Rousseau

Abstract

An episode translated from the second canto of Tasso’s Jerusalem Delivered, on the magician Ismeno and the theft of the sacred image. A poetic translation, without philosophical content.

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

ÉPISODE

Tiré du second chant de la Jérusalem délivrée, du Tasse.

Tandis que le tyran se prépare à la guerre, Ismène un jour se présente à lui ; Ismène qui de dessous la tombe peut faire sortir un corps mort et lui rendre le sentiment et la parole. Ismène qui peut, au son des paroles magiques, effrayer Pluton, jusqu’en son palais ; qui commande aux démons en maître, les emploie à ses œuvres impies et les enchaîne ou délie à son gré.

Chrétien jadis, aujourd’hui mahométan, il n’a pu quitter tout à fait ses anciens rites, et les profanant à de criminels usages, mêle et confond ainsi les deux lois qu’il connaît mal. Maintenant du fond des antres où il exerce ses arts ténébreux ; vient à son seigneur dans le danger public, à mauvais roi, pire conseiller.

Sire, dit-il, la formidable et victorieuse armée arrive. Mais nous, remplissons nos devoirs ; le ciel et la terre seconderont notre courage. Doué de toutes les qualités d’un capitaine et d’un roi, vous avez de loin tout prévu, vous avez pourvu à tout ; et si chacun s’acquitte ainsi de sa charge, cette terre sera le tombeau de vos ennemis.

Quant à moi, je viens de mon côté partager vos périls et vos travaux. J’y mettrai pour ma part les conseils de la vieillesse et les forces de l’art magique. Je contraindrai les anges bannis du ciel à concourir à mes soins. Je veux commencer mes enchantements par une opération dont il faut vous rendre compte.

Dans le temple des chrétiens, sur un autel souterrain est une image de celle qu’ils adorent, et que leur peuple ignorant fait la mère de leur dieu, né, mort, et enseveli. Le simulacre, devant lequel une lampe brûle sans cesse, est enveloppé d’un voile, et entouré d’un grand nombre de vœux suspendus en ordre, et que les crédules dévots y portent de toutes parts.

Il s’agit d’enlever de là cette effigie, et de la transporter de propres mains dans votre mosquée ; là j’y attacherai un charme si fort, qu’elle sera, tant qu’on l’y gardera, la sauvegarde de vos portes ; et par l’effet d’un nouveau mystère, vous conserverez dans vos murs un empire inexpugnable.

À ces mots le roi persuadé court impatient à la maison de Dieu, force les prêtres, enlève sans respect le chaste simulacre, et le porte à ce temple impie où un culte insensé ne fait qu’irriter le ciel. C’est là, c’est dans ce lieu profane et sur cette sainte image, que le magicien murmure ses blasphèmes.

Mais le matin du jour suivant, le gardien du temple immonde ne vit plus l’image où elle était la veille, et, l’ayant cherchée en vain de tous côtés, courut avertir le roi, qui, ne doutant pas que les chrétiens ne l’eussent enlevée, en fut transporté de colère.

Soit qu’en effet ce fût un coup d’adresse d’une main pieuse, ou un prodige du ciel, indigné que l’image de sa souveraine soit prostituée en un lieu souillé, il est édifiant, il est juste de faire céder le zèle et la piété des hommes, et de croire que le coup est venu d’en haut.

Le roi fit faire dans chaque église et dans chaque maison la plus importune recherche, et décerna de grands prix et de grandes peines à qui révélerait ou recélerait le vol. Le magicien de son côté déploya sans succès toutes les forces de son art pour en découvrir l’auteur : le ciel, au mépris de ses enchantements et de lui, tint l’oeuvre secrète, de quelque part qu’elle pût venir.

Mais le tyran, furieux de se voir cacher le délit qu’il attribue toujours aux fidèles, se livre contre eux à la plus ardente rage. Oubliant toute prudence, tout respect humain, il veut, à quelque prix que ce soit, assouvir sa vengeance. « Non, non, s’écriait-il, la menace ne sera pas vaine ; le coupable a beau se cacher, il faut qu’il meure ; ils mourront tous, et lui avec eux.

« Pourvu qu’il n’échappe pas, que le juste, que l’innocent périsse : qu’importe ? Mais qu’ai-je dit ? l’innocent ! Nul ne l’est ; et dans cette odieuse race en est-il un seul qui ne soit notre ennemi ? Oui, s’il en est d’exempts de ce délit, qu’ils portent la peine due à tous pour leur haine ; que tous périssent ; l’un comme voleur, et les autres comme chrétiens. Venez, mes loyaux, apportez la flamme et le fer ; tuez et brûlez sans miséricorde. »

C’est ainsi qu’il parle à son peuple. Le bruit de ce danger parvient bientôt aux chrétiens. Saisis, glacés d’effroi par l’aspect de la mort prochaine, nul ne songe à fuir ni à se défendre ; nul n’ose tenter les excuses ni les prières. Timides, irrésolus, ils attendaient leur destinée, quand ils virent arriver leur salut d’où ils l’espéraient le moins.

Parmi eux était une, vierge déjà nubile, d’une âme sublime, d’une beauté d’ange, qu’elle néglige ou dont elle ne prend que les soins dont l’honnêteté se pare ; et ce qui ajoute au prix de ses charmes, dans les murs d’une étroite enceinte elle les soustrait aux yeux et aux vœux des amants.

Mais est-il des mûrs que ne perce quelque rayon d’une beauté digne de briller aux yeux et d’enflammer les cœurs ? Amour, le souffrirais-tu ? Non ; tu l’as révélée aux jeunes désirs d’un adolescent. Amour, qui, tantôt argus et tantôt aveugle, éclaires les yeux de ton flambeau ou les voiles de ton bandeau, malgré tous les gardiens, toutes les clôtures, jusque dans les plus chastes asiles, tu sus porter un regard étranger.

Elle s’appelle Sophronie ; Olinde est le nom du jeune homme : tous deux ont la même patrie et la même foi. Comme il est modeste autant qu’elle est belle, il désire beaucoup, espère peu, ne demande rien, et ne sait ou n’ose se découvrir. Elle, de son côté, ne le voit pas, ou n’y pense pas, ou le dédaigne ; et le malheureux perd ainsi ses soins ignorés, mal connus, ou mal reçus.

Cependant on entend l’horrible proclamation, et le moment du massacre approche. Sophronie, aussi généreuse qu’honnête, forme le projet de sauver son peuple. Si sa modestie l’arrête, son courage l’anime et triomphe, ou plutôt ces deux vertus s’accordent et s’illustrent mutuellement.

La jeune vierge sort seule au milieu du peuple. Sans exposer ni cacher ses charmes, en marchant elle recueille ses yeux, resserre son voile, et en impose par la réserve de son maintien. Soit art ou hasard, soit négligence ou parure, tout concourt à rendre sa beauté touchante : le ciel, la nature et l’amour qui la favorisent, donnent à ses négligences l’effet de l’art.

Sans daigner voir les regards qu’elle attire à son passage, et sans détourner les siens, elle se présente devant le roi, ne tremble point en voyant sa colère, et soutient avec fermeté son féroce aspect. Seigneur, lui dit-elle, daignez suspendre votre vengeance et contenir votre peuple. Je viens vous découvrir et vous livrer le coupable que vous cherchez et qui vous a si fort offensé.

À l’honnête assurance de cet abord, à l’éclat subit de ces chastes et fières grâces, le roi, confus et subjugué, calme sa colère et adoucit son visage irrité. Avec moins de sévérité, lui dans l’âme, elle sur le visage, il en devenait amoureux. Mais une beauté revêche ne prend point un cœur farouche, et les douces manières sont les amorces de l’amour.

