Rousseau

Abstract

Letter on virtue: Rousseau argues that virtue is not learned from books of metaphysics but by listening to one’s own inner voice, and that nature gave us feelings, not learning, so that moral evil arises from society’s artificial relations, not from man’s original nature.

Connections

Assi: Natura umana, Fondamento della morale
Posizioni: bontà naturale, sentimento morale
Concetti: virtù
Forme: epistola
Scuole: illuminismo

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Vous cherchez à m’embarrasser plus qu’à vous instruire en me demandant qu’est-ce que la vertu ? Je pourrais vous dire en deux mots que c’est ce que nul ne peut apprendre que de soi-même, et que vous ne saurez jamais si votre cœur ne vous a répondu d’avance. D’ailleurs, pourquoi renouveler une question si souvent et si bien résolue ? Ouvrez Platon, Cicéron, Plutarque, Épictète, Antonin : consultez le vertueux Shaftesbury et son digne interprète. Faites mieux encore, étudiez la vie et les discours du juste et méditez l’Évangile ; ou plutôt laissez tous les livres, rentrez en vous-même, écoutez cette voix secrète qui parle à tous les cœurs, et soyez vertueux pour savoir ce que c’est que de l’être, Ne croyez pas pourtant que je me refuse à l’emploi sublime dont vous m’honorez. Je sais qu’il est des cas où l’on est obligé d’entreprendre plus qu’on ne peut exécuter, où l’on doit moins consulter ses forces que son devoir, et sur tout sujet important à la société je sais que nul ne peut refuser une déclaration de ses sentiments aussitôt qu’on la lui demande. Ne pensez pas non plus que je m’en impose à moi-même et que j’attende un grand succès de mes soins : je vois plus de curiosité que de zèle dans votre empressement à m’interroger, et je sens plus de zèle que de lumières dans mon ardeur à vous répondre. Mais ce que je n’aurai pu faire pour vous, je tâcherai de le faire pour moi-même. Se livra-t-on jamais sans fruit à l’étude de la vertu ? Non, ses divins effets sont incompréhensibles, elle échauffe même avant d’éclairer, on l’aime aussitôt qu’on la cherche, on la sent avant que de la connaître ; et dût ma raison s’égarer à sa poursuite, je me consolerai facilement d’une erreur qui me rendrait plus homme de bien.

Ne vous attendez pas de trouver ici, des dissertations métaphysiques, ni tout cet appareil de mots que beaucoup de lecteurs y chercheront sans doute, et qui ne sert qu’à rendre l’homme plus vain, sans le rendre meilleur ni plus éclairé. Cette affectation de doctrine ne siérait ni à l’auteur ni à l’ouvrage dans une matière où il est plus question de sentir que d’apercevoir, et que les plus simples entendent toujours mieux que les plus savants. La nature nous a donné des sentiments et non des lumières, et comme on ne peut sans injustice nous demander compte de ce que nous n’avons pas reçu, nous aurions trop à nous plaindre, si tant de savoir était nécessaire pour connaître la vertu.

Ma méthode sera plus simple et plus sûre. En sondant mes inclinations naturelles, j’ose penser qu’elles sont droites, je crois trouver dans mes désirs l’image de l’homme de bien, et ne puis mieux vous dire ce qu’il est qu’en vous disant ce que je voudrais être.

Je voudrais donc avoir une âme forte pour faire toujours ce qui est juste, et sensible pour aimer toujours ce qui est beau : mais qu’est-ce que beauté, sensibilité, justice ? et qu’est-ce qu’une âme forte ? Voilà ce que la plus sublime philosophie a bien de la peine à nous expliquer, et qu’elle explique bien moins pour ceux qui cherchent la vérité que pour ceux qui cherchent la science. Contentons-nous donc d’écouter la nature ; car si la nature bien consultée ne nous instruit pas toujours, au moins elle ne nous égare jamais.

Il me semble premièrement que tout ce qu’il y a de moral en moi-même a toujours ses relations hors de moi ; que je n’aurais ni vice ni vertu si j’avais toujours vécu seul, et que je serais bon seulement de cette bonté absolue qui fait qu’une chose est ce qu’elle doit être par sa nature. Je sens aussi que j’ai maintenant perdu cette bonté naturelle, par l’effet d’une multitude de rapports artificiels, qui sont l’ouvrage de la société et qui m’ont pu donner d’autres penchants, d’autres besoins, d’autres désirs, d’autres moyens de les satisfaire, nuisibles à la conservation de ma vie ou à la constitution de ma personne, mais conformes aux vues particulières que je me suis faites et aux passions factices que je me suis données.

