Rousseau
Abstract
An early funeral oration for the Duke of Orléans: it distinguishes the false grandeurs of rank from the true one, which consists in the exercise of beneficent virtues for the people’s benefit, the only true duty of princes.
Connections
Assi: Fondamento della morale
Posizioni: virtù
Concetti: virtù
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Première partie
Dans l’hommage que je viens rendre aujourd’hui à la mémoire de monseigneur le duc d’Orléans, il me sera plus aisé de trouver des louanges qui lui soient dues, que de retrancher de ce nombre toutes celles dont sa vertu n’a pas besoin pour paraître avec tout son éclat. Telles sont celles qui ont pour objet les droits de la naissance ; droits dont ceux qu’on nomme grands sont ordinairement si jaloux, et qui ne décèlent que trop souvent leur petitesse par leur attention même à les faire valoir. Il naquit du plus illustre sang du monde, à côté du premier trône de l’univers, et d’un prince qui en a été l’appui. Ces avantages sont grands, sans doute ; il les a comptés pour rien. Que la modestie de ce grand prince règne jusque dans son éloge ; et comme il ne s’est souvenu de son rang que pour en étudier les devoirs, ne nous en souvenons nous-mêmes que pour voir comment il les a remplis.
Il le faut avouer, messieurs : si ces devoirs consistent dans l’affectation d’une vaine pompe, souvent plus propre à révolter les cœurs qu’à éblouir les yeux ; dans l’éclat d’un luxe effréné qui substitue les marques de la richesse à celles de la grandeur ; dans l’exercice impérieux d’une autorité dont la rigueur montre communément plus d’orgueil que de justice : si ce sont là, dis-je, les devoirs des princes, j’en conviens avec plaisir, il ne les a point remplis.
Mais si la véritable grandeur consiste dans l’exercice des vertus bienfaisantes, à l’exemple de celle de Dieu, qui ne se manifeste que par les biens qu’il répand sur nous ; si le premier devoir des princes est de travailler au bonheur des hommes ; s’ils ne sont élevés au-dessus d’eux que pour être attentifs à prévenir leurs besoins ; s’il ne leur est permis d’user de l’autorité que le ciel leur donne que pour les forcer d’être sages et heureux ; si l’invincible penchant du peuple à admirer et imiter la conduite de ses maîtres n’est pour eux qu’un moyen, c’est-à-dire un devoir de plus pour le porter à bien faire par leur exemple, toujours plus fort que leurs lois ; enfin s’il est vrai que leur vertu doit être proportionnée à leur élévation : grands de la terre, venez apprendre cette science rare, sublime, et si peu connue de vous, de bien user de votre pouvoir et de vos richesses, d’acquérir des grandeurs qui vous appartiennent, et que vous puissiez emporter avec vous eu quittant toutes les autres.
Le premier devoir de l’homme est d’étudier ses devoirs ; et cette connaissance est facile à acquérir dans les conditions privées. La voix de la raison et le cri de la conscience s’y font entendre sans obstacle ; et si le tumulte des passions nous empêche quelquefois d’écouter ces conseillers importuns, la crainte des lois nous rend justes, notre impuissance nous rend modérés ; en un mot, tout ce qui nous environne nous avertit de nos fautes, les prévient, nous en corrige, ou nous en punit.
Les princes n’ont pas sur ce point les mêmes avantages : leurs devoirs sont beaucoup plus grands, et les moyens de s’en instruire beaucoup plus difficiles. Malheureux dans leur élévation, tout semble concourir à écarter la lumière de leurs yeux et la vertu de leurs cœurs. Le vil et dangereux cortège des flatteurs les assiège dès leur plus tendre jeunesse ; leurs faux amis, intéressés à nourrir leur ignorance, mettent tous leurs soins à les empêcher de rien voir par leurs yeux. Des passions que rien ne contraint, un orgueil que rien ne mortifie, leur inspirent les plus monstrueux préjugés, et les jettent dans un aveuglement funeste que tout ce qui les approche ne fait qu’augmenter : car, pour être puissant sur eux, on n’épargne rien pour les rendre faibles, et la vertu du maître sera toujours l’effroi des courtisans.
C’est ainsi que les fautes des princes viennent de leur aveuglement plus souvent encore que de leur mauvaise volonté ; ce qui ne rend pas ces fautes moins criminelles, et ne les rend que plus irréparables. Pénétré dès son enfance de cette grande vérité, le duc d’Orléans travailla de bonne heure à écarter le voile que son rang mettait au-devant de ses yeux. La première chose qu’on lui avait apprise, c’est qu’il était un grand prince ; ses propres réflexions lui apprirent encore qu’il était un homme, sujet à toutes les faiblesses de l’humanité ; que, dans le rang qu’il occupait, il avait de grands devoirs à remplir et de grandes erreurs à craindre. Il comprit que ces premières connaissances lui imposaient l’obligation d’en acquérir beaucoup d’autres. Il se livra avec ardeur à l’étude, et il travailla à se faire dans les bons auteurs, et surtout dans nos livres sacrés, des amis fidèles et des conseillers sincères qui, sans songer sans cesse à leur intérêt, lui parlassent quelquefois pour le sien. Le succès fut tel qu’on pouvait l’attendre de ses dispositions. Il cultiva toutes les sciences, il apprit toutes les langues, et l’Europe vit avec étonnement un prince tout jeune encore sachant par soi-même, et ayant des connaissances à lui.
Telles furent les premières sources des vertus dont il orna et édifia le monde. À peine fut-il livré à lui-même, qu’il les mit toutes en pratique. Uni par les nœuds sacrés à une épouse chérie et digne de l’être, il fit voir par sa douceur, par ses égards, et par sa tendresse pour elle, que la véritable piété n’endurcit point les cœurs, n’ôte rien à l’agrément d’une honnête société, et ne fait qu’ajouter plus de charme et de fidélité à l’affection conjugale. La mort lui enleva cette vertueuse épouse à la fleur de son âge ; et s’il témoigna par sa douleur combien elle lui avait été chère, il montra par sa constance que celui qui n’abuse point du bonheur ne se laisse point non plus abattre par l’adversité. Cette perte lui apprit à connaître l’instabilité des choses humaines, et l’avantage qu’on trouve à réunir toutes ses affections dans celui qui ne meurt point. C’est dans ces circonstances qu’il se choisit une pieuse solitude pour s’y livrer avec plus de tranquillité à son juste regret et à ses méditations chrétiennes ; et s’il ne quitta pas absolument la cour et le monde, où son devoir le retenait encore, il fit du moins assez connaître que le seul commerce qui pouvait désormais lui être agréable était celui qu’il voulait avoir avec Dieu.
L’éducation de son fils était le principal motif qui l’arrachait à sa retraite : il n’épargna rien pour bien remplir ce devoir important. Le succès me dispense de m’étendre sur ce qu’il fit à cet égard ; et il nous serait d’autant moins permis de l’oublier, que nous jouissons aujourd’hui du fruit de ses soins.
S’il fut bon père et bon mari, il ne fut pas moins fidèle sujet et zélé citoyen. Passionné pour la gloire du roi, c’est-à-dire pour la prospérité de l’état, on sait de quel zèle il était animé partout où il la croyait intéressée : on sait qu’aucune considération ne put jamais lui faire dissimuler son sentiment des qu’il était question du bien public ; exemple rare et peut-être unique à la cour, où ces mots de bien public et de service du prince ne signifient guère, dans la bouche de ceux qui les emploient, qu’intérêt personnel, jalousie et avidité.
Appelé dans les conseils, je ne dirai point par son rang, mais plus honorablement encore par l’estime et la confiance d’un roi qui n’en accorde qu’au mérite, c’est là qu’il faisait briller également et ses talents et ses vertus ; c’est là que la droiture de son âme, la sagesse de ses avis, et la force de son éloquence, consacrées au service de la patrie, ont ramené plus d’une fois toutes les opinions à la sienne ; c’est là qu’il eût étonné, par la solidité de ses raisons, ces esprits plus subtils que judicieux, qui ne peuvent comprendre que dans le gouvernement des états être juste soit la suprême politique ; c’est là, pour tout dire en un mot, que, secondant les vues bienfaisantes du monarque qui nous rend heureux, il concourait à le rendre heureux lui-même en travaillant avec lui pour le bonheur de ses peuples.
First Part
In the tribute I offer today to the memory of His Grace the Duke of Orléans, it will be far easier for me to find words of praise that he deserves than to remove from these expressions all those praises that his virtue does not require in order to shine with its full brilliance. Such are those praises that relate to the rights inherent in birth—rights over which those whom we call great men are usually so jealous, and which all too often reveal their own insignificance through the very effort they make to assert them. He was born into the most illustrious lineage in the world, beside the foremost throne in the universe, and from a prince who served as its support. These advantages are undoubtedly great; yet he regarded them as of no value at all. May the modesty of this great prince prevail even in his praise; and since he remembered his rank only in order to fulfill its duties, let us remember it too only to see how he carried them out.
It must be admitted, gentlemen: if these duties consist in putting on an empty display of pomp—often more likely to provoke resentment than to impress; in the glare of unrestrained luxury that replaces the signs of greatness with those of wealth; in the arbitrary exercise of authority whose rigidity usually reveals more pride than justice—if indeed these are the duties of princes, then I am pleased to admit that he has not fulfilled them.
But if true greatness consists in the practice of virtuous acts, in imitation of God’s example, who manifests his goodness only through the benefits he bestows upon us; if the primary duty of rulers is to work for the happiness of their people; if they are placed in authority solely to attend to their needs; if they are permitted to use their power only as heaven grants it to them, in order to encourage wisdom and happiness among their subjects; if the innate inclination of the people to admire and emulate the conduct of their rulers is nothing more than a means—indeed, another duty—for rulers to inspire good behavior through their example, an influence far more powerful than any law they might enact; finally, if it is indeed true that a ruler’s virtue should be proportionate to his rank: then, you mighty men of the earth, come and learn this rare and sublime wisdom, so little known to you. Learn how to use your power and wealth wisely, how to attain the greatness that rightfully belongs to you, so that you may take it with you when you leave this world.
The first duty of man is to study his own obligations; and this knowledge can be easily acquired in private life. The voice of reason and the cry of conscience are heard without any obstacle; and although the turmoil of passions sometimes prevents us from listening to these unwelcome advisors, the fear of laws makes us righteous, and our powerlessness teaches us moderation. In short, everything around us warns us of our mistakes, prevents them from happening, corrects us when we err, or punishes us for our wrongdoing.
