Rousseau
Abstract
A fairy tale about King Phénix, who loves his people, and the capricious Queen Fantasque. A fairy story, without philosophical content.
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Il y avait autrefois un roi qui aimait son peuple… Cela commence comme un conte de fée, interrompit le druide. C’en est un aussi, répondit Jalamir. Il y avait donc un roi qui aimait son peuple et qui, par conséquent, en était adoré. Il avait fait tous ses efforts pour trouver des ministres aussi bien intentionnés que lui ; mais ayant enfin reconnu la folie d’une pareille recherche, il avait pris le parti de faire par lui-même toutes les choses qu’il pouvait dérober à leur malfaisante activité. Comme il était fort entêté du bizarre projet de rendre ses sujets heureux, il agissait en conséquence et une conduite si singulière lui donnait parmi les grands un ridicule ineffaçable. Le peuple le bénissait, mais à la cour il passait pour un fou. À cela près, il ne manquait pas de mérite ; aussi s’appelait-il Phénix.
Si ce prince était extraordinaire, il avait une femme qui l’était moins. Vive, étourdie, capricieuse, folle par la tête, sage par le coeur, bonne par tempérament, méchante par caprice ; voilà quatre mots le portrait de la reine. Fantasque était son nom. Nom célèbre, qu’elle avait reçu de ses ancêtres en ligne féminine et dont elle soutenait dignement l’honneur. Cette personne si illustre et si raisonnable était le charme et le supplice de son cher époux, car elle l’aimait aussi fort sincèrement, peut-être à cause de la facilité qu’elle avait à le tourmenter. Malgré l’amour réciproque qui régnait entre eux, ils passèrent plusieurs années sans pouvoir obtenir aucun fruit de leur union. Le roi en était pénétré de chagrin, et la reine s’en mettait dans des impatiences dont ce bon prince ne se ressentait pas tout seul : Elle s’en prenait à tout le monde de ce qu’elle n’avait point d’enfants ; il n’y avait pas un courtisan à qui elle ne demandât étourdiment quelque secret pour en avoir et qu’elle ne rendît responsable du mauvais succès.
Les médecins ne furent point oubliés ; car la reine avait pour eux une docilité peu commune, et ils n’ordonnaient pas une drogue qu’elle ne fît préparer très soigneusement pour avoir le plaisir de la leur jeter au nez à l’instant qu’il fallait la prendre. Les Derviches eurent leur tour ; il fallut recourir aux neuvaines, aux voeux, surtout aux offrandes ; et malheur aux desservants des temples où Sa Majesté allait en pèlerinage ; elle fourrageait tout, et sous prétexte d’aller respirer un air prolifique, elle ne manquait jamais de mettre sens dessus dessous les cellules des moines. Elle portait aussi leurs reliques et s’affublait alternativement de tous leurs différents équipages : tantôt c’était un cordon blanc, tantôt une ceinture de cuir, tantôt un capuchon, tantôt un scapulaire ; il n’y avait sorte de mascarade monastique dont sa dévotion ne s’avisât ; et comme elle avait un petit air éveillé qui la rendait charmante sous tous ses déguisements, elle n’en quittait aucun sans avoir eu soin de s’y faire peindre.
Enfin à force de dévotions si bien faites à forces de médecines si sagement employées, le ciel et la terre exaucèrent les voeux de la reine ; elle devint grosse au moment qu’on commençait à en désespérer. Je laisse à deviner la joie du roi et celle du peuple : pour la sienne, elle alla, comme toutes ses passions jusqu’à l’extravagance : dans ses transports elle cassait et brisait tout : elle embrassait indifféremment tous ce qu’elle rencontrait, hommes, femmes, courtisans, valets ; c’était risquer de se faire étouffer que se trouver sur son passage. Elle ne connaissait point, disait-elle, de ravissement pareil à celui d’avoir un enfant à qui elle pût donner le fouet tout à son aise dans ses moments de mauvaise humeur.
Comme la grossesse de la reine avait été longtemps inutilement attendue, elle passait pour un de ces événements extraordinaires dont tout le monde veut avoir l’honneur. Les médecins l’attribuaient à leurs drogues, les moines à leurs reliques, le peuple à ses prières, et le roi à son amour. Chacun s’intéressait à l’enfant qui devait naître comme si c’eût été le sien, et tous faisaient des voeux sincères pour l’heureuse naissance du prince ; car on en voulait un et le peuple, les grands et le roi réunissaient leurs désirs sur ce point. La reine trouva fort mauvais qu’on s’avisât de lui prescrire de qui elle devait accoucher, et déclara qu’elle prétendait avoir une fille, ajoutant qu’il lui paraissait assez singulier que quelqu’un osât lui disputer le droit de disposer d’un bien qui n’appartenait incontestablement qu’à elle seule.
Phénix voulut en vain lui faire entendre raison ; elle lui dit nettement que ce n’étaient point là ses affaires, et s’enferma dans son cabinet pour bouder ; occupation chérie à laquelle elle employait régulièrement au moins six mois de l’année. Je dis Six mois, non de suite ; c’eût été autant de repos pour son mari, mais pris dans des intervalles propres à le chagriner.
Le roi comprenait fort bien que les caprices de la mère ne détermineraient pas le sexe de l’enfant ; mais il était au désespoir qu’elle donnât ainsi ses travers en spectacle à toute la cour. Il eût sacrifié tout au monde pour que l’estime universelle eût justifié l’amour qu’il avait pour elle et le bruit qu’il fit mal à propos en cette occasion ne fut pas la seule folie que lui eût fait faire le ridicule espoir de rendre sa femme raisonnable.
Ne sachant plus à quel saint se vouer, il eut recours à la fée Discrète son amie et la protectrice de son royaume. La fée lui conseilla de prendre les voies de la douceur c’est-à-dire de demander excuse à la reine. Le seul but, lui dit-elle, de toutes les fantaisies des femmes est de désorienter un peu la morgue masculine et d’accoutumer les hommes à l’obéissance qui leur convient. Le meilleur moyen que vous ayez de guérir les extravagances de votre femme est d’extravaguer avec elle. Dès le moment que vous cesserez de contrarier ses caprices, assurez-vous qu’elle cessera d’en avoir et qu’elle n’attend pour devenir sage que de vous avoir rendu bien complètement fou. Faites donc les choses de bonne grâce et Tâchez de céder en cette occasion pour obtenir tout ce que vous voudrez dans une autre. Le roi crut la fée et pour se conformer à son avis au cercle de la reine il la prit à part, lui dit tout bas qu’il était fâché d’avoir contesté contre elle mal à propos, et qu’il tâcherait de la dédommager à l’avenir par sa complaisance de l’humeur qu’il pouvait avoir mise dans ses discours, en disputant impoliment contre elle.
Fantasque qui craignit que la douceur de Phénix ne la couvrît seule de tout le ridicule de cette affaire se hâta de lui répondre que sous cette excuse ironique elle voyait encore plus d’orgueil que dans les disputes précédentes mais que puisque les torts d’un mari n’autorisaient point ceux d’une femme elle se hâtait de céder en cette occasion comme elle avait toujours fait : Mon prince et mon époux, ajouta-t-elle tout haut, m’ordonne d’accoucher d’un garçon et je sais trop bien mon devoir pour manquer d’obéir. Je n’ignore pas que quand sa majesté m’honore des marques de sa tendresse c’est moins pour l’amour de moi que pour celui de son peuple dont l’intérêt ne l’occupe guère moins la nuit que le jour ; je dois imiter un si noble désintéressement, et je vais demander au divan un mémoire instructif du nombre et du sexe des Enfants qui conviennent à la famille royale ; mémoire important au bonheur de l’état et sur lequel toute reine doit apprendre à régler sa conduite pendant la nuit.
Ce beau soliloque fut écouté de tout le cercle avec beaucoup d’attention et je vous laisse à penser combien d’éclats de rire furent assez maladroitement étouffés. Ah ! dit tristement le roi en sortant et haussant les épaules ; je vois bien que quand on a une femme folle on ne peut éviter d’être un sot.
La fée Discrète dont le sexe et le nom contrastaient quelques fois plaisamment dans son caractère trouva cette querelle si réjouissante qu’elle résolut de s’en amuser jusqu’au bout. Elle dit publiquement au roi qu’elle avait consulté les comètes qui prédisent à la naissance des princes, et qu’elle pouvait lui répondre que l’Enfant qui naîtrait de lui serait un garçon ; mais en secret elle assura la reine qu’elle aurait une fille.
Once upon a time, there was a king who loved his people. It begins like a fairy tale, interjected the druid. It is indeed a fairy tale, replied Jalamir. There was therefore a king who loved his people, and as a result, they adored him. He had done everything in his power to find ministers as well-intentioned as himself; but finally realizing the futility of such an endeavor, he decided to do himself whatever he could to counter their harmful actions. Being utterly obsessed with this bizarre goal of making his subjects happy, he acted accordingly—and such unusual behavior made him the object of enduring ridicule among the nobility. The people blessed him, but at court, he was regarded as a fool. Apart from that, he certainly had his merits; hence the name Phénix.
If this prince was extraordinary, his wife was far less so. Lively, reckless, capricious, foolish in her whims but wise of heart, kind by nature yet cruel at will—these four words suffice to paint the portrait of the queen. Her name was Fantasque; a renowned title inherited from her female ancestors, which she carried with great dignity. This illustrious and seemingly reasonable woman was both the charm and the torment of her beloved husband—for she loved him so deeply, perhaps precisely because it gave her such pleasure to torment him. Despite their mutual affection, they spent many years without being able to bear children. The king was overwhelmed with grief, while the queen’s impatience affected everyone around her. She blamed everyone for her inability to have children; there wasn’t a single courtier she didn’t foolishly ask for some secret that would help her conceive, only to later blame them for the failure of those attempts.
The doctors were not forgotten; for the queen showed them an uncommon willingness to comply with their requests. They would not order any medicine without her preparing it with great care, just so that she could enjoy the satisfaction of administering it to them at the very moment when it was needed. The Dervishes came next in turn; prayers, vows, and especially offerings were required. Alas for those who served in the temples where Her Majesty went on pilgrimage! She rummaged through everything, and under the pretext of going to breathe in the “fertile air” of the sacred places, she never failed to turn the monks’ cells upside down. She also carried their relics around and would don various monastic garments in succession: sometimes a white cord, sometimes a leather belt, sometimes a hood, sometimes a scapular. There was no kind of monastic disguise that her devotion did not attempt; and since she had a lively, alert manner that made her charming in any outfit she wore, she never left one without having first had herself painted in it.
Finally, through relentless devotion and the wise application of medical remedies, heaven and earth granted the queen her wish; she became pregnant just when all hope seemed lost. One can only imagine the joy of both the king and the people. As for her own delight, it reached extremes—like all her passions. In her ecstasy, she would break and destroy everything in her path; she embraced anyone and everything she encountered—men, women, courtiers, servants. To be in her way was simply to risk suffocation. She claimed that no joy could compare to that of having a child whom she could freely scold whenever she was in a bad mood.
