Rousseau

Abstract

A French translation of Seneca’s Apocolocyntosis, the Menippean satire mocking the pretended deification of the emperor Claudius. A translated satirical work, without philosophical content of Rousseau’s own.

Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio

Hercule, en parlant de la sorte, affectait plus d’intrépidité qu’il n’en avait dans l’âme, et ne laissait pas de craindre la main d’un fou. Mais Claude, lui voyant l’air d’un homme résolu qui n’entendait pas raillerie, jugea qu’il n’était pas là comme à Rome, où nul n’osait s’égaler à lui, et que partout le coq est maître sur son fumier. Il se remit donc à grogner ; et, autant qu’on put l’entendre, il sembla parler ainsi :

J’espérais, ô le plus fort de tous les dieux ! que vous me protégeriez auprès des autres, et que, si j’avais eu à me renommer de quelqu’un, c’eût été de vous qui me connaissez si bien : car, souvenez-vous-en, s’il vous plaît, quel autre que moi tenait audience devant votre temple durant les mois de juillet et d’août ? Vous savez ce que j’ai souffert là de misères, jour et nuit à la merci des avocats. Soyez sûr, tout robuste que vous êtes, qu’il vous a mieux valu purger les étables d’Augias que d’essuyer leurs criailleries ; vous avez avalé moins d’ordures[15].

Or dites-nous quel dieu nous ferons de cet homme-ci. En ferons-nous un dieu d’Épicure, parce qu’il ne se soucie de personne, ni personne de lui ? un dieu stoïcien, qui, dit Varron, ne pense ni n’engendre ? N’ayant ni cœur ni tête, il semble assez propre à le devenir. Eh ! messieurs, s’il eût demandé cet honneur à Saturne même, dont, présidant à ses jeux, il fit durer le mois toute l’année, il ne l’eût pas obtenu. L’obtiendra-t-il de Jupiter, qu’il a condamné pour cause d’inceste, autant qu’il était en lui, en faisant mourir Silanus son gendre ? et cela, pourquoi ? parce que ayant une sœur d’une humeur charmante, et que tout le monde appelait Vénus, il aima mieux l’appeler Junon. Quel si grand crime est-ce donc, direz-vous, de fêter discrètement sa sœur ? La loi ne le permet-elle pas à demi dans Athènes, et dans l’Égypte en plein[16] ?… À Rome… Oh ! à Rome ! ignorez-vous que les rats mangent le fer ? Notre sage bouleverse tout. Quant à lui, j’ignore ce qu’il faisait dans sa chambre ; mais le voilà maintenant furetant le ciel pour se faire dieu, non content d’avoir en Angleterre un temple où les barbares le servent comme tel.

À la fin, Jupiter s’avisa qu’il fallait arrêter les longues disputes, et faire opiner chacun à son rang. Pères conscrits, dit-il à ses collègues, au lieu des interrogations que je vous avais permises, vous ne faites que battre la campagne ; j’entends que la cour reprenne ses formes ordinaires : que penserait de nous ce postulant, tel qu’il soit ?

L’ayant donc fait sortir, il alla aux voix, en commençant par le père Janus. Celui-ci, consul d’un après-dîner, désigné le premier juillet, ne laissait pas d’être homme à deux envers, regardant à-la-fois devant et derrière. En vrai pilier de barreau, il se mit à débiter fort disertement beaucoup de belles choses que le scribe ne put suivre, et que je ne répéterai pas de peur de prendre un mot pour l’autre. Il s’étendit sur la grandeur des dieux ; soutint qu’ils ne devaient pas s’associer des faquins. Autrefois, dit-il, c’était une grande affaire que d’être fait dieu ; aujourd’hui ce n’est plus rien[17]. Vous n’avez déjà rendu cet homme-ci que trop célèbre. Mais, de peur qu’on ne m’accuse d’opiner sur la personne et non sur la chose, mon avis est que désormais on ne déifie plus aucun de ceux qui broutent l’herbe des champs ou qui vivent des fruits de la terre ; que si, malgré ce sénatus-consulte, quelqu’un d’eux s’ingère à l’avenir de trancher du dieu, soit de fait, soit en peinture, je le dévoue aux Larves, et j’opine qu’à la première foire sa déité reçoive les étrivières, et soit mise en vente avec les nouveaux esclaves.

Après cela vint le tour du divin fils de Vica-Pota, désigné consul grippe-sou, et qui gagnait sa vie à grimeliner, et vendre les petites villes. Hercule, passant donc à celui-ci, lui toucha galamment l’oreille ; et il opina en ces termes : Attendu que le divin Claude est du sang du divin Auguste et du sang de la divine Livie son aïeule, à laquelle il a même confirmé son brevet de déesse ; qu’il est d’ailleurs un prodige de science, et que le bien public exige un adjoint à l’écot de Romulus ; j’opine qu’il soit dès ce jour créé et proclamé dieu en aussi bonne forme qu’il s’en soit jamais fait, et que cet événement soit ajouté aux Métamorphoses d’Ovide.

Quoiqu’il y eût divers avis, il paraissait que Claude l’emporterait ; et Hercule, qui sait battre le fer tandis qu’il est chaud, courait de côté et d’autre, criant : Messieurs, un peu de faveur ; cette affaire-ci m’intéresse : dans une autre occasion vous disposerez aussi de ma voix ; il faut bien qu’une main lave l’autre.

