Rousseau
Abstract
A draft constitution for Corsica, newly independent: applying the principles of the Social Contract, Rousseau recommends a frugal agrarian economy, equality of holdings, and institutions rooted in the already-virtuous character of the Corsican people, rather than models imported from the great European powers.
Connections
Assi: Legittimità del potere, Stato e individuo
Posizioni: volontà generale, contratto sociale
Concetti: legge, Stato, proprietà
Forme: trattato
Scuole: illuminismo
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Le projet
La situation avantageuse de l’île de Corse et l’heureux naturel de ses habitants semblent leur offrir un espoir raisonnable de pouvoir devenir un peuple florissant et figurer un jour dans l’Europe, si, dans l’institution qu’ils méditent, ils tournent leurs vues de ce côté-là. Mais l’extrême épuisement où les ont jetés quarante années de guerres continuelles, la pauvreté présente de leur île et l’état de dépopulation et de dévastation où elle est, ne leur permettent pas de se donner sitôt une administration dispendieuse, telle qu’il la faudrait pour les policer dans cet objet.
D’ailleurs, mille obstacles invincibles s’opposeraient à l’exécution de ce plan. Gênes, maîtresse encore d’une partie de la côte et de presque toutes les places maritimes, écraserait mille fois leur marine naissante, sans cesse exposée au double danger des Génois et des Barbaresques[698]. Ils ne pourraient tenir la mer qu’avec des bâtiments armés, qui leur coûteraient dix fois plus que le trafic ne leur pourrait rendre. Exposés sur terre et sur mer, forcés de se garder de toutes parts, que deviendraient-ils ? À la discrétion de tout le monde, ne pouvant dans leur faiblesse faire aucun traité de commerce avantageux, ils recevraient la loi de tous ; ils n’auraient au milieu de tant de risques que les profits que personne autre ne daignerait faire, et qui toujours se réduiraient à rien. Que si, par un bonheur difficile à comprendre, ils surmontaient toutes ces difficultés, leur prospérité même, attirant sur eux les yeux de leurs voisins, serait un nouveau péril pour leur liberté mal établie. Objet continuel de convoitise pour les grandes Puissances et de jalousie pour les petites, leur île serait menacée à chaque instant d’une nouvelle servitude dont elle ne pourrait plus se tirer.
Dans quelque vue que la nation corse veuille se policer, la première chose qu’elle doit faire est de se donner par elle-même toute la consistance qu’elle peut avoir. Quiconque dépend d’autrui, et n’a pas ses ressources en lui-même, ne saurait être libre. Les alliances les traités, la foi des hommes, tout cela peut lier le faible au fort, et ne lie jamais le fort au faible.
Ainsi, laissez les négociations aux Puissances, et ne comptez que sur vous. Braves Corses, qui sait mieux que vous tout ce qu’on peut tirer de soi-même ? Sans amis, sans appui, sans argent sans armée, asservis à des maîtres terribles, seuls vous avez secoué leur joug. Vous les avez vus liguer contre vous, tour à tour, les plus redoutables potentats de l’Europe, inonder votre île d’armées étrangères ; vous avez tout surmonté. Votre seule constance a fait ce que l’argent n’aurait pu faire ; pour vouloir conserver vos richesses, vous auriez perdu votre liberté. Il ne faut point conclure des autres nations à la vôtre : les maximes tirées de votre propre expérience sont les meilleures sur lesquelles vous puissiez vous gouverner.
Il s’agit moins de devenir autres que vous n’êtes, que de savoir vous conserver tels. Les Corses ont beaucoup gagné depuis qu’ils sont libres ; ils ont joint la prudence au courage, ils ont appris à obéir à leurs égaux, ils ont acquis des vertus et des mœurs, et ils n’avaient point de lois ; s’ils pouvaient rester ainsi, je ne verrais presque rien à faire. Mais, quand le péril qui les a réunis s’éloignera, les factions qu’il écarte renaîtront parmi eux ; et, au lieu de réunir leurs forces pour le maintien de leur indépendance, ils les useront les unes contre les autres, et n’en auront plus pour se défendre, si on vient encore les attaquer. Voilà déjà ce qu’il faut prévenir. Les divisions des Corses ont été de tout temps un artifice de leurs maîtres pour les rendre faibles et dépendants ; mais cet artifice, employé sans cesse, a produit enfin l’inclination et les a rendus naturellement inquiets, remuants, difficiles à gouverner, même par leurs propres chefs. Il faut de bonnes lois, il faut une institution nouvelle, pour rétablir la concorde, dont la tyrannie a détruit jusqu’au désir. La Corse, assujettie à des maîtres étrangers dont jamais elle n’a porté patiemment le dur joug, fut toujours agitée. Il faut maintenant que son peuple fasse une étude nouvelle, et qu’il cherche la paix dans la liberté.
Voici donc les principes qui, selon moi, doivent servir de base à leur législation : tirer parti de leur peuple et de leur pays toujours autant qu’il sera possible ; cultiver et rassembler leurs propres forces ; ne s’appuyer que sur elles ; et ne songer pas plus aux Puissances étrangères que s’il n’en existait aucune.
Partons de là pour établir les maximes de notre institution.
L’île de Corse, ne pouvant s’enrichir en argent, doit tâcher de s’enrichir en hommes. La puissance qui vient de la population est plus réelle que celle qui vient des finances, et produit plus sûrement son effet. L’emploi des bras des hommes, ne pouvant se cacher, va toujours à la destination publique. Il n’en est pas ainsi de l’emploi de l’argent : il s’écoule et se fond dans des destinations particulières ; on l’amasse pour une fin, on le répand pour une autre ; le peuple paye pour qu’on le protège, et ce qu’il donne sert à l’opprimer. De là vient qu’un État riche en argent est toujours faible, et qu’un État riche en hommes est toujours fort[699].
Pour multiplier les hommes, il faut multiplier leur subsistance ; de là l’agriculture. Je n’entends pas par ce mot l’art de raffiner sur l’agriculture, d’établir des académies qui en parlent, de faire des livres qui en traitent. J’entends une constitution qui porte un peuple à s’étendre sur toute la surface de son territoire, à s’y fixer à le cultiver dans tous les points ; à aimer la vie champêtre, les travaux qui s’y rapportent ; à y trouver si bien le nécessaire et les agréments de la vie, qu’il ne désire point d’en sortir.
Le goût de l’agriculture n’est pas seulement avantageux à la population en multipliant la subsistance des hommes, mais en donnant au corps de la nation un tempérament et des mœurs qui les font naître en plus grand nombre. Par tout pays, les habitants des campagnes peuplent plus que ceux des villes : soit par la simplicité de la vie rustique, qui forme des corps mieux constitués ; soit par l’assiduité au travail, qui prévient le désordre et les vices. Car toute chose égale, les femmes les plus chastes, celles dont les sens sont moins enflammés par l’usage des plaisirs, font plus d’enfants que les autres ; et il n’est pas moins sûr que des hommes énervés par la débauche, fruit certain de l’oisiveté, sont moins propres à la génération que ceux qu’un état laborieux rend plus tempérants.
Les paysans sont attachés à leur sol beaucoup plus que les citadins à leurs villes. L’égalité, la simplicité, de la vie rustique a, pour ceux qui n’en connaissent point d’autre, un attrait qui ne leur fait pas désirer d’en changer. De là le contentement de son état, qui rend l’homme paisible ; de là l’amour de la patrie, qui l’attache à sa constitution.
La culture de la terre forme des hommes patients et robustes, tels qu’il les faut pour devenir de bons soldats. Ceux qu’on tire des villes sont mutins et mous ; ils ne peuvent supporter les fatigues de la guerre ; ils se fondent dans les marches ; les maladies les consument ; ils se battent entre eux et fuient devant l’ennemi. Les milices exercées sont les troupes les plus sûres et les meilleures ; la véritable éducation du soldat est d’être laboureur.
Le seul moyen de maintenir un État dans l’indépendance des autres est l’agriculture. Eussiez-vous toutes les richesses du monde si vous n’avez de quoi vous nourrir, vous dépendez d’autrui ; vos voisins peuvent donner à votre argent le prix qu’il leur plaît, parce qu’ils peuvent attendre. Mais le pain qui nous est nécessaire a pour nous un prix dont nous ne saurions disputer ; et dans toute espèce de commerce, c’est toujours le moins pressé qui fait la loi à l’autre. J’avoue que, dans un système de finances, il faudrait opérer selon d’autres vues ; tout dépend du dernier but auquel on tend. Le commerce produit la richesse ; mais l’agriculture assure la liberté.
On dira qu’il vaudrait mieux avoir l’une et l’autre ; mais elles sont incompatibles, comme il sera montré ci-après. Par tout pays, ajoutera-t-on, l’on cultive la terre. J’en conviens : comme dans tout pays on a du commerce, partout on trafique, peu ou beaucoup ; mais ce n’est pas à dire que partout l’agriculture et le commerce fleurissent. Je n’examine pas ici ce qui se fait par la nécessité des choses, mais ce qui résulte de l’espèce du Gouvernement et de l’esprit général de la nation.
The project
The favorable circumstances of the island of Corsica and the cheerful nature of its inhabitants seem to offer them a reasonable hope of becoming a prosperous people and one day taking their place among the nations of Europe, provided that in the institution they are contemplating they direct their efforts in that direction. However, the extreme exhaustion caused by forty years of continuous warfare, the current poverty of their island, and the state of depopulation and devastation it befinds itself in, do not allow them to immediately establish an expensive administrative system capable of ensuring their governance in this regard.
Moreover, a thousand insurmountable obstacles would stand in the way of implementing this plan. Genoa, still in control of part of the coastline and nearly all the maritime ports, would crush their fledgling navy thousands of times over, since it would constantly be exposed to the dual dangers posed by the Genoese and the Barbary pirates[698]. They could only defend their maritime interests with armed vessels, but the cost of such ships would be ten times greater than whatever profit they might earn from trade. Exposed on land and at sea, forced to guard themselves against threats from all sides, what fate would await them? At the mercy of everyone around them, unable in their weakness to negotiate any favorable trade agreements, they would be subjected to the will of others. Amidst so many risks, their profits would amount to nothing more than what no one else would deign to seek. Even if, by some unimaginable stroke of luck, they managed to overcome all these difficulties, their very prosperity, attracting the attention of their neighbors, would pose a new threat to their fragile freedom. Constantly coveted by the great powers and envied by the smaller nations, their island would be at risk of falling into another form of bondage from which it could never free itself.
No matter from what perspective the Corsican nation wishes to regulate itself, the first thing it must do is to endow itself with all the solidity that it is capable of possessing. Anyone who depends on others and does not possess their own resources cannot be free. Alliances, treaties, and the faith of men may bind the weak to the strong, but they can never bind the strong to the weak.
Thus, leave the negotiations to the Powers and rely solely on yourselves. Brave Corsicans, who knows better than you what one can achieve through one’s own efforts? Without friends, without support, without money, without an army, enslaved by terrible masters—only you have shaken off their yoke. You saw them unite against you, one after another, the most formidable powers of Europe, flooding your island with foreign armies; yet you overcame it all. Your unwavering perseverance accomplished what money could never have done; had you sought to preserve your riches, you would have lost your freedom. Do not seek the guidance of other nations: the lessons drawn from your own experience are the best guidelines for your conduct.
It is less about becoming someone other than who you already are than about knowing how to remain true to yourself. The Corsicans have gained a great deal since their liberation; they have combined prudence with courage, learned to obey their equals, and acquired virtues and good manners—yet they once had no laws at all. If they could remain as they are now, I would see little need for further action. However, once the dangers that brought them together fade away, the factions that were temporarily suppressed will resurface among them. Instead of uniting their forces to preserve their independence, they will use them against each other, and will thus be left defenseless if anyone were to attack them again. This is precisely what must be prevented. The divisions among the Corsicans have always been a tool used by their masters to weaken and make them dependent; but this constant manipulation has ultimately led to an inherent restlessness and instability in their nature, making them difficult to govern—even by their own leaders. Good laws and new institutions are needed to restore harmony, something that tyranny has completely destroyed. Corsica, having been subjected to foreign rulers whose harsh yoke it never endured patiently, has always been plagued by unrest. Now its people must seek a new path forward and find peace within freedom.
Here, then, are the principles that, in my opinion, should serve as the foundation for their legislation: to make the most of their people and their country whenever possible; to cultivate and gather their own resources; to rely solely on them; and to consider foreign powers as if they did not exist at all.
Let us begin from there to establish the principles of our institution.
The island of Corsica, since it cannot enrich itself through silver, must strive to enrich itself through its population. The power derived from a large population is more substantial than that derived from wealth, and it produces its effects more reliably. The utilization of people’s labor, being unavoidable, always serves public purposes. This is not the case with the use of money: it flows and is invested in specific areas; it is accumulated for one purpose and dispersed for another; the people pay to have it protected, yet what they give is often used to oppress them. Hence, a state rich in money is always weak, whereas a state rich in its population is always strong[699].
In order to increase the population, it is necessary to increase people’s means of subsistence; hence agriculture comes into play. By this term, I do not mean the art of refining agricultural practices, establishing academies to discuss them, or writing books about them. What I mean is a system that encourages a people to expand across their entire territory, to settle there and cultivate it in every corner; to embrace rural life and the work associated with it; to find there everything necessary for a decent life and even sources of enjoyment, so that they have no desire to leave it.
The practice of agriculture is beneficial not only to the population by increasing its means of subsistence, but also by endowing the nation as a whole with a temperament and habits that lead to a higher birth rate. In every country, the rural population is larger than that of the urban areas: either because the simple lifestyle of country life shapes bodies that are better constituted, or because the diligence required in work prevents disorder and vice. For, all things being equal, the chastest women, those whose senses are less inflamed by indulgence in pleasures, give birth to more children than others; and it is just as certain that men who are corrupted by debauchery, a direct result of idleness, are less capable of procreation than those who are tempered by a laborious way of life.
Farmers are much more attached to their land than city dwellers are to their cities. For those who have never known anything else, the equality and simplicity of rural life possess an allure that makes them have no desire to change it. Hence, they are content with their lot, which brings them peace of mind; and hence also their love for their homeland, which binds them to its traditions and way of life.
The cultivation of the land produces patient and robust men, precisely the kind needed to become good soldiers. Those drawn from cities are rebellious and weak; they cannot endure the hardships of war; they collapse under the strain of marches; diseases consume them; they fight among themselves and flee at the sight of the enemy. Well-trained militias are the most reliable and effective troops; the true education of a soldier lies in learning to be a farmer.
The only way to maintain a state’s independence from other nations is through agriculture. If you possessed all the wealth in the world but had nothing to eat, you would still be dependent on others; your neighbors could set any price they wanted for your money, because they could wait. But bread, which we need desperately, has a price that we cannot dispute; and in every form of commerce, it is always the less urgent party who dictates terms to the other. I admit that within a financial system, different approaches would be necessary; everything depends on the ultimate goal one seeks to achieve. Commerce generates wealth; but agriculture ensures freedom.
One might say that it would be better to have both; but they are incompatible, as will be shown below. It would also be added that in every country, land is cultivated. I agree: since trade exists in every country, there is commerce everywhere, to some extent or another; but this does not mean that agriculture and commerce thrive in all places. What I am examining here is not what happens out of necessity, but rather what results from the type of government and the general spirit of the nation.
Il progetto
La favorevole posizione dell’isola di Corsica e il felice carattere dei suoi abitanti sembrano offrire loro una ragionevole speranza di poter diventare un popolo fiorente e, un giorno, far parte dell’Europa, purché, nell’istituzione che stanno meditando di creare, rivolgano le loro attenzioni in questa direzione. Tuttavia, l’estremo esaurimento causato da quarant’anni di guerre continue, la povertà attuale dell’isola e lo stato di depopolazione e devastazione in cui si trova non permettono loro di dotarsi immediatamente di un’amministrazione dispendiosa, tale da essere necessaria per governarla efficacemente.
Del resto, mille ostacoli insormontabili si opporrebbero all’esecuzione di questo piano. Genova, ancora padrona di una parte della costa e di quasi tutte le basi marittime, schiaccerebbe migliaia di volte la loro neonata marina, costantemente esposta al doppio pericolo rappresentato dai genovesi e dai barbareschi[698]. Non potrebbero controllare il mare se non con navi armate, le cui spese sarebbero dieci volte superiori ai profitti che il loro commercio potrebbe loro garantire. Esposti sia sulla terraferma che in mare, costretti a difendersi da tutti i lati, cosa ne sarebbe della loro sorte? Alla discrezione di tutti, incapaci nella loro debolezza di stipulare qualsiasi trattato commerciale vantaggioso, sarebbero soggetti alla volontà altrui; tra tanti rischi, avrebbero solo quei guadagni che nessuno altro si prenderebbe la briga di offrire loro, e che comunque finirebbero sempre per essere nulli. E se, per un colpo di fortuna difficile da immaginare, riuscissero a superare tutte queste difficoltà, anche la loro prosperità, attirando l’attenzione dei loro vicini, rappresenterebbe un nuovo pericolo per la loro ancora precaria libertà. Oggetto costante di desiderio da parte delle grandi potenze e di invidia da quella delle piccole, la loro isola sarebbe minacciata in ogni momento da una nuova forma di schiavitù dalla quale non riuscirebbe più a liberarsi.
Qualunque sia la strada che il popolo corso voglia intraprendere per migliorarsi, la prima cosa da fare è dare a se stesso tutta la solidità di cui è capace. Chi dipende dagli altri e non possiede risorse proprie non può essere libero. Alleanze, trattati, la fiducia altrui: tutto ciò può legare il debole al forte, ma mai il forte al debole.
Lasciate quindi che siano le Potenze a condurre le negoziazioni, e affidatevi soltanto a voi stessi. Coraggiosi Corsi, chi meglio di voi conosce ciò che si può trarre da se stesso? Senza amici, senza appoggi, senza denaro, senza un esercito, schiavi di terribili padroni, siete stati voi soltanto a spezzare il loro giogo. Li avete visti coalizzarsi contro di voi, uno dopo l’altro, i più temibili poteri d’Europa; li avete visti invadere la vostra isola con eserciti stranieri; avete superato tutto. Solo la vostra costanza ha ottenuto ciò che il denaro non sarebbe mai riuscito a realizzare: se aveste voluto conservare le vostre ricchezze, avreste perso la vostra libertà. Non bisogna trarre conclusioni sulle altre nazioni da quanto è accaduto a voi: le lezioni tratte dalla vostra stessa esperienza sono le migliori guide per il vostro comportamento.
Non si tratta tanto di diventare diversi da ciò che si è, quanto di saper mantenersi tali come si è. I Corsi hanno guadagnato molto da quando sono diventati liberi: hanno unito la prudenza al coraggio, hanno imparato ad obbedire ai loro pari, hanno acquisito virtù e buone abitudini. Eppure prima non avevano leggi. Se potessero rimanere così, non ci sarebbe quasi nulla da fare per loro. Ma quando il pericolo che li ha uniti si allontanerà, le fazioni che esso ha eliminato rinasceranno tra di loro; e invece di unire le loro forze per mantenere la propria indipendenza, le useranno l’una contro l’altra, e non ne avranno più alcuna per difendersi, se qualcuno dovesse attaccarli di nuovo. È proprio questo che bisogna prevenire. Le divisioni tra i Corsi sono state fin da sempre un mezzo utilizzato dai loro padroni per renderli deboli e dipendenti; ma questo mezzo, usato costantemente, ha finito per generare in loro una naturale tendenza all’inquietudine, alla turbolenza e alla difficoltà di essere governati, anche dai loro stessi capi. Sono necessarie leggi valide e un nuovo sistema istituzionale per ristabilire l’armonia, che la tirannia ha distrutto completamente. La Corsica, sottomessa a padroni stranieri ai quali non ha mai sopportato pazientemente il duro giogo, è sempre stata un luogo di instabilità. Ora il suo popolo deve intraprendere un percorso nuovo e cercare la pace nella libertà.
Ecco quindi i principi che, a mio parere, dovrebbero costituire la base della loro legislazione: sfruttare al massimo il proprio popolo e il proprio paese; coltivare e raccogliere le proprie forze; fare affidamento esclusivamente su di esse; e non pensare affatto alle Potenze straniere, come se non ne esistesse alcuna.
Partiamo da questo punto per stabilire i principi fondamentali della nostra istituzione.
L’isola di Corsica, non potendo arricchirsi con l’argento, deve cercare di arricchirsi con le persone. Il potere che deriva dalla popolazione è più reale di quello che deriva dalle finanze e produce i suoi effetti in modo più sicuro. L’utilizzo delle forze umane, non potendo essere nascosto, va sempre verso scopi pubblici. Non accade lo stesso per l’uso dell’argento: esso scorre e si dissipa verso scopi particolari; viene accumulato per un fine, distribuito per un altro; il popolo paga affinché venga protetto, ma ciò che dà serve invece ad opprimerlo. Da qui deriva il fatto che uno Stato ricco di argento è sempre debole, mentre uno Stato ricco di persone è sempre forte[699].
Per moltiplicare gli uomini, è necessario moltiplicare i loro mezzi di sussistenza; da ciò deriva l’agricoltura. Con questo termine non intendo l’arte di perfezionare ulteriormente l’agricoltura, di istituire accademie che ne discutano o di scrivere libri al riguardo. Intendo invece una struttura sociale che spinga un popolo a espandersi su tutta la superficie del proprio territorio, ad insediarsi e coltivarlo in ogni sua parte; a amare la vita rurale e i lavori ad essa correlati; a trovare lì tutto ciò di cui ha bisogno e i piaceri della vita, al punto da non desiderare mai lasciarla.
Il gusto per l’agricoltura non è solo vantaggioso per la popolazione, poiché aumenta le risorse alimentari disponibili, ma conferisce anche al corpo della nazione un temperamento e delle abitudini che ne favoriscono una maggiore fertilità. In ogni paese, gli abitanti delle campagne sono più numerosi di quelli delle città: sia a causa della semplicità della vita rurale, che contribuisce a formare corpi più robusti, sia per l’assiduità nel lavoro, che previene il disordine e i vizi. Poiché, a parità di tutte le altre condizioni, le donne più caste, quelle i cui sensi sono meno stimolati dagli piaceri, partoriscono più figli rispetto ad altre; e altrettanto certo è che gli uomini soggetti alla dissolutezza, frutto inevitabile dell’ozio, sono meno propensi a procreare rispetto a coloro che una vita laboriosa rende più temperanti.
I contadini sono molto più legati alla loro terra di quanto i cittadini siano legati alle loro città. L’uguaglianza e la semplicità della vita rurale possiedono, per coloro che non conoscono altro tipo di vita, un fascino tale da non farli desiderare di cambiarla. Da ciò deriva la soddisfazione del proprio stato, che rende l’uomo pacifico; da ciò deriva anche l’amore per la patria, che lo lega alla sua struttura sociale e culturale.
La coltivazione della terra forma uomini pazienti e robusti, proprio quelli di cui c’è bisogno per diventare buoni soldati. Quelli che vengono reclutati dalle città sono ribelli e deboli; non riescono a sopportare le fatiche della guerra; si disperdono nelle zone periferiche; le malattie li consumano; combattono tra loro e fuggono di fronte al nemico. Le milizie ben addestrate sono le truppe più affidabili e migliori; l’ vera educazione di un soldato consiste nel fatto che sia un contadino.
L’unico modo per mantenere uno Stato nell’indipendenza dagli altri è l’agricoltura. Anche se possedeste tutte le ricchezze del mondo, senza cibo non sareste in grado di sopravvivere e dipendereste dagli altri; i vostri vicini potrebbero dare al vostro denaro il prezzo che desiderano, perché hanno il tempo di aspettare. Ma il pane, essenziale per la nostra vita, ha un prezzo che non possiamo discutere; in ogni tipo di commercio, è sempre chi ha meno urgenza a imporre le sue condizioni all’altro. Ammetto che, in un sistema finanziario, si dovrebbero adottare altri approcci; tutto dipende dall’obiettivo finale che ci si propone di raggiungere. Il commercio genera ricchezza; l’agricoltura, invece, garantisce la libertà.
Si potrebbe dire che sia meglio disporre di entrambe queste cose; ma in realtà sono incompatibili, come verrà dimostrato di seguito. Si aggiungerà anche che, in ogni paese, si coltiva la terra. Lo ammetto: poiché in ogni paese esiste il commercio, ovunque avviene scambio, in misura maggiore o minore; ma ciò non significa che in tutti i luoghi l’agricoltura e il commercio siano fiorenti. Qui non esamino ciò che avviene per necessità delle cose stesse, ma ciò che deriva dal tipo di governo e dall’animo generale della nazione.
Quoique la forme de Gouvernement que se donne un peuple soit plus souvent l’ouvrage du hasard et de la fortune que celui de son choix, il y a pourtant dans la nature et le sol de chaque pays des qualités qui lui rendent un Gouvernement plus propre qu’un autre ; et chaque forme de Gouvernement a une force particulière, qui porte les peuples vers telle ou telle occupation.
La forme de Gouvernement que nous avons à choisir est, d’un côté, la moins coûteuse, parce que la Corse est pauvre ; et, de l’autre, la plus favorable à l’agriculture, parce que l’agriculture est, quant à présent, la seule occupation qui puisse conserver au peuple corse l’indépendance qu’il s’est acquise, et lui donner la consistance dont il a besoin.
L’administration la moins coûteuse est celle qui passe par le moins de degrés, et demande le moins de différents ordres : c’est, en général, l’état républicain ; et en particulier, le démocratique.
L’administration la plus favorable à l’agriculture est celle dont la force, n’étant point réunie en quelque point, n’emporte pas l’inégale distribution du peuple, mais le laisse également dispersé sur le territoire : telle est la démocratie.
On voit dans la Suisse une application bien frappante de ces principes. La Suisse est, en général, un pays pauvre et stérile. Son Gouvernement est partout républicain. Mais dans les cantons plus fertiles que les autres, tels que ceux de Berne, de Soleure et de Fribourg, le Gouvernement est aristocratique. Dans les plus pauvres, dans ceux où la culture est plus ingrate et demande un plus grand travail, le Gouvernement est démocratique. L’État n’a que ce qu’il faut pour subsister sous la plus simple administration. Il s’épuiserait et périrait sous toute autre.
On dira que la Corse, plus fertile et sous un climat plus doux, peut supporter un Gouvernement plus onéreux. Cela serait vrai dans un autre temps ; mais maintenant, accablée par un long esclavage, désolée par de longues guerres, la nation a premièrement besoin de se rétablir. Quand elle aura mis en valeur son sol fertile, elle pourra songer à devenir florissante et se donner une plus brillante administration. Je dirai plus ; le succès de la première institution en rendra, dans la suite, le changement nécessaire. La culture des champs cultive l’esprit ; tout peuple cultivateur multiplie ; il multiplie à proportion du produit de sa terre ; et quand cette terre est féconde, il multiplie à la fin si fort qu’elle ne peut plus lui suffire ; alors il est forcé d’établir des colonies, ou de changer son Gouvernement.
Quand le pays est saturé d’habitants, on n’en peut plus employer l’excédent à la culture ; il faut occuper cet excédant à l’industrie, au commerce, aux arts ; et ce nouveau système demande une autre administration. Puisse l’établissement, que la Corse va faire, la mettre bientôt dans la nécessité d’en changer ainsi ! Mais, tant qu’elle n’aura pas plus d’hommes qu’elle n’en peut occuper, tant qu’il restera dans l’île un pouce de terre en friche, elle doit s’en tenir au système rustique, et n’en changer que quand l’île ne lui suffira plus.
Le système rustique tient, comme j’ai dit, à l’état démocratique ; ainsi la forme que nous avons à choisir est donnée. Il est vrai qu’il y a dans son application quelques modifications à faire, à cause de la grandeur de l’île ; car un Gouvernement purement démocratique convient à une petite ville plutôt qu’à une nation. On ne saurait assembler tout le peuple d’un pays, comme celui d’une cité ; et quand l’autorité suprême est confiée à des députés, le Gouvernement change et devient aristocratique. Celui qui convient à la Corse est un Gouvernement mixte, où le peuple ne s’assemble que par parties, et où les dépositaires de son pouvoir sont souvent changés. C’est ce qu’a très bien vu l’auteur du mémoire fait en 1764, à Vescovado : mémoire excellent et qu’on peut consulter avec confiance, sur tout ce qui n’est pas expliqué dans celui-ci.
De cette forme bien établie il résultera deux grands avantages. L’un, de ne confier l’administration qu’au petit nombre : ce qui permet le choix des gens éclairés. L’autre, de faire concourir tous les membres de l’État à l’autorité suprême : ce qui, mettant tout le peuple dans un niveau parfait, lui permet de s’épandre sur toute la surface de l’île et de la peupler partout également. C’est ici la maxime fondamentale de notre institution. Rendons-la telle qu’elle maintienne la population partout en équilibre ; et par cela seul nous l’aurons rendue aussi parfaite qu’elle puisse l’être. Si cette maxime est bonne, nos règles deviennent claires, et notre ouvrage se simplifie à un point étonnant.
Une partie de cet ouvrage est déjà faite : nous avons moins d’établissements que de préjugés à détruire ; il s’agit moins de changer que d’achever. Les Génois eux-mêmes ont préparé votre institution ; et, par un soin digne de la Providence, en croyant affermir la tyrannie, ils ont fondé la liberté. Ils vous ont ôté presque tout commerce ; et, en effet, ce n’est pas maintenant le temps d’en avoir. S’il était ouvert au dehors, il faudrait l’interdire jusqu’à ce que votre constitution eût pris son assiette, et que le dedans vous fournît tout ce que vous pouvez en tirer. Ils ont gêné l’exportation de vos denrées ; votre avantage n’est point qu’elles soient exportées, mais qu’il naisse dans l’île assez d’hommes pour les consommer.
Les pièves[700] et juridictions particulières qu’ils ont formées ou commencées, pour faciliter le recouvrement des impôts, sont le seul moyen possible d’établir la démocratie dans tout un peuple qui ne peut s’assembler à la fois dans un même lieu. Elles sont aussi le seul moyen de maintenir le pays indépendant des villes, qu’il est plus aisé de tenir sous le joug. Ils se sont encore appliqués à détruire la noblesse, à la priver de ses dignités, de ses titres, à éteindre les grands fiefs. Il est heureux pour vous qu’ils se soient chargés de ce qu’il y avait d’odieux dans cette entreprise, que vous n’auriez peut-être pu faire s’ils ne l’avaient faite avant vous. N’hésitez point d’achever leur ouvrage ; en croyant travailler pour eux, ils travaillaient pour vous. La fin seule est bien différente ; car celle des Génois était dans la chose même, et la vôtre est dans son effet. Ils ne voulaient qu’avilir la noblesse ; et vous voulez anoblir la nation. Ceci est un point sur lequel je vois que les Corses n’ont pas encore des idées saines. Dans tous leurs mémoires justificatifs, dans leur protestation d’Aix-la-Chapelle, ils se sont plaints que Gênes avait déprimé, ou plutôt détruit, leur noblesse. C’était un grief, sans doute, mais ce n’était pas un malheur ; c’est, au contraire, un avantage sans lequel il leur serait impossible de rester libres.
C’est prendre l’ombre pour le corps, de mettre la dignité d’un État dans les titres de quelques-uns de ses membres. Quand le royaume de Corse appartenait à Gênes, il pouvait lui être utile d’avoir des marquis, des comtes, des nobles titrés qui servissent, pour ainsi dire, de médiateurs au peuple corse auprès de la République. Mais contre qui lui seraient maintenant utiles de pareils protecteurs, moins propres à le garantir de la tyrannie qu’à l’usurper eux-mêmes ? qui le désoleraient par leurs vexations et par leurs débats, jusqu’à ce qu’un d’eux, ayant asservi les autres, fit ses sujets de tous ses concitoyens ?
Distinguons deux sortes de noblesse : la noblesse féodale, qui appartient à la monarchie, et la noblesse politique, qui appartient à l’aristocratie. La première a plusieurs ordres ou degrés, les uns titré s, les autres non titrés, depuis les grands vassaux jusqu’aux simples gentilshommes ; ses droits, bien qu’héréditaires, sont pour ainsi dire individuels ; ils restent attachés à chaque famille ; et entièrement indépendants les uns des autres, ils le sont aussi de la constitution de l’État et de la souveraineté. La seconde, au contraire, unie en un seul corps indivisible, dont tous les droits sont dans le corps, non dans les membres, forme une partie tellement essentielle du Corps politique, qu’elle ne peut subsister sans lui, ni lui sans elle ; et tous les individus qui la composent, égaux par leur naissance en titres, en privilèges, en autorité, se confondent sous le nom commun de patriciens.
Although the form of government adopted by a people is more often the result of chance and fortune than of their own choice, there are nevertheless qualities inherent in the nature and soil of each country that render certain forms of government superior to others; moreover, each form of government possesses a particular strength that directs peoples toward certain types of activities or occupations.
The form of government that we must choose is, on one hand, the least costly, since Corsica is poor; and on the other hand, the most conducive to agriculture, because agriculture is currently the only occupation that can enable the Corsican people to maintain the independence they have gained and provide them with the strength they need.
The least costly form of government is that which involves the fewest steps and requires the least number of different procedures; generally speaking, this is the republican form of government—and more specifically, the democratic one.
The form of government most conducive to agriculture is one in which its power, being not concentrated in any one place, does not lead to an uneven distribution of the population but rather allows it to remain dispersed throughout the territory: such is democracy.
In Switzerland, we see a striking application of these principles. Switzerland is generally a poor and infertile country; its government is republican throughout. However, in the more fertile cantons—such as Bern, Soleure, and Fribourg—the government is aristocratic. In the poorer cantons, where agriculture is less productive and requires greater effort, the government is democratic. The state possesses only what is necessary for its survival under the simplest form of administration; under any other system, it would be exhausted and perish.
One might say that Corsica, being more fertile and enjoying a milder climate, is capable of supporting a more expensive form of government. This would have been true in other times; but now, having been overwhelmed by prolonged slavery and devastated by lengthy wars, the nation must first focus on recovering its strength. Once it has revitalized its fertile land, it will be able to consider becoming prosperous and establishing a more efficient system of governance. In fact, the success of such initial measures will make subsequent changes necessary. The cultivation of the land nurtures the spirit; every farming people multiplies in number, and their population grows in proportion to the yield of their soil. When this land is particularly fertile, its population may grow so rapidly that it becomes insufficient to sustain it all; then, such a people is forced to establish colonies or to reform its form of government.
When a country is saturated with inhabitants, it is no longer possible to employ the surplus population in agriculture; that surplus must be put to use in industry, commerce, and the arts. And this new system requires a different form of administration. May the arrangements that Corsica will soon put into place force such a change! But as long as the country does not have more people than it can employ, as long as there is even a single inch of uncultivated land left on the island, it must continue to rely on the traditional agricultural system and only change it when the island can no longer support its current population.
As I have said, the rustic system is based on the democratic form; thus, the specific structure we must choose is already predetermined. It is true that some modifications are necessary in its application, due to the size of the island—since a purely democratic government is more suitable for a small town than for a nation. It would be impossible to gather the entire population of a country together, as it can be done in a city; and when supreme authority is entrusted to representatives, the form of government becomes aristocratic. What is appropriate for Corsica is a mixed system in which the people assemble only in certain portions, and where those who hold power are frequently changed. This was clearly recognized by the author of the memorandum drafted in 1764 at Vescovado—a remarkable document that can be relied upon for any information not covered therein.
From this well-established form will arise two major advantages. The first is that administration should be entrusted only to a small number of people—this allows for the selection of those who are enlightened. The second is that all members of the state should participate in the exercise of supreme authority; by placing everyone on an equal footing, this enables the entire population to spread throughout the entire island and populate it evenly everywhere. This is the fundamental principle of our institution. Let us ensure that it maintains balance among the population everywhere; by doing so alone, we will have made it as perfect as it possibly can be. If this principle is sound, our rules will become clear, and our endeavor will be simplified to an astonishing extent.
Part of this work has already been accomplished: we have fewer institutions to destroy than prejudices to eliminate; it is less a matter of changing things than of completing what has already been begun. The Genoese themselves prepared the groundwork for your system of governance; and, by a stroke destined by Providence itself, in believing they were strengthening tyranny, they actually laid the foundations of liberty. They deprived you of almost all means of trade; and indeed, now is not the time to engage in such commerce. If it were possible to open up trade with the outside world, it would have to be prohibited until your constitution was firmly established and the island could produce enough goods for its own needs. They also hindered the export of your products; your true advantage lies not in their being exported, but in enough people being generated on the island to consume them.
The special districts and jurisdictions they established or began to establish, with the aim of facilitating tax collection, were the only possible means of establishing democracy among a people who could not gather in one place at the same time. They were also the only way to keep the country independent from the cities, which were much easier to control under such arrangements. They also went to great lengths to destroy the nobility, stripping it of its dignities and titles, and eradicating large feudal domains. It is fortunate for you that they took on the task of eliminating what was most detestable in this endeavor; otherwise, you might not have been able to accomplish it had they not done so first. Do not hesitate to complete their work; by believing they were working for them, they were actually working for you. The outcome, however, is quite different: while the Genoese sought only to humble the nobility, your goal is to elevate the entire nation. On this point, I see that the Corsicans still do not possess clear and sound ideas. In all their justificatory memorials, in their protest at Aix-la-Chapelle, they complained that Genoa had undermined or even destroyed their nobility. This was certainly a grievance, but it was not actually a misfortune; on the contrary, it was an advantage without which it would have been impossible for them to remain free.
