Rousseau
Abstract
Treatise written at the request of Count Wielhorski to reform the Polish constitution: Rousseau applies the principles of the Social Contract to a concrete case, stressing patriotic civic education, the danger of overly large states, and the need for laws rooted in national customs rather than imported from abroad.
Connections
Assi: Legittimità del potere, Stato e individuo
Posizioni: volontà generale, contratto sociale
Concetti: legge, Stato, educazione
Forme: trattato
Scuole: illuminismo
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Chapitre premier. – état de la question.
Le tableau du gouvernement de Pologne fait par M. le comte de Wielhorski, et les réflexions qu’il y a jointes, sont des pièces instructives pour quiconque voudra former un plan régulier pour la refonte de ce gouvernement. Je ne connais personne plus en état de tracer ce plan que lui-même, qui joint aux connaissances générales que ce travail exige, toutes celles du local, et des détails particuliers, impossibles à donner par écrit, et néanmoins nécessaires à savoir pour approprier une institution au peuple auquel on la destine. Si l’on ne connaît à fond la nation pour laquelle on travaille, l’ouvrage qu’on fera pour elle, quelque excellent qu’il puisse être en lui-même, péchera toujours par l’application, et bien plus encore lorsqu’il s’agira d’une nation déjà tout instituée, dont les goûts, les mœurs, les préjugés et les vices sont trop enracinés pour pouvoir être aisément étouffés par des semences nouvelles. Une bonne institution pour la Pologne ne peut être l’ouvrage que des Polonais, ou de quelqu’un qui ait bien étudié sur les lieux la nation polonaise et celles qui l’avoisinent. Un étranger ne peut guère donner que des vues générales, pour éclairer non pour guider l’instituteur. Dans toute la vigueur de ma tête je n’aurais pu saisir l’ensemble de ces grands rapports. Aujourd’hui qu’il me reste à peine la faculté de lier des idées, je dois me borner, pour obéir à M. le comte de Wielhorski et faire acte de mon zèle pour sa patrie, à lui rendre compte des impressions que m’a faites la lecture de son travail, et des réflexions qu’il m’a suggérées.
En lisant l’histoire du gouvernement de Pologne, on a peine à comprendre comment un état si bizarrement constitué a pu subsister si longtemps. Un grand corps formé d’un grand nombre de membres morts, et d’un petit nombre de membres désunis, dont tous les mouvements presque indépendants les uns des autres, loin d’avoir une fin commune, s’entredétruisent mutuellement, qui s’agite beaucoup pour ne rien faire, qui ne peut faire aucune résistance à quiconque veut l’entamer, qui tombe en dissolution cinq ou six fois chaque siècle, qui tombe en paralysie à chaque effort qu’il veut faire, à chaque besoin auquel il veut pourvoir, et qui, malgré tout cela, vit et se conserve en vigueur ; voilà, ce me semble, un des plus singuliers spectacles qui puissent frapper un être pensant. Je vois tous les états de l’Europe courir à leur ruine. Monarchies, républiques, toutes ces nations si magnifiquement instituées, tous ces beaux gouvernements si sagement pondérés, tombés en décrépitude, menacent d’une mort prochaine ; et la Pologne, cette région dépeuplée, dévastée, opprimée, ouverte à ses agresseurs, au fort de ses malheurs et de son anarchie, montre encore tout le feu de la jeunesse ; elle ose demander un gouvernement et des lois, comme si elle ne faisait que de naître. Elle est dans les fers, et discute les moyens de se conserver libre ; elle sent en elle cette force que celle de la tyrannie ne peut subjuguer. Je crois voir Rome assiégée régir tranquillement les terres sur lesquelles son ennemi venait d’asseoir son camp. Braves Polonais, prenez garde ; prenez garde que, pour vouloir trop bien être, vous n’empiriez votre situation. En songeant à ce que vous voulez acquérir, n’oubliez pas ce que vous pouvez perdre. Corrigez, s’il se peut, les abus de votre constitution ; mais ne méprisez pas celle qui vous a faits ce que vous êtes.
Vous aimez la liberté, vous en êtes dignes ; vous l’avez défendue contre un agresseur puissant et rusé, qui, feignant de vous présenter les liens de l’amitié, vous chargeait des fers de la servitude. Maintenant, las des troubles de votre patrie, vous soupirez après la tranquillité. Je crois fort aisé de l’obtenir ; mais la conserver avec la liberté, voilà ce qui me paraît difficile. C’est au sein de cette anarchie qui vous est odieuse que se sont formées ces âmes patriotiques qui vous ont garantis du joug. Elles s’endormaient dans lui repos léthargique ; l’orage les a réveillées. Après avoir brisé les fers qu’on leur destinait, elles sentent le poids de la fatigue. Elles voudraient allier la paix du despotisme aux douceurs de la liberté. J’ai peur qu’elles ne veuillent des choses contradictoires. Le repos et la liberté me paraissent incompatibles, il faut opter.
Je ne dis pas qu’il faille laisser les choses dans l’état où elles sont ; mais je dis qu’il n’y faut toucher qu’avec une circonspection extrême. En ce moment on est plus frappé des abus que des avantages. Le temps viendra, je le crains, qu’on sentira mieux ces avantages, et malheureusement ce sera quand on les aura perdus.
Qu’il soit aisé, si l’on veut, de faire de meilleures lois. Il est impossible d’en faire dont les passions des hommes n’abusent pas, comme ils ont abusé des premières. Prévoir et peser tous ces abus à venir est peut-être une chose impossible à l’homme d’état le plus consommé. Mettre la loi au-dessus de l’homme est un problème en politique que je compare à celui de la quadrature du cercle en géométrie. Résolvez bien ce problème ; et le gouvernement fondé sur cette solution sera bon et sans abus. Mais jusque-là soyez sûrs qu’où vous croirez faire régner les lois, ce seront les hommes qui régneront.
Il n’y aura jamais de bonne et solide constitution que celle où la loi régnera sur les cœurs des citoyens : tant que la force législative n’ira pas jusque-là, les lois seront toujours éludées. Mais comment arriver aux coeurs ? c’est à quoi nos instituteurs, qui ne voient jamais que la force et les châtiments, ne songent guère, et c’est à quoi les récompenses matérielles ne mèneraient peut-être pas mieux ; la justice même la plus intègre n’y mène pas, parce que la justice est, ainsi que la santé, un bien dont on jouit sans le sentir, qui n’inspire point d’enthousiasme, et dont on ne sent le prix qu’après l’avoir perdu.
Par où donc émouvoir les cœurs, et faire aimer la patrie et ses lois ? L’oserai-je dire ? par des jeux d’enfants, par des institutions oiseuses aux yeux des hommes superficiels, mais qui forment des habitudes chéries et des attachements invincibles. Si j’extravague ici, c’est du moins bien complètement, car j’avoue que je vois ma folie sous tous les traits de la raison.
Chapitre 2. – Esprit des anciennes institutions.
Quand on lit l’histoire ancienne, on se croit transporté dans un autre univers et parmi d’autres êtres. Qu’ont de commun les Français, les Anglais, les Russes, avec les Romains et les Grecs ? rien presque que la figure. Les fortes âmes de ceux-ci paraissent aux autres des exagérations de l’histoire. Comment eux qui se sentent si petits penseraient-ils qu’il y ait eu de si grands hommes ? Ils existèrent pourtant, et c’étaient des humains comme nous. Qu’est-ce qui nous empêche d’être des hommes comme eux ? nos préjugés, notre basse philosophie, et les passions du petit intérêt, concentrées avec l’égoïsme dans tous les cœurs par des institutions ineptes que le génie ne dicta jamais.
Je regarde les nations modernes. J’y vois force faiseurs de lois et pas un législateur. Chez les anciens, j’en vois trois principaux qui méritent une attention particulière ; Moïse, Lycurgue, et Numa. Tous trois ont mis leurs principaux soins à des objets qui paraîtraient à nos docteurs dignes de risée. Tous trois ont eu des succès qu’on jugerait impossibles s’ils étaient moins attestés.
Le premier forma et exécuta l’étonnante entreprise d’instituer en corps de nation un essaim de malheureux fugitifs, sans arts, sans armes, sans talents, sans vertus, sans courage, et qui, n’ayant pas en propre un seul pouce de terrain, faisaient une troupe étrangère sur la face de la terre. Moïse osa faire de cette troupe errante et servile un corps politique, un peuple libre ; et tandis qu’elle errait dans les déserts sans avoir une pierre pour y reposer sa tête, il lui donnait cette institution durable, à l’épreuve du temps, de la fortune et des conquérants, que cinq mille ans n’ont pu détruire ni même altérer, et qui subsiste encore aujourd’hui dans toute sa force, lors même que le corps de la nation ne subsiste plus.
Chapter One: The Current State of Affairs.
The account of the government of Poland prepared by Count Wielhorski, along with the reflections he includes therein, constitute valuable materials for anyone seeking to develop a systematic plan for its reform. I know no one better qualified than him to draw up such a plan—someone who possesses not only the general knowledge required for this task but also detailed local insights and specific information that is impossible to convey in writing yet essential to understanding how to adapt an institution to the people for whom it is intended. If one does not thoroughly understand the nation for which one is working, the endeavor, no matter how excellent in itself, will inevitably fail in its application—especially when dealing with a nation that already has established customs, habits, prejudices, and vices that are too deeply ingrained to be easily altered by new measures. A good system for Poland can only be created by Poles or by someone who has thoroughly studied the Polish nation and those surrounding it. An outsider can at best offer general perspectives, but not provide practical guidance for those responsible for implementing change. With all my mental strength, I would have been unable to grasp the full complexity of these issues. Now, with my ability to think clearly nearly exhausted, I must limit myself to sharing with Count Wielhorski the impressions his work left on me and the thoughts it inspired in me, as a way to express my loyalty to his country.
In reading the history of the Polish government, one can hardly understand how such a bizarrely constituted state was able to survive for so long. A large entity composed of a vast number of dead members, along with a small number of disunited members whose actions are almost entirely independent of each other—actions that far from serving a common purpose often lead to mutual destruction—this entity moves much but accomplishes nothing, is unable to resist anyone who seeks to undermine it, and disintegrates five or six times every century. Despite all these difficulties, it continues to exist and maintain its strength. To me, this is one of the most astonishing phenomena that can strike a thoughtful person. I see all the states of Europe rushing toward their ruin—monarchies, republics, all these nations so splendidly established, all these well-balanced governments—falling into decay and facing imminent doom. Yet Poland, this sparsely populated, devastated, oppressed region, open to its attackers, despite its immense misfortunes and anarchy, still displays the vitality of youth. It dares to demand a government and laws, as if it had just come into existence. Bound in chains, it still debates ways to preserve its freedom; within it lies a strength that tyranny cannot subdue. I imagine Rome, under siege, calmly governing the lands upon which its enemy had just set up camp. Brave Poles, be careful—be careful not to make things worse by trying too hard to improve your situation. As you consider what you wish to achieve, do not forget what you might lose. If possible, correct the abuses in your system of government; but do not despise the foundation upon which it is built.
You love freedom; you are worthy of it. You defended it against a powerful and cunning aggressor who, under the guise of friendship, imposed upon you the shackles of slavery. Now, weary of your country’s troubles, you long for peace. I believe it is quite easy to attain; but to preserve it alongside freedom—that is what seems difficult to me. It was within this anarchic state that you loathe that these patriotic souls arose, protecting you from oppression. They slumbered in its lethargic embrace; the storm awakened them. Having broken free from the chains that were meant for them, they now feel the weight of exhaustion. They wish to combine the tranquility of despotism with the sweetness of freedom. I fear they may seek things that are inherently contradictory. To me, peace and freedom seem incompatible; one must make a choice.
I am not saying that we should leave things as they are; but I am saying that we must approach them with extreme caution. At present, the abuses are more noticeable than the advantages. I fear that the time will come when these advantages will be better appreciated—but unfortunately, it will be after we have lost them.
It is perhaps easy, if one wishes, to enact better laws. However, it is impossible to create laws that will not be abused by human passions, just as those previous laws were abused. To anticipate and consider all such potential abuses may well be beyond the capacity of even the most experienced statesman. Putting the law above man is a political problem I liken to the problem of finding the square of a circle in geometry. Solve that problem properly, and governance based on that solution will be good and free from abuse. But until then, be assured: wherever you think you are enforcing the law, it will actually be men who hold real power.
There can never be a good and solid constitution unless law reigns in the hearts of citizens: so long as legislative power does not extend to that extent, laws will always be circumvented. But how can it reach people’s hearts? Our educators, who only consider force and punishment, rarely think about this; perhaps material rewards would not achieve better results either. Even the most impartial justice cannot accomplish this, because justice, like health, is a benefit that one enjoys without even realizing it—it does not inspire enthusiasm, and its value is only appreciated after it has been lost.
Then where, indeed, can one move people’s hearts and make them love their country and its laws? Would I dare to say it? Through children’s games, through institutions that may seem trivial to superficial men, but that in fact cultivate cherished habits and form indissoluble bonds. If I am indulging in fanciful ideas here, at least I am doing so wholeheartedly; for I admit that I perceive my “madness” in all the aspects of reason itself.
Chapter 2 – The Spirit of Ancient Institutions.
When one reads ancient history, one feels as if transported to another universe, among other beings. What do the French, the English, the Russians have in common with the Romans and Greeks? Almost nothing, except for their physical appearance. The noble spirits of those ancient peoples seem to others like mere exaggerations from history. How could those who feel so insignificant ever imagine that such great men once existed? Yet they did; they were human beings just like us. What prevents us from becoming men like them? Our prejudices, our petty philosophy, and the passions of selfishness—these are all nurtured within us by inadequate institutions that never resulted from any true genius.
I observe the modern nations. I see there many law-makers, but not a single legislator. Among the ancients, there were three in particular who deserve special attention: Moses, Lycurgus, and Numa. All three devoted their main efforts to matters that would seem laughable to our scholars. Yet all three achieved successes that would be deemed impossible if their achievements were less well-documented.
The first person to conceive and carry out this astonishing feat was to transform a group of unfortunate fugitives—without arts, without arms, without talents, without virtues, without courage, and who did not possess even an inch of their own land—into a political entity, a free people. While these wanderers roamed the deserts with no stone upon which to rest their heads, Moses granted them an institution that would endure through time, fortune, and conquests; an institution that five thousand years have been unable to destroy or even alter, and which still survives today in all its strength, even though the very nation itself no longer exists.
Capitolo primo. – Stato della questione.
Il quadro del governo della Polonia redatto dal conte di Wielhorski, insieme alle riflessioni che vi ha aggiunto, rappresenta un’opera molto istruttiva per chiunque desideri formulare un piano concreto per la riforma di tale governo. Non conosco nessuno più adatto di lui a tracciare tale piano: egli possiede non solo le conoscenze generali richieste da questo compito, ma anche quelle specifiche relative al contesto locale, nonché dettagli particolari che sono impossibili esprimere per iscritto, ma che tuttavia risultano essenziali per adattare un’istituzione al popolo a cui è destinata. Se non si conosce a fondo la nazione per cui si lavora, l’opera realizzata, per quanto eccellente in sé, fallirà inevitabilmente nell’applicazione pratica; questo rischio aumenta ancora di più quando si tratta di una nazione già completamente istituita, le cui abitudini, costumi, pregiudizi e vizi sono troppo radicati per poter essere facilmente modificati da nuove iniziative. Una buona riforma per la Polonia può essere realizzata soltanto dai polacchi o da qualcuno che abbia studiato a fondo la nazione polacca e quelle vicine. Un estraneo, invece, potrà offrire al massimo solo idee generali, utili per orientare, ma non certo per guidare concretamente l’attuazione di tali riforme. Con tutta la mia capacità mentale, non sarei stato in grado di comprendere appieno tutti questi aspetti complessi; oggi, che mi rimane ormai solo la capacità di collegare idee tra loro, devo limitarmi a riferire al conte di Wielhorski le impressioni suscitate dalla lettura del suo lavoro e le riflessioni che esso mi ha suggerito, nel rispetto della mia lealtà verso la sua patria.
Leggendo la storia del governo della Polonia, è difficile comprendere come uno stato così stranamente costituito sia riuscito a sopravvivere per tanto tempo. Un grande organismo formato da un gran numero di elementi “morti” e da pochi elementi disuniti, i cui movimenti sono quasi tutti indipendenti gli uni dagli altri; questi elementi, lontani dall’avere uno scopo comune, si distruggono a vicenda, si agitano inutilmente, non riescono a resistere a chiunque voglia attaccarli e, nonostante tutto ciò, continuano a esistere e a mantenere la loro efficacia. Questo, a mio parere, è uno dei spettacoli più straordinari che possano colpire un essere pensante. Vedo tutti gli stati d’Europa correre verso la rovina: monarchie, repubbliche, tutte queste nazioni così magnificamente istituite, tutti questi governi così saggiamente bilanciati, caduti in declino, minacciano una morte imminente. E la Polonia, questa regione spopolata, devastata, oppressa, aperta agli aggressori, nonostante tutte le sue sfortune e il suo caos, mostra ancora tutto il vigore della gioventù; osa chiedere un governo e delle leggi, come se fosse appena nata. È in condizioni disperate, eppure discute i modi per conservare la propria libertà. Sente in sé quella forza che nemmeno la tirannia riesce a sottomettere. Penso a Roma assediata, che regola tranquillamente le terre su cui il suo nemico aveva appena stabilito il proprio campo. Coraggiosi Polacchi, fate attenzione: non roviniate la vostra situazione nel tentativo di migliorarla troppo. Pensando a ciò che volete ottenere, non dimenticateci di ciò che potreste perdere. Correggete, se possibile, gli abusi della vostra costituzione, ma non disprezzate quella stessa costituzione che vi ha resi ciò che siete.
Amate la libertà; ne siete degne e l’avete difesa contro un aggressore potente e astuto che, fingendo di offrirvi i legami dell’amicizia, vi imponeva in realtà le catene della schiavitù. Ora, stanchi dei turbamenti della vostra patria, anelate alla tranquillità. Credo sia molto facile ottenerla; ma mantenerla insieme alla libertà, questo mi sembra difficile. È proprio all’interno di quell’anarchia che vi è odiosa che si sono formate quelle anime patriottiche che vi hanno salvato dal giogo oppressivo. Queste anime dormivano in quel torpore letargico; la tempesta le ha risvegliate. Dopo aver spezzato le catene che loro erano destinate, sentono ora il peso della fatica. Vorrebbero unire la tranquillità del dispotismo alle dolcezze della libertà. Temo però che desiderino cose contraddittorie. Il riposo e la libertà mi sembrano incompatibili. Bisogna scegliere.
Non dico che si debba lasciare le cose com’erano; ma affermo che si debba intervenire soltanto con estrema cautela. In questo momento, gli abusi sono più evidenti dei vantaggi. Temo che arriverà un momento in cui questi vantaggi verranno riconosciuti, ma purtroppo sarà quando li avremo già persi.
È certamente possibile, se si vuole, formulare leggi migliori. Tuttavia è impossibile creare leggi di cui le passioni umane non possano abusare, proprio come hanno fatto con quelle precedenti. Prevedere e valutare tutti questi futuri abusi potrebbe essere un compito impossibile anche per lo statista più esperto. Porsi la legge al di sopra dell’uomo è un problema politico che paragono a quello della quadratura del cerchio in geometria: risolvetelo bene, e il governo basato su questa soluzione sarà buono e privo di abusi. Ma fino ad allora sappiate che, dove credete di far regnare le leggi, saranno gli uomini a dettare realmente le regole.
Non esisterà mai una costituzione buona e solida se non quella in cui la legge regnerà sui cuori dei cittadini: finché la forza legislativa non raggiungerà questo scopo, le leggi verranno sempre eluse. Ma come giungere ai cuori delle persone? A questo i nostri insegnanti, che vedono solo la forza e le punizioni, non pensano quasi mai; e forse nemmeno le ricompense materiali potrebbero portare a questo risultato. Nemmeno la giustizia più integra ci riuscirà, perché la giustizia, così come la salute, è un bene di cui si gode senza rendersene conto, che non suscita entusiasmo e il cui valore si apprezza soltanto quando viene perso.
Dove allora possiamo toccare i cuori delle persone e farle amare la patria e le sue leggi? Oserò dirlo? Attraverso giochi infantili, attraverso istituzioni che appaiono insignificanti agli occhi delle persone superficiali, ma che in realtà formano abitudini preziose e legami indissolubili. Se qui esagero, è almeno un’esagerazione totale, perché ammetto di vedere nella mia “follezza” tutti i tratti della ragione.
Capitolo 2. – Lo spirito delle antiche istituzioni.
Quando si legge la storia antica, ci si sente trasportati in un altro universo, tra altre creature. Che cosa hanno in comune i francesi, gli inglesi, i russi con i romani e i greci? Quasi nulla, se non l’aspetto fisico. Le grandi anime di quegli antichi sembrano agli occhi dei moderni semplicemente esagerazioni della storia. Come potrebbero coloro che si sentono così piccoli pensare che siano mai esistiti uomini così grandi? Eppure esistettero davvero, e erano esseri umani come noi. Che cosa ci impedisce di essere uomini come loro? I nostri pregiudizi, la nostra meschina filosofia, e le passioni legate agli interessi personali, concentrate insieme all’egoismo in tutti i cuori a causa di istituzioni inadeguate che mai il genio umano ha voluto imporre.
Osservo le nazioni moderne: vi vedo molti che fanno le leggi, ma nessun legislatore autentico. Tra gli antichi, ne individuo tre principali che meritano un’attenzione particolare: Mosè, Licurgo e Numa. Tutti e tre hanno dedicato la loro principale attenzione a questioni che ai nostri studiosi sembrerebbero degne di derisione. Tutti e tre hanno ottenuto successi che si considererebbero impossibili se non fossero così ampiamente attestati.
Il primo fu colui che ideò e realizzò l’impresa straordinaria di trasformare un gruppo di sfortunati fuggitivi – privi di arti, armi, talenti, virtù o coraggio, e senza possedere nemmeno un briciolo di terra – in un vero e proprio popolo. Mosè osò rendere questa comunità errante e sottomessa un corpo politico, un popolo libero; mentre vagava nei deserti senza nemmeno una pietra su cui riposare la testa, egli le donò istituzioni durature, capaci di resistere alla prova del tempo, della fortuna e dei conquistatori. Istituzioni che cinquemila anni non sono riusciti a distruggere né nemmeno ad alterare, e che sopravvivono ancora oggi nella loro interezza, anche se il corpo stesso della nazione è ormai scomparso.
Pour empêcher que son peuple ne se fondît parmi les peuples étrangers, il lui donna des mœurs et des usages inalliables avec ceux des autres nations ; il le surchargea de rites, de cérémonies particulières ; il le gêna de mille façons pour le tenir sans cesse en haleine et le rendre toujours étranger parmi les autres hommes ; et tous les liens de fraternité qu’il mit entre les membres de sa république étaient autant de barrières qui le tenaient séparé de ses voisins et l’empêchaient de se mêler avec eux. C’est par là que cette singulière nation, si souvent subjuguée, si souvent dispersée, et détruite en apparence, mais toujours idolâtre de sa règle, s’est pourtant conservée jusqu’à nos jours éparse parmi les autres sans s’y confondre, et que ses mœurs, ses lois, ses rites, subsistent et dureront autant que le monde, malgré la haine et la persécution du reste du genre humain.
Lycurgue entreprit d’instituer un peuple déjà dégradé par la servitude et par les vices qui en sont l’effet. Il lui imposa un joug de fer, tel qu’aucun autre peuple n’en porta jamais un semblable ; mais il l’attacha, l’identifia pour ainsi dire à ce joug, en l’occupant toujours. Il lui montra sans cesse la patrie dans ses lois, dans ses jeux, dans sa maison, dans ses amours, dans ses festins ; il ne lui laissa pas un instant de relâche pour être à lui seul : et de cette continuelle contrainte, ennoblie par son objet, naquit en lui cet ardent amour de la patrie qui fut toujours la plus forte ou plutôt l’unique passion des Spartiates, et qui en fit des êtres au-dessus de l’humanité. Sparte n’était qu’une ville, il est vrai ; mais par la seule force de son institution, cette ville donna des lois à toute la Grèce, en devint la capitale, et fit trembler l’empire persan. Sparte était le foyer d’où sa législation étendait ses effets tout autour d’elle.
Ceux qui n’ont vu dans Numa qu’un instituteur de rites et de cérémonies religieuses ont bien mal, jugé ce grand homme. Numa fut le vrai fondateur de Rome. Si Romulus n’eût fait qu’assembler des brigands qu’un revers pouvait disperser, son ouvrage imparfait n’eût pu résister au temps. Ce fut Numa qui le rendit solide et durable en unissant ces brigands en un corps indissoluble, en les transformant en citoyens, moins par des lois, dont leur rustique pauvreté n’avait guère encore besoin, que par des institutions douces qui les attachaient les uns aux autres, et tous à leur sol, en rendant enfin leur ville sacrée par ses rites frivoles et superstitieux en apparence, dont si peu de gens sentent la force et l’effet, et dont cependant Romulus, le farouche Romulus lui-même, avait jeté les premiers fondements.
Le même esprit guida tous les anciens législateurs dans leurs institutions. Tous cherchèrent des liens qui attachassent les citoyens à la patrie et les uns aux autres ; et ils les trouvèrent dans des usages particuliers, dans des cérémonies religieuses qui par leur nature étaient toujours exclusives et nationales[678] ; dans des jeux qui tenaient beaucoup les citoyens rassemblés ; dans des exercices qui augmentaient avec leur vigueur et leurs forces leur fierté et l’estime d’eux-mêmes ; dans des spectacles qui, leur rappelant l’histoire de leurs ancêtres, leurs malheurs, leurs vertus, leurs victoires, intéressaient leurs cœurs, les enflammaient d’une vive émulation, et les attachaient fortement à cette patrie dont on ne cessait de les occuper. Ce sont les poésies d’Homère récitées aux Grecs solennellement assemblés, non dans des coffres, sur des planches et l’argent à la main, mais en plein air et en corps de nation ; ce sont les tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide, représentées souvent devant eux ; ce sont les prix dont, aux acclamations de toute la Grèce, on couronnait les vainqueurs dans leurs jeux, qui, les embrasant continuellement d’émulation et de gloire, portèrent leur courage et leurs vertus à ce degré d’énergie dont rien aujourd’hui ne nous donne d’idée, et qu’il n’appartient pas même aux modernes de croire. S’ils ont des lois, c’est uniquement pour leur apprendre à bien obéir à leurs maîtres, à ne pas voler dans les poches, et à donner beaucoup d’argent aux fripons publics. S’ils ont des usages, c’est pour savoir amuser l’oisiveté des femmes galantes, et promener la leur avec grâce. S’ils s’assemblent, c’est dans des temples, pour un culte qui n’a rien de national, qui ne rappelle en rien la patrie ; c’est dans des salles bien fermées et à prix d’argent, pour voir sur des théâtres efféminés, dissolus, où l’on ne sait parler que d’amour, déclamer des histrions, minauder des prostituées, et pour y prendre des leçons de corruption, les seules qui profitent de toutes celles qu’on fait semblant d’y donner ; c’est dans des fêtes où le peuple, toujours méprisé, est toujours sans influence, où le blâme et l’approbation publique ne produisent rien ; c’est dans des cohues licencieuses, pour s’y faire des liaisons secrètes, pour y chercher les plaisirs qui séparent, isolent le plus les hommes, et qui relâchent le plus les cœurs. Sont-ce là des stimulants pour le patriotisme ? Faut-il s’étonner que des manières de vivre si dissemblables produisent des effets si différents, et que les modernes ne retrouvent plus rien en eux de cette vigueur d’âme que tout inspirait aux anciens ? Pardonnez ces digressions à un reste de chaleur que vous avez ranimée. Je reviens avec plaisir à celui de tous les peuples d’aujourd’hui qui m’éloigne le moins de ceux dont je viens de parler.
Chapitre 3. – Application.
La Pologne est un grand état environné d’états encore plus considérables, qui, par leur despotisme et par leur discipline militaire, ont une grande force offensive. Faible au contraire par son anarchie, elle est, malgré la valeur polonaise, en butte à tous leurs outrages. Elle n’a point de places fortes pour arrêter leurs incursions. Sa dépopulation la met presque absolument hors d’état de défense. Aucun ordre économique, peu ou point de troupes, nulle discipline militaire, nul ordre, nulle subordination ; toujours divisée au-dedans, toujours menacée au-dehors, elle n’a par elle-même aucune consistance, et dépend du caprice de ses voisins. Je ne vois dans l’état présent des choses qu’un seul moyen de lui donner cette consistance qui lui manque ; c’est d’infuser pour ainsi dire dans toute la nation l’âme des confédérés ; c’est d’établir tellement la république dans les cœurs des Polonais, qu’elle y subsiste malgré tous les efforts de ses oppresseurs ; c’est là, ce me semble, l’unique asile où la force ne peut ni l’atteindre ni la détruire. On vient d’en voir une preuve à jamais mémorable : la Pologne était dans les fers du Russe, mais les Polonais sont restés libres. Grand exemple qui vous montre comment vous pouvez braver la puissance et l’ambition de vos voisins. Vous ne sauriez empêcher qu’ils ne vous engloutissent ; faites au moins qu’ils ne puissent vous digérer. De quelque façon qu’on s’y prenne, avant qu’on ait donné à la Pologne tout ce qui lui manque pour être en état de résister à ses ennemis, elle en sera cent fois accablée. La vertu de ses citoyens, leur zèle patriotique, la forme particulière que des institutions nationales peuvent donner à leurs âmes, voilà le seul rempart toujours prêt à la défendre, et qu’aucune armée ne saurait forcer. Si vous faites en sorte qu’un Polonais ne puisse jamais devenir un Russe, je vous réponds que la Russie ne subjuguera pas la Pologne.
Ce sont les institutions nationales qui forment le génie, le caractère, les goûts et les mœurs d’un peuple, qui le font être lui et non pas un autre, qui lui inspirent cet ardent amour de la patrie fondé sur des habitudes impossibles à déraciner, qui le font mourir d’ennui chez les autres peuples au sein des délices dont il est privé dans son pays. Souvenez-vous de ce Spartiate gorgé des voluptés de la cour du grand roi, à qui l’on reprochait de regretter la sauce noire. Ah ! dit-il au satrape en soupirant, je connais tes plaisirs, mais tu ne connais pas les nôtres.
In order to prevent his people from blending in with foreign nations, he endowed them with customs and practices that were utterly distinct from those of other peoples; he burdened them with numerous rituals and special ceremonies; he created countless obstacles to keep them constantly on the alert and always separate from others. All the bonds of fraternity he established among the members of his republic served only as barriers that separated them from their neighbors and prevented them from mingling with them. It was in this way that this peculiar nation—so often subdued, so frequently scattered, and seemingly destroyed—yet continued to exist until our own times, remaining dispersed among others without merging with them. Its customs, laws, and rituals have survived and will endure as long as the world itself exists, despite the hatred and persecution inflicted upon it by the rest of humanity.
Lycurgus set out to transform a people that had already been degraded by slavery and the vices that arose therefrom. He imposed upon them an iron yoke like no other nation had ever endured before; yet he bound them closely to it, so to speak, by keeping them constantly engaged in its demands. He showed them the meaning of patriotism through its laws, games, institutions, social life, and festivals—never allowing them a moment of relaxation or solitude. It was this constant restraint, ennobled by its noble purpose, that gave rise to their intense love for their country. This passion was always the strongest, indeed the only driving force of the Spartans, elevating them above the ordinary level of humanity. Sparta may have been but a single city; yet, through the power of its unique system of governance, it imposed its laws upon all of Greece, became its capital, and made the Persian empire tremble. Sparta was the source from which its legal traditions radiated throughout the world.
Those who saw in Numa merely an instructor in religious rites and ceremonies have greatly misunderstood this great man. Numa was the true founder of Rome. If Romulus had merely gathered a band of robbers whose unity could have been easily shattered by a reverse of fortune, his imperfect work would not have endured through time. It was Numa who made it solid and enduring by uniting these robbers into an indissoluble community, transforming them into citizens—not so much through laws, which their simple, impoverished state had little need for at that time, but through gentle institutions that bound them together and tied them all to their homeland. In doing so, he made their city sacred through seemingly frivolous and superstitious rites—rites of which few people truly understand the true power and effect. Yet even Romulus, that fierce and determined man, had already laid the initial foundations for them.
The same spirit guided all the ancient legislators in their institutions. They all sought to establish bonds that would bind citizens to their country and to one another; and they found such bonds in particular customs, in religious ceremonies that were inherently exclusive and national in nature[678], in games that brought citizens together, in exercises that enhanced their strength and vigor and thus increased their pride and self-respect, and in spectacles that reminded them of their ancestors’ history, their hardships, their virtues, and their victories—spectacles that stirred their hearts, kindled a fierce spirit of emulation within them, and firmly bound them to the country whose affairs occupied their thoughts constantly. These were Homer’s poems recited solemnly before assembled Greeks, not in darkened chambers or on wooden stages with money at hand, but outdoors and as a nation united; they were the tragedies of Aeschylus, Sophocles, and Euripides, often performed before them; they were the rewards given to victors in their games, amidst the cheers of all Greece—rewards that continually inspired them with emulation and glory, raising their courage and virtues to a level of energy of which we have no conception today, and which even moderns would find impossible to believe. If these people had laws at all, it was merely to teach them how to obey their masters properly, not to steal from others, or to give large sums of money to public scoundrels. If they had any customs, it was merely to provide amusement for the idle women and to allow them to move about with grace. When they gathered, it was in temples for a worship that had nothing to do with nationalism or the concept of a country; it was in well-sealed halls, at great expense, to watch effeminate, degenerate performances on stage, where all that was spoken was about love, to listen to actors declamate, to see prostitutes perform antics—and to learn there the only kinds of corruption that truly benefit from all the so-called lessons given in such settings. It was at licentious festivals, where the people were always looked down upon and had no influence, where public praise or criticism carried no weight, where drunken crowds provided an opportunity for secret dealings and for seeking out those pleasures that most deeply separate and alienate men from one another. Are these truly things that can stimulate patriotism? Should it surprise us that such vastly different ways of living produce such vastly different outcomes, and that moderns can find nothing in them of that spirit of vigor which once inspired the ancients? Pardon these digressions—they are but the remnants of a passion you have rekindled in me. With pleasure, I return to that aspect of all modern peoples that brings me the closest to those I just discussed.
Chapter 3. – Application.
Poland is a large nation surrounded by even more powerful states, which, due to their despotism and military discipline, possess immense offensive strength. On the contrary, Poland, weakened by its anarchic state of affairs, suffers all kinds of aggression despite the valor of its people. It lacks any strong fortresses to stop these invasions; its depopulation leaves it almost completely defenseless. Without any economic order, few or no troops, no military discipline, no order, no subordination—always divided internally and constantly threatened externally—Poland possesses no internal cohesion and is entirely at the mercy of its neighbors’ whims. In the current circumstances, I see only one way to give Poland the strength it lacks: to infuse the entire nation with the spirit of unity; to establish the republic so deeply in the hearts of the Polish people that it survives despite all the efforts of its oppressors. This, in my opinion, is the only refuge where force cannot reach or destroy it. We have just witnessed a memorable proof of this: Poland was under the yoke of Russia, yet the Polish people remained free. What a great example it is, showing how you can defy the power and ambition of your neighbors! You may not be able to prevent them from swallowing you up; at least make sure they cannot digest you. No matter what measures are taken, unless Poland is given everything it needs to resist its enemies, it will be overwhelmed a hundred times over. The virtue of its citizens, their patriotic zeal, and the particular character that national institutions can impart to their souls—these are the only defenses that will always be ready to protect Poland, and no army can ever overcome them. If you ensure that a Polish person can never become a Russian, I assure you that Russia will never conquer Poland.
It is the national institutions that shape a people’s genius, character, tastes, and manners; they are what make it itself and not some other nation. They inspire in it that passionate love for the homeland, rooted in habits that are impossible to uproot. These very institutions cause such a people to die of boredom among other nations, amidst the pleasures that are denied to it in its own country. Remember that Spartan who, despite indulging in the luxuries of the great king’s court, was accused of missing the “black sauce.” “Ah,” he said to the satrap, sighing, “I know your pleasures, but you do not know ours.”
Per impedire che il suo popolo si fondesse tra i popoli stranieri, gli diede costumi e usanze incompatibili con quelli delle altre nazioni; lo sovraccaricò di riti e cerimonie particolari; lo ostacolò in mille modi per tenerlo sempre all’erta e renderlo sempre estraneo agli altri uomini; e tutti i legami di fraternità che stabilì tra i membri della sua repubblica erano altrettanti ostacoli che lo tenevano separato dai suoi vicini e gli impedivano di mescolarsi con loro. È così che questa singolare nazione, spesso sottomessa, spesso dispersa e apparentemente distrutta, ma sempre devota alle sue leggi, si è conservata fino ai giorni nostri, diffusa tra le altre nazioni senza fondersi con esse, e i suoi costumi, le sue leggi, i suoi riti sopravvivono e dureranno per tutta la durata del mondo, nonostante l’odio e la persecuzione da parte del resto dell’umanità.
Licurgo si impegnò a istituire un popolo già degradato dalla schiavitù e dai vizi che ne derivavano. Gli impose un giogo di ferro, simile a nessun altro mai conosciuto; ma lo legò a quel giogo, in qualche modo lo identificò ad esso, occupandolo costantemente. Gli mostrò continuamente la patria attraverso le sue leggi, i suoi giochi, la sua vita quotidiana, i suoi affetti, i suoi banchetti; non gli lasciò mai un istante di libertà per che potesse pensare a se stesso. E da questa continua costrizione, nobilitata dal suo scopo, nacque in lui quell’ardente amore per la patria che fu sempre la più forte, anzi l’unica passione dei Spartani, e che li rese esseri superiori all’umanità. Sparta era soltanto una città; ma grazie unicamente alla forza della sua istituzione, quella città impartì leggi a tutta la Grecia, ne divenne la capitale e fece tremare l’impero persiano. Sparta era il centro da cui la sua legislazione si diffondeva in tutto intorno.
Coloro che hanno visto in Numa soltanto un istitutore di riti e cerimonie religiose hanno giudicato molto male questo grande uomo. Numa fu il vero fondatore di Roma. Se Romolo avesse semplicemente radunato dei briganti i quali, in caso di sconfitta, avrebbero potuto disperdersi, la sua opera imperfetta non sarebbe stata in grado di resistere al tempo. Fu Numa a renderla solida e duratura: unendo quei briganti in un corpo indissolubile, trasformandoli in cittadini, non tanto attraverso leggi – di cui la loro povertà rustica aveva ancora scarsa necessità – quanto attraverso istituzioni dolci che li legavano gli uni agli altri e tutti al loro suolo. Fu così che la loro città divenne sacra grazie a riti apparentemente frivoli e superstiziosi, di cui pochi comprendono davvero la forza e l’efficacia; tuttavia, anche Romolo, il selvaggio Romolo stesso, aveva già gettato le prime basi di tali istituzioni.
Lo stesso spirito guidò tutti gli antichi legislatori nella loro creazione delle istituzioni. Tutti cercarono modi per legare i cittadini alla patria e tra di loro; li trovarono negli usanze particolari, nelle cerimonie religiose che, per loro natura, erano sempre esclusive e nazionali[678]; nei giochi che riunivano spesso i cittadini; negli esercizi fisici che, aumentando la loro forza e vigore, rafforzavano il loro orgoglio e la stima di sé; nei spettacoli che, ricordando loro la storia dei loro antenati, le loro sfortune, le loro virtù, le loro vittorie, interessavano i loro cuori, li infiammavano di vivace emulazione e li legavano strettamente a quella patria di cui non si smetteva mai di parlare. Sono le poesie di Omero recitate solennemente ai greci riuniti, non in ambienti chiusi o con l’uso dell’argento, ma all’aperto e come manifestazione nazionale; sono le tragedie di Eschilo, Sofocle ed Euripide rappresentate spesso davanti a loro; sono i premi con cui, tra gli applausi di tutta la Grecia, si incoraggiavano i vincitori nei giochi, premi che continuamente li stimolavano all’emulazione e alla gloria, portando il loro coraggio e le loro virtù a un livello di energia di cui oggi non abbiamo alcuna idea, e che nemmeno i moderni possono immaginare. Se hanno leggi, è soltanto per insegnare loro ad obbedire bene ai loro padroni, a non rubare e a dare molto denaro ai mendicanti pubblici. Se hanno usanze, è solo per divertire l’ozio delle donne eleganti o per passeggiare con grazia insieme a loro. Se si riuniscono, è nei templi, per un culto che non ha nulla di nazionale e che non ricorda affatto la patria; sono in sale ben chiuse e a pagamento, per assistere su teatri effeminati e dissoluti dove si parla solo d’amore, dove gli attori recitano e le prostitute si esibiscono, e dove si imparano soltanto corruzioni, le uniche cose che derivano da tutte quelle lezioni apparentemente utili; sono in feste dove il popolo, sempre disprezzato e senza alcun potere, non riceve né rimproveri né approvazioni pubbliche; sono in folle licenziose, dove si stabiliscono relazioni segrete, dove si cercano piaceri che separano e isolano gli uomini e che indeboliscono i loro cuori. Sono questi davvero stimoli al patriottismo? Bisogna meravigliarsi che modi di vivere così diversi producano effetti così opposti, e che i moderni non trovino più in sé quella forza d’animo che un tempo ispirava gli antichi? Perdonate queste digressioni. Torno volentieri a parlare di quel popolo tra tutti quelli di oggi che mi allontana meno da quelli di cui ho appena parlato.
Capitolo 3. – Applicazione.
La Polonia è uno Stato grande, circondato da nazioni ancora più potenti; queste ultime, grazie al loro dispotismo e alla loro disciplina militare, dispongono di una grande forza offensiva. La Polonia, invece, è debole a causa del suo stato di anarchia; nonostante il valore dei suoi cittadini, è costantemente vittima delle aggressioni dei suoi vicini. Non possiede fortezze capaci di fermare queste invasioni; la sua scarsa popolazione la rende quasi completamente incapace di difendersi. Manca di un ordine economico stabile, di truppe efficaci, di disciplina militare, di organizzazione sociale o di obbedienza civile; divisa internamente e minacciata esternamente, non possiede alcuna forza autonoma e dipende interamente dal capriccio dei suoi vicini. Nel presente contesto, vedo un solo modo per darle la solidità che le manca: infondere nell’intera nazione lo spirito di unità e di patriottismo; stabilire in modo indebolibile la repubblica nei cuori dei Polacchi, affinché essa possa sopravvivere nonostante tutti gli sforzi degli oppressori. Questo è, a mio parere, l’unico rifugio sicuro dove la forza nemica non può né raggiungerla né distruggerla. Abbiamo appena assistito a una prova memorabile di ciò: la Polonia era sotto il dominio della Russia, ma i Polacchi sono rimasti liberi. Questo è un esempio significativo che mostra come si possa sfidare la potenza e l’ambizione dei propri vicini. Non potreste impedire loro di inghiottirvi; almeno cercate di impedire che vi “digeriscano”. Qualunque sia il metodo adottato, finché non verranno dati alla Polonia tutti gli elementi necessari per resistere ai suoi nemici, essa rimarrà cento volte più vulnerabile. La virtù dei suoi cittadini, il loro spirito patriottico, e le istituzioni nazionali capaci di rafforzare la loro unità rappresentano l’unico vero baluardo in grado di difenderla; nessuna armata potrà mai superarlo. Se riuscirete a impedire che un Polacco diventi un Russo, vi assicuro che la Russia non conquisterà mai la Polonia.
Sono le istituzioni nazionali a plasmare il genio, il carattere, i gusti e i costumi di un popolo; sono esse a far sì che esso sia sé stesso e non un altro; sono esse ad ispirargli quell’ardente amore per la patria, fondato su abitudini impossibili da estirpare; sono esse a far sì che egli muoia di noia tra i popoli altrui, in mezzo ai piaceri di cui è privo nel proprio paese. Ricordatevi di quel Spartano, sazio delle voluttà della corte del grande re, a cui si rimproverava di rimpiangere la “salsa nera”. “Ah!”, disse sospirando al satrapo, “conosco i tuoi piaceri, ma tu non conosci i nostri”.
Il n’y a plus aujourd’hui de Français, d’Allemands, d’Espagnols, d’Anglais même, quoi qu’on en dise ; il n’y a que des Européens. Tous ont les mêmes goûts, les mêmes passions, les mêmes mœurs, parce qu’aucun n’a reçu de forme nationale par une institution particulière. Tous, dans les mêmes circonstances, feront les mêmes choses ; tous se diront désintéressés et seront fripons ; tous parleront du bien public et ne penseront qu’à eux-mêmes ; tous vanteront la médiocrité et voudront être des Crésus ; ils n’ont d’ambition que pour le luxe ; ils n’ont de passion que celle de l’or : sûrs d’avoir avec lui tout ce qui les tente, tous se vendront au premier qui voudra les payer. Que leur importe à quel maître ils obéissent, de quel état ils suivent les lois ? pourvu qu’ils trouvent de l’argent à voler et des femmes à corrompre, ils sont partout dans leur pays.
Donnez une autre pente aux passions des Polonais, vous donnerez à leurs âmes une physionomie nationale qui les distinguera des autres peuples, qui les empêchera de se fondre, de se plaire, de s’allier avec eux ; une vigueur qui remplacera le jeu abusif des vains préceptes, qui leur fera faire par goût et par passion ce qu’on ne fait jamais assez bien quand on ne le fait que par devoir ou par intérêt. C’est sur ces âmes-là qu’une législation bien appropriée aura prise. Ils obéiront aux lois et ne les éluderont pas, parce qu’elles leur conviendront et qu’elles auront l’assentiment interne de leur volonté. Aimant la patrie, ils la serviront par zèle et de tout leur cœur. Avec ce seul sentiment, la législation, fût-elle mauvaise, ferait de bons citoyens ; et il n’y a jamais que les bons citoyens qui fassent la force et la prospérité de l’état.
J’expliquerai ci-après le régime d’administration qui, sans presque toucher au fond de vos lois, me paraît propre à porter le patriotisme et les vertus qui en sont inséparables au plus haut degré d’intensité qu’ils puissent avoir. Mais soit que vous adoptiez ou non ce régime, commencez toujours par donner aux Polonais une grande opinion d’eux-mêmes et de leur patrie : après la façon dont ils viennent de se montrer, cette opinion ne sera pas fausse. Il faut saisir la circonstance de l’événement présent pour monter les âmes au ton des âmes antiques. Il est certain que la confédération de Bar a sauvé la patrie expirante. Il faut graver cette grande époque en caractères sacrés dans tous les cœurs polonais. Je voudrais qu’on érigeât un monument en sa mémoire ; qu’on y mît les noms de tous les confédérés, même de ceux qui dans la suite auraient pu trahir la cause commune, une si grande action doit effacer les fautes de toute la vie ; qu’on instituât une solennité périodique pour la célébrer tous les dix ans avec une pompe non brillante et frivole, mais simple, fière, et républicaine ; qu’on y fît dignement, mais sans emphase, l’éloge de ces vertueux citoyens qui ont eu l’honneur de souffrir pour la patrie dans les fers de l’ennemi ; qu’on accordât même à leurs familles quelque privilège honorifique qui rappelât toujours ce beau souvenir aux yeux du public. Je ne voudrais pourtant pas qu’on se permît dans ces solennités aucune invective contre les Russes, ni même qu’on en parlât : ce serait trop les honorer. Ce silence, le souvenir de leur barbarie, et l’éloge de ceux qui leur ont résisté, diront d’eux tout ce qu’il en faut dire ; vous devez trop les mépriser pour les haïr.
Je voudrais que par des honneurs, par des récompenses publiques, on donnât de l’éclat à toutes les vertus patriotiques, qu’on occupât sans cesse les citoyens de la patrie, qu’on en fît leur plus grande affaire, qu’on la tînt incessamment sous leurs yeux. De cette manière ils auraient moins, je l’avoue, les moyens et le temps de s’enrichir, mais ils en auraient moins aussi le désir et le besoin : leurs cœurs apprendraient à connaître un autre bonheur que celui de la fortune ; et voilà l’art d’ennoblir les âmes et d’en faire un instrument plus puissant que l’or.
L’exposé succinct des mœurs des Polonais qu’a bien voulu me communiquer M. de Wielhorski ne suffit pas pour me mettre au fait de leurs usages civils et domestiques. Mais une grande nation qui ne s’est jamais trop mêlée avec ses voisins doit en avoir beaucoup qui lui soient propres, et qui peut-être s’abâtardissent journellement par la pente générale en Europe de prendre les goûts et les mœurs des Français. Il faut maintenir, rétablir ces anciens usages, et en introduire de convenables qui soient propres aux Polonais. Ces usasses, fussent-ils indifférents, fussent-ils mauvais même à certains égards, pourvu qu’ils ne le soient pas essentiellement, auront toujours l’avantage d’affectionner les Polonais à leur pays, et de leur donner une répugnance naturelle à se mêler avec l’étranger. Je regarde comme un bonheur qu’ils aient un habillement particulier. Conservez avec soin cet avantage : faites exactement le contraire de ce que fit ce czar si vanté. Que le roi ni les sénateurs, ni aucun homme public ne portent jamais d’autre vêtement que celui de la nation, et que nul Polonais n’ose paraître à la cour vêtu à la française.
Beaucoup de jeux publics où la bonne mère patrie se plaise à voir jouer ses enfants. Qu’elle s’occupe d’eux souvent afin qu’ils s’occupent toujours d’elle. Il faut abolir, même à la cour, à cause de l’exemple, les amusements ordinaires des cours, le jeu, les théâtres, comédie, opéra, tout ce qui efféminé les hommes, tout ce qui les distrait, les isole, leur fait oublier leur patrie et Ieur devoir, tout ce qui les fait trouver bien partout pourvu qu’ils s’amusent ; il faut inventer des jeux, des fêtes, des solennités, qui soient si propres à cette cour-là qu’on ne les retrouve dans aucune autre. Il faut qu’on s’amuse en Pologne plus que dans les autres pays, mais non pas de la même manière. Il faut en un mot renverser un exécrable proverbe, et faire dire à tout Polonais au fond de son cœur : Ubi patria, ibi benè.
Rien, s’il se peut, d’exclusif pour les grands et les riches. Beaucoup de spectacles en plein air, où les rangs soient distingués avec soin, mais où tout le peuple prenne part également, comme chez les anciens, et où, dans certaines occasions, la jeune noblesse fasse preuve de force et d’adresse. Les combats des taureaux n’ont pas peu contribué à maintenir une certaine vigueur chez la nation espagnole. Ces cirques où s’exerçait jadis la jeunesse en Pologne devraient être soigneusement rétablis, on en devrait faire pour elle des théâtres d’honneur et d’émulation. Rien ne serait plus aisé que d’y substituer aux anciens combats des exercices moins cruels, où cependant la force et l’adresse auraient part, et où les victorieux auraient de même des honneurs et des récompenses. Le maniement des chevaux est par exemple un exercice très convenable aux Polonais, et très susceptible de l’éclat du spectacle.
Les héros d’Homère se distinguaient tous par leur force et leur adresse, et par là montraient aux yeux du peuple qu’ils étaient faits pour lui commander. Les tournois des paladins formaient des hommes non seulement vaillants et courageux, mais avides d’honneur et de gloire, et propres à toutes les vertus. L’usage des armes à feu, rendant ces facultés du corps moins utiles à la guerre, les a fait tomber en discrédit. Il arrive de là que, hors les qualités de l’esprit, qui sont souvent équivoques, déplacées, sur lesquelles on a mille moyens de tromper, et dont le peuple est mauvais juge, un homme, avec l’avantage de la naissance, n’a rien en lui qui le distingue d’un autre, qui justifie la fortune, qui montre dans sa personne un droit naturel à la supériorité ; et plus on néglige ces signes extérieurs, plus ceux qui nous gouvernent s’efféminent et se corrompent impunément. Il importe pourtant, et plus qu’on ne pense, que ceux qui doivent un jour commander aux autres se montrent dès leur jeunesse supérieurs à eux de tout point, ou du moins qu’ils y tâchent. Il est bon de plus que le peuple se trouve souvent avec ses chefs dans des occasions agréables, qu’il les connaisse, qu’il s’accoutume à les voir, qu’il partage avec eux ses plaisirs. Pourvu que la subordination soit toujours gardée et qu’il ne se confonde point avec eux, c’est le moyen qu’il s’y affectionne et qu’il joigne pour eux l’attachement au respect. Enfin le goût des exercices corporels détourne d’une oisiveté dangereuse, des plaisirs efféminés, et du luxe de l’esprit. C’est surtout à cause de l’âme qu’il faut exercer le corps ; et voilà ce que nos petits sages sont loin de voir.
There are no longer any Frenchmen, Germans, Spaniards, or even Englishmen today, whatever one may say; there are only Europeans. All share the same tastes, the same passions, the same customs, because none of them has been shaped by any particular national institution. Under the same circumstances, everyone will do the same things; everyone will claim to be disinterested while actually being greedy; everyone will talk about the public good while thinking only of themselves; everyone will praise mediocrity and desire to become rich beyond measure. Their only ambition is for luxury; their only passion is for gold—sure that money can satisfy all their desires, they will sell themselves to anyone willing to pay. What does it matter to them which master they obey or whose laws they follow? As long as they can find money to steal and women to corrupt, they are everywhere in their own country.
If you give the passions of the Poles a different direction, you will endow their souls with a national character that will distinguish them from other peoples and prevent them from merging, becoming fond of, or aligning themselves with them. Such a character will impart vitality, replacing the futile influence of empty precepts, and will drive them to do things out of taste and passion—things that are never done well enough when done merely out of duty or interest. It is on such souls that appropriate legislation can truly take effect. They will obey the laws, not because they are forced to do so, but because they suit their nature and gain the inner consent of their will. Loving their country, they will serve it with zeal and wholeheartedly. With such a sentiment alone, even poor legislation would produce good citizens; and it is only good citizens who make a state strong and prosperous.
I will explain below the system of administration that, without substantially altering the essence of your laws, seems to me capable of elevating patriotism and the virtues inseparable from it to their highest possible intensity. But whether you adopt this system or not, begin by instilling in the Poles a high regard for themselves and their country: given the way they have just behaved, such an opinion will not be misplaced. We must seize the opportunity presented by this current event to raise people’s spirits to the level of those of ancient times. It is undeniable that the Bar Confederation saved a nation on the verge of extinction. This great chapter in history must be etched into the hearts of every Pole in sacred characters. I would like to see a monument erected in their honor, listing the names of all the confederates—even those who might later have betrayed the common cause. Such a noble action is capable of erasing even the greatest faults of one’s life. A solemn ceremony should be established to commemorate this event every ten years, with simplicity, dignity, and republicanism rather than ostentation or frivolity. At such ceremonies, the virtues of these virtuous citizens who suffered for their country in the enemy’s dungeons should be honored appropriately, without excess emotion. Moreover, their families should be granted some honorable privileges to ensure that this glorious memory is always kept alive in the public mind. However, I would not want any invectives against the Russians to be uttered at these ceremonies, nor even any mention of them: such actions would only serve to honor them. This silence, the remembrance of their barbarity, and the praise of those who resisted them will say all that needs to be said about them. You surely despise them enough to avoid hating them.
I would like for honors and public rewards to bring glory to all patriotic virtues; for citizens to be constantly engaged in these pursuits, to make them their primary concern, and to keep them constantly before their eyes. In this way, I admit, they would have fewer means and less time to amass wealth, but they would also have less desire and need for it: their hearts would learn to seek a different kind of happiness than that derived from riches. And herein lies the true art of ennobling souls and turning them into instruments far more powerful than gold itself.
The brief account of the customs of the Poles that Mr. de Wielhorski kindly provided me with is not sufficient to give me a full understanding of their civil and domestic practices. However, a great nation that has never too closely mixed with its neighbors must surely possess many customs that are unique to itself; these customs may perhaps be gradually deteriorating due to the general trend in Europe toward adopting the tastes and habits of the French. It is necessary to preserve and restore these ancient traditions, and to introduce new ones that are appropriate for the Poles. Even if these customs seem indifferent or even undesirable in some respects, so long as they are not fundamentally harmful, they will always have the advantage of fostering a sense of loyalty among the Poles toward their own country and inducing a natural aversion toward mixing with foreigners. I consider it a fortunate circumstance that they have their own distinctive manner of dress. We must carefully safeguard this advantage; let us do precisely the opposite of what that much-praised czar did. That neither the king nor the senators, nor any member of the public, ever wear anything other than the clothing traditionally worn by their nation; and that no Pole dare appear at court dressed in French fashion.
Many public games in which the good motherland takes pleasure in seeing its children participate. She often cares for them so that they always care for her in return. Ordinary forms of entertainment at court—games, theaters, comedies, operas—must be abolished, precisely because of their influence. Everything that weakens men, that distracts them, that isolates them, that makes them forget their country and their duties, or that leads them to think everything is enjoyable as long as they are having fun—must be eliminated. Instead, new games, festivals, and ceremonies must be created, ones that are truly suited to this particular court and nowhere else found in the world. In Poland, one should enjoy oneself more than in any other country—but not in the same ways. In short, it is necessary to turn this abhorrent proverb upside down and make every Pole feel, deep in their heart: “Where there is motherland, there is happiness.”
Nothing that is exclusive to the wealthy and the powerful. Many outdoor performances, where seating arrangements are carefully organized so that everyone can participate, just as in ancient times; on certain occasions, young nobles demonstrate their strength and skill. Bullfighting has also greatly helped to maintain a certain vigor among the Spanish people. Those circuses where young people used to train in Poland should be carefully revived and transformed into venues of honor and emulation. It would be quite easy to replace the old brutal fights with less cruel exercises that still require strength and skill, and where the winners would receive honors and rewards. For example, horseback riding is an exercise that is very suitable for the Poles and could add great splendor to such performances.
The heroes of Homer were all distinguished by their strength and skill, thereby proving to the people that they were born to rule over them. The tournaments of knights not only made men brave and courageous but also filled them with a thirst for honor and glory, cultivating in them all noble virtues. However, the advent of firearms reduced the usefulness of these physical abilities in warfare, causing such qualities to fall into disrepute. As a result, apart from the qualities of the mind—which are often ambiguous, easily misinterpreted, and difficult for the common people to judge properly—a man, merely by virtue of his birth, may possess nothing that distinguishes him from another person. Moreover, the more these external signs are neglected, the more those who govern us tend to degenerate and corrupt without facing consequences. It is, therefore, of utmost importance—and more so than one might imagine—that those destined to lead others from a young age should demonstrate in every way that they are superior to their peers, or at least strive to do so. It is also beneficial for the people to spend time with their leaders in pleasant circumstances, to get to know them, to become accustomed to seeing them, and to share their joys with them. As long as a proper sense of subordination is maintained and the people do not confuse themselves with their rulers, this will foster their loyalty and respect for them. Lastly, an interest in physical exercise helps to prevent dangerous idleness, effeminate pleasures, and intellectual excesses. It is precisely for the sake of the soul that the body should be exercised—and yet our so-called “little sages” fail to recognize this truth at all.
Oggi non esistono più francesi, tedeschi, spagnoli, nemmeno inglesi, come si potrebbe pensare; esistono solo europei. Tutti hanno gli stessi gusti, le stesse passioni, le stesse abitudini, perché nessuno di loro ha ricevuto una forma nazionale attraverso istituzioni particolari. In tutte le circostanze, tutti faranno le stesse cose; tutti si dichiareranno disinteressati e saranno avari; tutti parleranno del bene pubblico ma penseranno solo a se stessi; tutti loderanno la mediocrità e vorranno diventare ricchissimi; hanno ambizioni solo per il lusso; la loro unica passione è l’oro: sicuri di poter ottenere tutto ciò che desiderano con esso, si venderanno al primo che sia disposto a pagarli. A loro importa quale padrone obbediscano o quali leggi seguano nel loro paese? Basta che trovino denaro da rubare e donne da corrompere, sono dappertutto nel loro stesso paese.
Date alle passioni dei Polacchi un’altra direzione, e darete alle loro anime un carattere nazionale che le distinguerà dagli altri popoli, impedendo loro di fondersi, di simpatizzare o di allearsi con loro; una forza che sostituirà l’effetto negativo di precetti vani, spingendoli a compiere ciò che non si riesce mai a fare abbastanza bene se lo si fa solo per dovere o interesse. È su queste anime che una legislazione appropriata potrà avere effetto reale. Essi obbediranno alle leggi senza eluderle, perché saranno in armonia con i loro desideri e riceveranno il consenso interno della loro volontà. Amando la patria, la serviranno con zelo e con tutto il cuore. Con questo solo sentimento, anche una legislazione cattiva potrebbe produrre buoni cittadini; e sono soltanto i buoni cittadini a costituire la forza e la prosperità di uno stato.
Spiegherò di seguito il regime amministrativo che, senza toccare quasi affatto il contenuto delle vostre leggi, mi sembra in grado di portare il patriottismo e le virtù ad esso inseparabili al massimo livello di intensità possibile. Ma che voi adottiate o meno questo regime, cominciate sempre dando ai polacchi una grande stima di sé stessi e della loro patria: considerando il modo in cui si sono appena comportati, questa stima non sarà certo errata. È necessario sfruttare l’occasione dell’evento attuale per elevare gli animi al livello degli antichi eroi. È certo che la confederazione di Bar abbia salvato una patria in agonia; è necessario incidere questo grande momento nei cuori di tutti i polacchi, con caratteri sacri. Vorrei che venisse eretto un monumento in suo onore, su cui fossero scritti i nomi di tutti i confederati, anche di coloro che in seguito avrebbero potuto tradire la causa comune: un’azione così grande deve cancellare ogni errore commesso nella vita. Vorrei inoltre che venisse istituita una solennità periodica per celebrarla ogni dieci anni, con una cerimonia semplice, ma dignitosa e repubblicana; che vi fosse reso degno onore, senza enfasi, l’elogio di quei virtuosi cittadini che hanno avuto l’onore di soffrire per la patria nelle prigioni del nemico; e che anche alle loro famiglie venisse concesso qualche privilegio onorifico, in modo che questo bel ricordo rimanesse sempre presente agli occhi del pubblico. Tuttavia, non vorrei che in queste solennità si permettesse alcuna invettiva contro i russi, né tantomeno che ne si parlasse: ciò significherebbe onorarli troppo. Questo silenzio, il ricordo della loro barbarie e l’elogio di coloro che hanno resistito loro diranno tutto ciò che è necessario dire su di loro; voi li dovete disprezzare troppo per odiarli.
Vorrei che, attraverso onori e ricompense pubbliche, tutte le virtù patriottiche venissero valorizzate; che i cittadini della patria fossero costantemente impegnati in queste attività, che esse diventassero la loro principale preoccupazione e che rimanessero sempre presenti nella loro mente. In questo modo, ammetto che avrebbero meno mezzi e tempo per arricchirsi, ma anche meno desiderio e necessità di farlo: i loro cuori imparerebbero a conoscere un altro tipo di felicità, diversa da quella derivante dalla ricchezza; ed ecco l’arte di nobilitare le anime, rendendole uno strumento più potente dell’oro stesso.
La breve descrizione dei costumi dei polacchi che il signor de Wielhorski si è gentilmente preso la briga di condividere con me non è sufficiente per farmi comprendere appieno le loro abitudini civili e domestiche. Tuttavia, una grande nazione che non si è mai troppo mescolata con i suoi vicini deve sicuramente possedere molti usanze proprie, che forse, a causa della tendenza generale in Europa di adottare i gusti e i costumi dei francesi, vengono giorno dopo giorno erosi. È necessario preservare e ripristinare queste antiche abitudini, introducendo al loro posto altre appropriate che siano conformi alle caratteristiche dei polacchi. Anche se questi usanzi possano risultare indifferenti o addirittura negativi in alcuni aspetti, purché non lo siano essenzialmente, avranno sempre il vantaggio di far apprezzare ai polacchi la loro patria e di suscitare in loro un naturale rifiuto verso le usanze straniere. Ritengo che sia una fortuna per loro possedere abiti particolari. Conservate con cura questo vantaggio: fate esattamente il contrario di ciò che fece quel tanto lodato zar. Che il re, i senatori e nessun altro funzionario pubblico indossino mai altri vestiti se non quelli della nazione; e che nessun polacco osi presentarsi alla corte vestito in stile francese.
Molti giochi pubblici in cui la buona madre patria si compiace di vedere i suoi figli partecipare. Si preoccupa spesso di loro affinché loro si occupino sempre di lei. È necessario abolire, anche alla corte, a causa dell’esempio, tutti quegli svaghi comuni: il gioco, i teatri, le commedie, l’opera. Tutto ciò che rende gli uomini effeminati, che li distrae, che li isola, che li fa dimenticare la loro patria e i loro doveri. È necessario inventare giochi, feste, solennità appositamente adatte a quella corte, cose che non si trovino in nessun’altra parte. Bisogna divertirsi in Polonia più che in altri paesi, ma non nello stesso modo. In breve: bisogna ribaltare un orribile detto e far sì che ogni polacco, nel profondo del suo cuore, dica: “Ubi patria, ibi benè”.
