Rousseau

Abstract

Article written for the Encyclopédie distinguishing domestic economy (paternal government of the family) from political economy (government of the state): the state is not a large family, political authority arises from conventions and must obey the general will, not the arbitrary rule of a father-sovereign.

Connections

Assi: Legittimità del potere
Posizioni: volontà generale, contratto sociale
Concetti: Stato, legge, proprietà
Forme: saggio
Scuole: illuminismo

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Le mot d’économie ou oeconomie vient de oikos, maison, et de nomos, loi, et ne signifie originairement que le sage et légitime gouvernement de la maison pour le bien commun de toute la famille. Le sens de ce terme a été dans la suite étendu au gouvernement de la grande famille, qui est l’état. Pour distinguer ces deux acceptions, on l’appelle, dans ce dernier cas, économie générale, ou politique ; et dans l’autre, économie domestique ou particulière. Ce n’est que de la première qu’il est question dans cet article.

Quand il y aurait entre l’état et la famille autant de rapport que plusieurs auteurs le prétendent, il ne s’ensuivrait pas pour cela que les règles de conduite propres à l’une de ces deux sociétés fussent convenables à l’autre : elles diffèrent trop en grandeur pour pouvoir être administrées de la même manière ; et il y aura toujours une extrême différence entre le gouvernement domestique, où le père peut tout voir par lui-même, et le gouvernement civil, où le chef ne voit presque rien que par les yeux d’autrui. Pour que les choses devinssent égales à cet égard, il faudrait que les talents, la force, et toutes les facultés du père, augmentassent en raison de la grandeur de la famille, et que l’âme d’un puissant monarque fût à celle d’un homme ordinaire comme l’étendue de son empire est à l’héritage d’un particulier.

Mais comment le gouvernement de l’état pourrait-il être semblable à celui de la famille, dont le fondement est si différent ? Le père étant physiquement plus fort que ses enfants, aussi longtemps que son secours leur est nécessaire, le pouvoir paternel passe avec raison pour être établi par la nature. Dans la grande famille, dont tous les membres sont naturellement égaux, l’autorité politique, purement arbitraire quant à son institution, ne peut être fondée que sur des conventions, ni le magistrat commander aux autres qu’en vertu des lois. Le pouvoir du père sur les enfants, fondé sur leur avantage particulier, ne peut, par sa nature, s’étendre jusqu’au droit de vie et de mort : mais le pouvoir souverain, qui n’a d’autre objet que le bien commun, n’a d’autres bornes que celles de l’utilité publique bien entendue ; distinction que j’expliquerai dans son lieu. Les devoirs du père lui sont dictés par des sentiments naturels, et d’un ton qui lui permet rarement de désobéir. Les chefs n’ont point de semblable règle, et ne sont réellement tenus envers le peuple qu’à ce qu’ils lui ont promis de faire, et dont il est en droit d’exiger l’exécution. Une autre différence plus importante encore, c’est que, les enfants n’ayant rien que ce qu’ils reçoivent du père, il est évident que tous les droits de propriété lui appartiennent, ou émanent de lui. C’est tout le contraire dans la grande famille, où l’administration générale n’est établie que pour assurer la propriété particulière, qui lui est antérieure. Le principal objet des travaux de toute la maison est de conserver et d’accroître le patrimoine du père, afin qu’il puisse un jour le partager entre ses enfants sans les appauvrir : au lieu que la richesse du fisc n’est qu’un moyen, souvent fort mal entendu, pour maintenir les particuliers dans la paix et dans l’abondance. En un mot, la petite famille est destinée à s’éteindre, et à se résoudre un jour en plusieurs autres familles semblables : mais la grande étant faite pour durer toujours dans le même état, il faut que la première s’augmente pour se multiplier ; et non seulement il suffit que l’autre se conserve, mais on peut prouver aisément que toute augmentation lui est plus préjudiciable qu’utile.

Par plusieurs raisons tirées de la nature de la chose, le père doit commander dans la famille. Premièrement, l’autorité ne doit pas être égale entre le père et la mère ; mais il faut que le gouvernement soit un, et que dans les partages d’avis, il y ait une voix prépondérante qui décide. 2° Quelque légères qu’on veuille supposer les incommodités particulières à la femme, comme elles font toujours pour elle un intervalle d’inaction, c’est une raison suffisante pour l’exclure de cette primauté : car quand la balance est parfaitement égale, une paille suffit pour la faire pencher. De plus, le mari doit avoir inspection sur la conduite de sa femme : parce qu’il lui importe de s’assurer que les enfants, qu’il est forcé de reconnaître et de nourrir, n’appartiennent pas à d’autres qu’à lui. La femme qui n’a rien de semblable à craindre n’a pas le même droit sur le mari. 3° Les enfants doivent obéir au père, d’abord par nécessité, ensuite par reconnaissance ; après avoir reçu de lui leurs besoins durant la moitié de leur vie, ils doivent consacrer l’autre à pourvoir aux siens. 4° À l’égard des domestiques, ils lui doivent aussi leurs services en échange de l’entretien qu’il leur donne ; sauf à rompre le marché dès qu’il cesse de leur convenir. Je ne parle point de l’esclavage, parce qu’il est contraire à la nature, et qu’aucun droit ne peut l’autoriser.

Il n’y a rien de tout cela dans la société politique. Loin que le chef ait un intérêt naturel au bonheur des particuliers, il ne lui est pas rare de chercher le sien dans leur misère. La magistrature est-elle héréditaire, c’est souvent un enfant qui commande à des hommes ; est-elle élective, mille inconvénients se font sentir dans les élections ; et l’on perd, dans l’un et l’autre cas, tous les avantages de la paternité. Si vous n’avez qu’un seul chef, vous êtes à la discrétion d’un maître qui n’a nulle raison de vous aimer ; si vous en avez plusieurs, il faut supporter à la fois leur tyrannie et leurs divisions. En un mot, les abus sont inévitables, et leurs suites funestes dans toute société où l’intérêt public et les lois n’ont aucune force naturelle, et sont sans cesse attaqués par l’intérêt personnel et les passions du chef et des membres.

Quoique les fonctions du père de famille et du premier magistrat doivent tendre au même but, c’est par des voies si différentes ; leur devoir et leurs droits sont tellement distingués, qu’on ne peut les confondre sans se former de fausses idées des lois fondamentales de la société, et sans tomber dans des erreurs fatales au genre humain. En effet, si la voix de la nature est le meilleur conseil que doive écouter un bon père pour bien remplir ses devoirs, elle n’est pour le magistrat qu’un faux guide qui travaille sans cesse à l’écarter des siens, et qui l’entraîne tôt ou tard à sa perte et à celle de l’état, s’il n’est retenu par la plus sublime vertu. La seule précaution nécessaire au père de famille est de se garantir de la dépravation, et d’empêcher que les inclinations naturelles ne se corrompent en lui ; mais ce sont elles qui corrompent le magistrat. Pour bien faire, le premier n’a qu’à consulter son cœur ; l’autre devient un traître au moment qu’il écoute le sien : sa raison même lui doit être suspecte, et il ne doit suivre d’autre règle que la raison publique, qui est la loi. Aussi la nature a-t-elle fait une multitude de bons pères de famille : mais il est douteux que depuis l’existence du monde, la sagesse humaine ait jamais fait dix hommes capables de gouverner leurs semblables.[593]

De tout ce que je viens d’exposer, il s’ensuit que c’est avec raison qu’on a distingué l’économie publique de l’économie particulière, et que la cité n’ayant rien de commun avec la famille que l’obligation qu’ont les chefs de rendre heureuses l’une et l’autre, les mêmes règles de conduite ne sauraient convenir à toutes les deux[594]. J’ai cru qu’il suffirait de ce peu de lignes pour renverser l’odieux système que le chevalier Filmer a tâché d’établir dans un ouvrage intitulé Patriarcha, auquel deux hommes illustres ont fait trop d’honneur en écrivant des livres pour lui répondre : au reste, cette erreur est fort ancienne, puisque Aristote même, qui l’adopte en certains lieux de ses Politiques, juge à propos de la combattre en d’autres.

Je prie mes lecteurs de bien distinguer encore l’économie publique dont j’ai à parler, et que j’appelle gouvernement, de l’autorité suprême que j’appelle souveraineté ; distinction qui consiste en ce que l’une a le droit législatif, et oblige, en certains cas, le corps même de la nation, tandis que l’autre n’a que la puissance exécutrice, et ne peut obliger que les particuliers. Voyez Politique et Souveraineté.

Qu’on me permette d’employer pour un moment une comparaison commune et peu exacte à bien des égards, mais propre à me faire mieux entendre.

The word “economy” or “oeconomie” comes from “oikos,” meaning house, and “nomos,” meaning law; it originally meant only the wise and lawful governance of a household for the common good of the entire family. Later on, the meaning of this term was extended to refer to the governance of the larger community, which is the state. To distinguish between these two meanings, it is referred to in the latter case as “general economy” or “political economy”; and in the former case, as “domestic economy” or “private economy.” It is only the first of these meanings that is discussed in this article.

If there truly existed the same relationship between the state and the family as some authors claim, it would not follow that the rules of conduct particular to one of these two societies would be suitable for the other: they differ too greatly in scope to be governed in the same manner. There will always be an immense difference between domestic governance, where the father can oversee everything himself, and civil governance, where the ruler can see very little except through the eyes of others. For things to be equal in this regard, it would be necessary for a father’s talents, strength, and all his abilities to increase proportionally with the size of his family; and for the soul of a powerful monarch to be comparable to that of an ordinary person, just as the extent of his empire ought to be comparable to the inheritance of a private individual.

But how could the government of a state be similar to that of a family, whose foundation is so fundamentally different? Since the father is physically stronger than his children, as long as their assistance is needed, paternal authority is rightly considered to be established by nature. In a large family, where all members are naturally equal, political authority, which is purely arbitrary in its establishment, can only be based on conventions; nor can a magistrate command others except in accordance with the law. The father’s power over his children, being based on their particular advantage, cannot, by its very nature, extend to the right of life and death. But sovereign power, whose sole purpose is the common good, has no limits other than those of public utility—a distinction that I will explain in its proper place. A father’s duties are dictated by natural sentiments, and in a manner that rarely allows him to disobey. Rulers, on the other hand, have no such constraints; they are truly accountable to their people only for what they have promised to do, and for which the people have the right to demand fulfillment. An even more significant difference is that since children possess only what they receive from their father, it is evident that all property rights belong to him or emanate from him. In a large family, however, public administration exists solely to protect private property, which precedes it in existence. The primary purpose of all household activities is to preserve and increase the father’s wealth, so that he may one day distribute it among his children without impoverishing them—whereas the wealth of the state is merely a means, often poorly understood, to maintain order and prosperity among individuals. In short, a small family is destined to cease existing and eventually be replaced by several similar families; but since a large family is meant to endure forever in its original form, it is necessary for the former to grow in order to multiply. Moreover, while it is sufficient for the latter to simply survive, it is easy to demonstrate that any increase in its size would be more harmful than beneficial.

For several reasons inherent in the nature of things, the father must hold authority within the family. Firstly, power should not be equal between the father and the mother; rather, there must be one clear leader, and in cases of disagreement, one voice must prevail to make decisions. Secondly, even if we assume that women face certain inconveniences—since these always create a period of inactivity for them—this is sufficient reason to exclude them from this position of primacy. For when the balance is perfectly equal, the slightest factor can tip it one way or another. Moreover, the husband must have control over his wife’s behavior, because it is essential for him to ensure that the children, whom he is obliged to recognize and support, truly belong to him alone. A woman, having nothing of comparable concern, does not hold the same right over her husband. Thirdly, children must obey their father—first out of necessity, and then out of gratitude. Having received from him what they need for half of their lives, they should dedicate the other half to providing for themselves. Fourthly, with regard to servants, they too owe their services to their master in exchange for the support he provides them; however, this arrangement can be terminated whenever it becomes unsatisfactory for either party. I do not refer here to slavery, for it is contrary to human nature, and no right can justify it.

None of these things exist in political society. Far from it—the ruler has no natural interest in the happiness of individuals; quite often, he seeks his own advantage in their suffering. If office is hereditary, it is often a child who commands over men; if it is elective, countless difficulties arise during the election process; and in both cases, all the advantages associated with paternal authority are lost. If there is only one ruler, you are at the mercy of a master who has no reason to love you; if there are several rulers, you must endure both their tyranny and their internal divisions. In short, abuses are inevitable in any society where the public interest and the laws lack natural authority and are constantly challenged by personal interests and the whims of those in power.

Although the duties of a father of family and those of a chief magistrate ought to aim toward the same goal, they pursue it through entirely different avenues; their responsibilities and rights are so distinctly distinct that to confuse them would lead to misconceptions about the fundamental laws of society and result in fatal errors for humanity. Indeed, while the voice of nature is the best guidance for a good father in fulfilling his duties, for a magistrate, it is nothing but a misleading path that constantly leads him away from his proper role, ultimately causing his own ruin as well as the ruin of the state—unless he is restrained by the most noble virtue. The only precaution necessary for a father of family is to protect himself from degeneration and prevent his natural inclinations from becoming corrupt; yet it is precisely these same inclinations that corrupt a magistrate. To act rightly, one need only listen to one’s conscience; but for a magistrate, the moment he follows his own heart, he becomes a traitor—his very reason must be regarded with suspicion, and he must abide by no other rule than public reason, which is nothing but law. Hence, nature has produced numerous good fathers of family; yet it is doubtful whether, since the beginning of time, human wisdom has ever produced even ten men capable of governing their fellow beings.[593]

From all that I have just stated, it follows that it was entirely justified to distinguish between the public economy and the private economy. Moreover, since a city has nothing in common with a family except the obligation of its rulers to ensure the happiness of both, the same rules of conduct could not possibly be applicable to both[594]. I believed that these few lines would be sufficient to overturn the detestable system that Sir Filmer attempted to establish in a work entitled Patriarcha; indeed, two distinguished scholars paid too much honor to that work by writing books in response to it. Moreover, this error is quite ancient, for even Aristotle, who adopted it in certain passages of his Politics, deemed it appropriate to oppose it in others.

I beg my readers to carefully distinguish between the public economy of which I am speaking—and which I refer to as government—and the supreme authority that I call sovereignty; the distinction lies in the fact that one possesses legislative power and, in certain cases, is capable of obligating even the nation itself, whereas the other merely holds executive authority and can only impose obligations on individual citizens. See “Politics and Sovereignty.”

Permit me to use for a moment a comparison that is common and, in many respects, not entirely accurate, but which will help me make myself clearer.

La parola “economia” deriva da “oikos”, che significa casa, e da “nomos”, che significa legge; originariamente indicava soltanto il governo saggio e legittimo della casa al fine del bene comune di tutta la famiglia. In seguito, il significato di questo termine si è esteso anche al governo della “grande famiglia”, ovvero lo Stato. Per distinguerre queste due accezioni, in questo secondo caso si parla di “economia generale” o “politica”; nell’altro caso, di “economia domestica” o “particolare”. In questo articolo ci occupiamo soltanto della prima di queste definizioni.

Se esistesse tra lo stato e la famiglia lo stesso rapporto che alcuni autori sostengono, ciò non significherebbe necessariamente che le regole di condotta proprie a uno di questi due ordinamenti fossero adatte anche all’altro: essi differiscono troppo per poter essere gestiti nello stesso modo; inoltre, esiste sempre una differenza radicale tra il governo domestico, in cui il padre può vedere tutto personalmente, e il governo civile, in cui il capo riesce a conoscere quasi nulla se non attraverso gli occhi altrui. Affinché queste due realtà diventassero uguali in questo senso, sarebbe necessario che i talenti, la forza e tutte le capacità del padre aumentassero in proporzione alle dimensioni della famiglia; inoltre, l’anima di un potente monarca dovrebbe essere paragonabile a quella di un uomo comune, così come l’estensione del suo regno dovrebbe essere paragonabile all’eredità di una persona ordinaria.

Ma come potrebbe il governo di uno stato essere simile a quello di una famiglia, la cui base è così diversa? Poiché il padre è fisicamente più forte dei suoi figli, finché il suo aiuto è necessario per loro, il potere paterno può giustamente essere considerato come stabilito dalla natura. Nella grande famiglia, in cui tutti i membri sono naturalmente uguali, l’autorità politica, pur essendo puramente arbitraria nella sua istituzione, può basarsi soltanto su convenzioni; né il magistrato può comandare agli altri se non in base alle leggi. Il potere del padre sui figli, fondato sul loro vantaggio particolare, per natura non può estendersi fino al diritto di vita e di morte; mentre il potere sovrano, che ha come unico scopo il bene comune, non ha altre limitazioni se non quelle dell’utilità pubblica, distinzione che spiegherò nel suo luogo. I doveri del padre sono dettati da sentimenti naturali e da un tono che raramente gli permette di disobbedire; i capi, invece, non hanno regole simili e sono realmente tenuti verso il popolo soltanto per ciò che gli hanno promesso di fare, e di cui il popolo ha diritto di esigere l’esecuzione. Un’altra differenza ancora più importante è che, poiché i figli non possiedono nulla se non ciò che ricevono dal padre, è evidente che tutti i diritti di proprietà appartengono a lui o derivano da lui; al contrario, nella grande famiglia, l’amministrazione generale viene istituita soltanto per garantire la proprietà particolare, che le è anteriore. Lo scopo principale dei lavori di tutta la casa è quello di conservare e aumentare il patrimonio del padre, affinché un giorno possadividerlo tra i suoi figli senza impoverirli; mentre la ricchezza dello Stato non è altro che un mezzo, spesso molto mal inteso, per mantenere i privati nella pace e nell’abbondanza. In breve, la piccola famiglia è destinata a estinguersi e a dividersi un giorno in molte altre famiglie simili; ma la grande famiglia, essendo fatta per durare sempre nello stesso stato, deve aumentare per poter moltiplicarsi; e non solo è sufficiente che si conservi, ma si può facilmente dimostrare che qualsiasi aumento le sia più dannoso che utile.

Per diverse ragioni legate alla natura stessa della cosa, è il padre a dover esercitare l’autorità nella famiglia. In primo luogo, l’autorità non può essere uguale tra padre e madre; deve esserci un’unica guida familiare, e nelle divergenze di opinione deve esserci una voce preponderante che decida. In secondo luogo, per quanto si possano considerare lievi le difficoltà particolari legate alla condizione femminile – poiché essa è inevitabilmente esposta a periodi di inattività – questa è comunque una ragione sufficiente per escluderla da tale posizione di supremazia: quando l’equilibrio tra i ruoli familiari è perfettamente bilanciato, anche il minimo fattore può alterarlo. Inoltre, il marito deve avere il controllo sul comportamento della moglie, poiché è suo dovere assicurarsi che i figli, che è costretto a riconoscere e mantenere, non appartengano ad altri che a lui stesso. Una donna che non ha nulla di simile da temere non ha quindi lo stesso diritto su di lui. In terzo luogo, i figli devono obbedire al padre: innanzitutto per necessità, e poi in segno di riconoscenza; dopo aver ricevuto da lui ciò di cui avevano bisogno nella prima metà della loro vita, devono dedicare la seconda metà a provvedere ai propri bisogni. Per quanto riguarda i domestici, anch’essi devono prestargli servizi in cambio del sostentamento che ricevono; tuttavia, possono interrompere questo rapporto non appena tale sostentamento smette di essere conveniente per loro. Non parlo certo della schiavitù, poiché essa è contraria alla natura umana e nessun diritto può autorizzarla.

Nella società politica non esiste nulla di tutto ciò. Lontano dall’aver un interesse naturale per la felicità dei singoli individui, spesso al capo interessa proprio la loro miseria per perseguire i propri interessi personali. Se la magistratura è ereditaria, spesso è un bambino a comandare sugli uomini; se è elettiva, le elezioni comportano mille inconvenienti; in entrambi i casi si perdono tutti i vantaggi legati al ruolo di “padre” della comunità. Se avete un solo capo, siete alla mercé di una persona che non ha alcun motivo per volervi bene; se ne avete più, dovete sopportare sia la loro tirannia che le loro divisioni interne. In breve, gli abusi sono inevitabili e le loro conseguenze funeste in qualsiasi società in cui l’interesse pubblico e le leggi non abbiano alcun potere naturale, ma siano costantemente minacciati dagli interessi personali e dalle passioni dei capi e dei membri della comunità.

Sebbene le funzioni di un padre di famiglia e di un magistrato principale debbano tendere allo stesso scopo, lo fanno attraverso strade del tutto diverse; i loro doveri e i loro diritti sono così distinti che confonderli significherebbe formarsi idee errate sulle leggi fondamentali della società e commettere errori fatali per l’umanità. Infatti, se la voce della natura rappresenta il miglior consiglio che un buon padre di famiglia debba seguire per adempiere correttamente ai suoi doveri, essa diventa invece una guida errata per il magistrato, spingendolo costantemente a deviare dai propri compiti e portandolo, prima o poi, alla propria rovina e a quella dello stato, se non viene trattenuto dalla più sublime virtù. L’unica precauzione necessaria per un padre di famiglia è garantirsi che le sue inclinazioni naturali non si corrompano; ma sono proprio queste inclinazioni a corrompere il magistrato. Per agire rettamente, il primo deve semplicemente ascoltare la propria coscienza; il secondo, invece, diventa un traditore nel momento in cui segue i propri impulsi: persino la sua ragione gli deve sembrare sospetta, e l’unica regola da seguire è quella della ragione pubblica, che corrisponde alla legge. Per questo motivo, la natura ha creato molti buoni padri di famiglia; ma è dubbia che, dall’origine del mondo, la saggezza umana abbia mai prodotto dieci uomini capaci di governare i propri simili.[593]

Da tutto ciò che ho appena esposto, si deduce che sia giusto distinguere tra economia pubblica ed economia privata; inoltre, poiché la città e la famiglia hanno in comune soltanto l’obbligo dei loro capi di renderle entrambe felici, le stesse regole di condotta non potrebbero essere applicate a entrambe[594]. Ho ritenuto che queste poche righe fossero sufficienti per confutare il detestabile sistema che il cavaliere Filmer ha cercato di stabilire in un’opera intitolata “Patriarcha”, alla quale due illustri personalità hanno reso troppo onore scrivendo libri per confutarlo; del resto, questo errore è molto antico: anche Aristotele, che lo adotta in alcuni passaggi delle sue “Politiche”, ritiene opportuno combatterlo in altri.

Prego i miei lettori di fare bene distinzione tra l’economia pubblica di cui parlo, che chiamo governo, e l’autorità suprema che chiamo sovranità; questa distinzione consiste nel fatto che la prima possiede il potere legislativo e, in alcuni casi, obbliga addirittura l’intero corpo della nazione, mentre la seconda ha soltanto il potere esecutivo e può obbligare solo i singoli individui. Si veda “Politica e Sovranità”.

Permettetemi di utilizzare, per un momento, una metafora comune e in molti aspetti poco precisa, ma efficace per farmi capire meglio.

Le corps politique, pris individuellement, peut être considéré comme un corps organisé, vivant, et semblable à celui de l’homme. Le pouvoir souverain représente la tête ; les lois et les coutumes sont le cerveau, principe des nerfs et siège de l’entendement, de la volonté, et des sens, dont les juges et magistrats sont les organes ; le commerce, l’industrie, et l’agriculture, sont la bouche et l’estomac qui préparent la subsistance commune ; les finances publiques sont le sang qu’une sage économie, en faisant les fonctions du coeur, renvoie distribuer par tout le corps la nourriture et la vie ; les citoyens sont le corps et les membres qui font mouvoir, vivre, et travailler la machine, et qu’on ne saurait blesser en aucune partie, qu’aussitôt l’impression douloureuse ne s’en porte au cerveau, si l’animal est dans un état de santé.

La vie de l’un et de l’autre, est le moi commun au tout, la sensibilise réciproque, et la correspondance interne de toutes les parties. Cette communication vient-elle à cesser, l’unité formelle à s’évanouir, et les parties contiguës à n’appartenir plus l’une à l’autre que par juxtaposition ; l’homme est mort, ou l’état est dissous.

Le corps politique est donc aussi un être moral qui a une volonté ; et cette volonté générale, qui tend toujours à la conservation et au bien-être du tout et de chaque partie, et qui est la source des lois, est pour tous les membres de l’état par rapport à eux et à lui, la règle du juste et de l’injuste ; vérité qui, pour le dire en passant, montre avec combien de sens tant d’écrivains ont traité de vol la subtilité prescrite aux enfants de Lacédémone, pour gagner leur frugal repas, comme si tout ce qu’ordonne la loi pouvait ne pas être légitime. Voyez au mot droit, la source de ce grand et lumineux principe, dont cet article est le développement.

Il est important de remarquer que cette règle de justice, sûre par rapport à tous les citoyens, peut être fautive avec les étrangers ; et la raison de ceci est évidente : c’est qu’alors la volonté de l’état, quoique générale par rapport à ses membres, ne l’est plus par rapport aux autres États et à leurs membres, mais devient pour eux une volonté particulière et individuelle, qui a sa règle de justice dans la loi de nature ; ce qui rentre également dans le principe établi, car alors la grande ville du monde devient le corps politique dont la loi de nature est toujours la volonté générale, et dont les États et peuples divers ne sont que des membres individuels.

De ces mêmes distinctions appliquées à chaque société politique et à ses membres, découlent les règles les plus universelles et les plus sûres sur lesquelles on puisse juger d’un bon ou d’un mauvais gouvernement, et en général, de la moralité de toutes les actions humaines.

Toute société politique est composée d’autres sociétés plus petites de différentes espèces, dont chacune a ses intérêts et ses maximes : mais ces sociétés que chacun aperçoit parce qu’elles ont une forme extérieure et autorisée, ne sont pas les seules qui existent réellement dans l’état ; tous les particuliers qu’un intérêt commun réunit en composent autant d’autres, permanentes ou passagères, dont la force n’est pas moins réelle pour être moins apparente, et dont les divers rapports bien observés sont la véritable connaissance des moeurs. Ce sont toutes ces associations tacites ou formelles qui modifient de tant de manières les apparences de la volonté publique par l’influence de la leur. La volonté de ces sociétés particulières a toujours deux relations ; pour les membres de l’association, c’est une volonté générale ; pour la grande société, c’est une volonté particulière, qui très souvent se trouve droite au premier égard, et vicieuse au second. Tel peut être prêtre dévot, ou brave soldat, ou praticien zélé, et mauvais citoyen. Telle délibération peut être avantageuse à la petite communauté, et très pernicieuse à la grande. Il est vrai que les sociétés particulières étant toujours subordonnées à celles qui les contiennent, on doit obéir à celle-ci préférablement aux autres, que les devoirs du citoyen vont avant ceux du sénateur, et ceux de l’homme avant ceux du citoyen : mais malheureusement l’intérêt personnel se trouve toujours en raison inverse du devoir, et augmente à mesure que l’association devient plus étroite et l’engagement moins sacré ; preuve invincible que la volonté la plus générale est aussi toujours la plus juste, et que la voix du peuple est en effet la voix de Dieu.