To regard the shadow as the substance itself, to place the dignity of a state in the titles of some of its members—when the Kingdom of Corsica belonged to Genoa, it might have been useful for that state to have marquises, counts, and nobles with formal titles who, so to speak, acted as intermediaries between the Corsican people and the Republic. But against whom would such protectors be useful now, when they are far less likely to safeguard the state from tyranny than to usurp it themselves? Who would cause the people such suffering through their oppressions and disputes, until one of them, having enslaved the rest, made all its citizens his subjects?
Let us distinguish between two kinds of nobility: feudal nobility, which belongs to the monarchy, and political nobility, which belongs to the aristocracy. The former consists of various orders or degrees, some of which carry titles while others do not, ranging from great vassals to mere gentlemen; its rights, although hereditary, are in a sense individual and tied to each particular family. They remain entirely independent of one another as well as of the structure of the state and its sovereignty. On the other hand, political nobility forms a single, indivisible whole, whose rights belong to the collective body rather than its individual members. It constitutes an essential part of the political structure; without it, the state could not exist, and vice versa. All individuals who comprise this noble class are equal by birth in terms of titles, privileges, and authority, and they are collectively referred to as the patriciate.
Sebbene la forma di governo che un popolo si dà sia spesso il risultato del caso e della fortuna piuttosto che di una scelta deliberata, esistono tuttavia nella natura e nel suolo di ogni paese qualità specifiche che ne fanno scegliere una forma di governo più adatta rispetto ad altre; inoltre, ciascuna forma di governo possiede una forza particolare che spinge i popoli verso determinate attività o occupazioni.
La forma di governo che dobbiamo scegliere è, da un lato, quella meno costosa, poiché la Corsica è povera; e, dall’altro, quella più favorevole all’agricoltura, poiché l’agricoltura è, al momento attuale, l’unica attività in grado di mantenere al popolo corso l’indipendenza che si è conquistato e di fornirgli la solidità di cui ha bisogno.
L’amministrazione meno costosa è quella che richiede il minor numero di procedure e di ordini diversi; in generale, si tratta dello stato repubblicano; e in particolare, dello stato democratico.
L’amministrazione più favorevole all’agricoltura è quella la cui forza, non essendo concentrata in un punto specifico, non altera la distribuzione disomogenea della popolazione, ma la lascia piuttosto dispersa sul territorio: questa è la democrazia.
In Svizzera si osserva un’applicazione molto evidente di questi principi. La Svizzera è, in generale, un paese povero e sterile; il suo governo è repubblicano ovunque. Tuttavia nei cantoni più fertili, come quelli di Berna, Soletta e Friburgo, il governo è aristocratico. Nei cantoni più poveri, in quelli dove la coltivazione richiede maggior sforzo e risorse, il governo è democratico. Lo Stato possiede soltanto ciò che è necessario per sopravvivere con un’amministrazione molto semplice; altrimenti si esaurirebbe e andrebbe incontro alla rovina.
Si potrebbe dire che la Corsica, più fertile e con un clima più mite, sia in grado di sostenere un governo più oneroso. Questo sarebbe vero in altri tempi; ma ora, oppressa da una lunga schiavitù e devastata da guerre prolungate, il popolo ha prima bisogno di riprendersi. Quando avrà valorizzato la sua terra fertile, potrà pensare a diventare prospero e ad istituire un governo più efficace. Direi persino di più: il successo della prima misura adottata renderà necessario, in seguito, un cambiamento nel sistema politico. La coltivazione dei campi nutre lo spirito; ogni popolo che si dedica alla coltivazione si moltiplica; si moltiplica proporzionalmente al prodotto della sua terra; e quando questa terra è fertile, alla fine si moltiplica così tanto da non essere più in grado di soddisfare le sue esigenze; allora è costretto a stabilire colonie o a modificare il proprio sistema di governo.
Quando un paese è saturo di abitanti, non si può più utilizzare l’eccedenza di popolazione per l’agricoltura; tale eccedenza deve essere impiegata nell’industria, nel commercio e nelle arti. E questo nuovo sistema richiede un tipo diverso di amministrazione. Possa la misura che la Corsica intende adottare portarla presto nella necessità di cambiarne il sistema! Ma finché non avrà più uomini di quanti ne possa impiegare, finché nell’isola rimarrà anche solo un pezzo di terra incolta, dovrà attenersi al sistema agricolo tradizionale e modificarlo soltanto quando l’isola non le sarà più sufficiente.
Il sistema rurale, come ho detto, si basa sull’ordine democratico; pertanto, la forma che dobbiamo scegliere è già data in partenza. È vero che nella sua applicazione sono necessarie alcune modifiche, a causa delle dimensioni dell’isola: un governo puramente democratico infatti è più adatto a una piccola città che a una nazione intera. Non si potrebbe riunire l’intero popolo di un paese come avviene in una città; e quando l’autorità suprema viene affidata a dei rappresentanti, il governo diventa aristocratico. Quello che conviene alla Corsica è quindi un governo misto, in cui il popolo si riunisce soltanto in modo parziale, e i detentori del suo potere vengono spesso sostituiti. È ciò che ha intuito molto bene l’autore del memoriale redatto nel 1764 a Vescovado: un memoriale eccellente, che si può consultare con fiducia per qualsiasi argomento non trattato in esso.
Da questa forma ben consolidata derivano due grandi vantaggi. Il primo è che l’amministrazione viene affidata soltanto a un numero ristretto di persone: ciò permette di scegliere individui illuminati. Il secondo è che tutti i membri dello Stato partecipano alla realizzazione dell’autorità suprema; questo, ponendo tutto il popolo su un piano di parità, gli consente di diffondersi su tutta l’area dell’isola e di popolarla in modo uniforme. Questa è la massima fondamentale della nostra istituzione: facciamola tale da mantenere l’equilibrio demografico ovunque; e con questo solo mezzo renderemo questa istituzione perfetta nel grado in cui può esserlo. Se questa massima è valida, le nostre regole diventano chiare, e il nostro compito si semplifica in modo sorprendente.
Una parte di quest’opera è già stata compiuta: abbiamo meno istituzioni da distruggere che pregiudizi da eliminare; si tratta meno di cambiare che di completare ciò che è stato iniziato. Gli stessi genovesi hanno preparato le basi della vostra istituzione; e, con un’attenzione degna della Provvidenza, credendo di affermare la tirannia, hanno in realtà fondato la libertà. Vi hanno tolto quasi tutto il commercio estero; e, in effetti, non è ancora il momento di ripristinarlo. Se fosse aperto al mondo esterno, dovrebbe essere proibito fino a quando la vostra costituzione non si sarà consolidata e il vostro interno non vi fornirà tutto ciò di cui avete bisogno. Hanno ostacolato l’esportazione delle vostre merci; il vostro vero vantaggio non sta nell’exportarle, ma nel fatto che sull’isola nascano abbastanza persone per consumarle.
Le pievi e le giurisdizioni particolari che essi hanno istituito o avviato, al fine di facilitare la riscossione delle tasse, rappresentano l’unico mezzo possibile per stabilire la democrazia in un popolo che non può riunirsi contemporaneamente nello stesso luogo. Sono anche l’unico modo per mantenere il paese indipendente dalle città, poiché queste ultime sono più facilmente soggette al controllo. Hanno inoltre cercato di distruggere la nobiltà, privandola delle sue dignità e dei suoi titoli, e di eliminare i grandi feudi. È un bene per voi che siano stati loro ad occuparsi di ciò che in questa impresa c’era di odioso; forse voi non sareste riusciti a farlo se non lo avessero fatto prima di voi. Non esitate quindi a completare il loro lavoro: credendo di lavorare per loro, in realtà lavoravano per voi. La differenza principale sta nel risultato finale: quello dei Genovesi consisteva nella stessa azione intrapresa, mentre il vostro risiede nell’effetto che essa ha avuto. Loro volevano semplicemente umiliare la nobiltà; voi invece volete onorare la nazione intera. Su questo punto, vedo che i Corsi non hanno ancora un’idea chiara e corretta. In tutti i loro memoriali giustificativi, nella loro protesta di Aix-la-Chapelle, si sono lamentati del fatto che Genova avesse depresso, o addirittura distrutto, la loro nobiltà. Questo era certamente un motivo di lamento, ma non certo una sfortuna; anzi, era un vantaggio senza il quale sarebbe stato impossibile per loro rimanere liberi.
È come confondere l’ombra con il corpo, è come attribuire la dignità di uno Stato ai titoli di alcuni dei suoi membri. Quando il regno della Corsica apparteneva a Genova, poteva essere utile avere marchesi, conti e nobili titolati che, in un certo senso, fungevano da mediatori tra il popolo corso e la Repubblica. Ma contro chi potrebbero ora essergli utili tali “protettori”, se meno propensi a garantirgli la libertà che piuttosto inclini ad usurparla? Chi lo devasterebbe con le sue angherie e i suoi conflitti, fino a quando uno di loro, avendo sottomesso gli altri, non ne facesse dei sudditi tutti i suoi concittadini?
Distinguiamo due tipi di nobiltà: la nobiltà feudale, che appartiene alla monarchia, e la nobiltà politica, che appartiene all’aristocrazia. La prima è composta da diversi ordini o gradi, alcuni titolati e altri no, che vanno dai grandi vassalli ai semplici gentiluomini; i suoi diritti, sebbene ereditari, sono in qualche modo individuali; rimangono legati a ciascuna famiglia e, essendo completamente indipendenti gli uni dagli altri, lo sono anche dalla costituzione dello Stato e dalla sovranità. La seconda, al contrario, unita in un unico corpo indivisibile, il cui potere risiede nel tutto e non nei singoli individui, costituisce una parte essenziale dell’organizzazione politica; senza di essa lo Stato non può esistere, e viceversa. Tutti gli individui che la compongono, uguali per nascita in termini di titoli, privilegi e autorità, sono raggruppati sotto il nome comune di patrizi.
Il est clair, par les titres que portait l’ancienne noblesse corse et par les fiefs qu’elle possédait, avec des droits approchant de la souveraineté même, qu’elle était dans la première classe et qu’elle devait son origine soit aux conquérants, maures ou français, soit aux princes que les papes avaient investis de l’île de Corse. Or, cette espèce de noblesse peut si peu entrer dans une République démocratique ou mixte, qu’elle ne peut pas même entrer dans une aristocratie ; car l’aristocratie n’admet que des droits de corps et non des droits individuels. La démocratie ne connaît d’autre noblesse, après la vertu, que la liberté ; et l’aristocratie ne connaît de même d’autre noblesse que l’autorité. Tout ce qui est étranger à la constitution doit être soigneusement banni du Corps politique. Laissez donc aux autres États tous ces titres de marquis et de comtes, avilissants pour les simples citoyens. La loi fondamentale de votre institution doit être l’égalité. Tout doit s’y rapporter, jusqu’à l’autorité même, qui n’est établie que pour la défendre. Tout doit être égal par droit de naissance ; l’État ne doit accorder des distinctions qu’au mérite, aux vertus, aux services rendus à la patrie ; et ces distinctions ne doivent pas être plus héréditaires que ne le sont les qualités sur lesquelles elles sont fondées. Nous verrons bientôt comment on peut graduer chez un peuple différents ordres, sans que la naissance et la noblesse y entrent pour rien. Tous fiefs, hommages, cens et droits féodaux, ci-devant abolis, le seront donc pour toujours ; et l’État rachètera ceux qui subsistent encore en sorte que tous titres et droits seigneuriaux demeurent éteints et supprimés dans toute l’île.
Pour que toutes les parties de l’État gardent entre elles, autant qu’il est possible, le même niveau que nous tâchons d’établir entre les individus, on réglera les bornes des districts, pièves et juridictions, de manière à diminuer l’extrême inégalité qui s’y fait sentir. La seule province de Bastia et de Nebbio contient autant d’habitants que les sept provinces de Capocorso, d’Alleria, de Portovecchio, de Sartene, de Vico, de Calvi et d’Algagliola. Celle d’Ajaccio en contient plus que les quatre qui l’avoisinent. Sans ôter entièrement les limites et bouleverser les ressorts, on peut, par quelques légers changements, modérer ces disproportions énormes. Par exemple, l’abolition des fiefs donne la facilité de former de ceux de Canari, de Brando et de Nonza une nouvelle juridiction, qui, renforcée de la piève de Pietra-bugno, se trouvera à peu près égale à la juridiction de Capocorso. Le fief d’Istria, réuni à la province de Sartene, ne la rendra pas encore égale à celle de Corte ; et celle de Bastia et Nebbio, quoique diminuée d’une piève, peut être partagée en deux juridictions encore très fortes, dont le Guolo fera la séparation. Ceci n’est qu’un exemple pour me faire entendre ; car je ne connais pas assez le local pour pouvoir rien déterminer.
Par ces légers changements, l’île de Corse, que je suppose entièrement libre, se trouverait divisée en douze juridictions, qui ne seront pas entièrement disproportionnées : surtout lorsqu’après avoir resserré, comme on le doit, les droits municipaux des villes, on aura laissé, par ces villes, moins de poids à leur juridiction.
Les villes sont utiles dans un pays à proportion de ce qu’on y cultive le commerce et les arts ; mais elles sont nuisibles au système que nous avons adopté. Leurs habitants sont cultivateurs ou oisifs. Or, la culture se fait toujours mieux par les colons que les urbains ; et c’est de l’oisiveté que viennent tous les vices qui, jusqu’à ce moment, ont désolé la Corse. Le sot orgueil des bourgeois ne fait qu’avilir et décourager le laboureur. Livrés à la mollesse, aux passions qu’elle excite, ils se plongent dans la débauche et se vendent pour y satisfaire. L’intérêt les rend serviles, et la fainéantise les rend inquiets ; ils sont esclaves ou mutins, jamais libres. Cette différence s’est bien fait sentir durant toute la présente guerre, et depuis que la nation a brisé ses fers. C’est la vigueur de vos pièves qui a fait la révolution, c’est leur fermeté qui l’a soutenue ; cet inébranlable courage, que nul revers ne peut abattre, vous vient d’elles. Des villes, peuplées d’hommes mercenaires, ont vendu leur nation pour se conserver quelques petits privilèges que les Génois savaient avec art leur faire valoir ; et, justement punies de leur lâcheté, elles demeurent les nids de la tyrannie, tandis que déjà le peuple corse jouit avec gloire de la liberté qu’il s’est acquise au prix de son sang.
Il ne faut point qu’un peuple cultivateur regarde avec convoitise le séjour des villes et envie le sort des fainéants qui les peuplent ; par conséquent il n’en faut point favoriser l’habitation par des avantages nuisibles à la population générale et à la liberté de la nation. Il faut qu’un laboureur ne soit par la naissance inférieur à personne ; qu’il ne voie au-dessus de lui que les lois et les magistrats ; et qu’il puisse devenir magistrat lui-même, s’il en est digne par ses lumières et par sa probité. En un mot, les villes et leurs habitants, non plus que les fiefs et leurs possesseurs, ne doivent garder aucun privilège exclusif. Toute l’île doit jouir des mêmes droits, supporter les mêmes charges, et devenir indistinctement ce qu’on appelle, en termes du pays : terra di commune [701].
Or, si les villes sont nuisibles, les capitales le sont encore plus ; une capitale est un gouffre où la nation presque entière va perdre ses mœurs, ses lois, son courage et sa liberté, On s’imagine que les grandes villes favorisent l’agriculture parce qu’elles consomment beaucoup de denrées ; mais elles consomment encore plus de cultivateurs, soit par le désir de prendre un meilleur métier qui les attire, soit par le dépérissement naturel des races bourgeoises que la campagne recrute toujours. Les environs des capitales ont un air de vie ; mais plus on s’éloigne, plus tout est désert. De la capitale s’exhale une peste continuelle qui mine et détruit enfin la nation.
Cependant, il faut au Gouvernement un centre, un point de réunion auquel tout se rapporte : il y aurait trop d’inconvénient à rendre errante l’administration suprême. Pour la faire circuler de province en province, il faudrait diviser l’île en plusieurs petits États confédérés, dont chacun aurait à son tour la présidence ; mais ce système compliquerait le jeu de la machine ; les pièces en seraient moins liées.
L’île, n’étant pas assez grande pour rendre cette division nécessaire, l’est trop pour pouvoir se passer d’une capitale. Mais il faut que cette capitale forme la correspondance de toutes les juridictions, sans en attirer les peuples ; que tout y communique ; et que chaque chose reste à sa place. En un mot, il faut que le siège du Gouvernement suprême soit moins une capitale qu’un chef-lieu.
La seule nécessité a là-dessus dirigé le choix de la nation comme l’eût fait la raison même. Les Génois, restés maîtres des places maritimes, ne vous ont laissé que la ville de Corte, non moins heureusement située pour l’administration corse que l’était Bastia pour l’administration génoise. Corte, placée au milieu de l’île, voit tous ses rivages presque à égales distances. Elle est précisément entre les deux grandes parties di quà, et di là de monti, également à portée de tout. Elle est loin de la mer, ce qui conservera plus longtemps à ses habitants leurs mœurs, leur simplicité, leur droiture, leur caractère national, que si elle était sujette à l’influence des étrangers. Elle est dans la partie la plus élevée de l’île, dans un air très sain, mais dans un sol peu fertile, et presque à la source des rivières : ce qui, rendant l’abord des denrées plus difficiles, ne lui permet point de trop s’agrandir. Que si l’on ajoute à tout cela la précaution de ne rendre aucune des grandes charges de l’État héréditaires, ni même à vie, il est à présumer que les hommes publics, n’y formant que des habitants passagers, ne lui donneront de longtemps cette splendeur funeste qui fait le lustre et la perte des États.
Voici les premières réflexions que m’a suggérées l’examen rapide du local de l’île. Avant de parler maintenant plus en détail du Gouvernement, il faut commencer par voir ce qu’il doit faire et sur quelles maximes il doit se conduire. C’est là ce qui doit achever de décider de sa forme ; car chaque forme de Gouvernement a son esprit qui lui est naturel, propre, et duquel elle ne s’écartera jamais.
It is clear, judging by the titles borne by the former nobility of Corsica and the fiefs they possessed—rights that bordered on sovereignty itself—that they belonged to the first class of society. Their origins could be traced either to the conquerors, whether Moors or French, or to the princes whom the popes had invested with the rule of the island of Corsica. However, this kind of nobility is utterly incompatible with a democratic or mixed republic; in fact, it cannot even fit into an aristocratic system, for aristocracy recognizes only rights based on birth, not individual merit. In a democracy, after virtue, the only form of nobility is freedom; in an aristocracy, the only form of nobility is authority. Anything that is foreign to such a constitutional order must be strictly excluded from political life. Therefore, let other nations retain all those titles of marquis and count—titles that degrade ordinary citizens. The fundamental law of your institution must be equality; everything must be subordinated to this principle, even authority itself, which exists solely for the purpose of upholding it. Everyone should be equal by birthright; the state should grant distinctions only on the basis of merit, virtue, or services rendered to the nation—and these distinctions must not be hereditary any more than the qualities upon which they are based. We will soon see how different orders can be established within a people without relying on birth or nobility at all. All fiefs, homages, taxes, and feudal rights that have been abolished in the past shall henceforth be completely eliminated; the state will even compensate for those that still exist, ensuring that all seigniorial titles and privileges are utterly eradicated throughout the island.
In order for all parts of the state to maintain, as much as possible, the same level of equality that we strive to establish among individuals, it is necessary to adjust the boundaries of districts, pieves, and jurisdictions in order to reduce the extreme inequalities that exist therein. The single province of Bastia and Nebbio contains as many inhabitants as the seven provinces of Capocorso, Alleria, Portovecchio, Sartene, Vico, Calvi, and Algagliola combined; the province of Ajaccio even has more inhabitants than these four neighboring provinces. Without completely abolishing existing boundaries or disrupting administrative structures, some minor adjustments could help to mitigate these severe disparities. For example, the abolition of fiefs would make it possible to create a new jurisdiction from the fiefs of Canari, Brando, and Nonza; together with the pieve of Pietra-bugno, this new jurisdiction would be roughly equivalent in size to that of Capocorso. The fief of Istria, if combined with the province of Sartene, might not yet make it equal to the province of Corte; however, the province of Bastia and Nebbio, even after losing one pieve, could still be divided into two fairly strong jurisdictions, with the Guolo region serving as a natural dividing line between them. This is just an example to illustrate my point; I do not know the local conditions well enough to make any definitive recommendations.
Through these slight modifications, the island of Corsica, which I assume to be entirely free, would be divided into twelve jurisdictions, none of which would be excessively disproportionate in size; especially since, after appropriately restricting the municipal powers of the cities, those cities themselves would wield less influence within their respective jurisdictions.
Cities are useful in a country to the extent to which commerce and the arts are cultivated there; but they are harmful to the system we have adopted. Their inhabitants are either cultivators or idlers. Yet, cultivation is always better accomplished by colonists than by urban dwellers; and it is idleness that gives rise to all those vices that have until now devastated Corsica. The foolish pride of the bourgeoisie only debases and demoralizes the laborer. Abandoned to indulgence and the passions it arouses, they plunge into debauchery and sell themselves in order to satisfy them. Self-interest makes them slaves, while laziness fills them with anxiety; they are either enslaved or rebellious, never free. This difference was clearly evident throughout this entire war, and ever since the nation broke free from its shackles. It was the vigor of your villages that brought about the revolution; it was their resilience that sustained it; that unshakable courage, which no setback can defeat, comes from them. In cities populated by mercenary people, citizens sold their nation in order to preserve some minor privileges that the Genoese knew how to make them value greatly; and precisely for their cowardice, they remain the nests of tyranny, while the Corsican people already rejoice proudly in the freedom they have won with their blood.
It must not be the case that a farming people look with envy at the way of life in cities and covet the fate of those who live in idleness; therefore, we must not encourage settlement in cities by granting advantages that are harmful to the general population and to the freedom of the nation. A laborer should not, by birth, be considered inferior to anyone else; above him, there should be only the laws and the magistrates; and he himself should have the opportunity to become a magistrate, if he deserves it through his knowledge and integrity. In short, neither cities nor their inhabitants, nor fiefs nor their owners, should enjoy any exclusive privileges. The entire island should enjoy the same rights, bear the same burdens, and become, in essence, what is referred to in this context as “terra di commune.” [701]
Or, if cities are harmful, then capitals are even more so; a capital is a pit into which nearly the entire nation loses its morals, its laws, its courage, and its freedom. One might assume that large cities promote agriculture because they consume large amounts of goods; but in fact, they consume even more farmers—either because these people are attracted by the prospect of better employment opportunities, or because the bourgeois classes, which the countryside constantly supplies, naturally decline in numbers. The areas surrounding capitals seem vibrant; but as one moves further away, everything becomes desolate. From the capital emanates a constant plague that gradually undermines and destroys the entire nation.
However, the Government needs a central point, a meeting place to which everything can be referred; it would be too inconvenient to make the supreme administration constantly on the move. To move it from one province to another, the island would have to be divided into several small confederated states, each in turn assuming the role of presidency; but such a system would complicate the functioning of the government machinery; its various components would become less interconnected.
The island is not large enough to make such a division necessary; yet it is large enough to cannot do without a capital. However, this capital must represent all the jurisdictions without attracting their populations; everything must be connected there; and each thing must remain in its proper place. In short, the seat of the Supreme Government should be less of a capital than a central administrative center.
The sole necessity that guided the nation in its choice was precisely what reason itself would have done. The Genoese, remaining masters of the maritime ports, left you only the city of Corte—equally well-positioned for governing Corsica as Bastia had been for governing Genoa. Situated in the center of the island, Corte enjoys equal distances to all its coasts. It lies precisely between the two main regions of the island, and is equally accessible from either side of the mountains. Being far from the sea, it will enable its inhabitants to preserve their customs, simplicity, integrity, and national character for a longer time than if it were subject to foreign influences. Located in the highest part of the island, it enjoys very healthy air but has infertile soil, and is almost at the source of all its rivers. This makes it more difficult to obtain resources, which prevents it from expanding too much. Moreover, given the precaution taken not to make any major state positions hereditary or even lifelong, it can be assumed that those who hold public office there will only serve for temporary terms, and thus the nation will not suffer from the kind of disastrous prosperity that often brings both glory and ruin to states.
These are the initial thoughts that came to me upon a quick inspection of the facilities on the island. Before discussing the Government in more detail, it is necessary first to determine what its functions should be and what principles it ought to adhere to. It is precisely these considerations that will ultimately shape its form; for every form of government possesses an inherent spirit that is natural to it and unique to it, from which it will never deviate.
È evidente, dai titoli che portava l’antica nobiltà corsa e dai feudi che possedeva – con diritti che si avvicinavano addirittura alla sovranità – che essa apparteneva alla prima classe sociale e che la sua origine doveva essere attribuita sia ai conquistatori, mori o francesi, sia ai principi investiti dell’isola di Corsica dai papi. Ora, questo tipo di nobiltà non può affatto integrarsi in una repubblica democratica o mista; anzi, non può nemmeno far parte di un’aristocrazia, poiché quest’ultima ammette soltanto diritti legati al corpo e non a individui. La democrazia conosce, dopo la virtù, solo la libertà come forma di nobiltà; l’aristocrazia, invece, conosce solo l’autorità come tale. Tutto ciò che è estraneo alla costituzione deve essere rigorosamente escluso dal corpo politico. Lasciate quindi agli altri Stati tutti quei titoli di marchesi e conti che umiliano i cittadini comuni: la legge fondamentale della vostra istituzione deve essere l’uguaglianza. Tutto deve essere regolato da questo principio, persino l’autorità stessa, che esiste soltanto per difenderla. Tutti devono essere uguali per diritto di nascita; lo Stato può concedere distinzioni solo in base al merito, alle virtù e ai servizi resi alla patria; e queste distinzioni non devono essere ereditarie più di quanto lo siano le qualità su cui si basano. Vedremo presto come sia possibile creare diversi ordini sociali in un popolo, senza che la nascita o la nobiltà abbiano alcun ruolo in questo processo. Tutti i feudi, gli omaggi, i tributi e i diritti feudali, precedentemente aboliti, dovranno quindi essere definitivamente eliminati; lo Stato riscatterà quelli ancora esistenti, affinché tutti i titoli e diritti signorili rimangano completamente estinti in tutta l’isola.
Affinché tutte le parti dello Stato mantengano tra di loro, per quanto possibile, lo stesso livello che ci sforziamo di stabilire tra gli individui, è necessario regolare i confini dei distretti, delle pievi e delle giurisdizioni al fine di ridurre l’estrema disuguaglianza che vi si riscontra. La sola provincia di Bastia e Nebbio conta lo stesso numero di abitanti delle sette province di Capocorso, Alleria, Portovecchio, Sartene, Vico, Calvi e Algagliola; quella di Ajaccio ne conta addirittura di più rispetto alle quattro province che la circondano. Senza eliminare completamente i confini né alterare l’organizzazione amministrativa, è possibile, con alcuni piccoli cambiamenti, attenuare queste enormi disproporzioni. Ad esempio, l’abolizione dei feudi renderebbe possibile formare una nuova giurisdizione a partire da quelli di Canari, Brando e Nonza; questa giurisdizione, arricchita dalla pieve di Pietra-bugno, sarebbe più o meno paragonabile a quella di Capocorso. Il feudo di Istria, unito alla provincia di Sartene, non la renderebbe ancora equivalente a quella di Corte; mentre quella di Bastia e Nebbio, anche se ridotta di una pieve, potrebbe essere divisa in due giurisdizioni ancora molto potenti, tra cui quella del Guolo costituirebbe una separazione significativa. Questo è soltanto un esempio per illustrare il concetto; poiché non conosco abbastanza bene la situazione locale, non posso fornire indicazioni precise.
Con questi lievi cambiamenti, l’isola di Corsica, che presumo sia interamente libera, verrebbe divisa in dodici giurisdizioni, le quali non sarebbero del tutto sproporzionate; soprattutto se, dopo aver rafforzato, come è opportuno, i diritti municipali delle città, si permettesse a queste stesse di esercitare una giurisdizione meno estesa.
Le città sono utili in un paese nella misura in cui vi si coltiva il commercio e le arti; ma sono dannose per il sistema che abbiamo adottato. I loro abitanti sono o contadini o oziosi. Ora, la coltivazione avviene sempre meglio dai coloni che dagli abitanti delle città; ed è proprio dall’ozio che derivano tutti i vizi che, fino ad oggi, hanno devastato la Corsica. L’orgoglio stupido dei borghesi non fa altro che umiliare e scoraggiare il contadino. Abbandonati alla mollezza e alle passioni che essa suscita, si immergono nella depravazione e si vendono pur di soddisfarle. L’interesse personale li rende schiavi, mentre la pigrizia li rende inquieti; sono schiavi o ribelli, mai liberi. Questa differenza si è manifestata chiaramente durante tutta questa guerra, e da quando il popolo corso ha spezzato le sue catene. È stata la forza delle vostre campagne a realizzare la rivoluzione, è stata la loro fermezza a sostenerla; quel coraggio ineguagliabile, che nessuna sconfitta può abbattere, proviene da loro. Le città, popolate da uomini mercenari, hanno venduto la propria nazione pur di conservare alcuni piccoli privilegi che i Genovesi sapevano come far valere con abilità; e, proprio per la loro codardia, rimangono i nidi della tirannia, mentre il popolo corso gode ormai con orgoglio della libertà che si è conquistata con il suo sangue.
Non deve accadere che un popolo agricolo guardi con invidia alle condizioni di vita delle città e invidii il destino dei pigri che le abitano; pertanto non si devono favorire insediamenti urbani attraverso vantaggi dannosi per la popolazione generale e per la libertà della nazione. Un contadino, per natura, non deve essere considerato inferiore a nessuno; al di sopra di lui non dovrebbero esserci se non le leggi e i magistrati; inoltre, egli stesso dovrebbe poter diventare magistrato, qualora ne sia degno grazie alle sue conoscenze e alla sua onestà. In breve, né le città né i loro abitanti, così come i feudi e i loro possessori, devono godere di privilegi esclusivi; tutta l’isola deve godere degli stessi diritti, sostenere gli stessi obblighi e diventare, in termini legali, quella che viene chiamata “terra di commune” [701].
Ora, se le città sono dannose, le capitali lo sono ancora di più; una capitale è un abisso nel quale quasi l’intera nazione perde i propri costumi, le proprie leggi, il proprio coraggio e la propria libertà. Si potrebbe pensare che le grandi città favoriscano l’agricoltura perché ne consumano molte merci; ma in realtà ne consumano ancora di più i coltivatori, sia per il desiderio di intraprendere mestieri migliori che li attirano, sia a causa del declino naturale delle classi borghesi che la campagna continua ad alimentare. I dintorni delle capitali presentano un aspetto vitale; ma più ci si allontana, più tutto diventa desolato. Dalla capitale si diffonde una “pestilenza” continua che, col tempo, mina e distrugge l’intera nazione.
Tuttavia, al Governo è necessario un centro, un punto di riunione a cui tutto possa essere riferito: sarebbe troppo scomodo rendere itinerante l’amministrazione suprema. Per farla circolare da una provincia all’altra, sarebbe necessario dividere l’isola in diversi piccoli Stati confederati, ciascuno dei quali avrebbe a turno la presidenza; ma questo sistema complicherebbe il funzionamento dell’apparato governativo; le sue componenti sarebbero meno strettamente collegate tra loro.
L’isola, non essendo abbastanza grande da rendere necessaria questa divisione, lo è troppo per potersi fare a meno di una capitale. Tuttavia, questa capitale deve corrispondere a tutte le giurisdizioni, senza attirare i loro popoli; che tutto vi possa comunicare tra sé; e che ogni cosa rimanga al proprio posto. In altre parole, la sede del Governo supremo deve essere meno una capitale che un capoluogo.
L’unica necessità che abbia guidato la scelta della nazione in questo senso è stata proprio quella che avrebbe fatto la ragione stessa. I Genovesi, rimasti padroni delle basi marittime, vi hanno lasciato soltanto la città di Corte, situata in una posizione altrettanto vantaggiosa per l’amministrazione della Corsica quanto lo fosse Bastia per quella genovese. Corte, posta al centro dell’isola, ha tutti i suoi litorali a distanze quasi uguali tra loro; si trova esattamente tra le due principali regioni dell’isola e, grazie alle montagne che la circondano, è facilmente raggiungibile da ogni parte. Essendo lontana dal mare, ai suoi abitanti verranno conservati più a lungo i loro costumi semplici, la loro onestà e il loro carattere nazionale, al contrario di quanto accadrebbe se fossero esposti all’influenza degli stranieri. Si trova inoltre nella parte più elevata dell’isola, in un clima molto salutare, ma su un terreno poco fertile e quasi alla sorgente dei fiumi; questo rende più difficile l’approvvigionamento della città, impedendone così uno sviluppo eccessivo. Se a tutto ciò si aggiunge la precauzione di non rendere ereditarie né per tutta la vita le principali cariche dello Stato, è facile supporre che i funzionari pubblici, essendo considerati soltanto cittadini temporanei, non le conferiranno mai quella splendidezza dannosa che spesso rappresenta sia il fulgore che la rovina degli Stati.
Ecco le prime riflessioni che mi sono venute in mente dopo un rapido esame del luogo situato sull’isola. Prima di parlare più dettagliatamente del Governo, è necessario capire cosa esso debba fare e su quali principi deve basarsi nel suo operare. È proprio questo che dovrà determinarne definitivamente la forma; infatti, ogni tipo di Governo possiede uno spirito naturale e specifico, dal quale non si allontanerà mai.
Nous avons égalisé jusqu’ici le sol national autant qu’il nous a été possible ; tâchons maintenant d’y tracer le plan de l’édifice qu’il faut élever. La première règle que nous avons à suivre, c’est le caractère national : tout peuple a, ou doit avoir, un caractère national ; s’il en manquait, il faudrait commencer par le lui donner. Les insulaires surtout, moins mixtes, moins confondus avec les autres peuples, en ont d’ordinaire un plus marqué. Les Corses, en particulier, en ont un naturellement très sensible ; et si, défiguré par l’esclavage et la tyrannie, il est devenu difficile à connaître, en revanche il est aussi, par leur position isolée, facile à rétablir et conserver.
L’île de Corse, dit Diodore, est montagneuse, pleine de bois et arrosée par de grands fleuves. Ses habitants se nourrissent de lait, de miel et de viande, que le pays leur fournit largement ; ils observent entre eux les règles de la justice et de l’humanité avec plus d’exactitude que les autres barbares ; celui qui le premier trouve du miel dans les montagnes et dans les creux des arbres est assuré que personne ne le lui disputera. Ils sont toujours certains de retrouver leurs brebis, sur lesquelles chacun met sa marque, et qu’ils laissent paître ensuite dans les campagnes sans que personne les garde : le même esprit d’équité paraît les conduire dans toutes les rencontres de la vie.
Les grands historiens savent dans les plus simples narrations, et sans raisonner eux-mêmes, rendre sensible au lecteur la raison de chaque fait qu’ils rapportent.
Quand un pays n’est pas peuplé par des colonies, c’est de la nature du sol que naît le caractère primitif des habitants. Un terrain rude, inégal, difficile à cultiver, doit plus fournir à la nourriture des bêtes qu’à celle des hommes ; les champs y doivent être rares et les pâturages abondants. De là la multiplication du bétail et la vie pastorale. Les troupeaux des particuliers, errants dans les montagnes, s’y mêlent, s’y confondent. Le miel n’a d’autre clef que la marque du premier occupant ; la propriété ne peut s’établir ni se conserver que sous la foi publique ; et il faut bien que tout le monde soit juste : sans quoi, personne n’aurait rien, et la nation périrait.
Des montagnes, des bois, des rivières, des pâturages : ne croirait on pas lire la description de la Suisse ? Aussi retrouvait-on jadis dans la Suisse le même caractère que Diodore donne aux Corses : l’équité, l’humanité, la bonne foi. Toute la différence était qu’habitant un climat plus rude, ils étaient plus laborieux ; ensevelis durant six mois sous la neige, ils étaient forcés de faire des provisions pour l’hiver ; épars sur leurs rochers, ils les cultivaient avec une fatigue qui les rendait robustes ; un travail continuel leur ôtait le temps de connaître les passions ; les communications étant toujours pénibles, quand les neiges et les glaces achevaient de les fermer, chacun, dans sa cabane, était forcé de se suffire à lui-même et à sa famille : de là l’heureuse et grossière industrie. Chacun exerçait dans sa maison tous les arts nécessaire : tous étaient maçons, charpentiers, menuisiers, charrons. Les rivières et les torrents, qui les séparaient les uns des autres, donnaient, en revanche, à chacun d’eux les moyens de se passer de ses voisins ; les scies, les forges, les moulins se multipliaient ; ils apprenaient à ménager le cours des eaux, tant pour le jeu des rouages que pour multiplier les arrosements. C’est ainsi qu’au milieu de leurs précipices et de leurs vallons, chacun, vivant sur son sol, parvint à en tirer tout son nécessaire, à s’y trouver au large, à ne désirer rien au-delà. Les intérêts, les besoins ne se croisant point, et nul ne dépendant d’un autre, tous n’avaient entre eux que des liaisons de bienveillance et d’amitié ; la concorde et la paix régnaient dans leurs nombreuses familles. Ils n’avaient presque autre chose à traiter entre eux que des mariages, où l’inclination seule était consultée, que l’ambition ne formait point, que l’intérêt et l’inégalité n’arrêtaient jamais.