Alors le divin Auguste, s’étant levé, pérora fort pompeusement, et dit : Pères conscrits, je vous prends à témoin que depuis que je suis dieu je n’ai pas dit un seul mot, car je ne me mêle que de mes affaires. Mais comment me taire en cette occasion ? comment dissimuler ma douleur, que le dépit aigrit encore ? C’est donc pour la gloire de ce misérable que j’ai rétabli la paix sur mer et sur terre, que j’ai étouffé les guerres civiles, que Rome est affermie par mes lois et ornée par mes ouvrages ? O pères conscrits, je ne puis m’exprimer ; ma vive indignation ne trouve point de termes, je ne puis que redire après l’éloquent Messala : L’état est perdu ! cet imbécile, qui paraît ne pas savoir troubler l’eau, tuait les hommes comme des mouches. Mais que dire de tant d’illustres victimes ? Les désastres de ma famille me laissent-ils des larmes pour les malheurs publics ? Je n’ai que trop à parler des miens[18]. Ce galant homme que vous voyez, protégé par mon nom durant tant d’années, me marqua sa reconnaissance en faisant mourir Lucius Silanus, un de mes arrière-petits-neveux, et deux Julie, mes arrière-petites-nièces, l’une par le fer, l’autre par la faim. Grand Jupiter, si vous l’admettez parmi nous, à tort ou non, ce sera sûrement à votre blâme. Car, dis-moi, je te prie, ô divin Claude ! pourquoi tu fis tant tuer de gens sans les entendre, sans même t informer de leurs crimes. — C’était ma coutume ! — Ta coutume ! On ne la connaît pas ici. Jupiter, qui règne depuis tant d’années, a-t-il jamais rien fait de semblable ? Quand il estropia son fils, le tua-t-il ? Quand il pendit sa femme, l’étrangla-t.-il ? Mais toi, n’as-tu pas mis à mort Messaline, dont j’étais le grand-oncle ainsi que le tien[19] ? Je l’ignore, dis-tu ? Misérable ! ne sais-tu pas qu’il t’est plus honteux de l’ignorer que de l’avoir fait !

Enfin Caius Caligula s’est ressuscité dans son successeur. L’un fait tuer son beau-père[20], et l’autre son gendre[21]. L’un défend qu’on donne au fils de Crassus le surnom de grand ; l’autre le lui rend et lui fait couper la tête. Sans respect pour un sang illustre, il fait périr dans une même maison Scribonie, Tristonie, Assarion, et même Crassus le grand, ce pauvre Crassus si complètement sot qu’il eût mérité de régner. Songez, pères conscrits, quel monstre ose aspirer à siéger parmi nous. Voyez comment déifier une telle figure, vil ouvrage des dieux irrités ? À quel culte, à quelle foi pourra-t-il prétendre ? qu’il réponde, et je me rends. Messieurs, messieurs, si vous donnez la divinité à de telles gens, qui diable reconnaîtra la vôtre ? En un mot, pères conscrits, je vous demande, pour prix de ma complaisance et de ma discrétion, de venger mes injures. Voilà mes raisons, et voici mon avis :

Comme ainsi soit que le divin Claude a tué son beau-père Appius Silanus, ses deux gendres Pompeius Magnus et Lucius Silanus, Crassus, beau-père de sa fille, cet homme si sobre[22] et en tout si semblable à lui, Scribonie, belle-mère de sa fille, Messaline, sa propre femme, et mille autres dont les noms ne finiraient point ; j’opine qu’il soit sévèrement puni, qu’on ne lui permette plus de siéger en justice, qu’enfin, banni sans retard, il ait à vider l’Olympe en trois jours, et le ciel en un mois.

Cet avis fut suivi tout d’une voix. À l’instant le Cyllénien[23], lui tordant le cou, le tire au séjour

D’où nul, dit-on, ne retourna jamais.

Hercules, in speaking in this manner, pretended to possess more courage than he actually had in his heart; one could not help fearing the might of a madman. But Claudius, seeing him look like a man determined not to tolerate any mockery, concluded that he was not in Rome, where no one dared to challenge him, and that everywhere the “rooster” reigns supreme on its own “dungheap.” So he resumed his grumbling; and as much as one could hear, it seemed he was saying something like this:

I hoped, oh most powerful of all gods! that you would protect me in the presence of others, and that if I ever needed to claim a new identity, it would be one derived from you who know me so well. For remember, please: who else but me attended your temple during the months of July and August? You know the hardships I endured there—day and night, at the mercy of those lawyers. Believe me, no matter how strong you are, it would have been far better for you to clean the stables of Augias than to endure their endless complaints; you would have avoided dealing with even more filth[15].

Or tell us which god we should make of this man. Should we make him an Epicurean god, because he cares for no one, and nobody cares for him? Or a Stoic god, who, according to Varro, neither thinks nor procreates? Having neither heart nor mind, he seems quite suited for such a role. Ah, gentlemen! If he had even asked this honor of Saturnus himself—whom, while presiding over his games, he made the month last throughout the whole year—he would not have obtained it. Will he succeed in gaining it from Jupiter, whom he condemned for incest, by having his son-in-law Silanus killed? And why? Because he had a sister of delightful temperament, whom everyone called Venus, but he preferred to call her Juno. What such a great crime is there, you might ask, in celebrating one’s sister in a discreet manner? Doesn’t the law allow it at least to some extent in Athens, and openly in Egypt[16]?. In Rome. Oh, in Rome! Don’t you know that rats can eat iron? Our so-called “sages” overturn everything. As for him. I don’t know what he did in his room; but now he is rampaging through the heavens in an attempt to become a god—not content with having a temple in England where barbarians worship him as such.

In the end, Jupiter realized that it was necessary to put an end to these lengthy disputes and ensure that everyone spoke in their proper place. “Conscientious fathers,” he said to his colleagues, “instead of the inquiries I had permitted you to make, you are only causing chaos. I want the court to return to its normal order: what would such a candidate think of us?”

Having thus brought them out, he began to hear their opinions, starting with Father Janus. This individual, who served as consul during an evening banquet and was appointed on July first, was undoubtedly a man of two faces, looking both forward and backward at the same time. True to the spirit of a lawyer, he began to deliver a long and eloquent speech filled with many beautiful words—words that the scribe was unable to follow, and which I will not repeat for fear of misinterpreting any single phrase. He spoke at length about the greatness of the gods, insisting that they should not associate themselves with fools. In ancient times, he said, it was a great honor to be made a god; but today, it means nothing at all[17]. You have already made this man far too famous. However, lest anyone accuse me of expressing an opinion about the person rather than the matter itself, my view is that no one who grazes on the fields or lives off the fruits of the earth should be deified anymore. And if, despite this decree of the senate, someone still dares to claim divinity—whether in reality or in art—I declare them devoted to the Larvae, and I believe that at the first market day their so-called “divinity” should be put up for sale along with new slaves.