Il ne s’ensuit pas pour cela que les délibérations publiques soient toujours équitables ; elles peuvent ne l’être pas lorsqu’il s’agit d’affaires étrangères ; j’en ai dit la raison. Ainsi, il n’est pas impossible qu’une république bien gouvernée fasse une guerre injuste. Il ne l’est pas non plus que le conseil d’une démocratie passe de mauvais décrets et condamne les innocents : mais cela n’arrivera jamais, que le peuple ne soit séduit par des intérêts particuliers, qu’avec du crédit et de l’éloquence quelques hommes adroits sauront substituer aux siens. Alors autre chose sera la délibération publique, et autre chose la volonté générale. Qu’on ne m’oppose donc point la démocratie d’Athènes, parce qu’Athènes n’était point en effet une démocratie, mais une aristocratie très tyrannique, gouvernée par des savants et des orateurs. Examinez avec soin ce qui se passe dans une délibération quelconque, et vous verrez que la volonté générale est toujours pour le bien commun, mais très souvent il se fait une scission secrète, une confédération tacite, qui pour des vues particulières fait éluder la disposition naturelle de l’assemblée. Alors le corps social se divise réellement en d’autres dont les membres prennent une volonté générale, bonne et juste à l’égard de ces nouveaux corps, injuste et mauvaise à l’égard du tout dont chacun d’eux se démembre.

On voit avec quelle facilité l’on explique à l’aide de ces principes, les contradictions apparentes qu’on remarque dans la conduite de tant d’hommes remplis de scrupule et d’honneur à certains égards, trompeurs et fripons à d’autres, foulant aux pieds les plus sacrés devoirs, et fidèles jusqu’à la mort à des engagements souvent illégitimes. C’est ainsi que les hommes les plus corrompus rendent toujours quelque sorte d’hommage à la foi publique : c’est ainsi (comme on l’a remarqué à l’article DROIT) que les brigands mêmes, qui sont les ennemis de la vertu dans la grande société, en adorent le simulacre dans leurs cavernes.

En établissant la volonté générale pour premier principe de l’économie publique et règle fondamentale du gouvernement, je n’ai pas cru nécessaire d’examiner sérieusement si les magistrats appartiennent au peuple ou le peuple aux magistrats, et si dans les affaires publiques on doit consulter le bien de l’état ou celui des chefs. Depuis longtemps cette question a été décidée d’une manière par la pratique, et d’une autre par la raison ; et en général ce serait une grande folie d’espérer que ceux qui dans le fait sont les maîtres, préféreront un autre intérêt au leur. Il serait donc à propos de diviser encore l’économie publique en populaire et tyrannique. La première est celle de tout état, où règne entre le peuple et les chefs unité d’intérêt et de volonté ; l’autre existera nécessairement partout où le gouvernement et le peuple auront des intérêts différents et par conséquent des volontés opposées. Les maximes de celle-ci sont inscrites au long dans les archives de l’histoire et dans les satires de Machiavel. Les autres ne se trouvent que dans les écrits des philosophes qui osent réclamer les droits de l’humanité.

Liste des œuvres philosophiques et politiques

Liste générale des titres

Deuxième maxime

Seconde règle essentielle de l’économie publique, non moins importante que la première. Voulez-vous que la volonté générale soit accomplie ? faites que toutes les volontés particulières s’y rapportent ; et comme la vertu n’est que cette conformité de la volonté particulière à la générale, pour dire la même chose en un mot, faites régner la vertu.

The political body, considered individually, can be regarded as an organized, living entity, similar to the human body. Sovereign power represents its head; laws and customs are its brain—the principle of its “nerves” and the seat of understanding, will, and the senses, whose organs are judges and magistrates. Commerce, industry, and agriculture are its mouth and stomach, which provide for the common sustenance of all members. Public finances are its blood; through wise economic management, functioning like the heart, they ensure that nourishment and life are distributed throughout the entire body. The citizens, in turn, are the body and limbs that enable this “machine” to function, live, and work effectively. Any harm inflicted upon any part of this system immediately affects the entire organism, just as pain felt in any bodily member is instantly transmitted to the brain, so long as the organism remains in good health.

The lives of one and the other constitute the common self within the whole; they enable mutual sensitivity and establish an internal correspondence between all their parts. When this communication ceases, when the formal unity disappears, and when adjacent parts no longer belong to each other except through mere juxtaposition, then the person is dead, or the state in question is dissolved.

The political body is therefore also a moral entity that possesses a will; and this general will, which always strives for the preservation and well-being of the whole as well as of each individual part, and which is the source of laws, serves as the criterion of what is just and unjust for all members of the state, with regard to both themselves and the collective. This truth, incidentally, illustrates how many writers have misinterpreted the subtle rules prescribed for the children of Sparta—rules meant to ensure their meager meals—as if anything mandated by law could possibly be illegitimate. Refer to the term “right” for a deeper understanding of this great and luminous principle, upon which this discussion is based.

It is important to note that this rule of justice, which is certain and applicable to all citizens, may be flawed when applied to foreigners; and the reason for this is obvious: in such cases, the will of the state, although general with regard to its own members, is no longer so with regard to other states and their members. Instead, it becomes a particular and individual will for those others, and its rule of justice lies in the law of nature. This also conforms to the established principle, for in this way, the “great city of the world” becomes the political entity whose law of nature is always the general will, while various states and peoples are merely its individual members.

From these very distinctions, when applied to each political society and its members, derive the most universal and certain rules by which one can judge whether a government is good or bad, and in general, the morality of all human actions.

Every political society is composed of smaller societies of various kinds, each with its own interests and principles. However, these societies—which people perceive because they have an external and recognized form—are not the only ones that actually exist within a state. All individuals grouped together by some common interest form numerous other societies, whether permanent or temporary; the influence of these societies is just as real, even if less apparent, and a careful study of their various relationships provides true insight into people’s behaviors. It is these implicit or explicit associations that alter the manifestations of public will in so many ways through their own influence. The will of these particular societies always has two aspects: for the members of the association, it represents a general will; for the larger society, it constitutes a particular will—which often proves to be right in one respect but wrong in another. A devout priest, a brave soldier, or a zealous practitioner of their profession may well be a poor citizen. A decision that is beneficial to a small community may prove extremely harmful to the greater whole. It is true that particular societies are always subordinate to those that encompass them; therefore, one should obey the larger society over others—just as the duties of a citizen take precedence over those of a senator, and the duties of an individual over those of a citizen. Unfortunately, personal interests often run counter to moral obligations, and they grow stronger as associations become more exclusive and commitments less sacred. This is irrefutable evidence that the most general will is also always the most just, and that the voice of the people is indeed the voice of God.

It does not follow from this that public deliberations are always equitable; they may not be when it comes to foreign affairs, and I have already explained the reasons for this. Thus, it is entirely possible for a well-governed republic to wage an unjust war. Nor is it impossible for the council of a democracy to pass bad decrees and condemn the innocent; but such things will never happen unless the people are deceived by particular interests, unless some cunning individuals use credibility and eloquence to substitute their own will for that of the collective. In such cases, public deliberation would be something entirely different, and so too would the general will. Let us not therefore oppose the democracy of Athens on the grounds that it was not actually a democracy but rather a very tyrannical aristocracy, ruled by scholars and orators. Examine carefully what happens during any form of deliberation, and you will see that the general will always favors the common good; yet all too often there occurs a secret division, a tacit collusion, whereby particular interests cause the natural inclination of the assembly to be circumvented. In such cases, society is effectively divided into groups whose members form their own general will—a will that may be good and just with regard to those new groups but unjust and harmful to the whole from which they have separated themselves.

One can see with what ease these principles enable us to explain the apparent contradictions observed in the behavior of so many men who, in some respects, are filled with scruples and honor; yet in other aspects, they prove to be deceivers and swindlers, trampling underfoot the most sacred duties and remaining faithful until death to commitments that are often illegitimate. It is in this way that even the most corrupt individuals still pay some sort of tribute to public morality; indeed (as has been noted in the section on “Right”), even robbers—who are the enemies of virtue in society at large—worship its simulacrum in their hideouts.

In establishing the general will as the primary principle of public economy and a fundamental rule of governance, I did not deem it necessary to seriously examine whether magistrates belong to the people or whether the people belong to the magistrates, nor whether in public affairs one should consult the interests of the state or those of the rulers. For a long time, this question has been resolved in one way by practice and in another by reason; and generally speaking, it would be sheer madness to expect those who are, in fact, the masters, to prefer some other interest to their own. It would therefore be appropriate to further divide public economy into that which is popular and that which is tyrannical. The former is the characteristic of any state where there exists unity of interests and will between the people and their rulers; the latter will inevitably exist wherever the government and the people have different interests—and consequently, opposing wills. The principles of the latter are clearly recorded throughout the annals of history and in Machiavelli’s satires; whereas the principles of the former can only be found in the writings of those philosophers who dare to proclaim the rights of humanity.

List of philosophical and political works

General list of titles

Second maxim

The second essential rule of public economy, just as important as the first. If you wish that the general will be fulfilled, ensure that all particular wills are in accordance with it; and since virtue is nothing but this conformity of particular wills with the general will—in other words, to put it simply—ensure that virtue prevails.

Il corpo politico, considerato individualmente, può essere ritenuto un organismo organizzato, vivente e simile a quello umano. Il potere sovrano rappresenta la “testa”; le leggi e le usanze costituiscono il “cervello”, principio dei nervi e sede dell’intelletto, della volontà e dei sensi; i giudici e i magistrati ne sono gli “organi”. Il commercio, l’industria e l’agricoltura rappresentano la “bocca” e lo “stomaco”, che provvedono al sostentamento comune della società. Le finanze pubbliche sono il “sangue”: un’economia saggia, svolgendo la funzione del “cuore”, ne assicura la distribuzione in tutto l’organismo sociale, garantendo così il nutrimento e la vita di tutti i suoi membri. I cittadini, infine, sono il “corpo” e i “membri” che fanno muovere, vivere e lavorare questa “macchina” politica; non si può ferire alcuna parte di questo organismo senza che il dolore si propaghi immediatamente al “cervello”, purché l’intero sistema sociale sia in buono stato di salute.

La vita di uno e dell’altro rappresenta il “io” comune nel tutto; essa rende le parti reciprocamente sensibili e ne garantisce la corrispondenza interna. Quando questa comunicazione cessa, l’unità formale svanisce e le parti contigue non appartengono più l’una all’altra se non per semplice sovrapposizione; in quel momento, l’uomo è “morto”, o lo stato in questione si dissolve.

Il corpo politico è quindi anche un essere morale che possiede una volontà; e questa volontà generale, che tende sempre alla conservazione e al benessere del tutto e di ogni sua parte, e che rappresenta la fonte delle leggi, costituisce, per tutti i membri dello stato, sia tra loro che rispetto allo stesso stato, la regola del giusto e dell’ingiusto. Una verità che, a dire il vero, dimostra con quanta superficialità molti scrittori abbiano trattato l’atto di rubare come una pratica consentita ai bambini di Lacedemone, pur di ottenere un pasto frugale, come se tutto ciò che la legge prescrive non potesse essere considerato legittimo. Si veda il termine “diritto”: essa rappresenta la fonte di questo grande e luminoso principio, dal quale deriva lo sviluppo di quest’articolo.

È importante notare che questa regola di giustizia, valida per tutti i cittadini, può rivelarsi errata nei confronti degli stranieri; e la ragione è evidente: in tal caso, la volontà dello Stato, sebbene generale rispetto ai suoi membri, non lo è più rispetto agli altri Stati e ai loro cittadini, diventando per questi ultimi una volontà particolare e individuale, la cui regola di giustizia si trova nella legge naturale. Ciò rientra anch’esso nel principio stabilito, poiché in questo modo la “grande città del mondo” diventa il corpo politico il cui fondamento è sempre la volontà generale, mentre gli altri Stati e popoli ne sono soltanto membri individuali.

Dalle stesse distinzioni applicate a ciascuna società politica e ai suoi membri derivano le regole più universali e sicure su cui si possa giudicare se un governo sia buono o cattivo, e in generale, della moralità di tutte le azioni umane.

Ogni società politica è composta da altre società più piccole di diversi tipi, ciascuna delle quali possiede i propri interessi e le proprie massime; tuttavia queste società, che ognuno percepisce perché presentano una forma esterna riconosciuta e legittima, non sono le uniche che esistono realmente nella realtà. Tutti quegli individui che vengono uniti da un interesse comune formano altre società, sia permanenti che temporanee; la loro influenza è altrettanto reale, anche se meno evidente, e i loro diversi rapporti, osservati con attenzione, costituiscono la vera conoscenza delle abitudini e dei comportamenti umani. Sono proprio queste associazioni, sia tacite che formali, a modificare in molti modi le apparenze della volontà pubblica, attraverso l’influenza che esercitano. La volontà di queste società particolari ha sempre due livelli di relazione: per i membri dell’associazione stessa, rappresenta una volontà generale; per la società più ampia, invece, costituisce una volontà particolare che, molto spesso, appare giusta dal punto di vista dei membri dell’associazione stessa, ma è in realtà errata dal punto di vista della società nel suo insieme. Un prete devoto, un soldato coraggioso o un individuo zelante nelle proprie pratiche religiose possono essere, allo stesso tempo, cattivi cittadini; una determinata decisione può rivelarsi vantaggiosa per una piccola comunità e estremamente dannosa per la società nel suo insieme. È vero che le società particolari sono sempre subordinate a quelle che le contengono, quindi si dovrebbe obbedire a queste ultime piuttosto che alle altre; i doveri di un cittadino hanno priorità rispetto a quelli di un senatore, e i doveri di un individuo rispetto a quelli di un cittadino. Tuttavia, purtroppo, l’interesse personale segue sempre una direzione opposta al dovere; aumenta man mano che l’associazione diventa più ristretta e gli impegni meno sacri. Questo è un indizio inconfutabile del fatto che la volontà più generale sia anche sempre la più giusta, e che la voce del popolo sia davvero la voce di Dio.

Ciò non significa affatto che le deliberazioni pubbliche siano sempre equilibrate; possono non esserlo quando si tratta di questioni estere, e ho già spiegato il motivo. Pertanto, non è impossibile che una repubblica ben governata intraprenda guerre ingiuste. Né è impossibile che il consiglio di una democrazia emetta decreti sbagliati e condanni gli innocenti; ma ciò non accadrà mai, a meno che il popolo non venga sedotto da interessi particolari, a meno che alcuni individui abili, con il loro credito e la loro eloquenza, non riescano a sostituire la volontà generale con le proprie intenzioni personali. In tal caso, la deliberazione pubblica cambierebbe natura, così come la volontà generale stessa. Non si opponga quindi alla democrazia di Atene solo perché Atene, in realtà, non era una democrazia, ma un’aristocrazia molto tirannica, governata da studiosi e oratori. Esaminate con attenzione ciò che avviene durante qualsiasi deliberazione pubblica, e vedrete che la volontà generale tende sempre al bene comune; tuttavia, molto spesso si verifica una scissione segreta, una confederazione tacita che, per motivi personali, fa sì che le decisioni prese dall’assemblea non rispondano più alle esigenze del tutto. In tal caso, la società si divide effettivamente in gruppi diversi, i cui membri formano una volontà generale che può essere buona e giusta per quei gruppi stessi, ma ingiusta e dannosa per il tutto da cui essi si sono separati.

Si può facilmente comprendere, con l’aiuto di questi principi, come si possano spiegare le contraddizioni apparenti che si osservano nel comportamento di molte persone: individui pieni di scrupoli e onore in alcuni aspetti, ma truffatori e furfanti in altri; individui che calpestano i doveri più sacri e che rimangono fedeli fino alla morte ad impegni spesso illegittimi. È così che anche le persone più corrotte rendono sempre, in qualche modo, omaggio alla fede pubblica; è così (come si è notato nell’articolo “DIRITTO”) che persino i briganti, nemici della virtù nella società civile, adorano il suo simulacro nelle loro caverne.

Stabilendo la volontà generale come principio fondamentale dell’economia pubblica e regola essenziale del governo, non ho ritenuto necessario esaminare seriamente se i magistrati appartengano al popolo o il popolo ai magistrati, né se nelle questioni pubbliche si debba considerare il bene dello stato o quello dei governanti. Da tempo questa questione è stata risolta in modo diverso a seconda della pratica e della ragione; in generale, sarebbe una grande follia sperare che coloro che di fatto sono i padroni preferiscano un altro interesse al proprio. Pertanto, sarebbe opportuno dividere ancora l’economia pubblica in quella “popolare” e quella “tirannica”: la prima è tipica di ogni stato in cui tra il popolo e i governanti regna un’unione di interessi e volontà; l’altra esisterà inevitabilmente ovunque il governo e il popolo abbiano interessi diversi e, di conseguenza, volontà opposte. Le massime relative a questa seconda categoria sono ampiamente documentate negli annali della storia e nelle satire di Machiavelli; quelle relative alla prima si trovano soltanto negli scritti dei filosofi che osano rivendicare i diritti dell’umanità.

Elenco delle opere filosofiche e politiche

Elenco generale dei titoli

Seconda massima

Seconda regola essenziale dell’economia pubblica, non meno importante della prima. Volete che la volontà generale venga realizzata? fate sì che tutte le volontà particolari vi si conformino; e poiché la virtù non è altro che questa conformità della volontà particolare a quella generale, in altre parole, fate regnare la virtù.

Si les politiques étaient moins aveuglés par leur ambition, ils verraient combien il est impossible qu’aucun établissement quel qu’il soit, puisse marcher selon l’esprit de son institution, s’il n’est dirigé selon la loi du devoir ; ils sentiraient que le plus grand ressort de l’autorité publique est dans le coeur des citoyens, et que rien ne peut suppléer aux moeurs pour le maintien du gouvernement. Non seulement il n’y a que des gens de bien qui sachent administrer les lois, mais il n’y a dans le fond que d’honnêtes gens qui sachent leur obéir. Celui qui vient à bout de braver les remords, ne tardera pas à braver les supplices ; châtiment moins rigoureux, moins continuel, et auquel on a du moins l’espoir d’échapper ; et quelques précautions qu’on prenne, ceux qui n’attendent que l’impunité pour mal faire, ne manquent guère de moyens d’éluder la loi ou d’échapper à la peine. Alors comme tous les intérêts particuliers se réunissent contre l’intérêt général qui n’est plus celui de personne, les vices publics ont plus de force pour énerver les lois, que les lois n’en ont pour réprimer les vices ; et la corruption du peuple et des chefs s’étend enfin jusqu’au gouvernement, quelque sage qu’il puisse être : le pire de tous les abus est de n’obéir en apparence aux lois que pour les enfreindre en effet avec sûreté. Bientôt les meilleures lois deviennent les plus funestes : il vaudrait mieux cent fois qu’elles n’existassent pas ; ce serait une ressource qu’on aurait encore quand il n’en reste plus. Dans une pareille situation l’on ajoute vainement édits sur édits, règlements sur règlements. Tout cela ne sert qu’à introduire d’autres abus sans corriger les premiers. Plus vous multipliez les lois plus vous les rendez méprisables : et tous les surveillants que vous instituez ne sont que de nouveaux infracteurs destinés à partager avec les anciens, ou à faire leur pillage à part. Bientôt le prix de la vertu devient celui du brigandage : les hommes les plus vils sont les plus accrédités ; plus ils sont grands, plus ils sont méprisables ; leur infamie éclate dans leurs dignités, et ils sont déshonorés par leurs honneurs. S’ils achètent les suffrages des chefs ou la protection des femmes, c’est pour vendre à leur tour la justice, le devoir et l’état ; et le peuple qui ne voit pas que ses vices sont la première cause de ses malheurs murmure et s’écrie en gémissant : « Tous mes maux ne viennent que de ceux que je paie pour m’en garantir. »

C’est alors qu’à la voix du devoir qui ne parle plus dans les coeurs, les chefs sont forcés de substituer le cri de la terreur ou le leurre d’un intérêt apparent dont ils trompent leurs créatures. C’est alors qu’il faut recourir à toutes les petites et méprisables ruses qu’ils appellent maximes d’état, et mystères du cabinet. Tout ce qui reste de vigueur au gouvernement est employé par ses membres à se perdre et supplanter l’un l’autre, tandis que les affaires demeurent abandonnées, ou ne se font qu’à mesure que l’intérêt personnel le demande, et selon qu’il les dirige. Enfin toute l’habileté de ces grands politiques est de fasciner tellement les yeux de ceux dont ils ont besoin, que chacun croie travailler pour son intérêt en travaillant pour le leur ; je dis le leur, si tant est qu’en effet le véritable intérêt des chefs soit d’anéantir les peuples pour les soumettre, et de ruiner leur propre bien pour s’en assurer la possession.

Mais quand les citoyens aiment leur devoir, et que les dépositaires de l’autorité publique s’appliquent sincèrement à nourrir cet amour par leur exemple et par leurs soins, toutes les difficultés s’évanouissent, l’administration prend une facilité qui la dispense de cet art ténébreux dont la noirceur fait tout le mystère. Ces esprits vastes, si dangereux et si admires, tous ces grands ministres dont la gloire se confond avec les malheurs du peuple, ne sont plus regrettés ; les moeurs publiques suppléent au génie des chefs ; et plus la vertu règne, moins les talents sont nécessaires. L’ambition même est mieux servie par le devoir que par l’usurpation : le peuple convaincu que ses chefs ne travaillent qu’à faire son bonheur, les dispense par sa déférence de travailler à affermir leur pouvoir ; et l’histoire nous montre en mille endroits que l’autorité qu’il accorde à ceux qu’il aime et dont il est aimé, est cent fois plus absolue que toute la tyrannie des usurpateurs. Ceci ne signifie pas que le gouvernement doive craindre d’user de son pouvoir, mais qu’il n’en doit user que d’une manière légitime. On trouvera dans l’histoire mille exemples de chefs ambitieux ou pusillanimes, que la mollesse ou l’orgueil ont perdus, aucun qui se soit mal trouvé de n’être qu’équitable. Mais on ne doit pas confondre la négligence avec la modération, ni la douceur avec la faiblesse. Il faut être sévère pour être juste : souffrir la méchanceté qu’on a le droit et le pouvoir de réprimer, c’est être méchant soi-même. Sicuti enim est aliquando misericordia puniens, ita est crudelitas parcens. Aug. Epist. 54.

Ce n’est pas assez de dire aux citoyens soyez bons ; il faut leur apprendre à l’être ; et l’exemple même, qui est à cet égard la première leçon, n’est pas le seul moyen qu’il faille employer : l’amour de la patrie est le plus efficace, car comme je l’ai déjà dit, tout homme est vertueux quand sa volonté particulière est conforme en tout à la volonté générale, et nous voulons volontiers ce que veulent les gens que nous aimons.

Il semble que le sentiment de l’humanité s’évapore et s’affaiblisse en s’étendant sur toute la terre, et que nous ne saurions être touchés des calamités de la Tartarie ou du Japon, comme de celles d’un peuple européen. Il faut en quelque manière borner et comprimer l’intérêt et la commisération pour lui donner de l’activité. Or comme ce penchant en nous ne peut être utile qu’à ceux avec qui nous avons à vivre, il est bon que l’humanité concentrée entre les concitoyens, prenne en eux une nouvelle force par l’habitude de se voir, et par l’intérêt commun qui les réunit. Il est certain que les plus grands prodiges de vertu ont été produits par l’amour de la patrie : ce sentiment doux et vif qui joint la force de l’amour-propre à toute la beauté de la vertu, lui donne une énergie qui sans la défigurer, en fait la plus héroïque de toutes les passions. C’est lui qui produisit tant d’actions immortelles dont l’éclat éblouit nos faibles yeux, et tant de grands hommes dont les antiques vertus passent pour des fables depuis que l’amour de la patrie est tourné en dérision. Ne nous en étonnons pas ; les transports des coeurs tendres paraissent autant de chimères à quiconque ne les a point sentis ; et l’amour de la patrie plus vif et plus délicieux cent fois que lui d’une maîtresse, ne se conçoit de même qu’en l’éprouvant : mais il est aisé de remarquer dans tous les coeurs qu’il échauffe, dans toutes les actions qu’il inspire, cette ardeur bouillante et sublime dont ne brille pas la plus pure vertu quand elle en est séparée. Osons opposer Socrate même à Caton : l’un était plus philosophe, et l’autre plus citoyen. Athènes était déjà perdue, et Socrate n’avait plus de patrie que le monde entier : Caton porta toujours la sienne au fond de son coeur ; il ne vivait que pour elle et ne put lui survivre. La vertu de Socrate est celle du plus sage des hommes : mais entre César et Pompée, Caton semble un dieu parmi des mortels. L’un instruit quelques particuliers, combat les sophistes, et meurt pour la vérité : l’autre défend l’état, la liberté, les lois contre les conquérants du monde, et quitte enfin la terre quand il n’y voit plus de patrie à servir. Un digne élève de Socrate serait le plus vertueux de ses contemporains ; un digne émule de Caton en serait le plus grand. La vertu du premier ferait son bonheur, le second chercherait son bonheur dans celui de tous. Nous serions instruits par l’un et conduits par l’autre, et cela seul déciderait de la préférence : car on n’a jamais fait un peuple de sages, mais il n’est pas impossible de rendre un peuple heureux.

If politicians were less blinded by their ambition, they would realize how impossible it is for any institution to function in accordance with its original purpose unless it is guided by the principles of duty; they would understand that the greatest source of public authority lies in the hearts of citizens, and that nothing can replace morality in maintaining good governance. Not only are only virtuous people capable of enforcing laws effectively, but ultimately, only honest individuals are willing to obey them. Those who succeed in overcoming their conscience will soon dare to defy even the most severe punishments—punishments that are less harsh, less constant, and for which there is at least some hope of escape. No matter what precautions are taken, those who seek impunity for their wrongdoing will always find ways to circumvent the law or avoid punishment. Moreover, since all particular interests unite against the general interest, which no longer represents anyone’s true welfare, public vices gain more power to undermine laws than laws do to curb them. Corruption among both the people and their leaders eventually spreads to the government itself, no matter how wise it may be. The worst form of abuse is to seemingly obey the law while in reality violating it with impunity. Soon, even the best laws become the most harmful; it would be far better if they never existed at all—such a measure would still be available when none other remains. In such a situation, adding more edicts and regulations is utterly futile; it only leads to new abuses without addressing the existing ones. The more laws are enacted, the more despised they become; and all the supervisors appointed only serve as new offenders, either joining the old ones or engaging in their own form of plunder. Eventually, the price of virtue becomes equivalent to that of crime; the most despicable people gain the greatest credibility; the higher their status, the more contemptible they become; their infamy shines through their honors, and they are dishonored by what should be their glory. If they buy the support of leaders or the favor of women, it is only to sell justice, duty, and the state in turn. And the people, who fail to see that their own vices are the root cause of their suffering, murmur and cry out in despair: “All my misfortunes stem from those whom I pay to protect me.”

