuore e le cui cavità cerebrali rappresentano gli “occhi”. Inoltre, la respirazione e altre azioni naturali e ordinarie che dipendono dal flusso di questi “spiriti animali”, sono come i movimenti di un orologio o di un mulino, resi continui dal normale corso dell’acqua. Gli oggetti esterni, che, con la loro semplice presenza, influenzano gli organi dei sensi di questa macchina e la inducono a muoversi in modi diversi, a seconda della disposizione delle parti del suo cervello, sono come degli estranei che, entrando in alcune delle “grotte” di queste fontane, causano involontariamente i movimenti che avvengono al loro interno; poiché possono accedervi soltanto camminando su determinati percorsi disposti appositamente. Ad esempio, se si avvicinano a una “Diana” che si bagna, la faranno nascondersi tra i giunchi; se proseguono nella sua ricerca, faranno comparire un “Neptune” che li minaccerà con il suo tridente; oppure, se vanno in un’altra direzione, faranno emergere un mostro marino che li spruzzerà d’acqua in faccia, o cose simili, a seconda del capriccio di chi le ha create. Infine, quando l’anima razionale sarà all’interno di questa macchina, il suo “luogo principale” sarà il cervello; e lì agirà come il costruttore di queste fontane, che deve trovarsi nei “punti strategici” da cui partono tutti i tubi per poter stimolare, impedire o modificare in qualche modo i loro movimenti.
Ma affinché possiate comprendere tutto ciò chiaramente, vorrei prima parlare della formazione dei nervi e dei muscoli, e mostrarvi come, semplicemente perché gli spiriti presenti nel cervello entrano in alcuni nervi, questi abbiano la capacità di muovere immediatamente un certo membro; successivamente, affrontando argomenti legati alla respirazione e ad altri movimenti semplici e ordinari, spiegherò come gli oggetti esterni agiscano sugli organi dei sensi; infine, analizzerò in dettaglio tutto ciò che avviene nelle cavità e nei pori del cervello, come gli spiriti animali vi scorrono e quali delle nostre funzioni questa “macchina” possa imitare attraverso di essi. Infatti, se iniziassi dal cervello e seguissi soltanto l’ordine con cui gli spiriti si muovono, proprio come ho fatto per il flusso del sangue, penso che il mio discorso non sarebbe affatto così chiaro.
Ecco, ad esempio, il nervo A: la sua pelle esterna assomiglia a un grande tubo che contiene diversi altri tubetti più piccoli, b, c, k, l, ecc., composti da una pelle interna più sottile; entrambe queste “pelli” sono continue con i due strati K e L che avvolgono il cervello MNo.
Osservate anche che in ciascuno di questi piccoli tubi vi è una sorta di midollo composto da numerosi filamenti molto sottili, i quali provengono dalla stessa sostanza del cervello N; le loro estremità, da un lato, si collegano alla superficie interna del cervello, quella rivolta verso le sue concavità, mentre dall’altro lato arrivano fino alle pelli e alle carni contro cui i tubi che li contengono sono fissati. Poiché questo midollo non è utilizzato per il movimento dei membri, mi basta che sappiate ora che non riempie completamente questi piccoli tubi; pertanto, gli spiriti animali trovano ancora abbastanza spazio per fluire facilmente dal cervello verso i muscoli, attraverso questi tubi che, in questo contesto, possono essere considerati come dei piccoli nervi.
Vedete dunque come quel tubo, o quel piccolo nervo, si dirama verso il muscolo D, che presumo sia uno di quelli che muovono l’occhio; e come, una volta arrivato lì, si divide in diverse ramificazioni costituite da un tessuto morbido e flessibile, capace di allargarsi o restringersi a seconda della quantità di “spiriti animali” che vi entrano o ne escono. Le fibre di questo tessuto sono disposte in modo tale che, quando tali “spiriti animali” vi penetrano, l’intero muscolo si gonfia e si accorcia, facendo così muovere l’occhio a cui è collegato; al contrario, quando questi “spiriti animali” ne escono, il muscolo si sgonfia e si allunga.
Inoltre, osservate che oltre al tubo bf, ne esiste un altro, ovvero il tubo ef, attraverso il quale gli spiriti animali possono entrare nel muscolo D, e un altro ancora, il tubo dg, attraverso il quale possono uscirne. Il muscolo E, che presumo serva a muovere l’occhio – al contrario del precedente – riceve gli spiriti animali dal cervello attraverso il tubo cg, e dal muscolo D attraverso il tubo dg; successivamente li rimanda verso il muscolo D tramite il tubo ef. E pensate che, anche se non esiste alcun passaggio evidente attraverso cui gli spiriti contenuti nei due muscoli D ed E possano uscire – se non per entrare da uno nell’altro – tuttavia, poiché le loro parti sono molto piccole e continuamente si muovono con grande intensità, ne sfuggono sempre alcune attraverso le acque e le strutture muscolari; al contempo, altre ne ritornano sempre attraverso i due tubi bf e cg.
Infine, si noti che tra i due tubi bf ed ef esiste una piccola membrana Hfi che separa questi due tubi e funge da “porta”; questa membrana presenta due pieghe, h e i, disposte in modo tale che, quando gli spiriti animali che tendono a scendere dal tubo b verso la piega h sono più forti di quelli che tendono ad ascendere dal tubo e verso la piega i, essi abbassano e aprono questa membrana, permettendo così agli elementi contenuti nel muscolo di fluire rapidamente verso il punto D. Tuttavia, quando gli spiriti animali che tendono ad ascendere sono più forti, o semplicemente quando sono altrettanto forti degli altri, essi sollevano e chiudono questa membrana Hfi, impedendosi così di uscire dal muscolo E; al contrario, se da entrambi i lati non c’è abbastanza forza per spingerla, essa rimane naturalmente aperta. Inoltre, se talvolta gli spiriti contenuti nel muscolo D tendono a uscirne attraverso il canale dfb, la piega h può estendersi e bloccare loro il passaggio; ciononostante, tra i due tubi cg e dg esiste anch’essa una piccola membrana o valvola g, simile alla precedente, che rimane naturalmente aperta e può essere chiusa dagli spiriti provenienti dal tubo dg, oppure aperta da quelli provenienti dal tubo cg.
Di conseguenza, è facile comprendere che se gli spiriti animali presenti nel cervello non tendono affatto, o quasi affatto, a fluire attraverso i due tubi bf e cg, allora le due piccole membrane o valvole f e g rimangono aperte, e i due muscoli D ed E sono rilassati e inattivi; inoltre, gli spiriti animali che essi contengono possono passare liberamente da un tubo all’altro, scorrendo da d verso f e viceversa. Tuttavia, se gli spiriti presenti nel cervello tendono con forza ad entrare nei due tubi bf e cg, e questa forza è uguale su entrambi i lati, allora le due valvole g e f si chiudono immediatamente, e i due muscoli D ed E si contraggono al massimo grado possibile, permettendo così all’occhio di rimanere fermo nella posizione in cui si trova.
Puis si ces esprits qui viennent du cerveau tendent à couler avec plus de force par bf que par cg, ils ferment la petite peau g, et ouvrent f, et ce plus ou moins, selon qu’ils agissent plus ou moins fort ; au moyen de quoi les esprits contenus dans le muscle vont rendre dans le muscle D, par le canal ef ; et ce plus ou moins vite, selon que la peau f est plus ou moins ouverte ; si bien que le muscle D, d’où ces esprits ne peuvent sortir, s’accourcit, et E se rallonge ; et ainsi l’œil est tourné vers E. Comme au contraire, si les esprits qui sont dans le cerveau tendent à couler avec plus de force par cg que par bf, ils ferment la petite peau f, et ouvrent g ; en sorte que les esprits du muscle D retournent aussitôt par le canal dg dans le muscle E, qui par ce moyen s’accourcit, et retire l’œil de son côté.
Car vous savez bien que ces esprits, étant comme un vent ou une flamme très subtile, ne peuvent manquer de couler très promptement d’un muscle dans l’autre, sitôt qu’ils y trouvent quelque passage, encore qu’il n’y ait aucune autre puissance qui les y porte que la seule inclination qu’ils ont à continuer leur mouvement suivant les lois de la nature. Et vous savez, outre cela, qu’encore qu’ils soient fort mobiles et subtils, ils ne laissent pas d’avoir la force d’enfler et de raidir les muscles où ils sont enfermés, ainsi que l’air qui est dans un ballon le durcit et fait tendre les peaux qui le contiennent.
Or il vous est aisé d’appliquer ce que je viens de dire du nerf A, et des deux muscles D et E, à tous les autres muscles et nerfs ; et ainsi d’entendre comment la machine dont je vous parle peut être mue en toutes les mêmes façons que nos corps par la seule force des esprits animaux qui coulent du cerveau dans les nerfs : car pour chaque mouvement, et pour son contraire, vous pouvez imaginer deux petits nerfs, ou tuyaux, tels que sont bf, cg et deux autres tels que sont dg, ef, et deux petites portes ou valvules telles que sont Hfi et g.
Et pour les façons dont ces tuyaux sont insérés dans les muscles, encore qu’elles varient en mille sortes il n’est pas néanmoins malaisé à juger quelles elles sont, en sachant ce que l’anatomie vous peut apprendre de la figure extérieure et de l’usage de chaque muscle.
Car sachant, par exemple, que les paupières sont mues par deux muscles, dont l’un, à savoir T, ne sert qu’à ouvrir celle de dessus, et l’autre, à savoir V, sert alternativement à les ouvrir et à les fermer toutes deux, il est aisé à penser qu’ils reçoivent les esprits par deux tuyaux tels que sont Pr et qs ; et que l’un de ces deux tuyaux pu se va rendre dans ces deux muscles, et l’autre qs dans l’un d’eux seulement ; et enfin que les branches r et s’étant quasi insérées en même façon dans le muscle V, y ont toutefois deux effets tout contraires, à cause de la diverse disposition de leurs rameaux ou de leurs fibres ; ce qui suffit pour vous faire entendre les autres.
Et même il n’est pas malaisé à juger de ceci que les esprits animaux peuvent causer quelques mouvements en tous les membres où quelques nerfs se terminent, encore qu’il y en ait plusieurs où les anatomistes n’en remarquent aucuns de visibles : comme dans la prunelle de l’œil, dans le cœur, dans le foie, dans la vésicule du fiel, dans la rate, et autres semblables.
Maintenant, pour entendre en particulier comment cette machine respire, pensez que le muscle d est l’un de ceux qui servent à hausser sa poitrine, ou à abaisser son diaphragme, et que le muscle E est son contraire ; et que les esprits animaux qui sont dans la concavité de son cerveau marqué m, coulant par le pore ou petit canal marqué n, qui demeure naturellement toujours ouvert, se vont rendre d’abord dans le tuyau BF, où, abaissant la petite peau F, ils font que ceux du muscle E viennent enfler le muscle d.
Pensez après cela qu’il y a certaines peaux autour de ce muscle d qui le pressent de plus en plus à mesure qu’il s’enfle, et qui sont tellement disposées, qu’avant que tous les esprits du muscle E soient passés vers lui, elles arrêtent leur cours, et les font comme regorger par le tuyau BF, en sorte que ceux du canal s’en détournent ; au moyen de quoi s’allant rendre dans le tuyau cg, qu’ils ouvrent en même temps, ils font enfler le muscle E, et désenfler le muscle d ; ce qu’ils continuent de faire aussi longtemps que dure l’impétuosité dont les esprits contenus dans le muscle d, pressés par les peaux qui l’environnent, tendent à en sortir ; puis, quand cette impétuosité n’a plus de force, ils reprennent d’eux-mêmes leur cours par le tuyau B F, et ainsi ne cessent de faire enfler et désenfler alternativement ces deux muscles. Ce que vous devez juger aussi des autres muscles qui servent à même effet ; et penser qu’ils sont tous tellement disposés, que, quand ce sont les semblables à d qui s’enflent, l’espace qui contient les poumons s’élargit, ce qui est cause que l’air entre dedans, tout de même que dans un soufflet que l’on ouvre ; et que, quand ce sont leurs contraires, cet espace se rétrécit, ce qui est cause que l’air en ressort.
Pour entendre aussi comment cette machine avale les viandes qui se trouvent au fond de sa bouche, pensez que le muscle d est l’un de ceux qui haussent la racine de sa langue, et tiennent ouvert le passage par où l’air qu’elle respire doit entrer dans son poumon, et que le muscle E est son contraire, qui sert à fermer ce passage, et par même moyen à ouvrir celui par où les viandes qui sont dans sa bouche doivent descendre dans son estomac, ou bien à hausser la pointe de sa langue qui les y pousse, et que les esprits animaux qui viennent de la concavité de son cerveau m, par le pore ou petit canal n, qui demeure naturellement toujours ouvert, se vont rendre tout droit dans le tuyau BF, au moyen de quoi ils font enfler le muscle d ; et enfin que ce muscle demeure toujours ainsi enflé pendant qu’il ne se trouve aucune viandes au fond de la bouche qui le puissent presser, mais qu’il est tellement disposé que, lorsqu’il s’y en trouve quelques-unes, les esprits qu’il contient regorgent aussitôt par le tuyau BF, et font que ceux qui viennent par le canal n’entrent par le tuyau cg dans le muscle E, où se vont aussi rendre ceux du muscle d ; et ainsi la gorge s’ouvre et les viandes descendent dans l’estomac, puis incontinent après les esprits du canal, reprennent leur cours par BF comme devant.
A l’exemple de quoi vous pouvez aussi entendre comment cette machine peut éternuer, bâiller, tousser, et faire les mouvements nécessaires à rejeter divers autres excréments.
Pour entendre après Cela comment elle peut être incitée par les objets extérieurs qui frappent les organes de ses sens, à mouvoir en mille autres façons tous ses membres, pensez que les petits filets que je vous ai déjà tantôt dit venir du plus intérieur de son cerveau, et composer la moelle de ses nerfs, sont tellement disposés en toutes celles de ses parties qui servent d’organe à quelque sens, qu’ils y peuvent très facilement être mus par les objets de ses sens ; et que, lorsqu’ils y sont mus tant soit peu fort, ils tirent au même instant les parties du cerveau d’où ils viennent, et ouvrent par même moyen les entrées de certains pores qui sont en la superficie intérieure de ce cerveau par où les esprits animaux qui sont dans ses concavités commencent aussitôt à prendre leur cours, et se vont rendre par eux dans les nerfs et dans les muscles, qui servent à faire en cette machine des mouvements tout semblables à ceux auxquels nous sommes naturellement incités lorsque nos sens sont touchés en même sorte.
Comme, par exemple, si le feu A se trouve proche du pied B, les petites parties de ce feu, qui se meuvent, comme vous savez, très promptement, ont la force de mouvoir avec soi l’endroit de la peau de ce pied, qu’elles touchent ; et, par ce moyen, tirant le petit filet cc, que vous voyez y être attaché, elles ouvrent au même instant l’entrée du pore de, contre lequel ce petit filet se termine, ainsi que, tirant l’un des bouts d’une corde, on fait sonner en même temps la cloche qui pend à l’autre bout.
Furthermore, if those spirits originating from the brain tend to flow more vigorously through channel bf than through channel cg, they close the small membrane g and open membrane f—to a greater or lesser extent, depending on the intensity of their movement. As a result, the spirits contained within muscle D are directed back into muscle E via channel ef, again with varying speed, depending on the degree to which membrane f is opened or closed. Consequently, muscle D, from which these spirits cannot escape, contracts, while muscle E lengthens, causing the eye to turn in that direction. On the contrary, if the same spirits tend to flow more strongly through channel cg than through channel bf, they close membrane f and open membrane g, causing the spirits in muscle D to immediately return to muscle E via channel dg. This process also results in muscle E contracting and the eye turning away from that direction.
For you well know that these spirits, being like a very subtle wind or flame, are able to flow swiftly from one muscle to another whenever they find some passage there; and yet, there is no other force at work except their own inclination to continue moving in accordance with the laws of nature. Moreover, you also know that, despite their mobility and subtlety, they still possess the power to expand and tighten the muscles within which they are confined, just as the air inside a balloon hardens it and makes the skin enclosing it taut.
Or it is easy for you to apply what I have just said about the nerve A, and the muscles D and E, to all other muscles and nerves; and thus to understand how the mechanism I am describing can be made to function in exactly the same ways as our bodies, merely by the power of those animal spirits that flow from the brain through the nerves. For for every movement, and its opposite, you can imagine two small nerves or tubes, such as bf and cg, along with two other pairs like dg and ef, and also two small valves or gates, such as Hfi and g.
And as for the ways in which these tubes are inserted into the muscles, although there are countless variations, it is still not difficult to determine what they are, once one knows what anatomy can tell us about the external structure and the function of each muscle.
For instance, since we know that the eyelids are moved by two muscles—one of which, namely muscle T, serves only to open the upper eyelid, while the other, muscle V, alternately opens and closes both eyelids—it is easy to conclude that these muscles must receive the “spiritual influences” through two channels, namely Pr and qs. One of these channels may extend into both muscles, while the other, qs, may only reach one of them. Furthermore, since the branches r and s seem to be inserted into muscle V in a similar manner, they nevertheless produce completely opposite effects due to the different arrangement of their fibers; this alone is sufficient to help you understand the other mechanisms at play.
Moreover, it is not difficult to conclude from this that animal spirits can cause certain movements in all those limbs where nerves terminate; although there are several organs in which anatomists fail to observe any visible nerves: such as the pupil of the eye, the heart, the liver, the gallbladder, the spleen, and others of their kind.
Now, to understand in particular how this machine “breathes” or functions, imagine that the muscle d is one of those that help raise its chest or lower its diaphragm, and that the muscle E is its counterpart; further, imagine that the animal spirits located within the concavity of its brain, marked as m, flow through the pore or small canal marked as n—which naturally remains always open—and first travel into the tube BF. There, by lowering the small membrane F, they cause those in the muscle E to expand and thus inflate the muscle d.
Consider, after this, that there are certain membranes surrounding this muscle which exert an increasing pressure on it as it swells. These membranes are arranged in such a way that, before all the vital forces within the muscle have passed through them, they redirect the flow of these forces through another channel, causing those forces to be diverted away from the original path. As a result, these diverted forces proceed towards another channel and open it at the same time, which causes the muscle E to swell while the muscle d deflates. This process continues as long as the impetus within the muscle d persists—since the membranes surrounding it continuously exert pressure, forcing the vital forces to try to escape. Once this impetus fades, the forces resume their normal flow through channel B F, and this cycle of swelling and deflation continues alternately in both muscles. The same principle applies to all other muscles that serve a similar function. It is clear that these muscles are arranged in such a way that when certain types of them swell, the space containing the lungs expands, allowing air to enter; whereas when others deflate, this space contracts, causing air to be expelled.
To understand how this mechanism manages to swallow the food that is at the back of its mouth, consider that muscle D is one of those that raise the root of the tongue and keep open the passage through which the air we breathe must enter the lungs. Muscle E, on the other hand, serves the opposite function: it closes this passage and, by doing so, allows the food in the mouth to descend into the stomach—or else it raises the tip of the tongue to help push the food down. Moreover, the vital spirits that originate from the concave area of the brain travel through a natural pore or small canal, always remaining open, and directly enter the duct BF. This process causes muscle D to become inflated. As long as no food is in the mouth to press on this muscle, it remains inflated; however, once some food enters, the spirits contained within it immediately flow through duct BF and cause those spirits coming from canal N to enter muscle E via duct CG. In this way, the throat opens and the food descends into the stomach; shortly thereafter, the spirits follow the same pathway back out through BF.
As an example of this, you can also hear how this machine is capable of sneezing, yawning, coughing, and making the necessary movements to expel various other types of waste.
To understand how, after this, she can be induced by external objects that affect her senses to move all her limbs in countless different ways, consider that those tiny networks I have already described as originating from the deepest parts of her brain and forming the essence of her nerves are so intricately arranged throughout all the areas of her body that serve as sensory organs, that they can be easily stimulated by these external objects. And whenever they are stimulated even slightly, they immediately activate the corresponding regions of the brain from which they originate, thereby opening certain pathways within this brain’s internal surfaces. Through these pathways, the subtle energies residing within its recesses begin to flow and travel through the nerves and muscles, enabling this “machine” to perform movements that are precisely similar to those responses we naturally experience when our senses are stimulated in the same way.
For instance, if fire A is located near the foot B, then those small parts of this fire that move very rapidly have the power to pull along with them the area of skin on that foot that they come into contact with; and in this way, by pulling on the thin thread cc that you see attached there, they immediately open the entrance to the pore against which that thread is positioned. Just as pulling on one end of a rope causes the bell hanging at the other end to ring at the same time.
Poi, se questi spiriti provenienti dal cervello tendono a fluire con maggiore forza attraverso il canale bf piuttosto che attraverso il canale cg, essi chiudono la piccola pelle g e aprono il canale f; tale effetto varia in intensità a seconda della forza con cui agiscono. Di conseguenza, gli spiriti contenuti nel muscolo D vengono ricondotti in quel muscolo attraverso il canale ef, e la velocità di questo processo dipende dalla misura in cui il canale f è aperto o chiuso. In questo modo, il muscolo D, dal quale tali spiriti non possono più uscire, si accorcia, mentre il muscolo E si allunga; di conseguenza, l’occhio viene rivolto verso il lato E. Al contrario, se gli spiriti provenienti dal cervello tendono a fluire con maggiore forza attraverso il canale cg piuttosto che attraverso il canale bf, essi chiudono il canale f e aprono la pelle g; di conseguenza, gli spiriti del muscolo D tornano immediatamente nel muscolo E attraverso il canale dg, facendo sì che quest’ultimo si accorci e sposti l’occhio verso il proprio lato.
Poiché sappiate bene che questi spiriti, essendo come un vento o una fiamma molto sottili, non possono fare a meno di diffondersi rapidamente da un muscolo all’altro non appena trovano un passaggio per farlo, anche se non esiste alcuna altra forza che li spinga lì se non la semplice tendenza che hanno di continuare il loro movimento secondo le leggi della natura. Inoltre, sappiate anche che, pur essendo molto mobili e sottili, questi spiriti possiedono comunque la forza di gonfiare e indurire i muscoli in cui sono racchiusi, proprio come l’aria all’interno di un pallone lo rende duro e fa tendere le pelli che lo contengono.
È dunque facile applicare ciò che ho appena detto riguardo al nervo A, ai muscoli D ed E, a tutti gli altri muscoli e nervi; e in questo modo si può comprendere come la macchina di cui vi parlo possa essere messa in movimento in tutti i modi identici ai nostri corpi, soltanto grazie alla forza degli spiriti animali che scorrono dal cervello nei nervi: poiché per ogni movimento, e anche per il suo contrario, si possono immaginare due piccoli nervi o tubi, come bf, cg, e altri due simili a dg, ef, nonché due piccole porte o valvole, come Hfi e g.
E per quanto i modi in cui questi tubi sono inseriti nei muscoli siano infinitamente variabili, non è comunque difficile capirli, se si conosce ciò che l’anatomia può insegnarci riguardo alla loro forma esterna e al loro funzionamento.
Poiché si sa, ad esempio, che le palpebre sono mosse da due muscoli: uno, chiamato T, serve soltanto ad aprire la palpebra superiore, mentre l’altro, chiamato V, serve alternativamente ad aprirle e chiuderle entrambe, è facile supporre che i messaggi sensoriali vengano trasportati attraverso due “canali”, ovvero Pr e qs. Uno di questi canali potrebbe raggiungere entrambi i muscoli, mentre l’altro, qs, ne raggiungerebbe soltanto uno. Inoltre, le ramificazioni dei muscoli r e s, pur essendo inserite in modo simile nel muscolo V, esercitano effetti completamente opposti a causa della diversa disposizione delle loro fibre; questo basta per comprendere anche gli altri meccanismi coinvolti.
E non è nemmeno difficile dedurre da ciò che gli esseri animati siano in grado di provocare alcuni movimenti in tutti quei membri nei quali si trovano dei nervi; anche se esistono molti organi nei quali gli anatomisti non riescono a individuare alcun nervo visibile: come nella pupilla dell’occhio, nel cuore, nel fegato, nella vescicola biliare, nella milza e in altri simili organi.
Ora, per comprendere in modo particolare come questa macchina “respiri”, pensate che il muscolo d sia uno di quelli che servono ad alzare il suo torace o ad abbassare il diaframma, e che il muscolo E ne sia l’opposto; inoltre, quegli spiriti animali che si trovano nella concavità del suo cervello, marcato con la lettera m, scorrendo attraverso il poro o piccolo canale marcato con la lettera n – che naturalmente rimane sempre aperto – si dirigono prima nel tubo BF, dove, abbassando la piccola pelle F, fanno sì che i muscoli appartenenti al gruppo E vengano a gonfiare i muscoli del gruppo d.
Pensate bene: intorno a questo muscolo esistono delle membrane che, man mano che esso si gonfia, lo comprimono sempre di più; queste membrane sono disposte in modo tale che, prima ancora che tutti i “flussi energetici” contenuti nel muscolo E raggiungano quel punto, esse interrompono il loro corso e li fanno rifluire attraverso il canale BF, facendo sì che quelli presenti nel canale cg deviano la loro direzione. In questo modo, questi flussi energetici, dirigendosi verso il canale cg che viene contemporaneamente aperto, fanno sì che il muscolo E si gonfi e quello opposto si sgonfi; questo processo continua finché dura l’impetuosità dei flussi energetici contenuti nel muscolo opposto, i quali, spinti dalle membrane che lo circondano, tendono a uscire da esso. Quando poi questa impetuosità diminuisce, questi flussi riprendono spontaneamente il loro corso attraverso il canale BF, continuando così a far alternativamente gonfiare e sgonfiare questi due muscoli. Lo stesso vale per gli altri muscoli che svolgono lo stesso funzione; tutti sono disposti in modo tale che, quando si gonfiano i muscoli del tipo “d”, lo spazio che contiene i polmoni si allarga, permettendo all’aria di entrare al suo interno, proprio come avviene quando si apre un mantice; mentre, quando si sgonfiano i muscoli del tipo opposto, questo spazio si restringe, facendo sì che l’aria ne esca.
Per comprendere anche come questa macchina inghiotta le carni che si trovano nella parte posteriore della sua bocca, pensate che il muscolo “d” sia uno di quelli che sollevano la radice della lingua e mantengono aperto il passaggio attraverso cui l’aria che respira deve entrare nei suoi polmoni; mentre il muscolo “E” è il suo opposto, e serve a chiudere questo passaggio, nonché ad aprire quello attraverso cui le carni presenti nella bocca devono scendere nello stomaco, oppure a sollevare la punta della lingua per spingerle verso l’interno dello stomaco. Inoltre, gli spiriti animali che provengono dalla cavità del cervello passano attraverso un piccolo canale naturale sempre aperto, e raggiungono direttamente il tubo “BF”, facendo sì che il muscolo “d” si gonfi; questo muscolo rimane sempre in tale stato finché non ci sono carni nella bocca che possano esercitare su di esso pressione. Tuttavia, non appena vi sono alcune carne, gli spiriti contenuti nel muscolo “d” fuoriescono immediatamente attraverso il tubo “BF”, facendo sì che quelli provenienti dal canale “n” entrino nel muscolo “E”; di conseguenza, la gola si apre e le carni scendono nello stomaco. Subito dopo, gli spiriti presenti nel canale riprendono il loro percorso attraverso il tubo “BF”, come prima.
Esattamente come in questo esempio, si può anche ascoltare come questa macchina sia in grado di starnutire, sbadigliare, tossire e compiere i movimenti necessari per espellere vari tipi di scorie.
Per comprendere come, dopo questo, i suoi organi di senso possano essere stimolati dagli oggetti esterni a muovere in mille modi diversi tutti i suoi membri, pensate che quei sottili filamenti di cui vi ho già parlato, che provengono dal profondo del suo cervello e costituiscono il midollo dei suoi nervi, sono disposti in modo tale nelle parti del cervello destinate a funzionare come organi di senso, da essere facilmente stimolati dagli oggetti esterni; e che, quando vengono stimolati anche solo leggermente, questi filamenti attivano immediatamente le parti del cervello da cui provengono, aprendo così determinati canali presenti sulla superficie interna di questo stesso cervello. Attraverso questi canali, gli “spiriti animali” contenuti nelle cavità cerebrali iniziano immediatamente a muoversi e si dirigono verso i nervi e i muscoli, che permettono a questo organismo di compiere movimenti del tutto simili a quelli che noi compiamo naturalmente quando i nostri sensi vengono stimolati allo stesso modo.
Ad esempio, se il punto A si trova vicino al piede B, le piccole parti di questo punto che si muovono molto rapidamente hanno la forza di spostare verso di sé la zona della pelle del piede che toccano; in questo modo, tirando il piccolo filo cc che vi è attaccato, si apre immediatamente l’ingresso del poro contro cui quel filo termina, proprio come, tirando uno dei capi di una corda, si fa suonare contemporaneamente la campanella appesa all’altro capo.
Or l’entrée du pore ou petit conduit de étant ainsi ouverte, les esprits animaux de la concavité F entrent dedans, et sont portés par lui, partie dans les muscles qui servent à retirer ce pied de ce feu, partie dans ceux qui servent à tourner les yeux et la tête pour le regarder, et partie en ceux qui servent à avancer les mains et à plier tout le corps pour y apporter du secours.
Mais ils peuvent aussi être portés, par ce même conduit de, en plusieurs autres muscles ; et, avant que je m’arrête à vous expliquer plus exactement en quelle sorte les esprits animaux suivent leur cours par les pores du cerveau, et comment ces pores sont disposés, je veux vous parler ici en particulier de tous les sens, tels qu’ils se trouvent en cette machine, et vous dire comment ils se rapportent aux nôtres.
Troisième partie
DES SENS EXTÉRIEURS DE CETTE MACHINE ; ET COMMENT ILS SE RAPPORTENT AUX NOTRES.
Sachez donc, premièrement, qu’il y a un grand nombre de petits filets semblables à cc, qui commencent tous à se séparer les uns des autres dès la superficie intérieure de son cerveau, d’où ils prennent leur origine, et qui, s’allant de là épandre par tout le reste de son corps, y servent d’organe pour le sens de l’attouchement. Car, encore que pour l’ordinaire ce ne soit pas eux qui soient immédiatement touchés par les objets extérieurs, mais les peaux qui les environnent’, il n’y a pas toutefois plus d’apparence de penser que ce sont ces peaux qui sont les organes du sens, que de penser, lorsqu’on manie quelque corps étant ganté, que ce sont les gants qui servent pour le sentir.
Et remarquez qu’encore que les filets dont je vous parle Soient fort déliés, ils ne laissent pas de passer sûrement depuis le cerveau jusqu’aux membres qui en sont les plus éloignés, sans qu’il se trouve rien entre deux qui les rompe ou qui empêche leur action en les pressant, quoique ces membres se plient cependant en mille diverses façons, d’autant qu’ils sont enfermés dans les mêmes petits tuyaux qui portent les esprits animaux dans les muscles, et que ces esprits, enflant toujours quelque peu ces tuyaux, les empêchent, d’y être pressés, et même qu’ils les font toujours tendre autant qu’ils peuvent, en tirant du cerveau, d’où ils viennent, vers les lieux où ils se terminent.
Or je vous dirai que quand Dieu unira une âme raisonnable à cette machine, ainsi que je prétends vous dire ci-après, il lui donnera son siège principal dans le cerveau, et la fera de telle nature que, selon les diverses façons que les entrées des pores qui sont en la superficie intérieure de ce cerveau seront ouvertes par l’entremise des nerfs, elle aura divers sentiments.
Comme, premièrement, si les petits filets qui composent la moelle de ces nerfs sont tirés avec tant de force qu’ils se rompent et se séparent de la partie à laquelle ils étaient joints, en sorte que la structure de toute la machine en soit en quelque façon moins accomplie, le mouvement qu’ils causeront dans le cerveau donnera occasion à l’âme, à qui il importe que le lieu de sa demeure se conserve, d’avoir le sentiment de la douleur.
Et s’ils sont tirés par une force presque aussi grande que la précédente, sans que toutefois ils se rompent ni se séparent aucunement des parties auxquelles ils sont attachés, ils causeront un mouvement dans le cerveau, qui, rendant témoignage de la bonne constitution des autres membres, donnera occasion à l’âme de sentir une certaine volupté corporelle qu’on nomme chatouillement, et qui, comme vous voyez, étant fort proche de la douleur en sa cause, lui est toute contraire en son effet.
Que si plusieurs de ces petits filets sont tirés ensemble également, ils feront sentir à l’âme que la superficie du corps qui touche le membre où ils se terminent est polie, et ils la lui feront sentir inégale et qu’elle est rude, s’ils sont tirés inégalement.
Que s’ils ne sont qu’ébranlés quelque peu séparément l’un de l’autre, ainsi qu’ils sont continuellement par la chaleur que le cœur communique aux autres membres, l’âme n’en aura aucun sentiment, non plus que de toutes les autres actions qui sont ordinaires ; mais si ce mouvement est augmenté ou diminué en eux par quelque cause extraordinaire, son augmentation fera avoir à l’âme le sentiment de la chaleur, et sa diminution celui de la froideur ; et enfin, selon les autres diverses façons qu’ils seront mus, ils lui feront sentir toutes les autres qualités qui appartiennent à l’attouchement en général, comme l’humidité, la sécheresse, la pesanteur, et semblables.