After this came the turn of the divine son of Vica-Pota, who was known as “Grippe-Sou” and made a living by performing antics and selling small trinkets in the markets. Hercules then approached him and gently touched his ear; after which he nodded and said: “Since the divine Claudius is descended from the blood of the divine Augustus and the divine Livie, his grandmother, to whom he even granted the status of goddess; since he is also a marvel of wisdom; and since the welfare of the public demands an assistant to Romulus’s legacy, I decree that he shall be created and proclaimed a god today, in as proper a manner as any has ever been done before. Let this event be added to Ovid’s ‘Metamorphoses.’”

Despite various opinions, it seemed that Claude would win; and Hercules, who knew how to strike while the iron was hot, ran back and forth, shouting, “Gentlemen, show me some favor—this matter interests me greatly; in another occasion, you can count on my support too; after all, one hand must wash the other.”

Then the divine Augustus rose to his feet and delivered a speech filled with great pomp, saying: “Fellow citizens, I call you witnesses that since I became a god, I have not spoken a single word, for I only concern myself with my own affairs. But how can I remain silent on this occasion? How can I hide the pain that is even further intensified by bitterness? It is for the glory of this wretched man that I have restored peace both at sea and on land, that I have put an end to civil wars, that Rome has been strengthened by my laws and beautified by my achievements. Oh fellow citizens, I am unable to express myself; my intense indignation finds no words. All I can say is to repeat the words of the eloquent Messala: ‘The state is lost!’ That fool, who seemed to have no ability to even disturb the surface of water, killed men as if they were flies. But what can be said of so many illustrious victims? Do the disasters that have befallen my family leave me any tears left to mourn for the public misfortunes? I have far too much to say about my own suffering[18]. That gallant man whom you see here, who was protected by my name for so many years, showed his gratitude by having Lucius Silanus, one of my great-nephews, and two Julias, my great-grandnieces, killed—one by sword, the other by starvation. Great Jupiter, if you allow him to be among us, whether rightly or wrongly, it will surely be your fault. For tell me, oh divine Claudius! Why did you order so many people to be killed without even hearing their crimes, without even inquiring about them? — ‘That was my custom!’ — Your custom! Such a custom is unknown here. Jupiter, who has ruled for so many years, has he ever done anything similar? When He crippled his son, did He kill him? When He hanged his wife, did He strangle her? But you—did you not put Messaline to death, when I was both her great-uncle and yours[19]? ‘I do not know,’ you say? Wretched man! Do you not realize that it is far more shameful for you to ignore such a thing than to have actually done it?”

Finally, Caius Caligula was “reborn” in his successor. One had his father-in-law killed[20], while the other had his son-in-law killed[21]. One insisted that Crassus’ son be given the title of “the Great”; the other took back that title and had him beheaded. Without any respect for noble blood, he caused Scribonia, Tristonia, Assarion—and even the great Crassus—to perish within the same household. That poor Crassus, so utterly foolish that he might have deserved to rule. Think, my fellow citizens, what kind of monster dares to aspire to sit among us! How can such a person be deified—when it is nothing but a vile creation of angered gods? What cult, what faith could he ever claim? Let him answer these questions, and I will submit. Gentlemen, if you grant divinity to such people, then who in heaven will acknowledge your own divinity? In short, my fellow citizens, I ask you—in exchange for my compliance and discretion—to avenge the insults I have suffered. These are my reasons, and this is my opinion.

Since the divine Claudius killed his father-in-law Appius Silanus, as well as his two sons-in-law Pompeius Magnus and Lucius Silanus; since Crassus, the father-in-law of his daughter; since Scribonia, the mother-in-law of his daughter Messaline; and since countless others whose names could not even be listed in their entirety; I believe that he should be severely punished, that he should no longer be allowed to preside over judicial proceedings, and that he should be banished without delay—forced to leave the “Olympus” within three days and the heavens themselves within a month.

This opinion was unanimously agreed upon. In that instant, the Cylénian[23] twisted his neck and pulled him away.

Therefore, it is said that none of them ever returned.

Ermes, parlando in quel modo, ostentava più coraggio di quanto ne avesse realmente nel cuore, e non si lasciava certo intimidire dalla minaccia di un pazzo. Ma Claudio, vedendo in lui l’aspetto di un uomo risoluto che non intendeva tollerare scherzi, pensò che non fosse lì come a Roma, dove nessuno osava competere con lui; e che ovunque il gallo sia signore del proprio cortile. Riprese quindi a borbottare, e, per quanto si potesse sentire, sembrava dire qualcosa del genere:

Speravo, o tu che sei il più potente di tutti gli dei, che mi proteggessi davanti agli altri; e che, se avessi dovuto nominare qualcuno per rappresentarmi, fosse stato proprio te, che mi conosci così bene. Perché, ricordatelo, chi altro all’infuori di me ha avuto l’onore di essere ascoltato davanti al tuo tempio nei mesi di luglio e agosto? Sai quali sofferenze ho dovuto sopportare là: giorno e notte, alla mercé degli avvocati. Sii certo che, per quanto tu sia forte, ti è stato meglio pulire le stalle di Augia che subire le loro grida e i loro insulti; hai ingoiato meno sporcizia[15].

O ditemi quale dio faremo di quest’uomo. Lo renderemo un dio epicureo, perché non si cura di nessuno e nessuno si cura di lui? Un dio stoico, che, secondo Varrone, non pensa né genera nulla. Non avendo né cuore né mente, sembra davvero adatto a diventarlo. Ebbene, signori: anche se avesse chiesto questo onore a Saturno stesso – il quale, presiedendo ai suoi giochi, fece sì che quel mese durasse tutto l’anno – non l’avrebbe ottenuto. Lo otterrà forse da Giove, che ha condannato per incesto, solo perché ha fatto morire Silano, suo genero? E perché? Solo perché aveva una sorella di indole incantevole, che tutti chiamavano Venere. Lui, invece, preferì chiamarla Giunone. Quale grave crimine può esserci nel celebrare discretamente la propria sorella? La legge non lo permette forse a metà in Atene e in Egitto? A Roma. Oh, a Roma! Non sapete forse che i ratti mangiano il ferro? Il nostro “saggio” sovverte tutto. Quanto a lui, non so cosa facesse nella sua stanza; ma ora va in giro per il cielo cercando di diventare un dio. Non contento del fatto che in Inghilterra abbia un tempio dove i barbari lo venerano come tale.