It is then that, when the voice of duty no longer resonates in people’s hearts, rulers are forced to resort to the screams of terror or to the deceit of apparent interests they use to manipulate their subjects. It is then that they employ all those petty and despicable tactics—what they call state maxims or cabinet mysteries—to maintain their power. All that remains of any vigor in government is used by its members to betray and undermine one another, while affairs are neglected or carried out only when personal interests demand it, and in a manner dictated by those interests. Ultimately, the entire skill of these great politicians consists in manipulating the perceptions of those they need to control, so that everyone believes they are working for their own good while, in reality, the true goal of the rulers is to destroy the peoples they rule over and to ruin their own wealth in order to secure it for themselves.

But when citizens love their duties, and those who hold public authority sincerely strive to nurture this love through their example and care, all difficulties vanish; administration becomes much easier, dispensing with that dark art whose very darkness constitutes its mystery. Those great minds—so dangerous yet so admired, those ministers whose glory is intertwined with the people’s suffering—are no longer lamented; public morals suffice to replace the genius of leaders, and the more virtue prevails, the less talent is needed. Ambition itself is better served by duty than by usurpation: when the people believe their leaders work only for their happiness, their respect eliminates the need for those leaders to seek to strengthen their power. History shows us in countless instances that the authority granted by the people to those they love and who love them is far more absolute than any tyranny exercised by usurpers. This does not mean that government should hesitate to use its power, but rather that it must do so only in a legitimate manner. History is filled with examples of ambitious or timid leaders who lost everything due to weakness or pride—yet there is not a single instance of someone who regretted being merely fair. However, we must not confuse indifference with moderation, nor gentleness with weakness. To be just, one must sometimes be severe; to tolerate evil that one has the right and power to punish is tantamount to being evil oneself. “For sometimes mercy in punishing is just as cruel as leniency.” —Augustine, Epistle 54.

It is not enough to tell citizens to be good; we must teach them how to be good. Moreover, example itself—being the primary lesson in this regard—is not the only means to be employed: love for one’s country is the most effective way, for, as I have already said, every man is virtuous when his particular will is entirely in accordance with the general will; and we willingly desire what those we love desire.

It seems that the sentiments of humanity dissipate and weaken as they extend throughout the entire earth; we seem unable to be deeply affected by the calamities that befall nations such as Tartary or Japan, in the same way as we are moved by those of a European people. In some way, it is necessary to limit and focus our interest and compassion in order to give them greater impact. Since this inclination within us can only be beneficial to those with whom we share life, it is good for humanity, when concentrated among its fellow citizens, to gain new strength through the habit of seeing one another and through the common interests that bind them together. It is certain that the greatest acts of virtue have been inspired by love for one’s country—that tender and intense feeling which combines the power of self-love with all the beauty of virtue, endowing it with an energy that, without distorting it, makes it the most heroic of all passions. It is this sentiment that has given rise to so many immortal deeds whose brilliance dazzles our weak eyes, and to so many great men whose ancient virtues are now regarded as fables, since love for one’s country has been mocked. Let us not be surprised by this; the fervor of tender hearts seems like a chimera to anyone who has never experienced it; and love for one’s country, being a hundred times more intense and delightful than love for a mistress, can only be truly understood through personal experience. Yet it is easy to observe in every heart stirred by this sentiment, in every action inspired by it, that burning passion and sublimity which the purest virtue lacks when separated from it. Let us dare to compare even Socrates with Cato: one was more of a philosopher, the other more of a citizen. Athens was already lost, and Socrates had no country left but the entire world; Cato, however, always carried his country in his heart—he lived for it and could not survive without it. The virtue of Socrates is that of the wisest man; but between Caesar and Pompey, Cato seems like a god among mortals. One educates a few individuals, fights against sophists, and dies for truth; the other defends the state, liberty, and laws against the conquerors of the world—and finally leaves this earth when he sees no country left to serve. A worthy disciple of Socrates would be the most virtuous person of his time; a worthy follower of Cato would be the greatest. The virtue of the former would bring him happiness; the latter would seek his happiness in the happiness of all. We would be enlightened by the one and guided by the other, and alone this would determine which one we should prefer—for it is never possible to create a people of sages, but it is certainly possible to make a people happy.

Se i politici fossero meno accecati dall’ambizione, si renderebbero conto di quanto sia impossibile che qualsiasi istituzione possa funzionare secondo lo spirito per cui è stata creata, se non viene guidata dalla legge del dovere; capirebbero che la principale forza dell’autorità pubblica risiede nel cuore dei cittadini, e che nulla può sostituire le buone morali nel mantenimento del governo. Non solo sono soltanto le persone oneste a saper applicare correttamente le leggi, ma in fondo sono soltanto gli uomini integri a saperle rispettare veramente. Chi riesce a ignorare i rimorsi, non tarderà ad affrontare anche le punizioni; un castigo meno severo e meno continuo, al quale almeno si può sperare di sfuggire. E nonostante tutte le precauzioni prese, coloro che cercano soltanto l’impunità per commettere il male trovano sempre modi per eludere la legge o evitare la punizione. Così, poiché tutti gli interessi particolari si uniscono contro l’interesse generale – che ormai non è più l’interesse di nessuno – i vizi pubblici diventano ancora più potenti nel sovvertire le leggi, più delle leggi stesse nel reprimerli; e la corruzione del popolo e dei leader si estende infine fino al governo stesso, per quanto saggio possa essere. Il peggior abuso di tutti è quello di apparentemente rispettare le leggi solo per violarle con sicurezza. Presto anche le migliori leggi diventano le più funeste: sarebbe cento volte meglio che non esistessero affatto; sarebbe una risorsa che ci resterebbe ancora quando tutte le altre fossero perdute. In una situazione del genere, aggiungere nuovi decreti e regolamenti è inutile: tutto ciò serve soltanto ad introdurre altri abusi senza correggere quelli esistenti. Più si moltiplicano le leggi, più diventano disprezzate; e tutti i controllori che vengono istituiti non sono altro che nuovi trasgressori destinati a condividere il destino dei precedenti, o ad approfittarne a loro volta. Presto il prezzo della virtù diventa lo stesso del brigantaggio: le persone più vili diventano quelle più influenti; più hanno potere, più sono disprezzate. La loro infamia si diffonde anche nelle loro cariche ufficiali, e vengono umiliate proprio dai loro onori. Se comprano i voti dei leader o la protezione delle donne, è solo per poi vendere a loro volta giustizia, dovere e lo stato stesso. E il popolo, che non si rende conto di come i propri vizi siano la causa principale dei propri mali, geme e grida: “Tutti i miei problemi derivano proprio da coloro per cui pago affinché mi proteggano, ”

È allora che, quando la voce del dovere non risuona più nei cuori delle persone, i capi sono costretti a sostituirla con il grido della paura o con l’inganno di un interesse apparente con cui ingannano le loro creature. È allora che devono ricorrere a tutte quelle piccole e spregevoli astuzie che chiamano “massime di stato” o “misteri del gabinetto”. Tutto ciò che rimane di vigore nel governo viene utilizzato dai suoi membri per perdersi a vicenda e sostituirsi l’un l’altro, mentre gli affari vengono abbandonati o gestiti soltanto quando il interesse personale lo richiede, e secondo le direttive di quei capi. Infine, tutta l’abilità di questi grandi politici consiste nel fascinare a tal punto gli occhi di coloro di cui hanno bisogno, che ognuno creda di lavorare per il proprio interesse lavorando per il loro; dico “il loro”, se davvero l’interesse reale dei capi è quello di distruggere i popoli per sottometterli e di rovinare il proprio bene per assicurarsene il possesso.

Ma quando i cittadini amano il loro dovere, e coloro che detengono l’autorità pubblica si sforzano sinceramente di alimentare questo amore con il proprio esempio e le proprie cure, tutte le difficoltà svaniscono; l’amministrazione diventa più agevole, al punto da non aver bisogno di quell’arte oscura la cui natura stessa è fonte di mistero. Quei grandi leader, così pericolosi eppure tanto ammirati, quei ministri la cui gloria sembra confondersi con i dolori del popolo, non suscitano più rimpianti; le buone abitudini sociali sostituiscono il genio dei capi, e più regna la virtù, meno diventano necessari i talenti. Anche l’ambizione viene meglio servita dal dovere che dall’usurpazione: quando il popolo è convinto che i suoi leader lavorino soltanto al suo bene, la loro stessa deferenza gli evita di dover contribuire personalmente a rafforzare il loro potere; e la storia ci mostra innumerevoli esempi di autorità assoluta, cento volte più efficace della tirannia degli usurpatori, quando viene esercitata da coloro che sono amati e che amano il popolo. Questo non significa che il governo debba temere di utilizzare il proprio potere, ma che lo debba fare in modo legittimo. Nella storia si trovano mille esempi di leader ambiziosi o timidi che hanno perso tutto a causa della debolezza o dell’orgoglio; nessuno, invece, ha mai sofferto per aver agito con equità. Tuttavia non bisogna confondere la negligenza con la moderazione, né la dolcezza con la debolezza: essere severi è necessario per essere giusti; tollerare la malvagità che si ha il diritto e il potere di reprimere significa essere malvagi oneself. “Sicuti enim est aliquando misericordia puniens, ita est crudelitas parcens” – scrive Agostino nell’Epistola 54.

Non basta dire ai cittadini di essere buoni; è necessario insegnarglielo; e l’esempio stesso, che in questo senso rappresenta la prima lezione, non è l’unico mezzo da utilizzare: l’amore per la patria è il più efficace, perché, come ho già detto, ogni uomo è virtuoso quando la sua volontà particolare è in tutto conforme alla volontà generale, e noi desideriamo volentieri ciò che desiderano le persone che amiamo.

Sembra che il sentimento umano si dissolva e indebolisca man mano che si diffonde su tutta la terra; per questo non ci commuovono più le calamità della Tartaria o del Giappone, così come quelle di un popolo europeo. È necessario in qualche modo limitare e concentrare il nostro interesse e la nostra compassione verso di loro, affinché possano diventare fonte di azione concreta. Poiché questo sentimento può essere utile soltanto per coloro con cui viviamo, è bene che l’umanità, concentrata tra i propri concittadini, trovi nuova forza nell’abitudine di vedersi reciprocamente e nel legame comune che li unisce. È certo che i più grandi esempi di virtù siano nati dall’amore per la patria: quel sentimento dolce e intenso che unisce la forza dell’amor-proprio con tutta la bellezza della virtù, conferendogli un’energia tale da renderla, senza deformarla, la più eroica di tutte le passioni. È proprio questo sentimento che ha generato tante azioni immortali, il cui splendore abbaglia i nostri occhi deboli, e tanti grandi uomini i cui valori antichi oggi sembrano soltanto favole, da quando l’amore per la patria è stato oggetto di derisione. Non ci dovremmo meravigliare: le emozioni profonde appaiono come fantasie a chi non le ha mai provate; e l’amore per la patria, cento volte più intenso e delizioso dell’amore per una donna, può essere compreso soltanto chi lo ha sperimentato personalmente. Tuttavia è facile notare, in tutti coloro che sono colpiti da questo sentimento, nelle azioni che ispira, quell’ardore fervente e sublime che nemmeno la più pura virtù possiede quando è separata da esso. Osserviamo pure Socrate e Catone: il primo era un filosofo, il secondo un vero cittadino. Atene era già perduta, e Socrate non aveva altra patria che il mondo intero; Caton, invece, portava sempre la propria patria nel proprio cuore: viveva soltanto per lei e non poté sopravviverle. La virtù di Socrate è quella dell’uomo più saggio; ma tra Cesare e Pompeo, Catone sembra un dio tra i mortali: il primo insegna ad alcuni individui, combatte contro i sofisti e muore per la verità; il secondo difende lo stato, la libertà, le leggi contro i conquistatori del mondo, e abbandona questa terra quando non vi trova più una patria da servire. Un degno discepolo di Socrate sarebbe il più virtuoso dei suoi contemporanei; un degno imitatore di Catone sarebbe il più grande tra tutti. La virtù del primo porterebbe felicità a lui stesso, quella del secondo cercerebbe la propria felicità nel bene comune di tutti. Saremmo istruiti dal primo e guidati dal secondo. E questo solo potrebbe determinare una scelta: poiché non è mai stato possibile creare un popolo di saggi, ma è certamente possibile rendere un popolo felice.

Voulons-nous que les peuples soient vertueux, commençons donc par leur faire aimer la patrie. Mais comment l’aimeront-ils, si la patrie n’est rien de plus pour eux que pour des étrangers, et qu’elle ne leur accorde que ce qu’elle ne peut refuser à personne ? Ce serait bien pis s’ils n’y jouissaient pas même de la sûreté civile, et que leurs biens, leur vie ou leur liberté fussent à la discrétion des hommes puissants, sans qu’il leur fût possible ou permis d’oser réclamer les lois. Alors, soumis aux devoirs de l’état civil, sans jouir même des droits de l’état de nature et sans pouvoir employer leurs forces pour se défendre, ils seraient par conséquent dans la pire condition où se puissent trouver des hommes libres, et le mot de patrie ne pourrait avoir pour eux qu’un sens odieux ou ridicule. Il ne faut pas croire que l’on puisse offenser ou couper un bras, que la douleur ne-s’en porte à la tête ; et il n’est pas plus croyable que la volonté générale consente qu’un membre de l’état, quel qu’il soit, en blesse ou détruise un autre, qu’il ne l’est que les doigts d’un homme usant de sa raison aillent lui crever les yeux. La sûreté particulière est tellement liée avec la confédération publique, que, sans les égards que l’on doit à la faiblesse humaine, cette convention serait dissoute par le droit, s’il périssait dans l’état un seul citoyen qu’on eût pu secourir, si l’on en retenait à tort un seul en prison, et s’il se perdait un seul procès avec une injustice évidente ; car, les conventions fondamentales étant enfreintes, on ne voit plus quel droit ni quel intérêt pourrait maintenir le peuple dans l’union sociale, à moins qu’il n’y fût retenu par la seule force qui fait la dissolution de l’état civil.

En effet, l’engagement du corps de la nation n’est-il pas de pourvoir à la conservation du dernier de ses membres avec autant de soin qu’à celle de tous les autres ? et le salut d’un citoyen est-il moins la cause commune que celui de tout l’état ? Qu’on nous dise qu’il est bon qu’un seul périsse pour tous ; j’admirerai cette sentence dans la bouche d’un digne et vertueux patriote qui se consacre volontairement et par devoir à la mort pour le salut de son pays : mais si l’on entend qu’il soit permis au gouvernement de sacrifier un innocent au salut de la multitude, je tiens cette maxime pour une des plus exécrables que jamais la tyrannie ait inventées, la plus fausse qu’on puisse avancer, la plus dangereuse qu’on puisse admettre, et la plus directement opposée aux lois fondamentales de la société. Loin qu’un seul doive périr pour tous, tous ont engagé leurs biens et leurs vies à la défense de chacun d’eux, afin que la faiblesse particulière fût toujours protégée par la force publique, et chaque membre par tout l’état. Après avoir par supposition retranché du peuple un individu après l’autre, pressez les partisans de cette maxime à mieux expliquer ce qu’ils entendent par le corps de l’état, et vous verrez qu’ils le réduiront, à la fin, à un petit nombre d’hommes qui ne sont pas le peuple, mais les officiers du peuple, et qui, s’étant obligés par un serment particulier à périr eux-mêmes pour son salut, prétendent prouver par-là que c’est à lui de périr pour le leur.

Veut-on trouver des exemples de la protection que l’état doit à ses membres, et du respect qu’il doit à leurs personnes ? ce n’est que chez les plus illustres et les plus courageuses nations de la terre qu’il faut les chercher, et il n’y a guère que les peuples libres où l’on sache que vaut un homme. À Sparte, on sait en quelle perplexité se trouvait toute la république lorsqu’il était question de punir un citoyen coupable. En Macédoine, la vie d’un homme était une affaire si importante, que dans toute la grandeur d’Alexandre, ce puissant monarque n’eût osé de sang-froid faire mourir un Macédonien criminel, que l’accusé n’eût comparu pour se défendre devant ses concitoyens, et n’eût été condamné par eux. Mais les Romains se distinguèrent au-dessus de tous les peuples de la terre par les égards du gouvernement pour les particuliers, et par son attention scrupuleuse à respecter les droits inviolables de tous les membres de l’état. Il n’y avait rien de si sacré que la vie des simples citoyens ; il ne fallait pas moins que l’assemblée de tout le peuple pour en condamner un : le sénat même ni les consuls, dans toute leur majesté, n’en avaient pas le droit, et chez le plus puissant peuple du monde le crime et la peine d’un citoyen étaient une désolation publique ; aussi parut-il si dur d’en verser le sang pour quelque crime que ce pût être, que par la loi Porcia, la peine de mort fut commuée en celle de l’exil, pour tous ceux qui voudraient survivre à la perte d’une si douce patrie. Tout respirait à Rome et dans les armées cet amour des concitoyens les uns pour les autres, et ce respect pour le nom romain qui élevait le courage et animait la vertu de quiconque avait l’honneur de le porter. Le chapeau d’un citoyen délivré d’esclavage, la couronne civique de celui qui avait sauvé la vie à un autre, étaient ce qu’on regardait avec le plus de plaisir dans la pompe des triomphes ; et il est à remarquer que des couronnes dont on honorait à la guerre les belles actions, il n’y avait que la civique et celle des triomphateurs qui fussent d’herbe et de feuilles, toutes les autres n’étaient que d’or. C’est ainsi que Rome fut vertueuse, et devint la maîtresse du monde. Chefs ambitieux ! Un pâtre gouverne ses chiens et ses troupeaux, et n’est que le dernier des hommes. S’il est beau de commander, c’est quand ceux qui nous obéissent peuvent nous honorer : respectez donc vos concitoyens, et vous vous rendrez respectables ; respectez la liberté, et votre puissance augmentera tous les jours : ne passez jamais vos droits, et bientôt ils seront sans bornes.

Que la patrie se montre donc la mère commune des citoyens ; que les avantages dont ils jouissent dans leur pays le leur rendent cher ; que le gouvernement leur laisse assez de part à l’administration publique pour sentir qu’ils sont chez eux, et que les lois ne soient à leurs yeux que les garants de la commune liberté. Ces droits, tout beaux qu’ils sont, appartiennent à tous les hommes ; mais, sans paraître les attaquer directement, la mauvaise volonté des chefs en réduit aisément l’effet à rien. La loi dont on abuse sert à la fois au puissant d’arme offensive et de bouclier contre le faible ; et le prétexte du bien public est toujours le plus dangereux fléau du peuple. Ce qu’il y a de plus nécessaire et peut-être de plus difficile dans le gouvernement, c’est une intégrité sévère à rendre justice à tous, et surtout à protéger le pauvre contre la tyrannie du riche. Le plus grand mal est déjà fait, quand on a des pauvres à défendre et des riches à contenir. C’est sur la médiocrité seule que s’exerce toute la force des lois ; elles sont également impuissantes contre les trésors du riche et contre la misère du pauvre ; le premier les élude, le second leur échappe ; l’un brise la toile, et l’autre passe au travers.

C’est donc une des plus importantes affaires du gouvernement de prévenir l’extrême inégalité des fortunes ; non en enlevant les trésors à leurs possesseurs, mais en ôtant à tous les moyens d’en accumuler ; ni en bâtissant des hôpitaux pour les pauvres, mais en garantissant les citoyens de le devenir. Les hommes inégalement distribués sur le territoire, et entassés dans un lieu tandis que les autres se dépeuplent ; les arts d’agréments et de pure industrie favorisés aux dépens des métiers utiles et pénibles ; l’agriculture sacrifiée au commerce ; le publicain rendu nécessaire par la mauvaise administration des deniers de l’état ; enfin la vénalité poussée à tel excès, que la considération se compte avec les pistoles, et que les vertus mêmes se vendent à prix d’argent : telles sont les causes les plus sensibles de l’opulence et de la misère, de l’intérêt particulier substitué à l’intérêt public, de la haine mutuelle des citoyens, de leur indifférence pour la cause commune, de la corruption du peuple, et de l’affaiblissement de tous les ressorts du gouvernement. Tels sont par conséquent les maux qu’on guérit difficilement quand ils se font sentir, mais qu’une sage administration doit prévenir, pour maintenir avec les bonnes mœurs le respect pour les lois, l’amour de la patrie, et la vigueur de la volonté générale.

If we wish for people to be virtuous, let us first make them love their country. But how can they love it if, for them, it is no different from a foreign land, and if it grants them only what it is willing to grant anyone else? It would be even worse if they did not enjoy even the basic guarantees of civil security, if their property, their lives, or their freedom were at the mercy of those in power, without any possibility or right to demand justice. Then, subjected to the duties of civil society but deprived of the rights inherent in human nature and unable to use their strength for self-defense, they would be in the worst condition possible for free people, and the word “country” would hold only an offensive or ridiculous meaning for them. One should not believe that cutting off a limb does not cause pain throughout the body; nor is it conceivable that the general will of a society would allow one member to harm or destroy another, any more than the fingers of a rational person would be used to gouge out someone else’s eyes. Individual security is so closely tied to the collective bond of society that, without showing respect for human weakness, this social contract would be violated by law itself—if a single citizen in need were not rescued, if one were unjustly imprisoned, or if a fair trial were denied. For when these fundamental agreements are broken, no right or interest can maintain people within the bonds of society, unless they are held together by the very force that could destroy those bonds.

Indeed, is not the duty of the entire nation to ensure the preservation of its last member with just as much care as it does for all the others? And is not the salvation of one citizen less of a common concern than that of the whole state? One may say that it is good for one person to perish for the sake of all; I would admire such a statement from a worthy and virtuous patriot who willingly and out of duty consents to die for the salvation of his country. But if one hears that it is permissible for the government to sacrifice an innocent individual for the benefit of the majority, I consider this maxim one of the most abhorrent ever invented by tyranny—most false, most dangerous, and most directly contrary to the fundamental laws of society. Far from it being the case that one person should perish for the sake of all, everyone has committed their property and their lives to the defense of each other, so that individual weakness may always be protected by the power of the state, and every member of society be safeguarded by the whole community. If we assume that one individual after another is removed from the population, then we should ask the proponents of this maxim to explain more clearly what they mean by “the body of the state.” In the end, they will reduce it to a small number of people who are not the people themselves, but rather officials of the people. These individuals, having sworn to die for the sake of the people, claim thereby that it is the people’s duty to die for theirs.

Is it necessary to seek examples of the protection that the state owes its citizens, and of the respect it must pay for their person? Such examples can be found only among the most illustrious and courageous nations of the earth; indeed, they are largely confined to free peoples, where people truly understand what a human being is worth. In Sparta, one could see the dilemma faced by the entire republic whenever it came to punishing a guilty citizen. In Macedonia, the life of a man was considered so important that, despite the greatness of Alexander the Great, no powerful monarch would dare to execute a Macedonian criminal without first allowing the accused to appear before his fellow citizens for defense and be convicted by them. However, the Romans surpassed all other peoples in their regard for individuals and their scrupulous attention to upholding the inviolable rights of every member of the state. Nothing was more sacred than the life of an ordinary citizen; even the entire populace had to convene to condemn one. Neither the senate nor the consuls, despite their authority, possessed this power. In the most powerful nation in the world, the crime and punishment of a citizen were considered a public tragedy. Therefore, it seemed so cruel to shed blood for any offense that, under the Porcia Law, the death penalty was replaced by exile for those who wished to survive the loss of such a beloved homeland. Throughout Rome and its armies, there was this mutual love among citizens and this respect for the Roman name that inspired courage and virtue in everyone who bore it. The hat of a citizen freed from slavery or the civic crown awarded to one who had saved another’s life were the highlights of triumphal parades. It is worth noting that among the crowns awarded for military achievements, only the civic crown and those of triumphant generals were made of grass and leaves; all others were gold. Such was Rome—virtuous and destined to rule the world. Ambitious leaders! A shepherd manages his dogs and sheep and is but one of the lowest in rank. Commanding is indeed honorable when those who obey us are able to honor us in return. Respect your citizens, and you will earn respect; cherish freedom, and your power will grow day by day. Never overstep your authority, for then it will become boundless.

Let the motherland thus be regarded as the common mother of all its citizens; let the benefits they enjoy within their own country make it dear to them; let the government grant them sufficient participation in public affairs so that they feel at home, and let laws be seen in their eyes merely as guarantors of their common freedom. These rights, as beautiful as they are, belong to all men; yet, without appearing to attack them directly, the malice of those in power can easily render them ineffective. The law that is abused serves both the powerful as a weapon of offense and as a shield against the weak; and the pretext of the common good is always the most dangerous scourge upon the people. What is most necessary—and perhaps also most difficult—in governance is strict integrity, so as to bring justice to all, and especially to protect the poor from the tyranny of the rich. The greatest harm is already done when there are poor to defend and rich to restrain. It is against the mediocre alone that the full force of the law is exerted; it is equally powerless against the riches of the powerful and the poverty of the weak—the former evade its provisions, the latter slip through its gaps.

Therefore, one of the most important tasks of a government is to prevent the extreme inequality in wealth; not by taking away riches from their owners, but by eliminating all means by which they can be accumulated; nor by building hospitals for the poor, but by ensuring that citizens will not fall into poverty. Men unevenly distributed across a territory, concentrated in one place while others are depopulated; the arts of leisure and pure industry favored at the expense of useful and laborious occupations; agriculture sacrificed to commerce; the existence of public officials made necessary by poor management of state funds; finally, corruption carried to such extremes that respect is measured in pistols, and even virtues are sold for money: these are the most evident causes of wealth and poverty, of private interests replacing the public good, of mutual hatred among citizens, of their indifference toward the common cause, of the corruption of the people, and of the weakening of all the foundations of government. Such are the evils that are difficult to cure once they have taken hold, but which a wise administration must prevent in order to maintain, along with good morals, respect for the law, love for the country, and the strength of the general will.

