Rousseau

Abstract

Unfinished early tragedy on Columbus’s arrival in the New World, with a love intrigue between the cacique of Guanahan, his wife Digizé and the princess Carime. An early dramatic work, without philosophical content.

Connections

Forme: tragedia

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

LE CACIQUE, de l’île de Guanahan, conquérant d’une partie des Antilles.

DIGIZÉ, épouse du Cacique.

CARIME, princesse américaine.

COLOMB, chef de la flotte espagnole.

ALVAR, officier castillan.

LE GRAND-PRÊTRE des Américains.

NOZIME, Américain.

TROUPE de Sacrificateurs Américains.

TROUPE d’Espagnols et d’Espagnoles de la flotte.

TROUPE d’Américains et d’Américaines.

La scène est dans l’île de Guanahan.

Scène Première

Le Cacique, Carime

LE CACIQUE.

Seule en ces bois sacrés ! eh ! qu’y faisait Carime ?

CARIME.

Eh ! quel autre que vous devrait le savoir mieux ?

De mes tourments secrets j’importunais les dieux ;

J’y pleurais mes malheurs ; m’en faites-vous un crime ?

LE CACIQUE.

Loin de vous condamner, j’honore la vertu

Qui vous fait près des dieux, chercher la confiance,

Que l’effroi vient d’ôter à mon peuple abattu.

Cent présages affreux, troublant notre assurance,

Semblent du ciel annoncer le courroux ;

Si nos crimes ont pu mériter sa vengeance,

Vos voeux l’éloigneront de nous,

En faveur de votre innocence.

CARIME.

Quel fruit espérez-vous de ces détours honteux ?

Cruel ! vous insultez à mon sort déplorable.

Ah ! si l’amour me rend coupable,

Est-ce à vous à blâmer mes feux ?

LE CACIQUE.

Quoi ! vous parlez d’amour en ces moments funestes !

L’amour échauffe-t-il des coeurs glacés d’effroi ?

CARIME.

Quand l’amour est extrême,

Craint-on d’autre malheur.

Que la froideur

De ce qu’on aime ?

Si Digizé vous vantait son ardeur,

Lui répondriez-vous de même ?

LE CACIQUE.

Digizé m’appartient par des nœuds éternels ;

En partageant mes feux elle a rempli mon trône ;

Et, quand nous confirmons nos serments mutuels ;

L’amour le justifie, et le devoir l’ordonne

CARIME.

L’amour et le devoir s’accordent rarement :

Tour-à-tour seulement ils règnent dans une âme.

L’amour forme l’engagement,

Mais le devoir éteint la flamme.

Si l’hymen a pour vous des attraits si charmants,

Redoublez avec moi ses doux engagements :

Mon cœur consent à ce partage :

C’est un usage établi parmi nous.

LE CACIQUE.

Que me proposez-vous, Carime ? quel langage !

CARIME.

Tu t’offenses, cruel, d’un langage si doux !

Mon amour et mes pleurs excitent ton courroux !

Tu vas triompher en ce jour.

Ah ! si tes yeux ont plus de charmes,

Ton cœur a-t-il autant d’amour ?

LE CACIQUE.

Cessez de vains regrets, votre plainte est injuste :

Ici vos pleurs blessent mes yeux.

Carime, ainsi que vous, en cet asile auguste,

Mon cœur a ses secrets à révéler aux dieux.

CARIME.

Quoi ! barbare, au mépris tu joins enfin l’outrage.

Va, tu n’entendras plus d’inutiles soupirs ;

À mon amour trahi tu préfères ma rage ;

Il faudra te servir au gré de tes désirs.

LE CACIQUE.

Que son sort est à plaindre !

Mais les fureurs n’obtiendront rien.

Pour un cœur fait comme le mien

Ses pleurs étaient bien plus à craindre.

Scène II

LE CACIQUE seul.

Lieu terrible, lieu révéré,

Séjour des dieux de cet empire,

Déployez dans les cœurs votre pouvoir sacré :

Dieux, calmez un peuple égaré,

De ses sens effrayés dissipez ce délire ;

Ou, si votre puissance enfin n’y peut suffire,

N’usurpez plus un nom vainement adoré.

Je me le cache en vain, moi-même je frissonne ;

Une sombre terreur m’agite malgré moi.

Cacique malheureux, ta vertu t’abandonne ;

Pour la première fois ton courage s’étonne ;

La crainte et la frayeur se font sentir à toi.

Lieu terrible, lieu révéré.

Séjour des dieux de cet empire,

Déployez dans les cœurs votre pouvoir sacré :

Rassurez un peuple égaré,

De ses sens effrayés dissipez ce délire ;

Ou, si votre puissance enfin n’y peut suffire,

N’usurpez plus un nom vainement adoré.

Mais quel est le sujet de ces craintes frivoles ?

Les vains pressentiments d’un peuple épouvanté.

Les mugissements des idoles.

Ou l’aspect effrayant d’un astre ensanglanté ?

Ah ! n’ai-je tant de fois enchaîné la victoire,

Tant vaincu de rivaux, tant obtenu de gloire.

Que pour la perdre enfin par de si faibles coups ?

Gloire frivole ! eh ! sur quoi comptons-nous ?

Mais je vois Digizé. Cher objet de ma flamme.

Tendre épouse, ah ! mieux que les dieux.

L’éclat de tes beaux yeux

Ranimera mon âme.

Scène III

Digizé, le Cacique

DIGIZÉ.

Seigneur, vos sujets éperdus,

Saisis d’effroi, d’horreur, cèdent à leurs alarmes,

Et, parmi tant de cris, de soupirs et de larmes,

C’est pour vous qu’ils craignent le plus.

Quel que soit le sujet de leur terreur mortelle.

Ah ! fuyons, cher époux, fuyons, sauvons vos jours.

Par une crainte, hélas ! qui menace leur cours,

Mon cœur sent une mort réelle.

LE CACIQUE.

Moi fuir ! leur cacique ! leur roi !

Leur père enfin ! l’espères-tu de moi ?

Sur la vaine terreur dont ton esprit se blesse,

Moi, fuir ! ah ! Digizé, que me proposes-tu ?

Un cœur chargé d’une faiblesse

Conserverait-il ta tendresse

En abandonnant la vertu ?

Digizé, je chéris le nœud qui nous assemble ;

J’adore tes appas, ils peuvent tout sur moi :

Mais j’aime encore mon peuple autant que toi,

Et la vertu plus que tous deux ensemble.

Scène IV

Nozime, Le Cacique, Digizé

NOZIME.

Par votre ordre, seigneur, les prêtres rassemblés

Vont bientôt en ces lieux commencer le mystère.

LE CACIQUE.

Et les peuples ?

NOZIME.

Toujours également troublés,

Tous frémissent au bruit d’un mal imaginaire.

Ils disent qu’en ces lieux les enfants du soleil

Doivent bientôt descendre en superbe appareil.

Tout, tremble à leur nom seul ; et ces hommes terribles.

Affranchis de la mort, aux coups inaccessibles.

Doivent tout asservir à leur pouvoir fatal :

Trop fiers d’être immortels, leur orgueil sans égal

Des rois fait leurs sujets, des peuples leurs esclaves.

Leurs récits effrayants étonnent les plus braves.

J’ai vainement cherché les auteurs insensés De ces bruits…

LE CACIQUE.

Laissez-nous, Nozime : c’est assez.

DIGIZÉ.

Grands dieux ! que produira cette terreur publique ?

Quel sera ton destin, infortuné cacique ?

Hélas ! ce doute affreux ne trouble-t-il que moi ?

LE CACIQUE.

Mon sort est décidé ; je suis aimé de toi.

Dieux puissants, dieux jaloux de mon bonheur suprême,

Des fiers enfants du ciel secondez les projets :

Armez à votre gré la terre, l’enfer même ;

Je puis braver et la foudre et vos traits.

Déployez contre moi votre injuste vengeance,

J’en redoute peu les effets :

Digizé seule en sa puissance

Tient mon bonheur et mes succès.

Dieux puissants, dieux jaloux de mon bonheur suprême.

Des fiers enfants du ciel secondez les projets :

Armez à votre gré la terre, l’enfer même ;

Je puis braver et la foudre et vos traits.

DIGIZÉ.

Où vous emporte un excès de tendresse ?

Ah ! n’irritons point les dieux :

Plus on prétend braver les cieux,

Plus on sent sa propre faiblesse.

Ciel, protecteur de l’innocence,

Éloigne nos dangers, dissipe notre effroi.

Eh ! des faibles humains qui prendra la défense,

S’ils n’osent espérer en toi ?

Du plus parfait amour la flamme légitime

Aurait-elle offensé tes yeux ?

Ah ! si des yeux si purs devant toi sont un crime.

Détruis la race humaine et ne fais que des dieux.

Ciel, protecteur de l’innocence,

Éloigne nos dangers, dissipe notre effroi.

Eh ! des faibles humains qui prendra la défense,

S’ils n’osent espérer en toi ?

LE CACIQUE.

Chère épouse, suspends d’inutiles alarmes :

Plus que de vains malheurs tes pleurs me vont coûter.

Ai-je, quand tu verses des larmes,

De plus grands maux à redouter ?

Mais j’entends retentir les instruments sacrés,

Les prêtres vont paraître :

Gardez-vous de laisser connaître

Le trouble auquel vous vous livrez.

Scène V

Le Cacique, le Grand-Prêtre, Digizé, Troupe de Prêtres

LE GRAND-PRÊTRE.

C’est ici le séjour de nos dieux formidables ;

Ils rendent en ces lieux leurs arrêts redoutables :

Que leur présence en nous imprime un saint respect !

Tout doit frémir à leur aspect.

LE CACIQUE.

Prêtres sacrés des dieux qui protègent[54] ces îles,

Implorez leur secours sur mon peuple et sur moi ;

Obtenez d’eux qu’ils bannissent l’effroi

Qui vient troubler ces lieux tranquilles.

Des présages affreux

Répandent l’épouvante ;

Tout gémit dans l’attente

De cent maux rigoureux.

Par vos accents terribles

Évoquez les destins :

Si nos maux sont certains,

Ils seront moins sensibles.

LE GRAND-PRÊTRE, alternativement avec le chœur.

Ancien du monde, être des jours.

Sois attentif à nos prières ;

Soleil, suspends ton cours

Pour éclairer nos mystères.

LE GRAND-PRÊTRE.

Dieux qui veillez sur cet empire.

Manifestez vos soins ; soyez nos protecteurs.

Bannissez de vaines terreurs.

Un signe seul vous peut suffire :

Le vil effroi peut-il frapper des cœurs

Que votre confiance inspire ?

