Rousseau
Abstract
Rousseau’s judgment on the abbé de Saint-Pierre’s Discourse on Polysynody, a system of collegial council government proposed during the Regency: a historical-political rather than philosophical analysis of the project’s merits and limits relative to its actual implementation.
Connections
Assi: Legittimità del potere
Concetti: Stato
Forme: saggio
Scuole: illuminismo
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
De tous les ouvrages de l’abbé de Saint-Pierre, le Discours sur la Polysynodie est, à mon avis, le plus approfondi, le mieux raisonné, celui où l’on trouve le moins de répétitions, et même le mieux écrit : éloge dont le sage auteur se serait fort peu soucié, mais qui n’est pas indifférent aux lecteurs superficiels. Aussi cet écrit n’était-il qu’une ébauche, qu’il prétendait n’avoir pas eu le temps d’abréger ; mais qu’en effet il n’avait pas eu le temps de gâter, pour vouloir tout dire : et Dieu garde un lecteur impatient des abrégés de sa façon !
Il a su même éviter dans ce Discours le reproche si commode aux ignorants qui ne savent mesurer le possible que sur l’existant, ou aux méchants qui ne trouvent bon que ce qui sert à leur méchanceté, lorsqu’on montre aux uns et aux autres que ce qui est pourrait être mieux. Il a, dis-je, évité cette grande prise que la sottise routinée a presque toujours sur les nouvelles vues de la raison, avec ces mots tranchants de projets en l’air et de rêveries ; car, quand il écrivait en faveur de la polysynodie, il la trouvait établie dans son pays. Toujours paisible et sensé, il se plaisait à montrer à ses compatriotes les avantages du Gouvernement auquel ils étaient soumis ; il en faisait une comparaison raisonnable et discrète avec celui dont ils venaient d’éprouver la rigueur. Il louait le système du prince régnant, il en déduisait les avantages ; il montrait ceux qu’on y pouvait ajouter ; et les additions même qu’il demandait consistaient moins, selon lui, dans des changements à faire que dans l’art de perfectionner ce qui était fait. Une partie de ses vues lui étaient venues sous le règne de Louis XIV ; mais il avait eu la sagesse de les taire jusqu’à ce que l’intérêt de l’État, celui du Gouvernement, et le sien, lui permissent de les publier.
Il faut convenir cependant que, sous un même nom, il y avait une extrême différence entre la polysynodie qui existait et celle que proposait l’abbé de Saint-Pierre ; et, pour peu qu’on y réfléchisse, on trouvera que l’administration qu’il citait en exemple lui servait bien plus de prétexte, que de modèle, pour celle qu’il avait imaginée. Il tournait même avec assez d’adresse en objections contre son propre système les défauts à relever dans celui de Régent ; et, sous le nom de réponses à ses objections, il montrait sans danger et ces défauts et leurs remèdes. Il n’est pas impossible que le Régent, quoique souvent loué dans cet écrit par des tours qui ne manquent pas d’adresse, ait pénétré la finesse de cette critique, et qu’il ait abandonné l’abbé de Saint-Pierre par pique autant que par faiblesse ; plus offensé peut-être des défauts qu’on trouvait dans son ouvrage que flatté des avantages qu’on y faisait remarquer. Peut-être aussi lui sut-il mauvais gré d’avoir, en quelque manière, dévoilé ses vues secrètes, en montrant que son établissement n’était rien moins que ce qu’il devait être pour devenir avantageux à l’État et prendre une assiette fixe et durable. En effet, on voit clairement que c’était la forme de polysynodie établie sous la régence que l’abbé de Saint-Pierre accusait de pouvoir trop aisément dégénérer en demi-vizirat, et même en vizirat ; d’être susceptible, aussi bien que l’un et l’autre, de corruption dans ses membres, et de concert entre eux contre l’intérêt public ; de n’avoir jamais d’autre sûreté pour sa durée que la volonté du monarque régnant ; enfin, de n’être propre que pour les princes laborieux, et d’être, par conséquent, plus souvent contraire que favorable au bon ordre et à l’expédition des affaires. C’était l’espoir de remédier à ces divers inconvénients qui l’engageait à proposer une autre polysynodie entièrement différente de celle qu’il feignait de ne vouloir que perfectionner.
Il ne faut donc pas que la conformité des noms fasse confondre son projet avec cette ridicule polysynodie dont il voulait autoriser la sienne, mais qu’on appelait dès lors par dérision les soixante et dix ministres, et qui fut réformée au bout de quelques mois sans avoir rien fait qu’achever de tout gâter. Car la manière dont cette administration avait été établie fait assez voir qu’on ne s’était pas beaucoup soucié qu’elle allât mieux, et qu’on avait bien plus songé à rendre le Parlement méprisable au peuple qu’à donner réellement à ses membres l’autorité qu’on feignait de leur confier. C’était un piège aux pouvoirs intermédiaires, semblable à celui que leur avait déjà tendu Henri IV à l’assemblée de Rouen : piège dans lequel la vanité les fera toujours donner, et qui les humiliera toujours. L’ordre politique et l’ordre civil ont, dans les monarchies, des principes si différents et des règles si contraires, qu’il est presque impossible d’allier les deux administrations, et qu’en général les membres des tribunaux sont peu propres pour les Conseils : soit que l’habitude des formalités nuise à l’expédition des affaires qui n’en veulent point ; soit qu’il y ait une incompatibilité naturelle entre ce qu’on appelle maximes d’État et la justice et les lois.
Au reste, laissant les faits à part, je croirais, quant à moi, que le prince et le philosophe pouvaient avoir tous deux raison sans s’accorder dans leur système ; car autre chose est l’administration passagère et souvent orageuse d’une régence, et autre chose une forme de Gouvernement durable et constante qui doit faire partie de la constitution de l’État. C’est ici, ce me semble, qu’on retrouve le défaut ordinaire à l’abbé de Saint-Pierre, qui est de n’appliquer jamais assez bien ses vues aux hommes, aux temps, aux circonstances, et d’offrir toujours, comme des facilités pour l’exécution d’un projet, des avantages qui lui servent souvent d’obstacles. Dans le plan dont il s’agit, il voulait modifier un Gouvernement que sa longue durée a rendu déclinant, par des moyens tout à fait étrangers à sa constitution présente ; il voulait lui rendre cette vigueur universelle qui met, pour ainsi dire, toute la personne en action. C’était comme s’il eῦt dit à un vieillard décrépit et goutteux : « Marchez, travaillez, servez-vous de vos bras et de vos jambes ; car l’exercice est bon à la santé. »
En effet, ce n’est rien moins qu’une révolution dont il est question dans la Polysynodie, et il ne faut pas croire, parce qu’on voit actuellement des Conseils dans les cours des princes, et que ce sont des Conseils qu’on propose, qu’il y ait peu de différence d’un système à l’autre. La différence est telle, qu’il faudrait commencer par détruire tout ce qui existe pour donner au Gouvernement la forme imaginée par l’abbé de Saint-Pierre ; et nul n’ignore combien est dangereux, dans un grand État, le moment d’anarchie et de crise qui précède nécessairement un établissement nouveau. La seule introduction du scrutin devait faire un renversement épouvantable, et donner plutôt un mouvement convulsif et continuel à chaque partie qu’une nouvelle vigueur au corps. Qu’on juge du danger d’émouvoir une fois les masses énormes qui composent la monarchie française. Qui pourra retenir l’ébranlement donné, ou prévoir tous les effets qu’il peut produire ? Quand tous les avantages du nouveau plan seraient incontestables, quel homme de sens oserait entreprendre d’abolir les vieilles coutumes, de changer les vieilles maximes, et de donner une autre forme à l’État que celle où l’a successivement amené une durée de treize cents ans ? Que le Gouvernement actuel soit encore celui d’autrefois, ou que, durant tant de siècles, il ait changé de nature insensiblement, il est également imprudent d’y toucher. Si c’est le même, il le faut respecter ; s’il a dégénéré, c’est par la force du temps et des choses, et la sagesse humaine n’y peut rien. Il ne suffit pas de considérer les moyens qu’on veut employer, si l’on ne regarde encore les hommes dont on se veut servir. Or, quand toute une nation ne sait plus s’occuper que de niaiseries, quelle attention peut-elle donner aux grandes choses ? et dans un pays où la musique est devenue une affaire d’État, que seront les affaires d’État, sinon des chansons ? Quand on voit tout Paris en fermentation pour une place de baladin ou de bel esprit, et les affaires de l’Académie ou de l’Opéra faire oublier l’intérêt du prince et la gloire de la nation, que doit-on espérer des affaires publiques rapprochées d’un tel peuple, et transportées de la cour à la ville ? Quelle confiance peut-on avoir au scrutin des Conseils, quand on voit celui d’une académie au pouvoir des femmes ? Seront-elles moins empressées à placer des ministres que des savants ? ou se connaîtront-elles mieux en politique qu’en éloquence ? Il est bien à craindre que de tels établissements, dans un pays où les mœurs sont en dérision, ne se fissent peu tranquillement, ne se maintinssent guère sans troubles, et ne donnassent pas les meilleurs sujets.