Ce peuple, pauvre mais sans besoins, dans la plus parfaite indépendance, multipliait ainsi dans une union que rien ne pouvait altérer ; il n’avait pas des vertus, puisque, n’ayant point de vices à vaincre bien faire ne lui coûtait rien ; et il était bon et juste sans savoir même ce que c’était que justice et que vertu. De la force, avec laquelle cette vie laborieuse et indépendante attachait les Suisses à leur patrie, résultaient deux plus grands moyens de la défendre ; savoir, le concert dans les résolutions et le courage dans les combats. Quand on considère l’union constante qui régnait entre des hommes sans maîtres, presque sans lois, et que les princes qui les entouraient s’efforçaient de diviser par toutes les manœuvres de la politique ; quand on voit l’inébranlable fermeté, la constance, l’acharnement même que ces hommes terribles portaient dans les combats résolus de mourir ou de vaincre, et n’ayant pas même l’idée de séparer leur vie de leur liberté, l’on n’a plus de peine à concevoir les prodiges qu’ils ont faits pour la défense de leur pays et de leur indépendance ; on n’est plus surpris de voir les trois plus grandes Puissances, et les troupes les plus belliqueuses de l’Europe, échouer successivement dans leur entreprise contre cette héroïque nation, que sa simplicité rendait aussi invincible à la ruse que son courage à la valeur. Corses, voilà le modèle que vous devez suivre pour revenir à votre état primitif.
Mais ces hommes rustiques, qui d’abord ne connaissaient qu’eux-mêmes, leurs montagnes et leurs bestiaux, en se défendant contre les autres nations, apprirent à les connaître ; leurs victoires leur ouvrirent les frontières de leur voisinage ; la réputation de leur bravoure fit naître aux princes l’idée de les employer. Ils commencèrent à solder ces troupes qu’ils n’avaient pu vaincre ; ces braves gens, qui avaient si bien défendu leur liberté, devinrent les oppresseurs de celle d’autrui. On s’étonnait de leur voir porter, au service des princes, la même valeur qu’ils avaient mise à leur résister, la même fidélité qu’ils avaient gardée à la patrie ; vendre à prix d’argent les vertus qui se paient le moins et que l’argent corrompt le plus vite. Mais, dans ces premiers temps, ils portaient au service des princes la même fierté qu’ils avaient mise à leur résister ; ils s’en regardaient moins comme les satellites que comme les défenseurs, et croyaient moins leur avoir vendu leurs services que leur protection.
Insensiblement ils s’avilirent, et ne furent plus que des mercenaires ; le goût de l’argent leur fit sentir qu’ils étaient pauvres ; le mépris de leur état a détruit insensiblement les vertus qui en étaient l’ouvrage, et les Suisses sont devenus des hommes à cinq sols comme les Français à quatre. Une autre cause plus cachée a corrompu cette vigoureuse nation. Leur vie isolée et simple les rendait indépendants ainsi que robustes ; chacun ne connaissait de maître que lui ; mais tous, ayant le même intérêt et les mêmes goûts, s’unissaient sans peine pour vouloir faire les mêmes choses ; l’uniformité de leur vie leur tenait lieu de Loi. Mais, quand la fréquentation des autres peuples leur eut fait aimer ce qu’ils devaient craindre, et admirer ce qu’ils devaient mépriser, l’ambition des principaux leur fit changer de maxime ; ils sentirent que, pour mieux dominer le peuple, il fallait lui donner des goûts plus dépendants. De là l’introduction du commerce, de l’industrie et du luxe qui, liant les particuliers à l’autorité publique par leurs métiers et par leurs besoins, les fait dépendre de ceux qui gouvernent, beaucoup plus qu’ils n’en dépendaient dans leur état primitif.
We have so far leveled the national terrain as much as it has been possible for us; let us now endeavor to draw on it the plan of the edifice that must be erected upon it. The first rule we must follow is that of nationality: every people possesses, or ought to possess, a distinct national character; if it lacks this, we must begin by endowing it with one. Island peoples, in particular, being less mixed and less intertwined with other peoples, usually have a more pronounced national character. The Corsicans, in particular, naturally possess one that is very strong; and although it has been distorted by slavery and tyranny, making it difficult to discern, on the other hand, their isolated position makes it easy to restore and preserve.
The island of Corsica, says Diodorus, is mountainous, covered with forests, and drained by large rivers. Its inhabitants feed on milk, honey, and meat, which the land abundantly provides them with; they observe the rules of justice and humanity among themselves more strictly than other barbarians. Whoever is the first to discover honey in the mountains or in the hollows of trees is assured that no one will dispute it from him. They are always certain of finding their sheep again, as each of them marks them; they then let them graze in the fields without any need for guards. The same spirit of fairness seems to guide them in all aspects of life.
Great historians, in their simplest narratives and without the need for deliberate reasoning on their part, manage to make the reader understand the rationale behind every fact they relate.
When a country is not inhabited by colonies, it is the nature of its soil that determines the primitive character of its inhabitants. Rough, uneven land that is difficult to cultivate must provide more food for livestock than for humans; fields should be scarce, while pastures should be abundant. This leads to an increase in livestock and a pastoral way of life. Private herds wander through the mountains, mixing together. Honey can only be claimed based on the mark of the first occupier; property can only be established and maintained with the public’s trust. And it is essential that everyone act justly—otherwise, no one would possess anything, and the nation would perish.
Mountains, forests, rivers, pastures—would one not think these descriptions were of Switzerland? Indeed, in the past, Switzerland shared the same qualities that Diodorus attributes to Corsica: fairness, humanity, and good faith. The only difference was that, living in a harsher climate, its inhabitants were more industrious; trapped under snow for six months each year, they were forced to stockpile provisions for winter. Scattered across their rocky lands, they cultivated the soil with relentless effort, which made them strong. Constant labor left them no time for indulgent passions, and difficult transportation meant that once snows and ice blocked all paths, everyone was forced to depend solely on themselves and their families—thus giving rise to a simple yet thriving way of life. Everyone practiced various crafts within their homes: they were all masons, carpenters, woodworkers, blacksmiths. The rivers and streams that separated them also provided the means for them to be self-sufficient; sawmills, forges, and mills multiplied throughout the region. They learned how to harness the power of water for both mechanical purposes and irrigation. In this way, amidst their cliffs and valleys, each person managed to extract everything needed from their land, living contentedly without desire for anything more. With no overlapping interests or dependencies, relationships among them were based solely on kindness and friendship; harmony and peace prevailed in their families. Their only matters of concern were marriages, determined by mutual affection alone, free from ambition or inequality.
This people, poor but free from any material needs, lived in perfect independence and multiplied in a unity that nothing could alter; they possessed no virtues, for since they had no vices to overcome, doing good required no effort on their part; and yet they were good and just, without even knowing what justice and virtue meant. The strength with which this hardworking and independent way of life bound the Swiss to their homeland gave rise to two even greater means of defending it: unity in resolve and courage in battle. When one considers the unbreakable solidarity that existed among these people, who had no masters and almost no laws, while the princes surrounding them tried every means of political manipulation to divide them; when one sees the unwavering determination, perseverance, and even fanatical dedication with which these men faced death or victory in their battles, never even considering separating their lives from their freedom, it becomes easy to understand the miracles they accomplished in defending their country and their independence. It is no surprise at all that the three most powerful nations in Europe, along with their most warlike armies, failed repeatedly in their attempts to conquer this heroic nation, whose simplicity made it invulnerable to deceit just as its courage rendered it impregnable in battle. Corsicans, this is the example you should follow if you wish to return to your primitive state.
But these rustic men, who at first knew only themselves, their mountains, and their animals, in defending themselves against other nations, came to learn about those nations; their victories opened up the borders of their surroundings to them; and the reputation for their bravery led the princes to consider employing them. They began to pay these troops whom they had previously been unable to defeat; these brave men, who had so fiercely defended their own freedom, now became the oppressors of others’ freedom. It was astonishing to see them display, in serving the princes, the same valor that they had used to resist them, and the same loyalty that they had held toward their homeland—selling for money those virtues which are least valued and which money corrupts most quickly. Yet in those early days, they carried toward their service of the princes the same pride that they had brought to their resistance; they saw themselves less as servants than as defenders, and believed that they were not selling their services but offering their protection.
Insensibly, they degraded themselves and became nothing but mercenaries; the allure of money made them realize their own poverty; the contempt for their humble condition gradually destroyed the virtues that had once characterized them as a strong nation, and the Swiss became just as dependent on money as the French. Another, more hidden cause also contributed to their decline. Their isolated and simple way of life had made them independent and robust; each person knew only themselves as their master. But since they all shared the same interests and tastes, they easily united in pursuing the same goals; the uniformity of their lives served as their law. However, when contact with other peoples led them to admire what they should have feared and to respect what they should have despised, the ambition of their leaders caused them to change their principles. They realized that, in order to better dominate their people, it was necessary to cultivate in them tastes that would make them more dependent on those in power. Thus commerce, industry, and luxury were introduced—ties that, through work and necessity, bound individuals to the authority of the state, making them far more dependent on their rulers than they had been in their primitive state.
Finora abbiamo cercato di rendere il suolo nazionale il più uniforme possibile; ora dobbiamo provare a tracciare sul suo territorio i lineamenti dell’edificio che dovrà essere eretto. La prima regola da seguire è quella del carattere nazionale: ogni popolo ha, o deve avere, un carattere nazionale; se ne manca, bisogna innanzitutto darglielo. Soprattutto gli isolani, meno mescolati e meno confusi con altri popoli, ne possiedono di solito uno più marcato. I Corsi, in particolare, ne hanno uno naturalmente molto evidente; e se, a causa della schiavitù e della tirannia, questo carattere è diventato difficile da riconoscere, al contrario, grazie alla loro posizione isolata, è anche facile ripristinarlo e preservarlo.
L’isola di Corsica, afferma Diodoro, è montuosa, ricca di foreste e bagnata da grandi fiumi. I suoi abitanti si nutrono di latte, miele e carne, che il paese loro fornisce in abbondanza; osservano tra loro le regole della giustizia e dell’umanità con maggiore precisione rispetto ad altri popoli barbari; colui che per primo trova del miele nelle montagne o nei crepacci degli alberi è certo che nessuno glielo contenderà. Sono sempre certi di ritrovare le loro pecore, alle quali ognuno appone il proprio segno, e le lasciano pascolare nelle campagne senza alcuna sorveglianza: lo stesso spirito di equità sembra guidarli in tutte le situazioni della vita.
I grandi storici, anche nelle narrazioni più semplici e senza dover riflettere personalmente, riescono a far comprendere al lettore il motivo di ogni fatto che riportano.
Quando un paese non è popolato da colonie, è proprio dalla natura del suolo che deriva il carattere primitivo dei suoi abitanti. Un terreno ruvido, irregolare e difficile da coltivare deve fornire principalmente cibo per gli animali piuttosto che per gli uomini; i campi devono essere rari, mentre i pascoli abbondanti. Da ciò deriva la proliferazione del bestiame e una vita pastorale. Gli allevamenti privati, erranti tra le montagne, si mescolano e si confondono con quelli collettivi. Il miele può essere riconosciuto soltanto in base alla marca del primo che lo ha raccolto; la proprietà può essere stabilita e mantenuta solo sulla fiducia della comunità; ed è necessario che tutti agiscano con giustizia: altrimenti, nessuno avrebbe nulla e la nazione sarebbe distrutta.
Montagne, foreste, fiumi, pascoli: si potrebbe credere di leggere la descrizione della Svizzera. Un tempo, nella Svizzera si trovava lo stesso carattere che Diodoro attribuisce ai Corsi: equità, umanità, buona fede. L’unica differenza stava nel fatto che, vivendo in un clima più rigido, erano più laboriosi; sepolti per sei mesi sotto la neve, erano costretti a fare provviste per l’inverno; sparsi sui loro ripidi versanti, coltivavano la terra con uno sforzo che li rendeva forti; un lavoro continuo non gli lasciava il tempo di conoscere le passioni; poiché i collegamenti erano sempre difficili, quando neve e ghiaccio li isolavano completamente, ognuno, nella propria capanna, era costretto a provvedere da solo a se stesso e alla propria famiglia: da qui nasceva quell’industria semplice ma felice. Ognuno esercitava in casa sua tutte le arti necessarie: tutti erano muratori, carpentieri, falegnami, carradori. I fiumi e i torrenti, che li separavano gli uni dagli altri, offrivano loro al contempo i mezzi per non dipendere dai vicini; si moltiplicavano segherie, forge, mulini; imparavano a gestire il corso delle acque, sia per far funzionare le macchine che per aumentare le risorse idriche. Ed è così che, in mezzo ai loro precipizi e valli, ognuno, vivendo sulla propria terra, riusciva a procurarsi tutto ciò di cui aveva bisogno, a essere autosufficiente, senza desiderare nulla di più. Poiché gli interessi e i bisogni non si incrociavano mai, e nessuno dipendeva da un altro, tutti avevano tra loro solo legami di benevolenza e amicizia; armonia e pace regnavano nelle loro numerose famiglie. Quasi l’unica questione che dovevano affrontare era quella dei matrimoni, dove veniva considerata soltanto la reciproca affinità, senza che l’ambizione o le disuguaglianze intervenissero mai.
Questo popolo, povero ma privo di bisogni, nella più perfetta indipendenza, si moltiplicava in un’unione che nulla poteva alterare; non possedeva virtù, poiché, non avendo vizi da superare, fare del bene non gli costava nulla; ed era buono e giusto senza nemmeno sapere cosa fossero giustizia e virtù. Dalla forza con cui questa vita laboriosa e indipendente legava i Svizzeri alla loro patria derivavano due mezzi ancora più efficaci per difenderla: l’unità nelle decisioni e il coraggio nei combattimenti. Quando si considera l’unione costante che regnava tra uomini senza padroni, quasi senza leggi, e i principi che li circondavano si sforzavano di dividerli con ogni manovra politica; quando si vede l’infrangibile fermezza, la costanza, l’ostinazione stessa con cui questi uomini combattevano risoluti a morire o a vincere, senza nemmeno concepire l’idea di separare la loro vita dalla loro libertà, non è più difficile immaginare i prodigi che hanno compiuto per difendere il loro paese e la loro indipendenza; non ci sorprende più vedere le tre maggiori Potenze dell’Europa, e le truppe più bellicose del continente, fallire ripetutamente nelle loro imprese contro questa nazione eroica, che la sua semplicità rendeva tanto invincibile alla astuzia quanto il suo coraggio alla violenza. Corsoi, ecco l’esempio che dovete seguire per tornare al vostro stato primitivo.
Ma questi uomini rustici, che inizialmente conoscevano solo se stessi, le loro montagne e i loro animali, difendendosi dalle altre nazioni, impararono a conoscerle; le loro vittorie aprirono loro i confini dei paesi vicini; la reputazione della loro coraggiozza fece sì che i principi iniziassero a pensare di impiegarli. Cominciarono quindi a reclutare queste truppe che prima non erano riusciti a sconfiggere; questi bravi uomini, che avevano difeso con tanta determinazione la propria libertà, divennero poi i oppressori della libertà altrui. Si stupiva vederli, al servizio dei principi, mostrare lo stesso valore che avevano dimostrato nel resistere a loro, la stessa fedeltà che avevano mantenuto verso la propria patria; vendevano, infatti, per denaro le virtù che costano di meno e che l’oro corrompe più rapidamente. Ma in quei primi tempi, servivano i principi con la stessa fierezza con cui avevano combattuto contro di loro; si consideravano meno dei loro sudditi che dei loro difensori, e credevano di aver venduto loro non tanto i propri servizi quanto la propria protezione.
In modo insensibile, si degradarono fino a diventare semplici mercenari; il desiderio di denaro fece loro rendersi conto della propria povertà; il disprezzo per la loro condizione distrusse gradualmente le virtù che ne costituivano l’essenza, e gli svizzeri divennero individui simili ai francesi, pronti a sacrificare tutto per cinque soldi. Un’altra causa, più nascosta, corruppe questa nazione un tempo così vigorosa: la loro vita isolata e semplice li rendeva indipendenti e forti; ognuno non riconosceva altro padrone se non sé stesso; tuttavia, avendo gli stessi interessi e gli stessi gusti, si univano facilmente per perseguire gli stessi obiettivi; l’uniformità della loro esistenza fungeva da legge per loro. Ma quando la frequentazione con altri popoli li portò ad amare ciò che avrebbero dovuto temere e ad ammirare ciò che avrebbero dovuto disprezzare, l’ambizione dei loro capi li indusse a cambiare atteggiamento; compresero che, per dominare meglio il popolo, era necessario far sì che i suoi gusti diventassero più dipendenti da quelli dei governanti. Da qui nacquero il commercio, l’industria e il lusso: questi elementi, legando gli individui all’autorità pubblica attraverso il lavoro e i bisogni, li resero molto più dipendenti da coloro che governavano di quanto lo fossero nella loro condizione originale.
La pauvreté ne s’est fait sentir dans la Suisse que quand l’argent a commencé d’y circuler ; il a mis la même inégalité dans les ressources que dans les fortunes ; il est devenu un grand moyen d’acquérir ôté à ceux qui n’avaient rien. Les établissements de commerce et de manufactures se sont multipliés ; les arts ont ôté une multitude de mains à l’agriculture. Les hommes, en se divisant inégalement, se sont multipliés et se sont répandus dans les pays plus favorablement situés, et où les ressources étaient plus faciles. Les uns ont déserté leur patrie ; les autres lui sont devenus inutiles en consommant et ne produisant rien ; la multitude des enfants est devenue à charge. Le peuplement a sensiblement diminué ; et tandis que l’on se multipliait dans les villes, la culture des terres plus négligée, les besoins de la vie plus onéreux, en rendant les denrées étrangères plus nécessaires, ont mis le pays dans une plus grande dépendance de ses voisins. La vie oiseuse a introduit la corruption et multiplié les pensionnaires des puissances ; l’amour de la patrie, éteint dans tous les cœurs, y a fait place au seul amour de l’argent ; tous les sentiments qui donnent du ressort à l’âme étant étouffés, on n’a plus vu ni fermeté dans la conduite ni vigueur dans les résolutions. Jadis, la Suisse pauvre faisait la loi à la France ; maintenant la Suisse riche tremble au sourcil froncé d’un ministre français.
Voilà de grandes leçons pour le peuple corse ; voyons de quelle manière il doit se les appliquer. Le peuple corse conserve un grand nombre de ses vertus primitives, qui faciliteront beaucoup notre constitution. Il a aussi contracté, dans la servitude, beaucoup de vices auxquels il doit remédier, De ces vices, quelques-uns disparaîtront d’eux-mêmes avec la cause qui les fit naître ; d’autres ont besoin qu’une cause contraire déracine la passion qui les produit[702].
Je mets dans la première classe l’humeur indomptable et féroce qu’on leur attribue. On les accuse d’être mutins ; comment le sait-on, puisqu’ils n’ont jamais été gouvernés justement ? En les animant sans cesse les uns contre les autres, on aurait dû voir que cette animosité tournerait souvent contre ceux dont elle était l’ouvrage.
Je mets dans la seconde classe le penchant au vol et au meurtre qui les a rendus odieux. La source de ces deux vices est la paresse et l’impunité. Cela est clair, quant au premier, et facile à prouver quant au second ; puisque les haines de famille et les projets de vengeance qu’ils étaient sans cesse occupés à satisfaire, naissent dans des entretiens oiseux, et prennent de la consistance dans de sombres méditations, et s’exécutent sans peine par l’assurance de l’impunité.
Qui pourrait n’être pas saisi d’horreur contre un Gouvernement barbare qui, pour voir ces infortunés s’entr’égorger les uns les autres n’épargnait aucun soin pour les y exciter ? Le meurtre n’était pas puni ; que dis-je ? il était récompensé ; le prix du sang était un des revenus de la République. Il fallut que les malheureux Corses pour éviter une destruction totale, achetassent par un tribut la grâce d’être désarmés.
Que les Corses, ramenés à une vie laborieuse, perdent l’habitude d’errer dans l’île comme des bandits ; que leurs occupations égales et simples, les tenant concentrés dans leurs familles, leur laissent peu d’intérêts à démêler entre eux ! Que leur travail leur fournisse aisément de quoi subsister, eux et leur famille ! Que ceux qui ont toutes les choses nécessaires à la vie ne soient pas encore obligés d’avoir de l’argent en espèces : soit pour payer les tailles et autres impositions ; soit pour fournir à des besoins de fantaisie ou de luxe, qui, sans contribuer au bien-être de celui qui l’étalé, ne fait qu’exciter l’envie et la haine d’autrui !
On voit aisément comment le système auquel nous avons donné la préférence conduit à ces avantages ; mais cela ne suffit pas. Il s’agit de faire adopter au peuple la pratique de ce système, de lui faire aimer l’occupation que nous voulons lui donner, d’y fixer ses plaisirs, ses désirs, ses goûts, d’en faire généralement le bonheur de la vie, et d’y borner ses projets de l’ambition
Les Génois se vantent d’avoir favorisé l’agriculture dans l’île ; les Corses paraissent en convenir. Je n’en conviendrai pas de même ; le mauvais succès prouve qu’ils avaient pris de mauvais moyens. Dans cette conduite, la République n’avait pas pour but de multiplier les habitants de l’île, puisqu’elle favorisait si ouvertement les assassinats ; ou de les faire vivre dans l’aisance, puisqu’elle les ruinait par les exactions ; ni même de faciliter le recouvrement des tailles, puisqu’elle chargeait de droits la vente et le transport de diverses denrées et en défendait l’exportation. Elle avait pour but, au contraire, de rendre plus onéreuses ces mêmes tailles qu’elle n’osait augmenter ; de tenir toujours les Corses dans l’abaissement : en les attachant, pour ainsi dire, à leur glèbe ; en les détournant du commerce, des arts, de toutes les professions lucrative ; en les empêchant de s’élever, de s’instruire, de s’enrichir. Elle avait pour but d’avoir toutes les denrées à vil prix par les monopoles de ses officiers. Elle prenait toutes les mesures pour épuiser l’île d’argent, pour l’y rendre nécessaire et pour l’empêcher, toutefois, d’y rentrer. La tyrannie ne pouvait employer de manœuvre plus raffinée : en paraissant favoriser la culture, elle achevait d’écraser la nation ; elle voulait la réduire à un tas de vils paysans vivant dans la plus déplorable misère,
Qu’arrivait-il de là ? Les Corses, découragés, abandonnaient un travail qui n’était animé d’aucun espoir ; ils aimaient mieux ne rien faire que de se fatiguer à pure perte. La vie laborieuse et simple fit place à la paresse, au désœuvrement, à toutes sortes de vices : le vol leur procurait l’argent dont ils avaient besoin pour payer leur taille, et qu’ils ne trouvaient point avec leurs denrées ; ils quittaient leurs champs pour travailler sur les grands chemins.
Que les Corses, ramenés à une vie laborieuse perdent l’habitude d’errer dans l’île comme des bandits, que leurs occupations égales et simples les tenant concentrés dans leurs familles leur laisse peu d’intérêts à démêler entre eux ! Que leur travail leur fournisse aisément de quoi subsister, eux et leur famille ! Que ceux qui ont toutes les choses nécessaires à la vie ne soient pas encore obligés d’avoir de l’argent en espèces, soit pour payer les tailles et autres impositions, soit pour fournir à des besoins de fantaisie ou de luxe qui sans contribuer au bien-être de celui qui l’étale ne fait qu’exciter l’envie et la haine d’autrui !
On voit aisément comment le système auquel nous avons donné la préférence conduit à ces avantages mais cela ne suffit pas. Il s’agit de faire adopter au peuple la pratique de ce système, de lui faire aimer l’occupation que nous voulons lui donner, d’y fixer ses plaisirs, ses désirs, ses goûts, d’en faire généralement le bonheur de la vie, et d’y borner les projets de l’ambition.
Je ne vois nuls moyens plus prompts et plus sûrs, pour en venir là, que les deux suivants : c’est d’attacher, pour ainsi dire, les hommes à la terre, en tirant d’elle leurs distinctions et leurs droits ; et l’autre, d’affermir ce lien par celui de la famille, en la rendant nécessaire à l’état des pères.
J’ai pensé que dans cette vue, posant la Loi fondamentale sur les distinctions tirées de la nature de la chose, on pouvait diviser toute la nation corse en trois classes, dont l’inégalité toujours personnelle pouvait être heureusement substituée à l’inégalité de race ou d’habitation qui résulte du système féodal municipal que nous abolissons. La première classe sera celle des citoyens ; la deuxième, celle des patriotes ; la troisième, celle des aspirants. Il sera dit ci-après à quels titres on sera inscrit dans chaque classe, et de quels privilèges on y jouira.
Cette distinction par classes ne doit point se faire par un cens ou dénombrement au moment de l’institution, mais elle doit s’établir successivement d’elle-même par le simple progrès du temps.
Le premier acte de l’établissement projeté doit être un serment solennel prêté par tous les Corses âgés de vingt ans et au-dessus ; et tous ceux qui prêteront ce serment doivent être indistinctement inscrits au nombre des citoyens. Il est bien juste que tous ces vaillants hommes, qui ont délivré leur nation au prix de leur sang, entrent en possession de tous ces avantages et jouissent, au premier rang, de la liberté qu’ils lui ont acquise.
Mais, dès le jour de l’union formée et du serment solennellement prêté, tous ceux qui, nés dans l’île, n’auraient pas atteint l’âge, resteront dans la classe des aspirants, jusqu’à ce qu’aux conditions suivantes ils puissent monter aux deux autres classes.
Poverty did not begin to be felt in Switzerland until money began to circulate there; it brought about the same inequality in resources as in wealth, and became a powerful means for those who had nothing to acquire possessions. Commerce and manufacturing establishments multiplied; the arts drew away many hands from agriculture. As people began to distribute themselves unevenly, their numbers increased, and they spread to regions with more favorable locations and richer resources. Some abandoned their homeland; others became useless to it by consuming without producing anything; an excessive number of children became a burden. The population diminished significantly. While the population grew in cities, neglected land cultivation and rising living costs made foreign goods even more necessary, placing the country in greater dependence on its neighbors. A leisurely lifestyle led to corruption and increased the number of dependents on the power structures of the state; the love for one’s homeland was extinguished in everyone’s heart, replaced only by a blind pursuit of wealth. All those sentiments that give strength to the soul were stifled, leaving no trace of determination or resilience in people’s behavior. Once, poor Switzerland held France in its grasp; now, rich Switzerland trembles at the slightest hint from a French minister.
These are indeed great lessons for the Corsican people; let us see how they should apply them. The Corsican people retain a large number of their primitive virtues, which will greatly facilitate the establishment of our new order. However, in their state of servitude, they have also acquired many vices that must be eradicated. Some of these vices will disappear on their own as the circumstances that gave rise to them cease to exist; others require opposing forces to eradicate the passions that give them life[702].
I attribute to them the indomitable and ferocious temperament that is often associated with them. They are accused of being rebellious; but how can anyone know this, when they have never been governed in a fair manner? By constantly inciting one against another, one would have expected such hostility to turn back against those who had instigated it in the first place.
I attribute to the second class those tendencies toward theft and murder that make them detestable. The source of these two vices is laziness and impunity. This is clear in the case of theft, and easy to prove in the case of murder; for the family feuds and vengeance schemes that they were constantly preoccupied with satisfying arise out of idle conversations, take shape in dark meditations, and are carried out without difficulty thanks to the assurance of impunity.
Who could not be filled with horror at such a barbaric Government that, in order to see these unfortunate people slaughter one another, went to great lengths to incite them to do so? Murder was not punished; no—it was even rewarded! The price of blood became one of the sources of revenue for the Republic. It came to such a state that those poor Corsicans, in order to avoid total destruction, had to pay a tribute in order to be spared and forced to disarm.
That the Corsicans, once returned to a life of hard work, should lose the habit of wandering around the island like bandits; that their equal and simple occupations, keeping them focused on their families, would leave them with little interest to engage in conflicts among themselves! That their labor should readily provide them with what is necessary for their own sustenance and that of their families! That those who already possess everything needed for life should no longer be forced to carry cash on hand—either to pay taxes and other levies, or to satisfy whimsical or luxurious desires that, far from contributing to the well-being of the individual who indulges in them, only arouse envy and hatred among others.
It is easy to see how the system that we have preferred leads to these advantages; but this is not enough. What is necessary is to make the people adopt this system as their way of life, to make them love the occupation that we wish to provide for them, to align their pleasures, desires, and tastes with it, to make it the source of their happiness in life, and to limit their ambitions and plans within its framework.
The Genoese boast of having promoted agriculture on the island; the Corsicans seem to agree. I disagree; their poor results prove that they employed wrong methods. In doing so, the Republic had no intention of increasing the island’s population, since it openly encouraged assassinations; nor of making its inhabitants prosperous, since it ruined them through exactions; nor even of facilitating the collection of taxes, since it imposed heavy duties on the sale and transportation of various goods and prohibited their export. On the contrary, its goal was to make these very taxes even more oppressive, though it dared not increase them directly; it sought to keep the Corsicans in a state of degradation, binding them to their land, deterring them from engaging in commerce, the arts, or any profitable profession, and preventing them from rising above their humble condition, educating themselves, or accumulating wealth. Its aim was simply to control all goods at low prices through the monopolies held by its officials. It took every measure possible to drain the island of its wealth, to make it dependent on such means while simultaneously preventing it from ever recovering. Such tyranny could devise no more cunning strategy: under the guise of promoting agriculture, it actually crushed the entire nation, reducing its people to a heap of wretched peasants living in utter misery.
What happened next? Disheartened, the Corsicans abandoned a task that held no promise of success; they would rather do nothing at all than to toil in vain. Hardworking and simple living gave way to laziness, idleness, and all sorts of vices. Stealing provided them with the money they needed to pay their taxes—money they could not obtain from their own earnings. They left their fields to work along the main roads.
May the Corsicans, having been returned to a life of hard work, lose the habit of wandering around the island like bandits; may their equal and simple occupations keep them focused on their families, leaving them with little interest in quarreling with one another! May their labor provide them easily with what is necessary for their own and their families’ sustenance! And may those who already possess everything needed for life not yet be forced to carry cash on hand—either to pay taxes and other levies, or to satisfy whimsical or luxurious desires that, far from contributing to the well-being of their owners, only arouse envy and hatred in others.
It is easy to see how the system that we have preferred leads to these advantages; however, this alone is not enough. What is necessary is to make the people adopt this system as their way of life, to make them embrace the occupation that we wish to provide for them, to align their pleasures, desires, and tastes with it, to make it the very source of their happiness in life, and to limit the scope of their ambitions within its framework.
I see no quicker or surer means to achieve this goal than the following two: firstly, to bind men firmly to the earth by deriving their distinctions and rights from it; and secondly, to strengthen this bond through the institution of family, by making it essential for the structure of society.
I believed that, from this perspective—which establishes the fundamental principle of distinctions based on the nature of things—one could divide the entire Corsican nation into three classes. The inequality inherent in these classes, being purely personal in nature, could happily replace the racial or residential inequalities resulting from the feudal municipal system that we are abolishing. The first class would consist of citizens; the second, of patriots; and the third, of those who aspired to such status. It will be specified below under what qualifications one would be enrolled in each class and what privileges they would enjoy therein.
This classification into classes must not be established through a census or enumeration at the time of its inception; rather, it should emerge naturally over time as a result of the passage of days.
The first step in the establishment proposed must be a solemn oath taken by all Corsicans aged twenty years and above; and all those who take this oath must be included without distinction among the citizens. It is only right that all these valiant men, who have freed their nation at the cost of their blood, should enjoy all these benefits and, in particular, take pride in the freedom they have secured for it.
However, from the very day of their union and the solemn taking of the oath, all those who were born on the island but had not yet reached the required age would remain in the class of aspirants until they met the following conditions and could be promoted to the other two classes.
La povertà in Svizzera si è fatta sentire soltanto quando l’oro ha iniziato a circolarvi; ha introdotto lo stesso squilibrio nelle risorse come nelle fortune; è diventato un mezzo efficace per acquisire ricchezze da parte di coloro che prima non ne possedevano alcuna. I centri commerciali e le fabbriche si sono moltiplicati; le arti hanno sottratto molte mani all’agricoltura. Gli uomini, divisi in modo disomogeneo, si sono moltiplicati e si sono diffusi nelle regioni più favorevolmente situate e dove le risorse erano più abbondanti. Alcuni hanno abbandonato la propria patria; altri sono diventati inutili per essa, consumando senza produrre nulla; la numerosità dei bambini è diventata un onere insopportabile. La popolazione è diminuita sensibilmente; e mentre le città si popolavano sempre di più, l’abbandono dell’agricoltura, i costi crescenti della vita e la necessità di importare merci hanno reso il paese ancora più dipendente dai suoi vicini. Una vita oziosa ha introdotto la corruzione e aumentato il numero di coloro che vivevano alle spalle del potere; l’amore per la patria, spento in tutti i cuori, è stato sostituito dall’unico amore per l’oro; tutti quei sentimenti che danno forza all’anima sono stati soffocati, e non si è più visto né coraggio nelle azioni né determinazione nelle decisioni. Un tempo, la povera Svizzera impondeva leggi alla Francia; ora, la ricca Svizzera trema al minimo cenno di un ministro francese.
Queste sono grandi lezioni per il popolo corso; vediamo in che modo debba applicarle. Il popolo corso conserva ancora un gran numero delle sue virtù primitive, le quali renderanno molto più facile la nostra organizzazione politica. Tuttavia, nella schiavitù, ha acquisito anche molti vizi di cui deve liberarsi. Alcuni di questi vizi scompariranno da soli con la causa che li ha generati; altri, invece, richiedono l’intervento di forze contrarie per estirpare le passioni che li alimentano[702].
Colloco nella prima classe quell’umore indomabile e feroce che loro viene attribuito. Si li accusa di essere ribelli; come lo si sa, se mai sono stati governati in modo giusto? Stimolandoli costantemente gli uni contro gli altri, si sarebbe dovuto notare che tale animosità finiva spesso per rivoltarsi contro coloro da cui proveniva.
Colloco nella seconda classe quella propensione al furto e all’omicidio che li ha resi odiosi. La fonte di questi due vizi è la pigrizia e l’impunità. Questo è chiaro nel caso del primo, e facile da dimostrare nel caso del secondo; infatti, gli odi familiari e i progetti di vendetta di cui erano costantemente occupati a soddisfare nascono da conversazioni vuote, prendono forma in meditazioni oscure e vengono facilmente attuati grazie alla certezza dell’impunità.
Chi non proverebbe orrore di fronte a un governo barbaro che, per far sì che questi sfortunati si scannassero a vicenda, non risparmiava alcuno sforzo nel provocarli? L’omicidio non veniva punito; anzi, veniva premiato: il prezzo del sangue rappresentava uno dei ricavi della Repubblica. Fu necessario che quei sfortunati corsi, per evitare una distruzione totale, comprassero con un tributo la grazia di essere disarmati.
Che i Corsi, ricondotti a una vita laboriosa, perdano l’abitudine di vagabondare per l’isola come banditi; che le loro occupazioni uguali e semplici, tenendoli concentrati nelle loro famiglie, li privino di qualsiasi interesse che possa suscitare conflitti tra loro! Che il loro lavoro sia sufficiente a garantire loro e alle loro famiglie i mezzi per sopravvivere! Che coloro che dispongono di tutto ciò che è necessario alla vita non debbano più essere costretti ad avere denaro in contanti: né per pagare tasse e altre imposizioni, né per soddisfare bisogni frivoli o di lusso, che, senza contribuire al benessere di chi li possiede, non fanno altro che suscitare invidia e odio negli altri!
È facile comprendere come il sistema a cui abbiamo dato la preferenza porti a questi vantaggi; ma questo non basta. Si tratta di far adottare al popolo questa pratica, di fargli apprezzare l’attività che vogliamo che svolga, di fissarvi i suoi piaceri, i suoi desideri, i suoi gusti, di renderla in generale la fonte della sua felicità e di limitare con essa i suoi progetti e le sue ambizioni.
I Genovesi si vantano di aver favorito lo sviluppo dell’agricoltura sull’isola; i Corsi sembrano concordare. Io invece non sono d’accordo: il fallimento di questi tentativi dimostra che venivano adottati metodi errati. Con tale politica, la Repubblica non aveva lo scopo di aumentare la popolazione dell’isola, visto che incoraggiava apertamente gli omicidi; né quello di farla vivere in condizioni di agi, dato che la rovinava attraverso le esazioni; né tantomeno quello di facilitare il pagamento delle tasse, poiché imponeva diritti sulla vendita e sul trasporto di vari beni e ne vietava l’esportazione. Al contrario, il suo obiettivo era rendere ancora più onerose quelle stesse tasse che non osava aumentare; mantenere i Corsi in condizioni di povertà, legandoli in qualche modo alla loro terra; allontanarli dal commercio, dalle arti e da qualsiasi professione redditizia; impedire loro di elevarsi, di istruirsi o di arricchirsi. Il suo scopo era, insomma, di disporre di tutti i beni a prezzi bassissimi attraverso i monopoli dei suoi funzionari. Adottava ogni misura possibile per esaurire le risorse finanziarie dell’isola, renderle indispensabili e allo stesso tempo impedirne il rifornimento. La tirannia non poteva utilizzare manovre più subdole di queste: fingendo di favorire lo sviluppo economico, in realtà distruggeva completamente la nazione; voleva ridurla a un insieme di contadini miserabili che vivevano nella più profonda povertà.