Il suit de là, qu’il faut me considérer à présent comme existant d’une autre manière et m’approprier, pour ainsi dire, une autre sorte de bonté convenable à cette nouvelle existence. Aujourd’hui que ma vie, ma sûreté, ma liberté, mon bonheur dépendent du concours de mes semblables, il est manifeste que je ne dois plus me regarder comme un être individuel et isolé, mais comme partie d’un grand tout, comme membre d’un plus grand corps, de la conservation duquel dépend absolument la mienne, et qui ne saurait être mal ordonné que je ne me ressente de ce désordre. (Ainsi l’identité de nature, la faiblesse commune, les besoins mutuels et la société qu’ils ont rendue nécessaire, me donnent des devoirs et des droits communs à tous les hommes.) Je tiens à ma patrie, au moins par mes besoins ; ma patrie, à son tour, tient par les siens à quelque autre pays, et tout est soumis plus ou moins à cette universelle dépendance. Voilà des vérités qu’on sent plutôt qu’on ne les prouve, et que je me dispenserais d’éclaircir si je comptais autant sur votre bonne foi que sur vos lumières.

Vous me demanderez peut-être si un homme qui n’aurait rien reçu de la société pourrait lui devoir quelque chose. Mais considérez, je vous prie, qu’une telle supposition n’est bonne à rien quand elle roule sur l’impossible ; et chacun voit qu’il est de toute impossibilité qu’un homme naisse, vive et se conserve au sein de la société sans rien tenir d’elle. C’est à tort qu’il alléguera sa pauvreté, ses maux, son infortune ; l’État lui répondra : Peut-être eût-il mieux valu pour vous naître au fond d’un désert ; mais vous êtes dans mon sein, vous y avez vécu, et vous n’y pouviez vivre si je ne vous avais conservé ; il fallait quitter la vie si elle vous était à charge, ou le pays si les lois vous en semblaient trop dures ; mourez ou partez si vous voulez ne me rien devoir pour l’avenir ; mais donnez-moi le prix de trente ans de vie dont vous avez joui par mon assistance ; en attendant que vous ne soyez plus vous me devez ce que vous avez été.

Ne nous regardons point comme ces hommes primitifs et imaginaires qui n’avaient besoin de personne parce que la nature seule pourvoyait à tout. La nature a, pour ainsi dire, abandonné ses fonctions sitôt que nous les avons usurpées. L’homme social est trop faible pour pouvoir se passer des autres, il a besoin de tout dès l’instant de sa naissance jusqu’à celui de sa mort, et riche ou pauvre il ne pourrait subsister s’il ne recevait rien d’autrui.

Je ne dois point non plus me croire quitte avec tout le monde sous prétexte que ceux qui m’ont servi n’ont regardé qu’à leur plaisir ou qu’à leur intérêt : cela peut être vrai pour les particuliers, non pour le corps de la société qui regarde à tous ses membres, et par conséquent à moi comme à vous dans tout ce qu’elle fait pour elle-même.

Or ce n’est pas comme particuliers que nous sommes tous débiteurs les uns des autres, mais comme membres de la société à laquelle chacun doit tout. D’ailleurs le prix dont on paye tous les secours qu’on reçoit est lui-même un don de la société. Un homme peut-il rien posséder sans le concours et le consentement des autres ? Sans ce contrat tacite qu’ils ont passé, il n’y aurait ni gain ni propriété, ni véritable industrie. Dans l’état de nature rien n’existe que le nécessaire, et tout le superflu qu’on voit parmi nous n’est point la somme des travaux des particuliers, mais le produit de l’industrie générale, qui fait avec cent bras agissant de concert, plus que cent hommes ne pourraient faire séparément.

You seek to embarrass me rather than to gain knowledge by asking what virtue is. In two words, I could tell you that it is something that no one can learn except from within themselves, and that you will never know whether your heart has already given you the answer. Moreover, why repeat a question that has been so often and so thoroughly answered? Open Plato, Cicero, Plutarch, Epictetus, Antoninus; consult the virtuous Shaftesbury and his worthy interpreters. Even better, study the life and speeches of the righteous and meditate on the Gospels; or rather, put all books aside, turn within yourselves, listen to that secret voice that speaks to every heart, and be virtuous in order to understand what it means to truly be human. Yet do not think that I refuse to engage in that sublime endeavor you honor me with. I know there are circumstances where one must undertake more than one is capable of fulfilling, where one must rely less on one’s own strength and more on one’s duty. In any matter of importance to society, I know that no one can refuse to express their feelings when asked to do so. Nor do I think I am imposing this upon myself or expecting great success from my efforts: I see more curiosity than sincerity in your eagerness to question me, and more zeal than enlightenment in my eagerness to answer you. But what I could not accomplish for you, I will strive to achieve for myself. Is there ever any study of virtue that yields no fruit? No; its divine effects are incomprehensible. It kindles our hearts even before it enlightens us. We love it the moment we seek it; we sense it before we truly understand it. And were my reason to wander in its pursuit, I would easily console myself for any mistake that might make me a better person.

Do not expect to find here any metaphysical dissertations, nor all that verbal sophistication which many readers will undoubtedly seek in such works—and which merely serves to make man more vain, without making him better or wiser. Such pretense of profundity is neither appropriate for the author nor suitable for the subject matter; in a field where it is more about feeling than about reasoning, the simplest people always understand better than the most learned. Nature has given us sentiments, not knowledge. And since it would be unjust to demand account of what we have not been given, we would have every reason to complain if so much learning were truly necessary to comprehend virtue.