Soit surprise, attrait, ou volupté plutôt qu’attendrissement, le barbare se sentit ému. Déclare-moi tout, lui dit-il ; voilà que j’ordonne qu’on épargne ton peuple. Le coupable, reprit-elle, est devant vos yeux ; voilà la main dont ce vol est l’oeuvre. Ne cherchez personne autre ; c’est moi qui ai ravi l’image, et je suis celle que vous devez punir.

C’est ainsi que se dévouant pour le salut de son peuple, elle détourne courageusement le malheur public sur elle seule. Le tyran, quelque temps irrésolu, ne se livre pas si tôt à sa furie accoutumée. Il l’interroge : il faut, dit-il, que tu me déclares qui t’a donné ce conseil, et qui t’a aidée à l’exécuter.

Jalouse de ma gloire, je n’ai voulu, répond-elle, en faire part à personne. Le projet, l’exécution, tout vient de moi seule, et seule j’ai su mon secret. C’est donc sur toi seule, lui dit le roi, que doit tomber ma vengeance. Cela est juste, reprend-elle, je dois subir toute la peine, comme j’ai remporté tout l’honneur.

Ici le courroux du tyran commence à se rallumer. Il lui demande où elle a caché l’image ? Elle répond : Je ne l’ai point cachée, je l’ai brûlée, et j’ai cru faire une œuvre louable de la garantir ainsi des outrages des mécréants. Seigneur, est-ce le voleur que vous cherchez ? il est en votre présence. Est-ce le vol ? vous ne le reverrez jamais.

Episode

Extracted from the second chant of “Jerusalem Delivered,” by Tasso.

As the tyrant prepares for war, one day Ismène appears before him—Ismène, who, from beneath the tomb, can bring a dead body back to life and restore it with sensation and the ability to speak. Ismène, who, by the power of magical words, can frighten Pluto himself in his palace; who commands the demons as her master, employing them in her wicked deeds, and chains or liberates them at her will.

Once a Christian, now a Muslim, he has been unable to completely abandon his former rites; instead, he profanes them for criminal purposes, thereby mixing and confusing the two laws of which he knows so little. Now, from the depths of those dark abodes where he practices his sinister arts, he comes to his lord in times of public danger—to a poor king, an even worse advisor.

“Sir,” he said, “the formidable and victorious army is approaching. But we must fulfill our duties; heaven and earth will support our courage. Endowed with all the qualities of a captain and a king, you have foreseen everything in advance and taken care of everything. If everyone fulfills their responsibilities in this manner, this land shall become the tomb of your enemies.”

As for me, I have come from my own place to share your dangers and your endeavors. I will bring with me the wisdom of old age and the power of magical art. I will compel those angels banished from heaven to assist in my efforts. I wish to begin my enchantments with an operation whose significance you must understand.

In the Christians’ temple, on an underground altar, there lies an image of the one they worship—whom their ignorant people regard as the mother of their god, who was born, died, and buried. This statue, before which a lamp burns incessantly, is covered by a veil and surrounded by numerous prayers that devout believers bring from all directions.

It is necessary to remove that statue from there and transport it with your own hands to your mosque; there I will attach a powerful charm to it, so that as long as it remains there, it will serve as the protection for your gates; and through the effect of this new mystery, you will preserve within your walls an impregnable empire.

Upon hearing these words, the convinced king hurriedly rushed to the house of God, forced the priests away, and without any respect removed the sacred statue, carrying it to that impious temple where senseless worship only angered heaven. It was there, in that profane place and upon that holy image, that the magician whispered his blasphemies.

But on the morning of the following day, the guardian of the filthy temple found the statue no longer where it had been the previous day. Having searched everywhere in vain, he ran to inform the king, who, certain that the Christians must have stolen it, was filled with rage.

Whether it was indeed a clever act performed by a pious hand, or a miracle from heaven, angered that the image of its sovereign should be profaned in such a filthy place, it is edifying—and just—to believe that such action came from above.

The king ordered a thorough search to be conducted in every church and every household, offering generous rewards and severe punishments to those who revealed or concealed the whereabouts of the stolen object. On his part, the magician exerted all his magical powers without success in uncovering the thief: despite his spells and efforts, heaven kept the secret hidden, no matter where it might have been taken.

But the tyrant, furious that his crime—which he always attributes to his followers—was being concealed from him, turned against them with utmost rage. Forgetting all prudence and human respect, he was determined to avenge himself at any cost. “No, no,” he cried, “this threat will not go unfulfilled; the guilty may hide, but they must die—all of them, including him.”

“Let the righteous and the innocent perish—if only he does not escape! What does it matter? But what have I said? The innocent. None are innocent; in this abhorrent race, is there even one who is not our enemy? Yes, if there are any who are exempt from this crime, let them bear the same punishment as all for their hatred; let them all perish—some as thieves, and others as Christians. Come, my loyal followers, bring the fire and the sword; kill and burn without mercy.”

This is how he speaks to his people. Soon, the news of this danger reaches the Christians. Overwhelmed and paralyzed with fear at the thought of impending death, none think of fleeing or defending themselves; none dare offer excuses or pray. Timid and indecisive, they wait for their fate to be decided when, unexpectedly, salvation arrives from exactly where they had least expected it.

Among them was one who, though already of marriageable age, remained a virgin—possessing a sublime soul and the beauty of an angel. She either neglected her own charms or only cultivated those aspects that honesty would recommend; moreover, within the walls of a narrow enclosure, she kept them hidden from the eyes and desires of any lovers who might seek her.

But are there any walls that cannot be penetrated by some ray of beauty—beauty worthy of shining in the eyes and igniting hearts? Oh Love, would you endure such suffering? No; you have revealed it to the youthful desires of an adolescent. Love, who at times is sharp-eyed and at other times blind, you illuminate people’s eyes with your flame or veil their vision with your shadow—despite all guards and barriers, even in the most chaste retreats, you manage to cast a foreign gaze upon them.

Her name is Sophronie; Olinde is the name of the young man—they both come from the same country and share the same faith. Since he is as modest as she is beautiful, he desires much, hopes little, asks for nothing, and knows not or dares not reveal his feelings. On her part, she either does not see him, does not think of him, or despises him; and thus, the unfortunate man loses the care that might have been given to him—care that remains unknown, poorly understood, or even rejected.

However, the horrible proclamation is heard, and the moment of massacre approaches. Sophronie, who is both generous and honest, forms the plan to save her people. If modesty holds her back, courage inspires her and leads to victory; rather, these two virtues complement each other and enhance one another’s effect.

The young virgin walks out alone amidst the crowd. Without displaying or concealing her charms, as she moves forward, she gathers everyone’s gaze upon her, draws her veil closer around her face, and commands respect through the restraint of her demeanor. Whether it is art or chance, negligence or deliberate adornment, everything contributes to making her beauty truly moving: the heavens, nature, and the love that favors her give even her casual gestures the effect of deliberate artistry.

Without so much as sparing a glance at the reactions she provoked as she passed by, and without turning her own eyes away, she presented herself before the king. She did not tremble at the sight of his anger but faced it with firmness. “My lord,” she said, “please put an end to your vengeance and restrain your people. I have come to reveal to you and hand over the guilty one whom you are seeking and who has offended you so greatly.”