Cosa accadeva laggiù? I Corsi, scoraggiati, abbandonavano un lavoro privo di ogni speranza; preferivano non fare nulla piuttosto che stancarsi inutilmente. La vita laboriosa e semplice lasciò il posto alla pigrizia, al ozio e a ogni sorta di vizi: il furto gli forniva l’oro di cui avevano bisogno per pagare le tasse, oro che non trovavano nelle loro risorse; abbandonavano i loro campi per andare a lavorare sulle grandi strade.
Che i Corsi, ricondotti a una vita laboriosa, perdano l’abitudine di vagabondare per l’isola come banditi; che le loro occupazioni uguali e semplici, tenendoli concentrati sulle loro famiglie, non lascino loro molti interessi su cui litigare tra loro! Che il loro lavoro possa fornire facilmente ciò di cui hanno bisogno per sopravvivere, loro e le loro famiglie! Che coloro che dispongono di tutte le cose necessarie alla vita non siano ancora costretti ad avere denaro in contanti, sia per pagare tasse e altre imposizioni, sia per soddisfare bisogni frivoli o di lusso che, senza contribuire al benessere di chi li possiede, non fanno altro che suscitare invidia e odio negli altri!
È facile comprendere come il sistema a cui abbiamo dato la preferenza porti a questi vantaggi, ma questo non basta. Si tratta di far adottare al popolo questa pratica, di fargli apprezzare l’occupazione che vogliamo che svolga, di fissarvi i suoi piaceri, i suoi desideri, i suoi gusti, di renderla in generale la fonte della sua felicità e di limitare così gli obiettivi della sua ambizione.
Non vedo mezzi più rapidi e sicuri per raggiungere questo scopo se non due: il primo consiste nel legare gli uomini alla terra, facendo derivare da essa le loro distinzioni e i loro diritti; il secondo consiste nel rafforzare questo legame attraverso quello della famiglia, rendendola necessaria per lo stato stesso dei padri.
Ho pensato che, secondo questa visione, basandosi sulla Legge fondamentale che stabilisce le distinzioni derivanti dalla natura delle cose, si potesse dividere l’intera nazione corsa in tre classi; l’ineguaglianza, sempre di natura personale, potrebbe così essere felicemente sostituita dall’ineguaglianza di razza o di residenza, derivante dal sistema feudale municipale che stiamo abolendo. La prima classe sarà quella dei cittadini; la seconda, quella dei patrioti; la terza, quella degli aspiranti. Verrà in seguito spiegato con quali titoli si potrà essere iscritti in ciascuna classe e quali privilegi si potranno godere al suo interno.
Questa distinzione per classi non deve essere effettuata attraverso un censimento o un conteggio al momento dell’istituzione, ma deve stabilirsi gradualmente, in modo naturale, con il semplice trascorrere del tempo.
Il primo atto dell’istituzione prevista deve essere un giuramento solenne prestato da tutti i corsi di vent’anni e più; e coloro che presteranno questo giuramento devono essere inclusi senza distinzione tra i cittadini. È assolutamente giusto che tutti questi valorosi uomini, che hanno liberato la loro nazione a prezzo del proprio sangue, possano godere di tutti questi vantaggi e, in prima linea, della libertà che hanno conquistato per essa.
Ma, dal giorno stesso in cui si verifica l’unione e viene prestato il giuramento solenne, tutti coloro che, nati sull’isola, non avranno raggiunto l’età richiesta rimarranno nella classe degli aspiranti, fino a quando, soddisfacendo le seguenti condizioni, potranno essere promossi alle altre due classi.
Tout aspirant marié selon la loi, qui aura quelque fonds en propre, indépendamment de la dot de sa femme, sera inscrit dans la classe des patriotes.
Tout patriote marié ou veuf qui aura deux enfants vivants, une habitation à lui et un fonds de terre suffisant pour sa subsistance sera inscrit dans la classe des citoyens.
Ce premier pas, suffisant pour mettre les terres en crédit, ne l’est pas pour les mettre en culture, si l’on n’ôte la nécessité d’argent qui a fait la pauvreté de l’île sous le Gouvernement génois. Il faut établir pour maxime certaine que, partout où l’argent est de première nécessité, la nation se détache de l’agriculture pour se jeter dans les professions plus lucratives ; l’état de laboureur est alors ou un objet de commerce et une espèce de manufacture pour les grands de fermiers, ou le pis-aller de la misère pour la foule des paysans. Ceux qui s’enrichissent par le commerce et l’industrie placent, quand ils ont assez gagné, leur argent en fonds de terre que d’autres cultivent pour eux ; toute la nation se trouve ainsi divisée en riches fainéants, qui possèdent les terres, et en malheureux paysans, qui n’ont pas de quoi vivre en les cultivant.
Plus l’argent est nécessaire aux particuliers, plus il l’est au Gouvernement ; d’où il suit que, plus le commerce fleurit, plus les taxes sont fortes ; et pour payer ces taxes, il ne sert de rien que le paysan cultive sa terre, s’il n’en vend pas le produit. Il a beau avoir du blé, du vin, de l’huile : il lui faut absolument de l’argent ; il faut qu’il porte, çà et là, sa denrée dans les villes ; qu’il se fasse petit marchand, petit vendeur, petit fripon. Ses enfants, élevés dans le courtage de débauche s’attachent aux villes et perdent le goût de leur état ; se font matelots ou soldats plutôt que de prendre l’état de leur père. Bientôt la campagne se dépeuple, et la ville regorge de vagabonds ; peu à peu le pain manque, la misère publique augmente avec l’opulence des particuliers ; et l’une et l’autre, de concert, amènent tous les vices qui causent enfin la ruine d’une nation.
Je regarde si bien tout système de commerce comme destructif de l’agriculture, que je n’en excepte pas même le commerce des denrées qui sont le produit de l’agriculture. Pour qu’elle pût se soutenir dans ce système, il faudrait que le profit pût se partager également entre le marchand et le cultivateur. Mais c’est ce qui est impossible ; parce que, le négoce de l’un étant toujours libre et celui de l’autre forcé, le premier fera toujours la loi au second : rapport qui, rompant l’équilibre, ne peut faire un état solide et permanent
Il ne faut pas s’imaginer que l’île en sera plus riche, lorsqu’elle aura beaucoup d’argent. Cela sera vrai vis-à-vis des autres peuples et par les rapports extérieurs ; mais, en elle-même, une nation n’en est ni plus riche ni plus pauvre pour avoir plus ou moins d’argent ; ou, ce qui revient à la même chose, parce que la même quantité d’argent y circule avec plus ou moins d’activité. Non seulement l’argent est un signe ; mais c’est un signe relatif qui n’a d’effet véritable que par l’inégalité de sa distribution. Car, supposé que dans l’île de Corse chaque particulier n’ait que dix écus, ou qu’il ait cent mille écus ; l’état respectif de tous est dans ces deux cas absolument le même ; ils n’en sont entre eux ni plus riches ni plus pauvres ; et la seule différence est que la seconde supposition rend le négoce plus embarrassant. Si la Corse avait besoin des étrangers, elle aurait besoin d’argent ; mais, pouvant se suffire à elle-même, elle n’en a pas besoin ; et puisqu’il n’est utile que comme signe d’inégalité, moins il en circulera dans l’île, plus l’abondance réelle y régnera. Il faut voir si ce qu’on fait avec de l’argent ne peut se faire sans argent ; et supposant qu’il se puisse, il faut comparer les deux moyens relativement à notre objet.
Il est prouvé par les faits que l’île de Corse, même dans l’état de friche et d’épuisement où elle est, suffit à la subsistance de ses habitants puisque, durant trente-six ans de guerre qu’ils ont plus manié les armes que la charrue, il n’y est cependant pas entré pour leur usage un seul bâtiment de denrées et de vivres d’aucune espèce ; elle a même tout ce qu’il faut, outre les vivres, pour les mettre et les maintenir dans un état florissant, sans rien emprunter du dehors. Elle a des laines pour ses étoffes, du chanvre et du lin pour des toiles et des cordages, des cuirs pour des chaussures, des bois de construction pour la marine, du fer pour des forges, du cuivre pour des ustensiles et pour de la petite monnaie. Elle a du sel pour son usage ; elle en aura au-delà en rétablissant les salines d’Alleria, que les Génois mirent avec tant de peine et de dépense dans un état de destruction, et qui donnaient encore du sel en dépit d’eux. Les Corses, quand ils le voudraient, ne pourraient commercer au dehors par échange, à moins qu’ils n’achetassent des superfluités ; ainsi l’argent, même en pareil cas, ne leur serait pas nécessaire pour le commerce, puisqu’il est la seule marchandise qu’ils iraient chercher. Il suit de là que, dans les rapports de nation à nation, la Corse n’a aucun besoin d’argent.
Au dedans, l’île est assez grande et coupée par des montagnes ; ses grandes et nombreuses rivières sont peu navigables ; ses parties ne communiquent pas naturellement entre elles ; mais la différence de leurs productions les tient dans une dépendance mutuelle, par le besoin qu’elles ont les unes des autres. La province de Cap Corse, qui ne produit presque que du vin, a besoin de blé et d’huile que lui fournit la Balagna. Corte, sur la hauteur, donne de même des grains, et manque de tout le reste ; Bonifazio, au bord des marais et à l’autre extrémité de l’île, a besoin de tout et ne fournit rien. Le projet d’une égale population demande donc une circulation de denrées, un versement facile d’une juridiction dans les autres, et par conséquent un commerce intérieur.
Mais je dis à cela deux choses : l’une, qu’avec le concours du Gouvernement ce commerce peut se faire en grande partie par des échanges ; l’autre, qu’avec le même concours et par une suite naturelle de notre établissement, ce commerce et ces échanges doivent diminuer de jour en jour et se réduire enfin à très peu de chose.
On sait que, dans l’épuisement où les Génois avaient mis la Corse, l’argent, sortant toujours et ne rentrant point, devint à la fin si rare, que dans quelques cantons de l’île la monnaie n’était plus connue, et qu’on n’y faisait de ventes ni d’achats que par des échanges.
Les Corses, dans leurs mémoires, ont cité ce fait parmi leurs griefs ; ils avaient raison, puisque, l’argent étant nécessaire pour payer les tailles, ces pauvres gens qui n’en avaient plus, saisis et exécutés dans leurs maisons, se voyaient dépouillés de leurs ustensiles les plus nécessaires, de leurs meubles, de leurs hardes, de leurs guenilles, qu’il fallait transporter d’un lieu à l’autre, et dont la vente ne rendait pas la dixième partie de leur prix ; de sorte que, faute d’argent, ils payaient l’imposition dix fois pour une.
Mais, comme dans notre système on ne sera plus forcé de payer la taille en espèces, le défaut d’argent, n’étant point un signe de misère, ne servira point à l’augmenter ; les échanges pourront donc se faire en nature et sans valeurs intermédiaires, et l’on pourra vivre dans l’abondance sans jamais manier un sou.
Je vois que sous les Gouverneurs génois, qui défendaient et gênaient de mille façons la traite des denrées d’une province à l’autre, les communes faisaient des magasins de blés, de vins, d’huile, pour attendre le moment favorable et permis pour la traite, et que ces magasins servaient aux officiers génois de prétexte à mille odieux monopoles. L’idée de ces magasins, n’étant pas nouvelle, en serait d’autant plus facile à exécuter et fournirait pour les échanges un moyen commode et simple pour la nation et pour les particuliers, sans risque des inconvénients qui le rendaient onéreux au peuple.
Any prospective husband who, in accordance with the law, possesses some personal property, independent of his wife’s dowry, will be registered in the class of patriots.
Any married or widowed patriot who has two living children, a dwelling of his own, and sufficient land for his sustenance will be registered in the class of citizens.
This first step, sufficient to bring the lands into a state of credit, is not enough, however, to put them into cultivation, unless we eliminate the necessity for money—which was precisely what caused the island’s poverty under Genoese rule. It must be established as an absolute principle that wherever money becomes a primary necessity, the nation will abandon agriculture and turn to more lucrative professions; in such cases, the state of being a laborer becomes either an object of commerce or a form of “manufacturing” for the wealthy landowners, or else the worst form of misery for the vast majority of peasants. Those who become rich through commerce and industry, once they have earned enough, invest their money in land, which is then cultivated by others on their behalf; as a result, the entire nation is divided into two groups: wealthy idlers who own the land, and unfortunate peasants who lack the means to sustain themselves by cultivating it.
The more money is necessary for individuals, the more it is essential for the Government; hence it follows that the more commerce flourishes, the higher the taxes become. And in order to pay these taxes, it is utterly useless for a farmer to cultivate his land unless he sells its produce. No matter how much wheat, wine, or oil he has, he still needs money—he must carry his goods to the cities, becoming a small merchant, a peddler, or even a swindler. His children, raised in a life of debauchery and greed, become attached to city life and lose any desire to follow their father’s way of life; they prefer to become sailors or soldiers rather than continue their family’s trade. Soon, the countryside begins to depopulate, while the cities are filled with vagrants. Gradually, food becomes scarce, public misery increases alongside the wealth of individuals—and together, these factors lead to all the vices that ultimately bring about the ruin of a nation.
I regard every system of commerce as destructive to agriculture; I do not even exempt the trade in goods that are the products of agriculture itself. For agriculture to be able to sustain itself within such a system, it would be necessary for profits to be shared equally between merchants and farmers. But this is impossible. Because while one party’s dealings are always free, the other’s are forced; as a result, the first will always dominate the second. Such an imbalance cannot lead to a stable and permanent state of affairs.
One should not imagine that an island will become richer simply because it possesses a large amount of money. This may be true in relation to other peoples and through external transactions; but for the island itself, having more or less money does not make it any richer or poorer—in other words, since the same amount of money circulates within it with varying levels of activity. Money is not only a sign; it is a relative sign whose actual effect arises solely from the inequality in its distribution. For if, in the island of Corsica, every individual possessed only ten écus or one hundred thousand écus, their respective situations would be exactly the same in both cases; they would neither be richer nor poorer than before. The only difference would be that the second scenario would make trade more difficult. If Corsica needed foreigners, it would need money; but since it can sustain itself independently, it does not need it. And since money is useful only as a sign of inequality, the less of it circulates within the island, the greater will be its actual abundance. We must ask whether what can be accomplished with money cannot also be accomplished without it; and if it can, we must compare the two methods in relation to our objective.
Facts prove that the island of Corsica, even in its current state of neglect and depletion, is sufficient to sustain its inhabitants. Throughout thirty-six years of war, during which they handled weapons far more frequently than plows, not a single shipload of goods or provisions of any kind was brought into the island for their use. In fact, Corsica possesses everything necessary—not only food—but also what is required to keep its people prosperous without relying on external resources. It has wool for textiles, hemp and linen for fabrics and ropes, leather for shoes, timber for shipbuilding, iron for forging, and copper for utensils and small coins. It has salt for its own needs; moreover, by restoring the saltworks of Alleria—which the Genoese had so painstakingly destroyed yet which still produced salt despite their efforts—the island will have an abundance of it. If the Corsicans wished to engage in trade with the outside world, they could only do so by purchasing surplus goods. Even in such a case, money would not be necessary for commerce, since it is the very commodity they would be seeking to acquire from others. It follows therefore that, in terms of relations between nations, Corsica has no need for money at all.
On the inside, the island is quite large and divided by mountains; its many large rivers are poorly navigable; its different regions do not naturally connect with each other; yet the differences in their products keep them interdependent, due to their mutual needs. The province of Cap Corse, which produces almost only wine, relies on wheat and oil supplied by the Balagna region. Corte, located in the higher areas, also produces grains but lacks everything else; Bonifazio, situated near the marshes at the other end of the island, requires everything but has nothing to offer in return. Therefore, achieving equal population distribution requires the circulation of goods, easy exchange between different regions, and consequently, an internal trade system.
But I would like to say two things regarding this: first, with the support of the Government, such trade can largely be conducted through exchanges; second, with the same support and as a natural consequence of our arrangements, this trade and these exchanges will gradually decrease until they ultimately amount to very little.
It is known that, in the state of exhaustion to which the Genoese had reduced Corsica, money—always flowing out but never returning—became so scarce that in certain regions of the island currency was no longer in use, and transactions were conducted solely through barter.
In their memoirs, the Corsicans cited this fact as one of their grievances; they were right, for since money was necessary to pay these taxes, those poor people who no longer had any were seized and executed in their own homes, only to have their most essential utensils, furniture, clothing, and even rags stolen from them. These items had to be carried from one place to another, yet their sale would yield not even one-tenth of their original value; as a result, due to the lack of money, they were forced to pay the tax ten times over.
However, since in our system people will no longer be forced to pay in cash for goods, the lack of money, being no sign of poverty, will not contribute to its increase; therefore, exchanges can take place in kind, without any intermediate values, and it will be possible to live in abundance without ever having to handle a single penny.
I observe that under the rule of the Genoese governors, who in countless ways hindered and obstructed the trade in goods between different provinces, the municipalities established stores for grain, wine, and oil in order to wait for the most favorable and permissible times to conduct such trade. These stores, however, provided the Genoese officials with an excuse to establish a myriad of despotic monopolies. Since the idea behind such stores was not new, it would have been even easier to implement them. Moreover, they would have offered a convenient and straightforward means for trade, both for the nation as a whole and for individual citizens, without the risks and disadvantages that made such practices so detrimental to the common people.
Qualsiasi giovane che desideri sposarsi secondo la legge e che disponga di un patrimonio personale, indipendentemente dal dote della sua moglie, verrà inserito nella categoria dei patrioti.
Ogni patriota sposato o vedovo che abbia due figli vivi, una casa propria e terreni sufficienti per il proprio sostentamento sarà iscritto nella categoria dei cittadini.
Questo primo passo, sufficiente per rendere le terre redditizie, non è tuttavia sufficiente per coltivarle, a meno di eliminare la necessità di denaro che ha causato la povertà dell’isola sotto il governo genovese. È fondamentale stabilire come principio inconfutabile che, ovunque il denaro sia una necessità essenziale, la nazione si allontani dall’agricoltura per dedicarsi a professioni più redditizie; in tal caso, lo stato di contadino diventa o un oggetto di commercio e una sorta di attività industriale per i grandi proprietari terrieri, oppure il peggior destino della miseria per la massa dei contadini. Coloro che si arricchiscono attraverso il commercio e l’industria, una volta guadagnato abbastanza, investono il loro denaro in terre che vengono coltivate al loro posto; di conseguenza, l’intera nazione si divide tra ricchi pigri che possiedono le terre e sfortunati contadini che non hanno nemmeno i mezzi per vivere coltivandole.
Più l’oro è necessario ai privati, più lo è anche al Governo; ne consegue che, più il commercio prospera, più le tasse diventano elevate. E per pagare queste tasse, non basta affatto che il contadino coltivi la sua terra, se non ne vende i prodotti. Anche se possiede grano, vino, olio, ha comunque bisogno di denaro: deve portare le sue merci nelle città, diventare un piccolo commerciante, un venditore ambulante. I suoi figli, cresciuti in un ambiente corrotto e dissoluto, si attaccano alle città e perdono il desiderio di seguire la professione dei loro genitori; preferiscono diventare marinai o soldati piuttosto che proseguire nella loro eredità. Presto la campagna si spopola, mentre le città si riempiono di vagabondi; poco a poco manca il pane, la povertà aumenta insieme all’opulenza dei privati. E entrambi questi fenomeni, insieme, portano a tutti i vizi che alla fine causano la rovina di una nazione.
Considero ogni sistema commerciale come distruttivo per l’agricoltura; non ne escludo nemmeno quello relativo alle merci prodotte dall’agricoltura stessa. Affinché quest’ultima possa sopravvivere in tale sistema, sarebbe necessario che il profitto fosse condiviso equamente tra commerciante e coltivatore. Ma questo è impossibile: poiché il commercio del primo è sempre libero, mentre quello del secondo è costretto, il primo finirà sempre per imporre le sue regole al secondo. Questo rapporto, che rompe l’equilibrio, non può portare a uno stato stabile e duraturo.
Non bisogna pensare che un’isola diventi più ricca possedendo molto denaro. Ciò potrebbe essere vero rispetto ad altri popoli o nei rapporti esterni; ma, per quanto riguarda l’isola stessa, una nazione non diventa né più ricca né più povera semplicemente perché possiede più o meno denaro; in altre parole, poiché la stessa quantità di denaro circola nell’isola con diverso livello di attività. Il denaro non è soltanto un segno, ma un segno relativo che ha effetto reale solo a causa della disuguaglianza nella sua distribuzione. Infatti, supponendo che in Corsica ogni individuo possedesse soltanto dieci scudi o centomila scudi, lo stato di tutti sarebbe assolutamente lo stesso in entrambi i casi; nessuno sarebbe più ricco o più povero degli altri, e l’unica differenza risiederebbe nel fatto che nella seconda ipotesi il commercio diventerebbe più complicato. Se la Corsica avesse bisogno degli stranieri, avrebbe bisogno di denaro; ma poiché può provvedersi da sola, non ne ha bisogno. E poiché il denaro è utile soltanto come segno di disuguaglianza, meno ne circolerà nell’isola, più abbondanza reale vi regnerà. Dobbiamo quindi chiederci se ciò che si può fare con il denaro non possa essere fatto senza di esso; e, supponendo che sia possibile, dobbiamo confrontare i due metodi in relazione al nostro obiettivo.
I fatti dimostrano che l’isola di Corsica, anche nel suo stato attuale di abbandono e esaurimento, è sufficiente a garantire il sostentamento dei suoi abitanti; infatti, durante trentasei anni di guerra, durante i quali hanno utilizzato più le armi che gli strumenti agricoli, non è stata introdotta sull’isola nemmeno una singola nave carica di merci alimentari o di altri beni necessari alla vita quotidiana. L’isola possiede infatti tutto ciò che serve, oltre ai cibi, per mantenere i suoi abitanti in uno stato di prosperità senza dover ricorrere a importazioni esterne: lana per le stoffe, canapa e lino per tessuti e corde, pelli per le scarpe, legname da costruzione per la nautica, ferro per le fucine, rame per utensili e moneta. Disponde anche di sale in abbondanza; anzi, ne otterrà ancora di più ripristinando le saline di Alleria, che i Genovesi avevano messo in condizioni di rovina con grandi sforzi e spese, ma che comunque continuavano a produrre sale nonostante tutto. I Corsici, se lo desiderassero, potrebbero commerciare all’esterno attraverso scambi, a meno che non acquistassero merci superflue; in tal caso, nemmeno l’argento sarebbe necessario per il loro commercio, poiché è l’unica merce che dovrebbero cercare altrove. Da ciò si deduce che, nei rapporti tra nazioni, la Corsica non ha alcun bisogno di argento.
All’interno, l’isola è abbastanza grande e divisa da montagne; i suoi numerosi fiumi sono poco navigabili; le sue varie regioni non comunicano naturalmente tra loro; tuttavia, la diversità delle loro risorse le rende interdipendenti, poiché ciascuna ha bisogno delle altre. La provincia di Capo Corso, che produce quasi esclusivamente vino, ha bisogno di grano e olio, forniti dalla regione della Balagna. Corte, situata in alta quota, produce cereali ma manca di tutto il resto; Bonifazio, invece, situato nelle zone paludose all’altra estremità dell’isola, ha bisogno di tutto senza poter fornire nulla. Pertanto, per garantire una popolazione equilibrata, è necessario un flusso regolare di merci, una facile comunicazione tra le diverse regioni e, di conseguenza, uno sviluppo del commercio interno.
Ma a questo proposito voglio dire due cose: prima di tutto, che con il sostegno del Governo questo commercio può avvenire in gran parte attraverso scambi; in secondo luogo, che sempre con lo stesso sostegno e come conseguenza naturale della nostra organizzazione attuale, questo commercio e questi scambi dovranno diminuire giorno dopo giorno, fino a ridursi infine a ben poco.
Si sa che, nello stato di esaurimento in cui i Genovesi avevano ridotto la Corsica, l’oro e la moneta, essendo costantemente usciti dall’isola senza mai tornarvi, divennero così rari da non essere più conosciuti in alcuni distretti dell’isola; in quei luoghi, le vendite e gli acquisti avvenivano esclusivamente attraverso scambi diretti.
I Corsi, nelle loro memorie, hanno menzionato questo fatto tra i loro lamenti; avevano ragione, poiché, essendo l’oro necessario per pagare le tasse, questi poveri uomini, che non ne possedevano più, una volta arrestati e portati via dalle loro case, si trovavano privati degli oggetti più indispensabili: mobili, abiti, stracci. Oggetti che dovevano trasportare da un luogo all’altro, e la cui vendita non rendeva nemmeno un decimo del loro valore; di conseguenza, a causa della mancanza di denaro, dovevano pagare l’imposta dieci volte tanto.
Ma poiché, nel nostro sistema, non sarà più necessario pagare in contanti, la mancanza di denaro, essendo un segno non di povertà, non contribuirà ad aumentarla; gli scambi potranno quindi avvenire in natura e senza valori intermedi, e si potrà vivere nell’abbondanza senza mai dover toccare un soldo.
Vedo che, sotto i governatori genovesi, i quali in mille modi ostacolavano e impedivano lo scambio delle merci da una provincia all’altra, le comunità locali creavano magazzini di grano, vino e olio per attendere il momento più favorevole e opportuno per effettuare tali scambi. Questi magazzini costituivano inoltre un pretesto per i funzionari genovesi per instaurare mille odiosi monopoli. Poiché l’idea stessa di questi magazzini non era nuova, ne risultava tanto più facile la loro attuazione; inoltre, avrebbero fornito ai commercianti e al popolo un mezzo comodo e semplice per gli scambi, senza i rischi legati agli svantaggi che rendevano tali pratiche onerose per le persone comuni.
Même sans avoir recours à des magasins ou entrepôts réels, on pourrait établir dans chaque paroisse ou chef-lieu un registre public en partie double, où les particuliers feraient inscrire chaque année, d’un côté l’espèce et la quantité des denrées qu’ils ont de trop, et de l’autre celles qui leur manquent. De la balance et comparaison de ces registres, faites de province à province, on pourrait tellement régler le prix des denrées et la mesure des traites, que chaque piève ferait la consommation de son superflu et l’acquisition de son nécessaire, sans qu’il y eût ni défaut ni excédant dans la quantité, et presque aussi commodément que si la récolte se mesurait sur ses besoins.
Ces opérations peuvent se faire avec la plus grande justesse et sans monnaie réelle : soit par la voie d’échanges, ou à l’aide d’une simple monnaie idéale qui servirait de terme de comparaison, telle, par exemple, que sont les pistoles en France ; soit en prenant pour monnaie quelque bien réel qui se nombre, comme était le bœuf chez les Grecs et la brebis chez les Romains, et qu’on fixe dans sa valeur moyenne. Car alors un bœuf peut valoir plus ou moins d’un bœuf, et une brebis plus ou moins d’une brebis : différence qui rend la monnaie idéale préférable, parce qu’elle est toujours exacte, n’étant prise que pour nombre abstrait.
Tant qu’on s’en tiendra là, les traites se maintiendront en équilibre ; et les échanges, se réglant uniquement sur l’abondance ou la rareté relative des denrées, et sur la plus ou moins grande facilité des transports, resteront toujours et partout en rapports compensés ; et toutes les productions de l’île, également dispersées, y prendront d’elles-mêmes le niveau de la population. J’ajoute que l’administration publique pourra sans inconvénients présider à ces traites, à ces échanges, en tenir la balance, en régler la mesure, en faire la distribution ; parce que, tant qu’ils se feront en nature, les officiers publics n’en pourront abuser et n’en auront pas même la tentation. Au lieu que la conversion des denrées en argent ouvre la porte à toutes les exactions, à tous les monopoles, à toutes les friponneries ordinaires aux gens en place en pareil cas.
On doit s’attendre à beaucoup d’embarras en commençant ; mais ces embarras sont inévitables dans tout établissement qui commence et qui contrarie un usage établi. J’ajoute que cette régie, une fois établie, acquerra chaque année une nouvelle facilité non seulement par la pratique et l’expérience, mais par la diminution successive des traites qui doit nécessairement en résulter, jusqu’à ce qu’elles se réduisent d’elles-mêmes à la plus petite quantité possible : ce qui est le but final que l’on doit se proposer.
Il faut que tout le monde vive et que personne ne s’enrichisse : c’est là le principe fondamental de la prospérité de la nation ; et la police que je propose va, pour sa partie, à ce but aussi directement qu’il est possible. Les denrées superflues, n’étant point un objet de commerce et ne se débitant point en argent, ne seront cultivées qu’en proportion du besoin qu’on aura du nécessaire ; et quiconque pourra se procurer immédiatement celles qui lui manquent sera sans intérêt d’en avoir de trop.
Sitôt que les produits de la terre ne seront point marchandise, leur culture se proportionnera peu à peu dans chaque province, et même dans chaque héritage, au besoin général de la province et au besoin particulier des cultivateurs. Chacun s’efforcera d’avoir en nature, et par sa propre culture, toutes ces ; choses qui lui sont nécessaires, plutôt que par des échanges, qui seront toujours moins sûrs et moins commodes, à quelque point qu’ils soient facilités.
C’est un avantage, sans contredit, de donner à chaque terrain ce qu’il est le plus propre à produire ; par cette disposition, l’on tire d’un pays plus, et plus aisément, que par aucune autre. Mais cette considération, tout importante qu’elle est, n’est que secondaire. Il vaut mieux que la terre produise un peu moins, et que les habitants soient mieux ordonnés. D’après tous les mouvements de trafic et d’échanges, il est impossible que les vices destructeurs ne se glissent pas dans une nation. Le défaut de quelques convenances dans le choix du terrain peut se compenser par le travail ; et il vaut mieux mal employer les champs que les hommes. Du reste, tout cultivateur peut et doit faire ce choix dans ses terres, et chaque paroisse ou communauté dans ses biens communaux, comme il se dit ci-après.
On craindra, je le sens, que cette économie ne produise un effet contraire à celui que j’en attends ; qu’au lieu d’exciter la culture elle ne la décourage ; que les colons, n’ayant aucun débit de leurs denrées, ne négligent leurs travaux, qu’ils ne se bornent à leur subsistance, et que, sans chercher l’abondance et contents de recueillir pour eux l’absolu nécessaire, ils ne laissent au surplus leurs terres en friche. On paraîtra même fondé sur l’expérience du Gouvernement génois, sous lequel la défense d’exporter les denrées hors de l’île avait exactement produit cet effet.
Mais il faut considérer que sous cette administration l’argent, étant de première nécessité, formait l’objet immédiat du travail ; que par conséquent, tout travail qui ne pouvait en produire était nécessairement négligé ; que le cultivateur, accablé de mépris, de vexations, de misères, regardait son état comme le comble du malheur ; que, voyant qu’il n’y pouvait trouver les richesses, il en cherchait quelque autre ou tombait dans le découragement. Au lieu qu’ici toutes les bases de l’institution tendent à rendre cet état heureux dans sa médiocrité, respectable dans sa simplicité. Fournissant tous les besoins de la vie, tous les moyens de considération, tous les tributs publics, sans vente et sans trafic, il n’en laissera pas même imaginer un meilleur ou plus noble. Ceux qui le rempliront, ne voyant rien au-dessus d’eux, en feront leur gloire, et, s’en frayant une route aux plus grands emplois, ils le rempliront comme les premiers Romains. Ne pouvant sortir de cet état, on voudra s’y distinguer, on voudra le remplir mieux que d’autres : faire de plus grandes récoltes, fournir un plus fort contingent à l’État, mériter dans les élections les suffrages du peuple. De nombreuses familles bien nourries, bien vêtues, en feront honorer les chefs ; et l’abondance réelle étant l’unique objet de luxe, chacun voudra se distinguer par ce luxe-là. Tant que le cœur humain demeurera ce qu’il est, de pareils établissements ne produiront pas la paresse.
Ce que les magistrats particuliers et les pères de famille doivent faire dans chaque juridiction, dans chaque piève, dans chaque héritage, pour n’avoir pas besoin des autres, le Gouvernement général de l’île doit le faire pour n’avoir pas besoin des peuples voisins
Un registre exact des marchandises, qui sont entrées dans l’île durant un certain nombre d’années, donnera un état sûr et fidèle de celles dont elle ne peut se passer ; car ce n’est pas dans la situation présente que le luxe et le superflu y peuvent avoir lieu. Avec d’attentives observations, tant sur ce que l’île produit que sur ce qu’elle peut produire, on trouvera que le nécessaire étranger se réduit à très peu de chose : et c’est ce qui se confirme parfaitement par les faits ; puisque dans les années 1735 et 1736 que l’île, bloquée par la marine génoise, n’avait aucune communication avec la terre ferme, non seulement rien n’y manqua pour les comestibles, mais les besoins d’aucune espèce n’y furent insupportables. Ceux qui s’y firent sentir le plus furent les munitions de guerre, les cuirs, les cotons pour les mèches ; encore suppléa-t-on à ce dernier par la moelle de certains roseaux.
De ce petit nombre d’importations nécessaires, il faut retrancher encore tout ce que l’île ne fournit pas maintenant, mais qu’elle peut fournir, mieux cultivée et vivifiée par l’industrie. Plus on doit écarter avec soin les arts oiseux, les arts d’agrément et de mollesse, plus on doit favoriser ceux qui sont utiles à l’agriculture et avantageux à la vie humaine. Il ne nous faut ni sculpteurs, ni orfèvres, mais il nous faut des charpentiers et des forgerons ; il nous faut des tisserands, de bons ouvriers en laine, et non pas des brodeurs ni des tireurs d’or.
On commencera par s’assurer des matières premières les plus nécessaires : savoir, le bois, le fer, la laine, le cuir, le chanvre et le lin. L’île abondait en bois tant pour la construction que pour le chauffage ; mais il ne faut pas se fier à cette abondance et abandonner l’usage et la coupe des forêts à la seule discrétion des propriétaires. À mesure que la population de l’île augmentera et que les défrichements se multiplieront, il se fera dans les bois un dégât rapide qui ne pourra se réparer que très lentement.
Even without relying on actual stores or warehouses, it would be possible to establish a public register, double-entry in nature, in every parish or town. Individuals could record each year, on one side, the type and quantity of goods they had in excess, and on the other, those they lacked. By comparing these registers from province to province, it would be feasible to regulate prices and determine trade quotas in such a way that each community would consume only what was surplus and acquire only what was necessary, ensuring neither shortages nor overages in supply—almost as efficiently as if the harvest were always tailored precisely to people’s needs.
These operations can be carried out with the greatest accuracy and without the use of real money: either through exchanges, or by employing a simple ideal currency that serves as a unit of comparison—such as pistols in France, for example; or by using some tangible good that can be quantified, like cattle among the Greeks and sheep among the Romans, and establishing its average value. For in this case, one cow may be worth more or less than another cow, and one sheep more or less than another sheep—a difference that makes the ideal currency preferable, since it is always exact, being based solely on an abstract unit of measurement.
So long as we stick to this approach, the treaties will remain in balance; and exchanges, being determined solely by the relative abundance or scarcity of goods and by the ease or difficulty of transportation, will always be in a state of mutual compensation everywhere. Moreover, all the products of the island, being evenly distributed, will naturally reach a level that is appropriate to the population. I add that public administration can oversee these treaties and exchanges without any inconvenience, maintaining balance, regulating quantities, and ensuring distribution; because as long as these transactions are conducted in kind, public officials will have neither the opportunity nor the temptation to abuse them. Unlike when goods are converted into money, such practices would open the door to all kinds of exactions, monopolies, and fraudulent dealings that those in power often resort to under such circumstances.
One must expect many difficulties at the beginning; but such difficulties are inevitable in any new establishment that challenges established practices. I add that once this system is put into place, it will become increasingly easier every year, not only through practice and experience, but also because the number of contracts required will gradually decrease, until they are reduced to the smallest possible amount—which is ultimately the goal we should strive for.
It is necessary that everyone live, and that no one become wealthy: this is the fundamental principle upon which a nation’s prosperity rests; and the police system I propose will serve this goal in as direct a manner as possible. Superfluous goods, since they are not objects of commerce and cannot be exchanged for money, will only be produced in proportion to the need for necessities; and anyone who can immediately obtain what they lack will have no incentive to possess more than they need.
As soon as the products of the earth are no longer considered mere commodities, their cultivation will gradually become proportional, in each province and even in each individual household, to the general needs of the province and the specific requirements of the farmers. Everyone will strive to obtain, through their own efforts and cultivation, all those things that are necessary for them, rather than relying on exchanges—which will always be less reliable and less convenient, no matter how much they may be facilitated.
It is undoubtedly an advantage to give each piece of land what it is best suited to produce; by this arrangement, a country can gain more—and more easily—than through any other method. However, as important as this consideration may be, it is secondary in importance. It is better for the land to produce less, so long as the inhabitants are better organized. Given all the movements of trade and exchange, it is inevitable that destructive vices will infiltrate a nation. The lack of certain considerations in the selection of land can be compensated for through hard work; and it is far preferable to misuse the fields than to waste human resources. After all, every farmer can and should make such choices regarding his own lands, just as each parish or community should do so with its common properties, as will be discussed further below.