Of all the works of Abbe de Saint-Pierre, Discours sur la Polysynodie is, in my opinion, the most thorough, the most well-reasoned; it contains the least repetition and is even the best-written. It is a eulogy of which its wise author would have cared little, yet it is not indifferent to superficial readers. Nevertheless, this work was merely a draft—its author claimed not to have had time to abbreviate it further; but indeed, he did not have time to spoil it by trying to say too much. May God protect any reader who is impatient with such abridged versions!
He even managed to avoid in that discourse the kind of criticism that is so common among ignorants—who measure what is possible only in terms of what already exists—or among those who find merit only in things that serve their own malice. When he showed both groups that what currently exists could be improved, he avoided that fatal trap into which routine foolishness often leads when it comes to new ideas and rational proposals—those words about “empty dreams” and “unrealizable projects.” For when writing in favor of the system of plural voting, he found it already established in his own country. Always calm and sensible, he took pleasure in showing his fellow citizens the advantages of the government under which they lived; he made a reasonable and discreet comparison between it and the harsh regime they had just experienced. He praised the system of the reigning prince, identified its benefits, and suggested further improvements. In his view, such additions consisted less in making fundamental changes than in finding ways to refine what already existed. Some of his ideas had originated during the reign of Louis XIV; but he had the wisdom to keep them silent until the interests of the state, the government, and himself all permitted him to make them public.
It must be acknowledged, however, that under the same name, there was an extreme difference between the system of polysynody that existed at the time and the one proposed by Abbe de Saint-Pierre; and upon reflection, it becomes clear that the administrative practices he cited as examples served him more as a pretext than as a model for the system he had himself conceived. In fact, he skillfully used the shortcomings of Régent’s system to argue against his own; and under the guise of responding to those objections, he safely exposed both the flaws and their remedies. It is not impossible that Régent, despite being frequently praised in this work for some clever arguments, saw through the subtlety of this critique, and that he abandoned Abbe de Saint-Pierre out of spite as much as weakness—perhaps even more offended by the faults pointed out in his work than pleased by the perceived advantages. It is also possible that Régent resented the fact that Abbe had, in some way, revealed his own secret intentions by showing that his system was far from what it needed to be in order to benefit the state and establish itself firmly and enduringly. Clearly, Abbe de Saint-Pierre criticized the form of polysynody in place during the regency for its tendency to degenerate into a semi-vizierate or even a vizierate—for its susceptibility to corruption among its members and their possible collusion against the public interest—for its reliance solely on the will of the reigning monarch for its sustainability—and for being suitable only for diligent princes, and thus often counterproductive to good order and efficient governance. It was precisely in hopes of remedying these various shortcomings that he proposed an entirely different system of polysynody, one he claimed to be merely seeking to improve upon the existing one.
Therefore, it must not be assumed that the similarity of these titles leads one to confuse his own system with that ridiculous polyarchy—which he himself had intended to permit, yet which was then mockingly referred to as the “sixty-and-ten ministers” system—and which was ultimately reformed after just a few months, only to have accomplished nothing but to ruin everything further. For the manner in which this administrative structure was established clearly shows that little care was taken to ensure its effectiveness; rather, far more emphasis was placed on making Parliament seem despicable in the eyes of the people, than on actually granting its members the authority that was supposedly conferred upon them. It was a trap designed for the intermediate authorities, similar to the one Henry IV had already set for them at the assembly of Rouen: a trap in which their vanity would always lead them to surrender their power, only to be humiliated as a result. In monarchies, the political order and the civil order operate on fundamentally different principles and follow vastly contrasting rules; therefore, it is nearly impossible to combine these two systems effectively. Moreover, members of the judiciary are generally unsuitable for serving in advisory councils—either because their familiarity with formal procedures hinders the efficient handling of affairs that do not require such formalities, or because there exists an inherent incompatibility between what are called “state principles” and the principles of justice and law.
Besides, setting aside the facts, I would personally believe that both the prince and the philosopher could be right without agreeing on their respective systems; for there is a difference between the temporary and often turbulent administration of a regency, and a stable and enduring form of government that must be an integral part of a nation’s constitution. It is here, in my view, that we encounter the common flaw of Abbé de Saint-Pierre: his failure to apply his ideas appropriately to the people, the times, and the circumstances at hand, resulting in what often proved to be obstacles rather than aids in implementing his plans. In the scheme he proposed, he sought to reform a government that its prolonged existence had weakened by employing methods entirely foreign to its existing structure; he wanted to restore it to that universal vitality that, so to speak, brings the entire organism into active function. It was as if he were telling an old and frail person: “Walk, work, use your arms and legs; for exercise is good for your health.”
Indeed, what is at stake in the Polysynodie is nothing less than a revolution. One must not be misled by the current existence of councils in the courts of princes, nor by the fact that these councils are being proposed; the difference between one system and another is so profound that everything existing would have to be destroyed before the government could take on the form envisioned by Father de Saint-Pierre. Everyone is aware of how dangerous the period of anarchie and crisis is in a great state, such as the one that inevitably precedes the establishment of a new order. The mere introduction of the electoral system would cause an appalling upheaval, likely leading to continuous turmoil rather than renewed vitality within the government. One must consider the sheer danger of provoking the massive masses that make up the French monarchy once more. Who could contain the resulting upheaval or predict all its possible consequences? Even if all the advantages of the new system were undeniable, what sensible person would dare attempt to abolish old customs, change long-established principles, and reshape the state in a manner different from the one it has evolved over three hundred years? Whether the current government is the same as it was in the past, or whether it has gradually changed over centuries, it remains imprudent to tamper with it. If it remains unchanged, it must be respected; if it has degenerated, it is due to the forces of time and circumstance, and human wisdom cannot do anything about it. It is not enough to consider the means one intends to employ; one must also take into account the people one will use to implement those means. When an entire nation devotes itself only to trivial pursuits, how can it pay attention to matters of great importance? In a country where music has become a state affair, what are state affairs if not songs? When the whole of Paris is agitated over the chance to become a buffoon or a witty figure, and when the affairs of academies or theaters overshadow the interests of the prince and the glory of the nation, what can one expect from public affairs in such a society, when they have been transported from the court to the streets? What confidence can one have in the electoral system of councils, when one sees how the voting at an academy is influenced by women? Will they be less eager to appoint ministers than scholars? Or will they understand politics better than oratory? It is certainly frightening to think that such institutions, in a country where morals are in decline, would be established peacefully, maintained without disturbance, and produce good citizens.
Di tutti gli scritti dell’abbate di Saint-Pierre, il “Discorso sulla Polisynodia” è, a mio parere, il più approfondito, il più ben argomentato; in esso si trovano pochissime ripetizioni e anche la prosa è particolarmente elegante. Un elogio di cui l’autore saggio probabilmente non si sarebbe curato molto, ma che non è affatto indifferente per i lettori superficiali. Tuttavia, questo scritto era soltanto un abbozzo; l’autore sosteneva di non aver avuto il tempo di abbreviarlo. Ma in realtà non aveva avuto il tempo di rovinarlo nel tentativo di dire tutto. E che Dio protegga i lettori impazienti delle sue abbreviazioni!