Seulement faut-il remarquer qu’encore qu’ils soient fort déliés et fort aisés à mouvoir, ils ne le sont pas toutefois tellement qu’ils puissent rapporter au cerveau toutes les plus petites actions qui soient en la nature, mais que les moindres Qu’ils lui rapportent sont celles des plus grossières parties des corps terrestres ; et même qu’il peut y avoir quelques-uns de ces corps dont les parties, quoique assez grosses, ne laisseront pas de se glisser contre ces petits filets si doucement qu’elles les presseront ou couperont tout à fait , sans que leur action passe jusqu’au cerveau ; tout de même qu’il y a certaines drogues qui ont la force d’assoupir ou même de corrompre ceux de nos membres, contre qui elles sont appliquées, sans nous en faire avoir aucun sentiment.
Mais les petits filets qui composent la moelle des nerfs de la langue, et qui servent d’organe pour le goût en cette machine, peuvent être mus par de moindres actions que ceux qui ne servent que pour l’attouchement en général, tant à cause qu’ils sont un peu plus déliés, comme aussi parce que les peaux qui les couvrent sont plus tendres.
Pensez, par exemple, qu’ils peuvent être mus en quatre diverses façons, par les parties des sels, des eaux aigres, des eaux communes, et des eaux-de-vie, dont je vous ai ci-dessus expliqué les grosseurs et les figures, et ainsi qu’ils peuvent, faire sentir à l’âme quatre sortes de goûts différents ; d’autant que les parties des sels étant séparées l’une de l’autre, et agitées par l’action de la salive, entrent de pointe, et sans se plier, dans les pores qui sont en la peau de la langue ; celles des eaux aigres s’y coulent de biais, en tranchant ou incisant les plus tendres de ses parties, et obéissant aux plus grossières ; celles de l’eau douce ne font que se glisser par-dessus, sans inciser aucune de ses parties, ni entrer fort avant dans ses pores ; et, enfin, celles de l’eau-de-vie étant fort petites y pénètrent les plus avant de toutes, et s’y meuvent avec une très grande vitesse. D’où il vous est aisé de juger comment l’âme pourra sentir toutes les autres sortes de goûts, si vous considérez en combien d’autres façons les petites parties des corps terrestres peuvent agir contre la langue.
Mais ce qu’il faut ici principalement remarquer, c’est que ce sont les mêmes petites parties des viandes, qui étant dans la bouche peuvent entrer dans les pores de la langue, et y émouvoir le sentiment du goût, lesquelles étant dans l’estomac peuvent passer dans le sang, et de là s’aller joindre et unir à tous les membres ; et même qu’il n’y a que celles qui chatouillent la langue modérément, et qui pourront par ce moyen faire sentir à l’âme un goût agréable, qui soient entièrement propres à cet effet.
Car, pour celles qui agissent trop ou trop peu, comme elles ne sauraient faire sentir qu’un goût trop piquant ou trop fade, aussi sont-elles trop pénétrantes ou trop molles pour entrer en la composition du sang, et servir à l’entretenement de quelques membres. Et pour celles qui sont si grosses, ou jointes si fort l’une à l’autre qu’elles ne peuvent être séparées par l’action de la salive, ni aucunement pénétrer dans les pores de la langue, pour agir contre les petits filets des nerfs qui y servent pour le goût, autrement que contre ceux des autres membres qui servent pour l’attouchement général, et qui n’ont point aussi de pores en elles-mêmes où les petites parties de la langue, ou bien pour le moins celles de la salive dont elle est humectée, puissent entrer ; comme elles ne pourront faire sentir à l’âme aucun goût, ni saveur, aussi ne sont-elles pas propres pour l’ordinaire à être mises dans l’estomac.
Et ceci est si généralement vrai, que souvent, il mesure que le tempérament de l’estomac se change, la force du goût se change aussi ; en sorte qu’une viande qui aura coutume de sembler à l’âme agréable au goût, lui pourra même quelquefois sembler fade ou amère : dont la raison est que la sauve qui vient de l’estomac, et qui retient toujours les qualités de l’humeur qui y abonde, se mêle avec les petites parties des viandes qui sont dans la bouche et contribue beaucoup à leur action.
Or, since the entrance of the pore or small duct is thus open, the animal spirits within the concavity F enter therein and are carried by it—some towards the muscles that serve to withdraw that foot from the fire, some towards those that enable the eyes and head to turn in order to look at it, and some towards those that move the hands and cause the entire body to bend forward in order to provide assistance.
But they can also be transmitted, through the very same channels, to several other muscles; and before I proceed to explain more precisely in what manner these animal spirits travel through the pores of the brain, and how these pores are arranged, I would like to discuss here, in particular, all the senses as they exist within this organism, and to explain how they relate to our own senses.
Third Part
THE EXTERNAL SENSES OF THIS MACHINE; AND HOW THEY RELATE TO OUR OWN.
Therefore, first and foremost, it should be understood that there exists a large number of such small networks that, beginning from the inner surface of the brain where they originate, extend throughout the rest of the body and serve as organs for the sense of touch. Although in ordinary circumstances it is not these networks themselves that are directly touched by external objects, but rather the skins surrounding them, there is no greater illusion than to think that those skins are the actual organs of this sense—just as there would be no illusion in thinking that it is the gloves one is wearing that enable one to perceive an object when handling it.
And note that although the fibers I am speaking of are extremely fine, they certainly allow the transmission of impulses from the brain to the most distant limbs without any obstacles that might disrupt their function or prevent their action by exerting pressure—even though these limbs can bend in countless ways. This is because they are all enclosed within the same tiny ducts that carry the vital energies to the muscles. Moreover, these energies constantly expand these ducts slightly, preventing them from being compressed, and even ensuring that they remain as taut as possible as they extend from the brain to their respective ends.
Or I would say that when God unites a reasonable soul with this machine, in the manner I shall explain below, he will place its main seat in the brain and make it such that, depending on the various ways in which the pores located on the inner surface of the brain are opened through the nerves, it will experience different emotions.
For, firstly, if those tiny fibers that make up the essence of these nerves are pulled with such force that they break away from the parts to which they were attached, thereby causing the structure of the entire nervous system to be impaired in some way, then the movements they induce in the brain will cause the soul—whom it is essential for the integrity of their dwelling place to remain intact—to experience pain.
And if they are pulled by a force almost as great as the previous one, yet without in any way breaking or separating from the parts to which they are attached, they will cause a movement within the brain that, by demonstrating the good condition of the other limbs, will give rise to a certain physical pleasure known as tickling. As you can see, this sensation is very similar to pain in its cause, but entirely opposite to it in its effect.
Even if several of these small threads are pulled together simultaneously, they will make the soul perceive that the surface of the body where they meet the respective limbs is smooth; whereas if they are pulled unevenly, they will cause the soul to feel that the same surface is rough and irregular.
If they are merely slightly disturbed or affected separately from one another, just as they are constantly influenced by the heat that the heart transmits to the other limbs, the soul will feel nothing regarding these effects, nor regarding any other ordinary actions that occur. However, if this influence is increased or decreased in them due to some extraordinary cause, then an increase in this influence will make the soul perceive a sensation of warmth, while a decrease will cause it to experience coldness. Moreover, depending on the various other ways in which these influences act upon the soul, they will enable it to perceive all those qualities that are associated with touch in general—such as moisture, dryness, heaviness, and so forth.
It must be noted, however, that although these nerves are highly sensitive and easily stimulated, they are not sufficiently delicate to transmit to the brain even the smallest movements that occur in nature. In fact, the only sensations they relay to the brain relate to the larger parts of the human body. Moreover, there are certain substances that have the power to numb or even damage those limbs to which they are applied, without causing us to perceive any sensation at all.
However, the tiny fibers that make up the nerve tissue of the tongue—and which serve as the organ of taste in this mechanism—can be stimulated by much weaker stimuli than those fibers that are solely responsible for sensation of touch. This is both because these taste fibers are more delicate and also because the membranes that cover them are more tender.
Consider, for example, that they can be acted upon in four different ways by the various components of salts, acids, plain water, and spirits—whose properties and forms I have explained to you above—and thus they can impart four distinct types of flavors to the soul. Moreover, since the components of salts are separated from each other and stirred by the action of saliva, they penetrate directly into the pores of the tongue without bending; those of acids flow in at an angle, cutting or incising the softer parts of the tongue while adhering to the coarser ones; those of plain water merely slide over its surface without affecting any of its parts or penetrating deeply into its pores; and finally, those of spirits, being extremely small, penetrate farthest of all and move within it with great speed. From this, it is easy to understand how the soul can perceive all other kinds of flavors, if you consider in how many other ways the tiny components of earthly substances can interact with the tongue.
But what is primarily noteworthy here is that it is precisely these same small portions of meat—those which, when in the mouth, can penetrate the pores of the tongue and stimulate the sense of taste; and those which, when in the stomach, can enter the bloodstream and thereby circulate throughout the entire body—that are entirely suited for this purpose. Only those parts of meat that gently stimulate the tongue and enable the soul to experience a pleasant sensation of taste possess this quality.
For those that act too much or too little, since they are unable to convey either a taste that is too strong or too bland, they are likewise either too penetrating or too weak to be incorporated into the composition of blood or to contribute to the nourishment of any particular limbs. As for those that are too large or are so closely joined together that they cannot be separated by the action of saliva, nor can they penetrate into the pores of the tongue in order to affect the delicate nerve fibers responsible for taste, they can only affect those nerves in other parts of the body that are related to general sensation. Moreover, since these substances do not contain any pores through which the tiny particles of the tongue—or at least those of saliva that moisten it—could penetrate, they are unable to convey any taste or flavor to the mind. Therefore, they are not suitable for being consumed in the normal course of diet.
And this is so generally true that often, as the temperament of the stomach changes, the strength of the taste also changes; consequently, a meat that used to seem pleasant to the taste may sometimes even appear bland or bitter. The reason for this is that the juices released by the stomach, which always retain the qualities of the bodily humors present in it, mix with the small particles of the meat in the mouth and greatly influence its flavor.
Poiché l’ingresso del poro o del piccolo canale è così aperto, gli “spiriti animati” della cavità F vi entrano e vengono trasportati da esso: una parte di questi spiriti va nei muscoli che servono a ritirare quel piede dal fuoco, un’altra parte va in quelli che servono a girare gli occhi e la testa per guardarlo, e ancora un’altra parte va in quelli che servono ad avvicinare le mani e a piegare tutto il corpo per prestare aiuto.
Ma possono anche essere trasportati, attraverso lo stesso canale, in diversi altri muscoli; e prima di spiegarvi più dettagliatamente in che modo gli “spiriti animali” seguono il loro percorso attraverso i pori del cervello, e come questi pori sono disposti, voglio parlare qui in particolare di tutti i sensi, così come si trovano in questo “meccanismo”, e dirvi in che modo essi sono collegati ai nostri.
Terza parte
DEI SENSI ESTERNI DI QUESTA MACCHINA; E COME SI RELAZIONANO AI NOSTRI.
Sappiate quindi, innanzitutto, che esiste un gran numero di piccoli filamenti simili a questi, i quali iniziano tutti a separarsi l’uno dall’altro già dalla superficie interna del cervello, da dove prendono origine, e da lì si diffondono in tutto il resto del corpo, fungendo da organi per il senso del tatto. Poiché, sebbene di solito non siano loro ad essere immediatamente toccati dagli oggetti esterni, ma le pelli che li circondano, tuttavia non c’è alcun motivo per ritenere che siano proprio queste pelle gli organi del senso; allo stesso modo, quando si maneggia un oggetto indossando i guanti, non si può pensare che siano i guanti stessi a fungere da organi di percezione.
E notate che, nonostante i tessuti di cui parlo siano molto sottili, essi permettono senza alcun ostacolo il passaggio dei messaggi dal cervello ai membri più lontani, senza che nulla interrompa o impedisca il loro funzionamento, anche quando questi membri si piegano in mille modi diversi. Ciò avviene perché tali tessuti sono racchiusi negli stessi piccoli canali attraverso i quali gli “spiriti animaleschi” vengono inviati ai muscoli; inoltre, questi spiriti, gonfiando leggermente questi canali, ne impediscono la compressione e li mantengono sempre tesi, tirandoli dal cervello verso le parti del corpo dove terminano.
Ora vi dirò che quando Dio unirà un’anima razionale a questa macchina, come sostengo di volervi spiegare in seguito, le darà la sua sede principale nel cervello e la renderà tale da provare diversi sentimenti, a seconda delle varie modalità con cui i pori presenti sulla superficie interna di quel cervello verranno aperti attraverso i nervi.
Poiché, in primo luogo, se i piccoli filamenti che compongono la midollo di questi nervi vengono tirati con tale forza da rompersi e staccarsi dalla parte a cui erano collegati, rendendo così la struttura dell’intero sistema in qualche modo meno completa, il movimento che ne deriverebbe nel cervello farà sì che l’anima, per cui è essenziale che il luogo della sua dimora venga preservato, provi dolore.
E se vengono tirati da una forza quasi altrettanto grande della precedente, senza però rompersi o separarsi in alcun modo dalle parti a cui sono attaccati, provocheranno un movimento nel cervello che, dimostrando la buona costituzione degli altri membri del corpo, darà all’anima l’opportunità di provare una certa sensazione di piacere fisico, chiamata formicolio. Questa sensazione, come potete vedere, è molto simile al dolore per quanto riguarda la sua causa, ma è completamente opposta ad esso per quanto riguarda il suo effetto.
Se diversi di questi piccoli filamenti vengono tirati insieme in modo uniforme, faranno percepire all’anima che la superficie del corpo che si trova a contatto con il membro dove terminano è liscia; se invece vengono tirati in modo disomogeneo, faranno percepire all’anima che tale superficie è irregolare e ruvida.
Se questi movimenti vengono soltanto leggermente alterati in modo separato l’uno dall’altro, proprio come avviene continuamente a causa del calore che il cuore trasmette agli altri membri del corpo, l’anima non ne percepirà alcun effetto, né tantomeno di tutte le altre azioni ordinarie che avvengono in questo modo. Tuttavia, se questi movimenti vengono intensificati o attenuati per cause straordinarie, un loro aumento farà sì che l’anima percepisca il calore, mentre una loro diminuzione le farà percepire il freddo. Infine, a seconda delle diverse modalità con cui questi movimenti avvengono, l’anima ne percepirà tutte le altre caratteristiche associate al contatto fisico, come l’umidità, la secchezza, la pesantezza, e simili.
Si deve tuttavia notare che, sebbene siano molto delicati e facilmente movibili, non lo sono al punto da poter trasmettere al cervello anche le azioni più minute che esistano nella natura. anzi, quelle che riescono a inviare al cervello sono soltanto quelle relative alle parti più grosse dei corpi terrestri. Inoltre, possono esserci alcuni di questi corpi la cui struttura, pur essendo abbastanza grossolana, permette loro di scivolare dolcemente attraverso questi piccoli meccanismi, premendoli o tagliandoli completamente, senza che tale azione raggiunga il cervello. Allo stesso modo, esistono alcune sostanze capaci di addormentare o persino danneggiare le parti del nostro corpo su cui vengono applicate, senza che noi ne percepiamo alcun effetto.
Ma i piccoli filamenti che compongono la midollo dei nervi della lingua e che fungono da organo del gusto in questa “macchina” possono essere stimolati da azioni molto più lievi rispetto a quelle che servono soltanto per percepire il contatto in generale; ciò avviene sia perché questi filamenti sono un po’ più delicati, sia perché le pelli che li ricoprono sono più tenere.
Pensate, ad esempio, che tali sostanze possono essere messe in movimento in quattro modi diversi: a causa delle parti contenute nei sali, nelle acque amare, nelle acque dolci e negli alcolici, le cui caratteristiche vi ho spiegate in precedenza; in questo modo, tali sostanze possono far percepire all’anima quattro tipi diversi di sapori. Inoltre, poiché le parti contenute nei sali sono separate l’una dall’altra e vengono agitate dall’azione della saliva, penetrano direttamente, senza piegarsi, nei pori presenti sulla superficie della lingua; quelle delle acque amare scorrono di lato, tagliando o incidendo le parti più tenere della lingua, seguendo i percorsi più grossolani; quelle dell’acqua dolce si limitano a scivolare sopra la superficie della lingua, senza inciderla né penetrare profondamente nei suoi pori; infine, quelle degli alcolici, essendo molto piccole, penetrano più in profondità di tutte le altre e si muovono all’interno della lingua con grande velocità. Da ciò si può facilmente capire come l’anima possa percepire tutti gli altri tipi di sapori, se si considera in quanti modi diversi le piccole parti dei corpi terrestri possano agire sulla lingua.
Ma ciò che è principalmente da notare in questo contesto è che sono proprio quelle piccole parti delle carni che, trovandosi nella bocca, possono entrare nei pori della lingua e stimolare la sensazione del gusto; mentre, una volta nell’stomaco, possono passare nel sangue e da lì raggiungere e unirsi a tutti i membri del corpo. Inoltre, solo quelle parti delle carni che stimolano moderatamente la lingua e che sono in grado di suscitare nell’anima una sensazione di piacere sono davvero adatte a questo scopo.
Poiché, per quelle sostanze che agiscono in modo eccessivo o insufficiente – poiché non riescono a trasmettere un sapore né troppo intenso né troppo debole – sono altrettanto incapaci di penetrare nel sangue o di contribuire al funzionamento dei vari organi del corpo. E per quelle sostanze che sono così dense o strettamente legate tra loro da non poter essere separate nemmeno dall’azione della saliva, né in alcun modo penetrate nei pori della lingua, non possono agire sui piccoli nervi responsabili del senso del gusto; possono tuttavia influenzare i nervi coinvolti nel tatto generale. Poiché, inoltre, tali sostanze non sono in grado di trasmettere all’anima alcun sapore o aroma, non sono adatte per essere ingerite normalmente.
E questo è vero in modo così generale che spesso, quando cambia il temperamento dello stomaco, cambia anche la forza del gusto; di conseguenza, una carne che prima sembrava piacevole all’anima e al palato, a volte può persino apparire insipida o amara. La ragione è che quella sostanza che proviene lo stomaco e che mantiene sempre le qualità dell’umore che vi abbonda si mescola con le piccole parti della carne presenti in bocca, contribuendo in modo significativo al suo sapore complessivo.
Le sens de l’odorat dépend aussi de plusieurs petits filets qui s’avancent de la base du cerveau vers le nez, au-dessous de ces deux petites parties toutes creuses que les anatomistes ont comparées aux bouts des mamelles d’une femme, et qui ne diffèrent en rien des nerfs qui servent à l’attouchement et au goût, sinon qu’ils ne sortent point hors de la concavité de la tête qui contient tout le cerveau, et qu’ils peuvent être mus par des parties terrestres encore plus petites que les nerfs de la langue, tant à cause qu’ils sont un peu plus déliés, comme aussi à cause qu’ils sont plus immédiatement touchés par les objets qui les meuvent.
Car vous devez savoir que lorsque cette machine respire, les plus subtiles parties de l’air qui lui entrent par le nez pénètrent par les pores de l’os qu’on nomme spongieux, sinon jusqu’au dedans des concavités du cerveau, pour le moins jusqu’à l’espace qui est entre les deux peaux qui l’enveloppent, d’où elles peuvent ressortir en même temps par le palais ; comme réciproquement, quand l’air sort de la poitrine, elles peuvent entrer dans cet espace par le palais, et en ressortir par le nez ; et qu’à l’entrée de cet espace elles rencontrent les extrémités de ces petits filets toutes nues, ou seulement couvertes d’une peau qui est extrêmement déliée, ce qui fait qu’elles n’ont pas besoin de beaucoup de force pour les mouvoir.
Vous devez aussi savoir que ces pores sont tellement disposés, et si étroits, qu’ils ne laissent passer jusqu’à ces petits filets aucune parties terrestres qui soient plus grosses que celles que j’ai ci-dessus nommées odeurs pour ce sujet ; si ce n’est peut-être aussi quelques-unes qui composent les eaux-de-vie, à cause que leur figure les rend fort pénétrante.
Enfin, vous devez savoir qu’entre ces parties terrestres extrêmement petites, qui se trouvent toujours en plus grande abondance dans l’air qu’en aucun des autres corps composés, il n’y a que celles qui sont un peu plus ou moins grosses que les autres, ou qui, à raison de leur figure, sont plus ou moins aisées à mouvoir, qui pourront donner occasion à l’âme d’avoir les divers sentiments des odeurs : et même il n’y aura que celles en qui ces excès sont fort modérés et tempérés l’un par l’autre, qui lui en feront avoir d’agréables. Car pour celles qui n’agissent qu’à l’ordinaire, elles ne pourront aucunement être senties ; et celles qui agissent avec trop ou trop peu de force ne lui pourront être que déplaisantes.
Pour les petits filets qui servent d’organe au sens de l’ouïe, ils n’ont pas besoin d’être si déliés que les précédents ; mais il suffit de penser qu’ils sont tellement disposés au fond des concavités des oreilles, qu’ils peuvent facilement être mus tous ensemble, et d’une même façon par les petites secousses dont l’air de dehors pousse une certaine peau fort déliée, qui est tendue à l’entrée de ces concavités, et qu’ils ne peuvent être touchés par aucun autre objet que par l’air qui est au-dessous de cette peau, car ce seront ces petites secousses qui, passant jusqu’au cerveau par l’entremise de ces nerfs, donneront occasion à l’âme de concevoir l’idée des sons.
Et notez qu’une seule d’entre elles ne lui pourra faire entendre autre chose qu’un bruit sourd, qui passe en un moment, et dans lequel il n’y aura point d’autre variété, sinon qu’il se trouvera plus ou moins grand, selon que l’oreille sera frappée plus ou moins fort ; mais que lorsque plusieurs s’entre-suivront, ainsi qu’on voit à l’œil que font les tremblements des cordes et des cloches quand elles sonnent, alors ces petites secousses composeront un son que l’âme jugera plus doux ou plus rude, selon qu’elles seront plus égales ou plus inégales entre elles ; et qu’elle jugera plus aigu ou plus grave, selon qu’elles seront plus promptes à s’entre-suivre, ou plus tardives : en sorte que, si elles sont de la moitié, ou du tiers, ou du quart, ou d’une cinquième partie, etc., plus promptes à s’entre-suivre une fois que l’autre, elles composeront un son que l’âme jugera plus aigu d’une octave, ou d’une quinte, ou d’une quarte, ou d’une tierce majeure, etc. Et, enfin, plusieurs sons mêlés ensemble seront accordants ou discordants, selon qu’il y aura plus ou moins de rapport, et qu’il se trouvera des intervalles plus égaux ou plus inégaux entre les petites secousses qui les composent.
Comme, par exemple, si les divisions des lignes A, B, C, D, E, F, G, H, représentent les petites secousses qui composent autant de divers sons, il est aisé à juger que ceux qui sont représentés par les lignes G et II ne doivent pas être si doux à l’oreille que les autres, ainsi que les parties raboteuses d’une pierre ne le sont pas tant à l’attouchement que celles d’un miroir bien poli ; et il faut penser que B représente un son plus aigu que A d’une octave, C d’une quinte, D d’une quarte, E d’une tierce majeure, et F d’un ton aussi majeur ; et remarquer qu’A et B joints ensemble, ou ABC, ou ABD, ou même ABCE, sont beaucoup plus accordants que ne sont A et F, ou ACD, ou ADE, etc. Ce qui me semble suffire pour montrer comment l’âme qui sera en la machine que je vous décris, pourra se plaire à une musique qui suivra toutes les mêmes règles que la nôtre, et comment même elle pourra la rendre beaucoup plus parfaite, au moins si l’on considère que ce ne sont pas absolument les choses les plus douces qui sont les plus agréables aux sens, mais celles qui les chatouillent d’une façon mieux tempérée, ainsi que le sel et le vinaigre sont souvent plus agréables à la langue que l’eau douce ; et c’est ce qui fait que la musique reçoit les tierces et les sextes, et même quelquefois les dissonances, aussi bien que les unissons, les octaves, et les quintes.
Il reste encore le sens de la vueque j’ai besoin d’expliquer un peu plus exactement que les autres, à cause qu’il sert davantage à mon sujet. Ce sens dépend aussi en cette machine de deux nerfs, qui doivent sans doute être composés de plusieurs petits filets, les plus déliés et les plus aisés à mouvoir qui puissent être ; d’autant qu’ils sent destinés à rapporter au cerveau ces diverses actions des parties du second élément, qui, suivant ce qui a été dit ci-dessus, donneront occasion à l’âme, quand elle sera unie à cette machine, de concevoir les diverses idées des couleurs et de la lumière.
Mais pour ce que la structure de l’œil aide aussi à cet effet, il est ici besoin que je la décrive ; et pour plus grande facilité je tâcherai de le faire en peu de mots, en laissant tout à dessein plusieurs particularités superflues que la curiosité des anatomistes y remarque.
ABC est une peau assez dure et épaisse qui compose, comme un vase rond dans lequel toutes les autres parties de l’œil sont contenues ; DE F en est une autre plus déliée, qui est tendue ainsi qu’une tapisserie au dedans de la précédente ; GHI est le nerf dont les petits filets HG, HI, étant épars tout autour, depuis H jusqu’à G et I’, couvrent entièrement le fond de l’œil. K, L, M, sont trois sortes de glaires, ou humeurs extrêmement claires et transparentes, qui remplissent tout l’espace contenu au dedans de ces peaux, et qui ont chacune la figure que vous voyez ici représentée.
En la première peau la partie BC B est transparente et un peu plus voûtée que le resté, et la réfraction des rayons qui entrent dedans s’y fait vers la perpendiculaire ; en la deuxième peau, la superficie intérieure de la partie E F, qui regarde le fond de l’œil, est toute noire et obscure, et elle a au milieu un petit trou rond, qui est ce qu’on nomme la prunelle, et qui paraît si noir au milieu de l’œil quand on le regarde par dehors. Ce trou n’est pas toujours de même grandeur, car la partie EF de la peau dans laquelle il est, nageant librement dans l’humeur K, qui est fort liquide, semble être comme-un petit muscle, qui s’élargit ou s’étrécit par la direction du cerveau, selon que l’usage le requiert.
La figure de l’humeur marquée L, qu’on nomme l’humeur cristalline, est semblable à celle de ces verres que j’ai décrits au traité de la Dioptrique, par le moyen desquels tous les rayons qui viennent d’un certain point se rassemblent à Un autre certain point, et sa matière est moins molle ou plus ferme, et cause par conséquent une plus grande réfraction que celle des deux autres humeurs qui l’environnent.
The function of the sense of smell also depends on several small nerve fibers that extend from the base of the brain towards the nose, beneath those two hollow structures that anatomists have compared to the ends of a woman’s mammary glands. These nerves are no different in any way from those responsible for touch and taste, except that they do not extend outside the cavity of the head which contains the entire brain. Moreover, they can be stimulated by external objects that are even smaller than those that affect the nerves of the tongue—both because they are more delicate and because they are more directly affected by the stimuli that activate them.
For you must know that when this machine breathes, the most subtle parts of the air that enter through its nose penetrate through the pores of a bone called the spongy bone, and even further—until they reach the inner recesses of the brain, or at least the space between the two layers of skin that envelop it. From there, they can emerge again through the mouth. Conversely, when air is expelled from the chest, it can enter this space through the mouth and then exit through the nose. Moreover, upon entering this space, the air comes into contact with the extremities of those tiny, almost bare membranes—or at most covered with extremely delicate skin—which means that very little force is required to move them.
You must also know that these pores are arranged in such a way, and are so narrow, that they do not allow through any terrestrial substances larger than those which I have referred to above as “odors” in this context; perhaps with the exception of some substances that make up distilled spirits, since their structure makes them highly penetrating.
Finally, you must understand that among these extremely small particles of matter, which are far more abundant in the air than in any other composite substances, only those that are slightly larger or smaller than the others, or that, due to their shape, are easier or harder to move, will be able to provoke the soul to experience various sensations related to odors. Moreover, it is only those particles whose excessive properties are moderately balanced and counteracted by each other that will produce pleasant sensations. For those particles that act in a normal manner, they will not be perceived at all; whereas those that act with too much or too little intensity will merely cause displeasure.
As for those small membranes that function as organs of hearing, they do not need to be as delicate as the previous ones; yet it is sufficient to understand that they are positioned so deeply within the ear’s cavities that they can be easily stimulated simultaneously, in exactly the same way, by the slight vibrations caused by the outside air pressing against a very thin membrane stretched at the entrance of these cavities. Moreover, these membranes can only be affected by the air situated beneath them; it is these very vibrations, transmitted to the brain via these nerves, that enable the soul to perceive the concept of sound.
And note that only one of these sounds will be able to convey to him anything other than a dull noise that passes by in an instant; there will be no variation in this sound, except that it may be louder or softer depending on the intensity with which the ear is struck. However, when several such sounds occur one after another—just as one can observe the vibrations of strings and bells when they are played—the combination of these slight vibrations will produce a sound that the soul will perceive as being sweeter or harsher, more even or uneven in rhythm, depending on how closely or how irregularly they follow each other. Moreover, if these sounds occur at half, one-third, one-quarter, or one-fifth the speed of the others, etc., the resulting sound will be perceived by the soul as being an octave, a fifth, a fourth, or a major third higher or lower. Finally, when several such sounds are mixed together, they will produce either harmonious or discordant tones, depending on the degree of similarity or difference between them, and on whether the intervals between these individual vibrations are more regular or irregular.
For instance, if the lines A, B, C, D, E, F, G, H represent the various minor vibrations that constitute different sounds, it is easy to conclude that those represented by lines G and H must not be as soft to the ear as the others; just as the rougher surfaces of a stone are not as smooth to the touch as those of a well-polished mirror. It can also be inferred that line B represents a sound an octave higher than line A, line C a fifth higher, line D a fourth, line E a major third, and line F another major tone. Moreover, combinations such as AB, ABC, ABD, or even ABCE are much more harmonious than combinations like AF, ACD, ADE, etc. This seems sufficient to demonstrate how the soul inhabiting the machine I describe would be able to enjoy music that follows the same rules as ours—and indeed, how it could make such music even more perfect. After all, it is not necessarily the softest things that please our senses the most; rather, those that stimulate them in a more balanced way are often more pleasing—just as salt and vinegar are often more satisfying to the taste than plain water. It is for this reason that music includes thirds, sixths, and even dissonances, in addition to unisons, octaves, and fifths.
There remains also the sense of sight, which I need to explain in somewhat more detail than the other senses, because it is particularly relevant to my subject. This sense, too, in this particular mechanism, depends on two nerves that must undoubtedly consist of numerous tiny fibers—the most delicate and easiest to move possible. Moreover, these nerves are intended to transmit to the brain various sensations originating from the different parts of this second mechanism; and as has been stated earlier, when the soul is united with this mechanism, these sensations will enable it to conceive various ideas relating to colors and light.
However, since the structure of the eye also contributes to this effect, it is necessary for me to describe it here; and for greater clarity, I will try to do so in few words, while deliberately omitting several unnecessary details that anatomists would otherwise notice out of curiosity.
ABC is a fairly hard and thick layer that forms what is akin to a round vase within which all the other parts of the eye are contained; DE F is another, more delicate layer, which is stretched like a tapestry inside the former; GHI represents the nerve, whose fine fibers—HG, HI—are spread out throughout, from H to G and I’. These fibers completely cover the bottom of the eye. K, L, M are three types of clear, transparent humors that fill the entire space within these layers, each having the structure depicted here.
In the first layer of the eye, the BC B region is transparent and slightly more curved than the rest; the rays of light that enter it are refracted towards the perpendicular. In the second layer, the inner surface of the EF region, which faces the back of the eye, is entirely dark and opaque. At its center lies a small round hole, known as the pupil, which appears so black when viewed from the outside. The size of this hole varies, as the EF region, floating freely within the highly liquid humor K, functions somewhat like a small muscle that expands or contracts at the direction commanded by the brain, depending on the needs of the eye.
The substance of the humor marked L, which is called the crystalline humor, is similar to those lenses I described in my treatise on Dioptrics—lenses through which all rays originating from a certain point converge at another certain point. Its consistency is either softer or harder than that of the other two humors surrounding it; as a result, it causes greater refraction than those other humors.
Il senso dell’olfatto dipende anche da diversi piccoli fasci nervosi che si estendono dalla base del cervello verso il naso, al di sotto di quelle due piccole parti completamente cavernee che gli anatomisti hanno paragonato alle estremità dei capezzoli di una donna; tali nervi non differiscono in alcun modo da quelli utilizzati per il tatto e il gusto, se non per il fatto che non emergono dalla cavità cranica che contiene l’intero cervello, e possono essere stimolati da parti del corpo ancora più piccole di quelle dei nervi della lingua: sia perché sono leggermente più sottili, sia perché vengono influenzati direttamente dagli oggetti che li stimolano.
Dovete infatti sapere che, quando questa macchina respira, le parti più sottili dell’aria che vi entrano dal naso penetrano attraverso i pori dell’osso chiamato “spugnoso”, e almeno fino allo spazio situato tra le due membrane che la circondano; da lì possono uscire nuovamente attraverso la bocca. Allo stesso modo, quando l’aria esce dal petto, può entrare in questo spazio attraverso la bocca e uscire dal naso; inoltre, all’ingresso di questo spazio, queste particelle d’aria incontrano le estremità di quei piccoli tessuti completamente nudi, o soltanto ricoperti da una pelle estremamente sottile; per questo motivo non è necessario utilizzare molta forza per muoverle.
Dovete anche sapere che questi pori sono disposti in modo tale, e così stretti, da non permettere il passaggio di alcuna sostanza terrestre più grossa di quelle che ho menzionato sopra come “odore” in questo contesto; forse ad eccezione di alcune sostanze che compongono gli alcolici, poiché la loro struttura le rende particolarmente penetranti.
