Rousseau

Abstract

Extract of the abbé de Saint-Pierre’s project for a perpetual European confederation of peace: it analyzes how a permanent European diet would eliminate sovereigns’ motives for war, applying on an international scale the logic of the social pact that replaces force with law.

Connections

Assi: Legittimità del potere, Stato e individuo
Posizioni: contratto sociale
Concetti: Stato, legge
Forme: saggio
Scuole: illuminismo

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Plusieurs souverains moins considérables, tels que la république de Gênes, les ducs de Modène et de Parme, et d’autres, étant omis dans cette liste, seront joints aux moins puissants, par forme d’association, et auront avec eux un droit de suffrage, semblable au votum curiatum des comtes de l’empire. Il est inutile de rendre ici cette énumération plus précise, parce que, jusqu’à l’exécution du projet, il peut survenir d’un moment à l’autre des accidents sur lesquels il la faudrait réformer, mais qui ne changeraient rien au fond du système.

Il ne faut que jeter les yeux sur cette liste pour voir avec la dernière évidence qu’il n’est pas possible ni qu’aucune des puissances qui la composent soit en état de résister à toutes les autres unies en corps, ni qu’il s’y forme aucune ligne partielle capable de faire tête à la grande confédération.

Car comment se ferait cette ligue ? Serait-ce entre les plus puissants ? Nous avons montré qu’elle ne saurait être durable ; et il est bien aisé maintenant de voir encore qu’elle est incompatible avec le système particulier de chaque grande puissance, et avec les intérêts inséparables de sa constitution. Serait-ce entre un grand état et plusieurs petits ? mais les autres grands états, unis à la confédération, auront bientôt écrasé la ligue : et l’on doit sentir que la grande alliance étant toujours unie et armée, il lui sera facile, en vertu du quatrième article, de prévenir et d’étouffer d’abord toute alliance partielle et séditieuse, qui tendrait à troubler la paix et l’ordre public. Qu’on voie ce qui se passe dans le corps germanique, malgré les abus de sa police et l’extrême inégalité de ses membres : y en a-t-il un seul, même parmi les plus puissants, qui osât s’exposer au ban de l’empire en blessant ouvertement sa constitution, à moins qu’il ne crût avoir de bonnes raisons de ne point craindre que l’empire voulût agir contre lui tout de bon ?

Ainsi je tiens pour démontré que la diète européenne une fois établie, n’aura jamais de rébellion à craindre, et que, bien qu’il s’y puisse introduire quelques abus, ils ne peuvent jamais aller jusqu’à éluder l’objet de l’institution. Reste à voir si cet objet sera bien rempli par l’institution même.

Pour cela, considérons les motifs qui mettent aux princes les armes à la main. Ces motifs sont, ou de faire des conquêtes, ou de se défendre d’un conquérant, ou d’affaiblir un trop puissant voisin, ou de soutenir ses droits attaqués, ou de vider un différend qu’on n’a pu terminer à l’amiable, ou enfin de remplir les engagements d’un traité. Il n’y a ni cause, ni prétexte de guerre qu’on ne puisse ranger sous quelqu’un de ces six chefs : or, il est évident qu’aucun des six ne peut exister dans ce nouvel état de choses.

Premièrement, il faut renoncer aux conquêtes, par l’impossibilité d’en faire, attendu qu’on est sûr d’être arrêté dans son chemin par de plus grandes forces que celles qu’on peut avoir ; de sorte qu’en risquant de tout perdre on est dans l’impuissance de rien gagner. Un prince ambitieux qui veut s’agrandir en Europe, fait deux choses : il commence par se fortifier de bonnes alliances, puis il tâche de prendre son ennemi au dépourvu. Mais les alliances particulières ne serviraient de rien contre une alliance plus forte, et toujours subsistante ; et nul prince n’ayant plus aucun prétexte d’armer, il ne saurait le faire sans être aperçu, prévenu et puni par la confédération toujours armée.

La même raison qui ôte à chaque prince tout espoir de conquêtes, lui ôte en même temps toute crainte d’être attaqué ; et non seulement ses états, garantis par toute l’Europe, lui sont aussi assurés qu’aux citoyens leurs possessions dans un pays bien policé, mais plus que s’il était leur unique et propre défenseur, dans le même rapport que l’Europe entière est plus forte que lui seul.

On n’a plus de raison de vouloir affaiblir un voisin, dont on n’a plus rien à craindre ; et l’on n’en est pas même tenté, quand on n’a nul espoir de réussir.

À l’égard du soutien de ses droits, il faut d’abord remarquer qu’une infinité de chicanes et de prétentions obscures et embrouillées seront toutes anéanties par le troisième article de la confédération, qui règle définitivement tous les droits réciproques des souverains alliés sur leur actuelle possession : ainsi toutes les demandes et prétentions possibles deviendront claires à l’avenir, et seront jugées dans la diète, à mesure qu’elles pourront naître. Ajoutez que si l’on attaque mes droits, je dois les soutenir par la même voie : or, on ne peut les attaquer par les armes, sans encourir le ban de la diète ; ce n’est donc pas non plus par les armes que j’ai besoin de les défendre. On doit dire la même chose des injures, des torts, des réparations, et de tous les différends imprévus qui peuvent s’élever entre deux souverains ; et le même pouvoir qui doit défendre leurs droits doit aussi redresser leurs griefs.

Quant au dernier article, la solution saute aux yeux. On voit d’abord que, n’ayant plus d’agresseur à craindre, on n’a plus besoin de traité défensif, et que, comme on n’en saurait faire de plus solide et de plus sûr que celui de la grande confédération, tout autre serait inutile, illégitime, et par conséquent nul.

Il n’est donc pas possible que la confédération une fois établie, puisse laisser aucune semence de guerre entre les confédérés, et que l’objet de la paix perpétuelle ne soit exactement rempli par l’exécution du système proposé.

Il nous reste maintenant à examiner l’autre question, qui regarde l’avantage des parties contractantes ; car on sent bien que vainement ferait-on parler l’intérêt public au préjudice de l’intérêt particulier. Prouver que la paix est en général préférable à la guerre, c’est ne rien dire à celui qui croit avoir des raisons de préférer la guerre à la paix ; et lui montrer les moyens d’établir une paix durable, ce n’est que l’exciter à s’y opposer.

En effet, dira-t-on, vous ôtez aux souverains le droit de se faire justice à eux-mêmes, c’est-à-dire le précieux droit d’être injustes quand il leur plaît ; vous leur ôtez le pouvoir de s’agrandir aux dépens de leurs voisins ; vous les faites renoncer à ces antiques prétentions qui tirent leur prix de leur obscurité, parce qu’on les étend avec sa fortune à cet appareil de puissance et de terreur dont ils aiment à effrayer le monde, à cette gloire des conquêtes dont ils tirent leur honneur ; et, pour tout dire enfin, vous les forcez d’être équitables et pacifiques. Quels seront les dédommagements de tant de cruelles privations ?

Je n’oserais répondre, avec l’abbé de Saint-Pierre, que la véritable gloire des princes consiste à procurer l’utilité publique et le bonheur de leurs sujets ; que tous leurs intérêts sont subordonnés à leur réputation ; et que la réputation qu’on acquiert auprès des sages se mesure sur le bien que l’on fait aux hommes ; que l’entreprise d’une paix perpétuelle, étant la plus grande qui ait jamais été faite, est la plus capable de couvrir son auteur d’une gloire immortelle ; que cette même entreprise, étant aussi la plus utile aux peuples, est encore la plus honorable aux souverains, la seule surtout qui ne soit pas souillée de sang, de rapines, de pleurs, de malédictions ; et qu’enfin le plus sûr moyen de se distinguer dans la foule des rois est de travailler au bonheur public. Laissons aux harangueurs ces discours qui, dans les cabinets des ministres, ont couvert de ridicule l’auteur et ses projets, mais ne méprisons pas comme eux ses raisons ; et, quoi qu’il en soit des vertus des princes, parlons de leurs intérêts.

Several less significant sovereigns, such as the Republic of Genoa, the Dukes of Modena and Parma, and others who are omitted from this list, will be joined to the lesser powers in the form of an association and will have a right to vote similar to that of the curial vote held by the counts of the empire. It is unnecessary to provide a more detailed enumeration here, because until the project is implemented, various unforeseen circumstances may arise that would require adjustments, but these changes would not alter the fundamental nature of the system.

One only needs to look at this list to see with absolute certainty that it is impossible for any of the powers that constitute it to resist all the others when united as one force; nor is there any possibility of forming a partial alliance that could stand up to this great confederation.

For how could such a league be established? Would it consist solely of the most powerful nations? We have already shown that such a league could not be sustainable; and it is now readily apparent that it is incompatible with the particular systems of each major power, as well as with the inherent interests that underlie their constitutions. Or perhaps it would involve one large state and several smaller ones? But if those other great powers joined forces in a confederation, they would soon crush such a league. Moreover, since a large alliance would always remain united and armed, it would be able, according to its fourth article, to easily prevent and suppress any partial or rebellious alliances that sought to disturb peace and public order. One only needs to look at what is happening within the Germanic body to see this: despite the abuses of its governance and the extreme inequality among its members, is there even one single power, among the most powerful ones, that would dare to defy the empire by openly undermining its constitution—unless it believed it had compelling reasons to believe that the empire would not take action against it?