Filled with such honest assurance in her approach, and adorned with the sudden radiance of those pure and noble charms, the king, confused and captivated, calmed his anger and softened his irritated expression. With less severity on his part in his heart, and less sternness on hers in her demeanor, they began to fall in love. Yet a haughty beauty cannot win over a stubborn heart, and gentle manners are indeed the seeds of love.

Whether it was surprise, attraction, or rather a sense of pleasure rather than tenderness, the barbarian felt moved. “Tell me everything,” he said to her; “I have ordered that your people be spared.” “The guilty one is right before your eyes,” she replied; “this hand is responsible for this theft. Do not look for anyone else; it is I who stole the image, and it is me whom you must punish.”

In this way, by devoting herself to the salvation of her people, she bravely takes upon herself the public misfortune. The tyrant, momentarily hesitant, does not immediately give in to his usual fury. He interrogates her: “You must tell me,” he says, “who gave you this advice and who helped you carry it out.”

“Envious of my glory,” she replied, “I did not wish to share it with anyone. The plan, the execution—everything came from me alone, and only I knew my secret.” “Therefore,” the king said, “my vengeance must fall upon you alone.” “That is just,” she retorted, “for I must bear all the punishment, just as I reaped all the honor.”

Here, the tyrant’s anger begins to flare up again. He asks her where she hid the painting; she replies: “I did not hide it—I burned it, and I thought I was doing a virtuous thing by protecting it from the insults of those wicked people. My lord, is this the thief you are looking for? He is right before you. And as for the theft, you will never see it again.”

EPISODIO

Tratto dal secondo canto de “Gerusalemme liberata” di Tasso.

Mentre il tiranno si prepara alla guerra, un giorno Ismene si presenta davanti a lui; Ismene, che dal basso della tomba può far emergere un corpo morto e restituirgli i sensi e la capacità di parlare. Ismene, che al suono di parole magiche può spaventare Plutone fino nel suo palazzo; che comanda con autorità sui demoni, li utilizza per le sue opere empie e li incatena o li libera a suo piacimento.

Un tempo cristiano, oggi musulmano, non è riuscito a abbandonare del tutto i suoi antichi riti; profanandoli con usanze criminali, mescola e confonde così le due leggi che conosce appena. Ora, dalle profondità delle tane dove esercita le sue arti oscure, si reca dal suo signore nel momento del pericolo pubblico: un cattivo re, un consigliere ancora peggiore.

“Mio signore”, disse, “l’esercito formidabile e vittorioso sta arrivando. Ma noi, compiamo i nostri doveri; il cielo e la terra sosterranno il nostro coraggio. Voi, dotato di tutte le qualità di un capitano e di un re, avete previsto tutto in anticipo, avete provveduto a ogni cosa; e se ognuno adempirà così al proprio dovere, questa terra diventerà la tomba dei vostri nemici.”

Per quanto mi riguarda, sono venuto da parte mia per condividere i vostri pericoli e i vostri sforzi. Metterò a disposizione i consigli dell’età matura e le forze dell’arte magica; costringerò gli angeli esiliati dal cielo ad aiutarmi nelle mie cure. Voglio iniziare i miei incantesimi con un’operazione di cui è necessario che vi rendiate conto.

Nel tempio dei cristiani, su un altare sotterraneo si trova l’immagine di colui che adorano; il loro popolo ignorante considera questa figura la madre del loro dio, nato, morto e sepolto. Il simulacro, davanti al quale una lampada brucia incessantemente, è avvolto in un velo ed circondato da numerosi voti che i fedeli devoti portano da tutte le parti.

Si tratta di rimuovere da lì quella statua e di trasportarla personalmente nella vostra moschea; lì attaccherò su di essa un incantesimo così potente che, finché sarà conservata lì, costituirà la protezione delle vostre porte; e grazie a un nuovo mistero, i vostri muri conserveranno un impero inespugnabile.

All’udire queste parole, il re, convinto della bontà delle sue intenzioni, si affretta verso la casa di Dio; costringe i sacerdoti, rimuove con disprezzo l’immagine sacra e la porta in quel tempio empio dove un culto insensato non fa altro che offendere il cielo. È lì, in quel luogo profano e su quell’immagine sacra, che il mago sussurra i suoi blasphemi.

Ma la mattina seguente, il custode del tempio impuro non trovò più l’immagine che c’era il giorno prima; dopo averla cercata invano dappertutto, corse ad avvisare il re, il quale, senza dubitare che i cristiani l’avessero rubata, ne fu profondamente indignato.

Che si trattasse davvero di un gesto ispirato da una mano pia, o di un miracolo del cielo, indignato dal fatto che l’immagine della sua sovrana venisse profanata in un luogo impuro, è certamente edificante e giusto riconoscere che tale azione sia scaturita dall’alto.

Il re ordinò che venissero fatte ricerche approfondite in ogni chiesa e in ogni casa, promettendo grandi ricompense a chi avesse rivelato o nascosto il furto e severe punizioni a chi lo avesse taciuto. Il mago, dal canto suo, impiegò tutte le sue arti magiche senza successo nel tentativo di scoprire l’autore del crimine: il cielo, indifferente ai suoi incantesimi e a lui stesso, mantenne il segreto di quel furto, qualunque ne fosse stata la causa.

Ma il tiranno, furioso nel vedere il proprio crimine nascosto – crimine che attribuisce sempre ai fedeli – si scatena contro di loro con la più violenta rabbia. Dimenticando ogni prudenza, ogni rispetto umano, vuole, a qualunque costo sia, soddisfare la propria vendetta. “No, no”, gridava, “la minaccia non sarà vana; il colpevole, per quanto si nasconda, deve morire. Moriranno tutti, e lui con loro”.

“Che non scappi. Che il giusto, che l’innocente periscano: che importanza ha? Ma cosa ho detto? L’innocente. Nessuno lo è; e in questa odiosa razza c’è forse uno solo che non sia nostro nemico? Sì, se ci sono alcuni esenti da questo crimine, che subiscano la pena dovuta a tutti per il loro odio. Che tutti periscano: alcuni come ladri, gli altri come cristiani. Venite, miei fedeli. Portate fuoco e ferro; uccidete e bruciate senza pietà.”

Ecco come parla al suo popolo. Il rumore di questo pericolo giunge presto ai cristiani. Presi dal terrore all’idea della morte imminente, nessuno pensa a fuggire né a difendersi; nessuno osa cercare scuse o pregare. Timidi e indecisi, attendono il loro destino, quando improvvisamente vedono arrivare la salvezza proprio da dove meno se l’aspettavano.

Tra di loro c’era una ragazza, ancora vergine ma già pronta per il matrimonio, dall’anima sublime e dalla bellezza angelica; lei trascurava o si prendeva cura di sé soltanto nel modo che la decenza richiede; inoltre, all’interno delle mura di un angusto recinto, nascondeva i propri incanti agli sguardi e ai desideri degli amanti.

Ma esistono forse muri che non lascino penetrare qualche raggio di una bellezza degna di brillare negli occhi e di infuocare i cuori? Amore, lo sopporteresti? No; l’hai rivelato ai giovani desideri di un adolescente. Amore, che a volte sei vigile e altre volte cieco, illumini gli occhi con il tuo bagliore o oscurali con il tuo velo; nonostante tutti i guardiani, tutte le barriere, persino nei luoghi più casti, riesci sempre a portare uno sguardo “estraneo”.

Si chiama Sofronia; Olinde è il nome del giovane: entrambi provengono dalla stessa patria e condividono la stessa fede. Lui, modesto quanto lei è bella, desidera molto, spera poco, non chiede nulla e non sa o non osa rivelare i propri sentimenti. Lei, dal canto suo, non lo vede, o non ci pensa, o lo disprezza; e così il poveretto perde quegli affetti che rimangono ignorati, poco conosciuti o mal accettati.

