Rousseau
Abstract
A summary of the long controversy that followed the publication of the first Discourse: Rousseau reviews his opponents’ accusations (that he does not believe what he argues, that his conduct contradicts his principles) and answers them point by point.
Connections
Assi: Senso della storia
Posizioni: decadenza
Forme: saggio
Scuole: illuminismo
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Résumé de la querelle
Il faut, malgré ma répugnance, que je parle de moi ; il faut que je convienne des torts que l’on m’attribue, ou que je m’en justifie. Les armes ne seront pas égales, je le sens bien ; car on l’attaquera avec des plaisanteries, et je ne me défendrai qu’avec des raisons : mais pourvu que je convainque mes adversaires, je me soucie très peu de les persuader. En travaillant à mériter ma propre estime, j’ai appris à me passer de celle des autres, qui, pour la plupart, se passent bien de la mienne. Mais s’il ne m’importe guère qu’on pense bien ou mal de moi, il m’importe que personne n’ait droit d’en mal penser ; et il importe à la vérité que j’ai soutenue, que son défenseur ne soit point accusé justement de ne lui avoir prêté son secours que par caprice ou par vanité, sans l’aimer et sans la connaître.
Le parti que j’ai pris dans la question que j’examinais il y a quelques années, n’a pas manqué de me susciter une multitude d’adversaires[78], plus attentifs peut-être à l’intérêt des gens de lettres qu’à l’honneur de la littérature. Je l’avais prévu, et je m’étais bien douté que leur conduite en cette occasion prouverait en ma faveur plus que tous mes discours. En effet, ils n’ont déguisé ni leur surprise, ni leur chagrin de ce qu’une académie s’était montrée intègre si mal à propos. Ils n’ont épargné contre elle, ni les invectives indiscrètes, ni même les faussetés[79], pour tâcher d’affaiblir le poids de son jugement. Je n’ai pas non plus été oublié dans leurs déclamations. Plusieurs ont entrepris de me réfuter hautement ; les sages ont pu voir avec quelle force ; et le public avec quel succès ils l’ont fait. D’autres plus adroits, connaissant le danger de combattre directement des vérités démontrées, ont habilement détourné sur ma personne une attention qu’il ne fallait donner qu’à mes raisons ; et l’examen des accusations qu’ils m’ont intentées, a fait oublier les accusations plus graves que je leur intentais moi-même. C’est donc à ceux-ci qu’il faut répondre une fois.
Ils prétendent que je ne pense pas un mot des vérités que j’ai soutenues, et qu’en démontrant une proposition, je ne laissais pas de croire le contraire : c’est-à-dire, que j’ai prouvé des choses si extravagantes, qu’on peut affirmer que je n’ai pu les soutenir que par jeu. Voilà un bel honneur qu’ils font en cela à la science qui sert de fondement à toutes les autres ; et l’on doit croire que l’art de raisonner sert de beaucoup à la découverte de la vérité, quand on le voit employer avec succès à démontrer des folies !
Ils prétendent que je ne pense pas un mot des vérités que j’ai soutenues. C’est sans doute de leur part une manière nouvelle et commode de répondre à des arguments sans réponse, de réfuter les démonstrations même d’Euclide, et tout ce qu’il y a de démontré dans l’univers. Il me semble, à moi, que ceux qui m’accusent si témérairement de parler contre ma pensée, ne se font pas eux-mêmes un grand scrupule de parler contre la leur ; car ils n’ont assurément rien trouvé dans mes écrits, ni dans ma conduite, qui ait dû leur inspirer cette idée, comme je le prouverai bientôt ; et il ne leur est pas permis d’ignorer que, dès qu’un homme parle sérieusement, on doit penser qu’il croit ce qu’il dit, à moins que ses actions ou ses discours ne le démentent : encore cela même ne suffit-il pas toujours pour s’assurer qu’il n’en croit rien.
Ils peuvent donc crier, autant qu’il leur plaira, qu’en me déclarant contre les sciences, j’ai parlé contre mon sentiment. À une assertion aussi téméraire, dénuée également de preuve et de vraisemblance, je ne fais qu’une réponse ; elle est courte et énergique, et je les prie de se la tenir pour faite.
Ils prétendent encore que ma conduite est en contradiction avec mes principes, et il ne faut pas douter qu’ils n’emploient cette seconde instance à établir la première ; car il y a beaucoup de gens qui savent trouver des preuves à ce qui n’est pas. Ils diront donc, qu’en faisant de la musique et des vers, on a mauvaise grâce à déprimer les beaux-arts, et qu’il y a dans les belles-lettres que j’affecte de mépriser, mille occupations plus louables que d’écrire des comédies. Il faut répondre aussi à cette accusation.
Premièrement, quand même on l’admettrait dans toute sa rigueur, je dis qu’elle prouverait que je me conduis mal, mais non que je ne parle pas de bonne foi. S’il était permis de tirer des actions des hommes la preuve de leurs sentiments, il faudrait dire que l’amour de la justice est banni de tous les cœurs, et qu’il n’y a pas un seul chrétien sur la terre. Qu’on me montre des hommes qui agissent toujours conséquemment à leurs maximes, et je passe condamnation sur les miennes. Tel est le sort de l’humanité ; la raison nous montre le but et les passions nous en écartent. Quand il serait vrai que je n’agis pas selon mes principes, on n’aurait donc pas raison de m’accuser, pour cela seul, de parler contre mon sentiment, ni d’accuser mes principes de fausseté.
Mais si je voulais passer condamnation sur ce point, il me suffirait de comparer les temps pour concilier les choses. Je n’ai pas toujours eu le bonheur de penser comme je fais. Longtemps séduit par les préjuges de mon siècle, je prenais l’étude pour la seule occupation digne d’un sage ; je ne regardais les sciences qu’avec respect, et les savants qu’avec admiration[80]. Je ne comprenais pas que l’on pût s’égarer en démontrant toujours, ni mal faire en parlant toujours de sagesse. Ce n’est qu’après avoir vu les choses de près, que j’ai appris à les estimer ce qu’elles valent ; et quoique dans mes recherches j’aie toujours trouvé, satis eloquentiae, sapientiae parum, il m’a fallu bien des réflexions, bien des observations et bien du temps pour détruire en moi l’illusion de toute cette vaine pompe scientifique. Il n’est pas étonnant que, durant ces temps de préjugés et d’erreurs où j’estimais tant la qualité d’auteur j’aie quelquefois aspiré à l’obtenir moi-même. C’est alors que furent composés les vers et la plupart des autres écrits qui sont sortis de ma plume, et entre autres cette petite comédie. Il y aurait peut-être de la dureté à me reprocher aujourd’hui ces amusements de ma jeunesse ; et on aurait tort au moins de m’accuser d’avoir contredit en cela des principes qui n’étaient pas encore les miens. Il y a longtemps que je ne mets plus à toutes ces choses aucune espèce de prétention ; et hasarder de les donner au public dans ces circonstances, après avoir eu la prudence de les garder si longtemps, c’est dire assez que je dédaigne également la louange et le blâme qui peuvent leur être dûs ; car je ne pense plus comme l’auteur dont ils sont l’ouvrage. Ce sont des enfants illégitimes que l’on caresse encore avec plaisir, en rougissant d’en être le père, à qui l’on fait ses derniers adieux, et qu’on envoie chercher fortune, sans beaucoup s’embarrasser de ce qu’ils deviendront.
Mais c’est trop raisonner d’après des suppositions chimériques. Si l’on m’accuse sans raison de cultiver les lettres que je méprise, je m’en défends sans nécessité ; car quand le fait serait vrai, il n’y aurait en cela aucune inconséquence ; c’est ce qui me reste à prouver.
Je suivrai pour cela, selon ma coutume, la méthode simple et facile qui convient à la vérité. J’établirai de nouveau l’état de la question ; j’exposerai de nouveau mon sentiment, et j’attendrai que, sur cet exposé, on veuille me montrer en quoi mes actions démentent mes discours. Mes adversaires, de leur côté, n’auront garde de demeurer sans réponse, eux qui possèdent l’art merveilleux de disputer pour et contre sur toutes sortes de sujets. Ils commenceront, selon leur coutume, par établir une autre question à leur fantaisie ; ils me la feront résoudre comme il leur conviendra. Pour m’attaquer plus commodément, ils me feront raisonner, non à ma manière, mais à la leur : ils détourneront habilement les yeux du lecteur de l’objet essentiel, pour les fixer à droite à gauche. Ils combattront un fantôme, et prétendront m’avoir vaincu ; mais j’aurai fait ce que je dois faire, et je commence.
Summary of the argument
Despite my aversion, I must speak of myself; I must either acknowledge the faults attributed to me or defend myself against them. The weapons at my disposal will not be equal, I am well aware of that—for they will attack me with jokes, while I can only defend myself with reasons. But as long as I succeed in convincing my opponents, I care very little whether they are persuaded or not. In striving to earn my own respect, I have learned to do without the respect of others, most of whom, after all, do just as well without mine. However, while it matters little to me what people think of me, it is essential that no one have the right to hold ill opinions of me. And for the truth I have defended, it is crucial that its defender not be unjustly accused of supporting it merely out of caprice or vanity—without truly loving and understanding it.
The stance I took on the issue I was examining a few years ago undoubtedly attracted numerous opponents[78], people who were perhaps more concerned with the interests of literati than with the honor of literature itself. I had anticipated this, and I fully expected that their behavior in this matter would prove my case better than any of my speeches could have done. Indeed, they did not conceal their surprise or their disappointment at how an academy could act so indecently in such a matter. They spared no indecent invectives, nor even false accusations[79], in their attempt to undermine the weight of its judgment. I was also not forgotten in their outbursts; several people went so far as to publicly refute my arguments. The wise were able to see how forcefully they did so, and the public witnessed their success at it. Others, more cunning, aware of the danger of directly confronting well-proven truths, cleverly diverted attention away from my arguments and onto myself; as a result, the scrutiny of the accusations they leveled against me overshadowed those far more serious accusations I had myself directed at them. It is to these latter individuals that I must now respond once and for all.