My method will be simpler and more reliable. By examining my natural inclinations, I dare say that they are upright; I believe that in my desires I can find the image of the good man, and there is no better way to tell you what he is than by telling you what I would like to be.

I would therefore like to have a strong soul that always does what is right, and a sensitive heart that always loves what is beautiful—but what are beauty, sensitivity, and justice? And what exactly is a strong soul? These are questions that even the most profound philosophy struggles to explain clearly, and it explains them far less well for those who seek truth than for those who seek knowledge. Let us therefore content ourselves with listening to nature; for although nature, when properly consulted, may not always instruct us, at least it never leads us astray.

It seems to me that, in the first place, everything moral within me always has its connections or relationships outside of myself; that I would neither possess vice nor virtue if I had always lived alone, and that I would be good only in that absolute goodness which makes a thing what it inherently ought to be. I also feel that I have now lost this natural goodness, as a result of numerous artificial relationships—products of society—which have given me other inclinations, other needs, other desires, and other means to satisfy them. These relationships are harmful to the preservation of my life or to the formation of my character, but they are in line with the particular views I have adopted and the false passions I have cultivated for myself.

It follows therefore that I must now be considered to exist in a different manner, and that I must, so to speak, adopt a different kind of goodness suited to this new existence. Since today my life, my safety, my freedom, and my happiness depend on the cooperation of my fellow humans, it is clear that I can no longer regard myself as an individual being in isolation, but rather as part of a greater whole, as a member of a larger community whose very survival is absolutely essential to mine. Any disorder in that community would inevitably affect me as well. (Nature’s unity, our common weaknesses, our mutual needs, and the society that arises from these factors all impose obligations and grant rights that are shared by all human beings.) I am bound to my country, at least out of necessity; and my country, in turn, is connected to other nations through similar ties. Everything is more or less subject to this universal interdependence. These are truths that one feels rather than proves; and I would not bother to clarify them if I could rely as much on your good faith as on your understanding.)

You may ask whether a man who has received nothing from society could possibly owe it anything in return. But please consider that such an assumption is utterly baseless when it relies on the impossible; everyone can see that it is absolutely impossible for a man to be born, live, and survive within society without receiving anything from it. It would be wrong for him to claim his poverty, his misfortunes, or his adversity as reasons for not owing society anything; the state would reply: “Perhaps it would have been better for you to be born in the depths of a desert; but you are within my realm, you have lived there, and you could not have lived there at all if I had not preserved your life. If life was too burdensome for you, you had either to leave it or leave this country if its laws seemed too harsh upon you. Die or go away, if you wish not to owe me anything in the future; but give me the value of thirty years of your life that you have enjoyed thanks to my support. Until then, you still owe me what you have received from me.”

Let us not regard ourselves as those primitive and imaginary beings who needed no one, for nature alone provided everything they required. In a sense, nature abandoned its functions the moment we usurped them. The social man is too weak to survive on his own; from the moment of his birth until his death, he needs everything. Whether rich or poor, he could not endure at all if he received nothing from others.

I must not also assume that I am free from any responsibility towards others just because those who have served me acted solely out of their own pleasure or self-interest: this may be true for individuals, but it is not true for society as a whole, which considers the interests of all its members—and therefore includes both you and me—in everything it does for itself.

Or it is not as individuals that we are all indebted to one another, but as members of society to which each of us owes everything. Indeed, the price we pay for all the assistance we receive is itself a gift from society. Can a man possess anything without the cooperation and consent of others? Without this tacit agreement between them, there would be neither profit nor property, nor any genuine form of industry. In the state of nature, only what is necessary exists; and all that superfluity we see around us is not the result of the individual efforts of each person, but the product of collective industry—where a hundred hands working together produce more than a hundred individuals could achieve separately.

Cercate di mettermi in imbarazzo più che di ottenere informazioni chiedendomi cosa sia la virtù? Potrei rispondervi in due parole: è qualcosa che nessuno può imparare se non da sé stesso, e voi non saprete mai se il vostro cuore non vi abbia già dato una risposta. Del resto, perché ripetere continuamente una domanda che è stata così spesso e chiaramente risolta? Aprite Platone, Cicerone, Plutarco, Epitteto, Antonino; consultate il virtuoso Shaftesbury e il suo degno interprete. Meglio ancora: studiate la vita e i discorsi dei giusti e meditate l’Evangelo; o meglio ancora, lasciate da parte tutti i libri, ritiratevi in voi stessi, ascoltate quella voce segreta che parla a tutti i cuori, e siate virtuosi per capire cosa significhi essere veramente buoni. Tuttavia, non credete che mi rifiuti di utilizzare quell’sublime mezzo con cui mi onorate: so che ci sono casi in cui è necessario impegnarsi più di quanto si possa realmente realizzare, in cui bisogna considerare meno le proprie forze e di più il proprio dovere; e su ogni argomento importante per la società, so che nessuno può rifiutarsi di esprimere i propri sentimenti non appena gli viene chiesto. Non pensate nemmeno che mi imponga queste cose a me stesso o che aspetti un grande successo dai miei sforzi: vedo più curiosità che zelo nella vostra fretta di interrogarmi, e sento più zelo che lumi nella mia voglia di rispondervi. Ma ciò che non avrei potuto fare per voi, cercherò di farlo per me stesso. Si può mai dedicarsi allo studio della virtù senza ottenere risultati? No: i suoi effetti divini sono incomprensibili; essa riscalda prima ancora di illuminare; la si ama non appena la si cerca, la si sente prima ancora di conoscerla. E anche se la mia ragione dovesse errare nella sua ricerca, mi consolerei facilmente di un errore che mi rendesse una persona migliore.