Alla fine, Giove si rese conto che era necessario porre fine a quelle lunghe discussioni e far sì che ognuno esprimesse il proprio parere al proprio posto. “Padri consacrati”, disse ai suoi colleghi, “invece delle domande che vi avevo permesso di porre, non fate altro che discutere senza fine; devo che la corte ripristini le sue normali procedure: cosa penserebbe di noi questo aspirante, qualunque sia la sua condizione?”

Dopo averlo fatto uscire, andò a votare, iniziando dal padre Jano. Quest’ultimo, console designato per il primo luglio, era certamente un uomo dalle due facce: guardava sia avanti che indietro. Come vero e proprio esperto oratore, iniziò a pronunciare molte belle parole, ma lo scriba non riuscì a seguirle tutte, e io non le ripeterò per paura di confondere un termine con un altro. Parlò della grandezza degli dèi, sostenendo che non dovessero associarsi a buffoni o individui spregevoli. Disse che un tempo diventare dio era una grande onore; oggi, invece, non significa più nulla[17]. Avete già reso quest’uomo troppo famoso. Ma per evitare che si possa pensare che io esprima un parere personale piuttosto che discutere di fatti concreti, la mia opinione è che ormai nessuno debba essere divinizzato tra coloro che pascolano l’erba dei campi o vivono dei frutti della terra. E se, nonostante questo decreto del senato, qualcuno dovesse osare considerarsi un dio, sia nella realtà che nell’arte, lo consacro alle Larve e ritengo che, alla prima fiera, la sua “divinità” debba essere messa in vendita insieme ai nuovi schiavi.

Dopo di ciò fu il turno del divino figlio di Vica-Pota, chiamato “consul grippe-sou”, che guadagnava da vivere facendo piccoli trucchi e vendendo oggetti nelle piccole città. Ercole, avvicinandosi a lui, gli toccò galantemente l’orecchio; questi annuì e disse: “Poiché il divino Claudio discende dal sangue del divino Augusto e da quello della divina Livia sua nonna, alla quale ha persino confermato lo status di dea; poiché inoltre è un vero prodigio di scienza, e poiché il bene pubblico richiede un aiutante al fianco di Romolo, io ritengo che da questo momento stesso debba essere dichiarato dio, nella forma più appropriata che si sia mai adottata in precedenza, e che questo evento venga aggiunto alle ‘Metamorfosi’ di Ovidio.”

Nonostante ci fossero diverse opinioni, sembrava che Claude avrebbe vinto; e Ercole, che sa come agire con decisione quando le circostanze sono favorevoli, andava da una parte all’altra gridando: “Signori, un po’ di favore. Questa questione mi interessa; in un’altra occasione potrete contare anche sul mio voto. Dopotutto, è giusto che una mano lavi l’altra”.

Allora il divino Augusto, alzatosi in piedi, pronunciò parole molto solenni e disse: “Padri conscripti, vi prendo a testimoni che da quando sono diventato dio non ho detto una sola parola, perché mi occupo solo delle mie faccende. Ma come posso tacere in questa circostanza? Come posso nascondere il mio dolore, acuito ancora dall’offesa subita? È proprio per la gloria di questo miserabile che ho ristabilito la pace sia in mare che sulla terra, che ho soffocato le guerre civili, che Roma è stata rafforzata dalle mie leggi e abbellita dai miei lavori. Oh padri conscripti, non riesco a esprimermi; la mia indignazione profonda non trova parole. Posso solo ripetere, come l’eloquente Messala: ‘Lo Stato è perduto!’ Quell’idiota, che sembrava incapace di causare il minimo danno, uccideva le persone come se fossero mosche. Ma cosa dire di tutte quelle vittime illustri? I disastri della mia famiglia mi lasciano forse ancora lacrime per i mali pubblici? Ho troppo da dire riguardo ai miei problemi personali. Quell’uomo che vedete, protetto dal mio nome per tanti anni, mi ha dimostrato la sua riconoscenza facendo uccidere Lucio Silano, uno dei miei pronipoti, e due Giulie, le mie pronipoti: una con la spada, l’altra di fame. Grande Giove, se lo permetti tra noi, a torto o a ragione, questo sarà sicuramente un tuo errore. Perché, dimmi, oh divino Claudio, perché hai permesso che venissero uccisi tante persone senza nemmeno ascoltare le loro storie, senza nemmeno conoscere i loro crimini? ‘Era la mia abitudine’, dici tu. La tua abitudine! Qui nessuno conosce una simile abitudine. Giove, che regni da tanti anni, hai mai fatto qualcosa del genere? Quando hai storpiato tuo figlio, l’hai ucciso? Quando hai impiccato tua moglie, l’hai strangolata? E tu, non hai forse messo a morte Messalina, di cui ero il prozio e anche tu lo eri?” “Non lo so”, dici tu. Misero! Non sai forse che è più vergognoso ignorarlo che averlo fatto davvero?

Infine, Gaio Caligola “risuscitò” nel suo successore: uno fece uccidere il suocero, l’altro il genero; uno si oppose che al figlio di Crasso venisse dato il titolo di “grande”, l’altro glielo concesse e lo fece decapitare. Senza alcun rispetto per un sangue illustre, fece morire nella stessa casa Scribonia, Tristonia, Assarione, e persino Crasso il Grande, quel povero Crasso così completamente stupido da meritare davvero di regnare. Pensate, padri conscripti: quale mostro osa aspirare a sedere tra di noi? Vedete come si possa divinizzare una tale figura, opera vile degli dei offesi! A quale culto, a quale fede potrà mai fare appello? Che risponda, e mi arrenderò. Signori, se date la divinità a persone del genere, chi diavolo riconoscerà la vostra? In breve, padri conscripti, vi chiedo, in cambio della mia obbedienza e discrezione, di vendicare le mie offese. Ecco le mie ragioni, ed ecco il mio parere.

Poiché il divino Claudio ha ucciso suo suocero Appio Silano, così come i suoi due generi Pompeo Magno e Lucio Silano, Crasso, suocero di sua figlia; quest’uomo così sobrio e in ogni modo simile a lui; Scribonia, suocera di sua figlia Messalina, e mille altri ancora, la cui lista non avrebbe fine. Ritengo che debba essere punito severamente, che non gli venga più permesso di presiedere ai tribunali, e infine che venga esiliato senza indugio, costretto a lasciare l’Olimpo in tre giorni e il cielo entro un mese.

