Rousseau
Abstract
A letter to Grimm replying to Gautier’s refutation of the first Discourse. A minor literary dispute, without substantial independent philosophical content.
Connections
Forme: epistola
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Je vous renvoie, monsieur, le Mercure d’octobre que vous avez eu la bonté de me prêter. J’y ai lu avec beaucoup de plaisir la réfutation que M. Gautier a pris la peine de faire de mon Discours : mais je ne crois pas être, comme vous le prétendez, dans la nécessité d’y répondre ; et voici mes objections :
1° Je ne puis me persuader que, pour avoir raison, on soit indispensablement obligé de parler le dernier.
2° Plus je relis la réfutation, et plus je suis convaincu que je n’ai pas besoin de donner à M. Gautier d’autre réplique que le discours même auquel il a répondu. Lisez, je vous prie, dans l’un et l’autre écrit, les articles du luxe, de la guerre, des académies, de l’éducation ; lisez la prosopopée de Louis-le-Grand et celle de Fabricius ; enfin, lisez la conclusion de M. Gautier et la mienne, et vous comprendrez ce que je veux dire.
3° Je pense en tout si différemment de M. Gautier, que, s’il me fallait relever tous les endroits où nous ne sommes pas de même avis, je serais obligé de le combattre, même dans les choses que j’aurais dites comme lui, et cela me donnerait un air contrariant que je voudrais bien pouvoir éviter. Par exemple, en parlant de la politesse, il fait entendre très clairement que, pour devenir homme de bien, il est bon de commencer par être hypocrite, et que la fausseté est un chemin sûr pour arriver à la vertu. Il dit encore que les vices ornés par la politesse ne sont pas contagieux, comme ils le seraient s’ils se présentaient de front avec rusticité ; que l’art de pénétrer les hommes a fait le même progrès que celui de se déguiser ; qu’on est convaincu qu’il ne faut pas compter sur eux, à moins qu’on ne leur plaise ou qu’on ne leur soit utile ; qu’on sait évaluer les offres spécieuses de la politesse ; c’est-à-dire, sans doute, que quand deux hommes se font des compliments, et que l’un dit à l’autre dans le fond de son cœur : « Je vous traite comme un sot, et je me moque de vous ; » l’autre lui répond dans le fond du sien : « Je sais que vous mentez impudemment ; mais je vous le rends de mon mieux. » Si j’avais voulu employer la plus amère ironie, j’en aurais pu dire à peu près autant.
4° On voit, à chaque page de la réfutation, que l’auteur n’entend point ou ne veut point entendre l’ouvrage qu’il réfute ; ce qui lui est assurément fort commode, parce que, répondant sans cesse à sa pensée, et jamais à la mienne, il a la plus belle occasion du monde de dire tout ce qu’il lui plaît. D’un autre côté, si ma réplique en devient plus difficile, elle en devient aussi moins nécessaire ; car on n’a jamais ouï dire qu’un peintre qui expose en public un tableau soit obligé de visiter les yeux des spectateurs, et de fournir des lunettes à tous ceux qui en ont besoin.
D’ailleurs, il n’est pas bien sûr que je me fisse entendre, même en répliquant. Par exemple, je sais, dirais-je à M. Gautier, que nos soldats ne sont point des Réaumur et des Fontenelle ; et c’est tant pis pour eux, pour nous, et surtout pour les ennemis. Je sais qu’ils ne savent rien, qu’ils sont brutaux et grossiers ; et toutefois j’ai dit, et je dis encore, qu’ils sont énervés par les sciences qu’ils méprisent, et par les beaux-arts qu’ils ignorent. C’est un des grands inconvénients de la culture des lettres, que, pour quelques hommes qu’elles éclairent, elles corrompent à pure perte toute une nation. Or, vous voyez bien, monsieur, que ceci ne serait qu’un autre paradoxe inexplicable pour M. Gautier ; pour ce M. Gautier qui me demande fièrement ce que les troupes ont de commun avec les académies ; si les soldats en auront plus de bravoure pour être mal vêtus et mal nourris ; ce que je veux dire en avançant qu’à force d’honorer les talents on néglige les vertus ; et d’autres questions semblables, qui toutes montrent qu’il est impossible d’y répondre intelligiblement au gré de celui qui les fait. Je crois que vous conviendrez que ce n’est pas la peine de m’expliquer une seconde fois pour n’être pas mieux entendu que la première.
5° Si je voulais répondre à la première partie de la réfutation, ce serait le moyen de ne jamais finir. M. Gautier juge à propos de me prescrire les auteurs que je puis citer, et ceux qu’il faut que je rejette. Son choix est tout-à-fait naturel ; il récuse l’autorité de ceux qui déposent pour moi, et veut que je m’en rapporte à ceux qu’il croit m’être contraires. En vain voudrais-je lui faire entendre qu’un seul témoignage en ma faveur est décisif, tandis que cent témoignages ne prouvent rien contre mon sentiment, parce que les témoins sont parties dans le procès ; en vain le prierais-je de distinguer dans les exemples qu’il allègue ; en vain lui représenterais-je qu’être barbare ou criminel sont deux choses tout-à-fait différentes, et que les peuples véritablement corrompus sont moins ceux qui ont de mauvaises lois que ceux qui méprisent les lois. Sa réplique est aisée à prévoir : Le moyen qu’on puisse ajouter foi à des écrivains scandaleux, qui osent louer des barbares qui ne savent ni lire ni écrire ? Le moyen qu’on puisse jamais supposer de la pudeur à des gens qui vont tout nus, et de la vertu à ceux qui mangent de la chair crue ? Il faudra donc disputer. Voilà donc Hérodote, Strabon, Pomponius-Méla aux prises avec Xénophon, Justin, Quinte-Curce, Tacite ; nous voilà dans les recherches des critiques, dans les antiquités, dans l’érudition. Les brochures se transforment en volumes, les livres se multiplient, et la question s’oublie. C’est le sort des disputes de littérature, qu’après des in-folio d’éclaircissements on finit toujours par ne savoir plus où l’on en est ; ce n’est pas la peine de commencer.
Si je voulais répliquer à la seconde partie, cela serait bientôt fait ; mais je n’apprendrais rien à personne. M. Gautier se contente, pour m’y réfuter, de dire oui partout où j’ai dit non, et non partout où j’ai dit oui ; je n’ai donc qu’à dire encore non partout où j’avais dit non, oui partout où j’avais dit oui, et supprimer les preuves, j’aurai très exactement répondu. En suivant la méthode de M. Gautier, je ne puis donc répondre aux deux parties de la réfutation sans en dire trop et trop peu : or, je voudrais bien ne faire ni l’un ni l’autre.
6° Je pourrais suivre une autre méthode, et examiner séparément les raisonnements de M. Gautier, et le style de la réfutation.
Si j’examinais ses raisonnements, il me serait aisé de montrer qu’ils portent tous à faux, que l’auteur n’a point saisi l’état de la question, et qu’il ne m’a point entendu.
Par exemple, M. Gautier prend la peine de m’apprendre qu’il y a des peuples vicieux qui ne sont pas savants ; et je m’étais déjà bien douté que les Calmoucks, les Bédouins, les Cafres n’étaient pas des prodiges de vertu ni d’érudition. Si M. Gautier avait donné les mêmes soins à me montrer quelque peuple savant qui ne fût pas vicieux, il m’aurait surpris davantage. Partout il me fait raisonner comme si j’avais dit que la science est la seule source de corruption parmi les hommes : s’il a cru cela de bonne foi, j’admire la bonté qu’il a de me répondre.
Il dit que le commerce du monde suffit pour acquérir cette politesse dont se pique un galant homme ; d’où il conclut qu’on n’est pas fondé à en faire honneur aux sciences. Mais à quoi donc nous permettra-t-il d’en faire honneur ? Depuis que les hommes vivent en société, il y a eu des peuples polis, et d’autres qui ne l’étaient pas. M. Gautier a oublié de nous rendre raison de cette différence.
I return to you, sir, the October issue of Mercure that you had the kindness to lend me. I read with great pleasure the refutation that Mr. Gautier took the trouble to prepare in response to my essay; however, I do not believe that I am, as you claim, obliged to respond to it. Here are my objections:
Firstly, I cannot be convinced that in order to be right, one is necessarily obliged to speak last.
The more I reread this refutation, the more convinced I become that I need not offer Mr. Gautier any other reply than the very argument to which he responded. Please read, in both documents, the sections on luxury, war, academies, and education; read the panegyrics of Louis the Great and those of Fabricius; and finally, read Mr. Gautier’s conclusion as well as my own, and you will understand what I mean.