They claim that I do not mean a single word of the truths I have asserted, and that in proving a proposition, I did not leave any room for believing the opposite; in other words, they say that I proved things so absurd that it can only be assumed I did so merely for fun. What a great honor they pay thus to the science which serves as the foundation for all other sciences; and one must indeed believe that the art of reasoning is of tremendous help in discovering the truth, when it is seen being successfully employed to prove absurdities!
They claim that I do not believe a single word of the truths I have asserted. Perhaps this is for them a novel and convenient way to respond to arguments that have no answer, to refute even Euclid’s demonstrations—and everything that has been proven in the universe. In my opinion, those who so boldly accuse me of speaking against my own thoughts show no great scruples about speaking against their own; for surely they have not found anything in my writings or behavior that could have inspired such an idea—something I will soon prove. Moreover, it is impossible for them to ignore the fact that whenever a man speaks seriously, one must assume that he believes what he says, unless his actions or words prove otherwise—but even that is not always sufficient to determine whether he truly believes it.
They may therefore cry out as much as they please that by declaring myself against science, I have spoken against my own feelings. In response to such a presumptuous assertion, which is also devoid of proof and likelihood, I offer only one reply; it is short and emphatic, and I ask them to accept it as true.
They still claim that my actions are in contradiction with my principles, and there is no doubt that they use this second argument to establish the first one; for there are many people who know how to find evidence for things that do not exist. They will say that those who engage in music and poetry are unworthy of demeaning the arts, and that there are countless more honorable pursuits in literature than writing comedies. This accusation must also be addressed.
Firstly, even if one were to admit it in all its rigor, I claim that it would only prove that I behave improperly, but not that I do not speak out of good faith. If it were permissible to derive people’s actions as evidence of their true feelings, then it would have to be concluded that the love for justice is utterly absent from everyone’s heart—and that there isn’t a single Christian on earth. Show me men who always act in accordance with their own principles, and I will immediately condemn my own. Such is the fate of humanity: reason points us toward our goals, but passions drive us away from them. Even if it were true that I do not act according to my principles, one would still have no right to accuse me of speaking against my own feelings, nor to claim that my principles are false.
But if I were to wish to justify my position on this point, it would be sufficient for me to compare the times in order to reconcile things. I have not always been so fortunate as to think in the way I do now. For a long time, influenced by the prejudices of my century, I regarded study as the only occupation worthy of a sage; I looked upon sciences with respect and upon scholars with admiration[80]. I did not understand that one could err in constantly proving things, nor that one could do wrong in always speaking of wisdom. It was only after observing things up close that I learned to appreciate them for what they truly were; and although in my researches I always found that eloquence was more common than wisdom, it took me much reflection, observation, and time to overcome the illusion created by all this vain scientific pretense. It is not surprising that, during those times filled with prejudice and error when I held such high regard for the status of an author, I sometimes aspired to attain it myself. It was then that I composed the poems and most of the other writings that came from my pen, including this little comedy. Perhaps it would be harsh to reproach me today for these past amusements of my youth; and it would be wrong to accuse me of contradicting principles that were not yet mine at the time. Long ago, I ceased to attach any pretense to such things; and to dare present them to the public now, after having so carefully kept them hidden for so long, is enough to show that I despise both the praise and criticism they might deserve—for I no longer think in the way of the author who created them. They are like illegitimate children whom one still fondly caresses, yet shudders at being their father; ones to whom one says final goodbye and sends off to seek their own fortune, without giving much thought to what will become of them.
But to reason in this manner is based on fanciful assumptions. If I am accused without cause of cultivating the literature that I despise, I need not defend myself at all; for even if it were true, there would be no inconsistency in it—and that is precisely what remains to be proven.
In following this approach, I will, as is my custom, adopt the simple and straightforward method that befits the truth. I will once again establish the facts of the matter; I will restate my position, and I await to see whether anyone will point out in what way my actions contradict my words. On their part, my opponents will surely not remain silent—especially since they possess the remarkable skill of debating on all sorts of subjects. They will, as is their usual practice, begin by fabricating another issue of their own devising; they will then demand that I resolve it in their favor. To attack me more effectively, they will try to make me reason not in my own way but in theirs: they will skillfully distract the reader’s attention from the essential issues and lead them astray. They will fight against a phantom and claim to have defeated me; but I will have done exactly what was required of me—and now I begin.
Riassunto della disputa
Devo, nonostante la mia ripugnanza, parlare di me stesso; devo ammettere gli errori che mi vengono attribuiti o difendermi da essi. So bene che le armi con cui mi batterò non saranno uguali: loro useranno battute e scherzi, mentre io mi difenderò soltanto con argomentazioni razionali. Ma purché riesca a convincere i miei avversari, non mi interessa affatto persuaderli. Lavorando per meritare la mia stessa stima, ho imparato a fare a meno di quella degli altri, che, nella maggior parte dei casi, fanno benissimo a fare a meno della mia. Tuttavia, se non mi importa molto che le persone pensino bene o male di me, è fondamentale che nessuno abbia il diritto di pensar male di me; inoltre, per la verità che ho difeso, è essenziale che il suo difensore non venga accusato di averla sostenuta soltanto per capriccio o vanità, senza amarla e conoscerla davvero.
Le posizioni che ho assunto riguardo alla questione che stavo esaminando alcuni anni fa non hanno mancato di suscitare in me numerosi avversari[78], forse più attenti agli interessi degli uomini di lettere che all’onore della letteratura stessa. Me l’aspettavo, e sapevo bene che il loro comportamento in questa occasione avrebbe dimostrato a mio favore più di qualsiasi discorso potessi tenere. Infatti, non hanno nascosto né la loro sorpresa né il loro rammarico per il fatto che un’accademia si fosse comportata in modo così inappropriato. Non hanno risparmiato né insulti indiscreti né menzogne[79] nel tentativo di indebolire l’autorità della sua valutazione. Nemmeno io sono stato dimenticato nelle loro dichiarazioni: molti hanno cercato di confutarmi apertamente; i saggi hanno potuto constatare con quanta forza lo hanno fatto, e il pubblico ha visto con quale successo. Altri, più abili, consapevoli del pericolo di contrapporsi direttamente a verità dimostrate, hanno abilmente deviato l’attenzione su di me, quando invece avrebbe dovuto essere rivolta alle mie argomentazioni; e l’esame delle accuse che mi hanno mosso ha fatto dimenticare quelle ben più gravi che io stesso avevo loro rivolto. È quindi a questi ultimi che devo rispondere una volta per tutte.
Sostengono che io non pensi affatto alle verità che ho affermato e che, nel dimostrare una proposizione, non lasciassi mai spazio al credere il contrario: in altre parole, che abbia provato cose così assurde da poter affermare che le abbia sostenute soltanto per scherzo. Che bel complimento rivolgono così alla scienza, che costituisce la base di tutte le altre; e si deve credere che l’arte del ragionare sia davvero molto utile nella scoperta della verità, quando si vede come venga utilizzata con successo anche per dimostrare assurdità!
Affermano che io non dica una parola delle verità che ho sostenuto. Probabilmente questo rappresenta per loro un modo nuovo e comodo per rispondere ad argomenti senza risposta, per confutare le dimostrazioni stesse di Euclide e tutto ciò che è stato dimostrato nell’universo. A mio parere, coloro che mi accusano così audacemente di parlare contro i miei pensieri non si preoccupano affatto di contraddire i propri; infatti, sicuramente non hanno trovato nei miei scritti o nel mio comportamento nulla che potesse ispirarli a questa idea, come dimostrerò presto. Inoltre, non possono ignorare che, quando un uomo parla seriamente, si deve presumere che creda in ciò che dice, a meno che le sue azioni o i suoi discorsi non lo contraddicano; anche questo, tuttavia, non è sempre sufficiente per essere certi che egli non ci creda affatto.
Pertanto, possono gridare quanto vogliono che, dichiarandomi contrario alle scienze, abbia parlato contro i miei sentimenti. Di fronte a un’affermazione così temeraria, priva sia di prove che di plausibilità, rispondo in modo breve e deciso; li prego di considerarla tale.
Sostengono ancora che il mio comportamento sia in contraddizione con i miei principi, e non c’è dubbio che utilizzino questo secondo argomento per confermare il primo; infatti, ci sono molte persone capaci di trovare prove anche per ciò che non esiste. Diranno quindi che dedicarsi alla musica e alla poesia significhi trascurare le belle arti, e che nelle lettere, che io affermo di disprezzare, ci siano mille occupazioni più meritevoli che scrivere commedie. Anche a questa accusa bisogna rispondere.
In primo luogo, anche ammettendola nella sua intera rigore, direi che essa dimostrerebbe soltanto che mi comporto male, ma non che non parli a buona fede. Se fosse possibile trarre dalle azioni delle persone la prova dei loro sentimenti, si dovrebbe concludere che l’amore per la giustizia è bandito da tutti i cuori, e che non esista nemmeno un solo cristiano al mondo. Mostratemi degli uomini che agiscano sempre in modo coerente con le proprie massime, e io rinuncerò alle mie. Questo è il destino dell’umanità: la ragione ci indica la direzione da seguire, ma le passioni ci allontanano da essa. Anche se fosse vero che non agisco secondo i miei principi, non ci sarebbe motivo di accusarmi, solo per questo, di parlare contro il mio sentimento, né di definire i miei principi falsi.
