Rousseau

Abstract

A satirical periodical sheet conceived with Diderot, in which Rousseau ironically presents himself as a literary critic full of confidence and devoid of competence. A satirical exercise, without philosophical content.

Connections

Forme: saggio

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Dès qu’on m’a appris que les écrivains qui s’étaient chargés d’examiner les ouvrages nouveaux avaient, par divers accidents, successivement résigné leurs emplois, je me suis mis en tête que je pourrais fort bien les remplacer ; et, comme je n’ai pas la mauvaise vanité de vouloir être modeste avec le public, j’avoue franchement que je m’en suis trouvé très capable ; je soutiens même qu’on ne doit jamais parler autrement de soi, que quand on est bien sûr de n’en pas être la dupe. Si j’étais un auteur connu, j’affecterais peut-être de débiter des contre-vérités à mon désavantage, pour tâcher, à leur faveur, d’amener adroitement dans la même classe les défauts que je serais contraint d’avouer : mais actuellement le stratagème serait trop dangereux ; le lecteur, par provision, me jouerait infailliblement le tour de tout prendre au pied de la lettre : or, je le demande à mes chers confrères, est-ce là le compte d’un auteur qui parle mal de soi ?

Je sens bien qu’il ne suffit pas tout-à-fait que je sois convaincu de ma grande capacité, et qu’il serait assez nécessaire que le public fût de moitié dans cette conviction : mais il m’est aisé de montrer que cette réflexion, même prise comme il faut, tourne presque toute à mon profit. Car remarquez, je vous prie, que, si le public n’a point de preuves que je sois pourvu des talents convenables pour réussir dans l’ouvrage que j’entreprends, on ne peut pas dire non plus qu’il en ait du contraire. Voilà donc déjà pour moi un avantage considérable sur la plupart de mes concurrents ; j’ai réellement vis-à-vis d’eux une avance relative de tout le chemin qu’ils ont fait en arrière.

Je pars ainsi d’un préjugé favorable, et je le confirme par les raisons suivantes, très capables, à mon avis, de dissiper pour jamais toute espèce de doute désavantageux sur mon compte.

1° On a publié depuis un grand nombre d’années une infinité de journaux, feuilles et autres ouvrages périodiques, en tout pays et en toute langue, et j’ai apporté la plus scrupuleuse attention à ne jamais rien lire de tout cela. D’où je conclus que, n’ayant point la tête farcie de ce jargon, je suis en état d’en tirer des productions beaucoup meilleures en elles-mêmes, quoique peut-être en moindre quantité. Cette raison est bonne pour le public ; mais j’ai été contraint de la retourner pour mon libraire, en lui disant que le jugement engendre plus de choses à mesure que la mémoire en est moins chargée, et qu’ainsi les matériaux ne nous manqueraient pas.

2° Je n’ai pas non plus trouvé à propos, et à peu près par la même raison, de perdre beaucoup de temps à l’étude des sciences ni à celle des auteurs anciens. La physique systématique est depuis longtemps reléguée dans le pays des romans ; la physique expérimentale ne me paraît plus que l’art d’arranger agréablement de jolis brimborions ; et la géométrie, celui de se passer du raisonnement à l’aide de quelques formules.

Quant aux anciens, il m’a semblé que, dans les jugements que j’aurais à porter, la probité ne voulait pas que je donnasse le change à mes lecteurs, ainsi que faisaient jadis nos savants, en substituant frauduleusement, à mon avis qu’ils attendraient, celui d’Aristote ou de Cicéron dont ils n’ont que faire : grâce à l’esprit de nos modernes, il y a longtemps que ce scandale a cessé, et je me garderai bien d’en ramener la pénible mode. Je me suis seulement appliqué à la lecture des dictionnaires ; et j’y ai fait un tel profit, qu’en moins de trois mois je me suis vu en état de décider de tout avec autant d’assurance et d’autorité que si j’avais eu deux ans d’étude. J’ai de plus acquis un petit recueil de passages latins tirés de divers poètes, où je trouverai de quoi broder et enjoliver mes feuilles, en les ménageant avec économie afin qu’ils durent longtemps. Je sais combien les vers latins, cités à propos, donnent de relief à un philosophe ; et, par la même raison, je me suis fourni de quantité d’axiomes et de sentences philosophiques pour orner mes dissertations, quand il sera question de poésie. Car je n’ignore pas que c’est un devoir indispensable pour quiconque aspire à la réputation d’auteur célèbre, de parler pertinemment de toutes les sciences, hors celle dont il se mêle. D’ailleurs, je ne sens point du tout la nécessité d’être fort savant pour juger les ouvrages qu’on nous donne aujourd’hui. Ne dirait-on pas qu’il faut avoir lu le père Pétau, Montfaucon, etc., et être profond dans les mathématiques, etc., pour juger Tanzaï, Grigri, Angola, Misapouf, et autres sublimes productions de ce siècle ?

