Rousseau
Abstract
Fragments of a projected tragedy on the Roman Lucretia (not the philosopher Lucretius), with scenes between Lucretia, Collatinus and Sextus Tarquinius. An unfinished dramatic sketch, without philosophical content.
Connections
Forme: tragedia
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Personnages
Scène I.
Scène II.
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Scène…
Personnages
LUCRÈCE.
COLLATIN, mari de Lucrèce.
LUCRÉTIUS, père de Lucrèce,
SEXTUS, fils de Tarquin.
BRUTUS.
PAULINE, confidente de Lucrèce.
SULPITIUS, confident de Sextus.
La scène est à Rome.
Scène I.
Lucrèce, Pauline.
PAULINE.
Me pardonnerez-vous une sincérité que je vous dois ? Rome a vu avec applaudissement votre première destination ; tous les vœux du peuple, ainsi que le choix de Tarquin, vous unissaient à son successeur. Quel autre, disait-on, que l’héritier de la couronne serait digne de posséder Lucrèce ? Qu’elle remplisse un trône qu’elle doit honorer ; qu’elle fasse le bonheur de Sextus, pour qu’il apprenne d’elle à faire celui des Romains !
Tout changea, au grand désespoir du prince, contre le gré du roi, du peuple, et ce serait offenser votre raison de ne dire pas de vous-même. Votre inflexible père rompit un mariage qui devait faire le plus ardent de ses vœux ; Collatin, bourgeois de Rome, obtint le prix dont Sextus s’était vainement flatté.
Je n’ose vous parler du plus amoureux ni du plus aimable ; mais il est impossible que vous ne sentiez pas, malgré vous-même, lequel des deux méritait le mieux un tel prix.
LUCRÈCE.
Songez que vous parlez à la femme de Collatin, et que, puisqu’il est mon époux, il fut le plus digne de l’être.
PAULINE.
Je dois penser là-dessus ce que vous m’ordonnerez de croire ; mais le public, jaloux de la seule liberté qui lui reste, et dont les jugements ne sont soumis à personne, n’a pas donné au choix de Lucrétius la même approbation que vous. Le moyen de n’être pas difficile sur le mérite de quiconque osait prétendre à Lucrèce ? L’on trouvait à tous égards Collatin moins pardonnable en cela que Sextus ; et votre délicatesse ne doit pas s’offenser si le public a peine à croire que vous pensiez sur ce point autrement qu’il ne pense lui-même.
LUCRÈCE.
Que le peuple connaît mal les hommes, et qu’il sait mal placer son estime !…
PAULINE.
Je crains que votre gloire n’ait plus à souffrir de cette réserve excessive qu’elle ne ferait de l’excès contraire, et qu’on n’attribue plutôt le goût d’une vie si solitaire et si retirée au regret de l’époux que vous avez perdu qu’à l’amour de celui que vous possédez … et je crains qu’on ne vous soupçonne de prendre contre un reste de penchant des précautions peu dignes de votre grande âme.
LUCRÈCE.
J’aperçois un étranger. Dieux ! que vois-je ?
PAULINE.
C’est Sulpitius, un affranchi du prince.
LUCRÈCE.
De Sextus ! Que vient faire cet homme en ces lieux ?
Scène II.
Lucrèce, Pauline, Sulpitius.
SULPITIUS.
Vous avertir, madame, de la prochaine arrivée de votre époux, et vous remettre une lettre de sa part.
LUCRÈCE.
De la part de qui ?
SULPITIUS.
De Collatin.
LUCRÈCE.
Donnez. (À part.) Dieux ! (À Pauline.) Lisez.
PAULINE lit.
« Le roi vient de partir pour un voyage de vingt-quatre heures qui me laisse le loisir d’aller vous embrasser. Il n’est pas nécessaire d’ajouter que j’en profite, mais il l’est de vous avertir que le prince Sextus souhaite de m’accompagner. Faites-lui donc préparer un logement convenable : songez, en recevant l’héritier de la couronne, que c’est de lui que dépend le sort et la fortune de votre époux. »
LUCRÈCE, à Pauline.
Faites ce qu’il faut pour recevoir le prince. (À Sulpitius.) Dites à Collatin que c’est à regret que je ne seconde pas mieux ses intentions ; et, en lui parlant de l’état d’abattement où je suis depuis deux jours, ajoutez que ma santé dérangée ne me permet ni d’agir, ni de voir personne que lui seul…
(À part.) Dieux qui voyez mon cœur, éclairez ma raison : faites que je ne cesse point d’être vertueuse ; vous savez bien que je veux l’être, et je le serai toujours si vous le voulez ainsi que moi !
Scène…
Pauline, Sulpitius.
SULPITIUS.
Eh bien ! Pauline, que vous semble du trouble de Lucrèce à la nouvelle de l’arrivée du prince ? et d’où croyez-vous que lui viendraient tant d’alarmes, si ce n’était de son propre cœur ?
PAULINE.
Je crains bien que nous ne nous soyons trop pressés de juger Lucrèce. Ah ! croyez-moi, Sulpitius, ce n’est pas une âme qu’il faille mesurer sur les nôtres. Vous savez qu’en entrant dans sa maison je pensais comme vous sur ses inclinations ; que je me flattais, d’accord comme je l’espérais avec son propre cœur, de seconder facilement les vues du prince. Depuis que j’ai appris à connaître ce caractère doux et sensible, mais vertueux et inébranlable, je me suis convaincue que Lucrèce, pleinement maîtresse de son cœur et de ses passions, n’est capable de rien aimer que son époux et son devoir.
SULPITIUS.
Me croyez-vous la dupe de ces grands mots, et avez-vous oublié que, selon moi, devoir et vertu ne sont que des leurres spécieux dont les hommes adroits savent couvrir leurs intérêts ? Personne ne croit à la vertu, mais chacun serait bien aise que les autres y crussent. Pensez que Lucrèce ne saurait tant aimer son devoir qu’elle n’aime encore plus son bonheur ; et je suis bien trompé dans mes observations si jamais elle peut le trouver autrement qu’en faisant celui de Sextus.
PAULINE.
Je crois me connaître en sentiments, et vous devez mieux que personne me rendre justice à cet égard. J’ai sondé les siens avec un soin digne de l’intérêt qu’y prend le prince qui nous emploie, et avec toute l’adresse nécessaire pour ne lui point paraître suspecte ; j’ai exposé son cœur à toutes les épreuves les plus sûres et contre lesquelles la plus profonde dissimulation est le moins en garde : tantôt je l’ai plainte de ce qu’elle avait perdu, tantôt je l’ai louée de ce qu’elle avait préféré ; tantôt flattant la vanité, tantôt offensant l’amour-propre, j’ai tâché d’exciter tour-à-tour sa jalousie, sa tendresse ; et toutes les fois qu’il a été question de Sextus, je l’ai toujours trouvée aussi tranquille que sur tout autre sujet, et toujours prête également à continuer ou cesser la conversation, sans apparence de plaisir ou de peine.
SULPITIUS.
Il faut donc, malgré toute la tendresse dont vous me flattez, que mon cœur se connaisse mieux en amour que le vôtre ; car j’en ai plus vu dans le moment où je viens d’observer Lucrèce, que vous n’avez fait depuis six mois que vous êtes à son service : et l’émotion que lui vient de causer le seul nom de Sextus me fait juger de celle qu’a dû lui causer sa vue autrefois.
PAULINE.
Depuis deux jours sa santé est tellement altérée que l’esprit s’en ressent ; et ses seules langueurs ont vraisemblablement pu produire l’effet que vous attribuez à la lettre de son mari. J’avoue que mes observations peuvent me tromper ; mais trop de pénétration ne vous tromperait-elle point aussi ?
SULPITIUS.
Nous devons du moins désirer que l’erreur ne soit pas de mon côté, et fomenter ou même allumer un amour d’où dépend le bonheur du nôtre : vous savez que les promesses de Sextus sont au prix du succès de nos soins.
PAULINE.
Nous devons chercher nos avantages dans les faiblesses de ceux que nous servons. Je le sens d’autant mieux que, notre union ayant été mise à ce prix, mon bonheur dépend du succès. Mais l’intérêt que nous avons à profiter de l’erreur d’autrui ne nous porte point à nous tromper nous-mêmes, et l’avantage que nous devons tirer des fautes de Lucrèce n’est pas une raison d’espérer qu’elle en fasse : d’ailleurs je vous avoue qu’après avoir vu de près cette aimable et vertueuse femme, je me trouve moins propre que je ne m’y attendais à seconder les desseins du prince. Je croyais… Sa douceur demande tellement grâce pour sa sagesse, qu’à peine aperçoit-on les charmes de son caractère qu’on perd le courage et la volonté de souiller une âme si pure.
Je continuerai de servir Sextus comme vous l’exigez[64] il ne tiendra pas à moi que ce ne soit avec succès : mais ne serait-ce pas vous tromper que de vous promettre de tous mes soins plus d’effet que je n’en attends moi-même ? Adieu : le temps s’écoule ; il faut aller exécuter les ordres de Lucrèce. Quand le prince sera venu, au premier moment de liberté que j’aurai, j’aurai soin de vous en faire avertir.
Liste des Mélanges ou littérature variée
Liste générale des titres
Scène…
Sextus, Sulpitius.
SEXTUS.
Ami, prends pitié de mes égarements, et pardonne mes discours insensés ; mais compte sur ma docilité pour tous tes avis. Tu me vois enivré d’amour au point que je ne suis plus capable de me conduire. Supplée donc à cet oubli de moi-même, conduis les pas de ton aveugle maître, et fais qu’avec mon bonheur je te doive le retour de ma raison.
SULPITIUS.
Characters
Scene I.
Scene II.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Scene.
Characters
LUCRICE.
Collatinus, husband of Lucrecia.
Lucratus, the father of Lucrecia.
Sextus, son of Tarquin.
BRUTUS.
Pauline, confident of Lucrèce.
Sulpitius, trusting in Sextus.
The scene takes place in Rome.
Scene I.
Lucrèce, Pauline.
PAULINE.
Will you forgive me for a sincerity I owe to you? Rome welcomed your first destination with applause; the wishes of the people, as well as Tarquin’s choice, united you with his successor. Who else, people said, but the heir to the crown could be worthy of possessing Lucrèce? That she might occupy a throne that she must honor; that she might bring happiness to Sextus, so that he might learn from her how to bring happiness to the Romans!
Everything changed, to the great despair of the prince, against the will of the king and the people. It would be an insult to your reason not to speak about yourself in this matter. Your inflexible father broke off a marriage that should have been his greatest desire; Collatin, a commoner of Rome, obtained the reward that Sextus had vainly sought for himself.
I dare not speak of him as the most loving or the most kind; but it is impossible for you not to feel, against your will, which of the two deserved such an award the most.
LUCRICE.
Consider that you are speaking to Collatin’s wife, and since he is my husband, he was the most worthy of being so.
PAULINE.
I must believe in this matter whatever you ordain me to; but the public, jealous of the only freedom that remains to it and whose judgments are not subject to anyone else’s control, did not give Lucratus’ choice the same approval as you did. What better way could there be to avoid being too critical of anyone who dared to aspire to Lucratae’s hand? In every respect, Collatin was considered less pardonable than Sextus in this regard; and your sensitivity should not be offended if the public finds it hard to believe that you held different opinions on this matter than they do themselves.
LUCRICE.
How little the people know about men, and how poorly they understand how to place their trust in them!,,,,.
PAULINE.
I fear that your glory might suffer even more from such excessive restraint than it would from its opposite; and that the preference for such a solitary and reclusive lifestyle is rather attributed to the regret for the husband you lost than to the love for the one you possess now. I also fear that people might suspect you of taking precautions that are far beneath your noble character, out of lingering feelings.
LUCRICE.
I see a stranger. Oh gods! What am I seeing?
PAULINE.
It is Sulpitius, a freedman of the prince.
LUCRICE.
Sextus! What is this man doing in these places?
Scene II.
Lucrèce, Pauline, Sulpitius.
SULPITIUS.
I would like to inform you, madam, of your husband’s upcoming arrival and hand you a letter from him.
LUCRICE.
By whom?
SULPITIUS.
By Collatin.
LUCRICE.
Give it. (In a low voice.) Oh God! (To Pauline.) Read it.
PAULINE lit it.
“The king has just set off on a twenty-four-hour journey, which gives me the opportunity to come and kiss you. It goes without saying that I will take advantage of this chance, but it is necessary for me to inform you that Prince Sextus wishes to accompany me. Therefore, please arrange for him to be provided with suitable lodging—remember, when receiving the heir to the throne, it is his fate and the fortune of your husband that are at stake.”
LUCRICE, to Pauline.
Do whatever is necessary to welcome the prince. (To Sulpitius.) Tell Collatin that it is with regret that I am unable to support his plans more effectively; and when discussing with him my state of depression over the past two days, add that my poor health prevents me from acting or seeing anyone but him.
(In private.) Gods who see my heart, enlighten my reason: may I never cease to be virtuous; you know well that I desire to be so, and I will always be virtuous if you too wish it, just as I do!
Scene.
Pauline, Sulpitius.
SULPITIUS.
Well! Pauline, what do you think about Lucrèce’s distress upon hearing of the prince’s arrival? And where do you suppose all these fears come from, if not from her own heart?
PAULINE.
I fear that we may have been too hasty in judging Lucrèce. Ah! believe me, Sulpitius, her soul is not something that can be measured by our own standards. You know that when I first entered her home, I shared your opinion about her inclinations; I even fancied, as I hoped, that she would readily support the prince’s views. But since then, having come to understand this gentle and sensitive nature—yet virtuous and unshakable—I have become convinced that Lucrèce, being fully in control of her own heart and passions, is capable of loving only her husband and her duty.
SULPITIUS.
Do you believe me to be deceived by such grand words? And have you forgotten that, in my view, duty and virtue are nothing but cunning deceives used by astute men to conceal their own interests? No one truly believes in virtue, but everyone would gladly see others believe in it. Consider whether Lucrèce could love her duty any more than she loves her own happiness; and I must be greatly mistaken in my observations if she ever finds happiness in anything other than fulfilling Sextus’s desires.
PAULINE.
I believe I am quite familiar with my own sentiments, and you must be better than anyone else at giving me justice in this regard. I examined her feelings with the same care that a prince who employs us would devote to such an matter, and with all the skill necessary to avoid arousing her suspicion; I subjected her heart to the most thorough tests—those against which even the deepest deception is least prepared. At times I lamented what she had lost; at other times I praised her for what she had chosen. Sometimes I flattered her vanity, sometimes I offended her self-esteem, trying alternately to arouse her jealousy and her tenderness. And whenever Sextus was mentioned, I always found her as calm on that subject as on any other, and equally ready to continue or end the conversation, without showing any sign of pleasure or distress.
SULPITIUS.
Therefore, despite all the tenderness you flatter me with, my heart must know itself better in matters of love than yours; for I have seen more in the brief moment that I just observed Lucrece than you have seen in the six months since you began to serve her. Moreover, the emotion that merely the name of Sextus evokes in her makes me realize what effect his presence must have had on her in the past.
PAULINE.
For two days now, her health has deteriorated so severely that it affects her mind as well; and it is very likely that her mere lethargy was sufficient to produce the effect you attribute to her husband’s letter. I admit that my observations may be mistaken; but wouldn’t excessive perspicacity also lead you to error?
SULPITIUS.
We must at least desire that the error lies not on our side, and we must foster or even kindle a love from which our own happiness depends: you know that Sextus’s promises are contingent upon the success of our efforts.
PAULINE.
We must seek our advantages in the weaknesses of those whom we serve. I am all the more aware of this because, since our union has been established at such a cost, my own happiness depends on its success. However, the desire to exploit others’ mistakes does not lead us to deceive ourselves; and the advantage we might gain from Lucrèce’s faults is no reason to hope that she would commit them herself. Indeed, I must confess that after getting to know this kind and virtuous woman up close, I find myself less inclined than I had anticipated to support the prince’s plans. Her gentleness and wisdom demand too much respect; one hardly begins to perceive the charms of her character before losing the courage and resolve to tarnish such a pure soul.
I will continue to serve Sextus as you require[64]; it is not my concern whether I succeed in doing so. But would it not be misleading to promise you that I will exert more effort than I myself expect? Adieu; time is running out; I must go and carry out Lucrèce’s orders. Once the prince arrives, at the first moment of freedom I have, I will make sure to inform you.
List of Miscellaneous Works or Varied Literature
General list of titles
Scene.
Sextus, Sulpitius.
SEXTUS.
My friend, have mercy on my wanderings and forgive my foolish words; but rely on my obedience to all your advice. You see me overwhelmed by love to the point where I am no longer capable of behaving properly. Therefore, please compensate for this loss of self-control, guide the steps of your blind follower, and ensure that through my happiness, I may also regain my reason.
SULPITIUS.
Personaggi
Scena I.
Scena II.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Scena.
Personaggi
LUCCREZIA.
Collatino, marito di Lucrezia.
Lucrizio, padre di Lucrezia.
Sesto, figlio di Tarquino.
BRUTO.
Paolina, confidente di Lucrezio.
Sulpitius, confidente di Sextus.
La scena si svolge a Roma.
Scena I.
Lucrizia, Paulina.
PAOLINA.
Mi perdonerete una sincerità che vi devo? Roma ha accolto con applausi la vostra prima destinazione; tutti i desideri del popolo, così come la scelta di Tarquinio, vi univano al suo successore. Chi altro, si diceva, se non l’erede della corona potesse essere degno di possedere Lucrizia? Che lei occupi un trono che deve onorare; che renda felice Sesto, affinché possa imparare da lei a rendere felici i Romani!
Tutto cambiò, con grande disperazione del principe e contro la volontà del re e del popolo; sarebbe stato offensivo per la vostra ragione non parlare di voi stessi. Vostro padre, irremovibile nella sua decisione, ruppe un matrimonio che avrebbe dovuto essere il suo più grande desiderio; Collatin, un cittadino comune di Roma, ottenne ciò per cui Sextus si era vanamente illuso di poterlo avere.
Non oso parlare con voi del più innamorato né del più gentile; ma è impossibile che non percepiate, contro la vostra volontà, quale dei due meritasse di più un tale premio.
LUCCREZIA.
Pensate che state parlando della moglie di Collatino, e che, poiché è mio marito, è stato il più degno di tale nome.
PAOLINA.
Devo credere in ciò che voi mi ordinerete di credere; ma il pubblico, geloso dell’unica libertà che gli rimane e i cui giudizi non sono soggetti a nessuno, non ha dato alla scelta di Lucrizio lo stesso consenso che avete dato voi. Qual è il modo per non essere troppo severi nei confronti di chiunque osi rivendicare l’affetto di Lucrizia? In ogni caso, si riteneva che Collatino fosse meno perdonabile di Sesto in questo senso; e la vostra delicatezza non dovrebbe offendersi se il pubblico fatica a credere che voi pensiate su questo argomento in modo diverso da come pensa lui stesso.
LUCCREZIA.
Il popolo conosce male gli uomini e non sa come valutarli correttamente,,,,,.
PAOLINA.
Temo che la vostra gloria non debba più soffrire a causa di questa eccessiva riservatezza, che potrebbe trasformarsi in un eccesso opposto; temo inoltre che il gusto per una vita così solitaria e ritirata venga attribuito piuttosto al rimpianto per il marito che avete perso che all’amore per colui che possedete. E temo ancora che si possa sospettare che, di fronte a un residuo di tale inclinazione, prendiate precauzioni poco degne della vostra nobile anima.
LUCCREZIA.
Vedo uno straniero. Dio mio, cosa vedo?
PAOLINA.
È Sulpizio, uno schiavo liberato del principe.
LUCCREZIA.
Di Sexto. Che cosa fa quest’uomo in questi luoghi?
Scena II.
Lucrezio, Paulina, Sulpizio.
Sulpitius.
Vi avverto, signora, dell’imminente arrivo di vostro marito e vi consegno una lettera da parte sua.
LUCCREZIA.
Di chi?
Sulpitius.
Di Collatin.
LUCCREZIA.
Dateglielo. (Sottovoce.) Dio mio! (A Pauline.) Leggete.
PAULINE legge.
“Il re è appena partito per un viaggio di ventiquattro ore, il che mi dà l’opportunità di venire a baciarvi. Non c’è bisogno di aggiungere che ne approfitto al massimo. Ma è necessario avvertirvi che il principe Sextus desidera accompagnarmi. Pertanto, fate preparare per lui un alloggio adeguato: ricordate che, accogliendo l’erede della corona, è da lui che dipendono il destino e la fortuna di vostro marito.”
LUCRIZIA, a Paulina.
Fate ciò che è necessario per ricevere il principe. (A Sulpitio.) Dite a Collatin che con rammarico non posso sostenere maggiormente le sue intenzioni; e, parlando con lui dello stato di abbattimento in cui mi trovo da due giorni, aggiungete che la mia salute precaria non mi permette né di agire, né di incontrare nessuno se non lui.
(Sottovoce.) Dio che vedi il mio cuore, illumina la mia ragione: fai sì che io non smetta mai di essere virtuosa; tu sai bene che desidero esserlo, e lo sarò sempre se anche tu lo vuoi così come me!
Scena.
Paolina, Sulpizio.
Sulpitius.
Ebbene! Pauline, che ne pensi del turbamento di Lucrezia alla notizia dell’arrivo del principe? E da dove credi che derivino tutte queste preoccupazioni, se non dal suo stesso cuore?
PAOLINA.
Temo davvero che abbiamo affrettato troppo a giudicare Lucrizia. Ah! Credetemi, Sulpitio, non è un’anima che si possa misurare con le nostre. Sapete che entrando nella sua casa pensavo come voi riguardo alle sue inclinazioni; mi illudevo, sperando di essere in sintonia con il suo cuore, che avrebbe facilmente condiviso le opinioni del principe. Ma da quando ho imparato a conoscere quel carattere dolce e sensibile, ma al contempo virtuoso e irremovibile, sono convinta che Lucrizia, padrona assoluta del proprio cuore e delle proprie passioni, sia capace di amare soltanto il proprio marito e i propri doveri.
Sulpitius.
Credete davvero che io sia una vittima di queste grandi parole, e avete dimenticato che, secondo me, dovere e virtù non sono altro che inganni astuti con cui gli uomini abili riescono a nascondere i propri interessi? Nessuno crede realmente nella virtù, ma tutti vorrebbero che gli altri ci credessero. Pensate: Lucrizia non amerebbe il proprio dovere più di quanto ami la propria felicità; e mi sbaglio completamente nelle mie osservazioni se mai lei potesse trovarla in altro modo che nel compiere i doveri di Sexto.
PAOLINA.
Credo di conoscere bene i miei sentimenti, e voi dovete più di chiunque altro rendermi giustizia in questo senso. Ho esaminato i suoi sentimenti con lo stesso impegno che un principe che ci impiega dovrebbe mettere nell’interesse che ha per noi, e con tutta la delicatezza necessaria per non sembrargli sospetta; ho sottoposto il suo cuore a tutte le prove più sicure, quelle contro cui anche la più profonda dissimulazione è meno preparata: a volte l’ho compianta per ciò che aveva perso, altre volte l’ho lodata per ciò che aveva scelto; a volte lusingando la sua vanità, altre volte offendendo il suo orgoglio, ho cercato di suscitare alternativamente in lei gelosia e tenerezza; e ogni volta che si è parlato di Sextus, l’ho sempre trovata altrettanto tranquilla su qualsiasi altro argomento, e sempre pronta ad continuare o interrompere la conversazione, senza mostrare alcun segno di piacere o dolore.
Sulpitius.
Pertanto, nonostante tutta la tenerezza di cui mi lodate, il mio cuore deve conoscere meglio l’amore di quanto ne conosca il vostro; perché io ne ho visto di più nel momento in cui ho osservato Lucrizia, di quanto voi ne abbiate visto negli ultimi sei mesi in cui le siete al servizio: e l’emozione che il solo nome di Sexto ha suscitato in lei mi fa giudicare quale doveva essere l’emozione che la sua vista le provocava un tempo.
PAOLINA.
Da due giorni la sua salute è così compromessa che anche lo spirito ne risente; e probabilmente sono stati soltanto i suoi desideri più intensi a produrre l’effetto che attribuite alla lettera di suo marito. Ammetto che le mie osservazioni potrebbero ingannarmi; ma non vi ingannerebbe forse anche una troppa perspicacia?
Sulpitius.
Dobbiamo almeno desiderare che l’errore non sia da parte nostra, e coltivare o addirittura alimentare un amore dal quale dipende la felicità nostra: sapete bene che le promesse di Sextus sono legate al successo dei nostri sforzi.
PAOLINA.
Dobbiamo cercare i nostri vantaggi nelle debolezze di coloro che serviamo. Lo sento ancora più chiaramente poiché, essendo stata la nostra unione ottenuta a questo prezzo, il mio felicità dipende dal suo successo. Tuttavia, l’interesse che abbiamo nel trarre vantaggio dagli errori altrui non ci spinge ad ingannare noi stessi; inoltre, il vantaggio che possiamo ottenere dai difetti di Lucrizia non è certo una ragione per sperare che lei commetta degli errori. Del resto, devo ammettere che, dopo aver conosciuto da vicino questa donna gentile e virtuosa, mi rendo conto di essere meno adatta di quanto mi aspettassi a sostenere i piani del principe. La sua dolcezza e la sua saggezza richiedono davvero troppa comprensione; appena si percepiscono i pregi del suo carattere, si perde il coraggio e la volontà di macchiare un’anima così pura.
Continuerò a servire Sextus come voi lo esigete[64]; non dipenderà da me che questo servizio abbia successo. Ma non vi ingannerei certo se promettessi di dedicarvi più impegno di quanto ne aspetti io stesso? Addio: il tempo passa; devo andare ad eseguire gli ordini di Lucrèce. Non appena il principe arriverà, non appena avrò la prima opportunità di libertà, mi assicurerò che vi venga comunicato.
Elenco di miscellane o letteratura varia
Elenco generale dei titoli
Scena.
Sesto, Sulpizio.
SESTO.
Amici, avete pietà dei miei errori e perdonate i miei discorsi insensati; ma fidatevi della mia docilità verso tutti i vostri consigli. Mi vedete invaso dall’amore al punto di non essere più in grado di comportarmi correttamente. Pertanto, compensate questa mia mancanza di autocontrollo, guidate i passi del mio “padrone cieco” e fate sì che, attraverso la mia felicità, io possa restituirvi la ragione che ho perso.
Sulpitius.
Songez que nous avons ici plus d’une sorte de précautions à prendre, et que l’arrivée du père de Lucrèce doit nous rendre encore plus circonspects. Je vous l’ai dit, seigneur, je soupçonne ce voyage avec Brutus de renfermer quelque mystère : j’ai cru voir, à l’air dont ils nous observaient, qu’ils craignaient d’être observés eux-mêmes ; j’ignore ce qui se trame en secret, mais Lucrétius nous regarde de mauvais œil. Je vous avoue que ce Brutus m’a toujours déplu[65].
Ah ! Seigneur, plût au ciel ! Mais… Pardonnez si mon zèle inquiet me donne une défiance que votre courage dédaigne, mais utile à votre sûreté et peut-être à celle de l’état.
SEXTUS.
Ami, que de vains soucis ! Mais seulement que je voie Lucrèce, je suis content de mourir à ses pieds : et que tout l’univers périsse[66] !
SULPITIUS.
Elle met ses soins à vous éviter… Cependant vous la verrez ; le moment vient d’en être pris. Au nom des dieux, allez l’attendre, et me laissez pourvoir au reste.
Scène…
Pauline, Sulpitius.
PAULINE.
Non, Sulpitius, c’est vainement que j’aurais parlé ; elle ne veut point voir le prince ; et ce qu’elle a refusé aux raisons de Collatin, elle ne l’aurait pas accordé aux prétextes que vous m’avez suggérés. D’ailleurs chaque fois que je voulais ouvrir la bouche, sa présence m’inspirait une résistance invincible. Loin de ses yeux je veux tout ce qui vous plaît, mais devant elle je ne puis plus rien vouloir que d’honnête.
SULPITIUS.
Puisqu’une vaine timidité l’emporte, que mes raisons ni votre intérêt n’ont pu vous déterminer à parler, il ne nous reste qu’à ménager entre eux une rencontre qui paraisse imprévue…
Scène…
Lucrèce, Pauline.
LUCRÈCE.
Ne vaut-il pas mieux qu’un méchant meure, que mon père soit obéi, et que la patrie soit libre, que si, à force de pitié, Lucrèce oubliait sa vertu ?…
LUCRÈCE, rentrant.
(À Pauline, d’un ton froid, mais un peu altéré.)
Secourez ce malheureux.
Scène…
SEXTUS
O Lucrèce ! ô beauté céleste, charme et supplice de mon infâme cœur ! ô vertu digne des adorations des dieux, et souillée par le plus vil des mortels ! …
Scène…
LUCRÈCE.
Monstre ! si j’expire par ta rage, ma mort n’est pour toi qu’un nouveau forfait ; et ta main infâme ne sait punir le crime qu’après l’avoir partagé[68].
FIN des FRAGMENTS DE LUCRÈCE.
MÉLANGES EN VERS
Avertissement
Le verger des Charmettes
Virelai à madame la baronne de Warens
Fragment d’une Épître à M. Bordes
Vers pour madame de Fleurieu
Épître à M. Bordes
Épître à M. Parisot
L’allée de Sylvie
Épître à M. de l’Étang
Imitation libre d’une Chanson italienne de Métastase
Énigme
Vers à mademoiselle Théodore
Épitaphe de deux amants
Strophes
Vers sur la femme
Bouquet d’un enfant à sa mère
Inscription mise au bas d’un portrait de Frédéric II
Quatrain à madame Dupin
Quatrain
Le verger des Charmettes
[69]
Rara domus tenuem non aspernatur amicum :
Raraque non humilem calcat fastosa clientem.
La maison des Charmettes, près de Chambéry
Verger cher à mon coeur, séjour de l’innocence,
Honneur des plus beaux jours que le ciel me dispense,
Solitude charmante, asile de la paix,
Puissé-je, heureux verger, ne vous quitter jamais !
O jours délicieux, coulés sous vos ombrages !
De Philomèle en pleurs les languissants ramages,
D’un ruisseau fugitif le murmure flatteur,
Excitent dans mon âme un charme séducteur.
J’apprends sur votre émail à jouir de la vie :
J’apprends à méditer sans regret, sans envie,
Sur les frivoles goûts des mortels insensés ;
Leurs jours tumultueux, l’un par l’autre poussés,
N’enflamment point mon coeur du désir de les suivre.
A de plus grands plaisirs je mets le prix de vivre.
Plaisirs toujours charmants, toujours doux, toujours purs,
À mon coeur enchanté vous êtes toujours sûrs.
Soit qu’au premier aspect d’un beau jour prêt d’éclore
J’aille voir ces coteaux qu’un soleil levant dore,
Soit que vers le midi, chassé par son ardeur,
Sous un arbre touffu je cherche la fraîcheur ;
Là, portant avec moi Montaigne ou La Bruyère,
Je ris tranquillement de l’humaine misère ;
Ou bien, avec Socrate et le divin Platon,
Je m’exerce à marcher sur les pas de Caton :
Soit qu’une nuit brillante, en étendant ses voiles,
Découvre à mes regards la lune et les étoiles ;
Alors, suivant de loin la Hire et Cassini,
Je calcule, j’observe, et, près de l’infini,
Sur ces mondes divers que l’éther nous recèle,
Je pousse, en raisonnant, Huyghens et Fontenelle :
Soit enfin que, surpris d’un orage imprévu,
Je rassure, en courant, le berger éperdu,
Qu’épouvante les vents qui sifflent sur sa tête,
Les tourbillons, l’éclair, la foudre, la tempête ;
Toujours également heureux et satisfait,
Je ne désire point un bonheur plus parfait.
O vous, sage Warens, élève de Minerve,
Pardonnez ces transports d’une indiscrète verve ;
Quoique j’eusse promis de ne rimer jamais,
J’ose chanter ici les fruits de vos bienfaits.
Oui, si mon cœur jouit du sort le plus tranquille,
Si je suis la vertu dans un chemin facile,
Si je goûte en ces lieux un repos innocent,
Je ne dois qu’à vous seule un si rare présent.
Vainement des coeurs bas, des âmes mercenaires,
Par des avis cruels plutôt que salutaires,
Cent fois ont essayé de m’ôter vos bontés :
Ils ne connaissent pas le bien que vous goûtez
En faisant des heureux, en essuyant des larmes :
Ces plaisirs délicats pour eux n’ont point de charmes.
De Tite et de Trajan les libérales mains
N’excitent dans leurs coeurs que des rires inhumains.
Pourquoi faire du bien dans le siècle où nous sommes ?
Se trouve-t-il quelqu’un, dans la race des hommes
Digne d’être tiré du rang des indigents ?
Peut-il, dans la misère, être d’honnêtes gens ?
Et ne vaut-il pas mieux employer ses richesses
À jouir des plaisirs qu’à faire des largesses ?
Qu’ils suivent à leur gré ces sentiments affreux,
Je me garderai bien de rien exiger d’eux.
Je n’irai pas ramper, ni chercher à leur plaire ;
Mon coeur sait, s’il le faut, affronter la misère,
Et, plus délicat qu’eux, plus sensible à l’honneur,
Regarde de plus près au choix d’un bienfaiteur.
Oui, j’en donne aujourd’hui l’assurance publique,
Cet écrit en sera le témoin authentique,
Que, si jamais le sort m’arrache à vos bienfaits,
Mes besoins jusqu’aux leurs ne recourront jamais.
Laissez des envieux la troupe méprisable
Attaquer des vertus dont l’éclat les accable.
Dédaignez leurs complots, leur haine, leur fureur ;
La paix n’en est pas moins au fond de votre coeur,
Tandis que, vils jouets de leurs propres furies,
Aliments des serpents dont elles sont nourries,
Le crime et les remords portent au fond des leurs
Le triste châtiment de leurs noires horreurs.
Semblables en leur rage à la guêpe maligne,
De travail incapable, et de secours indigne,
Qui ne vit que de vols, et dont enfin le sort
Est de faire du mal en se donnant la mort,
Qu’ils exhalent en vain leur colère impuissante ;
Leurs menaces pour vous n’ont rien qui m’épouvante :
Ils voudraient d’un grand roi vous ôter les bienfaits ;
Mais de plus nobles soins illustrent ses projets :
Leur basse jalousie, et leur fureur injuste
N’arriveront jamais jusqu’à son trône auguste ;
Et le monstre qui règne en leurs cœurs abattus
N’est pas fait pour braver l’éclat de ses vertus.
C’est ainsi qu’un bon roi rend son empire aimable ;
Il soutient la vertu que l’infortune accable :
Quand il doit menacer, la foudre est en ses mains.
Tout roi, sans s’élever au-dessus des humains,
Contre les criminels peut lancer le tonnerre ;
Mais, s’il fait des heureux, c’est un dieu sur la terre.
Charles, on reconnaît ton empire à ces traits ;
Ta main porte en tous lieux la joie et les bienfaits ;
Tes sujets égalés éprouvent ta justice ;
On ne réclame plus, par un honteux caprice,
Un principe odieux, proscrit par l’équité,
Qui, blessant tous les droits de la société,
Brisé les nœuds sacrés dont elle était unie,
Refuse à ses besoins la meilleure partie,
Et prétend affranchir de ses plus justes lois
Ceux qu’elle fait jouir de ses plus riches droits.
Ah ! s’il t’avait suffi de te rendre terrible,
Quel autre, plus que toi, pouvait être invincible,
Quand l’Europe t’a vu, guidant tes étendards,
Seul entre tous ses rois briller aux champs de Mars ?
Mais ce n’est pas assez d’épouvanter la terre ;
Il est d’autres devoirs que les soins de la guerre ;
Et c’est par eux, grand roi, que ton peuple aujourd’hui
Trouve en toi son vengeur, son père et son appui.
Et vous, sage Warens, que ce héros protège,
En vain la calomnie en secret vous assiège,
Craignez peu ses effets, bravez son vain courroux ;
La vertu vous défend, et c’est assez pour vous :
Ce grand roi vous estime, il connaît votre zèle,
Toujours à sa parole il sait être fidèle ;
Et, pour tout dire enfin, garant de ses bontés,
Consider that there are more than one kind of precautions we must take here, and the arrival of Lucrèce’s father surely makes us even more cautious. I have told you, my lord, that I suspect this journey with Brutus to conceal some mystery: I could tell from the way they watched us that they were afraid of being observed themselves; I do not know what is being plotted in secret, but Lucrétius looks at us with hostility. I must admit that this Brutus has always displeased me[65].
Ah! Lord, by heaven! But, forgive me if my anxious zeal leads me to express a doubt that your courage may dismiss as insignificant; yet this doubt could be useful for your safety—and perhaps also for the safety of the state.
SEXTUS.
My friend, what futile worries! But as long as I get to see Lucrecia, I am willing to die at her feet—let the entire universe perish![66]
SULPITIUS.
She goes to great lengths to avoid you. Yet you will see her; the time has come for that to happen. In the name of the gods, go and wait for her; let me deal with the rest.
Scene.
Pauline, Sulpitius.
PAULINE.