Ma se volessi giudicare severamente in questo senso, mi basterebbe confrontare i tempi per far quadrare le cose. Non ho sempre avuto la fortuna di pensare come faccio ora; a lungo sedotto dai pregiudizi del mio secolo, consideravo lo studio l’unica occupazione degna di un saggio; guardavo alle scienze con rispetto e ai saggi con ammirazione[80]. Non capivo che si potesse sbagliare cercando sempre di dimostrare qualcosa, né che si potesse commettere un errore parlando sempre di saggezza. Solo dopo aver osservato le cose da vicino ho imparato a valutarle per quello che realmente sono; e sebbene nelle mie ricerche abbia sempre trovato poco in termini di eloquenza, molto meno di saggezza, mi sono servito di molte riflessioni, osservazioni e tempo per distruggere in me l’illusione legata a tutta questa vana pompa scientifica. Non sorprende quindi che, in quei tempi di pregiudizi ed errori, quando stimavo tanto la qualità di “autore”, a volte aspirassi anch’io ad ottenerla. Fu allora che composi i versi e la maggior parte degli altri scritti che sono usciti dalla mia penna, compresa questa piccola commedia. Forse oggi sarebbe crudele rimproverarmi per questi divertimenti della mia giovinezza; e sarebbe sbagliato accusarmi di aver contraddetto principi che all’epoca non erano ancora i miei. Da molto tempo non attribuisco più a queste cose alcuna importanza; e rischiare di presentarle al pubblico in queste circostanze, dopo aver avuto la prudenza di tenerle nascoste per tanto tempo, significa chiaramente che disprezzo sia l’elogio che il rimprovero che potrebbero ricevere; perché non penso più come l’autore di cui sono l’opera. Sono come dei figli illegittimi che ancora si coccolano con piacere, pur arrossendo di essere i loro genitori; a cui si dicono addio per l’ultima volta e che poi si manda a cercare fortuna, senza preoccuparsi troppo di ciò che diventeranno.
Ma è troppo ragionare basandosi su supposizioni chimere. Se mi si accusa senza motivo di coltivare le lettere che disprezzo, mi difendo senza alcuna necessità; perché anche se ciò fosse vero, non ci sarebbe alcuna inconsequenza in questo; ed è proprio questo che devo ancora dimostrare.
Per farlo, seguirò, come al solito, il metodo semplice ed efficace che si addice alla verità. Stabilirò nuovamente la natura della questione, esporrò di nuovo le mie opinioni e aspetterò che, sulla base di queste esposizioni, qualcuno mi mostri in cosa le mie azioni smentiscano le mie parole. I miei avversari, dal canto loro, non mancheranno certo di rispondere, essendo loro capaci dell’arte meravigliosa di discutere a favore o contro su ogni sorta di argomento. Cominceranno, come al solito, stabilendo un’altra questione a piacimento loro; mi faranno risolverla nel modo che più conviene a loro. Per attaccarmi in modo più agevole, mi faranno ragionare non secondo il mio metodo, ma secondo il loro: distoglieranno abilmente l’attenzione del lettore dall’argomento essenziale, guidandola in direzioni diverse. Combatteranno contro un fantasma e pretenderanno di avermi sconfitto; ma io avrò fatto ciò che dovevo fare. E ora comincio.
« La science n’est bonne à rien, et ne fait jamais que du mal ; car elle est mauvaise par sa nature. Elle n’est pas moins inséparable du vice, que l’ignorance de la vertu. Tous les peuples lettrés ont toujours été corrompus ; tous les peuples ignorants ont été vertueux : en un mot, il n’y a de vices que parmi les savants, ni d’homme vertueux que celui qui ne sait rien. Il y a donc un moyen pour nous de redevenir honnêtes gens ; c’est de nous hâter de proscrire la science et les savants, de brûler nos bibliothèques, fermer nos académies, nos collèges, nos universités, et de nous replonger dans toute la barbarie des premiers siècles. »
Voilà ce que mes adversaires ont très bien réfuté : aussi, jamais n’ai-je dit ni pensé un seul mot de tout cela, et l’on ne saurait rien imaginer de plus opposé à mon système que cette absurde doctrine qu’ils ont la bonté de m’attribuer. Mais voici ce que j’ai dit et qu’on n’a point réfuté.
Il s’agissait de savoir si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer nos moeurs.
En montrant, comme je l’ai fait, que nos moeurs ne se sont point épurées[81], la question était à-peu-près résolue.
Mais elle en renfermait implicitement une autre plus générale et plus importante, sur l’influence que la culture des sciences doit avoir en toute occasion sur les moeurs des peuples. C’est celle-ci, dont la première n’est qu’une conséquence, que je me proposai d’examiner avec soin.
Je commençai par les faits, et je montrai que les moeurs ont dégénéré chez tous les peuples du monde, à mesure que le goût de l’étude et des lettres s’est étendu parmi eux.
Ce n’était pas assez ; car sans pouvoir nier que ces choses eussent toujours marché ensemble, on pouvait nier que l’une eut amené l’autre : je m’appliquai donc à montrer cette liaison nécessaire. Je fis voir que la source de nos erreurs sur ce point vient de ce que nous confondons nos vaines et trompeuses connaissances avec la souveraine Intelligence qui voit d’un coup d’oeil la vérité de toutes choses. La science, prise d’une manière abstraite mérite toute notre admiration. La folle science des hommes n’est digne que de risée et de mépris.
Le goût des lettres annonce toujours chez un peuple un commencement de corruption qu’il accélère très promptement. Car ce goût ne peut naître ainsi dans toute une nation que de deux mauvaises sources que l’étude entretient et grossit à son tour ; savoir, l’oisiveté et le désir de se distinguer. Dans un état bien constitué, chaque citoyen à ses devoirs à remplir ; et ces soins importants lui sont trop chers pour lui laisser le loisir de vaquer à de frivoles spéculations. Dans un état bien constitué, tous les citoyens sont si égaux, que nul ne peut être préféré aux autres comme le plus savant ni même comme le plus habile, mais tout au plus comme le meilleur : encore cette dernière distinction est-elle souvent dangereuse ; car elle fait des fourbes et des hypocrites.
Le goût des lettres qui naît du désir de se distinguer produit nécessairement des maux infiniment plus dangereux que tout le bien qu’elles font n’est utile ; c’est de rendre à la fin ceux qui s’y livrent très peu scrupuleux sur les moyens de réussir. Les premiers philosophes se firent une grande réputation en enseignant aux hommes la pratique de leurs devoirs et les principes de la vertu. Mais bientôt ces préceptes étant devenus communs, il fallut se distinguer en frayant des routes contraires. Telle est l’origine des systèmes absurdes des Leucippe, des Diogène, des Pyrrhon, des Protagore, des Lucrèce. Les Hobbes, les Mandeville et mille autres ont affecté de se distinguer de même parmi nous ; et leur dangereuse doctrine a tellement fructifié, que quoiqu’il nous reste de vrais philosophes, ardents à rappeler dans nos coeurs les lois de l’humanité et de la vertu, on est épouvanté de voir jusqu’à quel point notre siècle raisonneur a poussé dans ses maximes le mépris de l’homme et du citoyen.
Le goût des lettres, de la philosophie et des beaux-arts anéantit l’amour de nos premiers devoirs et de la véritable gloire. Quand une fois les talents ont envahi les honneurs dus à la vertu, chacun veut être un homme agréable, et nul ne se soucie d’être homme de bien. De là naît encore cette autre inconséquence qu’on ne récompense dans les hommes que les qualités qui ne dépendent pas d’eux : car nos talents naissent avec nous, nos vertus seules nous appartiennent.
Les premiers, et presque les uniques soins qu’on donne à notre éducation, sont les fruits et les semences de ces ridicules préjugés. C’est pour nous enseigner les lettres qu’on tourmente notre misérable jeunesse. Nous savons toutes les règles de la grammaire avant que d’avoir ouï parler des devoirs de l’homme : nous savons tout ce qui s’est fait jusqu’à présent, avant qu’on nous ait dit un mot de ce que nous devons faire ; et pourvu qu’on exerce notre babil, personne ne se soucie que nous sachions agir ni penser. En un mot, il n’est prescrit d’être savant que dans les choses qui ne peuvent nous servir de rien ; et nos enfants sont précisément élevés comme les anciens athlètes des jeux publics, qui, destinant leurs membres robustes à un exercice inutile et superflu, se gardaient de les employer jamais à aucun travail profitable.
Le goût des lettres, de la philosophie et des beaux-arts amollit les corps et les âmes. Le travail du cabinet rend les hommes délicats, affaiblit leur tempérament, et l’âme garde difficilement sa vigueur quand le corps a perdu la sienne. L’étude use la machine, épuise les esprits, détruit la force, énerve le courage ; et cela seul montre assez qu’elle n’est pas faite pour nous : c’est ainsi qu’on devient lâche et pusillanime, incapable de résister également à la peine et aux passions. Chacun sait combien les habitants des villes sont peu propres à soutenir les travaux de la guerre, et l’on n’ignore pas quelle est la réputation des gens de lettres en fait de bravoure[82]. Or rien n’est plus justement suspect que l’honneur d’un poltron.