Tuttavia, si ode la terribile proclamazione e il momento del massacro si avvicina. Sophronia, generosa e onesta allo stesso tempo, formula il piano per salvare il suo popolo. Se la sua modestia la trattiene, il suo coraggio la spinge ad agire; o meglio, queste due virtù si combinano e si rafforzano a vicenda.

La giovane vergine esce da sola in mezzo alla folla. Senza esporre né nascondere i suoi incanti, cammina mentre attira gli sguardi di tutti; stringe il suo velo e impone rispetto con la compostezza del suo portamento. Che si tratti di arte o di casualità, di negligenza o di cura, tutto contribuisce a rendere la sua bellezza commovente: il cielo, la natura e l’amore che la favoriscono trasformano le sue apparenti trascuratezze in effetti artistici.

Senza degnarsi di notare gli sguardi che attira al suo passaggio, e senza distogliere i propri occhi, si presenta davanti al re; non trema affatto alla vista della sua ira e affronta con fermezza il suo aspetto minaccioso. “Signore”, gli dice, “permettetemi di sospendere la vostra vendetta e di placare il vostro popolo. Sono venuta a rivelarvi e a consegnarvi il colpevole che state cercando e che vi ha offeso così gravemente”.

Di fronte alla sincera sicurezza di quel modo di comportarsi, al fulgore improvviso di quelle grazie pure e fiere, il re, confuso e soggiogato, placò la sua ira e addolcì il suo volto irritato. Con meno severità da parte sua nel cuore e da parte sua sul viso, iniziarono a provare amore l’uno per l’altra. Ma una bellezza riservata non riesce ad conquistare un cuore indomabile, e le maniere dolci sono le premesse dell’amore.

Sia sorpresa, attrazione o piuttosto voluttà, piuttosto che commozione, il barbaro si sentì turbato. “Raccontami tutto”, gli disse; “ordino ora che il tuo popolo venga risparmiato”. “Il colpevole è davanti ai vostri occhi”, riprese lei; “è questa la mano che ha compiuto questo furto. Non cercate nessun altro: sono stata io a rubare l’immagine, ed è me che dovete punire”.

Ed è così che, dedicandosi al salvataggio del suo popolo, lei affronta coraggiosamente la sventura pubblica assumendosela tutta su di sé. Il tiranno, per un momento indeciso, non si abbandona subito alla sua furia abituale; la interroga: “Devo sapere chi ti ha dato questo consiglio e chi ti ha aiutato a metterlo in atto”, dice.

“Invidiosa della mia gloria, non ho voluto condividerla con nessuno”, rispose lei. “Il progetto, l’esecuzione, tutto è venuto da me sola; solo io conoscevo il mio segreto. Pertanto, la mia vendetta deve ricadere su di te soltanto”, le disse il re. “È giusto”, replicò lei. “Devo subire tutta la pena, proprio come ho ricevuto tutto l’onore”.

Qui il furore del tiranno inizia di nuovo a divampare. Lui le chiede dove abbia nascosto l’immagine; lei risponde: “Non l’ho nascosta, l’ho bruciata, e ho creduto di compiere un atto meritevole proteggendola così dai oltraggi dei miscredenti”. Signore, è forse questo il ladro che state cercando? È proprio davanti a voi. E il furto? Non lo rivedrete mai più.

Quoiqu’au reste ces noms de voleur et de vol ne conviennent ni à moi ni à ce que j’ai fait, rien n’est plus juste que de reprendre ce qui fut pris injustement. À ces mots, le tyran pousse un cri menaçant ; sa colère n’a plus de frein. Vertu, beauté, courage, n’espérez plus trouver grâce devant lui. C’est en vain que, pour la défendre d’un barbare dépit, l’amour lui fait un bouclier de ses charmes.

On la saisit. Rendu à toute sa cruauté, le roi la condamne à périr sur un bûcher. Son voile, sa chaste mante lui sont arrachés ; ses bras délicats sont meurtris de rudes chaînes. Elle se tait ; son âme forte, sans être abattue, n’est pas sans émotion ; et les roses éteintes sur son visage y laissent la candeur de l’innocence plutôt que la pâleur de la mort.

Cet acte héroïque aussitôt se divulgue. Déjà le peuple accourt en foule. Olinde accourt aussi tout alarmé. Le fait était sûr, la personne encore douteuse : ce pouvait être la maîtresse de son cœur. Mais sitôt qu’il aperçoit la belle prisonnière en cet état, sitôt qu’il voit les ministres de sa mort occupés à leur dur office, il s’élance, il heurte la foule,

Et crie au roi : Non, non ; ce vol n’est point de son fait ; c’est par folie qu’elle s’en ose vanter. Comment une jeune fille sans expérience pourrait-elle exécuter, tenter, concevoir même une pareille entreprise ? comment a-t-elle trompé les gardes ? comment s’y est-elle prise pour enlever la sainte image ? Si elle l’a fait, qu’elle s’explique. C’est moi, sire, qui ai fait le coup. Tel fut, tel fut l’amour dont même sans retour il brûla pour elle.

Il reprend ensuite : Je suis monté de nuit jusqu’à l’ouverture par où l’air et le jour entrent dans votre mosquée, et, tentant des routes presque inaccessibles, j’y suis entré par un passage étroit. Que celle-ci cesse d’usurper la peine qui m’est due : j’ai seul mérité l’honneur de la mort ; c’est à moi qu’appartiennent ces chaînes, ce bûcher, ces flammes ; tout cela n’est destiné que pour moi.

Sophronie lève sur lui les yeux : la douceur, la pitié sont peintes dans ses regards. Innocent infortuné, lui dit-elle, que viens-tu faire ici ? Quel conseil t’y conduit ? quelle fureur t’y traîne ? Crains-tu que sans toi mon âme ne puisse supporter la colère d’un homme irrité ? Non, pour une seule mort, je me suffis à moi seule, et je n’ai pas besoin d’exemple pour apprendre à la souffrir.

Ce discours qu’elle tient à son amant ne le fait point rétracter ni renoncer à son dessein. Digne et grand spectacle où l’amour entre en lice avec la vertu magnanime, ou la mort est le prix du vainqueur et la vie la peine du vaincu ! Mais, loin d’être touché de ce combat de constance et de générosité, le roi s’en irrite,

Et s’en croit insulté, comme si ce mépris du supplice retombait sur lui. Croyons-en, dit-il, à tous deux ; qu’ils triomphent l’un et l’autre, et partagent la palme qui leur est due. Puis il fait signe aux sergents, et dans l’instant Olinde est dans les fers. Tous deux, liés et adossés au même pieu, ne peuvent se voir en face.

On arrange autour d’eux le bûcher ; et déjà l’on excite la flamme, quand le jeune homme éclatant en gémissements, dit à celle avec laquelle il est attaché : C’est donc là le lien duquel j’espérais m’unir à toi pour la vie ! C’est donc là ce feu dont nos cœurs devaient brûler ensemble !

O flammes ! ô nœuds qu’un sort cruel nous destine ! Hélas ! vous n’êtes pas ceux que l’amour m’avait promis ! Sort cruel qui nous sépara durant la vie, et nous joint plus durement encore à la mort ! Ah ! puisque tu dois la subir aussi funeste, je me console, en la partageant avec toi, de t’être uni sur ce bûcher, n’ayant pu l’être à la couche nuptiale. Je pleure, mais sur ta triste destinée, et non sur la mienne, puisque je meurs à tes côtés.