3° I think in such a different way from Mr. Gautier that, if I were to list all the points on which we disagree, I would be forced to oppose him—even on matters where I might have expressed myself in the same terms as he did. This would give me an appearance of obstinacy that I would greatly prefer to avoid. For instance, when discussing politeness, he makes it clear that in order to become a good person, it is necessary to start by being hypocritical, and that falsehood is a sure path to virtue. He also claims that vices disguised by politeness are not contagious, whereas if they were presented in their crude form, they would be; that the art of manipulating people has progressed just as much as the art of disguise; and that people have learned not to trust others unless they please them or are useful to them; that they know how to discern the insincere nature of polite gestures—in other words, when two people exchange compliments, one may well be thinking: “I’m treating you like a fool and mocking you,” while the other is probably thinking: “I know you’re lying shamelessly, but I’m responding in kind.” If I had chosen to use the most bitter irony, I could have said roughly the same things.
4° It is evident, on every page of this refutation, that the author either does not understand or refuses to understand the work he is criticizing; which is certainly very convenient for him, because by always responding to his own thoughts and never to mine, he has the perfect opportunity to say whatever he pleases. On the other hand, if my reply becomes more difficult to formulate, it also becomes less necessary; after all, it has never been said that a painter who displays a painting in public is obliged to examine the eyes of each spectator or provide glasses for those who need them.
Besides, it’s not even certain that I would be heard, even if I tried to respond. For instance, I could tell Mr. Gautier that our soldiers are not people like Réaumur or Fontenelle; and that is all the worse for them, for us, and especially for the enemies. I know they know nothing, that they are brutal and coarse; yet I have said—and I still say—that they are influenced by the sciences they despise and the arts they ignore. One of the great disadvantages of a culture based on letters is that, while it enlightens a few individuals, it corrupts an entire nation for no good reason at all. And you see, Mr., this would just be another paradox that Mr. Gautier would find impossible to understand; that very Mr. Gautier who arrogantly asks what soldiers have in common with academies, whether they become more brave because they are poorly dressed and malnourished, what I mean by saying that honoring talents too much leads to neglecting virtues, and other similar questions—all of which show that it is impossible to provide intelligible answers to them in a way that satisfies the person who poses them. I believe you will agree that there’s no point in explaining myself again, only to be heard just as poorly as the first time.
5° If I were to attempt to respond to the first part of this refutation, it would mean never coming to an end. Mr. Gautier rightly suggests to me which authors I may cite and which I should reject. His choice is entirely natural; he dismisses the authority of those who speak in my defense and insists that I rely only on those whom he believes oppose my views. In vain would I try to convince him that a single testimony in my favor is decisive, while a hundred testimonies prove nothing against my position—because those witnesses are parties to the debate itself. In vain would I ask him to distinguish between the examples he cites; in vain would I point out that being barbaric or criminal are entirely different things, and that truly corrupt peoples are less likely to be those with bad laws than those who despise laws altogether. His reply is easily anticipated: How can one believe the words of scandalous writers who dare to praise barbarians who cannot even read or write? How can one suppose any decency in people who go around naked, or any virtue in those who eat raw meat? Therefore, we must continue this debate. Here we have Herodotus, Strabo, Pomponius Mela facing Xenophon, Justin, Quintus Curtius, Tacite—entering into the realms of literary criticism, antiquities, and erudition. Pamphlets turn into volumes, books multiply, and the issue is eventually forgotten. Such is the fate of literary disputes: after years of voluminous clarifications, one often ends up with no clear understanding at all—so it’s hardly worth beginning in the first place.
If I were to respond to the second part of his argument, it would be done quite quickly; but I would learn nothing from it. Mr. Gautier simply refutes me by saying “yes” wherever I said “no,” and “no” wherever I said “yes.” Therefore, all I have to do is say “no” again wherever I previously said “no,” and “yes” wherever I previously said “yes,” and then eliminate all the evidence—thus, I would have answered precisely. By following Mr. Gautier’s method, I would end up saying either too much or too little in my response; yet, I would prefer to avoid doing either.
6° I could adopt another approach and examine separately Mr. Gautier’s reasoning and the style of his refutation.
If I were to examine his arguments, it would be easy for me to show that they are all mistaken, that the author has not grasped the true nature of the issue, and that he has not understood what I have said.
For instance, Mr. Gautier goes to the trouble of informing me that there are wicked peoples who are not wise; and I had already suspected that the Kalmyks, Bedouins, and Cafres were certainly no examples of virtue or erudition. If Mr. Gautier had taken equal care to show me some wise people who were not wicked, it would have surprised me even more. Everywhere he makes me reason as if I had claimed that science is the sole source of corruption among humans; if he truly believed this, I admire the kindness he shows in responding to me.
He says that the commerce of the world is sufficient to acquire that kind of politeness which a gentleman takes pride in; from this, he concludes that there is no reason to attribute such politeness to the sciences. But then, what will enable us to attribute it to the sciences? Since men have lived in society, there have been civilized peoples and others that have not been. Mr. Gautier has failed to explain to us the reason for this difference.
Vi restituisco, signore, il “Mercure” di ottobre che avete avuto la gentilezza di prestarmi. Ho letto con grande piacere la confutazione che il signor Gautier si è preso la briga di redigere del mio Discorso; tuttavia non credo di essere, come voi affermate, nella necessità di rispondervi. Ecco le mie obiezioni:
1° Non riesco a convincermi che, per avere ragione, si debba necessariamente essere gli ultimi a parlare.
Più rileggo questa confutazione, più sono convinto di non aver bisogno di fornire a Monsieur Gautier alcuna altra risposta se non lo stesso discorso a cui ha replicato. Per favore, leggete in entrambi i testi gli articoli relativi al lusso, alla guerra, alle accademie, all’educazione; leggete la prosopopea di Luigi il Grande e quella di Fabricio; infine, leggete la conclusione di Monsieur Gautier e la mia, e comprenderete ciò che intendo dire.
3° Penso in modo così diverso da Monsieur Gautier che, se dovessi elencare tutti i punti su cui non siamo d’accordo, sarei costretto a contraddirlo anche su quelle cose che avrei potuto esprimere allo stesso modo di lui; e questo mi darebbe un’aria contraddittoria che vorrei molto evitare. Ad esempio, parlando della cortesia, egli afferma chiaramente che, per diventare una brava persona, è necessario cominciare ad essere ipocriti, e che la falsità rappresenti un cammino sicuro verso la virtù. Dice anche che i vizi mascherati dalla cortesia non sono contagiosi, al contrario di quanto accadrebbe se si manifestassero in modo diretto e rustico; che l’arte di comprendere gli uomini ha fatto lo stesso progresso dell’arte di nascondersi; che si è giunti alla conclusione che non si può contare su di loro, a meno che non ci piacciano o non siano utili per noi; che si sa come valutare le offerte apparentemente gentili della cortesia. In altre parole, quando due persone si fanno complimenti a vicenda, molto probabilmente uno pensa: “Lo tratto come un idiota e mi prendo gioco di lui”; mentre l’altro risponde: “So che mente senza vergogna, ma faccio del mio meglio per ricambiare”. Se avessi voluto utilizzare l’ironia più amara, avrei potuto dire più o meno le stesse cose.
4° Si può notare, a ogni pagina della confutazione, che l’autore non intende o non vuole intendere l’opera che sta confutando; il che, senza dubbio, gli è molto conveniente, poiché risponde costantemente alle sue proprie idee e mai alle mie, avendo così l’occasione perfetta per dire tutto ciò che desidera. D’altra parte, se la mia replica diventa più difficile da formulare, diventa anche meno necessaria; infatti, non si è mai sentito dire che un pittore che esponga un dipinto in pubblico debba visitare gli occhi dei spettatori o fornire occhiali a tutti coloro che ne hanno bisogno.
Del resto, non è affatto certo che io riesca a farmi ascoltare, nemmeno rispondendo. Ad esempio, so bene che potrei dire al signor Gautier che i nostri soldati non sono certo dei Réaumur o dei Fontenelle; e questo è tanto peggio per loro, per noi, e soprattutto per gli avversari. So che non sanno nulla, che sono brutali e grossolani; eppure ho detto, e dico ancora, che sono stimolati dalle scienze che disprezzano e dalle arti belle che ignorano. Uno dei grandi svantaggi della cultura letteraria è proprio che, sebbene illumini alcuni individui, corrompe completamente un’intera nazione. Ora, vedete bene, signore, che tutto ciò rappresenterebbe soltanto un altro paradosso inspiegabile per il signor Gautier, quel signor Gautier che mi chiede con arroganza quale sia il legame tra le truppe e le accademie; se i soldati diventino più coraggiosi solo perché sono mal vestiti e mal nutriti; ciò che intendo dire quando affermo che, onorando troppo i talenti, si trascurano le virtù. E altre domande simili, tutte capaci di dimostrare quanto sia impossibile rispondere in modo comprensibile secondo i desideri di chi le pone. Credo che concorderete con me sul fatto che non abbia senso spiegarmi ancora una volta, se poi verrò ascoltato allo stesso modo della prima volta.