No, Sulpitius, it would be in vain for me to speak; she refuses even to see the prince. And what she refused on the grounds presented by Collatin, she would not have agreed to under the pretexts you suggested to me. In fact, every time I tried to speak, her presence inspired in me an invincible resistance. Away from her eyes, I am willing to do whatever you desire; but in her presence, I can desire nothing but what is honorable.
SULPITIUS.
Since vain timidity prevails, and neither my reasons nor your interests have been able to persuade you to speak, all that remains for us is to arrange a meeting between them in such a way that it appears unexpected.
Scene.
Lucrèce, Pauline.
LUCRICE.
Wouldn’t it be better if a villain died, if my father was obeyed, and if the country were freed, than if, out of pity, Lucrece forgot her virtue?.
LUCRICE, entering.
(To Pauline, in a cold tone, but somewhat strained.)
Help this unfortunate person.
Scene.
SEXTUS
O Lucrèce! O heavenly beauty, the charm and torment of my vile heart! O virtue worthy of the worship of gods, yet defiled by the lowest of mortals!.
Scene.
LUCRICE.
Monster! If I die at the hands of your wrath, my death will merely be another crime committed by you; and your vile hand can only punish a crime after having shared in it itself[68].
End of the fragments from Lucretius.
Poetic Mixtures
Warning
The Orchard of Charmettes
A villanelle for Madame la Baronne de Warens
Fragment from a Letter to Mr. Bordes
Poems for Madame de Fleurieu
Letter to Mr. Bordes
Letter to Mr. Parisot
Sylvie’s Alley
Letter to Mr. de l’Étang
Free imitation of an Italian song by Metastase
Enigma
To Miss Theodore
Epitaph for Two Lovers
Strophes
Poems about women
A bouquet from a child for his mother
Inscription placed at the bottom of a portrait of Frederick II
Quatrain for Madame Dupin
Quatrain
The Orchard of Charmettes
[69]
A rare home does not scorn a friend who seeks shelter there:
Do not trample upon a humble person with arrogance.
The house of Charmettes, near Chambéry
My dear heart, a haven of innocence.
Honour of those finest days that heaven bestows upon me.
Charming solitude, a sanctuary of peace.
May I, happy gardener, never leave you!
Delicious days, spent basking in your shade!
From the weeping Philomèle, the languishing branches are filled with sorrow.
From a fleeting brook, comes the flattering murmur.
It kindles a seductive charm within my soul.
I learn from your email how to enjoy life:
I am learning to meditate without regret, without envy.
Regarding the frivolous tastes of those foolish mortals.
Their turbulent days, one driving the other forward.
Do not kindle in my heart the desire to follow them.
For greater pleasures, I am willing to pay the price of living.
Pleasures that are always charming, always gentle, always pure.
To my enchanted heart, you are always certain.
Whether at the first glimpse of a beautiful day on the verge of breaking forth.
I shall go see those hills bathed in the glow of the rising sun.
Either towards noon, driven away by its own intensity,
Under a dense tree, I seek the coolness;
There, carrying Montaigne or La Bruyère with me.
I laugh quietly at human misery.
Or, with Socrates and the divine Plato,
I practice walking in the footsteps of Cato:
Whether it be on a bright night, as it spreads its sails.
Reveal to my gaze the moon and the stars;
Then, following from a distance behind Huygens and Cassini,
I calculate, I observe, and, near infinity.
In these diverse worlds that the ether hides from us,
I reason with Huygens and Fontenelle, urging them on.
Perhaps, caught off guard by an unexpected storm,
I reassure the bewildered shepherd as he runs away.
What terror those winds that whistle above his head inspire.
Turbulences, lightning, thunder, storms;
Always equally happy and satisfied,
I do not desire any more perfect happiness.
O you, wise Warens, disciple of Minerva,
Forgive these outbursts of indiscreet fervor;
Although I had promised never to write rhymes again,
I dare to sing here of the fruits of your kindnesses.
Yes, if my heart enjoys the most peaceful fate.
If I am virtue on an easy path.
If I find in these places an innocent kind of rest.
I owe this rare gift solely to you.
In vain are those with lowly hearts and mercenary souls.
Through cruel rather than beneficial advice,
A hundred times they have tried to take away your kindnesses from me:
They do not know the good that you experience.
By bringing joy to others, by wiping away tears:
These delicate pleasures hold no allure for them.
Of Titus and Trajan, the liberal hands.
They arouse in their hearts only inhuman laughter.
Why perform good deeds in the century we live in?
Is there anyone, among the human race.
Deserve to be removed from the ranks of the poor?
Can honest people exist in such misery?
And would it not be better to use one’s wealth for that purpose?
To enjoy pleasures or to be generous?
Let them follow these terrible feelings at their own will.
I would never dare to demand anything from them.
I will not go crawling around or trying to please them;
My heart knows that, if necessary, it must face misery.
And, more delicate than them, more sensitive to honor,
Consider more carefully the choice of a benefactor.
Yes, I give you my public assurance today that.
This written record will be its authentic witness.
For if ever fate were to snatch me away from your kindnesses.
My needs will never overlap with theirs.
Let envy surround that despisable group.
To attack virtues whose very brilliance overwhelms them.
Ignore their plots, their hatred, their fury;
Nevertheless, peace lies deep within your heart.
While they are but vile toys of their own furies.
The food of snakes from which they derive their nourishment.
Crime and remorse ultimately lead one to the depths of oneself.
The sad punishment for their dark horrors.
Similar in their fury to the malevolent wasp,
Unable to provide work, and unworthy of offering assistance.
Who lives solely by stealing, and whose fate ultimately.
To cause harm by committing suicide.
Let them vent their powerless anger in vain;
Their threats against you do not frighten me in the slightest:
They would like a great king to take away these benefits from you.
But even nobler endeavors illustrate his ambitions:
Their petty jealousy and their unjust fury.
They will never ever reach his glorious throne;
And the monster that reigns in their broken hearts.
It is not meant to brave the radiance of its virtues.
It is in this way that a good king makes his empire beloved.
He advocates for the notion that misfortune brings with it great suffering.
When it comes to threatening, thunder is in his hands.
Every king, without ascending above human beings,
Against criminals, thunder can be unleashed;
But if he brings happiness to people, then he is a god on earth.
Charles, one can recognize your empire by these characteristics;
Your hand brings joy and blessings wherever it goes.
Your equal subjects acknowledge the fairness of your judgment.
One no longer makes demands out of some shameful whim.
An abhorrent principle, condemned by justice.
Who, by violating all the rights of society,
Breaking the sacred bonds that bound her.
To refuse to give the best part of what one needs.
And yet it pretends to free us from its most just laws.
Those whom she enables to enjoy her most generous rights.
Ah! If only it had been enough for you to become terrifying.
Who else, more than you, could be invincible?
When Europe saw you leading your banners.
To shine alone among all his kings on the fields of Mars?
But it is not enough to simply terrify the earth;
There are other duties besides those related to warfare.
And it is through them, great king, that your people today.
Find within yourself his avenger, his father, and his support.
And you, wise Warens, whom this hero protects.
In vain does slander secretly besiege you.
Fear not its effects; dare its futile wrath.
Virtue protects you, and that is enough for you:
This great king holds you in high regard; he knows of your zeal.
He is always faithful to his word;
And, to put it all in plain terms, as a guarantee of his kindnesses.
Pensate che abbiamo bisogno di prendere molte precauzioni, e l’arrivo del padre di Lucrèce dovrebbe renderci ancora più cauti. Vi ho detto, signore: sospetto che questo viaggio con Bruto nasconda qualche mistero; ho notato, dall’atteggiamento con cui ci osservavano, che temevano di essere a loro volta osservati; non so cosa si stia tramando in segreto, ma Lucrèzio ci guarda con sospetto. Devo ammettere che quel Bruto mi è sempre stato antipatico[65].
Ah! Signore, per favore. Ma perdonate se il mio zelo premuroso mi spinge a nutrire una diffidenza che il vostro coraggio disprezza; tuttavia, questa diffidenza potrebbe essere utile alla vostra sicurezza e, forse, anche a quella dello stato.
SESTO.
Amici, che preoccupazioni inutili! Ma basta che io possa vedere Lucrezia: sarei felice di morire ai suoi piedi. E che tutto l’universo perisse![66]
Sulpitius.
Si impegna con cura a evitarvi. Tuttavia la vedrete; è giunto il momento di incontrarla. Nel nome degli dei, andate ad aspettarla e lasciate che io mi occupi del resto.
Scena.
Paolina, Sulpizio.
PAOLINA.
No, Sulpitio, sarebbe stato inutile che parlassi; lei non vuole vedere il principe, e ciò che ha rifiutato per le ragioni di Collatin, non lo avrebbe accettato nemmeno sotto i pretesti che mi avete suggerito voi. Del resto, ogni volta che cercavo di parlare, la sua presenza suscitava in me una resistenza invincibile. Lontano dai suoi occhi, posso desiderare tutto ciò che volete; ma davanti a lei, non posso più desiderare nulla se non ciò che è onesto.
Sulpitius.
Poiché una vana timidezza ha avuto la meglio, poiché né le mie ragioni né il vostro interesse sono riusciti a convincervi a parlare, non ci resta che organizzare un incontro tra di voi in modo che sembri imprevisto.
Scena.
Lucrizia, Paulina.
LUCCREZIA.
Non è forse meglio che un malvagio muoia, che mio padre venga ascoltato e che la patria sia libera, piuttosto che, per pietà, Lucrezia dimentichi la sua virtù?.
Lucrizia, rientrando.
(A Pauline, con un ton freddo, ma leggermente alterato.)
Aiutate questo sfortunato.
Scena.
SESTO
Oh Lucrezia! Oh bellezza celestiale, incanto e tormento del mio infame cuore! Oh virtù degna delle adorazioni degli dei, e contaminata dal più vile dei mortali.
Scena.
LUCCREZIA.
Mostro! Se muoio per la tua rabbia, per te la morte non è altro che un nuovo crimine; e la tua mano infame può punire il delitto soltanto dopo averlo compiuto insieme[68].
Fine dei frammenti di Lucrizio.
MIX DI VERSI
Avvertenza
Il frutteto delle Charmettes
Mi rivolsi alla signora baronessa di Warens.
Frammento di una Lettera a Monsieur Bordes
Poesia per Madame de Fleurieu
Lettera a Monsieur Bordes
Lettera a Monsieur Parisot
Il vialetto di Sylvie
Lettera a Monsieur de l’Étang
Imitazione libera di una canzone italiana di Metastasio
Enigma
A mademoiselle Théodore
Epitaffio di due amanti
Strofe
Versi sulla donna
Un mazzo di fiori da un bambino per sua madre
Iscrizione posta in basso al ritratto di Federico II
Quartetto per Madame Dupin
Quartina
Il frutteto delle Charmettes
[69]
Una dimora modesta non disdegna un amico.
Raraque, con arroganza, calpesta un cliente umile.
La casa delle Charmettes, vicino a Chambéry
Giardino caro al mio cuore, dimora dell’innocenza.
Onore dei più bei giorni che il cielo mi dona.
Solitudine incantevole, rifugio della pace.
Che io possa mai lasciarvi, felice orto,!
Giochi deliziosi, trascorsi all’ombra vostra!
Dai rami lamentosi di Filomela che piangono.
Il mormorio carezzevole di un ruscello effimero.
Scatenano in me un incanto seducente.
Attraverso la vostra e-mail, imparo ad apprezzare la vita:
Sto imparando a meditare senza rimpianti, senza invidia.
Su i frivoli gusti dei mortali insensati.
I loro giorni turbolenti, spinti l’uno dall’altro.
Non accendete nel mio cuore il desiderio di seguirli.
Per godere di piaceri più grandi, sono disposto a pagare il prezzo della vita stessa.
Piaceri sempre incantevoli, sempre dolci, sempre puri.
Nel mio cuore incantato, voi siete sempre certi e affidabili.
Che sia nel primo momento di una bella giornata sul punto di iniziare.
Vado a vedere quei colli dorati dal sole nascente.
Che sia stato cacciato dal proprio ardore verso mezzogiorno.
Sotto un albero rigoglioso cerco la freschezza;
Lì, con me Montaigne o La Bruyère.
Rido tranquillamente della miseria umana.
Oppure, con Socrate e il divino Platone.
Mi esercito a seguire le orme di Catone:
Che sia una notte splendente, che stenda le sue ali.
Mostrami la luna e le stelle.
Allora, seguendo da lontano Huygens e Cassini.
Calcolo, osservo, e, vicino all’infinito,
In questi mondi diversi che l’etere ci nasconde.
Riflettendoci sopra, faccio riferimento a Huygens e Fontenelle:
O forse, colti di sorpresa da un temporale inaspettato.
Correndo, tranquillizzo il pastore smarrito.
Che terrore suscitano i venti che soffiano sulla sua testa.
I vortici, il fulmine, il tuono, la tempesta.
Sempre ugualmente felice e soddisfatto,
Non desidero alcuna felicità più perfetta di quella che ho.
O tu, saggio Warens, discepolo di Minerva.
Perdonate questi sfoghi di una vivacità un po’ indiscreta.
Nonostante avessi promesso di non comporre mai più versi,
Oso cantare qui i frutti delle vostre benedizioni.
Sì, anche se il mio cuore gode del destino più sereno.
Se io sono la virtù su un sentiero facile.
Se in questi luoghi assaporo un riposo innocente.
Devo questo raro dono soltanto a voi.
Inutilmente cuori meschini, anime mercenarie.
Con consigli crudeli piuttosto che utili.
Cent volte hanno cercato di privarmi delle vostre gentilezze:
Non conoscono il bene che voi apprezzate.
Rendendo felici le persone, asciugando le lacrime.
Questi piaceri delicati, per loro, non possiedono alcun fascino.
Le mani liberali di Tito e Traiano.
Non suscitano nei loro cuori che risate inumane.
Perché compiere buone azioni in questo secolo in cui viviamo?
Esiste qualcuno, nella razza umana.
Digno di essere considerato tra i poveri?
Nella povertà, è possibile che esistano persone oneste?
E non è forse meglio utilizzare le proprie ricchezze?
Godere dei piaceri o essere generosi?
Che seguano liberamente questi orribili sentimenti.
Mi asterrò assolutamente dal chiedere loro qualcosa.
Non andrò a compiacerli o a cercare di piacergli.
Il mio cuore sa, se necessario, come affrontare la povertà.
E, più delicato di loro, più sensibile all’onore.
Osserva più attentamente la scelta di un benefattore.
Sì, oggi vi assicuro pubblicamente di ciò.
Questo scritto ne sarà la testimonianza autentica.
Che, se mai il destino mi strappasse ai vostri benefici.
I miei bisogni non si sovrapporranno mai ai loro.
Lasciate che gli invidiosi rimangano con quella banda spregevole.
Attaccare delle virtù la cui stessa brillantezza le rende insopportabili.
Disprezzate i loro complotti, il loro odio, la loro furia;
Nonostante ciò, la pace è ancora nel profondo del vostro cuore.
Mentre, essendo solo meschini giocattoli delle loro stesse furie.
Cibo per i serpenti di cui si nutrono.
Il crimine e i rimorsi conducono, nel profondo di sé.
Il triste castigo delle loro orribili azioni.
Simili nella loro rabbia alla vespa velenosa,
Inadatto al lavoro e incapace di offrire aiuto.
Chi vive soltanto di furti, e il cui destino.
È un atto di infliggere dolore suicidandosi.
Che esalino invano la loro rabbia impotente.
Le loro minacce nei vostri confronti non mi spaventano affatto:
Vorrebbero che un grande re vi privasse di tutti questi benefici.
Ma progetti ancora più nobile e significativi illustrano le sue intenzioni:
La loro meschina gelosia e la loro furia ingiusta.
Non arriveranno mai fino al suo maestoso trono.
E il mostro che regna nei loro cuori sconvolti.
Non è stato creato per sfidare lo splendore delle sue virtù.
Ed è così che un buon re rende il suo regno amabile.
Sostiene che la sfortuna colpisca inevitabilmente le persone virtuose.
Quando deve minacciare, il fulmine è nelle sue mani.
Ogni re, senza elevarsi al di sopra degli esseri umani,
Contro i criminali può tuonare il fulmine;
Ma se fa felici le persone, allora è come se fosse un dio sulla terra.
Carlo, il tuo impero si riconosce proprio in questi tratti.
La tua mano porta ovunque gioia e benedizioni.
I tuoi sudditi, trattati in modo equo, percepiscono la tua giustizia.
Non si chiede più, per un vergognoso capriccio.
Un principe odioso, bandito dall’equità.
Qui, violando tutti i diritti della società.
Rotti i legami sacri che la tenevano unita.
Rifiutare alla propria necessità la parte migliore.
E pretende di liberare dalle sue leggi più giuste.
Coloro a cui lei concede i suoi diritti più preziosi.
Ah! Se solo fosse stato sufficiente per te diventare terribile.
Chi altro, più di te, avrebbe potuto essere invincibile?
Quando l’Europa ti vide, mentre guidavi i tuoi stendardi.
Solo tra tutti i suoi re, brillare sui campi di Marte?
Ma non basta spaventare la terra.
Esistono altri doveri oltre alle cure legate alla guerra.
E è attraverso di loro, grande re, che il tuo popolo oggi.
Trova in te stesso il suo vendicatore, il suo padre e il suo sostegno.
E tu, saggio Warens, che proteggi questo eroe.
Inutilmente la calunnia vi assedia in segreto.
Temete poco i suoi effetti, affrontate con coraggio la sua vana ira.
La virtù vi protegge, e questo è sufficiente per voi.
Questo grande re vi stima; conosce la vostra dedizione.
È sempre fedele alle sue promesse;
E, per dirlo tutto in una volta, garante delle sue buone intenzioni.
Votre coeur vous répond que vous les méritez.
On me connaît assez, et ma muse sévère
Ne fait point dispenser un encens mercenaire ;
Jamais d’un vil flatteur le langage affecté
N’a souillé dans mes vers l’auguste vérité.
Vous méprisez vous-même un éloge insipide,
Vos sincères vertus n’ont point l’orgueil pour guide.
Avec vos ennemis convenons, s’il le faut,
Que la sagesse en vous n’exclut point tout défaut.
Sur cette terre hélas ! telle est notre misère,
Que la perfection n’est qu’erreur et chimère.
Connaître mes travers est mon premier souhait,
Et je fais peu de cas de tout homme parfait.
La haine quelquefois donne un avis utile :
Blâmez cette bonté trop douce et trop facile
Qui souvent à leurs yeux a causé vos malheurs.
Reconnaissez en vous les faibles des bons cœurs :
Mais sachez qu’en secret l’éternelle sagesse
Hait leurs fausses vertus plus que votre faiblesse,
Et qu’il vaut mieux cent fois se montrer à ses yeux
Imparfait comme vous, que vertueux comme eux.
Vous donc, dès mon enfance attachée à m’instruire,
À travers ma misère, hélas ! qui crûtes lire
Que de quelques talents le Ciel m’avait pourvu,
Qui daignâtes former mon coeur à la vertu,
Vous, que j’ose appeler du tendre nom de mère,
Acceptez aujourd’hui cet hommage sincère,
Le tribut légitime, et trop bien mérité,
Que ma reconnaissance offre à la vérité.
Oui, si quelques douceurs assaisonnent ma vie ;
Si j’ai pu jusqu’ici me soustraire à l’envie ;
Si le coeur plus sensible, et l’esprit moins grossier,
Au-dessus du vulgaire on m’a vu m’élever ;
Enfin, si chaque jour je jouis de moi-même,
Tantôt en m’élançant jusqu’à l’Être suprême,
Tantôt en méditant, dans un profond repos,
Les erreurs des humains, et leurs biens, et leurs maux ;
Tantôt, philosophant sur les lois naturelles,
J’entre dans le secret des causes éternelles,
Je cherche à pénétrer tous les ressorts divers,
Les principes cachés qui meuvent l’univers ;
Si, dis-je, en mon pouvoir j’ai tous ces avantages,
Je le répète encore, ce sont là vos ouvrages,
Vertueuse Warens : c’est de vous que je tiens
Le vrai bonheur de l’homme et les solides biens.
Sans craintes, sans désirs, dans cette solitude,
Je laisse aller mes jours exempts d’inquiétude :
Oh ! que mon coeur touché ne peut-il à son gré
Peindre sur ce papier, dans un juste degré,
Des plaisirs qu’il ressent la volupté parfaite !
Présent dont je jouis, passé que je regrette,
Tems précieux, hélas ! je ne vous perdrai plus
En bizarres projets, en soucis superflus.
Dans ce verger charmant j’en partage l’espace.
Sous un ombrage frais tantôt je me délasse ;
Tantôt avec Leibnitz, Malebranche et Newton,
Je monte ma raison sur un sublime ton,
J’examine les lois des corps et des pensées ;
Avec Locke je fais l’histoire des idées ;
Avec Képler, Wallis, Barrow, Raynaud, Pascal,
Je devance Archimède, et je suis l’Hôpital[70].
Tantôt, à la physique appliquant mes problèmes
Je me laisse entraîner à l’esprit des systèmes :
Je tâtonne Descartes et ses égarements,
Sublimes, il est vrai, mais frivoles romans.
J’abandonne bientôt l’hypothèse infidèle,
Content d’étudier l’histoire naturelle.
Là, Pline et Nieuwentit, m’aidant de leur savoir,
M’apprennent à penser, ouvrir les yeux et voir.
Quelquefois, descendant de ces vastes lumières,
Des différents mortels je suis les caractères.
Quelquefois, m’amusant jusqu’à la fiction,
Télémaque et Séthos me donnent leur leçon ;
Ou bien dans Cléveland j’observe la nature,
Qui se montre à mes yeux touchante et toujours pure.
Tantôt aussi, de Spon parcourant les cahiers,
De ma patrie en pleurs je relis les dangers.
Genève, jadis sage, ô ma chère patrie !
Quel démon dans ton sein produit la frénésie ?
Souviens-toi qu’autrefois tu donnas des héros,
Dont le sang t’acheta les douceurs du repos.
Transportés aujourd’hui d’une soudaine rage,
Aveugles citoyens, cherchez-vous l’esclavage ?
Trop tôt peut-être hélas ! pourrez-vous le trouver :
Mais, s’il est encore temps, c’est à vous d’y songer.
Jouissez des bienfaits que Louis vous accorde.
Rappelez dans vos murs cette antique concorde.
Heureux si, reprenant la foi de vos aïeux,
Vous n’oubliez jamais d’être libres comme eux !
O vous, tendre Racine ! ô vous aimable Horace !
Dans mes loisirs aussi vous trouvez votre place ;
Claville, Saint-Aubin, Plutarque, Mézerai,
Despréaux, Cicéron, Pope, Rollin, Barclai,
Et vous, trop doux La Mothe, et toi, touchant Voltaire,
Ta lecture à mon coeur restera toujours chère.
Mais mon goût se refuse à tout frivole écrit
Dont l’auteur n’a pour but que d’amuser l’esprit :
Il a beau prodiguer la brillante antithèse,
Semer partout des fleurs, chercher un tour qui plaise ;
Le coeur, plus que l’esprit, a chez moi des besoins,
Et, s’il n’est attendri, rebute tous ses soins.
C’est ainsi que mes jours s’écoulent sans alarmes.
Mes yeux sur mes malheurs ne versent point de larmes.
Si des pleurs quelquefois altèrent mon repos,
C’est pour d’autres sujets que pour mes propres maux.
Vainement la douleur, les craintes, la misère,
Veulent décourager la fin de ma carrière ;
D’Épictète asservi la stoïque fierté
M’apprend à supporter les maux, la pauvreté ;
Je vois, sans m’affliger, la langueur qui m’accable ;
L’approche du trépas ne m’est point effroyable ;
Et le mal dont mon corps se sent presque abattu
N’est pour moi qu’un sujet d’affermir ma vertu.
Virelai à madame la baronne de Warens
[71]
Madame, apprenez la nouvelle
De la prise de quatre rats ;
Quatre rats n’est pas bagatelle,
Aussi n’en badiné-je pas :
Et je vous mande avec grand zèle
Ces vers qui vous diront tout bas,
Madame, apprenez la nouvelle
De la prise de quatre rats.
À l’odeur d’un friand appâs[72],
Rats sont sortis de leur caselle ;
Mais ma trappe arrêtant leurs pas,
Les a, par une mort cruelle,
Fait passer de vie à trépas.
Madame, apprenez la nouvelle
De la prise[73] de quatre rats.
Mieux que moi savez qu’ici-bas
N’a pas qui veut fortune telle ;
C’est triomphe qu’un pareil cas.
Le fait n’est pas d’une allumelle.
Ainsi donc avec grand soulas,
Madame, apprenez la nouvelle
De la prise de quatre rats.
Fragment d’une Épître à M. Bordes
[74]
Après un carême ennuyeux,
Grâce à Dieu, voici la semaine
Des divertissements pieux.
On va de neuvaine en neuvaine,
Dans chaque église on se promène ;
Chaque autel y charme les yeux ;
Le luxe et la pompe mondaine
Y brillent à l’honneur des cieux.
Là, maint agile énergumène
Sert d’Arlequin dans ces saints lieux ;
Le moine ignorant s’y démène,
Récitant à perte d’haleine,
Ses oremus mystérieux,
Et criant d’un ton furieux,
Fora, fora, par saint Eugène !
Rarement la semonce est vaine ;
Diable et frà s’entendent bien mieux,
L’un à l’autre obéit sans peine.
Sur des objets plus gracieux
La diversité me ramène.
Dans ce temple délicieux
Où ma dévotion m’entraîne,
Quelle agitation soudaine
Me rend tous mes sens précieux ?
Illumination brillante,
Peintures d’une main savante,
Parfums destinés pour les dieux,
Mais dont la volupté divine
Délecte l’humaine narine
Avant de se porter aux cieux !
Et toi, musique ravissante,
Du Carcani chef-d’œuvre harmonieux,
Que tu plais quand Catine chante !
Elle charme à-la-fois notre oreille et nos yeux.
Beaux sons, que votre effet est tendre !
Heureux l’amant qui peut s’attendre
D’occuper en d’autres moments
La bouche qui vous fait entendre,
A des soins encore plus charmants !
Mais ce qui plus ici m’enchante,
C’est mainte dévote piquante,
Au teint frais, à l’œil tendre et doux,
Qui, pour éloigner tout scrupule,
Vient à la Vierge, à deux genoux,
Offrir, dans l’ardeur qui la brûle,
Tous les vœux qu’elle attend de nous.
Tels sont les familiers colloques,
Tels sont les ardents soliloques
Des gens dévots en ce saint lieu.
Ma foi, je ne m’étonne guères,
Quand on fait ainsi ses prières,
Qu’on ait du goût à prier Dieu.
Vers pour madame de Fleurieu
[75]
qui, m’ayant vu dans une assemblée, sans que j’eusse l’honneur d’être connu d’elle, dit à M. l’intendant de Lyon[76] que je paraissais avoir de l’esprit, et qu’elle le gagerait sur ma seule physionomie.
Déplacé par le sort, trahi par la tendresse,
Mes maux sont comptés par mes jours :
Imprudent quelquefois, persécuté toujours,
Souvent le châtiment surpasse la faiblesse.
O fortune ! à ton gré comble-moi de rigueurs ;
Mon coeur regrette peu tes frivoles grandeurs,
De tes biens inconstants sans peine il te tient quitte.
Un seul dont je jouis ne dépend point de toi :
La divine FLEURIEU m’a jugé du mérite ;
Ma gloire est assurée et c’est assez pour moi.
Épître à M. Bordes
[77]
Toi qu’aux jeux du Parnasse Apollon même guide,
Tu daignes exciter une muse timide ;
De mes faibles essais jugé trop indulgent,
Ton goût à ta bonté cède en m’encourageant.
Mais, hélas ! je n’ai point, pour tenter la carrière,
D’un athlète animé l’assurance guerrière ;
Et, dès les premiers pas, inquiet et surpris,
L’haleine m’abandonne, et je renonce au prix.
Bordes, daigne juger de toutes mes alarmes ;
Your -heart tells you that you deserve them.
People know me quite well, and my stern muse.
Do not ordain the offering of mercenary incense;
Never the affected language of a vile flatterer.
I have not defiled the noble truth in my verses.
You despise any insipid praise directed at yourself.
Your sincere virtues are not guided by pride.
If necessary, let us agree with our enemies.
Let not the wisdom within you exclude any form of deficiency.
Alas, on this earth! Such is our misery.
That perfection is nothing but error and illusion.
Understanding my own flaws is my foremost wish.
And I hold little regard for any perfect man.
Hate can sometimes provide a useful piece of advice:
Blame this kindness that is too gentle and too readily available.
Who often, in their eyes, has brought about your misfortunes.
Recognize within yourselves the weaknesses of those with kind hearts:
But know that in secret, the eternal wisdom.
They value their false virtues more than your weakness.
And it is a hundred times better to appear before his eyes.
Imperfect like you, as virtuous as they are.
You, then, from my childhood onward, always committed to ensuring I received an education.
Alas, through my misery, which only seemed to grow.
How many talents Heaven had bestowed upon me.
Who so cared as to shape my heart towards virtue.
You, whom I dare to call by the tender name of mother.
Accept today this sincere tribute.
The legitimate tribute, and one that is more than deserved.
May my gratitude be offered to the truth.
Yes, if a few sweet things add flavor to my life;
If I have been able thus far to resist such desire;
If the heart were more sensitive, and the mind less crude.
Above the common folk, I was seen to rise;
Finally, if every day I enjoy myself,
Sometimes, as I strive toward the Supreme Being.
Sometimes, while meditating in a state of deep tranquility.
The mistakes of humans, as well as their goods and their evils;
At times, he would engage in philosophical speculation about the laws of nature.
I enter into the mysteries of eternal causes.
I seek to penetrate into all these various aspects and elements.
The hidden principles that govern the universe;
If, I say, it were within my power to possess all these advantages.
I repeat it again: these are your own works.
Vertueous Warens: It is from you that I obtain it.
True human happiness and substantial possessions.
Without fear, without desire, in this solitude.
I let my days pass without any worries:
Oh! How my touched heart cannot, at will, express itself.
To paint on this paper, in just the right degree.
Pleasures such as these embody perfect bliss!
Present that I enjoy, past that I regret.
Precious treasures, alas! I will not lose them again.
In bizarre projects, in unnecessary worries.
In this charming orchard, I share its space with others.
Under the cool shade, I sometimes rest and relax.
At times with Leibniz, Malebranche, and Newton,
I elevate my reason to a sublime pitch.
I examine the laws of matter and thought;
With Locke, I explore the history of ideas.
With Képler, Wallis, Barrow, Raynaud, Pascal.
I precede Archimedes; I am Hospital[70].
At times, in applying physics to my problems.
I allow myself to be guided by the logic of these systems.
I grope my way through Descartes and his errors.
Indeed, they are sublime, but merely frivolous novels.
I will soon abandon this unfaithful hypothesis.
Happy to study natural history.
There, Pline and Nieuwentit, using their knowledge to assist me,
They teach me how to think, to open my eyes and see.
Sometimes, descending from those vast lights,
Among all mortal beings, I am the embodiment of those characteristics.
Sometimes, I even go so far as to invent fictional stories for fun.
Telemachus and Sethos teach me their lesson;
Or in Cleveland, I observe nature.
One who appears before my eyes as tender and always pure.
At other times too, as Spon went through the notebooks.
From my weeping motherland, I reread of the dangers that lie ahead.
Geneva, once so wise, oh my dear homeland!
Which demon within you brings about such frenzy?
Remember that once you created heroes.
Did not blood purchase for you the pleasures of rest?
Today, they were carried away by a sudden outburst of anger.
Blind citizens, are you seeking slavery?
Perhaps too early, alas! But will you be able to find it?
But if there is still time, it is up to you to consider it.
Rejoice in the benefits that Louis bestows upon you.
Recall within your walls that ancient harmony.
Happy if, by embracing the faith of your ancestors,
You never forget to remain as free as they are!
Oh you, tender Racine! Oh you, lovely Horace!
In my leisure time too, you have your place;
Claville, Saint-Aubin, Plutarch, Mézerai.
Despreaux, Cicero, Pope, Rollin, Barclay.
And you, too gentle La Mothe, and you, touching Voltaire.
Your reading to my heart will always remain precious to me.
But my taste refuses anything frivolous in writing.
For the author, the sole purpose is to entertain the mind.
Despite his brilliant use of antithesis,
To sow flowers everywhere, to seek a way that pleases everyone;
In my case, it is the heart, more than the mind, that has desires and needs.
And if it is not moved to compassion, it rejects all such care.
Such are the days that pass for me, without any alarms or disturbances.
My eyes, faced with my misfortunes, do not shed a single tear.
If sometimes tears disturb my peace,
It is for other matters, not for my own troubles, that I do this.
In vain are pain, fears, and misery.
They want to prevent the end of my career;
The stoic pride of a enslaved Epictetus
It teaches me to endure suffering and poverty.
I see, without distress, the weariness that overwhelms me;
The approach of death does not fill me with fear;
And the evil that leaves my body almost broken.
It is merely a means for me to affirm my virtue.
A villanelle for Madame la Baronne de Warens
[71]
Madam, hear the news.
From the capture of four rats;
Four rats are no trivial matter at all.
Therefore, I am not joking about it at all:
And I urge you with great zeal.
These verses that will whisper everything to you.
Madam, hear the news.
Regarding the capture of four rats.
At the scent of a baited prey.
Rats emerged from their cages;
But my trap stopped their progress.
They were, through a cruel death,
To turn life into death.
Madam, hear the news.
Regarding the capture of four rats.
Better than I know, down here.
Not everyone who wishes for it can attain such wealth;
Such a case is truly a triumph.
This matter is no trivial affair.
And thus, with great relief.
Madam, hear the news.
Regarding the capture of four rats.
Fragment from a Letter to Mr. Bordes
[74]
After a tedious Lent,
Thank God, here it is, the week has begun.
Pious forms of entertainment.
We go from one novena to another.
In every church, one can wander around;
Every altar there captivates the eye;
Luxury and the pomp of high society.
They shine in honor of the heavens.
There, that nimble and energetic fellow.
Acting as a Harlequin in these sacred places;
The ignorant monk tries his best at it.
Reciting breathlessly,
His mysterious oremuses,
And shouting in a furious tone,
Fora, fora, by the holy Eugene!
Rarely is a reprimand futile;
The devil and brothers get along much better together.
One obeyed the other without any difficulty.
On more graceful objects.
Diversity brings me back to myself.
In this delightful temple.
Wherever my devotion leads me,
What sudden commotion!
Does it render all my senses precious?
Brilliant illumination.
Paintings executed with a skilled hand,
Perfumes meant for the gods.
Yet whose divine pleasure.
Delight the human nose.
Before ascending to the heavens!
And you, lovely music,
From Du Carcani’s harmonious masterpiece,
You’re so charming when Catine sings!
It sometimes captivates both our ears and our eyes.
Oh beautiful sons, how tender your effect is!
Happy is that lover who can expect such things.
To be occupied at other times.
The mouth that enables you to hear.
Even more delightful care!
But what delights me most here is.
It is a piquant, devout woman.
With a fresh complexion and gentle, tender eyes.
Whoever, in order to rid oneself of all scruples.
He came before the Virgin, kneeling on both knees.
To offer, with the fervor that burns within.
All the wishes she has for us.
Such are these familiar colloquial expressions.
Such are these fervent soliloquies.
Devout people at this holy place.
Well, I’m not really surprised at all.
When one prays in this manner,
To have the desire to pray to God.
Poems for Madame de Fleurieu
[75]
Someone who had seen me in a gathering, without having the honor of knowing me, told Mr. the Intendant of Lyon[76] that I seemed to have some wit, and that she would bet on it just based on my appearance alone.
Uprooted by fate, betrayed by tenderness.
My sufferings are counted by the days:
Sometimes imprudent, always persecuted.
Often, punishment exceeds the degree of weakness.
Oh fortune! At thy will, fill me with hardships;
My heart laments not at all your frivolous grandeur.
Without any difficulty, it frees you from your fickle possessions.
There is only one thing that I enjoy, and it does not depend on you at all:
The divine FLEURIEU deemed me worthy of such recognition;
My glory is assured, and that is enough for me.
Letter to Mr. Bordes
[77]
You, who even guide Apollo at the games of Parnassus,
You deign to inspire a timid muse;
My feeble attempts were deemed too indulgent.
Your taste for kindness manifests itself in the way you encourage me.
But, alas! I do not possess what is necessary to attempt such a career.
A warrior’s spirit dwells within this athlete;
And from those very first steps on, he was anxious and surprised.
My breath gives out, and I give up on winning the prize.
Bordes, please judge of all my alarms;
Il vostro cuore vi dice che li meritate.
Mi conoscono abbastanza, e la mia musa, è severa.
Non si deve offrire incenso per compiacere gli altri;
Mai le parole affettate di un vile adulatorio.
Non ho contaminato nelle mie poesie la nobile verità.
Disprezzate voi stessi per un elogio insipido.
Le vostre sincere virtù non seguono la guida dell’orgoglio.
Se necessario, accordiamoci con i nostri nemici.
Che la saggezza che è in voi non escluda alcun difetto.
Su questa terra, ahimè, tale è la nostra miseria.
Che la perfezione non sia altro che errore e illusione.
Conoscere i miei difetti è il mio primo desiderio.
E non do alcuna importanza a qualsiasi uomo perfetto.
A volte, l’odio fornisce un consiglio utile:
Colpevate questa bontà troppo dolce e troppo facile.