Since the queen’s pregnancy had been awaited for so long without any result, it was regarded as one of those extraordinary events that everyone desired to be a part of. The doctors attributed it to their medicines, the monks to their relics, the people to their prayers, and the king to his love. Everyone took great interest in the child who was about to be born, as if it were their own, and they all sincerely prayed for the prince’s safe arrival; for everyone desired a son, and both the common people and the nobility, as well as the king himself, shared this common wish. The queen found it highly offensive that anyone should dare advise her on whom she should give birth to, and declared that she insisted on having a daughter, adding that it seemed quite absurd for anyone to claim the right to decide about something that undoubtedly belonged solely to her.
In vain did Phénix try to reason with her; she clearly told him that those matters had nothing to do with him, and then went off to sulk in her study—an activity she devoted at least six months a year to with great relish. I say “at least six months,” not continuously; such constant sulking would have meant too much rest for her husband, but it was interspersed with periods that were bound to cause him distress.
The king fully understood that the whims of his mother would not determine the child’s gender; yet he was desperate that she would expose her eccentricities before the entire court. He would have sacrificed everything for the sake of universal respect, which could justify his love for her. The scandal he caused on this occasion was not the only foolish act driven by his ridiculous hope of making his wife reasonable.
Not knowing to whom to turn for help, he resorted to the fairy Discrète—his friend and the protector of his kingdom. The fairy advised him to adopt a gentle approach, that is, to apologize to the queen. She told him that the sole purpose of all women’s whims was to confuse men somewhat and to make them accustomed to the obedience that suited them. The best way to cure your wife’s extravagances, she said, was to indulge her in those very same extravagances. Once you stopped opposing her caprices, she would surely cease having them altogether—and the only reason she remained “wise” was because you had driven her completely mad. Therefore, please be accommodating this time, and try to yield in order to obtain whatever you desire in the future. The king believed the fairy’s words. To follow her advice, he took her aside in front of the queen’s entourage, whispered that he regretted having opposed her unnecessarily, and promised to make amends in the future by being more considerate of her moods and avoiding impolite arguments with her.
The fantastical woman, fearing that Phénix’s gentleness might alone bring her entire involvement in this matter into ridicule, hurriedly replied that behind this ironic excuse, she saw even more pride than in previous disputes. But since a husband’s faults did not justify a wife’s wrongdoing, she was ready to yield once again, just as she had always done. “My prince and my husband,” she added aloud, “orders me to give birth to a son, and I know too well my duty to obey without hesitation. I am aware that when his majesty shows me signs of his tenderness, it is less out of love for me than out of concern for his people—whose welfare occupies him just as much by night as by day. I must emulate such noble selflessness, and I will request from the council a detailed report on the number and gender of children suitable for a royal family. Such information is essential for the happiness of the state, and every queen should learn to use it as a guide to her conduct at night.”
This beautiful monologue was listened to with great attention by everyone in the circle; I leave it to you to imagine how many laughs were rather awkwardly suppressed. “Ah!” said the king sadly, as he walked away and shrugged his shoulders. “I see well that when one has a mad woman, one cannot help but become a fool.”
The fairy Discrète, whose gender and name sometimes contrasted in a pleasing manner within her character, found this quarrel so amusing that she decided to enjoy it to the end. She publicly told the king that she had consulted the comets which predict the birth of princes, and that she could tell him that the child born to him would be a boy; but in secret, she assured the queen that it would be a girl.
C’era una volta un re che amava il suo popolo. Questa storia inizia come un racconto di fate, interruppe il druido. Ed è davvero un racconto di fate, rispose Jalamir. C’era dunque un re che amava il suo popolo e che, di conseguenza, veniva adorato da esso. Aveva fatto ogni sforzo per trovare ministri altrettanto benintenzionati di lui; ma, avendo infine riconosciuto l’assurdità di una tale ricerca, aveva deciso di occuparsi personalmente di tutte le cose che poteva impedire alle loro azioni malvagie. Poiché era fermamente determinato a realizzare quel progetto bizzarro di rendere i suoi sudditi felici, agiva di conseguenza. E un comportamento così singolare gli procurava, tra i grandi, una derisione indelebile. Il popolo lo benediceva, ma alla corte veniva considerato un pazzo. A parte questo, non gli mancavano certo le qualità meritevoli di essere lodate; per questo motivo si chiamava Fenice.
Se quel principe era straordinario, sua moglie lo era meno. Viva, spensierata, capricciosa, folle nella testa, saggia nel cuore, buona per temperamento, cattiva per capriccio. Questi quattro aggettivi descrivono perfettamente la regina. Il suo nome era fantasioso; un nome celebre che aveva ereditato dai suoi antenati di linea femminile e del quale portava con dignità l’onore. Questa donna così illustre e apparentemente ragionevole rappresentava allo stesso tempo il fascino e la fonte di sofferenza per suo caro marito, perché lo amava davvero profondamente, forse proprio a causa della facilità con cui riusciva a tormentarlo. Nonostante l’amore reciproco che li univa, trascorsero molti anni senza riuscire ad avere figli. Il re ne era profondamente addolorato, mentre la regina si lasciava prendere da impazienze che quel buon principe non doveva affrontare da solo: incolpava tutti per il fatto di non avere bambini; non c’era un solo cortigiano al quale non chiedesse, in modo spensierato, qualche “segreto” per ottenere ciò che desiderava, e poi lo riteneva responsabile dei fallimenti.
I medici non furono dimenticati; poiché la regina dimostrava verso di loro una docilità poco comune, e non ordinava mai una medicina senza che venisse preparata con estrema cura, affinché potesse godersi il piacere di somministrargliela nel preciso momento in cui doveva essere assunta. Fu il turno anche dei dervisci: fu necessario ricorrere a novene, preghiere e soprattutto offerte; e sfortuna ai servitori dei templi che Sua Maestà andava a visitare in pellegrinaggio. Lei frugava ovunque, e con il pretesto di andare a respirare un’aria “prolifica”, non mancava mai di mettere sottosopra le stanze dei monaci. Portava anche le loro reliquie e si vestiva alternativamente con tutti i loro abiti diversi: a volte con un cordone bianco, a volte con una cintura di cuoio, a volte con un cappuccio, a volte con uno scapolare. Non esisteva alcuna mascherata monastica che la sua devozione non tentasse; e poiché aveva un’aria vivace che la rendeva incantevole sotto ogni suo travestimento, non ne abbandonava mai nessuno senza prima farsi dipingere con esso.
Finalmente, grazie a una devozione profonda e a cure mediche attuate con saggezza, il cielo e la terra esaudirono i desideri della regina; lei rimase incinta proprio nel momento in cui tutti avevano cominciato a disperare. Lascio che si immagini la gioia del re e di tutto il popolo. Quanto a lei, la sua felicità raggiunse livelli estremi: nei suoi momenti di euforia rompeva e distruggeva ogni cosa al suo passaggio; abbracciava senza distinzione uomini, donne, cortigiani, servitori. Trovarsi sulla sua strada significava rischiare di soffocare. Diceva che non conosceva alcuna gioia paragonabile a quella di avere un bambino a cui poter dare schiaffi, liberamente, nei momenti in cui si sentiva di cattivo umore.
Poiché la gravidanza della regina era stata a lungo attesa invano, veniva considerata uno di quegli eventi straordinari di cui tutti desideravano essere testimoni. I medici ne attribuivano la causa alle loro medicine, i monaci alle loro reliquie, il popolo alle sue preghiere, e il re al suo amore. Tutti si interessavano al bambino che stava per nascere come se fosse il loro, e tutti formulavano sinceri desideri per la felice nascita del principe; poiché tutti ne volevano uno, e sia il popolo che i nobili e il re univano i loro desideri in questo senso. La regina trovò molto spiacevole che qualcuno osasse suggerirle da chi dovesse partorire, e dichiarò di voler avere una figlia, aggiungendo che le sembrava piuttosto strano che qualcuno osasse contestarle il diritto di disporre di un bene che apparteneva indubbiamente solo a lei.
Phénix cercò invano di farle ragionare; le disse chiaramente che quelle non erano affari suoi e si chiuse nel suo studio per fare il broncio, un’occupazione a cui dedicava regolarmente almeno sei mesi all’anno. Dico “sei mesi”, ma non consecutivamente: questo avrebbe significato altrettanto riposo per suo marito, sebbene i periodi in cui lo faceva fossero spesso quelli che lo addoloravano di più.
Il re comprendeva molto bene che i capricci della madre non avrebbero determinato il sesso del bambino; ma era disperato all’idea che lei esponesse così i suoi stravaganti comportamenti davanti a tutta la corte. Avrebbe sacrificato qualsiasi cosa pur di far sì che l’opinione generale giustificasse l’amore che provava per lei; e il rumore che causò in quella circostanza non fu l’unica follia commessa dall’illusoria speranza di rendere sua moglie ragionevole.
Non sapendo più a quale santo rivolgersi per chiedere aiuto, ricorse alla fata Discrète, sua amica e protettrice del suo regno. La fata gli consigliò di seguire la via della dolcezza, cioè di scusarsi con la regina. Gli disse che lo scopo principale di tutte le fantasie femminili era quello di confondere un po’ l’arroganza maschile e di abituare gli uomini all’obbedienza che loro stessi meritavano. Il modo migliore per correggere le stravaganze della propria moglie, aggiunse, era di comportarsi allo stesso modo. Non appena avesse smesso di contrariare i suoi capricci, lei avrebbe sicuramente smesso di averne; in altre parole, diventava saggia soltanto quando lo rendeva completamente pazzo. Quindi, doveva fare le cose con buona volontà e cercare di cedere in questa occasione per ottenere tutto ciò che desiderava in un’altra. Il re credette alla fata e, seguendo il suo consiglio, la prese da parte nel circolo della regina, le disse in privato di essere pentito per averla contrariata in modo inappropriato e promise che in futuro avrebbe cercato di compensarla con la sua comprensione nei confronti delle sue eventuali impertinenze.
La fantesiosa, temendo che la dolcezza di Fenix potesse da sola rendere ridicola tutta quella situazione, si affrettò a risponderle che, sotto quell’ironica scusa, vedeva ancora più orgoglio che nelle dispute precedenti; ma poiché i torti di un marito non giustificavano certo quelli di una moglie, si affrettava a cedere in quella circostanza come aveva sempre fatto. “Mio principe e mio sposo”, aggiunse ad alta voce, “mi ordina di partorire un maschio; so troppo bene quale sia il mio dovere per non obbedire. Non ignoro che quando Sua Maestà mi dimostra la sua tenerezza, lo fa meno per amore verso di me che per amore verso il suo popolo, del cui benessere si preoccupa tanto di notte quanto di giorno; devo imitare un tale nobile disinteresse. E ora chiederò al consiglio reale un rapporto dettagliato sul numero e sul sesso dei figli che convengono alla famiglia reale: un documento importante per il bene dello stato, e su cui ogni regina dovrebbe imparare a regolare il proprio comportamento di notte.”
Quel bel monologo fu ascoltato con grande attenzione da tutto il gruppo; lascio a voi immaginare quante risate furono inutilmente soffocate. Ah! disse tristemente il re uscendo e alzando le spalle; capisco bene che, quando si ha una donna pazza, non si può evitare di essere degli sciocchi.