Infine, dovete sapere che, tra queste particelle terrestri estremamente piccole, le quali sono sempre presenti in quantità molto maggiore nell’aria rispetto a qualsiasi altro corpo composto, soltanto quelle che sono leggermente più grandi o più piccole delle altre, o che, per la loro forma, sono più o meno facili da muovere, possono suscitare in noi diversi sentimenti legati agli odori. E anzi, saranno soltanto queste particelle, nei quali tali differenze sono molto moderate e bilanciate tra loro, a procurarci sensazioni piacevoli. Infatti, quelle che agiscono in modo normale non potranno essere percepite affatto; mentre quelle che agiscono con troppa o troppo poca intensità ci potranno causare soltanto dispiacere.
Per i piccoli filamenti che funzionano come organi dell’udito, non è necessario che siano così delicati come quelli precedenti; basta pensare che siano disposti in modo tale all’interno delle cavità auricolari da poter essere facilmente stimolati tutti insieme, e nello stesso modo, dalle lievi vibrazioni generate dall’aria esterna che agisce su una pelle molto sottile tesa all’ingresso di queste cavità. Inoltre, questi filamenti non possono essere influenzati da alcun altro oggetto se non dall’aria stessa; sono proprio queste lievi vibrazioni, che, attraverso i nervi, raggiungono il cervello, a permettere all’anima di percepire i suoni.
E notate che soltanto uno di essi potrà fargli percepire altro che un suono sommesso, che passa in un istante e nel quale non vi sarà alcuna variazione, se non quella del suo volume, che aumenta o diminuisce a seconda che l’orecchio venga colpito con maggiore o minore intensità; ma quando più suoni si susseguono l’uno dopo l’altro, proprio come si possono osservare con gli occhi i tremolii delle corde e delle campane quando suonano, allora questi piccoli movimenti comporranno un suono che l’anima giudicherà più dolce o più ruvido, a seconda che siano più regolari o meno disordinati tra loro; e lo giudicherà anche più acuto o più grave, a seconda che si susseguano con maggiore o minore rapidità: in tal modo, se uno di questi suoni è la metà, un terzo, un quarto, un quinto, ecc., di rapidità rispetto all’altro, comporranno un suono che l’anima considererà più acuto di un’ottava, di una quinta, di un quarto, di un terzo maggiore, ecc. Infine, diversi suoni mescolati insieme saranno armoniosi o disarmoniosi, a seconda che esista più o meno rapporto tra loro, e che gli intervalli tra i piccoli movimenti che li compongono siano più regolari o meno irregolari.
Ad esempio, se le linee A, B, C, D, E, F, G, H rappresentano i piccoli tremoli che compongono diversi suoni, è facile intuire che quelli rappresentati dalle linee G ed E non devono essere così dolci all’orecchio come gli altri; allo stesso modo, le parti ruvide di una pietra non sono altrettanto piacevoli al tatto quanto quelle di uno specchio ben lucidato. Si può quindi dedurre che la linea B rappresenti un suono più acuto della linea A di un’ottava, C di una quinta, D di una quarta, E di un terzo maggiore, e F di un tono anch’esso maggiore. Inoltre, si nota come le combinazioni di linee come AB, ABC, ABD o persino ABCE siano molto più armoniose rispetto a quelle come AF, ACD o ADE. Tutto ciò sembra sufficiente per dimostrare come l’anima che si troverà all’interno della macchina che vi descrivo possa godere di una musica che segue le stesse regole della nostra, e persino renderla molto più perfetta; soprattutto se si considera che non sono necessariamente le cose più dolci a essere le più piacevoli per i sensi, ma quelle che li stimolano in modo più equilibrato. Proprio come il sale e l’aceto sono spesso più graditi alla lingua dell’acqua dolce. Ed è proprio questo che permette alla musica di includere terzi, sesti, e persino dissonanze, così come accordi perfetti, ottave e quinte.
Resta ancora il senso della vista, che devo spiegare in modo un po’ più dettagliato rispetto agli altri sensi, perché è particolarmente importante per il mio argomento. Anche questo senso, in questa macchina corporea, dipende da due nervi che sicuramente sono composti da numerosi filamenti sottilissimi e molto mobili; tali nervi hanno il compito di trasmettere al cervello le informazioni relative alle varie azioni delle parti del corpo. Come già detto in precedenza, quando l’anima sarà unita a questa macchina corporea, questi nervi le permetteranno di concepire le diverse idee legate ai colori e alla luce.
Ma poiché anche la struttura dell’occhio contribuisce a questo effetto, è necessario che io la descriva; e per rendere il tutto più semplice, cercherò di farlo in poche parole, omettendo intenzionalmente molte particolarità superflue che l’interesse degli anatomisti potrebbe notare.
L’ABC è una membrana piuttosto dura e spessa che costituisce, come un vaso rotondo nel quale sono contenute tutte le altre parti dell’occhio; il DE F ne è un’altra più sottile, tesa all’interno della precedente come una tappezzeria; l’GHI rappresenta il nervo: i suoi piccoli filamenti, disposti in modo diffuso da H fino a G e I’, coprono interamente la parte inferiore dell’occhio. Il K, il L, il M sono tre tipi di umori estremamente chiari e trasparenti che riempiono tutto lo spazio all’interno di queste membrane, e ognuno di essi presenta la forma rappresentata qui.
Nella prima membrana, la parte BC B è trasparente e leggermente più curva rispetto al resto; la rifrazione dei raggi che vi entrano avviene quindi verso la perpendicolare. Nella seconda membrana, la superficie interna della parte E F, che si affaccia sul fondo dell’occhio, è completamente nera e opaca; al suo centro si trova un piccolo foro rotondo, chiamato pupilla, che appare estremamente scuro quando viene osservato dall’esterno. La dimensione di questo foro non è sempre la stessa, poiché la parte EF della membrana in cui si trova, galleggiando liberamente nell’umore K – che è molto liquido – sembra funzionare come un piccolo muscolo che si allarga o si restringe su indicazione del cervello, a seconda delle esigenze dell’organismo.
La figura dell’umore caratterizzato dalla lettera “L”, che viene chiamato umore cristallino, è simile a quella di quei vetri di cui ho parlato nel trattato sulla Diottrica: attraverso di essi tutti i raggi provenienti da un certo punto si concentrano in un altro punto specifico. La sua materia è meno molle o più dura, e per questo motivo provoca una rifrazione maggiore rispetto alle altre due tipologie di umori che lo circondano.
E, N sont de petits filets noirs, qui viennent du dedans de la peau D, E, F, et qui embrassent tout autour cette humeur cristalline, qui sont comme autant de petits tendons par le moyen desquels sa figure se peut changer, et se rendre un peu plus plate, ou plus voûtée, selon qu’il est de besoin. Enfin oo sont six ou sept muscles attachés à l’œil par dehors, et qui le peuvent mouvoir très facilement et très promptement de tous côtés.
Or la peau BCB et les trois humeurs K, L, M étant fort claires et transparentes, n’empêchent point que les rayons de la lumière qui entrent par le trou de la prunelle ne pénètrent jusqu’au fond de l’œil, où est le nerf, et qu’ils n’agissent aussi facilement contre lui, comme s’il était tout à fait à découvert ; et elles servent à le préserver des injures de l’air et des autres corps extérieurs, qui le pourraient facilement offenser s’ils le touchaient, et de plus à faire qu’il demeure si tendre et si délicat, que ce n’est pas merveille qu’il puisse être mû par des actions si peu sensibles, comme sont celles que je prends ici pour les couleurs.
La courbure qui est en la partie de la première peau, marquée BCB, et la réfraction qui s’y fait, est cause que les rayons qui viennent des objets qui sont vers les côtés de l’œil peuvent entrer par la prunelle ; et ainsi que, sans que l’œil se remue, l’âme pourra voir plus grand nombre d’objets, qu’elle ne pourrait faire sans cela : car, par exemple, si le rayon PBKq ne se courbait pas au point B, il ne pourrait passer entre les points FF pour parvenir jusqu’au nerf.
La réfraction qui se fait en l’humeur cristalline sert à rendre la vision plus forte, et ensemble plus distincte : car vous devez savoir que la figure de cette humeur est tellement compassée, eu égard aux réfractions qui se font dans les autres parties de l’œil, et à la distance des objets, que lorsque la vue est dressée vers quelque point déterminé d’un objet, elle fait que tous les rayons qui viennent de ce point, et qui entrent dans l’œil par le trou de la prunelle, se rassemblent en un autre point au fond de l’œil, justement contre l’une des parties du nerf qui y est, et empêche par même moyen qu’aucun des autres rayons qui entrent dans l’œil ne touche la même partie de ce nerf.
Par exemple, l’œil étant disposé à regarder le point R, la disposition de l’humeur cristalline fait que tous les rayons RNS, RLS, etc., s’assemblent justement au point S, et empêche par même moyen qu’aucun de ceux qui viennent des points T et X, etc., n’y parvienne ; car elle assemble aussi tous ceux du point T environ le point V, ceux du point X environ le point Y, et ainsi des autres ; au lieu que, s’il ne se faisait aucune réfraction dans cet œil, l’objet R n’enverrait qu’un seul de ses rayons au point S, et les autres s’épandraient çà et là en tout l’espace YY ; et de même les points T et X, et tous ceux qui sont entre deux, enverraient chacun un de leurs rayons vers ce même point S.
Or il est bien évident que l’objet R doit agir plus fort contre la partie du nerf qui est à ce point S lorsqu’il y envoie grand nombre de rayons que s’il n’y en envoyait qu’un seul, et que cette partie du nerf S doit rapporter plus distinctement et plus fidèlement au cerveau l’action de cet objet R lorsqu’elle ne reçoit des rayons que de lui seul que si elle en recevait de divers autres.
La couleur noire, tant de la superficie intérieure de la peau EF que des petits filets EN, sert aussi à rendre la vision plus distincte ; car, suivant ce qui a, été dit ci-dessus de la nature de cette couleur, elle amortit la force des rayons qui se réfléchissent du fond de l’œil vers le devant, et empêche que de là ils ne retournent derechef vers le fond de l’œil, où ils pourraient apporter de la confusion. Par exemple, les rayons de l’objet X donnant au point Y contre le nerf qui est blanc, se réfléchissent de là de tous côtés vers N et vers F, d’où ils pourraient derechef se réfléchir vers S et vers V, et y troubler l’action des points R et T, si les corps N et F n’étaient pas noirs.
Le changement de figure qui se fait en l’humeur cristalline sert à ce que les objets qui sont à diverses distances puissent peindre distinctement leurs images au fond de l’œil : car, suivant ce qui a été dit au traité de la Dioptrique, si, par exemple, l’humeur LN est de telle figure qu’elle fasse que tous les rayons qui partent du point R aillent justement toucher le nerf au point S, la même humeur, sans être changée, ne pourra faire que ceux du point T qui est plus proche, ou du point X qui est plus éloigné, y aillent aussi ; mais elle fera que le rayon TL ira vers H, et TN vers G ; et au contraire que XL ira vers G, et XN vers H, et ainsi des au très : si bien que, pour représenter distinctement le point X, il est besoin que toute la figure de cette humeur NL se change et qu’elle devienne un peu plus plate, comme celle qui est marquée I ; et pour représenter le point T, il est besoin qu’elle devienne un peu plus voûtée, comme celle qui est marquée F.
Le changement de grandeur qui arrive à la prunelle sert à modérer la force de la vision ; car il est besoin qu’elle soit plus petite quand la lumière est trop vive, afin qu’il n’entre pas tant de rayons dans l’œil que le nerf n’en puisse être offensé ; et qu’elle soit plus grande quand la lumière est trop faible, afin qu’il y en entre assez pour être sentis. Et de plus, posant que la lumière demeure égale, il est besoin que la prunelle soit plus grande quand l’objet que l’œil regarde est éloigné que quand il est proche : car, par exemple, s’il n’entre qu’autant de rayons du point R par la prunelle de l’œil 7 qu’il en faut pour pouvoir être sentis, il est besoin qu’il en entre tout autant dans l’œil 8, et par conséquent que sa prunelle soit plus grande.
La petitesse de la prunelle sert aussi à rendre la vision plus distincte ; car vous devez savoir que, quelque figure que puisse avoir l’humeur cristalline, il est impossible qu’elle fesse que les rayons qui viennent de divers points de l’objet s’assemblent tous exactement en autant d’autres divers points : mais que si ceux du même point R, par exemple, s’assemblent justement au points, il n’y aura du point T que ceux qui passent par la circonférence et par le centre de l’un des cercles qu’on peut décrire sur la superficie de cette humeur cristalline qui se puissent assembler exactement au point Y ; et par conséquent que les autres, qui seront d’autant moindres en nombre que la prunelle sera plus petite, allant toucher le nerf en, d’autres points, ne pourront manquer d’y apporter de la confusion ; d’où vient que si la vision d’un même œil est moins forte une fois que l’autre, elle sera aussi moins distincte, soif que cela vienne de l’éloignement de l’objet, soit de la débilité de la lumière, parce que la prunelle étant plus grande quand elle est moins forte, cela rend aussi la vision plus confuse.
De là vient aussi que l’âme ne pourra jamais voir très distinctement qu’un seul point de l’objet à chaque fois, savoir celui vers lequel toutes les parties de l’œil seront dressées pour lors, et que les autres lui paraîtront d’autant plus confus qu’ils seront plus éloignés de celui-ci : car, par exemple, si les rayons du point R s’assemblent tous exactement au point S, ceux du point X s’assembleront encore moins exactement vers Y que ceux du point T ne s’assembleront vers Y ; et il faut juger ainsi des autres, à mesure qu’ils sont plus éloignés du point R. Mais les muscles o, tournant l’œil très promptement de tous côtés, servent à suppléer à ce défaut : car ils peuvent en moins de rien l’appliquer successivement à tous les points de l’objet, et ainsi faire que l’âme les puisse voir tous distinctement l’un après l’autre.
E and N are small black strands that originate from within the skin D, E, F, and encircle this crystalline substance entirely. They function like tiny tendons, enabling the shape of the eye to be altered—made either flatter or more arched, as required. Lastly, there are six or seven muscles attached to the outside of the eye, allowing it to move very easily and swiftly in all directions.
Moreover, since the skin of the eyeball and the three humors—K, L, M—are so clear and transparent, they do not prevent the rays of light that enter through the pupil from reaching the bottom of the eye, where the optic nerve is located; these rays can thus act upon it just as easily, as if it were completely exposed. Furthermore, these layers serve to protect the nerve from damage caused by the air and other external substances that might easily harm it if they came into contact with it. They also ensure that the nerve remains so tender and delicate that it is no wonder it can be influenced by such seemingly insignificant actions—as in the case of the colors I am discussing here.
The curvature present in the portion of the first layer of the eye, marked as BCB, along with the refraction that occurs there, allow rays coming from objects located on the sides of the eye to pass through the pupil. As a result, without the eye needing to move, the soul is able to perceive a greater number of objects than it otherwise could. For instance, if the ray PBKq did not bend at point B, it would not be able to pass between points FF and reach the nerve.
The refraction that occurs in the crystalline humor serves to enhance vision and make it sharper and more distinct; for you must know that the structure of this humor is so meticulously arranged, taking into account the refractions that occur in other parts of the eye as well as the distance of the objects, that when the gaze is directed toward a particular point on an object, all the rays originating from that point and entering the eye through the pupil converge at another point at the back of the eye, precisely against one of the optic nerve fibers there. This arrangement ensures that no other rays entering the eye ever come into contact with the same part of the optic nerve.
For example, since the eye is designed to direct its gaze toward point R, the arrangement of the crystalline humor ensures that all rays such as RNS and RLS converge precisely at point S; at the same time, this arrangement prevents any rays originating from points T and X from reaching point S. Indeed, the crystalline humor directs the rays emanating from point T toward point V, those from point X toward point Y, and so on. Were there no refraction in the eye, object R would send only one ray toward point S, while the others would scatter throughout space YY; similarly, points T and X, as well as all those situated between them, would each send one ray toward point S.
It is also quite evident that object R must exert a stronger effect on that part of the nerve which is in such a state of sensitivity when it sends out a large number of rays than when it sends only one; moreover, that part of the nerve must transmit to the brain, in a clearer and more accurate manner, the effects produced by object R when it receives rays solely from that object, rather than from various other sources.
The black color, both on the inner surface of the skin and in those small networks within it, also serves to make vision clearer; for, as has been stated above regarding the nature of this color, it attenuates the intensity of the rays that reflect from the back of the eye towards the front, preventing them from immediately returning there and causing confusion. For example, the rays from object X, striking point Y on the white nerve, would reflect in all directions towards points N and F; without the black color of these areas, these rays might then reflect back towards points S and V, disrupting the functioning of points R and T.
The change in the shape of the crystalline humor ensures that objects at various distances can be clearly projected onto the retina: as stated in the treatise on Dioptrics, if, for example, the humor NL has a particular shape that causes all rays originating from point R to precisely strike the nerve at point S, then the same humor, without any change, would only allow rays originating from closer points like T or farther points like X to reach the same nerve; however, it would cause ray TL to travel toward H and ray TN toward G. Conversely, ray XL would go toward G and ray XN toward H, and so on. Therefore, in order to clearly represent point X, the entire shape of the humor NL must change, becoming slightly flatter, as depicted by line I; whereas to represent point T, its shape must become slightly more curved, as shown by line F.
The change in the size of the pupil serves to regulate the intensity of vision; for it is necessary that the pupil be smaller when the light is too bright, so as to prevent too many rays from entering the eye and potentially damaging the nerves; and larger when the light is too dim, so that sufficient rays can reach the retina and be perceived. Furthermore, assuming that the intensity of the light remains constant, it is also necessary that the pupil be larger when the object being viewed is distant than when it is close. For example, if only a certain number of rays from point R are able to pass through the pupil of eye 7 and be detected, then the same number of rays must also reach eye 8, which means that the pupil of eye 8 must be larger in such cases.
The small size of the pupil also serves to make vision sharper; for you must understand that, no matter what shape the crystalline humor may take, it is impossible for the rays coming from various points of an object to converge precisely at the same number of different points. However, if the rays originating from the same point, for example, R, converge at point T, then only those rays that pass through the circumference and center of one of the circles that can be drawn on the surface of this crystalline humor will converge precisely at point Y. Consequently, the other rays—whose number will be proportionally reduced as the pupil becomes smaller—will touch the nerve at various other points, inevitably causing confusion in vision. Hence, when the vision of one eye is weaker than that of the other, it will also be less distinct, whether this is due to the distance of the object or to the weakness of the light; for when the pupil is larger in a weaker-eyed individual, vision becomes even more blurred.
It is also for this reason that the soul can never perceive with perfect clarity more than one single point of an object at a time; it can only identify the point toward which all the parts of the eye are directed at that moment, while the other parts appear all the more confused the further they are from this central point. For instance, if the rays originating from point R converge precisely at point S, then the rays originating from point X will converge even less accurately at point Y than those originating from point T; and the same principle applies to all other points, the farther they are from point R. However, the muscles that rapidly turn the eye in all directions compensate for this deficiency, enabling it to successively direct its gaze toward all the different points of an object, thus allowing the soul to perceive them all clearly one after another.
E, N sono piccoli filamenti neri che provengono dall’interno della pelle D, E, F, e che avvolgono completamente quell’umore cristallino; essi funzionano come dei piccoli tendini grazie ai quali la forma dell’occhio può essere modificata, rendendola un po’ più piatta o più arcuata, a seconda delle necessità. Infine, ci sono sei o sette muscoli che si attaccano all’esterno dell’occhio e che lo permettono di muoversi molto facilmente e rapidamente in tutte le direzioni.
Poiché la pelle della cornea e le tre umori K, L, M sono molto chiare e trasparenti, i raggi di luce che entrano attraverso il foro della pupilla riescono comunque a penetrare fino in fondo all’occhio, dove si trova il nervo, agendo su di esso con la stessa facilità come se fosse completamente esposto; inoltre, queste strutture servono a proteggerlo dagli agenti esterni che potrebbero danneggiarlo facilmente se lo toccassero, e permettono anche che rimanga così tenero e delicato da poter essere influenzato da stimoli così poco sensibili, come quelli che utilizzo qui per produrre i colori.
La curvatura presente nella parte della prima membrana oculare, contrassegnata con la lettera BCB, nonché la rifrazione che vi ha luogo, permettono ai raggi provenienti dagli oggetti situati sui lati dell’occhio di entrare attraverso la pupilla; grazie a ciò, l’occhio, senza muoversi, può percepire un numero maggiore di oggetti rispetto a quanto sarebbe possibile altrimenti. Ad esempio, se il raggio PBKq non si curvasse nel punto B, non potrebbe passare tra i punti FF per raggiungere il nervo oculare.
La rifrazione che avviene nella sostanza cristallina dell’occhio serve a rendere la visione più intensa e, di conseguenza, più chiara: poiché è necessario sapere che la struttura di questa sostanza è talmente complessa, in relazione alle rifrazioni che avvengono nelle altre parti dell’occhio e alla distanza degli oggetti, che quando lo sguardo si dirige verso un punto specifico di un oggetto, tutti i raggi provenienti da quel punto e che entrano nell’occhio attraverso il foro della pupilla si concentrano in un altro punto all’interno dell’occhio, esattamente contro una delle parti del nervo ottico; questo fenomeno impedisce, allo stesso tempo, che altri raggi che entrano nell’occhio possano raggiungere la stessa parte di quel nervo.
Ad esempio, poiché l’occhio è predisposto a guardare il punto R, la disposizione della sostanza cristallina fa sì che tutti i raggi RNS, RLS, ecc., si concentrino proprio nel punto S; al contempo, questo stesso ordine impedisce che alcun raggio proveniente dai punti T e X, ecc., raggiunga lo stesso punto. Infatti, la struttura cristallina disporrebbe i raggi provenienti dal punto T intorno al punto V, quelli provenienti dal punto X intorno al punto Y, e così via; mentre, se non ci fosse alcuna rifrazione nell’occhio, l’oggetto R invierebbe soltanto un raggio verso il punto S, mentre gli altri si disperderebbero in ogni direzione nello spazio YY; allo stesso modo, i punti T e X, nonché tutti quelli situati tra di loro, invierebbero ciascuno un proprio raggio verso il punto S.
È evidente che l’oggetto R debba agire con maggiore intensità sulla parte del nervo che è in uno stato di particolare sensibilità quando invia un gran numero di raggi, rispetto al caso in cui ne inviasse soltanto uno; inoltre, questa parte del nervo deve trasmettere al cervello in modo più chiaro e fedele l’effetto prodotto da tale oggetto R, quando riceve i raggi soltanto da esso stesso, piuttosto che da altri oggetti diversi.
Il colore nero, sia sulla superficie interna della pelle che sui piccoli filamenti oculari, serve anche a rendere la visione più chiara; poiché, come già detto riguardo alla natura di questo colore, esso attenua l’intensità dei raggi che si riflettono dalla parte posteriore dell’occhio verso quella anteriore, impedendo loro di tornare immediatamente indietro e causare confusione nella visione. Ad esempio, i raggi dell’oggetto X, che colpiscono il punto Y situato sulla parte bianca del nervo oculare, si riflettono da lì in tutte le direzioni verso i punti N e F; se questi ultimi non fossero neri, tali raggi potrebbero riflettersi nuovamente verso i punti S e V, disturbando così il funzionamento normale dei punti R e T nella visione.
Il cambiamento nella forma dell’umore cristallino permette agli oggetti situati a diverse distanze di proiettare chiaramente le loro immagini nell’occhio: infatti, come si è detto nel trattato sulla Diottrica, se, ad esempio, l’umore NL ha una forma tale che tutti i raggi che partono dal punto R tocchino esattamente il nervo al punto S, lo stesso umore, senza subire modifiche, farà sì che solo i raggi provenienti dai punti T (più vicini) o X (più lontani) arrivino anch’essi a destinazione; invece, il raggio TL andrà verso H, mentre TN andrà verso G; al contrario, XL andrà verso G e XN verso H, e così via. Pertanto, per rappresentare chiaramente il punto X, è necessario che l’intera forma dell’umore NL subisca modifiche, diventando leggermente più piatta, come quella indicata con la lettera I; mentre per rappresentare il punto T, è necessario che diventi leggermente più curva, come quella indicata con la lettera F.
Il cambiamento delle dimensioni della pupilla serve a regolare l’intensità della visione; infatti, è necessario che la pupilla sia più piccola quando la luce è troppo intensa, in modo che non entri troppi raggi nell’occhio e il nervo oculare non ne risulti danneggiato; al contrario, deve essere più grande quando la luce è debole, affinché ne entri abbastanza per essere percepita. Inoltre, supponendo che l’intensità della luce rimanga costante, è necessario che la pupilla sia più grande quando l’oggetto osservato è lontano rispetto a quando è vicino: ad esempio, se dal punto R entrano nella pupilla dell’occhio 7 soltanto quei raggi sufficienti per essere percepiti, è necessario che lo stesso numero di raggi entri nell’occhio 8, e quindi che la pupilla sia più grande in questo caso.
La piccolezza della pupilla contribuisce inoltre a rendere la vista più nitida; poiché è necessario sapere che, per quanto possa assumere diverse forme, il cristallino non può far sì che i raggi provenienti da diversi punti dell’oggetto si riuniscano esattamente in altri punti uguali; tuttavia, se i raggi provenienti dallo stesso punto R si riuniscono precisamente in un certo punto, soltanto quelli che passano per la circonferenza e il centro di uno dei cerchi che possono essere tracciati sulla superficie del cristallino potranno riunirsi esattamente nel punto Y; di conseguenza, gli altri raggi, essendo in numero inferiore in quanto la pupilla è più piccola, andando a colpire il nervo oculare in punti diversi, porteranno inevitabilmente confusione nella visione; da ciò deriva che, se la vista di un occhio è meno acuta rispetto all’altro, sarà anche meno nitida, sia a causa della distanza dell’oggetto sia a causa della debolezza della luce; infatti, quando la pupilla è più grande ma la visione è meno chiara, ciò rende anch’essa la vista più confusa.
Da ciò deriva anche il fatto che l’anima non possa mai vedere con chiarezza che un solo punto dell’oggetto alla volta, cioè quello verso cui tutte le parti dell’occhio saranno rivolte in quel momento; gli altri punti le appariranno tanto più confusi quanto più distanti da questo: infatti, ad esempio, se i raggi del punto R si concentrano tutti esattamente nel punto S, quelli del punto X si concentreranno ancora meno esattamente nel punto Y rispetto a quelli del punto T; e lo stesso si può dire per gli altri punti, in base alla loro distanza dal punto R. Tuttavia i muscoli oculari, ruotando rapidamente l’occhio in tutte le direzioni, compensano questa limitazione: essi permettono di rivolgere l’attenzione successivamente a tutti i punti dell’oggetto, consentendo così all’anima di vederli tutti chiaramente uno dopo l’altro.
Je n’ajoute pas ici particulièrement ce que c’est qui pourra donner occasion à cette âme de concevoir toutes les différences des couleurs, car j’en ai déjà assez parlé ci-dessus ; et je ne dis pas aussi quels objets de la vue lui doivent être agréables ou désagréables ; car, de ce que j’ai expliqué des autres sens, il vous est facile à entendre que la lumière trop forte doit offenser les yeux, et que la modérée les doit recréer, et qu’entre les couleurs, la verte, qui consiste en l’action la plus modérée (qu’on peut nommer par analogie la proportion d’un à deux), est comme l’octave entre les consonances de la musique, ou le pain entre les viandes que l’on mange, c’est-à-dire celle qui est le plus universellement agréable ; et enfin que toutes ces diverses couleurs de la mode, qui récréent souvent plus que le vert, sont comme les accords et les passages d’un air nouveau, touché par quelque excellent joueur de luth, ou les ragoûts d’un bon cuisinier, qui chatouillent bien davantage le sens, et lui font sentir d’abord plus de plaisir, mais aussi qui le lassent beaucoup plus tôt que ne font les objets simples et ordinaires.
Seulement faut-il encore que je vous dise ce que c’est qui donnera moyen à l’âme de sentir la situation, la figure, la distance, la grandeur et autres semblables qualités qui ne se rapportent pas à un seul sens en particulier, ainsi que font celles dont j’ai parlé jusqu’ici, mais qui sont communes à l’attouchement et à la vue, et même en quelque façon aux autres sens.
Remarquez donc, premièrement, que si la main A, par exemple, touche le corps C, les parties du cerveau B, d’où viennent les petits filets de ses nerfs, seront autrement disposées que si elle en touchait un qui fut d’autre figure, ou d’autre grandeur, ou situé en une autre place ; et ainsi que lame pourra connaître par leur moyen la situation de ce corps, et sa figure, et sa grandeur, et toutes les autres semblables qualités. Et que tout de même, si l’œil D est tourné vers l’objet E, l’âme pourra connaître la situation de cet objet, d’autant que les nerfs de cet œil seront disposés d’une autre sorte que s’il était tourné vers ailleurs ; et qu’elle pourra connaître sa figure, d’autant que les rayons du point 1, s’assemblant au point 2, contre le nerf nommé optique, et ceux du point 3 au point 4, et ainsi des autres, y en traceront une qui se rapportera exactement à la sienne ; et qu’elle pourra connaître la distance du point 1, par exemple, d’autant que la disposition de l’humeur cristalline sera d’autre figure, pour faire que tous les rayons qui viennent de ce point s’assemblent au fond de l’œil justement au point 2, que je suppose en être le milieu, que s’il en était plus proche ou plus éloigné, ainsi qu’il a tantôt été dit ; et de plus qu’elle connaîtra celle du point 3, et de tous les autres dont les rayons entreront dans l’œil en même temps, parce que l’humeur cristalline étant ainsi disposée, les rayons de ce point 3 ne s’assembleront pas si justement au point 4, que ceux du point 1 au point 2, et ainsi des autres, et que leur action ne sera pas du tout si forte à proportion, ainsi qu’il a aussi tantôt été dit ; Et enfin que l’âme pourra connaître la grandeur des objets de la vue, et toutes leurs autres semblables qualités, par la seule connaissance qu’elle aura de la distance et de la situation de tous leurs points ; comme aussi réciproquement elle jugera quelquefois de leur distance par l’opinion qu’elle aura de leur grandeur.
Remarquez aussi que si les deux mains f et g tiennent chacune un bâton i et h, dont elles touchent l’objet K, encore que l’âme ignore d’ailleurs la longueur de ces bâtons, toutefois, parce qu’elle saura la distance qui est entre les deux points f et g, et la grandeur des angles fgh et gfi, elle pourra connaître, comme par une géométrie naturelle, où est l’objet K ; et tout de même, si les deux yeux L et M sont tournés vers, l’objet N, la grandeur de la ligne LM, et celle des deux angles LMN, MLN, lui feront connaître où est le point N.
Mais elle pourra aussi assez souvent se tromper en tout ceci : car, premièrement, si la situation de la main, ou de l’œil, ou du doigt, est contrainte par quelque cause extérieure, elle ne s’accordera pas si exactement avec celle des petites parties du cerveau d’où viennent les nerfs, comme si elle ne dépendait que des muscles ; et ainsi l’âme, qui ne la sentira que par l’entremise des parties du cerveau, ne manquera pas pour lors de se tromper.
Comme, par exemple, si la main f étant de soi disposée à se tourner vers o, se trouve contrainte par quelque force extérieure à demeurer tournée vers R, les parties du cerveau d’où viennent ses nerfs ne seront pas tout à fait disposées en même sorte que si c’était par la force de ses muscles que la main fût ainsi tournée vers K, ni aussi en même sorte que si elle était véritablement tournée vers o, mais d’une façon moyenne entre ces deux, savoir en même sorte que si elle était tournée vers P ; et ainsi la disposition que cette contrainte donnera aux parties du cerveau, fera juger à l’âme que l’objet K est au point P, et qu’il est autre que celui qui est touché par la main g.
Tout de même si l’œil M est détourné par force de l’objet N, et disposé comme s’il devait regarder vers q, l’âme jugera que l’œil est tourné vers R ; et pour ce qu’en cette situation les rayons de l’objet N entreront dans l’œil, tout de même que feraient ceux du point S si l’œil était véritablement tourné vers R, elle croira que cet objet N est au point S, et qu’il est autre que celui qui est regardé par l’autre œil.
Tout de même aussi les deux doigts t et v touchant la petite boule X1, feront juger à l’âme qu’ils en touchent deux différentes, à cause qu’ils sont croisés et retenus par contrainte hors de leur situation naturelle.
De plus, si les rayons ou autres lignes par l’entremise desquelles les actions des objets éloignés passent vers les sens sont courbées, l’âme, qui les supposera communément être droites, en tirera occasion de se tromper ; comme, par exemple, si le bâton HY est courbé vers R, il semblera à l’âme que l’objet R, que ce bâton touche, est vers Y ; et si l’œil L reçoit les rayons de l’objet N au travers du verre Z qui les courbe, il semblera à l’âme que cet objet est vers A ; et tout de même si l’œil B reçoit les rayons du point D au travers du verre c, que je suppose les plier tous en même façon que s’ils venaient du point E, et ceux du point F comme s’ils venaient du point G, et ainsi des autres, ii semblera à l’âme que l’objet DFH est aussi éloigné et aussi grand que paraît EGI.
Et, pour conclusion, il faut remarquer que tous les moyens que l’âme aura pour connaître la distance des objets de la vue sont incertains ; car pour les angles LMN, MLN, et leurs semblables, ils ne changent, quasi plus sensiblement quand l’objet est à quinze ou vingt pieds de distance ; et, pour la disposition de l’humeur cristalline, elle change encore moins sensiblement sitôt que l’objet est plus de trois ou quatre pieds loin de l’œil ; et enfin, pour ce qui est de juger des éloignements par l’opinion qu’on a de la grandeur des objets, ou parce que les rayons qui viennent de leurs points ne s’assemblent pas si exactement au fond de l’œil les uns que les autres, l’exemple des tableaux de perspective nous montre assez combien il est facile de s’y tromper ; car, lorsque leurs figures sont plus petites que nous ne nous imaginons qu’elles doivent être, et que leurs couleurs sont un peu obscures et leurs linéaments un peu confus, cela fait qu’elles nous paraissent de beaucoup plus éloignées, et plus grandes qu’elles ne sont.