Tant de réflexions sur la faiblesse de notre nature ne servent souvent qu’à nous détourner des entreprises généreuses. À force de méditer sur les misères de l’humanité, notre imagination nous accable de leur poids, et trop de prévoyance nous ôte le courage, en nous ôtant la sécurité. C’est bien en vain crue nous prétendons nous munir contre les accidents imprévus, si la science, « essayant de nous armer de nouvelles défenses contre les inconvénients naturels, nous a plus imprimé en la fantaisie leur grandeur et poids, qu’elle n’a ses raisons et vaines subtilités à nous en couvrir[83]. »
Le goût de la philosophie relâche tous les liens d’estime et de bienveillance qui attachent les hommes à la société ; et c’est peut-être le plus dangereux des maux qu’elle engendre. Le charme de l’étude rend bientôt insipide tout autre attachement. De plus, à force de réfléchir sur l’humanité, à force d’observer les hommes, le philosophe apprend à les apprécier selon leur valeur ; et il est difficile d’avoir bien de l’affection pour ce qu’on méprise. Bientôt il réunit en sa personne tout l’intérêt que les hommes vertueux partagent avec leurs semblables : son mépris pour les autres tourne au profit de son orgueil : son amour-propre augmente en même proportion que son indifférence pour le reste de l’univers. La famille, la patrie deviennent pour lui des mots vides de sens ; il n’est ni parent, ni citoyen, ni homme ; il est philosophe.
En même temps que la culture des sciences retire, en quelque sorte, de la presse le coeur du philosophe, elle y engage, en un autre sens, celui de l’homme de lettres ; et toujours avec un égal préjudice pour la vertu. Tout homme qui s’occupe des talents agréables veut plaire, être admiré ; et il veut être admiré plus qu’un autre. Les applaudissements publics appartiennent à lui seul : je dirais qu’il fait tout pour les obtenir, s’il ne faisait encore plus pour en priver ses concurrents. De là naissent, d’un côté, les raffinements du goût et de la politesse, vile et basse flatterie, soins séducteurs, insidieux, puérils, qui, à la longue, rapetissent l’âme et corrompent le coeur ; et de l’autre, les jalousies, les rivalités, les haines d’artistes si renommées, la perfide calomnie, la fourberie, la trahison, et tout ce que le vice a de plus lâche et de plus odieux. Si le philosophe méprise les hommes, l’artiste s’en fait bientôt mépriser, et tous deux concourent enfin à les rendre méprisables.
“Science is good for nothing and only brings harm; for it is inherently evil. It is just as inseparable from vice as ignorance is from virtue. All civilized peoples have always been corrupt; all ignorant peoples have always been virtuous. In short, vices exist only among the learned, and there are no virtuous people except those who know nothing. Therefore, there is a way for us to become honest people again: we must promptly ban science and scholars, burn our libraries, close our academies, colleges, and universities, and return to the barbarity of the early centuries.”
This is precisely what my opponents have refuted quite effectively: in fact, I have never said or thought a single word about any of this, and one could not imagine anything more contrary to my system than this absurd doctrine that they kindly attribute to me. However, here are the things I did say, and which have not been refuted.
The question was whether the revival of science and the arts had helped to purify our morals.
By showing, as I did, that our morals have not been purified[81], the issue was practically resolved.
But it implicitly contained another, more general and more important idea: namely, the influence that the culture of science must have at all times on the morals of peoples. It was this latter idea, of which the former is merely a consequence, that I intended to examine carefully.
I began with the facts and showed that morals had degenerated among all peoples of the world as the taste for study and literature spread among them.
That was not enough; for although one could not deny that these things always occurred together, it was still possible to deny that one of them necessarily led to the other. Therefore, I set out to demonstrate this necessary connection. I showed that the source of our errors on this matter lies in our confusion of our vain and deceptive knowledge with the supreme Intelligence that can perceive the truth of all things at a glance. Science, when considered in an abstract manner, deserves all our admiration; but the foolish science of mankind is worthy only of ridicule and contempt.
The taste for letters always indicates in a people the beginning of a process of corruption that is rapidly accelerated. For such a taste can arise within a nation only from two harmful sources, which study itself tends to nurture and amplify: knowledge, idleness, and the desire to distinguish oneself above others. In a well-ordered society, every citizen has duties to fulfill; and these important responsibilities are too precious for them to allow themselves the leisure to engage in frivolous speculations. In such a society, all citizens are so equal that none can be regarded as superior to others—either on account of greater knowledge or skill, but at most because they are better people. Yet even this last distinction is often dangerous, for it gives rise to deceivers and hypocrites.
The taste for letters, which arises from the desire to distinguish oneself, necessarily gives rise to evils that are infinitely more dangerous than any good those letters may bring; ultimately, it makes those who indulge in it far less scrupulous about the means necessary to achieve their goals. The earliest philosophers gained great renown by teaching people how to fulfill their duties and understanding the principles of virtue. But soon, as these teachings became commonplace, it became necessary to distinguish oneself by pursuing opposing paths. Such was the origin of the absurd systems of Leucippus, Diogenes, Pyrrhon, Protagoras, and Lucretius. Hobbes, Mandeville, and countless others have similarly sought to distinguish themselves among us; their dangerous doctrines have flourished so greatly that, despite the existence of true philosophers who are eager to remind us of the laws of humanity and virtue, we are horrified by the extent to which our rationalist era has pushed the contempt for man and citizenry in its principles.
The taste for letters, philosophy, and the fine arts destroys our love for our primary duties and true glory. Once talents usurp the honors that should belong to virtue, everyone seeks to be an agreeable person, and no one cares to be a good person. From this arises yet another inconsistency: in society, people are rewarded only for qualities that do not depend on them; after all, our talents are innate, while only our virtues truly belong to us.
The first, and almost the only, attention paid to our education consists of the fruits and seeds of these ridiculous prejudices. It is for the purpose of teaching us literature that our miserable youth is tormented. We learn all the rules of grammar before we are even told about the duties of a human being; we know everything that has happened in the past before we are given any hint as to what we ought to do in the present; and so long as we continue to chatter on, no one cares whether we know how to act or think. In short, it is only prescribed that we should be knowledgeable in matters that are of no practical use to us at all; and our children are precisely raised in the same way as those ancient athletes in public spectacles—whose strong bodies were trained for useless and excessive exercise, yet were never put to any useful work.
The pursuit of letters, philosophy, and the arts softens both body and soul. Sedentary work makes men delicate, weakens their temperament, and it is difficult for the soul to retain its vigor when the body has lost its strength. Study exhausts the body, wears out the mind, destroys physical strength, and undermines courage; and this alone is sufficient to show that such pursuits are not meant for us. In this way, one becomes weak and cowardly, unable to endure either hardship or passion with equal resolve. Everyone knows how poorly city dwellers are suited for enduring the hardships of war, and it is well known what reputation men of letters have in terms of bravery[82]. Yet nothing is more suspect than the honor of a coward.
So many reflections on the weakness of our nature often serve merely to deter us from undertaking generous actions. By dwelling too much on the miseries of humanity, our imagination burdens us with their weight, and excessive caution robs us of courage by stripping us of a sense of security. In vain do we attempt to prepare ourselves for unforeseen accidents, for if science, “in its efforts to equip us with new defenses against natural inconveniences,” has instead impressed upon our imagination the magnitude and severity of these troubles, it has far less succeeded in providing us with reasons or subtle means to mitigate their effects[83].
The taste for philosophy loosens all the bonds of esteem and goodwill that bind men to society; and perhaps this is the most dangerous evil it engenders. The allure of intellectual pursuit soon renders all other forms of attachment insipid. Moreover, by constantly reflecting on humanity and observing people, the philosopher learns to evaluate them according to their true worth; and it is difficult to feel deep affection for what one despises. Soon, he embodies in himself all the interests that virtuous people share with their fellow beings: his contempt for others merely feeds his pride; his self-love grows in direct proportion to his indifference toward the rest of the world. Family and country become empty terms for him; he is neither a relative nor a citizen, nor even a human being—he is simply a philosopher.
At the same time as the cultivation of the sciences, in a sense, removes from the press what might be considered the “heart” of philosophy—its more profound and reflective aspects—it introduces, in another sense, what is characteristic of literature: the interests and aspirations of the literary man. And once again, this has an equally detrimental effect on virtue. Any person who engages in pursuits that seek to please or attract admiration naturally desires to be admired more than others. Public acclaim becomes their sole goal; one might say they will do anything to secure it—yes, even more so than to deprive their competitors of it. From this arise, on the one hand, the refinements of taste and manners—vile and base flattery, seductive and insidious attentions, all of which, in the long run, diminish the soul and corrupt the heart. On the other hand, there are jealousy, rivalry, and hatreds among these so-called artists; there is perfidious slander, deceit, betrayal—and everything that vice has of most despicable and abhorrent nature. If the philosopher despises men, the artist soon makes them despised as well; together, they work to render human beings utterly contemptible.
“La scienza non è utile a nulla e non fa altro che del male; poiché per sua natura è malvagia. Non è meno strettamente legata al vizio di quanto l’ignoranza lo sia alla virtù. Tutti i popoli istruiti sono sempre stati corrotti; tutti i popoli ignoranti sono stati virtuosi: in altre parole, i vizi esistono soltanto tra gli studiosi, e non esiste uomo virtuoso se non colui che non sa nulla. Esiste quindi un modo per tornare ad essere persone oneste: è quello di proibire immediatamente la scienza e gli studiosi, bruciare le nostre biblioteche, chiudere le nostre accademie, i nostri collegi, le nostre università, e ritornare alla barbarie dei primi secoli.”
Ecco ciò che i miei avversari hanno confutato molto bene: pertanto, non ho mai detto né pensato una sola parola al riguardo, e non si potrebbe immaginare nulla di più contrario al mio sistema di questa assurda dottrina che hanno la gentilezza di attribuirmi. Ma ecco ciò che ho effettivamente detto, e che non è stato confutato.
Si trattava di capire se il ripristino delle scienze e delle arti avesse contribuito a purificare i nostri costumi.
Dimostrando, come ho fatto, che le nostre usanze non sono affatto migliorate[81], la questione era praticamente risolta.