Thus, I contend that once the European diet is established, there will never be any reason to fear rebellion against it; and although certain abuses may occur within it, they can never go so far as to undermine the very purpose of this institution. The question remains whether this purpose will indeed be fulfilled by the institution itself.

To this end, let us consider the motives that prompt princes to take up arms. These motives are either to engage in conquests, to defend themselves against an invader, to weaken a too powerful neighbor, to uphold their threatened rights, to resolve a dispute that could not be settled amicably, or finally, to fulfill the obligations of a treaty. There is no cause or pretext for war that cannot be categorized under one of these six headings; yet it is evident that none of these six motives can apply in this new state of affairs.

Firstly, one must abandon the idea of conquest, for it is impossible to achieve such goals when one is certain that far greater forces will stop one in one’s path; thus, by risking losing everything, one would be unable to gain anything at all. An ambitious prince seeking to expand his territory in Europe would do two things: first, he would seek to strengthen himself through valuable alliances; then, he would try to catch his enemy off guard. However, such individual alliances would be of no use against a stronger and ever-present coalition; and since no prince would have any pretext for arming himself, he would be unable to do so without being detected, warned against, and punished by that constantly armed alliance.

The very same reason that deprives every prince of all hope of conquest also removes from him any fear of being attacked; not only are his territories, guaranteed by the entire Europe, as secure for him as the possessions of citizens in a well-governed country, but he is even more than their sole and exclusive defender—in just the same way as the whole of Europe is far stronger than he alone.

There is no longer any reason to seek to weaken a neighbor whom one no longer fears; and one is not even tempted to do so when there is no hope of succeeding at all.

Regarding the support of his rights, it must first be noted that countless tricks and obscure, confusing claims will all be eliminated by the third article of the confederation, which definitively regulates all reciprocal rights of the allied sovereigns regarding their current possessions. Thus, all possible demands and claims will become clear in the future and will be adjudicated by the diet as they arise. Furthermore, if my rights are attacked, I must defend them in the same manner; yet it is impossible to attack them by force without incurring the ban of the diet. Therefore, it is also not through force that I need to defend them. The same holds true for insults, injustices, reparations, and all unforeseen disputes that may arise between two sovereigns; and the same authority that must protect their rights must also resolve their grievances.

As for the last article, the solution is obvious at first glance. It becomes clear that, since there is no longer any aggressor to fear, there is no need for a defensive treaty. Moreover, since no other treaty could be more solid and secure than that of the great confederation, any other would be useless, illegitimate—and therefore void.

It is therefore impossible for the confederation, once established, to allow any seeds of war to arise among its members; indeed, the very purpose of perpetual peace would be precisely achieved through the implementation of the proposed system.

What remains for us now is to examine the other issue, which concerns the advantages for the contracting parties; for it is clear that attempting to argue in favor of the public interest at the expense of the private interest would be futile. To prove that peace is generally preferable to war means saying nothing to those who believe they have reasons to prefer war over peace; and to show them the means by which a lasting peace can be established is merely to encourage them to oppose it.

Indeed, one might say that you are depriving sovereigns of the right to judge themselves—that is, of the precious right to be unjust whenever they wish; you are taking away their power to expand at the expense of their neighbors; you are forcing them to abandon those ancient claims that derive their value from their obscurity, for now those claims are extended through their wealth into that apparatus of power and terror they delight in using to frighten the world, into that glory derived from conquests that constitutes their honor. And, to put it all in one sentence, you are forcing them to be fair and peaceful. What compensations will there be for such cruel privations?

I would dare to say, in the words of Father de Saint-Pierre, that the true glory of princes lies in bringing benefit to the public and happiness to their subjects; that all their interests are subordinate to their reputation; and that the reputation one gains among the wise is measured by the good one does for others. The pursuit of lasting peace—being the greatest undertaking ever undertaken—is the most capable of conferring immortal glory upon its author. Moreover, since such a pursuit is also the most beneficial to peoples, it is the most honorable for sovereigns, and indeed the only one that is not tainted by bloodshed, plunder, tears, or curses. In short, the surest way to stand out among kings is to work for the public good. Let us leave such rhetoric to those who, in the corridors of ministers’ offices, have brought ridicule upon its author and his proposals; but let us not dismiss his arguments as they do. Whatever the merits of princes may be, let us focus on their interests.

Diversi sovrani meno importanti, come la repubblica di Genova, i duchi di Modena e di Parma, e altri ancora, essendo omessi in questa lista, verranno uniti ai più deboli attraverso una forma di associazione e avranno con loro lo stesso diritto di voto del “votum curiatum” dei conti dell’impero. Non è necessario rendere questa enumerazione più precisa, poiché, fino all’esecuzione del progetto, possono verificarsi in qualsiasi momento eventi che potrebbero richiedere modifiche, ma che in realtà non altererebbero la sostanza del sistema stesso.

Basta dare un’occhiata a questa lista per constatare con assoluta certezza che non è possibile, né che alcuna delle potenze che la compongono sia in grado di resistere alle altre unite nel loro insieme, né che esista alcuna alleanza parziale in grado di contrastare questa grande confederazione.

Come potrebbe essere formata questa lega? Tra i più potenti? Abbiamo dimostrato che essa non potrebbe essere duratura; ed è ormai facile constatare che sia incompatibile con il sistema particolare di ciascuna grande potenza, così come con gli interessi inscindibili dalla sua stessa struttura. Oppure tra un grande stato e diversi piccoli stati? Ma gli altri grandi stati, uniti alla confederazione, presto schiaccerebbero questa lega; inoltre, essendo la grande alleanza sempre unita e armata, le sarà facile, ai sensi del quarto articolo, prevenire e soffocare qualsiasi alleanza parziale o sediziosa che tendesse a disturbare la pace e l’ordine pubblico. Basta guardare ciò che accade nel corpo germanico: nonostante gli abusi della sua polizia e l’estrema disuguaglianza tra i suoi membri, esiste forse uno solo di loro, anche tra i più potenti, che osi sfidare l’impero offendendo apertamente la sua costituzione, a meno che non creda di avere buone ragioni per non temere che l’impero possa intervenire contro di lui?

Pertanto, ritengo di aver dimostrato che, una volta stabilita, la dieta europea non dovrà mai temere alcuna ribellione; inoltre, anche se potrebbero verificarsi alcuni abusi, questi non potranno mai portare a eludere lo scopo stesso dell’istituzione. Resta da vedere se tale scopo verrà effettivamente realizzato dall’istituzione stessa.

Per questo motivo, consideriamo i motivi che spingono i principi a impugnare le armi: tali motivi sono o la conquista di nuovi territori, o la difesa contro un conquistatore, o l’indebolimento di un vicino troppo potente, o il sostegno dei propri diritti minacciati, o la risoluzione di una controversia che non è stata possibile risolvere in modo pacifico, oppure ancora l’adempimento agli impegni presi da un trattato. Non esiste alcuna causa o pretesto di guerra che non possa essere ricondotto a uno di questi sei motivi; tuttavia, è evidente che nessuno di essi possa avere validità in questo nuovo contesto.

In primo luogo, bisogna rinunciare alle conquiste, poiché è impossibile riuscirvi, dato che si è certi di essere ostacolati lungo il cammino da forze molto più potenti di quelle a disposizione; quindi, rischiando di perdere tutto, non si può nemmeno guadagnare nulla. Un principe ambizioso che desidera espandersi in Europa compie due cose: innanzitutto cerca di rafforzarsi attraverso buone alleanze, e poi tenta di cogliere il proprio nemico di sorpresa. Tuttavia, le alleanze particolari non sarebbero di alcun aiuto contro un’alleanza più potente e sempre pronta a intervenire; inoltre, nessun principe avrebbe più alcun pretesto per armarsi, e quindi non potrebbe farlo senza essere scoperto, avvertito e punito dalla confederazione sempre pronta all’azione.

La stessa ragione che toglie a ogni principe ogni speranza di conquiste, gli toglie al contempo anche ogni timore di essere attaccato; non solo i suoi stati, garantiti da tutta Europa, sono altrettanto sicuri per lui quanto le proprietà dei cittadini in un paese ben governato, ma è ancora più vero che, proprio come l’intera Europa è più potente di lui da solo, anche lui rappresenta una difesa efficace per i suoi stati.

Non c’è più motivo di voler indebolire un vicino di cui non si ha più nulla da temere; e non si è nemmeno tentati di farlo, quando non si ha alcuna speranza di riuscirci.

Per quanto riguarda il sostegno dei propri diritti, è necessario notare innanzitutto che un’infinità di stratagemmi e pretese oscure e confuse verranno tutte annullate dal terzo articolo della confederazione, che stabilisce in modo definitivo tutti i diritti reciproci tra i sovrani alleati riguardo alle loro attuali possedimenti: in questo modo, tutte le possibili richieste e pretese diventeranno chiare in futuro e verranno giudicate nella dieta, non appena potranno sorgere. Inoltre, se qualcuno attacca i miei diritti, devo difenderli allo stesso modo; tuttavia, non si può attaccarli con le armi senza incorrere nell’interdizione della dieta; pertanto, nemmeno con le armi ho bisogno di difenderli. Lo stesso vale per le offese, i torti, le richieste di risarcimento e per tutti i dissidi imprevisti che possono sorgere tra due sovrani; il medesimo potere che deve difendere i loro diritti deve anche rimediare ai loro torti.