Ma dernière raison, et, dans le fond, la seule dont j’avais besoin, est tirée de mon objet même. Le but que je me propose dans le travail médité, est de faire l’analyse des ouvrages nouveaux qui paraîtront, d’y joindre mon sentiment, et de communiquer l’un et l’autre au public ; or, dans tout cela, je ne vois pas la moindre nécessité d’être savant. Juger sainement et impartialement, bien écrire, savoir sa langue ; ce sont là, ce me semble, toutes les connaissances nécessaires en pareil cas : mais ces connaissances, qui est-ce qui se vante de les posséder mieux que moi et à un plus haut degré ? À la vérité je ne saurais pas bien démontrer que cela soit réellement tout-à-fait comme je le dis ; mais c’est justement à cause de cela que je le crois encore plus fort : on ne peut trop sentir soi-même ce qu’on veut persuader aux autres. Serais-je donc le premier qui, à force de se croire un fort habile homme, l’aurait aussi fait croire au public ? et si je parviens à lui donner de moi une semblable opinion, qu’elle soit bien ou mal fondée, n’est-ce pas, pour ce qui me regarde, à peu près la même chose dans le cas dont il s’agit ?

On ne peut donc nier que je ne sois très fondé à m’ériger eh Aristarque, en juge souverain des ouvrages nouveaux, louant, blâmant, critiquant à ma fantaisie sans que personne soit en droit de me taxer de témérité, sauf à tous et un chacun de se prévaloir contre moi du droit de représailles, que je leur accorde de très grand cœur, désirant seulement qu’il leur prenne en gré de dire du mal de moi de la même manière et dans le même sens que je m’avise d’en dire du bien.

C’est par une suite de ce principe d’équité que, n’étant point connu de ceux qui pourraient devenir mes adversaires, je déclare que toute critique ou observation personnelle sera pour toujours bannie de mon journal. Ce ne sont que des livres que je vais examiner ; le mot d’auteur ne sera pour moi que l’esprit du livre même, il ne s’étendra point au-delà ; et j’avertis positivement que je ne m’en servirai jamais dans un autre sens : de sorte que si, dans mes jours de mauvaise humeur, il m’arrive quelquefois de dire : Voilà un sot, un impertinent écrivain, c’est l’ouvrage seul qui sera taxé d’impertinence et de sottise, et je n’entends nullement que l’auteur en soit moins un génie du premier ordre, et peut-être même un digne académicien. Que sais-je, par exemple, si l’on ne s’avisera point de régaler mes feuilles des épithètes dont je viens de parler ? or, on voit bien d’abord que je ne cesserai pas pour cela d’être un homme de beaucoup de mérite.

Comme tout ce que j’ai dit jusqu’à présent paraîtrait un peu vague, si je n’ajoutais rien pour exposer plus nettement mon projet et la manière dont je me propose de l’exécuter, je vais prévenir mon lecteur sur certaines particularités de mon caractère, qui le mettront au fait de ce qu’il peut s’attendre à trouver dans mes écrits.

As soon as I learned that the writers assigned to review new works had, due to various circumstances, successively resigned from their positions, I decided that I could very well fill in for them. And since I don’t possess the unfortunate vanity of trying to appear modest in front of the public, I frankly admit that I found myself entirely capable of doing so; I even assert that one should never speak otherwise about oneself unless one is absolutely certain of not being deceived by one’s own words. If I were a well-known author, I might perhaps go so far as to utter falsehoods detrimental to my own reputation, in order, on their behalf, to cleverly present the very flaws I would be forced to admit as belonging to me. But at present, such a strategy would be too dangerous; the reader would undoubtedly take everything I said literally. And I ask my dear colleagues: is that really the way an author who speaks poorly of himself should behave?

I am well aware that it is not enough for me to be convinced of my own great abilities; it would also be quite necessary for the public to share this conviction to some extent. However, it is easy for me to show that, even if considered in the proper way, this reasoning almost always works in my favor. For please note that, while the public has no evidence to prove that I possess the appropriate talents to succeed in the undertaking I have chosen, they also have no evidence to suggest the opposite. Thus, this alone gives me a considerable advantage over most of my competitors; I am indeed at a relative disadvantage compared to them, given all the steps they have taken backward.

I therefore start out with a favorable preconception, and I confirm it with the following reasons, which, in my opinion, are more than sufficient to dispel any lingering doubts that might be unfavorable to me.

For many years now, an endless number of newspapers, pamphlets, and other periodicals have been published in every country and in every language, and I have taken the utmost care to never read any of them. From this, I conclude that, since my mind is not filled with all this jargon, I am able to produce works that are, in themselves, much better—even if perhaps in smaller quantities. This argument is valid for the general public; but I was forced to turn it back on my bookseller, telling him that judgment generates more ideas precisely because memory is less burdened by such material, and thus we would not lack subjects upon which to write.

2° For similar reasons, I also saw no point in spending much time studying the sciences or ancient authors. Systematic physics has long been relegated to the realm of fiction; experimental physics seems to me nothing more than the art of arranging neat and attractive trivialities; and geometry is merely a method of proceeding without the need for reasoning, relying solely on a few formulas.