Oh ! que la mort me sera douce, que les tourments me seront délicieux, si j’obtiens qu’au dernier moment, tombant l’un sur l’autre, nos bouches se joignent pour exhaler et recevoir au même instant nos derniers soupirs ! Il parle et ses pleurs étouffent ses paroles. Elle le tance avec douceur, et le remontre en ces termes :

Ami, le moment où nous sommes exige d’autres soins et d’autres regrets. Ah ! pense, pense à tes fautes et au digne prix que Dieu promet aux fidèles. Souffre en son nom ; les tourments te seront doux. Aspire avec joie au séjour céleste : vois le ciel comme il est beau ; vois le soleil, dont il semble que l’aspect riant nous appelle et nous console.

À ces mots, tout le peuple païen éclate en sanglots, tandis que le fidèle ose à peine gémir à plus basse voix. Le roi même, le roi sent au fond de son âme dure je ne sais quelle émotion prête à l’attendrir : mais, en la pressentant, il s’indigne, s’y refuse, détourne les yeux, et part sans vouloir se laisser fléchir. Toi seule, ô Sophronie ! n’accompagne point le deuil général, et quand tout pleure sur toi, toi seule ne pleure pas.

En ce péril pressant survient un guerrier, ou paraissant tel, d’une haute et belle apparence, dont l’armure et l’habillement étranger annonçait qu’il venait de loin : le tigre, fameuse enseigne qui couvre son casque, attira tous les yeux, et fit juger avec raison que c’était Clorinde.

Dès l’âge le plus tendre, elle méprisa les mignardises de son sexe : jamais ses courageuses mains ne daignèrent toucher le fuseau, l’aiguille et les travaux d’Arachné ; elle ne voulut ni s’amollir par des vêtements délicats, ni s’environner timidement de clôtures. Dans les camps même, la vraie honnêteté se fait respecter, et partout sa force et sa vertu fut sa sauvegarde : elle arma de fierté son visage, et se plut à le rendre sévère ; mais il charme, tout sévère qu’il est.

D’une main encore enfantine elle apprit à gouverner le mors d’un coursier, à manier la pique et l’épée ; elle endurcit son corps sur l’arène, se rendit légère à la course ; sur les rochers, à travers les bois, suivit à la piste les bêtes féroces ; se fit guerrière enfin ; et après avoir fait la guerre en homme aux lions dans les forêts, combattit en lion dans les camps parmi les hommes.

Elle venait des contrées persanes pour résister de toute sa force aux chrétiens : ce n’était pas la première fois qu’ils éprouvaient son courage ; souvent elle avait dispersé leurs membres sur la poussière et rougi les eaux de leur sang. L’appareil de mort qu’elle aperçoit en arrivant la frappe : elle pousse son cheval et veut savoir quel crime attire un tel châtiment.

La foule s’écarte ; et Clorinde, en considérant de près les deux victimes attachées ensemble, remarque le silence de l’une et les gémissements de l’autre. Le sexe le plus faible montre en cette occasion plus de fermeté ; et tandis qu’Olinde pleure de pitié plutôt que de crainte, Sophronie se tait, et, les yeux fixés vers le ciel, semble avoir déjà quitté le séjour terrestre.

Clorinde, encore plus touchée du tranquille silence de l’une que des douloureuses plaintes de l’autre, s’attendrit sur leur sort jusqu’aux larmes ; puis se tournant vers un vieillard qu’elle aperçut auprès d’elle : Dites-moi, je vous prie, lui demanda-t-elle, qui sont ces jeunes gens, et pour quel crime ou par quel malheur ils souffrent un pareil supplice.

Le vieillard en peu de mots ayant pleinement satisfait à sa demande, elle fut frappée d’étonnement, et, jugeant bien que tous deux étaient innocents, elle résolut, autant que le pourrait sa prière ou ses armes, de les garantir de la mort. Elle s’approche, en faisant retirer la flamme prête à les atteindre : elle parle ainsi à ceux qui l’attisaient :

Qu’aucun de vous n’ait l’audace de poursuivre cette cruelle œuvre jusqu’à ce que j’aie parlé au roi, je vous promets qu’il ne vous saura pas mauvais gré de ce retard. Frappés de son air grand et noble, les sergents obéirent : alors elle s’achemina vers le roi, et le rencontra qui venait au-devant d’elle.

Seigneur, lui dit-elle, je suis Clorinde ; vous m’avez peut-être ouï nommer quelquefois. Je viens m’offrir pour défendre avec vous la foi commune et votre trône : ordonnez ; soit en pleine campagne ou dans l’enceinte des murs, quelqu’emploi qu’il vous plaise m’assigner, je l’accepte sans craindre les plus périlleux ni dédaigner les plus humbles.

Though, in truth, these names of “thief” and “robbery” apply neither to me nor to what I have done, nothing is more just than to reclaim what was taken unjustly. At these words, the tyrant lets out a threatening cry; his anger knows no bounds. Virtue, beauty, courage—do not hope to find mercy before him. In vain does love attempt to shield them from a barbaric and vengeful heart.

She is seized. Reduced to his utmost cruelty, the king condemns her to die on the stake. Her veil, her chaste robe are torn away from her; her delicate arms are battered by rough chains. She remains silent; her strong soul, though not broken, is not devoid of emotion. And the withered roses upon her face bear the innocence of youth, rather than the pallor of morte.

This heroic act is immediately revealed to the public. The crowd gathers in large numbers; Olinde also arrives, filled with alarm. The fact was undeniable, but the identity of the person involved was still uncertain—it could be the woman of his heart. But the moment he sees the beautiful prisoner in that state, the moment he observes the ministers of her death carrying out their cruel duty, he rushes forward, pushing through the crowd.

And cry out to the king: “No, no; this theft is not his doing; it is sheer madness that makes her dare to boast about it. How could an inexperienced young girl possibly carry out, attempt, or even conceive such an enterprise? How did she manage to deceive the guards? How did she succeed in stealing the sacred image? If she did it, let her explain herself. It was I, my lord, who carried out this deed. Such was the love that burned within him—even if it meant no return—for her.”

He then continues: “I went up at night to the opening through which air and light enter your mosque, and by taking almost impassable paths, I managed to enter through a narrow passage. Let this place cease to usurp the punishment that is rightfully mine: only I deserve the honor of death; these chains, this pyre, these flames—all are meant for me alone.”

Sophronie raises her eyes to him: kindness and pity are written all over her gaze. “Innocent unfortunate one,” she says, “what brings you here? What counsel leads you here? What fury drives you here? Do you fear that without you my soul would not be able to endure the anger of an irritated man? No—for a single death, I am enough for myself; I do not need any example to learn how to endure it.”

The speech she delivers to her lover does not cause him to retract or abandon his resolve. What a noble and magnificent spectacle—where love takes on the role of the magnanimous virtue, where death is the reward for the victor and life the punishment for the loser! Yet, far from being moved by this battle of steadfastness and generosity, the king is angered by it.

And he takes it as an insult, as if this disdain for torture were directed at him himself. “Let us believe in it,” he said, “both of us; let them both triumph and share the reward that is due to them.” Then he signaled to the sergeants, and in an instant Olinde was bound in shackles. Both of them, tied together and leaning against the same stake, could not see each other face to face.

A pyre was arranged around them; just as the flames were about to be ignited, the young man, bursting into screams, said to the one to whom he was bound: “So this is the bond through which I hoped to unite with you for life! So this is the fire whose flames our hearts were meant to share together!”