Non aspettatevi di trovare qui dissertazioni metafisiche, né tutto quel gergo verbale che molti lettori cercheranno sicuramente, e che serve soltanto a rendere l’uomo più vano, senza renderlo migliore o più illuminato. Questa affettazione di dottrina non sarebbe adatta né all’autore né all’opera in una materia nella quale si tratta piuttosto di sentire che di comprendere, e dove anche le persone più semplici capiscono sempre meglio dei più eruditi. La natura ci ha dato sentimenti, non conoscenze; e poiché non ci si può chiedere ingiustamente conto di ciò che non abbiamo ricevuto, avremmo molte ragioni per lamentarci, se tanto sapere fosse necessario per comprendere la virtù.

Il mio metodo sarà più semplice e più sicuro. Esplorando le mie inclinazioni naturali, oso credere che siano rette; ritengo di trovare nei miei desideri l’immagine dell’uomo buono, e non posso dirvi meglio cos’è un uomo buono se non raccontandovi ciò che io stesso vorrei essere.

Vorrei quindi avere un’anima forte per fare sempre ciò che è giusto, e sensibile per amare sempre ciò che è bello: ma cos’è la bellezza, la sensibilità, la giustizia? E cos’è un’anima forte? Queste sono questioni che anche la più sublime filosofia fatica a spiegare chiaramente, e le spiega ancora meno coloro che cercano la verità rispetto a quelli che cercano la scienza. Pertanto, siamo soddisfatti di ascoltare la natura; perché se, consultata con attenzione, essa non ci insegna sempre, almeno non ci inganna mai.

Mi sembra innanzitutto che tutto ciò che è morale in me abbia sempre delle relazioni con il mondo esterno; che non avrei né vizi né virtù se fossi sempre vissuto da solo, e che sarei buono soltanto per quella bontà assoluta che fa sì che una cosa sia ciò che deve essere per sua natura. Sento anche di aver perso ora questa bontà naturale a causa di una moltitudine di relazioni artificiali, frutto della società, le quali mi hanno potuto dare altri inclini, altre necessità, altri desideri e altri mezzi per soddisfarli; mezzi dannosi per la conservazione della mia vita o per la formazione della mia persona, ma in linea con le opinioni particolari che mi sono formato e con le passioni artificiali che mi sono imposto.

Da ciò deriva che ora devo considerarmi esistente in un altro modo e, per così dire, assumere un’altra forma di bontà adatta a questa nuova esistenza. Oggi, poiché la mia vita, la mia sicurezza, la mia libertà, il mio felicità dipendono dal contributo dei miei simili, è evidente che non devo più considerarmi un essere individuale e isolato, ma parte di un tutto più grande, membro di un corpo più vasto il cui benessere dipende assolutamente dal mio; inoltre, se quel corpo fosse mal governato, ne risentirei anch’io direttamente. (L’identità naturale, la debolezza comune, i bisogni reciproci e la società che ne è derivata mi impongono doveri e diritti condivisi da tutti gli uomini.) Io tengo alla mia patria, almeno per i miei bisogni; la mia patria, a sua volta, ha dei legami con altri paesi, e tutto è più o meno soggetto a questa dipendenza universale. Queste sono verità che si percepiscono piuttosto che si dimostrano, e non avrei nemmeno bisogno di chiarirle se potessi contare tanto sulla vostra buona fede quanto sulle vostre conoscenze.

Forse mi chiederete se un uomo che non abbia ricevuto nulla dalla società possa comunque esserle in debito di qualcosa. Ma considerate, vi prego, che una tale supposizione è del tutto priva di fondamento quando si basa sull’impossibile; e ognuno può vedere che è assolutamente impossibile per un uomo nascere, vivere e sopravvivere all’interno della società senza riceverne alcun beneficio. È ingiusto che egli adduca a scusa la propria povertà, i propri mali, la propria sfortuna; lo Stato gli risponderà: Forse sarebbe stato meglio per voi nascere nel cuore di un deserto; ma vi trovate nel mio grembo, avete vissuto qui, e non avreste potuto vivere se io non vi avessi mantenuti; se la vita fosse stata troppo onerosa per voi, avreste dovuto abbandonarla; se le leggi vi sembravano troppo severe, avreste dovuto lasciare il paese; morite o andatevene, se volete non dovermi nulla in futuro; ma riconoscetemi il merito di trent’anni di vita che avete goduto grazie al mio aiuto; fino a quando non sarete più in grado di ripagarmi per tutto ciò che avete ricevuto da me.