La fata Discrète, il cui sesso e nome a volte si contrapponevano in modo divertente nel suo carattere, trovò questa disputa così piacevole da decidere di divertirsi fino alla fine. Disse pubblicamente al re che aveva consultato le comete che predicono il futuro dei principi, e che poteva rivelargli che il bambino nato da lui sarebbe un maschio; ma in segreto assicurò la regina che avrebbe avuto una figlia.
Cet avis rendit tout à coup Fantasque aussi raisonnable qu’elle avait été capricieuse jusqu’alors. Ce fut avec une douceur et une complaisance infinies qu’elle prit toutes les mesures possibles pour désoler le roi et toute la cour. Elle se hâta de faire faire une layette des plus superbes, affectant de la rendre si propre à un garçon qu’elle devînt ridicule à une fille ; il fallut dans ce dessein changer plusieurs modes ; mais tout cela ne lui coûtait rien. Elle fit préparer un beau collier de l’ordre tout brillant de pierreries, et voulut absolument que le roi nommât d’avance le gouverneur et le précepteur du jeune prince.
Sitôt qu’elle fut sûre d’avoir une fille elle ne parla que de son fils, et n’omit aucune des précautions inutiles qui pouvaient faire oublier celles qu’on aurait dû prendre. Elle riait aux éclats en se peignant la contenance étonnée et bête qu’auraient les grands et les magistrats qui devaient orner ses couches de leur présence. Il me semble, disait-elle à la fée, voir d’un côté notre vénérable chancelier arborer de grandes lunettes pour vérifier le sexe de l’enfant, et de l’autre sa sacrée Majesté baisser les yeux, et dire en balbutiant :… « Je croyais… la fée m’avait pourtant dit… Messieurs, ce n’est pas ma faute ; » et d’autres apophtegmes aussi spirituels recueillis par les savants de la cour et bientôt portés jusqu’aux extrémités des Indes.
Elle se représentait avec un plaisir malin le désordre et la confusion que ce merveilleux événement allait jeter dans toute l’assemblée. Elle se figurait d’avance les disputes, l’agitation de toutes les dames du palais pour réclamer, ajuster, concilier en ce moment imprévu les droits de leurs importantes charges et toute la cour en mouvement pour un béguin.
Ce fut aussi dans cette occasion qu’elle inventa le décent et spirituel usage de faire haranguer par les magistrats en robe le prince nouveau-né. Phénix voulut lui représenter que c’était avilir la magistrature à pure perte et jeter un comique extravagant sur tout le cérémonial de la cour, que d’aller en grand appareil étaler du Phébus à un petit marmot avant qu’il le pût entendre, ou du moins y répondre.
Eh ! tant mieux ! reprit vivement la reine, tant mieux pour votre fils ! Ne serait-il pas trop heureux que toutes les bêtises qu’ils ont à lui dire fussent épuisées avant qu’il les entendît, et voudriez-vous qu’on lui gardât pour l’âge de raison des discours propres à le rendre fou ? Pour Dieu laissez-les haranguer tout leur bien aise, tandis qu’on est sûr qu’il n’y comprend rien et qu’il en a l’ennui de moins : vous devez savoir de reste qu’on n’en est pas toujours quitte à si bon marché. Il en fallut passer par là, et de l’ordre exprès de sa majesté les présidents du sénat et des académies commencèrent à composer, étudier, raturer, et feuilleter leur Vaumorière et leur Démosthène pour apprendre à parler à un embryon.
Enfin le moment critique arriva : La reine sentit les premières douleurs avec des transports de joie dont on ne s’avise guère en pareille occasion. Elle se plaignait de si bonne grâce et pleurait d’un air si riant qu’on eût cru que le plus grand de ses plaisirs était celui d’accoucher.
Aussitôt ce fut dans tout le palais une rumeur épouvantable. Les uns courent chercher le roi, d’autres les princes, d’autres les ministres, d’autres le sénat, le plus grand nombre et les plus pressés allaient pour aller et roulant leur tonneau comme Diogène avaient pour toute affaire de se donner un air affairé. Dans l’empressement de rassembler tant de gens nécessaires, la dernière personne à qui l’on songea fut l’accoucheur, et le roi que son trouble mettait hors de lui ayant demandé par mégarde une sage-femme, cette inadvertance excita parmi les dames du palais des rires immodérés qui joints à la bonne humeur de la reine, firent l’accouchement le plus gai dont on eut jamais entendu parler.
Quoique Fantasque eût gardé de son mieux le secret de la fée, il n’avait pas laissé de transpirer parmi les femmes de sa maison et celles-ci le gardèrent si soigneusement elles-mêmes que le bruit fut plus de trois jours à s’en répandre par toute la ville, de sorte qu’il n’y avait depuis longtemps que le roi seul qui n’en sût rien. Chacun était donc attentif à la scène qui se préparait, l’intérêt public fournissant un prétexte à tous les curieux de s’amuser aux dépens de la famille royale, ils se faisaient une fête d’épier la contenance de leurs majestés et de voir comment avec deux promesses contradictoires la fée pourrait se tirer d’affaire et conserver son crédit.
Oh çà, monseigneur, dit Jalamir au druide en s’interrompant ; convenez qu’il ne tient qu’à moi de vous impatienter dans les règles : Car vous sentez bien que voici le moment des digressions, des portraits, et de cette multitude de belles choses que tout auteur homme d’esprit ne manque jamais d’employer à propos dans l’endroit le plus intéressant pour amuser ses lecteurs ! comment, Par dieu, dit le druide, t’imagines-tu qu’il y en ait d’assez sots pour lire tout cet esprit-là ? Apprends qu’on a toujours celui de le passer et qu’en dépit de monsieur l’auteur, on a bientôt couvert son étalage des feuillets de son livre. Et toi qui fais ici le raisonneur penses-tu que tes propos vaillent mieux que l’esprit des autres, et que pour éviter l’imputation d’une sottise il suffise de dire qu’il ne tiendrait qu’à toi de la faire ? Vraiment ; il ne fallait que le dire pour le prouver. Et malheureusement je n’ai pas, moi, la ressource de tourner les feuillets. Consolez-vous, lui dit doucement Jalamir, d’autres les tourneront pour vous si jamais on écrit ceci. Cependant, considérez que voilà toute la cour rassemblée dans la chambre de la reine ; que c’est la plus belle occasion que j’aurai jamais de vous peindre tant d’illustres originaux et la seule, peut-être que vous aurez de les connaître. Que Dieu t’entende ! repartit plaisamment le druide ; je ne les connaîtrai que trop par leurs actions : fais-les donc agir si ton histoire a besoin d’eux et n’en dis mot s’ils sont inutiles : je ne veux point d’autres portraits que les faits. Puisqu’il n’y a pas moyen, dit Jalamir, d’égayer mon récit par un peu de métaphysique, j’en vais tout bêtement reprendre le fil ; mais conter pour conter est d’un ennui : vous ne savez pas combien de belles choses vous allez perdre ! Aidez-moi, je vous prie à me retrouver, car l’essentiel m’a tellement emporté que je ne sais plus à quoi j’en étais du conte.
This opinion suddenly made Fantasque as reasonable as she had previously been capricious. With infinite gentleness and complaisance, she took every possible step to distress the king and the entire court. She hurriedly had the finest baby clothes prepared, going so far as to make them seem entirely suitable for a boy—which was utterly ridiculous for a girl; for this purpose, several different styles had to be altered—but all of this cost her nothing. She also had a beautiful necklace, adorned with dazzling jewels, prepared, and insisted that the king appoint the governor and tutor for the young prince in advance.
As soon as she was certain that she would have a daughter, she began talking only about her son, and did not omit any of those unnecessary precautions that might have made people forget those that actually needed to be taken. She laughed heartily at the thought of the astonished and foolish expressions the nobles and magistrates would surely make when they came to attend her childbirth. “I imagine,” she said to the fairy, “that on one side our venerable chancellor will be wearing huge glasses to determine the child’s gender, while on the other, His Sacred Majesty will lower his eyes and stammer, ‘I thought, but the fairy had told me. Gentlemen, it is not my fault, ’” And she went on recounting other equally witty remarks that were collected by the court scholars and soon spread throughout all corners of the Indies.
She maliciously relished the thought of the chaos and confusion that this wonderful event was about to cause throughout the entire assembly. She imagined in advance the arguments, the agitation among all the ladies of the palace as they tried to claim, adjust, and reconcile the rights associated with their important positions at this unexpected moment—while the whole court was thrown into turmoil over some mere pageboy.
It was also on this occasion that she devised the proper and dignified way of having the magistrates in their robes address the newborn prince. Phénix wanted to point out to her that such an act would degrade the authority of the judiciary utterly and add an absurd and ridiculous element to the entire court ceremony—after all, what sense was there in going through all the formalities just to present the image of Phébus to a tiny infant before he could even hear or respond to it?
“Ah! That’s even better!” the queen exclaimed eagerly. “It would be far too good for your son if all those foolish things they had to say to him were exhausted before he even heard them. Would you really want him to be exposed to speeches meant to drive a man mad when he is still too young to understand them? For God’s sake, let them go on at length—after all, we are certain he doesn’t understand a word, and it only bothers him less that way. Besides, you must know that things don’t always turn out so well in the end.” It was necessary to go through this process, and at the explicit orders of Her Majesty, the presidents of the senate and the academies began compiling, studying, revising, and rereading their texts—such as “Vaumorière” and “Démosthène”—in order to learn how to address an embryo.
Finally, the critical moment arrived: The queen began to feel the first pains, yet she was overcome with such joy that one would hardly expect to experience in such a situation. She complained with such good humor and cried in such a laughable manner that one might have thought that the greatest pleasure of all for her was giving birth.
Immediately, a terrible uproar arose throughout the palace. Some ran to look for the king, others for the princes, still others for the ministers; the majority, in their haste, rolled around with their barrels just as Diogenes would act in any situation to appear busy. In their rush to gather all those necessary people, the last person who came to mind was the midwife. And when the king, in his confusion, accidentally asked for a midwife, this oversight provoked uncontrollable laughter among the palace ladies. Combined with the queen’s good humor, it resulted in what was undoubtedly the happiest delivery anyone had ever heard of.
Although Fantasque had done his best to keep the secret of the fairy, some details had still slipped away among the women in his household. These women kept the news tightly under wraps, but it still took more than three days for the rumor to spread throughout the entire city. By then, only the king was still unaware of what was happening. Everyone was therefore watching closely as the situation unfolded. Public interest provided a pretext for all those curious to watch the royal family suffer the consequences of their own contradictory promises. They enjoyed watching how the fairy would manage to extricate herself from this predicament and maintain her credibility.