Ciò che spesso, ai loro occhi, ha causato i vostri mali.
Riconoscete in voi stessi le debolezze di coloro che hanno un cuore buono:
Ma sappiate che, in segreto, la saggezza eterna.
Danno più importanza alle loro false virtù che alla vostra debolezza.
E che è mille volte meglio mostrarsi davanti ai suoi occhi.
Imperfetti come voi, quanto virtuosi come loro.
Quindi voi, fin da quando ero bambina e vi sforzavate di istruirmi.
Attraverso la mia miseria, ahimè, che sembrava crescere di giorno in giorno.
Quanti talenti il Cielo mi aveva donato.
Voi che avete voluto formare il mio cuore alla virtù.
Voi, a cui oso rivolgere il tenero nome di madre.
Accettate oggi questo omaggio sincero.
Il tributo legittimo, e più che meritato.
Che la mia riconoscenza sia un omaggio alla verità.
Sì, se alcune dolcezze arricchiscono la mia vita.
Se finora sono riuscito a sfuggire alla tentazione.
Se il cuore fosse più sensibile e lo spirito meno rozzo.
Al di sopra della gente comune, si è visto me elevarmi.
Infine, se ogni giorno godo di me stesso.
A volte, lanciandomi verso l’Essere supremo.
A volte, mentre meditavo in un profondo silenzio.
Gli errori degli esseri umani, i loro beni e i loro mali.
A volte, riflettendo sulle leggi naturali.
Entro nel segreto delle cause eterne.
Cerco di comprendere tutti i diversi aspetti e meccanismi in gioco.
I principi nascosti che governano l’universo;
“Sì,” dico, “se fosse in mio potere, avrei tutti questi vantaggi.”
Lo ripeto ancora: questi sono i vostri lavori.
Virtuosa Warens: è da te che dipendo.
Il vero felicità dell’uomo e i beni solidi.
Senza paure, senza desideri, in questa solitudine.
Lascio che i miei giorni trascorrano senza preoccupazioni:
Oh! Come potrebbe il mio cuore commosso non agire secondo i suoi desideri.
Dipingere su questo foglio di carta, in misura adeguata.
Piaceri, che godimento supremo!
Presente di cui godo, passato che rimpiango.
Tesori preziosi, ahimè, non vi perderò più.
In progetti strani, in preoccupazioni inutili.
In questo incantevole giardino condivido lo spazio con altri.
All’ombra fresca, talvolta mi rilasso.
A volte con Leibniz, Malebranche e Newton.
Alzo la voce della mia ragione su un tono sublimo,
Esamino le leggi dei corpi e dei pensieri;
Con Locke, racconto la storia delle idee.
Con Keplero, Wallis, Barrow, Raynaud, Pascal.
Io precedo Archimede, e sono l’Hôpital[70].
A volte, nella fisica applicata ai miei problemi.
Mi lascio guidare dal pensiero dei sistemi.
Esploro alla cieca i pensieri di Cartesio e le sue deviazioni.
Romanzi davvero sublimi, ma anche frivoli.
Abbandonerò presto questa ipotesi infida.
Felice di studiare la storia naturale.
Lì, Plinio e Nieuwentit, aiutandomi con la loro conoscenza,
Mi insegnano a pensare, ad aprire gli occhi e a vedere.
A volte, discendenti di quelle vaste luoghi di luce,
Tra i diversi esseri mortali, io rappresento quei tratti distintivi.
A volte, mi diverto addirittura fino a inventare storie di fantasia.
Télemaco e Sethos mi insegnano la loro lezione.
Oppure, a Cleveland, osservo la natura.
Chi si mostra davanti ai miei occhi è commovente e sempre puro.
A volte, anche De Spon scorrendo i quaderni.
Rileggo i pericoli della mia patria in lacrime.
Ginevra, un tempo saggia, oh mia cara patria!
Qual demone è nascosto in te che provoca questa frenesia?
Ricorda che un tempo hai creato degli eroi.
Non è forse il sangue a comprarti le delizie del riposo?
Trasportati oggi da un’improvvisa rabbia.
Cittadini ciechi, cercate davvero la schiavitù?
Forse troppo presto. Sarete in grado di trovarlo?
Ma, se c’è ancora tempo, spetta a voi pensarci.
Godetevi i benefici che Luigi vi dona.
Ricordate nelle vostre menti questa antica armonia.
Felice chi, riprendendo la fede dei vostri antenati.
Non dimenticate mai di essere liberi come loro!
Oh, tu, tenero Racine! Oh, tu, amabile Orazio!
Anche nei miei momenti di svago, trovate il vostro posto.
Claville, Saint-Aubin, Plutarco, Mézerai.
Despréaux, Cicerone, Pope, Rollin, Barclay.
E voi, troppo gentile La Mothe, e tu, commovente Voltaire.
La tua lettura per il mio cuore rimarrà sempre qualcosa di prezioso.
Ma il mio gusto si rifiuta di accettare qualsiasi scrittura frivola.
Lo scopo dell’autore è soltanto quello di divertire l’intelletto.
Per quanto possa esibire brillanti antitesi,
Seminare fiori ovunque, cercare un modo che piaccia.
Il cuore, più dello spirito, ha in me dei bisogni.
E, se non viene commosso, rifiuta ogni suo tentativo di aiuto.
Ecco così che i miei giorni trascorrono, senza alcuna preoccupazione.
I miei occhi, di fronte ai miei mali, non versano lacrime.
A volte, i pianti disturbano il mio riposo.
È per altri motivi, non per i miei problemi personali, che lo faccio.
Inutilmente dolore, paure, miseria.
Vogliono impedire la fine della mia carriera;
Sottomettete alla fierezza stoica di Epitteto.
Imparo ad affrontare i mali, la povertà.
Vedo, senza soffrire, quella noia che mi opprime.
Avvicinarmi alla morte non mi spaventa affatto;
E quella malattia che sembra quasi aver sconfitto il mio corpo.
Per me, non è altro che un motivo per affermare la mia virtù.
Mi rivolsi alla signora baronessa di Warens.
[71]
Signora, sappia questa notizia.
Della cattura di quattro ratti;
Quattro ratti non sono certo una cosa da poco.
Pertanto, non scherzo affatto su questo argomento:
E vi invio con grande zelo.
Questi versi che vi sussurreranno all’orecchio.
Signora, sappia questa notizia.
Della cattura di quattro ratti.
All’odore di un bocconcino appetitoso.
I ratti sono usciti dalle loro gabbie.
Ma la mia trappola fermò i loro passi.
Essi, con una morte crudele.
Passare dalla vita alla morte.
Signora, sappia questa notizia.
Della cattura di quattro ratti.
Meglio di me sai che, qui in basso.
Non tutti coloro che lo desiderano possono ottenere una fortuna del genere.
Un caso del genere rappresenta davvero una vittoria.
Il fatto non riguarda una semplice scintilla.
E così, con grande sollievo.
Signora, sappia questa notizia.
Della cattura di quattro ratti.
Frammento di una Lettera a Monsieur Bordes
[74]
Dopo un digiuno noioso.
Grazie a Dio, ecco arrivata la settimana.
Divertimenti devoti.
Si procede da una novena all’altra.
In ogni chiesa si può passeggiare liberamente.
Ogni altare lì presente incanta lo sguardo;
Il lusso e le cerimonie mondane
Brillano in onore dei cieli.
Lì, un uomo agile ed energico.
In questi luoghi sacri, svolge il ruolo di Arlecchino;
Il monaco ignorante si dà da fare.
Recitando senza sosta,
I suoi misteriosi orari.
E gridando con un tono furioso,
Via, via, per san Eugenio!
Raramente una reprimenda è vana;
Diavolo e frate si intendono molto meglio.
Uno obbediva all’altro senza alcuna difficoltà.
Su oggetti più graziosi.
La diversità mi riporta indietro.
In questo delizioso tempio.
Dove mi conduce la mia devozione.
Che agitazione improvvisa.
Mi fanno apparire tutti i miei sensi particolarmente preziosi?
Luminosità intensa.
Pitture realizzate da una mano esperta.
Profumi destinati agli dèi.
Ma la cui voluttà è divina.
Delizia il naso umano.
Prima di ascendere al cielo!
E tu, musica incantevole.
“Du Carcani”, un capolavoro di armonia.
Che delizia ascoltarti quando Catine canta!
Canta al contempo le nostre orecchie e incanta i nostri occhi.
Belli suoni, quanto è delicato il loro effetto!
Felice l’amante che può aspettare con fiducia.
Ocuparsi in altri momenti.
La bocca che vi fa ascoltare.
A cure ancora più incantevoli!
Ma ciò che mi incanta maggiormente in questo contesto.
È una devota piena di spirito.
Con un viso fresco e occhi teneri e dolci.
Qui, per eliminare ogni rimorso.
Si avvicina alla Vergine, in ginocchio.
Offrire, con l’ardore che la consuma.
Tutti i desideri che lei ha per noi.
Ecco questi conversazioni così familiari.
Ecco i ferventi soliloqui di quel uomo.
Persone devote in questo luogo sacro.
A dire il vero, non mi sorprende affatto.
Quando si pregano in questo modo,
Che si abbia il desiderio di pregare Dio.
Poesia per Madame de Fleurieu
[75]
Questa persona, avendomi visto in un’assemblea senza che io avessi l’onore di essere conosciuto da lei, disse all’intendente di Lione[76] che sembravo avere intelletto, e che scommetterebbe su questo soltanto a giudicare dalla mia sola espressione facciale.
Spostato dal destino, tradito dalla tenerezza.
I miei dolori sono misurati dai giorni che trascorro.
A volte imprudente, sempre perseguitato.
Spesso, la punizione supera la debolezza.
Oh fortuna! Se così desideri, colmami di rigore.
Il mio cuore rimpiange ben poco le tue vanità frivole.
I tuoi beni incostanti, senza alcuno sforzo, ti lasciano libera da loro.
C’è solo una cosa di cui godo che non dipende da te:
La divina FLEURIEU mi ha riconosciuto meriti.
La mia gloria è certa, e questo mi basta.
Lettera a Monsieur Bordes
[77]
Tu che nei giochi del Parnasso guidi persino Apollo.
Tu ti degni di stimolare una musa timida.
I miei deboli tentativi sono stati giudicati troppo indulgenti.
Il tuo desiderio di essere gentile si manifesta nel modo in cui mi incoraggi.
Ma, ahimè! non dispongo di nulla per tentare questa carriera.
Un atleta possedeva la sicurezza e la determinazione tipiche di un guerriero.
E fin dai primi passi, inquieto e sorpreso.
Il respiro mi abbandona, e rinuncio a quel premio.
Bordes, abbi la bontà di giudicare tutte le mie preoccupazioni.
Vois quels sont les combats, et quelles sont les armes.
Ces lauriers sont bien doux, sans doute, à remporter :
Mais quelle audace à moi d’oser les disputer !
Quoi ! j’irais, sur le ton de ma lyre rustique,
Faire jurer en vers une muse helvétique[78] ;
Et, prêchant durement de tristes vérités,
Révolter contre moi les lecteurs irrités !
Plus heureux, si tu veux, encore que téméraire,
Quand mes faibles talents trouveraient l’art de plaire ;
Quand, des sifflets publics par bonheur préservés,
Mes vers des gens de goût pourraient être approuvés,
Dis-moi, sur quel sujet s’exercera ma muse ?
Tout poète est menteur, et le métier l’excuse ;
Il sait en mots pompeux faire, d’un riche fat,
Un nouveau Mécénas, un pilier de l’état.
Mais moi, qui connais peu les usages de France,
Moi, fier républicain que blesse l’arrogance,
Du riche impertinent je dédaigne l’appui,
S’il le faut mendier en rampant devant lui ;
Et ne sais applaudir qu’à toi, qu’au vrai mérite :
La sotte vanité me révolte et m’irrite.
Le riche me méprise ; et malgré son orgueil,
Nous nous voyons souvent à peu près du même oeil.
Mais, quelque haine en moi que le travers inspire,
Mon coeur sincère et franc abhorre la satire :
Trop découvert peut-être, et jamais criminel,
Je dis la vérité sans l’abreuver de fiel.
Ainsi toujours ma plume, implacable ennemie
Et de la flatterie et de la calomnie,
Ne sait point en ses vers trahir la vérité ;
Et toujours accordant un tribut mérité,
Toujours prête à donner des louanges acquises,
Jamais d’un vil Crésus n’encensa les sottises.
O vous, qui dans le sein d’une humble obscurité
Nourrissez les vertus avec la pauvreté,
Dont les désirs bornés dans la sage indigence
Méprisent sans orgueil une vaine abondance,
Restes trop précieux de ces antiques temps
Où des moindres apprêts nos ancêtres contents,
Recherchés dans leurs moeurs, simples dans leur parure,
Ne sentaient de besoins que ceux de la nature ;
Illustres malheureux, quels lieux habitez-vous ?
Dites, quels sont vos noms ? Il me sera trop doux
D’exercer mes talents à chanter votre gloire,
A vous éterniser au temple de mémoire ;
Et quand mes faibles vers n’y pourraient arriver,
Ces noms si respectés sauront les conserver.
Mais pourquoi m’occuper d’une vaine chimère ?
Il n’est plus de sagesse où règne la misère,
Sons le poids de la faim le mérite abattu
Laissé en un triste coeur éteindre la vertu.
Tant de pompeux discours sur l’heureuse indigence
M’ont bien l’air d’être nés du sein de l’abondance :
Philosophe commode, on a toujours grand soin
De prêcher des vertus dont on n’a pas besoin.
Bordes, cherchons ailleurs des sujets pour ma muse,
De la pitié qu’il fait souvent le pauvre abuse,
Et, décorant du nom de sainte charité
Les dons dont on nourrit sa vile oisiveté,
Sous l’aspect des vertus que l’infortune opprime
Cache l’amour du vice le penchant au crime.
J’honore le mérite aux rangs les plus abjects ;
Mais je trouve à louer peu de pareils sujets.
Non, célébrons plutôt l’innocente industrie
Qui sait multiplier les douceurs de la vie,
Et, salutaire à tous dans ses utiles soins,
Par la route du luxe apaise les besoins.
C’est par cet art charmant que sans cesse enrichie
On voit briller au loin ton heureuse patrie[79].
Ouvrages précieux, superbes ornements,
On dirait que Minerve, en ses amusements,
Avec l’or et la soie a d’une main savante
Formé de vos dessins la tissure élégante.
Turin, Londres, en vain, pour vous le disputer,
Par de jaloux efforts veulent vous imiter :
Vos mélanges charmants, assortis par les grâces,
Les laissent de bien loin s’épuiser sur vos traces.
Le bon goût les dédaigne, et triomphe chez vous ;
Et tandis qu’entraînés par leur dépit jaloux,
Dans leurs ouvrages froids ils forcent la nature,
Votre vivacité, toujours brillante et pure,
Donne à ce qu’elle pare un oeil plus délicat,
Et même à la beauté prête encore de l’éclat.
Ville heureuse, qui fait l’ornement de la France,
Trésor de l’univers, source de l’abondance,
Lyon, séjour charmant des enfants de Plutus,
Dans tes tranquilles murs tous les arts sont reçus : :
D’un sage protecteur le goût les y rassemble ;
Apollon et Plutus, étonnés d’être ensemble,
De leurs longs différends ont peine à revenir,
Et demandent quel dieu les a pu réunir.
On reconnaît tes soins, Pallu[80] : tu nous ramènes
Les siècles renommés et de Tyr et d’Athènes :
De mille éclats divers Lyon brille à la fois,
Et son peuple opulent semble un peuple de rois.
Toi, digne citoyen de cette ville illustre,
Tu peux contribuer à lui donner du lustre :
Par tes heureux talents tu peux la décorer,
Et c’est lui faire un vol que de plus différer.
Comment oses-tu bien me proposer d’écrire,
Toi, que Minerve même avait pris soin d’instruire,
Toi, de ses dons divins possesseur négligent,
Qui vient parler pour elle encore en l’outrageant.
Ah ! si du feu divin qui brille en ton ouvrage
Une étincelle au moins eût été mon partage,
Ma muse quelque jour, attendrissant les cœurs,
Peut-être sur la scène eût fait couler des pleurs.
Mais je te parle en vain : insensible à mes plaintes,
Par de cruels refus tu confirmes mes craintes,
Et je vois qu’impuissante à fléchir tes rigueurs,
Blanche[81] n’a pas encore épuisé ses malheurs.
Épître à M. Parisot
Achevée le 10 juillet 1742[82].
Ami, daigne souffrir qu’à tes yeux aujourd’hui
Je dévoile ce coeur plein de trouble et d’ennui :
Toi qui connus jadis mon âme toute entière,
Seul en qui je trouvais un ami tendre, un père,
Rappelle encore pour moi tes premières bontés ;
Rends tes soins à mon coeur, il les a mérités.
Ne crois pas qu’alarmé par de frivoles craintes
De ton silence ici je te fasse des plaintes ;
Que par de faux soupçons, indignes de tous deux,
Je puisse t’accuser d’un mépris odieux.
Non, tu voudrais en vain t’obstiner à te taire :
Je sais trop expliquer ce langage sévère
Sur ces tristes projets que je t’ai dévoilé ;
Sans m’avoir répondu, ton silence a parlé.
Je ne m’excuse point dès qu’un ami me blâme ;
Le vil orgueil n’est pas le vice de mon âme :
J’ai reçu quelquefois de solides avis
Avec bonté donnés, avec zèle suivis.
J’ignore ces détours dont les vaines adresses
En autant de vertus transforment nos faiblesses,
Et jamais mon esprit, sous de fausses couleurs,
Ne sut à tes égards déguiser ses erreurs.
Mais qu’il me soit permis, par un soin légitime,
De conserver du moins des droits à ton estime :
Pèse mes sentiments, mes raisons, et mon choix,
Et décide mon sort pour la dernière fois.
Né dans l’obscurité, j’ai fait dès mon enfance
Des caprices du sort la triste expérience ;
Et s’il est quelque bien qu’il ne m’ait point ôté,
Même par ses faveurs il m’a persécuté.
Il m’a fait naître libre, hélas, pour quel usage ?
Qu’il m’a vendu bien cher un si vain avantage !
Je suis libre en effet ; mais de ce bien cruel
J’ai reçu plus d’ennuis que d’un malheur réel.
Ah ! s’il fallait un jour, absent de ma patrie,
Traîner chez l’étranger ma languissante vie,
S’il fallait bassement ramper auprès des grands,
Que n’en ai-je appris l’art dès mes plus jeunes ans !
Mais sur d’autres leçons on forma ma jeunesse.
On me dit de remplir mes devoirs sans bassesse,
De respecter les grands, les magistrats, les rois,
De chérir les humains et d’obéir aux lois :
Mais on m’apprit aussi qu’ayant par ma naissance
Le droit de partager la suprême puissance,
Tout petit que j’étais, faible, obscur citoyen,
Je faisais cependant membre du souverain ;
Qu’il fallait soutenir un si noble avantage
Par le coeur d’un héros, par les vertus d’un sage ;
Qu’enfin la liberté, ce cher présent des cieux,
N’est qu’un fléau fatal pour les coeurs vicieux.
Avec le lait, chez nous, on suce ces maximes,
Moins pour s’enorgueillir de nos droits légitimes
Que pour savoir un jour se donner à la fois
Les meilleurs magistrats et les plus sages lois.
Vois-tu, me disait-on, ces nations puissantes
Fournir rapidement leurs carrières brillantes ?
Tout ce vain appareil qui remplit l’univers
N’est qu’un frivole éclat qui leur cache leurs fers.
Par leur propre valeur ils forgent leurs entraves :
Ils sont les conquérants, et sont de vils esclaves ;
Et leur vaste pouvoir, que l’art avait produit,
Par le luxe bientôt se retrouve détruit.
Un soin bien différent ici nous intéresse,
Notre plus grande force est dans notre faiblesse :
Nous vivons sans regret dans l’humble obscurité ;
Mais du moins dans nos murs on est en liberté.
Nous n’y connaissons point la superbe arrogance,
Nuls titres fastueux, nulle injuste puissance.
De sages magistrats, établis par nos voix,
Jugent nos différends, font observer nos lois.
L’art n’est point le soutien de notre république :
Être juste est chez nous l’unique politique ;
See what kind of battles there are, and what kind of weapons are used.
These laurels must be quite easy to win, undoubtedly.
But what audacity of mine to dare dispute them!
What! I would go, in the tone of my rustic lyre,
To make a Helvetian muse swear in verse[78];
And, preaching harshly about sad truths,
To turn against me those readers who are irritated!
Even more fortunate, if you will, albeit somewhat reckless.
When my modest talents should discover the art of pleasing.
When, fortunately, some public whistles were preserved.
My verses, suited to those with good taste, might well be approved.
Tell me, on what subject will my muse express herself?
Every poet is a liar, and the very nature of their craft excuses it.
He knows how to use grandiose words to describe a wealthy fat man.
A new patron, a pillar of the state.
But I, who know little about the customs of France,
I, a proud republican who despises arrogance.
I disdain the support of that arrogant rich man.
If necessary, to beg on his knees before him;
And I can only applaud you, for your true merit.
That foolish vanity disgusts and irritates me.
The rich man despises me; and despite his pride,
We often view things from more or less the same perspective.
But no matter how much hatred such behavior inspires within me,
My sincere and honest heart loathes satire:
Perhaps too revealing, but certainly never criminal.
I speak the truth without diluting it with venom.
Thus, once again, my pen—my relentless enemy.
And of flattery and slander,
In his verses, he cannot manage to betray the truth;
And always paying it due tribute.
Always ready to offer well-deserved praise,
Never would some vile rich man have praised such nonsense.
Oh you, who dwell within the humble shadows of obscurity.
Nurture virtue through poverty.
Are not those desires born out of wise poverty?
They despise vain abundance without any pride.
Too precious remnants of those ancient times.
Where our ancestors would have been content with even the simplest preparations,
Their manners were unassuming, their attire plain.
They had only those needs inherent in nature;
Poor unfortunate souls, what kind of places do you inhabit?
Tell me, what are your names? They will sound so sweet to me.
To use my talents in singing your glory,
To be eternalized in the temple of memory;
And when my feeble verses fail to accomplish it,
These so respected names will be able to preserve them.
But why bother with such a futile illusion?
Wherever there is misery, there is no wisdom left.
He bore the weight of hunger; he deserved to fall.
To allow a sad heart to extinguish virtue.
So many pompous speeches about the “happy poverty.”
They certainly seem to have been born out of abundance.
A convenient philosopher always takes great care.
To preach virtues that one does not need oneself.
Bordes, let us seek other subjects for my muse elsewhere.
How often the poor make misuse of that very compassion which is meant for them.
And, adorned with the name of holy charity
Those gifts with which one feeds one’s vile laziness.
In the guise of virtues that are oppressed by misfortune
Love for vice conceals a tendency toward crime.
I honor merit even in the most humble ranks;
However, I find few subjects of such merit to praise.
No, rather let us celebrate this innocent industry.
Who knows how to multiply the joys of life.
And, beneficial to all through its useful services,
The path of luxury satisfies one’s desires.
It is through this charming art that it is constantly enriched.
In the distance, one can see your happy homeland shining brightly[79].
Precious works, magnificent decorations.
It seems as if Minerva, in her whims,
With gold and silk, with skillful hands.
Created from your drawings, this elegant fabric is born.
Turin, London—in vain, I tell you, in trying to claim it for yourselves.
Through jealous efforts, they seek to imitate you:
Your charming mixtures, harmonized by grace.
They exhaust themselves far behind your trail.
Good taste is despised by them, but it triumphs among you.
And as they were driven by their jealous resentment,
In their cold works, they force nature to comply with their will.
Your liveliness, always bright and pure.
Give it an eye that appears more delicate.
And even beauty still retains its brilliance.
Happy city, that beautifies France,
Treasure of the universe, source of abundance,
Lyon, a delightful place for the children of Pluto.
Within your peaceful walls, all forms of art are welcomed::
By a wise guardian’s guidance, their tastes bring them together;
Apollon and Pluto, astonished to be together,
It is difficult for them to reconcile after their long-standing differences.
And they wonder which god could have brought them together.
We acknowledge your efforts, Pallu[80]: you have brought us back.
The renowned centuries of Tyre and Athens:
With a thousand different flashes, Lyon shines at the same time.
And its wealthy people seem like a nation of kings.
You, a worthy citizen of this illustrious city,
You can help to add luster to it:
With your fortunate talents, you can decorate it.
To delay it any further would be nothing but stealing it from him.
How dare you even suggest that I write.
You, whom even Minerva took the trouble to instruct.
You, who so negligently possess these divine gifts of his.
Who comes to speak on her behalf again, while at the same time insulting her?
Ah! if only there were divine fire shining within your work.
At least a spark should have been my share.
One day, my muse will touch people’s hearts with her tenderness.
Perhaps on that stage, tears would have been shed.
But I speak in vain to you: indifferent to my complaints,
With your cruel rejections, you confirm my fears.
And I see that powerless to soften your severity,
Blanche[81] has not yet run out of misfortunes.
Letter to Mr. Parisot
Completed on July 10, 1742[82].
My friend, deign to suffer so that, in your eyes today.
I reveal this heart filled with turmoil and boredom:
You who once knew my entire soul.
The only one in whom I found a tender friend, a father.
Once again, remind me of your first acts of kindness;
Bestow your care upon my heart; it deserves it.
Do not believe that being alarmed by trivial fears.
I lodge complaints with you regarding your silence here.
Through false suspicions, utterly unworthy of either of them.
I might accuse you of abhorrent disdain.
No, you would be futilely insisting on staying silent:
I know too well how to explain this stern language.
Regarding those sad projects that I revealed to you.
Without answering me, your silence spoke for itself.
I do not apologize at once whenever a friend blames me;
That vile pride is not the vice of my soul:
I have occasionally received very sound advice.
With kindness given, with zeal pursued.
I ignore these detours and those meaningless addresses.
In just as many ways these virtues transform our weaknesses.
And never did my mind, under false colors,
Was unable to conceal his mistakes regarding you.
But let me be permitted, out of legitimate concern.
At least preserve some rights that are worthy of your respect:
Weigh my feelings, my reasons, and my choice.
And decide my fate for the last time.
Born into darkness, I began from a young age.
A whim of fate brought about that sad experience.
And if there is any good that he has not taken away from me.
Even through his favors, he persecuted me.
He brought me into this world free, but alas, for what purpose?
How dearly he made me pay for such a futile advantage!
I am indeed free; yet from such a cruel blessing.
I have encountered more troubles than any real misfortune.
Ah! If one day I were to be away from my homeland.
To drag on my languishing life in a foreign land.
If one were forced to grovel at the feet of the powerful.
How I learned the art of it at such a young age!
But it was through other lessons that my youth was shaped.
They tell me to fulfill my duties without any baseness.
To show respect for the great, for the magistrates, for the kings.
To cherish humanity and to obey the laws:
But I was also told that, by virtue of my birth.
The right to share in supreme power.
Even when I was very young, weak, and an insignificant citizen,
However, I was considered a member of the sovereign body.
It was necessary to uphold such a noble advantage.
Through the heart of a hero, through the virtues of a sage;
At last, freedom—this precious gift from heaven.
It is but a fatal scourge for wicked hearts.
With milk, in our country, we suck these maxims right out of it.
Less so as to take pride in our legitimate rights.
That, one day, one may know how to give oneself entirely at once.
The best judges and the wisest laws.
“You see,” they told me, “these powerful nations, ”
To rapidly secure their brilliant careers?
All this empty machinery that fills the universe.
It is but a frivolous gleam that conceals their true nature.
Through their own worth, they forge their own shackles:
They are the conquerors, yet they are vile slaves themselves.
And their vast power, which art had created,
Through luxury, one soon finds oneself destroyed.
A very different kind of care interests us here.
Our greatest strength lies in our weakness:
We live without regret in the humble darkness;
But at least within these walls, we are free.
We know nothing of that splendid arrogance.
No lofty titles, no unjust power.
Wise magistrates, appointed by our votes,
They judge our differences and ensure that our laws are observed.
Art is not the support of our republic:
Being just is the only policy we pursue.
Vedi quali sono i combattimenti e quali sono le armi utilizzate.
Questi premi devono essere molto facili da vincere, senza dubbio.
Ma che audacia da parte mia osare metterli in discussione!
Che cosa! Io andrei, con il tono della mia semplice lira rustica.
Far giurare in versi una musa elvetica. [78]
E, predicando con durezza verità tristi,
Far rivoltare contro di me i lettori irritati,!
Più felice, se vuoi, anche se temerario.
Quando i miei deboli talenti riuscissero nell’arte di piacere.
Quando, per fortuna ancora conservati, risuonano i fischi del pubblico.
I miei versi, destinati a persone di gusto, potrebbero essere apprezzati.
Dimmi, su quale argomento si esprimerà la mia musa?
Ogni poeta è un bugiardo, e la sua professione lo scusa per questo.
Sa usare parole solenni per descrivere, con un linguaggio ricco e elaborato,
Un nuovo mecenate, un pilastro dello Stato.
Ma io, che conosco poco le usanze della Francia.
Io, orgoglioso repubblicano offeso dall’arroganza.
Disprezzo il sostegno di quel ricco e presuntuoso.
Se necessario, anche strisciare ai suoi piedi per chiedere l’elemosina;
E posso applaudire soltanto te, solo al vero merito.
Quella stupida vanità mi offende e mi irrita.
I ricchi mi disprezzano; e nonostante il loro orgoglio.
Spesso ci consideriamo più o meno allo stesso modo.
Ma, per quanto odio questo comportamento possa suscitare in me,
Il mio cuore sincero e onesto odia la satira:
Forse troppo esplicito, ma mai criminale.
Dico la verità, senza intingerla di veleno.
Così, ancora una volta, la mia penna, nemica implacabile.
E della lusinga e della calunnia.
Nelle sue poesie, non sa come tradire la verità;
E sempre riconoscendo loro il merito che meritano.
Sempre pronta a elogiare in modo superficiale.
Mai un meschino ricco adorerà le sciocchezze.
O voi, che nella quiete di un umile anonimato.
Coltivate le virtù attraverso la povertà.
Non sono forse i desideri limitati, nati da una saggezza nella povertà.
Disprezzano senza orgoglio una vana abbondanza.
Resti troppo preziosi di quei tempi antichi.
Lì dove i nostri antenati si accontentavano di preparativi minimi.
Cercati nelle loro abitudini, semplici nel loro abbigliamento.
Avevano bisogni soltanto quelli legati alla natura;
Illustri sfortunati, in quali luoghi abitate?
Ditemi, quali sono i vostri nomi. Sarà troppo dolce per me saperli.
Di esercitare i miei talenti nel cantare la vostra gloria.
Essere eternati nel tempio della memoria.
E quando le mie deboli parole non riuscissero a farlo.
Questi nomi rispettati sapranno preservarli.
Ma perché dovrei preoccuparmi di una vana chimera?
Non c’è più saggezza dove regna la miseria.
Il peso della fame, il merito dell’abbattimento.
Abbandonare che la virtù si spegna in un cuore triste.
Tanti discorsi pomposi sull’“felice povertà”.
Sembrano davvero essere nati in mezzo all’abbondanza.
Filosofo comodo, si fa sempre molta attenzione a ciò che si dice.
Predicare virtù di cui non c’è bisogno.
Bordes, cerchiamo altrove soggetti per la mia musa.
Il povero spesso abusa della compassione che gli viene dimostrata.
E, adornandolo con il nome della santa carità.
I doni con cui si alimenta la propria meschina oziosezza.
Sotto l’apparenza delle virtù che la sfortuna soffoca.
Il desiderio di peccare nasconde l’amore per il vizio.
Onora i meriti anche nelle classi più umili;
Tuttavia, trovo pochi soggetti del genere degni di lode.
No, piuttosto celebriamo quest’industria innocua.
Chi sa come moltiplicare le dolcezze della vita.
E, utile a tutti per i suoi benefici effetti,
La strada del lusso soddisfa i bisogni umani.
È attraverso quest’arte incantevole che si arricchisce continuamente.
In lontananza si vede brillare la tua felice patria[79].
Opere preziose, splendidi ornamenti.
Sembra che Minerva, nei suoi divertimenti.
Con l’oro e la seta, con abilità consumata.
La tessitura elegante è formata dai vostri disegni.
Torino, Londra. Inutilmente, per cercare di contendervelo.
Con sforzi gelosi, cercano di imitarvi:
I vostri incantevoli miscelamenti, armoniosamente combinati grazie alle bellezze naturali.
Li lasciano esaurirsi da lontano, seguendo le vostre tracce.
Il buon gusto viene disdegnato da loro, ma trionfa tra di voi.
E mentre, spinti dal loro geloso risentimento,
Nei loro scritti freddi e distaccati, costringono la natura a seguire i loro disegni.
La vostra vivacità, sempre brillante e pura.
Dà a ciò che sembra un occhio più delicato.
E anche alla bellezza, che è ancora pronta a brillare.
Città felice, che è l’ornamento della Francia.
Tesoro dell’universo, fonte di abbondanza.
Lione, incantevole dimora dei figli di Plutone.
Nelle tue tranquille mura tutti gli arti sono benvenuti.:
Il gusto, come saggio protettore, li unisce tutti.
Apollo e Plutone, sorpresi di trovarsi insieme.
Dopo tali lunghe divergenze, faticano a riconciliarsi.
E chiedono quale dio abbia potuto unirli.
Si riconoscono i tuoi sforzi, Pallu[80]: ci riporti indietro.
I secoli illustri di Tiro e Atene.
Lione splende contemporaneamente con mille luci diverse.
E il suo popolo opulento sembra davvero un popolo di re.
Tu, nobile cittadino di questa illustre città.
Puoi contribuire a donargli lustro:
Grazie ai tuoi felici talenti, puoi decorarla.
E ritardarlo ulteriormente significa proprio negargli la possibilità di volare.
Come osi propormi di scrivere.
Tu, che persino Minerva si è presa cura di istruire.
Tu, che possiedi i suoi doni divini ma li trascuri.
Chi viene qui a parlare ancora in suo nome, offendendola nel contempo.
Ah! Se solo vi fosse fuoco divino che brillasse nella tua opera.
Almeno un barlume di luce avrebbe dovuto essere il mio destino.
Ma un giorno, la tua musica commuoverà i cuori.
Forse, sulla scena, sarebbero scorse lacrime.
Ma parlo invano con te: indifferente alle mie lamentele.
Con rifiuti crudeli confermi le mie paure.
E vedo che, incapace di mitigare la tua severità,
Blanche[81] non ha ancora esaurito tutte le sue sfortune.
Lettera a Monsieur Parisot
Completata il 10 luglio 1742[82].
Amici, abbi la bontà di soffrire, affinché oggi ai tuoi occhi.
Rivelo questo cuore pieno di turbamento e noia:
Tu che un tempo conoscevi tutta la mia anima.
L’unico in cui trovavo un amico gentile, un padre.
Ricorda ancora per me le tue prime gentilezze.
Prenditi cura del mio cuore: se lo è meritato.
Non credere che, allarmato da timori frivoli.
Per il tuo silenzio qui, ti faccio delle lamentele.
Che per false accuse, indegne di entrambi.
Potrei accusarti di un disprezzo orribile.
No, invano cercheresti di rimanere in silenzio.
So troppo bene come spiegare questo linguaggio severo.
Su questi tristi progetti che ti ho rivelato.
Senza rispondermi, il tuo silenzio ha parlato per te.
Non mi scuso affatto quando un amico mi rimprovera.
Quel vile orgoglio non è certo il vizio della mia anima.
A volte ho ricevuto consigli molto saggi.
Con la bontà donata e con lo zelo dimostrato.
Ignoro questi giri viziosi e queste indirizzi inutili.
In quanto tante virtù trasformano le nostre debolezze.
E mai la mia mente, sotto false apparenze.
Non riuscì a nascondere i suoi errori riguardo a te.
Ma permettetemi di farlo, per un motivo legittimo.
Almeno, cerca di mantenere dei diritti alla tua stima.
Valuta i miei sentimenti, le mie ragioni e la mia scelta.
E decide, per l’ultima volta, del mio destino.
Nato nell’oscurità, fin da piccolo.
Un capriccio del destino ha causato quell’esperienza tragica.
E se c’è qualche bene che non mi abbia tolto.
Anche attraverso le sue favorenze, mi ha perseguitato.
Mi ha fatto nascere libero, ahimè, a quale scopo?
Mi ha venduto a caro prezzo un vantaggio così vano.
Infatti, sono libero, ma di questo crudele bene.
Ho avuto più problemi che vere e proprie sfortune.
Ah! Se un giorno dovesse accadere che io fossi lontano dalla mia patria.
Trascinare una vita languida e senza scopo in terra straniera.
Se dovesse essere necessario inchinarsi umilmente davanti ai potenti.
Quanto avrei imparato quest’arte fin da quando ero molto giovane.
Ma su altre lezioni fu plasmata la mia giovinezza.
Mi viene detto di adempiere ai miei doveri senza bassezze.
Rispettare i grandi, i magistrati, i re.
Amare gli esseri umani e obbedire alle leggi:
Ma mi fu anche detto che, per via della mia nascita.
Il diritto di condividere il potere supremo.
Quando ero molto piccolo, debole e un cittadino insignificante.
Tuttavia, facevo parte di quel sovrano.