Non ci consideriamo certo quegli uomini primitivi e immaginari che non avevano bisogno di nessuno, poiché la natura stessa provvedeva a tutto. La natura, per così dire, ha abbandonato le sue funzioni non appena noi le abbiamo usurpate. L’uomo sociale è troppo debole per poter fare a meno degli altri: ha bisogno di tutto, dal momento della sua nascita fino alla morte, e sia ricco che povero, non potrebbe sopravvivere senza ricevere nulla dagli altri.

Non posso nemmeno ritenere di essere libera nei confronti di tutti, solo perché coloro che mi hanno servito hanno agito soltanto per il proprio piacere o interesse personale: questo può essere vero per gli individui, ma non per l’intera società, la quale tiene conto di tutti i suoi membri, e quindi anche di me e di voi in tutto ciò che fa a proprio vantaggio.

In realtà, non è solo in quanto individui che siamo tutti debitori gli uni degli altri, ma in quanto membri della società a cui ognuno deve tutto. Del resto, il prezzo che paghiamo per ogni aiuto che riceviamo è esso stesso un dono della società. Un uomo può forse possedere qualcosa senza il concorso e il consenso degli altri? Senza questo contratto tacito che esiste tra di noi, non ci sarebbero né guadagni né proprietà, né vera industria. Nello stato di natura esiste soltanto ciò che è necessario; tutto ciò che consideriamo superfluo non deriva dai lavori individuali, ma dal prodotto dell’industria collettiva, che, grazie all’azione coordinata di cento braccia, produce di più di quanto cento uomini potrebbero realizzare separatamente.

Vous me parlerez, je le prévois, des désordres de l’état social où le bien public sert de prétexte à tant de maux ; mais il faut distinguer l’ordre civil de ses abus ; et de ce que tous ne rendent pas à la société ce qu’ils lui doivent, on ne peut pas conclure que nous ne lui devons rien ; et ce n’est pas à elle qu’il faut nous en prendre si, ne faisant rien de ce qu’elle ordonne, nous nous rendons malheureux en l’offensant. D’ailleurs, sous l’empire de l’opinion, quelles précautions ne faut-il pas prendre pour distinguer dans l’estimation des choses l’apparence de la réalité ! Combien de maux nous paraissent affreux qui ne sont rien par eux-mêmes ; combien d’hommes gémissent de leur sort, qui pourraient être heureux sans changer d’état, et ont à se plaindre de la raison bien plus que de la fortune ! Tel riche pense être ruiné quand il ne lui reste que le bien dont il a besoin, et croit mourir de faim s’il faut chasser un parasite. Une preuve que tant de malheurs sont la plupart imaginaires, c’est que la même condition qui fait le désespoir de celui qui s’y trouve ferait, telle qu’elle est, le bonheur de cent autres. On ne compare point ce qu’on est, ni à ses besoins, ni à l’état d’autrui, mais à ce qu’on était, ou à ce qu’on voulait être ; l’ambition compte toujours pour rien ce qu’elle acquiert et pour tout ce qui lui échappe.

Mais un avantage infiniment supérieur à tous les biens physiques et que nous tenons incontestablement de l’harmonie du genre humain, est celui de parvenir par la communication des idées et le progrès de la raison jusqu’aux régions intellectuelles, d’acquérir les notions sublimes de l’ordre, de la sagesse et de la bonté morale ; de nourrir nos sentiments du fruit de nos connaissances, de nous élever par la grandeur de l’âme au-dessus des faiblesses de la nature, et d’égaler à certains égards, par l’art du raisonnement, les célestes intelligences ; enfin de pouvoir, à force de combattre et de vaincre nos passions, dominer l’homme et imiter la Divinité même. Ainsi ce commerce continuel d’échanges, de soins, de secours et d’instructions nous soutient quand nous ne pouvons plus nous soutenir nous-mêmes, nous éclaire quand nous avons besoin d’être éclairés, et met en notre pouvoir des biens d’un prix inestimable, qui nous font mépriser ceux que nous n’avons plus. Voilà les vrais dédommagements qui consolent un honnête homme, au sein du malheur, des pertes de la nature et des abus de la société. L’antique vigueur de ses membres passe dans ses facultés, sa raison croît sur les ruines d’un corps débile ; si l’on donne des entraves à sa liberté son cœur acquiert un nouvel empire ; il obéit à la voix du plus fort, mais il commande à ses passions, et tandis qu’on l’opprime ici-bas, son âme pure s’élance dans le séjour céleste et jouit d’avance du prix de sa vertu. C’est Hercule qui se sent à la fois brûler sur son bûcher et devenir Dieu.