5° Se volessi rispondere alla prima parte della sua confutazione, questo significherebbe non terminare mai più. Il signor Gautier ritiene opportuno indicarmi gli autori che posso citare e quelli che invece devo respingere; la sua scelta è del tutto naturale: egli nega l’autorità di coloro che parlano a mio favore e vuole che mi attenga soltanto a quelli che, secondo lui, sono contrari alle mie opinioni. Inutile sarebbe cercare di fargli capire che un solo testimone a mio favore è decisivo, mentre cento testimonianze non provano nulla contro il mio punto di vista, semplicemente perché i testimoni stessi fanno parte del processo; inutile sarebbe chiedergli di distinguere tra gli esempi che adduce; inutile sarebbe sottolineargli che essere barbari o criminali sono due cose completamente diverse, e che i popoli veramente corrotti non sono certo quelli che hanno leggi cattive, ma piuttosto quelli che le disprezzano. La sua risposta è facilmente prevedibile: “Qual modo esiste per dare credito a scrittori scandalosi che osano lodare barbari che non sanno né leggere né scrivere? Qual modo esiste per ritenere persone che vivono nude di pudore, o coloro che mangiano carne cruda di virtù?” Pertanto, dovrà esserci una discussione. Ecco allora Erodoto, Strabone, Pomponio Mela alle prese con Senofonte, Giustino, Quinto Curzio, Tacito; ci troviamo quindi tra le ricerche dei critici, nell’ambito delle antichità, nell’erudizione. I pamphlet si trasformano in volumi, i libri aumentano di numero, e la questione finisce per essere dimenticata. Questo è il destino delle discussioni letterarie: dopo interminabili spiegazioni, alla fine non si sa più dove si sia arrivati; non vale quindi nemmeno la pena iniziarle.
Se volessi rispondere alla seconda parte di questa refutazione, lo farei presto; ma non imparerei nulla da nessuno. Il signor Gautier si limita, per confutarmi, a dire “sì” ovunque io abbia detto “no”, e “no” ovunque io abbia detto “sì”; quindi mi basterà semplicemente ripetere “no” dove avevo detto “no” e “sì” dove avevo detto “sì”, e eliminare tutte le prove: in questo modo avrei risposto esattamente. Seguendo il metodo del signor Gautier, non potrei quindi rispondere correttamente alle due parti di questa refutazione senza dire né troppo né troppo poco; e invece vorrei proprio evitare sia l’uno che l’altro.
6° Potrei seguire un altro metodo, esaminando separatamente i ragionamenti di Monsieur Gautier e lo stile della sua confutazione.
Se esaminassi i suoi ragionamenti, mi sarebbe facile dimostrare che tutti sono errati, che l’autore non ha compreso correttamente la natura della questione e che in realtà non mi ha affatto ascoltato.
Ad esempio, il signor Gautier si prende la briga di spiegarmi che esistono popoli malvagi che non sono certo saggi; e io già mi ero reso conto che i Calmucchi, i Beduini, i Cafri non fossero certo modelli di virtù o erudizione. Se il signor Gautier si fosse preso lo stesso disturbo per mostrarmi qualche popolo saggio che non fosse malvagio, mi avrebbe sorpreso ancora di più. In ogni occasione, mi fa ragionare come se avessi detto che la scienza è l’unica fonte di corruzione tra gli uomini; se ci crede davvero, ammiro la sua gentilezza nel rispondermi.
Afferma che il commercio mondiale sia sufficiente per acquisire quella cortesia di cui si vanta un uomo galante; da ciò conclude che non vi sia motivo di attribuire tale qualità alle scienze. Ma allora, a cosa ci permetterà mai di attribuirle? Da quando gli uomini vivono in società, sono esistiti popoli civili e altri che non lo erano. Il signor Gautier ha dimenticato di spiegarci questa differenza.
M. Gautier est partout en admiration de la pureté de nos mœurs actuelles. Cette bonne opinion qu’il en a fait assurément beaucoup d’honneur aux siennes ; mais elle n’annonce pas une grande expérience. On dirait, au ton dont il en parle, qu’il a étudié les hommes comme les péripatéticiens étudiaient la physique, sans sortir de son cabinet. Quant à moi, j’ai fermé mes livres ; et, après avoir écouté parler les hommes, je les ai regardés agir. Ce n’est pas une merveille qu’ayant suivi des méthodes si différentes nous nous rencontrions si peu dans nos jugements. Je vois qu’on ne saurait employer un langage plus honnête que celui de notre siècle ; et voilà ce qui frappe M. Gautier : mais je vois aussi qu’on ne saurait avoir des mœurs plus corrompues ; et voilà ce qui me scandalise. Pensons-nous donc être devenus gens de bien parce qu’à force de donner des noms décents à nos vices, nous avons appris à n’en plus rougir ?
Il dit encore que, quand même on pourrait prouver par des faits que la dissolution des mœurs a toujours régné avec les sciences, il ne s’ensuivrait pas que le sort de la probité dépendit de leur progrès. Après avoir employé la première partie de mon discours à prouver que ces choses avaient toujours marché ensemble, j’ai destiné la seconde à montrer qu’en effet l’une tenait à l’autre. À qui donc puis-je imaginer que M. Gautier veut répondre ici ?
Il me paraît surtout très scandalisé de la manière dont j’ai parlé de l’éducation des collèges. Il m’apprend qu’on y enseigne aux jeunes gens je ne sais combien de belles choses qui peuvent être d’une bonne ressource pour leur amusement quand ils seront grands, mais dont j’avoue que je ne vois point le rapport avec les devoirs des citoyens, dont il faut commencer par les instruire. « Nous nous enquérons volontiers : Sait-il du grec ou du latin ? écrit-il en vers ou en prose ? Mais s’il est devenu meilleur ou plus avisé, c’était le principal ; et c’est ce qui demeure derrière. Criez d’un passant à notre peuple, O le savant homme ! et d’un autre, O le bon homme ! il ne faudra pas de tourner ses yeux et son respect vers le premier. Il y faudrait un tiers crieur, O les lourdes testes[25] ! »
J’ai dit que la nature a voulu nous préserver de la science comme une mère arrache une arme dangereuse des mains de son enfant, et que la peine que nous trouvons à nous instruire n’est pas le moindre de ses bienfaits. M. Gautier aimerait autant que j’eusse dit : Peuples, sachez donc une fois que la nature ne veut pas que vous vous nourrissiez des productions de la terre ; la peine qu’elle a attachée à sa culture est un avertissement pour vous de la laisser en friche. M. Gautier n’a pas songé qu’avec un peu de travail on est sûr de faire du pain, mais qu’avec beaucoup d’étude il est très douteux qu’on parvienne à faire un homme raisonnable. Il n’a pas songé encore que ceci n’est précisément qu’une observation de plus en ma faveur ; car pourquoi la nature nous a-t-elle imposé des travaux nécessaires, si ce n’est pour nous détourner des occupations oiseuses ? Mais, au mépris qu’il montre pour l’agriculture, on voit aisément que, s’il ne tenait qu’à lui, tous les laboureurs déserteraient bientôt les campagnes pour aller argumenter dans les écoles ; occupation, selon M. Gautier, et, je crois, selon bien des professeurs, fort importante pour le bonheur de l’état.
En raisonnant sur un passage de Platon, j’avais présumé que peut-être les anciens Égyptiens ne faisaient-ils pas des sciences tout le cas qu’on aurait pu croire. L’auteur de la réfutation me demande comment on peut faire accorder cette opinion avec l’inscription qu’Osymandias avait mise à sa bibliothèque. Cette difficulté eut pu être bonne du vivant de ce prince. À présent qu’il est mort, je demande à mon tour où est la nécessité de faire accorder le sentiment du roi Osymandias avec celui des sages d’Égypte. S’il eut compté et surtout pesé les voix, qui me répondra que le mot de poisons n’eût pas été substitué à celui de remèdes ? Mais passons cette fastueuse inscription. Ces remèdes sont excellents, j’en conviens, et je l’ai déjà répété bien des fois ; mais est-ce une raison pour les administrer inconsidérément, et sans égard aux tempéraments des malades ? Tel aliment est très bon en soi, qui, dans un estomac infirme, ne produit qu’indigestions et mauvaises humeurs. Que dirait-on d’un médecin qui, après avoir fait l’éloge de quelques viandes succulentes, conclurait que tous les malades s’en doivent rassasier ?
J’ai fait voir que les sciences et les arts énervent le courage. M. Gautier appelle cela une façon singulière de raisonner, et il ne voit point la liaison qui se trouve entre le courage et la vertu. Ce n’est pourtant pas, ce me semble, une chose si difficile à comprendre. Celui qui s’est une fois accoutumé à préférer sa vie à son devoir ne tardera guère à lui préférer encore les choses qui rendent la vie facile et agréable.