“Oh dear, my lord,” Jalamir said to the druid, interrupting himself, “you must admit that it’s entirely up to me whether I make you wait patiently or not. For you surely realize that this is the perfect moment for digressions, portraits, and all those wonderful things that every thoughtful author never fails to include in the most interesting parts of their stories, just to amuse their readers! How, by God,” said the druid, “do you think there are any fools enough to read all that nonsense? Learn this: people always have the ability to skip over such things, and no matter what the author does, it doesn’t take long before they’ve skipped right past his ‘exhibitions’ of cleverness. And you, who pretend to be so wise here—do you really think your words are any better than the wisdom of others? That avoiding the accusation of stupidity simply means that it’s up to you to avoid being stupid yourself? Really, all one needed to prove that was just to say it. Unfortunately, I don’t have the ability to turn these pages myself.” “Consolate yourself,” Jalamir said gently, “for someone else will do it for you if this ever gets written down. But consider this: the entire court is gathered in the queen’s chamber right now—this is perhaps the best opportunity I’ll ever have to describe all these illustrious individuals to you, and possibly the only chance you’ll ever have to meet them. May God hear you!” “I’ll know them all too well enough through their actions,” replied the druid cheerfully. “So if your story needs them, let them act; otherwise, don’t mention them at all—I want nothing but facts. Since there’s no way to liven up my tale with some metaphysics, ” Jalamir continued, “well, I’ll just simply pick up where I left off. But telling a story just for the sake of telling it is downright boring—you don’t know how many wonderful things you’re going to miss out on! Please help me get back on track; the main ideas have consumed me so much that I’ve completely lost track of what I was actually trying to tell.”
Questo parere fece improvvisamente sì che Fantasque diventasse tanto ragionevole quanto era stata capricciosa fino ad allora. Con una dolcezza e una disponibilità infinite, prese tutte le misure possibili per rattristare il re e tutta la corte. Si affrettò a far preparare un corredino estremamente lussuoso, fingendo che fosse adatto a un ragazzo, il che lo rendeva ridicolo se destinato a una ragazza; a tale scopo fu necessario modificare diversi modelli di abbigliamento. Ma tutto ciò non le costava nulla. Fece preparare anche un bellissimo collare adornato di preziose pietre e insistette affinché il re nominasse in anticipo il governatore e l’insegnante del giovane principe.
Non appena si rese certa di avere una figlia, iniziò a parlare solo di suo figlio, senza tralasciare alcuna delle precauzioni inutili che avrebbero potuto far dimenticare quelle che invece sarebbe stato necessario prendere. Rideva a crepapelle immaginando l’espressione sorpresa e sciocca che avrebbero assunto i nobili e i magistrati presenti alle sue nozze. “Mi sembra,” diceva alla fata, “di vedere da un lato il nostro venerabile cancelliere indossare grandi occhiali per verificare il sesso del bambino, e dall’altro la sua sacra Maestà abbassare lo sguardo e balbettare: ‘Credevo. La fata mi aveva detto. Signori, non è colpa mia, ’” E altre battute altrettanto spiritose, raccolte dai sapienti di corte e presto diffuse fino alle estremità delle Indie.
Si immaginava con malizioso piacere il disordine e la confusione che quell’evento meraviglioso avrebbe causato in tutta l’assemblea. Si figurava già le discussioni, l’agitazione di tutte le dame di corte nel tentativo di stabilire, regolare e conciliare, in quel momento imprevisto, i diritti legati alle loro importanti cariche. E tutta la corte in movimento per un semplice bambino.
Fu anche in questa occasione che inventò l’uso decoroso e spirituale di far pronunciare discorsi dai magistrati in toga al principe appena nato. Phénix cercò di farle comprendere che ciò avrebbe umiliato la magistratura a vuoto, oltre ad aggiungere un elemento assurdo e comico a tutto il cerimoniale di corte: presentare con grande solennità l’immagine di Febo davanti a un piccolo bambino prima ancora che potesse comprenderla o, almeno, rispondervi.
“Eh! Meglio così!” esclamò vivacemente la regina. “Meglio per vostro figlio! Non sarebbe troppo felice se tutte le sciocchezze che hanno da dirgli venissero pronunciate prima ancora che lui le ascoltasse? E vorreste davvero che gli si riservassero, per l’età in cui comincia a ragionare, discorsi capaci di farlo impazzire? Per Dio, lasciateli pure parlare quanto vogliono: siamo sicuri che non capisca nulla e, anzi, ne sarà meno infastidito. Del resto, dovreste sapere che spesso le cose non finiscono così facilmente. È stato necessario passare per questa fase. E su esplicita ordine di Sua Maestà, i presidenti del senato e delle accademie iniziarono a comporre, studiare, cancellare e rivedere i loro testi, imparando così a “parlare” a un embrione.”
Finalmente arriva il momento critico: la regina iniziò a provare i primi dolori, ma accompagnati da momenti di gioia che in una situazione del genere difficilmente si notano. Si lamentava con tanta grazia e piangeva in modo così sorridente che si sarebbe potuto pensare che il suo più grande piacere fosse proprio quello di partorire.
Immediatamente, in tutto il palazzo si diffuse un rumore terribile. Alcuni correvano a cercare il re, altri i principi, altri i ministri, ancora altri il senato; la maggior parte, nell’affanno di radunare tutte le persone necessarie, andò a cercare il “barile” su cui Diogene si appoggiava per svolgere le sue attività quotidiane. Nell’eccitazione generale, l’ultimo a essere preso in considerazione fu il levatore; e poiché il re, nel suo stato di agitazione, chiese accidentalmente la presenza di una levatrice, questa distrazione scatenò tra le dame del palazzo risate incontrollabili. Queste risate, unite all’ottimo umore della regina, resero il parto il più gioioso di cui si sia mai sentito parlare.
Sebbene Fantasque avesse fatto del suo meglio per mantenere il segreto della fata, alcune donne della sua casa avevano inevitabilmente rivelato qualcosa; queste ultime, a loro volta, avevano custodito il segreto con estrema attenzione, tanto che la notizia impiegò più di tre giorni per diffondersi in tutta la città. Di conseguenza, ormai solo il re non ne era a conoscenza. Tutti erano quindi molto interessati a ciò che stava per accadere; l’interesse pubblico forniva infatti un pretesto a tutti i curiosi per divertirsi a spese della famiglia reale. Si divertivano a osservare l’atteggiamento delle loro maestà e a vedere come, con due promesse contraddittorie, la fata sarebbe riuscita a uscirne indenne e a mantenere la propria credibilità.
“Ah, mio signore, ”, disse Jalamir interrompendo il druido; “ammettete pure che spetta solo a me farvi perdere la pazienza riguardo alle regole. Voi stesso sentite bene che questo è il momento giusto per le digressioni, i ritratti e tutte quelle cose belle di cui ogni autore intelligente non manca mai di fare uso nel punto più interessante del racconto, per intrattenere i suoi lettori! Ma come, per Dio, ”, replicò il druido, “come potete pensare che ci siano persone abbastanza stupide da leggere tutta questa roba? Imparate che si può sempre trovare il modo di ignorarla. E, nonostante l’autore, si finisce presto per voltare le pagine del suo libro e basta! E voi, che qui fate il ragionatore, pensate davvero che i vostri discorsi siano migliori di quelli degli altri? Che basti dire ‘spetta solo a me commettere stupidaggini’ per evitare di essere accusati di farne? Davvero, bastava dirlo per dimostrarlo. Ma purtroppo io non ho il modo di voltare le pagine, ” “Consolatevi”, gli disse dolcemente Jalamir, “altri lo faranno al vostro posto, se mai qualcuno scriverà questa storia. Comunque, considerate che tutta la corte è riunita nella stanza della regina. Questa è l’occasione migliore che abbia mai avuto per descrivervi tanti personaggi illustri. Forse l’unica occasione in cui potrete conoscerli davvero. Che Dio vi ascolti!” “Li conoscerò più che a sufficienza attraverso le loro azioni, ”, rispose il druido ridendo; “quindi, se la vostra storia ha bisogno di loro, fateli agire. Altrimenti, non parlatene nemmeno. Non voglio altri ritratti se non quelli fatti dai fatti stessi. Poiché non c’è modo, disse Jalamir, di rendere il mio racconto più interessante con un po’ di metafisica, allora riprenderò semplicemente il filo della storia. Ma raccontare solo per raccontare è davvero noioso. Non sapete quante belle cose perderete, ” “Aiutatemi, vi prego, a ritrovare il filo del racconto. L’essenziale mi ha talmente assorbito che ormai non so più dove fossi arrivato, ”
À cette reine, dit le druide impatienté, que tu as tant de peine à faire accoucher et avec laquelle tu me tiens depuis une heure en travail. Oh oh !, reprit Jalamir ; croyez-vous que les Enfants des rois se pondent comme des oeufs de grive ? Vous allez voir si ce n’était pas bien la peine de pérorer. La reine donc, après bien des cris et des ris tira enfin les curieux de peine et la fée d’intrigue en mettant au jour une fille et un garçon plus beaux que la lune et le soleil et qui se ressemblaient si fort qu’on avait peine à les distinguer. Ce qui fit que dans leur enfance on se plaisait à les habiller de même. Dans ce moment si désiré, le roi sortant de la majesté pour se rendre à la nature fit des extravagances qu’en d’autres temps il n’eût pas laissé faire à la reine, et le plaisir d’avoir des enfants le [rendait si enfant lui-même qu’il courut sur son balcon crier à pleine tête. « Mes amis, réjouissez-vous tous ; il vient de me naître un fils, à vous un Père, et une fille à ma femme. » La reine, qui se trouvait pour la première fois de sa vie à pareille fête, ne s’aperçut pas de tout l’ouvrage qu’elle avait fait, et la fée qui connaissait son esprit fantasque se contenta, conformément à ce qu’elle avait désiré, de lui annoncer d’abord une fille. La reine se la fit apporter, et ce qui surprit fort les spectateurs, elle l’embrassa tendrement à la vérité, mais les larmes aux yeux et avec un air de tristesse qui cadrait mal avec celui qu’elle avait eu jusqu’alors. J’ai déjà dit qu’elle aimait sincèrement son époux : Elle avait été touchée de l’inquiétude et de l’attendrissement qu’elle avait lu dans ses regards durant ses souffrances. Elle avait fait, dans un temps à la vérité singulièrement choisi, des réflexions sur la cruauté qu’il y avait à désoler un mari si bon, et quand on lui présenta sa fille elle ne songea qu’au regret qu’aurait le roi de n’avoir pas un fils. Discrète à qui l’esprit de son sexe et le don de féerie apprenait à lire facilement dans les coeurs pénétra sur le champ ce qui se passait dans celui de la reine, et n’ayant plus de raison pour lui déguiser la vérité, elle fit apporter le jeune prince. La reine revenue de sa surprise trouva l’expédient si plaisant qu’elle en fit des éclats de rire dangereux dans l’état où elle était. Elle se trouva mal. On eut beaucoup de peine à la faire revenir, et si la fée n’eût répondu de sa vie, la douleur la plus vive allait succéder aux transports de joie dans le coeur du roi et sur les visages des courtisans.
Mais voici ce qu’il y eut de plus singulier dans toute cette aventure : le regret sincère qu’avait la reine d’avoir tourmenté son mari lui fit prendre une affection plus vive pour le jeune prince que pour sa soeur, et le roi de son côté qui adorait la reine marqua la même préférence à la fille qu’elle avait souhaitée. Les caresses indirectes que ces deux uniques époux se faisaient ainsi l’un à l’autre devinrent bientôt un goût très décidé, et la reine ne pouvait non plus se passer de son fils que le roi de sa fille.