Ainsi le bien et le mal coulent de la même source ; mais la mesure n’est pas égale pour tous. Le sage, tourmenté par les méchants, sent pourtant qu’il ne serait qu’une brute s’il n’avait rien reçu d’autrui, et il y a bien peu de maux qui puissent balancer chez un homme de courage les dons de l’âme et l’espoir des biens à venir.

Voulons-nous maintenant rechercher ce qui peut nous rendre heureux en ce monde ? Rentrons en nous-mêmes, et consultons notre cœur. Chacun sentira que son bonheur n’est point en lui mais dépend de tout ce qui l’environne. Le luxe qui met à contribution toute la nature, l’ambition qui veut enchaîner l’univers, la volupté qui n’est rien dans la solitude, la vanité qui cherche tous les yeux, la bonté qui voudrait que tout fût content ; tout ce qui nous intéresse tient à des objets étrangers, tous nos vœux s’envolent toujours, le bonheur qu’on nous attribue est le seul dont nous jouissons, et nous aimerions autant ne pas être que n’être pas regardés. En un mot, soit besoin d’aimer, soit désir de plaire, soit amitié, confiance ou orgueil, l’habitude de commercer avec les autres nous rend ce commerce tellement nécessaire, qu’on peut douter s il se trouverait un seul homme qui, sûr de voir d’ailleurs tous ses souhaits prévenus, fût sûr en même temps de ne revoir jamais son semblable sans tomber dans le désespoir. Tels sont les liens indissolubles qui nous unissent tous, et font dépendre notre existence, notre conservation, nos lumières, notre fortune, notre bonheur et généralement tous nos biens et nos maux, des relations sociales. Je crois donc qu’en devenant homme civil j’ai contracté une dette immense avec le genre humain, que ma vie et toutes ses commodités que je tiens de lui doivent être consacrées à son service ; je vois de plus que si je puis me procurer une sorte de bien-être exclusif et quelques plaisirs douteux en sacrifiant tout à moi seul, je ne pourrais m’ assurer un état de paix et une félicité durable que dans une société bien ordonnée ; je vois que si je ne respecte pas en autrui les droits que je veux qu’on respecte en moi, je me rends le commun ennemi de tous et n’ai d’autre sécurité, dans l’inique possession de mes biens, que celle des brigands qui dévorent dans leurs cavernes les dépouilles des infortunés. Ce devoir sacré que la raison m’oblige à reconnaître n’est point proprement un devoir de particulier à particulier, mais il est général et commun comme le droit qui me l’impose. Car les individus à qui je dois la vie, et ceux qui m’ont fourni le nécessaire, et ceux qui ont cultivé mon âme, et ceux qui m’ont communiqué leurs talents peuvent n’être plus ; mais les lois qui protégèrent mon enfance ne meurent. point ; les bonnes mœurs dont j’ai reçu l’heureuse habitude, les secours que j’ai trouvés prêts au besoin, la liberté civile dont j’ai joui, tous les biens que j’ai acquis, tous les plaisirs que j’ai goûtés, je les dois à cette police universelle qui dirige les soins publics à l’avantage de tous les hommes, qui prévoyait mes besoins avant ma naissance, et qui fera respecter mes cendres après ma mort. Ainsi mes bienfaiteurs peuvent mourir, mais, tant qu’il y a des hommes, je suis obligé de rendre à l’humanité les bienfaits que j’ai reçus d’elle.

You will surely speak to me about the disorders in social order, where the common good is used as a pretext for so much harm; but it is necessary to distinguish between civil order and its abuses. Just because not everyone gives to society what they owe it does not mean that we ourselves owe it nothing. Moreover, when we fail to do what society commands and thus bring suffering upon ourselves by offending it, we should not blame society itself. Under the influence of public opinion, what precautions must not be taken in distinguishing between appearances and realities! How many evils seem terrible to us when, in reality, they are nothing at all; how many people complain bitterly about their lot when, in fact, they could be happy without changing their situation, and have more reason to lament their own choices than their fate! A wealthy man may consider himself ruined when he is left only with what he needs, and think he will starve if forced to get rid of a parasite. The fact that so many misfortunes are largely imagined is proved by the fact that the very same circumstances that bring despair to one person could bring happiness to hundreds of others. We do not compare our current situation with either our own needs or those of others, but with what we were once or what we desired to be. Ambition always values more what it fails to attain than what it actually achieves.