Niente, se possibile, è esclusivo dei grandi e dei ricchi. Molti spettacoli all’aperto, in cui le file sono attentamente disposte in modo da permettere a tutta la gente di partecipare, proprio come nei tempi antichi; in alcune occasioni, anche la giovane nobiltà dimostra forza e abilità. I combattimenti tra tori hanno contribuito notevolmente a mantenere una certa vigore nella nazione spagnola. Quei circhi in cui un tempo i giovani si allenavano in Polonia dovrebbero essere ripristinati con cura; dovrebbero diventare teatri di onore e di emulazione per loro. Sarebbe molto semplice sostituire gli antichi combattimenti con esercizi meno crudeli, in cui comunque la forza e l’abilità avrebbero il loro spazio, e i vincitori ricevessero onori e ricompense. Ad esempio, l’equitazione è un esercizio molto adatto ai polacchi e potrebbe rendere questi spettacoli particolarmente affascinanti.
Gli eroi di Omero si distinguevano tutti per la loro forza e abilità, dimostrando così al popolo di essere destinati a comandarlo. I tornei dei cavalieri formavano uomini non solo valorosi e coraggiosi, ma anche desiderosi di onore e gloria, e dotati di tutte le virtù. L’uso delle armi da fuoco, rendendo queste capacità fisiche meno utili in guerra, ne ha diminuito il valore. Di conseguenza, a parte le qualità intellettuali – spesso ambigue e soggette a inganni, e difficili da valutare correttamente dal popolo – un uomo, pur avendo il vantaggio della nascita, non possiede nulla che lo distingua dagli altri, nulla che giustifichi la sua fortuna o dimostri in lui un diritto naturale alla superiorità. Più si trascurano questi segni esteriori, più coloro che governano diventano potenti e corrotti senza conseguenze. Tuttavia è molto importante – più di quanto si possa pensare – che coloro che un giorno dovranno comandare gli altri dimostrino fin da giovani di essere superiori a loro sotto ogni aspetto, o almeno ci provino. Inoltre, è bene che il popolo trascorra spesso momenti piacevoli con i suoi capi, che li conosca, si abitui a vederli e condivida con loro i propri divertimenti. A condizione che la sottomissione sia sempre rispettata e che non vi sia confusione tra il popolo e i leader, questo è il modo per far sì che il popolo li apprezzi e nutra verso di loro rispetto e affetto. Infine, l’amore per gli esercizi fisici allontana dalla noia dannosa, dai piaceri effeminati e dal lusso intellettuale. È soprattutto a causa dell’anima che bisogna allenare il corpo; ed è proprio questo che i nostri piccoli saggi non riescono affatto a comprendere.
Ne négligez point une certaine décoration publique ; qu’elle soit noble, imposante, et que la magnificence soit dans les hommes plus que dans les choses. On ne saurait croire à quel point le cœur du peuple suit ses yeux, et combien la majesté du cérémonial lui en impose. Cela donne à l’autorité un air d’ordre et de règle qui inspire la confiance, et qui écarte les idées de caprice et de fantaisie attachées à celle du pouvoir arbitraire. Il faut seulement éviter, dans l’appareil des solennités, le clinquant, le papillotage et les décorations de luxe qui sont d’usage dans les cours. Les fêtes d’un peuple libre doivent toujours respirer la décence et la gravité, et l’on n’y doit présenter à son admiration que des objets dignes de son estime. Les Romains, dans leurs triomphes, étalaient un luxe énorme, mais c’était le luxe des vaincus ; plus il brillait, moins il séduisait ; son éclat même était une grande leçon pour les Romains. Les rois captifs étaient enchaînés avec des chaînes d’or et de pierreries. Voilà du luxe bien entendu. Souvent on vient au même but par deux routes opposées. Les deux balles de laine, mises dans la chambre des pairs d’Angleterre devant la place du chancelier, forment à mes yeux une décoration touchante et sublime. Deux gerbes de blé, placées de même dans le sénat de Pologne, n’y feraient pas un moins bel effet à mon gré.
L’immense distance des fortunes qui sépare les seigneurs de la petite noblesse est un grand obstacle aux réformes nécessaires pour faire de l’amour de la patrie la passion dominante. Tant que le luxe régnera chez les grands, la cupidité régnera dans tous les cœurs. Toujours l’objet de l’admiration publique sera celui des vœux des particuliers ; et, s’il faut être riche pour briller, la passion dominante sera toujours d’être riche. Grand moyen de corruption qu’il faut affaiblir autant qu’il est possible. Si d’autres objets attrayants, si des marques de rang distinguaient les hommes en place, ceux qui ne seraient que riches en seraient privés ; les vœux secrets prendraient naturellement la route de ces distinctions honorables, c’est-à-dire celles du mérite et de la vertu, quand on ne parviendrait que par là. Souvent les consuls de Rome étaient très pauvres, mais ils avaient des licteurs ; l’appareil de ces licteurs fut convoité par le peuple, et les plébéiens parvinrent au consulat.
Ôter tout-à-fait le luxe où règne l’inégalité me paraît, je l’avoue, une entreprise bien difficile. Mais n’y aurait-il pas moyen de changer les objets de ce luxe et d’en rendre l’exemple moins pernicieux ? Par exemple, autrefois la pauvre noblesse en Pologne s’attachait aux grands qui lui donnaient l’éducation et la subsistance à leur suite. Voilà un luxe vraiment grand et noble, dont je sens parfaitement l’inconvénient, mais qui du moins, loin d’avilir les âmes, les élève, leur donne des sentiments, du ressort, et fut sans abus chez les Romains tant que dura la république. J’ai lu que le duc d’Épernon, rencontrant un jour le duc de Sully, voulait lui chercher querelle, mais que, n’ayant que six cents gentilshommes à sa suite, il n’osa attaquer Sully qui en avait huit cents. Je doute qu’un luxe de cette espèce laisse une grande place à celui des colifichets ; et l’exemple du moins n’en séduira pas les pauvres. Ramenez les grands en Pologne à n’en avoir que de ce genre, il en résultera peut-être des divisions, des partis, des querelles ; mais il ne corrompra pas la nation. Après celui-là tolérons le luxe militaire, celui des armes, des chevaux ; mais que toute parure efféminée soit en mépris ; et si l’on n’y peut faire renoncer les femmes, qu’on leur apprenne au moins à l’improuver et dédaigner dans les hommes.
Au reste, ce n’est pas par des lois somptuaires qu’on vient à bout d’extirper le luxe : c’est du fond des cœurs qu’il faut l’arracher, en y imprimant des goûts plus sains et plus nobles. Défendre les choses qu’on ne doit pas faire est un expédient inepte et vain, si l’on ne commence par les faire haïr et mépriser ; et jamais l’improbation de la loi n’est efficace que quand elle vient à l’appui de celle du jugement. Quiconque se mêle d’instituer un peuple doit savoir dominer les opinions, et par elles gouverner les passions des hommes. Cela est vrai surtout dans l’objet dont je parle. Les lois somptuaires irritent le désir par la contrainte plutôt qu’elles ne l’éteignent par le châtiment. La simplicité dans les moeurs et dans la parure est moins le fruit de la loi que celui de l’éducation.
Chapitre 4. – Éducation.
C’est ici l’article important. C’est l’éducation qui doit donner aux âmes la forme nationale, et diriger tellement leurs opinions et leurs goûts, qu’elles soient patriotes par inclination, par passion, par nécessité. Un enfant en ouvrant les yeux doit voir la patrie, et jusqu’à la mort ne doit plus voir qu’elle. Tout vrai républicain suça avec le lait de sa mère l’amour de sa patrie, c’est-à-dire des lois et de la liberté. Cet amour fait toute son existence ; il ne voit que la patrie, il ne vit que pour elle ; sitôt qu’il est seul, il est nul ; sitôt qu’il n’a plus de patrie, il n’est plus ; et s’il n’est pas mort, il est pis.
L’éducation nationale n’appartient qu’aux hommes libres ; il n’y a qu’eux qui aient une existence commune et qui soient vraiment liés par la loi. Un Français, un Anglais, un Espagnol, un Italien, un Russe, sont tous à peu près le même homme ; il sort du collège déjà tout façonné pour la licence, c’est-à-dire pour la servitude. À vingt ans, un Polonais ne doit pas être un autre homme ; il doit être un Polonais. Je veux qu’en apprenant à lire il lise des choses de son pays ; qu’à dix ans il en connaisse toutes les productions, à douze toutes les provinces, tous les chemins, toutes les villes ; qu’à quinze il en sache toute l’histoire, à seize toutes les lois ; qu’il n’y ait pas eu dans toute la Pologne une belle action ni un homme illustre dont il n’ait la mémoire et le cœur pleins, et dont il ne puisse rendre compte à l’instant. On peut juger par-là que ce ne sont pas les études ordinaires, dirigées par des étrangers et des prêtres, que je voudrais faire suivre aux enfants. La loi doit régler la matière, l’ordre et la forme de leurs études. Ils ne doivent avoir pour instituteurs que des Polonais, tous mariés, s’il est possible, tous distingués par leurs mœurs, par leur probité, par leur bon sens, par leurs lumières, et tous destinés à des emplois, non plus importants ni plus honorables, car cela n’est pas possible, mais moins pénibles et plus éclatant, lorsqu’au bout d’un certain nombre d’années ils auront bien rempli celui-là. Gardez-vous surtout de faire un métier de l’état de pédagogue. Tout homme public en Pologne ne doit avoir d’autre état permanent que celui de citoyen. Tous les postes qu’il remplit, et surtout ceux qui sont importants, comme celui-ci, ne doivent être considérés que comme des places d’épreuve et des degrés pour monter plus haut après l’avoir mérité. J’exhorte les Polonais à faire attention à cette maxime, sur laquelle j’insisterai souvent : je la crois la clef d’un grand ressort dans l’état. On verra ci-après comment on peut, à mon avis, la rendre praticable sans exception.
Je n’aime point ces distinctions de collèges et d’académies, qui font que la noblesse riche et la noblesse pauvre sont élevées différemment et séparément. Tous étant égaux par la constitution de l’état doivent être élevés ensemble et de la même manière ; et si l’on ne peut établir une éducation publique tout-à-fait gratuite, il faut du moins la mettre à un prix que les pauvres puissent payer. Ne pourrait-on pas fonder dans chaque collège un certain nombre de places purement gratuites, c’est-à-dire aux frais de l’état, et qu’on appelle en France des bourses ? Ces places, données aux enfants des pauvres gentilshommes qui auraient bien mérité de la patrie, non comme une aumône, mais comme une récompense des bons services des pères, deviendraient à ce titre honorables, et pourraient produire un double avantage qui ne serait pas à négliger. Il faudrait pour cela que la nomination n’en fût pas arbitraire, mais se fit par une espèce de jugement dont je parlerai ci-après. Ceux qui rempliraient ces places seraient appelés enfants de l’état, et distingués par quelque marque honorable qui donnerait la préséance sur les autres enfants de leur âge, sans excepter ceux des grands.
Do not neglect certain forms of public decoration; let them be noble and imposing, and let the splendor reside more in the people than in the objects themselves. One would never believe to what extent the hearts of the people follow their eyes, and how much the dignity of ceremonial rites commands their respect. Such decorations give authority an air of order and discipline that inspires confidence and dispels the notions of caprice and fantasy associated with arbitrary power. It is merely necessary to avoid in these solemn ceremonies the gaudiness, the flashiness, and the luxuries commonly seen in courts. The festivals of a free people should always exude decency and seriousness; only objects worthy of their respect should be presented for their admiration. The Romans, in their triumphs, displayed immense luxury—but it was the luxury of the vanquished; the more dazzling it was, the less it appealed to them; its very brilliance served as a profound lesson to the Romans. Captive kings were led in chains made of gold and jewels—such is true luxury indeed. Often, the same goal can be achieved through two opposite approaches. The two balls of wool placed in the chamber of the peers of England in front of the chancellor’s seat constitute, in my view, a touching and sublime form of decoration. Similarly, two sheaves of wheat placed in the Polish senate would produce no less pleasing effect, in my opinion.
The immense disparity in wealth that separates the nobility from the lesser gentry constitutes a major obstacle to the reforms necessary to make love for one’s country the dominant passion. As long as luxury prevails among the elite, greed will rule in everyone’s heart. Public admiration will always be directed toward those whom individuals desire to emulate; and since wealth is required to shine in such a society, the predominant ambition will always be to become wealthy. This is a powerful tool for corruption that must be weakened wherever possible. If other attractive distinctions or symbols of rank could distinguish those in power from ordinary people, those who were merely wealthy would be deprived of such advantages. Secret desires would naturally turn toward these honorable distinctions—those based on merit and virtue—since those alone would offer true advancement. Often, the consuls of Rome were very poor, yet they possessed lictors; the prestige associated with these lictors was coveted by the people, and thus plebeians were able to attain the rank of consul.
To completely eliminate the kind of luxury that breeds inequality seems, I must admit, an extremely difficult task. But wouldn’t it be possible to change the nature of these luxuries and make their effects less harmful? For instance, in the past, the poor nobility in Poland attached themselves to those who provided them with education and sustenance. This was indeed a noble and significant form of luxury—I fully recognize its drawbacks—but at least, far from corrupting people’s souls, it educated them, inspired their emotions, and gave them vitality. Such luxury was not abused during the Roman Republic. I have read that once the Duke of Épernon encountered the Duke of Sully and wanted to provoke a fight with him, but since he had only six hundred gentlemen at his disposal, he did not dare attack Sully, who had eight hundred. I doubt that a luxury of this kind would leave much room for other forms of frivolous extravagance; moreover, it certainly would not attract the poor. If the nobility in Poland were reduced to such a level of luxury, it might lead to divisions, factions, and conflicts—but it would not corrupt the nation as a whole. After all, we tolerate military luxury—the expense of weapons and horses—but any effeminate form of adornment should be despised. And if we cannot persuade women to abandon such things, at least we should teach them to reject and scorn them in men.
After all, it is not through sumptuary laws that one can successfully eradicate luxury; it must be uprooted from the depths of people’s hearts by instilling in them healthier and nobler tastes. To defend things that should not be done is an ineffectual and futile measure, unless one first manages to make those things despised and loathed; and the disapproval of law is never effective unless it is supported by the judgment of conscience. Anyone who attempts to govern a people must know how to control public opinion and use it to influence people’s passions. This is especially true in the matter I am discussing here. Sumptuary laws merely provoke desire through coercion, rather than extinguishing it through punishment. Simplicity in both manners and attire is less the result of such laws than it is the product of education.
Chapter 4. – Education.
Here lies the essential article: it is education that must impart a national form to the souls of people, and guide their opinions and tastes in such a way that they become patriots out of inclination, passion, and necessity. When a child opens its eyes, it should see only the motherland; from that moment until death, it should behold nothing else but her. Every true republican absorbs, with the milk of his mother’s breast, the love for his country—namely, for its laws and freedom. This love constitutes the entire purpose of his existence; he sees nothing but his country, and lives solely for it. The moment he is alone, he becomes nothing; the moment he no longer has a country, he ceases to exist; and if he is not dead already, his fate is even worse.
National education belongs solely to free men; only they possess a common existence and are truly bound by law. A Frenchman, an Englishman, a Spaniard, an Italian, a Russian—are all, in essence, the same kind of person. By the time they leave school, they are already shaped for a life of servitude. At twenty years old, a Pole should not be some other person; he must be a Pole. I want him, from the moment he begins to read, to read about his own country; at ten years old, to know all its productions; at twelve, all its provinces, roads, and cities; at fifteen, all its history; at sixteen, all its laws. There should not be in all of Poland a single noble deed or a single illustrious person whose memory and influence he does not possess, and about whom he cannot speak knowledgeably on the spot. From this, one can see that it is certainly not the ordinary education system, as administered by foreigners and priests, that I wish to see children follow. The law must regulate the content, order, and form of their studies. Their instructors should be only Poles—married men, if possible—and all distinguished for their morals, integrity, common sense, and knowledge. They should also be destined for positions, not necessarily more important or honorable, but certainly less arduous and more rewarding once they have served in those roles for a sufficient number of years. Above all, let us avoid making the profession of educator a permanent career. In Poland, every public official should have only one permanent status: that of a citizen. All positions he holds, especially those of importance like this one, should be regarded merely as opportunities for testing and as steps toward higher office, once deserving thereof. I urge Poles to keep this maxim in mind; I believe it is the key to great vitality within the state. Later on, we will see how, in my opinion, it can be made universally practicable without exception.
I do not approve of these distinctions between colleges and academies, which lead to the wealthy nobility and the poor nobility being educated in different ways and separately. Since all are equal according to the constitution of the state, they should all be educated together and in the same manner; and if it is not possible to establish a completely free public education system, at least the cost of such education should be set at a level that the poor can afford. Could it not be possible to allocate a certain number of places in each college that are entirely free of charge, that is, funded by the state—what are called “bourses” in France? These places, given to the children of poor gentlemen who have truly served their country well, not as alms but as rewards for their fathers’ merits, would be honorable in nature and could bring about double benefits that should not be overlooked. To ensure this, the appointment to these positions must not be arbitrary but must be based on some form of evaluation, which I will discuss later. Those who occupy these places would be called “children of the state” and would be distinguished by some honorable mark that would give them precedence over other children of their age, without exception even for those from noble families.
Non trascurate affatto una certa decorazione pubblica; che essa sia nobile e imponente, e che la magnificenza risieda più negli uomini che nelle cose. Si potrebbe a malapena credere fino a che punto il cuore del popolo segue i suoi occhi, e quanto la maestosità delle cerimonie lo influenzi profondamente. Questo conferisce all’autorità un aspetto di ordine e regolarità che ispira fiducia, e scaccia quelle idee di capriccio e fantasia associate al concetto di potere arbitrario. Bisogna soltanto evitare, nell’organizzazione delle solennità, tutto ciò che è volgare, effettistico o di lusso tipico delle corti. Le feste di un popolo libero devono sempre trasmettere decenza e gravità; in esse si dovrebbero presentare all’ammirazione del pubblico soltanto oggetti degni della sua stima. I Romani, nei loro trionfi, ostentavano un lusso enorme, ma era il lusso dei vinti; più brillante era, meno seducente risultava; anzi, il suo stesso splendore costituiva una grande lezione per i Romani stessi. I re prigionieri venivano incatenati con catene d’oro e pietre preziose: ecco un lusso davvero appropriato. Spesso lo stesso scopo può essere raggiunto attraverso due strade opposte. Le due palle di lana messe nella sala dei pari d’Inghilterra, davanti alla sede del cancelliere, rappresentano, a mio parere, una decorazione commovente e sublime; allo stesso modo, due mazzi di grano posti nel senato della Polonia produrrebbero, secondo me, un effetto altrettanto bello.
La vasta disparità di ricchezze che separa i signori dalla piccola nobiltà rappresenta un grande ostacolo alle riforme necessarie per rendere l’amore per la patria la passione dominante. Finché il lusso regnerà tra i potenti, la cupidigia continuerà ad dominare nei cuori di tutti. L’oggetto dell’ammirazione pubblica sarà sempre quello dei desideri delle persone comuni; e se per brillare è necessario essere ricchi, allora la passione dominante sarà inevitabilmente quella della ricchezza. Si tratta di un potente mezzo di corruzione che bisogna indebolire il più possibile. Se esistessero altri elementi attraenti o segni distintivi di rango per distinguere coloro che occupano posizioni elevate, coloro che sono semplicemente ricchi ne sarebbero privati; i desideri nascosti delle persone comuni prenderebbero naturalmente la strada di queste distinzioni onorevoli, cioè quelle basate sul merito e sulla virtù, se solo si potesse raggiungere tale status attraverso questi soli mezzi. Spesso i consoli di Roma erano molto poveri, ma possedevano dei littori; l’aspetto esteriore di questi littori era oggetto di invidia da parte del popolo, e così i plebei riuscivano a raggiungere la carica di console.
Rimuovere del tutto quel tipo di lusso che è caratterizzato dall’ineguaglianza mi sembra, lo ammetto, un compito davvero difficile. Ma non esisterebbe forse modo di modificare gli oggetti legati a questo lusso e di renderne l’esempio meno dannoso? Ad esempio, un tempo la povera nobiltà in Polonia era legata ai grandi signori che le fornivano educazione e sostentamento. Questo è davvero un tipo di lusso nobile e significativo; ne comprendo perfettamente gli svantaggi, ma almeno, lontano dall’umiliare le persone, le educava, suscitava in loro sentimenti e spirito di lotta. E tale lusso non fu mai abusato dai Romani finché durò la repubblica. Ho letto che un giorno il duca d’Épernon, incontrando il duca di Sully, volle provocarlo, ma poiché aveva soltanto seicento gentiluomini al suo seguito, non osò attaccare Sully, che ne aveva ottocento. Dubito che un lusso di questo genere lasci spazio a quello legato ai gingilli e agli oggetti frivoli; inoltre, almeno non sedurrà i poveri. Se si riducesse la nobiltà polacca a possedere soltanto questo tipo di lusso, forse ne deriverebbero divisioni, fazioni e conflitti. Ma comunque non corromperebbe la nazione. Dopo questo tipo di lusso, tolleriamo quello legato alle armi e ai cavalli; ma che ogni forma di vanità effemminata venga disprezzata. E se non si riesce a far rinunciare alle donne a queste cose, almeno insegniamole a disapprovarle e a disdegnarle negli uomini.
Del resto, non sono le leggi sul lusso a poter eliminare veramente il lusso stesso: esso deve essere strappato dal profondo del cuore delle persone, imprimendo in loro gusti più sani e nobili. Proteggere ciò che non dovrebbe essere fatto è un rimedio inadeguato e vano, se prima non si riesce a farlo odiare e disprezzare; e l’opposizione alla legge diventa efficace soltanto quando si avvale del sostegno della giustizia. Chiunque intenda governare un popolo deve saper dominare le opinioni e, attraverso di esse, guidare le passioni umane. Questo è particolarmente vero nel caso di cui parlo: le leggi sul lusso irritano il desiderio piuttosto che soffocarlo con la punizione. La semplicità nei costumi e nell’abbigliamento è meno il risultato delle leggi che quello dell’educazione.
Capitolo 4. – Educazione.
Ecco l’articolo importante: è l’educazione che deve dare alle anime la “forma” nazionale e guidare in modo tale le loro opinioni e i loro gusti, affinché siano patriottiche per inclinazione, passione o necessità. Un bambino, non appena apre gli occhi, deve vedere la patria; fino alla morte non dovrebbe vedere altro che lei. Ogni vero repubblicano assorbe con il latte di sua madre l’amore per la propria patria, cioè per le leggi e la libertà. Questo amore costituisce tutta la sua esistenza: egli vede solo la patria, vive soltanto per lei; non appena rimane solo, diventa nulla; non appena perde la patria, smette di esistere; e se non è morto, allora è peggio.
L’istruzione nazionale appartiene esclusivamente agli uomini liberi; solo loro hanno un’esistenza comune e sono veramente legati dalla legge. Un francese, un inglese, uno spagnolo, un italiano, un russo sono tutti, in sostanza, la stessa persona; usciti dal collegio, sono già plasmati per svolgere compiti subordinati. A vent’anni, un polacco non dovrebbe essere considerato diverso dagli altri; deve essere semplicemente un polacco. Voglio che, imparando a leggere, i bambini leggano cose riguardanti il loro paese; che a dieci anni conoscano tutte le sue produzioni artistiche e culturali, a dodici anni tutte le sue province, tutti i suoi percorsi e le sue città; che a quindici anni conoscano tutta la sua storia, a sedici anni tutte le sue leggi. Non dovrebbe esserci in tutta la Polonia un’azione nobile o una persona illustre di cui non abbiano memoria e il cuore pieno, e di cui non possano parlare immediatamente. Da questo si può dedurre che non sono gli studi ordinari, guidati da stranieri e preti, quelli che vorrei che i bambini seguissero. La legge deve regolare il contenuto, l’ordine e la forma dei loro studi. I loro insegnanti dovrebbero essere soltanto polacchi, tutti sposati, se possibile, tutti rinomati per le loro virtù, la loro onestà, il loro buon senso e le loro conoscenze; inoltre, tutti dovrebbero essere destinati a incarichi non più importanti né onorifici di quelli attuali, ma comunque meno faticosi e più gratificanti, una volta trascorsi un certo numero di anni e dopo aver dimostrato di esserne degni. Bisogna assolutamente evitare che l’insegnamento diventi una professione a tempo pieno; in Polonia, ogni funzionario pubblico non dovrebbe avere altro status permanente se non quello di cittadino. Tutti gli incarichi che ricopre, soprattutto quelli importanti come questo, dovrebbero essere considerati semplicemente opportunità per mettersi alla prova e gradini per raggiungere posizioni più elevate una volta dimostrati meritevoli. Esorto i polacchi a prestare attenzione a questa massima, su cui insisterò spesso: la ritengo la chiave di un grande sviluppo per il loro paese. Vedremo in seguito come, secondo me, sia possibile renderla concreta senza eccezioni.
Non mi piacciono queste distinzioni tra college e accademie, che fanno sì che la nobiltà ricca e quella povera vengano educate in modo diverso e separatamente. Poiché tutti sono uguali per natura costituzionale dello stato, dovrebbero essere educati insieme e nello stesso modo; e se non è possibile istituire un’istruzione pubblica del tutto gratuita, almeno si dovrebbe fissare un prezzo che i poveri possano permettersi di pagare. Non si potrebbe forse creare in ogni college un certo numero di posti completamente gratuiti, cioè a spese dello stato, e chiamarli “borse di studio”? Questi posti, assegnati ai figli dei poveri gentiluomini che avessero davvero meritato qualcosa dalla patria, non come un’elemosina, ma come ricompensa per i buoni servizi resi dai loro padri, diventerebbero in tal modo onorifici e potrebbero portare a un doppio vantaggio che non va trascurato. Per questo, la nomina dei beneficiari di tali posti non dovrebbe essere arbitraria, ma dovrebbe avvenire attraverso una sorta di valutazione di cui parlerò in seguito. Coloro che occupassero questi posti verrebbero chiamati “figli dello stato” e distinti da qualche segno onorifico che gli conferisse la precedenza sugli altri ragazzi della loro età, senza eccezione per quelli appartenenti alle famiglie nobili.
Dans tous les collèges il faut établir un gymnase ou lieu d’exercices corporels pour les enfants. Cet article si négligé est, selon moi, la partie la plus importante de l’éducation, non seulement pour former des tempéraments robustes et sains, mais encore plus pour l’objet moral, qu’on néglige ou qu’on ne remplit que par un tas de préceptes pédantesques et vains qui sont autant de paroles perdues. Je ne redirai jamais assez que la bonne éducation doit être négative. Empêchez les vices de naître, vous aurez assez fait pour la vertu. Le moyen en est de la dernière facilité dans la bonne éducation publique ; c’est de tenir toujours les enfants en haleine, non par d’ennuyeuses études où ils n’entendent rien et qu’ils prennent en haine par cela seul qu’ils sont forcés de rester en place, mais par des exercices qui leur plaisent, en satisfaisant au besoin qu’en croissant a leur corps de s’agiter, et dont l’agrément pour eux ne se bornera pas là.
On ne doit point permettre qu’ils jouent séparément à leur fantaisie, mais tous ensemble et en public, de manière qu’il y ait toujours un but commun auquel tous aspirent, et qui excite la concurrence et l’émulation. Les parents qui préféreront l’éducation domestique, et feront élever leurs enfants sous leurs yeux, doivent cependant les envoyer à ces exercices. Leur instruction peut être domestique et particulière, mais leurs jeux doivent toujours être publics et communs à tous ; car il ne s’agit pas seulement ici de les occuper, de leur former une constitution robuste, de les rendre agiles et découplés, mais de les accoutumer de bonne heure à la règle, à l’égalité, à la fraternité, aux concurrences, à vivre sous les yeux de leurs concitoyens, et à désirer l’approbation publique. Pour cela, il ne faut pas que les prix et récompenses des vainqueurs soient distribués arbitrairement par les maîtres des exercices, ni par les chefs des collèges, mais par acclamation et au jugement des spectateurs ; et l’on peut compter que ces jugements seront toujours justes, surtout si l’on a soin de rendre ces jeux attirants pour le public, en les ordonnant avec un peu d’appareil, et de façon qu’ils fassent spectacle. Alors il est à présumer que tous les honnêtes gens et tous les bons patriotes se feront un devoir et un plaisir d’y assister.
À Berne, il y a un exercice bien singulier pour les jeunes patriciens qui sortent du collège. C’est ce qu’on appelle l’état extérieur. C’est une copie en petit de tout ce qui compose le gouvernement de la république. Un sénat, des avoyers, des officiers, des huissiers, des orateurs, des causes, des jugements, des solennités. L’état extérieur a même un petit gouvernement et quelques rentes ; et cette institution, autorisée et protégée par le souverain, est la pépinière des hommes d’état qui dirigeront un jour les affaires publiques dans les mêmes emplois qu’ils n’exercent d’abord que par jeu.
Quelque forme qu’on donne à l’éducation publique, dont je n’entreprends pas ici le détail, il convient d’établir un collège de magistrats du premier rang qui en ait la suprême administration, et qui nomme, révoque et change à sa volonté tant les principaux et chefs des collèges, lesquels seront eux-mêmes, comme je l’ai déjà dit, des candidats pour les hautes magistratures, que les maîtres des exercices, dont on aura soin d’exciter aussi le zèle et la vigilance par des places plus élevées, qui leur seront ouvertes ou fermées selon la manière dont ils auront rempli celles-là. Comme c’est de ces établissements que dépend l’espoir de la république, la gloire et le sort de la nation, je les trouve, je l’avoue, d’une importance que je suis bien surpris qu’on n’ait songé à leur donner nulle part. Je suis affligé pour l’humanité que tant d’idées qui me paraissent bonnes et utiles se trouvent toujours, quoique très praticables, si loin de tout ce qui se fait.
Au reste, je ne fais ici qu’indiquer ; mais c’est assez pour ceux à qui je m’adresse. Ces idées mal développées montrent de loin les routes inconnues aux modernes par lesquelles les anciens menaient les hommes à cette vigueur d’âme, à ce zèle patriotique, à cette estime pour les qualités vraiment personnelles, sans égard à ce qui n’est qu’étranger à l’homme, qui sont parmi nous sans exemple, mais dont les levains dans les cœurs de tous les hommes n’attendent pour fermenter que d’être mis en action par des institutions convenables. Dirigez dans cet esprit l’éducation, les usages, les coutumes, les mœurs des Polonais, vous développerez en eux ce levain qui n’est pas encore éventé par des maximes corrompues, par des institutions usées, par une philosophie égoïste qui prêche et qui tue. La nation datera sa seconde naissance de la crise terrible dont elle sort ; et voyant ce qu’ont fait ses membres encore indisciplinés, elle attendra beaucoup et obtiendra davantage d’une institution bien pondérée : elle chérira, elle respectera des lois qui flatteront son noble orgueil, qui la rendront, qui la maintiendront heureuse et libre ; arrachant de son sein les passions qui les éludent, elle y nourrira celles qui les font aimer ; enfin se renouvelant pour ainsi dire elle-même, elle reprendra dans ce nouvel âge toute la vigueur d’une nation naissante. Mais sans ces précautions n’attendez rien de vos lois : quelque sages, quelque prévoyantes qu’elles puissent être, elles seront éludées et vaines ; et vous aurez corrigé quelques abus qui vous blessent, pour en introduire d’autres que vous n’aurez pas prévus. Voilà des préliminaires que j’ai crus indispensables. Jetons maintenant les yeux sur la constitution.
Chapitre 6. – Question des trois ordres.
Je n’entends guère parler de gouvernement sans trouver qu’on remonte à des principes qui me paraissent faux ou louches. La république de Pologne, a-t-on souvent dit et répété, est composée de trois ordres ; l’ordre équestre, le sénat, et le roi. J’aimerais mieux dire que la nation polonaise est composée de trois ordres : les nobles, qui sont tout ; les bourgeois, qui ne sont rien ; et les paysans, qui sont moins que rien. Si l’on compte le sénat pour un ordre dans l’état, pourquoi ne compte-t-on pas aussi pour tel la chambre des nonces, qui n’est pas moins distincte, et qui n’a pas moins d’autorité ? Bien plus ; cette division, dans le sens même qu’on la donne, est évidemment incomplète ; car il y fallait ajouter les ministres qui ne sont ni rois, ni sénateurs, ni nonces, et qui, dans la plus grande indépendance, n’en sont pas moins dépositaires de tout le pouvoir exécutif. Comment me fera-t-on jamais comprendre que la partie, qui n’existe que par le tout, forme pourtant, par rapport au tout, un ordre indépendant de lui ? La pairie, en Angleterre, attendu qu’elle est héréditaire, forme, je l’avoue, un ordre existant par lui-même. Mais en Pologne, ôtez l’ordre équestre, il n’y a plus de sénat, puisque nul ne peut être sénateur s’il n’est premièrement noble polonais. De même il n’y a plus de roi, puisque c’est l’ordre équestre qui le nomme, et que le roi ne peut rien sans lui : mais ôtez le sénat et le roi, l’ordre équestre et par lui l’état et le souverain demeurent en leur entier ; et dès demain, s’il lui plaît, il aura un sénat et un roi comme auparavant.
Mais, pour n’être pas un ordre dans l’état, il ne s’ensuit pas que le sénat n’y soit rien ; et quand il n’aurait pas en corps le dépôt des lois, ses membres, indépendamment de l’autorité du corps, ne léseraient pas moins de la puissance législative, et ce serait leur ôter le droit qu’ils tiennent de leur naissance que de les empêcher d’y voter en pleine diète toutes les fois qu’il s’agit de faire ou de révoquer des lois ; mais ce n’est plus alors comme sénateurs qu’ils votent, c’est simplement comme citoyens. Sitôt que la puissance législative parle, tout rentre dans l’égalité ; toute autre autorité se tait devant elle ; sa voix est la voix de Dieu sur la terre. Le roi même, qui préside à la diète, n’a pas alors, je le soutiens, le droit d’y voter s’il n’est noble polonais.
On me dira sans doute ici que je prouve trop, et que si les sénateurs n’ont pas voix comme tels à la diète, ils ne doivent pas non plus l’avoir comme citoyens, puisque les membres de l’ordre équestre n’y votent pas par eux-mêmes, mais seulement par leurs représentants, au nombre desquels les sénateurs ne sont pas. Et pourquoi voteraient-ils comme particuliers dans la diète, puisque aucun autre noble, s’il n’est nonce, n’y peut voter ? Cette objection me paraît solide dans l’état présent des choses ; mais quand les changements projetés seront faits, elle ne le sera plus, parce qu’alors les sénateurs eux-mêmes seront des représentants perpétuels de la nation, mais qui ne pourront agir en matière de législation qu’avec le concours de leurs collègues.
In every college, it is necessary to establish a gymnasium or a place for physical exercise for children. This aspect of education, which is so often neglected, is, in my opinion, the most important part of it—not only for fostering robust and healthy temperaments, but even more so for moral development. Unfortunately, this objective is often overlooked or fulfilled merely through a series of pedantic and futile precepts that amount to nothing more than empty words. I cannot stress enough how essential it is that good education should be “negative” in nature: prevent vices from arising, and you will have done enough to promote virtue. The means to achieve this are quite simple in the context of public education. It simply involves keeping children active at all times—not through tedious studies that they neither understand nor enjoy, but through exercises that they find pleasurable, that satisfy their growing physical needs for activity, and that bring them genuine enjoyment.
One must not allow them to engage in their whims separately, but rather together and in public, so that there is always a common goal toward which all strive—a goal that stimulates competition and emulation. Parents who prefer domestic education and choose to raise their children under their own eyes should still send them to participate in such activities. Their instruction may be conducted at home on a personal basis, but their games must always be public and open to everyone; for it is not merely about keeping them occupied or developing their physical strength and agility that is at stake here, but also about accustoming them from an early age to rules, equality, fraternity, competition, and the idea of living under the gaze of their fellow citizens—and to desire public approval. For this reason, the prizes and rewards for the winners should not be distributed arbitrarily by the organizers of the activities or by school leaders, but rather through the applause and judgment of the spectators; and it can be assumed that such judgments will always be fair, especially if care is taken to make these games attractive to the public by arranging them in an orderly and visually pleasing manner. In that case, it is reasonable to expect that all honest people and true patriots will consider it their duty and pleasure to attend.
In Bern, there is a rather peculiar practice for young patricians who have just left school. It is what is called the “external state.” It is a miniature replica of everything that constitutes the government of the republic—a senate, lawyers, officials, bailiffs, orators, legal cases, judgments, and ceremonial ceremonies. The external state even has its own small government and some revenues. This institution, authorized and protected by the sovereign, serves as the breeding ground for statesmen who will one day manage public affairs in the very same positions that they initially occupy merely for fun.
No matter what form public education is given—something I do not intend to detail here—it is necessary to establish a college of top-ranking magistrates to oversee its administration. These magistrates should have the power to appoint, remove, and replace both the heads of these educational institutions—whomever they may be, since, as I have already stated, they themselves will be candidates for high-ranking judicial positions—and also the instructors. It is essential to stimulate their zeal and vigilance by offering them higher positions, which should be granted or denied depending on how well they perform their duties. Since the fate of the republic, its glory, and the destiny of the nation depend on such institutions, I must admit that their importance seems utterly overlooked. It fills me with sorrow for humanity that so many ideas that I consider good and useful remain, despite being highly feasible, so far removed from actual practice.
Furthermore, I am merely indicating these things here; but this is sufficient for those to whom I am addressing myself. These poorly developed ideas clearly show the unknown paths through which the ancients led men towards such spiritual vigor, such patriotic zeal, and such respect for truly personal qualities—qualities that are unrelated to what is merely external to man. Such qualities are without precedent among us today; yet the seeds of them lie in the hearts of all men, waiting only to be activated by appropriate institutions. Guide the education, customs, traditions, and morals of the Poles in this spirit, and you will develop within them those qualities that have not yet been corrupted by corrupt doctrines, outdated institutions, or selfish philosophies that preach one thing while practicing another. The nation will date its second birth from the terrible crisis from which it has emerged; and seeing what its still undisciplined members have accomplished, it will expect much—and achieve even more—from a well-balanced system of institutions. It will cherish and respect laws that flatter its noble pride and that make it happy and free. By eradicating those passions that lead to disorder, it will nurture those that bring love and harmony. In essence, by renewing itself, it will regain all the vigor of a nation in its infancy. But without these precautions, expect nothing from your laws: no matter how wise or foresighted they may be, they will be ignored and prove futile. You may correct some abuses that harm you, only to introduce others that you have not anticipated. These are preliminaries that I deemed indispensable. Now let us turn our attention to the constitution itself.
Chapter 6 – The Issue of the Three Orders.
I hardly ever hear discussions about government that do not refer to principles which seem to me either false or questionable. It is often said and repeated that the Republic of Poland consists of three orders: the nobility, the senate, and the king. I would rather say that the Polish nation is composed of three classes: the nobles, who are everything; the bourgeoisie, who are nothing; and the peasants, who are less than nothing. If the senate is considered an order within the state, why then not also consider the Chamber of Deputies as such, since it is just as distinct and possesses just as much authority? Moreover, this division, in the very sense in which it is conceived, is obviously incomplete; for one would also have to include the ministers—people who are neither kings nor senators nor deputies—and who, despite their great independence, nevertheless hold all executive power. How can anyone make me understand that a class that exists only in relation to the whole constitutes, nonetheless, an independent order within that whole? In England, the peerage, being hereditary, indeed forms an order that exists on its own right. But in Poland, remove the nobility, and there is no longer a senate—since no one can be a senator unless they are first and foremost Polish nobles. Similarly, there is no longer a king—because it is the nobility that appoints him, and he cannot act without their support. But remove the senate and the king, and the nobility, along with the state and the sovereign, remain intact; and tomorrow, if they so desire, they can simply re-establish a senate and a king just as before.
But merely because the senate is not a form of order in its current state does not mean that it has no role at all; and even if it did not physically hold the deposit of laws, its members, independent of the authority of the body as such, would still not undermine legislative power. To prevent them from voting in plenary session whenever laws are to be enacted or repealed would be to deprive them of a right inherent in their very nature. However, in such cases, they would no longer be voting as senators, but merely as citizens. Once legislative power takes action, all distinctions vanish; all other authorities must yield to it; its voice is the voice of God on earth. Even the king, who presides over the assembly, does not, in my view, have the right to vote there unless he is a Polish nobleman.
One might argue here that I am providing too much evidence; and that if senators do not have voting rights in the diet as such, they should not possess them at all as citizens either, since members of the equestrian order do not vote themselves, but only through their representatives—among whom senators are not included. And why should they vote as individuals in the diet, when no other nobleman, unless a diplomat, is allowed to do so? This objection seems sound given the current circumstances; but once the proposed changes are implemented, it will no longer hold true, because then the senators themselves will become permanent representatives of the nation—yet they will only be able to act on legislative matters with the consent of their colleagues.
In tutti gli istituti scolastici è necessario istituire un ginnasio o un luogo dedicato all’esercizio fisico per i bambini. Questo aspetto, spesso trascurato, rappresenta, a mio parere, la parte più importante dell’educazione: non solo per formare temperamenti robusti e sani, ma soprattutto per lo sviluppo morale, che viene spesso trascurato o soddisfatto soltanto attraverso una serie di precetti pedanti e vani, i quali finiscono per risultare inutili. Non ripeterò mai abbastanza quanto sia fondamentale che un’educazione efficace sia “negativa”: impedite che i vizi nascano, e avrete già fatto abbastanza per promuovere la virtù. Il mezzo per raggiungere questo scopo è semplicissimo nell’ambito di un’adeguata educazione pubblica: mantenere sempre i bambini attivi, non attraverso noiose lezioni che non significano nulla per loro e che li fanno odiare il processo stesso di apprendimento, ma attraverso esercizi che li divertano, soddisfacendo al contempo il bisogno naturale del loro corpo di muoversi. Inoltre, l’esperienza di tali attività non dovrebbe limitarsi a questo aspetto fisico: dovrebbe anche offrire loro piacere e gratificazione personale.
Non si deve permettere che giocino separatamente secondo le loro fantasie, ma tutti insieme e in pubblico, in modo che ci sia sempre uno scopo comune verso cui tutti tendano, uno scopo che susciti la concorrenza e l’emulazione. I genitori che preferiscano l’educazione domestica e decidano di educare i loro figli sotto i loro occhi devono tuttavia mandarli a partecipare a questi giochi. L’insegnamento può essere domestico e individuale, ma i giochi devono sempre essere pubblici e condivisi da tutti; perché non si tratta semplicemente di occuparli, di far loro sviluppare una costituzione fisica robusta, di renderli agili e coordinati, ma anche di abituarli fin da piccoli alla regola, all’uguaglianza, alla fraternità, alla concorrenza, a vivere sotto gli occhi dei loro concittadini e a desiderare l’approvazione pubblica. Per questo motivo, i premi e le ricompense per i vincitori non devono essere distribuiti in modo arbitrario dai responsabili degli esercizi o dai dirigenti delle scuole, ma tramite l’acclamazione e il giudizio del pubblico; e si può essere certi che questi giudizi saranno sempre imparziali, soprattutto se si fa in modo che i giochi siano attraenti per il pubblico, organizzandoli con un certo impegno e in modo che possano offrire uno spettacolo interessante. In questo caso, è facile supporre che tutti le persone oneste e tutti i veri patrioti considereranno un dovere e un piacere parteciparvi.
A Berna esiste un esercizio davvero singolare per i giovani patrizi che hanno appena terminato gli studi al collegio: si tratta di ciò che viene chiamato “l’état extérieur”. Si tratta di una replica in miniatura di tutto ciò che costituisce il governo della repubblica: un senato, avvocati, ufficiali, uscieri, oratori, cause legali, giudizi, solennità. L’“état extérieur” possiede persino un piccolo governo e alcune entrate finanziarie; questa istituzione, autorizzata e protetta dal sovrano, rappresenta la culla di coloro che un giorno governeranno gli affari pubblici, ricoprendo le stesse cariche che oggi esercitano soltanto a scopo ludico.
Qualunque forma venga data all’istruzione pubblica – di cui non intendo entrare nei dettagli qui – è necessario istituire un collegio di magistrati di primo rango che ne abbia l’amministrazione suprema, e che possa nominare, revocare e sostituire a piacimento sia i principali responsabili di tali istituzioni, i quali saranno essi stessi, come ho già detto, candidati alle alte cariche giudiziarie, sia gli insegnanti, i cui zelo e vigilanza dovranno essere stimolati attraverso posizioni più elevate, aperte o chiuse a seconda del modo in cui avranno svolto il loro compito. Poiché da questi istituti dipende la speranza della repubblica, la gloria e il destino della nazione, devo ammettere che ritengo loro di una tale importanza che mi sorprende molto che nessuno abbia mai pensato a dar loro un ruolo effettivo. Sono addolorato per l’umanità che così tante idee che mi sembrano buone e utili rimangano, nonostante siano assolutamente realizzabili, lontane da qualsiasi attuazione concreta.
Del resto, qui sto facendo qui non è altro che indicare; ma questo basta per coloro a cui mi rivolgo. Queste idee poco sviluppate mostrano chiaramente le strade sconosciute ai moderni attraverso le quali gli antichi guidavano gli uomini verso quella forza d’animo, quel zelo patriottico, quell’apprezzamento per le qualità veramente personali, senza considerare ciò che è soltanto estraneo all’uomo; qualità che tra di noi sono senza esempio, ma le cui “spore” nei cuori di tutti gli uomini attendono soltanto di essere messe in azione da istituzioni adeguate. Guidate in questo senso l’educazione, i costumi, le abitudini e le morali dei Polacchi; svilupperete in loro quella “spora” che ancora non è stata distrutta da massime corrotte, da istituzioni obsolete o da una filosofia egoista che predica ma uccide. La nazione daterrà la sua seconda nascita dalla terribile crisi da cui è uscita; e vedendo ciò che hanno fatto i suoi membri ancora indisciplinati, aspetterà molto e otterrà di più da un’istituzione ben ponderata: amerà e rispetterà leggi che lusingheranno il suo nobile orgoglio, che la renderanno felice e libera; strappando dal suo seno le passioni che la distolgono da questo percorso, ne coltiverà quelle che la fanno amare; infine, rinnovandosi in qualche modo, riprenderà in questa nuova era tutta la forza di una nazione nascente. Ma senza queste precauzioni, non aspettatevi nulla dalle vostre leggi: per quanto sagge e previdenti possano essere, verranno eluse e rimarranno vane; e avrete corretto alcuni abusi che vi offendono, solo per introdurne altri che non avete previsto. Questi sono i preliminari che ho ritenuto indispensabili. Ora rivolgiamo lo sguardo alla costituzione.
Capitolo 6. – La questione dei tre ordini.
Non si parla mai di governo senza che si faccia riferimento a principi che mi sembrano falsi o discutibili. Si dice spesso che la repubblica di Polonia sia composta da tre ordini: l’ordine equestre, il senato e il re. Preferirei dire invece che la nazione polacca è composta da tre classi sociali: i nobili, che sono tutto; i borghesi, che non sono nulla; e i contadini, che sono meno di nulla. Se si considera il senato come un ordine dello stato, perché allora non si dovrebbe considerare allo stesso modo anche la camera dei deputati, che non è certo meno importante né meno autorevole? Ancor più: questa divisione, nel senso in cui viene intesa, è chiaramente incompleta; mancano infatti i ministri, che non sono né re, né senatori, né deputati, e che, pur essendo completamente indipendenti, detengono comunque tutto il potere esecutivo. Come si può mai farmi capire che una parte, che esiste soltanto in relazione al tutto, costituisca tuttavia un ordine indipendente da esso? La nobiltà inglese, essendo ereditaria, forma certamente un ordine che esiste di per sé. Ma in Polonia, se si elimina l’ordine equestre, non c’è più senato, poiché nessuno può essere senatore se non è prima di tutto nobile polacco; allo stesso modo, non c’è più re, poiché è proprio l’ordine equestre a nominarlo, e il re non può fare nulla senza di esso. Ma se si eliminano sia il senato che il re, l’ordine equestre, e quindi lo stato e il sovrano, rimangono intatti; e domani stesso, se ne avrà voglia, potrà nuovamente avere un senato e un re come prima.
Ma il fatto che il senato non costituisca un ordine stabile nell’organizzazione dello stato non significa affatto che non abbia alcun ruolo; e anche se non detenesse formalmente l’incarico di depositare le leggi, i suoi membri, indipendentemente dall’autorità del senato stesso, non danneggerebbero comunque la potestà legislativa. Impedir loro di votare durante le sessioni plenarie ogni volta che si tratta di approvare o revocare leggi significherebbe privarli di un diritto che derivano dalla loro stessa natura di cittadini. Ma in tal caso, non voterebbero più in qualità di senatori, bensì semplicemente come cittadini comuni. Non appena la potestà legislativa interviene, tutti diventano uguali; qualsiasi altra autorità deve tacere davanti a essa; la sua voce è la voce di Dio sulla terra. Anche il re, che presiede le sessioni del parlamento, non ha, secondo me, il diritto di votare se non è un nobile polacco.
Si dirà certamente che io dimostro troppo; e che, se i senatori non hanno voce come tali nella dieta, non dovrebbero averla nemmeno come cittadini, poiché i membri dell’ordine equestre non votano personalmente, ma solo attraverso i loro rappresentanti, tra cui i senatori non rientrano. E perché dovrebbero votare come privati nella dieta, se nessun altro nobile, a meno che non sia nunzio, può farlo? Questa obiezione mi sembra valida nell’attuale stato delle cose; ma quando saranno fatti i cambiamenti previsti, non lo sarà più, perché allora anche i senatori stessi diventeranno rappresentanti permanenti della nazione, e potranno agire in materia di legislazione solo con il consenso dei loro colleghi.
Qu’on ne dise donc pas que le concours du roi, du sénat et de l’ordre équestre est nécessaire pour former une loi. Ce droit n’appartient qu’au seul ordre équestre, dont les sénateurs sont membres comme les nonces, mais où le sénat en corps n’entre pour rien. Telle est ou doit être en Pologne la loi de l’état : mais la loi de la nature, cette loi sainte, imprescriptible, qui parle au cœur de l’homme et à sa raison, ne permet pas qu’on resserre ainsi l’autorité législative, et que les lois obligent quiconque n’y a pas voté personnellement comme les nonces, ou du moins par ses représentants comme le corps de la noblesse. On ne viole point impunément cette loi sacrée ; et l’état de faiblesse où une si grande nation se trouve réduite, est l’ouvrage de cette barbarie féodale qui fait retrancher du corps de l’état sa partie la plus nombreuse, et quelquefois la plus saine.
À Dieu ne plaise que je croie avoir besoin de prouver ici ce qu’un peu de bon sens et d’entrailles suffisent pour faire sentir à tout le monde ! Et d’où la Pologne prétend-elle tirer la puissance et les forces qu’elle étouffe à plaisir dans son sein ? Nobles Polonais, soyez plus, soyez hommes : alors seulement vous serez heureux et libres ; mais ne vous flattez jamais de l’être tant que vous tiendrez vos frères dans les fers.
Je sens la difficulté du projet d’affranchir vos peuples. Ce que je crains n’est pas seulement l’intérêt mal entendu, l’amour-propre et les préjugés des maîtres. Cet obstacle vaincu, je craindrais les vices et la lâcheté des serfs. La liberté est un aliment de bon suc, mais de forte digestion ; il faut des estomacs bien sains pour le supporter. Je ris de ces peuples avilis qui, se laissant ameuter par des ligueurs, osent parler de liberté sans même en avoir l’idée, et, le cœur plein de tous les vices des esclaves, s’imaginent que, pour être libres, il suffit d’être des mutins. Fière et sainte liberté ! si ces pauvres gens pouvaient te connaître, s’ils savaient à quel prix on t’acquiert et te conserve ; s’ils sentaient combien tes lois sont plus austères que n’est dur le joug des tyrans, leurs faibles âmes, esclaves de passions qu’il faudrait étouffer, te craindraient plus cent fois que la servitude ; ils te fuiraient avec effroi comme un fardeau prêt à les écraser.
Affranchir les peuples de Pologne est une grande et belle opération, mais hardie, périlleuse, et qu’il ne faut pas tenter inconsidérément. Parmi les précautions à prendre, il en est une indispensable et qui demande du temps ; c’est, avant toute chose, de rendre dignes de la liberté et capables de la supporter les serfs qu’on veut affranchir. J’exposerai ci-après un des moyens qu’on peut employer pour cela. Il serait téméraire à moi d’en garantir le succès, quoique je n’en doute pas. S’il est quelque meilleur moyen, qu’on le prenne. Mais, quel qu’il soit, songez que vos serfs sont des hommes comme vous, qu’ils ont en eux l’étoffe pour devenir tout ce que vous êtes : travaillez d’abord à la mettre en œuvre, et n’affranchissez leurs corps qu’après avoir affranchi leurs âmes. Sans ce préliminaire, comptez que votre opération réussira mal.
Chapitre 7. – Moyens de maintenir la constitution.
La législation de Pologne a été faite successivement de pièces et de morceaux, comme toutes celles de l’Europe. À mesure qu’on voyait un abus, on faisait une loi pour y remédier. De cette loi naissaient d’autres abus qu’il fallait corriger encore. Cette manière d’opérer n’a point de fin, et mène au plus terrible de tous les abus, qui est d’énerver toutes les lois à force de les multiplier.
L’affaiblissement de la législation s’est fait en Pologne d’une manière bien particulière, et peut-être unique : c’est qu’elle a perdu sa force sans avoir été subjuguée par la puissance exécutive. En ce moment encore la puissance législative conserve toute son autorité ; elle est dans l’inaction, mais sans rien voir au-dessus d’elle. La diète est aussi souveraine qu’elle l’était lors de son établissement. Cependant elle est sans force ; rien ne la domine, mais rien ne lui obéit. Cet état est remarquable et mérite réflexion.
Qu’est-ce qui a conservé jusqu’ici l’autorité législative ? c’est la présence continuelle du législateur. C’est la fréquence des diètes, c’est le fréquent renouvellement des nonces, qui ont maintenu la république. L’Angleterre, qui jouit du premier de ces avantages, a perdu sa liberté pour avoir négligé l’autre. Le même parlement dure si longtemps, que la cour, qui s’épuiserait à l’acheter tous les ans, trouve son compte à l’acheter pour sept, et n’y manque pas. Première leçon pour vous.
Un second moyen par lequel la puissance législative s’est conservée en Pologne, est premièrement le partage de la puissance exécutive, qui a empêché ses dépositaires d’agir de concert pour l’opprimer, et en second lieu le passage fréquent de cette même puissance exécutive par différentes mains, ce qui a empêché tout système suivi d’usurpation. Chaque roi faisait, dans le cours de son règne, quelques pas vers la puissance arbitraire : mais l’élection de son successeur forçait celui-ci de rétrograder au lieu de poursuivre ; et les rois, au commencement de chaque règne, étaient contraints, par les pacta contenta y de partir tous du même point. De sorte que, malgré la pente habituelle vers le despotisme, il n’y avait aucun progrès réel.
Il en était de même des ministres et grands officiers. Tous, indépendants et du sénat et les uns des autres, avaient dans leurs départements respectifs une autorité sans bornes ; mais outre que ces places se balançaient mutuellement, en ne se perpétuant pas dans les mêmes familles, elles n’y portaient aucune force absolue ; et tout le pouvoir, même usurpé, retournait toujours à sa source. Il n’en eût pas été de même si toute la puissance exécutive eût été, soit dans un seul corps comme le sénat, soit dans une famille par l’hérédité de la couronne. Cette famille ou ce corps auraient probablement opprimé tôt ou tard la puissance législative, et par là mis les Polonais sous le joug que portent toutes les nations, et dont eux seuls sont encore exempts ; car je ne compte déjà plus la Suède[679]. Deuxième leçon.
Voilà l’avantage ; il est grand sans doute : mais voici l’inconvénient, qui n’est guère moindre. La puissance exécutive, partagée entre plusieurs individus, manque d’harmonie entre ses parties, et cause un tiraillement continuel incompatible avec le bon ordre. Chaque dépositaire d’une partie de cette puissance se met, en vertu de cette partie, à tous égards au-dessus des magistrats et des lois. Il reconnaît, à la vérité, l’autorité de la diète : mais ne reconnaissant que celle-là, quand la diète est dissoute il n’en reconnaît plus du tout ; il méprise les tribunaux et brave leurs jugements. Ce sont autant de petits despotes qui, sans usurper précisément l’autorité souveraine, ne laissent pas d’opprimer en détail les citoyens, et donnent l’exemple funeste et trop suivi de violer sans scrupule et sans crainte les droits et la liberté des particuliers.
Je crois que voilà la première et principale cause de l’anarchie qui règne dans l’état. Pour ôter cette cause, je ne vois qu’un moyen : ce n’est pas d’armer les tribunaux particuliers de la force publique contre ces petits tyrans ; car cette force, tantôt mal administrée, et tantôt surmontée par une force supérieure, pourrait exciter des troubles et des désordres capables d’aller par degrés jusqu’aux guerres civiles ; mais c’est d’armer de toute la force exécutive un corps respectable et permanent, tel que le sénat, capable, par sa consistance et par son autorité, de contenir dans leur devoir les magnats tentés de s’en écarter. Ce moyen me paraît efficace, et le serait certainement ; mais le danger en serait terrible et très difficile à éviter ; car, comme on peut voir dans le Contrat social, tout corps dépositaire de la puissance exécutive tend fortement et continuellement à subjuguer la puissance législative, et y parvient tôt ou tard.
Let us not claim that the concurrence of the king, the senate, and the nobility is necessary for the enactment of laws. This power belongs solely to the nobility; its senators are members thereof just like the nuncios, but the senate as a whole plays no role in this process. Such is, or ought to be, the law of the state in Poland. However, the law of nature—this sacred, immutable law that speaks directly to the human heart and reason—does not permit such restriction of legislative authority. Laws should not compel those who have not personally voted on them, either like the nuncios or, at least, through their representatives like the nobility as a whole. To violate this sacred law is an act punishable by law. The state of weakness into which such a great nation has been reduced is the result of this feudal barbarity, which deprives the state of its most numerous and often its most healthy elements.
May God forbid that I should think it necessary to prove here what common sense and humanity are more than enough to make everyone understand! Where, then, does Poland claim to derive the power and strength it so willingly suppresses within its own borders? Noble Poles, be more—be men! Only then will you be happy and free. But never delude yourselves into thinking you are such as long as you keep your brothers in bondage.
I sense the immense difficulty of the task of liberating your peoples. What I fear is not merely the misinterpreted self-interest, the self-esteem of the masters, and their prejudices. Even if these obstacles were overcome, I would worry about the vices and cowardice of the enslaved. Freedom is like food rich in nutrients but requiring strong digestion; only healthy hearts are capable of enduring it. I laugh at those degraded peoples who, led by demagogues, dare to speak of freedom without even understanding what it means. Their hearts filled with the vices of slaves, they imagine that being free simply means rebelling. Oh, proud and holy freedom! If these poor people could truly understand you, if they knew at what cost you must be gained and preserved, if they realized how much stricter your laws are than the tyranny of tyrants—then their weak souls, enslaved by passions that must be suppressed, would fear you a hundred times more than they fear slavery itself. They would flee from you in terror, as if you were a burden ready to crush them under its weight.
Liberating the peoples of Poland is a great and noble endeavor, but it is also bold and dangerous, and should not be undertaken without careful consideration. Among the precautions that must be taken, one is indispensable and requires time: namely, to ensure that the serfs whom you wish to liberate are worthy of freedom and capable of sustaining it. I will outline below one method that can be employed for this purpose. It would be rash of me to guarantee its success, although I have no doubt about it. If there is a better way, let it be used. But whatever the method chosen, remember that your serfs are human beings just like you; they possess within them the potential to become everything that you are. First, work to develop that potential in them; only after their souls have been liberated should their bodies be set free. Without this preliminary step, your efforts are likely to fail.
Chapter 7: Methods for Maintaining the Constitution.
Poland’s legislation was enacted piecemeal, just like that of all European countries. Whenever an abuse came to light, a law was passed to rectify it. However, such laws often gave rise to new abuses that required further legislative intervention. This approach is endless and inevitably leads to the most terrible of all abuses: the overabundance of laws themselves.
The weakening of legislation in Poland occurred in a very particular—and perhaps unique—way: it lost its effectiveness without being subjugated by the executive power. Even today, the legislative authority retains all its legitimacy; it remains inactive, but there is nothing above it that commands its obedience. The parliament is just as sovereign as it was when it was first established. However, it lacks any real power; nothing dominates it, but nothing either obeys it. This state of affairs is noteworthy and deserves careful consideration.
What has thus far preserved legislative authority? It is the continuous presence of the legislator. It is the frequency of assemblies and the regular renewal of commissions that have maintained the republic. England, which enjoyed the first of these advantages, lost its freedom because it neglected the second. The same parliament lasts for such a long time that the court, which would be exhausted if it had to be purchased every year, finds it more profitable to purchase it once every seven years—and it certainly does not lack such opportunities. First lesson for you.
Another means by which legislative power was preserved in Poland was, firstly, the division of executive power, which prevented those who held it from acting together to oppress the people; and secondly, the frequent change of hands among those holding executive authority, which made it impossible for any one system to develop into a form of usurpation. Each king would, during the course of his reign, take some steps towards acquiring arbitrary power; but the election of his successor forced him to revert to previous limits instead of continuing down that path. Moreover, at the beginning of each new reign, kings were compelled by various agreements to start from the same initial position. As a result, despite the inherent tendency toward despotism, there was no real progress in the exercise of power.
The same was true of ministers and high-ranking officials. All of them, independent both of each other and of the senate, held boundless authority within their respective departments; but aside from these positions being constantly shuffled among different individuals and not remaining within the same families, they did not possess any absolute power. Even if such power were usurped, it would always return to its original source. The situation would have been different if all executive power had been concentrated in a single body, such as the senate, or in a single family through hereditary succession to the throne. Such a family or body would likely have suppressed legislative power at some point, thereby subjecting the Poles to the same yoke that binds all other nations—except for themselves alone; for I no longer include Sweden among them[679]. Second lesson.
Here lies the advantage—undoubtedly a great one; but here also lies the disadvantage, which is far from minor. When executive power is divided among several individuals, its various components lack harmony, leading to constant strife that is utterly incompatible with good order. Each holder of a portion of this power considers himself, in regard to that particular aspect of authority, superior to both magistrates and laws. It is true that he acknowledges the authority of the diet; but since he recognizes only that authority, when the diet is dissolved, he no longer acknowledges any authority at all. He despises the courts and defies their judgments. In effect, these individuals become little despots who, though they do not outright usurp sovereign power, nevertheless oppress citizens in every conceivable way, setting a terrible and all-too-common example of shamelessly and fearlessly violating the rights and freedoms of individuals.
I believe that this is the primary and main cause of the anarchie that prevails in the state. To eliminate this cause, I see only one method: it is not to arm the special courts with public authority against these petty tyrants; for such power, when mismanaged at times or overpowered by a superior force, could provoke disturbances and disorders that might gradually lead to civil wars. Instead, what is needed is to equip a respectable and permanent body, such as the senate, with all executive power—such that, due to its stability and authority, it would be able to keep the magnates in check and prevent them from overstepping their bounds. This method seems effective to me, and indeed it would be so; but the dangers associated with it would be terrible, and very difficult to avoid. As can be seen in the Social Contract, any body that holds executive power tends strongly and continuously to subjugate legislative power, and it will inevitably succeed in doing so sooner or later.
Non si possa quindi affermare che la collaborazione del re, del senato e dell’ordine equestre sia necessaria per formulare le leggi. Questo potere appartiene esclusivamente all’ordine equestre, di cui i senatori fanno parte, proprio come i rappresentanti diplomatici; tuttavia il senato nel suo insieme non ha alcun ruolo in questo processo legislativo. Tale dovrebbe essere la legge dello stato in Polonia. Ma la legge della natura, questa legge sacra e immutabile che parla al cuore e alla ragione dell’uomo, non permette certo di restringere così drasticamente l’autorità legislativa, né di obbligare coloro che non hanno personalmente partecipato alle votazioni – come i rappresentanti diplomatici, o almeno i membri del corpo della nobiltà – ad osservare tali leggi. Violare questa legge sacra è un atto punibile; e lo stato di debolezza in cui si trova una nazione così grande è il risultato di quella barbarie feudale che priva lo stato della sua parte più numerosa, e talvolta anche la più sana.