Ce double événement fit un grand plaisir à tout le peuple, et le rassura du moins pour un temps sur la frayeur de manquer de maîtres. Les esprits forts qui s’étaient moqués des promesses de la fée furent moqués à leur tour. Mais ils ne se tinrent pas pour battus, disant qu’ils n’accordaient pas même à la fée l’infaillibilité du mensonge ni à ses prédictions la vertu de rendre impossibles les choses qu’elle annonçait. D’autres, fondés sur la prédilection qui commençait à se déclarer, poussèrent l’impudence jusqu’à soutenir qu’en donnant un fils à la reine et une fille au roi l’événement avait de tout point démenti la prophétie.
Tandis que tout se disposait pour la pompe du baptême des deux nouveaux nés, et que l’orgueil humain se préparait à briller humblement aux autels des dieux… Un moment, interrompit le druide ; tu me brouilles d’une terrible façon. Apprends-moi, je te prie en quel lieu nous sommes. D’abord, pour rendre la reine enceinte tu la promenais parmi des reliques et des capuchons. Après cela tu nous as tout à coup fait passer aux Indes. À présent tu viens me parler du baptême et puis des autels des dieux. Par le grand Tharamis, je ne sais plus si dans la cérémonie que tu prépares nous allons adorer Jupiter, la bonne Vierge ou Mahomet. Ce n’est pas qu’à moi druide il m’importe beaucoup que tes deux bambins soient baptisés ou circoncis, mais encore faut-il observer le costume, et ne pas m’exposer à prendre un évêque pour le muphti et le Missel pour l’Alcoran. Le grand malheur ! lui dit Jalamir, d’aussi fins que vous s’y tromperaient bien. Dieu garde de mal tous les prélats qui ont des sérails et prennent pour de l’arabe le latin du bréviaire : Dieu fasse paix à tous les honnêtes cafards qui suivent l’intolérance du prophète de la Mecque, toujours prêts à massacrer saintement le genre humain pour la plus grande gloire du Créateur : Mais vous devez vous ressouvenir que nous sommes dans un pays de fées où l’on n’envoie personne en enfer pour le bien de son âme, où l’on ne s’avise point de regarder au prépuce des gens pour les damner ou les absoudre et où la mitre et le turban vert couvrent également les têtes sacrées pour servir de signalement aux yeux des sages et de parure à ceux des sots.
Je sais bien que les lois de la géographie qui règlent toutes les religions du monde veulent que les deux nouveau-nés soient musulmans, mais on ne circoncit que les mâles et j’ai besoin que mes jumeaux soient administrés tous deux ; ainsi trouvez bon que je les baptise. Fais, fais, dis le druide, voilà, foi de prêtre, un choix le mieux motivé dont j’aie entendu parler de ma vie.
La reine qui se plaisait à bouleverser toute l’étiquette, voulut se lever au bout de six jours et sortir le septième sous prétexte qu’elle se portait bien ; en effet, elle nourrissait ses enfants. Exemple odieux dont toutes les femmes lui représentèrent très fortement les conséquences. Mais Fantasque qui craignait les ravages du lait répandu soutint qu’il n’y a point de temps plus perdu pour le plaisir de la vie que celui qui vient après la mort, que le sein d’une femme morte se flétrit pas moins que celui d’une nourrisse, ajoutant d’un ton de duègne qu’il n’y a point de si belle gorge aux yeux d’un mari que celle d’une mère qui nourrit ses enfants. Cette intervention des maris dans les soins qui les regardent si peu fit beaucoup rire les dames, et la reine, trop jolie pour l’être impunément leur parut dès lors, malgré ses caprices, presque aussi ridicule que son époux qu’elles appelaient par dérision, le bourgeois de Vaugirard.
Je te vois venir, dit aussitôt le druide, tu voudrais me donner insensiblement le rôle de Schah-Bahan et me faire demander s’il y a aussi un Vaugirard aux Indes, comme un Madrid au Bois de Boulogne, un Opéra dans Paris, et un philosophe à la cour. Mais poursuis ta rhapsodie et ne me tends plus ces pièges : car n’étant ni marié ni sultan, ce n’est pas la peine d’être un sot.
Enfin, dit Jalamir sans répondre au druide, tout étant prêt, le jour fut pris pour ouvrir les portes du Ciel aux deux nouveau-nés ; la fée se rendit de bon matin au palais et déclara aux augustes époux qu’elle allait faire à chacun de leurs enfants un présent digne de leur naissance et de son pouvoir. Je veux, dit-elle, avant que l’eau magique les dérobe à ma protection, les enrichir de mes dons et leur donner des noms plus efficaces que ceux de tous les pieds-plats du calendrier, puisqu’ils exprimeront des perfections dont j’aurai soin de le douer en même temps : mais comme vous devez connaître mieux que moi les qualités qui conviennent au bonheur de votre famille et de vos peuples, choisissez vous-mêmes et faites ainsi d’un seul acte de volonté sur chacun de vos deux enfants ce que vingt ans d’éducation font rarement dans la jeunesse et que la raison ne fait plus dans un âge avancé.
“To this queen,” said the impatient druid, “you have such difficulty bringing forth a child, and yet you have kept me waiting for an hour in this agony. Oh oh!” Jalamir continued, “Do you really think that the Children of Kings are laid like thrush eggs? You’ll see soon enough whether all this fuss was worth it.” Finally, after much screaming and laughter, the queen managed to deliver a girl and a boy—more beautiful than the moon and the sun, and so alike that it was hard to distinguish them. In their childhood, people enjoyed dressing them identically. At this long-awaited moment, the king, abandoning his royal dignity, indulged in behaviors he would never have allowed the queen to do under normal circumstances. Overjoyed at having children, he ran out onto his balcony and shouted triumphantly, “My friends, rejoice! I have a son—your Father—and a daughter for my wife!” The queen, experiencing such a celebration for the first time in her life, was unaware of all the effort she had put into it. The fairy, knowing her whimsical nature, had chosen to announce a daughter first, just as she had wished. When the girl was brought before her, the queen kissed her tenderly—but with tears in her eyes and an expression of sadness that was quite out of place compared to her earlier joy. I have already mentioned that she truly loved her husband; she had been moved by the concern and tenderness she saw in his eyes during her suffering. At a rather peculiar moment, she had reflected on how cruel it would be to cause such distress to a kind man like him. When her daughter was presented to her, all she thought about was the king’s disappointment at not having a son. The fairy, being perceptive by nature and gifted with the power of magic, quickly understood what was going on in the queen’s heart. Having no reason now to hide the truth from her, she brought forward the young prince. Overcome with surprise, the queen found the whole situation so amusing that she burst into dangerous laughter—until she suddenly felt unwell. It took great effort to restore her to consciousness. If not for the fairy pledging to take responsibility for her life, the king’s heart and the faces of all the courtiers would have been filled with grief instead of joy.
But here lies what was most singular about this entire affair: the queen’s sincere regret for having tormented her husband made her develop a deeper affection for the young prince than for her sister; and the king, who adored his wife, showed the same preference for their daughter as she had desired. The indirect expressions of affection that these two unique spouses exchanged with each other soon turned into a firm and enduring habit, and neither the queen nor the king could any longer do without their respective children.
This double event brought great joy to the entire people and, at least for a time, reassured them against the fear of lacking rulers. Those who had mocked the fairy’s promises were now the ones being ridiculed in turn. However, they refused to admit defeat, claiming that they did not even attribute to the fairy the infallibility of lies, nor to her predictions the power to make what she announced impossible. Others, based on the growing favor shown toward the new child, went so far as to claim that by giving the queen a son and the king a daughter, this event had completely refuted the prophecy.
While everything was being prepared for the baptism of the two newborns, and human pride was about to shine humbly before the altars of the gods. Suddenly, the druid interrupted him, “You are confusing me terribly. Please tell me—where exactly are we? First, you led the queen through relics and sacred objects in order to make her conceive. Then, all at once, you brought us to the Indies. Now you talk about baptism and the altars of gods. By the great Tharamis, I no longer know whether, in the ceremony you are preparing, we will worship Jupiter, the Virgin Mary, or Muhammad. It doesn’t really matter much to me, a druid, whether your two infants are baptized or circumcised—but we must observe proper rituals, and certainly not mistake a bishop for a muphti or a missal for the Quran.” “Great misfortune!” exclaimed Jalamir. “Even people as discerning as yourselves could easily make such mistakes. May God protect all those prelates who own harems and mistake the Latin of the liturgy for Arabic; may He grant peace to all those honest people who follow the intolerance of the prophet of Mecca, always ready to slaughter humanity in the name of the Creator’s glory. But you must remember—we are in a land of fairies, where no one is sent to hell for the sake of their soul, where no one considers the foreskin of others as a sign of damnation or forgiveness, and where both the mitre and the green turban adorn the sacred heads, serving as guides for the wise and ornaments for the foolish.”
I am well aware that the geographical laws that govern all religions in the world dictate that both newborns must be Muslims, but circumcision is only performed on males, and I need for both of my twins to undergo this procedure; therefore, please allow me to baptize them. “Do it, do it,” said the druid. “By the faith of a priest, this is the most well-founded decision I have ever heard of in my life.”
The queen, who took pleasure in overturning all conventions of etiquette, decided to get up on the seventh day after six days of lying down, claiming that she felt well—after all, she was nursing her children. This outrageous example drew strong warnings from all the women regarding its consequences. But Fantasque, fearing the harm that spilled milk might cause, argued that there was no better time for the pleasures of life than the period right after death; moreover, he claimed that a woman’s dead breast would wither just as easily as that of a wet nurse, adding in a ladylike tone that no husband could find a more beautiful neck than that of a mother nursing her children. This interference by husbands in matters that had so little to do with them caused great amusement among the ladies. And the queen, who was too pretty to escape punishment for such behavior, now seemed to them—despite all her caprices—to be almost as ridiculous as her husband, whom they mockingly called “the bourgeois of Vaugirard.”
“I see where you’re getting at,” the druid said immediately. “You want to subtly assign me the role of Schah-Bahan and make me ask whether there is also a Vaugirard in the Indies, just as there is a Madrid in the Bois de Boulogne, an Opéra in Paris, and a philosopher at court.” But go on with your rhapsody—please stop setting these traps for me. After all, since I am neither married nor a sultan, there’s no point in being a fool.
“Finally,” said Jalamir, without answering the druid, “since everything was ready, the day was chosen to open the gates of Heaven for the two newborns. Early in the morning, the fairy went to the palace and announced to the royal couple that she would give each of their children a gift worthy of their birth and her own power. ‘I wish,’ she said, ‘before the magical waters take them away from my protection, to enrich them with my gifts and give them names more powerful than those of all the ordinary people in the calendar, for these names will reflect perfections that I will also work to ensure they possess.’ But since you must know better than I do what qualities are necessary for the happiness of your family and your peoples, choose yourselves—and by that single act of will, grant each of your two children what twenty years of education can rarely achieve in youth, and what reason alone cannot attain in old age.”