In questo discorso, è riuscito a evitare sia i rimproveri che gli ignoranti tendono ad avanzare quando misurano il possibile soltanto in base al reale, sia quelli che i malvagi sono disposti a formulare nei confronti di tutto ciò che può servire alla loro malvagità. Ha dimostrato, cioè, che ciò che esiste potrebbe essere migliorato. Ha evitato, in altre parole, l’effetto negativo che la mentalità convenzionale ha quasi sempre sulle nuove idee e proposte razionali, utilizzando frasi incisive come “progetti irrealistici” o “fantasie”. Quando scriveva a favore del sistema della polysynodie, sosteneva che fosse già in vigore nel suo paese. Sempre pacato e ragionevole, si compiaceva di mostrare ai suoi connazionali i vantaggi del governo sotto il quale vivevano, facendo un confronto equilibrato e discreto con quello da cui avevano appena sperimentato la rigidezza. Elogiava il sistema del principe regnante, ne evidenziava i pregi e suggeriva come poterlo migliorare ulteriormente; secondo lui, tali miglioramenti non consistevano necessariamente in cambiamenti radicali, ma piuttosto nell’arte di perfezionare ciò che già esisteva. Alcune delle sue idee gli erano venute durante il regno di Luigi XIV, ma aveva avuto la saggezza di tenerle nascoste fino a quando l’interesse dello Stato, del governo e il suo stesso interesse personale non gli permisero di pubblicarle.
È tuttavia necessario riconoscere che, sotto lo stesso nome, esisteva una differenza estrema tra la forma di polisinnodia allora in vigore e quella proposta dall’abate di Saint-Pierre; e, se ci si sofferma un attimo a rifletterci, si scopre che l’esempio di amministrazione citato da quest’ultimo gli serviva più come pretesto che come modello per la struttura che aveva immaginato. Addirittura, con notevole abilità, utilizzava i difetti presenti nel sistema del Reggente contro il proprio; e, sotto il nome di risposte alle obiezioni altrui, mostrava senza alcun pericolo sia quei difetti che le possibili soluzioni. Non è impossibile che il Reggente, sebbene spesso lodato in quest’opera per gli argomenti utilizzati, abbia compreso la finezza di questa critica e abbia abbandonato l’abate di Saint-Pierre sia per orgoglio che per debolezza; forse era addirittura più offeso dai difetti riscontrati nel suo lavoro che lusingato dagli aspetti positivi che vi venivano evidenziati. È anche possibile che gli dispiacesse il fatto che, in qualche modo, quell’opera avesse rivelato le sue intenzioni segrete, dimostrando che la struttura di polisinnodia allora in vigore non era affatto quella ideale per rendere vantaggiosa lo Stato e garantirne la stabilità nel tempo. Infatti, è evidente che l’abate di Saint-Pierre accusava proprio quella forma di polisinnodia di poter facilmente degenerare in un sistema simile a quello dei visiri, di essere soggetta alla corruzione sia all’interno dei suoi componenti che tra questi stessi contro gli interessi pubblici; di non avere alcuna sicurezza per la sua durata se non la volontà del monarca regnante; e, infine, di essere adatta soltanto ai principi diligenti, e quindi spesso contraria all’ordine e all’efficienza nella gestione degli affari. Era proprio la speranza di rimediare a questi vari inconvenienti che lo spingeva a proporre un’altra forma di polisinnodia, completamente diversa da quella che fingeva di voler soltanto perfezionare.
Pertanto, non deve accadere che la conformità dei nomi faccia confondere il suo progetto con quella ridicola polisindonia di cui egli voleva autorizzare l’uso nel proprio sistema amministrativo; quel sistema, chiamato in derisione “i sessanta e dieci ministri”, fu infatti riformato dopo pochi mesi, senza aver ottenuto alcun risultato positivo, anzi peggiorando solo le cose. Il modo in cui tale amministrazione era stata istituita dimostrava chiaramente che non si era affatto curati di renderla più efficace; al contrario, l’obiettivo principale sembrava essere quello di rendere il Parlamento oggetto di disprezzo per il popolo, piuttosto che conferire ai suoi membri l’autorità che si fingeva di conceder loro. Si trattava di una trappola per i poteri intermedi, simile a quella già tenduta da Enrico IV all’assemblea di Rouen: una trappola nella quale la vanità dei funzionari li spingerà sempre a commettere errori e che li umilierà inevitabilmente. Nelle monarchie, l’ordine politico e quello civile seguono principi così diversi e regole così contrarie tra loro, che è quasi impossibile unire efficacemente le due amministrazioni; in generale, i membri dei tribunali non sono affatto adatti a ricoprire incarichi nei Consigli: o perché l’abitudine alle formalità ostacola la risoluzione delle questioni pratiche; oppure perché esiste una naturale incompatibilità tra ciò che si definisce “principi di Stato” e le norme della giustizia e delle leggi.
Del resto, mettendo da parte i fatti, credo personalmente che principe e filosofo potessero entrambi avere ragione senza necessariamente concordare nei loro sistemi di pensiero; infatti, c’è una differenza tra l’amministrazione temporanea e spesso turbolenta di una reggenza e una forma di governo duratura e stabile che deve far parte integrante della costituzione di uno Stato. Qui, a mio parere, si rivela nuovamente il difetto tipico dell’abate di Saint-Pierre: quello di non applicare mai abbastanza bene le sue idee alle persone, ai tempi e alle circostanze, offrendo sempre, come facilitazioni per l’esecuzione di un progetto, vantaggi che spesso diventano invece ostacoli. Nel piano da lui proposto, voleva modificare un governo che la sua lunga durata aveva reso decadente, utilizzando metodi del tutto estranei alla sua costituzione attuale; voleva restituire a quel governo quella vitalità universale che, per così dire, mette in azione l’intera struttura dello Stato. Era come se avesse detto a un anziano debole e malato: “Camminate, lavorate, usate le vostre braccia e le vostre gambe; l’esercizio è benefico per la salute”.
In effetti, ciò di cui si tratta nella Polysynodie non è altro che una vera e propria rivoluzione; e non si deve credere, solo perché attualmente nei corti dei principi esistono consigli e perché tali consigli vengono proposti, che vi sia poca differenza tra un sistema e l’altro. La differenza è tale che sarebbe necessario innanzitutto distruggere tutto ciò che esiste attualmente per dare al governo la forma immaginata dall’abate di Saint-Pierre; e nessuno ignora quanto sia pericoloso, in un grande Stato, il momento di anarchia e crisi che inevitabilmente precede l’instaurazione di nuovi ordinamenti. Solo l’introduzione del sistema elettorale avrebbe potuto causare un cambiamento terribile, dando piuttosto a ciascuna fazione un movimento convulsivo e continuo piuttosto che una nuova forza al governo stesso. Basta considerare il pericolo di suscitare le enormi masse che compongono la monarchia francese: chi potrebbe fermare l’instabilità che ne deriverebbe, o prevedere tutti gli effetti negativi che essa potrebbe causare? Anche se tutti i vantaggi del nuovo sistema fossero indiscutibili, quale uomo sano di mente oserebbe tentare di abolire le vecchie usanze, cambiare le vecchie massime e dare all’Stato una forma diversa da quella che esso ha assunto nel corso di trecento anni? Che il governo attuale sia lo stesso di un tempo, o che, nel corso di tanti secoli, abbia gradualmente cambiato natura, è comunque imprudente intervenire su di esso. Se è lo stesso, deve essere rispettato; se si è degenerato, ciò è avvenuto per la forza del tempo e delle circostanze, e la saggezza umana non può nulla in proposito. Non basta considerare i mezzi che si intendono utilizzare: bisogna anche prendere in considerazione le persone di cui si vuole fare uso. E quando un intero popolo non pensa ad altro che a sciocchezze, quale attenzione può dedicare alle questioni importanti? In un paese dove la musica è diventata una questione di Stato, quali possono essere le vere questioni di Stato, se non semplici canzoni? Quando si vede l’intera Parigi in fermento per ottenere un posto come quello di buffone o di “bel intellettuale”, e quando le attività dell’Accademia o dell’Opera fanno dimenticare gli interessi del principe e la gloria della nazione, cosa si può sperare dalle questioni pubbliche in un popolo del genere, trasferite dalla corte alla città? Quanta fiducia si può avere nel sistema elettorale dei consigli, quando si vede che quello di un’accademia è controllato dalle donne? Saranno queste meno desiderose di nominare ministri piuttosto che scienziati, o conosceranno meglio la politica dell’eloquenza? È davvero da temere che tali sistemi, in un paese dove i costumi sono messi in ridicolo, non si instaurino pacificamente, non si mantengano a lungo senza problemi, e non producano soggetti di qualità.