Che Dio non voglia che io debba provare qui ciò che un po’ di buon senso e di compassione sono sufficienti a far comprendere a tutti! E da dove la Polonia pretende di trarre la potenza e le forze che con tanta gioia soffoca nel proprio seno? Nobili polacchi, siate più uomini, siate veri uomini: solo allora sarete felici e liberi; ma non illudetevi mai di esserlo finché tenete i vostri fratelli in schiavitù.
Percepisco quanto sia arduo il compito di liberare i vostri popoli. Quello che temo non è soltanto l’interesse malinteso, l’orgoglio e i pregiudizi dei dominatori; anche se questi ostacoli venissero superati, temerei i vizi e la codardia dei sudditi. La libertà è un alimento nutriente, ma richiede uno stomaco robusto per essere digerito; quei popoli degradati, che si lasciano incitare da sediziosi, osano parlare di libertà senza nemmeno comprenderne il vero significato, e, con il cuore pieno dei vizi degli schiavi, pensano che basti ribellarsi per essere liberi. Oh, nobile e sacra libertà! Se questi poveri esseri potessero conoscerti veramente, se sapessero a quale prezzo si acquista e si mantiene la tua libertà, se comprendessero quanto le tue leggi siano più severe del giogo dei tiranni, le loro deboli anime, schiave di passioni pericolose, ti temerebbero cento volte di più della schiavitù stessa; fuggirebbero da te con terrore, come da un peso che potrebbe schiacciarli.
Liberare i popoli della Polonia è un’impresa grande e nobile, ma anche audace e pericolosa; non deve quindi essere intrapresa in modo avventato. Tra le precauzioni da adottare, ce n’è una indispensabile che richiede del tempo: prima di tutto, è necessario rendere i servi che si vogliono liberare degni della libertà e capaci di sostenerla. Di seguito esporrò uno dei metodi che si possono utilizzare a questo scopo. Sarebbe temerario da parte mia garantirne il successo, anche se non ne dubito; se esiste un metodo migliore, che sia adottato. Ma, qualunque esso sia, ricordate che i vostri servi sono uomini come voi, e che in loro c’è la stessa capacità di diventare tutto ciò che siete voi: lavorate prima a sviluppare questa capacità, e liberate i loro corpi soltanto dopo aver liberato le loro anime. Senza questo preliminare, l’impresa fallirà sicuramente.
Capitolo 7. – Metodi per mantenere la costituzione.
La legislazione polacca è stata formulata gradualmente, pezzo dopo pezzo, come tutte le leggi europee. Man mano che si riscontravano abusi, veniva emanata una legge per correggerli; tuttavia, da queste leggi ne nascevano altri abusi che dovevano essere nuovamente eliminati. Questo metodo di procedere non ha fine e conduce al più terribile degli abusi: quello di rendere tutte le leggi inefficaci a causa della loro eccessiva proliferazione.
L’indebolimento della legislazione in Polonia si è verificato in modo molto particolare, forse addirittura unico: essa ha perso la sua efficacia senza essere sottomessa al potere esecutivo. Ancora oggi il potere legislativo conserva tutta la sua autorità; è inattivo, ma non vi è nulla che lo sovrasti. La Dieta è altrettanto sovrana quanto lo era al momento della sua istituzione. Tuttavia, è priva di qualsiasi potere reale; nulla la domina, ma nessuno le obbedisce. Questo stato di cose è degno di attenzione e merita riflessione.
Cosa ha finora conservato l’autorità legislativa? È la presenza continua del legislatore. È la frequenza delle assemblee legislative, è il frequente rinnovo dei mandati che hanno mantenuto la repubblica. L’Inghilterra, che gode del primo di questi vantaggi, ha perso la sua libertà perché ha trascurato l’altro. Lo stesso parlamento dura così a lungo che la corte, che si esaurirebbe acquistandolo ogni anno, trova conveniente acquistarlo una volta ogni sette anni e non ne soffre affatto. Prima lezione per voi.
Un secondo mezzo con cui il potere legislativo si è conservato in Polonia è, innanzitutto, la divisione del potere esecutivo, che ha impedito ai suoi detentori di agire congiuntamente per opprimere il popolo; in secondo luogo, il passaggio frequente di questo stesso potere esecutivo tra diverse mani, il che ha evitato qualsiasi sistema che potesse portare all’usurpazione. Ogni re, nel corso del suo regno, compiva alcuni passi verso l’acquisizione di poteri arbitrari; ma l’elezione del suo successore lo costringeva a retrocedere, invece di proseguire nella sua strada; inoltre, all’inizio di ogni regno, i re erano costretti, dai patti stipulati, a partire sempre da uno stesso punto. Di conseguenza, nonostante la tendenza naturale verso il dispotismo, non vi era alcun vero e proprio progresso.
Lo stesso valeva per i ministri e gli alti funzionari. Tutti, indipendenti sia dal senato che gli uni dagli altri, esercitavano nelle rispettive cariche un’autorità senza limiti; tuttavia, oltre al fatto che queste posizioni venivano spesso scambiate tra individui diversi e non si trasmettevano sempre entro le stesse famiglie, esse non possedevano alcun potere assoluto. Anche il potere usurpato ritornava sempre alla sua origine. Le cose sarebbero state diverse se tutto il potere esecutivo fosse stato concentrato in un solo organo, come il senato, o in una singola famiglia attraverso l’eredità della corona. Questa famiglia o questo organo avrebbe probabilmente oppresso, prima o poi, il potere legislativo, sottomettendo così i polacchi allo stesso giogo che subiscono tutte le altre nazioni, e da cui loro soltanto sono ancora esenti. A meno che non si consideri la Svezia[679]. Seconda lezione.
Ecco il vantaggio: senza dubbio è grande; ma ecco anche lo svantaggio, che non è certo minore. Il potere esecutivo, diviso tra diversi individui, manca di armonia tra le sue componenti e causa continui conflitti incompatibili con un buon ordine pubblico. Ogni detentore di una parte di questo potere si considera, in base alla propria funzione, superiore ai magistrati e alle leggi in ogni senso. Certo, riconosce l’autorità della dieta; ma poiché la riconosce soltanto essa, quando la dieta viene sciolta non ne riconosce più alcuna; disprezza i tribunali e sfida i loro giudizi. Si tratta di piccoli despoti che, senza usurpare apertamente l’autorità sovrana, finiscono comunque per opprimere i cittadini in ogni modo possibile, dando l’esempio pericoloso e troppo diffuso di violare senza scrupoli e senza paura i diritti e la libertà delle persone.
Credo che questa sia la prima e principale causa dell’anarchia che regna nello stato. Per eliminare questa causa, non vedo altro mezzo se non quello di armare i tribunali con la forza pubblica contro questi piccoli tiranni; poiché tale forza, a volte mal gestita e altre volte sopraffatta da una forza superiore, potrebbe scatenare turbamenti e disordini capaci, gradualmente, di portare alle guerre civili. Tuttavia, l’unico modo efficace sarebbe quello di armare con tutta la forza esecutiva un organo rispettabile e permanente, come il senato, in grado, grazie alla sua stabilità e autorità, di far mantenere ai magnati il loro dovere quando questi sono tentati di deviarne. Questo mezzo mi sembra efficace, ma il pericolo che comporterebbe sarebbe terribile e molto difficile da evitare; poiché, come si può vedere nel Contratto sociale, qualsiasi organo detentore del potere esecutivo tende inevitabilmente a sopraffare il potere legislativo, e ci riesce prima o poi.
Pour parer à cet inconvénient, on vous propose de partager le sénat en plusieurs conseils ou départements, présidés chacun par le ministre chargé de ce département ; lequel ministre, ainsi que les membres de chaque conseil, changerait au bout d’un temps fixé, et roulerait avec ceux des autres départements. Cette idée peut être bonne ; c’était celle de l’abbé de Saint-Pierre, et il l’a bien développée dans sa Polysynodie. La puissance exécutive, ainsi divisée et passagère, sera plus subordonnée à la législative, et les diverses parties de l’administration seront plus approfondies et mieux traitées séparément. Ne comptez pourtant pas trop sur ce moyen : si elles sont toujours séparées, elles manqueront de concert, et bientôt, se contrecarrant mutuellement, elles useront presque toutes leurs forces les unes contre les autres, jusqu’à ce qu’une d’entre elles ait pris l’ascendant et les domine toutes : ou bien si elles s’accordent et se concertent, elles ne feront réellement qu’un même corps et n’auront qu’un même esprit, comme les chambres d’un parlement ; et de toutes manières je tiens pour impossible que l’indépendance et l’équilibre se maintiennent si bien entre elles, qu’il n’en résulte pas toujours un centre ou foyer d’administration où toutes les forces particulières se réuniront toujours pour opprimer le souverain. Dans presque toutes nos républiques les conseils sont ainsi distribués en départements, qui, dans leur origine, étaient indépendants les uns des autres, et qui bientôt ont cessé de l’être.
L’invention de cette division par chambres ou départements est moderne. Les anciens, qui savaient mieux que nous comment se maintient la liberté, ne connurent point cet expédient. Le sénat de Rome gouvernait la moitié du monde connu, et n’avait pas même l’idée de ces partages. Ce sénat cependant ne parvint jamais à opprimer la puissance législative, quoique les sénateurs fussent à vie : mais les lois avaient des censeurs, le peuple avait des tribuns, et le sénat n’élisait pas les consuls.
Pour que l’administration soit forte, bonne, et marche bien à son but, toute la puissance exécutive doit être dans les mêmes mains : mais il ne suffit pas que ces mains changent, il faut qu’elles n’agissent, s’il est possible, que sous les yeux du législateur, et que ce soit lui qui les guide. Voilà le vrai secret pour qu’elles n’usurpent pas son autorité.
Tant que les états s’assembleront et que les nonces changeront fréquemment, il sera difficile que le sénat ou le roi oppriment ou usurpent l’autorité législative. Il est remarquable que jusqu’ici les rois n’aient pas tenté de rendre les diètes plus rares, quoiqu’ils ne fussent pas forcés, comme ceux d’Angleterre, à les assembler fréquemment sous peine de manquer d’argent. Il faut ou que les choses se soient toujours trouvées dans un état de crise qui ait rendu l’autorité royale insuffisante pour y pourvoir, ou que les rois se soient assurés, par leurs brigues dans les diétines, d’avoir toujours la pluralité des nonces à leur disposition, ou qu’à la faveur du liberum veto ils aient été sûrs d’arrêter toujours les délibérations qui pouvaient leur déplaire et de dissoudre les diètes à leur volonté. Quand tous ces motifs ne subsisteront plus, on doit s’attendre que le roi, ou le sénat, ou tous les deux ensemble, feront de grands efforts pour se délivrer des diètes et les rendre aussi rares qu’il se pourra. Voilà ce qu’il faut surtout prévenir et empêcher. Le moyen proposé est le seul ; il est simple et ne peut manquer d’être efficace. Il est bien singulier qu’avant le Contrat social, où je le donne[680], personne ne s’en fût avisé.
Un des plus grands inconvénients des grands états, celui de tous qui y rend la liberté le plus difficile à conserver, est que la puissance législative ne peut s’y montrer elle-même, et ne peut agir que par députation. Cela a son mal et son bien, mais le mal l’emporte. Le législateur en corps est impossible à corrompre, mais facile à tromper. Ses représentants sont difficilement trompés, mais aisément corrompus, et il arrive rarement qu’ils ne le soient pas. Vous avez sous les yeux l’exemple du parlement d’Angleterre, et par le liberum veto celui de votre propre nation. Or on peut éclairer celui qui s’abuse, mais comment retenir celui qui se vend ? Sans être instruit des affaires de Pologne, je parierais tout au monde qu’il y a plus de lumières dans la diète et plus de vertu dans les diétines.
Je vois deux moyens de prévenir ce mal terrible de la corruption, qui de l’organe de la liberté fait l’instrument de la servitude.
Le premier est, comme j’ai déjà dit, la fréquence des diètes, qui, changeant souvent les représentants, rend leur séduction plus coûteuse et plus difficile. Sur ce point votre constitution vaut mieux que celle de la Grande-Bretagne ; et quand on aura ôté ou modifié le liberum veto, je n’y vois aucun autre changement à faire, si ce n’est d’ajouter quelques difficultés à l’envoi des mêmes nonces à deux diètes consécutives, et d’empêcher qu’ils ne soient élus un grand nombre de fois. Je reviendrai ci-après sur cet article.
Le second moyen est d’assujettir les représentants à suivre exactement leurs instructions, et à rendre un compte sévère à leurs constituants de leur conduite à la diète. Là-dessus je ne puis qu’admirer la négligence, l’incurie, et j’ose dire la stupidité de la nation anglaise, qui, après avoir armé ses députés de la suprême puissance, n’y ajoute aucun frein pour régler l’usage qu’ils en pourront faire pendant sept ans entiers que dure leur commission.
Je vois que les Polonais ne sentent pas assez l’importance de leurs diétines, ni tout ce qu’ils leur doivent, ni tout ce qu’ils peuvent en obtenir en étendant leur autorité et leur donnant une forme plus régulière. Pour moi, je suis convaincu que si les confédérations ont sauvé la patrie, ce sont les diétines qui l’ont conservée ; et que c’est là qu’est le vrai palladium de la liberté.
Les instructions des nonces doivent être dressées avec grand soin, tant sur les articles annoncés dans les universaux[681], que sur les autres besoins présents de l’état ou de la province, et cela par une commission présidée, si l’on veut, par le maréchal de la diétine, mais composée au reste de membres choisis à la pluralité des voix ; et la noblesse ne doit point se séparer que ces instructions n’aient été lues, discutées et consenties en pleine assemblée. Outre l’original de ces instructions, remis aux nonces avec leurs pouvoirs, il en doit rester un double signé d’eux dans les registres de la diétine. C’est sur ces instructions qu’ils doivent, à leur retour, rendre compte de leur conduite aux diétines de relation qu’il faut absolument rétablir, et c’est sur ce compte rendu qu’ils doivent être ou exclus de toute autre nonciature subséquente, ou déclarés derechef admissibles, quand ils auront suivi leurs instructions à la satisfaction de leurs constituants. Cet examen est de la dernière importance ; on n’y saurait donner trop d’attention ni en marquer l’effet avec trop de soin. Il faut qu’à chaque mot que le nonce dit à la diète, à chaque démarche qu’il fait, il se voie d’avance sous les yeux de ses constituants, et qu’il sente l’influence qu’aura leur jugement, tant sur ses projets d’avancement, que sur l’estime de ses compatriotes, indispensable pour leur exécution ; car enfin ce n’est pas pour y dire leur sentiment particulier, mais pour y déclarer les volontés de la nation, qu’elle envoie des nonces à la diète. Ce frein est absolument nécessaire pour les contenir dans leur devoir et prévenir toute corruption, de quelque part qu’elle vienne. Quoi qu’on en puisse dire, je ne vois aucun inconvénient à cette gêne, puisque la chambre des nonces, n’ayant ou ne devant avoir aucune part au détail de l’administration, ne peut jamais avoir à traiter aucune matière imprévue : d’ailleurs, pourvu qu’un nonce ne fasse rien de contraire à l’expresse volonté de ses constituants, ils ne lui feraient pas un crime d’avoir opiné en bon citoyen sur une matière qu’ils n’auraient pas prévue, et sur laquelle ils n’auraient rien déterminé. J’ajoute enfin que, quand il y aurait en effet quelque inconvénient à tenir ainsi les nonces asservis à leurs instructions, il n’y aurait point encore à balancer vis-à-vis l’avantage immense que la loi ne soit jamais que l’expression réelle des volontés de la nation.
Mais aussi, ces précautions prises, il ne doit jamais y avoir conflit de juridiction entre la diète et les diétines ; et quand une loi a été portée en pleine diète, je n’accorde pas même à celles-ci droit de protestation. Qu’elles punissent leurs nonces, que, s’il le faut, elles leur fassent même couper la tête quand ils ont prévariqué : mais qu’elles obéissent pleinement, toujours, sans exception, sans protestation ; qu’elles portent, comme il est juste, la peine de leur mauvais choix ; sauf à faire à la prochaine diète, si elles le jugent à propos, des représentations aussi vives qu’il leur plaira.
To overcome this inconvenience, it is proposed that the senate be divided into several councils or departments, each presided over by the minister responsible for that department. Both the ministers and the members of each council would change after a fixed period of time and rotate along with those from other departments. This idea may be sound; it was that of Abbé de Saint-Pierre, who elaborated on it extensively in his work Polysynodie. If the executive power were divided in this manner and its members were temporary, it would be more subordinate to the legislative branch, and various aspects of administration could be addressed more thoroughly and separately. However, do not place too much trust in this solution: if the departments remain separated, they will lack coordination, and soon, by conflicting with each other, they will expend all their efforts against one another until one of them gains the upper hand and dominates the others. Alternatively, if they cooperate and coordinate, they will effectively form a single entity with a unified purpose, much like the chambers of a parliament. In any case, I consider it impossible for such independence and balance to be maintained without inevitably resulting in a central authority or focal point of administration where all specialized forces would converge to oppress the sovereign. In nearly all our republics, councils are organized into departments in this way; these departments were originally independent of one another but soon ceased to be so.
The invention of this division into chambers or departments is a modern concept. The ancients, who knew better than we how to preserve freedom, were unaware of such expedients. The Senate of Rome governed half of the known world, yet it never even considered such divisions. Nevertheless, that Senate was never able to suppress the legislative power—even though its members held their positions for life. But there were censors for the laws, tribunes for the people, and the Senate did not elect the consuls.
For administration to be strong, effective, and successful in achieving its goals, all executive power must be concentrated in the same hands. However, it is not enough merely for these hands to change; they must also act, if possible, under the watchful eye of the legislator, who should guide their actions. This is the true secret to ensuring that they do not usurp the authority of the legislature.
So long as the states continue to assemble and the number of delegates changes frequently, it will be difficult for the senate or the king to oppress or usurp legislative authority. It is noteworthy that, so far, kings have not attempted to make the diets less frequent, although they were not compelled, like those in England, to convene them regularly under threat of financial loss. Either things have always been in a state of crisis that made royal authority insufficient to address these issues, or the kings have ensured, through their influence within the diets, that they always had the majority of delegates on their side; or else, thanks to the power of the “liberum veto,” they were certain of being able to stop any deliberations that displeased them and dissolve the diets at will. Once all these factors cease to exist, one can expect the king, or the senate, or both together, to make every effort possible to eliminate the diets and make their convenings as infrequent as possible. This is precisely what must be prevented and avoided. The proposed solution is the only one; it is simple and bound to be effective. It is truly remarkable that, prior to the Social Contract, in which I propose it[680], no one had thought of it.
One of the greatest disadvantages of large states—perhaps the most significant one that makes it extremely difficult to preserve freedom therein—is that the legislative power cannot act directly itself; it can only operate through representatives. This has both its advantages and disadvantages, but the disadvantages outweigh them. The legislature as a collective is impossible to corrupt, but easy to deceive. Its representatives are hard to deceive, but easy to corrupt, and it is rare for them not to be corrupted. You have before you the example of the Parliament of England, and, through the mechanism of the “liberum veto,” the example of your own nation as well. Now, one who abuses this system can be enlightened, but how can one prevent those who willingly sell themselves? Without knowing anything about the affairs of Poland, I would bet that there is more “enlightenment” in its diet (parliament) and more virtue among its members than in your own nation’s institutions.
I see two ways to prevent this terrible evil of corruption, which turns the organ of freedom into an instrument of slavery.
The first point, as I have already stated, is the frequency of elections; since these frequently change the representatives, their selection becomes both more costly and more difficult. In this regard, your system is superior to that of Great Britain. And once the practice of the “liberum veto” is abolished or modified, I see no other changes necessary, except perhaps adding some obstacles to the dispatch of the same envoys to two consecutive elections, and preventing them from being elected too many times. I will return to this matter later on.
The second method is to ensure that representatives strictly follow their instructions and are held accountable to their constituents for their behavior in the legislature. On this matter, I can only marvel at the negligence, carelessness—and, I dare say, stupidity—of the English nation, which, after granting its deputies such supreme power, fails to provide any safeguards to regulate how they may use it throughout the entire seven-year term of their mandate.
I see that the Poles do not fully realize the importance of their diets, nor all that they owe to them, nor all that they can gain by organizing them in a more systematic and regular manner. In my opinion, I am convinced that if it was the confederations that saved the nation, it was the diets that helped preserve it; and that these diets represent the true safeguard of freedom.
The instructions given to the nuncios must be drafted with great care, whether regarding the matters announced in the general decrees[681] or other current needs of the state or province. Such instructions should be prepared by a committee chaired, if one wishes, by the marshal of the diet, but otherwise composed of members elected by majority vote; moreover, the nobility must not disperse until these instructions have been read, discussed, and approved in full assembly. In addition to the original copy of these instructions, which is delivered to the nuncios along with their powers, a duplicate signed by them must be kept in the records of the diet. It is on these instructions that they must report their actions upon their return to the relevant diets, which must be re-established at all costs. Based on this report, they will either be excluded from any subsequent missions or immediately deemed eligible for further assignments, depending on whether they have followed the instructions to the satisfaction of their constituents. This examination is of utmost importance; it cannot be given enough attention, nor can its effects be neglected with too much carelessness. At every word spoken by the nuncio in the diet, at every step he takes, he must be aware of the scrutiny of his constituents and feel the influence of their judgment on both his career prospects and the respect he enjoys among his fellow citizens, which is indispensable for the successful execution of his duties. After all, the reason why the nation sends nuncios to the diet is not to express their individual opinions but to declare the will of the nation itself. This restraint is absolutely necessary to ensure that they fulfill their responsibilities and prevent any form of corruption, no matter where it may arise. In my view, there is no disadvantage whatsoever in this oversight, since the chamber of nuncios, having no role or intended role in the detailed administration of affairs, can never be involved in dealing with unforeseen matters. Moreover, as long as a nuncio does not act against the explicit will of his constituents, they would not consider it a crime if he expressed his opinion as a good citizen on an issue that they had not anticipated or decided upon. Finally, even if there were some drawbacks to requiring nuncios to strictly adhere to their instructions, these would be outweighed by the immense advantage of ensuring that the law always reflects the true will of the nation.
Furthermore, even with these precautions in place, there must never be any conflict of jurisdiction between one diet and another; and when a law is enacted during the term of one diet, I do not even grant those diets the right to protest. Let them punish their delegates; let them, if necessary, even execute them if they have committed fraud—but let them always obey completely, without exception, without protest; let them bear the consequences of their wrong choices, justly so. Unless, in the next diet, if they deem it appropriate, they choose to present representations as vehement as they wish.
Per ovviare a questo inconveniente, vi si propone di dividere il senato in diversi consigli o dipartimenti, ciascuno presieduto dal ministro incaricato di quel dipartimento; tale ministro, così come i membri di ogni consiglio, cambierebbe dopo un periodo prestabilito e passerebbe a far parte degli altri dipartimenti. Questa idea potrebbe essere valida; era quella dell’abate di Saint-Pierre, che l’ha sviluppata ampiamente nella sua “Polysynodie”. Un potere esecutivo così diviso e temporaneo sarebbe più subordinato al potere legislativo, e le varie parti dell’amministrazione verrebbero analizzate più a fondo e gestite in modo più efficace. Tuttavia, non ci si dovrebbe fidare troppo di questo sistema: se i vari dipartimenti rimangono sempre separati, mancherà loro la coordinazione; presto, ostacolandosi a vicenda, consumeranno quasi tutte le loro risorse l’una contro l’altra, fino a quando uno di essi non prenderà il sopravvento e dominerà tutti gli altri. Oppure, se si accordano e collaborano tra loro, in realtà formeranno un unico organo e avranno un unico obiettivo, proprio come le camere di un parlamento; comunque sia, ritengo impossibile che l’indipendenza e l’equilibrio tra questi diversi elementi possano essere mantenuti in modo tale da evitare sempre la formazione di un centro o di un punto di potere dominante. In quasi tutte le nostre repubbliche i consigli sono distribuiti in dipartimenti che, all’inizio, erano indipendenti l’uno dall’altro, ma ben presto hanno smesso di esserlo.
L’invenzione di questa divisione in camere o dipartimenti è moderna. Gli antichi, che sapevano meglio di noi come si possa mantenere la libertà, non conoscevano affatto questo sistema. Il senato di Roma governava metà del mondo conosciuto e nemmeno pensava a queste suddivisioni. Tuttavia, quel senato non riuscì mai a sovrastare il potere legislativo, anche se i senatori erano eletti a vita; le leggi venivano infatti controllate dai censori, il popolo aveva i tribuni, e il senato stesso non eleggeva i consoli.
Affinché l’amministrazione sia forte, efficace e raggiunga i suoi obiettivi, tutta la potere esecutiva deve trovarsi nelle stesse mani; ma non basta che queste mani cambino, è necessario anche che agiscano, se possibile, sotto gli occhi del legislatore, e che sia proprio lui a guidarle. Questo è il vero segreto per evitare che esse usurpino la sua autorità.
Finché gli stati si riuniranno e i rappresentanti cambieranno frequentemente, sarà difficile che il senato o il re opprimano o usurpino l’autorità legislativa. È degno di nota che, fino ad oggi, i re non abbiano mai tentato di rendere le assemblee legislative più rare, sebbene non fossero costretti, come quelli d’Inghilterra, a riunirle frequentemente altrimenti avrebbero rischiato di rimanere senza fondi. È necessario che le cose siano sempre state in uno stato di crisi che rendesse l’autorità reale insufficiente per far fronte alle esigenze, oppure che i re si siano assicurati, attraverso le loro manovre nelle assemblee legislative, di disporre sempre della maggioranza dei voti necessari, o ancora che abbiano potuto, grazie al “liberum veto”, fermare sempre quelle deliberazioni che potevano loro dispiacere e sciogliere le assemblee a piacimento. Quando tutti questi motivi non esisteranno più, si può prevedere che il re, o il senato, o entrambi insieme, faranno ogni sforzo possibile per liberarsi delle assemblee legislative e renderle il più rare possibile. Questo è ciò che bisogna soprattutto prevenire ed evitare. Il mezzo proposto è l’unico; è semplice e sicuramente efficace. È davvero strano che, prima della pubblicazione del “Contratto sociale”, in cui lo propongo[680], nessuno se ne fosse accorto.
Uno dei maggiori svantaggi degli stati grandi, quello che rende più difficile conservare la libertà in essi, è che il potere legislativo non può agire direttamente, ma solo attraverso delegati. Ciò presenta sia vantaggi che svantaggi, ma i primi sono superati dai secondi. Il legislatore nel suo insieme è difficilmente corrompibile, ma facile da ingannare; i suoi rappresentanti, invece, sono difficili da ingannare, ma facilmente corrotti, e spesso lo sono davvero. Avete sotto gli occhi l’esempio del parlamento d’Inghilterra, e con il “liberum veto” anche quello della vostra stessa nazione. Ora, si può illuminare chi si abusa delle sue prerogative, ma come si può impedire a chi le vende? Senza conoscere i fatti della Polonia, scommetterei che nella Dieta vi siano molte più “luci” e più virtù rispetto alle assemblee locali.
Vedo due modi per prevenire questo terribile male della corruzione, che trasforma l’organo della libertà nell’strumento della schiavitù.
Il primo punto, come ho già detto, riguarda la frequenza con cui si tengono le diete; tale frequenza, che spesso cambia i rappresentanti coinvolti, rende il loro potere di persuasione più costoso e più difficile da utilizzare. In questo senso, la vostra costituzione è migliore di quella della Gran Bretagna; e una volta eliminato o modificato il “liberum veto”, non vedo alcun altro cambiamento necessario, se non quello di rendere più difficoltosa l’invio delle stesse comunicazioni a due diete consecutive, e di impedire che i rappresentanti vengano eletti troppe volte. Tornerò su questo argomento in seguito.
Il secondo mezzo consiste nel costringere i rappresentanti ad attenersi esattamente alle istruzioni ricevute e a rendere un resoconto rigoroso ai propri elettori sul proprio comportamento in assemblea. A questo proposito, non posso fare a meno di ammirare la negligenza, l’indifferenza, e oserei dire anche la stupidità della nazione inglese: dopo aver dotato i suoi deputati di un potere supremo, non ha aggiunto alcun freno per regolare il modo in cui essi potrebbero farne uso durante tutti e sette gli anni della loro carica.
Vedo che i Polacchi non comprendono appieno l’importanza delle loro diete, né tutto ciò che queste possono offrire loro, né quanto possano ottenere estendendo il loro potere e dandogli una forma più regolare. Sono convinto che, se le confederazioni hanno salvato la patria, sono state proprio le diete a permetterne la conservazione; ed è lì che risiede il vero baluardo della libertà.
Le istruzioni dei nunzi devono essere redatte con grande cura, sia riguardo agli articoli annunciati negli atti ufficiali[681], che rispetto ad altre esigenze immediate dello stato o della provincia; tale compito deve essere affidato a una commissione presieduta, se si desidera, dal maresciallo della dieta, ma composta comunque da membri eletti con maggioranza dei voti. La nobiltà non deve separarsi finché queste istruzioni non siano state lette, discusse e approvate in assemblea plenaria. Oltre all’originale delle istruzioni, consegnato ai nunzi insieme alle loro deleghe, deve essere conservata una copia firmata da loro nei registri della dieta. È su queste istruzioni che i nunzi dovranno rendere conto, al loro ritorno, del proprio operato alle diete di relazione che è assolutamente necessario ripristinare; in base a tale rendiconto, essi potranno essere esclusi da qualsiasi altra missione successiva o, al contrario, ammessi immediatamente, qualora abbiano seguito fedelmente le istruzioni ricevute, soddisfacendo così le aspettative dei loro committenti. Questa verifica è di estrema importanza; non si può prestare abbastanza attenzione a essa né curarne con sufficiente impegno i risultati. Ogni parola pronunciata dal nunzio in assemblea, ogni sua azione deve essere attentamente monitorata dai suoi committenti, i quali influenzeranno notevolmente sia i suoi progetti di carriera che la stima che gli altri cittadini hanno di lui, elemento fondamentale per il successo delle sue attività. Infatti, i nunzi non vengono inviati alle diete per esprimere il parere personale dei loro committenti, ma per comunicare le volontà effettive della nazione. Questo controllo è assolutamente necessario per far sì che i nunzi adempiano ai propri doveri e prevenire qualsiasi forma di corruzione. Nonostante alcune obiezioni possibili, non vedo alcun inconveniente in questa restrizione: poiché la camera dei nunzi non ha né dovrebbe avere alcuna parte nel dettaglio dell’amministrazione, non può mai trovarsi ad affrontare questioni impreviste. Inoltre, purché un nunzio non agisca contro la volontà esplicita dei suoi committenti, non si potrà considerare un crimine il fatto che egli esprima, in qualità di buon cittadino, un parere su una questione che non è stata prevista o decisa dai suoi mandatari. Infine, anche se ci fossero effettivamente degli svantaggi nel vincolare i nunzi alle loro istruzioni, tali svantaggi verrebbero compensati dall’enorme vantaggio rappresentato dal fatto che la legge sia sempre l’espressione reale delle volontà della nazione.
Ma anche, presi tali accorgimenti, non deve mai sorgere alcun conflitto di giurisdizione tra la dieta e le diete particolari; e quando una legge viene approvata in piena dieta, non concedo nemmeno a queste ultime il diritto di protestare. Che puniscano i loro rappresentanti, che, se necessario, li facciano persino decapitare qualora abbiano commesso frodi: ma che obbediscano sempre, senza eccezioni e senza proteste; che subiscano, come è giusto, le conseguenze delle loro scelte errate; salvo il caso in cui, nella prossima dieta, ritengano opportuno presentare rappresentazioni tanto energiche quanto desiderino.
Les diètes, étant fréquentes, ont moins besoin d’être longues, et six semaines de durée me paraissent bien suffisantes pour les besoins ordinaires de l’état. Mais il est contradictoire que l’autorité souveraine se donne des entraves à elle-même, surtout quand elle est immédiatement entre les mains de la nation. Que cette durée des diètes ordinaires continue d’être fixée à six semaines, à la bonne heure : mais il dépendra toujours de l’assemblée de prolonger ce terme par une délibération expresse lorsque les affaires le demanderont. Car enfin, si la diète, qui, par sa nature, est au-dessus de la loi, dit, Je veux rester, qui est-ce qui lui dira, Je ne veux pas que tu restes ? Il n’y a que le seul cas qu’une diète voulût durer plus de deux ans, qu’elle ne le pourrait pas ; ses pouvoirs alois finiraient et ceux d’une autre diète commenceraient avec la troisième année. La diète, qui peut tout, peut sans contredit prescrire un plus long intervalle entre les diètes : mais cette nouvelle loi ne pourrait regarder que les diètes subséquentes, et celle qui la porte n’en peut profiter. Les principes dont ces règles se déduisent sont établis dans le Contrat social.
À l’égard des diètes extraordinaires, le bon ordre exige en effet qu’elles soient rares, et convoquées uniquement pour d’urgentes nécessités. Quand le roi les juge telles, il doit, je l’avoue, en être cru : mais ces nécessités pourraient exister et qu’il n’en convînt pas ; faut-il alors que le sénat en juge ? Dans un état libre on doit prévoir tout ce qui peut attaquer la liberté. Si les confédérations restent, elles peuvent en certains cas suppléer les diètes extraordinaires : mais si vous abolissez les confédérations, il faut un règlement pour ces diètes nécessairement.
Il me paraît impossible que la loi puisse fixer raisonnablement la durée des diètes extraordinaires, puisqu’elle dépend absolument de la nature des affaires qui les font convoquer. Pour l’ordinaire la célérité y est nécessaire ; mais cette célérité étant relative aux matières à traiter qui ne sont pas dans l’ordre des affaires courantes, on ne peut rien statuer là-dessus d’avance, et l’on pourrait se trouver en tel état qu’il importerait que la diète restât assemblée jusqu’à ce que cet état eut changé, ou que le temps des diètes ordinaires lit tomber les pouvoirs de celle-là.
Pour ménager le temps, si précieux dans les diètes, il faudrait tâcher d’ôter de ces assemblées les vaines discussions qui ne servent qu’à le faire perdre. Sans doute il y faut non seulement de la règle et de Tordre, mais du cérémonial et de la majesté. Je voudrais même qu’on donnât un soin particulier à cet article, et qu’on sentît, par exemple, la barbarie et l’horrible indécence de voir l’appareil des armes profaner le sanctuaire des lois. Polonais, êtes-vous plus guerriers que n’étaient les Romains ? et jamais, dans les plus grands troubles de leur république, l’aspect d’un glaive ne souilla les comices ni le sénat. Mais je voudrais aussi qu’en s’attachant aux choses importantes et nécessaires on évitât tout ce qui peut se faire ailleurs également bien. Le rugi, par exemple, c’est-à-dire l’examen de la légitimité des nonces, est un temps perdu dans la diète, non que cet examen ne soit en lui-même une chose importante, mais parce qu’il peut se faire aussi bien et mieux dans le lieu même où ils ont été élus, où ils sont le plus connus, et où ils ont tous leurs concurrents. C’est dans leur palatinat même, c’est dans la diétine qui les députe, que la validité de leur élection peut être mieux constatée et en moins de temps, comme cela se pratique pour les commissaires de Radom et les députés au tribunal. Cela fait, la diète doit les admettre sans discussion sur le laudum dont ils sont porteurs, et cela non seulement pour prévenir les obstacles qui peuvent retarder l’élection du maréchal[682], mais surtout les intrigues par lesquelles le sénat ou le roi pourraient gêner les élections et chicaner les sujets qui leur seraient désagréables. Ce qui vient de se passer à Londres est une leçon pour les Polonais. Je sais bien que ce Wilkes n’est qu’un brouillon ; mais par l’exemple de sa réjection la planche est faite, et désormais on n’admettra plus dans la chambre des communes que des sujets qui conviennent à la cour.
IL faudrait commencer par donner plus d’attention au choix des membres qui ont voix dans les diétines. On discernerait par-là plus aisément ceux qui sont éligibles pour la nonciature. Le livre d’or de Venise est un modèle à suivre à cause des facilités qu’il donne. Il serait commode et très aisé de tenir dans chaque grod un registre exact de tous les nobles qui auraient, aux conditions requises, entrée et voix aux diétines ; on les inscrirait dans le registre de leur district à mesure qu’ils atteindraient l’âge requis par les lois ; et l’on raierait ceux qui devraient en être exclus dès qu’ils tomberaient dans ce cas, en marquant la raison de leur exclusion. Par ces registres, auxquels il faudrait donner une forme bien authentique, on distinguerait aisément, tant les membres légitimes des diétines, que les sujets éligibles pour la nonciature ; et la longueur des discussions serait fort abrégée sur cet article.
Une meilleure police dans les diètes et diétines serait assurément une chose fort utile ; mais, je ne le redirai jamais trop, il ne faut pas vouloir à la fois deux choses contradictoires. La police est bonne, mais la liberté vaut mieux ; et plus vous générez la liberté par des formes, plus ces formes fourniront de moyens à l’usurpation. Tous ceux dont vous userez pour empêcher la licence dans l’ordre législatif, quoique bons en eux-mêmes, seront tôt ou tard employés pour l’opprimer. C’est un grand mal que les longues et vaines harangues qui font perdre un temps si précieux, mais c’en est un bien plus grand qu’un bon citoyen n’ose parler quand il a des choses utiles à dire. Dès qu’il n’y aura dans les diètes que certaines bouches qui s’ouvrent, et qu’il leur sera défendu de tout dire, elles ne diront bientôt plus que ce qui peut plaire aux puissants.
Après les changements indispensables dans la nomination des emplois et dans la distribution des grâces, il y aura vraisemblablement et moins de vaines harangues, et moins de flagorneries adressées au roi sous cette forme. On pourrait cependant, pour élaguer un peu les tortillages et les amphigouris, obliger tout harangueur à énoncer au commencement de son discours la proposition qu’il veut faire, et, après avoir déduit ses raisons, de donner ses conclusions sommaires, comme font les gens du roi dans les tribunaux. Si cela n’abrégeait pas les discours, cela contiendrait du moins ceux qui ne veulent parler que pour ne rien dire, et faire consumer le temps à ne rien faire.
Je ne sais pas bien quelle est la forme établie dans les diètes pour donner la sanction aux lois ; mais je sais que, pour des raisons dites ci-devant, cette forme ne doit pas être la même que dans le parlement de la Grande-Bretagne ; que le sénat de Pologne doit avoir l’autorité d’administration, non de législation ; que, dans toute cause législative, les sénateurs doivent voter seulement comme membres de la diète, non comme membres du sénat, et que les voix doivent être comptées par tête également dans les deux chambres. Peut-être l’usage du liberum veto a-t-il empêché de faire cette distinction, mais elle sera très nécessaire quand le liberum veto sera ôté ; et cela, d’autant plus que ce sera un avantage immense de moins dans la chambre des nonces, car je ne suppose pas que les sénateurs, bien moins les ministres, aient jamais eu part à ce droit. Le veto des nonces polonais représente celui des tribuns du peuple à Rome : or ils n’exerçaient pas ce droit comme citoyens, mais comme représentants du peuple romain. La perte du liberum veto n’est donc que pour la chambre des nonces, et le corps du sénat, n’y perdant rien, y gagne par conséquent.
Ceci posé, je vois un défaut à corriger dans la diète ; c’est que, le nombre des sénateurs égalant presque celui des nonces, le sénat a une trop grande influence dans les délibérations, et peut aisément, par son crédit dans l’ordre équestre, gagner le petit nombre, de voix dont il a besoin pour être toujours prépondérant.
Since diets are held frequently, there is no need for them to be prolonged; six weeks seems more than sufficient to meet the ordinary needs of the state. However, it is contradictory for the sovereign authority to impose restrictions on itself, especially when it is directly in the hands of the nation. It is fortunate that the duration of regular diets remains fixed at six weeks; nevertheless, it will always depend on the assembly to extend this term through explicit deliberation whenever circumstances require it. After all, if a diet—by its very nature, above the law—claims, “I wish to remain in office,” who would have the authority to say, “You must not stay?” The only situation in which a diet might last longer than two years is if that were explicitly prohibited; otherwise, its powers would end, and those of another diet would begin in the third year. A diet, which can do everything, could certainly prescribe an even longer interval between sessions; but such a new law would apply only to subsequent diets, and the one that enacts it would not benefit from it itself. The principles underlying these rules are established in the Social Contract.
Regarding extraordinary diets, good order demands that they be rare and convened only for urgent necessities. When the king deems them necessary, I admit his judgment must be trusted; however, such necessities may exist without actually being so deemed. In that case, should the senate decide? In a free state, everything that could threaten freedom must be anticipated. If confederations remain, they can in certain situations serve as a substitute for extraordinary diets; but if these confederations are abolished, some form of regulation for such diets becomes indispensable.
It seems to me impossible for law to reasonably determine the duration of extraordinary sessions of parliament, since it depends entirely on the nature of the matters that necessitate their convening. In ordinary cases, speed is essential; but since this speed relates to matters that are not part of the routine agenda, nothing can be predetermined in advance. One might thus find oneself in a situation where it would be necessary for the extraordinary session to remain convened until those circumstances changed, or until the time allotted for ordinary sessions allowed the relevant powers to be transferred to another body.
In order to make good use of time—such a precious resource during deliberations—it would be necessary to eliminate from these assemblies those futile discussions that only serve to waste it. Undoubtedly, not only rules and order are required, but also ceremony and dignity. I would even go so far as to suggest that particular attention should be paid to this aspect; for instance, it is utterly barbaric and indecent to allow the display of weapons to desecrate the sanctity of legislative forums. Poles, are you more warlike than the Romans were? Yet, even during the greatest turmoil in their republic, the sight of a sword never tarnished the proceedings of the assemblies or the senate. Moreover, when focusing on important and essential matters, we should avoid anything that could be just as effectively accomplished elsewhere. For instance, the process of verifying the legitimacy of nominees is a waste of time during deliberations—not because this verification itself is unimportant, but because it can be carried out just as well, and perhaps even more efficiently, in the very place where those candidates were elected, where they are best known, and where all their competitors are present. It is within their own domains, within the assemblies that elect them, that the validity of their elections can be most effectively and quickly established—just as it is done for the commissioners from Radom and the delegates to the tribunal. Once this is done, the assemblies should admit these candidates without any debate regarding the credentials they hold, not only to prevent delays in the election of the marshal[682], but surtout to avoid intrigues by which the senate or the king might attempt to obstruct the electoral process or undermine those whom they disapprove of. What has just happened in London serves as a lesson for the Poles. I know well that this Wilkes is merely a draft; but with his rejection as an example, the way forward has been set. From now on, only those candidates who are suitable for the court will be admitted to the House of Commons.
One should begin by paying more attention to the selection of those members who have the right to vote in the diets. In this way, it would be easier to identify those who are eligible for appointment as nuncios. The Golden Book of Venice serves as a model to follow due to the convenience it provides. It would be convenient and straightforward to keep an accurate register in each province of all the nobles who meet the required conditions and have the right to vote in the diets; they could be listed in the register of their respective districts as soon as they reached the age prescribed by law. Those who should be excluded from this right could be promptly removed from the register, with the reason for their exclusion noted. Through such registers, which must be established in a truly authentic manner, it would be easy to distinguish between the legitimate members of the diets and those subjects eligible for appointment as nuncios; thus, lengthy discussions on this matter could be greatly reduced.
A better regulation of diets and dietary practices would undoubtedly be very useful; but, I must repeat it again and again, one should not strive for two contradictory things at the same time. Regulation is good, but freedom is better; and the more you create freedom through certain forms, the more those forms will provide means for oppression. All those whom you use to prevent excesses in the legislative process, although they may be good in themselves, will sooner or later be employed to oppress others. It is a great evil that long and futile speeches waste such precious time; but an even greater evil is when a good citizen dares not speak when there are useful things to say. Once only certain people are allowed to speak in the legislative assemblies, and they are forbidden from saying anything else, they will soon begin to utter only what pleases those in power.
After the indispensable changes are made in the appointment of officials and the distribution of favors, there will likely be fewer empty speeches and less flattery addressed to the king in such a form. However, in order to streamline these lengthy and convoluted speeches, it might be required that every orator state at the beginning of their address the main proposition they wish to make, and after presenting their reasons, conclude with a summary of their arguments, just as people representing the king do in the courts. Even if this did not shorten the length of these speeches, it would at least eliminate those who merely speak to say nothing, wasting time without achieving any purpose.
I am not quite sure what form is established in the diets for enforcing laws; but I know that, for reasons already mentioned, this form must not be the same as that in the Parliament of Great Britain; that the Senate of Poland must have the authority to administer, but not to legislate; and that, in any legislative matter, senators should vote only as members of the diet, not as members of the senate, and that votes should be counted on a per-head basis in both chambers. Perhaps the practice of the “liberum veto” has prevented such a distinction from being made, but it will become absolutely necessary once this right is abolished; especially since it will represent a significant loss for the chamber of senators, since I do not believe that senators—let alone ministers—have ever enjoyed this right. The veto power of the Polish senators corresponds to that of the tribunes of the people in Rome; yet these tribunes did not exercise this right as citizens, but as representatives of the Roman people. Therefore, the abolition of the “liberum veto” would only affect the chamber of senators, while the body of the senate itself would gain nothing and even benefit from it.
Having said this, I see one flaw that needs to be corrected in the legislative system: since the number of senators is nearly equal to that of the knights, the senate holds too much influence in deliberations. Moreover, due to its prestige within the order of the knights, it can easily secure the small number of votes it needs in order to remain dominant at all times.
Le diete, essendo frequenti, non hanno bisogno di essere lunghe; sei settimane mi sembrano più che sufficienti per le esigenze ordinarie dello Stato. Tuttavia è contraddittorio che l’autorità sovrana si imponga delle restrizioni da sola, soprattutto quando è direttamente nelle mani della nazione. Che questa durata delle diete ordinarie continui ad essere fissata a sei settimane è senz’altro positivo; tuttavia dipenderà sempre dall’assemblea decidere di prolungarla tramite deliberazioni esplicite, quando le circostanze lo richiederanno. Infatti, se la dieta – che per sua natura è al di sopra della legge – decide di “rimanere”, chi potrebbe impedirglielo? L’unico caso in cui una dieta potrebbe durare più di due anni è quando ciò non fosse possibile; i suoi poteri finirebbero e quelli di un’altra dieta inizierebbero con il terzo anno. La dieta, che può tutto, può certamente stabilire un intervallo più lungo tra una sessione e l’altra; ma questa nuova norma riguarderebbe soltanto le diete successive, e non quella che la introduce. I principi da cui derivano queste regole sono stabiliti nel Contratto sociale.
Per quanto riguarda le assemblee straordinarie, l’ordine pubblico richiede infatti che siano tenute solo in casi eccezionali e per necessità urgenti. Quando il re le ritiene tali, bisogna, lo ammetto, credergli; tuttavia, queste necessità potrebbero esistere senza che sia realmente così. In tal caso, dovrà essere il senato a decidere? In uno stato libero è necessario prevedere tutto ciò che potrebbe minacciare la libertà. Se le confederazioni rimangono, in alcuni casi possono sostituire le assemblee straordinarie; ma se queste vengono abolite, allora diventa indispensabile un regolamento preciso per il loro funzionamento.
Mi sembra impossibile che la legge possa stabilire in modo ragionevole la durata delle sessioni straordinarie dei parlamenti, poiché essa dipende assolutamente dalla natura delle questioni che ne motivano la convocazione. Nel caso delle sessioni ordinarie, la rapidità è certamente necessaria; tuttavia, questa rapidità essendo legata alle questioni da trattare, le quali non rientrano nell’ambito delle normali attività amministrative, non si può stabilire nulla in anticipo al riguardo. Potrebbe quindi verificarsi una situazione in cui sia necessario mantenere la sessione straordinaria in corso fino a quando tale situazione non cambierà, oppure fino a quando non scadrà il termine delle sessioni ordinarie e i poteri della sessione straordinaria verranno trasferiti a queste ultime.
Per risparmiare tempo – così prezioso durante le assemblee legislative – bisognerebbe cercare di eliminare da tali riunioni quelle discussioni inutili che non fanno altro che farlo perdere. Senza dubbio, sono necessari sia regole e ordine sia cerimonie e maestosità. Vorrei persino che si prestasse particolare attenzione a questo aspetto: è davvero barbaro e indecente vedere l’aspetto minaccioso delle armi profanare il luogo sacro dove si deliberano le leggi. Polacchi, siete forse più guerrieri dei Romani? Eppure, nemmeno nei momenti più difficili della loro repubblica, l’aspetto di una spada ha mai contaminato i comizi o il senato. Tuttavia, bisognerebbe anche evitare tutto ciò che può essere fatto altrove con lo stesso risultato. Ad esempio, l’esame della legittimità dei delegati rappresenta un tempo perso durante le assemblee legislative; non perché tale esame non sia in sé importante, ma perché può essere svolto altrettanto bene – e addirittura meglio – nel luogo stesso dove i delegati sono stati eletti, dove sono più conosciuti e dove hanno tutti i loro concorrenti. È proprio nel loro palazzo, è nella dieta che li ha eletti, che la validità della loro elezione può essere verificata in modo più efficace e in meno tempo, proprio come avviene per i commissari di Radom e i delegati al tribunale. Una volta fatto ciò, la dieta dovrebbe ammetterli senza discussioni riguardo ai documenti che presentano; non solo per evitare ostacoli che possano ritardare l’elezione del maresciallo[682], ma soprattutto per impedire che il senato o il re possano interferire nelle elezioni o creare difficoltà a coloro che potrebbero risultare sgraditi loro. Quello che è appena accaduto a Londra rappresenta una lezione per i Polacchi. So bene che quel Wilkes non è altro che un esempio; ma con l’esempio della sua rifiutazione, il modello è già stato creato. E da ora in poi, nella camera dei comuni saranno ammessi soltanto coloro che sono graditi alla corte.
Si dovrebbe iniziare dando maggiore attenzione alla selezione dei membri che hanno diritto di voto nelle diete. In questo modo sarebbe più facile individuare coloro che sono idonei a ricoprire incarichi presso la nunziatura. Il libro d’oro di Venezia rappresenta un modello da seguire, grazie alle facilitazioni che offre. Sarebbe pratico e molto semplice tenere, in ogni distretto, un registro accurato di tutti i nobili che, rispettando le condizioni richieste, hanno diritto di partecipare alle diete; questi dovrebbero essere iscritti nel registro del loro distretto non appena raggiungono l’età prevista dalla legge; inoltre, coloro che dovessero essere esclusi verrebbero cancellati dal registro, con indicazione della motivazione dell’esclusione. Grazie a questi registri, che dovrebbero assumere una forma ben definita e autentica, sarebbe facile distinguere sia i membri legittimi delle diete sia i soggetti idonei a ricoprire incarichi presso la nunziatura; in questo modo le discussioni su tale argomento verrebbero notevolmente abbreviate.
Un controllo più rigoroso delle diete e dei regimi alimentari sarebbe certamente molto utile; ma, non lo ripeterò mai abbastanza, non si dovrebbe desiderare contemporaneamente due cose contraddittorie. Il controllo è necessario, ma la libertà è ancora più preziosa; e più si promuove la libertà attraverso determinate forme, più queste stesse forme forniranno strumenti per l’abuso del potere. Tutti coloro che vengono utilizzati per impedire comportamenti licenziosi nell’ambito dell’ordine legislativo, per quanto buoni in sé, verranno prima o poi impiegati per opprimere gli altri. È un grande male le lunghe e vane argomentazioni che fanno perdere tempo così prezioso; ma è ancora più grave che un buon cittadino non osi parlare quando ha cose utili da dire. Non appena nelle assemblee legislative rimarranno soltanto alcune persone autorizzate a parlare, e a loro verrà vietato dire qualsiasi cosa, presto non diranno altro se non ciò che può piacere ai potenti.
Dopo i cambiamenti indispensabili nella nomina delle cariche e nella distribuzione dei favori reali, probabilmente ci saranno meno discorsi vani e meno lusinghe rivolte al re in questo modo. Tuttavia, per ridurre un po’ le lungaggini e le digressioni, si potrebbe obbligare ogni oratore a enunciare all’inizio del suo discorso la proposta che intende avanzare; dopo aver esposto le sue ragioni, dovrebbe poi presentare le sue conclusioni sommarie, proprio come fanno i rappresentanti del re nei tribunali. Anche se questo non abbrevierebbe necessariamente i discorsi, almeno impedirebbe a coloro che vogliono parlare solo per non dire nulla di consumare tempo inutilmente.
Non so con esattezza quale sia la forma stabilita nelle diete per dare attuazione alle leggi; ma so che, per motivi già menzionati, questa forma non deve essere la stessa di quella del parlamento della Gran Bretagna; che il senato di Polonia deve avere l’autorità di amministrazione, non di legislazione; che, in ogni questione legislativa, i senatori devono votare soltanto in qualità di membri della dieta, e non come membri del senato stesso, e che le voci debbano essere conteggiate a persona nelle due camere. Forse l’uso del “liberum veto” ha impedito di stabilire questa distinzione, ma essa diventerà estremamente necessaria quando tale diritto verrà abolito; soprattutto perché ciò rappresenterà un enorme vantaggio per la camera dei senatori, poiché non credo che i senatori, e tanto meno i ministri, abbiano mai avuto parte a questo diritto. Il veto dei senatori polacchi corrisponde a quello dei tribuni del popolo a Roma; tuttavia questi ultimi esercitavano tale potere non in qualità di cittadini, ma come rappresentanti del popolo romano. Pertanto, la perdita del “liberum veto” riguarda soltanto la camera dei senatori, mentre il corpo del senato, non subendo alcuna perdita, ne trae anzi vantaggio.
Detto questo, noto un difetto da correggere nella composizione del senato: poiché il numero dei senatori è quasi uguale a quello dei membri dell’ordine equestre, il senato esercita un’influenza eccessiva nelle deliberazioni e può facilmente, grazie al proprio prestigio all’interno di quell’ordine, ottenere il numero ridotto di voti necessari per rimanere sempre in posizione dominante.
Je dis que c’est un défaut, parce que le sénat, étant un corps particulier dans l’état, a nécessairement des intérêts de corps différents de ceux de la nation, et qui même, à certains égards, y peuvent être contraires. Or la loi, qui n’est que l’expression de la volonté générale, est bien le résultat de tous les intérêts particuliers combinés et balancés par leur multitude ; mais les intérêts de corps, faisant un poids trop considérable, rompraient l’équilibre, et ne doivent pas y entrer collectivement. Chaque individu doit avoir sa voix ; nul corps, quel qu’il soit, n’en doit avoir une. Or si le sénat avait trop de poids dans la diète, non seulement il y porterait son intérêt, mais il le rendrait prépondérant.
Un remède naturel à ce défaut se présente de lui-même ; c’est d’augmenter le nombre des nonces ; mais je craindrais que cela ne fît trop de mouvement dans l’état et n’approchât trop du tumulte démocratique. S’il fallait absolument changer la proportion, au lieu d’augmenter le nombre des nonces, j’aimerais mieux diminuer le nombre des sénateurs. Et, dans le fond, je ne vois pas trop pour quoi, y ayant déjà un palatin à la tête de chaque province, il y faut encore de grands castellans. Mais ne perdons jamais de vue l’importante maxime de ne rien changer sans nécessité, ni pour retrancher ni pour ajouter.
Il vaut mieux, à mon avis, avoir un conseil moins nombreux, et laisser plus de liberté à ceux qui le composent, que d’en augmenter le nombre et de gêner la liberté dans les délibérations, comme on est toujours forcé de faire quand ce nombre devient trop grand : à quoi j’ajouterai, s’il est permis de prévoir le bien ainsi que le mal, qu’il faut éviter de rendre la diète aussi nombreuse qu’elle peut l’être, pour ne pas s’ôter le moyen d’y admettre un jour, sans confusion, de nouveaux députés, si jamais on en vient à l’ennoblissement des villes et à l’affranchissement des serfs, comme il est à désirer pour la force et le bonheur de la nation.
Cherchons donc un moyen de remédier à ce défaut, d’une autre manière et avec le moins de changement qu’il se pourra.
Tous les sénateurs sont nommés par le roi, et conséquemment sont ses créatures : de plus, ils sont à vie, et, à ce titre, ils forment un corps indépendant et du roi et de l’ordre équestre, qui, comme je l’ai dit, a son intérêt à part et doit tendre à l’usurpation. Et l’on ne doit pas ici m’accuser de contradiction parce que j’admets le sénat comme un corps distinct dans la république, quoique je ne l’admette pas comme un ordre composant de la république ; car cela est fort différent.
Premièrement, il faut ôter au roi la nomination du sénat, non pas tant à cause du pouvoir qu’il conserve par-là sur les sénateurs, et qui peut n’être pas grand, que par celui qu’il a sur tous ceux qui aspirent à l’être, et par eux sur le corps entier de la nation. Outre l’effet de ce changement dans la constitution, il en résultera l’avantage inestimable d’amortir, parmi la noblesse, l’esprit courtisan, et d’y substituer l’esprit patriotique. Je ne vois aucun inconvénient que les sénateurs soient nommés par la diète, et j’y vois de grands biens, trop clairs pour avoir besoin d’être détaillés. Cette nomination peut se faire tout d’un coup dans la diète, ou premièrement dans les diétines, par la présentation d’un certain nombre de sujets pour chaque place vacante dans leurs palatinats respectifs. Entre ces élus la diète ferait son choix, ou bien elle en élirait un moindre nombre, parmi lesquels on pourrait laisser encore au roi le droit de choisir. Mais, pour aller tout d’un coup au plus simple, pourquoi chaque palatin ne serait-il pas élu définitivement dans la diétine de sa province ? quel inconvénient a-t-on vu naître de cette élection pour les palatins de Poloczk, de Witepsk, et pour le staroste de Samogitie ? et quel mal y aurait-il que le privilège de ces trois provinces devînt un droit commun pour toutes ? Ne perdons pas de vue l’importance dont il est pour la Pologne de tourner sa constitution vers la forme fédérative, pour écarter, autant qu’il est possible, les maux attachés à la grandeur ou plutôt à l’étendue de l’état.
En second lieu, si vous faites que les sénateurs ne soient plus à vie, vous affaiblirez considérablement l’intérêt de corps qui tend à l’usurpation. Mais cette opération a ses difficultés : premièrement, parce qu’il est dur à des hommes accoutumés à manier les affaires publiques de se voir réduits tout d’un coup à l’état privé sans avoir démérité ; secondement, parce que les places de sénateurs sont unies à des titres de palatins et de castellans, et à l’autorité locale qui y est attachée, et qu’il résulterait du désordre et des mécontentements du passage perpétuel de ces titres et de cette autorité d’un individu à un autre. Enfin cette amovibilité ne peut pas s’étendre aux évêques, et ne doit peut-être pas s’étendre aux ministres, dont les places, exigeant des talents particuliers, ne sont pas toujours faciles à bien remplir. Si les évêques seuls étaient à vie, l’autorité du clergé, déjà trop grande, augmenterait considérablement ; et il est important que cette autorité soit balancée par des sénateurs qui soient à vie, ainsi que les évêques, et qui ne craignent pas plus qu’eux d’être déplacés.
Voici ce que j’imaginerais pour remédier à ces divers inconvénients. Je voudrais que les places de sénateurs du premier rang continuassent d’être à vie. Cela ferait, en y comprenant, outre les évêques et les palatins, tous les castellans du premier rang, quatre-vingt-neuf sénateurs inamovibles.
Quant aux castellans du second rang, je les voudrais tous à temps, soit pour deux ans, en faisant à chaque diète une nouvelle élection, soit pour plus longtemps s’il était jugé à propos ; mais toujours sortant de place à chaque terme, sauf à élire de nouveau ceux que la diète voudrait continuer, ce que je permettrais un certain nombre de fois seulement, selon le projet qu’on trouvera ci-après.
L’obstacle des titres serait faible, parce que ces titres, ne donnant presque d’autre fonction que de siéger au sénat, pourraient être supprimés sans inconvénient, et qu’au lieu du titre de castellans à bancs, ils pourraient porter simplement celui de sénateurs députés. Comme, par la réforme, le sénat, revêtu de la puissance exécutive, serait perpétuellement assemblé dans un certain nombre de ses membres, un nombre proportionné de sénateurs députés seraient de même tenus d’y assister toujours à tour de rôle. Mais il ne s’agit pas ici de ces sortes de détails.
Par ce changement à peine sensible, ces castellans ou sénateurs députés deviendraient réellement autant de représentants de la diète, qui feraient contrepoids au corps du sénat, et renforceraient l’ordre équestre dans les assemblées de la nation ; en sorte que les sénateurs à vie, quoique devenus plus puissants, tant par l’abolition du veto que par la diminution de la puissance royale et de celle des ministres fondue en partie dans leur corps, n’y pourraient pourtant faire dominer l’esprit de ce corps ; et le sénat, ainsi mi-parti de membres à temps et de membres à vie, serait aussi bien constitué qu’il est possible pour faire un pouvoir intermédiaire entre la chambre des nonces et le roi, avant à la fois assez de consistance pour régler l’administration, et assez de dépendance pour être soumis aux lois. Cette opération me paraît bonne, parce qu’elle est simple, et cependant d’un grand effet.
I say that this is a defect, because the senate, being a particular body within the state, necessarily possesses interests that differ from those of the nation—and in some respects, may even be contrary to them. Now, the law, which is merely an expression of the general will, is indeed the result of all these particular interests combined and balanced by their collective influence; but when the interests of particular bodies carry too much weight, they disrupt that balance, and such interests must not collectively influence the making of law. Every individual must have a voice in legislation; no particular body, whatever its nature, should possess such power. If the senate held too much influence within the legislative body, it would not only promote its own interests but also ensure their dominance over others.
A natural remedy for this defect arises spontaneously; it consists in increasing the number of nonces. However, I fear that this might cause too much upheaval within the system and bring it too close to the chaos of democracy. If it were absolutely necessary to change the proportions, rather than increasing the number of nonces, I would prefer to reduce the number of senators. And, to be honest, I don’t see much reason for having grand castellans when there is already a palatin in charge of each province. But let us never forget the important principle of not making any changes unless absolutely necessary, neither reducing nor adding anything.
In my opinion, it is better to have a smaller number of council members and allow them more freedom in their deliberations, rather than increasing their number and thus restricting their independence—something that inevitably happens when the number gets too large. Moreover, if it is possible to foresee both good and bad outcomes, one should avoid making the council as numerous as possible, so as not to prevent oneself from admitting new members at some point in the future, without causing confusion—especially if there comes a time when it becomes desirable to ennoble cities and liberate serfs, for the sake of the nation’s strength and happiness.
Let us therefore find a way to remedy this deficiency, in another manner and with as few changes as possible.
All senators are appointed by the king and are therefore his creations; moreover, they hold their positions for life. In this capacity, they form an independent body, separate both from the king and from the order of knights. As I have said earlier, this order has its own distinct interests and tends toward usurpation. One should not accuse me of contradiction here, for I acknowledge the senate as a distinct entity within the republic, even though I do not consider it to be an order that constitutes part of the republic; indeed, these are two very different things.
Firstly, it is necessary to remove from the king the power to appoint senators—not so much because of the influence he still retains over them, which may not be significant, but rather because of its impact on all those who aspire to become senators, and thus on the entire nation. In addition to the constitutional changes this would entail, it would also have the invaluable advantage of reducing the courtly mentality among the nobility and replacing it with a patriotic spirit. I see no disadvantage in having senators appointed by the diet; on the contrary, there are numerous benefits that are too obvious to require elaboration. Such appointments could be made either all at once by the diet or initially by the various diets, by presenting a list of candidates for each vacant position within their respective territories. The diet could then choose from this list, or it might elect a smaller number of candidates, allowing the king some discretion in the selection process. But to simplify matters further: why not have each palatine elected permanently by the diet of his province? What harm has resulted from such elections for the palatines of Poloczk, Witepsk, and the starost of Samogitia? And what would be wrong with making this privilege common to all three provinces? We must not overlook the importance of shaping Poland’s constitution in a federal direction, in order to minimize the evils associated with the greatness—or rather, the expansion—of the state.
Secondly, if you were to make senators serve for a limited term only, you would significantly weaken the collective interest that tends towards usurpation of power. However, such a measure encounters difficulties: firstly, because it is hard for men accustomed to managing public affairs to suddenly be reduced to a private status without having committed any wrongdoing; secondly, because senatorial positions are often linked to titles of nobility and local authority, and a constant shifting of these titles and authorities from one individual to another would lead to disorder and discontent. Lastly, this principle of limited terms cannot be applied to bishops, nor perhaps to ministers, whose roles require special talents and are not always easy to fill satisfactorily. If only bishops were appointed for life, the power of the clergy, which is already too great, would increase considerably; it is therefore important that this power be balanced by senators who also serve for life, so that they, like the bishops, are not afraid of being removed from their positions.
