Rousseau
Abstract
Didactic letters on botany addressed to Madame de Lessert to teach her daughter the rudiments of plant observation. A scientific popularization, without philosophical content.
Connections
Forme: epistola
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Votre idée d’amuser un peu la vivacité de votre fille, et de l’exercer à l’attention sur des objets agréables et variés comme les plantes, me paraît excellente, mais je n’aurais osé vous la proposer, de peur de faire le monsieur Josse. Puisqu’elle vient de vous, je l’approuve de tout mon cœur, et j’y concourrai de même, persuadé qu’à tout âge l’étude de la nature émousse le goût des amusements frivoles, prévient le tumulte des passions, et porte à l’âme une nourriture qui lui profite en la remplissant du plus digne objet de ses contemplations.
Vous avez commencé par apprendre à la petite les noms d’autant de plantes que vous en aviez de communes sous les yeux: c’était précisément ce qu’il fallait faire. Ce petit nombre de plantes qu’elle connaît de vue sont les pièces de comparaison pour étendre ses connaissances: mais elles ne suffisent pas. Vous me demandez un petit catalogue des plantes les plus connues avec des marques pour les reconnaître. Je trouve à cela quelque embarras: c’est de vous donner par écrit ces marques ou caractères d’une manière claire et cependant peu diffuse. Cela me paraît impossible sans employer la langue de la chose ; et les termes de cette langue forment un vocabulaire à part que vous ne sauriez entendre, s’il ne vous est préalablement expliqué.
D’ailleurs, ne connaître simplement les plantes que de vue, et ne savoir que leurs noms, ne peut être qu’une étude trop insipide pour des esprits comme les vôtres ; et il est à présumer que votre fille ne s’en amuserait pas longtemps. Je vous propose de prendre quelques notions préliminaires de la structure végétale ou de l’organisation des plantes, afin, dussiez-vous ne faire que quelques pas dans le plus beau, dans le plus riche des trois règnes de la nature, d’y marcher du moins avec quelques lumières. Il ne s’agit donc pas encore de la nomenclature, qui n’est qu’un savoir d’herboriste. J’ai toujours cru qu’on pouvait être un très grand botaniste sans connaître une seule plante par son nom ; et, sans vouloir faire de votre fille un très grand botaniste, je crois néanmoins qu’il lui sera toujours utile d’apprendre à bien voir ce qu’elle regarde. Ne vous effarouchez pas au reste de l’entreprise. Vous connaîtrez bientôt qu’elle n’est pas grande. Il n’y a rien de compliqué ni de difficile à suivre dans ce que j’ai à vous proposer Il ne s’agit que d’avoir la patience de commencer par le commencement. Après cela on n’avance qu’autant qu’on veut.
Nous touchons à l’arrière-saison, et les plantes dont la structure a le plus de simplicité sont déjà passées. D’ailleurs je vous demande quelque temps pour mettre un peu d’ordre dans vos observations. Mais, en attendant que le printemps nous mette à portée de commencer et de suivre le cours de la nature, je vais toujours vous donner quelques mots du vocabulaire à retenir.
Une plante parfaite est composée de racine, de tige, de branches, de feuilles, de fleurs et de fruits (car on appelle fruit en botanique, tant dans les herbes que dans les arbres, toute la fabrique de la semence). Vous connaissez déjà tout cela, du moins assez pour entendre le mot: mais il y a une partie principale qui demande un plus grand examen ; c’est la fructification, c’est-à-dire la fleur et le fruit. Commençons par la fleur, qui vient la première. C’est dans cette partie que la nature a renfermé le sommaire de son ouvrage: c’est par elle qu’elle le perpétue, et c’est aussi de toutes les parties du végétal la plus éclatante pour l’ordinaire, toujours la moins sujette aux variations.
Prenez un lis. Je pense que vous en trouverez encore aisément en pleine fleur. Avant qu’il s’ouvre, vous voyez à l’extrémité de la tige un bouton oblong, verdâtre, qui blanchit à mesure qu’il est prêt à s’épanouir ; et, quand il est tout-à-fait ouvert, vous voyez son enveloppe blanche prendre la forme d’un vase divisé en plusieurs segments. Cette partie enveloppante et colorée qui est blanche dans le lis, s’appelle la corolle, et non pas la fleur comme chez le vulgaire, parce que la fleur est un composé de plusieurs parties dont la corolle est seulement la principale.
La corolle du lis n’est pas d’une seule pièce, comme il est facile à voir. Quand elle se fane et tombe, elle tombe en six pièces bien séparées, qui s’appellent des pétales. Ainsi la corolle du lis est composée de six pétales. Toute corolle de fleur qui est ainsi de plusieurs pièces s’appelle corolle polypétale. Si la corolle n’était que d’une seule pièce, comme par exemple dans le liseron, appelé clochette des champs, elle s’appellerait monopétale. Revenons à notre lis.
Dans la corolle vous trouverez, précisément au milieu, une espèce de petite colonne attachée tout au fond et qui pointe directement vers le haut. Cette colonne, prise dans son entier, s’appelle le pistil ; prise dans ses parties, elle se divise en trois: 1° sa base renflée en cylindre avec trois angles arrondis tout autour ; cette base s’appelle le germe: 2° un filet posé sur le germe ; ce filet s’appelle style: 3° le style est couronné par une espèce de chapiteau avec trois échancrures: ce chapiteau s’appelle le stigmate. Voilà en quoi consistent le pistil et ses trois parties.
Entre le pistil et la corolle vous trouvez six autres corps bien distincts, qui s’appellent les étamines. Chaque étamine est composée de deux parties ; savoir, une plus mince par laquelle l’étamine tient au fond de la corolle, et qui s’appelle le filet ; une plus grosse qui tient à l’extrémité supérieure du filet, et qui s’appelle anthère. Chaque anthère est une boîte qui s’ouvre quand elle est mûre, et verse une poussière jaune très odorante, dont nous parlerons dans la suite. Cette poussière jusqu’ici n’a point de nom français ; chez les botanistes on l’appelle le pollen, mot qui signifie poussière.
Voilà l’analyse grossière des parties de la fleur. À mesure que la corolle se fane et tombe, le germe grossit, et devient une capsule triangulaire allongée, dont l’intérieur contient des semences plates distribuées en trois loges. Cette capsule, considérée comme l’enveloppe des graines, prend le nom de péricarpe. Mais je n’entreprendrai pas ici l’analyse du fruit. Ce sera le sujet d’une autre lettre.
Les parties que je viens de vous nommer se trouvent également dans les fleurs de la plupart des autres plantes, mais à divers degrés de proportion, de situation, et de nombre. C’est par l’analogie de ces parties, et par leurs diverses combinaisons, que se déterminent les diverses familles du règne végétal ; et ces analogies des parties de la fleur se lient avec d’autres analogies des parties de la plante qui semblent n’avoir aucun rapport à celles-là. Par exemple, ce nombre de six étamines, quelquefois seulement trois, de six pétales ou divisions de la corolle, et cette forme triangulaire à trois loges de l’ovaire, déterminent toute la famille des liliacées ; et dans toute cette même famille, qui est très nombreuse, les racines sont toutes des ognons[4] ou bulbes, plus ou moins marquées, et variées quant à leur figure ou composition. L’ognon du lis est composé d’écailles en recouvrement ; dans l’asphodèle, c’est une liasse de navets allongés ; dans le safran, ce sont deux bulbes l’une sur l’autre ; dans le colchique, à côté l’une de l’autre, mais toujours des bulbes.
Your idea of using your daughter’s natural liveliness to her advantage and training her to focus her attention on pleasant and varied objects such as plants seems excellent to me. However, I would not have dared suggest it to you, for fear of seeming presumptuous. Since it comes from you, I wholeheartedly approve of it, and I will join in as well. I am convinced that, at any age, the study of nature enhances one’s taste for frivolous pleasures, prevents the turmoil of passions, and provides the soul with nourishment that enriches it by filling it with the most worthy objects of contemplation.
You began by teaching the child the names of as many plants as those that were readily visible to her: precisely what needed to be done. These few plants that she recognizes visually serve as points of reference for expanding her knowledge—but they are not sufficient. You ask me to compile a small catalogue of the most common plants, along with identifiers to help in their recognition. I find this somewhat difficult: to provide you with these identifiers or characteristics in a clear yet widely accessible form seems impossible without using the language specific to that subject. Moreover, the terms of this specialized language would constitute a vocabulary entirely separate from what you are accustomed to understanding, unless it is explained to you beforehand.
Moreover, merely knowing plants from sight and only their names would be a far too superficial study for minds like yours; it is likely that your daughter would soon lose interest in such an approach. I suggest that you acquire some basic understanding of the structure of plants or their organizational patterns. Even if you only take initial steps into the most beautiful, the richest of nature’s three kingdoms, you will at least be moving forward with a certain degree of knowledge. This does not yet involve learning nomenclature, which is merely the knowledge of a herbalist. I have always believed that one can be a great botanist without knowing a single plant by name; and while I do not intend to make your daughter a great botanist, I believe it will still be useful for her to learn how to observe what she sees more carefully. Do not be intimidated by the task, for you will soon find that it is not difficult at all. There is nothing complicated or hard to follow in what I suggest; it simply requires the patience to begin at the beginning. Once that is done, one can progress as much as desired.
We are now approaching the latter part of the season, and those plants whose structures are the simplest have already completed their life cycle. In fact, I need some time to organize your observations properly. But until spring arrives and allows us to begin observing and following the course of nature, I will continue to provide you with some words from the vocabulary that you should memorize.
A perfect plant is composed of roots, stem, branches, leaves, flowers, and fruits (for in botany, the term “fruit” refers to the entire structure that produces seeds, whether in herbs or trees). You are already familiar with all these parts, at least enough to understand what they are; but there is one key aspect that requires closer examination: namely, the process of fruit formation, which involves the flower and the fruit itself. Let’s begin with the flower, which appears first. It is in this part that nature has concentrated the essence of its creative work; through it, life is perpetuated, and it is also, among all the parts of a plant, the most striking in appearance and the least susceptible to variation.
Take a lily. I think you can still easily find one in full bloom. Before it opens, you will see at the end of its stem an oblong, greenish bud that turns white as it is about to bloom; and when it is fully open, you will observe that its white envelope takes on the shape of a vase divided into several segments. This colorful, enveloping part—white in the case of the lily—is called the corolla, not the “flower” as people commonly refer to it; because the flower is actually composed of several parts, and the corolla is merely one of them.
The crown of a lily is not made of a single piece, as is easily visible. When it withers and falls, it breaks into six distinct parts, which are called petals. Thus, the crown of a lily is composed of six petals. Any flower whose crown consists of multiple parts is referred to as a polypetalous flower. If the crown were made of only one piece, like in the case of the wild iris, also known as the “field bell,” it would be called a monopetalous flower. Let’s return to our lily.
In the corolla, you will find, right in the middle, a small column that is attached at the very bottom and points straight upwards. This column, taken as a whole, is called the pistil; when divided into its parts, it consists of three components: 1) its swollen base, which is cylindrical in shape with three rounded corners on all sides; this base is called the stigma; 2) a thread-like structure located on top of the stigma; this structure is called the style; 3) the tip of the style is crowned by a cap-like structure with three notches; this cap is called the stigmate. These are the three parts that make up the pistil.
Between the pistil and the corolla, there are six other distinct structures called stamens. Each stamen consists of two parts: a thinner part that attaches the stamen to the base of the corolla, known as the filament; and a thicker part that attaches at the upper end of the filament, known as the anther. Each anther is like a box that opens when it matures, releasing a yellow, highly fragrant powder—about which we will talk later. This powder currently has no French name; among botanists, it is called “pollen,” a word that means “powder.”
Here is a rough analysis of the various parts of the flower. As the corolla withers and falls away, the seed embryo grows and develops into an elongated triangular capsule, whose interior contains flat seeds arranged in three chambers. This capsule, which serves as the protective covering for the seeds, is called the pericarp. However, I will not undertake an analysis of the fruit here; that will be the subject of another letter.
The parts that I have just mentioned are also found in the flowers of most other plants, but to varying degrees in terms of proportion, arrangement, and number. It is through the analogy of these parts and their various combinations that the different families within the kingdom of plants are determined; and these analogies relating to the parts of the flower are connected with other analogies concerning other parts of the plant that seem to have no apparent relation to them. For example, the number of six stamens—sometimes only three—the number of six petals or divisions of the corolla, and the triangular shape of the ovary with its three chambers determine the entire family of lilies. And within this very large family, all the roots are of the type known as bulbs or tubers, varying in their appearance and composition. The bulb of the lily is composed of overlapping scales; in the asphodel, it consists of a bunch of elongated turnips; in saffron, it consists of two bulbs stacked one on top of another; in the colchicum, they are also arranged side by side, but always in the form of bulbs.
L’idea di divertire un po’ la vivacità vostra figlia e di esercitarla nell’attenzione verso oggetti piacevoli e vari, come le piante, mi sembra eccellente; tuttavia non avrei osato suggerirla, per paura di sembrare presuntuoso. Poiché proviene da voi, la approvo con tutto il cuore e vi prenderò parte anch’io, convinto che, a qualsiasi età, lo studio della natura stimoli il gusto per gli svaghi leggeri, prevenga l’agitazione delle passioni e fornisca all’anima un nutrimento che la arricchisce con l’oggetto più degno delle sue contemplazioni.
Avete iniziato insegnando alla bambina i nomi di tutte le piante che avevate immediatamente davanti agli occhi: era esattamente ciò che bisognava fare. Questo piccolo numero di piante che lei conosce a vista rappresenta il punto di partenza per ampliare le sue conoscenze, ma non è sufficiente. Mi chiedete di preparare un piccolo catalogo delle piante più comuni, completo di segni o caratteristiche utili per riconoscerle. Tuttavia, trovo questa richiesta alquanto problematica: fornire tali informazioni in forma scritta significa dover indicare quei segni in modo chiaro e allo stesso tempo poco diffuso. Il che mi sembra impossibile senza utilizzare il linguaggio specifico di quella materia; e i termini di questo linguaggio costituiscono un vocabolario particolare che voi non riuscireste a comprendere, se non vi venisse spiegato in anticipo.
Del resto, conoscere le piante soltanto a vista e sapere solo i loro nomi non può rappresentare che uno studio estremamente noioso per intelletti come i vostri; è probabile che vostra figlia non si divertirebbe a lungo in questo modo. Vi propongo di acquisire alcune nozioni preliminari sulla struttura vegetale e sull’organizzazione delle piante, affinché, anche se vi avventurerete solo per pochi passi nel regno più bello e più ricco della natura, possiate farlo almeno con una certa lumosità». Non si tratta ancora di conoscere la nomenclatura, che rappresenta soltanto il sapere di un erborista. Ho sempre creduto che si possa essere grandi botanici senza conoscere nemmeno un’unica pianta per nome; e, senza voler rendere vostra figlia una grande botanica, ritengo comunque che le sia sempre utile imparare a osservare attentamente ciò che guarda. Non temete dunque questa iniziativa: presto scoprirete che non è affatto complicata. Non c’è nulla di difficile da seguire in ciò che vi propongo; basta semplicemente avere la pazienza di cominciare dal principio. Dopo, si può avanzare quanto si desidera.
Stiamo entrando nella tarda stagione, e le piante la cui struttura è la più semplice hanno già completato il loro ciclo vitale. Vi chiedo inoltre un po’ di tempo per sistemare e organizzare al meglio le vostre osservazioni. Ma fino a quando la primavera non ci permetterà di iniziare effettivamente ad osservare e seguire il corso della natura, continuerò comunque a fornirvi alcune informazioni sul vocabolario da ricordare.
Una pianta perfetta è composta da radice, fusto, rami, foglie, fiori e frutti (poiché in botanica si definisce frutto, sia nelle erbe che negli alberi, l’intero processo di produzione del seme). Voi già conoscete tutto ciò, almeno abbastanza da comprendere il significato di questi termini; tuttavia c’è una parte fondamentale che richiede un’esame più approfondito: si tratta della fruttificazione, ovvero del fiore e del frutto. Iniziamo dal fiore, che appare per primo. È in questa parte che la natura ha racchiuso il “sommario” del proprio operato: è attraverso di esso che essa perpetua la propria esistenza, ed è anche la parte della pianta più evidente e meno soggetta a variazioni.
Prendete un giglio: penso che possiate ancora trovarne facilmente in piena fioritura. Prima che si apra, noterete all’estremità del gambo un bocciolo oblungo e di colore verde, che diventa bianco man mano che è pronto a sbocciare; quando il giglio è completamente aperto, vedrete che il suo involucro bianco assume la forma di un vaso diviso in diversi segmenti. Questa parte avvolgente e colorata, bianca nel caso del giglio, si chiama corolla, e non “fiore” come per le piante comuni, perché il fiore è in realtà un insieme di diverse parti, tra cui la corolla ne è soltanto la principale.
Il gambo del giglio non è formato da un’unica parte, come si può facilmente notare. Quando appassisce e cade, si divide in sei parti ben distinte, che vengono chiamate petali. Pertanto, il gambo del giglio è composto da sei petali. Ogni corolla di fiore che sia formata da più parti viene definita polipetala. Se il gambo fosse formato da una sola parte, come nel rododendro, ad esempio, chiamato “campanellino dei campi”, verrebbe definito monopetalo. Torniamo ora al nostro giglio.
Nella corolla, esattamente al centro, si trova una sorta di piccola colonna attaccata nella parte inferiore e che punta direttamente verso l’alto. Questa colonna, nel suo insieme, viene chiamata pistillo; se considerata nelle sue parti, si divide in tre: 1) la sua base rigonfia a forma di cilindro, con tre angoli arrotondati su tutti i lati; questa base viene chiamata gineceo; 2) un filamento posizionato sopra il gineceo; questo filamento viene chiamato stilo; 3) lo stilo è coronato da una sorta di capitello con tre incavi; questo capitello viene chiamato stigma. Ecco in cosa consistono il pistillo e le sue tre parti.
Tra il pistillo e la corolla si trovano altri sei organi ben distinti, chiamati stami. Ogni stame è composto da due parti: una più sottile, che permette allo stame di essere attaccato alla base della corolla e che viene chiamata filamento; un’altra più grossa, che si trova all’estremità superiore del filamento e che viene chiamata antera. Ogni antera è una sorta di “scatola” che si apre quando matura, rilasciando una polvere gialla molto profumata di cui parleremo in seguito. Questa polvere, fino ad ora, non ha un nome italiano specifico; tra i botanici viene chiamata polline, termine che significa “polvere”.
Ecco un’analisi sommaria delle parti della fiore. Man mano che il petalo appassisce e cade, il seme cresce fino a trasformarsi in una capsula triangolare allungata, al cui interno si trovano semi piatti disposti in tre settori. Questa capsula, considerata l’involucro del seme, prende il nome di pericarpo. Tuttavia, non mi addentrerò qui nell’analisi del frutto; questo sarà argomento di un’altra lettera.
Le parti che vi ho appena menzionato si trovano anche nelle fioriture della maggior parte delle altre piante, ma in diversi gradi di proporzione, posizione e numero. È attraverso l’analogia di questi parti e le loro varie combinazioni che si determinano le diverse famiglie del regno vegetale; e queste analogie riguardanti le parti del fiore sono collegate ad altre analogie relative alle parti della pianta che, a prima vista, sembrerebbero non avere alcun legame con esse. Ad esempio, il numero di sei stami – talvolta solo tre – di sei petali o divisioni del calice, e questa forma triangolare dell’ovario determinano l’intera famiglia delle liliacee; e all’interno della stessa famiglia, molto numerosa, le radici sono tutte bulbi o rizomi, più o meno evidenti e variabili per forma e composizione. Il bulbo del giglio è composto da scaglie sovrapposte; nell’asfodelo, si tratta di una serie di navetti allungati; nel safrano, sono due bulbi uno sopra l’altro; nel colchico, sempre bulbi, disposti uno accanto all’altro.
Le lis, que j’ai choisi parce qu’il est de la saison, et aussi à cause de la grandeur de sa fleur et de ses parties qui les rend plus sensibles, manque cependant d’une des parties constitutives d’une fleur parfaite, savoir le calice. Le calice est cette partie verte et divisée communément en cinq folioles, qui soutient et embrasse par le bas la corolle, et qui l’enveloppe tout entière avant son épanouissement, comme vous aurez pu le remarquer dans la rose. Le calice, qui accompagne presque toutes les autres fleurs, manque à la plupart des liliacées, comme la tulipe, la jacinthe, le narcisse, la tubéreuse, etc., et même l’ognon, le poireau, l’ail, qui sont aussi de véritables liliacées, quoiqu’elles paraissent fort différentes au premier coup d’oeil. Vous verrez encore que, dans toute cette même famille, les tiges sont simples et peu rameuses, les feuilles entières et jamais découpées ; observations qui confirment, dans cette famille, l’analogie de la fleur et du fruit par celle des autres parties de la plante. Si vous suivez ces détails av.ec quelque attention, et que vous vous les rendiez familiers par des observations fréquentes, vous voilà déjà en état de déterminer par l’inspection attentive et suivie d’une plante, si elle est ou non de la famille des liliacées, et cela, sans savoir le nom de cette plante. Vous voyez que ce n’est plus ici un simple travail de la mémoire, mais une étude d’observations et de faits, vraiment digne d’un naturaliste. Vous ne commencerez pas par dire tout cela à votre fille, et encore moins dans la suite, quand vous serez initiée dans les mystères de la végétation ; mais vous ne lui développerez par degrés que ce qui peut convenir à son âge et à son sexe, en la guidant pour trouver les choses par elle-même plutôt qu’en les lui apprenant. Bonjour, chère cousine ; si tout ce fatras vous convient, je suis à vos ordres.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Madame Delessert
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre II
Du 18 octobre 1771
Puisque vous saisissez si bien, chère cousine, les premiers linéaments des plantes, quoique si légèrement marqués, que votre œil clairvoyant sait déjà distinguer un air de famille dans les liliacées, et que notre chère petite botaniste s’amuse de corolles et de pétales, je vais vous proposer une autre famille sur laquelle elle pourra derechef exercer son petit savoir ; avec un peu plus de difficultés pourtant, je l’avoue, à cause des fleurs beaucoup plus petites, du feuillage plus varié ; mais avec le même plaisir de sa part et de la vôtre, du moins si vous en prenez autant à suivre cette route fleurie que j’en trouve à vous la tracer.
Quand les premiers rayons du printemps auront éclairé vos progrès en vous montrant dans les jardins les jacinthes, les tulipes, les narcisses, les jonquilles et les muguets, dont l’analyse vous est déjà connue, d’autres fleurs arrêteront bientôt vos regards, et vous demanderont un nouvel examen. Telles seront les giroflées ou violiers ; telles les juliennes ou girardes. Tant que vous les trouverez doubles, ne vous attachez pas à leur examen ; elles seront défigurées, ou, si vous voulez, parées à notre mode ; la nature ne s’y trouvera plus: elle refuse de se reproduire par des monstres ainsi mutilés ; car si la partie la plus brillante, savoir la corolle, s’y multiplie, c’est aux dépens des parties plus essentielles qui disparaissent sous cet éclat.
Prenez donc une giroflée simple, et procédez à l’analyse de sa fleur. Vous y trouverez d’abord une partie extérieure qui manque dans les liliacées, savoir le calice. Ce calice est de quatre pièces, qu’il faut bien appeler feuilles ou folioles, puisque nous n’avons point de mot propre pour les exprimer, comme le mot pétales pour les pièces de la corolle. Ces quatre pièces, pour l’ordinaire, sont inégales de deux en deux, c’est-à-dire deux folioles opposées l’une à l’autre, égales entre elles, plus petites ; et les deux autres, aussi égales entre elles et opposées, plus grandes, et surtout par le bas où leur arrondissement fait en dehors une bosse assez sensible.
Dans ce calice vous trouverez une corolle composée de quatre pétales dont je laisse à part la couleur, parce qu’elle ne fait point caractère. Chacun de ces pétales est attaché au réceptacle ou fond du calice par une partie étroite et pâle qu’on appelle l’onglet, et déborde le calice par une partie plus large et plus colorée, qu’on appelle la lame.
Au centre de la corolle, est un pistil allongé, cylindrique ou a peu près, terminé par un style très court, lequel est terminé lui-même par un stigmate oblong, bifide, c’est-à-dire partagé en deux parties qui se réfléchissent de part et d’autre.
Si vous examinez avec soin la position respective du calice et de la corolle, vous verrez que chaque pétale, au lieu de correspondre exactement à chaque foliole du calice, est posé au contraire entre les deux, de sorte qu’il répond à l’ouverture qui les sépare, et cette position alternative a lieu dans toutes les espèces de fleurs qui ont un nombre égal de pétales à la corolle et de folioles au calice.
Il nous reste à parler des étamines. Vous les trouverez dans la giroflée au nombre de six, comme dans les liliacées, mais non pas de même égales entre elles, ou alternativement inégales ; car vous en verrez seulement deux en opposition l’une de l’autre, sensiblement plus courtes que les quatre autres qui les séparent, et qui en sont aussi séparées de deux en deux.
Je n’entrerai pas ici dans le détail de leur structure et de leur position ; mais je vous préviens que, si vous y regardez bien, vous trouverez la raison pourquoi ces deux étamines sont plus courtes que les autres, et pourquoi deux folioles du calice sont plus bossues, ou, pour parler en termes de botanique, plus gibbeuses, et les deux autres plus aplaties.
Pour achever l’histoire de notre giroflée, il ne faut pas l’abandonner après avoir analysé sa fleur, mais il faut attendre que la corolle se flétrisse et tombe, ce qu’elle fait assez promptement, et remarquer alors ce que devient le pistil, composé, comme nous l’avons dit ci-devant, de l’ovaire ou péricarpe, du style, et du stigmate. L’ovaire s’allonge beaucoup et s’élargit un peu à mesure que le fruit mûrit: quand il est mûr, cet ovaire ou fruit devient une espèce de gousse plate appelée silique.
Cette silique est composée de deux valvules posées l’une sur l’autre, et séparées par une cloison fort mince appelée médiastin.
Quand la semence est tout-à-fait mûre, les valvules s’ouvrent de bas en haut pour lui donner passage, et restent attachées au stigmate par leur partie supérieure.
Alors on voit des graines plates et circulaires posées sur les deux faces du médiastin ; et si l’on regarde avec soin comment elles y tiennent, on trouve que c’est par un court pédicule qui attache chaque graine alternativement à droite et à gauche aux sutures du médiastin, c’est-à-dire à ses deux bords, par lesquels il était comme cousu avec les valvules avant leur séparation.
Je crains fort, chère cousine, de vous avoir un peu fatiguée par cette longue description, mais elle était nécessaire pour vous donner le caractère essentiel de la nombreuse famille des crucifères ou fleurs en croix, laquelle compose une classe entière dans presque tous les systèmes des botanistes ; et cette description, difficile à entendre ici sans figure, vous deviendra plus claire, j’ose l’espérer, quand vous la suivrez avec quelque attention, ayant l’objet sous les yeux.
Le grand nombre d’espèces qui composent la famille des crucifères a déterminé les botanistes à la diviser en deux sections qui, quant à la fleur, sont parfaitement semblables, mais diffèrent sensiblement quant au fruit.
La première section comprend les crucifères à silique, comme la giroflée dont je viens de parler, la julienne, le cresson de fontaine, les choux, les raves, les navets, la moutarde, etc.
La seconde section comprend les crucifères à silicule, c’est-à-dire dont la silique en diminutif est extrêmement courte, presque aussi large que longue, et autrement divisée en dedans ; comme entre autres le cresson alénois, dit nasitort ou natou, le thlaspi, appelé taraspi par les jardiniers, le cochléaria, la lunaire, qui, quoique la gousse en soit fort grande, n’est pourtant qu’une silicule, parce que sa longueur excède peu sa largeur. Si vous ne connaissez ni le cresson alénois, ni le cochléaria, ni le thlaspi, ni la lunaire, vous connaissez, du moins je le présume, la bourse-à-pasteur, si commune parmi les mauvaises herbes des jardins. Hé bien, cousine, la bourse-à-pasteur est une crucifère à silicule, dont la silicule est triangulaire. Sur celle-là vous pouvez vous former une idée des autres, jusqu’à ce qu’elles vous tombent sous la main.
The lily, which I chose because it is in season, and also due to the size of its flower and those parts that make it particularly sensitive, lacks one of the essential components of a perfect flower: the calyx. The calyx is that green part, typically divided into five sepals, which supports and encloses the corolla from below, enveloping it entirely before it blooms—just as you can observe in roses. While the calyx is present in nearly all other flowers, it is absent in most members of the lily family, such as tulips, jasmines, daffodils, tuberous plants, and even onions, leeks, and garlic, which are also true lilies despite their apparent differences at first glance. Moreover, within this same family, the stems are simple and unbranched, and the leaves are entire without any divisions—observations that further confirm the similarity between the flower, fruit, and other parts of these plants. If you pay close attention to these details and frequently observe them, you will soon be able to identify whether a plant belongs to the lily family simply by examining it carefully, without even knowing its name. You see, this is no longer merely a matter of memory; rather, it involves the study of observations and facts—truly worthy of a naturalist. Of course, you won’t start telling all this to your daughter right away, and certainly not later on when she has been introduced to the mysteries of plants. Instead, you will gradually introduce her to what is appropriate for her age and gender, guiding her to discover things on her own rather than teaching her them directly. Goodbye, dear cousin; if you find all this useful, I am at your disposal.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame Delessert
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter II
From October 18, 1771
Since you grasp so well, dear cousin, the initial characteristics of plants—even if they are only faintly discernible—your keen eye is already able to recognize familial resemblances within the lily family, and our little botanist enjoys studying corollas and petals. I would like to suggest another plant family for her to explore; admittedly, it presents somewhat more challenges, due to the much smaller flowers and more varied foliage. Yet, I am sure it will bring her just as much pleasure as it does me—to guide you along this floral path.
When the first rays of spring illuminate your observations and reveal to you in the gardens the hyacinths, tulips, daffodils, jonquils, and lilies of the valley—whose characteristics you are already familiar with—other flowers will soon catch your attention and demand a new examination of your skills. Such will be the marigolds or violets; the julians or gillardes. As long as you find them to be double, do not bother examining them further; they are deformed—or, if you so wish, “adorned” in our manner—but nature is no longer present in them. It refuses to reproduce through such mutilated forms; for while the most brilliant part, namely the corolla, may multiply, it does so at the expense of the more essential parts, which vanish beneath that gleam.
Therefore, take a simple daisy and examine its flower structure. You will first notice an outer part that is absent in lilies: the calyx. This calyx consists of four segments, which we should properly call “leaflets” or “folioles,” since we lack a specific term to describe them, just as we have the word “petals” for the parts of the corolla. These four leaflets are usually unequal in size, with two pairs opposite each other: one pair being smaller and equal in shape, and the other pair also equal in size but larger, particularly at their lower edges, where their rounded shape forms a distinct bulge.
Within this calyx, you will find a corolla composed of four petals—whose color I refrain from mentioning, as it is not significant. Each petal is attached to the base or interior of the calyx by a narrow, pale portion called the “ligule,” and it extends beyond the edge of the calyx in a wider, more brightly colored section known as the “blade.”
At the center of the corolla lies an elongated, cylindrical pistil, which is terminated by a very short style. This style is in turn capped by an oblong, bifid stigma—that is, it is divided into two parts that extend on either side.
If you carefully examine the relative positions of the calyx and the corolla, you will see that each petal does not correspond exactly to one of the sepals of the calyx; instead, each petal is positioned between them, so that it corresponds to the gap that separates them. This alternate arrangement is observed in all species of flowers that have an equal number of petals and sepals.
We now need to discuss the stamens. In the gillyflower, you will find six of them, just as in the lily family, but they are not all of equal length; rather, two of them stand opposite each other, noticeably shorter than the other four, which are arranged in pairs separated by these two shorter ones.
I will not go into detail about their structure and position here; but I warn you that if you look closely, you will find the reason why these two stamens are shorter than the others, and why two of the sepals are more knobby—or, to use botanical terms, more gibbous—while the other two are flatter.
To complete the story of our clover, we must not abandon it after analyzing its flower; instead, we need to wait until the corolla withers and falls off—something that happens quite quickly—and then observe what happens to the pistil, which, as we have mentioned earlier, is composed of the ovary or pericarp, the style, and the stigma. As the fruit matures, the ovary gradually lengthens and widens; when it is fully ripe, this ovary—or fruit—transforms into a flat pod called a silique.
This silicle is composed of two valves placed one on top of the other, separated by a very thin partition called the mesostin.
When the seed is fully ripe, the valves open from bottom to top to allow it to pass through, and remain attached to the stigma at their upper end.
Thus, one can observe flat, circular seeds located on both sides of the mediastinum; upon closer inspection of how they are attached, it becomes clear that each seed is connected via a short stalk, which alternately attaches them to the right and left edges of the mediastinum—that is, to its two boundaries—where they were essentially “sewn” in place with the valves before they separated.
I fear greatly, dear cousin, that this lengthy description may have somewhat tired you, but it was necessary in order to convey to you the essential characteristics of the vast family of crucifers—or flowers in the shape of a cross—which constitutes an entire class within nearly all systems of botanists. I hope that this description, which might seem difficult to comprehend without visual aids here, will become clearer to you if you follow it with some attention, while actually observing the plants themselves.
The large number of species that make up the cruciferous family led botanists to divide it into two sections. These sections are identical with regard to their flowers but differ significantly in terms of their fruits.
The first section includes the cruciferous plants with silicles, such as the marigold that I just mentioned, the celery, the watercress, the cabbages, the turnips, the radishes, the mustard, and so on.
The second section includes the crucifers with silicles—that is, those in which the silicle, when reduced in size, becomes extremely short, almost as wide as it is long, and is otherwise internally divided into compartments; among these are, for example, the Allemane cress, also known as nasitort or natou, the thlaspi, called taraspi by gardeners, the cochlearia, and the lunaire. Although the pod of the lunaire is quite large, it is still considered a silicle because its length is only slightly greater than its width. If you are not familiar with the Allemane cress, the cochlearia, the thlaspi, or the lunaire, I suppose you at least know the shepherd’s purse, which is so common among the weeds in gardens. Well, my dear, the shepherd’s purse is a crucifer with a triangular silicle. From this one, you can get an idea of the others until you come across them yourself.
Il lillà, che ho scelto perché è di stagione, e anche a causa delle dimensioni della sua fiorella e delle sue parti che la rendono particolarmente sensibile al tatto, manca tuttavia di una delle componenti essenziali di una fiore perfetta: il calice. Il calice è quella parte verde, solitamente divisa in cinque sepali, che sostiene e avvolge la corolla dalla parte inferiore, e che la racchiude completamente prima del suo sbocciamento, come potrete aver notato anche nella rosa. Il calice, presente quasi in tutte le altre piante floreali, è assente nella maggior parte dei liliacei: tulipani, giacinti, narcisi, tuberose, ecc., così come nell’aglio e nel porro, che anch’essi appartengono alla famiglia dei liliacei, sebbene a prima vista possano sembrare molto diversi. Noterete inoltre che, all’interno di questa stessa famiglia, i fusti delle piante sono semplici e poco ramificati, le foglie intere e mai divise; osservazioni che confermano, proprio in questo gruppo vegetale, l’analogia tra la struttura della fiore e del frutto rispetto alle altre parti della pianta. Se seguite con attenzione questi dettagli e li studiate ripetutamente, sarete già in grado di determinare, semplicemente osservando attentamente una pianta, se appartiene o meno alla famiglia dei liliacei, senza nemmeno conoscere il suo nome. Vedete che non si tratta più di un semplice esercizio di memoria, ma di uno studio serio di osservazioni e fatti, davvero degno di un naturalista. Non inizierete certo a parlare di queste cose con vostra figlia, né tantomeno in seguito, quando sarà stata introdotta ai misteri della vegetazione; ma le rivelerete gradualmente soltanto ciò che può essere adatto alla sua età e al suo sesso, guidandola a scoprire le cose da sola piuttosto che insegnargliele direttamente. Ciao, cara cugina; se tutto questo vi è interessante, sono a vostra disposizione.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Madame Delessert
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera II
Dal 18 ottobre 1771
Poiché comprendete così bene, cara cugina, i primi tratti distintivi delle piante, anche se leggermente evidenti, e poiché il vostro occhio acuto è già in grado di riconoscere le somiglianze tra le famiglie botaniche, e poiché la nostra cara piccola botanica si diverte a osservare corolle e petali, vi propongo un’altra famiglia di piante su cui potrà immediatamente mettere alla prova le sue conoscenze. Anche se, devo ammetterlo, con qualche difficoltà in più, a causa dei fiori molto più piccoli e delle foglie più varie; ma comunque con lo stesso piacere da parte sua e, spero, anche da parte vostra, se vi divertite altrettanto a seguire questa “strada fiorita” quanto me nel guidarvi lungo di essa.
Quando i primi raggi di primavera illumineranno i vostri progressi, mostrandovi nei giardini i giacinti, le tulippe, i narcisi, le giunchiglie e i muguetti, la cui analisi vi è già nota, altre fioriture attireranno presto la vostra attenzione e richiederanno un nuovo esame da parte vostra. Saranno i girasoli o i violacci; saranno le giulienne o le giroarde. Finché le troverete “doppi”, non dedicatevi alla loro analisi: esse sono deformate, o, se volete, adornate secondo i nostri canoni estetici; in natura, però, tali fiori non esistono: la natura rifiuta di riprodursi attraverso mostri così mutilati. Infatti, anche se la parte più brillante, ovvero il fiore, si riproduce, ciò avviene a scapito delle parti essenziali del fiore stesso, che scompaiono sotto quell’alone luminoso.
Prendete quindi un girasole comune e analizzatene il fiore. Troverete innanzitutto una parte esterna assente nelle liliacee, ovvero il calice. Questo calice è composto da quattro parti; bisogna chiamarle “foglie” o “lobi”, poiché non disponiamo di un termine specifico per descriverle, proprio come “petali” per le parti della corolla. Queste quattro parti sono solitamente disuguali: due di esse sono opposte l’una all’altra e uguali tra loro, ma più piccole; le altre due sono anch’esse uguali tra loro e opposte, ma più grandi, soprattutto nella parte inferiore, dove la loro curvatura forma una protuberanza ben evidente.
In questo calice troverete una corolla composta da quattro petali; lascio da parte il loro colore, poiché non ha alcun rilievo caratteristico. Ogni petalo è attaccato al corpo del calice attraverso una parte stretta e pallida, chiamata “lame”, e si estende oltre il bordo del calice attraverso una parte più larga e colorata, chiamata “petalo”.
Al centro del gambo florale si trova un pistillo allungato, di forma cilindrica o quasi, che termina in uno stilo molto corto; quest’ultimo è a sua volta completato da un stigma oblungo e bifido, cioè diviso in due parti che si estendono su entrambi i lati.
Se esaminate con attenzione la posizione relativa del calice e del riccio, noterete che ciascun petalo, invece di corrispondere esattamente a ciascuna fogliolina del calice, si trova in realtà tra queste due strutture, in modo da adattarsi all’apertura che le separa. Questa posizione alternativa è presente in tutte le specie di fiori che presentano lo stesso numero di petali nel riccio e di foglioline nel calice.
Resta da parlare degli stami. Ne troverete sei nella girasole, proprio come nelle liliee, ma non tutti di uguali dimensioni; alcuni saranno disposti in opposizione gli uni rispetto agli altri, sensibilmente più corti dei quattro restanti che li separano, e questi ultimi a loro volta sono divisi in coppie.
Non entrerò nei dettagli della loro struttura e della loro posizione; ma vi avverto che, se le osservate attentamente, scoprirete il motivo per cui queste due stami sono più corte delle altre, e perché due foglie del calice sono più gibbose, o, per usare termini botanici, più rigonfie, mentre le altre due sono più piatte.
Per concludere la storia della nostra margherita, non basta abbandonarla dopo aver analizzato il suo fiore, ma bisogna attendere che il calice appassisca e cada – cosa che avviene piuttosto rapidamente – per osservare poi ciò che accade al pistillo, composto, come abbiamo già detto, dall’ovario o pericarpo, dal stilo e dal stigma. L’ovario si allunga molto e si allarga leggermente man mano che il frutto matura; quando è maturo, questo ovario o frutto diventa una sorta di baccello piatto chiamato silicea.
Questa silice è composta da due valve sovrapposte tra loro e separate da una parete molto sottile chiamata mediastino.
Quando il seme è completamente maturo, le valve si aprono da sotto verso l’alto per permetterne la fuoriuscita, rimanendo tuttavia attaccate allo stigma attraverso la loro parte superiore.
Si notano quindi dei semi piatti e circolari posizionati su entrambi i lati del mediastino; osservandoli attentamente si scopre che sono fissati tramite un breve peduncolo che li collega, in modo alternato a destra e a sinistra, alle suture del mediastino, cioè ai suoi due bordi, attraverso i quali erano come “cuciti” insieme alle valvole prima della loro separazione.
Temo molto, cara cugina, di avervi un po’ stancata con questa lunga descrizione, ma era necessaria per farvi comprendere le caratteristiche essenziali della numerosa famiglia dei cruciferi, o fiori a forma di croce, che costituisce un intero ordine in quasi tutti i sistemi di classificazione botanica; e spero che questa descrizione, difficile da comprendere senza l’ausilio di immagini, diventi più chiara per voi se la seguirete con attenzione, avendo l’oggetto in questione davanti ai vostri occhi.
Il gran numero di specie che compongono la famiglia delle Crucifere ha spinto i botanici a dividere questa famiglia in due sezioni: queste, per quanto riguarda il fiore, sono perfettamente simili, ma differiscono notevolmente per quanto riguarda il frutto.
La prima sezione comprende i crostiferi a silice, come il girasole di cui ho appena parlato, la carota, il crescione, i cavoli, le rape, i navelli, il senape, ecc.
La seconda sezione comprende i crucifere a silicea, cioè quei i cui baccelli, in forma ridotta, sono estremamente corti, quasi altrettanto larghi quanto lunghi, e di struttura diversa all’interno; tra questi vi sono, ad esempio, il crescione aleno, chiamato anche nasitort o natou, il thlaspi, denominato taraspi dai giardinieri, la cochléaria e la lunaire. Anche se i baccelli di queste piante sono molto grandi, in realtà si tratta sempre di silicee, poiché la loro lunghezza è appena superiore alla larghezza. Se non conoscete il crescione aleno, la cochléaria, il thlaspi o la lunaire, almeno immagino che conosciate la borsa-a-pasteur, così comune tra le erbacce infestanti nei giardini. Beh, cugina, la borsa-a-pasteur è proprio un crucifero a silicea, il cui baccello ha forma triangolare. Basandovi su questo esempio, potrete farvi un’idea anche degli altri membri di questa categoria, fino a quando non li incontrerete personalmente.
Il est temps de vous laisser respirer, d’autant plus que cette lettre, avant que la saison vous permette d’en faire usage, sera, j’espère, suivie de plusieurs autres, où je pourrai ajouter ce qui reste à dire de nécessaire sur les crucifères, et que je n’ai pas dit dans celle-ci. Mais il est bon peut-être de vous prévenir dès à présent que dans cette famille, et dans beaucoup d’autres, vous trouverez souvent des fleurs beaucoup plus petites que la giroflée, et quelquefois si petites, que vous ne pourrez guère examiner leurs parties qu’à la faveur d’une loupe, instrument dont un botaniste ne peut se passer, non plus que d’une pointe, d’une lancette, et d’une paire de bons ciseaux fins à découper. En pensant que votre zèle maternel peut vous mener jusque-là, je me fais un tableau charmant de ma belle cousine empressée avec son verre à éplucher des monceaux de fleurs, cent fois moins fleuries, moins fraîches et moins agréables qu’elle. Bonjour, cousine, jusqu’au chapitre suivant.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Madame Delessert
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre III
Du 16 mai 1772.
Je suppose, chère cousine, que vous avez bien reçu ma précédente réponse, quoique vous ne m’en parliez point dans votre seconde lettre. Répondant maintenant à celle-ci, j’espère, sur ce que vous m’y marquez, que la maman, bien rétablie, est partie en bon état pour la Suisse, et je compte que vous n’oublierez pas de me donner avis de l’effet de ce voyage et des eaux qu’elle va prendre. Comme tante Julie a dû partir avec elle, j’ai chargé M. G., qui retourne au Val-de-Travers, du petit herbier qui lui est destiné, et je l’ai mis à votre adresse, afin qu’en son absence vous puissiez le recevoir et vous en servir, si tant est que parmi ces échantillons informes il se trouve quelque chose à votre usage. Au reste, je n’accorde pas que vous ayez des droits sur ce chiffon. Vous en avez sur celui qui l’a fait, les plus forts et les plus chers que je connaisse ; mais pour l’herbier, il fut promis à votre sœur, lorsqu’elle herborisait avec moi dans nos promenades à la Croix-de-Vague, et que vous ne songiez à rien moins dans celles où mon cœur et mes pieds vous suivaient avec grand’maman en Vaise. Je rougis de lui avoir tenu parole si tard et si mal ; mais enfin elle avait sur vous, à cet égard, ma parole et l’antériorité. Pour vous, chère cousine, si je ne vous promets pas un herbier de ma main, c’est pour vous en procurer un plus précieux de la main de votre fille, si vous continuez à suivre avec elle cette douce et charmante étude qui remplit d’intéressantes observations sur la nature ces vides du temps que les autres consacrent à l’oisiveté ou à pis. Quant à présent, reprenons le fil interrompu de nos familles végétales.
Mon intention est de vous décrire d’abord six de ces familles pour vous familiariser avec la structure générale des parties caractéristiques des plantes. Vous en avez déjà deux ; reste à quatre qu’il faut encore avoir la patience de suivre: après quoi, laissant pour un temps les autres branches de cette nombreuse lignée, et passant à l’examen des parties différentes de la fructification, nous ferons en sorte que, sans peut-être connaître beaucoup de plantes, vous ne serez du moins jamais en terre étrangère parmi les productions du règne végétal.
Mais je vous préviens que si vous voulez prendre des livres et suivre la nomenclature ordinaire, avec beaucoup de noms vous aurez peu d’idées ; celles que vous aurez se brouilleront, et vous ne suivrez bien ni ma marche ni celle des autres, et n’aurez tout au plus qu’une connaissance de mots. Chère cousine, je suis jaloux d’être votre seul guide dans cette partie. Quand il en sera temps je vous indiquerai les livres que vous pourrez consulter. En attendant, ayez la patience de ne lire que dans celui de la nature et de vous en tenir à mes lettres.
Les pois sont à présent en pleine fructification. Saisissons ce moment pour observer leur caractère. Il est un des plus curieux que puisse offrir la botanique. Toutes les fleurs se divisent généralement en régulières et irrégulières. Les premières sont celles dont toutes les parties s’écartent uniformément du centre de la fleur, et aboutiraient ainsi par leurs extrémités extérieures à la circonférence d’un cercle. Cette uniformité fait qu’en présentant à l’œil les fleurs de cette espèce, il n’y distingue ni dessus ni dessous, ni droite ni gauche ; telles sont les deux familles ci-devant examinées. Mais, au premier coup d’œil, vous verrez qu’une fleur de pois est irrégulière, qu’on y distingue aisément dans la corolle la partie plus longue, qui doit être en haut, de la plus courte, qui doit être en bas, et qu’on connaît fort bien, en présentant la fleur vis-à-vis de l’œil, si on la tient dans sa situation naturelle ou si on la renverse. Ainsi toutes les fois qu’examinant une fleur irrégulière on parle du haut et du bas, c’est en la plaçant dans sa situation naturelle.
Comme les fleurs de cette famille sont d’une construction fort particulière, non seulement il faut avoir plusieurs fleurs de pois et les disséquer successivement, pour observer toutes leurs parties l’une après l’autre, il faut même suivre le progrès de la fructification depuis la première floraison jusqu’à la maturité du fruit.
Vous trouverez d’abord un calice monophylle, c’est-à-dire d’une seule pièce terminée en cinq pointes bien distinctes, dont deux un peu plus larges sont en haut, et les trois plus étroites en bas. Ce calice est recourbé vers le bas, de même que le pédicule qui le soutient, lequel pédicule est très délié, très mobile ; en sorte que la fleur suit aisément le courant de l’air, et présente ordinairement son dos au vent et à la pluie.
Le calice examiné, on l’ôte, en le déchirant délicatement de manière que le reste de la fleur demeure entier, et alors vous voyez clairement que la corolle est polypétale.
Sa première pièce est un grand et large pétale qui couvre les autres, et occupe la partie supérieure de la corolle, à cause de quoi ce grand pétale a pris le nom de pavillon. On l’appelle aussi l’étendard. Il faudrait se boucher les yeux et l’esprit pour ne pas voir que ce pétale est là comme un parapluie pour garantir ceux qu’il couvre des principales injures de l’air.
En enlevant le pavillon comme vous avez fait le calice, vous remarquerez qu’il est emboîté de chaque côté par une petite oreillette dans les pièces latérales, de manière que sa situation ne puisse être dérangée par le vent.
Le pavillon ôté laisse à découvert ces deux pièces latérales auxquelles il était adhérent par ses oreillettes: ces pièces latérales s’appellent les ailes. Vous trouverez en les détachant qu’emboîtées encore plus fortement avec celle qui reste, elles n’en peuvent être séparées sans quelque effort. Aussi les ailes ne sont guère moins utiles pour garantir les côtés de la fleur que le pavillon pour la couvrir.
Les ailes ôtées vous laissent voir la dernière pièce de la corolle ; pièce qui couvre et défend le centre de la fleur, et l’enveloppe, surtout par -dessous, aussi soigneusement que les trois autres pétales enveloppent le dessus et les côtés. Cette dernière pièce, qu’à cause de sa forme on appelle la nacelle, est comme le coffre-fort dans lequel la nature a mis son trésor à l’abri des atteintes de l’air et de l’eau.
Après avoir bien examiné ce pétale, tirez-le doucement par -dessous en le pinçant légèrement par la quille, c’est-à-dire par la prise mince qu’il vous présente, de peur d’enlever avec lui ce qu’il enveloppe: je suis sûr qu’au moment où ce dernier pétale sera forcé de lâcher prise et de déceler le mystère qu’il cache, vous ne pourrez en l’apercevant vous abstenir de faire un cri de surprise et d’admiration.
Le jeune fruit qu’enveloppait la nacelle est construit de cette manière: Une membrane cylindrique terminée par dix filets bien distincts entoure l’ovaire, c’est-à-dire l’embryon de la gousse. Ces dix filets sont autant d’étamines qui se réunissent par le bas autour du germe, et se terminent par le haut en autant d’anthères jaunes dont la poussière va féconder le stigmate qui termine le pistil, et qui, quoique jaune aussi par la poussière fécondante qui s’y attache, se distingue aisément des étamines par sa figure et par sa grosseur. Ainsi ces dix étamines forment encore autour de l’ovaire une dernière cuirasse pour le préserver des injures du dehors.
It is time to allow you some respite, especially since this letter, before the season permits you to make use of it, will, I hope, be followed by several others in which I will add whatever else needs to be said about crucifers that I have not mentioned here. However, it might be wise to warn you now that in this family, and in many others as well, you will often come across flowers much smaller than the gillyflower—sometimes so small that you will hardly be able to examine their details without the aid of a microscope, an instrument that no botanist can do without, just as they cannot do without a pointed tool, a lancette, and a good pair of fine scissors for cutting. Thinking that your maternal zeal might lead you to such things, I imagine my dear cousin busily peeling masses of flowers—flowers that are far less fragrant, fresher, or pleasing than those she usually handles. Goodbye, cousin, until the next chapter.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame Delessert
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter III
From May 16, 1772.
I suppose, dear cousin, that you have received my previous reply, although you did not mention it in your second letter. In responding to this one now, I hope that your mother, having fully recovered, has departed for Switzerland in good health. I expect you will not forget to let me know how this journey affects her and what remedies she will use. Since Aunt Julie had to go with her, I entrusted Mr. G., who is returning to the Val-de-Travers, with the small herb collection meant for her. I addressed it to you so that you could receive it and make use of it in his absence—should there be anything among these samples that might be of use to you. However, I do not claim any rights over this herb collection; you have far greater and more cherished rights over the one that created it. But as for the herb collection itself, it was promised to your sister when she used to help me gather plants during our walks by the Croix-de-Vague—while my heart and feet followed you and Grandmother along the Vaise. I am ashamed that I kept this promise so late and so poorly; but after all, she had my word on this matter, as well as the prior right. As for you, dear cousin, if I do not promise you a herb collection from my own hands, it is only because I intend to procure one even more precious for you—from your daughter’s hands. If you continue to pursue this delightful and fascinating study of nature alongside her, you will gain many interesting insights into the world around us, while others waste their time in idleness or worse. Now, let us resume our interrupted discussion about our plant families.
My intention is to first describe six of these families to help you become familiar with the general structure of the characteristic parts of plants. You already know about two of them; there are still four left that require your patience to study. After that, by setting aside for a while the other branches of this extensive lineage and focusing on the different parts of plant reproduction, we will ensure that, even if you don’t know many plants, you will at least never feel lost in the diversity of the vegetable kingdom.
But I warn you that if you try to use ordinary book titles and classifications, with so many names it will be difficult for you to understand anything; your ideas will become confused, and you will neither follow my approach nor that of others properly. At best, you will only gain a superficial knowledge of the terms involved. Dear cousin, I am jealous of being your sole guide in this matter. When the time comes, I will tell you which books you can consult. For now, please have the patience to read only what nature has to offer and rely on my letters.
The peas are now in full bloom. Let us seize this moment to observe their unique characteristics. They represent one of the most fascinating phenomena in botany. All flowers can generally be divided into regular and irregular types. Regular flowers are those in which all parts radiate uniformly from the center, so that their outer edges would form the circumference of a circle if drawn out. This uniformity means that when observing these flowers, one cannot distinguish between an upper and lower side, or a right and left side; this applies to the two families examined earlier. However, at first glance, it is clear that a pea flower is irregular. Within its corolla, one can easily identify the longer part, which must be on top, and the shorter part, which must be at the bottom. Moreover, when holding the flower facing the eye, it is immediately apparent whether it is in its natural position or inverted. Therefore, whenever discussing the upper and lower parts of an irregular flower, it is essential to consider it in its natural orientation.
Since the flowers of this family have a very particular structure, it is not only necessary to examine several pea flowers in succession to observe all their parts one by one; it is also essential to track the process of fruit development from the first flowering until the fruit reaches maturity.
You will first find a monophyllous calyx, that is, a single piece consisting of five distinct points at the end—two of which are slightly wider at the top and three narrower at the bottom. This calyx curves downward, just as does the pedicel that supports it; this pedicel is very slender and highly movable, allowing the flower to easily follow the direction of the wind. As a result, it usually faces away from the wind and rain.
Once the calyx has been examined, it is removed by carefully tearing it away so that the rest of the flower remains intact. Then you can clearly see that the corolla consists of multiple petals.
Its first petal is a large and broad one that covers the others, occupying the upper part of the corolla; for this reason, this large petal has been given the name “pavilion.” It is also called the “standard.” One would have to block their eyes and shut their mind completely in order not to see that this petal functions like an umbrella, protecting those it covers from the most harmful elements of the environment.
By removing the canopy in the same way you removed the calyx, you will notice that it is enclosed on both sides by small flaps on the lateral pieces, ensuring that its position is not disturbed by the wind.
The removed sepal exposes these two lateral parts that were attached to it via their flaps; these lateral parts are called the wings. Upon separating them, you will find that they are even more tightly enclosed with the remaining part, and they cannot be separated without some effort. Therefore, the wings are just as essential in protecting the sides of the flower as the sepal is in covering it.
Once the wings are removed, one can see the last part of the corolla; this part covers and protects the center of the flower, enveloping it just as carefully—especially from below—as the other three petals enclose its upper surface and sides. This final segment, named the “nacelle” due to its shape, is like a safe in which nature has placed its treasure, safeguarding it from the effects of air and water.
After examining this petal carefully, gently pull it from underneath by lightly pinching it at the base—that is, at the thin part where it attaches—to avoid removing what it encloses. I am sure that the moment this last petal is forced to let go and reveal the mystery it holds, you will not be able to help but exclaim in surprise and admiration upon seeing it.
The young fruit enclosed within the pod is structured in the following way: A cylindrical membrane, bordered by ten distinct filaments, surrounds the ovary—that is, the embryo inside the pod. These ten filaments correspond to ten stamens, which converge at their base around the embryo and extend upwards to form yellow anthers. The pollen from these anthers will fertilize the stigma at the tip of the pistil. Although the stigma also turns yellow upon being fertilized, it can be easily distinguished from the stamens by its shape and size. In this way, these ten stamens serve as an additional protective layer around the ovary, safeguarding it from external damage.
È giunto il momento di lasciarvi riposare; soprattutto perché questa lettera, prima che la stagione vi permetta di utilizzarla, sarà, spero, seguita da altre in cui potrò aggiungere ciò che ancora è necessario dire sui cruciferi e che non ho avuto modo di menzionare in questa. Tuttavia, forse è opportuno avvertirvi fin da ora che, in questa famiglia e in molte altre, troverete spesso fiori molto più piccoli del girasole; a volte così piccoli che sarà possibile esaminarne le parti soltanto con l’ausilio di una lente d’ingrandimento, strumento senza il quale un botanico non potrebbe lavorare, così come non può fare a meno di una punta affilata, di una lancetta e di un paio di buone forbici sottili per tagliare. Pensando che la vostra zelante cura materna possa portarvi fino a questo punto, mi immagino mia cara cugina impegnata a pulire mucchi di fiori, cento volte meno belli, freschi e attraenti di quelli che lei stessa coltiva. Ciao, cugina, fino al prossimo capitolo.
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Lettera III
Dal 16 maggio 1772.
Cara cugina, suppongo che abbiate ricevuto correttamente la mia precedente risposta, anche se non ne parlate nella vostra seconda lettera. Rispondendo ora a questa, spero che, secondo quanto mi dite, vostra madre, ormai completamente guarita, sia partita per la Svizzera in buone condizioni, e confido che non dimenticherete di informarmi sull’effetto di questo viaggio e sulle cure mediche che seguirà. Poiché zia Julie è partita con lei, ho incaricato il signor G., che ritorna al Val-de-Travers, di consegnare il piccolo erbario destinatole; l’ho indirizzato a voi affinché, in sua assenza, poteste riceverlo e utilizzarlo, qualora tra questi campioni si trovasse qualcosa di utile per voi. Del resto, non ritengo che abbiate alcun diritto su quel pezzo di stoffa. Ne avete uno molto più importante su colui che l’ha realizzato; ma per quanto riguarda l’erbario, fu promesso a vostra sorella quando lei faceva raccogliere piante con me durante le nostre passeggiate alla Croix-de-Vague. E voi non pensavate certo ad altro in quelle occasioni in cui il mio cuore e i miei passi vi seguivano insieme a nonna Vaise. Mi vergogno di aver mantenuto la promessa così tardi e in modo così inadeguato. Ma dopotutto, lei aveva su di voi, in questo senso, la mia parola e l’antecedenza. Per quanto mi riguarda, cara cugina, se non vi prometto un erbario fatto da me stesso, è perché intendo procurarvene uno ancora più prezioso, realizzato dalla vostra figlia. Se continuerete a intraprendere con lei questa dolce e affascinante attività che permette di osservare la natura in modo così interessante, durante quei momenti vuoti che gli altri dedicano all’ozio o a cose peggiori. Ora, riprendiamo il filo interrotto delle nostre discussioni sugli esseri vegetali.
Il mio intento è descrivervi innanzitutto sei di queste famiglie per farvi familiarizzare con la struttura generale delle parti caratteristiche delle piante. Ne avete già conosciute due; ne restano quattro che dovrete avere la pazienza di studiare: dopo di ciò, mettendo da parte per il momento le altre ramificazioni di questa vasta linea evolutiva e passando all’esame delle diverse parti della fruttificazione, faremo in modo che, anche se non conoscerete molte piante, almeno non vi sentirete mai “stranieri” tra le produzioni del regno vegetale.
Ma vi avverto che se volete prendere dei libri e seguire una nomenclatura ordinaria, con tanti nomi avrete poche idee chiare; quelle che avrete si confonderanno, e non seguirete né il mio percorso né quello degli altri, ottenendo al massimo una conoscenza superficiale di alcuni termini. Cara cugina, sono geloso di essere l’unico vostro guida in questo campo. Quando sarà il momento, vi indicherò i libri che potrete consultare. Intanto, abbiate la pazienza di leggere soltanto ciò che riguarda la natura e di affidarvi alle mie lettere.
I piselli sono ora in piena fioritura. Approfittiamo di questo momento per osservarne le caratteristiche: si tratta di uno dei casi più curiosi che la botanica possa offrire. Generalmente, tutte le piante si dividono in fiori regolari e irregolari. I primi sono quelli i cui elementi si allontanano uniformemente dal centro del fiore; le loro estremità esterne formerebbero così la circonferenza di un cerchio. Questa uniformità fa sì che, osservando questi fiori, non si possa distinguere tra parte superiore e inferiore, né tra destra e sinistra; queste sono le due categorie esaminate in precedenza. Tuttavia, a prima vista, si nota che un fiore di pisello è irregolare: nella corolla si distingue facilmente la parte più lunga, che deve trovarsi in alto, da quella più corta, che deve trovarsi in basso; inoltre, tenendo il fiore di fronte agli occhi e osservandolo nella sua posizione naturale, è facile capire se sia rivolto verso l’alto o verso il basso. Quindi, ogni volta che si parla di “parte superiore” e “parte inferiore” in riferimento a un fiore irregolare, ci si riferisce alla sua posizione naturale.
Poiché i fiori di questa famiglia presentano una struttura molto particolare, non solo è necessario utilizzare diversi fiori di pisello e analizzarli uno dopo l’altro per osservare tutte le loro parti, ma è anche indispensabile seguire lo sviluppo del processo di fruttificazione, dalla prima fioritura fino alla maturazione del frutto.
Innanzitutto troverete un calice monofilo, cioè formato da una sola parte terminante in cinque punte ben distinte: due di queste punte sono leggermente più larghe nella parte superiore, mentre le tre più strette si trovano nella parte inferiore. Questo calice è curvo verso il basso, così come il peduncolo che lo sostiene; tale peduncolo è molto sottile e flessibile, permettendo alla pianta di muoversi facilmente al ritmo della brezza, in modo che la parte posteriore del fiore sia solitamente rivolta verso il vento e la pioggia.
Il calice, una volta esaminato, viene rimosso con cura, strappandolo delicatamente in modo che il resto del fiore rimanga intatto; in questo modo si può vedere chiaramente che la corolla è composta da molti petali.
Il suo primo petalo è grande e ampio, e copre gli altri, occupando la parte superiore del fiore; per questo motivo è stato chiamato “pavillon”. Viene anche definito “stendardo”. Sarebbe necessario chiudere gli occhi e ignorare ogni logica per non rendersi conto che questo petalo funge da ombrello, proteggendo ciò che copre dalle principali aggressioni dell’ambiente esterno.
Rimuovendo il padiglione, proprio come avete fatto con il calice, noterete che su entrambi i lati è munito di piccole alette nelle parti laterali, in modo che la sua posizione non venga disturbata dal vento.
La rimozione del padiglione rivela queste due parti laterali che ad esso erano attaccate tramite delle appendici: queste parti laterali vengono chiamate “ali”. Se le si separa, si scopre che sono ancora più strettamente collegate alla parte centrale, e non possono essere distinte senza alcuno sforzo. Pertanto, le ali sono altrettanto utili per proteggere i lati del fiore quanto il padiglione lo è per coprirlo interamente.
Le ali rimosse permettono di vedere l’ultima parte del gambo della corolla; questa parte ricopre e protegge il centro del fiore, avvolgendolo con la stessa cura con cui i tre petali restanti ne circondano la parte superiore e i lati. Quest’ultima parte, chiamata “nacella” a causa della sua forma, è come un forziere nel quale la natura ha riposto il proprio tesoro al sicuro dalle aggressioni dell’aria e dell’acqua.
Dopo aver esaminato attentamente questo petalo, tiratelo dolcemente da sotto, pinzandolo leggermente alla base, cioè nella quella sottile parte che vi offre per afferrarlo, per evitare di staccare insieme a esso ciò che racchiude al suo interno. Sono certo che, nel momento in cui questo ultimo petalo sarà costretto a lasciare andare ciò che nasconde, non riuscirete a trattenervi dal lanciare un grido di sorpresa e ammirazione nel vederlo.
Il giovane frutto racchiuso nella capsula è strutturato in questo modo: una membrana cilindrica terminante in dieci filetti ben distinti circonda l’ovario, ovvero l’embrione della guscia. Questi dieci filetti corrispondono a dieci stami che si uniscono alla base attorno al germe e terminano in alto con antere gialle; la polvere prodotta da queste antere feconderà lo stigma che si trova all’estremità del pistillo. Sebbene anche lo stigma sia di colore giallo a causa della polvere fecondante che vi si attacca, si distingue facilmente dagli stami per forma e dimensioni. In questo modo, questi dieci stami formano attorno all’ovario un ulteriore strato protettivo per preservarlo dalle aggressioni esterne.
Si vous y regardez de bien près, vous trouverez que ces dix étamines ne font par leur base un seul corps qu’en apparence: car, dans la partie supérieure de ce cylindre, il y a une pièce ou étamine qui d’abord paraît adhérente aux autres, mais qui, à mesure que la fleur se fane et que le fruit grossit, se détache, et laisse une ouverture en dessus par laquelle ce fruit grossissant peut s’étendre en entrouvrant et écartant de plus en plus le cylindre qui, sans cela, le comprimant et l’étranglant tout autour, l’empêcherait de grossir et de profiter. Si la fleur n’est pas assez avancée, vous ne verrez pas cette étamine détachée du cylindre ; mais passez un camion dans deux petits trous que vous trouverez près du réceptacle à la base de cette étamine, et bientôt vous verrez l’étamine avec son anthère suivre l’épingle et se détacher des neuf autres qui continueront toujours de faire ensemble un seul corps, jusqu’à ce qu’elles se flétrissent et dessèchent quand le germe fécondé devient gousse et qu’il n’a plus besoin d’elles.
Cette gousse, dans laquelle l’ovaire se change en mûrissant, se distingue de la silique des crucifères, en ce que dans la silique les graines sont attachées alternativement aux deux sutures, au lieu que dans la gousse elles ne sont attachées que d’un côté, c’est-à-dire à une seulement des deux sutures, tenant alternativement à la vérité aux deux valves qui la composent, mais toujours du même côté. Vous saisirez parfaitement cette différence si vous ouvrez en même temps la gousse d’un pois et la silique d’une giroflée, ayant attention de ne les prendre ni l’une ni l’autre en parfaite maturité, afin qu’après l’ouverture du fruit les graines restent attachées par leurs ligaments à leurs sutures et à leurs valvules.
Si je me suis bien fait entendre, vous comprendrez, chère cousine, quelles étonnantes précautions ont été cumulées par la nature pour amener l’embryon du pois à maturité, et le garantir surtout, au milieu des plus grandes pluies, de l’humidité qui lui est funeste, sans cependant l’enfermer dans une coque dure qui en eût fait une autre sorte de fruit. Le suprême ouvrier, attentif à la conservation de tous les êtres, a mis de grands soins à garantir la fructification des plantes des atteintes qui lui peuvent nuire ; mais il paraît avoir redoublé d’attention pour celles qui servent à la nourriture de l’homme et des animaux, comme la plupart des légumineuses. L’appareil de la fructification du pois est, en diverses proportions, le même dans toute cette famille. Les fleurs y portent le nom de papilionacées, parce qu’on a cru y voir quelque chose de semblable à la figure d’un papillon: elles ont généralement un pavillon, deux ailes, une nacelle, ce qui fait communément quatre pétales irréguliers. Mais il y a des genres où la nacelle se divise dans sa longueur en deux pièces presque adhérentes par la quille, et ces fleurs-là ont réellement cinq pétales ; d’autres, comme le trèfle des prés, ont toutes leurs parties attachées en une seule pièce, et, quoique papilionacées, ne laissent pas d’être monopétales.
