Rousseau
Abstract
A light early comedy of romantic intrigue among Dorante, Isabelle and Éliante, written in three days. A minor theatrical work, without philosophical content.
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Rien n’est plus plat que cette pièce : Cependant j’ai gardé quelque attachement pour elle, à cause de la gaieté du troisième acte et de la facilité avec laquelle elle fut faite en trois jours[62], grâce à la tranquillité et au contentement d’esprit où je vivais alors, sans connaître l’art d’écrire, et sans aucune prétention. Si je fais moi-même l’édition générale, j’espère avoir assez de raison pour en retrancher ce barbouillage, sinon je laisse à ceux que j’aurai chargés de cette entreprise le soin de juger de ce qu’il convient, soit à ma mémoire, soit au goût présent du public.
Personnages
DORANTE, VALÈRE, amis.
ISABELLE, veuve.
ÉLIANTE, cousine d’Isabelle.
LISETTE, suivante d’Isabelle.
CARLIN, valet de Dorante.
Un notaire.
Un laquais.
La scène est dans le château d’Isabelle.
Scène Première
Isabelle, Éliante
ISABELLE.
L’hymen va donc enfin ferrer des nœuds si doux ;
Valère, à son retour, doit être votre époux :
Vous allez être heureuse. Ah ! ma chère Éliante !
ÉLIANTE.
Vous soupirez ? Eh bien ! Si l’exemple vous tente,
Dorante vous adore et vous le voyez bien.
Pourquoi gêner ainsi votre cœur et le sien ?
Car vous l’aimez un peu : du moins, je le soupçonne.
ISABELLE.
Non, l’hymen n’aura plus de droits sur ma personne,
Cousine ; un premier choix m’a trop mal réussi.
ÉLIANTE.
Prenez votre revanche en faisant celui-ci.
ISABELLE.
Je veux suivre la loi que j’ai su me prescrire ;
Ou du moins…Car Dorante a voulu me séduire,
Sous le feint nom d’ami s’emparer de mon cœur.
Serais-je donc ainsi la dupe d’un trompeur,
Qui, par le succès même, en serait plus coupable,
Et qui l’est trop, peut-être ?
ÉLIANTE.
Il est donc pardonnable.
ISABELLE.
Point ; il ne m’aura pas trompée impunément.
II vient. Éloignons-nous, ma cousine, un moment.
Il n’est pas de son but aussi priez qu’il le pense ;
Et je veux à loisir méditer ma vengeance.
Scène II
Dorante
DORANTE.
Elle m’évite encore ! Que veut dire ceci ?
Sur l’état de son cœur quand serai-je éclairci ?
Hasardons de parler…Son humeur m’épouvante…
Carlin connaît beaucoup sa nouvelle suivante ;
(Il aperçoit Carlin.)
Je veux… Carlin !
Scène III
Carlin Dorante
CARLIN.
Monsieur ?
DORANTE.
Vois-tu bien ce château ?
CARLIN.
Oui, depuis fort longtemps.
DORANTE.
Qu’en dis-tu ?
CARLIN.
Qu’il est beau.
DORANTE.
Mais encore ?
CARLIN.
Beau, très beau, plus beau qu’on ne peut-être.
Que diable !
DORANTE.
Et si bientôt j’en devenais le maître,
T’y plairais-tu ?
CARLIN.
Selon : s’il nous restait garni ;
Cousine foisonnante, et cellier bien fourni ;
Pour vos amusements, Isabelle., Éliante ;
Pour ceux du sieur Carlin, Lisette la suivante ;
Mais, oui, je m’y plairais.
DORANTE.
Tu n’es pas dégoûté.
Hé bien ! réjouis-toi, car il est…
CARLIN.
Acheté ?
DORANTE.
Non, mais gagné bientôt.
CARLIN.
Bon ! par quelle aventure ?
Isabelle n’est pas d’âge ni de figure
À perdre ses châteaux en quatre coups de dé.
DORANTE.
Il est à nous, te dis-je, et tout est décidé
Déjà dans mon esprit…
CARLIN.
Peste ! la belle emplette !
Résolue à part-vous ? c’est une affaire faite,
Le château désormais ne saurait nous manquer.
DORANTE.
Songe à me seconder au lieu de te moquer.
CARLIN.
Oh ! monsieur, je n’ai pas une tête si vive ;
Et j’ai tant de lenteur dans l’imaginative,
Que mon esprit grossier, toujours dans l’embarras,
Ne sait jamais jouir des biens que je n’ai pas :
Je serais un Crésus sans cette maladresse.
DORANTE.
Sais-tu, mon tendre ami, qu’avec ta gentillesse
Tu pourrais bien, pour prix de ta moralité,
Attirer sur ton dos quelque réalité ?
CARLIN.
Ah ! de moraliser je n’ai plus nulle envie.
Comme on te traite, hélas ! pauvre philosophie !
Çà, vous pouvez parler, j’écoute sans souffler.
DORANTE
Apprends-donc un secret qu’a tous il faut celer,
Si tu le peux, du moins.
CARLIN.
Rien ne m’est plus facile.
DORANTE.
Dieu le veuille ! en ce cas tu pourras m’être utile.
CARLIN.
Voyons.
DORANTE.
J’aime Isabelle.
CARLIN.
Oh ! quel secret ! Ma foi
Je le savais sans vous.
DORANTE.
Qui te l’a dit ?
CARLIN.
Vous.
DORANTE.
Moi ?
CARLIN.
Oui, vous : vous conduisez avec tant de mystère
Vos intrigues d’amour, qu’en cherchant à les taire,
Vos airs mystérieux, tous vos tours et retours
En instruisent bientôt la ville et les faubourgs.
Passons. À votre amour la belle répond-elle ?
DORANTE.
Sans doute.
CARLIN.
Vous croyez être aimé d’Isabelle ?
Quelle preuve avez-vous du bonheur de vos feux ?
DORANTE.
Parbleu ! messer Carlin, vous êtes curieux.
CARLIN.
Oh ! ce ton-là, ma foi, sent la bonne fortune ;
Mais trop de confiance en fait manquer plus d’une,
Vous le savez fort bien.
DORANTE.
Je suis sûr de mon fait,
Isabelle en tout lieu me fuit.
CARLIN.
Mais en effet
C’est de sa tendre ardeur une preuve constante !
DORANTE.
Écoute jusqu’au bout. Cette veuve charmante
À la fin de son deuil déclara sans retour
Que son cœur pour jamais renonçait à l’amour.
Presque dès ce moment mon âme en fut touchée ;
Je la vis, je l’aimai ; mais toujours attachée
Au voeu qu’elle avait fait, je sentis qu’il faudrait
Ménager son esprit par un détour adroit :
Je feignis pour l’hymen beaucoup d’antipathie,
Et réglant mes discours sur sa philosophie,
Sous le tranquille nom d’une douce amitié,
Dans ses amusements je fus mis de moitié,
CARLIN.
Peste ! ceci va bien. En amusant les belles
On vient au sérieux. Il faut rire auprès d’elles ;
Ce qu’on fait en riant est autant d’avancé.
DORANTE.
Dans ces ménagements plus d’un an s’est passé.
Tu peux bien te douter qu’après toute une année
On est plus familier qu’après une journée ;
Et mille aimables jeux se passent entre amis,
Qu’avec un étranger on n’aurait pas permis.
Or, depuis quelque temps j’aperçois qu’Isabelle.
Se comporte avec moi d’une façon nouvelle.
Sa cousine toujours me reçoit de même œil ;
Mais, sous l’air affecté d’un favorable accueil,
Avec tant de réserve Isabelle me traite,
Qu’il faut ou qu’en secret prévoyant sa défaite
Elle veuille éviter de m’en faire l’aveu,
Ou que d’un autre amant elle approuve le feu.
CARLIN.
Eh ! qui voudriez-vous qui pût ici lui plaire ?
Il n’entre en ce château que vous seul et Valère,
Qui, près de la cousine en esclave enchaîné,
Va bientôt par l’hymen voir son feu couronné.
DORANTE.
Moi donc, n’apercevant aucun rival à craindre ;
Ne dois-je pas juger que, voulant se contraindre,
Isabelle aujourd’hui cherche à m’en imposer
Sur le progrès d’un feu qu’elle veut déguiser ?
Mais, avec quelque soin qu’elle cache sa flamme,
Mon cœur a pénétré le secret de son âme ;
Ses yeux ont sur les miens lancé ces traits charmants,
Présage fortuné du bonheur des amants.
Je suis aimé, te dis-je ; un retour plein de charmes
Paie enfin mes soupirs, mes transports et mes larmes.
CARLIN.
Économisez mieux ces exclamations ;
Il est, pour les placer, d’autres occasions
Où cela fait merveille. Or, quant à notre affaire,
Je ne vois pas encore ce que mon ministère,
Si vous êtes aimé, peut en votre faveur :
Que vous faut-il de plus ?
DORANTE.
L’aveu de mon bonheur.
II faut qu’en ce château… Mais j’aperçois Lisette,
Va m’attendre au logis. Surtout, bouche discrète.
CARLIN.
Vous offensez, monsieur, les droits de mon métier.
On doit choisir son monde et puis s’y confier.
DORANTE, le rappelant.
Ah ! J’oubliais… Carlin ? J’ai reçu de Valère
Une Lettre d’avis que, pour certaine affaire
Qu’il ne m’explique pas, il arrive aujourd’hui,
S’il vient, cours aussitôt m’en avertir ici.
Scène IV
Dorante, Lisette
DORANTE.
Ah ! c’est toi, belle enfant ? Eh ! bonjour ma Lisette :
Comment vont les galants ? À ta mine coquette
On pourrait bien gager au moins pour deux ou trois :
Plus le nombre en est grand, et mieux on fait son choix.
LISETTE.
Vous me prêtez, monsieur, un petit caractère,
Mais fort joli, vraiment !
DORANTE.
Bon, bon ! point de colère.
Tiens, avec ces traits-là, Lisette, par ta foi,
Peux-tu défendre aux gens d’être amoureux de toi ?
LISETTE.
Fort bien. Vous débitez la fleurette à merveille,
Et vos galants discours enchantent les oreilles,
Mais au fait, croyez-moi.
DORANTE.
Parbleu ! tu me ravis,
(Feignant de vouloir l’embrasser.)
J’aime à te prendre au mot.
LISETTE.
Tout doux, monsieur !
DORANTE.
Tu ris
Et je veux rire aussi.
LISETTE.
Je le vois. Malepeste !
Comme à m’interpréter, monsieur, vous êtes leste !
Je m’entends autrement, et sais qu’auprès de nous
Ce jargon séduisant de messieurs tels que vous,
Montré, par ricochet, où le discours s’adresse.
DORANTE.
Quoi ! tu penserais donc qu’épris de ta maîtresse… ?
LISETTE.
Moi ? je ne pense rien ; mais si vous m’en croyez,
Vous porterez ailleurs des feux trop mal payés.
DORANTE, vivement.
Ah ! Je l’avais prévu ; l’ingrate a vu ma flamme,
Et c’est pour m’accabler qu’elle a lu dans mon âme.
LISETTE.
Nothing is flatter than this play: Yet I have kept some attachment to it, because of the gaiety of the third act and the ease with which it was written in three days[62], thanks to the peace and contentment of mind in which I lived then, knowing nothing of the art of writing and having no pretensions whatsoever. If I myself undertake the general edition, I hope to have enough sense to cut out this scribbling; otherwise, I leave it to those whom I shall entrust with this task to judge what is appropriate—either for my memory or for the current taste of the public.
Characters
DORANTE, VALÈRE, friends.
ISABELLE, widow.
ÉLIANTE, Isabelle’s cousin.
LISETTE, Isabelle’s maid.
CARLIN, Dorante’s valet.
A notary.
A lackey.
The scene is set in Isabelle’s castle.
Scene One
Isabelle, Éliante
ISABELLE.
Hymen will at last tie such sweet bonds;
Valère, upon his return, is to be your husband:
You are about to be happy. Ah! my dear Éliante!
ÉLIANTE.
You sigh? Well then! If the example tempts you,
Dorante adores you—and you can see it clearly.
Why thus restrain your heart and his?
For you do love him a little: at least, I suspect so.
ISABELLE.
No, hymen will no longer have any claim on me,
Cousin; a first choice has served me too badly.
ÉLIANTE.
Take your revenge by making this one.
ISABELLE.
I want to follow the law I’ve set for myself;
Or rather… For Dorante tried to seduce me,
Under the false guise of a friend, to seize my heart.
Am I then to be fooled by a deceiver,
Who, by success itself, would be all the more guilty,
And perhaps already is too much?
ÉLIANTE.
He is therefore forgivable.
ISABELLE.
Not at all; he won’t have fooled me with impunity.
He’s coming. Let’s step aside, my cousin, for a moment.
It’s not part of his plan, as he seems to think;
And I want to take my time to ponder my vengeance.
Scene Two
Dorante
DORANTE.
She still avoids me! What does this mean?
When will I be enlightened about the state of her heart?
Let’s try speaking… Her mood frightens me…
Carlin knows a lot about her new maid;
(He spots Carlin.)
I want… Carlin!
Scene Three
Carlin, Dorante
CARLIN.
Sir?
DORANTE.
Do you see this castle well?
CARLIN.
Yes, for a long time now.
DORANTE.
What do you think?
CARLIN.
It’s beautiful.
DORANTE.
But more?
CARLIN.
Beautiful, very beautiful, more beautiful than one could ever imagine.
Good heavens!
DORANTE.
And if soon I were to become its master,
Would you like it there?
CARLIN.
As long as it remains well-stocked;
A bountiful mistress, and a cellar well-stocked;
For your amusements, Isabelle, Éliante;
For those of Monsieur Carlin, Lisette the maid;
But yes, I’d enjoy it there.
DORANTE.
You’re not disgusted.
Well then! Rejoice, for it is…
CARLIN.
Bought?
DORANTE.
No, but soon won.
CARLIN.
Good! By what adventure?
Isabelle isn’t old enough nor pretty enough
To lose her castles in four dice rolls.
DORANTE.
It’s ours, I tell you, and everything is decided
Already in my mind…
CARLIN.
Damn! What a fine purchase!
Resolved to part with you? It’s a done deal,
The castle now surely won’t fail us.
DORANTE.
Think of helping me instead of mocking me.
CARLIN.
Oh! sir, I don’t have such a quick wit;
And I’m so slow in my imagination,
That my coarse mind, always in confusion,
Never knows how to enjoy the goods I don’t have:
I’d be a Croesus without this clumsiness.
DORANTE.
Do you know, my dear friend, that with your kindness
You might well, as a reward for your morality,
Attract onto your back some reality?
CARLIN.
Ah! I’ve no desire left to moralize.
How they treat you, alas! poor philosophy!
Now, you may speak—I’ll listen without breathing.
DORANTE
Learn then a secret that everyone must hide,
If you can, at least.
CARLIN.
Nothing could be easier.
DORANTE.
God grant it! In that case, you’ll be useful to me.
CARLIN.
Let’s see.
DORANTE.
I love Isabelle.
CARLIN.
Oh! What a secret! My goodness,
I knew it without you.
DORANTE.
Who told you?
CARLIN.
You.
DORANTE.
Me?
CARLIN.
Yes, you: you conduct your love intrigues with such mystery
That in trying to keep them hidden,
Your mysterious airs, all your turns and returns
Soon make the town and suburbs aware.
Let’s move on. Does the beauty respond to your love?
DORANTE.
Without a doubt.
CARLIN.
You think you’re loved by Isabelle?
What proof do you have of the happiness of your flames?
DORANTE.
By Jove! Messer Carlin, you’re curious.
CARLIN.
Oh! That tone, my goodness, smells of good fortune;
But too much confidence makes more than one miss out,
You know that very well.
DORANTE.
I’m sure of my case,
Isabelle everywhere flees from me.
CARLIN.
But indeed,
That’s constant proof of her tender ardor!
DORANTE.
Listen till the end. This charming widow
At the end of her mourning declared without return
That her heart forever renounced love.
Almost from that moment my soul was touched;
I saw her, I loved her; but always bound
To the vow she’d made, I felt I’d have to
Spare her mind with a clever detour:
I feigned great antipathy toward marriage,
And tailoring my speeches to her philosophy,
Under the calm name of gentle friendship,
In her amusements I was made half-partner,
CARLIN.
Damn! This works well. By amusing the beauties
One comes to seriousness. You must laugh near them;
What you do while laughing is just as much progress.
DORANTE.
Over a year has passed in these precautions.
You can well guess that after a whole year
One is more familiar than after a single day;
And a thousand lovely games pass between friends,
Which you wouldn’t allow with a stranger.
Now, for some time I’ve noticed that Isabelle
Behaves toward me in a new way.
Her cousin still receives me with the same eye;
But under the affected air of a favorable welcome,
With so much reserve Isabelle treats me,
That either secretly, foreseeing her defeat,
She wants to avoid confessing it to me,
Or else she approves of another lover’s flame.
CARLIN.
Eh! Who could you possibly want to please her here?
Only you and Valère enter this castle,
Who, chained as a slave near the cousin,
Will soon see his flame crowned by marriage.
DORANTE.
So I, seeing no rival to fear;
Shouldn’t I judge that, wanting to restrain herself,
Isabelle today seeks to impose on me
The progress of a flame she wants to disguise?
But, however carefully she hides her flame,
My heart has penetrated the secret of her soul;
Her eyes have shot these charming glances at mine,
A fortunate omen of lovers’ happiness.
I’m loved, I tell you; a return full of charm
Finally pays for my sighs, my transports, and my tears.
CARLIN.
Save your exclamations better;
There are other occasions when they work wonders.
As for our affair,
I still don’t see what my ministry,
If you’re loved, can do for your sake:
What more do you need?
DORANTE.
The confession of my happiness.
I must say that in this castle… But I spot Lisette,
Waiting for me at home. Above all, keep quiet.
CARLIN.
You offend, sir, the rights of my profession.
One must choose one’s circle and then confide in it.
DORANTE, recalling him.
Ah! I forgot… Carlin? I received from Valère
A letter informing me that, for a certain matter
He doesn’t explain to me, he’s arriving today,
If he comes, run straight away to warn me here.
Scene Four
Dorante, Lisette
DORANTE.
Ah! It’s you, pretty child? Well then, hello, Lisette:
How are the suitors? From your coquettish face
You could easily bet at least two or three:
The greater the number, the better one chooses.
LISETTE.
You lend me, sir, a little character,
But very pretty, truly!
DORANTE.
Good, good! No anger.
Here, with these traits, Lisette, by your word,
Can you stop people from falling in love with you?
LISETTE.
Very well. You deliver the flirtation beautifully,
And your gallant speeches enchant ears,
But really, believe me.
DORANTE.
By Jove! You delight me,
(Faking to kiss her.)
I like taking you at your word.
LISETTE.
Easy, sir!
DORANTE.
You laugh
And I want to laugh too.
LISETTE.
I see. Damn it!
How quick you are to interpret me, sir!
I understand differently, and know that near us
This seductive jargon of gentlemen like you,
Shown, by ricochet, where the speech is aimed.
DORANTE.
What! So you’d think that being enamored of your mistress…?
LISETTE.
Me? I’m not thinking anything; but if you believe me,
You’ll carry elsewhere fires paid too poorly.
DORANTE, sharply.
Ah! I’d foreseen it; the ungrateful one has seen my flame,
And it’s to crush me that she’s read in my soul.
LISETTE.
Niente è più piatto di questa pièce: eppure, ho conservato un certo affetto per essa, a causa della gaiezza del terzo atto e della facilità con cui fu scritta in soli tre giorni[62], grazie alla tranquillità e all’equilibrio d’animo che vivevo allora, senza conoscere ancora l’arte dello scrivere e senza alcuna pretesa. Se io stesso curerò l’edizione generale, spero di avere abbastanza buon senso da eliminare questo scarabocchio; altrimenti, lascerò a coloro che incaricherò di tale impresa il compito di giudicare ciò che conviene, sia alla mia memoria sia al gusto attuale del pubblico.
Personaggi
DORANTE, VALÈRE, amici.
ISABELLE, vedova.
ÉLIANTE, cugina di Isabelle.
LISETTE, dama di compagnia di Isabelle.
CARLIN, servo di Dorante.
Un notaio.
Un lacchè.
La scena si svolge nel castello di Isabelle.
Scena Prima
Isabelle, Éliante
ISABELLE.
L’unione finalmente stringerà nodi così dolci;
Valère, al suo ritorno, sarà tuo sposo:
Sarai felice. Ah! mia cara Éliante!
ÉLIANTE.
Sospiri? Ebbene! Se l’esempio ti tenta,
Dorante ti adora e lo vedi chiaramente.
Perché ostacoli così il tuo cuore e il suo?
Perché tu lo ami un po’: almeno, lo sospetto.
ISABELLE.
No, l’unione non avrà più diritti sulla mia persona,
Cugina; una prima scelta mi ha troppo male riuscita.
ÉLIANTE.
Prendi la tua rivincita facendo questa.
ISABELLE.
Voglio seguire la legge che mi sono prescritta;
O almeno… Poiché Dorante ha voluto sedurmi,
Sotto il finto nome di amico impadronirsi del mio cuore.
Sarei dunque la vittima di un ingannatore,
Che, proprio per il successo, sarebbe ancora più colpevole,
E forse lo è già troppo?
ÉLIANTE.
Allora è perdonabile.
ISABELLE.
No; non mi avrà ingannata impunemente.
Eccolo. Allontaniamoci, mia cugina, un momento.
Non è il suo scopo, anche se lui lo crede;
E voglio meditare con calma la mia vendetta.
Scena II
Dorante
DORANTE.
Mi evita ancora! Che significa questo?
Quando sarò illuminato sullo stato del suo cuore?
Proviamo a parlare… La sua aria mi spaventa…
Carlin conosce bene la sua nuova dama;
(Vede Carlin.)
Voglio… Carlin!
Scena III
Carlin, Dorante
CARLIN.
Signore?
DORANTE.
Vedi bene questo castello?
CARLIN.
Sì, da molto tempo.
DORANTE.
Che ne dici?
CARLIN.
Che è bello.
DORANTE.
Ma ancora?
CARLIN.
Bello, bellissimo, più bello di quanto si possa immaginare.
Che diavolo!
DORANTE.
E se presto ne diventassi il padrone,
Ti piacerebbe?
CARLIN.
Dipende: se ci restasse ben fornito;
Una cugina abbondante e una dispensa piena;
Per i tuoi divertimenti, Isabelle, Éliante;
Per quelli del signor Carlin, Lisette la dama di compagnia;
Ma sì, mi piacerebbe.
DORANTE.
Non sei disgustato.
Ebbene! Rallegrati, perché è…
CARLIN.