Era necessario sostenere un vantaggio così nobile.
Con il cuore di un eroe, con le virtù di un saggio.
Finalmente, la libertà, quel prezioso dono del cielo.
Non è altro che una calamità fatale per i cuori malvagi.
Da noi, con il latte, si succhiano queste massime.
Meno per vantarci dei nostri diritti legittimi.
Solo per poter, un giorno, dedicarsi completamente.
I migliori magistrati e le leggi più sagge.
“Vedi,” mi dicevano, “quelle nazioni potenti, ”
Fornire loro rapidamente delle carriere brillanti?
Tutto questo vano apparato che riempie l’universo.
Non è altro che un futile bagliore che nasconde i loro artigli affilati.
Con la loro stessa valenza, forgiano le proprie catene.
Sono i conquistatori, eppure sono miserabili schiavi.
E il loro vasto potere, creato dall’arte.
Il lusso, ben presto, si ritrova distrutto.
Qui ci interessa un tipo di cura molto diverso.
La nostra più grande forza risiede nella nostra debolezza:
Viviamo senza rimpianti nell’umile oscurità.
Almeno, tra queste mura, siamo liberi.
Non vi troviamo quella superba arroganza.
Nessun titolo pomposo, nessuna potenza ingiusta.
Saggi magistrati, eletti con il nostro voto.
Giudicano le nostre differenze, fanno rispettare le nostre leggi.
L’arte non è il sostegno della nostra repubblica:
Essere giusti è, per noi, l’unica politica possibile.
Tous les ordres divers, sans inégalité,
Gardent chacun le rang qui leur est affecté.
Nos chefs, nos magistrats, simples dans leur parure,
Sans étaler ici le luxe et la dorure,
Parmi nous cependant ne sont point confondus :
Ils en sont distingués, mais c’est par leurs vertus.
Puisse durer toujours cette union charmante !
Hélas, on voit si peu de probité constante !
Il n’est rien que le temps ne corrompe à la fin ;
Tout, jusqu’à la sagesse, est sujet au déclin.
Par ces réflexions ma raison exercée
M’apprit à mépriser cette pompe insensée
Par qui l’orgueil des grands brille de toutes parts,
Et du peuple imbécile attire les regards.
Mais qu’il m’en coûta cher quand, pour toute ma vie,
La foi m’eût éloigné du sein de ma patrie ;
Quand je me vis enfin, sans appui, sans secours,
A ces mêmes grandeurs contraint d’avoir recours.
Non, je ne puis penser, sans répandre des larmes,
A ces moments affreux, pleins de trouble et d’alarmes,
Où j’éprouvai qu’enfin tous ces beaux sentiments,
Loin d’adoucir mon sort, irritaient mes tourments.
Sans doute à tous les yeux la misère est horrible ;
Mais pour qui sait penser elle est bien plus sensible.
À force de ramper un lâche en peut sortir :
L’honnête homme à ce prix n’y saurait consentir.
Encore, si de vrais grands recevaient mon hommage,
Ou qu’ils eussent du moins le mérite en partage,
Mon coeur par les respects noblement accordés
Reconnaîtrait des dons qu’il n’a pas possédés :
Mais faudra-t-il qu’ici mon humble obéissance
De ces fiers campagnards nourrisse l’arrogance ?
Quoi ! de vils parchemins, par faveur obtenus,
Leur donneront le droit de vivre sans vertus !
Et malgré mes efforts, sans mes respects serviles,
Mon zèle et mes talents resteront inutiles !
Ah ! de mes tristes jours voyons plutôt la fin
Que de jamais subir tua si lâche destin.
Ces discours insensés troublaient ainsi mon âme ;
Je les tenais alors, aujourd’hui je les blâme :
De plus sages leçons ont formé mon esprit ;
Mais de bien des malheurs ma raison est le fruit.
Tu sais, cher Parisot, quelle main généreuse
Vint tarir de mes maux la source malheureuse ;
Tu le sais, et tes yeux ont été les témoins
Si mon coeur sait sentir ce qu’il doit à ses soins.
Mais mon zèle enflammé peut-il jamais prétendre
De payer les bienfaits de cette mère tendre ?
Si par les sentiments on y peut aspirer,
Ah ! du moins par les miens j’ai droit de l’espérer.
Je puis compter pour peu ses bontés secourables :
Je lui dois d’autres biens, des biens plus estimables,
Les biens de la raison, les sentiments du cœur,
Même par les talents, quelques droits à l’honneur.
Avant que sa bonté, du sein de la misère,
Aux plus tristes besoin eût daigné me soustraire,
J’étais un vil enfant, du sort abandonné,
Peut-être dans la fange à périr destiné,
Orgueilleux avorton, dont la fierté burlesque
Mêlait comiquement l’enfance au romanesque,
Aux bons faisait pitié, faisait rire les fous,
Et des sots quelquefois excitait le courroux.
Mais les hommes ne sont que ce qu’on les fait être :
À peine à ses regards j’avais osé paraître
Que, de ma bienfaitrice apprenant mes erreurs,
Je sentis le besoin de corriger mes mœurs :
J’abjurai pour toujours ces maximes féroces,
Du préjugé natal fruits amers et précoces,
Qui, dès les jeunes ans, par leurs âcres levains,
Nourrissent la fierté des coeurs républicains ;
J’appris à respecter une noblesse illustre,
Qui même à la vertu fait ajouter du lustre.
Il ne serait pas bon dans la société
Qu’il fût entre les rangs moins d’inégalité.
Irai-je faire ici, dans ma vaine marotte,
Le grand déclamateur, le nouveau Don Quichotte ?
Le destin sur la terre a réglé les états,
Et pour moi surement ne les changera pas.
Ainsi de ma raison si longtemps languissante
Je me formai dès lors une raison naissante :
Par les soins d’une mère incessamment conduit,
Bientôt de ses bontés je recueillis le fruit ;
Je connus que surtout, cette roideur sauvage
Dans le monde aujourd’hui serait d’un triste usage ;
La modestie alors devint chère à mon cœur ;
J’aimai l’humanité, je chéris la douceur ;
Et, respectant des grands le rang et la naissance,
Je souffris leurs hauteurs, avec cette espérance
Que, malgré tout l’éclat dont ils sont revêtus,
Je les pourrai du moins égaler en vertus.
Enfin, pendant deux ans, au sein de ta patrie,
J’appris à cultiver les douceurs de la vie.
Du Portique autrefois la triste austérité
À mon goût peu formé mêlait sa dureté :
Épictète et Zénon, dans leur fierté stoïque,
Me faisaient admirer ce courage héroïque
Qui, faisant des faux biens un mépris généreux,
Par la seule vertu prétend nous rendre heureux.
Longtemps de cette erreur la brillante chimère
Séduisit mon esprit, roidit mon caractère ;
Mais, malgré tant d’efforts, ces vaines fictions
Ont-elles de mon coeur banni les passions ?
Il n’est permis qu’à Dieu, qu’à l’essence suprême,
D’être toujours heureux, et seule par soi-même :
Pour l’homme, tel qu’il est pour l’esprit et le coeur,
Ôtez les passions, il n’est plus de bonheur.
C’est toi, cher Parisot, c’est ton commerce aimable,
De grossier que j’étais, qui me rendit traitable :
Je reconnus alors combien il est charmant
De joindre à la sagesse un peu d’amusement.
Des amis plus polis, un climat moins sauvage,
Des plaisirs innocents m’enseignèrent l’usage :
Je vis avec transport ce spectacle enchanteur
Par la route des sens qui fait aller au cœur.
Le mien, qui jusqu’alors avait été paisible,
Pour la première fois enfin devint sensible :
L’amour, malgré mes soins, heureux à m’égarer,
Auprès de deux beaux yeux m’apprit à soupirer.
Bons mots, vers élégants, conversations vives,
Un repas égayé par d’aimables convives,
Petits jeux de commerce et d’où le chagrin fuit,
Où, sans risquer la bourse on délasse l’esprit ;
En un mot, les attraits d’une vie opulente,
Qu’aux voeux de l’étranger la richesse présente,
Tous les plaisirs du goût, le charme des beaux-arts,
À mes yeux enchantés brillaient de toutes parts.
Ce n’est pas cependant que mon âme égarée
Donnât dans les travers d’une mollesse outrée :
L’innocence est le bien le plus cher à mon cœur ;
La débauche et l’excès sont des objets d’horreur :
Les coupables plaisirs sont les tourments de l’âme,
Ils sont trop achetés s’ils sont dignes de blâme.
Sans doute le plaisir, pour être un bien réel,
Doit rendre l’homme heureux, et non pas criminel :
Mais il n’est pas moins vrai que de notre carrière
Le ciel ne défend pas d’adoucir la misère ;
Et, pour finir ce point, trop longtemps débattu,
Rien ne doit être outré, pas même la vertu.
Voilà de mes erreurs un abrégé fidèle :
C’est à toi de juger, ami, sur ce modèle,
Si je puis, près des grands implorant de l’appui,
A la fortune encore recourir aujourd’hui.
De la gloire est-il temps de rechercher le lustre ?
Me voici presque au bout de mon sixième lustre :
La moitié de mes jours dans l’oubli sont passés,
Et déjà du travail mes esprits sont lassés.
Avide de science, avide de sagesse,
Je n’ai point aux plaisirs prodigué ma jeunesse :
J’osai d’un temps si cher faire un meilleur emploi ;
L’étude et la vertu furent la seule loi
Que je me proposai pour régler ma conduite ;
Mais ce n’est point par art qu’on acquiert du mérite :
Que sert un vain travail par le ciel dédaigné,
Si de son but toujours on se voit éloigné ?
Comptant par mes talents d’assurer ma fortune,
Je négligeai ces soins, cette brigue importune,
Ce manège subtil, par qui cent ignorants
Ravissent la faveur et les bienfaits des grands.
Le succès cependant trompe ma confiance :
De mes faibles progrès je sens peu d’espérance ;
Et je vois qu’à juger par des effets si lents,
Pour briller dans le monde il faut d’autres talents.
Et, qu’y ferais-je, moi, de qui l’abord timide
Ne sait point affecter cette audace intrépide,
Cet air content de soi, ce ton fier et joli
Qui du rang des badauds sauve l’homme poli ?
Faut-il donc aujourd’hui m’en aller dans le monde
Vanter impudemment ma science profonde,
Et, toujours en secret démenti par mon coeur,
Me prodiguer l’encens et les degrés d’honneur ?
Faudra-t-il d’un dévot, affectant la grimace,
Faire servir le ciel à gagner une place,
Et, par l’hypocrisie assurant mes projets,
Grossir l’heureux essaim de ces hommes parfaits,
De ces humbles dévots, de qui la modestie
Compte par leurs vertus tous les jours de leur vie ?
Pour glorifier Dieu leur bouche a tour à tour
Quelque nouvelle grâce à rendre chaque jour.
Mais l’orgueilleux en vain, d’une adresse chrétienne,
Sous la gloire de Dieu veut étaler la sienne :
L’homme vraiment sensé fait le mépris qu’il doit
Des mensonges du fat, et du sot qui les croit.
Non, je ne puis forcer mon esprit, né sincère,
All various orders, without any inequality.
Each one must maintain the rank assigned to them.
Our leaders, our magistrates—simple in their attire—
Without going into details about the luxuries and gold decorations,
However, among us, there are those who are not confused:
They are distinguished from others by their virtues.
May this charming union last forever!
Alas, how seldom does one encounter constant integrity!
Nothing ultimately escapes being corrupted by time.
Everything, even wisdom, is subject to decline.
Through these reflections, my exercised reason.
It taught me to despise that senseless pomp.
By whom the pride of the great shines everywhere,
And such foolish people attract attention.
But what a high price I had to pay when, for the rest of my life.
Faith would have separated me from the embrace of my homeland;
When I finally found myself alone, without support, without help.
Forced to resort to these very same measures.
No, I cannot think about it without shedding tears.
During these terrible moments, filled with turmoil and alarm.
There, I finally felt that all these beautiful emotions.
Far from alleviating my suffering, they only intensified it.
Undoubtedly, in the eyes of everyone, misery is horrible.
But for those who know how to think, she is far more sensitive.
By constantly crawling through weakness, one can emerge from it.
An honest man would never agree to such a price.
Once again, if true greats were to receive my homage.
Or at least that they shared such merit together.
My heart is filled with respect for these noble gestures.
He would acknowledge gifts that he himself had never possessed.
But will it be necessary for me to display my humble obedience here?
Is it such proud countrymen who breed such arrogance?
What! Some vile parchments, obtained through favoritism.
They will be given the right to live without any virtues at all!
And despite my efforts, without my slavish respect.
My zeal and my talents will remain useless!
Ah! Let us rather consider the end of these sad days of mine.
Never to endure such a cowardly fate.
Such senseless speeches disturbed my soul.
I held them back then; today, I blame them.
Moreover, wiser lessons have shaped my mind.
But of many misfortunes, my reason is the sole result.
You know, dear Parisot, what a generous hand.
He came to eradicate the unfortunate cause of my suffering;
You know it, and your eyes were the witnesses to it.
If my heart knows how to appreciate what it owes to its care.
But can my fervent zeal ever claim to.
To repay the kindness of such a tender mother?
If one can aspire to it through emotions.
Ah! At least I have the right to hope so, in my own case.
I can hardly count his acts of kindness and assistance.
I owe him other things, things of greater value.
The possessions of reason, the emotions of the heart.
Even through talent, there are certain rights to honor.
Before his kindness arose from within that misery,
In my darkest times of need, it would have been kind enough to rescue me.
I was a wicked child, abandoned by fate.
Perhaps in that quagmire doomed to perdition.
Proud little wretch, whose ridiculous pride.
It humorously blended childhood with romance.
The good were filled with pity; the fools found it laughable.
And sometimes, fools would provoke anger.
But men are merely what they are made to be:
I had barely dared to appear before his gaze.
That, upon learning of my mistakes, my benefactress.
I felt the need to correct my manners:
I renounced those cruel maxims forever.
Birthplace prejudices bear bitter and premature fruit.
Those who, from a young age, through their bitter attitudes.
They nourish the pride of republican hearts;
I learned to respect a distinguished nobility.
Which even adds luster to virtue itself.
It would not be appropriate in society.
That there be less inequality among the ranks.
Will I go on with this futile obsession of mine?
The great orator, the new Don Quixote?
Fate on earth has determined these states.
And for me, surely, it will not change them at all.
Thus, my reason, which had for so long been in a state of languish.
From that moment on, a natural reason began to form in my mind:
Under the constant care of a mother who guided them relentlessly,
Soon after, I reaped the fruits of his kindness.
I realized that, above all else, this wild rigidity.
In today’s world, such behavior would be considered rather unfortunate.
Henceforth, modesty became dear to my heart;
I loved humanity; I cherish kindness.
And, out of respect for their high rank and noble birth,
I endured their arrogance, holding onto that hope.
That, despite all the brilliance that surrounds them,
At least I could equal them in virtue.
Finally, for two years, within your own country.
I learned to cultivate the pleasures of life.
The once somber severity of the Portique.
To my poorly cultivated taste, there was a certain harshness mixed within it:
Epictetus and Zenon, in their Stoic pride,
It made me admire such heroic courage.
Who, treating false possessions with utter disdain.
It claims to make us happy through its very nature alone.
For a long time, this brilliant illusion of error persisted.
It captivated my mind and strengthened my character.
But, despite all these efforts, these futile fictions.
Have they banished all passions from my heart?
Only God, the supreme essence, is permitted to do so.
To always be happy, and to be alone yet complete.
For man, just as he is for the mind and the heart.
Remove passions, and there is no more happiness.
It’s you, dear Parisot, it’s your delightful business.
As crude as I was, that very fact made me treatable:
I then realized how charming he was.
To combine wisdom with a touch of amusement.
More polite friends, a less harsh climate.
Innocent pleasures taught me how to use them.
I watch this enchanting spectacle with great delight.
Through the path of the senses that leads to the heart.
Mine, which had until then been peaceful,
For the first time ever, it finally became tangible:
Love, despite my efforts to protect it, willingly leads me astray.
It was beside two beautiful eyes that I learned to sigh.
Witty words, elegant verses, lively conversations—
A meal made joyful by pleasant company.
Little games of commerce—and from there, the flight of sorrow.
Where one can relax the mind without risking anything.
In short, the attractions of a life of affluence.
If it were according to the wishes of a foreigner that wealth were distributed in this manner.
All the pleasures of taste, the charm of the fine arts.
All around, things shone brightly before my enchanted eyes.
However, it is not so that my lost soul.
Give way to an excessive softness in your actions.
Innocence is the greatest virtue dear to my heart.
Excess and indulgence are objects of horror:
Those guilty pleasures are the torments of the soul.
If they are worthy of blame, then they are indeed too guilty.
Without doubt, for pleasure to be a real thing.
It should make man happy, not criminal:
But it is just as true that, throughout our careers.
Heaven does not forbid us from alleviating misery.
And to conclude on this matter, which has been debated for far too long.
Nothing should be exaggerated, not even virtue.
Here is a faithful summary of my mistakes:
It is up to you to judge, my friend, based on this model.
If I may, amidst those who greatly implore for support.
To resort to fortune again, even today.
Is it time to seek after the glory that comes with fame?
I am nearly at the end of my sixth decade.
Half of my days, spent in oblivion, have already passed.
Already, my mind is weary from all this work.
Eager for knowledge, eager for wisdom,
I did not devote my youth to indulging in pleasures:
I once dared to make better use of such a precious time;
Study and virtue were the only laws.
I offered to take responsibility for correcting my own behavior.
But merit is not acquired through art:
What use is there in futile labor that is despised by heaven?
If one always finds oneself growing further away from its goal?
Relying on my abilities to secure my own fortune,
I neglected these tasks, this bothersome hustle and bustle.
This subtle maneuver, by which a hundred ignorant people.
They win the favor and benefits of the great ones.
However, success deceives my confidence:
From my meager progress, I feel little hope;
And I see that, judging by such slow effects,
To shine in this world, other talents are required.
And what would I do, I who was once so timid?
He does not know how to feign such bold and fearless courage.
This air of confidence, this proud and lovely tone.
Who among the onlookers will save the polite man?
Must one therefore leave this world today?
To boast shamelessly about my profound knowledge.
And yet, once again, my heart secretly denied it all.
To bestow upon me incense and honors?
Will it be necessary for a devout person to force such an expression on their face?
To use the heavens as a means to gain a position.
And, through the hypocrisy that safeguards my projects,
To increase the number of these perfect men.
Of these humble devotees, whose modesty.
Count every day of their lives according to their virtues?
To glorify God, their mouths spoke one after another.
Some new news to bring forth every day.
But in vain does the proud one employ Christian rhetoric;
Under the glory of God, it seeks to display its own glory:
A truly sensible person shows the contempt that is due.
Lies told by a fat man, and a fool who believes them.
No, I cannot force my mind, which is inherently sincere.
Tutti gli ordini diversi, senza disuguaglianze.
Ognuno mantiene la posizione che gli è stata assegnata.
I nostri capi, i nostri magistrati, semplici nella loro veste.
Senza dilungarmi qui sul lusso e sulla doratura.
Tuttavia, tra di noi non vi sono confusioni:
Sono distinti da altri, ma per le loro virtù.
Che questa incantevole unione possa durare per sempre!
Purtroppo, si vedono così poche persone che mantengano una costanza nella loro integrità morale!
Nessuna cosa, alla fine, non viene corrotta dal tempo.
Tutto, persino la saggezza, è soggetto al declino.
Attraverso queste riflessioni, la mia ragione, allenata e attiva.
Mi insegnò a disprezzare questa vanità assurda.
Dove l’orgoglio dei grandi splende da ogni parte.
E attira l’attenzione del popolo ignorante.
Ma quanto mi è costato caro quando, per tutta la mia vita.
La fede mi avrebbe allontanato dal seno della mia patria;
Quando finalmente mi ritrovai senza alcun sostegno, senza alcun aiuto.
Costretti ad affidarci a queste stesse grandezze.
No, non riesco a pensarci senza versare lacrime.
In questi momenti terribili, pieni di turbamento e allarme.
Fu lì che percepii, finalmente, che tutti questi bei sentimenti.
Lontano dal lenire la mia sorte, questi tormenti non facevano che peggiorarla.
Senza dubbio, agli occhi di tutti la povertà è orribile.
Ma per chi sa pensare, lei è molto più sensibile.
Rampicando con insistenza, si può uscire da una situazione difficile.
Un uomo onesto, a tale prezzo, non potrebbe mai acconsentire.
Ancora una volta, se veri grandi ricevessero il mio omaggio.
O che almeno condividessero tale merito.
Il mio cuore, commosso dai rispetti nobilmente dimostrati.
Riconoscerebbe doni che in realtà non ha mai posseduto:
Ma sarà necessario che qui la mia umile obbedienza.
Da questi orgogliosi contadini nasceva questa arroganza?
Che cosa! Terreni infimi, ottenuti per favore.
Gli verrà concesso il diritto di vivere senza virtù!
E nonostante i miei sforzi, senza i miei omaggi servili.
Il mio zelo e i miei talenti rimarranno inutili!
Ah! Che i miei giorni tristi trovino finalmente una fine.
Che mai io debba sopportare un destino così incerto e incontrollabile.
Questi discorsi assurdi turbavano così la mia anima;
Allora li tenevo in mano; oggi li biasimo.
Inoltre, lezioni più sagge hanno plasmato la mia mente.
Ma molti dei miei mali sono il frutto della mia stessa ragione.
Lo sai, caro Parisot, quella mano generosa.
Venne a spegnere, per me, la sorgente di quei mali infelici.
Lo sai tu stesso, e i tuoi occhi ne sono stati testimoni.
Se il mio cuore sa comprendere ciò che deve ai suoi curatori.
Ma il mio zelo ardente può mai pretendere.
Dovremmo pagare per i benefici offerti da questa madre gentile?
Se attraverso i sentimenti si può aspirare a qualcosa.
Ah! Almeno per quanto riguarda i miei, ho il diritto di sperarlo.
Posso considerare le sue azioni di aiuto e gentilezza come poco significative.
Gli devo altri beni, beni ancora più preziosi.
I beni della ragione, i sentimenti del cuore.
Anche attraverso i talenti, esistono alcuni diritti all’onore.
Prima che la sua bontà emergesse dal dolore.
Anche nei momenti più tristi, avrebbe avuto la bontà di salvarmi.
Ero un bambino meschino, abbandonato al proprio destino.
Forse, in quella melma fatale destinata alla morte.
Orgoglioso aborto, la cui fierezza è ridicola.
Mescolava in modo comico l’infanzia con elementi romantici.
I buoni provavano compassione; i folli ridevano.
E a volte, degli sciocchi scatenavano la rabbia.
Ma gli uomini sono soltanto ciò che viene fatto di loro.
A malapena avevo osato comparire davanti ai suoi sguardi.
Che, venuta a conoscenza dei miei errori da parte della mia benefattrice.
Sentii la necessità di correggere i miei comportamenti:
Abbandonai per sempre queste feroci massime.
Dai pregiudizi innati nascono frutti amari e prematuri.
Qui, fin da giovani, a causa dei loro costumi aspri.
Nutrono l’orgoglio dei cuori repubblicani;
Imparai a rispettare una nobile famiglia illustre.
Anche alla virtù viene aggiunto l’alone della grazia.
Non sarebbe appropriato nella società.
Che ci fossero meno disuguaglianze tra le file.
Dovrò davvero continuare con questa mia futile follia?
Il grande oratore, il nuovo Don Chisciotte?
Il destino sulla terra ha stabilito gli ordinamenti sociali.
E per me, sicuramente, non li cambierà.
E così, la mia ragione, per tanto tempo in declino.
Da allora, mi formai una ragione spontanea.
Grazie alle cure di una madre che veglia instancabilmente su di loro.
Ben presto, grazie alle sue gentilezze, raccolsi i frutti di quelle azioni.
Scoprii che, soprattutto, quella durezza selvaggia.
Nel mondo di oggi, tale comportamento sarebbe estremamente inappropriato.
Allora la modestia divenne molto preziosa per me.
Amavo l’umanità, amo la dolcezza.
E, rispettando il rango e l’origine dei nobili,
Riuscivo a sopportare la loro arroganza, con questa speranza.
Che, nonostante tutto lo splendore che li avvolge,
Almeno potrò eguagliarli in virtù.
Infine, per due anni, nel tuo paese.
Imparai ad apprezzare le dolcezze della vita.
Dell’antico Portico, quella triste austerità.
Al mio gusto poco raffinato si mescolava la sua durezza.
Epitteto e Zenone, nella loro fierezza stoica.
Mi faceva ammirare quel coraggio eroico.
Qui, disprezzando generosamente i beni falsi.
La sola virtù, secondo loro, dovrebbe renderci felici.
Per molto tempo, questa brillante illusione.
Colpì la mia mente, rafforzò il mio carattere;
Ma, nonostante tanti sforzi, queste vane finzioni.
Hanno forse bandito dalle mie passioni il mio cuore stesso?
È consentito soltanto a Dio, all’essenza suprema.
Essere sempre felici, e soltanto per se stessi.
Per l’uomo, così come lo sono per lo spirito e per il cuore.
Togliete le passioni, e non esisterà più felicità.
Sei tu, caro Parisot, è il tuo affare così piacevole.
Per quanto fossi rozzo, fu proprio questa caratteristica a rendermi trattabile.
In quel momento capii quanto fosse affascinante.
Unire alla saggezza un po’ di divertimento.
Amici più gentili, un clima meno selvaggio.
Diversi piaceri innocenti mi insegnarono come utilizzarli.
Assisto con grande emozione a questo spettacolo incantevole.
Per la strada dei sens che conduce al cuore.
Il mio, che fino ad allora era stato pacifico,
Finalmente, per la prima volta, divenne qualcosa di concreto e percepibile:
L’amore, nonostante i miei sforzi, mi spinge felicemente ad errare.
Accanto a due bellissimi occhi, imparai a sospirare.
Parole gentili, versi eleganti, conversazioni vivaci.
Un pasto reso piacevole da ospiti affabili.
Piccoli giochi commerciali, e da lì la gioia fugge via.
Dove, senza rischiare nulla, si può rilassare la mente.
In breve, i vantaggi di una vita agiata.
Se è desiderio di uno straniero che la ricchezza attuale.
Tutti i piaceri del gusto, il fascino delle belle arti.
Dovunque, ai miei occhi incantati, tutto brillava.
Tuttavia, non è solo la mia anima smarrita.
Metteteli di fronte ai limiti di una morbidezza eccessiva.
L’innocenza è il bene più prezioso per il mio cuore;
La dissolutezza e gli eccessi sono oggetti di orrore:
I piaceri colpevoli sono i tormenti dell’anima.
Se meritano di essere biasimati, allora sono davvero troppo colpevoli.
Senza dubbio, per essere un bene reale, il piacere.
Dovrebbe rendere l’uomo felice, e non criminale.
Ma non è meno vero che, nella nostra carriera.
Il cielo non vieta di alleviare la miseria.
E, per concludere questo argomento troppo a lungo dibattuto.
Niente deve essere esagerato, nemmeno la virtù.
Ecco un riassunto fedele dei miei errori:
È a te, amico, di giudicare in base a questo modello.
Se posso, accanto ai grandi che implorano il loro sostegno.
Ancora oggi si ricorre alla fortuna.
È giunto il momento di cercare lo splendore della gloria?
Sono quasi giunto alla fine del mio sesto decennio.
Metà dei miei giorni, trascorsi nell’oblio, è già passata.
E già il lavoro stanco i miei spiriti.
Desiderosi di conoscenza, desiderosi di saggezza.
Non ho dedicato la mia giovinezza ai piaceri.
Un tempo osai cercare di sfruttare al meglio le mie possibilità;
Lo studio e la virtù furono l’unica legge.
Decisi di assumere io stesso la responsabilità di regolare il mio comportamento.
Ma non è attraverso l’arte che si acquisiscono meriti.
A che serve un lavoro vano in un mondo disprezzato dal cielo?
Si finisce sempre per sentirsi lontani dal proprio obiettivo?
Considerando i miei talenti come strumento per garantirmi la fortuna.
Tralasciai questi impegni, questa noiosa routine.
Questo sottile stratagemma, con cui cento ignoranti.
Graziano alla benevolenza e ai favori dei potenti.
Tuttavia, il successo inganna la mia fiducia:
Dai miei deboli progressi provo poche speranze.
E vedo che, a giudicare da effetti così lenti.
Per brillare nel mondo sono necessari altri talenti.
E io, che all’inizio ero timido, cosa farei?
Non sa come manifestare quell’audacia temeraria.
Quell’aria di sicurezza di sé, quel tono fiero e affascinante.
Chi, tra la folla dei curiosi, salva l’uomo cortese e educato?
Dovremmo quindi oggi andare nel mondo.
Esaltare senza vergogna la mia profonda conoscenza.
E, ancora una volta, in segreto, i miei sentimenti negano tutto ciò.
Offrirmi incenso e onori?
Dovremo forse avere un devoto che assume una certa espressione.
Usare il cielo come mezzo per ottenere uno spazio.
E, attraverso l’ipocrisia che sostiene i miei progetti,
Migliorare ancora di più quel felice gruppo di uomini perfetti.
Di questi umili devoti, la cui modestia.
Conta tutti i giorni della loro vita per le loro virtù?
Per glorificare Dio, le loro bocche si sono alternate nel pronunciare.
Qualche novità, per rendere ogni giorno più bello.
Ma l’orgoglioso, invano, ricorre a un linguaggio cristiano.
Sotto la gloria di Dio vuole esibire la propria.
L’uomo veramente saggio mostra quel disprezzo che è dovuto.
Menzogne del vanitoso e di quello sciocco che le crede.
No, non posso costringere la mia mente, né quella sincera.
A déguiser ainsi mon propre caractère ;
Il en coûterait trop de contrainte à mon cœur :
À cet indigne prix je renonce au bonheur.
D’ailleurs il faudrait donc, fils lâche et mercenaire,
Trahir indignement les bontés d’une mère,
Et, payant en ingrat tant de bienfaits reçus,
Laisser à d’autres mains les soins qui lui sont dus.
Ah ! ces soins sont trop chers à ma reconnaissance :
Si le ciel n’a rien mis de plus en ma puissance,
Du moins d’un zèle pur les voeux trop mérités
Par mon coeur chaque jour lui seront présentés.
Je sais trop, il est vrai, que ce zèle inutile
Ne peut lui procurer un destin plus tranquille :
En vain dans sa langueur je veux la soulager ;
Ce n’est pas les guérir que de les partager.
Hélas ! de ses tourments le spectacle funeste
Bientôt de mon courage étouffera le reste :
C’est trop lui voir porter, par d’éternels efforts,
Et les peines de l’âme et les douleurs du corps.
Que lui sert de chercher dans cette solitude
À fuir l’éclat du monde et son inquiétude,
Si jusqu’en ce désert, à la paix destiné,
Le sort lui donne encore, à lui nuire acharné,
D’un affreux procureur le voisinage horrible,
Nourri d’encre et de fiel, dont la griffe terrible
De ses tristes voisins est plus crainte cent fois
Que le hussard cruel du pauvre Bavarois ?
Mais c’est trop t’accabler du récit de nos peines :
Daigne me pardonner, ami, ces plaintes vaines ;
C’est le dernier des biens permis aux malheureux
De voir plaindre leurs maux par les coeurs généreux.
Telle est de mes malheurs la peinture naïve.
Juge de l’avenir sur cette perspective ;
Vois si je dois encore, par des soins impuissants,
Offrir à la fortune un inutile encens.
Non, la gloire n’est point l’idole de mon âme ;
Je n’y sens point brûler cette divine flamme
Qui, d’un génie heureux animant les ressorts,
Le force à s’élever par de nobles efforts.
Que m’importe après tout ce que pensent les hommes ?
Leurs honneurs, leurs mépris, font-ils ce que nous sommes ?
Et qui ne sait pas l’art de s’en faire admirer
A la félicité ne peut-il aspirer ?
L’ardente ambition a l’éclat en partage,
Mais les plaisirs du coeur sont le bonheur du sage.
Que ces plaisirs sont doux à qui sait les goûter !
Heureux qui les connaît et sait s’en contenter !
Jouir de leurs douceurs dans un état paisible,
C’est le plus cher désir auquel je suis sensible.
Un bon livre, un ami, la liberté, la paix.
Faut-il pour vivre heureux former d’autres souhaits ?
Les grandes passions sont des sources de peines :
J’évite les dangers où leur penchant entraîne ;
Dans leurs pièges adroits si l’on me voit tomber,
Du moins je ne fais pas gloire d’y succomber.
De mes égarements mon coeur n’est point complice ;
Sans être vertueux je déteste le vice ;
Et le bonheur en vain s’obstine à se cacher,
Puisqu’enfin je connais où je dois le chercher.
L’allée de Sylvie
[83]
Qu’à m’égarer dans ces bocages
Mon cœur goûte de voluptés !
Que je me plais sous ces ombrages !
Que j’aime ces flots argentés !
Douce et charmante rêverie,
Solitude aimable et chérie,
Puissiez-vous toujours me charmer !
De ma triste et lente carrière
Rien n’adoucirait la misère.
Si je cessais de vous aimer.
Fuyez de cet heureux asile,
Fuyez de mon âme tranquille,
Vains et tumultueux projets ;
Vous pouvez promettre sans cesse
Et le bonheur et la sagesse,
Mais vous ne les donnez jamais.
Quoi ! l’homme ne pourra-t-il vivre,
À moins que son cœur ne se livre
Aux soins d’un douteux avenir ?
Et si le temps coule si vite,
Au lieu de retarder sa fuite,
Faut-il encore la prévenir ?
Oh ! qu’avec moins de prévoyance
La vertu, la simple innocence,
Font des heureux à peu de frais !
Si peu de bien suffit au sage,
Qu’avec le plus léger partage
Tous ses désirs sont satisfaits.
Tant de soins, tant de prévoyance,
Sont moins des fruits de la prudence
Que des fruits de l’ambition.
L’homme content du nécessaire
Craint peu la fortune contraire,
Quand son cœur est sans passion.
Passions, source de délices,
Passions, source de supplices ;
Cruels tyrans, doux séducteurs,
Sans vos fureurs impétueuses,
Sans vos amorces dangereuses,
La paix serait dans tous les cœurs.
Malheur au mortel méprisable
Qui dans son âme insatiable
Nourrit l’ardente soif de l’or !
Que du vil penchant qui l’entraîne
Chaque instant il trouve la peine
Au fond même de son trésor !
Malheur à l’âme ambitieuse
De qui l’insolence odieuse
Veut asservir tous les humains !
Qu’à ses rivaux toujours en butte,
L’abîme apprêté pour sa chute
Soit creusé de ses propres mains !
Malheur à tout homme farouche,
A tout mortel que rien ne touche
Que sa propre félicité !
Qu’il éprouve dans sa misère,
De la part de son propre frère,
La même insensibilité !
Sans doute un cœur né pour le crime
Est l’ait pour être la victime
De ces affreuses passions ;
Mais jamais du ciel condamnée
On ne vit une âme bien née
Céder à leurs séductions.
Il en est de plus dangereuses,
De qui les amorces flatteuses
Déguisent bien mieux le poison,
Et qui toujours, dans un cœur tendre,
Commencent à se faire entendre
En faisant taire la raison :
Mais du moins leurs leçons charmantes
N’imposent que d’aimables lois ;
La haine et ses fureurs sanglantes
S’endorment à leur douce voix.
Des sentiments si légitimes
Seront-ils toujours combattus ?
Nous les mettons au rang des primes,
Ils devraient être des vertus.
Pourquoi de ces penchants aimables
Le ciel nous fait-il un tourment ?
Il en est tant de plus coupables
Qu’il traite moins sévèrement !
O discours trop remplis de charmes,
Est-ce à moi de vous écouter ?
Je fais avec mes propres armes
Les maux que je veux éviter.
Une langueur enchanteresse
Me poursuit jusqu’en ce séjour ;
J’y veux moraliser sans cesse,
Et toujours j’y songe à l’amour.
Je sens qu’une âme plus tranquille,
Plus exempte de tendres soins,
Plus libre en ce charmant asile,
Philosopherait beaucoup moins.
Ainsi du feu qui me dévore
Tout sert à fomenter l’ardeur :
Hélas ! n’est-il pas temps encore
Que la paix règne dans mon cœur ?
Déjà de mon septième lustre
Je vois le terme s’avancer ;
Déjà la jeunesse et son lustre
Chez moi commence à s’effacer.
La triste et sévère sagesse
Fera bientôt fuir les amours,
Bientôt la pesante vieillesse
Va succéder à mes beaux jours.
Alors les ennuis de la vie
Chassant l’aimable volupté,
On verra la philosophie
Naître de la nécessité ;
On me verra par jalousie,
Prêcher mes caduques vertus,
Et souvent blâmer par envie
Les plaisirs que je n’aurai plus.
Mais malgré les glaces de l’âge,
Raison, malgré ton vain effort,
Le sage a souvent fait naufrage
Quand il croyait toucher au port.
O sagesse, aimable chimère,
Douce illusion de nos cœurs,
C’est sous ton divin caractère
Que nous encensons nos erreurs.
Chaque homme t’habille à sa mode ;
Sous le masque le plus commode
À leur propre félicité
Ils déguisent tous leur faiblesse,
Et donnent le nom de sagesse
Au penchant qu’ils ont adopté.