Princes do not enjoy the same advantages in this regard: their duties are much greater, and the means to acquire knowledge are far more difficult. Unfortunately, throughout their upbringing, everything seems to work against allowing them to see the light or cultivate virtue in their hearts. A vile and dangerous crowd of flatterers surrounds them from their earliest years; their false friends, who seek to maintain their ignorance, go to great lengths to prevent them from seeing anything for themselves. Unrestrained passions and an unshaken pride inspire in them the most monstrous prejudices, plunging them into a disastrous blindness that only worsens with everything that comes their way—for those who wish to wield power over them spare no effort to weaken them, and the virtue of the ruler will always be a source of fear for his courtiers.
It is thus that the mistakes of princes arise more often from their blindness than from their malice; yet this does not make those mistakes any less criminal, but only makes them more irreparable. From his earliest childhood, the Duke of Orléans was immersed in this profound truth, and he began early on to strive to remove the veil that his rank placed before his eyes. The first thing he was taught was that he was a noble prince; his own reflections further made him realize that he was also a human being, subject to all the weaknesses of humanity. In his position, he had great duties to fulfill and grave mistakes to avoid. He understood that these initial insights imposed upon him the obligation to acquire many more knowledge areas. With great zeal, he devoted himself to study, seeking to find in the works of great authors—and especially in our sacred texts—faithful friends and sincere advisors who, without ever thinking solely of their own interests, would sometimes speak out for his own good. The results were exactly what one could have expected given his disposition. He pursued all fields of knowledge and mastered various languages; Europe was astonished to see a young prince who already possessed extensive knowledge and the ability to acquire it on his own.
Such were the original sources of those virtues with which he adorned and enriched the world. As soon as he was left to himself, he put them all into practice. United by sacred bonds to a beloved and worthy wife, he showed through his kindness, his care for her, and his tenderness toward her that true piety does not harden the heart, does not diminish the pleasures of a decent society, but rather adds more charm and fidelity to conjugal affection. Death took away this virtuous wife in the prime of her life; and though his grief testified to how much she meant to him, his steadfastness proved that one who does not abuse happiness is also unable to be overwhelmed by adversity. This loss taught him the instability of human affairs and the advantage of focusing all one’s affections on someone who will never die. It was under such circumstances that he chose a pious solitude, where he could devote himself more peacefully to his proper sorrow and Christian meditations. And though he did not entirely leave the court and the world, where his duties still bound him, he made it clear enough that the only company that could now bring him joy was that which he sought with God.
The education of his son was the main reason that kept him from retiring; he spared no effort to fulfill this important duty properly. Success makes it unnecessary for me to go into detail about what he did in this regard; moreover, it is all the more imperative that we not forget it, since we are today enjoying the fruits of his efforts.
Although he was a good father and a good husband, he was also an unwavering subject and a dedicated citizen. Passionate for the glory of the king, and thus for the prosperity of the state, one knows with what zeal he acted wherever he believed it to be in the interest of the public good. It is a rare—and perhaps unique—example at the court, where terms like “public good” and “service to the prince” often mean nothing more than personal gain, jealousy, and greed on the part of those who use them.
Called upon to participate in the councils, I refer not so much to his rank as rather to the esteem and trust placed in him by a king who grants such honors solely on merit. It was there that both his talents and virtues shone brightly; it was there that the integrity of his character, the wisdom of his advice, and the power of his oratory, dedicated to serving the fatherland, more than once brought all opinions in line with his own. It was there that he astonished those minds, subtle though not necessarily judicious, who fail to realize that justice in governance is indeed the supreme political principle. In short, it was there that, by supporting the benevolent policies of the monarch who brings us happiness, he also contributed to his own well-being by working together with him for the welfare of his people.
Prima parte
Nell’onore che oggi rendo alla memoria di Sua Altezza il Duca d’Orléans, mi sarà più facile trovare lodi degne di lui, piuttosto che eliminare da queste tutte quelle che la sua virtù non ha bisogno di avere per brillare al massimo. Tra queste lodi vi sono quelle relative ai diritti derivanti dalla nascita; diritti di cui coloro che si definiscono grandi sono solitamente così gelosi, e che troppo spesso rivelano la loro piccolezza proprio nel tentativo di farli valere. Egli nacque dal sangue più illustre del mondo, al fianco del primo trono dell’universo, e da un principe che ne fu il sostegno. Questi vantaggi sono certamente grandi; egli li ha considerati nulla. Che la modestia di questo grande principe regni anche nella sua stessa lode; e poiché egli si è ricordato del proprio rango soltanto per studiarne i doveri, ricordiamoci noi di esso solo per vedere come li abbia adempiuti.
Debbo ammetterlo, signori: se questi doveri consistono nell’adottare un atteggiamento vanitoso e pomposo, spesso più propenso a suscitare disprezzo che ammirazione; nel lusso sfrenato che sostituisce i segni della ricchezza con quelli del potere; nell’esercizio autoritario di un potere la cui severità rivela più orgoglio che giustizia, se questi sono davvero i doveri dei principi, allora concordo volentieri nel riconoscere che egli non li ha adempiuti.
Ma se la vera grandezza consiste nell’esercitare virtù benefiche, all’esempio di quelle di Dio che si manifestano soltanto attraverso i beni che ci dona; se il primo dovere dei sovrani è lavorare al bene degli uomini; se sono elevati al di sopra di loro solo per essere attenti a soddisfare i loro bisogni; se loro è permesso di utilizzare l’autorità che il cielo gli ha concesso soltanto per indurli ad essere saggi e felici; se la irresistibile tendenza del popolo ad ammirare e imitare il comportamento dei suoi sovrani non rappresenta per questi che un mezzo, cioè un dovere in più per spingerlo a compiere il bene attraverso l’esempio loro, sempre più efficace delle loro leggi; infine, se è vero che la loro virtù deve essere proporzionata alla loro posizione elevata: o grandi della terra, venite ad apprendere questa scienza rara, sublime e così poco conosciuta da voi, per utilizzare al meglio il vostro potere e le vostre ricchezze, per acquisire quelle grandezze che vi spettano e che potrete portare con voi quando lascerete tutte le altre.
Il primo dovere dell’uomo è studiare i propri doveri; e questa conoscenza è facile da acquisire nelle condizioni private. La voce della ragione e il grido della coscienza si fanno sentire senza ostacoli; e se talvolta il tumulto delle passioni ci impedisce di ascoltare questi “consiglieri importuni”, la paura delle leggi ci rende giusti, la nostra impotenza ci rende moderati; in breve, tutto ciò che ci circonda ci avverte dei nostri errori, li previene, ce ne corregge o ci ne punisce.
I principi non dispongono degli stessi vantaggi in questo senso: i loro doveri sono molto più grandi, e i mezzi per comprenderli molto più difficili. Sfortunati nel loro percorso di formazione, tutto sembra contribuire a oscurare la luce davanti ai loro occhi e a privare i loro cuori della virtù. Un ambiente vile e pericoloso di adulatori li assedia fin dalla loro tenera giovinezza; i loro falsi amici, interessati a mantenere la loro ignoranza, fanno di tutto per impedire che vedano la verità. Passioni incontrollate e un orgoglio insopprimibile ispirano in loro pregiudizi orribili, gettandoli in una cecità funesta che ogni cosa che li circonda non fa che aggravare: infatti, per poter esercitare su di loro un controllo totale, non si risparmia nulla per renderli deboli, e la virtù del sovrano sarà sempre motivo di terrore per i cortigiani.
Ecco come i errori dei principi derivano più spesso dalla loro cecità che dalla loro malvagia volontà; ciò tuttavia non rende questi errori meno criminosi, ma solo più irreparabili. Fin dall’infanzia imbevuto di questa grande verità, il duca d’Orléans si impegnò fin da giovane ad eliminare quella barriera che il suo rango poneva davanti ai suoi occhi. La prima cosa che gli fu insegnata fu che era un principe di alto rango; le sue riflessioni personali gli fecero comprendere inoltre che era un uomo, soggetto a tutte le debolezze umane; che, nella posizione che occupava, aveva grandi doveri da adempiere e grandi errori da temere. Capì che queste prime conoscenze gli impondevano l’obbligo di acquisirne molte altre. Si dedicò con passione allo studio e si sforzò di trovare nei buoni autori, e soprattutto nei nostri libri sacri, amici fedeli e consiglieri sinceri che, senza pensare costantemente al proprio interesse, gli parlavano talvolta anche per il suo bene. Il successo fu tale da essere quello che ci si poteva aspettare dalle sue capacità. Coltivò tutte le scienze, imparò tutte le lingue, e l’Europa vide con stupore un principe ancora molto giovane che possedeva già una vasta conoscenza personale.
Tali furono le prime fonti di quelle virtù con cui adornò e costruì il proprio mondo. Appena rimasto solo, le mise tutte in pratica. Unito da legami sacri a una moglie amata e degna di tale nome, dimostrò con la sua dolcezza, i suoi riguardi e la sua tenerezza verso di lei che la vera pietà non indurisce il cuore, non toglie nulla al piacere di una vita onesta, ma aggiunge solo più fascino e fedeltà all’amore coniugale. La morte gli portò via questa virtuosa moglie nel fiore degli anni; e sebbene la sua sofferenza dimostrasse quanto lei fosse stata preziosa per lui, la sua costanza mostrò che colui che non abusa della felicità non si lascia nemmeno abbattere dall’avversità. Questa perdita gli insegnò a conoscere l’instabilità delle cose umane e il vantaggio di concentrare tutte le proprie affezioni su colui che non muore mai. Fu in queste circostanze che scelse una solitudine pia, per dedicarsi con maggiore tranquillità al proprio dolore e alle proprie meditazioni cristiane; e sebbene non abbandonasse del tutto la corte e il mondo, dove i suoi doveri lo tenevano ancora legato, fece comunque capire chiaramente che l’unico rapporto che potesse ora procurargli gioia era quello che desiderava instaurare con Dio.
L’educazione di suo figlio era il motivo principale che lo spingeva ad abbandonare la sua ritirata: non risparmiò nulla per svolgere al meglio questo importante dovere. Il successo rende inutile soffermarsi su ciò che fece in questo senso; e tanto meno possiamo dimenticarlo, dato che oggi godiamo dei frutti delle sue cure.