As for the ancients, it seemed to me that, in the judgments I was to render, honesty required me not to deceive my readers, as our scholars of old used to do—by fraudulently substituting, in my opinion, what they would have expected me to use, namely the writings of Aristotle or Cicero, which they had no need for at all. Thanks to the wisdom of our modern times, such practices have long since ceased, and I would never dare to revive them. I simply devoted myself to studying dictionaries, and from this I gained so much that in less than three months I found myself able to decide on any matter with as much confidence and authority as if I had spent two years in study. In addition, I acquired a small collection of Latin passages taken from various poets, which I could use to embellish my writings, carefully managing them so that they would last for a long time. I am well aware of how Latin verses, used appropriately, can add distinction to the writings of a philosopher; and for the same reason, I gathered a number of philosophical axioms and quotations to adorn my essays whenever the subject turned to poetry. For I know full well that it is an indispensable duty for anyone who aspires to gain the reputation of being a distinguished author to speak competently on all subjects except for those in which he specializes. Moreover, I see no need at all to be highly learned in order to judge the works that are presented to us today. Would one really say that it is necessary to have read authors such as Father Pétau or Montfaucon, and to have a profound knowledge of mathematics, etc., in order to appreciate the magnificent works of Tanzaï, Grigri, Angola, Misapouf, and others from this century?

My last reason—and, in fact, the only one I needed—derives directly from my own subject matter. The goal I set for myself in this deliberate work is to analyze new books that are published, to add my own opinions to them, and to present both the analysis and my views to the public. In all of this, I see no need whatsoever for being knowledgeable in a profound manner. To judge fairly and impartially, to write well, to have a good command of one’s language—these, in my opinion, are all the knowledge required in such a situation. But who, among all people, can claim to possess these qualities better or to a greater extent than I do? Indeed, I would not be able to provide solid evidence to prove that this is truly the case; yet precisely for this reason, I am even more convinced of it. One can never know too well what one wants to convince others of. So could I really be the first person who, by simply believing in my own abilities, has also managed to make the public believe the same? And if I succeed in giving the public such an impression of me—whether it is well-founded or not—then, as far as I am concerned, isn’t that essentially the same thing?

It is therefore undeniable that I have every right to act as the supreme judge of new works—to praise, condemn, or criticize them at my discretion. No one has the right to accuse me of presumption, unless each and every one of them decides to resort to reprisals against me. I grant them this right with great willingness, only hoping that they will be kind enough to speak ill of me in the same manner and for the same reasons as I choose to speak well of them.

It is in accordance with this principle of fairness that, since those who might become my adversaries do not know me, I declare that any personal criticism or remark will be forever banned from my journal. It is only the books themselves that I will examine; the name of the author will mean nothing more to me than the spirit of the book itself—nothing more. I hereby affirm that I will never use it in any other sense. Therefore, should I occasionally, on days of bad temper, say something like, “What a fool, what an impertinent writer,” it is only the work itself that will be condemned as impertinent and foolish. In no way do I mean to imply that the author is anything less than a first-rate genius, or perhaps even a worthy member of an academy. Who knows? Perhaps someone might choose to bestow upon my writings the kinds of epithets I just mentioned. But, clearly, this in no way diminishes my own merits as a person.

Since everything I have said so far might seem a bit vague, if I did not add something to clarify my project and the way in which I intend to carry it out, I would like to inform my reader about certain aspects of my personality that will help him understand what he can expect to find in my writings.

Non appena ho saputo che gli scrittori incaricati di esaminare i nuovi lavori avevano, per diversi motivi, rinunciato uno dopo l’altro alle loro mansioni, ho pensato che avrei potuto benissimo sostituirli; e poiché non ho quella cattiva vanità di volermi presentare in modo modesto davanti al pubblico, ammetto francamente di esserne stato molto capace; anzi, affermo che non si dovrebbe mai parlare di sé diversamente da come si fa quando si è certi di non essere ingannati. Se fossi uno scrittore conosciuto, forse fingerei di dire cose false a mio svantaggio, nel tentativo di presentare in modo positivo quei difetti che sarei costretto ad ammettere; ma al momento attuale tale strategia sarebbe troppo pericolosa: il lettore, preso alla sprovvista, interpreterebbe inevitabilmente tutto alla lettera. E allora, vi chiedo, cari colleghi, è davvero questo il comportamento di uno scrittore che parla male di sé?

Sento chiaramente che non basta affatto che io sia convinto della mia grande capacità; sarebbe anche necessario che il pubblico condividesse in parte questa convinzione. Tuttavia, mi è facile dimostrare che questo ragionamento, anche considerato nel modo giusto, si rivolge quasi interamente a mio vantaggio. Perché notate bene: se il pubblico non dispone di prove che io possieda i talenti necessari per riuscire nell’impresa che intraprendo, allo stesso tempo non si può nemmeno affermare il contrario. Questo rappresenta già per me un vantaggio considerevole rispetto alla maggior parte dei miei concorrenti; ho effettivamente su di loro un vantaggio relativo, dovuto al fatto che loro hanno compiuto un passo indietro rispetto a me.