But an advantage infinitely superior to all physical possessions—and one that we undoubtedly owe to the harmony of the human race—is the ability to ascend through the exchange of ideas and the progress of reason into the realms of the intellect. It allows us to grasp the sublime concepts of order, wisdom, and moral goodness; to nourish our sentiments with the fruits of our knowledge; to elevate ourselves, through the greatness of the soul, above the weaknesses of nature; and in certain respects, to rival the celestial intelligences through the art of reasoning. Ultimately, it enables us, through the struggle and conquest of our passions, to dominate human nature and even imitate the divine itself. Thus, this constant exchange of mutual support, care, assistance, and guidance enables us to sustain ourselves when we are otherwise powerless; it enlightens us when we need guidance; and it grants us possessions of inestimable value, allowing us to despise those things we no longer possess. These are the true compensations that console a righteous person in the face of misfortune, the losses inflicted by nature, and the injustices of society. The once-strong vitality of his body is transformed into the vigor of his mind; his reason flourishes amidst the ruins of a frail physique. If his freedom is restricted, his heart gains new strength; he may obey the will of the stronger, but he commands his own passions. And while he is oppressed on earth, his pure soul soars into the celestial realms, already reaping the rewards of its virtue. Such is Hercules—feeling both consumed by the flames of his funeral pyre and simultaneously ascending to divinity.

Thus, good and evil emanate from the same source; yet the measure of these influences is not equal for all. The wise man, tormented by the wicked, knows that he would be but a brute if he had received nothing from others. Indeed, there are few evils that could outweigh, in the heart of a brave person, the gifts of the soul and the hope of future blessings.

Do we now wish to seek out what can bring us happiness in this world? Let us turn within ourselves and consult our hearts. Everyone will realize that their happiness does not lie within themselves but depends on everything around them. The luxury that exploits the entire natural world, the ambition that seeks to control the universe, the pleasures that are meaningless in solitude, the vanity that craves attention from everyone, the kindness that wishes for universal contentment—everything that interests us is tied to external objects; all our desires constantly drift away. The happiness that people attribute to us is the only one we truly enjoy, yet we would rather not exist at all than not be observed. In short, whether it be the need to love, the desire to please, friendship, trust, or pride—the habit of interacting with others makes such relationships so indispensable that it is doubtful whether there would exist a single person who, certain that all his wishes would be fulfilled, would not also be doomed to despair whenever he encountered his fellow human beings. Such are the indissoluble bonds that unite us all, making our very existence, survival, knowledge, fortune, happiness—and in short, all our gains and losses—depend on social relationships. I therefore believe that by becoming a civilized person, I have incurred an immense debt toward humanity; my life and all its comforts, which I owe to them, must be dedicated to their service. Moreover, I realize that although I might seek exclusive happiness and fleeting pleasures at the expense of everything else, I could only achieve lasting peace and contentment within a well-ordered society. If I do not respect the rights that I demand to be respected in others, I will become the common enemy of everyone, and my unjust possession of wealth would offer me no more security than that of a robber who devours the belongings of the unfortunate in his cave. This sacred duty that reason imposes upon me is not merely a duty between individuals; it is universal and inherent in the very rights that bind us all together. For those from whom I have received life, those who have provided me with necessities, those who have nurtured my soul, and those who have shared their talents with me may no longer be alive; yet the laws that protected my childhood will never die. The good manners I have learned, the help I have received in times of need, the civil freedoms I have enjoyed, all the possessions I have acquired, and all the pleasures I have experienced—these are all thanks to that universal order that manages public affairs for the benefit of all mankind, that anticipated my needs even before I was born, and that will ensure respect is shown to my remains after my death. Thus, my benefactors may pass away, but as long as there are human beings, I am obligated to repay humanity for the benefits it has bestowed upon me.

Mi parlerete, lo prevedo, dei disordini dello stato sociale in cui il bene pubblico serve da pretesto a tanti mali; ma è necessario distinguere tra l’ordine civile e i suoi abusi; e dal fatto che non tutti restituiscono alla società ciò che le devono, non si può concludere che noi non le dobbiamo nulla; inoltre, non è a lei che dobbiamo rimproverare il fatto che, non facendo ciò che lei ordina, diventiamo infelici offendendola. Del resto, sotto l’influenza dell’opinione pubblica, quali precauzioni non bisogna prendere per distinguere nell’valutazione delle cose l’apparenza dalla realtà! Quanti mali ci sembrano terribili che in realtà non lo sono affatto; quanti uomini si lamentano della loro sorte, quando invece potrebbero essere felici senza cambiare condizione, e hanno motivo di lamentarsi più della ragione che della fortuna! Un ricco può considerarsi rovinato quando gli rimane soltanto ciò di cui ha bisogno, e crede di morire di fame se dovesse scacciare un parassita. Una prova che molti di questi mali siano in realtà immaginari è il fatto che la stessa condizione che provoca disperazione in una persona potrebbe, così com’è, rendere felici cento altre. Non si dovrebbe confrontare ciò che si è con i propri bisogni o con lo stato altrui, ma con ciò che si era o con ciò che si voleva essere; l’ambizione conta sempre meno di ciò che si ottiene e molto di più di ciò che ci sfugge.