Acquistato?
DORANTE.
No, ma presto conquistato.
CARLIN.
Bene! Per quale avventura?
Isabelle non ha né l’età né l’aspetto
Per perdere i suoi castelli in quattro lanci di dado.
DORANTE.
È nostro, te lo dico, e tutto è già deciso
Nel mio pensiero…
CARLIN.
Maledizione! Che bella acquisizione!
Decisa a parte tua? È un affare fatto,
Il castello ormai non potrebbe mancarci.
DORANTE.
Pensa a seguirmi invece di prenderti gioco.
CARLIN.
Oh! Signore, non ho una testa così vivace;
E ho tanta lentezza nell’immaginazione,
Che il mio spirito grossolano, sempre in difficoltà,
Non sa mai godere dei beni che non ho:
Sarei un Crésus senza questa goffaggine.
DORANTE.
Sai, mio caro amico, che con la tua gentilezza
Potresti ben, come ricompensa per la tua moralità,
Attirare su di te qualche realtà?
CARLIN.
Ah! Non ho più nessuna voglia di moralizzare.
Come ti trattano, ahimè! povera filosofia!
Ecco, puoi parlare, ascolto senza fiatare.
DORANTE
Impara dunque un segreto che tutti devono nascondere,
Se riesci, almeno.
CARLIN.
Niente mi è più facile.
DORANTE.
Dio lo voglia! In tal caso potrai essermi utile.
CARLIN.
Vediamo.
DORANTE.
Amo Isabelle.
CARLIN.
Oh! Che segreto! Dopotutto
Lo sapevo senza di te.
DORANTE.
Chi te l’ha detto?
CARLIN.
Tu.
DORANTE.
Io?
CARLIN.
Sì, tu: conduci con tanto mistero
Le tue trame amorose, che cercando di tacitarle,
I tuoi modi misteriosi, tutti i tuoi giri e ritorni
Ben presto informano la città e i sobborghi.
Passiamo. Alla tua passione la bella risponde?
DORANTE.
Senza dubbio.
CARLIN.
Credi di essere amato da Isabelle?
Che prova hai del tuo ardore?
DORANTE.
Caspita! Messer Carlin, sei curioso.
CARLIN.
Oh! Questo tono, davvero, sa di fortuna;
Ma troppa fiducia fa sbagliare più d’uno,
Lo sai benissimo.
DORANTE.
Sono sicuro del mio gesto,
Isabelle ovunque mi sfugge.
CARLIN.
Ma infatti
È una prova costante del suo tenero ardore!
DORANTE.
Ascolta fino in fondo. Questa affascinante vedova
Al termine del suo lutto dichiarò senza ritorno
Che il suo cuore per sempre rinunciava all’amore.
Quasi da quel momento la mia anima ne fu toccata;
La vidi, la amai; ma sempre legato
Al voto che aveva fatto, sentii che bisognava
Trattare con delicatezza il suo spirito con un espediente astuto:
Finsi per l’unione molta antipatia,
E regolando i miei discorsi sulla sua filosofia,
Sotto il tranquillo nome di una dolce amicizia,
Nei suoi divertimenti fui messo a metà,
CARLIN.
Maledizione! Questo va bene. Divertendo le belle
Si arriva al serio. Bisogna ridere accanto a loro;
Ciò che si fa ridendo è altrettanto avanzato.
DORANTE.
In questi riguardi è passato più di un anno.
Puoi ben intuire che dopo un anno intero
Si è più familiari che dopo una giornata;
E mille giochi amabili si svolgono tra amici,
Che con uno straniero non si sarebbero permessi.
Or, da qualche tempo noto che Isabelle
Si comporta con me in modo nuovo.
La sua cugina mi riceve sempre con lo stesso occhio;
Ma, sotto l’aria simulata di un’accoglienza favorevole,
Con tanta riservatezza Isabelle mi tratta,
Che o vuole, in segreto prevedendo la sua sconfitta,
Evitare di confessarmelo,
O approva il fuoco di un altro amante.
CARLIN.
Eh! Chi vorresti che potesse piacerle qui?
Entrano in questo castello solo tu e Valère,
Che, vicino alla cugina schiavo incatenato,
Presto vedrà coronato dal matrimonio il suo ardore.
DORANTE.
Io quindi, non vedendo rivali da temere;
Non devo forse giudicare che, volendo contenersi,
Isabelle oggi cerca di impormi
Sul progresso di un fuoco che vuole dissimulare?
Ma, con qualunque cura nasconda la sua fiamma,
Il mio cuore ha penetrato il segreto della sua anima;
I suoi occhi hanno lanciato sui miei quei fascini,
Presagio fortunato del benessere degli amanti.
Sono amato, te lo dico; un ritorno pieno di charme
Paga finalmente i miei sospiri, i miei trasporti e le mie lacrime.
CARLIN.
Risparmia meglio queste esclamazioni;
Ci sono altre occasioni per usarle
Dove fanno meraviglia. Ora, per la nostra faccenda,
Ancora non vedo cosa il mio ministero,
Se sei amato, possa fare per te:
Che altro ti serve?
DORANTE.
L’ammissione del mio benessere.
Bisogna che in questo castello… Ma ecco Lisette,
Mi aspetta a casa. Soprattutto, bocca discreta.
CARLIN.
Offendi, signore, i diritti del mio mestiere.
Bisogna scegliere il proprio ambiente e poi confidarsi.
DORANTE, richiamandolo.
Ah! Dimenticavo… Carlin? Ho ricevuto da Valère
Una lettera d’avviso che, per una certa faccenda
Che non mi spiega, arriva oggi,
Se viene, corri subito ad avvertirmi qui.
Scena IV
Dorante, Lisette
DORANTE.
Ah! Sei tu, bella bambina? Ebbene, buongiorno Lisette:
Come stanno i corteggiatori? Dal tuo viso civettuolo
Si potrebbe scommettere almeno per due o tre:
Più grande è il numero, meglio si fa la scelta.
LISETTE.
Mi attribuisci, signore, un caratterino,
Ma davvero grazioso!
DORANTE.
Bravo, bravo! Niente collera.
Tieni, con questi lineamenti, Lisette, per la tua fede,
Puoi impedire agli uomini di innamorarsi di te?
LISETTE.
Benissimo. Tu reciti la floricoltura alla perfezione,
E i tuoi discorsi galanti incantano le orecchie,
Ma in effetti, credimi.
DORANTE.
Caspita! Mi conquisti,
(Fingendo di volerla baciare.)
Mi piace prenderti alla lettera.
LISETTE.
Piano, signore!
DORANTE.
Ridi
E anch’io voglio ridere.
LISETTE.
Lo vedo. Maledizione!
Come interpreti, signore, sei agile!
Mi capisco diversamente, e so che presso di noi
Questo linguaggio seducente di signori come te,
Mostrato per riflesso, indica dove si rivolge il discorso.
DORANTE.
Che! Penseresti dunque che innamorato della tua padrona…?
LISETTE.
Io? Non penso niente; ma se mi credi,
Porterai altrove fuochi pagati troppo male.
DORANTE, vivacemente.
Ah! L’avevo previsto; l’ingrata ha visto la mia fiamma,
Ed è per coprirmi che ha letto nella mia anima.
LISETTE.
Qui vous a dit cela ?
DORANTE.
Qui me l’a dit ? c’est toi.
LISETTE.
Moi ? je n’y songe pas.
DORANTE.
Comment ?
LISETTE.
Non, par ma foi.
DORANTE.
Et ces feux mal payés, est-ce un rêve ? est-ce un conte ?
LISETTE.
Diantre ! comme au cerveau d’abord le feu vous monte !
Je ne m’y frotte plus.
DORANTE.
Ah ! daigne m’éclaircir.
Quel plaisir peux-tu prendre à me faire souffrir ?
LISETTE.
Et pourquoi si longtemps, vous, me faire mystère
D’un secret dont je dois être dépositaire ?
J’ai voulu vous punir par un peu de souci.
Isabelle n’a rien aperçu jusqu’ici.
(À part. Haut.)
C’est mentir. Mais gardez qu’elle ne vous soupçonne ;
Car je doute en ce cas que son cœur vous pardonne.
Vous ne sauriez penser jusqu’où va sa fierté.
DORANTE.
Me voilà retombé dans ma perplexité.
LISETTE.
Elle vient. Essayez de lire dans son âme,
Et surtout avec soin cachez lui votre flamme ;
Car vous êtes perdu si vous la laissez voir.
DORANTE.
Hélas. ! tant de lenteur me met au désespoir.
Scène V
Isabelle, Dorante, Lisette
ISABELLE.
Ah ! Dorante, bonjour. Quoi ! tous deux tête-à-tête !
Eh mais ! vous faisiez donc votre cour à Lisette ?
Elle est vraiment gentille et de bon entretien.
DORANTE.
Madame, il me suffit qu’elle vous appartient
Pour rechercher en tout le bonheur de lui plaire.
ISABELLE.
Si c’est-là votre objet, rien ne vous reste à faire,
Car Lisette s’attache à tous mes sentiments.
DORANTE.
Ah ! madame !…
ISABELLE.
Oh ! surtout, quittons les compliments,
Et laissons aux amants ce vulgaire langage.
La sincère amitié de son froid étalage
A toujours dédaigné le fade et vain secours :
On n’aime point assez quand on le dit toujours.
DORANTE.
Ah ! du moins une fois heureux qui peut le dire !
LISETTE, bas.
Taisez-vous donc, jaseur.
ISABELLE.
J’oserais bien prédire
Que, sur le ton touchant dont vous vous exprimez,
Vous aimerez bientôt, si déjà vous n’aimez.
DORANTE.
Moi, madame ?
ISABELLE.
Oui, vous.
DORANTE.
Vous me raillez, sans doute.
LISETTE, à part.
Oh ! ma foi, pour le coup mon homme est en déroute.
ISABELLE.
Je crois lire en vos yeux des symptômes d’amour.
DORANTE, haut à Lisette avec affectation.
Madame, en vérité… Pour lui faire ma cour,
Faut-il en convenir ?
LISETTE, bas.
Bravo ! prenez courage.
(Haut à Dorante.)
Mais il faut bien, monsieur, aider au badinage.
ISABELLE.
Point ici de détour : parlez-moi franchement ;
Seriez-vous amoureux ?
LISETTE, bas, vivement.
Gardez de…
DORANTE.
Non, vraiment,
Madame, il me déplaît fort de vous contredire.
ISABELLE.
Sur ce ton positif, je n’ai plus rien à dire :
Vous ne voudriez pas, je crois, m’en imposer.
DORANTE.
J’aimerais mieux mourir que de vous abuser.
LISETTE, bas.
Il ment, ma foi, fort bien ; j’en suis assez contente.
ISABELLE.
Ainsi donc, votre cœur, qu’aucun objet ne tente,
Les a tous dédaignés, et jusques aujourd’hui
N’en a point rencontré qui fût digne de lui.
DORANTE, à part.
Ciel ! se vit-on jamais en pareille détresse ?
LISETTE.
Madame, il n’ose pas, par pure politesse,
Donner à ce discours son approbation ;
Mais je sais que l’amour est son aversion.
(Bas à Dorante.)
Il faut ici du cœur.
ISABELLE.
Eh bien ! j’en suis charmée.
Voilà notre amitié pour jamais confirmée,
Si, ne sentant du moins nul penchant à l’amour,
Vous y voulez pour moi renoncer sans retour.
LISETTE.
Pour vous plaire, madame, il n’est rien qu’il ne fasse.
ISABELLE.
Vous répondez pour lui ? c’est de mauvaise grâce.
DORANTE.
Hélas ! j’approuve tout ; dictez vos volontés.
Tous vos ordres par moi seront exécutés.
ISABELLE.
Ce ne sont point des lois, Dorante, que j’impose ;
Et si vous répugnez à ce que je propose,
Nous pouvons dès ce jour nous quitter bons amis.
DORANTE.
Ah ! mon goût à vos vœux sera toujours soumis.
ISABELLE.
Vous êtes complaisant, je veux être indulgente ;
Et pour vous en donner une preuve évidente,
Je déclare à présent qu’un seul jour, un objet,
Doivent borner le vœu qu’ici vous avez fait.
Tenez pour ce jour seul votre cœur en défense ;
Évitez de l’amour jusques à l’apparence
Envers un seul objet que je vous nommerai ;
Résistez aujourd’hui, demain je vous ferai
Un don…
DORANTE, vivement.
À mon choix ?
ISABELLE.
Soit, il faut vous satisfaire ;
Et je vous laisserai régler votre salaire.
Je n’en excepte rien que les lois de l’honneur :
Je voudrais que le prix fût digne du vainqueur.
DORANTE.
Dieux ! quels légers travaux pour tant de récompense !
ISABELLE.
Oui : mais si vous manquez un moment de prudence,
Le moindre acte d’amour, un soupir, un regard,
Un trait de jalousie enfin, de votre part,
Vous privent à l’instant du droit que je vous laisse :
Je punirai sur moi votre propre faiblesse,
En vous voyant alors pour la dernière fois.
Telles sont du pari les immuables lois.
DORANTE.
Ah ! que vous m’épargnez de mortelles alarmes !
Mais quel est donc enfin cet objet plein de charmes
Dont les attraits pour moi sont tant à redouter ?
ISABELLE.
Votre cœur aisément pourra les rebuter ;
Ne craignez rien.
DORANTE.
Et c’est ?
ISABELLE.
C’est moi.
DORANTE.
Vous ?
ISABELLE.
Oui, moi-même.
DORANTE.
Qu’entends-je ?
ISABELLE.
D’où vous vient cette surprise extrême ?
Si le combat avait moins de facilité,
Le prix ne vaudrait pas ce qu’il aurait coûté.
LISETTE.
Mais regardez-le donc ; sa figure est à peindre !
DORANTE, à part.
Non, je n’en reviens pas. Mais il faut me contraindre.
Cherchons en cet instant à remettre mes sens.
Mon cœur contre soi-même a lutté trop longtemps ;
Il faut un peu de trêve à cet excès de peine.
La cruelle a trop vu le penchant qui m’entraîne,
Et je ne sais prévoir, à force d’y penser,
Si l’on veut me punir ou me récompenser.
Scène VI
Isabelle, Lisette
LISETTE.
De ce pauvre garçon le sort me touche l’âme.
Vous vous plaisez par trop à maltraiter sa flamme,
Et vous le punissez de sa fidélité.
ISABELLE.
Va, Lisette ; il n’a rien qu’il n’ait bien mérité.
Quoi ! pendant si longtemps il m’aura pu séduire,
Dans ses pièges adroits il m’aura su conduire ;
Il aura, sous le nom d’une douce amitié…
LISETTE.
Fait prospérer l’amour ?
ISABELLE.
Et j’en aurais pitié !
Il faut que ces trompeurs trouvent dans nos caprices
Le juste châtiment de tous leurs artifices.
Tandis qu’ils sont amants, ils dépendent de nous :
Leur tour ne vient que trop sitôt qu’ils sont époux.
LISETTE.
Ce sont bien, il est vrai, les plus francs hypocrites !
Ils vous savent longtemps faire les chattemites :
Et puis gare la griffe. Oh ! d’avance auprès d’eux
Prenons notre revanche.
ISABELLE, en soi-même.
Oui, le tour est heureux.
(À Lisette.)
Je médite à Dorante une assez bonne pièce,
Où nous aurons besoin de toute ton adresse.
Valère en peu de jours doit venir de Paris ?
LISETTE.
Il arrive aujourd’hui, Dorante en a l’avis.
ISABELLE.
Tant mieux, à mon projet cela vient à merveilles.
LISETTE.
Or, expliquez-nous donc la ruse sans pareilles.
ISABELLE.
Valère et ma cousine unis d’un même amour,
Doivent se marier peut-être dès ce jour.
Je veux de mon dessein la faire confidente.
LISETTE.
Que ferez-vous, hélas ! de la pauvre Éliante ?
Elle gâtera tout. Avez-vous oublié
Qu’elle est la bonté même, et que, peu délié,
Son esprit n’est pas fait pour le moindre artifice,
Et moins encore son cœur pour la moindre malice ?
ISABELLE.
Tu dis fort bien, vraiment ; mais pourtant mon projet
Demanderait… Attends… Mais oui, voilà le fait.
Nous pouvons aisément la tromper elle-même ;
Cela n’en fait que mieux pour notre stratagème.
LISETTE.
Mais si Dorante, enfin, par l’amour emporté,
Tombe dans quelque piège où vous l’aurez jeté,
Vous ne pousserez pas, du moins, la raillerie
Plus loin que ne permet une plaisanterie ?
ISABELLE.
Qu’appelles-tu, plus loin ? Ce sont ici des jeux,
Mais dont l’événement doit être sérieux.
Si Dorante est vainqueur et si Dorante m’aime,
Qu’il demande ma main, il l’a dès l’instant même ;
Mais si son faible cœur ne peut exécuter
La loi que par ma bouche il s’est laissé dicter,
Si son étourderie un peu trop loin l’entraîne,
Un éternel adieu va devenir la peine
Dont je me vengerai de sa séduction,
Et dont je punirai son indiscrétion.
LISETTE.
Mais s’il ne commettait qu’une faute légère,
Pour qui la moindre peine est encore trop sévère ?
ISABELLE.
D’abord, à ses dépens nous nous amuserons ;
Puis nous, après, ce que nous en ferons.
FIN DU PREMIER ACTE
Scène Première
Isabelle, Lisette
LISETTE.
Oui, tout a réussi, madame, par merveilles.
Éliante écoutait de toutes ses oreilles,
Et sur nos propos feints, dans sa vaine terreur,
Nous donne bien, je pense, au diable de bon cœur.
ISABELLE.
Elle croit tout de bon que j’en veux à Valère ?
LISETTE.
Who told you that?
DORANTE.
Who told me? It was you.
LISETTE.
Me? I haven’t the slightest idea.
DORANTE.
How so?
LISETTE.
No, by my faith.
DORANTE.
And those poorly paid flames—were they a dream? A tale?
LISETTE.
Good heavens! How quickly the fire rises to your head!
I won’t bother with it anymore.
DORANTE.
Ah! Do me the kindness of clarifying this for me.
What pleasure could you possibly take in making me suffer?
LISETTE.
And why have you kept such a long secret from me,
A secret I’m supposed to keep?
I wanted to punish you a little bit with some worry.
Isabelle hasn’t noticed a thing yet.
(Aside. Loudly.)
That’s lying. But make sure she doesn’t suspect a thing;
Because if she does, I doubt her heart will ever forgive you.
You can’t imagine how far her pride goes.
DORANTE.
Here I am again, plunged into perplexity.
LISETTE.
She’s coming. Try reading her mind,
And above all, carefully hide your flame from her;
Because you’re lost if she finds out.
DORANTE.
Alas! Such slowness is driving me to despair.
Scene V
Isabelle, Dorante, Lisette
ISABELLE.
Ah! Dorante, good day. What! Just the two of you alone together!
Well now! Were you courting Lisette?
She really is sweet and pleasant company.
DORANTE.
Madam, it’s enough for me that she belongs to you
To seek in everything the happiness of pleasing her.
ISABELLE.
If that’s your goal, you’ve nothing left to do,
Because Lisette shares all my feelings.
DORANTE.
Ah! Madam…
ISABELLE.
Oh! Above all, let’s skip the compliments,
And leave lovers their vulgar language.
Sincere friendship, with its cold display,
Has always scorned the bland and vain support:
One doesn’t truly love when one says it all the time.
DORANTE.
Ah! At least once in a while, how happy one would be to say it!
LISETTE, under her breath.
Just be quiet, chatterbox.
ISABELLE.
I’d even dare to predict
That, with the touching tone you use,
You’ll soon fall in love—if you’re not already in love.
DORANTE.
Me, madam?
ISABELLE.
Yes, you.
DORANTE.
You’re mocking me, no doubt.
LISETTE, under her breath.
Oh! By Jove, my man’s completely routed.
ISABELLE.
I think I can read in your eyes signs of love.
DORANTE, loudly to Lisette with affectation.
Madam, truly… To court her,
Must we admit it?
LISETTE, under her breath.
Bravo! Take courage.
(Loudly to Dorante.)
But you really must, sir, join in the banter.
ISABELLE.
No beating around the bush here: speak frankly to me;
Would you be in love?
LISETTE, under her breath, urgently.
Watch out for…
DORANTE.
No, really,
Madam, I’d hate to contradict you.
ISABELLE.
At this positive tone, I’ve nothing more to say:
You wouldn’t want to deceive me, I suppose.
DORANTE.
I’d rather die than mislead you.
LISETTE, under her breath.
He’s lying, quite well, actually; I’m quite pleased about it.
ISABELLE.
So then, your heart, which no object can tempt,
Has spurned them all, and until today
Hasn’t found one worthy of it.
DORANTE, under his breath.
Heavens! Has anyone ever been in such distress?
LISETTE.
Madam, he doesn’t dare, out of pure politeness,
To give this talk his approval;
But I know love is his aversion.
(Under her breath to Dorante.)
You need to show some guts here.
ISABELLE.
Well then! I’m delighted.
This confirms our friendship forever,
If, at least feeling no inclination toward love,
You’re willing to renounce it without return.
LISETTE.
To please you, madam, there’s nothing he wouldn’t do.
ISABELLE.
You’re speaking for him? That’s being ungracious.
DORANTE.
Alas! I approve of everything; dictate your wishes.
All your orders will be carried out by me.
ISABELLE.
These aren’t laws, Dorante, that I’m imposing;
And if you balk at what I propose,
We can part as good friends right away.
DORANTE.
Ah! My taste will always submit to your wishes.
ISABELLE.
You’re accommodating—I want to be indulgent;
And to give you clear proof of it,
I declare right now that just one day, one object,
Must limit the wish you’ve made here.
Consider your heart on guard only for this one day;
Avoid love even in appearance
Toward the single object I’ll name for you;
Resist today, and tomorrow I’ll give you
A gift…
DORANTE, eagerly.
Of my choice?
ISABELLE.
Very well, I must satisfy you;
And I’ll let you set your own reward.
I except nothing but the laws of honor:
I’d like the prize to be worthy of the winner.
DORANTE.
Gods! What light tasks for such a reward!
ISABELLE.
Yes—but if you lack a moment of prudence,
The smallest act of love, a sigh, a glance,
Even a hint of jealousy from you,
Will instantly deprive you of the right I’m giving you:
I’ll punish on myself your own weakness,
Seeing you then for the last time.
Such are the unchanging rules of the bet.
DORANTE.
Ah! Spare me these deadly alarms!
But what exactly is this charming object
Whose allure I’m so afraid of?
ISABELLE.
Your heart can easily reject it;
Don’t fear anything.
DORANTE.