CHOEUR.

Ancien du monde, être des jours,

Sois attentif à nos prières ;

Soleil, suspends ton cours

Pour éclairer nos mystères.

LE GRAND-PRÊTRE.

Conservez à son peuple un prince généreux :

Que, de votre pouvoir digne dépositaire,

Il soit heureux comme les dieux,

Puisqu’il remplit leur ministère,

Et qu’il est bienfaisant comme eux !

CHOEUR.

Ancien du monde, etc.

LE GRAND-PRÊTRE.

The cacique from the island of Guanahan, a conqueror of a portion of the Antilles.

DIGIZÉ, wife of the Chief.

Carime, an American princess.

COLOMB, commander of the Spanish fleet.

ALVAR, a Castilian officer.

The Grand Priest of the Americans.

NOZIME, an American.

Unit of American Sacrificers.

Troop of Spaniards and Spanish women from the fleet.

A troupe of Americans, both men and women.

The scene takes place on the island of Guanahan.

Scene One

The Chief, Carime

THE CHIEF.

Alone in these sacred woods! Eh, what was Carime doing there?

CARIME.

Well! Who else but you could know it better than anyone?

With my secret torments, I disturbed the gods;

I wept there, lamenting my misfortunes; do you consider that a crime?

THE CHIEF.

Far from condemning you, I honor virtue.

Who brings you near to the gods, seeking their trust.

May fear be taken away from my defeated people.

A hundred terrible omens that shake our confidence.

It seemed as if heaven itself was announcing its wrath;

If our crimes have deserved such vengeance,

Your wishes will drive him away from us.

In support of your innocence.

CARIME.

What fruit do you expect to reap from these shameful detours?

Cruel! You are insulting my miserable fate.

Ah! If love makes me guilty.

Should you be blamed for my flames?

THE CHIEF.

What! You speak of love at such a solemn moment!

Can love warm hearts that are frozen with fear?

CARIME.

When love is extreme,

Is there any fear of further misfortune?

May coldness.

Of what do we love?

If Digizé boasted about his enthusiasm.

Would you respond to him in the same way?

THE CHIEF.

Digizé belongs to me through eternal bonds.

By sharing my fire, she filled my throne.

And when we reaffirm our mutual vows;

Love justifies it, and duty commands it.

CARIME.

Love and duty rarely coincide:

In turn, they rule within a single soul.

Love forms commitment.

But duty extinguishes the flame.

If the hymen holds such charming allure for you.

Repeat with me his tender promises:

My heart agrees with this sharing:

It is a practice that has been established among us.

THE CHIEF.

What do you suggest to me, Carime? What a wonderful language!

CARIME.

You are offended, you cruel one, by such gentle language!

My love and my tears provoke your anger!

You will triumph on this day.

Ah! if your eyes possessed even more charm.

Does your heart contain so much love?

THE CHIEF.

Cease your futile regrets; your complaint is unjust.

Here, your tears hurt my eyes.

Carime, just like you, in this sacred sanctuary.

My heart has secrets it must reveal to the gods.

CARIME.

What! Barbarian, you have now gone so far as to add insult to injury.

Go, you will no longer hear any unnecessary sighs.

To my betrayed love, you prefer my anger;

You will have to satisfy your desires as they arise.

THE CHIEF.

What a pitiable fate he has!

But such fury will achieve nothing at all.

For a heart just like mine.

Her tears were far more frightening.

Scene II

Only the cacique.

A terrible place, yet a place revered.

Residence of the gods of this empire,

Unleash your sacred power within their hearts:

Gods, calm a people that has lost its way.

Disperse this delirium from your terrified senses;

Or, if your power ultimately proves insufficient.

Do not usurp any name that is vainly worshipped.

In vain do I try to hide it from myself—my own body trembles.

A dark terror shakes me involuntarily.

Un unfortunate chief, your virtue abandons you.

For the first time, your courage astonishes me.

Fear and terror assail you.

A terrible place, yet a place revered.

Residence of the gods of this empire,

Unleash your sacred power within their hearts:

Reassure a people that has lost its way.

Disperse this delirium from your terrified senses;

Or, if your power ultimately proves insufficient.

Do not usurp any name that is vainly worshipped.

But what is the subject of these frivolous fears?

The vain apprehensions of a terrified people.

The moans of idols.

Or the terrifying aspect of a bloodstained star?

Ah! How many times have I strung together one victory after another.

So many defeats at the hands of rivals, yet so much glory achieved.

How could it be lost through such feeble attempts?

Frivolous glory! Eh, on can count on what exactly?

But I see Digizé. My dear object of my passion.

Kindly wife, ah! better than the gods.

The brilliance of your beautiful eyes

Revive my soul.

Scene III

Digitized: The Cacique

Digitized.

Lord, your bewildered subjects.

Overcome with fear and horror, they give in to their panic.

And, amidst so many cries, sighs, and tears,

It is you that they fear the most.

No matter what the subject of their mortal fear might be.

Ah! Let us flee, my dear husband, let us flee and save our lives.

Alas, by a fear that threatens their progress.

My heart felt a true sense of death.

THE CHIEF.

To flee! From their chief! From their king!

Their father, finally! Do you expect that from me?

Regarding that futile fear which wounds your mind.

Me, flee! Ah! Digizé, what do you propose to me?

A heart burdened with weakness

Would it preserve your tenderness?

By abandoning virtue?

Having been digitized, I cherish the bond that unites us;

I love your kisses; they can do anything to me.

But I still love my people just as much as you do.

And virtue, more than both of them combined.

Scene IV

Nozime, The Chief, Digitized version

NOZIME.

By your command, my lord, the gathered priests.

Soon, mystery will begin in these very places.

THE CHIEF.

And what about the peoples?

NOZIME.

Always equally troubled,

Everyone trembles at the sound of an imagined evil.

They say that in these places, the children of the sun.

They will soon be descending in that magnificent aircraft.

Everything trembles at the mere mention of their names; and these terrible men.

Free from death, beyond reach of any harm.

They must subjugate everything to their deadly power:

Too proud to be immortal, their pride was unparalleled.

Kings make their subjects of others; peoples become slaves to them.

Their terrifying stories astonish even the bravest among them.

In vain have I sought the authors of these absurd noises.

THE CHIEF.

Leave us alone, Nozime; it’s enough.

Digitized.

Great gods! What will result from such public terror?

What will be your fate, unfortunate chief?

Alas! Is it only I who am troubled by such a terrible doubt?

THE CHIEF.

My fate has been decided; I am loved by you.

Powerful gods, gods jealous of my supreme happiness.

Proud children of heaven support these projects:

Arm the earth as you please, even hell itself;

I can brave both thunder and your wrath.

Bring on your unjust vengeance against me.

I fear few consequences of it:

Digitized solely in its full capacity.

Hold my happiness and my successes.

Mighty gods, gods jealous of my supreme happiness.

Proud children of heaven support these projects:

Arm the earth as you please, even hell itself;

I can brave both thunder and your wrath.

Digitized.

Where does excess tenderness lead you?

Ah! Let us not irritate the gods:

The more one pretends to defy the heavens,

The more one exposes one’s own weaknesses.

Heaven, protector of innocence.

Remove our dangers, dispel our fear.

Ah! Weak human beings who would come to their defense.

If they dare not hope in you?

From the most perfect love, the legitimate flame arises.

Could it have offended your eyes?

Ah! If such pure eyes before you are considered a crime.

Destroy the human race and create only gods.

Heaven, protector of innocence.

Remove our dangers, dispel our fear.

Ah! Weak human beings who would come to their defense.

If they dare not hope in you?

THE CHIEF.

Dear wife, cease these unnecessary alarms:

More than mere misfortunes, your tears will cost me dearly.

Have I ever, when you shed tears.

Are there greater evils to fear?

But I hear the sacred instruments resounding.

The priests will appear soon:

Be careful not to let anyone know.

The turmoil into which you are plunged.

Scene V

The Chief, the High Priest, Digizé, the Team of Priests

The Grand Priest.

This is the dwelling place of our mighty gods.

They enact their dreadful decrees in these places:

May their presence within us inspire us with holy reverence!

Everything must tremble at their mere presence.

THE CHIEF.

Sacred priests of the gods who protect these islands,

Pray for their help for my people and for me.

Make them ban fear.

Who comes to disturb these peaceful places.

Terrible omens.

Spreading terror;

Everything groaned in anticipation.

From a hundred severe afflictions.

Because of your terrible accents.

Mention these fates:

If our sufferings are inevitable.

They will be less sensitive.

The Grand Priest, alternating with the choir.

An old-world individual, having lived for many days.

Be attentive to our prayers;

O Sun, halt your course.

To unravel our mysteries.

The Grand Priest.

Gods who watch over this empire.

Show us your care; be our protectors.

Banish vain fears.

A single sign may be enough for you:

Can such vile terror strike at hearts?

May your trust inspire others?

CHORUS.

An old-world individual, having lived for many days.

Be attentive to our prayers;

O Sun, halt your course.

To unravel our mysteries.

The Grand Priest.

Preserve for its people a generous prince:

That, by your authority as a worthy custodian.

May he be as happy as the gods.

Since it fulfills their function.

And how kind he is, just like them!

CHORUS.

An old hand in these matters, etc.

The Grand Priest.

Il capo della tribù dell’isola di Guanahan, conquistatore di una parte delle Antille.

DIGIZÉ, moglie del Capo Tribù.

Carime, principessa americana.

COLombo, comandante della flotta spagnola.

ALVAR, ufficiale castigliano.

Il Gran Sacerdote degli Americani.

Nozime, americano.

Truppa dei Sacrificatori Americani.

Truppa di spagnoli e di spagnole della flotta.

Truppa di americani e americane.

La scena si svolge sull’isola di Guanahan.

Scena Prima

Il capo, Carime

Il capo tribù.

Solo in questi boschi sacri. Eh, cosa faceva Carime lì?

Carime.

Eh! Chi altro, se non voi, dovrebbe saperlo meglio di chiunque altro?

Con i miei tormenti segreti disturbavo gli dèi;

Lì piangevo le mie sfortune; vi sembra questo un crimine?

Il capo tribù.

Lontano dal condannarvi, onoro la virtù.

Chi vi fa stare vicini agli dèi, cercando fiducia.

Che la paura possa portare sollievo al mio popolo sconvolto.

Cento oracoli terribili, che turbano la nostra sicurezza.

Sembra che dal cielo venga annunciata la collera.

Se i nostri crimini sono stati degni della sua vendetta,

I vostri desideri lo allontaneranno da noi.