Per quanto riguarda l’ultimo articolo, la soluzione è evidente. Si può subito notare che, non essendoci più alcun aggressore da temere, non c’è più bisogno di un trattato difensivo; inoltre, poiché non esiste nulla di più solido e sicuro di quello della grande confederazione, qualsiasi altro trattato sarebbe inutile, illegittimo e quindi nullo.

Pertanto, non è possibile che, una volta stabilita la confederazione, essa possa lasciare tracce di guerra tra i suoi membri, e che lo scopo della pace perpetua venga effettivamente realizzato attraverso l’attuazione del sistema proposto.

Resta ora da esaminare l’altra questione, relativa ai vantaggi delle parti contraenti; infatti è evidente che sarebbe inutile invocare l’interesse pubblico a scapito di quello privato. Dimostrare che la pace sia generalmente preferibile alla guerra non significa nulla per chi ritiene di avere motivi per preferire la guerra alla pace; e indicargli i mezzi per stabilire una pace duratura significherebbe soltanto incoraggiarlo a opporsi ad essa.

Infatti, si potrebbe dire che voi togliete ai sovrani il diritto di giudicarsi da soli, cioè quel prezioso diritto di essere ingiusti quando ne hanno voglia; li private del potere di espandersi a scapito dei loro vicini; li costringete ad abbandonare quelle antiche pretese che traggono il loro valore dall’oscurità, poiché queste pretese vengono ampliate con la loro ricchezza in quell’apparato di potere e terrore con cui amano spaventare il mondo, in quella gloria delle conquiste da cui traggono onore; e, in definitiva, li costringete ad essere equi e pacifici. Quali saranno i compensi per tali crudeli privazioni?

Non oserei rispondere, come fece l’abate di Saint-Pierre, se non che la vera gloria dei principi consiste nel procurare il bene pubblico e la felicità dei loro sudditi; che tutti i loro interessi sono subordinati alla loro reputazione; e che la reputazione che si acquisisce presso i saggi si misura dal bene che si fa agli uomini. L’impresa di una pace perpetua, essendo la più grande mai intrapresa, è quella che maggiormente può rendere l’autore di essa immortale nella gloria; inoltre, essendo anche la più utile per i popoli, è senz’altro la più onorifica per i sovrani, ed è l’unica che non sia macchiata da sangue, rapine, lacrime o maledizioni. Infine, il modo più sicuro per distinguersi tra la folla dei re è lavorare al bene pubblico. Lasciamo che siano gli oratori a pronunciare discorsi del genere, quelli che nei gabinetti dei ministri hanno reso ridicoli l’autore e i suoi progetti; ma noi non dobbiamo disprezzare le sue ragioni come fanno loro. E, qualunque sia la natura delle virtù dei principi, parliamo piuttosto dei loro interessi.

Toutes les puissances de l’Europe ont des droits ou des prétentions les unes contre les autres ; ces droits ne sont pas de nature à pouvoir jamais être parfaitement éclaircis ; parce qu’il n’y a point, pour en juger, de règle commune et constante, et qu’ils sont souvent fondés sur des faits équivoques ou incertains. Les différends qu’ils causent ne sauraient non plus être jamais terminés sans retour, tant faute d’arbitre compétent, que parce que chaque prince revient dans l’occasion sans scrupule sur les cessions qui lui ont été arrachées par force dans des traités par les plus puissants, ou après des guerres malheureuses. C’est donc une erreur de ne songer qu’à ses prétentions sur les autres, et d’oublier celles des autres sur nous, lorsqu’il n’y a d’aucun côté ni plus de justice ni plus d’avantage dans les moyens de faire valoir ces prétentions réciproques. Sitôt que tout dépend de la fortune, la possession actuelle est d’un prix que la sagesse ne permet pas de risquer contre le profit à venir, même à chance égale ; et tout le monde blâme un homme à son aise qui, dans l’espoir de doubler son bien, l’ose risquer en un coup de dé. Mais nous avons fait voir que, dans les projets d’agrandissement, chacun, même dans le système actuel, doit trouver une résistance supérieure à son effort ; d’où il suit que les plus puissants n’ayant aucune raison de jouer, ni les plus faibles aucun espoir de profit, c’est un bien pour tous de renoncer à ce qu’ils désirent, pour s’assurer ce qu’ils possèdent.

Considérons la consommation d’hommes, d’argent, de forces de toute espèce, l’épuisement où la plus heureuse guerre jette un état quelconque, et comparons ce préjudice aux avantages qu’il en retire ; nous trouverons qu’il perd souvent quand il croit gagner, et que le vainqueur, toujours plus faible qu’avant la guerre, n’a de consolation que de voir le vaincu plus affaibli que lui ; encore cet avantage est-il moins réel qu’apparent, parce que la supériorité qu’on peut avoir acquise sur son adversaire, on l’a perdue en même temps contre les puissances neutres, qui, sans changer d’état, se fortifient, par rapport à nous, de tout notre affaiblissement.

Si tous les rois ne sont pas revenus encore de la folie des conquêtes, il semble au moins que les plus sages commencent à entrevoir qu’elles coûtent quelquefois plus qu’elles ne valent. Sans entrer à cet égard dans mille distinctions qui nous mèneraient trop loin, on peut dire en général qu’un prince, qui, pour reculer ses frontières, perd autant de ses anciens sujets qu’il en acquiert de nouveaux, s’affaiblit en s’agrandissant, parce qu’avec un plus grand espace à défendre, il n’a pas plus de défenseurs. Or, on ne peut ignorer que par la manière dont la guerre se fait aujourd’hui, la moindre dépopulation qu’elle produit est celle qui se fait dans les armées : c’est bien là la perte apparente et sensible ; mais il s’en fait en même temps dans tout l’état une plus grave et plus irréparable que celle des hommes qui meurent, par ceux qui ne naissent pas, par l’augmentation des impôts, par l’interruption du commerce, par la désertion des campagnes, par l’abandon de l’agriculture : ce mal qu’on n’aperçoit point d’abord, se fait sentir cruellement dans la suite ; et c’est alors qu’on est étonné d’être si faible, pour s’être rendu si puissant.

Ce qui rend encore les conquêtes moins intéressantes, c’est qu’on sait maintenant par quels moyens on peut doubler et tripler sa puissance, non seulement sans étendre son territoire, mais quelquefois en le resserrant, comme fit très sagement l’empereur Adrien[707]. On sait que ce sont les hommes seuls qui font la force des rois ; et c’est une proposition qui découle de ce que je viens de dire, que de deux états qui nourrissent le même nombre d’habitants, celui qui occupe une moindre étendue de terre est réellement le plus puissant. C’est donc par de bonnes lois, par une sage police, par de grandes vues économiques, qu’un souverain judicieux est sûr d’augmenter ses forces, sans rien donner au hasard. Les véritables conquêtes qu’il fait sur ses voisins sont les établissements plus utiles qu’il forme dans ses états ; et tous les sujets de plus qui lui naissent sont autant d’ennemis qu’il tue.

Il ne faut point m’objecter ici que je prouve trop, en ce que, si les choses étaient comme je les représente, chacun ayant un véritable intérêt de ne pas entrer en guerre, et les intérêts particuliers s’unissant à l’intérêt commun pour maintenir la paix, cette paix devrait s’établir d’elle-même, et durer toujours sans aucune confédération. Ce serait faire un fort mauvais raisonnement dans la présente constitution ; car quoiqu’il fût beaucoup meilleur pour tous d’être toujours en paix, le défaut commun de sûreté à cet égard fait que chacun, ne pouvant s’assurer d’éviter la guerre, tâche au moins de la commencer à son avantage quand l’occasion le favorise, et de prévenir un voisin qui ne manquerait pas de le prévenir à son tour dans l’occasion contraire ; de sorte que beaucoup de guerres, même offensives, sont d’injustes précautions pour mettre en sureté son propre bien, plutôt que des moyens d’usurper celui des autres. Quelque salutaires que puissent être généralement les maximes du bien public, il est certain qu’à ne considérer que l’objet qu’on regarde en politique, et souvent même en morale, elles deviennent pernicieuses à celui qui s’obstine à les pratiquer avec tout le monde, quand personne ne les pratique avec lui.

Je n’ai rien à dire sur l’appareil des armes, parce que, destitué de fondements solides, soit de crainte, soit d’espérance, cet appareil est un jeu d’enfants, et que les rois ne doivent point avoir de poupées. Je ne dis rien non plus de la gloire des conquérants, parce que, s’il y avait quelques monstres qui s’affligeassent uniquement pour n’avoir personne à massacrer, il ne faudrait point leur parler raison, mais leur ôter les moyens d’exercer leur rage meurtrière. La garantie de l’article troisième ayant prévenu toutes solides raisons de guerre, on ne saurait avoir de motif de l’allumer contre autrui qui ne puisse en fournir autant à autrui contre nous-mêmes ; et c’est gagner beaucoup que de l’affranchir d’un risque où chacun est seul contre tous.