Questo parere fu accolto all’unanimità. In quell’istante, il Cillenio gli torse il collo e lo trascinò via con sé.

Si dice che nessuno di loro sia mai tornato indietro.

En descendant par la voie sacrée, ils trouvent un grand concours dont Mercure demande la cause. Parions, dit-il, que c’est sa pompe funèbre : et en effet, la beauté du convoi, où l’argent n’avait pas été épargné, annonçait bien l’enterrement d’un dieu. Le bruit des trompettes, des cors, des instruments de toute espèce, et surtout de la foule, était si grand, que Claude lui-même pouvait l’entendre. Tout le monde était dans l’allégresse ; le peuple romain marchait légèrement comme ayant secoué ses fers. Agathon et quelques chicaneurs pleuraient tout bas dans le fond du cœur. Les jurisconsultes, maigres, exténués[24], commençaient à respirer, et semblaient sortir du tombeau. Un d’entre eux, voyant les avocats la tête basse déplorer leur perte, leur dit en s’approchant : Ne vous le disais-je pas, que les saturnales ne dureraient pas toujours ?

Claude en voyant ses funérailles comprit enfin qu’il était mort. On lui beuglait à pleine tête ce chant funèbre en jolis vers heptasyllabes.

O cris ! ô perte ! ô douleurs !

De nos funèbres clameurs

Faisons retentir la place :

Que chacun se contrefasse :

Crions d’un commun accord,

Ciel ! ce grand homme est donc mort !

Il est donc mort ce grand homme !

Hélas ! vous savez tous comme,

Sous la force de son bras,

Il mit tout le monde à bas.

Fallait-il vaincre à la course ;

Fallait-il, jusque sous l’Ourse,

Des Bretons presque ignorés,

Du Cauce aux cheveux dorés

Mettre l’orgueil à la chaîne,

Et sous la hache romaine

Faire trembler l’Océan ;

Fallait-il en moins d’un an

Dompter le Parthe rebelle ;

Fallait-il d’un bras fidèle

Bander l’arc, lancer des traits

Sur des ennemis défaits,

Et d’une audace guerrière

Blesser le Mède au derrière ;

Notre homme était prêt à tout,

De tout il venait à bout.

Pleurons ce nouvel oracle,

Ce grand prononceur d’arrêts,

Ce Minos que par miracle

Le ciel forma tout exprès.

Ce phénix des beaux génies

N’épuisait point les parties

En plaidoyers superflus ;

Pour juger sans se méprendre

Il lui suffisait d’entendre

Une des deux tout au plus.

Quel autre toute l’année

Voudra siéger désormais,

Et n’avoir, dans la journée,

De plaisir que les procès ?

Minos, cédez-lui la place,

Déjà son ombre vous chasse,

Et va juger aux enfers.

Pleurez, avocats à vendre ;

Vos cabinets sont déserts.

Rimeurs qu’il daignait entendre,

A qui lirez-vous vos vers ?

Et vous qui comptiez d’avance

Des cornets et de la chance

Tirer un ample trésor,

Pleurez, brelandier célèbre ;

Bientôt un bûcher funèbre,

Va consumer tout votre or. •,.

Claude se délectait à entendre ses louanges, et aurait bien voulu s’arrêter plus longtemps ; mais le héraut des dieux, lui mettant la main au collet et lui enveloppant la tête de peur qu’il ne fût reconnu, l’entraîna par le champ de Mars, et le fit descendre aux enfers entre le Tibre et la voie couverte.

Narcisse, ayant coupé par un plus court chemin, vint frais, sortant du bain, au-devant de son maître, et lui dit : Comment ! les dieux chez les hommes ! Allons, allons, dit Mercure, qu’on se dépêche de nous annoncer. L’autre voulant s’amuser à cajoler son maître, il le hâta d’aller à coups de caducée, et Narcisse partit sur-le-champ. La pente est si glissante, et l’on descend si facilement, que, tout goutteux qu’il était, il arrive en un moment à la porte des enfers. À sa vue, le monstre aux cent têtes dont parle Horace s’agite, hérisse ses horribles crins ; et Narcisse, accoutumé aux caresses de sa jolie levrette blanche, éprouva quelque surprise à l’aspect d’un grand vilain chien noir à long poil, peu agréable à rencontrer dans l’obscurité. Il ne laissa pas pourtant de s’écrier à haute voix : Voici Claude César. Aussitôt une foule s’avance en poussant des cris de joie et chantant,

Il vient, réjouissons-nous.

Parmi eux étaient Caïus Silius, consul désigné, Junius Praetorius, Sextius Trallus, Helvius Trogus, Cotta Tectus, Valens, Fabius, chevaliers romains que Narcisse avait tous expédiés. Au milieu de la troupe chantante était le pantomime Mnester, à qui sa beauté avait coûté la vie. Bientôt le bruit que Claude arrivait parvint jusqu’à Messaline ; et l’on vit accourir les premiers au-devant de lui ses affranchis Polybe, Myron, Harpocrate, Amphaeus et Pheronacte, qu’il avait envoyés devant pour préparer sa maison. Suivaient les deux préfets Justus Catonius, et Rufus, fils de Pompée ; puis ses amis Saturnius Lucius, et Pedo Pompeius, et Lupus, et Celer Asinius, consulaires ; enfin la fille de son frère, la fille de sa sœur, son gendre, son beau-père, sa belle-mère, et presque tous ses parents. Toute cette troupe accourt au-devant de Claude, qui les voyant s’écria : Bon ! je trouve partout des amis ! Par quel hasard êtes-vous ici ?

Comment, scélérat ! dit Pedo Pompeius, par quel hasard ? et qui nous y envoya que toi-même, bourreau de tous tes amis ? Viens, viens devant le juge ; ici je t’en montrerai le chemin. Il le mène au tribunal d’Éaque, lequel précisément se faisait rendre compte de la loi Cornelia sur les meurtriers. Pedo fait inscrire son homme, et présente une liste de trente sénateurs, trois cent quinze chevaliers romains, deux cent vingt-un citoyens, et d’autres en nombre infini, tous tués par ses ordres.