Or, après vous avoir ainsi expliqué les cinq sens extérieurs, tels qu’ils sont en cette machine, il faut aussi que je vous dise quelque chose de certains sentiments intérieurs qui s’y trouvent.
Quatrième partie
DES SENS INTÉRIEURS QUI SE TROUVENT EN CETTE MACHINE
I do not particularly add here what might lead such a soul to conceive all the differences between colors, for I have already discussed this sufficiently above; nor do I state which visual objects should please or displeasure her; for from what I have explained about the other senses, it is easy to understand that too intense light must offend the eyes, while moderate light must refresh them. Among colors, green, being composed of the most moderate combination (which, by analogy, could be called the ratio of one to two), is like the octave in music or bread among meats—in other words, it is the most universally pleasing color. Lastly, all these various fashionable colors, which often provide greater pleasure than green, are akin to the harmonies and transitions in a new piece played by an excellent lutenist, or to the dishes prepared by a skilled cook—they stimulate the senses greatly at first, but also cause them to tire much more quickly than do simple, ordinary objects.
But I still need to tell you what it is that enables the soul to perceive such qualities as situation, form, distance, magnitude, and others—qualities that do not relate to any single sense in particular, just like those I have mentioned so far, which are common to touch and sight, and even, to some extent, to the other senses as well.
Therefore, first of all, note that if hand A, for example, touches body C, the parts of the brain B from which those nerves originate will be arranged differently than if it touched a body with a different shape, size, or location; and in the same way, the eye can perceive the position, shape, size, and all other similar characteristics of an object through these nerves. Moreover, if the eye D is directed towards object E, the soul can understand the nature of this object, since the nerves of the eye will be arranged differently if it were directed elsewhere; and it can also perceive its shape, because the rays originating from point 1, converging at point 2 on the optic nerve, and those from point 3 at point 4, and so on, will form an image that corresponds precisely to the object’s actual shape. Furthermore, the soul can determine the distance between point 1 and the object, for example, because the arrangement of the crystalline humor in the eye ensures that all rays originating from this point converge exactly at point 2, which I assume to be its center; if it were closer or farther away, the convergence would be different, as previously explained. In addition, the soul can understand the size and other characteristics of objects seen, merely by knowing their distance and position; conversely, it may sometimes estimate their distance based on their perceived size.
Note also that if the two hands f and g each hold a stick i and h, which touch the object K, even though the soul is unaware of the length of these sticks, yet because it knows the distance between the points f and g, as well as the sizes of the angles fgh and gfi, it will be able to determine, through natural geometry, where the object K is located. Similarly, if the two eyes L and M are directed towards the object N, the length of the line LM and the sizes of the angles LMN and MLN will enable it to know where the point N is situated.
But it is also quite possible for her to make mistakes in all this: firstly, if the condition of the hand, eye, or finger is determined by some external cause, it will not correspond so precisely with the state of those small parts of the brain from which the nerves originate, as if it were solely influenced by the muscles; and thus, the soul, which perceives these sensations only through the intermediation of those brain regions, will inevitably make mistakes in its interpretations.
For instance, if the hand f, which is naturally inclined to turn towards o, is compelled by some external force to remain turned towards R, then those parts of the brain from which its nerves originate will not be arranged in the same way as if the hand were turned towards K by the force of its own muscles; nor will they be arranged in the same way as if it were actually turned towards o, but rather in a manner intermediate between these two cases—that is, as if it were turned towards P. Consequently, the arrangement of those brain regions caused by this external constraint will lead the soul to believe that the object K is located at point P, and that it is different from the object touched by the hand g.
Even though the eye M is forced to turn away from the object N and is positioned as if it were supposed to be looking towards q, the soul will judge that the eye is actually turned towards R; and since, in this situation, the rays from the object N will enter the eye just as they would if the eye were truly turned towards R, it will believe that this object N is located at point S, and that it is different from the one being viewed by the other eye.
Nevertheless, even though the two fingers t and v are touching the small ball X1, they will make the soul believe that they are touching two different balls, because they are crossed and held in place against their natural position.
Furthermore, if the rays or other lines through which the effects of distant objects reach our senses are curved, then the soul, which would ordinarily assume them to be straight, will be led into error; for instance, if a stick HY is bent towards R, it will seem to the soul that the object R, which this stick touches, is actually located towards Y. Similarly, if the eye L receives the rays from object N through a lens Z that bends them, it will appear to the soul that this object is situated towards A. And even if the eye B receives the rays from point D through a lens c that bends them all in such a way that they seem to originate from point E, and those from point F from point G, and so on, it will still seem to the soul that the object DFH is as distant and as large as the object EGI appears to be.
In conclusion, it must be noted that all the means by which the soul can perceive the distance of objects seen are uncertain. For angles such as LMN and MLN, for example, these measurements change very little even when the object is situated fifteen or twenty feet away. As for the composition of the crystalline humor within the eye, this too changes very little once the object is more than three or four feet distant. Lastly, with regard to judging distances based on our perception of an object’s size, or because the rays originating from that object do not converge precisely at the back of the eye, the examples of perspective paintings clearly demonstrate how easy it is to make mistakes in such judgments. When the figures depicted in these paintings appear smaller than we would expect them to be, and when their colors are somewhat dull and their lines slightly blurred, they tend to seem much farther away and larger than they actually are.
Or, after having thus explained to you the five external senses as they exist in this mechanism, it is also necessary for me to tell you something about certain internal sensations that are present within it.
Fourth Part
THE INNER SENSES THAT ARE FOUND IN THIS MECHANISM
Non aggiungo qui in particolare ciò che potrebbe far sì che quest’anima concepisca tutte le differenze tra i colori, poiché ne ho già parlato a sufficienza sopra; né menziono quali oggetti della vista debbano risultarle piacevoli o sgradevoli; infatti, da quanto ho spiegato riguardo agli altri sensi, è facile comprendere che la luce troppo intensa offende gli occhi, mentre quella moderata li rinfresca; tra i colori, il verde, che rappresenta l’azione più equilibrata (che si potrebbe paragonare, per analogia, alla proporzione di uno a due), è come l’ottava tra le note musicali o il pane tra le carni commestibili: cioè ciò che è universalmente più gradito; infine, tutti questi colori vari e sfarzosi, che spesso procurano maggior piacere del verde stesso, sono come gli accordi e i passaggi di una nuova melodia eseguita da un eccellente liutista, o i piatti preparati da un abile cuoco: stimolano intensamente i sensi, procurando inizialmente maggiore godimento, ma anche stancandoli molto più rapidamente rispetto agli oggetti semplici e ordinari.
Ma devo ancora spiegarvi ciò che permette all’anima di percepire qualità come la situazione, la forma, la distanza, la grandezza e altre simili caratteristiche che non sono legate a un singolo senso in particolare, proprio come quelle di cui ho parlato finora, ma che sono comuni sia al tatto che alla vista, e in qualche modo anche agli altri sensi.
Si noti dunque, innanzitutto, che se la mano A tocca il corpo C, le parti del cervello B da cui provengono i nervi di quella mano saranno disposte in modo diverso rispetto a quanto accadrebbe se toccasse un altro corpo di forma, dimensioni o posizione diverse; e così, attraverso questi nervi, la mano potrà conoscere la posizione, la forma, le dimensioni e tutte le altre caratteristiche di quel corpo. Allo stesso modo, se l’occhio D è rivolto verso l’oggetto E, l’anima potrà conoscere le proprietà di quell’oggetto, poiché i nervi dell’occhio saranno disposti in modo diverso rispetto a quanto accadrebbe se fossero rivolti altrove; inoltre, attraverso i raggi provenienti dai vari punti del campo visivo e che interagiscono con i nervi oculari, l’anima potrà ricostruire con precisione la forma dell’oggetto osservato. Potrà anche conoscere la distanza di quell’oggetto, poiché la disposizione della sostanza cristallina all’interno dell’occhio determina in modo preciso il punto in cui i raggi visivi si concentrano; se questa disposizione fosse diversa, la percezione della distanza cambierebbe. Infine, l’anima potrà conoscere le dimensioni e le altre caratteristiche degli oggetti visibili semplicemente attraverso la comprensione delle loro distanze e posizioni; allo stesso modo, a volte potrà stimare la distanza di un oggetto in base alle sue dimensioni percepite.
Notate anche che se le due mani f e g tengono ciascuna un bastone i e h, con cui toccano l’oggetto K, anche se l’anima ignora la lunghezza di questi bastoni, tuttavia, poiché conoscerà la distanza tra i due punti f e g, nonché le dimensioni degli angoli fgh e gfi, sarà in grado di individuare, come attraverso una geometria naturale, dove si trova l’oggetto K; e allo stesso modo, se i due occhi L e M sono rivolti verso l’oggetto N, la lunghezza della linea LM e le dimensioni degli angoli LMN, MLN le permetteranno di conoscere dove si trova il punto N.
Ma in molti casi essa può anche sbagliarsi: innanzitutto, se la posizione della mano, dell’occhio o del dito è determinata da cause esterne, essa non corrisponderà con precisione alla situazione delle piccole parti del cervello da cui provengono i nervi, come se dipendesse soltanto dai muscoli; e quindi l’anima, che percepisce tale posizione solo attraverso queste parti del cervello, potrà facilmente sbagliarsi.
Ad esempio, se la mano f, essendo di per sé disposta a rivolgersi verso o, viene costretta da qualche forza esterna a rimanere rivolta verso R, le parti del cervello da cui partono i suoi nervi non saranno disposte esattamente nello stesso modo in cui lo sarebbero se la mano fosse stata rivolta verso K per la forza dei suoi muscoli, né allo stesso modo in cui lo sarebbe se fosse effettivamente rivolta verso o, ma in un modo intermedio tra questi due; cioè, in modo tale che sembrasse essere rivolta verso P. E così, la disposizione che questa costrizione dà alle parti del cervello farà sì che l’anima giudichi che l’oggetto K si trovi nel punto P e sia diverso da quello che viene toccato dalla mano g.
Anche se l’occhio M viene costretto a distogliersi dall’oggetto N e si trova in una posizione tale da sembrare rivolto verso q, l’anima crederà che l’occhio sia effettivamente rivolto verso R; poiché, in questa situazione, i raggi dell’oggetto N entreranno nell’occhio esattamente come farebbero i raggi del punto S se l’occhio fosse veramente rivolto verso R, l’anima penserà che quell’oggetto N si trovi nel punto S e sia diverso da quello che viene osservato dall’altro occhio.
Tuttavia, anche i due dita t e v che toccano la piccola sfera X1 faranno credere all’anima che ne tocchino due diverse, poiché sono incrociati e tenuti insieme contro la loro naturale posizione.
Inoltre, se i raggi o altre linee attraverso cui le azioni degli oggetti lontani giungono ai sensi sono curve, l’anima, che generalmente li considera dritti, ne trarrà motivo per sbagliarsi; ad esempio, se il bastone HY è curvo verso R, all’anima sembrerà che l’oggetto R, toccato da quel bastone, si trovi verso Y; e se l’occhio L riceve i raggi dell’oggetto N attraverso il vetro Z che li piega, all’anima sembrerà che quell’oggetto si trovi verso A; allo stesso modo, se l’occhio B riceve i raggi del punto D attraverso il vetro c, e io suppongo che questi raggi siano tutti piegati nello stesso modo come se provenissero dal punto E, e quelli del punto F come se provenissero dal punto G, e così via, all’anima sembrerà che l’oggetto DFH sia altrettanto lontano e grande quanto appare EGI.
E, in conclusione, bisogna notare che tutti i mezzi a disposizione dell’anima per conoscere la distanza degli oggetti visibili sono incerti; infatti, per gli angoli LMN, MLN e simili, tali mezzi cambiano quasi del tutto appena l’oggetto si trova a una distanza di quindici o venti piedi; inoltre, per quanto riguarda la disposizione della sostanza cristallina dell’occhio, tale disposizione cambia ancora meno quando l’oggetto è situato a più di tre o quattro piedi di distanza; infine, per quanto concerne il giudizio delle distanze in base alla percezione della grandezza degli oggetti, oppure al fatto che i raggi provenienti da tali oggetti non si concentrano con precisione nello stesso punto all’interno dell’occhio, gli esempi rappresentati nei dipinti di prospettiva dimostrano chiaramente quanto sia facile sbagliarsi in questi casi; infatti, quando le figure raffigurate sono più piccole di quanto ci aspettiamo che siano, e quando i loro colori appaiono un po’ scuri e i loro contorni un po’ sfocati, queste figure ci sembrano molto più lontane e più grandi di quanto in realtà siano.
Ora, dopo avervi spiegato in questo modo i cinque sensi esterni, così come esistono in questa macchina, devo anche dirvi qualcosa riguardo a certi sentimenti interni che vi si trovano all’interno.
Quarta parte
DEI SENSI INTERIORI CHE SI TROVANO IN QUESTA MACCHINA
Lorsque les liqueurs que j’ai dit ci-dessus servir comme d’eau-forte dans son estomac, et y entrer sans cesse de toute la masse du sang par les extrémités des artères, n’y trouvent pas assez de viandes à dissoudre pour occuper toute leur force, elles la tournent contre l’estomac même, et, agitant les petits filets de ses nerfs plus fort que de coutume, font mouvoir les parties du cerveau d’où ils viennent ; ce qui sera cause que l’âme, étant unie à cette machine, concevra l’idée générale de la faim. Et si ces liqueurs sont disposées à employer plutôt leur action contre certaines viandes particulières que contre d’autres, ainsi que l’eau-forte commune dissout plus aisément les métaux que la cire, elles agiront aussi d’une façon particulière contre les nerfs de l’estomac, laquelle sera cause que l’âme concevra pour lors l’appétit de manger de certaines viandes plutôt que d’autres.
L’on peut ici remarquer la structure admirable de cette machine, qui est telle que la faim lui vient d’avoir été trop longtemps sans manger, dont la raison est que le sang se subtilise et devient plus âcre par la circulation ; d’où il arrive que la liqueur qui va des artères dans son estomac agite et picote plus fort que de coutume les nerfs qui y sont, et même qu’elle les agite d’une certaine façon particulière, si la constitution du sang se trouve aussi avoir quelque chose de particulier ; et c’est de là que viennent ces appétits désordonnés ou ces envies de femmes grosses.) Or ces liqueurs s’assemblent principalement au fond de l’estomac, et c’est là qu’elles causent le sentiment de la faim.
Mais il monte aussi continuellement plusieurs de leurs parties vers le gosier ; et lorsqu’elles n’y viennent pas en assez grande abondance pour l’humecter et remplir ses pores en forme d’eau, elles y montent seulement en forme d’air ou de fumée, et agissant pour lors contre ses nerfs d’autre façon que de coutume, elles causent un mouvement dans le cerveau qui donnera occasion à l’âme de concevoir l’idée de la soif.
Ainsi lorsque le sang qui va dans le cœur est plus pur et plus subtil, et s’y embrase plus facilement qu’à l’ordinaire, il dispose le petit nerf qui y est en la façon qui est requise pour causer le sentiment de la joie, et en celle qui est requise pour causer le sentiment de la tristesse, quand ce sang a des qualités toutes contraires.
Et de ceci vous pouvez assez entendre ce qu’il y a en cette machine qui se rapporte à tous les autres sentiments intérieurs qui sont en nous ; si bien qu’il est temps que je commence à vous expliquer comment les esprits animaux suivent leur cours dans les concavités et dans les pores de son cerveau, et quelles sont les fonctions qui en dépendent-
Si vous avez jamais eu la curiosité de voir de près les orgues de nos églises, vous savez comment les soufflets y poussent l’air en certains réceptacles qui, cerne semble, sont nommés à cette occasion les porte-vents, et comment cet air entre de là dans les tuyaux, tantôt dans les uns, tantôt dans les autres, selon les diverses façons que l’organiste remue les doigts sur le clavier ; or vous pouvez ici concevoir que le cœur et les artères qui poussent les esprits animaux dans les concavités du cerveau de notre machine sont comme les soufflets de ces orgues, qui poussent l’air dans les porte-vents, et que les objets extérieurs, qui, selon les nerfs qu’ils remuent, font que les esprits contenus dans ces concavités entrent de là dans quelques-uns de ces pores, sont comme les doigts de l’organiste, qui, selon les touches qu’ils pressent, font que l’air entre des porte-vents dans quelques tuyaux. Et comme l’harmonie des orgues ne dépend point de cet arrangement de leurs tuyaux que l’on voit par dehors, ni de la figure de leurs porte-vents ou autres parties, mais seulement de trois choses, savoir de l’air qui vient des soufflets, des tuyaux qui rendent le son, et de la distribution de cet air dans les tuyaux ; ainsi je veux vous avertir que les fonctions dont il est ici question ne défendent aucunement de la figure extérieure de toutes ces parties visibles que les anatomistes distinguent en la substance du cerveau, ni de celle de ses concavités, mais seulement des esprits qui viennent du cœur, des pores du cerveau par où ils passent, et de la façon que ces esprits se distribuent dans ces pores ; si bien qu’il est seulement ici besoin que je vous explique par ordre tout ce qu’il y a de plus considérable en ces trois choses.
Premièrement, pour ce qui est des esprits animaux, ils peuvent être plus ou moins abondants, et leurs parties plus ou moins grosses, et plus ou moins agitées, et plus ou moins égales entre elles une fois que l’autre ; et c’est par le moyen de ces quatre différences que toutes les diverses humeurs ou inclinations naturelles qui sont en nous (au moins en tant qu’elles ne dépendent point de la constitution du cerveau, ni des affections particulières de l’âme) sont représentées en cette machine. Car si ces esprits sont plus abondants que de coutume, ils sont propres à exciter en elle des mouvements tout semblables à ceux qui témoignent en nous de la bonté, de la libéralité et de l’amour ; et de semblables à ceux qui témoignent en nous de la confiance ou de la hardiesse, si leurs parties sont plus fortes et plus grosses ; et de la constance, si avec cela elles sont plus égales en figure, en force et en grosseur ; et de la promptitude, de la diligence et du désir, si elles sont plus agitées ; et de la tranquillité d’esprit, si elles sont plus égales en leur agitation. Comme au contraire ces mêmes, esprits sont propres à exciter en elle des mouvements tout semblables à ceux qui témoignent en nous de la malignité, de la timidité, de l’inconstance, de la tardiveté et de l’inquiétude, si ces mêmes qualités leur défaillent. .
Et sachez que toutes les autres humeurs ou inclinations naturelles sont dépendantes de celles-ci : comme l’humeur joyeuse est composée de la promptitude et de la tranquillité d’esprit, et la bonté et la confiance servent à la rendre plus parfaite ; l’humeur triste est composée de la tardiveté et de l’inquiétude, et peut être augmentée par la malignité et la timidité ; l’humeur colérique est composée de promptitude et de l’inquiétude, et la malignité et la confiance la fortifient ; enfin, comme je viens de dire, la libéralité, la bonté et l’amour dépendent de l’abondance des esprits, et forment en nous cette humeur qui nous rend complaisants et bienfaisants à tout le monde ; la curiosité et les autres désirs dépendent de l’agitation de leurs parties, et ainsi des autres.
Mais parce que ces mêmes humeurs, ou du moins les passions auxquelles elles disposent, dépendent aussi beaucoup des impressions qui se font dans la substance du cerveau, vous les pourrez ci-après mieux entendre ; et je me contenterai ici de vous dire les causes d’où viennent les différences des esprits.
Le suc des viandes qui passe de l’estomac dans les veines se mêlant avec le sang, lui communique toujours quelques-unes de ses qualités, et, entre autres, il le rend ordinairement plus grossier quand il se mêle tout fraîchement avec lui ; en sorte que pour lors les petites parties de ce sang que le cœur envoie vers le cerveau, pour y composer les esprits animaux, ont coutume de n’être pas si agitées, ni si fortes, ni si abondantes, et par conséquent de ne rendre pas le corps de cette machine si léger, ni si allègre, comme il est quelque temps après que la digestion est achevée, et que le même sang ayant passé et repassé plusieurs fois dans le cœur est devenu plus subtil.
L’air de la respiration se mêlant aussi en quelque façon avec le sang avant qu’il entre dans la concavité gauche du cœur, fait qu’il s’y embrase plus fort, et y produit des esprits plus vifs et plus agités en temps sec qu’en temps humide : ainsi qu’on expérimente que pour lors toute sorte de flamme est plus ardente.
Lorsque le foie est bien disposé, et qu’il élabore parfaitement le sang qui doit aller dans le cœur, les esprits qui sortent de ce sang en sont d’autant plus abondants et plus également agités ; et s’il arrive que le foie soit pressé par ses nerfs, les plus subtiles parties du sang qu’il contient montant incontinent vers le cœur, produiront aussi des esprits plus abondants et plus vifs que de coutume, mais non pas si également agités.
When the liquids I have mentioned above act as an acid in the stomach, constantly flowing into it from the entire volume of blood through the arteries, and finding insufficient flesh to dissolve in order to utilize their full power, they turn this power against the stomach itself. By agitating the delicate nerves within it more intensely than usual, they cause the corresponding parts of the brain to become active; as a result, since the soul is connected to this bodily mechanism, it comes to perceive the general sensation of hunger. Moreover, if these liquids have a tendency to affect certain types of flesh more than others—just as ordinary acid dissolves metals more easily than wax—they will likewise act specifically on the nerves of the stomach, leading the soul to develop a particular craving for certain foods over others.
One may observe here the admirable structure of this mechanism: its hunger arises from having gone too long without food, and the reason for this is that blood, as it circulates, becomes more concentrated and thus more “acrid.” As a result, the fluid that flows from the arteries into the stomach agitates and stimulates the nerves there more intensely than usual—perhaps even in a particular way, depending on the unique composition of that blood. It is from this process that arise those irregular appetites or desires, such as those for fatty foods. These fluids primarily accumulate at the bottom of the stomach, where they induce the sensation of hunger.
But it also continuously sends some of these substances upward towards the throat; and when they do not arrive in sufficient quantity to moisten it and fill its pores with water, they only ascend in the form of air or smoke. Acting upon the nerves in a different way from usual, they cause movements in the brain that lead the soul to conceive the notion of thirst.
Thus, when the blood flowing to the heart is purer and more subtle, and ignites more easily than usual, it prepares the small nerves therein in such a way as to induce feelings of joy, or in such a way as to induce feelings of sorrow, depending on whether the blood possesses qualities that are opposite to each other.
And from this, you can quite easily understand what it is that this machine contains regarding all those other inner sentiments that reside within us; hence, it is time for me to begin explaining to you how these animal spirits proceed through the various recesses and pores of its brain, and what functions depend on them.
If you have ever felt the curiosity to examine closely the organs of our churches, you know how the bellows force air into certain chambers—these chambers seem to be specifically named “wind pipes” for this purpose—and how that air then enters the various tubes, sometimes one and sometimes another, depending on the way the organist moves his fingers across the keyboard. You can thus understand that the heart and arteries, which propel the vital spirits into the various recesses of our brain’s “machine,” are akin to the bellows of these organs, pushing air into the wind pipes; while the external factors that, through the stimulation of nerves, cause these spirits to enter certain pores within the brain, are similar to the organist’s fingers, which, by pressing different keys, direct the air into specific tubes. Just as the harmony of an organ does not depend on the arrangement of its tubes or the shape of its wind pipes and other components, but solely on three factors: the air supplied by the bellows, the tubes that convert this air into sound, and the distribution of this air throughout the system—so too I wish to remind you that the functions discussed here have nothing to do with the external appearance of all these visible parts distinguished by anatomists within the brain’s structure, nor with the shape of its recesses. Instead, they concern solely the vital spirits that originate in the heart, pass through the pores of the brain, and are distributed within those pores. Therefore, it is only necessary for me to explain in detail what is most significant regarding these three factors.
Firstly, with regard to the animal spirits, they may be more or less abundant, their various parts may be larger or smaller, more or less active, and more or less balanced among themselves; it is through these four differences that all the various natural temperaments or inclinations within us—are at least those that do not depend on the structure of the brain or on particular emotions of the soul—are represented in this bodily mechanism. For if these animal spirits are more abundant than usual, they are capable of inducing movements in the body that are similar to those that manifest kindness, generosity, and love within us; and movements akin to confidence or courage, if their parts are stronger and larger; and steadfastness, if they are also balanced in form, strength, and size; and promptness, diligence, and desire, if they are more active; and mental tranquility, if their activity is more regulated. Conversely, if these same qualities are lacking in these animal spirits, they will induce movements in the body that are similar to those that manifest malice, timidity, inconsistency, sluggishness, and anxiety.
And know that all other natural moods or inclinations are dependent upon these: for instance, a cheerful mood is composed of promptness and a calm mind, and kindness and confidence help to make it even more perfect; a sad mood is characterized by slowness and anxiety, and malice and timidity can intensify it; a angry mood arises from impulsiveness and anxiety, while malice and confidence can strengthen it; finally, as I just mentioned, generosity, kindness, and love depend on the abundance of one’s mental qualities, and they form within us that disposition which makes us pleasant and benevolent toward everyone; curiosity and other desires, on the other hand, are influenced by the agitation of certain parts of our minds, and so on.
But because these very moods, or at least the passions they give rise to, also depend greatly on the impressions that are formed within the substance of the brain, you will be able to understand them more clearly later on; and here I will merely tell you the causes that lead to the differences in people’s minds.
The juices of meats, as they pass from the stomach into the veins and mix with the blood, impart to it certain qualities; in particular, when they mix with the blood fresh from digestion, they usually make it coarser. As a result, the small portions of blood that the heart sends to the brain to form what are known as animal spirits are not as vigorous, strong, or abundant at this stage. Consequently, the body is not as light and lively as it becomes some time after digestion is complete, when the same blood has already passed through the heart several times and has become more refined.
The breath, in some way also mixing with the blood before entering the left cavity of the heart, causes it to ignite more intensely there, producing spirits that are both more lively and more turbulent in dry weather than in humid weather—just as experiments have shown that all kinds of flames are more fierce under such conditions.
When the liver is in good condition and properly manufactures the blood that is to flow towards the heart, the spirits emanating from this blood are both more abundant and more vigorously active; whereas if the liver is subjected to pressure from its nerves, the most subtle portions of the blood it contains will rush uncontrollably towards the heart, resulting in spirits that are likewise more abundant and more vigorous than usual, but not so evenly distributed or active.
Quando i liquidi di cui ho parlato sopra agiscono nello stomaco come un acido forte, penetrandovi continuamente da tutta la massa del sangue attraverso le estremità delle arterie e non trovando abbastanza cibo da sciogliere per utilizzare al massimo la loro forza, questa forza viene rivolta contro lo stesso stomaco. Questi liquidi agitano i piccoli nervi dello stomaco con maggiore intensità del solito, facendo muovere le parti del cervello da cui tali nervi provengono; di conseguenza, l’anima, essendo unita a questo “meccanismo”, concepisce l’idea generale della fame. Inoltre, se questi liquidi tendono ad agire in modo particolare su certi tipi di cibo piuttosto che su altri – proprio come l’acido forte comune scioglie più facilmente i metalli rispetto alla cera – allora agiranno in modo specifico sui nervi dello stomaco, facendo sì che l’anima provi desiderio di mangiare certi alimenti piuttosto che altri.
Si può notare qui la struttura meravigliosa di questo organismo: la fame insorge perché il sangue, a causa della circolazione, si assottiglia e diventa più acido; di conseguenza, il liquido che scorre dalle arterie verso lo stomaco stimola i nervi in modo più intenso del solito, e persino in un modo particolare, soprattutto se la composizione stessa del sangue presenta caratteristiche specifiche. Da ciò derivano quegli appetiti disordinati o quelle voglie, ad esempio, verso donne in gravidanza. Questi liquidi si accumulano principalmente nella parte profonda dello stomaco, ed è lì che provocano la sensazione di fame.
Ma molte di queste sostanze salgono continuamente verso la gola; e quando non vi arrivano in quantità sufficiente per umidificarla e riempire i suoi pori con acqua, vi arrivano sotto forma di aria o fumo. Agendo quindi sui nervi in modo diverso dal solito, provocano un movimento nel cervello che induce l’anima a percepire la sensazione di sete.
Quindi, quando il sangue che raggiunge il cuore è più puro e più sottile, e vi si infiamma più facilmente del solito, esso prepara il piccolo nervo che si trova lì nel modo necessario per suscitare il sentimento della gioia, o nel modo necessario per suscitare il sentimento della tristezza, quando invece quel sangue presenta qualità completamente opposte.
E da questo potete facilmente comprendere ciò che questa macchina rappresenta in relazione a tutti gli altri sentimenti interiori che possediamo; è quindi giunto il momento di iniziare a spiegarvi come gli spiriti animali seguano il loro corso all’interno delle cavità e dei pori del suo cervello, e quali siano le funzioni che ne derivano.
Se avete mai avuto la curiosità di osservare da vicino gli organi delle nostre chiese, saprete come i mantici spingano l’aria in determinati contenitori che, a quanto pare, vengono chiamati “porta-vento”, e come quest’aria entri poi nei tubi, ora in questo ora in quello, a seconda del modo in cui l’organista muove le dita sul tastierino. Ora potete facilmente comprendere che il cuore e le arterie, che spingono gli “spiriti animali” nelle cavità del cervello, sono come i mantici di questi organi, che spingono l’aria nei porta-vento; inoltre, gli stimoli esterni, che, a seconda dei nervi che attivano, fanno sì che tali “spiriti” entrino in alcune di queste cavità, sono come le dita dell’organista, che, premendo sui tasti, fanno sì che l’aria entri nei tubi. E proprio come l’armonia degli organi non dipende dall’assetto dei loro tubi o dalla forma dei porta-vento, ma soltanto da tre elementi: l’aria proveniente dai mantici, i tubi che producono il suono e la distribuzione di quest’aria all’interno dei tubi; allo stesso modo, le funzioni di cui qui si parla non dipendono dalla forma esterna di tutte queste parti visibili individuate dagli anatomisti nella struttura del cervello, né dalle caratteristiche delle sue cavità, ma soltanto dagli “spiriti” che provengono dal cuore, dai pori del cervello attraverso cui passano e dal modo in cui questi spiriti si distribuiscono in tali pori. Pertanto, è necessario che vi spieghi in dettaglio tutto ciò che riguarda questi tre elementi.
In primo luogo, per quanto riguarda gli spiriti animali, essi possono essere più o meno abbondanti, e le loro parti possono essere più o meno grandi, più o meno agitate, e più o meno simili tra loro; ed è attraverso queste quattro differenze che tutte le varie umori o inclinazioni naturali che sono in noi (almeno per quanto non dipendano dalla costituzione del cervello né dalle affezioni particolari dell’anima) vengono rappresentate in questo organismo. Infatti, se questi spiriti sono più abbondanti del solito, sono propensi a suscitare in esso movimenti simili a quelli che in noi manifestano bontà, generosità e amore; così come movimenti legati alla fiducia o al coraggio, se le loro parti sono più forti e più grandi; e movimenti di costanza, se inoltre sono simili per forma, forza e dimensioni; e movimenti di prontezza, diligenza e desiderio, se sono più agitate; e infine movimenti di tranquillità mentale, se la loro agitazione è più equilibrata. Al contrario, gli stessi spiriti possono essere propensi a suscitare in esso movimenti simili a quelli che in noi manifestano malvagità, timidezza, instabilità, lentezza e ansia, se queste qualità mancano in loro.
E sappiate che tutte le altre umori o inclinazioni naturali dipendono da queste: l’umore gioioso è composto dalla prontezza e dalla tranquillità d’animo, e la bontà e la fiducia lo rendono ancora più perfetto; l’umore triste è caratterizzato dalla lentezza e dall’inquietudine, e può essere ulteriormente accentuato dalla malvagità e dalla timidezza; l’umore collerico è formato da prontezza e inquietudine, e la malvagità e la fiducia lo rafforzano; infine, come ho appena detto, la generosità, la bontà e l’amore dipendono dall’abbondanza delle nostre facoltà mentali, e formano in noi quell’umore che ci rende disponibili e benevoli verso tutti; la curiosità e gli altri desideri, invece, derivano dall’agitazione delle nostre parti interne, e così via.
Ma poiché queste stesse umori, o almeno le passioni a cui sono legati, dipendono in gran parte dalle impressioni che si formano nella sostanza cerebrale, potrete comprenderli meglio in seguito; e qui mi limiterò a spiegarvi le cause delle differenze tra gli individui.
Il succo delle carni, che passa dall’stomaco nelle vene e si mescola con il sangue, ne trasmette sempre alcune qualità; in particolare, lo rende solitamente più denso quando si unisce al sangue appena prodotto. Di conseguenza, le piccole parti di questo sangue che il cuore invia al cervello, per formare gli “spiriti animali”, non sono così agitate, né così forti, né così abbondanti; per questo motivo, il corpo non risulta altrettanto leggero e vivace come dopo che la digestione è completata, quando lo stesso sangue, essendo passato più volte attraverso il cuore, diventa più sottile.
L’aria respirata, mescolandosi in qualche modo con il sangue prima di entrare nella cavità sinistra del cuore, lo fa ardere più intensamente e vi produce spiriti più vivaci e più agitati in tempo secco che in tempo umido; come si può osservare sperimentalmente, in tali condizioni ogni tipo di fiamma diventa più intensa.
Quando il fegato è in buone condizioni e elabora perfettamente il sangue che deve raggiungere il cuore, gli “spiriti” che derivano da quel sangue sono tanto più abbondanti e tanto più intensamente attivi; se invece il fegato viene compresso dai suoi nervi, le parti più sottili del sangue che contiene si dirigono rapidamente verso il cuore, producendo anch’esse degli “spiriti” più abbondanti e più vivaci del solito, ma non altrettanto intensamente attivi.