O flames! O bonds that a cruel fate has destined for us! Alas! You are not those whom love had promised me! Cruel fate that separated us in life, and now binds us even more tightly in death! Ah! Since you must also endure such a tragic end, I take solace in sharing it with you—since we have been united upon this funeral pyre, though we could never have been so together in the bridal chamber. I weep, but for your sad fate, not for my own, for I die by your side.

Oh! How gentle death would be for me, how delightful the torment would be, if at that final moment, as we fell together, our lips could join to exhale and receive our last breaths in unison! He speaks, but his tears choke his words. She gently rebukes him, reminding him in these terms.

My friend, at this moment, we require other kinds of care and other kinds of regret. Ah! Think about your faults and about the noble reward that God promises to the faithful. Suffer in His name; such suffering will be gentle to you. Aspire with joy to the heavenly dwelling place: see how beautiful the sky is; behold the sun, whose seemingly joyful appearance seems to call us and comfort us.

At these words, the entire pagan people burst into tears, while the faithful one dares only to moan in a low voice. Even the king, deep within his hardened heart, feels some unknown emotion that threatens to soften him; but upon sensing it, he grows indignant, resists it, turns away his gaze, and leaves, refusing to be subdued. Only you, O Sophronie! do not join in this general grief; when everyone weeps for you, only you do not weep.

In this dire peril, a warrior appeared—or at least seemed to be a warrior—of tall and handsome stature, whose exotic armor and attire indicated that he had come from afar. The tiger, the famous emblem adorning his helmet, drew everyone’s attention, and it was rightly concluded that he must be Clorinde.

From the earliest age, she despised the frivolous pursuits of her gender; her brave hands never deigned to touch a needle or engage in any task akin to that of Arachne. She refused to soften herself with delicate clothing, nor to surround herself with timid barriers. Even in camps, true honesty commands respect, and everywhere her strength and virtue were her protection. She filled her face with pride and took pleasure in making it appear stern; yet, no matter how severe it was, that face possessed its own charm.

With hands still childlike, she learned to control the speed of a horse, to wield the lance and the sword; she hardened her body in the arena, becoming light and swift in running; on rocks and through forests, she tracked down ferocious beasts; eventually, she became a warrior herself. And after fighting like a man against lions in the woods, she fought like a lion among men in the camps.

She came from the Persian lands to resist the Christians with all her might; it was not the first time they had witnessed her courage—often she had scattered their bodies upon the dust and dyed the waters red with their blood. The instrument of death that she sees upon arrival strikes her; she spurs her horse on, determined to discover what crime deserved such punishment.

The crowd stepped aside; and Clorinde, upon examining closely the two victims tied together, noticed one’s silence and the other’s groans. In this moment of crisis, the weaker sex displayed greater fortitude; while Olinde wept out of pity rather than fear, Sophronie remained silent, her eyes fixed on the heavens, as if she had already left this earthly realm behind.

Clorinde, even more moved by the quiet silence of one than by the painful complaints of the other, felt deep sympathy for their plight and was brought to tears; then, turning to an old man she saw nearby, she asked him, “Please tell me, who are these young people, and what crime or misfortune has caused them to suffer such a punishment?”

Having been promptly satisfied in her request by the old man in a few brief words, she was filled with astonishment. Believing that both of them were innocent, she resolved, to the best of her ability through prayer or armed force, to protect them from death. She stepped forward, ordering the flame that was about to strike them to be withdrawn, and then addressed those who had kindled it in these terms:

I swear that if any of you dare to proceed with this cruel task before I have spoken with the king, he will not hold it against you for the delay. Overwhelmed by his majestic and noble demeanor, the sergeants obeyed. Then she set off toward the king and met him as he came towards her.

“Lord,” she said to him, “I am Clorinde; you may have heard my name mentioned on occasion. I come to offer myself to defend, alongside you, our common faith and your throne: command me. Whether it be in the open field or within the walls of a fortress, whatever role you assign to me, I will accept it without fearing the greatest dangers or despising the humblest tasks.”

Sebbene questi nomi di ladro e di furto non si addicano né a me né a ciò che ho fatto, nulla è più giusto che riprendere ciò che è stato preso ingiustamente. A queste parole, il tiranno emette un grido minaccioso; la sua rabbia non conosce più limiti. Virtù, bellezza, coraggio, non sperate più di trovare grazia davanti a lui. È inutile che l’amore, per difenderla da un barbaro odio, le offra il proprio scudo di seduzione.

Viene catturata. Riportato alla sua massima crudeltà, il re la condanna a morire sul rogo. Il suo velo, la sua casta veste le vengono strappati via; i suoi delicati braccia sono lacerati da pesanti catene. Lei tace; la sua anima forte, sebbene non sia spezzata, non è priva di emozioni; e le rose appassite sul suo viso lasciano traccia della candidezza dell’innocenza, piuttosto che del pallore della morte.

Questo atto eroico viene immediatamente diffuso. Già la folla accorre in massa. Anche Olinde corre, pieno di allarme. Il fatto era certo, ma l’identità della persona ancora dubbia: poteva essere la donna del suo cuore. Ma non appena vede la bella prigioniera in quello stato, non appena osserva i ministri della sua morte impegnati nel loro compito spietato, si lancia verso di loro, sfondando la folla.

E grida al re: “No, no; quel volo non è opera sua; è per follia che osa vantarsene. Come potrebbe una giovane ragazza senza esperienza compiere, tentare o anche solo concepire un simile piano? Come ha ingannato le guardie? Come è riuscita a rapire l’immagine sacra? Se l’ha fatto, che si spieghi. Sono stato io, sire, ad agire. Così fu il suo amore: un amore così ardente da bruciare anche senza speranza di ritorno.”

Il re prosegue poi: “Sono salito di notte fino all’apertura attraverso cui aria e luce entrano nella vostra moschea; tentando vie quasi inaccessibili, sono riuscito a entrarvi passando per un corridoio stretto. Che questa punizione smetta di essere inflitta a me: solo io merito onore della morte; queste catene, questo rogo, queste fiamme appartengono a me soltanto; tutto ciò è destinato esclusivamente a me.”

Sophronie alza lo sguardo su di lui: nei suoi occhi si leggono dolcezza e compassione. “Innocente sfortunato”, gli dice, “che cosa vieni a fare qui? Qual consiglio ti ha condotto qui? Quale furia ti spinge? Temi forse che senza di te la mia anima non possa sopportare la rabbia di un uomo irritato? No. Per una sola morte, sono sufficientemente forte da affrontarla da sola; non ho bisogno di alcun esempio per imparare a soffrirla.”

Questo discorso che lei rivolge al suo amante non lo induce né a ritrattare né ad abbandonare i suoi propositi. Un spettacolo nobile e maestoso in cui l’amore si scontra con la virtù magnanima: o la morte è il premio del vincitore, o la vita è la punizione del perdente! Ma, lontano dall’essere commosso da questo duello di costanza e generosità, il re ne rimane offeso.

E si ritiene offeso, come se quel disprezzo per la pena ricadesse su di lui stesso. “Crediamoci entrambi”, disse, “che possano trionfare entrambi e condividere la vittoria che meritano”. Poi fece un segno ai sergenti, e in un istante Olinde fu incatenata. Entrambi, legati e appoggiati allo stesso palo, non potevano vedersi in faccia.

Si prepara intorno a loro il rogo; e mentre si accende già la fiamma, il giovane, scoppiando in gemiti, dice alla ragazza a cui è legato: “Ecco dunque il legame con cui speravo di unirmi a te per tutta la vita! Ecco questo fuoco che i nostri cuori avrebbero dovuto bruciare insieme!”