Claude, effrayé, tournait les yeux de tous côtés pour chercher un défenseur ; mais aucun ne se présentait. Enfin P. Petronius, son ancien convive et beau parleur comme lui, requit vainement d’être admis à le défendre. Pedo l’accuse à grands cris, Petrone tâche de répondre ; mais le juste Éaque le fait taire, et, après avoir entendu seulement l’une des parties, condamne l’accusé en disant :

Il est traité comme il traita les autres.

À ces mots il se fit un grand silence. Tout le monde, étonné de cette étrange forme, la soutenait sans exemple ; mais Claude la trouva plus inique que nouvelle. On disputa longtemps sur la peine qui lui serait imposée. Quelques-uns disaient qu’il fallait faire un échange ; que Tantale mourrait de soif s’il n’était secouru ; qu’Ixion avait besoin d’enrayer, et Sisyphe de reprendre haleine : mais, comme relâcher un vétéran, c’eût été laisser à Claude l’espoir d’obtenir un jour la même grâce, on aima mieux imaginer quelque nouveau supplice qui, l’assujettissant à un vain travail, irritât incessamment sa cupidité par une espérance illusoire. Éaque ordonna donc qu’il jouât aux dés avec un cornet percé, et d’abord on le vit se tourmenter inutilement à courir après ses dés :

Car à peine agitant le mobile cornet

Aux dés prêts à partir il demande sonnet[25],

Que, malgré tous ses soins, entre ses doigts avides,

Du cornet défoncé, panier des Danaïdes,

Il sent couler les dés ; ils tombent, et souvent

Sur la table, entraîné par ses gestes rapides,

Son bras avec effort jette un cornet de vent.

Ainsi pour terrasser son adroit adversaire[26]

Sur l’arène un athlète, enflammé de colère,

Du ceste qu’il élève espère le frapper ;

L’autre gauchit, esquive, a le temps d’échapper.

Et le coup, frappant l’air avec toute sa force,

Au bras qui l’a porté donne une rude entorse.

Là-dessus, Caligula, paraissant tout-à-coup, se mit à le réclamer comme son esclave. Il produisait des témoins qui l’avoient vu le charger de soufflets et d étrivières. Aussitôt il lui fut adjugé par Éaque ; et Caligula le donna à Ménandre son affranchi, pour en faire un de ses gens.

FIN de la TRADUCTION DE L’APOCOLOKINTOSIS DE SÉNÈQUE

Liste des Mélanges ou littérature variée

Liste générale des titres

As they descended along the sacred path, they came upon a large procession, and Mercury inquired as to its cause. “I bet,” he said, “it must be some funeral ceremony.” Indeed, the splendor of the procession—where no expense had been spared in displaying wealth—clearly indicated that it was for the burial of a god. The noise of trumpets, horns, various musical instruments, and especially the clamor of the crowd was so intense that even Claudius could hear it. Everyone was in high spirits; the Roman people marched lightly, as if they had shaken off all their burdens. Agathon and a few others, however, wept in silence deep within their hearts. The jurists, haggard and exhausted, began to feel revived, as if they had just emerged from the tomb. One of them, seeing the lawyers bowing their heads in grief at their loss, approached them and said, “Didn’t I tell you that the Saturnalian celebrations could not last forever?”

When Claude saw his own funeral, he finally realized that he was dead. They chanted that mournful song at him, with its beautiful seven-syllable verses.

Alas! Oh loss! Oh pains!

From our mournful cries.

Let us give prominence to this place:

Let everyone put on a mask; let everyone pretend.

Let us cry out together,

Heavens! So that great man has died!

Thus, that great man has died!

Alas! You all know how.

Under the strength of his arm,

He brought everyone down.

Was it necessary to win the race?

Was it necessary, even beneath the Bear.

Almost unknown Bretons.

From Du Cause with her golden hair.

Put pride in chains.

And under the Roman axe.

To make the ocean tremble;

Was it necessary for it to happen in less than a year?

To subdue the rebellious Parthian;

Was a faithful arm necessary?

Draw the bow and shoot the arrows.

Over defeated enemies,

And with the courage of a warrior.

To bless someone by touching their buttocks.

Our man was ready to do anything.

He managed to overcome everything.

Let us praise this new oracle.

This great proponent of judicial rulings.

This Minos, who by miracle.

The sky was formed specifically for this purpose.

This phoenix of brilliant geniuses

It did not exhaust the parties involved.

In superfluous pleadings;

In order to judge without misunderstanding.

It was enough for her to hear it.

At most one of the two.

What else could there be throughout the whole year?

Wilt thou now sit in judgment?

And not to have, during the day.

Pleasure in trials?

Minos, give him your place.

Already its shadow chases you down.

And go judge in hell.

Weep, lawyers seeking buyers;

Your offices are empty.

Rhymes that he deigned to listen to,

To whom will you read your verses?

And you, who had already made your plans in advance.

Trumpets and fortune.

To uncover a vast treasure.

Weep, oh famous Brelandian;

Soon a funeral pyre would be lit.

It will consume all your gold. •.

Claude took great pleasure in hearing these praises and would have been happy to stay longer; but the herald of the gods, seizing him by the collar and covering his head to prevent him from being recognized, dragged him through the Field of Mars and led him down into hell, between the Tiber and the covered road.

Narcisse, having taken a shorter route, arrived fresh and clean after his bath in front of his master and said to him, “How! Gods living among men! Come on, let’s hurry and find out what’s happening.” Wanting to tease his master a bit, Mercury urged him on with strokes from his wand, and Narcisse set off immediately. The slope was so slippery that he descended swiftly; despite being still wet from the bath, he soon reached the gates of hell. Upon seeing it, the monster with a hundred heads—about which Horace had spoken—became agitated and bristled with its horrible fur. Narcisse, accustomed to the caresses of his lovely white dog, was somewhat surprised by the sight of this large, ugly black dog with long hair—an unpleasant encounter indeed in the darkness. Nevertheless, he couldn’t help but shout out loudly, “Here comes Claudius Caesar!” Immediately, a crowd emerged, shouting in joy and singing.