Sebbene fosse un buon padre e un buon marito, non fu certo meno fedele suddito e zeloso cittadino. Appassionato per la gloria del re, ovvero per la prosperità dello stato, si sa con quale impegno agiva ovunque ritenesse che ciò fosse nell’interesse pubblico; si sa anche che nessuna considerazione fu mai in grado di fargli nascondere i suoi sentimenti quando si trattava del bene comune. Un esempio raro, forse unico alla corte, dove queste parole di “bene pubblico” e “servizio al principe” significano, nelle bocche di coloro che le usano, ben poco altro che interesse personale, gelosia e avidità.
Chiamato ai consigli, non parlerò certo del suo rango, ma ancora più onorevolmente della stima e della fiducia di un re che le concede soltanto in base al merito. Fu lì che i suoi talenti e le sue virtù brillarono allo stesso modo; fu lì che la rettitudine della sua anima, la saggezza dei suoi consigli e la forza del suo eloquio, dedicate al servizio della patria, riuscirono più volte a far convergere tutte le opinioni verso la sua. Fu lì che, con la solidità delle sue argomentazioni, sorprese quegli spiriti più subdoli che saggi, i quali ritengono che essere giusti nel governo degli stati sia l’unica vera politica. In breve, fu lì che, sostenendo le benigne intenzioni del monarca che ci rende felici, contribuì a renderlo felice lui stesso, lavorando al bene dei suoi popoli insieme a lui.
Mais le respect m’arrête, et je sens qu’il ne m’est point permis de porter des regards indiscrets sur ces mystères du cabinet, où les destins de l’état sont en secret balancés au poids de l’équité et de la raison ; et pourquoi vouloir en apprendre plus qu’il n’est nécessaire ? Je l’ai déjà dit ; pour honorer la mémoire d’un si grand homme, nous n’avons pas besoin de compter tous les devoirs qu’il a remplis, ni toutes les vertus qu’il a possédées. Hâtons-nous d’arriver à ces doux moments de sa vie où, tout-à-fait retiré du monde, après avoir acquitté ce qu’il devait à sa naissance et à son rang, il se livra tout entier dans sa solitude aux penchants de son cœur et aux vertus de son choix.
C’est alors qu’on le vit déployer cette âme bienfaisante, dont l’amour de l’humanité fit le principal caractère, et qui ne chercha son bonheur que dans celui des autres. C’est alors que s’élevant à une gloire plus sublime, il commença de montrer aux hommes un spectacle plus rare et infiniment plus admirable que tous les chefs-d’œuvre des politiques et tous les triomphes des conquérants. Oui, messieurs, pardonnez-moi dans ce jour de tristesse cette affligeante remarque. L’histoire a consacré la mémoire d’une multitude de héros en tous genres, de grands capitaines, de grands ministres, et même de grands rois ; mais nous ne saurions nous dissimuler que tous ces hommes illustres n’aient beaucoup plus travaillé pour leur gloire et pour leur avantage particulier, que pour le bonheur du genre humain, et qu’ils n’aient sacrifié cent fois la paix et le repos des peuples au désir d’étendre leur pouvoir ou d’immortaliser leurs noms. Ah ! combien c’est un plus rare et plus précieux don du ciel qu’un prince véritablement bienfaisant, dont le premier ou l’unique soin soit la félicité publique, dont la main secourable et l’exemple admiré fassent régner partout le bonheur et la vertu ! Depuis tant de siècles un seul a mérité l’immortalité à ce titre : encore celui qui fut la gloire et l’amour du monde n’y a-t-il paru que comme une fleur qui brille au matin et périt avant le déclin du jour. Vous en regrettez un second, messieurs, qui, sans posséder un trône, n’en fut pas moins digne ; ou qui plutôt, affranchi des obstacles insurmontables que le poids du diadème oppose sans cesse aux meilleures intentions, fit encore plus de bien, plus d’heureux peut-être, du fond de sa retraite, que n’en fit Titus gouvernant l’univers. Il n’est pas difficile de décider lequel des deux mérite la préférence. Titus chrétien, Titus vertueux et bienfaisant dès sa première jeunesse, Titus ne perdant pas un seul jour, eût été égal au duc d’Orléans.
J’ai dit qu’il s’était retiré du monde : et il est vrai qu’il avait quitté ce monde frivole, brillant, et corrompu, où la sagesse des saints passe pour folie, où la vertu est inconnue et méprisée, où son nom même n’est jamais prononcé, où l’orgueilleuse philosophie dont on s’y pique consiste en quelques maximes stériles, débitées d’un ton de hauteur, et dont la pratique rendrait criminel ou ridicule quiconque oserait la tenter ; mais il commença à se familiariser avec ce monde si nouveau pour ses pareils, si ignoré, si dédaigné de l’autre, où les membres de Jésus-Christ souffrants attirent l’indignation céleste sur les heureux du siècle, où la religion, la probité, trop négligées sans doute, sont du moins encore en honneur, et où il est encore permis d’être homme de bien, sans craindre la raillerie et la haine de ses égaux.
Telle fut la nouvelle société qu’il rassembla autour de lui pour répandre sur elle, comme une rosée bienfaisante, les trésors de sa charité. Chaque jour il donnait dans sa retraite une audience et des soulagements à tous les malheureux indifféremment, réservant pour le Palais-Royal des audiences plus solennelles où le rang et la naissance reprenaient leurs droits, où la noblesse retrouvait un protecteur et un grand prince dans celui que les pauvres venaient d’appeler leur père. Ce fut la tendresse même de son âme qui le força d’accoutumer ses yeux à l’affligeant spectacle des misères humaines. Il ne craignait point de voir les maux qu’il pouvait soulager, et n’avait point cette répugnance criminelle qui ne vient que d’un mauvais cœur, ni cette pitié barbare dont plusieurs osent se vanter, qui n’est qu’une cruauté déguisée et un prétexte odieux pour s’éloigner de ceux qui souffrent : et comment se peut-il, mon Dieu ! que ceux qui n’ont pas le courage d’envisager les plaies d’un pauvre aient celui de refuser l’aumône au malheureux qui en est couvert.
Entrerai-je dans le détail immense de tous les biens qu’il a répandus, de tous les heureux qu’il a faits, de tous les malheureux qu’il a soulagés, et de ces aveuglés plus malheureux encore qu’il n’a pas dédaigné de rappeler de leurs égarements par les mêmes motifs qui les y avaient plongés, afin qu’ayant une fois goûté le plaisir d’être honnêtes gens, ils fissent désormais par amour pour la vertu ce qu’ils avaient commencé de faire par intérêt ? Non, messieurs, le respect me retient et m’empêche de lever le voile qu’il a mis lui-même au-devant de tant d’actions héroïques, et ma voix n’est pas digne de les célébrer.
O vous, chastes vierges de Jésus-Christ ! vous ses épouses régénérées, que la main secourable du duc d’Orléans a retirées ou garanties des dangers de l’opprobre et de la séduction, et à qui il a procuré de saints et inviolables asiles ; vous, pieuses mères de famille qu’il a unies d’un nœud sacré pour élever des enfants dans la crainte du Seigneur ; vous, gens de lettres indigents qu’il a mis en état de consacrer uniquement vos talents à la gloire de celui de qui vous les tenez ; vous, guerriers blanchis sous les armes, à qui le soin de vos devoirs a fait oublier celui de votre fortune, que le poids des ans a forcés de recourir à lui, et dont les fronts cicatrisés n’ont point eu à rougir de la honte de ses refus, élevez tous vos voix ; pleurez votre bienfaiteur et votre père. J’espère que, du haut du ciel, son âme pure sera sensible à votre reconnaissance. Qu’elle soit immortelle comme sa mémoire ! les bénédictions de vos cœurs sont le seul éloge digne de lui.
Ne nous le dissimulons point, messieurs ; nous avons fait une perte irréparable. Sans parler ici des monarques, trop occupés du bien général pour pouvoir descendre dans des détails qui le leur feraient négliger, je sais que l’Europe ne manque pas de grands princes ; je crois qu’il est encore des âmes vraiment bienfaisantes, encore plus d’esprits éclairés qui sauraient dispenser sagement les bienfaits qu’ils devraient aimer à répandre. Toutes ces choses, prises séparément, peuvent se trouver ; mais où les trouverons-nous réunis ? où chercherons-nous un homme qui, pouvant voir nos besoins par ses yeux et les soulager par ses mains, rassemble en lui seul la puissance et la volonté de bien faire avec les lumières nécessaires pour bien faire toujours à propos ? Voilà les qualités réunies que nous admirions et que nous aimions surtout dans celui que nous venons de perdre ; et voilà le trop juste motif des pleurs que nous devons verser sur son tombeau.
Seconde partie
Je le sens bien, messieurs ; ce n’est point avec le tableau que je viens de vous offrir que je dois me flatter de calmer une douleur trop légitime ; et l’image des vertus du grand prince dont nous honorons la mémoire ne peut être propre qu’à redoubler nos regrets. C’est pourtant en vous le peignant orné de vertus beaucoup plus sublimes, que j’entreprends de modérer votre juste affliction. À Dieu ne plaise qu’une insensée présomption de mes forces soit le principe de cet espoir ! Il est établi sur des fondements plus raisonnables et plus solides : c’est de la piété de vos cœurs, c’est des maximes consolantes du christianisme, c’est des détails édifiants qui me restent à vous faire, que je tire ma confiance. Religion sainte, refuge toujours sûr et toujours ouvert aux cœurs affligés, venez pénétrer les nôtres de vos divines vérités ; faites-nous sentir tout le néant des choses humaines ;inspirez-nous le dédain que nous devons avoir pour cette vallée de larmes, pour cette courte vie qui n’est qu’un passage pour arriver à celle qui ne finit point ; et remplissez nos âmes de cette douce espérance, que le serviteur de Dieu, qui a tant fait pour vous, jouit en paix, dans le séjour des bienheureux, du prix de ses vertus et de ses travaux.