Les papilionacées ou légumineuses sont une des familles des plantes les plus nombreuses et les plus utiles. On y trouve les fèves, les genêts, les luzernes, sainfoins, lentilles, vesces, gesses, les haricots, dont le caractère est d’avoir la nacelle contournée en spirale, ce qu’on prendrait d’abord pour un accident ; il y a des arbres, entre autres celui qu’on appelle vulgairement acacia, et qui n’est pas le véritable acacia ; l’indigo, la réglisse, en sont aussi: mais nous parlerons de tout cela plus en détail dans la suite. Bonjour, cousine. J’embrasse tout ce que vous aimez.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Madame Delessert
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre IV
Du 19 juin 1772.
Vous m’avez tiré de peine, chère cousine ; mais il me reste encore de l’inquiétude sur ces maux d’estomac appelés maux de cœur, dont votre maman sent les retours dans l’attitude d’écrire. Si c’est seulement l’effet d’une plénitude de bile,le voyage et les eaux suffiront pour l’évacuer ; mais je crains bien qu’il n’y ait à ces accidents quelque cause locale qui ne sera pas si facile à détruire, et qui demandera toujours d’elle un grand ménagement, même après son rétablissement. J’attends de vous des nouvelles de ce voyage, aussitôt que vous en aurez ; mais j’exige que la maman ne songe à m’écrire que pour m’apprendre son entière guérison.
Je ne puis comprendre pourquoi vous n’avez pas reçu l’herbier. Dans la persuasion que tante Julie était déjà partie, j’avais remis le paquet à M. G. pour vous l’expédier en passant à Dijon. Je n’apprends d’aucun côté qu’il soit parvenu ni dans vos mains, ni dans celles de votre sœur, et je n’imagine plus ce qu’il peut être devenu.
Parlons de plantes, tandis que la saison de les observer nous y invite. Votre solution de la question que je vous avais faite sur les étamines des crucifères est parfaitement juste, et me prouve bien que vous m’avez entendu, ou plutôt que vous m’avez écouté ; car vous n’avez besoin que d’écouter pour entendre. Vous m’avez bien rendu raison de la gibbosité de deux folioles du calice, et de la brièveté relative de deux étamines, dans la giroflée, par la courbure de ces deux étamines. Cependant, un pas de plus vous eût menée jusqu’à la cause première de cette structure: car si vous recherchez encore pourquoi ces deux étamines sont ainsi recourbées et par conséquent raccourcies, vous trouverez une petite glande implantée sur le réceptacle, entre l’étamine et le germe, et c’est cette glande qui, éloignant l’étamine, et la forçant à prendre le contour, la raccourcit nécessairement. Il y a encore sur le même réceptacle deux autres glandes, une au pied de chaque paire des grandes étamines ; mais ne leur faisant point faire de contour, elles ne les raccourcissent pas parce que ces glandes ne sont pas, comme les deux premières, en dedans, c’est-à-dire entre l’étamine et le germe, mais en dehors, c’est-à-dire entre la paire d’étamines et le calice. Ainsi ces quatre étamines, soutenues et dirigées verticalement en droite ligne, débordent celles qui sont recourbées, et semblent plus longues parce qu’elles sont plus droites. Ces quatre, glandes se trouvent, ou du moins leurs vestiges, plus ou moins visiblement dans presque toutes les fleurs crucifères, et dans quelques-unes bien plus distinctes que dans la giroflée. Si vous demandez encore pourquoi ces glandes, je vous répondrai qu’elles sont un des instruments destinés par la nature à unir le règne végétal au règne animal, et les faire circuler l’un dans l’autre: mais, laissant ces recherches un peu trop anticipées, revenons, quant à présent, à nos familles.
Les fleurs que je vous ai décrites jusqu’à présent sont toutes polypétales. J’aurais dû commencer peut-être par les monopétales régulières dont la structure est beaucoup plus simple: cette grande simplicité même est ce qui m’en a empêché. Les monopétales régulières constituent moins une famille qu’une grande nation dans laquelle on compte plusieurs familles bien distinctes ; en sorte que, pour les comprendre toutes sous une indication commune, il faut employer des caractères si généraux et si vagues, que c’est paraître dire quelque chose en ne disant en effet presque rien du tout. Il vaut mieux se renfermer dans des bornes plus étroites, mais qu’on puisse assigner avec plus de précision.
Parmi les monopétales irrégulières il y a une famille dont la physionomie est si marquée qu’on en distingue aisément les membres à leur air. C’est celle à laquelle on donne le nom de fleurs en gueule, parce que ces fleurs sont fendues en deux lèvres, dont l’ouverture, soit naturelle, soit produite par une légère compression des doigts, leur donne l’air d’une gueule béante. Cette famille se subdivise en deux sections ou lignées: l’une des fleurs en lèvres, ou labiées ; l’autre, des fleurs en masque, ou personnées ; car le mot latin persona signifie un masque, nom très convenable assurément à la plupart des gens qui portent parmi nous celui de personnes. Le caractère commun à toute la famille est non seulement d’avoir la corolle monopétale, et, comme je l’ai dit, fendue en deux lèvres ou babines, l’une supérieure, appelée casque, l’autre inférieure, appelée barbe, mais d’avoir quatre étamines presque sur un même rang, distinguées en deux paires, l’une plus longue, et l’autre plus courte. L’inspection de l’objet vous expliquera mieux ces caractères que ne peut faire le discours.
If you examine it closely, you will find that these ten stamens, at their base, appear to form a single structure; however, in the upper part of this cylinder, there is a stamen that initially seems attached to the others. But as the flower withers and the fruit grows, this stamen separates, leaving an opening through which the expanding fruit can extend by gradually widening and separating the cylinder—otherwise, the cylinder would compress and strangle the fruit, preventing it from growing and developing properly. If the flower is not yet in full bloom, you may not notice this detached stamen. But if you insert a pin into the two small holes located near the base of this stamen, you will soon see it move away from the other nine stamens, which will continue to remain united as one structure until they wither and dry up once the fertilized seed has developed into a pod and no longer requires them.
This pod, within which the ovary undergoes maturation, differs from the silique of cruciferous plants in that, in the silique, the seeds are attached alternately to both seams, whereas in this pod they are attached only on one side—specifically, to one of the two seams. They are thus attached alternately, but always on the same side, to the two valves that compose the pod. You will grasp this difference perfectly if you open a pod of peas and a silique of a marigold at the same time, making sure to choose specimens that are neither too ripe nor too unripe, so that after opening, the seeds remain attached by their ligaments to their seams and valves.
If I have expressed myself clearly, dear cousin, you will understand what astonishing precautions nature has taken to ensure that the bean embryo reaches maturity—and, more importantly, to protect it from the harmful effects of heavy rain and excessive humidity, without enclosing it in a hard shell that would turn it into another type of fruit. The supreme Creator, attentive to the preservation of all living beings, has gone to great lengths to safeguard plants against factors that could harm their reproduction; yet it seems he has paid extra care to those plants that serve as food for humans and animals, such as most legumes. The reproductive structure of beans is essentially the same across this entire family of plants, albeit with varying proportions. These flowers are classified under the papilionaceae order because they resemble the shape of a butterfly: they generally consist of a “pavilion,” two “wings,” and a “casket,” forming what are typically four irregular petals. However, there are genera where the “casket” is divided into two nearly inseparable sections along its length, and these flowers indeed have five petals; others, like the clover, have all their parts fused together into a single structure, and although they belong to the papilionaceae order, they are monopetalous.
The leguminous or pea family is one of the most numerous and useful groups of plants. It includes beans, peas, lentils, vetches, chickpeas, and various other species. A characteristic feature of these plants is that their seed pods are twisted in a spiral shape—a feature that might at first seem like an accident. There are also leguminous trees, such as the one commonly called “acacia,” which is actually not the true acacia; indigo and licorice also belong to this family. But we will discuss all these details in more detail later on. Hello, cousin. I send my kisses to everything you hold dear.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame Delessert
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter IV
From June 19, 1772.
You have relieved my worries, dear cousin; yet I still feel anxious about those stomach troubles that are actually called “heartaches,” as evidenced by your mother’s changing attitude while writing. If it is merely the effect of an excess of bile, travel and fresh air should be enough to eliminate it. But I fear that there may be some local cause at play that will not be so easy to eradicate, and which will require continued care even after she recovers. I look forward to hearing about your mother’s journey as soon as you learn anything; however, I insist that she only write to me to inform me of her complete recovery.
I cannot understand why you have not received the herb collection. Assuming that Aunt Julie had already left, I had given the package to Mr. G. to send it to you on his way through Dijon. I have heard from no one that it has arrived in your hands or those of your sister, and I have no idea what has happened to it.
Let us talk about plants, as the season allows us to observe them closely. Your answer to the question I posed regarding the stamens of cruciferous plants is entirely correct; it proves that you either heard me or listened attentively—for one truly needs only to listen in order to understand. You successfully explained why the two sepals of the calyx are slightly convex and why the two stamens of the giroflée are relatively short, due to their curved structure. Yet, with a little further exploration, you could have uncovered the primary reason for this arrangement: if you examined further why these two stamens are bent and thus shorter, you would have found a small gland located on the receptacle, between the stamen and the anther. It is this gland that pushes the stamen away from its original position, forcing it to take on this curved shape and thereby shortening it. On the same receptacle, there are two other glands, one at the base of each pair of longer stamens; however, since these glands do not alter the shape of the stamens, they do not shorten them. These latter glands are located outside the receptacle, between the pairs of stamens and the calyx itself. As a result, these four stamens, being straight and unobstructed, appear longer than those that are curved. The remnants of these four glands can be observed quite clearly in nearly all cruciferous flowers; in some species, they are even more prominent than in the giroflée. If you wonder further why these glands exist, I would say that they are one of nature’s mechanisms for connecting the plant kingdom with the animal kingdom, allowing for the exchange of substances between them. But let us not delve too deeply into such speculative inquiries for now; rather, let us return to our discussion of plant families.
The flowers that I have described to you so far are all polypetalous. Perhaps I should have started with the regular monopetalous flowers, whose structure is much simpler—yet it was precisely this great simplicity that prevented me from doing so. Regular monopetalous flowers constitute less of a family than rather a large group that includes several distinctly different families. As a result, in order to encompass all of them under a common category, one would have to use characteristics that are so general and vague that it would seem as if one were saying something when in fact saying almost nothing at all. It is better to stick within narrower boundaries, even if they mean that one can assign things with greater precision.
Among the irregular monopetalous flowers, there is a family whose distinctive appearance allows one to easily identify its members at first sight. This family is commonly referred to as “flowers with mouths,” because their petals are split into two lips—either naturally or by gently pressing them together—with the opening resembling an open mouth. This family is further divided into two sections: those with lip-shaped petals, called labiate; and those with mask-like petals, called personate, since the Latin word “persona” means “mask”—a name that aptly describes many of these plants. The common feature of all members of this family is not only their monopetalous corolla split into two lips, one upper and one lower (referred to as “casque” and “barbe,” respectively), but also their four stamens arranged in almost the same row, divided into two pairs, one longer and the other shorter. A close examination of these plants will provide a clearer understanding of these characteristics than any verbal description could.
Se vi ci osservate attentamente, noterete che queste dieci stami, nella loro parte inferiore, formano apparentemente un unico corpo; tuttavia, nella parte superiore di questo cilindro c’è uno stame che inizialmente sembra essere attaccato agli altri, ma che, man mano che la fiore appassisce e il frutto cresce, si stacca, lasciando un’apertura attraverso cui il frutto può continuare a espandersi aprendo e allontanando sempre di più quel cilindro che, altrimenti, comprimendolo su tutti i lati, gli impedirebbe di crescere. Se la fiore non è ancora abbastanza matura, non vedrete questo stame separarsi dal cilindro; ma se passate un oggetto appuntito attraverso due piccoli fori presenti vicino al ricettacolo alla base di quell’stame, presto noterete che esso, insieme all’antera ad esso collegata, si stacca dagli altri nove stami, i quali continueranno comunque a formare un unico corpo fino a quando non appassiscono e si secchino, quando il seme fecondato diventa una guscia e non ha più bisogno di loro.
Questa baccello, nel quale l’ovario si trasforma durante la maturazione, si distingue dalla silice dei crucifere in quanto, nella silice, i semi sono attaccati alternativamente alle due suture, mentre nel baccello sono attaccati soltanto da un lato, cioè a una sola delle due suture. I semi sono quindi legati alternativamente alle due valve che compongono il baccello, ma sempre dallo stesso lato. Comprenderete perfettamente questa differenza se aprite contemporaneamente il baccello di un pisello e la silice di una margherita, facendo attenzione a non sceglierli entrambi in piena maturità, affinché, dopo l’apertura del frutto, i semi rimangano legati ai loro legamenti, alle suture e alle valve.
Se ho espresso chiaramente il mio pensiero, cara cugina, comprenderete quali straordinarie precauzioni la natura abbia adottato per far maturare l’embrione del pisello e per proteggerlo, soprattutto in mezzo alle piogge più intense e all’umidità che potrebbero essergli dannose, senza tuttavia rinchiuderlo in una corazza dura che lo trasformerebbe in un altro tipo di frutto. Il supremo artefice, attento alla conservazione di tutti gli esseri viventi, ha prestato grande cura a proteggere le piante dalle dannose influenze che potrebbero ostacolare la loro fruttificazione; ma sembra aver dedicato ancora maggiore attenzione a quelle piante che costituiscono una fonte di cibo per l’uomo e gli animali, come la maggior parte delle leguminose. L’apparato di fruttificazione del pisello è, in varie proporzioni, lo stesso in tutta questa famiglia di piante. I fiori appartenenti a questa famiglia sono chiamati “papilionacee”, perché si è creduto che assomigliassero alla forma di una farfalla: generalmente presentano un “tetto” superiore, due “ali” laterali e un “vaso” centrale, il che dà luogo a quattro petali irregolari. Tuttavia, in alcuni generi il “vaso” si divide lungo la sua lunghezza in due parti quasi attaccate tra loro, e in questi casi i fiori presentano effettivamente cinque petali; altri, come il trifoglio dei prati, hanno tutte le loro parti unite in un’unica struttura, e, pur appartenendo alla famiglia delle papilionacee, sono monopetali.
Le famiglie delle Papilionacee o delle Leguminose sono tra le più numerose e utili tra le piante. Vi si trovano fagioli, ginestre, lenticchie, piselli, vescie, gessi, oltre ai fagiolini, i cui baccelli presentano una forma a spirale; questa caratteristica potrebbe sembrare casuale, ma in realtà non lo è. Esistono anche alberi appartenenti a queste famiglie, tra cui quello comunemente chiamato acacia, che in realtà non è l’acacia vera e propria; l’indaco e la liquirizia fanno anch’essi parte di questa categoria. Ne parleremo più dettagliatamente in seguito. Ciao, cugina. Vi abbraccio tutti quanti.
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Botanica
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Lettere a Madame Delessert
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera IV
Dal 19 giugno 1772.
Mi avete tolto un grande peso dal cuore, cara cugina; tuttavia rimango preoccupato per quei disturbi digestivi che, in realtà, sono più simili a problemi di salute emotiva. Vostro madre ne soffre ancora, e questo si nota nell’atteggiamento con cui scrive. Se si tratta semplicemente dell’effetto di un’eccessiva produzione di bile, il viaggio e le acque potranno aiutarla a liberarsene; ma temo che ci possa essere una causa locale più profonda, difficile da eliminare. E che richiederà comunque molta attenzione anche dopo la guarigione. Aspetto notizie su questo viaggio non appena ne avrete; tuttavia esigo che vostra madre scriva a me soltanto per dirmi che si è completamente ripresa.
Non riesco a capire perché non abbiate ricevuto l’erbario. Convinto che zia Julie fosse già partita, avevo affidato il pacco a Monsieur G., affinché ve lo spedisse passando per Digione. Da nessuna parte ho notizie del fatto che sia arrivato né nelle vostre mani né in quelle di vostra sorella; non riesco proprio a immaginare cosa possa essere successo.
Parliamo di piante, poiché la stagione ci invita ad osservarle. La vostra risposta alla domanda che vi avevo posto riguardo alle stami dei crucifere è assolutamente corretta e dimostra chiaramente che mi avete ascoltato; infatti, basta semplicemente ascoltare per comprendere. Avete spiegato perfettamente il motivo della gibbosità di due foglie del calice, nonché la ragione della relativa brevità di due stami nella girasole, grazie alla loro curvatura. Tuttavia, un ulteriore sforzo vi avrebbe portati alla causa principale di questa struttura: se cercaste ancora il motivo per cui questi due stami sono così curvi e quindi più corti, scoprireste una piccola ghiandola situata sul ricettacolo, tra lo stame e il germe; è proprio questa ghiandola che allontana lo stame e lo costringe ad assumere quella forma, riducendone così la lunghezza. Sullo stesso ricettacolo si trovano altre due ghiandole, una alla base di ogni coppia di stami principali; ma poiché queste non influenzano la loro forma, non le accorciano. Queste quattro ghiandole, o quanto meno i loro resti, sono visibili in quasi tutte le piante crucifere, e in alcune sono ancora più evidenti che nella girasole. Se vi chiedete ancora il motivo della loro esistenza, vi risponderò che rappresentano uno degli strumenti utilizzati dalla natura per unire il regno vegetale a quello animale, permettendo loro di scambiarsi sostanze tra i due regni. Ma lasciamo queste riflessioni per un momento e torniamo, per ora, alle nostre famiglie di piante.
I fiori che vi ho descritto finora sono tutti polipetali. Forse avrei dovuto iniziare con i monopetali regolari, la cui struttura è molto più semplice; proprio questa grande semplicità è stata quella che mi ha impedito di farlo. I monopetali regolari costituiscono meno una famiglia che un’intera “nazione” all’interno della quale si contano diverse famiglie ben distinte; pertanto, per comprendere tutti questi fiori sotto un’unica indicazione comune, bisogna utilizzare caratteristiche così generali e vaghe da sembrare che si dica qualcosa senza in realtà dire quasi nulla. È meglio limitarsi a confini più ristretti, ma che permettano di individuare con maggiore precisione le caratteristiche specifiche di ciascun gruppo.
Tra i monopetali irregolari esiste una famiglia la cui fisionomia è così caratteristica da permettere di riconoscere facilmente i suoi membri a prima vista. Si tratta della famiglia delle cosiddette “fiori a bocca”, poiché tali fiori sono divisi in due labbra: l’apertura, sia naturale che prodotta da una leggera pressione con le dita, conferisce loro l’aspetto di una bocca spalancata. Questa famiglia si suddivide in due sottogruppi o linee evolutive: il primo comprende i fiori a labbra; il secondo, i fiori a “maschera”, poiché il termine latino “persona” indica appunto un mascherino, nome certamente molto appropriato per la maggior parte delle piante che appartengono a questa famiglia. Il tratto comune a tutti i membri di questa famiglia è non solo quello di avere un’unica petala corollina divisa in due labbra – una superiore chiamata “casco” e l’altra inferiore chiamata “barba” – ma anche quello di possedere quattro stami disposti quasi sullo stesso livello, suddivisi in due coppie: una più lunga e l’altra più corta. L’esame diretto di questi fiori vi spiegherà meglio questi caratteristiche di quanto possano farlo le parole.
Prenons d’abord les labiées. Je vous en donnerais volontiers pour exemple la sauge, qu’on trouve dans presque tous les jardins. Mais la construction particulière et bizarre de ses étamines qui l’a fait retrancher par quelques botanistes du nombre des labiées, quoique la nature ait semblé l’y inscrire, me porte à chercher un autre exemple dans les orties mortes, et particulièrement dans l’espèce appelée vulgairement ortie blanche, mais que les botanistes appellent plutôt lamier blanc, parce qu’elle n’a nul rapport à l’ortie par sa fructification, quoiqu’elle en ait beaucoup par son feuillage. L’ortie blanche, si commune partout, durant très longtemps en fleur, ne doit pas vous être difficile à trouver. Sans m’arrêter ici à l’élégante situation des fleurs, je me borne à leur structure. L’ortie blanche porte une fleur monopétale labiée, dont le casque est concave et recourbé en forme de voûte, pour recouvrir le reste de la fleur, et particulièrement ses étamines, qui se tiennent toutes quatre assez serrées sous l’abri de son toit. Vous discernerez aisément la paire plus longue et la paire plus courte, et, au milieu des quatre, le style de la même couleur, mais qui s’en distingue en ce qu’il est simplement fourchu par son extrémité, au lieu d’y porter une anthère comme font les étamines. La barbe, c’est-à-dire la lèvre inférieure, se replie et pend en -bas, et, par cette situation, laisse voir presque jusqu’au fond le dedans de la corolle. Dans les lamiers cette barbe est refendue en longueur, dans son milieu, mais cela n’arrive pas de même aux autres labiées.
Si vous arrachez la corolle, vous arracherez avec elle les étamines qui y tiennent par leurs filets, et non pas au réceptacle, où le style restera seul attaché. En examinant comment les étamines tiennent à d’autres fleurs, on les trouve généralement attachées à la corolle quand elle est monopétale’, et au réceptacle ou au calice quand la corolle est polypétale: en sorte qu’on peut, en ce dernier cas, arracher les pétales sans arracher les étamines. De cette observation l’on tire une règle belle, facile, et même assez sûre, pour savoir si une corolle est d’une seule pièce ou de plusieurs, lorsqu’il est difficile, comme il l’est quelquefois, de s’en assurer immédiatement.
La corolle arrachée reste percée à son fond, parce qu’elle était attachée au réceptacle, laissant une ouverture circulaire par laquelle le pistil et ce qui l’entoure pénétrait au-dedans du tube et de la corolle. Ce qui entoure ce pistil dans le lamier et dans toutes les labiées, ce sont quatre embryons qui deviennent quatre graines nues, c’est-à-dire sans aucune enveloppe ; en sorte que ces graines, quand elles sont mûres, se détachent, et tombent à terre séparément. Voilà le caractère des labiées.
L’autre lignée ou section, qui est celle des personnées, se distingue des labiées ; premièrement par sa corolle, dont les deux lèvres ne sont pas ordinairement ouvertes et béantes, mais fermées et jointes, comme vous le pourrez voir dans la fleur de jardin appelée muflaude ou mufle de veau, ou bien, à son défaut, dans la linaire, cette fleur jaune à éperon, si commune en cette saison dans la campagne. Mais un caractère plus précis et plus sûr est qu’au lieu d’avoir quatre graines nues au fond du calice, comme les labiées, les personnées y ont toutes une capsule qui renferme les graines, et ne s’ouvre qu’à leur maturité pour les répandre. J’ajoute à ces caractères qu’un grand nombre de labiées sont ou des plantes odorantes et aromatiques, telles que l’origan, la marjolaine, le thym, le serpolet, le basilic, la menthe, l’hysope, la lavande, etc., ou des plantes odorantes et puantes, telles que diverses espèces d’orties mortes, staquis, crapaudines, marrube ; quelques-unes seulement, telles que la bugle, la brunelle, la toque, n’ont pas d’odeur, au lieu que les personnées sont pour la plupart des plantes sans odeur, comme la muflaude, la linaire, l’euphraise, la pédiculaire, la crête de coq, l’orobanche, la cimbalaire, la velvote, la digitale ; je ne connais guère d’odorantes dans cette branche que la scrophulaire, qui sente et qui pue, sans être aromatique. Je ne puis guère vous citer ici que des plantes qui vraisemblablement ne vous sont pas connues, mais que peu à peu vous apprendrez à connaître, et dont au moins à leur rencontre vous pourrez par vous-même déterminer la famille. Je voudrais même que vous tâchassiez d’en déterminer la lignée ou section par la physionomie, et que vous vous exerçassiez à juger, au simple coup d’œil, si la fleur en gueule que vous voyez est une labiée, ou une personnée. La figure extérieure de la corolle peut suffire pour vous guider dans ce choix, que vous pourrez vérifier ensuite en ôtant la corolle, et regardant au fond du calice ; car, si vous avez bien jugé, la fleur que vous aurez nommée labiée vous montrera quatre graines nues, et celle que vous aurez nommée personnée vous montrera un péricarpe: le contraire vous prouverait que vous vous êtes trompée ; et, par un second examen de la même plante, vous préviendrez une erreur semblable pour une autre fois. Voilà, chère cousine, de l’occupation pour quelques promenades. Je ne tarderai pas à vous en préparer pour celles qui suivront.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Madame Delessert
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre V
Du 16 juillet 1772.
Je vous remercie, chère cousine, des bonnes nouvelles que vous m’avez données de la maman. J’avais espéré le bon effet du changement d’air, et je n’en attends pas moins des eaux, et surtout du régime austère prescrit durant leur usage. Je suis touché du souvenir de cette bonne amie, et je vous prie de l’en remercier pour moi. Mais je ne veux pas absolument qu’elle m’écrive durant son séjour en Suisse ; et, si elle veut me donner directement de ses nouvelles, elle a près d’elle un bon secrétaire[5] qui s’en acquittera fort bien. Je suis plus charmé que surpris qu’elle réussisse en Suisse: indépendamment des grâces de son âge, et de sa gaieté vive et caressante, elle a dans le caractère un fonds de douceur et d’égalité dont je l’ai vue donner quelquefois à la grand’maman l’exemple charmant qu’elle a reçu de vous. Si votre sœur s’établit en Suisse, vous perdrez l’une et l’autre une grande douceur dans la vie, et elle surtout des avantages difficiles à remplacer. Mais votre pauvre maman qui, porte à porte, sentait pourtant si cruellement sa séparation d’avec vous, comment supportera-t-elle la sienne à une si grande distance ? C’est de vous encore qu’elle tiendra ses dédommagements et ses ressources. Vous lui en ménagez une bien précieuse en assouplissant dans vos douces mains la bonne et forte étoffe de votre favorite, qui, je n’en doute point, deviendra par vos soins aussi pleine de grandes qualités que de charmes. Ah ! cousine, l’heureuse mère que la vôtre !
Savez-vous que je commence à être en peine du petit herbier ? Je n’en ai d’aucune part aucune nouvelle, quoique j’en aie eu de M. G. depuis son retour, par sa femme, qui ne me dit pas de sa part un seul mot sur cet herbier. Je lui en ai demandé des nouvelles ; j’attends sa réponse. J’ai grand-peur que, ne passant pas à Lyon, il n’ait confié le paquet à quelque quidam qui, sachant que c’étaient des herbes sèches, aura pris tout cela pour du foin. Cependant, si, comme je l’espère encore, il parvient enfin à votre sœur Julie ou à vous, vous trouverez que je n’ai pas laissé d’y prendre quelque soin. C’est une perte qui, quoique petite, ne me serait pas facile à réparer promptement, surtout à cause du catalogue, accompagné de divers petits éclaircissements écrits sur-le-champ, et dont je n’ai gardé aucun double.
Consolez-vous, bonne cousine, de n’avoir pas vu les glandes des crucifères. De grands botanistes très bien oculés ne les ont pas mieux vues. Tournefort lui-même n’en fait aucune mention. Elles sont bien claires dans peu de genres, quoiqu’on en trouve des vestiges presque dans tous, et c’est à force d’analyser des fleurs en croix, et d’y voir toujours des inégalités au réceptacle, qu’en les examinant en particulier on a trouvé que ces glandes appartenaient au plus grand nombre des genres, et qu’on les suppose, par analogie, dans ceux même où on ne les distingue pas.
Let us begin with the labiate flowers. I would gladly use sage as an example—something that can be found in almost every garden. However, due to the peculiar and unusual structure of its stamens, some botanists have excluded it from the group of labiates, even though nature seems to have included it there. This leads me to look for another example in the genus Urtica, particularly in the species commonly known as white nettle, but which botanists prefer to call white woodruff, since its reproductive structure has nothing in common with that of a true nettle, despite their similar leaves. White woodruff is so widespread and blooms for such a long time that it should not be difficult to find. Without delving into the elegant arrangement of its flowers, I will simply describe their structure. White woodruff produces a single-petalated labiate flower whose corolla is concave and arched like a vault, covering the rest of the floral structure, especially the stamens, which are all closely arranged beneath this protective canopy. You can easily distinguish between the longer and shorter stamens, as well as the style in the center—of the same color but distinguished by its simply forked tip, unlike the stamens, which carry an anther. The lower lip of the corolla folds downward, allowing one to see almost all the way into the interior of the flower. In the genus Lamium, this lower lip is split lengthwise in the middle, but this does not occur in other labiate plants.
If you pull off the corolla, you will also remove the stamens that are attached to it via filaments, not to the receptacle, where the style will remain attached alone. By observing how stamens are connected to other flowers, one generally finds them attached to the corolla when it is monopetalous, and to the receptacle or calyx when it is polypetalous; thus, in the latter case, it is possible to remove the petals without removing the stamens. This observation leads to a simple, clear, and even fairly reliable rule for determining whether a corolla consists of a single piece or multiple parts, especially when it is difficult to determine immediately.
The removed corolla remains pierced at its base, because it was attached to the receptacle, leaving a circular opening through which the pistil and everything surrounding it could penetrate into the tube and the corolla itself. What surrounds this pistil in the lamina and in all labiate flowers are four embryos that eventually develop into four naked seeds—seeds without any covering at all. As a result, when these seeds mature, they detach and fall to the ground separately. Such is the characteristic of labiate flowers.
The other lineage or section, which consists of the plants belonging to the order Personae, is distinct from the Labiatae; firstly, because their corolla has two petals that are not usually open and gaping, but closed and joined together, as you can see in the garden flower called muflaude or cow’s-muzzle, or, in its absence, in the linaire, that yellow flower with a spur that is so common in the countryside during this season. But a more precise and reliable characteristic is that, whereas the Labiatae have four bare seeds at the bottom of their calyx, the plants of the order Personae all have a capsule that encloses the seeds and does not open until they are ripe in order to release them. I would also add that many members of the Labiatae are either aromatic plants with pleasant scents, such as oregano, marjoram, thyme, serpolet, basil, mint, hyssop, lavender, etc., or they are plants with unpleasant odors, such as various species of stinging nettles, staquis, buglosses, and marrubes; only a few, such as the bugleflower, brunelle, and toque, are odorless. In contrast, most plants of the order Personae are odorless, such as the muflaude, linaire, euphraise, pediculaire, cock’s-comb, orobanche, cimbalaire, velvote, and digitale. I am hardly aware of any aromatic plants in this group except for the scrophularia, which has both a pleasant and an unpleasant odor, but is not considered aromatic. Here, I can only mention plants that you may not be familiar with, but which you will gradually learn to recognize; at least when you encounter them, you will be able to determine their family on your own. I would even encourage you to try to identify their lineage or section based on their physical characteristics, and to practice judging at a glance whether the flower you see belongs to the Labiatae or the Personae order. The external shape of the corolla can often provide a clue; you can then verify this by removing the corolla and examining the inside of the calyx—if you have judged correctly, the plant you identified as belonging to the Labiatae will have four bare seeds, while one belonging to the Personae order will have a capsule. If not, it means you made a mistake; and by examining the same plant again, you can avoid making similar errors in the future. There you have, dear cousin, some material for your future walks. I will soon prepare more for you to explore.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame Delessert
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter V
From July 16, 1772.
I thank you, dear cousin, for the good news you gave me about our mother. I had hoped that the change of air would have a beneficial effect on her, and I have no less high expectations regarding the waters she will use, especially the strict regimen prescribed during their consumption. I am touched by the thought of this kind friend, and I ask you to thank her on my behalf. However, I absolutely do not want her to write to me while she is in Switzerland; and if she wishes to keep me informed directly, she has a capable secretary[5] at her disposal who will handle it very well. I am more pleased than surprised that she is succeeding in Switzerland: apart from the advantages of her age and her lively, gentle humor, she possesses a nature that is kind and generous, and I have seen her sometimes set an admirable example to our grandmother in this regard—an example she undoubtedly inherited from you. If your sister settles in Switzerland, both of you will lose a great source of comfort in your lives, especially she, for the benefits involved are difficult to replace. But how will your poor mother, who already suffers so greatly from being separated from you even though you live so close by, endure such a long separation? It is still from you that she will draw her solace and support. You are preserving something very precious for her by nurturing the good and strong qualities of your favorite in your kind hands—I have no doubt that with your care, she will become even more accomplished both in character and charm. Ah! Dear cousin, what a fortunate mother she has!
Do you know that I am beginning to worry about that little herbarium? I have heard no news of it from anywhere, although I received some information from Mr. G. after his return, through his wife, who does not mention a single word about the herbarium on his part. I asked her about its whereabouts and am waiting for his reply. I am very afraid that, since he did not stop in Lyon, he might have entrusted the package to someone who, thinking it contained dried herbs, would have taken it for hay. However, if, as I still hope, he eventually manages to reach your sister Julie or you, you will see that I did my best to take care of it. This loss, although small, would not be easy for me to replace quickly, especially because of the catalogue and various brief notes I made on the spot, of which I do not have any backups.
Consoles yourself, dear cousin, for not having seen these glands in the cruciferous plants. Even great botanists with excellent eyesight have not been able to see them more clearly. Tournefort himself makes no mention of them at all. These glands are quite evident in only a few genera, although traces of them can be found in nearly all. It was through careful analysis of cross-shaped flowers—and by noticing the irregularities on their receptacles—that it was discovered that these glands are present in the vast majority of genera. By analogy, it is assumed that they also exist in those genera where they are not visibly distinguishable.
Prendiamo innanzitutto le piante della famiglia delle Labiate. Vi potrei facilmente fare l’esempio della salvia, che si trova quasi in tutti i giardini. Tuttavia, la struttura particolare e insolita dei suoi stami ha portato alcuni botanici a escluderla dal gruppo delle Labiate, nonostante la natura sembri averla effettivamente inserita in questa categoria. Per questo motivo, preferisco cercare un altro esempio nelle piante del genere Urtica, in particolare nella specie comunemente chiamata “urtica bianca”, ma che i botanici definiscono più correttamente “lamier bianco”. Questa pianta, sebbene condivida molte caratteristiche con l’urtica comune, non presenta alcuna somiglianza nella sua forma di fioritura. L’urtica bianca, molto diffusa in tutte le regioni e in fiore per un periodo molto lungo, non dovrebbe essere difficile da trovare. Senza soffermarmi sull’elegante disposizione dei suoi fiori, mi limiterò a descriverne la struttura. L’urtica bianca presenta un fiore monopetalo e labiato; il “casco” che lo costituisce è concavo e ricurvo a forma di volta, e serve a coprire il resto del fiore, in particolare gli stami, i quali si trovano tutti e quattro ben raccolti sotto questo riparo. È facile distinguere la coppia di stami più lunga da quella più corta; al centro dei quattro stami si trova lo stilo, della stessa colore ma caratterizzato da un’estremità semplicemente biforcuta, a differenza degli stami che presentano antere. La “barba”, ovvero la parte inferiore del labbro del fiore, si piega e penzola verso il basso, permettendo di vedere quasi completamente l’interno della corolla. Nei lamier bianchi questa barba è divisa longitudinalmente a metà, ma questo non succede nelle altre piante della famiglia delle Labiate.
Se si strappa la corolla, si strappano anche gli stami che vi sono attaccati tramite dei filamenti, e non al ricettacolo, dove lo stilo rimane legato da solo. Esaminando il modo in cui gli stami sono collegati ad altre fioriture, si nota generalmente che sono attaccati alla corolla quando questa è monopetala, e al ricettacolo o al calice quando la corolla è polipetala; quindi, nel secondo caso, è possibile strappare i petali senza danneggiare gli stami. Da questa osservazione si può trarre una regola semplice, facile da applicare e abbastanza affidabile per capire se una corolla è composta da un solo pezzo o da più parti, quando a volte è difficile stabilirlo immediatamente.
Il bocciolo, una volta strappato, rimane perforato nella parte inferiore, poiché era fissato al gambo; questa apertura circolare permetteva che il pistillo e tutto ciò che lo circonda penetrassero all’interno del tubo e del bocciolo stesso. Ciò che circonda il pistillo, sia nel lembo che in tutti i petali, sono quattro embrioni che si sviluppano in quattro semi nudi, cioè privi di qualsiasi involucro; pertanto, quando questi semi maturano, si staccano e cadono a terra separatamente. Ecco le caratteristiche tipiche dei petali.
L’altra linea o sezione, quella delle piante della famiglia delle Labiatae, si distingue dalle altre famiglie di questa classe per diversi caratteristiche. Prima di tutto, il suo fiore presenta un labello la cui parte inferiore non è solitamente aperta e spalancata, ma chiusa e unita alle parti superiori del fiore, come potrete vedere nella pianta da giardino chiamata muflaude o mufle de veau, oppure, in sua assenza, nella linaire, quella pianta gialla con una sporgenza a forma di sperone, molto comune in campagna in questa stagione. Un carattere ancora più preciso e sicuro è rappresentato dal fatto che, a differenza delle Labiatae che presentano quattro semi nudi all’interno del calice, le piante della famiglia delle Personae hanno sempre un baccello che racchiude i semi e si apre soltanto al momento della loro maturazione per rilasciarli. Aggiungo anche che molte piante della famiglia delle Labiatae sono aromatiche o profumate, come l’origano, la maggiorana, il timo, il serpoletto, il basilico, la menta, l’isopuo, il lavanda, ecc.; altre invece sono puzzolenti, come diverse specie di ortiche. Solo alcune piante della famiglia delle Personae non hanno odore, come la muflaude, la linaire, l’euphrase, la pédiculaire, la crête de coq, l’orobanche, la cimbalaire, la velvote, la digitale. Conosco poche piante aromatiche appartenenti a questa famiglia, oltre alla scrophularia, che ha un odore sia gradevole che sgradevole, ma non è propriamente aromatica. Qui posso menzionare soltanto piante che probabilmente non vi sono familiari, ma che col tempo imparerete a riconoscere; almeno, quando le incontrerete, potrete da soli determinarne la appartenenza alla famiglia delle Labiatae o delle Personae. Vorrei anche che cercaste di individuare questi caratteristici osservando l’aspetto esterno del fiore e che vi esercitaste a giudicare, a prima vista, se si tratta di una pianta della famiglia delle Labiatae o delle Personae. La forma esterna del labello può essere un indizio utile per questa distinzione; inoltre, rimuovendo il labello e osservando l’interno del calice, potrete verificare la vostra ipotesi: se avete giudicato correttamente, la pianta appartenente alle Labiatae presenterà quattro semi nudi, mentre quella appartenente alle Personae avrà un baccello. Un secondo esame della stessa pianta vi aiuterà a evitare errori in futuro. Ecco, cara cugina, un’occupazione interessante per le vostre future passeggiate. Non tarderò a prepararvi altre informazioni utili per questo scopo.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Madame Delessert
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera V
Dal 16 luglio 1772.
Vi ringrazio molto, cara cugina, per le buone notizie che mi avete dato sulla mamma. Speravo che il cambiamento d’aria avesse un effetto positivo su di lei, e non aspetto meno lo stesso dalle acque, soprattutto dal rigido regime prescritto durante il loro utilizzo. Sono commosso dal ricordo di questa cara amica e vi prego di ringraziarla per me. Tuttavia, non desidero assolutamente che mi scriva durante il suo soggiorno in Svizzera; e se vuole comunicarmi direttamente le sue notizie, ha vicino a sé un ottimo segretario[5] che se ne occuperà molto bene. Sono più sorpreso che compiaciuto dal fatto che lei abbia successo in Svizzera: oltre alle grazie della sua età e alla sua vivace e affettuosa allegria, nel suo carattere c’è un fondo di dolcezza ed equanimità di cui ho visto alcune volte dare l’esempio meraviglioso alla nonna, esempio che lei stessa ha ricevuto da voi. Se vostra sorella si stabilisse in Svizzera, entrambe perdereste una grande fonte di dolcezza nella vita, soprattutto lei, che avrebbe vantaggi difficili da sostituire. Ma vostra povera mamma, che pur vivendo così vicino a voi provava una separazione così dolorosa, come riuscirà a sopportarla a una distanza così grande? Sarà ancora voi a fornirle conforto e aiuto. Le offrite un tesoro inestimabile: con le vostre dolci cure, state plasmando quella che sicuramente diventerà una persona piena di grandi qualità e fascino. Ah! Cara cugina, che madre fortunata avete!
Sapete che inizio a preoccuparmi per quel piccolo erbario? Non ho alcuna notizia al suo riguardo da nessuna parte; nonostante abbia ricevuto notizie di M. G. dopo il suo ritorno, tramite sua moglie, questa non mi dice una parola su quell’erbario. Gli ho chiesto notizie e aspetto la sua risposta. Temo molto che, non essendo passato per Lione, abbia affidato il pacco a qualcuno che, sapendo che si trattava di erbe secche, possa aver scambiato tutto per fieno. Tuttavia, se, come ancora spero, riuscirà finalmente ad arrivare da vostra sorella Julie o da voi, vedrete che non ho trascurato di prendermi cura di esso. È una perdita che, anche se piccola, non mi sarebbe facile recuperare rapidamente, soprattutto a causa del catalogo e dei vari brevi appunti scritti sul momento, di cui non ho conservato alcuna copia.
Consolati, cara cugina, per non aver visto queste ghiandole presenti nei crucifere: anche grandi botanici molto attenti non le hanno osservate con maggiore chiarezza. Nemmeno Tournefort ne fa menzione. Queste ghiandole sono ben visibili in pochi generi, sebbene ne si trovino tracce quasi in tutti. È stato solo attraverso l’analisi attenta dei fiori a forma di croce, notando sempre delle irregolarità nel loro ricettacolo, che si è potuto stabilire con certezza che appartengono alla maggior parte dei generi; e per analogia, si presume che siano presenti anche in quelli in cui non sono visibili.
Je comprends qu’on est fâché de prendre tant de peine sans apprendre les noms des plantes qu’on examine. Mais je vous avoue de bonne foi qu’il n’est pas entré dans mon plan de vous épargner ce petit chagrin. On prétend que la botanique n’est qu’une science de mots qui n’exerce que la mémoire, et n’apprend qu’à nommer des plantes: pour moi, je ne connais point d’étude raisonnable qui ne soit qu’une science de mots ; et auquel des deux, je vous prie, accorderai-je le nom de botaniste, de celui qui sait cracher un nom ou une phrase à l’aspect d’une plante, sans rien connaître à sa structure, ou de celui qui, connaissant très bien cette structure, ignore néanmoins le nom très arbitraire qu’on donne à cette plante en tel ou en tel pays ? Si nous ne donnons à vos enfants qu’une occupation amusante, nous manquons la meilleure moitié de notre but, qui est, en les amusant, d’exercer leur intelligence et de les accoutumer à l’attention. Avant de leur apprendre à nommer ce qu’ils voient, commençons par leur apprendre à le voir. Cette science, oubliée dans toutes les éducations, doit faire la plus importante partie de la leur. Je ne le redirai jamais assez ; apprenez-leur à ne jamais se payer de mots, et à croire ne rien savoir de ce qui n’est entré que dans leur mémoire.
Au reste, pour ne pas trop faire le méchant, je vous nomme pourtant des plantes sur lesquelles, en vous les faisant montrer, vous pouvez aisément vérifier mes descriptions. Vous n’aviez pas, je le suppose, sous vos yeux une ortie blanche en lisant l’analyse des labiées ; mais vous n’aviez qu’à envoyer chez l’herboriste du coin chercher de l’ortie blanche fraîchement cueillie, vous appliquiez à sa fleur ma description, et ensuite, examinant les autres parties de la plante de la manière dont nous traiterons ci-après, vous connaissiez l’ortie blanche infiniment mieux que l’herboriste qui la fournit ne la connaîtra de ses jours ; encore trouverons-nous dans peu le moyen de nous passer d’herboriste: mais il faut premièrement achever l’examen de nos familles. Ainsi je viens à la cinquième, qui, dans ce moment, est en pleine fructification.
Représentez-vous une longue tige assez droite, garnie alternativement de feuilles pour l’ordinaire découpées assez menu, lesquelles embrassent par leur base des branches qui sortent de leurs aisselles. De l’extrémité supérieure de cette tige partent, comme d’un centre, plusieurs pédicules ou rayons, qui, s’écartant circulairement et régulièrement comme les côtes d’un parasol, couronnent cette tige en forme d’un vase plus ou moins ouvert. Quelquefois ces rayons laissent un espace vide dans leur milieu, et représentent alors plus exactement le creux du vase ; quelquefois aussi ce milieu est fourni d’autres rayons plus courts, qui, montant moins obliquement, garnissent le vase, et forment conjointement avec les premiers, la figure à peu près d’un demi-globe, dont la partie convexe est tournée en-dessus.
Chacun de ces rayons ou pédicules est terminé à son extrémité non pas encore par une fleur, mais par un autre ordre de rayons plus petits qui couronnent chacun des premiers, précisément comme ces premiers couronnent la tige.
Ainsi, voilà deux ordres pareils et successifs: l’un, de grands rayons qui terminent la tige, l’autre, de petits rayons semblables qui terminent chacun des grands.
Les rayons des petits parasols ne se subdivisent plus, mais chacun d’eux est le pédicule d’une petite fleur dont nous parlerons tout-à-l’heure.
Si vous pouvez vous former l’idée de la figure que je viens de vous décrire, vous aurez celle de la disposition des fleurs dans la famille des ombellifères ou porte-parasols, car le mot latin umbella signifie un parasol.
Quoique cette disposition régulière de la fructification soit frappante, et assez constante dans toutes les ombellifères, ce n’est pourtant pas elle qui constitue le caractère de la famille: ce caractère se tire de la structure même de la fleur, qu’il faut maintenant vous décrire.
Mais il convient, pour plus de clarté, de vous donner ici une distinction générale sur la disposition relative de la fleur et du fruit dans toutes les plantes, distinction qui facilite extrêmement leur arrangement méthodique, quelque système qu’on veuille choisir pour cela.
Il y a des plantes, et c’est le plus grand nombre, par exemple l’œillet, dont l’ovaire est évidemment enfermé dans la corolle. Nous donnerons à celles-là le nom de fleurs infères, parce que les pétales embrassant l’ovaire prennent leur naissance au-dessous de lui.
Dans d’autres plantes en assez grand nombre, l’ovaire se trouve placé, non dans les pétales, mais au-dessous d’eux: ce que vous pouvez voir dans la rose ; car le gratte-cul, qui en est le fruit, est ce corps vert et renflé que vous voyez au-dessous du calice, par conséquent aussi au-dessous de la corolle, qui, de cette manière, couronne cet ovaire et ne l’enveloppe pas. J’appellerai celles-ci fleurs supères, parce que la corolle est au-dessus du fruit. On pourrait faire des mots plus francisés, mais il me paraît avantageux de vous tenir toujours le plus près qu’il se pourra des termes admis dans la botanique, afin que, sans avoir besoin d’apprendre ni latin ni grec, vous puissiez néanmoins entendre passablement le vocabulaire de cette science, pédantesquement tiré de ces deux langues, comme si, pour connaître les plantes, il fallait commencer par être un savant grammairien.
Tournefort exprimait la même distinction en d’autres termes: dans le cas de la fleur infère, il disait que le pistil devenait fruit ; dans le cas de le fleur supère, il disait que le calice devenait fruit. Cette manière de s’exprimer pouvait être aussi claire, mais elle n’était certainement pas aussi juste. Quoi qu’il en soit, voici une occasion d’exercer, quand il en sera temps, vos jeunes élèves à savoir démêler les mêmes idées, rendues par des termes tout différents.
Je vous dirai maintenant que les plantes ombellifères ont la fleur supère, ou posée sur le fruit. La corolle de cette fleur est à cinq pétales appelés réguliers, quoique souvent les deux pétales, qui sont tournés en -dehors dans les fleurs qui bordent l’ombelle, soient plus grands que les trois autres.
La figure de ces pétales varie selon les genres, mais le plus communément elle est en cœur ; l’onglet qui porte sur l’ovaire est fort mince ; la lame va en s’élargissant ; son bord est émarginé (légèrement échancré) ; ou bien il se termine en une pointe qui, se repliant en-dessus, donne encore au pétale l’air d’être émarginé, quoiqu’on le vît pointu s’il était déplié.
Entre chaque pétale est une étamine dont l’anthère, débordant ordinairement la corolle, rend les cinq étamines plus visibles que les cinq pétales. Je ne fais pas ici mention du calice, parce que les ombellifères n’en ont aucun bien distinct.
Du centre de la fleur partent deux styles garnis chacun de leur stigmate, et assez apparents aussi, lesquels, après la chute des pétales et des étamines, restent pour couronner le fruit.
La figure la plus commune de ce fruit est un ovale un peu allongé, qui, dans sa maturité, s’ouvre par la moitié, et se partage en deux semences nues attachées au pédicule, lequel, par un art admirable, se divise en deux, ainsi que le fruit, et tient les graines séparément suspendues, jusqu’à leur chute.
Toutes ces proportions varient selon les genres, mais en voilà l’ordre le plus commun. Il faut, je l’avoue, avoir l’œil très attentif pour bien distinguer sans loupe de si petits objets ; mais ils sont si dignes d’attention, qu’on n’a pas regret à sa peine.
Voici donc le caractère propre de la famille des ombellifères. Corolle supère à cinq pétales, cinq étamines, deux styles portés sur un fruit nu disperme, c’est-à-dire composé de deux graines accolées.
Toutes les fois que vous trouverez ces caractères réunis dans une fructification, comptez que la plante est une ombellifère, quand même elle n’aurait d’ailleurs, dans son arrangement, rien de l’ordre ci-devant marqué. Et quand vous trouveriez tout cet ordre de parasols conforme à ma description, comptez qu’il vous trompe, s’il est démenti par l’examen de la fleur.
S’il arrivait, par exemple, qu’en sortant de lire ma lettre vous trouvassiez, en vous promenant, un sureau encore en fleur, je suis presque assuré qu’au premier aspect vous diriez, Voilà une ombellifère. En y regardant, vous trouveriez grande ombelle, petite ombelle, petites fleurs blanches, corolle supère, cinq étamines: c’est une ombellifère assurément ; mais voyons encore: je prends une fleur.
D’abord au lieu de cinq pétales, je trouve une corolle à cinq divisions, il est vrai, mais néanmoins d’une seule pièce: or, les fleurs des ombellifères ne sont pas monopétales. Voilà bien cinq étamines ; mais je ne vois point de styles, et je vois plus souvent trois stigmates que deux ; plus souvent trois graines que deux: or, les ombellifères n’ont jamais ni plus ni moins de deux stigmates, ni plus ni moins de deux graines pour chaque fleur. Enfin, le fruit du sureau est une baie molle ; et celui des ombellifères est sec et nu. Le sureau n’est donc pas une ombellifère.
I understand that it’s frustrating to put in so much effort only to learn the names of the plants one is studying. But I must honestly admit that saving you this little annoyance was not part of my plan. Some claim that botany is merely a science of words that exercises memory and teaches people how to name plants. In my view, there is no legitimate field of study that is nothing more than a science of words. Now, which of these two individuals would I consider a true botanist: the one who can recite a name or phrase at the sight of a plant without knowing anything about its structure, or the one who knows that structure very well but still ignores the arbitrary name given to that plant in a particular country? If we only provide our children with an entertaining activity, we are missing the most important goal of educating them—using fun as a means to exercise their intelligence and train their attention. Before teaching them to name what they see, let’s first teach them how to observe it properly. This science, neglected in all other educational systems, should occupy a central place in our children’s education. I will never say this enough: teach them to never rely on mere words and to recognize that what is stored only in their memory does not constitute true knowledge.
Besides, so as not to seem too harsh, I will still mention some plants that you can easily use to verify my descriptions once I show them to you. I suppose you didn’t have a white nettle in front of your eyes when reading the analysis of the Lamiaceae family; but all you had to do was go to the local herbalist and ask for freshly picked white nettles. By applying my description to their flowers, and then examining the other parts of the plant in the way we will discuss later on, you would come to know the white nettle far better than the herbalist who sells them could ever know it himself. In fact, we will soon find a way to do without herbalists altogether; but for now, we must first complete our examination of these plant families. Thus, I turn to the fifth family, which is currently in full bloom.
Imagine a long, fairly straight stem, alternately covered with leaves that are quite finely cut at their bases; these leaves encircle branches that emerge from their “armpits.” From the upper end of this stem, like rays radiating from a center, several stalks or rays extend outward in a regular, circular pattern, resembling the ribs of an umbrella. These rays form a structure that resembles a vase, more or less open in shape. Sometimes these rays leave a hollow space in their middle, making them more accurately represent the “cavity” of the vase; at other times, shorter rays fill this central space, rising at a shallower angle and together with the longer ones creating a shape roughly resembling a hemisphere, with the convex side facing upward.
Each of these rays or pedicels is not terminated at its end by a flower, but rather by another order of smaller rays that surround and crown each of the former ones, just as those smaller rays in turn crown the main stem.
Thus, we have two similar and successive arrangements: one consisting of large rays that terminate the stem, and the other consisting of smaller rays that each terminate one of the larger rays.
The rays of the small umbrellas no longer divide further; each of them serves as the stalk of a tiny flower about which we will speak later.
If you can form an image of the structure I just described to you, you will be imagining the arrangement of flowers in the family of umbellifers, or umbrella plants, because the Latin word “umbella” means umbrella.
Although this regular pattern of fruiting is quite striking and fairly consistent among all umbelliferous plants, it is not this feature that defines the characteristics of this family. Rather, these characteristics stem from the very structure of the flower itself, which I will now describe to you.
However, for the sake of greater clarity, it is appropriate to provide you here with a general distinction regarding the relative arrangement of the flower and the fruit in all plants. This distinction greatly facilitates their systematic organization, regardless of the system chosen for doing so.
There are plants, and they constitute the majority of such organisms; for example, the rose, whose ovary is clearly enclosed within the corolla. We will refer to these plants as inferior flowers, because the petals that surround the ovary originate below it.
In a considerable number of other plants, the ovary is not located within the petals but beneath them—something you can observe in roses, for example. The fruit of a rose, namely the hip, is that green, swollen structure that you see below the calyx and, consequently, also below the corolla, which in this case surrounds the ovary but does not actually enclose it. I will refer to these plants as “superficial flowers,” because the corolla is situated above the fruit. One could certainly use more modern terms, but I believe it is beneficial to stick as closely as possible to the terminology commonly used in botany. This way, without having to learn Latin or Greek, you can still grasp the vocabulary of this science—though that vocabulary is often derived from these two languages in a rather pedantic manner. It’s almost as if one had to become a skilled grammarian before even beginning to understand plants.
Tournefort expressed the same distinction in different terms: in the case of the inferior flower, he said that the pistil became fruit; in the case of the superior flower, he said that the calyx became fruit. This way of expressing things might have been just as clear, but it certainly was not as accurate. In any case, this provides an opportunity to exercise your young students in distinguishing between these same concepts when the time comes—concepts expressed using entirely different terminology.
I will now tell you that umbelliferous plants have their superior flower, or the flower that is positioned on top of the fruit. The corolla of this flower consists of five petals, which are considered regular in shape; however, often the two petals that turn outward in the flowers located at the edge of the umbel are larger than the other three.
The shape of these petals varies depending on the species, but they are most commonly heart-shaped; the stalk that attaches them to the ovary is very thin; the blade of the petal widens as it goes upwards; its edge is slightly notched; or else it ends in a point that, when folded upwards, gives the petal the appearance of being notched again, although it appears sharp when unfolded.
Between each petal lies a stamen; the anther, which usually extends beyond the corolla, makes the five stamens more visible than the five petals. I do not mention the calyx here, because umbelliferous plants do not possess one that is clearly distinguishable.
From the center of the flower emerge two stalks, each adorned with its own stigma, which are also quite prominent. After the petals and stamens fall off, these stalks remain to crown the fruit.
The most common shape of this fruit is an elongated oval that, when ripe, splits open down the middle, revealing two naked seeds attached to a stalk. This stalk, through a marvelously ingenious mechanism, divides into two parts just like the fruit itself, allowing the seeds to hang separately until they fall off.
All these proportions vary depending on the genre, but this is the most common order. I must admit that one needs to have a very keen eye in order to distinguish such small objects without a magnifying glass; yet they are so worthy of attention that the effort is not in vain.
This is thus the distinctive characteristic of the Apiaceae family. The superior corolla consists of five petals, five stamens, and two styles; these structures are associated with an achene fruit that disperses its seeds—specifically, two seeds that are attached together.
Every time you encounter these characters grouped together in a particular arrangement, assume that the plant is an umbelliferous one—even though its actual structure may not reflect the order described above. And whenever you observe such an orderly arrangement of “parasols” that conforms to my description, be aware that it might be misleading if the actual flower does not match this pattern.
For instance, if, after reading my letter, you happened to come across a snowball tree still in bloom while taking a walk, I’m almost certain that at first glance you would say, “Here’s a composite plant.” Upon closer inspection, you would notice the large and small umbels, the white flowers, and the five stamens—it’s definitely a composite plant. But let’s take another look: I pick a flower.
First of all, instead of five petals, I find a corolla with five divisions—true enough—but still composed of a single piece; yet the flowers of umbelliferous plants are not monopetalous. Here are clearly five stamens; but I see no styles, and it is far more common to find three pistils than two; likewise, three seeds are usually present rather than two. Moreover, the fruit of the rowan is a soft berry, whereas the fruit of umbelliferous plants is dry and bare. Therefore, the rowan is not an umbelliferous plant.
Capisco che sia fastidioso impegnarsi tanto senza imparare i nomi delle piante che si esaminano. Ma vi confesso onestamente che non era nei miei piani risparmiarvi questo piccolo dispiacere. Si dice che la botanica sia soltanto una scienza dei termini, che eserciti soltanto la memoria e che insegni solo a nominare le piante; per me, tuttavia, non conosco alcuna disciplina seria che non sia anche una scienza dei termini. E tra queste due, vi chiedo: a chi darete il nome di botanico? A colui che sa pronunciare un nome o una frase al vedere una pianta, senza conoscere nulla della sua struttura, o a colui che conosce molto bene questa struttura ma ignora comunque il nome arbitrario che le viene dato in questo o quel paese? Se offriamo ai nostri figli soltanto un’occupazione divertente, manchiamo della metà più importante del nostro obiettivo: quello di esercitare la loro intelligenza e abituarli all’attenzione, mentre li intrattengiamo. Prima di insegnare loro a nominare ciò che vedono, iniziamo col far loro imparare a vederlo. Questa scienza, trascurata in tutte le forme di educazione, dovrebbe costituire la parte più importante della loro formazione. Non lo ripeterò mai abbastanza: insegnate loro a non accontentarsi mai dei semplici nomi, e a credere di non sapere nulla di ciò che non è entrato realmente nella loro memoria.
Del resto, per non essere troppo duro con voi, vi elenco alcune piante che, mostrandovele, potrete facilmente verificare le mie descrizioni. Immagino che leggendo l’analisi delle piante della famiglia delle Labiate non aveste mai visto un’ortica bianca davanti ai vostri occhi; ma bastava andare dal botanico del quartiere a prendere dell’ortica bianca appena raccolta, applicare alla sua fioritura le mie descrizioni e, esaminando poi le altre parti della pianta nel modo che illustreremo in seguito, avreste conosciuto l’ortica bianca molto meglio di quanto il botanico stesso possa mai conoscerla in tutta la sua vita. In breve, presto troveremo il modo di fare a meno anche del botanico. Ma prima dobbiamo completare l’esame delle nostre famiglie vegetali. E così arrivo alla quinta famiglia, che in questo momento è in piena fioritura.
Immaginatevi un lungo stelo abbastanza dritto, adornato alternativamente di foglie piuttosto sottili, le quali, alla loro base, avvolgono dei rami che sporgono dalle loro “ascelle”. Dalla parte superiore di questo stelo partono, come da un centro, diversi peduncoli o raggi che, allargandosi in modo circolare e regolare, simili alle coste di un ombrello, coronano lo stelo formando una struttura a forma di vaso, più o meno aperto. A volte questi raggi lasciano uno spazio vuoto al loro interno, rappresentando così più fedelmente il “basso” del vaso; altre volte questo spazio è occupato da altri raggi più corti che, salendo in modo meno obliquo, completano la forma del vaso, formando insieme ai primi una struttura simile a un semisfero, la cui parte convessa è rivolta verso l’alto.
Ogni uno di questi raggi o peduncoli è terminato, alla sua estremità, non da una fiore, ma da un altro insieme di raggi più piccoli che ne circondano ciascuno, esattamente come questi primi raggi circondano il gambo.
Ecco quindi due ordini simili e successivi: il primo, costituito da grandi raggi che terminano la stecca; il secondo, da piccoli raggi simili che terminano ciascuno dei grandi raggi.
I raggi dei piccoli ombrellini non si suddividono più; ciascuno di essi costituisce il peduncolo di una piccola fiorellina di cui parleremo tra poco.
Se riuscite a immaginare la figura che vi ho appena descritto, avrete l’idea della disposizione dei fiori nella famiglia delle ombrellifere, poiché il termine latino “umbella” significa proprio ombrello.
Sebbene questa regolare disposizione della fruttificazione sia evidente e abbastanza costante in tutte le piante dell’ordine delle ombellifere, non è essa a costituire il carattere distintivo di questa famiglia: tale carattere deriva invece dalla struttura stessa del fiore, che ora vi descriverò.
Ma, per maggiore chiarezza, è necessario fornirvi qui una distinzione generale riguardo alla disposizione relativa del fiore e del frutto in tutte le piante; questa distinzione facilita notevolmente la loro classificazione metodica, indipendentemente dal sistema che si sceglie per farlo.
Esistono piante, e sono la maggioranza, come ad esempio il giglio, le cui ovare sono chiaramente racchiuse all’interno del fiore. Chiameremo queste piante “fiori inferiori”, perché i petali che avvolgono l’ovario si sviluppano al di sotto di esso.
In molte altre piante, l’ovario non si trova all’interno dei petali, ma al di sotto di essi; è questo che si può osservare nella rosa: infatti, il frutto della rosa, ovvero il bocciolo verde e rigonfio che si vede sotto il calice, si trova quindi anche al di sotto del riccio di petali, che in questo modo “corona” l’ovario senza avvolgerlo completamente. Chiamerò queste piante “fiori superiori”, poiché il riccio di petali si trova sopra il frutto. Si potrebbero usare termini più moderni e familiari, ma ritengo sia vantaggioso utilizzare sempre, quanto più possibile, i termini accettati in botanica; così, senza dover imparare latino o greco, sarete in grado di comprendere correttamente il vocabolario di questa scienza, che, pur essendo stato tratto da queste due lingue, non è necessariamente difficile da comprendere. Come se, per conoscere le piante, fosse necessario prima diventare dei grandi grammatici.
Tournefort esprimeva la stessa distinzione in altri termini: nel caso della fiore inferiore, affermava che il pistillo diventasse frutto; nel caso della fiore superiore, sosteneva che il calice diventasse frutto. Questo modo di esprimersi poteva essere altrettanto chiaro, ma certamente non altrettanto accurato. Comunque sia, questa è un’occasione per far sì che i vostri giovani studenti, quando sarà il momento, imparino a distinguere le stesse idee espresse con termini completamente diversi.
Ora vi dirò che le piante ombellifere presentano un fiore superiore, posizionato sopra il frutto. Il petaloio di questo fiore è composto da cinque petali chiamati regolari; tuttavia, spesso i due petali che si estendono all’esterno nei fiori situati ai bordi dell’ombrello sono più grandi degli altri tre.
La forma di questi petali varia a seconda del genere, ma più comunemente ha la forma di un cuore; l’apice che si appoggia sull’ovario è molto sottile; la lamina del petalo si allarga progressivamente verso l’estremità; il suo bordo presenta una leggera incisione; in alcuni casi, l’apice termina in una punta che, ripiegandosi verso l’interno, dà al petalo l’aspetto di essere ancora marginato, anche se, se aperto completamente, appare affilato.
Tra ogni petalo si trova un stame; l’antera, che di solito sporge oltre il gambo del fiore, rende i cinque stami più visibili dei cinque petali. Qui non menziono il calice, poiché le ombellifere ne sono completamente sprovviste.
Dall’ centro del fiore partono due stami, ciascuno munito del proprio stigma e abbastanza evidenti; questi, dopo la caduta dei petali e degli stami, rimangono a circondare il frutto.
La forma più comune di questo frutto è ovale e leggermente allungata; al momento della maturazione, si apre a metà, dividendosi in due semi nudi attaccati a un peduncolo che, con un meccanismo straordinario, si divide anch’esso in due, permettendo ai semi di rimanere sospesi separatamente fino alla loro caduta.
Tutte queste proporzioni variano a seconda dei generi, ma ecco l’ordine più comune. Devo ammettere che è necessario avere un occhio molto attento per riconoscere con precisione oggetti così piccoli senza l’ausilio di una lente; tuttavia, essi sono così degni di attenzione che non ci si pente affatto dello sforzo profuso.
Ecco quindi il carattere specifico della famiglia delle ombellifere: un fiore superiore con cinque petali, cinque stami e due stili; il frutto è nudo e disseminato, cioè composto da due semi attaccati tra loro.
Ogni volta che noterete questi caratteri riuniti in un determinato disposto, considerate che la pianta appartiene al gruppo delle ombellifere, anche se nella sua struttura non presenti alcun dei segni descritti sopra. E quando incontrerete un disposto di fiori simile a quello descritto da me, sappiate che potrebbe trattarsi di un’illusione, qualora l’esame del fiore stesso lo contraddica.
Se, ad esempio, dopo aver letto la mia lettera vi capita di trovare, passeggiando, un gelso ancora in fiore, sono quasi certo che a prima vista direste: “Ecco una pianta dell’ordine delle ombellifere”. Guardandola più da vicino, notereste un grande riccio di foglie, piccoli boccioli bianchi e cinque stami: è sicuramente una pianta dell’ordine delle ombellifere. Ma aspettate. Prendo un fiore per esaminarlo meglio.
Innanzitutto, al posto di cinque petali, trovo un riccio composto da cinque parti distinte, è vero, ma comunque costituito da un unico pezzo; inoltre, i fiori delle piante dell’ordine degli ombellifere non sono monopetali. Ci sono ben cinque stami, ma non vedo alcun stilo; inoltre, spesso si riscontrano tre stigma invece di due, e altrettanto frequentemente tre semi invece di due. Tuttavia, le piante dell’ordine degli ombellifere presentano sempre esattamente due stigma e due semi per fiore. Infine, il frutto del sorbo è una bacca molle, mentre quello delle piante dell’ordine degli ombellifera è secco e privo di peli. Pertanto, il sorbo non appartiene all’ordine degli ombellifere.
Si vous revenez maintenant sur vos pas en regardant de plus près à la disposition des fleurs, vous verrez que cette disposition n’est qu’en apparence celle des ombellifères. Les grands rayons, au lieu de partir exactement du même centre, prennent leur naissance les uns plus haut, les autres plus bas ; les petits naissent encore moins régulièrement: tout cela n’a point l’ordre invariable des ombellifères. L’arrangement des fleurs du sureau est en corymbe, ou bouquet, plutôt qu’en ombelles. Voilà comment, en nous trompant quelquefois, nous finissons par apprendre à mieux voir.
Le chardon-roland, au contraire, n’a guère le port d’une ombellifère, et néanmoins c’en est une, puisqu’il en a tous les caractères dans sa fructification. Où trouver, me direz-vous, le chardon-roland ? par toute la campagne ; tous les grands chemins en sont tapissés à droite et à gauche ; le premier paysan peut vous le montrer, et vous le reconnaîtrez presque vous-même à la couleur bleuâtre ou vert-de-mer de ses feuilles, à leurs durs piquants, et à leur consistance lisse et coriace comme du parchemin. Mais on peut laisser une plante aussi intraitable ; elle n’a pas assez de beauté pour dédommager des blessures qu’on se fait en l’examinant: et fût-elle cent fois plus jolie, ma petite cousine, avec ses petits doigts sensibles, serait bientôt rebutée de caresser une plante de si mauvaise humeur.
La famille des ombellifères est nombreuse, et si naturelle, que ses genres sont très difficiles à distinguer ; ce sont des frères que la grande ressemblance fait souvent prendre l’un pour l’autre. Pour aider à s’y reconnaître, on a imaginé des distinctions principales qui sont quelquefois utiles, mais sur lesquelles il ne faut pas non plus trop compter. Le foyer d’où partent les rayons, tant de la grande que de la petite ombelle, n’est pas toujours nu ; il est quelquefois entouré de folioles, comme d’une manchette. On donne à ces folioles le nom d’involucre (enveloppe). Quand la grande ombelle a une manchette, on donne à cette manchette le nom de grand involucre: on appelle petits involucres ceux qui entourent quelquefois les petites ombelles. Cela donne lieu à trois sections des ombellifères.
1° Celles qui ont grand involucre et petits involucres.
