Abstract

Collection of romances (sentimental songs) with music and lyrics, including ‘Le rosier’ and the ‘Romance de Roger’. A minor musical work, without philosophical content.

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Le rosier

PAROLES DE DELEYRE

(N° 31 du Recueil gravé in-folio.)

Joyeux oiseaux, troupe amoureuse.

Ah ! par pitié ne chantez pas.

L’amant qui me rendait heureuse,

Est parti pour d’autres climats.

Pour les trésors du Nouveau-Monde

Il fuit l’amour, brave la mort.

Hélas ! pourquoi chercher sur l’onde

Le bonheur qu’il trouvait au port ?

Vous, passagères hirondelles,

Qui revenez chaque printemps,

Oiseaux sensibles et fidèles,

  • Ramenez-le-moi tous les ans.

Air de trois notes

[58]

(N° 53 du Recueil gravé in-folio.)

Hélas ! si je passe

Un jour sans le voir,

Je cherche ta trace

Dans mon désespoir.

Quand je l’ai perdue,

Je reste à pleurer ;

Mon âme éperdue

Est près d’expirer.

Le cœur me palpite

Quand j’entends ta voix ;

Tout mon sang s’agite

Dès que je te vois.

Ouvres-tu la bouche,

Les cieux vont s’ouvrir ;

Si ta main me touche,

Je me sens frémir.

Romance de Roger

Parole de M. d’Ussieux

(N° 6 du Recueil gravé in-folio.)

Bien se voit que de ma vie

Fleur se passe chaque jour.

Si n’aimez à votre tour.

Las ! dans peu, gente Émilie,

Mourrai victime d’amour.

Ah ! si me pouviez entendre,

Si saviez qui m’amoindrit,

Que Roger d’amour périt,

Vous connais âme assez tendre,

Me pleureriez un petit.

Mais non, non, ne craignez mie,

Mon secret point ne dirai ;

Avec moi, quand finirai,

Vous le promets, belle amie,

Au tombeau l’emporterai.

Romance d’Alexis

Les paroles sont tirées d’un prospectus de M. de la Borde

(N° 8 du Recueil gravé in-folio.)

Il frappa tout doucement.

Elle ouvrit la porte.

Ah ! dit-il, un seul moment

Écoutez mon tourment ;

De la tendresse la plus forte

Laissez-moi vous conter l’ardeur ;

Et dans mon âme presque morte

Faites renaître le bonheur.

Vous ne pouvez pas entrer,

Lui répondit-elle ;

Vous me faites frissonner,

On peut nous écouter.

Non, non, je ne suis pas cruelle ;

Par tant d’amour vous me charmez ;

Mais voyez ma frayeur mortelle,

Et laissez-moi, si vous m’aimez.

Eh bien ! je vous obéis.

O vous que j’adore,

Si vous aimez Alexis

Tous ses maux sont finis.

Mais jurez-moi qu’avant l’aurore,

En menant paître vos moutons,

Nous nous dirons cent fois encore

Que pour toujours nous nous aimons.

La peur fît qu’elle jura

D’aller sur l’herbette.

Il prit sa main, la baisa,

Et puis s’en alla.

Le lendemain la bergerette

Voulut accomplir son serment ;

Hélas ! on dit que la pauvrette

Perdit beaucoup en s’acquittant.

Fin du CHOIX DE ROMANCES