Si le fiel, qui est destiné à purger le sang de celles de ses parties qui sont les plus propres de toutes à être embrasées dans le cœur, manque à faire son devoir, ou qu’étant resserré par son nerf la matière qu’il contient regorge dans les veines, les esprits en seront d’autant plus vifs, et avec cela plus inégalement agités.
Si la rate, qui, au contraire est destinée à purger le sang de celles de ses parties qui sont les moins propres à être embrasées dans le cœur, est mal disposée, ou qu’étant pressée par ses nerfs, ou par quelque autre corps que ce soit, la matière qu’elle contient regorge dans les veines, les esprits en seront d’autant moins abondants et moins agités, et avec cela plus inégalement agités.
Enfin, tout ce qui peut causer quelque changement dans le sang en peut aussi causer dans les esprits. Mais, par-dessus tout, le petit nerf qui se termine dans le cœur pouvant dilater et resserrer tant les deux entrées par où le sang des veines et l’air du poumon y descend, que les deux sorties par où ce sang s’exhale et s’élance dans les artères, peut causer mille différences en la nature des esprits ; ainsi que la chaleur de certaines lampes fermées, dont se servent les alchimistes, peut être modérée en plusieurs façons, selon qu’on ouvre plus ou moins, tantôt le conduit par où l’huile ou autre aliment de la flamme y doit entrer, et tantôt celui par où la fumée en doit sortir.
Cinquième partie
DE LA STRUCTURE DU CERVEAU DE CETTE MACHINE ; ET COMMENT LES ESPRITS S’Y DISTRIBUENT POUR CAUSER SES MOUVEMENTS ET SES SENTIMENTS ;
Secondement, pour ce qui est des pores du cerveau, ils ne doivent pas être imaginés autrement que comme les intervalles qui se trouvent entre les filets de quelque tissu : car en effet tout le cerveau n’est autre chose qu’un tissu composé d’une certaine façon particulière que je tâcherai ici de vous expliquer.
Concevez sa superficie AA, qui regarde les concavités EE, comme un réseuil ou lacis assez épais et pressé, dont toutes les mailles sont autant de petits tuyaux par où les esprits animaux peuvent entrer, et qui, regardant toujours vers la glande H, d’où sortent ces esprits, se peuvent facilement tourner çà et là vers les divers points de cette glande, comme vous voyez qu’ils sont ici autrement tournés à l’endroit 48 qu’à l’endroit 49 et pensez que de chaque partie de ce réseuil il sort plusieurs filets fort déliés dont les uns sont ordinairement plus longs que les autres ; et qu’après que ces filets se sont diversement entrelacés en tout l’espace marqué B, les plus longs descendent vers D, puis de là composant la moelle des nerfs se vont épandre par tous les membres.
Pensez aussi que les principales qualités de ces petits filets sont de pouvoir assez facilement être pliés en toutes sortes de façons par la seule force des esprits qui les touchent, et quasi, comme s’ils étaient faits de plomb ou de cire, de retenir toujours les derniers plis qu’ils ont reçus, jusqu’à ce qu’on leur en imprime de contraires.
Enfin, pensez que les pores dont il est ici question ne sont autre chose que les intervalles qui se trouvent entre ces filets, et qui peuvent être diversement élargis et rétrécis par la force des esprits qui entrent dedans, selon qu’elle est plus ou moins grande et qu’ils sont plus ou moins abondants ; et que les plus courts de ces filets se vont rendre en l’espace c, c, où chacun se termine contre l’extrémité de quelqu’un des petits vaisseaux qui y sont, et en reçoit sa nourriture.
Troisièmement ; mais, afin que je puisse plus commodément expliquer toutes les particularités de ce tissu, il faut ici que je commence à vous parler de la distribution de ces esprits.
Jamais ils ne s’arrêtent un seul moment en une place ; mais à mesure qu’ils entrent dans les concavités du cerveau EE, par les trous de la petite glande marquée H, ils tendent d’abord vers ceux des petits tuyaux a, a, qui leur sont le plus directement opposés ; et si ces tuyaux a, a ne sont pas assez ouverts pour les recevoir tous, ils reçoivent au moins les plus fortes et les plus vives de leurs parties, pendant que les plus faibles et superflues sont repoussées vers les conduits I, K, L, qui regardent les narines et le palais : à savoir les plus agitées vers I, par où, quand elles ont encore beaucoup de force, et qu’elles n’y trouvent pas le passage assez libre, elles sortent quelquefois avec tant de violence qu’elles chatouillent les parties intérieures du nez, ce qui cause l’éternuement ; puis les autres vers K et vers L, par où elles peuvent facilement sortir, parce que les passages y sont fort larges ; ou si elles y manquent, étant contraintes de retourner vers les petits tuyaux a, a, qui sont en la superficie intérieure du cerveau, elles causent aussitôt un éblouissement ou vertige, qui trouble les fonctions de l’imagination.
Et notez en passant que ces plus faibles parties des esprits ne viennent pas tant des artères qui s’insèrent dans la glande H, comme de celles qui, se divisant en mille branches fort déliées, tapissent le fond des concavités du cerveau. Notez aussi qu’elles se peuvent aisément épaissir en pituite, non pas jamais étant dans le cerveau, si ce n’est par quelque grande maladie, mais en ces larges espaces qui sont au-dessous de sa base, entre les narines et le gosier ; tout de même que la fumée se convertit facilement en suie dans les tuyaux des cheminées, mais non pas jamais dans le foyer où est le feu.
Notez aussi que, lorsque je dis que les esprits, en sortant de la glande H, tendent vers les endroits de la superficie intérieure du cerveau qui leur sont le plus directement opposés, je n’entends pas qu’ils tendent toujours vers ceux qui sont vis-à-vis d’eux en ligne droite, mais seulement vers ceux où la disposition qui est pour lors dans le cerveau les fait tendre.
Or la substance du cerveau étant molle et pliante, ses concavités seraient fort étroites, et presque toutes fermées, ainsi qu’elles paraissent dans le cerveau d’un homme mort, s’il n’entrait dedans aucuns esprits ; mais la source qui produit ces esprits est ordinairement si abondante qu’à mesure qu’ils entrent dans ces concavités ils ont la force de pousser tout autour la matière qui les environne et de l’enfler, et par ce moyen de faire tendre tous les petits filets des nerfs qui y viennent, ainsi que le vent, étant un peu fort, peut enfler les voiles d’un navire et faire tendre toutes les cordes auxquelles ils sont attachés ; d’où vient que pour lors cette machine, étant disposée à obéir à toutes les actions des esprits, représente le corps d’un homme qui veille.
Ou du moins ils ont la force d’en pousser ainsi et faire tendre quelques parties pendant que les autres demeurent libres et lâches, ainsi que font celles d’un voile quand le vent est un peu trop faible pour le remplir ; et pour lors cette machine représente le corps d’un homme qui dort et qui a divers songes en dormant. Imaginez-vous, par exemple, que la différence qui est entre les deux figures M et N est la même qui est entre le cerveau d’un homme qui veille et celui d’un homme qui dort, et qui rêve en dormant.
Mais, avant que je vous parle plus particulièrement du sommeil et des songes, il faut que je vous fasse ici considérer tout ce qui se fait de plus remarquable dans le cerveau pendant le temps de la veille, à savoir comment s’y forment les idées des objets dans le lieu destiné pour l’imagination et pour le sens commun, comment elles se réservent dans la mémoire, et comment elles causent le mouvement de tous les membres.
Vous pouvez voir, en la figure marquée M, que les esprits qui sortent de la glande H, ayant dilaté la partie du cerveau marquée A, et entrouvert tous ses pores, coulent de là vers B, puis vers C, et enfin vers D, d’où ils se répandent dans tous ses nerfs, et tiennent par ce moyen tous les petits filets dont ces nerfs et le cerveau sont composés tellement tendus que les actions qui ont tant soit peu la force de les mouvoir se communiquent facilement de l’une de leurs extrémités jusqu’à l’autre, sans que les détours des chemins par où ils passent les en empêchent.
If the bile, which is intended to purify those parts of the blood that are most susceptible to being inflamed within the heart, fails to perform its function, or if, due to the contraction of its ducts, the substances it contains overflow into the veins, then the spirits will become correspondingly more active—and, as a result, more irregularly disturbed.
If the spleen, which is intended precisely to purify the blood by removing those elements within it that are least capable of being ignited in the heart, is malfunctioning, or if, due to pressure from its nerves or some other factor, the substances it contains overflow into the veins, then the vital spirits will be correspondingly less abundant and less active—and as a result, their activity will become even more irregular.
In short, anything that can cause some change in the blood can also cause corresponding changes in the mind. But above all, that tiny nerve which terminates in the heart—and which is capable of dilating and constricting both the entrances through which the blood from the veins and air from the lungs flow into the heart, as well as the exits through which this blood is expelled and sent forth into the arteries—can bring about countless variations in the nature of the mind. Just as the heat produced by certain sealed lamps used by alchemists can be regulated in various ways, depending on whether one opens or closes more or less the channels through which the oil or other fuel that feeds the flame is introduced, or through which the smoke is released.
Fifth Part
CONCERNING THE STRUCTURE OF THE BRAIN OF THIS MACHINE; AND HOW SPIRITS ARE DISTRIBUTED THEREIN TO PRODUCE ITS MOVEMENTS AND ITS FEELINGS.
Secondly, as regards the pores of the brain, they must not be conceived in any other way than as the intervals that exist between the threads of some kind of tissue; for indeed, the entire brain is nothing but a tissue composed in a particular manner, which I will try to explain to you here.
Imagine its surface AA, which faces the concavities EE, as a rather thick and compact network or labyrinth, whose individual “links” are nothing but tiny tubes through which the animal spirits can pass. This network, always oriented toward the gland H from which these spirits originate, can easily extend in various directions toward different parts of this gland—just as you can observe that some sections here are oriented differently than others at points 48 and 49. Consider further that each part of this network emits multiple extremely fine strands, some of which are usually longer than others. After these strands intricately interweave throughout the entire area marked B, the longer ones descend toward point D, where they then form the substance that constitutes the nerves, spreading throughout all the limbs.
Consider also that the main qualities of these thin strips are their ability to be easily folded into various shapes merely by the force exerted by the hands that touch them; and moreover, they seem to retain the very last folds imposed upon them, just as if they were made of lead or wax, until new folds are applied in their opposite direction.
Finally, consider that the pores referred to here are nothing but the intervals situated between these networks, and that these intervals can be expanded or contracted to varying degrees by the force exerted by the spirits entering them—depending on the intensity of this force and the abundance of such spirits. Moreover, the shortest of these networks extend into the space denoted as “c, c,” where each network terminates at the edge of one of the small vessels located there, receiving its nourishment from them.
Thirdly; but in order that I may more conveniently explain all the particulars of this fabric, it is necessary for me to begin by discussing the distribution of these spirits.
They never pause for even a moment in one place; but as they enter the concavities of the brain through the holes in the small gland marked H, they first tend towards those of the tiny tubes a, a that are most directly opposite to them. If these tubes a, a are not wide enough to accommodate them all, at least the strongest and most intense portions of these movements are allowed to pass through; while the weaker and superfluous parts are pushed towards the ducts I, K, L, which lead to the nose and palate. The more vigorous movements are directed towards duct I—when they still possess considerable force but find the passage there too narrow—sometimes they emerge with such force that they irritate the inner surfaces of the nose, causing sneezing. Other movements are directed towards ducts K and L, where they can easily escape because the passages there are quite wide. If these exits are blocked, they are forced to return to the tiny tubes a, a located on the inner surface of the brain, which immediately causes dizziness or vertigo, disrupting the functions of the imagination.
And note, by the way, that these weaker portions of the mind do not originate so much from those arteries that branch into the gland H, as from those that, dividing into countless delicate branches, line the inner surfaces of the brain’s cavities. Also, observe that they can easily thicken and turn into a viscous substance—not because they are ever present within the brain except in the event of some severe illness—but rather in those extensive areas situated below the base of the brain, between the nostrils and the throat. Just as smoke readily turns into soot inside chimney pipes, it never does so in the fire itself where the flames are burning.
Note also that when I say that spirits, upon leaving the gland H, tend towards those parts of the inner surface of the brain that are most directly opposite to them, I do not mean that they always move in a straight line towards these opposite points, but only towards those areas where the current structural arrangement within the brain directs them to go.
Or since the substance of the brain is soft and pliable, its concavities would be extremely narrow and almost completely closed, just as they appear in the brain of a dead man—if no spirits entered therein. But the source that produces these spirits is usually so abundant that, as soon as they enter these concavities, they possess the power to push the surrounding material outward and cause it to swell. In this way, they make all the tiny fibers of the nerves taut; much like how a strong wind can inflate a ship’s sails and stretch every cord to which they are attached. Hence, when this mechanism is set in motion by the activities of these spirits, it resembles the body of a person who is awake.
Or at least they possess the strength to exert such force, causing certain parts to become tense while others remain relaxed and loose—just as the folds of a veil do when the wind is not strong enough to fill them out. In this way, this “machine” represents the body of a man who is asleep and experiencing various dreams. For instance, imagine that the difference between the two figures M and N is precisely the same as the difference between the brain of a man who is awake and that of a man who is asleep and dreaming.
But before I talk to you more specifically about sleep and dreams, I need to draw your attention to all the most remarkable things that happen in the brain during the waking state. That is to say, how ideas about objects are formed in the parts of the brain dedicated to imagination and common sense, how they are stored in memory, and how they cause the movement of all our limbs.
As you can see in the figure marked M, the spirits that emerge from the gland H, having dilated the part of the brain marked A and opened all its pores, flow from there towards B, then towards C, and finally towards D. From there, they spread throughout all the nerves, thereby maintaining the tightness of the intricate network of which these nerves and the brain are composed. As a result, any action that possesses even the slightest force to move them can be transmitted effortlessly from one end of this network to the other, without being hindered by the twists and turns of the pathways they follow.
Se il fiele, che ha il compito di purificare quelle parti del sangue più suscettibili di essere influenzate negativamente dal cuore, non svolge correttamente la sua funzione, oppure se, a causa della tensione dei nervi, il liquido contenuto in esso si accumula nelle vene, gli spiriti ne risulteranno tanto più vivaci, e allo stesso tempo, tanto più instabili.
Se il fegato, che invece dovrebbe purificare il sangue eliminando le sue parti meno adatte a essere influenzate negativamente dal cuore, è mal funzionante, oppure se la sostanza che contiene viene spinta verso le vene a causa della pressione esercitata dai suoi nervi o da qualche altro fattore, gli spiriti vitali ne risulteranno tanto meno abbondanti e meno attivi, e inoltre il loro movimento diventerà ancora più disomogeneo.
Infine, tutto ciò che può causare qualche cambiamento nel sangue può altrettanto causarlo negli spiriti. Ma soprattutto quel piccolo nervo che termina nel cuore, essendo in grado di dilatare e restringere sia le due entrate attraverso cui il sangue delle vene e l’aria dei polmoni vi affluiscono, sia le due uscite attraverso cui tale sangue viene espulso e si dirama verso le arterie, può provocare mille diverse modifiche nella natura degli spiriti; allo stesso modo, il calore di alcune lampade utilizzate dagli alchimisti può essere regolato in diversi modi, a seconda che si apra più o meno, talvolta il condotto attraverso cui l’olio o altro combustibile deve entrare nella lampada, e talvolta quello attraverso cui il fumo ne deve uscire.
Quinta parte
Della struttura del cervello di questa macchina; e di come gli “spiriti” vi si distribuiscano per causarne i movimenti e i sentimenti.
In secondo luogo, per quanto riguarda i pori del cervello, non devono essere concepiti in altro modo se non come gli intervalli presenti tra i filamenti di un certo tessuto; infatti, l’intero cervello non è altro che un tessuto composto in un modo particolare, che cercherò qui di spiegarvi.
Considerate la sua superficie AA, che si affaccia sulle concavità EE, come un reticolo o un insieme di tubi abbastanza spessi e compatti; ogni singola “maglia” di questo reticolo rappresenta un piccolo tubo attraverso il quale gli spiriti animali possono entrare. Questo reticolo, essendo sempre rivolto verso la ghiandola H, da cui tali spiriti provengono, può facilmente orientarsi in varie direzioni verso i diversi punti di questa ghiandola; come potete vedere, qui alcuni tubi sono disposti in modo diverso rispetto ad altri (ad esempio, nel punto 48 rispetto al punto 49). Pensate inoltre che da ogni parte di questo reticolo emergono numerosi filamenti molto sottili, alcuni dei quali solitamente più lunghi degli altri; dopo essersi intrecciati in modo complesso nell’intero spazio indicato con la lettera B, questi filamenti più lunghi discendono verso il punto D e da lì, formando la sostanza medullare dei nervi, si diffondono in tutti i membri del corpo.
Pensate anche che le principali qualità di questi piccoli reti sia quella di poter essere facilmente piegati in ogni modo possibile semplicemente con la forza delle mani che li manipolano; inoltre, quasi come se fossero fatti di piombo o cera, mantengono sempre le pieghe appena create, fino a quando non vengono imposte loro altre forme.
Infine, pensate che i pori di cui si parla qui non siano altro che gli intervalli presenti tra questi “reti”, e che tali intervalli possano essere ampliati o ridotti a seconda della forza degli spiriti che vi entrano, sia essa maggiore o minore, e a seconda della loro abbondanza; inoltre, i pori più piccoli di questi reti si trovano nello spazio “c, c”, dove ogni poro termina contro l’estremità di uno dei piccoli vasi presenti in quel luogo, ricevendo da essi il proprio nutrimento.
In terzo luogo, affinché possa spiegare più agevolmente tutte le particolarità di questo tessuto, è necessario che inizi a parlarvi della distribuzione di questi “spiriti”.
Non si fermano mai nemmeno per un istante in un luogo determinato; ma man mano che entrano nelle cavità del cervello, attraverso i fori della piccola ghiandola contrassegnata con la lettera H, tendono prima verso quei tubicoli a, a che sono loro direttamente opposti. Se questi tubicoli non sono abbastanza aperti per accoglierli tutti, ricevono almeno le parti più intense e vivide di tali movimenti; quelle più deboli e superflue, invece, vengono spinte verso i condotti I, K, L, che conducono alle narici e al palato. Le parti più energiche, quando ancora possiedono molta forza ma non trovano un passaggio sufficientemente libero, a volte escono con tale violenza da stimolare le parti interne del naso, causando starnuti; le altre, invece, riescono facilmente ad uscire attraverso i condotti K e L, poiché i passaggi in questi punti sono molto ampi. Se però tali vie vengono bloccate, i movimenti sono costretti a tornare nei tubicoli a, a situati nella superficie interna del cervello, causando immediatamente un’abbagliante sensazione di vertigine che disturba le funzioni dell’immaginazione.
E notate inoltre che queste parti più deboli dell’intelletto derivano meno dalle arterie che si inseriscono nella ghiandola H, e piuttosto da quelle che, diventando mille ramificazioni molto sottili, ricoprono il fondo delle cavità cerebrali. Notate anche che queste parti possono facilmente ispessirsi trasformandosi in sostanze grasse; ciò non accade mai all’interno del cervello, se non in caso di gravi malattie, ma piuttosto in quegli ampi spazi situati al di sotto della base del cervello, tra le narici e la gola. Proprio come il fumo si trasforma facilmente in fuliggine nei tubi dei camini, ma mai nel focolare dove arde il fuoco.
Si noti inoltre che, quando affermo che gli spiriti, uscendo dalla ghiandola H, tendono verso quelle parti della superficie interna del cervello che sono loro direttamente opposte, non intendo dire che tendano sempre verso quelle situate esattamente di fronte a loro in linea retta, ma soltanto verso quelle verso cui la disposizione attuale del cervello li spinge.
Poiché la sostanza del cervello è molle e flessibile, le sue cavità sarebbero molto strette e quasi tutte chiuse, proprio come si osserva nel cervello di un uomo morto, se non vi entrassero alcun “spirito”. Tuttavia, la fonte che produce questi “spiriti” è solitamente così abbondante che, non appena essi entrano in queste cavità, acquistano la forza di spingere verso l’esterno la materia circostante e di farla gonfiare; in questo modo, tendono tutti i piccoli filamenti dei nervi presenti in quelle zone. Proprio come il vento, se abbastanza forte, può gonfiare le vele di una nave e tendere tutte le corde a cui sono legate, anche questi “spiriti”, agendo su questa materia cerebrale, fanno sì che l’intera struttura del cervello funzioni in modo efficace, rappresentando così il corpo di un uomo sveglio.
O almeno hanno la forza di spingere in questo modo, facendo tendere alcune parti mentre altre rimangono libere e distese, proprio come avviene alle pieghe di un velo quando il vento è troppo debole per gonfiarlo; quindi questa “macchina” rappresenta il corpo di un uomo che dorme e che ha diversi sogni durante il sonno. Immaginate, ad esempio, che la differenza tra le due figure M e N sia la stessa che esiste tra il cervello di un uomo sveglio e quello di un uomo addormentato che sogna.
Ma prima di parlare più specificamente del sonno e dei sogni, devo farvi considerare tutto ciò che avviene nel cervello durante il periodo di veglia: in particolare, come si formano nelle aree destinate all’immaginazione e al senso comune le idee relative agli oggetti, come queste vengono conservate nella memoria e come influenzano il movimento di tutti i nostri membri.
Come potete vedere nella figura contrassegnata con la lettera M, gli spiriti che provengono dalla ghiandola H, dopo aver dilatato la parte del cervello contrassegnata con la lettera A e aperto tutti i suoi pori, scorrono da lì verso la zona B, poi verso la zona C, e infine verso la zona D; da qui si diffondono in tutti i nervi del cervello, tenendo così tesi tutti quei “filamenti” di cui sono composti questi nervi stessi. Questa struttura è talmente efficace che qualsiasi azione, anche la più debole, che abbia la capacità di muoverli, può essere trasmessa facilmente da un’estremità all’altra senza che i percorsi tortuosi attraverso cui si diffondono possano ostacolarla.
Mais, afin que ces détours ne vous empêchent pas aussi de voir clairement comment cela sert à former les idées des objets qui frappent les sens, regardez en la figure ci-jointe les petits filets 12, 34, 56, et semblables, qui composent le nerf optique, et sont étendus depuis Je fond de l’œil 1, 3, 5 jusqu’à la superficie intérieure du cerveau 2, 4, 6, et pensez que ces filets sont tellement disposés que si les rayons qui viennent, par exemple, du point A de l’objet vont presser le fond de l’œil au point 1, ils tirent par ce moyen tout le filet 12, et augmentent l’ouverture du petit tuyau marqué 2, et tout de même que les rayons qui viennent du point B augmentent l’ouverture du petit tuyau 4, et ainsi des autres ; en sorte que, comme les diverses façons dont les points 1, 3, 5 sont pressés par ces rayons tracent dans le fond de l’œil une figure qui se rapporte à celle de l’objet ABC, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, il est évident que les diverses façons dont les petits tuyaux 2, 4, 6 sont ouverts par les filets 12, 34, 56, etc., la doivent aussi tracer en la superficie intérieure du cerveau.
Pensez, après cela, que les esprits qui tendent à entrer dans chacun des petits tuyaux 2, 4, 6, et semblables, ne viennent pas indifféremment de tous les points qui sont en la superficie de la glande H, mais seulement de quelqu’un en particulier, et que ce sont ceux qui viennent, par exemple, du point a de cette superficie, qui tendent à entrer dans le tuyau 2, et ceux des points b etc., qui tendent à entrer dans les tuyaux 4 et 6, et ainsi des autres ; en sorte qu’au même instant que l’ouverture de ces tuyaux devient plus grande, les esprits commencent à sortir plus librement et plus vite qu’ils ne faisaient auparavant par les endroits de cette glande qui les regardent, et que, comme les diverses façons dont les tuyaux 2, 4, 6 sont ouverts tracent une figure qui se rapporte à celle de l’objet ABC sur la superficie intérieure du cerveau, ainsi celle dont les esprits sortent des points a, b ; c la tracent sur la superficie de cette glande.
Et notez que, par ces figures, je n’entends pas seulement ici les choses qui représentent en quelque sorte la position des lignes et des superficies des objets, mais aussi toutes celles qui, suivant ce que j’ai dit ci-dessus, pourront donner occasion à l’âme de sentir le mouvement, la grandeur, la distance, les couleurs, les sons, les odeurs, et autres telles qualités, et même celles qui lui pourront faire sentir le chatouillement, la douleur, la faim, la soif, la joie, la tristesse, et autres telles passions. Car il est facile à entendre que le tuyau 2, par exemple, sera ouvert autrement par l’action que j’ai dit causer le sentiment de la couleur rouge ou celui du chatouillement, que par celle que j’ai dit causer le sentiment de la couleur blanche ou bien celui de la douleur, et que les esprits qui sortent du point a tendront diversement vers ce tuyau selon qu’il sera ouvert diversement, et ainsi des autres.
Or, entre ces figures, ce ne sont pas celles qui s’impriment dans les organes des sens extérieurs ou dans la superficie intérieure du cerveau, mais seulement celles qui se tracent dans les esprits sur la superficie de la glande H, où est le siège de l’imagination et du sens commun, qui doivent être prises pour les idées, c’est-à-dire pour les formes ou images que l’âme raisonnable considérera immédiatement, lorsque, étant unie à cette machine, elle imaginera ou sentira quelque objet.
Et notez que je dis imaginera ou sentira, d’autant que je veux comprendre généralement sous le nom d’idée, toutes les impressions que peuvent recevoir les esprits en sortant de la glande H, lesquelles s’attribuent toutes au sens commun lorsqu’elles dépendent de la présence des objets ; mais elles peuvent aussi procéder de plusieurs autres causes, ainsi que je vous dirai ci-après, et alors c’est à l’imagination qu’elles doivent être attribuées.
Et je pourrais ajouter ici comment les traces de ces idées passent par les artères vers le cœur, et ainsi rayonnent en tout le sang, et comment même elles peuvent quelquefois être déterminées par certaines actions de la mère à s’imprimer sur les membres de l’enfant qui se forme dans ses entrailles ; mais je me contenterai de vous dire encore comment elles s’impriment en la partie intérieure du cerveau marquée B, où est le siège de la mémoire.
Pensez donc à cet effet qu’après que les esprits qui sortent de la glande H y ont reçu l’impression de quelque idée, ils passent de là par les tuyaux 2, 4, 6, et semblables, dans les pores ou intervalles qui sont entre les petits filets dont cette partie du cerveau B est composée, et qu’ils ont la force d’élargir quelque peu ces intervalles et de plier et disposer diversement les petits filets qu’ils rencontrent en leur chemin selon les diverses façons dont ils se meuvent et lies diverses ouvertures des tuyaux par où ils passent ; en sorte qu’ils y tracent aussi des figures qui se rapportent à celles des objets, non pas toutefois si aisément ni si parfaitement du premier coup que sur la glande H, mais peu à peu de mieux en mieux, selon que leur action est plus forte et qu’elle dure plus longtemps ou qu’elle est plus de fois réitérée ; ce qui est cause que ces figures ne s’effacent pas non plus si aisément, mais qu’elles s’y conservent en telle sorte que, par leur moyen, les idées qui ont été autrefois sur cette glande s’y peuvent former derechef longtemps après, sans que la présence des objets auxquels elles se rapportent y soit requise ; et c’est en quoi consiste la mémoire.
Par exemple, quand l’action de l’objet ABC, augmentant l’ouverture des tuyaux 2, 4, 6, est cause que les esprits entrent dedans en plus grand, quantité qu’ils ne feraient pas sans cela, elle est aussi cause que, passant plus outre vers N, ils ont la force de s’y former certains passages qui demeurent ouverts encore après que l’action de l’objet ABC a cessé, ou qui du moins, s’ils se referment, laissent une certaine disposition dans les petits filets dont cette partie du cerveau N est composée, par le moyen de laquelle ils peuvent beaucoup plus aisément être ouverts derechef que s’ils ne l’avaient point encore été, ainsi que si on passait plusieurs aiguilles ou poinçons au travers d’une toile, comme vous voyez en celle qui est marquée A, les petits trous qu’on y ferait demeureraient encore ouverts, comme vers a et vers b, après que ces aiguilles en seraient ôtées, ou, s’ils se refermaient, ils laisseraient des traces en cette toile, comme vers c et vers d, qui seraient cause qu’on les pourrait rouvrir fort aisément.
Et même il faut remarquer que si on en rouvrait seulement quelques-uns comme a et b, cela seul pourrait être cause que les autres, comme c et d, se rouvriraient aussi en même temps, principalement s’ils avaient été ouverts plusieurs fois tous ensemble, et n’eussent pas coutume de l’être les uns sans les autres. Ce qui montre comment la souvenance d’une chose peut être excitée par celle d’une autre, qui a été autrefois imprimée en même temps qu’elle en la mémoire. Comme si je vois deux yeux avec un nez, je m’imagine aussitôt un front et une bouche, et toutes les autres parties d’un visage, pour ce que je n’ai pas accoutumé de les voir l’une sans l’autre ; et, voyant du feu, je me ressouviens de sa chaleur, pour ce que je l’ai sentie autrefois en le voyant.
Considérez, outre cela, que la glande H est composée d’une matière qui est fort molle, et qu’elle n’est pas toute jointe et unie à la substance du cerveau, mais seulement attachée à de petites artères (dont les peaux sont assez lâches et pliantes), et soutenue comme en balance par la force du sang que la chaleur du cœur pousse vers elle ; en sorte qu’il faut fort peu de chose pour la déterminer à s’incliner et se pencher plus ou moins, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, et faire qu’en se penchant elle dispose les esprits qui sortent d’elle à prendre leur cours vers certains endroits du cerveau plutôt que vers les autres.
Or il y a deux causes principales, sans compter la force de l’âme, que je mettrai ci-après, qui la peuvent ainsi faire mouvoir, et qu’il faut ici que je vous explique.
However, so that these indirect pathways do not prevent you from understanding clearly how they contribute to the formation of our perceptions of objects that affect our senses, observe in the accompanying diagram the tiny nerve fibers 12, 34, 56, and similar ones that make up the optic nerve. These fibers extend from the bottom of the eye 1, 3, 5 all the way to the inner surface of the brain 2, 4, 6. Consider that these fibers are arranged in such a way that rays of light originating from, for example, point A of an object will press against the bottom of the eye at point 1, thereby activating the entire fiber network 12 and increasing the diameter of the small duct marked 2. Similarly, rays of light coming from point B will increase the diameter of duct 4, and so on. Thus, just as the various ways in which points 1, 3, 5 are affected by these rays of light create a pattern in the bottom of the eye that corresponds to the shape of the object ABC, it is evident that the different ways in which the small ducts 2, 4, 6 are expanded by these nerve fibers must likewise create corresponding patterns on the inner surface of the brain.
Consider, then, that the spirits which tend to enter each of the small tubes 2, 4, 6, and similar ones do not come from all the points on the surface of the gland H indiscriminately, but only from certain specific points. For instance, those spirits that originate from point a on this surface tend to enter tube 2, while those originating from points b, etc., tend to enter tubes 4 and 6, and so on. Thus, the moment these tubes begin to open wider, the spirits begin to emerge more freely and more quickly than before through those parts of the gland that correspond to them. Moreover, just as the various ways in which tubes 2, 4, 6 are opened form a pattern that corresponds to the shape of the object ABC on the inner surface of the brain, so too does the pattern formed by the emergence of these spirits from points a, b, c, etc., on the surface of that gland.
And note that by these figures, I do not mean merely those things that represent in some way the position of the lines and surfaces of objects, but also all those other things that, according to what I have said above, can enable the soul to perceive qualities such as movement, size, distance, colors, sounds, smells, and so on; even those things that can cause the soul to experience sensations like tickling, pain, hunger, thirst, joy, sadness, and other emotions. For it is easy to understand that, for example, a certain tube will be affected in different ways depending on whether the action that causes the sensation of red color or tickling is applied, or rather the action that causes the sensation of white color or pain. Similarly, spirits emanating from a particular point will be attracted toward this tube in various ways, depending on how it is configured, and so on with the others.
Or, among these figures, those are not the ones that are imprinted on the external sensory organs or on the inner surface of the brain, but only those that are traced in the minds upon the surface of the gland H—where imagination and common sense reside. These are to be regarded as ideas, that is, as forms or images that the rational soul will immediately perceive whenever, united with this mental mechanism, it imagines or perceives some object.
And note that I say “will imagine” or “will feel,” precisely because I wish to understand by the term “idea” all those perceptions that the mind may acquire when it operates through the gland H; such perceptions are generally attributed to the senses when they depend on the presence of external objects. However, they can also arise from various other causes, as I will explain further below—in such cases, they should be attributed to the imagination.
And I could add here how the traces of these ideas travel through the arteries toward the heart, and thus spread throughout the entire bloodstream; and how sometimes they can even be influenced by certain actions of the mother, leaving their mark on the limbs of the child who is forming within her womb. But I will content myself with telling you further how these ideas leave their imprint on the inner part of the brain, in the area marked B, where memory resides.
Consider, therefore, this effect: after the spirits emerging from the gland H have received some impression of an idea, they pass through the tubes 2, 4, 6, and similar ones, into the pores or intervals situated between the tiny filaments that constitute this part of the brain B. These spirits possess the ability to slightly enlarge these intervals and to bend and arrange the tiny filaments they encounter along their path in various ways, depending on how they move and how they connect the different openings of the tubes through which they pass. As a result, they create patterns that correspond to the forms of objects—though not as easily or perfectly at first as on the gland H. However, these patterns gradually become clearer and more precise as their influence becomes stronger, lasts longer, or is repeated more frequently. This is why such patterns do not vanish so readily; instead, they remain intact, allowing the ideas that were once associated with those objects to be reformed there much later on, without the need for the presence of the original objects. And this is precisely what memory consists of.