Tel, chez la jeunesse étourdie,
Le vice instruit par la folie,
Et d’un faux titre revêtu,
Sous le nom de philosophie,
Tend des pièges à la vertu.
Tel, dans une route contraire,
On voit le fanatique austère
En guerre avec tous ses désirs,
Peignant Dieu toujours en colère,
Et ne s’attachant, pour lui plaire,
Qu’à fuir la joie et les plaisirs.
Ah ! s’il existait un vrai sage,
Que, différent en son langage,
Et plus différent en ses mœurs,
Ennemi des vils séducteurs,
D’une sagesse plus aimable,
D’une vertu plus sociable,
Il joindrait le juste milieu
A cet hommage pur et tendre
Que tous les cœurs auraient dû rendre
Aux grandeurs, aux bienfaits de Dieu !
Épître à M. de l’Étang
Vicaire de Marcoussis[84]
En dépit du destin jaloux,
Cher abbé, nous irons chez vous.
Dans votre franche politesse,
Dans votre gaieté sans rudesse,
Parmi vos bois et vos coteaux
Nous irons chercher le repos ;
Nous irons chercher le remède
Au triste ennui qui nous possède,
A ces affreux charivaris,
A tout ce fracas de Paris.
O ville où règne l’arrogance,
Où les plus grands fripons de France
Régentent les honnêtes gens,
Où les vertueux indigents
Sont des objets de raillerie ;
Ville où la charlatanerie,
Le ton haut, les airs insolents,
Écrasent les humbles talents
Et tyrannisent la fortune ;
Ville où l’auteur de Rodogune
A rampé devant Chapelain ;
Où d’un petit magot vilain
L’amour fit le héros des belles ;
Où tous les roquets des ruelles
Deviennent des hommes d’état ;
Où le jeune et beau magistrat
Étale, avec les airs d’un fat,
Sa perruque pour tout mérite ;
Où le savant, bas parasite,
Chez Aspasie ou chez Phryné,
To disguise my own character in such a way;
It would place too much strain on my heart:
For such an indignity price, I give up happiness.
Besides, it would be necessary, you weak and mercenary son.
To shamefully betray the kindness of a mother.
And, by repaying so few of the many benefits received,
To entrust the care that is due to him into other people’s hands.
Ah! Such kindnesses are far too dear for my gratitude to express.
If heaven has not granted me anything more in my power.
At the very least, with pure zeal, are these long-overdue wishes fulfilled.
With all my heart, I will present them to him every day.
I indeed know too well that such unnecessary zeal.
Nothing can grant her a more peaceful fate than this.
In vain, in my longing, I try to ease her pain;
Sharing them is not merely about healing them.
Alas! The sight of his torments is truly a terrible one.
Soon, my courage will overpower everything else:
It’s too much to see him enduring such eternal struggles.
And the pains of the soul, and the sufferings of the body.
What use is it for her to search in such solitude?
To flee the brilliance of the world and its troubles.
If even in this desert, destined for peace.
Fate still grants him the power to harm him relentlessly.
From a terrible prosecutor came a horrifying neighborhood.
Feeding on ink and venom, whose terrifying claws.
Of its sad neighbors, there is a hundred times more cause for fear.
What about that cruel hussar of the poor Bavarian?
But it would be too much to burden you with the story of our sufferings:
Forgive me, my friend, for these vain complaints;
It is the very last thing permitted to those who are unfortunate.
To see their sufferings lamented by kind-hearted people.
Naive painting is one of my misfortunes.
Judge the future from this perspective;
See if I still have to, through futile efforts.
To offer the fortune useless incense.
No, glory is not the idol of my soul;
I feel no such divine flame burning within me.
Who, like a fortunate genius energizing every mechanism,
One must strive to rise through noble endeavors.
What does it matter to me what people think after all?
Do their honors, their despises, determine what we are?
And those who do not know how to make themselves admired.
Does he not have the right to aspire to happiness?
Ardent ambition shares the same brilliance.
But the pleasures of the heart are the happiness of the wise.
How sweet these pleasures are for those who know how to appreciate them!
Happy those who know them and are content with them!
To enjoy their sweetness in a state of peace.
It is the most cherished desire that I possess.
A good book, a friend, freedom, peace.
Is it necessary to form other desires in order to live happily?
Great passions are sources of pain:
I avoid the dangers that their tendencies lead them towards.
In their clever traps—if anyone sees me fall.
At least I do not take pride in yielding to it.
In my wanderings, my heart is not complicit;
Without being virtuous, I hate vice.
And yet, happiness stubbornly persists in hiding itself.
Since I finally know where to look for it.
Sylvie’s Alley
[83]
To wander lost in these thickets.
My heart tastes of delights!
How delightful it is for me to be under these shades!
How I love these silver waves!
A gentle and charming reverie.
Lovely and cherished solitude,
May you always continue to charm me!
Of my sad and slow career.
Nothing could alleviate such misery.
If I were to stop loving you.
Escape from this happy refuge.
Depart from my peaceful soul.
Empty and tumultuous projects;
You can keep making promises endlessly.
And happiness and wisdom, too.
But you never give them away.
What! Will not man be able to live.
Unless his heart decides to confess itself.
Into the care of a dubious future?
And if time passes so quickly.
Instead of delaying his escape,
Should I still inform her?
Oh! How much less would have been needed if there had been more foresight.
Virtue, that simple innocence—
Create happiness at little cost!
For the wise man, so little is enough.
With the slightest sharing.
All of his desires are fulfilled.
So much care, so much foresight.
They are less the result of prudence.
The fruits of ambition.
The man who is content with what is necessary.
Fears little the adverse fortunes that might arise.
When his heart is devoid of passion.
Passions, a source of delight.
Passions, a source of suffering;
Cruel tyrants, gentle seductors.
Without your impetuous outbursts of anger,
Without your dangerous provocations,
Peace would reside in everyone’s heart.
Woe to the despicable mortal.
Who, in their insatiable soul.
It quenches the intense thirst for gold!
Nothing but that vile inclination that draws him towards it.
In every moment, he finds pain.
Right at the very bottom of his treasure!
Misfortune unto the ambitious soul.
Whose that hateful insolence comes from?
Wants to enslave all humans!
Against its constant rivals,
The abyss prepared for his fall.
Dig it with your own hands!
Misfortune befallen every reckless man.
An utterly mortal being, untouched by anything at all.
May his own happiness be his reward!
What he experiences in his misery.
From his own brother.
The same indifference!
Surely a heart born for crime.
To be a victim is simply to be in that position.
Of these terrible passions;
But by no means condemned from heaven.
One does not encounter a truly noble soul.
To succumb to their allure.
Some of them are even more dangerous.
Whose flattery-filled words are these?
They disguise the poison much better that way.
And always, in a tender heart,
They begin to make themselves heard.
By silencing reason:
But at least their charming lessons.
They impose only kind and gentle laws;
Hate and its bloody fury
They fell asleep to their gentle voices.
Such legitimate sentiments.
Will they always be fought against?
We place them among the foremost ones.
They should be considered virtues.
Why such kind inclinations?
Does the sky inflict torment upon us?
All the more are they guilty.
Let him be less severe in his treatment!
Oh, that speech so filled with charm.
Am I supposed to listen to you?
I do it with my own weapons.
The evils that I wish to avoid.
A bewitching languor
It follows me throughout this stay;
I constantly aim to impart morality through it.
And yet, I always think of love.
I feel that a more tranquil soul.
Less susceptible to tender care,
More free in this charming sanctuary,
There would be much less philosophizing involved.
Just as the fire that devours me.
Everything serves to fuel that fervor:
Alas! Hasn’t the time come yet?
May peace reign in my heart?
Already in my seventh decade.
I see that term approaching.
Already, youth and its radiance.
At home, it begins to fade away.
The sad and stern wisdom
It will soon cause loves to flee away.
Soon, the heavy burden of old age.
It will succeed my glorious days.
Then come the troubles of life.
Shunning that delightful indulgence.
We shall see what philosophy has to offer.
To be born out of necessity;
They will see me out of jealousy.
To preach about my deceased virtues.
And often, blame arises out of envy.
The pleasures that I will no longer have.
But despite the icy barriers of age,
Reason, despite your futile efforts.
The wise often end up in disaster.
When he thought he was about to reach safety.
Oh wisdom, lovely illusion.
A tender illusion of our hearts.
It is within your divine nature.
Let us offer incense to our mistakes.
Every man dresses you in his own way.
Under the most convenient mask.
To their own delight.
They all disguise their weaknesses.
And they give it the name of wisdom.
According to the inclination they have adopted.
Thus, among the foolish youth.
Vice guided by madness.
And under a false guise of title.
Under the name of philosophy,
Set traps for virtue.
Thus, on a contrary path.
One can see the stern fanatic.
At war with all its desires,
Painting God always as angry,
And in order to please him, he did not become attached to anything.
To flee from joy and pleasures.
Ah! If only there were a true sage.
How different it is in its language.
And even more different in its ways.
An enemy of those vile seducers,
With a wisdom that is even more kind and gentle.
Of a more sociable virtue,
He would seek to maintain a middle ground.
In this pure and tender tribute
What all hearts should have given.
To the greatness and benefits of God!
Letter to Mr. de l’Étang
Vicar of Marcoussis[84]
Despite the envious fate,
Dear abbot, we will come to your place.
In your frank politeness,
In your joy, without any rudeness.
Amidst your woods and hillsides.
We shall seek rest.
We will go in search of the remedy.
In the sad boredom that possesses us,
At these horrible antics.
Amidst all the noise of Paris.
Oh city where arrogance reigns.
Where all of France’s greatest scoundrels.
Governing the honest people,
Where the virtuous poor.
They are objects of ridicule;
A city where charlatanism.
The high-pitched tone, the insolent demeanor.
They crush those with humble talents.
And they tyrannize over fortune;
A city where the author of Rodogune.
He rushed ahead of Chapelain;
Where from such a little, wicked worm.
Love made him a hero among the beautiful.
Where all the little dogs from the alleys.
They become statesmen;
Where was that young and handsome magistrate?
Proudly, with the air of a conceited fool.
Her wig deserves all the praise;
Where does that learned, base parasite come from?
Whether at Aspasia’s home or at Phryne’s.
Mascherare in questo modo il mio vero carattere.
Ciò comporterebbe troppi sacrifici per il mio cuore.
A questo prezzo indegno, rinuncio alla felicità.
Del resto, dovresti farlo tu, figlio debole e mercenario.
Tradire in modo ignobile le gentilezze di una madre.
E, ricambiando con ingratitudine tanti benefici ricevuti.
Lasciare che altre mani si occupino dei doveri che gli spettano.
Ah! Questi gesti di gentilezza sono troppo preziosi per poterli ricambiare adeguatamente.
Se il cielo non mi ha dato nulla di più in mio potere.
Almeno un sincero impegno per realizzare des desideri davvero meritati.
Con tutto il mio cuore, ogni giorno le presenterò a lui.
È vero, so troppo bene che questo zelo inutile.
Non può offrirgli un destino più sereno di così.
Inutilmente, nella mia malinconia, cerco di consolarla;
Condividerli non significa certo guarirli.
Ahimè! Lo spettacolo tragico dei suoi tormenti.
Ben presto, il mio coraggio soffocò tutto il resto.
È troppo vederlo sforzarsi incessantemente.
E le pene dell’anima e i dolori del corpo.
A che gli serve cercare in questa solitudine?
Per fuggire dallo splendore del mondo e dalla sua inquietudine.
Fino in questo deserto, destinato alla pace.
Il destino gli offre ancora l’opportunità di nuocergli con determinazione.
Un terribile procuratore genera un ambiente orribile intorno a sé.
Nutrito d’inchiostro e di veleno, la cui terribile zampa.
Dei suoi tristi vicini, c’è da temere cento volte di più.
Quel crudele ussario del povero bavarese?
Ma è troppo opprimerti con il racconto delle nostre sofferenze.
Perdona queste vane lamentele, mio caro.
È l’ultimo dei beni concesi ai sfortunati.
Vedere i loro mali essere pianti dai cuori generosi.
La pittura naif rappresenta proprio uno dei miei mali.
Giudica il futuro da questa prospettiva.
Vedi se devo ancora, con sforzi vani,
Offrire alla fortuna un inutile incenso.
No, la gloria non è l’idolo della mia anima;
Non percepisco affatto ardere quella divina fiamma.
Qui, dove un genio felice anima i meccanismi.
La forza risiede nello sforzo nobile per elevarsi.
Dopo tutto, che importanza ha ciò che pensano gli uomini?
I loro onori, i loro disprezi, fanno davvero ciò che siamo noi?
E chi non conosce l’arte di farsi ammirare.
Non può forse aspirare alla felicità?
L’ambizione ardente condivide lo stesso splendore.
Ma i piaceri del cuore sono la felicità del saggio.
Che piaceri deliziosi sono per chi sa apprezzarli!
Beato chi li conosce e sa accontentarsi di loro!
Godere delle loro dolcezze in uno stato di pace.
È il desiderio più prezioso che io possa provare.
Un buon libro, un amico, la libertà, la pace.
È necessario, per vivere felici, formular altri desideri?
Le grandi passioni sono fonte di dolore:
Evito i pericoli che il loro incline li porta ad affrontare.
Nei loro abili trappoli, se qualcuno mi vede cadere.
Almeno non vado vantandomi di esserne soggetto.
Nel mio vagabondaggio, il mio cuore non è complice di nulla.
Anche se non sono virtuoso, odio il vizio.
E la felicità, invano, insiste nel nascondersi.
Finalmente so dove devo cercarlo.
Il vialetto di Sylvie
[83]
Perdermi in questi sentieri tortuosi.
Il mio cuore si riempie di delizie!
Come mi piace stare all’ombra di questi alberi!
Quanto amo questi flussi d’argento!
Dolce e incantevole sogno.
Solitudine amabile e cara.
Che possiate continuare a incantarmi!
Della mia triste e lenta carriera.
Niente potrebbe alleviare la miseria.
Se smettessi di amarvi.
Fuggite da questo felice rifugio.
Allontanatevi dalla mia anima serena.
Progetti vani e tumultuosi.
Potete promettere senza sosta.
E la felicità e la saggezza.
Ma voi non li date mai.
Che cosa! L’uomo non potrà forse vivere.
A meno che il suo cuore non si apra completamente.
Alle cure di un futuro incerto?
E se il tempo scorre così velocemente.
Invece di ritardare la sua fuga,
Devo ancora avvertirla?
Oh! Con meno previdenza.
La virtù, l’innocenza pura.
Creano felicità a basso costo!
A un saggio basta così poco per essere felice.
Con la divisione più equa possibile.
Tutti i suoi desideri sono stati soddisfatti.
Tanta cura, tanta premura.
Sono meno frutti della prudenza.
Frutti dell’ambizione.
L’uomo soddisfatto di ciò che è necessario.
Tempi poco la sfortuna contraria.
Quando il suo cuore è privo di passione.
Le passioni, fonte di delizie.
Le passioni, fonte di sofferenze.
Tiranni crudeli, seduttori dolci.
Senza le vostre furie impetuose,
Senza le vostre insidie pericolose,
La pace regnerebbe in tutti i cuori.
Maledizione sul mortale spregevole!
Qui, nel suo animo insaziabile.
Nutre la bruciante sete dell’oro!
Solo un vile desiderio lo spinge in quella direzione.
In ogni istante, trova la sofferenza.
Nel profondo stesso del suo tesoro!
Maledizione all’anima avida e ambiziosa.
Da dove deriva questa insolenza odiosa?
Vuole asservire tutti gli esseri umani!
Di fronte ai suoi rivali sempre pronti ad attaccare,
L’abisso preparato per la sua caduta.
Che sia scavato con le sue stesse mani!
Maledizione su ogni uomo audace e temerario.
Un essere umano, al quale nulla può toccare.
Che felicità sua!
Ciò che egli prova nella sua miseria.
Da parte di suo stesso fratello.
La stessa indifferenza!
Senza dubbio, un cuore nato per il crimine.
È destinata ad essere vittima.
Di queste orribili passioni.
Ma mai, per l’amor del cielo.
Non si può comprendere l’anima di una persona veramente nobile.
Cedere alle loro seduzioni.
Inoltre, sono pericolose.
Da dove derivano queste lusinghe.
Rendono molto meglio credibile l’idea che si tratti di veleno.
E chi, sempre, in un cuore tenero.
Iniziano ad farsi sentire.
Zittendo la ragione.
Almeno le loro lezioni incantevoli.
Impongono soltanto leggi gentili e piacevoli da rispettare.
L’odio e le sue furie sanguinarie
Si addorment al suono della loro dolce voce.
Sentimenti del tutto legittimi.
Verranno sempre combattuti?
Li collochiamo tra i primi.
Dovrebbero essere considerate virtù.
Perché questi inclini così affettuosi?
Il cielo ci causa tormento?
Sono quindi ancora più colpevoli.
Che lo tratti con meno severità!
Un discorso troppo ricco di incantesimi.
Devo forse ascoltarvi?
Mi affido alle mie stesse armi per farlo.
I mali che voglio evitare.
Una languidezza incantevole
Mi segue fino a questo soggiorno.
Desidero continuamente insegnare la morale attraverso queste storie.
E ancora oggi penso sempre all’amore.
Percepisco che un’anima più serena.
Meno esposta a tenere carezze affettuose,
Più libero in questo incantevole rifugio.
Si filosoferebbe molto meno.
Così, come il fuoco che mi divora.
Tutto serve a alimentare questa passione ardente:
Ahimè, non è ancora arrivato il momento?
Che la pace regni nel mio cuore?
Già dal mio settimo anno di vita.
Vedo che la fine si avvicina.
Già la gioventù e il suo splendore.
Per me sta iniziando a svanire.
La triste e severa saggezza
Farà presto fuggire gli amori.
Ben presto, l’anciana e pesante vecchiaia.
Deve succedere ai miei bei giorni.
E così iniziano i guai della vita.
Allontanando quella piacevole voluttà.
Si vedrà cosa succederà alla filosofia.
Nascere dalla necessità.
Mi considereranno gelosi.
Predicare le mie vane virtù.
E spesso biasimare per invidia.
I piaceri che non avrò più.
Ma nonostante i ghiacci dell’età.
Ragione, nonostante i tuoi vani sforzi.
Il saggio spesso naufraga.
Quando credeva di essere giunto al porto.
Oh saggezza, cara e affascinante chimera.
Dolce illusione dei nostri cuori.
È sotto il tuo divino carattere.
Che adoriamo i nostri errori.
Ogni uomo ti veste secondo i suoi gusti personali.
Sotto la maschera più comoda.
Per loro stessi, per la loro felicità.
Tutti nascondono la propria debolezza.
E li chiamano saggezza.
Secondo la tendenza che hanno adottato.
Così, nella giovinezza inebriata.
Il vice, istruito dalla follia.
E sotto un falso titolo camuffato.
Sotto il nome di filosofia,
Tende trappole alla virtù.
Così, su una strada opposta.
Si può vedere il fanatico austero.
In guerra con tutti i suoi desideri.
Raffigurando sempre Dio in preda alla rabbia,
E per compiacerlo, non si attaccava a nulla.
Fuggire dalla gioia e dai piaceri.
Ah! Se esistesse davvero un vero saggio.
Che, diverso nel suo linguaggio.
E ancora più diverso nelle sue abitudini.
Nemici dei malvagi seduttori.
Con una saggezza più gentile.
Di una virtù più orientata verso la convivenza sociale.
Si sarebbe posizionato nel giusto mezzo.
In questo omaggio puro e tenero.
Che tutti i cuori avrebbero dovuto renderlo.
A Dio, per la Sua grandezza e i Suoi benifici!
Lettera a Monsieur de l’Étang
Vicario di Marcoussis[84]
Nonostante il destino invidioso.
Caro abate, andremo da voi.
Nella vostra schietta cortesia.
Nella vostra allegria priva di ruvidezza,
Tra i vostri boschi e le vostre colline.
Andremo in cerca di riposo.
Andremo a cercare la cura.
Di fronte alla triste noia che ci domina.
Di fronte a questi orribili disordini.
A tutto quel rumore di Parigi.
Oh città dove regna l’arroganza.
Dove si trovano i più grandi furfanti di Francia.
Governano le persone oneste.
Dove si trovano i virtuosi poveri.
Sono oggetti di scherno;
Città in cui la ciarlataneria.
Il tono altezzoso, gli atteggiamenti presuntuosi.
Sopprimono i talenti umili e modesti.
E tyrannizzano la fortuna;
Città in cui visse l’autore di “Rodoguna”.
Si è arrampicato davanti a Chapelain;
Da dove viene quel piccolo, brutto topolino.
Fu l’amore a rendere quegli uomini eroi delle belle imprese.
Dove tutti i gattini delle stradine.
Diventano uomini di stato;
Dove quel giovane e bel magistrato.
Così, con l’aria di un presuntuoso.
La sua parrucca, senza dubbio, merita ammirazione.
Dove lo scienziato, parassita meschino.
Sia presso Aspasia che presso Frine.
Vend de l’esprit pour un dîné :
Paris, malheureux qui t’habite !
Mais plus malheureux mille fois
Qui t’habite de son pur choix,
Et dans un climat plus tranquille
Ne sait point se faire un asile
Inabordable aux noirs soucis,
Tel qu’à mes yeux est Marcoussis !
Marcoussis qui sait tant nous plaire ;
Marcoussis dont pourtant j’espère
Vous voir partir un beau matin
Sans vous en pendre de chagrin !
Accordez donc, mon cher vicaire,
Votre demeure hospitalière
A gens dont le soin le plus doux
Est d’aller passer près de vous
Les moments dont ils sont les maîtres.
Nous connaissons déjà les êtres
Du pays et de la maison ;
Nous en chérissons le patron,
Et désirons, s’il est possible,
Qu’à tous autres inaccessible,
Il destine en notre faveur
Son loisir et sa bonne humeur.
De plus, prières des plus vives
D’éloigner tous fâcheux convives,
Taciturnes, mauvais plaisants,
Ou beaux parleurs, ou médisants.
Point de ces gens que Dieu confonde,
De ces sots dont Paris abonde,
Et qu’on y nomme beaux esprits,
Vendeurs de fumée à tout prix
Au riche faquin qui les gâte,
Vils flatteurs de qui les empâte,
Plus vils détracteurs du bon sens
De qui méprise leur encens.
Point de ces fades petits-maîtres,
Point de ces hobereaux champêtres
Tout fiers de quelques vains aïeux
Presque aussi méprisables qu’eux.
Point de grondeuses pies-grièches,
Voix aigre, teint noir, et mains sèches ;
Toujours syndiquant les appas
Et les plaisirs qu’elles n’ont pas,
Dénigrant le prochain par zèle,
Se donnant à tous pour modèle,
Médisantes par charité,
Et sages par nécessité.
Point de Crésus, point de canaille ;
Point surtout de cette racaille
Que l’on appelle grands seigneurs,
Fripons sans probité, sans mœurs,
Se raillant du pauvre vulgaire
Dont la vertu fait la chimère ;
Mangeant fièrement notre bien ;
Exigeant tout, n’accordant rien,
Et dont la fausse politesse,
Rusant, patelinant sans cesse,
N’est qu’un piège adroit pour duper
Le sot qui s’y laisse attraper.
Point de ces fendants militaires
A l’air rogue, aux mines altières,
Fiers de commander des goujats,
Traitant chacun du haut en bas,
Donnant la loi, tranchant du maître,
Bretailleurs, fanfarons peut-être,
Toujours prêts à battre ou tuer
Toujours parlant de leur métier,
Et cent fois plus pédants, me semble,
Que tous les ergoteurs ensemble.
Loin de nous tous ces ennuyeux.
Mais si, par un sort plus heureux,
Il se rencontre un honnête homme
Qui d’aucun grand ne se renomme,
Qui soit aimable comme vous,
Qui sache rire avec les fous,
Et raisonner avec le sage,
Qui n’affecte point de langage,
Qui ne dise point de bon mot,
Qui ne soit pas non plus un sot,
Qui soit gai sans chercher à l’être,
Qui soit instruit sans le paraître,
Qui ne rie que par gaieté
Et jamais par malignité,
De mœurs droites sans être austères,
Qui soit simple dans ses manières,
Qui veuille vivre pour autrui,
Afin qu’on vive aussi pour lui,
Qui sache assaisonner la table
D’appétit, d’humeur agréable ;
Ne voulant point être admiré,
Ne voulant point être ignoré,
Tenant son coin comme les autres,
Mêlant ses folies aux nôtres,
Raillant sans jamais insulter,
Raillé sans jamais s’emporter,
Aimant le plaisir sans crapule,
Ennemi du petit scrupule,
Buvant sans risquer sa raison,
Point philosophe hors de saison ;
En un mot d’un tel caractère
Qu’avec lui nous puissions nous plaire,
Qu’avec nous il se plaise aussi :
S’il est un homme fait ainsi,
Donnez-le nous, je vous supplie,
Mettez-le en notre compagnie ;
Je brûle déjà de le voir,
Et de l’aimer, c’est mon devoir ;
Mais c’est le vôtre, il faut le dire,
Avant que de nous le produire,
De le connaître. C’est assez ;
Montrez-le nous si vous osez.
Imitation libre d’une Chanson italienne de Métastase
[85]
Grâce à tant de tromperies,
Grâce à tes coquetteries,
Nice, je respire enfin.
Mon cœur, libre de sa chaîne,
Ne déguise plus sa peine ;
Ce n’est plus un songe vain.
Toute ma flamme est éteinte :
Sous une colère feinte
L’amour ne se cache plus.
Qu’on te nomme en ton absence,
Qu’on t’adore en ma présence,
Mes sens n’en sont point émus.
En paix sans toi je sommeille ;
Tu n’es plus, quand je m’éveille,
Le premier de mes désirs.
Rien de ta part ne m’agite ;
Je t’aborde et je te quitte
Sans regrets et sans plaisirs.
Le souvenir de tes charmes,
Le souvenir de mes larmes,
Ne fait nul effet sur moi.
Juge enfin comme je t’aime :
Avec mon rival lui-même
Je pourrais parler de toi.
Sois fière, sois inhumaine,
Ta fierté n’est pas moins vaine
Que le serait ta douceur.
Sans être ému je t’écoute,
Et tes yeux n’ont plus de route
Pour pénétrer dans mon cœur.
D’un mépris, d’une caresse,
Mes plaisirs ou ma tristesse
Ne reçoivent plus la loi.
Sans toi j’aime les bocages ;
L’horreur des antres sauvages
Peut me déplaire avec toi.
Tu me parais encore belle ;
Mais, Nice, tu n’es plus celle
Dont mes sens sont enchantés.
Je vois, devenu plus sage,
Des défauts sur ton visage
Qui me semblaient des beautés.
Lorsque je brisai ma chaîne,
Dieux ! que j’éprouvai de peine !
Hélas ! je crus en mourir :
Mais, quand on a du courage,
Pour se tirer d’esclavage
Que ne peut-on point souffrir ?
Ainsi du piège perfide
Un oiseau simple et timide
Avec effort échappé,
Au prix des plumes qu’il laisse,
Prend des leçons de sagesse
Pour n’être plus attrapé.
Tu crois que mon cœur t’adore,
Voyant que je parle encore
Des soupirs que j’ai poussés ;
Mais tel, au port qu’il désire,
Le nocher aime à redire
Les périls qu’il a passés.
Le guerrier couvert de gloire
Se plaît, après la victoire,
À raconter ses exploits ;
Et l’esclave, exempt de peine,
Montre avec plaisir la chaîne
Qu’il a traînée autrefois.
Je m’exprime sans contrainte ;
Je ne parle point par feinte,
Pour que tu m’ajoutes foi ;
Et, quoi que tu puisses dire,
Je ne daigne pas m’instruire
Comment tu parles de moi.
Tes appas, beauté trop vaine,
Ne te rendront pas sans peine
Un aussi fidèle amant.
Ma perte est moins dangereuse ;
Je sais qu’une autre trompeuse
Se trouve plus aisément.
Énigme
J. J. Rousseau par Lacretelle
Enfant de l’art, enfant de la nature,
Sans prolonger les jours j’empêche de mourir :
Plus je suis vrai, plus je fais d’imposture.
Et je deviens trop jeune à force de vieillir.
De qui ou de quoi s’agit-il ? [86]
Solution : [87]
Vers à mademoiselle Théodore
qui ne parlait jamais à l’auteur que de musique.[88]
Sapho, j’entends ta voix brillante
Pousser des sons jusques aux cieux ;
Ton chant nous ravit, nous enchante ;
Le Maure ne chante pas mieux.
Mais quoi ! toujours des chants ! crois-tu que l’harmonie
Seule ait droit de borner tes soins et tes plaisirs ?
Ta voix, en déployant sa douceur infinie,
Veut en vain sur ta bouche arrêter nos désirs ;
Tes yeux charmants en inspirent mille autres,
Qui méritaient bien mieux d’occuper tes loisirs.
Mais tu n’es point, dis-tu, sensible à nos soupirs,
Et tes goûts ne sont point les nôtres.
Quel goût trouves-tu donc à de frivoles sons ?
Ah ! sans tes fiers mépris, sans tes rebuts sauvages,
Cette bouche charmante aurait d’autres usages
Bien plus délicieux que de vaines chansons.
Trop sensible au plaisir, quoi que tu puisses dire,
Parmi de froids accords tu sens peu de douceur ;
Mais, entre tous les biens que ton âme désire,
En est-il de plus doux que les plaisirs du cœur ?
Le mien est délicat, tendre, empressé, fidèle,
Fait pour aimer jusqu’au tombeau.
Si du parfait bonheur tu cherches le modèle,
Aime-moi seulement et laisse là Rameau.
Strophes
Ajoutées à la dernière du SIÈCLE PASTORAL, idylle de GRESSET[90].
Mais qui nous eût transmis l’histoire
De ces temps de simplicité ?
Était-ce au temple de mémoire
Qu’ils gravaient leur félicité ?
La vanité de l’art d’écrire
L’eût bientôt fait évanouir ;
Et sans songer à le décrire,
Ils se contentaient d’en jouir.
Des traditions étrangères
En parlent sans obscurité,
Mais dans ces sources mensongères
Ne cherchons point la vérité.
Cherchons-la dans le cœur des hommes,
Dans ces regrets trop superflus
Qui disent dans ce que nous sommes
Tout ce que nous ne sommes plus.
Qu’un savant des fastes des âges
Fasse la règle de sa foi ;
Je sens de plus sûrs témoignages
De la mienne au-dedans de moi.
Ah ! qu’avec moi le ciel rassemble,
Apaisant enfin son courroux,
Un autre cœur qui me ressemble,
L’âge d’or renaîtra pour nous.
Vers sur la femme
[91]
Objet séduisant et funeste,
Que j’adore et que je déteste ;
Toi, que la nature embellit
Des agréments du corps et des dons de l’esprit,
Qui de l’homme fais un esclave,
Qui t’en moques quand il se plaint,
Qui l’accables quand il te craint,
Qui le punis quand il te brave ;
Toi, dont le front doux et serein
Selling spirit for a dinner:
Paris, unfortunate city that you are!
But a thousand times more unfortunate.
That inhabits you by its very own choice.
And in a more tranquil atmosphere.
Does not know how to create for oneself a place of refuge.
Unbearable for those weighed down by heavy worries.
Such is Marcoussis in my eyes!
Marcoussis, who knows so well how to please us;
Marcoussis, although I hope.
To watch you leave on a beautiful morning.
Without letting it bring you too much sorrow!
Therefore, grant it, my dear vicar.
Your hospitable abode
A people for whom the gentlest care.
It means to go by your side.
The moments over which they have control.
We already know these beings.
Of the country and of home;
We cherish its owner very much.
And if it is possible, let us desire.
Unaccessible to all others,
He intends it for our benefit.
His leisure and his good humor.
Furthermore, prayers of the most fervent kind.
To send away all those unpleasant guests.
Melancholic, apt at causing trouble.
Either eloquent speakers, or those who spread slander.
May God confound all such people.
Of those fools who are so plentiful in Paris.
And even if they are called beautiful spirits.
Sellers of smoke at any cost
To that wealthy fool who spoils them all.
Those vile flatterers who embalm them.
More vile detractors of common sense.
Those who despise their incense.
No more of these pretentious little masters.
None of these country gentlemen.
All so proud of some worthless ancestors.
Almost as contemptible as them.
No grumbling or complaining at all.
A shrill voice, dark skin, and dry hands;
Always organizing collective bargaining for workers.
And those pleasures that they do not possess.
Denigrating others out of zeal.
Taking everyone as his own model,
Cruel in order to be kind.
And wise, out of necessity.
Where there’s gold, there’s also scoundrels;
Above all, avoid that kind of scum.
Whether they be called great lords.
Scoundrels devoid of integrity, lacking in morals.
Mocking the poor commoners
Is it not virtue that gives rise to these illusions?
Proudly consuming our own wealth;
Demanding everything without giving anything in return.
And whose false politeness.
Constantly fawning and flattering,
It is nothing but a clever trap designed to deceive people.
The fool who allows himself to be caught by it.
No need for those damned soldiers at all.
With a roguish air and an aloof demeanor,
Proud to command a bunch of ruffians,
Starting from top to bottom, treating each one individually.
En imposant la loi, en rendant des jugements avec autorité,
Schemers, perhaps also show-offs.
Always ready to fight or kill.
Still talking about their profession.
And a hundred times more pedantic, it seems to me.
Let all the chatterers gather together.
Far away from all of us, those annoying people.
But if, by some luckier fate,
One can encounter an honest man.
None of the great ones seek to make a name for themselves.
To be as kind as you are.
He who knows how to laugh with the fools.
And to reason with the wise.
Which does not affect any language.
He who does not utter witty words.
Who is not also a fool.
To be happy without trying to be it.
To be knowledgeable without appearing so.
Those who laugh only out of joy.
And never out of malice.
His manners were proper without being stern.
Whoever is straightforward in their mannerisms,
Those who wish to live for others,
So that we may live for him as well.
He who knows how to season a meal properly.
With good appetite and a pleasant mood;
Not wishing to be admired,
Not wishing to be ignored,
Holding his coin just like everyone else,
Mixing his follies with ours,
He would mock them without ever insulting them.
He was mocked without ever losing his composure.
Loving pleasure without any excess or greed,
An enemy of petty scruples,
Drinking without risking losing his reason.
A philosophical point, out of season.
In a word of such nature.
That we may find pleasure in his company.
That he also enjoys being with us:
If there is a man who is made in such a way.
Give it to us, I beg you.
Put him in our company;
I can’t wait to see it already.
And to love him is my duty;
But it’s yours, one must say that.
Before producing it for us,
To know him—that is enough.
Show it to us if you dare.
Free imitation of an Italian song by Metastase
[85]
Thanks to all these deceptions,
Thanks to your flirtatious behavior,
Good, I can finally breathe again.
My heart, freed from its chains,
Do not hide your pain any longer;
It is no longer a futile dream.
All my passion has been extinguished:
Under a pretended anger
Love no longer needs to be concealed.
That you be named in your absence.
That people adore you in my presence.
My senses are not in the least affected by it.
In peace without you, I sleep;
You are no longer there when I wake up.
My foremost desire.
Nothing you do disturbs me at all;
I approach you, and then I leave you.
Without regrets and without pleasures.
The memory of your charms.
The memory of my tears.
It has no effect on me at all.
Finally, judge how much I love you:
With my own rival.
I could talk about you.
Be proud, be merciless.
Your pride is no less vain.
How gentle you would be then.
I listen to you without being moved.
And your eyes no longer have any direction.
To penetrate my heart.
With either disdain or tenderness.
My pleasures or my sadnesses
They no longer receive the law.
Without you, I still enjoy the countryside;
The horror of those savage caves.
It’s possible for me to dislike you.
You still seem beautiful to me;
But, Nice, you’re no longer that person anymore.
Are my senses not enchanted?
I see that, having become wiser,
Defects on your face.
Which seemed to me like beauties.
When I broke my chain,
Oh gods! How much pain I endured!
Alas! I believed it would kill me:
But when one has courage,
In order to escape slavery
What is there that one cannot suffer?
Thus, from that treacherous trap.
A simple and timid bird.
With an effort that was barely concealed.
At the cost of the feathers he sheds.
Learn lessons of wisdom.
So as not to be caught again.
Do you think my heart adores you?
Seeing that I am still speaking.
The sighs I let out.
But in that state, at the harbor it desires to reach.
The night owl enjoys repeating it over and over again.
The dangers he has faced.
The warrior covered in glory
Please, after the victory.
To boast about one’s achievements;
And the slave, exempt from punishment,
Please show me the chain with pleasure.
What he had dragged along in the past.
I express myself without restraint;
I speak not in pretense.
That you may place your trust in me;
And no matter what you might say,
I refuse to bother educating myself.
How you talk about me.
Your charms, oh vain beauty.
They will not surrender without a fight.
Such a faithful lover.
My loss is less dangerous;
I know that another deceitful person.
It can be found more easily.
Enigma
J. J. Rousseau by Lacretelle
A child of art, a child of nature.
By not extending the days, I prevent death from occurring.
The more genuine I am, the more I seem to be practicing imposture.
And I become too young all because of growing old.
Of whom or what does it refer to? [86]
Solution: [87]
To Miss Theodore
who never spoke to the author about anything but music.[88]
Sapho, I hear your brilliant voice.