Here is what I would propose to address these various inconveniences. I would like for the seats of senators in the first rank to remain lifetime positions. This would include, in addition to bishops and palatines, all castellans of the first rank, resulting in a total of eighty-nine immovable senators.
As for the second-rank castellans, I would like all of them to serve for a fixed term—either two years, with new elections held at each diet, or for a longer period if deemed appropriate. However, they should always step down at the end of their term, unless the diet decides to re-elect them, something which I would allow only a limited number of times, in accordance with the plan outlined below.
The obstacle posed by these titles would be minimal, because such titles, which serve essentially no other purpose than to enable their holders to sit in the senate, could be abolished without any inconvenience. Moreover, instead of being called “castellans à bancs,” they could simply be referred to as “senators députés.” Since, under the proposed reform, the senate, having been endowed with executive power, would remain permanently assembled in a certain number of its members, a corresponding number of senators députés would also be required to attend regularly on a rotating basis. However, these are not the kind of details that matter here.
Through this barely noticeable change, these castellans or senators-deputies would truly become representatives of the diet, serving as a counterbalance to the senate itself and strengthening the influence of the knightly order within the national assemblies. As a result, even though the lifelong senators would become more powerful—due to the abolition of the veto and the weakening of both royal authority and that of the ministers, which were partially integrated into their own body—the spirit of the senate as a whole could not be dominated by them. Thus, with half its members serving for fixed terms and half for life, the senate would be constitutionally structured in such a way as to serve as an intermediary power between the lower chambers and the king—possessing sufficient stability to govern effectively yet enough subordination to be subject to the law. This solution seems sound to me because it is simple yet highly effective.
Dico che questo rappresenta un difetto, perché il senato, essendo un organo particolare all’interno dello Stato, ha necessariamente interessi diversi da quelli della nazione; anzi, in alcuni aspetti, tali interessi possono addirittura essere contrari a quelli della nazione stessa. Ora, la legge, che non è altro che l’espressione della volontà generale, è certamente il risultato di tutti gli interessi particolari combinati e bilanciati dalla loro molteplicità; ma gli interessi dei gruppi particolari, avendo un peso eccessivo, romperebbero questo equilibrio e non dovrebbero quindi influenzare collettivamente la formazione delle leggi. Ogni individuo deve avere il proprio diritto di voto; nessun gruppo, per quanto importante possa essere, dovrebbe averne uno esclusivo. Se dunque il senato avesse troppo potere nella legislatura, non solo ne promuoverebbe i propri interessi, ma li renderebbe anche predominanti sugli altri.
Un rimedio naturale a questo difetto si presenta da solo: aumentare il numero dei “nonci”; tuttavia temo che ciò possa causare troppi cambiamenti nello stato attuale e avvicinarsi troppo al caos democratico. Se fosse assolutamente necessario modificare questa proporzione, piuttosto che aumentare il numero dei “nonci”, preferirei ridurre quello dei senatori. In fondo, non vedo davvero il motivo per cui, essendo già presente un “palatino” a capo di ogni provincia, siano ancora necessari grandi funzionari locali. Ma non dobbiamo mai dimenticare l’importante principio di non cambiare nulla se non è strettamente necessario, né eliminare né aggiungere nulla senza motivo.
A mio parere, è meglio disporre di un consiglio più ristretto e concedere maggiore libertà ai suoi membri, piuttosto che aumentarne il numero e ostacolare la libertà delle deliberazioni, come si è costretti a fare quando tale numero diventa troppo elevato. Inoltre, se fosse possibile prevedere sia il bene che il male, bisognerebbe evitare di rendere il consiglio così numeroso da non poter più, in futuro, ammettere nuovi membri senza causare confusione, nel caso in cui si decidesse di nobilitare le città e di liberare i servi, come sarebbe auspicabile per la forza e la felicità della nazione.
Dobbiamo quindi trovare un modo per rimediare a questa carenza, in un altro modo e con il minor numero possibile di cambiamenti.
Tutti i senatori sono nominati dal re e, di conseguenza, sono sue creature; inoltre, hanno incarichi a vita e, per questo motivo, costituiscono un corpo indipendente sia dal re che dall’ordine equestre, il quale, come ho detto, ha interessi propri e tende inevitabilmente all’usurpazione del potere. Non si dovrebbe accusarmi di contraddizione se ammetto che il senato rappresenti un corpo distinto all’interno della repubblica, anche se non lo considero un ordine che faccia parte integrante della stessa; poiché queste due cose sono in realtà molto diverse.
In primo luogo, è necessario togliere al re il potere di nominare i senatori, non tanto a causa del potere che egli conserva in questo modo sui senatori stessi – e che potrebbe non essere grande – quanto piuttosto a causa del potere che esercita su tutti coloro che aspirano a diventarlo, e attraverso di loro su l’intero corpo della nazione. Oltre all’effetto di questo cambiamento nella costituzione, ne deriverebbe un vantaggio inestimabile: si attenuerebbe, tra la nobiltà, lo spirito cortigiano, sostituendolo con uno spirito patriottico. Non vedo alcun inconveniente nel fatto che i senatori siano nominati dalla dieta; anzi, ne vedo grandi benefici, troppo evidenti per aver bisogno di essere spiegati in dettaglio. Questa nomina potrebbe avvenire all’improvviso nella dieta, oppure inizialmente nelle singole diete, presentando un certo numero di candidati per ogni posto vacante nei rispettivi palatinati. Tra questi eletti, la dieta potrebbe fare la sua scelta, oppure ne eleggerebbe un numero inferiore, lasciando comunque al re il diritto di scegliere alcuni di loro. Ma, per procedere in modo semplice e diretto, perché ogni palatino non dovrebbe essere eletto definitivamente nella dieta della propria provincia? Qual è l’inconveniente derivante da questa elezione per i palatini di Poloczk, di Vitebsk e per lo starosta della Samogizia? E quale danno ci sarebbe nel fatto che il privilegio di queste tre province diventasse un diritto comune per tutte le altre? Non dobbiamo perdere di vista l’importanza che ha, per la Polonia, orientare la propria costituzione verso una forma federativa, al fine di eliminare, quanto più possibile, i mali legati alla grandezza – o meglio, all’estensione – dello stato.
In secondo luogo, se si rendesse impossibile che i senatori rimanessero in carica a vita, ciò indebolirebbe notevolmente quel senso di corporazione che spinge verso l’usurpazione del potere. Tuttavia, questa misura presenta delle difficoltà: innanzitutto, perché è difficile per uomini abituati a gestire gli affari pubblici essere improvvisamente ridotti allo stato privato senza aver commesso alcun errore; in secondo luogo, perché le cariche di senatore sono legate a titoli nobiliari e all’autorità locale ad esse associata, e il continuo passaggio di tali titoli e autorità da un individuo all’altro potrebbe causare disordini e malcontenti. Infine, questa possibilità di rimuovere i senatori dalla loro carica non può essere estesa ai vescovi, né probabilmente ai ministri, le cui posizioni richiedono talenti particolari e non sono sempre facilmente ricopribili. Se solo i vescovi fossero in carica a vita, l’autorità del clero, già troppo grande, aumenterebbe notevolmente; ed è importante che tale autorità sia bilanciata da senatori anch’essi in carica a vita, in modo che non temano di essere sostituiti, proprio come i vescovi.
Ecco ciò che immaginerei per rimediare a questi diversi inconvenienti. Vorrei che i posti di senatore di primo rango continuassero ad essere ereditari per tutta la vita. Ciò significherebbe, includendo tra gli altri i vescovi e i palatini, tutti i castellani di primo rango, ottantanove senatori inamovibili.
Per quanto riguarda i castellani di secondo rango, vorrei che fossero tutti sostituiti a scadenza, sia dopo due anni, effettuando una nuova elezione in ogni assemblea legislativa, sia per periodi più lunghi se ciò si ritenesse opportuno; tuttavia, in ogni caso dovrebbero lasciare il loro incarico alla fine del mandato, salvo nel caso in cui l’assemblea decidesse di rieleggerli, cosa che permetterei solo un certo numero di volte, secondo il piano che verrà proposto di seguito.
L’ostacolo rappresentato da tali titoli sarebbe di poco conto, poiché essi, avendo quasi esclusivamente la funzione di far parte del senato, potrebbero essere eliminati senza alcun inconveniente; inoltre, al posto del titolo di “castellani a banco”, si potrebbe semplicemente utilizzare quello di “senatori-deputati”. Poiché, con la riforma, il senato, dotato di poteri esecutivi, sarebbe permanentemente riunito da un certo numero dei suoi membri, un numero proporzionale di senatori-deputati sarebbe anch’essi tenuti ad assistervi regolarmente, a turno. Ma non si tratta qui di dettagli del genere.
Con questo cambiamento appena percettibile, questi signori feudali o senatori delegati diventerebbero effettivamente dei veri rappresentanti della dieta, in grado di bilanciare il potere del senato e rafforzare l’influenza dell’ordine equestre nelle assemblee nazionali; in questo modo, i senatori a vita, sebbene diventassero più potenti grazie all’abolizione del veto e alla riduzione del potere reale nonché di quello dei ministri, fusi in parte nel loro stesso organo, non riuscirebbero comunque a imporre il proprio volere su di esso. Il senato, quindi, composto per metà da membri eletti a tempo determinato e per metà da senatori a vita, sarebbe costituito in modo ottimale per svolgere un ruolo intermedio tra la camera dei rappresentanti e il re: avrebbe sufficiente forza per gestire l’amministrazione, ma anche abbastanza dipendenza da essere soggetto alle leggi. Questa soluzione mi sembra valida, perché è semplice e al contempo molto efficace.
On propose, pour modérer les abus du veto, de ne plus compter les voix par tête de nonce, mais de les compter par palatinats. On ne saurait trop réfléchir sur ce changement avant que de l’adopter, quoiqu’il ait ses avantages et qu’il soit favorable à la forme fédérative. Les voix prises par masse et collectivement vont toujours moins directement à l’intérêt commun que prises ségrégativement par individu. Il arrivera très souvent que parmi les nonces d’un palatinat un d’entre eux, dans leurs délibérations particulières, prendra l’ascendant sur les autres, et déterminera pour son avis la pluralité, qu’il n’aurait pas si chaque voix demeurait indépendante. Ainsi les corrupteurs auront moins à faire et sauront mieux à qui s’adresser. De plus, il vaut mieux que chaque nonce ait à répondre pour lui seul à sa diétine, afin que nul ne s’excuse sur les autres, que l’innocent et le coupable ne soient pas confondus, et que la justice distributive soit mieux observée. Il se présente bien des raisons contre cette forme, qui relâcherait beaucoup le lien commun, et pourrait, à chaque diète, exposer l’état à se diviser. En rendant les nonces plus dépendants de leurs instructions et de leurs constituants, on gagne à peu près le même avantage sans aucun inconvénient. Ceci suppose, il est vrai, que les suffrages ne se donnent point par scrutin, mais à haute voix, afin que la conduite et l’opinion de chaque nonce à la diète soient connues, et qu’il en réponde en son propre et privé nom. Mais cette matière des suffrages étant une de celles que j’ai discutées avec le plus de soin dans le Contrat social[683], il est superflu de me répéter ici.
Quant aux élections, on trouvera peut-être d’abord quelque embarras à nommer à la fois dans chaque diète tant de sénateurs députés, et en général aux élections d’un grand nombre sur un plus grand nombre qui reviendront quelquefois dans le projet que j’ai à proposer ; mais, en recourant pour cet article au scrutin, l’on ôterait aisément cet embarras au moyen de cartons imprimés et numérotés qu’on distribuerait aux électeurs la veille de l’élection, et qui contiendraient les noms de tous les candidats entre lesquels cette élection doit être faite. Le lendemain les électeurs viendraient à la file rapporter dans une corbeille tous leurs cartons, après avoir marqué, chacun dans le sien, ceux qu’il élit ou ceux qu’il exclut, selon l’avis qui serait en tête des cartons. Le déchiffrement de ces mêmes cartons se ferait tout de suite, en présence de l’assemblée, par le secrétaire de la diète, assisté de deux autres secrétaires ad actum nommés sur-le-champ par le maréchal dans le nombre des nonces présents. Par cette méthode, l’opération deviendrait si courte et si simple, que, sans dispute et sans bruit, tout le sénat se remplirait aisément dans une séance. Il est vrai qu’il faudrait encore une règle pour déterminer la liste des candidats ; mais cet article aura sa place et ne sera pas oublié.
Reste à parler du roi, qui préside à la diète, et qui doit être, par sa place, le suprême administrateur des lois.
Chapitre 8. – Du roi.
C’est un grand mal que le chef d’une nation soit l’ennemi né de la liberté, dont il devrait être le défenseur. Ce mal, à mon avis, n’est pas tellement inhérent à cette place qu’on ne put l’en détacher, ou du moins l’amoindrir considérablement. Il n’y a point de tentation sans espoir. Rendez l’usurpation impossible à vos rois, vous leur en ôterez la fantaisie ; et ils mettront, à vous bien gouverner et à vous défendre, tous les efforts qu’ils font maintenant pour vous asservir. Les instituteurs de la Pologne, comme l’a remarqué M. le comte de Wielhorsld, ont bien songé à ôter aux rois les moyens de nuire, mais non pas celui de corrompre ; et les grâces dont ils sont les distributeurs leur donnent abondamment ce moyen. La difficulté est qu’en leur ôtant cette distribution l’on paraît leur tout ôter : c’est pourtant ce qu’il ne faut pas faire ; car autant vaudrait n’avoir point de roi ; et je crois impossible à un aussi grand état que la Pologne de s’en passer, c’est-à-dire d’un chef suprême qui soit à vie. Or, à moins que le chef d’une nation ne soit tout-à-fait nul, et par conséquent inutile, il faut bien qu’il puisse faire quelque chose ; et si peu qu’il fasse, il faut nécessairement que ce soit du bien ou du mal.
Maintenant tout le sénat est à la nomination du roi : c’est trop. S’il n’a aucune part à cette nomination, ce n’est pas assez. Quoique la pairie en Angleterre soit aussi à la nomination du roi, elle en est bien moins dépendante, parce que cette pairie une fois donnée est héréditaire ; au lieu que les évêchés, palatinats, et castellanies, n’étant qu’à vie, retournent, à la mort de chaque titulaire, à la nomination du roi.
J’ai dit comment il me paraît que cette nomination devrait se faire ; savoir, les palatins et grands castellans, à vie et par leurs diétines respectives ; les castellans du second rang, à temps et par la diète. À l’égard des évêques, il me paraît difficile, à moins qu’on ne les fasse élire par leurs chapitres, d’en ôter la nomination au roi : et je crois qu’on peut la lui laisser, excepté toutefois celle de l’archevêque de Gnesne[684], qui appartient naturellement à la diète ; à moins qu’on n’en sépare la primatie, dont elle seule doit disposer. Quant aux ministres, surtout les grands généraux et grands trésoriers, quoique leur puissance, qui fait contrepoids à celle du roi, doive être diminuée en proportion de la sienne, il ne me paraît pas prudent de laisser au roi le droit de remplir ces places par ses créatures, et je voudrais au moins qu’il n’eût que le choix sur un petit nombre de sujets présentés par la diète. Je conviens que, ne pouvant plus ôter ces places après les avoir données, il ne peut plus compter absolument sur ceux qui les remplissent : mais c’est assez du pouvoir qu’elles lui donnent sur les aspirants, sinon pour le mettre en état de changer la face du gouvernement, du moins pour lui en laisser l’espérance ; et c’est surtout cette espérance qu’il importe de lui ôter à tout prix.
Pour le grand chancelier, il doit, ce me semble, être de nomination royale. Les rois sont les juges nés de leurs peuples ; c’est pour cette fonction, quoiqu’ils l’aient tous abandonnée, qu’ils ont été établis : elle ne peut leur être ôtée ; et quand ils ne veulent pas la remplir eux-mêmes, la nomination de leurs substituts en cette partie est de leur droit, parce que c’est toujours à eux de répondre des jugements qui se rendent en leur nom. La nation peut, il est vrai, leur donner des assesseurs, et le doit lorsqu’ils ne jugent pas eux-mêmes : ainsi le tribunal de la couronne, où préside, non le roi, mais le grand chancelier, est sous l’inspection de la nation, et c’est avec raison que les diétines en nomment les autres membres. Si le roi jugeait en personne, j’estime qu’il aurait le droit* de juger seul. En tout état de cause son intérêt serait toujours d’être juste, et jamais des jugements iniques ne furent une bonne voie pour parvenir à l’usurpation.
À l’égard des autres dignités, tant de la couronne que des palatinats, qui ne sont que des titres honorifiques et donnent plus d’éclat que de crédit, on ne peut mieux faire que de lui en laisser la pleine disposition : qu’il puisse honorer le mérite et flatter la vanité, mais qu’il ne puisse conférer la puissance.
La majesté du trône doit être entretenue avec splendeur ; mais il importe que de toute la dépense nécessaire à cet effet on en laisse faire au roi le moins qu’il est possible. Il serait à désirer que tous les officiers du roi fussent aux gages de la république, et non pas aux siens, et qu’on réduisît en même rapport tous les revenus royaux, afin de diminuer autant qu’il se peut le maniement des deniers par les mains du roi.
It is proposed, in order to curb the abuse of the veto, that votes no longer be counted on an individual basis but rather per palatinate. Such a change deserves thorough consideration before being adopted, despite its advantages and its support for the federal form. Votes cast collectively and en bloc always serve the common interest less directly than those cast individually and separately. It is very likely that, among the delegates from a single palatinate, one of them will gain the upper hand in their deliberations and determine the majority opinion, something that would not happen if each vote remained independent. In this way, those seeking to corrupt the process would have fewer opportunities and it would be easier for them to identify their targets. Furthermore, it is better that each delegate be accountable solely for his own vote, so that no one can blame others, so that the innocent are not confused with the guilty, and so that distributive justice is better upheld. There are many reasons against this approach, as it would weaken the bonds of unity and could lead to divisions at each assembly. By making delegates more dependent on their instructions and constituents, we can achieve roughly the same benefits without any disadvantages. It is true that this requires votes to be expressed aloud, rather than by secret ballot, so that the behavior and opinions of each delegate at the assembly are known, and they can be held accountable in their own personal capacity. However, since this matter of voting is one that I have discussed at great length in the Social Contract[683], there is no need for me to repeat myself here.
As for elections, there might initially be some difficulty in appointing a sufficient number of senators and deputies in each legislative body at the same time; moreover, in elections where a large number of candidates compete against an even larger number, this issue may arise again in the proposal I have to make. However, by adopting a voting system for this purpose, such difficulties could be easily overcome by using printed and numbered ballot papers distributed to voters the day before the election, which would list all the candidates competing in that election. The next day, voters would bring back their ballot papers one by one into a basket, having previously marked on their own paper those candidates they chose or rejected, according to the instructions listed at the top of each ballot. These ballot papers could be immediately deciphered in the presence of the assembly by the secretary of the legislative body, assisted by two other secretaries appointed on the spot by the chairman from among the nineteen present. With this method, the entire process would become so quick and straightforward that, without any disputes or noise, the entire senate could be easily filled in a single session. It is true that some rules would still be needed to determine the list of candidates; but such provisions would certainly find their place and not be forgotten.
It remains to discuss the king, who presides over the diet and who, by virtue of his position, must be the supreme administrator of the laws.
Chapter 8. – On the King.
It is a great evil when the ruler of a nation becomes an enemy of freedom, when he should be its defender. In my opinion, this evil is not so inherent to that position that it cannot be eliminated, or at least greatly reduced. There is no temptation without hope. Make it impossible for your kings to usurp power, and you will deprive them of the desire to do so; they will then devote all the same efforts they now use to enslave you to governing and defending you well. The educators of Poland, as noted by Count Wielhorsld, did consider ways to remove from kings the means to cause harm, but not the means to corrupt them; yet the favors they grant give the kings ample opportunities to do so. The difficulty lies in the fact that removing this power seems to mean taking away everything from them; yet this must not be done, for it would be tantamount to having no king at all. And I believe it is impossible for a great nation like Poland to function without a supreme ruler, one who holds power for life. Moreover, unless a nation’s leader is utterly incompetent and thus useless, he must surely be able to do something; and whatever he does, it will inevitably bring either good or harm.
Now the entire senate is involved in the process of appointing the king; that’s too much. If it has no role in this appointment at all, then it’s not enough either. Although the nobility in England is also involved in the selection of the king, its influence is far less significant because these noble titles are hereditary once granted; whereas bishoprics, palatinate positions, and castellanies are only temporary and revert to the king upon the death of each holder.
I have stated how I believe such appointments should be made: namely, that the palatines and high-ranking castellans should be appointed for life, according to their respective diets; while the lower-ranking castellans should be appointed for a fixed term, also based on their diets. As for the bishops, it seems difficult to deprive the king of this right, unless they are elected by their own chapters; however, I believe the king can retain this power, except in the case of the archbishop of Gnesne[684], whose appointment naturally falls within the jurisdiction of the diet—unless the primacy is separated from this role, since only the primacy should be subject to the diet’s authority. As for the ministers, especially the high-ranking generals and treasurers, although their power must be limited in proportion to that of the king, it would not be prudent to allow the king to appoint them directly from his own nominees. I would at least prefer that he have the right to choose only from a small number of candidates nominated by the diet. I acknowledge that once these positions are granted, they cannot be revoked; therefore, the king cannot rely absolutely on those who hold them. Nevertheless, the power these positions grant him over potential appointees is sufficient—if not to enable him to transform the structure of government, at least to give him the means to hope for such change. And it is precisely this hope that must be taken away from him at all costs.
In my opinion, for the Lord Chancellor, the position must be one of royal appointment. Kings are the judges born from their peoples; it is for this role—though all have abandoned it—that they were established: it cannot be taken away from them. And when they themselves refuse to perform this duty, it is their right to appoint substitutes in this matter, because it is still they who must bear responsibility for the judgments rendered in their name. Indeed, the nation may provide them with assistants, and indeed ought to do so when they themselves do not preside over the trials. Thus, the Court of Crown, where the Lord Chancellor—not the king—presides, is under the oversight of the nation; and it is quite right that the Diet appoints its other members. If the king were to judge in person, I believe he would have the right* to decide alone. In any case, his own interest would always be to act justly; and unjust judgments have never been a valid means to achieve usurpation.
As for the other dignities, whether those of the crown or of the palatinate, which are merely honorary titles and confer more glory than real authority, one can do no better than leave them entirely at his disposal: let him use them to honor merit or flatter vanity, but certainly not to grant power.
The majesty of the throne must be maintained with splendor; however, it is essential that as little expense as possible be incurred for this purpose. It would be desirable if all of the king’s officials were employed by the republic, rather than by him personally, and if all of the royal revenues were similarly managed, in order to minimize the amount of money handled by the king himself.
Si propone, al fine di moderare gli abusi del veto, di non contare più i voti in base al numero dei legati di ciascun principato, ma di contarli in base ai singoli principati stessi. Si dovrebbe riflettere a lungo su questo cambiamento prima di adottarlo, anche se presenta dei vantaggi e è favorevole alla forma federativa. I voti espressi collettivamente e in modo unitario tendono sempre meno a rappresentare gli interessi comuni rispetto ai voti dati individualmente e separatamente. Spesso accade che, tra i legati di un medesimo principato, uno di loro prenda l’iniziativa nelle deliberazioni e determini la maggioranza con il proprio parere, cosa che non sarebbe possibile se ogni voto rimanesse indipendente. In questo modo, coloro che cercano di influenzare le decisioni avrebbero meno opportunità e saprebbero meglio a chi rivolgersi. Inoltre, è preferibile che ciascun legato sia responsabile personalmente dei propri voti, in modo che nessuno possa addurre scuse per gli altri, affinché innocenti e colpevoli non vengano confusi e perché la giustizia distributiva venga meglio rispettata. Ci sono molte ragioni contro questa soluzione, poiché potrebbe indebolire notevolmente il legame comune tra i membri dello stato e potrebbe portare a divisioni durante le assemblee legislative. Tuttavia, rendendo i legati più dipendenti dalle istruzioni dei loro principati e dai loro rappresentanti, si ottiene lo stesso vantaggio senza alcun svantaggio. Certo, questo richiede che i voti vengano espressi ad alta voce, affinché le azioni e le opinioni di ciascun legato durante l’assemblea siano visibili a tutti, e che egli ne risponda personalmente. Ma questa questione dei voti è stata discussa in modo approfondito nel Contratto sociale[683], quindi non è necessario ripeterla qui.
Per quanto riguarda le elezioni, potrebbe inizialmente sorgere qualche difficoltà nel nominare, in ogni assemblea legislativa, sia senatori che deputati in numero pari; inoltre, nelle elezioni di un gran numero di candidati rispetto a un numero ancora maggiore di posti disponibili, talvolta si potrebbero verificare inconvenienze nel progetto che intendo proporre. Tuttavia, ricorrendo al sistema del voto segreto per questo aspetto, tale difficoltà potrebbe essere facilmente superata utilizzando schede elettorali stampate e numerate, distribuite agli elettori la vigilia delle elezioni; tali schede conterranno i nomi di tutti i candidati tra cui dovrà avvenire la scelta. Il giorno seguente, gli elettori porteranno tutte le loro schede in una cesta, dopo aver segnato su di esse quali candidati preferiscono eleggere o escludere, secondo indicazioni presenti in testa alle stesse schede. La lettura di queste schede avverrà immediatamente, alla presenza dell’assemblea, da parte del segretario dell’assemblea legislativa, assistito da altri due segretari nominati all’istante dal presidente dell’assemblea tra i nove membri presenti. Con questo metodo, l’intero processo elettorale diventerebbe estremamente rapido e semplice; senza dispute né rumori, l’intero senato potrebbe essere facilmente riempito in una sola seduta. È vero che sarebbe necessaria ancora una regola per stabilire l’elenco dei candidati; ma questo aspetto verrà sicuramente preso in considerazione e non verrà dimenticato.
Resta da parlare del re, che presiede la dieta e che, per il suo ruolo, deve essere l’alto funzionario incaricato dell’applicazione delle leggi.
Capitolo 8. – Del re.
È un grave male che il capo di una nazione sia nemico naturale della libertà, quando invece dovrebbe esserne il difensore. A mio parere, questo male non è così intrinseco a tale ruolo da non poter essere eliminato, o almeno notevolmente ridotto. Non esiste tentazione senza speranza: rendete impossibile l’usurpazione ai vostri re e toglieteli la possibilità di nuocere; in questo modo, dedicheranno tutti gli sforzi che attualmente dedicano ad asservirvi a governarvi bene e a difendervi. Gli istitutori della Polonia, come ha osservato il conte di Wielhorsld, hanno pensato bene a privare i re dei mezzi per nuocere, ma non anche di quelli per corrompere; tuttavia, le grazie che distribuiscono loro forniscono abbondantemente questi ultimi mezzi. La difficoltà sta nel fatto che, togliendo loro questa possibilità, sembra di privarli di tutto; eppure non è affatto così: altrimenti sarebbe come non avere affatto un re. Credo infatti che per uno Stato grande come la Polonia sia impossibile fare a meno di un capo supremo, designato a vita. Ora, a meno che il capo di una nazione non sia del tutto inutile, è inevitabile che possa compiere qualcosa; e, qualunque cosa faccia, questa azione sarà necessariamente positiva o negativa.
Ora l’intero senato è coinvolto nella nomina del re: questo è troppo. Se non ha alcun ruolo in questa nomina, allora non ne ha abbastanza. Anche se in Inghilterra anche la nobiltà pari partecipa alla nomina del re, essa ne dipende molto meno, poiché tale titolo è ereditario; al contrario, vescovati, principati e castelli, essendo di durata limitata, tornano, alla morte di ogni detentore, sotto la nomina del re.
Ho spiegato come, a mio parere, dovrebbe avvenire questa nomina: i palatini e i grandi castellani dovrebbero essere nominati a vita, in base alle rispettive diete; i castellani di secondo rango, invece, dovrebbero essere nominati per un periodo determinato, sempre attraverso la dieta. Per quanto riguarda gli vescovi, mi sembra difficile privare il re del diritto di nominarli, a meno che non vengano eletti dai loro capitoli; credo tuttavia che si possa lasciare al re questo potere, ad eccezione di quello dell’arcivescovo di Gnesne[684], che naturalmente appartiene alla dieta; a meno che non si separi la carica di arcivescovo da quella di primato, della quale solo lui dovrebbe disporre. Per quanto riguarda i ministri, soprattutto i grandi generali e i tesoriari, anche se il loro potere, che costituisce un contrappeso a quello del re, dovrebbe essere ridotto in proporzione al suo, non mi sembra prudente lasciare al re il diritto di nominarli tra le sue creature; vorrei almeno che avesse il diritto di scegliere tra un numero limitato di candidati proposti dalla dieta. Concordo sul fatto che, una volta assegnate queste cariche, non sia più possibile revocarle; quindi non si può contare assolutamente su coloro che le ricoprono. Tuttavia, il potere che queste cariche conferiscono al re sui candidati è sufficiente per permettergli di modificare la struttura del governo, o quanto meno di lasciargli l’illusione di poterlo fare; ed è proprio questa illusione che bisogna assolutamente togliergli a tutti i costi.
Per quanto riguarda il gran cancelliere, mi sembra che la sua nomina debba avvenire per decreto reale. I re sono i giudici nati dal loro popolo; è proprio per questa funzione – anche se tutti l’hanno abbandonata – che sono stati istituiti: essa non può essere loro tolta. E quando essi stessi non vogliono adempiere a tale compito, la nomina dei loro sostituti in questo ambito rientra nei loro diritti, poiché è sempre a loro che spetta rispondere dei giudizi emessi in loro nome. È vero che il popolo può fornire loro assistenti, e deve farlo quando essi stessi non giudicano personalmente: così, per esempio, il tribunale della corona, presieduto non dal re ma dal gran cancelliere, è sotto la supervisione del popolo; ed è giusto che le diete ne nominino gli altri membri. Se il re giudicasse personalmente, ritengo che avrebbe il diritto* di farlo da solo. In ogni caso, il suo interesse principale dovrebbe sempre essere quello di essere giusto; e mai dei giudizi ingiusti sono stati un mezzo efficace per raggiungere l’usurpazione del potere.
Per quanto riguarda le altre dignità, sia quelle della corona che dei principati, che non sono altro che titoli onorifici e conferiscono più splendore che autorevolezza, non si può fare di meglio che lasciare al sovrano la piena discrezione in merito: che possa onorare i meriti e lusingare la vanità dei sudditi, ma che non gli sia concesso il potere di conferire autorità effettiva.
La maestosità del trono deve essere mantenuta con splendore; tuttavia è importante che tutte le spese necessarie a tale scopo siano sostenute dal re nel modo più limitato possibile. Sarebbe auspicabile che tutti gli ufficiali del re fossero al servizio della repubblica e non al suo, e che tutti i redditi reali venissero ridotti nella stessa misura, al fine di limitare al massimo l’uso dei fondi da parte del re stesso.
On a proposé de rendre la couronne héréditaire. Assurez-vous qu’au moment que cette loi sera portée, la Pologne peut dire adieu pour jamais à sa liberté. On pense y pourvoir suffisamment en bornant la puissance royale. On ne voit pas que ces bornes posées par les lois seront franchies à trait de temps par des usurpations graduelles, et qu’un système adopté et suivi sans interruption par une famille royale, doit l’emporter à la longue sur une législation qui, par sa nature, tend sans cesse au relâchement. Si le roi ne peut corrompre les grands par des grâces, il peut toujours les corrompre par des promesses dont ses successeurs sont garants ; et comme les plans formés par la famille royale se perpétuent avec elle, on prendra bien plus de confiance en ses engagements, et l’on comptera bien plus sur leur accomplissement, que quand la couronne élective montre la fin des projets du monarque avec celle de sa vie. La Pologne est libre, parce que chaque règne est précédé d’un intervalle où la nation, rentrée dans tous ses droits et reprenant une vigueur nouvelle, coupe le progrès des abus et des usurpations, où la législation se remonte et reprend son premier ressort. Que deviendront les pacta conventa, l’égide de la Pologne, quand une famille établie sur le trône à perpétuité le remplira sans intervalle, et ne laissera à la nation, entre la mort du père et le couronnement du fils, qu’une vaine ombre de liberté sans effet, qu’anéantira bientôt la simagrée du serment fait par tous les rois à leur sacre, et par tous oublié pour jamais l’instant d’après ? Vous avez vu le Danemark, vous voyez l’Angleterre, et vous allez voir la Suède : profitez de ces exemples pour apprendre une fois pour toutes que, quelques précautions qu’on puisse entasser, hérédité dans le trône et liberté dans la nation seront à jamais des choses incompatibles.
Les Polonais ont toujours eu du penchant à transmettre la couronne du père au fils, ou au plus proche par voie d’héritage, quoique toujours par droit d’élection. Cette inclination, s’ils continuent à la suivre, les mènera tôt ou tard au malheur de rendre la couronne héréditaire ; et il ne faut pas qu’ils espèrent lutter aussi longtemps de cette manière contre la puissance royale, que les membres de l’empire germanique ont lutté contre celle de l’empereur, parce que la Pologne n’a point en elle-même de contrepoids suffisant pour maintenir un roi héréditaire dans la subordination légale. Malgré la puissance de plusieurs membres de l’empire, sans l’élection accidentelle de Charles VII[685] les capitulations impériales ne seraient déjà plus qu’un vain formulaire, comme elles l’étaient au commencement de ce siècle ; et les pacta conventa deviendront bien plus vains encore quand la famille royale aura eu le temps de s’affermir et de mettre toutes les autres au-dessous d’elle. Pour dire en un mot mon sentiment sur cet article, je pense qu’une couronne élective, avec le plus absolu pouvoir, vaudrait encore mieux pour la Pologne qu’une couronne héréditaire avec un pouvoir presque nul.
Au lieu de cette fatale loi qui rendrait la couronne héréditaire, j’en proposerais une bien contraire, qui, si elle était admise, maintiendrait la liberté de la Pologne ; ce serait d’ordonner, par une loi fondamentale, que jamais la couronne ne passerait du père au fils, et que tout fils d’un roi de Pologne serait pour toujours exclus du trône. Je dis que je proposerais cette loi si elle était nécessaire : mais, occupé d’un projet qui ferait le même effet sans elle, je renvoie à sa place l’explication de ce projet ; et supposant que par son effet les fils seront exclus du trône de leur père, au moins immédiatement, je crois voir que la liberté bien assurée ne sera pas le seul avantage qui résultera de cette exclusion. Il en naîtra un autre encore très considérable ; c’est, en ôtant tout espoir aux rois d’usurper et transmettre à leurs enfants un pouvoir arbitraire, de porter toute leur activité vers la gloire et la prospérité de l’état ; la seule voie qui reste ouverte à leur ambition. C’est ainsi que le chef de la nation en deviendra, non plus l’ennemi né, mais le premier citoyen ; c’est ainsi qu’il fera sa grande affaire d’illustrer son règne par des établissements utiles qui le rendent cher à son peuple, respectable à ses voisins, qui fassent bénir après lui sa mémoire ; et c’est ainsi que, hors les moyens de nuire et de séduire qu’il ne faut jamais lui laisser, il conviendra d’augmenter sa puissance en tout ce qui peut concourir au bien public. Il aura peu de force immédiate et directe pour agir par lui-même ; mais il aura beaucoup d’autorité, de surveillance et d’inspection pour contenir chacun dans son devoir, et pour diriger le gouvernement à son véritable but. La présidence de la diète, du sénat et de tous les corps, un sévère examen de la conduite de tous les gens en place, un grand soin de maintenir la justice et l’intégrité dans tous les tribunaux, de conserver l’ordre et la tranquillité dans l’état, de lui donner une bonne assiette au-dehors, le commandement des armées en temps de guerre, les établissements utiles en temps de paix, sont des devoirs qui tiennent particulièrement à son office de roi, et qui l’occuperont assez s’il veut les remplir par lui-même ; car les détails de l’administration étant confiés à des ministres établis pour cela, ce doit être un crime à un roi de Pologne de confier aucune partie de la sienne a des favoris. Qu’il fasse son métier en personne, ou qu’il y renonce : article important sur lequel la nation ne doit jamais se relâcher.
C’est sur de semblables principes qu’il faut établir l’équilibre et la pondération des pouvoirs qui composent la législation et l’administration. Ces pouvoirs, dans les mains de leurs dépositaires et dans la meilleure proportion possible, devraient être en raison directe de leur nombre et inverse du temps qu’ils restent en place. Les parties composantes de la diète suivront d’assez près ce meilleur rapport. La chambre des nonces, la plus nombreuse, sera aussi la plus puissante ; mais tous ses membres changeront fréquemment. Le sénat, moins nombreux, aura une moindre part à la législation, mais une plus grande à la puissance exécutive ; et ses membres, participant à la constitution des deux extrêmes, seront partie à temps et partie à vie, comme il convient à un corps intermédiaire. Le roi, qui préside à tout, continuera d’être à vie ; et son pouvoir, toujours très grand pour l’inspection, sera borné par la chambre des nonces quant à la législation, et par le sénat quant à l’administration. Mais pour maintenir l’égalité, principe de la constitution, rien n’y doit être héréditaire que la noblesse. Si la couronne était héréditaire, il faudrait, pour conserver l’équilibre, que la pairie ou l’ordre sénatorial le fût aussi comme en Angleterre. Alors l’ordre équestre abaissé perdrait son pouvoir, la chambre des nonces n’ayant pas, comme celle des communes, celui d’ouvrir et fermer tous les ans le trésor public, et la constitution polonaise serait renversée de fond en comble.
Chapitre 9. – Causes particulières de l’anarchie.
La diète, bien proportionnée et bien pondérée ainsi dans toutes ses parties, sera la source d’une bonne législation et d’un bon gouvernement : mais il faut pour cela que ses ordres soient respectés et suivis. Le mépris des lois, et l’anarchie où la Pologne a vécu jusqu’ici, ont des causes faciles à voir. J’en ai déjà ci-devant marqué la principale, et j’en ai indiqué le remède. Les autres causes concourantes sont, 1° le liberum veto, 2° les confédérations, 3° et l’abus qu’ont fait les particuliers du droit qu’on leur a laissé d’avoir des gens de guerre à leur service.
Ce dernier abus est tel, que, si l’on ne commence pas par l’ôter, toutes les autres réformes sont inutiles. Tant que les particuliers auront le pouvoir de résister à la force exécutive, ils croiront en avoir le droit ; et tant qu’ils auront entre eux de petites guerres, comment veut-on que l’état soit en paix ? J’avoue que les places fortes ont besoin de gardes ; mais pourquoi faut-il des places qui sont fortes seulement contre les citoyens et faibles contre l’ennemi ? J’ai peur que cette réforme ne souffre des difficultés ; cependant je ne crois pas impossible de les vaincre ; et, pour peu qu’un citoyen puissant soit raisonnable, il consentira sans peine à n’avoir plus à lui de gens de guerre quand aucun autre n’en aura.
J’ai dessein de parler ci-après des établissements militaires ; ainsi je renvoie à cet article ce que j’aurais à dire dans celui-ci.
It was proposed to make the crown hereditary. Be assured that the moment such a law is enacted, Poland will forever bid farewell to its freedom. It is thought that this can be sufficiently achieved by limiting the power of the monarchy. However, it is not overlooked that these limitations imposed by law will eventually be overcome through gradual usurpations. A system that is consistently adopted and followed by a royal family will, in the long run, prove superior to legislation that, by its very nature, tends towards constant weakening. If a king cannot corrupt the nobility through favors, he can always do so through promises guaranteed by his successors. Moreover, since the plans formulated by a royal family are passed down through generations, much greater trust will be placed in their commitments, and their fulfillment will be expected with far more certainty than when an elective crown sees the end of a monarch’s plans along with the end of his life. Poland is free because each reign is preceded by a period during which the nation, recovering all its rights and regaining new vigor, stops the progression of abuses and usurpations; during this time, legislation is restored to its original strength. But what will become of those “pacts concluded between the king and the nobility,” Poland’s so-called “shield of protection,” when a family reigns on the throne indefinitely, leaving the nation, between the death of one monarch and the coronation of another, with nothing but a hollow semblance of freedom—a freedom that will soon be destroyed by the pretense of oaths made by all kings at their coronations, yet quickly forgotten thereafter? You have seen Denmark; you see England now; you will soon see Sweden. Take these examples as a lesson to learn once and for all that, no matter what precautions are taken, heredity in the throne and freedom in the nation will always be incompatible concepts.
The Poles have always tended to pass the crown from father to son, or to the closest heir through inheritance, although it was always determined by election. If they continue to follow this tendency, it will inevitably lead to their own downfall by making the crown hereditary. They must not delude themselves into thinking that they can resist the power of the monarchy in this manner for as long as the members of the Germanic Empire did against the emperor’s authority, because Poland itself does not possess sufficient counterbalances to ensure that a hereditary king remains within the bounds of legal authority. Despite the strength of several members of the empire, without the accidental election of Charles VII[685], those imperial capitulations would have long been reduced to mere formalities, just as they were at the beginning of this century. And when the royal family has had enough time to consolidate its power and place all others beneath it, those pacta conventa will become even more meaningless. In short, I believe that an elective crown, with absolute power, would be far better for Poland than a hereditary crown with virtually no authority at all.
In place of that fatal law which would make the crown hereditary, I would propose one quite the opposite; one which, if adopted, would preserve Poland’s freedom. Such a law would ordain that the crown should never pass from father to son, and that every son of a Polish king should be forever excluded from the throne. I say that I would propose such a law if it were necessary; but since I am engaged in a plan that achieves the same goal without it, I shall defer an explanation of that plan to another occasion. Assuming that, as a result of this plan, sons would be barred from their fathers’ thrones—at least immediately—I believe that the freedom thus assured would not be the only advantage resulting from such exclusion. There would be another, even more considerable one: by depriving kings of any hope of usurping power and handing arbitrary authority to their children, it would force them to devote all their energy to the glory and prosperity of the state—the only path left open for their ambition. In this way, the head of the nation would cease to be its inherent enemy and become its foremost citizen; he would devote his reign to establishing useful institutions that would make him beloved by his people and respected by his neighbors, ensuring that his memory would be cherished after his death. Moreover, since such a king would have no means to harm or manipulate others, every effort should be made to strengthen his power in everything that contributes to the public good. He might not possess much direct and immediate authority to act on his own; but he would wield considerable influence, oversight, and control to ensure that everyone fulfilled their duties and that governance was directed toward its true purpose. Presiding over the diet, senate, and all other bodies; strictly overseeing the conduct of those in power; maintaining justice and integrity in the courts; ensuring order and peace within the state; securing the nation’s interests abroad; commanding the armed forces in times of war; and establishing beneficial institutions in times of peace—these are duties that inherently belong to a king’s role. If he chooses to undertake them himself, that will be sufficient; but if he delegates them to favorites, it would be a grave mistake for a Polish king. Whether he performs his duties personally or abandons them entirely, this is an issue on which the nation must never relax its vigilance.
It is on similar principles that the balance and proportionality of the powers that constitute legislation and administration must be established. These powers, in the hands of their holders and in the best possible proportion, should be directly related to their number and inversely proportional to the length of time they remain in office. The constituent parts of the legislature will closely adhere to this optimal ratio. The House of Nobles, being the most numerous, will also be the most powerful; however, all its members will change frequently. The Senate, with fewer members, will have a smaller role in legislation but a greater influence in executive power; and its members, since they will participate in forming both extremes of the government structure, will serve for fixed terms as well as for life, which is appropriate for an intermediary body. The king, who presides over everything, will continue to reign for life; and his power, already very substantial in terms of oversight, will be limited by the House of Nobles in legislation and by the Senate in administration. However, in order to maintain equality—the fundamental principle of the constitution—only nobility should be hereditary. If the throne were hereditary, in order to preserve balance, the peerage or the senatorial order would also have to be hereditary, as is the case in England. In that event, the lower-ranking orders of nobility would lose their power; the House of Nobles, unlike the House of Commons, would not have the authority to open and close the public treasury every year, and the Polish constitution would be completely overturned.
Chapter 9: Specific causes of anarchie.
A diet that is well-proportioned and balanced in all its parts will be the foundation of good legislation and good governance; however, this requires that its orders be respected and followed. The disregard for laws and the anarchic state in which Poland has found itself until now have causes that are easy to discern. I have already pointed out the main cause earlier on and indicated the remedy. Other contributing factors include: 1) the right of “liberum veto”; 2) various confederations; 3) and the abuse that individuals have made of the right granted to them to maintain armed forces at their service.
This last abuse is so severe that, unless it is first eliminated, all other reforms will be futile. As long as individuals possess the power to resist the executive authority, they will believe they have the right to do so; and as long as there are petty wars among them, how can the state possibly enjoy peace? I admit that fortresses require guards; but why must there be fortresses that are strong only against their own citizens and weak in the face of the enemy? I fear that this reform will encounter difficulties; however, I do not believe it is impossible to overcome them. And as long as a powerful citizen behaves rationally, he will readily agree to no longer have soldiers at his disposal when no one else does either.
I intend to discuss military establishments in the following text; therefore, I refer to what I would have said in this article for related matters.
Si è proposto di rendere la corona ereditaria. Assicuratevi che, nel momento in cui questa legge verrà attuata, la Polonia possa dire addio per sempre alla sua libertà. Si ritiene che ciò sia possibile limitando il potere reale. Tuttavia, non si vede come queste restrizioni imposte dalle leggi non vengano gradualmente superate attraverso usurpazioni; inoltre, un sistema adottato e rispettato costantemente da una famiglia reale dovrebbe, nel lungo periodo, avere la meglio su una legislazione che, per sua natura, tende continuamente al declino. Se il re non può corrompere i grandi con favori, può sempre farlo con promesse delle quali i suoi successori sono garanti; inoltre, poiché i piani elaborati dalla famiglia reale si perpetuano insieme a essa, ci si affiderà molto di più ai suoi impegni e ci si aspetterà che vengano rispettati, piuttosto che quando una corona elettiva rende effettivamente impossibili i progetti del monarca non appena questi muore. La Polonia è libera perché ogni regno è preceduto da un periodo in cui la nazione, riacquistando tutti i suoi diritti e ritrovando nuova energia, ferma l’avanzata degli abusi e delle usurpazioni; in questo periodo, la legislazione si riprende e recupera la sua forza originale. Ma cosa diventeranno i “pacta conventa”, l’“egida” della Polonia, quando una famiglia reale salirà al trono per sempre senza interruzioni, lasciando alla nazione, tra la morte del padre e il coroamento del figlio, soltanto un’ombra vana di libertà priva di qualsiasi effettivo potere? Questa ombra verrà presto distrutta dalla simulazione dei giuramenti fatti da tutti i re al momento della loro incoronazione, e da tutto ciò che viene dimenticato subito dopo. Avete visto il Danimarca, vedete l’Inghilterra, e vedrete anche la Svezia: utilizzate questi esempi per imparare una volta per tutte che, per quante precauzioni si possano prendere, l’ereditarietà nel trono e la libertà nella nazione rimarranno sempre cose incompatibili.
I Polacchi hanno sempre avuto la tendenza a trasmettere la corona dal padre al figlio, o al parente più prossimo per via ereditaria, anche se sempre attraverso il diritto elettorale. Se continueranno a seguire questa inclinazione, prima o poi finiranno per incorrere nel disastro di rendere la corona ereditaria; non dovrebbero quindi sperare di poter contrastare a lungo in questo modo il potere reale, proprio come i membri dell’impero germanico hanno lottato contro quello dell’imperatore, perché la Polonia stessa non possiede un contrappeso sufficiente per mantenere un re ereditario nella sottomissione legale. Nonostante il potere di molti membri dell’impero, senza l’eletzione casuale di Carlo VII[685], le capitolazioni imperiali non sarebbero ormai altro che una formalità vuota, proprio come lo erano all’inizio di questo secolo; e i pacta conventa diventeranno ancora più inutili quando la famiglia reale avrà avuto il tempo di affermarsi e di porre tutte le altre famiglie al suo di sotto. In breve, secondo me una corona elettorale, con il potere più assoluto, sarebbe ancora migliore per la Polonia di una corona ereditaria con un potere quasi nullo.
Invece di questa legge fatale che renderebbe la corona ereditaria, ne proporrei una del tutto opposta; se accettata, tale legge mantenerebbe la libertà della Polonia. Si tratterebbe di stabilire, con una norma fondamentale, che mai la corona passasse dal padre al figlio, e che ogni figlio di un re di Polonia fosse per sempre escluso dal trono. Dico che proporrei questa legge se fosse necessaria; ma essendo impegnato in un progetto che otterrebbe lo stesso risultato senza di essa, rinvieno a spiegare tale progetto al suo posto. E supponendo che, a causa di questa legge, i figli vengano esclusi dal trono del loro padre, almeno immediatamente, credo che la libertà, una volta ben garantita, non sia l’unico vantaggio derivante da tale esclusione. Ne deriverebbe un altro ancora molto considerevole: togliendo ai re ogni speranza di usurpare il potere e trasmetterlo ai loro figli in modo arbitrario, si indirizzerebbe tutta la loro attività verso la gloria e la prosperità dello stato, l’unica strada che rimanga aperta alla loro ambizione. In questo modo, il capo della nazione diventerebbe non più il nemico del popolo, ma il suo primo cittadino; in questo modo, si impegnerebbe seriamente a rendere il proprio regno illustre attraverso istituzioni utili che lo rendessero amato dal popolo e rispettato dai vicini, e che facessero benedire la sua memoria dopo la sua morte. E in questo modo, privandolo dei mezzi per nuocere o sedurre, si aumenterebbe il suo potere in tutto ciò che può contribuire al bene pubblico. Avrebbe poca forza immediata e diretta per agire personalmente; ma avrebbe molta autorità, controllo e supervisione per far sì che tutti adempissero ai propri doveri e per guidare il governo verso il suo vero scopo. La presidenza della dieta, del senato e di tutti gli altri organi governativi, un’attenta verifica del comportamento di tutte le persone in carica, un grande impegno nel mantenere la giustizia e l’integrità nei tribunali, nel conservare l’ordine e la tranquillità nello stato, nel garantire alla nazione una posizione prestigiosa all’estero, il comando delle armate in tempo di guerra, le istituzioni utili in tempo di pace: questi sono doveri che fanno parte integrante del suo ruolo di re, e che lo impegnerebbero a sufficienza se decidesse di adempierli personalmente; poiché i dettagli dell’amministrazione sono affidati a ministri incaricati appositamente per questo compito, sarebbe un crimine da parte di un re di Polonia affidare anche solo una parte del proprio potere ai propri favoriti. Che si occupi personalmente delle proprie responsabilità o che le abbandoni: questa è una questione importante su cui la nazione non deve mai allentare la sua attenzione.
Sulla base di principi simili è necessario stabilire l’equilibrio e la proporzione tra i poteri che compongono la legislazione e l’amministrazione. Questi poteri, nelle mani dei loro detentori e nella migliore proporzione possibile, dovrebbero essere direttamente in relazione al loro numero e inversamente al tempo per cui rimangono in carica. Le componenti della dieta seguiranno abbastanza da vicino questo ottimale rapporto: la camera dei “nonces”, essendo la più numerosa, sarà anche la più potente; tuttavia tutti i suoi membri cambieranno frequentemente. Il senato, meno numeroso, avrà una minore influenza sulla legislazione, ma una maggiore sul potere esecutivo; inoltre, i suoi membri, essendo coinvolti nella formazione di entrambi gli estremi del sistema politico, saranno eletti per un periodo determinato o a vita, come è appropriato per un organo intermedio. Il re, che presiede tutto il processo decisionale, rimarrà in carica a vita; il suo potere, sempre molto grande per quanto riguarda l’ispezione, sarà limitato dalla camera dei “nonces” in materia legislativa e dal senato in materia amministrativa. Tuttavia, al fine di mantenere l’equità – principio fondamentale della costituzione – nulla dovrebbe essere ereditario se non la nobiltà. Se la corona fosse ereditaria, per conservare l’equilibrio, anche la nobiltà o l’ordine senatoriale dovrebbero essere ereditari, come avviene in Inghilterra. In tal caso, l’ordine equestre, essendo stato declassato, perderebbe il proprio potere; inoltre, la camera dei “nonces”, non avendo, a differenza della camera dei comuni, il diritto di aprire e chiudere annualmente il tesoro pubblico, porterebbe alla distruzione totale della costituzione polacca.
Capitolo 9. – Cause particolari dell’anarchia.
Una dieta ben proporzionata e equilibrata in tutte le sue parti sarà la fonte di una buona legislazione e di un buon governo; tuttavia, è necessario che i suoi ordini vengano rispettati e seguiti. Il disprezzo per le leggi e l’anarchia nella quale la Polonia ha vissuto fino ad ora hanno cause facilmente comprensibili. Ne ho già indicato la principale e ho proposto il rimedio adeguato. Le altre cause contributive sono: 1) il “liberum veto”, 2) le confederazioni, 3) l’abuso che i privati hanno fatto del diritto loro concesso di disporre di truppe a proprio servizio.
Quest’ultimo abuso è tale che, se non si inizia subito ad eliminarlo, tutte le altre riforme risultano inutili. Finché i privati avranno il potere di resistere all’esecutivo, crederanno di averne il diritto; e finché continueranno a combattere tra loro piccole guerre, come si può pretendere che lo Stato sia in pace? Ammetto che le fortezze abbiano bisogno di guardie; ma perché mai dovrebbero esistere fortezze capaci di resistere solo ai cittadini e deboli di fronte al nemico? Temo che questa riforma incontri delle difficoltà; tuttavia non credo sia impossibile superarle. E, se anche un cittadino potente fosse ragionevole, acconsentirebbe senza problemi a non avere più truppe militari a propria disposizione, quando nessun altro ne avrà.
Intendo parlare in seguito degli istituti militari; pertanto rimando a questo articolo tutto ciò che avrei da dire in relazione ad essi.
Le liberun veto n’est pas un droit vicieux en lui-même ; mais, sitôt qu’il passe sa borne, il devient le plus dangereux des abus : il était le garant de la liberté publique ; il n’est plus que l’instrument de l’oppression. Il ne reste, pour ôter cet abus funeste, que d’en détruire la cause tout-à-fait. Mais il est dans le cœur de l’homme de tenir aux privilèges individuels plus qu’à des avantages plus grands et plus généraux. Il n’y a qu’un patriotisme éclairé par l’expérience qui puisse apprendre à sacrifier à de plus grands biens un droit brillant devenu pernicieux par son abus, et dont cet abus est désormais inséparable. Tous les Polonais doivent sentir vivement les maux que leur a fait souffrir ce malheureux droit. S’ils aiment l’ordre et la paix, ils n’ont aucun moyen d’établir chez eux l’un et l’autre tant qu’ils y laisseront subsister ce droit, bon dans la formation du corps politique, ou quand il a toute sa perfection ; mais absurde et funeste tant qu’il reste des changements à faire ; et il est impossible qu’il n’en reste pas toujours, surtout dans un grand état entouré de voisins puissants et ambitieux.
Le liberum veto serait moins déraisonnable s’il tombait uniquement sur les points fondamentaux de la constitution ; mais qu’il ait lieu généralement dans toutes les délibérations des diètes, c’est ce qui ne peut s’admettre en aucune façon. C’est un vice dans la constitution polonaise que la législation et l’administration n’y soient pas assez distinguées, et que la diète exerçant le pouvoir législatif y mêle des parties d’administration, fasse indifféremment des actes de souveraineté et de gouvernement, souvent même des actes mixtes par lesquels ses membres sont magistrats et législateurs tout à la fois.
Les changements proposés tendent à mieux distinguer ces deux pouvoirs, et par là même à mieux marquer les bornes du liberum veto ; car je ne crois pas qu’il soit jamais tombé dans l’esprit de personne de l’étendre aux matières de pure administration, ce qui serait anéantir l’autorité civile et tout le gouvernement.
Par le droit naturel des sociétés, l’unanimité a été requise pour la formation du corps politique et pour les lois fondamentales qui tiennent à son existence, telles, par exemple, que la première corrigée, la cinquième, la neuvième et l’onzième, marquées dans la pseudo-diète de 1768. Or l’unanimité requise pour l’établissement de ces lois doit l’être de même pour leur abrogation. Ainsi voilà des points sur lesquels le liberum veto peut continuer de subsister ; et puisqu’il ne s’agit pas de le détruire totalement, les Polonais, qui, sans beaucoup de murmure, ont vu resserrer ce droit par la diète de 1768, devront sans peine le voir réduire et limiter dans une diète plus libre et plus légitime.
Il faut bien peser et bien méditer les points capitaux qu’on établira comme lois fondamentales, et l’on fera porter sur ces points seulement la force du liberum veto. De cette manière on rendra la constitution solide et ces lois irrévocables autant qu’elles peuvent l’être ; car il est contre la nature du corps politique de s’imposer des lois qu’il ne puisse révoquer ; mais il n’est ni contre la nature ni contre la raison qu’il ne puisse révoquer ces lois qu’avec la même solennité qu’il mit à les établir. Voilà toute la chaîne qu’il peut se donner pour l’avenir. C’en est assez et pour affermir la constitution, et pour contenter l’amour des Polonais pour le liberum veto, sans s’exposer dans la suite aux abus qu’il a fait naître.
Quant à ces multitudes d’articles qu’on a mis ridiculement au nombre des lois fondamentales, et qui font seulement le corps de la législation, de même que tous ceux qu’on range sous le titre de matières d’état, ils sont sujets, par la vicissitude des choses, à des variations indispensables qui ne permettent pas d’y requérir l’unanimité. Il est encore absurde que, dans quelque cas que ce puisse être un membre de la diète en puisse arrêter l’activité, et que la retraite ou la protestation d’un nonce ou de plusieurs puisse dissoudre l’assemblée, et casser ainsi l’autorité souveraine. Il faut abolir ce droit barbare, et décerner peine capitale contre quiconque serait tenté de s’en prévaloir. S’il y avait des cas de protestation contre la diète, ce qui ne peut être tant qu’elle sera libre et complète, ce serait aux palatinats et diétines que ce droit pourrait être conféré, mais jamais à des nonces qui, comme membres de la diète, rie doivent avoir sur elle aucun degré d’autorité ni récuser ses décisions.
Entre le veto, qui est la plus grande force individuelle que puissent avoir les membres de la souveraine puissance, et qui ne doit avoir lieu que pour les lois véritablement fondamentales, et la pluralité, qui est la moindre et qui se rapporte aux matières de simple administration, il y a différentes proportions sur lesquelles on peut déterminer la prépondérance des avis en raison de l’importance des matières. Par exemple, quand il s’agira de législation, l’on peut exiger les trois quarts au moins des suffrages, les deux tiers dans les matières d’état, la pluralité seulement pour les élections et autres affaires courantes et momentanées. Ceci n’est qu’un exemple pour expliquer mon idée, et non une proportion que je détermine.
Dans un état tel que la Pologne, où les âmes ont encore un grand ressort, peut-être eût-on pu conserver dans son entier ce beau droit du liberum veto sans beaucoup de risque, et peut-être même avec avantage, pourvu qu’on eût rendu ce droit dangereux à exercer, et qu’on y eût attaché de grandes conséquences pour celui qui s’en serait prévalu ; car il est, j’ose le dire, extravagant que celui qui rompt ainsi l’activité de la diète, et laisse l’état sans ressource, s’en aille jouir chez lui tranquillement et impunément de la désolation publique qu’il a causée.
Si donc, dans une résolution presque unanime, un seul opposant conservait le droit de l’annuler, je voudrais qu’il répondît de son opposition sur sa tête, non seulement à ses constituants dans la diétine post-comitiale ; mais ensuite à toute la nation dont il a fait le malheur. Je voudrais qu’il fût ordonné par la loi que six mois après son opposition il serait jugé solennellement par un tribunal extraordinaire établi pour cela seul, composé de tout ce que la nation a de plus sage, de plus illustre, et de plus respecté, et qui ne pourrait le renvoyer simplement absous, mais serait obligé de le condamner à mort sans aucune grâce, ou de lui décerner une récompense et des honneurs publics pour toute sa vie, sans pouvoir jamais prendre aucun milieu entre ces deux alternatives.
Des établissements de cette espèce, si favorables à l’énergie du courage et à l’amour de la liberté, sont trop éloignés de l’esprit moderne pour qu’on puisse espérer qu’ils soient adoptés ni goûtés ; mais ils n’étaient pas inconnus aux anciens ; et c’est par là que leurs instituteurs savaient élever les âmes et les enflammer au besoin d’un zèle vraiment héroïque. On a vu, dans des républiques où régnaient des lois plus dures encore, de généreux citoyens se dévouer à la mort dans le péril de la patrie pour ouvrir un avis qui put la sauver. Un veto suivi du même danger peut sauver l’état dans l’occasion, et n’y sera jamais fort à craindre.
The liberun veto is not, in itself, a pernicious right; but once it exceeds its limits, it becomes the most dangerous of abuses. It was once the guarantor of public freedom; now it is merely a tool for oppression. To eliminate this terrible abuse, nothing remains but to destroy its very cause entirely. Yet it is inherent in human nature to cling more to individual privileges than to greater and more universal benefits. Only a patriotism informed by experience can learn to sacrifice a brilliant right that has become harmful through abuse—a right from which such abuse is now inseparable. All Poles must keenly realize the harm that this unfortunate right has caused them. If they truly cherish order and peace, there is no way they can establish either in their country so long as this right persists—useful indeed in the formation of a political body when it remains unimpaired; but absurd and deadly whenever changes are still necessary, especially in a large state surrounded by powerful and ambitious neighbors.
The liberum veto would be less unreasonable if it were applied only to the fundamental provisions of the constitution; but its general application in all deliberations of the diet is something that cannot be tolerated in any way. A flaw in the Polish constitution lies in the fact that legislation and administration are not sufficiently separated there; the diet, exercising legislative power, mixes elements of administration into its functions, engaging in both sovereign and governmental acts—and often even in hybrid actions in which its members simultaneously act as both magistrates and legislators.
The proposed changes aim to better distinguish between these two powers, and thereby to more clearly define the limits of the liberum veto; for I do not believe that anyone has ever considered extending it to matters purely administrative, as that would undermine civil authority and the entire system of governance.
According to the natural rights of societies, unanimity was required for the establishment of the political body and for the fundamental laws that underpinned its existence—such as those amended in 1768, namely the first, fifth, ninth, and eleventh amendments. Now, since unanimity was necessary for enacting these laws, it must likewise be required for their repeal. Thus, there are aspects regarding which the “liberum veto” may continue to exist. And since its complete abolition is not at issue, the Poles, who, with little protest, saw this right curtailed by the 1768 diet, will surely see it further restricted and limited within a freer and more legitimate legislative framework.
It is essential to carefully weigh and thoroughly consider those fundamental principles that shall be established as laws; only these principles should be subject to the power of the liberum veto. In this way, the constitution can be made solid, and these laws irrevocable to the greatest extent possible. For it is contrary to the nature of a political body to impose upon itself laws that it cannot revoke; yet it is neither against nature nor against reason for it to be able to revoke these laws with the same solemnity with which they were established. This constitutes the entire framework that can be established for the future. Such measures are more than sufficient to strengthen the constitution and to satisfy the Poles’ desire for the liberum veto, without risking the abuses that this institution has already given rise to in the past.
As for those numerous articles that have been ridiculously included among the fundamental laws and merely constitute the body of legislation, as well as all those classified under the heading of “state matters,” they are subject, due to the changing circumstances of things, to inevitable variations that make it impossible to require unanimity in their regard. It is also utterly absurd that, in any given case, a single member of the diet could bring its proceedings to an halt, or that the withdrawal or protest of one or several envoys could dissolve the assembly and thus undermine sovereign authority. Such barbaric practices must be abolished, and those who attempt to exploit them should be sentenced to death. Should there ever be cases of protest against the diet—which is only possible if it remains free and complete—such right could only be conferred upon the palatinate governments and other legislative bodies, but never upon envoys, who, as members of the diet itself, must not possess any authority over it or have the right to reject its decisions.
Between the veto, which represents the greatest individual power at the disposal of the members of a sovereign authority and should be exercised only regarding truly fundamental laws, and the principle of majority, which is the least significant and applies to matters of mere administration, there exist various proportions that can be used to determine the prevalence of one opinion over another, depending on the importance of the issue at hand. For instance, in the case of legislation, at least three-quarters of the votes may be required; for state affairs, two-thirds may suffice; whereas for elections and other routine, temporary matters, a simple majority is adequate. This is merely an example to illustrate my point, not a specific proportion that I have established.