I fear that this economy may produce the opposite effect of what I expect; that instead of promoting culture, it might discourage it; that the colonists, having no need to sell their goods, might neglect their work and limit themselves merely to meeting their basic needs. They would be content with obtaining exactly what is necessary for survival, without striving for abundance, and as a result, they might leave their lands fallow. Indeed, the experience of the Genoese Government seems to support this concern—under its rule, efforts to prevent the export of goods from the island precisely led to such outcomes.
But it must be considered that under such administration, money, being a matter of primary necessity, was the immediate object of all labor; consequently, any work that could not produce money was necessarily neglected. The farmer, overwhelmed by contempt, humiliation, and poverty, regarded his condition as the ultimate embodiment of misfortune. Seeing no possibility of acquiring wealth in this way, he sought other means or fell into despair. Here, however, all the foundations of this system are designed to make such a state happy within its limitations and respectable in its simplicity—providing for all basic needs, offering means of respectability, and requiring only public duties without any opportunity for commerce or trade. It leaves no room for imagining anything better or nobler. Those who occupy this position, seeing nothing above themselves, will take pride in it and, by striving for the highest offices, fulfill their duties just like the earliest Romans did. Since there is no way to escape this state, people will seek to distinguish themselves within it, to perform their duties better than others—to harvest more, to contribute more to the state, to win the support of the people in elections. Many well-fed and well-clothed families will honor those who hold these positions; and since genuine abundance is the only form of luxury allowed, everyone will strive to distinguish themselves through such luxuries. As long as the human heart remains what it is, such institutions will not give rise to laziness.
What individual magistrates and heads of families must do in each jurisdiction, in each parish, in each inheritance, in order to have no need for others to assist them—this is what the General Government of the island must also do, in order to have no need for the help of neighboring peoples.
An accurate record of the goods that have entered the island over a certain number of years will provide a reliable and faithful account of those items without which it could not function; for it is certainly not under the current circumstances that luxury and excess can be tolerated there. Through careful observation, both of what the island produces and of what it is capable of producing, one will find that the necessity for imported goods is remarkably limited—a fact that is perfectly confirmed by actual events. In the years 1735 and 1736, when the island was blockaded by the Genoese navy and had no contact with the mainland, not only were there no shortages of foodstuffs, but the needs of any kind were not unbearable at all. The most pressing shortages were for military supplies, leather, and cotton for wicks; even in this regard, the need was met to some extent by using the pith from certain types of reeds.
Of this small number of necessary imports, we must also subtract everything that the island currently does not produce but could produce if it were better cultivated and enhanced by industry. The more we must carefully reject those leisurely arts, those pursuits of amusement and indulgence, the more we must promote those that are useful to agriculture and beneficial to human life. We do not need sculptors or goldsmiths; what we need are carpenters and blacksmiths, weaveresses, skilled workers in woolen textiles—not embroiderers or goldsmiths.
We must first ensure the acquisition of the most essential raw materials: knowledge, wood, iron, wool, leather, hemp, and linen. The island was abundant in timber, both for construction and for heating purposes; however, we must not rely on this abundance and allow the exploitation and deforestation to be determined solely by the whims of the landowners. As the island’s population grows and more land is cleared for cultivation, rapid damage to the forests will occur, and it will take a very long time to restore them.
Anche senza ricorrere a negozi o magazzini reali, si potrebbe istituire in ogni parrocchia o capoluogo un registro pubblico a doppio foglio, nel quale i privati registrassero ogni anno, da un lato la specie e la quantità di merci di cui dispongono in eccesso, e dall’altro quelle di cui sono sprovvisti. Attraverso il confronto di questi registri tra le varie province, si potrebbero regolare in modo efficace i prezzi delle merci e gli accordi commerciali, in modo che ogni comunità potesse consumare ciò che aveva in eccesso e acquistare ciò di cui aveva bisogno, senza che vi fossero né carenze né eccedenze nella quantità disponibile, e quasi con la stessa facilità con cui il raccolto potrebbe essere distribuito secondo i reali bisogni delle persone.
Queste operazioni possono essere svolte con la massima precisione e senza l’uso di denaro reale: sia attraverso scambi, sia utilizzando una semplice moneta ideale che funzioni da termine di confronto, come ad esempio le pistole in Francia; oppure prendendo come unità monetaria qualche bene reale che possa essere quantificato, come il bue presso i Greci o la pecora presso i Romani, e fissandone il valore medio. Infatti, un bue può valere di più o di meno rispetto a un altro bue, e una pecora allo stesso modo; questa differenza rende preferibile la moneta ideale, poiché è sempre esatta, essendo utilizzata soltanto come unità numerica astratta.
Finché ci si limiterà a questo, i trattati manterranno l’equilibrio; gli scambi, regolati unicamente dall’abbondanza o dalla scarsità relativa delle merci e dalla facilità o meno dei trasporti, rimarranno sempre in rapporti equilibrati, ovunque si svolgano; e tutte le produzioni dell’isola, distribuite uniformemente, raggiungeranno da sole il livello necessario per soddisfare i bisogni della popolazione. Aggiungo che l’amministrazione pubblica potrà gestire senza problemi questi trattati e questi scambi, mantenerne l’equilibrio, regolarne la misura e distribuirli equamente; perché, finché avverranno in modo naturale, gli ufficiali pubblici non potranno abusarne né ne avranno nemmeno la tentazione. Al contrario, se le merci venissero convertite in denaro, ciò aprirebbe la strada a ogni sorta di esazioni, monopoli e truffe, tipiche delle persone al potere in situazioni simili.
Si devono aspettarsi molti ostacoli all’inizio; ma tali ostacoli sono inevitabili in qualsiasi iniziativa che contravenga a usanze consolidate. Aggiungo che, una volta stabilita, questa regola acquisirà ogni anno nuove facilitazioni, non solo grazie alla pratica e all’esperienza, ma anche a causa della riduzione progressiva dei trattati necessari per la sua attuazione, fino a quando tali trattati non saranno ridotti al minimo indispensabile: questo è infatti l’obiettivo finale che ci si deve proporre.
È necessario che tutti vivano e che nessuno si arricchi: questo è il principio fondamentale della prosperità di una nazione; e la polizia che propongo, a sua volta, mira a questo scopo nel modo più diretto possibile. I beni superflui, non essendo oggetto di commercio né venduti in denaro, verranno coltivati soltanto nella misura del bisogno di ciò che è necessario; e chiunque possa procurarsi immediatamente ciò che gli manca non avrà alcun interesse ad averne in eccesso.
Non appena i prodotti della terra non saranno più considerati merci, la loro coltivazione aumenterà gradualmente in ogni provincia, e persino in ogni unità territoriale, in proporzione alle esigenze generali di quella provincia e alle necessità particolari dei contadini. Ognuno si sforzerà di ottenere, direttamente dalla natura e attraverso la propria coltivazione, tutte le cose di cui ha bisogno, piuttosto che ricorrere agli scambi, che saranno sempre meno sicuri e meno convenienti, per quanto possano essere semplificati.
È senza dubbio un vantaggio fornire a ciascun terreno ciò che è più adatto a produrre; con questa disposizione, si può ottenere di più, e più facilmente, rispetto a qualsiasi altra soluzione. Tuttavia, questa considerazione, per quanto importante sia, è solo secondaria. È preferibile che la terra produca un po’ meno, purché gli abitanti siano meglio organizzati. Secondo tutti i movimenti di commercio e scambio, è impossibile che nei paesi non si insinuino vizi distruttivi. La mancanza di alcune considerazioni nella scelta del terreno può essere compensata dal lavoro; inoltre, è meglio sfruttare male i campi piuttosto che gli uomini stessi. In ogni caso, ogni coltivatore può e deve effettuare questa scelta sui propri terreni, così come ogni parrocchia o comunità può farlo sui propri beni comunali, come verrà spiegato più avanti.
Temo che quest’economia produca un effetto contrario a quello che mi aspetto; che, invece di stimolare la cultura, la scoraggi; che i coloni, non avendo alcun bisogno di vendere le loro merci, trascurino il proprio lavoro, si limitino soltanto al necessario per sopravvivere e lascino le proprie terre incolte. Si potrebbe persino addurre l’esempio dell’esperienza del Governo genovese, sotto il quale il divieto di esportare merci dall’isola ha prodotto esattamente questo risultato.
Ma bisogna considerare che, sotto tale amministrazione, l’oro, essendo una necessità primaria, costituiva l’obiettivo immediato del lavoro; pertanto, qualsiasi attività lavorativa che non potesse produrlo veniva inevitabilmente trascurata. Il contadino, oppresso dal disprezzo, dalle umiliazioni e dalla povertà, considerava la sua condizione come il culmine della sfortuna; vedendo che in essa non era possibile trovare ricchezze, cercava altre vie per ottenerle o cadeva nel disperazione. Qui, invece, tutte le basi di questa istituzione tendono a rendere tale stato felice nella sua mediocrità e rispettabile nella sua semplicità: fornendo tutti i bisogni della vita, tutti i mezzi per guadagnare rispetto e tutti i tributi pubblici, senza vendite né commercio, non si potrebbe nemmeno immaginare nulla di migliore o più nobile. Coloro che lo eserciteranno, non vedendo nulla al di sopra di sé, ne faranno la loro gloria e, aprendosi la strada verso le più alte cariche, lo eserciteranno con lo stesso impegno dei primi Romani. Non potendo uscire da questo stato, si cercherà di distinguersi in esso, di svolgerlo meglio degli altri: ottenere raccolti più abbondanti, fornire un contributo maggiore allo Stato, meritare il voto del popolo nelle elezioni. Molte famiglie ben nutrite e ben vestite onoreranno i suoi capi; e poiché l’abbondanza è l’unico oggetto di lusso, ognuno cercherà di distinguersi attraverso tale lusso. Finché il cuore umano rimarrà ciò che è, istituzioni del genere non porteranno alla pigrizia.
Quello che i magistrati e i capifamiglia devono fare in ogni giurisdizione, in ogni distretto, in ogni contesto legato alle eredità, affinché non abbiano bisogno degli altri, il Governo generale dell’isola deve farlo allo stesso modo, affinché non abbia bisogno dei popoli vicini.
Un registro accurato delle merci che sono entrate nell’isola nel corso di diversi anni fornirà una descrizione precisa e fedele di quelle di cui essa non può fare a meno; infatti, non è nella situazione attuale che il lusso e il superfluo possono avere luogo in quell’isola. Con osservazioni attente, sia su ciò che l’isola produce sia su ciò che può produrre, si scoprirà che le merci di necessità esterne sono molto poche: e questo viene confermato perfettamente dai fatti; infatti, negli anni 1735 e 1736, quando l’isola era bloccata dalla marina genovese e non aveva alcun contatto con la terraferma, non solo non mancava nulla per i generi alimentari, ma nemmeno le necessità di alcuna specie risultavano insopportabili. Quelle che si fecero sentire maggiormente furono le munizioni da guerra, i cuoi e i cotoni per le stoppini; anche in questo caso, la mancanza venne compensata utilizzando la polpa di alcuni giunchi.
Di questo piccolo numero di importazioni necessarie, bisogna ancora detrarre tutto ciò che l’isola attualmente non fornisce, ma che potrebbe fornire se coltivata e arricchita dall’industria. Più dobbiamo evitare con cura le arti frivole, gli hobby e le pratiche di ozio, più dobbiamo favorire quelle utili all’agricoltura e vantaggiose per la vita umana. Non ci servono scultori né orafi, ma carpentieri e fabbri; ci servono tessitori, bravi lavoratori della lana, e non ricamatori né doratori.
Si inizierà con l’acquisizione delle materie prime più necessarie: conoscenza, legno, ferro, lana, cuoio, canapa e lino. L’isola era ricca di legname, sia per la costruzione che per il riscaldamento; tuttavia non si deve fidarsi di questa abbondanza e abbandonare l’utilizzo e la disboscazione delle foreste alla discrezione esclusiva dei proprietari. Man mano che la popolazione dell’isola aumenterà e le deforestazioni si moltiplicheranno, i boschi subiranno danni rapidi che potranno essere riparati solo molto lentamente.
La Suisse était jadis couverte de bois en telle abondance qu’elle en était incommodée ; mais, tant pour la multiplication des pâturages que pour l’établissement des manufactures, on les a coupés sans mesure et sans règle ; maintenant ces forêts immenses ne montrent que des rochers presque nus. Heureusement, avertis par l’exemple de la France, les Suisses ont vu le danger et y ont mis ordre autant qu’il a dépendu d’eux. Il reste à voir si leurs précautions ne sont pas trop tardives ; car, si, malgré ces précautions leurs bois diminuent journellement, il est clair qu’ils doivent enfin se détruire.
La Corse, en s’y prenant de plus loin, n’aurait pas le même danger à craindre ; il faut établir de bonne heure une exacte police sur les forêts, et en régler tellement les coupes que la production égale la consommation. Il ne faudra pas faire comme en France, où les maîtres des eaux et forêts, ayant un droit sur la coupe d’un arbre, ont intérêt de tout détruire : soin dont ils s’acquittent aussi de leur mieux. Il faut de loin prévoir l’avenir : quoiqu’il ne soit pas à propos d’établir à présent une marine, le temps viendra où cet établissement doit avoir lieu ; et alors on sentira l’avantage de n’avoir pas livré aux marines étrangères les belles forêts qui sont proches de la mer. On doit exploiter ou vendre les bois vieux et qui ne profitent plus ; mais il faut laisser sur pied tous ceux qui sont dans leur force ; ils auront dans leur temps leur emploi.
On a trouvé, dit-on, dans l’île une mine de cuivre ; cela est bon ; mais les mines de fer valent encore mieux. Il y en a sûrement dans l’île ; la situation, les montagnes, la nature du terrain, les eaux thermales qu’on trouve dans la province de Cap Corse et ailleurs, tout me fait croire qu’on trouvera beaucoup de ces mines, si l’on cherche bien et qu’on emploie à ces recherches des gens entendus. Cela supposé, l’on n’en permettra pas indifféremment l’exploitation ; mais on choisira les emplacements les plus favorables, les plus à portée des bois et des rivières pour établir des forges, et où l’on pourra ouvrir les routes les plus commodes pour le transport.
On aura les mêmes attentions pour les manufactures de toute espèce, chacune dans les choses qui les regardent, afin de faciliter autant qu’il se peut le travail et sa distribution. L’on se gardera pourtant bien de former ces sortes d’établissements dans les quartiers de l’île les plus peuplés et les plus fertiles. Au contraire, on choisira, toute chose égale, les terrains les plus arides, et qui, s’ils n’étaient peuplés par l’industrie, resteraient déserts. On aura par là quelque embarras de plus pour les approvisionnements nécessaires ; mais les avantages qu’on y trouvera et les inconvénients qu’on évitera doivent l’emporter infiniment sur cette considération.
D’abord nous suivons ainsi notre grand et premier principe, qui est non seulement d’étendre et multiplier la population, mais de l’égaliser dans toute l’île autant qu’il est possible. Car, si les endroits stériles n’étaient pas peuplés par l’industrie, ils resteraient déserts ; et ce serait autant de perdu pour l’agrandissement possible de la nation.
Si l’on formait de pareils établissements dans les lieux fertiles, l’abondance des vivres et le profit du travail, nécessairement plus grand dans les arts que dans l’agriculture, détournant les cultivateurs ou leurs familles des soins rustiques et dépeuplant insensiblement la campagne, forceraient d’attirer de loin de nouveaux colons pour la cultiver. Ainsi, surchargeant d’habitants quelques points du territoire, nous en dépeuplerions d’autres, et, rompant ainsi l’équilibre, nous irions directement contre l’esprit de notre institution.
Le transport des denrées, les rendant plus coûteuses dans les fabriques, diminuera par là le profit des ouvriers, et, tenant leur état plus rapproché de celui du cultivateur, maintiendra mieux entre eux l’équilibre. Cet équilibre ne peut cependant être tel que l’avantage ne soit toujours pour l’industrie : soit parce que l’argent qui est dans l’État s’y porte en plus grande abondance ; soit par les moyens de fortune par qui la puissance et l’inégalité font leur jeu ; soit par la plus grande force qu’ont plus d’hommes rassemblés et que les ambitieux savent réunir à leur avantage. Il importe donc que cette partie trop favorisée demeure dans la dépendance du reste de la nation pour sa subsistance ; en cas de divisions intestines, il est dans la nature de notre institution que ce soit le colon qui fasse la loi à l’ouvrier.
Avec ces précautions, on peut sans danger favoriser dans l’île l’établissement des arts utiles ; et je doute si ces établissements, bien conduits, ne peuvent pas garantir à tous le nécessaire, sans avoir besoin de rien tirer du dehors, si ce n’est quelques bagatelles pour lesquelles on permettra une exportation proportionnelle, toujours balancée avec soin par l’administration.
J’ai montré jusqu’ici comment le peuple corse pouvait subsister dans l’aisance et l’indépendance avec très peu de trafic ; comment, de ce peu qui lui sera nécessaire, la plus grande partie se peut faire aisément par des échanges ; et comment il peut réduire presque à rien les nécessités des importations du dehors de l’île. On voit par là que, si l’usage de l’argent et de la monnaie ne peut être absolument anéanti dans les affaires des particuliers, il se peut réduire au moins à si peu de chose qu’il en naîtra difficilement des abus ; qu’il ne se fera point de fortunes par cette voie ; et que, quand il s’en pourrait faire, elles deviendraient presque inutiles et donneraient peu d’avantage à leurs possesseurs.
Mais les finances publiques, comment les gouvernerons-nous ? Quels revenus assignerons-nous à l’administration ? L’établirons nous gratuite ? Comment réglerons-nous son entretien ? C’est ce qu’il faut maintenant considérer.
Les systèmes de finances sont des inventions modernes : ce mot de finance n’était pas plus connu des anciens que ceux de taille et de capitation. Le mot vectîgal se prenait dans un autre sens, comme il sera dit ci-après. Le souverain mettait des impositions sur les peuples conquis ou vaincus, jamais sur les sujets immédiats, surtout dans les Républiques. Bien loin que le peuple d’Athènes fût chargé d’impôt, le Gouvernement le payait au contraire et Rome, à qui ses guerres devaient tant coûter, faisait souvent des distributions de blé, et même de terres, au peuple. L’État subsistait cependant et entretenait de grandes armées sur mer et sur terre, et faisait des ouvrages publics considérables et d’aussi grandes dépenses, tout au moins, qu’en font proportionnellement les États modernes. Comment cela se faisait-il ?
Il faut distinguer dans les États deux époques, leur commencement et leur accroissement. Dans le commencement d’un État, il n’avait d’autre revenu que le domaine public, et ce domaine était considérable. Romulus le fit du tiers de toutes les terres ; il assigna le second tiers pour l’entretien des prêtres et des choses sacrées ; le troisième tiers seulement fut partagé entre les citoyens. C’était peu, mais ce peu était franc. Croit-on que le laboureur français ne se réduirait pas volontiers au tiers de ce qu’il cultive, à condition d’avoir ce tiers franc de toute taille, de toute corvée, de toute dîme, et de ne payer aucune espèce d’impôt ?
Ainsi le revenu public ne se tirait point en argent, mais en denrées et autres productions. La dépense était de même nature que la recette. On ne payait ni les magistrats, ni les troupes ; on les nourrissait, on leur fournissait des habits ; et, dans les besoins pressants, les charges extraordinaires du peuple étaient en corvées et point en argent. Ses pénibles travaux publics ne coûtaient presque rien à l’État : c’était l’ouvrage de ces redoutables légions qui travaillaient comme elles se battaient, et qui n’étaient pas composées de canaille, mais de citoyens.
Quand les Romains commencèrent à s’agrandir et devinrent conquérants, ils prirent sur les peuples vaincus l’entretien de leurs troupes ; quand ils les payèrent, les sujets furent imposés, jamais les Romains. Dans les dangers pressants, le Sénat se cotisait ; il faisait des emprunts qu’il rendait fidèlement ; et, durant toute la durée de la République, je ne sache pas que jamais le peuple romain ait payé d’imposition pécuniaire, ni par tête ni sur les terres.
Corses, voilà un beau modèle ! Ne vous étonnez pas qu’il y eût plus de vertus chez les Romains qu’ailleurs ; l’argent y était moins nécessaire ; l’État avait de petits revenus et faisait de grandes choses. Son trésor était dans les bras des citoyens. Je pourrais dire que, par la situation de la Corse et par la forme de son Gouvernement, il n’y en aura point au monde de moins dispendieux ; puisque, étant une île et une République, elle n’aura nul besoin de troupes réglées, et que les chefs de l’État, rentrant tous dans l’égalité, ne pourront rien tirer de la masse commune qui n’y retourne en très peu de temps.
Switzerland was once covered with forests in such abundance that it was actually hindered by them; but in order to increase the amount of pastureland and to develop manufacturing industries, these forests were cut down without any restraint or measure. Now, these vast forests consist mostly of almost bare rocks. Fortunately, having learned from France’s example, the Swiss recognized the danger and took steps to address it to the best of their ability. It remains to be seen whether their precautions are not too late; for if, despite these efforts, their forests continue to decline day by day, it is clear that they will eventually be destroyed.
If more careful measures were taken, Corsica would not face the same dangers. It is essential to establish strict regulations for forest management at an early stage and to regulate logging in such a way that production equals consumption. We must not follow the example of France, where those in charge of water and forests, having a right to harvest trees, have an incentive to destroy everything; they go all out to do so as well. We must think ahead: although it is not appropriate to establish a navy at present, the time will come when this is necessary, and then we will realize the advantage of not having surrendered our beautiful coastal forests to foreign navies. Old trees that are no longer useful should be exploited or sold, but all those that are still in good condition must be preserved; they will have their role to play in due course.
It is said that a copper mine was found on the island; that is certainly useful, but iron mines are even more valuable. There must surely be iron mines on the island; the terrain, the mountains, the nature of the land, and the hot springs found in the province of Cap Corse and elsewhere all lead me to believe that many such mines can be discovered if we search thoroughly and employ competent people for these efforts. Assuming this is the case, their exploitation will not be allowed indiscriminately; instead, the most favorable locations will be chosen—those closest to forests and rivers where it is possible to establish ironworks and build roads that facilitate transportation.
The same care shall be taken for manufacturing establishments of all kinds, each in accordance with its specific requirements, in order to facilitate work as much as possible and its distribution. Nevertheless, it will be strictly avoided to establish such facilities in the most densely populated and fertile areas of the island. On the contrary, whenever conditions are equal, the driest lands will be chosen—lands that, if not for industrial activity, would remain uninhabited. This may lead to additional difficulties in obtaining necessary supplies; however, the benefits that can be derived and the disadvantages that can be avoided far outweigh such concerns.
First and foremost, we follow our fundamental principle, which is not only to expand and increase the population but also to equalize it throughout the island as much as possible. For if the barren areas were not populated through industrial efforts, they would remain uninhabited; and that would represent a significant loss in terms of the potential expansion of our nation.
If such establishments were established in fertile areas, the abundance of food and the greater profits that could be obtained from crafts than from agriculture would inevitably lead farmers or their families to abandon rural pursuits, gradually depopulating the countryside. This would force us to bring in new settlers from distant places to cultivate these lands. By overpopulating certain regions while depopulating others, we would disrupt the natural balance, thereby going directly against the very purpose of our system.
The transportation of goods, which makes them more expensive in the factories, will thereby reduce the profits of the workers. Since their condition is closer to that of farmers, this will help maintain a balance among them. However, such a balance can only be maintained if industry always gains at the expense of the other sectors: either because more money flows into industry; or through means of wealth that give rise to power and inequality; or due to the greater strength that arises from large groups of people, which ambitious individuals know how to harness to their own advantage. It is therefore essential that this overly favored sector remain dependent on the rest of the nation for its survival. In the event of internal divisions, it is inherent in our system that it be the employer who dictates the terms for the worker.
With these precautions, it is safe to promote the establishment of useful arts on the island; and I doubt whether such establishments, if properly managed, cannot provide everyone with what they need, without having to import anything from outside—except for some minor items for which export will be permitted in proportion, always carefully balanced by the authorities.
I have shown thus far how the Corsican people can live in comfort and independence with very little trade; how, of what is necessary for them, the greater part can be easily obtained through exchanges; and how they can reduce the necessity for imports from outside the island to almost nothing. It follows that, although the use of money and currency cannot be completely eliminated in the affairs of individuals, it can at least be reduced to such a minimal extent that abuses would be unlikely to arise; no fortunes could be made in this way; and even if some were possible, they would be nearly useless and bring little advantage to their possessors.
But how will we govern public finances? What revenues will we allocate to the administration? Will we make it free of charge? How will we cover its maintenance costs? These are the issues we need to consider now.
Financial systems are modern inventions: the term “finance” was no more familiar to the ancients than terms like “size” or “capitalization.” The word “vectîgal” was used in a different context, as will be explained below. Sovereigns imposed taxes on conquered or defeated peoples, but never on their direct subjects, especially in republics. Far from being burdened with taxes, the people of Athens were actually paid by the government; Rome, despite the enormous costs incurred by its wars, often distributed grain—even land—to its citizens. Nevertheless, the state continued to exist and maintained large armies at sea and on land, undertaking massive public projects and incurring expenditures at least comparable to those of modern states. How was this possible?
In the formation of a state, two distinct periods can be distinguished: its inception and its subsequent growth. In the early stages of a state, its only source of revenue came from public lands, and these lands were considerable in extent. Romulus allocated one-third of all the territory for this purpose; he set aside another third for the support of priests and sacred institutions; it was only the remaining third that was distributed among the citizens. This may have seemed little, but at least that portion was free from any obligations or taxes. Would a French farmer not willingly accept only one-third of the land he cultivated, as long as that one-third were entirely free from all corvée, tithes, and other forms of taxation?
Thus, public revenue was not collected in the form of money, but in the form of goods and other products. Expenditures were of the same nature as revenues. Neither judges nor troops were paid; instead, they were provided with food and clothing. In times of urgent need, extraordinary burdens on the people were met through forced labor rather than monetary payments. The hard work required of them for public purposes cost the state almost nothing—these were the efforts of formidable legions who worked just as fiercely as they fought, and who were not composed of ruffians, but of citizens.
When the Romans began to expand and become conquerors, they made it the defeated peoples who were responsible for maintaining their troops; when they paid these troops, it was the conquered peoples who bore the cost, never the Romans themselves. In times of urgent danger, the Senate would raise funds through contributions; it would take on loans and repay them faithfully. And throughout the entire duration of the Republic, as far as I know, the Roman people never once had to pay any direct financial taxes, either in the form of personal levies or on land ownership.
Corsica—what a fine model it is! Do not be surprised that the Romans possessed more virtues than other peoples; money was less necessary there; the state had modest revenues yet accomplished great things. Its wealth lay in the arms of its citizens. I would say that, given Corsica’s location and the structure of its government, there will never be another place in the world that is less wasteful. Since it is both an island and a republic, it will have no need for regular troops at all; moreover, since all the leaders of the state are equal, they cannot extract anything from the common populace without immediately returning it to them in short order.
In passato, la Svizzera era coperta da foreste in tale abbondanza da ne risentire negativamente; tuttavia, sia per aumentare le aree di pascolo che per sviluppare l’industria, queste foreste sono state tagliate senza misura né regole. Oggi, queste immense distese boschive mostrano soltanto rocce quasi nude. Fortunatamente, gli svizzeri, avvertiti dall’esempio della Francia, hanno riconosciuto il pericolo e hanno preso misure per porvi rimedio, nella misura in cui era possibile farlo. Resta da vedere se queste precauzioni non siano arrivate troppo tardi; infatti, se nonostante tali provvedimenti le loro foreste continuano a diminuire giorno dopo giorno, è evidente che alla fine finiranno per distruggersi completamente.
La Corsica, se si agisse con maggiore lungimiranza, non dovrebbe affrontare lo stesso pericolo; è necessario istituire fin da ora un controllo rigoroso sulle foreste e regolare le loro tagli in modo che la produzione sia pari al consumo. Non bisogna seguire l’esempio della Francia, dove i responsabili delle risorse idriche e forestali, avendo il diritto di tagliare gli alberi, hanno interesse a distruggerne tutto: un compito che svolgono con grande impegno. È fondamentale prevedere il futuro con anticipo: anche se non è ancora il momento di creare una marina, arriverà il momento in cui ciò sarà necessario; e allora si comprenderà l’importanza di non aver consegnato alle marine straniere le bellissime foreste situate vicino al mare. È opportuno sfruttare o vendere i legni vecchi che ormai non sono più utili; ma è necessario lasciare intatti tutti quelli ancora in buone condizioni: avranno il loro ruolo nel momento giusto.
Si dice che sull’isola sia stata trovata una miniera di rame; questo è positivo, ma le miniere di ferro sono ancora più preziose. Sicuramente ce ne sono sull’isola: la situazione geografica, le montagne, la natura del terreno, le acque termali presenti nella provincia di Capo Corso e in altri luoghi, tutto mi fa credere che si possano trovare molte di queste miniere, se si cerca con impegno e si impiegano persone competenti nelle ricerche. A condizione che ciò avvenga, non si permetterà l’esplorazione e l’sfruttamento di queste risorse in modo indiscriminato; piuttosto, si sceglieranno i luoghi più adatti, quelli più vicini ai boschi e ai fiumi per stabilire le ferriere, e si costruiranno strade il più convenienti possibili per il trasporto.
Si daranno le stesse attenzioni a tutte le tipologie di fabbriche, ognuna nel campo delle proprie attività, al fine di facilitare il più possibile il lavoro e la sua distribuzione. Tuttavia, si eviterà assolutamente di stabilire queste imprese nei quartieri dell’isola più popolosi e più fertili. Al contrario, si sceglieranno, a parità di condizioni, i terreni più aridi; quei terreni che, se non fossero occupati dall’industria, rimarrebbero deserti. Ciò potrebbe comportare qualche ulteriore difficoltà per gli approvvigionamenti necessari; tuttavia, i vantaggi che ne deriverebbero e gli svantaggi che si eviterebbero dovrebbero pesare di gran lunga di più su questa considerazione.
Innanzitutto, così facciamo rispettare il nostro più grande e fondamentale principio: non solo quello di aumentare e moltiplicare la popolazione, ma anche di renderla quanto più possibile uguale in tutta l’isola. Infatti, se i luoghi sterili non fossero popolati attraverso l’attività umana, rimarrebbero deserti; e ciò significherebbe una perdita per le possibilità di espansione della nazione.
Se si creassero istituzioni del genere nei luoghi fertili, l’abbondanza di cibo e i maggiori profitti derivanti dal lavoro – che sono inevitabilmente più elevati nelle arti che nell’agricoltura – spingerebbero gli agricoltori o le loro famiglie a abbandonare le attività rurali, causando così una progressiva diminuzione della popolazione nelle aree rurali. Ciò costringerebbe ad attirare nuovi coloni da lontano per coltivare queste terre. In questo modo, sovraccaricando alcuni punti del territorio di abitanti, ne spopoleremmo altri, rompendo così l’equilibrio e andando direttamente contro lo spirito stesso della nostra istituzione.
Il trasporto delle merci, rendendole più costose nelle fabbriche, diminuirà di conseguenza i profitti dei lavoratori; poiché la loro condizione economica sarà più simile a quella degli agricoltori, si manterrà meglio tra di loro un equilibrio. Tuttavia, questo equilibrio non può essere tale da garantire sempre un vantaggio all’industria: sia perché il denaro disponibile nello Stato vi affluisce in quantità maggiore; sia a causa dei mezzi di ricchezza che favoriscono l’egemonia e l’ineguaglianza sociale; sia per via della maggiore forza rappresentata da un numero più elevato di persone riunite, e che gli ambiziosi sanno utilizzare a proprio vantaggio. È quindi essenziale che questa parte della società, troppo favorita, rimanga in condizioni di dipendenza dal resto della nazione per quanto riguarda i mezzi di sussistenza; in caso di divisioni interne, è insito nella nostra istituzione che sia il proprietario terriero a dettare le regole al lavoratore.
Con queste precauzioni, è possibile favorire senza pericolo lo sviluppo delle arti utili sull’isola; e dubito che tali iniziative, se gestite con cura, non possano garantire a tutti ciò di cui hanno bisogno, senza la necessità di importare nulla dall’esterno, tranne alcune piccole merci per le quali si permetterà un’esportazione proporzionata, sempre attentamente bilanciata dall’amministrazione.
Finora ho dimostrato come il popolo corso possa vivere agiatamente e in modo indipendente con un traffico molto limitato; come la maggior parte di ciò di cui ha bisogno possa essere facilmente ottenuta attraverso scambi; e come possa ridurre quasi a zero le necessità derivanti dalle importazioni dall’esterno dell’isola. Da questo si evince che, se l’uso dell’oro e della moneta non può essere completamente eliminato nelle attività dei privati, almeno può essere ridotto a un livello così basso da rendere difficili eventuali abusi; che non si possono accumulare ricchezze in questo modo; e che, anche se ciò fosse possibile, tali ricchezze diventerebbero quasi inutili e porterebbero pochi vantaggi ai loro possessori.
Ma come governeremo le finanze pubbliche? Quali entrate destineremo all’amministrazione? Le renderemo gratuite? Come gestiremo il loro mantenimento? È questo che dobbiamo ora prendere in considerazione.
I sistemi finanziari sono invenzioni moderne: il termine “finanza” non era conosciuto dagli antichi tanto quanto i concetti di “dimensioni” e “capitale”. Il termine “vectîgal” veniva utilizzato in un altro senso, come verrà spiegato più avanti. Il sovrano imponeva tasse ai popoli conquistati o sconfitti, mai ai suoi sudditi diretti, soprattutto nelle Repubbliche. Lontanamente dall’idea che il popolo di Atene fosse tenuto a pagare le tasse, era invece il governo ad assumerne l’onere; Roma, per cui le sue guerre comportavano spese enormi, distribuiva spesso grano e persino terreni al popolo. Tuttavia lo Stato continuava a esistere, manteneva grandi eserciti sia in mare che sulla terra, realizzava importanti opere pubbliche e faceva spese considerevoli, almeno paragonabili a quelle degli Stati moderni. Come era possibile?
Nelle istituzioni statali si devono distinguere due periodi: il loro inizio e la loro fase di sviluppo. All’inizio della formazione di uno Stato, l’unica fonte di reddito era il territorio pubblico, e tale territorio era considerevole. Romolo ne assegnò un terzo per le esigenze dei sacerdoti e delle cose sacre; un secondo terzo fu destinato al mantenimento dello Stato stesso; solo il terzo terzo venne distribuito tra i cittadini. Era poco, ma quel poco era libero da ogni onere fiscale. Si crede davvero che un contadino francese non accetterebbe volentieri di ricevere soltanto un terzo di ciò che coltiva, a condizione che quel terzo fosse esente da qualsiasi tipo di tassa, corvée o imposta?
Pertanto, il reddito pubblico non veniva incassato in denaro, ma in merci e altre produzioni. La spesa aveva lo stesso carattere della ricchezza ottenuta. Non si pagavano né i magistrati né le truppe; si provvedeva loro cibo e abiti; e, nei casi di necessità urgente, le spese straordinarie del popolo venivano sostenute attraverso corvée e non in denaro. I loro faticosi lavori pubblici costavano quasi nulla allo Stato: erano i membri di quelle temibili legioni a compierli, lavorando proprio come combattevano, e questi non erano composti da plebaglia, ma da cittadini.
Quando i Romani iniziarono ad espandersi e divennero conquistatori, fecero ricadere sulle popolazioni sconfitte l’onere del mantenimento delle loro truppe; quando pagarono questi soldati, furono i sudditi a dover contribuire, mai i Romani stessi. Nei momenti di pericolo imminente, il Senato si adoperava per raccogliere fondi; contrattava prestiti che poi ripagava con fedeltà. E, per tutta la durata della Repubblica, non so che mai il popolo romano abbia pagato tasse in denaro, né a testa né sulle proprietà terriere.
La Corsica, ecco un bel modello da seguire! Non vi sorprenda quindi che i Romani possedessero più virtù rispetto ad altre popolazioni: l’oro era meno necessario in loro; lo Stato aveva entrate limitate, ma riusciva comunque a compiere grandi imprese. Il suo “tesoro” si trovava tra le braccia dei cittadini stessi. Potrei dire che, data la posizione geografica della Corsica e la struttura del suo governo, non esisterà al mondo nessun altro Stato altrettanto parsimonioso nelle spese: essendo un’isola e una Repubblica, non avrà alcun bisogno di truppe regolari; inoltre, poiché i capi dello Stato sono tutti uguali tra loro, non potranno trarre nulla dalla massa comune, che in breve tempo tornerà a far parte di essa.
Mais ce n’est pas ainsi que j’envisage le nerf de la force publique. Au contraire, je veux que l’on dépense beaucoup pour le service de l’État ; je ne dispute, pour dire mieux, que sur le choix des espèces. Je regarde les finances comme la graisse du Corps politique qui, s’engorgeant dans certains réseaux musculaires, surcharge le corps d’un embonpoint inutile et le rend plutôt lourd que fort. Je veux nourrir l’État d’un aliment plus salutaire qui s’unisse soi-même avec sa substance ; qui pourrait se changer en fibres, en muscles, sans engorger les vaisseaux ; qui donne de la vigueur et non de la grosseur aux membres ; et qui renforce le corps sans l’appesantir.