Parto quindi da un pregiudizio favorevole e lo confermo con le seguenti ragioni, che, a mio parere, sono più che sufficienti per dissipare definitivamente qualsiasi tipo di dubbio sfavorevole nei miei confronti.

Da molti anni a questa parte vengono pubblicati innumerevoli giornali, fogli periodici e altre pubblicazioni in ogni paese e in tutte le lingue; ho prestato la massima attenzione a non leggere mai nulla di tutto ciò. Da questo concludo che, non essendo il mio cervello riempito da questo gergo, sono in grado di produrre opere molto migliori, anche se forse in quantità minore. Questa ragione è valida per il pubblico; tuttavia ho dovuto riproporla al mio libraio, spiegandogli che il giudizio genera più idee quanto meno la memoria ne sia carica, e che così i materiali non ci mancherebbero mai.

2° Non ho ritenuto nemmeno opportuno, e per ragioni più o meno simili, dedicare molto tempo allo studio delle scienze o degli autori antichi. La fisica sistematica è da tempo relegata nel regno dei romanzi; la fisica sperimentale mi sembra ormai soltanto l’arte di organizzare in modo piacevole alcuni bei dettagli teorici; e la geometria, l’arte di fare a meno del ragionamento grazie ad alcune formule.

Per quanto riguarda gli antichi, mi è sembrato che, nei giudizi che avrei dovuto emettere, la probità non richiedesse che io ingannassi i miei lettori, come facevano un tempo i nostri saggi, sostituendo fraudolentemente, a mio parere, ciò che essi si aspettavano di leggere con le opere di Aristotele o Cicerone, delle quali non avevano alcun bisogno. Grazie allo spirito dei moderni, questo scandalo è da tempo cessato, e io mi guarderò bene dal ripristinarlo. Mi sono semplicemente dedicato alla lettura dei dizionari; ne ho tratto così grandi benefici che, in meno di tre mesi, sono stato in grado di decidere su qualsiasi argomento con la stessa sicurezza e autorità come se avessi studiato per due anni. Inoltre, mi sono procurato un piccolo raccolto di passaggi latini tratti da diversi poeti; li utilizzerò per arricchire e abbellire le mie riflessioni, utilizzandoli con parsimonia affinché durino a lungo. So bene quanto i versi latini, citati al momento giusto, possano dare rilievo a un filosofo; per lo stesso motivo, mi sono procurato numerosi assiomi e sentenze filosofiche da inserire nelle mie dissertazioni quando si tratterà di poesia. Non ignoro infatti che è un dovere indispensabile, per chiunque aspiri alla reputazione di autore celebre, parlare con competenza di tutte le scienze, tranne quella di cui si occupa personalmente. Del resto, non sento affatto la necessità di essere molto erudito per giudicare gli opere che ci vengono presentate oggi. Non si direbbe forse che sia necessario aver letto il padre Pétau, Montfaucon, ecc., e essere profondamente versato in matematica, ecc., per poter giudicare opere come quelle di Tanzaï, Grigri, Angola, Misapouf e altre sublimi produzioni di questo secolo?

La mia ultima ragione, e in fondo l’unica di cui avevo bisogno, deriva proprio dall’oggetto stesso del mio lavoro. Lo scopo che mi prefisso nel compiere questo lavoro è analizzare i nuovi libri che verranno pubblicati, aggiungervi il mio parere e condividere sia l’analisi che il mio giudizio con il pubblico; e in tutto ciò non vedo alcuna necessità di essere un esperto. Giudicare saggiamente e imparzialmente, scrivere bene, conoscere la propria lingua: queste sono, a mio parere, tutte le conoscenze necessarie in una situazione del genere. Ma chi si vanta di possederle meglio di me, o in misura maggiore? Onestamente, non saprei dimostrare con certezza che sia davvero così; ma proprio per questo motivo credo ancora di più nella veridicità delle mie affermazioni: si può sempre comprendere meglio ciò che si vuole convincere gli altri. Sarei forse il primo ad aver riuscito, semplicemente credendo di essere una persona molto abile, a far credere al pubblico la stessa cosa? E se riesco davvero a fargli avere questa opinione su di me, che sia giusta o sbagliata, non è forse, per quanto mi riguarda, più o meno lo stesso risultato che cercavo di ottenere?

Non si può quindi negare che io abbia tutte le ragioni per considerarmi il giudice supremo delle opere nuove, in grado di lodarle, biasimarle o criticarle a mio piacimento, senza che nessuno abbia il diritto di accusarmi di presunzione. A meno che ognuno di loro non si avvalga contro di me del diritto alla rappresaglia, che io concedo loro con grande disponibilità, desiderando soltanto che siano disposti a parlare male di me nello stesso modo e nella stessa direzione in cui io mi decido di parlare bene di loro.