But respect holds me back; I feel that it is not permissible for me to cast indiscreet looks upon these mysteries of the cabinet where the fate of the state is secretly weighed in the balance of justice and reason. And why should one seek to learn more than what is necessary? I have said it before: to honor the memory of such a great man, we need not enumerate all the duties he fulfilled or all the virtues he possessed. Let us hasten to those gentle moments of his life when, completely withdrawn from the world and having fulfilled his obligations toward his birth and his rank, he devoted himself entirely, in solitude, to the inclinations of his heart and the virtues of his own choice.
It was then that one saw him display that benevolent soul, whose primary characteristic was its love for humanity—and which sought its own happiness solely in the happiness of others. It was then that, ascending to even more sublime glory, he began to present to mankind a spectacle far rarer and infinitely more admirable than all the masterpieces of politicians or the triumphs of conquerors. Yes, gentlemen, forgive me this sad remark on this day of sorrow. History has honored the memories of numerous heroes of every kind—great captains, great ministers, even great kings—but we must admit that all these illustrious men worked far more for their own glory and personal advantage than for the happiness of humanity, and that they sacrificed the peace and tranquility of peoples a hundred times over in order to expand their power or immortalize their names. Ah! How much rarer and more precious is it, indeed, when a prince truly embodies benevolence—when his primary and sole concern is the public welfare, when his helping hand and admirable example bring happiness and virtue everywhere! For centuries, only one man has deserved immortality for this reason; yet even he, who was the glory and love of the world, appeared but like a flower that blooms in the morning and withers before sunset. You mourn the loss of another such man, gentlemen—one who, though lacking a throne, was none the less worthy of it; one who, free from the insurmountable obstacles that a crown always poses to the best intentions, did even more good—and perhaps brought more happiness—to people from the depths of his retirement than Titus could have done had he ruled the entire world. It is not difficult to determine which of these two deserves preference. The Christian Titus, the virtuous and benevolent Titus who began his life in this way—Titus, who never wasted a single day—would have been equal to the Duke of Orléans.
I said that he had withdrawn from the world—and indeed, he had left behind that frivolous, dazzling, and corrupt world where the wisdom of the saints is regarded as madness, where virtue is unknown and despised, where his very name is never uttered, where that proud philosophy, which people take such pride in, consists merely of a few sterile maxims delivered in a condescending tone; the practice of such principles would make anyone who dared to follow them either criminal or ridiculous. Yet he began to become familiar with this world—so new to those like him, so neglected and despised by the former one—where the suffering members of Jesus Christ draw divine wrath upon the fortunate of this age, where religion and virtue, though perhaps too often neglected, are at least still held in honor, and where it is still possible to be a good person without fearing the mockery and hatred of one’s peers.
Such was the new society he gathered around him, in order to bestow upon it, like a beneficial dew, the treasures of his generosity. Every day, in his retreat, he received and relieved all those in misery without distinction; whereas for the Palace-Royal, he reserved more solemn audiences where rank and birth regained their rightful place, where nobility found a protector and a great prince in him—whom the poor had just begun to call their father. It was the very tenderness of his nature that compelled him to endure the painful sight of human suffering. He feared not to witness those evils which he could alleviate, nor did he possess that criminal repulsion born of a wicked heart, nor that barbaric pity of which so many boast—pity that is nothing but disguised cruelty and a detestable pretext for turning away from those who suffer. How is it possible, my God, that those who lack the courage to face the wounds of the poor should have the audacity to refuse alms to those who are overwhelmed by misery!
Should I delve into the immense details of all the good he has done, of all the happy people he has helped bring forth, of all the unfortunate ones he has relieved from their suffering, and of those even more wretched who were blinded by ignorance—of how he did not disdain to guide them back from their errors, for the very same reasons that had led them astray? So that, once having tasted the joy of being honest people, they might now pursue virtue out of love for it, rather than merely out of self-interest? No, gentlemen; respect holds me back, and prevents me from lifting the veil he himself has placed over so many heroic deeds. My voice is not worthy enough to celebrate them.
O you, chaste virgins of Jesus Christ! you, his regenerated wives, whom the compassionate hand of the Duke of Orléans rescued from the dangers of disgrace and temptation, and provided with sacred and inviolable refuges; you, pious mothers who were united in sacred bonds to raise children in fear of the Lord; you, poor scholars whom he enabled to devote your talents entirely to the glory of him from whom you received them; you, warriors whose dedication to duty made them forget about their own fortunes, and who, now aged and in need, have sought his aid—raise your voices together; mourn for your benefactor and father. I hope that from heaven, his pure soul will be moved by your gratitude. May it be immortal, just as his memory shall be! The blessings of your hearts are the only praise worthy of him.
Let us not deceive ourselves, gentlemen; we have suffered an irreparable loss. Without mentioning here the monarchs, who are too preoccupied with the general welfare to delve into details that might cause them to neglect their duties, I know that Europe is not lacking in great princes; I believe there are still truly benevolent souls, and even more enlightened minds, who would be able to distribute generously the benefits they are eager to spread. All these qualities, taken separately, may exist; but where shall we find them combined? Where shall we seek a man who, by seeing our needs with his own eyes and alleviating them with his own hands, possesses both the power and the will to do good, along with the necessary enlightenment to always act rightly? Such were the qualities we admired and cherished most in the one we have just lost; and these are the very reasons for the tears we must shed at his grave.
Second Part
I understand it well, gentlemen; it is not merely through the portrait I have just presented to you that I can claim to have alleviated a pain that is all too justified. Moreover, the image of the virtues of that great prince whose memory we honor can only serve to deepen our sorrow. Yet, it is by depicting him as endowed with far more sublime virtues that I endeavor to ease your rightful grief. May God forbid that any foolish overconfidence in my own abilities be the basis for this hope! My confidence is rooted in far more reasonable and solid foundations: it is in the piety of your hearts, in the comforting teachings of Christianity, and in the edifying truths yet to be shared with you that I draw my strength. Holy religion, ever-safe refuge and always open to those who suffer, come and fill our hearts with your divine truths; make us aware of the utter insignificance of human affairs; inspire in us the contempt we owe toward this vale of tears, toward this brief life that is but a passage toward one that knows no end; and fill our souls with that gentle hope that the servant of God, who has done so much for you, may in peace, in the abode of the blessed, enjoy the reward of his virtues and his endeavors.
Ma il rispetto mi impedisce di indagare troppo su questi misteri del gabinetto, dove i destini dello stato vengono segretamente bilanciati in base alla giustizia e alla ragione; e perché voler sapere di più di quanto sia necessario? L’ho già detto: per onorare la memoria di un uomo così grande, non abbiamo bisogno di conoscere tutti i doveri che ha adempiuto, né tutte le virtù che possedeva. Affrettiamoci a raggiungere quei dolci momenti della sua vita in cui, completamente ritirato dal mondo, dopo aver adempiuto ai doveri impostigli dalla sua nascita e dal suo rango, si dedicò interamente, nella solitudine, alle inclinazioni del proprio cuore e alle virtù che scelse liberamente.
Fu allora che si vide manifestare in lui quell’anima benevola il cui amore per l’umanità costituiva il tratto principale del suo carattere; un uomo il quale cercava la propria felicità soltanto nella felicità degli altri. Fu allora che, elevandosi a una gloria ancora più sublime, iniziò a offrire agli uomini uno spettacolo più raro e infinitamente più ammirevole di tutti i capolavori dei politici e di tutti i trionfi dei conquistatori. Sì, signori, perdonatemi questa osservazione dolorosa in questo giorno di tristezza. La storia ha onorato con la sua memoria moltissimi eroi di ogni genere: grandi capitani, grandi ministri, persino grandi re; ma non possiamo negare che tutti questi uomini illustri abbiano lavorato molto più per la propria gloria e il proprio interesse personale che per la felicità dell’umanità, sacrificando centinaia di volte la pace e il riposo dei popoli al desiderio di estendere il proprio potere o di immortalizzare i propri nomi. Ah! Quanto è più raro e prezioso dono del cielo un principe veramente benevolo, il cui primo e unico scopo sia la felicità pubblica, il cui aiuto generoso e il cui esempio ammirevole diffondano ovunque felicità e virtù. Da secoli, soltanto uno ha meritato l’immortalità per questo titolo; eppure colui che fu la gloria e l’amore del mondo è apparso nella storia come una fiore che splende al mattino e appassisce prima del tramonto. Voi rimpiangete un secondo tale uomo, signori: uno che, senza possedere un trono, non era tuttavia meno degno di esso; anzi, liberato dagli ostacoli insormontabili che il peso di una corona oppone sempre alle migliori intenzioni, fece ancora più bene, forse reso ancora più felici molte persone, dal fondo della sua ritirata, di quanto non abbia fatto Tito governando l’universo. Non è difficile decidere quale dei due meriti la preferenza. Il Tito cristiano, il Tito virtuoso e benevolo fin dalla prima giovinezza, quel Tito che non trascorse nemmeno un giorno senza compiere azioni buone, avrebbe potuto essere paragonato al Duca d’Orléans.
Ho detto che si era ritirato dal mondo: ed è vero che aveva lasciato quel mondo frivolo, brillante e corrotto, dove la saggezza dei santi viene considerata follia, dove la virtù è ignorata e disprezzata, dove il suo stesso nome non viene mai menzionato, dove l’orgogliosa filosofia di cui si vanta consiste in alcune massime sterili, pronunciate con tono sprezzante, e la cui pratica renderebbe criminale o ridicolo chiunque osasse metterle in atto; ma iniziò ad abituarsi a quel mondo così nuovo per i suoi simili, così ignorato e disprezzato dall’altro, dove i membri di Gesù Cristo che soffrono attirano l’indignazione celeste su coloro che sono fortunati in questo secolo, dove la religione e la probità, forse troppo trascurate, sono almeno ancora onorate, e dove è ancora possibile essere persone buone, senza temere le derisioni e l’odio dei propri simili.
Ecco la nuova società che egli radunò intorno a sé per diffondere su di essa, come una benefica rugiada, i tesori della sua carità. Ogni giorno, nel suo ritiro, concedeva udienze e offriva sollievo a tutti i malheurevoli, senza distinzioni; riservava invece al Palazzo Reale udienze più solenni, dove rango e nascita riprendevano il loro valore, dove la nobiltà ritrovava in lui un protettore e un grande principe – colui che i poveri avevano appena chiamato “loro padre”. Fu proprio la tenerezza della sua anima a costringerlo ad abituare i propri occhi allo spettacolo doloroso delle miserie umane. Non temeva affatto di vedere i mali che poteva alleviare, e non provava quella ripugnanza criminale che deriva soltanto da un cuore malvagio, né quella pietà barbara di cui molti si vanno vantando: una pietà che in realtà non è altro che crudeltà mascherata e un odioso pretesto per allontanarsi da coloro che soffrono. E come può essere possibile, mio Dio, che coloro che non hanno il coraggio di guardare le ferite di un povero abbiano invece il coraggio di rifiutare l’elemosina a chi ne è coperto?