And it’s?
ISABELLE.
It’s me.
DORANTE.
You?
ISABELLE.
Yes, myself.
DORANTE.
What do I hear?
ISABELLE.
Where does this extreme surprise come from?
If the fight had been less easy,
The prize wouldn’t have been worth what it cost.
LISETTE.
But look at him! His face is worth painting!
DORANTE, under his breath.
No, I can’t believe it. But I must force myself.
Let’s try right now to regain my senses.
My heart has fought against itself too long;
It needs a bit of respite from this excess of pain.
The cruel one has seen too much of the pull that draws me,
And I can’t foresee, from thinking about it so much,
Whether they’ll punish me or reward me.
Scene VI
Isabelle, Lisette
LISETTE.
This poor fellow’s fate touches my soul.
You take too much pleasure in mistreating his flame,
And you punish him for his fidelity.
ISABELLE.
Go on, Lisette; he’s got nothing he hasn’t deserved.
What! For so long he could have seduced me,
In his clever traps he knew how to lead me;
He’d have, under the guise of gentle friendship…
LISETTE.
Made love flourish?
ISABELLE.
And I’d feel sorry for him!
These deceivers must find in our whims
The just punishment for all their artifices.
While they’re lovers, they depend on us:
Their turn comes way too soon once they’re married.
LISETTE.
They really are the most blatant hypocrites!
They know how to play the flirtatious game with you for ages:
And then watch out for the claws. Oh! In advance, let’s get our revenge on them.
ISABELLE, to herself.
Yes, the plan is perfect.
(To Lisette.)
I’m plotting something pretty clever for Dorante,
Where we’ll need all your skill.
Valère’s due to arrive from Paris in a few days?
LISETTE.
He’s arriving today; Dorante’s been informed.
ISABELLE.
Great, this fits perfectly with my plan.
LISETTE.
Now, explain to us this unparalleled trick.
ISABELLE.
Valère and my cousin, united in the same love,
May very well get married today.
I want her to be the confidant of my plan.
LISETTE.
What will you do, alas! with poor Éliante?
She’ll ruin everything. Have you forgotten
That she’s goodness itself, and that, not very sharp,
Her mind isn’t made for the slightest artifice,
And even less so her heart for the slightest cunning?
ISABELLE.
You’re right, indeed; but still, my plan
Would ask… Wait… Yes, that’s it.
We can easily fool her herself;
That makes it even better for our stratagem.
LISETTE.
But if Dorante, finally, carried away by love,
Falls into some trap you’ve set for him,
Won’t you push, at least, the teasing
Further than a joke allows?
ISABELLE.
What do you mean, further? These are games,
But whose outcome must be serious.
If Dorante wins and Dorante loves me,
Let him ask for my hand—he’ll have it right away;
But if his weak heart can’t carry out
The law I’ve dictated through my mouth,
If his carelessness takes him too far,
An eternal goodbye will become the penalty
With which I’ll avenge his seduction,
And punish his indiscretion.
LISETTE.
But if he committed only a minor fault,
For whom is even the slightest punishment still too severe?
ISABELLE.
First, we’ll have fun at his expense;
Then we’ll see what we’ll do with it afterward.
END OF ACT ONE
Scene One
Isabelle, Lisette
LISETTE.
Yes, everything went wonderfully, madam, marvelously.
Éliante listened with all her ears,
And on our feigned words, in her vain terror,
She gives us, I think, the devil a good heart.
ISABELLE.
Does she really believe I’m after Valère?
LISETTE.
Chi vi ha detto questa cosa?
DORANTE.
Chi me l’ha detto? Sei tu.
LISETTE.
Io? Non ci penso nemmeno.
DORANTE.
Come?
LISETTE.
No, per quanto ne so io.
DORANTE.
E questi fuochi mal pagati, è un sogno? È una favola?
LISETTE.
Perbacco! Come prima cosa, nel cervello si diffonde una sensazione di calore intenso.
Non ci faccio più caso.
DORANTE.
Ah! Permettimi di essere illuminato.
Che piacere puoi provare nel farmi soffrire?
LISETTE.
E perché, per così tanto tempo, mi avete tenuto all’oscuro?
Di un segreto di cui devo essere la custode?
Volevo punirvi con un po’ di preoccupazione.
Finora, Isabelle non ha notato nulla.
(Dietro le spalle, ad alta voce.)
È una menzogna. Ma fate in modo che non sospetti nulla di voi.
Perché in tal caso dubito che il suo cuore possa perdonarvi.
Non potreste nemmeno immaginare fino a che punto arrivi la sua orgoglio.
DORANTE.
Ecco che sono tornato nella mia perplessità.
LISETTE.
Sta arrivando. Provate a leggere nel suo animo.
E soprattutto, nascondetegli con cura la vostra passione.
Perché vi perdete se la lasciate trasparire.
DORANTE.
Ahimè. Tanta lentezza mi getta nel dispero.
Scena V
Isabella, Dorante, Lisetta
ISABELLA.
Ah! Dorante, buongiorno. Che cosa? Voi due da soli.
Ma davvero! Stavate corteggiando Lisette?
È davvero gentile e molto premurosa nelle sue azioni.
DORANTE.
Signora, mi basta che lei appartenga a voi.
Per cercare in ogni modo di compiacerlo e renderlo felice.
ISABELLA.
Se questo è il vostro obiettivo, non vi resta nulla da fare.
Perché Lisette si lega a tutti i miei sentimenti.
DORANTE.
Ah! signora.
ISABELLA.
Oh! Soprattutto, lasciamo perdere i complimenti.
E lasciamo ai fidanzati quel linguaggio volgare.
L’amicizia sincera, dietro quella sua fredda apparente indifferenza.
Ha sempre disdegnato quel debole e vano aiuto.
Non si ama abbastanza qualcosa quando se ne parla sempre.
DORANTE.
Ah! Almeno una volta, chi può dirlo, si è stati felici!
“Lisette, ”, disse in tono sommesso.
Allora taci, chiacchierone.
ISABELLA.
Oserei ben predire.
Che, con quel tono commovente con cui vi esprimete.
Ben presto amerete, se già non lo fate.
DORANTE.
Io, signora?
ISABELLA.
Sì, voi.
DORANTE.
Senza dubbio, vi state prendendo gioco di me.
LISETTE, sottovoce.
Oh! davvero, questa volta mio marito è completamente in difficoltà.
ISABELLA.
Credo di leggere nei vostri occhi i segni dell’amore.
“DORANTE”, con aria affettata, si avvicina a Lisette.
Signora, in verità. Per corteggiarlo,
Dobbiamo concordare su questo?
“Lisette, ”, disse in tono sommesso.
Bravo! Avete coraggio.
(A Dorante.)
Ma bisogna pur aiutare a scherzare, signore.
ISABELLA.
Nessun giro di parole: parlate con me francamente.
Saresti innamorato?
LISETTE, con voce bassa e veloce:
Fate attenzione a.
DORANTE.
No, davvero.
Signora, mi dispiace molto dovervi contraddire.
ISABELLA.
Con questo tono positivo, non ho più nulla da aggiungere:
Credo che non vorreste impormi nulla.
DORANTE.
Preferirei morire piuttosto che abusare di voi.
“Lisette, ”, disse in tono sommesso.
Mente, ma davvero molto bene; ne sono abbastanza soddisfatta.
ISABELLA.
Ecco quindi il vostro cuore, che nessun oggetto riesce a tentare.
Li ha tutti disdegnati, e ancora oggi.
Non ne ha incontrato nessuno che fosse degno di lui.
DORANTE, tra sé.
Cielo! Si può mai vivere in una simile miseria?
LISETTE.
Signora, per pura cortesia, non osa.
Concedere il proprio assenso a questo discorso;
Ma so che l’amore è in realtà la sua avversione.
(A Dorante.)
Qui è necessario avere il cuore.
ISABELLA.
Beh! Ne sono davvero incantata.
Ecco così la nostra amicizia confermata per sempre.
Sì, almeno non provando alcun desiderio d’amore.
Volete che io vi rinunci per sempre.
LISETTE.
Per compiacerla, signora, non esiste nulla che lui non sia disposto a fare.
ISABELLA.
Rispondete per lui? Lo fate con riluttanza.
DORANTE.
Ahimè! Approvo tutto; dite pure le vostre volontà.
Tutti i vostri ordini saranno eseguiti da me.
ISABELLA.
Non si tratta di leggi, Dorante, che impongo;
E se vi ribellate a ciò che propongo.
Da oggi possiamo separarci in buoni amici.
DORANTE.
Ah! Il mio desiderio di esaudire i vostri voleri sarà sempre sottomesso a essi.
ISABELLA.
Sei così accomodante. Voglio essere indulgente anch’io.
E per fornirvi una prova evidente di ciò.
Ora dichiaro che un solo giorno, un singolo oggetto.
Dovrebbero onorare il desiderio che avete espresso qui.
Proteggete il vostro cuore soltanto in questo giorno.
Evitate l’amore finché non ne vedete l’aspetto esteriore.
Riguardo a un solo oggetto che vi nominerò.
Resistete oggi; domani vi farò, qualcosa.
Un dono.
DORANTE, con fervore.
A mio piacimento?
ISABELLA.
Va bene, allora dobbiamo accontentarvi.
E vi lascerò decidere voi stessi quanto dovrebbe essere il vostro stipendio.
Non ne escludo nulla, tranne le leggi dell’onore:
Vorrei che il premio fosse degno del vincitore.
DORANTE.
Dio mio! Quanti sforzi modesti, per una ricompensa così grande!
ISABELLA.
Sì: ma se per un momento perdete la prudenza.
Il più piccolo atto d’amore, un sospiro, uno sguardo.
Infine, un accenno di gelosia da parte tua.
Vi private, in questo istante, del diritto che vi concedo.
Punirò su di me la vostra stessa debolezza.
Quando vi ho visto per l’ultima volta.
Ecco le leggi immutabili in questione.
DORANTE.
Ah! Come mi risparmiate terribili preoccupazioni.
Ma qual è dunque, in definitiva, questo oggetto pieno di fascino?
Non sono forse i loro fascini per me motivo di grande preoccupazione?
ISABELLA.
Il vostro cuore potrà facilmente respingerli.
Non temete nulla.
DORANTE.
E allora, qual è?
ISABELLA.
Sono io.
DORANTE.
Voi?
ISABELLA.
Sì, proprio io.
DORANTE.
Cosa sto sentendo?
ISABELLA.
Da dove deriva questa sorpresa estrema?
Se la battaglia presentasse meno facilità.
Il prezzo non varrebbe quanto sarebbe costato realmente.
LISETTE.
Ma guardatelo bene: il suo viso è davvero un’opera d’arte!
DORANTE, tra sé.
No, non riesco ancora a crederci. Ma devo essere costretto a farlo.
In questo momento, cerchiamo di ripristinare i miei sensi.
Il mio cuore ha lottato troppo a lungo contro se stesso.
È necessario un po’ di tregua davanti a questo eccesso di sofferenza.
La crudele ha visto troppo chiaramente la tendenza che mi spinge.
E non riesco a prevederlo, nonostante ci pensi continuamente.
Se si vuole punirmi o premiarmi.
Scena VI
Isabella, Lisette
LISETTE.
Il destino di questo povero ragazzo tocca la mia anima.
Vi diverte troppo tormentare la sua fiamma.
E lo punite proprio per la sua fedeltà.
ISABELLA.
Vai pure, Lisette; non c’è nulla che non abbia ben meritato.
Che cosa! Per così tanto tempo è riuscito a sedurmi.
Con i suoi astuti trucchi, mi avrà condotto lì.
Avrà, sotto il nome di una dolce amicizia.
LISETTE.
Promuovere l’amore?
ISABELLA.
E ne avrei pietà.
È necessario che questi ingannatori trovino nei nostri capricci.
La giusta punizione per tutti i loro inganni.
Mentre sono amanti, dipendono da noi:
Il loro turno arriva troppo presto, non appena diventano mariti.
LISETTE.
Sono davvero, è vero, gli ipocriti più sfacciati!
Sanno da tempo che siete bravi a fare le fusa.
E poi, ferma quella zampa. Oh! Prima ancora che arrivi da loro.
Prendiamoci la nostra vendetta.
Isabella, in sé stessa.
Sì, il giro è stato felice.
(A Lisette.)
Sto lavorando a una commedia abbastanza buona per Dorante.
È lì che avremo bisogno di tutta la tua abilità e della tua determinazione.
Valerio dovrà arrivare da Parigi in pochi giorni?
LISETTE.
Accade oggi, e Dorante la pensa così.
ISABELLA.
Meglio ancora, per il mio progetto funziona alla perfezione.
LISETTE.
Allora, spiegateci questa astuzia senza pari.
ISABELLA.
Valerio e mia cugina, uniti dallo stesso amore.
Forse devono sposarsi già oggi stesso.
Desidero che questa mia intenzione diventi sua conoscenza.
LISETTE.
Che cosa farete, ahimè, della povera Éliante?
Rovinerà tutto. L’avete dimenticato?
È essa stessa la bontà; e, non essendo ancora del tutto separata.
La sua mente non è adatta ad alcun tipo di inganno o stratagemma.
E ancor meno il suo cuore, verso qualsiasi forma di malizia?
ISABELLA.
Hai detto molto bene, davvero; tuttavia, il mio progetto.
Chiederebbe. Aspetta. Sì, ecco il fatto.
Possiamo facilmente ingannare anche lei stessa.
Questo rende ancora più efficace la nostra strategia.
LISETTE.
Ma se, alla fine, Dorante, spinto dall’amore appassionato.
Cadrà in qualche trappola che avrete preparato per lui.
Almeno non farete battute sarcastiche in merito.
Più in là di quanto permetta una semplice battuta?
ISABELLA.
A cosa ti riferisci, più avanti? Qui ci sono soltanto giochi.
Ma l’evento in questione deve essere serio.
Se Dorante vince e se Dorante mi ama.
Se vuole chiedermi in sposa, lo farà immediatamente.
Ma se il suo debole cuore non è in grado di eseguire.
La legge che ha permesso che gli venisse detta attraverso le mie parole.
Se la sua leggerezza lo porta troppo lontano.
Un addio eterno diventerà la nostra punizione.
Non mi vendicherò della sua seduzione?
E di cui punirò la sua indiscrezione.
LISETTE.
Ma se commettesse soltanto un errore lieve.
Per chi anche la minima pena appare ancora troppo severa?
ISABELLA.
Prima di tutto, ci divertiremo a sue spese;
E poi, noi, faremo ciò che vorremo.
Fine del primo atto.
Scena Prima
Isabella, Lisette
LISETTE.
Sì, tutto è andato bene, signora, per magia.
Éliante ascoltava con attenzione, con tutte le sue orecchie.
E sulle nostre parole false, nella sua vana paura.
Penso che lo mandiamo davvero all’inferno con piacere.
ISABELLA.
Pensa davvero che io abbia qualcosa contro Valère?
LISETTE.
Et que trouvez-vous là que de fort ordinaire ?
D’une amie en secret s’approprier l’amant
Dame ! attrape qui peut.
ISABELLE.
Ah ! très assurément
Ce procédé va mal avec mon caractère.
D’ailleurs…
LISETTE.
Vous n’aimez point l’amant qui sait lui plaire,
Et la vertu vous dit de lui laisser son bien.
Ah ! qu’on est généreux quand il n’en coûte rien !
ISABELLE.
Non, quand je l’aimerais, je ne suis pas capable…
LISETTE.
Mais croyez-vous au fond d’être bien moins coupable ?
ISABELLE.
Le tour, je te l’avoue, est malin.
LISETTE.
Très malin.
ISABELLE.
Mais…
LISETTE.
Les frais en sont faits, il faut en voir la fin,
N’est-ce pas ?
ISABELLE.
Oui. Je vais faire la fausse lettre :
A Valère feignant de la vouloir remettre,
Tu tâcheras tantôt, mais très adroitement,
Qu’elle parvienne aux mains de Dorante.
LISETTE.
Oh ! Vraiment,
Carlin est si nigaud, que…
ISABELLE.
Le voici lui-même :
Rentrons. Il vient à point pour notre stratagème.
Scène II
Carlin
CARLIN.
Valère est arrivé ; moi j’accours à l’instant ;
Et voilà la façon dont Dorante m’attend.
Où diable le chercher ? Hom ! qu’il m’en doit de belles !
On dit qu’au dieu Mercure on a donné des ailes ;
Il en faut en effet pour servir un amant,
S’il ne nourrit son monde assez légèrement
Pour compenser cela. Quelle maudite vie
Que d’être assujettis à tant de fantaisies !
Parbleu ! ces maîtres-là sont de plaisants sujets !
Ils prennent, par ma foi, leurs gens pour leurs valets !
Scène III
Éliante, Carlin
ÉLIANTE, sans voir Carlin.
Ciel ! que viens-je d’entendre ? et qui voudra le croire ?
Inventa-t-on jamais perfidie aussi noire ?
CARLIN.
Éliante paraît ; elle a les yeux en pleurs !
A qui diable en a-t-elle ?
ÉLIANTE.
À de telles noirceurs
Qui pourrait reconnaître Isabelle et Valère ?
CARLIN.
Ceci couvre à coup sûr quelque nouveau mystère.
ÉLIANTE.
Ah ! Carlin, qu’à propos je te rencontre ici !
CARLIN.
Et moi, très à-propos je vous y trouve aussi,
Madame, si je puis vous y marquer mon zèle.
ÉLIANTE.
Cours appeler Dorante, et dis-lui qu’Isabelle,
Lisette, et son ami, nous trahissent trous trois.
CARLIN.
Je le cherche moi-même, et déjà par deux fois
J’ai couru jusqu’ici pour lui pouvoir apprendre
Que Valère au logis est resté pour l’attendre.
ÉLIANTE.
Valère ? Ah ! le perfide ! il méprise mon coeur,
Il épouse Isabelle ; sa coupable ardeur,
A son ami Dorante arrachant sa maîtresse,
Outrage en même temps l’honneur et la tendresse.
CARLIN.
Mais de qui tenez-vous un si bizarre fait ?
Il faut se défier des rapports qu’on nous fait.
ÉLIANTE.
J’en ai, pour mon malheur, la preuve trop certaine.
J’étais par pur hasard dans la chambre prochaine ;
Isabelle et Lisette arrangeaient leur complot.
À travers la cloison, jusques au moindre mot,
J’ai tout entendu…
CARLIN.
Mais, c’est de quoi me confondre ;
À cette preuve-là je n’ai rien à répondre.
Que puis-je cependant faire pour vous servir ?
ÉLIANTE.
Lisette en peu d’instants sûrement doit sortir
Pour porter à Valère elle-même une lettre
Qu’Isabelle en ses mains tantôt a dû remettre.
Tâche de la surprendre, ouvre-la, porte-la
Sur-le-champ à Dorante ; il pourra voir par-là
De tout leur noir complot la trame criminelle.
Qu’il tâche à prévenir cette injure cruelle,
Mon outrage est le sien.
CARLIN.
Madame, la douleur
Que je ressens pour vous dans le fond de mon cœur…
Allume dans mon âme… une telle colère…
Que mon esprit… ne peut… Si je tenais Valère…
Suffit… Je ne dis rien… Mais, ou nous ne pourrons,
Madame, vous servir… ou nous vous servirons.
ÉLIANTE.
De mon juste retour tu peux tout te promettre.
Lisette va venir ; souviens-toi de la lettre.
Un autre procédé serait plus généreux ;
Mais contre les trompeurs on peut agir comme eux.
Faute d’autre moyen pour le faire connaître,
C’est en le trahissant qu’il faut punir un traître.
Scène IV
Carlin
CARLIN.
Souviens-toi ! c’est bien dit : mais pour exécuter
Le vol qu’elle demande, il y faut méditer.
Lisette n’est pas grue, et le diable m’emporte
Si l’on prend ce qu’elle a que de la bonne sorte.
Je n’y vois qu’embarras. Examinons pourtant
Si l’on ne pourrait point… Le cas est important ;
Mais il s’agit ici de ne point nous commettre,
Car mon dos… C’est Lisette, et j’aperçois la lettre.
Éliante, ma foi, ne s’est trompée en rien.
Scène V
CARLIN, LISETTE, avec une lettre dans le sein.
LISETTE, à part.
Voilà déjà mon drôle aux aguets : tout va bien.
CARLIN, à part.
Hasardons l’aventure.
(Haut.)
Eh ! comment va Lisette ?
LISETTE.
Je ne te voyais pas ; on dirait qu’en vedette
Quelqu’un t’aurait mis-là pour détrousser les gens.
CARLIN.
Mais, j’aimerais assez à piller les passants
Qui te ressembleraient.
LISETTE.
Aussi peu redoutables ?
CARLIN.
Non, des gens qui seraient autant que toi volables.
LISETTE.
Que leur volerais-tu ? pauvre enfant ! je n’ai rien.
CARLIN.
Carlin de ces riens-là s’accommoderait bien.
(Essayant d’escamoter la lettre.)
Par exemple, d’abord je tâcherais de prendre…
LISETTE.
Fort bien, mais de ma part tâchant de me défendre,
Vous ne prendriez rien, du moins pour le moment.
(Elle met la lettre dans la poche de son tablier du côté de Carlin.)
CARLIN.
Il faudrait donc tâcher de m’y prendre autrement.
Qu’est-ce que cette lettre ? où vas-tu donc la mettre ?
LISETTE, feignant d’être embarrassée.
Cette lettre, Carlin ? Eh ! mais, c’est une lettre…
Que je mets dans ma poche.
CARLIN.
Oh ! Vraiment, je le vois.
Mais voudrais-tu me dire à qui…
(Il tâche encore de prendre la lettre.)
LISETTE, mettant la lettre dans l’autre poche opposée à Carlin.
Déjà deux fois
Vous avez essayé de la prendre par ruse.
Je voudrais bien savoir…
CARLIN.
Je te demande excuse ;
Je dois à tes secrets ne prendre aucune part.
Je voulais seulement savoir si par hasard
Cette lettre n’est point pour Valère ou Dorante.
LISETTE.
Et si c’était pour eux…
CARLIN.
D’abord, je me présente,
Ainsi que je ferais même en tout autre cas,
Pour la porter moi-même et vous sauver des pas.
LISETTE.
Elle est pour d’autres gens.
CARLIN.
Tu mens ; voyons la lettre.
LISETTE.
Et si, vous la donnant, je vous faisais promettre
De ne la point montrer, me le tiendriez-vous ?
CARLIN.
Oui, Lisette, en honneur, j’en jure à tes genoux.
LISETTE.
Vous m’apprenez comment il faudra me conduire :
De ne la point montrer on a su me prescrire ;
J’ai promis en honneur.
CARLIN.