2° Celles qui n’ont que les petits involucres seulement ;
3° Celles qui n’ont ni grand ni petits involucres.
Il semblerait manquer une quatrième division de celles qui ont un grand involucre et point de petits, mais on ne connaît aucun genre qui soit constamment dans ce cas.
Vos étonnants progrès, chère cousine, et votre patience m’ont tellement enhardi que, comptant pour rien votre peine, j’ai osé vous décrire la famille des ombellifères sans fixer vos yeux sur aucun modèle ; ce qui a rendu nécessairement votre attention beaucoup plus fatigante. Cependant j’ose douter, lisant comme vous savez faire, qu’après une ou deux lectures de ma lettre, une ombellifère en fleurs échappe à votre esprit en frappant vos yeux ; et dans cette saison, vous ne pouvez manquer d’en trouver plusieurs dans les jardins et dans la campagne.
Elles ont, la plupart, les fleurs blanches. Telles sont la carotte, le cerfeuil, le persil, la ciguë, l’angélique, la berce, la berle, la boucage, le chervis ou girole, la perce-pierre, etc.
Quelques-unes, comme le fenouil, l’aneth, le panais, sont à fleurs jaunes: il y en a peu à fleurs rougeâtres, et point d’aucune autre couleur.
Voilà, me direz-vous, une belle notion générale des ombellifères: mais comment tout ce vague savoir me garantira-t-il de confondre la ciguë avec le cerfeuil et le persil, que vous venez de nommer avec elle ? La moindre cuisinière en saura là-dessus plus que nous avec toute notre doctrine. Vous avez raison. Mais cependant, si nous commençons par les observations de détails, bientôt, accablés par le nombre, la mémoire nous abandonnera, et nous nous perdrons dès le premier pas dans ce règne immense: au lieu que, si nous commençons par bien reconnaître les grandes routes, nous nous égarerons rarement dans les sentiers, et nous nous retrouverons partout sans beaucoup de peine. Donnons cependant quelque exception à l’utilité de l’objet, et ne nous exposons pas, tout en analysant le règne végétal, à manger par ignorance une omelette à la ciguë.
La petite ciguë des jardins est une ombellifère, ainsi que le persil et le cerfeuil. Elle a la fleur blanche comme l’un et l’autre[6] ; elle est avec le dernier dans la section qui a la petite enveloppe et qui n’a pas la grande ; elle leur ressemble assez par son feuillage, pour qu’il ne soit pas aisé de vous en marquer par écrit les différences. Mais voici des caractères suffisants pour ne vous y pas tromper.
Il faut commencer par voir en fleurs ces diverses plantes, car c’est en cet état que la ciguë a son caractère propre. C’est d’avoir sous chaque petite ombelle un petit involucre composé de trois petites folioles pointues, assez longues, et toutes trois tournées en dehors ; au lieu que les folioles des petites ombelles du cerfeuil l’enveloppent tout autour, et sont tournées également de tous les côtés. A l’égard du persil, à peine a-t-il quelques courtes folioles, fines comme des cheveux, et distribuées indifféremment, tant dans la grande ombelle que dans les petites, qui toutes sont claires et maigres.
Quand vous vous serez bien assurée de la ciguë en fleurs, vous vous confirmerez dans votre jugement en froissant légèrement et flairant son feuillage ; car son odeur puante et vireuse ne vous la laissera pas confondre avec le persil ni avec le cerfeuil, qui, tous deux, ont des odeurs agréables. Bien sûre enfin de ne pas faire de quiproquo, vous examinerez ensemble et séparément ces trois plantes dans tous leurs états et par toutes leurs parties, surtout par le feuillage, qui les accompagne plus constamment que la fleur ; et par cet examen, comparé et répété jusqu’à ce que vous ayez acquis la certitude du coup d’œil, vous parviendrez à distinguer et connaître imperturbablement la ciguë. L’étude nous mène ainsi jusqu’à la porte de la pratique, après quoi celle-ci fait la facilité du savoir.
Prenez haleine, chère cousine, car voilà une lettre excédante ; je n’ose même vous promettre plus de discrétion dans celle qui doit la suivre, mais après cela nous n’aurons devant nous qu’un chemin bordé de fleurs. Vous en méritez une couronne pour la douceur et la constance avec laquelle vous daignez me suivre à travers ces broussailles, sans vous rebuter de leurs épines.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Madame Delessert
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre VI
Du 2 mai 1773.
Quoiqu’il vous reste, chère cousine, bien des choses à désirer dans les notions de nos cinq premières familles, et que je n’aie pas toujours su mettre mes descriptions à la portée de notre petite botanophile (amatrice de la botanique), je crois néanmoins vous en avoir donné une idée suffisante pour pouvoir, après quelques mois d’herborisation, vous familiariser avec l’idée générale du port de chaque famille: en sorte qu’à l’aspect d’une plante vous puissiez conjecturer à peu près si elle appartient à quelqu’une des cinq familles, et à laquelle, sauf à vérifier ensuite, par l’analyse de la fructification, si vous vous êtes trompée ou non dans votre conjecture. Les ombellifères, par exemple, vous ont jetée dans quelque embarras, mais dont vous pouvez sortir quand il vous plaira, au moyen des indications que j’ai jointes aux descriptions ; car enfin les carottes, les panais, sont choses si communes, que rien n’est plus aisé, dans le milieu de l’été, que de se faire montrer l’une ou l’autre en fleurs dans un potager. Or, au simple aspect de l’ombelle et de la plante qui la porte, on doit prendre une idée si nette des ombellifères, qu’à la rencontre d’une plante de cette famille, on s’y trompera rarement au premier coup-d’oeil. Voilà tout ce que j’ai prétendu jusqu’ici ; car il ne sera pas question si tôt des genres et des espèces ; et, encore une fois, ce n’est pas une nomenclature de perroquet qu’il s’agit d’acquérir, mais une science réelle, et l’une des sciences les plus aimables qu’il soit possible de cultiver. Je passe donc à notre sixième famille avant de prendre une route plus méthodique: elle pourra vous embarrasser d’abord, autant et plus que les ombellifères. Mais mon but n’est, quant à présent, que de vous en donner une notion générale, d’autant plus que nous avons bien du temps encore avant celui de la pleine floraison, et que ce temps, bien employé, pourra vous aplanir des difficultés contre lesquelles il ne faut pas lutter encore.
If you now re-examine the arrangement of these flowers more closely, you will see that this arrangement is merely superficially similar to that of composite plants. The larger rays do not originate from exactly the same center; some begin higher up, others lower down; the smaller rays are even less regularly distributed—none of this conforms to the unchanging pattern of composite flowers. In fact, the arrangement of the flowers on the buckthorn is more akin to a corymbe, or a cluster of flowers, rather than a composite inflorescence. Such is how, sometimes by deceiving ourselves, we end up learning to see things more clearly.
On the contrary, the goat’s-rue hardly bears any resemblance to an umbelliferous plant; yet it is one indeed, for it possesses all the characteristics of such plants during its flowering period. Where can one find the goat’s-rue? Throughout the countryside; every major road is lined with it on both sides. Any farmer could point it out to you, and you would almost immediately recognize it by the bluish-green or sea-green color of its leaves, their sharp thorns, and their smooth, leathery texture resembling parchment. But one might well decide to ignore such a stubborn plant; it doesn’t possess enough beauty to compensate for the scratches one might get while handling it. And even if it were a hundred times more attractive, my little cousin, with her delicate fingers, would soon grow tired of touching a plant so ungraceful and unpleasant to handle.
The family of umbellifers is numerous and so natural that it is very difficult to distinguish between its different genera; they are like brothers, so closely related that they are often mistaken for one another due to their great similarity. To help in identifying them, certain main distinctions have been established—though these are sometimes useful, they should not be relied upon too heavily. The center from which the rays radiate, whether in the large or small umbel, is not always bare; it is sometimes surrounded by leaf-like structures, resembling a collar. These leaf-like structures are called the involucre (the covering). When the large umbel has such a collar, it is referred to as the large involucre; those that surround the smaller umbels are called small involucres. This classification divides the umbellifers into three main sections.
1° Those with large bracts and small bracts.
2° Those that have only the small involucrae;
3° Those that have neither large nor small involucres.
It would seem that there is a fourth category among those with large involucres and no small ones, but we are not aware of any genus that consistently falls into this category.
Your remarkable progress, dear cousin, and your patience have greatly encouraged me. Considering your efforts as insignificant, I dared to describe the family of umbellifers to you without referring to any specific specimens; this inevitably required greater mental effort on your part. However, I doubt that after reading my letter once or twice, the sight of a blooming umbellifer would fail to strike your attention; and at this time of year, you must surely be able to find many of them in gardens and in the countryside.
Most of them have white flowers. These include the carrot, parsley, cilantro, cowherb, angelica, shepherd’s purse, wood sorrel, buckthorn, and others.
Some of them, such as fennel, anise, and parsnip, have yellow flowers; there are few with reddish flowers, and none with any other color.
Well, you might say, this provides a general understanding of the umbelliferous plants—but how can all this vague knowledge guarantee that I won’t mistake hemlock for parsley or dill, which you just mentioned alongside it? Any average cook would know more about this than we do, despite all our theoretical knowledge. You’re right. However, if we start by examining the details one by one, soon, overwhelmed by the sheer quantity of information, our memory will fail us, and we’ll get lost at the very first step in this vast realm of plants. But if instead we focus on identifying the main categories first, we’ll rarely go astray along the various pathways and will easily find our way everywhere. Nevertheless, let’s acknowledge that there are exceptions to the usefulness of such general knowledge—after all, we wouldn’t want to end up eating an omelette made with hemlock, even while analyzing the plant kingdom!
The small plant known as “ciguë des jardins” belongs to the umbelliferous family, just like parsley and cilantro. It has white flowers, just like those plants; it is also included in the group that features small, non-large seed pods. Its leaves are quite similar to those of parsley and cilantro, so it is not easy to distinguish them clearly in writing. However, the following characteristics are sufficient to ensure you do not make any mistakes.
One must first observe these various plants in their flowering state, for it is in this condition that the plant known as “ciguë” exhibits its distinct characteristics. In this form, each small umbel is surrounded by a small involucre composed of three long, pointed leaflets, all turned outward; whereas in the case of parsley, the small leaves are thin and hair-like, distributed evenly both in the large and small umbels, all of which are pale and slender in appearance.
Once you have firmly identified the plant in its flowering stage, you can confirm your judgment by gently crushing and smelling its leaves; for its foul, poisonous odor will unmistakably distinguish it from parsley or cilantro, both of which possess pleasant scents. Finally, once you are absolutely certain that there is no confusion possible, examine these three plants together and separately in all their stages and parts—especially the leaves, which accompany them more consistently than the flowers. Through such careful comparison and repeated examination until you gain absolute certainty, you will be able to distinguish and identify the plant without any error. In this way, study leads us to the threshold of practical application; once we cross that threshold, practice itself facilitates our understanding even further.
Take a deep breath, dear cousin, for this letter is indeed rather lengthy; I dare not even promise you the same level of discretion in the one that follows. But after that, everything ahead of us will be like a path lined with flowers. You truly deserve a crown for the kindness and steadfastness with which you bear to follow me through these thorny underbrushes, without ever being deterred by their prickles.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame Delessert
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List of Works on Botany
General list of titles
Letter VI
From May 2, 1773.
Dear cousin, whatever remains for you to learn about the concepts of our first five plant families, and although I have not always managed to explain these ideas in a way that would be understandable to our little botanist (an amateur in the study of plants), I believe I have given you enough information so that, after a few months of observing and collecting plants, you will be able to grasp the general characteristics of each family. In other words, by simply looking at a plant, you should be able to roughly determine which of the five families it belongs to, and—unless you later verify this through an analysis of its flowers—you can be fairly certain whether your initial guess was correct or not. For example, the umbelliferous plants might have caused you some confusion, but with the guidance I have provided in my descriptions, you will be able to sort them out easily. After all, carrots and parsnips are such common plants that it is quite easy, even in the middle of summer, to find them in flower in a garden. Just by looking at the shape of an umbel and the plant that bears it, one should be able to gain a clear understanding of this family of plants; so when you encounter one of them, you will rarely make a mistake at first sight. That is all I have intended to convey so far. After all, it is not yet time to discuss genera and species; and once again, what is at stake here is not some mere rote memorization of names, but the acquisition of a real scientific knowledge—one of the most fascinating disciplines one can pursue. Therefore, I will now move on to our sixth plant family before adopting a more systematic approach. At first, it may seem just as difficult to understand as the umbelliferous plants, but my goal for now is simply to give you a general understanding of it. After all, we still have plenty of time before the peak flowering season arrives, and if we make good use of this time, it will help us overcome some of the initial difficulties.
Se ora tornaste indietro e osservaste più attentamente la disposizione dei fiori, notereste che essa non corrisponde affatto a quella tipica delle piante dell’ordine degli ombellifere. I grandi raggi, invece di partire esattamente dallo stesso centro, si originano alcuni più in alto, altri più in basso; i piccoli raggi sono ancora meno regolari nella loro disposizione: tutto ciò manca dell’ordine invariabile caratteristico delle piante ombellifere. L’arrangiamento dei fiori del sorbo presenta quindi una struttura a corimbo, o bouquet, piuttosto che a ombrello. È proprio attraverso questi errori occasionali che finiamo per imparare a vedere meglio le cose.
Al contrario, il cardo rolando non ha affatto l’aspetto tipico di un ombrello floreale, eppure lo è davvero, poiché possiede tutti i caratteristiche distintivi di tale categoria durante la sua fioritura. Dove si può trovare il cardo rolando? In tutta la campagna; lungo tutte le grandi strade, è presente su entrambi i lati del ciglio della strada; qualsiasi contadino vi potrà indicarlo, e voi stesso lo riconoscerete facilmente dal colore bluastro o verde mare delle sue foglie, dai suoi duri aculei e dalla sua consistenza liscia e coriacea, simile a quella del pergameno. Tuttavia, si potrebbe anche ignorare una pianta così spinosa. Non possiede abbastanza bellezza da compensare i graffi che ci si può procurare esaminandola; e anche se fosse cento volte più attraente, mia piccola cugina, con le sue dita delicate, finirebbe presto per annoiarsi nel toccare una pianta così “scortese”.
La famiglia delle ombellifere è molto numerosa e così naturale che i suoi generi sono spesso difficili da distinguere; si tratta di “fratelli” tra loro, i quali, a causa della grande somiglianza, vengono spesso scambiati l’uno per l’altro. Per aiutare nella loro identificazione, sono state introdotte alcune distinzioni principali che talvolta risultano utili, ma su cui non si dovrebbe fare troppo affidamento. Il “bocciolo” da cui partono i raggi, sia della grande ombella che di quella piccola, non è sempre nudo; a volte è circondato da foglioline, come se fosse avvolto in una sorta di “manica”. Queste foglioline vengono chiamate involucro. Quando la grande ombella presenta questa “manica”, essa viene definita grande involucro; quelle che a volte circondano le piccole ombelle vengono invece chiamate piccoli involucri. Ciò permette di suddividere le ombellifere in tre sezioni principali.
1° Quelle che presentano un involucro esterno grande e involucri interni piccoli.
2° Quelle che hanno soltanto i piccoli involucri.
- Quelle che non presentano né involucri grandi né piccoli.
Sembra che manchi una quarta categoria tra quelle che presentano un grande involucro e non piccoli elementi interni, ma non si conosce alcun genere che rientri costantemente in questa categoria.
I vostri straordinari progressi, cara cugina, e la vostra pazienza mi hanno così incoraggiato che, senza considerare affatto la fatica che vi è costata, ho osato descrivervi la famiglia delle ombellifere senza fissare i vostri occhi su alcun modello; questo ha inevitabilmente reso il vostro sforzo ancora più intenso. Tuttavia, osando dubitare, leggendo come sapete fare, dopo una o due letture della mia lettera, è probabile che l’immagine di un’ombellifera in fiore vi venga subito in mente non appena la vedrete; e in questa stagione, non potete certo mancare di trovarne molte nei giardini e nelle campagne.
La maggior parte di queste piante presenta fiori bianchi: carota, cerfoglio, prezzemolo, cicoria, angelica, bertola, prugnolo, ribes nero, cerbiatto selvatico o girole, piantaggine, ecc.
Alcune di queste piante, come il finocchio, l’aneto e il porro, hanno fiori gialli; ce ne sono poche con fiori rossastri, e non esistono fiori di alcun altro colore.
Ebbene, si potrebbe dire che questa sia una bella definizione generale degli ombelliferi. Ma come può tutta questa conoscenza vaga garantirmi di non confondere la cicuta con il cerfoglio e il prezzemolo, che avete appena menzionato insieme a essa? Anche la più semplice cuoca ne saprebbe di più su questo argomento di noi, nonostante tutta la nostra dottrina. Avete ragione. Tuttavia, se iniziamo analizzando i dettagli, presto, sopraffatti dal numero, la memoria ci abbandonerà e ci perderemo già al primo passo in questo immenso regno della natura; mentre, se cominciamo riconoscendo chiaramente le “grandi vie” che lo attraversano, difficilmente ci smarriremo nei sentieri secondari e ci ritroveremo ovunque senza grandi difficoltà. D’altra parte, non possiamo negare l’utilità di questo approccio; ma non dobbiamo correre il rischio, analizzando il regno vegetale, di mangiare per ignoranza un’omelette preparata con la cicuta.
La piccola cicogna dei giardini è un’ombellifera, proprio come il prezzemolo e il cerfoglio. Ha fiori bianchi, proprio come questi ultimi[6]; appartiene alla stessa categoria di piante che presentano un piccolo involucro floreale e non uno grande; il suo fogliame le assomiglia abbastanza da rendere difficile indicare per iscritto le differenze tra di esse. Tuttavia, qui sono riportati alcuni caratteristiche sufficienti per evitare errori.
È necessario innanzitutto osservare queste diverse piante quando sono in fiore, poiché è in questo stato che la cicuta presenta il suo carattere distintivo. La cicuta presenta, sotto ogni piccolo capolino, un piccolo involucro composto da tre foglioline appuntite e abbastanza lunghe, tutte rivolte all’esterno; al contrario, le foglioline dei capolini del prezzemolo avvolgono completamente il centro del capolino ed sono rivolte in tutti i sensi. Per quanto riguarda il persillo, esso presenta soltanto alcune foglioline sottili come i capelli, distribuite in modo uniforme sia nel grande che nei piccoli capolini, tutti chiari e magri.
Quando vi sarete assicurate con certezza che si tratti di cicuta in fiore, confermerete la vostra diagnosi sfregando leggermente e annusando le sue foglie; infatti il suo odore nauseabondo e velenoso vi impedirà di confonderla con il prezzemolo o il cerfoglio, che entrambi hanno un odore gradevole. Una volta certe di non commettere errori, esaminerete queste tre piante insieme e separatamente in tutti i loro stadi e in tutte le loro parti, soprattutto le foglie, che le accompagnano più costantemente della fioritura; e attraverso questo esame, ripetuto fino a quando non avrete acquisito una certezza assoluta, riuscirete a distinguerle e a riconoscerle senza alcun dubbio. Lo studio ci conduce così fino alla soglia della pratica; dopo di ciò, la pratica stessa rende più facile l’apprendimento.
Prendi fiato, cara cugina. Questa lettera è davvero lunga; non oso nemmeno prometterti che quella successiva sarà altrettanto riservata. Ma dopo di questa, ci aspetterà soltanto un sentiero bordato di fiori. Meriti davvero una corona per la dolcezza e la costanza con cui mi segui attraverso queste difficoltà, senza mai lamentarti delle loro spine.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Madame Delessert
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Lettera VI
Dal 2 maggio 1773.
Cara cugina, ci sono ancora molte cose da desiderare riguardo alle caratteristiche delle nostre prime cinque famiglie di piante; e anche se non ho sempre riuscito a rendere le mie descrizioni comprensibili per la nostra piccola appassionata di botanica, credo comunque di avervi fornito un’idea sufficiente per potervi familiarizzare, dopo alcuni mesi di osservazione diretta delle piante, con le caratteristiche generali di ciascuna famiglia. In questo modo, guardando un’pianta, sarete in grado di indovinare approssimativamente a quale famiglia appartiene; e, tranne che nel caso in cui sia necessario verificare attraverso l’analisi dei suoi frutti, potrete essere sicuri della vostra congettura. Ad esempio, le piante dell’ordine delle Ombellifere potrebbero avervi creato qualche difficoltà, ma potrete superarle facilmente grazie alle indicazioni che ho fornito nelle descrizioni; infatti, piante come le carote e i cavoli sono così comuni che è molto semplice, in piena estate, osservarne i fiori in un orto. Basta guardare l’aspetto dell’ombrello formato dai fiori di queste piante per avere una comprensione chiara delle loro caratteristiche; quindi, incontrando una pianta appartenente a questa famiglia, sarà raro sbagliarsi al primo sguardo. Questo è tutto ciò che ho voluto comunicarvi finora; infatti, non parleremo ancora dei generi e delle specie, e soprattutto non si tratta di imparare una semplice nomenclatura, ma di acquisire una vera scienza, tra le più affascinanti che si possano studiare. Passo quindi alla nostra sesta famiglia di piante, prima di intraprendere un approccio più sistematico: all’inizio potrebbe risultarvi altrettanto difficile da comprendere quanto le Ombellifere. Ma il mio obiettivo, per ora, è semplicemente quello di darvi una conoscenza generale di questa famiglia; abbiamo ancora molto tempo prima della piena fioritura, e se lo sfrutteremo al meglio, potremo superare facilmente le eventuali difficoltà.
Prenez une de ces petites fleurs qui, dans cette saison, tapissent les pâturages, et qu’on appelle ici pâquerettes, petites marguerites, ou marguerites tout court. Regardez-la bien, car, à son aspect, je suis sûr de vous surprendre en vous disant que cette fleur, si petite et si mignonne, est réellement composée de deux ou trois cents autres fleurs toutes parfaites, c’est-à-dire ayant chacune sa corolle, son germe, son pistil, ses étamines, sa graine, en un mot aussi parfaite en son espèce qu’une fleur de jacinthe ou de lis. Chacune de ses folioles, blanches en-dessus, roses en-dessous, qui forment comme une couronne autour de la marguerite, et qui ne vous paraissent tout au plus qu’autant de petits pétales, sont réellement autant de véritables fleurs ; et chacun de ces petits brins jaunes que vous voyez dans le centre, et que d’abord vous n’avez peut-être, pris que pour des étamines, sont encore autant de véritables fleurs. Si vous aviez déjà les doigts exercés aux dissections botaniques, que vous vous armassiez d’une bonne loupe et de beaucoup de patience, je pourrais vous convaincre de cette vérité par vos propres yeux ; mais, pour le présent, il faut commencer, s’il vous plaît, par m’en croire sur ma parole, de peur de fatiguer votre attention sur des atomes. Cependant, pour vous mettre au moins sur la voie, arrachez une des folioles blanches de la couronne, vous croirez d’abord cette foliole plate d’un bout à l’autre ; mais regardez-la bien par le bout qui était attaché à la fleur, vous verrez que ce bout n’est pas plat, mais rond et creux en forme de tube, et que de ce tube sort un petit filet à deux cornes: ce filet est le style fourchu de cette fleur, qui, comme vous voyez, n’est plate que par le haut.
Regardez maintenant les brins jaunes qui sont au milieu de la fleur, et que je vous ai dit être autant de fleurs eux-mêmes: si la fleur est assez avancée, vous en verrez plusieurs tout autour, lesquels sont ouverts dans le milieu, et même découpés en plusieurs parties. Ce sont des corolles monopétales qui s’épanouissent, et dans lesquelles la loupe vous ferait aisément distinguer le pistil et même les anthères dont il est entouré: ordinairement les fleurons jaunes, qu’on voit au centre, sont encore arrondis et non percés ; ce sont des fleurs comme les autres, mais qui ne sont pas encore épanouies ; car elles ne s’épanouissent que successivement en avançant des bords vers le centre. En voilà assez pour vous montrer à l’œil la possibilité que tous ces brins, tant blancs que jaunes, soient réellement autant de fleurs parfaites ; et c’est un fait très constant: vous voyez néanmoins que toutes ces petites fleurs sont pressées et renfermées dans un calice qui leur est commun, et qui est celui de la marguerite. En considérant toute la marguerite comme une seule fleur, ce sera donc lui donner un nom très convenable que de l’appeler une fleur composée ; or il y a un grand nombre d’espèces et de genres de fleurs formées comme la marguerite d’un assemblage d’autres fleurs plus petites, contenues dans un calice commun. Voilà ce qui constitue la sixième famille dont j’avais à vous parler, savoir celle des fleurs composées.
Commençons par ôter ici l’équivoque du mot de fleur, en restreignant ce nom dans la présente famille à la fleur composée, et donnant celui de fleurons aux petites fleurs qui la composent ; mais n’oublions pas que, dans la précision du mot, ces fleurons eux-mêmes sont autan t de véritables fleurs.
Vous avez vu dans la marguerite deux sortes de fleurons, savoir, ceux de couleur jaune qui remplissent le milieu de la fleur, et les petites languettes blanches qui les entourent: les premiers sont, dans leur petitesse, assez semblables de figure au fleurs du muguet ou de la jacinthe, et les seconds ont quelque rapport aux fleurs du chèvrefeuille. Nous laisserons aux premiers le nom de fleurons, et, pour distinguer les autres, nous les appellerons demi-fleurons ; car, en effet, ils ont assez l’air de fleurs monopétales qu’on aurait rognées par un côté en n’y laissant qu’une languette qui ferait à peine la moitié de la corolle.
Ces deux sortes de fleurons se combinent dans les fleurs composées de manière à diviser toute la famille en trois sections bien distinctes.
La première section est formée de celles qui ne sont composées que de languettes ou demi-fleurons, tant au milieu qu’à la circonférence, on les appelle fleurs demi-fleuronnées ; et la fleur entière dans cette section est toujours d’une seule couleur, le plus souvent jaune. Telle est la fleur appelée dent-de-lion ou pissenlit ; telles sont les fleurs de laitues, de chicorée (celle-ci est bleue), de scorsonère, de salsifis, etc.
La seconde section comprend les fleurs fleuronnées, c’est-à-dire qui ne sont composées que de fleurons, tous pour l’ordinaire aussi d’une seule couleur: telles sont les fleurs d’immortelle, de bardane, d’absinthe, d’armoise, de chardon, d’artichaut, qui est un chardon lui-même, dont on mange le calice et le réceptacle encore en bouton avant que la fleur soit éclose, et même formée. Cette bourre, qu’on ôte du milieu de l’artichaut, n’est autre chose que l’assemblage des fleurons qui commencent à se former, et qui sont séparés les uns des autres par de longs poils implantés sur le réceptacle.
La troisième section est celle des fleurs qui rassemblent les deux sortes de fleurons. Cela se fait toujours de manière que les fleurons entiers occupent le centre de la fleur, et les demi-fleurons forment le contour ou la circonférence, comme vous avez vu dans la pâquerette. Les fleurs de cette section s’appellent radiées, les botanistes ayant donné le nom de rayon au contour d’une fleur composée, quand il est formé de languettes ou demi-fleurons. A l’égard de l’aire ou du centre de la fleur occupé par les fleurons, on l’appelle le disque, et on donne aussi quelquefois ce même nom de disque à la surface du réceptacle où sont plantés tous les fleurons et demi-fleurons. Dans les fleurs radiées, le disque est souvent d’une couleur et le rayon d’une autre: cependant il y a aussi des genres et des espèces où tous les deux sont de la même couleur.
Tâchons à présent de bien déterminer dans votre esprit l’idée d’une fleur composée. Le trèfle ordinaire fleurit en cette saison ; sa fleur est pourpre: s’il vous en tombait une sous la main, vous pourriez, en voyant tant de petites fleurs rassemblées, être tentée de prendre le tout pour une fleur composée. Vous vous tromperiez ; en quoi ? en ce que, pour constituer une fleur composée, il ne suffit pas d’une agrégation de plusieurs petites fleurs, mais qu’il faut de plus qu’une ou deux des parties de la fructification leur soient communes, de manière que toutes aient part à la même, et qu’aucune n’ait la sienne séparément. Ces deux parties communes sont le calice et le réceptacle. Il est vrai que la fleur de trèfle, ou plutôt le groupe de fleurs qui n’en semblent qu’une, paraît d’abord portée sur une espèce de calice ; mais écartez un peu ce prétendu calice, et vous verrez qu’il ne tient point à la fleur, mais qu’il est attaché au-dessous d’elle au pédicule qui la porte. Ainsi ce calice apparent n’en est point un ; il appartient au feuillage et non pas à la fleur ; et cette prétendue fleur n’est en effet qu’un assemblage de fleurs légumineuses fort petites, dont chacune a son calice particulier, et qui n’ont absolument rien de commun entre elles que leur attache au même pédicule. L’usage est pourtant de prendre tout cela pour une seule fleur ; mais c’est une fausse idée, ou, si l’on veut absolument regarder comme une fleur un bouquet de cette espèce, il ne faut pas du moins l’appeler une fleur composée, mais une fleur agrégée ou une tête (flos aggregatus, flos capitatus, capitulum). Et ces dénominations sont en effet quelquefois employées en ce sens par les botanistes.
Voilà, chère cousine, la notion la plus simple et la plus naturelle que je puisse vous donner de la famille, ou plutôt de la nombreuse classe des composées, et des trois sections ou familles dans lesquelles elles se subdivisent. Il faut maintenant vous parler de la structure des fructifications particulières à cette classe, et cela nous mènera peut-être à en déterminer le caractère avec plus de précision.
Take one of those tiny flowers that, in this season, cover the meadows—those which are called here buttercups, little daisies, or simply daisies. Look at it closely, for I am sure its appearance will surprise you: such a small and delicate flower is actually composed of two or three hundred other perfect flowers—each with its own corolla, stamen, pistil, and seed, just as perfect in its kind as a violet or a lily. Each of those white leaves on the top and pink leaves on the bottom, which form a crown around the daisy and may at first seem like mere petals, is actually a complete flower in itself. And each of those tiny yellow stamens in the center, which you might initially mistake for just stamen parts, are also real flowers. If you have some experience with botanical dissections, if you use a good microscope, and if you are patient enough, I can show you this truth with your own eyes. But for now, please simply believe me on my word, so as not to tire your attention on such minute details. To give you some idea, however, pick one of the white leaves from the crown. At first glance, it may seem flat; but if you look closely at the end that was attached to the flower, you will see that it is actually round and hollow, shaped like a tube, and from this tube emerges a tiny two-angled structure—this is the flower’s forked style, which, as you can see, is only flat on top.
Now, observe those yellow stamens located in the center of the flower—those I told you are themselves flowers: if the flower is at an advanced stage of development, you will see several such stamens surrounding it, each open in the middle and even divided into multiple parts. These are monopetalous corollas, and upon closer inspection with a lens, you can easily distinguish the pistil as well as the anthers surrounding it. Normally, these yellow stamens at the center are still round and unopened; they are flowers just like any other, but they have not yet fully blossomed. They open successively, starting from the edges and moving towards the center. This is sufficient to demonstrate to you that all these white and yellow stamens could indeed be considered complete flowers. And this is a very consistent phenomenon. Nevertheless, you can see that all these small flowers are compressed and enclosed within a common calyx—the same calyx that characterizes a daisy. If we consider the entire daisy as a single flower, then calling it a “compound flower” would be an entirely appropriate name. In fact, there are numerous species and genera of flowers that are structured in the same way as a daisy, consisting of a collection of smaller flowers enclosed within a shared calyx. This constitutes the sixth family I intended to discuss with you: the compound flowers.
Let us begin by removing the ambiguity associated with the term “flower” here: in this context, we shall use the term to refer exclusively to the composite flower, while designating the smaller individual flowers that make up the composite structure as “petals.” However, let us not forget that, in terms of precise definition, these petals themselves are also, in their own right, true flowers.
You have observed that in the daisy there are two types of petals: those yellow ones that fill the center of the flower, and the small white lobes that surround them. The former, despite their small size, bear some resemblance in shape to the flowers of the lily of the valley or the hyacinth; whereas the latter resemble the flowers of the blackthorn. We will refer to the former as “petals,” and to distinguish the latter, we will call them “half-petals”—for indeed, they closely resemble single-petaled flowers that have been cut off on one side, leaving only a lobe that constitutes barely half of the original corolla.
These two types of flowers combine within composite flowers, allowing the entire family to be divided into three clearly distinct sections.
The first section consists of those flowers that are composed solely of lobes or half-flowers, both in the center and around the edge; these are called half-flowered flowers. In this section, the entire flower is always of a single color, most often yellow. Such are the flowers known as dandelions or buttercups; likewise, the flowers of lettuce, chicory (which is blue), sow thistle, salsify, and others belong to this category.
The second section includes flowers that are composed solely of petals, and these are usually all of the same color: such are the flowers of the immortelle, burdock, absinth, wormwood, thistle, and artichoke—which is itself a type of thistle. The cup and the receptacle of the artichoke are eaten while they are still in the bud stage, before the flower has even begun to open or take shape. This husk that is removed from the center of the artichoke is nothing other than an assembly of petals that have just begun to form, separated from each other by long hairs attached to the receptacle.
The third section consists of flowers that combine both types of floral elements. This is always arranged in such a way that the complete petals occupy the center of the flower, while the semi-petals form the outer contour or perimeter, as you can see in the daisy. The flowers in this section are called radiate, and botanists have used the term “ray” to describe the perimeter of a composite flower when it is formed by petals or semi-petals. As for the area or center of the flower occupied by the petals, it is called the disc; sometimes the same term is also used to refer to the surface of the receptacle on which all the petals and semi-petals are attached. In radiate flowers, the disc is often a different color from the rays; however, there are also genera and species in which both the disc and the rays are of the same color.
Let us now try to clearly establish in your mind the concept of a composite flower. The common clover blooms during this season; its flowers are purple: if one were to happen to find such a flower, seeing so many small flowers gathered together, one might be tempted to consider them all as a single composite flower. But you would be mistaken—why? Because for something to be considered a composite flower, it is not enough for several small flowers to be simply grouped together; rather, one or two of the floral parts must be common to all the individual flowers, so that they all share the same structural elements, and none of them possesses its own separate parts. These two common parts are the calyx and the receptacle. It is true that the clover flower, or rather the cluster of flowers that appears to be one single flower, seems at first to be seated on a kind of calyx; but if you remove this so-called calyx, you will see that it is not actually attached to the flower itself, but rather to the stalk that supports it below. Thus, this apparent calyx is not a true calyx at all; it belongs to the leaves, not to the flower. And this so-called flower is in fact merely a cluster of very small leguminous flowers, each with its own separate calyx; these individual flowers have nothing in common with each other except their shared attachment to the same stalk. Nevertheless, people are accustomed to considering all of this as a single flower; but this is a mistaken notion. Or, if one insists on referring to such a cluster as a flower at all, it should at least not be called a composite flower, but rather an aggregated flower or a head (flos aggregatus, flos capitatus, capitulum). Indeed, botanists sometimes use these terms in this sense.
Here, dear cousin, is the simplest and most natural way I can explain to you what a family is—or rather, the numerous classes of compound organisms and the three main divisions into which they are categorized. Now we must discuss the structure of the reproductive organs specific to this class, which may help us determine their characteristics more precisely.
Prendete una di queste piccole fioriture che, in questa stagione, ricoprono i prati e che qui vengono chiamate margherite, o semplicemente margherite. Guardatela bene: sono sicuro di sorprendervi dicendovi che questo fiore, così piccolo e grazioso, è in realtà composto da due o trecento fiori perfetti ciascuno – con il proprio bocciolo, il proprio pistillo, gli stami e il proprio seme, insomma, altrettanto perfetto nella sua specie quanto un fiore di giacinto o di lillà. Ogni una delle sue foglioline, bianche sopra e rosa sotto, che formano come una corona attorno al centro del fiore e che a prima vista sembrano semplici petali, è in realtà un vero fiore; e ogni uno di quei piccoli steli gialli presenti nel centro, che all’inizio potreste aver scambiato per soltanto stami, è anch’esso un vero fiore. Se aveste già esperienza nelle dissezioni botaniche, se vi munisteste di una buona lente d’ingrandimento e di molta pazienza, potrei convincervi di questa verità con i vostri occhi; ma per ora, vi prego, credetemi sulla parola, per non stancare la vostra attenzione su dettagli così minuscoli. Tuttavia, per darvi un’idea, strappate una di quelle foglioline bianche: a prima vista sembrerà piatta da entrambi i lati; ma osservatene bene l’estremità che era attaccata al fiore: vedrete che non è piatta, ma rotonda e cava, a forma di tubo, e che da questo tubo spunta un piccolo filamento a due estremità: questo filamento è lo stilo di questo fiore, che, come potete vedere, è piatto soltanto nella parte superiore.
Osservate ora i filamenti gialli che si trovano al centro del fiore, e di cui vi ho detto che sono anch’essi fiori a pieno titolo: se il fiore è abbastanza sviluppato, ne vedrete diversi intorno al centro, alcuni dei quali sono aperti completamente e persino divisi in più parti. Si tratta di corolle monopetali che si aprono gradualmente; con una lente potreste facilmente distinguere il pistillo e le antere che lo circondano: di solito i fiori gialli presenti al centro sono ancora rotondi e non perforati; sono fiori come gli altri, ma che non si sono ancora completamente aperti, poiché lo fanno in sequenza, partendo dai bordi verso il centro. Questo basta per dimostrarvi con i vostri occhi che tutti questi filamenti, sia bianchi che gialli, possono effettivamente essere considerati fiori perfetti; ed è un fatto molto comune: tuttavia, tutte queste piccole “fioriture” sono racchiuse e contenute all’interno di un calice comune, proprio quello della margherita. Se consideriamo l’intera margherita come un unico fiore, allora è davvero appropriato definirla un “fiore composto”; inoltre, esiste un gran numero di specie e generi di fiori che si formano proprio in questo modo, cioè attraverso l’unione di altri fiori più piccoli racchiusi in un calice comune. Questo costituisce la sesta famiglia di fiori di cui volevo parlarvi: quella dei fiori composti.
Cominciamo eliminando l’ambiguità del termine “fioro”: in questa famiglia botanica, il nome “fioro” deve essere riferito esclusivamente al fiore composto, mentre i piccoli fiori che lo compongono dovrebbero essere chiamati “fiorolini”. Tuttavia, non dobbiamo dimenticare che, in termini di precisione linguistica, anche questi “fiorolini” sono, a loro volta, veri e propri fiori.
Avete notato nella margherita due tipi di fiori: quelli di colore giallo che occupano il centro della pianta e le piccole strisce bianche che li circondano. I primi, per la loro dimensione ridotta, assomigliano abbastanza alle fioriture del muguet o della giacinta; i secondi, invece, presentano alcune somiglianze con i fiori del caprifoglio. Chiameremo i primi “fiori completi”, mentre per distinguere gli altri li chiameremo “semi-fiori”; infatti, hanno proprio l’aspetto di fiori monopetali ai quali sia stata tagliata via una parte, lasciando solo una striscia bianca che rappresenta appena la metà della corolla.
Questi due tipi di fiori si combinano nelle piante composite, permettendo di dividere l’intera famiglia in tre sezioni ben distinte.
La prima sezione è composta da quelle fioriture costituite unicamente da lobi o semi-lobi, sia al centro che sul bordo; vengono chiamate fiori semilobati. In questa categoria, il fiore intero presenta sempre una sola tonalità di colore, solitamente il giallo. Esempi di tali fiori sono il dent-de-lion o pisello selvatico, le foglie di lattuga, quelle di cicorrea (che sono blu), quelle di scorzonera, di sedano selvatico, ecc.
La seconda sezione comprende i fiori costituiti esclusivamente da petali; in genere, tutti di un’unica colore: sono i fiori di elicrisso, di bardana, di assenzio, di origano, di cardo, di carciofo – che è anch’esso un tipo di cardo – il cui calice e il cui involucro vengono consumati ancora in fase di bocciolo, prima che il fiore sboccii o si formi completamente. Questo involucro, che viene rimosso dal centro del carciofo, non è altro che l’insieme dei petali che iniziano a formarsi, separati tra loro da lunghi peli presenti sull’involucro stesso.
La terza sezione comprende i fiori che uniscono entrambi i tipi di petali. Ciò avviene sempre in modo che i petali interi occupino il centro del fiore, mentre i semi-petali formano il contorno esterno, come avete visto nel ranuncolo. I fiori di questa sezione vengono chiamati “radiati”; i botanici hanno attribuito questo nome al contorno di un fiore composto quando è formato da lobi o semi-petali. Per quanto riguarda l’area centrale del fiore occupata dai petali, essa viene definita “disco”; talvolta lo stesso nome “disco” viene utilizzato anche per indicare la superficie del ricettacolo su cui sono inseriti tutti i petali e i semi-petali. Nei fiori radiati, il disco è spesso di un colore diverso da quello del raggio; tuttavia esistono anche generi e specie in cui entrambi presentano lo stesso colore.
Cerchiamo ora di chiarire bene nella vostra mente l’idea di una “fiore composta”. Il trifoglio comune fiorisce in questa stagione; il suo fiore è di colore porpora: se ne trovasse uno tra le mani, vedendo tante piccole fioriture riunite potreste essere tentati di considerare l’insieme come una singola fiore composta. Vi sbagliereste; in che modo? Perché per costituire una vera fiore composta non basta semplicemente un insieme di molte piccole fioriture, ma è necessario anche che una o due delle parti della struttura fiorale siano comuni a tutte, in modo che ciascuna partecipi alla stessa struttura e nessuna abbia una propria parte separata. Queste due parti comuni sono il calice e l’ovario. È vero che il fiore di trifoglio, o meglio il gruppo di fiori che sembrano formare un’unica entità, appare inizialmente come se fosse sostenuto da una sorta di calice; ma se allontaniamo leggermente questo presunto calice, vedremo che non è attaccato direttamente al fiore, ma si trova sotto di esso, sul peduncolo che lo sostiene. Quindi questo cosiddetto calice non è affatto tale; appartiene alle foglie e non al fiore stesso; e questa presunta “fiore” non è altro che un insieme di piccole fioriture leguminose, ciascuna delle quali possiede il proprio calice individuale, e le quali non hanno assolutamente nulla in comune tra loro se non il fatto di essere attaccate allo stesso peduncolo. Tuttavia, si ha l’abitudine di considerare tutto questo come una singola fiore; ma questa è un’idea errata. Oppure, se proprio vogliamo considerare un insieme del genere come una “fiore”, non dovremmo chiamarlo affatto “fiore composto”, ma piuttosto “fiore aggregato” o “capitolo fiorale”. E queste denominazioni vengono effettivamente talvolta utilizzate dai botanici in questo senso.
Ecco, cara cugina, la nozione più semplice e naturale che io possa darvi sulla famiglia, o meglio, sulla numerosa classe delle piante composte, e sulle tre sezioni o famiglie in cui si suddividono. Ora dobbiamo parlare della struttura delle fruttificazioni specifiche di questa classe, il che forse ci permetterà di determinarne il carattere con maggiore precisione.
La partie la plus essentielle d’une fleur composée est le réceptacle sur lequel sont plantés, d’abord les fleurons et demi-fleurons, et ensuite les graines qui leur succèdent. Ce réceptacle, qui forme un disque d’une certaine étendue, fait le centre du calice, comme vous pouvez voir dans le pissenlit, que nous prendrons ici pour exemple. Le calice, dans toute cette famille, est ordinairement découpé jusqu’à la base en plusieurs pièces, afin qu’il puisse se fermer, se rouvrir, et se renverser, comme il arrive dans le progrès de la fructification, sans y causer de déchirure. Le calice du pissenlit est formé de deux rangs de folioles insérés l’un dans l’autre, et les folioles du rang extérieur qui soutient l’autre se recourbent et replient en bas vers le pédicule, tandis que les folioles du rang intérieur restent droites pour entourer et contenir les demi-fleurons qui composent la fleur.
Une forme encore des plus communes aux calices de cette classe est d’être imbriqués, c’est-à-dire formés de plusieurs rangs de folioles en recouvrement, les unes sur les joints des autres, comme les tuiles d’un toit. L’artichaut, le bluet, la jacée, la scorsonère, vous offrent des exemples de calices imbriqués.
Les fleurons et demi-fleurons enfermés dans le calice sont plantés fort dru sur son disque ou réceptacle en quinconce, ou comme les cases d’un damier. Quelquefois ils s’entretouchent à nu sans rien d’intermédiaire, quelquefois ils sont séparés par des cloisons de poils ou de petites écailles qui restent attachées au réceptacle quand les graines sont tombées. Vous voilà sur la voie d’observer les différences de calices et de réceptacles ; parlons à présent de la structure des fleurons et demi-fleurons, en commençant par les premiers.
Un fleuron est une fleur monopétale, régulière, pour l’ordinaire, dont la corolle se fend dans le haut en quatre ou cinq parties. Dans cette corolle sont attachés, à son tube, les filets des étamines au nombre de cinq: ces cinq filets se réunissent par le haut en un petit tube rond qui entoure le pistil, et ce tube n’est autre chose que les cinq anthères ou étamines réunies circulairement en un seul corps. Cette réunion des étamines forme, aux yeux des botanistes, le caractère essentiel des fleurs composées, et n’appartient qu’à leurs fleurons exclusivement à toutes sortes de fleurs. Ainsi vous aurez beau trouver plusieurs fleurs portées sur un même disque, comme dans les scabieuses et le chardon à foulon, si les anthères ne se réunissent pas en un tube autour du pistil, et si la corolle ne porte pas sur une seule graine nue, ces fleurs ne sont pas des fleurons et ne forment pas une fleur composée. Au contraire, quand vous trouveriez dans une fleur unique les anthères ainsi réunies en un seul corps, et la corolle supère posée sur une seule graine, cette fleur, quoique seule, serait un vrai fleuron, et appartiendrait à la famille des composées, dont il vaut mieux tirer ainsi le caractère d’une structure précise, que d’une apparence trompeuse.
Le pistil porte un style plus long d’ordinaire que le fleuron au-dessus duquel on le voit s’élever à travers le tube formé par les anthères. Il se termine le plus souvent, dans le haut, par un stigmate fourchu dont on voit aisément les deux petites cornes. Par son pied, le pistil ne porte pas immédiatement sur le réceptacle, non plus que le fleuron ; mais l’un et l’autre y tiennent par le germe qui leur sert de base, lequel croît et s’allonge à mesure que le fleuron se dessèche, et devient enfin une graine longuette qui reste attachée au réceptacle, jusqu’à ce qu’elle soit mûre. Alors elle tombe si elle est nue, ou bien le vent l’emporte au loin si elle est couronnée d’une aigrette de plumes, et le réceptacle reste à découvert tout nu dans des genres, ou garni d’écaillés ou de poils dans d’autres.
La structure des demi-fleurons est semblable à celle des fleurons ; les étamines, le pistil et la graine y sont arrangés à peu près de même: seulement dans les fleurs radiées il y a plusieurs genres où les demi-fleurons du contour sont sujets à avorter, soit parce qu’ils manquent d’étamines, soit parce que celles qu’ils ont sont stériles, et n’ont pas la force de féconder le germe ; alors la fleur ne graine que par les fleurons du milieu.
Dans toute la classe des composées, la graine est toujours sessile, c’est-à-dire qu’elle porte immédiatement sur le réceptacle sans aucun pédicule intermédiaire. Mais il y a des graines dont le sommet est couronné par une aigrette quelquefois sessile, et quelquefois attachée à la graine par un pédicule. Vous comprenez que l’usage de cette aigrette est d’éparpiller au loin les semences, en donnant plus de prise à l’air pour les emporter et semer à distance.
A ces descriptions informes et tronquées, je dois ajouter que les calices ont, pour l’ordinaire, la propriété de s’ouvrir quand la fleur s’épanouit, de se refermer quand les fleurons se sèment et tombent, afin de contenir la jeune graine et l’empêcher de se répandre avant sa maturité ; enfin de se rouvrir et de se renverser tout-à-fait pour offrir dans leur centre une aire plus large aux graines qui grossissent en mûrissant. Vous avez dû souvent voir le pissenlit dans cet état, quand les enfants le cueillent pour souffler dans ses aigrettes, qui forment un globe autour du calice renversé.
Pour bien connaître cette classe, il faut en suivre les fleurs dès avant leur épanouissement jusqu’à la pleine maturité du fruit, et c’est dans cette succession qu’on voit des métamorphoses et un enchaînement de merveilles qui tiennent tout esprit sain qui les observe dans une continuelle admiration. Une fleur commode pour ces observations est celle des soleils, qu’on rencontre fréquemment dans les vignes et dans les jardins. Le soleil, comme vous voyez, est une radiée. La reine-marguerite, qui, dans l’automne, fait l’ornement des parterres, en est une aussi. Les chardons[7] sont des fleuronnées: j’ai déjà dit que la scorsonère et le pissenlit sont des demi-fleuronnées. Toutes ces fleurs sont assez grosses pour pouvoir être disséquées et étudiées à l’œil nu sans le fatiguer beaucoup.
Je ne vous en dirai pas davantage aujourd’hui sur la famille ou classe des composées. Je tremble déjà d’avoir trop abusé de votre patience par des détails que j’aurais rendus plus clairs si j’avais su les rendre plus courts, mais il m’est impossible de sauver la difficulté qui naît de la petitesse des objets. Bonjour, chère cousine.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Madame Delessert
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre VII – Sur les arbres fruitiers.
J’attendais de vos nouvelles, chère cousine, sans impatience, parce que M. T., que j’avais vu depuis la réception de votre précédente lettre, m’avait dit avoir laissé votre maman et toute votre famille en bonne santé. Je me réjouis d’en avoir la confirmation par vous-même, ainsi que des bonnes et fraîches nouvelles que vous me donnez de ma tante Gonceru. Son souvenir et sa bénédiction ont épanoui de joie un cœur à qui, depuis long -temps, on ne fait plus guère éprouver de ces sortes de mouvements. C’est par elle que je tiens encore à quelque chose de bien précieux sur la terre ; et tant que je la conserverai, je continuerai, quoi qu’on fasse, à aimer la vie. Voici le temps de profiter de vos bontés ordinaires pour elle et pour moi ; il me semble que ma petite offrande prend un prix réel en passant par vos mains. Si votre cher époux vient bientôt à Paris, comme vous me le faites espérer, je le prierai de vouloir bien se charger de mon tribut annuel[8] ; mais s’il tarde un peu, je vous prie de lue marquer à qui je dois le remettre, afin qu’il n’y ait point de retard, et que vous n’en fassiez pas l’avance comme l’année dernière, ce que je sais que vous faites avec plaisir, mais à quoi je ne dois pas consentir sans nécessité.
Voici, chère cousine, les noms des plantes que vous m’avez envoyées en dernier lieu. J’ai ajouté un point d’interrogation à ceux dont je suis en doute, parce que vous n’avez pas eu soin d’y mettre des feuilles avec la fleur, et que le feuillage est souvent nécessaire pour déterminer l’espèce à un aussi mince botaniste que moi. En arrivant à Fourrière, vous trouverez la plupart des arbres fruitiers en fleur, et je me souviens que vous aviez désiré quelques directions sur cet article. Je ne puis en ce moment vous tracer là-dessus que quelques mots très à la hâte, étant très pressé, et afin que vous ne perdiez pas encore une saison pour cet examen.
The most essential part of a composite flower is the receptacle on which, first, the florets and half-florets are arranged, and subsequently, the seeds that follow them. This receptacle, which forms a disc of a certain size, constitutes the center of the calyx, as can be seen in the daisy, which we will use here as an example. In this entire family of plants, the calyx is usually divided into several segments extending all the way to its base, allowing it to close, open, and even invert itself as the fruiting process progresses, without causing any damage. The calyx of the daisy consists of two rows of sepals that are nested within one another; the outer sepals, which support the inner ones, curve downward toward the pedicel, while the inner sepals remain upright, surrounding and enclosing the half-florets that make up the flower.
Another very common feature of the calices in this class is their being imbricated, that is, composed of several layers of sepals overlapping one another, just like the tiles on a roof. Artichokes, bluebells, wood anemones, and sow thistles are examples of plants with imbricated calices.
The flowers and half-flowers enclosed within the calyx are arranged very densely on its disc or receptacle, in a quincunx pattern—or like the squares of a checkerboard. Sometimes they touch each other directly without any intervening structure; at other times, they are separated by walls of hairs or small scales that remain attached to the receptacle even after the seeds have been shed. Now you are on the right track to observe the differences in calyxes and receptacles; let us now discuss the structure of flowers and half-flowers, beginning with the former.
A floret is a single-petaled, typically regular flower, whose corolla splits into four or five parts at the top.Attached to the tube of this corolla are five stamens; these five stamens join together at the top to form a small round tube that surrounds the pistil. This tube is nothing other than the five anthers or stamens combined into a single structure. In the eyes of botanists, this combination of stamens constitutes the essential characteristic of composite flowers, and it is exclusive to these types of flowers. Thus, even if you find several flowers on the same receptacle, as in the cases of plants like the cocklebur and the burdock, if the anthers do not combine into a tube surrounding the pistil, or if the corolla does not enclose a single naked seed, these flowers are not considered true florets and therefore do not form composite flowers. On the other hand, when you find in a single flower that the anthers are combined into a single structure and that the superior corolla surrounds a single seed, then this flower, despite being solitary, is indeed a true floret and belongs to the family of composite plants. It is better to define the characteristics of these plants based on their precise structural features rather than on misleading appearances.
The pistil usually possesses a style that is longer than the flower bud above it; this style emerges through the tube formed by the anthers. At its upper end, it often terminates in a forked stigma, whose two small horns are easily visible. At its base, neither the pistil nor the flower bud is directly attached to the receptacle; instead, both are secured to it via a stalk-like structure that serves as their foundation. This stalk grows and lengthens as the flower bud dries out, eventually transforming into a long, slender seed that remains attached to the receptacle until it matures. Once ripe, the seed falls off—if it is bare—or may be carried away by the wind if it is adorned with a tuft of hairs. The receptacle itself remains either completely exposed in some species or covered with scales or hairs in others.
The structure of the half-flowers is similar to that of full flowers; the stamens, pistil, and seed are arranged in roughly the same manner. However, in radiate flowers, there are several cases where the outer half-flowers fail to develop properly—either because they lack stamens or because the stamens present are sterile and unable to fertilize the embryo. In such cases, the flower produces seeds only through the central half-flowers.
In the entire class of compound plants, the seed is always sessile—that is to say, it is directly attached to the receptacle without any intermediate pedicel. However, there are seeds whose apex is crowned by a tuft, which is sometimes sessile and sometimes attached to the seed by a pedicel. You can understand that the function of this tuft is to help disperse the seeds over a greater distance, by providing more surface area for the seeds to catch on the air currents and be carried away for propagation.
To these vague and incomplete descriptions, I must add that calices generally have the property of opening when the flower blooms and closing again once the petals wither and fall, in order to contain the young seed and prevent it from scattering before it is ready to mature. Eventually, they open completely and turn upside down, providing a larger space at their center for the seeds as they grow and ripen. You must have often seen dandelions in this state—when children pick them to blow on their feathery fluff, which forms a ball around the inverted calyx.
To truly understand this class of plants, one must observe their flowers from just before they bloom until the fruit reaches full maturity. It is in this sequence that one can witness transformations and a series of wonders that will fill any discerning observer with continuous admiration. A flower particularly suitable for such observations is the sunflower, which is commonly found in vineyards and gardens. As you can see, the sunflower has radiating petals; the daisy, which adorns gardens in autumn, is another example. Thistles are also types of flowered plants; I have already mentioned that sow thistle and cocklebur belong to the category of semi-flowered plants. All these flowers are large enough to be dissected and studied with the naked eye without causing much fatigue.
I will not say anything further to you today about the family or class of compounds. I am already afraid that I have abused your patience too much with details that could have been explained more clearly if I had managed to make them shorter; however, it is impossible for me to overcome the inherent difficulty arising from the small size of these entities. Good day, dear cousin.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame Delessert
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter VII – On Fruit Trees.
I was waiting for your news, dear cousin, without any impatience, because Mr. T., whom I had seen since receiving your last letter, told me that he had left your mother and your entire family in good health. I am delighted to receive confirmation of this from you yourself, as well as the pleasant and fresh news you share about my aunt Gonceru. Her memory and her blessings have brought joy to a heart that, for so long now, has hardly experienced such feelings again. It is through her that I still hold onto something truly precious on this earth; and as long as I keep her in my memory, I will continue to love life, no matter what happens. Now is the time to take advantage of your usual kindnesses towards her and me; it seems to me that my small offering gains real value when it passes through your hands. If your dear husband comes to Paris soon, as you hope, I will ask him to kindly take care of my annual contribution[8]; but if he is a bit late, please let me know to whom I should deliver it, so that there will be no delay, and so that you do not have to advance the payment like last year—something I know you do with pleasure, but which I should not ask for unless truly necessary.
Here, dear cousin, are the names of the plants that you sent me most recently. I have added a question mark next to those whose identification is uncertain, because you did not include any leaves along with the flowers, and the leaves are often essential for identifying a plant species, especially for a botanist as inexperienced as myself. When you arrive in Fourrière, you will find that most of the fruit trees are in bloom. I remember you had asked for some guidance on this matter. At present, I can only offer you a few hasty words; I am very busy, and I don’t want you to waste another growing season waiting for these answers.
La parte più essenziale di un fiore composto è il ricettacolo su cui sono inseriti, in primo luogo, i fiori e i semi; questo ricettacolo, che forma un disco di una certa dimensione, costituisce il centro del calice, come si può vedere nel tarassaco, che prendiamo qui come esempio. Nel corso dello sviluppo della fruttificazione, il calice, in tutta questa famiglia di piante, è solitamente diviso fino alla base in diverse parti, in modo da potersi chiudere, riaprire e capovolgere senza causare danni. Il calice del tarassaco è formato da due ranghi di fogliette sovrapposte; quelle esterne si incurvano e si ripiegano verso il basso, attorno al peduncolo, mentre quelle interne rimangono dritte per circondare i fiori che lo compongono.
Una delle forme più comuni tra i calici di questa classe è quella a strati sovrapposti, cioè formati da diversi ranghi di foglie che si sovrappongono l’una all’altra, proprio come le tegole di un tetto. L’artichoke, il bluete, la jacée e la scorsonera sono esempi di calici a strati sovrapposti.
I fiori e i semi di fiore racchiusi nel calice sono disposti molto densamente sul suo disco o ricettacolo, a forma di quinconce, oppure come le caselle di un scacchiere. A volte si toccano direttamente l’uno con l’altro, senza alcun intermediario; altre volte sono separati da barriere costituite da peli o piccole squame che rimangono attaccate al ricettacolo anche dopo la caduta dei semi. Ora siete sulla strada giusta per osservare le differenze nei calici e nei ricettacoli; parliamo ora della struttura dei fiori e dei semi di fiore, iniziando dai primi.
Un fiore composto è un fiore monopetalo, regolare nella sua forma, il cui calice si divide in alto in quattro o cinque parti. All’interno di questo calice, attaccati al suo tubo, si trovano i filamenti degli stami, che sono in numero di cinque; questi cinque filamenti si uniscono in alto formando un piccolo tubo rotondo che circonda il pistillo, e questo tubo non è altro che la combinazione delle cinque antere in un unico organo. Questa unione degli stami costituisce, agli occhi dei botanici, il carattere essenziale dei fiori composti, e appartiene esclusivamente a questi ultimi, indipendentemente dal tipo di fiore. Pertanto, anche se si trovassero diversi fiori su lo stesso stelo, come nelle piante della famiglia delle Scabieae o del Cardo, se le antere non si unissero in un tubo attorno al pistillo e se il calice non racchiudesse un’unica seme nudo, tali fiori non sarebbero considerati fiori composti. Al contrario, quando in un singolo fiore si riscontra questa unione delle antere in un unico organo e il calice che circonda un solo seme nudo, tale fiore, pur essendo singolo, è considerato un vero fiore composto e appartiene alla famiglia delle Composite. È quindi più corretto definire i caratteri di questa struttura in base a una specifica organizzazione anatomica, piuttosto che basarsi su apparenze ingannevoli.
Il pistillo presenta uno stilo generalmente più lungo del fiore su cui si erge, attraverso il tubo formato dalle antere. Spesso, nella sua parte superiore, termina con un stigma a forma di forcone, le cui due piccole punte sono facilmente visibili. Per quanto riguarda la base, né il pistillo né il fiore sono direttamente attaccati al ricettacolo; entrambi vi si fissano tramite il germoglio che funge da supporto. Questo germoglio cresce e allunga man mano che il fiore appassisce, fino a trasformarsi in un seme allungato che rimane attaccato al ricettacolo fino alla maturazione. Quando è maturo, cade se è privo di peli o piume; in caso contrario, il vento lo porta lontano se è dotato di queste appendici. Il ricettacolo, a seconda del genere, può rimanere completamente scoperto oppure essere rivestito di scaglie o peli.
La struttura dei semi-fiori è simile a quella dei fiori veri e propri; gli stami, il pistillo e il seme sono disposti in modo più o meno identico. Tuttavia, nelle piante a fiori radiati esistono diversi casi in cui i semi-fiori situati ai margini tendono ad abortire: o perché mancano di stami, o perché gli stami presenti sono sterili e non sono in grado di fecondare il seme. In questi casi, la pianta produce semi soltanto attraverso i semi-fiori centrali.
In tutta la classe delle piante composte, il seme è sempre sessile, cioè si trova direttamente sul ricettacolo senza alcun peduncolo intermedio. Tuttavia esistono semi i cui apici sono coronati da una sorta di piumetta: a volte questa piumetta è sessile, altre volte è attaccata al seme tramite un peduncolo. È facile capire che il compito di questa piumetta sia quello di disperdere i semi in lontananza, permettendo loro di essere trasportati dall’aria e seminati a distanza.
A queste descrizioni vaghe e incomplete devo aggiungere che i calici, in genere, hanno la proprietà di aprirsi quando il fiore sboccia e di chiudersi quando i boccioli appassiscono e cadono, al fine di contenere il seme giovane e impedirne la dispersione prima della sua maturazione; infine, si riaprono completamente e si capovolgono, offrendo nel loro centro uno spazio più ampio ai semi che crescono durante la fase di maturazione. Avrete sicuramente visto spesso il tarassaco in questo stato, quando i bambini lo raccoglievano per soffiare nelle sue piumule, le quali formano una sfera attorno al calice capovolto.
Per conoscere bene questa classe di piante, è necessario seguirne lo sviluppo delle fioriture, dall’apertura dei boccioli fino alla piena maturazione del frutto; è proprio in questo processo che si osservano metamorfosi e sequenze meravigliose che suscitano continua ammirazione in chiunque le studi con attenzione. Una pianta particolarmente adatta a queste osservazioni è il girasole, comune nelle vigne e nei giardini: come potete vedere, si tratta di una pianta a raggi radi. Anche la margherita, che in autunno abbellisce i prati, appartiene a questa categoria. I cardi sono piante a fiori numerosi; ho già menzionato che la scorzonera e il pisello sono esempi di piante a fiori seminumerosi. Tutte queste piante sono abbastanza grandi da poter essere analizzate a occhio nudo, senza causare troppo sforzo.
Oggi non vi dirò altro sulla famiglia o sulla classe delle composizioni. Tremo già all’idea di aver abusato troppo della vostra pazienza con dettagli che avrei potuto rendere più chiari se solo li avessi resi più brevi. Ma è impossibile eliminare la difficoltà derivante dalla piccolezza degli oggetti in questione. Buongiorno, cara cugina.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Madame Delessert
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera VII – Sugli alberi da frutto.
Aspettavo con tranquillità vostre notizie, cara cugina, poiché il signor T., che avevo incontrato dopo aver ricevuto la vostra ultima lettera, mi aveva detto che vostra madre e tutta la vostra famiglia erano in buona salute. Sono felice di poter ricevere questa conferma direttamente da voi, così come le buone notizie che mi date su mia zia Gonceru. Il suo ricordo e la sua benedizione hanno riempito di gioia un cuore a cui, da molto tempo ormai, non si provano più sentimenti del genere. È grazie a lei che conservo ancora qualcosa di davvero prezioso in questo mondo; e finché la avrò con me, continuerò, a dispetto di tutto, ad amare la vita. Ora è il momento di approfittare delle vostre gentilezze, sia per lei che per me; mi sembra che la mia piccola offerta assuma un vero valore quando passa attraverso le vostre mani. Se vostro caro marito verrà presto a Parigi, come sperate voi, gli chiederò di occuparsi del mio dono annuale[8]; ma se dovesse ritardare un po’, vi prego di indicarmi chi devo rivolgermi per consegnarlo, affinché non ci siano ritardi e che non lo anticipiate come l’anno scorso, cosa che so essere per voi un piacere, ma che non dovreste fare se non è strettamente necessario.
Ecco, cara cugina, i nomi delle piante che mi avete inviato di recente. Ho aggiunto un punto interrogativo a quelli di cui non sono sicura, perché non avete avuto la cura di includere insieme alla pianta anche le sue foglie, e spesso le foglie sono necessarie per identificare con certezza la specie, soprattutto per uno botanico inesperto come me. Arrivando a Fourrière, troverete la maggior parte degli alberi da frutto in fiore; ricordo che desideravate alcune indicazioni su questo argomento. In questo momento non posso scrivervi molto, sono molto impegnato, e voglio evitare che perdiate un’altra stagione a causa di questa verifica.
Il ne faut pas, chère amie, donner à la botanique une importance qu’elle n’a pas ; c’est une étude de pure curiosité, et qui n’a d’autre utilité réelle que celle que peut tirer un être pensant et sensible de l’observation de la nature et des merveilles de l’univers. L’homme a dénaturé beaucoup de choses pour les mieux convertir à son usage: en cela il n’est point à blâmer ; mais il n’en est pas moins vrai qu’il les a souvent défigurées, et que, quand dans les œuvres de ses mains il croit étudier vraiment la nature, il se trompe. Cette erreur a lieu surtout dans la société civile ; elle a lieu de même dans les jardins. Ces fleurs doubles, qu’on admire dans les parterres, sont des monstres dépourvus de la faculté de produire leur semblable, dont la nature a doué tous les êtres organisés. Les arbres fruitiers sont à peu près dans le même cas par la greffe: vous aurez beau planter des pépins de poires et de pommes des meilleures espèces, il n’en naîtra jamais que des sauvageons. Ainsi, pour connaître la poire et la pomme de la nature, il faut les chercher, non dans les potagers, mais dans les forêts. La chaire n’en est pas si grosse et si succulente, mais les semences en mûrissent mieux, en multiplient davantage, et les arbres en sont infiniment plus grands et plus vigoureux. Mais j’entame ici un article qui me mènerait trop loin ; revenons à nos potagers.
Nos arbres fruitiers, quoique greffés, gardent dans leur fructification tous les caractères botaniques qui les distinguent ; et c’est par l’étude attentive de ces caractères, aussi bien que par les transformations de la greffe, qu’on s’assure qu’il n’y a, par exemple, qu’une seule espèce de poire sous mille noms divers, par lesquels la forme et la saveur de leurs fruits les a fait distinguer en autant de prétendues espèces qui ne sont, au fond, que des variétés. Bien plus, la poire et la pomme ne sont que deux espèces du même genre, et leur unique différence bien caractéristique est que le pédicule de la pomme entre dans un enfoncement du fruit, et celui de la poire tient à un prolongement du fruit un peu allongé. De même toutes les sortes de cerises, guignes, griottes, bigarreaux, ne sont que des variétés d’une même espèce: toutes les prunes ne sont qu’une espèce de prunes ; le genre de la prune contient trois espèces principales, savoir: la prune proprement dite, la cerise, et l’abricot, qui n’est aussi qu’une espèce de prune. Ainsi, quand le savant Linnaeus, divisant le genre dans ses espèces, a dénommé la prune prune, la prune cerise, et la prune abricot, les ignorants se sont moqués de lui ; mais les observateurs ont admiré la justesse de ses réductions, etc. Il faut courir, je me hâte.
Les arbres fruitiers entrent presque tous dans une famille nombreuse, dont le caractère est facile à saisir, en ce que les étamines, en grand nombre, au lieu d’être attachées au réceptacle, sont attachées au calice par les intervalles que laissent les pétales entre eux ; toutes leurs fleurs sont polypétales et à cinq communément. Voici les principaux caractères génériques.
