Rousseau
Abstract
A translation, presented as a stylistic exercise, of the first book of Tacitus’s Histories, on the year of the four emperors. A literary translation exercise, without independent philosophical content.
Testo originale francese · Arvensa Editions · pubblico dominio
Avertissement
Quand j’eus le malheur de vouloir parler au public, je sentis le besoin d’apprendre à écrire, et j’osai m’essayer sur Tacite. Dans cette vue, entendant médiocrement le latin et souvent n’entendant point mon auteur, j’ai dû faire bien des contre-sens particuliers sur ses pensées : mais, si je n’en ai point fait un général sur son esprit, j’ai rempli mon but ; car je ne cherchais pas à rendre les phrases de Tacite, mais son style ; ni de dire ce qu’il a dit en latin, mais ce qu’il eût dit en français.
Ce n’est donc ici qu’un travail d’écolier ; j’en conviens, et je ne le donne que pour tel. Ce n’est de plus qu’un simple fragment, un essai, j’en conviens encore : un si rude jouteur m’a bientôt lassé. Mais ici les essais peuvent être admis en attendant mieux ; et, avant que d’avoir une bonne traduction complète, il faut supporter encore bien des thèmes. C’est une grande entreprise qu’une pareille traduction : quiconque en sent assez la difficulté pour pouvoir la vaincre persévérera difficilement. Tout homme en état de suivre Tacite est bientôt tenté d’aller seul.
Traduction
Je commencerai cet ouvrage par le second consulat de Galba et l’unique de Vinius. Les sept cent vingt premières années de Rome ont été décrites par divers auteurs avec l’éloquence et la liberté dont elles étaient dignes. Mais, après la bataille d’Actium, qu’il fallut se donner un maître pour avoir la paix, ces grands génies disparurent. L’ignorance des affaires d’une république devenue étrangère à ses citoyens, le goût effréné de la flatterie, la haine contre les chefs, altérèrent la vérité de mille manières ; tout fut loué ou blâmé par passion, sans égard pour la postérité : mais en démêlant les vues de ces écrivains, elle se prêtera plus volontiers aux traits de l’envie, et de la satire, qui flatte la malignité par un faux air d’indépendance, qu’à la basse adulation, qui marque la servitude et rebute par sa lâcheté. Quant à moi, Galba, Vitellius, Othon, ne m’ont fait ni bien ni mal : Vespasien commença ma fortune, Tite l’augmenta, Domitien l’acheva, j’en conviens ; mais un historien qui se consacre à la vérité doit parler sans amour et sans haine. Que s’il me reste assez de vie, je réserve pour ma vieillesse la riche et paisible matière des règnes de Nerva et de Trajan ; rares et heureux temps où l’on peut penser librement et dire ce que l’on pense.
J’entreprends une histoire pleine de catastrophes, de combats, de séditions, terrible même durant la paix ; quatre empereurs égorgés, trois guerres civiles, plusieurs étrangères, et la plupart mixtes ; des succès en Orient, des revers en Occident, des troubles en Illyrie ; la Gaule ébranlée, l’Angleterre conquise et d’abord abandonnée ; les Sarmates et les Suèves commençant à se montrer ; les Daces illustrés par de mutuelles défaites ; les Parthes, joués par un faux Néron, tout prêts à prendre les armes : l’Italie, après les malheurs de tant de siècles, en proie à de nouveaux désastres dans celui-ci ; des villes écrasées ou consumées dans les fertiles régions de la Campanie ; Rome dévastée par le feu, les plus anciens temples brûlés ; le Capitole même livré aux flammes par les mains des citoyens ; le culte profané, des adultères publics, les mers couvertes d’exilés, les îles pleines de meurtres ; des cruautés plus atroces dans la capitale, où les biens, le rang, la vie privée ou publique, tout était également imputé à crime, et où le plus irrémissible était la vertu : les délateurs non moins odieux par leurs fortunes que par leurs forfaits ; les uns faisant trophée du sacerdoce et du consulat, dépouilles de leurs victimes ; d’autres, tout-puissants, tant au-dedans qu’au-dehors, portant partout le trouble, la haine et l’effroi : les maîtres trahis par leurs esclaves, les patrons par leurs affranchis ; et, pour comble enfin, ceux qui manquaient d’ennemis, opprimés par leurs amis mêmes.
Ce siècle, si fertile en crimes, ne fut pourtant pas sans vertu : on vit des mères accompagner leurs enfants dans leur fuite, des femmes suivre leurs maris en exil, des parents intrépides, des gendres inébranlables, des esclaves même à l’épreuve des tourments. On vit de grands hommes, fermes dans toutes les adversités, porter et quitter la vie avec une constance digne de nos pères. À ces multitudes d’événements humains se joignirent les prodiges du ciel et de la terre, les signes tirés de la foudre, les présages de toute espèce, obscurs ou manifestes, sinistres ou favorables : jamais les plus tristes calamités du peuple romain, jamais les plus justes jugements du ciel ne montrèrent avec tant d’évidence que si les dieux songent à nous, c’est moins pour nous conserver que pour nous punir.
Mais, avant que d’entrer en matière, pour développer les causes des événements qui semblent souvent l’effet du hasard, il convient d’exposer l’état de Rome, le génie des armées, les mœurs des provinces, et ce qu’il y avait de sain et de corrompu dans toutes les régions du monde.
Après les premiers transports excités par la mort de Néron, il s’était élevé des mouvements divers non seulement au sénat, parmi le peuple et les bandes prétoriennes, mais entre tous les chefs, et dans toutes les légions : le secret de l’empire était enfin dévoilé, et l’on voyait que le prince pouvait s’élire ailleurs que dans la capitale. Mais le sénat, ivre de joie, se pressait sous un nouveau prince encore éloigné, d’abuser de la liberté qu’il venait d’usurper : les principaux de l’ordre équestre n’étaient guère moins contents ; la plus saine partie du peuple qui tenait aux grandes maisons, les clients, les affranchis des proscrits et des exilés, se livraient à l’espérance. La vile populace, qui ne bougeait du cirque et des théâtres, les esclaves perfides, ou ceux qui, à la honte de Néron, vivaient des dépouilles des gens de bien, s’affligeaient et ne cherchaient que des troubles.
La milice de Rome, de tout temps attachée aux Césars, et qui s’était laissé porter à déposer Néron plus à force d’art et de sollicitations que de son bon gré, ne recevant point le donatif promis au nom de Galba, jugeant de plus que les services et les récompenses militaires auraient moins lieu durant la paix, et se voyant prévenue dans la faveur du prince par les légions qui l’avaient élu, se livrait à son penchant pour les nouveautés, excitée par la trahison de son préfet Nymphidius qui aspirait à l’empire. Nymphidius périt dans cette entreprise ; mais, après avoir perdu le chef de la sédition, ses complices ne l’avaient pas oubliée, et glosaient sur la vieillesse et l’avarice de Galba. Le bruit de sa sévérité militaire, autrefois si louée, alarmait ceux qui ne pou voient souffrir l’ancienne discipline ; et quatorze ans de relâchement sous Néron leur faisaient autant aimer les vices de leurs princes, que jadis ils respectaient leurs vertus. On répandit aussi ce mot de Galba, qui eût fait honneur à un prince plus libéral, mais qu’on interprétait par son humeur : Je sais choisir mes soldats, et non les acheter.
Vinius et Lacon, l’un le plus vil, et l’autre le plus méchant des hommes, le décriaient par leur conduite ; et la haine de leurs forfaits retombait sur son indolence. Cependant Galba venait lentement, et ensanglantait sa route : il fit mourir Varron, consul désigné, comme complice de Nymphidius, et Turpilien, consulaire, comme général de Néron. Tous deux exécutés sans avoir été entendus, et sans forme de procès, passèrent pour innocents. À son arrivée il fit égorger par milliers les soldats désarmés, présage funeste pour son règne, et de mauvais augure même aux meurtriers. La légion qu’il amenait d’Espagne, jointe à celle que Néron avait levée, remplirent la ville de nouvelles troupes qu’augmentaient encore les nombreux détachements d’Allemagne, d’Angleterre et d’Illyrie, choisis et envoyés par Néron aux Portes Caspiennes, où il préparait la guerre d’Albanie, et qu’il avait rappelés pour réprimer les mouvements de Vindex ; tous gens à beaucoup entreprendre, sans chef encore, mais prêts à servir le premier audacieux.
Warning
When I had the misfortune of attempting to address an audience, I felt the need to learn how to write, and I dared to try my hand at translating Tacitus. In doing so, since my knowledge of Latin was rather limited and I often failed to understand my author, I inevitably made many misunderstandings regarding his ideas. However, even if I did not succeed in capturing the essence of his thought, I achieved my goal—because what I sought was not to reproduce Tacitus’ exact words or his linguistic style in Latin, but rather to convey what he would have said if he had written in French.
Therefore, this is merely a schoolboy’s exercise; I admit it, and I offer it only as such. Moreover, it is but a simple fragment, an attempt—again, I admit it: such a crude effort soon became tiresome to me. But in this case, such attempts can be tolerated in the hope of something better; and before achieving a complete and satisfactory translation, one must endure many such preliminary efforts. Undertaking such a translation is a tremendous task: anyone who truly realizes its difficulty will find it exceedingly challenging to overcome. Anyone capable of following Tacite’s writings is soon tempted to attempt translating them on their own.
Translation
I shall begin this work with Galba’s second term as consul and Vinius’s only term in office. The first seven hundred twenty years of Rome were described by various authors with the eloquence and freedom that they deserved. However, after the Battle of Actium, when it became necessary to establish a ruler in order to maintain peace, those great minds vanished. Ignorance regarding the affairs of a republic that had become alien to its own citizens, the frenzied pursuit of flattery, and the hatred toward leaders distorted the truth in countless ways; everything was praised or condemned out of passion, without regard for future generations. But by examining the views of these writers, one is more likely to find traces of envy and satire—forms that flatter malice under the guise of pretended independence—rather than base adulation, which is a sign of servitude and repels people with its cowardice. As for me, Galba, Vitellius, and Otho did neither good nor harm to me; it is true that Vespasian laid the foundation for my success, Tiberius enhanced it, and Domitian completed it. However, a historian who is committed to truth must speak without love or hatred. If I live long enough, I shall reserve for my old age the rich and peaceful subject matter of the reigns of Nerva and Trajan—rare and fortunate times when one can think freely and express one’s true thoughts.
I embark on a story filled with catastrophes, battles, and rebellions—terrible even in times of peace: four emperors murdered, three civil wars, numerous foreign wars, most of them mixed in nature; successes in the East, defeats in the West, unrest in Illyria; Gaul shaken, England conquered and then abandoned; the Sarmates and Suebi beginning to show their strength; the Dacians suffering repeated defeats; the Parthians, manipulated by a false Nero, ready to take up arms again; Italy, after centuries of misfortune, facing new disasters in this very century; cities destroyed or reduced to ruins in the fertile regions of Campania; Rome ravaged by fire, its oldest temples burned down; even the Capitol itself set ablaze by its own citizens; religious rites profaned, public adulteries, seas filled with exiles, islands plagued by murder; even more atrocious cruelties in the capital, where wealth, status, private and public life—all were considered crimes, and virtue itself became the most punishable offense; informers just as detestable for their fortunes as for their crimes; some making a trophy of their victims’ priesthoods and consulships; others, utterly powerful both inside and outside the state, spreading chaos, hatred, and fear wherever they went; masters betrayed by their slaves, patrons by their freedmen; and finally, those who had no enemies at all being oppressed by their own friends.
This century, so fruitful in crimes, was not devoid of virtue: we saw mothers accompany their children in their flight, women follow their husbands into exile, brave parents, steadfast sons-in-law, and even slaves who remained unshaken amidst suffering. We witnessed great men, unwavering in the face of all adversity, who embraced and left this life with a perseverance worthy of our ancestors. To these numerous human events were added the wonders of heaven and earth—signs sent by thunder, omens of every kind, whether obscure or clear, ominous or auspicious. Never before had the most tragic calamities that befell the Roman people, nor the most just judgments of fate, shown so clearly that if the gods did indeed care for us, it was less to preserve us than to punish us.
But before delving into the matter, in order to examine the causes of those events that often appear to be the result of chance, it is necessary to describe the state of Rome, the capabilities of its armies, the customs of its provinces, and what was healthy or corrupt in all regions of the world.
After the initial excitement over Nero’s death, various movements arose not only in the senate but also among the people and the praetorian cohorts, as well as among all the leaders and in every legion: the secret of the empire had finally been revealed, and it became clear that a ruler could be elected elsewhere than in the capital. But the senate, drunk with joy, eagerly sought to abuse the freedom it had just usurped under a new prince who was still far away. The leading members of the equestrian order were no less pleased; the more sensible portion of the people—those affiliated with prominent families, clients, and freedmen of those who had been persecuted or exiled—began to harbor hope. However, the vile commoners, who spent their time in the circus and theaters, and the treacherous slaves, or those who, to Nero’s shame, lived off the plunder of the good people, were filled with grief and sought only to cause trouble.
The militia of Rome, which had always been closely associated with the Caesars and had been persuaded to depose Nero more through artful persuasion than out of genuine willingness, having not received the promised donations in favor of Galba, and considering that military services and rewards would be less frequent during times of peace, and seeing themselves favored by the legions that had elected him, gave in to their penchant for novelty. They were further incited by the betrayal of their prefect Nymphidius, who aspired to the empire. Nymphidius met his end in this attempt; but even after losing their leader, his accomplices did not abandon their plans, and they began to spread rumors about Galba’s old age and greed. The tales of his once-praised military severity now caused alarm among those who could not tolerate the strict discipline of the past; and fourteen years of laxity under Nero had made them cherish the vices of their rulers just as much as they had once admired their virtues. There was also a saying about Galba that, if spoken by a more liberal prince, would have been honorable—yet it was interpreted in a way that reflected his temperament: “I know how to choose my soldiers, not buy them.”
Vinius and Lacon—one the most vile, the other the most wicked of men—denounced him through their own actions; and the hatred arising from their crimes fell upon his very inertia. Yet Galba approached slowly, leaving a trail of blood along his path: he had Varron, the designated consul, executed as an accomplice of Nymphidius, and Turpilian, another consul, killed as Nero’s general. Both were put to death without being heard or given any form of trial, and thus were considered innocent. Upon his arrival, he ordered thousands of unarmed soldiers to be slaughtered—a dire omen for his reign and an even worse sign for the murderers themselves. The legion he brought from Spain, together with that raised by Nero, filled the city with additional troops, which were further reinforced by numerous detachments sent from Germany, England, and Illyria by Nero himself. These forces had been assembled at the Caspian Gates, where Nero was preparing to wage war against Albania; he had also recalled them in order to suppress the rebellious movements led by Vindex. All these men were eager to take action, yet lacked a leader; but they were ready to serve any bold individual who would arise.
Avvertenza
Quando ebbi la sfortuna di voler parlare al pubblico, sentii il bisogno di imparare a scrivere e osai provare con Tacito. Poiché comprendevo male il latino e spesso non capivo affatto ciò che l’autore intendeva dire, fui costretto a interpretare in modo errato i suoi pensieri; tuttavia, anche se non sono riuscito a cogliere pienamente lo spirito del suo scritto, ho comunque raggiunto il mio obiettivo: non cercavo infatti di riprodurre le frasi di Tacito, ma il suo stile; né di riportare ciò che aveva detto in latino, ma ciò che avrebbe potuto dire in francese.
Quindi, questo non è altro che un semplice compito scolastico; lo ammetto e lo propongo proprio come tale. Si tratta inoltre di un semplice frammento, di un tentativo, lo riconosco ancora: un autore così difficile mi ha presto stancato. Tuttavia, in questo caso i tentativi possono essere accettati in attesa di qualcosa di meglio; e, prima di ottenere una buona traduzione completa, bisogna sopportare ancora molti argomenti difficili da trattare. Tradurre un’opera del genere è davvero un compito arduo: chiunque si renda conto delle sue difficoltà sarà probabilmente spinto a perseverare, ma ci vorrà molta determinazione. Ogni persona in grado di seguire le opere di Tacito sarà presto tentata di provare a farlo da sola.
La traduzione del testo francese in italiano è la seguente:
Inizierò quest’opera con il secondo consolato di Galba e l’unico consolato di Vinius. I primi settecentovent’anni di Roma sono stati descritti da diversi autori con l’eloquenza e la libertà che loro erano degni di esprimere. Tuttavia, dopo la battaglia di Actium, quando divenne necessario scegliere un sovrano per garantire la pace, quei grandi intellettuali scomparvero. L’ignoranza riguardo alle questioni della repubblica, ormai estranea ai suoi cittadini, il gusto sfrenato per le lusinghe e l’odio verso i capi politici alterarono in mille modi la verità; tutto veniva lodato o biasimato con passione, senza alcuna considerazione per le generazioni future. Tuttavia, analizzando le opinioni di questi scrittori, si può notare che esse tendono più spesso a esprimere invidia e satira – forme che, sotto l’apparenza dell’indipendenza, soddisfano la malvagità umana – piuttosto che adulazioni servili e meschine. Per quanto mi riguarda, Galba, Vitellio, Ottone non mi hanno fatto né bene né male; Vespasiano ha iniziato la mia fortuna, Tito l’ha rafforzata, Domiziano l’ha completata. Lo ammetto. Ma un storico che si impegna nella verità deve parlare senza amore né odio. Se mi rimarrà abbastanza vita, riserverò per la mia vecchiaia lo studio dei regni di Nerva e Traiano: tempi rari e felici in cui si può pensare liberamente e dire ciò che si pensa davvero.
Intraprendo una storia piena di catastrofi, battaglie, rivolte, terribile persino in tempo di pace: quattro imperatori assassinati, tre guerre civili, molte guerre straniere, la maggior parte delle quali di natura mista; successi in Oriente, sconfitte in Occidente, disordini in Illiria; la Gallia scossa da turbolenze, l’Inghilterra conquistata e poi abbandonata; i Sarmati e i Suebi che iniziano a mostrarsi minacciosi; i Daci, segnati da continue sconfitte reciproche; i Parti, manipolati da un falso Nerone, pronti a prendere le armi. L’Italia, dopo tanti secoli di calamità, è nuovamente vittima di disastri: città distrutte o devastate nelle fertili regioni della Campania; Roma devastata dal fuoco, i templi più antichi bruciati; il Campidoglio stesso dato alle fiamme dai propri cittadini; il culto profanato, adulteri pubblici, mari pieni di esuli, isole piene di omicidi, crudeltà ancora più atroci nella capitale, dove beni, status sociale, vita privata o pubblica venivano tutti considerati crimini. E il peggio: i delatori, odiosi tanto per le loro ricchezze quanto per i loro crimini; alcuni che facevano del sacerdozio e del consolato trofeo delle proprie vittime; altri, potenti sia all’interno che all’esterno della società, che portavano ovunque disordine, odio e terrore. Signori traditi dai propri schiavi, padroni dalle proprie libertà. E infine, coloro che, per mancanza di nemici, erano oppressi dai propri amici.
Questo secolo, così fertile di crimini, non fu tuttavia privo di virtù: si videro madri che accompagnavano i loro figli nella fuga, donne che seguivano i loro mariti in esilio, genitori coraggiosi, generi incrollabili, persino schiavi capaci di sopportare le più atroci sofferenze. Si videro grandi uomini, fermi di fronte a ogni avversità, che affrontavano e lasciavano questa vita con una costanza degna dei nostri antenati. A tutti questi eventi umani si aggiunsero i prodigi del cielo e della terra: segni provenienti dal tuono, presagi di ogni sorta, oscuri o evidenti, sinistri o favorevoli. Mai le più tristi calamità del popolo romano, mai i giudizi più severi del cielo mostrarono con tanta chiarezza che, se gli dèi pensano a noi, è meno per salvarci che per punirci.
Ma, prima di entrare nel merito delle cose, per analizzare le cause degli eventi che spesso sembrano essere il risultato del caso, è necessario descrivere lo stato di Roma, il valore delle sue armate, i costumi delle province, nonché ciò che era sano e ciò che era corrotto in tutte le regioni del mondo.
Dopo i primi momenti di eccitazione dovuti alla morte di Nerone, si verificarono diversi movimenti non solo nel senato, tra il popolo e le legioni pretoriane, ma anche tra tutti i capi militari e in tutte le legioni: il segreto dell’impero era finalmente stato rivelato, e si comprese che l’imperatore poteva essere eletto anche altrove che nella capitale. Tuttavia, il senato, in preda all’euforia, si affrettò a abusare della libertà che aveva appena usurpato sotto un nuovo imperatore ancora lontano dalla città. Anche i principali membri dell’ordine equestre erano piuttosto soddisfatti; la parte più sana del popolo, composta da persone legate alle grandi famiglie, dai clienti, dagli schiavi liberati dei proscritti e degli esiliati, si abbandonava all’ottimismo. La plebe, che trascorreva il proprio tempo nei circhi e nei teatri, gli schiavi infidi, o coloro che, a disonore di Nerone, vivevano delle spoglie delle persone oneste, invece, erano pieni di dolore e cercavano solo disordini.
La milizia di Roma, da sempre legata ai Cesari, si era lasciata convincere a deporre Nerone più per influenza e sollecitazioni che per vera volontà; non avendo ricevuto il donativo promesso in nome di Galba, ritenne inoltre che i servizi e le ricompense militari sarebbero stati meno frequenti in tempo di pace. Essendo stata favorita dalle legioni che lo avevano eletto, si abbandonò alla sua inclinazione verso le novità, esasperata dalla tradizione del suo prefetto Nymphidius, che aspirava all’impero. Nymphidius perse la vita in questo tentativo; ma, anche dopo aver perso il capo della rivolta, i suoi complici non l’avevano dimenticato e diffondevano voci negative sulla vecchiaia e sull’avarizia di Galba. La fama della sua severità militare, un tempo tanto lodata, allarmava coloro che non erano disposti a sopportare la disciplina precedente; inoltre, quattordici anni di indulgenza sotto Nerone avevano reso gli stessi individui più inclini ad amare i vizi dei loro sovrani, piuttosto che rispettare le loro virtù. Si diffuse anche questa frase attribuita a Galba: “So scegliere i miei soldati, non comprarli”.
Vinius e Lacon, l’uno il più spregevole, l’altro il più malvagio degli uomini, lo denigravano con il loro comportamento; l’odio suscitato dai loro crimini ricadeva anche sulla sua indolenza. Tuttavia Galba avanzava lentamente, spargendo sangue lungo la sua strada: fece uccidere Varrone, console designato, accusato di essere complice di Nymphidius, e Turpiliano, anch’egli console, ritenuto generale di Nerone. Entrambi furono giustiziati senza alcun processo, eppure passarono per innocenti. Al suo arrivo fece sgozzare migliaia di soldati disarmati: un presagio funesto per il suo regno, e anche un cattivo segnale per gli stessi assassini. La legione che aveva portato dalla Spagna, unita a quella radunata da Nerone, riempì la città di nuove truppe; a queste si aggiunsero numerosi distaccamenti provenienti dall’Germania, dall’Inghilterra e dall’Illiria, selezionati e inviati da Nerone alle Porte del Caspio, dove preparava la guerra contro l’Albania. Aveva inoltre richiamato queste truppe per reprimere i movimenti di Vindex: persone pronte a intraprendere qualsiasi cosa, ancora senza un capo, ma disposte a servire il primo che avesse mostrato coraggio.
Par hasard on apprit dans ce même temps les meurtres de Macer et de Capiton. Galba fit mettre à mort le premier par l’intendant Garucianus, sur l’avis certain de ses mouvements en Afrique ; et l’autre, commençant aussi à remuer en Allemagne, fut traité de même avant l’ordre du prince par Aquinius et Valens, lieutenants-généraux. Plusieurs crurent que Capiton, quoique décrié pour son avarice et pour sa débauche, était innocent des trames qu’on lui imputait, mais que ses lieutenants, s’étant vainement efforcés de l’exciter à la guerre, avaient ainsi couvert leur crime ; et que Galba, soit par légèreté, soit de peur d’en trop apprendre, prit le parti d’approuver une conduite qu’il ne pouvait plus réparer. Quoi qu’il en soit, ces assassinats firent un mauvais effet ; car, sous un prince une fois odieux, tout ce qu’il fait, bien ou mal, lui attire le même blâme. Les affranchis, tout-puissants à la cour, y vendaient tout : les esclaves, ardents à profiter d’une occasion passagère, se hâtaient sous un vieillard d’assouvir leur avidité. On éprouvait toutes les calamités du règne précédent, sans les excuser de même : il n’y avait pas jusqu’à l’âge de Galba, qui n’excitât la risée et le mépris du peuple, accoutumé à la jeunesse de Néron, et à ne juger des princes que sur la figure.
Telle étroit à Rome la disposition d’esprit la plus générale chez une si grande multitude. Dans les provinces, Rufus, beau parleur et bon chef en temps de paix, mais sans expérience militaire, commandait en Espagne. Les Gaules conservaient le souvenir de Vindex et des faveurs de Galba, qui venait de leur accorder le droit de bourgeoisie romaine, et de plus la suppression des impôts. On excepta pourtant de cet honneur les villes voisines des armées d’Allemagne, et l’on en priva même plusieurs de leur territoire ; ce qui leur fit supporter avec un double dépit leurs propres pertes et les grâces faites à autrui. Mais où le danger étroit grand à proportion des forces, c’étroit dans les armées d’Allemagne, fières de leur récente victoire, et craignant le blâme d’avoir favorisé d’autres partis ; car elles n’avaient abandonné Néron qu’avec peine. Verginius ne s’était pas d’abord déclaré pour Galba ; et s’il étroit douteux qu’il eût aspiré à l’empire, il étroit sûr que l’armée le lui avait offert : ceux même qui ne prenaient aucun intérêt à Capiton ne laissaient pas de murmurer de sa mort. Enfin Verginius ayant été rappelé sous un faux semblant d’amitié, les troupes, privées de leur chef, le voyant retenu et accusé, s’en offensaient comme d’une accusation tacite contre elles-mêmes.
Dans la Haute-Allemagne, Flaccus, vieillard infirme qui pouvait à peine se soutenir, et qui n’avait ni autorité ni fermeté, étroit méprisé de l’armée qu’il commandait ; et ses soldats, qu’il ne pouvait contenir même en plein repos, animés par sa faiblesse, ne connaissaient plus de frein. Les légions de la Basse-Allemagne restèrent longtemps sans chef consulaire. Enfin Galba leur donna Vitellius, dont le père avait été censeur et trois fois consul ; ce qui parut suffisant. Le calme régnait dans l’armée d’Angleterre ; et, parmi tous ces mouvements de guerres civiles, les légions qui la composaient, furent celles qui se comportèrent le mieux, soit à cause de leur éloignement et de la mer qui les enfermait, soit que leurs fréquentes expéditions leur apprissent à ne haïr que l’ennemi. L’Illyrie n’était pas moins paisible, quoique ses légions, appelées par Néron, eussent, durant leur séjour en Italie, envoyé des députés à Verginius : mais ces armées, trop séparées pour unir leurs forces et mêler leurs vices, furent par ce salutaire moyen maintenues dans leur devoir. Rien ne remuait encore en Orient. Mucianus, homme également célèbre dans les succès et dans les revers, tenait la Syrie avec quatre légions. Ambitieux dès sa jeunesse, il s’étroit lié aux grands ; mais bientôt, voyant sa fortune dissipée, sa personne en danger, et suspectant la colère du prince, il s’alla cacher en Asie, aussi près de l’exil qu’il fut ensuite du rang suprême. Unissant la mollesse à l’activité, la douceur et l’arrogance, les talents bons et mauvais, outrant la débauche dans l’oisiveté, mais ferme et courageux dans l’occasion ; estimable en public, blâmé dans sa vie privée ; enfin si séduisant, que ses inférieurs, ses proches, ni ses égaux, ne pouvaient lui résister ; il lui était plus aisé de donner l’empire que de l’usurper. Vespasien, choisi par Néron, faisait la guerre en Judée avec trois légions, et se montra si peu contraire à Galba, qu’il lui envoya Tite son fils pour lui rendre hommage et cultiver ses bonnes grâces, comme nous dirons ci-après. Mais leur destin se cachait encore, et ce n’est qu’après l’événement qu’on a remarqué les signes et les oracles qui promettaient l’empire à Vespasien et à ses enfants.
En Égypte, c’était aux chevaliers romains au lieu des rois qu’Auguste avait confié le commandement de la province et des troupes ; précaution qui parut nécessaire dans un pays abondant en blé, d’un abord difficile, et dont le peuple changeant et superstitieux ne respecte ni magistrats ni lois. Alexandre, Égyptien, gouvernait alors ce royaume. L’Afrique et ses légions, après la mort de Macer, ayant souffert la domination particulière, étaient prêtes à se donner au premier venu : les deux Mauritanies, la Rhétie, la Norique, la Thrace, et toutes les nations qui n’obéissaient qu’à des intendants, se tournoient pour ou contre, selon le voisinage des armées et l’impulsion des plus puissants : les provinces sans défense, et surtout l’Italie, n’avaient pas même le choix de leurs fers, et n’étaient que le prix des vainqueurs. Tel était l’état de l’empire romain quand Galba, consul pour la deuxième fois, et Vinius son collègue, commencèrent leur dernière année et presque celle de la république.