D’ailleurs, sans entrer dans cette vieille question de la vénalité des charges, qu’on ne peut agiter que chez des gens mieux pourvus d’argent que de mérite, imagine-t-on quelque moyen praticable d’abolir en France cette vénalité ? ou penserait-on qu’elle pût subsister dans une partie du Gouvernement, et le scrutin dans l’autre ? l’une dans les tribunaux, l’autre dans les Conseils ? et que les seules places qui restent à la faveur seraient abandonnées aux élections ? Il faudrait avoir des vues bien courtes et bien fausses pour vouloir allier des choses si dissemblables, et fonder un même système sur des principes si différents. Mais laissons ces applications, et considérons la chose en elle-même.
Quelles sont les circonstances dans lesquelles une monarchie héréditaire peut, sans révolutions, être tempérée par des formes qui la rapprochent de l’aristocratie ? Les corps intermédiaires entre le prince et le peuple peuvent-ils, doivent-ils, avoir une juridiction indépendante de l’un et de l’autre ? ou, s’ils sont précaires et dépendants du prince, peuvent-ils jamais entrer comme parties intégrantes dans la constitution de l’État, et même avoir une influence réelle dans les affaires ? Questions préliminaires qu’il fallait discuter, et qui ne semblent pas faciles à résoudre : car, s’il est vrai que la pente naturelle est toujours vers la corruption et par conséquent vers le despotisme, il est difficile de voir par quelles ressources de politique le prince, même quand il le voudrait, pourrait donner à cette pente une direction contraire, qui ne pût être changée par ses successeurs, ni par leurs ministres. L’abbé de Saint-Pierre ne prétendait pas, à la vérité, que sa nouvelle forme ôtât rien à l’autorité royale ; car il donne au Conseil la délibération des matières, et laisse au roi seul la décision. Ces différents Conseils, dit-il, sans empêcher le roi de faire tout ce qu’il voudra, le préserveront souvent de vouloir des choses nuisibles à sa gloire et à son bonheur ; ils porteront devant lui le flambeau de la vérité, pour lui montrer le meilleur chemin et le garantir des pièges. Mais cet homme éclairé pouvait-il se payer lui-même de si mauvaises raisons ? espérait-il que les yeux des rois pussent voir les objets à travers les lunettes des sages ? Ne sentait-il pas qu’il fallait nécessairement que la délibération des Conseils devînt bientôt un vain formulaire, ou que l’autorité royale en fût altérée ? et n’avouait-il pas lui-même que c’était introduire un Gouvernement mixte, où la forme républicaine s’alliait à la monarchique ? En effet, des Corps nombreux, dont le choix ne dépendrait pas entièrement du prince, et qui n’auraient par eux-mêmes aucun pouvoir, deviendraient bientôt un fardeau inutile à l’État. Sans mieux faire aller les affaires, ils ne feraient qu’en retarder l’expédition par de longues formalités, et, pour me servir de ses propres termes, ne seraient que des Conseils de parade. Les favoris du prince, qui le sont rarement du public, et qui, par conséquent, auraient peu d’influence dans les Conseils formés au scrutin, décideraient seuls toutes les affaires ; le prince n’assisterait jamais aux Conseils, sans avoir déjà pris son parti sur tout ce qu’on y devrait agiter, ou n’en sortirait jamais, sans consulter de nouveau dans son cabinet avec ses favoris sur les résolutions qu’on y aurait prises. Enfin, il faudrait nécessairement que les Conseils devinssent méprisables, ridicules, et tout à fait inutiles, ou que les rois perdissent de leur pouvoir : alternative à laquelle ceux-ci ne s’exposeront certainement pas, quand même il en devrait résulter le plus grand bien de l’État et le leur.
Voilà, ce me semble, à peu près les côtés par lesquels l’abbé de Saint-Pierre eût dû considérer le fond de son système pour en bien établir les principes. Mais il s’amuse, au lieu de cela, à résoudre cinquante mauvaises objections qui ne valaient pas la peine d’être examinées ; ou, qui pis est, à faire lui-même de mauvaises réponses quand les bonnes se présentent naturellement ; comme s’il cherchait à prendre plutôt le tour d’esprit de ses opposants pour les ramener à la raison, que le langage de la raison pour convaincre les sages.
Par exemple, après s’être objecté que, dans la polysynodie, chacun des Conseillers a son plan général, que cette diversité produit nécessairement des décisions qui se contredisent, et des embarras dans le mouvement total, il répond à cela qu’il ne peut y avoir d’autre plan général que de chercher à perfectionner les règlements qui roulent sur toutes les parties du Gouvernement. Le meilleur plan général, n’est-ce pas, dit-il, celui qui va le plus droit au plus grand bien de l’État dans chaque affaire particulière ? D’où il tire cette conclusion très fausse, que les divers plans généraux, ni par conséquent les règlements et les affaires qui s’y rapportent, ne peuvent jamais se croiser ou se nuire mutuellement.
En effet, le plus grand bien de l’État n’est pas toujours une chose si claire, ni qui dépende, autant qu’on le croirait, du plus grand bien de chaque partie ; comme si les mêmes affaires ne pouvaient pas avoir entre elles une infinité d’ordres divers et de liaisons plus ou moins fortes, qui forment autant de différences dans les plans généraux. Ces plans bien digérés sont toujours doubles, et renferment, dans un système comparé, la forme actuelle de l’État et sa forme perfectionnée selon les vues de l’auteur. Or, cette perfection, dans un tout aussi composé que le Corps politique, ne dépend pas seulement de celle de chaque partie ; comme pour ordonner un palais il ne suffit pas d’en bien disposer chaque pièce, mais il faut de plus considérer les rapports du tout, les liaisons les plus convenables, l’ordre le plus commode, la plus facile communication, le plus parfait ensemble, et la symétrie la plus régulière. Ces objets généraux sont si importants, que l’habile architecte sacrifie au mieux du tout mille avantages particuliers, qu’il aurait pu conserver dans une ordonnance moins parfaite et moins simple. De même, le politique ne regarde en particulier ni les finances, ni la guerre, ni le commerce ; mais il rapporte toutes ces parties à un objet commun. Et des proportions qui leur conviennent le mieux résultent les plans généraux dont les dimensions peuvent varier de mille manières, selon les idées et les vues de ceux qui les ont formés ; soit en cherchant la plus grande perfection du tout, soit en cherchant la plus facile exécution, sans qu’il soit aisé quelquefois de démêler celui de ces plans qui mérite la préférence. Or, c’est de ces plans qu’on peut dire que, si chaque Conseil et chaque Conseiller a le sien, il n’y aura que contradictions dans les affaires et qu’embarras dans le mouvement commun. Mais le plan général, au lieu d’être celui d’un homme ou d’un autre, ne doit être et n’est en effet, dans la polysynodie, que celui du Gouvernement ; et c’est à ce grand modèle que se rapportent nécessairement les délibérations communes de chaque Conseil, et le travail particulier de chaque membre. Il est certain même qu’un pareil plan se médite et se conserve mieux dans le dépôt d’un Conseil que dans la tête d’un ministre et même d’un prince ; car chaque Vizir a son plan, qui n’est jamais celui de son devancier ; et chaque demi-vizir a aussi le sien, qui n’est ni celui de son devancier, ni celui de son collègue : aussi voit-on généralement les Républiques changer moins de systèmes que les Monarchies. D’où je conclus avec l’abbé de Saint-Pierre, mais par d’autres raisons, que la polysynodie est plus favorable que le vizirat et le demi-vizirat à l’unité du plan général.