Le genre de la poire, qui comprend aussi la pomme et le coin. Calice monophylle à cinq pointes. Corolle à cinq pétales attachés au calice, une vingtaine d’étamines toutes attachées au calice. Germe ou ovaire infère, c’est-à-dire au-dessous de la corolle, cinq styles. Fruits charnus à cinq logettes, contenant des graines, etc.
Le genre de la prune, qui comprend l’abricot, la cerise et le laurier cerise. Calice, corolles et anthères à peu près comme la poire ; mais le germe est supère, c’est-à-dire dans la corolle, et il n’y a qu’un style. Fruit plus aqueux que charnu, contenant un noyau, etc.
Le genre de l’amande, qui comprend aussi la pèche. Presque comme la prune, si ce n’est que le germe est velu, et que le fruit, mou dans la pêche, sec dans l’amande, contient un noyau dur, raboteux, parsemé de cavités, etc.
Tout ceci n’est que bien grossièrement ébauché, mais c’en est assez pour vous amuser cette année. Bonjour, chère cousine.
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Madame Delessert
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Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre VIII – Sur les Herbiers.
Du 11 avril 1773.
Grâce au ciel, chère cousine, vous voilà rétablie. Mais ce n’est pas sans que votre silence et celui de M. G., que j’avais instamment prié de m’écrire un mot à son arrivée, ne m’ait causé bien des alarmes. Dans des inquiétudes de cette espèce, rien n’est plus cruel que le silence, parce qu’il fait tout porter au pis ; mais tout cela est déjà oublié et je ne sens plus que le plaisir de votre rétablissement. Le retour de la belle saison, la vie moins sédentaire de Fourrière, et le plaisir de remplir avec succès la plus douce ainsi que la plus respectable des fonctions, achèveront bientôt de l’affermir, et vous en sentirez moins tristement l’absence passagère de votre mari, au milieu des chers gages de son attachement, et des soins continuels qu’ils vous demandent.
La terre commence à verdir, les arbres à bourgeonner, les fleurs à s’épanouir: il y en a déjà de passées ; un moment de retard pour la botanique nous reculerait d’une année entière: ainsi j’y passe sans autre préambule.
Je crains que nous ne l’ayons traitée jusqu’ici d’une manière trop abstraite, en n’appliquant point nos idées sur des objets déterminés ; c’est le défaut dans lequel je suis tombé, principalement à l’égard des ombellifères. Si j’avais commencé par vous en mettre une sous les yeux, je vous aurais épargné une application très fatigante sur un objet imaginaire, et à moi des descriptions difficiles, auxquelles un simple coup d’œil aurait suppléé. Malheureusement, à la distance où la loi de la nécessité me tient de vous, je ne suis pas à portée de vous montrer du doigt les objets ; mais si, chacun de notre côté, nous en pouvons avoir sous les yeux de semblables, nous nous entendrons très -bien l’un l’autre en parlant de ce que nous voyons. Toute la difficulté est qu’il faut que l’indication vienne de vous ; car vous envoyer d’ici des plantes sèches serait ne rien faire. Pour bien reconnaître une plante, il faut commencer par la voir sur pied. Les herbiers servent de mémoratif pour celles qu’on a déjà connues, mais ils font mal connaître celles qu’on n’a pas vues auparavant. C’est donc à vous de m’envoyer des plantes que vous voudrez connaître et que vous aurez cueillies sur pied ; et c’est à moi de vous les nommer, de les classer, de les décrire, jusqu’à ce que, par des idées comparatives, devenues familières à vos yeux et à votre esprit, vous parveniez à classer, ranger et nommer vous-même celles que vous verrez pour la première fois ; science qui seule distingue le vrai botaniste de l’herboriste ou nomenclateur. Il s’agit donc ici d’apprendre à préparer, dessécher et conserver les plantes, ou échantillons de plantes, de manière à les rendre faciles à reconnaître et à déterminer ; c’est, en un mot, un herbier que je vous propose de commencer. Voici une grande occupation qui, de loin, se prépare pour notre petite amatrice ; car, quant à présent, et pour quelque temps encore, il faudra que l’adresse de vos doigts supplée à la faiblesse des siens.
Il y a d’abord une provision à faire ; savoir, cinq ou six mains de papier gris, et à peu près autant de papier blanc, de même grandeur, assez fort et bien collé, sans quoi les plantes se pourriraient dans le papier gris, ou du moins les fleurs y perdraient leur couleur ; ce qui est une des parties qui les rendent reconnaissables, et par lesquelles un herbier est agréable à voir. Il serait encore à désirer que vous eussiez une presse de la grandeur de votre papier, ou du moins deux bouts de planches bien unies, de manière qu’en plaçant vos feuilles entre deux, vous les y puissiez tenir pressées par les pierres ou autres corps pesants dont vous chargerez la planche supérieure. Ces préparatifs faits, voici ce qu’il faut observer pour préparer vos plantes de manière à les conserver et les reconnaître.
Le moment à choisir pour cela est celui où la plante est en pleine fleur, et où même quelques fleurs commencent à tomber pour faire place au fruit qui commence à paraître. C’est dans ce point où toutes les parties de la fructification sont sensibles, qu’il faut tâcher de prendre la plante pour la dessécher dans cet état.
My dear friend, we must not assign to botany an importance it does not possess; it is merely a study of pure curiosity, and its only real utility lies in the knowledge that a thinking and perceptive being can gain from observing nature and the wonders of the universe. Man has altered many things in order to make better use of them—indeed, he should not be blamed for this—but it is still true that he has often distorted their original form. And when he believes he is truly studying nature through his own creations, he is mistaken. This error is particularly common in civilized societies and also in gardens. Those double flowers that we admire in our gardens are actually monsters, deprived of the ability to reproduce themselves—the ability that nature has granted to all living organisms. Fruit trees are somewhat in the same situation when grafted; no matter how carefully you plant seeds from the best varieties of pears and apples, what will grow are only wildlings. Therefore, if we wish to understand the natural forms of the pear and apple, we must look for them not in gardens but in the forests. The fruit there may not be so large or juicy, but the seeds will ripen more successfully, reproduce more abundantly, and the trees that grow from them will be far larger and healthier. But I am digressing here; let us return to our gardens.
Our fruit trees, although grafted, retain in their fruit production all the botanical characteristics that distinguish them; and it is through careful study of these characteristics, as well as through the observation of the transformations that occur during grafting, that we can be certain that there is, for example, only one species of pear under a thousand different names—names given merely because the shape and taste of their fruits have led people to distinguish them into so many supposed species, which are in reality nothing more than varieties. Moreover, the pear and the apple are but two species of the same genus, and their sole distinctive feature is that the stem of the apple inserts into a hollow part of the fruit, while that of the pear attaches to a slightly elongated extension of the fruit itself. Similarly, all kinds of cherries, guignes, griottes, and bigarreaux are merely varieties of the same species; all plums are but one species of plum. The genus Prunus contains three main species: the common plum, the cherry, and the apricot, which is also a variety of plum. Thus, when the scientist Linnaeus divided this genus into its various species, he named them “plum,” “cherry,” and “apricot”; but the ignorant mocked him. Yet observers admired the accuracy of his classifications. I must hurry now.
Almost all fruit trees belong to a large family, the characteristics of which are easy to discern. In these plants, the numerous stamens are not attached to the receptacle but are connected to the calyx through the spaces left by the petals. All their flowers are polypetalous, and typically have five petals each. These are the main generic characteristics.
The genus Pyrus includes both the apple and the pear. The calyx is monophyletic and has five points. The corolla consists of five petals attached to the calyx, along with about twenty stamens also attached to the calyx. The ovary or germ is located below the corolla; there are five styles. The fruit is fleshy and contains five chambers, each housing seeds.
The genus Prunus includes the apricot, cherry, and blackberry. The calyx, petals, and anthers are similar to those of the pear; however, the ovule is superior, meaning it is located within the petal, and there is only one style. The fruit is more watery than fleshy and contains a stone.
The genus Prunus also includes the almond. It is somewhat similar to the plum, except that the almond’s embryo has a hairy coating, and while the fruit is soft in the case of the plum, it is dry in the case of the almond. Moreover, the almond contains a hard, rough kernel that is dotted with cavities.
All of this is merely a very rough sketch, but it’s enough to keep you entertained this year. Hello, dear cousin.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame Delessert
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter VIII – On Herbaria.
From April 11, 1773.
Thank goodness, dear cousin, you have recovered. But your silence, as well as that of Mr. G., for whom I had earnestly begged him to write to me upon his arrival, caused me great anxiety. In such concerns, nothing is more cruel than silence, for it tends to make things seem even worse; but all of this is now forgotten, and I feel only joy at your recovery. The return of the pleasant season, a less sedentary life in Fourrière, and the pleasure of fulfilling one of the most gentle and honorable duties will soon help you fully recover. You will then feel his temporary absence less painfully, surrounded as you are by the dear signs of his affection and by the constant care he lavishes upon you.
The earth begins to turn green, the trees begin to sprout, and the flowers begin to bloom; some have already bloomed. A single moment of delay in observing these phenomena would mean falling a whole year behind in our study of botany—so I proceed without any further prelude.
I fear that we have thus far dealt with this subject in a too abstract manner, failing to apply our concepts to specific objects; this is the mistake I made, especially regarding the umbelliferous plants. Had I begun by presenting one of these plants before your eyes, I would have spared you the tedious effort of applying these concepts to an imaginary object, as well as myself the difficulty of describing it when a simple glance would have been sufficient. Unfortunately, from the distance at which the laws of necessity dictate my interaction with you, it is not possible for me to point out these objects to you directly; but if each of us possesses similar specimens before our eyes, we will be able to understand one another very well when discussing what we see. The entire difficulty lies in the fact that the guidance must come from you; sending you dried plants from here would be utterly futile. To truly identify a plant, one must first see it growing in its natural environment. Herbaria serve as a reference for those plants one has already encountered, but they are of little help in understanding plants one has never seen before. Therefore, it is up to you to send me the plants you wish to learn about, freshly picked from their natural habitat; and it is my role to name them, classify them, and describe them, until through comparative concepts that become familiar to both your eyes and mind, you are able to identify, organize, and name those plants on your own for the first time. Only such knowledge truly distinguishes a true botanist from an ordinary herbarist or nomenclator. In short, what is at stake here is learning how to prepare, dry, and preserve plants—or plant specimens—in a way that makes them easy to recognize and identify. In other words, I am offering you the opportunity to begin creating your own herbarium. This is indeed a worthwhile endeavor, especially for our young enthusiast; for for the time being, it will still be necessary for your dexterous fingers to compensate for the lack of experience in this area.
First of all, certain preparations are necessary: you need five or six sheets of gray paper, and roughly the same amount of white paper, of the same size, strong enough and properly glued together—otherwise, the plants would rot inside the gray paper, or at least their flowers would lose their color. Color is one of the features that makes plants recognizable and is what gives a herbarium its aesthetic appeal. It would also be desirable if you had a press suitable for the size of your paper, or at least two pieces of wood well joined together so that you could place the leaves between them and press them down with stones or other heavy objects placed on the top board. Once these preparations are made, here are the steps to follow in order to properly preserve and identify your plants.
The best time to do this is when the plant is in full bloom, and when some of the flowers have already begun to fall off, making way for the fruit to begin appearing. It is at this stage, when all parts of the reproductive process are active, that one should attempt to dry the plant in its current condition.
Carissima amica, non bisogna attribuire alla botanica un’importanza che in realtà non possiede; si tratta di uno studio puramente di curiosità, il cui unico vero utilizzo risiede nel fatto che permette a un essere pensante e sensibile di osservare la natura e le meraviglie dell’universo. L’uomo ha modificato molte cose al fine di adattarle meglio alle proprie esigenze: in questo non è da biasimare; tuttavia è altrettanto vero che spesso le ha deformate, e che quando crede di studiare davvero la natura attraverso le opere della sua mano, si sbaglia. Questo errore si verifica soprattutto nella società civile, ma anche nei giardini. Quei fiori doppi che ammiriamo nei giardini sono in realtà mostri privi della capacità di produrre nuovi esemplari, una caratteristica che la natura ha donato a tutti gli esseri organizzati. Anche gli alberi da frutto, attraverso la tecnica del innesto, si trovano nella stessa situazione: potreste piantare semi di peschi e mele delle migliori varietà, ma ne nasceranno sempre solo piante selvatiche. Pertanto, se vogliamo conoscere il vero aspetto della mela e della pesca naturale, dobbiamo cercarle non nei giardini, ma nelle foreste. I frutti raccolti in questi contesti non sono così grandi e succosi, ma i semi maturano meglio, si riproducono più facilmente, e gli alberi risultanti sono infinitamente più grandi e vigorosi. Tuttavia, sto entrando in un argomento che mi porterebbe troppo lontano; torniamo ai nostri giardini.
I nostri alberi da frutto, anche se innestati, mantengono nella loro produzione di frutti tutti i caratteri botanici che li distinguono; ed è attraverso lo studio attento di questi caratteri, così come attraverso le trasformazioni dell’innesto stesso, che si può essere certi che esista, ad esempio, una sola specie di pera sotto mille nomi diversi, con cui la forma e il sapore dei loro frutti li hanno fatti distinguere in tante presunte specie che, in realtà, non sono altro che varietà. Ancora di più, la pera e la mela non sono che due specie dello stesso genere; la loro unica differenza caratteristica è che il peduncolo della mela si inserisce in una cavità del frutto, mentre quello della pera si attacca a un prolungamento del frutto leggermente allungato. Allo stesso modo, tutte le varietà di ciliegie, prugne, albicocche sono soltanto varietà di una stessa specie; tutte le prugne costituiscono in realtà una sola specie; il genere delle prugne comprende tre specie principali: la prugna propriamente detta, la ciliegia e l’albicocca, che anch’essa è soltanto una varietà di prugna. Così, quando il sapiente Linneo, dividendo il genere nelle sue specie, chiamò la prugna “prugna”, la ciliegia “prugna ciliegia” e l’albicocca “prugna albicocca”, gli ignoranti si presero gioco di lui; ma gli osservatori ammirarono la precisione delle sue classificazioni, ecc. Devo affrettarmi.
Quasi tutti gli alberi da frutto appartengono a una famiglia numerosa, i cui caratteristiche sono facilmente comprensibili: gli stami, presenti in gran numero, non sono attaccati all’ovario, ma al calice attraverso gli spazi lasciati liberi dai petali; tutte le loro fioriture sono polipetali e solitamente composte da cinque petali. Ecco i principali tratti generici di questa famiglia.
Il genere della pera, che comprende anche la mela e il pero selvatico. Calice monofilo a cinque punte. Corolla a cinque petali attaccati al calice, una ventina di stami tutti attaccati al calice. Germe o ovario infero, cioè situato sotto la corolla, cinque stili. Frutti carnosi a cinque camere, contenenti semi, ecc.
Il genere delle prugne, che comprende l’albicocco, la ciliegia e il prunello. Calice, corolle e antere più o meno simili a quelli della pera; ma il germe si trova all’interno della corolla e c’è soltanto un stilo. Frutto più acquoso che carnoso, contenente un nocciolo, ecc.
Il genere delle mandorle include anche le pesche. Quasi come le prugne, ad eccezione del fatto che il seme è vellutato e che il frutto, morbido nella pesca, è secco nella mandorla; inoltre, la mandorla contiene un nocciolo duro, irregolare e pieno di cavità.
Tutto ciò è solo una bozza molto approssimativa, ma basterà per divertirvi quest’anno. Ciao, cara cugina.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Madame Delessert
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera VIII – Sui erbari.
Dal 11 aprile 1773.
Grazie al cielo, cara cugina, siete finalmente guarita. Ma il vostro silenzio, così come quello di Monsieur G., di cui avevo supplicato con insistenza che mi scrivesse non appena fosse arrivato, hanno causato molte preoccupazioni. In momenti di ansia del genere, nulla è più crudele del silenzio, perché porta sempre a conclusioni peggiori; ma ormai tutto questo è dimenticato, e provo soltanto gioia per la vostra guarigione. Il ritorno della bella stagione, una vita meno sedentaria a Fourrière, e il piacere di svolgere con successo la più dolce e nobile delle funzioni, contribuiranno presto a rafforzare ulteriormente la vostra salute. E sentirete meno la mancanza temporanea di vostro marito, circondata com’è dai segni evidenti del suo affetto e dalle cure costanti che vi riserva.
La terra inizia a verdeggiare, gli alberi a germogliare, i fiori a sbocciare; ne sono già apparsi alcuni. Un ritardo anche di poco nel processo botanico ci farebbe indietreggiare di un intero anno; quindi mi limito a dirlo senza altri preamboli.
Temo che finora abbiamo trattato questo argomento in modo troppo astratto, senza applicare le nostre idee a oggetti concreti; è proprio questo il errore che ho commesso, soprattutto riguardo ai gruppi di piante a ombrello. Se avessi iniziato mostrandovi un esempio concreto, vi avrei risparmiato una descrizione molto laboriosa basata su un oggetto immaginario, e a me delle descrizioni difficili che avrebbero potuto essere sostituite da un semplice sguardo. Purtroppo, dalla distanza in cui mi trovo, non posso mostrarvi direttamente gli oggetti; ma se ognuno di noi possiede esempi simili sotto i propri occhi, riusciremo facilmente a comunicare parlando di ciò che vediamo. L’unica difficoltà sta nel fatto che l’indicazione deve venire da voi: inviarmi piante secche da qui non significherebbe nulla. Per riconoscere correttamente una pianta, è necessario prima vederla in natura. Gli erbari servono solo a ricordare quelle che si conoscono già, ma non aiutano affatto a conoscere quelle mai viste prima. Quindi tocca a voi inviarmi le piante che desiderate studiare, raccolte direttamente in natura; e a me spettà nominarle, classificarle e descriverle, fino a quando, grazie a idee comparative diventate familiari per voi, sarete in grado di classificare, ordinare e denominare da soli quelle che vedrete per la prima volta. Solo questa conoscenza distingue veramente il botanico dal semplice erborista o nomenclatore. In altre parole, si tratta di imparare a preparare, essiccare e conservare le piante in modo che siano facilmente riconoscibili e identificabili; in altre parole, di creare un proprio erbario. Si tratta di un’attività molto interessante, soprattutto per una giovane appassionata come voi. Per ora, infatti, sarà necessario che sia la precisione delle vostre mani a compensare la mancanza di esperienza.
Prima di tutto, è necessario preparare alcuni materiali: circa cinque o sei fogli di carta grigia, e altrettanti fogli di carta bianca, della stessa dimensione, abbastanza resistenti e ben incollati; altrimenti le piante potrebbero marcire all’interno della carta grigia, o comunque i fiori ne perderebbero il colore. Il colore è infatti uno degli elementi che rendono le piante riconoscibili e che conferiscono bellezza a un erbario. Sarebbe ancora auspicabile disporre di una pressa delle dimensioni della carta utilizzata, o almeno di due lastre ben unite tra loro; in questo modo, posizionando i fogli tra le due lastre, si potranno comprimerli utilizzando pietre o altri oggetti pesanti per tenere la parte superiore della pressa premuta sui fogli. Una volta effettuati questi preparativi, è possibile procedere con la conservazione e la classificazione delle piante in modo corretto.
Il momento più adatto per farlo è quando la pianta è in piena fioritura e alcune foglie iniziano già a cadere, lasciando spazio al frutto che sta cominciando a formarsi. È proprio in questo stadio, in cui tutte le parti della pianta coinvolte nella formazione del frutto sono ancora sensibili, che bisogna procedere con l’essiccazione della pianta.
Les petites plantes se prennent tout entières avec leurs racines, qu’on a soin de bien nettoyer avec une brosse, afin qu’il n’y reste point de terre. Si la terre est mouillée, on la laisse sécher pour la brosser, ou bien on lave la racine ; mais il faut avoir alors la plus grande attention de la bien essuyer et dessécher avant de la mettre entre les papiers, sans quoi elle s’y pourrirait infailliblement, et communiquerait sa pourriture aux autres plantes voisines. Il ne faut cependant s’obstiner à conserver les racines qu’autant qu’elles ont quelques singularités remarquables ; car, dans le plus grand nombre, les racines ramifiées et fibreuses ont des formes si semblables, que ce n’est pas la peine de les conserver, La nature, qui a tant fait pour l’élégance et l’ornement dans la figure et la couleur des plantes en ce qui frappe les yeux, a destiné les racines uniquement aux fonctions utiles, puisqu’étant cachées dans la terre, leur donner une structure agréable eût été cacher la lumière sous le boisseau.
Les arbres et toutes les grandes plantes ne se prennent que par échantillon ; mais il faut que cet échantillon soit si bien choisi, qu’il contienne toutes les parties constitutives du genre et de l’espèce, afin qu’il puisse suffire pour reconnaître et déterminer la plante qui l’a fourni. Il ne suffit pas que toutes les parties de la fructification y soient sensibles, ce qui ne servirait qu’à distinguer le genre, il faut qu’on y voie bien le caractère de la foliation et de la ramification, c’est-à-dire la naissance et la forme des feuilles et des branches, et même, autant qu’il se peut, quelque portion de la tige ; car, comme vous verrez dans la suite, tout cela sert à distinguer les espèces différentes des mêmes genres qui sont parfaitement semblables par la fleur et le fruit. Si les branches sont trop épaisses, on les amincit avec un couteau ou canif, en diminuant adroitement par-dessous de leur épaisseur, autant que cela se peut, sans couper et mutiler les feuilles. Il y a des botanistes qui ont la patience de fendre l’écorce de la branche et d’en tirer adroitement le bois, de façon que l’écorce rejointe paraît vous montrer encore la branche entière, quoique le bois n’y soit plus: au moyen de quoi l’on n’a point entre les papiers des épaisseurs et bosses trop considérables, qui gâtent, défigurent l’herbier, et font prendre une mauvaise forme aux plantes. Dans les plantes où les fleurs et les feuilles ne viennent pas en même temps, ou naissent trop loin les unes des autres, on prend une petite branche à fleurs et une petite branche à feuilles ; et, les plaçant ensemble dans le même papier, on offre ainsi à l’œil les diverses parties de la même plante, suffisantes pour la faire reconnaître. Quant aux plantes où l’on ne trouve que des feuilles, et dont la fleur n’est pas encore venue ou est déjà passée, il les faut laisser, et attendre, pour les reconnaître, qu’elles montrent leur visage. Une plante n’est pas plus sûrement reconnaissable à son feuillage qu’un homme à son habit.
Tel est le choix qu’il faut mettre dans ce qu’on cueille: il en faut mettre aussi dans le moment qu’on prend pour cela. Les plantes cueillies le matin à la rosée, ou le soir à l’humidité, ou le jour durant la pluie, ne se conservent point. Il faut absolument choisir un temps sec, et même, dans ce temps-là, le moment le plus sec et le plus chaud de la journée, qui est en été entre onze heures du matin et cinq ou six heures du soir. Encore alors, si l’on y trouve la moindre humidité, faut -il les laisser, car infailliblement elles ne se conserveront pas.
Quand vous avez cueilli vos échantillons, vous les apportez au logis, toujours bien au sec, pour les placer et arranger dans vos papiers. Pour cela vous faites votre premier lit de deux feuilles au moins de papier gris, sur lesquelles vous placez une feuille de papier blanc, et sur cette feuille vous arrangez votre plante, prenant grand soin que toutes ses parties, surtout les feuilles et les fleurs, soient bien ouvertes et bien étendues dans leur situation naturelle. La plante un peu flétrie, mais sans l’être trop, se prête mieux pour l’ordinaire à l’arrangement qu’on lui donne sur le papier avec le pouce et les doigts. Mais il y en a de rebelles qui se grippent d’un côté, pendant qu’on les arrange de l’autre. Pour prévenir cet inconvénient, j’ai des plombs, des gros sous, des liards, avec lesquels j’assujettis les parties que je viens d’arranger, tandis que j’arrange les autres, de façon que, quand j’ai fini, ma plante se trouve presque toute couverte de ces pièces qui la tiennent en état. Après cela on pose une seconde feuille blanche sur la première, et on la presse avec la main, afin de tenir la plante assujettie dans la situation qu’on lui a donnée, avançant ainsi la main gauche qui presse à mesure qu’on retire avec la droite les plombs et les gros sous qui sont entre les papiers: on met ensuite deux autres feuilles de papier gris sur la seconde feuille blanche, sans cesser un seul moment de tenir la plante assujettie, de peur qu’elle ne perde la situation qu’on lui a donnée. Sur ce papier gris on met une autre feuille blanche ; sur cette feuille une plante qu’on arrange et recouvre comme ci-devant, jusqu’à ce qu’on ait placé toute la moisson qu’on a apportée, et qui ne doit pas être nombreuse pour chaque fois, tant pour éviter la longueur du travail, que de peur que, durant la dessiccation des plantes, le papier ne contracte quelque humidité par leur grand nombre, ce qui gâterait infailliblement vos plantes, si vous ne vous hâtiez de les changer de papier avec les mêmes attentions ; et c’est même ce qu’il faut faire de temps en temps jusqu’à ce qu’elles aient bien pris leur pli, et qu’elles soient toutes assez sèches.
Votre pile de plantes et de papiers ainsi arrangée doit être mise en presse, sans quoi les plantes se gripperaient: il y en a qui veulent être plus pressées, d’autres moins ; l’expérience vous apprendra cela, ainsi qu’à les changer de papier à propos, et aussi souvent qu’il faut, sans vous donner un travail inutile. Enfin, quand vos plantes seront bien sèches, vous les mettrez bien proprement chacune dans une feuille de papier, les unes sur les autres, sans avoir besoin de papiers intermédiaires, et vous aurez ainsi un herbier commencé, qui s’augmentera sans cesse avec vos connaissances, et contiendra enfin l’histoire de toute la végétation du pays: au reste, il faut toujours tenir un herbier bien serré et un peu en presse ; sans quoi les plantes, quelque sèches qu’elles fussent, attireraient l’humidité de l’air et se gripperaient encore.
Voici maintenant l’usage de tout ce travail pour parvenir à la connaissance particulière des plantes, et à nous bien entendre lorsque nous en parlerons.
Il faut cueillir deux échantillons de chaque plante: l’un, plus grand, pour le garder ; l’autre, plus petit, pour me l’envoyer. Vous les numéroterez avec soin, de façon que le grand et le petit échantillon de chaque espèce aient toujours le même numéro. Quand vous aurez une douzaine ou deux d’espèces ainsi desséchées, vous me les enverrez dans un petit cahier par quelque occasion. Je vous enverrai le nom et la description des mêmes plantes ; par le moyen des numéros, vous les reconnaîtrez dans votre herbier, et de là sur la terre, où je suppose que vous aurez commencé de les bien examiner. Voilà un moyen sûr de faire des progrès aussi sûrs et aussi rapides qu’il est possible loin de votre guide.
N.B. J’ai oublié de vous dire que les mêmes papiers peuvent servir plusieurs fois, pourvu qu’on ait soin de les bien aérer et dessécher auparavant. Je dois ajouter aussi que l’herbier doit être tenu dans le lieu le plus sec de la maison, et plutôt au premier qu’au rez-de-chaussée[9].
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettres élémentaires à M. de Malesherbes
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de Malesherbes
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre IX – Sur le format des herbiers et sur la synonymie.
The small plants are removed whole, along with their roots, which must be carefully cleaned with a brush to ensure no soil remains. If the soil is wet, it should be allowed to dry before cleaning or the roots should be washed; however, it is essential to thoroughly dry them before placing them between the papers, otherwise they will inevitably rot and contaminate nearby plants. One should only insist on preserving roots that possess some distinctive features; in most cases, the branched and fibrous roots are so similar in appearance that there is no point in keeping them. Nature, which has gone to such great lengths to create elegance and beauty in the form and color of plants for our visual enjoyment, has seemingly intended for roots to serve solely practical purposes—since they are hidden in the soil, giving them an attractive structure would merely mean hiding light beneath a covering.
Trees and all large plants are only examined by taking samples; however, these samples must be carefully selected so that they contain all the constituent parts of the genus and species in question, in order to be sufficient for identifying and determining the plant from which they were taken. It is not enough for all the reproductive parts to be present in the sample—such information would only be useful for distinguishing between genera. Instead, it is essential to clearly observe the characteristics of the leaves and branches, namely their origin and shape, as well as any portion of the stem that may be available. As you will see later on, all these details are crucial for distinguishing different species within the same genus, which may otherwise appear identical in terms of flowers and fruits. If a branch is too thick, it should be thinned using a knife or a sharp tool, carefully reducing its thickness without cutting or damaging the leaves. Some botanists go to the extent of splitting the bark and carefully removing the inner wood, so that the remaining bark still appears to show the entire branch, even though the wood is no longer present. This method ensures that there are no excessive thick areas or bumps in the herbarium sheets, which could distort the plants and make them difficult to identify. In cases where flowers and leaves do not appear at the same time, or where they grow at different stages, it is necessary to collect a small branch with flowers and another with leaves. By placing them together in the same herbarium sheet, all the various parts of the same plant are presented, allowing for accurate identification. As for plants that only have leaves and whose flowers have not yet appeared or have already faded, they should be left alone until their flowers bloom—only then can they be properly identified. After all, a plant is just as difficult to identify by its leaves as a person is by their clothing.
Such is the choice that must be made when it comes to what one picks: it is also necessary to make the right choice regarding the moment in which one does so. Plants picked in the morning at dawn, or in the evening when the air is humid, or during the day when it rains, will not preserve well. It is absolutely essential to choose a dry time—and even within such a time frame, the drier and warmer part of the day, which in summer is between eleven in the morning and five or six in the evening. Yet even then, if there is the slightest hint of humidity, one must leave them be, for they will certainly not keep.
Once you have harvested your specimens, you bring them back to the dry place and arrange them carefully among your papers. To do this, you start by laying at least two sheets of gray paper, on top of which you place a sheet of white paper. On this white paper, you arrange the plant, making sure that all its parts—especially the leaves and flowers—are fully open and spread out in their natural position. A plant that is slightly wilted but not too much is more suitable for this arrangement, as it can be easily shaped with your fingers. However, some plants may resist being positioned in a certain way; to prevent this, I use small coins or other objects to secure the parts that have been arranged while I adjust the rest. Once everything is in place, I cover the plant with another sheet of white paper and press it down firmly with my hand to maintain its shape. Then I add two more sheets of gray paper on top of the white one, continuing to hold the plant in place at all times to prevent it from changing position. On this layer of gray paper, I place another sheet of white paper, and onto that, I arrange the plants again with the same care. I repeat this process until I have arranged all the specimens I brought; it’s important not to use too many specimens at once, both to avoid excessive workload and to prevent the papers from absorbing too much moisture as the plants dry, which could damage them. In fact, you should replace the papers regularly until the plants have fully settled into their new arrangement and become sufficiently dry.
Your stack of plants and papers, arranged in this manner, must be pressed; otherwise, the plants will become stuck together. Some plants require more pressure than others; experience will teach you this, as well as how to change the paper they are wrapped in and how often to do so, without causing unnecessary work. Finally, once your plants are thoroughly dry, arrange them neatly one on top of another inside individual sheets of paper—no need for any intermediate layers. In this way, you will begin to compile a herbarium that will continue to grow as your knowledge expands. Eventually, it will contain the history of all the vegetation in this region. Moreover, it is essential to keep the herbarium well-pressed; otherwise, even the driest plants will absorb moisture from the air and become stuck together again.
Here, then, is how all this effort is put to use in order to attain a thorough understanding of plants and to ensure that we can communicate effectively when discussing them.
You must collect two samples of each plant: one larger one to keep for yourself, and another smaller one to send to me. Please number them carefully so that the large and small sample of each species always have the same number. Once you have dried a dozen or so species in this way, send them to me in a small notebook at some convenient opportunity. I will send you the names and descriptions of these plants; with the help of the numbers, you will be able to identify them in your herbarium—and then in the field, where I suppose you have already begun to study them carefully. This is a sure way to make as much progress as possible, without relying on your guidebook.
N.B. I forgot to tell you that the same papers can be used multiple times, as long as they are properly aired and dried beforehand. I also need to add that the herb collection should be kept in the driest place in the house, preferably on the upper floors rather than on the ground floor[9].
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Elementary Letters to Mr. de Malesherbes
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de Malesherbes
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter IX – On the format of herbals and on synonymy.
Le piccole piante vanno raccolte intere, insieme alle loro radici, che è necessario pulire accuratamente con una spazzola affinché non rimanga alcuna traccia di terra. Se la terra è umida, si lascia asciugare prima di pulirla; in alternativa, si lavano direttamente le radici, ma è fondamentale assicurarsi che siano ben asciutte e disidratate prima di inserirle tra i fogli di carta, altrimenti andrebbero inevitabilmente a marcire e trasmetterebbero la loro decomposizione alle piante vicine. Tuttavia, non è necessario conservare le radici se queste non presentano caratteristiche particolari; nella maggior parte dei casi, infatti, le radici ramificate e fibrose hanno forme così simili tra loro che non vale la pena conservarle. La natura, che ha dedicato tanta attenzione all’eleganza e all’ornamento della forma e del colore delle piante per colpire immediatamente l’occhio, ha destinato le radici esclusivamente a funzioni utili; essendo nascoste nella terra, infatti, dare loro una struttura esteticamente gradevole significherebbe semplicemente nascondere la luce sotto un “cesto”.
Gli alberi e tutte le piante di grandi dimensioni vanno raccolti soltanto attraverso campioni; tuttavia, tale campione deve essere scelto con estrema cura, in modo da contenere tutte le parti costitutive del genere e della specie, affinché possa essere sufficiente per riconoscere e identificare la pianta da cui proviene. Non basta che tutte le parti legate alla riproduzione siano visibili nel campione, poiché ciò servirebbe soltanto a distinguere il genere; è necessario invece osservare con attenzione le caratteristiche della fogliatura e della ramificazione, cioè la forma di nascita e l’aspetto delle foglie e dei rami, e anche, quanto possibile, una parte del fusto stesso. Come vedrete in seguito, tutte queste caratteristiche sono fondamentali per distinguere le diverse specie all’interno dello stesso genere, che possono essere estremamente simili per forma di fiore e frutto. Se i rami sono troppo spessi, vanno assottigliati con un coltello o un coltello da cucina, riducendone la circonferenza in modo delicato, senza tagliare né danneggiare le foglie. Alcuni botanici hanno persino la pazienza di incidere la corteccia del ramo e di estrarne con cura il legno, in modo che la corteccia rimasta mostri ancora l’intero aspetto del ramo, anche se il legno non è più visibile: questo permette di evitare che le pagine degli album botanici presentino spessori e protuberanze eccessive che potrebbero rovinare o deformare le piante riprodotte. Per quanto riguarda le piante le cui foglie e i fiori non appaiono contemporaneamente, o che nascono a distanza l’uno dall’altro, si raccolgono un rametto con fiori e uno con foglie; posizionandoli insieme nello stesso foglio, è possibile osservare tutte le parti della stessa pianta, sufficienti per identificarla. Per quanto riguarda invece le piante che presentano soltanto foglie, e la cui fioritura non è ancora avvenuta o è già terminata, bisogna lasciarle stare e aspettare che mostrino i loro caratteristici distintivi. Una pianta non può essere riconosciuta con certezza solo in base alle sue foglie, così come un uomo non può essere identificato soltanto in base al suo abito.
Ecco il tipo di scelta che bisogna fare quando si raccoglie qualcosa: lo stesso deve avvenire anche nel momento in cui ci si dedica a questa attività. Le piante raccolte al mattino, con la rugiada, o alla sera, con l’umidità, oppure durante il giorno, con la pioggia, non si conservano affatto. È assolutamente necessario scegliere un momento asciutto; e anche all’interno di questo periodo, il momento più secco e più caldo della giornata, che in estate è tra le undici del mattino e le cinque o sei del pomeriggio. Tuttavia, anche in questi casi, se si riscontra la minima umidità, bisogna lasciarle perdere, perché inevitabilmente non si conserveranno.
Quando avete raccolto i vostri campioni, li portate a casa, assicurandovi sempre che siano ben asciutti, per poi disporli e sistemarli tra i fogli di carta. A questo scopo preparate prima un “letto” composto da almeno due fogli di carta grigia; su di essi posizionate un foglio di carta bianca e sopra di questo sistemate la pianta, prendendo grande cura che tutte le sue parti, soprattutto le foglie e i fiori, siano ben aperte e distese nella loro posizione naturale. Una pianta leggermente appassita, ma non troppo, si presta meglio per essere sistemata sui fogli di carta, utilizzando il pollice e le dita. Tuttavia, alcune piante possono “ribellarsi”, attaccandosi da un lato mentre vengono sistemate dall’altro; per evitare questo problema, uso monete, penny o altri oggetti pesanti per fissare quelle parti che ho appena sistemato, mentre continuo ad arrangiare il resto della pianta. Una volta terminato, la mia pianta risulta quasi interamente coperta da questi oggetti che la mantengono nella posizione desiderata. Dopo questo, posiziono un secondo foglio bianco sopra il primo e lo premo con la mano per fissare ulteriormente la pianta nella sua nuova forma. Successivamente aggiungo altre due foglie di carta grigia sul secondo foglio bianco, senza mai smettere di tenere ferma la pianta, per evitare che cambi posizione durante il processo. Su queste foglie grigie metto un altro foglio bianco; su questo sistemo nuovamente la pianta con la stessa cura di prima, fino a quando non ho disposto tutta la raccolta portata con me. È importante che la quantità di piante utilizzate sia limitata, sia per evitare un lavoro eccessivamente lungo, sia perché l’elevato numero di piante potrebbe causare un aumento dell’umidità durante il processo di essiccazione, il che danneggerebbe inevitabilmente le piante. È necessario quindi sostituire regolarmente i fogli di carta utilizzati, con la stessa attenzione dimostrata in precedenza; questo va fatto anche di tanto in tanto, fino a quando le piante non avranno assunto una forma stabile e saranno sufficientemente secche.
La vostra pila di piante e fogli disposta in questo modo deve essere messa sotto pressione; altrimenti le piante si rovinerebbero. Alcune richiedono una pressione maggiore, altre minore. L’esperienza vi insegnerà queste cose, così come a sostituire i fogli di carta utilizzati di tanto in tanto, senza compiere lavori inutili. Infine, quando le vostre piante saranno ben asciutte, mettetele una sopra l’altra, ciascuna racchiusa in un foglio di carta pulito, senza bisogno di fogli intermedi. In questo modo creerete un erbario che continuerà ad arricchirsi con le vostre conoscenze e che, alla fine, conterrà la storia di tutta la vegetazione del luogo in cui vivete. Del resto, è sempre necessario conservare l’erbario in modo ben chiuso e sotto pressione; altrimenti, anche se le piante sono asciutte, assorberanno umidità dall’aria e si rovinerebbero di nuovo.
Ecco ora come utilizzare tutto questo lavoro per raggiungere una conoscenza più approfondita delle piante e per comunicare efficacemente quando ne parleremo.
È necessario raccogliere due campioni di ogni pianta: uno più grande, da conservare; l’altro più piccolo, da inviarmi. Li numererete con cura in modo che il campione grande e quello piccolo di ciascuna specie abbiano sempre lo stesso numero. Quando avrete raccolto una dozzina o due dozzine di specie essiccate in questo modo, me le invierete in un piccolo quaderno, approfittando di qualsiasi occasione. Vi invierò il nome e la descrizione delle stesse piante; grazie ai numeri, le riconoscerete nel vostro erbario, e da lì potrete continuare a studiarle attentamente sulla terra. Questo è un metodo sicuro per fare progressi rapidi e affidabili, anche senza il vostro guida.
N.B. Ho dimenticato di dirvi che gli stessi fogli possono essere utilizzati più volte, a condizione che vengano ben aerati e asciugati prima. Devo anche aggiungere che l’erbario deve essere conservato nel luogo più asciutto della casa, preferibilmente al piano superiore piuttosto che al pianterreno[9].
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettere elementari a Monsieur de Malesherbes
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de Malesherbes
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera IX – Sul formato degli erbari e sulla sinonimia.
Si j’ai tardé si longtemps, monsieur, à répondre en détail à la lettre que vous avez eu la bonté de m’écrire le 3 janvier, c’a été d’abord dans l’idée du voyage dont vous m’aviez prévenu, et auquel je n’ai appris que dans la suite que vous aviez renoncé, et ensuite par mon travail journalier, qui m’est venu tout d’un coup en si grande abondance, que, pour ne rebuter personne, j’ai été obligé de m’y livrer tout entier ; ce qui a fait à la botanique une diversion de plusieurs mois. Mais enfin voilà la saison revenue, et je me prépare à recommencer mes courses champêtres, devenues, par une longue habitude, nécessaires à mon humeur et à ma santé.
En parcourant ce qui me restait en plantes sèches, je n’ai guère trouvé hors de mon herbier, auquel je ne veux pas toucher, que quelques doubles de ce que vous avez déjà reçu ; et cela ne valant pas la peine d’être rassemblé pour un premier envoi, je trouverais convenable de me faire, durant cet été, de bonnes fournitures, de les préparer, coller et ranger durant l’hiver ; après quoi je pourrais continuer de même, d’année en année, jusqu’à ce que j’eusse épuisé tout ce que je pourrais fournir. Si cet arrangement vous convient, monsieur, je m’y conformerai avec exactitude ; et dès à présent je commencerai mes collections. Je désirerais seulement savoir quelle forme vous préférez. Mon idée serait de faire le fond de chaque herbier sur du papier à lettre tel que celui-ci ; c’est ainsi que j’en ai commencé un pour mon usage, et je sens chaque jour mieux que la commodité de ce format compense amplement l’avantage qu’ont de plus les grands herbiers. Le papier sur lequel sont les plantes que je vous ai envoyées vaudrait encore mieux, mais je ne puis retrouver du même ; et l’impôt sur les papiers a tellement dénaturé leur fabrication, que je n’en puis plus trouver pour noter qui ne perce pas. J’ai le projet aussi d’une forme de petits herbiers à mettre dans la poche pour les plantes en miniature, qui ne sont pas les moins curieuses, et je n’y ferais entrer néanmoins que des plantes qui pourraient y tenir entières, racine et tout ; entre autres, la plupart des mousses, les glaux, peplis, montia, sagina, passe-pierre, etc. Il me semble que ces herbiers mignons pourraient devenir charmants et précieux en même temps. Enfin, il y a des plantes d’une certaine grandeur qui ne peuvent conserver leur port dans un petit espace, et des échantillons si parfaits, que ce serait dommage de les mutiler. Je destine à ces belles plantes du papier grand et fort ; et j’en ai déjà quelques-unes qui font un fort bel effet dans cette forme.
Il y a longtemps que j’éprouve les difficultés de la nomenclature, et j’ai souvent été tenté d’abandonner tout-à-fait cette partie. Mais il faudrait en même temps renoncer aux livres et à profiter des observations d’autrui ; et il me semble qu’un des plus grands charmes de la botanique est, après celui de voir par soi-même, celui de vérifier ce qu’ont vu les autres: donner, sur le témoignage de mes propres yeux, mon assentiment aux observations fines et justes d’un auteur me paraît une véritable jouissance ; au lieu que, quand je ne trouve pas ce qu’il dit, je suis toujours en inquiétude si ce n’est point moi qui vois mal. D’ailleurs, ne pouvant voir par moi-même que si peu de chose, il faut bien sur le reste me fier à ce que d’autres ont vu ; et leurs différentes nomenclatures me forcent pour cela de percer de mon mieux le chaos de la synonymie. Il a fallu, pour ne pas m’y perdre, tout rapporter à une nomenclature particulière ; et j’ai choisi celle de Linnaeus, tant par la préférence que j’ai donnée à son système, que parce que ces noms, composés seulement de deux mots, me délivrent des longues phrases des autres. Pour y rapporter sans peine celles de Tournefort, il me faut très -souvent recourir à l’auteur commun que tous deux citent assez constamment, savoir, Gaspard Bauhin. C’est dans son Pinax que je cherche leur concordance: car Linnaeus me paraît faire une chose convenable et juste, quand Tournefort n’a fait que prendre la phrase de Bauhin, de citer l’auteur original, et non pas celui qui l’a transcrit, comme on fait très injustement en France. De sorte que, quoique presque toute la nomenclature de Tournefort soit tirée mot à mot du pinax, on croirait, à lire les botanistes français, qu’il n’a jamais existé ni Bauhin ni pinax, au monde ; et, pour comble, ils font encore un crime à Linnaeus de n’avoir pas imité leur partialité. A l’égard des plantes dont Tournefort n’a pas tiré les noms du pinax, on en trouve aisément la concordance dans les auteurs français linnaeistes, tels que Sauvages, Gouan, Gérard, Guettard, et d’Alibard, qui l’a presque toujours suivi.
J’ai fait cet hiver une seule herborisation dans le bois de Boulogne, et j’en ai rapporté quelques mousses. Mais il ne faut pas s’attendre qu’on puisse compléter tous les genres, même par une espèce unique. Il y en a de bien difficiles à mettre dans un herbier, et il y en a de si rares, qu’ils n’ont jamais passé et vraisemblablement ne passeront jamais sous mes yeux. Je crois que, dans cette famille et celle des algues, il faut se tenir aux genres, dont on rencontre assez souvent des espèces, pour avoir le plaisir de s’y reconnaître, et négliger ceux dont la vue ne nous reprochera jamais notre ignorance, ou dont la figure extraordinaire nous fera faire effort pour la vaincre. J’ai la vue fort courte, mes yeux deviennent mauvais, et je ne puis plus espérer de recueillir que ce qui se présentera fortuitement dans les lieux à peu près où je saurai qu’est ce que je cherche. A l’égard de la manière de chercher, j’ai suivi M. de Jussieu dans sa dernière herborisation, et je la trouvai si tumultueuse et si peu utile pour moi, que, quand il en aurait encore fait, j’aurais renoncé à l’y suivre. J’ai accompagné son neveu l’année dernière, moi vingtième, à Montmorency, et j’en ai rapporté quelques jolies plantes, entre autres la lisimachia tenella, que je crois vous avoir envoyée. Mais j’ai trouvé dans cette herborisation que les indications de Tournefort et de Vaillant sont très -fautives, ou que, depuis eux, bien des plantes ont changé de sol. J’ai cherché entre autres, et j’ai engagé tout le monde à chercher avec soin le plantago monanthos à la queue de l’étang de Montmorency, et dans tous les endroits où Tournefort et Vaillant l’indiquent, et nous n’en avons pu trouver un seul pied: en revanche, j’ai trouvé plusieurs plantes de remarque, et même tout près de Paris, dans des lieux où elles ne sont point indiquées. En général j’ai toujours été malheureux en cherchant d’après les autres. Je trouve encore mieux mon compte à chercher de mon chef.
J’oubliais, monsieur, de vous parler de vos livres. Je n’ai fait encore qu’y jeter les yeux ; et comme ils ne sont pas de taille à porter dans la poche, et que je ne lis guère l’été dans la chambre, je tarderai peut-être jusqu’à la fin de l’hiver prochain à vous rendre ceux dont vous n’aurez pas affaire avant ce temps-là. J’ai commencé de lire l’Anthologie de Pontedera, et j’y trouve contre le système sexuel des objections qui me paraissent bien fortes, et dont je ne sais pas comment Linnaeus s’est tiré. Je suis souvent tenté d’écrire dans cet auteur et dans les autres les noms de Linnaeus à côté des leurs pour me reconnaître. J’ai déjà même cédé à cette tentation pour quelques-unes, n’imaginant à cela rien que d’avantageux pour l’exemplaire. Je sens pourtant que c’est une liberté que je n’aurais pas dû prendre sans votre agrément, et je l’attendrai pour continuer.
Je vous dois des remerciements, monsieur, pour l’emplacement que vous avez la bonté de m’offrir pour la dessiccation des plantes: mais quoique ce soit un avantage dont je sens bien de la privation, la nécessité de les visiter souvent, et l’éloignement des lieux, qui me ferait consumer beaucoup de temps en courses, m’empêchent de me prévaloir de cette offre.
If I have taken so long to respond in detail to the letter you had the kindness to write to me on January 3rd, it was first because of the journey you had mentioned to me; I only later learned that you had given up that plan. Secondly, my daily work suddenly became extremely abundant, and in order not to disappoint anyone, I felt compelled to devote myself entirely to it—which meant that botany became a mere distraction for several months. But now that the right season has returned, I am ready to resume my field trips, which, due to long-term habit, have become essential for my well-being and mood.
In going through what little dried plants I had left, I found hardly anything, apart from those in my herbarium—which I dare not touch—other than a few duplicates of what you have already received. Since these were not worth gathering for an initial shipment, I thought it would be appropriate to stock up properly this summer, prepare them, mount them, and organize them during the winter. After that, I could continue doing so year after year until I had used up everything I could provide. If this arrangement suits you, sir, I will follow it precisely; and I shall begin my collections right away. I would only like to know what format you prefer. My idea would be to base each herbarium on letter paper like this one—I started one for my own use in this way—and I find that the convenience of this format more than compensates for the advantage that larger herbaria offer. The paper on which I sent you the plants would be even better, but I cannot find any more of it; moreover, the tax on papers has so altered their quality that I can no longer obtain any that are suitable for my needs. I also have in mind a small format of herbariums to carry in one’s pocket for miniature plants, which are certainly just as interesting. However, I would include only those plants that could be completely preserved in such a space—such as most mosses, lichens, peplis, montias, saginas, and similar plants. I think these small herbariums could become both charming and valuable items. Finally, there are some plants of considerable size that cannot maintain their natural shape in a small space, and there are also some specimens so perfect that it would be a shame to damage them. For these beautiful plants, I intend to use large, sturdy paper; and I already have a few that look very impressive in this format.
For a long time, I have been grappling with the difficulties inherent in nomenclature and have often felt tempted to abandon this entire aspect of my work altogether. But that would mean giving up on books and relying solely on the observations of others. Yet one of the greatest pleasures of botany, after the joy of observing things for oneself, is verifying what others have seen. To affirm, based on my own eyesight, the meticulous and accurate observations of another author seems to me a true delight. On the contrary, when I find discrepancies in what they say, I am always uncertain whether it is I who has misperceived things. Moreover, since I can observe so little for myself, I must rely on what others have seen; and their various systems of nomenclature force me to strive to make sense of the chaos of synonyms. To avoid getting lost in this mess, I had to relate everything to a particular nomenclature system—and I chose Linnaeus’s, both because I personally favored his approach and because these names, consisting of just two words each, freed me from the lengthy descriptions used by others. To easily correlate Tournefort’s terminology with Linnaeus’s, I often have to refer to the common author cited by both of them: Gaspard Bauhin. It is in Bauhin’s “Pinax” that I seek to find consistency between their systems, for Linnaeus seems to have acted in a proper and just manner, whereas Tournefort merely copied Bauhin’s original text, citing the author himself rather than the one who transcribed it—a practice that is quite unjust in France. As a result, although nearly all of Tournefort’s nomenclature is word-for-word derived from Bauhin’s “Pinax,” when reading French botanists, one would think that neither Bauhin nor such a system ever existed at all. To make matters worse, they even accuse Linnaeus of not sharing their bias! As for those plants for which Tournefort did not borrow his names from Bauhin’s system, it is easy to find correspondences in the French botanists who followed Linnaeus’s approach, such as Sauvages, Gouan, Gérard, Guettard, and d’Alibard, who almost always adhered to it.
This winter, I conducted only one botanizing expedition in the Bois de Boulogne and managed to collect some mosses. However, one should not expect to be able to fill all the genera, even with just a single species. There are many plants that are extremely difficult to include in a herbarium, and others so rare that they have never been seen by me, nor is it likely they ever will be. I believe that in this family, as well as in the algae, one should focus on those genera for which species are relatively common, so as to enjoy the satisfaction of identifying them; whereas those genera whose existence we are unlikely to ever discover, or whose unusual characteristics require considerable effort to identify, can be neglected. My eyesight is very poor, and it is deteriorating further; therefore, I can only hope to collect what happens to appear by chance in places where I have some idea of what I am looking for. As for the method of searching, I followed Monsieur de Jussieu on his last botanizing expedition, but found it to be so chaotic and of little use to me that, even if he had conducted it again, I would not have wanted to participate. Last year, at the age of twenty, I accompanied his nephew on an expedition to Montmorency and managed to collect some interesting plants, including the lisimachia tenella, which I believe I sent to you. However, during this expedition, I realized that the descriptions provided by Tournefort and Vaillant were often incorrect, or that many of these plants had since changed their habitat. In particular, we tried hard to find the plantago monanthos near the edge of Montmorency’s lake, in all the places where Tournefort and Vaillant mentioned it, but were unable to find a single specimen. On the contrary, we discovered several other noteworthy plants—even right near Paris, in areas where they were not listed at all. In general, I have always had poor luck following others’ methods of searching; I find that proceeding on my own yields much better results.
I forgot, sir, to mention your books to you. I have only glanced at them so far; and since they are not small enough to fit in a pocket, and since I hardly ever read in my room during the summer, it is likely that I will not return those to you until the end of next winter. I have begun reading Pontedera’s Anthology, and I find therein objections to the sexual system that seem quite compelling; I do not know how Linnaeus managed to address them. Often, I am tempted to write Linnaeus’s name alongside those of other authors in these works, just to identify my own contributions. In fact, I have already succumbed to this temptation in a few cases, thinking that it could only be beneficial to the copies. Nevertheless, I realize that such an action would not have been permissible without your permission, and I will wait for your approval before continuing.
I must thank you, sir, for the kind offer of a place where I can dry my plants; however, although it is an advantage from which I am certainly deprived, the necessity of visiting them frequently, along with the distance involved, which would cause me to spend a great deal of time traveling, prevent me from taking up this offer.
Se ho tardato così a lungo, signore, a rispondere in dettaglio alla lettera che avete avuto la gentilezza di scrivermi il 3 gennaio, è stato prima a causa del viaggio di cui mi avevate parlato, e di cui ho appreso solo in seguito che avevate rinunciato; inoltre, a causa del lavoro quotidiano, che improvvisamente mi è aumentato in quantità tale da costringermi ad dedicarmici completamente per non deludere nessuno. Il che ha causato una breve interruzione nelle mie ricerche botaniche, durata diversi mesi. Ma finalmente è tornata la stagione giusta, e mi sto preparando a riprendere le mie escursioni in campagna, diventate, grazie a una lunga abitudine, necessarie per il mio umore e la mia salute.
Esaminando ciò che mi restava di piante essiccate, non ho trovato, al di fuori del mio erbario a cui non intendo toccare, che alcune copie di quelle che avete già ricevuto; e poiché queste non meritano certo di essere raccolte per un primo invio, ritengo opportuno procurarmi, durante quest’estate, delle buone scorte, prepararle, incollarle e sistemarle durante l’inverno; dopodiché potrei continuare allo stesso modo, anno dopo anno, fino a esaurire tutto ciò che sono in grado di fornire. Se questo piano vi soddisfa, signore, mi attenuerò rigorosamente ad esso; e già ora inizierò le mie raccolte. Vorrei soltanto sapere quale forma preferite. La mia idea sarebbe quella di realizzare il fondo di ogni erbario su carta da lettere come questa; è così che ne ho iniziato uno per il mio uso personale, e noto ogni giorno di più come la comodità di questo formato compensi ampiamente il vantaggio rappresentato dagli erbari più grandi. La carta su cui sono conservate le piante che vi ho inviato sarebbe ancora migliore, ma non riesco a trovarne altra dello stesso tipo; inoltre, l’imposta sui fogli di carta ha talmente alterato la loro produzione che ormai non ne trovo più di quelle che non comportino spese eccessive. Ho anche in mente di creare una piccola forma di erbario da portare in tasca per le piante in miniatura, che non sono certo meno interessanti; tuttavia, includerei in esso soltanto piante che possano essere conservate intere, con radice e tutto il resto; tra queste, la maggior parte delle muschi, delle licheni, dei peplis, dei montia, delle sagine, dei passe-pierre, ecc. Penso che questi graziosi erbari possano diventare al contempo affascinanti e preziosi. Infine, ci sono alcune piante di una certa dimensione che non riescono a mantenere la loro forma in uno spazio ristretto, e alcuni esemplari così perfetti che sarebbe un peccato danneggiarli. Per queste belle piante intendo utilizzare carta grande e resistente; ne ho già alcune che, nella questa forma, risultano davvero molto belle.
Da molto tempo riscontro difficoltà nella nomenclatura e spesso ho avuto la tentazione di abbandonare del tutto questa attività. Tuttavia, ciò significherebbe anche rinunciare ai libri e non poter approfittare delle osservazioni altrui; inoltre, mi sembra che uno dei maggiori piaceri della botanica sia, dopo quello di osservare personalmente, quello di verificare ciò che hanno visto altri: dare il proprio assenso, sulla base del proprio diretto testimone oculare, alle osservazioni precise e giuste di un autore mi appare una vera gioia; al contrario, quando non trovo conferma in quanto affermato da un autore, sono sempre preoccupato che sia forse io ad aver sbagliato. Inoltre, poiché posso osservare personalmente solo una piccola parte delle piante, devo necessariamente affidarmi a ciò che altri hanno visto; e le diverse nomenclature utilizzate da questi mi costringono a cercare in ogni modo di chiarire il caos dei sinonimi. Per non perdermi in questo labirinto, ho deciso di riferirmi esclusivamente a una nomenclatura specifica: ho scelto quella di Linnaeus, sia per la preferenza che nutrivo verso il suo sistema, sia perché quei nomi, composti da soltanto due parole, mi liberano dalle lunghe frasi utilizzate dagli altri autori. Per riferire facilmente i nomi di Tournefort a questa nomenclatura, devo spesso ricorrere all’autore comune citato con frequenza da entrambi, ovvero Gaspard Bauhin; è nel suo “Pinax” che cerco la concordanza tra i nomi proposti da Tournefort e quelli di Linnaeus: poiché mi sembra che Linnaeus abbia agito in modo corretto e giusto, mentre Tournefort si è semplicemente limitato a ripetere le parole di Bauhin, citando l’autore originale anziché colui che le ha trascritte, come avviene spesso in Francia. Di conseguenza, anche se quasi tutta la nomenclatura di Tournefort deriva letteralmente dal “Pinax” di Bauhin, leggendo i botanici francesi si potrebbe pensare che né Bauhin né il “Pinax” siano mai esistiti; per di più, questi ultimi addirittura accusano Linnaeus di non aver imitato la loro parzialità. Per quanto riguarda le piante per cui Tournefort non ha tratto i nomi dal “Pinax” di Bauhin, è facile trovare la concordanza tra tali nomi negli autori francesi seguaci del sistema linneano, come Sauvages, Gouan, Gérard, Guettard e d’Alibard, che lo hanno quasi sempre adottato.
Quest’inverno ho effettuato un’unica raccolta di piante nel bosco di Boulogne e ne ho riportato alcune specie di muschio. Tuttavia, non si può sperare di poter completare tutti i generi con una sola specie; ci sono molte piante difficili da includere in un erbario, e altre così rare che probabilmente non le vedrò mai più nella mia vita. Credo che, in questa famiglia di piante e in quella delle alghe, sia meglio concentrarsi sui generi di cui si trovano spesso specie, per poter riconoscerle facilmente; bisogna invece trascurare quelle le cui caratteristiche particolari non ci faranno mai rimpiangere la nostra ignoranza, o che richiedono uno sforzo eccessivo per essere identificate. La mia vista è molto debole; i miei occhi peggiorano con l’età, quindi non posso più sperare di raccogliere altro se non ciò che mi capita di trovare casualmente nei luoghi in cui so cosa sto cercando. Per quanto riguarda il metodo di ricerca, ho seguito le indicazioni di M. de Jussieu nella sua ultima spedizione, ma l’ho trovato molto disordinato e poco utile per me; quindi, anche se avesse continuato a farlo, non lo avrei più seguito. L’anno scorso, all’età di vent’anni, ho accompagnato suo nipote a Montmorency e ne ho riportato alcune piante interessanti, tra cui la lisimachia tenella, che credo vi abbia inviato. Tuttavia, ho scoperto che le indicazioni di Tournefort e Vaillant erano molto imprecise, o che molte piante avevano cambiato habitat da quando loro avevano effettuato le loro ricerche. Ho cercato con particolare attenzione la plantago monanthos nei dintorni dello stagno di Montmorency, nei luoghi indicati da Tournefort e Vaillant, ma non ne abbiamo trovata nemmeno una; invece, ho scoperto diverse altre piante interessanti, persino in prossimità di Parigi, in zone dove non erano indicate. In generale, ho sempre avuto scarso successo cercando seguendo le indicazioni altrui; ritengo quindi che sia molto meglio procedere autonomamente, secondo le mie proprie osservazioni e conoscenze.
Mi scuso, signore, di non aver ancora parlato dei suoi libri. Li ho solo sfogliati in fretta; poiché non sono di dimensioni adatte da portare in tasca, e dato che in estate raramente leggo in camera, forse aspetterò fino alla fine dell’inverno prossimo per restituirvi quelli di cui non avrete bisogno prima di allora. Ho iniziato a leggere l’“Anthologie de Pontedera” e vi trovo obiezioni al sistema sessuale che mi sembrano molto valide; non so proprio come Linnaeus abbia potuto risponderle. Spesso ho la tentazione di scrivere, accanto ai nomi degli autori originali, anche quello di Linnaeus per riconoscere le mie citazioni. Ho già ceduto a questa tentazione in alcuni casi, senza vedere nulla di negativo nel farlo, anzi, ritengo che possa essere vantaggioso per l’esemplare stesso. Tuttavia, so che si tratta di una libertà che non avrei dovuto prendere senza il vostro permesso. Aspetterò quindi il vostro parere prima di continuare.
Devo ringraziarvi, signore, per l’opportunità che mi offrite per la essiccazione delle piante; tuttavia, sebbene si tratti di un vantaggio di cui sento molto la mancanza, la necessità di visitare spesso quei luoghi e la loro distanza, che mi costringerebbe a perdere molto tempo in viaggi, mi impediscono di approfittarne.
La fantaisie m’a pris de faire une collection de fruits et de graines de toute espèce, qui devraient, avec un herbier, faire la troisième partie d’un cabinet d’histoire naturelle. Quoique j’aie encore acquis très peu de chose, et que je ne puisse espérer de rien acquérir que très lentement et par hasard, je sens déjà pour cet objet le défaut de place: mais le plaisir de parcourir et de visiter incessamment ma petite collection peut seul me payer la peine de la faire ; et si je la tenais loin de mes yeux, je cesserais d’en jouir. Si par hasard vos gardes et jardiniers trouvaient quelquefois sous leurs pas des faînes de hêtres, des fruits d’aunes, d’érables, de bouleau, et généralement de tous les fruits secs des arbres des forêts ou d’autres, qu’ils en ramassassent, en passant quelques-uns dans leurs poches, et que vous voulussiez bien m’en faire parvenir quelques échantillons par occasion, j’aurais un double plaisir d’en orner ma collection naissante.
Excepté l’Histoire des Mousses par Dillenius, j’ai à moi les autres livres de botanique dont vous m’envoyez la note: mais, quand je n’en aurais aucun, je me garderais assurément de consentira vous priver, pour mon agrément, du moindre des amusements qui sont à votre portée. Je vous prie, monsieur, d’agréer mon respect.
[Arv. ed]
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de Malesherbes
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre X – Sur les mousses.
A Paris, le 19 décembre 1771.
Voici, monsieur, quelques échantillons de mousses que j’ai rassemblés à la hâte, pour vous mettre à portée au moins de distinguer les principaux genres avant que la saison de les observer soit passée. C’est une étude à laquelle j’employai délicieusement l’hiver que j’ai passé à Wootton, où je me trouvais environné de montagnes, de bois et de rochers tapissés de capillaires et de mousses des plus curieuses. Mais, depuis lors, j’ai si bien perdu cette famille de vue, que ma mémoire éteinte ne me fournit presque plus rien de ce que j’avais acquis en ce genre ; et n’ayant point l’ouvrage de Dillenius, guide indispensable dans ces recherches, je ne suis parvenu qu’avec beaucoup d’effort, et souvent avec doute, à déterminer les espèces que je vous envoie. Plus je m’opiniâtre à vaincre les difficultés par moi-même et sans le secours de personne, plus je me confirme dans l’opinion que la botanique, telle qu’on la cultive, est une science qui ne s’acquiert que par tradition: on montre la plante, on la nomme ; sa figure et son nom se gravent ensemble dans la mémoire. Il y a peu de peine à retenir ainsi la nomenclature d’un grand nombre de plantes: mais, quand on se croit pour cela botaniste, on se trompe, on n’est qu’herboriste ; et quand il s’agit de déterminer par soi-même et sans guide les plantes qu’on n’a jamais vues, c’est alors qu’on se trouve arrêté tout court, et qu’on est au bout de sa doctrine. Je suis resté plus ignorant encore en prenant la route contraire. Toujours seul et sans autre maître que la nature, j’ai mis des efforts incroyables à de très faibles progrès. Je suis parvenu à pouvoir, en bien travaillant, déterminer à peu près les genres ; mais pour les espèces, dont les différences sont souvent très peu marquées par la nature, et plus mal énoncées par les auteurs, je n’ai pu parvenir à en distinguer avec certitude qu’un très petit nombre, surtout dans la famille des mousses, et surtout dans les genres difficiles, tels que les hypnum, les jungermania, les lichens. Je crois pourtant être sûr de celles que je vous envoie, à une ou deux près que j’ai désignées par un point interrogeant, afin que vous puissiez vérifier, dans Vaillant et dans Dillenius, si je me suis trompé ou non. Quoi qu’il en soit, je crois qu’il faut commencer à connaître empiriquement un certain nombre d’espèces pour parvenir à déterminer les autres, et je crois que celles que je vous envoie peuvent suffire, en les étudiant bien, à vous familiariser avec la famille et à en distinguer au moins les genres au premier coup d’œil par le facies propre à chacun d’eux. Mais il y a une autre difficulté, c’est que les mousses ainsi disposées par brins n’ont point sur le papier le même coup d’œil qu’elles ont sur la terre rassemblées par touffes ou gazons serrés. Ainsi l’on herborise inutilement dans un herbier et surtout dans un moussier, si l’on n’a commencé par herboriser sur la terre. Ces sortes de recueils doivent servir seulement de mémoratifs, mais non pas d’instruction première. Je cloute cependant, monsieur, que vous trouviez aisément le temps et la patience de vous appesantir à l’examen de chaque touffe d’herbe ou de mousse que vous trouverez en votre chemin. Mais voici le moyen qu’il me semble que vous pourriez prendre pour analyser avec succès toutes les productions végétales de vos environs, sans vous ennuyer à des détails minutieux, insupportables pour les esprits accoutumés à généraliser les idées et à regarder toujours les objets en grand. Il faudrait inspirer à quelqu’un de vos laquais, garde ou garçon jardinier, un peu de goût pour l’étude des plantes, et le mener à votre suite dans vos promenades, lui faire cueillir les plantes que vous ne connaîtriez pas, particulièrement les mousses et les graminées, deux familles difficiles et nombreuses. Il faudrait qu’il tâchât de les prendre dans l’état de floraison où leurs caractères déterminants sont les plus marqués. En prenant deux exemplaires de chacun, il en mettrait un à part pour me l’envoyer, sous le même numéro que le semblable qui vous resterait, et sur lequel vous feriez mettre ensuite le nom de la plante, quand je vous l’aurais envoyé. Vous vous éviteriez ainsi le travail de cette détermination, et ce travail ne serait qu’un plaisir pour moi, qui en ai l’habitude et qui m’y livre avec passion. Il me semble, monsieur, que de cette manière vous auriez fait en peu de temps le relevé des productions végétales de vos terres et des environs ; et que, vous livrant sans fatigue au plaisir d’observer, vous pourriez encore, au moyen d’une nomenclature assurée, avoir celui de comparer vos observations avec celles des auteurs. Je ne me fais pourtant pas fort de tout déterminer. Mais la longue habitude de fureter des campagnes m’a rendu familières la plupart des plantes indigènes. Il n’y a que les jardins et productions exotiques où je me trouve en pays perdu. Enfin ce que je n’aurai pu déterminer sera pour vous, monsieur, un objet de recherche et de curiosité qui rendra vos amusements plus piquants. Si cet arrangement vous plaît, je suis à vos ordres, et vous pouvez être sûr de me procurer un amusement très intéressant pour moi.