Au commencement de janvier on reçut avis de Propinquus, intendant de la Belgique, que les légions de la Germanie supérieure, sans respect pour leur serment, demandaient un autre empereur, et que, pour rendre leur révolte moins odieuse, elles consentaient qu’il fût élu par le sénat et le peuple romain. Ces nouvelles accélérèrent l’adoption dont Galba délibérait auparavant en lui-même et avec ses amis, et dont le bruit était grand depuis quelque temps dans toute la ville, tant par la licence des nouvellistes qu’à cause de l’âge avancé de Galba. La raison, l’amour de la patrie, dictaient les vœux du petit nombre ; mais la multitude passionnée, nommant tantôt l’un tantôt l’autre, chacun son protecteur ou son ami, consultait uniquement ses désirs secrets ou sa haine pour Vinius, qui, devenant de jour en jour plus puissant, devenait plus odieux en même mesure ; car, comme sous un maître infirme et crédule les fraudes sont plus profitables et moins dangereuses, la facilité de Galba augmentait l’avidité des parvenus, qui mesuraient leur ambition sur leur fortune.
Le pouvoir du prince était partagé entre le consul Vinius, et Lacon, préfet du prétoire : mais Icelus, affranchi de Galba, et qui, ayant reçu l’anneau, portait dans l’ordre équestre le nom de Marcian, ne leur cédait point en crédit. Ces favoris, toujours en discorde, et jusque dans les moindres choses ne consultant chacun que son intérêt, formaient deux factions pour le choix du successeur à l’empire : Vinius était pour Othon ; Icelus et Lacon s’unissaient pour le rejeter, sans en préférer un autre. Le public, qui ne sait rien taire, ne laissait pas ignorer à Galba l’amitié d’Othon et de Vinius, ni l’alliance qu’ils projetaient entre eux parle mariage de la fille de Vinius et d’Othon, l’une veuve et l’autre garçon ; mais je crois qu’occupé du bien de l’état, Galba jugeait qu’autant eût valu laisser à Néron l’empire que de le donner à Othon. En effet, Othon, négligé dans son enfance, emporté dans sa jeunesse, se rendit si agréable à Néron par l’imitation de son luxe, que ce fut à lui, comme associé à ses débauches, qu’il confia Poppée, la principale de ses courtisanes, jusqu’à ce qu’il se fût défait de sa femme Octavie ; mais, le soupçonnant d’abuser de son dépôt, il le relégua en Lusitanie sous le nom de gouverneur. Othon, ayant administré sa province avec douceur, passa des premiers dans le parti contraire, y montra de l’activité ; et tant que la guerre dura, s’étant distingué par sa magnificence, il conçut tout d’un coup l’espoir de se faire adopter ; espoir qui devenait chaque jour plus ardent, tant par la faveur des gens de guerre que par celle de la cour de Néron, qui comptait le retrouver en lui.
By chance, news of the murders of Macer and Capiton reached them at about the same time. Galba ordered Garucianus, the governor, to execute Macer, based on definite information regarding his activities in Africa; as for Capiton, who had also begun to stir up trouble in Germany, he was put to death by Aquinius and Valens, the lieutenant generals, before Galba could issue any orders. Many believed that Capiton, despite being notorious for his greed and debauchery, was actually innocent of the crimes attributed to him; rather, it was his lieutenants who, having failed in their attempts to incite him to war, had thus covered up their own wrongdoing. Whether out of carelessness or fear of learning too much, Galba chose to condone an action that he could no longer reverse. In any case, these assassinations had a disastrous effect; for under a once-hated ruler, everything he did—good or bad—was met with equal condemnation. The freedmen, who held great power at court, sold anything they could; the slaves, eager to seize this fleeting opportunity, hurriedly sought to satisfy their greed under the rule of an old man. All the evils of the previous reign were repeated, yet people still refused to forgive them; not even Galba’s age spared him ridicule and contempt from the public, who were accustomed to Nero’s youthfulness and tended to judge rulers solely by their appearance.
Such was the prevailing state of mind among such a large multitude in Rome. In the provinces, Rufus—eloquent and an able commander in times of peace, but lacking military experience—commanded in Spain. The Gauls still remembered Vindex and the favors Galba had bestowed upon them, granting them Roman citizenship and even abolishing certain taxes. However, the cities located near the German armies were excluded from this favor, and some even had their territories confiscated; this made them endure their own losses with double resentment, as well as the benefits granted to others. But where danger was particularly acute, proportionate to the strength of the forces involved, that was in the German armies—proud of their recent victory and fearing criticism for supporting opposing factions, since they had reluctantly abandoned Nero. Verginius had not initially sided with Galba; and although it is doubtful whether he ever aspired to the empire, it is certain that the army offered it to him. Even those who held no interest in Capito’s fate could not help but murmur at his death. Finally, when Verginius was recalled under the guise of friendship, the troops, deprived of their leader and seeing him detained and accused, regarded it as a tacit accusation against themselves.
In Upper Germany, Flaccus—a frail old man who could barely stand on his own and possessed neither authority nor firmness—was despised by the army he commanded; his soldiers, emboldened by his weakness, could not be controlled even in times of peace, and thus lost all restraint. The legions of Lower Germany remained without a consul in charge for a long time. Finally, Galba appointed Vitellius, whose father had served as censor and consul three times—which seemed sufficient to restore order. In England, the army maintained calm; amidst all these civil wars, its troops were among those who behaved best, perhaps due to their isolation and the sea that surrounded them, or perhaps because their frequent campaigns taught them to hate only their enemies. Illyria was equally peaceful, although its legions, called upon by Nero, had sent delegates to Verginius during their stay in Italy; however, these armies, being too far apart to unite or combine their maladies, were thus kept on the right path through this fortunate circumstance. Nothing stirred in the East yet. Mucianus, a man equally renowned for his successes and failures, governed Syria with four legions. Ambitious since youth, he had closely associated himself with the powerful; but soon, seeing his fortune dissipate and his life in danger, and suspecting the emperor’s wrath, he fled to Asia—only to find himself as close to exile as he later would be to supreme power. Combining weakness with energy, gentleness with arrogance, good qualities with bad, indulging in vice in his leisure but becoming firm and courageous when needed; respected in public, criticized in private; so charming that neither his subordinates nor his equals could resist him—it would have been easier for him to grant the empire than to usurp it. Vespasian, chosen by Nero, was waging war in Judea with three legions and showed such little opposition to Galba that he even sent his son Tite to pay homage to Galba and win his favor, as we will detail later. But their fates were still hidden; it was only after the events unfolded that signs and omens began to reveal that Vespasian and his sons were destined to rule.
In Egypt, it was the Roman knights, rather than kings, to whom Augustus entrusted the command of the province and its troops—a precaution deemed necessary in a country rich in grain but initially difficult to govern, whose changeable and superstitious population respected neither magistrates nor laws. At that time, Alexander, an Egyptian by birth, ruled this kingdom. Africa and its legions, having suffered under the oppressive rule of Macer after his death, were ready to surrender to anyone who came along: the two Mauretaniae, Raetia, Noricum, Thrace, and all those nations that obeyed only local governors, shifted their allegiance back and forth depending on the proximity of enemy armies and the influence of the more powerful forces. The defenseless provinces, especially Italy, had no choice in matters of governance; they were merely prizes for the victors. Such was the state of the Roman Empire when Galba, serving as consul for the second time, and his colleague Vinius began their final year in office—and also what proved to be the last year of the Republic.
At the beginning of January, we received news from Propinquus, the governor of Belgium, that the legions of Upper Germany, in disregard of their oath, were demanding another emperor and that, in order to make their rebellion seem less reprehensible, they were willing for him to be elected by the Senate and the Roman people. These developments hastened the decision Galba had been deliberating with his friends, a decision whose rumors had been circulating throughout the city for some time—both due to the exaggerated reports of those eager to spread news and because of Galba’s advanced age. Reason and love for the country guided the wishes of the minority; but the passionate masses, each supporting one candidate or another as their patron or friend, were driven solely by their own desires or their hatred toward Vinius. As Vinius grew increasingly powerful day by day, he also became more detestable; for, just as under a weak and gullible ruler frauds are both more profitable and less dangerous, Galba’s leniency only fueled the greed of those who sought to advance themselves at the expense of others, measuring their ambition solely by the amount of wealth they could amass.
The power of the prince was shared between the consul Vinius and Lacon, the prefect of the praetorium; but Icelus, who had been freed by Galba and, having received the ring of office, bore the name Marcian within the equestrian order, was in no way inferior to them in terms of influence. These favorites, always at odds with each other and in every minor matter acting solely out of self-interest, formed two factions regarding the choice of an emperor’s successor: Vinius supported Otho; Icelus and Lacon united against him, without preferring any particular candidate. The public, who was never shy about speaking out, did not fail to inform Galba of Otho and Vinius’ friendship, nor of their plans to unite through the marriage of Vinius’ daughter and Otho’s son—one a widow and the other still a boy. However, I believe that, preoccupied with the welfare of the state, Galba considered leaving the empire to Nero just as valid an option as giving it to Otho. Indeed, Otho, neglected in his childhood and carried away by his youthful whims, won Nero’s favor by imitating his extravagant lifestyle to such an extent that Nero entrusted him, as if he were one of his accomplices in debauchery, with Poppaea, his chief concubine—until he eventually repudiated his wife Octavia. But suspecting Otho of misusing this trust, Galba exiled him to Lusitania under the guise of appointing him governor there. Otho, governing his province with kindness and efficiency, gradually shifted from supporting Nero’s faction to opposing it, showing great energy in his new role. Throughout the duration of the war, he distinguished himself through his generosity, and suddenly began to hope that Nero would adopt him as his successor—a hope that grew stronger day by day, thanks both to the support of the military officers and to Nero’s own court, which saw potential in him.
Per caso, nello stesso periodo vennero scoperti gli assassinii di Macer e Capitone. Galba fece giustiziare il primo per mezzo dell’intendente Garucianus, sulla base di informazioni certe riguardo alle sue attività in Africa; l’altro, avendo iniziato a muoversi anche in Germania, fu trattato allo stesso modo prima ancora che Galba ne desse l’ordine, da Aquinius e Valens, suoi luogotenenti generali. Molti ritenevano che Capitone, sebbene diffamato per la sua avarizia e la sua dissolutezza, fosse innocente delle trame che gli venivano attribuite; che i suoi luogotenenti, avendo invano cercato di spingerlo alla guerra, avessero così coperto il loro crimine; e che Galba, sia per leggerezza che per paura di scoprire troppo, avesse deciso di approvare un comportamento che ormai non poteva più correggere. Comunque fosse, questi assassinii ebbero effetti negativi: sotto un principe una volta odiato, tutto ciò che fa, bene o male, attira lo stesso biasimo. Gli schiavi, potenti alla corte, vendevano qualsiasi cosa; i servi, desiderosi di approfittare di questa opportunità, si affrettavano a soddisfare la loro avidità sotto il governo di un vecchio. Si sperimentavano tutte le calamità del precedente regno, senza che ciò venisse giustificato in alcun modo; persino l’età di Galba suscitava risate e disprezzo tra il popolo, abituato alla giovinezza di Nerone e a giudicare i principi soltanto in base all’aspetto esteriore.
A Roma, tale mentalità era estremamente diffusa tra una così vasta moltitudine. Nelle province, Rufo – un oratore abile e un buon comandante in tempo di pace, ma privo di esperienza militare – comandava in Spagna. Le Gallie ricordavano Vindex e i favori concessi da Galba, che aveva appena concesso loro il diritto di cittadinanza romana, oltre alla cancellazione delle tasse. Tuttavia, dalle città situate vicino alle armate della Germania furono escluse da questo privilegio; alcune persero addirittura parte del proprio territorio, il che le costrinse ad accettare con doppio rancore sia le proprie perdite che i favori concessi ad altri. Ma dove il pericolo era particolarmente grave in proporzione alle forze disponibili, tale situazione si riscontrava soprattutto nelle armate della Germania: orgogliose della loro recente vittoria e temendo di essere accusate di aver sostenuto parti opposte, poiché avevano abbandonato Nerone solo con riluttanza. Verginius, inizialmente, non si era schierato a favore di Galba; ed è improbabile che avesse aspirato all’impero, ma è certo che l’esercito glielo offrì: anche coloro che non avevano alcun interesse per Capitone non smettevano di lamentarsi della sua morte. Infine, quando Verginius fu richiamato sotto il pretesto dell’amicizia, le truppe, prive del loro comandante e vedendolo imprigionato e accusato, ne furono offese, come se si trattasse di un’accusa implicita rivolta contro di loro stesse.
Nella Alta Germania, Flacco, un vecchio infermo che a malapena riusciva a reggersi in piedi e privo sia di autorità che di fermezza, era profondamente disprezzato dall’esercito che comandava; i suoi soldati, che non riusciva nemmeno a controllare in tempo di pace, animati dalla sua debolezza, non conoscevano più alcun freno. Le legioni della Bassa Germania rimasero a lungo senza un comandante consolare. Alla fine Galba ne nominò Vitellio, il cui padre era stato censore e tre volte console; ciò sembrò sufficiente per ristabilire l’ordine. Nell’esercito d’Inghilterra regnava la calma; tra tutti questi movimenti di guerre civili, le legioni che lo componevano furono quelle che si comportarono meglio, sia a causa della loro distanza e del mare che le circondava, sia perché le loro frequenti spedizioni le avevano insegnato ad odiare soltanto il nemico. Anche l’Illiria era tranquilla; sebbene le sue legioni, chiamate da Nerone, avessero inviato dei delegati a Verginio durante il loro soggiorno in Italia, queste armate, troppo lontane tra loro per poter unire le loro forze e condividere i loro vizi, furono così mantenute nel loro dovere. Nell’Oriente non accadeva ancora nulla di significativo. Muciano, uomo celebre sia per i suoi successi che per i suoi fallimenti, governava la Siria con quattro legioni. Ambizioso fin da giovane, si era stretto alle grandi famiglie; ma ben presto, vedendo la propria fortuna dissiparsi e la propria vita in pericolo, e sospettando l’ira dell’imperatore, andò a nascondersi in Asia, trovandosi così vicino all’esilio quanto in seguito sarebbe stato al vertice del potere. Unendo la debolezza all’attività, la dolcezza all’arroganza, i talenti positivi e quelli negativi, esagerando nella dissolutezza quando era ozioso, ma diventando deciso e coraggioso quando necessario; stimato in pubblico, criticato nella vita privata; infine così affascinante che né i suoi subordinati, né i suoi parenti, né i suoi pari riuscivano a resistergli; gli fu molto più facile ottenere l’impero che usurparlo. Vespasiano, scelto da Nerone, combatteva in Giudea con tre legioni e si dimostrò così poco ostile verso Galba che inviò suo figlio Tito a rendergli omaggio e conquistare la sua benevolenza, come racconteremo più avanti. Ma il loro destino era ancora nascosto; solo dopo gli eventi successivi si notarono i segni e gli oracoli che promettevano l’impero a Vespasiano e ai suoi figli.
In Egitto, Augusto aveva affidato il comando della provincia e delle truppe non ai re, ma ai cavalieri romani; una precauzione ritenuta necessaria in un paese ricco di grano, di difficile accesso, e il cui popolo, mutevole e superstizioso, non rispettava né magistrati né leggi. All’epoca, quel regno era governato da Alessandro, un egizio. L’Africa e le sue legioni, dopo la morte di Macer, essendo state sottoposte a una dominazione particolare, erano pronte ad arrendersi al primo che fosse apparso: le due Mauritanie, la Rezia, la Norica, la Tracia, e tutte le nazioni che obbedivano soltanto agli intendenti, cambiavano schieramento in base alla vicinanza delle armate e alle pressioni dei più potenti; le province prive di difese, e soprattutto l’Italia, non avevano nemmeno il diritto di scegliere il proprio destino, essendo semplicemente preda dei vincitori. Questo era lo stato dell’impero romano quando Galba, per la seconda volta console, e Vinius suo collega iniziarono l’ultimo anno del loro mandato, e quasi anche l’ultimo anno della repubblica stessa.
All’inizio di gennaio si ricevette la notizia da parte di Propinquus, intendente della Belgica, che le legioni della Germania Superiore, senza rispettare il loro giuramento, chiedevano un altro imperatore e che, al fine di rendere la loro rivolta meno odiosa, erano disposte a permettere che quest’ultimo venisse eletto dal senato e dal popolo romano. Queste notizie accelerarono l’adozione della decisione su cui Galba aveva precedentemente riflettuto da solo e con i suoi amici; inoltre, il clamore riguardante questa scelta era ormai diffuso in tutta la città, sia a causa delle voci diffuse dai giornalisti che per l’età avanzata di Galba. La ragione e l’amore per la patria guidavano i desideri di quel ristretto numero di persone; ma la folla, appassionata e incostante, che ora nominava uno ora un altro come proprio protettore o amico, si lasciava guidare esclusivamente dai propri desideri personali o dall’odio verso Vinius, il quale, diventando sempre più potente, diventava anche sempre più odioso; infatti, proprio come sotto un sovrano debole e ingenuo le frodi risultano più vantaggiose e meno pericolose, la facilità con cui Galba agiva incoraggiava l’avidità di coloro che cercavano di approfittare della situazione, misurando la propria ambizione in base alle opportunità economiche offerte.
Il potere del principe era diviso tra il console Vinius e il prefetto del pretorio Lacon; tuttavia Icelo, liberato da Galba e che, avendo ricevuto l’anello di favorito, portava nel senato il nome di Marciano, non li cedeva in influenza. Questi favoriti, sempre in disaccordo tra loro e che, anche nelle questioni più insignificanti, seguivano soltanto i propri interessi personali, formarono due fazioni per la scelta del successore dell’impero: Vinius sosteneva Ottone; Icelo e Lacon si unirono per respingerlo, senza preferire nessun altro candidato. Il popolo, che non sapeva tenere segreti, fece conoscere a Galba l’amicizia tra Ottone e Vinius, nonché l’alleanza che essi progettavano attraverso il matrimonio della figlia di Vinius con Ottone; tuttavia credo che, preoccupato del bene dello stato, Galba ritenesse che lasciare l’impero a Nerone fosse altrettanto valido quanto darlo a Ottone. Infatti, Ottone, trascurato nell’infanzia e spinto dalla sua natura dissoluta, si guadagnò la simpatia di Nerone imitando il suo stile di vita lussuoso; tanto che questi lo affidò alle sue dissolutezze, affidandogli addirittura Poppaea, la sua principale concubina, fino a quando non si liberò della moglie Ottavia. Tuttavia, sospettando che Ottone abusasse di questa fiducia, lo esiliò in Lusitania con il titolo di governatore. Ottone, amministrando la sua provincia con moderazione, passò dal partito di Nerone a quello opposto, dimostrando grande attività; e per tutta la durata della guerra si distinse per la sua generosità, fino a concepire l’ambizione di farsi adottare da Nerone, un’ambizione che divenne sempre più concreta grazie al favore dei militari e alla simpatia della corte imperiale, che vedeva in lui il proprio futuro successore.
Mais, sur les premières nouvelles de la sédition d’Allemagne, et avant que d’avoir rien d’assuré du côté de Vitellius, l’incertitude de Galba sur les lieux où tomberait l’effort des armées, et la défiance des troupes mêmes qui étaient à Rome, le déterminèrent à se donner un collègue à l’empire, comme à l’unique parti qu’il crut lui rester à prendre. Ayant donc assemblé, avec Vinius et Lacon, Gelsus consul désigné, et Géminus préfet de Rome, après quelques discours sur sa vieillesse, il fit appeler Pison, soit de son propre mouvement, soit, selon quelques-uns, à l’instigation de Lacon, qui, par le moyen de Plautus, avait lié amitié avec Pison, et le portant adroitement sans paraître y prendre intérêt, était secondé par la bonne opinion publique. Pison, fils de Crassus et de Scribonia, tous deux d’illustres maisons, suivit les mœurs antiques, homme austère, à le juger équitablement, triste et dur selon ceux qui tournent tout en mal, et dont l’adoption plaisait à Galba par le côté même qui choquait les autres.
Prenant donc Pison par la main, Galba lui parla, dit-on, de cette manière : « Si, comme particulier, je vous adoptais, selon l’usage, par-devant les pontifes, il nous serait honorable, à moi, d’admettre dans ma famille un descendant de Pompée et de Crassus ; à vous, d’ajouter à votre noblesse celle des maisons Lutatienne et Sulpicienne. Maintenant, appelé à l’empire du consentement des dieux et des hommes, l’amour de la patrie et votre heureux naturel me portent à vous offrir, au sein de la paix, ce pouvoir suprême que la guerre m’a donné, et que nos ancêtres se sont disputé par les armes. C’est ainsi que le grand Auguste mit au premier rang après lui, d’abord son neveu Marcellus, ensuite Agrippa son gendre, puis ses petits-fils, et enfin Tibère, fils de sa femme ; mais Auguste choisit son successeur dans sa maison ; je choisis le mien dans la république, non que je manque de proches ou de compagnons d’armes : mais je n’ai point moi-même brigué l’empire, et vous préférer à mes parents et aux vôtres, c’est montrer assez mes vrais sentiments. Vous avez un frère illustre ainsi que vous, votre aîné, et digne du rang où vous montez, si vous ne l’étiez encore plus. Vous avez passé sans reproche l’âge de la jeunesse et des passions : mais vous n’avez soutenu jusqu’ici que la mauvaise fortune ; il vous reste une épreuve plus dangereuse à faire en résistant à la bonne ; car l’adversité déchire l’âme, mais le bonheur la corrompt. Vous aurez beau cultiver toujours avec la même constance l’amitié, la foi, la liberté, qui sont les premiers biens de l’homme, un vain respect les écartera malgré vous ; les flatteurs vous accableront de leurs fausses caresses, poison de la vraie amitié, et chacun ne songera qu’à son intérêt. Vous et moi nous parIons aujourd’hui l’un à l’autre avec simplicité ; mais tous s’adresseront à notre fortune plutôt qu’à nous, car on risque beaucoup à montrer leur devoir aux princes, et rien à leur persuader qu’ils le font.
« Si la masse immense de cet empire eût pu garder d’elle-même son équilibre, j’étais digne de rétablir la république ; mais depuis longtemps les choses en sont à tel point, que tout ce qui reste à faire en faveur du peuple romain, c’est, pour moi, d’employer mes derniers jours à lui choisir un bon maître, et, pour vous, d’être tel durant tout le cours des vôtres. Sous les empereurs précédents, l’état n’était l’héritage que d’une seule famille ; par nous le choix de ses chefs lui tiendra lieu de liberté ; après l’extinction des Jules et des Claudes, l’adoption reste ouverte au plus digne. Le droit du sang et de la naissance ne mérite aucune estime, et fait un prince au hasard ; mais l’adoption permet le choix, et la voix publique l’indique. Ayez toujours sous les yeux le sort de Néron, fier d’une longue suite de Césars ; ce n’est ni le pays désarmé de Vindex, ni l’unique légion de Galba, mais son luxe et ses cruautés qui nous ont délivrés de son joug, quoique un empereur proscrit fût alors un événement sans exemple. Pour nous que la guerre et l’estime publique ont élevés, sans mériter d’ennemis, n’espérons pas n’en point avoir ; mais, après ces grands mouvements de tout l’univers, deux légions émues doivent peu vous effrayer. Ma propre élévation ne fut pas tranquille ; et ma vieillesse, la seule chose qu’on me reproche, disparaîtra devant celui qu’on a choisi pour la soutenir. Je sais que Néron sera toujours regretté des méchants ; c’est à vous et à moi d’empêcher qu’il ne le soit aussi des gens de bien. Il n’est pas temps d’en dire ici davantage, et cela serait superflu si j’ai fait en vous un bon choix. La plus simple et la meilleure règle à suivre dans votre conduite, c’est de chercher ce que vous auriez approuvé ou blâmé sous un autre prince. Songez qu’il n’en est pas ici comme des monarchies, où une seule famille commande, et tout le reste obéit, et que vous allez gouverner un peuple qui ne peut supporter ni une servitude extrême ni une entière liberté. » Ainsi parlait Galba en homme qui fait un souverain, tandis que tous les autres prenaient d’avance le ton qu’on prend avec un souverain déjà fait.
On dit que de toute l’assemblée qui tourna les yeux sur Pison, même de ceux qui l’observaient à dessein, nul ne put remarquer en lui la moindre émotion de plaisir ou de trouble. Sa réponse fut respectueuse envers son empereur et son père, modeste à l’égard de lui-même ; rien ne parut changé dans son air et dans ses manières ; on y voyait plutôt le pouvoir que la volonté de commander. On délibéra ensuite si la cérémonie de l’adoption se ferait devant le peuple, au sénat, ou dans le camp. On préféra le camp, pour faire honneur aux troupes, comme ne voulant point acheter leur faveur par la flatterie ou à prix d’argent, ni dédaigner de l’acquérir par les moyens honnêtes. Cependant le peuple environnait le palais, impatient d’apprendre l’importante affaire qui s’y traitait en secret, et dont le bruit s’augmentait encore par les vains efforts qu’on faisait pour l’étouffer.
Le dix de janvier, le jour fut obscurci par de grandes pluies, accompagnées d’éclairs, de tonnerres, et de signes extraordinaires du courroux céleste. Ces présages, qui jadis eussent rompu les comices, ne détournèrent point Galba d’aller au camp ; soit qu’il les méprisât comme des choses fortuites, soit que, les prenant pour des signes réels, il en jugeât l’événement inévitable. Les gens de guerre étant donc assemblés en grand nombre, il leur dit, dans un discours grave et concis, qu’il adoptait Pison, à l’exemple d’Auguste, et suivant l’usage militaire, qui laisse aux généraux le choix de leurs lieutenants. Puis, de peur que son silence au sujet de la sédition ne la fît croire plus dangereuse, il assura fort que, n’ayant été formée dans la quatrième et la dix-huitième légion que par un petit nombre de gens, elle s’était bornée à des murmures et des paroles, et que dans peu tout serait pacifié. Il ne mêla dans son discours ni flatteries ni promesses. Les tribuns, les centurions, et quelques soldats voisins, applaudirent ; mais tout le reste gardait un morne silence, se voyant privés dans la guerre du donatif qu’ils avaient même exigé durant la paix. Il paraît que la moindre libéralité arrachée à l’austère parcimonie de ce vieillard eût pu lui concilier les esprits. Sa perte vint de cette antique roideur et de cet excès de sévérité qui ne convient plus à notre faiblesse.
De là s’étant rendu au sénat, il n’y parla ni moins simplement ni plus longuement qu’aux soldats. La harangue de Pison fut gracieuse et bien reçue ; plusieurs le félicitaient de bon cœur ; ceux qui l’aimaient le moins, avec plus d’affectation ; et le plus grand nombre, par intérêt pour eux-mêmes, sans aucun souci de celui de l’état. Durant les quatre jours suivants, qui furent l’intervalle entre l’adoption et la mort de Pison, il ne fit ni ne dit plus rien en public.
Cependant les fréquents avis du progrès de la défection en Allemagne, et la facilité avec laquelle les mauvaises nouvelles s’accréditaient à Rome, engagèrent le sénat à envoyer une députation aux légions révoltées ; et il fut mis secrètement en délibération si Pison ne s’y joindrait point lui-même, pour lui donner plus de poids, en ajoutant la majesté impériale à l’autorité du sénat. On voulait que Lacon, préfet du prétoire, fût aussi du voyage ; mais il s’en excusa. Quant aux députés, le sénat en ayant laissé le choix à Galba, on vit, par la plus honteuse inconstance, des nominations, des refus, des substitutions, des brigues pour aller ou pour demeurer, selon l’espoir ou la crainte dont chacun était agité.
However, upon receiving the initial reports of the rebellion in Germany, and before having any definite information regarding Vitellius’ intentions, Galba’s uncertainty about where the efforts of the armies would be directed, coupled with the distrust of the troops themselves who were in Rome, led him to decide to appoint a co-ruler for the empire—considering it the only course of action left open to him. Having thus gathered together Vinius and Lacon, along with Gelsus (the newly appointed consul) and Geminus (the prefect of Rome), he delivered a few speeches regarding his own age before summoning Piso. Some claim that this was done at Lacon’s instigation—since Lacon had cultivated a friendship with Piso through Plautus—and that he skillfully maneuvered the situation without appearing to take personal interest in it, thanks to the favorable public opinion surrounding him. Piso, son of Crassus and Scribonia, both from distinguished families, adhered to ancient virtues; he was an austere man who, judged fairly, could be considered stern and gloomy by those who tended to see everything in a negative light. Yet his character precisely suited Galba’s needs—precisely because it offended others.
Therefore, taking Pison by the hand, Galba is said to have spoken to him in these words: “If I were to adopt you as a private individual, in accordance with custom, before the pontiffs, it would be honorable for me to bring into my family a descendant of Pompey and Crassus; for you, it would mean adding to your nobility that of the Lutatian and Sulpician families. Now, having been called to rule by the consent of gods and men, driven by love for my country and your own fortunate nature, I am offering you this supreme power—that which war has granted me and which our ancestors fought for with arms. Just as the great Augustus placed first his nephew Marcellus, then his son-in-law Agrippa, followed by his grandchildren, and finally Tiberius, the son of his wife—yet he chose his successor from within his own family; I choose mine from within the republic. It is not that I lack relatives or comrades in arms, but because I myself did not seek this empire. To prefer you to my own parents and yours is enough to prove my true feelings. You have an illustrious brother who is worthy of the position you are about to occupy, if he were not already so much more so. You have passed through the years of youth and passion without any reproach; yet so far you have only endured misfortune. Now lies a far more dangerous trial ahead: to resist happiness, for adversity tears at the soul, but happiness corrupts it. No matter how steadfastly you cultivate friendship, faith, and liberty—these fundamental human virtues—you will find that vain respect will drive them away from you; flatterers will overwhelm you with their false courtesies, which are the poison of true friendship, and everyone will think only of their own interests. Today, we pledge our loyalty to each other in sincerity; but soon everyone will seek our fortune rather than us, for it is risky to remind princes of their duties, whereas convincing them to fulfill them is utterly futile.”