He is coming; let us rejoice.

Among them were Gaius Silius, the newly appointed consul, Junius Praetorius, Sextius Trallus, Helvius Trogus, Cotta Tectus, Valens, and Fabius—Roman knights all sent by Narcissus. In the midst of the singing crowd was the pantomimer Mnester, whose beauty had cost him his life. Soon, news of Claudius’ approach reached Messaline; first to greet him were his freedmen Polybe, Myron, Harpocrate, Amphaeus, and Pheronacte, whom he had sent ahead to prepare his residence. Following them were the two prefects, Justus Catonius and Rufus, son of Pompey; then his friends Saturnius Lucius, Pedo Pompeius, Lupus, and Celer Asinius, who were all consuls at the time. Finally, there were his sister’s daughter, his brother’s daughter, his son-in-law, his father-in-law, his mother-in-law, and almost all his relatives. As this entire group rushed forward to welcome Claudius, he exclaimed, “Good! I find friends everywhere! What chance has brought you here?”

“How dare you, scoundrel!” said Pedo Pompeius. “By what chance? And who but you could have sent us this murderer, you who have brought so much suffering to all your friends? Come, come before the judge; I will show you the way.” He led him to the tribunal of Éaque, where the law enacted by Cornelia regarding murderers was being reviewed at that very time. Pedo had his man registered and then presented a list of thirty senators, three hundred and fifteen Roman knights, two hundred and twenty-one citizens, and countless others—all killed upon his orders.

Claude, terrified, looked around in every direction for someone to defend him; but no one stepped forward. Finally, P. Petronius, his former companion and as eloquent as he was, tried in vain to be allowed to defend him. Pedo accused him loudly, Petronius tried to respond; but the fair Eaque silenced him, and after hearing only one side of the story, condemned the accused and said:

He was treated just as he treated others.

At these words, a great silence fell. Everyone, astonished by this strange form, supported it without exception; but Claude found it more unjust than novel. For a long time, people debated the punishment that should be imposed upon him. Some suggested that an exchange should be made; that Tantalus would die of thirst if not rescued; that Ixion needed to be restrained, and Sisyphe to regain his breath—but since releasing a veteran would have given Claude hope of obtaining the same mercy one day, people preferred to devise some new torture that, by subjecting him to futile labor, would incessantly irritate his greed through illusory hopes. Therefore, Éaque ordered that he play dice with a pierced horn; at first, they saw him futilely running after his own dice in agony.

For merely shaking the mobile phone slightly.

With the dice ready to be rolled, he requests a sonnet[25].

That, despite all her efforts, it slipped through her eager fingers.

A broken cornet, a basket of Danaids.

He feels the dice rolling; they fall, and often.

On the table, dragged along by his rapid movements,

With effort, he raises his arm and blows a trumpet.

Thus, in order to defeat his cunning opponent[26].

On the arena, an athlete, filled with rage.

Because he raises it in the hope of striking it.

The other one twisted his body, dodged, and had just enough time to escape.

And the blow, striking the air with all its force,

The arm that carried her has suffered a severe sprain.

At that moment, Caligula suddenly appeared and began to claim him as his slave. He produced witnesses who had seen him assign the man tasks such as carrying fans and brushes. Immediately, Éaque ruled in favor of Caligula; and Caligula gave him to Ménandre, his freedman, to make him one of his own people.

End of the translation of Seneca’s “Apocryphal Epistles”.

List of Miscellaneous Works or Varied Literature

General list of titles

Scendendo per il sentiero sacro, trovarono un grande raduno; Mercurio chiese la causa di tale affollamento. “Scommetto”, disse, “che si tratti della sua processione funebre. E infatti, la magnificenza del corteo, in cui non era stato risparmiato nulla, annunciava chiaramente il funerale di un dio. Il rumore delle trombe, dei cavalli al galoppo, degli strumenti musicali di ogni tipo, e soprattutto quello della folla, era così intenso che persino Claudio riusciva a udirlo. Tutti erano in preda all’allegria; il popolo romano camminava con leggerezza, come se avesse finalmente liberato i propri pesi. Agaton e alcuni altri, invece, piangevano in silenzio nel profondo del cuore. I giuristi, magri ed esausti, cominciavano a respirare meglio. E sembrava che fossero appena usciti dalla tomba. Uno di loro, vedendo gli avvocati con la testa bassa e intenti a lamentare la propria perdita, si avvicinò e disse: “Non ve l’avevo detto? Le Saturnali non dureranno per sempre, ”

Quando Claude vide le sue esequie, finalmente capì di essere morto. Gli cantavano ad alta voce quella canzone funebre, composta da bei versi settenari.

Oh grida! Oh perdita! Oh dolori!

Dai nostri terribili lamenti.

Ricordiamo bene questo luogo:

Che ognuno si travesti.

Gridiamo tutti insieme.

Dio mio! Quell’uomo straordinario è quindi morto!

Quindi quel grande uomo è morto!

Ahimè! Voi tutti sapete quanto.

Sotto la forza del suo braccio,

Abbatté tutti quanti.

Era necessario vincere nella corsa?

Era necessario, persino sotto l’Orsa,

Bretoni quasi sconosciuti.

Dai capelli biondi.

Legare l’orgoglio in catene.

E sotto l’ascia romana.

Far tremare l’Oceano.

Era necessario farlo in meno di un anno?

Sottomettere la ribelle Partia.

Era necessario un braccio fedele.

Tendere l’arco, scoccare le frecce.

Su nemici sconfitti.

E con un coraggio da guerriero.

Colpire il Medo alle spalle.

Il nostro uomo era pronto a tutto.

Tutto lo stava consumando.

Lodiamo questo nuovo oracolo.

Questo grande esperto di emettere sentenze.

Questo Minos, che per un miracolo.

Il cielo è creato appositamente per tutto questo.

Questo fenice dei grandi geni.

Non esauriva mai le risorse disponibili.

In inutili tentativi di giustificazione.

Per giudicare senza fraintendimenti

Gli bastava sentirlo dire.

Al massimo, una delle due.

Qual altro, per tutto l’anno.

Desideri ora sederti?

E non avere, durante la giornata,

Del piacere, i processi?

Minos, lasciagli il posto.

Già la sua ombra vi insegue.