À l’égard de la forme particulière de sa polysynodie et des détails dans lesquels il entre pour la déterminer, tout cela est très bien vu et fort bon séparément pour prévenir les inconvénients auxquels chaque chose doit remédier. Mais, quand on en viendrait à l’exécution, je ne sais s’il régnerait assez d’harmonie dans le tout ensemble : car il paraît que l’établissement des grades s’accorde mal avec celui de la circulation, et le scrutin plus mal encore avec l’un et l’autre. D’ailleurs, si l’établissement est dangereux à faire, il est à craindre que, même après l’établissement fait, ces différents ressorts ne causent mille embarras et mille dérangements dans le jeu de la machine, quand il s’agira de la faire marcher.
La circulation de la présidence en particulier serait un excellent moyen pour empêcher la polysynodie de dégénérer bientôt en vizirat, si cette circulation pouvait durer, et qu’elle ne fût pas arrêtée par la volonté du prince, en faveur du premier des présidents qui aura l’art, toujours recherché, de lui plaire. C’est-à-dire que la polysynodie durera jusqu’à ce que le roi trouve un Vizir à son gré ; mais, sous le vizirat même, on n’a pas un Vizir plus tôt que cela. Faible remède que celui, dont la vertu s’éteint à l’approche du mal qu’il devrait guérir.
Moreover, without delving into the old issue of the venality of public offices—which can only arise among those who possess more money than merit—can anyone imagine a practical way to abolish such venality in France? Or would one think that it could continue to exist in one part of the government while elections were held in another? In the courts, perhaps, and in the councils, perhaps? And that the only positions left available would be determined through elections? One would need to be remarkably shortsighted and mistaken to attempt to combine such disparate things and establish a unified system based on principles so fundamentally different. But let us set aside these practical considerations and consider the issue in its pure form.
Under what circumstances can a hereditary monarchy be tempered, without revolutions, by institutions that bring it closer to an aristocratic system? Can, and should, the intermediate bodies between the monarch and the people possess jurisdiction independent of both? Or, if these bodies are fragile and dependent on the monarch, is it even possible for them to become integral components of the state’s constitution and exert real influence in governance? These were preliminary questions that needed to be discussed—and they did not seem easy to resolve. For, while it is true that human nature naturally tends towards corruption and thus toward despotism, it is difficult to see how a monarch, even if he wished to do so, could use political means to direct this tendency in the opposite direction, a course that neither he nor his successors could alter. In fact, the Abbe de Saint-Pierre did not claim that his new system diminished royal authority in any way; rather, he granted the Council the power to deliberate on matters but left the final decision solely with the monarch. He argued that such councils, while not preventing the monarch from doing as he pleased, would often prevent him from pursuing actions detrimental to his glory and happiness. They would serve as guides to truth, showing him the best path and protecting him from pitfalls. But could this enlightened individual truly be convinced by such flawed reasoning? Did he really believe that monarchs could see things clearly through the lenses of wise men? Didn’t he realize that the deliberations of councils would likely become mere formalities, or that they would weaken royal authority? And didn’t he admit himself that this would essentially create a mixed government, where republican elements were combined with monarchical ones? After all, numerous bodies whose composition did not entirely depend on the monarch and which themselves possessed no real power would soon become an unnecessary burden on the state. They might not improve governance but would only slow it down through lengthy procedures—what he himself called “parade councils.” The monarch’s favorites, who were rarely supported by the public and thus had little influence in these councils, would end up making all the decisions alone. The monarch himself would never attend such meetings unless he had already settled on a course of action; otherwise, he would return to his private council with his favorites to review whatever resolutions had been proposed. In short, such councils would inevitably become despised, ridiculed, and utterly useless—or the monarch’s power would decline. Such an outcome was certainly one that no monarch would willingly embrace, even if it meant bringing the greatest benefit to the state and himself.
These, it seems to me, are roughly the aspects through which the Abbe of Saint-Pierre should have examined the fundamentals of his system in order to establish its principles properly. But instead, he spends his time addressing fifty flawed objections that were not even worth considering; or, worse still, he himself provides poor responses when sound arguments arise naturally—as if he were trying to adopt the mindset of his opponents in order to bring them to reason, rather than using the language of reason itself to convince the wise.
For example, after objecting that in a system of polysynody, each Councilor has their own overall plan, and that such diversity necessarily leads to contradictory decisions and obstacles in the overall functioning of the government, he argues that there can be no other overarching plan than to strive for the continuous improvement of the regulations governing all aspects of governance. “The best overall plan,” he says, “is undoubtedly the one that most directly contributes to the greatest good of the state in each particular matter.” From this, he draws the completely erroneous conclusion that different overall plans—and consequently the regulations and matters related to them—can never intersect or undermine one another.
Indeed, the greatest good of the state is not always something so clear-cut, nor does it depend, as one might think, solely on the greatest good of each individual component; it seems that the same affairs can have countless different arrangements and connections, more or less strong, which lead to various differences in the overall structure. These well-structured plans are always dual in nature; they contain within a comparative system both the current form of the state and its idealized form according to the perspective of their creator. Now, this perfection, in a system as complex as the political body, does not depend solely on the perfection of its individual parts; just as constructing a palace requires not only arranging each room properly but also considering the overall relationship of the whole, the most suitable connections, the most convenient order, the easiest communication, the most perfect harmony, and the most regular symmetry. These general considerations are so important that a skilled architect will sacrifice a thousand particular advantages in order to achieve the best overall result, even if it means losing less perfect or simpler arrangements. Similarly, a statesman does not focus solely on finance, war, or commerce; rather, he integrates all these aspects into a common purpose. The optimal proportions resulting from this integration lead to various possible configurations of the overall plan, depending on the ideas and intentions of those who devised it—whether seeking the greatest perfection of the whole or the most feasible implementation. Sometimes, it is not easy to determine which of these plans is preferable. It can be said that if each council and its members have their own separate plans, there will only be contradictions in actions and obstacles in the overall progress of affairs. However, the general plan, rather than being the product of one individual’s judgment, must in a polyarchic system be the plan of the government itself. It is to this overarching model that the deliberations of each council and the specific efforts of its members must necessarily be aligned. Indeed, such a plan is better preserved and considered more carefully within the archives of a council than in the mind of a minister or even a monarch; after all, each vizier has his own plan, which is never identical to that of his predecessor, and each deputy vizier also has his own plan, different from both the former’s and his colleague’s. Hence, it is common for republics to change their systems less frequently than monarchies. For these reasons—and others as well—I conclude, along with Father de Saint-Pierre, that the polyarchic system is more conducive to maintaining the unity of the overall plan than the system of viziers or deputy viziers.
Regarding the particular form of its polysynodic structure and the details that determine it, all these aspects have been carefully considered and are indeed very good in themselves, as they serve to prevent the various inconveniences that each element must address. However, when it comes to actual implementation, I doubt whether sufficient harmony will be achieved across the entire system: it seems that the establishment of different ranks does not align well with the mechanisms of circulation, and the voting process even less so. Moreover, if such an arrangement is dangerous to implement in the first place, it is likely that, even once established, these various components will cause countless difficulties and disruptions when trying to make the whole system function effectively.
In particular, the rotation of presidents would be an excellent means to prevent the polysynody from soon degenerating into a system akin to that of a vizirate, provided such rotation could continue indefinitely and were not halted at the will of the prince in favor of the first president who possessed the always-coveted ability to please him. In other words, the polysynody would endure until the king found a vizir to his liking; yet, even under a system of vizirate, one would not obtain a vizir until that time came. Such a remedy is but weak, for its effectiveness fades away as soon as the problem it is intended to solve emerges.
Del resto, senza addentrarci in quella vecchia questione della venalità delle cariche, che può essere sollevata solo tra persone più ricche di denaro che di meriti, si può immaginare qualche mezzo praticabile per abolire in Francia questa venalità? O si penserebbe che possa continuare a esistere in una parte del Governo e il sistema elettorale nell’altra? In alcuni organi giudiziari e in altri nei Consigli? E che le uniche cariche rimaste disponibili possano essere assegnate attraverso elezioni? Si dovrebbero avere idee molto limitate e errate per voler combinare cose così diverse e fondare lo stesso sistema su principi così contrastanti. Ma lasciamo da parte queste applicazioni particolari e consideriamo la questione in sé stessa.