J’attends la note que vous m’avez promise pour travailler à la remplir autant qu’il dépendra de moi. L’occupation de travailler à des herbiers remplira très -agréablement mes beaux jours d’été. Cependant je ne prévois pas d’être jamais bien riche en plantes étrangères ; et, selon moi, le plus grand agrément de la botanique est de pouvoir étudier et connaître la nature autour de soi plutôt qu’aux Indes. J’ai été pourtant assez heureux pour pouvoir insérer dans le petit-recueil que j’ai eu l’honneur de vous envoyer, quelques plantes curieuses, et entre autres le vrai papier, qui jusqu’ici n’était point connu en France, pas même de M. de Jussieu. Il est vrai que je n’ai pu vous en envoyer qu’un brin bien misérable, mais c’en est assez pour distinguer ce rare et précieux souchet. Voilà bien du bavardage ; mais la botanique m’entraîne, et j’ai le plaisir d’en parler avec vous: accordez-moi, monsieur, un peu d’indulgence.
Je ne vous envoie que de vieilles mousses ; j’en ai vainement cherché de nouvelles dans la campagne. Il n’y en aura guère qu’au mois de février, parce que l’automne a été trop sec ; encore faudra-t-il les chercher au loin. On n’en trouve guère autour de Paris que les mêmes répétées.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
[10]
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre I
A Wootton, le 20 octobre 1766.
I took the fancy to collect fruits and seeds of every kind; together with a herbarium, they would form the third part of a natural history cabinet. Although I have acquired very few items so far, and can only hope to add more slowly and by chance, I already feel that there is not enough space to store them all. However, the sheer pleasure of constantly browsing through and examining my small collection is enough to make the effort worthwhile. If I were to put it out of my sight, I would immediately cease to enjoy it. Should your guards or gardeners occasionally come across hazel nuts, willow fruits, maple seeds, birch berries, or any other dried fruits from forest trees, I would be very grateful if they would pick some up and pass a few on to me. That way, I could add these samples to my growing collection with even greater delight.
Apart from Dillenius’s “History of Mosses,” I possess all the other books on botany that you have sent me a list of. However, even if I did not have any of them, I would certainly refrain from depriving you of any of the pleasures within your reach for my own amusement. Please accept my respects, sir.
[Arv. ed]
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de Malesherbes
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter X – On Mosses.
In Paris, on December 19, 1771.
Here, sir, are some specimens of mosses that I have hastily gathered, so that you at least be able to distinguish the main genera before the season for observing them has passed. It was during the winter I spent in Wootton that I conducted this research, surrounded as I was by mountains, forests, and rocks covered with the most fascinating varieties of mosses and liverworts. However, since then, I have lost all contact with this field of study, and my fading memory provides me with very little information about what I once learned. Without Dillenius’s work, an indispensable guide for such research, I had to struggle greatly—and often in doubt—to identify the species I am sending you. The more I tried to overcome these difficulties on my own, without any help, the more I came to believe that botany, as it is currently practiced, is a science that can only be learned through tradition: one shows the plant, it is named, and its appearance and name are both memorized together. It is not difficult to retain the names of many plants in this way; but to think that one can thus become a botanist is a mistake—one is merely an herbalist. When it comes to identifying plants one has never seen before, without any guide, one is immediately faced with insurmountable obstacles and finds one’s knowledge utterly inadequate. I even became more ignorant by taking the opposite approach. Always alone, with nature as my only teacher, I exerted incredible efforts but made very little progress. With diligent study, I was able to roughly identify the genera; but as for the species—whose differences are often very subtle in nature and even more poorly described by authors—I was able to distinguish with certainty only a very small number of them, especially among the mosses and particularly in the difficult genera such as Hypnum, Jungermania, and lichens. Nevertheless, I believe I am certain about the species I am sending you, except for one or two that I have marked with an interrogative symbol, so that you can check in Vaillant and Dillenius whether I have erred or not. In any case, I believe that one must first gain some empirical knowledge of a certain number of species before attempting to identify others, and I think the ones I send you are sufficient, if studied carefully, to familiarize you with this family of plants and to enable you to distinguish at least their genera at a glance, based on their distinctive characteristics. However, there is another difficulty: mosses, when arranged in strands, do not present the same visual appearance on paper as when they grow in clumps or dense patches on the ground. Therefore, one’s efforts to collect and identify them in a herbarium are utterly futile unless one has first begun by doing so in their natural habitat. Such collections should serve merely as memorials, and not as primary sources of instruction. However, I must urge you, sir, to take the time and patience to carefully examine every tuft of grass or moss you come across on your way. Here is a method that I believe would allow you to successfully analyze all the plant species in your vicinity, without getting bogged down in minute details that would be unbearable for those accustomed to generalizing ideas and viewing things from a broader perspective. You could inspire one of your servants, guards, or gardeners to develop an interest in plant studies and accompany you on your walks. He could collect plants that you are unfamiliar with, especially mosses and grasses—two difficult and numerous groups. He should try to pick them while they are in full bloom, when their distinguishing characteristics are most pronounced. Taking two specimens of each species, he could keep one for me, labeled with the same number as the specimen you would retain, and I could then add the name of the plant after receiving it. This way, you would be spared the trouble of making these determinations yourself, and it would become a pleasure for me, someone accustomed to this task and who engages in it with passion. In my opinion, sir, by following this approach, you could quickly compile a list of the plant species found on your lands and in their surroundings. Moreover, by indulging in the joy of observation without any fatigue, and by using a reliable nomenclature system, you would also be able to compare your findings with those of other authors. Although I am not confident that I can identify every plant myself, my long experience wandering through the countryside has made me familiar with most of the native species. It is only in gardens and with exotic plants that I might feel lost. Finally, whatever I might fail to identify would serve you as an object of research and curiosity, adding further interest to your leisure time. If you find this arrangement satisfactory, I am at your disposal, and I assure you that it will provide me with great enjoyment.
I am awaiting the note you promised me so that I can work on completing it to the best of my ability. Engaging in the preparation of herbaria will very pleasantly occupy my lovely summer days. However, I do not expect to ever accumulate a large collection of exotic plants; and, in my opinion, the greatest pleasure of botany lies in being able to study and understand the nature around us, rather than in the Indies. Nevertheless, I was fortunate enough to include some curious plants in the small collection I had the honor of sending you, among them the true “paper plant,” which until now was unknown even to Monsieur de Jussieu in France. It is true that I could only send you a very tiny specimen, but it is enough to distinguish this rare and precious plant. Well, this has been quite a long talk; but botany tempts me, and I take pleasure in discussing it with you—please grant me some indulgence, Monsieur.
I am sending you only old mosses; I have in vain tried to find new ones in the countryside. There will hardly be any until February, because the autumn was too dry; and even then, one will have to search far away to find them. Around Paris, one can only find the same old, repetitive types of moss.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letters to Madame la Duchesse de Portland
[10]
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter I
At Wootton, on October 20, 1766.
Mi è venuta l’idea di creare una collezione di frutti e semi di ogni specie; insieme a un erbario, questi materiali costituirebbero la terza parte di un vero e proprio gabinetto di storia naturale. Anche se finora ho raccolto molto poco, e non posso sperare di aggiungere nuovi elementi che non sia con grande lentezza e per caso, già ora sento la mancanza di spazio per conservarli. Tuttavia, il piacere di esaminare e curare costantemente questa mia piccola collezione è più che sufficiente a compensarmi dello sforzo necessario. Se invece la tenessi lontana dai miei occhi, smetterei immediatamente di goderne. Se per caso i vostri guardiani o giardinieri trovassero sotto i loro piedi ghiande di querce, frutti di salici, aceri, betulle, insomma, tutti quei frutti secchi che crescono negli alberi delle foreste, vi prego di farmi arrivare qualche campione, ogni volta che ne avete l’occasione. Mi farebbe davvero molto piacere poter arricchire così la mia collezione ancora in formazione.
Ad eccezione del “L’Histoire des Mousses” di Dillenius, ho a mia disposizione tutti gli altri libri di botanica che mi avete inviato; tuttavia, anche se non ne avessi nessuno, eviterei certamente di privarvi, per il mio piacere personale, di qualsiasi divertimento fosse a vostra portata. Vi prego, signore, di accettare i miei rispetti.
[Edizione Arv.]
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de Malesherbes
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera X – Sulle musche.
A Parigi, il 19 dicembre 1771.
Ecco, signore, alcuni esempi di muschi che ho raccolto in fretta, almeno per permettervi di distinguere i principali generi prima che passi la stagione adatta alla loro osservazione. È uno studio che ho potuto condurre piacevolmente durante l’inverno trascorso a Wootton, dove mi trovavo circondato da montagne, foreste e rocce ricoperte di muschi e capillari molto curiosi. Tuttavia, da allora ho completamente perso di vista questa materia; la mia memoria ormai affievolita non mi fornisce quasi più nulla di ciò che avevo appreso in questo campo. Inoltre, non avendo a disposizione l’opera di Dillenius, guida indispensabile per queste ricerche, sono riuscito a identificare con grande difficoltà, e spesso con incertezza, le specie che vi invio. Più mi sforzo di superare da solo tutte queste difficoltà, senza l’aiuto di nessuno, più mi convinco che la botanica, così come viene praticata attualmente, sia una scienza che si acquisisce soltanto attraverso la tradizione: si mostra la pianta, se ne dà il nome; la sua forma e il suo nome vengono così impressi nella memoria. Non è difficile ricordare in questo modo la nomenclatura di un gran numero di piante; ma quando si crede di essere dei botanici, ci si sbaglia: si è soltanto degli erboristi. E quando si tratta di identificare da soli, senza alcun aiuto, le piante che non si sono mai viste prima, allora si scopre di essere completamente impreparati e di non conoscere nulla della materia. Ho percorso invece la strada opposta: sempre da solo, senza altro maestro che la natura, ho compiuto sforzi inimmaginabili, ma con scarsi risultati. Sono riuscito a identificare con precisione i generi; per quanto riguarda le specie, le cui differenze sono spesso molto lievi e descritte in modo impreciso dagli autori, sono riuscito a distinguerne con certezza soltanto un numero molto limitato, soprattutto nella famiglia dei muschi e nei generi più complessi, come gli hypnum, i jungermania e i licheni. Credo comunque di essere sicuro riguardo alle specie che vi invio, tranne una o due che ho indicato con un punto interrogativo, affinché possiate verificare, nei testi di Vaillant e Dillenius, se mi sono sbagliato o meno. In ogni caso, credo sia necessario iniziare conoscendo empiricamente un certo numero di specie per poi riuscire a identificarne altre; quelle che vi invio dovrebbero essere sufficienti, se studiate con attenzione, per farvi familiarizzare con questa famiglia di piante e per distinguere almeno i generi in base alle loro caratteristiche distintive. Tuttavia, c’è un’altra difficoltà: le muschi disposti a mazzi su carta non presentano lo stesso aspetto visivo che hanno sulla terra, dove crescono raggruppati in ciuffi o tappeti densi. Pertanto, è inutile raccoglierli in un herbario, soprattutto in uno dedicato ai muschi, se non si è prima iniziato a raccoglierli direttamente sulla terra. Questi tipi di raccolte dovrebbero servire soltanto da memoria, e non come fonte di istruzioni primarie. Tuttavia, signore, sono convinto che troverete facilmente il tempo e la pazienza necessari per esaminare attentamente ogni ciuffo d’erba o di muschio che incontrerete lungo il vostro cammino. Ecco quindi un metodo che credo possa aiutarvi ad analizzare con successo tutte le piante presenti nelle vostre vicinanze, senza annoiarvi con dettagli minuziosi insopportabili per chi è abituato a generalizzare i concetti e a considerare sempre gli oggetti nel loro insieme. Dovreste ispirare in uno dei vostri servitori, guardie o giardinieri, un certo interesse nello studio delle piante, e portarlo con voi durante le vostre passeggiate; fategli raccogliere quelle piante che non conoscete, soprattutto le felci e i graminacei, due famiglie particolarmente numerose e difficili da identificare. Dovrebbe cercare di raccoglierle nel periodo di fioritura, quando i loro tratti distintivi sono più evidenti. Prendendo due esemplari di ciascuna pianta, ne metterebbe uno da parte per inviarmelo, con lo stesso numero dell’esemplare che vi rimarrebbe; su quest’ultimo potreste poi far scrivere il nome della pianta, una volta che ve l’avessi inviato. In questo modo vi risparmiereste il lavoro di determinarne i caratteristiche, e per me tale compito diventerebbe soltanto un piacere, poiché ne ho l’abitudine e mi dedico con passione a queste attività. Credo, signore, che in questo modo potreste completare in poco tempo l’inventario delle piante presenti nelle vostre terre e nei dintorni; e, dedicandovi senza fatica all’osservazione, potreste anche confrontare le vostre scoperte con quelle degli autori specializzati. Tuttavia, non mi faccio garanzie di riuscire a determinare con precisione ogni singola pianta. Ma la lunga esperienza nel esplorare le campagne mi ha reso familiari la maggior parte delle piante autoctone; sono soltanto nei giardini e nelle colture esotiche che mi trovo in difficoltà. Infine, ciò che non riuscissi a identificare diventerebbe per voi un oggetto di ricerca e curiosità, che renderebbe i vostri passatempi ancora più interessanti. Se questo piano vi piace, sono ai vostri ordini. E potete essere certi che mi procurerò un divertimento davvero molto interessante per me stesso.
Aspetto la nota che mi avete promesso per poterla compilare nel miglior modo possibile. L’occupazione di lavorare sugli erbari riempirà molto piacevolmente i miei bei giorni estivi. Tuttavia, non prevedo mai di diventare particolarmente ricco di piante straniere; e, a mio parere, il maggior piacere della botanica consiste nel poter studiare e conoscere la natura che ci circonda, piuttosto che in India. Sono stato comunque abbastanza fortunato da poter inserire nel piccolo raccolto che ho avuto l’onore di inviarvi alcune piante curiose, tra cui il vero “papier”, che fino ad ora non era conosciuto in Francia, nemmeno da Monsieur de Jussieu. È vero che vi ho potuto inviare solo un frammento molto piccolo, ma è sufficiente per distinguere questa rara e preziosa pianta. Beh, sono stato davvero troppo loquace; ma la botanica mi spinge a parlare di queste cose, e mi fa piacere farlo con voi: concedetemi, signore, un po’ di indulgenza.
Vi invio soltanto vecchie felci; ho cercato inutilmente di trovarne di nuove in campagna. Ce ne saranno poche disponibili solo a febbraio, perché l’autunno è stato troppo secco; inoltre, dovranno essere cercate lontano da qui. Intorno a Parigi si trovano soltanto le stesse felci, sempre le stesse.
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Elenco generale dei titoli
Lettere alla Duchessa di Portland
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Lettera I
A Wootton, il 20 ottobre 1766.
Vous avez raison, madame la duchesse, de commencer la correspondance, que vous me faites l’honneur de me proposer, par m’envoyer des livres pour me mettre en état de la soutenir: mais je crains que ce ne soit peine perdue ; je ne retiens plus rien de ce que je lis ; je n’ai plus de mémoire pour les livres, il ne m’en reste que pour les personnes, pour les bontés qu’on a pour moi ; et j’espère à ce titre profiter plus avec vos lettres qu’avec tous les livres de l’univers. Il en est un, madame, où vous savez si bien lire, et où je voudrais bien apprendre à épeler quelques mots après vous. Heureux qui sait prendre assez de goût à cette intéressante lecture pour n’avoir besoin d’aucune autre, et qui, méprisant les instructions des hommes, qui sont menteurs, s’attache à celles de la nature, qui ne ment point ! Vous l’étudiez avec autant de plaisir que de succès ; vous la suivez dans tous ses règnes ; aucune de ses productions ne vous est étrangère ; vous savez assortir les fossiles, les minéraux, les coquillages, cultiver les plantes, apprivoiser les oiseaux: et que n’apprivoiseriez-vous pas ? Je connais un animal un peu sauvage qui vivrait avec grand plaisir dans votre ménagerie, en attendant l’honneur d’être admis un jour en momie dans votre cabinet.
J’aurais bien les mêmes goûts si j’étais en état de les satisfaire ; mais un solitaire et un commençant de mon âge doit rétrécir beaucoup l’univers, s’il veut le connaître ; et moi, qui me perds comme un insecte parmi les herbes d’un pré, je n’ai garde d’aller escalader les palmiers de l’Afrique ni les cèdres du Liban. Le temps presse, et, loin d’aspirer à savoir un jour la botanique, j’ose à peine espérer d’herboriser aussi bien que les moutons qui paissent sous ma fenêtre, et de savoir comme eux trier mon foin.
J’avoue pourtant, comme les hommes ne sont guère conséquents, et que les tentations viennent par la facilité d’y succomber, que le jardin de mon excellent voisin, M. de Granville, m’a donné le projet ambitieux d’en connaître les richesses: mais voilà précisément ce qui prouve que, ne sachant rien, je ne suis fait pour rien apprendre. Je vois les plantes, il me les nomme, je les oublie ; je les revois, il me les renomme, je les oublie encore ; et il ne résulte de tout cela que l’épreuve que nous faisons sans cesse, moi de sa complaisance, et lui de mon incapacité. Ainsi, du côté de la botanique, peu d’avantage ; mais un très grand pour le bonheur de la vie, dans celui de cultiver la société d’un voisin bienfaisant, obligeant, aimable, et, pour dire encore plus, s’il est possible, à qui je dois l’honneur d’être connu de vous.
Voyez donc, madame la duchesse, quel ignare correspondant vous vous choisissez, et ce qu’il pourra mettre du sien contre vos lumières. Je suis en conscience obligé de vous avertir de la mesure des miennes ; après cela, si vous daignez vous en contenter, à la bonne heure ; je n’ai garde de refuser un accord si avantageux pour moi. Je vous rendrai de l’herbe pour vos plantes, des rêveries pour vos observations ; je m’instruirai cependant par vos bontés: et puissé-je un jour, devenu meilleur herboriste, orner de quelques fleurs la couronne que vous doit la botanique, pour l’honneur que vous lui faites de la cultiver.
J’avais apporté de Suisse quelques plantes sèches qui se sont pourries en chemin: c’est un herbier à recommencer, et je n’ai plus pour cela les mêmes ressources. Je détacherai toutefois de ce qui me reste quelques échantillons des moins gâtés, auxquels j’en joindrai quelques uns de ce pays en fort petit nombre, selon l’étendue de mon savoir, et je prierai M. Granville de vous les faire passer quand il en aura l’occasion ; mais il faut auparavant les trier, les démoisir, et surtout retrouver les noms à moitié perdus ; ce qui n’est pas pour moi une petite affaire. Et, à propos des noms, comment parviendrons-nous, madame, à nous entendre ? Je ne connais point les noms anglais ; ceux que je connais sont tous du Pinax de Gaspard Bauhin ou du Species plantarum de M. Linnaeus, et je ne puis en faire la synonymie avec Gérard, qui leur est antérieur à l’un et à l’autre, ni avec le Synopsis, qui est antérieur au second, et qui cite rarement le premier ; en sorte que mon Species me devient inutile pour vous nommer l’espèce de plante que j’y connais, et pour y rapporter celle que vous pouvez me faire connaître. Si par hasard, madame la duchesse, vous aviez aussi le Species plantarum ou le Pinax, ce point de réunion nous serait très -commode pour nous entendre, sans quoi je ne sais pas trop comment nous ferons.
J’avais écrit à milord Maréchal deux jours avant de recevoir la lettre dont vous m’avez honoré. Je lui en écrirai bientôt une autre pour m’acquitter de votre commission, et pour lui demander ses félicitations sur l’avantage que son nom m’a procuré près de vous. J’ai renoncé à tout commerce de lettres, hors avec lui seul et un autre ami. Vous serez la troisième, madame la duchesse, et vous me ferez chérir toujours plus la botanique à qui je dois cet honneur. Passé cela, la porte est fermée aux correspondances. Je deviens de jour en jour plus paresseux ; il m’en coûte beaucoup d’écrire à cause de mes incommodités ; et content d’un si bon choix je m’y borne, bien sûr que, si je l’étendais davantage, le même bonheur ne m’y suivrait pas.
Je vous supplie, madame la duchesse, d’agréer mon profond respect.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre II
À Wootton, le 12 février 1767.
Je n’aurais pas, madame la duchesse, tardé un seul instant de calmer, si je l’avais pu, vos inquiétudes sur la santé de milord Maréchal ; mais je craignis de ne faire, en vous écrivant, qu’augmenter ces inquiétudes, qui devinrent pour moi des alarmes. La seule chose qui me rassurât était que j’avais de lui une lettre du 22 novembre ; et je présumais que ce qu’en disaient les papiers publics ne pouvait guère être plus récent que cela. Je raisonnai là-dessus avec M. Granville, qui devait partir dans peu de jours, et qui se chargea de vous rendre compte de ce que nous avions pensé, en attendant que je pusse, madame, vous marquer quelque chose de plus positif: dans cette lettre du 22 novembre, milord Maréchal me marquait qu’il se sentait vieillir et affaiblir, qu’il n’écrivait plus qu’avec peine, qu’il avait cessé d’écrire à ses parents et amis, et qu’il m’écrirait désormais fort rarement à moi-même. Cette résolution, qui peut-être était déjà l’effet de sa maladie, fait que son silence depuis ce temps-là me surprend moins, mais il me chagrine extrêmement. J’attendais quelque réponse aux lettres que je lui ai écrites ; je la demandais incessamment, et j’espérais vous en faire part aussitôt ; il n’est rien venu. J’ai aussi écrit à son banquier à Londres, qui ne savait rien non plus, mais qui, ayant fait des informations, m’a marqué qu’en effet milord Maréchal avait été fort malade, mais qu’il était beaucoup mieux. Voilà tout ce que j’en sais, madame la duchesse. Probablement vous en savez davantage à présent vous-même ; et, cela supposé, j’oserais vous supplier de vouloir bien me faire écrire un mot pour me tirer du trouble où je suis. À moins que les amis charitables ne m’instruisent de ce qu’il m’importe de savoir, je ne suis pas en position de pouvoir l’apprendre par moi-même.
You are right, Madame the Duchess, to begin this correspondence that you have the kindness to offer me by sending me books to help me keep up with it; but I fear it may be all in vain. I no longer retain anything I read; my memory holds only memories of people and the kindnesses they have shown me. In this regard, I hope to benefit more from your letters than from all the books in the world. There is one particular book, Madame, in which you are so skilled at reading that I would be delighted to learn to spell a few words after you. How fortunate those who find enough pleasure in this fascinating pursuit to have no need for anything else! Those who despise the teachings of men, who are liars, and instead cling to the guidance of nature, which never lies! You study it with both joy and success; you follow it throughout all its realms; none of its creations is foreign to you. You know how to classify fossils, minerals, shells, how to cultivate plants, how to tame birds—what more might you not be able to do? I know of a rather wild animal that would enjoy living in your menagerie very much, waiting with great anticipation for the day when it too will be honored to join you in your collection as a “mummy.”
I would have the same tastes if I were in a position to satisfy them; but a solitary person and a beginner of my age must greatly limit the scope of their knowledge if they wish to understand the world. As for me, who am like an insect lost among the grasses of a field, I have no desire to climb the palm trees of Africa or the cedars of Lebanon. Time is pressing, and far from aspiring to one day study botany, I can barely hope to gather herbs as skillfully as the sheep grazing beneath my window—and to know how to sort my hay just like they do.
I must admit, however, that since men are often inconsistent in their actions, and temptations arise from the ease with which one can yield to them, the garden of my excellent neighbor, Mr. de Granville, gave me the ambitious idea of exploring its riches. But precisely this shows that, knowing nothing at all, I am not suited to learn anything. I see the plants; he names them for me, and I forget them; I see them again, he names them once more, and I forget them yet again. All this amounts to nothing but a constant test of his indulgence toward me and my own inability. Thus, in terms of botany, there is little advantage; but for the happiness of life, it is of great value to be able to enjoy the company of such a kind, generous, pleasant neighbor—and, to put it even better, someone to whom I owe the honor of being known to you.
See, madam the Duchess, what kind of ignorant correspondent you have chosen—and what little he can offer in comparison to your knowledge. I feel it is my duty to warn you of the limitations of my own abilities; yet if you are willing to accept them, so be it—I have no reason to refuse such an advantageous arrangement for myself. I will provide you with herbs for your plants and moments of reflection for your observations; at the same time, I shall learn from your kindnesses. May I one day, having become a better botanist, add some flowers to the crown that botany owes you, in recognition of the honor you have done it by cultivating it.
I had brought some dried plants from Switzerland, but they had rotted on the way; it means I have to start over with my herbarium again, and I no longer have the same resources at my disposal. Nevertheless, I will select a few of the less damaged specimens from what remains and add a very small number of local samples, based on my knowledge. I would ask Mr. Granville to pass them on to you whenever he has the opportunity; but first, we need to sort them, clean them, and above all, retrace those names that have been partially lost—which is no small task for me. And speaking of names, madam, how shall we manage to communicate with each other? I do not know the English names; those I know are all from Gaspard Bauhin’s “Pinax” or Mr. Linnaeus’s “Species plantarum.” I cannot compare them with Gérard’s works, which predate both of these, nor with “Synopsis,” which predates Linnaeus and rarely refers to Bauhin’s work. As a result, my own “Species plantarum” is of little use to me in identifying the plants for you or in referring to those you may wish to introduce to me. If by chance, madam the Duchess, you also have either “Species plantarum” or “Pinax,” that would greatly facilitate our communication; otherwise, I am at a loss as to how we might proceed.
I had written to Lord Marshal two days before receiving the letter you had the kindness to send me. I will soon write to him again to fulfill your request and to thank him for the advantage his name has brought me in your regard. I have ceased all other correspondence, except with him and another friend. You will be the third, Madame la Duchesse, and you will make me cherish botany all the more, since it is to this pursuit that I owe this honor. Beyond that, my door remains closed to any further correspondence. Day by day, I become increasingly lazy; writing poses great difficulties for me due to my health issues; and content with such a good choice, I limit myself to it. Of course, if I were to expand my correspondence, the same happiness would not necessarily follow.
I implore you, Madame the Duchess, to accept my deepest respects.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter II
At Wootton, on February 12, 1767.
Madam the Duchess, I would not have hesitated for a single moment to alleviate your concerns regarding Lord Maréchal’s health if it had been in my power; but I feared that writing to you might only increase those worries, which for me had turned into genuine anxiety. The only thing that reassured me was that I had received a letter from him dated November 22nd; I assumed that whatever was reported in the newspapers could not have been more recent than that. I discussed this matter with Mr. Granville, who was about to leave soon and agreed to inform you of our thoughts, until I myself could provide you with more definite news. In that letter from November 22nd, Lord Maréchal mentioned that he felt himself growing old and weaker, that it became increasingly difficult for him to write, that he had stopped corresponding with his parents and friends, and that he would now write to me very rarely. This decision, which might well have been influenced by his illness, makes his silence since then seem less surprising to me; yet it troubles me greatly. I had been awaiting a response to the letters I sent him; I had been asking for one incessantly and hoped to inform you of it at once—yet nothing came. I also wrote to his banker in London, who knew nothing either, but after making some inquiries, he informed me that Lord Maréchal had indeed been very ill but was now much better. That is all I know, madam the Duchess. Perhaps you yourself have learned more by now; and if so, I would earnestly beg you to write to me and set my mind at rest. Unless kind-hearted friends inform me of what it is essential for me to know, I will not be able to find out on my own.
Avete ragione, madame la duchessa, di iniziare questa corrispondenza che mi onorate di propormi, inviandomi libri per mettermi in condizione di poterla sostenere; ma temo che sia uno sforzo vano: non ricordo più nulla di ciò che leggo; non ho più memoria per i libri. Solo per le persone, per le gentilezze che ricevo, riesco ancora a ricordare. E spero di poter trarre maggior beneficio dalle vostre lettere che da tutti i libri dell’universo. C’è un libro, madame, che voi leggete con tale abilità. Vorrei tanto imparare anch’io a leggere qualche parola seguendo il vostro esempio. Che fortuna avere un gusto sufficientemente vivo per questa lettura così interessante da non aver bisogno di nessun altro mezzo di istruzione; che fortuna disprezzare le indicazioni degli uomini, che mentono, e affidarsi invece a quelle della natura, che non mente mai! Voi la studiate con tanto piacere e successo. La seguite in tutti i suoi regni: nessuna delle sue manifestazioni vi è estranea. Sapete classificare i fossili, i minerali, i gusci di molluschi; coltivate le piante, addomesticate gli uccelli. E che cosa non potreste imparare? Conosco un animale un po’ selvaggio che vivrebbe molto felice nella vostra collezione, in attesa dell’onore di essere un giorno conservato come mummia nel vostro studio.
Avrei gli stessi gusti se fossi in grado di soddisfarli; ma un solitario e uno che, come me, è alle prime armi nella vita deve restringere molto il proprio orizzonte se vuole conoscere il mondo. Io, che mi perdo come un insetto tra l’erba di un prato, non oso nemmeno pensare di scalare i palmi dell’Africa o i cedri del Libano. Il tempo stringe. Lontano dall’aspirare un giorno a conoscere la botanica, oso appena sperare di raccogliere erbe con la stessa abilità dei pecori che pascolano sotto la mia finestra, e di saperne classificare l’erba come fanno loro.
Devo ammettere tuttavia che, poiché gli uomini di solito non sono molto coerenti nelle loro azioni e le tentazioni derivano proprio dalla facilità con cui si può cedere ad esse, il giardino del mio eccellente vicino, il signor de Granville, mi ha suscitato l’ambizioso desiderio di conoscere le sue meraviglie. Ma è proprio questo che dimostra quanto io, non sapendo nulla, sia incapace di imparare qualsiasi cosa. Vedo le piante, lui me ne dà i nomi, io li scordo; le rivedo, lui me li ricorda di nuovo, e io li dimentico ancora. Tutto ciò non fa altro che confermare la prova continua che entrambi stiamo affrontando: da parte mia, la sua disponibilità verso di me; da parte sua, la mia incapacità. Quindi, dal punto di vista della botanica, poco vantaggio. Ma un grande beneficio per la felicità della vita: quello di poter godere della compagnia di un vicino gentile, premuroso, affabile. E, per dirlo ancora meglio, una persona a cui devo il piacere di essere conosciuto da voi.
Ecco dunque, madama la duchessa, quale ignorante corrispondente avete scelto. E cosa potrà mai contribuire lui alle vostre conoscenze? Sono sinceramente obbligato a mettervi in guardia riguardo alle mie capacità; dopodiché, se vorrete accontentarvi di me, ben venga. Non ho certo intenzione di rifiutare un accordo così vantaggioso per me. Vi fornirò erbe per le vostre piante, riflessioni e osservazioni utili alle vostre ricerche; tuttavia imparerò anche grazie alla vostra gentilezza. E possa un giorno, diventato un miglior botanico, aggiungere qualche fiore al “corone” che la botanica deve a voi, per l’onore che le date col coltivarla.
Avevo portato dalla Svizzera alcune piante secche, ma queste si sono putrefatte durante il viaggio: quindi dovrò ricominciare da capo la raccolta di questo erbario, e questa volta non dispongo delle stesse risorse di prima. Tuttavia, prenderò alcuni esemplari dai pochi rimasti che sono meno danneggiati, e ne aggiungerò altri provenienti da questo paese, in numero molto limitato, in base alla mia conoscenza. Chiederò a Monsieur Granville di farveli pervenire non appena ne avrà l’occasione; ma prima dovranno essere selezionati, puliti e, soprattutto, i loro nomi, che sono in parte andati perduti, dovranno essere ricercati. Il che non è affatto una cosa facile per me. E, a proposito dei nomi, come faremo, madame, ad intenderci? Non conosco i nomi inglesi; quelli che conosco provengono tutti dal “Pinax” di Gaspard Bauhin o dal “Species plantarum” di Monsieur Linnaeus. Non posso quindi stabilire una corrispondenza tra questi nomi e quelli utilizzati da Gérard, che è precedente sia a uno che all’altro, né con quelli presenti nella “Synopsis”, che è ancora più antica del secondo e raramente cita il primo. Quindi il mio “Species plantarum” diventa inutile per me: non posso usarlo per indicarvi le specie di piante che conosco, né per confrontarle con quelle che potreste farmi conoscere voi. Se per caso anche voi aveste a disposizione il “Species plantarum” o il “Pinax”, questo ci sarebbe di grande aiuto per comunicare tra noi. Altrimenti, non so proprio come faremo.
Avevo scritto a milord Maréchal due giorni prima di ricevere la lettera che mi avete inviato. Gli scriverò presto un’altra volta per adempiere alla vostra commissione e per chiedergli i suoi complimenti riguardo al vantaggio che il suo nome mi ha procurato presso di voi. Ho rinunciato a qualsiasi altro scambio epistolare, tranne che con lui e un altro amico. Voi sarete la terza persona in questa lista, madame la duchessa, e questo mi farà apprezzare ancora di più la botanica, a cui devo questo onore. Oltre a ciò, la porta alle corrispondenze è chiusa. Divento sempre più pigro; scrivere mi costa molto a causa delle mie difficoltà fisiche; e essendo soddisfatto di questa scelta, mi limito a essa. Anche se, se ne estendessi l’uso, lo stesso felicità non mi accompagnerebbe più.
Vi supplico, madama la duchessa, di accettare il mio profondo rispetto.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera II
A Wootton, il 12 febbraio 1767.
Signora Duchessa, non avrei esitato nemmeno un istante a tranquillizzare le vostre preoccupazioni riguardo alla salute di Sua Signoria il Maresciallo, se ci fosse stato modo; tuttavia temevo che scrivervi potesse solo aumentare queste ansie, le quali per me sono diventate vera angoscia. L’unica cosa che mi consolava era il fatto di aver ricevuto una sua lettera del 22 novembre; presumevo quindi che quanto riportato dai giornali non potesse essere più recente di quella data. Ne ho discusso con il signor Granville, che avrebbe dovuto partire tra pochi giorni e si è incaricato di comunicarvi le nostre riflessioni, in attesa che io stesso potessi fornirvi informazioni più precise. In quella lettera del 22 novembre, Sua Signoria mi diceva di sentirsi invecchiare e indebolire, di scrivere con difficoltà, di aver smesso di comunicare con i suoi parenti e amici, e che ora avrebbe scritto molto raramente anche a me. Questa decisione, forse già conseguenza della sua malattia, rende meno sorprendente il suo silenzio da allora; tuttavia mi addolora profondamente. Aspettavo una risposta alle lettere che gli avevo inviato; ne chiedevo incessantemente notizie, sperando di potervene comunicare subito; ma non è arrivata alcuna risposta. Ho anche scritto al suo banchiere a Londra, il quale non sapeva nulla, ma dopo aver fatto delle indagini mi ha riferito che effettivamente Sua Signoria era stato molto malato, ma ora stava molto meglio. Questo è tutto ciò che so, signora Duchessa. Probabilmente voi ne sapete di più in questo momento; e, nel caso sia così, vi supplico di volermi scrivere una parola per tirarmi fuori dall’angoscia in cui mi trovo. A meno che degli amici caritatevoli non mi informino su ciò che è importante che io sappia, non ho alcun modo per scoprirlo da solo.
Je n’ose presque plus vous parler de plantes, depuis que, vous ayant trop annoncé les chiffons que j’avais apportés de Suisse, je n’ai pu encore vous rien envoyer. Il faut, madame, vous avouer toute ma misère: outre que ces débris valaient peu la peine de vous être offerts, j’ai été retardé par la difficulté d’en trouver les noms, qui manquaient à la plupart ; et cette difficulté mal vaincue m’a fait sentir que j’avais fait une entreprise trop pénible à mon âge, en voulant m’obstiner à connaître les plantes tout seul. Il faut, en botanique, commencer par être guidé ; il faut du moins apprendre empiriquement les noms d’un certain nombre de plantes avant de vouloir les étudier méthodiquement: il faut premièrement être herboriste, et puis devenir botaniste après, si l’on peut. J’ai voulu faire le contraire, et je m’en suis mal trouvé. Les livres des botanistes modernes n’instruisent que les botanistes, ils sont inutiles aux ignorants. Il nous manque un livre vraiment élémentaire, avec lequel un homme qui n’aurait jamais vu de plantes pût parvenir à les étudier seul. Voilà le livre qu’il me faudrait au défaut d’instructions verbales ; car où les trouver ? Il n’y a point autour de ma demeure d’autres herboristes que les moutons. Une difficulté plus grande est que j’ai de très mauvais yeux pour analyser les plantes par les parties de la fructification. Je voudrais étudier les mousses et les gramens qui sont à ma portée ; je m’éborgne, et je ne vois rien. Il semble, madame la duchesse, que vous ayez exactement deviné mes besoins en m’envoyant les deux livres qui me sont les plus utiles. Le Synopsis comprend des descriptions à ma portée et que je suis en état de suivre sans m’arracher les yeux, et le Petiver m’aide beaucoup par ses figures, qui prêtent à mon imagination autant qu’un objet sans couleur peut y prêter. C’est encore un grand défaut des botanistes modernes de l’avoir négligée entièrement. Quand j’ai vu dans mon Linnaeus la classe et l’ordre d’une plante qui m’est inconnue, je voudrais me figurer cette plan te, savoir si elle est grande ou petite, si la fleur est bleue ou rouge, me représenter son port. Rien. Je lis une description caractéristique, d’après laquelle je ne puis rien me représenter. Cela n’est-il pas désolant ?
Cependant, madame la duchesse, je suis assez fou pour m’obstiner, ou plutôt je suis assez sage ; car ce goût est pour moi une affaire de raison. J’ai quelquefois besoin d’art pour me conserver dans ce calme précieux au milieu des agitations qui troublent ma vie, pour tenir au loin ces passions haineuses que vous ne connaissez pas, que je n’ai guère connues que dans les autres, et que je ne veux pas laisser approcher de moi. Je ne veux pas, s’il est possible, que de tristes souvenirs viennent troubler la paix de ma solitude. Je veux oublier les hommes et leurs injustices. Je veux m’attendrir chaque jour sur les merveilles de celui qui les fit pour être bons, et dont ils ont si indignement dégradé l’ouvrage. Les végétaux dans nos bois et dans nos montagnes sont encore tels qu’ils sortirent originairement de ses mains, et c’est là que j’aime à étudier la nature ; car je vous avoue que je ne sens plus le même charme à herboriser dans un jardin. Je trouve qu’elle n’y est plus la même ; elle y a plus d’éclat, mais elle n’y est pas si touchante. Les hommes disent qu’ils l’embellissent, et moi je trouve qu’ils la défigurent. Pardon, madame la duchesse ; en parlant des jardins j’ai peut-être un peu médit du vôtre ; mais, si j’étais à portée, je lui ferais bien réparation. Que n’y puis-je faire seulement cinq ou six herborisations à votre suite, sous M. le docteur Solander ! Il me semble que le petit fonds de connaissances que je tâcherais de rapporter de ses Instructions et des vôtres suffirait pour ranimer mon courage, souvent prêt à succomber sous le poids de mon ignorance. Je vous annonçais du bavardage et des rêveries ; en voilà beaucoup trop. Ce sont des herborisations d’hiver ; quand il n’y a plus rien sur la terre, j’herborise dans ma tête, et malheureusement je n’y trouve que de mauvaise herbe. Tout ce que j’ai de bon s’est réfugié dans mon cœur, madame la duchesse, et il est plein des sentiments qui vous sont dus.
Mes chiffons de plantes sont prêts ou à peu près ; mais, faute de savoir les occasions pour les envoyer, j’attendrai le retour de M. Granville pour le prier de vous les faire parvenir.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre III
Wootton, 28 février 1767.
Madame la duchesse,
Pardonnez mon importunité: je suis trop touché de la bonté que vous avez eue de me tirer de peine sur la santé de milord Maréchal, pour différer à vous en remercier. Je suis peu sensible à mille bons offices où ceux qui veulent me les rendre à toute force consultent plus leur goût que le mien. Mais les soins pareils à celui que vous avez bien voulu prendre en cette occasion m’affectent véritablement, et me trouveront toujours plein de reconnaissance. C’est aussi, madame la duchesse, un sentiment qui sera joint désormais à tous ceux que vous m’avez inspirés.
Pour dire à présent un petit mot de botanique, voici l’échantillon d’une plante que j’ai trouvée attachée à un rocher, et qui peut-être vous est très connue, mais que pour moi je ne connaissais point du tout. Par sa figure et par sa fructification, elle paraît appartenir aux fougères ; mais, par sa substance et par sa stature, elle semble être de la famille des mousses. J’ai de trop mauvais yeux, un trop mauvais microscope, et trop peu de savoir pour rien décider là-dessus. Il faut, madame la duchesse, que vous acceptiez les hommages de mon ignorance et de ma bonne volonté ; c’est tout ce que je puis mettre de ma part dans notre correspondance, après le tribut de mon profond respect.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre IV
À Wootton, le 29 avril 1767.
Je reçois, madame la duchesse, avec une nouvelle reconnaissance, les nouveaux témoignasses de votre souvenir et de vos bontés dans le livre que M. Granville m’a remis de votre part, et dans l’instruction que vous avez bien voulu me donner sur la petite plante qui m’était inconnue. Vous avez trouvé un très bon moyen de ranimer ma mémoire éteinte, et je suis très sûr de n’oublier jamais ce que j’aurai le bonheur d’apprendre de vous. Ce petit adiantum n’est pas rare sur nos rochers ; et j’en ai même vu plusieurs pieds sur des racines d’arbres, qu’il sera facile d’en détacher pour le transplanter sur vos murs.
Vous aurez occasion, madame, de redresser bien des erreurs dans le petit misérable débris de plantes que M. Granville veut bien se charger de vous faire tenir. J’ai hasardé de donner des noms du Species de Linnaeus à celles qui n’en avaient point ; mais je n’ai eu cette confiance qu’avec celle que vous voudriez bien marquer chaque faute, et prendre la peine de m’en avertir. Dans cet espoir, j’y ai même joint une petite plante qui me vient de vous, madame la duchesse, par M. Granville, et dont n’ayant pu trouver le nom par moi-même, j’ai pris le parti de le laisser en blanc. Cette plante me paraît approcher de l’ornithogale (Star of Bethlehem) plus que d’aucune que je connaisse ; mais, sa fleur étant close, et sa racine n’étant pas bulbeuse, je ne puis imaginer ce que c’est. Je ne vous envoie cette plante que pour vous supplier de vouloir bien me la nommer.
De toutes les grâces que vous m’avez faites, madame la duchesse, celle à laquelle je suis le plus sensible, et dont je suis le plus tenté d’abuser, est d’avoir bien voulu me donner plusieurs fois des nouvelles de la santé de milord Maréchal. Ne pourrais-je point encore, par votre obligeante entremise, parvenir à savoir si mes lettres lui parviennent ? Je fis partir, le 16 de ce mois, la quatrième que je lui ai écrite depuis sa dernière. Je ne demande point qu’il y réponde, je désirerais seulement d’apprendre s’il les reçoit. Je prends bien toutes les précautions qui sont en mon pouvoir pour qu’elles lui parviennent ; mais les précautions qui sont en mon pouvoir à cet égard, comme à beaucoup d’autres, sont bien peu de chose dans la situation où je suis.
Je vous supplie, madame la duchesse, d’agréer avec bonté mon profond respect.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
I hardly dare to talk to you about plants anymore, since I told you too much in advance about the fabrics I had brought from Switzerland, only to be unable to send you anything yet. Madam, I must confess all my difficulties to you: not only were those fragments of fabric hardly worth offering to you, but I was also delayed by the difficulty of finding their names—most of them were unknown to me. Overcoming this obstacle proved too challenging for someone of my age, who tried to learn about plants on my own. In botany, one must first be guided; one must at least acquire a basic knowledge of plant names through experience before attempting systematic study. One must first become an herbalist and then, if possible, a botanist. I tried the opposite approach, and it turned out badly. Modern botanists’ books are useful only to those who already know the subject; they are utterly useless to the ignorant. What we need is a truly elementary book that would allow someone who has never seen plants before to study them on their own. Such a book would be invaluable to me in the absence of direct instruction—where else could I find it? Around my home, there are no other herbalists but sheep. Another major obstacle is that I have very poor eyesight when trying to examine plants based on their reproductive structures. I want to study the mosses and grasses nearby, but I end up damaging my eyesight and seeing nothing at all. It seems, Madame la Duchesse, that you had precisely anticipated my needs by sending me the two books that are most useful to me. The Synopsis contains descriptions that I can understand without harming my eyesight, and Petiver’s illustrations greatly assist my imagination—though an object without color can hardly provide such assistance. Yet this is another area where modern botanists have completely neglected the importance of visual aids. When I look at Linnaeus’ classification system for a plant I don’t know, I want to imagine what it looks like, whether its flowers are blue or red, how it grows. But I can’t do any of this. I read descriptive texts that leave me utterly clueless. Isn’t that frustrating?
However, Madame the Duchess, I am foolish enough to persist in this; or rather, I am wise enough, for this taste is for me a matter of reason. Sometimes I need art to help me maintain this precious calm amidst the turmoil that disturbs my life, to keep at bay those hateful passions which you do not understand—and which I have known little about myself, and which I refuse to let approach me. I do not wish, if it is possible, for sad memories to disturb the peace of my solitude. I want to forget about men and their injustices. Every day, I want to reflect on the wonders of that Creator who made them good, yet whom they have so indignantly degraded in their actions. The plants in our forests and mountains remain just as he created them; it is there that I enjoy studying nature, for I must confess that I no longer find the same charm in gardening. I sense that nature is not the same there; it may be more splendid, but it lacks that touch of beauty I find elsewhere. Men say they beautify it, but I believe they distort it. Pardon me, Madame the Duchess; perhaps my remarks about gardens were somewhat inspired by yours. But if only I could follow in your footsteps and make five or six more excursions into the countryside under the guidance of Monsieur le Docteur Solander! I believe that the limited knowledge I might gain from his teachings and yours would be enough to renew my courage, which often fails under the weight of my ignorance. I promised you chatter and daydreams, but these have turned out to be far too much. These are the “herborizations of winter”—when nothing remains on earth, I gather “herbs” in my mind, yet unfortunately, all I find there is bitterness. Everything good that is left in me has taken refuge in my heart, Madame the Duchess, and it is filled with feelings that are due to you.
My floral arrangements are ready, or almost ready; but since I don’t know yet when they will be needed, I will wait until Mr. Granville returns before asking him to send them to you.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
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Letter III
Wootton, February 28, 1767.
Duchess,
Forgive my persistence: I am too deeply moved by the kindness you have shown in relieving me of my worries regarding Lord Marshal’s health to delay expressing my gratitude. I am usually indifferent to many acts of kindness when those who wish to perform them place more regard for their own preferences than for mine. However, an effort as generous as the one you have made in this matter truly touches me, and it will always fill me with gratitude. Moreover, madam the duchess, this feeling will now be joined to all those others you have inspired in me.
Now, to say a few words about botany—here is a specimen of a plant that I found attached to a rock; it may be very familiar to you, but to me, it was entirely unknown. Judging by its appearance and its way of reproducing, it seems to belong to the ferns; yet, considering its composition and its structure, it appears to be part of the moss family. My eyesight is too poor, my microscope is inadequate, and my knowledge is too limited to make any definite conclusion. Madam the Duchess, you must accept both the limitations of my ignorance and the sincerity of my efforts; that is all I can offer in our correspondence, in addition to my deep respect for you.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
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Letters to Madame la Duchesse de Portland
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Letter IV
At Wootton, on April 29, 1767.
Madam the Duchess, I receive once again, with renewed gratitude, these new tokens of your remembrance and kindness—both in the book that Mr. Granville gave me from your part and in the guidance you took the trouble to provide me regarding this little plant that was previously unknown to me. You have found a most effective way to revive my faded memory, and I am certain that I will never forget what I have the good fortune to learn from you. This little adiantum is not uncommon on our rocks; in fact, I have seen several of them growing on tree roots, and it would be easy to remove them in order to transplant them onto your walls.
Madam, you will undoubtedly have occasion to correct many errors in that poor, insignificant collection of plants that Mr. Granville has kindly offered to put at your disposal. I have taken the liberty of assigning Linnaeus’ names to those plants that did not already have one; but I could only do so with the assurance that you would take the trouble to point out any mistakes and inform me accordingly. In this hope, I have even included a small plant that came from you, Madame the Duchess, through Mr. Granville. Since I was unable to identify it myself, I left its name blank. This plant seems to resemble the ornithogale (Star of Bethlehem) more than any other I know; however, since its flowers are closed and its root is not bulbous, I have no idea what it actually is. I send you this plant only with the earnest request that you would please tell me its name.
Of all the kindnesses you have shown me, Madame the Duchess, that which I am most grateful for, and which tempts me most to take advantage of, is your kind permission to inform me on several occasions about the health of Lord Marshal. Might I not, through your generous assistance, once again find out whether my letters are reaching him? On the 16th of this month, I sent him the fourth letter I had written since his last one. I do not expect him to reply; I merely wish to know whether he is receiving them. I take every precaution in my power to ensure that they reach him; but such precautions, as well as many others, are of little avail in the situation in which I find myself.
I implore you, Madame the Duchess, to accept my deepest respects with kindness.
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Letters to Madame la Duchesse de Portland
Ora quasi non oso più parlarvi di piante, poiché, avendovi annunciato troppo presto i tessuti che avevo portato dalla Svizzera, non sono ancora riuscito a inviarvene nulla. Devo confessarvi tutta la mia miseria, signora: oltre al fatto che quei resti non valevano nemmeno la pena di essere offerti a voi, sono stato ritardato anche dalla difficoltà di trovare i loro nomi, che mancavano alla maggior parte di essi; e questa difficoltà, non superata con successo, mi ha fatto rendere conto che avevo intrapreso un compito troppo arduo per la mia età, nel voler cercare di conoscere le piante da solo. In botanica, bisogna innanzitutto essere guidati; è necessario almeno imparare empiricamente i nomi di un certo numero di piante prima di voler studiarle in modo sistematico: bisogna prima diventare erboristi, e poi, se possibile, botanici. Ho cercato di fare il contrario, e ne sono rimasto scontento. I libri dei botanici moderni insegnano soltanto a coloro che già conoscono la materia; sono inutili per gli ignoranti. Ci manca un libro davvero elementare, con il quale una persona che non abbia mai visto piante possa imparare a studiarle da sola. Questo è il libro di cui avrei bisogno, se non ci fossero istruzioni verbali. Ma dove trovarle? Intorno alla mia casa non ci sono altri erboristi che i miei ovini. Un’altra grande difficoltà è rappresentata dal fatto che ho una vista molto scarsa per analizzare le piante attraverso le loro parti di fruttificazione. Vorrei studiare le felci e i graminacee che mi sono vicine. Ma non riesco a vedere nulla. Sembra, signora la duchessa, che abbiate esattamente indovinato i miei bisogni, inviandomi i due libri che mi sono più utili: il “Synopsis” contiene descrizioni comprensibili per me, che posso seguire senza danneggiarmi la vista, e il “Petiver” mi aiuta molto con le sue figure, che stimolano la mia immaginazione tanto quanto può farlo un oggetto privo di colore. È ancora un grande difetto dei botanici moderni aver completamente trascurato questo aspetto. Quando leggo nel mio Linnaeus la classe e l’ordine di una pianta che non conosco, vorrei riuscire a immaginarla, sapere se è alta o bassa, se il fiore è blu o rosso, rappresentarmi il suo aspetto. Niente. Leggo una descrizione caratteristica, ma non riesco a farmene alcuna idea. Non è forse questo davvero desolante?
Tuttavia, signora duchessa, sono abbastanza pazzo da insistere, o meglio, abbastanza saggio; perché per me questo gusto è una questione di ragione. A volte ho bisogno dell’arte per conservare questa preziosa calma nel mezzo delle agitazioni che turbano la mia vita, per tenere lontane quelle passioni odiose che voi non conoscete, che io stesso ho conosciuto solo in altri contesti, e che non voglio lasciare avvicinare a me. Non voglio che ricordi tristi vengano a disturbare la pace della mia solitudine. Voglio dimenticare gli uomini e le loro ingiustizie. Voglio riflettere ogni giorno sulle meraviglie di Colui che li ha creati per renderli buoni, e che loro hanno così indegnamente profanato il Suo operato. I vegetali nei nostri boschi e nelle nostre montagne sono ancora tali come quando sono stati creati da Lui. Ed è lì che amo studiare la natura; perché vi confesso che non provo più lo stesso fascino a raccogliere erbe in un giardino. Trovo che lì non sia più la stessa cosa. C’è più splendore, ma meno bellezza. Gli uomini dicono di abbellirla, e io invece penso che la deformino. Scusatemi, signora duchessa; parlando dei giardini, forse ho un po’ pensato al vostro. Ma se fossi nelle vicinanze, vi farei sicuramente una bella riparazione. Vorrei solo poter effettuare cinque o sei raccolte di erbe insieme a voi, sotto la guida del dottor Solander. Penso che le poche conoscenze che cercherei di acquisire dalle sue lezioni e dalle vostre sarebbero sufficienti per rinvigorire il mio coraggio, spesso sul punto di cedere sotto il peso della mia ignoranza. Vi annunciavo chiacchiere e sogni. Ma ora ne ho detto troppi. Queste sono “raccolte d’inverno”. Quando non c’è più nulla sulla terra, raccolgo erbe nella mia mente. E purtroppo lì trovo solo “erba cattiva”. Tutto ciò che ho di buono si è rifugiato nel mio cuore, signora duchessa. E il mio cuore è pieno di sentimenti che vi sono dovuti.
I miei fiori sono pronti, o quasi; tuttavia, non sapendo in quali occasioni inviarli, aspetterò il ritorno di Monsieur Granville per chiedergli di farveli consegnare.
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Lettera III
Wootton, 28 febbraio 1767.
Madama la duchessa.
Perdonate la mia insistenza: sono troppo commosso dalla gentilezza che avete dimostrato nel sollevarmi dalle preoccupazioni riguardanti la salute di milord Maréchal, per ritardare a ringraziarvi. Sono poco sensibile a mille gesti di cortesia nei quali coloro che desiderano compierli si lasciano guidare più dal proprio gusto che dal mio. Tuttavia, un’attenzione del genere, come quella che avete voluto dedicarmi in questa occasione, mi tocca profondamente il cuore e mi renderà sempre grato. Questo sentimento, signora la duchessa, si aggiungerà ora a tutti quelli che già provo per voi.
Per parlare ora un po’ di botanica, ecco l’esempio di una pianta che ho trovato attaccata a una roccia; forse è molto conosciuta da voi, ma per me era del tutto sconosciuta. Per la sua forma e per la sua capacità di produrre frutti, sembra appartenere alle felci; tuttavia, per la sua sostanza e per le sue dimensioni, sembrerebbe invece far parte delle muschi. Ho una vista troppo debole, un microscopio insufficiente e pochissime conoscenze, quindi non posso decidere nulla al riguardo. Signora duchessa, dovete accettare gli omaggi della mia ignoranza e della mia buona volontà; questo è tutto ciò che posso offrire nella nostra corrispondenza, oltre al tributo del mio profondo rispetto.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
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Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera IV
A Wootton, il 29 aprile 1767.
Madame la duchessa, ricevo con ancora maggiore riconoscenza i nuovi segni del vostro ricordo e della vostra gentilezza: sia nel libro che il signor Granville mi ha consegnato da parte vostra, sia nell’istruzione che avete voluto darmi riguardo a quella piccola pianta che mi era sconosciuta. Avete trovato un modo eccellente per ravvivare la mia memoria ormai affievolita, e sono assolutamente certo di non dimenticare mai ciò che avrò la fortuna di imparare da voi. Questo piccolo adiantum non è raro sulle nostre rocce; anzi, ne ho visto diversi esemplari attaccati alle radici degli alberi, e sarà facile staccarli per piantarli sui vostri muri.
Signora, avrete l’occasione di correggere molte errori in quel misero e frammentario insieme di piante che il signor Granville si è gentilmente offerto di farvi tenere in ordine. Ho osato dare ai vari esemplari i nomi delle specie indicate da Linnaeus; tuttavia, ho potuto farlo soltanto nella certezza che avreste voluto segnalarmi ogni errore e prendervi la briga di avvisarmene. Con questa speranza, ho anche incluso una piccola pianta che mi è stata inviata da voi, signora duchessa, tramite il signor Granville; poiché non sono riuscito a trovarne il nome da solo, ho preferito lasciarlo vuoto. Questa pianta mi sembra assomigliare di più all’ornithogale (Star of Bethlehem) che a qualsiasi altra conosca; tuttavia, poiché i suoi fiori sono chiusi e la sua radice non è bulbosa, non riesco a capire di cosa si tratti. Vi invio questa pianta soltanto per supplicarvi di volermene indicare il nome.
Di tutte le grazie che mi avete fatte, madama la duchessa, quella di cui sono più sensibile e di cui sono più tentato di abusare è il fatto che siate stata così gentile da comunicarmi più volte notizie sulla salute di milord Maréchal. Non potrei forse, ancora una volta, attraverso la vostra cortese mediazione, venire a sapere se le mie lettere gli arrivano? Il 16 di questo mese ho inviato la quarta lettera che gli ho scritto da quando ne ha ricevuta l’ultima. Non chiedo affatto che mi risponda; desidero soltanto sapere se le riceve. Prendo tutte le precauzioni possibili per far sì che arrivino a lui; ma, come in molti altri casi, anche in questo le precauzioni a mia disposizione sono ben poche, data la situazione in cui mi trovo.
Vi supplico, signora duchessa, di accettare con gentilezza il mio profondo rispetto.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre V
Ce 10 juillet 1767.
Permettez, madame la duchesse, que, quoique habitant hors de l’Angleterre, je prenne la liberté de me rappeler à votre souvenir. Celui de vos bontés m’a suivi dans mes voyages et contribue à embellir ma retraite. J’y ai apporté le dernier livre que vous m’avez envoyé ; et je m’amuse à faire la comparaison des plantes de ce canton avec celles de votre île. Si j’osais me flatter, madame la duchesse, que mes observations pussent avoir pour vous le moindre intérêt, le désir de vous plaire me les rendrait plus importantes, et l’ambition de vous appartenir me fait aspirer au titre de votre herboriste, comme si j’avais les connaissances qui me rendraient digne de le porter. Accordez-moi, madame, je vous en supplie, la permission de joindre ce titre au nouveau nom que je substitue à celui sous lequel j’ai vécu si malheureux. Je dois cesser de l’être sous vos auspices ; et l’herboriste de madame la duchesse de Portland se consolera sans peine de la mort de J. J. Rousseau. Au reste, je tâcherai bien que ce ne soit pas là un titre purement honoraire ; je souhaite qu’il m’attire aussi l’honneur de vos ordres, et je le mériterai du moins par mon zèle à les remplir.
Je ne signe point ici mon nouveau nom, et je ne date point du lieu de ma retraite[11], n’ayant pu demander encore la permission que j’ai besoin d’obtenir pour cela. S’il vous plaît, en attendant, m’honorer d’une réponse, vous pourrez, madame la duchesse, l’adresser sous mon ancien nom, à Mess…, qui me la feront parvenir. Je finis par remplir un devoir qui m’est bien précieux, en vous suppliant, madame la duchesse, d’agréer ma très humble reconnaissance et les assurances de mon profond respect.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre VI
12 septembre 1767.
Je suis d’autant plus touché, madame la duchesse, des nouveaux témoignages de bonté dont il vous a plu m’honorer, que j’avais quelque crainte que l’éloignement ne m’eût fait oublier de vous. Je tâcherai de mériter toujours par mes sentiments les mêmes grâces, et les mêmes souvenirs par mon assiduité à vous les rappeler. Je suis comblé de la permission que vous voulez bien m’accorder, et très fier de l’honneur de vous appartenir en quelque chose. Pour commencer, madame, à remplir des fonctions que vous me rendez précieuses, je vous envoie ci-joints deux petits échantillons de plantes que j’ai trouvées à mon voisinage, parmi les bruyères qui bordent un parc, dans un terrain assez humide, où croissent aussi la camomille odorante, le Sagina procumbens, l’Hieracium umbellotum de Linnaeus, et d’autres plantes que je ne puis vous nommer exactement, n’ayant point encore ici mes livres de botanique, excepté le Flora Britannica, qui ne m’a pas quitté un seul moment.
De ces deux plantes, l’une, n° 2, me paraît être une petite gentiane, appelée, dans le Synopsis, Centaurium palustre luteum minimum nostras. Flor. Brit. 131.
Pour l’autre, n°, 1, je ne saurais dire ce que c’est, à moins que ce ne soit peut-être une élatine de Linnaeus, appelée par Vaillant Alsinastrum serpyllifolium, etc. La phrase s’y rapporte assez bien ; mais l’élatine doit avoir huit étamines, et je n’en ai jamais pu découvrir que quatre. La fleur est très petite ; et mes yeux, déjà faibles naturellement, ont tant pleuré, que je les perds avant le temps: ainsi je ne me fie plus à eux. Dites-moi de grâce ce qu’il en est, madame la duchesse ; c’est moi qui devrais, en vertu de mon emploi, vous instruire ; et c’est vous qui m’instruisez. Ne dédaignez pas de continuer, je vous en supplie ; et permettez que je vous rappelle la plante à fleur jaune que vous envoyâtes l’année dernière à M. Granville, et dont je vous ai renvoyé un exemplaire pour en apprendre le nom.
Et à propos de M. Granville, mon bon voisin, permettez, madame, que je vous témoigne l’inquiétude que son silence me cause. Je lui ai écrit, et il ne m’a point répondu, lui qui est si exact. Serait-il malade ? J’en suis véritablement en peine.
Mais je le suis plus encore de Milord Maréchal, mon ami, mon protecteur, mon père, qui m’a totalement oublié. Non, madame, cela ne saurait être. Quoi qu’on ait pu faire, je puis être dans sa disgrâce, mais je suis sûr qu’il m’aime toujours. Ce qui m’afflige de ma position, c’est qu’elle m’ôte les moyens de lui écrire. J’espère pourtant en avoir dans peu l’occasion, et je n’ai pas besoin de vous dire avec quel empressement je la saisirai. En attendant, j’implore vos bontés pour avoir de ses nouvelles, et, si j’ose ajouter, pour lui faire dire un mot de moi.
J’ai l’honneur d’être avec un profond respect.
Madame la duchesse,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
HERBORISTE
P. S. J’avais dit au jardinier de M. Davenport que je lui montrerais les rochers où croissait le petit adiantum, pour que vous pussiez, madame, en emporter des plantes. Je ne me pardonne point de l’avoir oublié. Ces rochers sont au midi de la maison et regardent le nord. Il est très aisé d’en détacher des plantes, parce qu’il y en a qui croissent sur des racines d’arbres.
Le long retard, madame, du départ de cette lettre, causé par des difficultés qui tiennent à ma situation, me met à portée de rectifier avant qu’elle parte ma balourdise sur la plante ci-jointe n°1 ; car ayant dans l’intervalle reçu mes livres de botanique, j’y ai trouvé, à l’aide des figures, que Michelius avait fait un genre de cette plante sous le nom de Linocarpon, et que Linnaeus l’avait mise parmi les espèces du lin. Elle est aussi dans le Synopsis sous le nom de Radiola, et j’en aurais trouvé la figure dans le Flora Britannica que j’avais avec moi ; mais précisément la planche 15, où est cette figure, se trouve omise dans mon exemplaire et n’est que dans le Synopsis, que je n’avais pas. Ce long verbiage a pour but, madame la duchesse, de vous expliquer comment ma bévue tient à mon ignorance, à la vérité, mais non pas à ma négligence. Je n’en mettrai jamais dans la correspondance que vous me permettez d’avoir avec vous, ni dans mes efforts pour mériter un titre dont je m’honore: mais, tant que dureront les incommodités de ma position présente, l’exactitude de mes lettres en souffrira, et je prends le parti de fermer celle-ci sans être sûr encore du jour où je la pourrai faire partir.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre VII
Ce 4 janvier 1768.
Je n’aurais pas tardé si longtemps, madame la duchesse, à vous faire mes très humbles remerciements pour la peine que vous avez prise d’écrire en ma faveur à Milord Maréchal et à M. Granville, si je n’avais été détenu près de trois mois dans la chambre d’un ami qui est tombé malade chez moi, et dont je n’ai pas quitté le chevet durant tout ce temps, sans pouvoir donner un moment à nul autre soin. Enfin la Providence a béni mon zèle ; je l’ai guéri presque malgré lui. Il est parti hier bien rétabli ; et le premier moment que son départ me laisse est employé, madame, à remplir auprès de vous un devoir que je mets au nombre de mes plus grands plaisirs.
Je n’ai reçu aucune nouvelle de Milord Maréchal ; et, ne pouvant lui écrire directement d’ici, j’ai profité de l’occasion de l’ami qui vient de partir, pour lui faire passer une lettre: puisse-t-elle le trouver dans cet état de santé et de bonheur que les plus tendres vœux de mon cœur demandent au ciel pour lui tous les jours ! J’ai reçu de mon excellent voisin, M. Granville, une lettre qui m’a tout réjoui le cœur. Je compte de lui écrire dans peu de jours.
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List of Works on Botany
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Letter V
On this day, July 10, 1767.
Permit me, Madame the Duchess, to take the liberty of reminding you of myself, even though I reside outside of England. The memory of your kindnesses has accompanied me on my travels and continues to enrich my retirement. I have brought with me the latest book you sent me, and I enjoy comparing the plants of this region with those of your island. If I may dare to boast, Madame the Duchess, that my observations might hold any interest for you, the desire to please you would make them even more valuable to me; and the ambition to belong to you drives me to aspire to the title of your herborist, as if I possessed the knowledge necessary to deserve it. Please grant me this honor, Madame, I implore you. Allow me to add this new title to the one under which I have lived such unhappy times. Under your protection, I must cease to be unhappy; and the herborist of Madame the Duchess of Portland will easily console itself for the death of J.-J. Rousseau. Moreover, I will strive to ensure that this title is not merely honorary; I hope it may also bring me the honor of your commands, and I shall surely earn it through my diligence in fulfilling them.
I do not sign my new name here, nor do I indicate the location of my retreat[11], as I have not yet been able to obtain the permission that is necessary for this. Until then, please honor me with a reply. You may, Madame la Duchesse, address it to me under my old name, and it will be delivered to me by Mess. I am finally fulfilling a duty of great importance to me, and I earnestly beg you, Madame la Duchesse, to accept my most humble gratitude and expressions of my deep respect.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter VI
September 12, 1767.
Madam the Duchess, I am all the more touched by these new demonstrations of your kindness, for I had some fear that distance might have made me forget you. I will strive always to earn your favor through my feelings and to preserve your memory through my constant efforts to remind you of them. I am overjoyed by the permission you are kind enough to grant me, and deeply honored to be associated with you in any way. To begin fulfilling these duties that you have made so precious to me, I attach two small samples of plants I found in my vicinity—among the heather bushes bordering a park, in rather moist soil where aromatic camomile, Sagina procumbens, Hieracium umbellotum (as described by Linnaeus), and other plants grow, though I am unable to name them precisely, as I do not yet have my botany books with me; except for the Flora Britannica, which has never left my side.
Of these two plants, the second one, number 2, seems to be a small kind of gentian, referred to in the Synopsis as Centaurium palustre luteum minimum nostras. Flor. Brit. 131.
As for the other one, number 1, I wouldn’t know what it could be, unless it might be some kind of plant belonging to Linnaeus’s classification system, perhaps called Alsinastrum serpyllifolium by Vaillant. The description seems quite relevant; however, this plant is supposed to have eight stamens, but I have never been able to find more than four. The flower itself is very small, and my eyes, which are already weak by nature, have cried so much that they are failing me before their time—so I can no longer trust them. Please tell me what it is, Madame la Duchesse. It would be my duty, given my position, to inform you; yet it is you who are educating me. Please do not hesitate to continue; and allow me to remind you of that yellow-flowered plant you sent to Mr. Granville last year—of which I returned you a specimen so that you could learn its name.
And speaking of Mr. Granville, my kind neighbor, allow me, madam, to express the concern his silence causes me. I wrote to him, but he has not replied—yet he is always so punctual. Could he be ill? I am truly worried about him.
But even more so am I affected by the fact that Lord Marshal—my friend, my protector, my father—has completely forgotten about me. No, madam, that cannot be true. No matter what has happened, I may have fallen from his favor, but I am certain he still loves me. What troubles me most about my current situation is that it prevents me from writing to him. However, I hope to have the opportunity soon, and I need not tell you how eagerly I will seize it. In the meantime, I implore you to do what you can to find out how he is, and—if I may dare ask—to ask him to send word of me.