Vogliamo che i popoli siano virtuosi? Allora cominciamo col far loro amare la patria. Ma come potranno amarla, se per loro la patria non è nulla di più di ciò che è per degli stranieri, e se essa non concede loro altro se non ciò che non può rifiutare a nessuno? Sarebbe ancora peggio se non godessero nemmeno della sicurezza civile, e se i loro beni, la loro vita o la loro libertà fossero alla discrezione dei potenti, senza che avessero la possibilità o il permesso di osare reclamare le leggi. Allora, soggetti ai doveri dello stato civile, senza godere nemmeno dei diritti dello stato di natura e senza poter utilizzare le proprie forze per difendersi, si troverebbero nella peggiore condizione in cui possano trovarsi degli uomini liberi; il termine “patria” non avrebbe per loro altro significato se non uno odioso o ridicolo. Non si deve credere che si possa offendere o tagliare un braccio senza che il dolore si propaghi alla testa; e non è più credibile che la volontà generale permetta a un membro dello stato, qualunque esso sia, di ferire o distruggere un altro, quanto lo sono i denti di un uomo che usa la propria ragione nel morderne un altro. La sicurezza individuale è così strettamente legata alla confederazione pubblica che, senza le considerazioni dovute alla debolezza umana, questa convenzione verrebbe sciolta dal diritto stesso: se in uno stato perisse un solo cittadino che si sarebbe potuto salvare, se ne tenesse ingiustamente prigioniero un altro, o se si perdesse una causa con un’ingiustizia evidente. Poiché le convenzioni fondamentali vengono violate, non si vede più quale diritto né quale interesse possa mantenere il popolo nell’unione sociale, a meno che non vi sia trattenuto dalla sola forza che potrebbe distruggere lo stesso stato civile.

Infatti, non è forse dovere del corpo della nazione provvedere alla conservazione dell’ultimo dei suoi membri con lo stesso impegno di quella di tutti gli altri? E il salvataggio di un cittadino non rappresenta forse una causa comune a tutto lo stato? Si dica pure che sia giusto che uno solo perisca per il bene di tutti; ammirerei questa affermazione se provenisse dalla bocca di un nobile e virtuoso patriota che si dedichi volontariamente, per dovere, alla morte per il salvataggio del proprio paese. Ma se si intende che al governo sia permesso sacrificare un innocente per il bene della moltitudine, considero questa massima una delle più abominate mai inventate dalla tirannia, la più falsa che si possa avanzare, la più pericolosa che si possa accettare, e quella che si oppone più direttamente alle leggi fondamentali della società. Lontano dall’idea che uno solo debba perire per tutti, tutti hanno impegnato i propri beni e le proprie vite nella difesa di ciascuno di loro, affinché la debolezza individuale fosse sempre protetta dalla forza pubblica, e ogni membro dello stato dal resto della comunità. Dopo aver presunto di eliminare uno dopo l’altro gli individui dal popolo, si chieda ai sostenitori di questa massima di spiegare meglio ciò che intendono per “corpo dello stato”; si vedrà che, in definitiva, lo riducono a un piccolo numero di persone che non sono il popolo stesso, ma i suoi funzionari, e che, essendosi impegnati con un giuramento particolare a morire per il suo salvataggio, pretendono dimostrare che sia proprio il popolo ad avere il dovere di morire per il loro.

Si desiderano esempi della protezione che lo stato deve ai suoi cittadini, e del rispetto che deve verso le loro persone? Si trovano soltanto nelle nazioni più illustri e coraggiose della terra; e sono pochi i popoli liberi in cui si sappia davvero quanto valga un uomo. A Sparta, si sapeva in quale difficoltà si trovasse l’intera repubblica quando si trattava di punire un cittadino colpevole. In Macedonia, la vita di un uomo era una questione così importante che, nonostante tutta la grandezza di Alessandro Magno, quel potente monarca non avrebbe osato, con sangue freddo, far morire un cittadino macedone colpevole, se l’accusato non fosse comparso davanti ai suoi concittadini per difendersi e non fosse stato condannato da loro. Ma i Romani si distinsero su tutti i popoli della terra per la cura che il governo dimostrava nei confronti dei singoli individui, e per la scrupolosa attenzione con cui rispettavano i diritti inviolabili di ogni membro dello stato. Non c’era nulla di più sacro della vita dei cittadini comuni; era necessaria l’assemblea di tutto il popolo per condannarne uno: nemmeno il senato né i consoli, nella loro massima autorità, ne avevano il diritto. Nel popolo più potente del mondo, il crimine e la pena di un cittadino rappresentavano una vera tragedia pubblica; per questo sembrava così difficile versare sangue per qualsiasi crimine si fosse commesso, che, secondo la legge Porcia, la pena di morte fu sostituita dall’esilio, per tutti coloro che volessero sopravvivere alla perdita di una patria così dolce. A Roma e nelle sue armate regnava un amore reciproco tra i cittadini, e un profondo rispetto per il nome romano che stimolava il coraggio e incoraggiava la virtù di chiunque avesse l’onore di portarlo. Il cappello di un cittadino liberato dalla schiavitù, la corona civica di colui che aveva salvato la vita a un altro, erano gli oggetti più apprezzati durante le celebrazioni dei trionfi; e è degno di nota che, tra tutte le corone con cui si onoravano in guerra le imprese valorose, solo quelle civiche e quelle dei vincitori erano fatte di erba e foglie, mentre tutte le altre erano d’oro. Fu così che Roma divenne virtuosa e padrona del mondo. Capi ambiziosi! Un pastore guida i suoi cani e il suo gregge, ed è soltanto l’ultimo degli uomini; se comandare è bello, è perché coloro che ci obbediscono possono onorarci: rispettate quindi i vostri cittadini, e diventerete rispettabili; rispettate la libertà, e il vostro potere aumenterà giorno dopo giorno; non oltrepassate mai i vostri diritti, e presto essi diventeranno infiniti.

Che la patria si mostri quindi come la madre comune dei cittadini; che i vantaggi di cui godono nel loro paese lo rendano caro per loro; che il governo lasci loro abbastanza spazio nell’amministrazione pubblica affinché possano sentirsi a casa propria, e che le leggi siano ai loro occhi soltanto i garanti della libertà comune. Questi diritti, per quanto preziosi, appartengono a tutti gli uomini; ma, senza sembrare attaccarli direttamente, la cattiva volontà dei governanti riduce facilmente il loro effetto a nulla. La legge che viene abusata serve sia al potente come arma offensiva che come scudo contro il debole; e il pretesto del bene pubblico è sempre il flagello più pericoloso per il popolo. Ciò che è più necessario, e forse anche più difficile nel governo, è un’ integrità rigorosa che permetta di giustiziare tutti, e soprattutto di proteggere i poveri dalla tirannia dei ricchi. Il danno maggiore è già stato causato quando si hanno poveri da difendere e ricchi da contenere. È sulla mediocrità stessa che si esercita tutta la forza delle leggi; queste sono ugualmente impotenti contro i tesori del ricco e contro la miseria del povero: il primo le elude, il secondo ne sfugge; l’uno rompe la rete di protezione, l’altro vi passa attraverso.

Pertanto, uno dei compiti più importanti del governo è quello di prevenire l’estrema disuguaglianza nelle fortune; non togliendo i tesori ai loro possessori, ma eliminando per tutti i mezzi possibili di accumularli; né costruendo ospedali per i poveri, ma garantendo che nessuno diventi povero. Gli uomini distribuiti in modo disomogeneo sul territorio, concentrati in alcuni luoghi mentre altri si spopolano; le arti decorative e le attività industriali privilegiate a scapito dei mestieri utili e faticosi; l’agricoltura sacrificata al commercio; il monopolio delle vendite pubbliche reso necessario da una cattiva amministrazione dei fondi dello stato; infine la corruzione portata a estremi limiti, fino al punto in cui la considerazione umana viene misurata in pistole e persino le virtù vengono vendute a denaro: queste sono le cause più evidenti dell’opulenza e della povertà, dell’interesse particolare che sostituisce l’interesse pubblico, dell’odio reciproco tra i cittadini, della loro indifferenza verso la causa comune, della corruzione del popolo e dell’indebolimento di tutti i meccanismi di governo. Sono quindi mali che è difficile curare una volta manifestatisi, ma che un’amministrazione saggia deve prevenire per mantenere, insieme alle buone costumi, il rispetto delle leggi, l’amore per la patria e la forza della volontà collettiva.

Mais toutes ces précautions seront insuffisantes, si l’on ne s’y prend de plus loin encore. Je finis cette partie de l’économie publique par où j’aurais dû la commencer. La patrie ne peut subsister sans la liberté, ni la liberté sans la vertu, ni la vertu sans les citoyens : vous aurez tout si vous formez des citoyens ; sans cela vous n’aurez que de méchants esclaves, à commencer par les chefs de l’état. Or, former des citoyens n’est pas l’affaire d’un jour ; et, pour les avoir hommes, il faut les instruire enfants. Qu’on me dise que quiconque a des hommes à gouverner ne doit pas chercher hors de leur nature une perfection dont ils ne sont pas susceptibles ; qu’il ne doit pas vouloir détruire en eux les passions, et que l’exécution d’un pareil projet ne serait pas plus désirable que possible. Je conviendrai d’autant mieux de tout cela, qu’un homme qui n’aurait point de passions serait certainement un fort mauvais citoyen : mais il faut convenir aussi que si l’on n’apprend point aux hommes à n’aimer rien, il n’est pas impossible de leur apprendre à aimer un objet plutôt qu’un autre ; et ce qui est véritablement beau plutôt que ce qui est difforme. Si, par exemple, on les exerce assez tôt à ne jamais regarder leur individu que par ses relations avec le corps de l’état, et à n’apercevoir, pour ainsi dire, leur propre existence que comme une partie de la sienne, ils pourront parvenir enfin à s’identifier en quelque sorte avec ce plus grand tout, à se sentir membres de la patrie, à l’aimer de ce sentiment exquis que tout homme isolé n’a que pour soi-même, à élever perpétuellement leur âme à ce grand objet, et à transformer ainsi en une vertu sublime cette disposition dangereuse d’où naissent tous nos vices. Non seulement la philosophie démontre la possibilité de ces nouvelles directions, mais l’histoire en fournit mille exemples éclatants : s’ils sont si rares parmi nous, c’est que personne ne se soucie qu’il y ait des citoyens, et qu’on s’avise encore moins de s’y prendre assez tôt pour les former. Il n’est plus temps de changer nos inclinations naturelles quand elles ont pris leur cours et que l’habitude s’est jointe à l’amour-propre ; il n’est plus temps de nous tirer hors de nous-mêmes quand une fois le moi humain concentré dans nos cœurs y a acquis cette méprisable activité qui absorbe toute vertu et fait la vie des petites âmes. Comment l’amour de la patrie pourrait-il germer au milieu de tant d’autres passions qui l’étouffent ? et que reste-t-il pour les concitoyens d’un cœur déjà partagé entre l’avarice, une maîtresse, et la vanité ?

C’est du premier moment de la vie qu’il faut apprendre à mériter de vivre ; et comme on participe en naissant au droit des citoyens, l’instant de notre naissance doit être le commencement de l’exercice de nos devoirs. S’il y a des lois pour l’âge mûr, il doit y en avoir pour l’enfance, qui enseignent à obéir aux autres ; et, comme on ne laisse pas la raison de chaque homme unique arbitre de ses devoirs, on doit d’autant moins abandonner aux lumières et aux préjugés des pères l’éducation de leurs enfants, qu’elle importe à l’état encore plus qu’aux pères ; car, selon le cours de la nature, la mort du père lui dérobe souvent les derniers fruits de cette éducation, mais la patrie en sent tôt ou tard les effets ; l’état demeure et la famille se dissout. Que si l’autorité publique, en prenant la place des pères, et se chargeant de cette importante fonction, acquiert leurs droits en remplissant leurs devoirs, ils ont d’autant moins sujet de s’en plaindre, qu’à cet égard ils ne font proprement que changer de nom, et qu’ils auront en commun, sous le nom de citoyens, la même autorité sur leurs enfants qu’ils exerçaient séparément sous le nom de pères, et n’en seront pas moins obéis en parlant au nom de la loi, qu’ils l’étaient en parlant au nom de la nature. L’éducation publique, sous des règles prescrites par le gouvernement, et sous des magistrats établis par le souverain, est donc une des maximes fondamentales du gouvernement populaire ou légitime. Si les enfants sont élevés en commun dans le sein de l’égalité, s’ils sont imbus des lois de l’état et des maximes de la volonté générale, s’ils sont instruits à les respecter par-dessus toutes choses, s’ils sont environnés d’exemples et d’objets qui leur parlent sans cesse de la tendre mère qui les nourrit, de l’amour qu’elle a pour eux, des biens inestimables qu’ils reçoivent d’elle, et du retour qu’ils lui doivent, ne doutons pas qu’ils n’apprennent ainsi à se chérir mutuellement comme des frères, à ne vouloir jamais que ce que veut la société, à substituer des actions d’hommes et de citoyens au stérile et vain babil des sophistes, et à devenir un jour les défenseurs et les pères de la patrie dont ils auront été si longtemps les enfants.

Je ne parlerai point des magistrats destinés à présider à cette éducation, qui certainement est la plus importante affaire de l’état. On sent que si de telles marques de la confiance publique étaient légèrement accordées, si cette fonction sublime n’était pour ceux qui auraient dignement rempli toutes les autres le prix de leurs travaux, l’honorable et doux repos de leur vieillesse, et le comble de tous les honneurs, toute l’entreprise serait inutile et l’éducation sans succès ; car partout où la leçon n’est pas soutenue par l’autorité, et le précepte par l’exemple, l’instruction demeure sans fruit, et la vertu même perd son crédit dans la bouche de celui qui ne la pratique pas. Mais que des guerriers illustres courbés sous le faix de leurs lauriers, prêchent le courage ; que des magistrats intègres, blanchis dans la pourpre et sur les tribunaux, enseignent la justice ; les uns et les autres se formeront ainsi de vertueux successeurs, et transmettront d’âge en âge aux générations suivantes, l’expérience et les talents des chefs, le courage et la vertu des citoyens, et l’émulation commune à tous de vivre et mourir pour la patrie.

Je ne sache que trois peuples qui aient autrefois pratiqué l’éducation publique ; savoir, les Crétois, les Lacédémoniens, et les Anciens Perses : chez tous les trois elle eut le plus grand succès, et fit des prodiges chez les deux derniers. Quand le monde s’est trouvé divisé en nations trop grandes pour pouvoir être bien gouvernées, ce moyen n’a plus été praticable ; et d’autres raisons que le lecteur peut voir aisément, ont encore empêché qu’il n’ait été tenté chez aucun peuple moderne. C’est une chose très remarquable que les Romains aient pu s’en passer ; mais Rome fut durant cinq cents ans un miracle continuel, que le monde ne doit plus espérer de revoir. La vertu des Romains engendrée par l’horreur de la tyrannie et des crimes des tyrans, et par l’amour inné de la patrie, fit de toutes leurs maisons autant d’écoles de citoyens ; et le pouvoir sans bornes des pères sur leurs enfants mit tant de sévérité dans la police particulière que le père, plus craint que les magistrats, était dans son tribunal domestique le censeur des moeurs et le vengeur des lois.

C’est ainsi qu’un gouvernement attentif et bien intentionné, veillant sans cesse à maintenir ou rappeler chez le peuple l’amour de la patrie et les bonnes moeurs, prévient de loin les maux qui résultent tôt ou tard de l’indifférence des citoyens pour le sort de la république, et contient dans d’étroites bornes cet intérêt personnel, qui isole tellement les particuliers, que l’état s’affaiblit par leur puissance et n’a rien à espérer de leur bonne volonté. Partout où le peuple aime son pays, respecte les lois, et vit simplement, il reste peu de chose à faire pour le rendre heureux ; et dans l’administration publique où la fortune a moins de part qu’au sort des particuliers, la sagesse est si près du bonheur que ces deux objets se confondent.

Troisième maxime

Ce n’est pas assez d’avoir des citoyens et de les protéger ; il faut encore songer à leur subsistance ; et pourvoir aux besoins publics est une suite évidente de la volonté générale, et le troisième devoir essentiel du gouvernement. Ce devoir n’est pas, comme on doit le sentir, de remplir les greniers des particuliers et les dispenser du travail, mais de maintenir l’abondance tellement à leur portée, que pour l’acquérir le travail soit toujours nécessaire et ne soit jamais inutile. Il s’étend aussi à toutes les opérations qui regardent l’entretien du fisc, et les dépenses de l’administration publique. Ainsi après avoir parlé de l’économie générale par rapport au gouvernement des personnes, il nous reste à la considérer par rapport à l’administration des biens.

But all these precautions will be insufficient if we do not take even more radical measures. I conclude this part of the discussion on public economy where I should have begun it. A nation cannot survive without freedom; freedom cannot exist without virtue; and virtue cannot be cultivated without citizens: if you cultivate citizens, you will have everything; otherwise, you will only have wicked slaves, starting with those in charge of the state. Yet, cultivating citizens is not something that can be accomplished in a day; to have such citizens, one must educate them from childhood. Some may argue that anyone who has people to govern should not seek perfection in them that they are naturally incapable of achieving; they should not attempt to destroy their passions, as such an endeavor would be both undesirable and impossible. I would agree with all this even more readily if it were true that a person without any passions would certainly be a very poor citizen; but it must also be acknowledged that if we do not teach people to love certain things over others, it is still possible to teach them to prefer the beautiful over the ugly. For example, if we train them from an early age to consider their individual existence only in relation to the greater whole of the state, and to see their own being as a part of this larger whole, they may eventually come to identify themselves with it, to love the nation with that delicate sentiment that no isolated individual can feel for anything but themselves. They can constantly elevate their souls toward this greater goal, thereby transforming what is otherwise a dangerous inclination—the source of all our vices—into a sublime virtue. Not only does philosophy demonstrate the possibility of such transformations, but history provides countless shining examples: the reason such examples are so rare among us is that no one cares about cultivating citizens, and even fewer take the necessary steps to do so at an early stage. It is too late to change our natural inclinations once they have taken hold and habit has joined with self-love; it is too late to draw ourselves out of ourselves once the human ego has acquired that despicable activity that consumes all virtue and dominates the lives of petty souls. How could love for the nation ever flourish amidst so many other passions that stifle it? And what remains for citizens whose hearts are already divided between greed, a lover, and vanity?

From the very first moment of life, one must learn to deserve to live; and since we are born with the rights of citizens, the moment of our birth should be the beginning of the fulfillment of our duties. If there are laws for adulthood, there must also be laws for childhood that teach us to obey others. And just as we cannot allow each individual’s reason to be the sole arbiter of their duties, we must all the more refrain from leaving the education of our children to the whims and prejudices of their parents—especially since this is far more important to the state than it is to the parents themselves. For, according to the natural order of things, the death of a parent often deprives them of the final fruits of that education, but the nation will sooner or later reap its benefits; the state endures, while families dissolve. If the public authority takes the place of parents and assumes this important role, fulfilling their duties in the process, then parents have all the less reason to complain, for in this regard they are merely changing their role; under the name of citizens, they will exercise the same authority over their children as they did previously as parents. And when speaking in the name of the law, they will be just as obeyed as when they spoke in the name of nature. Therefore, public education, governed by rules established by the government and administered by officials appointed by the sovereign, is one of the fundamental principles of a democratic or legitimate form of government. If children are raised together in equality, if they learn the laws of the state and the principles of the general will, if they are taught to respect these above all else, if they are surrounded by examples and reminders of the loving care of their mother who nurtures them, of the love she has for them, of the invaluable gifts they receive from her, and of the debt they owe her—then we have no doubt that they will learn to cherish one another as brothers, to desire only what society desires, to replace the sterile and vain rhetoric of sophists with the actions of true men and citizens, and to become, one day, the defenders and parents of the nation they have been its children for so long.

I shall not speak of those magistrates who are destined to oversee this education, which is undoubtedly the most important affair of the state. It is clear that if such signs of public trust were granted even slightly, if this noble office were rewarded for those who had dignitously fulfilled all other duties with the honorable and peaceful rest of their old age, as well as the highest honors, then all such efforts would be futile and education itself would achieve no success. For wherever instruction is not supported by authority and teachings by example, learning remains fruitless, and virtue itself loses its credibility in the eyes of those who do not practice it. But if illustrious warriors, now burdened with the laurels of their victories, preach courage; if upright magistrates, having served in the courts and worn the robes of justice, teach righteousness—then both will cultivate virtuous successors and pass on from generation to generation the experience and talents of leaders, the courage and virtue of citizens, and the common aspiration of all to live and die for their country.

I know of only three peoples who once practiced public education: the Cretans, the Spartans, and the ancient Persians. In all three cases, it was extremely successful, especially among the latter two. When the world came to be divided into nations that were too large to be properly governed, this method became impractical; moreover, other reasons, which the reader can easily understand, prevented its adoption by any modern people. It is truly remarkable that the Romans were able to do without it. However, Rome was for five hundred years a continuous miracle—something the world can no longer hope to see again. The virtue of the Romans, born out of their horror of tyranny and the crimes of tyrants, as well as their innate love for their country, turned every household into a school for citizens. Moreover, the absolute power of fathers over their children ensured such strict discipline within families that the father, feared more than any magistrate, acted as both the censor of morals and the enforcer of laws in his own household.

In this way, a vigilant and well-intentioned government, which constantly strives to maintain or rekindle in the people their love for the fatherland and good morals, can far ahead prevent those evils that inevitably arise from citizens’ indifference toward the fate of the republic. It also keeps within strict bounds that selfish interest which so greatly isolates individuals that the state is weakened by their power and can rely on nothing but their good will. Wherever the people love their country, respect the laws, and live simply, there is little left to be done in order to make them happy; and in public administration, where fortune plays a far smaller role than in the lives of individuals, wisdom is so close to happiness that the two are virtually one.

Third maxim

It is not enough merely to have citizens and protect them; one must also consider their means of subsistence. Providing for public needs is an obvious consequence of the general will, and it constitutes the third essential duty of government. This duty is not, as one might mistakenly assume, to fill private households with goods and exempt them from work, but rather to ensure that abundance remains within their reach in such a way that work is always necessary—and never useless—for acquiring it. It also extends to all operations related to the maintenance of public finances and the expenditures of government administration. Thus, after discussing the general economy in relation to the governance of individuals, we must now consider it in relation to the management of resources.

Ma tutte queste precauzioni saranno insufficienti se non si agisce ancora più a lungo termine. Concludo questa parte dell’analisi sull’economia pubblica proprio nel punto in cui avrei dovuto iniziarla: la patria non può sopravvivere senza libertà, né la libertà senza virtù, né la virtù senza cittadini. Avrete tutto ciò che vi serve se formate dei cittadini; altrimenti avrete soltanto cattivi schiavi, a partire dai capi dello stato stesso. Ora, formare dei cittadini non è un compito che si possa portare a termine in un giorno; per farne degli uomini veri, bisogna educarli fin da bambini. Si dirà forse che chi ha delle persone da governare non dovrebbe cercare nella loro natura qualcosa di perfetto che essi non sono in grado di possedere; si dirà che non dovrebbe voler distruggere in loro le passioni, e che l’attuazione di un simile progetto non sarebbe né desiderabile né possibile. Io concorderò pienamente su tutto ciò: un uomo privo di passioni sarebbe certamente un cattivo cittadino; ma bisogna anche ammettere che, se non si insegna alle persone ad amare qualcosa piuttosto che altro, non è impossibile insegnar loro ad amare questo o quell’oggetto più di un altro, e ciò che è veramente bello piuttosto di ciò che è brutto. Ad esempio, se si insegna loro fin da piccoli a considerare il proprio individuo soltanto in relazione al corpo dello stato, e a percepire la propria esistenza come parte di quella dello stato stesso, essi potranno alla fine identificarsi in qualche modo con questo “tutto più grande”, sentirsi membri della patria, amarla con quel sentimento delicato che ogni uomo isolato ha soltanto per se stesso, elevare costantemente la propria anima verso questo grande obiettivo e trasformare così in una virtù sublime quella disposizione pericolosa da cui derivano tutti i nostri vizi. Non solo la filosofia dimostra la possibilità di queste nuove direzioni, ma anche la storia ne fornisce mille esempi evidenti: se tali esempi sono così rari tra di noi, è perché nessuno si preoccupa davvero di formare dei cittadini, e ancor meno si pensa a farlo fin da tempi precoci. Non c’è più tempo per cambiare le nostre inclinazioni naturali quando queste hanno già preso il loro corso e l’abitudine si è unita all’amor proprio; non c’è più tempo per tirarci fuori da noi stessi quando il “io” umano, una volta concentrato nei nostri cuori, vi ha acquisito quell’attività meschina che assorbe tutta la virtù e rende la vita delle persone volgari. Come potrebbe nascere l’amore per la patria in mezzo a tante altre passioni che lo soffocano? E cosa resta, per i cittadini il cui cuore è già diviso tra avidità, amanti e vanità?

Dall’istante stesso della nascita è necessario imparare a meritarsi di vivere; poiché alla nascita si acquisisce il diritto di essere cittadini, quel momento deve rappresentare l’inizio dell’esercizio dei propri doveri. Se esistono leggi per l’età adulta, devono essercene anche per l’infanzia, leggi che insegnino ad obbedire agli altri; e poiché non si può lasciare che la ragione di ogni individuo sia l’unica a determinare i suoi doveri, tanto meno si deve affidare all’educazione dei propri figli alle sole luci o ai pregiudizi dei genitori, soprattutto quando tale educazione è ancora più importante per lo stato che per i genitori stessi. Infatti, secondo il corso della natura, la morte del padre spesso priva i figli degli ultimi frutti di quell’educazione, ma lo stato ne avrà presto o tardi gli effetti; lo stato sopravvive, mentre la famiglia si dissolve. Se l’autorità pubblica, assumendosi il ruolo dei genitori e svolgendo questa importante funzione, acquisisce i loro diritti nel compiere i loro doveri, allora i genitori non hanno alcun motivo di lamentarsi, poiché in questo senso cambiano semplicemente nome e, con il nome di cittadini, avranno su i propri figli lo stesso potere che avevano prima come genitori; e saranno ugualmente obbediti quando parleranno in nome della legge, quanto lo erano quando parlavano in nome della natura. L’educazione pubblica, regolamentata dalle leggi stabilite dal governo e gestita da magistrati nominati dal sovrano, rappresenta quindi una delle principali basi del governo popolare o legittimo. Se i bambini vengono educati insieme, nell’ambito dell’uguaglianza, se imparano le leggi dello stato e le massime della volontà generale, se vengono insegnati a rispettarle sopra ogni cosa, se sono circondati da esempi e oggetti che continuamente ricordano loro la dolce madre che li nutre, l’amore che lei prova per loro, i beni inestimabili che ricevono da lei e il dovere che hanno di ripagarla, non dubitiamo che impareranno così ad amarsi a vicenda come fratelli, a desiderare soltanto ciò che desidera la società, a sostituire i vani discorsi dei sofisti con azioni concrete da uomini e cittadini, e un giorno diventeranno i difensori e i padri della patria di cui sono stati per tanto tempo i figli.