In quali circostanze una monarchia ereditaria può essere moderata, senza rivoluzioni, da forme che la avvicinino all’aristocrazia? Gli organi intermedi tra il principe e il popolo possono, devono, avere una giurisdizione indipendente da entrambi? Oppure, se sono fragili e dipendenti dal principe, possono mai diventare parti integranti della costituzione dello Stato e esercitare un’influenza reale nelle sue decisioni? Queste sono domande preliminari che era necessario discutere, e che non sembrano facilmente risolvibili: infatti, se è vero che la tendenza naturale di ogni sistema politico è verso la corruzione e quindi verso il dispotismo, è difficile capire con quali mezzi politici un principe, anche volendolo, potrebbe orientare questa tendenza in senso opposto, in modo tale che tali decisioni non possano essere modificate dai suoi successori o dai loro ministri. L’abate di Saint-Pierre, in realtà, non sosteneva che la sua nuova forma di governo diminuisse l’autorità reale; anzi, affidava al Consiglio la deliberazione delle questioni e lasciava al re il potere decisionale finale. Secondo lui, questi diversi consigli, pur senza impedire al re di fare ciò che desiderava, lo avrebbero spesso salvaguardato dal prendere decisioni dannose alla sua gloria e al suo benessere; avrebbero offerto al re la “luce della verità” per guidarlo lungo il miglior cammino e proteggerlo dai pericoli. Ma un uomo così illuminato poteva davvero convincersi delle validità di tali argomentazioni? Sperava forse che i re fossero in grado di vedere le cose con gli occhi dei saggi? Non si rendeva conto che la deliberazione dei consigli, prima o poi, sarebbe diventata una mera formalità vuota, oppure che ciò avrebbe alterato l’autorità reale? E non ammetteva forse stesso che questo significava introdurre un sistema di governo misto, in cui le caratteristiche della repubblica si mescolavano a quelle della monarchia? Infatti, organi numerosi i cui membri non dipendessero interamente dal principe e che non avessero alcun potere effettivo, diventerebbero ben presto un peso inutile per lo Stato. Senza migliorare le cose, questi consigli avrebbero solo ritardato l’attuazione delle decisioni a causa di lunghe procedure burocratiche, e, per usare le sue stesse parole, sarebbero stati soltanto “consigli di facciata”. I favoriti del principe, che di rado sono apprezzati dal popolo e quindi hanno poco peso nei consigli elettorali, avrebbero deciso da soli tutte le questioni; il principe non avrebbe mai partecipato alle riunioni dei consigli, essendo già giunto a una decisione in merito a ogni argomento all’interno del suo gabinetto con i suoi favoriti. Infine, era inevitabile che questi consigli diventassero oggetto di disprezzo e ridicolo, o che l’autorità reale ne risultasse compromessa: un’alternativa alla quale i re certamente non si esporranno, anche se ciò potesse portare al massimo bene dello Stato e del loro stesso potere.
Ecco, a mio parere, i punti da cui l’abate di Saint-Pierre avrebbe dovuto considerare il fondamento del suo sistema per stabilirne correttamente i principi. Invece, si diverte a risolvere cinquanta obiezioni errate che non valeva nemmeno la pena esaminare; o, peggio ancora, fornisce lui stesso risposte sbagliate quando le risposte giuste emergono naturalmente; come se cercasse piuttosto di adottare il modo di pensare dei suoi oppositori per farli ragionare, piuttosto che utilizzare il linguaggio della ragione per convincere coloro che sono già saggi.
Ad esempio, dopo aver obiettato che, nella polisindonia, ciascun Consigliere abbia il proprio piano generale e che tale diversità produca inevitabilmente decisioni contraddittorie e ostacoli nel funzionamento complessivo del governo, risponde che non può esistere alcun altro piano generale se non quello di cercare di perfezionare i regolamenti che riguardano tutte le parti del governo. Il miglior piano generale, afferma, non è forse quello che mira più direttamente al maggior bene dello Stato in ogni singola questione? Da questa conclusione deriva l’errore fondamentale secondo cui i diversi piani generali, e di conseguenza anche i regolamenti e le attività ad essi correlati, non possono mai interferire o danneggiarsi a vicenda.
Infatti, il massimo bene dello Stato non è sempre qualcosa di così evidente, né dipende, come si potrebbe credere, dal massimo bene di ciascuna sua parte; sembra infatti che le stesse questioni possano presentare un’infinità di relazioni diverse e legami più o meno stretti, che danno origine a molteplici differenze nei diversi “piani generali” dello Stato. Questi piani, una volta ben analizzati, sono sempre doppi: contengono, in un sistema comparativo, sia la forma attuale dello Stato sia quella perfetta secondo le idee di chi li ha concepiti. Ora, questa perfezione, in un insieme altrettanto complesso come il corpo politico, non dipende soltanto dalla perfezione delle singole parti; infatti, per costruire un palazzo non basta disporre correttamente ciascuna stanza, ma è necessario anche considerare i rapporti tra le varie parti, le connessioni più appropriate, l’ordine più comodo, la comunicazione più agevole, l’insieme più armonioso e la simmetria più regolare. Questi aspetti generali sono così importanti che un abile architetto è disposto a sacrificare mille vantaggi particolari pur di ottenere il miglior risultato complessivo, anche se ciò significherebbe perdere ordine e semplicità nella struttura. Allo stesso modo, il politico non considera separatamente questioni come le finanze, la guerra o il commercio; piuttosto, le collega tutte a un obiettivo comune. Da queste relazioni ottiene i “piani generali” che, pur potendo variare in molti modi a seconda delle idee dei loro autori, mirano sia al massimo grado di perfezione dello Stato sia alla sua più facile realizzazione; talvolta, però, non è facile stabilire quale di questi piani sia il migliore. Si può dire che, se ogni Consiglio e ogni suo membro avesse un proprio piano, ci sarebbero soltanto contraddizioni nelle decisioni e ostacoli nel funzionamento complessivo dello Stato. Ma il piano generale, diversamente da quello di un singolo individuo, nella struttura della polysynodie deve essere necessariamente quello del Governo; è a questo modello che devono riferirsi le deliberazioni di ogni Consiglio e il lavoro di ciascun suo membro. È anche certo che un tale piano venga meglio concepito e conservato nei documenti ufficiali di un Consiglio che nella mente di un ministro o persino di un principe; infatti, ogni Vizir ha il proprio piano, che non è mai lo stesso di quello del suo predecessore, e anche ogni vice-Vizir ne ha uno diverso: per questo le Repubbliche cambiano meno sistema rispetto alle Monarchie. Da queste considerazioni concludo, per motivi diversi da quelli dell’abate de Saint-Pierre, che la polysynodie è più favorevole all’unità del piano generale dello Stato rispetto ai sistemi basati su un solo responsabile.
Per quanto riguarda la particolare forma della sua polisindonia e i dettagli che vi sono coinvolti per determinarla, tutto ciò è stato molto ben considerato e rappresenta senz’altro un ottimo approccio individuale per prevenire gli inconvenienti che ogni singola componente potrebbe causare. Tuttavia, quando si passa alla fase dell’esecuzione, non so se possa regnare abbastanza armonia nell’insieme: sembra infatti che l’organizzazione dei gradi non coincida bene con quella della circolazione, e il sistema di voto ancora meno. Inoltre, se l’istituzione di tali meccanismi risulta pericolosa da attuare, si teme che, anche una volta realizzata, questi diversi elementi possano causare innumerevoli problemi e disordini nel funzionamento complessivo del sistema.
In particolare, il rotamento delle cariche presidenziali rappresenterebbe un ottimo mezzo per impedire che la polysynodie degeneri presto in un vero e proprio sistema di governo basato sui poteri del visir. Tuttavia, questo mezzo funzionerebbe soltanto se tale rotazione potesse continuare senza essere interrotta dalla volontà del principe, a favore del primo presidente che riuscisse nell’arte, sempre difficile da padroneggiare, di compiacerlo. In altre parole, la polysynodie sopravviverebbe soltanto fino al momento in cui il re trovasse un visir a suo piacimento; ma nemmeno sotto il sistema del visirato esisterebbe un visir prima che ciò accadesse. Un rimedio davvero debole, dunque, un rimedio la cui efficacia svanisce non appena si avvicina il male da curare.