Quant à la dépendance où chacun sera du tribunal commun, il est très clair qu’elle ne diminuera rien des droits de la souveraineté, mais les affermira, au contraire, et les rendra plus assurés par l’article troisième, en garantissent à chacun, non seulement ses états contre toute invasion étrangère, mais encore son autorité contre toute rébellion de ses sujets. Ainsi les princes n’en seront pu moins absolus, et leur couronne en sera plus assurée ; de sorte qu’en se soumettant au jugement de la diète dans leurs démêlés d’égal à égal, et s’ôtant le dangereux pouvoir de s’emparer du bien d’autrui, ils ne font que s’assurer de leurs véritables droits et renoncer à ceux qu’ils n’ont pas. D’ailleurs il y a bien de la différence entre dépendre d’autrui ou seulement d’un corps dont on est membre et dont chacun est chef à son tour ; car, en ce dernier cas on ne fait qu’assurer sa liberté par les garants qu’on lui donne ; elle s’aliénerait dans les mains d’un maître, mais elle s’affermit dans celles des associés. Ceci se confirme par l’exemple du corps germanique ; car bien que la souveraineté de ses membres soit altérée à bien des égards par sa constitution, et qu’ils soient par conséquent dans un cas moins favorable que ne seraient ceux du corps européen, il n’y en a pourtant pas un seul, quelque jaloux qu’il soit de son autorité, qui voulût, quand il le pourrait, s’assurer une indépendance absolue en se détachant de l’empire.

Remarquez de plus que le corps germanique ayant un chef permanent, l’autorité de ce chef doit nécessairement tendre sans cesse à l’usurpation ; ce qui ne peut arriver de même dans la diète européenne, où la présidence doit être alternative et sans égard à l’inégalité de puissance.

All the powers of Europe have rights or claims against one another; these rights are such that it is impossible ever to clarify them completely, since there is no common and constant rule for judging them, and they are often based on ambiguous or uncertain facts. The disputes they cause can never be settled once and for all, either due to the lack of a competent arbitrator or because each ruler, when necessary, has no scruples about reneging on the concessions that were forced upon him through treaties by more powerful nations, or after unfortunate wars. Therefore, it is a mistake to consider only one’s own claims against others and to forget about the claims others have against us, when neither side possesses any greater justice or advantage in the means of enforcing these reciprocal demands. As long as everything depends on luck, the current possession holds such value that wisdom advises against risking it for the sake of potential future gains, even if the chances are equal; and everyone condemns a person who, in the hope of doubling their wealth, dares to risk it all at once through a gamble. However, we have shown that, in any plans for expansion, everyone, even within the current system, will encounter resistance greater than their efforts can overcome; hence, since the most powerful nations have no reason to engage in such risks, and the weaker ones have no hope of gaining anything from it, it is best for all to give up what they desire in order to secure what they already possess.

Consider the consumption of men, money, and all kinds of resources; the exhaustion that even the most successful war brings to any nation; and compare these losses with the supposed benefits it yields. We will find that such nations often lose more than they gain, and that the victor, who is always weaker than before the war, finds little consolation in seeing that the loser has been weakened even more. Moreover, this so-called advantage is less real than apparent, for the superiority one may have gained over its opponent is often lost at the same time to neutral powers, which, without changing their own state, become stronger as a result of our own weakness.

If not all kings have yet returned from the madness of conquest, it seems at least that the wisest among them are beginning to realize that such endeavors sometimes cost more than they are worth. Without delving into the numerous distinctions that would take us too far, it can generally be said that a prince who expands his territories by losing as many old subjects as he gains new ones weakens himself in the process. With a larger area to defend, he ends up with fewer defenders. Moreover, it is undeniable that, given the way warfare is conducted today, the greatest loss resulting from war occurs within the armies themselves—this is the apparent and tangible damage. But at the same time, the entire state suffers far more severe and irreparable losses: through the decline in population, the increase in taxes, the disruption of trade, the desertion of rural areas, and the neglect of agriculture. This harm, which may not be immediately noticeable, becomes painfully evident in the long run—and it is then that one is astonished to discover how weak one has become despite having seemingly grown stronger.

What makes conquests even less desirable today is the fact that we now know what means can be used to double or triple one’s power—not only without expanding one’s territory, but sometimes even by shrinking it, as Emperor Hadrian did very wisely[707]. We understand that it is solely the people who constitute the strength of a king; and it follows directly from what I have just said that, of two states with the same population, the one occupying a smaller area of land is actually the more powerful. Therefore, through sound laws, wise governance, and far-sighted economic policies, a judicious sovereign can surely increase his power without relying on chance at all. The true conquests he achieves over his neighbors are the more useful institutions he establishes within his realm; and every additional subject he gains amounts to an enemy he eliminates.

One should not object here that I am providing too much evidence; for if things were indeed as I describe them, since everyone would have a genuine interest in avoiding war, and when particular interests aligned with the common good to maintain peace, such peace would naturally arise and endure indefinitely without any need for a confederation. Yet this would be a flawed argument within the current framework of governance. For although it would be far better for all to live in perpetual peace, the universal lack of security makes it such that everyone, unable to guarantee avoiding war, at least seeks to initiate it when opportunities arise to their advantage, and tries to prevent their neighbors from doing the same in reverse circumstances. As a result, many wars—even those of an offensive nature—are nothing more than unjust precautions taken to secure one’s own interests, rather than means to usurp the rights of others. No matter how beneficial the principles of the common good may be in general, it is certain that when considered solely within the context of politics—and often even morality—those principles become harmful to anyone who insists on applying them to everyone else, while no one applies them to them in return.

I have nothing to say about the machinery of warfare, for when deprived of any solid foundation—whether it be fear or hope—such machinery is but a child’s toy, and kings ought surely not to possess such toys. Nor do I speak of the glory associated with conquest; for if there were some monsters who suffered solely because they had no one to massacre, we should not attempt to reason with them, but rather remove from them the means to wreak their murderous wrath. Since the provisions of Article Three have already eliminated all legitimate reasons for war, there can be no grounds for initiating it against anyone who cannot offer us equally valid reasons to wage war against ourselves. Indeed, it would be a great gain to free humanity from such a perilous situation in which each individual is alone against everyone else.

As for the dependence under which each individual will be subject to the common tribunal, it is quite clear that this will in no way diminish the rights of sovereignty; on the contrary, it will reinforce them and make them more secure. Article three guarantees to each individual not only his states against any foreign invasion but also his authority against any rebellion by his subjects. In this way, the princes will remain no less absolute in their power, and their thrones will be even more secure. By submitting themselves to the judgment of the diet in their disputes with others on an equal footing, and by relinquishing the dangerous power to seize the property of others, they are merely ensuring their true rights and renouncing those they do not possess. Moreover, there is a clear difference between depending on someone else or merely on a body of which one is a member and in which everyone takes turns holding authority; for in the latter case, one merely secures one’s freedom through the guarantees provided by the association. Such freedom would be lost if placed in the hands of a master, but it is strengthened within the framework of a partnership. This is confirmed by the example of the Germanic body: although the sovereignty of its members is altered to some extent by its constitutional structure, and they are thus in a less favorable position than the members of the European body, not a single one of them, no matter how jealous of his authority, would wish to seek absolute independence by separating himself from the empire if he had the means to do so.

Furthermore, since the Germanic body has a permanent leader, the authority of this leader inevitably tends towards usurpation; such a thing cannot happen in the European Diet, where the presidency must be rotational and regardless of differences in power.

Tutte le potenze d’Europa hanno diritti o pretese reciproche; questi diritti non sono di natura tale da poter mai essere completamente chiariti, poiché non esiste alcuna regola comune e costante per giudicarli, e spesso si basano su fatti ambigui o incerti. I dissidi che ne derivano non possono nemmeno essere risolti in modo definitivo, sia a causa della mancanza di un arbitro competente, sia perché ogni sovrano, quando necessario, non esita a riprendere con spregio le concessioni che gli sono state strappate con la forza attraverso trattati o dopo guerre sfortunate. È quindi un errore concentrarsi soltanto sulle proprie pretese nei confronti degli altri, dimenticando quelle degli altri nei nostri confronti, quando da nessuna parte esistono mezzi più giusti o vantaggiosi per far valere tali pretese reciproche. Finché tutto dipende dalla fortuna, la proprietà attuale ha un valore tale che la saggezza non permette di rischiarla in cambio di un possibile profitto futuro, anche a condizioni di uguale probabilità di successo; e tutti biasimano colui che, nella speranza di raddoppiare il proprio patrimonio, osa rischiarlo tutto in una sola scommessa. Tuttavia abbiamo dimostrato che, nei progetti di espansione territoriale, ognuno, anche all’interno del sistema attuale, si imbatte inevitabilmente in ostacoli più grandi dei propri sforzi; da ciò consegue che i potenti non hanno alcun motivo per “giocare”, mentre i deboli non hanno alcuna speranza di trarne profitto. Pertanto, è nel interesse di tutti rinunciare a ciò che desiderano, al fine di garantirsi ciò che già possiedono.