“Had the immense mass of this empire been able to maintain its own balance, I would have been worthy of restoring the republic; but for a long time now, things have reached such a state that all that remains to be done for the benefit of the Roman people is, for me, to spend my last days choosing a good ruler for them, and for you, to remain steadfast throughout your entire reign. Under previous emperors, the state was merely the inheritance of one family; through us, the selection of its leaders will serve as a substitute for freedom. After the extinction of the Julians and Claudians, adoption remains open to the most worthy individual. The rights of blood and birth deserve no respect at all; they merely produce a prince by chance. But adoption allows for choice, and the voice of the public determines who shall rule. Always keep in mind the fate of Nero, that proud descendant of a long line of Caesars—it was not the unarmed people of Vindex, nor Galba’s single legion, but his luxury and cruelty that freed us from his yoke, even though the exiled emperor represented an unprecedented event. For us, who were raised through war and public acclaim, without ever deserving enemies, let us not hope to remain free of them. But after such great upheavals throughout the world, two mobilized legions should hardly frighten you. My own rise to power was not peaceful; and my old age, the only thing people reproach me for, will fade into obscurity in comparison to him whom you have chosen to support me. I know that Nero will always be regretted by the wicked; it is up to you and me to prevent the good from also mourning his fate. It is not the time to say more on this matter, and it would be superfluous if I have made a good choice in selecting you. The simplest and best rule to follow in your conduct is to seek out what you would have approved or condemned under another ruler. Remember that this is not like in monarchies, where one family commands and all the rest obey; you are about to govern a people that cannot endure either extreme bondage or complete freedom.” Thus spoke Galba, as one who was creating a sovereign—while all the others had already assumed the tone appropriate toward an established ruler.
It was said that among all those present who turned their gaze toward Pison, not even those who observed him deliberately were able to detect the slightest trace of pleasure or disturbance on his face. His response was respectful toward his emperor and father, and modest toward himself; nothing seemed to have changed in his demeanor or manners—on him one could rather perceive the authority than the will to command. Subsequently, there was deliberation over whether the adoption ceremony should take place before the people, in the senate, or in the camp. The camp was chosen, as it was deemed appropriate to honor the troops; neither was it intended to win their favor through flattery or money, nor was it considered beneath to acquire it through honorable means. However, the people gathered around the palace, eager to learn about this important matter that was being discussed in secret, and whose rumors only grew more intense as futile attempts were made to suppress them.
On January tenth, the day was darkened by heavy rain, accompanied by flashes of lightning, thunder, and other extraordinary signs of divine wrath. Such omens, which in times past would have deterred even the most courageous, did not prevent Galba from proceeding to camp. Either he dismissed them as mere coincidences, or, taking them as genuine signs, he deemed the event inevitable. Once the troops had gathered in large numbers, he addressed them in a grave and concise speech, announcing that he was adopting Pison—following the example of Augustus and the military tradition which allowed generals to choose their own lieutenants. Moreover, to prevent his silence regarding the alleged conspiracy from being interpreted as an indication of its danger, he assured them firmly that since the rebellion had been organized solely by a small number of people from the Fourth and Eighteenth Legions, it had consisted merely of murmurs and idle talk, and that peace would soon be restored. His speech contained neither flattery nor promises. The tribunes, centurions, and some nearby soldiers applauded; but the rest remained silent, resenting that they were now deprived of the generous rewards they had even demanded in times of peace. It seems that even the slightest concession from this old man’s frugal nature could have won over their hearts. His downfall was caused by that ancient stubbornness and excessive severity that are no longer suited to our weaker nature.
After going to the senate, he spoke there neither more simply nor more at length than he had done to the soldiers. Pison’s speech was gracious and well-received; many congratulated him sincerely, some with greater affectation, and the majority out of self-interest, without any regard for the interests of the state. During the four days that followed, between Pison’s adoption and his death, he said or did nothing in public at all.
However, frequent reports of the progress of defection in Germany, and the ease with which bad news spread in Rome, prompted the Senate to send a delegation to the rebellious legions. A secret deliberation was also held to consider whether Piso himself should join them, in order to lend greater weight to their mission by combining the authority of the Senate with the imperial dignity. It was intended that Lacon, the prefect of the praetorium, should also accompany the delegation; but he excused himself from doing so. As for the delegates themselves, since the Senate had left the choice to Galba, what ensued was an instance of the most shameful inconsistency—nominations, rejections, substitutions, and various attempts to ensure that certain individuals would go or stay, all driven by the hopes or fears of those involved.
Ma, alle prime notizie della rivolta in Germania, e prima ancora di avere informazioni certe riguardo alla situazione di Vitellio, l’incertezza di Galba su dove si sarebbero concentrati gli sforzi delle armate, nonché la diffidenza delle truppe stesse presenti a Roma, lo spinsero a scegliere un collega per governare l’impero, ritenendo che quella fosse l’unica opzione rimasta. Così, dopo aver convocato Vinius e Lacon, insieme al console designato Gelsus e al prefetto di Roma Geminus, tenne alcuni discorsi riguardanti la sua età avanzata; successivamente fece chiamare Pison, sia di propria iniziativa che, secondo alcuni, su istigazione di Lacon, il quale, attraverso Plauto, aveva stretto amicizia con Pison e lo aiutava abilmente senza dare a vedere di interessarsene personalmente, godendo al contempo del favore dell’opinione pubblica. Pison, figlio di Crasso e Scribonia, entrambi appartenenti a famiglie illustri, seguiva le usanze antiche: era un uomo austero, equo secondo alcuni, triste e severo secondo altri; la sua adozione da parte di Galba piaceva proprio per quel lato che invece offendeva molti.
Presa quindi Pison per la mano, Galba gli parlò, si dice, in questo modo: “Se, come privato cittadino, vi adottassi secondo l’uso, davanti ai pontefici, sarebbe onorevole per me accogliere nella mia famiglia un discendente di Pompeo e Crasso; per voi, aggiungere alla vostra nobiltà quella delle casate Lutatia e Sulpicia. Ora, chiamato all’impero dal consenso degli dèi e degli uomini, dall’amore per la patria e dal vostro felice temperamento, sono disposto a offrirvi, in tempo di pace, questo potere supremo che la guerra mi ha concesso e che i nostri antenati si sono contesi con le armi. Così fece il grande Augusto: dopo di sé pose innanzitutto suo nipote Marcello, poi Agrippa suo genero, quindi i suoi nipoti, e infine Tiberio, figlio di sua moglie; ma Augusto scelse il proprio successore tra i membri della propria famiglia; io sceglierò il mio nella repubblica, non perché mi manchino parenti o compagni d’armi. Ma poiché io stesso non ho cercato l’impero, preferirvi ai miei parenti e ai vostri dimostra abbastanza i miei veri sentimenti. Avete un fratello illustre: il vostro maggiore, degno dello stesso rango che state per raggiungere. Se non lo fosse già di più. Avete superato senza rimproveri l’età della giovinezza e delle passioni; ma finora avete affrontato soltanto la sfortuna. Vi resta ancora una prova più pericolosa da superare: resistere alla fortuna. Poiché la sventura distrugge l’anima, mentre la felicità la corrompe. Potrete anche coltivare con costanza l’amicizia, la fedeltà, la libertà, che sono i primi beni dell’uomo. Ma un rispetto vuoto vi allontanerà da queste virtù contro la vostra volontà; i cortigiani vi assilleranno con le loro false carezze, veleno della vera amicizia. E tutti penseranno soltanto al proprio interesse. Oggi ci impegniamo l’uno con l’altro con semplicità. Ma tutti si rivolgeranno alla nostra fortuna, piuttosto che a noi stessi. Poiché rischiare molto significa dimostrare ai principi il loro dovere, mentre non c’è alcun vero pericolo nel convincerli che lo facciano, ”
“Se l’enorme estension di questo impero fosse stata in grado di mantenere da sola il proprio equilibrio, io sarei stato degno di restaurare la repubblica; ma da molto tempo le cose sono arrivate a tal punto che tutto ciò che rimane da fare a favore del popolo romano è, per me, dedicare gli ultimi giorni della mia vita a scegliergli un buon sovrano, e per voi, comportarvi con fermezza per tutta la durata della vostra vita. Sotto gli imperatori precedenti, lo stato era l’eredità di una sola famiglia; con noi, la scelta dei suoi capi sostituirà la libertà del popolo; dopo l’estinzione dei Giulii e dei Claudi, l’adozione rimarrà aperta al più degno. Il diritto di sangue e di nascita non merita alcun rispetto, poiché fa un principe a caso; ma l’adozione permette una scelta libera, e la voce del popolo ne indica il vincitore. Tenete sempre presente il destino di Nerone, orgoglioso di una lunga serie di Cesari: non fu né il paese disarmato di Vindice, né l’unica legione di Galba a liberarci dal suo dominio, anche se un imperatore esiliato rappresentava allora un evento senza precedenti. Noi, che siamo stati elevati dalla guerra e dall’approvazione del popolo, senza aver meritato nemici, non dobbiamo sperare di non averne; ma dopo questi grandi eventi che hanno scosso l’universo intero, due legioni pronte a combattere non dovrebbero spaventarvi troppo. Anche la mia ascesa al potere non è stata tranquilla; e la mia vecchiaia, l’unica cosa di cui mi si rimprovera, scomparirà davanti a colui che è stato scelto per sostenerla. So che Nerone sarà sempre rimpianto dai malvagi; tocca a voi e a me impedire che venga rimpianto anche dalle persone oneste. Non è il momento di dire di più su questo argomento, e sarebbe superfluo se avessi fatto una buona scelta per voi. La regola più semplice e migliore da seguire nella vostra condotta è cercare ciò che avreste approvato o criticato sotto un altro sovrano. Ricordate che qui non si tratta di monarchie, dove una sola famiglia comanda e tutti gli altri obbediscono; voi governerete un popolo che non può sopportare né una schiavitù estrema né una libertà totale.” Così parlava Galba, come un uomo che sta creando un sovrano, mentre tutti gli altri già assumevano il tono che si usa con un sovrano già esistente.
Si dice che, in tutta l’assemblea che fissò lo sguardo su Piso, nemmeno coloro che lo osservavano intenzionalmente riuscirono a notare in lui la minima traccia di piacere o turbamento. La sua risposta fu rispettosa verso l’imperatore e il padre; modesta nei confronti di sé stesso. Né nel suo aspetto né nelle sue maniere sembrava esserci alcun cambiamento; si percepiva piuttosto il potere che la volontà di comandare. Successivamente si discusse se la cerimonia di adozione dovesse svolgersi davanti al popolo, nel senato o nel campo militare. Si scelse il campo militare, per onorare le truppe: non si voleva infatti acquistare il loro favore con l’adulazione o con denaro, né trascurare l’opportunità di ottenerlo con mezzi onesti. Tuttavia, il popolo circondava il palazzo, impaziente di conoscere quella importante questione che vi veniva trattata in segreto, e la cui notizia si diffondeva sempre di più a causa dei vani tentativi fatti per soffocarla.
Il dieci gennaio, il cielo fu oscurato da forti piogge, accompagnate da fulmini, tuoni e segni straordinari della collera celeste. Questi presagi, che un tempo avrebbero potuto impedire qualsiasi attività festiva, non distolsero Galba dal recarsi al campo; sia perché li considerasse semplicemente eventi casuali, sia perché, ritenendoli segni concreti, giudicasse l’evento inevitabile. Quando i soldati si radunarono in gran numero, egli pronunciò un discorso serio e conciso nel quale annunciò di adottare Pison, seguendo l’esempio di Augusto e le usanze militari che concedevano ai generali la libertà di scegliere i propri luogotenenti. Poi, per evitare che il suo silenzio riguardo alla ribellione potesse farla sembrare più pericolosa, assicurò con forza che essa, essendo stata formata soltanto da un piccolo numero di persone nelle quarta e nell’ottava legione, si era limitata a mormorii e parole senza conseguenze, e che presto tutto sarebbe tornato alla normalità. Nel suo discorso non fece né lusinghe né promesse. I tribuni, i centurioni e alcuni soldati presenti applaudirono; ma il resto dei militari rimase in silenzio, vedendosi privati di quella ricompensa che avevano persino preteso in tempo di pace. Sembra che anche la minima concessione, strappata alla rigida avarizia di quell’uomo anziano, avrebbe potuto placare gli animi dei suoi soldati. La sua sconfitta derivò proprio da quella antica rigidità e da quel eccesso di severità che ormai non sono più adatti alle nostre debolezze umane.
Dopo essere andato al senato, parlò là con la stessa semplicità e lunghezza di quando aveva parlato ai soldati. Il discorso di Pisone fu gradevole e accolto positivamente; molti lo lodarono sinceramente; coloro che lo odiavano lo fecero in modo più ostentato; e la maggior parte, per interesse personale, senza alcun riguardo per gli interessi dello stato. Nei quattro giorni successivi, che furono l’intervallo tra l’approvazione del suo piano e la sua morte, non fece né disse nulla in pubblico.
Tuttavia, le frequenti notizie riguardanti il progredire della ribellione in Germania, nonché la facilità con cui le cattive nuove si diffondevano a Roma, spinsero il senato ad inviare una delegazione alle legioni ribelli. Si discusse segretamente se Piso stesso non dovesse unirsi a loro, al fine di conferire maggior peso alla missione, aggiungendo la maestà imperiale all’autorità del senato. Si volle anche che il prefetto del pretorio, Lacon, partecipasse al viaggio; tuttavia egli si scusò. Per quanto riguarda i delegati, poiché il senato aveva lasciato la scelta a Galba, si assistette alla più vergognosa incoerenza: nominazioni, rifiuti, sostituzioni, lotte per partire o rimanere, tutto determinato dall’aspettativa o dalla paura che agitava ciascuno.
Ensuite il fallut chercher de l’argent ; et, tout bien pesé, il parut très juste que l’état eût recours à ceux qui l’avaient appauvri. Les dons versés par Néron montaient à plus de soixante millions. Il fit donc citer tous les donataires, leur redemandant les neuf dixièmes de ce qu’ils avaient reçu, et dont à peine leur restait-il l’autre dixième partie ; car, également avides et dissipateurs, et non moins prodigues du bien d’autrui que du leur, ils n’avaient conservé, au lieu de terres et de revenus, que les instruments ou les vices qui avaient acquis et consumé tout cela. Trente chevaliers romains furent préposés au recouvrement ; nouvelle magistrature onéreuse par les brigues et par le nombre. On ne voyait que ventes, huissiers ; et le peuple, tourmenté par ces vexations, ne laissait pas de se réjouir de voir ceux que Néron avait enrichis aussi pauvres que ceux qu’il avait dépouillés. En ce même temps, Taurus et Nason, tribuns prétoriens ; Pacensis, tribun des milices bourgeoises, et Fronto, tribun du guet, ayant été cassés, cet exemple servit moins à contenir les officiers qu’à les effrayer, et leur fit craindre qu’étant tous suspects on ne voulût les chasser l’un après l’autre.
Cependant Othon, qui n’attendait rien d’un gouvernement tranquille, ne cherchait que de nouveaux troubles. Son indigence, qui eût été à charge même à des particuliers, son luxe, qui l’eût été même à des princes, son ressentiment contre Galba, sa haine pour Pison, tout l’excitait à remuer. Il se forgeait même des craintes pour irriter ses désirs. N’avait-il pas été suspect à Néron lui-même ? Fallait-il attendre encore l’honneur d’un second exil en Lusitanie ou ailleurs ? Les souverains ne voient-ils pas toujours avec défiance et de mauvais œil ceux qui peuvent leur succéder ? Si cette idée lui avait nui près d’un vieux prince, combien plus lui nuirait-elle auprès d’un jeune homme naturellement cruel, aigri par un long exil ! Que s’ils étaient tentés de se défaire de lui, pourquoi ne les préviendrait-il pas, tandis que Galba chancelait encore, et avant que Pison fût affermi ? Les temps de crise sont ceux où conviennent les grands efforts ; et c’est une erreur de temporiser quand les délais sont plus dangereux que l’audace. Tous les hommes meurent également, c’est la loi de la nature ; mais la postérité les distingue par la gloire ou l’oubli. Que si le même sort attend l’innocent et le coupable, il est plus digne d’un homme de courage de ne pas périr sans sujet.
Othon avait le cœur moins efféminé que le corps. Ses plus familiers esclaves et affranchis, accoutumés à une vie trop licencieuse pour une maison privée, en rappelant la magnificence du palais de Néron, les adultères, les fêtes nuptiales, et toutes les débauches des princes, à un homme ardent après tout cela, le lui montraient en proie à d’autres par son indolence, et à lui s’il osait s’en emparer. Les astrologues l’animaient encore, en publiant que d’extraordinaires mouvements dans les cieux lui annonçaient une année glorieuse : genre d’hommes fait pour leurrer les grands, abuser les simples, qu’on chassera sans cesse de notre ville, et qui s’y maintiendra toujours. Poppée en avait secrètement employé plusieurs qui furent l’instrument funeste de son mariage avec l’empereur. Ptolémée, un d’entre eux qui avait accompagné Othon, lui avait promis qu’il survivrait à Néron ; et l’événement, joint à la vieillesse de Galba, à la jeunesse d’Othon, aux conjectures, et aux bruits publics, lui fi t ajouter qu’il parviendrait à l’empire. Othon, suivant le penchant qu’a l’esprit humain de s’affectionner aux opinions par leur obscurité même, prenait tout cela pour de la science, et pour des avis du destin ; et Ptolémée ne manqua pas, selon la coutume, d’être l’instigateur du crime dont il avait été le prophète.
Soit qu’Othon eût ou non formé ce projet, il est certain qu’il cultivait depuis longtemps les gens de guerre, comme espérant succéder à l’empire ou l’usurper. En route, en bataille, au camp, nommant les vieux soldats par leur nom, et, comme ayant servi avec eux sous Néron, les appelant camarades, il reconnaissait les uns, s’informait des autres, et les aidait tous de sa bourse ou de son crédit. Il entremêlait tout cela de fréquentes plaintes, de discours équivoques sur Galba, et de ce qu’il y a de plus propre à émouvoir le peuple. Les fatigues des marches, la rareté des vivres, la dureté du commandement, il envenimait tout, comparant les anciennes et agréables navigations de la Campanie et des villes grecques avec les longs et rudes trajets des Pyrénées et des Alpes, où l’on pouvait à peine soutenir le poids de ses armes.
Pudens, un des confidents de Tigellinus, séduisant diversement les plus remuants, les plus obérés, les plus crédules, achevait d’allumer les esprits déjà échauffés des soldats. Il en vint au point que, chaque fois que Galba mangeait chez Othon, l’on distribuait cent sesterces par tête à la cohorte qui était de garde, comme pour sa part du festin ; distribution que, sous l’air d’une largesse publique, Othon soutenait encore par d’autres dons particuliers. Il était même si ardent à les corrompre, et la stupidité du préfet qu’on trompait jusque sous ses yeux fut si grande, que, sur une dispute de Proculus, lancier de la garde, avec un voisin pour quelque borne commune, Othon acheta tout le champ du voisin et le donna à Proculus.
Ensuite il choisit pour chef de l’entreprise qu’il méditait Onomastus, un de ses affranchis, qui lui ayant amené Barbius et Veturius, tous deux bas officiers des gardes, après les avoir trouvés à l’examen rusés et courageux, il les chargea de dons, de promesses, d’argent pour en gagner d’autres ; et l’on vit ainsi deux manipulaires entreprendre et venir à bout de disposer de l’empire romain. Ils mirent peu de gens dans le secret ; et, tenant les autres en suspens, ils les excitaient par divers moyens : les chefs, comme suspects par les bienfaits de Nymphidius ; les soldats, par le dépit de se voir frustrés du donatif si longtemps attendu. Rappelant à quelques-uns le souvenir de Néron, ils rallumaient en eux le désir de l’ancienne licence : enfin ils les effrayaient tous par la peur d’un changement dans la milice.
Sitôt qu’on sut la défection de l’armée d’Allemagne, le venin gagna les esprits déjà émus des légions et des auxiliaires. Bientôt les malintentionnés se trouvèrent si disposés à la sédition, et les bons si tièdes à la réprimer, que, le quatorze de janvier, Othon revenant de souper eût été enlevé, si l’on n’eût craint les erreurs de la nuit, les troupes cantonnées par toute la ville, et le peu d’accord qui règne dans la chaleur du vin. Ce ne fut pas l’intérêt de l’état qui retint ceux qui méditaient à jeun de souiller leurs mains dans le sang de leur prince, mais le danger qu’un autre ne fût pris dans l’obscurité pour Othon par les soldats des armées de Hongrie et d’Allemagne qui ne le connaissaient pas. Les conjurés étouffèrent plusieurs indices de la sédition naissante ; et ce qu’il en parvint aux oreilles de Galba fut éludé par Lacon, homme incapable de lire dans l’esprit des soldats, ennemi de tout bon conseil qu’il navait pas donné, et toujours résistant à l’avis des sages.
Le quinze de janvier, comme Galba sacrifiait au temple d’Apollon, l’aruspice Umbricius, sur le triste aspect des entrailles, lui dénonça d’actuelles embûches et un ennemi domestique, tandis qu’Othon, qui était présent, se réjouissait de ces mauvais augures et les interprétait favorablement pour ses desseins. Un moment après, Onomastus vint lui dire que l’architecte et les experts l’attendaient, mot convenu pour lui annoncer l’assemblée des soldats et les apprêts de la conjuration. Othon fit croire à ceux qui demandaient où il allait que, près d’acheter une vieille maison de campagne, il voulait auparavant la faire examiner ; puis suivant l’affranchi à travers le palais de Tibère au Vélabre, et de là vers la colonne dorée sous le temple de Saturne, il fut salué empereur par vingt-trois soldats, qui le placèrent aussitôt sur une chaire curule, tout consterné de leur petit nombre, et l’environnèrent l’épée à la main. Chemin faisant, ils furent joints par un nombre à-peu-près égal de leurs camarades. Les uns, instruits du complot, l’accompagnaient à grands cris avec leurs armes ; d’autres, frappés du spectacle, se disposaient en silence à prendre conseil de l’événement.
Le tribun Martialis, qui était de garde au camp, effrayé d’une si prompte et si grande entreprise, ou craignant que la sédition n’eût gagné ses soldats et qu’il ne fût tué en s’y opposant, fut soupçonné par plusieurs d’en être complice. Tous les autres tribuns et centurions préférèrent aussi le parti le plus sûr au plus honnête. Enfin tel fut l’état des esprits, qu’un petit nombre ayant entrepris un forfait détestable, plusieurs l’approuvèrent et tous le souffrirent.
Next, it became necessary to find money; and after careful consideration, it seemed entirely just for the state to turn to those who had impoverished it. The donations made by Nero amounted to more than sixty million. He therefore ordered all the donors to be summoned and demanded back nine-tenths of what they had received—leaving them with barely one-tenth left; for, being as greedy and wasteful as they were, and just as prodigal with other people’s wealth as with their own, they had retained nothing but the tools or vices through which they had acquired and consumed it all. Thirty Roman knights were appointed to collect the money; yet another costly and corrupt office was created. All that could be seen were auctions and bailiffs; and the people, suffering greatly under these oppressions, took pleasure in seeing those whom Nero had enriched reduced to the same poverty as those he had plundered. At about the same time, Taurus and Nason, who had been praetorian tribunes; Pacensis, a tribune of the urban militia; and Fronto, a tribune of the watch, were all dismissed from their offices. This example served less to restrain the officials than to frighten them, making them fear that, since they were all considered suspects, someone might attempt to expel them one by one.
However, Otho, who expected nothing from a stable government, sought only further troubles. His poverty—such that it would have been a burden even for ordinary people—and his luxury, which would have been excessive even for princes; his resentment toward Galba and his hatred for Piso—all these factors incited him to take action. He even fabricated fears in order to fuel his desires. Had he not already aroused suspicion among Nero himself? Was it necessary to wait for another exile, this time to Lusitania or some other place? Don’t sovereigns always regard those who might succeed them with suspicion and hostility? If such an idea had already harmed him near an elderly prince, how much more would it harm him among a young man who was naturally cruel and embittered by a long exile! If they were tempted to get rid of him, why wouldn’t he warn them while Galba was still unstable and before Piso’s power was consolidated? Times of crisis are precisely when great efforts are required; and it is a mistake to hesitate when the stakes are more dangerous than courage itself. All men die alike—such is the law of nature—but posterity distinguishes them through glory or oblivion. If the same fate awaits the innocent and the guilty, it is far more worthy of a brave man not to perish without cause.
Otho’s heart was far less effeminate than his body. His most familiar slaves and freedmen, accustomed to a life too licentious for a private household, would remind him of the splendor of Nero’s palace—of adulteries, wedding feasts, and all the debaucheries of the princes. To a man still passionate after such experiences, they showed how his own indolence made him vulnerable to others, yet also how he could seize power if he dared. Astrologers further fueled these hopes by predicting extraordinary celestial events that signified a glorious year for him—such men were meant to deceive the great and exploit the humble; they would always be driven out of our city yet manage to return time and again. Poppaea had secretly employed several such astrologers, who ultimately played a tragic role in her marriage to the emperor. One of them, Ptolemy, who had accompanied Otho, had promised him that he would survive Nero; combined with Galba’s old age, Otho’s youth, and the rampant rumors at the time, these predictions seemed to confirm that he would eventually ascend to power. Otho, influenced by humanity’s tendency to cling to even the most obscure opinions, took all this as divine prophecy and the will of fate. And Ptolemy, true to his role, was none other than the instigator of the crime he had foretold.
Whether Otho had actually conceived this plan or not, it is certain that he had for some time been cultivating the support of military men, in hopes of either succeeding to the empire or usurping it. On his journey, in battle, or in camp, he addressed the veteran soldiers by their names and, claiming to have served with them under Nero, called them comrades. He recognized some of them, inquired about others, and assisted all of them with both his money and his influence. He interspersed these actions with frequent complaints, ambiguous remarks about Galba, and everything else that was likely to stir the emotions of the people. He exaggerated the hardships of the marches, the scarcity of food, and the harshness of the military discipline, comparing the pleasant journeys across Campania and the Greek cities with the long and arduous treks through the Pyrenees and the Alps, where it was barely possible to carry one’s weapons.
Pudens, one of Tigellinus’ confidants, seduced those who were most restless, burdened, or gullible in various ways, further inflaming the already agitated spirits of the soldiers. Things came to such a point that whenever Galba dined at Otho’s residence, a hundred sesterces were distributed to each member of the guard cohort, as if it were their share of the feast; this distribution, disguised as a public act of generosity, was further supported by other private gifts from Otho. He was so eager to corrupt them that the stupidity of the prefect whom they were deceiving was such that, during a dispute between Proculus, a lance-carrying member of the guard, and his neighbor over some common boundary, Otho purchased the entire neighbor’s land and gave it to Proculus.
Subsequently, he chose Onomastus, one of his freedmen, to be the leader of the enterprise he was planning. Having brought before him Barbius and Veturius, both low-ranking officers in the guards, and finding them to be cunning and courageous individuals, he entrusted them with gifts, promises, and money in order to win over others. Thus, two manipulative men managed to take control of the Roman empire. They kept very few people informed about their plans; while keeping the rest in suspense, they incited them through various means: the officers by arousing suspicion regarding Nymphidius’ generosity; the soldiers by fueling their resentment at being deprived of the long-awaited rewards. To some, they reminded them of Nero’s reign, rekindling in them the desire for the freedom and indulgence of that era; ultimately, they terrified everyone with the threat of military reforms.
As soon as news of the defection of the German army reached them, venom seeped into the already agitated minds of the legions and auxiliaries. Soon enough, those with ill intentions became all too willing to commit treason, while those who were loyal were far too reluctant to suppress it. On January 14th, if not for the risks associated with night-time operations, the troops stationed throughout the city, and the lack of unity that alcohol often brings, Otho would have been seized on his return from dinner. It was not the interests of the state that prevented those who plotted against their prince from shedding his blood—rather, it was the fear that another person might be mistaken for Otho in the darkness by the soldiers of Hungary and Germany, who did not know him. The conspirators suppressed several signs of the budding rebellion; and whatever information reached Galba’s ears was deliberately obscured by Lacon—a man incapable of understanding the thoughts of soldiers, an enemy of any sound advice he never offered, and always resistant to the wisdom of those around him.
On January 15th, as Galba was offering sacrifices at the temple of Apollo, the augur Umbricius, interpreting the gloomy appearance of the entrails, warned him of impending dangers and a domestic enemy. Meanwhile, Othon, who was present, rejoiced at these inauspicious signs and interpreted them in his own favor. Shortly after, Onomastus came to inform him that the architect and other experts were waiting for him—a signal agreed upon to announce the assembly of the soldiers and the preparations for the conspiracy. Othon told those who asked where he was going that he intended to have an old country house inspected before purchasing it; then, accompanied by the freedman through Tiber’s palace in the Velabrum district and on towards the Golden Column near the temple of Saturn, he was greeted as emperor by twenty-three soldiers, who immediately placed him on a curule chair. He was deeply disturbed by their small number as they surrounded him with swords drawn. Along the way, they were joined by roughly the same number of his supporters. Some, having been informed of the plot, followed him shouting and armed; others, stunned by what was happening, silently decided to await further developments.