J’ai dit que la science convient à quelques grands génies, mais qu’elle est toujours nuisible aux peuples qui la cultivent. M. Gautier dit que Socrate et Caton, qui blâmaient les sciences, étaient pourtant eux-mêmes de fort savants hommes, et il appelle cela m’avoir réfuté.
J’ai dit que Socrate était le plus savant des Athéniens, et c’est de là que je tire l’autorité de son témoignage : tout cela n’empêche point M. Gautier de m’apprendre que Socrate était savant.
Il me blâme d’avoir avancé que Caton méprisait les philosophes grecs ; et il se fonde sur ce que Carnéade se faisait un jeu d’établir et de renverser les mêmes propositions, ce qui prévint mal à propos Caton contre la littérature des Grecs. M. Gautier devrait bien nous dire quel était le pays et le métier de ce Carnéade.
Sans doute que Carnéade est le seul philosophe ou le seul savant qui se soit piqué de soutenir le pour et le contre ; autrement tout ce que dit ici M. Gautier ne signifierait rien du tout. Je m’en rapporte sur ce point à son érudition.
Si la réfutation n’est pas abondante en bons raisonnements, en revanche elle l’est fort en belles déclamations. L’auteur substitue partout les ornements de l’art à la solidité des preuves qu’il promettait en commençant ; et c’est en prodiguant la pompe oratoire dans une réfutation qu’il me reproche à moi de l’avoir employée dans un discours académique.
« À quoi tendent donc, dit M. Gautier, les éloquentes déclamations de M. Rousseau ? » À abolir, s’il était possible, les vaines déclamations des collèges. « Qui ne serait pas indigné de l’entendre assurer que nous avons les apparences de toutes les vertus sans en avoir aucune ? » J’avoue qu’il y a un peu de flatterie à dire que nous en avons les apparences ; mais M. Gautier aurait dû mieux que personne me pardonner celle-là. « Eh ! pourquoi n’a-t-on plus de vertu ? c’est qu’on cultive les belles-lettres, les sciences et les arts. » Pour cela, précisément. « Si l’on était impoli, rustique, ignorant, Goth, Huns, ou Vandale, on serait digne des éloges de M. Rousseau. » Pourquoi non ?
Y a-t-il quelqu’un de ces noms-là qui donne l’exclusion à la vertu ? « Ne se lassera-t-on point d’invectiver les hommes ? » ne se lasseront-ils point d’être méchants ? « Croira-t-on toujours les rendre plus vertueux en leur disant qu’ils n’ont point de vertu ? » Croira-t-on les rendre meilleurs en leur persuadant qu’ils sont assez bons ? « Sous prétexte d’épurer les mœurs, est-il permis d’en renverser les appuis ? » Sous prétexte d’éclairer les esprits, faudra-t-il pervertir les âmes ? « O doux nœuds de la société, charme des vrais philosophes, aimables vertus, c’est par vos propres attraits que vous régnez dans les cœurs : vous ne devez votre empire ni à l’âpreté stoïque, ni à des clameurs barbares, ni aux conseils d’une orgueilleuse rusticité. »
Je remarquerai d’abord une chose assez plaisante ; c’est que, de toutes les sectes des anciens philosophes que j’ai attaquées comme inutiles à la vertu, les stoïciens sont les seuls que M. Gautier m’abandonne, et qu’il semble même vouloir mettre de mon côté. Il a raison : je n’en serai guère plus fier.
Mais voyons un peu si je pourrais rendre exactement en d’autres termes le sens de cette exclamation : « O aimables vertus, c’est par vos propres attraits que vous régnez dans les âmes. Vous n’avez pas besoin de tout ce grand appareil d’ignorance et de rusticité : vous savez aller au cœur par des routes plus simples et plus naturelles. Il suffit de savoir la rhétorique, la logique, la physique, la métaphysique et les mathématiques, pour acquérir le droit de vous posséder. »
Autre exemple du style de M. Gautier.
Mr. Gautier everywhere expresses his admiration for the purity of our current morals. Such high regard for them has undoubtedly brought great honor to his own character; yet it does not indicate much practical experience. From the way he speaks about it, one would think he has studied human behavior in the same way that the Peripatetic philosophers studied physics—without ever leaving his study. As for me, I have put my books aside; after listening to how people speak, I observed how they acted. It is no wonder that, following such vastly different methods, we so rarely agree in our judgments. I see that one could not use a more honest language than that of our century; and this is precisely what strikes Mr. Gautier. But I also see that one could not have more corrupt morals; and this is what disgusts me. So let us not think that we have become better people just because, by giving decent names to our vices, we have learned not to feel ashamed of them anymore.
He also says that even if one could prove through facts that the decline in morals has always accompanied the advancement of science, it would not necessarily mean that the fate of integrity depends on such progress. Having spent the first part of my speech proving that these two phenomena have always gone hand in hand, I devoted the second part to showing that they indeed are interconnected. To whom, then, do I suppose Mr. Gautier intends to respond here?
He seems particularly scandalized by the way I spoke about the education in colleges. He informs me that these institutions teach young people numerous valuable things that can be of great use to their amusement when they grow up, but I must admit that I see no connection between these subjects and the duties of citizens, which should be the primary focus of education. “We are willing to inquire,” he writes, “whether he knows Greek or Latin; whether he writes in verse or prose. But whether he has become better or wiser—that is what matters most; and that is what truly remains at the end of it all. Call out to one of our people, O learned man! and to another, O good man! Yet they will not turn their eyes or show respect toward the former. We need a third caller, O dull-witted fools![25]”
I have said that nature has intended to protect us from science, just as a mother would snatch a dangerous weapon from her child’s hands; and that the difficulty we face in acquiring knowledge is one of its greatest benefits. Mr. Gautier would have preferred it if I had said: “People, let it be known once and for all that nature does not want you to rely on the products of the earth for your sustenance; the hardship she has imposed upon their cultivation is a warning for you to leave them uncultivated.” Mr. Gautier failed to realize that with a little effort, one can surely produce bread, but that with excessive study, it is highly doubtful whether one can even become a reasonable person. He also failed to see that this observation is yet another proof in my favor—why else would nature have imposed upon us necessary labor, if not to keep us away from idle pursuits? Yet, despite his contempt for agriculture, it is clear that if it were up to him, all farmers would soon abandon the fields to go and engage in debates in schools—a pursuit that, in Mr. Gautier’s view—and I believe, in the view of many teachers as well—is deemed highly important for the welfare of society.
In contemplating a passage by Plato, I had assumed that perhaps the ancient Egyptians did not engage in scientific pursuits to the extent one might have imagined. The author of the refutation asked me how this view could be reconciled with the inscription that Osymandias had placed on his library. This difficulty might have been relevant during the lifetime of that prince; but now that he is dead, I wonder where there is any need to reconcile the views of King Osymandias with those of the Egyptian sages. If he had actually weighed and considered all opinions, who could say that the term “poisons” would not have been used in place of “remedies”? But let us set aside this ostentatious inscription for now. These remedies are indeed excellent, and I have stated this many times; but is that a reason to administer them carelessly, without taking into account the constitutions of the patients? Just as certain foods are highly beneficial in themselves, they can cause indigestion and ill humor when consumed by someone with a weak stomach. What would one think of a doctor who, after praising several delicious meats, concluded that all patients should indulge in them to the fullest?
I have shown that sciences and arts strengthen courage. Mr. Gautier calls this a peculiar way of reasoning, and he fails to see the connection that exists between courage and virtue. Yet, in my opinion, this is not something so difficult to understand. Those who have once gotten used to preferring their own life to their duties will soon begin to prefer even more those things that make life easy and pleasant.
I said that science is suitable for certain great geniuses, but that it is always harmful to the peoples who pursue it. Mr. Gautier claims that Socrates and Cato, who criticized science, were themselves highly learned individuals, and he considers this a refutation of my argument.
I said that Socrates was the most learned of the Athenians, and it is on this basis that I claim the authority of his testimony; nevertheless, this does not prevent Mr. Gautier from informing me that Socrates was indeed learned.
He blames me for suggesting that Cato despised Greek philosophers; and he bases his argument on the fact that Carnageades would playfully establish and then refute the very same propositions, which unfortunately prevented Cato from engaging with Greek literature. Mr. Gautier might well tell us what country this Carnageades came from and what his occupation was.
Undoubtedly, Carnéade is the only philosopher or the only scholar who took the trouble to examine both sides of an issue; otherwise, everything Mr. Gautier says here would mean absolutely nothing. In this regard, I place my trust in his erudition.
If the refutation does not abound in sound reasoning, it is certainly rich in splendid rhetoric. The author replaces the solidity of evidence he promised at the beginning with the embellishments of artistic style everywhere; and it is precisely because he overuses rhetorical flourish in his refutation that he accuses me of having done the same in an academic discourse.