Oh ! c’est un autre point :
Ton honneur et le mien ne se ressemblent point.
LISETTE.
Ma foi, monsieur Carlin, j’en serais très fâchée.
Voyez l’impertinent !
CARLIN.
Ah ! vous êtes cachée !
Je connais maintenant quel est votre motif.
Votre esprit en détours serait moins inventif,
Si la lettre touchait un autre que vous-même :
Un traître rival est l’objet du stratagème,
Et j’ai, pour mon malheur, trop su le pénétrer
Par vos précautions pour ne la point montrer.
LISETTE.
Il est vrai ; d’un rival devenue amoureuse,
De vos soins désormais je suis peu curieuse.
CARLIN, en déclamant.
Oui, perfide, je vois que vous me trahissez
Sans retour pour mes soins, pour mes travaux passés.
Quand je vous promenais par toutes les guinguettes.
Lorsque je vous aidais à plisser vos cornettes,
Quand je vous faisais voir la Foire ou l’Opéra,
Toujours, me disiez-vous, notre amour durera.
Mais déjà d’autres feux ont chassé de ton âme
Le charmant souvenir de ton ancienne flamme.
Je sens que le regret m’accable de vapeurs ;
Barbare, c’en est fait, c’est pour toi que je meurs.
LISETTE.
Non, je t’aime toujours. Mais il tombe en faiblesse.
(Pendant que Lisette le soutient et lui fait sentir son flacon, Carlin lui vole la lettre.)
Pourquoi vouloir aussi lui cacher ma tendresse ?
C’est moi qui l’assassine. Eh ! vite mon flacon.
(À part.)
Sens, sens, mon pauvre enfant. Ah ! le rusé fripon !
(Haut.)
Comment te trouves-tu ?
CARLIN.
Je reviens à la vie.
LISETTE.
De la mienne bientôt ta mort serait suivie
CARLIN.
Ta divine liqueur m’a tout réconforté.
LISETTE, à part.
C’est ma lettre, coquin, qui t’a ressuscité.
(Haut.)
Avec toi cependant, trop longtemps je m’amuse ;
Il faudra que je rêve à trouver quelque excuse,
Et déjà je devrais être ici de retour.
Adieu, mon cher Carlin.
CARLIN.
Tu t’en vas, mon amour ?
Rassure-moi, du moins, sur ta persévérance.
LISETTE.
Eh quoi ! peux-tu douter de toute ma constance ?
(À part.)
Il croit m’avoir dupée, et rit de mes propos :
Avec tout leur esprit, les hommes sont des sots.
Scène VI
Carlin
CARLIN.
À la fin je triomphe, et voici ma conquête.
Ce n’est pas tout, il faut encore un coup de tête :
Car, à Dorante ainsi fi je vais le porter,
Il la rend aussitôt sans la décacheter ;
La chose est immanquable : et cependant Valère
What do you find so ordinary about that?
To seize another person’s lover while keeping it a secret from that friend.
Lady! Catch whoever you can.
ISABELLE.
Ah! Most certainly.
This procedure doesn’t suit my personality at all.
Besides.
LISETTE.
You do not like a lover who knows how to please you.
And virtue tells you to let him keep his property.
Ah! How generous we are when it costs nothing at all!
ISABELLE.
No, even if I wanted to, I am not capable of it.
LISETTE.
But do you truly believe that you are far less guilty?
ISABELLE.
I have to admit, that trick is quite clever.
LISETTE.
Very clever.
ISABELLE.
But.
LISETTE.
The expenses have been incurred; we must see it through to the end.
Isn’t that so?
ISABELLE.
Yes. I will write the fake letter.
A Valère pretending to want to give it back to her.
You will try at some point, but very skillfully.
That it fall into the hands of Dorante.
LISETTE.
Oh! Really.
Carlin is so foolish that.
ISABELLE.
Here he is himself:
Let’s go inside. He arrives just in time for our plan.
Scene II
Carlin
CARLIN.
Valère has arrived; I am running over right now.
And this is how Dorante waits for me.
Where in the world can I find it? Oh dear! How much he owes me!
It is said that the god Mercury was given wings;
Indeed, one must possess such qualities to serve a lover.
If it does not nourish its world in a sufficiently light manner.
To compensate for that. What a damned life.
What a fate it is to be subjected to so many fantasies!
Damn it! Those masters are really amusing creatures!
By my faith, they treat their own people like servants!
Scene III
Éliante, Carlin
ÉLIANTE, not seeing Carlin.
Heavens! What have I just heard? And who would be willing to believe it?
Is such utter treachery ever invented?
CARLIN.
Éliante appears; her eyes are filled with tears!
Who in hell does she need it for?
ÉLIANTE.
In such darknesses.
Who could recognize Isabelle and Valère?
CARLIN.
This certainly encompasses some new mystery.
ÉLIANTE.
Ah! Carlin, by the way, what a coincidence to meet you here!
CARLIN.
And me, quite coincidentally, I also find myself there with you.
Madam, if I may express my zeal in this matter.
ÉLIANTE.
Go call Dorante and tell him that Isabelle.
Lisette, and her friend, are betraying us all three.
CARLIN.
I am searching for it myself, and I have already done so twice.
I ran all the way here so that I could teach him.
That Valère had stayed at home to wait for her.
ÉLIANTE.
Valère? Ah! That treacherous one! He despises my heart.
He marries Isabelle; his guilty passion.
When his friend Dorante snatched away his mistress,
It outrages both honor and tenderness at the same time.
CARLIN.
But from whom do you obtain such a strange fact?
We must be wary of the relationships that are presented to us.
ÉLIANTE.
Unfortunately for me, I have all too clear evidence of this.
I happened to be in the next room at that time.
Isabelle and Lisette were plotting their scheme together.
Through the wall, down to every single word.
I heard it all.
CARLIN.
But it is precisely what confuses me.
To that argument, I have nothing to say in response.
What can I do, however, to serve you?
ÉLIANTE.
Lisette will surely be out in a few moments.
To deliver a letter directly to Valère herself.
What Isabelle had sometimes to put back into their hands.
Try to surprise her, open it for her, carry it for her.
At once to Dorante; he can see it from there.
From their entire dark conspiracy, arises the framework of this criminal enterprise.
Let him endeavor to prevent such a cruel insult.
My outrage is his outrage.
CARLIN.
Madam, the pain.
What I feel for you, deep in my heart.
It kindles such anger within me.
That my mind, cannot. If I were holding Valère.
That’s enough. I say nothing more. But otherwise, we won’t be able to.
Madam, it is our pleasure to serve you, or rather, we will serve you.
ÉLIANTE.
With my timely return, you can expect anything.
Lisette is coming; remember that letter.
Another approach would be more generous;
But against deceivers, one can act in the same way they do.
In the absence of any other means to make it known,
It is by betraying him that one must punish a traitor.
Scene IV
Carlin
CARLIN.
Remember! It’s well said: but to execute it.
The flight she requests requires careful consideration.
Lisette isn’t a crane, and may the devil take me if that’s not true.
If we consider only what she has of good qualities.
I see nothing but embarrassment in it. Nevertheless, let’s examine it.
If it were not possible to do so. This case is important;
But here, it is essential that we do not commit any mistakes.
Because my back. It’s Lisette; I see the letter.
Indeed, Éliante did not make any mistakes at all.
Scene V
CARLIN, LISETTE, with a letter in her chest.
LISETTE, in a low voice.
There’s already my little one on high alert: everything is fine.
“Carlin,” he said to himself.
Let us venture into this adventure.
(Loudly.)
Hey! How is Lisette doing?
LISETTE.
I couldn’t see you; it’s as if you were in the spotlight.
Someone would have put you there to rob people.
CARLIN.
But, I rather enjoy plundering passersby.
Those who would resemble you.
LISETTE.
So little formidable?
CARLIN.
No, people who would be just as capable of flying as you are.
LISETTE.
What would you steal from them? Poor child! I have nothing at all.
CARLIN.
Carlin would fit right into all that.
(trying to hide the letter.)
For example, first of all, I would try to take.
LISETTE.
Very well, but in my attempt to defend myself.
You would take nothing, at least not for the time being.
(She puts the letter into the pocket of her apron on the side nearest Carlin.)
CARLIN.
Therefore, one should try to approach it in a different way.
What is this letter? Where exactly are you going to put it?
“LiSETTE, pretending to be embarrassed.”
This letter, Carlin? Hmm, but it’s just a letter.
That I put in my pocket.
CARLIN.
Oh! Really, I can see it now.
But would you like to tell me to whom.
(He is still trying to pick up the letter.)
LISETTE placed the letter in the other pocket, the one opposite to Carlin’s.
Already twice.
You tried to take it by trickery.
I really would like to know.
CARLIN.
I beg your pardon;
Because of your secrets, I must not take any part in it at all.
I just wanted to know if, by any chance.
This letter is not meant for Valère or Dorante.
LISETTE.
What if it were for them.
CARLIN.
First of all, let me introduce myself.
Just as I would do in any other situation as well.
To carry her myself and save you from those steps.
LISETTE.
It is meant for other people.
CARLIN.
You’re lying; let’s see the letter.
LISETTE.
What if, by giving it to you, I asked you to promise.
If you don’t show it to me, would you keep it for me?
CARLIN.
Yes, Lisette, out of honor, I swear it on your knees.
LISETTE.
You are teaching me how I should conduct myself.
Not showing it allowed one to prescribe it for me;
I promised it on honor.
CARLIN.
Oh! That’s another point:
Your honor and mine are not in any way similar.
LISETTE.
Indeed, Mr. Carlin, I would be very upset if that happened.
Look at that impudent person!
CARLIN.
Ah! You are hiding!
I now know what your motive is.
Your mind, if it took indirect paths, would be less inventive.
If the letter were addressed to someone other than you:
A rival traitor becomes the target of this strategy.
And, to my misfortune, I knew too much about how to penetrate it.
Through your precautions taken to not reveal it at all.
LISETTE.
It is true; of a rival who has become her lover.
I am now quite indifferent to your attentions.
“CARLIN,” he proclaimed.
Yes, treacherous one, I see that you are betraying me.
No return for my efforts, for all my past work.
When I used to take you around all those small bars and pubs.
When I was helping you fold your cornets.
When I showed you the Fair or the Opera,
You always told me that our love would last forever.
But already other flames have driven those things out of your soul.
The charming reminder of your former flame.
I feel that remorse overwhelms me like thick vapor.
Barbarian, it’s all over now; I am dying for you.
LISETTE.
No, I still love you. But he is growing weaker.
(While Lisette supports him and presses her flask against him, Carlin steals the letter from him.)
Why would I want to hide my tenderness from her as well?
It’s me who killed her. Hey! Give me my flask quickly.
(Partially.)
Sense, sense, my poor child. Ah! That cunning little rascal!
(Loudly.)
How are you doing?
CARLIN.
I am returning to life.
LISETTE.
If it were mine, your death would soon follow.
CARLIN.
Your divine liqueur brought me complete comfort.
LISETTE, in a low voice.
It was my letter, dear, that brought you back to life.
(Loudly.)
But with you, for too long I have merely been enjoying myself;
I will have to dream up some excuse.
And already, I should be back here by now.
Goodbye, my dear Carlin.
CARLIN.
Are you leaving already, my love?
At least assure me of your perseverance.
LISETTE.
What! Can you doubt my unwavering loyalty at all?
(Partially.)
He believes he has deceived me and laughs at what I say:
With all their intelligence, men are fools.
Scene VI
Carlin
CARLIN.
In the end, I triumph; and here lies my conquest.
That’s not all; one more bold move is still needed:
For I shall carry it thus upon Dorante.
He returns it to her immediately without opening it.
It is inevitable; yet, Valère.
E che cosa trovi lì di così straordinario?
Appropriarsi in segreto l’amante di un’amica
Dama! Chi riesce a prenderselo, lo prenda.
ISABELLE.
Ah! certamente
Questo metodo non si addice al mio carattere.
Del resto…
LISETTE.
Non ami l’amante che sa come piacerti,
E la virtù ti dice di lasciargli il suo bene.
Ah! come si è generosi quando non costa nulla!
ISABELLE.
No, se lo amassi, non sarei capace…
LISETTE.
Ma credi davvero di essere meno colpevole?
ISABELLE.
Il trucco, te lo confesso, è astuto.
LISETTE.
Molto astuto.
ISABELLE.
Ma…
LISETTE.
I costi sono già stati sostenuti, bisogna vedere la fine,
Non è vero?
ISABELLE.
Sì. Farò la lettera falsa:
A Valère fingendo di volerla consegnare,
Tu cercherai tra poco, ma con molta abilità,
Che arrivi nelle mani di Dorante.
LISETTE.
Oh! Davvero,
Carlin è così sciocco, che…
ISABELLE.
Eccolo proprio lui:
Entriamo. È arrivato proprio nel momento giusto per il nostro stratagemma.
Scena II
Carlin
CARLIN.
Valère è arrivato; io corro subito;
Ed ecco come Dorante mi aspetta.
Dove diavolo devo cercarlo? Oh! Quante belle cose mi deve ancora!
Si dice che al dio Mercurio abbiano dato le ali;
Ce ne vogliono davvero per servire un amante,
Se non nutrisse la sua gente abbastanza leggermente
Per compensare questo. Che vita maledetta
Essere asserviti a tante fantasie!
Caspita! Questi padroni sono dei soggetti divertenti!
Prendono, per la fede mia, i loro servi per camerieri!
Scena III
Éliante, Carlin
ÉLIANTE, senza vedere Carlin.
Cielo! Cosa ho appena sentito? E chi vorrà crederci?
Si è mai inventata una perfidia così nera?
CARLIN.
Éliante appare; ha gli occhi pieni di lacrime!
A chi mai può importare?
ÉLIANTE.
A tali nefandezze
Chi potrebbe riconoscere Isabelle e Valère?
CARLIN.
Questo copre sicuramente qualche nuovo mistero.
ÉLIANTE.
Ah! Carlin, che fortuna trovarti qui!
CARLIN.
E io, proprio al momento giusto, ti trovo anch’io,
Signora, se posso dimostrarti il mio zelo.
ÉLIANTE.
Corri a chiamare Dorante, e digli che Isabelle,
Lisette e il suo amico ci tradiscono tutti e tre.
CARLIN.
Lo cerco io stesso, e già due volte
Ho corso fin qui per potergli dire
Che Valère è rimasto in casa ad aspettarlo.
ÉLIANTE.
Valère? Ah! Il perfido! Disprezza il mio cuore,
Sposa Isabelle; la sua ardente passione,
Strappando la sua amante all’amico Dorante,
Offende allo stesso tempo l’onore e la tenerezza.
CARLIN.
Ma da chi hai saputo una cosa così strana?
Bisogna diffidare delle informazioni che ci danno.
ÉLIANTE.
Ne ho, purtroppo, la prova decisiva.
Ero per puro caso nella stanza accanto;
Isabelle e Lisette preparavano il loro complotto.
Attraverso la parete, fino alla più piccola parola,
Ho sentito tutto…
CARLIN.
Ma questo mi confonde;
A questa prova non ho niente da replicare.
Cosa posso fare, però, per servirti?
ÉLIANTE.
Lisette tra poco uscirà sicuramente
Per portare a Valère stesso una lettera
Che Isabelle ha dovuto consegnarle poco fa.
Cerca di sorprenderla, aprila, portala subito
A Dorante; così potrà vedere
La trama criminale di tutto il loro oscuro piano.
Che cerchi di prevenire questa crudele ingiuria,
Il mio oltraggio è anche il suo.
CARLIN.
Signora, il dolore
Che provo per te nel profondo del mio cuore…
Accende nella mia anima… una tale rabbia…
Che il mio spirito… non riesce… Se avessi Valère…
Basta… Non dico niente… Ma o non potremo,
Signora, servirti… o ti serviremo.
ÉLIANTE.
Puoi aspettarti tutto dal mio giusto ritorno.
Lisette sta per venire; ricordati della lettera.
Un altro metodo sarebbe più generoso;
Ma contro i traditori si può agire come loro.
Non avendo altri mezzi per farlo conoscere,
È tradendo che bisogna punire un traditore.
Scena IV
Carlin
CARLIN.
Ricordati! È ben detto: ma per eseguire
Il furto che lei chiede, bisogna meditare.
Lisette non è una gallina, e il diavolo mi porti via
Se si prende ciò che ha in modo onesto.
Vedo solo difficoltà. Esaminiamo comunque
Se non si potrebbe… Il caso è importante;
Ma qui si tratta di non compromettersi,
Perché la mia schiena… È Lisette, e vedo la lettera.
Éliante, per la fede mia, non si è sbagliata.
Scena V
CARLIN, LISETTE, con una lettera nel seno.
LISETTE, a parte.
Ecco già il mio birbante in agguato: va tutto bene.
CARLIN, a parte.
Proviamo l’avventura.
(Ad alta voce.)
Ehi! Come va Lisette?
LISETTE.
Non ti avevo visto; sembra che qualcuno
Ti abbia messo lì per derubare la gente.
CARLIN.
Ma mi piacerebbe molto depredare i passanti
Che ti somiglierebbero.
LISETTE.
Altrettanto poco temibili?
CARLIN.
No, persone che sarebbero tanto ladre quanto te.
LISETTE.
Cosa ruberesti loro? Povero bambino! Non ho niente.
CARLIN.
Carlin si accontenterebbe benissimo di questi niente.
(Tentando di sottrarre la lettera.)
Per esempio, prima cercherei di prendere…
LISETTE.
Benissimo, ma cercando di difendermi,
Non prenderesti nulla, almeno per ora.
(La mette nella tasca del grembiule dalla parte di Carlin.)
CARLIN.
Bisognerebbe quindi cercare di prendermela diversamente.
Che cos’è questa lettera? Dove vuoi metterla?
LISETTE, fingendo di essere imbarazzata.
Questa lettera, Carlin? Eh! Ma è una lettera…
Che metto nella mia tasca.
CARLIN.
Oh! Davvero, lo vedo.
Ma vorresti dirmi a chi…
(Tenta ancora di prendere la lettera.)
LISETTE, mettendola nell’altra tasca opposta a Carlin.
Già due volte
Hai cercato di prenderla con l’inganno.
Vorrei proprio sapere…
CARLIN.
Ti chiedo scusa;
Non devo avere alcun ruolo nei tuoi segreti.
Volevo solo sapere se per caso
Questa lettera non fosse per Valère o Dorante.
LISETTE.
E se fosse per loro…
CARLIN.
Prima di tutto, mi presento,
Come farei in ogni altro caso,
Per portarla io stesso e risparmiarti i passi.
LISETTE.
È per altre persone.
CARLIN.
Menti; fammi vedere la lettera.
LISETTE.
E se, dandotela, ti facessi promettere
Di non mostrarla, me lo terresti?
CARLIN.
Sì, Lisette, per onore, lo giuro ai tuoi piedi.
LISETTE.
Mi insegni come dovrei comportarmi:
Non mostrarla ci hanno prescritto;
Ho promesso per onore.
CARLIN.
Oh! È un altro punto:
Il tuo onore e il mio non si assomigliano affatto.
LISETTE.
Per la fede mia, signor Carlin, ne sarei molto contrariata.
Guarda l’impertinente!
CARLIN.
Ah! Sei nascosta!
Ora so qual è il tuo motivo.
Il tuo spirito pieno di giri sarebbe meno inventivo,
Se la lettera riguardasse qualcun altro oltre te stessa:
Un rivale traditore è l’obiettivo dello stratagemma,
E ho, purtroppo, capito troppo bene
Con le tue precauzioni per non mostrarla.
LISETTE.
È vero; diventata innamorata di un rivale,
Ormai non sono più curiosa dei tuoi atti.
CARLIN, recitando.
Sì, perfida, vedo che mi tradisci
Senza ritorno per i miei atti, per i miei lavori passati.
Quando ti portavo per tutte le bettole,
Quando ti aiutavo a piegare le tue cuffie,
Quando ti facevo vedere la Fiera o l’Opera,
Sempre, mi dicevi, il nostro amore durerà.
Ma ormai altri fuochi hanno scacciato dall’anima
Il dolce ricordo della tua antica fiamma.
Sento che il rimpianto mi opprime di vapori;
Barbara, è finita, muoio per te.
LISETTE.
No, ti amo ancora. Ma sta perdendo forza.
(Mentre Lisette lo sostiene e gli fa sentire il flacone, Carlin le ruba la lettera.)
Perché vuoi nascondere anche a lui la mia tenerezza?
Sono io che lo sto assassinando. Dai, presto il mio flacone.
(A parte.)
Senti, senti, povero bambino. Ah! Il furbo birbante!
(Ad alta voce.)
Come ti senti?
CARLIN.
Torno in vita.
LISETTE.
Presto la tua morte sarebbe seguita alla mia
CARLIN.
La tua divina bevanda mi ha completamente ristorato.
LISETTE, a parte.
È la mia lettera, furfante, che ti ha resuscitato.
(Ad alta voce.)
Con te, però, mi sto divertendo troppo a lungo;
Bisognerà che pensi a trovare qualche scusa,
E già dovrei essere tornato qui.
Addio, mio caro Carlin.
CARLIN.
Te ne vai, mio amore?
Rassicurami, almeno, sulla tua perseveranza.
LISETTE.
Eh! Puoi dubitare della mia costanza intera?
(A parte.)
Crede di avermi ingannata, e ride dei miei discorsi:
Con tutto il loro spirito, gli uomini sono degli stupidi.
Scena VI
Carlin
CARLIN.
Alla fine trionfo, e ecco la mia conquista.
Non basta, serve ancora un colpo di testa:
Perché, così a Dorante, vado a portarla,
Lui la restituisce subito senza aprirla;
La cosa è inevitabile: eppure Valère
Vous lui souffle Isabelle, et sous mon ministère,
Je verrai ses appâts, je verrai ses écus
Passer en d’autres mains, et mes projets perdus !
Il faut ouvrir la lettre… Eh ! oui ; mais si je l’ouvre,
Et par quelque malheur que mon vol se découvre,
Valère pourrait bien… La peste soit du sot !
Qui diable le saura ? moi, je n’en dirai mot.
Lisette aura sur moi quelque soupçon peut-être :
Et bien ! nous mentirons… Allons, servons mon maître,
Et contentons surtout ma curiosité.
La cire ne tient point, tout est déjà sauté ;
Tant mieux : la refermer sera chose facile…
(Il lit en parcourant.)
Diable ! voyons ceci.
(Il lit.)