Loin de vouloir que l’État soit pauvre, je voudrais, au contraire qu’il eût tout, et que chacun n’eût sa part aux biens communs qu’en proportion de ses services. L’acquisition de tous les biens des Égyptiens, faite au roi par Joseph, eût été bonne, s’il n’eût fait trop ou trop peu. Mais, sans entrer dans les spéculations qui m’éloignent de mon objet, il suffit de faire entendre ici ma pensée, qui n’est pas de détruire absolument la propriété particulière, parce que cela est impossible, mais de la renfermer dans les plus étroites bornes ; de lui donner une mesure, une règle, un frein qui la contienne, la dirige, qui la subjugue et la tienne toujours subordonnée au bien public. Je veux, en un mot, que la propriété de l’État soit aussi grande, aussi forte, et celle des citoyens aussi petite, aussi faible, qu’il est possible. Voilà pourquoi j’évite de la mettre en choses dont le possesseur particulier est trop le maître : telles que la monnaie et l’argent, que l’on cache aisément à l’inspection publique.
L’établissement d’un domaine public n’est pas, j’en conviens, une chose aussi facile à faire aujourd’hui dans la Corse, déjà partagée à ses habitants, qu’elle le fut dans Rome naissante, avant que son territoire conquis appartînt encore à personne. Cependant, je sais qu’il reste dans l’île une grande quantité d’excellentes terres en friche, dont il est très facile au Gouvernement de tirer parti : soit en les aliénant pour un certain nombre d’années à ceux qui les mettront en culture ; soit en les faisant défricher par corvées, chacune dans sa communauté, Il faudrait avoir été sur les lieux pour juger de la distribution qu’on peut faire de ces terres et du parti qu’on en peut tirer ; mais je ne doute point qu’au moyen de quelques échanges et de certains arrangements peu difficiles on ne puisse, dans chaque juridiction et même dans chaque piève, se procurer des fonds communaux, qui pourront même augmenter en peu d’années par l’ordre dont il sera parlé dans la loi des successions.
Un autre moyen plus facile encore, et qui doit fournir un revenu plus net, plus sûr et beaucoup plus considérable, est de suivre un exemple que j’ai sous les yeux dans les Cantons protestants Lors de la réformation de ces Cantons, ils s’emparèrent des dîmes ecclésiastiques ; et ces dîmes, sur lesquelles ils entretiennent honnêtement leur clergé, ont fait le principal revenu de l’État. Je ne dis pas que les Corses doivent toucher aux revenus de l’Église : à Dieu ne plaise ! Mais je crois que le peuple ne sera pas fort vexé quand l’État lui demandera autant que lui demande le clergé, déjà suffisamment renté en fonds de terre. L’assiette de cette taxe sera prise sans peine et sans embarras, et presque sans frais, puisqu’on n’aura qu’à doubler la dîme ecclésiastique et à en prendre la moitié.
Je tire une troisième sorte de revenu, la plus sûre et la meilleure, des hommes mêmes : en employant leur travail, leurs bras et leurs cœurs, plutôt que leurs bourses, au service de la patrie : soit pour sa défense, dans les milices ; soit pour ses commodités, par des corvées, dans les travaux publics.
Que ce mot de corvée n’effarouche point des républicains ! Je sais qu’il est en abomination en France ; mais l’est-il en Suisse ? Les chemins s’y font aussi par corvées, et personne ne se plaint. L’apparente commodité du payement ne peut séduire que des esprits superficiels ; et c’est une maxime certaine que, moins il y a d’intermédiaires entre le besoin et le service, moins le service doit être onéreux.
Sans oser déployer tout à fait ma pensée, sans donner ici les corvées et tous les travaux personnels des citoyens pour un bien absolu, je conviendrai, si l’on veut, qu’il serait mieux que tout cela se fît en payant, si les moyens de payer n’introduisaient une infinité d’abus sans mesure et de maux plus grands, plus illimités que ceux qui peuvent résulter de cette contrainte ; surtout quand celui qui l’impose est du même état que ceux qui sont imposés.
Au reste, pour que la contribution soit répartie avec égalité, il est juste que celui, qui, n’ayant point de terres, ne peut payer la dîme sur leur produit, la paye du travail de ses bras ; ainsi les corvées doivent tomber spécialement sur l’ordre des aspirants. Mais des citoyens et des patriotes doivent les conduire au travail, et leur en donner l’exemple. Que tout ce qui se fait pour le bien public soit toujours honorable ! Que le magistrat même, occupé d’autres soins, montre que ceux-là ne sont pas au-dessous de lui, comme ces Consuls romains qui, pour donner l’exemple à leurs troupes, mettaient les premiers la main aux travaux du camp !
Quant aux amendes et confiscations, qui font dans les Républiques une quatrième sorte de recette, j’espère, au moyen du présent établissement, qu’elle sera nulle à peu près dans la nôtre ; ainsi je ne la mets pas en ligne de compte.
Tous ces revenus publics, étant en nature de choses plutôt qu’en monnaie, paraissent embarrassants dans leur recouvrement, dans leur garde et dans leur emploi ; et cela est vrai en partie. Mais il s’agit moins ici de l’administration la plus facile que de la plus saine ; et il vaut mieux qu’elle donne un peu plus d’embarras et qu’elle engendre moins d’abus. Le meilleur système économique pour la Corse et pour une République, n’est assurément pas le meilleur pour une monarchie et pour un grand État. Celui que je propose ne réussirait ni en France ni en Angleterre, et ne pourrait pas même s’y établir ; mais il a le plus grand succès dans la Suisse, où il est établi depuis des siècles, et il est le seul qu’elle eût pu supporter.
On donne à ferme les recettes dans chaque juridiction ; elles se font en nature ou en argent, au choix des contribuables ; le payement des magistrats et officiers se fait aussi, pour la plus grande partie, en blé, en vin, en fourrage, en bois. De cette manière, le recouvrement n’est ni embarrassant au public, ni onéreux aux particuliers ; mais l’inconvénient que j’y vois est qu’il y ait des hommes dont le métier est de gagner sur le prince et de vexer les sujets.
Il importe extrêmement de ne souffrir dans la République aucun financier par état : moins à cause de leurs gains malhonnêtes qu’à cause de leurs funestes exemples ; qui, trop prompts à se répandre dans la nation, détruisent tous les bons sentiments par l’estime de l’abondance illicite et de ses avantages, et couvrent de mépris et d’opprobre le désintéressement, la simplicité, les mœurs et toutes les vertus.
Gardons-nous d’augmenter le trésor pécuniaire aux dépens du trésor moral : c’est ce dernier qui nous met vraiment en possession des hommes et de toute leur puissance, au lieu que par l’autre on n’obtient que l’apparence des services ; mais on n’achète point la volonté. Il vaut mieux que l’administration du fisc soit celle d’un père de famille, et perde quelque chose, que de gagner davantage, et être celle d’un usurier.
But that is not how I envision the role of the public force. On the contrary, I want to see substantial investments made in the service of the state; rather, my disagreement arises solely regarding the choice of methods used. I regard finances as the “fat” of the political body—fat that, when accumulated in certain “muscular networks,” burdens the body with unnecessary excess weight and makes it heavier rather than stronger. What I want is for the state to be nourished with a more “healthy” substance that can be transformed into fibers and muscles without clogging blood vessels; a substance that lends vigor rather than bulk to its components, and that strengthens the body without weighing it down.
Far from wishing for the state to be poor, I would rather that it possess everything, and that each individual receive their share of the common goods in proportion to their contributions. Joseph’s acquisition of all the Egyptians’ possessions for the king would have been a good thing, had he not gone too far or not done enough. But without delving into speculations that would distract me from my main point, it is sufficient to express here my idea: it is not to abolish private property altogether, since that is impossible, but rather to confine it within the narrowest limits; to establish measures, rules, and restraints that will contain it, guide it, subdue it, and always keep it subordinate to the public good. In short, I want the state’s property to be as large and powerful as possible, while the citizens’ property to be as small and weak as possible. That is why I avoid allowing private ownership over things over which the individual owner holds too much control—such as money and currency, which can easily be hidden from public scrutiny.
The establishment of a public domain is, I admit, not so easy to accomplish today in Corsica, which is already shared among its inhabitants, as it was in the emerging city of Rome, before its conquered territories belonged to anyone. Nevertheless, I know that there are still large amounts of excellent uncultivated land on the island, and it would be very feasible for the Government to make use of it: either by granting it to those who will cultivate it for a certain number of years, or by having it cleared through forced labor, with each community contributing its share. One would need to be on the ground to assess how these lands could be distributed and what benefits they could bring; but I have no doubt that, through some exchanges and straightforward arrangements, it would be possible, in every jurisdiction and even in every small district, to acquire communal land that could increase in value within a few years, thanks to the provisions outlined in the inheritance law.
Another even easier method, one that would surely provide a clearer, more secure, and considerably larger income, is to follow an example right before our eyes in the Protestant Cantons. During the Reformation of those cantons, they seized control of the ecclesiastical tithes; and these tithes, which are used to properly support their clergy, have become the main source of revenue for the state. I am not saying that the Corsicans should take from the Church’s revenues—God forbid!—but I believe the people would not be greatly offended if the state demanded from them the same amount that the clergy already extract in the form of land taxes. The collection of this tax would proceed without difficulty or trouble, and with almost no costs at all, since all that would be necessary is to double the existing ecclesiastical tithes and take half of that amount.
I derive a third kind of income, the most secure and the best, from the very men themselves: by employing their labor, their strength, and their dedication—not their money—to serve the nation, either in its defense through military service in the militias, or in its welfare through public works projects requiring manual labor.
Let not the word “corvée” frighten any Republicans! I know it is detested in France; but is it so in Switzerland? Paths are also constructed there through corvée, and yet no one complains. The apparent convenience of such a system can only appeal to superficial minds; and it is an established principle that the fewer intermediaries there are between need and service, the less onerous that service must be.
Without daring to fully elaborate on my thoughts, without detailing here the various chores and personal tasks that citizens would have to undertake for the sake of an abstract concept of “good,” I would agree that it would be better if all this were done through payment—provided that the means of payment did not lead to countless abuses and even greater, more limitless harms than those that might result from such coercion; especially when those who impose it are in the same position as those who are forced to comply.
Furthermore, in order for the contributions to be distributed equally, it is only fair that those who, lacking any land and therefore unable to pay tithes on its produce, should pay instead through the labor of their own hands; thus, corvée duties should particularly fall upon the ranks of those seeking advancement. However, citizens and patriots must lead them in these tasks and set an example themselves. May everything done for the public good always be honorable! Even magistrates, despite being engaged in other duties, should demonstrate that such work is not beneath them—just as those Roman consuls who, to lead by example, would themselves take up the first tasks in camp construction!
As for fines and confiscations, which represent a fourth source of revenue in republics, I hope that, with the current system in place, they will be virtually non-existent in ours; therefore, I do not take them into account at all.
All these public revenues, being in the nature of goods rather than money, seem to present difficulties in their collection, preservation, and utilization; and this is indeed partly true. However, what is at issue here is less the question of whether such a system is the easiest to administer than whether it is the most sound in principle. It is better that such revenues cause a bit more trouble and lead to fewer abuses than if they did not exist at all. The best economic system for Corsica or a small republic is certainly not the best for a monarchy or a large state. The system I propose would not succeed in France or England, nor could it even be established there; yet it has achieved the greatest success in Switzerland, where it has been in place for centuries—and it is indeed the only system that Switzerland could have tolerated.
In each jurisdiction, taxes are levied in kind or in money, at the taxpayers’ discretion; the payment of judges and officials is also largely made in the form of grain, wine, fodder, or wood. In this way, the collection of taxes is neither troublesome for the public nor costly for individuals. However, the drawback I see in this system is that there are people whose job it is to profit at the expense of the sovereign and to harass the subjects.
It is of utmost importance that no financier, by virtue of their status, should suffer harm in the Republic—not so much because of their dishonest gains, but rather because of their harmful examples. Such examples, too readily spreading throughout the nation, destroy all good sentiments by fostering an appreciation for illicit wealth and its advantages, and they fill indifference, simplicity, virtue, and all other forms of goodness with contempt and disgrace.
Let us beware of increasing the material wealth at the expense of the moral wealth: it is the latter that truly enables us to possess people and all their power; whereas the former merely provides us with the appearance of their services—but it does not buy their will. It is better for the administration of public finances to be carried out by a father of family, who may lose something in the process, than by a usurer, who might gain more but would thereby betray his moral responsibilities.
Ma non è così che concepisco il nerbo della forza pubblica. Al contrario, voglio che si spenda molto per il servizio dello Stato; in altre parole, discuto soltanto sulla scelta delle risorse da utilizzare. Considero le finanze come la “grasso” del Corpo politico: se questo grasso si accumula in alcune parti del corpo, lo sovraccarica di un peso inutile, rendendolo più lento che forte. Voglio che lo Stato venga alimentato con risorse più “salutari”, capaci di integrarsi naturalmente nella sua struttura; risorse che possano trasformarsi in fibre, in muscoli, senza intasare i vasi sanguigni; risorse che donino vigore, non solo massa, ai vari organi dello Stato; e che lo rafforzino, senza appesantirlo.
Lontano dall’auspicare che lo Stato sia povero, vorrei invece che avesse tutto, e che ognuno ricevesse la propria parte dei beni comuni in proporzione ai propri servizi. L’acquisizione di tutti i beni degli Egiziani da parte di Giuseppe sarebbe stata positiva, se non fosse stata eseguita in modo eccessivo o insufficiente. Ma, senza addentrarmi in speculazioni che mi allontanerebbero dal mio obiettivo principale, basta chiarire qui il mio pensiero: non si tratta di distruggere assolutamente la proprietà privata, poiché ciò è impossibile, ma di circoscriverla entro i limiti più stretti; di darle una misura, una regola, un freno che la contenga, la guidi, la sottometta e la mantenga sempre subordinata al bene pubblico. In altre parole, voglio che la proprietà dello Stato sia il più ampia e potente possibile, mentre quella dei cittadini sia il più ridotta e debole possibile. Ecco perché evito di farla riguardare beni di cui il possessore privato abbia troppo potere: come la moneta e l’oro, che possono essere facilmente nascosti alla vista del pubblico.
L’istituzione di un dominio pubblico non è, lo ammetto, oggi in Corsica una cosa così facile da realizzare come lo fu a Roma all’inizio della sua storia, quando il suo territorio conquistato non apparteneva ancora a nessuno. Tuttavia, so che sull’isola esiste ancora una grande quantità di terreni incolti, dai quali il Governo potrebbe trarre grande beneficio: sia alienandoli per un certo numero di anni a coloro che li coltiveranno, sia facendoli disboscare attraverso lavori forzati, svolti da ciascuna comunità locale. Bisognerebbe essere stati sul posto per valutare correttamente come distribuire questi terreni e quale utilità possano apportare; ma non dubito che, con alcuni scambi e accordi non troppo complicati, sia possibile, in ogni giurisdizione e persino in ogni piccola comunità locale, procurarsi fondi comunali che, nel giro di pochi anni, potrebbero aumentare di valore grazie alle disposizioni previste dalla legge sulle successioni.
Un altro metodo ancora più semplice, e che dovrebbe garantire un reddito più netto, più sicuro e molto più considerevole, è seguire l’esempio che ho davanti ai miei occhi nei Cantoni protestanti: durante la Riforma, questi Cantoni si impossessarono delle decime ecclesiastiche; e queste decime, con cui mantengono onestamente il loro clero, costituiscono il principale reddito dello Stato. Non dico che i Corsi debbano intaccare i redditi della Chiesa: per l’amor di Dio! Ma credo che il popolo non si sentirà troppo offeso se lo Stato gli chiederà lo stesso che già richiede al clero, che è già sufficientemente arricchito attraverso i fondi terrieri. L’applicazione di questa tassa avverrà senza difficoltà e quasi senza spese, poiché basterà semplicemente raddoppiare la decima ecclesiastica e prenderne metà.
Otengo un terzo tipo di reddito, il più sicuro e il migliore: lo ottengo dagli stessi uomini. Impiego il loro lavoro, le loro braccia e i loro cuori, piuttosto che i loro denari, al servizio della patria: sia per la sua difesa, nelle milizie, sia per il suo benessere, attraverso lavori pubblici.
Che questa parola di “corvée” non spaventi i repubblicani! So che in Francia è molto disprezzata; ma lo è anche in Svizzera? Anche lì i sentieri vengono costruiti tramite corvée, e nessuno si lamenta. La presunta comodità di questo sistema può sedurre soltanto persone superficiali; ed è una verità assoluta che, meno intermediari ci sono tra il bisogno e il lavoro richiesto, meno tale lavoro deve risultare oneroso.
Senza osare esporre completamente il mio pensiero, senza descrivere qui tutte le corvée e i lavori personali che i cittadini sono costretti a svolgere in nome di un bene assoluto, concorderò comunque sul fatto che sarebbe meglio che tutto ciò avvenisse attraverso il pagamento, purché i mezzi per effettuare tale pagamento non portassero a infiniti abusi e danni ancora più grandi e senza limiti rispetto a quelli che potrebbero derivare da questa forma di costrizione; soprattutto quando colui che la impone si trova nello stesso stato sociale di coloro a cui viene imposta.
Del resto, affinché il contributo venga distribuito in modo equo, è giusto che colui che, non possedendo terre e quindi non può pagare la decima sul loro prodotto, paghi invece con il lavoro delle proprie braccia; pertanto, i lavori forzati dovrebbero ricadere soprattutto sugli aspiranti. Tuttavia, cittadini e patrioti devono guidarli nel lavoro e dare l’esempio. Che tutto ciò che viene fatto per il bene pubblico sia sempre onorevole! Che anche il magistrato, pur essendo impegnato in altre responsabilità, mostri che coloro che svolgono tali compiti non sono inferiori a lui, proprio come quei consoli romani che, per dare l’esempio alle loro truppe, erano i primi ad impiegarsi nei lavori del campo!
Per quanto riguarda le multe e le confische, che nelle Repubbliche rappresentano una quarta fonte di entrate, spero che, grazie a questo sistema attuato, tali entrate siano praticamente nulle nella nostra Repubblica; per questo motivo non le prendo in considerazione.
Tutti questi introiti pubblici, essendo di natura “cose” piuttosto che denaro, presentano difficoltà nella loro riscossione, nella loro conservazione e nell’uso; ed è vero in parte. Tuttavia, qui non si tratta tanto di trovare il sistema amministrativo più semplice, quanto quello più sano; e preferibile è che tale sistema comporti qualche inconveniente in più, ma generi meno abusi. Il miglior sistema economico per la Corsica o per una repubblica non è necessariamente il migliore per una monarchia o per uno Stato grande. Quello che propongo non avrebbe successo né in Francia né in Inghilterra, e probabilmente non potrebbe nemmeno essere adottato lì; ma ha ottenuto il maggior successo in Svizzera, dove è in vigore da secoli ed è l’unico sistema che quel paese sia stato in grado di sopportare.
In ogni giurisdizione, le tasse vengono riscosse in natura o in denaro, a scelta dei contribuenti; anche il pagamento dei magistrati e degli ufficiali avviene, nella maggior parte dei casi, in grano, vino, foraggio o legna. In questo modo, il recupero delle tasse non rappresenta un onere né per il pubblico né per i singoli individui; tuttavia, l’inconveniente risiede nel fatto che esistono persone il cui compito è proprio trarre profitto dal sovrano e causare disagi ai sudditi.
È di estrema importanza che nella Repubblica nessun finanziere venga considerato in una posizione privilegiata: non tanto a causa dei suoi guadagni illeciti, quanto piuttosto a causa degli esempi dannosi che rappresenta; tali esempi, diffondendosi rapidamente nel paese, distruggono tutti i buoni sentimenti, alimentando l’ammirazione per l’abbondanza illegale e i suoi vantaggi, e coprono di disprezzo e condanna l’indipendenza d’animo, la semplicità, le buone maniere e tutte le virtù.
Dobbiamo fare attenzione a non aumentare il tesoro pecuniario a scapito del tesoro morale: è quest’ultimo che ci permette veramente di disporre degli uomini e di tutta la loro forza; l’altro, invece, ci offre soltanto l’apparenza dei loro servizi, senza mai acquistare davvero la loro volontà. È meglio che l’amministrazione delle finanze sia quella di un padre di famiglia, anche se ciò comporta qualche perdita, piuttosto che essere quella di un usuraio, con i conseguenti svantaggi.
Laissons donc la recette en régie, dût-elle rapporter beaucoup moins. Évitons même de faire de cette régie un métier ; car ce serait presque le même inconvénient que de la mettre en ferme. Ce qui rend le plus pernicieux un système de finance est l’emploi de financier. À nul prix que ce puisse être, il ne faut point de publicain dans l’État. Au lieu de faire des recettes de la régie et des revenus publics un métier lucratif, il en faut faire, au contraire l’épreuve du mérite et de l’intégrité des jeunes citoyens ; il faut que cette régie soit, pour ainsi dire, le noviciat des emplois publics et le premier pas pour parvenir aux magistratures. Ce qui m’a suggéré cette idée est la comparaison de l’administration de l’Hôtel-Dieu de Paris, dont chacun connaît les déprédations et le brigandage, avec celle de l’Hôtel-Dieu de Lyon, qui offre un exemple d’ordre et de désintéressement qui n’a peut-être rien d’égal sur la terre, D’où vient cette différence ? Les Lyonnais, en eux-mêmes, valent-ils mieux que les Parisiens ? Non ; mais à Lyon cet office d’administration est un état de passage. Il faut commencer par le bien remplir, pour pouvoir devenir échevin et prévôt des marchands ; au lieu qu’à Paris les administrateurs sont tels par état pour leur vie ; ils s’arrangent pour tirer le meilleur parti possible d’un emploi qui n’est point pour eux une épreuve, mais un métier, une récompense, un état attaché, pour ainsi dire, à d’autres états. Il y a certaines places dont il est convenu que les revenus soient augmentés par le droit de voler les pauvres.
Et qu’on ne pense pas que ce travail demande plus d’expérience et de lumières que n’en peuvent avoir de jeunes gens ; il ne demande qu’une activité à laquelle ils sont singulièrement propres ; et comme ils sont d’ordinaire moins avares, moins durs dans l’exaction, que les gens âgés, sensibles, d’une part, aux misères du pauvre, et de l’autre, intéressés fortement à bien remplir un emploi qui leur sert d’épreuve, ils s’y conduisent précisément comme il convient à la chose.
Le receveur de chaque paroisse rendra ses comptes à la piève, celui de chaque piève à sa juridiction, et celui de chaque juridiction à la Chambre des comptes, qui sera composée d’un certain nombre de Conseillers d’État. Le trésor public consistera de cette manière, pour la plus grande partie, en denrées et autres productions réparties en petits magasins dans tout le royaume et pour quelque partie en argent, qui sera remis dans la caisse générale après avoir prélevé les menues dépenses à faire sur les lieux.
Comme les particuliers seront toujours libres de payer leur contingent en argent ou en denrées, au taux qui sera fait tous les ans dans chaque juridiction, le Gouvernement, ayant une fois calculé la meilleure proportion qui doit se trouver entre ces deux espèces de contribution, sitôt que cette proportion s’altérera, sera en état d’apercevoir sur-le-champ cette altération, d’en chercher la cause et d’y remédier.
C’est ici la clef de notre gouvernement politique ; la seule partie qui demande de l’art, des calculs, de la méditation. C’est pourquoi la Chambre des comptes, qui partout ailleurs n’est qu’un tribunal très subordonné, aura ici le centre des affaires, donnera le branle à toute l’administration, et sera composée des premières têtes de l’État.
Quand les recouvrements en denrées passeront leur mesure, et que ceux en argent n’atteindront pas à la leur, ce sera signe que l’agriculture et la population vont bien, mais que l’industrie utile se néglige ; il conviendra de la ranimer un peu, de peur que les particuliers, devenant aussi trop isolés, trop indépendants, trop sauvages, ne tiennent plus assez au Gouvernement.
Mais ce défaut de proportion, signe infaillible de prospérité, sera toujours peu à craindre et facile à remédier, Il n’en sera pas de même du défaut contraire ; lequel, sitôt qu’il se fait sentir, est déjà de la plus grande conséquence et ne peut être trop tôt corrigé. Car, quand les contribuants fourniront plus d’argent que de denrées, ce sera une marque assurée qu’il y a trop d’exportation chez l’étranger ; que le commerce devient trop facile ; que les arts lucratifs s’étendent dans l’île aux dépens de l’agriculture ; et conséquemment que la simplicité et toutes les vertus qui lui sont attachées commencent à dégénérer. Les abus qui produisent cette altération indiquent les remèdes qu’il y faut apporter. Mais ces remèdes demandent une grande sagesse dans la manière de les administrer, car il est ici bien plus aisé de prévenir le mal que de le détruire.
Si l’on ne fait que mettre des impôts sur les objets de luxe, fermer ses ports au commerce étranger, supprimer les manufactures, arrêter la circulation des espèces, on ne ferait que jeter le peuple dans la paresse, la misère, le découragement. On fera disparaître l’argent sans multiplier les denrées ; on ôtera la ressource de la fortune sans rétablir celle du travail. Toucher au prix des monnaies est encore une mauvaise opération dans une République : premièrement, parce que c’est alors le public qui se vole lui-même, ce qui ne signifie rien du tout ; en second lieu, parce qu’il y a entre la quantité des signes et celle des choses une proportion qui en règle toujours de même la valeur respective ; et que, quand le prince veut changer les signes, il ne fait que changer les noms, puisque alors la valeur des choses change nécessairement en même rapport. Chez les rois c’est autre chose ; et quand le prince hausse les monnaies, il en retire l’avantage réel de voler ses créanciers. Mais, pour peu que cette opération se répète, cet avantage se compense et s’efface par la perte du crédit public.
Établissez alors des lois somptuaires, mais rendez-les toujours plus sévères pour les premiers de l’État, relâchez-les pour les degrés inférieurs ; faites qu’il y ait de la vanité à être simple, et qu’un riche ne sache en quoi se faire honneur de son argent. Ce ne sont point là des spéculations impraticables : c’est ainsi que les Vénitiens n’accordent qu’à leurs nobles le droit de porter leur gros vilain drap noir de Padoue, pour que les meilleurs citadins tiennent à honneur d’avoir la même permission.
Quand il y a de la simplicité dans les mœurs, les lois agraires sont nécessaires, parce qu’alors le riche, ne pouvant placer sa richesse en autre chose, accumule ses possessions. Mais ni les lois agraires, ni aucune loi, ne peuvent jamais avoir d’effet rétroactif ; et l’on ne peut confisquer nulles terres acquises légitimement, en quelque quantité qu’elles puissent être, en vertu d’une loi postérieure qui défende d’en avoir tant. Aucune loi ne peut dépouiller aucun particulier d’aucune portion de son bien ; la Loi peut seulement l’empêcher d’en acquérir davantage. Alors, s’il enfreint la loi, il mérite châtiment ; et le surplus, illégitimement acquis, peut et doit être confisqué. Les Romains virent la nécessité des lois agraires, quand il n’était plus temps de les établir ; et, faute de la distinction que je viens de faire, ils détruisirent enfin la République par un moyen qui l’eût dû conserver. Les Gracques voulurent ôter aux patriciens leurs terres ; il eût fallu les empêcher de les acquérir. Il est bien vrai que, dans la suite, ces mêmes patriciens en acquirent encore, malgré la loi ; mais c’est que le mal était invétéré, quand elle fut portée, et qu’il n’était plus temps d’y remédier.
La crainte et l’espoir sont les deux instruments avec lesquels on gouverne les hommes ; mais, au lieu d’employer l’un et l’autre indifféremment, il faut en user selon leur nature. La crainte n’excite pas, elle retient ; et son usage dans les lois pénales n’est pas de porter à bien faire, mais d’empêcher de faire le mal. Nous ne voyons pas même que la crainte de la misère rende les fainéants laborieux. Ainsi, pour exciter parmi les hommes une véritable émulation au travail, il ne faut pas le leur montrer comme un moyen d’éviter la faim, mais comme un moyen d’aller au bienêtre. Ainsi posons cette règle générale, que nul ne doit être châtié pour s’être abstenu, mais pour avoir fait.
Let us therefore leave the management of revenues in the hands of the state, even if it yields much less. We should even avoid making this management a profession; for that would almost be as detrimental as turning it into a commercial enterprise. What makes a financial system particularly harmful is the involvement of financiers in its operation. At any cost, there must be no intermediaries or agents in the state. Instead of turning revenue collection and public income into lucrative professions, we should use them as a means to test the merit and integrity of young citizens. In this way, the management of revenues could serve as a form of apprenticeship for public service and a first step toward holding higher offices. The idea came to me when I compared the administration of the Hôtel-Dieu in Paris—whose abuses and corruption are well-known—with that of the Hôtel-Dieu in Lyon, which offers an example of order and selflessness unmatched anywhere else in the world. Where does this difference come from? Are the people of Lyon inherently better than those of Paris? No; but in Lyon, this administrative role is merely a transitional stage. One must first perform it well before being able to become an alderman or chief merchant; whereas in Paris, administrators are appointed for life, and they simply seek to maximize their profits from a position that is not meant as a test of character, but rather as a lucrative profession or reward, even a status tied to other official positions. There are indeed certain offices whose revenues are supposedly increased through the very right to exploit the poor.
And let us not think that this kind of work requires more experience and knowledge than young people possess; it merely demands an activity for which they are particularly suited. Moreover, since they are usually less greedy and less harsh in their demands than older people—who, on the one hand, are sensitive to the hardships of the poor, and on the other hand, have a strong interest in performing their duties well, as a means of testing themselves—they handle such tasks precisely in the way that is appropriate for them.
The receiver of each parish shall submit his accounts to the pieve; the receiver of each pieve shall submit his accounts to his jurisdiction; and the receiver of each jurisdiction shall submit his accounts to the Chamber of Accounts, which will be composed of a certain number of State Counsellors. In this way, the public treasury will consist, for the most part, of goods and other products distributed in small stores throughout the kingdom; and to some extent, it will also consist of money, which will be placed into the general coffers after minor expenses required at local levels have been covered.
Since individuals will always be free to pay their contribution in either money or goods, at the rate determined annually in each jurisdiction, the Government, having once calculated the optimal ratio between these two forms of contribution, will be able to immediately detect any change in this ratio, ascertain its causes, and take remedial action accordingly.
Here lies the key to our political governance; it is the sole sector that requires art, calculation, and contemplation. Hence, the Court of Accounts—where else it is merely a highly subordinate tribunal—will here become the center of all administrative affairs, driving the entire government machinery, and will be composed of the nation’s most distinguished figures.
When the subsidies in kind exceed their proper limit, and those in money fall short of what is necessary, it will be a sign that agriculture and the population are thriving, but that useful industry is being neglected. It will be necessary to revive it somewhat, for otherwise individuals, becoming too isolated, too independent, and too unrestrained, may cease to support the Government sufficiently.
However, this lack of proportion—an infallible sign of prosperity—will always be less alarming and easier to remedy. The opposite will not be true; such a deficiency, once it becomes apparent, is already of great consequence and must be corrected as soon as possible. For when taxpayers contribute more money than goods, it is certain evidence that there is excessive exportation abroad; that trade has become too facile; that lucrative industries are expanding at the expense of agriculture; and consequently, that simplicity and all the virtues associated with it are beginning to degenerate. The abuses that lead to such changes indicate what remedies must be taken. But these remedies require great wisdom in their implementation, for in this case, it is far easier to prevent the problem than to eliminate it once it has occurred.
If one were to impose taxes only on luxury goods, close one’s ports to foreign trade, abolish manufacturing, and stop the circulation of money, such measures would only plunge the people into laziness, poverty, and discouragement. They would eliminate money without increasing the supply of goods; they would deprive society of the means to acquire wealth without restoring the value of labor. Altering the value of currencies is still a misguided policy in a republic: firstly, because it amounts to the public stealing from itself—a notion that holds no real meaning; secondly, because there exists a fixed ratio between the quantity of monetary symbols and the amount of goods they represent, which always determines their relative values. When a ruler attempts to change this ratio, he is merely changing the names used to denote these values, since the actual value of goods will inevitably change in proportion accordingly. In the case of monarchies, however, things are different; when a king raises the value of his currency, he gains a real advantage by defrauding his creditors. But if such measures are repeated frequently, this advantage is quickly offset by the loss of public trust in the currency itself.
Then establish sumptuary laws, but make them increasingly strict for those at the top of society and less so for those in lower ranks; create a situation where it is considered vain to be simple, and ensure that the wealthy do not know how to honor their wealth. These are not impractical speculations—this is precisely how the Venetians grant only their nobles the right to wear that thick, ugly black cloth from Padua, so that the best citizens also strive to earn the same privilege.
When manners are simple, agricultural laws are necessary, because in such cases the wealthy, having no other means to invest their wealth, will accumulate it. However, neither agricultural laws nor any other law can ever have retroactive effect; no lands acquired legally, regardless of their quantity, can be confiscated under a subsequent law that prohibits owning such amounts. No law can deprive an individual of any portion of his property; it can only prevent him from acquiring more. Therefore, if he violates the law, he deserves punishment; and the illegally acquired surplus can and must be confiscated. The Romans realized the necessity of agricultural laws when it was already too late to establish them; and, due to the lack of the distinction I have just made, they ultimately destroyed the Republic in a way that could have preserved it. The Gracchi sought to take away the lands of the patricians; what should have been done was to prevent them from acquiring such lands in the first place. It is true that, in later times, these same patricians acquired more land despite the law; but this was because the problem had become entrenched by the time the law was enacted, and it was no longer possible to remedy it.
Fear and hope are the two tools by which men are governed; but instead of using them indiscriminately, they must be employed in accordance with their nature. Fear does not inspire action; it merely restrains it. Its use in criminal law is not to encourage good behavior, but to prevent evil. Indeed, we see that the fear of poverty does not make the lazy work hard. Therefore, if we wish to arouse a genuine spirit of emulation and diligence among people, we must present work not as a means to escape hunger, but as a path to well-being. Thus, let us establish this general rule: no one should be punished for abstaining from doing something, but only for having done it.
Lasciamo quindi che la gestione delle entrate pubbliche avvenga in modo autonomo, anche se ciò comportasse ricavi molto inferiori. Evitiamo persino di trasformare questa attività in un mestiere; altrimenti si creerebbero gli stessi inconvenienti riscontrabili nel caso in cui venisse affidata a privati. Ciò che rende particolarmente dannoso un sistema finanziario è proprio l’impiego di professionisti del settore finanziario. A nessun costo deve esserci il ruolo di intermediari nell’amministrazione dello Stato. Invece di trasformare le entrate pubbliche in una fonte di guadagno, esse dovrebbero rappresentare un’occasione per mettere alla prova il merito e l’integrità dei giovani cittadini; la gestione delle entrate pubbliche dovrebbe essere, in sostanza, il “noviziato” per gli incarichi pubblici e il primo passo verso l’accesso alle cariche ufficiali. L’idea mi è venuta facendo un confronto tra l’amministrazione dell’Hôtel-Dieu di Parigi, la cui condotta è ben nota per i suoi abusi e le sue pratiche disoneste, e quella dell’Hôtel-Dieu di Lione, che rappresenta un esempio di ordine e altruismo senza eguali al mondo. Da dove deriva questa differenza? I cittadini di Lione sono forse migliori di quelli di Parigi? No; ma a Lione questo incarico amministrativo costituisce soltanto una fase transitoria nel percorso professionale. Bisogna prima svolgerlo con impegno, per poi poter accedere ad altri ruoli pubblici; mentre a Parigi gli amministratori sono designati per tutta la vita e cercano semplicemente di trarre il massimo vantaggio da un incarico che, per loro, non rappresenta una prova, ma piuttosto una fonte di guadagno o uno status sociale. Ci sono addirittura posizioni pubbliche le cui entrate aumentano grazie al diritto di sfruttare i poveri.
E non si pensi che questo lavoro richieda più esperienza e conoscenze di quante ne possano avere dei giovani; richiede soltanto un’attività alla quale sono particolarmente adatti. Inoltre, poiché di solito sono meno avari e meno spietati nelle loro richieste rispetto agli anziani – da un lato sensibili alle miserie del povero, dall’altro fortemente interessati a svolgere al meglio un compito che rappresenta per loro una prova – si comportano esattamente come è opportuno in questa circostanza.
Il ricevitore di ogni parrocchia presenterà i suoi conti alla pieve; quello di ogni pieve li presenterà alla sua giurisdizione; e quello di ogni giurisdizione li presenterà alla Camera dei conti, composta da un certo numero di Consiglieri di Stato. In questo modo, il tesoro pubblico sarà costituito, per la maggior parte, da merci e altre produzioni distribuite in piccoli magazzini in tutto il regno; e, in parte, da denaro, che verrà versato nella cassa generale dopo aver detratto le piccole spese necessarie sul posto.
Poiché i privati saranno sempre liberi di pagare la loro quota in denaro o in beni, al tasso stabilito annualmente in ciascuna giurisdizione, il Governo, una volta calcolata la proporzione ottimale tra queste due forme di contributo, sarà in grado di rilevare immediatamente qualsiasi variazione di tale proporzione, di individuarne le cause e di intervenire per correggerla.
Ecco la chiave del nostro governo politico: l’unica parte che richiede arte, calcoli e riflessione. È per questo che la Corte dei conti, che altrove non è altro che un tribunale molto subordinato, qui diventa il centro delle attività governative, dà il via a tutta l’amministrazione ed è composta dalle più importanti autorità dello Stato.