A sostegno della vostra innocenza.

Carime.

Qual frutto sperate di ottenere con questi mezzi disonorevoli?

Crudele! Insultate la mia misera sorte.

Ah! Se l’amore mi rende colpevole.

È forse colpa vostra se i miei fuochi divampano?

Il capo tribù.

Che cosa! Parlate d’amore in questi momenti funesti.

Il amore riesce a riscaldare cuori gelati dal terrore?

Carime.

Quando l’amore è estremo.

Si teme qualche altro disastro?

Che la freddezza.

Di ciò che amiamo.

Si Digizé si vantava della sua passione.

Rispondereste allo stesso modo?

Il capo tribù.

Digizé mi appartiene, legato da nodi eterni.

Condividendo le mie fiamme, ha riempito il mio trono.

E quando confermiamo i nostri giuramenti reciproci.

L’amore lo giustifica, e il dovere lo impone.

Carime.

Amore e dovere raramente coincidono:

A turno soltanto, essi regnano in un’anima.

L’amore dà origine all’impegno.

Ma il dovere spegne la fiamma.

Se l’imene possiede per voi attratti così incantevoli.

Raddoppiate con me i suoi dolci impegni:

Il mio cuore accetta questa divisione:

È una consuetudine consolidata tra di noi.

Il capo tribù.

Che cosa mi proponi, Carime? Che linguaggio straordinario.

Carime.

Ti offendi, crudele, per un linguaggio così dolce.

Il mio amore e le mie lacrime eccitano la tua ira!

In questo giorno trionferai.

Ah! Se i tuoi occhi avessero ancora più fascino.

Il tuo cuore possiede davvero così tanto amore?

Il capo tribù.

Smettete di provare inutili rimpianti, la vostra lamentela è ingiusta:

Qui, i vostri pianti feriscono i miei occhi.

Carime, proprio come te, in questo sacro rifugio.

Il mio cuore ha dei segreti che deve rivelare agli dèi.

Carime.

Che cosa! Barbaro, aggiungi finalmente anche l’offesa al tuo disprezzo.

Vai, non sentirai più quei sospiri inutili.

Al mio amore tradito, preferisci la mia rabbia.

Dovrai soddisfare i tuoi desideri come preferisci.

Il capo tribù.

Che destino da compiangere il suo!

Ma le furie non otterranno nulla.

Per un cuore come il mio.

I suoi pianti erano molto più da temere.

Scena II

Solo il capo.

Luogo terribile, luogo venerato.

Residenza degli dei di questo impero.

Esprimete nei cuori il vostro potere sacro:

Dèi, placate un popolo smarrito.

Scacciate questo delirio dai suoi sensi spaventati.

Oppure, se la vostra forza non dovesse essere sufficiente.

Non usurpate più un nome vaneamente adorato.

Inutile che lo nasconda: anch’io tremo.

Una cupa paura mi agita contro la mia volontà.

Infelice capo, la tua virtù ti abbandona.

Per la prima volta, il tuo coraggio si meraviglia.

La paura e lo spavento si fanno sentire in te.

Luogo terribile, luogo venerato.

Residenza degli dei di questo impero.

Esprimete nei cuori il vostro potere sacro:

Consolate un popolo smarrito.

Scacciate questo delirio dai suoi sensi spaventati.

Oppure, se la vostra forza non dovesse essere sufficiente.

Non usurpate più un nome vaneamente adorato.

Ma qual è l’oggetto di queste paure frivole?

Le vane premonizioni di un popolo spaventato.

I muggiti delle idole.

Oppure l’aspetto spaventoso di una stella insanguinata?

Ah! Quante volte ho legato insieme i frutti della vittoria.

Tanto sconfitto dai rivali, tanto conquistata gloria.

Per perderla infine con colpi così deboli?

Gloria frivola. Eh! Su cosa possiamo contare?

Ma vedo Digizé. Caro oggetto del mio amore.

Moglie gentile. Ah! Meglio dei dei.

Lo splendore dei tuoi bellissimi occhi

Rinventa la mia anima.

Scena III

Il “Cacique”, digitalizzato.

Digitale.

Signore, i vostri sudditi sono disperati.

Presi dal terrore e dall’orrore, cedono alle loro paure.

E, tra tanti gridi, sospiri e lacrime,

È per voi che temono di più.

Qualunque sia l’oggetto della loro terribile paura.

Ah! Fuggiamo, caro marito, fuggiamo e salviamo le nostre vite.

Ahimè, per una paura che minaccia il loro svolgimento.

Il mio cuore percepisce una morte reale.

Il capo tribù.

Fuggire, da quel loro capo, da quel loro re!

Finalmente, loro padre. Lo speri davvero da me?

Sulla vana paura che ferisce la tua mente.

Io, fuggire! Ah, Digizé, cosa mi proponi?

Un cuore colmo di debolezza.

Ti conserverebbe la tua tenerezza?

Abbandonando la virtù?

Digitalizzato, amo quel legame che ci unisce.

Adoro i tuoi baci. Possono fare di me tutto ciò che vogliono.

Ma amo ancora il mio popolo tanto quanto te.

E la virtù, più di entrambi messi insieme.

Scena IV

Nozime, Il Capo, Digizé

Nozime.

Per vostra ordine, signore, i sacerdoti radunati.

In questi luoghi, presto inizierà un mistero.

Il capo tribù.

E i popoli?

Nozime.

Sempre ugualmente turbati.

Tutti tremano al suono di un male immaginario.

Dicono che in questi luoghi i bambini del sole.

Dovranno presto scendere con quell’apparecchio meraviglioso.

Tutto trema solo al loro nome; e questi uomini terribili.

Liberi dalla morte, al di fuori dei colpi che non possono raggiungerci.

Devono sottomettere tutto al loro potere fatale:

Troppo orgogliosi di essere immortali, il loro orgoglio senza pari.

I re fanno dei loro sudditi degli schiavi; i popoli vengono ridotti in condizione di schiavitù.

I loro racconti spaventosi sorprendono persino i più coraggiosi.

Ho cercato invano gli autori di questi rumori, senza successo.

Il capo tribù.

Lasciateci in pace, Nozime: basta così.

Digitale.

Grandi dei! Che cosa porterà a conseguenza questa paura generale?

Qual sarà il tuo destino, infelice capo?

Ahimè! È solo io a essere turbato da questo terribile dubbio?

Il capo tribù.

Il mio destino è già stato deciso; sono amato da te.

Dèi potenti, dèi gelosi della mia suprema felicità.

Alti e orgogliosi figli del cielo sostengono questi progetti:

Armate pure la terra, persino l’inferno, come desiderate.

Posso affrontare sia la folgata che i vostri sguardi minacciosi.

Eseguite contro di me la vostra ingiusta vendetta.

Ne temo poco gli effetti.

Realizzata interamente in digitale, nella sua massima potenza.

Conserva la mia felicità e i miei successi.

Dèi potenti, dèi gelosi della mia suprema felicità.

Alti e orgogliosi figli del cielo sostengono questi progetti:

Armate pure la terra, persino l’inferno, come desiderate.

Posso affrontare sia la folgata che i vostri sguardi minacciosi.

Digitale.

Dove vi conduce un eccesso di tenerezza?

Ah! Non irritiamo gli dèi.

Più si pretende di sfidare i cieli,

Più si percepisce la propria debolezza.

Cielo, protettore dell’innocenza.

Allontana i nostri pericoli, dissipa la nostra paura.

Eh! Dei deboli esseri umani che si impegneranno a difenderli.

Se non osano sperare in te?

Dall’amore più perfetto nasce la fiamma legittima.

Ti avrebbe offeso la vista?

Ah! Avere occhi così puri davanti a te è un crimine.

Distruggi la razza umana e crea soltanto dei dèi.

Cielo, protettore dell’innocenza.

Allontana i nostri pericoli, dissipa la nostra paura.

Eh! Dei deboli esseri umani che si impegneranno a difenderli.

Se non osano sperare in te?

Il capo tribù.

Carissima moglie, smetti di provare inutili allarmi:

Più che semplici sfortune, le tue lacrime mi costeranno molto.

Ho forse io la colpa, quando versi lacrime.

Mali più grandi da temere?

Ma sento risuonare gli strumenti sacri.

I sacerdoti appariranno:

Fate attenzione a non far trapelare nulla.

Il turbamento in cui vi immergete.

Scena V

Il Cacique, il Gran Sacerdote, Digizé, il Gruppo dei Sacerdoti.

Il Gran Sacerdote.

È qui la dimora dei nostri terribili dèi.

In questi luoghi pronunciano le loro terribili sentenze:

Che la loro presenza in noi susciti un profondo rispetto!

Tutto deve tremare alla loro vista.

Il capo tribù.

Sacerdoti sacri degli dei che proteggono queste isole,

Pregatevi che mi aiutino, sia per il mio popolo che per me stesso.

Fate sì che essi bandiscano la paura.

Chi viene a disturbare questi luoghi tranquilli.

Terribili presagi.

Diffondono terrore;

Tutto gemeva nell’attesa.

Di cento dolori terribili.

Per i vostri terribili accenti.

Evochate i destini.

Se i nostri mali sono certi.

Saranno meno sensibili.

Il Gran Sacerdote, alternandosi con il coro.

Un vecchio del mondo, trascorrere i giorni in questo modo.

Presta attenzione alle nostre preghiere;

Sole, arresta la tua corsa.

Per illuminare i nostri misteri.

Il Gran Sacerdote.

Dèi che vegliate su questo impero.

Rivelate la vostra cura per noi; siate i nostri protettori.

Scacciate via queste vane paure.

Un solo segno può essere sufficiente per voi:

Può davvero un terribile orrore colpire i cuori delle persone?

A cosa ispira la vostra fiducia?

CORO.

Ex habitante di questo mondo, trascorrere giorni qui.

Presta attenzione alle nostre preghiere;

Sole, arresta la tua corsa.

Per illuminare i nostri misteri.

Il Gran Sacerdote.

Conservate al vostro popolo un principe generoso:

Che, con il vostro potere degno di depositario.

Che sia felice come gli dèi.

Poiché svolge la loro funzione ministeriale,

E quanto sia benevolo come loro!

CORO.

Ex membro del vecchio mondo, ecc.

Il Gran Sacerdote.

C’en est assez. Que l’on fasse silence.

De nos rites sacrés déployons la puissance.

Que vos sublimes sons, vos pas mystérieux,

De l’avenir, soustrait aux mortels curieux,

Dans mon cœur inspiré portent la connaissance.