È proprio in base a questo principio di equità che, poiché non conosco coloro che potrebbero diventare i miei avversari, dichiaro che qualsiasi critica o osservazione personale sarà per sempre bandita dal mio giornale. Esaminerò soltanto i libri; il nome dell’autore rappresenterà per me soltanto lo spirito stesso del libro, e non andrà oltre questo significato. Avverto in modo categorico che non lo userò mai in altro senso: quindi, se nei giorni di cattivo umore dovesse capitarmi di dire “Questo è uno sciocco, un autore impertinente”, sarà soltanto l’opera stessa ad essere giudicata impertinente e sciocca; non intendo affatto che questo significhi che l’autore sia meno un genio di prim’ordine, o addirittura meno degno di far parte di un’accademia. Chi sa, forse qualcuno potrebbe decidere di insultare i miei scritti con le stesse epiteti di cui ho appena parlato. Ma è evidente che questo non cambierà affatto il fatto che io sia una persona di grande merito.

Poiché tutto ciò che ho detto finora potrebbe sembrare un po’ vago, se non aggiungessi qualcosa per spiegare più chiaramente il mio progetto e il modo in cui intendo attuarlo, vorrei informare il mio lettore su alcune particolarità del mio carattere, che gli permetteranno di capire ciò che può aspettarsi di trovare nei miei scritti.

Quand Boileau a dit de l’homme en général qu’il changeait du blanc au noir, il a croqué mon portrait en deux mots, en qualité d’individu. Il l’eût rendu plus précis, s’il y eût ajouté toutes les autres couleurs avec les nuances intermédiaires. Rien n’est si dissemblable à moi que moi-même ; c’est pourquoi il serait inutile de tenter de me définir autrement que par cette variété singulière ; elle est telle dans mon esprit, qu’elle influe de temps à autre jusque sur mes sentiments. Quelquefois je suis un dur et féroce misanthrope ; en d’autres moments, j’entre en extase au milieu des charmes de la société et des délices de l’amour. Tantôt je suis austère et dévot, et, pour le bien de mon âme, je fais tous mes efforts pour rendre durables ces saintes dispositions : mais je deviens bientôt un franc libertin ; et, comme je m’occupe alors beaucoup plus de mes sens que de ma raison, je m’abstiens constamment d’écrire dans ces moments-là. C’est sur quoi il est bon que mes lecteurs soient suffisamment prévenus, de peur qu’ils ne s’attendent à trouver dans mes feuilles des choses que certainement ils n’y verront jamais. En un mot, un Protée, un caméléon, une femme, sont des êtres moins changeants que moi : ce qui doit dès l’abord ôter aux curieux toute espérance de me reconnaître quelque jour à mon caractère ; car ils me trouveront toujours sous quelque forme particulière, qui ne sera la mienne que pendant ce moment-là. Et ils ne peuvent pas même espérer de me reconnaître à ces changements ; car, comme ils n’ont point de période fixe, ils se feront quelquefois d’un instant à l’autre, et, d’autres fois, je demeurerai des mois entiers dans le même état. C’est cette irrégularité même qui fait le fond de ma constitution. Bien plus, le retour des mêmes objets renouvelle ordinairement en moi des dispositions semblables à celles où je me suis trouvé la première fois que je les ai vus ; c’est pourquoi je suis assez constamment de la même humeur avec les mêmes personnes. De sorte qu’à entendre séparément tous ceux qui me connaissent, rien ne paraîtrait moins varié que mon caractère : mais allez aux derniers éclaircissements, l’un vous dira que je suis badin, l’autre, grave ; celui-ci me prendra pour un ignorant, l’autre pour un homme fort docte ; en un mot, autant de têtes autant d’avis. Je me trouve si bizarrement disposé à cet égard, qu’étant un jour abordé par deux personnes à la fois, avec l’une desquelles j’avais accoutumé d’être gai jusqu’à la folie, et plus ténébreux qu’Héraclite avec l’autre, je me sentis si puissamment agité, que je fus contraint de les quitter brusquement, de peur que le contraste des passions opposées ne me fit tomber en syncope.

Avec tout cela, à force de m’examiner, je n’ai pas laissé que de démêler en moi certaines dispositions dominantes et certains retours presque périodiques qui seraient difficiles à remarquer à tout autre qu’à l’observateur le plus attentif, en un mot qu’à moi-même : c’est à peu près ainsi que toutes les vicissitudes et les irrégularités de l’air n’empêchent pas que les marins et les habitants de la campagne n’y aient remarqué quelques circonstances annuelles et quelques phénomènes, qu’ils ont réduits en règle pour prédire à peu près le temps qu’il fera dans certaines saisons. Je suis sujet, par exemple, à deux dispositions principales, qui changent assez constamment de huit en huit jours, et que j’appelle mes âmes hebdomadaires : par l’une, je me trouve sagement fou : par l’autre, follement sage ; mais de telle manière pourtant que, la folie l’emportant sur la sagesse dans l’un et dans l’autre cas, elle a surtout manifestement le dessus dans la semaine où je m’appelle sage ; car alors le fond de toutes les matières que je traite, quelque raisonnable qu’il puisse être en soi, se trouve presque entièrement absorbé par les futilités et les extravagances dont j’ai toujours soin de l’habiller. Pour mon âme folle, elle est bien plus sage que cela ; car, bien qu’elle tire toujours de son propre fonds le texte sur lequel elle argumente, elle met tant d’art, tant d’ordre et tant de force dans ses raisonnements et dans ses preuves, qu’une folie ainsi déguisée ne diffère presque en rien de la sagesse. Sur ces idées, que je garantis justes, ou à peu près, je trouve un petit problème à proposer à mes lecteurs, et je les prie de vouloir bien décider laquelle c’est de mes deux âmes qui a dicté cette feuille.