Quando i sostentamenti in beni materiali supereranno la loro efficacia, e quelli in denaro non raggiungeranno il livello desiderato, ciò sarà segno che l’agricoltura e la popolazione stanno bene, ma che l’industria utile viene trascurata; sarà necessario ravvivarla un po’, per evitare che i privati, diventando troppo isolati, troppo indipendenti, troppo disordinati, non perdano più interesse verso il Governo.
Ma questo difetto di proporzione, segno infallibile di prosperità, sarà sempre poco da temere e facile da correggere; al contrario, non si potrà dire lo stesso per il difetto opposto: quest’ultimo, non appena si manifesta, ha già conseguenze molto gravi e deve essere corretto il prima possibile. Infatti, quando i contribuenti forniranno più denaro che merci, ciò sarà certamente un segno che vi è troppa esportazione all’estero; che il commercio diventa troppo facile; che gli arti lucrativi si diffondono sull’isola a scapito dell’agricoltura; e di conseguenza che la semplicità e tutte le virtù ad essa legate iniziano a degenerare. Gli abusi che causano questa alterazione indicano quali rimedi sia necessario adottare. Ma tali rimedi richiedono una grande saggezza nella loro applicazione, poiché in questo caso è molto più facile prevenire il male che distruggerlo.
Se si limitasse a imporre tasse sugli oggetti di lusso, a chiudere i porti al commercio estero, a eliminare le manifatture e a interrompere la circolazione delle monete, ciò significherebbe semplicemente gettare il popolo nella pigrizia, nella miseria e nel dispero. Si eliminerebbe l’oro senza aumentare la quantità di beni; si priverebbe la gente della possibilità di arricchirsi senza ripristinare quella di lavorare. Modificare i prezzi delle monete rappresenta inoltre un’operazione errata in una Repubblica: innanzitutto, perché in tal caso è il popolo stesso a “rubarsi” le proprie risorse, il che non ha alcun senso; in secondo luogo, perché esiste sempre una proporzione precisa tra la quantità dei segni monetari e quella delle merci, che ne regola costantemente il valore relativo; e poiché, quando il sovrano modifica questi segni, in realtà cambia soltanto i loro nomi, il valore delle merci ne risulta inevitabilmente alterato nello stesso modo. Nei regni, invece, la situazione è diversa: quando il monarca aumenta il valore della moneta, ottiene effettivamente un vantaggio reale, rubando ai propri creditori. Tuttavia, se questa operazione viene ripetuta troppo spesso, tale vantaggio si annulla a causa della perdita di credito pubblico.
Allora stabilite leggi sulla vita di lusso, ma rendetele sempre più severe per i primi della nazione e meno rigide per le classi inferiori; fate sì che sia considerato vanitoso essere semplici, e che un ricco non sappia in cosa onorarsi con il proprio denaro. Queste non sono speculazioni impraticabili: è così che i Veneziani concedono il diritto di indossare quel brutto drappo nero di Padova soltanto ai loro nobili, affinché anche i migliori cittadini si sentano onorati di poterlo portare anch’essi.
Quando nelle usanze regna la semplicità, le leggi agrarie diventano necessarie, poiché in tal caso il ricco, non potendo investire la propria ricchezza in altro, accumula le sue proprietà. Tuttavia, né le leggi agrarie né alcuna altra legge possono mai avere effetto retroattivo; non si può confiscare alcuna terra acquistata legalmente, per quanta ne sia la quantità, sulla base di una legge successiva che vieti di possederne una certa quantità. Nessuna legge può privare un individuo di alcuna parte del suo patrimonio; essa può soltanto impedirgli di acquistarne di più. Pertanto, se egli viola la legge, merita di essere punito; e il surplus, acquisito in modo illegittimo, può e deve essere confiscato. I Romani riconobbero la necessità delle leggi agrarie quando ormai non era più possibile stabilirle; e, a causa della mancanza della distinzione che ho appena fatto, distrussero infine la Repubblica con un mezzo che avrebbe dovuto invece preservarla. I Gracchi vollero privare i patrizi delle loro terre; sarebbe stato necessario impedire loro di acquistarle. È vero che in seguito questi stessi patrizi ne acquistarono ancora, nonostante la legge; ma ciò avvenne perché il male era ormai radicato quando tale legge fu promulgata, e non c’era più tempo per intervenire.
La paura e la speranza sono gli due strumenti con cui si governano gli uomini; ma, invece di usarli entrambi in modo indiscriminato, è necessario farlo secondo la loro natura. La paura non incita alle azioni positive, bensì le inibisce; il suo utilizzo nelle leggi penali non ha lo scopo di spingere le persone a compiere il bene, ma di impedire loro di commettere il male. Non si osserva nemmeno che la paura della povertà renda i pigri laboriosi. Pertanto, per suscitare tra gli uomini un vero spirito di emulazione nel lavoro, non bisogna presentarlo come un mezzo per evitare la fame, ma come un modo per raggiungere il benessere. Ecco quindi questa regola generale: nessuno deve essere punito per essersi astenuto dal compiere qualcosa, ma solo per averlo effettivamente fatto.
Pour éveiller donc l’activité d’une nation, il faut lui présenter de grandes espérances, de grands désirs, de grands motifs positifs d’agir. Les grands mobiles qui font agir les hommes, bien examinés, se réduisent à deux, la volupté et la vanité ; encore si vous ôtez de la première tout ce qui appartient à l’autre, vous trouverez en dernière analyse que tout se réduit à la presque seule vanité. Il est aisé de voir que tous les voluptueux de parade ne sont que vains ; leur volupté prétendue n’est qu’ostentation et consiste plus à la montrer, ou à la décrire, qu’à la goûter. Le vrai plaisir est simple et paisible, il aime le silence et le recueillement ; celui qui le goûte est tout à la chose, il ne s’amuse pas à dire : J’ai du plaisir. Or, la vanité est le fruit de l’opinion ; elle en naît et s’en nourrit. D’où, il suit que les arbitres de l’opinion d’un peuple le sont de ses actions. Il recherche les choses à proportion du prix qu’il leur donne ; lui montrer ce qu’il doit estimer, c’est lui dire ce qu’il doit faire. Ce nom de vanité n’est pas bien choisi, parce qu’elle n’est qu’une des deux branches de l’amour-propre. Il faut m’expliquer. L’opinion qui met un grand prix aux objets frivoles produit la vanité mais celle qui tombe sur des objets grands et beaux par eux-mêmes produit l’orgueil. On peut donc rendre un peuple orgueilleux ou vain, selon le choix des objets sur lesquels on dirige ses jugements.
L’orgueil est plus naturel que la vanité, puisqu’il consiste à s’estimer par des biens vraiment estimables ; au lieu que la vanité, donnant un prix à ce qui n’en a point, est l’ouvrage de préjugés lents à naître. Il faut du temps pour fasciner les yeux d’une nation. Comme il n’y a rien de plus réellement beau que l’indépendance et la puissance, tout peuple qui se forme est d’abord orgueilleux. Mais jamais peuple nouveau ne fut vain ; car la vanité, par sa nature, est individuelle ; elle ne peut être l’instrument d’une aussi grande chose que de former un Corps de nation.
Deux états contraires jettent les hommes dans l’engourdissement de la paresse : l’un est cette paix de l’âme qui fait qu’on est content de ce qu’on possède ; l’autre est une convoitise insatiable qui fait sentir l’impossibilité de la contenter. Celui qui vit sans désirs, et celui qui sait ne pouvoir obtenir ce qu’il désire, restent également dans l’inaction. Il faut, pour agir, et qu’on aspire à quelque chose et qu’on puisse espérer d’y parvenir. Tout Gouvernement qui veut jeter de l’activité parmi le peuple doit avoir pris soin de mettre à sa portée des objets capables de le tenter. Faites que le travail offre aux citoyens de grands avantages, non seulement selon votre estimation, mais selon la leur ; infailliblement vous les rendrez laborieux.[703] Entre les avantages, non seulement les plus attrayants ne sont pas toujours les richesses ; mais elles peuvent l’être moins qu’aucun autre, tant qu’elles ne servent pas de moyen pour parvenir à ceux dont on est tenté.
La voie la plus générale et la plus sûre qu’on puisse avoir pour satisfaire ses désirs, quels qu’ils puissent être, est la puissance. Ainsi, à quelque passion qu’un homme ou qu’un peuple soit enclin, s’il en a de vives, il aspire vivement à la puissance : soit comme fin, s’il est orgueilleux ou vain ; soit comme moyen, s’il est vindicatif ou voluptueux.
C’est donc dans l’économie bien entendue de la puissance civile que consiste le grand art du Gouvernement ; non seulement pour se maintenir lui-même, mais pour répandre dans tout l’État l’activité, la vie, pour rendre le peuple actif et laborieux.
La puissance civile s’exerce de deux manières : l’une légitime, par l’autorité ; l’autre abusive, par les richesses. Partout où les richesses dominent, la puissance et l’autorité sont ordinairement séparées ; parce que les moyens d’acquérir la richesse et les moyens de parvenir à l’autorité, n’étant pas les mêmes, sont rarement employés par les mêmes gens. Alors la puissance apparente est dans les mains des magistrats, et la puissance réelle dans celle des riches. Dans un tel Gouvernement tout marche au gré des passions des hommes ; rien ne tend au but de l’institution.
Il arrive alors que l’objet de la convoitise se partage : les uns aspirent à l’autorité, pour en vendre l’usage aux riches et s’enrichir eux-mêmes par ce moyen ; les autres, et le plus grand nombre, vont directement aux richesses, avec lesquelles ils sont sûrs d’avoir un jour la puissance, en achetant, soit l’autorité, soit ceux qui en sont les dépositaires.
Supposez que, dans un État ainsi constitué, les honneurs et l’autorité, d’un côté, soient héréditaires ; et que, de l’autre, les moyens d’acquérir les richesses, hors de la portée que du plus petit nombre, dépendent du crédit, de la faveur, des amis : il est impossible alors que, tandis que quelques aventuriers iront à la fortune et de là, par degrés, aux emplois, un découragement universel ne gagne pas le gros de la nation et ne la jette pas dans la langueur.
Ainsi généralement, chez toute nation riche, le Gouvernement est faible, et j’appelle également de ce nom celui qui n’agit qu’avec faiblesse, et, ce qui revient au même, celui qui a besoin de moyens violents pour se maintenir.
Je ne puis mieux éclaircir ma pensée que par l’exemple de Carthage et de Rome. La première massacrait, mettait en croix, ses généraux, ses magistrats, ses membres, et n’était qu’un Gouvernement faible que tout effrayait et ébranlait sans cesse. La seconde n’ôtait la vie à personne, ne confisquait pas même les biens ; le criminel accusé pouvait s’en aller paisiblement, et le procès finissait là. La vigueur de cet admirable Gouvernement n’avait pas besoin de cruauté ; le plus grand des malheurs était de cesser d’être un de ses membres.
FIN du PROJET DE CONSTITUTION POUR LA CORSE
Ce texte est resté inachevé.
Fragments séparés
Les peuples seront laborieux, quand le travail sera en honneur ; et il dépend toujours du gouvernement de l’y mettre. Que la considération et l’autorité soient à la portée des Citoyens, ils s’efforceront d’y atteindre ; mais s’ils les voient trop de loin ils ne feront pas un pas. Ce qui les jette dans le découragement n’est pas la grandeur du travail, c’est son inutilité.
On me demandera si c’est en labourant son champ qu’on acquiert les talents nécessaires pour gouverner.
On me demandera si c’est en labourant son champ qu’on acquiert les talents nécessaires pour gouverner. Je répondrai que oui, dans un Gouvernement simple et droit tel que le nôtre. Les grands talents sont le supplément du zèle patriotique ; ils sont nécessaires pour mener un peuple qui n’aime point son pays et n’honore point ses chefs. Mais faites que le peuple s’affectionne à la chose publique, cherche des vertus, et laissez là vos grands talents ; ils feraient plus de mal que de bien. Le meilleur mobile d’un Gouvernement est l’amour de la patrie, et cet amour se cultive avec les champs. Le bon sens suffit pour gouverner un État bien constitué ; et le bon sens s’élabore autant dans le cœur que dans la tête : les hommes que leurs passions n’aveuglent pas font toujours bien.
Les hommes sont naturellement paresseux mais l’ardeur du travail est le premier fruit d’une société bien réglée et quand un peuple retombe dans la paresse et le découragement c’est toujours par l’abus de cette même société qui ne donne plus au travail le prix qu’il en doit attendre.
Partout où l’argent règne, celui que le peuple en donne pour maintenir sa liberté est toujours l’instrument de son esclavage ; et ce qu’il paye aujourd’hui volontairement est employé à le faire payer demain par force.
C’est alors qu’il faudra employer l’excédent à l’industrie et aux arts pour attirer de l’étranger ce qui manque à un peuple si nombreux, pour sa subsistance. Alors naîtront aussi peu à peu les vices inséparables de ces établissements, et qui, corrompant par degrés la nation dans ses goûts et dans ses principes, altéreront et détruiront enfin le Gouvernement. Ce mal est inévitable ; et puisqu’il faut que toutes les choses humaines finissent, il est beau qu’après une longue et vigoureuse existence un État finisse par l’excès de la population.
Tout enfant né dans l’île sera citoyen et membre de la République, quand il aura l’âge, en suivant les statuts ; et nul ne pourra l’être que de cette manière.
Ainsi le droit de Cité ne pourra être donné à nul étranger ; sauf une seule fois en cinquante ans à un seul, s’il se présente et qu’il en soit jugé digne, ou le plus digne de ceux qui se présenteront. Sa réception sera une fête générale dans toute l’île.
In order to stimulate the activity of a nation, it is necessary to present it with great hopes, great desires, and strong positive motivations to act. Upon careful examination, the primary motives that drive people to action boil down to two: lust and vanity. Even if one were to remove from lust everything that belongs to vanity, one would ultimately find that everything boils down to vanity alone. It is easy to see that all those who seek fleeting pleasures are merely vain; their so-called pleasures are nothing but ostentation—more about showing them off or describing them than actually experiencing them. True pleasure is simple and peaceful; it cherishes silence and solitude. Those who experience it are fully engrossed in the activity itself; they do not find pleasure in saying, “I am having fun.” On the other hand, vanity is the product of opinion; it arises from opinion and feeds on it. Hence, those who shape the opinions of a people also determine its actions. People pursue things in proportion to the value they attribute to them; showing them what they ought to value is essentially telling them what they ought to do. The term “vanity” is not entirely appropriate, for vanity is merely one of the two aspects of self-love. Let me explain further: Opinions that place great value on trivial things give rise to vanity, whereas opinions that are inspired by truly great and beautiful things give rise to pride. Thus, a people can be made proud or vain, depending on the choices made in forming its judgments.
Pride is more natural than vanity, for it consists in valuing oneself according to truly worthwhile possessions; whereas vanity, which assigns value to what possesses none at all, is the product of prejudices that take time to arise. It takes time to captivate the eyes of a nation. Since nothing is truly more beautiful than independence and power, every people that begins to take shape is initially proud. But no newly formed people have ever been vain; for vanity, by its very nature, is individualistic; it cannot be the instrument of something as significant as the formation of a nation.
Two opposing states lead men into the lethargy of laziness: one is that peace of soul which makes one content with what one possesses; the other is an insatiable greed that makes one realize the impossibility of satisfying it. Those who live without desires, and those who know they cannot obtain what they desire, remain equally inactive. To take action, one must aspire to something and have hope of achieving it. Any government that wishes to stimulate activity among its people must ensure that there are objects within reach that can arouse their desires. Make work offer citizens significant benefits—not only in your judgment, but also in theirs; surely you will thereby make them diligent.[703] Among these benefits, the most attractive ones are not always wealth; indeed, wealth may be less desirable than anything else if it does not serve as a means to attain what one truly desires.
The most general and surest way to satisfy one’s desires, whatever they may be, is power. Thus, no matter what passion a man or a people may incline toward, if that passion is strong, they will eagerly seek power: either as an end in themselves, if they are proud or vain; or as a means to achieve their goals, if they are vengeful or lustful.
It is, therefore, in the economic management of civil power that lies the true essence of good governance; not only for its own survival, but also for spreading activity and vitality throughout the state, and for making the people active and industrious.
Civil power is exercised in two ways: one legitimate, through authority; the other abusive, through wealth. Wherever wealth holds dominion, power and authority are usually separated, for the means of acquiring wealth and the means of gaining authority are not the same, and thus they are rarely employed by the same people. As a result, apparent power lies in the hands of officials, while real power resides with the wealthy. In such a government, everything operates at the whim of human passions; nothing serves the purpose for which the institution was established.
It sometimes happens that the object of such desire is shared: some people aspire to gain authority in order to sell its use to the wealthy and thereby enrich themselves; others, and the majority, go straight for wealth itself, believing that by acquiring it they will one day gain power—either by buying authority itself or by obtaining those who hold it.
Suppose that, in such a constituted state, on the one hand, honors and authority be hereditary; and on the other hand, that the means of acquiring wealth—out of the reach of the vast majority—depend on credit, favor, and friends: it is then impossible for the general population not to become disheartened and sink into lethargy, while a few adventurers seek their fortune and, through gradual advancement, eventually attain high positions.
Thus, in general, in any wealthy nation, the Government is weak; I also use this term to refer to those who act only with weakness, or, in other words, those who need violent means in order to maintain their power.
I can best clarify my thoughts by citing the examples of Carthage and Rome. The former would massacre, crucify its generals, magistrates, and citizens; it was but a weak government that was constantly terrified and shaken by everything. The latter, on the other hand, never took anyone’s life or confiscated their property; an accused criminal could leave peacefully, and that was the end of the proceedings. The strength of this admirable government did not require cruelty; the greatest misfortune one could suffer there was to cease being one of its members.
End of the draft constitution for Corsica.
This text remains unfinished.
Separate fragments
People will be diligent when work is held in honor; and it always depends on the government to ensure that this is the case. If respect and authority are within the reach of citizens, they will strive to attain them; but if they perceive them as out of reach, they will not make any effort. What discourages people is not the magnitude of the work itself, but its perceived uselessness.
One may ask whether it is through tilling one’s field that one acquires the necessary talents for governing.
One may ask whether it is through tilling one’s fields that one acquires the necessary talents for governing. I would answer that yes, in a simple and just government like ours. Great talents are merely an addition to patriotic zeal; they are needed only when leading a people who does not love its country or honor its leaders. But if the people come to care for public affairs, seek virtue, then leave aside your so-called great talents—they would do more harm than good. The best motivation for a government is love for the fatherland, and such love is cultivated through hard work and diligence. Common sense alone is sufficient to govern a well-structured state; moreover, this common sense is developed both in the heart and the mind—people whose passions do not blind them always act rightly.
Men are naturally lazy, but the zeal for work is the first fruit of a well-ordered society. When a people falls back into laziness and discouragement, it is always because that very society has been abused, no longer granting work the respect and value it deserves.
Wherever money reigns, the money that the people give in order to maintain their freedom always becomes the instrument of their enslavement; and what they willingly pay today is used to make them pay forcibly tomorrow.
It is then that the surplus should be employed in industry and the arts, in order to attract from abroad what is lacking for such a large population to sustain itself. Gradually, the vices inherent in such institutions will also arise; these vices, by corrupting the nation’s tastes and principles over time, will ultimately undermine and destroy its government. This evil is inevitable; and since all human endeavors must come to an end, it is fitting that after a long and vigorous existence, a state should eventually perish due to overpopulation.
Every child born on the island shall be a citizen and a member of the Republic upon reaching the prescribed age, in accordance with these statutes; and no one else may become a citizen in this manner.
Thus, the right of citizenship shall not be granted to any foreigner; except perhaps once in fifty years, to one individual who presents himself and is deemed worthy thereof, or to the most worthy among those who apply. The granting of this right will be celebrated as a general festival throughout the entire island.
Per suscitare l’attività di una nazione, è necessario offrirle grandi speranze, grandi desideri e forti motivazioni positive per agire. I veri stimoli che spingono gli uomini ad agire, se analizzati attentamente, si riducono a due: la voluttà e l’orgoglio; tuttavia, se si elimina da quella prima tutto ciò che appartiene all’altro, si arriva alla conclusione che, in definitiva, tutto si riduce quasi esclusivamente all’orgoglio. È facile constatare che tutti coloro che cercano piaceri superficiali non sono altro che vanitosi; il loro presunto piacere non è altro che ostentazione: consiste più nel mostrarlo o descriverlo che nel goderselo veramente. Il vero piacere è semplice e sereno; ama il silenzio e la riflessione. Chi lo sperimenta è completamente immerso nell’atto stesso, senza il bisogno di dire: “Mi sto divertendo”. L’orgoglio, invece, è il frutto dell’opinione umana: ne nasce e vi si nutre. Da ciò deriva che coloro che guidano l’opinione di un popolo sono in realtà coloro che ne guidano le azioni. Le persone cercano le cose in base al valore che attribuiscono loro; mostrar loro ciò che devono considerare prezioso significa indicare loro ciò che devono fare. Il nome “orgoglio” non è del tutto appropriato, poiché l’orgoglio rappresenta soltanto una delle due componenti dell’amor proprio. Lasciate che vi spieghi meglio: un’opinione che attribuisce grande valore agli oggetti frivoli genera l’orgoglio, mentre un’opinione basata su oggetti veramente grandi e belli genera l’orgoglio. Pertanto, è possibile rendere un popolo orgoglioso o vanitoso, a seconda dei valori che si sceglie di attribuire alle cose su cui si fonda la propria valutazione.
L’orgoglio è più naturale della vanità, poiché consiste nel valutarsi in base a beni veramente preziosi; al contrario, la vanità, che attribuisce valore a ciò che non ne possiede affatto, è il risultato di pregiudizi che nascono lentamente. Occorre del tempo per “incantare” gli occhi di una nazione. Poiché non esiste nulla di veramente bello quanto l’indipendenza e il potere, ogni popolo che si forma inizia inevitabilmente con l’orgoglio. Ma nessun popolo nuovo è mai stato vanitoso; infatti, la vanità, per sua natura, è individuale e non può mai essere lo strumento di un’impresa così grande come la formazione di un corpo nazionale.
Due stati opposti portano gli uomini all’immobilità della pigrizia: uno è quella pace dell’anima che fa sì che si sia soddisfatti di ciò che si possiede; l’altro è una brama insaziabile che rende impossibile soddisfarla. Chi vive senza desideri e chi sa di non poter ottenere ciò che desidera rimane ugualmente inattivo. Per agire, è necessario aspirare a qualcosa e poter sperare di raggiungerlo. Qualsiasi governo che voglia stimolare l’attività tra il popolo deve assicurarsi che siano disponibili oggetti in grado di suscitare la sua ambizione. Fate sì che il lavoro offra ai cittadini grandi vantaggi, non solo secondo la vostra valutazione, ma anche secondo la loro; in questo modo li renderete inevitabilmente laboriosi.[703] Tra i vantaggi, non sono sempre le ricchezze quelle più attraenti; anzi, possono essere meno desiderabili di qualsiasi altro bene, se non vengono utilizzate come mezzo per ottenere ciò che si desidera.
Il modo più generale e sicuro per soddisfare i propri desideri, qualunque essi siano, è la potenza. Pertanto, indipendentemente da quale passione un individuo o un popolo sia incline a provare, se essa è intensa, egli aspirerà ardentemente alla potenza: sia come fine, se è orgoglioso o vanitoso; sia come mezzo, se è vendicativo o lussurioso.
È dunque nell’utilizzo efficace del potere civile che consiste l’arte suprema del governo; non solo per mantenersi stesso in funzione, ma anche per diffondere in tutto lo Stato attività e vitalità, rendendo il popolo attivo e laborioso.
Il potere civile si esercita in due modi: uno legittimo, attraverso l’autorità; l’altro abusivo, attraverso le ricchezze. Ovunque prevalgano le ricchezze, il potere e l’autorità sono solitamente separati; poiché i mezzi per acquisire ricchezze e i mezzi per raggiungere l’autorità non sono gli stessi, raramente vengono utilizzati dalle stesse persone. Di conseguenza, il potere apparente è nelle mani dei magistrati, mentre il potere reale appartiene ai ricchi. In un tale governo, tutto procede secondo i capricci e le passioni degli uomini; nulla mira al vero scopo dell’istituzione stessa.
Accade quindi che l’oggetto della brama venga diviso tra diverse persone: alcuni aspirano all’autorità, per poterla vendere ai ricchi e arricchirsi a loro volta con questo mezzo; altri, e la maggior parte, puntano direttamente alle ricchezze, convinti che attraverso di esse un giorno otterranno il potere, acquistando sia l’autorità stessa che coloro che la detengono.
Supponiamo che, in uno Stato così costituito, da un lato onori e autorità siano ereditari; dall’altro, i mezzi per acquisire ricchezze, accessibili soltanto a una piccola minoranza, dipendano dal credito, dalla favorevolezza altrui e dagli amici: in tal caso è impossibile che, mentre alcuni avventurieri raggiungeranno la fortuna e, di conseguenza, anche posizioni di potere, la maggior parte della popolazione non venga colpita da un senso generale di scoraggiamento e non cada nella disperazione.
In generale, in ogni nazione ricca, il Governo è debole; con questo nome chiamo anche colui che agisce soltanto in modo debole, e, ciò che equivale allo stesso, colui che ha bisogno di mezzi violenti per mantenersi al potere.
Non posso spiegare meglio il mio pensiero se non con l’esempio di Cartagine e di Roma. La prima massacrava, crocifiggeva i suoi generali, i suoi magistrati, i suoi cittadini; era un governo debole, che veniva continuamente spaventato e scosso da ogni evento. La seconda non toglieva la vita a nessuno, nemmeno confiscava i beni; il criminale accusato poteva andarsene in pace, e il processo finiva lì. La forza di questo meraviglioso governo non aveva bisogno della crudeltà; il più grande dei mali era smettere di essere uno dei suoi membri.
Fine del progetto di costituzione per la Corsica.
Questo testo è rimasto inedito.
Fragmenti separati
I popoli saranno laboriosi quando il lavoro sarà considerato onorevole; e spetta sempre al governo il compito di renderlo tale. Se la considerazione e l’autorità siano accessibili ai cittadini, essi si sforzeranno di raggiungerle; ma se le ritengono troppo lontane, non faranno alcun passo avanti. Ciò che li getta nel disperazione non è la grandezza del lavoro, bensì la sua inutilità.
Si chiederà se sia attraverso la coltivazione del proprio campo che si acquisiscono i talenti necessari per governare.
Mi si chiederà se sia attraverso il lavoro nei propri campi che si acquisiscono i talenti necessari per governare. Risponderò di sì, in un governo semplice e retto come il nostro. I grandi talenti sono soltanto un complemento allo zelo patriottico; sono necessari per guidare un popolo che non ama il proprio paese né onora i propri capi. Ma se fate sì che il popolo si appassioni alle cose pubbliche, se lo incoraggiate a cercare le virtù, allora lasciate da parte quei grandi talenti: farebbero più male che bene. Il miglior motore di un governo è l’amore per la patria, e questo amore si coltiva proprio attraverso il lavoro quotidiano. Il buon senso è sufficiente per governare uno Stato ben organizzato; e il buon senso si forma sia nel cuore che nella mente: gli uomini che non lasciano che le proprie passioni li accechino agiscono sempre nel modo giusto.
Gli uomini sono naturalmente pigri, ma lo zelo nel lavoro è il primo frutto di una società ben organizzata; quando un popolo ricade nella pigrizia e nello scoraggiamento, è sempre a causa dell’abuso di quella stessa società che non attribuisce più al lavoro il riconoscimento che merita.
Ovunque regni il denaro, ciò che il popolo ne paga per mantenere la propria libertà diventa sempre lo strumento della sua schiavitù; e ciò che oggi paga volontariamente viene utilizzato per farlo pagare domani con la forza.
È allora che sarà necessario utilizzare l’eccedenza di risorse nell’industria e nelle arti per attirare dall’estero ciò che manca a un popolo così numeroso, al fine della sua sussistenza. In quel momento nasceranno anche gradualmente i vizi inevitabili legati a tali strutture, i quali, corrompendo progressivamente i gusti e i principi della nazione, altereranno e alla fine distruggeranno lo Stato stesso. Questo male è inevitabile; e poiché tutte le cose umane devono avere una fine, è bello che, dopo un’esistenza lunga e vigorosa, uno Stato possa terminare a causa dell’eccesso di popolazione.
Ogni bambino nato sull’isola diventerà cittadino e membro della Repubblica non appena raggiungerà l’età prevista dalle leggi; e nessuno potrà ottenere tale status in altro modo.
Pertanto, il diritto di cittadinanza non potrà essere concesso a nessun straniero; salvo un’unica volta in cinquant’anni, a una sola persona, qualora si presenti e venga ritenuta degna di tale onore, o alla più degna tra coloro che si presenteranno. La sua concessione sarà celebrata come una festa generale in tutta l’isola.
Tout Corse qui, à quarante ans accomplis, ne sera pas marié et ne l’aura point été, sera exclus du droit de Cité pour toute sa vie.
Tout particulier qui changeant de domicile passera d’une piève à l’autre, perdra son droit de Cité pour trois ans, et, au bout de ce temps, sera inscrit dans la nouvelle piève en payant un droit ; faute de quoi, il continuera à être exclus du droit de Cité jusqu’à ce qu’il ait payé.
On excepte du précédent article tous ceux qui remplissent quelque charge publique ; lesquels doivent être admis à tous les droits de Cité dans la piève où ils se trouvent, tant qu’ils sont à leur devoir.
Les Corses étaient soumis aux Génois : on sait quels traitements les forcèrent à se révolter, il y a près de quarante ans. Depuis ce temps, ils se sont conservés indépendants. Cependant, les gazetiers les appellent toujours rebelles ; et l’on ne sait combien de siècles ils continueront à les appeler ainsi. La génération présente n’a point vu la servitude : il est difficile de concevoir comment un homme, né libre et qui se maintient tel, est un rebelle, tandis qu’un usurpateur heureux est au bout de deux ou trois ans un monarque sacré, un légitime roi. Ainsi la prescription n’a lieu qu’en faveur de la tyrannie ; elle n’est jamais admise en faveur de la liberté. Ce sentiment est aussi raisonnable en lui-même qu’honorable à ses partisans. Heureusement, les mots ne sont pas les choses. Rachetés au prix de leur sang, les Corses, rebelles ou non, sont libres et dignes de l’être, en dépit des Génois et des gazetiers.
Il sera tenu dans chaque piève un registre de toutes les terres que possède chaque particulier. Nul ne pourra posséder des terres hors de sa piève. Nul ne pourra posséder plus de de terres. Celui qui en aura cette quantité pourra par échanges acquérir des quantités pareilles, mais non plus grandes, même de terres moins bonnes ; et tous dons, tous legs, qui lui pourront être faits en terres seront nuls.
Parce que vous avez gouverné justement pendant trois ans un peuple libre, il vous confie encore pour trois ans la même administration.
Nul homme garçon ne pourra tester, mais tout son bien passera à la communauté.
Corses, faites silence, je vais parler au nom de tous. Que ceux qui ne consentiront pas s’éloignent, et que ceux qui consentent lèvent la main.
Il faudra faire précéder cet acte par une proclamation générale portant injonction à chacun de se rendre au lieu de son domicile dans un temps qu’on prescrira, sous peine de perdre son droit de naissance ou de naturalité.
1° Toute la nation corse se réunira par un serment solennel en un seul Corps politique, dont tant les corps, qui doivent la composer, que les individus seront désormais les membres.
2° Cet acte d’union sera célébré le même jour dans toute l’île ; et tous les Corses y assisteront, autant qu’il se pourra : chacun dans sa ville, bourgade ou paroisse, ainsi qu’il sera plus particulièrement ordonné.
3° Formule du serment prononcé sous le ciel, et la main sur la Bible :
Au nom de Dieu tout-puissant et sur les saints Évangiles, par un serment sacré et irrévocable, je m’unis de corps, de biens, de volonté et de toute ma puissance, à la nation corse, pour lui appartenir en toute propriété, moi et tout ce qui dépend de moi. Je jure de vivre et mourir pour elle, d’observer toutes ses lois et d’obéir à ses chefs et magistrats légitimes en tout ce qui sera conforme aux lois. Ainsi Dieu me soit en aide en cette vie, et fasse miséricorde à mon âme. Vivent à jamais la liberté, la justice et la République des Corses. Amen. Et tous, tenant la main droite élevée, répondront : Amen.
Il sera tenu dans chaque paroisse un registre exact de tous ceux qui auront assisté à cette solennité. Leur nom, le nom de leur père, leur âge et leur domicile y seront marqués.
Quant à ceux qui, par des empêchements valables, n’auront pu assister à cette solennité, il leur sera assigné d’autres jours pour prêter le même serment, et se faire inscrire dans l’espace de trois mois au plus tard après le serment solennel ; passé lequel terme, tous ceux qui auront négligé de remplir ce devoir seront forclos de leur droit et resteront dans la classe des étrangers ou aspirants, dont il sera parlé ci-après.
Un pays est dans sa plus grande force indépendante quand la terre y produit autant qu’il est possible ; c’est-à-dire quand elle a autant de cultivateurs qu’elle en peut avoir.
Pour chaque enfant qu’il aura de plus que cinq, il lui sera alloué un patrimoine sur la commune.
Les pères qui auront des enfants absents ne pourront les passer en compte qu’après leur retour ; et ceux qui seront une année entière hors de l’île ne pourront plus être comptés, même après leur retour.
On les détournera de la superstition, en les occupant beaucoup de leurs devoirs de citoyens, en mettant de l’appareil aux fêtes nationales, en ôtant beaucoup de leur temps aux cérémonies ecclésiastiques pour en donner aux cérémonies civiles ; et cela se peut faire avec un peu d’adresse, sans fâcher le clergé, en faisant en sorte qu’il y ait toujours quelque part, mais que cette part soit si petite, que l’attention n’y demeure point fixée,
De toutes les manières de vivre, celle qui attache le plus les hommes à leur pays est la vie rustique.
Les Gardes des lois pourront convoquer les États généraux toutes les fois qu’il leur plaira ; et depuis le jour de la convocation jusqu’au lendemain de l’assemblée, l’autorité du grand Podestat et du Conseil d’État sera suspendue.
La personne des Gardes des lois sera sacrée et inviolable, et il n’y aura personne dans l’île qui ait la puissance de les arrêter.
Chaque piève aura le droit de révoquer les siens et de leur en substituer d’autres, toutes les fois qu’il lui plaira ; mais, à moins qu’ils ne soient rappelés expressément, ils seront à vie.
Les États, une fois convoqués extraordinairement par le Sénat, ne pourront se dissoudre que le Sénat ou le grand Podestat ne soient cassés.
Les lois concernant les successions doivent toutes tendre à ramener les choses à l’égalité, en sorte que chacun ait quelque chose et personne n’ait rien de trop.
Tout Corse qui quittera sa piève, pour s’aller habituer dans une autre, perdra son droit de cité pendant trois ans ; au bout desquels, sur sa requête et une proclamation, si rien ne vient à sa charge, il sera inscrit sur les registres de la nouvelle piève, et dans le même ordre où il était inscrit dans l’autre : citoyen, s’il était citoyen ; patriote, s’il était patriote ; et aspirant s’il n’était qu’aspirant.
Et il fallut que les Corses payassent un tribut pour obtenir la grâce d’être désarmés.
Il n’y aura dans l’île aucun carrosse ; les ecclésiastiques et les femmes pourront se servir de chaises à deux roues ; mais les laïques, de quelque rang qu’ils soient, ne pourront voyager qu’à pied ou à cheval, à moins qu’ils ne soient estropiés ou grièvement malades.
Nul ne sera admis au serment en choses concernant son intérêt. Mais le serment ne …
Nul ne pourra être mis en prison pour dettes ; et même, dans les saisies qu’on pourra faire dans les maisons d’un débiteur, on lui laissera, outre ses hardes pour se couvrir, sa charrue, ses bœufs, son lit et ses meubles les plus indispensables.
Tout garçon qui se mariera avant l’âge de vingt ans accomplis, ou seulement après l’âge de trente ans accomplis, ou qui épousera une fille ayant moins de quinze ans accomplis, ou une personne fille ou veuve dont l’âge diffère du sien de plus de vingt ans, demeurera exclus de l’ordre des citoyens, à moins qu’il n’y parvienne par récompense publique, pour services rendus à l’État.
Vu l’inégale distribution des productions de l’île, il ne faut pas fermer les communications ; il faut en quelque chose avoir égard aux préjugés du peuple et à sa courte vue. Voyant qu’on ne lui permet pas d’aller à son voisinage chercher chez ses compatriotes les denrées qui lui manquent, il accuserait nos lois de caprice et de dureté ; il se mutinerait contre elles, ou les haïrait en secret,
Si nous pouvions nous passer d’argent et avoir tous les avantages que l’argent donne, nous jouirions bien mieux de ces avantages qu’avec les richesses ; puisque nous les aurions séparés des vices qui les empoisonnent et que l’argent amène avec lui.
Nul ne doit être magistrat par état, ni soldat par état. Tous doivent être prêts à remplir indistinctement les fonctions que la patrie leur impose. Il ne doit point y avoir d’autre état dans l’île que celui de citoyen, et celui-là seul doit comprendre tous les autres.
Any Corsican man who, at the age of forty, is not married or has never been married shall be deprived of the rights of citizenship for the rest of his life.