For example, when the action of object ABC causes the tubes 2, 4, 6 to open wider, allowing more spirits to enter than they otherwise would, it also results in the formation of certain passages that remain open even after the effect of object ABC ceases. Alternatively, if these passages were to close, they would leave behind certain markings within the delicate networks that make up this part of the brain, enabling them to be reopened much more easily than before. Similarly, if multiple needles or pins were passed through a fabric—such as the one marked A—you would find that the small holes made remain open at points a and b even after the needles are removed; or, if they did close, they would leave traces at points c and d, making it possible to reopen them readily.
Moreover, it should be noted that if only a few of them were reopened, such as ‘a’ and ‘b’, this alone could cause the others, such as ‘c’ and ‘d’, to be reopened at the same time—especially if they had all been opened together on multiple occasions and were not accustomed to being opened separately. This illustrates how the memory of one thing can be triggered by the memory of another thing that was once imprinted in the mind alongside it. For instance, when I see two eyes accompanied by a nose, I immediately imagine a forehead and a mouth, as well as all the other parts of a face, because I am not accustomed to seeing them separately; and when I see fire, I recall its heat, because I have experienced it in the past while observing it.
Furthermore, consider that the gland H is composed of a very soft substance; it is not entirely connected and integrated with the brain tissue, but merely attached to small arteries (whose walls are quite loose and flexible). It is sustained in position, as if on a balance, by the force of the blood that the heat of the heart directs toward it. Hence, very little is required to cause it to tilt or bend more or less in one direction or another, thereby directing the substances that emerge from it to flow toward certain parts of the brain rather than others.
Or there are two main causes, not to mention the power of the soul, which I will list below and which can move it in this manner; these causes must be explained to you here.
Ma affinché questi percorsi indiretti non vi impediscano di comprendere chiaramente in che modo contribuiscono alla formazione delle idee relative agli oggetti che colpiscono i sensi, osservate nella figura qui allegata i piccoli filamenti 12, 34, 56 e simili che compongono il nervo ottico; questi filamenti si estendono dal fondo dell’occhio 1, 3, 5 fino alla superficie interna del cervello 2, 4, 6. Pensate che tali filamenti siano disposti in modo tale che i raggi provenienti, ad esempio, dal punto A dell’oggetto, quando colpiscono il fondo dell’occhio nel punto 1, influenzano l’intero filamento 12, aumentando così l’apertura del piccolo canale indicato con il numero 2; allo stesso modo, i raggi provenienti dal punto B aumentano l’apertura del piccolo canale 4, e così via. Poiché le diverse modalità con cui i punti 1, 3, 5 vengono stimolati da questi raggi formano nel fondo dell’occhio una figura che corrisponde a quella dell’oggetto ABC, come già detto in precedenza, è evidente che anche le diverse modalità con cui i piccoli canali 2, 4, 6 vengono influenzati dai filamenti 12, 34, 56, ecc., debbano necessariamente formare una corrispondente figura nella superficie interna del cervello.
Pensate, dopo ciò, che gli spiriti che tendono ad entrare in ciascuno di quei piccoli tubi – 2, 4, 6 e simili – non provengano casualmente da tutti i punti presenti sulla superficie della ghiandola H, ma soltanto da alcuni punti specifici. Ad esempio, sono gli spiriti che provengono dal punto a di quella superficie ad entrare nel tubo 2; quelli provenienti dai punti b, ecc., ad entrare nei tubi 4 e 6, e così via. Quindi, non appena l’apertura di questi tubi diventa più ampia, gli spiriti iniziano a uscire più liberamente e più rapidamente rispetto a prima, attraverso i punti della ghiandola che corrispondono a tali aperture. Inoltre, poiché le diverse modalità con cui i tubi 2, 4, 6 si aprono formano una figura che corrisponde alla forma dell’oggetto ABC sulla superficie interna del cervello, allo stesso modo anche la sequenza con cui gli spiriti escono dai punti a, b, c disegna una figura simile sulla superficie della stessa ghiandola.
E notate che, con queste figure, non intendo soltanto quelle che rappresentano in qualche modo la posizione delle linee e delle superfici degli oggetti, ma anche tutte quelle che, secondo quanto ho detto sopra, potranno far sì che l’anima percepisca il movimento, la grandezza, la distanza, i colori, i suoni, gli odori e altre simili qualità; inoltre, anche quelle che le potranno far provare sensazioni come il prurito, il dolore, la fame, la sete, la gioia, la tristezza e altre passioni. Infatti, è facile capire che, ad esempio, il tubo 2 sarà aperto in modi diversi a seconda dell’azione che ne provocherà la percezione del colore rosso o del prurito, oppure quella del colore bianco o del dolore; inoltre, gli spiriti che emergono dal punto A tenderanno in modo diverso verso quel tubo, a seconda di come esso sia aperto, e lo stesso vale per gli altri.
Ora, tra queste figure, non sono quelle che si imprimono negli organi dei sens esterni o sulla superficie interna del cervello, ma soltanto quelle che si disegnano nello spirito, sulla superficie della ghiandola H, dove hanno sede l’immaginazione e il senso comune; queste sole devono essere considerate come idee, cioè come forme o immagini che l’anima razionale percepirà immediatamente quando, essendo unita a questa “macchina”, immaginerà o percepirà qualche oggetto.
E notate che parlo di “immaginare” o “sentire”, poiché intendo comprendere, in senso generale, con il termine “idea” tutte le impressioni che gli spiriti possono ricevere provenienti dalla ghiandola H; queste impressioni vengono generalmente attribuite alla facoltà del senso comune quando dipendono dalla presenza di oggetti; tuttavia possono anche derivare da altre cause, come vi spiegherò in seguito, e in tal caso devono essere attribuite all’immaginazione.
E potrei aggiungere qui in che modo le tracce di queste idee attraversano le arterie fino al cuore e da lì si diffondono in tutto il sangue; potrei anche spiegare come a volte tali tracce possano essere influenzate da certi comportamenti della madre, tanto da imprimersi sui membri del bambino che si sta formando nel suo grembo; ma mi limiterò a dirvi ancora in che modo queste idee si imprimono nella parte interna del cervello, quella contrassegnata dalla lettera “B”, dove risiede la memoria.
Pensate dunque a questo effetto: dopo che gli spiriti che emergono dalla ghiandola H hanno ricevuto l’impressione di una certa idea, passano attraverso i tubi 2, 4, 6 e simili, nei pori o negli intervalli presenti tra i piccoli filamenti che compongono questa parte del cervello B; hanno inoltre la capacità di allargare leggermente questi intervalli e di piegare e disporre in modo diverso i piccoli filamenti che incontrano lungo il loro percorso, secondo le varie modalità con cui si muovono e collegano le diverse aperture dei tubi attraverso cui passano. Di conseguenza, tracciano su questi filamenti figure che corrispondono a quelle degli oggetti; tuttavia, questo avviene non così facilmente né perfettamente la prima volta come nella ghiandola H, ma gradualmente, in modo sempre più efficace, man mano che l’azione di tali spiriti diventa più intensa, dura più a lungo o viene ripetuta più volte. Per questo motivo, queste figure non si cancellano facilmente, ma si conservano nel cervello; ed è proprio grazie a esse che le idee che un tempo sono state presenti nella ghiandola H possono essere nuovamente formate molto tempo dopo, senza la necessità della presenza degli oggetti a cui tali idee si riferiscono. Ed è in questo che consiste la memoria.
Ad esempio, quando l’azione dell’oggetto ABC aumenta l’apertura dei tubi 2, 4, 6, questo fa sì che gli “spiriti” entrino al loro interno in quantità maggiore di quanto avrebbero fatto altrimenti; tale azione determina anche il formarsi, verso la direzione N, di passaggi che rimangono aperti anche dopo la cessazione dell’effetto dell’oggetto ABC, o che, nel caso si richiudessero, lascerebbero nella struttura cerebrale una disposizione particolare che permetterebbe loro di riaprirsi molto più facilmente rispetto a prima. È come se si passassero diverse aghi o punte attraverso un tessuto, come quello contrassegnato con la lettera A: i piccoli fori creati rimarrebbero aperti anche dopo l’eliminazione degli aghi, oppure, nel caso si richiudessero, lascerebbero tracce nel tessuto che permetterebbero di riaprirli facilmente.
E bisogna anche notare che, se ne riaprissero soltanto alcuni, come a e b, questo basterebbe già per far sì che anche gli altri, come c e d, si aprissero contemporaneamente, soprattutto se fossero stati aperti tutti insieme più volte in passato e non avessero l’abitudine di essere aperti separatamente. Ciò dimostra come il ricordo di una cosa possa essere stimolato da quello di un’altra che è stata impressa nella memoria nello stesso momento. Proprio come, vedendo due occhi con un naso, mi immagino immediatamente un fronte e una bocca, nonché tutte le altre parti del viso, perché non ho l’abitudine di vederle separatamente; e, vedendo il fuoco, mi ricordo del suo calore, perché l’ho sentito in passato quando lo vedevo.
Considerate inoltre che la ghiandola H è composta da una materia molto morbida e non è completamente unita alla sostanza cerebrale, ma soltanto attaccata a piccole arterie le cui pareti sono abbastanza flessibili; viene sostenuta, come se fosse in equilibrio, dalla forza del sangue che il calore del cuore spinge verso di essa. Pertanto, basta molto poco perché questa ghiandola si inclini da una parte o dall’altra, facendo sì che i fluidi che ne fuoriescono prendano la direzione di determinati punti del cervello piuttosto che di altri.
Esistono due cause principali, senza contare la forza dell’anima, che possono spingerla a muoversi in questo modo; e qui devo spiegarvele.
La première est la différence qui se rencontre entre les petites parties des esprits qui sortent d’elle : car, si tous ces esprits étaient exactement d’égale force, et qu’il n’y eût aucune autre cause qui la déterminât à se pencher ni çà ni là, ils couleraient également dans tous ses pores et la soutiendraient toute droite et immobile au centre de la tête, ainsi qu’elle est représentée en la figure 40.
Mais comme un corps attaché seulement à quelques filets, qui serait soutenu en l’air par la force de la fumée qui sortirait d’un fourneau, flotterait incessamment çà et là, selon que les diverses parties de cette fumée agiraient contre lui diversement ; ainsi les petites parties de ces esprits qui soulèvent et soutiennent cette glande, étant presque toujours différentes en quelque chose, ne manquent pas de l’agiter et faire pencher tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, comme vous le voyez en cette figure 4, où non seulement son centre H est un peu éloigné du centre du cerveau marqué o, mais aussi les extrémités des artères qui la soutiennent sont courbées en telle sorte que presque tous les esprits qu’elles lui apportent prennent leur cours par l’endroit de sa superficie a, b, c, vers les petits tuyaux 2, 4, 6, ouvrant par ce moyen ceux de ses pores qui regardent vers là beaucoup davantage que les autres.
Or le principal effet qui suit de ceci consiste en ce que les esprits, sortant ainsi plus particulièrement de quelques endroits de la superficie de cette glande que des autres, peuvent avoir la force de tourner les petits tuyaux de la superficie intérieure du cerveau dans lesquels ils se vont rendre vers les endroits d’où ils sortent, s’ils ne les y trouvent déjà tournés ; et, par ce moyen, de faire mouvoir les membres auxquels se rapportent ces tuyaux vers les lieux auxquels se rapportent ces endroits de la superficie de la glande H. Et notez que l’idée de ce mouvement des membres ne consiste qu’en la façon dont ces esprits sortent pour lors de cette glande, et ainsi que c’est son idée qui le cause.
Comme ici, par exemple, on peut supposer que ce qui fait que le tuyau 8 se tourne plutôt vers le point b que vers quelque autre, c’est seulement que les esprits qui sortent de ce point tendent avec plus de force vers lui qu’aucuns autres, et que cela même donnerait occasion à l’âme de sentir que le bras se tourne vers l’objet B, si elle était déjà dans cette machine, ainsi que je l’y supposerai ci-après : car il faut penser que tous les points de la glande vers lesquels ce tuyau 8 peut être tourné répondent tellement à tous les lieux vers lesquels le bras marqué 7 le peut être, que ce qui fait maintenant que ce bras est tourné vers l’objet B, c’est que ce tuyau regarde le point b de la glande ; que si les esprits, changeant leur cours, tournoient ce tuyau vers quelque autre point de la glande, comme vers c, les petits filets 8, 7, qui, sortant d’autour de lui, se vont rendre dans les muscles de ce bras, changeant par même moyen de situation, rétréciraient quelques-uns des pores du cerveau qui sont vers D, et en élargiraient quelques autres : ce qui ferait que les esprits, passant de là dans ces muscles d’autre façon qu’ils ne font à présent, tourneraient incontinent ce bras vers l’objet C ; comme réciproquement, si quelque autre action que celle des esprits qui entrent par le tuyau 8 tournait ce même bras vers B ou vers C, elle ferait que ce tuyau 8 se tournerait vers les points de la glande b ou c ; en sorte que l’idée de ce mouvement se formerait aussi en même temps, au moins si l’attention n’en était point divertie, c’est-à-dire si la glande H n’était point empêchée de se pencher vers 8 par quelque autre action qui fût plus forte. Et ainsi généralement il faut penser que chacun des autres petits tuyaux qui sont en la superficie intérieure du cerveau se rapporte à chacun des autres membres, et chacun des autres points de la superficie de la glande H à chacun des côtés vers lesquels ces membres peuvent être tournés : en sorte que les mouvements de ces membres et leurs idées peuvent être causés réciproquement l’un par l’autre.
Et de plus, pour entendre ici par occasion comment, lorsque les deux yeux de cette machine et les organes de plusieurs autres de ses sens sont tournés vers un même objet, il ne s’en forme pas pour cela plusieurs idées dans son cerveau, mais une seule, il faut penser que c’est toujours des mêmes points de cette superficie de la glande H que sortent les esprits qui, tendant vers divers tuyaux, peuvent tourner divers membres vers les mêmes objets : comme ici, que c’est du seul point b que sortent les esprits qui, tendant vers les tuyaux 4, 4 et 8, tournent en même temps les deux yeux et le bras droit vers l’objet B.
Ce qui vous sera facile à croire si, pour entendre aussi en quoi consiste l’idée de la distance des objets, vous pensez que, selon que cette superficie change de situation, les mêmes de ces points se rapportent à des lieux d’autant plus éloignés du centre du cerveau marqué o que ces points en sont plus proches, et d’autant plus proches qu’ils en sont plus éloignés : comme ici il faut penser que si le point b était un peu plus retiré en arrière qu’il n’est pas, il se rapporterait à un lieu plus éloigné que n’est B, et s’il était un peu plus penché en avant, il se rapporterait à un plus proche.
Et ceci sera cause que, lorsqu’il y aura une âme dans cette machine, elle pourra quelquefois sentir divers objets par l’entremise des mêmes organes, disposés en même sorte et sans qu’il y ait rien du tout qui se change que la situation de la glande H. Comme ici, par exemple, l’âme pourra sentir ce qui est au point L par l’entremise des deux mains qui tiennent les deux bâtons NL et OL, pour ce que c’est du point L, de la glande H, que sortent les esprits qui entrent dans les tuyaux 7 et 8, auxquels répondent ses deux mains ; au lieu que si cette glande H était un peu plus en avant qu’elle n’est, en sorte que les points de sa superficie n et o fussent aux lieux marqués i et k, et par conséquent que ce fût d’eux que sortissent les esprits qui vont vers 7 et vers 8, l’âme devrait sentir ce qui est vers N et vers O par l’entremise des mêmes mains et sans qu’elles fussent en rien changées.
Au reste, il faut remarquer que, lorsque la glande H est penchée vers quelque côté par la seule force des esprits et sans que l’âme raisonnable ni les sens extérieurs y contribuent, les idées qui se forment sur sa superficie ne procèdent pas seulement des inégalités qui se rencontrent entre les petites parties de ces esprits et qui causent la différence des humeurs, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, mais elles procèdent aussi des impressions de la mémoire ; car, si la figure de quelque objet particulier est imprimée beaucoup plus distinctement qu’aucune autre à l’endroit du cerveau vers lequel est justement penchée cette glande, les esprits qui tendent vers là ne peuvent manquer d’en recevoir aussi l’impression : et c’est ainsi que les choses passées reviennent quelquefois en la pensée comme par hasard, et sans que la mémoire en soit fort excitée par aucun objet qui touche les sens.
Mais, si plusieurs diverses figures se trouvent tracées en ce même endroit du cerveau presque aussi parfaitement l’une que l’autre, ainsi qu’il arrive le plus souvent, les esprits recevront quelque chose de l’impression de chacune, et ce plus ou moins selon la diverse rencontre de leurs parties ; et c’est ainsi que se composent les chimères et les hippogriffes en l’imagination de ceux qui rêvent étant éveillés, c’est-à-dire qui laissent errer nonchalamment çà et là leur fantaisie, sans que les objets extérieurs la divertissent, ni qu’elle soit conduite par leur raison.
Mais l’effet de la mémoire qui me semble ici le plus digne d’être considéré consiste en ce que, sans qu’il y ait aucune âme dans cette machine, elle peut naturellement être disposée à imiter tous les mouvements que de vrais hommes, ou bien d’autres semblables machines, feront en sa présence.
The first difference arises among the various portions of the spirit that emerge from it; for if all these portions possessed exactly equal strength, and if there were no other factors determining their orientation in one direction or another, they would flow evenly through every part of the body, maintaining it perfectly upright and immobile at the center of the head—just as depicted in Figure 40.
But just as a body attached only to a few strands would be suspended in the air by the force of the smoke emanating from a furnace, drifting back and forth constantly depending on how the various parts of that smoke affect it; similarly, the tiny portions of these spirits that lift and support this gland are almost always different in some way, and thus they cause it to sway from side to side. This can be seen in Figure 4: not only is its center H slightly offset from the brain’s center marked as “o,” but also the ends of the arteries that support it are bent in such a way that nearly all the spirits supplied by these arteries flow through the areas of its surface denoted as “a,” “b,” “c,” toward the smaller ducts numbered 2, 4, 6. In this manner, those pores of the gland that face in these directions are much more actively stimulated than the others.
Or the principal effect of this is that these spirits, since they emerge more particularly from certain areas of the surface of this gland than from others, possess the ability to turn the small ducts located on the inner surface of the brain in such a way that they lead back to the places from which they originated—provided that those ducts are not already in that position. In this manner, these spirits can cause the limbs associated with these ducts to move toward the corresponding areas on the surface of gland H. Note that the concept of this movement of the limbs merely reflects the way in which these spirits exit this gland at that moment; it is the very notion of their emergence that brings about this movement.
For instance, here one can assume that the reason why tube 8 tends to turn towards point b rather than any other point is simply because the spirits emanating from that point exert a stronger attraction towards it than towards any other; this very fact would cause the soul, if it were already within this mechanism, to perceive that the arm turns towards object B—just as I shall assume later on. It must be understood that all the points on the gland to which tube 8 can be directed correspond precisely to all the locations to which the marked arm 7 can be turned; therefore, the reason why the arm currently turns towards object B is that tube 8 is aligned with point b on the gland. If the spirits were to redirect tube 8 towards some other point on the gland, such as point c, then the tiny fibers 8 and 7, which extend from around tube 8 and reach into the muscles of the arm, would change their position accordingly. This would cause certain pores in the brain that are oriented towards point D to contract while others expanded; as a result, the spirits passing through these muscles would direct the arm towards object C. Conversely, if some other mechanism were to affect the movement of the arm, it would cause tube 8 to align with points b or c on the gland, thereby generating the corresponding perception of movement—provided that attention is not distracted and that the gland H is not prevented from moving towards point 8 by some stronger external influence. In general, one must consider that each of the other tiny tubes located within the brain’s inner surface corresponds to each of the body’s limbs, and that each point on the surface of gland H relates to every possible direction in which these limbs can be turned; thus, the movements of the limbs and their corresponding perceptions can be caused by mutual interaction.
Moreover, to understand how, when both eyes of this machine and the organs of several other of its senses are directed toward the same object, it does not result in multiple ideas being formed in its brain, but only one, it is necessary to consider that it is always from the same points on the surface of the H-gland that these “spirits” emerge. These spirits, extending toward various channels, can cause different limbs to be directed toward the same object—just as, in this case, it is from the single point b that the spirits extend toward channels 4, 4, and 8, causing both eyes and the right arm to turn toward object B at the same time.
This will be easy for you to believe if you consider that, in order to understand what the concept of distance between objects entails, you should think that, depending on how this surface changes its position, the same points will relate to locations that are either further or closer from the center of the brain marked as “o”: in other words, if point b were positioned slightly further back than it is now, it would correspond to a location farther away than B; whereas if it were positioned slightly further forward, it would correspond to a location closer to B.
And this will be because, when there is a soul within this machine, it will sometimes be able to perceive various objects through the same organs, arranged in the same manner, with nothing at all changing except for the position of the gland H. For example, here the soul would be able to perceive what is at point L through the two hands that hold the two rods NL and OL, since it is from point L on the gland H that the spirits emerge and enter the tubes 7 and 8, which are connected to those two hands; whereas if the gland H were positioned slightly further forward, so that its surface points n and o were in the positions marked i and k, then it would be from those points that the spirits would emerge and go towards 7 and 8. In that case, the soul would still perceive what is at N and O through the same hands, with no change to them at all.
Furthermore, it must be noted that when the gland H is inclined in one direction solely by the influence of these spirits, without any contribution from the rational soul or the external senses, the ideas that arise on its surface do not originate merely from the inequalities that exist between the various parts of these spirits and that cause differences in temperament, as mentioned above. Instead, they also stem from the impressions retained in memory. For if the image of a particular object is more distinctly imprinted on the part of the brain toward which this gland is inclined, then the spirits that tend toward that area will inevitably receive that impression as well. It is in this way that past events sometimes reappear in our thoughts seemingly by chance, without any external stimulus directly affecting our senses triggering the memory.
However, if several different figures are drawn in the same part of the brain, almost perfectly alike, as is often the case, the mind will receive some impression from each of them, to a greater or lesser extent depending on how these various elements interact within the brain; and it is in this way that chimæras and hippogriffs are formed in the imagination of those who dream while awake—that is, when their fantasies wander aimlessly without being guided by external objects or reason.
However, the effect of memory that seems to me most worthy of consideration is that, despite the fact that there is no soul within this machine, it is capable of naturally imitating all the movements that real people, or other similar machines, would make in its presence.
La prima differenza risiede nelle variazioni che si verificano nelle piccole parti dell’anima che ne derivano: infatti, se tutte queste parti avessero esattamente la stessa forza, e non ci fosse alcuna altra causa che le determinasse a inclinarsi da una parte o dall’altra, fluirebbero uniformemente in tutti i suoi pori, sostenendola così in posizione eretta e immobile al centro della testa, esattamente come è rappresentata nella figura 40.
Ma proprio come un corpo sospeso soltanto da alcuni fili, tenuto in aria dalla forza del fumo che esce da un forno, fluttuerebbe incessantemente da una parte all’altra, a seconda del modo in cui le diverse parti di quel fumo agirebbero su di esso; allo stesso modo, le piccole parti di quegli “spiriti” che sollevano e sostengono questa ghiandola, essendo quasi sempre diverse in qualche aspetto, non mancano mai di agitarla e farla inclinare ora da una parte, ora dall’altra. Come si può vedere nella figura 4: non solo il suo centro H è leggermente distante dal centro del cervello indicato con la lettera o, ma anche le estremità delle arterie che la sostengono sono piegate in modo tale che quasi tutti gli “spiriti” che vi fluiscono attraverso seguono il percorso rappresentato dalle superfici a, b, c, dirigendosi verso i piccoli tubicoli 2, 4, 6; questo permette loro di influenzare maggiormente quei pori della ghiandola che si trovano in quella direzione rispetto ad altri pori.
L’effetto principale di ciò è che gli spiriti, uscendo in modo particolare da alcune zone della superficie di questa ghiandola piuttosto che da altre, possono avere la capacità di far ruotare i piccoli tubuli presenti sulla superficie interna del cervello; questi tubuli si dirigono verso le zone da cui gli spiriti sono provenuti, a meno che non vi trovino già ruotati. In questo modo, tali spiriti riescono a muovere i membri a cui questi tubuli sono collegati, portandoli nei luoghi corrispondenti alle zone della superficie della ghiandola H. E notate che l’idea stessa di questo movimento dei membri deriva semplicemente dal modo in cui gli spiriti escono da questa ghiandola, e che è proprio questa idea a causare tale movimento.
Come in questo caso, ad esempio, si può supporre che ciò che fa sì che il tubo 8 si diriga verso il punto b piuttosto che verso un altro punto, sia semplicemente il fatto che gli spiriti che ne provengono tendono con maggiore forza verso di esso rispetto ad altri; e questo stesso fenomeno potrebbe far sì che l’anima percepisca che il braccio si dirige verso l’oggetto B, se essa si trovasse già all’interno di questa macchina, così come supporrò più avanti: infatti, bisogna pensare che tutti i punti della ghiandola verso cui questo tubo 8 può essere orientato corrispondano esattamente a tutti i luoghi verso cui il braccio contrassegnato con la lettera 7 può essere ruotato; quindi, ciò che fa sì che attualmente il braccio si diriga verso l’oggetto B è proprio il fatto che questo tubo punta al punto b della ghiandola; se gli spiriti cambiassero direzione e orientassero questo tubo verso un altro punto della ghiandola, ad esempio il punto c, i piccoli filamenti 8 e 7, che ne emergono e si dirigono verso i muscoli di quel braccio, modificando così la loro posizione, ridurrebbero alcuni dei pori del cervello situati in direzione dell’oggetto D e ne allargherebbero altri; ciò farebbe sì che gli spiriti, passando attraverso questi muscoli in modo diverso da quanto avviene attualmente, dirigessero immediatamente il braccio verso l’oggetto C; allo stesso modo, se un’altra azione, diversa da quella degli spiriti che entrano attraverso il tubo 8, facesse ruotare lo stesso braccio verso B o C, questo tubo si orienterebbe automaticamente verso i rispettivi punti della ghiandola; in tal modo, l’idea di tale movimento si formerebbe contemporaneamente, almeno se l’attenzione non venisse distolta da altri fattori, cioè se la ghiandola H non fosse ostacolata da altre azioni più potenti. In generale, bisogna pensare che ogni altro piccolo tubo presente sulla superficie interna del cervello sia correlato a ciascun membro del corpo, e che ogni punto della superficie della ghiandola H corrisponda a ciascuna direzione verso cui questi membri possono essere ruotati; in questo modo, i movimenti di questi membri e le relative idee potrebbero essere causati reciprocamente l’uno dall’altro.
Inoltre, per comprendere come, quando i due occhi di questa macchina e gli organi di diversi altri suoi sensi sono rivolti verso lo stesso oggetto, non ne si formino nel suo cervello diverse idee, ma soltanto una, bisogna ritenere che siano sempre dai medesimi punti di quella superficie della ghiandola H a partire gli “spiriti” che, dirigendosi verso diversi tubi, possono far muovere i vari membri verso gli stessi oggetti. Come in questo caso: è dal solo punto b che partono gli “spiriti” che, dirigendosi verso i tubi 4, 4 e 8, fanno contemporaneamente muovere entrambi gli occhi e il braccio destro verso l’oggetto B.
Ciò che vi sarà facile credere è che, per comprendere in cosa consista l’idea di distanza tra gli oggetti, dovete considerare come, a seconda che la posizione di questa superficie cambi, gli stessi punti si riferiscano a luoghi sempre più lontani dal centro del cervello, oppure sempre più vicini ad esso: in questo caso, se il punto b fosse leggermente più indietro rispetto alla sua posizione attuale, si riferirebbe a un luogo più distante di B; se invece fosse leggermente più avanti, si riferirebbe a un luogo più vicino.
E questo sarà possibile perché, quando in questa macchina ci sarà un’anima, essa potrà talvolta percepire diversi oggetti attraverso gli stessi organi, disposti nello stesso modo, e senza che avvenga alcun cambiamento se non nella posizione della ghiandola H. Ad esempio, l’anima potrebbe percepire ciò che si trova nel punto L attraverso le due mani che impugnano i due bastoni NL e OL; infatti, sono proprio dalla ghiandola H che partono gli spiriti che entrano nei tubi 7 e 8, ai quali corrispondono queste due mani. Se invece la ghiandola H fosse posizionata un po’ più avanti, in modo che i punti n e o della sua superficie si trovassero nei luoghi indicati con i simboli i e k, e quindi fossero da lì che partissero gli spiriti diretti verso i tubi 7 e 8, l’anima dovrebbe percepire ciò che si trova nei punti N e O sempre attraverso le stesse mani, senza che queste subissero alcun cambiamento.
Del resto, è da notare che, quando la ghiandola H si piega verso un lato soltanto per la forza degli spiriti, senza che l’anima razionale né i sensi esterni vi contribuiscano, le idee che si formano sulla sua superficie non derivano soltanto dalle disuguaglianze che si riscontrano tra le piccole parti di questi spiriti e che causano la differenza delle umori, come è stato detto sopra, ma derivano anche dalle impressioni della memoria; poiché, se la forma di un oggetto particolare viene impressa in modo molto più chiaro in quella parte del cervello verso cui si piega appunto questa ghiandola, gli spiriti che tendono verso quel punto non possono fare a meno di riceverne l’impressione: ed è così che talvolta le cose passate ritornano nella nostra mente come per caso, senza che la memoria venga particolarmente stimolata da alcun oggetto che colpisca i sensi.
Ma se, nello stesso punto del cervello, si trovano tracciate diverse figure, quasi tutte ugualmente ben definite, come avviene molto spesso, le menti assorbono in misura diversa l’impressione prodotta da ciascuna di esse; ed è così che nella fantasia di coloro che sognano a occhi aperti si formano chimere e ipogrifi: in altre parole, quando la loro immaginazione vagabonda liberamente senza essere guidata dagli oggetti esterni né dalla ragione.
Ma l’effetto della memoria che mi sembra qui il più degno di essere considerato consiste nel fatto che, senza che vi sia alcuna “anima” in questa macchina, essa può naturalmente essere predisposta a imitare tutti i movimenti che veri esseri umani, o altre macchine simili, compiranno alla sua presenza.
La seconde cause qui peut déterminer les mouvements de la glande H est l’action des objets qui touchent les sens ; car il est aisé à entendre que l’ouverture des petits tuyaux 2, 4, 6, par exemple, étant élargie par l’action de l’objet ABC, les esprits qui commencent aussitôt à couler vers eux plus librement et plus vite qu’ils ne faisaient, attirent après soi quelque peu cette glande, et font qu’elle se penche, si elle n’en est d’ailleurs empêchée ; et, changeant la disposition de ses pores, elle commence à conduire beaucoup plus grande quantité d’esprits par a, b, c vers 2, 4, 6 qu’elle ne faisait auparavant, ce qui rend l’idée que forment ces esprits d’autant plus parfaite ; et c’est en quoi consiste le premier effet, que je désire que vous remarquiez.
Le second consiste en ce que, pendant que cette glande est retenue ainsi penchée vers quelque côté, cela l’empêche de pouvoir si aisément recevoir les idées des objets qui agissent contre les organes des autres sens : comme ici, par exemple, pendant que tous les esprits que produit la glande H sortent des points a, b, c, il n’en sort pas assez du point d pour y former l’idée de l’objet D, dont je suppose que l’action n’est ni si vive ni si forte que celle d’ABC ; d’où vous voyez comment les idées s’empêchent l’une l’autre, et d’où vient qu’on ne peut être fort attentif à plusieurs choses en même temps.
Il faut aussi remarquer que les organes des sens, lorsqu’ils commencent à être touchés par quelque objet plus fort que par les autres, n’étant pas encore autant disposés à en recevoir l’action qu’ils pourraient être, la présence de cet objet est suffisante pour achever de les y disposer entièrement. Comme si l’œil, par exemple, est disposé à regarder un lieu fort éloigné, lorsque l’objet ABC, qui est fort proche, commence à se présenter devant lui, je dis que l’action de cet objet pourra faire qu’il se disposera tout aussitôt à le regarder fixement.
Et afin que ceci vous soit plus aisé à entendre, considérez premièrement la différence qui est entre l’œil, disposé à regarder un objet éloigné, comme il est en la cinquantième figure, et le même œil, disposé à en regarder un plus proche, comme il est en cette cinquante et-unième, qui consiste, non seulement en ce que l’humeur cristalline est un peu plus voûtée, et les autres parties de l’œil à proportion autrement disposées en cette dernière figure qu’en la précédente ; mais aussi en ce que les petits tuyaux 2, 4, 6 y sont inclinés vers un point plus proche, et que la glande Hy est un peu plus avancée vers eux, et que l’endroit de sa superficie abc y est à proportion un peu plus voûté ou courbé, en sorte qu’en l’une et en l’autre figure c’est toujours du point a que sortent les esprits qui tendent vers le tuyau 2, du point b que sortent ceux qui tendent vers le tuyau 4, et du point c que sortent ceux qui tendent vers le tuyau 6.
Considérez aussi que les seuls mouvements de la glande H sont assez suffisants pour changer la situation de ces tuyaux, et ensuite toute la disposition du corps de l’œil, ainsi qu’il a tantôt été dit en général qu’ils peuvent faire mouvoir tous les membres.