In a country like Poland, where the spirit of the people still possesses great vitality, it might have been possible to preserve this valuable right of the “liberum veto” in its entirety without much risk—even perhaps with benefits—provided that such exercise of the right were made subject to significant consequences for those who abused it. For, I dare say, it is utterly absurd for someone who thus undermines the functioning of a legislative body and leaves the state in a helpless state to then go on enjoying at home, in peace and impunity, the very devastation he has caused.
Therefore, if, in a nearly unanimous resolution, a single opponent were allowed to override it, I would demand that he bear the consequences of his opposition not only before his constituents in the post-committee proceedings but also before the entire nation whose fate he has ruined. I would propose that the law mandate that, six months after his objection, he be tried solemnly by a special tribunal established solely for this purpose—composed of the wisest, most distinguished, and most respected members of the nation. Such a tribunal could not simply acquit him but would be obliged to sentence him to death without any possibility of mercy, or else it would have to award him public recognition and honors for life, leaving no room for any other outcome.
Institutions of this kind, so conducive to the spirit of courage and the love of freedom, are too distant from modern attitudes for us to expect them to be adopted or appreciated; yet they were not unknown to the ancients. It was through such institutions that their educators were able to elevate people’s souls and kindle in them a true heroic zeal. We have seen, in republics where even stricter laws prevailed, how generous citizens were willing to risk their lives for their country in order to offer a solution that might save it. A veto, followed by similar dangers, may sometimes save a state; and such dangers should never be regarded as truly threatening.
Il liberum veto, in sé, non è un diritto pericoloso; ma non appena oltrepassa i suoi limiti, diventa l’abuso più dannoso di tutti: un tempo era il garante della libertà pubblica, ora non è che uno strumento di oppressione. Per eliminare questo abuso funesto, non resta altro che distruggere la sua stessa causa. Tuttavia, nell’animo dell’uomo c’è una tendenza a preferire i privilegi individuali ad vantaggi più grandi e generali. Solo un patriottismo illuminato dall’esperienza può imparare a sacrificare un diritto apparentemente nobile ma diventato pericoloso a causa dei suoi abusi, quando questi abusi sono ormai inseparabili da quel diritto stesso. Tutti i polacchi devono rendersi conto chiaramente dei mali che questo disgraziato diritto ha causato loro. Se amano l’ordine e la pace, non hanno alcun modo per stabilirli nel loro paese finché permetteranno che tale diritto continui a esistere: utile nella formazione dello Stato quando è ancora nelle sue fasi iniziali e perfetto; assurdo e dannoso invece quando rimangono ancora modifiche da apportare, soprattutto in un grande Paese circondato da vicini potenti e ambiziosi.
Il “liberum veto” sarebbe meno irragionevole se si applicasse esclusivamente ai punti fondamentali della costituzione; ma il fatto che venga utilizzato in modo generale in tutte le deliberazioni delle diete è qualcosa che non può essere assolutamente accettato. Un difetto nella costituzione polacca consiste nel fatto che la legislazione e l’amministrazione non siano sufficientemente distinte l’una dall’altra, e che la dieta, esercitando il potere legislativo, mescoli aspetti legati all’amministrazione, compiendo indifferentemente atti di sovranità e di governo, e spesso anche atti misti in cui i suoi membri svolgono contemporaneamente ruoli di magistrati e legislatori.
I cambiamenti proposti tendono a distinguere meglio questi due poteri e, di conseguenza, a delimitare più chiaramente i confini del “liberum veto”; infatti, non credo che mai sia passato per la mente di nessuno estenderlo alle questioni puramente amministrative, poiché ciò significherebbe annientare l’autorità civile e l’intero sistema di governo.
Secondo il diritto naturale delle società, era richiesta l’unanimità per la formazione del corpo politico e per le leggi fondamentali che ne garantivano l’esistenza, come ad esempio la prima, la quinta, la nona e l’undicesima legge emesse durante la cosiddetta “pseudo-dieta” del 1768. Ora, poiché l’unanimità era necessaria per l’approvazione di queste leggi, lo è altrettanto per la loro abrogazione. Ecco quindi punti su cui il “liberum veto” può continuare a esistere; e poiché non si tratta di eliminarlo del tutto, i polacchi, che hanno visto questo diritto essere limitato dalla dieta del 1768 senza grandi proteste, dovrebbero facilmente riuscire a vederlo ulteriormente ridotto e circoscritto in una dieta più libera e legittima.
È necessario ponderare attentamente e riflettere a fondo sui punti fondamentali che verranno stabiliti come leggi essenziali; soltanto su di questi punti dovrà essere esercitato il potere del “liberum veto”. In questo modo, la costituzione diventerà solida e queste leggi irrevocabili, nella misura in cui ciò sia possibile. Infatti, è contrario alla natura di un corpo politico imporsi leggi che non possa revocare; ma non è né contro la natura né contro la ragione permettere di revocarle se non con la stessa solennità con cui sono state stabilite. Questa è l’unica strada possibile per il futuro. È sufficiente per rafforzare la costituzione e soddisfare l’amore dei polacchi per il “liberum veto”, senza esporci in seguito agli abusi che esso ha causato.
Per quanto riguarda quelle numerose disposizioni che vengono ridicolmente considerate parte delle leggi fondamentali e che in realtà costituiscono soltanto il corpo della legislazione, così come tutte quelle classificate sotto la denominazione di “questioni di stato”, esse sono soggette, a causa dei cambiamenti che avvengono nelle circostanze, a modifiche inevitabili che rendono impossibile richiedere l’unanimità su di esse. È altresì assurdo che, in qualsiasi caso, un membro della dieta possa fermarne l’attività, o che il ritiro o la protesta di un nunzio o di più nunzi possano sciogliere l’assemblea e così distruggere l’autorità sovrana. È necessario abolire questo diritto barbaro e infliggere la pena capitale a chiunque tentasse di avvalersene. Se ci fossero casi in cui si potesse protestare contro la dieta – il che è possibile soltanto se essa rimane libera e completa – tale diritto potrebbe essere concesso ai principati e alle altre assemblee legislative, ma mai a dei nunzii, i quali, essendo membri della dieta stessa, non dovrebbero avere alcun grado di autorità su di essa né poter contestarne le decisioni.
Tra il veto, che rappresenta la più grande forma di potere individuale a disposizione dei membri della sovranità e che deve essere esercitato soltanto per le leggi veramente fondamentali, e la maggioranza semplice, che costituisce una forma di potere meno significativa e riguarda questioni di pura amministrazione, esistono diverse proporzioni attraverso cui si può determinare l’importanza dei pareri in base all’urgenza o alla rilevanza delle questioni in discussione. Ad esempio, per quanto riguarda la legislazione, si potrebbero richiedere almeno tre quarti dei voti; per le questioni di stato, due terzi; mentre per le elezioni e altre questioni ordinarie e temporanee sarebbe sufficiente la maggioranza semplice. Questo è soltanto un esempio per chiarire il mio concetto, e non una proporzione fissa che io stabilisca.
In uno stato come la Polonia, dove le anime umane possiedono ancora una grande forza interiore, forse si sarebbe potuto conservare integralmente questo nobile diritto del “liberum veto” senza grandi rischi, e persino con vantaggi, purché tale diritto venisse reso pericoloso da esercitare e vi fossero associate gravi conseguenze per chi lo avesse utilizzato; perché è davvero assurdo che colui che interrompe in questo modo l’attività del parlamento e lascia lo stato privo di risorse, possa poi godersi tranquillamente e impunemente della desolazione pubblica che ha causato.
Quindi, se in una risoluzione quasi unanime soltanto un oppositore avesse il diritto di annullarla, vorrei che si assumesse personalmente la responsabilità della sua opposizione, non solo davanti ai suoi elettori nella seduta post-comitativa, ma anche davanti a tutta la nazione che ne ha sofferto le conseguenze negative. Vorrei che la legge stabilisse che, sei mesi dopo aver espresso il proprio dissenso, tale oppositore fosse processato solennemente da un tribunale straordinario istituito appositamente per questo scopo; tale tribunale sarebbe composto da tutte le persone più sagge, illustri e rispettate della nazione. Tale tribunale non potrebbe assolverlo semplicemente, ma è obbligato a condannarlo a morte senza alcuna possibilità di grazia, oppure a concedergli ricompense e onori pubblici per tutta la vita, senza mai lasciare spazio a una terza alternativa.
Istituzioni di questo tipo, così favorevoli all’energia del coraggio e all’amore per la libertà, sono troppo lontane dall’animo moderno perché si possa sperare che vengano adottate o apprezzate; tuttavia non erano sconosciute agli antichi, ed è proprio attraverso di esse che i loro educatori riuscivano a elevare gli animi e a suscitare in loro il desiderio di un zelo veramente eroico. Si sono visti, in repubbliche dove regnavano leggi ancora più severe, cittadini generosi sacrificarsi fino alla morte nel pericolo per la patria, al fine di aprire una strada che potesse salvarla. Un veto, seguito dallo stesso pericolo, può salvare lo stato in determinate circostanze, e non rappresenta mai un vero motivo di preoccupazione.
Oserais-je parler ici des confédérations et n’être pas de l’avis des savants ? Ils ne voient que le mal qu’elles font ; il faudrait voir aussi celui qu’elles empêchent. Sans contredit la confédération est un état violent dans la république ; mais il est des maux extrêmes qui rendent les remèdes violents nécessaires, et dont il faut tâcher de guérir à tout prix. La confédération est en Pologne ce qu’était la dictature chez les Romains. L’une et l’autre font taire les lois dans un péril pressant, mais avec cette grande différence, que la dictature, directement contraire à la législation romaine et à l’esprit du gouvernement, a fini par le détruire, et que les confédérations, au contraire, n’étant qu’un moyen de raffermir et rétablir la constitution ébranlée par de grands efforts, peuvent tendre et renforcer le ressort relâché de l’état sans pouvoir jamais le briser. Cette forme fédérative, qui peut-être dans son origine eut une cause fortuite, me paraît être un chef-d’œuvre de politique. Partout où la liberté règne, elle est incessamment attaquée, et très souvent en péril. Tout état libre où les grandes crises n’ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr. Il n’y a que les Polonais qui de ces crises mêmes aient su tirer un nouveau moyen de maintenir la constitution. Sans les confédérations, il y a longtemps que la république de Pologne ne serait plus, et j’ai grand-peur qu’elle ne dure pas longtemps après elles si l’on prend le parti de les abolir. Jetez les yeux sur ce qui vient de se passer. Sans les confédérations l’état était subjugué, la liberté était pour jamais anéantie. Voulez-vous ôter à la république la ressource qui vient de la sauver ?
Et qu’on ne pense pas que, quand le liberum veto sera aboli et la pluralité rétablie, les confédérations deviendront inutiles, comme si tout leur avantage consistait dans cette pluralité. Ce n’est pas la même chose. La puissance exécutive attachée aux confédérations leur donnera toujours, dans les besoins extrêmes, une vigueur, une activité, une célérité que ne peut avoir la diète, forcée à marcher à pas plus lents, avec plus de formalités, et qui ne peut faire un seul mouvement irrégulier sans renverser la constitution.
Non, les confédérations sont le bouclier, l’asile, le sanctuaire de cette constitution. Tant qu’elles subsisteront, il me paraît impossible qu’elle se détruise. Il faut les laisser, mais il faut les régler. Si tous les abus étaient ôtés, les confédérations deviendraient presque inutiles. La réforme de votre gouvernement doit opérer cet effet. Il n’y aura plus que les entreprises violentes qui mettent dans la nécessité d’y recourir ; mais ces entreprises sont dans l’ordre des choses qu’il faut prévoir. Au lieu donc d’abolir les confédérations, déterminez les cas où elles peuvent légitimement avoir lieu, et puis réglez-en bien la forme et l’effet, pour leur donner une sanction légale autant qu’il est possible, sans gêner leur formation ni leur activité. Il y a même de ces cas où, par le seul fait, toute la Pologne doit être à l’instant confédérée, comme, par exemple, au moment où, sous quelque prétexte que ce soit et hors le cas d’une guerre ouverte, des troupes étrangères mettent le pied dans l’état ; parce qu’enfin, quel que soit le sujet de cette entrée, et le gouvernement même y eût-il consenti, confédération chez soi n’est pas hostilité chez les autres. Lorsque, par quelque obstacle que ce puisse être, la diète est empêchée de s’assembler au temps marqué par la loi, lorsqu’à l’instigation de qui que ce soit on fait trouver des gens de guerre au temps et au lieu de son assemblée, ou que sa forme est altérée, ou que son activité est suspendue, ou que sa liberté est gênée en quelque façon que ce soit, dans tous ces cas la confédération générale doit exister par le seul fait ; les assemblées et signatures particulières n’en sont que des branches ; et tous les maréchaux en doivent être subordonnés à celui qui aura été nommé le premier.
Liste des œuvres philosophiques et politiques
Liste générale des titres
Chapitre 11. – Système économique.
Le choix du système économique que doit adopter la Pologne dépend de l’objet qu’elle se propose en corrigeant sa constitution. Si vous ne voulez que devenir bruyants, brillants, redoutables, et influer sur les autres peuples de l’Europe, vous avez leur exemple, appliquez-vous à l’imiter. Cultivez les sciences, les arts, le commerce, l’industrie ; ayez des troupes réglées, des places fortes, des académies, surtout un bon système de finance qui fasse bien circuler l’argent, qui par là le multiplie, qui vous en procure beaucoup ; travaillez à le rendre très nécessaire, afin de tenir le peuple dans une plus grande dépendance, et pour cela, fomentez et le luxe matériel, et le luxe de l’esprit, qui en est inséparable. De cette manière vous formerez un peuple intrigant, ardent, avide, ambitieux, servile et fripon comme les autres, toujours sans aucun milieu à l’un des deux extrêmes de la misère ou de l’opulence, de la licence ou de l’esclavage : mais on vous comptera parmi les grandes puissances de l’Europe ; vous entrerez dans tous les systèmes politiques ; dans toutes les négociations on recherchera votre alliance, on vous liera par des traités : il n’y aura pas une guerre en Europe où vous n’ayez l’honneur d’être fourrés : si le bonheur vous en veut, vous pourrez rentrer dans vos anciennes possessions, peut-être en conquérir de nouvelles, et puis dire comme Pyrrhus ou comme les Russes, c’est-à-dire comme les enfants : « Quand tout le monde sera à moi je mangerai bien du sucre. »
Mais si par hasard vous aimiez mieux former une nation libre, paisible et sage, qui n’a ni peur ni besoin de personne, qui se suffit à elle-même et qui est heureuse ; alors il faut prendre une méthode toute différente, maintenir, rétablir chez vous des moeurs simples, des goûts sains, un esprit martial sans ambition ; former des âmes courageuses et désintéressées ; appliquer vos peuples à l’agriculture et aux arts nécessaires à la vie ; rendre l’argent méprisable, et, s’il se peut, inutile ; chercher, trouver, pour opérer de grandes choses, des ressorts plus puissants et plus sûrs. Je conviens qu’en suivant cette route vous ne remplirez pas les gazettes du bruit de vos fêtes, de vos négociations, de vos exploits ; que les philosophes ne vous encenseront pas, que les poètes ne vous chanteront pas, qu’en Europe on parlera peu de vous ; peut-être même affectera-t-on de vous dédaigner ; mais vous vivrez dans la véritable abondance, dans la justice, et dans la liberté ; mais on ne vous cherchera pas querelle, on vous craindra sans en faire semblant, et je vous réponds que les Russes ni d’autres ne viendront plus faire les maîtres chez vous, ou que, si pour leur malheur ils y viennent, ils seront beaucoup plus pressés d’en sortir. Ne tentez pas surtout d’allier ces deux projets, ils sont trop contradictoires ; et vouloir aller aux deux par une marche composée, c’est vouloir les manquer tous deux. Choisissez donc, et si vous préférez le premier parti, cessez ici de me lire ; car, de tout ce qui me reste à proposer, rien ne se rapporte plus qu’au second.
Would I dare to speak here about confederations without agreeing with the scholars? They see only the harm they cause; one should also consider the harm they prevent. Undoubtedly, a confederation represents a violent form of governance within a republic; yet there are extreme evils that make violent remedies necessary, and we must strive at all costs to cure them. In Poland, the confederation is what dictatorship was in Rome. Both suppress laws in times of dire peril, but with this crucial difference: dictatorship, being outright contrary to Roman legislation and the spirit of governance, ultimately destroyed it; whereas confederations, being merely a means to strengthen and restore a constitution shaken by great strife, can reinforce the weakened fabric of the state without ever destroying it. This federal form, which may have originated through chance, seems to me to be a masterpiece of political strategy. Wherever freedom reigns, it is constantly under attack and often in danger. Any free state that has not prepared for major crises is at risk of perishing with each storm. Only the Poles have managed to turn these very crises into a new means to preserve their constitution. Without confederations, the Polish republic would have long ceased to exist; I fear it may not last long even now if we decide to abolish them. Look at what has just happened: without confederations, the state was subdued and freedom was forever lost. Do you truly wish to deprive the republic of the very resource that saved it?
And let us not think that, when the liberum veto is abolished and pluralism is re-established, confederations will become useless, as if their entire advantage lay in that very pluralism. It is not the same thing. The executive power associated with confederations will always grant them, in times of extreme necessity, a vigor, an activity, and a speed that the Diet cannot possess—forced to move at a slower pace, through more formalities, and unable to make even one irregular move without violating the constitution.
No, confederations are the shield, the asylum, the sanctuary of this constitution. As long as they exist, it seems impossible for it to be destroyed. We must allow them to remain, but we must also regulate their functioning. If all abuses were eliminated, confederations would become almost useless. The reform of your government must achieve this effect. Only violent enterprises would then force us to resort to confederations; but such enterprises are part of the natural order of things that must be taken into account. Therefore, rather than abolishing confederations, we should determine under what circumstances they can legally take place, and then carefully regulate their form and effects, giving them as much legal recognition as possible without hindering their formation or activity. There are even situations in which, for whatever reason—except in the event of an open war—foreign troops entering a country immediately require the establishment of confederations; for after all, regardless of the purpose of such entry, and even if the government itself had consented to it, forming a confederation within one’s own territory does not necessarily imply hostility on the part of others. Whenever, for any obstacle, the diet is prevented from convening at the time prescribed by law; whenever, at someone’s instigation, soldiers are stationed at the time and place where its meetings are scheduled; whenever its form is altered, its activities are suspended, or its freedom is restricted in any way—then a general confederation must be established immediately. Specific assemblies and agreements are merely branches of this broader confederation, and all marshals must submit to the authority of the one who is first appointed to lead it.
List of philosophical and political works
General list of titles
Chapter 11. – Economic System.
The choice of economic system that Poland must adopt depends on the objective it seeks to achieve in reforming its constitution. If your only goal is to become noisy, brilliant, formidable, and influential over other European peoples, you have their example—emulate them. Cultivate science, the arts, commerce, and industry; maintain well-organized armies, strong fortresses, and academies, especially a sound financial system that ensures the smooth circulation of money, multiplies it, and provides you with abundant resources. Work to make such a system absolutely necessary, so as to keep the people in greater dependence on you. To this end, foster both material luxury and the luxury of the mind, which are inseparable. In this way, you will create a people that is cunning, eager, ambitious, servile, and greedy—just like all the others—always caught between the two extremes of poverty or wealth, licentiousness or slavery. Yet you will be counted among Europe’s great powers; you will participate in every political system, and in every negotiation, alliances will be sought with you, and treaties will be made to bind you. There will not be a single war in Europe in which you are not involved. If fortune favors you, you may even regain your former territories or conquer new ones, and then you can say, like Pyrrhus or the Russians—like children—“When everyone belongs to me, I will have plenty of sugar to eat.”
But if, by some chance, you would rather create a free, peaceful, and wise nation—one that knows neither fear nor needs for anyone else, one that is self-sufficient and happy—then you must adopt a completely different approach. You must maintain and restore simple morals, healthy tastes, and a martial spirit devoid of ambition; you must cultivate courageous and disinterested souls; you must devote your people to agriculture and the arts necessary for life; you must make money seem despicable, and if possible, even useless. You must seek and find more powerful and reliable means to accomplish great things. I admit that following this path will not fill the newspapers with news of your festivals, negotiations, or exploits; philosophers will not praise you, poets will not sing your praises, and Europe will speak little of you—perhaps even seem to despise you. But you will live in true abundance, justice, and freedom. No one will seek to provoke you; people will fear you without showing it openly. And I tell you this: neither the Russians nor anyone else will come to dominate you again, or if, out of misfortune, they do, they will be much more eager to leave. Above all, do not attempt to combine these two goals—they are too contradictory. To try to achieve both through a mixed approach is to ensure failure in both. Therefore, make your choice: if you prefer the first option, stop reading this; for everything I have yet to suggest relates only to the second one.
Oserei parlare qui delle confederazioni senza essere d’accordo con gli scienziati? Loro vedono solo il male che causano; bisognerebbe considerare anche quello che impediscono. Senza dubbio, la confederazione rappresenta uno stato violento all’interno di una repubblica; ma ci sono mali estremi che rendono necessari rimedi altrettanto violenti, e di cui bisogna cercare a tutti i costi di guarire. In Polonia, la confederazione è ciò che la dittatura era nei Romani: entrambe soffocano le leggi in momenti di pericolo imminente, ma con questa grande differenza: la dittatura, essendo direttamente contraria alla legislazione romana e allo spirito del governo, alla fine lo distrusse; mentre le confederazioni, al contrario, essendo soltanto un mezzo per rafforzare e ripristinare una costituzione minacciata da grandi difficoltà, possono tendere a rinvigorire i legami dello stato senza mai poterlo spezzare. Questa forma federativa, che forse nella sua origine ebbe cause fortuite, mi sembra essere un capolavoro di politica. Ovunque regni la libertà, essa è costantemente attaccata e spesso in pericolo; ogni stato libero in cui le grandi crisi non siano state previste corre il rischio di perire ad ogni tempesta. Solo i Polacchi sono riusciti a trarre da queste stesse crisi un nuovo mezzo per mantenere la loro costituzione. Senza le confederazioni, la repubblica di Polonia sarebbe già scomparsa da tempo; e temo che non durerà a lungo nemmeno dopo la loro abolizione. Basta guardare ciò che è appena accaduto: senza le confederazioni, lo stato era soggiogato, la libertà era perduta per sempre. Volete privare la repubblica di quel mezzo che l’ha appena salvata?
E non si debba pensare che, quando il “liberum veto” verrà abolito e la pluralità ripristinata, le confederazioni diventeranno inutili, come se tutto il loro vantaggio risiedesse proprio in quella pluralità. Non è affatto così: il potere esecutivo connesso alle confederazioni conferirà loro, nei momenti di estrema necessità, una forza, un’attività e una rapidità che la dieta, costretta a muoversi più lentamente, attraverso procedure più formali, non potrà mai avere. Inoltre, la dieta non potrebbe compiere nemmeno un singolo atto irregolare senza sovvertire lo stesso ordinamento costituzionale.
No, le confederazioni sono lo scudo, l’asilo, il santuario di questa costituzione. Finché esisteranno, mi sembra impossibile che essa venga distrutta. Bisogna lasciarle esistere, ma bisogna regolarle. Se tutti gli abusi venissero eliminati, le confederazioni diventerebbero quasi inutili. La riforma del vostro governo deve produrre questo effetto: non ci saranno più che azioni violente a rendere necessario ricorrervi; ma queste azioni fanno parte di quegli eventi che è necessario prevedere. Pertanto, invece di abolire le confederazioni, bisogna stabilire i casi in cui possono svolgersi legittimamente, e poi regolare bene la loro forma e il loro funzionamento, per dare loro una sanzione legale ogni volta che sia possibile, senza ostacolare la loro formazione o la loro attività. Ci sono persino casi in cui, semplicemente per un certo evento, l’intera Polonia deve immediatamente formare una confederazione; ad esempio, quando, per qualsiasi motivo e al di fuori dei casi di guerra aperta, truppe straniere mettono piede nel paese: perché, qualunque ne sia la ragione di questa entrata, anche se il governo stesso l’avesse consentita, formare una confederazione non significa necessariamente essere ostili agli altri. Quando, per qualsiasi motivo, la dieta è impedita di riunirsi nel momento previsto dalla legge, quando, su istigazione di qualcuno, vengono reclutati soldati nel luogo e nel momento della sua riunione, o quando la sua forma viene alterata, la sua attività sospesa o la sua libertà ostacolata in qualche modo, in tutti questi casi deve esistere immediatamente una confederazione generale; le assemblee e le decisioni particolari ne sono soltanto delle ramificazioni; e tutti i comandanti militari devono essere subordinati a colui che sarà nominato come capo della confederazione.
Elenco delle opere filosofiche e politiche
Elenco generale dei titoli
Capitolo 11. – Sistema economico.
La scelta del sistema economico che la Polonia deve adottare dipende dall’obiettivo che si propone nel correggere la sua costituzione. Se volete soltanto diventare rumorosi, brillanti, temibili e influenzare gli altri popoli d’Europa, avete il loro esempio: imitateli. Coltivate le scienze, le arti, il commercio, l’industria; avete truppe regolari, fortezze, accademie, soprattutto un buon sistema finanziario che faccia circolare bene il denaro, che lo moltiplichi e vi ne procuri molto. Lavorate affinché tale sistema diventi assolutamente necessario, al fine di tenere il popolo in una condizione di maggiore dipendenza; per questo, favorite sia il lusso materiale che quello dello spirito, che sono inscindibili. In questo modo creerete un popolo astuto, avido, ambizioso, servile e disonesto come gli altri, sempre costretto a oscillare tra due estremi: la miseria o l’opulenza, la licenzia o la schiavitù. Tuttavia, verrete considerati tra le grandi potenze d’Europa; entrerete in tutti i sistemi politici; in tutte le negoziazioni si cercherà la vostra alleanza e vi si stringeranno trattati. Non ci sarà alcuna guerra in Europa in cui non abbiate l’onore di essere coinvolti. Se il destino vi sarà favorevole, potrete riconquistare le vostre antiche possedimenti, forse ne conquistare di nuove, e poi dire, come Pirro o i Russi – cioè come dei bambini –: “Quando tutto sarà mio, mangerò tanto zucchero.”
Ma se per caso preferiste formare una nazione libera, pacifica e saggia, che non abbia né paura né bisogno di nessuno, che si basti a sé stessa e sia felice; allora è necessario adottare un metodo completamente diverso: mantenere e ripristinare tra voi costumi semplici, gusti salutari, uno spirito marziale privo di ambizioni; formare anime coraggiose e disinteressate; dedicare i vostri popoli all’agricoltura e agli arti necessari alla vita; rendere l’oro spregevole, e se possibile inutile; cercare, trovare, per realizzare grandi imprese, mezzi più potenti e sicuri. Ammetto che seguendo questa strada non riempirete le gazette con notizie delle vostre feste, delle vostre trattative, dei vostri successi; che i filosofi non vi loderanno, che i poeti non vi canteranno, che in Europa si parlerà poco di voi; forse addirittura si farà finta di disprezzarvi; ma vivrete nella vera abbondanza, nella giustizia e nella libertà; nessuno vi cercherà guai, vi temeranno senza darlo a vedere, e vi assicuro che né i russi né altri verranno più a dominare su di voi, o che, se per loro sfortuna ci provassero, sarebbero molto più solleciti a andarsene. Non cercate assolutamente di combinare questi due progetti: sono troppo contraddittori; tentare di raggiungerli entrambi con un approccio misto significa fallire in entrambi. Quindi scegliete: se preferite il primo, smettete subito di leggere ciò che ho da dire, perché tutto ciò che rimane da proporre riguarda esclusivamente il secondo.
Il y a sans contredit d’excellentes vues économiques dans les papiers qui m’ont été communiqués. Le défaut que j’y vois est d’être plus favorables à la richesse qu’à la prospérité. En fait de nouveaux établissements, il ne faut pas se contenter d’en voir l’effet immédiat ; il faut encore en bien prévoir les conséquences éloignées, mais nécessaires. Le projet, par exemple, pour la vente des starosties[686] et pour la manière d’en employer le produit me paraît bien entendu et d’une exécution facile dans le système établi dans toute l’Europe de tout faire avec de l’argent. Mais ce système est-il bon en lui-même et va-t-il bien à son but ? Est-il sur que l’argent soit le nerf de la guerre ? Les peuples riches ont toujours été battus et conquis par les peuples pauvres. Est-il sûr que l’argent soit le ressort d’un bon gouvernement ? Les systèmes de finance sont modernes. Je n’en vois rien sortir de bon ni de grand. Les gouvernements anciens ne connaissaient pas même ce mot de finance, et ce qu’ils faisaient avec des hommes est prodigieux. L’argent est tout au plus le supplément des hommes, et le supplément ne vaudra jamais la chose. Polonais, laissez-moi tout cet argent aux autres, ou contentez-vous de celui qu’il faudra bien qu’ils vous donnent, puisqu’ils ont plus besoin de vos blés que vous de leur or. Il vaut mieux, croyez-moi, vivre dans l’abondance que dans l’opulence ; soyez mieux que pécunieux, soyez riches : cultivez bien vos champs, sans vous soucier du reste ; bientôt vous moissonnerez de l’or, et plus qu’il n’en faut pour vous procurer l’huile et le vin qui vous manquent, puisque à cela près la Pologne abonde ou peut abonder de tout. Pour vous maintenir heureux et libres, ce sont des têtes, des cœurs et des bras qu’il vous faut ; c’est là ce qui fait la force d’un état et la prospérité d’un peuple. Les systèmes de finance font des âmes vénales ; et dès qu’on ne veut que gagner, on gagne toujours plus à être fripon qu’honnête homme. L’emploi de l’argent se dévoie et se cache ; il est destiné à une chose et employé à une autre. Ceux qui le manient apprennent bientôt à le détourner ; et que sont tous les surveillants qu’on leur donne, sinon d’autres fripons qu’on envoie partager avec eux ? S’il n’y avait que des richesses publiques et manifestes, si la marche de l’or laissait une marque ostensible et ne pouvait se cacher, il n’y aurait point d’expédient plus commode pour acheter des services, du courage, de la fidélité, des vertus ; mais, vu sa circulation secrète, il est plus commode encore pour faire des pillards et des traîtres, pour mettre à l’enchère le bien public et la liberté. En un mot, l’argent est à la fois le ressort le plus faible et le plus vain que je connaisse pour faire marcher à son but la machine politique, le plus fort et le plus sûr pour l’en détourner.
On ne peut faire agir les hommes que par leur intérêt, je le sais ; mais l’intérêt pécuniaire est le plus mauvais de tous, le plus vil, le plus propre à la corruption, et même, je le répète avec confiance et le soutiendrai toujours, le moindre et le plus faible aux yeux de qui connaît bien le cœur humain. Il est naturellement dans tous les cœurs de grandes passions en réserve ; quand il n’y reste plus que celle de l’argent, c’est qu’on a énervé, étouffé toutes les autres qu’il fallait exciter et développer. L’avare n’a point proprement de passion qui le domine ; il n’aspire à l’argent que par prévoyance » pour contenter celles qui pourront lui venir. Sachez les fomenter et les contenter directement sans cette ressource ; bientôt elle perdra tout son prix.
Les dépenses publiques sont inévitables, j’en conviens encore ; faites-les avec toute autre chose qu’avec de l’argent. De nos jours encore on voit en Suisse les officiers, magistrats et autres stipendiaires publics, payés avec des denrées. Ils ont des dîmes, du vin, du bois, des droits utiles, honorifiques. Tout le service public se fait par corvées, l’état ne paie presque rien en argent. Il en faut, dira-t-on, pour le paiement des troupes. Cet article aura sa place dans un moment. Cette manière de paiement n’est pas sans inconvénient ; il y a de la perte, du gaspillage : l’administration de ces sortes de biens est plus embarrassante ; elle déplaît surtout à ceux qui en sont chargés, parce qu’ils y trouvent moins à faire leur compte. Tout cela est vrai ; mais que le mal est petit en comparaison de la foule de maux qu’il sauve ! Un homme voudrait malverser qu’il ne le pourrait pas, du moins sans qu’il y parût. On m’objectera les baillis de quelques cantons suisses ; mais d’où viennent leurs vexations ? des amendes pécuniaires qu’ils imposent. Ces amendes arbitraires sont un grand mal déjà par elles-mêmes ; cependant s’ils ne les pouvaient exiger qu’en denrées, ce ne serait presque rien. L’argent extorqué se cache aisément, des magasins ne se cacheraient pas de même. Cherchez en tout pays, en tout gouvernement et par toute terre, vous n’y trouverez pas un grand mal en morale et en politique où l’argent ne soit mêlé.
On me dira que l’égalité des fortunes qui règne en Suisse rend la parcimonie aisée dans l’administration ; au lieu que tant de puissantes maisons et de grands seigneurs qui sont en Pologne demandent pour leur entretien de grandes dépenses et des finances pour y pourvoir. Point du tout. Ces grands seigneurs sont riches par leurs patrimoines, et leurs dépenses seront moindres quand le luxe cessera d’être en honneur dans l’état, sans qu’elles les distinguent moins des fortunes inférieures qui suivront la même proportion. Payez leurs services par de l’autorité, des honneurs, de grandes places. L’inégalité des rangs est compensée en Pologne par l’avantage de la noblesse qui rend ceux qui les remplissent plus jaloux des honneurs que du profit. La république, en graduant et distribuant à propos ces récompenses purement honorifiques, se ménage un trésor qui ne la ruinera pas, et qui lui donnera des héros pour citoyens. Ce trésor des honneurs est une ressource inépuisable chez un peuple qui a de l’honneur ; et plût à Dieu que la Pologne eût l’espoir d’épuiser cette ressource ! O heureuse la nation qui ne trouvera plus dans son sein de distinctions possibles pour la vertu !
Au défaut de n’être pas dignes d’elle, les récompenses pécuniaires joignent celui de n’être pas assez publiques, de ne parler pas sans cesse aux yeux et aux cœurs, de disparaître aussitôt qu’elles sont accordées, et de ne laisser aucune trace visible qui excite l’émulation en perpétuant l’honneur qui doit les accompagner. Je voudrais que tous les grades, tous les emplois, toutes les récompenses honorifiques, se marquassent par des signes extérieurs ; qu’il ne fût jamais permis à un homme en place de marcher incognito ; que les marques de son rang ou de sa dignité le suivissent partout, afin que le peuple le respectât toujours, et qu’il se respectât toujours lui-même ; qu’il pût ainsi toujours dominer l’opulence ; qu’un riche qui n’est que riche, sans cesse offusqué par des citoyens titrés et pauvres, ne trouvât ni considération ni agrément dans sa patrie ; qu’il fût forcé de la servir pour y briller, d’être intègre par ambition, et d’aspirer malgré sa richesse à des rangs où la seule approbation publique mène, et d’où le blâme peut toujours faire déchoir. Voilà comment on énerve la force des richesses, et comment on fait des hommes qui ne sont point à vendre. J’insiste beaucoup sur ce point, bien persuadé que vos voisins, et surtout les Russes, n’épargneront rien pour corrompre vos gens en place, et que la grande affaire de votre gouvernement est de travailler à les rendre incorruptibles.
There are undoubtedly excellent economic arguments in the documents that have been presented to me. However, my objection is that they tend to favor wealth rather than prosperity. When it comes to establishing new institutions, one should not be content with merely considering their immediate effects; it is also essential to carefully anticipate their long-term, yet necessary consequences. For instance, the plan regarding the sale of starosties[686] and how to utilize the proceeds seems straightforward and easily implementable within the system currently in place throughout Europe, where everything is done through money. But is this system inherently good, and will it indeed achieve its intended purpose? Is it certain that money is the key to warfare? Rich peoples have always been defeated and conquered by poor ones. Is it assured that money is also the foundation of good governance? Financial systems are modern, but I see no positive or significant outcomes arising from them. Ancient governments didn’t even know what finance was; yet what they accomplished with human effort was truly remarkable. Money at best serves as a complement to human endeavor, and a supplement can never be equivalent to the main thing itself. Poles, let me leave all this money to others, or at least content yourself with what they are forced to give you—since they need your grain more than you need their gold. Believe me, it is better to live in abundance than in luxury; it is better to be wealthy in spirit than in material wealth. Cultivate your fields diligently and worry about nothing else; soon you will harvest gold in abundance—more than enough to obtain the oil and wine you lack, since Poland is rich in everything else or at least has the potential to be so. To maintain happiness and freedom, what you need are intelligent minds, loyal hearts, and strong arms; these are what make a state powerful and a people prosperous. Financial systems, on the other hand, breed selfish souls. Whenever one’s only goal is to gain wealth, being dishonest proves far more profitable than being honest. The use of money becomes deceitful and secretive; it is meant for one purpose but often used for another. Those who handle it soon learn how to misappropriate it, and what are all the supervisors put in place if not just more dishonest people sent to join them in this deception? If there were only public, transparent sources of wealth, if the flow of gold left obvious traces and could not be concealed, it would be even easier to buy services, courage, loyalty, and virtue. But because its circulation is secret, it also makes it far easier to create plunderers and traitors, to put public goods and freedom up for auction. In short, money is at once the weakest and most futile tool I know for achieving political goals—and yet also the strongest and most certain means of leading it astray.
One can only motivate people through their self-interest, I know that; but monetary gain is the worst of all interests—the most despicable, the most prone to corruption. And I repeat this with confidence and will always uphold it: in the eyes of anyone who truly understands human nature, it is the weakest and most insignificant motive. In everyone’s heart, there are strong passions latent; when only the desire for money remains, it means that all other passions that should have been stimulated and developed have been suppressed or extinguished. A miser truly has no dominant passion; he seeks wealth merely out of prudence—so as to be able to satisfy those desires that may arise in the future. Learn to foster and satisfy these desires directly, without relying on money; soon, money will lose all its value.
Public expenditures are inevitable; I still acknowledge that fact. But they should be funded in any way except through money itself. Even today, in Switzerland, one can see officials, magistrates, and other public servants being paid in kind—through provisions such as tithes, wine, wood, and various honorary fees. The entire public service is largely based on corvée labor, and the state pays very little in cash. Some might argue that money is needed to pay the troops; this point will be addressed later. However, this method of payment has its drawbacks: there is loss and waste, and managing such goods is particularly troublesome for those responsible for it, as it makes it harder for them to keep track of everything. All of this is true—but compared to the countless evils that such a system prevents, the harm is negligible! A person might want to embezzle funds, but they would hardly be able to do so without leaving obvious traces. Some might point to the bailiffs in certain Swiss cantons as examples; but where do their arbitrary exactions come from? From financial fines that they impose. These arbitrary penalties are a great evil in themselves; yet if they could only be demanded in kind, their impact would be minimal. Money extorted is easy to hide, but goods are not so easily concealed. Look anywhere in the world, under any form of government—money is always involved in moral and political wrongdoing.
One might say that the equality of fortunes prevalent in Switzerland makes thrift easy in governance; whereas in Poland, so many powerful families and noble lords require substantial expenses to maintain their lifestyle. Not at all. These nobles are wealthy through their estates, and their expenditures will decrease when luxury ceases to be esteemed in the state—without thereby diminishing their status relative to those of lower fortunes who follow the same proportion. Reward them with authority, honors, and high positions. In Poland, the inequality of social ranks is compensated by the advantages inherent in nobility, which makes those who hold it more eager for honor than for profit. By granting these purely honorary rewards in a proper manner, the republic ensures itself a treasure that will never lead to its ruin—and one that will provide it with heroes as its citizens. This treasure of honors is an inexhaustible resource among a people who value honor; and may God grant Poland the hope of ever exhausting it! Oh, how fortunate that nation would be which no longer found distinctions within its own ranks based on virtue!
In the absence of being worthy of them, monetary rewards also suffer from the fact that they are not public enough; they do not constantly speak to people’s eyes and hearts, they disappear as soon as they are granted, and they leave no visible trace that could inspire emulation by perpetuating the honor that should accompany them. I would like for all ranks, all positions of authority, and all honorary distinctions to be marked by external symbols; it should never be permitted for a person in power to move incognito; the signs of their rank or dignity should follow them everywhere, so that the people would always respect them, and they themselves would always respect themselves. In this way, they could always dominate wealth. A wealthy person who is merely rich, constantly offended by titled citizens who are poor, would find neither respect nor pleasure in his own country; he would be forced to serve it in order to shine there, to be honest out of ambition, and to aspire, despite his wealth, to those ranks where only public approval leads one, and where blame can always cause one to fall. Such is how the power of wealth can be harnessed, and such are the ways to create men who are not easily bought or sold. I emphasize this point greatly, being fully convinced that your neighbors, especially the Russians, will spare no effort to corrupt those in power among you, and that the primary task of your government is to ensure that they remain incorruptible.
Senza dubbio, nei documenti che mi sono stati inviati si trovano ottime considerazioni economiche. Tuttavia, il loro difetto principale è quello di essere più favorevoli alla ricchezza che alla prosperità reale dei popoli. Per quanto riguarda la creazione di nuove imprese, non basta limitarsi a considerare gli effetti immediati; è necessario prevedere anche le conseguenze a lungo termine, ma inevitabili. Ad esempio, il progetto relativo alla vendita delle starostie e al modo in cui dovrebbe essere utilizzato il ricavato mi sembra senz’altro ragionevole e facile da attuare nel sistema finanziario diffuso in tutta Europa, dove tutto può essere fatto con denaro. Ma è davvero questo sistema buono di per sé e riesce a raggiungere lo scopo prefissato? È certo che il denaro sia la chiave per vincere le guerre? I popoli ricchi sono sempre stati sconfitti e conquistati da quelli poveri. E poi, è davvero il denaro il motore di un buon governo? I sistemi finanziari attuali sono moderni. Ma non vedo nulla di positivo o significativo in essi. I governi antichi nemmeno conoscevano il concetto di finanza; eppure ciò che riuscivano a realizzare con le risorse umane era davvero straordinario. Il denaro, al massimo, può essere considerato un complemento alle risorse umane. Ma un complemento non potrà mai sostituire la vera ricchezza e il vero valore delle persone. Polacchi, lasciate che io lasci tutto questo denaro agli altri. O meglio, accontentatevi di quello che saranno costretti a darvi, visto che hanno più bisogno dei vostri cereali che del loro oro. È meglio vivere nell’abbondanza che nell’opulenza. Siate ricchi, ma coltivate bene i vostri campi, senza preoccuparvi di altro. Presto raccoglierete più oro di quanto vi serva per ottenere olio e vino. Poiché, a parte questo, la Polonia è ricca, o può diventarlo di tutto. Per essere felici e liberi, ciò di cui avete bisogno sono menti sagge, cuori generosi e braccia forti. Questo è ciò che dà forza a uno stato e prosperità a un popolo. I sistemi finanziari, invece, creano persone venali. E quando si vuole soltanto guadagnare, è sempre più vantaggioso essere disonesti che onesti. L’uso del denaro diventa quindi distorto e nascosto. È destinato a uno scopo e invece viene utilizzato per altro. Chi lo gestisce impara presto a deviarne il corso. E quali controllori si possono mettere in atto, se non altri disonesti inviati a condividerlo con loro? Se ci fossero soltanto ricchezze pubbliche e visibili, se la circolazione dell’oro lasciasse tracce evidenti, non esisterebbero mezzi più comodi per comprare servizi, coraggio, fedeltà. Ma, data la sua circolazione segreta, il denaro diventa anche lo strumento perfetto per creare predoni e traditori, per mettere all’asta il bene pubblico e la libertà. In breve, il denaro è allo stesso tempo il mezzo più debole e vano che conosca per far funzionare correttamente la macchina politica. E al contempo il mezzo più potente e sicuro per deviarne lo scopo originale.
Si possono indurre gli uomini ad agire soltanto attraverso il loro interesse, lo so bene; ma l’interesse finanziario è il peggiore di tutti, il più meschino, il più propenso alla corruzione. E ripeto con fiducia: è anche il più insignificante e debole agli occhi di chi conosce bene il cuore umano. È naturale che in ogni cuore esistano grandi passioni nascoste; quando non ne rimane che quella per l’oro, significa che tutte le altre, quelle che avrebbero dovuto essere stimolate e sviluppate, sono state soffocate o rese inattive. L’avaro, in realtà, non possiede alcuna passione dominante; desidera l’oro soltanto per precauzione, al fine di poter soddisfare quelle passioni che potrebbero emergere in futuro. Imparate quindi a stimolare e a soddisfarle direttamente, senza ricorrere a questo mezzo. Presto, esso perderà completamente il suo valore.
Le spese pubbliche sono inevitabili; lo ammetto ancora. Ma si dovrebbero sostenere con qualcos’altro che non con denaro. Ancora oggi, in Svizzera, si vedono ufficiali, magistrati e altri funzionari pubblici pagati in beni materiali: ricevono decime, vino, legna, diritti utili. L’intero servizio pubblico viene svolto attraverso corvée; lo Stato paga quasi nulla in denaro. Si dirà che sia necessario denaro per il pagamento delle truppe. Questo argomento verrà discusso in un altro momento. Tuttavia, questo metodo di pagamento presenta degli svantaggi: ci sono perdite, sprechi. La gestione di questi beni è più complicata; soprattutto dispiace a coloro che ne sono incaricati, perché trovano meno opportunità per truffare o manipolare le cose. Tutto questo è vero. Ma il male causato da questo sistema è insignificante rispetto ai numerosi mali che evita! Un uomo potrebbe voler commettere frodi, ma non riuscirebbe a farlo, almeno senza che se ne accorgesse nessuno. Si obietterà ai balivi di alcuni cantoni svizzeri. Ma da dove derivano le loro vessazioni? Dalle multe pecuniarie che impongono. Queste multe arbitrarie rappresentano già un grave problema in sé; tuttavia, se potessero essere richieste soltanto in beni materiali, il danno sarebbe quasi nullo. Il denaro estorto può essere nascosto facilmente, mentre i beni materiali non possono essere così facilmente occultati. Cercate in qualsiasi paese, in qualsiasi governo. Non troverete mai un grave problema morale o politico in cui il denaro non sia coinvolto.
Si dirà che l’uguaglianza delle fortune, che regna in Svizzera, renda facile essere parsimoniosi nell’amministrazione; al contrario, in Polonia molte famiglie potenti e grandi signori richiedono spese ingenti per il proprio mantenimento. Niente affatto: questi grandi signori sono ricchi grazie ai loro patrimoni, e le loro spese diminuiranno quando il lusso smetterà di essere considerato un valore nello stato, senza che ciò li distingua meno dalle fortune più modeste che seguono la stessa proporzione. Pagate i loro servizi con autorità, onori e incarichi importanti. In Polonia, l’ineguaglianza dei ranghi viene compensata dal vantaggio della nobiltà, che rende coloro che ne fanno parte più desiderosi di onori che di profitto. La repubblica, graduando e distribuendo opportunamente queste ricompense puramente onorifiche, si assicura un tesoro che non la rovinerà e le fornirà eroi tra i suoi cittadini. Questo tesoro di onori rappresenta una risorsa inesauribile per un popolo che tiene molto all’onore; e che Dio voglia che la Polonia abbia la possibilità di esaurirla! Oh, quanto è fortunata quella nazione che non troverà più, al proprio interno, distinzioni possibili basate sulla virtù.
In mancanza di essere degni di esse, le ricompense in denaro presentano anche l’inconveniente di non essere abbastanza visibili, di non parlare costantemente agli occhi e ai cuori delle persone, di scomparire non appena vengono concesse e di non lasciare tracce evidenti che possano stimolare l’emulazione e perpetuare l’onore che dovrebbero accompagnarle. Vorrei che tutti i gradi, tutti gli incarichi, tutte le ricompense onorifiche fossero segnalati da segni esteriori; che a nessuno in posizione elevata fosse mai permesso muoversi in incognito; che i simboli del proprio rango o della propria dignità lo seguissero ovunque, affinché il popolo lo rispettasse sempre e che lui stesso si rispettasse costantemente; così da poter sempre dominare l’opulenza. Vorrei inoltre che un ricco, che non è altro che ricco e che viene continuamente offeso da cittadini titolati ma poveri, non trovasse né considerazione né piacere nella propria patria; che fosse costretto a servirla per potervi brillare, ad essere integro per ambizione, e ad aspirare, nonostante la sua ricchezza, a posizioni dove l’unica approvazione pubblica conta davvero, e da cui il biasimo possa sempre farlo decadere. Ecco come si può stimolare efficacemente il potere del denaro e come si possono creare uomini che non siano “in vendita”. Insisto molto su questo punto, convinto che i vostri vicini, e soprattutto i Russi, non risparmieranno nulla per corrompere le persone in posizione elevata nel vostro paese; e che la vera missione del vostro governo sia proprio quella di renderle incorruttibili.
Si l’on me dit que je veux faire de la Pologne un peuple de capucins, je réponds d’abord que ce n’est là qu’un argument à la française, et que plaisanter n’est pas raisonner. Je réponds encore qu’il ne faut pas outrer mes maximes au-delà de mes intentions et de la raison ; que mon dessein n’est pas de supprimer la circulation des espèces, mais seulement de la ralentir, et de prouver surtout combien il importe qu’un bon système économique ne soit pas un système de finance et d’argent. Lycurgue, pour déraciner la cupidité dans Sparte, n’anéantit pas la monnaie, mais il en fit une de fer. Pour moi, je n’entends proscrire ni l’argent ni l’or, mais les rendre moins nécessaires, et faire que celui qui n’en a pas soit pauvre sans être gueux. Au fond, l’argent n’est pas la richesse, il n’en est que le signe ; ce n’est pas le signe qu’il faut multiplier, mais la chose représentée. J’ai vu, malgré les fables des voyageurs, que les Anglais, au milieu de tout leur or, n’étaient pas en détail moins nécessiteux que les autres peuples. Et que m’importe, après tout, d’avoir cent guinées au lieu de dix, si ces cent guinées ne me rapportent pas une subsistance plus aisée ? La richesse pécuniaire n’est que relative : et, selon des rapports qui peuvent changer par mille causes, on peut se trouver successivement riche et pauvre avec la même somme, mais non pas avec des biens en nature ; car, comme immédiatement utiles à l’homme, ils ont toujours leur valeur absolue qui ne dépend point d’une opération de commerce. J’accorderai que le peuple anglais est plus riche que les autres peuples : mais il ne s’ensuit pas qu’un bourgeois de Londres vive plus à son aise qu’un bourgeois de Paris. De peuple à peuple, celui qui a plus d’argent a de l’avantage ; mais cela ne fait rien au sort des particuliers, et ce n’est pas là que gît la prospérité d’une nation.
Favorisez l’agriculture et les arts utiles, non pas en enrichissant les cultivateurs, ce qui ne serait que les exciter à quitter leur état, mais en le leur rendant honorable et agréable. Établissez les manufactures de première nécessité ; multipliez sans cesse vos blés et vos hommes, sans vous mettre en souci du reste. Le superflu du produit de vos terres, qui, par les monopoles multipliés, va manquer au reste de l’Europe, vous apportera nécessairement plus d’argent que vous n’en aurez besoin. Au-delà de ce produit nécessaire et sur, vous serez pauvres tant que vous voudrez en avoir ; sitôt que vous saurez vous en passer, vous serez riches. Voilà l’esprit que je voudrais faire régner dans votre système économique : peu songer à l’étranger, peu vous soucier du commerce, mais multiplier chez vous autant qu’il est possible et la denrée et les consommateurs. L’effet infaillible et naturel d’un gouvernement libre et juste est la population. Plus donc vous perfectionnerez votre gouvernement, plus vous multiplierez votre peuple sans même y songer. Vous n’aurez ainsi ni mendiants ni millionnaires. Le luxe et l’indigence disparaîtront ensemble insensiblement ; et les citoyens, guéris des goûts frivoles que donne l’opulence, et des vices attachés à la misère, mettront : leurs soins et leur gloire à bien servir la patrie, et trouveront leur bonheur dans leurs devoirs.
Je voudrais qu’on imposât toujours les bras des hommes plus que leurs bourses ; que les chemins, les ponts, les édifices publics, le service du prince et de l’état, se fissent par des corvées et non point à prix d’argent. Cette sorte d’impôt est au fond la moins onéreuse, et surtout celle dont on peut le moins abuser ; car l’argent disparaît en sortant des mains qui le paient ; mais chacun voit à quoi les hommes sont employés, et l’on ne peut les surcharger à pure perte. Je sais que cette méthode est impraticable où règnent le luxe, le commerce et les arts : mais rien n’est si facile chez un peuple simple et de bonnes mœurs, et rien n’est plus utile pour les conserver telles : c’est une raison de plus pour la préférer.
Je reviens donc aux starosties, et je conviens derechef que le projet de les vendre pour en faire valoir le produit au profil du trésor public est bon et bien entendu, quant à son objet économique : mais quant à l’objet politique et moral, ce projet est si peu de mon goût, que, si les starosties étaient vendues, je voudrais qu’on les rachetât pour en faire le fonds des salaires et récompenses de ceux qui serviraient la patrie ou qui auraient bien mérité d’elle. En un mot, je voudrais, s’il était possible, qu’il n’y eût point de trésor public, et que le fisc ne connût pas même les paiements en argent. Je sens que la chose à la rigueur n’est pas possible ; mais l’esprit du gouvernement doit toujours tendre à la rendre telle, et rien n’est plus contraire à cet esprit que la vente dont il s’agit. La république en serait plus riche, il est vrai ; mais le ressort du gouvernement en serait plus faible en proportion.
J’avoue que la régie des biens publics en deviendrait plus difficile, et surtout moins agréable aux régisseurs, quand tous ces biens seront en nature et point en argent : mais il faut faire alors de cette régie et de son inspection autant d’épreuves de bon sens, de vigilance, et surtout d’intégrité, pour parvenir à des places plus éminentes. On ne fera qu’imiter à cet égard l’administration municipale établie à Lyon, où il faut commencer par être administrateur de l’Hôtel-Dieu pour parvenir aux charges de la ville, et c’est sur la manière dont on s’acquitte de celle-là qu’on fait juger si l’on est digne des autres. Il n’y avait rien de plus intègre que les questeurs des armées romaines, parce que la questure était le premier pas pour arriver aux charges curules. Dans les places qui peuvent tenter la cupidité, il faut faire en sorte que l’ambition la réprime. Le plus grand bien qui résulte de là n’est pas l’épargne des friponneries, mais c’est de mettre en honneur le désintéressement, et de rendre la pauvreté respectable quand elle est le fruit de l’intégrité.
Les revenus de la république n’égalent pas sa dépense ; je le crois bien : les citoyens ne veulent rien payer du tout. Mais des hommes qui veulent être libres ne doivent pas être esclaves de leur bourse, et où est l’état où la liberté ne s’achète pas et même très cher ? On me citera la Suisse ; mais, comme je l’ai déjà dit, dans la Suisse les citoyens remplissent eux-mêmes les fonctions que partout ailleurs ils aiment mieux payer pour les faire remplir par d’autres. Ils sont soldats, officiers, magistrats, ouvriers : ils sont tout pour le service de l’état ; et, toujours prêts à payer de leur personne, ils n’ont pas besoin de payer encore de leur bourse. Quand les Polonais voudront en faire autant, ils n’auront pas plus besoin d’argent que les Suisses ; mais si un si grand état refuse de se conduire sur les maximes des petites républiques, il ne faut pas qu’il en recherche les avantages, ni qu’il veuille l’effet en rejetant les moyens de l’obtenir. Si la Pologne était, selon mon désir, une confédération de trente-trois petits états, elle réunirait la force des grandes monarchies et la liberté des petites républiques ; mais il faudrait pour cela renoncer à l’ostentation, et j’ai peur que cet article ne soit le plus difficile.
De toutes les manières d’asseoir un impôt, la plus commode et celle qui coûte le moins de frais est sans contredit la capitation ; mais c’est aussi la plus forcée, la plus arbitraire, et c’est sans doute pour cela que Montesquieu la trouve servile, quoiqu’elle ait été la seule pratiquée par les Romains, et qu’elle existe encore en ce moment en plusieurs républiques, sous d’autres noms à la vérité, comme à Genève, où l’on appelle cela payer les gardes, et où les seuls citoyens et bourgeois paient cette taxe, tandis que les habitants et natifs en paient d’autres ; ce qui est exactement le contraire de l’idée de Montesquieu.
If someone were to tell me that I wanted to turn Poland into a country of Capuchins, I would first reply that such an argument is purely French in nature, and that joking is not equivalent to reasoning. I would also say that one must not distort my principles beyond what they truly intend or what reason dictates; my goal is not to eliminate the circulation of money, but merely to slow it down, and above all to demonstrate how essential it is that a sound economic system be distinct from a system based solely on finance and money. Lycurgus, in order to eradicate greed in Sparta, did not abolish money itself—but he made it out of iron. As for me, I have no intention of banning money or gold; rather, I aim to reduce their necessity, so that those who lack them may be poor but not destitute. After all, money is not wealth itself—it is merely a symbol of it. It is not the symbol that should be multiplied, but rather the things represented by that symbol. Despite what travelers might tell us, I have seen that the English, despite their abundance of gold, are no less in need than other peoples. And so what does it matter if I have a hundred guineas instead of ten, if those hundred guineas do not provide me with an easier means of subsistence? Monetary wealth is relative; depending on various factors, one can be rich or poor with the same amount of money—yet this does not apply to goods in kind, which are always of absolute value and independent of commercial transactions. I would admit that the English people are richer than others; but that does not mean that a Londoner lives more comfortably than a Parisian. Among different peoples, those who possess more money have an advantage; but this has little impact on the individual fate of people, nor is it in this that the prosperity of a nation lies.
Favorize agriculture and useful arts, not by enriching the farmers—since that would only encourage them to leave their current state of life—but by making it honorable and pleasant for them. Establish industries that are essential for basic needs; continuously increase your crops and population without worrying about anything else. The surplus produced by your lands, which, due to increasing monopolies, will soon be scarce in the rest of Europe, will surely bring you more money than you need. Beyond this necessary output, you will remain poor as long as you desire to be so; but once you learn to do without it, you will become rich. Such is the spirit I wish to see prevail in your economic system: pay little attention to foreign affairs and commerce, and instead focus on increasing both goods and consumers within your own country as much as possible. The inevitable and natural effect of a free and just government is an increase in population. The more you perfect your governance, the more your people will multiply—without even needing to deliberate on it. In this way, there will be neither beggars nor millionaires. Luxury and poverty will gradually disappear; and citizens, freed from the frivolous desires brought about by wealth and the vices associated with poverty, will devote their efforts and pride to serving their country well, finding their happiness in their duties.
I would like for the arms of men to be always valued more than their money; for roads, bridges, public buildings, and the services rendered by the prince and the state to be constructed through forced labor rather than at a monetary cost. Such a system of taxation is, in essence, the least burdensome and, above all, the least susceptible to abuse; for money disappears as soon as it leaves the hands of those who pay it. But everyone can see what purpose such labor serves, and it is impossible to overtax people needlessly. I know that this method is impractical in societies where luxury, commerce, and the arts prevail; but among a simple and virtuous people, nothing could be easier to implement—and nothing more beneficial for preserving their good morals. This is yet another reason to give it priority.
I therefore return to the issue of selling these starosties and readily acknowledge that the idea of doing so in order to utilize their resources for the public treasury is sound and, of course, makes economic sense. However, from a political and moral standpoint, this proposal is utterly unsuitable to my taste. If such starosties were sold, I would advocate for their purchase back in order to use the proceeds to fund the salaries and rewards of those who serve the nation or have truly earned them. In short, if possible, I would prefer that there be no public treasury at all, and that the state itself have no knowledge of monetary transactions. I realize that this is strictly impractical; but the spirit of good governance should always strive towards such an ideal, and nothing is more contrary to this spirit than the proposed sale. It is true that the republic would become richer as a result; but the power and effectiveness of government would be correspondingly weakened.
I admit that the management of public property would become more difficult—and certainly less pleasant for those in charge—if all such property were in kind rather than in cash. However, it is precisely through such management and supervision that one can demonstrate good judgment, vigilance, and above all integrity, thereby advancing to more prestigious positions. In this regard, we might simply follow the example of the municipal administration established in Lyon, where one must first serve as an administrator at the Hôtel-Dieu before being appointed to city offices, and it is on how well one performs in that role that their suitability for higher positions is judged. There was nothing more integrity-driven than the Roman military quaestors, since that position was often the first step toward holding curule offices. In positions where greed might be tempted, it is essential to ensure that ambition itself serves as a means to restrain such desires. The greatest benefit of this approach is not merely the prevention of fraud, but rather the promotion of disinterest and the transformation of poverty into something worthy of respect when it results from integrity.
The revenues of the republic do not equal its expenditures; I believe that to be the case: the citizens simply refuse to pay anything at all. But those who wish to be free must not become slaves to their own finances. And where, then, can one find a state in which freedom is not bought—at great expense, no less? Some may cite Switzerland as an example; but, as I have already said, in Switzerland the citizens themselves perform those duties that elsewhere they would prefer to pay others to carry out for them. They are soldiers, officers, magistrates, workers—they do everything necessary to serve the state. And since they are always willing to contribute personally, they have no need to spend money at all. When the Poles decide to follow this same path, they will require no more funds than the Swiss do. But if a large state refuses to act according to the principles of small republics, it should neither seek their advantages nor attempt to achieve the same results by abandoning the means necessary to attain them. If Poland were, as I desire, a confederation of thirty-three small states, it would combine the strength of great monarchies with the freedom of small republics. Yet to accomplish this, one would have to give up all forms of ostentation—and I fear that this is precisely the most difficult aspect of the matter.
Of all the ways to impose a tax, the most convenient and the one that incurs the least costs is undoubtedly the capitation system; but it is also the most coercive and arbitrary. Perhaps for this very reason did Montesquieu consider it oppressive, even though it was the only system practiced by the Romans and still exists in several republics today, albeit under different names. For instance, in Geneva, it is referred to as “paying for the guards,” and only citizens and burghers are required to pay this tax, while local residents and natives have to pay other types of taxes—which is precisely the opposite of Montesquieu’s concept.
Se mi si dice che voglio trasformare la Polonia in un popolo di “capucini”, rispondo innanzitutto che questo non è altro che un argomento tipico del modo francese di ragionare, e che scherzare non significa ragionare seriamente. Rispondo anche che non si dovrebbero esagerare le mie idee al di là delle mie intenzioni e della ragione; il mio scopo non è certo quello di eliminare la circolazione delle monete, ma soltanto di rallentarla, e soprattutto di dimostrare quanto sia importante che un buon sistema economico non coincida necessariamente con un sistema finanziario basato sull’oro e sul denaro. Licurgo, per estirpare la cupidigia a Sparta, non abolì la moneta, ma ne fece una fatta di ferro. Per quanto mi riguarda, non intendo proibire né l’oro né il denaro, ma renderli meno necessari, in modo che chi non ne possiede sia povero senza però essere indigente. In fondo, il denaro non è la ricchezza stessa, ma soltanto un suo segno; non è il segno che bisogna moltiplicare, ma la cosa che esso rappresenta. Ho visto, nonostante le favole dei viaggiatori, che gli inglesi, nonostante tutto il loro oro, non sono affatto meno necessitati degli altri popoli. E a me, in fondo, che importanza ha avere cento sterline invece di dieci, se queste cento sterline non mi permettono di vivere più agevolmente? La ricchezza monetaria è soltanto relativa; e, a seconda di rapporti che possono cambiare per mille motivi, si può essere alternativamente ricchi o poveri con la stessa somma di denaro. Ma non con beni in natura: questi, essendo immediatamente utili all’uomo, hanno sempre un valore assoluto che non dipende dalle operazioni commerciali. Ammetto che il popolo inglese sia più ricco degli altri popoli. Ma questo non significa affatto che un borghese di Londra viva più agiatamente di un borghese di Parigi. Da popolo a popolo, chi possiede più denaro ha vantaggi. Ma ciò non influisce sul destino dei singoli individui, e non è certo in questo che risiede la prosperità di una nazione.
Favorite l’agricoltura e le arti utili, non arricchendo i contadini – il che li incoraggerebbe soltanto a abbandonare la loro condizione attuale – ma rendendone lo stato onorevole e piacevole. Istituite manifatture di prima necessità; moltiplicate continuamente i vostri raccolti e la vostra popolazione, senza preoccuparvi di altro. Il surplus della produzione delle vostre terre, che a causa dei monopoli diventerà scarso nel resto d’Europa, vi porterà inevitabilmente più denaro di quanto ne avrete bisogno. Oltre a questa produzione necessaria, sarete poveri finché lo vorrete; non appena imparerete a farne a meno, diventerete ricchi. Ecco lo spirito che vorrei imporre nel vostro sistema economico: pensare poco all’estero, preoccuparsi poco del commercio, ma moltiplicare il più possibile sia le risorse che i consumatori nel proprio paese. L’effetto inevitabile e naturale di un governo libero e giusto è la crescita demografica. Quanto più perfezionerete il vostro sistema governativo, tanto più aumenterà la popolazione senza nemmeno che ve ne rendiate conto. In questo modo non avrete né mendicanti né milionari; il lusso e la povertà scompariranno insieme, gradualmente. I cittadini, liberati dai vizi derivanti dalla ricchezza e dalle tentazioni del lusso, dedicheranno i loro sforzi e la loro gloria al servizio della patria, trovando la propria felicità nei propri doveri.