To send sounds soaring into the heavens;
Your song delights us, it captivates us;
The Moor doesn’t sing any better.
But what! More songs yet! Do you really think that harmony.
Is she alone to have the right to limit your care and your pleasures?
Your voice, as it unfolds with its infinite tenderness,
In vain does it try to suppress our desires upon your lips.
Your charming eyes inspire countless others.
Those who truly deserve something far better to occupy your leisure time.
But you claim not to be sensitive to our sighs.
And your tastes are not ours at all.
What kind of pleasure do you find in such frivolous sounds?
Ah! Without your proud disdain, without your wild rejections.
This charming mouth could have other uses as well.
Far more delicious than empty songs.
Too sensitive to pleasure—no matter what you say.
Amidst cold agreements, you feel little tenderness;
But, among all the things that your soul desires,
Is there anything more delightful than the pleasures of the heart?
Mine is delicate, tender, eager, and faithful.
Created for loving until death.
If you seek the model of perfect happiness,
Just love me and leave Rameau be.
Strophes
Added at the end of the “Pastoral Century”: Gresset’s idyll [90].
But who would have told us this story?
Of those times of simplicity?
Was it at the memorial temple?
Were they engraving their joy upon something?
The vanity of the art of writing
It would have soon caused him to faint;
And without even thinking of describing it.
They simply enjoyed it.
Foreign traditions.
They speak of it without any ambiguity.
But in these false sources.
Let us not seek the truth.
Let us seek her in the hearts of men.
In these utterly unnecessary regrets.
Who says what we are.
Everything that we are no longer.
That a scholar of the grandeur of past ages.
Make the rule of his faith his guide;
I perceive increasingly definite signs and evidence.
From my own self, within me.
Ah! How heaven gathers everything around me.
Finally calming his anger,
Another heart that resembles mine.
The golden age will be reborn for us.
Poems about women
[91]
An enticing yet fatal object.
Something I both adore and despise;
You, whom nature has adorned so beautifully.
Physical charms and mental gifts,
Who makes a man a slave?
Who cares when he complains?
Who burdens him when he fears you?
Who punishes him when he defies you?
You, with your gentle and serene forehead.
Vendi “spirito” in cambio di una cena.
Parigi, sfortunata città in cui si vive.
Ma mille volte più sfortunato.
Chi abita qui lo ha scelto liberamente.
E in un clima più sereno.
Non sa come crearsi un rifugio sicuro.
Indegno di tali preoccupazioni oscure.
Ecco come lo vedo io, Marcoussis!
Marcoussis, che sa così bene come compiacerci.
Marcoussis, di cui tuttavia spero.
Vedervi andare via in una bella mattina.
Senza lasciarsi prendere dal dolore!
Allora concedetelo, mio caro vescovo.
La vostra dimora ospitale.
Di gente la cui più tenera premura.
Desidero molto passare un po’ di tempo vicino a te.
I momenti di cui sono i padroni.
Conosciamo già questi esseri.
Del paese e della casa.
Amiamo molto il suo proprietario.
E desideriamo, se possibile.
Inaccessibile a tutti gli altri,
Il destino a nostro favore.
Il suo tempo libero e il suo buon umore.
Inoltre, preghiere piene di fervore.
Allontanare tutti gli ospiti sgradevoli.
Taciturni, dal senso dell’umorismo perverso.
O bei parlanti, o maldicenti.
Che Dio confonda tutti questi uomini.
Di quegli sciocchi che sono così numerosi a Parigi.
E che vi si chiamino “intelligenze superiori”,
Venditori di fumo a tutti i costi
Al ricco sciocco che li vizi.
Vili adulatori che la rendono insensibile.
Più odiosi detrattori del buon senso.
Coloro che disprezzano il loro incenso.
Niente di questi deboli e presuntuosi piccoli padroni.
Niente di tutto questo, quei contadini dei campi.
Tutti orgogliosi di alcuni antenati vani.
Quasi altrettanto disprezzabili di loro.
Nessuna noiosa gazza grigia.
Vocce acute, pelle scura e mani secche.
Sempre sindacalizzando i bisogni fondamentali dell’essere umano.
E i piaceri che non hanno.
Denigrando il prossimo per zelo.
Prendendo tutti come modello,
Malediciamo per carità.
E saggi, per necessità.
Nessun punto di riferimento prezioso, nessuna plebaglia;
Soprattutto, niente di quella feccia.
Che si chiamino grandi signori o meno.
Inganni senza onestà, senza morale.
Deridendo la povera gente comune.
Non è forse la virtù stessa a creare queste illusioni?
Mangiando con orgoglio il nostro bene.
Esigente in tutto, senza concedere nulla.
E la cui falsa cortesia.
Sempre ossequioso e lusinghiero.
Non è altro che un astuto trucco per ingannare.
Lo sciocco che si lascia ingannare da ciò.
Niente di questi maledetti militari.
Con un aspetto dispettoso, con un’aria sprezzante.
Fieri di comandare dei bravi ragazzi.
Trattando ciascuno dall’alto verso il basso.
Imponendo leggi, decidendo con autorità suprema.
Cappellai, forse anche vanitosi.
Sempre pronti a combattere o uccidere.
Parlando ancora del loro lavoro.
E cento volte più pedanti, a mio parere.
Che tutti i chiacchieroni si riuniscano insieme.
Lontano da noi, tutti questi noiosi.
Ma se, per una sorte più fortunata.
Si incontra un uomo onesto.
Qui nessuno si fa chiamare grande.
Chiunque sia gentile come te.
Chi sa ridere con i pazzi.
E ragionare con il saggio.
Chi non utilizza alcun linguaggio particolare.
Chi non pronuncia parole sagge.
Chiunque non sia nemmeno uno sciocco.
Che sia felice chi non cerca di esserlo.
Chi sia istruito senza sembrarlo.
Chi ride qui lo fa solo per gioia.
E mai, per malvagità.
Di costumi retti, ma non severi.
Chi è semplice nei suoi modi.
Chi desidera vivere per gli altri.
Affinché anche noi possiamo vivere per lui,
Chi sa come abbellire una tavola con le spezie.
Con appetito, di buon umore.
Non desiderando essere ammirato,
Non volendo essere ignorato,
Tenendo il proprio angolo come fanno gli altri,
Mescolando le sue follie alle nostre,
Schernendo senza mai insultare,
Deriso senza mai perdere le staffe,
Amando il piacere senza eccessi o volgarità.
Nemico del piccolo scrupolo,
Bevendo senza rischiare di perdere la ragione.
Un pensiero filosofico fuori stagione.
In una parola, di tale natura.
Che possiamo divertirci insieme a lui.
Che anche lui si diverta con noi.
Se esiste un uomo creato in questo modo.
Dateglielo, vi prego.
Mettetelo nella nostra compagnia;
Non vedo l’ora di vederlo.
E amarla, è il mio dovere.
Ma è il vostro, bisogna dirlo.
Prima di crearlo noi stessi,
Conoscerla. È sufficiente.
Mostratelo se osate.
Imitazione libera di una canzone italiana di Metastasio
[85]
Grazie a tante menzogne,
Grazie alle tue moinezze.
Bene, finalmente posso respirare liberamente.
Il mio cuore, liberato dalle sue catene.
Non nasconda più il suo dolore;
Non è più un sogno vano.
Tutta la mia passione è spenta:
Sotto una rabbia simulata
L’amore non si nasconde più.
Che ti nominino in tua assenza.
Che ti amino in mia presenza.
I miei sens non ne sono affatto turbati.
In pace, senza di te, dormo.
Non sei più lì quando mi sveglio.
Il mio primo desiderio.
Niente di ciò che fai mi turba o mi agita.
Ti incontro e poi ti lascio.
Senza rimpianti e senza piaceri.
Il ricordo dei tuoi incanti.
Il ricordo delle mie lacrime.
Non ha alcun effetto su di me.
Giudica infine, in base al fatto che ti amo.
Con il mio stesso rivale.
Potrei parlare di te.
Sii fiera, sii spietata.
La tua fierezza non è meno vana.
Che dolcezza sarebbe la tua.
Ascolto te senza provare alcuna emozione.
E i tuoi occhi non hanno più una direzione da seguire.
Per entrare nel mio cuore.
Con disprezzo, con tenerezza.
I miei piaceri o la mia tristezza
Non ricevono più quella legge.
Senza di te, amo i boschetti.
L’orrore delle caverne selvagge
Può dispiacermi stare con te.
Mi sembri ancora bella.
Ma, Nice, tu non sei più quella.
I miei sens sono incantati.
Vedo che, diventato più saggio.
Dei difetti sul tuo viso.
Ciò che mi sembrava bellezza.
Quando ruppi la mia catena,
Dio mio, quanto dolore provai!
Ahimè! Pensai di morire per questo.
Ma, quando si ha coraggio.
Per liberarsi dall’schiavitù
Quante sofferenze non si possono provare?
E così, con una trappola perfida.
Un uccello semplice e timido
Con uno sforzo disperato.
Al prezzo delle piume che lascia dietro di sé.
Impara la saggezza.
Per non essere più catturato.
Pensi che il mio cuore ti ami?
Vedendo che continuo a parlare.
I sospiri che ho emesso.
Ma così, nel porto che desidera.
Al buio, ama ripetere.
I pericoli che ha affrontato.
Il guerriero avvolto nella gloria
Si prega, dopo la vittoria.
A raccontare le proprie imprese;
E lo schiavo, esentato da punizione.
Mostra con piacere la catena.
Quello che un tempo aveva trascinato con sé.
Mi esprimo senza alcuna restrizione.
Non parlo in modo falso o simulato.
Affinché tu possa credere in me.
E, qualunque cosa tu possa dire.
Non mi degnerei nemmeno di imparare.
Come parli di me.
Le tue grazie, bellezza troppo vanitosa.
Non se ne andranno senza difficoltà.
Un amante così fedele.
La mia perdita è meno pericolosa.
So che un’altra donna ingannatrice.
Si trova più facilmente.
Enigma
J.-J. Rousseau di Lacretelle
Figlio dell’arte, figlio della natura.
Senza prolungare i giorni, impedisco alla morte di avvenire.
Più sono vero, più commetto inganni.
E divento troppo giovane, a forza di invecchiare.
Di chi o di cosa si tratta? [86]
Soluzione: [87]
A mademoiselle Théodore
che con l’autore non parlava mai se non di musica.[88]
Saffo, sento la tua voce splendente.
Emettere suoni che raggiungano il cielo;
La tua canzone ci delizia, ci incanta.
Neanche i Mauri cantano meglio di così.
Ma che cosa! Sempre canzoni. Pensi davvero che l’armonia.
Solo lei ha il diritto di delimitare i tuoi impegni e i tuoi piaceri?
La tua voce, con la sua dolcezza infinita.
Inutilmente tenti di soffocare i nostri desideri con le tue parole.
I tuoi occhi incantevoli ne ispirano mille altri.
Ci sono persone che meriterebbero davvero di occupare i tuoi momenti liberi.
Ma tu non sei, dici, sensibile ai nostri sospiri.
E i tuoi gusti non sono affatto i nostri.
Qual gusto trovi dunque in suoni frivoli e senza significato?
Ah! Senza il tuo orgoglioso disprezzo, senza le tue selvagge rifiutazioni.
Questa bocca incantevole potrebbe avere altri usi.
Molto più delizioso di inutili canzoni.
Troppo sensibile al piacere, qualunque cosa tu possa dire.
Tra accordi freddi, percepisci ben poco di dolcezza.
Ma, tra tutti i beni che il tuo animo desidera.
Esiste qualcosa di più dolce dei piaceri del cuore?
Il mio è delicato, tenero, appassionato, fedele.
Creato per amare fino alla tomba.
Se cerchi un modello del perfetto felicità.
Amami solo e lascia perdere Rameau.
Strofe
Aggiunte all’ultima delle “Lettere pastorali”, l’idillia di Gresset[90].
Ma chi ci avrebbe trasmesso questa storia.
Di quei tempi di semplicità,?
Era forse nel tempio della memoria?
Stavano incidendo la loro felicità?
La vanità dell’arte di scrivere
Ciò avrebbe ben presto fatto svenire.
E senza nemmeno pensare di descriverlo,
Si accontentavano semplicemente di goderne.
Tradizioni straniere
Ne parlano senza alcuna ambiguità.
Ma in queste fonti mendaci.
Non cerchiamo la verità.
Cerchiamola nel cuore degli uomini.
In questi rimpianti eccessivamente superflui.
Coloro che dicono ciò che siamo.
Tutto ciò che non siamo più.
Che un studioso delle usanze e dei costumi dei tempi antichi.
Che la sua fede diventi la regola della sua vita;
Percevo prove sempre più certe.
Dalla mia parte, dentro di me.
Ah! Come il cielo si unisce intorno a me.
Finalmente placata la sua ira,
Un altro cuore che mi assomiglia.
L’età d’oro rinascerà per noi.
Versi sulla donna
[91]
Un oggetto affascinante e pericoloso.
Che amo e che odio.
Tu, che la natura abbellisce.
Delle grazie del corpo e dei doni dell’intelletto.
Chi trasforma l’uomo in schiavo.
Chi si prende gioco di lui quando si lamenta.
È colui che lo opprime quando teme te.
Qui ti punisce quando ti sfida;
Tu, la cui fronte è dolce e serena.
Porte le plaisir dans nos fêtes ;
Toi, qui soulèves les tempêtes
Qui tourmentent le genre humain ;
Être ou chimère inconcevable,
Abîme de maux et de biens,
Seras-tu donc toujours la source inépuisable
De nos mépris et de nos entretiens ?
Bouquet d’un enfant à sa mère
Ce n’est point en offrant des fleurs
Que je veux peindre ma tendresse ;
De leur parfum, de leurs couleurs,
En peu d’instants le charme cesse.
La rose naît en un moment,
En un moment elle est flétrie :
Mais ce que pour vous mon cœur sent
Ne finira qu’avec la vie.
Quatrain à madame Dupin
[92]
Raison, ne sois point éperdue,
Près d’elle on te trouve toujours ;
Le sage te perd à sa vue,
Et te retrouve en ses discours.
Quatrain
Mis par lui-même au-dessous d’un de ces nombreux portraits qui portaient son nom, et dont il était si mécontent[93].
Hommes savants dans l’art de feindre,
Qui me prêtez des traits si doux,
Vous aurez beau vouloir me peindre,
Vous ne peindrez jamais que vous.
FIN des MÉLANGES EN VERS
[1] *M. de Bernex, évêque de Genève, mourut dans la ville d’Annecy le 23 avril 1734.
[2] * D’après les Confessions, M. de Bonac se serait intéressé spontanément à Rousseau. Ce mémoire me paraît arrangé d’après les idées de madame deWarens, qui voulait, afin d’augmenter ses ressources, obtenir une pension pour son commensal. Jean-Jacques n’avait alors que vingt-deux ans.
[3] Il était fort languissant quand je suis entré dans la maison ; aujourd’hui sa santé s’affermit visiblement.
[4] *1740, d’après une lettre du 1er mai de cette année, imprimée pour la première fois dans l’Histoire de Rousseau, t. II.
[5] Savant mathématicien hollandais, et non mons célèbre comme philosophe, mort en 1718. Entre autres ouvrages il a publié, dans sa langue, un traité de l’Existence de Dieu démontrée par les merveilles de la nature, traduit en français par Nogès (Paris, 1725, in 4°, réimprimé en 1740.)
[6] * M. Boudet publia la vie de cet évêque en 1760 ; in-12, à Paris.
[7] * Voyez, sur ce prétendu miracle, des circonstances singulières, Hist. de Rousseau, t. II.
[8] Voyez Confessions Livre VII.
[9] Portrait fictif de Tacite du début du XXe siècle, prétendument d’après un buste antique
[10] L’élection de Vitellius avait précédé celle d’Othon ; mais au-delà des mers, le bruit de celle-ci avait prévenu le bruit de l’autre : ainsi Othon était, dans ces régions, le premier reconnu.
[11] *Sénèque, dit « Le Jeune » (en latin Lucius Annaeus Seneca), né dans l’actuelle Cordoue au sud de l’Espagne vers 4 av. JC, mort le 12 avril 65 ap. JC, est un philosophe de l’école stoïcienne, un dramaturge et un homme d’État romain du 1er siècle de l’ère chrétienne. Il est parfois nommé Sénèque le Philosophe, Sénèque le Tragique ou Sénèque le Jeune, pour le distinguer de son père, Sénèque l’Ancien.
[12] Quoique les jeux séculaires eussent été célébrés par Auguste, Claude, prétendant qu’il avait mal calculé, les fit célébrer aussi : ce qui donna à rire au peuple, quand le crieur public annonça, dans la forme ordinaire, des jeux que nul homme vivant n’avait vus, ni ne reverrait. Car non seulement plusieurs personnes encore vivantes avoient vu ceux d’Auguste, mais même il y eut des histrions qui jouèrent aux uns et aux autres ; et Vitellius n’avait pas honte de dire à Claude, malgré la proclamation, Sœpè facias.
[13] La mort de Claude fut longtemps cachée au peuple jusqu’à ce qu’Agrippine eût pris ses mesures pour ôter l’empire à Britannicus et l’assurer à Néron ; ce qui fit que le public n’en savait exactement ni le jour ni l’heure.
[14] On sait combien cet imbécile avait peu de considération dans sa maison : à peine le maître du monde avait-il un valet qui lui daignât obéir. Il est étonnant que Sénèque ait osé dire tout cela, lui qui était si courtisan ; mais Agrippine avait besoin de lui, et il le savait bien.
[15] II y a ici très évidemment une lacune, que je ne vois pourtant marquée dans aucune édition.
[16] On sait qu’il était permis en Égypte d’épouser sa sœur de père et de mère ; et cela était aussi permis à Athènes, mais pour la sœur de mère seulement. Le mariage d’Elpinice et de Cimon en fournit un exemple.
[17] Je ne saurais me persuader qu’il n’y ait pas encore une lacune entre ces mots, Olim, inquit, magna res erat deum fieri, et ceux-ci, jam fama nimium fecisti. Je n’y vois ni liaison, ni transition, ni aucune espèce de sens, à les lire ainsi de suite.
[18] Je n’ai point traduit ces mots, etiamsi Phormea grœcè nescit, ego scio. ENTIKONTONTKHNAIHS senescit ou se nescit, parce que je n’y entends rien du tout. Peut-être aurais-je trouvé quelque éclaircissement dans les adages d’Érasme, mais je ne suis pas à portée de les consulter.
[19] Par l’adoption de Drusus, Auguste était l’aïeul de Claude ; mais il était aussi son grand-oncle par la jeune Antonia, mère de Claude et nièce d’Auguste.
[20] M. Silanus.
[21] Pompeius Magnus.
[22] Je n’ai guère besoin, je crois, d’avertir que ce mot est pris ironiquement. Suétone, après avoir dit qu’en tout temps, en tout lieu, Claude était toujours prêt à manger et à boire, ajoute qu’un jour, ayant senti de son tribunal l’odeur du dîner des saliens, il planta là l’audience, et courut se mettre à table avec eux.
[23] Mercure.
[24] Un juge qui n’avait d’autre loi que sa volonté donnait peu d’ouvrage à ces messieurs-là.
[25] * Sonnet est ici pour la rime ; il faut sonnez.
[26] J’ai pris la liberté de substituer cette comparaison à celle de Sisyphe, employée par Sénèque, et trop rebattue depuis cet auteur.
[27] * Terme inventé vers 1757 par les adversaires des philosophes des Lumières, en vue de railler plus particulièrement les auteurs de l’Encyclopédie. Par dérision, les Encyclopédistes ne tardent pas à reprendre ce terme à leur compte. Aussi, lorsque La Reine fantasque paraît clandestinement en 1758 avec la mention « conte cacouac », tout le monde comprend qu’il faut lire « conte philosophique ».
[28] Cette nouvelle a été rédigée en 1756. Elle a été publiée en 1856 (édition de Genève).
[29] Professeur d’histoire à l’académie de Genève, secrétaire-général de l’institut genévois, savant bibliophile, littérateur, auteur de différents ouvrages remarquables, et notamment des Etudes sur l’histoire littéraire de la Suisse française, particulièrement dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, mémoire qui a obtenu le prix du concours ouvert en 1854 par la section des Lettres de l’Institut genévois, in-8. Genève et Paris : Gruaz et Cherbuliez, 1856.
[30] Rousseau dit vrai, on trouve des femmes superbes en Savoie, surtout daus les montagnes du Haut-Chablais. (A. de B.)
[31] Cette apostrophe au lecteur rappelle la préface de la Nouvelle Héloise. (Note dt M. Gaullieur).
[32] Ancien nom de Chamonix
[33] * Voyez dans la Correspondance la lettre du 7 février 1767 à M. Davenport.
[34] *Les renvois de ces pages et de ces volumes se rapportent à l’édition en 14 volumes in-18, imprimée par P. Didot aîné.
[35] * Dutens nous apprend que cette objection fut celle qui alarma le plus Helvétius, lorsqu’il la lui communiqua, et c’est à cette occasion qu’il se crut obligé de publier la lettre que lui écrivit Helvétius à ce sujet, lettre par laquelle « non seulement, dit-il, Helvétius ne bannit « point de l’esprit les doutes que Rousseau y introduit, mais dont il appréhende lui-même le peu d’effet, puisqu’il en annonce une autre sur le même sujet, qu’il eût écrite sans doute s’il eût vécu. » Cette lettre d’Helvétius, réimprimée, comme il a été dit plus haut, dans l’édition de Genève, est en effet aussi faible de raisonnement que de style ; et quoiqu’il eût pu paraître intéressant de voir aux prises l’auteur d’’Émile et celui de l’Esprit, elle ne nous a pas paru mériter de trouver place dans cette édition.
[36] * Les notes qu’on vient de lire ont toutes pour objet de combattre la proposition principale qui sert de base à l’ouvrage d’Helvétius, et Dutens observe avec raison que cet ouvrage n’étant composé que de chapitres sans liaison, d’idées décousues, de petits contes, et de bons mots, les notes qui suivent ne sont aussi que des sorties sur des sentiments particuliers.
Bring joy to our celebrations;
You, who stir up tempests.
Those that torment the human race;
To be or a mere chimera, inconceivable.
A chasm of goods and evils.
So will you always be that inexhaustible source?
From our contempt and our conversations?
A bouquet from a child for his mother
It is not by offering flowers that.
How I wish to paint my tenderness.
From their fragrance, from their colors.
In just a few moments, the charm fades away.
The rose is born in an instant.
In an instant, it is withered away:
But what my heart feels for you.
It will end only with life.
Quatrain for Madame Dupin
[92]
Reason, do not lose your hope.
Near her, one is always found by you;
When the wise gaze upon you, they lose sight of you.
And I find myself reflected in his speeches.
Quatrain
Placed by himself below one of those numerous portraits bearing his name, and of which he was so dissatisfied[93].
Men skilled in the art of deception.
Who lends me such gentle traits?
No matter how much you may want to paint me.
You will never paint anything but yourself.
End of the mixed verses.
[1] Mr. de Bernex, Bishop of Geneva, died in the city of Annecy on April 23, 1734.
[2] * According to the Confessions, Monsieur de Bonac seems to have taken an interest in Rousseau spontaneously. This memoire appears to be drafted based on the ideas of Madame de Warens, who wished to obtain a pension for her companion in order to increase her own resources. At that time, Jean-Jacques was only twenty-two years old.
[3] He was very weak when I entered the house; today, his health has clearly improved.
[4] 1740, according to a letter dated May 1st of that year, first published in The History of Rousseau, vol. II.
[5] A Dutch mathematician, rather than a famous philosopher; he died in 1718. Among his other works, he published in his native language a treatise on the existence of God as demonstrated by the wonders of nature; this treatise was translated into French by Nogès (Paris, 1725, in 4° binding; reprinted in 1740).
[6] Mr. Boudet published the life of this bishop in 1760; it was published in a 12mo format in Paris.
[7] * Notice, regarding this so-called miracle, the peculiar circumstances surrounding it; Hist. of Rousseau, vol. II.*
[8] See Confessions, Book VII.
[9] A fictional portrait of Tacitus from the early 20th century, allegedly based on an ancient bust.
[10] The election of Vitellius had taken place before that of Otho; but beyond the seas, the news of Otho’s election had reached those regions before news of Vitellius’ did: thus, in those areas, Otho was the first to be recognized.
[11] Seneca the Younger (in Latin, Lucius Annaeus Seneca) was born around 4 BC in what is now Cordoba, in southern Spain, and died on April 12, 65 AD. He was a Stoic philosopher, playwright, and statesman of the 1st century AD. He is sometimes referred to as Seneca the Philosopher, Seneca the Tragic, or Seneca the Younger, to distinguish him from his father, Seneca the Elder.
[12] Although the secular games had been celebrated by Augustus and Claudius, who claimed that he had miscalculated the expenses, Claudius ordered them to be held again: this caused laughter among the people when the public announcer proclaimed, in the usual manner, games that no living person had ever seen or would ever see again. For not only had many people still alive witnessed the games organized by Augustus, but there were even actors who performed scenes from those events; and Vitellius did not hesitate to tell Claudius, despite the official announcement, “You are doing something foolish.”
[13] The death of Claudius was kept hidden from the people for a long time, until Agrippina took measures to remove Britannicus from power and ensure that Nero succeeded him; as a result, the public had no idea exactly when or how it happened.
[14] It is well known how little respect this fool commanded in his own household—hardly did the “master of the world” have a single servant who would deign to obey him. It is astonishing that Seneca dared to say such things, given his nature as a courtier; but Agrippina needed him, and he was well aware of it.
[15] There is clearly a gap here, yet it is not indicated in any edition that I have seen.
[16] It is known that in Egypt it was permitted to marry one’s sister by both parents; this was also allowed in Athens, but only with the sister of one’s mother. The marriage of Elpinice and Cimon provides an example of this practice.
[17] I cannot convince myself that there is not still some gap between these words. “Olim,” I asked, “‘magna res erat deum fieri’—was surely a great matter for God to accomplish—but ‘jam fama nimium fecisti’—how little fame have you achieved so far.” I see no connection, no transition, and no sense at all when reading them in this order.
[18] I have not translated these words, even though Phormea may not know Greek, but I do. “ENTIKONTONTKHNAIHS senescit” or “se nescit” – I simply don’t understand what it means at all. Perhaps I could have found some clarification in Erasmus’ proverbs, but I am not able to consult them at the moment.
[19] By adopting Drusus, Augustus became the grandfather of Claudius; yet he was also his great-uncle through the younger Antonia, who was Claudius’ mother and Augustus’ niece.
[20] Mr. Silanus.
[21] Pompey the Great.
[22] I hardly need to emphasize that this word is used in an ironic sense. Suetonius, after stating that Claudius was always ready to eat and drink at any time and place, adds that one day, smelling the aroma of the Salian banquet from his tribunal, he immediately dismissed the audience and rushed to join them at the table.
[23] Mercury.
A judge who had no other law but his own will gave those gentlemen very little work to do.
[25] * The sonnet is intended for rhyme; it must sound right when read aloud.
[26] I have taken the liberty of replacing Seneca’s comparison with that of Sisyphus, which has been overused since that author’s time.
[27] * A term invented around 1757 by the opponents of the philosophers of the Enlightenment, with the aim of particularly mocking the authors of the Encyclopédie. In mockery, the Encyclopedists soon took back this term for their own use. Thus, when La Reine fantasque appeared clandestinely in 1758 with the title “conte cacouac,” everyone understood that it actually meant “philosophical tale.”
[28] This piece was written in 1756; it was published in 1856 (Geneva edition).
[29] Professor of history at the Geneva Academy, Secretary-General of the Geneva Institute, a knowledgeable bibliophile and literati, author of several notable works—including Studies on the Literary History of French-speaking Switzerland, particularly in the Second Half of the 17th Century—a thesis that won the prize awarded in 1854 by the Literature Section of the Geneva Institute. Published in 8vo format by Gruaz et Cherbuliez in Geneva and Paris, 1856.
[30] Rousseau was right; one can find magnificent women in Savoy, especially in the mountains of Haute-Chablais. (A. de B.)
[31] This address to the reader recalls the preface to New Heloise.(Note by Mr. Gaullieur.)
[32] Former name of Chamonix
[33] * See in the Correspondence the letter dated February 7, 1767, to Mr. Davenport.
[34] The references to these pages and volumes refer to the edition in 14 volumes in 18mo format, printed by P. Didot Sr.
[35] * Dutens informs us that this objection was precisely the one that alarmed Helvétius the most when he communicated it to him; and it was on this occasion that Helvétius felt compelled to publish the letter Helvétius had written to him on this subject. According to Dutens, “not only did Helvétius not reject in the slightest the doubts Rousseau introduced into his work, but he himself acknowledged their limited effect, stating that he would have written another letter on the same topic if he had still been alive.” This letter by Helvétius, reprinted, as mentioned earlier, in the Geneva edition, is indeed weak both in reasoning and in style; and although it might have been interesting to see the author of Émile engaged in a debate with the author of L’Esprit, we did not consider it worthy of inclusion in this edition.
[36] * The notes that we have just read are all intended to challenge the main proposition upon which Helvétius’ work is based. Dutens rightly observes that since this work consists merely of chapters lacking coherence, disjointed ideas, short stories, and witty remarks, the accompanying notes are nothing more than reactions to specific aspects of these contents.
Porta la gioia nelle nostre feste;
Tu, che sollevi le tempeste.
Quelli che tormentano la specie umana.
Essere o una chimera inconcepibile.
Abisso di mali e beni.
Quindi sarai sempre quella fonte inesauribile.
Dai nostri disprezi e dalle nostre conversazioni?
Un mazzo di fiori da un bambino per sua madre
Non è offrendo fiori.
Voglio dipingere la mia tenerezza.
Dal loro profumo, dai loro colori.
In pochi istanti, quel incanto svanisce.
Il rosa nasce in un istante.
In un istante, viene offesa:
Ma ciò che il mio cuore percepisce per voi.
Tutto finirà solo con la vita.
Quartetto per Madame Dupin
[92]
Ragione, non perdere la speranza.
Vicino a lei, ti trova sempre qualcuno.
Il saggio ti perde di vista non appena ti vede.
E ti ritrovi nei suoi discorsi.
Quartina
Posto da lui stesso al di sotto di uno di quei numerosi ritratti che portavano il suo nome e di cui era così insoddisfatto[93].
Uomini saggi nell’arte di fingere.
Chi mi attribuisce tratti così dolci.
Potreste anche cercare di dipingermi,
Non dipingerete mai altro che voi stessi.
Fine dei miscugli in versi
[1] Monsignor de Bernex, vescovo di Ginevra, morì nella città di Annecy il 23 aprile 1734.
[2] Secondo le Confessioni, il signor de Bonac avrebbe mostrato spontaneamente interesse per Rousseau. Questo memoriale mi sembra essere stato redatto seguendo le idee di madame de Warens, la quale, al fine di aumentare le proprie risorse finanziarie, desiderava ottenere una pensione per il suo ospite. A quel tempo, Jean-Jacques aveva soltanto ventidue anni.
[3] Era molto debole quando sono entrato in casa; oggi la sua salute sta migliorando notevolmente.
[4] 1740, secondo una lettera del 1° maggio di quell’anno, pubblicata per la prima volta nell’“Histoire de Rousseau”, vol. II.
[5] Scienziato matematico olandese, e non il famoso filosofo che tutti conosciamo; morì nel 1718. Tra le sue opere pubblicate nella sua lingua vi è un trattato sull’Esistenza di Dio dimostrata attraverso i miracoli della natura, tradotto in francese da Nogès (Parigi, 1725, in quarto; ristampato nel 1740).
[6] Il signor Boudet pubblicò la biografia di questo vescovo nel 1760; edizione in dodici volumi, Parigi.
[7] “Vedete, riguardo a questo presunto miracolo, ci sono circostanze particolari, ”, Storia di Rousseau, vol. II.
[8] Vedi “Confessioni”, Libro VII.
[9] Ritratto fittizio di Tacito del primo Novecento, presumibilmente basato su un busto antico.
[10] L’elezione di Vitellio era avvenuta prima di quella di Ottone; ma al di là dei mari, la notizia dell’una aveva preceduto quella dell’altra: così, in quelle regioni, Ottone fu il primo ad essere riconosciuto.
[11] Seneca il Giovane (in latino Lucio Annaeo Seneca), nato nell’attuale Cordova, nel sud della Spagna, intorno al 4 a.C., e morto il 12 aprile 65 d.C., è stato un filosofo della scuola stoica, drammaturgo e statista romano del I secolo d.C. Viene talvolta chiamato Seneca il Filosofo, Seneca il Tragico o Seneca il Giovane per distinguerlo dal suo padre, Seneca il Vecchio.*
[12] Sebbene i giochi secolari fossero stati celebrati da Augusto e da Claudio, quest’ultimo, sostenendo di aver calcolato male, ne fece celebrare nuovamente l’organizzazione: il che suscitòilarità tra la gente, quando l’annunciatore pubblico proclamò, nella solita forma, giochi che nessun uomo vivente aveva mai visto né avrebbe mai più visto. Infatti, non solo molte persone ancora in vita avevano assistito a quelli organizzati da Augusto, ma ci furono anche attori che interpretarono i ruoli dei personaggi coinvolti in quei giochi; e Vitellio non ebbe alcuna vergogna nel dire a Claudio, nonostante la proclamazione ufficiale: “Fai pure come vuoi”.
[13] La morte di Claudio fu a lungo tenuta nascosta al popolo, fino a quando Agrippina non prese le misure necessarie per strappare l’impero a Britannico e assicurarselo per sé; per questo motivo il pubblico non conosceva né la data né l’ora esatta della sua morte.
[14] Si sa quanto poco rispetto quell’idiota avesse in casa sua: a malapena il “signore del mondo” aveva un servitore che fosse disposto ad obbedirgli. È sorprendente che Seneca abbia osato dire tutto ciò, lui che era così cortigiano; ma Agrippina aveva bisogno di lui, e lui lo sapeva bene.
[15] Qui c’è chiaramente una lacuna, che tuttavia non risulta evidenziata in nessuna edizione.
[16] Si sa che in Egitto era consentito sposare la sorella di padre e madre; lo stesso era permesso ad Atene, ma solo per la sorella di madre. Il matrimonio tra Elpinice e Cimone ne fornisce un esempio.
[17] Non riesco a convincermi che non esista ancora una lacuna tra queste parole: “Olim, inquit, magna res erat deum fieri”, e quelle successive, “jam fama nimium fecisti”. Non vedo alcun legame, alcuna transizione, nessun senso logico nel leggerle così una dopo l’altra.
[18] Non ho tradotto queste parole, anche se Phormea non conosce il greco. Io lo so. “ENTIKONTONTKHNAIHS” invecchia o non esiste affatto, perché non ne capisco assolutamente nulla. Forse avrei potuto trovare qualche spiegazione negli adagi di Erasmo, ma non ho modo di consultarli.
[19] Attraverso l’adozione di Druso, Augusto era nonno di Claudio; ma era anche suo prozio materno attraverso la giovane Antonia, madre di Claudio e nipote di Augusto.
[20] Signor Silanus.
[21] Pompeo Magno.
[22] Credo di non aver bisogno di sottolineare che questo termine viene usato in senso ironico. Sueto, dopo aver detto che Claudio era sempre pronto a mangiare e bere in qualsiasi momento e luogo, aggiunge che un giorno, avendo sentito dall’aula del tribunale l’odore del pasto servito ai soldati, interruppe immediatamente l’udienza e corse ad unirsi a loro a tavola.
[23] Mercurio.
[24] Un giudice che non aveva altra legge se non la propria volontà lasciava poco lavoro da svolgere a questi signori.
[25] Il sonetto è qui utilizzato esclusivamente per motivi di rima; è necessario che risuoni armoniosamente.
[26] Ho preso la libertà di sostituire questa metafora con quella di Sisifo, utilizzata da Seneca e ormai troppo ripetuta dopo di lui.
[27] * Termine coniato intorno al 1757 dagli avversari dei filosofi delle )Lumi, allo scopo di prendere in giro in modo particolare gli autori dell’Enciclopedia. Per scherzo, gli Enciclopedisti non tardarono a appropriarsi di questo termine. Pertanto, quando La Reine fantasque fu pubblicato clandestinamente nel 1758 con la dicitura “racconto cacouac”, tutti capirono che si doveva leggere “racconto filosofico”.
[28] Questo racconto fu scritto nel 1756 e pubblicato nel 1856 (edizione di Ginevra).
[29] Professore di storia all’Accademia di Ginevra, segretario generale dell’Istituto di Ginevra, studioso bibliofilo e letterato, autore di diversi opere notevoli, tra cui in particolare “Studi sulla storia letteraria della Svizzera francese, soprattutto nella seconda metà del XVII secolo”, memoria che vinse il premio nel concorso indetto nel 1854 dalla sezione Lettere dell’Istituto di Ginevra. Edizione in ottavo. Ginevra e Parigi: Gruaz et Cherbuliez, 1856.
[30] Rousseau ha ragione: in Savoia si trovano donne straordinarie, soprattutto nelle montagne dell’Alto Chablais. (A. de B.)
[31] Questa apostrofe rivolta al lettore ricorda la prefazione di “La Nuova Eloisa”. (Nota del signor Gaullieur).