Considérez après cela que ces tuyaux 2, 4, 6 peuvent être d’autant plus ouverts par l’action de l’objet ABC que l’œil est plus disposé à le regarder : car si les rayons qui tombent sur le point 3, par exemple, viennent tous du point B, comme ils font lorsque l’œil regarde fixement vers là, il est évident que leurs actions doivent tirer plus fort le petit filet 34 que s’ils venaient partie du point A, partie de B, et partie de C, comme ils font sitôt que l’œil est un peu autrement disposé, à cause que pour lors leurs actions, n’étant pas si semblables ni si unies, ne peuvent être du tout si fortes, et s’empêchent même souvent l’une l’autre ; ce qui n’a lieu néanmoins que touchant les objets dont les linéaments ne sont ni trop semblables ni trop confus ; comme aussi n’y a-t-il que ceux-là dont l’œil puisse bien distinguer la distance et discerner les parties, ainsi que j’ai remarqué en la Dioptrique.
De plus, considérez que la glande H peut beaucoup plus facilement être mue vers le côté vers lequel, en se penchant, elle disposera l’œil à recevoir plus distinctement qu’il ne fait l’action de l’objet qui agit le plus fort de tous contre lui, que vers ceux où elle pourrait faire le contraire. Comme, par exemple, en cette cinquantième figure, où l’œil est disposé à regarder un objet éloigné, il faut bien moins de force pour l’inciter à se pencher un peu plus en avant qu’elle n’est, que pour faire qu’elle se retire plus en arrière, pour ce qu’en se retirant elle rendrait l’œil encore moins disposé qu’il n’est pas à recevoir l’action de l’objet ABC, que l’on suppose être proche et agir le plus fort de tous contre lui, et ainsi elle serait cause que les petits tuyaux 2, 4, 6 seraient aussi moins ouverts par cette action, et que les esprits qui sortent des points a, b, c couleraient aussi moins librement vers ces tuyaux ; au lieu qu’en s’avançant elle ferait tout au contraire que l’œil se disposant mieux à recevoir cette action, les petits tuyaux 2, 4, 6 s’ouvriraient davantage, et ensuite que les esprits qui sortent des points a, b, c couleraient vers eux plus librement ; en sorte même que sitôt que la glande aurait le moins du monde commencé ainsi à se mouvoir, le cours de ces esprits l’emporterait tout aussitôt, et ne lui permettrait pas de s’arrêter, jusqu’à ce qu’elle fût tout à fait disposée en la façon que vous la voyez en la cinquante et unième figure, et que l’œil regardât fixement vers cet objet proche ABC.
Si bien qu’il ne reste plus qu’à vous dire la cause qui peut commencer ainsi à la mouvoir, laquelle n’est autre ordinairement que la force de l’objet même, qui, agissant contre l’organe de quelque sens, augmente l’ouverture de quelques-uns des petits tuyaux qui sont en la superficie intérieure du cerveau, vers lesquels les esprits commençant aussitôt à prendre leurs cours attirent avec soi cette glande, et la font incliner vers ce côté-là. Mais, en cas que ces tuyaux fussent déjà d’ailleurs autant ou plus ouverts que cet objet ne les ouvre, il faut penser que les petites parties des esprits qui coulent au travers de ses pores étant inégales, la poussent tantôt de çà, tantôt de là, fort promptement, et en moins d’un clin d’œil de tous côtés, sans la laisser jamais en repos un seul moment ; et que s’il se rencontre d’abord qu’elles la poussent vers un côté vers lequel il ne lui soit pas aisé de s’incliner, leur action, qui n’est pas de soi grandement forte, ne peut presque avoir aucun effet ; mais, au contraire, sitôt qu’elles la poussent le moins du monde vers le côté vers lequel elle est déjà toute portée, elle ne manquera pas de s’incliner vers là aussitôt, et ensuite de disposer l’organe du sens à recevoir l’action de son objet le plus parfaitement qu’il est possible, ainsi que je viens d’expliquer.
Achevons maintenant de conduire les esprits jusqu’aux nerfs, et voyons les mouvements qui en dépendent. Si les petits tuyaux de la superficie intérieure du cerveau ne sont point du tout plus ouverts, ni d’autre façon, les uns que les autres, et par conséquent que ces esprits n’aient en eux l’impression d’aucune idée particulière, ils se répandent indifféremment de tous côtés, et passent des pores qui sont vers B en ceux qui sont vers C, d’où les plus subtiles de leurs parties s’écouleront tout à fait hors du cerveau par les pores de la petite peau qui l’enveloppe ; puis, le surplus prenant son cours vers D, s’ira rendre dans les nerfs et dans les muscles sans y causer aucun effet particulier, parce qu’il se distribuera en tous également.
Mais s’il y a quelques-uns des tuyaux qui soient plus ou moins ouverts, ou seulement ouverts de quelque autre façon que leurs voisins, par l’action des objets qui meuvent les sens, les petits filets qui composent la substance du cerveau étant ensuite un peu plus tendus ou plus lâches les uns que les autres, conduiront les esprits vers certains endroits de sa base, et de là vers certains nerfs, avec plus ou moins de force que vers les autres ; ce qui suffira pour causer divers mouvements dans les muscles, suivant ce qui a été ci-dessus amplement expliqué.
The second cause that can determine the movements of the gland H is the action of objects that affect the senses; for it is easy to understand that when the small ducts 2, 4, 6, for example, are expanded by the influence of object ABC, the spirits that begin to flow towards them more freely and more rapidly attract that gland in their wake, causing it to bend if nothing prevents this. By altering the arrangement of its pores, the gland begins to channel a much larger quantity of spirits through channels a, b, c towards 2, 4, 6 than it did before, which makes the ideas formed by these spirits far more refined. And in this lies the first effect that I wish you to notice.
The second point is that, when this gland remains bent in one direction, it prevents it from easily receiving the ideas corresponding to objects that act upon the organs of other senses. For example, when all the thoughts produced by the gland H originate from points a, b, c, not enough thoughts arise from point d to form the idea of object D; I assume that the effect of object D is neither as intense nor as powerful as that of objects ABC. Thus, it becomes clear how these ideas prevent one another from being perceived simultaneously, and why it is impossible to concentrate on multiple things at once.
It should also be noted that when the sensory organs begin to be affected by an object that is more powerful than others, since they are not yet fully prepared to receive its influence, the mere presence of this object is sufficient to bring them into a state in which they are fully capable of being affected by it. For instance, just as the eye is initially inclined to look at a distant place, when an object that is very close begins to appear before it, I say that the influence of this object will cause the eye to immediately turn its attention towards it and fix its gaze upon it.
And in order for this to be easier for you to understand, consider first the difference between the eye, which is capable of looking at a distant object, as depicted in Figure fifty, and the same eye, when it is looking at a nearer object, as shown in Figure fifty-one. This difference lies not only in the fact that the crystalline humor is slightly more curved in the latter figure, and the other parts of the eye are arranged differently; but also in the way that the small ducts 2, 4, 6 are inclined toward a nearer point, and that the gland Hy is positioned somewhat further forward relative to them. Moreover, the surface area abc of the gland is correspondingly more curved or bent in Figure fifty-one. As a result, in both figures, it is still from point a that the spirits that tend toward duct 2 emanate, from point b that those which tend toward duct 4 emerge, and from point c that those which tend toward duct 6 are released.
Consider also that the mere movements of the H-gland are sufficient to alter the condition of these ducts, and thus to affect the entire structure of the eye’s body. As has already been stated in general terms, such movements can cause all the limbs to move as well.
Consider then that these tubes 2, 4, 6 can be opened to a greater extent by the action of object ABC precisely because the eye is more inclined to look in that direction: for if the rays falling on point 3, for example, all come from point B, as they do when the eye fixes its gaze there, it is evident that their combined effect must pull more strongly on the small membrane 34 than if they came from points A, B, and C simultaneously, as happens whenever the eye is positioned differently. In such cases, the effects of these rays are not so similar or unified, and therefore cannot be so powerful; in fact, they often interfere with each other. However, this interference only occurs with objects whose outlines are neither too similar nor too blurred. Moreover, it is only such objects that the eye can accurately perceive the distance between their parts, as I have observed in my work on Dioptrics.
Furthermore, consider that the gland H can much more easily be moved in the direction that, by tilting its position, would allow the eye to receive the influence of an object more distinctly than it currently does—especially when compared to those directions in which such movement might have the opposite effect. For instance, in the fifty-first figure, since the eye is positioned to look at a distant object, it requires much less effort to tilt it slightly forward than it would to tilt it back; indeed, moving the eye backward would make it even less capable of receiving the influence of the nearby object ABC, which is assumed to be the strongest influencing factor. As a result, the small ducts 2, 4, 6 would be less open under such circumstances, and the substances emanating from points a, b, c would flow less freely toward these ducts. On the contrary, if the gland were moved in a way that positioned the eye more favorably to receive the influence of object ABC, the small ducts 2, 4, 6 would open wider, and the substances flowing from points a, b, c would do so more freely. In fact, as soon as the gland began to move in this direction, the flow of these substances would propel it further along, preventing it from stopping until it was perfectly positioned in the manner shown in the fifty-first figure—allowing the eye to fix its gaze firmly on object ABC.
Thus, it remains only to tell you the cause which can initiate this movement; and that cause is usually nothing other than the force of the object itself. When this force acts upon the organ of some sense, it increases the dilation of certain small ducts located on the inner surface of the brain. These ducts, into which the “spirits” begin to flow immediately, draw the corresponding gland toward them and cause it to tilt in that direction. However, if these ducts are already either as open or more open than what this object can make them, one must assume that the small portions of these “spirits” flowing through their pores being unequal in size, they push the gland about rapidly in all directions, never allowing it to rest for a single moment. Moreover, if at first they push it in a direction toward which it is not easily inclined, their action, being not particularly strong, will hardly have any effect. On the contrary, as soon as they push it even slightly in the direction toward which it is already inclined, it will immediately begin to tilt thereat, and then the organ of that sense will be positioned in such a way as to receive the influence of its object in the most perfect manner possible, just as I have explained.
Let us now extend these “spirits” to the nerves and observe the movements that depend on them. If those tiny channels within the brain’s inner surface were not interconnected in any way, so that these “spirits” did not possess any particular notion within themselves, they would spread indiscriminately in all directions—passing from the pores located toward B to those toward C. Thus, the most subtle parts of these “spirits” could entirely escape the brain through the pores of the thin membrane that surrounds it. The remaining portion, then, flowing toward D, would reach the nerves and muscles without causing any particular effect, since it would be distributed evenly throughout them.
But if some of these tubes are more or less open, or merely open in a different way than their neighbors, as a result of the influence of objects that stimulate the senses, then the tiny fibers that make up the substance of the brain will be somewhat more taut or more relaxed than others. This will cause the mental impulses to be directed toward certain areas at the base of the brain, and from there to certain nerves, with greater or lesser intensity than they would otherwise be directed; and this will be sufficient to induce various movements in the muscles, just as has been explained in detail above.
La seconda causa che può determinare i movimenti della ghiandola H è l’azione degli oggetti che stimolano i sensi; infatti, è facile comprendere che, quando gli piccoli canali 2, 4, 6 vengono allargati dall’azione di un oggetto come ABC, gli spiriti iniziano a fluire verso di essi più liberamente e più rapidamente di prima, attirando così la ghiandola stessa e facendola inclinare, se non vi fossero ostacoli; inoltre, modificando la disposizione dei suoi pori, essa inizia a far passare una quantità molto maggiore di spiriti attraverso i canali a, b, c verso i punti 2, 4, 6 rispetto al passato, il che rende l’idea formata da questi spiriti ancora più perfetta. Ed è proprio in questo che consiste il primo effetto che desidero vi facciate notare.
Il secondo punto consiste nel fatto che, quando questa ghiandola viene tenuta inclinata in un certo modo, ciò le impedisce di ricevere facilmente le idee degli oggetti che agiscono sugli organi degli altri sensi; ad esempio, quando tutti gli stimoli prodotti dalla ghiandola H provengono dai punti a, b, c, non ne provengono abbastanza dal punto d per formare l’idea dell’oggetto D, il cui effetto, presumo, sia né così intenso né così forte come quello degli oggetti ABC; da ciò si può comprendere come le idee si ostacolino a vicenda e perché non sia possibile prestare attenzione contemporaneamente a più cose.
È anche necessario notare che gli organi di senso, quando iniziano ad essere influenzati da un oggetto più potente di altri, non essendo ancora del tutto predisposti a riceverne l’azione, la semplice presenza di tale oggetto è sufficiente per renderli completamente pronti ad essa. Ad esempio, l’occhio è già predisposto a guardare un luogo molto lontano; quando un oggetto vicino come ABC inizia ad apparire davanti a esso, l’azione di quell’oggetto può far sì che l’occhio si disponga immediatamente a fissarlo.
E affinché ciò vi sia più facile da comprendere, considerate innanzitutto la differenza che esiste tra l’occhio, predisposto a guardare un oggetto lontano, come mostrato nella quinta figura, e lo stesso occhio, predisposto a guardare un oggetto più vicino, come mostrato nella cinquantunesima figura. Questa differenza consiste non solo nel fatto che la sostanza cristallina dell’occhio è leggermente più curva, e le altre parti dell’occhio sono disposte in modo diverso nella seconda figura rispetto alla prima; ma anche nel fatto che i piccoli canali 2, 4, 6 sono inclinati verso un punto più vicino, e che la ghiandola Hy è leggermente più avanzata rispetto a essi; inoltre, la parte della sua superficie indicata con la lettera “abc” è anch’essa leggermente più curva nella seconda figura. In entrambe le figure, infatti, i raggi luminosi che provengono dal punto “a” tendono verso il canale 2, quelli provenienti dal punto “b” tendono verso il canale 4, e quelli provenienti dal punto “c” tendono verso il canale 6.
Si consideri inoltre che i soli movimenti della ghiandola H siano sufficienti per modificare la posizione di questi tubi e, di conseguenza, l’intera disposizione del corpo dell’occhio; come è stato detto in precedenza, tali movimenti possono anche far muovere tutti gli arti.
Considerate quindi che questi tubi 2, 4, 6 possono essere aperti ancora di più dall’azione dell’oggetto ABC nella misura in cui l’occhio è più disposto a fissarlo: infatti, se i raggi che cadono sul punto 3 provengono tutti dal punto B, come avviene quando l’occhio guarda direttamente verso di là, è evidente che la loro azione deve esercitare una pressione maggiore sul piccolo filamento 34 rispetto al caso in cui questi raggi provenissero dai punti A, B e C, come avviene quando l’occhio è posizionato in modo diverso; in tal caso, infatti, le loro azioni non sarebbero né così simili né così coordinate, e quindi non potrebbero essere efficaci allo stesso grado, anzi spesso si ostacolerebbero a vicenda. Ciò tuttavia avviene soltanto per gli oggetti i cui contorni non sono né troppo simili né troppo confusi; inoltre, solo per tali oggetti l’occhio è in grado di distinguere correttamente la distanza e le parti che li compongono, come ho osservato nella “Dioptrica”.
Inoltre, considerate che la ghiandola H può muoversi molto più facilmente verso il lato verso cui, inclinandosi, posiziona l’occhio in modo da ricevere più chiaramente l’azione dell’oggetto che agisce con maggiore forza su di esso, rispetto ai lati verso cui potrebbe invece posizionarlo in modo opposto. Ad esempio, nella quinta figura, quando l’occhio è orientato a guardare un oggetto lontano, è necessaria molto meno forza per farlo inclinare leggermente in avanti rispetto a quanto ne sarebbe richiesto per farlo allontanare; infatti, allontanandosi, l’occhio diventerebbe ancora meno predisposto a ricevere l’azione dell’oggetto ABC, che si suppone essere vicino e agire con maggiore forza su di esso. Di conseguenza, i piccoli tubi 2, 4, 6 si aprirebbero meno sotto questa azione, e gli spiriti che fuoriescono dai punti a, b, c scorressero meno liberamente verso di essi; al contrario, se l’occhio si avvicinasse all’oggetto ABC, i tubi 2, 4, 6 si aprirebbero di più, e gli spiriti che ne fuoriescono scorressero più liberamente verso di essi. Così, non appena la ghiandola iniziasse a muoversi in questo modo, il flusso degli spiriti la spingerebbe immediatamente nella direzione giusta, impedendole di fermarsi fino a quando non fosse completamente posizionata nel modo mostrato nella cinquantunesima figura, e l’occhio potesse guardare fissamente verso l’oggetto ABC.
Sebbene non rimanga altro da spiegare se non la causa che può far sì che tutto ciò avvenga, tale causa è solitamente rappresentata dalla forza dello stesso oggetto in questione: quest’oggetto, agendo sull’organo di un qualche senso, aumenta l’apertura di alcuni dei piccoli canali presenti sulla superficie interna del cervello; gli spiriti, che immediatamente iniziano a fluire attraverso questi canali, attirano con sé quella ghiandola e la fanno inclinare verso quel lato. Tuttavia, se questi canali fossero già aperti tanto o di più di quanto lo faccia quell’oggetto, si dovrebbe pensare che le piccole parti degli spiriti che vi scorrono attraverso, essendo disuguali tra loro, la spingano ora da una parte ora dall’altra in modo molto rapido, da tutte le direzioni possibili, senza lasciarla mai riposare nemmeno per un istante; e se per caso la spingessero verso un lato verso cui non fosse facile che si inclinasse, la loro azione, essendo di per sé non molto intensa, probabilmente non avrebbe alcun effetto. Al contrario, non appena la spingessero anche solo leggermente verso il lato verso cui è già inclinata, essa non mancherebbe certo di inclinarsi immediatamente in quella direzione, e successivamente predisporrebbe l’organo del senso a ricevere l’azione dell’oggetto nel modo più perfetto possibile, proprio come ho appena spiegato.
Concludiamo ora il processo che conduce i “spiriti” fino ai nervi e osserviamo i movimenti che ne derivano. Se quei piccoli canali presenti sulla superficie interna del cervello non fossero in alcun modo collegati tra loro, e di conseguenza se tali “spiriti” non provassero alcuna sensazione legata a un’idea specifica, essi si diffonderebbero indiscriminatamente in tutte le direzioni, passando dai pori situati verso B a quelli verso C; da lì, le loro parti più sottili uscirebbero completamente dal cervello attraverso i pori della piccola pelle che lo avvolge. Il resto di tale sostanza, invece, proseguendo il proprio percorso verso D, raggiungerebbe i nervi e i muscoli senza causare alcun effetto particolare, poiché si distribuirebbe in modo uniforme in tutto il corpo.
Ma se alcuni di questi tubi sono più o meno aperti, o semplicemente aperti in modo diverso rispetto ai loro vicini, a causa dell’azione degli oggetti che stimolano i sensi, allora le piccole reti che compongono la sostanza cerebrale saranno, di conseguenza, un po’ più tese o più lente in alcuni punti rispetto ad altri; ciò farà sì che gli impulsi nervosi vengano direzionati verso determinate parti del cervello e da lì verso certi nervi, con maggiore o minore intensità rispetto ad altri; questo sarà sufficiente per provocare diversi movimenti nei muscoli, esattamente come è stato ampiamente spiegato in precedenza.
Or, d’autant que je veux vous faire concevoir ces mouvements, semblables à ceux auxquels nous sommes naturellement incités par les diverses actions des objets qui meuvent nos sens, je désire ici que vous considériez six diverses sortes de circonstances dont ils peuvent dépendre : la première est le lieu d’où procède l’action qui ouvre quelques-uns des petits tuyaux par où entrent premièrement les esprits ; la seconde consiste en la force et en toutes les autres qualités de cette action ; la troisième, en la disposition des petits filets qui composent la substance du cerveau ; la quatrième, en l’inégale force que peuvent avoir les petites parties des esprits ; la cinquième, en la diverse situation des membres extérieurs ; et la sixième, en la rencontre de plusieurs actions qui meuvent les sens en même temps.
Pour le lieu d’où procède l’action, vous savez déjà que si l’objet ABC, par exemple, agissait contre un autre sens que contre celui de la vue, il ouvrirait d’autres tuyaux en la superficie intérieure du cerveau que ceux qui sont marqués 2, 4, 6 ; et que s’il était plus près, ou plus loin, ou autrement situé au respect de l’œil qu’il n’est pas, il pourrait bien à la vérité ouvrir ces mêmes tuyaux, mais qu’il faudrait qu’ils fussent autrement situés qu’ils ne sont, et par conséquent qu’ils pussent recevoir, des esprits d’autres points de la glande que de ceux qui sont marqués a, b, c, et les conduire vers d’autres endroits que vers ABC où ils les conduisent maintenant, et ainsi des autres.
Pour les diverses qualités de l’action qui ouvre ces tuyaux, vous savez aussi que, selon qu’elles sont différentes, elle les ouvre diversement ; et il faut penser que cela seul est suffisant pour changer le cours des esprits dans le cerveau ; comme, par exemple, si l’objet ABC est rouge, c’est-à-dire s’il agit contre l’œil 1, 3, 5 en la façon que j’ai dit ci-dessus être requise pour faire sentir la couleur rouge, et qu’avec cela il ait la figure d’une pomme ou autre fruit, il faut penser qu’il ouvrira les tuyaux 2, 4, 6 d’une certaine façon particulière, qui sera cause que les parties du cerveau qui sont vers n se presseront l’une contre l’autre un peu plus que de coutume ; en sorte que les esprits qui entreront par ces tuyaux 2, 4, 6 prendront leur cours d’n par o vers p ; et que si cet objet ABC était d’une autre couleur ou d’une autre figure, ce ne serait pas justement les petits filets qui sont vers n et vers o qui détourneraient les esprits qui entrent par 2, 4, 6, mais quelques autres de leurs voisins.
Et si la chaleur du feu A qui est proche de la main B, n’était que médiocre, il faudrait penser que la façon dont elle ouvrirait les tuyaux 7 serait cause que les parties du cerveau qui sont vers h se presseraient, et que celles qui sont vers o s’élargiraient un peu plus que de coutume ; et ainsi que les esprits qui viennent du tuyau 7 iraient d’n par o vers p. Mais, supposant que ce feu brûle la main, il faut penser que son action ouvre tant ces tuyaux 7, que les esprits qui entrent dedans ont la force de passer plus loin en ligne droite que jusqu’à n, à savoir jusqu’à o et à R, où, poussant devant eux les parties du cerveau qui se trouvent en leur chemin, ils les pressent en telle sorte qu’ils sont repoussés et détournés par elles vers S, et ainsi des autres.
Pour la disposition des petits filets qui composent la substance du cerveau, elle est ou acquise ou naturelle ; et pour ce que l’acquise est dépendante de toutes les autres circonstances qui changent le cours des esprits, je la pourrai tantôt mieux expliquer. Mais, afin que je vous dise en quoi consiste la naturelle, sachez que Dieu a tellement disposé ces petits filets en les formant, que les passages qu’il a laissés parmi eux peuvent conduire les esprits, qui sont mus par quelque action particulière, vers tous les nerfs où ils doivent aller, pour causer les mêmes mouvements en cette machine, auxquels une pareille action nous pourrait inciter, suivant les instincts de notre nature ; en sorte qu’ici, par exemple, où le feu A brûle la main B, et est cause que les esprits qui entrent dans le tuyau 7 tendent vers o, ces esprits trouvent là deux pores ou passages principaux oR, os ; l’un desquels, à savoir oR, les conduit en tous les nerfs qui servent à mouvoir les membres extérieurs, en la façon qui est requise pour éviter la force de cette action, comme en ceux qui retirent la main, ou le bras, ou tout le corps, et en ceux qui tournent la tête et les yeux vers ce feu, afin de voir plus particulièrement ce qu’il faut faire pour s’en garder ; et par l’autre os ils vont en tous ceux qui servent à causer des émotions intérieures, semblables à celles qui suivent en nous de la douleur ; comme en ceux qui resserrent le cœur, qui agitent le foie et tels autres ; et même aussi en ceux qui peuvent causer les mouvements extérieurs qui la témoignent ; comme en ceux qui excitent les larmes, qui rident le front et les joues, et qui disposent la voix à crier. Au lieu que si la main B étant fort froide, le feu A la réchauffait modérément et sans la brûler, il serait cause que les mêmes esprits qui entrent par le tuyau 7 iraient se rendre non plus vers O et vers R, mais vers o et vers p, où ils trouveraient derechef des pores disposés à les conduire en tous les nerfs qui peuvent servir aux mouvements convenables à cette action.
Et remarquez que j’ai particulièrement distingué les deux pores oR et os, pour vous avertir qu’il y a presque toujours deux sortes de mouvements qui procèdent de chaque action ; savoir les extérieurs, qui servent à poursuivre les choses désirables ou à éviter les nuisibles, et les intérieurs, qu’on nomme communément les passions, qui servent à disposer le cœur et le foie, et tous les autres organes desquels le tempérament du sang, et ensuite celui des esprits, peut dépendre ; en telle sorte que les esprits qui naissent pour lors se trouvent propres à causer les mouvements extérieurs qui doivent suivre. Car, supposant que les diverses qualités de ces esprits font l’une des circonstances qui servent à changer leur cours, ainsi que j’expliquerai tout maintenant, on peut bien penser que si, par exemple, il est question d’éviter quelque mal par la force, en le surmontant, ou le chassant, à quoi incline la passion de la colère, les esprits doivent être plus inégalement agités, et plus fort que de coutume ; et, au contraire, que s’il faut l’éviter en se cachant, ou le supporter avec patience, à quoi incline la passion de la peur, ils doivent être moins abondants et moins forts ; et pour cet effet le cœur se doit resserrer pour lors, comme pour les épargner et réserver pour le besoin : et vous pouvez juger des autres passions à proportion.
Quant aux autres mouvements extérieurs, qui ne servent point à éviter le mal ou à suivre le bien, mais seulement à témoigner les passions, comme ceux en quoi consiste le rire ou le pleurer, ils ne se font que par occasion, et parce que les nerfs par où doivent entrer les esprits pour les causer ont leur origine tout proche de ceux par où ils entrent pour causer les passions, ainsi que l’anatomie vous peut apprendre.
Mais je ne vous ai pas encore fait voir comment les diverses qualités des esprits peuvent avoir la force de changer la détermination de leur cours ; ce qui arrive principalement lorsque d’ailleurs ils ne sont que fort peu ou point du tout déterminés. Comme si les nerfs de l’estomac sont agités en la façon que j’ai dit ci-dessus qu’ils doivent être pour causer le sentiment de la faim, et que cependant il ne se présente rien à aucun sens, ni à la mémoire, qui paraisse propre à être mangé, les esprits que cette action fera entrer par les tuyaux 8 dans le cerveau s’iront rendre en un endroit, où ils trouveront plusieurs pores disposés à les conduire indifféremment en tous les nerfs qui peuvent servir à la recherche ou à la poursuite de quelque objet ; en sorte qu’il n’y aura que la seule inégalité de leurs parties qui puisse être cause qu’ils prennent leur cours plutôt par les uns que par les autres.
Or, since I wish to enable you to conceive these movements—movements similar to those that are naturally induced by the various actions of objects that stimulate our senses—I would like you here to consider six different kinds of circumstances upon which such movements may depend: The first is the location from which the action originates, which opens those tiny channels through which the spirits first enter the brain; the second relates to the strength and all other qualities of this action; the third concerns the arrangement of the delicate networks that constitute the substance of the brain; the fourth pertains to the varying strengths that these spiritual entities may possess; the fifth involves the different positions of our external limbs; and the sixth refers to the simultaneous occurrence of multiple actions that stimulate our senses.
As for the location from which this action originates, you already know that if an object such as ABC acted in a direction other than that of sight, it would activate other pathways within the brain’s internal surface than those marked with 2, 4, 6; and that if it were positioned closer or farther away, or differently relative to the eye, it might indeed activate these same pathways, but they would have to be located in a different way than they currently are. Consequently, such pathways would be capable of receiving impulses from other parts of the gland than those marked with a, b, c, and directing them to other destinations than ABC, just as they currently do.
As for the various qualities of the action that open these channels within the brain, you also know that, depending on their nature, they open them in different ways; and it must be acknowledged that this alone is sufficient to alter the course of mental processes within the brain. For instance, if an object such as ABC is red—that is, if it acts upon the eyes 1, 3, 5 in exactly the manner I have described above as necessary to perceive the color red—and if at the same time it has the shape of a apple or some other fruit, then it can be concluded that this object will open certain channels within the brain, specifically channels 2, 4, 6, in a particular way. As a result, the parts of the brain associated with these channels will be stimulated more intensely than usual, causing the mental processes flowing through them to take a specific path from n to p. Conversely, if the object ABC were of a different color or shape, it would be other adjacent areas of the brain, rather than the channels 2, 4, 6, that would be affected, thereby altering the course of those mental processes.
And if the heat of fire A, which is close to hand B, were merely moderate, one would have to assume that the way in which it affects these tubes 7 would cause those parts of the brain located near h to compress, while those located near o would expand slightly more than usual; as a result, the spirits emanating from tube 7 would travel from n through o towards p. However, assuming that this fire actually burns the hand, one must conclude that its effect causes these tubes 7 to open so widely that the spirits entering them gain the strength to proceed further in a straight line, all the way to o and then to R. There, by pushing forward those parts of the brain that lie in their path, they cause those parts to compress, thereby forcing them to be pushed back and diverted towards S, and so on for the others as well.
As for the arrangement of these tiny fibers that constitute the substance of the brain, such arrangement is either acquired or innate; and since what is acquired depends on all those other circumstances that alter the course of our thoughts, I will be able to explain it more thoroughly at a later time. But in order to tell you what constitutes the innate arrangement, know that God has so arranged these tiny fibers during their formation that the pathways he has left between them allow the spirits, when stimulated by certain particular actions, to reach all those nerves where they are intended to go, thereby producing the very same movements in this “machine” as those actions might induce if we acted according to the instincts of our nature. For instance, when fire A burns hand B, causing the spirits entering through tube 7 to move toward point O, these spirits find there two main pathways, oR and os; one of them, oR, leads to all those nerves that control the movement of the external limbs—in a way that prevents the harm caused by such an action, whether by withdrawing the hand, arm, or entire body, or by turning the head and eyes away from the fire in order to better recognize what precautions should be taken. The other pathway, os, leads to those nerves that produce internal emotions, such as the sensation of pain; those that constrict the heart, agitate the liver, and so on; and even those that cause external reactions, like the production of tears, the smiling of the face, or the alteration of one’s voice to express emotion. On the other hand, if hand B were only moderately warmed by fire A without being burned, the same spirits entering through tube 7 would not move toward O and R, but rather toward o and p, where they would find pathways that would direct them to all those nerves necessary for producing reactions appropriate to such a situation.
And note that I have particularly distinguished between the two types of movements—those external, which serve to pursue desirable things or avoid harmful ones, and those internal, commonly referred to as passions—which influence the heart, liver, and all other organs upon which one’s temperament, and ultimately one’s mental disposition, may depend. Thus, people born with certain temperaments are naturally inclined to engage in such external actions. For instance, if it is necessary to avoid harm through force—by overcoming or driving away something prompted by the passion of anger—the corresponding mental energies must be more intensely active and stronger than usual. Conversely, if harm needs to be avoided by hiding or enduring patiently—the role of the passion of fear—then these mental energies will be less vigorous and weaker. For such purposes, the heart must contract, as if to conserve and reserve these energies for when they are truly needed. You can apply this same logic to understand the effects of other passions as well.
As for those other external movements that serve neither to avoid evil nor to pursue good, but merely to express emotions—such as laughing or crying—they occur only occasionally, and that is because the nerves through which these sensations are transmitted originate in roughly the same areas as those nerves that trigger emotional responses, as anatomy can tell us.
But I have not yet shown you how the various qualities of the spirits can possess the power to alter the course determined for their movement; this mainly occurs when those spirits are either hardly determined at all or not determined at all. Just as the nerves of the stomach are agitated in the manner I described above in order to cause the sensation of hunger, yet nothing in any sense—neither in memory nor otherwise—appears to be suitable for consumption, so too the spirits, once stimulated by this process and entering the brain through certain pathways, will travel to a place where they find numerous channels that can lead them indiscriminately to all those nerves capable of aiding in the search or pursuit of some object. As a result, the only factor that could determine whether these spirits follow one path rather than another would be the inherent differences among their various components.
Oltre a ciò, poiché desidero che comprendiate questi movimenti, simili a quelli che naturalmente vengono suscitati dalle varie azioni degli oggetti che stimolano i nostri sensi, vorrei che consideraste qui sei diverse circostanze da cui tali movimenti possono dipendere: la prima è il luogo da cui proviene l’azione che apre quei piccoli canali attraverso i quali gli spiriti entrano nel cervello; la seconda riguarda la forza e tutte le altre caratteristiche di tale azione; la terza, la disposizione dei piccoli tessuti che compongono la sostanza cerebrale; la quarta, l’ineguale potenza che possono avere le varie parti degli spiriti; la quinta, la diversa posizione dei membri esterni del corpo; e la sesta, l’incontro di più azioni che stimolano i sensi contemporaneamente.
Per quanto riguarda il luogo da cui ha origine l’azione, sappiamo già che, se l’oggetto ABC agisse in una direzione diversa da quella della vista, aprirebbe altri canali nella superficie interna del cervello rispetto a quelli contrassegnati con i numeri 2, 4, 6; e che, se fosse posizionato più vicino o più lontano dall’occhio, oppure in modo diverso da come è attualmente collocato, potrebbe effettivamente aprire gli stessi canali, ma tali canali dovrebbero essere disposti in modo diverso e quindi sarebbero in grado di ricevere stimoli provenienti da altre parti della ghiandola rispetto a quelle contrassegnate con i numeri a, b, c, e di dirigerli verso altri punti del cervello anziché verso l’oggetto ABC, come avviene attualmente.