“Then what is the purpose of Mr. Rousseau’s eloquent declarations?” asked Monsieur Gautier. “To abolish, if possible, those empty and futile speeches delivered in colleges.” “Who wouldn’t be outraged to hear him claim that we possess the outward appearances of all virtues without actually possessing any of them?” I admit that saying we have their appearances is somewhat flattering; but Monsieur Gautier should have been the first to forgive me for that. “Well! Why don’t we have any virtue at all? It’s because we cultivate literature, science, and the arts.” Precisely because of that. “If we were impolite, rustic, ignorant—like Goths, Huns, or Vandals—we would be worthy of Mr. Rousseau’s praise.” Why not?
Is there any of these names that actually leads to the exclusion of virtue? “Will people never cease to hurl insults at others?” Will they never stop being cruel? “Will telling people that they have no virtue really make them more virtuous?” Or will persuading them that they are already good enough truly improve them? “Under the pretext of purifying morals, is it permissible to undermine their very foundations?” And under the pretense of enlightening minds, must we corrupt their souls? “O gentle bonds of society, charm of true philosophers, lovely virtues—it is through your own allure that you rule in people’s hearts. Your power does not stem from the harshness of Stoicism, nor from barbaric outcries, nor from the advice of arrogant rudeness.”
I would first note something rather pleasant: among all the sects of the ancient philosophers that I have criticized as being useless to virtue, the Stoics are the only ones for which Mr. Gautier does not disagree with me; in fact, it seems he even wants to align himself with my views on this matter. He is right—I wouldn’t be much prouder of that at all.
But let us see whether I can express the meaning of this exclamation in other words: “O lovely virtues, it is through your own qualities that you rule in people’s hearts. You do not need all this elaborate apparatus of ignorance and rudeness; you know how to reach people’s hearts through simpler and more natural means. All one needs is to understand rhetoric, logic, physics, metaphysics, and mathematics in order to gain the right to possess you.”
Another example of Mr. Gautier’s style.
Il signor Gautier ammira ovunque la purezza delle nostre attuali usanze. Questa buona opinione che ha di noi certamente onora molto le sue; ma non indica certo una grande esperienza di vita. Si direbbe, dal tono con cui ne parla, che abbia studiato gli uomini come i peripatetici studiavano la fisica, senza mai uscire dal suo studio. Quanto a me, ho chiuso i miei libri; e dopo aver ascoltato gli uomini parlare, li ho osservati agire. Non è sorprendente che, seguendo metodi così diversi, le nostre opinioni siano spesso in contrasto. Vedo che non si potrebbe utilizzare un linguaggio più onesto di quello del nostro secolo; ed è proprio questo che colpisce il signor Gautier. Ma vedo anche che non si potrebbero avere usanze più corrotte; ed è proprio questo che mi scandalizza. Dobbiamo davvero credere di essere diventati persone migliori solo perché, dando nomi decenti ai nostri vizi, abbiamo imparato a non vergognarcene più?
Afferma inoltre che, anche se si potessero dimostrare con fatti che il declino delle morali sia sempre andato di pari passo con lo sviluppo delle scienze, ciò non significherebbe necessariamente che il destino della probità dipenda dal progresso di queste ultime. Dopo aver dedicato la prima parte del mio discorso a dimostrare che questi due fenomeni sono sempre stati collegati tra loro, ho destinato la seconda parte a dimostrare effettivamente che tale legame esiste davvero. A chi allora potrebbe voler rispondere il signor Gautier in questo contesto?
Mi sembra soprattutto molto scandalizzato dal modo in cui ho parlato dell’educazione nelle scuole secondarie. Mi dice che lì si insegnano ai giovani tante cose belle che possono essere di grande utilità per il loro divertimento quando saranno grandi, ma ammetto di non vedere alcun legame tra queste cose e i doveri dei cittadini, di cui bisogna innanzitutto istruirli. “Ci chiediamo volentieri: sa il greco o il latino? Scrive in versi o in prosa? Ma se è diventato migliore o più saggio. Questo era ciò che contava davvero; ed è questo che rimane alla fine. Chiamate un passante al vostro popolo, oh uomo sapiente! E un altro, oh buon uomo! Ma non dovreste rivolgere il vostro sguardo e il vostro rispetto al primo. Servirebbe un terzo annunciatore, oh teste pesanti!”
Ho detto che la natura ha voluto preservarci dalla scienza, proprio come una madre strappa un’arma pericolosa dalle mani di suo figlio; inoltre, il dolore che proviamo nell’apprendere non è affatto uno dei suoi benefici minori. A Monsieur Gautier sarebbe piaciuto molto se avessi detto: “Popoli, sappiate dunque una volta per tutte che la natura non vuole che vi nutriate delle produzioni della terra; il dolore che ha legato alla sua coltivazione è un avvertimento affinché la lasciate incolta”. Monsieur Gautier non ha considerato che con un po’ di lavoro si può sicuramente produrre del pane, mentre con molte studi è molto dubbia la possibilità di diventare persone ragionevoli. Non ha nemmeno pensato che questa osservazione sia proprio a mio favore: perché mai la natura ci avrebbe imposto lavori necessari, se non per allontanarci da occupazioni oziose? Tuttavia, nonostante il disprezzo che Monsieur Gautier mostra per l’agricoltura, è evidente che, se fosse lui a decidere, tutti i contadini abbandonerebbero presto le campagne per andare a discutere nelle scuole. Un’occupazione, secondo Monsieur Gautier, e credo anche secondo molti professori, molto importante per il benessere dello stato.
Riflettendo su un passaggio di Platone, avevo ipotizzato che forse gli antichi Egizi non praticassero la scienza nel modo in cui si potrebbe credere. L’autore della confutazione mi chiede come si possa conciliare questa opinione con l’iscrizione che Osymandias fece apporre nella sua biblioteca. Questa difficoltà avrebbe potuto rappresentare un argomento interessante durante la vita di quel principe; ora che è morto, però, mi chiedo quale sia la necessità di far coincidere le idee del re Osymandias con quelle dei saggi d’Egitto. Se avesse davvero valutato attentamente le opinioni altrui, chi potrebbe affermare che il termine “veleni” non fosse stato sostituito da quello di “remedii”? Ma lasciamo da parte questa fastosa iscrizione. Questi “remedii” sono certamente eccellenti, lo ammetto, e l’ho già detto molte volte; ma questo è forse un motivo sufficiente per somministrarli in modo sconsiderato, senza tenere conto dei temperamenti dei malati? Un certo alimento può essere molto nutriente di per sé, ma in uno stomaco debole può causare solo indigestioni e cattive disposizioni. Cosa si direbbe di un medico che, dopo aver elogiato alcune carni deliziose, concludesse che tutti i malati dovrebbero nutrirsi soltanto di esse?
Ho dimostrato che le scienze e le arti alimentano il coraggio. Il signor Gautier definisce questo un modo singolare di ragionare, senza però riconoscere il legame esistente tra coraggio e virtù. Tuttavia, non credo che si tratti di qualcosa di così difficile da comprendere. Chi una volta si è abituato a preferire la propria vita al proprio dovere, non tarderà molto ad anteporre anche alle cose che rendono la vita facile e piacevole il proprio dovere stesso.
Ho detto che la scienza è adatta a alcuni grandi geni, ma che è sempre dannosa per i popoli che la praticano. Il signor Gautier afferma che Socrate e Catone, che criticavano le scienze, erano tuttavia essi stessi persone molto erudite, e definisce questo il modo in cui mi ha confutato.
Ho detto che Socrate era il più sapiente degli Atenies, ed è proprio da questo che traggo l’autorità della sua testimonianza; tuttavia, ciò non impedisce a Monsieur Gautier di dirmi che Socrate era davvero un uomo di grande saggezza.
Mi rimprovera di aver affermato che Cato disprezzasse i filosofi greci; si basa sul fatto che Carnegadio si divertisse ad enunciare e poi a confutare le stesse proposizioni, il che indusse in modo improprio Cato a diffidare della letteratura greca. Il signor Gautier dovrebbe proprio dirci quale fosse il paese e la professione di questo Carnegadio.
Senza dubbio, Carnéade è l’unico filosofo o lo solo scienziato che si sia impegnato a sostenere sia le argomentazioni a favore che quelle contro; altrimenti, tutto ciò che dice qui il signor Gautier non avrebbe alcun significato. A questo proposito, mi fido della sua erudizione.
Se la confutazione non è ricca di buone argomentazioni, è invece molto abbondante in belle dichiarazioni retoriche. L’autore sostituisce ovunque gli ornamenti dell’arte alla solidità delle prove che aveva promesso all’inizio; ed è proprio facendo un eccessivo uso della retorica nella confutazione che mi rimprovera di averla utilizzata in un discorso accademico.