N’est-ce pas encore un mauvais expédient de nous donner la nécessité d’obtenir les suffrages une seconde fois, comme un frein pour empêcher les présidents d’abuser de leur crédit la première ? ne sera-t-il pas plus court et plus sûr d’en abuser au point de n’avoir plus que faire de suffrages ? et notre auteur lui-même n’accorde-t-il pas au prince le droit de prolonger au besoin les présidents à sa volonté, c’est-à-dire d’en faire de véritables Vizirs ? Comment n’a-t-il pas aperçu mille fois, dans le cours de sa vie et de ses écrits, combien c’est une vaine occupation de rechercher des formes durables pour un état de choses, qui dépend toujours de la volonté d’un seul homme ?
Ces difficultés n’ont pas échappé à l’abbé de Saint-Pierre ; mais peut-être lui convenait-il mieux de les dissimuler que de les résoudre. Quand il parle de ces contradictions et qu’il feint de les concilier, c’est par des moyens si absurdes et des raisons si peu raisonnables, qu’on voit bien qu’il est embarrassé, ou qu’il ne procède pas de bonne foi. Serait-il croyable qu’il eût mis en avant si hors de propos, et compté parmi ces moyens, l’amour de la patrie, le bien public, le désir de la vraie gloire, et d’autres chimères évanouies depuis longtemps, ou dont il ne reste plus de traces que dans quelques petites Républiques ? Pensait-il sérieusement que rien de tout cela pût réellement influer dans la forme d’un Gouvernement monarchique ? et, après avoir cité les Grecs, les Romains, et même quelques modernes qui avaient des âmes anciennes, n’avoue-t-il pas lui-même qu’il serait ridicule de fonder la constitution de l’État sur des maximes éteintes ? Que fait-il donc pour suppléer à ces moyens étrangers dont il reconnaît l’insuffisance ? Il lève une difficulté par une autre, établit un système sur un système, et fonde sa Polysynodie sur sa République européenne. « Cette République, dit-il, étant garante de l’exécution des capitulations impériales pour l’Allemagne, des capitulations parlementaires pour l’Angleterre, des pacta conventa pour la Pologne, ne pourrait-elle pas l’être aussi des capitulations royales signées au sacre des rois pour la forme du Gouvernement, lorsque cette forme serait passée en loi fondamentale ? et, après tout, garantir les rois de tomber dans la tyrannie des Nérons, n’est-ce pas les garantir, eux et leur postérité, de leur ruine totale ? »
« On peut, dit-il encore, faire passer le règlement de la polysynodie en forme de loi fondamentale dans les États généraux du royaume, la faire jurer au sacre des rois, et lui donner ainsi la même autorité qu’à la loi salique. »
La plume tombe des mains, quand on voit un homme sensé proposer sérieusement de semblables expédients.
Ne quittons point cette matière sans jeter un coup d’œil général sur les trois formes de ministère, comparées dans cet ouvrage.
Le vizirat est la dernière ressource d’un État défaillant ; c’est un palliatif quelquefois nécessaire qui peut lui rendre pour un temps une certaine vigueur apparente. Mais il y a dans cette forme d’administration une multiplication de forces tout à fait superflue dans un Gouvernement sain. Le monarque et le Vizir sont deux machines exactement semblables, dont l’une devient inutile sitôt que l’autre est en mouvement ; car en effet, selon le mot de Grotius : qui regit, rex est. Ainsi l’État supporte un double poids qui ne produit qu’un effet simple. Ajoutez à cela qu’une grande partie de la force du vizirat, étant employée à rendre le Vizir nécessaire et à le maintenir en place, est inutile ou nuisible à l’État. Aussi l’abbé de Saint-Pierre appelle-t-il avec raison le vizirat « une forme de Gouvernement grossière, barbare, pernicieuse aux peuples, dangereuse pour les rois, funeste aux maisons royales » ; et l’on peut dire qu’il n’y a point de Gouvernement plus déplorable au monde que celui où le peuple est réduit à désirer un Vizir. Quant au demi-vizirat, il est avantageux sous un roi qui sait gouverner et réunir dans ses mains toutes les rênes de l’État ; mais, sous un prince faible ou peu laborieux, cette administration est mauvaise, embarrassée, sans système et sans vues, faute de liaison entre ses parties et d’accord entre les ministres ; surtout, si quelqu’un d’entre eux, plus adroit ou plus méchant que les autres, tend en secret au vizirat. Alors tout se passe en intrigues de cour ; l’État demeure en langueur ; et pour trouver la raison de tout ce qui se fait sous un semblable Gouvernement, il ne faut pas demander à quoi cela sert, mais à qui cela nuit.
Pour la Polysynodie de l’abbé de Saint-Pierre, je ne saurais voir qu’elle puisse être utile ni praticable dans aucune véritable monarchie ; mais seulement dans une sorte de Gouvernement mixte, où le chef ne soit que le président des Conseils, n’ait que la puissance exécutive, et ne puisse rien par lui-même. Encore ne saurais-je croire qu’une pareille administration pût durer longtemps sans abus. Car les intérêts des sociétés partielles ne sont pas moins séparés de ceux de l’État, ni moins pernicieux à la République, que ceux des particuliers ; et ils ont même cet inconvénient de plus, qu’on se fait gloire de soutenir, à quelque prix que ce soit, les droits ou les prétentions du corps dont on est membre ; et que, ce qu’il y a de malhonnête à se préférer aux autres s’évanouissant à la faveur d’une société nombreuse dont on fait partie, à force d’être bon sénateur on devient enfin mauvais citoyen. C’est ce qui rend l’Aristocratie la pire des souverainetés[712] ; c’est ce qui rendrait peut-être la Polysynodie le pire de tous les ministères.
FIN du JUGEMENT SUR LA POLYSYNODIE
Liste des œuvres philosophiques et politiques
Liste générale des titres
Is it not yet another poor expedient to force us to obtain votes a second time, as if that were a means to prevent presidents from abusing their power the first time? Would it not be much simpler and safer to simply abuse that power so thoroughly that votes would become utterly irrelevant? Moreover, does not our author himself grant the prince the right to extend the term of office of presidents at will, if necessary—making them de facto Viziers? How has he never realized, throughout his life and in all his writings, how futile it is to seek permanent forms for a state of affairs that always depends on the will of a single individual?
These difficulties were not unnoticed by the Abbot of Saint-Pierre; but perhaps it was more convenient for him to conceal them than to resolve them. When he speaks of these contradictions and pretends to reconcile them, he does so through means that are so absurd and reasons that are so unreasonable, that it is clear either that he is embarrassed or that he is not acting in good faith. Could it be believed that he would have included such irrelevant considerations as love for the fatherland, the public good, the desire for true glory, and other illusions that have long since vanished—or of which only traces remain in a few small republics? Did he truly believe that any of these things could have any real influence on the form of a monarchical government? And after citing the Greeks, the Romans, and even some modern figures with ancient souls, doesn’t he himself admit that it would be ridiculous to base the constitution of a state on principles that are dead and gone? So what does he do to compensate for these inadequate means? He raises one difficulty to address another, establishes one system on top of another, and bases his Polysynodie on his European Republic. “This Republic,” he says, “since it guarantees the enforcement of the imperial capitulations for Germany, the parliamentary agreements for England, and the pacta conventa for Poland, could it not also guarantee the royal capitulations signed at the coronations of kings regarding the form of government, once that form has become a fundamental law? And after all, does guaranteeing that kings will not fall into the tyranny of Neros not also mean guaranteeing their own and their descendants’ total ruin?”
“He can also say,” he continued, “that the regulations concerning polysynody can be enacted in the form of a fundamental law at the General States of the kingdom, made to be sworn upon during the coronation ceremonies of kings, thereby granting it the same authority as the Salic Law.”
One’s pen drops from one’s hand when one sees a sensible person seriously proposing such measures.
Let us not leave this subject without taking a general look at the three forms of ministry discussed in this work.