The tribune Martialis, who was on duty at the camp, was terrified by the speed and scale of this undertaking; fearing that the rebellion might have already swept through his soldiers and that he would be killed if he tried to resist it, he was suspected by many of being an accomplice in it. All the other tribunes and centurions also chose the safer path over the more honorable one. In short, such was the state of public opinion that when a small number of people committed this despicable act, many others approved of it, and ultimately everyone endured its consequences.
In seguito fu necessario cercare denaro; e, dopo averne attentamente valutato la situazione, parve del tutto giusto che lo Stato ricorresse a coloro che lo avevano impoverito. I doni fatti da Nerone ammontavano a più di sessanta milioni. Così fece convocare tutti i donatori, chiedendo loro indietro nove decimi di ciò che avevano ricevuto; a loro non rimaneva quindi che l’altro decimo. Poiché, altrettanto avidi e dissipatori, e non meno prodigali del bene altrui che del proprio, non avevano conservato, al posto di terre e rendite, se non gli strumenti o i vizi con cui avevano acquisito e consumato tutto ciò. Trenta cavalieri romani furono incaricati di riscuotere il denaro; una nuova magistratura onerosa, dunque, caratterizzata da lotte e complicazioni. Si vedevano solo vendite e ufficiali giudiziari; e il popolo, tormentato da queste vessazioni, non mancava di gioirsi nel vedere coloro che Nerone aveva arricchito ridotti allo stesso stato di povertà di quelli che aveva derubato. Nello stesso periodo, Taurus e Nason, tribuni pretoriani; Pacensis, tribuno delle milizie cittadine, e Fronto, tribuno della guardia, vennero destituiti dai loro incarichi. Questo esempio, invece di servire a contenere gli ufficiali, finì per spaventarli, facendoli temere che, essendo tutti sospettati, qualcuno potesse voler cacciarli uno dopo l’altro.
Tuttavia Ottone, che non si aspettava nulla da un governo tranquillo, cercava soltanto nuovi disordini. La sua povertà, che avrebbe rappresentato un onere anche per persone comuni, il suo lusso, che sarebbe stato insopportabile persino per dei principi, il suo risentimento verso Galba, la sua odio verso Piso, tutto ciò lo spingeva a cercare nuovi modi di causare problemi. Si inventava persino delle paure per alimentare i propri desideri di potere. Non era forse già sospettato da Nerone stesso? Bisognava davvero aspettarsi un secondo esilio in Lusitania o altrove? I sovrani guardano sempre con diffidenza e ostilità coloro che potrebbero succedergli, non è vero? Se questa idea gli aveva creato problemi presso un vecchio principe, quanto di più lo avrebbe danneggiato presso un giovane uomo naturalmente crudele e reso ancora più ostile da un lungo esilio! E se qualcuno avesse pensato di sbarazzarsi di lui, perché non avrebbe dovuto avvertirli, mentre Galba era ancora incerto sul suo trono e Piso non si era ancora affermato? I tempi di crisi sono quelli in cui occorrono grandi imprese; è un errore temporeggiare quando i rischi legati al ritardo sono maggiori dell’audacia stessa. Tutti gli uomini muoiono allo stesso modo, questa è la legge della natura; ma la posterità li distingue tra gloria e oblio. Anche se lo stesso destino attende l’innocente e il colpevole, è certo più degno di un uomo coraggioso non morire senza motivo.
Ottone aveva un cuore meno effeminato del suo corpo. I suoi schiavi e liberti più fedeli, abituati a una vita troppo dissoluta per una casa privata, gli ricordavano la magnificenza del palazzo di Nerone, le infedeltà coniugali, le feste nuziali e tutte le dissolutezze dei principi; a un uomo così appassionato, tutto ciò sembrava indicare che la sua indolenza lo avrebbe reso preda ad altre tentazioni, se solo avesse osato cedervi. Gli astrologhi lo incoraggiavano ancora, annunciando che straordinari movimenti nel cielo presagivano per lui un anno glorioso: individui fatti apposta per ingannare i potenti e abusare dei semplici, che sarebbero stati costantemente scacciati dalla nostra città, ma che vi sarebbero sempre rientrati. Poppaea ne aveva segretamente assunto alcuni, i quali divennero gli strumenti funesti del suo matrimonio con l’imperatore. Tolomeo, uno di loro che aveva accompagnato Ottone, gli aveva promesso che sarebbe sopravvissuto a Nerone; e questo evento, unito all’età avanzata di Galba, alla giovinezza di Ottone, alle voci pubbliche e alle congetture, lo spinse a credere di poter raggiungere l’impero. Ottone, seguendo quella tendenza umana di affezionarsi alle opinioni proprio per la loro oscurità, considerava tutto ciò come verità scientifica o presagi del destino; e Tolomeo, naturalmente, non mancò di essere l’istigatore del crimine che aveva predetto.
Che Ottone avesse o meno concepito questo piano, è certo che da tempo coltivava l’amicizia dei soldati, nella speranza di succedere all’imperatore o di usurparne il potere. Durante il viaggio, in battaglia e nel campo, chiamava i vecchi soldati per nome e, poiché aveva servito con loro sotto Nerone, li trattava come compagni d’armi. Riconosceva alcuni di loro, si informava sulle condizioni degli altri e aiutava tutti con il proprio denaro o la propria credibilità. Intrecciava tutto ciò con frequenti lamentele, discorsi ambigui su Galba e tutto ciò che potesse suscitare emozioni nel popolo. Le fatiche dei viaggi, la scarsità di cibo, la durezza delle condizioni di comando: otteneva il massimo effetto esaltando le antiche e piacevoli spedizioni nella Campania e nelle città greche rispetto ai lunghi e difficili percorsi attraverso i Pirenei e le Alpi, dove a malapena si riusciva a portare sulle spalle il peso delle armi.
Pudens, uno dei confidenti di Tigellino, seduceva in modi diversi coloro che erano più turbolenti, più oppressi o più creduloni, alimentando ulteriormente gli animi già infuocati dei soldati. Arrivò al punto che, ogni volta che Galba pranzava a casa di Ottone, venivano distribuiti cento sesterzi a testa alla coorte di guardia, come se fossero una loro parte del banchetto; questa distribuzione, presentata sotto forma di generosità pubblica, veniva inoltre sostenuta da altri doni personali da parte di Ottone. Era così determinato a corromperli che la stupidità del prefetto che veniva ingannato proprio davanti ai suoi occhi era tale da spingere Ottone, a causa di una disputa tra Proculus, un lanciere della guardia, e un vicino per una questione legata a un confine comune, ad acquistare l’intero campo del vicino e darlo a Proculus.
In seguito scelse come capo dell’impresa che stava progettando Onomastus, uno dei suoi liberti. Dopo averlo incontrato insieme a Barbius e Veturius, entrambi ufficiali di basso rango delle guardie, e aver notato in loro astuzia e coraggio, li incaricò di distribuire doni, promesse e denaro al fine di conquistare altri alleati. Così, due individui astuti riuscirono a prendere il controllo dell’impero romano. Tennero poche persone al corrente dei loro piani; tenendo gli altri in sospeso, li incitavano con diversi mezzi: i capi, considerati sospetti a causa dei benefici concessi da Nymphidius; i soldati, stimolando in loro il risentimento per aver visto frustrato il donativo tanto atteso. A alcuni ricordarono le gesta di Nerone, riaccendendo in loro il desiderio di libertà e indulgenze del passato; infine, spaventarono tutti con la minaccia di un cambiamento nelle strutture militari.
Non appena si seppe della defezione dell’esercito tedesco, il veleno del tradimento iniziò a diffondersi tra gli animi già turbati delle legioni e degli ausiliari. Presto, coloro che nutrivano cattive intenzioni divennero così propensi alla rivolta, mentre coloro che erano fedeli al principe si dimostrarono troppo indecisi nel reprimerla; tanto che, il quattordici gennaio, se non fosse stato per la paura di errori dovuti all’oscurità della notte, alle truppe dislocate in tutta la città e alla scarsa coesione che regnava nell’atmosfera di ebbrezza, Ottone sarebbe stato rapito durante il suo ritorno da una cena. Non fu l’interesse dello Stato a impedire che coloro che meditavano di macchiare le loro mani con il sangue del loro principe portassero a termine il loro piano, ma il timore che un altro individuo potesse essere scambiato per Ottone nell’oscurità dai soldati delle armate ungheresi e tedesche, che non lo conoscevano. I congiurati soffocarono diversi segnali premonitori di una possibile rivolta; quanto venne a conoscenza di Galba fu ignorato da Lacone, un uomo incapace di comprendere i pensieri dei soldati, nemico di qualsiasi buon consiglio e sempre ostile alle opinioni degli saggi.
Il quindici gennaio, mentre Galba sacrificava nel tempio di Apollo, l’aruspice Umbricius, osservando l’aspetto cupo degli intestini delle vittime sacrificali, gli annunciò la presenza di insidie imminenti e di un nemico interno. Oton, che era presente, invece si rallegrò di questi cattivi presagi, interpretandoli come segni favorevoli ai suoi piani. Poco dopo, Onomastus gli comunicò che l’architetto e gli esperti lo aspettavano: un messaggio convenuto per annunciargli la riunione dei soldati e i preparativi della congiura. Oton fece credere a coloro che gli chiedevano dove stesse andando che, prima di acquistare una vecchia casa di campagna, voleva farla ispezionare; poi seguì l’uomo attraverso il palazzo di Tiberio sul Vélabro e da lì verso la Colonna Dorata sotto il tempio di Saturno. Lì fu salutato come imperatore da ventitré soldati, che lo fecero subito sedere su una sedia curule; lui, però, era molto preoccupato dal loro numero esiguo e li circondò con le spade sguainate. Lungo il cammino, si unirono a loro un numero più o meno equivalente di suoi compagni: alcuni, informati della congiura, lo accompagnavano gridando e armati; altri, colpiti da quella scena, si preparavano in silenzio a decidere cosa fare.
Il tribuno Martialis, che era di guardia nel campo, spaventato da un’impresa così rapida e così audace, o temendo che la rivolta potesse contagiare i suoi soldati e che lui stesso venisse ucciso nell’opporvisi, fu sospettato da molti di essere suo complice. Anche tutti gli altri tribuni e centurioni preferirono la via più sicura a quella più onesta. Alla fine, in tale stato d’animo, pochi che avevano intrapreso un atto spregevole ne furono approvati da molti, e tutti lo subirono senza protestare.
Cependant Galba, tranquillement occupé de son sacrifice, importunait les dieux pour un empire qui n’était plus à lui, quand tout-à-coup un bruit s’éleva que les troupes enlevaient un sénateur qu’on ne nommait pas, mais qu’on sut ensuite être Othon. Aussitôt on vit accourir des gens de tous les quartiers ; et, à mesure qu’on les rencontrait, plusieurs augmentaient le mal et d’autres l’exténuaient, ne pouvant en cet instant même renoncer à la flatterie. On tint conseil, et il fut résolu que Pison sonderait la disposition de la cohorte qui était de garde au palais, réservant l’autorité encore entière de Galba pour de plus pressants besoins. Ayant donc assemblé les soldats devant les degrés du palais, Pison leur parla ainsi : « Compagnons, il y a six jours que je fus nommé césar sans prévoir l’avenir, et sans savoir si ce choix me serait utile ou funeste ; c’est à vous d’en fixer le sort pour la république et pour nous. Ce n’est pas que je craigne pour moi-même, trop instruit par mes malheurs à ne point compter sur la prospérité : mais je plains mon père, le sénat et l’empire, en nous voyant réduits à recevoir la mort ou à la donner, extrémité non moins cruelle pour des gens de bien, tandis qu’après les derniers mouvements on se félicitait que Rome eût été exempte de violence et de meurtres, et qu’on espérait avoir pourvu, par l’adoption, à prévenir toute cause de guerre après la mort de Galba.
« Je ne vous parlerai ni de mon nom ni de mes mœurs. On a peu besoin de vertus pour se comparer à Othon. Ses vices, dont il fait toute sa gloire, ont ruiné l’état quand il était ami du prince. Est-ce par son air, par sa démarche, par sa parure efféminée, qu’il se croit digne de l’empire ? On se trompe beaucoup si l’on prend son luxe pour de la libéralité. Plus il saura perdre, et moins il saura donner. Débauches, festins, attroupements de femmes, voilà les projets qu’il médite, et, selon lui, les droits de l’empire, dont la volupté sera pour lui seul, la honte et le déshonneur pour tous ; car jamais souverain pouvoir acquis par le crime ne fut vertueusement exercé. Galba fut nommé césar par le genre humain, et je l’ai été par Galba de votre consentement. Compagnons, j’ignore s’il vous est indifférent que la république, le sénat et le peuple ne soient que de vains noms ; mais je sais au moins qu’il vous importe que des scélérats ne vous donnent pas un chef.
« On a vu quelquefois des légions se révolter contre leurs tribuns. Jusqu’ici votre gloire et votre fidélité n’ont reçu nulle atteinte, et Néron lui-même vous abandonna plutôt qu’il ne fut abandonné de vous. Quoi ! verrons-nous une trentaine au plus de déserteurs et de transfuges, à qui l’on ne permettrait pas de se choisir seulement un officier, faire un empereur ? Si vous souffrez un tel exemple, si vous partagez le crime en le laissant commettre, cette licence passera dans les provinces ; nous périrons par les meurtres, et vous par les combats, sans que la solde en soit plus grande pour avoir égorgé son prince, que pour avoir fait son devoir : mais le donatif n’en vaudra pas moins, reçu de nous pour le prix de la fidélité, que d’un autre pour le prix de la trahison. »
Les lanciers de la garde ayant disparu, le reste de la cohorte, sans paraître mépriser le discours de Pison, se mit en devoir de préparer ses enseignes plutôt par hasard, et, comme il arrive en ces moments de trouble, sans trop savoir ce qu’on faisait, que par une feinte insidieuse, comme on l’a cru dans la suite. Celsus fut envoyé au détachement de l’armée d’Illyrie vers le portique de Vipsanius. On ordonna aux primipilaires Serenus et Sabinus d’amener les soldats germains du temple de la Liberté. On se défiait de la légion marine, aigrie par le meurtre de ses soldats que Galba avait fait tuer à son arrivée. Les tribuns Cerius, Subrinus, et Longinus, allèrent au camp prétorien pour tâcher d’étouffer la sédition naissante avant qu’elle eût éclaté. Les soldats menacèrent les deux premiers ; mais Longin fut maltraité et désarmé, parce qu’il n’avait pas passé par les grades militaires, et qu’étant dans la confiance de Galba il en était plus suspect aux rebelles. La légion de mer ne balança pas à se joindre aux prétoriens : ceux du détachement d’Illyrie, présentant à Celsus la pointe des armes, ne voulurent point l’écouter ; mais les troupes d’Allemagne hésitèrent longtemps, n’ayant pas encore recouvré leurs forces, et ayant perdu toute mauvaise volonté depuis que, revenues malades de la longue navigation d’Alexandrie où Néron les avait envoyées, Galba n’épargnait ni soin ni dépense pour les rétablir. La foule du peuple et des esclaves, qui durant ce temps remplissait le palais, demandait à cris perçants la mort d’Othon et l’exil des conjurés, comme ils auraient demandé quelque scène dans les jeux publics ; non que le jugement ou le zèle excitât des clameurs qui changèrent d’objet dès le même jour, mais par l’usage établi d’enivrer chaque prince d’acclamations effrénées et de vaines flatteries.
Cependant Galba flottait entre deux avis. Celui de Vinius était qu’il fallait armer les esclaves, rester dans le palais, et en barricader les avenues ; qu’au lieu de s’offrira des gens échauffés on devait laisser le temps aux révoltés de se repentir et aux fidèles de se rassurer ; que si la promptitude convient aux forfaits, le temps favorise les bons desseins ; qu’enfin l’on aurait toujours la même liberté d’aller s’il était nécessaire, mais qu’on n’était pas sûr d’avoir celle du retour au besoin.
Les autres jugeaient qu’en se hâtant de prévenir le progrès d’une sédition faible encore et peu nombreuse on épouvanterait Othon même, qui, s’étant livré furtivement à des inconnus, profiterait, pour apprendre à représenter, de tout le temps qu’on perdrait dans une lâche indolence. Fallait-il attendre qu’ayant pacifié le camp il vînt s’emparer de la place, et monter au Capitole aux yeux même de Galba, tandis qu’un si grand capitaine et ses braves amis, renfermés dans les portes et le seuil du palais, l’inviteraient pour ainsi dire à les assiéger ? Quel secours pouvait-on se promettre des esclaves, si on laissait refroidir la faveur de la multitude, et sa première indignation plus puissante que tout le reste ? D’ailleurs, disaient-ils, le parti le moins honnête est aussi le moins sûr ; et, dût-on succomber au péril, il vaut encore mieux l’aller chercher ; Othon en sera plus odieux, et nous en aurons plus d’honneur. Vinius résistant à cet avis fut menacé par Lacon à l’instigation d’Icelus, toujours prêt à servir sa haine particulière aux dépens de l’état.
Galba, sans hésiter plus longtemps, choisit le parti le plus spécieux. On envoya Pison le premier au camp, appuyé du crédit que devaient lui donner sa naissance, le rang auquel il venait de monter, et sa colère contre Vinius, véritable ou supposée telle par ceux dont Vinius était haï et que leur haine rendit crédules. À peine Pison fut parti, qu’il s’éleva un bruit, d’abord vague et incertain, qu’Othon avait été tué dans le camp : puis, comme il arrive aux mensonges importants, il se trouva bientôt des témoins oculaires du fait, qui persuadèrent aisément tous ceux qui s’en réjouissaient ou qui s’en souciaient peu ; mais plusieurs crurent que ce bruit était répandu et fomenté par les amis d’Othon, pour attirer Galba par le leurre d’une bonne nouvelle.
Ce fut alors que, les applaudissements et l’empressement outré gagnant plus haut qu’une populace imprudente, la plupart des chevaliers et des sénateurs, rassurés et sans précaution, forcèrent les portes du palais, et, courant au-devant de Galba, se plaignaient que l’honneur de le venger leur eût été ravi. Les plus lâches, et, comme l’effet le prouva, les moins capables d’affronter le danger, téméraires en paroles et braves de la langue, affirmaient tellement ce qu’ils savaient le moins, que, faute d’avis certain, et vaincu par ces clameurs, Galba prit une cuirasse, et, n’étant ni d’âge ni de force à soutenir le choc de la foule, se fit porter dans sa chaise. Il rencontra, sortant du palais, un gendarme nommé Julius Atticus, qui, montrant son glaive tout sanglant, s’écria qu’il avait tué Othon. « Camarade, lui dit Galba, qui vous l’a commandé ? » Vigueur singulière d’un homme attentif à réprimer la licence militaire, et qui ne se laissait pas plus amorcer par les flatteries qu’effrayer par les menaces !
However, Galba, quietly engaged in his sacrifice, was praying to the gods for an empire that no longer belonged to him, when suddenly a rumor spread—that the troops had seized a senator whose name was not yet known, but who was later identified as Otho. Immediately, people from all quarters began to gather; and as they arrived, some further exacerbated the situation while others tried to mitigate it, unable, at that moment, to abandon the practice of flattery. A council was held, and it was decided that Piso would ascertain the disposition of the cohort stationed at the palace, reserving Galba’s full authority for more urgent matters. Having gathered the soldiers in front of the palace steps, Piso addressed them thus: “Comrades, six days ago I was appointed Caesar without knowing what the future would hold, nor whether this choice would bring me benefit or disaster. It is up to you to determine the fate of the republic and of us all. It is not that I fear for myself—for my misfortunes have taught me not to place my hopes in success—but I grieve for my father, the senate, and the empire, as we are now forced to either receive death or inflict it upon others. Such an outcome is equally cruel for good people. After all the recent events, one would have hoped that Rome would be spared violence and bloodshed, and that through adoption, all causes of war after Galba’s death could be avoided.”
“I will neither tell you my name nor describe my ways of life. One hardly needs any virtue at all to compare oneself to Otho. His vices, of which he takes pride, ruined the state when he was friends with the prince. Is it his appearance, his gait, his effeminate attire that make him think himself worthy of the empire? Many people are mistaken if they mistake his luxury for generosity. The more he knows how to lose, the less he will know how to give. Debacles, banquets, gatherings of women—these are the plans he harbors. In his view, these are the ‘rights’ of the empire: pleasure for himself alone, while shame and disgrace fall upon all others; for no sovereign power acquired through crime has ever been exercised in a virtuous manner. Galba was named Caesar by humanity itself, and I was made Caesar by Galba—with your consent. My fellow citizens, I do not know whether it matters to you whether the republic, the senate, and the people are but empty names; but what I do know is that it is essential for you that scoundrels not be given the power to lead you.”
“Sometimes, legions have risen in revolt against their tribunes. Thus far, neither your glory nor your loyalty have been harmed in any way; indeed, Nero himself would rather abandon you than be abandoned by you. How could it be that no more than thirty deserters and traitors—whom not even the right to choose an officer is granted—should manage to make themselves emperor? If such an event were to happen, if you were to become complicit in such a crime by allowing it to take place, this license to rebel would spread throughout the provinces. We would perish through murder, and you through battle—but the pay received for killing your sovereign would be no greater than that earned for fulfilling your duty. Moreover, the gift given to us in exchange for loyalty would be no less valuable than that received from someone who betrayed you.”
With the disappearance of the guardsmen on horseback, the rest of the cohort, without seeming to despise Pison’s speech, began preparing their arms rather in a haphazard manner—and, as often happens in times of turmoil, without truly knowing what they were doing, but through some insidious stratagem, as later believed to be the case. Celsus was sent to the detachment of the Illyrian army near the Vipsanius Porticus. The primipilari Serenus and Sabinus were ordered to bring the German soldiers from the Temple of Liberty. Suspicion rested upon the Marine Legion, angered by the murder of its men at Galba’s arrival. The tribunes Cerius, Subrinus, and Longinus went to the Praetorian camp in an attempt to suppress the budding rebellion before it could erupt. The soldiers threatened the first two; but Longinus was beaten and disarmed because he had not gone through the regular military ranks and, being trusted by Galba, was thus viewed more suspiciously by the rebels. The Marine Legion did not hesitate to join the Praetorians—those from the Illyrian detachment even held weapons at Celsus’s face, refusing to listen to him; but the German troops hesitated for a long time, still recovering from their exhaustion after the long voyage from Alexandria, where Nero had sent them. Moreover, since Galba had spared no effort or expense in restoring their health, their resentment had faded. Meanwhile, the crowds of commoners and slaves filling the palace demanded at the top of their voices the death of Otho and the exile of the conspirators—just as they might have requested some dramatic spectacle at public games. It was not so much judgment or zeal that inspired these cries, which soon shifted in focus; rather, it was an established custom to shower every ruler with frenzied applause and empty flattery.
However, Galba wavered between two opinions. Vinius suggested arming the slaves, staying within the palace, and barricading its avenues; rather than confronting an enraged crowd, it would be better to give time for the rebels to repent and for the loyalists to calm down. He argued that while haste may suit criminal acts, time favors noble intentions. Moreover, he noted that one could always retain the freedom to act if necessary, but there was no guarantee of being able to return safely when needed.
The others argued that by hastening to prevent the progress of a still weak and small-scale rebellion, one might even intimidate Otho himself—since he, having secretly associated with strangers, would take advantage of any time wasted in feeble inaction to learn how to manipulate public opinion. Should we wait until he had pacified the camp before he came to seize power and ascend the Capitol right before Galba’s eyes, while such a great commander and his brave allies were trapped inside the palace gates, practically inviting him to besiege them? What help could slaves offer if we allowed the people’s enthusiasm to fade and their initial indignation—far more powerful than anything else—to be extinguished? Moreover, they claimed, the least honorable course was also the least secure; and even if we were destined to fail in this endeavor, it would still be better to confront that danger head-on. Otho would become even more detestable as a result, but we would at least gain some honor from it. Vinius, who resisted this advice, was threatened by Lacon at the instigation of Icelus—a man always ready to serve his personal hatred at the expense of the state.
Without further hesitation, Galba chose the most deceitful course of action. Pison was sent to the camp first, taking advantage of the credibility derived from his birth, his recent promotion, and his supposed anger toward Vinius—anger that those who hated Vinius and were influenced by their hatred readily believed in. As soon as Pison left, rumors began to spread, at first vague and uncertain, claiming that Otho had been killed in the camp. Then, as often happens with significant lies, so-called eyewitnesses to the event soon appeared, convincing everyone who was pleased or indifferent by such news. However, many believed that these rumors were actually spread and incited by Otho’s supporters, in an attempt to lure Galba into a trap with the guise of good news.
It was then that, as applause and frantic excitement grew louder than the voices of an imprudent crowd, most of the knights and senators, reassured and without caution, forced their way into the palace. Running ahead of Galba, they complained that the honor of avenging him had been stolen from them. The weakest among them—and, as events would prove, those least capable of facing danger—bold in speech but cowardly in action, claimed things about which they knew next to nothing. Lacking any definite information and overwhelmed by these cries, Galba put on a suit of armor. Being neither old nor strong enough to withstand the impact of the crowd, he had himself carried away in his chair. As he emerged from the palace, he encountered a guard named Julius Atticus, who, holding up his bloodstained sword, claimed to have killed Otho. “Comrade,” Galba said to him, “who ordered you to do that?” What remarkable restraint on the part of a man determined to curb military excesses—and who refused to be swayed either by flattery or threats!
Tuttavia, Galba, impegnato tranquillamente nel suo sacrificio, importunava gli dèi per un impero che ormai non gli apparteneva più; quando all’improvviso si levò il rumore che le truppe avevano catturato un senatore il cui nome non veniva ancora menzionato, ma che in seguito si scoprì essere Otone. Subito si videro arrivare persone da tutti i quartieri della città; e man mano che le si incontravano, alcune contribuivano ad aggravare la situazione, altre invece cercavano di alleviarla, poiché in quel momento nessuno riusciva a rinunciare alle lusinghe. Si tenne quindi un consiglio e si decise che Pison avrebbe sondato le intenzioni della coorte di guardia al palazzo, riservando l’autorità ancora pienamente in mano a Galba per eventuali necessità più urgenti. Così, radunati i soldati davanti ai gradini del palazzo, Pison parlò loro in questo modo: “Compagni, sei giorni fa sono stato nominato cesare senza prevedere l’avvenire, senza sapere se questa scelta sarebbe stata vantaggiosa o dannosa per me; spetta a voi decidere il destino della repubblica e del nostro popolo. Non è che io tema per me stesso, troppo consapevole dei miei mali per contare sulla fortuna: ma mi dispiace per mio padre, per il senato e per l’impero, vedendoci costretti a ricevere la morte o a infliggerla agli altri, una situazione altrettanto crudele per persone oneste. Dopo gli ultimi avvenimenti, si era infatti rallegrati che Roma fosse stata risparmiata da violenze e omicidi, e si sperava di aver evitato qualsiasi motivo di guerra dopo la morte di Galba, attraverso l’adozione di Otone.”
“Non vi parlerò né del mio nome né delle mie abitudini. Non occorrono molte virtù per potersi paragonare a Ottone: i suoi vizi, di cui fa tutta la sua gloria, hanno rovinato lo Stato quando era amico del principe. È forse il suo aspetto, il suo modo di camminare, il suo abbigliamento effeminato a fargli credere di essere degno dell’impero? Ci si inganna molto se si scambia il suo lusso per generosità. Più saprà perdere, meno saprà dare. Decadenza, banchetti, folle di donne: questi sono i progetti che medita; e, secondo lui, questi sono i “diritti” dell’impero. Una vita di piaceri soltanto per lui, vergogna e disonore per tutti gli altri. Poiché mai un potere sovrano conquistato con il crimine è stato esercitato in modo virtuoso. Galba fu nominato imperatore dal genere umano; io sono stato nominato da Galba con il vostro consenso. Amici miei, non so se vi sia indifferente che la repubblica, il senato e il popolo siano soltanto nomi vuoti. Ma so almeno che vi interessa evitare che dei criminali vi diano un capo.”
“Si sono viste, in alcuni casi, legioni ribellarsi ai loro tribuni. Finora la vostra gloria e la vostra fedeltà non hanno subito alcun danno; anzi, Neron stesso vi ha abbandonato piuttosto che essere abbandonato da voi. E ora, vedremo forse una trentina di disertori e fuggitivi a cui non verrà nemmeno permesso di scegliere un ufficiale per proclamarsi imperatori? Se permetterete che un simile evento accada, se condividerete il crimine lasciandolo commettere, questa licenza si diffonderà nelle province; noi periremo a causa degli omicidi, e voi nei combattimenti, senza che la paga dei soldati aumenti di molto, sia per aver assassinato il loro principe che per aver adempiuto al proprio dovere. Tuttavia, il donativo che riceverete da noi in cambio della fedeltà non sarà certo inferiore a quello che un altro riceverebbe in cambio della tradizione.”