Non parlerò dei magistrati incaricati di presiedere a questa educazione, che certamente rappresenta la questione più importante dello Stato. Si può intuire che, se tali segni di fiducia da parte del pubblico venissero concesso anche solo in misura limitata, e se questa nobile funzione fosse per coloro che avessero onoratamente svolto tutte le altre mansioni il premio dei loro sforzi, l’onorevole e sereno riposo della loro vecchiaia, nonché la massima delle onorificenze, allora tutto questo impegno sarebbe inutile e l’educazione priva di successo; infatti, ovunque la lezione non sia sostenuta dall’autorità e il precetto dall’esempio, l’insegnamento rimane infruttuoso, e anche la virtù perde il suo credito nelle parole di coloro che non la praticano. Ma che dei valorosi guerrieri, ormai avvolti nei loro riconoscimenti, insegnino il coraggio; che dei magistrati integri, formatisi nel contesto della giustizia e degli tribunali, impartiscano lezioni di equità. Così, sia gli uni che gli altri formeranno dei virtuosi successori, trasmettendo di generazione in generazione alle future generazioni l’esperienza e i talenti dei capi, il coraggio e la virtù dei cittadini, nonché lo spirito comune di vivere e morire per la patria.

Conosco soltanto tre popoli che in passato abbiano praticato l’istruzione pubblica: i Cretesi, i Lacedemoni e gli antichi Persiani. In tutti e tre casi, tale sistema ebbe il massimo successo, soprattutto negli ultimi due. Quando il mondo si divise in nazioni troppo grandi per essere governate efficacemente, questo metodo divenne impraticabile; inoltre, altre ragioni, facilmente comprensibili dal lettore, impedirono che venisse nuovamente adottato da alcun popolo moderno. È davvero sorprendente che i Romani riuscissero a farne a meno; tuttavia Roma fu, per cinquecento anni, un vero e proprio miracolo che il mondo non potrà più rivivere. La virtù dei Romani, nata dall’orrore per la tirannia e i crimini dei tiranni, nonché dall’amore innato per la patria, fece sì che ogni loro famiglia diventasse una scuola di cittadini. Inoltre, il potere illimitato dei padri sui loro figli garantiva una disciplina così rigorosa nella vita quotidiana che il padre, temuto più dei magistrati, agiva nel proprio “tribunale domestico” come censore dei costumi e vendicatore delle leggi.

È così che un governo attento e ben intenzionato, che si impegna costantemente nel mantenere o rinfrescare nell’animo del popolo l’amore per la patria e i buoni costumi, previene da lontano quei mali che, prima o poi, derivano dall’indifferenza dei cittadini verso il destino della repubblica; inoltre, limita al massimo quel tipo di interesse personale che isola troppo gli individui, facendo sì che lo Stato si indebolisca a causa del loro potere e non possa contare sulla loro buona volontà. Ovunque il popolo ami il proprio paese, rispetti le leggi e conduca una vita semplice, rimane poco da fare per renderlo felice; nell’amministrazione pubblica, dove la fortuna ha meno influenza di quanto non ne abbia sul destino degli individui, la saggezza è così vicina alla felicità che questi due concetti si confondono.

Terza massima

Non basta avere dei cittadini e proteggerli; è necessario anche pensare al loro sostentamento. Provvedere ai bisogni pubblici rappresenta una conseguenza evidente della volontà generale, e costituisce il terzo dovere essenziale del governo. Questo dovere non consiste, come si potrebbe erroneamente pensare, nel riempire i magazzini dei privati e nell’esentarli dal lavoro, ma nel mantenere un livello di abbondanza tale che il lavoro sia sempre necessario per ottenerla, ma mai inutile. Esso si estende anche a tutte le operazioni relative al mantenimento delle finanze pubbliche e alle spese dell’amministrazione statale. Dopo aver parlato dell’economia generale in relazione al governo delle persone, rimane da considerarla in relazione all’amministrazione dei beni.

Cette partie n’offre pas moins de difficultés à résoudre, ni de contradictions à lever que la précédente. Il est certain que le droit de propriété est le plus sacré de tous les droits des citoyens, et plus important à certains égards que la liberté même ; soit parce qu’il tient de plus près à la conservation de la vie ; soit parce que les biens étant plus faciles à usurper et plus pénibles à défendre que la personne, on doit plus respecter ce qui se peut ravir plus aisément ; soit enfin parce que la propriété est le vrai fondement de la société civile, et le vrai garant des engagements des citoyens : car si les biens ne répondaient pas des personnes, rien ne serait si facile que d’éluder ses devoirs et de se moquer des lois. D’un autre côté, il n’est pas moins sûr que le maintien de l’état et du gouvernement exige des frais et de la dépense ; et comme quiconque accorde la fin ne peut refuser les moyens, il s’ensuit que les membres de la société doivent contribuer de leurs biens à son entretien. De plus, il est difficile d’assurer d’un côté la propriété des particuliers sans l’attaquer d’un autre, et il n’est pas possible que tous les règlements qui regardent l’ordre des successions, les testaments, les contrats, ne gênent les citoyens à certains égards sur la disposition de leur propre bien, et par conséquent sur leur droit de propriété.

Mais outre ce que j’ai dit ci-devant de l’accord qui règne entre l’autorité de la loi et la liberté du citoyen, il y a par rapport à la disposition des biens une remarque importante à faire, qui lève bien des difficultés. C’est, comme l’a montré Pufendorf, que par la nature du droit de propriété, il ne s’étend point au-delà de la vie du propriétaire, et qu’à l’instant qu’un homme est mort, son bien ne lui appartient plus. Ainsi lui prescrire les conditions sous lesquelles il en peut disposer, c’est au fond moins altérer son droit en apparence, que l’étendre en effet.

En général, quoique l’institution des lois qui règlent le pouvoir des particuliers dans la disposition de leur propre bien n’appartienne qu’au souverain, l’esprit de ces lois que le gouvernement doit suivre dans leur application, est que de père en fils et de proche en proche, les biens de la famille en sortent et s’aliènent le moins qu’il est possible. Il y a une raison sensible de ceci en faveur des enfants, à qui le droit de propriété serait fort inutile, si le père ne leur laissait rien, et qui de plus ayant souvent contribué par leur travail à l’acquisition des biens du père, sont de leur chef associés à son droit. Mais une autre raison plus éloignée et non moins importante, est que rien n’est plus funeste aux moeurs et à la république, que les changements continuels d’état et de fortune entre les citoyens ; changements qui sont la preuve et la source de mille désordres, qui bouleversent et confondent tout, et par lesquels ceux qui sont élevés pour une chose, se trouvant destinés pour une autre, ni ceux qui montent ni ceux qui descendent ne peuvent prendre les maximes ni les lumières convenables à leur nouvel état, et beaucoup moins en remplir les devoirs. Je passe à l’objet des finances publiques.

Si le peuple se gouvernait lui-même, et qu’il n’y eût rien d’intermédiaire entre l’administration de l’état et les citoyens, ils n’auraient qu’à se cotiser dans l’occasion, à proportion des besoins publics et des facultés des particuliers ; et comme chacun ne perdrait jamais de vue le recouvrement ni l’emploi des deniers, il ne pourrait se glisser ni fraude ni abus dans leur maniement : l’état ne serait jamais obéré de dettes, ni le peuple accablé d’impôts, ou du moins la sûreté de l’emploi le consolerait de la dureté de la taxe. Mais les choses ne sauraient aller ainsi ; et quelque borné que soit un état, la société civile y est toujours trop nombreuse pour pouvoir être gouvernée par tous ses membres. Il faut nécessairement que les deniers publics passent par les mains des chefs, lesquels, outre l’intérêt de l’état, ont tous le leur particulier, qui n’est pas le dernier écouté. Le peuple de son côté, qui s’aperçoit plutôt de l’avidité des chefs et de leurs folles dépenses, que des besoins publics, murmure de se voir dépouiller du nécessaire pour fournir au superflu d’autrui ; et quand une fois ces manoeuvres l’ont aigri jusqu’à certain point, la plus intègre administration ne viendrait pas à bout de rétablir la confiance. Alors si les contributions sont volontaires, elles ne produisent rien, si elles sont forcées, elles sont illégitimes ; et c’est dans cette cruelle alternative de laisser périr l’état ou d’attaquer le droit sacré de la propriété, qui est en le soutien, que consiste la difficulté d’une juste et sage économie.

La première chose que doit faire, après l’établissement des lois, l’instituteur d’une république, c’est de trouver un fonds suffisant pour l’entretien des magistrats et autres officiers, et pour toutes les dépenses publiques. Ce fonds s’appelle aearium ou fisc, s’il est en argent ; domaine public, s’il est en terres, et ce dernier est de beaucoup préférable à l’autre par des raisons faciles à voir. Quiconque aura suffisamment réfléchi sur cette matière, ne pourra guère être à cet égard d’un autre avis que Bodin[595], qui regarde le domaine public comme le plus honnête et le plus sûr de tous les moyens de pourvoir aux besoins de l’état, et il est à remarquer que le premier soin de Romulus dans la division des terres, fut d’en destiner le tiers à cet usage. J’avoue qu’il n’est pas impossible que le produit du domaine mal administré, se réduise à rien ; mais il n’est pas de l’essence du domaine d’être mal administré.

Préalablement à tout emploi, ce fonds doit être assigné ou accepté par l’assemblée du peuple ou des États du pays, qui doit ensuite en déterminer l’usage. Après cette solennité, qui rend ces fonds inaliénables, ils changent, pour ainsi dire, de nature, et leurs revenus deviennent tellement sacrés, que c’est non seulement le plus infâme de tous les vols, mais un crime de lèse-majesté, que d’en détourner la moindre chose au préjudice de leur destination. C’est un grand déshonneur pour Rome, que l’intégrité du questeur Caton y ait été un sujet de remarque, et qu’un empereur récompensant de quelques écus le talent d’un chanteur, ait eu besoin d’ajouter que cet argent venait du bien de sa famille, et non de celui de l’état[596]. Mais s’il se trouve peu de Galba, où chercherons-nous des Catons ? et quand une fois le vice ne déshonorera plus, quels seront les chefs assez scrupuleux pour s’abstenir de toucher aux revenus publics abandonnés à leur discrétion, et pour ne pas s’en imposer bientôt à eux-mêmes, en affectant de confondre leurs vaines et scandaleuses dissipations avec la gloire de l’état, et les moyens d’étendre leur autorité, avec ceux d’augmenter sa puissance ? C’est surtout en cette délicate partie de l’administration, que la vertu est le seul instrument efficace, et que l’intégrité du magistrat est le seul frein capable de contenir son avarice. Les livres et tous les comptes des régisseurs servent moins à déceler leurs infidélités qu’à les couvrir ; et la prudence n’est jamais aussi prompte à imaginer de nouvelles précautions, que la friponnerie à les éluder. Laissez donc les registres et papiers, et remettez les finances en des mains fidèles ; c’est le seul moyen qu’elles soient fidèlement régies.

Quand une fois les fonds publics sont établis, les chefs de l’état en sont de droit les administrateurs ; car cette administration fait une partie du gouvernement, toujours essentielle, quoique non toujours également : son influence augmente à mesure que celles des autres ressorts diminue ; et l’on peut dire qu’un gouvernement est parvenu à son dernier degré de corruption, quand il n’a plus d’autre nerf que l’argent : or comme tout gouvernement tend sans cesse au relâchement, cette seule raison montre pourquoi nul état ne peut subsister si ses revenus n’augmentent sans cesse.

Le premier sentiment de la nécessité de cette augmentation est aussi le premier signe du désordre intérieur de l’état : et le sage administrateur, en songeant à trouver de l’argent pour pourvoir au besoin présent, ne néglige pas de rechercher la cause éloignée de ce nouveau besoin : comme un marin voyant l’eau gagner son vaisseau n’oublie pas, en faisant jouer les pompes, de faire aussi chercher et boucher la voie.

This section presents no fewer difficulties to resolve and no fewer contradictions to overcome than the previous one. It is certainly true that the right of property is the most sacred of all citizens’ rights, and in some respects even more important than freedom itself—either because it is more closely related to the preservation of life, or because property is easier to usurp and harder to defend than a person’s person; or finally, because property is the true foundation of civil society and the genuine guarantee of citizens’ obligations. For if property were not linked to individuals, it would be all too easy for people to evade their duties and mock the laws. On the other hand, it is equally undeniable that maintaining the state and government requires expenses and costs; and since anyone who accepts the end necessarily accepts the means, it follows that members of society must contribute their property to its upkeep. Moreover, it is difficult to ensure the protection of individuals’ property without simultaneously undermining other aspects of it; and it is impossible for all the regulations concerning inheritance, wills, and contracts not to interfere in some way with citizens’ ability to dispose of their own property—and thus with their right to own property.

But in addition to what I have said earlier about the harmony that exists between the authority of the law and the freedom of the citizen, there is an important observation to make regarding the disposition of property, one that raises numerous difficulties. As Pufendorf demonstrated, by the very nature of the right of property, it does not extend beyond the lifetime of its owner; the moment a person dies, their property no longer belongs to them. Therefore, to prescribe conditions under which they may dispose of it is, in essence, nothing more than seemingly altering their rights, rather than actually extending them.

In general, although the institution of laws that regulate the power of individuals in the disposition of their own property belongs solely to the sovereign, the spirit of these laws—which the government must follow in their application—is such that, from father to son and from one generation to another, family property should be transferred and alienated as little as possible. There is a sound reason for this, especially with regard to children, for whom the right of property would be utterly useless if the father left them nothing. Moreover, since children often contribute to the acquisition of their father’s property through their own labor, they are inherently associated with his rights in this regard. However, another reason, albeit more distant but no less important, is that nothing is more detrimental to morals and the republic than the constant changes in status and fortune among its citizens. Such changes are the cause and source of countless disorders; they disrupt everything and confuse people, leaving those who were raised for one role with no means to adopt the principles or acquire the knowledge appropriate to their new situation, let alone fulfill their duties accordingly. I now turn to the subject of public finances.

If the people governed themselves directly, and if there were no intermediaries between the administration of the state and its citizens, they would simply contribute according to their means, in proportion to public needs and individual capabilities. Since everyone would always be aware of how the funds were raised and spent, neither fraud nor abuse could occur in their management. The state would never be burdened with debt, nor would the people suffer from excessive taxes—unless, of course, the safety of such expenditures could somehow compensate for the harshness of the levies. But things do not work this way. No matter how limited a state may be, civil society is always too large to be governed by all its members. It is inevitable that public funds pass through the hands of officials, who, in addition to serving the interests of the state, also have their own personal motives, which are far from being neglected. On the other hand, the people, who are more aware of the greed and reckless spending of these officials than they are of the actual needs of the state, resent being forced to give up what is necessary to satisfy others’ luxuries. And once such practices have provoked their resentment to a certain extent, even the most honest and competent administration cannot restore their trust. Thus, when contributions are voluntary, they yield nothing; when they are compulsory, they become illegitimate. And it is in this cruel dilemma—either letting the state perish or violating the sacred right to property that supports it—that lies the inherent difficulty of achieving a fair and wise system of economic management.

The first thing that a ruler of a republic must do, after establishing the laws, is to secure sufficient funds for the maintenance of magistrates and other officials, as well as for all public expenditures. Such funds are called “aearium” or “fisc” when in the form of money; “domain public” when in the form of land—and the latter is far preferable to the former for reasons that are easily understood. Anyone who gives this matter sufficient thought will hardly disagree with Bodin[595], who considers the domain public to be the most honest and reliable means of providing for the needs of the state. It is worth noting that one of Romulus’ first actions upon dividing the lands was to set aside a third of them for this purpose. I admit that it is possible for poorly administered land to yield no revenue at all; but it is not inherent in the nature of domain public to be mismanaged.

Prior to any employment of such funds, they must be allocated or approved by the assembly of the people or the states of the country, which shall then determine their purpose. After this solemn procedure, which renders these funds inalienable, they essentially change in nature, and their revenues become so sacred that to divert even a small portion thereof from their intended use would constitute not only the most heinous form of theft but also an offense against majesty. It is a great disgrace for Rome that the integrity of the public treasurer Caton was once subject to criticism, and that an emperor, in rewarding the talent of a singer with a few coins, felt compelled to clarify that the money came from his own family’s wealth rather than from the public treasury[596]. But if there are so few Galbas, where can we find Catos? And when vice ceases to be a source of disgrace, which officials will still possess enough integrity to refrain from appropriating public revenues placed under their discretion, and to avoid ultimately indulging in their own wasteful and scandalous habits by confusing them with the glory of the state or with means to expand their own power? It is precisely in this delicate aspect of governance that virtue is the only effective instrument, and the integrity of officials the only barrier capable of restraining greed. Books and all kinds of accounting records serve less to expose dishonesty than to conceal it; and prudence is never more eager to devise new safeguards than cunning is to find ways to circumvent them. Therefore, let us abandon these registers and papers and place financial affairs in the hands of trustworthy individuals—that is the only sure way to ensure their proper management.

Once public funds have been established, the heads of state are by right their administrators; for such administration is an integral part of government—always essential, though not always of equal importance. Its influence grows as that of other sectors diminishes; and one can say that a government has reached its ultimate degree of corruption when its only means of control remains money. Now, since every government tends inevitably towards weakening, this very fact explains why no state can survive unless its revenues continue to increase indefinitely.

The first feeling that such an increase is necessary is also the first sign of the internal disorder within a state; and the wise administrator, in seeking to find funds to meet the current need, does not neglect to investigate the underlying cause of this new requirement—just as a sailor, seeing water flooding into his ship, does not forget, while operating the pumps, to also search for and block the source of the leakage.

Anche questa parte presenta non meno difficoltà da risolvere e contraddizioni da superare della precedente. È certo che il diritto di proprietà sia il più sacro di tutti i diritti dei cittadini, e in alcuni aspetti persino più importante della stessa libertà: sia perché è strettamente legato alla conservazione della vita; sia perché i beni, essendo più facili da usurpare e più difficili da difendere rispetto alle persone, richiedono un maggiore rispetto; sia infine perché la proprietà rappresenta il vero fondamento della società civile e la vera garanzia degli impegni dei cittadini: se i beni non fossero legati alle persone, sarebbe estremamente facile eludere i propri doveri e prendersi gioco delle leggi. D’altra parte, è altrettanto certo che il mantenimento dello Stato e del governo richiede spese e investimenti; poiché chi accetta la fine non può rifiutare i mezzi per raggiungerla, ne consegue che i membri della società debbano contribuire con i propri beni al suo sostentamento. Inoltre, è difficile garantire il diritto di proprietà dei singoli senza comprometterlo in altri aspetti; inoltre, tutti quei regolamenti relativi all’ordine delle successioni, ai testamenti e ai contratti influenzano inevitabilmente la capacità dei cittadini di disporre dei propri beni, e quindi del loro diritto di proprietà stesso.

Ma oltre a quanto ho detto in precedenza riguardo all’accordo che esiste tra l’autorità della legge e la libertà del cittadino, vi è un’osservazione importante da fare in merito alla disposizione dei beni, osservazione che solleva molte difficoltà. Come ha dimostrato Pufendorf, per natura il diritto di proprietà non si estende oltre la vita del proprietario; pertanto, nel momento in cui un uomo muore, i suoi beni non gli appartengono più. Imporre quindi a tale persona le condizioni sotto cui può disporne significa, in fondo, alterare il suo diritto, anche se apparentemente lo si estende.

In generale, sebbene l’istituzione delle leggi che regolano il potere dei privati nella disposizione dei loro beni appartenga esclusivamente al sovrano, lo spirito di queste leggi, che il governo deve seguire nell’applicarle, è quello di far sì che i beni della famiglia vengano trasferiti da un genitore ai figli e da un parente a un altro nel modo meno possibile. Esiste una ragione evidente per questo: per i figli, infatti, il diritto di proprietà sarebbe del tutto inutile se il padre non gli lasciasse nulla; inoltre, poiché spesso contribuiscono con il loro lavoro all’acquisizione dei beni paterni, sono di fatto coinvolti nel suo diritto di proprietà. Ma c’è anche un’altra ragione, meno immediatamente evidente ma altrettanto importante: nulla è più dannoso per le mmorali e per la repubblica dei continui cambiamenti di status e di fortuna tra i cittadini. Tali cambiamenti sono la causa e la fonte di innumerevoli disordini, sconvolgono tutto e rendono impossibile che coloro che sono stati educati per uno scopo possano assumersi i doveri e acquisire le conoscenze adatte al loro nuovo ruolo. Ora passo all’argomento delle finanze pubbliche.

Se il popolo si governasse da solo, e non ci fosse nulla di intermedio tra l’amministrazione dello stato e i cittadini, essi dovrebbero semplicemente contribuire in base alle necessità pubbliche e alle possibilità individuali; poiché ognuno avrebbe sempre sotto controllo l’uso dei fondi raccolti, non ci sarebbero né frodi né abusi nella loro gestione: lo stato non si troverebbe mai sommerso dai debiti, e il popolo non sarebbe oppresso dalle tasse, o almeno la certezza dell’utilizzo corretto dei fondi pubblici potrebbe compensare la durezza delle imposte. Ma le cose non possono andare così; per quanto limitato possa essere uno stato, la società civile è sempre troppo numerosa perché possa essere governata da tutti i suoi membri. È necessario che i fondi pubblici passino attraverso le mani dei capi, i quali, oltre all’interesse dello stato, hanno anche i propri interessi personali, che spesso prevalevano su quelli generali. Il popolo, dal canto suo, si rende conto soprattutto dell’avidità dei capi e delle loro spese folli, piuttosto che delle vere necessità dello stato; quindi si lamenta di essere privato di ciò che è essenziale per soddisfare i bisogni altrui. E quando queste pratiche lo hanno reso particolarmente ostile, nemmeno l’amministrazione più integra riesce a ristabilire la fiducia tra i cittadini. In tal caso, se le contribuzioni fossero volontarie, non produrrebbero alcun risultato; se invece fossero obbligatorie, sarebbero illegali. Ed è proprio in questa crudele alternativa – lasciare che lo stato perisca o attaccare il sacro diritto di proprietà che ne costituisce la base – che risiede la difficoltà di realizzare un’economia giusta e saggia.

La prima cosa che un istitutore di una repubblica debba fare, dopo aver stabilito le leggi, è trovare un fondo sufficiente per il mantenimento dei magistrati e degli altri funzionari, nonché per tutte le spese pubbliche. Questo fondo viene chiamato “aearium” o “fisc”, se consiste in denaro; “dominium publicum”, se si tratta di terreni, e quest’ultimo è di gran lunga preferibile al primo per ragioni facilmente comprensibili. Chiunque rifletta a sufficienza su questa questione difficilmente potrà essere d’altra opinione rispetto a Bodin[595], il quale considera il “dominium publicum” come il mezzo più onesto e sicuro per soddisfare i bisogni dello stato. È degno di nota che la prima attività di Romolo nella divisione dei terreni fu quella di destinarne un terzo a questo scopo. Ammetto che non sia impossibile che il reddito derivante da un “dominium publicum” mal gestito si riduca a zero; ma non è proprio nell’essenza stesso del “dominium publicum” che risieda la possibilità di una cattiva amministrazione.

Prima di essere utilizzate per qualsiasi scopo, queste risorse devono essere assegnate o accettate dall’assemblea del popolo o degli Stati del paese, che successivamente ne deve determinare l’uso. Dopo questa cerimonia solenne, che rende tali risorse inalienabili, esse cambiano, per così dire, natura: i loro proventi diventano talmente sacri che sottrarre anche la minima parte di essi a scopo personale costituisce non solo il più infame dei furti, ma anche un crimine di lesa maestà. È una grande vergogna per Roma che l’integrità del questore Catone sia stata oggetto di critiche, e che un imperatore, ricompensando con pochi soldi il talento di un cantante, abbia avuto bisogno di precisare che quei fondi provenivano dal patrimonio della sua famiglia e non da quello dello stato[596]. Ma se ci sono pochi Galba, dove possiamo trovare dei Catoni? E quando il vizio smetterà di essere un motivo di disonore, quali saranno i capi abbastanza scrupolosi da astenersi dal toccare i proventi pubblici lasciati alla loro discrezione, e da non imporsi essi stessi tale diritto, confondendo le proprie dissipazioni vane e scandalose con la gloria dello stato, e i mezzi per estendere il proprio potere con quelli per aumentarne la forza? È soprattutto in questa delicata fase dell’amministrazione che la virtù è l’unico strumento efficace, e l’integrità del magistrato l’unico freno in grado di contenere la sua avarizia. I libri e tutti i registri dei contabili servono meno a scoprire le loro infedeltà che a nasconderle; e la prudenza non è mai così veloce nell’inventare nuove misure preventive, quanto la frode lo è nel eluderle. Lasciate quindi da parte i registri e i documenti, e affidate le finanze a persone fedeli: questo è l’unico modo per garantirne una gestione onesta e accurata.

Una volta stabiliti i fondi pubblici, i capi di stato ne diventano per diritto gli amministratori; poiché questa amministrazione fa parte del governo, e tale parte è sempre essenziale, anche se non sempre della stessa importanza: la sua influenza aumenta man mano che quella degli altri organi governativi diminuisce. Si può dire che un governo abbia raggiunto il massimo grado di corruzione quando non ha altro strumento per esercitare il proprio potere se non il denaro; e poiché ogni governo tende costantemente al declino, è proprio questa ragione a spiegare perché nessuno stato può sopravvivere se i suoi introiti non aumentano continuamente.

Il primo sentimento che ci spinge a ritenere necessaria questa aumentazione è anche il primo segno di disordine interno dello stato: e l’amministratore saggio, nel cercare modi per reperire fondi al fine di soddisfare un bisogno immediato, non trascura di indagare sulla causa remota di tale nuovo bisogno; proprio come un marinaio, vedendo l’acqua invadere la sua nave, non dimentica, mentre fa funzionare le pompe, di cercare e bloccare la fonte dell’infiltrazione.