Consideriamo il consumo di uomini, di denaro, di risorse di ogni tipo, lo sfinimento che anche la più vittoriosa delle guerre provoca in qualsiasi paese, e confrontiamo questo danno con i vantaggi che ne derivano; scopriremo che spesso si perde ciò che si crede di guadagnare, e che il vincitore, sempre più debole di prima della guerra, trova conforto soltanto nel vedere il perdente ancora più indebolito di sé; inoltre, questo presunto vantaggio è meno reale che apparente, poiché la superiorità ottenuta sul proprio avversario viene persa nello stesso momento rispetto alle potenze neutrali, le quali, senza cambiare nulla, si rafforzano grazie al nostro indebolimento.

Sebbene tutti i re non siano ancora tornati dalla follia delle conquiste, sembra almeno che i più saggi inizino a rendersi conto che queste spesso costano di più di quanto valgano. Senza addentrarci in mille distinzioni che ci porterebbero troppo lontano, si può dire in generale che un principe che, per espandere i propri confini, perde tanto dei suoi antichi sudditi quante ne acquisisce di nuovi, si indebolisce nonostante le sue conquiste, poiché con uno spazio più ampio da difendere non dispone di più difensori. Ora, è evidente che, considerando il modo in cui avviene la guerra oggi, la minore perdita demografica derivante dalle guerre riguarda proprio le truppe: questa è senz’altro la perdita apparente e immediata; ma allo stesso tempo si verifica nel tutto dello stato una perdita ancora più grave e irreparabile, dovuta alla diminuzione della popolazione, all’aumento delle tasse, all’interruzione del commercio, alla desertificazione delle campagne e al declino dell’agricoltura. Questo danno, che inizialmente non si percepisce, si fa sentire in modo drammatico in seguito; ed è allora che ci si chiede come sia possibile essere così deboli dopo essersi resi così potenti.

Ciò che rende ancora meno interessanti le conquiste è il fatto che oggi sappiamo con quali mezzi si può raddoppiare e triplicare la propria potenza, non solo senza espandere i propri territori, ma a volte addirittura restringendoli, come fece molto saggiamente l’imperatore Adriano[707]. Sappiamo che sono gli uomini stessi a costituire la forza dei re; e da quanto ho appena detto deriva chiaramente che, tra due stati che contengono lo stesso numero di abitanti, quello che occupa una superficie terrestre più ridotta è in realtà il più potente. Pertanto, è attraverso leggi sane, un’efficace amministrazione e una sagge politica economica che un sovrano giudizioso può aumentare la propria forza, senza affidarsi al caso. Le vere conquiste su i propri vicini sono rappresentate dagli insediamenti più utili che crea nei propri territori; e ogni nuovo sottoposto che nasce è in realtà un nemico in più da eliminare.

Non si dovrebbe obiettare che io dimostri troppo, poiché se le cose fossero come le descrivo, ogni persona avrebbe un reale interesse a non entrare in guerra; inoltre, gli interessi particolari, uniti all’interesse comune di mantenere la pace, renderebbero questa pace stabile e duratura, senza alcuna necessità di alleanze o confederazioni. Tuttavia, questo ragionamento sarebbe gravemente errato nella presente costituzione politica: anche se vivere sempre in pace fosse molto vantaggioso per tutti, la mancanza di sicurezza comune spinge ciascuno, non potendo garantirsi di evitare la guerra, ad almeno cercare di iniziarla a proprio vantaggio quando l’occasione lo permette, e a prevenire i propri vicini dal fare lo stesso nelle circostanze opposte. Di conseguenza, molte guerre, anche quelle offensive, sono in realtà misure disoneste adottate per proteggere i propri interessi, piuttosto che mezzi per usurpare quelli altrui. Per quanto le massime volte al bene pubblico possano essere utili in generale, è certo che, se si considera soltanto l’obiettivo specifico a cui mirano nella politica – e spesso anche nella morale –, esse diventano dannose per chi insiste nel seguirle con tutti, quando nessuno le segue con lui.

Non ho nulla da dire sull’uso delle armi, perché, privo di fondamenti solidi – sia essi la paura che la speranza – tale uso non è altro che un gioco da bambini; inoltre, i re non dovrebbero possedere “bambole” da massacrare. Non parlo nemmeno della gloria dei conquistatori, perché se esistessero esseri mostruosi che soffrissero soltanto per non avere nessuno da uccidere, non ci sarebbe bisogno di ragionare con loro, ma piuttosto di togliere loro i mezzi per esprimere la loro furia omicida. Poiché la garanzia prevista dall’articolo terzo ha già eliminato tutte le valide ragioni per fare guerra, non si potrebbe mai avere motivo di scatenarla contro qualcuno che non possa fornire altrettante ragioni per farla contro di noi; in questo modo, si otterrebbe un grande vantaggio: liberare l’umanità da un rischio nel quale ognuno è solo contro tutti.

Per quanto riguarda la dipendenza da cui ciascuno sarà soggetto al tribunale comune, è molto chiaro che essa non diminuirà in alcun modo i diritti della sovranità, ma anzi li rafforzerà e li renderà più sicuri. L’articolo terzo garantisce infatti a ciascuno non solo i suoi stati contro qualsiasi invasione straniera, ma anche la sua autorità contro eventuali ribellioni da parte dei suoi sudditi. In questo modo, i principi rimarranno comunque assoluti nel loro potere, e la loro corona sarà ulteriormente consolidata; sottomettendosi infatti al giudizio della dieta nei loro conflitti tra uguali e rinunciando al pericoloso potere di appropriarsi del bene altrui, essi si assicureranno i propri veri diritti e rinunceranno a quelli che in realtà non possiedono. Inoltre, c’è una grande differenza tra dipendere da qualcuno o semplicemente da un corpo di cui si è membri e nel quale ognuno, a turno, ricopre un ruolo di guida: nel secondo caso, infatti, si garantisce la propria libertà attraverso i garanti forniti; essa, al contrario, verrebbe alienata nelle mani di un padrone se ci fosse dipendenza assoluta. Questo viene confermato dall’esempio del corpo germanico: sebbene la sovranità dei suoi membri venga in qualche modo limitata dalla sua costituzione e quindi essi si trovino in una posizione meno vantaggiosa rispetto ai membri del corpo europeo, non esiste alcun principe, per quanto geloso del proprio potere, che desideri, se possibile, ottenere un’indipendenza assoluta separandosi dall’impero.

Si noti inoltre che, poiché il corpo germanico dispone di un capo permanente, l’autorità di tale capo tende inevitabilmente all’usurpazione; ciò non può accadere nella dieta europea, dove la presidenza deve essere alternata e indipendentemente dall’ineguaglianza dei poteri.

À toutes ces considérations il s’en joint une autre bien plus importante encore pour des gens aussi avides d’argent que le sont toujours les princes ; c’est une grande facilité de plus d’en avoir beaucoup par tous les avantages qui résulteront pour leurs peuples et pour eux d’une paix continuelle, et par l’excessive dépense qu’épargne la réforme de l’état militaire, de ces multitudes de forteresses et de cette énorme quantité de troupes qui absorbe leurs revenus, et devient chaque jour plus à charge à leurs peuples et à eux-mêmes. Je sais qu’il ne convient pu à tous les souverains de supprimer toutes leurs troupes, et de n’avoir aucune force publique en main pour étouffer une émeute inopinée, ou repousser une invasion subite.[708] Je sais encore qu’il y aura un contingent à fournir à la confédération, tant pour la garde des frontières de l’Europe que pour l’entretien de l’armée confédérative destinée à soutenir, au besoin les décrets de la diète. Mais toutes ces dépenses faites, et l’extraordinaire des guerres à jamais supprimé, il resterait encore plus de la moitié de la dépense militaire ordinaire à répartir entre le soulagement des sujets et les coffres du prince : de sorte que le peuple paierait beaucoup moins ; que le prince, beaucoup plus riche, serait en état d’exciter le commerce, l’agriculture, les arts, de faire des établissements utiles qui augmenteraient encore la richesse du peuple et la sienne ; et que l’état serait avec cela dans une sûreté beaucoup plus parfaite que celle qu’il peut tirer de ses armées, et de tout cet appareil de guerre qui ne cesse de l’épuiser au sein de la paix.

On dira peut-être que les pays frontières de l’Europe seraient alors dans une position plus désavantageuse, et pourraient avoir également des guerres à soutenir, ou avec le Turc, ou avec les corsaires d’Afrique, ou avec les Tartares.

À cela je réponds :

1° que ces pays sont dans le même cas aujourd’hui, et que par conséquent ce ne serait pas pour eux un désavantage positif à citer, mais seulement un avantage de moins et un inconvénient inévitable, auquel leur situation les expose ;

2° Que délivrés de toute inquiétude du côté de l’Europe, ils seraient beaucoup plus en état de résister au-dehors ;

3° Que la suppression de toutes les forteresses de l’intérieur de l’Europe et des frais nécessaires à leur entretien mettrait la confédération en état d’en établir un grand nombre sur les frontières sans être à charge aux confédérés ;

4° Que ces forteresses, construites, entretenues et gardées à frais communs, seraient autant de sûretés et de moyens d’épargne pour les puissances frontières dont elles garantiraient les états ;

5° Que les troupes de la confédération distribuées sur les confins de l’Europe, seraient toujours prêtes à repousser l’agresseur ;

6° Qu’enfin un corps aussi redoutable que la république européenne ôterait aux étrangers l’envie d’attaquer aucun de ses membres, comme le corps germanique, infiniment moins puissant, ne laisse pas de l’être assez pour se faire respecter de ses voisins et protéger utilement tous les princes qui le composent.