Any individual who changes residence and moves from one parish to another will lose their right to citizenship for three years. After this period, they may reacquire this right by paying the corresponding fee; otherwise, they will remain excluded from citizenship until the fee is paid.
Apart from those who hold some public office, all others are included in the previous article; such individuals shall be granted all the rights of citizenship within the parish where they reside, so long as they fulfill their duties.
The Corsicans were subject to the Genoese: we know what treatments forced them to revolt, nearly forty years ago. Since then, they have managed to remain independent. However, journalists still refer to them as rebels; and who knows how many centuries this designation will continue. The current generation has never known slavery; it is difficult to understand how a man born free and who remains free can be called a rebel, while a fortunate usurper becomes a sacred monarch, a legitimate king, within just two or three years. Thus, the concept of “prescription” only applies in favor of tyranny; it is never accepted in defense of freedom. This sentiment is reasonable in itself and honorable for those who hold it. Fortunately, words are not things. Having been redeemed with their blood, the Corsicans—whether rebels or not—are free and worthy of being free, despite the Genoese and the journalists.
In each parish, a register shall be kept of all the lands owned by each individual. No one shall be allowed to possess land outside their own parish. No one shall be permitted to own more than a certain amount of land. Those who already possess that amount may acquire additional lands of equal or smaller value through exchange; however, any gifts or bequests in land made to such individuals will be invalid.
Because you have governed a free people for exactly three years, it entrusts you with the same administration for another three years.
No male child will be allowed to inherit; all of his property will go to the community.
Corsicans, hear me out in silence; I will speak on behalf of all. Those who do not agree may step aside, and those who agree may raise their hands.
It will be necessary to precede this act with a general proclamation ordering everyone to go to their place of residence within a prescribed time limit, failing which they shall lose their right of birth or citizenship.
1° The entire Corsican nation will unite through a solemn oath to form a single political body, of which both the constituent groups and individual citizens will henceforth be members.
2° This act of union will be celebrated on the same day throughout the entire island; and all Corsicans will attend, to the greatest extent possible: each in their own city, town, or parish, as specifically ordered.
3° The formula of the oath taken under heaven, with one’s hand on the Bible:
In the name of God the Almighty, and upon the holy Gospels, by a sacred and irrevocable oath, I unite myself in body, property, will, and with all my power to the nation of Corsica, to belong to it entirely—myself and everything that depends on me. I swear to live and die for it, to observe all its laws, and to obey its legitimate leaders and magistrates in everything that is consistent with these laws. May God assist me in this life and show mercy upon my soul. Long live liberty, justice, and the Republic of Corsica. Amen. And all present, raising their right hands, shall respond: Amen.
In each parish, an accurate register of all those who have attended this solemn ceremony will be kept. Their name, their father’s name, their age, and their residence will be recorded therein.
As for those who, due to valid impediments, were unable to attend this solemn ceremony, other days will be designated for them to take the same oath and register no later than three months after the solemn oath-taking; beyond this deadline, all those who fail to fulfill this obligation will lose their right and will remain in the category of foreigners or aspirants, about whom further details will be provided below.
A country is at the height of its independent strength when its land produces as much as possible; in other words, when it has as many farmers as it can accommodate.
For each child he has beyond five, a portion of the community’s heritage will be allocated to him.
Fathers who have children who are absent will only be able to include them in the count after their return; those who are away from the island for a whole year will no longer be able to be included in the count, even after their return.
We shall turn them away from superstition by keeping them heavily engaged in their civic duties, by organizing grand national celebrations, and by taking away much of their time from religious ceremonies to devote it to civil ones. This can be accomplished with some skill, without offending the clergy, by ensuring that such activities are always present somewhere—but in such a minor capacity that attention is not drawn to them.
Of all ways of living, the one that binds men most closely to their country is a rural way of life.
The Guardians of the Law shall convene the General States whenever they so desire; and from the day of the summons until the day after the assembly, the authority of the Grand Podestat and the Council of State shall be suspended.
The members of the Law Enforcers will be sacred and inviolable, and no one on the island will have the power to arrest them.
Each parish shall have the right to revoke its members and replace them with others whenever it pleases; however, unless they are explicitly recalled, they will remain in office for life.
Once convened exceptionally by the Senate, these States shall not be dissolved unless either the Senate or the Grand Podestat is dissolved as well.
All laws concerning succession must aim to restore equality, so that everyone possesses something and no one possesses too much.
Any Corsican who leaves his parish to settle in another will lose his civic rights for three years; at the end of this period, upon his request and with a corresponding proclamation, if nothing is found against him, he will be registered in the records of the new parish, in the same order in which he was registered in the previous one: as a citizen, if he was one; as a patriot, if that was his status; or as an aspirant, if that was all he was.
And it was necessary for the Corsicans to pay a tribute in order to be granted the grace of being disarmed.
There will be no carriages on the island; clergy and women may use two-wheeled chairs; but laypeople, regardless of their rank, may only travel on foot or by horse, unless they are disabled or seriously ill.
No one shall be permitted to take an oath regarding matters that concern their own interests. However, the oath itself does not.
No one shall be imprisoned for debts; moreover, in any seizures that may be made of a debtor’s property, aside from the clothes necessary for his clothing, his plow, his oxen, his bed, and his most essential furniture shall be spared.
Any boy who marries before the age of twenty, or only after the age of thirty, or who marries a girl under the age of fifteen, or a person who is a daughter or widow and whose age differs from his by more than twenty years, shall remain excluded from the ranks of citizens, unless he achieves this status through public recognition for services rendered to the state.
Given the uneven distribution of resources on the island, it is not advisable to cut off communications; we must take into account the prejudices of the people and their short-sightedness. If they are not allowed to go to their neighbors’ areas to obtain the goods they lack from their fellow citizens, they would accuse our laws of being arbitrary and harsh; they would rebel against them or hate them in secret.
If we could do without money and still enjoy all the advantages it brings, we would reap far greater benefits than if we possessed it, for we would then be free from the vices that money invariably entails.
No one should be a magistrate by virtue of their social status, nor a soldier by virtue of their social status. Everyone must be ready to fulfill, without distinction, the duties that the fatherland imposes upon them. There should be no other status in the island than that of a citizen, and only this status should encompass all others.
Chiunque in Corsica, all’età di quarant’anni, non sia sposato e non lo sia mai stato, sarà escluso dal diritto di cittadinanza per tutta la vita.
Qualsiasi individuo che cambi residenza passando da una parrocchia all’altra perderà il proprio diritto di cittadinanza per tre anni; al termine di questo periodo, potrà essere riammesso nella nuova parrocchia pagando un determinato tributo; in caso contrario, rimarrà escluso dal diritto di cittadinanza fino a quando non avrà effettuato il pagamento richiesto.
Si escludono dall’articolo precedente tutti coloro che ricoprono qualche carica pubblica; tali persone devono essere ammesse a tutti i diritti della comunità civile nel territorio in cui si trovano, purché adempiano ai loro doveri.
I Corsi erano sottomessi ai Genovesi: si sa quali trattamenti li costrinsero a ribellarsi, quasi quarant’anni fa. Da allora, sono riusciti a mantenere la loro indipendenza. Tuttavia, i giornalisti continuano ancora oggi a chiamarli “ribelli”; e non si sa per quanti secoli continueranno a farlo. La generazione attuale non ha conosciuto la schiavitù: è difficile comprendere come un uomo nato libero e che mantiene tale condizione possa essere considerato ribelle, mentre un usurpatore fortunato diventa, dopo soltanto due o tre anni, un monarca sacro, un re legittimo. Così, la prescrizione legale si applica soltanto a favore della tirannia; mai, invece, a favore della libertà. Questo sentimento è tanto ragionevole in sé quanto onorevole per i suoi sostenitori. Fortunatamente, le parole non equivalgono alle cose: i Corsi, comprati con il loro sangue, sono liberi, ribelli o meno che siano, e meritano di esserlo, nonostante i Genovesi e i giornalisti.
In ogni pieve verrà tenuto un registro di tutte le terre possedute da ciascun individuo. Nessuno potrà possedere terre al di fuori della propria pieve; inoltre, nessuno potrà possederne più di una certa quantità. Chi ne possiede tale quantità potrà, attraverso scambi, acquisire altre terre della stessa entità, ma non di maggior valore, nemmeno di qualità inferiore; inoltre, qualsiasi donazione o lascito in terreni effettuato a suo favore sarà considerato nullo.
Poiché avete governato con giustizia un popolo libero per tre anni, vi viene ancora affidata la stessa amministrazione per altri tre anni.
Nessun ragazzo potrà disporre di quei beni personali; tutti passeranno alla comunità.
Corsi, fate silenzio, parlerò in nome di tutti. Chi non è d’accordo si allontani, e chi è d’accordo alzi la mano.
È necessario che questo atto sia preceduto da una proclamazione generale che ordini a tutti di recarsi nel luogo della propria residenza entro un termine stabilito, altrimenti perderanno il diritto di nascita o di cittadinanza.
1° Tutta la nazione corsa si riunirà, sotto un giuramento solenne, in un unico corpo politico; sia gli organi che dovranno comporlo sia gli individui ne saranno da quel momento in poi i membri.
2° Questo atto di unione sarà celebrato lo stesso giorno in tutta l’isola; e tutti i corsi vi prenderanno parte, nella misura del possibile: ognuno nella propria città, borgata o parrocchia, secondo quanto sarà specificamente disposto.
3° Formula del giuramento pronunciato sotto il cielo, con la mano sulla Bibbia:
Nel nome di Dio onnipotente e sui santi Vangeli, con un giuramento sacro e irrevocabile, mi unisco corpo, beni, volontà e tutta la mia forza alla nazione corsa, per appartenerle interamente, io e tutto ciò che dipende da me. Giuro di vivere e morire per lei, di osservare tutte le sue leggi e di obbedire ai suoi capi e magistrati legittimi in tutto ciò che sia conforme alle leggi. Che Dio mi assista in questa vita e abbia misericordia della mia anima. Viva per sempre la libertà, la giustizia e la Repubblica dei Corsi. Amen. E tutti, alzando la destra, risponderanno: Amen.
In ogni parrocchia verrà tenuto un registro accurato di tutte le persone che avranno partecipato a questa cerimonia. Vi saranno indicati il loro nome, il nome di loro padre, la loro età e il loro indirizzo.
Per coloro che, a causa di impedimenti validi, non avranno potuto partecipare a questa solennità, verranno loro assegnati altri giorni per prestare lo stesso giuramento e iscriversi entro un termine massimo di tre mesi dopo il giuramento solenne; trascorso tale termine, tutti coloro che avranno trascurato di adempiere a questo dovere perderanno il loro diritto e rimarranno nella categoria degli stranieri o degli aspiranti, di cui si parlerà in seguito.
Un paese è nella sua massima forza e indipendenza quando la terra produce il massimo possibile; in altre parole, quando dispone di quanti più contadini sia possibile avere.
Per ogni figlio che avrà in numero superiore a cinque, gli verrà assegnato un patrimonio nel comune di residenza.
I padri che avranno figli assenti potranno tenerli in considerazione solo dopo il loro ritorno; coloro che saranno fuori dall’isola per un intero anno non potranno più essere inclusi nei calcoli, nemmeno dopo il loro rientro.
Si potranno allontanare dalla superstizione occupandoli molto nei loro doveri di cittadini, organizzando con cura le feste nazionali e togliendo loro molto tempo dalle cerimonie ecclesiastiche per destinarlo alle cerimonie civili. Ciò si può fare con un po’ di abilità, senza offendere il clero, facendo in modo che tale attenzione sia sempre rivolta altrove, ma in modo che questa parte non sia mai così importante da monopolizzare completamente la loro attenzione.
Di tutte le modalità di vita, quella che lega maggiormente gli uomini al loro paese è la vita rurale.
I Guardiani della legge potranno convocare gli Stati Generali ogni volta che lo riterranno opportuno; e dal giorno della convocazione fino al giorno successivo all’assemblea, l’autorità del grande Podestà e del Consiglio di Stato sarà sospesa.
La persona dei Guardiani della legge sarà sacra e inviolabile; non esisterà nessuno sull’isola che abbia il potere di arrestarli.
Ogni pieve avrà il diritto di revocare i propri membri e di sostituirli con altri, ogni volta che lo desideri; tuttavia, a meno che non vengano richiamati esplicitamente, rimarranno in carica per tutta la vita.
Gli Stati, una volta convocati in modo straordinario dal Senato, non potranno sciogliersi se non dopo che il Senato o il grande Podestà siano stati abrogati.
Le leggi relative alle successioni devono tutti tendere a ristabilire l’equità, in modo che ognuno abbia qualcosa e nessuno abbia troppo.
Chiunque abbandoni la propria parrocchia per stabilirsi in un’altra perderà il proprio diritto di cittadinanza per tre anni; al termine di questo periodo, su sua richiesta e previa pubblicazione ufficiale, se non dovesse essere accusato di nulla, verrà iscritto nei registri della nuova parrocchia nello stesso ordine in cui era iscritto nella precedente: cittadino, se lo era; patriota, se lo era; e aspirante, se non era altro che un aspirante.
E fu necessario che i Corsi pagassero un tributo per ottenere il permesso di disarmarsi.
Sull’isola non ci saranno carrozze; gli ecclesiastici e le donne potranno utilizzare sedie a due ruote; ma i laici, indipendentemente dal loro rango, potranno viaggiare solo a piedi o a cavallo, a meno che non siano invalidi o gravemente malati.
Nessuno sarà ammesso a prestare giuramento su questioni che riguardino il suo interesse personale. Tuttavia, il giuramento non.
Nessuno potrà essere imprigionato a causa dei debiti; inoltre, anche nelle perquisizioni effettuate nelle case di un debitore, gli verranno lasciati, oltre ai vestiti necessari per coprirsi, la sua aratura, i suoi buoi, il suo letto e i mobili più indispensabili.
Qualsiasi ragazzo che si sposi prima di aver compiuto vent’anni, o soltanto dopo averne compiuti trenta, oppure che sposi una ragazza sotto i quindici anni, o una persona single o vedova la cui età differisce dalla sua di più di vent’anni, rimarrà escluso dall’ordine dei cittadini, a meno che non vi riesca attraverso un riconoscimento pubblico per servizi resi allo Stato.
Vista la distribuzione disomogenea delle risorse prodotte sull’isola, non è possibile interrompere i collegamenti; bisogna tenere conto, in qualche modo, dei pregiudizi del popolo e della sua limitata visione delle cose. Se gli venisse impedito di recarsi nei luoghi vicini per procurarsi presso i suoi connazionali le merci di cui ha bisogno, accuserebbe le nostre leggi di capriccio e durezza; si ribellerebbe contro di esse o le odierebbe in segreto.
Se potessimo fare a meno del denaro e godere di tutti i vantaggi che esso offre, ne approfitteremmo molto meglio rispetto alle ricchezze; inoltre, tali vantaggi non sarebbero contaminati dai vizi che il denaro inevitabilmente porta con sé.
Nessuno dovrebbe essere magistrato o soldato in base al proprio stato sociale; tutti devono essere pronti a svolgere, senza distinzioni, le funzioni che la patria richiede loro. Nell’isola non deve esistere alcun altro stato oltre a quello di cittadino, e soltanto questo dovrebbe comprendere tutti gli altri.
Tant que l’argent sera utile aux Corses, ils l’aimeront ; et tant qu’ils l’aimeront, la République 2 entretiendra parmi eux des émissaires et des traîtres qui influenceront sur les délibérations, et tiendront pour ainsi dire l’État aux gages de ses anciens maîtres.
Il ne faut point compter sur un enthousiasme vif, mais toujours court, à la suite de la liberté recouvrée. L’héroïsme populaire est un moment de fougue, que suit la langueur et le relâchement. Il faut fonder la liberté d’un peuple sur sa manière d’être et non pas sur ses passions. Car ses passions sont passagères et changent d’objet ; mais l’effet d’une bonne constitution se prolonge autant qu’elle ; et aucun peuple ne saurait demeurer libre qu’aussi longtemps qu’il se trouve bien de la liberté.
Qu’ils se ressouviennent bien que toute espèce de privilège est au profit des particuliers qui les obtiennent, et à la charge de la nation qui les donne.
C’est la contradiction ridicule où tombent tous les Gouvernements violents, qui, voulant tenir les peuples dans un état de faiblesse, veulent pourtant se mettre par eux dans un état de force.
La nation ne sera point illustre, mais elle sera heureuse. On ne parlera pas d’elle ; elle aura peu de considération au dehors ; mais elle aura l’abondance, la paix et la liberté dans son sein.
Tout plaideur qui aura rejeté l’arbitrage des anciens, ou qui, l’ayant admis, refusera de s’en rapporter à leur jugement, s’il perd son procès en justice réglée, sera noté et incapable, pendant cinq ans, d’exercer aucun emploi public.
Toute fille de citoyen qui épousera un Corse, de quelle classe qu’il soit, sera dotée par la piève du marié : cette dot sera toujours un fonds de terre et suffira, s’il est aspirant, pour le faire monter à la classe des patriotes.
De tous les Gouvernements, le démocratique est toujours le moins dispendieux ; parce que le luxe public n’est que dans l’abondance des hommes, et que, où le public est le maître, la puissance n’a nul besoin de signe éclatant.
Car, que deux ou plusieurs États soient soumis au même prince, cela n’a rien de contraire au droit et à la raison. Mais qu’un État soit sujet d’un autre État, cela paraît incompatible avec la nature du Corps politique.
Quoique je sache que la nation corse a des préjugés très contraires à mes principes, mon intention n’est point d’employer l’art de persuader, pour les leur faire adopter. Je veux leur dire, au contraire, mon avis et mes raisons avec une telle simplicité, qu’il n’y ait rien qui puisse les séduire ; parce qu’il est très possible que je me trompe, et que je serais bien fâché qu’ils adoptassent mon sentiment à leur préjudice.
D’où vinrent à la Corse les dissensions, les querelles, les guerres civiles qui la déchirèrent pendant tant d’années, et la forcèrent enfin de recourir aux Pisans, puis aux Génois ? Tout cela ne fut-il pas l’ouvrage de sa noblesse ? ne fut-ce pas elle qui réduisit le peuple au désespoir et le força de préférer un esclavage tranquille aux maux qu’il souffrait sous tant de tyrans ? Veut-il maintenant, après avoir secoué le joug, rentrer dans l’état qui le força de s’y soumettre ?
Je ne leur prêcherai pas la morale, je ne leur ordonnerai pas d’avoir des vertus. Mais je les mettrai dans une position telle qu’ils auront ces vertus, sans en connaître le mot ; et qu’ils seront bons et justes, sans trop savoir ce que c’est que justice et bonté.
Je ne sais comment cela se fait, mais je sais bien que les opérations, dont l’on tient le plus de registres et de livres de compte, sont précisément celles où l’on friponne le plus.
Tels étaient ces jeunes Romains qui commençaient par être questeurs ou trésoriers des armées avant que de les commander. De tels financiers n’étaient pas des hommes vils ; il ne leur entrait pas même dans la tête qu’on pût gagner sur les deniers publics ; et des caisses militaires pouvaient sans risque passer dans les mains des Catons.
Au lieu de réprimer le luxe par des lois somptuaires, il vaut mieux le prévenir par une administration qui le rende impossible.
Je suis persuadé qu’en cherchant bien l’on trouvera des mines de fer dans l’île ; il vaudrait mieux qu’on y trouvât des mines de fer que des mines d’or.
Et, dans le doute même, il vaut mieux commencer par l’état qui naturellement mène à l’autre, et duquel on peut toujours y passer, si l’on espère s’en trouver mieux, que par celui d’où l’on ne revient plus au premier, et qui n’a plus devant lui que destruction et que ruine.
Le prerogative che goderanno le sudette famiglie.
Cet article est destructif de l’esprit de la République, qui veut que le militaire soit extrêmement subordonné au magistrat et ne se regarde que comme le ministre des ministres de la Loi. Il importe extrêmement que le militaire ne soit point un état par lui-même, mais un accident de l’état de citoyen. Si la noblesse avait des prérogatives, des distinctions dans les troupes, bientôt les officiers militaires se croiraient au-dessus des officiers civils ; les chefs de la République ne seraient plus regardés que comme des robins ; et l’État, gouverné militairement, tomberait très promptement sous le despotisme.
C’est un excellent moyen d’apprendre à tout rapporter à la Loi, que de voir rentrer dans l’état privé l’homme qu’on a tant respecté tandis qu’il était en place ; et c’est pour lui-même une grande leçon pour maintenir les droits des particuliers, d’être assuré qu’un jour il se retrouvera dans leur nombre.
Par exemple, la province de Cap Corse ne pouvant rien produire que du vin, il faut empêcher qu’il ne s’en cultive assez dans tout le reste de l’île pour que cette partie ne puisse plus débiter le sien.
Car, la propriété particulière étant si faible et si dépendante, le Gouvernement n’a besoin que de peu de force, et conduit, pour ainsi dire, les peuples avec un mouvement du doigt.
Où sont les princes qui s’avisent d’assembler des théologiens, pour consulter si ce qu’ils veulent entreprendre est légitime ?
J’ai un profond respect pour la République de Gênes ; j’en ai pour chaque souverain en particulier, quoique je leur dise quelquefois à tous des vérités un peu dures. Plût au ciel, pour leur propre avantage, qu’on osât les leur dire plus souvent, et qu’ils daignassent quelquefois les entendre.
Faites attention, je vous supplie, que je ne donne ici les corvées, ni aucune sorte de travail forcé, pour un bien absolu ; il serait mieux que tout cela se fît librement, et en payant, si les moyens de payer n’introduisaient une infinité d’abus sans mesure, et de maux plus grands, plus illimités que ceux qui peuvent résulter de cette contrainte, surtout quand ceux qui l’imposent sont du même état que ceux qui sont imposés.
Car, quand il n’y aura qu’une sorte de revenu, savoir les fruits de la terre, il n’y aura non plus qu’une sorte de biens, savoir la terre même.
Car le véritable esprit de la propriété publique est que la propriété particulière soit très forte dans la lignée, et très faible ou nulle dans les collatéraux.
Et hausser le taux pour mettre la denrée en crédit, et la monnaie en décri.
Les Corses sont presque encore dans l’état naturel et sain ; mais il faut beaucoup d’art pour les y maintenir, parce que leurs préjugés les en éloignent : ils ont précisément ce qui leur convient, mais ils veulent ce qui ne leur est pas bon, Leurs sentiments sont droits ; ce sont cent fausses lumières qui les trompent. Ils voient le faux éclat des nations voisines et brûlent d’être comme elles, parce qu’ils ne sentent pas leur misère et ne voient pas qu’ils sont infiniment mieux.
Empêcher l’exportation des denrées, c’est couper par la racine les grandes possessions.
Noble peuple, je ne veux point vous donner des lois artificielles et systématiques, inventées par des hommes ; mais vous ramener sous les seules lois de la nature et de l’ordre, qui commandent au cœur et ne tyrannisent point les volontés.
FIN du PROJET DE CONSTITUTION POUR LA CORSE
Table des matières du titre
Liste des œuvres philosophiques et politiques
Liste générale des titres
As long as money remains useful to the Corsicans, they will love it; and as long as they love it, the Republic will continue to have agents and traitors among them who will influence their deliberations, effectively holding the state hostage to its former masters.
One must not expect intense enthusiasm following the restoration of freedom—such enthusiasm is always brief. Popular heroism is a moment of fervor, followed by lethargy and relaxation. The freedom of a people should be based on its very nature, rather than on its passions. For passions are transient and their objects change; whereas the effects of a sound constitution endure as long as that constitution exists. No people can remain free unless it benefits them to be free.
Let them remember well that every kind of privilege benefits those who obtain it and places a burden on the nation that grants it.
It is this ridiculous contradiction that all violent Governments fall into—those who seek to keep peoples in a state of weakness yet at the same time desire to place themselves in a position of power over them.
The nation will not be illustrious, but it will be happy. People will not speak of it; it will hold little regard in the eyes of others; yet within its borders, it will enjoy abundance, peace, and freedom.
Any plaintiff who rejects the arbitration of the elders, or who, having accepted it, refuses to abide by their judgment, shall be recorded as such and will be ineligible to hold any public office for a period of five years if he loses his case in the regular legal proceedings.
Any daughter of a citizen who marries a Corsican, regardless of his social class, will receive a dowry from the husband’s family: this dowry will always consist of land and will be sufficient, if the man aspires to do so, for him to rise to the rank of patriots.
Of all forms of government, the democratic one is always the least costly; for public luxury consists merely in the abundance of people, and where the people are the masters, power has no need for ostentatious displays.
For it is nothing contrary to law and reason for two or more states to be subject to the same ruler. However, for one state to be subordinate to another seems incompatible with the very nature of a political body.
Although I know that the Corsican nation holds prejudices that are utterly contrary to my principles, my intention is not to use the art of persuasion in order to make them adopt these views. On the contrary, I wish to express my opinions and reasons with such simplicity that nothing could possibly persuade them otherwise; for it is quite possible that I might be mistaken, and I would be very disappointed if they were to follow my views at their own expense.
Where did the dissensions, quarrels, and civil wars that tore Corsica apart for so many years come from, and which ultimately forced it to seek help from the Pisans and then from the Genoese? Wasn’t all of this the work of its nobility? Weren’t they it who drove the people into despair and forced them to choose a peaceful form of slavery over the evils they suffered under so many tyrants? Now, having shaken off that yoke, does it really wish to return to the state that had once compelled it to submit to it?
I will not preach morality to them, nor will I order them to possess virtue. But I will place them in such a situation that they will exhibit these virtues without even knowing what they are; and they will be good and just, without truly understanding what justice and goodness entail.
I don’t know how it happens, but I am well aware that precisely those operations for which the most records and account books are kept are also the ones in which the most fraud occurs.
Such were those young Romans who began their careers as quaestors or treasurers of the armies before eventually taking command of them. Such financiers were not dishonest people; it never even occurred to them that it would be possible to profit at the expense of public funds; and military coffers could safely come into the hands of men like Cato.
Rather than suppressing luxury through sumptuary laws, it is better to prevent it through an administrative system that makes it impossible.
I am convinced that if one searches thoroughly, one will find iron mines on the island; it would be far better to find iron mines than gold mines.
And, even in doubt, it is better to begin with the state that naturally leads to the other, and from which one can always return if one hopes to end up in a better situation, rather than starting with the state from which there is no return to the first one, and which holds only destruction and ruin ahead.
The privileges that those aforementioned families will enjoy.
This article is destructive to the spirit of the Republic, which demands that the military be strictly subordinate to the civil authorities and consider itself merely as the minister of ministers of the Law. It is of utmost importance that the military not constitute an independent entity in its own right, but rather be an incidental aspect of the citizen-state. If nobility were granted privileges or distinctions within the armed forces, it would soon lead to military officers considering themselves superior to civil officials; the leaders of the Republic would then be regarded merely as mere functionaries; and a state governed militarily would rapidly slide into despotism.
It is an excellent way to learn to relate everything to the Law—to see a person who was once so respected while in power return to the private sphere. And for that person himself, it is a valuable lesson in upholding the rights of individuals, for it ensures that one day he will once again be among them.
For example, since the province of Cap Corse can only produce wine, it is necessary to prevent too much wine from being cultivated in the rest of the island, so that this region would no longer be able to export its own production.
For since private property is so weak and dependent, the Government needs but little force to guide the peoples, as it were, with a mere flick of its finger.
Where are those princes who take the trouble to gather theologians to consult on whether what they intend to undertake is legitimate?
I hold deep respect for the Republic of Genoa; I have the same respect for each of its sovereigns, even though I sometimes tell them truths that are rather harsh. May heaven, for their own benefit, allow us to speak such truths more often, and may they deign to listen to them occasionally.
Please note that I am not suggesting here the assignment of corvée or any form of forced labor for an absolute good; it would be better if such tasks were carried out voluntarily and with payment. However, if the means of payment themselves did not lead to countless abuses and even greater, more limitless harms than those that might result from such coercion—especially when those who impose it are in the same position as those who are forced to comply—then that would be another matter.
For when there will be only one kind of income, namely the fruits of the earth, there will also only be one kind of property, namely the earth itself.
For the true spirit of public property is that private property should be very strong within the direct line of descent, and very weak or non-existent among collateral relatives.
And to raise the rate in order to credit the commodity and debauch the currency.
The Corsicans are still almost in a natural and healthy state; but it requires great skill to maintain them in that condition, because their prejudices prevent them from staying there: they possess precisely what is suitable for them, yet they desire what is harmful to them. Their sentiments are genuine; it is merely a hundred false ideas that deceive them. They see the false splendor of neighboring nations and long to be like them, because they are unaware of their own misery and fail to realize how much better off they actually are.
To prevent the export of these goods is to cut off at the root the sources of great wealth.
Noble people, I do not wish to impose upon you artificial and systematic laws invented by humans; rather, I seek to restore you under the sole authority of nature and order—laws that command the heart without enslaving will.
End of the draft constitution for Corsica.
Table of Contents for the title
List of philosophical and political works
General list of titles
Finché l’oro sarà utile ai Corsi, lo ameranno; e finché lo ameranno, la Repubblica manterrà tra di loro degli emissari e dei traditori che influenzeranno le loro deliberazioni, tenendo in sostanza lo Stato in ostaggio dei suoi antichi padroni.
Non si può contare su un entusiasmo vivace, ma sempre di breve durata, in seguito al recupero della libertà. L’eroismo popolare è un momento di passione intensa, che viene seguito dalla stanchezza e dal rilassamento. Bisogna fondare la libertà di un popolo sul suo modo di essere, e non sulle sue passioni. Infatti, le passioni sono effimere e cambiano oggetto; mentre l’effetto di una buona costituzione dura per tutto il tempo in cui essa esiste; e nessun popolo potrebbe rimanere libero se non si trovasse bene nella libertà stessa.
Si ricordano bene che ogni tipo di privilegio è a vantaggio dei singoli che lo ottengono e a spese della nazione che lo concede.
È questa contraddizione ridicola che colpisce tutti i governi violenti: essi, volendo mantenere i popoli in uno stato di debolezza, cercano allo stesso tempo di elevare sé stessi a uno stato di forza.
La nazione non sarà illustre, ma sarà felice. Non se ne parlerà; avrà poca considerazione all’esterno; ma dentro di sé godrà di abbondanza, pace e libertà.
Qualsiasi querelante che rifiuti di ricorrere all’arbitrato degli anziani, o che, pur avendolo accettato, si rifiuti di attenersi al loro giudizio, in caso di sconfitta in un processo regolare, verrà dichiarato incapace e non potrà esercitare alcuna funzione pubblica per un periodo di cinque anni.
Qualsiasi figlia di cittadino che sposi un corso, indipendentemente dalla sua condizione sociale, riceverà in dote i beni terrieri del marito; tale dote sarà sempre rappresentata da un appezzamento di terra e, se il marito è ambizioso, sarà sufficiente per permettergli di ascendere nella classe dei patrioti.
Di tutti i governi, il democratico è sempre il meno dispendioso; poiché il lusso pubblico consiste soltanto nell’abbondanza delle risorse umane, e dove il popolo è padrone, il potere non ha alcun bisogno di manifestazioni appariscenti.
Poiché due o più stati siano soggetti allo stesso principe, ciò non è affatto contrario al diritto e alla ragione. Tuttavia, che uno stato sia soggetto a un altro sembra incompatibile con la natura del corpo politico.
Sebbene sappia che il popolo corso possiede pregiudizi molto contrari ai miei principi, la mia intenzione non è certo quella di utilizzare l’arte della persuasione per farli adottare. Voglio piuttosto esporre loro il mio punto di vista e le mie ragioni con tale semplicità da non lasciare spazio a alcuna possibilità di seduzione; perché è molto probabile che io mi sbagli, e sarei assai dispiaciuto se decidessero di seguire il mio parere a proprio svantaggio.
Da dove provennero in Corsica le dissensioni, le lotte, le guerre civili che la dilaniarono per tanti anni, costringendola infine a ricorrere ai Pisani e poi ai Genovesi? Tutto ciò non fu forse opera della sua nobiltà? Non fu forse essa ad abbattere il popolo nel dispero e a costringerlo a preferire uno schiavitù tranquilla ai mali che soffriva sotto tanti tiranni? Vuole ora, dopo aver scosso il giogo, ritornare nello stato che lo costrinse ad sottomettersi ad esso?
Non li insegnerò la morale, non gli ordinerò di possedere virtù. Ma li metterò in una situazione tale che svilupperanno queste virtù, senza nemmeno conoscere il loro nome; e saranno buoni e giusti, senza comprendere appieno cosa significhi giustizia e bontà.
Non so come ciò avvenga, ma so con certezza che sono proprio le operazioni per cui si tengono più registri e conti contabili quelle in cui si commettono più irregolarità.
Ecco quei giovani Romani che inizialmente ricoprivano incarichi di questore o tesoriere delle armate prima di assumere il comando. Tali finanziari non erano persone disoneste; nemmeno li sfiorava l’idea di poter trarre profitto dai fondi pubblici; e le casse militari potevano passare senza rischi nelle mani dei Catoni.
Invece di reprimere il lusso con leggi rigide contro gli eccessi, è meglio prevenirlo attraverso un sistema amministrativo che ne renda l’attuazione impossibile.
Sono convinto che, se si cerca con attenzione, si possano trovare miniere di ferro sull’isola; sarebbe meglio trovarvi miniere di ferro piuttosto che miniere d’oro.
E, anche nel dubbio, è meglio iniziare da uno stato che naturalmente conduce all’altro e dal quale si può sempre tornare, se ci si augura di trovarsi meglio in quello successivo, piuttosto che da uno stato dal quale non si può più tornare al primo e che non ha davanti a sé altro che distruzione e rovina.
Le prerogative di cui godranno le suddette famiglie.
Questo articolo è distruttivo dello spirito della Repubblica, che prevede che il settore militare sia estremamente subordinato a quello giudiziario e si consideri soltanto come “il ministro dei ministri della Legge”. È di fondamentale importanza che il settore militare non costituisca uno stato a sé stante, ma solo un aspetto dell’ordinamento civile. Se la nobiltà avesse privilegi e distinzioni all’interno delle truppe, ben presto gli ufficiali militari si considererebbero superiori agli ufficiali civili; i capi della Repubblica verrebbero visti soltanto come funzionari di basso rango; e lo Stato, governato in modo militaristico, cadrebbe rapidamente sotto il dominio del dispotismo.
È un ottimo modo per imparare a collegare tutto alla Legge osservare come l’uomo che abbiamo tanto rispettato quando era al potere ritorni allo stato privato; ed è anche una grande lezione per lui stesso, per comprendere l’importanza di difendere i diritti dei singoli, sapendo che un giorno si troverà tra loro.
Ad esempio, poiché la provincia di Capo Corsica può produrre soltanto vino, è necessario impedire che viene coltivato in quantità sufficienti in tutte le altre parti dell’isola, affinché queste ultime non possano più importare il proprio vino.
Poiché la proprietà privata è così debole e dipendente, al governo basta poco potere per guidare i popoli, per così dire, con un semplice movimento del dito.
Dove sono quei principi che si prendono la briga di riunire dei teologi per consultarsi sul fatto che ciò che intendono intraprendere sia legittimo?
Nutro un profondo rispetto per la Repubblica di Genova; lo stesso vale per ogni suo sovrano, anche se a volte dico loro verità piuttosto dure. Che il cielo voglia che queste verità vengano dette più spesso, e che i sovrani si degnino talvolta di ascoltarle. Per il loro stesso bene.
Vi prego di fare attenzione: non sto affatto parlando di corvée né di alcun tipo di lavoro forzato in nome di un bene assoluto; sarebbe meglio che tutto ciò avvenisse liberamente e a pagamento, se solo i mezzi per pagare non portassero con sé infiniti abusi e danni ancora maggiori e senza limiti rispetto a quelli che potrebbero derivare da questa coercizione, soprattutto quando coloro che la impongono sono allo stesso stato di coloro a cui viene imposta.
Poiché, quando esisterà soltanto un tipo di reddito, ovvero i frutti della terra, allora esisterà anche solo un tipo di bene, ovvero la terra stessa.
Poiché lo vero spirito della proprietà pubblica consiste nel fatto che la proprietà privata sia molto forte nella linea diretta di discendenza e molto debole o addirittura inesistente tra i parenti collaterali.
E aumentare il tasso di interesse per rendere la merce più “preziosa” e la moneta meno così, in altre parole, per far sì che la moneta perdesse valore.
I Corsi si trovano quasi ancora nello stato naturale e sano; ma è necessario molto impegno per mantenerli in tale stato, poiché i loro pregiudizi li allontanano da esso: possiedono esattamente ciò che gli conviene, ma desiderano ciò che non è vantaggioso per loro. I loro sentimenti sono sinceri; sono soltanto centinaia di false informazioni a ingannarli. Vedono lo splendore apparente delle nazioni vicine e bramano essere come loro, perché non percepiscono la propria miseria e non si rendono conto di essere in realtà infinitamente meglio di quelle nazioni.
Impedire l’esportazione di tali merci significa tagliare alla radice le grandi proprietà economiche.
Nobile popolo, non intendo impartirvi leggi artificiali e sistematiche, inventate dagli uomini; ma riportarvi sotto le sole leggi della natura e dell’ordine, che guidano il cuore senza opprimere la volontà.
Fine del progetto di costituzione per la Corsica.
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere filosofiche e politiche
Elenco generale dei titoli