Ma essa conteneva implicitamente un’altra considerazione ancora più generale e importante: riguardo all’influenza che la cultura scientifica deve esercitare in ogni occasione sui costumi dei popoli. È proprio questa seconda considerazione, di cui la prima non è che una conseguenza, che ho intenzione di esaminare con attenzione.
Iniziai dai fatti e dimostrai che i costumi di tutti i popoli del mondo si sono degenerati man mano che il gusto per lo studio e la letteratura si è diffuso tra di loro.
Non era sufficiente; poiché, sebbene non si potesse negare che queste cose fossero sempre andate di pari passo, si poteva comunque negare che una di esse avesse causato l’altra: pertanto mi dedicai a dimostrare questa necessaria connessione tra di loro. Dimostrai che la fonte dei nostri errori in questo ambito deriva dal fatto che confondiamo le nostre conoscenze vane e ingannevoli con l’intelligenza suprema, quella che può vedere d’un solo sguardo la verità di tutte le cose. La scienza, considerata in modo astratto, merita tutta la nostra ammirazione; mentre la sciocca scienza umana è degna soltanto di risa e disprezzo.
Il gusto per le lettere annuncia sempre, in un popolo, l’inizio di una corruzione che viene rapidamente accelerata. Infatti, tale gusto può nascere in una nazione intera soltanto da due fonti negative: lo studio stesso, che lo alimenta e lo amplia ulteriormente; e l’ozio, nonché il desiderio di distinguersi dagli altri. In uno stato ben organizzato, ogni cittadino ha i propri doveri da compiere; e questi impegni importanti sono troppo preziosi per permettergli di dedicarsi a speculazioni frivole. In uno stato ben organizzato, tutti i cittadini sono così uguali che nessuno può essere preferito agli altri in base alla propria erudizione o abilità; al massimo, per il proprio comportamento virtuoso. Tuttavia anche questa distinzione è spesso pericolosa, poiché porta a generare individui astuti e ipocriti.
Il gusto per le lettere, che nasce dal desiderio di distinguersi, produce inevitabilmente mali infinitamente più pericolosi di tutto il bene che esse possano apportare; in definitiva, spinge coloro che vi si dedicano a diventare molto poco scrupolosi nei mezzi per raggiungere i propri scopi. I primi filosofi si guadagnarono una grande reputazione insegnando agli uomini la pratica dei loro doveri e i principi della virtù. Ma ben presto, poiché questi precetti divennero comuni, fu necessario distinguersi attraverso vie opposte. Ecco l’origine dei sistemi assurdi di Leucippo, Diogene, Pirrone, Protagora, Lucrizio. Hobbes, Mandeville e mille altri hanno cercato allo stesso modo di distinguersi tra di noi; e la loro pericolosa dottrina ha avuto tali conseguenze che, nonostante tra di noi esistano ancora veri filosofi, desiderosi di rinfrescare nei nostri cuori le leggi dell’umanità e della virtù, siamo spaventati nel vedere fino a che punto il nostro secolo razionale abbia portato alle estreme le sue idee di disprezzo per l’uomo e per il cittadino.
Il gusto per la letteratura, la filosofia e le belle arti distrugge l’amore per i nostri primi doveri e per la vera gloria. Quando i talenti prendono il posto degli onori dovuti alla virtù, tutti desiderano essere persone piacevoli, e nessuno si preoccupa di essere una persona buona. Da ciò deriva un’altra inconsequenza: nelle persone vengono ricompensate soltanto quelle qualità che non dipendono da loro; infatti i nostri talenti nascono con noi, mentre solo le nostre virtù ci appartengono veramente.
I primi, e quasi gli unici, sforzi che vengono fatti per la nostra educazione sono frutto di questi ridicoli pregiudizi. È proprio per insegnarci le lettere che si tormenta la nostra misera giovinezza. Conosciamo tutte le regole della grammatica prima ancora di aver sentito parlare dei doveri dell’uomo; sappiamo tutto ciò che è accaduto fino ad ora, senza che nessuno ci abbia mai detto una parola su ciò che dovremmo fare; e purché si eserciti il nostro “babboleggiare”, a nessuno importa se sappiamo agire o pensare. In breve, ci viene richiesto di essere saggi soltanto in cose che non possono esserci di alcuna utilità; e i nostri bambini vengono proprio educati come gli antichi atleti dei giochi pubblici, i quali, destinando i loro corpi robusti ad esercizi inutili e superflui, si assicuravano che non venissero mai impiegati in alcun lavoro proficuo.
Il gusto per le lettere, la filosofia e le belle arti ammorbidisce i corpi e le anime. Il lavoro sedentario rende gli uomini delicati, indebolisce il loro temperamento; e l’anima fatica a mantenere la sua forza quando il corpo ha perso la propria. Lo studio logora il fisico, esaurisce lo spirito, distrugge la forza e indebolisce il coraggio; ed è proprio questo che dimostra chiaramente come tale attività non sia fatta per noi: in questo modo si diventa deboli e pusillanimi, incapaci di resistere sia al dolore che alle passioni. Ognuno sa quanto gli abitanti delle città siano poco adatti a sopportare le fatiche della guerra; e non è certo ignoto quale sia la reputazione delle persone di lettere in termini di coraggio[82]. Eppure, nulla è più sospetto dell’onore di un codardo.
Tante riflessioni sulla debolezza della nostra natura finiscono spesso per allontanarci da iniziative generose. Meditando troppo sulle miserie dell’umanità, la nostra immaginazione ci sovraccarica del loro peso, e una eccessiva previdenza ci priva del coraggio, togliendoci anche quella sensazione di sicurezza che potrebbe aiutarci ad affrontare gli imprevisti. È davvero inutile credere di esserci preparati a fronteggiare tali eventi, se la scienza, nel tentativo di fornirci nuovi mezzi per difenderci dagli svantaggi naturali, finisce per rafforzare nella nostra fantasia l’immagine della loro gravità e del loro peso, piuttosto che offrirci ragioni concrete e soluzioni efficaci per contrastarli[83].
Il gusto per la filosofia scioglie tutti i legami di stima e benevolenza che uniscono gli uomini alla società; ed è forse il male più pericoloso che essa genera. Il fascino dello studio rende presto insipido qualsiasi altro legame umano. Inoltre, riflettendo costantemente sull’umanità e osservando gli uomini, il filosofo impara ad apprezzarli secondo il loro valore; ed è difficile provare vera affetto per ciò che si disprezza. Presto, in lui si concentra tutto l’interesse che gli uomini virtuosi condividono tra loro: il suo disprezzo per gli altri finisce per alimentare il suo orgoglio; il suo amor proprio cresce proporzionalmente alla sua indifferenza verso il resto dell’universo. Famiglia e patria diventano per lui parole prive di significato; non è né parente, né cittadino, né uomo. È soltanto un filosofo.
Nello stesso tempo in cui la cultura delle scienze, in qualche modo, toglie alla stampa il “cuore” del filosofo, essa lo conferisce, in un altro senso, all’uomo di lettere; e sempre con un danno equivalente per la virtù. Chiunque si dedichi alle arti decorative desidera piacere, essere ammirato, e vuole essere ammirato più degli altri. Gli applausi del pubblico appartengono esclusivamente a lui: direi che fa di tutto per ottenerli, se non facesse anche di più per privarne i suoi concorrenti. Da ciò derivano, da un lato, le raffinatezze del gusto e della cortesia – adulazioni vili e meschine, attenzioni seducenti, insidiose e infantili che, col tempo, restringono l’anima e corrompono il cuore; dall’altro lato, gelosie, rivalità, odii tra artisti di fama, calunnie perfide, inganni, tradimenti, e tutto ciò che il vizio ha di più spregevole e odioso. Se il filosofo disprezza gli uomini, l’artista finisce presto per essere disprezzato a sua volta; entrambi, in definitiva, concorrono a renderli degni di disprezzo.
Il y a plus ; et de toutes les vérités que j’ai proposées à la considération des sages, voici la plus étonnante et la plus cruelle. Nos écrivains regardent tous comme le chef-d’oeuvre de la politique de notre siècle, les sciences, les arts, le luxe, le commerce, les lois, et les autres liens, qui resserrant entre les hommes les noeuds de la société[84], par l’intérêt personnel, les mettent tous dans une dépendance mutuelle, leur donnent des besoins réciproques et des intérêts communs, et obligent chacun d’eux de concourir au bonheur des autres, pour pouvoir faire le sien. Ces idées sont belles, sans doute, et présentées sous un jour favorable : mais en les examinant avec attention et sans partialité, on trouve beaucoup à rabattre des avantages qu’elles semblent présenter d’abord.
C’est donc une chose bien merveilleuse que d’avoir mis les hommes dans l’impossibilité de vivre entre eux, sans se prévenir, se supplanter, se tromper, se détruire mutuellement ! Il faut désormais se garder de nous laisser jamais voir tels que nous sommes : car pour deux hommes dont les intérêts s’accordent, cent mille peut-être leur sont opposés ; et il n’y a d’autres moyens pour réussir, que de tromper ou perdre tous ces gens-là. Voilà la source funeste des violences, des trahisons, des perfidies, et de toutes les horreurs qu’exige nécessairement un état de choses où chacun feignant de travailler à la fortune ou à la réputation des autres, ne cherche qu’à élever la sienne au-dessus d’eux et à leurs dépens.
Qu’avons-nous gagné à cela ? Beaucoup de babil, des riches et des raisonneurs, c’est-à-dire, des ennemis de la vertu et du sens commun. En revanche, nous avons perdu l’innocence et les moeurs. La foule rampe dans la misère ; tous sont les esclaves du vice. Les crimes non commis sont déjà dans le fond des coeurs, et il ne manque à leur exécution que l’assurance de l’impunité.