« Je vous préviens par cette lettre, mon cher Valère, supposant que vous arriverez aujourd’hui, comme nous en sommes convenus. Dorante est notre dupe plus que jamais : il est toujours persuadé que c’est à Éliante que vous en voulez, et j’ai imaginé là-dessus un stratagème assez plaisant pour nous amuser à ses dépens, et l’empêcher de troubler notre mariage. J’ai fait avec lui une espèce de pari, par lequel il s’est engagé à ne me donner d’ici à demain aucune marque d’amour ni de jalousie, sous peine de ne me voir jamais. Pour le séduire plus sûrement, je l’accablerai de tendresses outrées, que vous ne devez prendre à son égard que pour ce qu’elles valent ; s’il manque à son engagement, il m’autorise à rompre avec lui sans détour ; et s’il l’observe, il nous délivre de ses importunités jusqu’à la conclusion de l’affaire. Adieu. Le notaire est déjà mandé ; tout est prêt pour l’heure marquée, et je puis être à vous dès ce soir. »
Isabelle.
Tubleu ! le joli style !
Après de pareils tours on ne dit rien, sinon
Qu’il faut pour les trouver être femme ou démon.
Oh ! que voici de quoi bien réjouir mon maître !
Quelqu’un vient ; c’est lui-même.
Scène VII
Dorante Carlin
DORANTE.
Où te tiens-tu donc, traître ?
Je te cherche partout.
CARLIN.
Moi, je vous cherche aussi :
Ne m’avez-vous pas dit de revenir ici ?
DORANTE.
Mais pourquoi si longtemps ?…
CARLIN.
Donnez-vous patience.
Si vous montrez en tout la même pétulance,
Nous allons voir beau jeu.
DORANTE.
Qu’est-ce que ce discours ?
CARLIN.
Ce n’est rien ; seulement à vos tendres amours
Il faudra dire adieu.
DORANTE.
Quelle sotte nouvelle
Viens-tu ?…
CARLIN.
Point de courroux : Je sais bien qu’Isabelle
Dans le fond de son cœur vous aime uniquement ;
Mais, pour nourrir toujours un si doux-sentiment,
Voyez comme de vous elle parle à Valère.
DORANTE.
L’écriture, en effet, est de son caractère.
(II lit la lettre.)
Que vois-je ? malheureux ! d’où te vient ce billet ?
CARLIN.
Allez-vous soupçonner que c’est moi qui l’ai fait ?
DORANTE.
D’où te vient-il ? te dis-je.
CARLIN.
À la chère suivante
Je l’ai surpris tantôt par ordre d’Éliante.
DORANTE.
D’Éliante ! Comment ?
CARLIN.
Elle avait découvert
Toute la trahison qu’arrangeaient de concert
Isabelle et Lisette, et, pour vous en instruire,
Jusqu’en ce vestibule a couru me le dire.
La pauvre enfant pleurait.
DORANTE.
Ah ! je suis confondu !
Aveugle que j’étais ! comment n’ai-je pas dû
Dans leurs airs affectés voir leur intelligence ?
On abuse aisément un cœur sans défiance.
Ils se riaient ainsi de ma simplicité !
CARLIN.
Pour moi, depuis longtemps je m’en étais douté.
Continuellement on les trouvait ensemble.
DORANTE.
Ils se voyaient fort peu devant moi, ce me semble.
CARLIN.
Oui, c’était justement pour mieux cacher leur jeu.
Mais leurs regards…
DORANTE.
Non pas ; ils se regardaient peu,
Par affectation.
CARLIN.
Parbleu ! voilà l’affaire.
DORANTE.
Chez moi-même à l’instant ayant trouvé Valère,
J’aurais dû voir, au ton dont parlant de leurs nœuds
D’Éliante avec art il faisait l’amoureux,
Que l’ingrat ne cherchait qu’à me donner le change.
CARLIN.
Jamais crédulité fut-elle plus étrange ?
Mais que sert le regret ? et qu’y faire, après tout ?
DORANTE.
Rien ; je veux seulement savoir si jusqu’au bout
Ils oseront porter leur lâche stratagème.
CARLIN.
Quoi ! vous prétendez donc être témoin vous-même… ?
DORANTE.
Je veux voir Isabelle, et feignant d’ignorer
Le prix qu’à ma tendresse elle a su préparer ;
Pour la mieux détester je prétends me contraindre,
Et sur son propre exemple apprendre l’art de feindre.
Toi, va tout préparer pour partir dès ce soir.
CARLIN, va et revient.
Peut-être…
DORANTE.
Quoi ?
CARLIN.
J’y cours.
DORANTE.
Je suis au désespoir.
Elle vient. À ses yeux déguisons ma colère.
Qu’elle est charmante ! Hélas ! comment se peut-il faire
Qu’un esprit aussi noir anime tant d’attraits ?
Scène VIII
Isabelle, Dorante
ISABELLE.
Dorante, il n’est plus temps d’affecter désormais
Sur mes vrais sentiments un secret inutile.
Quand la chose nous touche, on voit la moins habile
À l’erreur qu’elle feint se livrer rarement.
Je prétends avec vous agir plus franchement.
Je vous aime, Dorante ; et ma flamme sincère,
Quittant ces vains dehors d’une sagesse austère
Dont le faste sert mal à déguiser le cœur,
Veut bien à vos regards dévoiler son ardeur.
Après avoir longtemps vanté l’indifférence,
Après avoir souffert un an de violence
Vous ne sentez que trop qu’il n’en coûte pas peu
Quand on se voit réduite à faire un tel aveu.
DORANTE.
Il faut en convenir ; je n’avais pas l’audace
De m’attendre, madame, à cet excès de grâce.
Cet aveu me confond, et je ne puis douter
Combien, en le faisant, il a dû vous coûter.
ISABELLE.
Votre discrétion, vos feux, votre constance,
Ne méritaient pas moins que cette récompense ;
C’est au plus tendre amour, à l’amour éprouvé.
Qu’il faut rendre l’espoir dont je l’avais privé.
Plus vous auriez d’ardeur, plus, craignant ma colère,
Vous vous attacheriez à ne pas me déplaire ;
Et mon exemple seul a pu vous dispenser
De me cacher un feu qui devait m’offenser.
Mais quand à vos regards toute ma flamme éclate,
Sur vos vrais sentiments peut-être je me flatte,
Et je ne les vois point ici se déclarer
Tels qu’après cet aveu j’aurais pu l’espérer.
DORANTE.
Madame, pardonnez au trouble qui me gêne,
Mon bonheur est trop grand pour le croire sans peine.
Quand je songe quel prix vous m’avez destiné,
De vos rares bontés je me sens étonné.
Mais moins à ces bontés j’avais droit de prétendre,
Plus au retour trop dû vous devez vous attendre.
Croyez, sous ces dehors de la tranquillité,
Que le fond de mon cœur n’est pas moins agité.
ISABELLE.
Non, je ne trouve point que votre air soit tranquille ;
Mais il semble annoncer plus de torrents de bile
Que de transports d’amour : je ne crois pas pourtant
Que mon discours, pour vous, ait eu rien d’insultant,
Et, sans trop me flatter, d’autres à votre place
L’auraient pu recevoir d’un peu meilleure grâce.
DORANTE.
À d’autres, en effet, il eût convenu mieux.
Avec autant de goût on a de meilleurs yeux,
Et je ne trouve point, sans doute, en mon mérite,
De quoi justifier ici votre conduite :
Mais je vois qu’avec moi vous voulez plaisanter ;
C’est à moi de savoir, madame, m’y prêter.
ISABELLE.
Dorante, c’est pousser bien loin la modestie :
Ceci n’a point trop l’air d’une plaisanterie,
Il nous en coûte assez en déclarant nos feux,
Pour ne pas faire un jeu de semblables aveux.
Mais, je crois pénétrer le secret de votre âme ;
Vous craignez que, cherchant à tromper votre flamme,
Je ne veuille abuser du défi de tantôt
Pour tâcher aujourd’hui de vous prendre en défaut.
Je ne vous cache point qu’il me paraît étrange
Qu’avec autant d’esprit on prenne ainsi le change :
Pensez-vous que des feux qu’allument nos attraits
Nous redoutions si fort les transports indiscrets,
Et qu’un amour ardent jusqu’à l’extravagance
Ne nous flatte pas mieux qu’un excès de prudence ?
Croyez, si votre sort dépendait du pari,
Que c’est de le gagner que vous seriez puni.
DORANTE.
Madame, vous jouez fort bien la comédie ;
Votre talent m’étonne, il me fait même envie ;
Et, pour savoir répondre à des discours si doux,
Je voudrais en cet art exceller comme vous :
Mais, pour vouloir trop loin pousser le badinage,
Je pourrais à la fin manquer mon personnage,
Et reprenant peut-être un ton trop sérieux…
ISABELLE.
À la plaisanterie il n’en serait que mieux.
Tout de bon, je ne sais où de cette boutade
Votre esprit a pêché la grotesque incartade.
Je m’en amuserais beaucoup en d’autres temps.
Je ne veux point ici vous gêner plus longtemps.
Si vous prenez ce ton par pure gentillesse,
Vous pourriez l’assortir avec la politesse :
Si vos mépris pour moi veulent se signaler,
Il faudra bien chercher de quoi m’en consoler.
DORANTE, en fureur.
Ah ! per…
ISABELLE, l’interrompant vivement.
Quoi !
DORANTE, faisant effort pour se calmer.
Je me tais.
ISABELLE, à part.
De peur d’étourderie,
Allons faire en secret veiller sur sa furie.
You breathe it into her, Isabelle, and under my ministry.
I will see his baits, I will see his coins.
To fall into other hands, and my projects lost forever!
I need to open the letter. Hmm! Yes, but if I do,
And no matter what misfortune might result from my flight being discovered.
Valère might very well. May the devil take that fool!
Who in hell would know? I, for one, will say nothing about it.
Perhaps Lisette will have some suspicion about me:
Very well! We shall lie. Come, serve my master.
And above all, let us satisfy my curiosity.
The wax doesn’t stick; everything has already melted off.
Even better: closing it will be easy.
(He reads while scanning the text.)
Damn it! Let’s take a look at this.
(He reads.)
“I am writing you this letter, my dear Valère, assuming that you will arrive today, as we have agreed. Dorante is our dupe more than ever: he is still convinced that it is Éliante whom you hold a grudge against. I have come up with a rather amusing stratagem to entertain ourselves at his expense and prevent him from disrupting our marriage. I made a sort of ‘bet’ with him: he agreed not to show me any signs of love or jealousy until tomorrow, under the threat that otherwise he would never see me again. To lure him more effectively, I will overwhelm him with excessive tenderness—something you should take only for what it is worth. If he fails to keep his promise, he allows me to break off our relationship without hesitation; if he does, he will free us from his harassment until this matter is settled. Adieu. The notary has already been summoned; everything is ready for the appointed time, and I could be with you by tonight.”
Isabelle.
Tubleu! What a beautiful style!
After such antics, one says nothing but.
To find them, one must be either a woman or a demon.
Oh! What a delightful thing this is to bring joy to my master!
Someone is coming; it’s him himself.
Scene VII
Dorante Carlin
DORANTE.
Where on earth are you hiding, traitor?
I look for you everywhere.
CARLIN.
I am also looking for you:
Did you not tell me to come back here?
DORANTE.
But why for such a long time?.
CARLIN.
Be patient with yourself.
If you display the same petulance in everything you do.
We are about to witness some truly remarkable performances.
DORANTE.
What is this speech?
CARLIN.
It’s nothing; merely a thought of your sweet loves.
It will be necessary to say goodbye.
DORANTE.
What a foolish piece of news.
Are you coming?..
CARLIN.
No anger at all: I know very well that Isabelle.
In the depths of her heart, she loves you alone;
But, in order to always maintain such a tender sentiment,
See how she speaks to Valère in your presence.
DORANTE.
Indeed, writing is inherent in its very nature.
(He read the letter.)
What am I seeing? Oh, no! Where did you get this ticket?
CARLIN.
Will you suspect that it was me who did it?
DORANTE.
Where did it come from? I ask you.
CARLIN.
To the next dear one.
I surprised him earlier on at Éliante’s orders.
DORANTE.
Éliante! How is that possible?
CARLIN.
She had discovered it.
All the treacheries that they conspired to carry out together.
Isabelle and Lisette, and to inform you of this.
Someone ran all the way to this vestibule just to tell me.
The poor child was crying.
DORANTE.
Ah! I am utterly confused!
How blind I was! How could it have been possible that I didn’t realize.
Is their affected demeanor a sign of their intelligence?
A heart without defenses can be easily abused.
They laughed at my simplicity like that!
CARLIN.
For me, I had suspected it for a long time.
They were constantly found together.
DORANTE.
They seemed to see each other very seldom in front of me, at least it seems so to me.
CARLIN.
Yes, that was precisely in order to hide their true intentions better.
But their looks.
DORANTE.
Not at all; they seldom looked at each other.
Out of affectation.
CARLIN.
Damn it! There it is—the problem.
DORANTE.
At this very moment, while I have found Valère.
I should have realized, from the way he spoke about their knots.
He skillfully played the role of a lover with Éliante.
That ungrateful wretch was merely trying to deceive me.
CARLIN.
Never was such credulity more bizarre.
But what use is regret? And what can one do about it, after all?
DORANTE.
Nothing; I just want to know if it will go all the way through.
They will dare to employ their cowardly strategy.
CARLIN.
What! So you claim to have been a witness yourself,?
DORANTE.
I want to see Isabelle, and I’ll pretend not to know.
The reward that, with such tenderness, she managed to prepare for me;
In order to hate it even more, I pretend to force myself to do so.
And through his own example, learn the art of pretending.
You, go prepare everything to leave tonight.
CARLIN, go and come back.
Perhaps.
DORANTE.
What?
CARLIN.
I’m running there right now.
DORANTE.
I am in despair.
She is coming. In her eyes, my anger is merely a disguise.
How charming she is! Alas, how is that possible?
How can such a dark spirit possess so many attractive qualities?
Scene VIII
Isabelle, Dorante
ISABELLE.
Dorante, it is no longer time to feign now.
A useless secret about my true feelings.
When such a thing affects us, we see only its less skillful aspects.
She rarely pretends to commit the mistake that she actually makes.
I claim that I am acting more openly with you all.
I love you, Dorante; my sincere passion.
Leaving behind these empty forms of austere wisdom.
Doesn’t grandeur serve poorly to disguise the heart?
Willing to reveal its fervor before your eyes.
After having long praised indifference,
After enduring a year of violence
You can too easily sense that it doesn’t come at a small cost.
When one is forced to make such an admission.
DORANTE.
One must admit it; I did not have the courage.
To expect such extreme kindness from me, madam.
This confession confuses me, and I cannot doubt it at all.
How much must it have cost you to do that.
ISABELLE.
Your discretion, your perseverance, your steadfastness.
They certainly deserved no less than this reward;
It is the tenderest love, the love that is truly felt.
I must restore the hope that I had taken away from him.
The greater your fervor, the more you would fear my anger.
You would make every effort not to displeasure me;
And my example alone was sufficient to free you from that obligation.
To hide from me a fire that was bound to offend me.
But when your gaze touches me, all my passion bursts forth.
Perhaps I am flattering myself regarding your true feelings.
And I see them nowhere here declaring themselves.
Just as I had hoped after such a confession.
DORANTE.
Madam, please forgive the inconvenience that I cause you.
My happiness is too great to believe so easily.
When I think of the price you have destined for me.
I am astonished by your rare acts of kindness.
But I was less entitled to expect such kindnesses from them.
On your way back, you must expect even more of what is due to you.
Believe me, beneath these outward appearances of tranquility,
Yet the depths of my heart are no less stirred.
ISABELLE.
No, I do not find that your expression appears calm at all;
But it seems to herald even more torrents of bitterness.
What expressions of love, yet I do not believe it.
That my speech may not have contained anything offensive for you.
And, without boasting too much, others in your position would do the same.
They could have been treated with a bit more generosity.
DORANTE.
Indeed, for others, it would have been more appropriate.
With such good taste and such beautiful eyes.
And I certainly find nothing in my own merits that could justify this.
What could justify your behavior here?
But I see that you are trying to tease me.
It is up to me to decide whether to lend it to you, madam.
ISABELLE.
Dorante—that’s taking modesty to rather extreme lengths.
This doesn’t quite seem like a joke.
We already spend quite a lot just declaring our lights.
In order not to engage in a similar game of confessions.
But I believe I have grasped the secret of your soul;
You fear that, in attempting to deceive your beloved,
I do not wish to overuse the challenge that was posed earlier.
To try to catch you off guard today.
I must admit that it seems strange to me.
How one can, with such intelligence, make such a mistake.
Do you think that the fires ignited by our charms.
We feared so greatly the possibility of inadvertent disclosure.
And a love so intense as to be downright extravagant.
Are you not flatterying us any more than excessive caution would do?
Believe me, if your fate depended on that bet.
It is for winning it that you would be punished.
DORANTE.
Madam, you are quite adept at playing the comedy;
Your talent amazes me; it even makes me envious.
And, in order to know how to respond to such gentle words,
I would like to excel in this art just as you do.
However, to go too far in such banter.
In the end, I might lose my character.
And perhaps adopting a tone that is too serious again.
ISABELLE.
With a bit of humor, it would be even better.
To be honest, I don’t know where this little joke came from.
Your mind has caught hold of this grotesque absurdity.
I would have had a lot of fun doing it at other times.
I do not wish to disturb you any further at this time.
If you adopt this tone out of sheer kindness.
You could pair it with politeness as well:
If your contempt for me wishes to be expressed.
I will surely have to find something to comfort myself with.
DORANTE, in a rage.
Ah! Per.
“ISABELLE,” she interrupted quickly.
What!
DORANTE, trying hard to calm down.
I remain silent.
ISABELLE, in a low voice.
Out of fear of fainting,
Let’s secretly go and watch over his fury.
Glielo sussurri tu, Isabelle, e sotto la mia guida.
Vedrò le sue esche, vedrò i suoi scudi.
Finire nelle mani di altri, e i miei progetti andranno persi!
Devo aprire questa lettera. Ehm! Sì, ma se la apro.
E qualunque sia la sfortuna che porti alla rivelazione del mio piano.
Valère potrebbe ben farlo. Maledetto idiota!
Chi diavolo lo saprà? Io, non ne dirò una parola.
Forse Lisette avrà qualche sospetto su di me.
Ebbene! Mentiremo. Andiamo, serviamo il mio padrone.
E soprattutto, soddisfiamo la mia curiosità.
La cera non tiene più, tutto è già andato in fumo.
Meglio così: chiuderla sarà un’operazione semplice.
(Leggendo velocemente.)
Dio mio! Guardiamo un po’ cosa c’è qui.
(Legge.)
“Vi avviso con questa lettera, caro Valerio, supponendo che arriviate oggi, come abbiamo concordato. Dorante è più che mai nostro ingannatore: è ancora convinto che sia Éliante la persona di cui siete geloso, e ho ideato un stratagemma abbastanza divertente per divertirci a sue spese e impedirgli di disturbare il nostro matrimonio. Ho fatto con lui una sorta di scommessa: si è impegnato a non mostrarmi alcun segno d’amore o di gelosia fino a domani, altrimenti non mi vedrà mai più. Per sedurlo ancora di più, lo assillerò di tenerezze eccessive, che voi dovreste considerare soltanto per il valore che hanno; se mancherà alla sua promessa, mi autorizza a rompere con lui senza esitazioni; se invece la rispetterà, ci libererà dalle sue importunità fino al termine di questa faccenda. Addio. Il notaio è già stato chiamato; tutto è pronto per l’ora stabilita, e potrò essere da voi stasera stesso.”
Isabella.
Che bello stile!
Dopo simili esperienze, non si dice nulla, se non.
Per trovarli, bisogna essere donna o demone.
Oh! Che cosa meravigliosa per rallegrare molto mio padrone!
Qualcuno sta arrivando. È proprio lui.
Scena VII
Dorante Carlin
DORANTE.
Dove ti nascondi tu, traditore?
Ti cerco dappertutto.
CARLIN.
Anch’io vi sto cercando.
Non mi avete detto di tornare qui?
DORANTE.
Ma perché per così tanto tempo?.
CARLIN.
Abituatevi ad avere pazienza.
Se continuerete a mostrare la stessa petulanza in tutto,
Ci aspetta una bella sfida.
DORANTE.
Di che si tratta questo discorso?
CARLIN.
Niente di grave; è solo a causa dei vostri teneri sentimenti.
Dovremo dire addio.
DORANTE.
Che notizia stupida.
Vieni con me?.
CARLIN.
Nessun segno di rabbia: so bene che Isabelle.
Nel profondo del suo cuore, lei vi ama soltanto.
Ma, per mantenere sempre un sentimento così dolce.
Guardate come lei parli di voi con Valerio.
DORANTE.
Infatti, la scrittura è proprio tale per natura.
(Lui legge la lettera.)
Cosa vedo? Oh misero. Da dove hai ottenuto questo biglietto?
CARLIN.
Penserete che sia stato io a farlo?
DORANTE.
Da dove provieni? ti chiedo.
CARLIN.
Alla prossima cara lettera.
L’ho sorpreso poco fa su ordine di Éliante.
DORANTE.
Di Éliante! Come è possibile?
CARLIN.
Aveva scoperto.
Tutta la tradizione che veniva concordemente organizzata.
Isabelle e Lisette. E, per informarvi in merito,
È corso fino a questo vestibolo per dirmelo.
Povera bambina, piangeva.
DORANTE.
Ah! Sono confuso!
Ero cieco. Come mai non me ne sono reso conto?
Nelle loro pose affettate si può forse riconoscere la loro intelligenza?
È facile abusare di un cuore privo di difese.
Si prendevano gioco della mia semplicità in questo modo.
CARLIN.
Per me, da molto tempo ne avevo già il sospetto.
Li si trovava sempre insieme.
DORANTE.
Mi sembra che si vedessero molto raramente davanti a me.
CARLIN.
Sì, era proprio per nascondere meglio le loro intenzioni.
Ma i loro sguardi.
DORANTE.
No; si guardavano raramente.
Per ostentazione.
CARLIN.
Maledizione! Ecco il problema.
DORANTE.
In questo momento, proprio mentre ho trovato Valerio.
Avrei dovuto capirlo dal tono con cui parlava dei loro nodi.
Con grande abilità, fingeva di essere innamorato con Éliante.
Quell’ingrato cercava soltanto di ingannarmi.
CARLIN.
Mai la credulità fu così strana.
Ma a che serve il rimpianto? E, in fondo, cosa si può fare?
DORANTE.
Niente; voglio solo sapere se, fino alla fine.
Oseranno attuare la loro meschina strategia.
CARLIN.
Che cosa! Allora voi stesso affermate di essere stato testimone,?
DORANTE.
Voglio vedere Isabelle, e fingendo di non saperlo.
Il dono che, con la sua tenerezza, è riuscita a prepararmi.