Mais la fureur divine agite mes esprits ;

Mes sens sont étonnés, mes regards éblouis ;

La nature succombe aux efforts réunis

De ces ébranlements terribles…

Non, des transports nouveaux affermissent mes sens ;

Mes yeux avec effort percent la nuit des temps…

Écoutez du destin les décrets inflexibles…

Cacique infortuné,

Tes exploits sont flétris, ton règne est terminé :

Ce jour en d’autres mains fait passer ta puissance :

Tes peuples, asservis sous un joug odieux.

Vont perdre pour jamais les plus chers dons des cieux.

Leur liberté, leur innocence.

Fiers enfants du soleil, vous triomphez de nous ;

Vos arts sur nos vertus vous donnent la victoire :

Mais, quand nous tombons sous vos coups.

Craignez de payer cher nos maux et votre gloire.

Des nuages confus naissent de toutes parts…

Les siècles sont voilés à mes faibles regards.

LE CACIQUE.

De vos arts mensongers cessez les vains prestiges.

(Les prêtres se retirent, après quoi l’on entend le chœur suivant derrière le théâtre.)

CHŒUR, derrière le théâtre.

O ciel ! ô ciel ! quels prodiges nouveaux !

Et quels monstres ailés paraissent sur les eaux !

DIGIZÉ.

Dieux ! quels sont ces nouveaux prodiges ?

CHOEUR, derrière le théâtre.

O ciel ! ô ciel ! etc.

LE CACIQUE.

L’effroi trouble les yeux de ce peuple timide ;

Allons apaiser ses transports.

DIGIZÉ.

Seigneur, où courez-vous ? quel vain espoir vous guide ?

Contre l’arrêt des dieux que servent vos efforts ?

Mais il ne m’entend plus, il fuit. Destin sévère !

Ah ! ne puis-je du moins, dans ma douleur amère,

Sauver un de ses jours au prix de mille morts ?

Fin du premier Acte.

Scène Première

Colomb, Alvar, Troupe d’Espagnols et d’Espagnoles

CHOEUR.

Triomphons, triomphons*sur la terre et sur l’onde !

Donnons des lois à l’univers :

Notre audace en ce jour découvre un nouveau monde ;

Il est fait pour porter nos fers.

COLOMB, tenant d’une main une épée nue, et de l’autre l’étendard de Castille.

Climats dont à nos yeux s’enrichit la nature,

Inconnus aux humains, trop négligés des cieux,

Perdez la liberté :

(Il plante l’étendard en terre.)

Mais portez, sans murmure,

Un joug encore plus précieux.

Chers compagnons, jadis l’Argonaute timide

Éternisa son nom dans les champs de Colchos :

Aux rives de Gadès l’impétueux Alcide

Borna sa course et ses travaux :

Un art audacieux, en nous servant de guide,

De l’immense Océan nous a soumis les flots.

Mais qui célébrera notre troupe intrépide

À l’égal de tous ces héros ?

Célébrez ce grand jour d’éternelle mémoire ;

Entrez, par les plaisirs, au chemin de la gloire ;

Que vos yeux enchanteurs brillent de toutes parts ;

De ce peuple sauvage étonnez les regards.

CHOEUR.

Célébrons ce grand jour d’éternelle mémoire ;

Que nos yeux enchanteurs brillent de toutes parts.

(On danse.)

ALVAR.

Fière Castille, étends partout tes lois,

Sur toute la nature exerce ton empire ;

Pour combler tes brillants exploits

Un monde entier n’a pu suffire.

Maîtres des éléments, héros dans les combats,

Répandons en ces lieux la terreur, le ravage ;

Le ciel en fit notre partage

Quand il rendit l’abord de ces climats

Accessible à notre courage.

Fière Castille,etc.

(Danses guerrières.)

UNE CASTILLANE.

Volez, conquérants redoutables,

Allez remplir de grands destins :

Avec des armes plus aimables.

Nos triomphes sont plus certains.

Qu’ici d’une gloire immortelle

Chacun se couronne à son tour.

Guerriers, vous y portez l’empire d’Isabelle,

Nous y portons l’empire de l’Amour.

Volez, conquérants, etc.

(Danses.)

ALVAR et la CASTILLANE.

Jeunes beautés, guerriers terribles,

Unissez-vous, soumettez l’univers.

Si quelqu’un se dérobe à des coups invincibles.

Par de beaux yeux qu’il soit chargé de fers.

COLOMB.

C’est assez exprimer notre allégresse extrême,

Nous devons nos moments à de plus doux transports.

Allons aux habitants qui vivent sur ces bords

De leur nouveau destin porter l’arrêt suprême.

Alvar, de nos vaisseaux ne vous éloignez pas ;

Dans ces détours cachés dispersez vos soldats :

La gloire d’un guerrier est assez satisfaite

S’il peut favoriser une heureuse retraite.

Allez, si nous avons à livrer des combats,

Il sera bientôt temps d’illustrer votre bras.

CHOEUR.

Triomphons, triomphons sur la terre et sur l’onde ;

Portons nos lois au bout de l’univers :

Notre audace en ce jour découvre un nouveau monde ;

Nous sommes faits pour lui donner des fers.

Scène II

Carime

Transports de ma fureur, amour, rage funeste,

Tyrans de la raison, ou guidez-vous mes pas ?

C’est assez déchirer mon cœur par vos combats ;

Ah ! du moins éteignez un feu que je déteste,

Par mes pleurs ou par mon trépas.

Mais je l’espère en vain, l’ingrat y règne encore :

Ses outrages cruels n’ont pu me dégager ;

Je reconnais toujours, hélas ! que je l’adore,

Par mon ardeur à m’en venger.

Transports de ma fureur, etc.

Mais que servent ces pleurs ?… Qu’elle pleure elle-même.

C’est ici le séjour des enfants du soleil,

Voilà de leur abord le superbe appareil ;

Qu’y viens-je faire, hélas ! dans ma fureur extrême ?

Je viens leur livrer ce que j’aime,

Pour leur livrer ce que je hais !

Oses-tu l’espérer, infidèle Carime ?

Les fils du ciel sont-ils faits pour le crime ?

Ils détesteront tes forfaits.

Mais s’ils avaient aimé… s’ils ont des cœurs sensibles…

Ah ! sans doute ils le sont, s’ils ont reçu le jour.

Le ciel peut-il former des cœurs inaccessibles

Aux tourments de l’amour ?

Scène III

Alvar, Carime

ALVAR.

Que vois-je ? quel éclat ! Ciel ! comment tant de charmes

Se trouvent-ils en ces déserts ?

Que serviront ici la valeur et les armes ?

C’est à nous d’y porter les fers.

CARIME, en action de se prosterner.

Je suis encore, seigneur, dans l’ignorance

Des hommages qu’on doit…

ALVAR, la retenant.

J’en puis avoir reçus ;

Mais où brille votre présence

C’est à vous seule qu’ils sont dus.

CARIME.

Quoi donc ! refusez-vous, seigneur, qu’on vous adore ?

N’êtes-vous pas des dieux ?

ALVAR.

On ne doit adorer que vous seule en ces lieux ;

Au titre de héros nous aspirons encore.

Mais daignez m’instruire à mon tour

Si mon cœur, en ce lieu sauvage,

Doit, en vous, admirer l’ouvrage

De la nature ou de l’Amour.

CARIME.

Vous séduisez le mien par un si doux langage,

Je n’en attendais pas de tels en ce séjour.

ALVAR.

L’Amour veut, par mes soins, réparer en ce jour

Ce qu’ici vos appas ont de désavantage :

Ces lieux grossiers ne sont pas faits pour vous ;

Daignez nous suivre en un climat plus doux.

Avec tant d’appas en partage,

L’indifférence est un outrage

Que vous ne craindrez pas de nous.

CARIME.

Je ferai plus encore ; et je veux que cette île

Avant la fin du jour reconnaisse vos lois.

Les peuples, effrayés, vont d’asile en asile

Chercher leur sûreté dans le fond de nos bois.

Le Cacique lui-même, en d’obscures retraites,

A déposé ses biens les plus chéris.

Je connais les détours de ces routes secrètes.

Des otages si chers…

ALVAR.

Croyez-vous qu’à ce prix

Nos cœurs soient satisfaits d’emporter la victoire ?

Notre valeur suffit pour nous la procurer.

Vos soins ne serviraient qu’à ternir notre gloire,

Sans la mieux assurer.

CARIME.

Ainsi tout se refuse à ma juste colère !

ALVAR.

Juste ciel ! vous pleurez ! ai-je pu vous déplaire ?

Parlez, que fallait-il ?…

CARIME.

Il fallait me venger.

ALVAR.

Quel indigne mortel a pu vous outrager ?

Quel monstre a pu former ce dessein téméraire ?

CARIME.

Le Cacique.

ALVAR.

Il mourra : c’est fait de son destin.

Tous moyens sont permis pour punir une offense.

Pour courir à la gloire il n’est qu’un seul chemin,

Il en est cent pour la vengeance.

Il faut venger vos pleurs et vos appas.

Mais mon zèle empressé n’est pas ici le maître :

Notre chef en ces lieux va bientôt reparaître ;

Je vais tout préparer pour marcher sur vos pas.

(Ensemble.)

Vengeance, Amour, unissez-vous,

Portez partout le ravage.

Quand vous animez le courage,

Rien ne résiste à vos coups.

ALVAR.

La colère en est plus ardente

Quand ce qu’on aime est outragé.

CARIME.

Quand l’amour en haine est changé,

La rage est cent fois plus puissante.

(Ensemble.)

Vengeance, Amour, unissez-vous, etc.

Fin du second Acte.

Scène Première

Digizé

Tourments des tendres cœurs, terreurs, crainte fatale,

Tristes pressentiments, vous voilà donc remplis !

Funeste trahison d’une indigne rivale.

Noirs crimes de l’amour, restez-vous impunis ?

Hélas ! dans mon effroi timide,

Je ne soupçonnais pas, cher et fidèle époux.

De quelle main perfide

Te viendraient de si rudes coups.

Je connais trop ton cœur, le sort qui nous sépare

Terminera tes jours :

Et je n’attendrai pas qu’une main moins barbare

Des miens vienne trancher le cours.

Enough is enough. Let us keep silent.

We wield the power through our sacred rituals.

May your sublime sounds, your mysterious footsteps,

Of the future, hidden from the curious mortal eyes.

In my inspired heart lies knowledge.

But the divine fury shakes my spirits;

My senses are astonished, my gaze is dazzled;

Nature succumbs to the combined efforts of all.

Of these terrible shakes.

No, new modes of transport enhance my senses;

With great effort, my eyes pierce through the darkness of night.