Entrerò forse nei dettagli di tutti i beni che ha distribuito, di tutti coloro che ha reso felici, di tutti coloro che ha alleviato dalla sofferenza, e di quegli ancora più sfortunati che non ha disdegnato di guidare fuori dall’errore con gli stessi motivi che li avevano portati lì, affinché, avendo una volta assaporato il piacere di essere persone oneste, facciano ora ciò che avevano iniziato a fare per interesse, spinti dall’amore per la virtù? No, signori: il rispetto mi impedisce di sollevare il velo che egli stesso ha posto davanti a tante azioni eroiche, e la mia voce non è degna di celebrarle.
O voi, caste vergini di Gesù Cristo! Voi, sue spose rinnovate, a cui la mano pietosa del Duca d’Orléans ha salvato o protetto dalle pericole dell’infamia e della seduzione, fornendovi rifugi sacri e inviolabili; voi, piose madri di famiglia, che egli ha unite in un legame sacro affinché allevaste i vostri figli nella paura del Signore; voi, letterati indigenti, a cui ha permesso di dedicare interamente le vostre capacità alla gloria di Colui da cui le avete ricevute; voi, guerrieri che sotto le armi hanno dimenticato i propri interessi personali, costretti dagli anni ad appellarvi a lui, e la cui fronte segnata dalle battaglie non ha mai dovuto arrossire per i suoi rifiuti. Alzate tutte le vostre voci; piangete il vostro benefattore e il vostro padre. Spero che, dal cielo, la sua anima pura possa percepire la vostra gratitudine. Che essa sia immortale, come la sua memoria! Le benedizioni dei vostri cuori sono l’unico elogio degno di Lui.
Non nascondiamocelo, signori: abbiamo subito una perdita irreparabile. Senza parlare dei monarchi, troppo impegnati nel bene comune per potersi soffermare su dettagli che potrebbero far loro trascurare il compito principale, so che in Europa non mancano grandi principi; credo ci siano ancora anime veramente benefiche, ancora più intellettuali capaci di distribuire saggiamente i benefici che dovrebbero voler diffondere. Tutte queste qualità, prese singolarmente, possono esistere; ma dove le troveremo riunite? Dove cercheremo un uomo che, potendo vedere i nostri bisogni con i suoi occhi e alleviarli con le sue mani, raccolga in sé la forza e la volontà di fare del bene, insieme alle luci necessarie per agire sempre nel modo giusto? Queste sono le qualità che ammiravamo e che apprezzavamo soprattutto in colui che abbiamo appena perso; ed è questo il motivo più che legittimo delle lacrime che dobbiamo versare sulla sua tomba.
Seconda parte
Lo capisco bene, signori; non è certo con il quadro che vi ho appena mostrato che posso sperare di alleviare un dolore così legittimo; e l’immagine delle virtù del grande principe di cui onoriamo la memoria non può fare altro che raddoppiare i nostri rimpianti. Eppure, è proprio rappresentandolo adornato di virtù molto più sublimi che intendo cercare di lenire il vostro giusto dolore. Che Dio non permetta che una presunzione insensata delle mie forze sia alla base di questa speranza! Essa si fonda su fondamenti più ragionevoli e più solidi: è dalla pietà dei vostri cuori, dalle massime consolanti del cristianesimo, dai dettagli edificanti che mi restano da mostrarvi che trae la mia fiducia. O sacra religione, rifugio sempre sicuro e sempre aperto ai cuori afflitti, vieni a penetrare nei nostri cuori con le tue verità divine; faici sentire tutto l’infinito nulla delle cose umane; ispiraci il disprezzo che dobbiamo avere per questa valle di lacrime, per questa breve vita che non è altro che un passaggio verso quella che non ha fine; e riempie le nostre anime con quella dolce speranza che il servo di Dio, che tanto ha fatto per voi, possa godere in pace, nel regno dei beati, del premio delle sue virtù e dei suoi sforzi.
Que ces idées sont consolantes ! Qu’il est doux de penser qu’après avoir goûté dans cette vie le plaisir touchant de bien faire, nous en recevrons encore dans l’autre la récompense éternelle ! Il faut plus, il est vrai, que de bonnes actions pour y prétendre ; et c’est cela même qui doit animer notre confiance. Le duc d’Orléans, avec les vertus dont j’ai parlé, n’eût encore été qu’un grand homme ; mais il reçut avec elles la foi qui les sanctifie, et rien ne lui manqua pour être un chrétien.
Cette foi puissante, qui n’est pourtant rien sans les oeuvres, mais sans laquelle les œuvres ne sont rien, germa dans son cœur dès les premières années, et, comme ce grain de semence de l’Évangile[131], elle y devint bientôt un grand arbre qui étendait au loin ses rameaux bienfaisants. Ce n’était point cette foi stérile et glacée d’un esprit convaincu par la raison, à laquelle le cœur n’a point de part, et destituée également d’espérance et d’amour. Ce n’était point la foi morte de ces mauvais chrétiens qui vainement disent chaque jour, Seigneur ! Seigneur ! et n’entreront point dans le royaume des cieux. C’était cette foi pure et vive qui taisait marcher les apôtres sur les eaux, et dont le Seigneur même a dit qu’un seul grain suffirait pour ne rien trouver d’impossible. Elle était si ardente en son âme, et si présente à sa mémoire, qu’il en faisait régulièrement un acte au commencement de toutes ses actions ; ou plutôt sa vie entière n’a été qu’un acte de foi continuel, puisqu’on tient d’un témoignage assuré qu’il n’a jamais eu un seul instant de doute sur les vérités et les mystères de la religion catholique. Et comment donc avec tant de foi n’a-t-il point opéré de miracles ? Chrétiens, Dieu vous doit-il compte de ses grâces ? et savez-vous jusqu’où peut aller l’humilité d’un juste ? Pourquoi demander des miracles ? n’en a-t-il pas fait un plus grand et plus édifiant que de transporter des montagnes ? Quel est donc ce miracle ? me direz-vous. La sainteté de sa vie dans un rang aussi sublime, et dans un siècle aussi corrompu.
Le duc d’Orléans croyait, et c’est assez dire. On peut s’étonner qu’il se trouve des hommes capables d’offenser un Dieu qu’ils savent être mort pour eux ; mais qui s’étonnera jamais qu’un chrétien ait été humble, juste, tempérant, humain, charitable, et qu’il ait accompli à la lettre les préceptes d’une religion si pure, si sainte, et dont il était si intimement persuadé ? Ah ! non, sans doute, on ne remarquait point entre ses maximes et sa conduite cette opposition monstrueuse qui déshonore uns mœurs ou notre raison ; et l’on ne saurait peut-être citer une seule de ses actions qui ne montre, avec la force de cette grande âme faite pour soumettre ses passions à l’empire de sa volonté, la force plus puissante de la grâce, faite pour soumettre en toutes choses sa volonté à celle de son Dieu.
Toutes ses vertus ont porté cette divine empreinte du christianisme ; c’est dire assez combien elles ont effacé l’éclat des vertus humaines, toujours si empressées à s’attirer cette vaine admiration qui est leur unique récompense, et qu’elles perdent pourtant encore, comparées à celle du vrai chrétien. Les plus grands hommes de l’antiquité se seraient honorés de voir son nom inscrit à côté des leurs, et ils n’auraient pas même eu besoin de croire comme lui, pour admirer et respecter ces vertus héroïques qu’il consacrait ou sacrifiait toutes au triomphe de sa foi.
Il était humble ; non de cette fausse et trompeuse humilité qui n’est qu’orgueil ou bassesse d’âme, mais d’une humilité pieuse et discrète, également convenable à un chrétien pécheur et à un grand prince qui, sans avilir son titre, sait humilier sa personne. Vous l’avez vu, messieurs, modeste dans son élévation et grand dans sa vie privée, simple comme l’un de nous, renoncer à la pompe consacrée à son rang, sans renoncer à sa dignité ; vous l’avez vu, dédaignant cette grandeur apparente dont personne n’est si jaloux que ceux qui n’en ont point de réelle, ne garder des honneurs dus à sa naissance que ce qu’ils avaient pour lui de pénible, ou ce qu’il n’en pouvait négliger sans s’offenser soi-même. Prosterné chaque jour au pied de la croix, la touchante image d’un Dieu souffrant, plus » présente encore à son cœur qu’à ses yeux, ne lui laissait point oublier que c’est en son seul amour que consistent les richesses, la gloire et la justice[132] ; et il n’ignorait pas non plus, malgré tant de vains discours, que, si celui qui sait soutenir les grandeurs en est digne, celui qui sait les mépriser est au-dessus d’elles. Hommes vulgaires, qu’un éclat frivole éblouit, même quand vous affectez de le dédaigner, lisez une fois dans vos âmes, et apprenez à admirer ce que nul de vous n’est capable de faire.
Il était bienfaisant, je l’ai déjà dit, et qui pourrait l’ignorer ? Qu’il me soit permis d’y revenir encore : je ne puis quitter un objet si doux. Un homme bienfaisant est l’honneur de l’humanité, la véritable image de Dieu, l’imitateur de la plus active de toutes ses vertus ; et l’on ne peut douter qu’il ne reçoive un jour le prix du bien qu’il aura fait, et même de celui qu’il aura voulu faire ; ni que le père des humains ne rejette avec indignation ces âmes dures qui sont insensibles à la peine de leur frère, et qui n’ont aucun plaisir à la soulager. Hélas ! cette vertu si digne de notre amour est peut-être bien plus rare encore qu’on ne pense. Je le dis avec douleur : si du nombre de ceux qui semblent y prétendre on écartait tous ces esprits orgueilleux qui ne font du bien que pour avoir la réputation d’en faire, tous ces esprits faibles qui n’accordent des grâces que parce qu’ils n’ont pas la force de les refuser, qu’il en resterait peu de ces cœurs vraiment généreux dont la plus douce récompense pour le bien qu’ils font est le plaisir de l’avoir fait ! Le duc d’Orléans eût été à la tête de ce petit nombre. Il savait répandre ses grâces avec choix et proportion ; son cœur tendre et compatissant, mais ferme et judicieux, eut même su les refuser à ceux qu’il n’en croyait pas dignes, s’il ne se fut ressouvenu sans cesse que nous avons un trop grand besoin nous-mêmes de la miséricorde céleste, pour être en droit de refuser la nôtre à personne.