Per odiare ancora di più, pretendo di costringermi.
E imparare dall’esempio stesso di lui l’arte di fingere.
Tu, prepara tutto per partire stasera stesso.
Carlin va e viene.
Forse.
DORANTE.
Cosa?
CARLIN.
Corro lì.
DORANTE.
Sono disperato.
Sta arrivando. Ai suoi occhi, la mia rabbia è solo una mascherata.
Che incantevole è! Ahimè, come può essere possibile.
Come può uno spirito così oscuro suscitare tanti fascini?
Scena VIII
Isabella, Dorante
ISABELLA.
Dorante, non c’è più tempo per fingere ora.
Un segreto inutile riguardo ai miei veri sentimenti.
Quando una cosa ci riguarda direttamente, vediamo chiaramente le nostre debolezze e i nostri difetti.
Raramente si abbandona all’errore che finge di commettere.
Affermo di voler agire con maggiore franchezza insieme a voi.
Ti amo, Dorante; e il mio sentimento sincero.
Lasciando questi vani esteri di una saggezza austera.
Il lusso non è certo un buon mezzo per nascondere i veri sentimenti del cuore.
Desidera ardentemente che i vostri occhi possano scorgere la sua passione.
Dopo aver a lungo esaltato l’indifferenza,
Dopo aver sofferto per un anno di violenza.
Sentite fin troppo chiaramente che ciò richiede un notevole impegno.
Quando si viene costretti a fare una tale ammissione.
DORANTE.
Bisogna ammetterlo: non avevo il coraggio.
Aspettarmi da voi, signora, un tale grado di gentilezza.
Questo ammettere mi ha lasciato perplesso; non posso dubitarne.
Quanto deve esservi costato farlo.
ISABELLA.
La vostra discrezione, i vostri sforzi, la vostra costanza.
Non meritavano certo meno di questa ricompensa.
È l’amore più tenero, l’amore vissuto con sincerità, che conta davvero.
Devo restituirgli la speranza che gli avevo tolta.
Più grande fosse la vostra passione, più temereste la mia ira.
Vi impegnereste a non deludermi.
E solo il mio esempio è stato in grado di liberarvi da.
Nascere in me un fuoco che avrebbe dovuto offendermi.
Ma quando i vostri sguardi fanno esplodere tutta la mia passione.
Forse mi illudo riguardo ai vostri veri sentimenti.
E non li vedo affatto qui dichiararsi apertamente.
Esattamente come avrei potuto sperarlo dopo quella confessione.
DORANTE.
Signora, perdonate il disturbo che mi causa.
La mia felicità è troppo grande per poterla credere senza difficoltà.
Quando penso a quale prezzo mi abbiate destinato.
Sono sorpreso dalle vostre rare gentilezze.
Ma meno ancora avevo diritto di sperare in tali gentilezze.
Non dovreste aspettarvi un ritorno troppo rapido.
Credetemi: sotto queste apparenze di tranquillità.
Anche il profondo del mio cuore non è meno turbato.
ISABELLA.
No, non mi sembra che il vostro aspetto sia sereno.
Ma sembra annunciare ancora più flussi di bile.
Quanti sentimenti d’amore. Tuttavia, non credo che.
Che il mio discorso non abbia contenuto nulla di offensivo per voi.
E, senza esagerare nel lodarmi, altri al vostro posto farebbero lo stesso.
Avrebbero potuto essere accolti con un po’ più di gentilezza.
DORANTE.
Infatti, ad altri sarebbe stato più adatto.
Con tanto gusto si hanno occhi migliori.
E senza dubbio, non trovo nulla nel mio merito che possa giustificare questo.
Di cosa giustificare qui il vostro comportamento:
Ma vedo che con me volete scherzare.
È mio dovere sapere, signora, se sono disposta ad aiutarvi in questo.
ISABELLA.
Dorante, è davvero portare la modestia fino ai limiti estremi:
Questo non sembra affatto una battuta scherzosa.
Ci costa già abbastanza dover segnalare la nostra presenza.
Per non fare un gioco di simili confessioni.
Ma credo di aver compreso il segreto della vostra anima;
Temevate che, cercando di ingannare i vostri sentimenti,
Non voglio abusare della sfida di poco fa.
Per cercare oggi di trovare delle vostre colpe.
Non vi nascondo che mi sembra strano.
Come si possa, con tanta intelligenza, prendere in giro le cose in questo modo.
Ritenete che i fuochi scatenati dai nostri attratti.
Temevamo così tanto i trasporti indiscreti.
E un amore ardente, fino all’eccesso.
Non ci lusingate più di quanto possa farlo un eccesso di prudenza, vero?
Credetemi, se il vostro destino dipendesse da quel gioco d’azzardo.
È proprio per averlo vinto che verreste puniti.
DORANTE.
Signora, recitate la commedia molto bene.
Il vostro talento mi sorprende, anzi, mi invidia.
E, per saper rispondere a discorsi così dolci.
Vorrei eccellere in questo campo proprio come voi.
Ma, voler spingere troppo lontano i scherzi.
Alla fine, potrei perdere di vista il mio personaggio.
E forse riprendendo un ton troppo serio.
ISABELLA.
Con una battuta, le cose sarebbero solo migliorate.
Onestamente, non so proprio da dove sia venuta questa battuta.
La vostra mente ha catturato quella grottesca combinazione di elementi.
In altri tempi, mi divertirei molto.
Non voglio più disturbarvi per molto tempo.
Se usate questo tono soltanto per gentilezza.
Potreste abbinarlo anche alla cortesia.
Se il vostro disprezzo per me vuole manifestarsi.
Dovrò davvero cercare qualcosa che mi consoli.
DORANTE, furioso.
Ah! Per.
“Isabelle,” la interruppe bruscamente.
Che cosa!
DORANTE, sforzandosi di calmarsi.
Taccio.
ISABELLA, tra sé.
Per paura di svenire.
Andiamo a vegliare in segreto sulla sua furia.
Dans ses emportements je vois tout son amour…
Je crains bien à la fin de l’aimer à mon tour.
(Elle sort en faisant d’un air poli, mais railleur, une révérence à Dorante.)
Scène IX
Dorante
DORANTE.
Me suis-je assez longtemps contraint en sa présence ?
Ai-je montré près d’elle assez de patience ?
Ai-je assez observé ses perfides noirceurs ?
Suis-je assez poignardé de ses fausses douceurs ?
Douceurs pleines de fiel, d’amertume et de larmes,
Grands dieux ! que pour mon cœur vous eussiez eu de charmes,
Si sa bouche, parlant avec sincérité,
N’eût pas au fond du sien trahi la vérité !
J’en ai trop enduré, je devais la confondre ;
À cette lettre enfin qu’eût-elle osé répondre ?
Je devais à mes yeux un peu l’humilier :
Je devais… Mais plutôt songeons à l’oublier.
Fuyons, éloignons-nous de ce séjour funeste ;
Achevons d’étouffer un feu que je déteste :
Mais ne partons qu’après avoir tiré raison
Du perfide Valère et de sa trahison.
FIN DU SECOND ACTE
Scène Première
Lisette, Dorante, Valère
LISETTE.
Que vous êtes tous deux ardents à la colère !
Sans moi vous alliez faire une fort belle affaire !
Voilà mes bons amis si prompts à s’engager ;
Ils sont encore plus prompts souvent à s’égorger.
DORANTE.
J’ai tort, mon cher Valère, et t’en demande excuse :
Mais pouvais-je prévoir une semblable ruse ?
Qu’un coeur bien amoureux est facile à duper !
Il n’en fallait pas tant, hélas ! pour me tromper.
VALÈRE.
Ami, je suis charmé du bonheur de ta flamme.
Il manquait à celui qui pénètre mon âme
De trouver dans ton cœur les mêmes sentiments,
Et de nous voir heureux tous deux en même temps.
LISETTE, à Valère.
Vous pouvez en parler tout-à-fait à votre aise ;
Mais pour monsieur Dorante, il faut, ne lui déplaise,
Qu’il nous fasse l’honneur de prendre son congé.
DORANTE.
Quoi ! songes-tu ?…
LISETTE.
C’est vous qui n’avez pas songé
À la loi qu’aujourd’hui vous prescrit Isabelle.
On peut se battre, au fond, pour une bagatelle,
Avec les gens qu’on croit qu’elle veut épouser :
Mais Isabelle est femme à s’en formaliser ;
Elle va, par orgueil, mettre en sa fantaisie
Qu’un tel combat s’est fait par pure jalousie ;
Et, sur de tels exploits, je vous laisse à juger
Quel prix à vos lauriers elle doit adjuger.
DORANTE.
Lisette, ah ! mon enfant, serais-tu bien capable
De trahir mon amour en me rendant coupable ?
Ta maîtresse de tout se rapporte à ta foi ;
Si tu veux me sauver, cela dépend de toi.
LISETTE.
Point, je veux lui conter vos brillantes prouesses,
Pour vous faire ma cour.
DORANTE.
Hélas ! de mes faiblesses
Montre quelque pitié.
LISETTE.
Très noble chevalier,
Jamais un paladin ne s’abaisse à prier :
Tuer d’abord les gens, c’est la bonne manière.
VALÈRE.
Peux-tu voir de sang-froid comme il se désespère,
Lisette ? Ah ! sa douleur aurait dû t’attendrir.
LISETTE.
Si je lui dis un mot, ce mot pourra l’aigrir,
Et contre moi peut-être il tirera l’épée.
DORANTE.
J’avais compté sur toi, mon attente est trompée ;
Je n’ai plus qu’à mourir.
LISETTE.
Oh ! le rare secret !
Mais il est du vieux temps, j’en ai bien du regret ;
C’était un beau prétexte.
VALÈRE.
Eh ! ma pauvre Lisette,
Laisse de ces propos l’inutile défaite.
Sers-nous si tu le peux, si tu le veux du moins,
Et compte que nos cœurs acquitteront tes soins.
DORANTE.
Si tu rends de mes feux l’espérance accomplie,
Dispose de mes biens, dispose de ma vie ;
Cette bague d’abord…
LISETTE, prenant la bague.
Quelle nécessité ?
Je prétends vous servir par générosité.
Je veux vous protéger auprès de ma maîtresse ;
Il faut qu’elle partage enfin votre tendresse ;
Et voici mon projet. Prévoyant de vos coups,
Elle m’avait tantôt envoyé près de vous
Pour empêcher le mal, et ramener Valère,
Afin qu’il ne vous pût éclaircir le mystère :
Que si je ne pouvais autrement tout parer,
Elle m’avait chargé de vous tout déclarer.
C’est donc ce que j’ai fait quand vous vouliez vous battre,
Et qu’il vous a fallu, monsieur, tenir à quatre.
Mais je devais, de plus, observer avec soin
Les gestes, dits et faits dont je serais témoin,
Pour voir si vous étiez fidèle à la gageure.
Or, si je m’en tenais à la vérité pure,
Vous sentez bien, je crois, que c’est fait de vos feux :
Il faudra donc mentir ; mais pour la tromper mieux
Il me vient dans l’esprit une nouvelle idée…
DORANTE.
Qu’est-ce ?…
VALÈRE.
Dis-nous un peu…
LISETTE.
Je suis persuadée…
Non… Si… si fait… Je crois… Ma foi, je n’y suis plus.
DORANTE.
Morbleu !
LISETTE.
Mais à quoi bon tant de soins superflus ?
L’idée est toute simple ; écoutez-bien, Dorante :
Sur ce que je dirai, bientôt impatiente,
Isabelle chez vous va vous faire appeler,
Venez, mais comme si j’avais su vous celer
Le projet qu’aujourd’hui sur vous elle médite,
Vous viendrez sur le pied d’une simple visite,
Approuvant froidement tout ce qu’elle dira,
Ne contredisant rien de ce qu’elle voudra.
Ce soir un feint contrat pour elle et pour Valère
Vous sera proposé pour vous mettre en colère :
Signez-le sans façon ; vous pouvez être sûr
D’y voir partout du blanc pour le nom du futur.
Si vous vous tirez bien de votre petit rôle,
Isabelle, obligée à tenir sa parole,
Vous cède le pari peut-être dès ce soir,
Et le prix, par la loi, reste en votre pouvoir.
DORANTE.
Dieux ! quel espoir flatteur succède à ma souffrance !
Mais n’abuses-tu point ma crédule espérance ?
Puis-je compter sur toi ?
LISETTE.
Le compliment est doux !
Vous me payez ainsi de ma bonté pour vous ?
VALÈRE.
Il est fort question de te mettre en colère !
Songe à bien accomplir ton projet salutaire,
Et loin de t’irriter contre ce pauvre amant,
Connais à ses terreurs l’excès de son tourment.
Mais je brûle d’ardeur de revoir Éliante :
Ne puis-je pas entrer ? Mon âme impatiente…
LISETTE.
Que les amants sont vifs ! Oui, venez avec moi.
(À Dorante.)
Vous, de votre bonheur fiez-vous à ma foi,
Et retournez chez vous attendre des nouvelles.
Scène II
Dorante
DORANTE.
Je verrais terminer tant de peines cruelles !
Je pourrais voir enfin mon amour couronné !
Dieux ! à tant de plaisirs serais-je destiné ?
Je sens que les dangers ont irrité ma flamme ;
Avec moins de fureur elle brûlait mon âme,
Quand je me figurais, par trop de vanité
Tenir déjà le prix dont je m’étais flatté.
Quelqu’un vient. Évitons de me laisser connaître.
Avant le temps prescrit je ne dois point paraître.
Hélas ! mon faible cœur ne peut se rassurer,
Et je crains encore plus que je n’ose espérer.
Scène III
Éliante, Valère
ÉLIANTE.
Oui, Valère, déjà de tout je suis instruite ;
Avec beaucoup d’adresse elles m’avaient séduite
Par un entretien feint entre elles concerté,
Et que, sans m’en douter, j’avais trop écouté.
VALÈRE.
Eh quoi ! belle Éliante, avez-vous donc pu croire
Que Valère, à ce point, ennemi de sa gloire,
De son bonheur surtout, cherchât en d’autres noeuds
Le prix dont vos bontés avaient flatté ses vœux ?
Ah ! que vous avez mal jugé de ma tendresse !
ÉLIANTE.
Je conviens avec vous de toute ma faiblesse.
Mais que j’ai bien payé trop de crédulité !
Que n’avez-vous pu voir ce qu’il m’en a coûté
Isabelle, à la fin, par mes pleurs attendrie
A par un franc aveu, calmé ma jalousie ;
Mais cet aveu pourtant, en exigeant de moi
Que sur tel secret je donnasse ma foi
Que Dorante par moi n’en aurait nul indice.
À mon amour pour vous j’ai fait ce sacrifice :
Mais il m’en coûte fort pour le tromper ainsi.
VALÈRE.
Dorante est, comme vous instruit de tout ceci.
Gardez votre secret en affectant de feindre.
Isabelle, bientôt, lasse de se contraindre,
Suivant notre projet peut-être dès ce jour
Tombe en son propre piège, et se rend à l’amour.
Scène IV
Isabelle, Éliante, Valère et Lisette un peu après.
ISABELLE, en soi-même.
Ce sang-froid de Dorante et me pique et m’outrage.
Il m’aime donc bien peu, s’il n’a pas le courage
De rechercher du moins un éclaircissement !
LISETTE, arrivant.
Dorante va venir, madame, en un moment.
J’ai fait en même temps appeler le notaire.
ISABELLE.
Mais il nous faut encore le secours de Valère :
Je crois qu’il voudra bien nous servir aujourd’hui.
J’ai bonne caution qui me répond de lui.
VALÈRE.
Si mon zèle suffit et mon respect extrême,
Vous pourriez bien, madame, en répondre vous-même.
ISABELLE.
J’ai besoin d’un mari seulement pour ce soir,
Voudriez-vous bien l’être ?
ÉLIANTE.
Eh mais ! il faudra voir.
Comment ! il vous faut donc des cautions, cousine,
Pour pleiger vos maris ?
LISETTE.
Oh ! oui ; car pour la mine
Elle trompe souvent.
ISABELLE, à Valère.
In his outbursts of emotion, I see all his love.
I’m afraid that in the end, it will be my turn to fall in love with her too.
(She exits with a polite but mocking bow to Dorante.)
Scene IX
Dorante
DORANTE.
Have I been constrained in his presence for long enough?
Have I shown her enough patience?
Have I observed enough of its treacherous darknesses?
Am I being stabbed enough by his false kindnesses?
Sweetnesses filled with venom, bitterness, and tears.
Great gods! How much charm you must have possessed for my heart.
If his mouth speaks with sincerity,
Had it not, in its very depths, betrayed the truth!
I had endured too much; I had to confuse her.
How could she have dared to respond to such a letter?
In my own eyes, I felt I had some right to humiliate him a bit:
I should have done it. But perhaps it’s better to forget about it altogether.
Let us flee, away from this ominous place;
We have managed to extinguish a fire that I detest:
But let us not set off until we have come to a conclusion.
Of the treacherous Valerius and his betrayal.
END OF THE SECOND ACT
Scene One
Lisette, Dorante, Valère
LISETTE.
How both of you are filled with rage!
Without me, you would have made a very good deal indeed!
Here are my good friends, always so ready to step forward and take action;
They are even more prone, often, to killing one another.
DORANTE.
I am wrong, my dear Valère, and I ask for your forgiveness:
But could I have anticipated such a trick?
It is so easy to deceive a well-loved heart!
Alas, it didn’t take much to deceive me.
VALÈRE.
My friend, I am enchanted by the happiness in your eyes.
What was lacking in him who penetrated my soul.
To find those same feelings within your own heart.
And to see us both happy at the same time.
LISETTE, to Valère.
You can talk about it quite freely;
But for Mr. Dorante, it is necessary—though it may not please him—
Let him have the honor of taking his leave from us.
DORANTE.
What! What are you thinking?.
LISETTE.
It was you who did not think of it.
By the law that Isabelle prescribes for you today.
One can, after all, fight over such a trivial matter.
With the people that one thinks she wants to marry:
But Isabelle is a woman who would take such matters seriously;
Out of pride, she will place it within her imagination.
That such a battle was waged out of sheer jealousy;
And, as for such feats, I leave it up to you to judge.
What a price she must assign to her laurels.
DORANTE.
Lisette, ah! my child, would you really be capable of.
To betray my love by making myself guilty?
Your mistress of all things relates to your faith;
If you want to save me, it depends on you.
LISETTE.
Well, I want to tell him about your brilliant achievements.
To win your favor.
DORANTE.
Alas! due to my own weaknesses.
Show some mercy.
LISETTE.
Most noble knight,
No paladin would ever stoop so low as to pray.
Killing people first is the right way to do it.
VALÈRE.
Can you watch him despair with such calmness?
Lisette? Ah! Her pain should have touched your heart.
LISETTE.
If I say a word to him, that word might hurt his feelings.
And perhaps against me he will draw his sword.
DORANTE.
I had counted on you, but my expectations have been disappointed.
I have nothing left but to die.
LISETTE.
Oh! What a rare secret!
But it’s from the old days, and I really regret that.
It was a good excuse.
VALÈRE.
Oh! my poor Lisette,
Discard from these words all that is superfluous and futile.
Help us if you can, if you at least wish to do so.
And trust that our hearts will repay your kindness.
DORANTE.
If you turn the hope born from my flames into something truly accomplished.
Dispose of my possessions, dispose of my life;
This ring, first of all.
“LISETTE, taking the ring.”
What necessity is there for that?
I claim to be serving you out of generosity.
I want to protect you in front of my mistress.
She must finally share your tenderness;
And here is my project. Having anticipated your moves.
She had once sent me near you.
In order to prevent evil and bring Valère back,
So that he might not unravel the mystery for you:
Were it not for the fact that I could otherwise resolve everything.
She had instructed me to tell you everything.
So that’s what I did when you wanted to fight.
And it took all of your strength, sir, to manage it.
But I also had to observe carefully.
The gestures, words, and actions of which I would be a witness.
To see if you were faithful to your promise.
Or, if I were to stick solely to pure truth,
I believe you can clearly sense that it is made from your own flames.
One will therefore have to lie; but in order to deceive her more effectively.
A new idea comes to my mind.
DORANTE.
What is it?.
VALÈRE.
Tell us a little bit about it.
LISETTE.
I am convinced.
No. Yes, it’s possible. I think so. Honestly, I’m not sure anymore.
DORANTE.
By the holy heavens!
LISETTE.
But what use is all this unnecessary fuss?
The idea is very simple; listen carefully, Dorante:
Regarding what I will say—soon growing impatient.
Isabelle at your place will make you call her.
Come, but as if I had known how to hide you from you.
The project that she is contemplating over you today.
You will come for a mere visit.
She would coldly approve of whatever she said.
Without contradicting anything she might want to say.
Tonight, a fake contract for her and for Valère.
You will be given the opportunity to get angry.
Sign it without hesitation; you can be certain about that.
To see white everywhere as a symbol for the name of the future.
If you perform your small role well,
Isabelle, forced to keep her promise,
You might lose that bet as early as tonight.
And by law, the price remains within your control.
DORANTE.
Heavens! What a flattering hope follows my suffering!
But are you not abusing my naive hope?
Can I count on you?
LISETTE.
This compliment is so kind!
Are you thus rewarding my kindness towards you?
VALÈRE.
There’s every possibility that you might get angry!
Strive to successfully carry out your beneficial project.
And far from getting irritated at this poor lover,
In its horrors, one can recognize the excess of its suffering.
But I am eager to see Éliante again:
“May I not enter? My impatient soul, ”
LISETTE.
How lively these lovers are! Yes, come with me.
(to Dorante.)
You, trust my faith for your own happiness.
And go back home to wait for news.
Scene II
Dorante
DORANTE.
I shall see so many cruel punishments come to an end!
I will finally be able to see my beloved crowned!
Heavens! Am I destined to experience so many pleasures?
I feel that these dangers have kindled my passion even more;
With less fury, it still burned my soul.
When I imagined things, out of excessive vanity.
To already have won the prize for which I had taken such pride.
Someone is coming. Let’s make sure they don’t discover me.
I must not appear before the prescribed time.
Alas! my weak heart cannot find peace.
And I fear even more than I dare to hope.
Scene III
Éliante, Valère
ÉLIANTE.
Yes, Valère, I am already informed about everything.
With great skill, they had managed to seduce me.
Through a carefully orchestrated pretense of conversation between them,
And that, without a doubt, I had listened too much.
VALÈRE.
Well! My dear Éliante, how could you have believed such a thing?
That Valère, at such a point, should become an enemy of his own glory.
Above all, it was his own happiness that he sought in other relationships.
The reward that your kindnesses had fulfilled his desires?