Qu’on ne s’attende donc point à ne voir ici que de sages et graves dissertations : on y en verra sans doute ; et où serait la variété ? Mais je ne garantis point du tout qu’au milieu de la plus profonde métaphysique il ne me prenne tout d’un coup une saillie extravagante, et qu’emboîtant mon lecteur dans l’Icosaëdre de Bergerac je ne le transporte tout d’un coup dans la lune, tout comme, à propos de l’Arioste et de l’Hippogriffe, je pourrais fort bien lui citer Platon, Locke, ou Malebranche.

Au reste, toutes matières seront de ma compétence : j’étends ma juridiction indistinctement surtout ce qui sortira de la presse ; je m’arrogerai même, quand le cas y écherra, le droit de révision sur les jugements de mes confrères ; et, non content de me soumettre toutes les imprimeries de France, je me propose aussi de faire de temps en temps de bonnes excursions hors du royaume, et de me rendre tributaires l’Italie, la Hollande, et même l’Angleterre, chacune à son tour, promettant, foi de voyageur, la véracité la plus exacte dans les actes que j’en rapporterai.

Quoique le lecteur se soucie sans doute assez peu des détails que je lui fais ici de moi et de mon caractère, j’ai résolu de ne pas lui en faire grâce d’une seule ligne ; c’est autant pour son profit que pour ma commodité que j’en agis ainsi. Après avoir commencé par me persifler moi-même, j’aurai tout le temps de persifler les autres ; j’ouvrirai les yeux, j’écrirai ce que je vois, et l’on trouvera que je me serai assez bien acquitté de ma tâche.

Il me reste à faire excuse d’avance aux auteurs que je pourrais maltraiter à tort, et au public, de tous les éloges injustes que je pourrais donner aux ouvrages qu’on lui présente ; ce ne sera jamais volontairement que je commettrai de pareilles erreurs. Je sais que l’impartialité dans un journaliste ne sert qu’à lui faire des ennemis de tous les auteurs, pour n’avoir pas dit, au gré de chacun d’eux, assez de bien de lui, ni assez de mal de ses confrères ; c’est pour cela que je veux toujours rester inconnu. Ma grande folie est de vouloir ne consulter que la raison et ne dire que la vérité : de sorte que, suivant l’étendue de mes lumières et la disposition de mon esprit, on pourra trouver en moi, tantôt un critique plaisant et badin, tantôt un censeur sévère et bourru, non pas un satirique amer ni un puéril adulateur. Les jugements peuvent être faux, mais le juge ne sera jamais inique.

FIN du PERSIFLEUR

Liste des Mélanges ou littérature variée

Liste générale des titres

When Boileau said that man in general changes from white to black, he captured my portrait in just two words, as an individual. He could have made it more precise by adding all the other colors and their intermediate nuances. Nothing is more different from me than I am myself; therefore, it would be futile to try to define me in any other way but through this unique variety. This diversity exists in my mind to such an extent that it occasionally influences even my emotions. Sometimes I am a hard-hearted and cruel misanthrope; at other times, I am transported into rapture by the charms of society and the delights of love. At one moment, I am austere and pious, and for the sake of my soul, I make every effort to maintain these holy dispositions; but soon I become a downright libertine. And since I pay much more attention to my senses than to my reason at such times, I consistently refrain from writing during those periods. It is important that my readers be fully aware of this, so as not to expect to find in my writings anything that they will surely never encounter. In short, I am like Proteus, a chameleon, or a woman—creatures less changeable than I am. This should immediately dispel any hope that curious readers might have of ever recognizing me through my character, for they will always find me in some particular form that is only temporary. Moreover, they cannot even expect to recognize these changes, for since they occur without any regular pattern, sometimes they happen within an instant, while at other times I remain in the same state for months on end. It is precisely this irregularity that constitutes the essence of my nature. Furthermore, the recurrence of the same circumstances often rekindles in me similar dispositions to those I experienced when I first encountered them; this is why I tend to maintain a fairly consistent mood towards the same people. As a result, if one were to listen separately to all those who know me, nothing would seem more variable than my character. But upon learning the full details of my behavior, some might say that I am frivolous, while others might consider me serious; some might think me ignorant, and others highly learned. In short, there are as many opinions as there are people. My disposition in this regard is so bizarre that one day, when approached by two people at the same time—one with whom I was accustomed to being wildly cheerful, and the other as gloomy as Heraclitus—I felt so overwhelmed by conflicting emotions that I was forced to leave them immediately, for fear that the sheer contrast of these opposing passions might cause me to faint.