I am honored to be here with deep respect.
Duchess,
Your most humble and obedient servant,
HERBSMAN
P.S. I had told Mr. Davenport’s gardener that I would show him the rocks where the small adiantum grew, so that you, madam, could take some plants back with you. I cannot forgive myself for forgetting about it. These rocks are located in the south part of the house and face north. It is very easy to pick plants from there, because some of them grow on tree roots.
Madam, the considerable delay in sending this letter, caused by difficulties related to my current situation, allows me to correct the mistake I made regarding the plant depicted in Figure 1 before it is sent on its way. In the meantime, having received my botany books, I found therein, with the help of the illustrations, that Michelius had classified this plant under the name Linocarpon, while Linnaeus had included it among the species of flax. It is also listed in the Synopsis under the name Radiola; I would have been able to find its illustration in the Flora Britannica which I had with me. However, precisely Plate 15, which contains this illustration, is missing from my copy and is only available in the Synopsis, which I did not possess. The reason for this lengthy explanation, Madame the Duchess, is to clarify how this mistake stems from my ignorance—not, indeed, from any negligence on my part. I will never include such details in the correspondence you allow me to maintain with you, nor in my efforts to earn the honor that I cherish. But so long as the difficulties of my current situation persist, the accuracy of my letters will be compromised. For this reason, I have decided to close this letter without being certain of the day on which I will be able to send it on its way.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
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Letter VII
On this January 4th, 1768.
I would have taken much less time to express my most humble gratitude to you, Madame the Duchess, for the trouble you took in writing in my favor to Lord Marshal and Mr. Granville, had it not been that I was confined for nearly three months in the room of a friend who fell ill at my home. I did not leave his bedside for that entire time, unable to attend to any other matters. Finally, Providence blessed my efforts; I managed to cure him, almost against his will. He left yesterday, fully recovered. And the very first moment his departure allows me, Madame, is devoted to fulfilling a duty that I consider one of my greatest pleasures.
I have received no news from Lord Marshal; and since I cannot write to him directly from here, I took the opportunity of my friend’s recent departure to send him a letter—may it find him in such health and happiness as the tenderest wishes of my heart pray for him every day! I also received a letter from my excellent neighbor, Mr. Granville, which filled me with joy. I intend to write to him in a few days.
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Elenco delle opere sulla botanica
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Lettera V
Il 10 luglio 1767.
Permettetemi, madama la duchessa, che, pur essendo residente al di fuori dell’Inghilterra, mi permetta di ricordarmi di voi. Il ricordo delle vostre bontà mi ha accompagnato nei miei viaggi e contribuisce a rendere più piacevole la mia vita in ritiro. Ho portato con me l’ultimo libro che mi avete inviato; mi diverte confrontare le piante di questa regione con quelle della vostra isola. Se osassi lusingarmi, madama la duchessa, pensando che le mie osservazioni possano esservi di qualche utilità, il desiderio di compiacervi le renderebbe ancora più importanti; e l’ambizione di appartenervi mi spinge a aspirare al titolo di vostro erborista, come se possedessi le conoscenze necessarie per meritarlo. Vi supplico, concedetemi questo permesso, affinché io possa aggiungere questo nuovo titolo a quello con cui ho vissuto in tanta sfortuna. Devo smettere di soffrire sotto la vostra protezione; e l’erborista di madama la duchessa di Portland si consolerà facilmente della morte di J.-J. Rousseau. In ogni caso, farò del mio meglio affinché questo titolo non sia soltanto onorifico; desidero che mi attiri anche l’onore dei vostri ordini, e lo meriterò certamente con il mio zelo nel compierli.
Non firmo qui il mio nuovo nome, né indico il luogo della mia ritirata[11], poiché non ho ancora potuto ottenere l’autorizzazione necessaria per farlo. Per favore, mentre aspetto una risposta, potrete inviarla, madame la duchessa, sotto il mio vecchio nome a Mess,, che me la farà pervenire. Completando così un dovere di grande importanza per me, vi supplico, madame la duchessa, di accettare le mie più umili ringraziamenti e le mie più profonde manifestazioni di rispetto.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
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Lettera VI
12 settembre 1767.
Sono ancora più commosso, madame la duchessa, per questi nuovi segni di gentilezza con cui avete voluto onorarmi, poiché temevo che la lontananza potesse avermi fatto dimenticare di voi. Cercherò sempre di meritare le stesse grazie attraverso i miei sentimenti, e di ricordarve costantemente con la mia assiduità. Sono profondamente grato per l’autorizzazione che mi concedete e molto fiero dell’onore di appartenervi in qualche modo. Per iniziare a svolgere le funzioni che mi avete affidato, vi invio due piccoli esempi di piante che ho trovato nelle vicinanze: tra i rovi che costeggiano un parco, in un terreno abbastanza umido, dove crescono anche la camomilla profumata, il Sagina procumbens, l’Hieracium umbellotum di Linnaeus, e altre piante che non riesco a nominare con precisione, poiché qui non ho ancora i miei libri di botanica, ad eccezione della Flora Britannica, che non mi ha mai lasciato un momento.
Di queste due piante, una, la numero 2, mi sembra essere una piccola genziana, chiamata nella “Synopsis” Centaurium palustre luteum minimum nostras. Flor. Brit. 131.
Per quanto riguarda l’altro esemplare, numero 1, non saprei proprio cosa sia, a meno che non si tratti di un’elatina di Linnaeus chiamata da Vaillant Alsinastrum serpyllifolium, ecc. La descrizione corrisponde abbastanza bene; tuttavia, quest’elatina dovrebbe avere otto stami, mentre io ne ho mai rilevati soltanto quattro. Il fiore è molto piccolo; e i miei occhi, già di per sé deboli, hanno pianto così tanto che sto perdendo la vista prematuramente. Non mi fido più dei miei occhi. Per favore, ditemi cosa ne pensate, madame la duchessa: sarebbe io a dovervi informare, in base alle mie mansioni. E invece siete voi ad istruirmi. Vi prego di non smettere di aiutarmi; e permettetemi di ricordarvi quella pianta con fiori gialli che l’anno scorso avete inviato a Monsieur Granville, e di cui vi ho restituito un esemplare affinché poteste conoscerne il nome.
E a proposito del signor Granville, mio buon vicino, permettetemi, signora, di esprimervi l’ansia che il suo silenzio mi provoca. Gli ho scritto, ma non mi ha risposto. Lui che è sempre così puntuale. Sarà forse malato? Sono davvero preoccupata.
Ma lo sono ancora di più verso Milord Maresciallo, mio amico, mio protettore, mio padre, che mi ha completamente dimenticato. No, signora, questo non è possibile. Qualunque cosa sia accaduta, posso anche trovarmi nella sua disgrazia, ma sono certo che mi ami ancora. Quello che mi addolora della mia situazione attuale è il fatto che mi priva dei mezzi per scrivergli. Tuttavia, spero di averne presto l’opportunità. E non ho bisogno di dirvi con quale impazienza la coglierò. Nel frattempo, vi supplico di intervenire affinché io possa ricevere sue notizie. E, se oso aggiungere ancora qualcosa, affinché mi faccia sapere almeno una parola su di me.
Ho l’onore di farlo con profondo rispetto.
Madama la duchessa.
Il vostro molto umile e molto obbediente servitore,
ERBARISTA
P.S. Avevo detto al giardiniere del signor Davenport che gli avrei mostrato i massi su cui cresceva quel piccolo adiantum, in modo che voi poteste, signora, portarvene delle piante. Non mi perdono di averlo dimenticato. Questi massi si trovano a sud della casa e guardano verso nord. È molto facile raccogliere delle piante da lì, perché alcune crescono direttamente sulle radici degli alberi.
Madama, il lungo ritardo nella spedizione di questa lettera, causato da difficoltà legate alla mia situazione attuale, mi permette di rettificare l’errore commesso riguardo alla pianta allegata n. 1 prima che venga inviata. Nel frattempo, avendo ricevuto i miei libri di botanica, ho scoperto, grazie alle illustrazioni, che Michelius aveva classificato questa pianta nel genere Linocarpon, mentre Linnaeus l’aveva inclusa tra le specie del lino. La stessa pianta è menzionata anche nella “Synopsis” con il nome di Radiola; avrei potuto trovare la sua illustrazione nella “Flora Britannica” che avevo con me, ma proprio la tavola 15, su cui si trova quell’illustrazione, manca nel mio esemplare e è presente soltanto nella “Synopsis”, che non possedevo. Il motivo di questo lungo discorso, madama la duchessa, è spiegarvi come il mio errore derivi dalla mia ignoranza, e non certo dalla mia negligenza. Non intendo mai includere simili dettagli nella corrispondenza che mi è permesso di intrattenere con voi, né nei miei sforzi per meritare il titolo di cui mi onoro. Tuttavia, finché dureranno le difficoltà della mia attuale situazione, l’accuratezza delle mie lettere ne risentirà; per questo ho deciso di chiuderla senza essere ancora certo del giorno in cui potrò inviarla.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
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Lettera VII
Il 4 gennaio 1768.
Non avrei tardato così a lungo, madama la duchessa, ad esprimervi i miei più umili ringraziamenti per la premura che vi siete presa nel scrivere a mio favore a Lord Maréchal e a Monsieur Granville, se non fossi stato trattenuto per quasi tre mesi nella stanza di un amico che si è ammalato a casa mia e dal quale non ho mai lasciato il capezzale per tutto quel tempo, senza poter dedicare nemmeno un istante ad altri affari. Finalmente, la Provvidenza ha benedetto il mio zelo: l’ho guarito quasi contro la sua volontà. È partito ieri, completamente ripreso; e il primo momento che il suo ritorno mi lascia libero lo utilizzo, madama, per adempiere a un dovere che considero tra i miei più grandi piaceri.
Non ho ricevuto alcuna notizia da Sua Signoria il Maresciallo; e poiché non posso scrivergli direttamente da qui, ho approfittato dell’occasione offerta dall’amico che è appena partito per fargli inviare una lettera: possa trovarlo in quello stato di salute e felicità che i più teneri desideri del mio cuore chiedono al cielo ogni giorno per lui! Ho ricevuto una lettera dal mio eccellente vicino, il signor Granville, che mi ha riempito il cuore di gioia; intendo scrivergli nei prossimi giorni.
Permettrez-vous, madame la duchesse, que je prenne la liberté de disputer avec vous sur la plante sans nom que vous aviez envoyée à M. Granville, et dont je vous ai renvoyé un exemplaire avec les plantes de Suisse, pour vous supplier de vouloir bien me la nommer ? Je ne crois pas que ce soit le viola liutea, comme vous me le marquez ; ces deux plantes n’ayant rien de commun, ce me semble, que la couleur jaune de la fleur. Celle en question me parait être de la famille des liliacées, à six pétales, six étamines en plumasseau: si la racine était bulbeuse, je la prendrais pour un ornithogale ; ne l’étant pas, elle me paraît ressembler fort à un anthericum ossifragum de Linnaeus, appelé par Gaspard Bauhin pseudo asphodelus anglicus ou scoticus. Je vous avoue, madame, que je serais très aise de m’assurer du vrai nom de cette plante ; car je ne peux être indifférent sur rien de ce qui me vient de vous.
Je ne croyais pas qu’on trouvât en Angleterre plusieurs des nouvelles plantes dont vous venez d’orner vos jardins de Bullstrode ; mais, pour trouver la nature riche partout, il ne faut que des yeux qui sachent voir ses richesses. Voilà, madame la duchesse, ce que vous avez et ce qui me manque ; si j’avais vos connaissances, en herborisant dans mes environs, je suis sûr que j’en tirerais beaucoup de choses qui pourraient peut-être avoir leur place à Bullstrode. Au retour de la belle saison, je prendrai note des plantes que j’observerai, à mesure que je pourrai les connaître ; et, s’il s’en trouvait quelqu’une qui vous convînt, je trouverais les moyens de vous l’envoyer, soit en nature, soit en graines. Si, par exemple, madame, vous vouliez faire semer le gentiana filiformis, j’en recueillerais facilement de la graine l’automne prochain ; car j’ai découvert un canton où elle est en abondance. De grâce, madame la duchesse, puisque j’ai l’honneur de vous appartenir, ne laissez pas sans fonction un titre où je mets tant de gloire. Je n’en connais point, je vous proteste, qui me flatte davantage que celle d’être toute ma vie, avec un profond respect, madame la duchesse, votre très humble et très obéissant serviteur.
HERBORISTE
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
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Lettre VIII
À Lyon, le 3 juillet 1768.
S’il était en mon pouvoir, madame la duchesse, de mettre de l’exactitude dans quelque correspondance, ce serait assurément dans celle dont vous m’honorez ; mais, outre l’indolence et le découragement qui me subjuguent chaque jour davantage, les tracas secrets dont on me tourmente absorbent malgré moi le peu d’activité qui me reste, et me voilà maintenant embarqué dans un grand voyage, qui seul serait une terrible affaire pour un paresseux tel que moi. Cependant, comme la botanique en est le principal objet, je tâcherai de l’approprier à l’honneur que j’ai de vous appartenir, en vous rendant compte de mes herborisations, an risque de vous ennuyer, madame, de détails triviaux qui n’ont rien de nouveau pour vous. Je pourrais vous en faire d’intéressants sur le jardin de l’École vétérinaire de cette ville, dont les directeurs, naturalistes, botanistes, et de plus très aimables, sont en même temps très communicatifs ; mais les richesses exotiques de ce jardin m’accablent, me troublent, par leur multitude ; et, à force de voir à la fois trop de choses, je ne discerne et ne retiens rien du tout. J’espère me trouver un peu plus à l’aise dans les montagnes de la grande Chartreuse, où je compte aller herboriser la semaine prochaine avec deux de ces messieurs, qui veulent bien faire cette course, et dont les lumières me la rendront très utile. Si j’eusse été à portée de consulter plus souvent les vôtres, madame la duchesse, je serais plus avancé que je ne suis.
Quelque riche que soit le jardin de l’École vétérinaire, je n’ai cependant pu y trouver le gentiana campestris ni le swertia perennis ; et comme le gentiana filiformis n’était pas même encore sorti de terre avant mon départ de Trye, il m’a par conséquent été impossible d’en recueillir de la graine, et il se trouve qu’avec le plus grand zèle pour faire les commissions dont vous avez bien voulu m’honorer, je n’ai pu encore en exécuter aucune. J’espère être à l’avenir moins malheureux, et pouvoir porter avec plus de succès lui titre dont je me glorifie.
J’ai commencé le catalogue d’un herbier dont on m’a fait présent, et que je compte augmenter dans mes courses. J’ai pensé, madame la duchesse, qu’en vous envoyant ce catalogue, ou du moins celui des plantes que je puis avoir à double, si vous preniez la peine d’y marquer celles qui vous manquent, je pourrais avoir l’honneur de vous les envoyer fraîches ou sèches, selon la manière que vous le voudriez, pour l’augmentation de votre jardin ou de votre herbier. Donnez-moi vos ordres, madame, pour les Alpes, dont je vais parcourir quelques-unes ; je vous demande en grâce de pouvoir ajouter au plaisir que je trouve à mes herborisations celui d’en faire quelques-unes pour votre service. Mon adresse fixe, durant mes courses, sera celle-ci:
A monsieur Renou, chez Mess…
J’ose vous supplier, madame la duchesse, de vouloir bien me donner des nouvelles de Milord Maréchal, toutes les fois que vous me ferez l’honneur de m’écrire. Je crains bien que tout ce qui se passe à Neuchâtel n’afflige son excellent cœur: car je sais qu’il aime toujours ce pays-là, malgré l’ingratitude de ses habitants. Je suis affligé aussi de n’avoir plus de nouvelles de M. Granville: je lui serai toute ma vie attaché.
Je vous supplie, madame la duchesse, d’agréer avec bonté mon profond respect.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre IX
A Bourgoin en Dauphiné, le 21 août 1769.
Madame la duchesse,
Deux voyages consécutifs immédiatement après la réception de la lettre dont vous m’avez honoré le 5 juin dernier, m’ont empêché de vous témoigner plus tôt ma joie, tant pour la conservation de votre santé que pour le rétablissement de celle du cher fils dont vous étiez en alarmes, et ma gratitude pour les marques de souvenir qu’il vous a plu m’accorder. Le second de ces voyages a été fait à votre intention ; et, voyant passer la saison de l’herborisation que j’avais en vue, j’ai préféré dans cette occasion le plaisir de vous servir à l’honneur de vous répondre. Je suis donc parti avec quelques amateurs pour aller sur le mont Pila, à douze ou quinze lieues d’ici, dans l’espoir, madame la duchesse, d’y trouver quelques plantes ou quelques graines qui méritassent de trouver place dans votre herbier ou dans vos jardins: je n’ai pas eu le bonheur de remplir à mon gré mon attente. Il était trop tard pour les fleurs et pour les graines ; la pluie et d’autres accidents nous ayant sans cesse contrariés, m’ont fait faire un voyage aussi peu utile qu’agréable ; et je n’ai presque rien rapporté. Voici pourtant, madame la duchesse, une note des débris de ma chétive collecte. C’est une courte liste des plantes dont j’ai pu conserver quelque chose en nature, et j’ai ajouté une étoile à chacune de celles dont j’ai recueilli quelques graines, la plupart en bien petite quantité. Si parmi les plantes ou parmi les graines il se trouve quelque chose ou le tout qui puisse vous agréer, daignez, madame, m’honorer de vos ordres, et me marquer à qui je pourrais envoyer le paquet, soit à Lyon, soit à Paris, pour vous le faire parvenir. Je tiens prêt le tout pour partir immédiatement après la réception de votre note ; mais je crains bien qu’il ne se trouve rien là digne d’y entrer, et que je ne continue d’être à votre égard un serviteur inutile malgré son zèle.
J’ai la mortification de ne pouvoir, quant à présent, vous envoyer, madame la duchesse, de la graine gentiana filiformis, la plante étant très petite, très fugitive, difficile à remarquer pour les yeux qui ne sont pas botanistes, un curé, à qui j’avais compté m’adresser pour cela, étant mort dans l’intervalle, et ne connaissant personne dans le pays à qui pouvoir donner ma commission.
Une foulure que je me suis faite à la main droite par une chute, ne me permettant d’écrire qu’avec beaucoup de peine, me force à finir cette lettre plus tôt que je n’aurais désiré. Daignez, madame le duchesse, agréer avec bonté le zèle et le profond respect de votre très humble et très obéissant serviteur,
HERBORISTE
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre X
Madam the Duchess, will you allow me the liberty to discuss with you regarding that unnamed plant you sent to Mr. Granville, of which I returned you a specimen along with the plants from Switzerland? I would be very grateful if you could kindly tell me its name. I do not believe it is the violae liutea, as you suggest; these two plants seem to have nothing in common except for the yellow color of their flowers. In my opinion, this plant belongs to the lily family, with six petals and six stamens arranged in a feather-like structure. If its root were bulbous, I might mistake it for an Ornithogalum; but since it is not, it closely resembles Linnaeus’ Anthericum ossifragum, which Gaspard Bauhin called pseudo asphodelus anglicus or scoticus. I must confess, madam, that I would be very pleased to learn the true name of this plant; for nothing related to what you send me can remain indifferent to me.
I did not believe that several of these new plants, which you have just used to adorn your gardens at Bullstrode, could be found in England; but to discover the richness of nature everywhere, one merely needs eyes that know how to see its treasures. Here, Madame the Duchess, lies what you possess and what I lack; if only I had your knowledge, while collecting plants in my surroundings, I am certain I would find many specimens that might well find a place in Bullstrode too. Once the beautiful season returns, I will make notes of the plants I observe, as soon as I become able to identify them; and if any of them suit your tastes, I will find ways to send them to you, either in their natural state or as seeds. For instance, if Madame would like to have gentiana filiformis planted, I could easily collect its seeds next autumn, for I have discovered a region where it grows in abundance. Please, Madame the Duchess—since I have the honor of belonging to you—do not let a title that brings me such pride remain unused. I swear to you, I know of no other honor that could please me more than to be your servant for life, with deep respect. Your very humble and obedient servant.
HERBSMAN
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter VIII
In Lyon, on July 3, 1768.
If it were in my power, Madame the Duchess, to ensure accuracy in any correspondence, it would certainly be in those addressed to you; but apart from the laziness and discouragement that increasingly overcome me every day, the numerous troubles and distractions that assail me consume whatever little energy I still possess. At present, I find myself embroiled in a lengthy journey—which alone would be an overwhelming task for someone as idle as I am. However, since botany is the main focus of this endeavor, I will try to make use of it to honor the privilege of belonging to you by reporting on my plant collecting activities. Unfortunately, these details may prove tedious and uninteresting to you, Madame. I could certainly share with you some fascinating information about the botanical garden at the Veterinary School in this city—its directors, who are naturalists and botanists as well as extremely kind people, are very communicative—but the sheer abundance of exotic plants there overwhelms me; trying to take it all in at once, I end up understanding or remembering nothing. I hope to feel more at ease in the mountains of the Grande Chartreuse next week, where I intend to collect plants alongside two gentlemen who have kindly agreed to accompany me. Their expertise will make this experience extremely useful to me. If only I were able to consult your letters more frequently, Madame the Duchess. I would surely be further along in my endeavors.
No matter how rich the garden of the Veterinary School might be, I was unable to find there either the gentiana campestris or the swertia perennis; and since the gentiana filiformis had not even emerged from the ground by the time I left Trye, it was therefore impossible for me to collect any seeds of it. It turns out that, despite my greatest diligence in carrying out the tasks you have kindly entrusted to me, I have still been unable to fulfill any of them. I hope that in the future I will be more fortunate and be able to live up more successfully to the title of which I take pride.
I have begun to compile a catalogue of an herb garden that was given to me, and I plan to expand it further during my collecting trips. I thought, Madame the Duchess, that by sending you this catalogue—or at least the list of plants that I may already have in double quantities—if you would take the trouble to mark those that are missing from your collection, I would be honored to send you fresh or dried specimens, as you prefer, to help enrich either your garden or your herb collection. Please give me your instructions regarding the areas of the Alps that I should explore; I beg you to allow me to add to the pleasure I derive from my herbal pursuits the satisfaction of doing so also for your benefit. My permanent address during these trips will be:
To Monsieur Renou, at Mess.
I dare to implore you, Madame the Duchess, to please inform me of how Lord Marshal is doing whenever you have the kindness to write to me. I fear that all that is happening in Neuchâtel must be distressing to his excellent heart; for I know he still loves that land, despite the ingratitude of its inhabitants. I am also distressed at not receiving any news from Mr. Granville; I will remain devoted to him for all my life.
I implore you, Madame the Duchess, to accept my deepest respects with kindness.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter IX
In Bourgoin, Dauphiné, on August 21, 1769.
Duchess,
Two consecutive trips shortly after receiving the letter you kindly sent me on June 5th prevented me from expressing my joy earlier—both regarding the preservation of your health and the recovery of your dear son, for whom you had been so worried. I also wish to express my gratitude for the souvenirs you took the trouble to send me. The second of these trips was made especially for your sake; and since the season for collecting plants had passed by the time I set out, I chose to take this opportunity to serve you in the honorable task of responding to your letter. I joined some other enthusiasts and headed towards Mount Pila, located about twelve or fifteen miles from here, in the hope of finding some plants or seeds that might be suitable for inclusion in your herbarium or gardens. Unfortunately, I was not fortunate enough to fulfill my expectations. It was already too late for flowers and seeds; moreover, constant rain and other setbacks made the trip both futile and unpleasant, and I returned with almost nothing. Nevertheless, here is, Madame la Duchesse, a list of the few plants I managed to collect. I have marked each one with an asterisk if I was able to preserve some specimens in their natural state; for those from which I obtained seeds, I’ve added an asterisk next to them, though most of these quantities were very small. Should any of these plants or seeds prove of interest to you, please do not hesitate to give me your instructions as to where I should send the package—either to Lyon or Paris—to ensure its timely delivery. I am ready to set off immediately upon receiving your message; but I fear that nothing in it will be worthy of inclusion, and that I will continue to be, despite my efforts, a useless servant to you.
I am deeply regretful that I am unable, at present, to send you, Madame the Duchess, some seeds of Gentiana filiformis. This plant is extremely small and fleeting, making it difficult for those who are not botanists to notice it. A priest whom I had planned to approach for this purpose has since passed away, and I know no one in this region to whom I could entrust this task.
A sprain I suffered in my right hand due to a fall prevents me from writing with any ease, forcing me to conclude this letter sooner than I would have wished. Please, Madame the Duchess, accept with kindness the zeal and deep respect of your most humble and obedient servant.
HERBSMAN
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter X
Permettetemi, signora duchessa, di discutere con voi riguardo alla pianta senza nome che avevate inviato al signor Granville e di cui vi ho restituito un esemplare insieme alle piante della Svizzera; vi supplico di volermi indicarne il vero nome. Non credo che si tratti del viola liutea, come mi avete detto; queste due piante, infatti, non hanno nulla in comune se non il colore giallo dei fiori. Quella di cui parliamo sembra appartenere alla famiglia dei liliacei, con sei petali e sei stami a forma di piuma. Se la radice fosse bulbosa, la considererei un ornithogale; poiché non lo è, mi pare molto simile all’anthericum ossifragum di Linnaeus, chiamato da Gaspard Bauhin pseudo asphodelus anglicus o scoticus. Vi confesso, signora, che sarei molto felice di conoscere il vero nome di questa pianta; non posso infatti rimanere indifferente a nulla che proviene da voi.
Non credevo che in Inghilterra si potessero trovare molte di quelle nuove piante di cui avete appena adornato i vostri giardini a Bullstrode; ma, poiché la natura è ricca ovunque, basta avere occhi capaci di scorgere le sue meraviglie. Ecco, madame la duchessa, ciò che possedete e ciò che mi manca: se avessi le vostre conoscenze, durante le mie escursioni botaniche nei dintorni, sono certo che riuscirei a scoprire molte piante che potrebbero trovare posto anche a Bullstrode. Al ritorno della bella stagione, prenderò nota delle piante che osserverò, non appena ne conoscerò i nomi; e, se ne dovesse trovare qualcuna adatta a voi, troverò il modo di inviarvela, sia in pianta che in semi. Ad esempio, se madame desideraste seminare la gentiana filiformis, potrei raccoglierne facilmente i semi l’autunno prossimo; ho infatti scoperto una zona dove questa pianta cresce in abbondanza. Vi prego, madame la duchessa: poiché ho l’onore di appartenervi, non lasciate che un titolo del quale mi vanto tanto rimanga senza utilizzo. Non conosco, vi assicuro, nessun altro onore che mi compiaccia di più di quello di essere per tutta la vita, con profondo rispetto, il vostro molto umile e molto obbediente servitore.
ERBARISTA
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera VIII
A Lione, il 3 luglio 1768.
Se fosse in mio potere, signora duchessa, garantire l’accuratezza di una qualsiasi corrispondenza, sicuramente sarebbe quella che avete l’onore di ricevere da me; ma, oltre alla pigrizia e allo scoraggiamento che mi assalgono sempre di più ogni giorno, le preoccupazioni segrete che mi vengono inflitte assorbono inevitabilmente quel poco di energia che mi rimane. Ora mi trovo coinvolto in un lungo viaggio, il quale da solo rappresenterebbe una vera e propria avventura per uno pigro come me. Tuttavia, poiché l’obiettivo principale di questo viaggio è la botanica, cercherò di utilizzarlo al meglio, rendendovi conto dei miei lavori di raccolta di piante, anche se temo che questi dettagli banali possano annoiarvi. Potrei parlarvi di cose interessanti riguardo al giardino dell’Istituto Veterinario di questa città: i suoi direttori, naturalisti e botanici, oltre ad essere molto gentili, sono anche molto disponibili a condividere le loro conoscenze con me. Tuttavia, la ricchezza di piante esotiche presenti in quel giardino mi sopraffà e mi confonde; e, cercando di osservare troppe cose contemporaneamente, finisco per non riuscire a comprendere nulla. Spero di potermi sentire un po’ più a mio agio nelle montagne della grande Chartreuse, dove intendo recarmi la prossima settimana per effettuare delle raccolte botaniche insieme a due signori che sono disposti ad accompagnarmi, e le cui conoscenze mi saranno di grande aiuto. Se solo potessi consultare più spesso le vostre indicazioni, signora duchessa, sarei sicuramente più avanti nel mio lavoro.
Per quanto ricca possa essere la giardina della Scuola Veterinaria, non sono riuscito a trovarvi né il gentiana campestris né lo swertia perennis; inoltre, poiché il gentiana filiformis non era ancora spuntato dal terreno al momento della mia partenza da Trye, mi è stato impossibile raccoglierne i semi. Pertanto, nonostante il massimo impegno nel compiere le commissioni che avete avuto la gentilezza di affidarmi, non sono ancora riuscito a portarle a termine. Spero di avere più fortuna in futuro e di poter onorare con maggiore successo quel titolo di cui mi vanto.
Ho iniziato a compilare il catalogo di un erbario che mi è stato donato e intendo arricchirlo durante le mie escursioni. Ho pensato, madama la duchessa, che inviandovi questo catalogo, o almeno quello delle piante che posso procurarmi in doppia quantità, se vi prendeste la briga di segnare quelle che vi mancano, potrei avere l’onore di inviarvele fresche o essiccate, a seconda delle vostre preferenze, per arricchire il vostro giardino o il vostro erbario. Ditemi quali sono i vostri desideri riguardo alle piante delle Alpi; vi prego di permettermi di aggiungere al piacere che provo nelle mie raccolte quello di realizzarne alcune anche a vostro servizio. Il mio indirizzo fisso durante le mie escursioni sarà il seguente:
Da Monsieur Renou, presso la casa di Mess.
Oso supplicarvi, madama la duchessa, di volermi comunicare notizie di Milord Maréchal ogni volta che mi farete l’onore di scrivere. Temo molto che tutto ciò che accade a Neuchâtel possa addolorare il suo nobile cuore: so infatti che egli ama ancora quel paese, nonostante l’ingratitudine dei suoi abitanti. Sono anche angosciato dal fatto di non ricevere più notizie di Monsieur Granville: gli sarò fedele per tutta la vita.
Vi supplico, signora duchessa, di accettare con gentilezza il mio profondo rispetto.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
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Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera IX
A Bourgoin, in Dauphiné, il 21 agosto 1769.
Madama la duchessa.
Due viaggi consecutivi, effettuati immediatamente dopo aver ricevuto la lettera che mi avete inviato il 5 giugno scorso, mi hanno impedito di esprimervi prima la mia gioia, sia per la salvezza della vostra salute che per il miglioramento di quella del caro figlio di cui eravate preoccupata, nonché per la gratitudine che provo per i ricordi che avete voluto farmi ricevere. Il secondo di questi viaggi è stato fatto appositamente per voi; e, vedendo passare la stagione adatta alla raccolta delle piante, ho preferito dedicarmi al compito onorevole di rispondervi piuttosto che proseguire con le mie ricerche. Sono quindi partito insieme ad alcuni amici per il monte Pila, situato a dodici o quindici miglia da qui, nella speranza, signora duchessa, di trovare alcune piante o semi che potessero essere utili al vostro erbario o ai vostri giardini; purtroppo non ho avuto la fortuna di ottenere ciò che desideravo. Era troppo tardi per raccogliere fiori e semi; inoltre, a causa della pioggia e di altri imprevisti, il viaggio è risultato poco proficuo e poco piacevole; non ho portato quasi nulla con me. Ecco comunque, signora duchessa, un elenco delle poche cose che sono riuscito a conservare: si tratta di una breve lista delle piante di cui ho potuto conservare alcune parti in natura, e ho aggiunto una stella accanto a ciascuna di quelle da cui ho raccolto dei semi, per lo più in quantità molto ridotte. Se tra queste piante o questi semi ci fosse qualcosa che possa esservi gradito, vi prego di darmi ordini e di indicarmi a chi inviare il pacco, sia a Lione che a Parigi, affinché possa essere consegnato nelle vostre mani. Sono pronto a partire immediatamente dopo aver ricevuto la vostra risposta; tuttavia temo che non ci sia nulla di interessante in questo elenco, e che continui a essere per voi un servitore inutile, nonostante il mio impegno.
Sono profondamente rammaricato di non potervi inviare, madama la duchessa, al momento attuale i semi della gentiana filiformis; questa pianta è infatti molto piccola, fugace e difficile da notare per chi non sia un botanico. Il curato a cui avevo pensato di rivolgermi in questo senso è morto nel frattempo, e non conosco nessuno nella zona a cui poter affidare questa commissione.
Un infortunio che mi sono procurato alla mano destra a causa di una caduta mi impedisce di scrivere con facilità; per questo sono costretto a concludere questa lettera prima del previsto. Vi prego, madama la duchessa, di accettare con benevolenza lo zelo e il profondo rispetto del vostro molto umile e molto obbediente servitore.
ERBARISTA
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
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Lettera X
À Monquin, le 21 décembre 1769.
C’est, madame la duchesse, avec bien de la honte et du regret que je m’acquitte si tard du petit envoi que j’avais eu l’honneur de vous annoncer, et qui ne valait assurément pas la peine d’être attendu. Enfin, puisque mieux vaut tard que jamais, je fis partir jeudi dernier, pour Lyon, une boîte à l’adresse de M. le chevalier Lambert, contenant les plantes et graines dont je joins ici la note. Je désire extrêmement que le tout vous parvienne en bon état ; mais comme je n’ose espérer que la boîte ne soit pas ouverte en route, et même plusieurs fois, je crains fort que ces herbes, fragiles et déjà gâtées par l’humidité, ne vous arrivent absolument détruites ou méconnaissables. Les graines au moins pourraient, madame la duchesse, vous dédommager des plantes, si elles étaient plus abondantes ; mais vous pardonnerez leur misère aux divers accidents qui ont, là-dessus, contrarié mes soins. Quelques-uns de ces accidents ne laissent pas d’être risibles, quoiqu’ils m’aient donné bien du chagrin. Par exemple, les rats ont mangé sur ma table presque toute la graine de bistorte que j’y avais étendue pour la faire sécher ; et, ayant mis d’autres graines sur ma fenêtre pour le même effet, un coup de vent a fait voler dans la chambre tous mes papiers, et j’ai été condamné à la pénitence de Psyché ; mais il a fallu la faire moi-même, et les fourmis ne sont point venues m’aider. Toutes ces contrariétés m’ont d’autant plus fâché, que j’aurais bien voulu qu’il pût aller jusqu’à Callwich un peu du superflu de Bullstrode ; mais je tâcherai d’être mieux fourni une autre fois ; car, quoique les honnêtes gens qui disposent de moi, fâchés de me voir trouver des douceurs dans la botanique, cherchent à me rebuter de cet innocent amusement en y versant le poison de leurs viles âmes, ils ne me forceront jamais à y renoncer volontairement. Ainsi, madame la duchesse, veuillez bien m’honorer de vos ordres et me faire mériter le titre que vous m’avez permis de prendre ; je tâcherai de suppléer à mon ignorance à force de zèle pour exécuter vos commissions.
Vous trouverez, madame, une ombellifère à laquelle j’ai pris la liberté de donner le nom de seseti Halleri, faute de savoir la trouver dans le Species, au lieu qu’elle est bien décrite dans la dernière édition des Plantes de Suisse de M. Haller, n°762. C’est une très belle plante, qui est plus belle encore en ce pays que dans les contrées plus méridionales, parce que les premières atteintes du froid lavent son vert foncé d’un beau pourpre, et surtout la couronne des graines, car elle ne fleurit que dans l’arrière-saison, ce qui fait aussi que les graines ont peine à mûrir et qu’il est difficile d’en recueillir. J’ai cependant trouvé le moyen d’en ramasser quelques-unes que vous trouverez, madame la duchesse, avec les autres. Vous aurez la bonté de les recommander à votre jardinier, car, encore un coup, la plante est belle, et si peu commune, qu’elle n’a pas même encore un nom parmi les botanistes. Malheureusement le spécimen que j’ai l’honneur de vous envoyer est mesquin et en fort mauvais état ; mais les graines y suppléeront.
Je vous suis extrêmement obligé, madame, de la bonté que vous avez eue de me donner des nouvelles de mon excellent voisin M. Granville, et des témoignages du souvenir de son aimable nièce miss Dewes, J’espère qu’elle se rappelle assez les traits de son vieux berger pour convenir qu’il ne ressemble guère à la figure de cyclope qu’il a plu à M. Hume de faire graver sous mon nom. Son graveur a peint mon visage comme sa plume a peint mon caractère. Il n’a pas vu que la seule chose que tout cela peint fidèlement est lui-même.
Je vous supplie, madame la duchesse, d’agréer avec bonté mon profond respect.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre XI
A Paris, le 17 avril 1772.
J’ai reçu, madame la duchesse, avec bien de la reconnaissance, et la lettre dont vous m’avez honoré le 17 mars, et le nombreux envoi de graines dont vous avez bien voulu enrichir ma petite collection. Cet envoi en fera de toutes manières la plus considérable partie, et réveille déjà mon zélé pour la compléter autant qu’il se peut. Je suis bien sensible aussi à la bonté qu’a M. le docteur Solander d’y vouloir contribuer pour quelque chose ; mais comme je n’ai rien trouvé, dans le paquet qui m’indiquât ce qui pouvait venir de lui, je reste en doute si le petit nombre de graines ou fruits que vous me marquez qu’il m’envoie était joint au même paquet, ou s’il en a fait un autre à part qui, cela supposé, ne m’est pas encore parvenu.
Je vous remercie aussi, madame la duchesse, de la bonté que vous avez de m’apprendre l’heureux mariage de miss Dewes et de M. Sparow ; je m’en réjouis de tout mon cœur, et pour elle, si bien faite pour rendre un honnête homme heureux et pour l’être, et pour son digne oncle, que l’heureux succès de ce mariage comblera de joie dans ses vieux jours.
Je suis bien sensible au souvenir de milord Nuncham ; j’espère qu’il ne doutera jamais de mes sentiments, comme je ne doute point de ses bontés. Je me serais flatté durant l’ambassade de milord Harcourt du plaisir de le voir à Paris, mais on m’assure qu’il n’y est point venu, et ce n’est pas une mortification pour moi seul.
Avez-vous pu douter un instant, madame la duchesse, que je n’eusse reçu avec autant d’empressement que de respect le livre des jardins anglais que vous avez bien voulu penser à m’envoyer ? Quoique son plus grand prix fût venu pour moi de la main dont je l’aurais reçu, je n’ignore pas celui qu’il a par lui-même, puisqu’il est estimé et traduit dans ce pays ; et d’ailleurs j’en dois aimer le sujet, ayant été le premier en terre ferme à célébrer et faire connaître ces mêmes jardins. Mais celui de Bullstrode, où toutes les richesses de la nature sont rassemblées et assorties avec autant de savoir que de goût, mériterait bien un chantre particulier.
Pour faire une diversion de mon goût à mes occupations, je me suis proposé de faire des herbiers pour les naturalistes et amateurs qui voudront en acquérir. Le règne végétal, le plus riant des trois, et peut-être le plus riche, est très -négligé et presque oublié dans les cabinets d’histoire naturelle, où il devrait briller par préférence. J’ai pensé que de petits herbiers, bien choisis et faits avec soin, pourraient favoriser le goût de la botanique, et je vais travailler cet été à des collections que je mettrai, j’espère, en état d’être distribuées dans un an d’ici. Si par hasard il se trouvait parmi vos connaissances quelqu’un qui voulût acquérir de pareils herbiers, je les servirais de mon mieux, et je continuerai de même s’ils sont contents de mes essais. Mais je souhaiterais particulièrement, madame la duchesse, que vous m’honorassiez quelquefois de vos ordres, et de mériter toujours, par des actes de mon zèle, l’honneur que j’ai de vous appartenir.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
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Lettre XII
A Paris, le 19 mai 1772.
Je dois, madame la duchesse, le principal plaisir que m’ait fait le poème sur les jardins anglais, que vous avez eu la bonté de m’envoyer, à la main dont il me vient. Car mon ignorance dans la langue anglaise, qui m’empêche d’en entendre la poésie, ne me laisse pas partager le plaisir que l’on prend à le lire. Je croyais avoir eu l’honneur de vous marquer, madame, que nous avons cet ouvrage traduit ici ; vous avez supposé que je préférais l’original, et cela serait très vrai si j’étais en état de le lire, mais je n’en comprends tout au plus que les notes, qui ne sont pas, à ce qu’il me semble, la partie la plus intéressante de l’ouvrage. Si mon étourderie m’a fait oublier mon incapacité, j’en suis puni par mes vains efforts pour la surmonter. Ce qui n’empêche pas que cet envoi ne me soit précieux comme un nouveau témoignage de vos bontés et une nouvelle marque de votre souvenir. Je vous supplie, madame la duchesse, d’agréer mon remerciement et mon respect.
Je reçois en ce moment, madame, la lettre que vous me fîtes l’honneur de m’écrire l’année dernière en date du 20 mars 1771. Celui qui me l’envoie de Genève (M. Moultou) ne me dit point les raisons de ce long retard: il me marque seulement qu’il n’y a pas de sa faute ; voilà tout ce que j’en sais.
At Monquin, on December 21, 1769.
Madam the Duchess, it is with great shame and regret that I am fulfilling this small task so late—something I had the honor of informing you about earlier, which surely was not worth waiting for at all. Well, since it’s better late than never, I sent off a box last Thursday on its way to Lyon, addressed to Monsieur le Chevalier Lambert, containing the plants and seeds for which I attach a list here. I earnestly hope everything will arrive in good condition; however, fearing that the box might be opened en route, or even several times, I am very concerned that these fragile plants, already damaged by moisture, may arrive completely ruined or unrecognizable. At least the seeds, madam the Duchess, could perhaps compensate for the lost plants if they were more plentiful; but please forgive their poor quality due to the various accidents that thwarted my efforts. Some of these mishaps are rather ridiculous, though they caused me great distress. For example, rats ate almost all the bistort seeds I had spread out on my table to dry them; and when I placed other seeds by the window for the same purpose, a gust of wind blew all my papers into the room—forcing me to perform the task of Psyche myself, since the ants refused to help. All these setbacks angered me even more, especially since I had hoped some of the surplus items from Bullstrode might make it to Callwich; but I will try harder next time. For although those honest people who have charge of me seem displeased that I find pleasure in botany and try to discourage me from this innocent hobby by poisoning it with the venom of their vile hearts, they will never force me to give it up willingly. Therefore, madam the Duchess, please grant me your orders and allow me to live up to the reputation you have allowed me to claim; I will strive to make up for my ignorance through sheer dedication in carrying out your commissions.
Madam, you will find here a plant belonging to the umbelliferous family, which I have taken the liberty of naming “seseti Halleri,” since it is not listed in the “Species” encyclopedia, whereas it is described in detail in the latest edition of Mr. Haller’s “Plantes de Suisse,” under entry number 762. It is a very beautiful plant; indeed, it is even more striking in this region than in the southern countries, for the first frosts turn its deep green color into a beautiful purple, especially on the crown of its seeds. Since it blooms only in late summer, the seeds have difficulty maturing, making their collection rather challenging. Nevertheless, I have managed to collect some specimens, which I am enclosing with the rest for your consideration. I would be grateful if you would recommend it to your gardener—for, once again, this plant is so rare and beautiful that it still does not even have a name among botanists. Unfortunately, the specimen I send you is rather small and in poor condition; but the seeds will make up for this deficiency.
I am extremely grateful to you, madam, for the kindness you have shown in informing me about my excellent neighbor, Mr. Granville, and for providing me with testimonials from his kind niece, Miss Dewes. I hope she still remembers well the features of his old shepherd, and will agree that he bears little resemblance to the cyclops-like image that Mr. Hume took the liberty of having engraved under my name. His engraver portrayed my face in just the same way his pen depicted my character—only to fail in capturing anything other than himself.
I implore you, Madame the Duchess, to accept my deepest respects with kindness.
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Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Madame la Duchesse de Portland
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter XI
In Paris, on April 17, 1772.
Madam the Duchess, I am truly grateful for the letter you took the trouble to send me on March 17th, as well as for the generous quantity of seeds you kindly included to enrich my small collection. This contribution will undoubtedly make up the largest portion of it so far, and it has already inspired my eagerness to expand it as much as possible. I am also deeply thankful for the kindness shown by Mr. Doctor Solander in wishing to contribute to this endeavor. However, since I found nothing in the package that indicated what he might have sent, I remain uncertain whether the few seeds or fruits you mention were included in that same package, or whether he sent them in a separate package that has not yet reached me.
I also thank you, Madame the Duchess, for your kindness in informing me of the happy marriage of Miss Dewes and Mr. Sparow; I rejoice in it wholeheartedly. For her—so well suited to make an honest man happy and indeed to be happy herself—and for her worthy uncle, the successful outcome of this marriage will bring them great joy in their old age.
I am deeply grateful for the memory of Lord Nuncham; I hope he will never doubt my feelings, just as I have no doubt about his kindness. I would have been honored during Lord Harcourt’s ambassadorship to have the pleasure of seeing him in Paris, but I have been assured that he did not come there, and this is not merely a disappointment for me alone.
Madam the Duchess, could you have for a moment doubted that I would receive with both eagerness and respect the book on English gardens that you were kind enough to send me? Although its greatest value to me would lie in the hand from which it came, I am well aware of its intrinsic worth, since it is esteemed and translated in this country; moreover, I must naturally cherish its subject matter, having been the first person in the mainland to celebrate and promote the knowledge of these very gardens. But Bullstrode Garden, where all the riches of nature are gathered and arranged with both wisdom and taste, truly deserves a special tribute in song.
To create a diversion to my usual pursuits, I decided to prepare herbaceous collections for naturalists and amateurs who might be interested in acquiring them. The kingdom of plants, the most delightful of the three and perhaps the richest in diversity, is often neglected and almost forgotten in natural history museums, where it should, indeed, hold a prominent place. I believed that carefully selected and meticulously prepared small herb collections could foster an interest in botany, and this summer I will devote myself to compiling such collections, with the hope of being able to distribute them within a year. Should anyone among your acquaintances be interested in purchasing such herbbooks, I would be more than happy to assist them, and I will continue to do so if they are satisfied with my efforts. However, I would particularly like, Madame la Duchesse, that you would occasionally grant me your orders, so that I may always earn the honor of serving you through my diligence and dedication.
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LETTERS ON BOTANY
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Letter XII
In Paris, on May 19, 1772.
Madam the Duchess, the greatest pleasure the poem about English gardens ever brought me—which you had the kindness to send me—was derived directly from its very source. For my ignorance of the English language prevents me from appreciating its poetic beauty; thus, I am unable to share in the enjoyment that others derive from reading it. I believed I had the honor of informing you that we had this work translated here; you assumed that I preferred the original version, and that would indeed be true if I were able to read it. However, I can understand at most its annotations, which, in my opinion, are not the most interesting part of the work. If my carelessness led me to forget my own inability to comprehend it, I am punished by my futile attempts to overcome this obstacle. Nevertheless, this gift remains precious to me as yet another testament to your kindness and a new expression of your concern for me. I implore you, Madame the Duchess, to accept my gratitude and respect.
Madam, I am receiving at this moment the letter you had the kindness to write to me last year, dated March 20, 1771. The person who sent it to me from Geneva (Mr. Moultou) does not mention the reasons for this long delay; he merely informs me that it is not his fault; that is all I know about it.
A Monquin, il 21 dicembre 1769.
Madama la duchessa, con grande vergogna e rammarico vi comunico che ho tardato così a lungo nell’inviare il piccolo dono di cui avevo l’onore di parlarvi, e che certamente non meritava nemmeno di essere atteso. Alla fine, poiché è meglio tardi che mai, giovedì scorso ho inviato a Lione una scatola indirizzata al cavaliere Lambert, contenente le piante e i semi di cui vi allego qui la lista. Desidero ardentemente che tutto vi arrivi in buone condizioni; ma poiché non oso sperare che la scatola non venga aperta durante il trasporto, e forse anche più volte, temo molto che queste erbe, fragili e già danneggiate dall’umidità, arrivino completamente distrutte o irriconoscibili. Almeno i semi, madama la duchessa, potrebbero compensarvi per le piante, se fossero più abbondanti; ma perdonate la loro scarsità ai vari incidenti che hanno ostacolato i miei sforzi in questo senso. Alcuni di questi incidenti sono davvero ridicoli, anche se mi hanno causato molto dolore. Ad esempio, i topi hanno mangiato quasi tutta la semina di bistorta che avevo disposto sulla mia scrivania per farla asciugare; e quando ne ho messa altra alla finestra per lo stesso scopo, un colpo di vento ha fatto volare tutti i miei documenti nella stanza. Ho dovuto occuparmene personalmente, e le formiche non sono venute ad aiutarmi. Tutte queste difficoltà mi hanno reso ancora più desideroso di poter inviare a Callwich un po’ del surplus di Bullstrode; ma cercherò di essere meglio attrezzato la prossima volta. Poiché, anche se le persone oneste che si prendono cura di me cercano di scoraggiarmi in questo innocente passatempo, versando nel suo seno il veleno delle loro anime vili, non mi costringeranno mai a rinunciarvi volontariamente. Pertanto, madama la duchessa, vi prego di darmi i vostri ordini e di permettermi di meritare davvero il titolo che mi avete concesso. Cercherò di compensare la mia ignoranza con grande impegno nel compiere le vostre commissioni.
Signora, troverete un’ombellifera a cui ho preso la libertà di dare il nome di “seseti Halleri”, poiché non riuscivo a trovarla nell’“Species”; in realtà è ben descritta nell’ultima edizione delle “Plantes de Suisse” di Monsieur Haller, al numero 762. È una pianta molto bella; anzi, in questo paese è ancora più splendida che nelle regioni più meridionali, poiché i primi gelidi tingono il suo verde scuro di un bel viola, soprattutto la corona dei semi, dato che fiorisce solo nella tarda stagione. Per questo motivo i semi faticano a maturare e risulta difficile raccoglierli. Tuttavia sono riuscito a trovarne alcuni, che troverete insieme alle altre piante. Vi prego di raccomandarle al vostro giardiniere: è davvero una pianta bella e molto rara, tanto che ancora non possiede nemmeno un nome ufficiale tra i botanici. Purtroppo l’esemplare che ho l’onore di inviarvi è piccolo e in cattive condizioni; ma i semi compenseranno questa mancanza.
Sono estremamente grato, signora, per la gentilezza che ha avuto nel comunicarmi notizie del mio eccellente vicino, il signor Granville, nonché dei ricordi legati alla sua adorabile nipote, la signorina Dewes. Spero che lei si ricordi abbastanza bene i tratti di quel vecchio pastore per ammettere che lui non assomiglia affatto all’immagine di un ciclope che il signor Hume ha voluto far incidere sotto il mio nome. Il suo incisore ha ritratto il mio viso esattamente come la sua penna ha descritto il mio carattere. Tuttavia, non si è reso conto che l’unica cosa che tutto ciò rappresenta fedelmente è proprio lui stesso.
Vi supplico, signora duchessa, di accettare con gentilezza il mio profondo rispetto.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera XI
A Parigi, il 17 aprile 1772.
Madama la duchessa, ricevo con grande gratitudine sia la lettera che mi avete inviato il 17 marzo, sia i numerosi semi che avete voluto arricchire la mia piccola collezione. Questo nuovo dono ne farà sicuramente la parte più importante, e già suscita in me grande entusiasmo per completarla il più possibile. Sono anche molto grato al signor dottor Solander per il suo contributo; tuttavia, non avendo trovato nulla nel pacco che indicasse cosa potesse esserci da parte sua, rimango incerto se il piccolo numero di semi o frutti che mi avete detto abbia fatto parte dello stesso pacco, oppure ne abbia inviato un altro a parte, il quale, in tal caso, non mi è ancora arrivato.
Vi ringrazio anche voi, madama la duchessa, per la gentilezza con cui mi avete informato del felice matrimonio di miss Dewes e di M. Sparow; ne sono davvero lieta nel profondo del mio cuore, sia per lei, così adatta a rendere un uomo onesto felice e a esserlo essa stessa, sia per suo nobile zio: il successo di questo matrimonio porterà grande gioia nei suoi ultimi anni.
Sono molto sensibile al ricordo di lord Nuncham; spero che non dubiti mai dei miei sentimenti, così come io non dubito delle sue bontà. Avrei trovato grande piacere nell’incontrarlo a Parigi durante l’ambasciata di lord Harcourt, ma mi è stato detto che non vi è mai venuto. E questa non è una delusione soltanto per me.
Avete mai potuto dubitare, madame la duchessa, che io non abbia ricevuto con la stessa sollecitudine e rispetto il libro sui giardini inglesi che avete avuto la gentilezza di inviarmi? Anche se il suo maggior pregio per me derivava dalla mano da cui lo ho ricevuto, non ignoro certo il valore intrinseco che possiede, visto che è apprezzato e tradotto in questo paese; inoltre, devo amare anche l’argomento trattato, poiché sono stato il primo in terraferma a celebrare e far conoscere tali giardini. Ma quello di Bullstrode, dove tutte le ricchezze della natura sono raccolte e disposte con tanto sapere e gusto, meriterebbe davvero un cantore dedicato esclusivamente a lui.
Per distogliermi dalle mie occupazioni in modo che mi piacesse, ho deciso di realizzare degli erbari per naturalisti e appassionati che volessero acquistarli. Il regno vegetale, il più divertente dei tre e forse anche il più ricco, viene spesso trascurato e quasi dimenticato nei gabinetti di storia naturale, dove invece dovrebbe essere valorizzato in modo particolare. Ho pensato che piccoli erbari ben selezionati e realizzati con cura potessero stimolare l’interesse per la botanica, quindi quest’estate lavorerò a delle collezioni che spero di poter distribuire entro un anno. Se per caso tra le vostre conoscenze ci fosse qualcuno interessato ad acquistare tali erbari, vi servirei con tutto il mio impegno e continuerò così se saranno soddisfatti dei miei sforzi. Tuttavia, desidererei particolarmente, madame la duchessa, che mi onoraste di tanto in tanto con i vostri ordini, affinché io possa sempre meritare l’onore di appartenervi, dimostrando il mio zelo nel compiere i miei doveri.
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Botanica
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Elenco delle opere sulla botanica
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Lettera XII
A Parigi, il 19 maggio 1772.
Devo, signora duchessa, attribuire il principale piacere che questo poema sui giardini inglesi mi abbia procurato – poema che avete avuto la gentilezza di inviarmi – esclusivamente alla forma in cui mi è stato consegnato. Poiché la mia ignoranza della lingua inglese mi impedisce di apprezzarne la poesia, non posso condividere il piacere che altri provano nel leggerla. Credevo di aver avuto l’onore di farvi sapere, signora, che avevamo tradotto quest’opera qui; voi invece avete pensato che preferissi l’originale. Il che sarebbe vero se fossi in grado di leggerlo, ma io ne comprendo al massimo le note, che, a mio parere, non rappresentano la parte più interessante dell’opera. Se la mia distrazione mi ha fatto dimenticare la mia incapacità, ne sono punito dai vani sforzi che ho compiuto per superarla. Tuttavia, questo dono rimane per me prezioso come un nuovo testimonianza delle vostre gentilezze e un ulteriore segno del vostro ricordo. Vi supplico, signora duchessa, di accettare i miei ringraziamenti e il mio rispetto.
In questo momento, signora, sto ricevendo la lettera che voi mi avete onorato di scrivere lo scorso anno, datata 20 marzo 1771. La persona che me la invia da Ginevra (il signor Moultou) non mi spiega le ragioni di questo lungo ritardo; mi dice soltanto che non è colpa sua. Questo è tutto ciò che so al riguardo.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre XIII
Paris, le 19 juillet 1772.
C’est, madame la duchesse, par un quiproquo bien inexcusable, mais bien involontaire, que j’ai si tard l’honneur de vous remercier des fruits rares que vous avez eu la bonté de m’envoyer de la part de M. le docteur Solander, et de la lettre du 24 juin, par laquelle vous avez bien voulu me donner avis de cet envoi. Je dois aussi à ce savant naturaliste des remerciements, qui seront accueillis bien plus favorablement, si vous daignez, madame la duchesse, vous en charger, comme vous avez fait l’envoi, que venant directement d’un homme qui n’a point l’honneur d’être connu de lui. Pour comble de grâce, vous voulez bien encore me promettre les noms des nouveaux genres lorsqu’il leur en aura donné: ce qui suppose aussi la description du genre ; car les noms dépourvus d’idées ne sont que des mots, qui servent moins à orner la mémoire qu’à la charger. A tant de bontés de votre part, je ne puis vous offrir, madame, en signe de reconnaissance, que le plaisir que j’ai de vous être obligé.
Ce n’est point sans un vrai déplaisir que j’apprends que ce grand voyage, sur lequel toute l’Europe savante avait les yeux, n’aura pas lieu. C’est une grande perte pour la cosmographie, pour la navigation, et pour l’histoire naturelle en général, et c’est, j’en suis très sûr, un chagrin pour cet homme illustre que le zèle de l’instruction publique rendait insensible aux périls et aux fatigues dont l’expérience l’avait déjà si parfaitement instruit. Mais je vois chaque jour mieux que les hommes sont partout les mêmes, et que le progrès de l’envie et de la jalousie fait plus de mal aux âmes, que celui des lumières, qui en est la cause, ne peut faire de bien aux esprits.
Je n’ai certainement pas oublié, madame la duchesse, que vous aviez désiré de la graine du gentiana filiformis ; mais ce souvenir n’a fait qu’augmenter mon regret d’avoir perdu cette plante, sans me fournir aucun moyen de ; la recouvrer. Sur le lieu même où je la trouvai, qui est à Trye, je la cherchai vainement l’année suivante, et soit que je n’eusse pas bien retenu la place ou le temps de sa florescence, soit qu’elle n’eût point grené, et qu’elle ne se fût pas renouvelée, il me fut impossible d’en retrouver le moindre vestige. J’ai éprouvé souvent la même mortification au sujet d’autres plantes que j’ai trouvées disparues des lieux où auparavant on les rencontrait abondamment ; par exemple, le plantago uniflora, qui jadis bordait l’étang de Montmorency et dont j’ai fait en vain l’année dernière la recherche avec de meilleurs botanistes et qui avaient de meilleurs yeux que moi ; je vous proteste, madame la duchesse, que je ferais de tout mon cœur le voyage de Trye pour y cueillir cette petite gentiane et sa graine, et vous faire parvenir l’une et l’autre, si j’avais le moindre espoir de succès. Mais ne l’ayant pas trouvée l’année suivante, étant encore sur les lieux, quelle apparence qu’au bout de plusieurs années, où tous les renseignements qui me restaient encore se sont effacés, je puisse retrouver la trace de cette petite et fugace plante ? Elle n’est point ici au Jardin du Roi, ni, que je sache, en aucun autre jardin, et très peu de gens même la connaissent. A l’égard du carthamus lanatus, j’enjoindrai de la graine aux échantillons d’herbiers que j’espère vous envoyer à la fin de l’hiver.
J’apprends, madame la duchesse, avec une bien douce joie, le parfait rétablissement de mon ancien et bon voisin M. Granville. Je suis très -touché de la peine que vous avez prise de m’en instruire, et vous avez par-là redoublé le prix d’une si bonne nouvelle.
Je vous supplie, madame la duchesse, d’agréer, avec mon respect, mes vifs et vrais remerciements de toutes vos bontés.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre XIV
A Paris, le 22 octobre 1773.
J’ai reçu, dans son temps, la lettre dont m’a honoré madame la duchesse, le 7 octobre ; quant à celle dont il y est fait mention, écrite quinze jours auparavant, je ne l’ai point reçue: la quantité de sottes lettres qui me venaient de toutes paris par la poste nie force à rebuter toutes celles dont l’écriture ne m’est pas connue, et il se peut qu’en mon absence la lettre de madame la duchesse n’ait pas été distinguée des autres. J’irais la réclamer à la poste, si l’expérience ne m’avait appris que mes lettres disparaissaient aussitôt qu’elles sont rendues, et qu’il ne m’est plus possible de les ravoir. C’est ainsi que j’en ai perdu une de M. Linnaeus que je n’ai jamais pu ravoir, après avoir appris qu’elle était de lui, quoique j’aie employé pour cela le crédit d’une personne qui en a beaucoup dans les postes.
Le témoignage du souvenir de M. Granville, que madame la duchesse a eu la bonté de me transmettre, m’a fait un plaisir auquel rien n’eût manqué, si j’eusse appris en même temps que sa santé était meilleure.
M. de Saint-Paul doit avoir fait passer à madame la duchesse deux échantillons d’herbiers portatifs qui me paraissaient plus commodes et presque aussi utiles que les grands. Si j’avais le bonheur que l’un ou l’autre, ou tous les deux, fussent du goût de madame la duchesse, je me ferais un vrai plaisir de les continuer, et cela me conserverait pour la botanique un reste de goût presque éteint, et que je regrette. J’attends là-dessus les ordres de madame la duchesse, et je la supplie d’agréer mon respect.
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à Mme la Duchesse de Portland
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Liste des Œuvres sur la botanique
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Lettre XV
A Paris, le 11 juillet 1776.
Le témoignage de souvenir et de bonté dont m’honore madame la duchesse de Portland, est un cadeau bien précieux que je reçois avec autant de reconnaissance que de respect. Quant à l’autre cadeau qu’elle m’annonce, je la supplie de permettre que je ne l’accepte pas. Si la magnificence en est digne d’elle, elle n’est proportionnée ni à ma situation ni à mes besoins. Je me suis défait de tous mes livres de botanique, j’en ai quitté l’agréable amusement, devenu trop fatigant pour mon âge. Je n’ai pas un pouce de terre pour y mettre du persil ou des œillets, à plus forte raison des plantes d’Afrique ; et, dans ma plus grande passion pour la botanique, content du foin que je trouvais sous mes pas, je n’eus jamais de goût pour les plantes étrangères qu’on ne trouve parmi nous qu’en exil et dénaturées dans les jardins des curieux. Celles que veut bien m’envoyer madame la duchesse seraient donc perdues entre mes mains ; il en serait de même et par la même raison de l’herbarium amboïnense, et cette perte serait regrettable à proportion du prix de ce livre et de l’envoi. Voilà la raison qui m’empêche d’accepter ce superbe cadeau ; si toutefois ce n’est pas l’accepter que d’en garder le souvenir et la reconnaissance, en désirant qu’il soit employé plus utilement.
Je supplie très humblement madame la duchesse d’agréer mon profond respect.
On vient de m’envoyer la caisse ; et, quoique j’eusse extrêmement désiré d’en retirer la lettre de madame la duchesse, il m’a paru plus convenable, puisque j’avais à la rendre, de la renvoyer sans l’ouvrir.
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Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre à M. du Peyrou
10 octobre 1764
Traité historique des plantes qui croissent dans la Lorraine et les Trois Évêchés, par M. P. J. Buc’hoz, avocat au parlement de Metz, docteur en médecine, etc.
Cet ouvrage, dont deux volumes ont déjà, paru, en aura vingt in-8°, avec des planches gravées.
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Botany
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Letters to Madame la Duchesse de Portland
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List of Works on Botany
General list of titles
Letter XIII
Paris, July 19, 1772.
Madam the Duchess, it is through a quite inexcusable but entirely unintentional misunderstanding that I am so late in offering my thanks for the rare specimens you had the kindness to send me on behalf of Mr. Dr. Solander, as well as for the letter dated June 24th, in which you informed me of this gift. I owe my gratitude to this distinguished naturalist even more; indeed, it would be received even more favorably if you, Madam the Duchess, were to take the trouble to convey it on my behalf, just as you did with the initial shipment. Moreover, you have kindly promised to inform me of the names of the new genera he will designate—something that naturally requires a description of those genera themselves; for names devoid of any conceptual content are merely words, which serve more to burden the memory than to enrich it. In response to all these kindnesses on your part, I can offer you nothing but the pleasure I feel in being in your debt.
It is with genuine regret that I learn that this great expedition, upon which all of Europe’s learned community had set its hopes, will not take place. It represents a tremendous loss for cosmography, navigation, and the field of natural history in general; moreover, I am certain it will bring sorrow to that illustrious individual whose zeal for public education made him oblivious to the dangers and hardships that his prior experiences had already taught him so well to anticipate. Yet, day by day, I become more convinced that human nature remains the same everywhere, and that the spread of envy and jealousy does far more harm to the soul than the progress of enlightenment, which is its very cause.
Madam the Duchess, I certainly have not forgotten that you had expressed a desire for the seed of the gentiana filiformis; yet this memory only increased my regret at having lost this plant, without providing me with any means to retrieve it. In the very place where I found it—which is in Trye—I searched in vain the following year. Either I had not remembered accurately its location or the time of its flowering, or perhaps it had not produced seeds and had not regenerated; in any case, I was unable to find the slightest trace of it. I have often experienced the same frustration with other plants that I found to have disappeared from places where they were once abundant. For example, the plantago uniflora, which used to grow along the shores of Lake Montmorency—yet I searched for it in vain last year, even with the help of better botanists who had sharper eyes than I. I swear to you, Madame the Duchess, that I would gladly make the journey to Trye and collect that tiny gentiana and its seed to send them to you if there were the slightest chance of success. But since I failed to find it the following year, and since I was still at those very places, how could I possibly hope to trace this fleeting plant after several years, when all remaining information about it has vanished? It is not found in the Jardin du Roi, nor in any other garden that I know of, and very few people even recognize it. As for the carthamus lanatus, I will request that you include its seeds in the herbarium samples that I hope to send you by the end of winter.
I am learning, Madame the Duchess, with great and heartfelt joy, of the complete recovery of my former and good neighbor, Mr. Granville. I am deeply touched by the trouble you have taken to inform me of this, and thereby you have only increased the value of such good news.
I implore you, Madame the Duchess, to accept, with my respect, my sincere and heartfelt thanks for all your kindnesses.
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Letter XIV
In Paris, on October 22, 1773.
I received, in due course, the letter from Madame la Duchesse on October 7th; as for the other one mentioned, which was written fifteen days prior, I did not receive it. The sheer volume of foolish letters that arrive at me from all over Paris via the postal service makes it impossible to deal with them all, especially those whose handwriting is unfamiliar to me. It is possible that, in my absence, Madame la Duchesse’s letter was mixed up with the others. I would have gone to the post office to claim it, had experience not taught me that my letters simply disappear as soon as they are delivered and that it is impossible for me to retrieve them. This is how I lost a letter from Mr. Linnaeus—something I was never able to get back, even after learning that it was indeed his, despite having used the influence of someone who has considerable influence at the post office.
The testimony provided by Mr. Granville’s recollections, which the Duchess had the kindness to share with me, brought me great pleasure—had I also learned at the same time that his health had improved, nothing would have been missing from my joy.
Mr. de Saint-Paul must have given the Duchess two samples of portable herbbooks, which seemed to me more convenient and almost as useful as the larger ones. If I had the good fortune for either one, or both, to please the Duchess, I would be very pleased to continue working on them. This would help preserve in me a taste for botany—a taste that has nearly vanished and which I regret. I am awaiting the Duchess’s instructions on this matter and beg her to accept my respects.
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Letter XV
In Paris, on July 11, 1776.
The token of remembrance and kindness shown to me by Madame the Duchess of Portland is a very precious gift that I receive with both gratitude and respect. As for the other gift she mentions, I beg her to allow me not to accept it. If its magnificence befits her, it is neither in line with my circumstances nor does it meet my needs. I have gotten rid of all my books on botany; I have ceased to enjoy that pursuit, as it has become too laborious for my age. I do not possess even an inch of land where I could grow parsley or tulips, let alone African plants; and in my greatest passion for botany, content with the simple plants I found around me, I have never had any interest in exotic species that are only kept in gardens as curiosities, having been altered from their natural state. Therefore, any plants Madame the Duchess wishes to send me would be lost to me; the same would hold true for the Herbarium Amboinense for precisely the same reason. Such a loss would be regrettable, given the value of that book and the effort expended in sending it. This is the reason why I am unable to accept this wonderful gift. However, if accepting it means merely keeping its memory and expressing my gratitude, while hoping it will be put to more useful purposes, then I am willing to do so.
I humbly beg the Duchess to accept my deepest respects.
They have just sent me the box; and although I had a great desire to take out the letter from Madame la Duchesse, it seemed more appropriate, since I was supposed to return it, to send it back without opening it.
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Letter to Mr. du Peyrou
October 10, 1764
Historical Treatise on Plants Growing in Lorraine and the Three Dioceses, by Mr. P. J. Buc’hoz, Attorney at the Parliament of Metz, Doctor of Medicine, etc.