Étrange et funeste constitution, où les richesses accumulées facilitent toujours les moyens d’en accumuler de plus grandes, et où il est impossible à celui qui n’a rien d’acquérir quelque chose ; où l’homme de bien n’a nul moyen de sortir de la misère ; où les plus fripons sont les plus honorés, et qu’il faut nécessairement renoncer à la vertu pour devenir un honnête homme ! Je sais que les déclamateurs ont dit cent fois tout cela : mais ils le disaient en déclamant, et moi je le dis sur des raisons : ils ont aperçu le mal, et moi j’en découvre les causes, et je fais voir surtout une chose très consolante et très utile en montrant que tous ces vices n’appartiennent pas tant à l’homme, qu’à l’homme mal gouverné.[85]
Telles sont les vérités que j’ai développées, et que j’ai tâché de prouver dans les divers écrits que j’ai publiés sur cette matière. Voici maintenant les conclusions que j’en ai tirées.
La science n’est point faite pour l’homme en général. Il s’égare sans cesse dans sa recherche, et s’il l’obtient quelquefois, ce n’est presque jamais qu’à son préjudice. Il est né pour agir et penser, et non pour réfléchir. La réflexion ne sert qu’à le rendre malheureux sans le rendre meilleur ni plus sage ; elle lui fait regretter les biens passés et l’empêche de jouir du présent ; elle lui présente l’avenir heureux pour le séduire par l’imagination, et le tourmenter par les désirs ; et l’avenir malheureux, pour le lui faire sentir d’avance. L’étude corrompt ses moeurs, altère sa santé, détruit son tempérament, et gâte souvent sa raison : si elle lui apprenait quelque chose, je le trouverais encore fort mal dédommagé.
J’avoue qu’il y a quelques génies sublimes, qui savent pénétrer à travers les voiles dont la vérité s’enveloppe ; quelques âmes privilégiées, capables des résister à la bêtise de la vanité, à la basse jalousie et aux autres passions qu’engendre le goût des lettres. Le petit nombre de ceux qui ont le bonheur de réunir ces qualités, est la lumière et l’honneur du genre-humain ; c’est à eux seuls qu’il convient, pour le bien de tous, de s’exercer à l’étude ; et cette exception même confirme la règle : car si tous les hommes étaient des Socrate, la science alors ne leur serait pas nuisible ; mais ils n’auraient aucun besoin d’elle.
Tout peuple qui a des moeurs, et qui par conséquent respecte ses lois et ne veut point raffiner sur les anciens usages, doit se garantir avec soin des sciences, et surtout des savants, dont les maximes sentencieuses et dogmatiques lui apprendraient bientôt à mépriser ses usages et ses lois ; ce qu’une nation ne peut jamais faire sans se corrompre. Le moindre changement dans les coutumes, fût-il même avantageux à certains égards, tourne toujours au préjudice des mœurs : car les coutumes sont la morale du peuple ; et des qu’il cesse de les respecter, il n’a plus de règle que ses passions, ni de frein que les lois, qui peuvent quelquefois contenir les méchants, mais jamais les rendre bons. D’ailleurs, quand la philosophie a une fois appris au peuple à mépriser ses coutumes, il trouve bientôt le secret d’éluder ses lois. Je dis donc qu’il en est des moeurs d’un peuple comme de l’honneur d’un homme ; c’est un trésor qu’il faut conserver, mais qu’on ne recouvre plus quand on l’a perdu.[86]
Mais quand un peuple est une fois corrompu à un certain point, soit que les sciences y aient contribué ou non, faut-il les bannir ou l’en préserver, pour le rendre meilleur, ou pour l’empêcher de devenir pire ? C’est une autre question dans laquelle je me suis positivement déclaré pour la négative. Car premièrement, puisqu’un peuple vicieux ne revient jamais à la vertu, il ne s’agit pas de rendre bons ceux qui ne le sont plus, mais de conserver tels ceux qui ont le bonheur de l’être. En second lieu, les mêmes causes qui ont corrompu les peuples, servent quelquefois à prévenir une plus grande corruption ; c’est ainsi que celui qui s’est gâté le tempérament par un usage indiscret de la médecine, est forcé de recourir encore aux médecins pour se conserver en vie ; c’est ainsi que les arts et les sciences, après avoir fait éclore les vices, sont nécessaires pour les empêcher de se tourner en crimes ; elles les couvrent au moins d’un vernis qui ne permet pas au poison de s’exhaler aussi librement. Elles détruisent la vertu, mais elles en laissent le simulacre public[87], qui est toujours une belle chose. Elles introduisent à sa place la politesse et les bienséances, et à la crainte de paraître méchant elles substituent celle de paraître ridicule.
Mon avis est donc, et je l’ai déjà dit plus d’une fois, de laisser subsister, et même d’entretenir avec soin les académies, les collèges, les universités, les bibliothèques, les spectacles, et tous les autres amusements qui peuvent faire quelque diversion à la méchanceté des hommes, et les empêcher d’occuper leur oisiveté à des choses plus dangereuses : car dans une contrée où il ne serait plus question d’honnêtes gens ni de bonnes moeurs, il vaudrait encore mieux vivre avec des fripons qu’avec des brigands.
Je demande maintenant où est la contradiction, de cultiver moi-même des goûts dont j’approuve le progrès ? Il ne s’agit plus de porter les peuples à bien faire, il faut seulement les distraire de faire le mal ; il faut les occuper à des niaiseries pour les détourner des mauvaises actions ; il faut les amuser au lieu de les prêcher. Si mes écrits ont édifié le petit nombre des bons, je leur ai fait tout le bien qui dépendait de moi, et c’est peut-être les servir utilement encore, que d’offrir aux autres des objets de distraction qui les empêchent de songer à eux. Je m’estimerais trop heureux d’avoir tous les jours une pièce à faire siffler, si je pouvais à ce prix contenir pendant deux heures les mauvais desseins d’un seul des spectateurs, et sauver l’honneur de la fille ou de la femme de son ami, le secret de son confident, ou la fortune de son créancier. Lorsqu’il n’y a plus de moeurs, il ne faut songer qu’à la police, et l’on sait assez que la musique et les spectacles en font un des plus importants objets.
There is more to it; and of all the truths I have presented for the consideration of the wise, this one is the most astonishing and the most cruel. Our writers regard science, the arts, luxury, commerce, laws, and all other institutions that strengthen the bonds of society among men—by fostering personal interests—as the masterpieces of politics in our century. These institutions place everyone in a state of mutual dependence, create reciprocal needs and common interests, and compel each person to contribute to the happiness of others if they wish to achieve their own happiness. Undoubtedly, these ideas are beautiful and presented in a favorable light; but upon careful and impartial examination, one finds that there is much to reduce about the advantages they seemingly possess at first glance.
It is indeed a most wonderful thing that men have been rendered incapable of living together without harming one another—without deceiving, replacing, misleading, or destroying each other! We must now take care never to let others see us as we truly are; for for two people whose interests coincide, perhaps a hundred thousand others oppose them; and the only way to succeed is to deceive or defeat all those opposing forces. This is the root cause of violence, betrayal, treachery, and all the horrors that inevitably arise in a system where everyone pretends to work for the fortune or reputation of others, while in reality seeking only to elevate their own status at their expense.
What have we gained from this? Much empty talk, as well as wealthy and rational people—in other words, enemies of virtue and common sense. On the contrary, we have lost innocence and morality. The masses grovel in misery; everyone has become a slave to vice. Crimes that have not yet been committed already exist in people’s hearts, and all that is needed for them to be carried out is the assurance of impunity.
What a strange and terrible constitution it is—where the wealth accumulated always makes it easier to acquire even more; where those who have nothing at all are unable to gain anything; where good people have no means of escaping from poverty; where the most dishonest are the most honored, and where one must necessarily abandon virtue in order to be considered an honest person! I know that orators have said all this a hundred times before; but they said it while delivering speeches, whereas I say it based on reason. They saw the evil; I reveal its causes—and above all, I show something very comforting and very useful: namely, that all these vices do not truly belong to man, but rather to a man who is poorly governed.[85]
These are the truths that I have developed and that I have tried to prove in the various writings I have published on this subject. Now, here are the conclusions I have drawn from them.
Science is not meant for mankind in general. Man constantly strays in his pursuit of it, and when he occasionally succeeds in obtaining it, it is almost always at his own expense. He was born to act and think, not to indulge in reflection. Reflection only brings him unhappiness without making him better or wiser; it makes him regret past gains and prevents him from enjoying the present; it presents a happy future to tempt him with imagination and torment him with desires; and it shows him a miserable future, allowing him to experience its horrors in advance. Study corrupts his morals, harms his health, destroys his temperament, and often undermines his reason—even if it did teach him something, I would still consider the gain far from sufficient to compensate for the losses.
I admit that there are a few supreme geniuses who know how to penetrate through the veils that envelop truth; a handful of privileged souls capable of resisting the stupidity of vanity, the baseness of jealousy, and all those other passions born out of a love for literature. The small number of people who possess these qualities are the light and honor of the human race; it is for their sake alone that others should devote themselves to study—for the good of all. And yet this very exception confirms the rule: for if everyone were a Socrates, knowledge would not be harmful to them; on the contrary, they would have no need for it at all.