Vorrei che venissero sempre imposti più i lavori forzati degli uomini che le loro tasche; che strade, ponti, edifici pubblici, nonché il servizio del principe e dello stato, venissero realizzati attraverso corvée e non a pagamento in denaro. Questo tipo di imposta è, in fondo, il meno oneroso e soprattutto quello che si può meno abusare; infatti, il denaro scompare non appena esce dalle mani di chi lo paga, ma tutti possono vedere a cosa vengono impiegati gli uomini, e quindi non è possibile sovraccaricarli senza alcun beneficio reale. So che questo metodo è impraticabile in luoghi dove regnano il lusso, il commercio e le arti; ma nulla è più facile da attuare in mezzo a un popolo semplice e dalle buone maniere, e nulla è più utile per preservarlo in tale stato: questa è un’altra ragione per preferirlo.
Torno quindi alle questioni relative alle starostie e devo ammettere immediatamente che il progetto di venderle al fine di valorizzare i loro prodotti in linea con le esigenze del tesoro pubblico è valido, senza dubbio, dal punto di vista economico; ma dal punto di vista politico e morale, tale progetto non mi piace affatto. Se le starostie venissero vendute, vorrei che venissero riacquistate per utilizzarle come fondi per i salari e le ricompense di coloro che servono la patria o che ne hanno davvero meritato il riconoscimento. In altre parole, se fosse possibile, vorrei che non esistesse alcun tesoro pubblico e che lo Stato nemmeno conoscesse i pagamenti in denaro. So che, in linea di principio, ciò è impossibile; ma lo spirito del governo dovrebbe sempre tendere a renderlo realizzabile, e nulla è più contrario a tale spirito della vendita delle starostie di cui si parla. È vero: la repubblica ne trarrebbe maggiori benefici; ma allo stesso tempo, la forza governativa ne risulterebbe indebolita in proporzione.
Ammetto che la gestione dei beni pubblici diventerebbe più difficile, e soprattutto meno gradevole per coloro che se ne occupano, quando tutti questi beni fossero in natura e non in denaro; tuttavia, è proprio in queste circostanze che tale gestione e la relativa ispezione richiedono un uso particolarmente sagace del buon senso, della vigilanza e soprattutto dell’integrità, per poter raggiungere posizioni più elevate. In questo senso, si può imitare l’amministrazione comunale istituita a Lione: lì è necessario iniziare ricoprendo la carica di amministratore dell’Ospedale per poi accedere alle responsabilità cittadine, e proprio dal modo in cui si svolge questa prima fase si può giudicare se una persona sia degna delle altre cariche. Non esisteva nulla di più integro dei questori delle armate romane, poiché quella carica rappresentava il primo passo verso le alte cariche curule. Nei ruoli che possono suscitare la cupidigia, è necessario far sì che l’ambizione stessa la reprima; il maggior beneficio derivante da ciò non è certo la prevenzione delle frodi, ma piuttosto la promozione del disinteresse e la rendita rispettabile della povertà, quando questa deriva dall’integrità.
I ricavi della repubblica non sono sufficienti a coprire le sue spese; lo credo bene: i cittadini non vogliono assolutamente pagare nulla. Tuttavia, coloro che desiderano essere liberi non dovrebbero essere schiavi del proprio portafoglio. E dove esiste uno stato in cui la libertà non si compra, anzi si paga a un prezzo molto alto? Si potrebbe citare la Svizzera; ma, come ho già detto, in Svizzera i cittadini svolgono personalmente le funzioni che altrove preferiscono far svolgere ad altri. Sono soldati, ufficiali, magistrati, operai: sono tutti al servizio dello stato; e, essendo sempre pronti a sacrificare la propria persona, non hanno bisogno di pagare con il proprio denaro. Quando i polacchi vorranno fare lo stesso, non avranno bisogno di più soldi dei svizzeri. Ma se uno Stato così grande rifiuta di seguire le regole delle piccole repubbliche, non dovrebbe cercarne gli vantaggi, né voler ottenere gli stessi risultati rifiutando i mezzi necessari per raggiungerli. Se la Polonia fosse, come desidero io, una confederazione di trentatré piccoli stati, riunirebbe la forza delle grandi monarchie e la libertà delle piccole repubbliche. Ma per questo sarebbe necessario rinunciare all’ostentazione. E temo che questo sia l’aspetto più difficile da realizzare.
Di tutte le modalità per imporre una tassa, quella più comoda e che comporta i minori costi è senza dubbio la capitatione; ma è anche la più coercitiva e arbitraria, ed è probabilmente per questo che Montesquieu la considerava servile, sebbene fosse l’unica praticata dai Romani e continui ad essere in uso oggi in diverse repubbliche, sebbene con altri nomi: a Ginevra, ad esempio, si definisce “pagare le guardie”, e solo i cittadini e i borghesi sono tenuti a pagare questa tassa, mentre gli abitanti e i nativi ne pagano altre; il che è esattamente l’opposto di quanto sosteneva Montesquieu.
Mais comme il est injuste et déraisonnable d’imposer les gens qui n’ont rien, les impositions réelles valent toujours mieux que les personnelles : seulement il faut éviter celles dont la perception est difficile et coûteuse, et celles surtout qu’on élude par la contrebande, qui fait des non-valeurs, remplit l’état de fraudeurs et de brigands, et corrompt la fidélité des citoyens. Il faut que l’imposition soit si bien proportionnée, que l’embarras de la fraude en surpasse le profit. Ainsi jamais d’impôt sur ce qui se cache aisément, comme la dentelle et les bijoux ; il vaut mieux défendre de les porter que de les entrer. En France on excite à plaisir la tentation de la contrebande, et cela me fait croire que la ferme trouve son compte à ce qu’il y ait des contrebandiers. Ce système est abominable et contraire à tout bon sens. L’expérience apprend que le papier timbré est un impôt singulièrement onéreux aux pauvres, gênant pour le commerce, qui multiplie extrêmement les chicanes, et fait beaucoup crier le peuple partout où il est établi : je ne conseillerais pas d’y penser. Celui sur les bestiaux me paraît beaucoup meilleur, pourvu qu’on évite la fraude ; car toute fraude possible est toujours une source de maux. Mais il peut être onéreux aux contribuables en ce qu’il faut le payer en argent, et le produit des contributions de cette espèce est trop sujet à être dévoyé de sa destination.
L’impôt le meilleur, à mon avis, le plus naturel, et qui n’est point sujet à la fraude, est une taxe proportionnelle sur les terres, et sur toutes les terres sans exception, comme l’ont proposée le maréchal de Vauban et l’abbé de Saint-Pierre ; car enfin c’est ce qui produit qui doit payer. Tous les biens royaux, terrestres, ecclésiastiques et en roture, doivent payer également, c’est-à-dire proportionnellement à leur étendue et à leur produit, quel qu’en soit le propriétaire. Cette imposition paraîtrait demander une opération préliminaire qui serait longue et coûteuse, savoir un cadastre général. Mais cette dépense peut très bien s’éviter, et même avec avantage, en asseyant l’impôt non sur la terre directement, mais sur son produit, ce qui serait encore plus juste ; c’est-à-dire en établissant dans la proportion qui serait jugée convenable une dîme qui se lèverait en nature sur la récolte, comme la dîme ecclésiastique ; et, pour éviter l’embarras des détails et des magasins, on affermerait ces dîmes à l’enchère, comme font les curés ; en sorte que les particuliers ne seraient tenus de payer la dîme que sur leur récolte, et ne la paieraient de leur bourse que lorsqu’ils l’aimeraient mieux ainsi, sur un tarif réglé par le gouvernement. Ces fermes réunies pourraient être un objet de commerce, par le débit des denrées qu’elles produiraient, et qui pourraient passer à l’étranger par la voie de Dantzick ou de Riga. On éviterait encore par là tous les frais de perception et de régie, toutes ces nuées de commis et d’employés si odieux au peuple, si incommodes au public ; et, ce qui est le plus grand point, la république aurait de l’argent sans que les citoyens fussent obligés d’en donner ; car je ne répéterai jamais assez que ce qui rend la taille et tous les impôts onéreux au cultivateur, est qu’ils sont pécuniaires, et qu’il est premièrement obligé de vendre pour parvenir à payer.
Chapitre 12. – Système militaire.
De toutes les dépenses de la république, l’entretien de l’armée de la couronne est la plus considérable, et certainement les services que rend cette armée ne sont pas proportionnés à ce qu’elle coûte. Il faut pourtant, va-t-on dire aussitôt, des troupes pour garder l’état. J’en conviendrais si ces troupes le gardaient en effet ; mais je ne vois pas que cette armée l’ait jamais garanti d’aucune invasion, et j’ai grand-peur qu’elle ne l’en garantisse pas plus dans la suite.
La Pologne est environnée de puissances belliqueuses qui ont continuellement sur pied de nombreuses troupes parfaitement disciplinées, auxquelles, avec les plus grands efforts, elle n’en pourra jamais opposer de pareilles sans s’épuiser en très peu de temps, surtout dans l’état déplorable où celles qui la désolent vont la laisser. D’ailleurs on ne la laisserait pas faire ; et si, avec les ressources de la plus vigoureuse administration, elle voulait mettre son armée sur un pied respectable, ses voisins, attentifs à la prévenir, l’écraseraient bien vite avant qu’elle pût exécuter son projet. Non, si elle ne veut que les imiter, elle ne leur résistera jamais.
La nation polonaise est différente de naturel, de gouvernement, de mœurs, de langage, non seulement de celles qui l’avoisinent, mais de tout le reste de l’Europe. Je voudrais qu’elle en différât encore dans sa constitution militaire, dans sa tactique, dans sa discipline, qu’elle fut toujours elle et non pas une autre. C’est alors seulement qu’elle sera tout ce qu’elle peut être, et qu’elle tirera de son sein toutes les ressources qu’elle peut avoir. La plus inviolable loi de la nature est la loi du plus fort. Il n’y a point de législation, point de constitution qui puisse exempter de cette loi. Chercher les moyens de vous garantir des invasions d’un voisin plus fort que vous, c’est chercher une chimère. C’en serait une encore plus grande de vouloir faire des conquêtes et vous donner une force offensive ; elle est incompatible avec la forme de votre gouvernement. Quiconque veut être libre ne doit pas vouloir être conquérant. Les Romains le furent par nécessité, et, pour ainsi dire, malgré eux-mêmes. La guerre était un remède nécessaire au vice de leur constitution. Toujours attaqués et toujours vainqueurs, ils étaient le seul peuple discipliné parmi des barbares, et devinrent les maîtres du monde en se défendant toujours. Votre position est si différente, que vous ne sauriez même vous défendre contre qui vous attaquera. Vous n’aurez jamais la force offensive ; de longtemps vous n’aurez la défensive ; mais vous aurez bientôt, ou pour mieux dire vous avez déjà la force conservatrice, qui, même subjugués, vous garantira de la destruction, et conservera votre gouvernement et votre liberté dans son seul et vrai sanctuaire, qui est le cœur des Polonais.
Les troupes réglées, peste et dépopulation de l’Europe, ne sont bonnes qu’à deux fins ; ou pour attaquer et conquérir les voisins, ou pour enchaîner et asservir les citoyens. Ces deux fins vous sont également étrangères : renoncez donc au moyen par lequel on y parvient. L’état ne doit pas rester sans défenseurs, je le sais ; mais ses vrais défenseurs sont ses membres. Tout citoyen doit être soldat par devoir, nul ne doit l’être par métier. Tel fut le système militaire des Romains ; tel est aujourd’hui celui des Suisses ; tel doit être celui de tout état libre, et surtout de la Pologne. Hors d’état de solder une armée suffisante pour la défendre, il faut qu’elle trouve au besoin cette armée dans ses habitants. Une bonne milice, une véritable milice bien exercée, est seule capable de remplir cet objet. Cette milice coûtera peu de chose à la république, sera toujours prête à la servir, et la servira bien, parce qu’enfin l’on défend toujours mieux son propre bien que celui d’autrui.
Monsieur le comte Wielhorski propose de lever un régiment par palatinat, et de l’entretenir toujours sur pied. Ceci suppose qu’on licencierait l’armée de la couronne, ou du moins l’infanterie ; car je crois que l’entretien de ces trente-trois régiments surchargerait trop la république si elle avait outre cela l’armée de la couronne à payer. Ce changement aurait son utilité, et me paraît facile à faire, mais il peut devenir onéreux encore, et l’on préviendra difficilement les abus. Je ne serais pas d’avis d’éparpiller les soldats pour maintenir l’ordre dans les bourgs et villages ; cela serait pour eux une mauvaise discipline. Les soldats, surtout ceux qui sont tels par métier, ne doivent jamais être livrés seuls à leur propre conduite, et bien moins chargés de quelque inspection sur les citoyens. Ils doivent toujours marcher et séjourner en corps : toujours subordonnés et surveillés, ils ne doivent être que des instruments aveugles dans les mains de leurs officiers. De quelque petite inspection qu’on les chargeât, il en résulterait des violences, des vexations, des abus sans nombre ; les soldats et les habitants deviendraient ennemis les uns des autres : c’est un malheur attaché partout aux troupes réglées : ces régiments toujours subsistants en prendraient l’esprit, et jamais cet esprit n’est favorable à la liberté. La république romaine fut détruite par ses légions quand l’éloignement de ses conquêtes la força d’en avoir toujours sur pied. Encore une fois, les Polonais ne doivent point jeter les yeux autour d’eux pour imiter ce qui s’y fait, même de bien. Ce bien, relatif à des constitutions toutes différentes, serait un mal dans la leur. Ils doivent rechercher uniquement ce qui leur est convenable, et non pas ce que d’autres font.
However, since it is unjust and unreasonable to impose taxes on those who possess nothing, real taxes are always preferable to personal levies—provided that we avoid those whose collection is difficult and costly, and especially those that are circumvented through smuggling. Such practices turn non-valuable goods into sources of fraud and plunder, corrupting the loyalty of citizens. Taxes must be so proportionately allocated that the hassle of evasion far outweighs any potential gain. Thus, there should never be taxes on items that can easily be concealed, such as lace and jewelry; it is better to prohibit their possession than to attempt to tax them. In France, the temptation to smuggle is deliberately encouraged, which leads me to believe that the authorities profit from the existence of smugglers. This system is abhorrent and utterly unreasonable. Experience has shown that stamped paper taxes are particularly burdensome for the poor, obstruct trade, lead to numerous fraudulent practices, and cause widespread public outrage wherever they are implemented—I would not recommend such a system at all. The tax on livestock seems much more reasonable, provided that smuggling can be prevented; after all, any form of fraud inevitably brings harm. However, it may still be costly for taxpayers, since it must be paid in cash, and the revenue from such taxes is highly susceptible to being misappropriated.
In my opinion, the best and most natural form of taxation, one that is not susceptible to fraud, would be a proportional tax on land—on all land without exception—just as proposed by Marshal Vauban and Abbé de Saint-Pierre. After all, it is the produce of the land that should bear the burden of taxation. All royal lands, ecclesiastical lands, and private farmlands should pay equally, that is, in proportion to their size and yield, regardless of who owns them. Implementing such a tax might seem to require a lengthy and costly preliminary step: the establishment of a comprehensive land registry. However, this expense could be avoided—or even turned into an advantage—by taxing not the land itself but its produce, which would be even more equitable. In other words, a tithe could be established at a rate deemed appropriate and collected in kind from the harvest, just like the ecclesiastical tithe. To further streamline the process and eliminate the inconvenience of handling taxes and storing goods, these tithes could be auctioned off, just as priests do today. In this way, individuals would only be required to pay the tithe on their actual harvest, and they could choose to do so only if they deemed it more convenient at a rate set by the government. These collectively managed lands could also become an object of commerce, with the products sold both domestically and abroad through ports like Dantzick or Riga. Moreover, such a system would eliminate all the costs associated with tax collection and administration—those armies of officials and intermediaries who are so detestable to the people and so troublesome for the public. And most importantly of all, the republic would generate revenue without forcing its citizens to pay it directly out of their own pockets. For I cannot stress enough how oppressive taxes on land and other forms of taxation become when they force farmers to sell what they produce in order to meet their obligations.
Chapter 12. – Military System.
Of all the expenditures of the republic, the maintenance of the royal army is by far the most substantial, and certainly the services rendered by this army are not proportional to its cost. One might immediately argue that troops are necessary in order to protect the state. I would agree if such troops could indeed ensure the protection of the state; but I see no evidence that this army has ever managed to prevent any invasions, and I fear that it will be no more capable of doing so in the future.
Poland is surrounded by warlike powers that constantly maintain large numbers of perfectly disciplined troops. With the greatest efforts, Poland would never be able to oppose them with comparable forces without exhausting itself in a very short time, especially in the deplorable state into which those powers will leave it. In fact, they would not even allow her to try; and if, with the resources of an extremely efficient administration, she were to manage to equip her army in a satisfactory manner, her neighbors, who would be vigilant in preventing this from happening, would quickly crush her efforts before she could succeed. No, if Poland merely seeks to imitate them, she will never be able to resist them.
The Polish nation is different in nature, government, customs, and language—not only from those nations surrounding it but also from the rest of Europe. I would like it to differ even more in its military organization, tactics, and discipline; I want it to always remain itself and never become something else. Only then can it achieve everything it is capable of and draw forth all its potential resources. The most unyielding law of nature is the law of the stronger; no legislation or constitution can exempt anyone from this rule. To seek ways to protect yourself against invasions by a neighboring nation that is stronger than you is merely chasing a chimera. It would be an even greater illusion to attempt to expand your territory and gain offensive capabilities; such an approach is utterly incompatible with the nature of your form of government. Anyone who desires freedom must not aspire to be conquering. The Romans were forced to become conquerors, so to speak, against their will—war was a necessary remedy for the flaws in their political system. Always under attack yet always victorious, they were the only civilized nation among barbarians and thus became the masters of the world through constant defense. Your situation, however, is entirely different; you would not even be able to defend yourselves against those who attacked you. You will never possess offensive strength; for a long time, you will only have defensive capabilities. But soon—or rather, you already do—you will possess the power to preserve what you have. Even if subjugated, this power will ensure your survival and protect your government and freedom in their true sanctuary: the hearts of the Polish people.
The regular armies, the scourge of plague and depopulation in Europe, are useful for only two purposes: either to attack and conquer neighboring nations or to enslave and subjugate one’s own citizens. These two objectives are also foreign to you; therefore, abandon the means by which they are achieved. I know that the state cannot be left without defenders; but its true defenders are its citizens themselves. Every citizen should serve as a soldier out of duty, not as a profession. Such was the military system of the Romans; such is it today in Switzerland; and such it must be in any free state, especially in Poland. When a state is unable to maintain an adequate army for its defense, it must find such an army among its own people when needed. A well-organized militia, truly trained and effective, is the only force capable of fulfilling this purpose. Such a militia would cost the republic very little, would always be ready to serve it, and would serve it well—for after all, one defends one’s own interests far more diligently than those of others.
Count Wielhorski proposes to raise one regiment for each palatinate and to keep it constantly on standby. This would imply disbanding the royal army, or at least its infantry; for I believe that maintaining these thirty-three regiments would place an undue burden on the republic if it also had to support the royal army. Such a change could be useful and seems feasible, but it might also prove costly, and it would be difficult to prevent abuses. I would not recommend dispersing soldiers in order to maintain order in towns and villages; that would lead to poor discipline among them. Soldiers, especially those who are trained for this purpose, should never be left to act on their own initiative, let alone be tasked with overseeing citizens. They must always march and camp together, remain subordinate and under surveillance, and serve merely as blind instruments in the hands of their officers. Any attempt to assign them minor supervisory duties would inevitably result in violence, harassment, and countless abuses; soldiers and civilians would become enemies of each other—a fate that invariably accompanies regular armies. The Roman Republic was destroyed by its own legions when the distance between its territories forced it to keep them constantly on standby. Once again, the Poles should not look around for examples to follow, even if they seem good. What may be beneficial in other systems with different constitutions would be harmful for theirs. They must seek only what is suitable for their own circumstances, and not what others do.
Ma poiché è ingiusto e irragionevole imporre tributi a coloro che non possiedono nulla, le tasse effettive sono sempre preferibili a quelle personali; bisogna tuttavia evitare quelle la cui riscossione risulta difficile e costosa, soprattutto quelle che vengono eluse attraverso il contrabbando, pratica che trasforma ciò che non ha valore in oggetti di frode, riempiendo lo stato di truffatori e banditi e corrompendo la fedeltà dei cittadini. Le tasse devono essere calcolate in modo tale che gli inconvenienti derivanti dalla frode superino di gran lunga i benefici che esse portano. Pertanto, non dovrebbero mai essere applicate a beni facilmente nascosti, come la dentellatura e i gioielli: è meglio impedire loro di essere indossati piuttosto che cercare di farli entrare nel paese illegalmente. In Francia si incoraggia volutamente la tentazione del contrabbando, il che mi fa credere che lo Stato trae profitto dall’esistenza dei contrabbandieri. Questo sistema è orribile e contrario a ogni buon senso. L’esperienza dimostra che le tasse sui documenti timbrati rappresentano un onere particolarmente gravoso per i poveri, ostacolano il commercio, aumentano enormemente le pratiche fraudolente e suscitano molte lamentele tra la popolazione: non consiglierei mai di adottarlo. La tassa sugli animali mi sembra molto più equa, a condizione che si eviti il contrabbando; infatti, qualsiasi forma di frode rappresenta sempre una fonte di danni. Tuttavia, questa tassa può rivelarsi onerosa per i contribuenti, poiché deve essere pagata in denaro, e i proventi derivanti da questo tipo di tributi sono troppo soggetti a essere deviati dal loro scopo originale.
Secondo me, l’imposta migliore, quella più naturale e che non è soggetta a frodi, è una tassa proporzionale sui terreni, e su tutti i terreni senza eccezione, come hanno proposto il maresciallo de Vauban e l’abate di Saint-Pierre; infatti, è ciò che produce che deve pagare. Tutti i beni reali, terrieri, ecclesiastici e agricoli dovrebbero pagare allo stesso modo, cioè in proporzione alla loro estensione e al loro reddito, indipendentemente dal proprietario. Questa imposta potrebbe richiedere un’operazione preliminare lunga e costosa, ovvero la realizzazione di un censimento generale dei terreni. Tuttavia, questa spesa può essere evitata, anzi addirittura risparmiata, applicando l’imposta non direttamente sul terreno, ma sul suo reddito, il che sarebbe ancora più equo. Si potrebbe stabilire, cioè, una decima riscossa in natura sulla produzione agricola, analogamente alla decima ecclesiastica; inoltre, per evitare complicazioni e problemi legati alla gestione delle entrate fiscali, si potrebbero vendere queste tasse all’asta, come fanno i parroci, in modo che i privati dovessero pagare soltanto sulla loro produzione e solo se lo desideravano, secondo un tasso stabilito dal governo. Queste entrate fiscali potrebbero anche diventare oggetto di commercio, attraverso la vendita dei prodotti agricoli che venissero prodotti; inoltre, questi prodotti potrebbero essere esportati all’estero tramite Dantzig o Riga. Si eviterebbero così tutti i costi legati alla riscossione delle tasse e alla loro amministrazione, nonché l’intera burocrazia di funzionari e impiegati così odiosa per il popolo e così scomoda per la società; inoltre, il più importante è che la repubblica avrebbe denaro senza che i cittadini fossero costretti a contribuire con i propri mezzi finanziari. Non posso ripetere abbastanza quanto sia causa di disagio e di svantaggio per l’agricoltore la natura pecuniaria delle tasse, soprattutto perché egli è costretto prima a vendere ciò che produce per poterle pagare.
Capitolo 12. – Sistema militare.
Di tutte le spese della repubblica, il mantenimento dell’esercito della corona è senz’altro il più ingente; inoltre, i servizi che questo esercito rende certamente non sono proporzionati ai costi che comporta. Si potrebbe obiettare che siano necessarie truppe per difendere lo stato. Concorderei se queste truppe effettivamente lo proteggessero; tuttavia, non vedo alcun esempio in cui questo esercito abbia mai garantito la sicurezza dello stato dalle invasioni, e temo che nemmeno in futuro possa farlo.
La Polonia è circondata da potenze bellicose che mantengono costantemente in piedi numerose truppe perfettamente disciplinate; con i maggiori sforzi, essa non riuscirebbe mai a opporre loro forze paragonabili senza esaurirsi in molto poco tempo, soprattutto nello stato disastroso in cui quelle potenze la lasceranno. Inoltre, non le verrebbero nemmeno concessi i mezzi per farlo; e se, con le risorse di un’amministrazione energica, volesse portare il proprio esercito a uno stato degno di considerazione, i suoi vicini, attenti a impedirglielo, la schiaccerebbero rapidamente prima che potesse realizzare il suo progetto. No: se si limita ad imitarli, non riuscirà mai a resistere loro.
La nazione polacca è diversa per natura, governo, costumi e lingua non solo da quelle che la circondano, ma anche dal resto dell’Europa. Vorrei che differisse ancora di più nella sua organizzazione militare, nella sua tattica, nella sua disciplina: che fosse sempre se stessa, e non un’altra. Solo allora potrà essere tutto ciò che può essere e trarre da sé tutte le risorse di cui dispone. La legge più inviolabile della natura è quella del più forte; nessuna legislazione, nessuna costituzione può esonerare da questa legge. Cercare modi per proteggersi dalle invasioni di un vicino più potente significa cercare una chimera. Sarebbe ancora più assurdo tentare di compiere conquiste e acquisire una forza offensiva: ciò è incompatibile con la natura del vostro governo. Chi desidera essere libero non deve voler essere conquistatore. I Romani lo furono per necessità, e, per così dire, contro la loro volontà; la guerra era un rimedio indispensabile ai difetti della loro costituzione. Attaccati sempre e vincitori sempre, furono l’unico popolo disciplinato tra i barbari, e divennero i padroni del mondo difendendosi costantemente. La vostra situazione è così diversa che non sareste nemmeno in grado di difendervi da chi vi attaccherebbe; non avrete mai la forza offensiva, e per molto tempo ne mancherà anche quella difensiva. Ma presto, o meglio detto già ora, disporrete della forza conservativa: essa, anche se sottomessi, vi garantirà la salvezza e preserverà il vostro governo e la vostra libertà nel loro unico e vero rifugio: il cuore dei Polacchi.
Le truppe regolari, flagello e causa di depopolazione in Europa, sono utili soltanto a due scopi: o per attaccare e conquistare i vicini, o per incatenare e sottomettere i propri cittadini. Questi due scopi vi sono ugualmente estranei; quindi rinunciate al mezzo con cui si raggiungono. Lo Stato non può rimanere senza difensori, lo so; ma i suoi veri difensori sono i suoi cittadini stessi. Ogni cittadino deve essere soldato per dovere, e nessuno dovrebbe esserlo per mestiere. Tale era il sistema militare dei Romani; tale è oggi quello degli Svizzeri; tale deve essere quello di ogni Stato libero, soprattutto della Polonia. Se uno Stato non è in grado di mantenere un esercito sufficiente per la propria difesa, deve trovare questa forza necessaria tra i propri cittadini. Una buona milizia, una vera milizia ben addestrata, è l’unica in grado di raggiungere questo scopo. Questa milizia costerà poco alla repubblica, sarà sempre pronta a servirla e la servirà bene, perché difendere il proprio bene è sempre più efficace che difendere quello altrui.
Il conte Wielhorski propone di creare un reggimento per ogni palatinato e di mantenerlo sempre in stato di allerta. Ciò presupporrebbe il congedo dell’esercito della corona, o almeno dell’infanteria; infatti ritengo che il mantenimento di questi trentatré reggimenti rappresenterebbe un onere troppo pesante per la repubblica, soprattutto se dovesse anche finanziare l’esercito della corona. Questo cambiamento potrebbe rivelarsi utile e mi sembra realizzabile facilmente, ma potrebbe anche diventare oneroso, e gli abusi sarebbero difficili da prevenire. Non sarei favorevole alla dispersione dei soldati al fine di mantenere l’ordine nelle città e nei villaggi: ciò significherebbe per loro una cattiva disciplina. I soldati, soprattutto quelli che hanno questo mestiere per professione, non devono mai essere lasciati a se stessi, né incaricati di controllare i cittadini. Devono sempre muoversi e stare insieme in formazione; devono essere sempre sottoposti a ordini e sorveglianza, e dovrebbero rappresentare soltanto strumenti ciechi nelle mani dei loro ufficiali. Qualsiasi piccola responsabilità di controllo venisse loro affidata, ne deriverebbero violenze, umiliazioni e abusi senza fine; i soldati e gli abitanti diventerebbero nemici l’uno dell’altro: questo è un male inevitabile nelle truppe regolari. La repubblica romana fu distrutta dalle sue legioni quando la distanza dalle sue conquiste la costrinse ad averle sempre pronte all’uso. Ancora una volta, i polacchi non dovrebbero guardare intorno a loro per imitare ciò che avviene altrove, nemmeno se si tratta di cose positive. Queste cose, adatte a costituzioni completamente diverse dalla loro, diventerebbero dannose nella loro situazione attuale. Dovrebbero cercare soltanto ciò che è appropriato per loro, e non ciò che fanno gli altri.
Pourquoi donc, au lieu des troupes réglées, cent fois plus onéreuses qu’utiles à tout peuple qui n’a pas l’esprit de conquêtes, n’établirait-on pas en Pologne une véritable milice exactement comme elle est établie en Suisse, où tout habitant est soldat, mais seulement quand il faut l’être ? La servitude établie en Pologne ne permet pas, je l’avoue, qu’on arme sitôt les paysans : les armes dans des mains serviles seront toujours plus dangereuses qu’utiles à l’état ; mais, en attendant que l’heureux moment de les affranchir soit venu, la Pologne fourmille de villes, et leurs habitants enrégimentés pourraient fournir au besoin des troupes nombreuses dont, hors le temps de ce même besoin, l’entretien ne coûterait rien à l’état. La plupart de ces habitants, n’ayant point de terres, paieraient ainsi leur contingent en service, et ce service pourrait aisément être distribué de manière à ne leur être point onéreux, quoiqu’ils fussent suffisamment exercés.
En Suisse, tout particulier qui se marie est obligé d’être fourni d’un uniforme, qui devient son habit de fête, d’un fusil de calibre, et de tout l’équipage d’un fantassin ; et il est inscrit dans la compagnie de son quartier. Durant l’été, les dimanches et les jours de fêtes, on exerce ces milices selon l’ordre de leurs rôles, d’abord par petites escouades, ensuite par compagnies, puis par régiments, jusqu’à ce que, leur tour étant venu, ils se rassemblent en campagne, et forment successivement de petits camps, dans lesquels on les exerce à toutes les manœuvres qui conviennent à l’infanterie. Tant qu’ils ne sortent pas du lieu de leur demeure, peu ou point détournés de leurs travaux, ils n’ont aucune paie ; mais sitôt qu’ils marchent en campagne, ils ont le pain de munition et sont à la solde de l’état ; et il n’est permis à personne d’envoyer un autre homme à sa place, afin que chacun soit exercé lui-même et que tous fassent le service. Dans un état tel que la Pologne, on peut tirer de ses vastes provinces de quoi remplacer aisément l’armée de la couronne par un nombre suffisant de milice toujours sur pied, mais qui, changeant au moins tous les ans, et prise par petits détachements sur tous les corps, serait peu onéreuse aux particuliers, dont le tour viendrait à peine de douze à quinze ans une fois. De cette manière, toute la nation serait exercée ; on aurait une belle et nombreuse armée toujours prête au besoin, et qui coûterait beaucoup moins, surtout en temps de paix, que ne coûte aujourd’hui l’armée de la couronne.
Mais, pour bien réussir dans cette opération, il faudrait commencer par changer sur ce point l’opinion publique sur un état qui change en effet du tout au tout, et faire qu’on ne regardât plus en Pologne un soldat comme un bandit qui, pour vivre, se vend à cinq sous par jour, mais comme un citoyen qui sert la patrie et qui est à son devoir. Il faut remettre cet état dans le même honneur où il était jadis, et où il est encore en Suisse et à Genève, où les meilleurs bourgeois sont aussi fiers à leur corps et sous les armes, qu’à l’hôtel-de-ville et au conseil souverain. Pour cela, il importe que dans le choix des officiers on n’ait aucun égard au rang, au crédit et à la fortune, mais uniquement à l’expérience et aux talents. Rien n’est plus aisé que de jeter sur le bon maniement des armes un point d’honneur qui fait que chacun s’exerce avec zèle pour le service de la patrie aux yeux de sa famille et des siens ; zèle qui ne peut s’allumer de même chez de la canaille enrôlée au hasard, et qui ne sent que la peine de s’exercer. J’ai vu le temps qu’à Genève les bourgeois manœuvraient beaucoup mieux que des troupes réglées ; mais les magistrats, trouvant que cela jetait dans la bourgeoisie un esprit militaire qui n’allait pas à leurs vues, ont pris peine à étouffer cette émulation, et n’ont que trop bien réussi.
Dans l’exécution de ce projet on pourrait, sans aucun danger, rendre au roi l’autorité militaire naturellement attachée à sa place, car il n’est pas concevable que la nation puisse être employée à s’opprimer elle-même, du moins quand tous ceux qui la composent auront part à la liberté. Ce n’est jamais qu’avec des troupes réglées et toujours subsistantes que la puissance exécutive peut asservir l’état. Les grandes armées romaines furent sans abus tant qu’elles changèrent à chaque consul ; et, jusqu’à Marius, il ne vint pas même à l’esprit d’aucun d’eux qu’ils en pussent tirer aucun moyen d’asservir la république. Ce ne fut que quand le grand éloignement des conquêtes força les Romains de tenir longtemps sur pied les mêmes armées, de les recruter de gens sans aveu, et d’en perpétuer le commandement à des proconsuls, que ceux-ci commencèrent à sentir leur indépendance et à vouloir s’en servir pour établir leur pouvoir. Les armées de Sylla, de Pompée et de César devinrent de véritables troupes réglées, qui substituèrent l’esprit du gouvernement militaire à celui du républicain ; et cela est si vrai, que les soldats de César se tinrent très offensés quand, dans un mécontentement réciproque, il les traita de citoyens, quirites[687].Dans le plan que j’imagine et que j’achèverai bientôt de tracer, toute la Pologne deviendra guerrière autant pour la défense de sa liberté contre les entreprises du prince que contre celles de ses voisins ; et j’oserai dire que, ce projet une fois bien exécuté, l’on pourrait supprimer la charge de grand-général et la réunir à la couronne, sans qu’il en résultât le moindre danger pour la liberté, à moins que la nation ne se laissât leurrer par des projets de conquêtes, auquel cas je ne répondrais plus de rien. Quiconque veut ôter aux autres leur liberté finit presque toujours par perdre la sienne : cela est vrai même pour les rois, et bien plus vrai surtout pour les peuples.
Pourquoi l’ordre équestre, en qui réside véritablement la république, ne suivrait-il pas lui-même un plan pareil à celui que je propose pour l’infanterie ? Établissez dans tous les palatinats des corps de cavalerie où toute la noblesse soit inscrite, et qui ait ses officiers, son état-major, ses étendards, ses quartiers assignés en cas d’alarmes, ses temps marqués pour s’y rassembler tous les ans ; que cette brave noblesse s’exerce à escadronner, à faire toutes sortes de mouvements, d’évolutions, à mettre de l’ordre et de la précision dans ses manoeuvres, à connaître la subordination militaire. Je ne voudrais point qu’elle imitât servilement la tactique des autres nations. Je voudrais qu’elle s’en fît une qui lui fut propre, qui développât et perfectionnât ses dispositions naturelles et nationales : qu’elle s’exerçât surtout à la vitesse et à la légèreté, à se rompre, s’éparpiller, et se rassembler sans peine et sans confusion ; qu’elle excellât dans ce qu’on appelle la petite guerre, dans toutes les manœuvres qui conviennent à des troupes légères, dans l’art d’inonder un pays comme un torrent, d’atteindre partout, et de n’être jamais atteinte, d’agir toujours de concert quoique séparée, de couper les communications, d’intercepter des convois, de charger des arrière-gardes, d’enlever des gardes avancées, de surprendre des détachements, de harceler de grands corps qui marchent et campent réunis ; qu’elle prît la manière des anciens Parthes comme elle en a la valeur, et qu’elle apprît comme eux à vaincre et détruire les armées les mieux disciplinées sans jamais livrer de bataille et sans leur laisser le moment de respirer : en un mot, ayez de l’infanterie puisqu’il en faut, mais ne comptez que sur votre cavalerie, et n’oubliez rien pour inventer un système qui mette tout le sort de la guerre entre ses mains.
Why, then, instead of regular troops—which are a hundred times more costly than useful for any people who lack the spirit of conquest—why not establish in Poland a true militia, just as it is organized in Switzerland, where every citizen is a soldier, but only when necessary? I admit that the current system in Poland does not allow us to arm the peasants immediately; weapons in the hands of enslaved people would always be more dangerous than useful to the state. But until the fortunate moment comes to liberate them, Poland is full of cities, and their enrolled inhabitants could provide, if needed, large numbers of troops whose maintenance would cost the state nothing outside of times of actual need. Since most of these inhabitants possess no land, they could pay for their military service in this way, and such service could easily be organized so as not to be burdensome to them, even though they would receive adequate training.
In Switzerland, every individual who gets married is required to provide himself with a uniform, which becomes his festive attire, as well as a rifle of a certain caliber and all the equipment necessary for an infantryman; he is also registered in the company of his district. During the summer, on Sundays and holidays, these militiamen are trained according to their assigned roles—first in small squads, then in companies, and finally in regiments. Once it is their turn, they gather in the countryside and form various camps where they practice all the maneuvers suitable for infantry training. As long as they remain within their residential areas and do not deviate much from their daily duties, they receive no pay; but once they go into camp, they are provided with food and are paid by the state. No one is allowed to send another person in their place, so that everyone must train personally and perform their service themselves. In a country like Poland, its vast provinces could easily provide enough militiamen to replace the royal army at any time. Since these militiamen would be rotated at least once every year and drawn from various units, it would cost the individuals very little—only about twelve to fifteen years in total for each person. In this way, the entire population would be trained, and the country would have a large and capable military force always ready for duty, at a much lower cost, especially in times of peace, than what the royal army currently costs.
However, in order to succeed thoroughly in this endeavor, it would first be necessary to change public opinion regarding a state that has indeed undergone a complete transformation. It is essential to stop viewing soldiers in Poland as mere bandits who sell themselves for a few pennies a day in order to survive, but rather as citizens serving their country and fulfilling their duties. This state must be restored to the same honor it once enjoyed—and which it still retains in Switzerland and Geneva, where the finest burghers take equal pride in their military service as they do in their roles in town councils and sovereign assemblies. To achieve this, when selecting officers, rank, reputation, and wealth should be entirely disregarded; only experience and talent should matter. Nothing is easier than instilling a sense of honor in the proper use of arms, so that everyone strives diligently to serve their country in the eyes of their family and friends. Such enthusiasm cannot arise among randomly conscripted ruffians, who see military service solely as a source of hardship. I have seen in Geneva that burghers performed military maneuvers much better than regular troops; yet, fearing that this would cultivate a militaristic spirit among the bourgeoisie that did not suit their interests, the magistrates went to great lengths to suppress such enthusiasm—and they were all too successful in doing so.
In the execution of this plan, it would be entirely safe to restore to the king the military authority that naturally belongs to his position, for it is impossible to conceive that a nation could be used to oppress itself, especially when all its members enjoy freedom. It is only with regular and continuously existing troops that the executive power can subjugate the state. The great Roman armies were harmless so long as they were changed every year at the election of new consuls; and until the time of Marius, not a single one of them even thought of using them to oppress the republic. It was only when the extensive conquests forced the Romans to maintain the same armies for extended periods, to recruit them from unfree people, and to grant permanent command over them to proconsuls, that these officials began to feel their own independence and to use it to establish their power. The armies of Sulla, Pompey, and Caesar became true regular forces, which replaced the spirit of republican governance with that of military rule. This is so true that when Caesar’s soldiers, in mutual dissatisfaction, were addressed as “citizens” by their commander, they took this as a grave insult[687]. In the plan I have conceived and which I will soon complete, the entire nation of Poland will become militarized, both for defending its freedom against the ambitions of its prince and against those of its neighbors. I dare say that once this plan is successfully implemented, the position of supreme commander could be abolished and merged into the royal authority without posing any threat to liberty—unless the nation itself were deceived by ambitious plans for conquest, in which case I could no longer guarantee anything. Anyone who seeks to take away the freedom of others almost always ends up losing his own freedom; this is true even of kings, and all the more so of peoples.
Why should the cavalry, in which the true essence of a republic resides, not follow a similar plan to that which I propose for the infantry? Establish in all the palatinate territories cavalry units to which all the nobility would be enrolled, along with their officers, staffs, banners, designated quarters in case of alarm, and fixed times for annual gatherings. Let this brave nobility practice forming squadrons, conducting various maneuvers and exercises, ensuring order and precision in their movements, and understanding military subordination. I do not wish them to slavishly imitate the tactics of other nations; rather, I want them to develop their own unique tactics that would enhance and perfect their natural and national qualities. In particular, they should train in speed and lightness, in dispersing and regrouping effortlessly and without confusion, and excel in what is known as “small warfare”—in all the maneuvers suitable for light troops. They should master the art of overwhelming an enemy territory like a torrential flood, reaching everywhere while never being reached themselves, acting in coordination despite being separated, cutting off communications, intercepting convoys, attacking rear guards, capturing advanced positions, surprising detachments, and relentlessly harassing large armies that march or camp together. Let them adopt the tactics of the ancient Parthians, for they possess their valor; let them learn from them how to defeat and destroy even the best-disciplined armies without ever engaging in a battle or giving them a chance to breathe—in short, have infantry if you must, but rely solely on your cavalry, and do everything possible to devise a system that places the fate of war entirely in its hands.
Perché, allora, invece di truppe regolari cento volte più costose che utili per qualsiasi popolo che non abbia l’animo delle conquiste, non si stabilirebbe in Polonia una vera milizia, proprio come quella esistente in Svizzera, dove ogni cittadino è soldato soltanto quando necessario? Devo ammettere che la condizione di schiavitù vigente in Polonia non permette di armare immediatamente i contadini: le armi nelle mani degli schiavi sarebbero sempre più pericolose che utili allo Stato; ma, fino a quando non arriverà il momento felice della loro liberazione, la Polonia è piena di città, e i loro abitanti arruolati potrebbero fornire, in caso di necessità, truppe numerose le cui spese, al di fuori di tali momenti, non costerebbero nulla allo Stato. La maggior parte di questi abitanti, non avendo terre, pagherebbe così il proprio contributo in servizio militare, e questo servizio potrebbe essere facilmente organizzato in modo da non risultare oneroso per loro, anche se fossero sufficientemente addestrati.
In Svizzera, ogni individuo che si sposa è obbligato a dotarsi di un’uniforme, che diventa il suo abito da festa, di un fucile di determinato calibro e di tutto l’equipaggiamento tipico di un fantaccino; inoltre viene iscritto nella compagnia del proprio distretto. Durante l’estate, nei domenici e nei giorni festivi, queste milizie si addestrano secondo gli ordini stabiliti: prima in piccole squadre, poi in compagnie, infine in reggimenti. Quando arriva il loro turno, si radunano in campagna e formano piccoli accampamenti dove vengono svolte tutte le manovre appropriate all’infanteria. Finché non lasciano il luogo dove risiedono e non sono distolti dai propri lavori, non ricevono alcuna paga; ma non appena si recano in campagna, ricevono cibo e vengono retribuiti dallo stato. È vietato a chiunque mandare un altro al posto loro, affinché ognuno si addestri personalmente e tutti prestino servizio effettivamente. In uno Stato come la Polonia, le vaste province potrebbero fornire facilmente un numero sufficiente di milizie sempre pronte all’uso; queste, essendo cambiate almeno ogni anno e reclutate in piccoli gruppi da tutti i corpi militari, costerebbero poco agli individui, poiché il loro turno per prestare servizio arriverebbe soltanto una volta ogni dodici o quindici anni. In questo modo, l’intera nazione verrebbe addestrata; si disporrebbe di un esercito numeroso e sempre pronto all’uso, che costerebbe molto meno, soprattutto in tempo di pace, rispetto a quanto costa attualmente l’esercito regolare.
Ma per riuscire pienamente in questa operazione, sarebbe necessario innanzitutto cambiare l’opinione pubblica su uno stato che, in effetti, è completamente diverso da quello di un tempo; bisognerebbe far sì che in Polonia un soldato non fosse più considerato un bandito che si vende per pochi penny al giorno pur di sopravvivere, ma un cittadino che serve la patria e adempie ai propri doveri. È necessario ridare a questo stato lo stesso onore che un tempo aveva, e che ancora oggi esiste in Svizzera e a Ginevra, dove i migliori borghesi sono altrettanto orgogliosi del proprio corpo e delle proprie armi quanto dell’ufficio comunale o del consiglio sovrano. A tal fine, nella scelta degli ufficiali non dovrebbe essere tenuto conto del rango, della reputazione o della ricchezza, ma soltanto dell’esperienza e dei talenti. Non c’è nulla di più facile che infondere nell’uso corretto delle armi un senso d’onore tale da spingere tutti a impegnarsi con zelo al servizio della patria agli occhi della propria famiglia e dei propri concittadini; uno zelo che, invece, difficilmente potrebbe nascere in individui reclutati casualmente e che sentono soltanto il dolore di dover esercitarsi. Ho visto tempi in cui a Ginevra i borghesi manovravano le armi molto meglio delle truppe regolari; ma i magistrati, ritenendo che questo spirito militare potesse danneggiare i loro interessi, si sono adoperati con ogni mezzo per soffocare questa emulazione, e ci sono riusciti più che bene.
Nell’esecuzione di questo progetto si potrebbe, senza alcun pericolo, restituire al re l’autorità militare che naturalmente gli spetta; infatti non è concepibile che la nazione venga utilizzata per opprimersi stessa, soprattutto quando tutti coloro che la compongono godono della libertà. Solo con truppe regolari e sempre disponibili il potere esecutivo può asservire lo stato. Le grandi armate romane furono efficaci finché venivano rinnovate ad ogni elezione dei consoli; e fino a Mario, nessuno di loro pensò mai di utilizzarle per asservire la repubblica. Fu solo quando le vittorie militari resero necessario mantenere per lunghi periodi le stesse truppe, reclutarle tra persone prive di legami familiari e affidarne il comando ai proconsoli, che questi iniziarono a sentire la propria indipendenza e ad usarla per consolidare il proprio potere. Le armate di Silla, Pompeo e Cesare divennero vere e proprie truppe regolari, che sostituirono lo spirito del governo repubblicano con quello del governo militare; ed è così vero che i soldati di Cesare si offesero profondamente quando, in un momento di dissidio reciproco, egli li definì “cittadini”. Nel piano che immagino e che presto completerò, l’intera Polonia diventerà una nazione guerriera, sia per difendere la propria libertà dalle mire del principe che da quelle dei vicini; oserei dire che, se questo progetto verrà attuato con successo, si potrà eliminare la carica di grande generale e unirla alla corona senza che ciò comporti alcun pericolo per la libertà, a meno che la nazione non cada vittima di progetti di conquiste. In tal caso, non potrei più garantire nulla. Chiunque voglia privare gli altri della loro libertà finisce quasi sempre per perdere la propria: questo è vero anche per i re, e ancora di più per i popoli.
Perché l’ordine cavalleresco, in cui risiede veramente il principio della repubblica, non seguirebbe anch’esso uno schema simile a quello che propongo per l’esercito di fanteria? Istituite in tutti i principati corpi di cavalleria nei quali tutta la nobiltà sia iscritta; questi corpi dovrebbero avere i loro ufficiali, il loro stato maggiore, le loro bandiere, i loro quartieri designati in caso di allarme, nonché tempi stabiliti per radunarsi annualmente. Che questa nobile cavalleria si eserciti nell’organizzazione degli squadroni, nel compiere ogni tipo di movimento e manovra, nell’adottare comportamenti ordinati e precisi durante le operazioni militari, e che impari a conoscere i principi della subordinazione militare. Non vorrei affatto che imitasse servilmente la tattica delle altre nazioni; desidero invece che sviluppi una propria tattica, che esalti e perfezioni le sue qualità naturali e nazionali. Che si eserciti soprattutto nella velocità e nella leggerezza dei movimenti, nel rompere le formazioni nemiche, nel disperdersi e poi riunirsi senza difficoltà né confusione; che eccella in quelle azioni militari che sono tipiche delle truppe leggere, nell’arte di invadere un territorio con rapidità, di raggiungere ogni angolo del campo nemico senza mai essere colpite a nostra volta, di agire sempre in modo coordinato anche quando siamo divisi, di interrompere le comunicazioni nemiche, di intercettare i convogli, di attaccare le retrovie e le avanguardie, di sorprendere i distaccamenti nemici, di tormentare grandi forze militari che marciano o accampano insieme. Che adotti lo stile dei antichi Parti, poiché ne possiede il valore, e che impari da loro a sconfiggere e distruggere le armate meglio organizzate, senza mai combattere apertamente e senza lasciare al nemico alcuna possibilità di riprendersi. In breve: abbiate pure la fanteria, se necessaria, ma contate soprattutto sulla vostra cavalleria; fate di tutto per inventare un sistema che metta il destino stesso della guerra nelle sue mani.
C’est un mauvais conseil pour un peuple libre que celui d’avoir des places fortes ; elles ne conviennent point au génie polonais, et partout elles deviennent tôt ou tard des nids à tyrans[688]. Les places que vous croirez fortifier contre les Russes, vous les fortifierez infailliblement pour eux ; elles deviendront pour vous des entraves dont vous ne vous délivrerez plus. Négligez même les avantages de postes, et ne vous ruinez pas en artillerie : ce n’est pas tout cela qu’il vous faut. Une invasion brusque est un grand malheur, sans doute ; mais des chaînes permanentes en sont un beaucoup plus grand. Vous ne ferez jamais en sorte qu’il soit difficile à vos voisins d’entrer chez vous ; mais vous pouvez faire en sorte qu’il leur soit difficile d’en sortir impunément, et c’est à quoi vous devez mettre tous vos soins. Antoine et Crassus entrèrent aisément, mais pour leur malheur, chez les Parthes. Un pays aussi vaste que le vôtre offre toujours à ses habitants des refuges et de grandes ressources pour échapper à ses agresseurs. Tout l’art humain ne saurait empêcher l’action brusque du fort contre le faible ; mais il peut se ménager des ressorts pour la réaction ; et quand l’expérience apprendra que la sortie de chez vous est si difficile, on deviendra moins pressé d’y entrer. Laissez donc votre pays tout ouvert comme Sparte, mais bâtissez-vous comme elle de bonnes citadelles dans les cœurs des citoyens ; et comme Thémistocle emmenait Athènes sur sa flotte, emportez au besoin vos villes sur vos chevaux. L’esprit d’imitation produit peu de bonnes choses et ne produit jamais rien de grand. Chaque pays a des avantages qui lui sont propres, et que l’institution doit étendre et favoriser. Ménagez, cultivez ceux de la Pologne, elle aura peu d’autres nations à envier.
Une seule chose suffit pour la rendre impossible à subjuguer ; l’amour de la patrie et de la liberté animé par les vertus qui en sont inséparables. Vous venez d’en donner un exemple mémorable à jamais. Tant que cet amour brûlera dans les cœurs, il ne vous garantira pas peut-être d’un joug passager ; mais tôt ou tard il fera son explosion, secouera le joug et vous rendra libres. Travaillez donc sans relâche, sans cesse, à porter le patriotisme au plus haut degré dans tous les cœurs polonais. J’ai ci-devant indiqué quelques-uns des moyens propres à cet effet : il me reste à développer ici celui que je crois être le plus fort, le plus puissant, et même infaillible dans son succès, s’il est bien exécuté : c’est de faire en sorte que tous les citoyens se sentent incessamment sous les yeux du public ; que nul n’avance et ne parvienne que par la faveur publique ; qu’aucun poste, aucun emploi ne soit rempli que par le vœu de la nation ; et qu’enfin depuis le dernier noble, depuis même le dernier manant, jusqu’au roi, s’il est possible, tous dépendent tellement de l’estime publique, qu’on ne puisse rien faire, rien acquérir, parvenir à rien sans elle. De l’effervescence excitée par cette commune émulation naîtra cette ivresse patriotique qui seule sait élever les hommes au-dessus d’eux-mêmes, et sans laquelle la liberté n’est qu’un vain nom et la législation qu’une chimère.
Dans l’ordre équestre, ce système est facile à établir, si l’on a soin d’y suivre partout une marche graduelle, et de n’admettre personne aux honneurs et dignités de l’état qu’il n’ait préalablement passé par les grades inférieurs, lesquels serviront d’entrée et d’épreuve pour arriver à une plus grande élévation. Puisque l’égalité parmi la noblesse est une loi fondamentale de la Pologne, la carrière des affaires publiques y doit toujours commencer par les emplois subalternes ; c’est l’esprit de la constitution. Ils doivent être ouverts à tout citoyen que son zèle porte à s’y présenter, et qui croit se sentir en état de les remplir avec succès : mais ils doivent être le premier pas indispensable à quiconque, grand ou petit, veut avancer dans cette carrière. Chacun est libre de ne s’y pas présenter ; mais sitôt que quelqu’un y entre, il faut, à moins d’une retraite volontaire, qu’il avance, ou qu’il soit rebuté avec improbation. Il faut que, dans toute sa conduite, vu et jugé par ses concitoyens, il sache que tous ses pas sont suivis, que toutes ses actions sont pesées, et qu’on tient du bien et du mal un compte fidèle dont l’influence s’étendra sur tout le reste de sa vie.
Chapitre 13. – Projet pour assujettir à une marche graduelle tous les membres du gouvernement.
Voici, pour graduer cette marche, un projet que j’ai tâché d’adapter aussi bien qu’il était possible à la forme du gouvernement établi, réformé seulement quant à la nomination des sénateurs, de la manière et par les raisons ci-devant déduites.
Tous les membres actifs de la république, j’entends ceux qui auront part à l’administration, seront partagés en trois classes, marquées par autant de signes distinctifs que ceux qui composeront ces classes porteront sur leurs personnes. Les ordres de chevalerie, qui jadis étaient des preuves de vertu ? ne sont maintenant que des signes de la faveur des rois. Les rubans et bijoux qui en sont la marque ont un air de colifichet et de parure féminine qu’il faut éviter dans notre institution. Je voudrais que les marques des trois ordres que je propose fussent des plaques de divers métaux, dont le prix matériel serait en raison inverse du grade de ceux qui les porteraient.
Le premier pas dans les affaires publiques sera précédé d’une épreuve pour la jeunesse dans les places d’avocats, d’assesseurs, de juges même dans les tribunaux subalternes, de régisseurs de quelque portion des deniers publics, et en général dans tous les postes inférieurs qui donnent à ceux qui les remplissent occasion de montrer leur mérite, leur capacité, leur exactitude, et surtout leur intégrité. Cet état d’épreuve doit durer au moins trois ans, au bout desquels, munis des certificats de leurs supérieurs et du témoignage de la voix publique, ils se présenteront à la diétine de leur province, où, après lui examen sévère de leur conduite, on honorera ceux qui en seront jugés dignes d’une plaque d’or portant leur nom, celui de leur province, la date de leur réception, et au-dessous cette inscription en plus gros caractères : Spes patriae. Ceux qui auront reçu cette plaque la porteront toujours attachée à leur bras droit ou sur leur cœur ; ils prendront le titre de servants d’état ; et jamais dans l’ordre équestre il n’y aura que des servants d’état qui puissent être élus nonces à la diète, députés au tribunal, commissaires à la chambre des comptes, ni chargés d’aucune fonction publique qui appartienne à la souveraineté.
Pour arriver au second grade il sera nécessaire d’avoir été trois fois nonce à la diète, et d’avoir obtenu chaque fois aux diétines de relation l’approbation de ses constituants ; et nul ne pourra être élu nonce une seconde ou troisième fois s’il n’est muni de cet acte pour sa précédente nonciature. Le service au tribunal ou à Radom en qualité de commissaire ou de député équivaudra à une nonciature[689] ; et il suffira d’avoir siégé trois fois dans ces assemblées indifféremment, mais toujours avec approbation, pour arriver de droit au second grade. En sorte que, sur les trois certificats présentés à la diète, le servant d’état qui les aura obtenus sera honoré de la seconde plaque et du titre dont elle est la marque.
Cette plaque sera d’argent, de même forme et grandeur que la précédente ; elle portera les mêmes inscriptions, excepté qu’au lieu des deux mots Spes patriae, on y gravera ces deux-ci, Civis electus. Ceux qui porteront ces plaques seront appelés citoyens de choix, ou simplement élus, et ne pourront plus être simples nonces, députés au tribunal, ni commissaires à la chambre ; mais ils seront autant de candidats pour les places de sénateurs. Nul ne pourra entrer au sénat qu’il n’ait passé par ce second grade, qu’il n’en ait porté la marque ; et tous les sénateurs députés, qui, selon le projet, en seront immédiatement tirés, continueront de la porter jusqu’à ce qu’ils parviennent au troisième grade.
C’est parmi ceux qui auront atteint le second que je voudrais choisir les principaux des collèges et inspecteurs de l’éducation des enfants. Ils pourraient être obligés de remplir un certain temps cet emploi avant que d’être admis au sénat, et seraient tenus de présenter à la diète l’approbation du collège des administrateurs de l’éducation : sans oublier que cette approbation, comme toutes les autres, doit toujours être visée par la voix publique, qu’on a mille moyens de consulter.
It is poor advice for a free people to establish strong fortresses; they are not suited to the Polish character, and in every case, they sooner or later become nests of tyrants[688]. Those fortresses that you think will protect you against the Russians will inevitably be used by them against you; they will turn into shackles from which you can never free yourself. Even neglect the advantages of strategic positions and do not waste your resources on artillery: these are not what you need most. A sudden invasion is certainly a great misfortune, but constant encirclement is an even greater one. You can never make it difficult for your neighbors to enter your country; but you can certainly make it hard for them to leave it unscathed, and this is what you must focus all your efforts on. Antoine and Crassus entered the land of the Parthians easily—yet to their great misfortune. A country as vast as yours always offers its inhabitants refuge and abundant resources to escape their attackers. All human ingenuity cannot prevent the strong from attacking the weak suddenly; but it can prepare means for resistance. And when experience shows that leaving your country is so difficult, people will be less eager to invade it. Therefore, leave your country as open as Sparta was, but build strong citadels within its citizens’ hearts; and just as Themistocles led Athens with its fleet, carry your cities with you on horseback when necessary. The spirit of imitation seldom produces good things—and never anything great. Every country possesses unique advantages that institutions should seek to expand and nurture. Preserve and cultivate those of Poland, and it will have little need to envy other nations.
Only one thing is sufficient to make it impossible to subjugate such a people: the love for the fatherland and freedom, inspired by those virtues that are inseparable from them. You have just provided an example that will be remembered forever. As long as this love burns in people’s hearts, it may not guarantee them temporary freedom; but sooner or later, it will burst forth, shake off the yoke, and set them free. Therefore, work tirelessly and ceaselessly to raise patriotism to its highest level in every Polish heart. I have already mentioned some of the means that can achieve this goal; now I would like to elaborate on what I believe to be the most effective, the most powerful—and indeed the most certain to succeed, if properly implemented: it is to ensure that every citizen feels constantly under the watchful eye of the public; that no one advances or succeeds except with the favor of the people; that no position or office is filled unless it reflects the will of the nation; and finally, that from the last nobleman down to the humblest peasant, and even the king himself, if possible, everyone depend so utterly on public esteem that nothing can be done, acquired, or achieved without it. The fervor aroused by this shared emulation will give rise to that patriotic enthusiasm which alone is capable of raising men above themselves; without it, freedom would be but a vain word, and legislation but a mere illusion.
In the order of chivalry, this system is easy to establish, provided that one always proceeds in a gradual manner and does not grant any person the honors and dignities of that order unless they have first gone through the lower ranks, which serve as an entry point and a test for achieving greater elevation. Since equality among the nobility is a fundamental principle of Poland, one’s career in public affairs must always begin with subordinate positions; this is the spirit of the constitution. These positions should be open to any citizen who is motivated by zeal to apply for them and who believes they are capable of fulfilling their duties successfully. However, they represent the indispensable first step for anyone, regardless of rank, who wishes to advance in such a career. Everyone is free not to apply; but once someone does so, they must either continue onward or face rejection. In all their conduct, as observed and judged by their fellow citizens, they must be aware that every step they take is being watched, that every action they perform is being weighed, and that a fair account of their merits and demerits will have a lasting impact on the rest of their lives.
Chapter 13: A plan to gradually subject all members of the government to a certain process.
Here, in order to implement this measure, I have attempted to adapt a plan as thoroughly as possible to the structure of the existing government, with only modifications made regarding the appointment of senators, in the manner and for the reasons previously explained.
All active members of the republic—those who will participate in governance—shall be divided into three classes, each identified by distinct symbols to be worn on their persons. The orders of chivalry, which once were signs of virtue, are now merely tokens of royal favor. The ribbons and jewels that mark these orders have an air of frivolous ornamentation and feminine attire, which must be avoided in our institution. I propose that the symbols of these three orders consist of plates made of various metals, the material value of which shall decrease inversely with the rank of those who wear them.
The first step into public service shall be preceded by a period of trial for young individuals in positions such as attorneys, assessors, judges—even in lower courts—and as administrators of portions of public funds. In general, this trial period should apply to all junior offices that provide an opportunity for those holding them to demonstrate their merit, competence, accuracy, and above all, integrity. This probationary period must last at least three years; upon its completion, and accompanied by certificates from their superiors as well as the endorsement of public opinion, they will present themselves before the provincial diet. There, after a rigorous evaluation of their conduct, those deemed worthy will be awarded a gold plaque bearing their name, the name of their province, and the date of their appointment. Below this inscription, in larger letters, will be written: “Spes patriae” (The Hope of the Fatherland). Those who receive such a plaque shall always wear it on their right arm or carry it close to their heart. They will be granted the title of “servants of the state,” and within the nobility, only servants of the state will be eligible to serve as envoys to the diet, deputies to the tribunal, commissioners to the chamber of accounts, or to hold any other public office pertaining to sovereign authority.
In order to be promoted to the second rank, it will be necessary to have served three times as nuncio at the Diet and to have received approval from its members on each occasion; moreover, no one shall be elected nuncio for a second or third time unless they possess the official document attesting to their previous service. Serving as commissioner or deputy at the tribunal or in Radom will be equivalent to serving as nuncio[689]; and it will be sufficient to have attended these assemblies three times, regardless of the order, provided that approval was always granted, in order to qualify for promotion to the second rank. Thus, among the three certificates presented at the Diet, the official who has obtained them will be honored with the second rank and the corresponding title.
This plaque will be made of silver, with the same shape and size as the previous one; it will bear the same inscriptions, except that instead of the words “Spes patriae,” these two words will be engraved: “Civis electus.” Those who wear these plaques will be called “citizens of choice” or simply “elected citizens,” and they will no longer be able to serve as mere messengers, tribunal delegates, or chamber commissioners; rather, they will become candidates for the position of senator. No one shall be allowed to enter the senate unless they have gone through this second stage and bear its mark; and all senators-delegates who, according to the plan, are to be directly appointed from this category will continue to wear it until they reach the third stage.
It is among those who have reached the second rank that I wish to select the principal officials for the colleges and inspectors in charge of children’s education. They might be required to hold this position for a certain period of time before being admitted to the senate, and they would be obliged to present to the diet the approval of the college of educational administrators. Moreover, it must not be forgotten that this approval, like all others, must always be subject to public scrutiny, since there are countless means available for consultation.