Il était bienfaisant, ai-je dit. Ah ! Il était plus que cela, il était charitable. Et comment ne l’eût-il pas été ? Comment, avec une foi si vive, n’eût-il pas aimé ce Dieu qui avait tant fait pour lui ? Comment la sainte ardeur dont il brûlait pour son Dieu ne lui eût-elle pas inspiré de l’amour pour tous les hommes que Jésus-Christ a rachetés de son sang, et pour les pauvres qu’il adopte ? La gloire du Seigneur était son premier désir, le salut des âmes son premier soin : secourir les malheureux n’était de sa part qu’une occasion de leur faire de plus grands biens en travaillant à leur sanctification. Il rougissait de la négligence avec laquelle les dogmes sacrés et la morale sainte du christianisme étaient appris et enseignés. Il ne pouvait voir sans douleur plusieurs de ceux qui se chargent du respectable soin d’instruire et d’édifier les fidèles se piquer de savoir toutes choses, excepté la seule qui leur soit nécessaire, et préférer l’étude d’une orgueilleuse philosophie à celle des saintes Lettres, qu’ils ne peuvent négliger sans se rendre coupables de leur propre ignorance et de la nôtre. Il n’a rien oublié pour procurer à l’Église de plus grandes lumières, et au peuple de meilleures instructions. Chacun sait avec quelle ardeur il montrait l’exemple, même sur ce point. Semblable à un enfant préféré, qui, pénétré d’une tendre reconnaissance, feuillette, avec un plaisir mêlé de larmes, le testament de son père, il méditait sans cesse nos livres sacrés ; il y trouvait sans cesse de nouveaux motifs de bénir leur divin auteur, et de s’attrister des liens terrestres qui le tenaient éloigné de lui. Il possédait la sainte Écriture mieux que personne au monde ; il en savait toutes les langues, et en connaissait tous les textes. Les commentaires qu’il a faits sur saint Paul et sur la Genèse ne sont pas un témoignage moins certain de la justesse de sa critique et de la profondeur de son érudition, que de son zèle pour la gloire de l’Esprit saint qui a dicté ces livres ; et la chaire de professeur en langue hébraïque, qu’il a fondée en Sorbonne, n’y sera pas moins un monument des lumières qui lui en ont fait apercevoir le besoin, que de la munificence chrétienne qui l’a porté à y pourvoir.
What comforting ideas these are! How delightful it is to think that, after experiencing in this life the joy of doing good, we will receive eternal reward in the next. Indeed, more than merely good deeds are required to aspire to such a fate; and it is precisely this very consideration that should strengthen our confidence. The Duke of Orléans, with the virtues I have mentioned, would have been merely a great man; but he also received the faith that sanctifies these virtues, and nothing was lacking for him to be a true Christian.
This powerful faith, which is nothing without works—but without which works would be nothing—began to germinate in his heart from his earliest years. Like that seed of the Gospel[131], it soon grew into a great tree whose beneficial branches extended far and wide. It was not that sterile, cold faith of those who are convinced by reason alone—a faith in which the heart has no part, and which is devoid of both hope and love. Nor was it the dead faith of those poor Christians who vainly repeat “Lord! Lord!” every day yet will never enter the kingdom of heaven. It was that pure, vibrant faith that enabled the apostles to walk on water, and which the Lord himself said would make even a single seed sufficient to accomplish anything impossible. This faith was so intense in his soul and so firmly rooted in his memory that he regularly devoted it to God at the beginning of every action he undertook; indeed, his entire life was one continuous act of faith. For there is firm testimony that he never once doubted the truths and mysteries of the Catholic religion. How then, with such faith, did he not perform miracolos? Christians, does God owe you an account of his gifts? And do you even realize how far the humility of a righteous person can extend? Why ask for miracles? Has he not performed one greater and more inspiring than moving mountains? What is this miracle, you may ask? It is the sanctity of his life, lived in such a sublime position during an era so corrupt.
The Duke of Orléans believed it—and that is saying enough. One may wonder how there are men capable of offending a God they know to be dead for them; but who could ever be surprised that a Christian should have been humble, just, temperate, kind-hearted, and charitable, and that he should have literally followed the precepts of a religion so pure, so holy, of which he was so deeply convinced? Ah! No doubt, one would never notice between his principles and his actions that monstrous discrepancy which brings shame upon morals or our reason; nor could anyone possibly cite a single act of his that does not demonstrate, with the power of that great soul destined to subdue its passions to the authority of its will, the even more powerful influence of grace, which is meant to make one’s will submit in every regard to that of God.
All its virtues bore the divine imprint of Christianity; this alone is sufficient to show how greatly they overshadowed the brilliance of human virtues—those virtues always so eager to attract that vain admiration which is their only reward—and yet, even when compared to those of a true Christian, they still fall short. The greatest men of antiquity would have taken pride in having their names listed alongside his; moreover, they would not have needed to believe in what he believed in order to admire and respect those heroic virtues that he devoted or sacrificed entirely for the triumph of his faith.
He was humble; not that false and deceptive humility which is nothing but pride or baseness of soul, but a pious and discreet humility, suitable alike for a sinful Christian and for a great prince who, without demeaning his rank, knows how to humble himself. You have seen him, gentlemen—modest in his high position and generous in his private life, as simple as one of us, giving up the pomp due to his status without sacrificing his dignity; you have seen him despising that apparent greatness which none envy more than those who possess no real greatness themselves, retaining only those honors inherent in his birth that were necessary or unavoidable. Every day he bowed at the foot of the cross, and the touching image of a suffering God—more present in his heart than before his eyes—never allowed him to forget that it is in His love alone that true wealth, glory, and justice reside[132]. And despite all empty rhetoric, he knew well that those who are worthy of possessing greatness are also those who know how to despise it; they stand above such things. Oh, men of lowly birth, blinded by fleeting glories—even when you pretend to scorn them—read this in your hearts and learn to admire what none of you is capable of achieving.
He was kind-hearted; I have said so before, and who could possibly ignore it? Allow me to repeat it: how could one ever leave behind such a gentle person? A kind-hearted man is the honor of humanity, the true image of God, the embodiment of His most noble virtues. There is no doubt that he will one day receive reward for the good he has done—and even for the good he intended to do. And surely, the Father of mankind would reject with indignation those hearts that are insensible to the suffering of their fellow beings and find no joy in alleviating it. Alas! This virtue, so worthy of our love, is perhaps even rarer than we imagine. I say this with sorrow: if we were to exclude from those who seem to possess it all those proud individuals who do good merely to gain the reputation of doing so, as well as those weak-minded people who grant favors only because they lack the strength to refuse them, then very few would remain among those truly generous souls for whom the greatest reward for their kindness is the pleasure of having done it. The Duke of Orléans would have been at the head of such a handful. He knew how to bestow his favors wisely and proportionately; his tender and compassionate heart, yet firm and judicious, would even have refused them to those he did not deem worthy—if only he had always remembered that we ourselves need divine mercy far more than anyone else, and therefore have no right to deny it to anyone.
He was kind-hearted, I said. Ah! He was more than that—he was charitable. And how could he not be? With such intense faith, how could he not love the God who had done so much for him? How could the holy passion burning within him not inspire in him love for all men whom Jesus Christ had redeemed with his blood, and for the poor whom he took under his care? The glory of the Lord was his foremost desire; the salvation of souls his primary concern: helping the unfortunate was merely an opportunity for him to do them even greater good by working towards their sanctification. He was ashamed of the neglect with which the sacred doctrines and the holy morals of Christianity were being learned and taught. He could not bear to see many of those who were responsible for educating and guiding believers devote themselves to learning everything except what was truly necessary, preferring the study of prideful philosophy to the study of the Holy Scriptures—something they could not neglect without committing their own ignorance as well as ours. He did everything in his power to bring greater light to the Church and better instruction to the people. Everyone knows with what zeal he set an example in this regard. Like a favored child, filled with tender gratitude, he would read his father’s “will” with joy mixed with tears, constantly meditating on our sacred books; he found new reasons there to bless their divine Author and to mourn over the worldly ties that kept him separated from Him. He knew the Holy Scriptures better than anyone in the world; he spoke all their languages and was familiar with every passage in them. The commentaries he wrote on Saint Paul and the Book of Genesis are as clear a testament to the accuracy of his interpretations and the depth of his erudition, as they are evidence of his zeal for the glory of the Holy Spirit who inspired those writings. And the chair of Hebrew studies that he established at the Sorbonne will be just as much a monument to the wisdom that made him recognize its necessity, as it is a testament to the Christian generosity that enabled him to provide for it.
Che idee consolanti! Che dolcezza pensare che, dopo aver assaporato in questa vita il piacere di fare del bene, ne riceveremo ancora nell’altra la ricompensa eterna. È vero, però, che servono più di semplici buone azioni per poter aspirare a questo; ed è proprio questo che deve alimentare la nostra fiducia. Il Duca d’Orléans, con le virtù di cui ho parlato, sarebbe stato soltanto un grande uomo; ma grazie ad esse ricevette anche la fede che le rende sacre. E non gli mancò nulla per essere un vero cristiano.