Essendo scomparsi i lancieri della guardia, il resto della coorte, senza sembrare disprezzare il discorso di Pison, si mise all’opera per preparare le proprie insegne, più per caso che con un piano preciso; e, come accade in momenti di turbolenza, senza sapere bene cosa si stesse facendo, piuttosto attraverso una manovra insidiosa, come si credette in seguito. Celsus fu inviato al distaccamento dell’esercito d’Illiria, presso il portico di Vipsanius. Si ordinò ai primipilari Serenus e Sabinus di radunare i soldati germanici dal tempio della Libertà. Si diffidava della legione marittima, offesa per l’uccisione dei suoi soldati da parte di Galba al suo arrivo. I tribuni Cerius, Subrinus e Longinus andarono nel campo pretoriano nel tentativo di soffocare la rivolta prima che scoppiasse. I soldati minacciarono i primi due; ma Longino fu maltrattato e disarmato perché non aveva seguito i gradi militari tradizionali, e poiché era nella fiducia di Galba, risultava ancora più sospetto agli occhi dei ribelli. La legione marittima non esitò a unirsi ai pretoriani: quelli del distaccamento d’Illiria, mostrando a Celsus la punta delle loro armi, rifiutarono di ascoltarlo; ma le truppe della Germania esitarono a lungo, poiché non avevano ancora ripreso le forze e, essendo tornate malate dopo il lungo viaggio da Alessandria dove Nerone le aveva inviate, Galba non risparmiava né cure né spese per farle guarire. La folla del popolo e degli schiavi, che intanto riempiva il palazzo, chiedeva a gran voce la morte di Ottone e l’esilio dei congiurati, come avrebbero chiesto lo svolgimento di qualche spettacolo pubblico; non perché giudizio o zelo suscitassero tali grida, che cambiarono oggetto già il giorno stesso, ma a causa dell’abitudine consolidata di acclamare freneticamente e di lusingare vanamente ogni principe.
Tuttavia, Galba oscillava tra due opinioni. Quella di Vinius era che fosse necessario armare gli schiavi, rimanere nel palazzo e barricare le strade; che, invece di attaccare delle persone eccitate, si dovesse lasciare tempo ai ribelli per pentirsi e ai fedeli per rassicurarsi; che, se la rapidità è adatta ai crimini, il tempo favorisce i buoni propositi; e infine che si avrebbe sempre la stessa libertà di andarsene, qualora fosse necessario, ma non si poteva essere certi di avere la stessa libertà per tornare indietro, se ce ne fosse stato bisogno.
Gli altri ritenevano che affrettarsi a impedire lo sviluppo di una rivolta ancora debole e poco numerosa avrebbe spaventato persino Ottone, il quale, essendosi unito furtivamente ad estranei, avrebbe approfittato del tempo perso in un’indolenza vigliaca per imparare a governare. Bisognava forse aspettare che Otone, una volta pacificato il campo, venisse a prendere il controllo della città e salisse al Campidoglio davanti agli occhi stessi di Galba, mentre un così grande comandante e i suoi valorosi amici, rinchiusi all’interno del palazzo, lo avrebbero praticamente invitato ad assediarli? Che aiuto si poteva sperare dagli schiavi, se si lasciava che il favore della folla si raffreddasse e la sua prima indignazione, più potente di tutto il resto, svanisse? Inoltre, dicevano, il partito meno onesto è anche il meno sicuro; e, anche se fosse necessario affrontare un pericolo, era ancora meglio andarlo incontro: Ottone ne sarebbe risultato ancora più odioso, ma noi ne avremmo tratto maggiore onore. Vinius, che si oppose a questo parere, fu minacciato da Lacon su istigazione di Icelo, sempre pronto a servire il proprio odio personale a scapito dello stato.
Galba, senza esitare oltre, scelse la strada più insidiosa. Prima di tutto inviò Pison nel campo, avvalendosi della credibilità che derivava dalla sua nascita, dal rango che aveva appena raggiunto e dalla sua rabbia verso Vinius – una rabbia vera o presunta, a seconda dei nemici di Vinius, i quali, spinti dall’odio, erano disposti a crederci. Appena Pison fu partito, iniziarono a circolare voci, dapprima vaghe e incerte, secondo cui Ottone fosse stato ucciso nel campo; poi, come accade per le menzogne importanti, presto apparvero “testimoni oculari” dell’evento, capaci di convincere facilmente tutti coloro che ne erano felici o a cui non importava nulla. Tuttavia, molti ritenevano che queste voci fossero diffuse e alimentate dagli amici di Ottone, allo scopo di attirare Galba con l’inganno di una buona notizia.
Fu allora che, mentre gli applausi e l’entusiasmo sfrenato si diffondevano tra una folla imprudente, la maggior parte dei cavalieri e dei senatori, rassicurati e senza alcuna precauzione, forzarono le porte del palazzo. Correndo incontro a Galba, si lamentavano che l’onore di vendicarlo fosse stato loro sottratto. I più codardi, e – come dimostrò l’episodio – i meno capaci di affrontare il pericolo, temerari in parole ma coraggiosi solo quando si trattava di minacciare gli altri, affermavano con tanta sicurezza cose di cui sapevano molto poco. Mancando di informazioni certe e sopraffatto da queste grida, Galba indossò una corazza e, non essendo né abbastanza giovane né abbastanza forte per resistere all’assalto della folla, si fece portare sulla sua sedia a rotelle. Uscendo dal palazzo, incontrò un soldato di nome Giulio Attico che, mostrandogli la sua spada insanguinata, annunciò di aver ucciso Ottone. “Amico mio”, gli disse Galba, “chi vi ha dato l’ordine di farlo?” Che straordinaria fermezza da parte di un uomo deciso a reprimere ogni eccesso da parte delle truppe militari, e che non si lasciava né blandire dalle lusinghe né intimidire dalle minacce!
Dans le camp les sentiments n’étaient plus douteux ni partagés, et le zèle des soldats était tel, que, non contents d’environner Othon de leurs corps et de leurs bataillons, ils le placèrent au milieu des enseignes et des drapeaux, dans l’enceinte où était peu auparavant la statue d’or de Galba. Ni tribuns ni centurions ne pouvaient approcher, et les simples soldats criaient qu’on prît garde aux officiers. On n’entendait que clameurs, tumultes, exhortations mutuelles. Ce n’étaient pas les tièdes et les discordantes acclamations d’une populace qui flatte son maître ; mais tous les soldats qu’on voyait accourir en foule étaient pris par la main, embrassés tout armés, amenés devant lui, et, après leur avoir dicté le serment, ils recommandaient l’empereur aux troupes et les troupes à l’empereur. Othon, de son côté, tendant les bras, saluant la multitude, envoyant des baisers, n’omettait rien de servile pour commander.
Enfin, après que toute la légion de mer lui eut prêté le serment, se confiant en ses forces et voulant animer en commun tous ceux qu’il avait excités en particulier, il monta sur le rempart du camp, et leur tint ce discours :
« Compagnons, j’ai peine à dire sous quel titre je me présente en ce lieu : car, élevé par vous à l’empire, je ne puis me regarder comme particulier, ni comme empereur tandis qu’un autre commande ; et l’on ne peut savoir quel nom vous convient à vous-mêmes qu’en décidant si celui que vous protégez est le chef ou l’ennemi du peuple romain. Vous entendez que nul ne demande ma punition qu’il ne demande aussi la vôtre, tant il est certain que nous ne pouvons nous sauver ou périr qu’ensemble ; et vous devez juger de la facilité avec laquelle le clément Galba a peut-être déjà promis votre mort par le meurtre de tant de milliers de soldats innocents que personne ne lui demandait. Je frémis en me rappelant l’horreur de son entrée et de son unique victoire, lorsqu’aux yeux de toute la ville il fit décimer les prisonniers suppliants qu’il avait reçus en grâce. Entré dans Rome sous de tels auspices, quelle gloire a-t-il acquise dans le gouvernement, si ce n’est d’avoir fait mourir Sabinus et Marcellus en Espagne, Chilon dans les Gaules, Capiton en Allemagne, Macer en Afrique, Cingonius en route, Turpilien dans Rome, et Nymphidius au camp ? Quelle armée ou quelle province si reculée sa cruauté n’a-t-elle point souillée et déshonorée, ou, selon lui, lavée et purifiée avec du sang ? car, traitant les crimes de remèdes et donnant de faux noms aux choses, il appelle la barbarie sévérité, l’avarice économie, et discipline tous les maux qu’il vous fait souffrir. Il n’y a pas sept mois que Néron est mort, et Icelus a déjà plus volé que n’ont fait Élius, Polyclète et Vatinius. Si Vinius lui-même eût été empereur, il eût gouverné avec moins d’avarice et de licence ; mais il nous commande comme à ses sujets, et nous dédaigne comme ceux d’un autre. Ses richesses seules suffisent pour ce donatif qu’on nous vante sans cesse et qu’on ne vous donne jamais.
« Afin de ne pas même laisser d’espoir à son successeur, Galba a rappelé d’exil un homme qu’il jugeait avare et dur comme lui. Les dieux vous ont avertis par les signes les plus évidents qu’ils désapprouvaient cette élection. Le sénat et le peuple romain ne lui sont pas plus favorables : mais leur confiance est toute en votre courage ; car vous avez la force en main pour exécuter les choses honnêtes, et sans vous les meilleurs desseins ne peuvent avoir d’effet. Ne croyez pas qu’il soit ici question de guerres ni de périls, puisque toutes les troupes sont pour nous, que Galba n’a qu’une cohorte en toge dont il n’est pas le chef, mais le prisonnier, et dont le seul combat à votre aspect et à mon premier signe va être à qui m’aura le plus tôt reconnu. Enfin ce n’est pas le cas de temporiser dans une entreprise qu’on ne peut louer qu’après l’exécution. »
Aussitôt, ayant fait ouvrir l’arsenal, tous coururent aux armes sans ordre, sans règle, sans distinction des enseignes prétoriennes et des légionnaires, de l’écu des auxiliaires et du bouclier romain ; et, sans que ni tribun ni centurion s’en mêlât, chaque soldat, devenu son propre officier, s’animait et s’excitait lui-même à mal faire par le plaisir d’affliger les gens de bien.
Déjà Pison, effrayé du frémissement de la sédition croissante et du bruit des clameurs qui retentissait jusque dans la ville, s’était mis à la suite de Galba qui s’acheminait vers la place. Déjà, sur les mauvaises nouvelles apportées par Celsus, les uns parlaient de retourner au palais, d’autres d’aller au Capitole, le plus grand nombre d’occuper les rostres. Plusieurs se contentaient de contredire l’avis des autres ; et, comme il arrive dans les mauvais succès, le parti qu’il n’était plus temps de prendre semblait alors le meilleur. On dit que Lacon méditait à l’insu de Galba de faire tuer Vinius ; soit qu’il espérât adoucir les soldats par ce châtiment, soit qu’il le crût complice d’Othon, soit enfin par un mouvement de haine. Mais le temps et le lieu l’ayant fait balancer par la crainte de ne pouvoir plus arrêter le sang après avoir commencé d’en répandre, l’effroi des survenants, la dispersion du cortège, et le trouble de ceux qui s’étaient d’abord montrés si pleins de zèle et d’ardeur, achevèrent de l’en détourner.
Cependant, entraîné çà et là, Galba cédait à l’impulsion des flots de la multitude, qui, remplissant de toutes parts les temples et les basiliques, n’offrit qu’un aspect lugubre. Le peuple et les citoyens, l’air morne et l’oreille attentive, ne poussaient point de cris ; il ne régnait ni tranquillité ni tumulte, mais un silence qui marquait à-la-fois la frayeur et l’indignation. On dit pourtant à Othon que le peuple prenait les armes, sur quoi il ordonna de forcer les passages et d’occuper les postes importants. Alors, comme s’il eût été question non de massacrer dans leur prince un vieillard désarmé, mais de renverser Pacore ou Vologèse du trône des Arsacides, on vit les soldats romains écrasant le peuple, foulant aux pieds les sénateurs, pénétrer dans la place à la course de leurs chevaux et à la pointe de leurs armes, sans respecter le Capitole ni les temples des dieux, sans craindre les princes présents et à venir, vengeurs de ceux qui les ont précédés.
À peine aperçut-on les troupes d’Othon, que l’enseigne de l’escorte de Galba, appelé, dit-on, Vergilio, arracha l’image de l’empereur et la jeta par terre. À l’instant tous les soldats se déclarent, le peuple fuit, quiconque hésite voit le fer prêt à le percer. Près du lac de Gurtius, Galba tomba de sa chaise par l’effroi de ceux qui le portaient, et fut d’abord enveloppé. On a rapporté diversement ses dernières paroles selon la haine ou l’admiration qu’on avait pour lui : quelques-uns disent qu’il demanda d’un ton suppliant quel mal il avait fait, priant qu’on lui laissât quelques jours pour payer le donatif ; mais plusieurs assurent que, présentant hardiment la gorge aux soldats, il leur dit de frapper s’ils croyaient sa mort utile à l’état. Les meurtriers écoutèrent peu ce qu’il pouvait dire. On n’a pas bien su qui l’avait tué : les uns nomment Terentius, d’autres Lecanius ; mais le bruit commun est que Camurius, soldat de la quinzième légion, lui coupa la gorge. Les autres lui déchiquetèrent cruellement les bras et les jambes, car la cuirasse couvrait la poitrine ; et leur barbare férocité chargeait encore de blessures un corps déjà mutilé.
On vint ensuite à Vinius, dont il est pareillement douteux si le subit effroi lui coupa la voix, ou s’il s’écria qu’Othon n’avait point ordonné sa mort ; paroles qui pouvaient être l’effet de sa crainte, ou plutôt l’aveu de sa trahison, sa vie et sa réputation portant à le croire complice d’un crime dont il était cause.
On vit ce jour-là dans Sempronius Denses un exemple mémorable pour notre temps. C’était un centurion de la cohorte prétorienne, chargé par Galba de la garde de Pison : il se jeta le poignard à la main au-devant des soldats en leur reprochant leur crime ; et, du geste et de la voix attirant les coups sur lui seul, il donna le temps à Pison de s’échapper quoique blessé. Pison se sauva dans le temple de Vesta, où il reçut asile par la piété d’un esclave qui le cacha dans sa chambre ; précaution plus propre à différer sa mort que la religion ni le respect des autels. Mais Florus, soldat des cohortes britanniques, qui depuis longtemps avait été fait citoyen par Galba, et Statius Murcus, lancier de la garde, tous deux particulièrement altérés du sang de Pison, vinrent de la part d’Othon le tirer de son asile, et le tuèrent à la porte du temple.
In the camp, the sentiments were no longer doubtful or divided; the soldiers’ zeal was so intense that, not content with surrounding Octavian with their bodies and battalions, they placed him at the center of the banners and standards, within the enclosure where the golden statue of Galba had once stood. Neither tribunes nor centurions were allowed to approach; the ordinary soldiers shouted for caution in regard to the officers. All that could be heard was shouting, tumult, and mutual exhortations. These were not the lukewarm and discordant cheers of a populace flattering its master—rather, every soldier who rushed forward in crowds was taken by the hand, embraced while still fully armed, brought before Octavian, and after being made to swear loyalty, they recommended the emperor to their troops and the troops to the emperor. On his part, Octavian stretched out his arms, greeted the crowd, and even sent kisses, sparing no effort to behave in a submissive manner.
Finally, after the entire naval legion had sworn allegiance to him, trusting in his own strength and determined to unite all those whom he had particularly inspired, he ascended to the ramparts of the camp and delivered this speech to them:
“Comrades, I struggle to determine under what title I should present myself here: for having been raised by you to the rank of emperor, I cannot regard myself as either an individual or an emperor while another holds power; and it is only by determining whether the one you are protecting is a leader or an enemy of the Roman people that we can know what name suits you best. You see that no one demands my punishment without also demanding yours, for it is certain that we can only be saved or destroyed together; and you must judge how easily the merciful Galba may have already decreed your deaths by killing so many thousands of innocent soldiers—soldiers for whom no one had asked such a fate. I shudder at the memory of the horror of his reign and his sole “victory,” when, before the eyes of the entire city, he ordered the execution of those prisoners who had been granted mercy. Entering Rome under such auspices, what glory has he gained through his rule? Unless it be that he caused the deaths of Sabinus and Marcellus in Spain, Chilon in Gaul, Capiton in Germany, Macer in Africa, Cingonius on the road, Turpilien in Rome, and Nymphidius in the camp. What army or remote province has not been tainted and dishonored by his cruelty—or, in his own words, “cleansed” and purified with blood? For he treats crimes as remedies and gives false names to these things; he calls brutality “severity,” greed “economy,” and discipline all the evils he inflicts upon us. It has not even been seven months since Nero’s death, yet Icelus has already stolen more than Élius, Polycletes, and Vatinius combined. If even Vinius himself had been emperor, he would have ruled with less greed and licentiousness; but he commands us as if we were his subjects, and despises us as if we belonged to someone else. His own wealth alone is enough to justify that “donation” people constantly praise but never actually grant us.”
“In order to leave no hope at all for his successor, Galba recalled from exile a man whom he considered as greedy and harsh as himself. The gods have warned you through the most obvious signs that they disapprove of this election. Neither the Senate nor the Roman people are in favor of him; yet their trust is entirely placed in your courage—for you possess the power to carry out what is honorable, and without you, the best intentions cannot be put into effect. Do not believe that there is any talk of war or danger here; all the troops are on our side. Galba has only one cohort at his disposal—yet he is not its commander, but its prisoner. The sole ‘battle’ that will take place upon seeing you and at my first signal will be to see who can recognize me the quickest. Finally, there is no time to hesitate in an undertaking that can be praised only after it has been successfully carried out.”
Immediately, after having the arsenal opened, everyone rushed for arms in a disorderly and unregulated manner, without any distinction between the standards of the Praetorian guards and those of the legions, or between the shields of the auxiliaries and the Roman bucklers. And without any intervention from tribunes or centurions, each soldier, having become his own commander, encouraged and inspired himself to do evil, simply out of the pleasure of causing suffering to good people.
Already, Pison, terrified by the growing intensity of the rebellion and the sounds of the uproar that could be heard even in the city, had begun to follow Galba as he headed towards the square. Upon hearing the bad news brought by Celsus, some suggested returning to the palace, others proposed going to the Capitol, while the majority decided to occupy the rostra. Many simply refused to accept the opinions of others; and, as often happens in times of crisis, the course of action that seemed too late to take at first now appeared to be the best option. It is said that Lacon, without Galba’s knowledge, considered ordering Vinius to be executed—either in hopes of calming the soldiers through such punishment, or because he believed Vinius to be an accomplice of Otho, or perhaps out of sheer hatred. However, given the circumstances and the fear that he might not be able to stop the bloodshed once it had begun, the fear of those who witnessed what was happening, the disintegration of the procession, and the confusion among those who had initially been so eager and fervent, all these factors ultimately dissuaded him from carrying out his plan.
However, being dragged this way and that, Galba yielded to the impetus of the masses, which filled every temple and basilica, creating a somber atmosphere. The people and citizens, with gloomy expressions and attentive ears, uttered no cries; there was neither tranquility nor turmoil, but a silence that simultaneously signified fear and indignation. Nevertheless, Otho was told that the people were taking up arms, upon which he ordered the passages to be forced and important positions to be occupied. Then, as if it were not about massacring an unarmed old man in their own prince, but about overthrowing Pacorus or Vologese from the throne of the Arsacids, Roman soldiers were seen crushing the people underfoot, trampling on senators, rushing into the square on the backs of their horses and at the tip of their weapons—showing no respect for the Capitol or the temples of the gods, and fearing neither the present nor future princes who might avenge those who had preceded them.
As soon as the troops of Otho were spotted, the standard-bearer of Galba’s escort—said to be named Vergilius—ripped off the emperor’s image and threw it to the ground. In that instant, all the soldiers declared their loyalty; the people fled, and anyone who hesitated faced the threat of a sword. Near Lake Gurtius, Galba fell from his chair in terror at the sight of those carrying him, and was immediately overwhelmed by the crowd. Accounts of his last words vary depending on whether one felt hatred or admiration for him: some say he pleaded in a suppliant voice about the harm he had done, begging them to give him a few days to make amends; others claim that he boldly offered his throat to the soldiers, urging them to strike if they believed his death would be beneficial to the state. But the killers paid little attention to what he said. It is unclear who exactly killed him: some mention Terentius, others Lecanius; however, it is widely believed that Camurius, a soldier from the fifteenth legion, slit his throat. The rest brutally tore off his arms and legs, since his armor covered his chest; their barbaric cruelty inflicted further wounds on a body already mutilated.
Next, they came to Vinius. It is equally doubtful whether his sudden fear deprived him of his voice, or whether he actually cried out that Otho had not ordered his death; such words could have been either the effect of his fear—or, more likely, an admission of his betrayal, given that both his life and reputation led one to believe him complicit in a crime for which he was itself the cause.
On that day in Sempronius Denses, a memorable example was set for our times. It was a centurion of the Praetorian Cohort, assigned by Galba to guard Pison. He rushed forward at the soldiers, armed with a dagger, and reproached them for their crime; by drawing the blows upon himself through his actions and words, he gave Pison time to escape, despite being wounded. Pison fled to the temple of Vesta, where he found refuge thanks to the piety of a slave who hid him in his room—a measure far more likely to delay his death than religious devotion or respect for the altar. However, Florus, a soldier from the Britannian Cohorts who had long been granted citizenship by Galba, and Statius Murcus, a lancebearer in the guard, both deeply angered by Pison’s actions, came at his command to drag him out of his refuge and killed him at the temple gates.
Nel campo i sentimenti non erano più dubbi né divisi; lo zelo dei soldati era tale che, non contenti di circondare Ottone con i loro corpi e i loro battaglioni, lo posero al centro delle bandiere e degli stendardi, nell’area dove poco prima si trovava la statua d’oro di Galba. Né tribuni né centurioni potevano avvicinarsi; i semplici soldati gridavano che si facesse attenzione agli ufficiali. Si sentivano solo grida, tumulto, esortazioni reciproche. Non erano le tiepide e discordanti acclamazioni di una folla che lusingava il proprio padrone; ma tutti i soldati che si vedevano accorrere a frotte venivano presi per mano, abbracciati mentre indossavano ancora le armi, portati davanti a lui e, dopo aver loro fatto giurare fedeltà, questi raccomandavano l’imperatore alle truppe e le truppe all’imperatore. Ottone, dal canto suo, tendeva le braccia, salutava la folla, mandava baci; non trascurava nulla di ciò che potesse apparire servile pur di mantenere il proprio dominio.
Infine, dopo che l’intera legione marittima gli ebbe prestato giuramento, fiducioso nelle proprie forze e desideroso di motivare tutti coloro che aveva particolarmente esortato, salì sulle mura del campo e tenne loro questo discorso:
“Compagni, fatico a trovare un titolo con cui presentarmi in questo luogo: poiché sono stato elevato da voi al rango di imperatore, non posso considerarmi né un individuo comune né un imperatore, finché un altro detiene il potere; e si può conoscere quale nome sia adatto a voi stessi soltanto decidendo se colui che proteggete sia il capo o il nemico del popolo romano. Voi capite bene che nessuno chiede la mia punizione senza chiedere anche la vostra, poiché è certo che possiamo salvarci o perire soltanto insieme; e dovete giudicare con quale facilità il clemente Galba abbia forse già promesso la vostra morte, uccidendo migliaia di soldati innocenti, su cui nessuno aveva rivolto alcuna richiesta. Tremo al solo pensiero dell’orrore del suo arrivo e della sua unica “vittoria”: quando, davanti a tutta la città, fece decimare i prigionieri che aveva graziato. Entrato a Roma sotto tali auspici, quale gloria ha mai ottenuto nel governo, se non quella di aver fatto morire Sabinus e Marcellus in Spagna, Chilon nelle Gallie, Capiton in Germania, Macer in Africa, Cingonius lungo la strada, Turpilien a Roma, e Nymphidius nel campo? Quale esercito o provincia remotissima non è stata contaminata e disonorata dalla sua crudeltà, o, secondo lui, lavata e purificata con il sangue? Poiché, definendo i crimini come “remedii” e dando nomi falsi alle cose, chiama barbarie quella che è soltanto severità, avarizia quella che è economia, e disciplina tutti i mali che ci infligge. Non sono passati nemmeno sette mesi dalla morte di Nerone, e Icelus ha già rubato più di quanto abbiano fatto Elio, Policlete e Vatinius. Se anche Vinius stesso fosse stato imperatore, avrebbe governato con meno avarizia e licenziosità; ma ci comanda come se fossimo suoi sudditi, e ci disprezza come se appartenessimo a un altro. Le sue ricchezze soltanto bastano per quel “donativo” di cui ci parlano continuamente, ma che mai vi viene concesso.”
“Per non lasciare nemmeno speranza al suo successore, Galba ha richiamato dall’esilio un uomo che riteneva avaro e spietato come lui. Gli dèi ci hanno avvertiti con i segni più evidenti del loro disapprovamento verso questa elezione. Nemmeno il senato e il popolo romano sono favorevoli a lui; tuttavia la loro fiducia ripone interamente nel vostro coraggio, poiché voi possedete la forza necessaria per attuare le cose oneste. Senza di voi, i migliori progetti non potrebbero avere alcun effetto. Non crediate che si tratti di guerre o di pericoli: tutte le truppe sono dalla nostra parte; Galba dispone soltanto di una coorte, la cui guida non spetta a lui, ma è lui stesso il prigioniero di quella coorte. Il suo unico obiettivo sarà chi mi riconoscerà per primo. Infine, in un’impresa che può essere lodata soltanto dopo la sua realizzazione, non c’è tempo da perdere.”
Non appena fecero aprire l’arsenale, tutti corsero verso le armi senza alcun ordine, senza regole, senza distinzioni tra gli ufficiali pretoriani e i legionari, tra lo scudo degli auxiliares e lo scudo romano; e, senza che nessun tribuno o centurione intervenisse, ogni soldato, diventato il proprio ufficiale, si incitava e si eccitava da solo ad agire male, per il piacere di tormentare le persone oneste.
Già Pison, spaventato dal crescente fermento della sedizione e dal rumore delle grida che risuonavano fino in città, aveva iniziato a seguire Galba che si dirigeva verso la piazza. Già, di fronte alle cattive notizie portate da Celsus, alcuni proponevano di tornare al palazzo, altri di recarsi al Campidoglio; la maggior parte suggeriva di occupare i rostri. Molti si limitavano a contraddire il parere degli altri; e, come accade nei momenti di sfortuna, l’opzione che ormai non era più possibile prendere sembrava essere la migliore. Si diceva che Lacon, senza che Galba lo sapesse, stesse pensando di far uccidere Vinius: forse sperava di placare i soldati con tale punizione, o forse riteneva che Vinius fosse complice di Ottone, oppure semplicemente era spinto dall’odio. Ma il tempo e il luogo lo fecero esitare, temendo di non riuscire a fermare il sangue una volta che fosse stato versato; inoltre, la paura dei presenti, la dispersione del corteo e il caos tra coloro che inizialmente si erano dimostrati così entusiasti e ferventi lo convinsero a desistere.
Tuttavia, trascinato qua e là dalla folla, Galba cedeva alle sue spinte; i templi e le basiliche erano pieni di gente, ma l’atmosfera era cupa e tesa. Il popolo, con espressione grave e orecchie attente, non emetteva alcun grido; non regnava né tranquillità né tumulto, ma un silenzio che rifletteva sia la paura che l’indignazione. Si diceva però che Ottone avesse ordinato al popolo di prendere le armi; allora egli comandò di bloccare i passaggi strategici e di occupare le posizioni chiave. E così, come se non si trattasse di massacrare un anziano inerme, ma di rovesciare Pacoro o Vologese dal trono degli Arsacidi, i soldati romani calpestarono il popolo, calpestarono i senatori, irruppero nella piazza al galoppo dei loro cavalli e con la punta delle loro armi, senza rispettare né il Campidoglio né i templi degli dèi, senza temere né i principi presenti né quelli futuri, vendicatori di coloro che li avevano preceduti.
Appena furono avvistate le truppe di Ottone, l’insegna della scorta di Galba, chiamato Vergilio, strappò l’immagine dell’imperatore e la gettò a terra. In quell’istante tutti i soldati si ribellarono; il popolo fuggì, e chiunque esitasse rischiava di essere ucciso sul colpo. Vicino al lago Gurtius, Galba cadde dalla sua sedia per lo spavento dei portatori, e fu immediatamente circondato dai soldati. Le sue ultime parole sono state raccontate in modi diversi, a seconda dell’odio o dell’ammirazione che si provava per lui: alcuni dicono che chiese con voce supplicante quale male avesse commesso, pregando di essere lasciato vivere qualche giorno affinché potesse pagare il donativo dovuto; altri affermano invece che, presentando coraggiosamente la gola ai soldati, li esortò ad attaccarlo se ritenevano che la sua morte fosse utile allo stato. I suoi assassini non prestarono alcuna attenzione alle sue parole. Non si sa con certezza chi lo abbia ucciso: alcuni nominano Terentio, altri Lecanio; ma la versione più diffusa è che sia stato Camurio, soldato della quindicesima legione, a tagliargli la gola. Gli altri lo mutilarono crudelmente braccia e gambe, poiché l’armatura copriva il petto; la loro barbarica ferocia inflisse ulteriori ferite a un corpo già devastato.