Hear the unyielding decrees of fate.

Un unfortunate cacique.

Your deeds are condemned; your reign is over:

In other hands, that same day would bring forth your power:

Your peoples, enslaved under an abhorrent yoke.

To forever lose the most precious gifts bestowed by heaven.

Their freedom, their innocence.

Proud children of the sun, you triumph over us;

Your arts, upon our virtues, grant you victory:

But when we fall victim to your attacks.

Beware of paying a heavy price for our misfortunes and your glory.

Confused clouds arise from all directions.

Centuries remain hidden from my feeble gaze.

THE CHIEF.

Cease your vain displays of those deceitful arts of yours.

(The priests withdraw, after which the following chorus can be heard from behind the theater.)

CHORUS, behind the theater.

Oh heaven! Oh heaven! What new wonders!

What winged monsters appear upon the waters!

Digitized.

Heavens! What are these new wonders?

CHORUS, behind the theater.

Oh heaven! Oh heaven! and so on.

THE CHIEF.

Fear clouds the eyes of this timid people;

Let us calm his agitation.

Digitized.

My lord, where are you running off to? What futile hope guides you?

Against the will of the gods whom your efforts serve?

But he no longer hears me; he runs away. What a harsh fate!

Ah! At least, in my bitter pain, can I not.

To save one of its days at the cost of a thousand deaths?

End of Act One.

Scene One

Colomb, Alvar, Troupe of Spaniards and Spanish Women

CHORUS.

Triumphs, triumphs*on earth and on the waves!

Let us establish laws for the universe:

Our audacity on this day reveals a new world to us;

It is designed to carry our shoes.

COLOMB, holding a bare sword in one hand and the banner of Castile in the other.

Climates that, in our eyes, enrich nature.

Unknown to humans, utterly neglected by the heavens.

Lose freedom:

(He plants the flag in the ground.)

But bear it, without complaint.

An even more precious yoke.

Dear companions, once there was a timid Argonaut.

She etched her name into the fields of Colchis:

On the shores of Gades, the impetuous Alcides.

He hastened his pace and intensified his efforts:

An audacious art, using us as its guide.

It was the mighty oceans that subjected their waves to our control.

But who will celebrate our intrepid troupe?

On parle du même niveau que tous ces héros?

Celebrate this great day of eternal memory;

Enter through pleasures onto the path of glory;

May your enchanting eyes shine everywhere;

Look upon this savage people with astonishment.

CHORUS.

Let us celebrate this great day of eternal remembrance;

May our enchanting eyes shine everywhere.

(Dancing.)

ALVAR.

Proud Castile, extend your laws throughout all lands.

Exercise your dominion over all of nature;

To compensate for your brilliant achievements.

An entire world was not enough.

Masters of the elements, heroes in battle,

Let terror and devastation spread throughout these lands.

Heaven became our common heritage.

When he encountered these types of climates.

Within our reach, through our courage.

Proud Castile, and so on.

(Warrior dances.)

A Castilian woman.

Fly away, you formidable conquerors,

Go forth and fulfill great destinies:

With more gentle weapons.

Our triumphs are far more certain.

What of eternal glory here?

Each one takes turns crowning themselves.

Warriors, you carry the empire of Isabella upon your shoulders.

We bring there the empire of Love.

Fly away, conquerors, and so on.

(Dances.)

ALVAR and the Castilian woman.

Young beauties, terrible warriors.

Unite yourselves; conquer the universe.

If someone manages to evade invincible blows.

With beautiful eyes, even if they are encased in iron.

COLomb.

This fully expresses our extreme joy.

We owe our moments of joy to more gentle, tender experiences.

Let us turn our attention to the inhabitants who live on these shores.

To impose the ultimate decision upon their new destiny.

Alvar, do not stray too far from our ships.

Disperse your soldiers along these hidden paths:

The glory of a warrior is sufficiently satisfying.

If it can facilitate a happy retirement.

Come on, if we have to engage in battles,

It will soon be time to adorn your arm with it.

CHORUS.

Triumphs, triumphs on earth and on the waves!

Let us extend our laws throughout the entire universe:

Our audacity on this day reveals a new world to us;

We are meant to provide him with horseshoes.

Scene II

Carime

Carriers of my fury, my love, my terrible rage.

Tyrants of reason—shall you guide my steps?

It really breaks my heart to see your battles.

Ah! At least put out a fire that I hate so much.

By my tears or by my death.

But in vain do I hope; ingratitude still reigns there.

His cruel outrages were unable to free me from their influence;

I still admit, alas, that I adore him.

Through my fervent desire for vengeance.

Means of conveying my fury, and so on.

But what good are these tears?. Let her cry herself.

This is where the children of the sun dwell.

Here, before us, lies that magnificent instrument.

What am I coming here for, alas! in my extreme fury?

I come to deliver to them what I love.

To give them something that I hate!

Dare you even hope for it, unfaithful Carime?

Are the sons of heaven created for the purpose of committing crimes?

They will despise your excesses.

But if they had loved, if their hearts were sensitive.

Ah! Without a doubt they are, if they have ever seen the light of day.

Can the heavens create hearts that are unreachable?

Suffering from the torments of love?

Scene III

Alvar, Carime

ALVAR.

What am I seeing? Such brilliance! Heaven! How many charms are there here.

Are they found in these deserts?

What use will value and weapons be here?

It is up to us to put our efforts into it.

CARIME, in the act of prostrating himself.

I am still, my lord, in ignorance.

Honors that one must render.

“Alvar,” she said, holding him back.

I have received quite a few of them;

But where does your presence shine?

They are owed solely to you.

CARIME.

What! Do you refuse, my lord, to be adored?

Aren’t you gods?

ALVAR.

In these places, one should worship only you alone;

We still aspire to be called heroes.

But please grant me the honor of instructing you in turn.

If my heart, in this wild place,

Should one not admire the work within you?

Of nature or of love.

CARIME.

You captivate mine with such tender words.

I did not expect such things during this stay.

ALVAR.

Love wishes, through my efforts, to bring about restoration on this day.

What your food has in disadvantage here is.

These crude places are not meant for you;

Please allow us to accompany you into a more gentle climate.

With so many pleasures to share.

Indifference is an outrage.

That you need not fear us.

CARIME.

I will do even more; and I want that this island.

Before the end of the day, acknowledge your laws.

The frightened peoples sought refuge after refuge.

To seek their safety in the depths of our forests.

Even the Cacique himself, in his obscure retreats.

He left behind his most cherished possessions.

I know the shortcuts of these secret roads.

Such precious hostages.

ALVAR.

Do you believe that, at such a price.

May our hearts be satisfied with having achieved victory?

Our worth is sufficient to obtain it for us.

Your efforts would only serve to tarnish our glory.

Without ensuring it more thoroughly.

CARIME.

Thus, everything resists my rightful anger!

ALVAR.

Oh heavens! You are crying! Have I possibly offended you?

Speak, what was there to be done?..

CARIME.

I had to seek vengeance.

ALVAR.

Which despicable mortal could have offended you?

What kind of monster could have conceived such a reckless plan?

CARIME.

The Chief.

ALVAR.

He will die; it is written in his fate.

Any means are permitted to punish an offense.

There is but one path to seek glory.

One hundred percent of him is driven by vengeance.

It is necessary to avenge your tears and your hunger.

But my eager zeal is not the master here:

Our leader in these lands will soon reappear.

I will prepare everything to follow in your footsteps.

(Agether.)

Vengeance and Love, unite together.

Bring destruction wherever you go.

When you summon up the courage,

Nothing can withstand your blows.

ALVAR.

The anger becomes even more intense.

When what we love is insulted.

CARIME.

When love transformed into hatred.

Anger is a hundred times more powerful.

(Agether.)

Vengeance, Love—unite together, etc.

End of Act Two.

Scene One

Digitized.

Torments of tender hearts, horrors, deadly fear.

Alas, your sad forebodings have all come true!

A terrible betrayal by an unworthy rival.

Dark crimes of love—will you remain unpunished?

Alas! In my timid fear.

I had no suspicion at all, my dear and faithful husband.

With what treacherous hand.

Such rough blows would come upon you.

I know your heart too well; the fate that separates us.

You will spend your days.

And I will not wait for a hand that is less barbaric.

Someone from my group came in and interrupted what was happening.

Basta così. Che cali il silenzio.

Dai nostri riti sacri esprimiamo tutta la nostra forza.

Che i vostri suoni sublimi, i vostri passi misteriosi.

Del futuro, nascosto ai curiosi mortali.

Nel mio cuore ispirato risiede la conoscenza.

Ma la furia divina agita i miei spiriti;

I miei sens sono sorpresi, i miei sguardi abbagliati.

La natura cede di fronte agli sforzi congiunti.

Di questi terribili sconvolgimenti.

No, nuovi mezzi di trasporto rafforzano i miei sensi;

Con sforzo, i miei occhi scrutano le notti dei tempi.

Ascoltate i decreti inflessibili del destino.

Cacique sfortunato.

Le tue imprese sono condannate, il tuo regno è finito:

In altre mani, quel giorno renderebbe manifesta la tua potenza.

I tuoi popoli, schiavi sotto un giogo odioso.

Perderanno per sempre i doni più preziosi offerti dal cielo.

La loro libertà, la loro innocenza.

Orgogliosi figli del sole, voi trionfate su di noi.

Le vostre arti, rispetto alle nostre virtù, vi assicurano la vittoria.

Ma quando cadiamo sotto i vostri colpi.

Temete di dover pagare un prezzo alto per i nostri mali e per la vostra gloria.

Dappertutto nascono nuvole confuse.

I secoli sono oscuri ai miei deboli occhi.

Il capo tribù.

Smettete di esibire quei vani trucchi delle vostre arti ingannevoli.

(I sacerdoti si ritirano; dopo di ciò si sente il coro cantare dietro al teatro.)

CORO, dietro al teatro.

Oh cielo! Oh cielo! Che nuovi miracoli!

E quali mostri alati appaiono sulle acque!

Digitale.

Dio! Quali sono questi nuovi miracoli?

CORO, dietro al teatro.

Oh cielo! Oh cielo! E così via.

Il capo tribù.

La paura offusca gli occhi di questo popolo timido;

Andiamo a placare la sua agitazione.

Digitale.

Signore, dove state correndo? Qual vana speranza vi guida?

Contrariamente all’intenzione degli dèi che vostri sforzi servono a onorare?

Ma non mi ascolta più, fugge. Che destino severo!

Ah! Almeno, nella mia amara sofferenza.

Salvare una singola vita a costo di mille morti?