Questa fede potente, che tuttavia non è nulla senza le opere, ma senza la quale nemmeno le opere hanno significato, germogliò nel suo cuore fin dai primi anni; e, come quel seme dell’Evangelo[131], divenne presto un grande albero il cui fogliame benefico si estendeva lontano. Non si trattava di quella fede sterile e fredda di uno spirito convinto dalla ragione, alla quale il cuore non partecipa affatto, e che è priva sia di speranza che d’amore. Non era nemmeno la fede “morta” di quei cattivi cristiani che invano ripetono ogni giorno “Signore! Signore!”, senza mai entrare nel regno dei cieli. Era quella fede pura e viva che fece camminare gli apostoli sulle acque, e della quale il Signore stesso disse che un solo seme sarebbe stato sufficiente per realizzare qualsiasi cosa fosse impossibile. Era così ardente nel suo cuore e così presente nella sua memoria, che ne faceva regolarmente un atto all’inizio di ogni sua azione; anzi, tutta la sua vita fu un continuo atto di fede, poiché si ha una testimonianza certa del fatto che non ebbe mai un solo istante di dubbio sulle verità e sui misteri della religione cattolica. E allora, con tanta fede, perché non compì miracoli? Cristiani, Dio vi deve forse rendere conto delle sue grazie? E sapete fino a che punto può arrivare l’umiltà di un giusto? Perché chiedere miracoli? Non ne ha forse compiuto uno più grande e più edificante di quello di spostare montagne? Qual è dunque questo “miracolo”? Vi chiederete. La santità della sua vita, in una posizione così “sublime” e in un secolo così corrotto.
Il duca d’Orléans credeva, e basta dire questo. Si può meravigliare che esistano persone capaci di offendere un Dio di cui sanno essere stati morti per loro; ma chi si sorprenderebbe mai se un cristiano fosse stato umile, giusto, temperante, compassionevole, e avesse rispettato alla lettera i precetti di una religione così pura, così sacra, della quale era così profondamente convinto? Ah! No, certamente: non si notava alcuna contraddizione tra le sue massime e il suo comportamento; e probabilmente non si potrebbe citare nemmeno un solo dei suoi atti che non dimostri, con la forza di quella grande anima destinata a sottomettere le proprie passioni al dominio della volontà, anche la forza ancora più potente della grazia, destinata a sottomettere in ogni cosa la propria volontà a quella del proprio Dio.
Tutte le sue virtù portavano quella divina impronta del cristianesimo; ciò basta a dimostrare quanto abbiano oscurato lo splendore delle virtù umane, sempre desiderose di attirare quell’ammirazione vana che rappresenta la loro unica ricompensa, eppure perdono ancora di fronte alle virtù del vero cristiano. Anche i più grandi uomini dell’antichità si sarebbero onorati di vedere il suo nome accanto al loro; inoltre, non avrebbero nemmeno avuto bisogno di credere come lui per ammirare e rispettare quelle virtù eroiche che egli dedicava interamente alla vittoria della sua fede.
Era umile; non quella falsa e ingannevole umiltà che non è altro che orgoglio o bassezza d’animo, ma un’umiltà pia e discreta, adatta tanto a un cristiano peccatore quanto a un grande principe che, senza umiliare il proprio titolo, sa umiliare la propria persona. L’avete visto, signori: modesto nella sua posizione elevata e nobile nella sua vita privata, semplice come uno di noi, rinunciando alla pompa dovuta al suo rango senza però rinunciare alla propria dignità; l’avete visto disdegnare quella grandezza apparente di cui nessuno è più geloso di coloro che non ne possiedono alcuna reale, conservando degli onori dovuti alla sua nascita soltanto ciò che per lui era necessario o indispensabile. Prostrato ogni giorno ai piedi della croce, l’immagine commovente di un Dio sofferente gli ricordava costantemente che sono solo nell’amore di Dio che risiedono la ricchezza, la gloria e la giustizia[132]; e non ignorava nemmeno, nonostante tanti discorsi vani, che colui che sa mantenere le proprie grandezze è degno di esse, mentre colui che sa disprezzarle è al di sopra di esse. O uomini volgari, che vi lasciate abbagliare da un lusso frivolo: anche quando fingete di disdegnarlo, leggete una volta nel vostro cuore e imparate ad ammirare ciò che nessuno di voi è in grado di realizzare.
Era un uomo benevolo; l’ho già detto, e chi potrebbe ignorarlo? Permettetemi di ripeterlo ancora: non posso lasciare un essere così gentile. Un uomo benevolo è l’onore dell’umanità, l’immagine vera di Dio, l’imitatore delle sue virtù più preziose; non si può dubitare che un giorno riceva la ricompensa del bene che ha fatto, e anche di quello che ha voluto fare; né che il Padre degli uomini respinga con indignazione quelle anime crudeli che sono insensibili al dolore dei loro fratelli e che non provano alcun piacere nel alleviarlo. Ahimè! Questa virtù, così degna del nostro amore, è forse ancora più rara di quanto si creda. Lo dico con dolore: se tra coloro che sembrano praticarla si eliminassero tutti quegli spiriti orgogliosi che fanno del bene soltanto per ottenere la reputazione di farlo, tutti quegli individui deboli che concedono favori solo perché non hanno la forza di rifiutarli, rimarrebbero pochi davvero generosi, per i quali la più dolce ricompensa del bene compiuto è il piacere stesso di averlo fatto! Il Duca d’Orléans sarebbe stato tra questi pochi. Sapeva distribuire i suoi favori con saggezza e misura; il suo cuore, tenero e compassionevole, ma anche fermo e giudizioso, avrebbe persino saputo rifiutarli a coloro che non ne erano degni, se solo non si fosse sempre ricordato che noi stessi abbiamo un bisogno troppo grande della misericordia celeste per avere il diritto di negarla a nessuno.
Era buono, ho detto. Ah! Era molto di più: era caritatevole. E come non lo sarebbe stato? Come, con una fede così viva, non avrebbe amato quel Dio che aveva fatto tanto per lui? Come la sacra passione che ardeva nel suo cuore per il suo Dio non gli avrebbe ispirato amore per tutti gli uomini che Gesù Cristo ha redento con il suo sangue, e per i poveri che egli stesso ha adottato? La gloria del Signore era il suo primo desiderio, la salvezza delle anime la sua principale preoccupazione: aiutare i malheurevoli era per lui soltanto un’occasione per far loro ancora maggior bene, lavorando al loro santificarsi. Si vergognava della negligenza con cui i dogmi sacri e la morale cristiana venivano appresi e insegnati. Non poteva vedere senza dolore come molti di coloro che si occupavano dell’insegnamento dei fedeli si vantassero di conoscere tutto, tranne ciò che era veramente necessario, preferendo lo studio di una filosofia orgogliosa a quello delle Sacre Scritture, che non potevano trascurare senza rendersi colpevoli della propria ignoranza e di quella altrui. Non ha dimenticato nulla per portare all’Chiesa maggiori luci e al popolo migliori insegnamenti. Tutti sanno con quale fervore dava l’esempio anche in questo campo. Simile a un figlio prediletto, che, pieno di tenera riconoscenza, sfoglia con gioia mista a lacrime il testamento del proprio padre, egli meditava costantemente sui nostri libri sacri; vi trovava sempre nuovi motivi per lodare il loro divino autore e per dolersi dei legami terreni che lo tenevano lontano da Lui. Conosceva la Sacra Scrittura meglio di chiunque altro al mondo; ne parlava in tutte le lingue ed era a conoscenza di tutti i suoi testi. I commenti che ha scritto su San Paolo e sulla Genesi sono una testimonianza altrettanto evidente della correttezza della sua interpretazione e della profondità della sua erudizione, quanto del suo zelo per la gloria dello Spirito Santo che ha ispirato queste opere; inoltre, la cattedra di insegnamento in lingua ebraica che ha fondato alla Sorbona rappresenta un monumento sia alle conoscenze che gli hanno fatto comprendere l’importanza di tale studio, sia alla generosità cristiana che lo ha spinto a metterle a disposizione degli altri.
Mais à quoi sert d’entrer ici dans tous ces détails ? Ne nous suffit-il pas de savoir qu’il avait, à ce haut degré, une seule de ces vertus, pour être assurés qu’il les avait toutes ? Les vertus chrétiennes sont indivisibles comme le principe qui les produit. La foi, la charité, l’espérance, quand elles sont assez parfaites, s’excitent, se soutiennent mutuellement ; tout devient facile aux grandes âmes avec la volonté de tout faire pour plaire à Dieu ; et les rigueurs mêmes de la pénitence n’ont presque plus rien de pénible pour ceux qui savent en sentir la nécessité et en considérer le prix. Entreprendrai-je, messieurs, de vous décrire les austérités qu’il exerçait sur lui-même ? N’effrayons pas à ce point la mollesse de notre siècle. Ne rebutons pas les âmes pénitentes qui, avec beaucoup plus d’offenses à réparer, sont incapables de supporter de si rudes travaux. Les siens étaient trop au-dessus des forces ordinaires pour oser les proposer pour modèles. Eh ! peu s’en faut, mon Dieu, que je n’aie à justifier leur excès devant ce monde efféminé, si peu fait pour juger de la douceur de votre joug. Combien de téméraires oseront lui reprocher d’avoir abrégé ses jours à force de mortifications et de jeûnes, qui ne rougissent point d’abréger les leurs dans les plus honteux excès ! Laissons-les, au sein de leurs égarements, prononcer avec orgueil les maximes de leur prétendue sagesse ; et cependant le jour viendra où chacun recevra le salaire de ses œuvres. Contentons-nous de dire ici que ce grand et vertueux prince mortifia sa chair comme saint Paul, sans avoir à pleurer, comme lui, l’aveuglement de sa jeunesse. Il pécha sans doute ; et quel homme en est exempt ? Aussi, quoique son cœur ne se fût point endurci, quoiqu’il pût dire, comme cet homme de l’Évangile pour lequel Jésus conçut de l’affection : O mon maître ! j’ai observé toutes ces choses dès mon enfance[133], il n’ignorait pas qu’il avait pourtant des fautes à expier ou à prévenir ; il n’ignorait pas que, pour arriver au terme qu’il se proposait, le chemin le plus sûr était le plus difficile, selon ce grand précepte du Seigneur, Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car je vous dis que plusieurs demanderont à entrer, et ne l’obtiendront point[134] ; il n’ignorait pas enfin ces terribles paroles de l’Écriture, En vain échapperions-nous à la main des hommes ; si nous ne faisons, pénitence, nous tomberons dans celle de Dieu[135].