Consigliare a un popolo libero di dotarsi di fortezze è un errore grave: tali strutture non si addicono al carattere del popolo polacco e, ovunque siano erette, finiscono inevitabilmente per diventare rifugi per tiranni[688]. Le fortezze che credete di poter utilizzare per difendervi dai russi, in realtà le renderete ancora più accessibili a loro; diventeranno ostacoli da cui non riuscirete mai a liberarvi. Ignorate pure i vantaggi legati alla posizione geografica del vostro paese e non sprecate risorse nell’armamento: non è questo ciò di cui avete realmente bisogno. Un’invasione improvvisa rappresenta certamente un grande disastro, ma catene permanenti rappresentano un pericolo ancora più grave. Non potrete mai impedire ai vostri vicini di entrare nel vostro paese; tuttavia potete rendere molto difficile per loro uscirne indisturbati, ed è proprio su questo che dovete concentrare tutti i vostri sforzi. Antonio e Crasso entrarono facilmente in Persia, ma a loro discapito. Un paese vasto come il vostro offre sempre ai suoi abitanti rifugi e risorse sufficienti per sfuggire agli aggressori. Nessuna tecnica umana può impedire completamente l’azione improvvisa del forte contro il debole; tuttavia è possibile prepararsi adeguatamente per una reazione efficace. Quando gli avversari si renderanno conto di quanto sia difficile uscire dal vostro paese, saranno meno propensi ad attaccarlo. Lasciate quindi il vostro territorio completamente aperto, come fece Sparta, ma costruite nelle menti dei vostri cittadini delle “fortezze” solide e resistenti; e, come Temistocle portava Atene con la sua flotta, portate le vostre città “in movimento”, se necessario, sui cavalli. Lo spirito di imitazione produce raramente cose buone e mai qualcosa di veramente grande. Ogni paese possiede vantaggi unici che l’organizzazione politica deve sfruttare e promuovere al massimo. Coltivate e valorizzate quelli della Polonia: così avrà poche nazioni da invidiare.
Una sola cosa è sufficiente per rendere impossibile sottometterla: l’amore per la patria e per la libertà, animato dalle virtù che ne sono inseparabili. Avete appena fornito un esempio memorabile di ciò. Finché questo amore brucerà nei cuori delle persone, forse non vi garantirà una liberazione immediata; ma prima o poi scoppierà con violenza, rovescerà il giogo oppressivo e vi renderà liberi. Lavorate quindi senza sosta, instancabilmente, per elevare al massimo grado il patriottismo in tutti i cuori polacchi. Ho già indicato alcuni dei mezzi adatti a questo scopo; ora devo sviluppare quello che ritengo sia il più efficace, il più potente, e persino infallibile nel suo successo, se eseguito correttamente: far sì che tutti i cittadini si sentano costantemente sotto lo sguardo del pubblico; che nessuno possa avanzare o raggiungere nulla senza il favore della gente; che nessuna carica, nessun incarico possa essere ricoperto se non per volontà della nazione; e infine, che da ultimo nobile fino all’ultimo contadino, e persino il re, se possibile, dipendano così totalmente dall’opinione pubblica da non poter fare nulla, ottenere nulla, raggiungere nulla senza di essa. Dall’entusiasmo suscitato da questa comune emulazione nascerà quell’ebbrezza patriottica che è l’unica in grado di elevare gli uomini al di sopra di loro stessi; senza di essa, la libertà non è altro che un nome vuoto e la legislazione una semplice chimera.
Nell’ordine cavalleresco, questo sistema è facile da istituire, purché si presti attenzione a seguirne progressivamente i gradini e a non ammettere nessuno agli onori e alle dignità dello stato se prima non ha attraversato i gradi inferiori, che fungono da ingresso e da prova per raggiungere una posizione più elevata. Poiché l’uguaglianza tra i nobili è una legge fondamentale della Polonia, la carriera nelle pubbliche affari deve sempre iniziare con incarichi subalterni; questo è lo spirito della costituzione. Tali incarichi devono essere aperti a ogni cittadino che ne abbia l’ambizione e ritenga di poterli svolgere con successo; tuttavia, essi rappresentano il primo passo indispensabile per chiunque, grande o piccolo, desideri intraprendere questa carriera. Ognuno è libero di non presentarsi; ma una volta entrato in questo percorso, deve procedere, a meno che non decida volontariamente di ritirarsi, oppure essere respinto con decisione. In ogni sua azione, visto e giudicato dai suoi concittadini, deve essere consapevole che ogni suo passo viene osservato, che ogni sua azione viene valutata attentamente, e che si tiene un conto fedele dei suoi meriti e dei suoi demeriti, il cui influenza si estenderà per tutta la restante parte della sua vita.
Capitolo 13. – Progetto per sottoporre gradualmente tutti i membri del governo a un determinato processo di adattamento.
Ecco, per graduare questa misura, un progetto che ho cercato di adattare il più possibile alla FORMA del governo attualmente in vigore, modificato soltanto riguardo alla nomina dei senatori, secondo i metodi e le motivazioni sopra esposte.
Tutti i membri attivi della repubblica, intendo coloro che avranno parte nell’amministrazione, saranno divisi in tre classi, distinte da segni distintivi che coloro che appartengono a queste classi porteranno sul proprio corpo. I titoli di cavaliere, un tempo prove di virtù, non sono ora che simboli della favore dei re. I nastri e i gioielli che ne sono il segno hanno un aspetto da ornamento frivolo e da accessorio femminile, che bisogna evitare nella nostra istituzione. Vorrei che i segni dei tre ordini che propongo fossero placche di diversi metalli, il cui valore materiale fosse inversamente proporzionale al rango di coloro che le porteranno.
Il primo passo nell’ambito delle affari pubbliche dovrà essere preceduto da un periodo di prova per i giovani: posizioni come quelle di avvocati, assessori, giudici anche nei tribunali minori, o addirittura incarichi legati alla gestione di parte dei fondi pubblici, nonché tutti quegli uffici inferiori che offrano l’opportunità a chi li ricopre di dimostrare il proprio merito, la propria capacità, la propria precisione e, soprattutto, la propria integrità. Questo periodo di prova dovrà durare almeno tre anni; al termine dei quali, muniti dei certificati dei propri superiori e del giudizio dell’opinione pubblica, i giovani si presenteranno davanti alla dieta della loro provincia. Dopo un esame rigoroso sul loro comportamento, coloro che verranno ritenuti degni riceveranno una targa d’oro su cui saranno incisi il loro nome, quello della loro provincia, la data del loro inserimento in carica, e, in caratteri più grandi, la frase “Spes patriae”. Coloro che avranno ricevuto questa targa la porteranno sempre attaccata al braccio destro o sul petto; assumeranno il titolo di “servitori dello Stato” e, nell’ordine equestre, saranno gli unici ad essere eleggibili come nunzi alla dieta, deputati al tribunale, commissari alla camera dei conti, né potranno ricoprire alcuna funzione pubblica che riguardi la sovranità dello Stato.
Per accedere al secondo grado sarà necessario essere stati tre volte nunzi alla dieta e aver ottenuto ogni volta dalle diete di relazione l’approvazione dei loro componenti; inoltre, nessuno potrà essere eletto nunzio una seconda o terza volta se non possiede tale atto relativo alla sua precedente nomina. Il servizio presso il tribunale o a Radom in qualità di commissario o di deputato equivarrà a un incarico di nunzio[689]; sarà sufficiente aver partecipato per tre volte a queste assemblee, indifferentemente, ma sempre con l’approvazione dei presenti, per accedere legalmente al secondo grado. Pertanto, sui tre certificati presentati alla dieta, il funzionario di stato che li avrà ottenuti sarà onorato della seconda placca e del titolo che ne è il segno distintivo.
Questa targa sarà d’argento, della stessa forma e dimensione della precedente; riporterà le stesse iscrizioni, ad eccezione dei due termini “Spes patriae”, che saranno sostituiti da “Civis electus”. Coloro che porteranno queste targhe saranno chiamati cittadini di scelta, o semplicemente eletti, e non potranno più ricoprire le cariche di nunzio, deputato al tribunale o commissario alla camera; saranno invece considerati candidati alle cariche di senatore. Nessuno potrà entrare nel senato se non avrà attraversato questo secondo grado e non ne porterà il segno distintivo; inoltre, tutti i senatori deputati che, secondo il progetto attuale, ne saranno immediatamente nominati continueranno a portarlo fino a quando non raggiungeranno il terzo grado.
Sarei propenso a scegliere tra coloro che avranno raggiunto il secondo grado di carriera i principali membri dei collegi e degli ispettori incaricati dell’educazione dei bambini. Potrebbero essere costretti a ricoprire questa funzione per un certo periodo prima di essere ammessi al senato, e sarebbero tenuti a presentare alla dieta l’approvazione del collegio degli amministratori dell’educazione; senza dimenticare che tale approvazione, come tutte le altre, deve sempre essere soggetta al controllo del pubblico, il quale dispone di mille modi per esprimere il proprio parere.
L’élection des sénateurs députés se fera dans la chambre des nonces à chaque diète ordinaire, en sorte qu’ils ne resteront que deux ans en place ; mais ils pourront être continués ou élus derechef deux autres fois, pourvu que chaque fois, en sortant de place, ils aient préalablement obtenu de la même chambre un acte d’approbation semblable à celui qu’il est nécessaire d’obtenir des diétines pour être élu nonce une seconde et troisième fois : car, sans un acte pareil obtenu à chaque gestion, l’on ne parviendra plus à rien ; et l’on n’aura, pour n’être pas exclus du gouvernement, que la ressource de recommencer par les grades inférieurs, ce qui doit être permis pour ne pas ôter à un citoyen zélé, quelque faute qu’il puisse avoir commise, tout espoir de l’effacer et de parvenir. Au reste, on ne doit jamais charger aucun comité particulier d’expédier ou refuser ces certificats ou approbations ; il faut toujours que ces jugements soient portés par toute la chambre, ce qui se fera sans embarras ni perte de temps si l’on suit, pour le jugement des sénateurs députés sortant de place, la même méthode des cartons que j’ai proposée pour leur élection.
On dira peut-être ici que tous ces actes d’approbation donnés d’abord par des corps particuliers, ensuite par les diétines, et enfin par la diète, seront moins accordés au mérite, à la justice, et à la vérité, qu’extorqués par la brigue et le crédit. À cela je n’ai qu’une chose à répondre. J’ai cru parler à un peuple qui, sans être exempt de vices, avait encore du ressort et des vertus ; et, cela supposé, mon projet est bon. Mais si déjà la Pologne en est à ce point que tout y soit vénal et corrompu jusqu’à la racine, c’est en vain qu’elle cherche à réformer ses lois et à conserver sa liberté ; il faut qu’elle y renonce et qu’elle plie sa tête au joug. Mais revenons.
Tout sénateur député qui l’aura été trois fois avec approbation, passera de droit au troisième grade le plus élevé dans l’état, et la marque lui en sera conférée par le roi sur la nomination de la diète. Cette marque sera une plaque d’acier bleu semblable aux précédentes, et portera cette inscription, Custos legum. Ceux qui l’auront reçue la porteront tout le reste de leur vie, à quelque poste éminent qu’ils parviennent, et même sur le trône quand il leur arrivera d’y monter.
Les palatins et grands castellans ne pourront être tirés que du corps des gardiens des lois, de la même manière que ceux-ci l’ont été des citoyens élus, c’est-à-dire parle choix de la diète ; et comme ces palatins occupent les postes les plus éminents de la république, et qu’ils les occupent à vie, afin que leur émulation ne s’endorme pas dans les places où ils ne voient plus que le trône au-dessus d’eux, l’accès leur en sera ouvert, mais de manière à n’y pouvoir arriver encore que par la voix publique et à force de vertu.
Remarquons, avant que d’aller plus loin, que la carrière que je donne à parcourir aux citoyens pour arriver graduellement à la tête de la république, paraît assez bien proportionnée aux mesures de la vie humaine pour que ceux qui tiennent les rênes du gouvernement, ayant passé la fougue de la jeunesse, puissent néanmoins être encore dans la vigueur de l’âge, et qu’après quinze ou vingt ans d’épreuve continuellement sous les yeux du public, il leur reste encore un assez grand nombre d’années à faire jouir la patrie de leurs talents, de leur expérience et de leurs vertus, et à jouir eux-mêmes dans les premières places de l’état du respect et des honneurs qu’ils auront si bien mérités. En supposant qu’un homme commence à vingt ans d’entrer dans les affaires, il est possible qu’à trente-cinq il soit déjà palatin ; mais comme il est bien difficile et qu’il n’est pas même à propos que cette marche graduelle se fasse si rapidement, on n’arrivera guère à ce poste éminent avant la quarantaine ; et c’est l’âge, à mon avis, le plus convenable pour réunir toutes les qualités qu’on doit rechercher dans un homme d’état. Ajoutons ici que cette marche paraît appropriée, autant qu’il est possible, aux besoins du gouvernement. Dans le calcul des probabilités, j’estime qu’on aura tous les deux ans au moins cinquante nouveaux citoyens élus et vingt gardiens des lois ; nombres plus que suffisants pour recruter les deux parties du sénat auxquelles mènent respectivement ces deux grades. Car on voit aisément que, quoique le premier rang du sénat soit le plus nombreux, étant à vie, il aura moins souvent des places à remplir que le second, qui, dans mon projet, se renouvelle à chaque diète ordinaire.
On a déjà vu, et l’on verra bientôt encore, que je ne laisse pas oisifs les élus surnuméraires en attendant qu’ils entrent au sénat comme députés ; pour ne pas laisser oisifs non plus les gardiens des lois, en attendant qu’ils y rentrent comme palatins ou castellans, c’est de leur corps que je formerais le collège des administrateurs de l’éducation dont j’ai parlé ci-devant. On pourrait donner pour président à ce collège le primat ou un autre évêque, en statuant au surplus qu’aucun autre ecclésiastique, fut-il évêque et sénateur, ne pourrait y être admis.
Voilà, ce me semble, une marche assez bien graduée pour la partie essentielle et intermédiaire du tout, savoir la noblesse et les magistrats ; mais il nous manque encore les deux extrêmes, savoir le peuple et le roi. Commençons par le premier, jusqu’ici compté pour rien, mais qu’il importe enfin de compter pour quelque chose, si l’on veut donner une certaine force, une certaine consistance à la Pologne. Rien de plus délicat que l’opération dont il s’agit ; car enfin, bien que chacun sente quel grand mal c’est pour la république que la nation soit en quelque façon renfermée dans l’ordre équestre, et que tout le reste, paysans et bourgeois, soit nul, tant dans le gouvernement que dans la législation, telle est l’antique constitution. Il ne serait en ce moment ni prudent ni possible de la changer tout d’un coup ; mais il peut l’être d’amener par degrés ce changement, de faire, sans révolution sensible, que la partie la plus nombreuse de la nation s’attache d’affection à la patrie et même au gouvernement. Cela s’obtiendra par deux moyens : le premier, une exacte observation de la justice, en sorte que le serf et le roturier, n’ayant jamais à craindre d’être injustement vexés par le noble, se guérissent de l’aversion qu’ils doivent naturellement avoir pour lui. Ceci demande une grande réforme dans les tribunaux, et un soin particulier pour la formation du corps des avocats.
Le second moyen, sans lequel le premier n’est rien, est d’ouvrir une porte aux serfs pour acquérir la liberté, et aux bourgeois pour acquérir la noblesse. Quand la chose dans le fait ne serait pas praticable, il faudrait au moins qu’on la vît telle en possibilité ; mais on peut faire plus, ce me semble, et cela sans courir aucun risque. Voici, par exemple, un moyen qui me paraît mener de cette manière au but proposé.
Tous les deux ans, dans l’intervalle d’une diète à l’autre, on choisirait dans chaque province un temps et un lieu convenables où les élus de la même province qui ne seraient pas encore sénateurs députés s’assembleraient, sous la présidence d’un custos legum qui ne serait pas encore sénateur à vie, dans un comité censorial ou de bienfaisance, auquel on inviterait, non tous les curés, mais seulement ceux qu’on jugerait les plus dignes de cet honneur. Je crois même que cette préférence, formant un jugement tacite aux yeux du peuple, pourrait jeter aussi quelque émulation parmi les curés de village, et en garantir un grand nombre des mœurs crapuleuses auxquelles ils ne sont que trop sujets.
Dans cette assemblée, où l’on pourrait encore appeler des vieillards et notables de tous les états, on s’occuperait à l’examen des projets d’établissements utiles pour la province ; on entendrait les rapports des curés sur l’état de leurs paroisses et des paroisses voisines, celui des notables sur l’état de la culture, sur celui des familles de leur canton ; on vérifierait soigneusement ces rapports ; chaque membre du comité y ajouterait ses propres observations, et l’on tiendrait de tout cela un fidèle registre, dont on tirerait des mémoires succincts pour les diétines.
On examinerait en détail les besoins des familles surchargées, des infirmes, des veuves, des orphelins, et l’on y pourvoirait proportionnellement sur un fonds formé par les contributions gratuites des aisés de la province. Ces contributions seraient d’autant moins onéreuses qu’elles deviendraient le seul tribut de charité, attendu qu’on ne doit souffrir dans toute la Pologne ni mendiants ni hôpitaux. Les prêtres, sans doute, crieront beaucoup pour la conservation des hôpitaux, et ces cris ne sont qu’une raison de plus pour les détruire.
The election of these deputy senators shall take place in the chamber of electors during each ordinary session, so that they will only hold their office for a period of two years; however, they may be reappointed or elected again for two additional terms, provided that each time they leave their position, they have first obtained from the same chamber an approval document similar to that required for their election to the position of elector for the second and third times. Without such an approval document for each term, it would become impossible to achieve anything; and in order not to be excluded from government service, one would have no other recourse but to start over from lower ranks, which must be permitted so as not to deprive a zealous citizen, whatever mistakes he may have made, of any hope of redeeming himself and achieving success. Furthermore, no particular committee should ever be entrusted with the task of issuing or rejecting these certificates or approvals; such decisions must always be made by the entire chamber. This process will proceed without any obstacles or delays if the same method used for the election of these deputy senators is followed for their reappointment.
One might argue here that all these acts of approval—first granted by individual bodies, then by certain dietary regulations, and ultimately by the established system itself—are less in line with merit, justice, and truth than those obtained through bribery and deceit. To this I have only one reply: I assumed I was addressing a people who, though not free from vices, still possessed some resilience and virtue; given this assumption, my plan was sound. But if Poland has already reached such a state where everything is venal and corrupt to the very core, it is in vain for it to attempt to reform its laws or preserve its freedom; it must give up such efforts and submit to oppression. But let us return to the main topic.
Any senator or deputy who has served for three terms with approval shall be entitled by right to the highest third rank in the state, and this distinction shall be conferred upon them by the king upon the appointment of the diet. This mark will consist of a blue steel plaque, similar to those previously used, and will bear the inscription “Custos legum.” Those who receive it shall wear it for the rest of their lives, regardless of the high position they may attain; even when they ascend to the throne, they must continue to carry this mark.
The palatins and high-ranking castellans can only be selected from among the guardians of the law, in just the same way as these guardians were originally chosen from among elected citizens—that is, through the decision of the diet. And since these palatins hold the most prominent positions within the republic and hold them for life, so that their ambition does not fade away in those roles where they see nothing but the throne above them, access to these positions shall be open to them—but only through the will of the public and through virtue alone.
Before proceeding further, let us note that the career I outline for citizens to gradually ascend to the leadership of the republic seems quite appropriate in relation to the natural course of human life. Those who hold the reins of government, having passed the fervor of youth, would still be in the prime of their lives. After fifteen or twenty years of continuous service under the public eye, they would still have many years left to devote their talents, experience, and virtues to the benefit of the nation, and to enjoy, themselves, the respect and honors they have so deservedly earned in high positions of state. Assuming a person begins entering public affairs at the age of twenty, it is possible that by thirty-five he or she could already hold the rank of palatine; however, since such gradual advancement should be carried out at a steady pace, it would be unlikely to reach such an eminent position before the age of forty. In my view, this is the most suitable age to possess all the qualities required of a statesman. Moreover, this progression seems well-suited to the needs of governance. In making probabilistic calculations, I estimate that there would be at least fifty new citizens elected every two years, along with twenty law-enforcement officials; numbers more than sufficient to fill the two branches of the senate as designated by these ranks. For it is clear that, although the first branch of the senate consists of lifetime members and is thus larger in number, it will have fewer vacancies to fill than the second branch, which, in my plan, is renewed with each regular legislative session.
We have already seen, and will soon see again, that I do not allow those elected in excess to remain idle while waiting to enter the senate as deputies; nor do I intend to let the guardians of the law remain idle while waiting to become palatines or castellans there. Instead, it is from their ranks that I would form the college of administrators for education about which I spoke earlier. One could appoint the primat or some other bishop as president of this college, with the additional stipulation that no other clergyman, not even a bishop or senator, would be allowed to join it.
This, I believe, constitutes a fairly gradual approach to addressing the essential and intermediate elements of society—namely, the nobility and the magistrates. However, we still lack the two extremes: the common people and the king. Let us begin with the former, which has so far been considered insignificant but is in fact crucial if we wish to give Poland some strength and coherence. There is nothing more delicate than the process involved here; after all, although everyone understands how detrimental it is to a republic when the nation is confined largely to the aristocratic order, while the peasants and burghers are rendered utterly powerless in both governance and legislation—such was the ancient constitution. It would neither be prudent nor feasible to change it abruptly at this moment; but it is possible to bring about such changes gradually, to make the vast majority of the population develop a genuine affection for their country and even for its government, without causing any significant upheaval. This can be accomplished through two means: first, by ensuring strict justice, so that serfs and commoners never fear being unjustly oppressed by the nobility, thereby overcoming the natural aversion they feel toward them. This requires major reforms in the judicial system and particular attention to the training of lawyers.
The second means, without which the first would be utterly ineffective, is to open the way for serfs to gain freedom and for burghers to attain nobility. Even if such a thing were not practically feasible in reality, it should at least be considered possible; but I believe we can do more—and do so without any risk at all. For instance, here is a method that, in my opinion, would lead us in this manner toward the desired goal.
Every two years, between one diet and another, a suitable time and place would be chosen in each province for those elected from the same province who were not yet senators or deputies to gather. The meeting would be presided over by a custos legum who had not yet been appointed life senator. This committee would deal with matters of censorship or charity, and not all priests would be invited, but only those whom it was deemed most worthy of this honor. I even believe that such preference, forming an implicit judgment in the eyes of the people, could inspire some emulation among village priests and help prevent many of them from falling into the corrupt practices to which they are all too prone.
In this assembly, where one could still invite elders and notable individuals from all walks of life, attention would be devoted to examining proposals for establishing institutions beneficial to the province; reports from priests on the condition of their parishes and those neighboring them would be heard, as well as reports from local notables on the state of agriculture and the families within their districts. These reports would be carefully verified; each committee member would add their own observations, and all this information would be meticulously recorded in a ledger from which concise memorials could be compiled for use at the diets.
We would examine in detail the needs of overburdened families, the sick, widows, and orphans, and provide for them accordingly using funds raised through voluntary contributions from the wealthy individuals in the province. Such contributions would be all the less onerous since they would become the only form of charitable giving required, given that in all of Poland, there should be neither beggars nor hospitals. The priests, undoubtedly, will protest vehemently against the closure of hospitals, but such protests are merely another reason to dismantle them.
L’elezione dei senatori-deputati avverrà nella camera dei nunzi durante ogni sessione ordinaria del parlamento, in modo che rimangano in carica soltanto per due anni; tuttavia potranno essere rieletti o nuovamente nominati altre due volte, a condizione che, ogni volta che lasciano la loro carica, ottengano preventivamente dall’intera camera un atto di approvazione simile a quello necessario per essere eletti nunzi per la seconda e terza volta. Infatti, senza tale atto ottenuto ad ogni mandato, non si riuscirebbe più a raggiungere alcun risultato; e, per non essere esclusi dal governo, ci resterebbe solo la possibilità di ricominciare dai gradi inferiori, cosa che deve essere permessa affinché a un cittadino zelante, qualunque errore abbia commesso, non venga tolta ogni speranza di poterlo rimediare e raggiungere i suoi obiettivi. Inoltre, nessun comitato specifico dovrebbe mai essere incaricato di rilasciare o negare tali certificati o approvazioni; tali decisioni devono sempre essere prese dall’intera camera, e ciò avverrà senza intoppi né perdite di tempo se si seguirà, per il giudizio sui senatori-deputati che lasciano la loro carica, lo stesso metodo basato su “cartelle” che ho proposto per la loro elezione.
Si potrebbe forse dire che tutti questi atti di approvazione, inizialmente concessi da singoli organismi, poi dalle assemblee legislative e infine dal parlamento stesso, siano meno legati al merito, alla giustizia e alla verità rispetto a quelli ottenuti attraverso corruzione e influenze. A questo ho solo una risposta: credevo di parlare a un popolo che, sebbene non fosse esente da vizi, possedesse ancora forza d’animo e virtù; e, partendo da questa ipotesi, il mio progetto era valido. Ma se la Polonia è già arrivata al punto in cui tutto vi è corrotto fino alle radici, allora è inutile che cerchi di riformare le sue leggi o di conservare la sua libertà; deve arrendersi e sottomettersi al giogo. Ma torniamo al discorso principale.
Qualsiasi senatore o deputato che abbia ricoperto tale incarico per tre volte con approvazione passerà di diritto al terzo grado più elevato dello stato; il re conferirà loro tale riconoscimento durante la nomina alla dieta. Questo segno sarà costituito da una placca d’acciaio blu, simile alle precedenti, e reciterà l’iscrizione “Custos legum”. Coloro che lo riceveranno lo porteranno per tutta la vita, indipendentemente dal ruolo di rilievo che raggiungeranno, e persino sul trono qualora vi salissero.
I palatini e i grandi castellani potranno essere scelti soltanto tra i guardiani delle leggi, proprio come questi ultimi sono stati selezionati tra i cittadini eletti, cioè attraverso la scelta della dieta; poiché questi palatini occupano le posizioni più elevate nella repubblica e lo fanno a vita, affinché il loro spirito di competizione non si appassisca in quelle cariche dove vedono soltanto il trono sopra di sé, l’accesso a tali incarichi sarà loro concesso, ma solo attraverso la volontà del popolo e sulla base della virtù.
Prima di andare oltre, notiamo che la carriera che propongo ai cittadini per raggiungere gradualmente la guida della repubblica sembra adeguatamente proporzionata alle possibilità offerte dalla vita umana; in questo modo, coloro che detengono le redini del governo, avendo superato la furia della giovinezza, possono comunque trovarsi ancora nella piena forza dell’età. Dopo quindici o vent’anni di prove continue sotto gli occhi del pubblico, loro hanno ancora molti anni a disposizione per far godere alla patria dei propri talenti, esperienza e virtù, e per godere personalmente, nelle prime posizioni dello stato, del rispetto e degli onori che si sono ampiamente meritati. Supponendo che un uomo inizi a occuparsi di affari politici all’età di vent’anni, è possibile che a trentacinque anni sia già diventato senatore; tuttavia, poiché tale progressione graduale è molto difficile e non sarebbe nemmeno opportuna che avvenisse così rapidamente, difficilmente si raggiungerà questa posizione eminente prima dei quarant’anni; ed è proprio quest’età, a mio parere, la più adatta per possedere tutte le qualità che si devono cercare in un uomo di stato. Inoltre, questa progressione sembra adeguata, nella misura del possibile, alle esigenze del governo stesso. Calcolando le probabilità, ritengo che ogni due anni ci siano almeno cinquanta nuovi cittadini eletti e venti guardiani delle leggi; numeri più che sufficienti per reclutare i membri delle due camere del senato, che nel mio progetto vengono rinnovate rispettivamente ad ogni sessione ordinaria. Infatti, è evidente che, sebbene il primo rango del senato sia più numeroso e permanente, avrà meno occasioni di riempire i propri posti rispetto al secondo rango, che nel mio progetto viene rinnovato ad ogni sessione legislativa.
Si è già visto, e si vedrà presto ancora, che non lascio inattivi gli eletti in eccesso nell’attesa che entrino nel senato come deputati; allo stesso modo, per non lasciare inattivi nemmeno i guardiani delle leggi nell’attesa che vi entrino come palatini o castellani, è proprio dal loro corpo che formerei il collegio degli amministratori dell’istruzione di cui ho parlato in precedenza. Si potrebbe nominare presidente di questo collegio il primato o un altro vescovo, stabilendo inoltre che nessun altro ecclesiastico, nemmeno se fosse vescovo e senatore, potesse essere ammesso al suo interno.
Ecco, a mio parere, una progressione abbastanza graduata per quanto riguarda la parte essenziale e intermedia della società, ovvero la nobiltà e i magistrati; tuttavia ci mancano ancora le due estremità, cioè il popolo e il re. Cominciamo dal primo, finora considerato insignificante, ma che in realtà è di fondamentale importanza se vogliamo dare alla Polonia una certa forza e coerenza. Non esiste nulla di più delicato dell’operazione di cui si tratta; infatti, anche se tutti sono consapevoli del grave danno che rappresenta per la repubblica il fatto che la nazione venga in qualche modo confinata nell’ordine equestre, mentre tutto il resto – contadini e borghesi – sia considerato insignificante sia nel governo che nella legislazione, questa è pur sempre l’antica costituzione. In questo momento non sarebbe né prudente né possibile modificarla improvvisamente; tuttavia è possibile procedere gradualmente, portando a compimento tale cambiamento in modo graduale, senza rivoluzioni sensibili, affinché la parte più numerosa della nazione sviluppi un vero attaccamento alla patria e al governo stesso. Ciò può essere ottenuto con due mezzi: il primo consiste nel rispettare rigorosamente la giustizia, in modo che il servo e il contadino non debbano mai temere di essere ingiustamente oppressi dalla nobiltà, e così possano superare l’avversione naturale che provano per essa. Ciò richiede una profonda riforma dei tribunali e un particolare impegno nella formazione del corpo degli avvocati.
Il secondo mezzo, senza il quale il primo non avrebbe alcun significato, consiste nell’aprire una strada ai servi per ottenere la libertà e ai borghesi per raggiungere lo status nobiliare. Anche se in realtà questa soluzione non fosse praticabile, dovremmo almeno considerarla possibile; ma credo che si possa fare di più, senza correre alcun rischio. Ecco, ad esempio, un metodo che mi sembra possa portare in questo modo al risultato desiderato.
Ogni due anni, nel periodo tra una dieta e l’altra, in ogni provincia si sceglierebbe un momento e un luogo appropriati dove gli eletti della stessa provincia che non fossero ancora senatori o deputati si riunirebbero, sotto la presidenza di un custos legum che non fosse ancora senatore a vita, in un comitato censoriale o di beneficenza. Vi si inviterebbero, non tutti i curati, ma soltanto quelli che si ritenesse più degni di tale onore. Credo persino che questa preferenza, rappresentando un giudizio tacito agli occhi del popolo, potrebbe suscitare anche una certa competizione tra i curati di villaggio e contribuire a garantire a molti di loro l’astinenza da quelle pratiche disoneste a cui sono troppo soggetti.
In questa assemblea, dove si potrebbero ancora convocare anziani e notabili di tutti gli stati, si esaminerebbero i progetti di istituzioni utili per la provincia; si ascolterebbero i rapporti dei parroci sull’andamento delle loro parrocchie e di quelle vicine, nonché quelli dei notabili riguardo allo stato dell’agricoltura e delle famiglie del loro distretto; questi rapporti verrebbero attentamente controllati; ogni membro del comitato vi aggiungerebbe le proprie osservazioni, e tutto venirebbe registrato in modo accurato, al fine di redigere memorie sintetiche da utilizzare nelle riunioni.
Si esaminerebbero in dettaglio i bisogni delle famiglie sovraccariche, dei malati, delle vedove e degli orfani, e si provvederebbe a soddisfarli in modo proporzionale, utilizzando fondi raccolti grazie alle donazioni volontarie delle persone benestanti della provincia. Queste donazioni sarebbero tanto meno onerose quanto rappresentassero l’unico tributo di carità necessario, poiché in tutta la Polonia non dovrebbero esistere né mendicanti né ospedali. I preti, probabilmente, protesteranno molto per la conservazione degli ospedali, ma tali proteste costituiscono solo un’altra ragione per distruggerli.
Dans ce même comité, qui ne s’occuperait jamais de punitions ni de réprimandes, mais seulement de bienfaits, de louanges, et d’encouragements, on ferait, sur de bonnes informations, des listes exactes des particuliers de tous états dont la conduite serait digne d’honneur et de récompense[690]. Ces listes seraient envoyées au sénat et au roi pour y avoir égard dans l’occasion, et placer toujours bien leurs choix et leurs préférences ; et c’est sur les indications des mêmes assemblées que seraient données, dans les collèges, par les administrateurs de l’éducation, les places gratuites dont j’ai parlé ci-devant.
Mais la principale et plus importante occupation de ce comité, serait de dresser sur de fidèles mémoires, et sur le rapport de la voix publique bien vérifié, un rôle des paysans qui se distingueraient par une bonne conduite, une bonne culture, de bonnes mœurs, par le soin de leur famille, par tous les devoirs de leur état bien remplis. Ce rôle, serait ensuite présenté à la diétine, qui y choisirait un nombre fixé par la loi pour être affranchi, et qui pourvoirait, par des moyens convenus, au dédommagement des patrons, en les faisant jouir d’exemptions, de prérogatives, d’avantages enfin proportionnés au nombre de leurs paysans qui auraient été trouvés dignes de la liberté : car il faudrait absolument faire en sorte qu’au lieu d’être onéreux au maître, l’affranchissement du serf lui devînt honorable et avantageux ; bien entendu que, pour éviter l’abus, ces affranchissements ne se feraient point par les maîtres, mais dans les diétines, par jugement, et seulement jusqu’au nombre fixé par la loi.
Quand on aurait affranchi successivement lui certain nombre de familles dans un canton, l’on pourrait affranchir des villages entiers, y former peu à peu des communes, leur assigner quelques biens-fonds, quelques terres communales comme en Suisse, y établir des officiers communaux ; et lorsqu’on aurait amené par degrés les choses jusqu’à pouvoir, sans révolution sensible, achever l’opération en grand, leur rendre enfin le droit que leur donna la nature de participer à l’administration de leur pays en envoyant des députés aux diétines.
Tout cela fait, on armerait tous ces paysans devenus hommes libres et citoyens, on les enrégimenterait, on les exercerait, et l’on finirait par avoir une milice vraiment excellente, plus que suffisante pour la défense de l’état.
On pourrait suivre une méthode semblable pour l’anoblissement d’un certain nombre de bourgeois, et même, sans les anoblir, leur destiner certains postes brillants qu’ils rempliraient seuls à l’exclusion des nobles, et cela à l’imitation des Vénitiens si jaloux de leur noblesse, qui néanmoins, outre d’autres emplois subalternes, donnent toujours à un citadin la seconde place de l’état, savoir celle de grand-chancelier, sans qu’aucun patricien puisse jamais y prétendre. De cette manière, ouvrant à la bourgeoisie la porte de la noblesse et des honneurs, on l’attacherait d’affection à la patrie et au maintien de la constitution. On pourrait encore, sans anoblir les individus, anoblir collectivement certaines villes, en préférant celles où fleuriraient davantage le commerce, l’industrie et les arts, et où par conséquent l’administration municipale serait la meilleure. Ces villes anoblies pourraient, à l’instar des villes impériales, envoyer des nonces à la diète ; et leur exemple ne manquerait pas d’exciter dans toutes les autres un vif désir d’obtenir le même honneur.
Les comités censoriaux chargés de ce département de bienfaisance, qui jamais, à la honte des rois et des peuples, n’a encore existé nulle part, seraient, quoique sans élection, composés de la manière la plus propre à remplir leurs fonctions avec zèle et intégrité, attendu que leurs membres, aspirant aux places sénatoriales où mènent leurs grades respectifs, porteraient une grande attention à mériter par l’approbation publique les suffrages de la diète ; et ce serait une occupation suffisante pour tenir ces aspirants en haleine et sous les yeux du public dans les intervalles qui pourraient séparer leurs élections successives. Remarquez que cela se ferait cependant sans les tirer, pour ces intervalles, de l’état de simples citoyens gradués, puisque cette espèce de tribunal, si utile et si respectable, n’ayant jamais que du bien à faire, ne serait revêtu d’aucune puissance coactive : ainsi je ne multiplie point ici les magistratures, mais je me sers, chemin faisant, du passage de l’une à l’autre pour tirer parti de ceux qui les doivent remplir.
Sur ce plan gradué dans son exécution par une marche successive, qu’on pourrait précipiter, ralentir, ou même arrêter, selon son bon ou mauvais succès, on n’avancerait qu’à volonté, guidé par l’expérience ; on allumerait dans tous les états inférieurs un zèle ardent pour contribuer au bien public ; on parviendrait enfin à vivifier toutes les parties de la Pologne, et à les lier de manière à ne faire plus qu’un même corps, dont la vigueur et les forces seraient au moins décuplées de ce qu’elles peuvent être aujourd’hui, et cela avec l’avantage inestimable d’avoir évité tout changement vif et brusque, et le danger des révolutions.
Vous avez une belle occasion de commencer cette opération d’une manière éclatante et noble, qui doit faire le plus grand effet. Il n’est pas possible que, dans les malheurs que vient d’essuyer la Pologne, les confédérés n’aient reçu des assistances et des marques d’attachement de quelques bourgeois, et même de quelques paysans. Imitez la magnanimité des Romains, si soigneux, après les grandes calamités de leur république, de combler des témoignages de leur gratitude les étrangers, les sujets, les esclaves, et même jusqu’aux animaux qui durant leurs disgrâces leur avaient rendu quelques services signalés. O le beau début, à mon gré, que de donner solennellement la noblesse à ces bourgeois et la franchise à ces paysans, et cela avec toute la pompe et tout l’appareil qui peuvent rendre cette cérémonie auguste, touchante, et mémorable ! Et ne vous en tenez pas à ce début. Ces hommes ainsi distingués doivent demeurer toujours les enfants de choix de la patrie. Il faut veiller sur eux, les protéger, les aider, les soutenir, fussent-ils même de mauvais sujets. Il faut à tout prix les faire prospérer toute leur vie, afin que, par cet exemple mis sous les yeux du public, la Pologne montre à l’Europe entière ce que doit attendre d’elle dans ses succès quiconque osa l’assister dans sa détresse.
Voilà quelque idée grossière et seulement par forme d’exemple de la manière dont on peut procéder, pour que chacun voie devant lui la route libre pour arriver à tout, que tout tende graduellement, en bien servant la patrie, aux rangs les plus honorables, et que la vertu puisse ouvrir toutes les portes que la fortune se plaît à fermer.
Mais tout n’est pas fait encore, et la partie de ce projet qui me reste à exposer est sans contredit la plus embarrassante et la plus difficile ; elle offre à surmonter des obstacles contre lesquels la prudence et l’expérience des politiques les plus consommés ont toujours échoué. Cependant il me semble qu’en supposant mon projet adopté, avec le moyen très simple, que j’ai à proposer, toutes les difficultés sont levées, tous les abus sont prévenus, et ce qui semblait faire un nouvel obstacle se tourne en avantage dans l’exécution.
Chapitre 14. – Élection des rois.
Toutes ces difficultés se réduisent à celle de donner à l’état un chef dont le choix ne cause pas des troubles, et qui n’attente pas à la liberté. Ce qui augmente la même difficulté est que ce chef doit être doué des grandes qualités nécessaires à quiconque ose gouverner des hommes libres. L’hérédité de la couronne prévient les troubles, mais elle amène la servitude ; l’élection maintient la liberté, mais à chaque règne elle ébranle l’état. Cette alternative est fâcheuse ; mais avant de parler des moyens de l’éviter, qu’on me permette un moment de réflexion sur la manière dont les Polonais disposent ordinairement de leur couronne.
D’abord, je le demande, pourquoi faut-il qu’ils se donnent des rois étrangers ? Par quel singulier aveuglement ont-ils pris ainsi le moyen le plus sûr d’asservir leur nation, d’abolir leurs usages, de se rendre le jouet des autres cours, et d’augmenter à plaisir l’orage des interrègnes ? Quelle injustice envers eux-mêmes ! quel affront fait à leur patrie ! comme si, désespérant de trouver dans son sein un homme digne de les commander, ils étaient forcés de l’aller chercher au loin ! Comment n’ont-ils pas senti, comment n’ont-ils pas vu que c’était tout le contraire ? Ouvrez les annales de votre nation, vous ne la verrez jamais illustre et triomphante que sous des rois polonais ; vous la verrez presque toujours opprimée et avilie sous les étrangers. Que l’expérience vienne enfin à l’appui de la raison ; voyez quels maux vous vous faites et quels biens vous vous ôtez.
In this very committee, which would never deal with punishments or reprimands but only with benefits, praises, and encouragements, accurate lists of individuals from all walks of life whose conduct was worthy of honor and reward would be compiled based on reliable information[690]. These lists would be sent to the senate and the king so that they could take them into consideration when making their choices and preferences; and it would also be on the recommendations of these very assemblies that the administrators of education would allocate the free places I mentioned earlier within the various institutions.
But the main and most important task of this committee would be to compile, based on accurate records and thoroughly verified reports from public opinion, a list of peasants who distinguished themselves by their good conduct, high moral standards, care for their families, and thorough fulfillment of their civic duties. This list would then be presented to the legislative body, which would select a predetermined number of individuals to be granted freedom. Appropriate measures would also be taken to compensate the landowners, granting them exemptions, privileges, and benefits proportional to the number of their peasants who had been deemed worthy of liberation. It was essential that the emancipation of serfs not prove detrimental to the owners but instead become an honorable and profitable endeavor for them. Of course, to prevent abuse, such emancipations would not be granted at the discretion of the landowners themselves but through legal judgment, and only up to the limits prescribed by law.
Once a certain number of families within a canton have been liberated one after another, entire villages could be freed as well. Gradually, communities could be established there, and they could be granted some property and communal lands, just as is done in Switzerland. Community officials could also be appointed. And when everything had progressed to the point where such an operation could be completed on a large scale without causing any significant upheaval, these people would finally be granted the right that nature itself had given them: to participate in the administration of their country by sending delegates to the legislative assemblies.
With all this in place, we would arm all these peasants who have become free men and citizens, organize them, train them, and ultimately end up with a truly excellent militia—more than sufficient for the defense of the state.
A similar method could be employed to ennoble a certain number of burghers; or even, without ennobling them, assign them prestigious positions that would be exclusively occupied by them, excluding the nobility—imitating in this way the Venetians, who are so jealous of their own nobility. Nevertheless, despite other lower-ranking offices, the Venetians always grant a second-highest position in the state to a citizen, namely that of grand chancellor, a position to which no patrician would ever be entitled. In this way, by opening the door to nobility and honor for the bourgeoisie, we would bind them emotionally to the fatherland and to the maintenance of the constitution. Furthermore, it would be possible, without ennobling individual individuals, to confer collective nobility upon certain cities—preferably those where commerce, industry, and the arts are most thriving, and where municipal administration is thus of the highest quality. Such ennobled cities could, like imperial cities, send delegates to the diet; and their example would undoubtedly inspire a strong desire in all other cities to attain the same honor.
The censorship committees responsible for this department of charity—something that, to the shame of kings and peoples, has never existed anywhere before—would, although not elected, be composed in such a way as to ensure they carried out their duties with zeal and integrity. Their members, seeking the senatorial positions to which their respective ranks would lead them, would pay great attention to earning the public’s approval in order to gain the votes of the legislative body. This would provide sufficient occupation to keep these aspirants under the watchful eye of the public during the intervals between their successive elections. It should be noted, however, that this would be done without removing them from their status as ordinary citizens during these periods; since such a tribunal, being entirely devoted to good deeds, would possess no coercive power whatsoever. In other words, I am not creating additional magistracies here, but rather making use of the natural transition from one office to another in order to make the most of those who are destined to hold them.
On this gradual process, whose progression can be accelerated, slowed down, or even halted depending on its success or failure, one would advance only at will, guided by experience; in all lower stages, there would be a fervent desire to contribute to the public good; ultimately, all parts of Poland could be revitalized and united into a single entity, whose strength and vitality would be at least ten times what they are today—and all this without the detrimental consequences of sudden, drastic changes or the dangers associated with revolutions.
You have a wonderful opportunity to begin this endeavor in a magnificent and noble manner, one that will surely have the greatest impact. It is impossible that, in the misfortunes that Poland has just endured, the Confederates have not received assistance and signs of support from certain members of the bourgeoisie, and even some peasants. Emulate the generosity of the Romans—how carefully they, after the great calamities that befell their republic, sought to express their gratitude towards foreigners, subjects, slaves, and even animals that had rendered them significant services during their times of adversity! What a splendid beginning it would be, in my opinion, to formally grant nobility to these bourgeoisie and citizenship to these peasants, doing so with all the pomp and ceremony that can make such an event august, moving, and memorable! And do not stop at this initial step. These distinguished individuals must always remain the chosen children of their motherland. It is necessary to watch over them, protect them, assist them, and support them—even if they are sometimes mischievous or undesired subjects. At all costs, we must ensure their prosperity throughout their lives, so that, through this example set before the public eye, Poland may show the whole of Europe what awaits those who dare to assist it in its times of need.
Here is a rather crude example, merely in form of how one might proceed; it serves to show everyone the clear path ahead that leads to anything one may desire. Everything gradually leads, when done in the service of the fatherland, to the most honorable ranks, and virtue can open every door that fortune is inclined to close.
But not everything has yet been accomplished, and the part of this project that remains for me to present is undoubtedly the most embarrassing and the most difficult; it involves overcoming obstacles against which even the prudence and experience of the most seasoned politicians have always failed. However, I believe that if my proposal is adopted, using the very simple method I have suggested, all difficulties will be overcome, all abuses will be prevented, and what once seemed like a new obstacle will actually turn out to be an advantage in its implementation.
Chapter 14. – Election of Kings.
All these difficulties boil down to one main issue: finding a leader for the state whose appointment does not cause turmoil and who does not seek to undermine freedom. What makes this task even more difficult is that such a leader must possess the great qualities necessary for anyone who dares to govern free people. Hereditary succession to the throne prevents turmoil, but it leads to slavery; electoral systems maintain freedom, yet they destabilize the state with each new reign. This dilemma is indeed troubling; but before discussing ways to avoid it, allow me a moment to reflect on how the Poles ordinarily handle the issue of their monarchy.
First of all, I ask: why must they appoint foreign kings for themselves? By what strange blindness have they chosen the surest means to enslave their own nation, to abolish their own traditions, to make themselves playthings of other courts, and to deliberately increase the troubles during periods of interregnum? What injustice towards themselves! What an insult to their country! It’s as if, despairing of finding a man within their own ranks worthy of leading them, they were forced to seek such a leader far away. How could they not have realized that this was precisely the opposite of what they desired? Open the annals of your nation, and you will see it never shine or triumph except under Polish kings; you will see it almost always oppressed and degraded under foreign rule. Let experience finally confirm what reason tells us—see what harm you are causing yourselves and what benefits you are sacrificing.
In questo stesso comitato, che non si occuperebbe mai di punizioni o rimproveri, ma soltanto di benefici, lodi e incoraggiamenti, si redigerebbero, sulla base di informazioni accurate, elenchi precisi di persone di ogni ceto la cui condotta fosse degna di onore e ricompensa[690]. Questi elenchi verrebbero inviati al senato e al re affinché vi prestassero attenzione nelle opportune circostanze, permettendo così loro di effettuare sempre scelte e preferenze appropriate; inoltre, sarebbe proprio su indicazione delle stesse assemblee che, nei vari collegi, gli amministratori dell’istruzione assegnerebbero le borse di studio gratuite di cui ho parlato in precedenza.
Ma l’occupazione principale e più importante di questo comitato sarebbe quella di redigere, sulla base di memorie fedeli e del rapporto accuratamente verificato dell’opinione pubblica, un elenco dei contadini che si fossero distinti per un buon comportamento, una buona coltivazione, buone maniere, per la cura della propria famiglia e per l’espletamento corretto di tutti i doveri propri dello stato. Questo elenco sarebbe poi presentato alla dieta, che ne avrebbe selezionato un numero fissato dalla legge da liberare, provvedendo, con mezzi concordati, al risarcimento dei proprietari terrieri, concedendogli esenzioni, privilegi e vantaggi proporzionati al numero di contadini ritenuti degni della libertà. Infatti, è assolutamente necessario che la liberazione del servo non rappresenti un onere per il padrone, ma diventi invece un onore e un vantaggio per lui; naturalmente, per evitare abusi, tali liberazioni non dovrebbero essere decise dai proprietari terrieri, ma dalla dieta, attraverso un giudizio, e soltanto fino al numero fissato dalla legge.
Se si fossero successivamente liberate alcune famiglie in un determinato cantone, si potrebbero poi liberare interi villaggi, formarvi gradualmente delle comunità, assegnare loro alcuni beni e terreni comunali, come avviene in Svizzera, e stabilire funzionari comunali. E quando tutto ciò fosse stato portato a termine in modo graduale, senza rivoluzioni significative, si potrebbe finalmente restituire a queste comunità il diritto che la natura stessa loro ha di partecipare all’amministrazione del loro paese, inviando i loro rappresentanti alle assemblee legislative.
Una volta fatto tutto ciò, si armerebbero tutti questi contadini ormai diventati uomini liberi e cittadini, li si arruolerebbe, li si addestrerebbe, e alla fine si otterrebbe una milizia davvero eccellente, più che sufficiente per la difesa dello stato.
Si potrebbe adottare un metodo simile per nobilitare un certo numero di borghesi; o anche, senza nobiliarli, assegnare loro incarichi prestigiosi che dovrebbero svolgere esclusivamente loro, a scapito dei nobili. Questo si potrebbe fare imitando i Veneziani, così gelosi della propria nobiltà, che tuttavia, oltre ad altri incarichi subordinati, concedono sempre ai cittadini il secondo posto nello stato, ovvero quello di gran cancelliere, senza che alcun patrizio possa mai aspirare a tale ruolo. In questo modo, aprendo alla borghesia la strada verso la nobiltà e gli onori, si potrebbe legarla affettuosamente alla patria e al mantenimento della costituzione. Si potrebbe anche, senza nobilitare gli individui, nobilitare collettivamente alcune città, preferendo quelle in cui fioriscano maggiormente il commercio, l’industria e le arti, e dove quindi l’amministrazione comunale sia la migliore. Queste città nobilitate potrebbero, come le città imperiali, inviare delegati alla dieta; e il loro esempio non mancherebbe di suscitare in tutte le altre un vivo desiderio di ottenere lo stesso onore.
I comitati censoriali incaricati di questo settore della beneficenza, che mai, per vergogna dei re e dei popoli, sono esistiti da alcuna parte, sarebbero composti, sebbene senza elezioni, nel modo più adatto a svolgere le loro funzioni con zelo e integrità. I loro membri, infatti, desiderosi di ottenere i posti senatoriali che i loro rispettivi gradi li porterebbero a ricoprire, presterebbero grande attenzione a meritarsi, attraverso l’approvazione del pubblico, i voti dell’assemblea; e questa occupazione sarebbe sufficiente per tenere questi aspiranti sotto gli occhi del popolo nei periodi che separano le loro successive elezioni. Si noti che ciò avverrebbe comunque senza farli passare, durante tali periodi, dallo stato di semplici cittadini ordinari, poiché questo tipo di tribunale, essendo estremamente utile e rispettabile e avendo sempre a disposizione solo mezzi per fare del bene, non sarebbe dotato di alcun potere coercitivo. Così, non sto certo moltiplicando le cariche pubbliche, ma sfrutto semplicemente il passaggio da un’una all’altra per valorizzare coloro che devono occuparle.
Su questo percorso graduale, la cui attuazione può essere accelerata, rallentata o addirittura interrotta a seconda del successo ottenuto, si procederebbe soltanto su volontà, guidati dall’esperienza; in ogni fase iniziale si susciterebbe un fervente impegno per contribuire al bene pubblico; infine, si riuscirebbe a rivitalizzare tutte le parti della Polonia e a collegarle tra loro in modo da formare un unico corpo, il cui vigore e le sue forze sarebbero almeno dieci volte maggiori rispetto a quelli attuali. Inoltre, si avrebbe il vantaggio inestimabile di aver evitato qualsiasi cambiamento improvviso e brusco, nonché i pericoli legati alle rivoluzioni.
Avete un’ottima opportunità per iniziare questa operazione in modo splendido e nobile, in modo da suscitare il massimo effetto possibile. Non è possibile che, nelle sfortune che la Polonia ha appena attraversato, i confederati non abbiano ricevuto aiuti e segni di affetto da parte di alcuni borghesi, e persino di alcuni contadini. Imitate la magnanimità dei Romani, i quali, dopo le grandi calamità della loro repubblica, si preoccupavano di dimostrare la loro gratitudine verso stranieri, sudditi, schiavi, e persino verso gli animali che durante le loro difficoltà avevano reso loro alcuni servizi significativi. Oh, che bel inizio sarebbe, a mio parere, quello di conferire solennemente nobiltà a questi borghesi e libertà a questi contadini, utilizzando tutta la pompa e l’apparecchio necessari per rendere questa cerimonia augusta, commovente e memorabile! E non limitatevi a questo inizio: queste persone, una volta così distinte, devono rimanere sempre i figli prediletti della patria. È necessario prendersi cura di loro, proteggerli, aiutarli, sostenerli, anche se fossero persone di cattivo carattere. Bisogna assolutamente far sì che prosperino per tutta la vita, affinché, con questo esempio messo davanti agli occhi del pubblico, la Polonia possa mostrare all’intera Europa ciò che tutti coloro che osano aiutarla nella sua difficoltà possono aspettarsi da lei in termini di successi.
Ecco un’idea grossolana, ma soltanto a titolo esemplificativo, di come si possa procedere: in questo modo ognuno può vedere davanti a sé la strada libera per raggiungere qualsiasi obiettivo; tutto tende gradualmente, nel servire al meglio la patria, verso i ranghi più onorabili, e la virtù può aprire tutte le porte che la fortuna si compiace di chiudere.
Ma non tutto è ancora stato fatto, e la parte di questo progetto che mi resta da esporre è senza dubbio la più imbarazzante e la più difficile; presenta ostacoli che anche la prudenza e l’esperienza dei politici più esperti hanno sempre fallito nel superare. Tuttavia, credo che, qualora il mio progetto venisse adottato, con il metodo molto semplice che ho da proporre, tutte le difficoltà potrebbero essere superate, tutti gli abusi potrebbero essere evitati, e ciò che sembrava rappresentare un nuovo ostacolo si trasformerebbe in un vantaggio nella sua attuazione.
Capitolo 14. – Elezione dei re.
Tutte queste difficoltà si riducono a quella di trovare un capo dello stato il cui nome non causi turbamenti e che non minacci la libertà dei cittadini. Ciò che rende questa scelta ancora più ardua è il fatto che tale capo debba possedere le grandi qualità necessarie a chiunque osi governare degli uomini liberi. L’ereditarietà della corona può prevenire i turbamenti, ma conduce alla schiavitù; l’elettività, invece, mantiene la libertà, ma con ogni cambio di sovrano mette in pericolo lo stato stesso. Questa alternativa è davvero problematica; ma prima di parlare dei mezzi per evitarla, permettetemi di riflettere un momento su come i Polacchi dispongono normalmente della loro corona.
Prima di tutto, vi chiedo: perché devono scegliere re stranieri per il loro paese? Con quale singolare cecità hanno adottato proprio il mezzo più sicuro per asservire la propria nazione, abolirne le usanze tradizionali, rendersi giocattoli delle altre corti e aumentare volontariamente i disastri derivanti dai periodi di interregno? Che ingiustizia verso se stessi, che offesa alla loro patria! Come se, disperando di trovare nel proprio seno un uomo degno di comandarli, fossero costretti a cercarlo lontano da casa. Perché non hanno capito, perché non hanno visto che era esattamente il contrario? Aprite le cronache della vostra nazione: la vedrete mai illustre e vittoriosa se non sotto i re polacchi; la vedrete quasi sempre oppressa e umiliata dagli stranieri. Che finalmente l’esperienza confermi ciò che la ragione suggerisce. Vedete quali mali vi infliggete e quali benefici vi negate.
Car, je le demande encore, comment la nation polonaise, ayant tant fait que de rendre sa couronne élective, n’a-t-elle point songé à tirer parti de cette loi pour jeter parmi les membres de l’administration une émulation de zèle et de gloire, qui seule eût plus fait pour le bien de la patrie que toutes les autres lois ensemble ? Quel ressort puissant sur des âmes grandes et ambitieuses que cette couronne destinée au plus digne, et mise en perspective devant les yeux de tout citoyen qui saura mériter l’estime publique ! Que de vertus, que de nobles efforts l’espoir d’en acquérir le plus haut prix ne doit-il pas exciter dans la nation ! quel ferment de patriotisme dans tous les cœurs, quand on saurait bien que ce n’est que par là qu’on peut obtenir cette place devenue l’objet secret des vœux de tous les particuliers, sitôt qu’à force de mérite et de services il dépendra d’eux de s’en approcher toujours davantage, et, si la fortune les seconde, d’y parvenir enfin tout-à-fait ! Cherchons le meilleur moyen de mettre en jeu ce grand ressort si puissant dans la république, et si négligé jusqu’ici. L’on me dira qu’il ne suffit pas de ne donner la couronne qu’à des Polonais pour lever les difficultés dont il s’agit : c’est ce que nous verrons tout-à-l’heure après que j’aurai proposé mon expédient. Cet expédient est simple ; mais il paraîtra d’abord manquer le but que je viens de marquer moi-même, quand j’aurai dit qu’il consiste à faire entrer le sort dans l’élection des rois. Je demande en grâce qu’on me laisse le temps de m’expliquer, ou seulement qu’on me relise avec attention.
Car si l’on dit : Comment s’assurer qu’un roi tiré au sort ait les qualités requises pour remplir dignement sa place ? on fait une objection que j’ai déjà résolue, puisqu’il suffit pour cet effet que le roi ne puisse être tiré que des sénateurs à vie ; car puisqu’ils seront tirés eux-mêmes de l’ordre des gardiens des lois, et qu’ils auront passé avec honneur par tous les grades de la république, l’épreuve de toute leur vie et l’approbation publique dans tous les postes qu’ils auront remplis seront des garants suffisants du mérite et des vertus de chacun d’eux.
Je n’entends pas néanmoins que même entre les sénateurs à vie le sort décide seul de la préférence : ce serait toujours manquer en partie le grand but qu’on doit se proposer. Il faut que le sort fasse quelque chose, et que le choix fasse beaucoup, afin d’un côté d’amortir les brigues et les menées des puissances étrangères, et d’engager de l’autre tous les palatins par un si grand intérêt à ne point se relâcher dans leur conduite, mais à continuer de servir la patrie avec zèle pour mériter la préférence sur leurs concurrents.
J’avoue que la classe de ces concurrents me paraît bien nombreuse, si l’on y fait entrer les grands castellans, presque égaux en rang aux palatins par la constitution présente ; mais je ne vois pas quel inconvénient il y aurait à donner aux seuls palatins l’accès immédiat au trône. Cela ferait dans le même ordre un nouveau grade que les grands castellans auraient encore à passer pour devenir palatins, et par conséquent un moyen de plus pour tenir le sénat dépendant du législateur. On a déjà vu que ces grands castellans me paraissent superflus dans la constitution. Que néanmoins, pour éviter tout grand changement, on leur laisse leur place et leur rang au sénat ; je l’approuve. Mais dans la graduation que je propose, rien n’oblige de les mettre au niveau des palatins ; et comme rien n’en empêche non plus, on pourra sans inconvénient se décider pour le parti qu’on jugera le meilleur. Je suppose ici que ce parti préféré sera d’ouvrir aux seuls palatins l’accès immédiat au trône.
Aussitôt donc après la mort du roi, c’est-à-dire dans le moindre intervalle qu’il sera possible, et qui sera fixé par la loi, la diète d’élection sera solennellement convoquée ; les noms de tous les palatins seront mis en concurrence, et il en sera tiré trois au sort avec toutes les précautions possibles pour qu’aucune fraude n’altère cette opération. Ces trois noms seront à haute voix déclarés à l’assemblée, qui, dans la même séance et à la pluralité des voix, choisira celui qu’elle préfère, et il sera proclamé roi dès le même jour.
On trouvera dans cette forme d’élection un grand inconvénient, je l’avoue, c’est que la nation ne puisse choisir librement dans le nombre des palatins celui qu’elle honore et chérit davantage, et qu’elle juge le plus digne de la royauté. Mais cet inconvénient n’est pas nouveau en Pologne, où l’on a vu, dans plusieurs élections, que, sans égard pour ceux que la nation favorisait, on l’a forcée de choisir celui qu’elle aurait rebuté : mais pour cet avantage qu’elle n’a plus et qu’elle sacrifie, combien d’autres plus importants elle gagne par cette forme d’élection !
Premièrement l’action du sort amortit tout d’un coup les factions et brigues des nations étrangères, qui ne peuvent influer sur cette élection, trop incertaines du succès pour y mettre beaucoup d’efforts, vu que la fraude même serait insuffisante en faveur d’un sujet que la nation peut toujours rejeter. La grandeur seule de cet avantage est telle, qu’il assure le repos de la Pologne, étouffe la vénalité dans la république, et laisse à l’élection presque toute la tranquillité de l’hérédité.
Le même avantage a lieu contre les brigues mêmes des candidats ; car, qui d’entre eux voudra se mettre en frais pour s’assurer une préférence qui ne dépend point des hommes, et sacrifier sa fortune à un événement qui tient à tant de chances contraires pour une favorable ? Ajoutons que ceux que le sort a favorisés ne sont plus à temps d’acheter des électeurs, puisque l’élection doit se faire dans la même séance.
Le choix libre de la nation entre trois candidats la préserve des inconvénients du sort, qui, par supposition, tomberait sur un sujet indigne ; car, dans cette supposition, la nation se gardera de le choisir ; et il n’est pas possible qu’entre trente-trois hommes illustres, l’élite de la nation, où l’on ne comprend pas même comment il peut se trouver un seul sujet indigne, ceux que favorisa le sort le soient tous les trois.
Ainsi, et cette observation est d’un grand poids, nous réunissons par cette forme tous les avantages de l’élection à ceux de l’hérédité.
Car premièrement, la couronne ne passant point du père au fils, il n’y aura jamais continuité de système pour l’asservissement de la république. En second lieu, le sort même dans cette forme est l’instrument d’une élection éclairée et volontaire. Dans le corps respectable des gardiens des lois et des palatins qui en sont tirés, il ne peut faire un choix, quel qu’il puisse être, qui n’ait été déjà fait par la nation.
Mais voyez quelle émulation cette perspective doit porter dans le corps des palatins et grands castellans, qui, dans des places à vie, pourraient se relâcher par la certitude qu’on ne peut plus les leur ôter. Ils ne peuvent plus être contenus par la crainte ; mais l’espoir de remplir un trône que chacun d’eux voit si près de lui, est un nouvel aiguillon qui les tient sans cesse attentifs sur eux-mêmes. Ils savent que le sort les favoriserait en vain s’ils sont rejetés à l’élection, et que le seul moyen d’être choisis est de le mériter. Cet avantage est trop grand, trop évident, pour qu’il soit nécessaire d’y insister.
Supposons un moment, pour aller au pis, qu’on ne peut éviter la fraude dans l’opération du sort, et qu’un des concurrents vînt à tromper la vigilance de tous les autres, si intéressés à cette opération. Cette fraude serait un malheur pour les candidats exclus, mais l’effet pour la république serait le même que si la décision du sort eût été fidèle ; car on n’en aurait pas moins l’avantage de l’élection, on n’en préviendrait pas moins les troubles des interrègnes et les dangers de l’hérédité ; le candidat que son ambition séduirait jusqu’à recourir à cette fraude, n’en serait pas moins au surplus un homme de mérite, capable, au jugement de la nation, de porter la couronne avec honneur ; et enfin, même après cette fraude, il n’en dépendrait pas moins, pour en profiter, du choix subséquent et formel de la république.
For, I ask again, how is it that the Polish nation, having gone to such lengths as to make its crown elective, did not think of utilizing this institution to inspire among those who held administrative positions a spirit of zeal and glory—something that would have done far more for the good of the fatherland than all other laws combined? What a powerful incentive it would be for noble and ambitious souls to strive for this crown, reserved for the most worthy, and placed before the eyes of every citizen who knew how to earn public respect! How many virtues and noble efforts would not be inspired in the nation by the hope of gaining such high distinction! And what a spark of patriotism would be kindled in everyone’s heart when they realized that this position, long the secret desire of all, could only be attained through merit and service—through their own efforts to continually draw closer to it, and, if fortune favored them, to finally reach it entirely! Let us seek the best way to harness this immense and yet so far neglected potential within our republic. Some may argue that merely making the crown elective among Poles is not enough to overcome the difficulties involved; but we will see what solution I have in mind once I have presented my plan. My approach is simple; yet it may seem at first to fail to achieve the goal I have outlined—namely, to involve fate itself in the selection of our rulers. I beg those who listen to give me the time to explain myself, or at least to read my proposal carefully.
For if one were to ask: “How can we ensure that a king chosen by lot possesses the qualities required to fulfill his role with dignity?” such an objection could be raised, but I have already addressed it. It is sufficient, for this purpose, that the king be chosen only from among life-long senators. Since these senators themselves will have been selected from among those who uphold the laws and will have honorably progressed through all ranks of the republic, the trials they have endured throughout their lives, as well as the public approval they have received in all the positions they have held, will constitute sufficient guarantees of their respective merits and virtues.