“A questa regina,” disse il druido impaziente, “che ti costa tanto far partorire e con cui sei da un’ora in preda alle difficoltà. Oh oh!”, riprese Jalamir, “pensate davvero che i Figli dei Re si schiudano come uova di passero? Vedrete se non valeva la pena tutto questo clamore. Alla fine, dopo molti gridi e risate, la regina riuscì a far nascere una bambina e un bambino più belli della luna e del sole, così simili tra loro che era difficile distinguerli. Da piccoli, si divertivano ad abbigliarli allo stesso modo. In quel momento tanto atteso, il re, lasciando da parte la maestosità per tornare alla natura, fece cose stravaganti che in altri tempi non avrebbe mai permesso alla regina di fare. La gioia di avere dei figli lo rese così infantile che corse sul balcone e gridò ad alta voce: ‘Amici miei, rallegratevi tutti! Mi è nato un figlio, per voi un Padre, e una figlia per mia moglie.’ La regina, che per la prima volta nella sua vita partecipava a una festa del genere, non si rese conto di tutto ciò che aveva fatto. La fata, conoscendo il suo carattere fantasioso, decise di annunciarle prima una figlia, secondo i suoi desideri. La regina la fece portare avanti a sé. Ciò che sorprese molto gli spettatori fu che lei l’abbracciò con tenerezza, ma con le lacrime agli occhi e un’espressione di tristezza che non si addiceva affatto al suo solito umore. Avevo già detto che amava sinceramente suo marito. Era stata commossa dall’inquietudine e dalla commozione che aveva visto nei suoi occhi durante le sue sofferenze. Aveva riflettuto, in un momento davvero insolito, sulla crudeltà di addolorare un marito così buono. E quando le presentarono la figlia, pensò solo al rimpianto che il re avrebbe provato per non avere un figlio maschio. La fata, che conosceva bene il carattere femminile e i poteri della magia, intuì immediatamente ciò che accadeva nel cuore della regina. E, non avendo più motivo di nasconderle la verità, fece portare avanti anche il piccolo principe. La regina, tornata in sé dalla sorpresa, trovò l’intera situazione così divertente da scoppiare in risate pericolose. Si sentì male. Fu necessario molto impegno per farla riprendere. E se la fata non avesse garantito per la sua vita, il dolore più acuto sarebbe seguito alle gioie del re e dei cortigiani, ”
Ma ecco ciò che fu più singolare in tutta questa avventura: il sincero rimorso provato dalla regina per aver tormentato suo marito la spinse a provare un affetto ancora più profondo per il giovane principe rispetto a sua sorella; dal canto suo, il re, che adorava la regina, mostrò la stessa preferenza per la figlia che lei aveva desiderato. Le carezze indirette che questi due unici coniugi si scambiavano divennero ben presto una vera e propria abitudine; la regina non riusciva più a fare a meno di suo figlio, così come il re non poteva fare a meno di sua figlia.
Questo doppio evento procurò grande gioia a tutto il popolo e, almeno per un certo periodo, lo rassicurò riguardo alla paura di rimanere senza sovrani. Coloro che avevano deriso le promesse della fata furono a loro volta presi in giro. Tuttavia non si arresero, affermando di non concedere nemmeno alla fata l’infallibilità nel mentire, né alle sue profezie la capacità di rendere impossibili le cose che annunciava. Altri, basandosi sulla preferenza che iniziava a manifestarsi tra i due sovrani, arrivarono addirittura all’arroganza di sostenere che il fatto che la fata avesse dato un figlio alla regina e una figlia al re aveva completamente smentito la sua profezia.
Mentre tutto si preparava per il battesimo dei due neonati, e l’orgoglio umano era pronto a brillare umilmente agli altari degli dèi. A un certo punto, interruppe il druido: “Mi confondi in modo terribile. Per favore, dimmi dove ci troviamo. Prima di tutto, per far ingravidire la regina, l’hai fatta passeggiare tra reliquie e cappucci; poi all’improvviso ci hai fatto arrivare nelle Indie. Ora parli di battesimo e di altari degli dèi. Per il grande Tharamis, non so più se nella cerimonia che stai preparando adoreremo Giove, la buona Vergine o Maometto. Non è che a me, come druido, importi molto che i tuoi due bambini siano battezzati o circoncisi. Ma bisogna pur rispettare le tradizioni e non rischiare di confondere un vescovo con un muphti, o il Messale con l’Alcorano. Grande sfortuna!” disse Jalamir. “Persino persone così sagge come voi potrebbero sbagliarsi. Che Dio protegga tutti quei prelati che hanno harem e scambiano il latino dei brevi per l’arabo. Che Dio conceda pace a tutti quegli onesti individui che seguono l’intolleranza del profeta di Mecca, sempre pronti a massacrare umanamente il genere umano al solo scopo di glorificare il Creatore. Ma dovete ricordare che ci troviamo in un paese di fate: qui nessuno viene mandato all’inferno per il bene della propria anima; non si giudica la gente in base al prepuzio. E sia la mitra che il turbante verde coprono le teste sacre, servendo da segnale agli saggi e da ornamento a quelli sciocchi.”
So bene che le leggi della geografia, che regolano tutte le religioni del mondo, prevedono che entrambi i neonati siano musulmani, ma la circoncisione viene praticata solo sui maschi; ho quindi bisogno che entrambi i miei gemelli vengano sottoposti a questa procedura. Per questo motivo, vi chiedo di permettermi di battezzarli. Fai pure, dice il druido. Questa è davvero la scelta più motivata di cui abbia mai sentito parlare in vita mia.
La regina, che amava sovvertire tutte le convenzioni sociali, volle alzarsi dopo sei giorni e uscire il settimo, sostenendo di stare bene; in effetti, stava allattando i suoi figli. Un esempio odioso, le cui conseguenze vennero fortemente sottolineate da tutte le donne. Ma Fantasque, temendo i danni causati dal latte versato, affermò che non c’era momento più adatto per godersi la vita di quello che seguiva la morte; aggiunse anche che il seno di una donna morta non appassiva certo meno di quello di una nutrice, sottolineando con tono solenne che non esisteva gola più bella agli occhi di un marito di quella di una madre che allatta i propri figli. Questa interferenza dei mariti in questioni che li riguardavano così poco fece ridere molto le dame; e la regina, troppo bella per poter agire impunemente, sembrò loro, nonostante i suoi capricci, quasi altrettanto ridicola del suo marito, che chiamavano scherzosamente “il borghese di Vaugirard”.
“Ti vedo arrivare,” disse subito il druido. “Vorresti farmi assumere, in modo insensibile, il ruolo di Schah-Bahan e farmi chiedere se ci sia anche un Vaugirard nelle Indie, come un Madrid nel Bois de Boulogne, un Opéra a Parigi, o un filosofo alla corte. Ma continua la tua rapsodia e non tendermi più queste trappole: poiché non sono né sposato né sultano, non ha senso essere sciocchi.”
“Infine,” disse Jalamir senza rispondere al druido, “poiché tutto era pronto, fu fissato il giorno in cui aprire le porte del Cielo ai due neonati; la fata si recò presto al palazzo e dichiarò agli augusti coniugi che avrebbe fatto a ciascuno dei loro figli un dono degno della loro nascita e del suo potere. Voglio, disse, prima che l’acqua magica li sottragga alla mia protezione, arricchirli con i miei doni e dar loro nomi più efficaci di quelli di tutti gli esseri comuni del calendario, poiché questi nomi esprimeranno perfezioni di cui mi assicurerò che vengano anche conferite loro stessi. Ma poiché voi conoscete meglio di me le qualità necessarie al felicità della vostra famiglia e dei vostri popoli, sceglieteli voi stessi e trasformate con un solo atto di volontà ciascuno dei vostri due figli in ciò che vent’anni di educazione raramente riescono a realizzare nella giovinezza, e ciò che la ragione non riesce più a ottenere in età avanzata.”
Aussitôt grande altercation entre les deux époux. La reine prétendait seule régler à sa fantaisie le caractère de toute sa famille, et le bon prince qui sentait toute l’importance d’un pareil choix, n’avait garde de l’abandonner au caprice d’une femme dont il adorait les folies sans les partager. Phénix voulait des enfants qui devinssent un jour des gens raisonnables ; Fantasque aimait mieux avoir de jolis enfants et pourvu qu’ils brillassent à six ans, elle s’embarrassait fort peu qu’ils fussent des sots à trente. La fée eut beau s’efforcer de mettre leurs majestés d’accord ; bientôt le caractère des nouveau-nés ne fut plus que le prétexte de la dispute, et il n’était pas question d’avoir raison, mais de se mettre l’un l’autre à la raison.
Enfin Discrète imagina un moyen de tout ajuster sans donner le tort à personne ; ce fut que chacun disposât à son gré de l’enfant de son sexe. Le roi approuva un expédient qui pourvoyait à l’essentiel en mettant à couvert des bizarres souhaits de la reine l’héritier présomptif de la couronne, et voyant les deux enfants sur les genoux de leur gouvernante il se hâta de s’emparer du prince non sans regarder sa soeur d’un oeil de commisération. Mais Fantasque d’autant plus mutinée qu’elle avait moins raison de l’être courut comme une Emportée à la jeune princesse, et la prenant aussi dans ses bras : vous vous unissez tous, dit-elle, pour m’excéder, mais afin que les caprices du roi tournent malgré lui-même au profit d’un de ses enfants, je déclare que je demande pour celui que je tiens tout le contraire de ce qu’il demandera pour l’autre. Choisissez maintenant, dit-elle au roi d’un air de triomphe, et puisque vous trouvez tant de charmes à tout diriger, décidez d’un seul mot le sort de votre famille entière. La fée et le roi tâchèrent en vain de la dissuader d’une résolution qui mettait ce prince dans un étrange embarras, elle n’en voulut jamais démordre et dit qu’elle se félicitait beaucoup d’un expédient qui ferait rejaillir sur sa fille tout le mérite que le roi ne saurait pas donner à son fils. Ah, dit ce prince outré de dépit, vous n’avez jamais eu pour votre fille que de l’aversion et vous le prouvez dans l’occasion la plus importante de sa vie ; mais, ajouta-t-il dans un transport de colère dont il ne fut pas le maître, pour la rendre parfaite en dépit de vous, je demande que cet enfant-ci vous ressemble. Tant mieux pour vous et pour lui, reprit vivement la reine, mais je serai vengée et votre fille vous ressemblera. À peine ces mots furent-ils lâchés de part et d’autre avec une impétuosité sans égale, que le roi, désespéré de son étourderie les eût bien voulu retenir ; mais c’en était fait, et les deux Enfants étaient doués sans retour des caractères demandés. Le garçon reçut le nom de prince Caprice et la fille s’appela la princesse Raison, nom bizarre qu’elle illustra si bien qu’aucune femme n’osa le porter depuis.