Fine del Primo Atto.

Scena Prima

Colomb, Alvar, Truppa di Spagnoli e di Spagnole

CORO.

Trionfi, trionfi*su terra e sulle onde!

Diamo leggi all’universo:

La nostra audacia di oggi ci permette di scoprire un nuovo mondo.

È stato creato per portare i nostri ferri.

Colombo, con una mano una spada nuda e nell’altra la bandiera di Castiglia.

Climi che, ai nostri occhi, arricchiscono la natura.

Sconosciuti agli esseri umani, troppo trascurati dal cielo.

Perdete la libertà:

(Pianta la bandiera nel terreno.)

Ma portate, senza lamenti.

Un giogo ancora più prezioso.

Cari compagni, un tempo l’Argonauta timido.

Eternizzò il suo nome nei campi del Colchide:

Alle rive di Gade, l’impetuoso Alcide.

Borna conosce la sua corsa e i suoi compiti:

Un’arte audace, che ci serve da guida.

Gli oceani immensi ci hanno sottomesso le loro onde.

Ma chi celebrerà la nostra squadra coraggiosa?

Allo stesso livello di tutti questi eroi?

Celebrate questo grande giorno di eterna memoria;

Entrate, attraverso i piaceri, sul sentiero della gloria;

Che i vostri occhi incantevoli brillino ovunque.

Guardate con ammirazione questo popolo selvaggio.

CORO.

Celebriamo questo grande giorno di eterna memoria.

Che i nostri occhi incantevoli brillino ovunque.

(Ci si balla.)

ALVAR.

Nobile Castiglia, estendi le tue leggi ovunque.

Esercita il tuo dominio su tutta la natura;

Per celebrare i tuoi straordinari successi.

Un intero mondo non è stato sufficiente.

Signori degli elementi, eroi nei combattimenti.

Diffondiamo in questi luoghi terrore e distruzione;

Il cielo ne fu la nostra parte comune.

Quando raggiunse le regioni caratterizzate da questi climi.

Accessibile al nostro coraggio.

Fiera Castiglia, ecc.

(Danzhe di guerra.)

UNA DONNA DI CASTIGLIA.

Voi, temibili conquistatori.

Andate a realizzare grandi destini.

Con armi più “amichevoli”.

I nostri trionfi sono più certi.

Che qui si possieda una gloria immortale.

Ognuno si incorona a turno.

Guerrieri, è con voi che portate l’impero di Isabella.

Portiamo con noi l’impero dell’Amore.

Voi, conquistatori, ecco ciò che volete.

(Danzate.)

ALVAR e la CASTIGLIANA.

Giovani bellezze, terribili guerrieri.

Unitevi, sottomettete l’universo.

Se qualcuno riesce a sfuggire a colpi invincibili.

Anche se quegli occhi belli siano incorniciati da ferri.

COLombo.

Questo è sufficiente per esprimere la nostra estrema gioia.

Dobbiamo i nostri momenti più dolci e piacevoli a emozioni più tenere e gentili.

Andiamo dai residenti che vivono su queste rive.

Imporre il verdetto finale sul loro nuovo destino.

Alvar, non allontanarti dai nostri vascelli.

In questi percorsi nascosti, dispiegate i vostri soldati.

La gloria di un guerriero è più che sufficiente per soddisfarlo.

Se può favorire un felice ritiro.

Dai, se dobbiamo combattere.

Tra poco sarà il momento giusto per decorare il vostro braccio.

CORO.

Trionfi, trionfi sulla terra e sulle onde!

Portiamo le nostre leggi fino ai confini dell’universo:

La nostra audacia di oggi ci permette di scoprire un nuovo mondo.

Siamo fatti per fornirgli i ferri di cui ha bisogno.

Scena II

Carime

Trasporti della mia furia, amore, rabbia funesta.

Tiranni della ragione, o guidate i miei passi?

È davvero sufficiente che i vostri scontri strappino il mio cuore in pezzi.

Ah! Almeno spegnete quel fuoco che odio.

Con i miei pianti o con la mia morte.

Ma spero invano, l’ingrato regna ancora lì.

I suoi crudeli oltraggi non sono riusciti a liberarmi;

Purtroppo devo ammettere che la amo ancora!

Per la mia sete di vendetta.

Vettori della mia furia, ecc.

Ma a che servono queste lacrime?. Che pianga lei stessa.

Questo è il luogo di soggiorno dei bambini del sole.

Ecco, di fronte a noi, quel meraviglioso dispositivo.

Che cosa vengo a fare qui, ahimè! nella mia estrema furia?

Vengo a offrir loro ciò che amo.

Per dar loro ciò che odio!

Osi sperarlo, infedele Carime?

I figli del cielo sono forse destinati al crimine?

Odieranno i tuoi crimini.

Ma se avessero amato, se avessero un cuore sensibile.

Ah! Senza dubbio lo sono, se sono stati messi al mondo.

Il cielo può forgiare cuori inaccessibili?

Ai tormenti dell’amore?

Scena III

Alvar, Carime

ALVAR.

Che cosa vedo? Che splendore! Oh cielo, quanto fascino.

Si trovano in questi deserti?

A cosa serviranno qui il valore e le armi?

Spetta a noi applicare le misure necessarie.

Carime, mentre si prostra.

Signore, sono ancora nell’ignoranza.

Onori che si devono rendere.

“Alvar, tienila stretta.”

Ne ho potuti ricevere molti;

Ma dove risplende la vostra presenza?

Spettano solo a voi.

Carime.

Dunque! Vi rifiutate, signore, di essere amato?

Non siete forse dei dèi?

ALVAR.

In questi luoghi si deve adorare soltanto voi.

In qualità di eroi, aneliamo ancora a questo ruolo.

Ma per favore, insegnatemi anche voi.

Se il mio cuore, in questo luogo selvaggio.

Dovrebbe esservi motivo di ammirazione per quest’opera.

Della natura o dell’Amore.

Carime.

Con un linguaggio così dolce, seduci il mio cuore.

Non mi aspettavo nulla del genere durante questo soggiorno.

ALVAR.

L’Amore vuole, attraverso le mie cure, riparare in questo giorno.

Ciò che rappresenta un svantaggio per i vostri cibi qui.

Questi luoghi rozzi non sono fatti per voi.

Permetteteci di accompagnarvi in un clima più dolce.

Con così tante opportunità da condividere.

L’indifferenza è un oltraggio.

Non temete noi.

Carime.

Farò ancora di più; e voglio che quest’isola.

Prima che tramonti il sole, riconoscete le vostre leggi.

I popoli, spaventati, cercano rifugio dopo rifugio.

Cercare la loro sicurezza nelle profondità delle nostre foreste.

Lo stesso Cacique, nelle sue oscure ritirate.

Ha lasciato i suoi beni più preziosi.

Conosco tutti i percorsi di queste strade segrete.

Dei cari ostaggi.

ALVAR.

Pensate che, a questo prezzo.

Che i nostri cuori si rallegrino di aver ottenuto la vittoria?

Il nostro valore è sufficiente per ottenerla.

I vostri sforzi non farebbero altro che offuscare la nostra gloria.

Senza poterla garantire al meglio.

Carime.

E così, tutto si rifiuta di alimentare la mia giusta ira!

ALVAR.

Mio Dio! State piangendo. Vi ho forse offeso in qualche modo?

Parlate, cosa avrebbe dovuto essere fatto?.

Carime.

Avevo bisogno di vendicarmi.

ALVAR.

Qual indegno mortale ha potuto offendervi?

Qual mostro può aver concepito un piano così audace?

Carime.

Il Capo Tribù.

ALVAR.

Morirà: è scritto nel suo destino.

Sono consentiti tutti i mezzi per punire un’offesa.

Per raggiungere la gloria esiste un solo cammino.

Cent volte si tratta di vendetta.

È necessario vendicare le vostre lacrime e la vostra fame.

Ma la mia zelosa premura non è qui la regola decisiva:

Il nostro capo in questi luoghi tornerà presto.

Preparerò tutto per seguire le vostre orme.

(Insieme.)

Vendetta, Amore, unitevi.

Portate ovunque la distruzione.

Quando si sprigiona il coraggio.

Niente può resistere ai vostri colpi.

ALVAR.

La rabbia diventa ancora più intensa.

Quando ciò che amiamo viene offeso o insultato.

Carime.

Quando l’amore si trasforma in odio.

La rabbia è cento volte più potente.

(Insieme.)

Vendetta, Amore, unitevi, ecc.

Fine del secondo atto.

Scena Prima

Digitizzato.

Tormenti dei cuori teneri, terrore, paura fatale.

Tristi presentimenti. Ebbene, ora siete stati realizzati!

Feroce tradimento da parte di una rivale indegna.

Crimini oscuri d’amore, rimarrete impuniti?

Ahimè! Nel mio timido terrore.

Non me lo aspettavo affatto, caro e fedele marito mio.

Di quelle mani perfide.

Ti colpirebbero con colpi così brutali.

Conosco troppo bene il tuo cuore. Il destino che ci separa.

Concluderà i suoi giorni.

E non aspetterò che una mano meno barbarica.

Uno dei miei compagni interruppe il corso degli eventi.

Tourments des tendres cœurs, terreurs, crainte fatale,

Tristes pressentiments, etc.

Cacique redouté, quand cette heureuse rive

Retentissait partout de tes faits glorieux.

Qui t’eût dit qu’on verrait ton épouse captive

Dans le palais de tes aïeux ?

Scène II

Digizé, Carime

DIGIZÉ.

Venez-vous insulter à mon sort déplorable ?

CARIME.

Je viens partager vos ennuis.

DIGIZÉ.

Votre fausse pitié m’accable

Plus que l’état même où je suis.

CARIME.

Je ne connais point l’art de feindre :

Avec regret je vois couler vos pleurs.

Mon désespoir a causé vos malheurs :

Mais mon cœur commence à vous plaindre,

Sans pouvoir guérir vos douleurs.

Renonçons à la violence :

Quand le cœur se croit outragé,

A peine a-t-on puni l’offense

Qu’on sent moins le plaisir que donne la vengeance

Que le regret d’être vengé.

DIGIZÉ.

Quand le remède est impossible,

Vous regrettez les maux où vous me réduisez ;

C’est quand vous les avez causés

Qu’il y fallait être sensible.

(Ensemble.)

Amour, Amour, tes cruelles fureurs,

Tes injustes caprices,

Ne cesseront-ils point de tourmenter les cœurs ?

Fais-tu de nos supplices

Tes plus chères douceurs ?

Nos tourments font-ils tes délices ?

Te nourris-tu de nos pleurs ?