The vizirate is the last resort of a failing state; it is sometimes a necessary palliative that can temporarily restore some apparent vigor to the government. However, this form of administration involves the multiplication of forces that are entirely superfluous in a healthy government. The monarch and the vizir are two essentially similar institutions, one of which becomes useless as soon as the other takes action—for, in the words of Grotius, “who rules is the king.” Thus, the state bears a double burden that yields only a single effect. Moreover, a large portion of the power inherent in the vizirate system is devoted to ensuring the vizir’s position and maintaining his authority, which is either useless or harmful to the state itself. Hence, Abbe de Saint-Pierre rightly called the vizirate system “a crude, barbaric form of government that is destructive to peoples, dangerous for kings, and fatal to royal families.” Indeed, there is no more lamentable form of governance in the world than one in which the people are forced to desire the existence of a vizir. As for the semi-vizirate system, it can be beneficial under a king who knows how to govern and who holds all the reins of power in his own hands; but under a weak or incompetent ruler, such an administration becomes chaotic, inefficient, and lacking in coherence, with no clear structure or coordination among its components. Especially dangerous is the situation when one minister, being more cunning or malicious than the others, secretly seeks to establish himself as vizir. In such cases, court intrigues dominate everything; the state suffers decline and stagnation. To understand the nature of a government under such circumstances, one must not ask what it achieves, but rather who it harms.
As for the Polysynody proposed by Abbe de Saint-Pierre, I cannot see how it could be useful or feasible in any genuine monarchy; rather, it would only be suitable for a kind of mixed government in which the head of state merely presides over the councils and possesses only executive power, with no authority to act on its own. Yet, I doubt such an administrative system could endure for long without leading to abuses. For the interests of particular groups within society are just as separated from those of the state—and just as harmful to a republic—as those of individual citizens. Moreover, there is an added disadvantage: people take pride in supporting, at any cost, the rights or claims of the group to which they belong. And while the injustice of placing oneself above others may be masked within a large society, one who is merely a good senator may ultimately become a poor citizen. This is precisely why aristocracy represents the worst form of sovereignty[712]; and perhaps it is also why the Polysynody would be the worst type of government structure imaginable.
End of the judgment regarding polysynody.
List of philosophical and political works
General list of titles
Non è forse ancora una soluzione inefficace quella di costringerci a ottenere i voti una seconda volta, come se questo rappresentasse un freno per impedire ai presidenti di abusare del loro potere la prima volta? Non sarebbe forse più semplice e sicuro abusarne fino al punto di non aver più bisogno dei voti stessi? E non concede forse lo stesso autore al principe il diritto di prolungare, se necessario, i mandati dei presidenti a suo piacimento, rendendoli in sostanza veri e propri Viceré? Come ha potuto non rendersi conto, mille volte nel corso della sua vita e delle sue opere, quanto sia vana l’idea di cercare forme permanenti per uno stato di cose che dipende sempre dalla volontà di un solo uomo?
Queste difficoltà non sono sfuggite all’abate di Saint-Pierre; ma forse a lui conveniva di più nasconderle che risolverle. Quando parla di queste contraddizioni e finge di conciliarle, lo fa con mezzi così assurdi e ragioni così poco razionali, che è evidente che si trovi in imbarazzo o che non agisca con buona fede. Sarebbe credibile che avesse fatto riferimento, in modo del tutto fuori luogo, a concetti come l’amore per la patria, il bene pubblico, il desiderio di vera gloria, e ad altre illusioni da tempo scomparse, o di cui non rimangono tracce se non in alcune piccole repubbliche? Pensava davvero che tutto ciò potesse influenzare in qualche modo la forma di un governo monarchico? E, dopo aver citato Greci, Romani e persino alcuni moderni con animi “antichi”, non ammette forse lui stesso che sarebbe ridicolo fondare la costituzione dello Stato su principi ormai obsoleti? Allora, cosa fa per compensare l’insufficienza di questi mezzi stranieri? Solleva una difficoltà con un’altra, stabilisce un sistema sopra un altro sistema, e fonda la sua “Polysynodie” sulla sua “Repubblica europea”. “Questa Repubblica”, dice, “essendo garante dell’esecuzione delle capitolazioni imperiali per l’Germania, delle capitolazioni parlamentari per l’Inghilterra, dei pacta conventa per la Polonia, non potrebbe forse esserlo anche delle capitolazioni reali firmate durante i sacri coronamenti per determinare la forma del governo? E, dopotutto, garantire ai re di non cadere nella tirannia di Neroni non significa forse garantir loro, e alla loro discendenza, la rovina totale?”
“Si può”, aggiunse ancora, “far approvare il regolamento della polysynodie sotto forma di legge fondamentale negli Stati Generali del regno, farlo giurare durante le cerimonie di incoronazione dei re e conferirgli così lo stesso potere della legge salica.”
La penna cade dalle mani quando si vede un uomo saggio proporre seriamente simili soluzioni.
Non lasciamo questa materia senza dare uno sguardo d’insieme alle tre forme di ministero descritte in questo libro.
Il vizirato rappresenta l’ultima risorsa di uno Stato in declino; è talvolta un rimedio necessario che può restituire temporaneamente a tale Stato una certa apparenza di vitalità. Tuttavia, questa forma di amministrazione comporta una moltiplicazione di forze del tutto superflue in un governo sano. Il monarca e il visir sono due strutture esattamente simili: l’una diventa inutile non appena l’altra entra in funzione; infatti, come afferma Grotius: “Chi governa, è il re”. Così lo Stato deve sopportare un doppio peso che produce, in realtà, un solo effetto negativo. Inoltre, gran parte delle risorse dedicate al vizirato viene utilizzata semplicemente per rendere necessario il suo ruolo e per mantenerlo al potere, il che è del tutto inutile o addirittura dannoso per lo Stato stesso. Per questo motivo l’abate di Saint-Pierre definiva giustamente il vizirato “una forma di governo grezza, barbara, nociva ai popoli, pericolosa per i re e funesta per le dinastie reali”; si può dire che non esista governo più deplorabile al mondo di quello in cui il popolo è costretto a desiderare l’esistenza di un visir. Quanto al “semi-vizirato”, può rivelarsi vantaggioso sotto un re capace di governare efficacemente e di concentrare nelle proprie mani tutti i poteri dello Stato; ma sotto un sovrano debole o negligente, tale sistema amministrativo risulta inefficace, confusionario, privo di organizzazione e di progettazione coerente, a causa della mancanza di coordinamento tra le varie componenti del governo e dei ministri. In particolare, se uno di questi ultimi si rivela più astuto o malvagio degli altri, può cercare segretamente di assumere il potere del visirato. In tal caso, tutto si riduce a intrighi di corte; lo Stato continua a declinare, e per comprendere le ragioni di ciò che accade sotto un simile governo, non bisogna chiedersi a cosa serva, ma a chi danneggi.
Per quanto riguarda la Polisinnodia dell’abate di Saint-Pierre, non riesco a vedere in essa alcun vantaggio né praticità in nessuna vera monarchia; essa potrebbe essere utile soltanto in un tipo di governo misto, in cui il capo sia soltanto il presidente dei consigli e abbia esclusivamente il potere esecutivo, senza alcun potere decisionale autonomo. Tuttavia, non credo che un simile sistema possa durare a lungo senza abusi. Gli interessi delle varie fazioni sociali sono infatti altrettanto separati da quelli dello Stato e altrettanto dannosi per la Repubblica quanto quelli dei singoli individui; inoltre, presentano un ulteriore svantaggio: si va fieri di sostenere, a qualunque costo, i diritti o le pretese del gruppo a cui si appartiene; e ciò che è disonesto nel preferire se stessi agli altri svanisce quando si fa parte di un’ampia comunità. Così, essere un buon senatore può portare, in definitiva, a diventare cattivi cittadini. È proprio questo che rende l’aristocrazia la peggiore delle forme di sovranità[712]; ed è forse per questa stessa ragione che la Polisinnodia potrebbe rivelarsi il peggior sistema di governo possibile.
Fine della sentenza sulla polisindonia.
Elenco delle opere filosofiche e politiche
Elenco generale dei titoli