Voilà donc le futur successeur au trône orné de toutes les perfections d’une jolie femme, et la princesse sa soeur destinée à posséder un jour toutes les vertus d’un honnête homme et les qualités d’un bon roi ; partage qui ne paraissait pas des mieux entendus mais sur lequel on ne pouvait plus revenir. Le plaisant fut que l’amour mutuel des deux époux agissant en cet instant avec toute la force que lui rendaient toujours, mais souvent trop tard, les occasions essentielles, et la prédilection ne cessant d’agir, chacun trouva celui de ses enfants, qui devait lui ressembler le plus mal partagé des deux et songea moins à le féliciter qu’à le plaindre. Le roi prit sa fille dans ses bras et la serrant tendrement. Hélas, lui dit-il, que te servirait la beauté même de ta mère sans son talent pour la faire valoir ? Tu seras trop raisonnable pour faire tourner la tête à personne ! Fantasque plus circonspecte sur ses propres vérités ne dit pas tout ce qu’elle pensait de la sagesse du roi futur, mais il était aisé de douter, à l’air triste dont elle le caressait, qu’elle eût au fond du coeur une grande opinion de son partage. Cependant le roi la regardant avec une sorte de confusion lui fit quelques reproches sur ce qui s’était passé. Je sens mes torts, lui dit-il, mais ils sont votre ouvrage ; nos enfants auraient valu beaucoup mieux que nous, vous êtes cause qu’ils ne feront que nous ressembler. Au moins, dit-elle aussitôt, en sautant au cou de son mari, je suis sûre qu’ils s’aimeront autant qu’il est possible. Phénix touché de ce qu’il y avait de tendre dans cette saillie, se consola par cette réflexion qu’il avait si souvent occasion de faire qu’en effet la bonté naturelle et un coeur sensible suffisent pour tout réparer.
Je devine si bien tout le reste, dit le druide à Jalamir en l’interrompant, que j’achèverais le conte pour toi. Ton prince Caprice fera tourner la tête à tout le monde et sera trop bien l’imitateur de sa mère pour n’en pas être le tourment. Il bouleversera le royaume en le voulant réformer. Pour rendre ses sujets heureux il les mettra au désespoir, s’en prenant toujours aux autres de ses propres torts, injuste pour avoir été imprudent, le regret de ses fautes lui en fera commettre de nouvelles. Comme la sagesse ne le conduira jamais, le bien qu’il voudra faire augmentera le mal qu’il aura fait. En un mot, quoiqu’au fond il sait bon, sensible et généreux, ses vertus mêmes lui tourneront à préjudice et sa seule étourderie unie à tout son pouvoir le fera plus haïr que n’aurait fait une méchanceté raisonnée. D’un autre côté ta princesse Raison, nouvelle héroïne du pays des fées, deviendra un prodige de sagesse et de prudence et sans avoir d’adorateurs se fera tellement adorer du peuple que chacun fera des voeux pour être gouverné par elle : sa bonne conduite avantageuse à tout le monde et à elle-même ne fera du tort qu’à son frère dont on opposera sans cesse les travers à ses vertus et à qui la prévention publique donnera tous les défauts qu’elle n’aura pas, quand même il ne les aurait pas lui-même. Il sera question d’intervertir l’ordre de la succession au trône d’asservir la marotte à la quenouille et la fortune à la raison. Les docteurs exposeront avec emphase les conséquences d’un tel exemple et prouveront qu’il vaut mieux que le peuple obéisse aveuglément aux enragés que le hasard peut lui donner pour maître que de se choisir lui-même des chefs raisonnables ; que quoiqu’on interdise à un fou le gouvernement de son propre bien il est bon de lui laisser la suprême disposition de nos biens et de nos vies ; que le plus insensé des hommes est encore préférable à la plus sage des femmes, et que le mâle ou le premier né fût-il un singe ou un loup, il faudrait en bonne politique qu’une héroïne ou un ange naissant après lui obéît à ses volontés. Objections et répliques de la part des séditieux, dans lesquelles Dieu sait comme on verra briller ta sophistique éloquence : Car je te connais, c’est surtout à médire de ce qui se fait que ta bile s’exhale avec volupté, et ton amère franchise semble se réjouir de la méchanceté des hommes par le plaisir qu’elle prend à la leur reprocher.
Tubleu ! père druide, comme vous y allez, dit Jalamir tout surpris ; flux de paroles ! Où diable avez-vous pris de si belles tirades ? Vous ne prêchâtes de votre vie aussi bien dans le bois sacré, quoique vous n’y parliez pas plus vrai. Si je vous laissais faire, vous changeriez bientôt un conte de fées en un traité de politique et l’on trouverait quelque jour dans les cabinets des princes Barbe Bleue ou Peau-d’âne au lieu de Machiavel. Mais ne vous mettez point tant en frais pour deviner la fin de mon conte.
Pour vous montrer que les dénouements ne manquent pas au besoin, J’en vais dans quatre mots expédier un non pas aussi savant que le vôtre, mais peut-être aussi naturel et à coup sûr plus imprévu.
Immediately, a fierce argument broke out between the two spouses. The queen insisted on determining the character of their entire family entirely according to her own whims, while the kind prince, fully aware of the importance of such choices, refused to abandon that responsibility to the caprices of a woman whose foolishness he adored yet did not share. Phénix desired children who would one day grow up to be reasonable people; Fantasque, on the other hand, preferred to have beautiful children—as long as they shone brightly at the age of six, she didn’t care if they turned out to be fools by thirty. No matter how hard the fairy tried to bring them to an agreement, soon the character of the newborns became merely a pretext for their arguments. It was no longer about being right; it was about forcing each other to change their minds.
Finally, Discrète came up with a way to settle everything without offending anyone; it was for each person to have the child of their own sex at their discretion. The king approved of this solution, as it addressed the main issue while protecting the crown prince from the queen’s bizarre wishes. Seeing both children in their governess’s arms, he quickly took the prince into his own, casting a sympathetic glance at his sister. But Fantasque, all the more rebellious now that she had less reason to be so, rushed up to the young princess and, taking her into her arms as well, said, “You all unite against me, but just because the king’s whims are meant to benefit one of his children at his own expense, I declare that for the child I hold in my arms, I will demand the very opposite of what he will ask for the other. Now choose,” she said to the king triumphantly, “and since you find it so easy to control everything, decide with just one word the fate of your entire family.” The fairy and the king tried in vain to dissuade her from this resolution, which put the prince in a peculiar predicament; but she refused to change her mind, saying she was delighted at having found a way to ensure that all the praise due to the king would instead go to her daughter. “Ah,” exclaimed the prince, outraged and disappointed, “you have always disliked your daughter, and you prove it on the most important day of her life! But since I am determined to make her perfect despite you, I demand that this child bear your likeness.” “Even better for you and for him,” replied the queen quickly. “But I will take my revenge—your daughter will bear your likeness.” No sooner had these words been spoken with such unbridled impulsiveness that both parties regretted them instantly; but it was too late—the two children had already been endowed with the very characteristics that had been requested of them. The boy was named Prince Caprice, and the girl became Princess Reason, a name so bizarre that no woman dared to bear it since then.
Here was therefore the future heir to the throne, endowed with all the perfection of a beautiful woman; and his sister, the princess, destined one day to possess all the virtues of an honest man and the qualities of a good king—a union that seemed far from ideal, but one from which there was no turning back. What was amusing was that the mutual affection between the couple, acting at that moment with all the intensity that essential opportunities often bring, yet too frequently in vain, and with that constant preference for each other, meant that each found among their children the one who most resembled them—and thus both felt less inclined to congratulate them than to pity them. The king took his daughter in his arms and held her tenderly. “Alas,” he said, “what use would even your mother’s beauty be without the talent to bring it into full play? You are too sensible to ever captivate anyone!” The thoughtful young woman, though she did not express outright what she thought of the future king’s wisdom, her sad expression clearly suggested that she did not hold him in high regard. Nevertheless, when the king looked at her with a mixture of confusion and regret, she reproached him for what had happened. “I acknowledge my faults,” he said, “but they are your doing. Our children could have been so much better than we are—yet you are responsible for them ending up just like us.” “At least,” she replied immediately, throwing herself into her husband’s arms, “I am sure they will love each other as deeply as it is possible to do so.” Touched by the tenderness in her words, Phénix consoled himself with the thought that natural goodness and a sensitive heart were indeed enough to make up for everything.
“I can easily guess the rest,” said the druid, interrupting Jalamir. “I could finish telling you the story myself. Your prince Caprice will captivate everyone’s attention; he will be such an excellent imitator of his mother that he will undoubtedly bring ruin upon them all. He will attempt to reform the kingdom, but in doing so, he will only plunge its people into despair. To make them happy, he will cause them unhappiness, always blaming others for his own mistakes. His recklessness will lead him to commit new sins, and since wisdom will never guide him, the good he intends to do will only increase the harm he causes. In short, despite his inherent goodness, sensitivity, and generosity, it is precisely these virtues that will bring him ruin. His sheer foolishness, combined with all his power, will make him more hated than if he had been a deliberate villain. On the other hand, your princess Reason—this new heroine of the land of fairies—will become a marvel of wisdom and prudence. Without any admirers of her own, she will still be adored by the people, who will pray to be ruled by her. Her virtuous behavior, beneficial to everyone, including herself, will only harm her brother, whose faults will constantly be contrasted with her virtues. Public opinion will attribute to him every defect that she does not possess, even if he himself possesses none. It will seem necessary to reverse the order of succession to the throne—to put the foolishness in charge of the sensible, and fortune at the service of reason. Scholars will vehemently argue the consequences of such an outcome, proving that it is better for the people to blindly obey those whom fate may cast as their rulers than to choose their own wise leaders. They will claim that even if a fool is forbidden from governing his own wealth and life, it is still better to let him wield supreme control over them. That the most foolish of men is still preferable to the wisest of women, and that no matter whether the first-born son is a monkey or a wolf, it is politically wise for a heroine or angel to obey his will when she is born after him.”
“Tubleu! Oh, druid father, how you do that,” exclaimed Jalamir in surprise. “Such a flow of words! Where on earth did you get all those beautiful speeches? You preach just as well in the sacred woods—even if you don’t speak any more truth there. If I let you go on like this, you’d soon turn a fairy tale into a treatise on politics, and one day people would find Machiavelli in the cabinets of princes like Bluebeard or Donkeyskin.” But don’t bother trying so hard to guess the ending of my story.
To prove to you that there is no shortage of unexpected endings when needed, I will in just four words present one that may not be as sophisticated as yours, but perhaps just as natural—and certainly more surprising.
Subito scoppiò una violenta lite tra i due coniugi. La regina pretendeva di poter decidere, a piacimento suo, del carattere di tutta la sua famiglia; il buon principe, consapevole dell’importanza di tale scelta, non aveva alcuna intenzione di lasciarla al capriccio di una donna le cui follie ammirava senza però condividerle. Phénix desiderava figli che un giorno diventassero persone ragionevoli; Fantasque preferiva avere bambini belli, e purché brillassero a sei anni, non le importava affatto se a trent’anni fossero sciocchi. Nonostante la fata si sforzasse di farli raggiungere un accordo, ben presto il carattere dei neonati divenne soltanto un pretesto per le loro dispute; non si trattava più di avere ragione, ma di costringere l’altro a ragionare.