On pourra dire encore que les Européens n’ayant plus de guerres entre eux, l’art militaire tomberait insensiblement dans l’oubli ; que les troupes perdraient leur courage et leur discipline ; qu’il n’y aurait plus ni généraux, ni soldats, et que l’Europe resterait à la merci du premier venu.

Je réponds qu’il arrivera de deux choses l’une ; ou les voisins de l’Europe l’attaqueront et lui feront la guerre, ou ils redouteront la confédération et la laisseront en paix.

Dans le premier cas, voilà les occasions de cultiver le génie et les talents militaires, d’aguerrir et former des troupes ; les armées de la confédération seront à cet égard l’école de l’Europe ; on ira sur la frontière apprendre la guerre ; dans le sein de l’Europe on jouira de la paix ; et l’on réunira par ce moyen les avantages de l’une et de l’autre. Croit-on qu’il soit toujours nécessaire de se battre chez soi, pour devenir guerrier, et les Français sont-ils moins braves, parce que les provinces de Touraine et d’Anjou ne sont pas en guerre l’une contre l’autre ?

Dans le second cas, on ne pourra plus s’aguerrir, il est vrai ; mais on n’en aura plus besoin ; car à quoi bon s’exercer à la guerre pour ne la faire à personne ? Lequel vaut mieux de cultiver un art funeste, ou de le rendre inutile ? S’il y avait un secret pour jouir d’une santé inaltérable, y aurait-il du bon sens à le rejeter pour ne pas ôter aux médecins l’occasion d’acquérir de l’expérience ? Il reste à voir dans ce parallèle, lequel des deux arts est plus salutaire en soi, et mérite mieux d’être conservé.

Qu’on ne nous menace pu d’une invasion subite ; on sait bien que l’Europe n’en a point à craindre, et que ce premier venu ne viendra jamais. Ce n’est plus le temps de ces éruptions de barbares, qui semblaient tomber des nues. Depuis que nous parcourons d’un oeil curieux toute la surface de la terre, il ne peut plus rien venir jusqu’à nous, qui ne soit prévu de très loin. Il n’y a nulle puissance au monde qui soit maintenant en état de menacer l’Europe entière ; et si jamais il en vient une, ou l’on aura le temps de se préparer, ou l’on sera du moins plus en état de lui résister, étant unis en un corps, que quand il faudra terminer tout d’un coup de longs différends et se réunir à la hâte.

Nous venons de voir que tous les prétendus inconvénients de l’état de confédération bien pesés se réduisent à rien. Nous demandons maintenant si quelqu’un dans le monde en oserait dire autant de ceux qui résultent de la manière actuelle de vider les différends entre prince et prince par le droit du plus fort, c’est-à-dire de l’état d’impolice et de guerre qu’engendre nécessairement l’indépendance absolue et mutuelle de tous les souverains dans la société imparfaite qui règne entre eux dans l’Europe. Pour qu’on soit mieux en état de peser ces inconvénients, j’en vais résumer en peu de mots le sommaire que je laisse examiner au lecteur.

To all these considerations, there is yet another one that is even more important for those princes who are always so avid for money: the great convenience of possessing large amounts of wealth, coupled with all the benefits that continuous peace would bring to their peoples and themselves—such as the substantial savings resulting from the reform of the military system, the elimination of numerous fortresses and the massive armies that currently consume their revenues and place an increasingly heavy burden on both their people and themselves. I know that it is not feasible for every sovereign to eliminate all their troops and to rely entirely on no public forces at all in order to suppress sudden uprisings or repel sudden invasions.[708] I also understand that there will still be a need to provide troops for the confederation, both for defending Europe’s borders and for maintaining an army capable of supporting the decisions of the Diet when necessary. However, even after covering all these expenses and permanently eliminating the extraordinary costs associated with war, more than half of the regular military expenditures would still remain available to be allocated towards relieving the burdens on the people and enriching the sovereign’s treasury. As a result, the people would pay much less; the sovereign, being much richer, would be in a position to promote commerce, agriculture, and the arts, and to establish useful institutions that would further increase both the wealth of the people and his own. Moreover, the state would enjoy far greater security than it could ever attain through its armies and all that war machinery which constantly drains its resources even in times of peace.

One might argue that the border countries of Europe would then be in a more disadvantaged position and might also have to engage in wars—either against the Turks, against the African corsairs, or against the Tatars.

To this, I reply:

Firstly, because these countries are in the same situation today; therefore, citing this fact would not represent a positive disadvantage for them, but merely an additional drawback and an inevitable inconvenience resulting from their current circumstances.

2° That, freed from all concerns regarding Europe, they would be much better positioned to resist outside of it.

3° That the removal of all fortresses within Europe and the elimination of the expenses necessary for their maintenance would enable the confederation to establish a large number of them at the borders without imposing any burden on the confederates.

4° That these fortresses, constructed, maintained, and guarded at common expense, would serve as both safeguards and means of savings for the bordering powers, ensuring the security of their territories.

5° That the troops of the Confederation, stationed on the borders of Europe, would always be ready to repel any aggressor;

6° Lastly, a body as formidable as the European Republic would certainly deter foreigners from attacking any of its members, just as the Germanic body, despite being far less powerful, is still strong enough to command respect from its neighbors and effectively protect all the princes that comprise it.

It could also be said that since Europeans no longer waged wars among themselves, military art would gradually fall into oblivion; that troops would lose their courage and discipline; that there would be neither generals nor soldiers, and that Europe would thus remain at the mercy of anyone who wished to take advantage of it.

I reply that one of two things will happen: either the neighbors of Europe will attack it and wage war against it, or they will fear this confederation and leave it in peace.

In the first case, such are the opportunities to cultivate military genius and talent, to train and equip troops; in this regard, the armies of the confederation will serve as Europe’s school—people will go to the borders to learn how to fight; within Europe itself, peace will prevail; and in this way, the advantages of both approaches will be combined. Is it really necessary to always be at war within one’s own country in order to become a warrior? Are the French any less brave just because the provinces of Touraine and Anjou are not at war with each other?

In the second case, it is true that one would no longer be able to prepare oneself for war; but such preparation would become unnecessary, for what use is it to practice warfare if one never engages in it? Which is better: to cultivate a destructive art, or to render it utterly useless? If there were a secret to maintaining eternal health, would it be wise to reject it, thus depriving doctors of the opportunity to gain experience? What remains to be determined in this comparison is which of these two “arts” is more beneficial in itself and deserves to be preserved.

We need not fear any sudden invasion; it is well known that Europe has nothing to worry about, and that such an invader would never come. The times of those sudden barbarian attacks, which seemed to descend from the heavens, are over. Now that we scrutinize with curious attention the entire surface of the earth, nothing can reach us without being anticipated long in advance. There is no power in the world today that is capable of threatening all of Europe; and if such a power ever appears, either we will have time to prepare ourselves, or at least we will be in a much better position to resist it—being united as one force, rather than having to resolve long-standing differences and come together in haste.

We have just seen that all the so-called disadvantages of the confederate state, when carefully weighed, amount to nothing at all. We now ask whether anyone in the world would dare to say the same about those disadvantages that arise from the current practice of resolving disputes between princes through the rule of the stronger—the very state of disorder and war that is inevitably caused by the absolute and mutual independence of all sovereigns in this imperfect society in which they live within Europe. To help us better assess these disadvantages, I will summarize in a few words the main points I leave for the reader to consider.

A tutte queste considerazioni se ne aggiunge un’altra ancora più importante per persone così avide di denaro come lo sono sempre i principi: si tratta della grande facilità derivante dal possedere grandi ricchezze, grazie a tutti i vantaggi che una pace continua porterà ai loro popoli e a loro stessi, nonché al notevole risparmio economico derivante dalla riforma dell’apparato militare – eliminando così un gran numero di fortezze e un’enorme quantità di truppe che assorbivano i loro introiti, diventando ogni giorno di più onerosi sia per i popoli che per i sovrani stessi. So bene che non è possibile per tutti i sovrani eliminare completamente le proprie truppe e privarsi di alcuna forza pubblica necessaria per sedare improvvisi disordini o respingere invasioni impreviste.[708] So anche che sarà necessario fornire un contributo alla confederazione, sia per la difesa delle frontiere europee che per il mantenimento dell’esercito confederato incaricato di supportare, all’occorrenza, i decreti della dieta. Tuttavia, anche dopo aver sostenuto tutte queste spese e aver eliminato definitivamente le guerre, rimarrebbe ancora la metà delle normali spese militari da distribuire tra il benessere dei sudditi e i tesori del sovrano: in questo modo, il popolo pagherebbe molto meno; il sovrano, diventando molto più ricco, sarebbe in grado di promuovere lo sviluppo del commercio, dell’agricoltura e delle arti, realizzando progetti utili che aumenterebbero ulteriormente la ricchezza sia del popolo che sua; e lo stato stesso godrebbe di una sicurezza molto maggiore rispetto a quella che può ottenere attraverso le sue armate e tutto quell’apparato bellico che, nella pace, continua soltanto ad esaurirlo.