O fiamme! Oh nodi che un destino crudele ci ha legato. Ahimè, non siete quelli che l’amore mi aveva promesso. Destino crudele che ci ha separati in vita e ci unisce ancora più strettamente alla morte. Ah! Poiché anche tu devi subire una fine così funesta, mi consolo nel condividerla con te. Essere uniti su questo rogo, sebbene non siamo potuti esserlo sotto il baldacchino nuziale. Piango, ma per la tua triste sorte, e non per la mia. Poiché muoio al tuo fianco.

Oh! Che la mort sia dolce per me, che i tormenti siano deliziosi, se solo riuscirò, nel momento finale, quando i nostri corpi si uniranno, che le nostre bocche si tocchino e che possiamo esalare e ricevere insieme gli ultimi nostri respiri! Lui parla, ma i suoi singhiozzi soffocano le sue parole. Lei lo rimprovera dolcemente, dicendogli.

Amici, il momento in cui ci troviamo richiede altri modi di prendersi cura degli altri e altri sentimenti di rimorso. Ah! Pensate alle vostre colpe e al prezzo nobile che Dio promette ai fedeli. Soffrite nel suo nome: i tormenti vi sembreranno dolci. Aspirate con gioia alla dimora celeste: guardate il cielo, quanto è bello; osservate il sole, il cui aspetto sorridente sembra chiamarci e consolarci.

All’udire queste parole, tutto il popolo pagano scoppia in pianto, mentre il fedele osa appena gemere a voce bassa. Anche il re, nel profondo del suo cuore duro, avverte una qualche emozione pronta a commuoverlo; ma, percependola, si indigna, se ne rifiuta, distoglie lo sguardo e se ne va senza voler cedere. Solo tu, o Sofronia! non partecipi al dolore generale; quando tutti piangono per te, solo tu non piangi.

In questo pericolo imminente appare un guerriero, o che sembra tale, di alta e bella statura; la sua armatura e i suoi abiti stranieri indicavano chiaramente che proveniva da lontano. Il tigre, famoso simbolo dipinto sul suo elmo, attirò l’attenzione di tutti, facendo giustamente pensare che si trattasse di Clorinda.

Fin da tenera età disprezzò le delicatezze tipiche del suo sesso: mai le sue mani coraggiose si degnarono di usare l’ago o di dedicarsi ai lavori tipici di Aracne; non volle né indebolirsi indossando abiti delicati, né circondarsi timidamente da recinzioni. Anche nei campi, la vera onestà viene rispettata, e ovunque la sua forza e la sua virtù furono la sua protezione: si armò di fierezza il viso e si compiacque nel renderlo severo; ma anche la severità ha il suo fascino.

Con una mano ancora infantile imparò a governare le redini di un cavallo veloce, a maneggiare l’asta e la spada; si temprò il corpo nell’arena, divenne agilissima nella corsa; sui rocciai, attraverso i boschi, seguì le tracce delle bestie feroci; infine divenne una guerriera. E dopo aver combattuto come un uomo contro i leoni nelle foreste, combatté come un leone nei campi, tra gli uomini.

Veniva dalle regioni persiane per resistere con tutte le sue forze ai cristiani: non era la prima volta che questi provavano il suo coraggio; spesso lei aveva disperso i loro cadaveri sulla polvere e fatto imporporare d’oro le acque del loro sangue. L’apparato di morte che vede al suo arrivo la colpisce: sprona il proprio cavallo e vuole sapere quale crimine possa meritare un tale castigo.

La folla si fa da parte; e Clorinda, osservando da vicino le due vittime legate insieme, nota il silenzio di una e i gemiti dell’altra. In questa circostanza, il sesso più debole dimostra maggiore fermezza: mentre Olinde piange per pietà piuttosto che per paura, Sophronie tace, con lo sguardo fisso verso il cielo, come se avesse già lasciato questo mondo terreno.

Clorinda, ancora più commossa dal silenzio tranquillo di una che dalle dolorose lamentele dell’altra, si commosse profondamente per il loro destino fino alle lacrime; poi, rivolgendosi a un anziano che vide vicino a sé, gli chiese: “Ditemi, vi prego, chi sono questi giovani e per quale crimine o per quale sventura subiscono una tale punizione”.

Il vecchio, con poche parole, aveva pienamente soddisfatto la sua richiesta; lei ne fu sorpresa e, ritenendo che entrambi fossero innocenti, decise, per quanto le fosse possibile attraverso la preghiera o le armi, di proteggerli dalla morte. Si avvicinò, facendo spegnere la fiamma pronta a colpirli; poi parlò a coloro che l’avevano accesa.

Che nessuno di voi abbia l’audacia di proseguire in quest’opera crudele finché non avrò parlato con il re; vi prometto che non vi rimprovererà per questo ritardo. Intimiditi dal suo aspetto nobile e maestoso, i sergenti obbedirono: allora lei si diresse verso il re, che le veniva incontro.

“Signore”, gli disse lei, “io sono Clorinda; forse avete sentito pronunciare il mio nome in passato. Sono venuta a offrirmi per difendere con voi la fede comune e il vostro trono: ordinate pure; che si tratti di combattere in campo aperto o all’interno delle mura, qualsiasi compito mi affidiate, lo accetterò senza temere i pericoli più grandi né disdegnare le mansioni più umili”.

Quel pays, lui répond le roi, est si loin de l’Asie et de la route du soleil, où l’illustre nom de Clorinde ne vole pas sur les ailes de la gloire ? Non, vaillante guerrière, avec vous je n’ai plus ni doute ni crainte ; et j’aurais moins de confiance une armée entière venue à mon secours qu’en votre seule assistance.

Oh ! que Godefroy n’arrive-t-il à l’instant même ! Il vient trop lentement à mon gré. Vous me demandez un emploi ? Les entreprises difficiles et grandes sont les seules dignes de vous ; commandez à nos guerriers ; je vous nomme leur général. La modeste Clorinde lui rend grâce, et reprend ensuite :

C’est une chose bien nouvelle sans doute que le salaire précède les services ; mais ma confiance en vos bontés me fait demander, pour prix de ceux que j’aspire à vous rendre, la grâce de ces deux condamnés. Je les demande en pur don, sans examiner si le crime est bien avéré, si le châtiment n’est point trop sévère, et sans m’arrêter aux signes sur lesquels je préjuge leur innocence.

Je dirai seulement que quoiqu’on accuse ici les chrétiens d’avoir enlevé l’image, j’ai quelque raison de penser autrement : cette oeuvre du magicien fut une profanation de notre loi, qui n’admet point d’idoles dans nos temples, et moins encore celles des dieux étrangers.

C’est donc à Mahomet que j’aime à rapporter le miracle ; et sans doute il l’a fait pour nous apprendre à ne pas souiller ses temples par d’autres cultes. Qu’Ismène fasse à son gré ses enchantements, lui dont les exploits sont des maléfices. Pour nous guerriers, manions le glaive ; c’est là notre défense, et nous ne devons espérer qu’en lui.

Elle se tait ; et, quoique l’âme colère du roi ne s’apaise pas sans peine, il voulut néanmoins lui complaire, plutôt fléchi par sa prière et par la raison d’état que par la pitié. Qu’ils aient, dit-il, la vie et la liberté : un tel intercesseur peut-il éprouver des refus ? Soit pardon, soit justice, innocents je les absous, coupables je leur fais grâce.

