Abstract
A short technical note on military music and regimental marches, with practical proposals on fifes and drums. A technical text on music, without philosophical content.
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Le luxe de musique qu’on étale aujourd’hui dans celle des régiments me paraît de mauvais goût. Je n’en trouve l’effet ni guerrier, ni grave, ni gai, ni sonore ; et toutes ces marches, plutôt barbouillées que travaillées, produisent toujours une mauvaise exécution, moins par la faute des musiciens que par celle de la musique.
Il y avait une distinction à faire, et qu’on n’a pas faite, entre les musiques convenables à la troupe en parade et celles qui lui conviennent en marchant, et qui sont proprement des marches. On joue alors des airs qui, n’ayant aucun rapport à la batterie des tambours, sont plus propres à troubler et interrompre la cadence du pas des soldats qu’à la soutenir.
Les autres symphonies sont faites pour tout le corps, et doivent plaire aux officiers : celles-ci sont plus faites pour les soldats, qu’il s’agit d’animer et de récréer en marchant, et qui aimeraient mieux des airs gais et bien cadencés qu’ils pussent retenir et y faire des chansons, que toutes ces musiques de haut appareil qui ne les égaient point du tout, et auxquelles ils n’entendent rien.
Je trouve encore qu’on a eu grand tort de supprimer les fifres, qui, perçant à travers les tambours, égaient beaucoup la marche. Il est vrai qu’ils étaient détestables et multipliés très mal à propos dans les troupes françaises : un seul eut suffi dans la colonelle de chaque régiment ; et alors on eût pu, sans grands frais, en choisir ou former un bon, comme j’en ai entendu d’excellent dans les troupes étrangères.
J’ai essayé de mettre mon idée en exemple dans le croquis ci-joint d’une marche adaptée à la batterie des gardes françaises.
Cette idée est que, dans l’alternation des tambours et de la musique, la cadence et la batterie ne soient point interrompues, et que le pas du soldat soit toujours également réglé. Elle est encore de lui faire entendre des airs d’une mélodie si simple qu’elle l’amuse, l’égaie, et l’excite lui-même à chanter ; ce qui, peut-être, n’est pas à négliger pour un état si plein de fatigue et de misères.
J’ai fait deux petits airs de la plus grande simplicité ; l’un en mineur pour le fifre, l’autre en majeur pour la musique. Ces deux airs doivent se succéder alternativement, sans interruption de la mesure ; mais, pour laisser plus de repos aux musiciens et plus de temps aux tambours, l’air du fifre sera répété au moins deux fois de suite avant que la musique reprenne le sien. Le fifre doit être seul parmi les tambours qui sont proche des instruments, et il doit y avoir parmi les instruments un seul tambour qui reprenne doucement la batterie sous la musique, de manière qu’il la guide et ne la couvre pas. Au moyen de ce tambour on ôterait cette ferraille de cymbales qui fait un très mauvais effet.
Il serait à désirer que les tambours fussent accordés sur la tonique sol, et que celui de la musique fût accordé sur la dominante re. Alors l’alternation de la batterie ferait un effet plus agréable, et la musique en sortirait mieux. Pour le fifre, il doit nécessairement être d’accord avec les autres instruments.
L’auteur de ces petits airs ne présume pas qu’une musique aussi simple puisse être goûtée, quoique sa passion pour cet art l’engage à les proposer : si néanmoins on en voulait faire l’essai, il avertit que cet essai ne doit pas être fait en place comme celui d’une symphonie ordinaire, mais en marchant, et dans la disposition qu’il vient de marquer. Ce n’est même qu’après une assez longue suite d’alternations qu’on peut juger si la marche est bien faite et produit bien son effet.
Air de cloches.
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J’ai fait cet air en passant sur le Pont-Neuf, impatienté d’y voir mettre en carillon des airs qui semblent choisis exprès pour y mal aller. L’espèce de perfection qu’on a mise à l’exécution ne sert qu’à mieux faire sentir combien ceux qui choisissent ces airs connaissent peu le caractère convenable au sot instrument qu’ils emploient. Si l’on faisait des airs pour des guimbardes, il faudrait leur donner un caractère convenable à la guimbarde. Mais en France on se plaît à dénaturer le caractère de chaque instrument. Aussi chacun peut entendre à quels abominables charivaris ils donnent le nom de musique.
Je ne saurais faire entendre, en termes de carillonneur, quelle sorte d’ornement il faut donner aux notes marquées - et ^ ; mais chacun sent qu’il en faut un sensible, mais très peu chargé.