Si passò poi a Vinius: è altrettanto dubbia la questione se lo spavento improvviso gli abbia fatto perdere la voce, o se abbia gridato che Ottone non aveva ordinato la sua morte; parole che potevano essere il risultato della sua paura, o piuttosto una confessione della sua tradizione, visto che la sua vita e la sua reputazione lo facevano sembrare complice di un crimine del quale era responsabile.
In quel giorno a Sempronium Denses si verificò un esempio memorabile per i tempi nostri. Si trattava di un centurione della coorte pretoriana, incaricato da Galba della guardia di Pison: egli si gettò tra i soldati armato di pugnale, rimproverandoli per il loro crimine; con il proprio gesto e la propria voce attirò su di sé tutti i colpi, dando così a Pison il tempo di fuggire, nonostante fosse ferito. Pison riuscì a rifugiarsi nel tempio di Vesta, dove trovò asilo grazie alla pietà di uno schiavo che lo nascose nella propria stanza; una precauzione più adatta a ritardare la sua morte che la religione o il rispetto per gli altari. Tuttavia Florus, soldato delle coorti britanniche che da tempo era stato reso cittadino da Galba, e Statius Murcus, lanciere della guardia, entrambi particolarmente offesi dal sangue di Pison, vennero ordinati da Ottone di portarlo fuori dal tempio e lo uccisero alla sua porta.
Cette mort fut celle qui fit le plus de plaisir à Othon ; et l’on dit que ses regards avides ne pouvaient se lasser de considérer cette tête, soit que, délivré de toute inquiétude, il commençât alors à se livrer à la joie, soit que son ancien respect pour Galba et son amitié pour Vinius mêlant à sa cruauté quelque image de tristesse, il se crût plus permis de prendre plaisir à la mort d’un concurrent et d’un ennemi. Les têtes furent mises chacune au bout d’une pique et portées parmi les enseignes des cohortes et autour de l’aigle de la légion : c’était à qui ferait parade de ses mains sanglantes, à qui, faussement ou non, se vanterait d’avoir commis ou vu ces assassinats, comme d’exploits glorieux et mémorables. Vitellius trouva dans la suite plus de cent vingt placets de gens qui demandaient récompense pour quelque fait notable de ce jour-là : il les fit tous chercher et mettre à mort, non pour honorer Galba, mais selon la maxime des princes de pourvoir à leur sûreté présente par la crainte des châtiments futurs.
Vous eussiez cru voir un autre sénat et un autre peuple. Tout accourait au camp : chacun s’empressait à devancer les autres, à maudire Galba, à vanter le bon choix des troupes, à baiser les mains d’Othon ; moins le zèle était sincère, plus on affectait d’en montrer. Othon de son côté ne rebutait personne, mais des yeux et de la voix tâchait d’adoucir l’avide férocité des soldats. Ils ne cessaient de demander le supplice de Celsus, consul désigné, et, jusqu’à l’extrémité, fidèle ami de Galba : son innocence et ses services étaient des crimes qui les irritaient. On voyait qu’ils ne cherchaient qu’à faire périr tout homme de bien, et commencer les meurtres et le pillage : mais Othon qui pouvait commander des assassinats n’avait pas encore assez d’autorité pour les défendre. Il fit donc lier Celsus, affectant une grande colère, et le sauva d’une mort présente en feignant de le réserver à des tourments plus cruels.
Alors tout se fit au gré des soldats. Les prétoriens se choisirent eux-mêmes leurs préfets. À Firmus, jadis manipulaire, puis commandant du guet, et qui, du vivant même de Galba, s’était attaché à Othon, ils joignirent Licinius Proculus, que son étroite familiarité avec Othon fit soupçonner d’avoir favorisé ses desseins. En donnant à Sabinus la préfecture de Rome, ils suivirent le sentiment de Néron sous lequel il avait eu le même emploi ; mais le plus grand nombre ne voyait en lui que Vespasien son frère : ils sollicitèrent l’affranchissement des tributs annuels que, sous le nom de congés à temps, les simples soldats payaient aux centurions. Le quart des manipulaires était aux vivres ou dispersé dans le camp ; et pourvu que le droit du centurion ne fût pas oublié, il n’y avait sorte de vexation dont ils s’abstinssent, ni sorte de métiers dont ils rougissent. Du profit de leurs voleries et des plus serviles emplois ils payaient l’exemption du service militaire ; et, quand ils s’étaient enrichis, les officiers, les accablant de travaux et de peine, les forçaient d’acheter de nouveaux congés. Enfin, épuisés de dépenses et perdus de mollesse, ils revenaient au manipule pauvres et fainéants, de laborieux qu’ils en étaient partis et de riches qu’ils y devaient retourner. Voilà comment, également corrompus tour-à-tour par la licence et par la misère, ils ne cherchaient que mutineries, révoltes, et guerres civiles. De peur d’irriter les centurions en gratifiant les soldats à leurs dépens, Othon promit de payer du fisc les congés annuels, établissement utile, et depuis confirmé par tous les bons princes pour le maintien de la discipline. Le préfet Lacon, qu’on feignit de reléguer dans une île, fut tué par un garde envoyé pour cela par Othon : Icelus fut puni publiquement en qualité d’affranchi.
Le comble des maux dans un jour si rempli de crimes fut l’allégresse qui le termina. Le préteur de Rome convoqua le sénat ; et, tandis que les autres magistrats octroient à l’envi l’adulation, les sénateurs accourent, décernent à Othon la puissance tribunitienne, le nom d’Auguste, et tous les honneurs des empereurs précédents, tâchant d’effacer ainsi les injures dont ils venaient de le charger, et auxquelles il ne parut point sensible. Que ce fût clémence ou délai de sa part, c’est ce que le peu de temps qu’il a régné n’a pas permis de savoir.
S’étant fait conduire au Capitole, puis au palais, il trouva la place ensanglantée des morts qui y étaient encore étendus, et permit qu’ils fussent brûlés et enterrés. Verania, femme de Pison, Scribonianus son frère, et Crispine, fille de Vinius, recueillirent leurs corps, et, ayant cherché les têtes, les rachetèrent des meurtriers qui les avoient gardées pour les vendre.
Pison finit ainsi la trente-unième année d’une vie passée avec moins de bonheur que d’honneur. Deux de ses frères avoient été mis à mort, Magnus par Claude, et Crassus par Néron : lui-même, après un long exil, fut six jours césar, et, par une adoption précipitée, sembla n’avoir été préféré à son aîné que pour être mis à mort avant lui. Vinius vécut quarante-sept ans avec des mœurs inconstantes : son père était de famille prétorienne ; son aïeul maternel fut au nombre des proscrits. Il fit avec infamie ses premières armes sous Galvisius Sabinus, lieutenant-général dont la femme, indécemment curieuse de voir l’ordre du camp, y entra de nuit et en habit d’homme, et, avec la même impudence, parcourut les gardes et tous les postes, après avoir commencé par souiller le lit conjugal ; crime dont on taxa Vinius d’être complice. Il fut donc chargé de chaînes par ordre de Caligula : mais bientôt, les révolutions des temps l’ayant fait délivrer, il monta sans reproche de grade en grade. Après sa préture, il obtint avec applaudissement le commandement d’une légion ; mais se déshonorant derechef par la plus servile bassesse, il vola une coupe d’or dans un festin de Claude, qui ordonna le lendemain que de tous les convives on servît le seul Vinius en vaisselle de terre. Il ne laissa pas de gouverner ensuite la Gaule narbonnaise, en qualité de proconsul, avec la plus sévère intégrité. Enfin, devenu tout-à-coup ami de Galba, il se montra prompt, hardi, rusé, méchant, habile selon ses desseins, et toujours avec la même vigueur. On n’eut point d’égard à son testament à cause de ses grandes richesses ; mais la pauvreté de Pison fit respecter ses dernières volontés.
Le corps de Galba, négligé longtemps, et chargé de mille outrages dans la licence des ténèbres, reçut une humble sépulture dans ses jardins particuliers, par les soins d’Argius, son intendant, et l’un de ses plus anciens domestiques. Sa tête, plantée au bout d’une lance, et défigurée par les valets et goujats, fut trouvée le jour suivant devant le tombeau de Patrobe, affranchi de Néron, qu’il avait fait punir, et mise avec son corps déjà brûlé. Telle fut la fin de Sergius Galba, après soixante et treize ans de vie et de prospérité sous cinq princes, et plus heureux sujet que souverain. Sa noblesse était ancienne, et sa fortune immense. Il avait un génie médiocre, point de vices et peu de vertus. Il ne fuyait ni ne cherchait la réputation : sans convoiter les richesses d’autrui, il était ménager des siennes, avare de celles de l’état. Subjugué par ses amis et ses affranchis, et juste ou méchant par leur caractère, il laissait faire également le bien et le mal, approuvant l’un et ignorant l’autre : mais un grand nom et le malheur des temps lui faisaient imputer à vertu ce qui n’était qu’indolence. Il avait servi dans sa jeunesse en Germanie avec honneur, et s’était bien comporté dans le proconsulat d’Afrique : devenu vieux, il gouverna l’Espagne citérieure avec la même équité. En un mot, tant qu’il fut homme privé, il parut au-dessus de son état ; et tout le monde l’eût jugé digne de l’empire, s’il n’y fût jamais parvenu.
This death was the one that brought Otho the greatest pleasure; and it is said that his avid gaze could never tire of looking at that head—either because, now free from all worries, he began to indulge in joy, or because his former respect for Galba and his friendship for Vinius, mingled with his cruelty, gave him the illusion that it was permissible for him to take pleasure in the death of a rival and an enemy. The heads were each placed at the end of a spear and carried among the standards of the cohorts and around the legion’s eagle; it was a matter of who could boast most about their bloody hands, who could falsely or genuinely claim to have committed or witnessed these assassinations, as if they were glorious and memorable deeds. Later, Vitellius received more than one hundred and twenty petitions from people requesting rewards for some notable actions they had performed that day; he ordered all of them to be searched out and executed—not in order to honor Galba, but in accordance with the principle of princes: to ensure their own present safety by instilling fear of future punishment.
One would have thought they were seeing a different senate and a different people. Everyone flocked to the camp; everyone rushed to outdo others in cursing Galba and praising the wise selection of troops, in kissing Othon’s hands. The less sincere their zeal was, the more they pretended to be enthusiastic. On his part, Othon refused to reject anyone; instead, with his gaze and voice, he tried to soften the greedy ferocity of the soldiers. They incessantly demanded the execution of Celsus—the appointed consul and, up until the last moment, Galba’s loyal friend. His innocence and his services were regarded as crimes that angered them greatly. It was clear they were determined to destroy every good man and begin a reign of murder and plunder. But Othon, though capable of ordering such acts, still did not possess enough authority to protect them from happening. So he had Celsus tied up, feigning great anger, and managed to save him from immediate death by pretending to reserve him for even more cruel torment.
Thus, everything was done at the will of the soldiers. The Praetorians chose their own prefects. They included Firmus—once manipulative and later commander of the guard—who, even during Galba’s lifetime, had sided with Otho—and also Licinius Proculus, whose close association with Otho led some to suspect him of having favored Otho’s plans. By appointing Sabinus as prefect of Rome, they followed Nero’s precedent; however, most saw in him merely Vespasian’s brother and demanded the abolition of the annual tributes that ordinary soldiers paid to the centurions under the guise of “time-off.” A quarter of the manipuli were either away on duty or scattered throughout the camp; and so long as the centurions’ authority was not challenged, they engaged in every kind of abuse and shameless activity. Profiting from theft and menial labor, they bought their way out of military service. Once enriched, the officers forced them to engage in additional labor and hardship, compelling them to purchase more “time-off.” Eventually, exhausted by spending and weakened by laziness, they returned to their original state—poor and idle, having started as hardworking men but destined once again to return to poverty. In this way, corrupted alternately by indulgence and deprivation, they sought only mutinies, revolts, and civil wars. Fearing to offend the centurions by rewarding the soldiers at their own expense, Otho promised to fund the annual tributes out of public funds—an arrangement that all wise rulers had since adopted to maintain discipline. The prefect Lacon, who was supposedly exiled to an island, was actually killed by a guard sent by Otho; Icelus was publicly punished as a freedman for his involvement.
The ultimate irony of such a day filled with crimes was the joy that marked its end. The praetor of Rome convened the senate; while other magistrates eagerly offered their flattery, the senators rushed to grant Octavian the power of tribune, the title of Augustus, and all the honors of previous emperors, in an attempt to erase the insults they had just directed at him—insults to which he seemed utterly indifferent. Whether this was out of mercy or merely a delay on his part, it remained unknown due to the short duration of his reign.
Having been taken to the Capitol and then to the palace, he found the square covered in blood, with the dead still lying there, and ordered that they be burned and buried. Verania, Pison’s wife, his brother Scribonianus, and Crispina, daughter of Vinius, collected their bodies. After searching for the heads, they managed to buy them back from the murderers who had kept them in order to sell them.
Thus ended Pison the thirty-first year of a life spent with less honor than happiness. Two of his brothers had been put to death—one by Claudius, the other by Nero: himself, after a long exile, became emperor for six days; yet through a hasty adoption, it seemed he had been preferred over his elder brother merely to be executed before him. Vinius lived forty-seven years, leading an inconsistent life. His father came from a praetorian family; his maternal grandfather was among those condemned to death. He began his military career under Galvisius Sabinus, a lieutenant-general whose wife, out of indecent curiosity to see the camp’s arrangements, entered at night in men’s clothing and, with equal audacity, wandered among the guards and posts after having first defiled her husband’s bed—a crime for which Vinius was deemed complicit. Consequently, Caligula ordered him to be chained; but soon, as the times changed, he was released and rose unashamedly through the ranks. After serving as praetor, he was enthusiastically appointed commander of a legion; yet he immediately disgraced himself by the most abject servility—stealing a golden cup at one of Claudius’s banquets. The next day, Claudius ordered that only Vinius be served in earthenware at the feast. Later, he governed Gaul Narbonensis as proconsul with utmost integrity. Finally, becoming suddenly friends with Galba, he proved himself swift, bold, cunning, cruel—and always relentless in pursuing his goals. Due to his immense wealth, no regard was paid to his will; but Pison’s poverty ensured that his final wishes were respected.
The body of Galba, long neglected and subjected to countless indignities in the darkness of tyranny, was given a humble burial in his private gardens, at the care of Argius, his steward and one of his most loyal servants. His head, placed on the end of a spear and mutilated by servants and ruffians, was found the next day in front of the tomb of Patrobe, a man freed by Nero whom Galba had ordered to be punished; it was then laid alongside his already burned body. Such was the end of Sergius Galba, after sixty-three years of life and prosperity under five different emperors—a man who was more of a fortunate subject than a sovereign. His lineage was noble, and his wealth immense. He possessed average intelligence, had no vices and few virtues. He neither sought nor avoided fame; though he did not covet others’ riches, he was frugal with his own and stingy with public funds. Controlled by his friends and freed slaves, and influenced by their personalities—whether good or bad—he allowed both good and evil to happen, approving the one and ignoring the other. However, his illustrious name and the misfortunes of the times led people to attribute virtues to him that were merely due to his indifference. In his youth, he had served honorably in Germany and performed well as proconsul of Africa; in old age, he governed Hispania Citerior with equal fairness. In short, as long as he remained a private individual, he seemed above his station; and everyone would have considered him worthy of the empire, had he never actually become one.
Questa fu la morte che procurò più piacere a Ottone; si dice che i suoi sguardi avidi non potessero stancarsi di fissare quella testa, sia perché, liberato da ogni preoccupazione, iniziò finalmente a godersi la gioia, sia perché il suo vecchio rispetto per Galba e l’amicizia per Vinnio, mescolati alla sua crudeltà, gli permettevano di provare piacere nella morte di un rivale e di un nemico. Le teste furono infilate ciascuna su una lancia e portate tra le insegne delle coorti e intorno all’aquila della legione: si vedeva chiunque facesse sfoggio delle proprie mani insanguinate, chiunque, vero o falso, si vantasse di aver commesso o assistito a quegli assassinii, come se fossero imprese gloriose e memorabili. In seguito, Vitellio ricevette più di centoventi petizioni da persone che chiedevano una ricompensa per qualche fatto degno di nota avvenuto quel giorno; le fece tutte cercare e uccidere, non per onorare Galba, ma seguendo la massima dei principi: garantire la propria sicurezza presente attraverso la paura delle punizioni future.
Si sarebbe potuto credere di vedere un altro senato e un altro popolo: tutti accorrevano al campo; ognuno si affrettava a superare gli altri nel maledire Galba, nell’elogiare la scelta delle truppe, nel baciare le mani di Ottone. Meno sincero era lo zelo, più si cercava di mostrarlo. Ottone, dal canto suo, non respingeva nessuno; con lo sguardo e la voce cercava di placare la ferocia avida dei soldati. Questi continuavano a chiedere la morte di Celsus, console designato e fino all’ultimo momento fedele amico di Galba: la sua innocenza e i suoi servizi erano considerati crimini che li irritavano. Era evidente che cercassero soltanto di far morire tutti gli uomini onesti e di iniziare massacri e saccheggi. Ma Ottone, pur avendo il potere di ordinare assassinii, non possedeva ancora abbastanza autorità per difenderli. Così fece legare Celsus, fingendo una grande rabbia, e lo salvò da una morte immediata, fingendo di riservargli tormenti ancora più crudeli.
Allora tutto avvenne secondo la volontà dei soldati. I pretoriani scelsero da soli i loro prefetti. A Firmo, un tempo abile nel manipolare le situazioni e in seguito comandante della guardia, che già durante la vita di Galba si era legato a Ottone, vennero aggiunti Licinio Proculo, il cui stretto rapporto con Ottone lo faceva sospettare di aver favorito i suoi piani. Dando a Sabino la prefettura di Roma, seguirono la volontà di Nerone, che aveva assegnato lo stesso incarico a lui; tuttavia la maggior parte dei soldati vedeva in lui soltanto Vespasiano, suo fratello: chiesero quindi l’abolizione delle tasse annuali che, sotto il nome di “congedi temporanei”, i semplici soldati dovevano pagare ai centurioni. Un quarto dei manipolari era assente o disperso nel campo; e purché il diritto del centurione non venisse trascurato, non esisteva alcuna sorta di oppressione che essi si astenessero dal commettere, né alcun tipo di lavoro di cui si vergognassero. Con i proventi delle loro ruberie e dei lavori più umili, pagavano l’esenzione dal servizio militare; e quando si arricchivano, gli ufficiali li costringevano a svolgere ulteriori compiti faticosi e onerosi, obbligandoli così ad acquistare nuovi “congedi”. Alla fine, esauriti dalle spese e abituati alla vita facile, tornavano al manipolo poveri e pigri, proprio come erano partiti: da lavoratori si trasformavano di nuovo in individui oziosi e indolenti. Ecco come, corrotti alternativamente dalla licenzia e dalla povertà, non cercavano altro che rivolte, sommosse e guerre civili. Per paura di offendere i centurioni gratificando i soldati a loro spese, Ottone promise di finanziare personalmente tali “congedi annuali”, una misura utile che in seguito fu confermata da tutti i sovrani per il mantenimento della disciplina. Il prefetto Lacone, che fu fatto credere di essere stato esiliato su un’isola, venne ucciso da un soldato inviato appositamente da Ottone; Icelo, invece, fu punito pubblicamente in quanto schiavo liberato.
Il colmo di tutti i mali in un giorno pieno di crimini fu l’allegria che ne segnò la fine. Il pretore di Roma convocò il senato; e mentre gli altri magistrati concedevano con avidità adulatorie, i senatori accorsero e conferirono a Ottone il potere tribunizio, il nome di Augusto e tutti gli onori degli imperatori precedenti, nel tentativo di cancellare così le offese che avevano appena rivolto contro di lui, offese alle quali egli non sembrò affatto sensibile. Che si trattasse di clemenza o semplicemente di un ritardo da parte sua, questo il poco tempo del suo regno non ha permesso di scoprirlo.
Dopo essere stato condotto al Campidoglio e poi al palazzo, trovò la piazza coperta di sangue; i caduti giacevano ancora lì, e permise che venissero bruciati e sepolti. Verania, moglie di Piso, Scribonianus suo fratello e Crispina, figlia di Vinius, raccolsero i loro corpi e, dopo aver cercato le teste, riuscirono a comprarle dai assassini che le avevano tenute per venderle.
Pison concluse così il trentunesimo anno di una vita trascorsa con meno felicità che onore. Due dei suoi fratelli erano stati messi a morte: Magnus da Claudio, Crasso da Nerone; lui stesso, dopo un lungo esilio, fu per sei giorni “cesare”, e, attraverso un’adozione affrettata, sembrò essere stato preferito al proprio fratello maggiore soltanto per essere messo a morte prima di lui. Vinius visse quarantasette anni con costumi incostanti: suo padre apparteneva a una famiglia pretoriana; suo nonno materno fu tra i proscritti. Fece il proprio ingresso nell’esercito in modo infame, sotto il comando di Galvisius Sabinus, un luogotenente generale la cui moglie, curiosa in modo indecente di vedere l’organizzazione del campo militare, vi entrò di notte indossando abiti da uomo e, con la stessa audacia, percorse le guardie e tutte le postazioni, dopo aver prima contaminato il letto coniugale; crimine per cui si accusò Vinius di essere complice. Fu quindi incatenato su ordine di Caligola; ma ben presto, a causa delle rivoluzioni del tempo, fu liberato e salì senza rimproveri di grado in grado. Dopo la sua carica di pretore, ottenne con applausi il comando di una legione; ma si disonorò immediatamente con la più servile bassezza, rubando una coppa d’oro durante un banchetto di Claudio, che il giorno seguente ordinò che a tutti i conviti venisse servita solo Vinius in stoviglie di terracotta. In seguito governò la Gallia Narbonnaise come proconsole, con estrema integrità. Infine, diventato improvvisamente amico di Galba, si dimostrò rapido, coraggioso, astuto, malvagio e abile secondo i propri piani, sempre con la stessa determinazione. Il suo testamento non fu preso in considerazione a causa delle sue immense ricchezze; ma la povertà di Pison fece rispettare le sue ultime volontà.
Il corpo di Galba, a lungo trascurato e soggetto a mille oltraggi nelle tenebre della sua rovina, ricevette una sepoltura umile nei suoi giardini privati, curata da Argio, il suo intendente e uno dei suoi più fedeli domestici. La sua testa, infilzata all’estremità di una lancia e deturpata dai servitori e dai plebei, fu trovata il giorno seguente davanti alla tomba di Patrobo, un uomo liberato da Nerone che Galba aveva fatto punire; la testa fu poi posta insieme al corpo già bruciato. Così terminò la vita di Sergio Galba, dopo sessantatré anni di vita e prosperità sotto cinque imperatori, e che fu più un suddito fortunato che un sovrano. La sua nobiltà era antica e la sua ricchezza immensa; possedeva un intelletto mediocre, nessun vizio e poche virtù. Non cercava né evitava la reputazione: senza desiderare le ricchezze altrui, gestiva con parsimonia le proprie e era avaro di quelle dello stato. Sottomesso ai suoi amici e ai suoi liberti, agiva secondo il loro carattere, sia che fosse giusto che malvagio: approvava il bene e ignorava il male; tuttavia, un grande nome e le disgrazie dei tempi facevano attribuire a lui virtù che in realtà non possedeva. Da giovane aveva servito con onore nella Germania e si era comportato bene durante il suo proconsolato in Africa; invecchiando, governò la Spagna Citeriore con la stessa equità. In breve, finché fu un privato, sembrò superare i limiti del proprio rango sociale; tutti lo avrebbero considerato degno dell’impero, se mai vi fosse arrivato.
À la consternation que jeta dans Rome l’atrocité de ces récentes exécutions, et à la crainte qu’y causaient les anciennes mœurs d’Othon, se joignit un nouvel effroi par la défection de Vitellius, qu’on avait cachée du vivant de Galba, en laissant croire qu’il n’y avait de révolte que dans l’armée de la Haute-Allemagne. C’est alors qu’avec le sénat et l’ordre équestre, qui prenaient quelque part aux affaires publiques, le peuple même déplorait ouvertement la fatalité du sort, qui semblait avoir suscité pour la perte de l’empire deux hommes, les plus corrompus des mortels par la mollesse, la débauche, l’impudicité. On ne voyait pas seulement renaître les cruautés commises durant la paix, mais l’horreur des guerres civiles où Rome avait été si souvent prise par ses propres troupes, l’Italie dévastée, les provinces ruinées. Pharsale, Philippes, Pérouse, et Modène, ces noms célèbres par la désolation publique, revenaient sans cesse à la bouche. Le monde avait été presque bouleversé quand des hommes dignes du souverain pouvoir se le disputèrent. Jules et Auguste vainqueurs avoient soutenu l’empire, Pompée et Brutus eussent relevé la république. Mais était-ce pour Vitellius ou pour Othon qu’il fallait invoquer les dieux ? et quelque parti qu’on prît entre de tels compétiteurs, comment éviter de faire des vœux impies et des prières sacrilèges, quand l’événement de la guerre ne pouvait dans le vainqueur montrer que le plus méchant ? Il y en avait qui songeaient à Vespasien et à l’armée d’Orient ; mais, quoiqu’ils préférassent Vespasien aux deux autres, ils ne laissaient pas de craindre cette nouvelle guerre comme une source de nouveaux malheurs : outre que la réputation de Vespasien était encore équivoque ; car il est le seul parmi tant de princes que le rang suprême ait changé en mieux.
Il faut maintenant exposer l’origine et les causes des mouvements de Vitellius. Après la défaite et la mort de Vindex, l’armée, qu’une victoire sans danger et sans peine venait d’enrichir, fière de sa gloire et de son butin, et préférant le pillage à la paie, ne cherchait que guerres et que combats. Longtemps le service avait été infructueux et dur, soit par la rigueur du climat et des saisons, soit par la sévérité de la discipline, toujours inflexible durant la paix, mais que les flatteries des séducteurs et l’impunité des traîtres énervent dans les guerres civiles. Hommes, armes, chevaux, tout s’offrit à qui saurait s’en servir et s’en illustrer ; et, au lieu qu’avant la guerre les armées étant éparses sur les frontières, chacun ne connaissait que sa compagnie et son bataillon, alors les légions rassemblées contre Vindex, ayant comparé leur force à celles des Gaules, n’attendaient qu’un nouveau prétexte pour chercher querelle à des peuples qu’elles ne traitaient plus d’amis et de compagnons, mais de rebelles et de vaincus. Elles comptaient sur la partie des Gaules qui confine au Rhin, et dont les habitants ayant pris le même parti les excitaient alors puissamment contre les galbiens, nom que par mépris pour Vindex ils avoient donné à ses partisans. Le soldat, animé contre les Éduens et les Séquanois, et mesurant sa colère sur leur opulence, dévorait déjà dans son cœur le pillage des villes et des champs et les dépouilles des citoyens. Son arrogance et son avidité, vices communs à qui se sent le plus fort, s’irritaient encore par les bravades des Gaulois, qui, pour faire dépit aux troupes, se vantaient de la remise du quart des tributs, et du droit qu’ils avoient reçu de Galba.
À tout cela se joignait un bruit adroitement répandu et inconsidérément adopté, que les légions seraient décimées et les plus braves centurions cassés. De toutes parts venaient des nouvelles fâcheuses : rien de Rome que de sinistre ; la mauvaise volonté de la colonie lyonnaise, et son opiniâtre attachement pour Néron, était la source de mille faux bruits. Mais la haine et la crainte particulière jointe à la sécurité générale qu’inspiraient tant de forces réunies, fournissaient dans le camp une assez ample matière au mensonge et à la crédulité.
Au commencement de décembre, Vitellius, arrivé dans la Germanie inférieure, visita soigneusement les quartiers où, quelquefois avec prudence et plus souvent par ambition, il effaçait l’ignominie, adoucissait les châtiments, et rétablissait chacun dans son rang ou dans son honneur. Il répara surtout avec beaucoup d’équité les injustices que l’avarice et la corruption avoient fait commettre à Capiton en avançant ou déplaçant les gens de guerre. On lui obéissait plutôt comme à un souverain que comme à un proconsul, mais il était souple avec les hommes fermes. Libéral de son bien, prodigue de celui d’autrui, il était d’une profusion sans mesure, que ses amis, changeant, par l’ardeur de commander, ses vertus en vices, appelaient douceur et bonté. Plusieurs dans le camp cachaient sous un air modeste et tranquille beaucoup de vigueur à mal faire ; mais Valens et Cécina, lieutenants-généraux, se distinguaient par une avidité sans bornes qui n’en laissait point à leur audace. Valens surtout, après avoir étouffé les projets de Capiton et prévenu l’incertitude de Verginius, outré de l’ingratitude de Galba, ne cessait d’exciter Vitellius en lui vantant le zèle des troupes. Il lui disait que sur sa réputation Hordeonius ne balancerait pas un moment ; que l’Angleterre serait pour lui ; qu’il aurait des secours de l’Allemagne ; que toutes les provinces flottaient sous le gouvernement précaire et passager d’un vieillard ; qu’il n’avait qu’à tendre les bras à la fortune et courir au-devant d’elle ; que les doutes convenaient à Verginius, simple chevalier romain, fils d’un père inconnu, et qui, trop au-dessous du rang suprême, pouvait le refuser sans risque : mais quant à lui, dont le père avait eu trois consulats, la censure, et César pour collègue, que plus il avait de titres pour aspirer à l’empire, plus il lui était dangereux de vivre en homme privé. Ces discours agitant Vitellius portaient dans son esprit indolent plus de désirs que d’espoir.