Infine, Discrète trovò un modo per sistemare tutto senza offendere nessuno: ognuno avrebbe potuto disporre a piacimento del bambino del proprio sesso. Il re approvò questo piano, poiché permetteva di soddisfare le esigenze essenziali, proteggendo al contempo l’erede apparente della corona dai desideri strani della regina. Vedendo i due bambini in grembo alla loro governante, si affrettò a prendere il principe, lanciando uno sguardo di compassione verso sua sorella. Ma Fantasque, resa ancora più ribelle dal fatto di non avere motivi per esserlo, corse come una furia verso la giovane principessa e, prendendola anche lei tra le braccia, disse: “Voi tutti vi unite contro di me, ma affinché i capricci del re finiscano per vantaggio di uno dei suoi figli, dichiaro che chiederò per quello che tengo tutto il contrario di ciò che chiederà per l’altro. Ora scegliete”, disse al re con aria trionfale, “e poiché trovate tanto piacere nel dirigere ogni cosa, decidete con una sola parola il destino di tutta la vostra famiglia.” La fata e il re cercarono invano di dissuaderla da questa decisione che metteva il principe in una situazione molto imbarazzante; lei però non volle cambiare idea e disse di essere molto contenta di questo piano, poiché avrebbe fatto sì che tutto il merito che il re non sarebbe stato in grado di attribuire a suo figlio venisse riconosciuto alla sua figlia. “Ah”, esclamò il principe, offeso e furioso, “voi non avete mai provato alcuna affetto per vostra figlia. E lo dimostrate proprio in questa occasione più importante della sua vita! Ma, ”, aggiunse, in un impeto di rabbia che non riuscì a controllare, “per renderla perfetta nonostante voi, chiedo che questo bambino assomigli a me.” “Meglio per voi e per lui, ”, rispose prontamente la regina. Ma appena queste parole furono pronunciate con una impetuosità senza pari, il re, disperato per la propria follia, avrebbe voluto ritrarle; ma ormai era troppo tardi: i due bambini avevano ricevuto irrevocabilmente i caratteri desiderati. Il ragazzo fu chiamato principe Capriccio e la ragazza principessa Raison. Un nome strano, che lei illustrò così bene da far sì che nessuna donna osasse più portarlo dopo di allora.
Ecco dunque il futuro erede al trono, dotato di tutte le perfezioni di una bella donna; e sua sorella, la principessa, destinata un giorno ad possedere tutte le virtù di un uomo onesto e le qualità di un buon re. Una divisione che non sembrava delle più sagge, ma dalla quale ormai non si poteva tornare indietro. La cosa divertente fu che l’amore reciproco dei due coniugi, agendo in quel momento con tutta la forza che le occasioni essenziali gli conferivano, sebbene spesso troppo tardi, e la preferenza che entrambi provavano l’uno per l’altra, fece sì che ciascuno ritenesse il proprio figlio, quello che più gli assomigliava, il meno fortunato dei due. E pensarono meno a felicitarlo che a compiangerlo. Il re prese sua figlia tra le braccia e la strinse teneramente. “Ahimè”, le disse, “a cosa ti servirebbe anche la bellezza di tua madre senza il talento necessario per farla risaltare? Sarai troppo ragionevole per attirare l’attenzione di nessuno, ” La fanciulla, più cauta riguardo alle proprie verità, non disse tutto ciò che pensava sulla saggezza del futuro re. Ma era facile dubitare, dal tono triste con cui lo accarezzava, che nel suo cuore avesse una grande stima di quella divisione dei ruoli. Tuttavia, il re, guardandola con un certo imbarazzo, le fece alcuni rimproveri per quanto era accaduto, “Riconosco i miei errori”, le disse, “ma sono opera tua. I nostri figli avrebbero potuto essere molto migliori di noi. Sei tu la causa per cui saranno soltanto una nostra copia, ” “Almeno”, rispose subito lei, gettandosi al collo del marito, “so con certezza che si ameranno tanto quanto è possibile, ” Il re, commosso dalla tenerezza di quelle parole, si consolò pensando a quanto spesso gli fosse capitato di constatare che la bontà naturale e un cuore sensibile siano sufficienti per riparare tutto.
“Indovino così bene tutto il resto,” disse il druido interrompendo Jalamir, “che potrei concludere questa storia per te. Il tuo principe Capriccio attirerà l’attenzione di tutti e sarà un imitatore troppo fedele di sua madre per non causare disastri. Turberà il regno cercando di riformarlo; per rendere i suoi sudditi felici, li porterà alla disperazione, incolpando sempre gli altri dei propri errori. Essendo ingiusto per la propria imprudenza, il rimorso delle sue colpe lo spingerà a commetterne altre. Poiché la saggezza non lo guiderà mai, il bene che vorrà fare aumenterà il male che avrà causato. In breve, anche se nel profondo è buono, sensibile e generoso, le sue stesse virtù finiranno per nuocergli. La sua sola follia, unita a tutto il suo potere, lo renderà più odiato di quanto lo sarebbe una malvagità calcolata. D’altra parte, la tua principessa Ragione, nuova eroina del regno delle fate, diventerà un esempio di saggezza e prudenza. Senza avere ammiratori, si farà amare dal popolo al punto che tutti desidereranno essere governati da lei. Il suo buon comportamento, vantaggioso per tutti, non causerà danno se non a suo fratello. Le sue mancanze verranno costantemente messe in risalto rispetto alle sue virtù. E la pubblica opinione attribuirà a lui tutti i difetti che in realtà non possiede. Si parlerà di sovvertire l’ordine di successione al trono, di asservire la follia alla ragione. Gli studiosi esporranno con enfasi le conseguenze di un simile comportamento, dimostrando che è meglio che il popolo obbedisca ciecamente ai capi folli scelti dal caso, piuttosto che sceglierseli da solo. Che anche se si proibisce a un pazzo di governare i propri beni, è comunque giusto lasciargli il controllo assoluto dei nostri beni e delle nostre vite. Che l’uomo più insensato sia ancora preferibile alla donna più saggia. E che, anche se il primo nato fosse una scimmia o un lupo, sarebbe politicamente giusto che una principessa o un angelo nascesse dopo di lui e gli obbedisse. Obiezioni e risposte da parte dei sediziosi. In cui, Dio sa come, brillerà la tua eloquenza sofisticata. Perché ti conosco bene: è soprattutto criticando ciò che accade che il tuo spirito malvagio trova soddisfazione. E la tua amara franchezza sembra gioire della malvagità umana, godendo nel rimproverarla, ”
“Tubleu! Padre druido, ma come fate a parlare in questo modo?”, disse Jalamir, molto sorpreso. “Un flusso continuo di parole. Da dove diavolo avete preso tutte queste belle frasi? Non predicate mai così bene nemmeno nel bosco sacro, anche se non parlate mai con maggiore sincerità lì. Se vi lasciassi fare, trasformereste presto una fiaba in un trattato di politica. E un giorno si troverebbero nei cabinet dei principi personaggi come Barbe Blu o Cappello di Vetro al posto di Machiavelli. Ma non vi sforzate troppo per indovinare la fine della mia storia, ”
Per dimostrarvi che i colpi di scena non mancano mai quando ce n’è bisogno, in quattro parole vi presenterò uno che non è certo così “saggio” come il vostro, ma forse altrettanto naturale, e sicuramente molto più inaspettato.
Vous saurez donc que les deux enfants jumeaux étant, comme je l’ai remarqué fort semblables de figure et de plus habillés de même, le roi croyant avoir pris son fils tenait sa fille entre ses bras au moment de l’influence, et que la reine trompée par le choix de son mari ayant aussi pris son fils pour sa fille, la fée profita de cette erreur pour douer les deux enfants de la manière qui leur convenait le mieux. Caprice fut donc le nom de la princesse, et Raison celui du prince son frère, et en dépit des bizarreries de la reine tout se trouva dans l’ordre naturel. Parvenu au trône après la mort du roi, Raison fit beaucoup de bien et fort peu de bruit ; cherchant plutôt à remplir ses devoirs qu’à s’acquérir de la réputation il ne fit ni guerre aux étrangers ni violence à ses sujets et reçut plus de bénédictions que d’éloges. Tous les projets formés sous le précédent règne furent exécutés sous celui-ci, et en passant de la domination du père sous celle du fils les peuples deux fois heureux crurent n’avoir pas changé de maître. La princesse Caprice, après avoir fait perdre la vie ou la raison à des multitudes d’amants tendres et aimables, fut enfin mariée à un roi voisin qu’elle préféra parce qu’il portait la plus longue moustache et sautait le mieux à cloche-pied. Pour Fantasque, elle mourut d’une indigestion de pieds de perdrix en ragoût qu’elle voulut manger avant de se mettre au lit où le roi se morfondait à l’attendre, un soir qu’à force d’agaceries elle l’avait engagé à venir coucher avec elle.
FIN de LA REINE FANTASQUE
Liste des Mélanges ou littérature variée
Liste générale des titres
You will thus understand that since the two twin children were very similar in appearance and wore identical clothing, the king, thinking he had taken his son, held his daughter in his arms at the moment of the transformation. The queen, deceived by her husband’s choice, also mistook her son for her daughter. Taking advantage of this mistake, the fairy endowed each child with the qualities that suited them best. Thus, the princess was named Caprice, and her brother was called Reason. Despite the queen’s eccentricities, everything returned to its natural order. After the king’s death, Reason ascended to the throne and ruled wisely, doing much good without causing any trouble. Focusing on fulfilling his duties rather than seeking fame, he waged no wars against foreigners nor oppressed his subjects; instead, he received more blessings than praise. All the plans initiated under the previous reign were carried out during his rule. As the people changed from one ruler to another, they felt as if they had not lost their sovereign. Princess Caprice, after causing many tender and devoted lovers to lose their lives or their reason, eventually married a neighboring king—whom she preferred simply because he had the longest mustache and was the best at hopping on one foot. As for Fantasque, she died of indigestion after eating stewed pheasant feet, having insisted on consuming it before going to bed that very night, when the king, frustrated by her constant teasing, had agreed to join her in bed.
End of The Fairy Queen.
List of Miscellaneous Works or Varied Literature
General list of titles
Quindi saprete che i due bambini gemelli, essendo molto simili nell’aspetto e inoltre vestiti allo stesso modo, furono scambiati dal re per errore: egli credeva di tenere suo figlio tra le braccia, mentre in realtà teneva sua figlia; la regina, ingannata dalla scelta del marito, fece lo stesso errore. La fata approfittò di questa confusione per donare ai due bambini ciò che era più adatto a loro. La principessa fu chiamata Capriccio, il principe suo fratello Raison; nonostante le stranezze della regina, tutto tornò nell’ordine naturale. Quando Raison salì al trono dopo la morte del padre, fece molto bene senza causare troppi problemi: si impegnò piuttosto a adempiere ai propri doveri che a cercare fama; non combatté contro gli stranieri né fu violento con i suoi sudditi, e ricevette più benedizioni che lodi. Tutti i progetti avviati durante il regno precedente furono portati a termine sotto il suo governo; passando dal dominio del padre a quello del figlio, i popoli, due volte felici, credettero di non aver cambiato sovrano. La principessa Capriccio, dopo aver fatto perdere la vita o la ragione a molti amanti affettuosi e devoti, finì per sposare un re vicino, che scelse perché aveva la barba più lunga e saltava alla corda meglio di tutti. Per quanto riguarda Fantasque, beh, morì di indigestione a causa di piedi di pernice in salsa che volle mangiare prima di andare a letto, dove il re, angosciato dall’attesa, si consumava nell’ansia, dopo che lei lo aveva costretto, con le sue continue provocazioni, ad andare a dormire con lei.
Fine della Regina Fantasma
Elenco di miscellane o letteratura varia
Elenco generale dei titoli