“A cosa tendono, allora, dice il signor Gautier, le eloquenti dichiarazioni del signor Rousseau?” A abolire, se fosse possibile, le vane declamazioni dei collegi. “Chi non si indignerebbe nell’ascoltarlo affermare che abbiamo l’apparenza di tutte le virtù senza ne possedere alcuna?” Ammetto che ci sia un po’ di lusinga nel dire che ne abbiamo l’apparenza; ma il signor Gautier avrebbe dovuto perdonarmi questa lusinga più di chiunque altro. “Eh! Perché non abbiamo più virtù? È perché coltiviamo le lettere, le scienze e le arti.” Proprio per questo. “Se fossimo scortesi, rustici, ignoranti, saremmo degni degli elogi del signor Rousseau.” E perché no?
Esiste qualche nome tra questi che possa escludere la virtù? “Si smetterà mai di insultare gli uomini?” Si smetteranno mai di essere malvagi? “Si crederà davvero che dir loro di non avere virtù li renderà più virtuosi?” Si crederà davvero che convincerli di essere già abbastanza buoni li renderà migliori? “Sotto il pretesto di purificare i costumi, è permesso sovvertirne le basi?” Sotto il pretesto di illuminare gli spiriti, sarà necessario corrompere le anime? “Oh dolci legami della società, incanto dei veri filosofi, amabili virtù. È proprio grazie ai vostri pregi che regnate nei cuori delle persone: il vostro dominio non deriva né dall’asprezza stoica, né da grida barbare, né dai consigli di una presuntuosa rusticità.”
Noterò innanzitutto una cosa abbastanza piacevole: tra tutte le sette dei filosofi antichi che ho criticato come inutili alla virtù, gli stoici sono gli unici che il signor Gautier mi lascia indietro, anzi sembra volermi schierare dalla loro parte. Ha ragione: non ne sarò certo più orgoglioso.
Ma vediamo un po’ se riesco a esprimere con altri termini il senso di questa esclamazione: “O amabili virtù, è proprio grazie ai vostri pregi che regnate nelle anime umane. Non avete bisogno di tutto quel complesso sistema di ignoranza e rozzezza: sapete raggiungere il cuore delle persone attraverso strade più semplici e naturali. Basta conoscere la retorica, la logica, la fisica, la metafisica e le matematiche per potervi possedere.”
Un altro esempio dello stile di Monsieur Gautier.
« Vous savez que les sciences dont on occupe les jeunes philosophes dans les universités sont la logique, la métaphysique, la morale, la physique, les mathématiques élémentaires. » Si je l’ai su, je l’avais oublié, comme nous faisons tous en devenant raisonnables. « Ce sont donc là, selon vous, de stériles spéculations ? » Stériles, selon l’opinion commune ; mais, selon moi, très fertiles en mauvaises choses. « Les universités vous ont une grande obligation de leur avoir appris que la vérité de ces sciences s’est retirée au fond d’un puits. » Je ne crois pas avoir appris cela à personne : cette sentence n’est point de mon invention ; elle est aussi ancienne que la philosophie. Au reste, je sais que les universités ne me doivent aucune reconnaissance ; et je n’ignorais pas, en prenant la plume, que je ne pouvais à la fois faire ma cour aux hommes, et rendre hommage à la vérité. « Les grands philosophes qui les possèdent dans un degré éminent sont sans doute bien surpris d’apprendre qu’ils ne savent rien. » Je crois qu’en effet ces grands philosophes qui possèdent toutes ces grandes sciences dans un degré éminent seraient très surpris d’apprendre qu’ils ne savent rien : mais je serais bien plus surpris moi-même si ces hommes qui savent tant de choses savaient jamais celle-là.
Je remarque que M. Gautier, qui me traite partout avec la plus grande politesse, n’épargne aucune occasion de me susciter des ennemis : il étend ses soins à cet égard depuis les régents de collège jusqu’à la souveraine puissance. M. Gautier fait fort bien de justifier les usages du monde ; on voit qu’ils ne lui sont point étrangers. Mais revenons à la réfutation.
Toutes ces manières d’écrire et de raisonner, qui ne vont point à un homme d’autant d’esprit que M. Gautier me paraît en avoir, m’ont fait faire une conjecture que vous trouverez hardie, et que je crois raisonnable. Il m’accuse, très sûrement sans en rien croire, de n’être point persuadé du sentiment que je soutiens. Moi, je le soupçonne, avec plus de fondement, d’être en secret de mon avis : les places qu’il occupe, les circonstances où il se trouve, l’auront mis dans une espèce de nécessité de prendre parti contre moi. La bienséance de notre siècle est bonne à bien des choses : il m’aura donc réfuté par bienséance ; mais il aura pris toutes sortes de précautions et employé tout l’art possible pour le faire de manière à ne persuader personne. C’est dans cette vue qu’il commence par déclarer très mal à propos que la cause qu’il défend intéresse le bonheur de l’assemblée devant laquelle il parle, et la gloire du grand prince sous les lois duquel il a la douceur de vivre. C’est précisément comme s’il disait : Vous ne pouvez, messieurs, sans ingratitude envers votre respectable protecteur, vous dispenser de me donner raison ; et, de plus, c’est votre propre cause que je plaide aujourd’hui devant vous. Ainsi, de quelque côté que vous envisagiez mes preuves, j’ai droit de compter que vous ne vous rendrez pas difficiles sur leur solidité. Je dis que tout homme qui parle ainsi a plus d’attention à fermer la bouche aux gens, que d’envie de les convaincre.
Si vous lisez attentivement la réfutation, vous n’y trouverez presque pas une ligne qui ne semble être là pour attendre et indiquer sa réponse. Un seul exemple suffira pour me faire entendre.
« Les victoires que les Athéniens remportèrent sur les Perses et sur les Lacédémoniens mêmes « font voir que les arts peuvent s’associer avec la vertu militaire. » Je demande si ce n’est pas là une adresse pour rappeler ce que j’ai dit de la défaite de Xerxès, et pour me faire songer au dénouement de la guerre du Péloponnèse. « Leur gouvernement, devenu vénal sous Périclès, prend une nouvelle face : l’amour du plaisir étouffe leur bravoure, les fonctions les plus honorables sont avilies, l’impunité multiplie les mauvais citoyens, les fonds destinés à la guerre sont destinés à nourrir la mollesse et l’oisiveté : toutes ces causes de corruption, quel rapport ont-elles aux sciences ? »
Que fait ici M. Gautier, sinon de rappeler toute la seconde partie de mon Discours où j’ai montré ce rapport ? Remarquez l’art avec lequel il nous donne pour causes les effets de la corruption, afin d’engager tout homme de bon sens à remonter de lui-même à la première cause de ces causes prétendues. Remarquez encore comment, pour en laisser faire la réflexion au lecteur, il feint d’ignorer ce qu’on ne peut supposer qu’il ignore en effet, et ce que tous les historiens disent unanimement, que la dépravation des mœurs et du gouvernement des Athéniens fut l’ouvrage des orateurs. Il est donc certain que m’attaquer de cette manière, c’est bien clairement m’indiquer les réponses que je dois faire.
Ceci n’est pourtant qu’une conjecture que je ne prétends point garantir. M. Gautier n’approuverait peut-être pas que je voulusse justifier son savoir aux dépens de sa bonne foi ; mais si en effet il a parlé sincèrement en réfutant mon Discours, comment M. Gautier, professeur en histoire, professeur en mathématiques, membre de l’académie de Nancy, ne s’est-il pas un peu défié de tous les titres qu’il porte ?
Je ne répliquerai donc pas à M. Gautier : c’est un point résolu. Je ne pourrais jamais répondre sérieusement, et suivre la réfutation pied à pied : vous en voyez la raison ; et ce serait mal reconnaître les éloges dont M. Gautier m’honore, que d’employer le ridiculum acri, l’ironie et l’amère plaisanterie. Je crains bien déjà qu’il n’ait que trop à se plaindre du ton de cette lettre : au moins n’ignorait-il pas, en écrivant sa réfutation, qu’il attaquait un homme qui ne fait pas assez de cas de la politesse pour vouloir apprendre d’elle à déguiser son sentiment.
Au reste, je suis prêt à rendre à M. Gautier toute la justice qui lui est due. Son ouvrage me paraît celui d’un homme d’esprit qui a bien des connaissances : d’autres y trouveront peut-être de la philosophie ; quant à moi, j’y trouve beaucoup d’érudition.
Je suis de tout mon cœur, monsieur, etc.