De cette règle découle la plus importante maxime de l’administration des finances, qui est de travailler avec beaucoup plus de soin à prévenir les besoins, qu’à augmenter les revenus ; de quelque diligence qu’on puisse user, le secours qui ne vient qu’après le mal, et plus lentement, laisse toujours l’état en souffrance : tandis qu’on songe à remédier à un inconvénient, un autre se fait déjà sentir, et les ressources mêmes produisent de nouveaux inconvénients, de sorte qu’à la fin la nation s’obère, le peuple est foulé, le gouvernement perd toute sa vigueur, et ne fait plus que peu de chose avec beaucoup d’argent. Je crois que de cette grande maxime bien établie, découlaient les prodiges des gouvernements anciens, qui faisaient plus avec leur parcimonie, que les nôtres avec tous leurs trésors ; et c’est peut-être de là qu’est dérivée l’acception vulgaire du mot d’économie, qui s’entend plutôt du sage ménagement de ce qu’on a, que des moyens d’acquérir ce que l’on n’a pas.

Indépendamment du domaine public, qui rend à l’état à proportion de la probité de ceux qui le régissent, si l’on connaissait assez toute la force de l’administration générale, surtout quand elle se borne aux moyens légitimes, on serait étonné des ressources qu’ont les chefs pour prévenir tous les besoins publics, sans toucher aux biens des particuliers. Comme ils sont les maîtres de tout le commerce de l’état, rien ne leur est si facile que de le diriger d’une manière qui pourvoie à tout, souvent sans qu’ils paraissent s’en mêler. La distribution des denrées, de l’argent et des marchandises par de justes proportions, selon les temps et les lieux, est le vrai secret des finances, et la source de leurs richesses, pourvu que ceux qui les administrent sachent porter leurs vues assez loin, et faire dans l’occasion une perte apparente et prochaine, pour avoir réellement des profits immenses dans un temps éloigné. Quand on voit un gouvernement payer des droits, loin d’en recevoir, pour la sortie des blés dans les années d’abondance, et pour leur introduction dans les années de disette, on a besoin d’avoir de tels faits sous les yeux pour les croire véritables, et on les mettrait au rang des romans, s’ils se fussent passes anciennement. Supposons que pour prévenir la disette dans les mauvaises années on proposât d’établir des magasins publics, dans combien de pays l’entretien d’un établissement si utile ne servirait-il pas de prétexte à de nouveaux impôts ? À Genève ces greniers établis et entretenus par une sage administration, font la ressource publique dans les mauvaises années, et le principal revenu de l’état dans tous les temps. Alit et ditat, c’est la belle et juste inscription qu’on lit sur la façade de l’édifice. Pour exposer ici le système économique d’un bon gouvernement, j’ai souvent tourné les yeux sur celui de cette république : heureux de trouver ainsi dans ma patrie l’exemple de la sagesse et du bonheur que je voudrais voir régner dans tous les pays.

Si l’on examine comment croissent les besoins d’un état, on trouvera que souvent cela arrive à peu près comme chez les particuliers, moins par une véritable nécessité, que par un accroissement de désirs inutiles, et que souvent on n’augmente la dépense que pour avoir un prétexte d’augmenter la recette ; de sorte que l’état gagnerait quelquefois à se passer d’être riche, et que cette richesse apparente lui est au fond plus onéreuse que ne serait la pauvreté même. On peut espérer, il est vrai, de tenir les peuples dans une dépendance plus étroite, en leur donnant d’une main ce qu’on leur a pris de l’autre, et ce fut la politique dont usa Joseph avec les Égyptiens ; mais ce vain sophisme est d’autant plus funeste à l’état, que l’argent ne rentre plus dans les mêmes mains dont il est sorti, et qu’avec de pareilles maximes on n’enrichit que des fainéants de la dépouille des hommes utiles.

Le goût des conquêtes est une des causes les plus sensibles et les plus dangereuses de cette augmentation. Ce goût, engendré souvent par une autre espèce d’ambition que celle qu’il semble annoncer, n’est pas toujours ce qu’il paraît être, et n’a pas tant pour véritable motif le désir apparent d’agrandir la nation, que le désir caché d’augmenter au-dedans l’autorité des chefs, à l’aide de l’augmentation des troupes, et à la faveur de la diversion que font les objets de la guerre dans l’esprit des citoyens.

Ce qu’il y a du moins de très certain, c’est que rien n’est si foulé ni si misérable que les peuples conquérants, et que leurs succès même ne font qu’augmenter leurs misères : quand l’histoire ne nous l’apprendrait pas, la raison suffirait pour nous démontrer que plus un état est grand, et plus les dépenses y deviennent proportionnellement fortes et onéreuses ; car il faut que toutes les provinces fournissent leur contingent, aux frais de l’administration générale, et que chacune outre cela fasse pour la sienne particulière la même dépense que si elle était indépendante. Ajoutez que toutes les fortunes se font dans un lieu et se consomment dans un autre ; ce qui rompt bientôt l’équilibre du produit et de la consommation, et appauvrit beaucoup de pays pour enrichir une seule ville.

Autre source de l’augmentation des besoins publics, qui tient à la précédente. Il peut venir un temps où les citoyens ne se regardant plus comme intéressés à la cause commune, cesseraient d’être les défenseurs de la patrie, et où les magistrats aimeraient mieux commander à des mercenaires qu’à des hommes libres, ne fût-ce qu’afin d’employer en temps et lieu les premiers pour mieux assujettir les autres. Tel fut l’état de Rome sur la fin de la république et sous les empereurs ; car toutes les victoires des premiers Romains, de même que celles d’Alexandre, avaient été remportées par de braves citoyens, qui savaient donner au besoin leur sang pour la patrie, mais qui ne le vendaient jamais. Ce ne fut qu’au siège de Veies qu’on commença de payer l’infanterie romaine ; et Marius fut le premier qui dans la guerre de Jugurtha déshonora les légions, en y introduisant des affranchis, vagabonds, et autres mercenaires. Devenus les ennemis des peuples, qu’ils s’étaient chargés de rendre heureux, les tyrans établirent des troupes réglées, en apparence pour contenir l’étranger, et en effet pour opprimer l’habitant. Pour former ces troupes, il fallut enlever à la terre des cultivateurs, dont le défaut diminua la qualité des denrées, et dont l’entretien introduisit des impôts qui en augmentèrent le prix. Ce premier désordre fit murmurer les peuples : il fallut pour les réprimer multiplier les troupes, et par conséquent la misère ; et plus le désespoir augmentait, plus on se voyait contraint de l’augmenter encore pour en prévenir les effets. D’un autre côté ces mercenaires, qu’on pouvait estimer sur le prix auquel ils se vendaient eux-mêmes, fiers de leur avilissement, méprisant les lois dont ils étaient protégés, et leurs frères dont ils mangeaient le pain, se crurent plus honorés d’être les satellites de César que les défenseurs de Rome ; et dévoués à une obéissance aveugle, tenaient par état le poignard levé sur leurs concitoyens, prêts à tout égorger au premier signal. Il ne serait pas difficile de montrer que ce fut là une des principales causes de la ruine de l’empire romain.

L’invention de l’artillerie et des fortifications a forcé de nos jours les souverains de l’Europe à rétablir l’usage des troupes réglées pour garder leurs places ; mais avec des motifs plus légitimes, il est à craindre que l’effet n’en soit également funeste. Il n’en faudra pas moins dépeupler les campagnes pour former les armées et les garnisons ; pour les entretenir il n’en faudra pas moins fouler les peuples ; et ces dangereux établissements s’accroissent depuis quelque temps avec une telle rapidité dans tous nos climats, qu’on n’en peut prévoir que la dépopulation prochaine de l’Europe, et tôt ou tard la ruine des peuples qui l’habitent.

Quoi qu’il en soit, on doit voir que de telles institutions renversent nécessairement le vrai système économique qui tire le principal revenu de l’état du domaine public, et ne laissent que la ressource fâcheuse des subsides et impôts, dont il me reste à parler.

Il faut se ressouvenir ici que le fondement du pacte social est la propriété, et sa première condition, que chacun soit maintenu dans la paisible jouissance de ce qui lui appartient. Il est vrai que par le même traité chacun s’oblige, au moins tacitement, à se cotiser dans les besoins publics ; mais cet engagement ne pouvant nuire à la loi fondamentale, et supposant l’évidence du besoin reconnue par les contribuables, on voit que pour être légitime, cette cotisation doit être volontaire, non d’une volonté particulière, comme s’il était nécessaire d’avoir le consentement de chaque citoyen, et qu’il ne dût fournir que ce qu’il lui plaît, ce qui serait directement contre l’esprit de la confédération, mais d’une volonté générale, à la pluralité des voix, et sur un tarif proportionnel qui ne laisse rien d’arbitraire à l’imposition.

From this rule derives the most important maxim in the management of finances: it is far more necessary to devote great care to preventing needs than to increasing revenues. No matter how diligent one may be, relief that comes only after harm has already occurred—and often too slowly—always leaves the state in distress. While one is trying to remedy one inconvenience, another arises; moreover, the very resources employed often create new difficulties. As a result, in the end, the nation becomes overburdened, the people suffer, and the government loses all its effectiveness, ending up achieving little with considerable expense. I believe that it was this fundamental maxim that enabled the ancient governments to accomplish so much with their frugality, whereas our own governments, despite their vast resources, achieve far less. Perhaps it is also from this origin that comes the common misconception regarding the meaning of “economy”—which often refers merely to the wise management of what one already possesses, rather than to means of acquiring what one does not have.

Regardless of the public domain, which returns to the state in proportion to the integrity of those who govern it, if one were to fully comprehend the power of general administration—especially when it confines itself to legitimate means—one would be astonished by the resources at the disposal of those in charge in meeting all public needs without touching upon the property of individuals. Since they hold control over all aspects of the state’s commerce, nothing is more readily within their power than to direct it in such a way as to satisfy everything, often without them even appearing to be involved. The distribution of goods, money, and merchandise in fair proportions, according to the times and places, constitutes the true secret of finance and the source of its wealth—provided that those who manage it are able to think far ahead and, at the appropriate moment, incur what appears to be immediate losses in order to reap tremendous profits in the long run. When one sees a government paying taxes, not receiving anything in return, for the export of grain in years of abundance and for its import in times of famine, one would need such examples before believing them to be real; otherwise, they might be dismissed as mere fiction if they had occurred in the past. Suppose, to prevent famine in difficult times, someone proposed establishing public granaries—how many countries would not use the maintenance of such a useful institution as a pretext for imposing new taxes? In Geneva, these granaries, established and managed by wise administration, serve as the public resource in hard times and the main source of revenue for the state at all times. “Alit et ditat”—that is the beautiful and just inscription one can read on the facade of this building. In order to illustrate here the economic system of a good government, I have often turned my attention to that of this republic; fortunate to find in my own country an example of wisdom and happiness that I wish to see prevail in all nations.

If one examines how the needs of a state increase, it will be found that this often occurs in much the same way as among individuals—less out of genuine necessity and more due to an expansion of unnecessary desires. Often, expenditures are increased merely to provide a pretext for raising revenues; as a result, a state might sometimes benefit by not being wealthy at all. Indeed, it is possible to keep peoples in a more dependent state by giving them something with one hand while taking it away with the other—this was precisely the policy Joseph employed with the Egyptians. However, such a vain sophistry is even more harmful to the state, for money no longer flows back into the hands from which it originated. Moreover, policies based on such principles only enrich the idle at the expense of those who are productive and useful.

The desire for conquest is one of the most tangible and dangerous causes of this increase. This desire, often arising from a different kind of ambition than that it seemingly manifests, is not always what it seems to be. Its true motive is less often the apparent wish to expand the nation’s territory than the hidden intention to strengthen the authority of those in power by increasing the size of the military forces, and to take advantage of the diversion that the objectives of war create in the minds of citizens.

At the very least, it is absolutely certain that none of the conquering peoples are in such a degraded and miserable state; moreover, their very successes only serve to increase their suffering. If history were not enough to prove this, reason alone would suffice to demonstrate that the larger a state is, the more substantial and onerous its expenditures become—since all provinces are required to contribute their share at the expense of the central government, and each province also incurs costs for its own affairs as if it were independent. Furthermore, all wealth is generated in one place but consumed in another; this inevitably disrupts the balance between production and consumption, leading to the impoverishment of many regions while enriching a single city.

Another source of the increasing demands on public resources, related to the aforementioned point, is that there may come a time when citizens no longer see themselves as having an interest in the common cause and thus cease to be defenders of their country. In such cases, magistrates might prefer to command mercenaries rather than free men—just to have the former available at need in order to more effectively subjugate the latter. This was the situation in Rome towards the end of the Republic and under the Emperors; for all the victories of the early Romans, just as those of Alexander, were achieved by brave citizens who were willing to shed their blood for their country when necessary, but who never sold it. It was only during the siege of Veii that the Roman infantry began to be paid for; and Marius was the first to disgrace the legions by introducing freedmen, vagrants, and other mercenaries into them during the war against Jugurtha. Having become enemies of the very peoples they were supposed to bring happiness to, these tyrants established regular armies—on the surface to defend against foreigners, but in reality to oppress their own citizens. To form these armies, it was necessary to take farmers from the land; their absence reduced the quality of crops produced, and their support required the imposition of taxes that further increased the cost of living. This initial disruption caused people to protest; to suppress these protests, more troops were needed—and thus more misery. And as despair grew, people were forced to create even more means of suffering in order to prevent its effects. On the other hand, these mercenaries, who could be valued only by the price they were willing to charge for their services, were proud of their own degradation, despised the laws that were supposed to protect them, and scorned their fellow citizens from whom they drew their sustenance. They considered it an honor to serve as Caesar’s lackeys rather than Rome’s defenders; and, bound by blind obedience, they always carried knives at their sides, ready to slaughter their own compatriots at the slightest signal. It would not be difficult to show that this was one of the main causes of the downfall of the Roman Empire.

The invention of artillery and fortifications has forced European sovereigns in modern times to resume the use of regular troops for defending their territories; yet, under seemingly more legitimate reasons, it is feared that the consequences may be just as disastrous. To train armies and maintain garrisons, it will still be necessary to depopulate the countryside; to sustain them, it will again mean oppressing the people. Moreover, these dangerous military establishments have been spreading at such a rapid pace in all our regions that one can only foresee the impending depopulation of Europe—and, sooner or later, the ruin of its inhabitants.

In any case, it must be recognized that such institutions inevitably undermine the genuine economic system, which derives its main revenue from the state-owned sector; they merely leave us with the troublesome remnants of subsidies and taxes, about which I will have further to say.

It must be remembered here that the foundation of the social pact is property, and its primary condition is that everyone be allowed to peacefully enjoy what belongs to them. It is true that, by the same agreement, everyone is at least tacitly obligated to contribute to public needs; but since this obligation cannot undermine the fundamental law and assumes that the necessity in question is recognized by all those contributing, it follows that, in order to be legitimate, such contributions must be voluntary—not based on the specific will of any individual, as if the consent of every citizen were necessary, nor should they require individuals to provide more than they wish to. Such a requirement would directly contradict the spirit of the social contract. Instead, contributions must arise from a general will, determined through the majority vote, and based on a proportional tax rate that eliminates any element of arbitrariness in taxation.

Da questa regola deriva il principio più importante nell’amministrazione delle finanze: occorre impegnarsi molto di più nel prevenire i bisogni che nell’aumentare i ricavi. Per quanto si possa essere diligenti, un aiuto che arriva solo dopo che il danno è già stato causato, e in modo lento, lascia sempre lo Stato in difficoltà. Mentre ci si occupa di rimediare a un inconveniente, un altro ne sorge già; inoltre, le stesse risorse finiscono per generare nuovi problemi. Alla fine, la nazione ne soffre, il popolo viene oppresso, il governo perde tutta la sua efficacia e riesce a fare ben poco pur spendendo molto denaro. Credo che da questo principio fondamentale derivassero i grandi successi degli antichi governi, i quali riuscivano a ottenere di più con la loro parsimonia di quanto i nostri governi riescano oggi con tutti i loro tesori. Forse è proprio da qui che deriva l’uso comune del termine “economia”, inteso piuttosto come il saggio utilizzo di ciò che si possiede, piuttosto che come mezzi per ottenere ciò che non si ha.

Indipendentemente dal settore pubblico, che restituisce allo Stato una parte delle risorse in proporzione alla rettitudine di coloro che lo amministrano, se si conoscesse appieno tutta la potenza dell’amministrazione generale, soprattutto quando essa si limita agli strumenti legittimi, ci si stupirebbe delle risorse di cui dispongono i governanti per soddisfare tutti i bisogni pubblici, senza intaccare i beni dei privati. Poiché essi sono i padroni di tutto il commercio dello Stato, nulla è più facile per loro che gestirlo in modo da provvedere a ogni necessità, spesso senza nemmeno sembrare intervenire direttamente. La distribuzione delle merci, del denaro e dei beni in proporzioni equilibrate, in base ai tempi e ai luoghi, rappresenta il vero segreto delle finanze e la fonte della loro ricchezza, a condizione che coloro che le amministrano sappiano guardare lontano e, quando necessario, subire perdite apparenti e immediate al fine di ottenere profitti enormi in un futuro lontano. Quando si vede uno Stato pagare delle tasse, anziché riceverne benefici, per la vendita del grano negli anni di abbondanza e per la sua acquisto negli anni di carestia, è necessario avere davvero a che fare con fatti del genere per crederci; altrimenti li si considererebbe semplici racconti fantastici, se fossero accaduti in passato. Supponiamo che, per prevenire la carestia negli anni difficili, si proponesse di istituire magazzini pubblici: in quanti paesi l’ mantenimento di un simile sistema non verrebbe utilizzato come pretesto per introdurre nuove tasse? A Ginevra, questi magazzini, gestiti con saggezza, costituiscono la risorsa principale dello Stato negli anni difficili e rappresentano la fonte principale dei suoi introiti in tutti i periodi. “Alimentare e governare”, questa è l’iscrizione bella e giusta che si legge sulla facciata di quell’edificio. Per esporre qui il sistema economico di un buon governo, ho spesso guardato a quello di questa repubblica: sono felice di trovare nel mio paese l’esempio di saggezza e benessere che vorrei vedere regnare in tutti i Paesi.

Se si esamina come crescono i bisogni di uno Stato, si scopre che spesso ciò avviene in modo simile a quanto accade per gli individui: non tanto a causa di una vera necessità, quanto piuttosto a causa dell’aumento di desideri inutili. Spesso, in altre parole, si aumentano le spese soltanto per avere un pretesto per incrementare le entrate; di conseguenza, lo Stato potrebbe talvolta trarre vantaggio dall’essere povero, poiché questa apparente ricchezza è, in realtà, più onerosa della povertà stessa. È vero che si può sperare di mantenere i popoli in una dipendenza più stretta dando loro da un lato ciò che si è loro tolto dall’altro; questa fu proprio la politica adottata da Giuseppe con gli Egiziani. Tuttavia, questo vano sofismo è particolarmente dannoso per lo Stato, poiché i soldi non tornano più nelle stesse mani da cui sono usciti e, seguendo tali principi, si arricchiscono soltanto dei pigri a scapito delle persone utili.

Il desiderio di conquistare è una delle cause più evidenti e pericolose di questo aumento. Questo desiderio, spesso generato da un’altra sorta di ambizione rispetto a quella che sembra annunciare, non è sempre ciò che appare; il suo vero motivo non è tanto il desiderio apparente di ampliare il territorio della nazione, quanto piuttosto il desiderio nascosto di rafforzare l’autorità dei capi attraverso l’aumento delle truppe, e grazie alla distrazione che gli oggetti della guerra provocano nella mente dei cittadini.

Ciò che è almeno assolutamente certo è che nulla è più oltraggiato o più miserabile dei popoli conquistatori, e che persino i loro successi non fanno altro che aumentare la loro miseria: anche se la storia non ce lo insegnasse, la ragione sarebbe sufficiente per dimostrarci che più uno Stato è grande, maggiori diventano proporzionalmente le spese necessarie alla sua amministrazione; infatti tutte le province devono contribuire con i loro tributi alle spese dell’amministrazione centrale, e ognuna di esse deve inoltre sostenere le proprie spese particolari come se fosse uno Stato indipendente. Inoltre, tutte le ricchezze vengono generate in un luogo e consumate in un altro; questo squilibrio tra produzione e consumo porta rapidamente alla povertà di molti paesi a beneficio di una sola città.

Un’altra causa dell’aumento dei bisogni pubblici deriva da quanto detto in precedenza. Potrebbe arrivare un momento in cui i cittadini, non ritenendosi più interessati alla causa comune, smetteranno di essere i difensori della patria; e i magistrati preferiranno comandare mercenari piuttosto che uomini liberi, anche solo al fine di utilizzare i primi in momenti opportuni per sottomettere meglio gli altri. Questo fu lo stato di Roma alla fine della repubblica e sotto gli imperatori: tutte le vittorie dei primi Romani, così come quelle di Alessandro Magno, furono ottenute da coraggiosi cittadini che, quando necessario, erano disposti a dare il loro sangue per la patria, ma mai a venderlo. Fu solo durante l’assedio di Veie che iniziò a essere pagata l’infanteria romana; e Mario fu il primo ad infangare le legioni nella guerra contro Giugurta, introducendovi schiavi liberati, vagabondi e altri mercenari. Diventati nemici dei popoli che avevano il compito di rendere felici, questi tiranni istituirono truppe regolari, apparentemente per contenere gli stranieri, ma in realtà per opprimere i propri cittadini. Per formare queste truppe fu necessario privare la terra dei contadini; la loro mancanza ridusse la qualità dei prodotti agricoli, e il loro mantenimento portò all’introduzione di tasse che ne aumentarono il prezzo. Questo primo disordine fece sì che i popoli iniziassero a mormorare; per reprimerli fu necessario aumentare le truppe, e di conseguenza anche la miseria. E più cresceva la disperazione, più si era costretti ad aumentarla ancora per prevenirne gli effetti. D’altra parte, questi mercenari, che potevano essere valutati in base al prezzo che essi stessi richiedevano per il loro servizio, orgogliosi della propria umiliazione, disprezzavano le leggi che li proteggevano e i loro fratelli dai quali dipendeva il loro sostentamento; si consideravano più onorati nell’essere alleati di Cesare che nei ruoli di difensori di Roma. Devoti a un’obbedienza cieca, tenevano sempre pronto il pugnale contro i propri concittadini, pronti a uccidere al primo segnale. Non sarebbe difficile dimostrare che questa fu una delle principali cause della rovina dell’impero romano.

L’invenzione dell’artiglieria e delle fortificazioni ha costretto, ai giorni nostri, i sovrani d’Europa a ripristinare l’uso di truppe regolari per difendere le loro possedimenti; tuttavia, con motivi altrettanto legittimi, si teme che gli effetti di questa pratica siano ugualmente disastrosi. Nonostante ciò, sarà necessario svuotare le campagne per formare eserciti e guarnigioni; per mantenerli, sarà ancora necessario opprimere i popoli locali. E questi pericolosi insediamenti si stanno diffondendo con tale rapidità in tutti i nostri climi, che non si può fare altro che prevedere una prossima depopolazione dell’Europa e, prima o poi, la rovina dei popoli che vi abitano.

In ogni caso, è evidente che istituzioni del genere sovvertono necessariamente il vero sistema economico, quello che trae i principali introiti dallo stato attraverso le risorse pubbliche, lasciando solo le sgradevoli soluzioni rappresentate dai sussidi e dalle tasse, di cui parlerò ancora.

È necessario ricordare che il fondamento del patto sociale è la proprietà, e che la sua prima condizione consiste nel fatto che ciascuno possa godere in pace di ciò che gli appartiene. È vero che, secondo lo stesso accordo, ognuno si impegna, almeno tacitamente, a contribuire alle esigenze pubbliche; ma poiché questo impegno non può violare la legge fondamentale e presuppone l’esistenza di un bisogno riconosciuto da tutti i contribuenti, è evidente che tale contribuzione debba essere volontaria. Non si tratta però di una volontà individuale – poiché non sarebbe necessario il consenso di ogni cittadino né che questi dovesse fornire soltanto ciò che desidera, il che andrebbe direttamente contro lo spirito della confederazione – ma di una volontà generale, espressa attraverso la maggioranza delle voci e su una base tariffaria proporzionale, in modo da eliminare ogni elemento arbitrario nell’applicazione dell’imposta.

Cette vérité, que les impôts ne peuvent être établis légitimement que du consentement du peuple ou de ses représentants, a été reconnue généralement de tous les philosophes et jurisconsultes qui se sont acquis quelque réputation dans les matières de droit politique, sans excepter Bodin même. Si quelques-uns ont établi des maximes contraires en apparence, outre qu’il est aisé de voir les motifs particuliers qui les y ont portés, ils y mettent tant de conditions et de restrictions, qu’au fond la chose revient exactement au même : car que le peuple puisse refuser, ou que le souverain ne doive pas exiger, cela est indifférent quant au droit ; et s’il n’est question que de la force, c’est la chose la plus inutile que d’examiner ce qui est légitime ou non.

Les contributions qui se lèvent sur le peuple sont de deux sortes ; les unes réelles, qui se perçoivent sur les choses ; les autres personnelles, qui se payent par tête. On donne aux unes et aux autres les noms d’impôts ou de subsides : quand le peuple fixe la somme qu’il accorde, elle s’appelle subside ; quand il accorde tout le produit d’une taxe, alors c’est un impôt. On trouve dans le livre de l’Esprit des lois, que l’imposition par tête est plus propre à la servitude, et la taxe réelle plus convenable à la liberté[597]. Cela serait incontestable, si les contingents par tête étaient égaux ; car il n’y aurait rien de plus disproportionné qu’une pareille taxe, et c’est surtout dans les proportions exactement observées, que consiste l’esprit de la liberté. Mais la taxe par tête est exactement proportionnée aux moyens des particuliers, comme pourrait être celle qui porte en France le nom de capitation, et qui de cette manière est à la fois réelle et personnelle ; elle est la plus équitable, et par conséquent la plus convenable à des hommes libres. Ces proportions paraissent d’abord très faciles à observer, parce qu’étant relatives à l’état que chacun tient dans le monde, les indications sont toujours publiques ; mais outre que l’avarice, le crédit et la fraude savent éluder jusqu’à l’évidence, il est rare qu’on tienne compte dans ces calculs, de tous les éléments qui doivent y entrer. Premièrement on doit considérer le rapport des quantités, selon lequel, toutes choses égales, celui qui a dix fois plus de bien qu’un autre, doit payer dix fois plus que lui. Secondement, le rapport des usages, c’est-à-dire la distinction du nécessaire et du superflu. Celui qui n’a que le simple nécessaire, ne doit rien payer du tout ; la taxe de celui qui a du superflu, peut aller au besoin jusqu’à la concurrence de tout ce qui excède son nécessaire. À cela il dira qu’eu égard à son rang, ce qui serait superflu pour un homme inférieur est nécessaire pour lui ; mais c’est un mensonge : car un grand a deux jambes, ainsi qu’un bouvier, et n’a qu’un ventre non plus que lui. De plus, ce prétendu nécessaire est si peu nécessaire à son rang, que s’il savait y renoncer pour un sujet louable, il n’en serait que plus respecté. Le peuple se prosternerait devant un ministre qui irait au conseil à pied pour avoir vendu ses carrosses dans un pressant besoin de l’état. Enfin la loi ne prescrit la magnificence à personne, et la bienséance n’est jamais une raison contre le droit.