[32] Antico nome di Chamonix
[33] Si veda nella Corrispondenza la lettera del 7 febbraio 1767 indirizzata a Monsieur Davenport.
[34] I riferimenti presenti in queste pagine e in questi volumi si riferiscono all’edizione in 14 volumi in formato in-18, stampata da P. Didot padre.
[35] * Dutens ci insegna che questa obiezione fu quella che allarmò di più Helvétius quando gliene parlò, e fu proprio in quell’occasione che egli ritenne necessario pubblicare la lettera che Helvétius gli aveva scritto sull’argomento. Secondo Dutens, “non solo Helvétius non escludeva affatto dai propri ragionamenti i dubbi introdotti da Rousseau, ma riconosceva anche l’efficacia limitata di tali dubbi, tanto da annunciare l’esistenza di un’altra lettera sull’ stesso tema che avrebbe sicuramente scritto se fosse vissuto”. Questa lettera di Helvétius, riprodotta, come già accennato, nell’edizione di Ginevra, è in effetti priva sia di argomentazioni convincenti che di uno stile efficace; e sebbene potesse risultare interessante osservare il confronto tra l’autore di “Émile” e quello di “L’Esprit”, non ci è sembrata degna di essere inclusa in questa edizione.*
[36] * Le note appena lette hanno tutte lo scopo di contrastare la tesi principale su cui si basa l’opera di Helvétius; Dutens osserva con ragione che, poiché quest’opera è composta soltanto da capitoli senza collegamento logico, da idee disconnesse, da brevi racconti e da battute spiritose, anche le note che seguono non sono altro che commenti su singoli aspetti del contenuto.
[37] Helvétius a dit : « Tout devient légitime, et même vertueux, pour le salut public. » Rousseau a mis en note, à côté : Le salut public n’est rien, si tous les particuliers ne sont en sûreté. — Cette note de Rousseau ne fait point partie de celles que Dutens a publiées ; nous la devons à l’éditeur de 1801, qui l’a trouvée sans doute dans l’exemplaire que nous avons dit plus haut être encore en la possession de M. de Bure. Dutens a pu la juger digne de peu d’attention, et l’omettre comme telle dans sa brochure ; mais les événements survenus depuis donnent à cette note un prix inestimable et qui sera senti par tous les lecteurs.
[38] Nombres Ch. XXXVI. v.8. Je sais que les enfants de Lévi pouvaient se marier dans toutes les tribus, mais non dans le cas supposé.
[39] Dans l’usage antique, les femmes de la maison ne se mettaient pas à table avec leurs hôtes quand c’étaient des hommes ; mais lorsqu’il y avait des femmes, elles s’y mettaient avec elles.
[40] * Si Jean-Jacques avait réellement le demi-siècle qu’il se donne dans l’avertissement, ces lettres seraient de 1762. Mais comme en 1757, pendant ses amours avec madame d’Houdetot, il se traitait de barbon, ces expressions ne doivent pas être prises à la lettre. On ignore le nom de la personne à qui ces quatre lettres sont adressées. (Note de M. Musset-Pathay)
[41] * sourire.
[42] Date de rédaction : 1765
[43] Vieille commère de la lie du peuple, qui jadis se piquait d’avoir des visions.
[44] Le mois d’élul répond à peu près à notre mois d’août.
[45] La neuvième heure en cette saison fait environ les deux heures après midi.
[46] *Cette préface a été faite à la fin de 1752, près de vingt ans après la pièce. Rousseau profita de la chute de Narcisse, qui n’eut que deux représentations, pour faire connaître ses véritables principes. Voyez, dans le premier volume les motifs pour lesquels nous avons inséré en partie cette préface, qui est reproduite ici dans son intégrité, ainsi que cela devait être.
[47] * C’est une erreur qu’il rectifie lui-même dans ses Confessions. (Voyez livre III) Il avait vingt et-un ans.
[48] On m’assure que plusieurs trouvent mauvais que j’appelle mes adversaires ; et cela me paraît assez croyable dans un siècle où l’on n’ose plus rien appeler par son nom. J’apprends aussi que chacun de mes adversaires se plaint, quand je réponds à d’autres objections que les siennes, que je perds mon temps à me battre contre des chimères ; ce qui me prouve une chose dont je me doutais déjà bien, savoir qu’ils ne perdent point le leur à se lire ou à s’écouter les uns les autres. Quant à moi, c’est une peine que j’ai cru devoir prendre ; et j’ai lu les nombreux écrits qu’ils ont publiés contre moi, depuis la première réponse dont je fus honoré jusqu’aux quatre sermons allemands, dont l’un commence à peu près de cette manière : « Mes frères, si Socrate revenait parmi nous, et qu’il vit l’état florissant où les sciences sont en Europe ; que dis-je, en Europe ? en Allemagne ; que dis-je, en Allemagne ? en Saxe ; que dis-je, en Saxe ? à Leipzig ; que dis-je, à Leipzig ? dans cette université ; alors, saisi d’étonnement, et pénétré de respect, Socrate s’assiérait modestement parmi nos écoliers ; et recevant nos leçons avec humilité, il perdrait bientôt avec nous cette ignorance dont il se plaignait si justement. » J’ai lu tout cel,a et n’y ai fait que peu de réponses ; peut-être en ai-je encore trop fait : mais je suis fort aise que ces messieurs les aient trouvées assez agréables pour être jaloux de la préférence. Pour les gens qui sont choqués du mot d’ADVERSAIRES, je consens de bon coeur à le leur abandonner, pourvu qu’ils veuillent bien m’en indiquer un autre par lequel je puisse désigner, non seulement tous ceux qui ont combattu mon sentiment, soit par écrit, soit, plus prudemment et plus à leur aise dans les cercles de femmes et de beaux esprits, où ils étaient bien sûrs que je n’irais pas me défendre ; mais encore ceux qui, feignant aujourd’hui de croire que je n’ai point d’adversaires, trouvaient d’abord sans réplique les réponses de mes adversaires, puis, quand j’ai répliqué, m’ont blâmé de l’avoir fait, parce que, selon eux, on ne m’avait point attaqué. En attendant, ils permettront que je continue d’appeler mes adversaires mes adversaires ; car, malgré la politesse de mon siècle, je suis grossier comme les Macédoniens de Philippe.
[49] On peut voir, dans le Mercure d’août 1752, le désaveu de l’Académie de Dijon, au sujet de je ne sais quel écrit attribué faussement par l’auteur à l’un des membres de cette académie.
[50]Toutes les fois que je songe à mon ancienne simplicité, je ne puis m’empêcher d’en rire. Je ne lisais pas un livre de morale ou de philosophie que je ne crusse y voir l’âme et les principes de l’auteur. Je regardais tous ces graves écrivains comme des hommes modestes, sages, vertueux, irréprochables. Je me formais de leur commerce des idées angéliques, et je n’aurais approché de la maison de l’un d’eux que comme d’un sanctuaire. Enfin je les ait vus, ce préjugé puéril s’est dissipé, et c’est la seule erreur dont ils m’aient guéri.
[51] Quand j’ai dit que nos mœurs s’étaient corrompues, je n’ai pas prétendu dire pour cela que celles de nos aïeux fussent bonnes, mais seulement que les nôtres étaient encore pires. Il y a, parmi les hommes, mille sources de corruption ; et, quoique les sciences soient peut-être la plus abondante et la plus rapide, il s’en faut bien que ce soit la seule. La ruine de l’empire romain, les invasions d’une multitude de barbares, ont fait un mélange de tous les peuples, qui a dû nécessairement détruire les mœurs et les coutumes de chacun d’eux. Les croisades, le commerce, la découverte des Indes, la navigation, les voyages de long cours et d’autres causes encore que je ne veux pas dire, ont entretenu et augmenté le désordre. Tout ce qui facilite la communication entre les diverses nations porte aux unes, non les vertus des autres, mais leurs crimes, et altère chez toutes les mœurs qui sont propres à leur climat et à la constitution de leur gouvernement. Les sciences n’ont donc pas fait tout le mal ; elles y ont seulement leur bonne part ; et celui surtout qui leur appartient en propre, c’est d’avoir donné à nos vices une couleur agréable, un certain air honnête qui nous empêche d’en avoir horreur. Quand on joua pour la première fois la comédie du Méchant, je me souviens qu’on ne trouvait pas que le rôle principal répondît au titre. Cléon ne parut qu’un homme ordinaire ; il était, disait-on, comme tout le monde. Ce scélérat abominable, dont le caractère si bien exposé aurait dû faire frémir sur eux-mêmes tous ceux qui ont le malheur de lui ressembler, parut un caractère tout-à-fait manqué ; et ses noirceurs passèrent pour des gentillesses, parce que tel qui se croyait un fort honnête homme s’y reconnaissait trait pour trait.
[52] Voici un exemple moderne pour ceux qui me reprochent de n’en citer que d’anciens. La république de Gênes, cherchant à subjuguer plus aisément les Corses, n’a pas trouvé de moyen plus sûr que d’établir cez eux une académie. Il ne me serait pas difficile d’allonger cette note, mais ce serait faire tort à l’intelligence des seuls lecteurs dont je me soucie.
[53] *MONTAIGNE, livre III, chap. 12.
[54] Je me plains de ce que la philosophie relâche les liens de la société, qui sont formés par l’estime et la bienveillance mutuelle ; et je me plains de ce que les sciences, les arts et tous les autres objets de commerce resserrent les liens de la société par l’intérêt personnel. C’est qu’en effet on ne peut resserrer un de ces liens que l’autre ne se relâche d’autant. Il n’y a donc point en ceci de contradiction.
[37] Helvétius said: “Everything becomes legitimate, and even virtuous, for the sake of the public good.” Rousseau made a marginal note beside it: “The public good is nothing if all individuals are not secure.” This note by Rousseau is not among those published by Dutens; we owe it to the editor of the 1801 edition, who undoubtedly found it in the copy that we mentioned earlier still being in the possession of Mr. de Bure. Dutens may have deemed it unworthy of attention and therefore omitted it from his brochure; but events that have since occurred give this note an inestimable value that will be recognized by all readers.
[38] Numbers Chapter XXXVI, verse 8. I know that the sons of Levi could marry into all the tribes, but not in the case mentioned here.
[39] In ancient usage, the women of the household would not sit at the table with their male guests; however, if there were also female guests present, they would sit together with them.
[40] * If Jean-Jacques had truly lived for the half-century that he claims in his preface, these letters would have been written in 1762. But since, in 1757, during his affair with Madame d’Houdetot, he referred to himself as an old man, these expressions should not be taken literally. The name of the person to whom these four letters are addressed is unknown. (Note by M. Musset-Pathay)*
[41] * smile.
[42] Date of composition: 1765
[43] An old woman who trafficked in the vilest aspects of human nature, once priding herself on claiming to have visions.
[44] The month of Elul roughly corresponds to our August.
[45] In this season, the ninth hour corresponds approximately to two hours after noon.
[46] This preface was written at the end of 1752, nearly twenty years after the play was first performed. Rousseau took advantage of the failure of “Narcisse,” which had only two performances, to make his true principles known. Please refer to the first volume for the reasons why we included this preface in its entirety; it is reproduced here as originally intended.
[47] * This is an error that he himself corrects in his Confessions. (See Book III) He was twenty-one years old at the time.
[48] I have been told that many people consider it improper for me to refer to my opponents by that name; and in a century where people no longer dare to call things by their true names, this seems quite believable to me. I have also learned that whenever I respond to objections other than those raised by my opponents, they complain that I am wasting my time fighting against illusions; which proves something I already suspected: namely, that they are not wasting theirs in reading or listening to each other’s arguments. As for me, I felt it was my duty to do so; and I have read the numerous writings they published against me, ranging from my first response to their attacks to those four German sermons, one of which begins roughly like this: “My brothers, if Socrates were to return among us and see the flourishing state of science in Europe—no, not just Europe, but Germany, not just Germany, but Saxony, not just Saxony, but Leipzig, not just Leipzig, but this very university—then, filled with wonder and respect, Socrates would sit modestly among our students and, humbly accepting our teachings, he would soon shed that ignorance of which he once complained so justly.” I read all of this and replied very little; perhaps I even responded too much. But I am glad that these gentlemen found my responses pleasing enough to feel jealous of the favor I have received. As for those who are offended by the term “opponents,” I am more than willing to abandon it, provided they can suggest another word by which I can refer not only to all those who have opposed my views, whether in writing or, more discreetly and comfortably, in circles of women and people of intellect where they were certain I would never go to defend myself; but also to those who, today, pretend to believe that I have no opponents at all. Yet when I did respond, they criticized me for doing so, arguing that I had not actually been attacked. In the meantime, they may allow me to continue calling them my opponents—for, despite the politeness of our times, I am as straightforward as the Macedonians of Philip.
[49] In the August 1752 issue of Mercure, one can find the Académie of Dijon’s denial regarding some text that the author falsely attributed to a member of this academy.
[50]Every time I think about my former simplicity, I can’t help but laugh at it. Whenever I read a book on morality or philosophy, I was certain that I could find therein the author’s soul and principles. I regarded all these serious writers as modest, wise, virtuous, and irreproachable men. From their writings, I formed an image of angelic ideas, and I would have approached their homes as if they were sanctuaries. But when I finally met them in person, that naive prejudice vanished—and that was the only mistake they managed to correct for me.
[51] When I said that our morals had degenerated, I did not mean to imply that those of our ancestors were good; I merely meant that ours are even worse. Among human beings, there are a thousand sources of corruption; and although science may be the most abundant and rapid of these sources, it is by no means the only one. The downfall of the Roman Empire and the invasions of numerous barbarians led to a mixture of all peoples, which inevitably destroyed the morals and customs of each individual group. The Crusades, commerce, the discovery of the Indies, navigation, long-distance voyages, and many other factors have further contributed to this disorder. Everything that facilitates communication between different nations tends not to spread the virtues of others but rather their vices, and it alters the morals of all peoples, altering them in ways suited to their respective climates and forms of government. Therefore, science is not entirely responsible for all this harm; it certainly plays its part, especially in giving our vices a seemingly respectable or even honorable guise, which prevents us from truly despising them. When the comedy “The Bad Man” was first performed, I remember that people felt the main character did not live up to his title. Cléon seemed merely an ordinary man—after all, they said, he was just like everyone else. That abominable scoundrel, whose vile nature should have made those who resembled him tremble in horror, was instead portrayed as a rather mediocre character; and his wicked deeds were even regarded as harmless antics, simply because people who considered themselves decent individuals could identify with his behavior.
[52] Here is a modern example for those who reproach me for only citing ancient ones. The Republic of Genoa, seeking to subdue the Corsicans more easily, found no surer means than to establish an academy for them. It would not be difficult for me to expand on this point, but that would be doing a disservice to the intelligence of the only readers whom I truly care about.
[53] MONTAIGNE, Book III, Chapter 12.
[54] I complain that philosophy weakens the bonds of society, which are formed through mutual respect and goodwill; and I also complain that sciences, the arts, and all other objects of commerce strengthen these same bonds through personal interests. Indeed, one of these bonds can only be strengthened at the expense of the weakening of another. Therefore, there is no contradiction in this matter.
[37] Helvétius ha detto: “Tutto diventa legittimo, e persino virtuoso, per il bene pubblico.” Rousseau ne ha fatto una nota a margine: “Il bene pubblico non è nulla, se tutti i singoli individui non sono al sicuro.” Questa nota di Rousseau non fa parte di quelle pubblicate da Dutens; la dobbiamo all’editore del 1801, che probabilmente l’ha trovata nell’esemplare che abbiamo detto essere ancora in possesso del signor de Bure. Dutens potrebbe aver ritenuto che questa nota meritasse poca attenzione e quindi averla omessa nella sua brochure; ma gli eventi successivi conferiscono a questa nota un valore inestimabile, che sarà apprezzato da tutti i lettori.
[38] Numeri, Capitolo XXXVI, versetto 8. So che i figli di Levi potevano sposarsi in tutte le tribù, ma non nel caso ipotizzato.
Nell’uso antico, le donne di casa non si sedevano a tavola con gli ospiti maschi; tuttavia, in presenza di donne, queste si univano a loro.
[40] * Se Jean-Jacques avesse davvero vissuto per quel mezzo secolo di cui parla nelle sue lettere, queste sarebbero del 1762. Tuttavia, poiché nel 1757, durante la sua relazione con madame d’Houdetot, si autodefiniva “barbone”, queste espressioni non devono essere prese alla lettera. Non si conosce il nome della persona a cui sono indirizzate queste quattro lettere. (Nota di M. Musset-Pathay)*
[41] * sorriso.
[42] Data di redazione: 1765
[43] Vecchia mercantessa di birra popolare, che un tempo si vantava di avere visioni.
Il mese di Elul corrisponde approssimativamente al nostro mese di agosto.
[45] Alla nona ora di questa stagione corrispondono circa le due ore dopo mezzogiorno.
[46] Questa prefazione fu scritta alla fine del 1752, quasi vent’anni dopo la rappresentazione dell’opera. Rousseau approfittò della caduta di successo di “Narciso”, che ebbe solo due rappresentazioni, per far conoscere i suoi veri principi. Si vedano, nel primo volume, i motivi per cui abbiamo inserito in parte questa prefazione, la quale viene qui riprodotta nella sua interezza, proprio come avrebbe dovuto essere.
[47] È un errore che egli stesso corregge nelle sue “Confessioni” (vedi libro III). Aveva ventuno anni.
[48] Mi viene detto che molti ritengono sbagliato che io chiami i miei avversari con quel nome; e questo mi sembra abbastanza credibile in un secolo in cui nessuno osa più nominare le cose con il loro vero nome. Scopro anche che ognuno dei miei avversari si lamenta quando rispondo ad obiezioni diverse dalle loro, sostenendo che io perda tempo a combattere contro delle chimere; il che mi conferma una cosa di cui già sospettavo: ovvero che loro non perdono affatto il loro tempo leggendo o ascoltandosi a vicenda. Quanto a me, ho ritenuto dover intraprendere questa azione; e ho letto i numerosi scritti che hanno pubblicato contro di me, a partire dalla prima risposta che ho avuto l’onore di ricevere fino ai quattro sermoni tedeschi, uno dei quali inizia più o meno così: “Fratelli miei, se Socrate tornasse tra noi e vedesse lo stato fiorente delle scienze in Europa. No, non solo in Europa, ma in Germania. Non solo in Germania, ma in Sassonia. Non solo in Sassonia, ma a Lipsia. Non solo a Lipsia, ma in quell’università. Allora, sorpreso e pieno di rispetto, Socrate si sederebbe modestamente tra i nostri studenti e, ascoltando umilmente le nostre lezioni, perderebbe presto quell’ignoranza di cui si lamentava con tanta giustizia.” Ho letto tutto ciò e ho risposto solo in modo limitato; forse ho anche risposto troppo. Ma sono molto contento che questi signori abbiano trovato le mie risposte abbastanza gradevoli da invidiare la “preferenza” che ricevono. Per coloro che si offendono al termine “avversari”, sono disposto di buon cuore ad abbandonarlo, a condizione che mi indichino un altro nome con cui possa designare non solo tutti coloro che hanno combattuto il mio punto di vista, sia per iscritto sia, in modo più prudente e comodo, nei circoli di donne e di persone colte, dove erano certi che non avrei mai osato andare a difendermi. Ma anche coloro che, oggi, fingono di credere che io non abbia alcun avversario; quelli che all’inizio ritenevano incontestabili le risposte dei miei oppositori e poi, quando ho risposto anch’io, mi hanno rimproverato per averlo fatto, perché, secondo loro, nessuno mi aveva attaccato. Nel frattempo, permettetemi di continuare a chiamare i miei avversari “miei avversari”; perché, nonostante la cortesia del mio secolo, sono ancora piuttosto rozzo, come i Macedoni di Filippo.
[49] Nel numero di agosto del 1752 della rivista “Mercure”, si trova la smentita dell’Accademia di Digione riguardo a un testo che l’autore aveva falsamente attribuito a uno dei suoi membri.
[50] Ogni volta che penso alla mia antica semplicità, non posso fare a meno di ridere. Non leggevo un libro di morale o di filosofia senza credere di trovarvi l’anima e i principi del suo autore. Consideravo tutti questi seri scrittori come uomini umili, saggi, virtuosi, irreprensibili. Traevo da loro idee “angeliche” e avrei avvicinato la casa di uno di loro solo come un santuario. Alla fine, quando li ho conosciuti personalmente, questo pregiudizio infantile si è dissipato, ed è l’unica errore che mi abbiano fatto superare.
[51] Quando ho detto che i nostri costumi si erano corrotti, non ho inteso affermare che quelli dei nostri antenati fossero buoni, ma soltanto che i nostri sono ancora peggiori. Esistono, tra gli uomini, mille fonti di corruzione; e sebbene le scienze siano probabilmente la più abbondante e la più rapida di queste fonti, non è affatto vero che siano l’unica causa del disordine attuale. La rovina dell’impero romano, le invasioni di numerosi popoli barbari hanno creato un miscuglio di culture diverse, il quale ha inevitabilmente distrutto i costumi e le usanze originali di ciascuna nazione. Le crociate, il commercio, la scoperta delle Indie, la navigazione e altre cause ancora hanno contribuito ad alimentare e intensificare questo disordine. Tutto ciò che facilita i contatti tra le varie nazioni trasmette agli uni non le virtù degli altri, ma i loro vizi, alterando così i costumi di ciascuna nazione secondo il clima e la struttura del suo governo. Le scienze, quindi, non sono responsabili dell’intero male; hanno soltanto contribuito a esso in misura considerevole; soprattutto per aver dato ai nostri vizi un aspetto “aggradevole”, una sorta di “onestà” che ci impedisce di provare orrore per loro. Quando fu rappresentata per la prima volta la commedia “Il Malvagio”, ricordo che il ruolo principale non sembrava corrispondere al titolo stesso: Cléon appariva soltanto come un uomo ordinario, simile a tutti gli altri. Quel mostro abominabile, il cui carattere così evidente avrebbe dovuto far tremare chiunque si riconoscesse in lui, fu invece presentato come una figura del tutto normale; le sue malvagità furono considerate “gentilezze”, perché coloro che si ritenevano persone oneste vi si riconoscevano perfettamente.
[52] Ecco un esempio moderno per coloro che mi rimproverano di citare soltanto esempi antichi. La repubblica di Genova, nel tentativo di sottomettere più facilmente i Corsi, non trovò modo più sicuro se non quello di istituire per loro un’accademia. Non mi sarebbe difficile approfondire questo argomento, ma ciò significherebbe trascurare l’intelligenza degli unici lettori di cui mi preoccupo.
[53] Montaigne, libro III, capitolo 12.
[54] Mi lamento del fatto che la filosofia allenti i legami sociali, quei legami formati dall’ammirazione e dalla benevolenza reciproca; mi lamento anche del fatto che le scienze, le arti e tutti gli altri oggetti di commercio rafforzino invece questi stessi legami attraverso gli interessi personali. Infatti, è impossibile rafforzare uno di questi legami senza che l’altro si allenti di conseguenza. Non c’è quindi alcuna contraddizione in questo.
[55] Je remarque qu’il règne actuellemet dans le monde une multitude de petites maximes qui séduisent les simples par un faux air de philosophie, et qui, outre cela, sont très commodes pour terminer les disputes d’un ton important et décisif, sans avoir besoin d’examiner la question. Telle est celle-ci : « Les hommes ont partout les mêmes passions ; partout l’amour-propre et l’intérêt les conduisent ; donc ils sont partout les mêmes.» Quand les géomètres ont fait une supposition qui, de raisonnement en raisonnement, les conduit à une absurdité, ils reviennent sur leurs pas, et démontrent ainsi la supposition fausse. La même méthode, appliquée à la maxime en question, en montrerait aisément l’absurdité. Mais raisonnons autrement. Un sauvage est un homme, et un Européen est un homme. Le demi-philosophe conclut aussitôt que l’un ne vaut pas mieux que l’autre ; mais le philosophe dit : En Europe, le gouvernement les lois, les coutumes, l’intérêt, tout met les particuliers dans la nécessité de se tromper mutuellement et sans cesse ; tout leur fait un devoir du vice ; il faut qu’ils soient méchants pour être sages, car il n’y a point de plus grande folie que de faire le bonheur des fripons aux dépens du sien. Parmi les sauvages, l’intérêt personnel parle aussi fortement que parmi nous, mais il ne dit pas les mêmes choses : l’amour de la société et le soin de leur commune défense sont les seuls liens qui les unissent : ce mot de propriété, qui coûte tant de crimes à nos honnêtes gens, n’a presque aucun sens parmi eux : ils n’ont entre eux nulle discussion d’intérêt qui les divise ; rien ne les porte à se tromper l’un l’autre ; l’estime publique est le seul bien auquel chacun aspire, et qu’ils méritent tous. Il est très possible qu’un sauvage fasse une mauvaise action, mais il n’est pas possible qu’il prenne l’hahitude de mal faire, car cela ne lui serait bon à rien. Je crois qu’on peut faire une très juste estimation des mœurs des hommes sur la multitude des affaires qu’ils ont entre eux : plus ils commercent ensemble, plus ils admirent leurs talents et leur industrie, plus ils se friponnent décemment et adroitement, et plus ils sont dignes de mépris. Je le dis à regret, l’homme de bien est celui qui n’a besoin de tromper personne, et le sauvage est cet homme-là :
Illum non populi fasces, non purpura regum
Flexit, et infidos agitans discordia fratres;
Non res romanae, perituraque regna : neque ille
Aut doluit miserans inopem aut invidit habenti.
VIRG., Georg., II, 495.
[56] Je trouve dans l’histoire un exemple unique, mais frappant, qui semble contredire cette maxime : c’est celui de la fondation de Rome, faite par une troupe de bandits, dont les descendant devinrent, en peu de générations,le plus vertueux peuple qui ait jamais existé. Je ne serais pas en peine d’expliquer ce fait, si c’en était ici le lieu ; mais je me contenterai de remarquer que les fondateurs de Rome étaient moins des hommes dont les mœurs fussent corrompues que des hommes dont les mœurs n’étaient point formées : ils ne méprisaient pas la vertu, mais il ne la connaissaient pas encore ; car ces mots VERTUS et VICES sont des notions collectives qui ne naissent que de la fréquentation des hommes. Au surplus, on tirerait un mauvais parti de cette objection en faveur des sciences ; car des deux premiers rois de Rome qui donnèrent une forme à la république, et instituèrent ses coutumes et ses mœurs, l’un ne s’occupait que de guerres ; l’autre, que de rites sacrés, les deux choses du monde les plus éloignées de la philosophie.
[57] Ce simulacre est une certaine douceur de mœurs qui supplée quelquefois à leur pureté, une certaine apparence d’ordre qui prévient l’horrible confusion, une certaine admiration des belles choses qui empêche les bonnes de tomber tout-à-fait dans l’oubli. C’est le vice qui prend le masque de la vertu, non comme l’hypocrisie pour tromper et trahir, mais pour s’ôter, sous cette aimable et sacrée effigie, l’horreur qu’il a de lui-même quand il se voit à découvert.
[58] J’admire combien la plupart des gens de lettres ont pris le change dans cette affaire-ci. Quand ils ont vu les sciences et les arts attaqués, ils ont cru qu’on en voulait personnellement à eux, tandis que, sans se contredire eux-mêmes, ils pourraient tous penser, comme moi, que, quoique ces choses aient fait beaucoup de mal à la société, il est très essentiel de s’en servir aujourd’hui comme d’une médecine au mal qu’elles ont causé, ou comme de ces animaux malfaisants qu’il faut écraser sur la morsure. En un mot, il n’y a pas un homme de lettres qui, s’il peut soutenir dans sa conduite l’examen de l’article précédent, ne puisse dire en sa faveur ce que je dis en la mienne ; et cette manière de raisonner me paraît leur convenir d’autant mieux, qu’entre nous ils se soucient fort peu des sciences, pourvu qu’elles continuent de mettre les savants en honneur. C’est comme les prêtres du paganisme, qui ne tenaient à la religion qu’autant qu’elle les faisait respecter.
[59] * Vers d’Atys, opéra de Quinault, acte I, scène 6.
[60] Rires.
[61] Dans le texte.
[62] * Dans le VIIe livre des Confessions, Rousseau dit qu’il fit l’Engagement Téméraire en quinze jours. Pour tout concilier, il faut supposer ici que c’est le troisième acte, dont il est content, qui fut fait en trois jours.
[63] Je croi au lieu de je crois pour respecter la rime. (Note de l’éditeur)
[64] Cet endroit est chargé de ratures.
[65] *Ces deux couplets sont effacés par un trait dans le manuscrit original.
[66] *Il y a dans ces deux couplets beaucoup de ratures qui les rendent presque indéchiffrables.
[67] *Le manuscrit est très chargé de ratures.
[68] Par le désordre qui règne dans ces dernières scènes on peut se faire une idée de celui qui existe dans le manuscrit.
[69] C’était, comme on sait, le nom d’une maison de campagne située près de Chambéry. Elle appartenait à M. Noiret, de qui madame de Warens la tenait à loyer. Elle s’y établit avec Jean-Jacques à la fin de l’été de 1736. Cette pièce de vers doit être de l’automne de cette année. L’auteur avait un peu plus de vingt-quatre ans. La description de cette maison se trouve à la fin du cinquième livre des Confessions.
[70] Le marquis de l’Hôpital, auteur de l’Analyse des infiniment petits, et de plusieurs autres ouvrages de mathématiques.
[71] Composé de 1733 à 1739, pendant son séjour chez madame de Warens.
[72] *Appas est ici pour la rime. Il faut comprendre appât.
[73] * Dans l’édition de Genève, on lit : De la mort de quatre rats.
[74] Faite en 1740, pendant qu’il était chez M. de Mably.
[75] Madame de Fleurieu (née Agathe de Dortans et de Pusignans)
[76] Cette circonstance doit faire présumer que ces vers furent faits pendant le séjour de Rousseau à Lyon, c’est-à-dire en 1740 ou 1741.
[77] *D’après un passage des Confessions, cette épître doit avoir été faite à Lyon en 1741
[78] * Ce vers manque à l’édition de Genève. Dans l’édition de Poinçot, en 38 vol in-8°, on lit :
Quoi ! j’irais, sur le ton de ma lyre critique,
Faire la guerre au vice en style académique.
[79] La ville de Lyon.
[80] Intendant de Lyon.
[81] Blanche de Bourbon, tragédie de M. de Bordes, qu’au grand regret de ses amis il refuse constamment de mettre au théâtre*.
- Elle a été imprimée depuis, et fait partie de la collection de ses œuvres. Lyon, 1783, 4 vol. in-8.
[82] * Il l’avait faite en 1741, pendant son séjour à Lyon. Il la lut chez madame de Bezenval. V. Conf., liv. VII.
[83] Nom d’une des allées du beau parc de Chenonceau, où Rousseau composa cette pièce de vers en 1747
[84] *Marcoussis est un village près de Montlhéry, à six lieues de paris. Jean-Jacques y allait quelquefois avec Thérèse et sa mère. (cf. Confessions, liv. VIII) Cette épître fut faite en 1751.
[85] M. de Nivernais a réclamé cette pièce, qui n’a été attribuée à Rousseau que par les premiers éditeurs de ses oeuvres. Jean-Jacques ne s’est jamais donné pour en être l’auteur. On ignore l’époque où elle fut composée. Voici les variantes qui existent entre l’édition de Genève et celle de Marc-Michel Rey :
[55] I notice that there are numerous little maxims prevalent in the world today that seduce the simple-minded with a false air of philosophy. Moreover, these maxims are very convenient for bringing disputes to an end in a grand and decisive manner, without the need to actually examine the issues at hand. Take, for example, this one: “Men have the same passions everywhere; everywhere, self-love and selfish interests guide their actions; therefore, they are the same everywhere.” When mathematicians make an assumption that, through a series of logical deductions, leads to absurdity, they will retrace their steps and demonstrate that the assumption was wrong. The same method, applied to this particular maxim, would easily reveal its absurdity. But let’s consider it from another angle. A savage is a man, just as a European is a man. The half-philosopher might immediately conclude that one is no better than the other; but the philosopher would say: In Europe, government, laws, customs, and selfish interests all compel individuals to deceive each other constantly; they make it their duty to engage in vice. One must be wicked in order to be “wise,” for there is no greater folly than seeking to bring happiness to scoundrels at the expense of one’s own well-being. Among savages, personal interests are just as strong as among us, but they lead to different outcomes. The love for society and the concern for their collective defense are the only bonds that unite them. The concept of “property,” which costs so many crimes among us, has almost no meaning among them. They engage in no disputes over interests that could divide them; nothing drives them to deceive one another. Public respect is the only virtue they strive for—and it is a virtue they truly deserve. It is quite possible for a savage to commit a wrong deed, but it is impossible for him to develop the habit of doing evil, because it would be of no benefit to him at all. I believe that we can form a very accurate judgment of human behavior by observing the numerous interactions that occur among people. The more they engage in trade and cooperation with each other, the more they admire one another’s talents and industriousness—the more deceitful and cunning they become, the more deserving of our contempt they are. I say this with regret, but a good person is one who has no need to deceive anyone at all. And a savage is precisely such a person.
The fasces are not for the people, nor is the purple robe for the king.
Flexit, and those treacherous ones stir up discord among brothers.
Things that are not Roman, nor part of a conquered kingdom: neither one nor the other.
Either the poor suffer at the hands of the wealthy, or the rich envy those who possess more.
VIRGIL, Georgics, II, 495.
[56] I find in history a unique yet striking example that seems to contradict this maxim: it is the case of the founding of Rome by a band of robbers, whose descendants, within a few generations, became the most virtuous people that ever existed. I could easily explain this phenomenon if this were the appropriate place to do so; but I will content myself with observing that the founders of Rome were less men whose morals were corrupt than men whose morals had not yet been shaped at all: they did not despise virtue, but they did not yet know what it was; for the terms “virtue” and “vice” are collective concepts that arise only from the interaction with other people. Moreover, drawing any conclusion in favor of the sciences from this objection would be misplaced; for among the first two kings of Rome who gave form to the republic and established its customs and morals, one devoted himself solely to warfare, while the other focused exclusively on sacred rites—both things in the world that are most distant from philosophy.
[57] This simulacrum is a certain gentleness of manners that sometimes compensates for their lack of purity; it is a semblance of order that prevents terrible chaos; it is an appreciation for beautiful things that prevents the good from being entirely forgotten. It is vice wearing the mask of virtue—not in order to deceive and betray, but so as to hide, beneath this pleasing and sacred guise, the horror that it feels towards itself when it is exposed.
[58] I marvel at how most men of letters have misunderstood the nature of this matter. When they saw the sciences and the arts being attacked, they assumed that it was they personally who were targeted, whereas, without contradicting themselves, they could all, like me, acknowledge that although these things have caused great harm to society, it is absolutely essential today to use them as a remedy for the evil they have wrought—just as one would crush harmful animals after they have bitten. In short, there isn’t a single man of letters who, if he can justify his actions in light of what was discussed earlier, cannot speak in their defense just as I do in mine. Moreover, this way of reasoning seems all the more appropriate for them, since among themselves they care very little about the sciences, so long as they continue to bring honor to scholars. It’s much like the priests of paganism—who only valued religion insofar as it brought them respect.
[59] * Lines from “Atys”, an opera by Quinault, Act I, Scene 6.
[60] Laughter.
[61] As stated in the text.
[62] * In the seventh book of Confessions, Rousseau states that he completed the drafting of The Temerarious Engagement in fifteen days. To reconcile all these accounts, it must be assumed that the third act, of which he was satisfied, was actually completed in three days.
[63] I write “Je crois” rather than “je crois que, ” to maintain the rhyme. (Editor’s note)
[64] This place is filled with corrections and alterations.
[65] These two verses are crossed out with a line in the original manuscript.
[66] There are numerous corrections in these two stanzas, which make them almost impossible to decipher.
[67] The manuscript is heavily marked with corrections.
[68] From the disorder that prevails in these final scenes, one can get an idea of the chaos that exists throughout the manuscript.
[69] This was, as one knows, the name of a country house located near Chambéry. It belonged to Mr. Noiret, and Madame de Warens rented it from him. She moved there with Jean-Jacques at the end of the summer of 1736. This poem must have been written in the autumn of that same year; the author was then a little over twenty-four years old. A description of this house can be found at the end of the fifth book of Confessions.
[70] The Marquis of L’Hôpital, author of “Analysis of the Infinitely Small” and several other mathematical works.
[71] Composed between 1733 and 1739, during his stay with Madame de Warens.
[72] “Appas” is here for the sake of rhyme; one must understand it as “appetizer.”
[73] * In the Geneva edition, it reads: “On the death of four rats.”
[74] Made in 1740, while he was staying with Mr. de Mably.
[75] Madame de Fleurieu (née Agathe de Dortans and de Pusignans)
[76] This circumstance leads us to infer that these verses were composed during Rousseau’s stay in Lyon, that is, in either 1740 or 1741.
[77] According to a passage in the Confessions, this letter must have been written in Lyon in 1741.
[78] * This line is missing from the Geneva edition. In Poinçot’s edition, which consists of 38 volumes in 8-degree format, it reads:
What! I would go, in the tone of my critical lyre.
Waging war on vice in an academic style.
[79] The city of Lyon.
[80] Intendant of Lyon.
[81] “Blanche de Bourbon,” a tragedy by Mr. de Bordes—which, much to the regret of his friends, he consistently refuses to stage on stage.