Any people who possess morals, and therefore respect their own laws and refuse to alter traditional customs, must take great care to protect themselves against the influence of science—and especially of scholars. Their dogmatic and prescriptive teachings would quickly lead such people to despise their own traditions and laws; something a nation can never afford without ruining itself. The slightest change in customs, even if beneficial in some respects, always ends up harming morality. For customs are the very morals of a people; and once they cease to be respected, a society has no rules other than its passions, and no restraint other than laws—laws that may sometimes restrain the wicked, but can never make them good. Moreover, once philosophy has taught a people to despise their own customs, it soon teaches them how to circumvent those very laws. I therefore say that the morals of a people are just like the honor of an individual: they are treasures that must be preserved, but which cannot be regained once lost.[86]
But when a people has once been corrupted to a certain extent, whether through the influence of science or otherwise, should such sciences be banned or preserved in order to make that people better—or to prevent them from becoming worse? That is another question on which I have taken a negative stance. For firstly, since a corrupt people can never return to virtue, it is not a matter of making those who are no longer virtuous become good, but rather of preserving those who are fortunate enough to still be virtuous. Secondly, the very same causes that have corrupted peoples sometimes serve to prevent even greater corruption; for instance, someone whose temperament has been damaged by improper use of medicine is forced to rely on doctors again in order to stay alive. Similarly, arts and sciences, after giving rise to vices, are necessary to prevent those vices from turning into crimes—they at least provide a sort of veneer that prevents the poison of evil from being openly displayed. They destroy virtue, but they leave behind its public semblance, which is still a valuable thing. In its place, they introduce manners and propriety; and in place of the fear of appearing wicked, they create the fear of appearing ridiculous.
Therefore, my opinion—and I have said this more than once—is that we should allow the continuation of academies, colleges, universities, libraries, performances, and all other forms of entertainment that can provide some diversion from the malice of human beings and prevent them from using their leisure time for more dangerous pursuits. For in a place where there would be no such thing as honest people or good morals, it would still be better to live among scoundrels than among brigands.
I now ask where lies the contradiction in cultivating tastes of my own that I approve of as progressive. It is no longer about encouraging people to do good; it is merely about distracting them from doing evil—occupying them with trivial matters to turn their minds away from wrongdoing, amusing them rather than preaching at them. If my writings have benefited a small number of good people, then I have done all that was in my power to help them. Perhaps the greatest service I can render to others is to provide them with distractions that prevent them from thinking about themselves. I would consider myself extremely fortunate if, by offering something amusing every day, I could prevent a single person from harboring evil intentions for two hours—and thereby save the honor of someone’s friend’s daughter or wife, the secrets of their confidant, or the fortune of their creditor. When morals no longer exist, one should think only of law and order; and it is well known that music and entertainment play a crucial role in this regard.
C’è di più; e tra tutte le verità che ho proposto all’esame dei saggi, questa è senza dubbio la più sorprendente e la più crudele. I nostri scrittori considerano tutti come capolavoro della politica del nostro secolo le scienze, le arti, il lusso, il commercio, le leggi e gli altri legami che, stringendo tra gli uomini i nodi della società[84], li mettono tutti in una dipendenza reciproca, danno loro bisogni reciproci e interessi comuni, e costringono ciascuno di loro a contribuire al benessere degli altri per poter realizzare il proprio. Queste idee sono certamente belle, e presentate sotto un aspetto favorevole; ma esaminandole con attenzione e senza pregiudizi, si scoprono molti aspetti negativi che sembrano attenuare i vantaggi che a prima vista appaiono.
È davvero una cosa meravigliosa aver reso gli uomini impossibilitati a vivere tra loro senza che si avvertano a vicenda, senza che si soppiantino, si ingannino o si distruggano reciprocamente! Ora dobbiamo fare in modo che nessuno possa mai conoscerci per ciò che realmente siamo: perché per due persone le cui interessi coincidono, forse centomila altri ne sono in opposizione; e non esistono altri mezzi per avere successo se non ingannare o eliminare tutti questi individui. Ecco la fonte funesta di violenze, tradimenti, perfidie e di tutte le orrori che inevitabilmente derivano da uno stato di cose in cui ognuno, fingendo di lavorare al bene o alla reputazione degli altri, in realtà cerca soltanto di elevare la propria fortuna a scapito loro.
Che cosa abbiamo guadagnato con tutto questo? Molta chiacchiera inutile, persone ricche e presuntuose, cioè nemici della virtù e del buon senso comune. Al contrario, abbiamo perso l’innocenza e le buone maniere. La folla vive nella miseria; tutti sono schiavi del vizio. I crimini che non vengono commessi già esistono nei cuori delle persone, e per essere compiuti manca soltanto la certezza dell’impunità.
Che strana e funesta costituzione: in essa le ricchezze accumulate facilitano sempre la possibilità di accumularne ancora di maggiori, e colui che non possiede nulla non ha alcun mezzo per ottenere qualcosa; l’uomo onesto non ha alcuna via d’uscita dalla povertà; i più avidi sono quelli che ricevono il maggior rispetto, e si deve necessariamente rinunciare alla virtù per diventare persone “oneste”. So che gli oratori hanno detto centinaia di volte queste cose, ma lo facevano solo a fin di esprimersi in modo retorico; io invece le dico basandomi su ragionamenti concreti. Loro hanno visto il male, ma io ne scopro le cause, e soprattutto mostro qualcosa di molto consolante e utile: tutti questi vizi, infatti, non appartengono tanto all’uomo in sé, quanto all’uomo mal governato.[85]
Ecco le verità che ho sviluppato e che ho cercato di dimostrare nei vari scritti pubblicati sull’argomento. Ora vi presento le conclusioni a cui sono giunto.
La scienza non è fatta per l’uomo in generale. L’uomo si perde continuamente nella sua ricerca, e se talvolta la raggiunge, quasi mai lo fa a proprio vantaggio. È nato per agire e pensare, non per riflettere. La riflessione non fa altro che renderlo infelice, senza renderlo migliore o più saggio; gli fa rimpiangere i beni passati e gli impedisce di godere del presente; gli presenta un futuro felice per sedurlo con l’immaginazione e tormentarlo con i desideri; e un futuro infelice, per farglielo percepire in anticipo. Lo studio corrompe le sue abitudini, altera la sua salute, distrugge il suo temperamento e spesso rovina anche la sua ragione: anche se gli insegnasse qualcosa, ritengo che non ne trarrebbe alcun reale beneficio.
Ammetto che esistano alcuni geni sublimi, capaci di penetrare attraverso le veli con cui la verità è avvolta; alcune anime privilegiate, in grado di resistere alla stupidità della vanità, all’odiosa gelosia e ad altre passioni generate dall’amore per le lettere. Il ristretto numero di coloro che hanno la fortuna di possedere queste qualità rappresenta la luce e l’onore dell’umanità; sono soltanto loro, a beneficio di tutti, che dovrebbero dedicarsi allo studio; ed è proprio questa eccezione a confermare la regola: se tutti gli uomini fossero come Socrate, la scienza non li danneggerebbe mai; anzi, non ne avrebbero alcun bisogno.
Ogni popolo che possiede delle usanze e quindi rispetta le proprie leggi, e non intende modificare gli antichi costumi, deve prendere grandissime precauzioni riguardo alle scienze, e soprattutto nei confronti dei saggi; le loro massime e i loro dogmi potrebbero facilmente indurlo a disprezzare le proprie usanze e le proprie leggi, il che una nazione non può mai permettersi senza correre il rischio di corrompersi. Qualsiasi cambiamento nelle abitudini, anche se in alcuni aspetti vantaggioso, finisce sempre per danneggiare i costumi: le abitudini, infatti, rappresentano la morale del popolo; e quando quest’ultimo smette di rispettarle, non gli rimane altra guida se non le proprie passioni, né alcun freno se non le leggi, che a volte possono contenere i malvagi, ma mai renderli buoni. Inoltre, quando la filosofia insegna al popolo a disprezzare le proprie usanze, questi finisce presto per trovare il modo di eludere anche le leggi stesse. Dico quindi che i costumi di un popolo sono come l’onore di un uomo: si tratta di un tesoro che bisogna conservare, ma che non può essere più recuperato una volta perduto.[86]
Ma quando un popolo è una volta corrotto fino a un certo punto, che sia per l’influenza delle scienze o meno, dobbiamo bandirle o preservarle, al fine di renderlo migliore o di impedire che peggiori? Questa è un’altra domanda sulla quale ho espresso chiaramente una posizione negativa. Perché, in primo luogo, poiché un popolo malvagio non ritorna mai alla virtù, non si tratta di rendere buoni coloro che ormai non lo sono più, ma di preservare integri coloro che hanno la fortuna di esserlo ancora. In secondo luogo, le stesse cause che hanno corrotto i popoli a volte servono anche a prevenire una corruzione ancora maggiore; è così che colui il quale si è rovinato il temperamento con un uso immoderato della medicina è costretto a ricorrere nuovamente ai medici per sopravvivere; è così che le arti e le scienze, dopo aver fatto emergere i vizi, risultano necessarie per impedire che si trasformino in crimini; almeno offrono uno “strato protettivo” che impedisce al veleno di diffondersi liberamente. Distruggono la virtù, ma lasciano intatto il suo simulacro pubblico, che è comunque una cosa positiva. Al suo posto introducono la cortesia e le buone maniere, e alla paura di apparire cattivi sostituiscono quella di apparire ridicoli.
Quindi, la mia opinione è – e l’ho già detto più volte – che sia necessario lasciare esistere, anzi preservare con cura, accademie, collegi, università, biblioteche, spettacoli e tutti gli altri divertimenti in grado di offrire un po’ di divertimento alla malvagità umana, impedendo così che le persone impiegino il proprio tempo libero in cose ancora più pericolose. In una società in cui non ci fossero più né onestà né buone maniere, sarebbe comunque meglio vivere tra imbroglioni che tra banditi.