Cependant Cécina, grand, jeune, d’une belle figure, d’une démarche imposante, ambitieux, parlant bien, flattait et gagnait les soldats de l’Allemagne supérieure. Questeur en Bétique, il avait pris des premiers le parti de Galba, qui lui donna le commandement d’une légion : mais ayant reconnu qu’il détournait les deniers publics, il le fit accuser de péculat ; ce que Cécina supportant impatiemment, il s’efforça de tout brouiller et d’ensevelir ses fautes sous les ruines de la république. Il y avait déjà dans l’armée assez de penchant à la révolte ; car elle avait de concert pris parti contre “Vindex, et ce ne fut qu’après la mort de Néron qu’elle se déclara pour Galba, en quoi même elle se laissa prévenir par les cohortes de la Germanie inférieure. De plus, les peuples de Trêves, de Langres, et de toutes les villes dont Galba avait diminué le territoire et qu’il avait maltraitées par de rigoureux édits, mêlés dans les quartiers des légions, les excitaient par des discours séditieux ; et les soldats, corrompus par les habitants, n’attendaient qu’un homme qui voulût profiter de l’offre qu’ils avoient faite à Verginius. La cité de Langres avait, selon l’ancien usage, envoyé aux légions le présent des mains enlacées, en signe d’hospitalité. Les députés, affectant une contenance affligée, commencèrent à raconter de chambrée en chambrée les injures qu’ils recevaient et les grâces qu’on faisait aux cités voisines ; puis, se voyant écoutés, ils échauffaient les esprits par l’énumération des mécontentements donnés à l’armée et de ceux qu’elle avait encore à craindre.
Enfin tout se préparant à la sédition, Hordeonius renvoya les députés et les fit sortir de nuit pour cacher leur départ. Mais cette précaution réussit mal, plusieurs assurant qu’ils avoient été massacrés, et que, si l’on ne prenait garde à soi, les plus braves soldats qui avoient osé murmurer de ce qui se passait seraient ainsi tués de nuit à l’insu des autres. Là-dessus les légions s’étant liguées par un engagement secret, on fit venir les auxiliaires, qui d’abord donnèrent de l’inquiétude aux cohortes et à la cavalerie qu’ils environnaient, et qui craignirent d’en être attaquées. Mais bientôt tous avec la même ardeur prirent le même parti ; mutins plus d’accord dans la révolte qu’ils ne furent dans leur devoir.
The outrage of these recent executions caused consternation in Rome, and the fears arising from Otho’s past conduct only added to the general terror. To this came another source of dread: the defection of Vitellius, which had been kept hidden during Galba’s lifetime, leading people to believe that the rebellion was confined solely to the armies of Upper Germany. At that time, along with the senate and the equestrian order, which were now taking an active role in public affairs, even the common people openly lamented this fatal turn of events, which seemed to have summoned two of the most corrupt men in history—those corrupted by indulgence, debauchery, and licentiousness—to fight for the destruction of the empire. Not only did the cruelties committed during peacetime resurface, but also the horrors of civil wars, during which Rome had so often been destroyed by its own armies, Italy devastated, and provinces ruined. Names like Pharsalus, Philippi, Perusia, and Modena, synonymous with widespread devastation, were constantly mentioned. The world had been nearly thrown into chaos when men worthy of supreme power began to contend for control. Julius and Augustus, as victors, had upheld the empire; Pompey and Brutus could have restored the republic. But should one pray for Vitellius or Otho? And no matter which side one took in this conflict, how could one avoid making impious wishes or offering sacrilegious prayers, when the outcome of the war could only reveal the worst in human nature in the victor? Some people thought of Vespasian and the armies of the East; yet, even though they preferred Vespasian to the other two, they still feared that this new war would bring further suffering. Moreover, Vespasian’s reputation was still uncertain—after all, he was the only one among so many rulers whose status had improved over time.
It is now necessary to explain the origin and causes of Vitellius’ movements. After the defeat and death of Vindex, the army—enriched by a victory that came without danger or effort—was filled with pride in its glory and plunder. Preferring plunder to pay, it sought only war and battle. For a long time, military service had been arduous and unproductive, either due to the harshness of the climate and seasons or to the strict discipline that remained unbending in peacetime, but which was further fueled by the flattery of seducers and the impunity of traitors during civil wars. Men, weapons, horses—everything was available to those who knew how to use it and achieve glory through it. Whereas before the war armies were scattered along the borders, with each man only knowing his own company and battalion, now the legions assembled against Vindex, having compared their strength to that of Gaul, awaited only another pretext to seek conflict with peoples whom they no longer regarded as friends or comrades, but as rebels and losers. They relied on the part of Gaul bordering the Rhine, whose inhabitants, having taken the same side, greatly incited them against the Galbians—so named out of contempt for Vindex and his supporters. The soldiers, filled with rage toward the Edueni and Sequanii and venting their fury on their wealth, already envisioned looting cities and fields and plundering citizens. Their arrogance and greed, common traits in those who feel most powerful, were further provoked by the boasts of the Gauls, who, in order to provoke the troops, claimed that a quarter of the tributes had been waived and that they had been granted certain rights by Galba.
To all this was added a rumor that had been cleverly spread and carelessly accepted—namely, that the legions would be decimated and the bravest centurions defeated. Bad news came from everywhere; nothing good could be said of Rome except for the worst. The ill-will of the Lyonian colony and its stubborn loyalty to Nero were the sources of countless false rumors. However, the particular hatred and fear that such a concentrated force inspired, along with the general sense of security people felt, provided ample material for lies and credulity within the camp.
At the beginning of December, Vitellius, upon arriving in Lower Germany, carefully inspected those areas where, sometimes out of prudence and more often out of ambition, he had previously erased disgraceful actions, mitigated punishments, and restored everyone to their proper status or honor. In particular, he redressed with great fairness the injustices that greed and corruption had prompted Capiton to commit—such as arbitrarily promoting or demoting soldiers. People obeyed him more like a sovereign than a proconsul, but he was lenient toward those who were resolute. Generous with his own wealth and extravagant with that of others, his generosity knew no bounds; his friends, however, often distorted his virtues into vices due to their own desire for power. Within the camp, many people concealed their malice under an outward appearance of modesty and tranquility; but Valens and Cecina, the lieutenant generals, were distinguished by boundless greed, leaving little room for their audacity. In particular, Valens, after thwarting Capiton’s plans and preventing Verginius from gaining the upper hand, was outraged by Galba’s ingratitude and constantly incited Vitellius by praising the troops’ loyalty. He told Vitellius that Hordeonius would not hesitate for a moment to support him; that England would be at his disposal; that Germany would offer him aid; that all the provinces were in the precarious hands of an elderly man whose rule was temporary and unstable; that he need only extend his arms toward fortune and embrace it eagerly. He argued that doubts were appropriate for someone like Verginius—a mere Roman knight, the son of an unknown father, who, being far below the highest ranks, could safely reject such opportunities without risk. But as for him, whose father had held three consulships, served as censor, and shared the throne with Caesar—how much more dangerous would it be for him to live as a private citizen! Such speeches stirred up more desires than hopes in Vitellius’s indolent mind.
However, Cécina—tall, young, with a handsome appearance and an imposing manner, ambitious and eloquent—flattered and won over the soldiers of Upper Germany. As quaestor in Baetica, he had initially sided with Galba, who appointed him commander of a legion; but upon discovering that Cécina was embezzling public funds, Galba accused him of corruption. Unable to tolerate this, Cécina tried to cover up his mistakes and use the ruins of the republic as a means to conceal them. The army itself already harbored a tendency toward rebellion—having previously united against “Vindex”—and it was only after Nero’s death that it officially declared its support for Galba, though even then it was influenced by the cohorts from Lower Germany. Moreover, the peoples of Trier, Langres, and other cities whose territories had been reduced or which had suffered under Galba’s harsh decrees incited the soldiers through seditious speeches. Corrupted by these local influences, the troops were only waiting for someone to take advantage of the offer they had already made to Verginius. According to ancient custom, the city of Langres had sent gifts of intertwined hands to the legions as a sign of hospitality. The delegates, putting on an air of distress, began to recount in each barracks the insults they endured and the favors granted to neighboring cities; once they gained the soldiers’ attention, they further inflamed their anger by listing all the grievances the army had suffered and those it still faced.
Finally, with everything ready for the uprising, Hordeonius sent away the delegates and had them leave at night in order to conceal their departure. However, this precaution proved ineffective; several people claimed that they had been massacred, and warned that if no precautions were taken, even the bravest soldiers who dared to speak out about what was happening would be killed in the dark without anyone else knowing. In response, the legions formed a secret alliance, and then the auxiliary troops were called in. At first, these troops caused concern among the cohorts and cavalry surrounding them, who feared an attack. But soon, everyone, with equal fervor, took the same side—mutineers more united in their rebellion than they had ever been in their duty.
La costernazione suscitata a Roma dall’atrocità di queste recenti esecuzioni, unita alla paura derivante dalle antiche abitudini di Ottone, fu ancora accresciuta dalla defezione di Vitellio, una notizia tenuta nascosta durante la vita di Galba, facendo credere che la rivolta si fosse verificata soltanto nell’esercito della Germania Superiore. Fu allora che, insieme al senato e all’ordine equestre, che partecipavano in qualche modo agli affari pubblici, anche il popolo stesso esprimeva apertamente il proprio dolore di fronte a questa fatalità che sembrava aver fatto sorgere due uomini, i più corrotti tra tutti gli esseri umani per via della loro lussuria, del loro vizio e della loro dissolutezza, per la perdita dell’impero. Non si assisteva soltanto al ritorno delle crudeltà commesse in tempo di pace, ma anche all’orrore delle guerre civili durante le quali Roma era stata spesso invasa dalle proprie truppe, l’Italia devastata e le province distrutte. Nomi famosi come Farsala, Filippi, Perugia e Modena venivano costantemente menzionati in relazione alle calamità pubbliche causate da queste lotte. Il mondo intero sembrava essere sconvolto quando uomini degni del massimo potere si contendevano il dominio: Giulio e Augusto, come vincitori, avevano sostenuto l’impero; Pompeo e Bruto, invece, avrebbero potuto ristabilire la repubblica. Ma, doveva forse invocare gli dei a favore di Vitellio o di Ottone? E, qualunque fosse la scelta fatta tra questi contendenti, come si potevano evitare preghiere sacrileghe e voti impuri, quando l’esito della guerra dimostrava chiaramente che il vincitore era il più malvagio di tutti? Alcuni pensavano a Vespasiano e all’esercito d’Oriente; tuttavia, anche se preferivano Vespasiano agli altri due, non potevano fare a meno di temere che questa nuova guerra portasse a ulteriori disastri, soprattutto considerando che la reputazione di Vespasiano era ancora incerta: egli era l’unico tra tanti sovrani il cui destino fosse cambiato in meglio.
Ora è necessario esporre l’origine e le cause dei movimenti di Vitellio. Dopo la sconfitta e la morte di Vindex, l’esercito, che una vittoria senza pericoli né fatiche aveva appena arricchito, fiero della propria gloria e del proprio bottino, e preferendo il saccheggio al pagamento, cercava solo guerre e battaglie. Per lungo tempo il servizio militare era stato infruttuoso e duro, sia a causa della rigidezza del clima e delle stagioni, sia per la severità della disciplina, sempre inflessibile in tempo di pace; ma le lusinghe dei seduttori e l’impunità dei traditori alimentavano ancora di più il desiderio di combattere durante le guerre civili. Uomini, armi, cavalli: tutto era a disposizione di chi sapesse come utilizzarli e distinguersi in battaglia; e mentre prima della guerra le truppe erano sparse lungo i confini, ognuno conosceva soltanto la propria compagnia e il proprio battaglione, ora le legioni radunate contro Vindex, avendo confrontato la propria forza con quella delle Gallie, aspettavano solo un nuovo pretesto per attaccare popoli che non consideravano più amici o compagni, ma ribelli e vinti. Contavano sull’appoggio della parte delle Gallie confinante con il Reno; i suoi abitanti, avendo preso lo stesso partito di Vitellio, li incitavano fortemente contro i galbiani, nome che, per disprezzo verso Vindex, avevano dato ai suoi sostenitori. Il soldato, animato dall’odio verso gli Edui e i Sequani e sfogando la propria rabbia sulla loro ricchezza, già immaginava il saccheggio delle città e dei campi, nonché il bottino dei cittadini. La sua arroganza e la sua avidità, vizi comuni a chi si sente più forte, venivano ulteriormente alimentate dalle spacconate dei Galli, che, per provocare le truppe, si vantavano della riduzione del quarto delle tasse tributarie e del diritto che avevano ricevuto da Galba.
A tutto ciò si aggiungeva una voce, diffusa abilmente e accettata senza rifletterci troppo, secondo cui le legioni sarebbero state decimate e i centurioni più coraggiosi distrutti. Da tutte le parti arrivavano notizie sgradevoli: da Roma non proveniva nulla di positivo; la cattiva volontà della colonia di Lione, unita al suo ostinato attaccamento a Nerone, era la fonte di mille voci false. Tuttavia, l’odio e la paura che caratterizzavano l’atmosfera, uniti alla sensazione di sicurezza che derivava dall’unione di tante forze, fornivano nel campo materiale sufficiente per il diffondersi della menzogna e della credulità.
All’inizio di dicembre, Vitellio, giunto nella Germania Inferiore, visitò con cura le zone in cui, a volte con prudenza e più spesso per ambizione, aveva cancellato l’ignominia, mitigato le punizioni e ristabilito ciascuno nel proprio rango o nell’onore. In particolare, rimediò con grande equità alle ingiustizie commesse da Capitone a causa dell’avarizia e della corruzione, soprattutto nel distribuire i soldati in modo disomogeneo. La gente gli obbediva più come a un sovrano che come a un proconsole, ma egli era flessibile con coloro che erano risoluti e determinati. Generoso nei propri beni e prodigo in quelli altrui, dimostrava una generosità senza limiti; i suoi amici, però, cambiando spesso le sue virtù in vizi a causa della loro ambizione, definivano tale comportamento dolcezza e bontà. Molti nel campo nascondevano sotto un aspetto modesto e tranquillo grande determinazione nel compiere azioni malvagie; Valens e Cecina, invece, come luogotenenti generali, si distinguevano per un’avidità senza limiti che non lasciava spazio all’audacia altrui. In particolare, Valens, dopo aver soffocato i piani di Capitone e prevenuto le incertezze di Verginius, offeso dall’ingratitudine di Galba, non smetteva di incoraggiare Vitellio, esaltando il zelo delle truppe. Gli diceva che, grazie alla sua reputazione, Hordeonius non avrebbe esitato un momento; che l’Inghilterra sarebbe stata sua; che avrebbe ricevuto aiuti dalla Germania; che tutte le province si trovavano sotto il governo precario e effimero di un anziano; che gli bastava tendere le braccia verso la fortuna per afferrarla; che i dubbi erano adatti a Verginius, semplice cavaliere romano, figlio di padre sconosciuto, e che, essendo troppo al di sotto del massimo rango, poteva rifiutare l’impero senza rischi; ma che per lui, il cui padre aveva ricoperto tre volte la carica di console, era pericoloso vivere come un privato. Questi discorsi agitavano l’animo indolente di Vitellio, suscitando in lui più desideri che speranze.
Tuttavia Cecina, alto, giovane, di bell’aspetto e con un portamento imponente, ambizioso e eloquente, riusciva a compiacere e conquistare i soldati della Germania Superiore. Essendo stato questore in Betica, aveva preso le parti di Galba fin dall’inizio, il quale gli affidò il comando di una legione; ma quando si rese conto che Cecina sottraeva fondi pubblici, lo accusò di malversazione. Cecina, non sopportando questa situazione, cercò in tutti i modi di insabbiare le proprie colpe e di farle passare sotto le macerie della repubblica. Nell’esercito c’era già una forte tendenza alla rivolta: l’esercito stesso si era unito contro “Vindex”, e fu solo dopo la morte di Nerone che si schierò a favore di Galba, anche se in questo fu preceduto dalle coorti della Germania Inferiore. Inoltre, i popoli di Treviri, Langres e di tutte le città il cui territorio era stato ridotto da Galba o che avevano subito sue ingiustizie attraverso severi decreti, mescolandosi tra le truppe delle legioni, incitavano i soldati con discorsi sovversivi; e questi, corrotti dagli abitanti locali, aspettavano soltanto un uomo disposto a sfruttare l’opportunità che loro stessi gli offrivano. La città di Langres, secondo l’antica usanza, aveva inviato alle legioni un dono rappresentato da mani intrecciate, in segno di ospitalità. I delegati, assumendo un atteggiamento addolorato, iniziarono a raccontare nelle varie unità militari le offese che ricevevano e i favori riservati alle città vicine; poi, vedendosi ascoltati, alimentarono ulteriormente l’agitazione elencando i maltrattamenti subiti dall’esercito e quelli che ancora lo minacciavano.
Finalmente, quando tutto era pronto per la rivolta, Hordeonius congedò i delegati e li fece uscire di notte per nascondere la loro partenza. Tuttavia questa precauzione non ebbe successo: molti affermarono che fossero stati massacrati e che, se non si prendevano misure di sicurezza, anche i soldati più coraggiosi che avevano osato lamentarsi di quanto stava accadendo sarebbero stati uccisi di notte, senza che gli altri se ne accorgessero. Di fronte a queste voci, le legioni si allearono tramite un patto segreto; furono quindi chiamati gli ausiliari, i quali all’inizio causarono preoccupazione nelle coorti e nella cavalleria che li circondavano, che temevano di essere attaccati. Ma presto tutti, con la stessa determinazione, presero lo stesso partito: ribelli più uniti nella rivolta di quanto lo fossero nel loro dovere.
Cependant le premier janvier les légions de la Germanie inférieure prêtèrent solennellement le serment de fidélité à Galba, mais à contrecœur et seulement par la voix de quelques-uns dans les premiers rangs ; tous les autres gardaient le silence, chacun n’attendant que l’exemple de son voisin, selon la disposition naturelle aux hommes de seconder avec courage les entreprises qu’ils n’osent commencer. Mais l’émotion n’était pas la même dans toutes les légions. Il régnait un si grand trouble dans la première et dans la cinquième, que quelques-uns jetèrent des pierres aux images de Galba. La quinzième et la seizième, sans aller au-delà du murmure et des menaces, cherchaient le moment de commencer la révolte. Dans l’armée supérieure, la quatrième et la vingt-deuxième légion, allant occuper les mêmes quartiers, brisèrent les images de Galba ce même premier de janvier ; la quatrième sans balancer, la vingt-deuxième ayant d’abord hésité, se détermina de même : mais pour ne pas paraître avilir la majesté de l’empire elles jurèrent au nom du sénat et du peuple romain, mots surannés depuis longtemps. On ne vit ni généraux ni officiers faire le moindre mouvement en faveur de Galba ; plusieurs même dans le tumulte cherchaient à l’augmenter, quoique jamais de dessus le tribunal ni par de publiques harangues ; de sorte que jusque-là on n’aurait su à qui s’en prendre.
Le proconsul Hordeonius, simple spectateur de la révolte, n’osa faire le moindre effort pour réprimer les séditieux, contenir ceux qui flottaient, ou ranimer les fidèles : négligent et craintif, il fut clément par lâcheté. Nonius Receptus, Donatius Valens, Romillius Marcellus, Calpurnius Repentinus, tous quatre centurions de la vingt-deuxième légion, ayant voulu défendre les images de Galba, les soldats se jetèrent sur eux et les lièrent. Après cela il ne fut question de la foi promise ni du serment prêté ; et, comme il arrive dans les séditions, tout fut bientôt du côté du plus grand nombre. La même nuit, Vitellius étant à table à Cologne, l’enseigne de la quatrième légion le vint avertir que les deux légions, après avoir renversé les images de Galba, a voient juré fidélité au sénat et au peuple romain ; serment qui fut trouvé ridicule. Vitellius, voyant l’occasion favorable, et résolu de s’offrir pour chef, envoya des députés annoncer aux légions que l’armée supérieure s’était révoltée contre Galba, qu’il fallait se préparer à faire la guerre aux rebelles, ou, si l’on aimait mieux la paix, à reconnaître un autre empereur, et qu’ils couraient moins de risque à l’élire qu’à l’attendre.
Les quartiers de la première légion étaient les plus voisins. Fabius Valens, lieutenant-général, fut le plus diligent, et vint le lendemain, à la tête de la cavalerie de la légion et des auxiliaires, saluer Vitellius empereur. Aussitôt ce fut parmi les légions de la province à qui préviendrait les autres, et l’armée supérieure, laissant ces mots spécieux de sénat et de peuple romain, reconnut aussi Vitellius, le 3 de janvier, après s’être jouée durant deux jours du nom de la république. Ceux de Trêves, de Langres et de Cologne, non moins ardents que les gens de guerre, offraient à l’envi, selon leurs moyens, troupes, chevaux, armes, argent. Ce zèle ne se bornait pas aux chefs des colonies et des quartiers, animés par le concours présent et par les avantages que leur promettait la victoire ; mais les manipules, et même les simples soldats, transportés par instinct, et prodigues par avarice, venaient, faute d’autres biens, offrir leur paie, leur équipage, et jusqu’aux ornements d’argent dont leurs armes étaient garnies.
Vitellius, ayant remercié les troupes de leur zèle, commit aux chevaliers romains le service auprès du prince, que les affranchis faisaient auparavant. Il acquitta du fisc les droits dus aux centurions par les manipulaires. Il abandonna beaucoup de gens à la fureur des soldats, et en sauva quelques-uns en feignant de les envoyer en prison. Propinquus, intendant de la Belgique, fut tué sur-le-champ ; mais Vitellius sut adroitement soustraire aux troupes irritées Julius Burdo, commandant de l’armée navale, taxé d’avoir intenté des accusations et ensuite tendu des pièges à Fontéius Capiton. Capiton était regretté ; et parmi ces furieux on pouvait tuer impunément, mais non pas épargner sans ruse. Burdo fut donc mis en prison, et relâché bientôt après la victoire, quand les soldats furent apaisés. Quant au centurion Crispinus, qui s’était souillé du sang de Capiton, et dont le crime n’était pas équivoque à leurs yeux, ni la personne regrettable à ceux de Vitellius, il fut livré pour victime à leur vengeance. Julius Civilis, puissant chez les Bataves, échappa au péril par la crainte qu’on eut que son supplice n’aliénât un peuple si féroce ; d’autant plus qu’il y avait dans Langres huit cohortes bataves auxiliaires de la quatorzième légion, lesquelles s’en étaient séparées par l’esprit de discorde qui régnait en ce temps-là, et qui pouvaient produire un grand effet en se déclarant pour ou contre. Les centurions Nonius, Donatius, Romillius, Calpurnius, dont nous avons parlé, furent tués par l’ordre de Vitellius, comme coupables de fidélité, crime irrémissible chez des rebelles. Valerius Asiaticus, commandant de la Belgique, et dont peu après Vitellius épousa la fille, se joignit à lui. Julius Blaesus, gouverneur du Lyonnais, en fit de même avec les troupes qui venaient à Lyon ; savoir, la légion d’Italie et l’escadron de Turin : celles de la Rhétique ne tardèrent point à suivre cet exemple.
Il n’y eut pas plus d’incertitude en Angleterre. Trebellius Maximus qui y commandait s’était fait haïr et mépriser de l’armée par ses vices et son avarice ; haine que fomentait Roscius Caelius, commandant de la vingtième légion, brouillé depuis longtemps avec lui, mais à l’occasion des guerres civiles devenu son ennemi déclaré. Trebellius traitait Caelius de séditieux, de perturbateur de la discipline ; Caelius l’accusait à son tour de piller et ruiner les légions. Tandis que les généraux se déshonoraient par ces opprobres mutuels, les troupes perdant tout respect en vinrent à tel excès de licence que les cohortes et la cavalerie se joignirent à Caelius, et que Trebellius, abandonné de tous et chargé d’injures, fut contraint de se réfugier auprès de Vitellius. Cependant, sans chef consulaire, la province ne laissa pas de rester tranquille, gouvernée par les commandants des légions que le droit rendit tous égaux, mais que l’audace de Caelius tenait en respect.
Après l’accession de l’armée britannique, Vitellius, bien pourvu d’armes et d’argent, résolut de faire marcher ses troupes par deux chemins et sous deux généraux. Il chargea Fabius Valens d’attirer à son parti les Gaules, ou, sur leurs refus, de les ravager, et de déboucher en Italie par les Alpes cottiennes : il ordonna à Cécina de gagner la crête des Pennines par le plus court chemin. Valens eut l’élite de l’armée inférieure avec l’aigle de la cinquième légion, et assez de cohortes et de cavalerie pour lui faire une armée de quarante mille hommes. Cécina en conduisit trente mille de l’armée supérieure, dont la vingt-unième légion faisait la principale force. On joignit à l’une et à l’autre armée des Germains auxiliaires, dont Vitellius recruta aussi la sienne, avec laquelle il se préparait à suivre le sort de la guerre.
Il y avait entre l’armée et l’empereur une opposition bien étrange. Les soldats, pleins d’ardeur, sans se soucier de l’hiver ni d’une paix prolongée par indolence, ne demandaient qu’à combattre ; et, persuadés que la diligence est surtout essentielle dans les guerres civiles, où il est plus question d’agir que de consulter, ils voulaient profiter de l’effroi des Gaules et des lenteurs de l’Espagne, pour envahir l’Italie et marcher à Rome. Vitellius, engourdi et dès le milieu du jour surchargé d’indigestions et de vin, consumait d’avance les revenus de l’empire dans un vain luxe et des festins immenses ; tandis que le zèle et l’activité des troupes suppléaient au devoir du chef, comme si, présent lui-même, il eût encouragé les braves et menacé les lâches.
Tout étant prêt pour le départ, elles en demandèrent l’ordre, et sur-le-champ donnèrent à Vitellius le surnom de Germanique ; mais, même après la victoire, il défendit qu’on le nommât césar. Valens et son armée eurent un favorable augure pour la guerre qu’ils allaient faire ; car, le jour même du départ, un aigle planant doucement à la tête des bataillons, sembla leur servir de guide ; et durant un long espace les soldats poussèrent tant de cris de joie et l’aigle s’en effraya si peu, qu’on ne douta pas sur ces présages d’un grand et heureux succès.
However, on January 1st, the legions of Lower Germany solemnly swore loyalty to Galba—though reluctantly, and only through the voices of a few in the front ranks; all the others remained silent, each waiting for their neighbor to take the lead, in accordance with the natural tendency of humans to courageously support endeavors they dare not initiate themselves. But the sentiment was not uniform among all the legions. Great disorder reigned in the First and Fifth Legions; some even threw stones at Galba’s statues. The Fifteenth and Sixteenth Legions, while limited to murmurs and threats, were waiting for the right moment to launch their revolt. In the Upper Army, the Fourth and Twenty-second Legions, stationed in the same districts, also destroyed Galba’s statues on that first day of January—the Fourth without hesitation, the Twenty-second after some initial hesitation. But in order not to appear to undermine the dignity of the empire, they swore their loyalty in the name of the Senate and the Roman people, words that had long since fallen into disuse. Neither generals nor officers took any action in support of Galba; indeed, some even sought to intensify the turmoil, though never from above the tribunal or through public speeches. As a result, it was impossible at that point to determine who was behind these actions.
The proconsul Hordeonius, merely an observer of the rebellion, did not dare make any effort to suppress the insurgents, contain those who were causing trouble, or rally the loyalists: neglectful and fearful, he showed leniency out of cowardice. Nonius Receptus, Donatius Valens, Romillius Marcellus, and Calpurnius Repentinus—all four centurions of the twenty-second legion—who had attempted to defend the images of Galba were attacked by their own soldiers and bound. After that, neither the promises made nor the oaths sworn were taken seriously; and, as often happens in such uprisings, public opinion soon swung in favor of the majority. That very night, while Vitellius was dining in Cologne, an envoy from the fourth legion came to inform him that the two legions, after removing Galba’s images, had sworn loyalty to the Senate and the Roman people—a pledge that was deemed utterly ridiculous. Seeing this as an opportunity, Vitellius resolved to offer himself as their leader and sent delegates to announce to the legions that the superior forces had rebelled against Galba, urging them to prepare for war against the rebels or, if they preferred peace, to elect another emperor—since doing so would pose them less risk than waiting for Galba’s return.
The districts of the First Legion were the nearest in location. Fabius Valens, a lieutenant-general, was the most diligent; the next day, he led the legion’s cavalry and auxiliary forces to pay their respects to Vitellius as emperor. This act soon became known throughout the provinces’ legions, who in turn informed the others. The superior army, disregarding those lofty titles of “senate” and “Roman people,” also acknowledged Vitellius on January 3rd, after having for two days played with the name of the republic. Those from Trier, Langres, and Cologne, as eager as the military officers, eagerly offered troops, horses, weapons, and money according to their means. This enthusiasm did not stop at the leaders of colonies and districts—driven both by immediate competition and by the rewards promised by victory—but even individual soldiers, moved by instinct or greed, would offer their pay, equipment, and even the silver ornaments that adorned their arms in lieu of anything else.