Si potrebbe dire che i paesi confinanti con l’Europa si troverebbero in una posizione più svantaggiosa e potrebbero dover affrontare guerre, sia contro i Turchi che contro i corsari d’Africa o i Tartari.

A questo rispondo:

1° che questi paesi si trovino oggi nella stessa situazione, e che quindi citare questo aspetto non rappresenti per loro alcun vantaggio concreto, ma soltanto uno svantaggio in più e un inconveniente inevitabile, al quale la loro condizione attuale li espone.

2° Essendo liberati da ogni preoccupazione riguardo all’Europa, sarebbero molto meglio in grado di resistere alle pressioni esterne.

3° Che la rimozione di tutte le fortezze presenti nell’Europa interna, nonché delle spese necessarie per il loro mantenimento, permetterebbe alla Confederazione di ne costruire un gran numero lungo i confini senza che ciò comportasse alcun onere per i membri della Confederazione stessa.

4° Che queste fortezze, costruite, mantenute e sorvegliate a spese comuni, rappresentassero una forma di sicurezza e un mezzo per risparmiare per le potenze confinanti, le quali ne avrebbero tratto protezione per i loro stati.

5° Che le truppe della Confederazione dislocate ai confini dell’Europa siano sempre pronte a respingere l’aggressore;

6° Infine, un corpo così temibile come la repubblica europea impedirebbe agli stranieri di avere l’idea di attaccare uno qualsiasi dei suoi membri; allo stesso modo, il corpo germanico, infinitamente meno potente, è comunque abbastanza forte da meritare il rispetto dei suoi vicini e da proteggere efficacemente tutti i principi che lo compongono.

Si potrebbe anche affermare che, poiché gli europei non combatterebbero più tra loro, l’arte militare finirebbe gradualmente per essere dimenticata; che le truppe perderebbero coraggio e disciplina; che non ci sarebbero più né generali né soldati, e che l’Europa rimarrebbe alla mercé del primo che arrivasse.

Rispondo che accadranno una di queste due cose: o i vicini dell’Europa la attaccheranno e le faranno guerra, oppure temeranno questa confederazione e la lasceranno in pace.

Nel primo caso, si presentano occasioni per coltivare il genio e i talenti militari, per addestrare e formare truppe; in questo senso, le armate della confederazione saranno la scuola dell’Europa; si andrà al confine per imparare a combattere; all’interno dell’Europa si godrà della pace; e in questo modo si conserveranno i vantaggi di entrambi gli approcci. Si crede davvero che sia sempre necessario combattere sul proprio territorio per diventare guerrieri? E i francesi sono forse meno coraggiosi solo perché le province della Touraine e dell’Anjou non sono in guerra l’una contro l’altra?

Nel secondo caso, non sarà più possibile allenarsi alla guerra; è vero, ma non ne sarà più necessario, poiché a che servirebbe esercitarsi nella guerra se poi non la si dovesse combattere con nessuno? Che cosa è meglio: coltivare un’arte funesta o renderla inutile? Se esistesse un segreto per godere di una salute inalterabile, sarebbe davvero sensato rifiutarlo solo per non privare i medici dell’opportunità di acquisire esperienza? Resta da vedere, in questo confronto, quale delle due “arti” sia più benefica in sé stessa e meriti maggiormente di essere conservata.

Non possiamo essere minacciati da un’invasione improvvisa; si sa bene che l’Europa non ha nulla da temere e che nessuno potrebbe mai attaccarla così all’improvviso. Non è più il tempo di quelle invasioni barbariche che sembravano scaturire dal nulla. Ora che esaminiamo con curiosità tutta la superficie della terra, nulla può più raggiungerci senza essere previsto molto in anticipo. Non esiste alcuna potenza al mondo in grado di minacciare l’intera Europa; e se mai ne dovesse emergere una, avremo il tempo di prepararci, o almeno saremo meglio attrezzati per resistervi, essendo uniti come un unico corpo, piuttosto che quando dovremo risolvere improvvisamente lunghe controversie e riunirci in fretta.

Abbiamo appena visto che tutti i presunti svantaggi dello stato di confederazione, se ben valutati, si riducono a nulla. Ora chiediamo: esiste qualcuno al mondo che oserebbe dire lo stesso dei svantaggi derivanti dal modo attuale con cui si risolvono le controversie tra principi, cioè attraverso il diritto del più forte, ovvero attraverso uno stato di anarchia e guerra che inevitabilmente scaturisce dall’indipendenza assoluta e reciproca di tutti i sovrani in questa società imperfetta che regna tra loro in Europa. Affinché si possa valutare meglio questi svantaggi, ne riassumerò brevemente i punti principali, lasciandoli al lettore per un’attenta considerazione.

  1. Changements continuels et inévitables de relations entre les peuples, qui empêchent aucun d’eux de pouvoir fixer en ses mains la force dont il jouit.

  2. Point de sûreté parfaite, aussi longtemps que les voisins ne sont pas soumis ou anéantis.

  3. Impossibilité générale de les anéantir, attendu qu’en subjuguant les premiers, on en trouve d’autres.

  1. Continuous and inevitable changes in the relationships between peoples, which prevent any one of them from being able to control entirely the power they possess.

  2. A perfect safe haven, so long as the neighbors are not subdued or annihilated.

  3. It is generally impossible to annihilate them, for whenever the first ones are subdued, others will emerge in their place.

  1. Cambi continui e inevitabili nelle relazioni tra i popoli, che impediscono a nessuno di loro di poter controllare completamente la forza di cui dispone.

  2. Punto di sicurezza perfetto, purché i vicini non siano soggetti a coercizioni o distrutti.

  3. Impossibilità generale di annientarli, poiché sottomettendo i primi, se ne trovano sempre altri.

  1. Défaut de force et de défense dans les minorités et dans les révoltes ; car quand l’état se partage, qui peut soutenir un des partis contre l’autre ?

  1. Lack of strength and defense in minorities and during revolts; for when the state is divided, who can support one side against the other?

  1. Mancanza di forza e difesa nelle minoranze e durante le rivolte; perché quando lo stato si divide, chi può sostenere una delle fazioni contro l’altra?

  1. Jamais de justice à espérer d’autrui sans des frais et des pertes immenses, qui ne l’obtiennent pas toujours, et dont l’objet disputé ne dédommage que rarement.

  2. Risque inévitable de ses états et quelquefois de sa vie dans la poursuite de ses droits.

  3. Nécessité de prendre part malgré soi aux querelles de ses voisins, et d’avoir la guerre quand on la voudrait le moins.

  4. Interruption du commerce et des ressources publiques, au moment quelles sont le plus nécessaires.

  5. Danger continuel de la part d’un voisin puissant si l’on est faible, et d’une ligue si l’on est fort.

  6. Enfin inutilité de la sagesse où préside la fortune ; désolation continuelle des peuples ; affaiblissement de l’état dans les succès et dans les revers ; impossibilité totale d’établir jamais un bon gouvernement, de compter sur son propre bien, et de rendre heureux ni soi ni les autres.

Récapitulons de même les avantages de l’arbitrage européen pour les princes confédérés.

  1. Sûreté entière que leurs différends présents et futurs seront toujours terminés sans aucune guerre ; sûreté incomparablement plus utile pour eux que ne serait, pour les particuliers, celle de n’avoir jamais de procès.

  2. Sujets de contestations ôtés ou réduits à très peu de chose par l’anéantissement de toutes prétentions antérieures, qui compensera les renonciations et affermira les possessions.

  3. Sûreté entière et perpétuelle, et de la personne du prince, et de sa famille, et de ses états, et de l’ordre de succession fixé par les lois de chaque pays, tant contre l’ambition des prétendants injustes et ambitieux, que contre les révoltes des sujets rebelles.

  4. Sûreté parfaite de l’exécution de tous les engagements réciproques entre prince et prince, par la garantie de la république européenne.

  5. Liberté et sûreté parfaite et perpétuelle à l’égard du commerce, tant d’état à état, que de chaque état dans les régions éloignées.

  6. Suppression totale et perpétuelle de leur dépense militaire extraordinaire par terre et par mer en temps de guerre, et considérable diminution de leur dépense ordinaire en temps de paix.

  7. Progrès sensible de l’agriculture et de la population, des richesses de l’état et des revenus du prince.

  8. Facilité de tous les établissements qui peuvent augmenter la gloire et l’autorité du souverain, les ressources publiques et le bonheur des peuples.

Je laisse, comme je l’ai déjà dit, au jugement des lecteurs l’examen de tous ces articles et la comparaison de l’état de paix qui résulte de la confédération, avec l’état de guerre qui résulte de l’impolice européenne.