However, I do not believe that even among life-long senators, fate alone determines such preferences; that would still be a partial failure to achieve the ultimate goal we should set for ourselves. It is necessary for fate to play some role, but for choice to play a far greater one. On one hand, this will help to mitigate the intrigues and schemes of foreign powers; on the other hand, it will motivate all the nobles to maintain their diligence in serving the nation, thus ensuring that they earn preferential treatment over their competitors.
I must admit that the number of these competitors seems quite large, especially when we include the great castellans, who, according to the current constitution, hold almost equal rank to the palatines. However, I see no inherent disadvantage in granting only the palatines immediate access to the throne. This would effectively create a new rank within the hierarchy, one that the great castellans would still have to ascend in order to become palatines themselves—thus providing another means of keeping the senate under the control of the legislator. As I have already stated, these great castellans seem redundant within the current constitutional framework. Nevertheless, in order to avoid any major disruptions, it is acceptable to allow them their place and rank in the senate; I approve of this approach. But within the hierarchy I propose, there is no obligation to elevate them to the same level as the palatines; moreover, since nothing prevents it either, one can freely choose the course that seems most appropriate. I assume that the preferred option here would be to grant only the palatines immediate access to the throne.
Therefore, immediately after the king’s death—within the shortest possible time interval, to be determined by law—the election diet shall be solemnly convened. The names of all the princes shall be put up for consideration, and three names shall be drawn by lot, with every precaution taken to ensure that no fraud alters this process. These three names shall be publicly announced in the assembly, which, in the same session and by a majority vote, shall choose the one it prefers. That person shall be proclaimed king on the very same day.
I must admit that this form of election has a significant drawback: it prevents the nation from freely selecting, among all the candidates, those whom it honors and loves the most, and whom it deems most worthy of the throne. However, this drawback is not new in Poland, where, on numerous occasions, the nation has been forced to choose candidates it would have rejected, regardless of its preferences. But for this advantage that it no longer possesses and that it sacrifices, how many other more important benefits does it gain through this form of election!
Firstly, the effect of this measure instantly neutralizes the factions and intrigues of foreign nations, which are unable to influence this election due to their uncertainty regarding its outcome. Given that even fraud would be insufficient to secure victory for a candidate who could still be rejected by the nation itself, these foreign powers are unwilling to invest much effort in it. The sheer magnitude of this advantage is such that it ensures Poland’s peace, suppresses corruption within the republic, and grants the election nearly all the stability of hereditary systems.
The same advantage applies even against the candidates’ own factions; for whom among them would be willing to go to such lengths as to secure a preference that does not depend on human influence, and to sacrifice their fortune for an outcome that hinges on so many unfavorable factors? Moreover, those who have been favored by fate no longer have time to buy voters, since the election must take place in the same session.
The free choice of a nation among three candidates protects it from the inconvenience of a fate that might arbitrarily select an unworthy individual; for in such a scenario, the nation would surely refrain from choosing him. Moreover, among thirty-three distinguished men—the very elite of the nation—it is impossible that all three should be unworthy; indeed, it is inconceivable that any one of them could be so.
Thus—and this observation carries great weight—we combine, in this manner, all the advantages of election with those of heredity.
Firstly, since the crown is not transmitted from father to son, there can never be any continuity in the system used to govern the republic. Secondly, even in this form, fate itself serves as an instrument for a wise and voluntary choice. Within the respectable ranks of those who guard the laws and the princes who are drawn from among them, no choice whatsoever can be made that has not already been made by the nation itself.
But consider the kind of emulation such a prospect must inspire among the princes and high-ranking nobles who, holding lifelong positions, might become complacent in the knowledge that those positions could never be taken away from them. They are no longer restrained by fear; yet the hope of ascending to thrones that seem so within their reach serves as a constant spur, keeping them vigilant and focused on themselves. They understand that fate would be unkind if they were excluded from the selection process—and that the only way to be chosen is to earn it through their own merits. This advantage is too great, too undeniable, to require any further emphasis.
Suppose, for the worst-case scenario, that fraud in the process of determining fate cannot be avoided, and that one of the competitors manages to circumvent the vigilance of all the others, who are so keen on this process. Such fraud would be a disaster for those candidates who are excluded as a result, but its effect on the republic would be exactly the same as if the decision determined by fate had been fair and just. After all, we would still benefit from the advantages of an election; it would still prevent the troubles that arise during interregnums and the dangers associated with heredity. The candidate who, driven by ambition, resorted to such fraud would nonetheless be a person of merit, one whom the nation deemed capable of wearing the crown with honor. And finally, even after such fraud, whether one could benefit from it would still depend on the subsequent, formal choice made by the republic.
Perché, ve lo chiedo ancora: come mai la nazione polacca, avendo fatto di tutto per rendere la sua corona elettiva, non ha pensato a sfruttare questa legge per suscitare tra i membri dell’amministrazione un spirito di zelo e di gloria, che da solo avrebbe potuto giovare molto di più al bene della patria di tutte le altre leggi messe insieme? Quale strumento potentissimo per stimolare anime grandi e ambiziose questa corona, destinata al più degno e posta davanti agli occhi di ogni cittadino che sappia meritare l’ammirazione pubblica! Quante virtù, quanti nobili sforzi non dovrebbe suscitare nella nazione la speranza di ottenere il massimo riconoscimento per essa! Quanto fermento patriottico in tutti i cuori, quando si saprà che è solo attraverso questo mezzo che si può raggiungere quella posizione diventata l’oggetto segreto dei desideri di tutti, e che, con il merito e i servizi, dipenderà da noi avvicinarci sempre di più a essa, e, se la fortuna ci aiuterà, raggiungerla infine completamente! Cerchiamo quindi il miglior modo per mettere in gioco questo potente strumento nella repubblica, finora così trascurato. Mi si dirà che non basta semplicemente conferire la corona solo a dei polacchi per superare le difficoltà in questione: vedremo più avanti, dopo che avrò proposto il mio piano. Questo piano è semplice; ma potrebbe sembrare inizialmente inadeguato allo scopo che ho appena indicato, se si considera che consiste nel far entrare il caso nella elezione dei re. Vi prego di concedermi il tempo di spiegarmi meglio, o almeno di leggere attentamente quanto sto per dire.
Poiché si dice: “Come possiamo essere certi che un re eletto a sorte abbia le qualità necessarie per ricoprire onorevolmente il proprio ruolo?”, si solleva un’obiezione che ho già risolto, poiché è sufficiente che il re venga eletto esclusivamente tra i senatori a vita. Infatti, essendo anch’essi eletti dall’ordine dei guardiani delle leggi e avendo attraversato onorosamente tutti i gradi della repubblica, l’intera loro vita trascorsa in tali incarichi, nonché l’approvazione pubblica ottenuta in ogni ruolo che hanno ricoperto, costituiranno garanzie sufficienti del merito e delle virtù di ciascuno di loro.
Tuttavia, non credo che nemmeno tra i senatori a vita il destino decida da solo quale sia la preferenza da accordare: ciò significherebbe comunque mancare in parte dell’obiettivo principale che ci si deve proporsi. È necessario che il destino abbia un ruolo, ma che la scelta umana giochi un ruolo ancora più importante; in questo modo, da un lato, si potrebbero mitigare le lotte e le manovre delle potenze straniere, e dall’altro, tutti i nobili sarebbero spinti da un interesse comune a non allentare la loro dedizione al servizio della patria, ma ad continuare a impegnarsi con zelo per meritare tale preferenza rispetto ai loro concorrenti.
Devo ammettere che il numero di questi concorrenti mi sembra piuttosto elevato, soprattutto se si includono anche i grandi castellani, quasi equivalenti ai palatini per rango secondo la costituzione attuale; tuttavia non vedo alcun inconveniente nel concedere soltanto ai palatini l’accesso immediato al trono. Ciò creerebbe, nello stesso ordine gerarchico, un nuovo grado che i grandi castellani dovrebbero comunque superare per diventare palatini, rappresentando quindi un ulteriore mezzo per mantenere il senato sotto il controllo del legislatore. Come ho già osservato, questi grandi castellani mi sembrano in realtà superflui nella costituzione attuale. Tuttavia, al fine di evitare cambiamenti troppo radicali, si può concedere loro il loro posto e il loro rango nel senato; lo approvo. Ma nella gerarchia che propongo, nulla obbliga a elevarli allo stesso livello dei palatini; e poiché nulla ne impedisce nemmeno l’inclusione in posizioni inferiori, si potrà senza problemi scegliere la soluzione ritenuta più opportuna. Qui suppongo che tale scelta preferita sia proprio quella di concedere l’accesso immediato al trono esclusivamente ai palatini.
Pertanto, non appena il re muore – cioè nel più breve intervallo di tempo possibile, fissato dalla legge – la dieta elettorale verrà solennemente convocata; i nomi di tutti i palatini saranno messi a concorrenza e ne saranno estratti tre per sorteggio, con tutte le precauzioni possibili affinché nessuna frode alteri questa procedura. Questi tre nomi verranno dichiarati ad alta voce dall’assemblea, la quale, nella stessa seduta e con maggioranza dei voti, sceglierà quello che preferisce; tale candidato sarà proclamato re nello stesso giorno.
In questa forma di elezione si riscontra un grande svantaggio, lo ammetto: il popolo non può scegliere liberamente tra i vari candidati colui che ritiene più degno della monarchia e che ama di più. Tuttavia, questo svantaggio non è nuovo in Polonia, dove, in diverse occasioni elettorali, si è visto come il popolo venisse costretto a scegliere proprio coloro che avrebbe rifiutato, indipendentemente dai suoi preferiti. Ma per questo vantaggio che ora non possiede più e che deve sacrificare, quante altre opportunità più importanti ottiene attraverso questa forma di elezione!
In primo luogo, l’azione del destino attenua improvvisamente le fazioni e le lotte delle nazioni straniere, le quali non possono influenzare questa elezione, essendo troppo incerte riguardo al successo per impegnarvi molti sforzi; inoltre, anche la frode sarebbe insufficiente a favorire un candidato che la nazione potrebbe sempre rifiutare. La sola grandezza di questo vantaggio è tale da garantire la tranquillità della Polonia, soffocare la corruzione nella repubblica e conferire all’elezione quasi tutta la serenità tipica di un processo ereditario.
Lo stesso vantaggio si verifica anche nei confronti delle stesse fazioni dei candidati; infatti, chi di loro vorrà impegnare risorse per ottenere una preferenza che non dipende dagli esseri umani, e sacrificare la propria fortuna per un evento che dipende da così tante circostanze sfavorevoli? Inoltre, coloro che il destino ha favorito non hanno più il tempo di comprare gli elettori, poiché le elezioni devono svolgersi nello stesso momento.
La libera scelta della nazione tra tre candidati la protegge dagli inconvenienti che deriverebbero dal fatto che il destino scegliesse una persona indegna; infatti, in tal caso, la nazione stessa si astenerebbe dallo scegliere tale persona. Inoltre, è impossibile che, tra trentatré uomini illustri – l’élite della nazione –, dove non si riesce nemmeno a immaginare come possa esserci una sola persona indegna, tutti e tre siano stati favoriti dal destino.
In questo modo – e questa osservazione è di grande rilievo – uniamo, con questo sistema, tutti i vantaggi dell’elettività a quelli dell’ereditarietà.
Innanzitutto, poiché la corona non passa dal padre al figlio, non esisterà mai continuità nel sistema di sottomissione della repubblica. In secondo luogo, anche in questa forma, il destino stesso rappresenta lo strumento di un’elezione consapevole e volontaria; all’interno del rispettabile corpo dei guardiani delle leggi e dei palatini che ne derivano, non è possibile compiere alcuna scelta che non sia già stata fatta dalla nazione stessa.
Ma considerate quale stimolo questa prospettiva debba rappresentare per i palatini e i grandi signori feudali, che, essendo in posizioni vitali, potrebbero rilassarsi nella certezza di non essere più destituiti dai loro incarichi. Non sono più soggetti alla paura; ma la speranza di occupare un trono che ognuno di loro vede così vicino a sé rappresenta un nuovo stimolo che li mantiene costantemente attenti a se stessi. Sanno che il destino non li favorirebbe invano se venissero esclusi dalle elezioni, e che l’unico modo per essere scelti è meritarlo. Questo vantaggio è troppo grande, troppo evidente, per necessitare di ulteriori sottolineature.
Supponiamo, per peggiorare le cose, che non sia possibile evitare le frodi nell’atto di determinazione del destino, e che uno dei concorrenti riesca a eludere la vigilanza di tutti gli altri, così interessati a questo processo. Tale frode rappresenterebbe una sfortuna per i candidati esclusi, ma l’effetto sulla repubblica sarebbe lo stesso come se la decisione del destino fosse stata imparziale; infatti si otterrebbero comunque i vantaggi legati all’elettione, si eviterebbero gli inconvenienti derivanti dai periodi di interregno e i pericoli dell’ereditarietà. Il candidato che, spinto dall’ambizione, ricorresse a una simile frode sarebbe comunque una persona meritevole, ritenuta tale dal giudizio della nazione, in grado di portare la corona con onore; e infine, anche dopo questa frode, il beneficio ne deriverebbe comunque dalla scelta successiva e formale della repubblica.
Par ce projet adopté dans toute son étendue, tout est lié dans l’état ; et depuis le dernier particulier jusqu’au premier palatin, nul ne voit aucun moyen d’avancer que par la route du devoir et de l’approbation publique. Le roi seul, une fois élu, ne voyant plus que les lois au-dessus de lui, n’a nul autre frein qui le contienne ; et n’ayant plus besoin de l’approbation publique, il peut s’en passer sans risque si ses projets le demandent. Je ne vois guère à cela qu’un remède auquel même il ne faut pas songer ; ce serait que la couronne fût en quelque manière amovible, et qu’au bout de certaines périodes les rois eussent besoin d’être confirmés. Mais, encore une fois, cet expédient n’est pas proposable : tenant le trône et l’état dans une agitation continuelle, il ne laisserait jamais l’administration dans une assiette assez solide pour pouvoir s’appliquer uniquement et utilement au bien public.
Il fut un usage antique qui n’a jamais été pratiqué que chez un seul peuple, mais dont il est étonnant que le succès n’ait tenté aucun autre de l’imiter. Il est vrai qu’il n’est guère propre qu’à un royaume électif, quoique inventé et pratiqué dans un royaume héréditaire. Je parle du jugement des rois d’Égypte après leur mort, et de l’arrêt par lequel la sépulture et les honneurs royaux leur étaient accordés ou refusés, selon qu’ils avaient bien ou mal gouverné l’état durant leur vie. L’indifférence des modernes sur tous les objets moraux et sur tout ce qui peut donner du ressort aux âmes, leur fera sans doute regarder l’idée de rétablir cet usage pour les rois de Pologne comme une folie, et ce n’est pas à des Français, surtout à des philosophes, que je voudrais tenter de la faire adopter ; mais je crois qu’on peut la proposer à des Polonais. J’ose même avancer que cet établissement aurait chez eux de grands avantages auxquels il est impossible de suppléer d’aucune autre manière, et pas un seul inconvénient. Dans l’objet présent, on voit qu’à moins d’une âme vile, et insensible à l’honneur de sa mémoire, il n’est pas possible que l’intégrité d’un jugement inévitable n’en impose au roi, et ne mette à ses passions un frein plus ou moins fort, je l’avoue, mais toujours capable de les contenir jusqu’à certain point, surtout quand on y joindra l’intérêt de ses enfants, dont le sort sera décidé par l’arrêt porté sur la mémoire du père.
Je voudrais donc qu’après la mort de chaque roi son corps fut déposé dans un lieu sortable, jusqu’à ce qu’il eût été prononcé sur sa mémoire ; que le tribunal qui doit en décider et décerner sa sépulture fût assemblé le plus tôt qu’il serait possible ; que là sa vie et son règne fussent examinés sévèrement ; et qu’après des informations dans lesquelles tout citoyen serait admis à l’accuser et à le défendre, le procès, bien instruit, fût suivi d’un arrêt porté avec toute la solennité possible.
En conséquence de cet arrêt, s’il était favorable, le feu roi serait déclaré bon et juste prince, son nom inscrit avec honneur dans la liste des rois de Pologne, son corps mis avec pompe dans leur sépulture, l’épithète de glorieuse mémoire ajoutée à son nom dans tous les actes et discours publics, un douaire assigné à sa veuve ; et ses enfants, déclarés princes royaux, seraient honorés leur vie durant de tous les avantages attachés à ce titre.
Que si, au contraire, il était trouvé coupable d’injustice, de violence, de malversation, et surtout d’avoir attenté à la liberté publique, sa mémoire serait condamnée et flétrie ; son corps privé de la sépulture royale serait enterré sans honneur comme celui d’un particulier, son nom effacé du registre public des rois ; et ses enfants, privés du titre de princes royaux et des prérogatives qui y sont attachées, rentreraient dans la classe des simples citoyens, sans aucune distinction honorable ni flétrissante.
Je voudrais que ce jugement se fit avec le plus grand appareil, mais qu’il précédât, s’il était possible, l’élection de son successeur, afin que le crédit de celui-ci ne pût influer sur la sentence dont il aurait pour lui-même intérêt d’adoucir la sévérité. Je sais qu’il serait à désirer qu’on eût plus de temps pour dévoiler bien des vérités cachées, et mieux instruire le procès. Mais si l’on tardait après l’élection, j’aurais peur que cet acte important ne devînt bientôt qu’une vaine cérémonie, et, comme il arriverait infailliblement dans un royaume héréditaire, plutôt une oraison funèbre du roi défunt qu’un jugement juste et sévère sur sa conduite. Il vaut mieux, en cette occasion, donner davantage à la voix publique, et perdre quelques lumières de détail, pour conserver l’intégrité et l’austérité d’un jugement qui sans cela deviendrait inutile.
À l’égard du tribunal qui prononcerait cette sentence, je voudrais que ce ne fût ni le sénat, ni la diète, ni aucun corps revêtu de quelque autorité dans le gouvernement, mais un ordre entier de citoyens, qui ne peut être aisément ni trompé ni corrompu. Il me paraît que les cives électi plus instruits, plus expérimentés que les servants d’état, et moins intéressés que les gardiens des lois, déjà trop voisins du trône, seraient précisément le corps intermédiaire où l’on trouverait à la fois le plus de lumières et d’intégrité, le plus propre à ne porter que des jugements sûrs et par là préférable aux deux autres en cette occasion. Si même il arrivait que ce corps ne fût pas assez nombreux pour un jugement de cette importance, j’aimerais mieux qu’on lui donnât des adjoints tirés des servants d’état que des gardiens des lois. Enfin je voudrais que ce tribunal ne fût présidé par aucun homme en place, mais par un maréchal tiré de son corps, et qu’il élirait lui-même comme ceux des diètes et des confédérations : tant il faudrait éviter qu’aucun intérêt particulier n’influât dans cet acte, qui peut devenir très auguste ou très ridicule, selon la manière dont il y sera procédé.
En finissant cet article de l’élection et du jugement des rois, je dois dire ici qu’une chose dans vos usages m’a paru bien choquante et bien contraire à l’esprit de votre constitution ; c’est de la voir presque renversée et anéantie à la mort du roi, jusqu’à suspendre et fermer tous les tribunaux ? comme si cette constitution tenait tellement à ce prince, que la mort de l’un fût la destruction de l’autre. Eh, mon dieu ! ce devrait être exactement le contraire. Le roi mort, tout devrait aller comme s’il vivait encore ; on devrait s’apercevoir à peine qu’il manque une pièce à la machine, tant cette pièce était peu essentielle à sa solidité. Heureusement cette inconséquence ne tient à rien. Il n’y a qu’à dire qu’elle n’existera plus, et rien au surplus ne doit être changé : mais il ne faut pas laisser subsister cette étrange contradiction ; car, si c’en est une déjà dans la présente constitution, c’en serait une bien plus grande encore après la réforme.
Chapitre 15. – Conclusion.
Through this project, which is adopted in its entirety, everything is interconnected within the state; and from the lowest individual to the highest-ranking nobleman, no one sees any other way forward but through the path of duty and public approval. The king alone, once elected, seeing nothing above him but the laws, has no other restraint to hold him back; and no longer needing public approval, he can dispense with it without risk if his plans require it. I see little in this but a remedy that should not even be considered; namely, that the crown could be made removable in some way, and that kings would need to be reaffirmed after certain periods. But once again, such a solution is not feasible: keeping both the throne and the state in a constant state of flux, it would never allow governance to become stable enough to focus solely and effectively on the public good.
There was an ancient practice that was never adopted by any other people than one alone; yet it is astonishing that no other nation ever felt tempted to imitate it. Indeed, it is a practice that is hardly suitable except for an elective monarchy, although it was invented and practiced in a hereditary kingdom. I am referring to the judgment rendered upon Egyptian kings after their death, and to the decision based on which their burial rites and royal honors were granted or denied, depending on whether they had governed well or poorly during their lifetime. The indifference of modern people toward all matters of morality and everything that could inspire the soul surely leads them to regard the idea of reinstating this practice for the kings of Poland as nothing but madness. And it is certainly not my intention to try to persuade French people, especially philosophers, to adopt it; but I believe it could be proposed to the Poles themselves. I even dare to say that such a system would bring them great advantages that cannot be compensated for in any other way, and that it would have not a single drawback. In this regard, it is clear that, unless a person has a vile soul and is utterly insensitive to the honor of his own memory, the inevitability of such a judgment will surely impose restraint upon the king and exert more or less strong control over his passions—though, I admit, it may not always be able to completely contain them. Especially when the fate of his children is also at stake, determined by the verdict rendered on their father’s memory.
Therefore, I wish that after the death of each king, his body should be placed in a proper place until a judgment regarding his memory had been rendered; that the tribunal responsible for making this decision and determining his burial site should be convened as soon as possible; that there his life and reign should be examined thoroughly; and that after hearings at which any citizen could accuse or defend him, the trial, conducted with due diligence, should be followed by a verdict issued with all due solemnity.
As a result of this decree, if it were favorable, the deposed king would be declared to be a legitimate and just prince; his name would be honorably inscribed on the list of Polish kings; his body would be laid with pomp in their royal tombs; the title “glorious memory” would be added to his name in all official documents and public speeches; a pension would be assigned to his widow; and his children, declared royal princes, would enjoy for life all the privileges associated with that status.
On the contrary, if he were found guilty of injustice, violence, malfeasance, and especially of having attacked public freedom, his memory would be condemned and disgraced; his body would be buried without honor, like that of a commoner, and his name would be erased from the official register of kings. His children, deprived of their royal titles and the privileges associated with them, would return to the ranks of ordinary citizens, without any honorable distinction or disgrace.
I would wish that such a judgment be rendered using the most thorough procedures possible, but that it take place before the election of his successor, if at all feasible. This way, the credibility of the successor would not influence the verdict—especially since it would be in his own interest to have the severity of the judgment mitigated. I know it would be desirable to have more time to uncover many hidden truths and to conduct a more thorough investigation. However, if the process were delayed until after the election, I fear that this important procedure might soon become nothing more than a mere formality. Moreover, in a hereditary monarchy, such a judgment would likely serve more as a funeral oration for the deceased king than as a fair and rigorous assessment of his actions. In this case, it is better to give greater weight to the public opinion—and perhaps sacrifice some detailed knowledge—in order to maintain the integrity and severity of a judgment that, otherwise, might prove utterly futile.
As for the tribunal that would render this judgment, I would prefer that it not be the senate, nor the diet, nor any body vested with authority within the government, but rather a whole order of citizens who cannot be easily deceived or corrupted. In my opinion, elected citizens who are more educated and experienced than those who serve in the state, and who have less personal interests at stake than those who safeguard the laws—since they are not too closely connected to the throne—would precisely be the intermediary body that would combine the greatest wisdom and integrity, making them best suited to render sound judgments and thus superior to the other two options in this matter. Even if such a body were not large enough to handle a judgment of such importance, I would prefer to appoint assistants from among those who serve in the state rather than those who safeguard the laws. Lastly, I would want that this tribunal be presided over not by any current holder of office, but by a marshal chosen from within its own ranks, and that it elect its members just as diets and confederations do—since it is essential to ensure that no particular interests influence such an act, which could either be extremely honorable or utterly ridiculous, depending on how it is conducted.
In concluding this article on the election and judgment of kings, I must say that one practice among you has seemed to me utterly shocking and completely contrary to the spirit of your constitution. It consists in seeing that constitution almost overturned and destroyed upon the death of a king, to the extent that all courts are suspended and closed—as if this constitution were so inseparably linked to that monarch that his death would mean its destruction. Oh, my God! The opposite should be true. When a king dies, everything should continue as if he were still alive; one should hardly notice that a vital component of the system is missing, since it is so insignificant to its overall stability. Fortunately, this inconsistency is purely nominal. It simply means that such practices will no longer exist after the reform is implemented—nothing else needs to be changed. But we must not allow this strange contradiction to persist, for if it exists within the current constitution, it would become even more pronounced after the reforms are made.
Chapter 15. – Conclusion.
Con questo progetto adottato nella sua interezza, tutto è collegato nello stato; e dal più piccolo particolare fino al primo membro della famiglia reale, nessuno vede alcun altro mezzo per procedere se non attraverso il sentiero del dovere e dell’approvazione pubblica. Solo il re, una volta eletto, non vedendo più nulla al di sopra delle leggi, non ha altri freni che lo contengano; e non avendo più bisogno dell’approvazione pubblica, può farne a meno senza rischi, se i suoi progetti lo richiedono. Non vedo però alcuna soluzione a questo problema, nemmeno una che si debba prendere in considerazione; essa sarebbe quella di rendere la corona in qualche modo revocabile, e di far sì che, alla fine di determinati periodi, i re avessero bisogno di essere confermati nel loro ruolo. Ma ancora una volta, questa soluzione non è praticabile: mantenendo il trono e lo stato in uno stato di continua instabilità, non permetterebbe mai che l’amministrazione raggiungesse una stabilità sufficiente per potersi dedicare esclusivamente e efficacemente al bene pubblico.
Si trattava di un’usanza antica che fu mai praticata se non da un solo popolo; è sorprendente che il suo successo non abbia indotto nessun altro a imitarla. È vero che tale pratica è particolarmente adatta a un regno elettivo, anche se fu inventata e messa in atto in un regno ereditario. Mi riferisco al giudizio dei re d’Egitto dopo la loro morte, nonché alla decisione con cui venivano concessi o negati loro sepoltura ed onori reali, a seconda che avessero governato bene o male lo stato durante la loro vita. L’indifferenza dei moderni verso tutti gli aspetti morali e verso tutto ciò che può stimolare l’anima li farà sicuramente considerare l’idea di ripristinare questa usanza per i re di Polonia come una follia; non è certo a dei francesi, soprattutto a dei filosofi, che vorrei chiedere di adottarla. Ma credo che possa essere proposta ai polacchi. Oso persino affermare che tale istituzione avrebbe per loro grandi vantaggi, irrinunciabili con qualsiasi altro mezzo, e nessun inconveniente. In questo contesto, si può vedere che, a meno di avere un’anima vile e insensibile all’onore della propria memoria, è impossibile che l’integrità di un giudizio inevitabile non imponga al re un freno alle sue passioni. Un freno più o meno efficace, lo ammetto, ma comunque in grado di contenerle fino a un certo punto, soprattutto se vi si aggiunge l’interesse dei suoi figli, il cui destino sarà deciso dalla decisione presa riguardo alla memoria del padre.
Vorrei quindi che, dopo la morte di ogni re, il suo corpo fosse deposto in un luogo degno, fino a quando non fosse stata emessa una sentenza sulla sua memoria; che il tribunale incaricato di decidere e assegnargli una sepoltura si riunisse il prima possibile; che lì la sua vita e il suo regno venissero esaminati con rigore; e che, dopo un’inchiesta a cui ogni cittadino potesse partecipare per accusarlo o difenderlo, il processo, condotto con attenzione, fosse seguito da una sentenza emessa con tutta la solennità possibile.
In seguito a questa decisione, qualora fosse favorevole, il re Firenze sarebbe stato dichiarato principe legittimo e giusto; il suo nome sarebbe stato onorosamente inserito nell’elenco dei re di Polonia, il suo corpo sarebbe stato sepolto con solennità nelle loro tombe, l’appellativo di “memoria gloriosa” sarebbe stato aggiunto al suo nome in tutti gli atti e discorsi pubblici, e alla sua vedova sarebbe stata assegnata una dote. Inoltre, i suoi figli, dichiarati principi reali, avrebbero ricevuto per tutta la vita tutti i vantaggi connessi a tale titolo.
Se, al contrario, fosse stato ritenuto colpevole di ingiustizia, violenza, malversazione, e soprattutto di aver attentato alla libertà pubblica, la sua memoria sarebbe stata condannata e disprezzata; il suo corpo sarebbe stato sepolto senza onore, come quello di un privato, il suo nome cancellato dal registro ufficiale dei re; e i suoi figli, privati del titolo di principi reali e delle prerogative ad esso associate, sarebbero tornati a far parte della classe dei comuni cittadini, senza alcuna distinzione onorevole né umiliante.
Desidererei che questo giudizio venisse pronunciato con il massimo impegno possibile, ma che, se possibile, precedesse l’elezione del suo successore, affinché la credibilità di quest’ultimo non influenzasse la sentenza, la cui severità potrebbe essere mitigata a suo vantaggio. So che sarebbe auspicabile disporre di più tempo per rivelare molte verità nascoste e per preparare meglio il processo. Tuttavia, se si ritardasse dopo l’elezione, temerei che questo atto importante diventasse ben presto una semplice cerimonia formale; inoltre, essendo inevitabile in un regno ereditario, sarebbe più simile a un elogio funebre del re defunto che a un giudizio equo e severo sulla sua condotta. In questa circostanza, è preferibile dare maggiore peso alla voce pubblica, anche a scapito di alcune informazioni dettagliate, pur di mantenere l’integrità e la rigorosità di una sentenza che, altrimenti, risulterebbe inutile.
Per quanto riguarda il tribunale che pronuncerebbe questa sentenza, vorrei che non fosse né il senato, né la dieta, né alcun organo investito di autorità nel governo, ma un intero corpo di cittadini che non possa essere facilmente ingannato o corrotto. Mi sembra che i cittadini eletti, più istruiti e più esperti dei funzionari di stato, e meno interessati dei guardiani delle leggi – essendo già troppo vicini al trono – siano proprio l’organo intermedio in grado di offrire sia la massima saggezza che l’integrità necessarie per emettere giudizi sicuri; per questo motivo sarebbero preferibili rispetto agli altri due. Anche nel caso in cui tale corpo non fosse abbastanza numeroso per un giudizio di tale importanza, preferirei che gli venissero assegnati assistenti tra i funzionari di stato piuttosto che tra i guardiani delle leggi. Infine, vorrei che questo tribunale non fosse presieduto da alcuna persona in carica, ma da un maresciallo scelto appositamente per tale incarico, e che i suoi membri venissero eletti allo stesso modo dei componenti delle diete e delle confederazioni: è necessario evitare a tutti i costi che interessi particolari influenzino un atto così importante, il cui esito può rivelarsi sia molto solenne che molto ridicolo, a seconda del modo in cui verrà condotto.
Concludendo questo articolo sull’elezione e sul giudizio dei re, devo dire che una cosa nei vostri usi mi è sembrata davvero scioccante e in totale contrasto con lo spirito della vostra costituzione: si tratta del fatto che essa sembra essere quasi completamente sovvertita e annullata alla morte del re, al punto da sospendere e chiudere tutti i tribunali, come se questa costituzione dipendesse così strettamente da quel principe da rendere la sua morte equivalente alla distruzione dell’intera struttura politica. Oh mio Dio! Dovrebbe invece essere esattamente il contrario: con la morte del re, tutto dovrebbe continuare come se fosse ancora in vita; si dovrebbe quasi non accorgersi della sua assenza, tanto quella figura è poco essenziale per la solidità dell’intero sistema. Fortunatamente, questa incongruenza non ha alcuna rilevanza pratica: basta semplicemente dichiarare che non esisterà più, e nulla altro deve essere cambiato. Ma non si può permettere che questa strana contraddizione rimanga in vigore; perché, se già ora rappresenta un difetto nella costituzione attuale, dopo la riforma diventerebbe ancora più grave.
Capitolo 15. – Conclusione.
Voilà mon plan suffisamment esquissé : je m’arrête. Quel que soit celui qu’on adoptera, l’on ne doit pas oublier ce que j’ai dit dans le Contrat social[691] de l’état de faiblesse et d’anarchie où se trouve une nation tandis qu’elle établit ou réforme sa constitution. Dans ce moment de désordre et d’effervescence elle est hors d’état de faire aucune résistance, et le moindre choc est capable de tout renverser. Il importe donc de se ménager à tout prix un intervalle de tranquillité durant lequel on puisse sans risque agir sur soi-même et rajeunir sa constitution. Quoique les changements à faire dans la vôtre ne soient pas fondamentaux et ne paraissent pas fort grands, ils sont suffisants pour exiger cette précaution ; et il faut nécessairement un certain temps pour sentir l’effet de la meilleure réforme et prendre la consistance qui doit en être le fruit. Ce n’est qu’en supposant que le succès réponde au courage des confédérés et à la justice de leur cause, qu’on peut songer à l’entreprise dont il s’agit. Vous ne serez jamais libres tant qu’il restera un seul soldat russe en Pologne, et vous serez toujours menacés de cesser de l’être tant que la Russie se mêlera de vos affaires. Mais si vous parvenez à la forcer de traiter avec vous comme de puissance à puissance, et non plus comme de protecteur à protégé, profitez alors de l’épuisement où l’aura jetée la guerre de Turquie pour faire votre œuvre avant qu’elle puisse la troubler. Quoique je ne fasse aucun cas de la sûreté qu’on se procure au-dehors par des traités, cette circonstance unique vous forcera peut-être de vous étayer, autant qu’il se peut, de cet appui ; ne fût-ce que pour connaître la disposition présente de ceux qui traiteront avec vous. Mais ce cas excepté, et peut-être en d’autres temps quelques traités de commerce, ne vous fatiguez pas à de vaines négociations, ne vous ruinez pas en ambassadeurs et ministres dans d’autres cours, et ne comptez pas les alliances et traités pour quelque chose. Tout cela ne sert de rien avec les puissances chrétiennes : elles ne connaissent d’autres liens que ceux de leur intérêt : quand elles le trouveront à remplir leurs engagements, elles les rempliront ; quand elles le trouveront à les rompre, elles les rompront : autant vaudrait n’en point prendre. Encore si cet intérêt était toujours vrai, la connaissance de ce qu’il leur convient de faire pourrait faire prévoir ce qu’elles feront. Mais ce n’est presque jamais la raison d’état qui les guide, c’est l’intérêt momentané d’un ministre, d’une fille, d’un favori ; c’est le motif qu’aucune sagesse humaine n’a pu prévoir, qui les détermine tantôt pour, tantôt contre leurs vrais intérêts. De quoi peut-on s’assurer avec des gens qui n’ont aucun système fixe, et qui ne se conduisent que par des impulsions fortuites ? Rien n’est plus frivole que la science politique des cours : comme elle n’a nul principe assuré, l’on n’en peut tirer aucune conséquence certaine ; et toute cette belle doctrine des intérêts des princes est un jeu d’enfant qui fait rire les hommes sensés.
Ne vous appuyez donc avec confiance ni sur vos alliés ni sur vos voisins. Vous n’en avez qu’un sur lequel vous puissiez un peu compter, c’est le grand-seigneur, et vous ne devez rien épargner pour vous en faire un appui : non que ses maximes d’état soient beaucoup plus certaines que celles des autres puissances ; tout y dépend également d’un vizir, d’une favorite, d’une intrigue de sérail : mais l’intérêt de la Porte est clair, simple ; il s’agit de tout pour elle ; et généralement il y règne, avec bien moins de lumières et de finesse, plus de droiture et de bon sens. On a du moins avec elle cet avantage de plus qu’avec les puissances chrétiennes, qu’elle aime à remplir ses engagements et respecte ordinairement les traités. Il faut tâcher d’en faire avec elle un pour vingt ans, aussi fort, aussi clair qu’il sera possible. Ce traité, tant qu’une autre puissance cachera ses projets, sera le meilleur, peut-être le seul garant que vous puissiez avoir ; et, dans l’état où la présente guerre laissera vraisemblablement la Russie, j’estime qu’il peut vous suffire pour entreprendre avec sûreté votre ouvrage ; d’autant plus que l’intérêt commun des puissances de l’Europe, et surtout de vos autres voisins, est de vous laisser toujours pour barrière entre eux et les Russes, et qu’à force de changer de folies il faut bien qu’ils soient sages au moins quelquefois.
Une chose me fait croire que généralement on vous verra sans jalousie travailler à la réforme de votre constitution ; c’est que cet ouvrage ne tend qu’à l’affermissement de la législation, par conséquent de la liberté, et que cette liberté passe dans toutes les cours pour une manie de visionnaires qui tend plus à affaiblir qu’à renforcer un état. C’est pour cela que la France a toujours favorisé la liberté du corps germanique et de la Hollande, et c’est pour cela qu’aujourd’hui la Russie favorise le gouvernement présent de Suède, et contrecarre de toutes ses forces les projets du roi. Tous ces grands ministres qui, jugeant les hommes en général sur eux-mêmes et ceux qui les entourent, croient les connaître, sont bien loin d’imaginer quel ressort l’amour de la patrie et l’élan de la vertu peuvent donner à des âmes libres. Ils ont beau être les dupes de la basse opinion qu’ils ont des républiques et y trouver dans toutes leurs entreprises une résistance qu’ils n’attendaient pas, ils ne reviendront jamais d’un préjugé fondé sur le mépris dont ils se sentent dignes, et sur lequel ils apprécient le genre humain. Malgré l’expérience assez frappante que les Russes viennent de faire en Pologne, rien ne les fera changer d’opinion. Ils regarderont toujours les hommes libres comme il faut les regarder eux-mêmes, c’est-à-dire comme des hommes nuls, sur lesquels deux seuls instruments ont prise, savoir l’argent et le knout. S’ils voient donc que la république de Pologne, au lieu de s’appliquer à remplir ses coffres, à grossir ses finances, à lever bien des troupes réglées, songe au contraire à licencier son armée et à se passer d’argent, ils croiront qu’elle travaille à s’affaiblir ; et, persuadés qu’ils n’auront pour en faire la conquête qu’à s’y présenter quand ils voudront, ils la laisseront se régler tout à son aise, en se moquant en eux-mêmes de son travail. Et il faut convenir que l’état de liberté ôte à un peuple la force offensive, et qu’en suivant le plan que je propose on doit renoncera tout espoir de conquête. Mais que, votre œuvre faite, dans vingt ans les Russes tentent de vous envahir, et ils connaîtront quels soldats sont pour la défense de leurs foyers ces hommes de paix qui ne savent pas attaquer ceux des autres, et qui ont oublié le prix de l’argent.
[692]Au reste, quand vous serez délivrés de ces cruels hôtes, gardez-vous de prendre envers le roi qu’ils ont voulu vous donner aucun parti mitigé. Il faut ou lui faire couper la tête, comme il l’a mérité, ou, sans avoir égard à sa première élection, qui est de toute nullité, l’élire de nouveau avec d’autres pacta conventa, par lesquels vous le ferez renoncer à la nomination des grandes places. Le second parti n’est pas seulement le plus humain, mais le plus sage ; j’y trouve même une certaine fierté généreuse qui peut-être mortifiera bien autant la cour de Pétersbourg que si vous faisiez une autre élection. Poniatowski fut très criminel sans doute ; peut-être aujourd’hui n’est-il plus que malheureux : du moins, dans la situation présente, il me paraît se conduire assez comme il doit le faire en ne se mêlant de rien du tout. Naturellement il doit au fond de son cœur désirer ardemment l’expulsion de ses durs maîtres. Il y aurait peut-être un héroïsme patriotique à se joindre, pour les chasser, aux confédérés ; mais on sait bien que Poniatowski n’est pas un héros : d’ailleurs, outre qu’on ne le laisserait pas faire, et qu’il est gardé à vue infailliblement, devant tout au Russe, je déclare franchement que, si j’étais à sa place, je ne voudrais pour rien au monde être capable de cet héroïsme-là.
Je sais bien que ce n’est pas là le roi qu’il vous faut quand votre réforme sera faite ; mais c’est peut-être celui qu’il vous faut pour la faire tranquillement. Qu’il vive seulement encore huit ou dix ans, votre machine alors ayant commencé d’aller, et plusieurs palatinats étant déjà remplis par des gardiens des lois, vous n’aurez pas peur de lui donner un successeur qui lui ressemble : mais j’ai peur, moi, qu’en le destituant simplement, vous ne sachiez qu’en faire, et que vous ne vous exposiez à de nouveaux troubles.
Here is my plan, roughly outlined: I stop here. Whatever plan is ultimately adopted, we must not forget what I said in the Social Contract[691] about the state of weakness and anarchie in which a nation finds itself when it is establishing or reforming its constitution. During such times of disorder and turmoil, a nation is incapable of offering any resistance, and even the slightest shock can overturn everything. Therefore, it is imperative to secure a period of tranquility during which we can safely work on reforming our own institutions and renewing our constitutional framework. Although the changes needed in your constitution may not be fundamental or seem significant, they are nonetheless sufficient to warrant such caution; moreover, it always takes time to see the effects of even the best reforms and for them to yield the desired results. Only assuming that success will depend on the courage of the confederates and the justice of their cause can we consider undertaking this enterprise. You will never be truly free so long as there is a single Russian soldier left in Poland, and you will always be at risk of losing your freedom as long as Russia continues to interfere in your affairs. But if you manage to force it to treat you as an equal power, rather than as a protector, then take advantage of the exhaustion caused by the war with Turkey to carry out your reforms before it can disrupt them. Although I hold little regard for the security that can be obtained through treaties with foreign powers, this unique circumstance may compel you to seek such support whenever possible—at least in order to understand the current intentions of those who will negotiate with you. But apart from this case, and perhaps some occasional trade agreements, do not waste time on futile negotiations, nor spend vast sums on sending diplomats and ministers to other courts; do not rely on alliances and treaties for anything. All such things are of no use when dealing with Christian powers: they recognize only those ties that serve their own interests. When it serves their interests to keep their promises, they will keep them; when it serves their interests to break them, they will break them—so it is tantamount to not having any agreements at all. Even if this interest were always consistent, knowing what would be in their best interests might allow us to predict their actions. But almost never is it the state’s overall interests that guide them; rather, it is the fleeting whims of a minister, a woman, or a favorite—reasons that no human wisdom can foresee and that often lead them to act against their true interests. What can one rely on with people who have no fixed principles and act solely on random impulses? Nothing is more frivolous than the political science of courts: since it lacks any firm principle upon which to rely, no certain conclusions can be drawn from it; and all that so-called doctrine concerning the interests of princes is nothing but a child’s game that makes sensible people laugh.
Therefore, do not place your trust in either your allies or your neighbors. There is only one person upon whom you can rely to some extent, and that is the Grand Sultan; you must spare no effort to make him your ally. It is true that his policies are no more certain than those of other powers—everything depends on a vizier, a favorite, or some palace intrigue—but the interests of the Ottoman Empire are clear and straightforward. For them, everything counts; and generally speaking, they operate with less wisdom and subtlety, yet greater fairness and common sense. At least one advantage they have over Christian powers is that they tend to keep their promises and usually respect treaties. You should strive to establish a firm and clear treaty with them for twenty years. As long as another power conceals its own plans, such a treaty will be your best, perhaps your only guarantee of safety. Given the state in which the current war is likely to leave Russia, I believe it may be sufficient for you to carry out your objectives with confidence. Moreover, it is in the common interest of all European powers—and especially of your other neighbors—to keep you as a barrier between them and the Russians; after all, after so many acts of madness, they will surely have to act wisely at some point.
One thing leads me to believe that people generally will watch you work on reforming your constitution without any jealousy—namely, that this endeavor is aimed solely at strengthening the legal system and, by extension, freedom. Yet in every court, such freedom is regarded as the whimsy of visionaries who seek to weaken rather than reinforce a state. This is why France has always favored the freedoms of the Germanic peoples and of Holland; it is also why Russia today supports the current government of Sweden and does everything in its power to thwart the king’s plans. All these ministers, who judge people based on themselves and those around them, believing they understand them well, have no idea what the love for one’s country and the drive for virtue can inspire in free souls. Despite their experiences with republics—where they encounter unexpected resistance in their endeavors—they remain stuck in preconceptions born out of their own contempt for such regimes and their disdain for humanity. Even after the rather striking lessons Russia has learned in Poland, nothing will change their views. They will continue to regard free people as worthless beings whom only money and the whip can control. If they see that the Polish republic, instead of focusing on enriching itself or building a strong military, chooses to demobilize its forces and abandon wealth, they will assume it is working to weaken itself. Convicted that they could conquer it whenever they wished, they will allow it to operate freely, mocking its efforts in the process. It must be acknowledged that a state of freedom deprives a people of its offensive strength; following the plan I propose would mean giving up all hope of conquest. But once your work is completed, if Russia were to attempt to invade you in twenty years, they would discover what kind of soldiers defend their homes—these peaceful men who lack the ability to attack others and have forgotten the value of money.
[692] Moreover, when you are finally free from these cruel masters, be careful not to show any leniency toward the king they sought to impose upon you. You must either have his head cut off, as he deserves, or—regardless of his initial election, which is utterly invalid—elect him again under new terms and conditions that force him to renounce the right to appoint high-ranking officials. This second option is not only the most humane but also the wisest; in fact, it carries a certain noble dignity that could perhaps humiliate the court of St. Petersburg just as much as any other election would. Poniatowski was undoubtedly very guilty; perhaps today he is merely unfortunate. At least, given the current circumstances, his behavior seems entirely appropriate: he is staying completely out of it. Of course, deep down in his heart, he must ardently desire the expulsion of his harsh masters. It might require patriotic heroism to join the confederates in driving them away; but we know well that Poniatowski is no hero. Moreover, aside from the fact that such an action would never be allowed and that he is constantly under surveillance by the Russians, I must frankly say that if I were in his position, I would not want to be capable of such heroism at all.
I well know that he is not the kind of king you will need once your reforms are completed; but perhaps he is exactly the man you need to carry them out peacefully. If he were to live for another eight or ten years, by then your system would have already begun to function effectively, and several principalities would already be governed by men dedicated to upholding the law. In that case, you would have no fear of appointing a successor who resembled him. But I am afraid that simply removing him from power might lead you to make mistakes and expose you to new troubles.
Ecco il mio piano sufficientemente delineato: mi fermo qui. Qualunque sia la decisione che verrà presa, non si deve dimenticare ciò che ho detto nel Contratto sociale riguardo allo stato di debolezza e anarchia in cui si trova una nazione quando sta stabilendo o riformando la propria costituzione. In questo momento di disordine ed eccitazione, essa è incapace di resistere in alcun modo, e il minimo shock può rovesciare tutto. È quindi essenziale garantirsi a tutti i costi un periodo di tranquillità durante il quale si possa agire su se stessi senza rischi e rinnovare la propria costituzione. Anche se i cambiamenti da apportare nella vostra costituzione non sono fondamentali o sembrano modesti, sono sufficienti per richiedere questa precauzione; inoltre, è necessario del tempo per percepire gli effetti di una buona riforma e per raggiungere la stabilità che ne deriva. Solo supponendo che il successo dipenda dal coraggio dei confederati e dalla giustizia della loro causa, si può pensare all’impresa in questione. Non sarete mai liberi finché in Polonia rimarrà anche un solo soldato russo, e sarete sempre minacciati di perdere questa libertà finché la Russia interverrà nelle vostre faccende. Ma se riuscite a costringerla a trattare con voi come una potenza con un’altra potenza, e non più come un protettore con un protetto, approfittate allora dello sfinimento in cui l’avrà gettata la guerra contro la Turchia per portare a termine il vostro lavoro prima che essa possa interferire. Anche se non do molto valore alla sicurezza che si può ottenere all’estero attraverso trattati, questa circostanza unica potrebbe forzarvi ad appoggiarvi in qualche modo a tale supporto; anche solo per conoscere la posizione attuale di coloro che tratteranno con voi. Ma, fatta eccezione per questo caso, e forse in altri momenti per alcuni trattati commerciali, non sprecate energie in vane negoziazioni, non rovinatevi inviando ambasciatori e ministri in altre corti, e non considerate le alleanze e i trattati come qualcosa di significativo. Tutto ciò è inutile con le potenze cristiane: esse conoscono solo legami legati ai loro interessi personali; quando questi interessi richiedono che mantengano le loro promesse, le mantengono; quando invece richiedono che le rompano, le rompono, tanto vale non averne fatta alcuna. Anche se questo interesse fosse sempre sincero, conoscere ciò che è meglio per loro potrebbe permetterci di prevedere le loro azioni. Ma quasi mai è l’interesse dello stato a guidarle: spesso sono gli interessi momentanei di un ministro, di una donna, di un favorito a determinare le loro decisioni, motivi che nessuna saggezza umana può prevedere con certezza. Di cosa ci si può fidare con persone che non seguono alcun piano stabile e che agiscono solo su impulsi casuali? Niente è più frivolo della scienza politica delle corti: poiché essa non si basa su alcun principio certo, non ne possono derivare conclusioni sicure; e tutta questa presunta “dottrina” sugli interessi dei principi non è altro che un gioco da bambini che fa ridere le persone sensate.
Pertanto, non vi affidate con fiducia né ai vostri alleati né ai vostri vicini. Avete soltanto uno su cui poter contare un po’, ed è il gran signore; dovete quindi fare di tutto per renderlo un vostro sostegno. Non perché le sue politiche siano molto più affidabili rispetto a quelle delle altre potenze: anche in questo caso, tutto dipende da un visir, da una favorita, da intrighi di corte. Ma gli interessi della Porta sono chiari e semplici; per lei, tutto conta, e generalmente prevale più giustizia e buon senso, anche se spesso mancano “lumi” e raffinatezza. Almeno con lei avete il vantaggio che, a differenza delle potenze cristiane, ama mantenere le sue promesse e rispetta solitamente i trattati. Dovete cercare di stipulare un accordo con lei per vent’anni, il più solido e chiaro possibile. Questo trattato, finché un’altra potenza non nasconderà i propri piani, sarà probabilmente la migliore, anzi l’unica garanzia che possiate avere. E, considerando lo stato in cui la guerra attuale lascerà probabilmente la Russia, credo che possa bastare per intraprendere con sicurezza le vostre azioni. Soprattutto perché l’interesse comune delle potenze europee, e soprattutto di altri vostri vicini, è proprio quello di lasciarvi sempre come barriera tra loro e i Russi; e, dopo tante follie, alla fine dovranno pur imparare a essere saggi, almeno qualche volta.
Una cosa mi fa credere che generalmente si vi vedrà lavorare alla riforma della vostra costituzione senza gelosia; ed è che tale opera tende unicamente al rafforzamento della legislazione e, di conseguenza, alla libertà. Tuttavia, in tutte le corti questa libertà viene considerata una mania di visionari che mirano più a indebolire che a rafforzare uno stato. È per questo che la Francia ha sempre favorito la libertà del popolo tedesco e olandese; ed è per questo che oggi la Russia sostiene il governo attuale della Svezia, ostacolando con tutte le sue forze i progetti del re. Tutti questi grandi ministri, che giudicano gli uomini in base a loro stessi e a coloro che li circondano, credendo di conoscerli bene, non possono immaginare quale slancio l’amore per la patria e l’impulso della virtù possano dare a anime libere. Nonostante abbiano fatto esperienza diretta in Polonia, nulla li farà cambiare opinione: continueranno sempre a considerare gli uomini liberi come esseri insignificanti, su cui soltanto due strumenti hanno effetto: il denaro e il bastone. Se vedranno che la repubblica di Polonia, invece di concentrarsi sul riempire i propri forzieri, sul rafforzare le proprie finanze o sul reclutare un gran numero di truppe regolari, cerca invece di ridurre le spese militari e di fare a meno di denaro, crederanno che stia cercando di indebolirsi; e, convinti che possano conquistarla soltanto quando lo vorranno, la lasceranno agire liberamente, deridendo al contempo i suoi sforzi. Bisogna ammettere che lo stato di libertà toglie a un popolo la forza offensiva; e seguendo il piano che propongo, bisognerà rinunciare a qualsiasi speranza di conquista. Ma se, una volta completata la vostra opera, tra vent’anni i Russi cercheranno di invadervi, scopriranno quali soldati siano realmente pronti a difendere le loro case: quegli uomini di pace che non sanno attaccare gli altri e che hanno dimenticato il valore del denaro.
[692] Del resto, quando sarete liberati da questi crudeli padroni, fate attenzione a non prendere verso il re che loro hanno voluto darvi alcuna posizione moderata. È necessario o fargli tagliare la testa, come merita, oppure, senza tenere conto della sua prima elezione, che è del tutto nulla, rieleggerlo con altri patti e accordi, attraverso i quali lo costringerete a rinunciare alla nomina alle cariche più importanti. Quest’ultima soluzione non è solo la più umana, ma anche la più saggia; vi trovo persino una certa nobiltà d’animo che potrebbe umiliare altrettanto la corte di San Pietroburgo quanto se si effettuasse un’altra elezione. Poniatowski fu senza dubbio molto colpevole; forse oggi non è altro che sfortunato: almeno, nella situazione attuale, mi sembra comportarsi abbastanza bene nel non immischiarsi affatto in nulla. Naturalmente, nel profondo del suo cuore deve desiderare ardentemente l’allontanamento dei suoi duri padroni. Forse ci sarebbe un eroismo patriottico nell’unirsi ai confederati per scacciarli; ma si sa bene che Poniatowski non è un eroe: inoltre, oltre al fatto che non glielo permetterebbero e che viene costantemente sorvegliato da parte dei russi, devo ammettere francamente che, se fossi al suo posto, non vorrei assolutamente essere capace di un simile atto di eroismo.
So bene che questo non è il re di cui avrete bisogno quando la vostra riforma sarà completata; ma forse è proprio lui l’uomo necessario per realizzarla in modo pacifico. Se solo potesse vivere ancora otto o dieci anni: la vostra struttura politica, ormai avviata, e molti principati già governati da persone fedeli alle leggi, vi permetterebbero di nominargli un successore simile a lui senza timori. Ma temo che, semplicemente destituirlo, non sapreste cosa farne e vi esporreste a nuovi problemi.
De quelque embarras néanmoins que vous puissiez délivrer sa libre élection, il n’y faut songer qu’après s’être bien assuré de ses véritables dispositions, et dans la supposition qu’on lui trouvera encore quelque bon sens, quelque sentiment d’honneur, quelque amour pour son pays, quelque connaissance de ses vrais intérêts, et quelque désir de les suivre ; car en tout temps, et surtout dans la triste situation où les malheurs de la Pologne vont la laisser, il n’y aurait rien pour elle de plus funeste que d’avoir un traître à la tête du gouvernement.
Quant à la manière d’entamer l’œuvre dont il s’agit, je ne puis goûter toutes les subtilités qu’on vous propose pour surprendre et tromper en quelque sorte la nation sur les changements à faire à ses lois. Je serais d’avis seulement, en montrant votre plan dans toute son étendue, de n’en point commencer brusquement l’exécution par remplir la république de mécontents, de laisser en place la plupart de ceux qui y sont, de ne conférer les emplois selon la nouvelle réforme qu’à mesure qu’ils viendraient à vaquer. N’ébranlez jamais trop brusquement la machine. Je ne doute point qu’un bon plan une fois adopté ne change même l’esprit de ceux qui auront eu part au gouvernement sous un autre. Ne pouvant créer tout d’un coup de nouveaux citoyens, il faut commencer par tirer parti de ceux qui existent ; et offrir une route nouvelle à leur ambition, c’est le moyen de les disposer à la suivre.
Que si, malgré le courage et la constance des confédérés, et malgré la justice de leur cause, la fortune et toutes les puissances les abandonnent, et livrent la patrie à ses oppresseurs… Mais je n’ai pas l’honneur d’être Polonais, et, dans une situation pareille à celle où vous êtes, il n’est permis de donner son avis que par son exemple.
Je viens de remplir selon la mesure de mes forces, et plût à Dieu que ce fut avec autant de succès que d’ardeur, la tâche que M. le comte Wielhorski m’a imposée. Peut-être tout ceci n’est-il qu’un tas de chimères ; mais voilà mes idées. Ce n’est pas ma faute si elles ressemblent si peu à celles des autres hommes, et il n’a pas dépendu de moi d’organiser ma tête d’une autre façon. J’avoue même que, quelque singularité qu’on leur trouve, je n’y vois rien, quant à moi, que de bien adapté au cœur humain, de bon, de praticable, surtout en Pologne, m’étant appliqué dans mes vues à suivre l’esprit de cette république, et à n’y proposer que le moins de changements que j’ai pu pour en corriger les défauts. Il me semble qu’un gouvernement monté sur de pareils ressorts doit marcher à son vrai but aussi directement, aussi sûrement, aussi longtemps qu’il est possible ; n’ignorant pas au surplus que tous les ouvrages des hommes sont imparfaits, passagers, et périssables comme eux.
J’ai omis à dessein beaucoup d’articles très importants sur lesquels je ne me sentais pas les lumières suffisantes pour en bien juger. Je laisse ce soin à des hommes plus éclairés et plus sages que moi ; et je mets fin à ce long fatras en faisant à M. le comte Wielhorski mes excuses de l’en avoir occupé si longtemps. Quoique je pense autrement que les autres hommes, je ne me flatte pas d’être plus sage qu’eux, ni qu’il trouve dans mes rêveries rien qui puisse être réellement utile à sa patrie ; mais mes vœux pour sa prospérité sont trop vrais, trop purs, trop désintéressés, pour que l’orgueil d’y contribuer puisse ajouter à mon zèle. Puisse-t-elle triompher de ses ennemis, devenir, demeurer paisible, heureuse et libre, donner un grand exemple à l’univers, et, profitant des travaux patriotiques de M. le comte Wielhorski, trouver et former dans son sein beaucoup de citoyens qui lui ressemblent !
Fin des CONSIDÉRATIONS SUR LE GOUVERNEMENT DE POLOGNE
Table des matières du titre
Liste des œuvres philosophiques et politiques
Liste générale des titres
No matter what difficulties you may encounter in ensuring her free choice, such considerations should only be taken after thoroughly assessing her true intentions. It is also necessary to assume that she still possesses some common sense, a sense of honor, love for her country, an understanding of her true interests, and a desire to pursue them. For at all times—and especially in the dire situation Poland will find itself in due to its current misfortunes—nothing could be more disastrous for her than having a traitor at the head of her government.
As for the manner in which to begin implementing this plan, I am unable to appreciate all the subtleties that are suggested in order to surprise and, in a way, deceive the nation regarding the necessary changes to its laws. My only suggestion would be to present your plan in its entirety before suddenly beginning its execution. Instead of filling the republic with dissatisfied people, it would be better to leave most of those who currently hold positions in place and to assign new roles under the new reform only as they become available. Never disrupt the existing system too abruptly. I am certain that a well-thought-out plan, once adopted, will even change the mindset of those who have previously been involved in governance under other systems. Since it is impossible to create new citizens all at once, we must first make use of those who already exist; offering them a new path for their ambitions is the best way to encourage them to follow it.
Even if, despite the courage and perseverance of the Confederates, and despite the justice of their cause, fortune and all other forces abandon them and deliver the fatherland into the hands of its oppressors. But I do not have the honor of being Polish, and in a situation like yours, one is only permitted to express one’s opinion through one’s actions.
I have just done my best to carry out the task that Count Wielhorski assigned to me, and may God grant that I have been as successful as diligent in it. Perhaps all this is nothing but a series of fanciful ideas; but these are my thoughts. It is not my fault if they differ so greatly from those of other people, nor was it within my power to organize my thoughts in any other way. In fact, I even admit that, despite their apparent strangeness, I see nothing in them that is not well-suited to the human heart—nothing that is not good or feasible, especially in Poland, where I have made every effort to follow the spirit of that republic and propose only the minimum of changes necessary to correct its shortcomings. It seems to me that a government based on such principles must achieve its true goals in a direct, certain, and enduring manner—as far as such is possible. Moreover, I am fully aware that all human endeavors are imperfect, temporary, and ultimately perishable.
I have deliberately omitted many very important articles on which I did not feel sufficiently informed to judge them properly. I leave this task to men more enlightened and wise than myself; and I hereby conclude this lengthy discourse by offering my apologies to Count Wielhorski for having occupied him with it for so long. Although I hold different opinions from others, I do not presume to be wiser than them, nor do I believe that anything in my musings could truly be of use to his country; yet my wishes for its prosperity are too sincere, too pure, and too disinterested for the pride of contributing to it to enhance my enthusiasm in any way. May his country triumph over its enemies, remain peaceful, happy, and free, set an excellent example for the whole world, and, by drawing upon Count Wielhorski’s patriotic efforts, produce many citizens who shall be just like him!
End of Considerations on the Government of Poland
Table of Contents for the title
List of philosophical and political works
General list of titles
Qualunque difficoltà si possa incontrare nel garantire la libertà della sua scelta, non bisogna pensarci se prima non si sono ben accertati delle sue vere intenzioni, e sempre presupponendo che in lei esistano ancora un minimo di buon senso, un senso dell’onore, un amore per il proprio paese, una conoscenza dei suoi veri interessi e il desiderio di seguirli; perché in qualsiasi momento, soprattutto nella triste situazione in cui le sfortune della Polonia la troveranno, non ci sarebbe nulla di più funesto per lei che avere un traditore alla guida del governo.
Per quanto riguarda il modo in cui avviare l’opera di cui si tratta, non riesco a apprezzare tutte le sottilità proposte per sorprendere e ingannare, in qualche modo, il popolo riguardo ai cambiamenti da apportare alle sue leggi. Io consiglierei semplicemente, mostrando il vostro piano nella sua interezza, di non iniziare improvvisamente la sua attuazione, riempiendo la repubblica di dissidenti; di lasciare al loro posto la maggior parte di coloro che vi sono già e di assegnare le cariche secondo la nuova riforma soltanto man mano che queste persone si presenteranno per ricoprirle. Non è mai opportuno scuotere troppo bruscamente il “meccanismo” in atto. Non dubito affatto che un buon piano, una volta adottato, possa persino cambiare l’atteggiamento di coloro che hanno partecipato al governo sotto altre regole. Poiché non è possibile creare nuovi cittadini all’improvviso, bisogna innanzitutto sfruttare quelli che già esistono; offrire loro una nuova strada per la loro ambizione è il modo migliore per indurli ad seguirla.
Che anche, nonostante il coraggio e la costanza dei confederati, e nonostante la giustizia della loro causa, la fortuna e tutte le potenze li abbandonino, consegnando la patria ai suoi oppressori. Ma non ho l’onore di essere polacco, e in una situazione simile a quella in cui vi trovate, è permesso esprimere il proprio parere soltanto con l’esempio.
Ho appena svolto, nel limite delle mie forze e con tutto l’impegno possibile, il compito che il conte Wielhorski mi ha affidato. Forse tutto ciò non è altro che un insieme di idee irrealistiche; ma queste sono le mie convinzioni. Non è colpa mia se esse differiscono tanto da quelle degli altri uomini, e non dipendeva da me organizzare il mio pensiero in modo diverso. Anzi, devo ammettere che, nonostante la loro apparente stranezza, a mio parere esse sono perfettamente adatte al cuore umano: sono valide, praticabili, soprattutto in Polonia, dove ho cercato di seguire lo spirito della repubblica e di proporre soltanto i cambiamenti minimi necessari per correggerne i difetti. Credo che un governo basato su tali principi debba raggiungere il suo scopo in modo diretto, sicuro e duraturo, finché è possibile; senza dimenticare, naturalmente, che tutti gli sforzi umani sono imperfetti, effimeri e destinati a cadere.
Ho intenzionalmente omesso molti argomenti di grande importanza su cui non mi sentivo in possesso delle conoscenze sufficienti per giudicarli correttamente. Lascio questo compito a uomini più eruditi e saggi di me; e concludo questa lunga digressione scusandomi con il signor conte Wielhorski per averlo occupata così a lungo. Anche se penso in modo diverso dagli altri, non mi lusingo di essere più saggio di loro, né credo che nelle mie riflessioni ci sia qualcosa che possa davvero essere utile alla sua patria; tuttavia, i miei desideri per la sua prosperità sono troppo sinceri, troppo puri, troppo disinteressati, perché l’orgoglio di contribuirvi possa aumentare il mio impegno. Possa la sua nazione sconfiggere i suoi nemici, diventare e rimanere pacifica, felice e libera, dare un grande esempio all’universo, e, grazie ai lavori patriottici del signor conte Wielhorski, produrre molti cittadini che gli assomiglino!
Fine delle considerazioni sul governo della Polonia.
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