Ah! How wrong you have been in judging my tenderness!
ÉLIANTE.
I acknowledge all my own weaknesses with you.
How much I have indeed paid for my own credulity!
What could you possibly have seen of what it cost me?
In the end, Isabelle was moved by my tears.
With a candid admission, my jealousy was appeased.
Yet this confession, in demanding it of me.
That I place my faith in such a secret.
That Dorante should not have the slightest hint of it through me.
For my love for you, I made this sacrifice:
But it costs me a great deal to deceive him in such a way.
VALÈRE.
As you have been informed regarding all of this, Dorante is.
Keep your secret by pretending.
Isabelle, soon enough, stops forcing herself to restrain herself.
Perhaps starting from today, according to our plan.
Fall into his own trap, and surrender to love.
Scene IV
Isabelle, Éliante, Valère, and Lisette followed shortly after.
Isabelle, in herself.
Dorante’s composure irritates and offends me.
He must not love me very much, if he lacks the courage to do so.
To seek at least some clarification!
LISETTE, arriving.
Dorante will be here shortly, madam.
I also had the notary called at the same time.
ISABELLE.
But we still need the help of Valère:
I believe he will be willing to serve us today.
I have reliable assurance that he will respond for him.
VALÈRE.
If my zeal is sufficient and my utmost respect.
You yourself could quite possibly answer that question, madam.
ISABELLE.
I need a husband just for tonight.
Would you please be it?
ÉLIANTE.
Well! We’ll have to see about that.
How astonishing! It seems you really need some precautions, cousin.
To beg for your husbands?
LISETTE.
Oh! Yes; because for me.
She lies frequently.
ISABELLE, to Valère.
Nei suoi accessi di passione vedo tutto il suo amore.
Temo molto che, alla fine, anch’io inizierò ad amarla.
(Uscendo, fa un inchino a Dorante con aria educata, ma ironica.)
Scena IX
Dorante
DORANTE.
Mi sono forzato a comportarmi in un certo modo davanti a lui per troppo tempo?
Ho dimostrato abbastanza pazienza vicino a lei?
Ho osservato abbastanza le sue perfide oscurità?
Sono abbastanza ferito dalle sue false dolcezze?
Dolcezze piene di veleno, amarezza e lacrime.
Grandi dei! Quanto sareste stati affascinanti per il mio cuore.
Si dice che una persona, parlando con sincerità.
Se non avesse, nel profondo del suo cuore, tradito la verità.
Ne ho sopportato troppo, dovevo confonderla.
A quella lettera, finalmente, come avrebbe mai osato rispondere?
A mio parere, dovevo umiliarlo un po’.
Dovevo farlo. Ma forse è meglio cercare di dimenticarlo.
Fuggiamo, allontaniamoci da questo luogo maledetto.
Abbiamo spento un fuoco che odio.
Ma partiamo soltanto dopo aver trovato una spiegazione logica.
Del perfido Valerio e della sua tradizione.
Fine del secondo atto.
Scena Prima
Lisette, Dorante, Valère
LISETTE.
Che voi due siate entrambi così pronti alla rabbia!
Senza di me, avreste fatto un ottimo affare!
Ecco i miei buoni amici, sempre pronti ad impegnarsi.
Spesso sono ancora più propensi a uccidersi a vicenda.
DORANTE.
Ho torto, caro Valerio, e ti chiedo scusa per questo.
Ma come avrei potuto prevedere un simile trucco?
Un cuore profondamente innamorato è facilmente ingannabile!
Ahimè, non c’era bisogno di così poco per farmi sbagliare.
Valère.
Amici, sono incantato dalla felicità che emana dalla tua passione.
Mancava a colui che penetra nella mia anima.
Trovare nel tuo cuore gli stessi sentimenti.
E vederci entrambi felici nello stesso momento.
LISETTE, a Valère.
Potete parlarne senza alcun imbarazzo;
Ma per il signor Dorante, è necessario, anche se non gli piace.
Che ci faccia l’onore di prendersi le sue ferie.
DORANTE.
Che cosa! Cosa stai pensando?.
LISETTE.
Siete voi ad aver trascurato di considerare questa possibilità.
Alla legge che oggi Isabella vi impone.
In fondo, si può combattere per una sciocchezza.
Le persone che si pensa voglia sposare.
Ma Isabelle è una donna che non si cura di queste cose.
Per orgoglio, si impegnerà a plasmare nella sua immaginazione.
Un tale combattimento è avvenuto soltanto per gelosia.
E, riguardo a tali imprese, lascio a voi giudicare.
Quale prezzo deve attribuire ai vostri meriti.
DORANTE.
Lisette, ah! mia bambina, saresti davvero in grado.
Tradire il mio amore facendomi colpevole?
Tua padrona di tutto riguarda la tua fede.
Se vuoi salvarmi, dipende da te.
LISETTE.
Punto, voglio raccontargli le vostre straordinarie imprese.
Per corteggiarvi.
DORANTE.
Ahimè, le mie debolezze.
Mostra un po’ di pietà.
LISETTE.
Nobile cavaliere.
Nessun cavaliere errante si abbasserebbe mai a pregare.
Uccidere prima le persone, è davvero il modo giusto.
Valère.
Riesci a osservare con distacco come si dispera?
Lisette? Ah. Il suo dolore avrebbe dovuto commuoverti.
LISETTE.
Se gli dico una parola, quella parola potrebbe ferirlo.
E forse contro di me tirerà la spada.
DORANTE.
Mi aspettavo di poter contare su di te, ma le mie speranze sono state deluse.
Non mi resta che morire.
LISETTE.
Oh! Quel raro segreto.
Ma appartiene al vecchio tempo, ne sono davvero molto rammaricato.
Era una bella scusa.
Valère.
Eh, povera Lisette.
Lascia da parte le inutili sconfitte derivanti da queste parole.
Servici noi se puoi, o almeno se lo desideri.
E sappi che i nostri cuori ricambieranno le tue cure.
DORANTE.
Se trasformi le mie fiamme in una speranza realizzata.
Disponi dei miei beni, disponi della mia vita;
Prima di tutto, questo anello.
“Lisette, prendi questo anello.”
Qual è questa necessità?
Affermo di servirvi per generosità.
Voglio proteggervi accanto alla mia padrona.
Deve finalmente condividere la vostra tenerezza.
Ecco il mio progetto: prevedendo i vostri attacchi.
Mi aveva inviato da voi poco tempo fa.
Per impedire il male e riportare indietro Valerio.
Affinché non potesse rivelarvi il mistero.
Se non potessi in qualche altro modo risolvere tutto.
Mi aveva incaricato di rivelarvi tutto.
Ecco quindi ciò che ho fatto quando volevate combattere.
E che lei, signore, abbia dovuto fare uno sforzo notevole per riuscirci.
Ma dovevo anche osservare con attenzione.
I gesti, le parole e le azioni di cui sarei testimone.
Per verificare se fossi stato fedele alla scommessa.
O, se mi attenessi soltanto alla verità pura.
Credo che voi possiate ben capire che tutto ciò è stato creato attraverso i vostri “fuochi”.
Dovremo quindi mentire, ma per ingannarla meglio ancora.
Mi è venuta in mente un’altra idea.
DORANTE.
Che cos’è?.
Valère.
Raccontaci qualcosa.
LISETTE.
Sono convinta.
No. Si, si può fare. Credo. Ma onestamente, non ne sono più sicuro.
DORANTE.
Maledizione!
LISETTE.
Ma a che serve tutto questo impegno inutile?
L’idea è molto semplice; ascolta bene, Dorante:
Per quanto riguarda ciò che dirò, presto diventerò impaziente.
Isabelle, quando sarà da voi, vi farà chiamare.
Vieni, ma come se avessi saputo nasconderti da me.
Il progetto che oggi lei sta meditando su di voi.
Verrà da voi in qualità di semplice visitatore.
Approvando freddamente tutto ciò che avrebbe detto.
Non contraddicendo nulla di ciò che lei desidera.
Stasera, un falso contratto per lei e per Valerio.
Vi verrà offerta l’opportunità di arrabbiarvi.
Firmatelo senza esitazioni; potete esserne certo.
Vedere ovunque il colore bianco come simbolo del nome del futuro.
Se svolgete bene questo piccolo ruolo che vi è stato assegnato.
Isabelle, costretta a mantenere la sua promessa,
Forse questa sera stesso rinuncerai alla scommessa.
E secondo la legge, il prezzo rimane in vostra disponibilità.
DORANTE.
Dio! Che speranza lusinghiera segue al mio dolore.
Ma non abusi forse della mia fiduciosa speranza?
Posso contare su di te?
LISETTE.
Il complimento è davvero gentile!
Mi pagate così in ricompensa della mia gentilezza verso di voi?
Valère.
È molto probabile che tu ti arrabbi!
Pensa attentamente a realizzare al meglio il tuo progetto benefico.
E lontano dall’irritarti contro quel povero amante.
Conosce, nei suoi terrori, l’eccesso del proprio tormento.
Ma ardo dal desiderio di rivedere Éliante:
Non posso entrare? La mia anima è impaziente.
LISETTE.
Che i giovani innamorati siano pieni di vitalità! Sì, venite con me.
(A Dorante.)
Voi, affidatevi alla mia fede per la vostra felicità.
E tornate a casa ad aspettare notizie.
Scena II
Dorante
DORANTE.
Vorrei che finissero tutte queste crudeli sofferenze!
Finalmente potrò vedere il mio amore incoronato!
Dio! Sono forse destinato a tanti piaceri?
Percepisco che i pericoli hanno alimentato la mia determinazione.
Con meno furia, ma con la stessa intensità, consumava la mia anima.
Quando mi immaginavo, per eccesso di vanità.
Godere già di quel premio di cui mi ero lusingato.
Qualcuno sta arrivando. Dobbiamo evitare che mi accorga.
Prima dell’ora stabilita, non devo presentarmi.
Ahimè! Il mio debole cuore non riesce a trovare pace.
E temo ancora di più di quanto osi sperare.
Scena III
Éliante, Valère
ÉLIANTE.
Sì, Valerio, già di tutto sono informata.
Con grande abilità, erano riuscite a sedurmi.
Attraverso un colloquio fingito concordato tra loro,
E che, senza alcun dubbio, avevo ascoltato troppo.
Valère.
Ebbene! bella Eliante, come avete potuto crederci.
Che Valerio, fino a questo punto nemico della sua stessa gloria.
Soprattutto nel suo felicità, cercava in altri legami.
Il premio che le vostre gentilezze avevano realizzato i suoi desideri?
Ah! Quanto avete sbagliato a giudicare la mia tenerezza.
ÉLIANTE.
Concordo con voi riguardo alla mia totale debolezza.
Ma quanto ho pagato caro per la mia credulità.
Che cosa non avete potuto vedere. Quanto mi è costato!
Alla fine, Isabelle, commossa dai miei pianti.
Con una semplice confessione, la sua gelosia si placò.
Ma questa confessione, tuttavia, richiedendomi.
Che io possa affidare la mia fede a un tale segreto.
Che Dorante non abbia alcun indizio al riguardo da parte mia.
Per il mio amore per te ho fatto questo sacrificio:
Ma mi costa molto ingannarlo in questo modo.
Valère.
Come avete appreso da tutto ciò che vi è stato detto, Dorante.
Mantenete il vostro segreto fingendo di non farci caso.
Isabelle, presto, smetterà di costringersi.
Secondo il nostro progetto, forse già da oggi.
Cade nella propria trappola e si arrende all’amore.
Scena IV
Isabelle, Éliante, Valère e Lisette poco dopo.
Isabella, in sé stessa.
Questo sangue freddo di Dorante mi offende e mi indigna.
Quindi mi ama molto poco, se non ha il coraggio.
Cercare almeno una spiegazione.
LISETTE, entrando.
Dorante arriverà tra poco, signora.
Ho chiamato contemporaneamente l’avvocato.
ISABELLA.
Ma abbiamo ancora bisogno dell’aiuto di Valerio:
Credo che oggi sarà felice di aiutarci.
Dispongo di una solida garanzia che mi assicura sulla sua affidabilità.
Valère.
Se il mio zelo è sufficiente e il mio profondo rispetto.
Potreste benissimo rispondere voi stessa, signora.
ISABELLA.
Ho bisogno di un marito solo per stasera.
Vorreste esserlo, per favore?
ÉLIANTE.
Ma sì! Dovremo vedere.
Come! Dunque avete bisogno di precauzioni, cugina.
Per supplicare i vostri mariti?
LISETTE.
Oh! Sì, perché per la mia miniera.
Spesso tradisce.
ISABELLA, a Valère.
Et bien ! qu’en dites-vous ?
VALÈRE.
On ne refuse pas, madame, un sort si doux ;
Mais d’un terme trop court…
ISABELLE.
Il est bon de vous dire,
Au reste, que ceci n’est qu’un hymen pour rire.
LISETTE.
Dorante est là ; sans moi, vous alliez tout gâter.
ISABELLE.
J’espère que son cœur ne pourra résister
Au trait que je lui garde.
Scène V
Isabelle, Dorante, Éliante, Valère, Lisette, un laquais.
ISABELLE.
Ah ! vous voilà, Dorante ;
De vous voir aussi peu, je ne suis pas contente :
Pourquoi me fuyez-vous ? Trop de présomption
M’a fait croire, il est vrai, qu’un peu de passion
De vos soins près de moi pouvait être la cause :
Mais faut-il pour cela prendre si mal la chose ?
Quand j’ai voulu tantôt, par de trop doux aveux,
Engager votre coeur à dévoiler ses feux,
Je n’avais pas pensé que ce fût une offense
À troubler entre nous la bonne intelligence ;
Vous m’avez cependant, par des airs suffisants,
Marqué trop clairement vos mépris offensants :
Mais, si l’amant méprise un si faible esclavage,
Il faut bien que l’ami du moins m’en dédommage ;
Ma tendresse n’est pas un tel affront, je croi[63],
Qu’il faille m’en punir en rompant avec moi.
DORANTE.
Je sens ce que je dois à vos bontés, madame :
Mais vos sages leçons ont si touché mon âme,
Que, pour vous rendre ici même sincérité,
Peut-être mieux que vous j’en aurai profité.
ISABELLE, bas à Lisette.
Lisette, qu’il est froid ! il a l’air tout de glace.
LISETTE, bas.
Bon ! c’est qu’il est piqué ; c’est par pure grimace.
ISABELLE.
Depuis notre entretien, vous serez bien surpris
D’apprendre en cet instant le parti que j’ai pris.
Je vais me marier.
DORANTE, froidement.
Vous marier ! vous-même ?
ISABELLE.
En personne. D’où vient cette surprise extrême ?
Ferais-je mal, peut-être ?
DORANTE.
Oh non : c’est fort bien fait.
Cet hymen-là s’est fait avec un grand secret.
ISABELLE.
Point. C’est sur le refus que vous m’avez su faire
Que je vais épouser… devinez.
DORANTE.
Qui ?
ISABELLE.
Valère.
DORANTE.
Valère ? Ah ! Mon ami, je t’en fais compliment.
Mais Éliante donc ?…
ISABELLE.
Me cède son amant.
DORANTE.
Parbleu ! voilà, madame, un exemple bien rare !
LISETTE.
Avant le mariage, oui, le fait est bizarre ;
Car si c’était après, ah ! qu’on en cèderait
Pour se débarrasser !
ISABELLE, bas à Lisette.
Lisette, il me paraît
Qu’il ne s’anime point.
LISETTE, bas.
Il croit que l’on badine ;
Attendez le contrat, et vous verrez sa mine.
ISABELLE, à part.
Périssent mon caprice et mes jeux insensés !
UN LAQUAIS.
Le notaire est ici.
DORANTE.
Mais, c’est être pressés :
Le contrat dès ce soir ! ce n’est pas raillerie ?
ISABELLE.
Non, sans doute, monsieur ; et même je vous prie,
En qualité d’ami de vouloir y signer.
DORANTE.
À vos ordres toujours je dois me résigner.
ISABELLE, bas.
S’il signe, c’en est fait, il faut que j’y renonce.
Scène VI
Le notaire, Isabelle, Dorante, Éliante, Valère, Lisette.
LE NOTAIRE.
Requiert-on que tout haut le contrat je prononce ?
VALÈRE.
Non, monsieur le notaire ; on s’en rapporte en tout
À ce qu’a fait madame ; il suffit qu’à son goût
Le contrat soit passé.
ISABELLE, regardant Dorante d’un air de dépit.
Je n’ai pas lieu de craindre
Que de ce qu’il contient personne ait à se plaindre.
LE NOTAIRE.
Or, puisqu’il est ainsi, je vais sommairement,
En bref, succinctement, compendieusement,
Résumer, expliquer, en style laconique,
Les points articulés en cet acte authentique,
Et jouxte la minute entre mes mains restant,
Ainsi que selon droit et coutume s’entend.
D’abord pour les futurs. Item pour leurs familles,
Bisaïeuls, trisaïeuls, père, enfants, fils et filles,
Du moins réputés tels, ainsi que par la loi
Quem nuptiae monstrant il appert faire foi.
Item pour leur pays, séjour et domicile,
Passé, présent, futur, tant aux champs qu’à la ville.
Item pour tous leurs biens, acquêts, conquêts dotaux,
Préciput, hypothèque et biens paraphernaux.
Item encore pour ceux de leur estoc et ligne…
LISETTE.
Item vous nous feriez une faveur insigne
Si, de ces mots cornus le poumon dégagé,
Il vous plaisait, monsieur, abréger l’abrégé.
VALÈRE.
Au vrai, tous ces détails nous sont fort inutiles.
Nous croyons le contrat plein de clauses subtiles ;
Mais on n’a nul désir de les voir aujourd’hui.
LE NOTAIRE.
Voulez-vous procéder, approuvant icelui,
A le corroborer de votre signature ?
ISABELLE.
Signons, je le veux bien, voilà mon écriture.
À vous, Valère.
ÉLIANTE, bas à Isabelle.
Au moins, ce n’est pas tout de bon,
Vous me l’avez promis, cousine ?
ISABELLE.
Eh ! mon dieu, non.
Dorante veut-il bien nous faire aussi la grâce ?…
(Elle lui présente la plume.)
DORANTE.
Pour vous plaire, madame, il n’est rien qu’on ne fasse.
ISABELLE, à part
Le cœur me bat : je crains la fin de tout ceci.
DORANTE, à part.
Le futur est en blanc ; tout va bien jusqu’ici.
ISABELLE, bas.
Il signe sans façon !… À la fin je soupçonne…
(À Lisette.)
Ne me trompez-vous point ?
LISETTE.
En voici d’une bonne !
Il serait fort plaisant que vous le pensassiez !
ISABELLE.
Hélas ! et plût au ciel que vous me trompassiez !
Je serais sûre au moins de l’amour de Dorante.
LISETTE.
Pour en faire quoi ?
ISABELLE.
Rien. Mais je serais contente.
LISETTE, à part.
Que les pauvres enfants se contraignent tous deux !
ISABELLE, à Valère.
Valère, enfin l’hymen va couronner nos vœux ;
Pour en serrer les nœuds sous un heureux auspice,
Faisons, en les formant, un acte de justice.
À Dorante à l’instant je cède le pari.
J’avais cru qu’il m’aimait, mais mon esprit guéri
S’aperçoit de combien je m’étais abusée.
En secret mille fois je m’étais accusée
De le désespérer par trop de cruauté.
Dans un piège assez fin il s’est précipité ;
Mais il ne m’est resté pour fruit de mon adresse,
Que le regret de voir que son cœur sans tendresse
Bravait également et la ruse et l’amour.
Choisissez donc, Dorante, et nommez en ce jour
Le prix que vous mettez au gain de la gageure :
Je dépens d’un époux, mais je me tiens bien sûre
Qu’il est trop généreux pour vous le disputer.
VALÈRE.
Jamais plus justement vous n’auriez pu compter
Sur mon obéissance.
DORANTE.
II faut donc vous le dire ;
Je demande…
ISABELLE.
Eh bien ! quoi ?
DORANTE.
La liberté d’écrire.
ISABELLE.
D’écrire ?
LISETTE.
Il est donc fou ?
VALÈRE.
Que demandes-tu là ?
DORANTE.
Oui, d’écrire mon nom dans le blanc que voilà.
ISABELLE.
Ah ! vous m’avez trahie !
DORANTE, à ses pieds.
Eh quoi ! belle Isabelle,
Ne vous lassez-vous point de m’être si cruelle ?
Faut-il encore…
Scène VII
Carlin, botté, et un fouet à la main ; le notaire, Isabelle, Dorante, Éliante, Valère, Lisette.
CARLIN.
Monsieur, les chevaux sont tout prêts,
La chaise nous attend.
DORANTE.
La peste des valets !
CARLIN.
Monsieur, le temps se passe.
VALÈRE.
Eh ! quelle fantaisie
De nous troubler ?…
CARLIN.
Il est six heures et demie.
DORANTE.
Te tairas-tu ?
CARLIN.
Monsieur, nous partirons trop tard.
DORANTE.
Voilà bien, à mon gré, le plus maudit bavard !
Madame, pardonnez…
CARLIN.
Monsieur, il faut me taire :
Mais nous avons ce soir bien du chemin à faire.
DORANTE.
Le grand diable d’enfer puisse-t-il t’emporter !
ÉLIANTE.
Lisette, explique-lui…
LISETTE.
Bon ! veut-il m’écouter ?
Et peut-on dire un mot où parle monsieur Carle !
CARLIN, un peu vite.
Eh ! Parle, au nom du ciel ! avant qu’on parle, parle :
Parle, pendant qu’on parle : et quand on a parlé,
Parle encore, pour finir sans avoir déparlé.
DORANTE.
Toi, déparleras-tu, parleur impitoyable ?
(À Isabelle.)
Puis-je, enfin, me flatter qu’un penchant favorable
Confirmera le don que vos lois m’ont promis ?
ISABELLE.
Je ne sais si ce don vous est si bien acquis,
Et j’entrevois ici de la friponnerie.
Mais, en punition de mon étourderie,
Je vous donne ma main, et vous laisse mon cœur.
DORANTE, baisant la main d’Isabelle.
Ah ! vous mettez par là le comble à mon bonheur.
CARLIN.
Que diable sont-ils donc ? aurais-je la berlue ?
LISETTE.
Non, vous avez, mon cher, une très bonne vue,
(Riant.)
Témoin la lettre…
CARLIN.
Eh bien ! de quoi veux-tu parler ?
LISETTE.
Que j’ai tant eu de peine à me faire voler.
CARLIN.
Quoi ! c’était tout exprès ?…
LISETTE.
Mon dieu ! quel imbécile !
Tu t’imaginais donc être le plus habile ?
CARLIN.