P. S. Je viens de lire, dans la gazette d’Utrecht du 22 octobre, une pompeuse exposition de l’ouvrage de M. Gautier, et cette exposition semble faite exprès pour confirmer mes soupçons. Un auteur qui a quelque confiance en son ouvrage laisse aux autres le soin d’en faire l’éloge, et se borne à en faire un bon extrait : celui de la réfutation est tourné avec tant d’adresse que, quoiqu’il tombe uniquement sur des bagatelles que je n’avais employées que pour servir de transition, il n’y en a pas une seule sur laquelle un lecteur judicieux puisse être de l’avis de M. Gautier.
Il n’est pas vrai, selon lui, que ce soit des vices des hommes que l’histoire tire son principal intérêt.
Je pourrais laisser les preuves de raisonnement ; et pour mettre M. Gautier sur son terrain, je lui citerais des autorités.
« Heureux les peuples dont les rois ont fait peu de bruit dans l’histoire ! »
« Si jamais les hommes deviennent sages, leur histoire n’amusera guère. »
M. Gautier dit avec raison qu’une société, fut-elle toute composée d’hommes justes, ne saurait subsister sans lois ; et il conclut de là qu’il n’est pas vrai que, sans les injustices des hommes, la jurisprudence serait inutile. Un si savant auteur confondrait-il la jurisprudence et les lois ?
Je pourrais encore laisser les preuves de raisonnement ; et pour mettre M. Gautier sur son terrain, je lui citerais des faits.
Les Lacédémoniens n’avaient ni jurisconsultes ni avocats ; leurs lois n’étaient pas même écrites : cependant ils avaient des lois. Je m’en rapporte à l’érudition de M. Gautier pour savoir si les lois étaient plus mal observées à Lacédémone que dans les pays où fourmillent les gens de loi.
Je ne m’arrêterai point à toutes les minuties qui servent de texte à M. Gautier, et qu’il étale dans la gazette ; mais je finirai par cette observation, que je soumets à votre examen.
Donnons partout raison à M. Gautier, et retranchons de mon Discours toutes les choses qu’il attaque ; mes preuves n’auront presque rien perdu de leur force. Ôtons de l’écrit de M. Gautier tout ce qui ne touche pas le fond de la question, il n’y restera rien du tout.
Je conclus toujours qu’il ne faut point répondre à M. Gautier.
À Paris, ce 1er novembre 1751.
Fin de la LETTRE À M. GRIMM
Liste des œuvres philosophiques et politiques
Liste générale des titres
“You know that the sciences which are taught to young philosophers in universities are logic, metaphysics, morality, physics, and elementary mathematics.” If I had known this, I would have forgotten it, just like we all do when we become rational. “So, according to you, these are merely sterile speculations?” Sterile, in the opinion of the general public; but in my view, they are very fertile in producing bad things. “Universities owe them a great debt for having taught them that the truth of these sciences has retreated into some distant abyss.” I don’t think I have ever taught anyone this; this statement is not my own invention—it is as old as philosophy itself. Moreover, I am well aware that universities owe me no gratitude at all; and when I took up my pen, I knew full well that I could not possibly please people while at the same time honoring the truth. “The great philosophers who possess a high level of knowledge in these fields must be greatly surprised to learn that they know nothing.” I believe that indeed these great philosophers, who have such extensive knowledge in so many areas, would be very surprised to discover that they know nothing; but I would be even more surprised if these men, who know so much about so many things, ever came to understand that one particular truth.
I notice that Mr. Gautier, who treats me with the greatest courtesy everywhere, never misses an opportunity to create enemies for me; he extends his efforts in this regard from the headmasters of colleges all the way to the supreme authorities of the state. Mr. Gautier does a very good job of justifying the customs of society; it is clear that they are not unfamiliar to him. But let us return to the refutation at hand.
All these ways of writing and reasoning—which do not seem suited to a man as intelligent as Mr. Gautier, in my opinion—led me to make a conjecture that you may find rather bold, but which I consider reasonable. He accuses me, quite certainly without believing it himself, of not being convinced by the views I hold. As for me, I suspect him, with even more reason, of secretly disagreeing with me: the positions he holds and the circumstances in which he finds himself have probably forced him to take a stance against me. The proprieties of our times are useful for many things; therefore, he must have refuted my arguments out of politeness—but at the same time, he took every precaution and employed all possible artistry to do so in a way that would convince no one. It is for this reason that he begins by making an utterly inappropriate statement, claiming that the cause he defends is related to the happiness of the audience before him and to the glory of the great prince under whose laws he enjoys his privileges. In other words, it’s as if he were saying: “Gentlemen, you cannot, without showing ingratitude toward your respected protector, refuse to agree with me; moreover, it is your own cause that I am defending today before you.” No matter how you examine my arguments, I have every reason to believe that you will not question their solidity. I say that any man who speaks in this way is more interested in silencing others than in convincing them.
If you read the refutation carefully, you will find hardly a single line that does not seem to be there precisely to await and indicate its corresponding response. Just one example will be enough to make my point clear.
“The victories achieved by the Athenians over the Persians and even over the Spartans themselves demonstrate that the arts can be combined with military virtue.” I wonder if this is not a way to recall what I said about Xerxes’ defeat, and to remind me of the outcome of the Peloponnesian War. “Their form of government, which had become corrupt under Pericles, took on a new aspect: the pursuit of pleasure stifled their courage; the most honorable duties were degraded; impunity allowed more and more bad citizens to thrive; funds intended for war were instead used to indulge in luxury and idleness. What connection do all these causes of corruption have with the arts?”
What is Mr. Gautier doing here, if not to remind us of the entire second part of my Discourse where I demonstrated this very relationship? Notice how skillfully he presents the effects of corruption as their causes, thereby encouraging any person of sound judgment to trace these so-called causes back to their true origin. Also observe how, in order to allow the reader time for reflection, he pretends not to know what everyone agrees is true—namely, that the degeneration of the morals and governance of Athens was the work of its orators. It is therefore clear that attacking me in this manner is nothing but a way of indicating to me exactly what responses I should make.
This is, after all, merely a conjecture which I make no claim to verify. Mr. Gautier might not approve of my attempting to justify his knowledge at the expense of his good faith; but if he indeed spoke sincerely in refuting my Discourse, how could it be that Mr. Gautier—a professor of history, a professor of mathematics, and a member of the Academy of Nancy—did not at least challenge all the titles he held?
Therefore, I will not respond to Mr. Gautier; that matter is settled. I could never seriously engage in a point-by-point refutation of his arguments—you understand the reason for this—and it would be an unfair dismissal of the compliments Mr. Gautier has paid me to resort to sharp ridicule, irony, and bitter mockery. I fear he already has every right to complain about the tone of this letter; at least, when writing his rebuttal, he was fully aware that he was attacking a man who does not place enough value on politeness to bother learning how to use it in order to conceal his true feelings.
Furthermore, I am ready to render Mr. Gautier all the justice he deserves. His work seems to be that of a man of intellect who possesses extensive knowledge; others may find philosophy in it; as for me, I see a great deal of erudition therein.
With all my heart, sir, etc.
P.S. I just read in the Utrecht newspaper of October 22nd a rather pompous review of Mr. Gautier’s work, and this review seems to be written precisely to confirm my suspicions. An author who has some confidence in his own work would leave it to others to praise it and would merely provide a good excerpt from it; however, the excerpt containing the refutations is so skillfully crafted that, although it only deals with trivial matters that I used merely as transitions, not a single one of them could lead a discerning reader to agree with Mr. Gautier’s views.
In his view, it is not true that history derives its main interest from the vices of human beings.
I could leave behind the proofs of my reasoning; and to bring Mr. Gautier back to his own ground, I would cite various authorities in his favor.
“Happy are those peoples whose kings have made little noise in history!”
“Should humans ever become wise, their history would hardly be of any interest.”
Mr. Gautier rightly observes that a society, even if composed entirely of righteous people, could not survive without laws; and he concludes from this that it is not true that, in the absence of human injustices, jurisprudence would be useless. Would such a learned author confuse jurisprudence with laws?
I could still present evidence based on reasoning; and to bring Mr. Gautier back to his own ground, I would cite facts to him.
The Spartans had neither jurists nor lawyers; their laws were not even written down: yet they had laws. I refer to the expertise of Mr. Gautier to determine whether these laws were less observed in Sparta than in those countries where there are countless legal professionals.
I will not dwell on all the details that Mr. Gautier mentions in his newspaper articles; but I would like to conclude with this observation, which I submit to your consideration.
If we accept everything Mr. Gautier says everywhere and remove from my discourse all the points he attacks, my arguments will hardly lose any of their force. If we eliminate from Mr. Gautier’s writing everything that does not address the core of the issue, nothing at all will remain.
I always conclude that one should not respond to Mr. Gautier.
In Paris, on November 1st, 1751.