Amour, Amour, tes cruelles fureurs.

Tes injustes caprices,

Ne cesseront-ils point de tourmenter les cœurs ?

CARIME.

Quel bruit ici se fait entendre !

Quels cris ! quels sons étincelants !

DIGIZÉ.

Du Cacique en fureur les transports violents…

Si c’était lui… Grands dieux ! qu’ose-t-il entreprendre ?

Le bruit redouble ; hélas ! peut-être il va périr.

Ciel, juste ciel, daigne le secourir !

(On entend des décharges de mousqueterie qui se mêlent au bruit de l’orchestre.)

(Ensemble.)

Dieux ! quel fracas ! quel bruit ! quels éclats de tonnerre !

Le soleil irrité renverse-t-il la terre ?

Scène III

Colomb, suivi de quelques guerriers, Digizé, Carime

COLOMB.

C’est assez. Épargnons de faibles ennemis.

Qu’ils sentent leur faiblesse avec leur esclavage ;

Avec tant de fierté, d’audace et de courage,

Ils n’en seront que plus punis.

DIGIZÉ.

Cruels ! qu’avez-vous fait ?… Mais, ô ciel ! c’est lui-même !

Scène IV

Alvar, Le Cacique désarmé, et les acteurs précédents.

ALVAR.

Je l’ai surpris qui, seul, ardent et furieux.

Cherchait à pénétrer jusqu’en ces mêmes lieux.

COLOMB.

Parle, que voulais-tu dans ton audace extrême ?

LE CACIQUE.

Voir Digizé, t’immoler et mourir.

COLOMB.

Ta barbare fierté ne peut se démentir :

Mais, réponds, qu’attends-tu de ma juste colère ?

LE CACIQUE.

Je n’attends rien de toi ; va, remplis tes projets.

Fils du soleil, de tes heureux succès

Rends grâce aux foudres de ton père,

Dont il t’a fait dépositaire.

Sans ces foudres brûlants, ta troupe en ces climats

N’aurait trouvé que le trépas.

COLOMB.

Ainsi donc ton arrêt est dicté par toi-même.

CARIME.

Calmez votre colère extrême ;

Accordez aux remords prêts à me déchirer

De deux tendres époux la vie et la couronne.

J’ai fait leurs maux, je veux les réparer :

Ou, si votre rigueur l’ordonne,

Avec eux je veux expirer.

COLOMB.

Daignent-ils recourir à la moindre prière !

LE CACIQUE.

Vainement ton orgueil l’espère,

Et jamais mes pareils n’ont prié que les dieux.

CARIME, à Alvar.

Obtenez ce bienfait si je plais à vos yeux.

CARIME, ALVAR, DIGIZÉ.

Excusez deux époux, deux amants trop sensibles ;

Tout leur crime est dans leur amour.

Ah ! si vous aimiez un jour,

Voudriez-vous à votre tour

Ne rencontrer que des cœurs inflexibles ?

CARIME.

Ne vous rendrez-vous point ?

COLOMB.

Allez, je suis vaincu.

Cacique malheureux, remonte sur ton trône.

(On lui rend son épée.)

Reçois mon amitié, c’est un bien qui t’est dû.

Je songe, quand je te pardonne.

Moins à leurs pleurs qu’à ta vertu.

(à Carime.)

Pour ces tristes climats la vôtre n’est pas née.

Sensible aux feux d’Alvar, daignez les couronner.

Venez montrer l’exemple à l’Espagne étonnée,

Quand on pourrait punir, de savoir pardonner.

LE CACIQUE.

C’est toi qui viens de le donner ;

Tu me rends Digizé, tu m’as vaincu par elle.

Tes armes n’avaient pu dompter mon cœur rebelle,

Tu l’as soumis par tes bienfaits.

Sois sûr, dès cet instant, que tu n’auras jamais

D’ami plus empressé, de sujet plus fidèle.

COLOMB.

Je te veux pour ami, sois sujet d’Isabelle.

Vante-nous désormais ton éclat prétendu,

Europe : en ce climat sauvage,

On éprouve autant de courage.

On y trouve plus de vertu.

O vous que des deux bouts du monde

Le destin rassemble en ces lieux !

Venez, peuples divers, former d’aimables jeux :

Qu’à vos concerts l’écho réponde :

Enchantez les cœurs et les yeux.

Jamais une plus digne fête

N’attira vos regards.

Nos jeux sont les enfants des arts,

Et le monde en est la conquête.

Hâtez-vous, accourez, venez de toutes parts,

O vous que des deux bouts du monde

Le destin rassemble en ces lieux,

Venez former d’aimables jeux.

Scène V

Colomb, Digizé, Carime, La Cacique, Alvar, peuples espagnols et américains.

CHOEUR.

Accourons, accourons, formons d’aimables jeux ;

Qu’il nos concerts l’écho réponde :

Enchantons les cœurs et les veux.

UN AMÉRICAIN.

Il n’est point de cœur sauvage

Pour l’amour ;

Et dès qu’on s’engage

En ce séjour,

C’est sans partage.

Point d’autres plaisirs

Que de douces chaînes :

Nos uniques peines

Sont nos vains désirs,

Quand des inhumaines

Causent nos soupirs.

Il n’est point, etc.

UNE ESPAGNOLE.

Voguons,

Parcourons

Les ondes,

Nos plaisirs auront leur tour,

Découvrir

De nouveaux mondes,

C’est offrir

De nouveaux myrtes à l’Amour.

Plus loin que Phébus n’étend

Sa carrière,

Plus loin qu’il ne répand

Sa lumière,

L’Amour fait sentir ses feux.

Soleil, tu fais nos jours ;

l’Amour les rend heureux.

Voguons, etc.

CHOEUR.

Répandons dans tout l’univers

Et nos trésors et l’abondance ;

Unissons par notre alliance

Deux mondes séparés par l’abîme des mers.

AIR

Ajouté à la fête du Troisième acte.

DIGIZÉ.

Triomphe, Amour, règne en ces lieux ;

Retour de mon bonheur, doux transports de ma flamme,

Plaisirs charmants, plaisirs des dieux.

Enchantez, enivrez mon âme ;

Coulez, torrents délicieux.

Fille de la vertu, tranquillité charmante,

Tu n’exclus point des cœurs l’aimable volupté.

Les doux plaisirs font la félicité,

Mais c’est toi qui la rends constante.

Fin du troisième et dernier Acte

FIN de la DÉCOUVERTE DU NOUVEAU MONDE

Torments of tender hearts, horrors, deadly fear.

Mournful forebodings, and so on.

The feared chief, when this fortunate shore.

Your glorious deeds were remembered everywhere.

Who would have said that we would see your wife in captivity?

In the palace of your ancestors?

Scene II

Digitized, Carime.

Digitized.

Are you coming to insult my miserable fate?

CARIME.

I have come to share your troubles.

Digitized.

Your false pity overwhelms me.

More than the very state I am in.

CARIME.

I do not possess the art of pretending.

With regret, I see your tears flowing.

My despair has brought about your misfortunes:

But my heart begins to mourn for you.

Without the ability to heal your pains.

Let us abandon violence:

When the heart believes it has been insulted.

Hardly has the offense been punished.

One feels less of the pleasure that revenge brings.

That there be no regret in having taken revenge.

Digitized.

When a cure is impossible,

You regret the evils into which you force me to descend.

It was when you caused them.

One had to be perceptive in order to understand that.

(Agether.)

Love, Love, your cruel tempests.

Your unjust whims.

Will they never cease to torment people’s hearts?

Do you take pleasure in our sufferings?

Your dearest sweeties?

Do our sufferings bring you delight?

Do you feed on our tears?

Love, Love, your cruel tempests.

Your unjust whims.

Will they never cease to torment people’s hearts?

CARIME.

What a noise is being heard here!

What cries! What brilliant sounds!

Digitized.

The furious Cacique’s violent outbursts.

If it were him. Oh great gods! What dare he undertake?

The noise doubles in intensity; alas, perhaps it will be destroyed.

Heaven, oh heaven, grant him relief!

(One can hear the sounds of musket fire mingling with the noise of the orchestra.)

(Agether.)

Heavens! What a noise! What a clamor! What thunderous explosions!

Does the irritated sun turn the earth upside down?

Scene III

Colomb, accompanied by a few warriors: Digizé, Carime.

COLomb.

That’s enough. Let us spare these weak enemies.

Let them feel their own weakness through their slavery;

With so much pride, audacity, and courage,

They will only be punished more severely for it.

Digitized.

Cruel! What have you done?. But, oh heaven! It’s him himself!

Scene IV

Alvar, The Disarmed Chief, and the aforementioned actors.

ALVAR.

I caught him alone, burning with passion and fury.

Striving to penetrate even into those very same places.

COLomb.

Speak, what did you desire with such extreme audacity?

THE CHIEF.

To witness Digizé being immolated and dying.

COLomb.

Your barbaric pride cannot be denied:

But then, tell me—what do you expect from my righteous anger?

THE CHIEF.

I expect nothing from you; go ahead and pursue your projects.

Son of the sun, blessed are your successes.

Give thanks for the wrath of your father.

Hasn’t he made you its custodian?

Without these fierce storms, your troops in such climates.

One would only find death at the end of it.

COLomb.

Thus, your decision is dictated by you yourself.

CARIME.

Calm your extreme anger;

Grant me the remorse that is ready to tear me apart.

Of two tender spouses, life and the crown.

I have caused them harm; I wish to repair it.

Or, if your rigor demands it.

With them, I wish to exhale.

COLomb.

Do they even dare to utter a single prayer!

THE CHIEF.

In vain does your pride hope for it.

And none like me have ever prayed but to the gods.

“Carime, to Alvar.”

Receive this blessing if I please you.

CARIME, ALVAR, DIGITALISED.

Forgive us, two husbands, two lovers who are too sensitive.

All their crime lies in their love.

Ah! If you ever came to love.

Would you like to take turns now?

To encounter only unyielding hearts?

CARIME.

Will you not go?

COLomb.

Alright, I give up.

Unfulfilled cacique, return to your throne.

(The sword is returned to him.)

Receive my friendship; it is a gift that is due to you.

I think of it whenever I forgive you.

Less due to their tears than to your virtue.

(to Carime.)

In such sad climates, yours was never born.

Sensitive to the flames of Alvar, deign to crown them.

Come and set an example for astonished Spain.

When one could punish, it would be better to know how to forgive.

THE CHIEF.

It was you who just gave it to him.

You have given me Digizé; you have defeated me through it.

Your weapons were unable to subdue my rebellious heart.