This work, of which two volumes have already been published, will eventually consist of twenty eighteenth-century format volumes, all containing engraved plates.
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Lettere sulla botanica
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Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera XIII
Parigi, 19 luglio 1772.
Signora Duchessa, è stato per un malinteso assolutamente inescusabile ma del tutto involontario che ho avuto il piacere di ringraziarvi così tardi per i rari esemplari che avete avuto la gentilezza di inviarmi da parte del dottor Solander, nonché per la lettera del 24 giugno con cui mi avete informato di questo invio. Devo anche ringraziare questo illustre naturalista; tali ringraziamenti verrebbero accolti ancora più favorevolmente se voi, signora Duchessa, vi incaricaste di farli pervenire a lui, come avete fatto per l’invio stesso, piuttosto che provenissero direttamente da una persona che non ha l’onore di essere conosciuta da lui. Per completare questa dimostrazione di gentilezza, volete anche promettermi i nomi dei nuovi generi che egli avrà definito: ciò richiede naturalmente anche la descrizione stessa di tali generi; infatti, i nomi privi di qualsiasi significato concreto non sono altro che parole che servono meno a arricchire la memoria che ad appesantirla. Di fronte a tante vostre gentilezze, non posso offrirvi, signora, in segno di riconoscenza, se non il piacere di essere in debito con voi.
Non posso fare a meno di provare un vero dispiacere nell’apprendere che questo grande viaggio, su cui tutta l’Europa colta aveva puntato le sue attenzioni, non avrà luogo. È una grave perdita per la cosmografia, per la navigazione e, in generale, per la storia naturale; sono anche molto sicuro che rappresenti un dolore per quell’uomo illustre, il cui zelo nell’educazione pubblica lo rendeva insensibile ai pericoli e alle fatiche di cui l’esperienza gli aveva già fornito una perfetta conoscenza. Tuttavia, vedo sempre più chiaramente che le persone sono uguali ovunque, e che il progresso dell’invidia e della gelosia arreca maggior danno alle anime di quanto il progresso delle luci, che ne è la causa, possa portare beneficio agli spiriti.
Signora Duchessa, certamente non ho dimenticato che desideravate il seme della gentiana filiformis; tuttavia questo ricordo non ha fatto altro che aumentare il mio rammarico per aver perso questa pianta, senza fornirmi alcun mezzo per riacquistarla. Nello stesso luogo in cui l’avevo trovata, ovvero a Trye, la cercai invano l’anno successivo; sia perché non ricordavo con precisione il luogo o il periodo della sua fioritura, sia perché forse non aveva prodotto semi e non si era riprodotta, non riuscii a trovarne alcuna traccia. Ho provato spesso la stessa delusione riguardo ad altre piante che ho scoperto scomparse dai luoghi in cui un tempo erano abbondanti; ad esempio, il plantago uniflora, che un tempo cresceva lungo il lago di Montmorency e che l’anno scorso cercai invano insieme a migliori botanici, i quali avevano occhi più acuti dei miei. Vi assicuro, signora Duchessa, che farei con tutto il cuore un viaggio fino a Trye per raccogliere quella piccola gentiana e il suo seme, e farveli arrivare entrambi, se avessi anche solo una remota possibilità di successo. Ma poiché non l’ho trovata nemmeno l’anno seguente, essendo ancora sul posto, quale speranza posso avere che, dopo diversi anni, quando tutti gli indizi rimasti saranno svaniti, riesca a ritrovare traccia di quella pianta così fugace? Non si trova né nel Giardino del Re, né, per quanto ne so, in alcun altro giardino; inoltre, poche persone la conoscono. Per quanto riguarda il carthamus lanatus, vi invierò i semi insieme agli esemplari di erbari che spero di potervi spedire alla fine dell’inverno.
Madame la duchessa, apprendo con grande gioia della perfetta guarigione del mio vecchio e caro vicino, il signor Granville, sono profondamente commosso dal disturbo che vi siete presa per informarmi al riguardo; questo ha reso ancora più preziosa una notizia così lieta.
Vi supplico, signora duchessa, di accettare, con il mio rispetto, i miei sinceri e profondi ringraziamenti per tutte le vostre gentilezze.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere alla Duchessa di Portland
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Elenco delle opere sulla botanica
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Lettera XIV
A Parigi, il 22 ottobre 1773.
Ho ricevuto, nel suo tempo, la lettera che mi ha onorato di inviare la signora duchessa il 7 ottobre; quanto alla lettera di cui si fa menzione, scritta quindici giorni prima, non l’ho ricevuta: la quantità di lettere stupide che mi arrivavano da tutte le parti per posta rendeva impossibile rifiutare quelle la cui calligrafia non mi era conosciuta; inoltre, è possibile che, durante la mia assenza, la lettera della signora duchessa non sia stata distinta dalle altre. Andrei a richiederla all’ufficio postale, se l’esperienza non mi avesse insegnato che le mie lettere scompaiono non appena vengono consegnate e che ormai non è più possibile recuperarle. È così che ho perso una lettera di M. Linnaeus, che non sono mai riuscito a ritrovare, anche dopo aver scoperto che era sua, nonostante abbia utilizzato la credibilità di una persona che ha molta influenza presso l’ufficio postale.
Il resoconto fornito dal ricordo di Monsieur Granville, che la Duchessa ha avuto la gentilezza di trasmettermi, mi ha procurato una grande gioia; nulla sarebbe mancato a questa gioia, se al contempo avessi appreso anche che la sua salute era migliorata.
Il signor de Saint-Paul deve aver fatto consegnare alla duchessa due esempi di erbari portatili che mi sembravano più pratici e quasi altrettanto utili di quelli di dimensioni maggiori. Se avessi la fortuna che uno, o entrambi, piacessero alla duchessa, mi farei un vero piacere a continuarne la realizzazione; questo mi permetterebbe di conservare per la botanica un interesse ormai quasi estinto, del quale mi pento. Aspetto con impazienza gli ordini della duchessa e le chiedo di accettare i miei rispetti.
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Lettere alla Duchessa di Portland
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Lettera XV
A Parigi, l’11 luglio 1776.
Il testimone di affetto e gentilezza che madama la duchessa di Portland mi offre è un dono davvero prezioso, che accetto con profonda riconoscenza e rispetto. Per quanto riguarda l’altro dono che mi annuncia, le supplico di permettermi di non accettarlo: se la sua magnificenza è degna di lei, essa non è certo proporzionata né alla mia situazione né ai miei bisogni. Ho rinunciato a tutti i miei libri di botanica; ho abbandonato quel piacevole passatempo che era diventato troppo faticoso per la mia età. Non possiedo nemmeno un pezzo di terra dove coltivare prezzemolo o viole, figuriamoci piante africane; e, nonostante la mia grande passione per la botanica, mi accontentavo del semplice fieno che trovavo intorno a me. Non ho mai avuto alcun interesse per le piante straniere, che tra di noi esistono soltanto come curiosità, spesso degradate nei giardini dei curiosi. Quelle che madama la duchessa vuole gentilmente inviarmi andrebbero quindi perdute nelle mie mani. Lo stesso accadrebbe, per le stesse ragioni, anche dell’herbarium amboïnense; e questa perdita sarebbe davvero deplorevole, considerando il valore di quel libro e del dono stesso. Ecco dunque la ragione che mi impedisce di accettare questo splendido regalo. Tuttavia, se non accettarlo significa semplicemente conservarne il ricordo e la riconoscenza, desidero che venga utilizzato in modo più utile.
Prego umilmente la Duchessa di accettare il mio profondo rispetto.
Mi è appena stata inviata la scatola; e sebbene desiderassi ardentemente prelevare dalla sua interiora la lettera della duchessa, mi è sembrato più opportuno, dato che dovevo restituirla, rimandarla senza aprirla.
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Lettera a Monsieur du Peyrou
10 ottobre 1764
Trattato storico delle piante che crescono nella Lorena e nei Tre Vescovati, di M. P. J. Buc’hoz, avvocato al parlamento di Metz, dottore in medicina, ecc.
Quest’opera, di cui sono già stati pubblicati due volumi, ne avrà venti in formato in-8°, accompagnati da tavole incise.
J’en étais ici, monsieur, quand j’ai reçu votre docte lettre ; je suis charmé de vos progrès. Je vous exhorte à continuer ; vous serez notre maître, et vous aurez tout l’honneur de notre futur savoir. Je vous conseille pourtant de consulter M. Marais sur les noms des plantes, plus que sur leur étymologie ; car asphodelos, et non pas asphodeilos, n’a pour racine aucun mot qui signifie ni mort ni herbe, mais tout au plus un verbe qui signifie je tue, parce que les pétales de l’asphodèle ont quelque ressemblance à des fers de pique. Au reste, j’ai connu des asphodèles qui avaient de longues tiges et des feuilles semblables à celles des lis. Peut-être faut-il dire correctement du genre des asphodèles. La plante aquatique est bien nénuphar, autrement nymphœa, comme je disais. Il faut redresser ma faute sur le calament, qui ne s’appelle pas en latin calamentum, mais calamintha, comme qui dirait belle menthe.
Le temps ni mon état présent ne m’en laissent pas dire davantage. Puisque mon silence doit parler pour moi, vous savez, monsieur, combien j’ai à me taire.
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
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Lettre à M. Liotard le neveu
HERBORISTE À GRENOBLE
Bourgoin, le 7 novembre 1768.
J’ai reçu, monsieur, les deux lettres que vous m’avez fait l’amitié de m’écrire. Je n’ai point fait de réponse à la première, parce qu’elle était une réponse elle-même, et qu’elle n’en exigeait pas. Je vous envoie ci-joint le catalogue qui était avec la seconde, et sur lequel j’ai marqué les plantes que je serais bien aise d’avoir. Les dénominations de plusieurs d’entre elles ne sont pas exactes, ou du moins ne sont pas dans mon Species de l’édition de 1762. Vous m’obligerez de vouloir bien les y rapporter, avec le secours de M. Clappier, que je remercie, et que je salue. J’accepte l’offre de quelques mousses que vous voulez bien y joindre, pourvu que vous ayez la bonté d’y mettre aussi très exactement les noms ; car je serais peut-être fort embarrassé pour les déterminer sans le secours de mon Dillenius, que je n’ai plus. A l’égard du prix, je le réglerais de bon cœur si je pouvais n’écouter que la libéralité que j’y voudrais mettre ; mais, ma situation me forçant de me borner en toutes choses aux prix communs, je vous prie de vouloir bien régler celui-là de façon que vous y trouviez honnêtement votre compte, sans oublier de joindre à cette note celle des ports, et autres menus trais qui doivent vous être remboursés ; et, comme je n’ai aucune correspondance à Grenoble, je vous enverrai le montant par le courrier, à moins que vous ne m’indiquiez quelque autre voie. L’offre de venir vous-même est obligeante ; mais je ne l’accepte pas, attendu que je n’en pourrais profiter, qu’il ne fait plus le temps d’herboriser, et que je ne suis pas en état de sortir pour cela. Portez-vous bien, mon cher M. Liotard ; je vous salue de tout mon cœur.
RENOU
Pourriez-vous me dire si le pistacia therebinthus et l’osiris alba croissent auprès de Grenoble ? Je crois avoir trouvé l’un et l’autre au-dessus de la Bastille[12], mais je n’en suis pas sûr.
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
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Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettres à M. de la Tourette
Conseiller en la Cour des Monnaies de Lyon
[13]
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
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Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre I
À Monquin, le 17 17/12 69[14]
J’ai différé, monsieur, de quelques jours à vous accuser la réception du livre que vous avez eu la bonté de m’envoyer de la part de M. Gouan, et à vous remercier, pour me débarrasser auparavant d’un envoi que j’avais à faire, et me ménager le plaisir de m’entretenir un peu plus long temps avec vous.
Je ne suis pas surpris que vous soyez revenu d’ltalie plus satisfait de la nature que des hommes ; c’est ce qui arrive généralement aux bons observateurs, même dans les climats où elle est moins belle. Je sais qu’on trouve peu de penseurs dans ce pays-là ; mais je ne conviendrais pas tout-à-fait qu’on n’y trouve à satisfaire que les yeux, j’y voudrais ajouter les oreilles. Au reste, quand j’appris votre voyage, je craignis, monsieur, que les autres parties de l’histoire naturelle ne fissent quelque tort à la botanique, et que vous ne rapportassiez de ce pays -là plus de raretés pour votre cabinet que de plantes pour votre herbier. Je présume, au ton de votre lettre, que je ne me suis pas beaucoup trompé. Ah ! monsieur, vous feriez grand tort à la botanique de l’abandonner après lui avoir si bien montré, par le bien que vous lui avez déjà fait, celui que vous pouvez encore lui faire.
Vous me faites bien sentir et déplorer ma misère, en me demandant compte de mon herborisation de Pila. J’y allai dans une mauvaise saison, par un très -mauvais temps, comme vous savez, avec de très mauvais yeux, et avec des compagnons de voyage encore plus ignorants que moi, et privé par conséquent de la ressource pour y suppléer que j’avais à la grande Chartreuse. J’ajouterai qu’il n’y a point, selon moi, de comparaison à faire entre les deux herborisations, et que celle de Pila me parait aussi pauvre que celle de la Chartreuse est abondante et riche. Je n’aperçus pas une astrantia, pas une pirola, pas une soldanelle, pas une ombellifère, excepté le meum ; pas une saxifrage, pas une gentiane, pas une légumineuse, pas une belle didyname, excepté la mélisse à grandes fleurs. J’avoue aussi que nous errions sans guides, et sans savoir où chercher les places riches, et je ne suis pas étonné qu’avec tous les avantages qui me manquaient, vous ayez trouvé dans cette triste et vilaine montagne des richesses que je n’y ai pas vues. Quoi qu’il en soit, je vous envoie, monsieur, la courte liste de ce que j’y ai vu, plutôt que de ce que j’en ai rapporté ; car la pluie et ma maladresse ont fait que presque tout ce que j’avais recueilli s’est trouvé gâté et pourri à mon arrivée ici. Il n’y a dans tout cela que deux ou trois plantes qui m’aient fait un grand plaisir. Je mets à leur tête le sonchus alpinus, plante de cinq pieds de haut, dont le feuillage et le port sont admirables, et à qui ses grandes et belles fleurs bleues donnent un éclat qui la rendrait digne d’entrer dans votre jardin. J’aurais voulu, pour tout au monde, en avoir des graines ; mais cela ne me fut pas possible, le seul pied que nous trouvâmes étant tout nouvellement en fleurs ; et, vu la grandeur de la plante, et qu’elle est extrêmement aqueuse, à peine en ai-je pu conserver quelques débris à demi pourris. Comme j’ai trouvé en route quelques autres plantes assez jolies, j’en ai ajouté séparément la note, pour ne pas la confondre avec ce que j’ai trouvé sur la montagne. Quant à la désignation particulière des lieux, il m’est impossible de vous la donner ; car, outre la difficulté de la faire intelligiblement, je ne m’en ressouviens pas moi-même ; ma mauvaise vue et mon étourderie font que je ne sais presque jamais où je suis ; je ne puis venir à bout de m’orienter, et je me perds à chaque instant quand je suis seul, sitôt que je perds mon renseignement de vue.
Vous souvenez-vous, monsieur, d’un petit souchet que nous trouvâmes en assez grande abondance auprès de la grande Chartreuse, et que je crus d’abord être le cyperus fuscus, Lin ? Ce n’est point lui, et il n’en est l’ait aucune mention, que je sache, ni dans le Species, ni dans aucun auteur de botanique, hors le seul Michelius, dont voici la phrase: Cyperus radice repente, odora, locustis unciam longis et lineam latis. Tab. 31,f.I. Si vous avez, monsieur, quelque renseignement plus précis ou plus sûr dudit souchet, je vous serais très obligé de vouloir bien m’en faire part.
I was here, sir, when I received your learned letter; I am delighted by your progress. I urge you to continue; you will become our master and shall enjoy all the honor that comes with our future knowledge. However, I advise you to consult Mr. Marais regarding the names of these plants, rather than their etymology—for “asphodelos”, and not “asphodeilos”, is derived from a word that does not mean “death” or “herb”, but at most a verb meaning “I kill”, because the petals of the asphodel bear some resemblance to the points of a spear. Moreover, I have seen asphodelles with long stems and leaves resembling those of lilies. Perhaps it would be more accurate to refer to them as belonging to the genus Asphodelles. The aquatic plant is indeed called “nénuphar”, or alternatively “nymphaea”, as I mentioned before. You should correct my mistake regarding the plant called calament—its Latin name is not “calamentum”, but “calamintha”, which could be translated as “beautiful mint”.
Neither time nor my current circumstances allow me to say more. Since my silence must speak for me, you know, sir, how much I have to remain silent.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter to Mr. Liotard, the Nephew
Herborist in Grenoble
Bourgoin, November 7, 1768.
Sir, I have received the two letters you have taken the trouble to write to me. I did not reply to the first one, as it was itself a response and did not require one. I am enclosing with this letter the catalogue that came with the second one; I have marked on it the plants that I would be very pleased to have. However, the names of several of these plants are not accurate, or at least they do not correspond to those in my edition of “Species” from 1762. I would be grateful if you would kindly update them, with the help of Mr. Clappier, whom I thank and greet warmly. I accept the offer of some mosses that you have included; however, I would ask you to provide their names very accurately, as I might find it difficult to identify them without my copy of Dillenius, which I no longer possess. As for the price, I would be happy to set it at whatever amount I deemed appropriate were it not for my financial circumstances, which force me to stick to standard market prices. I therefore ask you to determine a fair price that allows you to make a reasonable profit, and please also include details regarding the costs of shipping and other incidental expenses that should be reimbursed to you. Since I have no contacts in Grenoble, I will send you the amount by mail, unless you suggest another method. Your offer to come to me personally is very kind; however, I cannot accept it, as it is now too late for plant collecting, and I am not in good enough health to make such trips. Take care, my dear Mr. Liotard; I send you my warmest regards.
RENovation.
Could you tell me whether Pistacia terebinthus and Osiris alba grow in the vicinity of Grenoble? I think I saw both of them above the Bastille[12], but I’m not sure.
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Botany
LETTERS ON BOTANY
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letters to Mr. de la Tourette
Adviser at the Court of Money of Lyon
[13]
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LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de la Tourette
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter I
In Monquin, on the 17th of the 17th month in the year 69[14].
I have delayed, sir, for a few days before accusing you of receiving the book that you had the kindness to send me from Mr. Gouan, and before thanking you for relieving me of the obligation to make another delivery at that time, thus allowing me the pleasure of engaging in a longer conversation with you.
I am not surprised that you returned from Italy more satisfied with nature than with human beings; such is generally the fate of good observers, even in climates where nature is less beautiful. I know that there are few thinkers in that country; but I would not say that it offers satisfaction only for the eyes—I would add that it also satisfies the ears. Moreover, when I learned of your journey, I feared, sir, that other aspects of natural history might somehow harm botany, and that you might bring back from that country more curiosities for your collection than plants for your herbarium. From the tone of your letter, I suppose I was not far wrong. Ah, sir, you would do a great injustice to botany if you abandoned it after having shown it so much, through the benefits you have already bestowed upon it, how much more you could still accomplish for its sake.
You make me feel and lament my own misery by asking me to account for my plant collection in Pila. I went there during a bad season, in very poor weather—as you know—and with very poor eyesight, accompanied by companions even more ignorant than myself. As a result, I lacked the resources I had at the great Chartreuse Monastery to compensate for these disadvantages. I would add that, in my opinion, there is no comparison between the two plant collections; mine in Pila seems as poor as that of Chartreuse appears abundant and rich. I did not see a single astrantia, pirola, soldanelle, or umbelliferous plant, except for the meum; neither saxifrage, gentian, leguminous plant, nor any beautiful didyname, except for the large-flowered melisse. I must also admit that we wandered without guides and had no idea where to look for the richer plant species. Therefore, I am not surprised that, despite all the disadvantages I faced, you were able to find riches in that sad and desolate mountain that I failed to discover. In any case, sir, I send you a brief list of what I did manage to find there, rather than what I actually collected; for the rain and my own clumsiness caused almost everything I gathered to spoil and rot upon my return. Among it all, only two or three plants truly delighted me. At the top of this list is the sonchus alpinus—a plant five feet tall, with admirable foliage and growth habit, and its large, beautiful blue flowers give it such brilliance that it would be worthy of your garden. I would have given anything to obtain some seeds of it; but this was impossible, as the only plant we found was just beginning to bloom. Moreover, due to its size and its highly watery nature, I could barely preserve any of it before it rotted away. Since I also encountered several other quite lovely plants along the way, I have listed them separately to avoid confusing them with what I found in the mountains. As for providing specific details about the locations where these plants were found, that is impossible for me; not only is it difficult to express clearly, but I myself cannot remember them. My poor eyesight and carelessness mean that I almost never know where I am; I am always lost when alone, as soon as I lose sight of my reference points.
Do you remember, sir, a small plant that we found in considerable abundance near the Great Chartreuse monastery? At first, I thought it was Cyperus fuscus, Linnaeus’ species. But it is not; as far as I know, there is no mention of it in the Species or in any other botanical work, except in that of Michelius, who described it as follows: “Cyperus radice repente, odora, locustis unciam longis et lineam latis. Tab. 31,f.I.” If you have any more precise or reliable information about this plant, I would be very grateful if you would share it with me.
Ero proprio qui, signore, quando ho ricevuto la vostra lettera; sono molto lieto dei vostri progressi. Vi esorto a continuare: diventerete il nostro maestro e avrete tutto l’onore del nostro futuro sapere. Tuttavia vi consiglio di consultare il signor Marais riguardo ai nomi delle piante, più che sulla loro etimologia; infatti “asphodelos”, e non “asphodeilos”, deriva da una parola che non significa né morte né erba, ma al massimo un verbo che significa “uccido”, poiché i petali dell’asfodello assomigliano in qualche modo a punte di lancia. Del resto, ho conosciuto asfodeli con steli lunghi e foglie simili a quelle dei gigli. Forse è più corretto parlare del genere “Asphodelles”. La pianta acquatica si chiama effettivamente “nénuphar”, oppure “nymphaea”, come dicevo io. Devo correggere il mio errore riguardo al “calament”: in latino non si chiama “calamentum”, ma “calamintha”, come se si trattasse di una bella menta.
Il tempo e la mia attuale condizione non mi permettono di dire di più. Poiché il mio silenzio deve parlare al mio posto, signore, voi sapete quanto debba rimanere in silenzio.
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Lettera a Monsieur Liotard, il nipote
Erborista di Grenoble
Bourgoin, 7 novembre 1768.
Ho ricevuto, signore, le due lettere che si sono preso la briga di scrivermi. Non ho risposto alla prima, perché essa stessa costituiva una risposta e non ne richiedeva alcuna altra. Vi invio qui il catalogo allegato alla seconda lettera; su di esso ho segnato le piante che mi sarebbe molto gradito possedere. Tuttavia, i nomi di alcune di queste piante non sono esatti, o quanto meno non corrispondono a quelli presenti nella mia edizione del 1762 del “Species”. Vi prego di volerli rettificare, con l’aiuto del signor Clappier, al quale ringrazio e saluto cordialmente. Accetto volentieri l’offerta di alcune felci che desiderate includere nel catalogo, purché siate così gentili da indicarne con precisione i nomi; altrimenti potrei avere grandi difficoltà a identificarle senza il mio Dillenius, che ormai non possiedo più. Per quanto riguarda il prezzo, sarei felice di stabilirlo secondo la mia volontà generosa; tuttavia, data la mia situazione, sono costretto ad attenermi ai prezzi comunemente in uso. Vi prego quindi di fissarlo in modo che vi sia reso equamente, senza dimenticare di includere nella nota anche le spese di spedizione e altri piccoli dettagli che dovrebbero essere rimborsati a voi. Poiché non ho alcun contatto a Grenoble, vi invierò l’importo necessario per corriere, a meno che non mi indichiate un altro modo per riceverlo. L’offerta di venire personalmente da voi è molto gentile; tuttavia non la accetto, poiché ormai non è più il periodo adatto per raccogliere erbe, e inoltre non sono nelle condizioni fisiche per farlo. Vi auguro tutto il meglio, caro signor Liotard; vi saluto con tutto il mio cuore.
RINNOVO
Potreste dirmi se il pistacia therebinthus e l’osiris alba crescono nei dintorni di Grenoble? Credo di averli trovati sopra la Bastiglia[12], ma non ne sono sicuro.
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Lettere sulla botanica
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Elenco generale dei titoli
Lettere a Monsieur de la Tourette
Consigliere presso la Corte delle Monete di Lione
[13]
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Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de la Tourette
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Lettera I
A Monquin, il 17 luglio 1269[14].
Ho ritardato di alcuni giorni, signore, a ringraziarvi per aver ricevuto il libro che avete avuto la gentilezza di inviarmi da parte del signor Gouan, e anche ad esprimervi la mia gratitudine per avermi così permesso di liberarmi in anticipo di un altro incarico che dovevo svolgere, permettendomi così il piacere di conversare con voi per un po’ più a lungo.
Non mi sorprende affatto che siate tornato dall’Italia più soddisfatto della natura che degli uomini; è ciò che generalmente accade ai buoni osservatori, anche nei climi in cui la natura è meno bella. So che in quel paese si trovano pochi pensatori; ma non direi affatto che lì si possano soddisfare soltanto gli occhi: vorrei aggiungere anche le orecchie. Del resto, quando ho saputo della vostra spedizione, temevo, signore, che le altre branche della storia naturale potessero danneggiare la botanica, e che voi portaste da quel paese più rarità per il vostro gabinetto che piante per il vostro erbario. Dal tono della vostra lettera presumo di non essermi sbagliato molto. Ah, signore, fareste un grande torto alla botanica abbandonandola dopo averle dimostrato, con tutto ciò che le avete già dato, quanto ancora potreste darle.
Mi fate davvero sentire e rimpiangere la mia miseria, chiedendomi conto delle mie ricerche botaniche a Pila. Ci sono andato in una stagione sbagliata, con un tempo terribile, come sapete; avevo anche una vista molto scarsa, e compagni di viaggio ancora più ignoranti di me. Di conseguenza, non disponevo delle risorse necessarie per completare le mie ricerche, a differenza di quanto avvenisse nella grande Chartreuse. Aggiungo che, secondo me, non c’è alcuna paragonabile tra queste due esperienze botaniche: quella di Pila mi sembra altrettanto povera di quella della Chartreuse, che invece è ricca e abbondante. Non ho trovato né astrantie, né pirolle, né soldanelle, né ombellifere, se non il meum; né saxifraghe, né gentiane, né leguminose, né belle didynamae, se non la melissa dai fiori grandi. Ammetto anche che ci siamo aggirati senza guide, senza sapere dove cercare le piante più preziose. Non mi sorprende quindi che, nonostante tutte queste difficoltà, voi abbiate trovato in quella montagna triste e desolata delle ricchezze che a me sono sfuggite. Comunque sia, vi invio, signore, l’elenco breve di ciò che ho trovato. Anche se, a causa della pioggia e della mia goffaggine, quasi tutto ciò che avevo raccolto si è rovinato al mio arrivo qui. Tra queste piante, solo due o tre mi hanno davvero reso molto felice: in primis il sonchus alpinus, una pianta alta cinque piedi, il cui fogliame e la cui forma sono davvero meravigliosi; le sue grandi fiori blu le conferiscono un fascino tale da renderla degna di essere inserita nel vostro giardino. Avrei voluto a tutti i costi procurarmene dei semi, ma non è stato possibile: l’unica pianta che abbiamo trovato era appena in fiore. E, data la sua grandezza e il fatto che sia estremamente acquosa, sono riuscito a conservarne solo alcuni frammenti, ormai parzialmente marci. Poiché lungo il cammino ho incontrato altre piante abbastanza belle, ne ho aggiunto separatamente l’elenco, per non confonderle con quelle che ho trovato in montagna. Per quanto riguarda le indicazioni precise sui luoghi, è impossibile fornirvele: oltre alla difficoltà di farle comprensibili, non me ne ricordo nemmeno io stesso. La mia vista scarsa e la mia distrazione fanno sì che quasi mai sappia dove mi trovo. Non riesco a orientarmi, e ogni volta che sono solo mi perdo non appena perdo di vista il punto di riferimento.
Ricorda, signore, quel piccolo bulbo che trovammo in abbondanza vicino alla grande Chartreuse, e che all’inizio pensai fosse il Cyperus fuscus, Linneo? In realtà non lo è, e non ne esiste alcuna menzione, né nel “Species” né in alcun altro autore di botanica, tranne che in Michelius, il quale scrive: “Cyperus radice repente, odora, locustis unciam longis et lineam latis. Tab. 31,f.I.” Se possiede qualche informazione più precisa o affidabile su questo bulbo, le sarei molto grato se volesse condividerla con me.
La botanique devient un tracas si embarrassant et si dispendieux quand on s’en occupe avec autant de passion, que, pour y mettre de la réforme, je suis tenté de me défaire de mes livres de plantes. La nomenclature et la synonymie forment une étude immense et pénible: quand on ne veut qu’observer, s’instruire, et s’amuser entre la nature et soi, l’on n’a pas besoin de tant de livres. Il en faut peut-être pour prendre quelque idée du système végétal, et apprendre à observer ; mais, quand une fois on a les yeux ouverts, quelque ignorant d’ailleurs qu’on puisse être, on n’a plus besoin de livres pour voir et admirer sans cesse. Pour moi, du moins, en qui l’opiniâtreté a mal suppléé à la mémoire, et qui n’ai fait que bien peu de progrès, je sens néanmoins qu’avec les gramens d’une cour ou d’un pré j’aurais de quoi m’occuper tout le reste de ma vie, sans jamais m’ennuyer un moment. Pardon, monsieur, de tout ce long bavardage. Le sujet fera mon excuse auprès de vous. Agréez, je vous supplie, mes très humbles salutations.
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre II
Monquin, le 17 26/1 70.
Pauvres aveugles que nous sommes !
Ciel, démasque les imposteurs,
Et force leurs barbares cœurs
A s’ouvrir aux regards des hommes.
C’en est fait, monsieur, pour moi de la botanique ; il n’en est plus question quant à présent, et il y a peu d’apparence que je sois dans le cas d’y revenir. D’ailleurs je vieillis, je ne suis plus ingambe pour herboriser ; et des incommodités qui m’avaient laissé d’assez longs relâches menacent de me faire payer cette trêve. C’est bien assez désormais pour mes forces des courses de nécessité ; je dois renoncer à celles d’agrément, ou les borner à des promenades qui ne satisfont pas l’avidité d’un botanophile. Mais, en renonçant à une étude charmante, qui pour moi s’était transformée en passion, je ne renonce pas aux avantages qu’elle m’a procurés, et surtout, monsieur, à cultiver votre connaissance et vos bontés, dont j’espère aller dans peu vous remercier en personne. C’est à vous qu’il faut renvoyer toutes les exhortations que vous me faites sur l’entreprise d’un dictionnaire de botanique, dont il est étonnant que ceux qui cultivent cette science sentent si peu la nécessité. Votre âge, monsieur, vos talents, vos connaissances, vous donnaient les moyens de former, diriger et exécuter supérieurement cette entreprise ; et les applaudissements avec lesquels vos premiers essais ont été reçus du public vous sont garants de ceux avec lesquels il accueillerait un travail plus considérable. Pour moi, qui ne suis dans cette étude, ainsi que dans beaucoup d’autres, qu’un écolier radoteur, j’ai songé plutôt, en herborisant, à me distraire et m’amuser qu’à m’instruire, et n’ai point eu, dans mes observations tardives, la sotte idée d’enseigner au public ce que je ne savais pas moi-même. Monsieur, j’ai vécu quarante ans heureux sans faire des livres ; je me suis laissé entraîner dans cette carrière tard et malgré moi: j’en suis sorti de bonne heure. Si je ne retrouve pas, après l’avoir quittée, le bonheur dont je jouissais avant d’y entrer, je retrouve au moins assez de bon sens pour sentir que je n’y étais pas propre, et pour perdre à jamais la tentation d’y rentrer.
J’avoue pourtant que les difficultés que j’ai trouvées dans l’étude des plantes m’ont donné quelques idées sur le moyen de la faciliter et de la rendre utile aux autres, en suivant le fil du système végétal par une méthode plus graduelle et moins abstraite que celle de Tournefort et de tous ses successeurs, sans en excepter Linnaeus lui-même. Peut-être mon idée est-elle impraticable. Nous en causerons, si vous voulez, quand j’aurai l’honneur de vous voir. Si vous la trouviez digne d’être adoptée, et qu’elle vous tentât d’entreprendre sur ce plan des institutions botaniques, je croirais avoir beaucoup plus fait en vous excitant à ce travail, que si je l’avais entrepris moi-même.
Je vous dois des remerciements, monsieur, pour les plantes que vous avez eu la bonté de m’envoyer dans votre lettre, et bien plus encore pour les éclaircissements dont vous les avez accompagnées. Le papyrus m’a fait grand plaisir, et je l’ai mis bien précieusement dans mon herbier. Votre antirrhinum purpureum m’a bien prouvé que le mien n’était pas le vrai, quoiqu’il y ressemble beaucoup ; je penche à croire avec vous que c’est une variété de l’arvense ; et je vous avoue que j’en trouve plusieurs dans le Species, dont les phrases ne suffisent point pour me donner des différences spécifiques bien claires. Voilà, ce me semble, un défaut que n’aurait jamais la méthode que j’imagine, parce qu’on aurait toujours un objet fixe et réel de comparaison, sur lequel on pourrait aisément assigner les différences.
Parmi les plantes dont je vous ai précédemment envoyé la liste, j’en ai omis une dont Linnaeus n’a pas marqué la patrie, et que j’ai trouvée à Pila, c’est le rubia peregrina ; je ne sais si vous l’avez aussi remarquée ; elle n’est pas absolument rare dans la Savoie et dans le Dauphiné.
Je suis ici dans un grand embarras pour le transport de mon bagage, consistant, en grande partie, dans un attirail de botanique. J’ai surtout, dans des papiers épars, un grand nombre de plantes sèches en assez mauvais ordre, et communes pour la plupart, mais dont cependant quelques-unes sont plus curieuses: mais je n’ai ni le temps ni le courage de les trier, puisque ce travail me devient désormais inutile. Avant de jeter au feu tout ce fatras de paperasses, j’ai voulu prendre la liberté de vous en parler à tout hasard ; et si vous étiez tenté de parcourir ce foin, qui véritablement n’en vaut pas la peine, j’en pourrais faire une liasse qui vous parviendrait par M. Pasquet ; car, pour moi, je ne sais comment emporter tout cela, ni qu’en faire. Je crois me rappeler, par exemple, qu’il s’y trouve quelques fougères, entre autres le polypodium fragrans, que j’ai herborisées en Angleterre, et qui ne sont pas communes partout. Si même la revue de mon herbier et de mes livres de botanique pouvait vous amuser quelques moments, le tout pourrait être déposé chez vous, et vous le visiteriez à votre aise. Je ne doute pas que vous n’ayez la plupart de mes livres. Il peut cependant s’en trouver d’anglais, comme Parkinson, et le Gérard émaculé, que peut-être n’avez -vous pas. Le Valerius Cordus est assez rare ; j’avais aussi Tragus, mais je l’ai donné à M. Clappier.
Je suis surpris de n’avoir aucune nouvelle de M. Gouan, à qui j’ai envoyé les carex[15] de ce pays qu’il paraissait désirer, et quelques autres petites plantes, le tout à l’adresse de M. de Saint-Priest, qu’il m’avait donnée. Peut-être le paquet ne lui est-il pas parvenu: c’est ce que je ne saurais vérifier, vu que jamais un seul mot de vérité ne pénètre à travers l’édifice de ténèbres qu’on a pris soin d’élever autour de moi. Heureusement les ouvrages des hommes sont périssables comme eux, mais la vérité est éternelle: post tenebras lux.
Agréez, monsieur, je vous supplie, mes plus sincères salutations.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre III
Monquin, le 17 22/2 70.
Pauvres aveugles que nous sommes ! etc.
Ne faites, monsieur, aucune attention à la bizarrerie de ma date ; c’est une formule générale qui n’a nul trait à ceux à qui j’écris, mais seulement aux honnêtes gens qui disposent de moi avec autant d’équité que de bonté. C’est, pour ceux qui se laissent séduire par la puissance et tromper par l’imposture, un avis qui les rendra plus inexcusables, si, jugeant sur des choses que tout devrait leur rendre suspectes, ils s’obstinent à se refuser aux moyens que prescrit la justice pour s’assurer de la vérité.
Botany becomes an embarrassing and costly endeavor when pursued with such passion; indeed, in order to reform the way it is practiced, I am tempted to get rid of all my books on plants. Nomenclature and synonymy constitute a vast and tedious subject of study—yet when one merely wishes to observe, learn, and enjoy the beauty of nature, so many books are not necessary at all. Perhaps they are needed at first to gain some understanding of the vegetable system and to learn how to observe properly; but once one’s eyes are opened, no matter how ignorant one may have been before, there is no longer any need for books to help one see and admire nature endlessly. At least in my case—where stubbornness has often served as a poor substitute for memory, and where I have made very little progress—I find that with just a handful of grasses from a garden or a meadow, I would have enough material to occupy myself for the rest of my life without ever feeling bored for a single moment. Please forgive this long-winded talk, sir; the subject itself will serve as my excuse for it. I earnestly request your acceptance of my most humble regards.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de la Tourette
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter II
Monquin, on the 17th of 26/1 70.
What poor blind fools we are!
Heaven, reveal the impostors.
And force their barbaric hearts.
To be open to the gaze of men.
Well, sir, my interest in botany is now over; there is no longer any possibility of me returning to it, and it seems unlikely that I will ever do so again. Moreover, I am getting older; I am no longer able to engage in the work of collecting plants. In addition, some health problems that had caused me considerable discomfort threaten to make me pay a heavy price for this “truce.” My energy is now sufficient only for the necessities of life; I must give up any pursuit that is merely for enjoyment, or limit it to walks that cannot satisfy the ardor of a true botanist. However, in giving up this fascinating study, which had become an obsession for me, I am not giving up the benefits it has brought me—especially, sir, the opportunity to cultivate your friendship and receive your kindnesses, for which I hope to thank you in person soon. It is to you that I must return all those encouragements you have given me regarding the undertaking of a dictionary of botany, since it is astonishing that those who pursue this field feel so little need for such a work. Your age, talents, and knowledge give you the means to carry out this project excellently; and the praise your initial efforts received from the public guarantee that a more substantial work would be met with even greater acclaim. As for me, who am in this field, like many others, but merely an eager learner, my interest in collecting plants was more for amusement than for knowledge. In my later observations, I never had the foolish idea of attempting to teach the public what I myself did not understand. Sir, I have lived happily for forty years without writing any books; I was drawn into this endeavor late in life and against my will—yet I left it far sooner than I expected. If I do not regain the happiness I once enjoyed before embarking on it, at least I have regained enough common sense to realize that I was not suited for it, and I will never again be tempted to return to it.
I must admit, however, that the difficulties I encountered in the study of plants led me to develop some ideas on how to make this process easier and more useful to others. My approach involves following the structure of the plant system in a manner that is more gradual and less abstract than that of Tournefort and all his successors, including Linnaeus himself. Perhaps my idea is not practical. We can discuss it further if you wish, when I have the honor of meeting you again. If you find it worthy of consideration and if it inspires you to undertake similar botanical research, then I believe I would have achieved far more by encouraging you in this endeavor than if I had done it myself.
I owe you my thanks, sir, for the plants you had the kindness to send me in your letter, and even more so for the clarifications you provided alongside them. The papyrus brought me great pleasure, and I have placed it carefully in my herbarium. Your antirrhinum purpureum has clearly shown me that mine is not the genuine variety, despite its great resemblance to it; I tend to agree with you that it is a variant of the arvense species. I must admit that in the ”Species” manuscript, the descriptions provided are not sufficient to help me distinguish between these varieties in a clear and definite manner. In my opinion, this is a flaw that the method I envision would never have, because it would always provide a fixed and real object for comparison, upon which the specific differences could be easily identified.
Among the plants whose list I sent you earlier, I omitted one for which Linnaeus did not indicate its origin; I found it in Pila—it is the rubia peregrina. I do not know if you also noticed it; it is not absolutely rare in Savoy and Dauphiné.
I am in a great deal of trouble regarding the transportation of my luggage, which consists largely of various botanical specimens. Among them are numerous dried plants, mostly in disordered piles and quite common in nature; however, a few are rather unusual. But I neither have the time nor the courage to sort them out, since this task is now utterly useless to me. Before discarding all this clutter, I thought I might as well mention it to you by chance. If you should feel inclined to look through this collection—though, frankly, it’s hardly worth it—I could bundle it up and send it to you through Mr. Pasquet. As for me, I have no idea how to transport or make use of all this material. I seem to recall that there are some ferns among them, including the Polypodium fragrans, which I collected in England and that are not common elsewhere. If reviewing my herbarium and botany books could amuse you for a while, I would be happy to leave them with you for your convenience. I’m sure you already possess most of my books; however, there might be some English editions, such as Parkinson’s and Gérard’s Emaculé, which you may not have. The Valerius Cordus is rather rare; I also had a copy of Tragus, but I gave it to Mr. Clappier.
I am surprised to have received no news from Mr. Gouan, to whom I sent the carex[15] from this country that he seemed to desire, as well as some other small plants—everything sent to the address given to me by Mr. de Saint-Priest. Perhaps the package has not reached him; that is something I cannot verify, since not a single word of truth ever manages to penetrate through the darkness that has been deliberately erected around me. Fortunately, human writings are as perishable as their authors, but truth is eternal: Post tenebras lux.
Please accept, sir, my most sincere greetings. I implore you to do so.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de la Tourette
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter III
Monquin, on the 17th of 22/2 70.
Poor blind fools that we are! etc.
Please, sir, do not pay any attention to the peculiarity of my date; it is a general statement that has nothing to do with those to whom I am writing, but only with honest people who treat me with both fairness and kindness. For those who are tempted by power and deceived by imposture, this advice will make them even more inexcusable—if, judging from things that should arouse their suspicion, they persist in refusing to use the means prescribed by justice in order to ascertain the truth.
La botanica diventa una questione così fastidiosa e dispendiosa quando si vi dedica con tale passione, che, al fine di apportarvi delle riforme, sono tentato di liberarmi dei miei libri di piante. La nomenclatura e la sinonimia costituiscono uno studio immenso e arduo; quando si desidera soltanto osservare, imparare e divertirsi tra la natura e se stessi, non sono necessari tanti libri. Forse ne servono alcuni per farsi un’idea del sistema vegetale e imparare a osservare; ma una volta che gli occhi si sono aperti, qualunque sia il livello di ignoranza di una persona, non ci sono più bisogno di libri per continuare a vedere e ammirare senza sosta. Per quanto mi riguarda, almeno, in me l’ostinazione ha mal compensato la mancanza di memoria, e non ho fatto grandi progressi; tuttavia sento che con i semplici campioni di piante presenti in un cortile o in un prato avrei materiale sufficiente per occuparmene per il resto della mia vita, senza mai annoiarmi nemmeno per un momento. Perdonate, signore, tutto questo lungo discorso. L’argomento stesso ne sarà la scusa con voi. Vi prego di accettare le mie più umili saluti.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de la Tourette
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera II
Monquin, il 17 febbraio 170.
Poveri ciechi che siamo!
Cielo, svela gli impostori.
E costringa i loro cuori barbari.
Per essere visibile agli occhi degli uomini.
Signore, per quanto mi riguarda, la botanica è ormai finita; al momento non se ne parla più, e sembra molto improbabile che io possa tornarvi a dedicarmi. Inoltre, invecchio: non sono più in grado di dedicarmi alle ricerche botaniche; inoltre, alcuni problemi di salute mi costringono ad interrompere questa attività. Per le mie forze, è sufficiente dedicarsi alle necessità quotidiane; devo rinunciare a quelle che potrebbero offrirmi piacere, o limitarmi a passeggiate che non soddisfano affatto l’avidità di un vero appassionato di botanica. Tuttavia, rinunciando a uno studio così affascinante – che per me è diventato una vera passione – non rinuncio certo ai benefici che mi ha portato, soprattutto all’opportunità di approfondire la mia conoscenza di voi e di apprezzare le vostre gentilezze. Spero di potervi ringraziare personalmente in futuro. Quanto alle vostre esortazioni riguardo alla realizzazione di un dizionario di botanica, è sorprendente che coloro che si dedicano a questa scienza non riconoscano la sua reale necessità. La vostra età, i vostri talenti e le vostre conoscenze vi avrebbero dato tutti i mezzi per portare a termine questo progetto con successo; inoltre, l’entusiasmo con cui il pubblico ha accolto i vostri primi tentativi vi garantisce sicuramente il suo appoggio anche per un lavoro più ambizioso. Per quanto mi riguarda, che in questa e in molte altre discipline sono soltanto uno studente diligente ma non particolarmente dotato, ho sempre considerato la botanica come un mezzo per divertirmi, piuttosto che come una fonte di conoscenza. Non ho mai avuto l’idea sciocca di cercare di insegnare al pubblico ciò che io stesso non conoscevo. Signore, ho vissuto quarant’anni felici senza scrivere libri; sono entrato in questa carriera tardi e contro la mia volontà. Ne sono uscito il prima possibile. Anche se dopo averla abbandonata non ritrovo più la felicità di un tempo, almeno ho ripreso il buonsenso necessario per capire che non ero adatto a essa. E ho perso per sempre la tentazione di tornarci.
Devo ammettere che le difficoltà incontrate nello studio delle piante mi hanno fornito alcune idee su come renderlo più semplice e utile agli altri, seguendo il percorso del sistema vegetale con un metodo più graduale e meno astratto rispetto a quello di Tournefort e di tutti i suoi successori, compreso Linnaeus stesso. Forse la mia idea è impraticabile. Ne parleremo, se lo desiderate, quando avrò l’onore di vedervi. Se riteneste che meritasse di essere adottata, e se vi venisse in mente di intraprendere su questo fronte delle ricerche botaniche, credo che avervi incoraggiato a farlo significherebbe aver compiuto molto di più rispetto a se l’avessi fatto io stesso.
Devo ringraziarvi, signore, per le piante che avete avuto la gentilezza di inviarmi nella vostra lettera, e ancora di più per i chiarimenti che ne avete allegati. Il papiro mi ha fatto grande piacere; l’ho conservato con grande cura nel mio erbario. Il vostro antirrhinum purpureum mi ha dimostrato chiaramente che il mio non era il vero, anche se ne assomiglia molto; sono incline a credere, come voi, che si tratti di una varietà dell’arvense; e devo ammettere che nel “Species” ne trovo diverse, ma le descrizioni fornite non sono sufficienti per individuare differenze specifiche ben definite. Questo, a mio parere, è un difetto che il metodo che immagino di utilizzare non avrebbe mai: infatti, in quel caso si disporrebbe sempre di un oggetto di confronto fisso e concreto su cui individuare facilmente le differenze.
Tra le piante di cui vi ho inviato in precedenza l’elenco, ne ho omesso una la cui origine non è stata indicata da Linnaeus; l’ho trovata a Pila: si tratta della rubia peregrina. Non so se anche voi l’abbiate notata; comunque, non è assolutamente rara nella Savoia e nel Delfinato.
Sono in una situazione molto imbarazzante riguardo al trasporto del mio bagaglio, che consiste in gran parte in materiali botanici. In particolare, ho diversi fogli sparsi contenenti un gran numero di piante secche, per lo più comuni, ma alcune delle quali sono piuttosto curiose; tuttavia non ho né il tempo né il coraggio di sistemarle, poiché questo lavoro ormai risulta inutile. Prima di gettare via tutto questo disordine di carte, ho voluto prendere l’iniziativa di parlarvene; e se foste interessati a dare un’occhiata a queste cose, che in realtà non valgono molto la pena, potrei prepararne una raccolta da inviarvi tramite il signor Pasquet. Per quanto mi riguarda, non so proprio come trasportare tutto questo e cosa farne. Ricordo, ad esempio, di avere alcune felci, tra cui il polypodium fragrans, che ho raccolto in Inghilterra e che non sono comuni ovunque. Se anche la revisione del mio erbario e dei miei libri di botanica potesse divertirvi per qualche momento, tutto potrebbe essere depositato da voi e consultato con comodità. Non dubito che abbiate già la maggior parte dei miei libri; tuttavia potrebbero essercene alcuni in inglese, come quelli di Parkinson e il Gérard émaculé, che forse non possedete. Il Valerius Cordus è piuttosto raro; avevo anche il Tragus, ma l’ho regalato al signor Clappier.
Sono sorpreso di non ricevere alcuna notizia da Monsieur Gouan, a cui ho inviato i carexi di questo paese che sembrava desiderare, insieme ad altre piccole piante, tutto indirizzato a Monsieur de Saint-Priest, che mi aveva fornito l’indirizzo. Forse il pacco non gli è arrivato; questo è ciò che non potrei verificare, poiché mai una singola parola di verità riesce a penetrare attraverso l’oscurità che qualcuno si è preso cura di erigere intorno a me. Fortunatamente, le opere degli uomini sono effimere come loro, ma la verità è eterna: “Post tenebras lux”.
Permettetemi, signore, di porgervi le mie più sincere congratulazioni.
J.-J. Rousseau: Opere complete
Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de la Tourette
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera III
Monquin, il 17 febbraio 70.
Poveri ciechi che siamo, ecc.
Non prestiate alcuna attenzione alla stranezza della data che ho indicato, signore; si tratta di una formula generale che non riguarda affatto coloro a cui scrivo, ma soltanto le persone oneste che mi trattano con equità e bontà. Per coloro che si lasciano sedurre dal potere e ingannare dall’impostura, questo consiglio renderà la loro condotta ancora più inexcusabile, se, giudicando su cose che dovrebbero destare loro sospetti, insistono nel rifiutare i mezzi che la giustizia prescrive per verificare la verità.
C’est avec regret que je vois reculer, par mon état et par la mauvaise saison, le moment de me rapprocher de vous. J’espère cependant ne pas tarder beaucoup encore. Si j’avais quelques graines qui valussent la peine de vous être présentées, je prendrais le parti de vous les envoyer d’avance, pour ne pas laisser passer le temps de les semer ; mais j’avais fort peu de chose, et je le joignis avec des plantes de Pila, dans un envoi que je fis il y a quelques mois à madame la duchesse de Portland, et qui n’a pas été ! plus heureux, selon toute apparence, que celui que j’ai fait à M. Gouan, puisque je n’ai aucune nouvelle ni de l’un ni de l’autre. Comme celui de madame de Portland était plus considérable, et que j’y avais mis plus de soin et de temps, je le regrette davantage ; mais il faut bien que j’apprenne à me consoler de tout. J’ai pourtant encore quelques graines d’un fort beau seseli de ce pays, que j’appelle seseli Halleri, parce que je ne le trouve pas dans Linnaeus. J’en ai aussi d’une plante d’Amérique, que j’ai fait semer dans ce pays avec d’autres graines qu’on m’avait données, et qui seule à réussi. Elle s’appelle gombaut dans les îles, et j’ai trouvé que c’était l’hibiscus esculentus ; il a bien levé, bien fleuri ; et j’en ai tiré d’une capsule quelques graines bien mûres, que je vous porterai avec le seseli, si vous ne les avez pas. Comme l’une de ces plantes est des pays chauds, et que l’autre grène fort tard dans nos campagnes, je présume que rien ne presse pour les mettre en terre, sans quoi je prendrais le parti de vous les envoyer.
Votre galium rotundifolium, monsieur, est hier lui-même à mon avis, quoiqu’il doive avoir la fleur blanche, et que le vôtre l’ait flave ; mais comme il arrive à beaucoup de fleurs blanches de jaunir en séchant, je pense que les siennes sont dans le même cas. Ce n’est point du tout mon rubia peregrina, plante beaucoup plus grande, plus rigide, plus âpre, et de la consistance tout au moins de la garance ordinaire, outre que je suis certain d’y avoir vu des baies que n’a pas votre galium, et qui sont le caractère générique des rubia. Cependant je suis, je vous l’avoue, hors d’état de vous en envoyer un échantillon. Voici, là-dessus, mon histoire.
J’avais souvent vu en Savoie et en Dauphiné la garance sauvage, et j’en avais pris quelques échantillons. L’année dernière, à Pila, j’en vis encore ; mais elle me parut différente des autres, et il me semble que j’en mis un spécimen dans mon portefeuille. Depuis mon retour, lisant, par hasard, dans l’article rubia peregrina, que sa feuille n’avait point de nervure en dessus, je me rappelai ou crus me rappeler que mon rubia de Pila n’en avait point non plus ; de là je conclus que c’était le rubia peregrina. En m’échauffant sur cette idée, je vins à conclure la même chose des autres garances que j’avais trouvées dans ces pays, parce qu’elles n’avaient d’ordinaire que quatre feuilles ; pour que cette conclusion fut raisonnable, il aurait fallu chercher les plantes et vérifier ; voilà ce que ma paresse ne me permit point de faire, vu le désordre de mes paperasses, et le temps qu’il aurait fallu mettre à cette recherche. Depuis la réception, monsieur, de votre lettre, j’ai mis plus de huit jours à feuilleter tous mes livres et papiers l’un après l’autre, sans pouvoir retrouver ma plante de Pila, que j’ai peut-être jetée avec tout ce qui est arrivé pourri. J’en ai retrouvé quelques-unes des autres ; mais j’ai eu la mortification d’y trouver la nervure bien marquée, qui m’a désabusé, du moins sur celles-là. Cependant ma mémoire, qui me trompe si souvent, me retrace si bien celle de Pila, que j’ai peine encore à en démordre, et je ne désespère pas qu’elle ne se retrouve dans mes papiers ou dans mes livres. Quoi qu’il en soit, figurez-vous dans l’échantillon ci-joint les feuilles un peu plus larges et sans nervure ; voilà ma plante de Pila.
Quelqu’un de ma connaissance a souhaité d’acquérir mes livres de botanique en entier, et me demande même la préférence ; ainsi je ne me prévaudrai point sur cet article de vos obligeantes offres. Quant au fourrage épars dans des chiffons, puisque vous ne dédaignez pas de le parcourir, je le ferai remettre à M. Pasquet ; mais il faut auparavant que je feuillette et vide mes livres dans lesquels j’ai la mauvaise habitude de fourrer, en arrivant, les plantes que j’apporte, parce que cela est plus tôt fait. J’ai trouvé le secret de gâter, de cette façon, presque tous mes livres, et de perdre presque toutes mes plantes, parce qu’elles tombent et se brisent sans que j’y fasse attention, tandis que je feuillette et parcours le livre, uniquement occupé de ce que j’y cherche.
Je vous prie, monsieur, de faire agréer mes remerciements et salutations à monsieur votre frère. Persuadé de ses bontés et des vôtres, je me prévaudrai volontiers de vos offres dans l’occasion. Je finis, sans façon, en vous saluant, monsieur, de tout mon cœur.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
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Liste générale des titres
Lettre IV
Monquin, le 17 16/3 70
Pauvres aveugles que nous sommes ! etc.
Voici, monsieur, mes misérables herbailles, où j’ai bien peur que vous ne trouviez rien qui mérite d’être ramassé, si ce n’est des plantes que vous m’avez données vous-même, dont j’avais quelques-unes à double, et dont, après en avoir mis plusieurs dans mon herbier, je n’ai pas eu le temps de tirer le même parti des autres. Tout l’usage que je vous conseille d’en faire est de mettre le tout au feu. Cependant, si vous avez la patience de feuilleter ce fatras, vous y trouverez, je crois, quelques plantes qu’un officier obligeant a eu la bonté de m’apporter de Corse, et que je ne connais pas.
Voici aussi quelques graines du seseli Halleri. Il y en a peu, et je ne l’ai recueilli qu’avec beaucoup de peine, parce qu’il grène fort tard et mûrit difficilement en ce pays: mais il y devient, en revanche, une très belle plante, tant par son beau port que par la teinte de pourpre que les premières atteintes du froid donnent à ses ombelles et à ses tiges. Je hasarde aussi d’y joindre quelques graines de gombaut, quoique vous ne m’en ayez rien dit, et que peut-être vous l’ayez ou ne vous en souciiez pas, et quelques graines de l’heptaphillon, qu’on ne s’avise guère de ramasser ; et qui peut-être ne lève pas dans les jardins, car je ne me souviens pas d’y en avoir jamais vu.
Pardon, monsieur, de la hâte extrême avec laquelle je vous écris ces deux mots, et qui m’a fait presque oublier de vous remercier de l’asperula taurina, qui m’a fait bien grand plaisir. Si nos chemins étaient praticables pour les voitures, je serais déjà » près de vous. Je vous porterai le catalogue de mes livres, nous y marquerons ceux qui peuvent vous convenir ; et si l’acquéreur veut s’en défaire, j’aurai soin de vous les procurer. Je ne demande pas mieux, monsieur, je vous assure, que de cultiver vos bontés ; et si jamais j’ai le bonheur d’être un peu mieux connu de vous que de monsieur**, qui dit si bien me connaître, j’espère que vous ne m’en trouverez pas indigne. Je vous salue de tout mon cœur.
Avez-vous le dianthus superbus ? Je vous l’envoie à tout hasard. C’est réellement un bien bel oeillet, et d’une odeur bien suave, quoique faible. J’ai pu recueillir de la graine bien aisément, car il croît en abondance dans un pré qui est sous mes fenêtres. Il ne devrait être permis qu’aux chevaux du soleil de se nourrir d’un pareil foin.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre V
A Paris, le 17 4/7 70.
Pauvres aveugles que nous sommes ! etc.
It is with regret that I see the moment of being able to reunite with you being delayed, both due to my current circumstances and because of the unfavorable season. However, I hope it will not be much longer before I can do so. If I had some seeds that were worth presenting to you, I would have sent them to you in advance, so as not to miss the right time for sowing them; but I had very few seeds, and I included them along with some Pila plants in a package I sent to the Duchess of Portland a few months ago. Unfortunately, that package did not prove as successful, judging by the fact that I have received no news from either of them. Since the package for the Duchess of Portland was larger and I put more care and time into preparing it, I regret it even more; but one must learn to console oneself in such situations. Nevertheless, I still have some seeds of a very beautiful plant from this region, which I call “seseli Halleri,” because Linnaeus does not mention it in his works. I also have seeds of an American plant that I had planted here along with other seeds that were given to me, and only this one has succeeded. In the islands, it is called “gombaut”; I discovered that it is actually the hibiscus esculentus. It grew well and bloomed beautifully; I obtained some well-ripened seeds from its capsules and will send them to you along with the seseli, if you don’t already have any. Since one of these plants comes from hot regions and the other takes a long time to germinate in our climates, I suppose there is no rush to plant them yet; otherwise, I would have sent them to you immediately.
Your Gallium rotundifolium, sir, in my opinion, is actually the same plant as mine, although it should produce white flowers while yours are yellow; however, since many white flowers turn yellow when they dry out, I suppose these ones are in the same situation. It is certainly not my Rubia peregrina—that plant is much larger, stiffer, more bitter in taste, and has a texture similar to that of an ordinary Gallium plant. Moreover, I am certain that my plant contains berries which yours does not, and which are characteristic of the genus Rubia. Nevertheless, I must admit that I am unable to send you a specimen of it. Here is what happened in this matter.
I had often seen the wild garance in Savoy and Dauphiné and had taken some samples of it. Last year, in Pila, I saw more of them; but they seemed different from the others, and I think I put a specimen in my wallet. After returning home, I happened to read in the article about rubia peregrina that its leaves have no veins on the upper surface. I then remembered—or at least thought I remembered—that the plants I had collected in Pila also lacked such veins; from this, I concluded that they must be rubia peregrina. Delighted by this idea, I applied the same reasoning to other specimens of garance I had found in those regions, since they usually had only four leaves. For this conclusion to be valid, I would have needed to search for the plants and verify the fact myself; but my laziness, coupled with the mess in my papers and the time it would have taken to do so, prevented me from doing so. Since receiving your letter, sir, it has taken me over eight days to go through all my books and documents one by one, yet I have not been able to find the plant from Pila—perhaps I threw it away along with everything else that had rotted. I did find some other specimens; but to my disappointment, they all had distinct veins on their leaves, which dispelled my initial belief. Nevertheless, my memory, though often unreliable, retains such clear details about the plant from Pila that I still hold onto this possibility. I haven’t given up hope that it might be somewhere in my papers or books. In any case, please note in the attached sample the slightly wider leaves without veins—those are indeed my plant from Pila.
Someone I know expressed a desire to purchase all of my botany books and even asked me which ones I preferred; thus, I will not take advantage of your kind offers in this regard. As for the plants that are scattered among the papers, since you do not mind going through them, I will have them sent to Mr. Pasquet. However, before doing so, I must go through and organize my books, as I have the bad habit of stuffing the plants I bring home into them upon arrival—because it’s quicker to do that way. In this manner, I have managed to ruin almost all my books and lose nearly all my plants, since they fall off and get broken without my even noticing, while I am busy flipping through the pages, focusing only on what I am looking for.
I beg you, sir, to convey my thanks and regards to your brother. Convainced of his kindness and yours as well, I will gladly make use of your kind offers whenever the occasion arises. Finally, I take this opportunity to bid you a sincere farewell, sir.
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Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de la Tourette
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter IV
Monquin, on the 17th of 16/3 70
Poor blind fools that we are! etc.
Here, sir, are my meager collections of herbs; I’m afraid you will find nothing in them that is worth collecting, except for some plants that you yourself gave me. I had several of these plants in duplicate, and after using several of them to make my herb collection, I didn’t have time to process the rest. The only use I suggest for them is to burn them all. However, if you are so patient as to go through this mess, I believe you will find a few plants that a kind-officer had the kindness to bring me from Corsica—and of which I am not even aware.
Here are also some seeds of Halleri’s seseli. There aren’t many, and I managed to collect them with great difficulty, because it blooms very late and ripens slowly in this region; nevertheless, it grows into a very beautiful plant, both for its attractive appearance and for the purple hue that the first frosts impart to its umbels and stems. I also venture to include some seeds of gombaut, although you never mentioned it to me, and perhaps you don’t even care about it; as well as some seeds of the heptaphillon, which people usually don’t bother to collect. Perhaps it doesn’t even grow in gardens, because I can’t remember ever seeing any in them.
Forgive me, sir, for the extreme haste with which I write these few words; it almost made me forget to thank you for the asperula taurina, which brought me such great pleasure. If our roads were suitable for vehicles, I would already be by your side. I will bring you the catalogue of my books, and we can mark those that may suit you; and if anyone wishes to sell them, I will ensure that you obtain them. I truly desire nothing more, sir, than to cultivate your kindnesses further. And should I ever have the fortune to be better known to you than to Mr. **, who claims to know me so well, I hope you will not find me unworthy of it. I salute you with all my heart.
Do you have the dianthus superbus? I’m sending it to you just in case. It’s truly a very beautiful flower, with a rather delicate but pleasant fragrance. I was able to collect its seeds quite easily, as it grows abundantly in a meadow right beneath my windows. Such hay should surely be reserved only for the horses that bask in the sun.
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Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de la Tourette
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Letter V
In Paris, on the 17th of the 4th month of the year 70.
Poor blind fools that we are! etc.
Con rammarico vedo come, a causa del mio stato di salute e della cattiva stagione, il momento in cui potrò rivedervi si allontani. Tuttavia, spero di non dover aspettare ancora a lungo. Se avessi avuto alcune semi che valessero la pena di inviarvi, li avrei spediti subito, per non perdere l’occasione di seminarli; ma ne avevo pochi, e li ho uniti ad altre piante nella spedizione che ho fatto alcuni mesi fa alla duchessa di Portland. Tuttavia, a quanto pare, quella spedizione non è stata più fortunata di quella che avevo inviato a Monsieur Gouan, poiché non ho ricevuto alcuna notizia né da uno né dall’altro. Poiché la spedizione per la duchessa di Portland era più importante e vi avevo dedicato più tempo e cura, ne sono ancora più rammaricato. Ma devo imparare a consolarmi di tutto. Ho comunque alcune semi di un ottimo sesamo del nostro paese; lo chiamo “sesamo Halleri”, perché non lo trovo nella classificazione di Linnaeus. Ne ho anche alcuni di una pianta americana che ho fatto seminare qui, insieme ad altre piante che mi erano state date. Solo questa è riuscita a crescere bene. In quelle isole viene chiamata “gombaut”; ho scoperto che si tratta dell’hibiscus esculentus. È cresciuta bene, ha fiorito abbondantemente. Ne ho raccolto alcune semi ben maturi e ve li porterò insieme al sesamo, se non ne avete già. Poiché una di queste piante proviene da paesi caldi e l’altra germoglia molto tardi nelle nostre regioni, presumo che non ci sia fretta di piantarle. Altrimenti le avrei inviate subito.
Il vostro Galium rotundifolium, signore, a mio parere è lo stesso di ieri; sebbene dovrebbe avere fiori bianchi, il vostro ne ha di colore giallo; ma poiché molte piante con fiori bianchi ingialliscono quando si asciugano, penso che anche i suoi fiori siano nella stessa condizione. Non si tratta affatto della mia Rubia peregrina: questa pianta è molto più grande, rigida e amara, e ha una consistenza almeno simile a quella del garanzo comune; inoltre, sono certo di avervi visto dei frutti che il vostro Galium non possiede, e che sono tipici delle piante della famiglia delle Rubiaceae. Tuttavia, devo ammettere di non essere in grado di inviarvi un campione. Ecco, dunque, la mia spiegazione al riguardo.
Avevo spesso visto nella Savoia e nel Delfinato la garanza selvatica e ne avevo raccolto alcuni esemplari. L’anno scorso, a Pila, ne vidi ancora; ma mi sembrò diversa dalle altre, e credo di averne messo un campione nel mio portafoglio. Dopo il mio ritorno, leggendo casualmente nell’articolo sulla “rubia peregrina”, che le sue foglie non presentavano nervature sul lato superiore, mi ricordai – o credetti di ricordarmi – che anche la mia rubia di Pila non ne aveva; da ciò conclusi che si trattasse proprio della “rubia peregrina”. Rafforzando questa idea, arrivai alla stessa conclusione per le altre specie di garanza che avevo trovato in quei luoghi, poiché solitamente presentavano solo quattro foglie; tuttavia, affinché questa conclusione fosse ragionevole, avrei dovuto cercare personalmente le piante e verificarlo. Ma la mia pigrizia me lo impedì, soprattutto a causa del disordine dei miei documenti e del tempo che ci sarebbe voluto per effettuare tali ricerche. Dalla ricezione della vostra lettera, monsieur, ho impiegato più di otto giorni a sfogliare tutti i miei libri e documenti uno dopo l’altro, senza riuscire a trovare la mia pianta di Pila. Forse l’ho gettata via insieme a tutto ciò che si è deteriorato nel corso del tempo. Ne ho ritrovate alcune altre; ma con mio disappunto ho scoperto che presentavano chiaramente delle nervature, il che mi ha scoraggiato, almeno per quelle. Tuttavia, la mia memoria, che spesso mi inganna, ricorda così bene quella della pianta di Pila che fatico ancora a convincermi del contrario. E non dispero che possa essere ritrovata tra i miei documenti o nei miei libri. Comunque sia, nell’esempio qui allegato potete vedere le foglie leggermente più larghe e prive di nervature: questa è la mia pianta di Pila.
Qualcuno che conosco desidera acquistare tutti i miei libri di botanica e mi chiede persino quale preferisco; quindi non mi loderò per questa vostra gentile offerta. Per quanto riguarda il materiale vegetale sparpagliato tra le pagine dei libri, poiché voi non vi rifiutate di scorrerlo, farò consegnare tutto a Monsieur Pasquet; tuttavia, prima devo sfogliare e sistemare i miei libri, nei quali ho la cattiva abitudine di infilare, al mio arrivo, le piante che raccolgo, poiché così faccio più in fretta. In questo modo, ho rovinato quasi tutti i miei libri e perso quasi tutte le piante che vi avevo conservato: queste cadono e si rompono senza che me ne accorga, mentre sono completamente assorto nella ricerca di ciò che mi interessa.
La prego, signore, di trasmettere i miei ringraziamenti e le mie saluti a suo fratello. Convinto della bontà sua e della vostra, mi farò volentieri avvalere delle vostre offerte al momento opportuno. Concludo, senza formalità, salutandola di tutto cuore, signore.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de la Tourette
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Elenco delle opere sulla botanica
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Lettera IV
Monquin, il 17 giugno 1770
Poveri ciechi che siamo, ecc.