With all this, through the careful examination of myself, I have managed to identify certain dominant tendencies and almost periodic recurring patterns within me—patterns that would be difficult for anyone but the most attentive observer to notice, in short, even for me myself. Just as the various changes and irregularities in the weather do not prevent sailors and country dwellers from observing certain annual events and phenomena and using them to predict the weather at certain times of year, I too have noticed these patterns within myself. For instance, I am subject to two primary states of mind that change quite frequently every eight days; I call them my “weekly souls.” In one state, I behave in a manner that seems wise but is actually foolish; in the other, I act in a way that seems foolish but is actually wise. However, in both cases, it is the foolish state that predominates during the week when I consider myself wise—because then the essence of all the matters I deal with, no matter how reasonable they may be on their own, is almost entirely overshadowed by the trivialities and extravagances that I always take care to insert into my thoughts. As for my “foolish soul,” it is actually much wiser than this; for although it always draws its arguments from its own inherent nature, it puts so much art, order, and strength into its reasoning and evidence that such a disguised form of foolishness hardly differs from wisdom at all. Based on these ideas, which I assure you are true or nearly true, I have come up with a little puzzle for my readers—to determine which of my two “souls” actually dictated this text.

Therefore, one should not expect to find here only wise and serious discussions: such discussions will undoubtedly be present; but where would the variety come from? However, I cannot in any way guarantee that, amidst the deepest metaphysical considerations, I might not suddenly resort to some extravagant or whimsical notion, and, by leading my reader through Bergerac’s “Icosaëdre,” transport them suddenly to the moon—just as, when discussing Ariosto and the Hippogriff, I could very well quote Plato, Locke, or Malebranche.

Furthermore, all matters will fall within my jurisdiction: I extend my authority without distinction, especially regarding anything that comes from the press; in cases where it may be appropriate, I shall even claim the right to review the judgments of my fellow judges. Moreover, not content with bringing all printing houses in France under my control, I intend to make occasional expeditions outside the kingdom as well, and to subdue Italy, the Netherlands, and even England—each in turn—to my authority. I swear, as a traveler, to provide the most accurate accounts of everything I witness there.

Although the reader probably cares very little about the details I provide here about myself and my character, I have decided not to spare him a single line of it; I do this both for his benefit and for my own convenience. After having begun by mocking myself, I will have all the time in the world to mock others; I will keep my eyes open and write down what I see, and people will find that I have done my task quite well.

I must hereby apologize in advance to the authors whom I might inadvertently offend, and to the public for any unjust praise I might bestow upon works presented to them; such errors would never be committed intentionally on my part. I know that impartiality in a journalist only serves to make oneself an enemy of all authors, for not speaking sufficiently well of each one at their request, nor sufficiently ill of their competitors; it is for this reason that I wish to remain unknown. My greatest folly is attempting to rely solely on reason and speak only the truth: thus, depending on the extent of my knowledge and the disposition of my mind, one may find in me at times a pleasant and humorous critic, and at other times a severe and stern censor—never an bitter satirist nor a naive flatterer. The judgments may be wrong, but the judge will never be unjust.

End of the Persifler.

List of Miscellaneous Works or Varied Literature

General list of titles

Quando Boileau disse che l’uomo in generale passa dal bianco al nero, descrisse il mio carattere in due parole, come individuo. Avrebbe potuto rendere la descrizione più precisa aggiungendo tutte le altre sfumature di colore. Niente è più diverso da me di me stesso; per questo sarebbe inutile cercare di definirmi in altro modo se non attraverso questa singolare varietà. Questa variabilità esiste nella mia mente e, a volte, influisce persino sui miei sentimenti. A volte sono un misantropo duro e feroce; altre volte entro in estasi davanti ai piaceri della società e dell’amore. A volte sono austero e devoto, e faccio di tutto per mantenere queste “sante disposizioni”; ma presto divento un libertino spensierato. E poiché in quei momenti mi preoccupo molto di più dei miei sensi che della ragione, evito costantemente di scrivere. È bene che i miei lettori siano ben informati su questo, per non aspettarsi di trovare nelle mie pagine cose che sicuramente non troveranno mai. In breve: sono come un Proteo, un cammello, una donna. Esseri meno mutevoli di me. Il che dovrebbe subito scoraggiare i curiosi dall’aspettarsi di riconoscere mai il mio vero carattere; poiché mi troveranno sempre sotto qualche forma particolare, che sarà soltanto quella del momento. E non possono nemmeno sperare di riconoscermi attraverso questi cambiamenti. Poiché essi avvengono in modo irregolare: a volte da un istante all’altro, altre volte rimango nello stesso stato per mesi interi. È proprio questa irregolarità che costituisce il fondamento della mia natura. Inoltre, il ritorno degli stessi oggetti rinnova spesso in me disposizioni simili a quelle che avevo la prima volta che li ho visti. Per questo sono abbastanza costantemente dello stesso umore con le stesse persone. Così, ascoltando separatamente tutte le persone che mi conoscono, nulla sembrerebbe più variabile del mio carattere. Ma se si considerano tutti questi aspetti insieme, uno dirà che sono spensierato, un altro serio; uno mi considererà ignorante, un altro molto colto. In breve: tante opinioni quante persone. Sono così stranamente disposto in questo senso, che una volta, mentre venivo avvicinato contemporaneamente da due persone – con una delle quali ero abituato a essere estremamente allegro, e con l’altra estremamente cupo come Eraclito – mi sentii così profondamente turbato che fui costretto ad andarmene all’improvviso, per paura che il contrasto tra queste opposte emozioni potesse farmi svenire.