Je sens que j’avais tort ; cette ruse d’enfer
Te doit donner le pas sur monsieur Lucifer.
LISETTE.
Jamais comparaison ne fut moins méritée ;
Au bien de mon prochain toujours je suis portée :
Tu vois que par mes soins ici tout est content ;
Ils vont se marier, en veux-tu faire autant ?
CARLIN.
Tope, j’en fais le saut ; mais sois bonne diablesse
Well! What do you think about that?
VALÈRE.
One cannot refuse, madam, such a gentle fate.
But a term that is too short.
ISABELLE.
It is good to tell you that.
After all, this is but a hymn meant to provoke laughter.
LISETTE.
Dorante is here; without me, you would have ruined everything.
ISABELLE.
I hope his heart will not be able to endure it.
In the way I keep it for her.
Scene V
Isabelle, Dorante, Éliante, Valère, Lisette, and a lackey.
ISABELLE.
Ah! There you are, Dorante;
It doesn’t please me at all to see you so little.
Why are you running away from me? Such arrogance.
It indeed made me believe that a bit of passion.
Your care near me might have been the reason:
But does it really require such a negative reaction?
When I tried, moments ago, through overly tender confessions.
To engage your -heart and let its flames shine forth.
I had not realized that it could be considered an offense.
To disturb the good understanding that exists between us;
However, you treated me with an air of condescension.
Your offensive disdain has been too clearly displayed:
But if the lover despises such a weak form of slavery.
At least my friend should compensate me for this;
My tenderness is not such an insult, I believe[63].
That he must punish me by breaking up with me.
DORANTE.
I am aware of how much I owe to your kindness, madam:
But your wise teachings have so deeply touched my soul.
To be completely honest with you, here.
Perhaps I would have made better use of it than you would have.
“ISABELLE,” she said softly to Lisette.
Lisette, how cold it is! It feels like everything is made of ice.
“LISETTE,” in a low voice.
Well! He’s just being annoyed; it’s purely a gesture of irritation.
ISABELLE.
Since our conversation, you will be quite surprised.
To learn, at this very moment, what choice I have made.
I am getting married.
“DORANTE, coldly.”
Marry yourself! You?
ISABELLE.
In person. Where does this extreme surprise come from?
Would I be doing wrong, perhaps?
DORANTE.
Oh no: it’s very well done indeed.
That particular hymen was formed through a great mystery.
ISABELLE.
That’s it. It was through your refusal that you truly made an impact on me.
Who I am going to marry, guess.
DORANTE.
Who?
ISABELLE.
Valère.
DORANTE.
Valère? Ah! My friend, I must compliment you on that.
But what about Éliante?.
ISABELLE.
My lover yields to me.
DORANTE.
By heavens! Here, madam, is a truly rare example!
LISETTE.
Before marriage, yes, it’s indeed a strange fact.
Because if it were after that, ah! then one would surely give in.
To get rid of it!
“ISABELLE,” she said softly to Lisette.
Lisette, it seems to me.
Let it not come to life.
“LISETTE,” in a low voice.
He thinks that people are just joking;
Wait for the contract to arrive, and you’ll see what his expression will be.
ISABELLE, in a low voice.
Let my whims and senseless games perish!
A lacquerer.
The notary is here.
DORANTE.
But that would be to rush things.
The contract comes into effect tonight! Are you joking?
ISABELLE.
No, certainly not, sir; indeed, I beg you to.
As a friend, I would like to sign it.
DORANTE.
At your command once again, I must resign myself to it.
“Isabelle,” in a low voice.
If he signs it, it’s over; I must give up on it.
Scene VI
The notary, Isabelle, Dorante, Éliante, Valère, Lisette.
THE NOTARY.
Am I required to read the contract aloud?
VALÈRE.
No, Mr. Notary; one relies on it in every aspect.
As madam has done it; it simply suits her taste.
The contract has been concluded.
ISABELLE, looking at Dorante with an expression of disdain.
I have no reason to fear.
There is nothing in what it contains that anyone should have reason to complain about.
THE NOTARY.
Or, since it is indeed so, I will briefly.
In short, concisely, in a summary form.
To summarize, to explain, in a laconic style.
The points that are articulated in this authentic act.
And, alongside the fleeting moments still in my hands.
As understood according to law and custom.
Firstly, for the future generations. Item number one: their families.
Grandparents, great-grandparents, father, children, sons, and daughters.
At least reputed to be such, according to the law as well.
Whoever displays signs of marriage ought to be believed.
Items pertaining to their country, stay, and residence.
Past, present, future—whether in the fields or in the city.
An item pertaining to all their possessions, acquisitions, and dowry-related gains.
Precipitate, mortgage, and collateral properties.
One more item for those in their stock and inventory.
LISETTE.
If you would do us this immense favor.
If, from these dull words, the lungs are freed.
You seemed to enjoy, sir, abbreviating what was already brief.
VALÈRE.
In truth, all these details are of no use to us at all.
We believe that the contract is filled with subtle clauses.
But we have no desire to see them today.
THE NOTARY.
Would you like to proceed by approving it?
To corroborate it with your signature?
ISABELLE.
Let’s sign it; I agree. Here is my signature.
To you, Valère.
“ÉLIANTE,” he said softly to Isabelle.
At least, it’s not completely bad.
You promised me that, cousin, didn’t you?
ISABELLE.
Oh! my God, no.
Would Dorante be so kind as to do us the same favor?.
(She presents him with the pen.)
DORANTE.
To please you, madam, nothing is too much.
Isabelle, in a low voice.
My heart is pounding; I fear the end of all this.
DORANTE, to himself.
The future is blank; everything has been going well so far.
“Isabelle,” in a low voice.
He signs without any hesitation at all!. In the end, I begin to suspect.
(to Lisette.)
Are you not deceiving me?
LISETTE.
Here’s one good example!
It would be very pleasant if you thought so!
ISABELLE.
Alas! How I wish you would be deceiving me!
At least I would be certain of Dorante’s love.
LISETTE.
To do what with it?
ISABELLE.
Nothing. But I would be happy.
LISETTE, in a low voice.
How these poor children must restrain themselves both!
ISABELLE, to Valère.
Finally, Valère, marriage will crown our vows;
To tighten these knots under a fortunate auspice.
Let us, through their training, perform an act of justice.
At this very moment, I give up the bet to Dorante.
I had thought he loved me, but my healed mind now knows better.
I realized just how much I had been deceiving myself.
In secret, a thousand times over, I had accused myself.
To drive him to despair through excessive cruelty.
Into a rather cunning trap, he plunged headlong.
But all that resulted from my efforts was.
That the regret of seeing his heart devoid of tenderness.
It also braved both cunning and love.
Therefore, choose, Dorante, and name someone on this very day.
The amount you are willing to risk in order to win this bet:
I have a husband to support, but I make sure to take care of myself too.
He is too generous to argue with you about it.
VALÈRE.
Never could you have counted on it more rightly than this time.
Upon my obedience.
DORANTE.
Therefore, I must tell you this.
I ask.
ISABELLE.
Well! What?
DORANTE.
The freedom to write.
ISABELLE.
To write?
LISETTE.
Is he therefore crazy?
VALÈRE.
What are you asking for there?
DORANTE.
Yes, to write my name in this blank space here.
ISABELLE.
Ah! You have betrayed me!
DORANTE, at his feet.
What! Beautiful Isabelle,
Must you be so cruel to me?
Is it even necessary anymore.
Scene VII
Carlin, wearing boots and holding a whip in his hand; the notary, Isabelle, Dorante, Éliante, Valère, Lisette.
CARLIN.
Sir, the horses are ready at all times.
The chair is waiting for us.
DORANTE.
The plague of servants!
CARLIN.
Sir, time is passing by.
VALÈRE.
Oh! What a fantasy.
To disturb us?.
CARLIN.
It is half past six.
DORANTE.
Will you stay silent?
CARLIN.
Sir, we will leave too late.
DORANTE.
Indeed, in my opinion, he is the most cursed talker of all!
Madam, please forgive me.
CARLIN.
Sir, you must make me silent:
But we still have a long way to go tonight.
DORANTE.
May the great devil of hell take you away!
ÉLIANTE.
Lisette, explain it to him.
LISETTE.
Well! Will he listen to me?
And may one say a word in which Mr. Carle speaks!
CARLIN, a bit too quickly.
“Huh! Speak, for heaven’s sake! Speak before we start talking, ”
Speak, while we are speaking; and after we have spoken.
Speak on again, so that you can conclude without having said anything inappropriate.
DORANTE.
You, will you speak on, merciless speaker?
(to Isabelle.)
May I finally take the liberty of assuming that there exists a favorable inclination.
Will it confirm the gift that your laws have promised me?
ISABELLE.
I do not know whether this ability has been fully developed in you.
And I see some mischief at play here.
But, as punishment for my carelessness,
I give you my hand, and I leave my heart with you.
DORANTE, kissing Isabelle’s hand.
Ah! You are taking my happiness to its ultimate limit.
CARLIN.
What in the world are they then? Am I going mad?
LISETTE.
No, my dear, you have a very good eye indeed.
(Laughter.)
Witness the letter.
CARLIN.
Well! What do you want to talk about?
LISETTE.
How difficult it was for me to get stolen from.
CARLIN.
What! Was that done on purpose?.
LISETTE.
My God! What an idiot!
So you thought you were the most skilled one?
CARLIN.
I feel that I was wrong; that infernal trick.
It must give you the upper hand over Mr. Lucifer.
LISETTE.
Never was a comparison less warranted.
I am always motivated by what is best for my fellow beings:
You see, with my care, everything here is happy and content.
They are going to get married—do you want to do the same?
CARLIN.
Alright, I’ll take the leap; but be a good devil, will you?
Ebbene! Che ne pensate?
Valère.
Non si rifiuta, signora, un destino così dolce.
Ma un termine troppo breve.
ISABELLA.
È bene dirvi che.
Del resto, si tratta soltanto di un pretesto per ridere.
LISETTE.
Dorante è qui; senza di me, avreste rovinato tutto.
ISABELLA.
Spero che il suo cuore non possa resistere.
Con quel tratto che gli riservo.
Scena V
Isabella, Dorante, Éliante, Valère, Lisette, e un lacchè.
ISABELLA.
Ah! Ecco che arrivi, Dorante;
Vedervi così di rado non mi rende felice.
Perché mi fugite? Troppa presunzione.
Mi ha fatto credere, è vero, che un po’ di passione.
La tua vicinanza e le tue attenzioni verso di me potevano essere la causa.
Ma è davvero necessario prendere la cosa in questo modo così negativo?
Quando, poco fa, ho cercato di esprimere i miei sentimenti con parole troppo dolci.
Impegnare il proprio cuore a far brillare tutta la sua luce.
Non avevo considerato che potesse trattarsi di un’offesa.
A disturbare la buona intesa tra di noi.
Tuttavia, con dei modi presuntuosi, mi avete.
Il vostro disprezzo offensivo è stato troppo chiaramente espresso.
Ma se l’amante disprezza una schiavitù così debole.
Dovrebbe pur esserci qualcuno, almeno un amico, che mi compensi per questo.
La mia tenerezza non rappresenta certo una tale offesa, credo[63].
Che sia costretto a punirmi interrompendo la nostra relazione.
DORANTE.
So quanto debba alla vostra gentilezza, signora.
Ma i vostri saggi insegnamenti hanno toccato profondamente la mia anima.
Affinché possiate essere sinceri anche voi in questo contesto.
Forse l’avrei sfruttata meglio di voi.
“Isabelle”, sussurrando a Lisette.
Lisette, che freddo! Sembra fatto interamente di ghiaccio.
“Lisette, ”, disse in tono sommesso.
Bene! È solo arrabbiato; lo fa soltanto per fare la faccia offesa.
ISABELLA.
Dopo il nostro incontro, rimarrete sicuramente sorpresi.
Di conoscere, in questo istante, i ruoli che ho svolto.
Mi sposerò.
DORANTE, con freddezza.
Sposarti! Tu stessa?
ISABELLA.
Di persona. Da dove deriva questa sorpresa estrema?
Forse farei del male?
DORANTE.
Oh no. È davvero ben fatto.
Quel matrimonio è stato celebrato in gran segreto.
ISABELLA.
Punto. È proprio sul rifiuto che siete riusciti a costringermi.
Chi sarà la persona che sposerò, indovinate un po’.
DORANTE.
Dove?
ISABELLA.
Valerio.
DORANTE.
Valerio? Ah! Amico mio, ti faccio i miei complimenti.
Ma allora, che ne è di Éliante?.
ISABELLA.
Mi lascia il suo amante.
DORANTE.
Perbacco! Ecco, signora, un esempio davvero raro!
LISETTE.
Prima del matrimonio, sì, la cosa è davvero strana.
Perché se fosse successo dopo, ah! allora ci saremmo arresi.
Per sbarazzarsene!
“Isabelle”, sussurrando a Lisette.
Lisette, mi sembra.
Che non si muova.
“Lisette, ”, disse in tono sommesso.
Credete che si tratti solo di scherzo.
Aspettate di ricevere il contratto, e vedrete la sua reazione.
ISABELLA, tra sé.
Che periscano il mio capriccio e i miei giochi insensati!
UN LACCAIO.
Il notaio è qui.
DORANTE.
Ma questo significa affrettarsi.
Il contratto, stasera stesso! Non è uno scherzo, vero?
ISABELLA.
No, certamente no, signore; anzi, vi prego.
In qualità di amico, desidero firmare qui.
DORANTE.
Sempre ai vostri ordini, devo rassegnarmi.
ISABELLA, a bassa voce.
Se firma, è finita; devo rinunciarci.
Scena VI
Il notaio, Isabella, Dorante, Éliante, Valère, Lisette.
Il notaio.
È necessario che io proclami ad alta voce il contratto?
Valère.
No, signor notaio; in ogni circostanza ci si attiene a questo principio.
Ciò che ha fatto la signora, basta che sia secondo i suoi gusti.
Il contratto è stato stipulato.
ISABELLA, guardando Dorante con un’aria di disprezzo.
Non ho motivo di temere.
Non c’è nulla in ciò che contiene che possa far lamentare qualcuno.
Il notaio.
Ora, poiché è così, riassumerò brevemente.
In breve, in sintesi, in modo conciso.
Riassumere, spiegare, in stile laconico.
I punti salienti di questo atto autentico.
E accanto al minuto che mi rimane tra le mani.
Cioè, secondo quanto previsto da legge e consuetudine.
Innanzitutto, per i futuri. E poi, per le loro famiglie.
Nonni, bisnonni, padre, figli e figlie.
Almeno considerati tali, e anche secondo la legge.
Chi mostra di voler sposarsi, deve essere considerato affidabile.
Inoltre, per quanto riguarda il loro paese, la loro permanenza e il loro domicilio.
Passato, presente, futuro, sia nei campi che in città.
Per quanto riguarda tutti i loro beni, acquisizioni e territori ottenuti per donazione.
Preliminari, ipoteche e beni accessori.
Ancora, per quanto riguarda coloro che appartengono alla loro stessa stirpe e linea.
LISETTE.
Inoltre, ci fareste un grande favore.
Sì, se da queste parole cornee si libera il polmone.
Le piaceva, signore, abbreviare ancora di più ciò che era già stato abbreviato.
Valère.
In realtà, tutti questi dettagli sono del tutto inutili per noi.
Riteniamo che il contratto sia pieno di clausole sottili e complesse.
Ma oggi non abbiamo alcun desiderio di vederli.
Il notaio.
Desiderate procedere, approvandolo?
Per confermarlo con la vostra firma?
ISABELLA.
Facciamoci firmare, volentieri; ecco la mia firma.
A voi, Valerio.
“ÉLIANTE, vieni da Isabelle.”
Almeno, non è del tutto vero.
Me l’avete promesso, cugina?
ISABELLA.
Eh, mio Dio, no.
Vuole forse Dorante concederci anche lui questa grazia?.
(Gli presenta la penna.)
DORANTE.
Per compiacerla, signora, non esiste nulla che non si possa fare.
ISABELLA, sottovoce.
Il mio cuore batte forte, temo la fine di tutto questo.
DORANTE, tra sé.
Il futuro è ancora “bianco”; per ora, tutto va bene.
ISABELLA, a bassa voce.
Quel segno così disinvolto. Alla fine, sospetto che.
(A Lisette.)
Non mi state ingannando, vero?
LISETTE.
Ecco una bella esempio!
Sarebbe molto piacevole se lo pensaste davvero!
ISABELLA.
Ahimè, e che il cielo voglia che mi inganniate!
Almeno avrei la certezza dell’amore di Dorante.
LISETTE.
Per farne cosa?
ISABELLA.
Niente. Ma sarei felice.
LISETTE, sottovoce.
Che quei poveri bambini si sforzino entrambi!
ISABELLA, a Valère.
Finalmente, Valerio, l’imene coronerà i nostri voti.
Per stringere questi nodi sotto un felice auspicio.
Rendiamoli giustizia attraverso la loro formazione.
In questo momento, rinuncio alla scommessa con Dorante.
Pensavo che mi amasse, ma la mia mente, ormai guarita, me lo ha fatto capire.
Mi rendo conto di quanto mi sia ingannata.
In segreto, mille volte mi ero rimproverata.
Farlo disperare a causa di troppa crudeltà.
In una trappola abbastanza astuta, si è precipitato dentro.
Ma tutto ciò che è risultato dal mio ingegno.
Che il rimpianto di vedere che il suo cuore privo di tenerezza.
Era abile sia nell’inganno che nell’amore.
Quindi scegli, Dorante, e nominalo oggi stesso.
Il premio che siete disposti a offrire in caso di vittoria nella scommessa:
Devo mantenere mio marito, ma mi assicuro di farlo con dignità.
È troppo generoso per discuterne con voi.
Valère.
Non avreste mai potuto contare su di loro in modo più giusto.
Sulla mia obbedienza.
DORANTE.
Dunque, devo dirvelo:
Chiedo.
ISABELLA.
Beh! Cosa?
DORANTE.
La libertà di scrivere.
ISABELLA.
Scrivere?
LISETTE.
Quindi è pazzo?
Valère.
Cosa stai chiedendo?
DORANTE.
Sì, scrivere il mio nome in questo spazio vuoto qui davanti a me.
ISABELLA.
Ah! Mi avete tradita!
DORANTE, ai suoi piedi.
Ebbene! bella Isabella.
Non vi stancherete mai di essere così crudele con me?
È ancora necessario,?
Scena VII
Carlin, con uno stivale e un frustino in mano; il notaio, Isabella, Dorante, Éliante, Valère, Lisette.
CARLIN.
Signore, i cavalli sono tutti pronti.
La sedia ci aspetta.
DORANTE.
La maledizione dei servitori!
CARLIN.
Signore, il tempo passa.
Valère.
Eh, che fantasie!
Disturbarci?.
CARLIN.
Sono le sei e mezza.
DORANTE.
Tacerai?
CARLIN.
Signore, partiremo troppo tardi.
DORANTE.
Ecco davvero, secondo i miei gusti, il chiacchierone più maledetto che esista!
Signora, perdonate.
CARLIN.
Signore, devo tacere.
Ma stasera abbiamo ancora molta strada da percorrere.
DORANTE.
Che il grande diavolo dell’inferno ti porti via!
ÉLIANTE.
Lisette, spiegaglielo.
LISETTE.
Bene! Vuole ascoltarmi?
E si può dire una parola in cui parla il signor Carle?
CARLIN, un po’ più velocemente.
Ehi! Parla, per l’amor del cielo! Prima che qualcun altro parli, parla tu!
Parla, mentre si parla; e quando si è finito di parlare.
Continua a parlare, in modo da concludere senza aver detto nulla di inappropriato.
DORANTE.
Tu, parlerai ancora, tu che sei un parlante spietato?
(A Isabella.)
Posso finalmente illudermi che esista una tendenza favorevole.
Confermerà il don che le vostre leggi mi hanno promesso?
ISABELLA.
Non so se questo don sia davvero così radicato in voi.
E qui intravedevo tracce di malizia o di scherzo.
Ma, in punizione della mia leggerezza.
Vi do la mia mano e vi lascio il mio cuore.
DORANTE, baciando la mano di Isabella.
Ah! Con questo mi fate raggiungere la massima felicità.
CARLIN.
Che diavolo sono dunque? Forse sto vedendo cose che non esistono?
LISETTE.
No, car voi, mio caro, avete davvero una vista molto acuta.
(Ridendo.)
Lo dimostra questa lettera.
CARLIN.
Beh! Di cosa vuoi parlare?
LISETTE.
Quanto ho faticato per farmi rubare.
CARLIN.
Che cosa! Era tutto fatto apposta?.
LISETTE.
Mio Dio! Che idiota!
Quindi ti immaginavi di essere il più abile?
CARLIN.
Sento di aver sbagliato; questa astuzia infernale.
Devi precedere il signor Lucifero.
LISETTE.
Nessuna paragonanza fu mai meno meritata di questa.
Sempre sono orientata verso il bene del mio prossimo:
Vedi che, grazie alle mie cure, tutto qui è in ordine.
Si sposeranno, vuoi fare lo stesso?
CARLIN.
Va bene, lo faccio; ma sii gentile, per favore.
À me cacher tes tours mets toute ton adresse ;
Toujours dans la maison fais prospérer le bien ;
Nargue du demeurant quand je n’en saurai rien.
LISETTE.
Souvent, parmi les jeux, le cœur de la plus sage
Plus qu’elle ne voudrait en badinant s’engage.
Belles, sur cet exemple apprenez en ce jour
Qu’on ne peut sans danger se jouer à l’amour.
FIN de L’ENGAGEMENT TÉMÉRAIRE
Table des matières du titre
Liste des Mélanges ou littérature variée
Liste générale des titres
To hide your tricks from me, you must reveal all your methods.
Always promote the good within the house.
Arguing about what remains when I will know nothing about it at all.
LISETTE.
Often, among all games, the essence of the wisest one.
More than she would like to admit, she has become involved.
Ladies, from this example, learn something today.
One cannot play with love without risking harm.
End of the foolhardy undertaking.
Table of Contents for the title
List of Miscellaneous Works or Varied Literature
General list of titles
Nel nascondermi i tuoi trucchi, metti tutta la tua abilità.
Sempre, in questa casa, fai prosperare il bene.
Ridici di colui che rimarrà, quando io non ne saprò nulla.
LISETTE.
Spesso, tra i giochi, il cuore della più saggia.
Più di quanto vorrebbe, si impegna scherzando.
Belle, imparate oggi da questo esempio.
Non si può giocare con l’amore senza correre rischi.
Fine dell’impegno temerario.
Indice dei contenuti del titolo
Elenco di miscellane o letteratura varia
Elenco generale dei titoli