E vada a giudicare all’inferno.

Piangete, avvocati in vendita.

I vostri uffici sono vuoti.

Rime che egli si degnava di ascoltare.

A chi leggerete i vostri versi?

E voi, che avevate già fatto i vostri piani.

Dei cornetti e della fortuna.

Estrarre un enorme tesoro.

Piangi, famoso bardo di Brelanda;

Ben presto ci sarà un rogo funebre.

Consumerà tutto il vostro oro, •.

Claude si deliziava nell’ascoltare le sue lodi e avrebbe voluto che quel momento durasse più a lungo; ma il messaggero degli dei, afferrandolo per il collo e coprendogli la testa per evitare che fosse riconosciuto, lo trascinò attraverso il campo di Marte e lo condusse all’inferno, tra il Tevere e la strada coperta.

Narciso, avendo preso una strada più breve, arrivò fresco e asciutto davanti al suo padrone e gli disse: “Ma come! I dèi tra gli uomini. Andiamo, andiamo”, disse Mercurio, “che ci vengano subito annunciati”. Narciso, volendo prendersi gioco del proprio padrone, lo sollecitò con colpi di bacchetta; così partirono immediatamente. La pendenza era così scivolosa che, nonostante fosse ancora bagnato, arrivò in un attimo alla porta degli inferi. Alla sua vista, il mostro dalle cento teste di cui parla Orazio si agitò e sollevò i suoi orribili crini; Narciso, abituato alle carezze della sua bella cagnolina bianca, rimase sorpreso nel vedere un grande cane nero e peloso, poco piacevole da incontrare nell’oscurità. Tuttavia non esitò a gridare ad alta voce: “Ecco Claudio Cesare”. All’istante, una folla si avvicinò, lanciando grida di gioia e cantando.

È arrivato, gioiamo.

Tra di loro c’erano Gaio Sillio, console designato, Giunio Pretorio, Sextio Trallo, Elvio Trogo, Cotta Tecto, Valens e Fabio, cavalieri romani che Narciso aveva tutti inviati. Tra la folla che cantava c’era anche il pantomimo Mnester, a cui la sua bellezza era costata la vita. Presto giunse fino a Messalina la notizia dell’arrivo di Claudio; i primi ad accoglierlo furono i suoi liberti Polybe, Myron, Arpocrate, Amphaeus e Pheronacte, che aveva mandato avanti per preparargli la casa. Seguivano i due prefetti Justo Catone e Rufo, figlio di Pompeo; poi i suoi amici Saturnio Lucio, Pedo Pompeio, Lupus e Celer Asinius, consolari; infine la figlia di suo fratello, la figlia di sua sorella, suo genero, suo suocero, sua suocera e quasi tutti i suoi parenti. Tutta questa folla corse incontro a Claudio, che, vedendoli, esclamò: “Bene! Trovo amici ovunque. Per quale caso siete qui?”

“Come, scellerato!”, disse Pedo Pompeio, “con quale casualità? E chi ci ha inviato proprio te, carnefice di tutti i tuoi amici? Vieni, vieni davanti al giudice; qui ti indicherò la strada da seguire.” Lo portò quindi al tribunale di Éaco, dove si stava esaminando l’applicazione della legge Cornelia sui criminali di omicidio. Pedo fece registrare il proprio uomo e presentò un elenco di trenta senatori, trecentocinquanta cavalieri romani, duecentoventuno cittadini, e molti altri ancora, tutti uccisi per ordine suo.

Claude, spaventato, guardava intorno in cerca di qualcuno che lo difendesse; ma nessuno si fece avanti. Alla fine, P. Petronio, suo ex commensale e altrettanto eloquente di lui, chiese invano di essere ammesso a difenderlo. Pedo lo accusò ad alta voce; Petronio cercò di rispondere; ma il giusto Eaco lo fece tacere e, dopo aver ascoltato soltanto una delle parti in causa, condannò l’accusato dicendo:

È trattato esattamente come trattò gli altri.

A queste parole calò un grande silenzio. Tutti, sorpresi da questa strana forma di punizione, la sostenevano senza eccezione; ma Claude la trovava ancora più ingiusta che inaspettata. Si discusse a lungo sulla pena che gli sarebbe stata inflitta. Alcuni suggerivano di effettuare uno scambio: che Tantalo sarebbe morto di sete se non fosse stato salvato; che Ixione aveva bisogno di essere fermato, e Sisifo di riprendere fiato. Ma poiché liberare un veterano avrebbe significato dare a Claude la speranza di ottenere un giorno lo stesso perdono, si preferì inventare una nuova punizione: farlo svolgere un lavoro inutile, stimolando incessantemente la sua avidità con speranze illusorie. Così Eaque ordinò che giocasse ai dadi usando un corno perforato; all’inizio lo si vide tormentarsi invano nel tentativo di raccogliere i suoi dadi.

Poiché appena muoveva quel piccolo corno di legno.

Ai dadi pronti per essere lanciati, chiede di ascoltare il suo sonetto[25].

Che, nonostante tutti i suoi sforzi, tra le sue dita bramose.

Da un corno rotto, il cesto delle Danaidi.

Si lasciano scorrere i dadi; cadono, e spesso.

Sul tavolo, trascinato dai suoi movimenti rapidi,

Con sforzo, il suo braccio solleva un corno da fiato.

E così, per sconfiggere il proprio abile avversario[26].

Sull’arena, un atleta, divorato dalla rabbia.

Dalla posizione in cui si trova, spera di poterlo colpire;

L’altro, goffo e impreciso nei movimenti, riesce a schivare in tempo e a sfuggire.

E quel colpo, che colpì l’aria con tutta la sua forza.

Il braccio che l’ha sostenuta ha subito una grave distorsione.

A questo punto, Caligola, comparso all’improvviso, iniziò a rivendicarlo come suo schiavo. Presentò testimoni che lo avevano visto fornirgli soffietti e strumenti per picchiare. Subito dopo, Éaque lo assegnò a Caligula; questi lo diede poi a Ménandro, il proprio liberto, affinché ne facesse uno dei suoi servitori.

Fine della traduzione dell’Apocallipso di Seneca

Elenco di miscellane o letteratura varia

Elenco generale dei titoli