Nous l’avons vu, dans ces derniers moments de sa vie où son corps exténué était prêt à laisser cette âme pure en liberté de se réunir à son Créateur, refuser encore de modérer ces saintes rigueurs qu’il exerçait sur sa chair ; nous l’avons vu, jusqu’à la veille de son décès, et tout ce peuple en larmes l’a vu avec nous, se lever avec effort, et, se soutenant à peine, se traîner chaque jour à l’église, en prononçant ces paroles dont il sentait avec joie approcher l’accomplissement, Nous irons dans la maison du Seigneur[136]. Bien différent de cet empereur païen[137] qui voulut mourir debout pour le frivole plaisir de prononcer une sentence, il voulut mourir debout pour rendre à son Créateur, jusqu’au dernier jour de sa vie, cet hommage public qu’il n’avait jamais négligé de lui rendre ; il voulut mourir comme il avait vécu, en servant Dieu et édifiant les hommes.
Ne doutons point qu’une si sainte vie n’obtienne la récompense qui lui est due. Souffrons sans murmure que celui qui a tant aimé le bonheur des hommes voie enfin couronner le sien. Espérons que le désir de répandre sur nous des bienfaits, qui a été sur la terre l’objet de toutes ses actions, deviendra dans le ciel celui de toutes ses prières. Enfin, travaillons à nous sanctifier comme lui, et faisons en sorte que, ne pouvant plus nous être utile par ses bonnes œuvres, il le soit encore par son exemple.
En attendant qu’il partage sur nos autels les honneurs de son saint et glorieux ancêtre Louis IX, en attendant que son nom soit inscrit dans les fastes sacrés de l’Église, comme il l’est déjà dans le livre de vie, invoquons pour lui la divine miséricorde : adressons aux saints, en sa faveur, les prières que nous lui adresserons un jour à lui-même : demandons au Seigneur qu’il lui fasse part de sa gloire, pour laquelle il a tant eu de zèle ; qu’il répande ses bénédictions sur toute la maison royale, dont ce vertueux prince soutint si dignement l’honneur, et que l’auguste nom de Bourbon soit grand à jamais et dans les cieux et sur la terre.
Fin de
L’ORAISON FUNЀBRE DU DUC D’ORLÉANS
Table des matières du titre
Liste des œuvres philosophiques et politiques
Liste générale des titres
But what use is there in going into such details here? Isn’t it enough to know that he possessed, to such a high degree, even one of these virtues, in order to be certain that he possessed them all? Christian virtues are indivisible, just as the principle that gives them being is indivisible. Faith, charity, and hope—when they are sufficiently perfect—stimulate and support each other; for great souls, everything becomes easy when there is a will to do whatever is necessary to please God. Even the rigors of penance hold little terror for those who understand their necessity and appreciate their value. My lords, shall I attempt to describe the austere practices he imposed upon himself? Let us not frighten the softness of our times too much. Let us not discourage those who are repentant and who, despite having committed many more sins that need to be atoned for, are unable to endure such severe trials. His practices were far beyond the ordinary capacity of ordinary people; therefore, we dare not offer them as examples. Alas! If it weren’t for the fact that God is my witness, I might have to justify such excesses before this effeminate world, which is so poorly suited to understand the gentleness of Your yoke. How many presumptuous people would dare reproach him for having shortened his own life through mortifications and fasting—acts that they themselves do not hesitate to employ in the most shameful excesses! Let them go on, in their ignorance, boasting about the maxims of their so-called wisdom; yet the day will come when each person will receive the reward for his own deeds. Let us content ourselves with saying here that this great and virtuous man mortified his flesh just as Saint Paul did, without having to mourn, like him, over the blindness of his youth. He undoubtedly sinned—but who is free from sin? Nevertheless, although his heart was not hardened, and although he might have said, like that man in the Gospel for whom Jesus felt such affection: “Oh my Lord, I have observed all these things since my childhood”[133], he was well aware that he still had sins to atone for or prevent. He knew that, in order to achieve his goal, the surest path was also the most difficult, according to that great command of the Lord: “Strive to enter through the narrow gate; for I tell you, many will seek to enter but will not be able”[134]. Finally, he was well aware of those terrible words of the Scripture: “In vain do we think we can escape the hand of man; if we do not repent, we shall fall into the hand of God”[135].
We saw it in those final moments of his life, when his exhausted body was ready to release that pure soul so that it might reunite with its Creator—yet he refused once again to soften the harshness he imposed upon his own flesh. We saw it right up until the eve of his death; the entire weeping crowd witnessed him struggling to rise each day and make his way to church, uttering those words for which he felt with joy their impending fulfillment: “We shall go into the house of the Lord.” Quite different from that pagan emperor[137] who wished to die standing up merely to utter a frivolous judgment, he chose to die standing up as a way to render to his Creator, right up until the last day of his life, that public tribute which he had never failed to offer. He wanted to die just as he had lived—serving God and helping others.
Let us have no doubt that such a holy life will receive the reward it deserves. Let us endure without complaint that he, who so much loved the happiness of mankind, may at last see his own happiness crowned. May his desire to bestow blessings upon us—which was the purpose of all his actions on earth—become the object of all his prayers in heaven. Lastly, let us strive to sanctify ourselves just as he did, and ensure that, since he can no longer benefit us through his good deeds, he may still do so through his example.
Until he is granted the honors due to his holy and glorious ancestor Louis IX upon our altars, until his name is inscribed in the sacred annals of the Church, just as it already appears in the Book of Life, let us invoke divine mercy on his behalf. Let us address the saints with the prayers we will one day offer to him himself, asking the Lord to grant him a share in His glory for which he showed such zeal; may He bestow His blessings upon the entire royal family, whose honor this virtuous prince so nobly defended; and may the illustrious name of Bourbon be honored forever, both in heaven and on earth.
End of
The Humorous Sermon of Duke of Orléans
Table of Contents for the title
List of philosophical and political works
General list of titles
Ma a che serve entrare in tutti questi dettagli? Non basta forse sapere che, a quel livello elevato, possedeva almeno una di queste virtù per essere certi che le possedesse tutte? Le virtù cristiane sono indivisibili, proprio come il principio da cui derivano. La fede, la carità, la speranza, quando sono sufficientemente perfette, si stimolano e si sostengono a vicenda; tutto diventa facile per le grandi anime che hanno la volontà di fare di tutto per compiacere Dio; persino le rigorezze della penitenza non hanno quasi più nulla di doloroso per coloro che ne comprendono la necessità e ne apprezzano il valore. Signori, dovrei forse descrivervi le austere pratiche che egli si impondeva? Non spaventiamo troppo la debolezza del nostro secolo; non scoraggiamo quelle anime penitenti che, pur avendo commesso molti più peccati da espiare, sono incapaci di sopportare lavori così duri. Le sue pratiche erano al di là delle forze ordinarie; quindi non oserei proporne altri come modelli. Oh, mio Dio, potrebbe anche accadere che debba giustificare l’eccesso di tali pratiche davanti a questo mondo effeminato, così poco preparato a comprendere la dolcezza del tuo governo. Quanti presuntuosi oseranno rimproverarlo per aver abbreviato i propri giorni attraverso mortificazioni e digiuni, mentre loro stessi non esitano ad abbreviarli con gli eccessi più vergognosi! Lasciamo che pronuncino con orgoglio le massime della loro presunta saggezza, all’interno dei loro errori; ma verrà il giorno in cui ognuno riceverà la ricompensa delle proprie azioni. Ci basta dire qui che questo grande e virtuoso principe mortificava il proprio corpo come san Paolo, senza dover piangere, come lui, per l’ignoranza della sua giovinezza. Probabilmente ha peccato, e quale uomo è esente da questo? Tuttavia, anche se il suo cuore non si era indurito, anche se poteva dire, come quell’uomo dell’Evangelo per il quale Gesù provò affetto: “O mio Maestro, ho osservato tutte queste cose fin dall’infanzia”[133], sapeva bene di avere ancora peccati da espiare o da prevenire; sapeva che, per raggiungere l’obiettivo che si era proposto, il cammino più sicuro era anche il più difficile, secondo quel grande insegnamento del Signore: “Sforzatevi di entrare dalla porta stretta; poiché vi dico che molti cercheranno di entrare, ma non ci riusciranno”[134]; sapeva infine quelle terribili parole della Scrittura: “In vano cerchiamo di sfuggire alla mano degli uomini; se non facciamo penitenza, cadremo nella loro di Dio”[135].
L’abbiamo visto: in quegli ultimi momenti della sua vita, quando il suo corpo esausto era pronto a lasciare che quella pura anima si riunisse al suo Creatore, egli rifiutò ancora di mitigare quelle sacre rigorezze che esercitava sul proprio corpo; l’abbiamo visto, fino alla vigilia della sua morte. E tutto quel popolo in lacrime lo vide, come noi, alzarsi con fatica e, a malapena in grado di reggersi in piedi, trascinarsi ogni giorno verso la chiesa, pronunciando quelle parole dalle quali sentiva con gioia avvicinarsi l’attuazione, “Andremo nella casa del Signore”. Molto diverso da quell’imperatore pagano che volle morire in piedi per il futile piacere di emettere una sentenza, egli volle morire in piedi per rendere al suo Creatore, fino all’ultimo giorno della sua vita, quell’onore pubblico che non aveva mai trascurato di rendergli; volle morire come aveva vissuto: servendo Dio e edificando gli uomini.
Non dubitiamo che una vita così santa ottenga la ricompensa che le spetta. Soffriamo senza lamentele che colui che ha tanto amato la felicità degli uomini possa finalmente vederla coronata nella sua stessa esistenza. Speriamo che il desiderio di diffondere su di noi i benefici che sulla terra sono stati l’oggetto di tutte le sue azioni diventi, in cielo, l’oggetto di tutte le sue preghiere. Infine, lavoriamo per santificarci come lui, affinché, non potendo più esserci utile attraverso le sue buone opere, possa continuare a esserlo attraverso il suo esempio.
Finché non verrà onorato sui nostri altari insieme al suo santo e glorioso antenato Luigi IX, finché il suo nome non sarà iscritto nei fasti sacri della Chiesa, come già lo è nel libro della vita, invochiamo per lui la divina misericordia: rivolgiamo ai santi le preghiere che un giorno indirizzeremo a lui stesso; chiediamo al Signore di fargli partecipare alla sua gloria, per la quale ha dimostrato tanto zelo; che diffonda le sue benedizioni su tutta la casa reale, di cui questo nobile principe ha così nobilmente difeso l’onore, e che il nobile nome dei Borbone sia glorioso per sempre, nei cieli e sulla terra.
Fine.
Il discorso funebre del Duca d’Orléans
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere filosofiche e politiche
Elenco generale dei titoli