Nonostante tutto ciò, esaminandomi attentamente, non ho fatto altro che individuare in me alcune disposizioni dominanti e alcuni fenomeni quasi periodici che sarebbero difficili da notare se non per un osservatore estremamente attento. In altre parole, solo io stesso sono riuscito a riconoscerli. È più o meno come se tutte le variazioni e le irregolarità del tempo non impedissero ai marinai e agli abitanti delle campagne di individuare alcune caratteristiche annuali e alcuni fenomeni, che hanno poi trasformato in regole per prevedere con precisione il tempo nelle diverse stagioni. Io stesso, ad esempio, sono soggetto a due principali disposizioni mentali che cambiano abbastanza costantemente ogni otto giorni; le chiamo le mie “anime settimanali”. In un caso mi sento saggiamente pazzo, nell’altro follemente saggio. Tuttavia, in entrambi i casi, è la follia a prevalere sulla saggezza, soprattutto nella settimana in cui mi considero “saggio”, perché allora il contenuto di tutte le riflessioni che conduco, per quanto razionale possa essere in sé, viene quasi completamente assorbito da banalità e stravaganze di cui faccio sempre attenzione a rivestirlo. Quanto alla mia “anima folle”, essa è molto più “saggia” di così, perché, sebbene attinga sempre dal proprio interno i contenuti su cui basa le proprie argomentazioni, mette tanta arte, ordine e forza nei propri ragionamenti che una follia così mascherata non differisce quasi per nulla dalla saggezza. Basandomi su queste idee, che ritengo giuste, o almeno più o meno corrette, vorrei porre ai miei lettori un piccolo problema: chiedo loro di decidere quale delle due “anime” che possiedo sia stata la vera autrice di questo scritto.

Non ci si può quindi aspettare di trovare qui soltanto sagge e serie dissertazioni: ne troveremo sicuramente; ma dove starebbe allora la varietà? Tuttavia, non posso assolutamente garantire che, in mezzo alla più profonda metafisica, a un certo punto non mi venga in mente qualche idea stravagante, e che, trascinando il mio lettore nell’Icosaedro descritto da Bergerac, non lo porti all’improvviso sulla luna. Proprio come, parlando di Ariosto e dell’Ippogrigfo, potrei benissimo citargli Platone, Locke o Malebranche.

Del resto, tutte le materie rientreranno nella mia competenza: estendo la mia giurisdizione senza distinzioni, soprattutto per quanto riguarda i testi pubblicati dalla stampa; mi prenderò anche il diritto di revisionare i giudizi dei miei colleghi quando il caso lo richiederà. E non contento di sottomettere a me tutte le tipografie della Francia, intendo anche intraprendere, di tanto in tanto, viaggi all’estero per assoggettare, uno dopo l’altro, Italia, Olanda e persino Inghilterra alla mia autorità, promettendo, con la fedeltà di un viaggiatore, la massima accuratezza nelle informazioni che ne riporterò.

Sebbene il lettore probabilmente non si interessi molto ai dettagli che qui fornisco su di me e sul mio carattere, ho deciso di non ometterne nemmeno uno; agisco così sia per il suo beneficio che per la mia comodità. Dopo essermi preso gioco di me stesso all’inizio, avrò tutto il tempo necessario per prendere in giro gli altri: aprirò gli occhi e scriverò ciò che vedo, e si scoprirà che ho svolto abbastanza bene il mio compito.

Devo scusarmi in anticipo con gli autori che potrei criticare ingiustamente, e con il pubblico per eventuali lodi ingiuste che potrei rivolgere alle opere che gli vengono presentate; mai commetterò deliberatamente simili errori. So bene che l’imparzialità di un giornalista non fa altro che fargli nemici tutti gli autori, poiché non dice di loro abbastanza bene secondo i desideri di ciascuno, né abbastanza male dei loro concorrenti; è per questo che voglio sempre rimanere sconosciuto. La mia grande follia è quella di voler consultare soltanto la ragione e dire solo la verità: quindi, a seconda dell’ampiezza delle mie conoscenze e della natura del mio carattere, in me si potrà trovare a volte un critico piacevole e scherzoso, altre volte un censorio severo e brusco, ma mai un satirico amaro né un adulatorio infantile. I giudizi possono essere errati, ma il giudice non sarà mai ingiusto.

Fine del Persiflore.

Elenco di miscellane o letteratura varia

Elenco generale dei titoli