Ora chiedo: dove sta la contraddizione nel coltivare personalmente gusti di cui approvo i benefici? Non si tratta più di indurre le persone a compiere il bene, ma semplicemente di distrarle dal fare del male; bisogna occuparle con cose banali per allontanarle dalle cattive azioni; bisogna divertirle invece di predicare loro. Se i miei scritti hanno giovato a pochi buoni, ho fatto tutto ciò che era in mio potere per loro; e forse servirli efficacemente significa offrire agli altri oggetti di distrazione che li impediscano di pensare a se stessi. Mi considererei molto fortunato se ogni giorno potessi fornire qualcosa con cui far sibilare le persone, purché in questo modo riuscissi a impedire per due ore i cattivi propositi di uno solo spettatore, e così salvare l’onore della figlia o della moglie del mio amico, il segreto del suo confidente o la fortuna del suo creditore. Quando non esistono più principi morali, bisogna pensare soltanto alla polizia. E si sa bene che la musica e gli spettacoli ne fanno uno degli strumenti più importanti.
S’il reste quelque difficulté à ma justification, j’ose le dire hardiment, ce n’est vis-à-vis ni du public ni de mes adversaires, c’est vis-à-vis de moi seul : car ce n’est qu’en m’observant moi-même que je puis juger si je dois me compter dans le petit nombre, et si mon âme est en état de soutenir le faix des exercices littéraires. J’en ai senti plus d’une fois le danger ; plus d’une fois je les ai abandonnés, dans le dessein de ne les plus reprendre, et renonçant à leur charme séducteur, j’ai sacrifié à la paix de mon coeur les seuls plaisirs qui pouvaient encore le flatter. Si dans les langueurs qui m’accablent, si sur la fin d’une carrière pénible et douloureuse, j’ai osé encore quelques moments reprendre ces exercices pour charmer mes maux, je crois au moins n’y avoir mis ni assez d’intérêt ni assez de prétention pour mériter à cet égard les justes reproches que j’ai faits aux gens de lettres.
Il me fallait une épreuve pour achever la connaissance de moi-même, et je l’ai faite sans balancer. Après avoir reconnu la situation de mon âme dans les succès littéraires, il me restait à l’examiner dans les revers. Je sais maintenant qu’en penser, et je puis mettre le public au pire. Ma pièce a eu le sort qu’elle méritait, et que j’avais prévu ; mais, à l’ennui près qu’elle m’a causé, je suis sorti de la représentation bien plus content de moi, et à plus juste titre que si elle eut réussi.
Je conseille donc à ceux qui sont si ardents à chercher des reproches à me faire, de vouloir mieux étudier mes principes, et mieux observer ma conduite, avant que de m’y taxer de contradiction et d’inconséquence. S’ils s’aperçoivent jamais que je commence à briguer les suffrages du public, ou que je tire vanité d’avoir fait de jolies chansons, ou que je rougisse d’avoir écrit de mauvaises comédies, ou que je cherche à nuire à la gloire de mes concurrents, ou que j’affecte de mal parler des grands hommes de mon siècle, pour tâcher de m’élever à leur niveau, en les rabaissant au mien, ou que j’aspire à des places d’académie, ou que j’aille faire ma cour aux femmes qui donnent le ton, ou que j’encense la sottise des grands, ou que, cessant de vouloir vivre du travail de mes mains, je tienne à ignominie le métier que je me suis choisi, et fasse des pas vers la fortune ; s’ils remarquent, en un mot, que l’amour de la réputation me fasse oublier celui de la vertu, je les prie de m’en avertir, et même publiquement, et je leur promets de jeter à l’instant au feu mes écrits et mes livres, et de convenir de toutes les erreurs qu’il leur plaira de me reprocher.
En attendant, j’écrirai des livres, je ferai des vers et de la musique, si j’en ai le talent, le temps, la force et la volonté : je continuerai à dire très franchement tout le mal que je pense des lettres, et de ceux qui les cultivent[88], et croirai n’en valoir pas moins pour cela. Il est vrai qu’on pourrait dire quelque jour : cet ennemi si déclaré des sciences et des arts fit pourtant et publia des pièces de théâtre ; et ce discours sera, je l’avoue, une satire très amère, non de moi, mais de mon siècle.
Fin du RÉSUMÉ DE LA QUERELLE
Table des matières du titre
Liste des œuvres philosophiques et politiques
Liste générale des titres
If there remains any difficulty in my justification, I dare to say it frankly—not towards the public or my opponents, but only towards myself. For it is only by observing myself that I can determine whether I belong to the minority of those suited for literary pursuits, and whether my soul is capable of enduring the demands thereof. More than once I have sensed the dangers involved; more than once I have abandoned these endeavors, resolved never to resume them. Renouncing their seductive allure, I sacrificed to the peace of my heart the only pleasures that could still delight me. If, in the moments of despondency that assail me, or at the end of a weary and painful career, I have dared to take up these pursuits once again in an attempt to alleviate my suffering, I believe I did so without either excessive enthusiasm or undue ambition—hence I deserve not the harsh reproaches I have directed at other men of letters.
I needed an ordeal to complete my understanding of myself, and I underwent it without hesitation. After recognizing the state of my soul through my literary successes, I had to examine it in times of failure as well. Now I know how to think about it, and I can even present the worst aspects of it to the public. My play met the fate it deserved—and one that I had anticipated; but apart from the disappointment it caused me, I emerged from its performance much more satisfied with myself, and with far more justification to feel so than if it had been a success.
Therefore, I advise those who are so eager to find faults with me to study my principles more carefully and observe my behavior more attentively before accusing me of inconsistency or hypocrisy. If they ever notice that I begin to seek the public’s favor, that I take pride in having composed beautiful songs, that I am ashamed of having written poor comedies, that I try to harm the reputation of my competitors, that I deliberately speak ill of the great men of my time in order to seem their equal by belittling them, or if they see that I aspire to academic positions, that I court women who hold influence, that I praise the foolishness of the powerful, or that, abandoning the pursuit of a life based on the work of my own hands, I resort to dishonorable means to gain wealth—then, in short, if they observe that my love for reputation makes me forget my love for virtue—I beg them to warn me, even publicly. I promise them that I will immediately burn all my writings and books and admit any mistakes they may wish to point out.
In the meantime, I will write books, compose poems and music—if I have the talent, the time, the strength, and the will to do so. I will continue to speak very frankly about all the negative things I think of literature and those who pursue it[88], and I believe that this will not make me any less worthy in any way. It is true that one might say some day: “This declared enemy of science and the arts yet wrote and published plays”; and I must admit that such a statement would be a very bitter satire—not of me, but of my century.
End of the SUMMARY OF THE DISPUTE
Table of Contents for the title
List of philosophical and political works
General list of titles
Se rimane ancora qualche difficoltà nella mia giustificazione, oso dirlo apertamente: non riguarda né il pubblico né i miei avversari, ma soltanto me stesso. Infatti, è solo osservandomi che posso giudicare se debba considerarmi tra coloro che si dedicano agli studi letterari, e se la mia anima sia in grado di sopportare il peso di tali impegni. Ho percepito più volte i pericoli legati a questi studi; più volte li ho abbandonati, con l’intenzione di non riprenderli mai più. Rinnegando il loro fascino seducente, ho sacrificato alla pace del mio cuore gli unici piaceri che ancora avrebbero potuto compiacerlo. Se, nelle mie sofferenze e alla fine di una carriera difficile e dolorosa, ho osato riprendere per qualche momento questi studi al fine di alleviare i miei mali, credo comunque di non avervi messo né abbastanza interesse né troppa presunzione, da meritare in questo senso le giuste critiche che ho rivolto agli uomini di lettere.
Avevo bisogno di una prova per completare la conoscenza di me stesso, e l’ho affrontata senza esitazioni. Dopo aver riconosciuto lo stato della mia anima nei successi letterari, mi restava da esaminarla anche nei fallimenti. Ora so come considerarla, e posso presentare al pubblico il lato peggiore di me stesso. La mia opera ha avuto il destino che meritava e che avevo previsto; ma, a parte la delusione che mi ha causato, sono uscito dalla rappresentazione molto più soddisfatto di me stesso, e con maggior diritto di ritenermi vincitore, anche se l’opera non è stata un successo.
Consiglio quindi a coloro che sono così desiderosi di trovare rimproveri da farmi di studiare più attentamente i miei principi e osservare meglio il mio comportamento, prima di accusarmi di contraddizione e incoerenza. Se mai si accorgessero che inizio a cercare il favore del pubblico, o che mi vanto di aver scritto belle canzoni, o che mi vergogno di aver composto cattive commedie, o che cerco di danneggiare la reputazione dei miei concorrenti, o che fingo di parlare male dei grandi uomini del mio secolo nel tentativo di elevarmi al loro livello abbassandoli al mio, o se desidero ottenere posti nelle accademie, o se cerco di ingraziarmi le donne che dettano la moda, o se lodo la stupidità dei potenti, o se, smettendo di vivere del lavoro delle mie mani, disprezzo il mestiere che mi sono scelto e cerco di arricchirmi con mezzi ignobili; in breve, se si rendessero conto che l’amore per la reputazione mi fa dimenticare quello per la virtù, vi prego di avvertirmene, anche pubblicamente, e vi prometto che immediatamente brucerò tutti i miei scritti e i miei libri, e ammetterò tutte le errori che vorrete rimproverarmi.
Nel frattempo, scriverò libri, comporrò poesie e musica, se ne avrò il talento, il tempo, la forza e la volontà; continuerò a dire molto francamente tutto il male che penso delle lettere e di coloro che le coltivano[88], e crederò di non valere meno per questo. È vero che un giorno si potrebbe dire: “Questo nemico dichiarato delle scienze e degli arti ha tuttavia scritto e pubblicato opere teatrali”; e ammetto che tale discorso sarà una satira molto amara, non contro di me, ma contro il mio secolo.
Fine del RIEPILOGO DELLA DISPUTA
Indice dei contenuti del titolo
Elenco delle opere filosofiche e politiche
Elenco generale dei titoli