Si nous avons bien raisonné dans l’exposition de ce projet, il est démontré : premièrement, que l’établissement de la paix perpétuelle dépend uniquement du consentement des souverains, et n’offre point à lever d’autre difficulté que leur résistance ; secondement, que cet établissement leur serait utile de toute manière, et qu’il n’y a nulle comparaison à faire, même pour eux, entre les inconvénients et les avantages ; en troisième lieu, qu’il est raisonnable de supposer que leur volonté s’accorde avec leur intérêt ; enfin, que cet établissement une fois formé sur le plan proposé, serait solide et durable, et remplirait parfaitement son objet. Sans doute, ce n’est pas à dire que les souverains adopteront ce projet, (qui peut répondre de la raison d’autrui ?) mais seulement qu’ils l’adopteraient s’ils consultaient leurs vrais intérêts : car on doit bien remarquer que nous n’avons point supposé les hommes tels qu’ils devraient être, bons, généreux, désintéressés, et aimant le bien public par humanité ; mais tels qu’ils sont, injustes, avides, et préférant leur intérêt à tout. La seule chose qu’on leur suppose, c’est assez de raison pour voir ce qui leur est utile, et assez de courage pour faire leur propre bonheur. Si, malgré tout cela, ce projet demeure sans exécution, ce n’est donc pas qu’il soit chimérique ; c’est que les hommes sont insensés, et que c’est une sorte de folie d’être sage au milieu des fous.

Fin de l’EXTRAIT DU PROJET DE PAIX PERPÉTUELLE

Table des matières du titre

Liste des œuvres philosophiques et politiques

Liste générale des titres

  1. One can never expect justice from others without incurring immense costs and losses; those who seek it often do not succeed, and the subject of the dispute rarely sees any redress.

  2. The inevitable risk to one’s state of health, and sometimes even to one’s life, in the pursuit of one’s rights.

  3. The necessity of involuntarily getting involved in one’s neighbors’ quarrels, and having to go to war when one least wishes to.

  4. Disruption of trade and public resources at precisely the times when they are most needed.

  5. Continuous danger arises from a powerful neighbor when one is weak, and from an alliance when one is strong.

  6. In short, the futility of wisdom when fortune holds the decisive role; the continuous desolation of peoples; the weakening of a state both in success and in failure; and the utter impossibility of ever establishing good governance, of relying on one’s own interests, or of bringing happiness to oneself or others.

Let us likewise summarize the advantages of European arbitration for the confederated princes.

  1. Complete assurance that their present and future differences will always be resolved without any war; a security far more beneficial to them than the certainty that individuals would never have to undergo legal proceedings.

  2. Subjects of contention were eliminated or reduced to very few by the annihilation of all previous claims, which would compensate for these relinquishments and consolidate existing possessions.

  3. Complete and perpetual security for the person of the prince, his family, his realms, and the order of succession established by the laws of each country—both to protect against the ambitions of unjust and usurping claimants, and to prevent rebellions by dissident subjects.

  4. Perfect security in the fulfillment of all mutual obligations between princes, guaranteed by the European Republic.

  5. Perfect and perpetual freedom and security in trade, both between states and within each state in distant regions.

  6. Total and permanent suppression of their extraordinary military expenditures, both on land and at sea during times of war, as well as a significant reduction in their regular expenditures during times of peace.

  7. Considerable progress in agriculture and population growth, as well as an increase in the state’s wealth and the prince’s revenues.

  8. The facilitation of all institutions that can enhance the glory and authority of the sovereign, as well as the improvement of public resources and the happiness of the peoples.

As I have said before, I leave it to the judgment of the readers to examine all these articles and compare the state of peace that results from confederation with the state of war that arises from European indifference and misconduct.

If we have reasoned correctly in the presentation of this project, it is demonstrated that: first, the establishment of perpetual peace depends solely on the consent of sovereigns, and presents no other obstacle than their resistance; second, such an establishment would be beneficial to them in any case, and there is no comparison to be made—even for them—between its disadvantages and advantages; third, it is reasonable to assume that their will aligns with their interests; finally, once established according to the proposed plan, this peace would be solid and enduring, and fully achieve its purpose. It is certainly not certain that sovereigns will adopt this project (for who can speak for the reasons of others?); but it is only certain that they would adopt it if they considered their true interests—for we have not assumed that men are what they ought to be: good, generous, selfless, and devoted to the public good out of humanity; but rather that they are as they actually are: unjust, greedy, and preferring their own interests above everything else. The only thing we assume about them is that they possess enough reason to discern what is beneficial to them, and enough courage to pursue their own happiness. If, despite all this, this project remains unimplemented, it is not because it is impractical; but because men are insane, and it would be a form of madness to remain wise in the midst of fools.

End of the extract from the Project for Eternal Peace.

Table of Contents for the title

List of philosophical and political works

General list of titles

  1. Non si può mai sperare in giustizia da parte altrui senza subire spese e perdite enormi; coloro che la ottengono non sempre ci riescono, e l’oggetto della controversia raramente viene risarcito.

  2. Il rischio inevitabile, per le sue condizioni e talvolta anche per la sua vita, nel perseguire i propri diritti.

  3. La necessità di prendere parte, contro la propria volontà, alle liti dei propri vicini, e di dover combattere quando meno se lo si desidera.

  4. Interruzione del commercio e delle risorse pubbliche proprio nel momento in cui sono più necessarie.

  5. Pericolo costante da parte di un vicino potente se si è deboli, e pericolo costante da parte di una lega se si è forti.

  6. Infine, l’inutilità di una saggezza guidata dal caso; la continua desolazione dei popoli; il declino dello Stato sia nei momenti di successo che in quelli di sconfitta; l’impossibilità assoluta di instaurare mai un buon governo, di poter contare sul proprio benessere e di rendere felici né se stessi né gli altri.

Riepiloghiamo anche i vantaggi dell’arbitrato europeo per i principi confederati.

  1. Sicurezza assoluta che le loro differenze presenti e future verranno sempre risolte senza alcuna guerra; sicurezza incomparabilmente più vantaggiosa per loro di quanto lo sarebbe, per i singoli individui, la certezza di non dover mai affrontare processi legali.

  2. Oggetti di controversia eliminati o ridotti a ben poco, grazie all’annullamento di tutte le pretese precedenti; ciò compenserà le rinunce e confermerà le possedimenti.

  3. Sicurezza totale e perpetua per la persona del principe, per la sua famiglia, per i suoi stati, nonché per l’ordine di successione stabilito dalle leggi di ciascun paese; sia contro le ambizioni dei pretendenti ingiusti e avidi, che contro le rivolte dei sudditi ribelli.

  4. Perfetta sicurezza nell’esecuzione di tutti gli impegni reciproci tra principi, grazie alla garanzia della Repubblica europea.

  5. Libertà e sicurezza perfette e permanenti nel commercio, sia tra stati che all’interno di ciascuno stato nelle regioni remote.

  6. Soppressione totale e permanente delle loro spese militari straordinarie, sia terrestri che navali, in tempo di guerra; riduzione significativa delle loro spese ordinarie in tempo di pace.

  7. Progressi significativi nell’agricoltura e nella popolazione, nonché nell’aumento delle ricchezze dello stato e dei redditi del principe.

  8. Facilità da parte di tutti gli istituti che possano aumentare la gloria e l’autorità del sovrano, nonché le risorse pubbliche e il benessere dei popoli.

Lascio, come ho già detto, al giudizio dei lettori l’esame di tutti questi articoli e il confronto tra lo stato di pace che deriva dalla confederazione e lo stato di guerra che derivante dall’indisciplina europea.

Se abbiamo ragionato correttamente nell’esposizione di questo progetto, allora si dimostra: in primo luogo, che l’instaurazione della pace perpetua dipende esclusivamente dal consenso dei sovrani e non presenta alcuna difficoltà diversa dalla loro resistenza; in secondo luogo, che tale instaurazione sarebbe comunque vantaggiosa per loro, e che non esiste alcuna comparazione, nemmeno da parte loro, tra gli svantaggi e i vantaggi; in terzo luogo, è ragionevole supporre che la loro volontà sia in linea con i loro interessi; infine, che una volta realizzato secondo il piano proposto, tale accordo sarebbe solido e duraturo, e soddisferebbe pienamente lo scopo per cui è stato concepito. Certo, questo non significa che i sovrani adotteranno necessariamente questo progetto (chi può garantire la ragionevolezza degli altri?); ma solo che lo adotterebbero se prendessero in considerazione i loro veri interessi. Dopotutto, non abbiamo affatto ipotizzato che gli uomini fossero buoni, generosi, disinteressati e amanti del bene pubblico per natura; ma piuttosto che fossero ingiusti, avidi e preferissero sempre i propri interessi a quelli altrui. L’unica cosa che si suppone di loro è che abbiano abbastanza ragione per comprendere ciò che è vantaggioso per loro, e abbastanza coraggio per realizzare il proprio bene. Se, nonostante tutto ciò, questo progetto rimane senza attuazione, allora non significa affatto che sia irrealistico; significa semplicemente che gli uomini sono folli, e che essere saggi in mezzo ai pazzi è una sorta di follia.

Fine dell’estratto dal Progetto di Pace Perpetua.

Indice dei contenuti del titolo

Elenco delle opere filosofiche e politiche

Elenco generale dei titoli