Un troisième rapport qu’on ne compte jamais, et qu’on devrait toujours compter le premier, est celui des utilités que chacun retire de la confédération sociale, qui protège fortement les immenses possessions du riche, et laisse à peine un misérable jouir de la chaumière qu’il a construite de ses mains. Tous les avantages de la société ne sont-ils pas pour les puissants et les riches ? tous les emplois lucratifs ne sont-ils pas remplis par eux seuls ? toutes les grâces, toutes les exemptions ne leur sont-elles pas réservées ? et l’autorité publique n’est-elle pas toute en leur faveur ? Qu’un homme de considération vole ses créanciers ou fasse d’autres friponneries, n’est-il pas toujours sûr de l’impunité ? Les coups de bâton qu’il distribue, les violences qu’il commet, les meurtres mêmes et les assassinats dont il se rend coupable, ne sont-ce pas des affaires qu’on assoupit, et dont au bout de six mois il n’est plus question ? Que ce même homme soit volé, toute la police est aussitôt en mouvement, et malheur aux innocents qu’il soupçonne. Passe-t-il dans un lieu dangereux ? voilà les escortes en campagne : l’essieu de sa chaise vient-il à rompre ? tout vole à son secours : fait-on du bruit à sa porte ? il dit un mot, et tout se tait : la foule l’incommode-t-elle ? il fait un signe, et tout se range : un charretier se trouve-t-il sur son passage ? ses gens sont prêts à l’assommer ; et cinquante honnêtes piétons allant à leurs affaires seraient plutôt écrasés, qu’un faquin oisif retardé dans son équipage. Tous ces égards ne lui coûtent pas un sou ; ils sont le droit de l’homme riche, et non le prix de la richesse. Que le tableau du pauvre est différent ! plus l’humanité lui doit, plus la société lui refuse : toutes les portes lui sont fermées, même quand il a droit de les faire ouvrir ; et si quelquefois il obtient justice, c’est avec plus de peine qu’un autre n’obtiendrait grâce : s’il y a des corvées à faire, une milice à tirer, c’est à lui qu’on donne la préférence ; il porte toujours, outre sa charge, celle dont son voisin plus riche a le crédit de se faire exempter : au moindre accident qui lui arrive, chacun s’éloigne de lui : si sa pauvre charrette renverse, loin d’être aidé par personne, je le tiens heureux s’il évite en passant les avanies des gens lestes d’un jeune duc : en un mot, toute assistance gratuite le fuit au besoin, précisément parce qu’il n’a pas de quoi la payer ; mais je le tiens pour un homme perdu, s’il a le malheur d’avoir l’âme honnête, une fille aimable, et un puissant voisin.

Une autre attention non moins importante à faire, c’est que les pertes des pauvres sont beaucoup moins réparables que celles du riche, et que la difficulté d’acquérir croit toujours en raison du besoin. On ne fait rien avec rien ; cela est vrai dans les affaires comme en physique : l’argent est la semence de l’argent, et la première pistole est quelquefois plus difficile à gagner que le second million. Il y a plus encore : c’est que tout ce que le pauvre paye, est à jamais perdu pour lui, et reste ou revient dans les mains du riche, et comme c’est aux seuls hommes qui ont part au gouvernement, ou à ceux qui en approchent, que passe tôt ou tard le produit des impôts, ils ont, même en payant leur contingent, un intérêt sensible à les augmenter.

Conclusion

Résumons en quatre mots le pacte social des deux états. Vous avez besoin de moi, car je suis riche et vous êtes pauvre ; faisons donc un accord entre nous : je permettrai que vous ayez l’honneur de me servir, à condition que vous me donnerez le peu qui vous reste, pour la peine que je prendrai de vous commander.

Si l’on combine avec soin toutes ces choses, on trouvera que pour répartir les taxes d’une manière équitable et vraiment proportionnelle, l’imposition n’en doit pas être faite seulement en raison des biens des contribuables, mais en raison composée de la différence de leurs conditions et du superflu de leurs biens. Opération très importante et très difficile que font tous les jours des multitudes de commis honnêtes gens et qui savent l’arithmétique, mais dont les Platon et les Montesquieu n’eussent osé se charger qu’en tremblant et en demandant au ciel des lumières et de l’intégrité.

Un autre inconvénient de la taxe personnelle, c’est de se faire trop sentir et d’être levée avec trop de dureté, ce qui n’empêche pas qu’elle ne soit sujette à beaucoup de non-valeurs, parce qu’il est plus aisé de dérober au rôle et aux poursuites sa tête que ses possessions.

The truth that taxes can only be legally established with the consent of the people or their representatives has been generally acknowledged by all philosophers and jurists who have gained any reputation in the field of political law, including Bodin himself. Although some have put forward seemingly contrary principles, it is easy to see the particular reasons that led them to do so. Moreover, they attach so many conditions and restrictions to these principles that, in essence, the conclusion remains the same: whether the people are able to refuse or whether the sovereign is not permitted to demand such taxes is irrelevant from a legal perspective; and when it comes down to mere force, examining what is legitimate or not becomes utterly futile.

The contributions levied upon the people fall into two categories: those that are real and tangible, which are assessed based on possessions; and those that are personal and assessed per head. The former are called taxes or subsidies. When the people determine the amount to be allocated, it is referred to as a subsidy; when they allocate the entire proceeds of a tax, then it is a tax. According to “The Spirit of Laws,” a tax levied per head is more suited to a state of servitude, whereas a real tax is more appropriate for a free society[597]. This would be indisputable if the amounts assessed per head were equal; indeed, there could be nothing more disproportionate than such a tax. It is precisely within these exact proportions that the essence of freedom lies. However, a tax levied per head is actually proportional to an individual’s means—just as the so-called “capitation tax” in France is both real and personal. It is the most equitable and, therefore, the most suitable for free people. These proportions seem easy to maintain at first glance, since they are based on each person’s status in society, and the relevant information is readily available. But aside from greed, credit, and fraud being able to circumvent even obvious rules, it is rare that all the factors necessary for these calculations are taken into account. First, one must consider the relative amount of wealth; if one person owns ten times more than another, then they should pay ten times more in taxes. Second, one must consider the distinction between necessities and luxuries. Those who only have what is essential should not pay any taxes at all; those with excess resources could be taxed to the extent that it replaces their unnecessary possessions. Some might argue that what is considered excessive for a lower-ranking individual is necessary for someone of higher status, but this is a lie—after all, a nobleman and a shepherd both have two legs and one stomach. Moreover, this so-called “necessity” is far from essential for a person of high rank; if they were willing to give it up for a worthy cause, they would be even more respected. The people would bow down before a minister who walked to council on foot because he had sold his carriages when the state was in urgent need. Finally, the law imposes no requirement for luxury on anyone, and decency is never a reason to deny someone their rights.

A third aspect that is never taken into account, yet should always be considered first, is the benefit that each individual derives from the social confederation—benefits that greatly protect the vast wealth of the rich while allowing barely any of the poor to enjoy even the humble shelter they have built with their own hands. Are not all the advantages of society reserved for the powerful and the wealthy? Are not all lucrative jobs filled by them alone? Are not all favors and exemptions reserved for them? And is not public authority entirely on their side? If a person of influence steals from his creditors or commits other dishonest acts, is he not always certain of going unpunished? The blows he inflicts, the violence he commits, even murders and assassinations—he gets away with them without consequences after just six months. But if that same person is robbed, the entire police force is immediately mobilized; as for the innocent people he suspects, they suffer greatly. If he happens to be in a dangerous place, escorts are sent out immediately; if the wheel of his chair breaks, everyone rushes to help him. But if someone disturbs his door at home, he says a word and everything falls silent; if the crowd annoys him, he gives a signal and they all move aside. If a cartman gets in his way, his men are ready to beat him unconscious; while fifty honest pedestrians going about their business would be crushed rather than a lazy rascal who delays his journey. All these conveniences cost him not a penny—they are the rights of the rich, not the price of wealth. How different is the situation of the poor! The more society owes them, the less it gives them: all doors are closed to them, even when they have every right to demand entry. And if they ever manage to obtain justice, it is with far more difficulty than someone else might gain favor. When there are corvées to perform or military duties to fulfill, they are always chosen first; in addition to their own burdens, they also bear those that their richer neighbors manage to escape. Whenever something goes wrong for them, everyone turns away from them. If their poor cart overturns, no one helps them—but I would consider them fortunate if they avoid being injured by the quick-footed servants of some young duke. In short, whenever free assistance is needed, it all avoids them precisely because they have nothing to pay for it. But if they happen to have an honest soul, a lovely daughter, and a powerful neighbor, then they are truly lost men.

Another equally important consideration is that the losses suffered by the poor are far less easily compensated than those of the rich, and that the difficulty of acquiring wealth only increases as needs grow. Nothing can be created from nothing; this holds true in both business and physics: money is the seed of more money, and sometimes it is even harder to earn the first sum of money than the second million. Moreover, everything that the poor pay is lost forever for them; it remains or returns into the hands of the rich. Since it is ultimately the people who hold power in government or those who come close to it who receive the revenue from taxes, they have a clear incentive to increase these taxes—even if it means paying their own share.

Conclusion

Let us summarize in four words the social pact between these two states. You need me because I am rich and you are poor; therefore, let us make an agreement: I will allow you the honor of serving me, on the condition that you give me what little you have left, in exchange for the trouble I take in commanding you.

If one carefully combines all these considerations, it will be evident that in order to distribute taxes in a fair and truly proportional manner, taxation should not be based solely on the property of taxpayers, but rather on a combination of their differing circumstances and the excess nature of their possessions. This is a very important and extremely difficult task that is carried out every day by countless honest individuals who understand arithmetic; yet even figures like Plato and Montesquieu would have dared to undertake it only with great trepidation, praying to heaven for inspiration and integrity.

Another disadvantage of the personal tax is that it becomes too noticeable and is levied with too much severity; nonetheless, it is often subject to many forms of abuse, because it is far easier to evade the tax authorities and their enforcement efforts than to avoid paying the actual taxes themselves.

Questa verità, ovvero che le tasse possano essere stabilite legittimamente soltanto con il consenso del popolo o dei suoi rappresentanti, è stata generalmente riconosciuta da tutti i filosofi e giuristi che si siano fatti un nome nel campo del diritto politico, senza eccezione nemmeno di Bodin. Se alcuni hanno enunciato massime apparentemente contrarie, oltre al fatto che sia facile individuare i motivi specifici che li hanno spinti a farlo, essi impongono così tante condizioni e restrizioni che, in fondo, si arriva allo stesso risultato: poiché il popolo possa rifiutare, o che il sovrano non debba imporle, questo è del tutto irrilevante dal punto di vista del diritto; e se si tratta soltanto di forza, allora esaminare ciò che sia legittimo o meno è la cosa più inutile che ci sia.

Le contribuzioni che vengono riscosse dal popolo sono di due tipi: alcune sono reali, cioè si basano sul valore delle cose; altre sono personali, cioè vengono pagate a testa. A queste ultime vengono dati i nomi di tasse o di sussidi: quando il popolo stabilisce la somma da concedere, si parla di sussidio; quando concede l’intero prodotto di una tassa, allora si tratta di una tassa. Nel “Libro dello Spirito delle Leggi” si afferma che la tassa a testa sia più adatta alla condizione di schiavitù, mentre la tassa reale sia più appropriata alla libertà[597]. Questo sarebbe indiscutibile se le quote a testa fossero uguali; infatti non esisterebbe nulla di più squilibrato di una tale tassa, e proprio nelle proporzioni esattamente rispettate risiede lo spirito della libertà. Tuttavia, la tassa a testa è esattamente proporzionale ai mezzi dei singoli individui; ne è un esempio quella che in Francia viene chiamata “capitation”, poiché è sia reale che personale; essa rappresenta il sistema più equo e quindi più adatto a degli uomini liberi. Queste proporzioni sembrano facilmente rispettabili, poiché dipendono dallo status sociale di ciascuno, e le informazioni relative sono sempre pubbliche; tuttavia, oltre all’avarizia, al credito e alla frode che riescono a eludere ogni controllo, è raro che vengano presi in considerazione tutti gli elementi necessari per calcolarle correttamente. Prima di tutto, bisogna considerare il rapporto delle quantità: se tutte le cose sono uguali, colui che possiede dieci volte più risorse di un altro deve pagare dieci volte di più. In secondo luogo, bisogna tenere conto dei diversi livelli di necessità e di lusso; chi dispone soltanto del necessario non dovrebbe pagare nulla; la tassa su ciò che va oltre il necessario può arrivare fino al punto di coprire interamente le spese in eccesso. A questo si potrebbe obiettare che, considerando il proprio rango sociale, ciò che è superfluo per una persona inferiore potrebbe essere necessario per un’altra; ma questa è una bugia: anche un nobile ha due gambe, proprio come un contadino, e anch’egli ha soltanto uno stomaco. Inoltre, quel cosiddetto “necessario” è così poco effettivamente necessario al suo rango sociale, che se decidesse di rinunciarvi per motivi onorevoli, verrebbe rispettato ancora di più dal popolo. Il popolo si prostrerebbe davanti a un ministro che andasse in consiglio a piedi pur di vendere le proprie carrozze quando lo stato ne avesse bisogno urgente. Infine, la legge non impone nessuno stile di vita lussuoso a nessuno, e la decenza non è mai un motivo valido per negare un diritto.

Un terzo aspetto che non viene mai preso in considerazione, ma che invece dovrebbe essere sempre valutato con la massima attenzione, riguarda i benefici che ognuno trae dalla società stessa: questa società protegge infatti in modo estremo le immense ricchezze dei ricchi, permettendo a malapena ai poveri di godere della capanna che hanno costruito con le proprie mani. Tutti i vantaggi della società non sono forse riservati ai potenti e ai ricchi? Tutti gli impieghi redditizi non sono forse occupati soltanto da loro? Tutte le grazie e le esenzioni non sono forse riservate a loro? E l’autorità pubblica non è forse sempre a loro favore? Se un uomo influente deruba i suoi creditori o compie altre azioni disoneste, non è forse sempre sicuro di rimanere impunito? I colpi di bastone che infligge, le violenze che commette, persino gli omicidi e gli assassinii di cui si rende colpevole, non sono forse questioni che vengono ignorate, e di cui dopo sei mesi non si parla più? Se invece quell’uomo viene derubato, tutta la polizia entra immediatamente in azione; e addio sfortuna per gli innocenti che lui sospetta. Se passa in un luogo pericoloso, ecco le scorte pronte ad accompagnarlo; se il telaio della sua carrozza si rompe, tutti accorrono in suo aiuto; se qualcuno fa rumore alla sua porta, basta una sua parola e tutto tace; se la folla lo disturba, basta un suo gesto e tutti si allontanano; se un carrettiere gli ostacola il passaggio, i suoi uomini sono pronti a picchiarlo. E cinquanta onesti pedoni che vanno per i loro affari verrebbero probabilmente calpestati, piuttosto che permettere a un vagabondo ozioso di ritardare il proprio cammino. Tutti questi riguardi non gli costano nemmeno un soldo; sono semplicemente il diritto di un uomo ricco, e non il prezzo della sua ricchezza. Quanto è diverso invece il destino del povero! Più l’umanità gli deve, più la società gli nega tutto: tutte le porte gli sono chiuse, anche quando ha il diritto di farle aprire; e se mai riesce ad ottenere giustizia, lo fa con molta più difficoltà di quanto un altro possa ottenere grazie. Se ci sono lavori forzati da svolgere o servizi militari da prestare, è sempre a lui che viene data la priorità; oltre al proprio carico, deve sopportare anche quello del suo vicino più ricco, il quale ha il diritto di essere esentato. Al minimo incidente che gli accade, tutti si allontanano da lui; se la sua povera carrozza si rovescia, invece di ricevere aiuto, è fortunato se riesce a evitare le offese delle persone disposte a compiere atti meschini. In breve, ogni forma di assistenza gratuita lo fugge nel momento del bisogno, proprio perché non ha i mezzi per pagarla; ma considero davvero un uomo perso colui che, pur avendo un’anima onesta, una figlia amabile e un vicino potente, si trova in queste condizioni.

Un’altra attenzione non meno importante da prestare è che le perdite dei poveri sono molto meno recuperabili rispetto a quelle dei ricchi, e che la difficoltà di accumulare ricchezze aumenta costantemente a causa delle esigenze quotidiane. Non si ottiene nulla dal nulla; questo vale sia nelle questioni economiche che in fisica: l’oro è la “semenza” dell’oro stesso, e a volte guadagnare una prima pistola può rivelarsi più difficile che accumulare un secondo milione di denaro. C’è ancora di più: tutto ciò che il povero paga viene perduto per sempre per lui, mentre rimane o ritorna nelle mani dei ricchi. Poiché sono soltanto coloro che partecipano al governo o coloro che ne sono vicini ad incassare i proventi delle tasse, anche pagando la loro quota, hanno un chiaro interesse a farle aumentare.

Conclusione

Riassumiamo in quattro parole il “patto sociale” tra questi due stati: avete bisogno di me perché sono ricco e voi siete poveri; quindi facciamoci un accordo: vi permetterò di avere l’onore di servirmi, a condizione che mi date ciò che vi rimane, in cambio del disturbo che mi causate obbedendo ai miei ordini.

Se si combinano con cura tutte queste considerazioni, si scopre che, per distribuire le tasse in modo equo e veramente proporzionale, l’imposizione non dovrebbe basarsi soltanto sui beni dei contribuenti, ma su una valutazione complessiva che tenga conto delle differenze nelle loro condizioni sociali e del superfluo dei loro beni. È un’operazione estremamente importante e difficile, che ogni giorno vengono svolte da innumerevoli funzionari onesti e competenti in matematica; tuttavia, nemmeno figure come Platone o Montesquieu avrebbero osato assumersene la responsabilità senza tremare e chiedendo al cielo lumi e integrità morale.

Un altro svantaggio dell’imposta personale è che si fa sentire troppo e viene riscossa con troppa durezza; inoltre, essa è soggetta a molte irregolarità, poiché è molto più facile eludere le responsabilità e le conseguenze legali riguardanti l’imposta rispetto alle proprie proprietà.

De toutes les autres impositions, le cens sur les terres ou la taille réelle a toujours passé pour la plus avantageuse dans les pays où l’on a plus d’égard à la quantité du produit et à la sûreté du recouvrement, qu’à la moindre incommodité du peuple. On a même osé dire qu’il fallait charger le paysan pour éveiller sa paresse, et qu’il ne ferait rien s’il n’avait rien à payer. Mais l’expérience dément chez tous les peuples du monde cette maxime ridicule : c’est en Hollande, en Angleterre où le cultivateur paie très peu de chose, et surtout à la Chine où il ne paie rien, que la terre est le mieux cultivée. Au contraire, partout où le laboureur se voit chargé à proportion du produit de son champ, il le laisse en friche, on n’en retire exactement que ce qu’il lui faut pour vivre. Car pour qui perd le fruit de sa peine, c’est gagner que ne rien faire ; et mettre le travail à l’amende, est un moyen fort singulier de bannir la paresse.

De la taxe sur les terres ou sur le blé, surtout quand elle est excessive, résultent deux inconvénients si terribles, qu’ils doivent dépeupler et ruiner à la longue tous les pays où elle est établie.

Le premier vient du défaut de circulation des espèces, car le commerce et l’industrie attirent dans les capitales tout l’argent de la campagne : et l’impôt détruisant la proportion qui pouvait se trouver encore entre les besoins du laboureur et le prix de son blé, l’argent vient sans cesse et ne retourne jamais ; plus la ville est riche, plus le pays est misérable. Le produit des tailles passe des mains du prince ou du financier dans celles des artistes et des marchands ; et le cultivateur qui n’en reçoit jamais que la moindre partie, s’épuise enfin en payant toujours également et recevant toujours moins. Comment voudrait-on que pût vivre un homme qui n’aurait que des veines et point d’artères, ou dont les artères ne porteraient le sang qu’à quatre doigts du coeur ? Chardin dit qu’en Perse les droits du roi sur les denrées se payent aussi en denrées ; cet usage, qu’Hérodote témoigne avoir autrefois été pratiqué dans le même pays jusqu’à Darius, peut prévenir le mal dont je viens de parler. Mais à moins qu’en Perse les intendants, directeurs, commis, et gardes-magasin ne soient une autre espèce de gens que partout ailleurs, j’ai peine à croire qu’il arrive jusqu’au roi la moindre chose de tous ces produits, que les blés ne se gâtent pas dans tous les greniers, et que le feu ne consume pas la plupart des magasins.

Le second inconvénient vient d’un avantage apparent, qui laisse aggraver les maux avant qu’on les aperçoive. C’est que le blé est une denrée que les impôts ne renchérissent point dans le pays qui la produit, et dont malgré son absolue nécessité, la quantité diminue, sans que le prix en augmente ; ce qui fait que beaucoup de gens meurent de faim, quoique le blé continue d’être à bon marché, et que le laboureur reste seul charge de l’impôt qu’il n’a pu défalquer sur le prix de la vente. Il faut bien faire attention qu’on ne doit pas raisonner de la taille réelle comme des droits sur toutes les marchandises qui en font hausser le prix, et sont ainsi payés moins par les marchands, que par les acheteurs. Car ces droits, quelque forts qu’ils puissent être sont pourtant volontaires, et ne sont payés par le marchand qu’à proportion des marchandises qu’il achète ; et comme il n’achète qu’à proportion de son débit, il fait la loi au particulier. Mais le laboureur qui, soit qu’il vende ou non, est contraint de payer à des termes fixes pour le terrain qu’il cultive, n’est pas le mettre d’attendre qu’on mette à sa denrée le prix qu’il lui plaît, et quand il ne la vendrait pas pour s’entretenir, il serait forcé de la vendre pour payer la taille, de sorte que c’est quelquefois l’énormité de l’imposition qui maintient la denrée à vil prix.

Remarquez encore que les ressources du commerce et de l’industrie, loin de rendre la taille plus supportable par l’abondance de l’argent, ne la rendent que plus onéreuse. Je n’insisterai point sur une chose très évidente, savoir que si la plus grande ou moindre quantité d’argent dans un état, peut lui donner plus ou moins de crédit au-dehors, elle ne change en aucune manière la fortune réelle des citoyens, et ne les met ni plus ni moins à leur aise. Mais je ferai ces deux remarques importantes : l’une, qu’à moins que l’état n’ait des denrées superflues et que l’abondance de l’argent ne vienne de leur débit chez l’étranger, les villes où se fait le commerce, se sentent seules de cette abondance, et que le paysan ne fait qu’en devenir relativement plus pauvre : l’autre, que le prix de toutes choses haussant avec la multiplication de l’argent, il faut aussi que les impôts haussent à proportion, de sorte que le laboureur se trouve plus chargé sans avoir plus de ressources.

On doit voir que la taille sur les terres est un véritable impôt sur leur produit. Cependant chacun convient que rien n’est si dangereux qu’un impôt sur le blé payé par l’acheteur : comment ne voit-on pas que le mal est cent fois pire quand cet impôt est payé par le cultivateur même ? N’est-ce pas attaquer la subsistance de l’état jusque dans sa source ? N’est-ce pas travailler aussi directement qu’il est possible à dépeupler le pays, et par conséquent à le ruiner à la longue ? car il n’y a point pour une nation de pire disette que celle des hommes.

Il n’appartient qu’au véritable homme d’état d’élever ses vues dans l’assiette des impôts plus haut que l’objet des finances, de transformer des charges onéreuses en d’utiles règlements de police, et de faire douter au peuple si de tels établissements n’ont pas eu pour fin le bien de la nation plutôt que le produit des taxes.

Les droits sur l’importation des marchandises étrangères dont les habitants sont avides sans que le pays en ait besoin, sur l’exportation de celles du cru du pays dont il n’a pas de trop, et dont les étrangers ne peuvent se passer, sur les productions des arts inutiles et trop lucratifs, sur les entrées dans les villes des choses de pur agrément, et en général sur tous les objets du luxe, rempliront tout ce double objet. C’est par de tels impôts, qui soulagent la pauvreté et chargent la richesse, qu’il faut prévenir l’augmentation continuelle de l’inégalité des fortunes, l’asservissement aux riches d’une multitude d’ouvriers et de serviteurs inutiles, la multiplication des gens oisifs dans les villes, et la désertion des campagnes.

Il est important de mettre entre le prix des choses et les droits dont on les charge, une telle proportion que l’avidité des particuliers ne soit point trop portée à la fraude par la grandeur des profits. Il faut encore prévenir la facilité de la contrebande, en préférant les marchandises les moins faciles à cacher. Enfin il convient que l’impôt soit payé par celui qui emploie la chose taxée, plutôt que par celui qui la vend, auquel la quantité des droits dont il se trouverait chargé, donnerait plus de tentations et de moyens de les frauder. C’est l’usage constant de la Chine, le pays du monde où les impôts sont les plus forts et les mieux payés : le marchand ne paye rien ; l’acheteur seul acquitte le droit, sans qu’il en résulte ni murmures ni séditions ; parce que les denrées nécessaires à la vie, telles que le riz et le blé, étant absolument franches, le peuple n’est point foulé, et l’impôt ne tombe que sur les gens aisés. Au reste toutes ces précautions ne doivent pas tant être dictées par la crainte de la contrebande, que par l’attention que doit avoir le gouvernement à garantir les particuliers de la séduction des profits illégitimes, qui, après en avoir fait de mauvais citoyens, ne tarderait pas d’en faire de malhonnêtes gens.

Of all other forms of taxation, the land tax or direct assessment on property has always been considered the most beneficial in countries where greater emphasis is placed on the quantity of produce and the certainty of revenue collection, rather than on causing any inconvenience to the people. Some have even gone so far as to claim that it is necessary to burden the peasants in order to stimulate their laziness, arguing that they would not work at all if they had nothing to pay. However, experience has refuted this ridiculous notion throughout all peoples of the world: it is in the Netherlands and England, where farmers pay very little, and especially in China, where they pay nothing at all, that the land is best cultivated. On the contrary, wherever the laborer is forced to pay according to the yield of his field, he tends to abandon it entirely, leaving only enough produce to sustain himself. For those who lose the fruits of their labor, doing nothing at all is actually a form of gain; and making work subject to taxation is a most peculiar way of attempting to eradicate laziness.