Ma un vantaggio infinitamente superiore a tutti i beni fisici, e che consideriamo indubbiamente derivante dall’armonia del genere umano, è quello di poter, attraverso lo scambio di idee e il progresso della ragione, raggiungere le regioni intellettuali; di acquisire nozioni sublimi sull’ordine, sulla saggezza e sulla bontà morale; di alimentare i nostri sentimenti con i frutti delle nostre conoscenze, di elevarci, grazie alla grandezza dell’anima, al di sopra delle debolezze della natura, e in alcuni aspetti, attraverso l’arte del ragionamento, di eguagliare le intelligenze celesti; infine, di poter, con la forza di combattere e vincere le nostre passioni, dominare l’uomo stesso e imitare addirittura la Divinità. Questo continuo scambio di esperienze, di aiuti e di insegnamenti ci sostiene quando non siamo più in grado di farlo da soli; ci illumina quando abbiamo bisogno di essere guidati; e ci mette a disposizione beni di inestimabile valore, che ci fanno disprezzare ciò che non possediamo più. Questi sono i veri compensi che consolano un uomo onesto nel mezzo della sfortuna, delle perdite causate dalla natura e degli abusi della società. La vecchia forza dei suoi membri si trasferisce nelle sue facoltà mentali; la sua ragione cresce nonostante il deperimento del suo corpo; se alla sua libertà vengono imposte restrizioni, il suo cuore acquisisce un nuovo potere; obbedisce alla voce di chi è più forte, ma comanda le sue passioni; e mentre qui sulla terra viene oppresso, la sua anima pura si eleva verso i regni celesti, godendo già in anticipo dei frutti della sua virtù. È come Ercole che, mentre brucia sul rogo, diventa contemporaneamente un dio.

Così il bene e il male derivano dalla stessa fonte; ma la misura di questi due elementi non è uguale per tutti. Il saggio, tormentato dai malvagi, sente tuttavia che sarebbe soltanto una bestia se non avesse ricevuto nulla dagli altri, e ci sono ben pochi mali in grado di bilanciare, in un uomo coraggioso, i doni dell’anima e la speranza nei beni futuri.

Vogliamo ora cercare ciò che può renderci felici in questo mondo? Entriamo in noi stessi e consultiamo il nostro cuore. Ognuno sentirà che la propria felicità non risiede in sé, ma dipende da tutto ciò che lo circonda. Il lusso che sfrutta tutta la natura, l’ambizione che vuole dominare l’universo, la voluttà che perde ogni significato nella solitudine, la vanità che cerca attenzioni da tutti, la bontà che desidera rendere tutti felici; tutto ciò che ci interessa dipende da oggetti esterni, tutti i nostri desideri sono sempre effimeri, la felicità che ci viene attribuita è l’unica di cui realmente godiamo. E preferiremmo non esistere piuttosto che non essere visti dagli altri. In breve, sia per il bisogno di amare, sia per il desiderio di piacere, sia per amore, fiducia o orgoglio, l’abitudine di interagire con gli altri rende questo rapporto così indispensabile, che si può dubitare esista almeno un uomo che, sicuro di vedere realizzati tutti i suoi desideri, possa allo stesso tempo essere certo di non incontrare mai più il proprio simile senza cadere nel disperazione. Questi sono i legami indissolubili che ci uniscono tutti, e fanno sì che la nostra esistenza, la nostra sopravvivenza, le nostre conoscenze, la nostra fortuna, la nostra felicità, insomma, tutti i nostri beni e mali dipendano dalle relazioni sociali. Credo quindi che, diventando un essere civile, abbia contratto un debito enorme verso l’umanità; che la mia vita e tutte le comodità di cui dispongo derivino dal suo servizio; che, sebbene possa procurarmi un certo benessere esclusivo e alcuni piaceri effimeri sacrificando tutto per me stesso, possa garantirmi solo una pace e una felicità durature all’interno di una società ben organizzata; che, se non rispetto nei altri i diritti che desidero vengano rispettati in me, divento il nemico comune di tutti. E che, nell’appropriarmi ingiustamente dei miei beni, non ho altra sicurezza se non quella dei briganti che nelle loro caverne divorano le spoglie degli sfortunati. Questo dovere sacro, che la ragione mi impone di riconoscere, non è propriamente un dovere tra individui, ma è universale e comune, proprio come il diritto che me lo impone. Infatti, coloro da cui ho ricevuto la vita, coloro che mi hanno fornito ciò di necessario, coloro che hanno coltivato la mia anima, coloro che mi hanno trasmesso i loro talenti, possono morire; ma le leggi che hanno protetto la mia infanzia non muoiono mai; le buone usanze di cui ho goduto, l’aiuto che ho trovato quando ne avevo bisogno, la libertà civile di cui ho beneficiato, tutto ciò devo alla quella “polizia universale” che gestisce gli affari pubblici a vantaggio di tutti gli uomini, che prevedeva i miei bisogni prima ancora della mia nascita e che garantirà il rispetto delle mie ceneri dopo la mia morte. Così, i miei benefattori possono morire, ma finché ci saranno esseri umani, sarò obbligato a restituire all’umanità i benefici che ne ho ricevuti.