Ils furent ainsi délivrés, et là fut couronné le sort vraiment aventureux de l’amant de Sophronie. Eh ! comment refuserait-elle de vivre avec celui qui voulut mourir pour elle ? Du bûcher ils vont à la noce ; d’amant dédaigné, de patient même, il devient heureux époux, et montre ainsi dans un mémorable exemple, que les preuves d’un amour véritable ne laissent point insensible un cœur généreux.

FIN de OLINDE ET SOPHRONIE

Liste des Mélanges ou littérature variée

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PIÈCES DE THÉÂTRE

NARCISSE ou L’AMANT DE LUI-MÊME

LES PRISONNIERS DE GUERRE

L’ENGAGEMENT TÉMÉRAIRE

COURTS FRAGMENTS DE LUCRÈCE

NARCISSE

ou L’AMANT DE LUI-MÊME


Jean-Jacques ROUSSEAU

THÉÂTRE


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COMÉDIE en un acte et en prose. C’est une œuvre de jeunesse, J.J. l’a écrite entre 18 et 22 ans et l’a plusieurs fois remaniée. À son arrivée à Paris, Marivaux l’a lue et y a apporté quelques corrections. Elle a été représentée pour la première fois le 18 décembre 1752 au Théâtre de la rue des Fossés Saint Martin et publiée en février 1753.Composée en 1733, et jouée pour la première fois le 18 décembre 1752 au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain.

J. J. Rousseau : Oeuvres complètes

Théâtre

“Which country,” the king replied, “could be so far removed from Asia and from the road of the sun, where the illustrious name of Clorinde does not carry itself upon the wings of glory? No, valiant warrior, with you I no longer have any doubt or fear; indeed, I would place less trust in an entire army sent to my aid than in your single assistance.”

Oh! If only Godefroy could arrive right now! He is coming far too slowly to my liking. You ask me for a position? Only the difficult and great enterprises are worthy of you; command our warriors, and I appoint you their general. The modest Clorinde expresses her gratitude, and then continues.

It is certainly a very novel notion that salary should precede service; but my confidence in your kindness leads me to ask, as payment for the services I hope to render you, the grace of releasing these two condemned men. I request it purely out of gratitude, without examining whether their crimes have been truly established, whether the punishment is not too severe, and without considering any evidence that might lead me to believe in their innocence.

I would only say that although Christians are accused here of having removed the statue, I have reason to think otherwise: that work of the magician was an act of profanation of our law, which does not permit idols in our temples—let alone those of foreign gods.

It is therefore to Muhammad that I wish to attribute this miracle; undoubtedly, he did it to teach us not to defile his temples with other forms of worship. Let Ismene perform her enchantments as she pleases—after all, her so-called “exploits” are nothing but evils. For us warriors, let us wield the sword; that is our defense, and we must place our trust solely in it.

She remained silent; and although the king’s angry heart was not easily appeased, he still wished to please her—more moved by her plea and by considerations of state than out of pity. “Let them live and be free,” he said. “How could such an intercessor face rejection?” Whether it was forgiveness or justice at stake, I absolve the innocent and grant mercy to the guilty.

Thus they were freed, and herein began the truly adventurous fate of Sophronie’s lover. Ah! How could she possibly refuse to live with the one who was willing to die for her? From the gallows, they went on to wed; from being a scorned lover, even a patient one at that, he became a happy husband, thus proving in a memorable manner that the proofs of true love can never leave a generous heart indifferent.

End of Olinde and Sophronie

List of Miscellaneous Works or Varied Literature

General list of titles

THEATRE PIECES

Narcissus, or the Lover of Himself

PRISONERS OF WAR

The temerarious engagement

Fragments from Lucrce by Courts

Narcissus

or The Lover of Himself


Jean-Jacques Rousseau

THEATER


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A one-act prose comedy. This is a work from J.J.’s youth; he wrote it between the ages of 18 and 22 and revised it several times. Upon arriving in Paris, Marivaux read it and made some corrections. It was first performed on December 18, 1752, at the Théâtre de la rue des Fossés Saint Martin and published in February 1753. Originally composed in 1733, it had its premiere on December 18, 1752, at the Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain.

J. J. Rousseau: Complete Works

Theatre

“Quale paese,” rispose il re, “è così lontano dall’Asia e dalla strada del sole, dove il nobile nome di Clorinda non vola sulle ali della gloria? No, valorosa guerriera: con te non ho più dubbi né paura; anzi, avrei meno fiducia in un intero esercito venuto in mio aiuto che nella tua sola assistenza.”

Oh! Che Godefroy arrivasse subito. Arriva troppo lentamente, a mio parere. Mi chiedete un incarico? Solo le imprese difficili e grandi sono degne di voi; comandate i nostri guerrieri. Vi nomino loro generale. La modesta Clorinde gli rende grazie, e poi prosegue.

È certamente una cosa del tutto nuova che il salario preceda i servizi resi; ma la mia fiducia nella vostra bontà mi spinge a chiedere, in cambio di ciò che spero di potervi offrire, la grazia per questi due condannati. La chiedo come un dono puro e semplice, senza esaminare se il crimine sia effettivamente stato commesso, se la punizione non sia troppo severa, e senza considerare i segni che mi fanno presumere la loro innocenza.

Dirò soltanto che, sebbene qui si accusi i cristiani di aver rapito quell’immagine, ho motivi per pensare il contrario: quest’opera del mago fu una profanazione della nostra legge, che non ammette idoli nei nostri templi, tanto meno quelli degli dèi stranieri.

È quindi a Maometto che voglio attribuire questo miracolo; e senza dubbio lo fece per insegnarci a non contaminare i suoi templi con altri culti. Che Ismene faccia pure i suoi incantesimi, lei la cui “vittoria” consiste in malefici. Noi guerrieri, impugniamo la spada: essa è la nostra difesa, e solo in essa dobbiamo riporre le nostre speranze.

Tace; e sebbene l’animo irato del re non si plachi facilmente, volle comunque accontentarla, piegandosi più alla sua preghiera e alle esigenze dello stato che alla pietà. “Che abbiano vita e libertà”, disse: “Un tale intercessore può forse essere rifiutato? Che sia perdono o giustizia, innocenti li assolvo, colpevoli concedo loro la grazia”.

Così furono liberati, e lì si compì davvero il destino avventuroso dell’amante di Sofronia. Ehi! Come potrebbe lei rifiutare di vivere con colui che fu disposto a morire per lei? Dal rogo passano al matrimonio; da amante respinto, persino da persona paziente, diventa un marito felice, dimostrando così, con un esempio memorabile, che le prove di un vero amore non lasciano insensibile un cuore generoso.

Fine di Olinde e Sophrone

Elenco di miscellane o letteratura varia

Elenco generale dei titoli

PEZZI TEATRALI

NARCISSO O IL AMANTE DI SE STESSO

I prigionieri di guerra

L’IMPEGNO TEMERARIO

FRammenti tratti da Lucrizio

NARCISSO

o L’AMANTE DI SE STESSO


Jean-Jacques Rousseau

TEATRO


Elenco generale dei titoli

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Commedia in un atto e in prosa. È un’opera giovanile: J.J. la scrisse tra i 18 e i 22 anni e la modificò più volte. Al suo arrivo a Parigi, Marivaux la lesse e vi apportò alcune correzioni. Fu rappresentata per la prima volta l’18 dicembre 1752 al Théâtre de la rue des Fossés Saint-Martin e pubblicata nel febbraio 1753. Composta nel 1733, fu messa in scena per la prima volta il 18 dicembre 1752 al Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain.

J.-J. Rousseau: Opere complete

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