You subdued it through your kindness and generosity.

Be certain, from this very moment on, that you will never.

A friend more eager, a subject more faithful.

COLomb.

I want you as my friend; be Isabelle’s subject.

Now praise us with your so-called brilliance.

Europe: in such a wild climate.

One feels just as much courage.

One finds more virtue there.

Oh you, who are from opposite ends of the world.

Fate brings people together in these places!

Come, peoples of diverse kinds, and engage in delightful games together:

May at your concerts the echo respond:

Delight hearts and captivate eyes.

Never has there been a more worthy celebration.

It did not attract your attention.

Our games are the children of the arts.

And the world is the object of that conquest.

Hurry up, come quickly, gather from all directions.

Oh you, who are from opposite ends of the world.

Fate brings people together in these places.

Come and engage in pleasant games.

Scene V

Colomb, Digizé, Carime, La Cacique, Alvar – Spanish and American peoples.

CHORUS.

Let us gather, let us engage in pleasant games;

Let us listen as the echo responds:

Let us enchant hearts and desires.

AN AMERICAN.

There is no such thing as a “wild heart.”

For the sake of love;

And as soon as one takes on a commitment.

During this stay,

It is exclusive to one person alone.

No other pleasures at all.

What tender chains.

Our only punishments.

Are our futile desires.

When those inhuman beings.

They cause us to sigh.

It is not, etc.

A SPANISH WOMAN.

Let us move forward.

Let us traverse.

The waves,

Our pleasures will come in their turn.

To discover.

New worlds,

It is to offer.

New myrtles for Love.

Further than what Phébus extends.

His career,

Going further than it spreads.

Its light,

Love sets its flames ablaze.

Sun, you make our days bright;

Love makes them happy.

Vogons, and so on.

CHORUS.

Let it spread throughout the entire universe.

And our treasures, as well as abundance.

Let us unite through our alliance.

Two worlds separated by the abyss of the sea.

AIR

Added to the festivities of Act Three.

Digitized.

Triumph, Love, and reign supreme in these lands;

Return of my happiness, gentle exultations of my passion.

Delightful pleasures, the pleasures of the gods.

Enchant my soul, intoxicate it with delight;

Flow on, dear torrents.

Daughter of virtue, a charming tranquility.

You do not exclude the delightful pleasures from people’s hearts.

Sweet pleasures constitute true happiness.

But it is you who makes it constant.

End of the third and final act.

End of the exploration of the New World.

Tormenti dei cuori teneri, terrore, paura fatale.

Tristi presentimenti, ecc.

Un temuto capo tribale, quando questa felice riva.

Ovunque si ricordavano le tue imprese gloriose.

Chi avrebbe mai detto che si sarebbe visto tua moglie in cattività.

Nel palazzo dei tuoi antenati?

Scena II

Digizé, Carime

Digitale.

Venite forse a insultare la mia misera sorte?

Carime.

Sono qui per condividere le vostre preoccupazioni.

Digitale.

La vostra falsa compassione mi sovrasta.

Più di lo stato stesso in cui mi trovo.

Carime.

Non conosco l’arte di fingere:

Con rammarico vedo scorrere le vostre lacrime.

La mia disperazione è stata la causa dei vostri mali:

Ma il mio cuore inizia a compiangervi.

Senza la possibilità di guarire le vostre sofferenze.

Rinunciamo alla violenza:

Quando il cuore si sente offeso.

Appena si è punito l’offesa.

Si perde la percezione del piacere che deriva dalla vendetta.

Che sia il rimpianto di essere stati vendicati.

Digitale.

Quando il rimedio è impossibile.

Vi pentite dei mali che mi infliggete;

È stato quando li avete causati.

Bisognava essere sensibili.

(Insieme.)

Amore, Amore, le tue crudeli furie.

I tuoi ingiusti capricci.

Smetteranno mai di tormentare i cuori?

Fai parte dei nostri supplizi?

Le tue più care dolcezze?

I nostri tormenti sono forse la tua delizia?

Ti nutri delle nostre lacrime?

Amore, Amore, le tue crudeli furie.

I tuoi ingiusti capricci.

Smetteranno mai di tormentare i cuori?

Carime.

Che rumore si sente qui!

Che urla! Che suoni straordinari!

Digitale.

Le violente emozioni del Capo furioso.

Se fosse lui. Oh, grandi dei! Che cosa osa intraprendere?

Il rumore si intensifica; ahimè, forse andrà perduto.

Cielo, oh cielo, per favore aiutalo!

(Si sentono spari di moschetti che si mescolano al suono dell’orchestra.)

(Insieme.)

Dio mio! Che fragore, che rumore, che tuoni assordanti!

Il sole irritato capovolge la terra?

Scena III

Colomb, seguito da alcuni guerrieri, Digizé, Carime.

COLombo.

Basta così. Risparmiamo questi deboli nemici.

Percevono la propria debolezza attraverso la schiavitù.

Con tanta fierezza, audacia e coraggio.

Saranno solo puniti ancora di più.

Digitale.

Crudi! Cosa avete fatto?. Ma, oh cielo, è proprio lui!

Scena IV

Alvar, “Il capo disarmato”, e gli attori precedenti.

ALVAR.

L’ho sorpreso mentre, da solo, era pieno di ardore e furia.

Cercava di penetrare proprio in quei luoghi.

COLombo.

Parla, cosa volevi con la tua estrema audacia?

Il capo tribù.

Vedere Digizé, immolarsi e morire.

COLombo.

La tua barbarica fierezza non può negarlo:

Ma dimmi, cosa aspetti dalla mia giusta ira?

Il capo tribù.

Non aspetto nulla da te; vai pure e porta a termine i tuoi progetti.

Figlio del sole, dei tuoi felici successi.

Ringrazia le furie di tuo padre.

Non ti ha forse designato come suo depositario?

Senza queste tempeste ardenti, la tua truppa in questi climi.

Avrei trovato soltanto la morte.

COLombo.

Quindi, la tua decisione è stata presa da te stesso.

Carime.

Placate la vostra estrema rabbia;

Concedetemi i rimorsi che sono pronti a distruggermi.

La vita e la corona di due teneri coniugi.

Ho causato loro del male, ora voglio rimediare.

Oppure, se la vostra severità lo richiede.

Con loro voglio esalare l’ultimo respiro.

COLombo.

Si degneranno forse di pronunciare anche solo una preghiera?

Il capo tribù.

Inutilmente il tuo orgoglio lo spera.

E mai nessuno come me ha pregato se non gli dèi.

Carime, ad Alvar.

Ottenete questo beneficio, se vi piaccio.

Carime, Alvar, Digisé.

Scusate due coniugi, due amanti troppo sensibili.

Tutto il loro crimine risiede nel loro amore.

Ah! Se un giorno amaste.

Desiderate anche voi, a turno.

Incontrare soltanto cuori inflessibili?

Carime.

Non vi renderete conto?

COLombo.

Va bene, mi arrendo.

Infelice cacico, torna sul tuo trono.

(Gli viene restituita la sua spada.)

Accetta la mia amicizia: è un bene che ti spetta di diritto.

Penso, quando ti perdono.

Più che ai loro pianti, alla tua virtù.

(a Carime.)

In questi tristi climi, il vostro non è mai nato.

Sensibili ai fuochi di Alvar, degnatevi di incoronarli.

Venite a mostrare questo esempio alla Spagna stupita.

Quando si potrebbe punire, sapere perdonare sarebbe ancora meglio.

Il capo tribù.

Sei tu che l’hai appena dato.

Mi hai reso Digizé. Mi hai sconfitto attraverso di esso.

Le tue armi non sono riuscite a domare il mio cuore ribelle.

L’hai sottomesso con i tuoi benefici.

Sii certo che, da questo momento in poi, non avrai mai più.

Di un amico più devoto, di un suddito più fedele.

COLombo.

Ti voglio come amico; sii suddito di Isabella.

Ora lodaci con il tuo presunto splendore.

Europa: in questo clima selvaggio.

Si prova lo stesso coraggio.

Vi si trova più virtù.

O voi, che siete ai due estremi del mondo.

Il destino riunisce tutte le persone in questi luoghi!

Venite, popoli diversi, e creiamo insieme giochi piacevoli.

Nei vostri concerti, l’eco risponde:

Incantate i cuori e gli occhi.

Nessuna festa più degna di questa.

Non attira i vostri sguardi.

I nostri giochi sono i figli delle arti.

E la conquista del mondo consiste proprio in questo.

Affrettatevi, correte, venite da tutte le parti.

O voi, che siete ai due estremi del mondo.

Il destino riunisce in questi luoghi.

Venite a partecipare a giochi piacevoli.

Scena V

Colomb, Digizé, Carime, La Cacique, Alvar: popoli spagnoli e americani.

CORO.

Corriamo, corriamo, creiamo giochi piacevoli!

Il suo canto viene ripreso dall’eco:

Incantiamo i cuori e i desideri.

Un americano.

Non esiste un cuore selvaggio.

Per amore.

E non appena ci si impegna.

Durante questo soggiorno,

È senza eccezioni.

Nessun altro piacere.

Che dolci catene.

Le nostre uniche punizioni.

Sono i nostri vani desideri.

Quando delle creature disumane.

Sono le cause dei nostri sospiri.

Non è affatto, ecc.

UNA SPAGNOLA.

Andiamo.

Esaminiamo attentamente.

Le onde,

I nostri piaceri arriveranno anche loro il loro turno.

Scoprire

Nuovi mondi.

È offrire.

Nuovi mirti per l’Amore.

Più lontano di quanto possa estendersi Febo.

La sua carriera,

Più lontano di quanto si diffonda.

La sua luce,

L’Amore fa scatenare i suoi “fuochi”.

Sole, sei tu che illumini i nostri giorni;

L’Amore li rend felici.

Andiamo, ecc.

CORO.

Diffondiamolo in tutto l’universo.

E i nostri tesori, e l’abbondanza.

Uniamoci attraverso la nostra alleanza.

Due mondi separati dall’abisso degli oceani.

Aria

Aggiunto alla festa del Terzo Atto.

Digitale.

Trionfo, Amore, regno in questi luoghi;

Torna la mia felicità, dolci emozioni del mio amore.

Piaceri incantevoli, piaceri degli dei.

Incantate, inebriate la mia anima.

Scorrete, deliziosi torrenti.

Figlia della virtù, tranquillità incantevole.

Non escludi dai cuori la deliziosa voluttà.

I dolci piaceri costituiscono la felicità.

Ma sei tu a renderla costante.

Fine del terzo e ultimo atto.

Fine della scoperta del Nuovo Mondo.