A tax on land or on wheat, especially when it is excessive, leads to two extremely serious disadvantages; in the long run, such taxes are bound to depopulate and ruin any country where they are imposed.

The first cause lies in the disruption of the circulation of money, for commerce and industry draw all the funds from the countryside into the cities; and since taxation destroys the balance that might otherwise exist between the needs of the peasants and the price of their grain, money continuously flows in but never returns. The richer the city becomes, the poorer the countryside grows. The revenue collected through taxes passes from the hands of princes or financiers into those of artists and merchants; while the farmer, who receives only a fraction of it, ends up exhausting his resources by constantly paying the same amount while receiving less and less in return. How could a man who possesses only veins and no arteries, or whose arteries carry blood only four fingers away from the heart, possibly survive? Chardin mentions that in Persia, the king’s taxes on goods are also paid in kind; this practice, which Herodotus testified was once common in that same region up to the time of Darius, could perhaps prevent the problems I have just described. But unless in Persia the officials, administrators, commissioners, and storekeepers were a completely different kind of people than elsewhere, I find it hard to believe that even a fraction of these revenues would ever reach the king, that the grain would not spoil in all those storage facilities, or that the fire would not destroy most of them.

The second disadvantage arises from an apparent advantage that actually allows harm to worsen before it is even noticed. Wheat is a commodity whose price is not increased by taxes in the country where it is produced; yet, despite its absolute necessity, its quantity decreases without any rise in price. As a result, many people die of hunger, even though wheat remains cheap, and the farmer alone bears the burden of the tax that he cannot pass on to the buyer. It must be clearly understood that we should not confuse the actual quantity of a commodity with the various taxes that raise its price, since these taxes are ultimately paid not by sellers but by buyers. No matter how high these taxes may be, they are still voluntary and are only paid by sellers in proportion to the goods they purchase. Since sellers buy only in proportion to their sales, it seems as if they are setting the prices for others. However, the farmer, whether he sells his produce or not, is forced to pay fixed taxes on the land he cultivates. He cannot dictate the price at which his goods should be sold; and if he does not sell them to survive, he is still compelled to do so just to pay the taxes. Thus, in some cases, it is precisely the exorbitant nature of these taxes that keeps prices low.

It should also be noted that the resources of commerce and industry, far from making the size of a state more tolerable through the abundance of money, only make it more expensive. I need not emphasize something that is quite obvious: namely, that whether a larger or smaller amount of money in a state gives it more or less credit abroad, it does not in any way change the real wealth of its citizens, nor does it make their lives easier or harder. However, I would like to make these two important observations: First, unless a state possesses surplus goods and the abundance of money results from their export, the cities where commerce takes place will only benefit indirectly from this abundance, while the peasants will relatively become poorer. Second, since the price of everything rises with the increase in money supply, taxes must also increase proportionally; as a result, the farmer finds himself burdened with heavier taxes without having any additional resources at his disposal.

It must be recognized that the taxation of land amounts to a true levy on its produce. Yet everyone agrees that nothing is more harmful than a tax on grain that is paid by the buyer: how can it not be seen that the harm is a hundred times greater when this tax is paid by the farmer himself? Is not this tantamount to attacking the very foundation of a nation’s livelihood? Is it not directly contributing to the depopulation of the country, and consequently to its long-term ruin? For there is no greater disaster for a nation than the depletion of its population.

Only a true statesman is capable of raising the scope of his concerns beyond mere fiscal matters, of transforming onerous burdens into useful regulatory measures, and of leading the people to question whether such institutions are not ultimately intended for the benefit of the nation rather than merely for the collection of taxes.

Taxes on the import of foreign goods that the inhabitants are eager to acquire yet the country does not need; taxes on the export of domestically produced goods that the country has in surplus and which foreigners cannot do without; taxes on productions of the arts that are useless but highly profitable; taxes on items purely for leisure consumed in cities; and, in general, taxes on all objects of luxury—these measures will serve to achieve both objectives. It is through such taxes, which alleviate poverty and burden wealth, that we must prevent the continuous increase in wealth disparity, the enslavement of numerous workers and servants to the rich, the proliferation of idle people in cities, and the desertion of the countryside.

It is important to establish such a proportion between the price of goods and the taxes imposed upon them that individuals’ greed will not be excessively inclined to engage in fraud due to the substantial profits involved. It is also necessary to prevent the ease of smuggling by preferring goods that are less likely to be concealed. Lastly, it is appropriate for taxes to be paid by those who utilize the taxed goods, rather than by those who sell them, as the heavier tax burden would create greater temptation and opportunities for fraud in the latter case. This is the consistent practice in China, the country in the world where taxes are the highest and most diligently paid: the merchant pays nothing; only the buyer bears the cost of the taxes, without any resulting complaints or unrest. Since essential goods such as rice and wheat are completely exempt from taxation, the people are not burdened, and taxes only affect those who are wealthy. Moreover, all these precautions should not primarily be motivated by fear of smuggling, but rather by the government’s commitment to protecting individuals from the allure of illicit profits, which, if not checked, would soon turn them into both poor citizens and dishonest individuals.

Tra tutte le altre imposte, la tassa sulle terre o la cosiddetta “taille réelle” è sempre stata considerata la più vantaggiosa in quei paesi dove si dà maggiore importanza alla quantità del prodotto e alla sicurezza delle entrate fiscali, piuttosto che ai disagi che potrebbe causare al popolo. Si è persino osato affermare che fosse necessario gravare il contadino per stimolare la sua pigrizia, sostenendo che non avrebbe lavorato affatto se non avesse dovuto pagare nulla. Tuttavia, l’esperienza dimostra, in tutti i popoli del mondo, quanto sia ridicola questa massima: è proprio in Olanda, in Inghilterra, dove il contadino paga molto poco, e soprattutto in Cina, dove non paga affatto, che la terra viene coltivata al meglio. Al contrario, ovunque il lavoratore venga gravato in proporzione al prodotto del suo campo, quest’ultimo viene abbandonato a marcire; si ottiene esattamente solo ciò di cui ha bisogno per vivere. Per chi, infatti, perde il frutto del proprio lavoro, non fare nulla rappresenta senz’altro un vantaggio; e imporre una tassa sul lavoro è davvero un modo molto strano per combattere la pigrizia.

La tassa sulle terre o sul grano, soprattutto quando è eccessiva, comporta due svantaggi terribili: a lungo andare, queste tasse devono spopolare e distruggere tutti i paesi in cui vengono applicate.

Il primo motivo deriva dal mancato circolazione delle merci: il commercio e l’industria attirano nelle capitali tutto l’oro proveniente dalle campagne; inoltre, l’imposta distrugge quella proporzione che ancora poteva esistere tra i bisogni del contadino e il prezzo del suo grano, quindi l’oro arriva continuamente senza mai tornare indietro. Più la città è ricca, più la campagna diventa misera. Il prodotto delle tasse passa dalle mani del principe o del finanziere in quelle degli artisti e dei commercianti; il contadino, che ne riceve soltanto una piccola parte, finisce per esaurirsi pagando sempre allo stesso modo e ricevendo sempre di meno. Come potrebbe sopravvivere un uomo che avesse solo vene e nessuna arteria, o le cui arterie portassero il sangue a soli quattro dita dal cuore? Chardin afferma che in Persia i diritti del re sulle merci vengono pagati anch’essi con merci; questa pratica, di cui Erodoto testimonia che un tempo fosse diffusa nello stesso paese fino a Dario, potrebbe prevenire il male di cui ho appena parlato. Ma a meno che in Persia gli ispettori, i direttori, i commissari e i custodi dei magazzini non siano una specie diversa da quella di tutte le altre parti del mondo, dubito fortemente che anche solo una piccola parte di questi prodotti arrivi fino al re, che i grani non si guastino in tutti i magazzini e che il fuoco non distrugga la maggior parte di essi.

Il secondo svantaggio deriva da un vantaggio apparente, che permette ai mali di peggiorare prima ancora che vengano percepiti. Il grano è una merce sulla quale le tasse non aumentano nel paese in cui viene prodotto; nonostante la sua assoluta necessità, la sua quantità diminuisce senza che il prezzo aumenti, il che fa sì che molte persone muoiano di fame, anche se il grano rimane a buon mercato e l’agricoltore è costretto a pagare da solo le tasse che non può detrarre dal prezzo di vendita. È importante ricordare che non si possono considerare i dazi come tributi su tutte le merci che ne aumentano il prezzo, poiché questi dazi, per quanto elevati possano essere, sono comunque volontari e vengono pagati dal commerciante solo in proporzione alle merci che acquista; poiché acquista soltanto in base al proprio debito, è lui stesso a stabilire i prezzi. Tuttavia l’agricoltore, che sia che venda o meno, è costretto a pagare regolarmente le tasse sul terreno che coltiva; non può quindi aspettarsi che il prezzo della sua merce venga fissato secondo i suoi desideri, e se non la vendesse per sopravvivere, sarebbe costretto a farlo pur di pagare le tasse, il che a volte significa che è proprio l’entità eccessiva delle imposte a mantenere i prezzi delle merci bassi.

Si noti inoltre che le risorse del commercio e dell’industria, lungi dal rendere la dimensione dello Stato più sopportabile grazie all’abbondanza di denaro, la rendono invece solo più onerosa. Non insisterò su una cosa molto evidente: ovvero che, anche se una maggiore o minore quantità di denaro in uno Stato può dargli più o meno credito all’estero, essa non modifica affatto la ricchezza reale dei cittadini, né li mette in condizioni migliori o peggiori. Tuttavia farò queste due osservazioni importanti: la prima è che, a meno che lo Stato non disponga di merci in eccesso e che l’abbondanza di denaro derivi dalla loro vendita all’estero, le città dove si svolge il commercio ne traggono beneficio soltanto esse stesse, mentre i contadini diventano relativamente più poveri; la seconda è che, poiché il prezzo di tutte le cose aumenta con la moltiplicazione del denaro, anche le tasse devono aumentare di conseguenza, in modo che il contadino si trovi a sopportare un carico maggiore senza disporre di risorse maggiori.

È evidente che le tasse sulle terre rappresentano in realtà un vero e proprio tributo sul loro prodotto. Tuttavia, tutti concordano sul fatto che nulla sia più pericoloso di una tassa sul grano pagata dall’acquirente: come non si rende conto che il danno è cento volte maggiore quando questa tassa viene pagata direttamente dal coltivatore? Non si sta forse attaccando la stessa sussistenza dello stato, nella sua fonte principale? Non si sta lavorando, in modo diretto e deliberato, per ridurre la popolazione del paese e, di conseguenza, per distruggerlo nel lungo periodo? Poiché non esiste per una nazione carestia più grave di quella causata dalla mancanza di uomini.

Solo un vero statista è in grado di elevare il proprio orizzonte al di sopra degli interessi finanziari, di trasformare oneri gravosi in utili regolamenti per l’ordine pubblico, e di far dubitare al popolo se tali misure non abbiano lo scopo di servire il bene della nazione piuttosto che aumentare le entrate fiscali.

I diritti sull’importazione di merci straniere di cui gli abitanti sono avidi, ma di cui il paese non ha bisogno, sull’esportazione di quelle prodotte nel proprio territorio in quantità eccessive e di cui gli stranieri non possono fare a meno, sulle produzioni artistiche inutili ma particolarmente redditizie, sugli oggetti di pura frivolezza che vengono introdotti nelle città, e in generale su tutti gli oggetti del lusso, potranno soddisfare entrambi questi scopi. È attraverso tali imposte, che alleviano la povertà e onerano la ricchezza, che si può prevenire l’aumento continuo dell’ineguaglianza nelle fortune, la sottomissione di una moltitudine di operai e servitori inutili ai ricchi, la proliferazione delle persone oziose nelle città e la desertificazione delle campagne.

È importante stabilire una proporzione tale tra il prezzo delle cose e i diritti che vi sono associati, da impedire che l’avidità dei privati li spinga troppo verso la frode a causa degli elevati profitti che ne derivano. È inoltre necessario prevenire la facilità con cui avviene il contrabbando, preferendo merci meno facili da nascondere. Infine, è opportuno che l’imposta venga pagata da colui che utilizza la merce soggetta a tassazione, e non da colui che la vende, poiché quest’ultimo, essendo gravato da un maggior numero di diritti, verrebbe esposto a maggiori tentazioni e mezzi per fraudarli. Questa è l’usanza consolidata in Cina, il paese al mondo dove le tasse sono le più elevate e vengono pagate con maggiore regolarità: il commerciante non paga nulla; solo l’acquirente sostiene il costo dei diritti fiscali, senza che ciò generi lamentele o rivolte. Poiché i beni essenziali alla vita, come riso e grano, sono completamente esenti da tasse, il popolo non ne soffre; l’imposta colpisce soltanto le persone agiate. Del resto, tutte queste precauzioni non dovrebbero essere motivate tanto dalla paura del contrabbando, quanto dall’attenzione che il governo deve dedicare a proteggere i privati dalle tentazioni legate ai profitti illegali, poiché questi, oltre a rendere le persone cattivi cittadini, finirebbero per renderle anche ingannevoli.

Qu’on établisse de fortes taxes sur la livrée, sur les équipages, sur les glaces, lustres, et ameublements, sur les étoffes et la dorure, sur les cours et jardins des hôtels, sur les spectacles de toute espèce, sur les professions oiseuses : comme baladins, chanteurs, histrions, et en un mot sur cette foule d’objets de luxe, d’amusement et d’oisiveté, qui frappent tous les yeux, et qui peuvent d’autant moins se cacher, que leur seul usage est de se montrer, et qu’ils seraient inutiles s’ils n’étaient vus. Qu’on ne craigne pas que de tels produits fussent arbitraires, pour n’être fondés que sur des choses qui ne sont pas d’une absolue nécessité : c’est bien mal connaître les hommes que de croire qu’après s’être une fois laissés séduire par le luxe, ils n’y puissent jamais renoncer ; ils renonceraient cent fois plutôt au nécessaire et aimeraient encore mieux mourir de faim que de honte. L’augmentation de la dépense ne sera qu’une nouvelle raison pour la soutenir, quand la vanité de se montrer opulent fera son profit du prix de la chose et des frais de la taxe. Tant qu’il y aura des riches, ils voudront se distinguer des pauvres, et l’état ne saurait se former un revenu moins onéreux ni plus assuré que sur cette distinction.

Par la même raison l’industrie n’aurait rien à souffrir d’un ordre économique qui enrichirait les Finances, ranimerait l’Agriculture, en soulageant le laboureur, et rapprocherait insensiblement toutes les fortunes de cette médiocrité qui fait la véritable force d’un état. Il se pourrait, je l’avoue, que les impôts contribuassent à faire passer plus rapidement quelques modes ; mais ce ne serait jamais que pour en substituer d’autres sur lesquelles l’ouvrier gagnerait, sans que le fisc eût rien à perdre. En un mot, supposons que l’esprit du gouvernement soit constamment d’asseoir toutes les taxes sur le superflu des richesses, il arrivera de deux choses l’une : ou les riches renonceront à leurs dépenses superflues pour n’en faire que d’utiles, qui retourneront au profit de l’état ; alors l’assiette des impôts aura produit l’effet des meilleures lois somptuaires ; les dépenses de l’état auront nécessairement diminué avec celles des particuliers ; et le fisc ne saurait moins recevoir de cette manière, qu’il n’ait beaucoup moins encore à débourser : ou si les riches ne diminuent rien de leurs profusions, le fisc aura dans le produit des impôts les ressources qu’il cherchait pour pourvoir aux besoins réels de l’état. Dans le premier cas, le fisc s’enrichit de toute la dépense qu’il a de moins à faire ; dans le second, il s’enrichit encore de la dépense inutile des particuliers.

Ajoutons à tout ceci une importante distinction en matière de droit politique, et à laquelle les gouvernements, jaloux de faire tout par eux-mêmes, devraient donner une grande attention. J’ai dit que les taxes personnelles et les impôts sur les choses d’absolue nécessité, attaquant directement le droit de propriété, et par conséquent le vrai fondement de la société politique, sont toujours sujets à des conséquences dangereuses, s’ils ne sont établis avec l’exprès consentement du peuple ou de ses représentants. Il n’en est pas de même des droits sur les choses dont on peut s’interdire l’usage ; car alors le particulier n’étant point absolument contraint à payer, sa contribution peut passer pour volontaire ; de sorte que le consentement particulier de chacun des contribuants supplée au consentement général, et le suppose même en quelque manière : car pourquoi le peuple s’opposerait-il à toute imposition qui ne tombe que sur quiconque veut bien la payer ? Il me paraît certain que tout ce qui n’est ni proscrit par les lois, ni contraire aux moeurs, et que le gouvernement peut défendre, il peut le permettre moyennant un droit. Si, par exemple, le gouvernement peut interdire l’usage des carrosses, il peut à plus forte raison imposer une taxe sur les carrosses, moyen sage et utile d’en blâmer l’usage sans le faire cesser. Alors on peut regarder la taxe comme une espèce d’amende, dont le produit dédommage de l’abus qu’elle punit.

Quelqu’un m’objectera peut-être que ceux que Bodin appelle imposteurs, c’est-à-dire ceux qui imposent ou imaginent les taxes, étant dans la classe des riches, n’auront garde d’épargner les autres à leurs propres dépens, et de se charger eux-mêmes pour soulager les pauvres. Mais il faut rejeter de pareilles idées. Si dans chaque nation ceux à qui le souverain commet le gouvernement des peuples, en étaient les ennemis par état, ce ne serait pas la peine de rechercher ce qu’ils doivent faire pour les rendre heureux.

FIN du DISCOURS SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE

Table des matières du titre

Liste des œuvres philosophiques et politiques

Liste générale des titres

DU CONTRAT SOCIAL

ou Essai sur la forme de la République

Première version


Jean-Jacques ROUSSEAU

ŒUVRE PHILOSOPHIQUE ET POLITIQUE


Liste générale des titres

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J. J. Rousseau : Oeuvres complètes

Œuvre philosophique et politique

Let heavy taxes be imposed on carriages, crews, ice, chandeliers, and furniture; on fabrics and goldwork; on the courtyards and gardens of hotels; on all kinds of entertainment; and on those leisurely professions such as those of jugglers, singers, and actors. In short, let such a multitude of objects of luxury, amusement, and idleness—objects that catch everyone’s eye and whose very purpose is to be displayed—be taxed. There is no need to fear that such taxes are arbitrary, for they are based solely on things that are not absolutely necessary. To believe that people, once tempted by luxury, will never be able to give it up is to misunderstand human nature greatly; they would rather give up what is essential and die of hunger than endure shame. The increase in spending will only provide further justification for such taxes, for the vanity of appearing wealthy will ensure that both the cost of the goods and the tax revenue remain stable. As long as there are rich people, they will seek to distinguish themselves from the poor, and the state can never find a less costly or more reliable source of income than this distinction.

For the same reason, industry would not suffer in the slightest from an economic order that enriched finance, revitalized agriculture by relieving the burden on farmers, and gradually brought all levels of wealth closer to that moderate standard which constitutes the true strength of a state. It is true that taxes might help to accelerate the obsolescence of certain practices; but such changes would merely be replaced by others in which workers would gain without the treasury suffering any loss. In short, assuming that the government’s policy consistently focused all taxes on the excesses of wealth, one of two things would inevitably happen: either the wealthy would abandon their wasteful spending and replace it with useful expenditures that would benefit the state; in that case, the tax system would achieve the same effect as the most effective sumptuary laws—state expenditures would necessarily decrease along with those of individuals, and the treasury would receive just as much revenue. Alternatively, if the wealthy continued their extravagant ways, the taxes would still provide the resources needed to meet the actual needs of the state. In either case, the treasury would benefit, either by reducing its own expenditures or by tapping into the unnecessary spending of others.

Let us add to all this an important distinction in the field of political law, one to which governments, eager to do everything themselves, should pay great attention. I have stated that personal taxes and taxes on goods of absolute necessity, which directly undermine the right of property and thus the very foundation of political society, always carry dangerous consequences if they are not established with the express consent of the people or their representatives. This is not the case regarding rights over goods whose use one can choose to refrain from; in such cases, since individuals are not absolutely compelled to pay, their contribution can be considered voluntary. Thus, the individual consent of each taxpayer serves as a substitute for, and in some way presupposes, the general consent of the community: after all, why would the people oppose any taxation that only affects those who choose to pay it? It seems to me certain that anything that is not prohibited by law or contrary to public morals, and that the government can enforce, can also be permitted through the imposition of a tax. For example, if the government can prohibit the use of carriages, it can even more justly impose a tax on them—a wise and useful means to condemn their use without actually prohibiting it. In this regard, a tax can be seen as a form of fine, whose revenue serves to compensate for the abuses it seeks to punish.

Some might argue that those whom Bodin calls impostors—those who impose or invent taxes, being members of the wealthy class—would surely not spare others at their own expense and take it upon themselves to alleviate the plight of the poor. But such ideas must be rejected. If, in every nation, those to whom the sovereign delegates the task of governing the people were inherently their enemies, there would be no need to consider what measures could be taken to make them act for the happiness of the populace.

End of the discourse on political economy.

Table of Contents for the title

List of philosophical and political works

General list of titles

OF THE SOCIAL CONTRACT

or Essay on the form of the Republic

First version


Jean-Jacques Rousseau

PHILOSOPHICAL AND POLITICAL WORK


General list of titles

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J. J. Rousseau: Complete Works

A philosophical and political work

Che si impongano tasse elevate sulla livrea, sugli equipaggi, sulle vetrate, sui lampadari e sugli arredi, sulle stoffe e sulla doratura, sui cortili e sui giardini degli hotel, sugli spettacoli di ogni genere, sulle professioni oziose – come quelle dei buffoni, dei cantanti, degli attori – insomma su tutta quella serie di oggetti di lusso, di divertimento e di inattività che colpiscono immediatamente lo sguardo e che, essendo destinati esclusivamente a essere mostrati, diventerebbero inutili se non venissero visti. Non si debba temere che tali imposte siano arbitrarie, poiché si basano su cose che non sono di assoluta necessità: è un grave errore ritenere che, una volta sedotti dal lusso, le persone non possano mai rinunciarvi; preferirebbero mille volte rinunciare al necessario e morire di fame piuttosto che di vergogna. L’aumento delle spese diventerà soltanto un ulteriore motivo per mantenerle, quando la vanità di apparire ricchi trarrà profitto dal prezzo degli oggetti e dai costi delle tasse. Finché esisteranno ricchi, vorranno distinguersi dai poveri, e lo Stato non potrà trovare un reddito meno oneroso né più sicuro se non basandolo su questa distinzione.

Per lo stesso motivo, l’industria non subirebbe alcun danno da un ordine economico che arricchisse le finanze, rivitalizzasse l’agricoltura alleviando i contadini e avvicinasse gradualmente tutte le fortune a quella mediocrità che rappresenta la vera forza di uno Stato. Ammetto che le tasse potrebbero contribuire ad eliminare rapidamente alcune abitudini superflue; ma ciò avverrebbe soltanto per sostituirle con altre in base alle quali il lavoratore trarrebbe vantaggio, senza che lo Stato subisse alcuna perdita. In breve, supponiamo che lo spirito del governo sia sempre quello di imporre tutte le tasse sul superfluo delle ricchezze: in tal caso si verificherebbe una delle due cose seguenti: o i ricchi rinunceranno alle loro spese superflue per sostituirle con spese utili, a beneficio dello Stato; in questo modo l’imposizione delle tasse avrebbe lo stesso effetto delle migliori leggi contro il lusso; le spese dello Stato diminuirebbero necessariamente insieme a quelle dei privati, e lo Stato riceverebbe comunque risorse sufficienti per soddisfare i propri bisogni reali. Oppure, se i ricchi non riducono affatto le loro spese superflue, lo Stato troverà nelle entrate fiscali le risorse di cui ha bisogno. Nel primo caso, lo Stato si arricchirà di tutta la spesa che eviterà di sostenere; nel secondo caso, si arricchirà anche delle spese inutili dei privati.

Aggiungiamo a tutto ciò una distinzione importante in materia di diritto politico, alla quale i governi, gelosi di voler fare tutto da soli, dovrebbero prestare grande attenzione. Ho detto che le tasse personali e gli imposti sulle cose di assoluta necessità, che colpiscono direttamente il diritto di proprietà e quindi il vero fondamento della società politica, sono sempre soggetti a conseguenze pericolose se non vengono stabiliti con l’espressa consenzienza del popolo o dei suoi rappresentanti. Non lo stesso vale per i diritti sulle cose di cui si può astenersi dall’uso; poiché in questo caso il singolo, non essendo assolutamente costretto a pagare, può considerare la propria contribuzione come volontaria; di conseguenza, il consenso individuale di ciascun contribuente supplisce al consenso generale e, in qualche modo, lo presuppone: infatti, perché il popolo si opporrebbe a un’imposta che colpisce soltanto chi desidera pagarla? Mi sembra certo che tutto ciò che non è né proibito dalle leggi né contrario alle usanze, e che il governo può difendere, possa essere permesso attraverso l’applicazione di un diritto. Ad esempio, se il governo può vietare l’uso delle carrozze, può certamente imporre una tassa su di esse, come mezzo saggio e utile per condannarne l’uso senza impedirlo del tutto. In questo caso, la tassa può essere considerata una sorta di multa, il cui ricavato compensa l’abuso che punisce.

Qualcuno potrebbe obiettare che coloro che Bodin definisce impostori, cioè coloro che impongono o inventano tasse essendo appartenenti alla classe dei ricchi, non avrebbero certo motivo di risparmiare sugli altri a proprio vantaggio, né di assumersi personalmente il compito di alleviare le sofferenze dei poveri. Ma simili idee vanno rigettate. Se in ogni nazione coloro a cui il sovrano affida la gestione del popolo fossero per natura i suoi nemici, non ci sarebbe alcun bisogno di cercare modi per renderli felici.

Fine del discorso sull’economia politica.

Indice dei contenuti del titolo

Elenco delle opere filosofiche e politiche

Elenco generale dei titoli

Del CONTRATTO SOCIALE

o Saggio sulla forma della Repubblica

Prima versione


Jean-Jacques Rousseau

Opera filosofica e politica


Elenco generale dei titoli

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J.-J. Rousseau: Opere complete

Opera filosofica e politica