Ecco, signore, le mie misere erbe medicinali; temo molto che non troviate nulla di degno di essere raccolto, se non piante che voi stesso mi avete fornito. Ne avevo alcune in doppia quantità, e dopo averne inserite molte nel mio erbario, non ho avuto il tempo di utilizzare al meglio le altre. L’unico uso che vi consiglio di farne è bruciarle tutte. Tuttavia, se avete la pazienza di sfogliare questo disordine, credo che troverete alcune piante che un gentile ufficiale si è preso la briga di portarmi dalla Corsica, e che io non conosco.
Ecco anche alcune semi di seseli Halleri. Ne ho raccolte poche, e con molta fatica, perché germoglia molto tardi e matura difficilmente in questa regione; tuttavia, diventa una pianta davvero bella, sia per il suo aspetto che per il colore porpora che le prime gelate conferiscono alle sue ombellele e ai suoi steli. Oso anche aggiungere alcune semi di gombaut, anche se non me ne avete mai parlato, e forse nemmeno vi interessa; inoltre, alcune semi di heptaphillon, che di solito non si presta attenzione a raccogliere. E che forse nemmeno crescono nei giardini, perché non ricordo di averne mai visti.
Perdonate, signore, l’estrema fretta con cui vi scrivo queste due parole; questa fretta mi ha quasi fatto dimenticare di ringraziarvi per l’“asperula taurina”, che mi ha procurato grande gioia. Se i nostri sentieri fossero transitabili per le carrozze, sarei già “vicino a voi”. Vi porterò il catalogo dei miei libri; insieme ne sceglieremo quelli che potrebbero esservi utili; e se qualcuno volesse disfarsene, mi assicurerò di procurarveli. Non desidero nulla di più, signore: vi assicuro che il mio unico scopo è coltivare la vostra gentilezza. E se mai avrò la fortuna di essere conosciuto meglio da voi che da quel signore** che afferma di conoscermi bene, spero che non mi riteniate indegno di tale considerazione. Vi saluto con tutto il mio cuore.
Avete il dianthus superbus? Ve lo mando per caso. È davvero un bellissimo fiore di tulipano, e ha un profumo molto delicato, anche se leggero. Ho potuto raccogliere facilmente i suoi semi, perché cresce in abbondanza in un prato proprio sotto le mie finestre. Solo i cavalli del sole dovrebbero essere autorizzati a nutrirsi di un simile foraggio.
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Lettera V
A Parigi, il 17 aprile 1770.
Poveri ciechi che siamo, ecc.
Je voulais, monsieur, vous rendre compte de mon voyage en arrivant à Paris ; mais il m’a fallu quelques jours pour m’arranger et me remettre au courant avec mes anciennes connaissances. Fatigué d’un voyage de deux jours, j’en séjournai trois ou quatre à Dijon, d’où, par la même raison, j’allai faire un pareil séjour à Auxerre, après avoir eu le plaisir de voir en passant M. de Buffon, qui me fit l’accueil le plus obligeant. Je vis aussi à Montbar M. Daubenton le subdélégué, lequel, après une heure ou deux de promenade ensemble dans le jardin, me dit que j’avais déjà des commencements, et qu’en continuant de travailler je pourrais devenir un peu botaniste. Mais, le lendemain l’étant allé voir avant mon départ, je parcourus avec lui sa pépinière, malgré la pluie qui nous incommodait fort ; et n’y connaissant presque rien, je démentis si bien la bonne opinion qu’il avait eue de moi la veille, qu’il rétracta son éloge et ne me dit plus rien du tout. Malgré ce mauvais succès, je n’ai pas laissé d’herboriser un peu durant ma route, et de me trouver en pays de connaissance dans la campagne et dans les bois. Dans presque toute la Bourgogne j’ai vu la terre couverte, à droite et à gauche, de cette même grande gentiane jaune que je n’avais pu trouver à Pila. Les champs, entre Montbar et Chably, sont pleins de bulbocastanum, mais la bulbe en est beaucoup plus âcre qu’en Angleterre, et presque immangeable ; l’œnante fistulosa et la coquelourde (pulsatilla) y sont aussi en quantité: mais n’ayant traversé la forêt de Fontainebleau que très à la hâte, je n’y ai rien vu du tout de remarquable que le geranium grandiflorum, que je trouvai sous mes pieds par hasard une seule fois.
J’allai hier voir M. Daubenton au Jardin du Roi ; j’y rencontrai en me promenant, M. Richard, jardinier de Trianon, avec lequel je m’empressai, comme vous jugez bien, de faire connaissance. Il me promit de me faire voir son jardin^ qui est beaucoup plus riche que celui du roi à Paris: ainsi me voilà à portée de faire, dans l’un et dans l’autre, quelque connaissance avec les plantes exotiques, sur lesquelles, comme vous avez pu voir, je suis parfaitement ignorant. Je prendrai, pour voir Trianon plus à mon aise, quelque moment où la cour ne sera pas à Versailles, et je tâcherai de me fournir à double de tout ce qu’on me permettra de prendre, afin de pouvoir vous envoyer ce que vous pourriez ne pas avoir. J’ai aussi vu le jardin de M. Cochin, qui m’a paru fort beau ; mais, en l’absence du maître, je n’ai osé toucher à rien. Je suis, depuis mon arrivée, tellement accablé de visites et de dîners, que si ceci dure, il est impossible que j’y tienne, et malheureusement je manque de force pour me défendre. Cependant, si je ne prends bien vite un autre train de vie, mon estomac et ma botanique sont en grand péril. Tout ceci n’est pas le moyen de reprendre la copie de musique d’une façon bien lucrative ; et j’ai peur qu’à force de dîner en ville je ne finisse par mourir de faim chez moi. Mon âme navrée avait besoin de quelque dissipation, je le sens ; mais je crains de n’en pouvoir ici régler la mesure, et j’aimerais encore mieux être tout en moi que tout hors de moi. Je n’ai point trouvé, monsieur, de société mieux tempérée et qui me convînt mieux que la vôtre ; point d’accueil plus selon mon cœur que celui que, sous vos auspices, j’ai reçu de l’adorable Mélanie. S’il m’était donné de me choisir une vie égale et douce, je voudrais, tous les jours de la mienne, passer la matinée au travail, soit à ma copie, soit sur mon herbier ; dîner avec vous et Mélanie ; nourrir ensuite, une heure ou deux, mon oreille et mon cœur, des sons de sa voix et de ceux de sa harpe ; puis me promener tête-à-tête avec vous le reste de la journée, en herborisant et philosophant selon notre fantaisie. Lyon m’a laissé des regrets qui m’en rapprocheront quelque jour peut-être: si cela m’arrive, vous ne serez pas oublié, monsieur, dans mes projets: puissiez-vous concourir à leur exécution ! Je suis fâché de ne savoir pas ici l’adresse de monsieur votre frère, s’il y est encore: je n’aurais pas tardé si longtemps à l’aller voir, me rappeler à son souvenir, et le prier de vouloir bien me rappeler quelquefois au vôtre et à celui de M**.
Si mon papier ne finissait pas, si la poste n’allait pas partir, je ne saurais pas finir moi-même. Mon bavardage n’est pas mieux ordonné sur le papier que dans la conversation. Veuillez supporter l’un comme vous avez supporté l’autre. Vale, et me ama.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre VI
A Paris, le 17 28/9 70.
Pauvres aveugles que nous sommes ! etc.
Je ne voulais, monsieur, m’accuser de mes torts qu’après les avoir réparés ; mais le mauvais temps qu’il fait et la saison qui se gâte me punissent d’avoir négligé le Jardin du Roi tandis qu’il faisait beau, et me mettent hors d’état de vous rendre compte, quant à présent, du plantago uniflora, et des autres plantes curieuses dont j’aurais pu vous parler si j’avais su mieux profiter des bontés de M. de Jussieu. Je ne désespère pas pourtant de profiter encore de quelque beau jour d’automne pour faire ce pèlerinage, et aller recevoir, pour cette année, les adieux de la syngénésie: mais, en attendant ce moment, permettez, monsieur, que je prenne celui-ci pour vous remercier, quoique tard, de la continuation de vos bontés et de vos lettres, qui me feront toujours le plus vrai plaisir, quoique je sois peu exact à y répondre. J’ai encore à m’accuser de beaucoup d’autres omissions pour lesquelles je n’ai pas moins besoin de pardon. Je voulais aller remercier monsieur votre frère de l’honneur de son souvenir, et lui rendre sa visite ; j’ai tardé d’abord, et puis j’ai oublié son adresse. Je le revis une fois à la comédie italienne ; mais nous étions dans des loges éloignées, je ne pus l’aborder, et maintenant j’ignore même s’il est encore à Paris. Autre tort inexcusable ; je me suis rappelé de ne vous avoir point remercié de la connaissance de M. Robinet, et de l’accueil obligeant que vous m’avez attiré de lui. Si vous comptez avec votre serviteur, il restera trop insolvable ; mais puisque nous sommes en usage, moi de faillir, vous de pardonner, couvrez encore cette fois mes fautes de votre indulgence, et je tâcherai d’en avoir moins besoin dans la suite, pourvu toutefois que vous n’exigiez pas de l’exactitude dans mes réponses: car ce devoir est absolument au-dessus de mes forces, surtout dans ma position actuelle. Adieu, monsieur ; souvenez-vous quelquefois, je vous supplie, d’un homme qui vous est bien sincèrement attaché, et qui ne se rappelle jamais sans plaisir et sans regret les promenades charmantes qu’il a eu le bonheur de faire avec vous.
On a représenté Pygmalion à Montigny ; je n’y étais pas, ainsi je n’en puis parler. Jamais le souvenir de ma première Galathée ne me laissera le désir d’en voir une autre.
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Table des matières du titre
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Liste générale des titres
Lettre VII
A Paris, le 17 26/11 70.
Pauvres aveugles que nous sommes ! etc.
Sir, I had intended to inform you of my journey upon arriving in Paris; but it took me a few days to settle down and get in touch with my old acquaintances. Exhausted after a two-day voyage, I stayed for three or four days in Dijon, and for the same reason, I spent another similar amount of time in Auxerre. On my way there, I had the pleasure of meeting Mr. de Buffon, who received me with great kindness. I also met Mr. Daubenton in Montbar; after walking together in the garden for an hour or two, he told me that I already had some foundation in this field and that if I continued to work hard, I might become a decent botanist. However, the next day, before leaving, I visited his nursery again. Despite the heavy rain, we walked through it together; but since I knew very little about botany, I completely disappointed him, and he withdrew his earlier praise and said nothing more about me. Nevertheless, despite this initial setback, I continued to collect plants along my way and managed to find some familiar species in the countryside and forests. Throughout most of Burgundy, I saw the land covered on both sides with that same large yellow gentian that I had failed to find in Pila. The fields between Montbar and Chably are full of bulbocastanum, but its bulbs are much more bitter than those in England and almost inedible; œnante fistulosa and pulsatilla are also abundant there. However, since I only passed through the Forest of Fontainebleau in a hurry, I did not notice anything particularly noteworthy except for the geranium grandiflorum, which I happened to see once while walking.
I went to see Mr. Daubenton at the Jardin du Roi yesterday; while walking there, I met Mr. Richard, the gardener of Trianon, and I immediately took the opportunity to get to know him, as you can well understand. He promised to show me his garden, which is much more extensive than the one in Paris belonging to the king. This way, I will have the chance to learn about exotic plants in both places—something I am completely ignorant about, as you have seen. To visit Trianon more conveniently, I will try to choose a time when the court is not in Versailles and will make sure to collect twice as much as is allowed to me, so that I can send you anything you might lack. I also saw Mr. Cochin’s garden, which seemed very beautiful to me; but since the owner was not there, I did not dare touch anything. Since my arrival, I have been overwhelmed with visits and dinners, and if this continues, I will surely not be able to endure it. Unfortunately, I lack the strength to resist such demands. However, if I do not change my lifestyle soon, both my health and my interest in botany are at great risk. All of this is far from conducive to earning a decent living through music; I fear that eating out so often might eventually lead to death from hunger back home. My troubled soul needed some distraction, I feel, but I worry that I won’t be able to control it here. I would much prefer to be focused and inwardly engaged rather than distracted by external activities. Mr., I have not found any company more pleasant or suitable for me than yours; nor has there been any reception more in line with my wishes than the one I received at your home from the lovely Mélanie. If only I could choose a life that is both balanced and peaceful, I would spend every morning working on my music or studying my herbarium, dine with you and Mélanie, and then spend an hour or two listening to her voice and playing her harp, enjoying each other’s company as we wandered through the gardens and engaged in philosophical discussions. Lyon left me with some regrets, but perhaps one day they will bring me back there; if that happens, you will not be forgotten in my plans—may you help make them come true! I regret not knowing the address of your brother here; if he is still alive, I would have visited him long ago to pay my respects and ask him to remember me to you and to M**.
If my paper didn’t end up completed, if the mail didn’t get sent on time, I wouldn’t be able to finish it myself. My chatter is just as disorganized in writing as it is in conversation. Please tolerate it in written form just as you did when we were talking. Farewell, and love me.
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Table of Contents for the title
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Letter VI
In Paris, on the 17th of the 28th month, year 70.
Poor blind fools that we are! etc.
Sir, I did not wish to accuse myself of my faults until I had made amends for them; but the bad weather and the changing seasons punish me for having neglected to tend to the Jardin du Roi when the weather was good, and prevent me from being able to inform you at present about the plantago uniflora and other interesting plants about which I could have spoken if I had made better use of Mr. de Jussieu’s kindnesses. However, I do not despair of taking advantage of some beautiful autumn day in the future to make this pilgrimage and bid farewell to the world of natural history for this year; but until then, permit me to take this opportunity to thank you, albeit tardily, for your continued kindness and for your letters, which always bring me great pleasure, even though I am not always prompt in responding to them. I have many other omissions to confess for which I also need your forgiveness. I wanted to go and thank your brother for the honor he has done me by remembering me and to pay him a visit; but I delayed at first, and then I forgot his address. I saw him once at the Italian opera; but we were in separate boxes, so I was unable to approach him, and now I even do not know whether he is still in Paris. Another unforgivable mistake: I remembered that I had not thanked you for introducing me to Mr. Robinet and for the kind reception you arranged for me there. If you are counting on your servant, this debt will remain irredeemable; but since it is our custom for me to fail and for you to forgive, please once again overlook my faults with your indulgence. I will try to need your forgiveness less in the future, provided that you do not demand perfection in my responses—for that duty is truly beyond my abilities, especially in my current situation. Adieu, sir; please remember from time to time a man who is sincerely attached to you and who always remembers with pleasure and regret the delightful walks we have had the good fortune to take together.
Pygmalion was performed in Montigny; I was not there, so I cannot speak about it. The memory of my first Galatea will never make me desire to see another one.
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Letter VII
In Paris, on the 17th of November 1770.
Poor blind fools that we are! etc.
Volevo, signore, raccontarvi del mio viaggio non appena arrivato a Parigi; ma mi sono serviti alcuni giorni per sistemarmi e mettermi in contatto con le mie vecchie conoscenze. Stanco dopo un viaggio di due giorni, ho soggiornato tre o quattro giorni a Digione; per la stessa ragione, ho trascorso altrettanto tempo ad Auxerre, dove ho avuto il piacere di incontrare casualmente il signor de Buffon, il quale mi ha accolto con grande gentilezza. Ho anche visto a Montbar il signor Daubenton, il subdelegato; dopo aver passeggiato insieme nel giardino per un’ora o due, mi disse che avevo già iniziato a coltivare piante e che, continuando così, avrei potuto diventare un botanico. Tuttavia, il giorno seguente, prima di partire, sono andato a trovarlo e abbiamo visitato insieme la sua serra, nonostante la pioggia intensa; essendo quasi completamente ignorante in materia botanica, ho deluso profondamente le sue aspettative, tanto che ha ritrattato i suoi elogi e non mi ha più detto nulla. Nonostante questo insuccesso, durante il viaggio ho continuato comunque a raccogliere erbe e ad incontrare persone conosciute sia in campagna che nei boschi. In quasi tutta la Borgogna ho visto la terra coperta, da entrambi i lati, da quella stessa grande genziana gialla che non ero riuscito a trovare a Pila. I campi, tra Montbar e Chably, sono pieni di bulbocastanum; tuttavia il bulbo è molto più amaro che in Inghilterra e quasi immangiabile. L’œnante fistulosa e la coquelourde (pulsatilla) sono anch’esse presenti in abbondanza; ma essendo passato attraverso la foresta di Fontainebleau in fretta, non ho notato nulla di particolare, se non il geranium grandiflorum, che ho incontrato per caso una sola volta.
Ieri sono andato a visitare il signor Daubenton nel Giardino del Re; passeggiando lì, ho incontrato il signor Richard, giardiniere di Trianon, e mi sono affrettato, come potete immaginare, a fare la sua conoscenza. Mi ha promesso di farmi visitare il suo giardino, che è molto più ricco di quello del re a Parigi; così ora ho l’opportunità di approfondire le mie conoscenze sulle piante esotiche, di cui, come avrete potuto notare, sono completamente ignorante. Per visitare Trianon con maggiore comodità, sceglierò un momento in cui la corte non sarà a Versailles e cercherò di procurarmi il doppio di tutto ciò che mi verrà permesso di prendere, così da potervi inviare ciò di cui forse non disponete. Ho anche visto il giardino del signor Cochin, che mi è sembrato molto bello; ma, in assenza del proprietario, non ho osato toccare nulla. Da quando sono arrivato, sono così sommerso da visite e cene che, se questa situazione dovesse continuare, sarebbe impossibile per me resistere. E purtroppo mi mancano le forze necessarie per difendermi. Tuttavia, se non trovo al più presto un altro modo di vivere, il mio stomaco e la mia passione per la botanica sono in grave pericolo. Tutto questo non è certo il modo migliore per riprendere a lavorare alla copia della musica in modo redditizio. E temo che, mangiando troppo in città, finisca per morire di fame a casa mia. La mia anima afflitta aveva bisogno di qualche distrazione, ma temo di non riuscire a regolarne l’intensità qui. Preferirei essere completamente me stesso piuttosto che essere costantemente assorbito da altre cose. Non ho trovato, signore, una compagnia più adatta e gradevole della vostra; nessun accogliimento più in linea con i miei desideri di quello che ho ricevuto, sotto la vostra protezione, dall’adorabile Mélanie. Se solo potessi scegliere una vita equilibrata e serena. Vorrei trascorrere ogni giorno della mia vita al mattino a lavorare, sia alla copia della musica che al mio erbario; pranzare con voi e Mélanie; poi, per un’ora o due, nutrire la mia mente e il mio cuore con i suoni della sua voce e della sua arpa. E infine passeggiare da solo con voi per il resto della giornata, raccogliendo erbe e discutendo di filosofia a seconda del nostro umore. Lyon mi ha lasciato dei rimpianti, forse un giorno mi avvicinerò di nuovo a lui. Se ciò dovesse accadere, signore, non vi dimenticherò nei miei progetti. Possiate aiutarne l’esecuzione! Mi dispiace non conoscere l’indirizzo di vostro fratello, se ancora è qui: non avrei tardato a andarlo a trovare, per ricordargli voi e chiedergli di ricordarsi spesso di me e di M**.
Se il mio foglio di carta non finisse mai, se la posta non partisse mai, io stesso non riuscirei a concludere ciò che ho da dire. Il mio chiacchiericcio, scritto su carta, non è certo più ordinato di quanto lo sia durante una conversazione. Vi prego di sopportarlo allo stesso modo in cui avete sopportato le mie parole parlate. Vale, e mi ama.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de la Tourette
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere sulla botanica
Elenco generale dei titoli
Lettera VI
A Parigi, il 17 settembre 1770.
Poveri ciechi che siamo, ecc.
Signore, non volevo accusarmi dei miei errori se non dopo averli rimediati; ma il cattivo tempo e la stagione che peggiora mi puniscono per aver trascurato il “Giardino del Re” quando faceva bello, e mi impediscono al momento di parlarvi della plantago uniflora e delle altre piante curiose di cui avrei potuto parlare se avessi saputo approfittare meglio delle gentilezze di Monsieur de Jussieu. Tuttavia, non dispero di poter ancora approfittare di qualche bella giornata autunnale per compiere questo “pellegrinaggio” e ricevere, quest’anno, l’addio della “singénésie”; ma intanto, permettetemi di ringraziarvi, sebbene tardi, per la continuità delle vostre gentilezze e delle vostre lettere, che mi fanno sempre grande piacere, anche se non rispondo sempre con puntualità. Devo ancora rimproverarmi di molte altre omissioni per le quali ho altrettanto bisogno del vostro perdono. Volevo andare a ringraziare vostro fratello per l’onore che mi ha fatto ricordandosi di me, e fargli visita; prima ho tardato, poi ho dimenticato il suo indirizzo. L’ho rivisto una volta alla commedia italiana, ma eravamo in logge separate, non sono riuscito a parlargli, e ora non so nemmeno se sia ancora a Parigi. Un altro errore imperdonabile: mi sono ricordato di non avervi ringraziato per avermi fatto conoscere Monsieur Robinet e per l’ospitalità che mi ha riservato. Se contate su di me come vostro servitore, rimarrò sempre inadeguato; ma poiché siamo abituati a questo: io a fallire, voi a perdonare, coprite ancora una volta le mie colpe con la vostra indulgenza, e cercherò di averne meno bisogno in futuro, purché non mi chiediate di rispondere sempre con puntualità, poiché questo dovere è assolutamente al di sopra delle mie forze, soprattutto nella mia attuale situazione. Addio, signore; ricordatevi, vi prego, di un uomo che vi è sinceramente legato, e che non dimentica mai con piacere e rimorso le deliziose passeggiate che ha avuto la fortuna di fare con voi.
A Montigny è stato rappresentato “Pigmalione”; non c’ero, quindi non posso parlarne. Il ricordo della mia prima “Galatea” non mi farà mai desiderare di vedere un’altra.
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Botanica
Lettere sulla botanica
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Lettera VII
A Parigi, il 17 novembre 1770.
Poveri ciechi che siamo, ecc.
Je ne sais presque plus, monsieur, comment oser vous écrire, après avoir tardé si longtemps à vous remercier du trésor de plantes sèches que vous avez eu la bonté de m’envoyer en dernier lieu. N’ayant pas encore eu le temps de les placer, je ne les ai pas extrêmement examinées ; mais je vois à vue de pays qu’elles sont belles et bonnes ; je ne doute pas qu’elles ne soient bien dénommées, et que toutes les observations que vous me demandez ne se réduisent à des approbations. Cet envoi me remettra, je l’espère, un peu dans le train de la botanique, que d’autres soins m’ont fait extrêmement négliger depuis mon arrivée ici ; et le désir de vous témoigner ma bien impuissante, mais bien sincère reconnaissance, me fournira peut-être avec le temps quelque chose à vous envoyer. Quant à présent je me présente tout-à-fait à vide, n’ayant des semences dont vous m’envoyez la note que le seul doronicum pardulianches que je crois vous avoir déjà donné, et dont je vous envoie mon misérable reste. Si j’eusse été prévenu quand j’allai à Pila l’année dernière, j’aurais pu vous apporter aisément un litron des semences du prenanthes purpurea, et il y en a quelques autres comme le tamus, et la gentiane perfoliée que vous devez trouver aisément autour de vous. Je n’ai pas oublié le plantago monanthos, mais on n’a pu me le donner au Jardin du Roi, où il n’y en avait qu’un seul pied sans fleur et sans fruit ; j’en ai depuis recouvré un petit vilain échantillon que je vous enverrai avec autre chose, si je ne trouve pas mieux ; mais comme il croît en abondance autour de l’étang de Montmorency, j’y compte aller herboriser le printemps prochain, et vous envoyer, s’il se peut, plantes et graines. Depuis que je suis à Paris, je n’ai été encore que trois ou quatre fois au Jardin du Roi ; et quoiqu’on m’y accueille avec la plus grande honnêteté et qu’on m’y donne volontiers des échantillons déplantes, je vous avoue que je n’ai pu m’enhardir encore à demander des graines. Si j’en viens là, c’est pour vous servir que j’en aurai le courage, mais cela ne peut venir tout d’un coup. J’ai parié à M. de Jussieu du papyrus que vous avez rapporté de Naples ; il doute que ce soit le vrai papier nilotica. Si vous pouviez lui en envoyer, soit plante, soit graines, soit par moi, soit par d’autres, j’ai vu que cela lui ferait grand plaisir, et ce serait peut-être un excellent moyen d’obtenir de lui beaucoup de choses qu’alors nous aurions bonne grâce à demander, quoique je sache bien par expérience qu’il est charmé d’obliger gratuitement ; mais j’ai besoin de quelque chose pour m’enhardir, quand il faut demander.
Je remets avec cette lettre à MM. Boy de La Tour qui s’en retournent, une boîte contenant une araignée de mer, qui vient de bien loin ; car on me l’a envoyée du golfe du Mexique. Comme cependant ce n’est pas une pièce bien rare et qu’elle a été fort endommagée dans le trajet, j’hésitais à vous l’envoyer ; mais on me dit qu’elle peut se raccommoder et trouver place encore dans un cabinet: cela supposé, je vous prie de lui en donner une dans le vôtre, en considération d’un homme qui vous sera toute sa vie bien sincèrement attaché. J’ai mis dans la même boîte les deux ou trois semences de doronic et autres que j’avais sous la main. Je compte l’été prochain me remettre au courant de la botanique pour tâcher de mettre un peu du mien dans une correspondance qui m’est précieuse, et dont j’ai eu jusqu’ici seul tout le profit. Je crains d’avoir poussé l’étourderie au point de ne vous avoir pas remercié de la complaisance de M. Robinet, et des honnêtetés dont il m’a comblé. J’ai aussi laissé repartir d’ici M. de Fleurieu sans aller lui rendre mes devoirs, comme je le devais et voulais faire. Ma volonté, monsieur, n’aura jamais de tort auprès de vous ni des vôtres ; mais ma négligence m’en donne souvent de bien inexcusables que je vous prie toutefois d’excuser dans votre miséricorde. Ma femme a été très sensible à l’honneur de votre souvenir, et nous vous prions l’un et l’autre d’agréer nos très humbles salutations.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre VIII
A Paris, le 17 25/1 72.
Pauvres aveugles que nous sommes ! etc.
J’ai reçu, monsieur, avec grand plaisir, de vos nouvelles, des témoignages de votre souvenir, et des détails de vos intéressantes occupations. Mais vous me parlez d’un envoi de plantes par M. l’abbé Rosier, que je n’ai point reçu. Je me souviens bien d’en avoir reçu un de votre part, et de vous en avoir remercié, quoiqu’un peu tard, avant votre voyage de Paris ; mais depuis votre retour à Lyon, votre lettre a été pour moi votre premier signe de vie ; et j’en ai été d’autant plus charmé, que j’avais presque cessé de m’y attendre.
En apprenant les changements survenus à Lyon, j’avais si bien préjugé que vous vous regarderiez comme affranchi d’un dur esclavage, et que, dégagé de devoirs, respectables assurément, mais qu’un homme de goût mettra difficilement au nombre de ses plaisirs, vous en goûteriez un très vif à vous livrer tout entier à l’étude de la nature, que j’avais résolu de vous en féliciter. Je suis fort aise de pouvoir du moins exécuter après coup, et sur votre propre témoignage, une résolution que ma paresse ne m’a pas permis d’exécuter d’avance, quoique très sûr que cette félicitation ne viendrait pas mal à propos.
Sir, I hardly know how I dare to write to you again, after having delayed so long in thanking you for the wonderful collection of dried plants you took the kindness to send me recently. Having not had time to examine them yet, I have not studied them in detail; but at first glance, they seem to be beautiful and of good quality. I have no doubt they are properly identified, and that all the observations you ask me to make amount merely to expressions of my approval. I hope this gift will help me get back up to speed in botany, a field I have greatly neglected since arriving here due to other commitments. My desire to express my humble but sincere gratitude may eventually lead me to send you something else. For now, I am completely empty-handed; apart from the doronicum pardulianches that I believe I have already given you, I have nothing else to offer. If I had been informed last year when I went to Pila, I could have easily brought you a liter of seeds of prenanthes purpurea. There are also other plants such as tamus and gentiane perfoliata that you should be able to find readily nearby. I have not forgotten about plantago monanthos, but they only had one stunted plant without flowers or fruit at the Jardin du Roi; I have managed to recover a small, poor specimen, which I will send to you along with some other things if I cannot find anything better. Since it grows abundantly around the Montmorency pond, I plan to go and collect more next spring and send you both plants and seeds if possible. Since arriving in Paris, I have only been to the Jardin du Roi three or four times; although they treat me with great kindness and readily provide me with plant specimens, I must admit that I have not yet dared to ask for seeds. If I do so, it will be solely out of a desire to serve you, but such things cannot happen overnight. I also made a bet with M. de Jussieu about the papyrus you brought back from Naples; he doubts whether it is the genuine nilotica paper. If you could send him some specimens, whether plants, seeds, or through me or someone else, I believe it would please him greatly, and it might also be an excellent way to obtain many other things from him that we otherwise might have difficulty asking for. Although I know from experience that he enjoys helping people freely, I still need some encouragement before going so far.
I am enclosing, in this letter, a box containing a marine spider that has come from a very distant place—it was sent to me from the Gulf of Mexico. However, since it is not a particularly rare specimen and has been considerably damaged during its journey, I hesitated before sending it to you; but I have been told that it can be repaired and still find a place in a collection. Assuming this is possible, I would beg you to include it in your own collection, in memory of a man who will remain sincerely devoted to you for the rest of his life. I also included in the same box the two or three seeds of doronic and other plants that happened to be at hand. I intend to refresh my knowledge of botany next summer and try to contribute something to this correspondence, which is of great value to me—and from which I have thus far reaped all the benefits. I fear that I may have been too careless as to thank you properly for Mr. Robinet’s kindness and the many favors he has shown me. I also failed to go and bid farewell to Mr. de Fleurieu when he left here, as I had intended to do. My intentions, sir, will never be wrong towards you or those close to you; yet my negligence often leads to quite inexcusable mistakes—please forgive them out of your kindness. My wife was deeply touched by the honor of your remembrance, and we both earnestly request your acceptance of our most humble regards.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de la Tourette
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter VIII
In Paris, on the 17th day of the 25th month of the 1st year of 72.
Poor blind fools that we are! etc.
I was very pleased to receive, sir, news from you, testimonials of your kindness, and details about your interesting pursuits. However, you mention the sending of plants by Monsieur l’Abbé Rosier, which I have not received. I clearly remember receiving a shipment from you in the course of your trip to Paris, and I thanked you for it, albeit somewhat late after your return; but since your return to Lyon, your letter was my first sign of your well-being. I was all the more delighted by it, for I had almost stopped expecting any news from you.
Upon learning of the changes that had taken place in Lyon, I had assumed that you would regard yourselves as having been freed from a harsh form of slavery; that, freed from duties certainly respectable but not necessarily those that a man of taste would seek out for pleasure, you would take great delight in devotedly engaging in the study of nature. For this reason, I had resolved to congratulate you. I am very pleased to be able, at least now and based on your own testimony, to fulfill a resolution that my laziness had prevented me from carrying out beforehand—though I was certain that this congratulations would come at just the right time.
Signore, ormai non so quasi più come osare scrivervi, dopo aver tardato così a lungo a ringraziarvi per il prezioso dono di piante secche che avete avuto la gentilezza di inviarmi di recente. Non avendo ancora avuto il tempo di esaminarle attentamente, non posso dirvi molto al riguardo; tuttavia, a prima vista, sembrano belle e di buona qualità. Non dubito che siano ben classificate e che tutte le osservazioni che mi chiedete si riducano semplicemente ad approvazioni positive. Spero che questo dono mi aiuti a riprendere un po’ l’interesse per la botanica, che in questi mesi ho trascurato molto a causa di altri impegni; inoltre, il desiderio di dimostrarvi la mia gratitudine, sebbene sincera ma probabilmente poco efficace, potrebbe forse spingermi, col tempo, a inviarvi qualcos’altro. Per ora, però, non ho nulla da offrirvi: delle semine che mi avete inviato, l’unica cosa che possiedo è il doronicum pardulianches, di cui vi mando quanto ne è rimasto. Se solo fossi stato informato in tempo quando sono andato a Pila l’anno scorso, avrei potuto portarvi facilmente un litro di semi di prenanthes purpurea; ci sono anche altre piante come il tamus e la gentiane perfoliata che probabilmente troverete facilmente intorno a voi. Non ho dimenticato nemmeno il plantago monanthos, ma non è stato possibile procurarmelo al Giardino del Re, dove c’era solo un singolo esemplare privo di fiori e frutti; ne ho recuperato un piccolo campione che vi manderò insieme ad altre piante, se non riesco a trovarne di migliori. Tuttavia, poiché cresce in abbondanza intorno al lago di Montmorency, penso di andarci a raccogliere erbe la prossima primavera e di inviarvi, se possibile, piante e semi. Da quando sono arrivato a Parigi, sono stato solo tre o quattro volte al Giardino del Re; e anche se mi trattano con grande gentilezza e mi offrono volentieri campioni di piante, devo ammettere che non ho ancora il coraggio di chiedere dei semi. Se ci proverò, sarà soltanto per servirvi, ma questo non può avvenire subito. Ho scommesso con M. de Jussieu sul papiro che avete portato da Napoli; lui dubita che si tratti davvero del vero “papirus niloticus”. Se poteste inviarglielo, sia in forma di pianta che di seme, sia tramite me che attraverso altri, gli fareste grande piacere. E questo potrebbe essere un ottimo modo per ottenere da lui molte cose che altrimenti ci sarebbe difficile chiedergli. Anche se so bene, dall’esperienza, che è sempre felice di aiutare gratuitamente. Ma ho bisogno di qualcosa che mi incoraggi a farlo, quando arriva il momento di chiedere.
Con questa lettera invio ai signori Boy de La Tour che stanno per partire una scatola contenente un ragno di mare proveniente da molto lontano, poiché mi è stato spedito dal Golfo del Messico. Tuttavia, non essendo questo un esemplare particolarmente raro e avendone subito gravi danni durante il viaggio, esitavo a inviarvelo; ma mi è stato detto che può essere riparato e ancora inserito in una vetrina di collezione. Pertanto, vi prego di concedergli uno spazio nel vostro museo, in memoria di un uomo che vi sarà sempre fedele e sincero. Nella stessa scatola ho messo anche le due o tre semi di doronic e altre piante che avevo a disposizione. Intendo riprendere lo studio della botanica quest’estate, nel tentativo di contribuire con le mie conoscenze a questa corrispondenza così preziosa per me, dalla quale finora ho tratto tutto il beneficio possibile. Temo di essere stato troppo negligente nel non ringraziarvi adeguatamente per la gentilezza del signor Robinet e per tutte le cortesie che mi ha dimostrato. Inoltre, ho lasciato partire il signor de Fleurieu senza andare a ringraziarlo personalmente, come avrei dovuto e voluto fare. Signore, la mia volontà non vi offenderà mai né a voi né ai vostri cari; tuttavia, la mia negligenza mi ha spesso portato a commettere errori davvero inexcusabili, che vi prego di perdonare nella vostra misericordia. Mia moglie è stata molto commossa dall’onore della vostra memoria; pertanto, io e lei vi inviamo i nostri più umili saluti.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de la Tourette
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Lettera VIII
A Parigi, il 17 febbraio 1725.
Poveri ciechi che siamo, ecc.
Signore, ho ricevuto con grande piacere le vostre notizie, i segni del vostro ricordo e i dettagli delle vostre interessanti attività. Tuttavia, parlate di un invio di piante da parte dell’abate Rosier, che non ho ricevuto. Ricordo bene di averne ricevuto uno da voi e di esservi ringraziato, sebbene un po’ in ritardo, prima del vostro viaggio a Parigi; ma dopo il vostro ritorno a Lione, la vostra lettera è stata per me il primo segno della vostra presenza. E ne sono stato ancora più felice, poiché ormai avevo quasi smesso di aspettarmela.
Apprendendo dei cambiamenti avvenuti a Lione, avevo presunto che voi vi consideraste ormai liberati da un duro schiavitù e che, essendo svincolati da doveri certamente rispettabili ma che una persona di gusto difficilmente includerebbe tra i propri piaceri, provaste grande gioia nel dedicarvi interamente allo studio della natura; per questo avevo deciso di congratularmi con voi. Sono molto felice di poter almeno adesso, sulla base delle vostre stesse parole, attuare una decisione che la mia pigrizia mi aveva impedito di prendere in anticipo, anche se sono certo che questa congratulazione non arrivi affatto in ritardo.
Les détails de vos herborisations et de vos découvertes m’ont fait battre le cœur d’aise. Il me semblait que j’étais à votre suite, et que je partageais vos plaisirs ; ces plaisirs si purs, si doux, que si peu d’hommes savent goûter, et dont, parmi ce peu-là, moins encore sont dignes, puisque je vois, avec autant de surprise que de chagrin, que la botanique elle-même n’est pas exempte de ces jalousies, de ces haines couvertes et cruelles qui empoisonnent et déshonorent tous les autres genres d’études. Ne me soupçonnez point, monsieur, d’avoir abandonné ce goût délicieux ; il jette un charme toujours nouveau sur ma vie solitaire. Je m’y livre pour moi seul, sans succès, sans progrès, presque sans communication, mais chaque jour plus convaincu que les loisirs livrés à la contemplation de la nature sont les moments de la vie où l’on jouit le plus délicieusement de soi. J’avoue pourtant que, depuis votre départ, j’ai joint un petit objet d’amour propre à celui d’amuser innocemment et agréablement mon oisiveté. Quelques fruits étrangers, quelques graines qui me sont par hasard tombées entre les mains, m’ont inspiré la fantaisie de commencer une très petite collection en ce genre. Je dis commencer, car je serais bien fâché de tenter de l’achever, quand la chose me serait possible, n’ignorant pas que, tandis qu’on est pauvre, on ne sent que le plaisir d’acquérir ; et que, quand on est riche, au contraire, on ne sent que la privation de ce qui nous manque, et l’inquiétude inséparable du désir de compléter ce qu’on a. Vous devez depuis longtemps en être à cette inquiétude, vous, monsieur, dont la riche collection rassemble en petit presque toutes les productions de la nature, et prouve, par son bel assortiment, combien M, l’abbé Rosier a eu raison de dire qu’elle est l’ouvrage du choix et non du hasard. Pour moi, qui ne vais que tâtonnant dans un petit coin de cet immense labyrinthe, je rassemble fortuitement et précieusement tout ce qui me tombe sous la main, et non seulement j’accepte avec ardeur et reconnaissance les plantes que vous voulez bien m’offrir ; mais, si vous vous trouviez avec cela quelques fruits ou graines surnuméraires et de rebut dont vous voulussiez bien m’enrichir, j’en ferais la gloire de ma petite collection naissante. Je suis confus de ne pouvoir, dans ma misère, rien vous offrir en échange, au moins pour le moment. Car, quoique j’eusse rassemblé quelques plantes depuis mon arrivée à Paris, ma négligence et l’humidité de la chambre que j’ai d’abord habitée ont tout laissé pourrir. Peut-être serai-je plus heureux cette année, ayant résolu d’employer plus de soin dans la dessiccation de mes plantes, et surtout de les coller à mesure qu’elles sont sèches ; moyen qui m’a paru le meilleur pour les conserver. J’aurai mauvaise grâce, ayant fait une recherche vaine, de vous faire valoir une herborisation que j’ai faite à Montmorency l’été dernier avec la Caterve du Jardin du Roi ; mais il est certain qu’elle ne fut entreprise de ma part que pour trouver le plantago monanthos, que j’eus le chagrin d’y chercher inutilement. M. de Jussieu le jeune, qui vous a vu sans doute à Lyon, aura pu vous dire avec quelle ardeur je priai tous ces messieurs, sitôt que nous approchâmes de la queue de l’étang, de m’aidera la recherche de cette plante ; ce qu’ils firent, et entre autres M. Thouin, avec une complaisance et un soin qui méritaient lui meilleur succès.
Nous ne trouvâmes rien ; et après deux heures d’une recherche inutile, au fort de la chaleur, et le jour le plus chaud de l’année, nous fûmes respirer et faire la halte sous des arbres qui n’étaient pas loin, concluant unanimement que le plantago uniflora, indiqué par Tournefort et M. de Jussieu aux environs de l’étang de Montmorency, en avait absolument disparu. L’herborisation au surplus fut assez riche en plantes communes ; mais tout ce qui vaut la peine d’être mentionné se réduit à l’osmonde royale, le Iythrum hyssopifolia, le Iysimachia tenella, le peplis portula, le drosera rotundifolia, le cyperus fuscus, le schœnus nigricans, et l’hydrocotyle, naissantes avec quelques feuilles petites et rares, sans aucune fleur.
Le papier me manque pour prolonger ma lettre. Je ne vous parle point de moi, parce que je n’ai plus rien de nouveau à vous en dire, et que je ne prends plus aucun intérêt à ce que disent, publient, impriment, inventent, assurent, et prouvent, à ce qu’ils prétendent, mes contemporains, de l’être imaginaire et fantastique auquel il leur a plu de donner mon nom. Je finis donc mon bavardage avec ma feuille, vous priant d’excuser le désordre et le griffonnage d’un homme qui a perdu toute habitude d’écrire, et qui ne la reprend presque que pour vous. Je vous salue, monsieur, de tout mon cœur, et vous prie de ne pas m’oublier auprès de monsieur et madame de Fleurieu.
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Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Lettres à M. de la Tourette
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre IX
A Paris, le 17 7/1 73.
Pauvres aveugles que nous sommes ! etc.
Votre seconde lettre, monsieur, m’a fait sentir bien vivement le tort d’avoir tardé si longtemps à répondre à la précédente, et à vous remercier des plantes qui l’accompagnaient. Ce n’est pas que je n’aie été bien sensible à votre souvenir et à votre envoi ; mais la nécessité d’une vie trop sédentaire et l’inhabitude d’écrire des lettres en augmentent journellement la difficulté, et je sens qu’il faudra renoncer bientôt à tout commerce épistolaire, même avec les personnes qui, comme vous, monsieur, me l’ont toujours rendu instructif et agréable.
Mon occupation principale et la diminution de mes forces ont ralenti mon goût pour la botanique, au point de craindre de le perdre tout-à-fait. Vos lettres et vos envois sont bien propres à le ranimer. Le retour de la belle saison y contribuera peut-être: mais je doute qu’en aucun temps ma paresse s’accommode longtemps de la fantaisie des collections. Celle de graines qu’a faite M. Thouin avait excité mon émulation, et j’avais tenté de rassembler en petit autant de diverses semences et de fruits, soit indigènes, soit exotiques qu’il en pourrait tomber sous ma main: j’ai bien fait des courses dans cette intention. J’en suis revenu avec des moissons assez raisonnables, et beaucoup de personnes obligeantes ayant contribué à les augmenter, je me suis bientôt senti, dans ma pauvreté, l’embarras des richesses ; car, quoique je n’aie pas en tout un millier d’espèces, l’effroi m’a pris en tentant de ranger tout cela ; et la place d’ailleurs me manquant pour y mettre une espèce d’ordre, j’ai presque renoncé à cette entreprise ; et j’ai des paquets de graines qui m’ont été envoyés d’Angleterre et d’ailleurs, depuis assez longtemps, sans que j’aie encore été tenté de les ouvrir. Ainsi, à moins que cette fantaisie ne se ranime, elle est, quant à présent, à peu près éteinte.
Ce qui pourra contribuer avec le goût de la promenade qui ne me quittera jamais, à me conserver celui d’un peu d’herborisation, c’est l’entreprise des petits herbiers en miniature que je me suis chargé de faire pour quelques personnes, et qui, quoique uniquement composés de plantes des environs de Paris, me tiendront toujours un peu en haleine pour les ramasser et les dessécher.
Quoi qu’il arrive de ce goût attiédi, il me laissera toujours des souvenirs agréables des promenades champêtres dans lesquelles j’ai eu l’honneur de vous suivre, et dont la botanique a été le sujet ; et, s’il me reste de tout cela quelque part dans votre bienveillance, je ne croirai pas avoir cultivé sans fruit la botanique, même quand elle aura perdu pour moi ses attraits. Quant à l’admiration dont vous me parlez, méritée ou non, je ne vous en remercie pas, parce que c’est unim sentiment qui n’a jamais flatté mon cœur. J’ai promis à M. de Châteaubourg que je vous remercierais de m’avoir procuré le plaisir d’apprendre par lui de vos nouvelles, et je m’acquitte avec plaisir de ma promesse. Ma femme est très sensible à l’honneur de votre souvenir, et nous vous prions, monsieur, l’un et l’autre, d’agréer nos remerciements et nos salutations.
J. J. Rousseau: Oeuvres complètes
Botanique
LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
Lettre à M. L’abbé de Pramont
The details of your botanical pursuits and discoveries filled me with genuine delight. It felt as though I were following in your footsteps and sharing in your pleasures—those pure, gentle delights that so few men know how to appreciate, and among those even fewer are truly worthy of them. Yet, to my surprise and sorrow, I see that botany itself is not exempt from these jealousies and cruel, concealed hatreds that poison and dishonor all other fields of study. Do not suspect me, sir, of having abandoned this delightful pursuit; it continues to cast a new charm upon my solitary life. I engage in it for my own sake—without success, without progress, almost without any communication with others—but every day I become more convinced that the leisure spent in contemplating nature is indeed the time in life when one can most delightfully enjoy oneself. Nevertheless, I must admit that since your departure, I have added a slight element of vanity to this pursuit: some exotic fruits and seeds that happened to come into my hands inspired me to begin a very modest collection of this kind. I say “begin,” for I would be greatly disappointed if I ever tried to complete it, knowing full well that while one is poor, the pleasure lies solely in acquiring; but when one is rich, on the contrary, the only thing felt is the lack of what one possesses and the constant anxiety accompanying the desire to fill that void. You must have long been afflicted by such anxiety, you, sir, whose extensive collection encompasses nearly all the products of nature, proving once again how right Father Rosier was when he said that it is the result of choice, not chance. As for me, who am but treading cautiously in a tiny corner of this vast labyrinth, I gather whatever happens to fall into my hands—happily and gratefully. Not only do I accept with enthusiasm the plants you are kind enough to offer me; but if by any chance you have some surplus fruits or seeds that you would like to add to my collection, I would consider it a great honor. I am ashamed that, in my poverty, I can offer you nothing in return—for now at least. For although I have gathered a few plants since arriving in Paris, my negligence and the dampness of the room where I first lived caused them all to rot. Perhaps this year I will be more fortunate, having resolved to take greater care in drying my plants and especially to mount them as soon as they are dry—a method that I believe is the best way to preserve them. It would be impertinent of me, having conducted a futile search, to suggest to you the herbal collection I made in Montmorency last summer with the assistance of the staff from the Jardin du Roi; yet it is certain that I undertook this task solely with the aim of finding the plantago monanthos—only to discover, much to my regret, that my efforts were in vain. Mr. de Jussieu the younger, who must have met you in Lyon, could surely tell you how earnestly I begged all those gentlemen, as soon as we approached the edge of the lake, to help me in my search for this plant; they did so indeed, and in particular Mr. Thouin, with such diligence and care that their assistance truly deserved better results.
We found nothing; and after two hours of futile searching, in the heat of the day—during the hottest time of the year—we went to rest under some nearby trees, unanimously concluding that the Plantago uniflora, mentioned by Tournefort and M. de Jussieu in the vicinity of the Montmorency pond, had completely disappeared. Our collection of plants was quite rich in common species; but everything worth mentioning consisted of the Osmonde royale, Iythrum hyssopifolia, Iysimachia tenella, Peplis portula, Drosera rotundifolia, Cyperus fuscus, Schœnus nigricans, and Hydrocotyle—all of which emerged with only a few small, sparse leaves and no flowers at all.
I lack paper to continue this letter. I am not writing about myself, for I have nothing new to tell you, and I no longer take any interest in what my contemporaries say, publish, print, invent, claim, or prove—whether regarding that imaginary and fantastical realm to which they have chosen to assign my name. Therefore, I conclude this rambling letter, asking you to forgive the disorder and scribbles of a man who has lost all habit of writing, and who is only resuming it now for your sake. I bid you a heartfelt farewell, sir, and ask you to remember me to Monsieur and Madame de Fleurieu.
J. J. Rousseau: Complete Works
Botany
LETTERS ON BOTANY
Letters to Mr. de la Tourette
Table of Contents for the title
List of Works on Botany
General list of titles
Letter IX
In Paris, on the 17th of July 173.
Poor blind fools that we are! etc.
Your second letter, sir, made me keenly aware of my mistake in delaying my response to the previous one so long, and I would like to thank you for the plants that accompanied it. It is not that I have not been deeply grateful for your thoughtfulness and your gift; however, the necessity of a sedentary lifestyle and the lack of practice in writing letters make it increasingly difficult for me to do so. I feel that I will soon have to give up all correspondence, even with those individuals like you, sir, whose letters have always been both instructive and pleasant to read.
My main occupation and the decline of my physical strength have diminished my interest in botany to such an extent that I fear I may completely lose it. Your letters and gifts are indeed very helpful in reviving it. The return of the good weather might also help; but I doubt that my laziness would ever allow me to maintain this hobby for long. Mr. Thouin’s collection of seeds had inspired me, and I tried to gather as many different kinds of seeds and fruits—both native and exotic—as I could find. I made several trips in this pursuit and ended up with a considerable collection. Many kind people also helped me expand it, and soon, despite my poverty, I found myself faced with the “troubles” that come with wealth. For although I didn’t have even a thousand different species, the thought of organizing them all filled me with dread. Moreover, lacking the space to arrange them properly, I almost gave up on the whole project. There are still packets of seeds sent to me from England and other places, but I haven’t yet bothered to open them. Thus, unless this hobby reignites somehow, it is currently pretty much dead.
What may help, along with my enduring fondness for walking, in maintaining my interest in collecting herbs, is the small herb gardens in miniature that I have prepared for a few people. Although these consist solely of plants found in the vicinity of Paris, they always remind me of the pleasure of picking them and drying them.
No matter what happens to this diminished interest of mine, it will always leave me with pleasant memories of those country walks during which I had the honor of accompanying you, and whose subject was botany. And if, in your kindness, any trace of this remains, I shall not believe that my study of botany has been fruitless, even if it has lost its allure for me. As for the admiration you speak of—whether deserved or not—I thank you for it not at all, for such feelings have never flattered my heart. I promised Mr. de Châteaubourg that I would thank you for providing me with the pleasure of learning about your affairs through him, and I am glad to fulfill that promise. My wife is very touched by the honor of your remembrance, and we both, sir, earnestly request your acceptance of our thanks and regards.
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Botany
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Letter to Mr. Abbé de Pramont
I dettagli delle vostre raccolte di piante e delle vostre scoperte mi hanno riempito il cuore di gioia. Mi sembrava di essere al vostro fianco, di condividere i vostri piaceri, quei piaceri così puri, così dolci, che pochi uomini sanno apprezzare, e tra questi ancora meno sono quelli degni di goderli. Con sorpresa e dolore constato infatti che anche la botanica non è esente da gelosie e odii nascosti e crudeli che avvelenano e disonorano tutti gli altri campi dello studio. Non pensate, signore, che io abbia abbandonato questo delizioso passatempo; esso continua a infondere un fascino nuovo nella mia vita solitaria. Mi dedico ad esso per me stesso, senza successi, senza progressi, quasi senza contatti con altri, ma ogni giorno sono sempre più convinto che gli svaghi dedicati alla contemplazione della natura siano i momenti in cui si può godere più deliziosamente di se stessi. Tuttavia devo ammettere che, da quando siete partito, ho aggiunto anche un piccolo interesse personale a quello di divertirmi innocentemente con le mie occupazioni oziose. Alcuni frutti esotici, alcune semi che mi sono capitati per caso tra le mani, mi hanno ispirato l’idea di iniziare una piccola collezione in questo campo. Dico “iniziare”, perché sarei molto dispiaciuto se cercassi di portarla a termine, quando ciò fosse possibile, poiché so bene che mentre si è poveri si prova solo il piacere dell’acquisizione; mentre si è ricchi, invece, si sente soltanto la mancanza di ciò che ci manca, e l’inquietudine insita nel desiderio di completare ciò che si possiede. Voi, signore, che possedete una collezione così ricca da includere quasi tutte le produzioni della natura, dimostrate con essa quanto avesse ragione l’abate Rosier quando affermava che essa è il risultato di una scelta attenta, e non del caso. Per me, invece, che mi muovo soltanto in un piccolo angolo di questo immenso labirinto, raccolgo casualmente tutto ciò che mi capita tra le mani. E non solo accetto con entusiasmo e gratitudine le piante che voi mi offrite; ma se per caso aveste alcuni frutti o semi in eccesso o di scarso valore che volessiate donarmi, ne farei la gloria della mia piccola collezione nascente. Sono imbarazzato nel non potervi offrire nulla in cambio, almeno per il momento. Poiché, sebbene abbia raccolto alcune piante da quando sono arrivato a Parigi, la mia negligenza e l’umidità della stanza in cui ho vissuto all’inizio hanno fatto marcire tutto. Forse quest’anno avrò più fortuna: ho deciso di dedicare maggiore cura alla conservazione delle mie piante, soprattutto a farle essiccare immediatamente dopo la raccolta, un metodo che mi è sembrato il migliore per preservarle. Sarebbe scortese da parte mia, dopo una ricerca vana, insistere nel raccontarvi di un’erborazione che effettuai a Montmorency l’estate scorsa con il gruppo del “Jardin du Roi”; tuttavia è certo che la intrapresi soltanto allo scopo di trovare il plantago monanthos, che purtroppo non riuscii a individuare. Il giovane Monsieur de Jussieu, che probabilmente vi ha incontrato a Lione, potrà dirvi con quanta passione pregai tutti quei signori, non appena ci avvicinammo alla parte più remota dello stagno, di aiutarmi nella ricerca di questa pianta; e loro lo fecero davvero, soprattutto Monsieur Thouin, con una disponibilità e un impegno che avrebbero potuto garantirgli maggior successo.
Non trovammo nulla; e dopo due ore di ricerche inutili, nel mezzo del caldo più intenso dell’anno, decidemmo di riposarci all’ombra di alcuni alberi vicini, concludendo unanimemente che il plantago uniflora, indicato da Tournefort e M. de Jussieu nelle zone circostanti lo stagno di Montmorency, era assolutamente scomparso. L’erborazione rivelò comunque una notevole varietà di piante comuni; tuttavia, l’unica specie degna di essere menzionata è l’osmonde royale, il Iythrum hyssopifolia, il Iysimachia tenella, il peplis portula, la drosera rotundifolia, il cyperus fuscus, lo schœnus nigricans e l’hydrocotyle: queste piante crescevano con poche foglie piccole e rare, senza alcuna fiore.
Mi manca carta per continuare questa lettera. Non vi parlo di me, perché non ho più nulla di nuovo da dirvi, e non mi interessa affatto ciò che i miei contemporanei dicono, pubblicano, stampano, inventano, affermano e dimostrano, né ciò che sostengono riguardo a quell’essere immaginario e fantastico al quale hanno voluto dare il mio nome. Concludo quindi questo discorso, chiedendovi scusa per il disordine e i ghirigli di una persona che ha perso completamente l’abitudine di scrivere, e che lo riprende quasi esclusivamente per voi. Vi saluto con tutto il cuore, signore, e vi prego di non dimenticarmi presso il signor e la signora de Fleurieu.
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Botanica
Lettere sulla botanica
Lettere a Monsieur de la Tourette
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Elenco delle opere sulla botanica
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Lettera IX
A Parigi, il 17 luglio 1733.
Poveri ciechi che siamo, ecc.
La sua seconda lettera, signore, mi ha fatto profondamente rendere conto dell’errore commesso nell’aver tardato così a lungo a rispondere alla precedente, e vi ringrazio anche per le piante che l’accompagnavano. Non è che non abbia apprezzato molto il vostro pensiero e il vostro regalo; tuttavia, la necessità di una vita troppo sedentaria e l’abitudine di scrivere lettere aumentano quotidianamente le difficoltà in questo compito, e temo che presto dovrò rinunciare a qualsiasi forma di corrispondenza, anche con persone come voi, signore, che hanno sempre reso tale attività per me istruttiva e piacevole.
La mia principale occupazione e la diminuzione delle mie forze hanno indebolito il mio interesse per la botanica, al punto di temere di perderlo del tutto. Le vostre lettere e i vostri regali sono davvero in grado di rinfrescarlo. Forse anche il ritorno della bella stagione contribuirà a questo. Ma dubito che la mia pigrizia possa mai adattarsi a lungo alle esigenze di una collezione così varia. La raccolta di semi realizzata dal signor Thouin aveva stimolato la mia curiosità; avevo cercato di raccogliere, in quantità limitate, sementi e frutti sia autoctoni che esotici. Avevo fatto molte ricerche a questo scopo, e alla fine avevo ottenuto una collezione piuttosto significativa. Molte persone gentili avevano anche contribuito ad arricchirla. Ma nella mia povertà, mi sono ritrovato con un “carico” di ricchezze davvero ingombrante. Poiché, sebbene non possedessi mille specie diverse, il solo pensiero di doverle sistemare tutte mi spaventava. E inoltre, non avendo abbastanza spazio per metterle in ordine, ho quasi rinunciato a questo progetto. Ho ancora pacchi di semi che mi sono stati inviati dall’Inghilterra e da altri luoghi. Ma finora non ho mai avuto il coraggio di aprirli. Quindi, a meno che questa mia passione per la botanica non si rinnovi, al momento è praticamente spenta.
Ciò che, insieme al piacere di passeggiare che non mi abbandonerà mai, potrà aiutarmi a mantenere l’abitudine di raccogliere erbe, sono i piccoli erbari in miniatura che ho realizzato per alcune persone. Anche se composti unicamente da piante presenti nei dintorni di Parigi, il pensiero di raccoglierle e essiccarle continuamente mi stimola sempre a farlo.
Qualunque cosa accada riguardo a questo interesse che si è affievolito nel tempo, mi lascerà sempre piacevoli ricordi delle passeggiate campestri in cui ho avuto l’onore di seguirvi, e le cui argomentazioni principali erano la botanica; e se, in tutto ciò, vi è ancora qualche traccia della vostra benevolenza nei miei confronti, non crederò di aver coltivato invano la botanica, anche quando essa avrà perso per me il suo fascino. Per quanto riguarda l’ammirazione di cui parlate, sia meritata o meno, non vi ringrazio, perché si tratta di un sentimento che mai ha lusingato il mio cuore. Ho promesso al signor de Châteaubourg che vi avrei ringraziato per avermi permesso di conoscere le vostre novità attraverso di lui, e con piacere adempio a questa promessa. Mia moglie è molto sensibile all’onore di ricordarvi, e noi due vi preghiamo, signore, di accettare i nostri ringraziamenti e i nostri saluti.
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Lettera a Monsignor l’Abate de Pramont
N. B —L’abbé de Pramont avait confié à Rousseau une collection de planches gravées représentant des plantes, et accompagnées d’un texte explicatif pour chaque plante. Rousseau les a rangées suivant la méthode de Linnée, et a joint au texte des notes en assez grand nombre. Ce recueil en deux volumes grand in-folio contenant 398 planches, et ayant pour titre la Botanique mise à la portée de tout le monde par les sieur et dame Regnault, Paris, 1774[16], a été déposé à la bibliothèque de la Chambre des Députés. En tête est, avec l’original de la lettre qu’on va lire, une Table raisonnée et méthodique faite par Rousseau avec beaucoup de soin.
A Paris, le 13 avril 1778.
Vos planches gravées, monsieur, sont revues et arrangées comme vous l’avez désiré. Vous êtes prié de vouloir bien les faire retirer. Elles pourraient se gâter dans ma chambre, et n’y feraient plus qu’un embarras, parce que la peine que j’ai eue à les arranger me fait craindre d’y toucher derechef. Je dois vous prévenir, monsieur, qu’il y a quelques feuilles du discours extrêmement barbouillées et presque inlisibles ; difficiles même à relier sans rogner de l’écriture que j’ai quelquefois prolongée étourdiment sur la marge. Quoique j’aie assez rarement succombé à la tentation de faire des remarques, l’amour de la botanique et le désir de vous complaire m’ont quelquefois emporté. Je ne puis écrire lisiblement que quand je copie, et j’avoue que je n’ai pas eu le courage de doubler mon travail en faisant des brouillons. Si ce griffonnage vous dégoûtait de votre exemplaire, après l’avoir parcouru, je vous offre, monsieur, le remboursement, avec l’assurance qu’il ne restera pas à ma charge. Agréez, monsieur, mes très humbles salutations.
La Table méthodique dont il vient d’être parlé, est précédée d’un court préliminaire et terminée par cette observation:
« La méthode de Linnaeus n’est pas, à la vérité parfaitement naturelle. Il est impossible de réduire en un ordre méthodique et en même temps vrai et exact les productions de la nature, qui sont si variées et qui ne se rapprochent que par des gradations insensibles. Mais un système de botanique n’est point une histoire naturelle: c’est une table, une méthode qui, à l’aide de quelques caractères remarquables et à peu près constants, apprend à rassembler les végétaux connus et à y ramener les nouveaux individus qu’on découvre. Ce moyen est nécessaire pour en faciliter l’étude et fixer la mémoire. Ainsi aucun système botanique n’est véritablement naturel. Le meilleur est celui qui se trouve fondé sur les caractères les plus fixes et les plus aisés à connaître. »
Quant aux notes qu’on trouve presque sur chaque feuille du Recueil en question, elles prouvent une profonde connaissance de la matière, et sont quelquefois rédigées d’une manière piquante. En voici deux prises au hasard.
SUR LA GRANDE CAPUCINE, N° 128.
« Madame de Linnée a remarqué que ses fleurs rayonnent et jettent une sorte de lueur avant le crépuscule. Ce que je vois de plus sur dans cette observation, c’est que les dames dans ce pays-là se lèvent plus matin que dans celui-ci. »
SUR LA MÉLISSE OU CITRONNELLE, N° 214
« Chaque auteur la gratifie d’une vertu. C’est comme les fées marraines, dont chacune douait la filleule de quelque beauté ou qualité particulière. »
FIN des LETTRES SUR LA BOTANIQUE
Table des matières du titre
Liste des Œuvres sur la botanique
Liste générale des titres
N.B. — Abbé de Pramont had entrusted Rousseau with a collection of engraved plates depicting plants, each accompanied by an explanatory text. Rousseau arranged them according to Linné’s system and added a considerable number of notes to the texts. This two-volume collection in large folio format, containing 398 plates and titled Botanique mise à la portée de tout le monde par les sieur et dame Regnault, Paris, 1774[16], was deposited in the library of the Chamber of Deputies. At the beginning of the collection, along with the original letter that will be read later, appears a carefully prepared Table raisonnée et méthodique compiled by Rousseau himself.
In Paris, on April 13, 1778.
Your engraved sheets, sir, have been reviewed and arranged according to your wishes. I would kindly ask you to have them removed. They might get damaged in my room and would only cause trouble there, since the effort I put into arranging them makes me too afraid to touch them again. I must inform you, sir, that some of the pages of the manuscript are extremely messy and almost impossible to read; they are also difficult to bind without damaging the text, which I sometimes carelessly extended onto the margins. Although I rarely succumbed to the temptation to make any annotations, my love for botany and my desire to please you occasionally overcame me. I can only write clearly when I am copying something, and I must admit that I did not have the courage to double my work by creating drafts. If this scribbled mess makes you lose interest in your copy after reading it, I offer you a refund, sir, and assure you that it will no longer be a burden on me. Please accept, sir, my most humble regards.
The Methodical Table just mentioned is preceded by a brief introduction and ends with the following observation:
“Linnaeus’s method is, in truth, not entirely natural. It is impossible to reduce the products of nature—so varied and differing only through imperceptible gradations—to a systematic order that is both true and accurate. However, a system of botany is not a natural history; it is rather a framework, a method that, by utilizing a few distinctive and relatively constant characteristics, enables one to classify known plants and to assign newly discovered individuals to their proper categories. Such a means is necessary to facilitate the study of these organisms and to aid in their memorization. Hence, no system of botany can truly be considered natural. The best system is one that is based on the most stable and easily recognizable characteristics.”
As for the notes that can be found on almost every page of the aforementioned collection, they demonstrate a profound understanding of the subject matter and are sometimes written in a rather incisive manner. Here are two examples chosen at random.
At 128 Grande Capucine Street.
“Madame de Linnée observed that her flowers emit a kind of glow before dusk. What strikes me most about this observation is that the ladies in that country get up much earlier than those in this one.”
ON MELISSA OR LEMONBELL, NO. 214
“Each author endows her with a virtue; it’s like stepmothers, each of whom bestows some particular beauty or quality upon their goddaughter.”
End of letters on botany.
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List of Works on Botany
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N.B. — L’abate de Pramont aveva affidato a Rousseau una collezione di tavole incise raffiguranti piante, accompagnate da un testo esplicativo per ciascuna di esse. Rousseau le ordinò seguendo il metodo di Linneo e aggiunse al testo un gran numero di note. Questa raccolta in due volumi in grande formato, contenente 398 tavole e intitolata “Botanica messa alla portata di tutti da Monsieur et Madame Regnault”, fu pubblicata a Parigi nel 1774[16] ed è stata depositata presso la biblioteca della Camera dei Deputati. All’inizio del volume, insieme all’originale della lettera che andremo a leggere, si trova una “Tavola ragionata e metodica” redatta con grande cura da Rousseau stesso.
A Parigi, il 13 aprile 1778.
Le vostre tavole incise, signore, sono state revisionate e sistemate secondo i vostri desideri. Vi prego di farle ritirare: potrebbero rovinarsi nella mia stanza e rappresentare soltanto un ostacolo, poiché il tempo che ho impiegato per organizzarle mi fa temere di toccarle nuovamente. Devo avvertirvi, signore, che alcune pagine del discorso sono estremamente illeggibili; inoltre, è difficile rilegarle senza danneggiare la scrittura, che a volte ho prolungato troppo sulla margine. Sebbene abbia raramente ceduto alla tentazione di apportare modifiche, l’amore per la botanica e il desiderio di compiacervi mi hanno spesso spinto a farlo. Posso scrivere chiaramente soltanto quando faccio delle copie; devo ammettere che non ho avuto il coraggio di raddoppiare il mio lavoro preparando bozze. Se questi appunti vi dispiacessero dopo averli letti, vi offro, signore, il rimborso, con l’assicurazione che non resterà a mio carico alcun costo ulteriore. Accettate, signore, i miei più umili saluti.
Il “Quadro metodico” di cui si è appena parlato è preceduto da un breve preludio e termina con questa osservazione:
“Il metodo di Linnaeus, in realtà, non è perfettamente naturale. È impossibile ridurre in un ordine metodico, al contempo vero ed esatto, le produzioni della natura, che sono così varie e si avvicinano l’una all’altra soltanto attraverso gradazioni impercettibili. Tuttavia, un sistema di botanica non è una storia naturale: è piuttosto un quadro, un metodo che, grazie a alcuni caratteri distintivi e più o meno costanti, permette di raggruppare le piante conosciute e di ricondurre i nuovi individui scoperti al loro interno. Questo mezzo è necessario per facilitare lo studio e per fissare nella memoria le informazioni relative alle piante. Pertanto, nessun sistema botanico può essere considerato veramente naturale; il migliore è quello che si basa sui caratteri più stabili e più facilmente riconoscibili.”
Per quanto riguarda le note presenti su quasi ogni pagina di quel Raccolto in questione, esse dimostrano una profonda conoscenza dell’argomento trattato e, a volte, sono redatte in modo piuttosto incisivo. Ecco due esempi presi a caso.
In via Grande Capucina, numero 128.
“La signora de Linnée ha notato che i suoi fiori irradiano una sorta di luce prima del tramonto. Quello che trovo particolarmente interessante in questa osservazione è il fatto che, in quel paese, le donne si alzano molto più presto rispetto a questo.”
Sulla Melissa o Citronella, n. 214
“Ogni autore le conferisce una virtù particolare; è come le fate madrine, ognuna delle quali donava alla propria nipotina qualche bellezza o qualità speciale.”
Fine delle lettere sulla botanica.
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