It was subsequently printed and has become part of his collected works. Lyon, 1783, 4 volumes in 8mo format.
[82] * He had written it in 1741, during his stay in Lyon. He read it to Madame de Bezenval. See Conf., Book VII.*
[83] The name of one of the alleys in the beautiful Chenonceau park, where Rousseau composed this poem in 1747.
[84] *Marcoussis is a village near Montlhéry, six miles from Paris. Jean-Jacques would sometimes go there with Thérèse and her mother. (see Confessions, Book VIII) This letter was written in 1751.
[85] Mr. de Nivernais claimed ownership of this piece, which was only attributed to Rousseau by the first publishers of his works. Jean-Jacques himself never acknowledged it as his own. The time in which it was composed is unknown. Here are the variations that exist between the Geneva edition and that of Marc-Michel Rey:
[55] Noto che attualmente nel mondo esistono molte piccole massime che seducono le persone semplici con un falso aspetto filosofico e, inoltre, sono molto utili per porre fine alle dispute in modo solenne e deciso, senza la necessità di esaminare veramente la questione in discussione. Ecco una di queste massime: “Gli uomini hanno ovunque le stesse passioni; ovunque l’amor-propre e gli interessi personali guidano le loro azioni; quindi sono uguali dappertutto.” Quando i geometri formulano un’ipotesi che, attraverso una serie di ragionamenti, conduce a conclusioni assurde, tornano indietro e dimostrano l’errore di tale ipotesi. Lo stesso metodo, applicato a questa massima, mostrerebbe facilmente la sua assurdità. Ma consideriamo la questione da un altro punto di vista: un selvaggio è un uomo, così come un europeo; il semifilosofo conclude immediatamente che uno non sia migliore dell’altro; ma il filosofo osserva che in Europa il governo, le leggi, le usanze e gli interessi personali costringono le persone a ingannarsi a vicenda continuamente; tutto ciò rende il vizio un dovere per loro; è necessario essere malvagi per essere “saggi”, poiché non esiste follia più grande che cercare di rendere felici i furfanti a scapito della propria felicità. Tra i selvaggi, gli interessi personali agiscono con la stessa forza che tra di noi, ma indicano direzioni diverse: l’amore per la società e il desiderio di proteggere insieme la comunità sono gli unici legami che li uniscono; il concetto di proprietà, che causa tanti crimini tra le persone oneste, quasi non ha significato tra i selvaggi; non esistono discussioni basate sugli interessi personali che possano dividerli; nulla li spinge ad ingannarsi a vicenda; l’opinione pubblica è l’unico bene al quale tutti aspirano e che tutti meritano. È molto probabile che un selvaggio compia un atto malvagio, ma non è possibile che sviluppi l’abitudine di comportarsi male, poiché ciò non gli porterebbe alcun vantaggio. Credo che si possa giudicare con grande accuratezza i costumi degli uomini in base al numero delle interazioni che hanno tra loro: più commerciano insieme, più ammirano i propri talenti e la propria ingegnosità, più si comportano in modo astuto e disonesto, e più meritano di essere disprezzati. Lo dico con rammarico: l’uomo buono è colui che non ha bisogno di ingannare nessuno, e il selvaggio è proprio quest’uomo.
“Non sono le fasce del popolo, né il porpora del re a portare luce.”
La flessibilità, e i traditori che suscitano discordie tra i fratelli.
Né Roma, né quel regno destinato alla rovina: nessuno dei due.
O i poveri soffrono per la povertà, o i ricchi invidiano chi possiede.
Virgilio, Georgiche, II, 495.
[56] Trovo nella storia un esempio unico, ma significativo, che sembra contraddire questa massima: si tratta della fondazione di Roma, avvenuta da parte di una banda di banditi i cui discendenti, in poche generazioni, divennero il popolo più virtuoso che sia mai esistito. Non avrei difficoltà a spiegare questo fenomeno, se ne fosse il caso; ma mi limiterò a osservare che i fondatori di Roma non erano certo persone le cui abitudini fossero corrotte, ma piuttosto individui la cui morale non era ancora stata formata: non disprezzavano la virtù, ma non la conoscevano ancora; infatti termini come “virtù” e “vizio” sono concetti collettivi che nascono soltanto attraverso l’interazione con gli altri esseri umani. Inoltre, trarrebbero un’utilità errata da questa obiezione a favore delle scienze; infatti, dei primi due re di Roma che diedero una “forma” alla repubblica e istituirono le sue usanze e i suoi costumi, uno si occupava soltanto di guerre, l’altro di riti sacri: entrambe cose del tutto lontane dalla filosofia.
[57] Questo simulacro rappresenta una certa dolcezza nei costumi che talvolta compensa la loro purezza, un’apparenza di ordine che previene una terribile confusione, un certo ammiramento per le cose belle che impedisce alle cose buone di cadere completamente nell’oblio. È il vizio che indossa la maschera della virtù, non come l’ipocrisia per ingannare e tradire, ma per nascondere, sotto questa immagine amabile e sacra, l’orrore che prova di sé stesso quando viene rivelato nella sua vera natura.
[58] Ammiro davvero quanto la maggior parte degli uomini di lettere abbia cambiato opinione in questa questione. Quando hanno visto le scienze e le arti attaccate, hanno creduto che ci si volesse personalmente fare del male a loro; mentre, senza contraddirsi, avrebbero potuto tutti pensare, come faccio io, che, anche se queste cose hanno causato molti danni alla società, è assolutamente necessario utilizzarle oggi stesso come una “medicina” contro i mali che hanno provocato, o come quegli animali nocivi che bisogna schiacciare non appena attaccano. In breve, non esiste un solo uomo di lettere che, se può giustificare la propria condotta secondo quanto detto in precedenza, non possa dire a suo favore ciò che dico io; e questa forma di ragionamento mi sembra particolarmente adatta a loro, visto che, tra noi, a loro importano molto poco le scienze, purché queste continuino a rendere gli studiosi rispettati. È come i sacerdoti del paganesimo, che tenevano alla religione soltanto nella misura in cui essa li faceva essere rispettati.
[59] * Versi di Atys, opera di Quinault, atto I, scena 6.
[60] Risate.
[61] Nel testo originale.
[62] Nel settimo libro delle Confessioni, Rousseau afferma di aver redatto l’“Engagement Téméraire” in quindici giorni. Per conciliare tutte queste informazioni, si deve presumere che sia stato il terzo atto, di cui era soddisfatto, ad essere stato redatto in tre giorni.
[63] Dico “Je crois” invece di “Je crois que, ” per rispettare la rima. (Nota dell’editore)
[64] Questo luogo è pieno di cancellature.
[65] Questi due versi sono cancellati da una linea nel manoscritto originale.
[66] In questi due versi ci sono molte cancellature che li rendono quasi indecifrabili.
[67] Il manoscritto è pieno di cancellature.
[68] Dall’ordine caotico che regna in queste ultime scene si può farsi un’idea di quello che esiste nel manoscritto stesso.
[69] Era, come si sa, il nome di una casa di campagna situata vicino a Chambéry. Apparteneva al signor Noiret, da cui madame de Warens la prendeva in affitto. Vi si stabilì con Jean-Jacques alla fine dell’estate del 1736. Questo brano poetico deve essere stato scritto nell’autunno dello stesso anno; l’autore aveva allora poco più di ventiquattro anni. La descrizione di questa casa si trova alla fine del quinto libro delle Confessioni.
[70] Il marchese di L’Hôpital, autore dell’“Analisi dei numeri infinitesimali” e di diversi altri opere di matematica.
[71] Composto tra il 1733 e il 1739, durante il suo soggiorno presso la signora de Warens.
[72] “Appas” è qui utilizzato per motivi metrici; bisogna intendere “esca”.
[73] * Nell’edizione di Ginevra si legge: “Della morte di quattro ratti”.*
[74] Realizzato nel 1740, mentre si trovava presso il signor de Mably.
[75] Madame de Fleurieu (nata Agathe de Dortans e de Pusignans)
[76] Questo fatto deve far presumere che questi versi siano stati scritti durante il soggiorno di Rousseau a Lione, ovvero nel 1740 o nel 1741.
[77] Secondo un passaggio delle “Confessioni”, questa lettera deve essere stata scritta a Lione nel 1741.
[78] * Questo verso è assente nell’edizione di Ginevra. Nell’edizione di Poinçot, in 38 volumi in ottavo, si legge:
Che cosa! Io andrei, con il tono della mia “lira critica”.
Combattere il vizio in stile accademico.
[79] La città di Lione.
[80] Intendente di Lione.
[81] “Blanche de Bourbon”, tragedia di M. de Bordes che, a grande dispiacere dei suoi amici, egli rifiuta costantemente di mettere in scena*.
È stata successivamente stampata e fa parte della collezione delle sue opere. Lione, 1783, 4 volumi in ottavo.
[82] L’aveva scritta nel 1741, durante il suo soggiorno a Lione; la lesse presso Madame de Bezenval. Vedi Conf., libro VII.
[83] Nome di uno dei viali del bellissimo parco di Chenonceau, dove Rousseau compose questo poema nel 1747.
[84] Marcoussis è un villaggio vicino a Montlhéry, a sei leghe da Parigi. Jean-Jacques vi andava talvolta con Thérèse e sua madre. (cfr. Confessioni, VIII libro) Questa lettera fu scritta nel 1751.
[85] Il signor de Nivernais rivendicò questa opera, che fu attribuita a Rousseau soltanto dai primi editori delle sue opere. Jean-Jacques non si dichiarò mai autore di essa. Si ignora in quale periodo sia stata composta. Ecco le varianti esistenti tra l’edizione di Ginevra e quella di Marc-Michel Rey:
Ne déguise plus sa peine;
Ce n’est plus un songe vain.
Ed. de Gen. :
Non, non, ce n’est point un songe;
Mon cœur, libre, sans mensonge,
Ne triomphe plus en vain.
Do not hide your pain any longer;
It is no longer a futile dream.
Editorial Note:
No, no, it is not a dream;
My heart, free from lies.
Do not triumph in vain anymore.
Non nasconda più il suo dolore.
Non è più un sogno vano.
Edizione Generale:
No, no, non è un sogno.
Il mio cuore, libero, senza menzogne.
Non trionfa più invano.
Ed. de Gen. : Qu’on te lorgne en ma présence.
Edit by Editor-in-Chief: People are staring at you in my presence.
Edizione Generale: “Ti guardano tutti quando sei presente.”
Ed. de Gen. : Juge enfin comment je t’aime.
Final Edition: Judge for yourself how much I love you.
Edizione Generale: Giudica finalmente quanto ti amo.
Ed. de Gen. : Sois tendre, sois inhumaine.
Edit by the Editor-in-Chief: Be tender, be inhumane.
Edizione Generale: Sii gentile, sii spietata.
Ed. de Gen. : Ma gaieté ni ma tristesse.
Editor’s Note: Neither my joy nor my sorrow.
Edizione Generale: Né la mia gioia né la mia tristezza.
L’horreur des antres sauvages
Peut me déplaire avec toi.
Ed. de Gen. :
Eh bien ! des déserts sauvages
Me déplairaient avec toi.
The horror of those savage caves.
It’s possible for me to dislike you.
Editorial Note:
Well! Wild deserts.
I would be displeased with you.
L’orrore delle caverne selvagge
Può dispiacermi stare con te.
Edizione Generale:
Beh! Des deserti selvaggi.
Mi dispiacerebbe stare con te.
Ed. de Gen. : Hélas ! je crus d’en mourir.
Edit by Editor-in-Chief: Alas! I thought I would die from it.
Edizione Generale: Ahimè! Pensai di morire per questo.
Ed. de Gen. : Cet oiseau jeune et timide.
Edit by Editor-in-Chief: This young and timid bird.
Edizione Generale: Questo uccello giovane e timido.
Ed. de Gen. : Parce que je parle encore.
[86] *Question de l’éditeur
[87] *Il s’agit du portrait
[88] Mademoiselle Théodore était de l’Académie Royale de musique. Rousseau lui écrivit en 1767 une lettre qu’on trouvera dans la Correspondance. Elle lui demandait des conseils.
[89] *Cette aventure a fourni à Léonard le sujet d’un roman intitulé, Lettres de deux Amants habitants de Lyon, 1783, 3 vol. in-12. Le 16 juin 1812, on représenta sur le théâtre de l’Odéon Célestine et Faldoni, ou les Amants de Lyon, drame historique en trois actes et en prose, par M. Augustin *** (Hapdé), imprimé la même année. Voltaire a parlé des deux amants de Lyon dans l’article Caton de son Dictionnaire philosophique. Le jeune homme s’appelait Faldoni ; la jeune personne, Thérèse Monier.
[90] Rousseau a mis cette idylle en musique ; elle fait partie du recueil de ses romances gravées. Les trois strophes qu’il y a ajoutées ont été évidemment composées pour faire suite à l’avant-dernière des strophes de Gresset, et remplacer la dernière qui présentait à l’imagination de notre philosophe une idée trop chagrine. Voici ces deux strophes :
Ne peins-je point une chimère?
Ce charmant siècle a-t-il eté ?
D’un auteur témoin oculaire
En sait-on la réalité?
J’ouvre les fastes : sur cet âge
Partout je trouve des regrets;
Tous ceux qui m’en offrent l’image
Se plaignent d’être nés après.
J’y lis que la terre fut teinte
Du sang de son premier berger;
Depuis ce jour, de maux atteinte,
Elle s’arma pour le venger.
Ce n’est donc qu’une belle fable;
N’envions rien à nos aïeux.
En tout temps l’homme fut coupable,
En tout temps il fut malheureux.
[91] Publiés pour la première fois en 1824, dans l’édition de M. Musset-Pathay.
[92] Il a été publié dans la Décade philosophique (tom. VI) comme étant de Rousseau.
[93] Voyez le second Dialogue de Rousseau juge de Jean-Jacques.
– ÉCRITS SUR LA MUSIQUE –
PROJET CONCERNANT DE NOUVEAUX SIGNES POUR LA MUSIQUE
DISSERTATION SUR LA MUSIQUE MODERNE
PIÈCES DIVERSES
LETTRE SUR LA MUSIQUE FRANÇAISE
LETTRE D’UN SYMPHONISTE DE L’ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE
EXAMEN DE DEUX PRINCIPES AVANCÉS PAR M. RAMEAU
LETTRE À M. BURNEY, SUR LA MUSIQUE
EXTRAIT D’UNE RÉPONSE DU PETIT FAISEUR A SON PRÊTE-NOM
SUR LA MUSIQUE MILITAIRE
LETTRE À M. GRIMM
FRAGMENTS D’IPHIS
LA DÉCOUVERTE DU NOUVEAU MONDE
LES MUSES GALANTES
LE DEVIN DU VILLAGE
AIRS PRINCIPAUX DU DEVIN DU VILLAGE
NOTE DU JOURNAL ENCYCLOPÉDIQUE
PYGMALION
CHOIX DE ROMANCES
DICTIONNAIRE DE MUSIQUE
Présentation
Les Écrits sur la musique de cette édition numérique adoptent le classement de M. Musset-Pathay (édition 1824).
Voici quelques extraits de la présentation qu’il en faisait :
« …Rousseau, dès sa première jeunesse, eut pour la musique un goût qu’il conserva toute sa vie. Voulant connaître à fond cet art, en vaincre les difficultés, en rendre à ceux qui désireraient de le cultiver, l’étude facile et prompte, il s’en occupa d’abord presque exclusivement ; et le résultat de son application et de ses recherches fut la proposition de substituer de nouveaux signes aux anciens. De la théorie il passa à la pratique et composa le Devin du village. Le succès prodigieux et mérité de cette pastorale[1] qu’on revoit encore avec plaisir, éveilla l’envie, et bientôt on contesta le talent de Jean-Jacques et l’on prétendit que s’il était l’auteur des paroles il ne l’était pas de la musique[2].
Disons un mot de l’ordre dans lequel nous publions les écrits de Rousseau sur la musique, et des changements que nous avons cru devoir faire à la méthode suivie jusqu’à ce jour.
Ces écrits se suivent dans l’ordre où ils furent composés. On avait toujours placé dans leur nombre l’Essai sur l’origine des langues, parce que la musique étant un langage, l’auteur a consacré quelques chapitres à cet art, considéré sous ce rapport. Mais c’est un ouvrage éminemment philosophique, et nous avons dû le classer dans la division des ouvrages qui portent ce titre[3], à laquelle il appartient.
… Nous avons pensé que ses opéras ou scènes lyriques faits pour être chantés seraient plus à leur place à la suite des écrits sur la musique, puisqu’ils ne peuvent se passer du secours de cet art. C’est ce motif qui nous a fait terminer ce volume [les Écrits sur la musique[4]] par ses différents opéras, au nombre de cinq, dont les deux premiers n’ont jamais été représentés. Le troisième (les Muses galantes) le fut trois fois : le Devin du village continue de l’être et de plaire depuis plus de soixante-dix ans ; sans jouir d’autant de faveur, à cause de la musique, Pygmalionreparaît quelquefois sur la scène.
Voici l’indication des œuvres musicales composées par Rousseau :
« Les Oeuvres de musique, gravées et publiées à Paris, sont au nombre de quatre. »
1° Le Devin du village, intermède, partition in-fol. Paris, 1754.
20 Fragments de Daphnis et Chloé, opéra dont Corancez a fait les paroles, partition in-fol. Paris, 1779.
Ces fragments se composent de l’esquisse du prologue, du premier acte tout entier, et de différents morceaux préparés pour le second acte. *
3° Six nouveaux airs du Devin du village, partition in-fol.Paris, 1779.
4° Les consolations des misères de ma vie, ou Recueil d’airs, romances et duo, in-fol. Paris, 1781.
Cette collection, gravée avec le plus grand soin, comprend 95 morceaux de chant, duo, romances, pastourelles, etc., sur des paroles françaises ou italiennes.
De ces quatre Oeuvres[5], les trois dernières n’ont été gravées qu’après la mort de leur auteur, et par les soins de M. Benoît, à qui furent confiés les manuscrits de cette espèce, trouvés dans les papiers de Rousseau, et qui les a tous déposés, conformément à ses intentions, à la Bibliothèque royale.
Mais parmi ces manuscrits se trouvent d’autres morceaux encore qu’on n’a pas jugé à propos de faire graver, soit parce qu’ils n’étaient pas terminés, soit parce qu’on a pensé qu’ils intéresseraient peu les amateurs.
Quoi qu’il en soit, ces morceaux non publiés sont :
1° Un nouvel air sur ces paroles du Devin, Je vais revoir ma charmante maîtresse, terminé quant au chant et à la partie de basse.
2° Trois airs, sur des paroles françaises, incomplets tant pour le chant que pour les accompagnements.
3° Quatre duo pour clarinettes.
4° Enfin quatre morceaux de musique d’église, en partition, et complets, savoir :
Salve Regina, composé en 1702.
Ecce sedes hic Tonantis, motet composé en 1757 pour la dédicace de la chapelle de la Chevrette.
Rousseau parle de ces deux morceaux au Livre IX de ses Confessions, et nous apprend que le premier, composé pour mademoiselle Fel, fut chanté par elle au concert spirituel : quant au second, « le dépit, dit-il, fut mon Apollon, et jamais musique plus étoffée ne sortit de mes mains. La pompe du début répond aux paroles, et toute la suite du motet est d’une beauté de chant qui frappa tout le monde. »
Principes persecuti sunt, motet, à voix seule en rondeau, composé pour madame de Nadaillac, abbesse de Gomer-Fontaine.
Quomodo sedet sola, leçon de ténèbres, avec un répons composé en 1772.
Nous avons rappelé qu’on avait prétendu que Rousseau ne savait pas la musique, et qu’il avait pillé celle du Devin du village. Le nombre et l’importance des accusateurs étaient bien capables d’étouffer la vérité. C’étaient Rameau, dont le témoignage devait paraître incontestable ; le baron d’Holbach, que Jean-Jacques avait fréquenté longtemps ; Grimm, qui avait été son ami ; toute la société des dîneurs du baron : beaucoup de gens de lettres, qui, ne lui pardonnant point sa supériorité littéraire, l’attaquaient sur la musique qu’ils ne savaient pas ; enfin le plus riche et le plus fastueux des financiers du dix-huitième siècle. Celui-ci, avec tout le luxe typographique que lui permettait l’embarras des richesses, fit un ouvrage en quatre volumes, ou plutôt le fit faire par un abbé Roussier, dont le nom, le livre et l’accusation ne sont point sortis de l’oubli. Il est étonnant que Jean-Jacques, seul, sans appui, ait triomphé de tant d’obstacles, et cela sans répondre un mot. Il croyait toujours que justice se ferait, mais non de son vivant, et justice s’est faite…
Edit by the Editor-in-Chief: Because I am still speaking.
[86] Editor’s Note
[87] This is a portrait.
[88] Mademoiselle Théodore was a member of the Royal Academy of Music. In 1767, Rousseau wrote her a letter which can be found in his Correspondence. She asked him for some advice.
[89] This adventure provided Leonard with the subject for a novel titled Letters of Two Lovers from Lyon, published in 1783 in three volumes in 12mo format. On June 16, 1812, the play Célestine and Faldoni, or the Lovers of Lyon was performed at the Odéon Theatre. It was a historical drama in three acts and in prose, written by Mr. Augustin *** (Hapdé) and published in the same year. Voltaire mentioned the two lovers from Lyon in his entry for “Caton” in his Philosophical Dictionary. The young man’s name was Faldoni; the young woman’s name was Thérèse Monier.
[90] Rousseau set this idyllic poem to music; it is included in his collection of printed romances. The three additional stanzas he added were clearly composed to follow the penultimate stanza of Gresset’s work, and to replace the final stanza which presented a notion too melancholic to our philosopher’s imagination. Here are those two additional stanzas:
Am I not merely painting a chimera?
Did such a charming century truly exist?
By an eyewitness author
Does anyone know the truth?
I open the annals: at this age.
Everywhere I turn, I find regrets.
All those who present me in such a way.
They complain of having been born too late.
I read there that the earth was dyed.
Of the blood of his first shepherd.
From that day on, afflicted as I was,
She prepared herself to avenge him.
It is therefore but a beautiful fable.
We should feel no envy toward our ancestors.
From all times, man has been guilty.
He was unhappy all throughout his life.
[91] First published in 1824, in the edition by Mr. Musset-Pathay.
[92] It was published in La Décade philosophique (vol. VI) as being by Rousseau.
[93] See Rousseau’s Second Dialogue: “The Judge of Jean-Jacques.”
– WRITINGS ABOUT MUSIC –
PROJECT CONCERNING NEW SIGNS FOR MUSIC
Dissertation on Modern Music
VARIOUS PIECES
LETTER ON FRENCH MUSIC
A LETTER FROM A SYMPHONIST AT THE ROYAL ACADEMY OF MUSIC
AN EXAMINATION OF TWO THEOREMS PROPOSED BY MR. RAMEAU
Letter to Mr. Burney on Music
EXCERPT FROM THE RESPONSE OF THE LITTLE CREATOR TO HIS GODDESS
ON MILITARY MUSIC
LETTER TO MR. GRIMM
FRAGMENTS OF IPHIS
The Discovery of the New World
THE GALLANT MUSES
THE VILLAGE’S SEER
Main Aairs of the Village Diviner
NOTES FROM THE ENCYCLOPEDIA-JOURNAL
PYGMALION
ROMANCE SELECTIONS
MUSIC DICTIONARY
Presentation
The musical writings in this digital edition follow the classification established by Mr. Musset-Pathay (1824 edition).
Here are some excerpts from his presentation about it:
“, From his earliest years, Rousseau had a taste for music that he maintained throughout his life. Desiring to understand this art thoroughly, to overcome its difficulties, and to make its study easy and accessible to those who wished to cultivate it, he devoted himself to it almost exclusively at first. The result of his efforts and research was the proposal to replace the old musical notation with new symbols. Moving from theory to practice, he composed ‘The Village Pastorale.’ The tremendous and well-deserved success of this work, which is still enjoyed by many today, aroused jealousy, and soon people began to question Jean-Jacques’s talent, claiming that while he might be the author of the lyrics, he was not the composer of the music.”
Let us say a few words about the order in which we are publishing Rousseau’s writings on music, and about the changes we deemed necessary to make to the method followed until now.
These writings are presented in the order in which they were composed. The Essai sur l’origine des langues was always included among them, because since music is a form of language, the author devoted several chapters to this art when considering it from that perspective. However, this work is foremost a philosophical treatise, and therefore we have had to classify it under the category of works bearing that title[3], to which it indeed belongs.
. We thought that his operas or lyric scenes, which are meant to be sung, would be more appropriate placed after the writings on music, since they cannot do without the aid of this art form. It was this consideration that led us to conclude this volume [Writings on Music[4 with his five different operas; the first two of them were never performed. The third one (Les Muses galantes) was staged three times; Le Devin du village continues to be performed and appreciated to this day, more than seventy years after its initial premiere. Although not as popular due to its musical composition, Pygmalion occasionally appears on stage as well.
Here is a list of musical works composed by Rousseau:
“The musical works that were engraved and published in Paris number four in total.”
1° The Village Seer, an interlude, score in folio. Paris, 1754.
“20 Fragments from Daphnis and Chloë,” an opera for which Corancez wrote the libretto, score in folio. Paris, 1779.
These fragments consist of the sketch for the prologue, the entire first act, and various pieces prepared for the second act. *
3° Six new airs from “The Village Devin,” score in folio. Paris, 1779.
4° Consolations for the Miseries of My Life, or a Collection of Airs, Romances, and Duets, in folio. Paris, 1781.
This carefully engraved collection comprises 95 pieces of music, including songs, duets, romances, and pastoral songs, all with French or Italian lyrics.
Of these four works[5], the last three were only engraved after the death of their author, and this was done by Mr. Benoît, to whom the manuscripts of this kind were entrusted—those found among Rousseau’s papers—and who deposited them all, in accordance with the author’s wishes, at the Royal Library.
But among these manuscripts are other pieces that we did not deem appropriate to have engraved, either because they were not completed or because we thought they would interest amateurs little.
In any case, these unpublished pieces are:
1° A new arrangement for these words by the Bard: “I shall see my lovely mistress again”—complete both in terms of singing and the bass part.
2° Three melodies, with French lyrics, that are incomplete both for singing and for accompaniment.
3° Four duos for clarinets.
4° Finally, four complete pieces of church music, in musical score: namely:
“Salve Regina,” composed in 1702.
“Ecce sedes hic Tonantis” is a motet composed in 1757 for the dedication of the Chapelle of La Chevrette.
Rousseau mentions these two pieces in Book IX of his Confessions, telling us that the first one, composed for Mademoiselle Fel, was performed by her at a spiritual concert; as for the second, “Jealousy,” he says, “was my inspiration—never before had such rich and elaborate music come from my hands. The grandeur of the opening section matches the lyrics perfectly, and the entire remainder of the motet is filled with such beautiful melodies that everyone was deeply moved.”
“Principles persecuted are, ”, a motet for one voice in roundelay form, composed for Madame de Nadaillac, abbess of Gomer-Fontaine.
“Quomodo sedet sola,” a lesson of darkness, with a response composed in 1772.
We recalled that it had been claimed that Rousseau did not know music and that he had plagiarized the musical works of “Le Devin du Village.” The number and influence of his accusers were more than sufficient to suppress the truth. Among them were Rameau, whose testimony seemed unquestionable; Baron d’Holbach, whom Jean-Jacques had known for a long time; Grimm, who had been his friend; the entire circle of Baron d’Holbach’s dinner companions—many men of letters who, unable to forgive his literary superiority, attacked him on the subject of music, something they themselves did not understand. Finally, there was the wealthiest and most extravagant financier of the eighteenth century. This man, utilizing all the lavish resources at his disposal due to his immense wealth, produced a four-volume work—or rather, had it written by an abbé named Roussier—whose name, the book itself, and the accusations made against it have never been forgotten. It is astonishing that Jean-Jacques, alone and without any support, was able to overcome so many obstacles, and yet he did not utter a single word in response. He always believed that justice would be done, but not during his lifetime—and indeed, justice was done.
Edizione Generale: Perché continuo a parlare.
[86] Domanda dell’editore
[87] Si tratta di un ritratto.
[88] La signorina Théodore faceva parte dell’Accademia Reale di Musica. Nel 1767 Rousseau le scrisse una lettera che si trova nella “Corrispondenza”. Lei gli chiedeva consigli.
[89] Questa avventura fornì a Leonardo il soggetto per un romanzo intitolato “Lettere di due amanti residenti a Lione”, pubblicato nel 1783 in tre volumi in-12. Il 16 giugno 1812 fu rappresentato al teatro dell’Odéon il dramma storico in tre atti e in prosa “Célestine e Faldoni, o gli amanti di Lione”, scritto da Monsieur Augustin *** (Hapdé) e pubblicato nello stesso anno. Voltaire menzionò questi due amanti di Lione nell’articolo “Catone” del suo Dizionario filosofico. Il giovane si chiamava Faldoni; la ragazza, Thérèse Monier.
[90] Rousseau ha musicato questa idillia; essa fa parte della raccolta delle sue romanze incise. Le tre strofe che vi ha aggiunto sono state chiaramente composte per proseguire l’ultima strofa di Gresset e sostituire quella finale, la quale presentava all’immaginazione del nostro filosofo un’idea troppo triste. Ecco queste due strofe:
Non sto forse dipingendo una chimera?
Che secolo incantevole è stato.
Di un autore testimone oculare
Chi può conoscere la realtà?
Aperto il volume delle cronache: in quest’epoca.
Dappertutto trovo rimpianti.
Tutti coloro che mi offrono questa immagine.
Si lamentano di essere nati troppo tardi.
Vi leggo che la terra fu tintata.
Dal sangue del suo primo pastore.
Da quel giorno, sono stati colpiti da varie malattie.
Si armi per vendicarlo.
Quindi non è altro che una bella favola.
Non invidiamo nulla ai nostri antenati.
Fin dall’inizio, l’uomo è stato colpevole.
Fu sempre infelice.
Pubblicati per la prima volta nel 1824, nell’edizione a cura di Monsieur Musset-Pathay.
[92] È stato pubblicato nella “Décade philosophique” (vol. VI) come opera di Rousseau.
[93] Si veda il secondo Dialogo di Rousseau giudice di Jean-Jacques.
– SCRITTI SULLA MUSICA –
PROGETTO RELativo A NUOVI SEGNI PER LA MUSICA
Tesi sulla musica moderna
Varie opere
Lettera sulla musica francese
Lettera di un sinfonista dell’Accademia Reale di Musica
Esame di due principi avanzati da Monsieur Rameau
Lettera a Monsieur Burney sulla musica
Estratto da una risposta del Piccolo Fattore alla sua madrina.
SULLA MUSICA MILITARE
Lettera a Monsieur Grimm
FRammenti di Iphis
La scoperta del nuovo mondo
Le Muse Galanti
Il veggente del villaggio
Le principali divinazioni del veggente del villaggio
NOTA DEL GIORNALE ENCICLOPEDICO
PIGMALION
SELEZIONE DI ROMANZI
DIZIONARIO DI MUSICA
Presentazione
Gli “Scritti sulla musica” di questa edizione digitale seguono l’ordine di classificazione stabilito da Monsieur Musset-Pathay nell’edizione del 1824.
Ecco alcuni estratti della presentazione che ne fece:
“, Fin dalla sua prima giovinezza, Rousseau nutrì per la musica un interesse che conservò per tutta la vita. Desideroso di conoscere a fondo quest’arte, di superarne le difficoltà e di rendere lo studio più facile e accessibile a coloro che volessero coltivarla, vi si dedicò inizialmente quasi esclusivamente; il risultato delle sue ricerche fu la proposta di sostituire i vecchi simboli musicali con altri nuovi. Passando dalla teoria alla pratica, compose ‘Il Pastorello’. Il successo straordinario e meritato di questa opera pastorale, che ancora oggi viene apprezzata con piacere, suscitò invidia; ben presto si iniziò a mettere in dubbio il talento di Jean-Jacques, sostenendo che, sebbene fosse l’autore dei testi, non lo fosse della musica.”
Diciamo qualcosa sull’ordine con cui pubblichiamo gli scritti di Rousseau sulla musica, e sui cambiamenti che abbiamo ritenuto necessari apportare al metodo seguito fino ad oggi.
Questi scritti seguono l’ordine in cui furono composti. L’“Saggio sull’origine delle lingue” era sempre stato incluso tra di essi, poiché la musica essendo anch’essa un linguaggio, l’autore aveva dedicato alcuni capitoli a quest’arte considerata in questo contesto. Tuttavia, si tratta di un’opera di indiscutibile carattere filosofico; per questo motivo l’abbiamo inserita nella categoria degli scritti che portano tale titolo[3], alla quale effettivamente appartiene.
. Abbiamo ritenuto che le sue opere o le sue scene liriche, destinate a essere cantate, fossero più appropriate da inserire dopo i testi dedicati alla musica, poiché non possono prescindere dall’aiuto di quest’arte. È stato proprio questo motivo a spingerci a concludere questo volume [Gli Scritti sulla musica[4 con le sue diverse opere, per un totale di cinque; i primi due non sono mai stati rappresentati. Il terzo (Le Muse galanti) è stato messo in scena tre volte; “Il Veggente del villaggio” continua ancora oggi ad essere rappresentato e a riscuotere successo, da oltre sessant’anni; “Pigmalione”, sebbene meno apprezzato per quanto riguarda la musica, appare talvolta sulle scene.
Ecco l’elenco delle opere musicali composte da Rousseau:
“Le opere musicali, incise e pubblicate a Parigi, sono quattro in totale.”
1° Il Veggente del villaggio, intermezzo, partitura manoscritta. Parigi, 1754.
“20 Frammenti di Dafni e Clotide”, opera la cui parte lirica è stata scritta da Corancez; partitura in folio. Parigi, 1779.
Questi frammenti comprendono la bozza del prologo, l’intero primo atto, nonché diversi brani preparati per il secondo atto. *
3° Sei nuove arie del “Devin du village”, partitura in folio. Parigi, 1779.
4° Le consolazioni delle miserie di mia vita, ovvero Raccolta di arie, romanze e duetti, in folio. Parigi, 1781.
Questa collezione, realizzata con la massima cura, comprende 95 brani di canto, duetti, romanze, pastorali, ecc., con testi in francese o italiano.
Di queste quattro Opere[5], le ultime tre furono incise solo dopo la morte del loro autore, e sotto la cura di Monsieur Benoît, a cui furono affidati i manoscritti di questo tipo trovati tra le carte di Rousseau; egli li depositò tutti, in conformità con le intenzioni dell’autore, presso la Biblioteca Reale.
Ma tra questi manoscritti ci sono altri frammenti che non si è ritenuto opportuno far incidere, sia perché non erano completi, sia perché si è pensato che interessassero poco gli appassionati.
In ogni caso, questi brani inediti sono:
1° Una nuova melodia per queste parole del Veggente: “Rivedrò la mia adorabile padrona”, completata sia nel canto che nella parte di basso.
2° Tre brani musicali, con testi in francese, incompleti sia per quanto riguarda il canto che gli accompagnamenti musicali.
3° Quattro duetti per clarinetti.
4° Infine, quattro brani di musica sacra, in partitura e completi, e cioè:
“Salve Regina”, composto nel 1702.
“Ecce sedes hic Tonantis”, un motetto composto nel 1757 per l’inaugurazione della cappella della Chevrette.
Rousseau parla di questi due brani nel nono libro delle sue Confessioni, e ci racconta che il primo, composto per mademoiselle Fel, fu cantato da lei al concerto spirituale; quanto al secondo, “il risentimento”, dice, fu la mia ispirazione principale, e mai musica più ricca e complessa uscì dalle mie mani. La maestosità dell’inizio si abbina perfettamente alle parole, e l’intera sequenza del motetto è caratterizzata da una bellezza melodica che colpì tutti i presenti.
“Principes persecutés”, un motetto a voce sola in forma di rondò, composto per Madame de Nadaillac, abbadessa di Gomer-Fontaine.
“Quomodo sedet sola”, una lezione di oscurità, con un risposta composta nel 1772.
Abbiamo ricordato che si era affermato che Rousseau non conoscesse la musica e che avesse plagiato quella del “Devin du village”. Il numero e l’importanza degli accusatori erano più che sufficienti per soffocare la verità. Tra questi c’erano Rameau, il cui testimoneaggio sembrava incontestabile; il barone d’Holbach, che Jean-Jacques aveva frequentato a lungo; Grimm, che era stato suo amico; l’intera cerchia degli ospiti del barone; molti letterati che, non riuscendo a perdonargli la sua superiorità letteraria, lo attaccavano sulla musica di cui non conoscevano nulla; infine, il più ricco e sfarzoso finanziere dell’ottocento. Quest’ultimo, con tutto il lusso tipografico che gli permetteva la sua enorme ricchezza, scrisse un’opera in quattro volumi, o meglio, fece scrivere tale opera da un abate Roussier, il cui nome, il libro stesso e le accuse mosse contro Rousseau non sono mai stati dimenticati. È sorprendente che Jean-Jacques, da solo, senza alcun sostegno, sia riuscito a superare tanti ostacoli, e tutto questo senza pronunciare una parola in sua difesa. Credeva sempre che la giustizia sarebbe stata fatta, ma non durante la sua vita. E infatti, la giustizia fu fatta.