End of the LETTER TO MR. GRIMM
List of philosophical and political works
General list of titles
“Si sa che le scienze su cui si formano i giovani filosofi nelle università sono la logica, la metafisica, la morale, la fisica e le matematiche elementari.” Se lo sapevo, l’avevo dimenticato, come facciamo tutti quando diventiamo razionali. “Quindi, secondo voi, si tratta di speculazioni sterili?” Sterili, secondo l’opinione comune; ma, secondo me, molto fertili in cose negative. “Le università hanno una grande responsabilità nei confronti dei giovani, poiché li hanno fatti credere che la verità di queste scienze si trovi nel fondo di un pozzo.” Non credo di aver mai insegnato nulla del genere a nessuno: questa frase non è mia invenzione; è antica quanto la filosofia stessa. Del resto, so bene che le università non mi devono alcuna riconoscenza; e non ignoravo, prendendo la penna, che non potevo contemporaneamente compiacere gli uomini e rendere omaggio alla verità. “I grandi filosofi che possiedono queste conoscenze in misura elevata saranno certamente molto sorpresi nello scoprire di non sapere nulla.” Credo davvero che questi grandi filosofi, che possiedono tutte queste scienze in modo approfondito, sarebbero molto sorpresi nel rendersi conto di non sapere nulla; ma io lo sarei ancora di più se queste persone, che sanno così tante cose, riuscissero mai a comprendere quella verità.
Noto che il signor Gautier, che mi tratta ovunque con la massima cortesia, non perde mai l’occasione di suscitarmi nemici: estende le sue attenzioni in questo senso, partendo dai reggenti delle scuole superiori fino alla più alta autorità sovrana. Il signor Gautier fa molto bene a giustificare le usanze del mondo; si vede chiaramente che non gli sono affatto estranee. Ma torniamo alla confutazione.
Tutti questi modi di scrivere e di ragionare, che non sono adatti a un uomo dotato di tanto ingegno come il signor Gautier, mi hanno portato a formulare una congettura che potrebbe sembrarvi audace, ma che ritengo fondata. Lui mi accusa, senza alcuna vera convinzione, di non essere persuaso dai principi che sostengo; io, invece, sospetto, con maggior fondamento, che egli stesso sia in segreto d’accordo con me: le posizioni che occupa e le circostanze in cui si trova lo hanno costretto, per così dire, a prendere posizione contro di me. La cortesia del nostro secolo è utile in molte situazioni; quindi egli mi ha confutato per pura cortesia, ma ha preso tutte le precauzioni possibili e utilizzato ogni artificio possibile per farlo in modo da non convincere nessuno. È proprio con questo scopo che, all’inizio del suo discorso, afferma in modo del tutto inappropriato che la causa che difende interessa al benessere dell’assemblea davanti alla quale parla e alla gloria del grande principe sotto le leggi dei quali ha la fortuna di vivere. È come se dicesse: “Signori, non potete, senza essere ingrati verso il vostro rispettabile protettore, rifiutare di darmi ragione; anzi, è proprio la vostra stessa causa che oggi difendo davanti a voi”. Pertanto, qualunque sia l’angolo da cui si considerino le mie argomentazioni, ho tutte le ragioni per credere che non metterete in dubbio la loro solidità. Dico quindi che qualsiasi uomo parli in questo modo ha più interesse a far tacere gli altri che a convincerli.
Se leggete attentamente la confutazione, non troverete quasi una riga che non sembri essere lì apposta per indicare la risposta corrispondente. Un solo esempio sarà sufficiente per farmi capire il mio punto di vista.
“Le vittorie che gli Ateniesi ottennero sui Persiani e persino sugli stessi Spartani dimostrano che le arti possono unirsi alla virtù militare.” Mi chiedo se questo non sia un modo per ricordare ciò che ho detto sulla sconfitta di Serse, e per farmi riflettere sullo sviluppo della guerra del Peloponneso. “Il loro governo, divenuto corrotto sotto Pericle, assume una nuova forma: l’amore per il piacere soffoca il loro coraggio, le funzioni più onorevoli vengono degradate, l’impunità aumenta il numero dei cittadini malvagi, i fondi destinati alla guerra vengono utilizzati per alimentare la mollezza e l’ozio. Tutte queste cause di corruzione: quale rapporto hanno con le scienze?”
Che cosa fa qui il signor Gautier, se non ricordarci tutta la seconda parte del mio Discorso, nella quale ho dimostrato questo rapporto? Notate l’abilità con cui ci presenta gli effetti della corruzione come cause, al fine di indurre qualsiasi uomo di buon senso a risalire da questi effetti alla vera causa delle cosiddette “cause”. Notate anche come, per permettere al lettore di riflettere su questo argomento, finga di ignorare ciò che in realtà non può ignorare affatto, e ciò che tutti gli storici affermano unanimemente: cioè che la corruzione dei costumi e del governo degli Atenies fu opera degli oratori. È quindi certo che attaccarmi in questo modo significhi chiaramente indicarmi le risposte che devo dare.
Si tratta tuttavia solo di una congettura che non intendo affatto garantire. Forse il signor Gautier non approverebbe se cercassi di giustificare la sua conoscenza a scapito della sua buona fede; ma se davvero ha parlato sinceramente nel confutare il mio Discorso, come mai il signor Gautier, professore di storia, professore di matematica, membro dell’Accademia di Nancy, non si è almeno un po’ fidato di tutti i titoli che possiede?
Quindi non risponderò a Monsieur Gautier: questa è una decisione irrevocabile. Non potrei mai rispondere seriamente e seguire passo dopo passo le sue argomentazioni; ne capite il motivo. E sarebbe un grave mancanza di riconoscenza nei confronti degli elogi che Monsieur Gautier mi rivolge, utilizzare l’ironia tagliente, l’umorismo amaro o la derisione. Temo già che abbia molte ragioni per lamentarsi del tono di questa lettera. Almeno, quando ha scritto la sua replica, sapeva bene che stava attaccando un uomo che non dà abbastanza importanza alle buone maniere da voler imparare da esse a nascondere i propri sentimenti.
Del resto, sono pronto a rendere a Monsieur Gautier tutta la giustizia che gli spetta. Il suo lavoro mi sembra quello di un uomo di spirito dotato di notevoli conoscenze: altri forse vi troveranno elementi filosofici; quanto a me, vi scorgo molta erudizione.
Con tutto il mio cuore, signore, ecc.
P.S. Ho appena letto, nel giornale di Utrecht del 22 ottobre, una pomposa presentazione dell’opera di Monsieur Gautier, e questa presentazione sembra fatta apposta per confermare i miei sospetti. Un autore che ha qualche fiducia nella propria opera lascia agli altri il compito di elogiarla, limitandosi a fornire un buon estratto; l’estratto relativo alla confutazione è redatto con tale abilità che, sebbene riguardi soltanto dettagli insignificanti che avevo utilizzato esclusivamente a scopo di transizione, non c’è nemmeno uno di essi su cui un lettore attento possa essere d’accordo con Monsieur Gautier.
Secondo lui, non è vero che l’interesse principale della storia derivi dai vizi degli uomini.
Potrei lasciare da parte le prove basate sul ragionamento; e per portare il signor Gautier sul suo terreno, gli citerei delle autorità a sostegno della mia tesi.
“Felici i popoli i cui re non hanno lasciato molte tracce nella storia!”
“Se mai gli uomini diventeranno saggi, la loro storia non divertirà più molto.”
Il signor Gautier a ragione quando afferma che una società, anche se composta interamente da persone giuste, non potrebbe sopravvivere senza leggi; e da ciò conclude che non è vero che, in assenza delle ingiustizie umane, la giurisprudenza sarebbe inutile. Un autore così sapiente confonderebbe forse la giurisprudenza con le leggi?
Potrei ancora lasciare perdere le prove fornite attraverso il ragionamento; e per mettere il signor Gautier nel suo terreno, gli citerei dei fatti concreti.
I Lacedemoni non avevano né giuristi né avvocati; le loro leggi non erano nemmeno scritte: tuttavia, possedevano delle leggi. Mi rifaccio all’erudizione di Monsieur Gautier per sapere se queste leggi venissero meno rispettate a Lacedemone rispetto ai paesi dove abbondano gli avvocati.
Non mi soffermerò su tutte le particolarizze che costituiscono il contenuto degli articoli di Monsieur Gautier pubblicati sul giornale; ma concluderò con questa osservazione che vi sottopongo all’esame.
Diamo ragione ovunque a Monsieur Gautier e rimuoviamo dal mio Discorso tutte le argomentazioni che egli attacca; le mie prove non perderanno quasi nulla della loro forza. Togliamo dall’opera di Monsieur Gautier tutto ciò che non riguarda il nucleo fondamentale della questione, e non rimarrà più nulla.
Concludo sempre che non si debba rispondere a Monsieur Gautier.
A Parigi, il 1° novembre 1751.
Fine della LETTERA A SIGNOR GRIMM
Elenco delle opere filosofiche e politiche
Elenco generale dei titoli