Per le diverse qualità dell’azione che apre questi “tubi” cerebrali, si sa anche che, a seconda di queste differenze, l’azione stessa li apre in modi diversi; e bisogna ritenere che questo solo sia sufficiente per modificare il corso dei processi mentali nel cervello. Ad esempio, se l’oggetto ABC è rosso, cioè agisce sull’occhio 1, 3, 5 nel modo descritto sopra per far percepire il colore rosso, e inoltre ha la forma di una mela o di un altro frutto, allora si deve pensare che aprirà i “tubi” cerebrali 2, 4, 6 in un modo particolare, tale da far sì che le parti del cervello situate verso il punto n si pressino l’una contro l’altra più di quanto avvenga normalmente; di conseguenza, gli stimoli mentali che entreranno attraverso questi tubi seguiranno un percorso che va dal punto n al punto p. Se invece l’oggetto ABC avesse un altro colore o una diversa forma, non sarebbero proprio i “tubi” situati verso il punto n e il punto o a deviare tali stimoli mentali, ma altri tubi adiacenti.
E se il calore del fuoco A, che si trova vicino alla mano B, fosse solo moderato, si dovrebbe pensare che il modo in cui esso aprirebbe i tubi 7 causerebbe una pressione delle parti del cervello situate verso h e un leggero allargamento di quelle situate verso o; di conseguenza, gli “spiriti” provenienti dal tubo 7 andrebbero da n attraverso o verso p. Ma, supponendo che questo fuoco bruci la mano, si deve ritenere che il suo effetto aprirebbe tali tubi 7 in modo tale che gli “spiriti” che vi entrano abbiano la forza di proseguire più lontano in linea retta, fino a o e a R; lì, spingendo davanti a sé le parti del cervello che si trovano sul loro percorso, le comprimerebbero al punto da farle arretrare e deviare verso S, e lo stesso accadrebbe per le altre.
Per quanto riguarda la disposizione di questi piccoli filamenti che costituiscono la sostanza del cervello, essa è o acquisita o naturale; e poiché quella acquisita dipende da tutte le altre circostanze che modificano il corso dei pensieri, potrò spiegarla più chiaramente in un’altra occasione. Tuttavia, affinché vi possa chiarire in cosa consiste quella naturale, sappiate che Dio ha disposto questi piccoli filamenti in modo tale che i passaggi che ha lasciato tra di essi permettano ai pensieri, mossi da un’azione particolare, di raggiungere tutti quei nervi verso cui devono dirigersi, al fine di provocare gli stessi movimenti in questo “meccanismo” cerebrale, che una simile azione potrebbe indurci a compiere seguendo gli istinti della nostra natura. Ad esempio, quando il fuoco A brucia la mano B, i pensieri che entrano nel tubo 7 vengono direzionati verso i pori o passaggi principali oR, os; uno di questi li conduce in tutti quei nervi che servono a muovere gli arti esterni, nel modo necessario per evitare il danno causato da tale azione – come nei nervi che ritraggono la mano, il braccio o l’intero corpo – nonché in quelli che fanno girare la testa e gli occhi verso quel fuoco, al fine di osservare più attentamente cosa sia necessario fare per proteggerci da esso. Attraverso un altro passaggio, invece, questi pensieri raggiungono tutti quei nervi che provocano emozioni interne, come quelle legate al dolore; come nei nervi che stringono il cuore o agitano il fegato, e anche in quelli che causano movimenti esterni che ne sono manifestazione – come quelli che inducono le lacrime, fanno sorridere il viso o regolano la voce per far gridare. Al contrario, se la mano B fosse molto fredda e il fuoco A la riscaldasse in modo moderato senza bruciarla, i pensieri che entrassero nel tubo 7 si dirigerebbero non verso oR e p, ma verso altri pori disposti in modo da condurli nei nervi necessari per compiere movimenti appropriati a tale azione.
E notate che ho particolarmente distinto i due tipi di movimenti derivanti da ogni azione: quelli esterni, che servono a perseguire ciò che è desiderabile o ad evitare ciò che è dannoso; e quelli interni, comunemente chiamati passioni, che influenzano il cuore, il fegato e tutti gli altri organi dai quali può dipendere il temperamento del sangue, e di conseguenza anche quello degli spiriti. Gli spiriti nati in tali condizioni sono quindi predisposti a generare quei movimenti esterni che devono seguire. Ad esempio, se si tratta di evitare un male attraverso la forza – superandolo o scaccandolo, come suggerisce la passione della rabbia – gli spiriti devono essere più intensamente agitati e più forti del solito; al contrario, se si deve evitare quel male nascondendosi o sopportandolo con pazienza, come indica la passione della paura, gli spiriti devono essere meno attivi e meno potenti. A tal fine, il cuore deve restringersi, come per risparmiarli e prepararli al momento del bisogno; e lo stesso si può applicare alle altre passioni, in modo proporzionale.
Per quanto riguarda gli altri movimenti esterni che non servono né a evitare il male né a seguire il bene, ma soltanto a manifestare le passioni – come quelli che si manifestano attraverso la risata o il pianto – essi avvengono solo occasionalmente, e ciò perché i nervi attraverso cui gli stimoli mentali devono entrare per causarli si trovano in prossimità di quegli stessi nervi attraverso cui tali stimoli influenzano le passioni, come può insegnarci l’anatomia.
Ma non vi ho ancora mostrato come le diverse qualità degli spiriti possano avere il potere di modificare la direzione del loro corso; ciò avviene principalmente quando, in realtà, tali spiriti sono molto poco o affatto determinati nella loro azione. È come se i nervi dello stomaco venissero stimolati nel modo che ho descritto per provocare il senso della fame, eppure non vi fosse nulla, né nell’esperienza sensoriale né nella memoria, che potesse essere considerato idoneo al consumo; gli spiriti, stimolati in questo modo, raggiungeranno un punto del cervello dove troveranno dei canali capaci di guidarli verso qualsiasi nervo possa essere utilizzato per cercare o inseguire un oggetto qualsiasi; pertanto, l’unica causa che potrebbe far sì che tali spiriti seguano uno specifico percorso sarà l’ineguaglianza delle loro caratteristiche intrinseche.
Et s’il arrive que les plus fortes de ces parties soient maintenant celles qui tendent à couler vers certains nerfs, puis incontinent après que ce soient celles qui tendent vers leurs contraires, cela fera imiter à cette machine les mouvements qui se voient en nous lorsque nous hésitons, et sommes en doute de quelque chose.
Tout de même, si l’action du feu A est moyenne entre celles qui peuvent conduire les esprits vers R et vers p, c’est-à-dire entre celles qui causent la douleur et le plaisir, il est aisé à entendre que les seules inégalités qui sont en eux doivent suffire pour les déterminer à l’un ou à l’autre, ainsi que souvent une même action qui nous est agréable lorsque nous sommes en bonne humeur nous peut déplaire lorsque nous sommes tristes et chagrins. Et vous pouvez tirer de ceci la raison de tout ce que j’ai dit ci-dessus touchant les humeurs ou inclinations tant naturelles qu’acquises, qui dépendent de la différence des esprits.
Pour la diverse situation des membres extérieurs, il faut seulement penser qu’elle change les pores qui portent immédiatement les esprits dans les nerfs ; en sorte que, par exemple, si, lorsque le feu A brûle la main B, la tête était tournée vers le côté gauche, au lieu qu’elle l’est maintenant vers le droit, les esprits iraient tout de même qu’ils font de 7 vers N, puis vers O, et de là vers R et vers S ; mais que de R, au lieu d’aller vers X, par où je suppose qu’ils doivent passer pour redresser la tête qui est tournée vers la main droite, ils iraient vers Z, par où je suppose qu’ils devraient entrer pour la redresser si elle était tournée vers la gauche ; d’autant que la situation de cette tête, qui est maintenant cause que les petits filets de la substance du cerveau qui sont vers X sont beaucoup plus lâches et aisés à écarter l’un de l’autre que ceux qui sont vers Z, étant changée, ferait tout au contraire que ceux qui sont vers Z seraient fort lâches, et ceux qui sont vers X fort tendus et resserrés.
Ainsi pour entendre comment une seule action, sans se changer, peut mouvoir maintenant un pied de cette machine, maintenant l’autre, selon qu’il est requis pour faire qu’elle marche, il suffît de penser que les esprits passent par un seul pore, dont l’extrémité est autrement disposée, et les conduit en d’autres nerfs quand c’est le pied gauche qui est le plus avancé que quand c’est le droit ; et on peut rapporter ici tout ce que j’ai dit ci-dessus de la respiration, et de tels autres mouvements, qui ne dépendent ordinairement d’aucune idée : je dis ordinairement, car ils en peuvent quelquefois aussi dépendre.
Maintenant que je pense avoir suffisamment expliqué toutes les fonctions de la veille, il ne me reste que fort peu de choses à vous dire touchant le sommeil ; car premièrement il ne faut que jeter les yeux sur cette cinquantième figure, et voir comment les petits filets D, D, qui se vont rendre dans les nerfs, y sont lâches et pressés, pour entendre comment, lorsque cette machine représente le corps d’un homme qui dort, les actions des objets extérieurs sont pour la plupart empêchées de passer jusqu’à son cerveau pour y être senties, et les esprits qui sont dans le cerveau empêchés de passer jusqu’aux membres extérieurs pour les mouvoir, qui sont les deux principaux effets du sommeil.
Pour ce qui est des songes, ils dépendent en partie de l’inégale force que peuvent avoir les esprits qui sortent de la glande H, et en partie des impressions qui se rencontrent dans la mémoire ; en sorte qu’ils ne diffèrent en rien de ces idées que j’ai dit ci-dessus se former quelquefois dans l’imagination de ceux qui rêvent étant éveillés, si ce n’est en ce que les images qui se forment pendant le sommeil peuvent être beaucoup plus distinctes et plus vives que celles qui se forment pendant la veille : dont la raison est qu’une même force peut ouvrir davantage les petits tuyaux, comme 2, 4, 6, et les pores, comme a, b, c, qui servent à former ces images, lorsque les parties du cerveau qui les environnent sont lâches et détendues, ainsi que vous le voyez en cette cinquantième figure, que lorsqu’elles sont toutes tendues, ainsi que vous le pouvez voir en celles qui la précèdent ; et cette même raison montre aussi que s’il arrive que l’action de quelque objet qui touche les sens puisse passer jusqu’au cerveau pendant le sommeil, elle n’y formera pas la même idée qu’elle ferait pendant la veille, mais quelque autre plus remarquable et plus sensible : comme quelquefois, quand nous dormons, si nous sommes piqués par une mouche, nous songeons qu’on nous donne un coup d’épée ; si nous ne sommes pas du tout assez couverts, nous nous imaginons être tout nus ; et si nous le sommes quelque peu trop, nous pensons être accablés d’une montagne.
Au reste, pendant le sommeil, la substance du cerveau qui est en repos a le loisir de se nourrir et de se refaire, étant humectée par le sang que contiennent les petites veines ou artères qui paraissent en sa superficie extérieure ; en sorte qu’après quelque temps, ses pores étant devenus plus étroits, les esprits n’ont pas besoin d’avoir tant de force qu’auparavant pour la pouvoir soutenir toute tendue : non plus que le vent n’a pas besoin d’être si fort pour enfler les voiles d’un navire quand ils sont mouillés que quand ils sont secs ; et cependant ces esprits se trouvent être plus forts, d’autant que le sang qui les produit s’est purifié en passant et repassant plusieurs fois dans le cœur, ainsi qu’il a été ci-dessus remarqué. D’où il suit que cette machine se doit naturellement réveiller de soi-même après qu’elle a dormi assez longtemps, comme réciproquement elle doit, aussi se rendormir après avoir assez longtemps veillé ; à cause que, pendant la veille, la substance de son cerveau est desséchée, et ses pores sont élargis peu à peu par la continuelle action des esprits ; et que cependant, venant à manger (ainsi qu’elle fait infailliblement de temps en temps, si elle peut trouver de quoi, parce que la faim l’y excite), le suc des viandes qui se mêle avec son sang le rend plus grossier, et fait par conséquent qu’il produit moins d’esprits.
Je ne m’arrêterai pas à vous dire comment le bruit et la douleur, et les autres actions qui meuvent avec beaucoup de force les parties intérieures de son cerveau par l’entremise des organes de ses sens ; et comment la joie et la colère, et les autres passions qui agitent beaucoup ses esprits ; et comment la sécheresse de l’air, qui rend son sang plus subtil, et choses semblables, la peuvent empêcher de dormir ; ni comment, au contraire, le silence, la tristesse, l’humidité de l’air, et choses semblables, l’y invitent ; ni comment une grande perte de sang, le trop jeûner, le trop boire, et autres tels excès, qui ont en soi quelque chose qui augmente et quelque chose qui diminue la force de ses esprits, peuvent, selon ses divers tempéraments, la faire ou trop veiller ou trop dormir ; ni comment par l’excès de la veille son cerveau se peut affaiblir, et par l’excès du sommeil s’appesantir, et ainsi devenir semblable à celui d’un homme insensé, ou d’un stupide ; ni une infinité d’autres telles choses, d’autant qu’elles me semblent pouvoir toutes assez facilement être déduites de celles que j’ai ici expliquées.
And if it should happen that the most active of these parts are those that tend to affect certain nerves, and then, after that, those that tend to affect their opposites, this would cause this mechanism to imitate the movements that occur within us when we hesitate or are uncertain about something.
Nevertheless, if the effect of fire A is intermediate between those effects that can lead the mind towards R and towards p—that is, between those that cause pain and those that cause pleasure—it is easy to understand that the only inherent inequalities within such effects must be sufficient to determine whether the mind will be inclined in one direction or the other. Just as often, an action that brings us pleasure when we are in a good mood may displeasure us when we are sad and distressed. From this, you can derive the reason for everything I have said above regarding those natural or acquired moods or inclinations that depend on the differences inherent in our minds.
As for the different situations of the external limbs, one only needs to consider that they alter those pores which directly transmit the spirits to the nerves; thus, for example, if, when fire A burns hand B, the head were turned to the left instead of to the right as it is now, the spirits would still travel from 7 to N, then to O, and from there to R and S; but from R, instead of going towards X—where I suppose they would have to pass in order to straighten the head that is turned towards the right—they would go towards Z, where I suppose they would have to enter in order to straighten it if it were turned towards the left. Moreover, since the position of the head, which currently causes the delicate strands of brain substance located near X to be much looser and easier to separate from each other than those near Z, would change in such a way that what is now loose near Z would become tight near X, and vice versa.
Thus, to understand how a single action, without changing in itself, can cause one foot of this machine to move now and the other foot then, depending on what is required for it to function, one only needs to consider that the “spirits” pass through a single pore—the end of which is arranged differently in each case—and that these “spirits” are directed towards different nerves, depending on whether it is the left foot or the right foot that is to move first. The same principle can be applied to everything I have mentioned above regarding breathing and other such movements, which ordinarily do not depend on any particular thought; I say “ordinarily,” because in some cases they may also depend on thoughts.
Now that I believe I have sufficiently explained all the functions of sleep, there is very little left for me to say regarding this subject; for firstly, one only needs to look at this fiftyth diagram and observe how the tiny threads D, D, which extend into the nerves, are either loose or compressed in certain areas. This will help us understand how, when this “machine” represents a person who is asleep, the actions of external objects are largely prevented from reaching the brain to be perceived there, and how the thoughts present in the brain are hindered from reaching the external limbs to cause them to move—these being the two main effects of sleep.
As for dreams, they depend in part on the varying strength of the spirits that emerge from the gland H, and in part on the impressions that arise in the memory; thus, they are no different in any way from those ideas I mentioned earlier, which sometimes form in the imagination of people even when they are awake—except that the images that appear during sleep can be much more distinct and vivid than those that occur during the day. The reason for this is that the same force can expand the small ducts, such as 2, 4, 6, and the pores, such as a, b, c, which are responsible for forming these images, when the surrounding parts of the brain are relaxed and loose, as you can see in this fiftyth figure; whereas when these same parts are tightly contracted, as in the figures preceding it, the effect is different. This same principle also explains why, if during sleep the influence of some external stimulus reaches the brain, it will not produce the same idea as it would during the day, but rather some other more striking and intense one—for instance, sometimes when we are asleep and a fly bites us, we dream that we have been struck by a sword; if we are not properly covered, we imagine ourselves to be completely naked; and if we are overdressed, we think we are weighed down by a mountain.
Furthermore, during sleep, the substance of the brain, being at rest, has the opportunity to nourish and regenerate itself, as it is moistened by the blood contained in the small veins or arteries that appear on its outer surface. After some time, as these pores become narrower, the “spirits” no longer require as much strength to maintain their activity—as the wind does not need to be particularly strong to fill the sails of a ship when they are wet, compared to when they are dry. Nevertheless, these “spirits” prove to be even more powerful, precisely because the blood that produces them has been purified through multiple passages through the heart, as previously mentioned. It follows therefore that this “machine” naturally wakes up on its own after sleeping for a sufficient length of time; and conversely, it must fall back into sleep after staying awake for too long. During wakefulness, the brain’s substance becomes dried out, and its pores gradually widen due to the continuous activity of these “spirits.” However, when the brain consumes food—something it inevitably does from time to time, if it can find any—toxins from the meat mix with its blood, making it coarser and thus reducing the production of “spirits.”
I will not stop to explain how noise and pain, as well as other stimuli that vigorously affect the inner parts of her brain through her senses; how joy and anger, along with other emotions that greatly disturb her mind; how dry air, which makes her blood more refined, and similar factors, can prevent her from sleeping; nor how, on the contrary, silence, sadness, humid air, and such conditions can induce sleep in her. Nor will I discuss how severe blood loss, excessive fasting, overdrinking, and other such excesses—which either enhance or diminish the strength of her mind, depending on her individual temperament—can cause her to stay awake too long or fall asleep too deeply; nor how prolonged wakefulness can weaken her brain, while excessive sleep can make it sluggish, thus resembling the state of a person who is insensible or foolish. There are countless other such matters, but all of them seem to me to be readily deducible from those I have already explained here.
E se dovesse accadere che le parti più forti di queste strutture siano proprio quelle che tendono a influenzare certi nervi, per poi, immediatamente dopo, diventare quelle che agiscono in modo opposto, ciò farebbe sì che questa “macchina” imitasse i movimenti che osserviamo in noi stessi quando esitiamo o dubitiamo di qualcosa.
Tuttavia, se l’azione del fuoco A è di media entro quelle che possono portare gli spiriti verso R o verso p, cioè tra quelle che causano dolore e piacere, è facile comprendere che le sole disuguaglianze presenti negli esseri umani debbano essere sufficienti a determinarli in una direzione o nell’altra; allo stesso modo, un’azione che ci dà piacere quando siamo di buon umore può rivelarsi sgradevole quando siamo tristi e angosciati. Da questo si può dedurre la ragione di tutto ciò che ho detto riguardo alle disposizioni o inclinazioni, sia naturali che acquisite, che dipendono dalle differenze tra gli spiriti umani.
Per quanto riguarda la diversa posizione dei membri esterni del corpo, bisogna semplicemente considerare che tale diversità modifica i pori attraverso cui gli “spiriti” vengono immediatamente trasferiti ai nervi; quindi, ad esempio, se, quando il fuoco A brucia la mano B, la testa fosse rivolta verso il lato sinistro invece che verso destra, gli “spiriti” seguirebbero comunque lo stesso percorso: da 7 a N, poi a O, e da lì a R e S; ma da R, invece di dirigersi verso X – attraverso cui presumo debbano passare per raddrizzare la testa rivolta verso la mano destra – andrebbero verso Z, attraverso cui presumo dovrebbero entrare per raddrizzarla se fosse rivolta verso il lato sinistro. Del resto, la diversa posizione della testa influenzerebbe in modo opposto i pori: quelli situati verso X sarebbero molto più allentati e facili da separare, mentre quelli verso Z lo sarebbero molto meno; di conseguenza, il flusso degli “spiriti” verrebbe alterato.
Pertanto, per comprendere come un’unica azione, senza cambiare in alcun modo, possa ora muovere un piede di questa macchina e ora l’altro, secondo le esigenze necessarie affinché essa funzioni correttamente, basta pensare che gli “spiriti” passino attraverso un unico poro la cui estremità è disposta in modo diverso a seconda del caso; tale poro li dirige verso altri nervi quando è il piede sinistro ad essere più avanzato rispetto al destro. Si possono applicare qui tutte le osservazioni che ho fatto riguardo alla respirazione e ad altri movimenti simili, i quali di solito non dipendono da alcuna idea specifica. Dico “di solito”, perché a volte possono anche dipenderne.
Ora che credo di aver spiegato a sufficienza tutte le funzioni del sonno, non mi resta molto da dirvi al riguardo; innanzitutto, basta semplicemente osservare questa quinta figura e vedere come i piccoli filamenti D, D, che si collegano ai nervi, siano in alcuni punti allentati e in altri compressi. In questo modo possiamo comprendere come, quando il “meccanismo” rappresenta il corpo di una persona addormentata, le azioni degli oggetti esterni vengano per lo più impedite di raggiungere il cervello per essere percepite, e allo stesso modo i pensieri presenti nel cervello non riescano a raggiungere gli arti esterni per muoverli: questi sono i due principali effetti del sonno.
Per quanto riguarda i sogni, essi dipendono in parte dalla diversa forza che gli spiriti che emergono dalla ghiandola H possono esercitare, e in parte dalle impressioni che si incontrano nella memoria; perciò non differiscono affatto da quelle idee di cui ho parlato sopra, che a volte si formano nell’immaginazione delle persone anche quando sono sveglie, se non per il fatto che le immagini che si creano durante il sonno possono essere molto più nitide e vivide di quelle che si formano in stato di veglia. La ragione di ciò è che la stessa forza può aprire maggiormente quei piccoli canali, come i numeri 2, 4, 6, nonché quei pori, come a, b, c, che servono a formare queste immagini, quando le parti del cervello che li circondano sono rilassate e distese, proprio come si può vedere nella quinta figura qui presentata; mentre invece, quando tali parti sono tutte contratte, come si può osservare nelle figure precedenti, lo stesso effetto non si verifica. Inoltre, questa stessa ragione spiega anche perché, se durante il sonno l’azione di un oggetto che colpisce i sensi riesce a raggiungere il cervello, essa non vi formerà la stessa idea che in stato di veglia, ma una diversa, più evidente e più intensa: ad esempio, a volte, quando dormiamo, se veniamo pizzicati da una mosca, sogniamo di essere colpiti da una spada; se non siamo abbastanza coperti, immaginiamo di essere completamente nudi; mentre se siamo troppo coperti, pensiamo di essere schiacciati da una montagna.
Del resto, durante il sonno, la sostanza cerebrale, essendo in riposo, ha il tempo di nutrirsi e rigenerarsi, poiché viene umidificata dal sangue contenuto nelle piccole vene o arterie presenti sulla sua superficie esterna; di conseguenza, dopo un certo periodo, i suoi pori diventano più stretti, e gli spiriti non hanno più bisogno di impiegare tanta forza per essere in grado di sostenerli tutti completamente: allo stesso modo, il vento non ha bisogno di essere così forte per gonfiare le vele di una nave quando sono bagnate quanto quando sono asciutte; eppure questi spiriti risultano essere più potenti, poiché il sangue che li produce si purifica attraverso ripetute passaggi nel cuore, come già accennato in precedenza. Da ciò si deduce che questo “meccanismo” cerebrale deve naturalmente risvegliarsi da solo dopo aver dormito a sufficienza, così come deve riaddormentarsi dopo essere stato sveglio per un periodo adeguato; infatti, durante la veglia, la sostanza cerebrale si assicca e i suoi pori si allargano gradualmente a causa dell’azione continua degli spiriti; ma quando il cervello “si nutre” (come avviene inevitabilmente di tanto in tanto, se riesce a trovare cibo, poiché la fame lo spinge ad alimentarsi), il succo dei cibi che si mescola con il sangue lo rende più denso, e di conseguenza produce meno spiriti.
Non mi limiterò a spiegarvi come il rumore e il dolore, nonché altre azioni che stimolano con grande intensità le parti interne del cervello attraverso gli organi dei sensi; né come la gioia e la rabbia, insieme ad altre emozioni, possano agitare profondamente l’animo umano; né come la secchezza dell’aria, che rende il sangue più denso, o altri fattori simili, possano impedire il sonno; né come, al contrario, il silenzio, la tristezza o l’umidità dell’aria possano favorirlo; né come una grave perdita di sangue, il digiuno eccessivo o l’eccesso di bevande, che influiscono in modo diverso sulle energie mentali, possano far sì che una persona dorma troppo poco o troppo. Inoltre, non esaminerò come un eccessivo stato di veglia possa indebolire il cervello, mentre un sonno eccessivo possa renderlo pesante e simile a quello di una persona insensata o stupida; né menzionerò un’infinità di altri aspetti del tema, poiché ritengo che tutti questi fenomeni possano essere facilmente dedotti da quelli che ho qui spiegato.
Or, avant que je passe à la description de l’âme raisonnable, je désire encore que vous fassiez un peu de réflexion sur tout ce que je viens de dire de cette machine, et que vous considériez premièrement que je n’ai supposé en elle aucuns organes ni aucuns ressorts qui ne soient tels qu’on se peut très aisément persuader qu’il y en a de tout semblables tant en nous que même aussi en plusieurs animaux sans raison. Car, pour ceux qui peuvent être clairement aperçus de la vue, les anatomistes les y ont déjà tous remarqués ; et quant à ce que j’ai dit de la façon que les artères apportent les esprits au dedans de la tête, et de la différence qui est entre la superficie intérieure du cerveau et le milieu de sa substance, ils en pourront aussi voir à l’œil assez d’indices pour n’en pouvoir douter, s’ils y regardent un peu de près. Ils ne pourront non plus douter de ces petites portes ou valvules que j’ai mises dans les nerfs aux entrées de chaque muscle, s’ils prennent garde que la nature en a formé généralement en tous les endroits de nos corps par où il entre d’ordinaire quelque matière qui peut tendre à en ressortir, comme aux entrées du cœur, du fiel, de la gorge, des plus larges boyaux, et aux principales divisions de toutes les veines. Ils ne sauraient aussi rien imaginer de plus vraisemblable touchant le cerveau, que de dire qu’il est composé de plusieurs petits filets diversement entrelacés, vu que toutes les peaux et toutes les chairs paraissent ainsi composées de plusieurs fibres ou filets, et qu’on remarque le même en toutes les plantes, en sorte que c’est une propriété qui semble commune à tous les corps qui peuvent croître et se nourrir par l’union et la jonction des petites parties des autres corps. Enfin, pour le reste des choses que j’ai supposées, et qui ne peuvent être aperçues par aucun sens, elles sont toutes si simples et si communes, et même en si petit nombre, que si vous les comparez avec la diverse composition et le merveilleux artifice qui paraît en la structure des organes qui sont visibles, vous aurez bien plus de sujet de penser que j’en ai omis plusieurs qui sont en nous, que non pas que j’en aie supposé aucune qui n’y soit point ; et sachant que la nature agit toujours par les moyens qui sont les plus faciles de tous et les plus simples, vous ne jugerez peut-être pas qu’il soit possible d’en trouver de plus semblables à ceux dont elle se sert que ceux qui sont ici proposés.
Je désire que vous considériez après cela que toutes les fonctions que j’ai attribuées k cette machine, comme la digestion des viandes, le battement du cœur et des artères, la nourriture et la croissance des membres, la respiration, la veille et le sommeil. ; la respiration de la lumière, des sons, des odeurs, des goûts, de la chaleur, et de telles autres qualités dans les organes des sens extérieurs ; l’impression de leurs idées dans l’organe du sens commun et de l’imagination ; la rétention ou l’empreinte de ces idées dans la mémoire ; les mouvements intérieurs des appétits et des passions ; et, enfin, les mouvements extérieurs de tous les membres, qui suivent si à propos tant des actions des objets qui se présentent aux sens que des passions et des impressions qui se rencontrent dans la mémoire, qu’ils imitent le plus parfaitement qu’il est possible ceux d’un vrai homme ; je désire, dis-je, que vous considériez que ces fonctions suivent toutes naturellement en cette machine de la seule disposition de ses organes, ne plus ne moins que font les mouvements d’une horloge, ou autre automate, de celle de ses contrepoids et de ses roues ; en sorte qu’il ne faut point à leur occasion concevoir en elle aucune autre âme végétative ni sensitive, ni aucun autre principe de mouvement et de vie, que son sang et ses esprits agités par la chaleur du feu qui brûle continuellement dans son cœur, et qui n’est point d’autre nature que tous les feux qui sont dans les corps inanimés.
FIN DU TRAITÉ DE L’HOMME
Or, before I proceed to describe the rational soul, I would like you to reflect for a moment on everything I have just said about this “machine.” First and foremost, I have assumed that it contains no organs or mechanisms other than those which we can readily persuade ourselves exist in both us and in many irrational animals. As for those structures that can be clearly observed with the eye, anatomists have already identified them all. As for what I mentioned regarding how arteries transport “spiritual substances” to the brain, and the difference between the inner surface of the brain and its underlying substance, those who observe carefully will find sufficient evidence to confirm these claims. Nor will they doubt the existence of those small “valves” or passages I described in the nerves at the entrances to each muscle, for nature has evidently created them in all parts of our bodies wherever substances may enter or exit—such as at the entrances to the heart, liver, throat, and major blood vessels, as well as in the main divisions of all veins. As for the rest of the structures I have assumed to exist but which cannot be observed by any sense, they are all so simple, so common, and in such small numbers that, when you compare them with the complex and ingenious structure of visible organs, you will find far more reason to believe that I have omitted many such structures within us than that I have imagined any that do not exist. Moreover, since nature always employs the simplest and most straightforward means to achieve its purposes, you may well conclude that it is impossible to conceive of mechanisms more similar to those she uses than those I have described here.
I desire that you should consider that all the functions I have attributed to this machine—such as the digestion of food, the beating of the heart and arteries, the nourishment and growth of limbs, respiration, wakefulness, and sleep; the perception of light, sound, smell, taste, heat, and other qualities through the external senses; the formation of ideas in the mind and imagination; the retention or storage of these ideas in memory; the internal movements of desires and passions; and finally, the external movements of all limbs—follow naturally from the very structure of this machine’s organs, just as the movements of a clock or other automaton are determined by its weights and wheels. Therefore, there is no need to assume that this machine possesses any other vegetative or sensory soul, nor any other principle of motion or life, beyond its blood and those substances stirred by the heat generated within its heart—heat that is no different in nature from the fire found in inanimate objects.
END OF THE Treaty of Man
Ora, prima di passare alla descrizione dell’anima razionale, desidero ancora che voi riflettiate un po’ su tutto ciò che ho appena detto riguardo a questa “macchina” umana. Prima di tutto, devo precisare che non ho ipotizzato nell’anima alcun organo o meccanismo che non possa essere facilmente dimostrato esistere sia in noi che in molti animali privi di ragione. Per quanto riguarda quegli elementi che possono essere chiaramente osservati con la vista, gli anatomisti li hanno già individuati tutti; inoltre, ciò che ho detto sulla funzione delle arterie nel trasportare i “spiriti” all’interno della testa, nonché sulla differenza tra la superficie interna del cervello e il suo tessuto interno, può essere confermato osservando attentamente. Non potrete nemmeno dubitare dell’esistenza di quelle piccole strutture o “valvole” che ho descritto nei nervi, all’ingresso di ogni muscolo; infatti, la natura le ha formate in tutti i punti del nostro corpo dove entra materiale che potrebbe tendere a uscire, come negli ingressi del cuore, della vescica biliare, della gola e dei principali vasi sanguigni. Per quanto riguarda il cervello stesso, non si potrebbe immaginare nulla di più plausibile se non che sia composto da numerosi piccoli tessuti intrecciati tra loro; infatti, tutte le pelli e tutte le carni sembrano essere formate da fibre o strati diversi, e lo stesso vale per le piante: questa è una proprietà comune a tutti gli esseri viventi che possono crescere e nutrirsi attraverso l’unione delle loro parti più piccole. Infine, per quanto riguarda tutte le altre cose che ho ipotizzato e che non possono essere osservate con i sensi, esse sono così semplici e comuni, e in numero così limitato, che se le confrontate con la complessità e l’ingegnosità della struttura degli organi visibili, avrete molte più ragioni per ritenere che ne abbia omesse moltissime in noi, piuttosto che supporre che ne abbia ipotizzate alcune che in realtà non esistono. E considerando che la natura agisce sempre con i mezzi più semplici e più efficaci, probabilmente non troverete nulla di più simile a quelli che ha utilizzato rispetto a quanto qui descritto.
Desidero che dopo aver considerato tutto ciò, riconosciate che tutte le funzioni che ho attribuito a questa macchina – come la digestione delle carni, il battito del cuore e delle arterie, l’alimentazione e la crescita degli arti, la respirazione, il sonno e la veglia; inoltre, le funzioni legate alla percezione della luce, dei suoni, degli odori, dei sapori, del calore, nonché altre qualità associate agli organi di senso esterni; la ricezione delle idee attraverso l’organo del senso comune e dell’immaginazione; la conservazione di queste idee nella memoria; i movimenti interni legati ai desideri e alle passioni; e infine, i movimenti esterni di tutti gli arti, che corrispondono perfettamente sia alle azioni degli oggetti percepiti dai sensi sia alle emozioni e alle impressioni presenti nella memoria – derivino esclusivamente dalla struttura naturale degli organi di questa macchina, proprio come i movimenti di un orologio o di un altro automato derivano dalla disposizione dei suoi contrappesi e delle sue ruote. Pertanto, non è necessario ipotizzare nell’ambito di questa macchina l’esistenza di alcuna altra “anima vegetativa” o “sensitiva”, né di alcun altro principio di movimento e vita, se non il suo sangue e i suoi “spiriti”, agiti dal calore del fuoco che arde continuamente nel suo interno; un fuoco la cui natura non è diversa da quella di tutti i fuochi presenti nei corpi inanimati.
Fine del Trattato sull’Uomo