Vitellius, having thanked the troops for their zeal, entrusted the task of serving the prince to the Roman knights, a duty previously performed by the freedmen. He relieved the treasury of the taxes owed by the centurions to the manipulators. He abandoned many people to the fury of the soldiers and managed to save a few by pretending to send them to prison. Propinquus, the governor of Belgium, was killed on the spot; but Vitellius cleverly managed to save Julius Burdo, the commander of the naval forces, from the enraged troops—Burdo had been accused of making false accusations and later setting traps for Fonteius Capiton. Capiton was widely mourned; among those furious soldiers, it was possible to kill without punishment, but not to spare anyone without cunning. Therefore, Burdo was imprisoned and soon released after Vitellius’s victory, when the troops had been calmed down. As for the centurion Crispinus, who had shed Capiton’s blood—and whose crime was clear in the eyes of the soldiers, and whose person was not worthy of pity in Vitellius’s view—he was handed over to their vengeance. Julius Civilis, who held considerable influence among the Bataves, escaped danger because people feared that his execution might alienate such a ferocious people; moreover, there were eight Batavian auxiliary cohorts from the fourteenth legion stationed in Langres at that time—cohorts which, due to the divisions and conflicts of that period, could have had a significant impact if they had chosen to side with either side. The centurions Nonius, Donatius, Romillius, and Calpurnius, about whom we have already mentioned, were killed by Vitellius’s order on the charge of loyalty—a crime deemed unforgivable among rebels. Valerius Asiaticus, the governor of Belgium (whom Vitellius later married), also joined him. Julius Blaesus, the governor of Lyon, did the same with the troops stationed there: the legion from Italy and the squadron from Turin; those from Raetia soon followed their example.
In England, there was no greater uncertainty. Trebellius Maximus, who commanded there, had earned the hatred and contempt of the army through his vices and greed; this hatred was further fueled by Roscius Caelius, commander of the twentieth legion, who had long been in conflict with him but who, during the civil wars, became his declared enemy. Trebellius called Caelius a seditionist and a disruptor of discipline; Caelius, in turn, accused Trebellius of plundering and ruining the legions. As the generals degraded each other through such mutual insults, the troops, losing all respect, grew so lawless that the cohorts and cavalry even joined Caelius’s side. Left abandoned by everyone and covered in insults, Trebellius was forced to seek refuge with Vitellius. However, without a consul in charge, the province remained unstable, governed by the legion commanders—equal before the law but kept in check by Caelius’s audacity.
After the British army took control, Vitellius, being well-equipped with weapons and money, decided to send his troops along two different routes under the command of two separate generals. He assigned Fabius Valens the task of winning over the Gauls to his side; if they refused, he was ordered to ravage their lands and advance into Italy through the Cottian Alps. Cécina was instructed to take the shortest route across the Pennines. Valens was given the elite units of the lower army, along with the eagle of the fifth legion, as well as sufficient cohorts and cavalry to form an army of forty thousand men. Cécina led thirty thousand soldiers from the upper army, with the twenty-first legion forming its main strength. Both armies were reinforced by German auxiliary troops; Vitellius also recruited his own such forces, preparing to follow the outcome of the war accordingly.
There was a most peculiar opposition between the army and the emperor. The soldiers, filled with zeal and unconcerned by the winter or by any prolonged peace caused by laziness, were eager to fight. Convicted that diligence is especially essential in civil wars, where action is more important than deliberation, they wished to take advantage of the fear of the Gauls and the delays in Spain in order to invade Italy and march on Rome. Meanwhile, Vitellius—lethargic and afflicted by indigestion and excessive drinking throughout the day—was squandering the empire’s revenues on futile luxury and extravagant banquets. The zeal and energy of the troops filled the void left by the emperor’s leadership, as if he himself had been present to encourage the brave and threaten the cowardly.
With everything ready for departure, they requested the order to set off, and immediately bestowed upon Vitellius the nickname “Germanicus”; yet even after victory, he refused to be called Caesar. Valens and his army received a favorable omen for the war ahead; for on the very day of departure, an eagle soaring gently above the battalions seemed to serve as their guide. For a long time, the soldiers cheered with great joy, and the eagle showed no sign of fear—these signs led everyone to believe in a great and successful outcome.
Tuttavia, il primo gennaio le legioni della Germania Inferiore giurarono solennemente fedeltà a Galba, ma con riluttanza e solo attraverso la voce di alcuni soldati nelle prime file; tutti gli altri rimasero in silenzio, ognuno aspettando l’esempio del proprio vicino, secondo quella naturale tendenza degli uomini ad accompagnare con coraggio le imprese che non osano intraprendere da soli. Tuttavia, l’emozione non era la stessa in tutte le legioni: nella prima e nella quinta regnava un tale disordine che alcuni gettarono pietre contro le immagini di Galba; la quindicesima e la sedicesima, senza oltrepassare i mormori e le minacce, cercavano il momento giusto per iniziare la rivolta. Nell’esercito superiore, la quarta e la ventiduesima legione, occupando gli stessi quartieri, distrussero anch’esse le immagini di Galba proprio quel primo gennaio: la quarta senza esitazione, la ventiduesima dopo un inizio di esitazione, decisero entrambe allo stesso modo; tuttavia, per non sembrare umiliare la maestà dell’impero, giurarono nel nome del senato e del popolo romano, parole ormai obsolete da molto tempo. Non si vide alcun generale o ufficiale compiere il minimo gesto a favore di Galba; anzi, alcuni, nel tumulto, cercarono addirittura di alimentarlo, sebbene mai dal tribunale né attraverso discorsi pubblici; tanto che fino a quel momento non si sarebbe saputo contro chi rivolgere le accuse.
Il proconsole Hordeonius, semplice spettatore della rivolta, non osò compiere il minimo sforzo per reprimere i sediziosi, contenere coloro che si aggiravano per le strade o rianimare i fedeli: negligente e timido, fu clemente per paura. Nonius Receptus, Donatius Valens, Romillius Marcellus, Calpurnius Repentinus – tutti e quattro centurioni della ventiduesima legione che avevano cercato di difendere le immagini di Galba – furono assaliti dai soldati e legati. Dopo questo evento, non ci fu più alcun pensiero per la fede promessa o il giuramento prestato; e, come accade nelle rivolte, tutto si schierò rapidamente dalla parte del numero più numeroso. Nella stessa notte, mentre Vitellio era a tavola a Colonia, l’insegna della quarta legione venne ad avvertirlo che le due legioni, dopo aver rovesciato le immagini di Galba, avevano giurato fedeltà al senato e al popolo romano; un giuramento ritenuto ridicolo. Vitellio, vedendo l’occasione favorevole e deciso a offrirsi come capo, inviò dei delegati per annunciare alle legioni che l’esercito superiore si era ribellato contro Galba, che bisognava prepararsi a combattere i ribelli o, se preferivano la pace, riconoscere un altro imperatore; e che eleggerlo presentava meno rischi che aspettarne l’arrivo.
I quartieri della prima legione erano i più vicini. Fabio Valens, tenente generale, fu il più zelante: il giorno seguente, alla testa della cavalleria della legione e degli auxiliarii, andò a salutare Vitellio imperatore. Subito, questa azione venne comunicata alle altre legioni della provincia, che a loro volta la diffusero. L’esercito superiore, mettendo da parte quelle formule solenni di senato e popolo romano, riconobbe anch’esso Vitellio il 3 gennaio, dopo aver giocato per due giorni con il nome della repubblica. Gli abitanti di Treviri, Langres e Colonia, altrettanto ferventi quanto i soldati, offrivano generosamente, secondo le loro possibilità, truppe, cavalli, armi e denaro. Questo zelo non si limitava ai capi delle colonie e dei quartieri, spinti dal desiderio di partecipare attivamente e dalle opportunità che la vittoria avrebbe loro offerto; anche i singoli soldati, mossi dall’istinto o dalla avidità, offrivano, in mancanza di altri beni, il proprio stipendio, l’equipaggiamento militare e persino gli ornamenti d’argento con cui erano armate le loro armi.
Vitellio, dopo aver ringraziato le truppe per il loro zelo, affidò ai cavalieri romani il compito di assistere il principe, che in precedenza era svolto dagli schiavi liberati. Riscattò dal fisco i diritti dovuti dai centurioni dai manipolari. Abbandonò molti uomini al furore dei soldati, ma ne salvò alcuni fingendo di mandarli in prigione. Propinquus, intendente della Belgica, fu ucciso sul colpo; tuttavia Vitellio riuscì abilmente a mettere al sicuro Julius Burdo, comandante dell’esercito navale, accusato di aver intentato accuse false e poi di aver teso trappole a Fonteius Capiton. Capiton era molto stimato; in mezzo a quei furiosi si poteva uccidere impunemente, ma non risparmiare senza astuzia. Così Burdo fu imprigionato e rilasciato poco dopo la vittoria, quando i soldati si calmarono. Quanto al centurione Crispinus, che aveva versato il sangue di Capiton e il cui crimine non era affatto dubbioso agli occhi dei soldati, né la sua persona degna di pietà a quelli di Vitellio, fu consegnato alle loro vendette. Julius Civilis, molto potente tra i Batavi, riuscì a sfuggire al pericolo grazie alla paura che la sua esecuzione potesse inimicarsi un popolo così feroce; inoltre, a Langres si trovavano otto coorti batave ausiliarie della quattordicesima legione, le quali si erano separate a causa delle discordie dell’epoca e avrebbero potuto avere un grande impatto decidendo di schierarsi a favore o contro Vitellio. I centurioni Nonius, Donatius, Romillius, Calpurnius, di cui abbiamo parlato in precedenza, furono uccisi per ordine di Vitellio, ritenuti colpevoli di fedeltà, un crimine imperdonabile tra i ribelli. Valerius Asiaticus, comandante della Belgica e che poco dopo sposò la figlia di Vitellio, si unì a lui. Julius Blaesus, governatore del Lyonnais, fece lo stesso con le truppe che si trovavano a Lione: vale a dire la legione d’Italia e l’escadron di Torino; quelle della Rezia non tardarono ad imitare questo esempio.
In Inghilterra non vi fu più alcuna incertezza. Trebellio Massimo, che vi comandava, si era fatto odiare e disprezzare dall’esercito a causa dei suoi vizi e della sua avarizia; un odio alimentato da Roscio Celio, comandante della ventesima legione, da tempo in conflitto con lui ma diventato suo nemico dichiarato durante le guerre civili. Trebellio definiva Celio sovversore e perturbatore della disciplina; Celio, a sua volta, lo accusava di saccheggiare e distruggere le legioni. Mentre i generali si disonoravano reciprocamente con queste offese reciproche, le truppe, perdendo ogni rispetto, arrivarono al punto che le coorti e la cavalleria si schierarono dalla parte di Celio; Trebellio, abbandonato da tutti e sommerso d’insulti, fu costretto a rifugiarsi presso Vitellio. Tuttavia, in assenza di un comandante consolare, la provincia non riuscì a ritrovare la tranquillità, essendo governata dai comandanti delle legioni che, sebbene uguali per diritto, erano tenuti in rispetto dall’audacia di Celio.
Dopo l’arrivo dell’esercito britannico, Vitellio, ben fornito di armi e denaro, decise di far marciare le sue truppe lungo due diverse strade e sotto il comando di due generali diversi. Incaricò Fabio Valens di attirare dalla sua parte i Galli; in caso di rifiuto, gli ordinò di devastarli e di avanzare in Italia attraverso le Alpi Cottiane. A Cecina affidò invece l’incarico di raggiungere la cresta delle Pennine per il percorso più breve. Valens dispose dell’élite dell’esercito inferiore, insieme all’aquila della quinta legione, e di un numero sufficiente di coorti e cavalieri per formare un esercito composto da quarantamila uomini. Cecina guidò trentamila soldati dell’esercito superiore, tra cui la ventunesima legione costituiva la forza principale. A entrambi gli eserciti furono aggregati anche dei Germani ausiliari; Vitellio reclutò anche i suoi propri alleati germanici, con i quali si preparava ad affrontare l’esito della guerra.
Esisteva tra l’esercito e l’imperatore un’opposizione davvero strana. I soldati, pieni di ardore, senza curarsi dell’inverno né di una pace prolungata a causa della pigrizia, desideravano soltanto combattere; convinti che la diligenza fosse particolarmente essenziale nelle guerre civili, dove contava più agire che consultare, volevano approfittare del terrore diffuso in Gallia e delle lentezze della Spagna per invadere l’Italia e marciare su Roma. Vitellio, intorpidito e già a mezzogiorno afflitto da indigestioni e eccessi di bere, spendeva inutilmente i ricavi dell’impero in lussi vani e banchetti sfarzosi; mentre lo zelo e l’attività delle truppe compensavano la mancanza di guida da parte del loro comandante, come se lui stesso fosse presente a incoraggiare i valorosi e minacciare i codardi.
Tutto essendo pronto per la partenza, chiesero l’ordine di muoversi e immediatamente diedero a Vitellio il soprannome di Germanico; tuttavia, anche dopo la vittoria, egli si rifiutò categoricamente di farsi chiamare Cesare. Valens e il suo esercito ebbero un presagio favorevole per la guerra che stavano per intraprendere: infatti, nel giorno stesso della partenza, un’aquila che volava dolcemente alla testa delle truppe sembrò servire loro da guida; e per un lungo tratto di strada i soldati lanciarono tali grida di gioia che l’aquila non ne fu affatto spaventata, il che fece dubitare molto poco della possibilità di un grande e felice successo.
L’armée vint à Trêves en toute sécurité, comme chez des alliés. Mais, quoiqu’elle reçût toutes sortes de bons traitements à Divodure, ville de la province de Metz, une terreur panique fit prendre sans sujet les armes aux soldats pour la détruire. Ce n’était point l’ardeur du pillage qui les animait, mais une fureur, une rage, d’autant plus difficile à calmer qu’on en ignorait la cause. Enfin, après bien des prières et le meurtre de quatre mille hommes, le général sauva le reste de la ville. Cela répandit une telle terreur dans les Gaules, que de toutes les provinces où passait l’armée on voyait accourir le peuple et les magistrats suppliants, les chemins se couvrir de femmes, d’enfants, de tous les objets les plus propres à fléchir un ennemi même, et qui, sans avoir de guerre, imploraient la paix.
À Toul, Valens apprit la mort de Galba et l’élection d’Othon. Cette nouvelle, sans effrayer ni réjouir les troupes, ne changea rien à leurs desseins ; mais elle détermina les Gaulois qui, haïssant également Othon et Vitellius, craignaient de plus celui-ci. On vint ensuite à Langres, province voisine, et du parti de l’armée ; elle y fut bien reçue, et s’y comporta honnêtement. Mais cette tranquillité fut troublée par les excès des cohortes détachées de la quatorzième légion, dont j’ai parlé ci-devant, et que Valens avait jointes à son armée. Une querelle, qui devint émeute, s’éleva entre les Bataves et les légionnaires ; et les uns et les autres ayant ameuté leurs camarades, on était sur le point d’en venir aux mains, si, par le châtiment de quelques Bataves, Valens n’eût rappelé les autres à leur devoir. On s’en prit mal-à-propos aux Éduens du sujet de la querelle. Il leur fut ordonné de fournir de l’argent, des armes, et des vivres, gratuitement. Ce que les Éduens firent par force, les Lyonnais le firent volontiers : aussi furent-ils délivrés de la légion italique et de l’escadron de Turin qu’on emmenait, et on ne laissa que la dix-huitième cohorte à Lyon, son quartier ordinaire. Quoique Manlius Valens, commandant de la légion italique, eût bien mérité de Vitellius, il n’en reçut aucun honneur. Fabius l’avait desservi secrètement ; et, pour mieux le tromper, il affectait de le louer en public.
Il régnait entre Vienne et Lyon d’anciennes discordes que la dernière guerre avait ranimées : il y avait eu beaucoup de sang versé de part et d’autre, et des combats plus fréquents et plus opiniâtres que s’il n’eût été question que des intérêts de Galba ou de Néron. Les revenus publics de la province de Lyon avoient été confisqués par Galba sous le nom d’amende. Il fit, au contraire, toutes sortes d’honneurs aux Viennois, ajoutant ainsi l’envie à la haine de ces deux peuples, séparés seulement par un fleuve, qui n’arrêtait pas leur animosité. Les Lyonnais, animant donc le soldat, l’excitaient à détruire Vienne, qu’ils accusaient de tenir leur colonie assiégée ; de s’être déclarée pour Vindex, et d’avoir ci-devant fourni des troupes pour le service de Galba. En leur montrant ensuite la grandeur du butin, ils animaient la colère par la convoitise ; et, non contents de les exciter en secret : « Soyez, leur disaient-ils hautement, nos vengeurs et les vôtres, en détruisant la source de toutes les guerres des Gaules : là, tout vous est étranger ou ennemi ; ici vous voyez une colonie romaine et une portion de l’armée toujours fidèle à partager avec vous les bons et les mauvais u succès : la fortune peut nous être contraire, ne nous abandonnez pas à des ennemis irrités. » Par de semblables discours, ils échauffèrent tellement l’esprit des soldats, que les officiers et les généraux désespéraient de les contenir. Les Viennois, qui n’ignoraient pas le péril, vinrent au-devant de l’armée avec des voiles et des bandelettes, et, se prosternant devant les soldats, baisant leurs pas, embrassant leurs genoux et leurs armes, ils calmèrent leur fureur. Alors Valens leur ayant fait distribuer trois cents sesterces par tête, on eut égard à l’ancienneté et à la dignité de la colonie ; et ce qu’il dit pour le salut et la conservation des habitants fut écouté favorablement. On désarma pourtant la province, et les particuliers furent obligés de fournir à discrétion des vivres au soldat ; mais on ne douta point qu’ils n’eussent à grand prix acheté le général. Enrichi tout-à-coup, après avoir longtemps sordidement vécu, il cachait mal le changement de sa fortune ; et, se livrant sans mesure à tous ses désirs irrités par une longue abstinence, il devint un vieillard prodigue, d’un jeune homme indigent qu’il avait été.
En poursuivant lentement sa route, il conduisit l’armée sur les confins des Allobroges et des Voconces, et, par le plus infâme commerce, il réglait les séjours et les marches sur l’argent qu’on lui payait pour s’en délivrer. Il imposait les propriétaires des terres et les magistrats des villes avec une telle dureté, qu’il fut prêt à mettre le feu au Luc, ville des Voconces, qui l’adoucirent avec de l’argent. Ceux qui n’en avaient point l’apaisaient en lui livrant leurs femmes et leurs filles. C’est ainsi qu’il marcha jusqu’aux Alpes.
Cécina fut plus sanguinaire et plus âpre au butin. Les Suisses, nation gauloise, illustre autrefois par ses armes et ses soldats, et maintenant par ses ancêtres, ne sachant rien de la mort de Galba et refusant d’obéir à Vitellius, irritèrent l’esprit brouillon de son général. La vingt-unième légion, ayant enlevé la paie destinée à la garnison d’un fort où les Suisses entretenaient depuis longtemps des milices du pays, fut cause, par sa pétulance et son avarice, du commencement de la guerre. Les Suisses irrités interceptèrent les lettres que l’armée d’Allemagne écrivait à celle de Hongrie, et retinrent prisonniers un centurion et quelques soldats. Cécina, qui ne cherchait que la guerre, et prévenait toujours la réparation parla vengeance, lève aussitôt son camp et dévaste le pays. Il détruisit un lieu que ses eaux minérales faisaient fréquenter, et qui, durant une longue paix, s’était embelli comme une ville. Il envoya ordre aux auxiliaires de la Rhétique de charger en queue les Suisses qui faisaient face à la légion. Ceux-ci, féroces loin du péril et lâches devant l’ennemi, élurent bien au premier tumulte Claude Sévère pour leur général ; mais, ne sachant ni s’accorder dans leurs délibérations, ni garder leurs rangs, ni se servir de leurs armes, ils se laissaient défaire, tuer par nos vieux soldats, et forcer dans leurs places, dont tous les murs tombaient en ruines. Cécina d’un côté avec une bonne armée, de l’autre les escadrons et les cohortes rhétiques composées d’une jeunesse exercée aux armes et bien disciplinée, mettaient tout à feu et à sang. Les Suisses, dispersés entre deux, jetant leurs armes, et la plupart épars ou blessés, se réfugièrent sur les montagnes, d’où chassés par une cohorte thrace qu’on détacha après eux, et poursuivis par l’armée des Rhétiens, on les massacrait dans les forêts et jusque dans leurs cavernes. On en tua par milliers, et l’on en vendit un grand nombre. Quand on eut fait le dégât, on marcha en bataille à Avranches, capitale du pays. Ils envoyèrent des députés pour se rendre, et furent reçus à discrétion. Cécina fit punir Julius Alpinus, un de leurs chefs, comme auteur de la guerre, laissant au jugement de Vitellius la grâce ou le châtiment des autres.
On aurait peine à dire qui, du soldat ou de l’empereur, se montra le plus implacable aux députés helvétiens. Tous, les menaçant des armes et de la main, criaient qu’il fallait détruire leur ville, et Vitellius même ne pouvait modérer sa fureur. Cependant Claudius Cossus, un des députés, connu par son éloquence, sut l’employer avec tant de force et la cacher avec tant d’adresse sous un air d’effroi, qu’il adoucit l’esprit des soldats, et, selon l’inconstance ordinaire au peuple, les rendit aussi portés à la clémence qu’ils l’étaient d’abord à la cruauté ; de sorte qu’après beaucoup de pleurs, ayant imploré grâce d’un ton plus rassis, ils obtinrent le salut et l’impunité de leur ville.
The army arrived in Trier safely, as if it were among allies. However, despite receiving all kinds of generous treatment in Divodure, a city in the province of Metz, panic and terror caused the soldiers to take up arms without any provocation in order to destroy the town. It was not the desire for plunder that drove them, but a fury, an anger that was all the more difficult to contain because its cause was unknown. Finally, after many prayers and the killing of four thousand men, the general managed to save the rest of the city. This incident caused such terror throughout Gaul that in every province the army passed through, people and officials came forth in supplication; roads were filled with women, children, and all kinds of objects likely to soften even the heart of an enemy—people who, without any actual war at hand, begged for peace.
In Toul, Valens learned of Galba’s death and the election of Otho. This news neither frightened nor delighted the troops; it did not alter their plans in any way. However, it influenced the Gauls, who hated both Otho and Vitellius but feared the latter even more. They then proceeded to Langres, a neighboring province, where they were well received by the local party and behaved honorably. But this tranquility was disturbed by the excesses of the cohorts detached from the fourteenth legion—those I had mentioned earlier—and which Valens had incorporated into his army. A dispute, which soon turned into an uprising, broke out between the Batavians and the legionnaires. Both sides called upon their comrades to join them, and violence seemed imminent until Valens, by punishing a few Batavians, managed to restore order. Unfortunately, this incident led to misunderstandings regarding the Edueni. They were ordered to provide money, weapons, and food gratuitously. While the Edueni complied under duress, the Lyonnese did so willingly. As a result, they were freed from the Italian legion and the Turin squadron that had been stationed there; only the eighteenth cohort remained in Lyon, its usual base. Although Manlius Valens, the commander of the Italian legion, had indeed served Vitellius well, he received no recognition for it. Fabius had secretly supported him; moreover, to deceive him further, Vitellius pretended to praise him in public.
There had long existed ancient discordions between Vienna and Lyon, which the recent war had renewed: much blood had been shed on both sides, and the battles were more frequent and fierce than if it had merely been a matter of securing the interests of Galba or Nero. The public revenues of the province of Lyon had been confiscated by Galba under the pretext of imposing fines. On the contrary, he showered all kinds of honors upon the people of Vienna, thus adding to the hatred between these two peoples, separated only by a river that did nothing to diminish their hostility. The Lyonnese, inciting the soldiers, urged them to destroy Vienna, accusing it of besieging their own colony, of supporting Vindex, and of previously providing troops for Galba’s service. They also showed the soldiers the immense wealth that could be gained in plunder, stoking their anger through greed. Moreover, they openly encouraged them, saying: “Be our avengers, as well as yours, by destroying the source of all wars in Gaul. There, everything is foreign or hostile to you; here you see a Roman colony and a portion of the army that has always been faithful, ready to share with you both success and failure. Even if fortune turns against us, do not abandon us to enraged enemies.” With such speeches, they greatly inflamed the soldiers’ tempers, to the point where even the officers and generals feared they could no longer control them. The Viennese, aware of the danger, came out to meet the army with banners and garlands. Prostrating themselves before the soldiers, kissing their feet, knees, and weapons, they managed to calm their fury. Then Valens distributed three hundred sesterces to each soldier, taking into account the age and dignity of the colony. His words regarding the safety and preservation of its inhabitants were heard favorably. Nevertheless, the province was disarmed, and private citizens were forced to provide food for the soldiers at the army’s discretion; it went without saying that they had probably paid a heavy price for this protection. Suddenly enriched after having lived in poverty for so long, Valens could not hide the change in his fortune. Giving free rein to all his desires, which had been restrained for so long, he became a prodigal old man, quite different from the poor young man he had once been.
Slowly continuing on his way, he led the army to the borders of the Allobroges and the Voconces, and through the most despicable means, he determined the length of stays and the order of marches solely based on the money paid to him in exchange for sparing them. He imposed his authority over landowners and city magistrates with such brutality that he was even willing to set fire to Luc, a city of the Voconces—until they appeased him by offering him their women and daughters. In this manner, he continued his advance until he reached the Alps.
Cecina was more bloodthirsty and more relentless in his pursuit of plunder. The Swedes, a Gallic nation once renowned for its warriors and soldiers, and now celebrated for its ancestors, being ignorant of Galba’s death and refusing to obey Vitellius, provoked the hot-tempered nature of their general. The twenty-first legion, having seized the pay intended for the garrison of a fortress where the Swedes had long maintained local militias, caused the outbreak of war due to its recklessness and greed. Enraged, the Swedes intercepted letters sent by the German army to the Hungarian forces and captured a centurion along with several soldiers. Cecina, who sought nothing but war and always resorted to vengeance rather than reconciliation, immediately set out with his troops, laying waste to the land. He destroyed a place that was frequented for its mineral springs and had been transformed into a thriving town during a long period of peace. He ordered the auxiliary forces from Rhaetia to attack the Swedes from behind. These latter, fierce in the face of danger but cowardly before an enemy, hastily appointed Claudius Severus as their commander. However, lacking coordination in their efforts, discipline, or effective use of their weapons, they were easily defeated by our experienced soldiers and forced into their fortified positions, whose walls had long since collapsed. On one side was Cecina with his well-trained army; on the other, the disciplined and skilled Rhaetian cavalry and infantry. Chaos and bloodshed ensued. The Swedes, scattered and disarmed, with many wounded or dead, took refuge in the mountains. There, they were chased by a Thracian cohort and pursued by the entire Rhaetian army; thousands were slaughtered, and many more were taken prisoner. After completing this devastation, the troops marched towards Avranches, the capital of the region. The Swedes sent delegates to surrender, and their terms were granted at the discretion of those in authority. Cecina had Julius Alpinus, one of their leaders, executed as the instigator of the war, leaving the fate of the others to Vitellius’s judgment.
It would be difficult to say whether the soldier or the emperor was more relentless towards the Helvetian delegates. Both, brandishing weapons and threatening them with their hands, shouted that their city must be destroyed; even Vitellius could not restrain his fury. However, Claudius Cossus, one of the delegates known for his eloquence, managed to use it so powerfully while concealing it skillfully under an air of fear that he softened the soldiers’ minds. And, in keeping with the common fickleness of the people, he made them as inclined toward mercy as they had previously been toward cruelty. As a result, after much weeping and pleading in a more composed tone, they were granted the salvation and immunity of their city.
L’esercito arrivò a Treviri in totale sicurezza, come se fosse tra alleati. Tuttavia, nonostante ricevesse ogni sorta di trattamenti gentili a Divodura, città della provincia di Metz, un panico improvviso spinse i soldati ad armarsi senza motivo per distruggerla. Non era l’avidità di saccheggio a spingerli, ma una furia, una rabbia tanto più difficile da placare quanto ne fosse ignota la causa. Alla fine, dopo molte preghiere e la morte di quattromila uomini, il generale riuscì a salvare il resto della città. Questo evento diffuse un terrore tale nelle Gallie che, in tutte le province attraversate dall’esercito, si vedeva il popolo e i magistrati accorrere supplicanti; le strade erano piene di donne, bambini e di tutti gli oggetti capaci di commuovere anche il nemico più spietato. Eppure, senza alcuna guerra in corso, la gente implorava la pace.
A Toul, Valens apprese della morte di Galba e dell’elezione di Ottone. Questa notizia, senza spaventare né rallegrare le truppe, non modificò in alcun modo i loro piani; tuttavia influenzò decisivamente i Galli, che odiavano sia Ottone che Vitellio, ma temevano soprattutto quest’ultimo. Successivamente si giunse a Langres, una provincia vicina e appartenente al partito dell’esercito; lì fu accolto bene e si comportò onestamente. Tuttavia questa tranquillità fu turbata dagli eccessi delle coorti distaccate dalla quattordicesima legione, di cui avevo parlato in precedenza, e che Valens aveva unite alle sue truppe. Scaturì una lite, che si trasformò in un’insurrezione, tra i Batavi e i legionari; entrambi i gruppi chiamarono a raccolta i loro compagni, e sembrava che stesse per scoppiare uno scontro armato, se non fosse stato per il fatto che Valens, punendo alcuni Batavi, riuscì a far ritornare gli altri al dovere. A causa di questa disputa, si presero in prestito motivi contro gli Edui: loro furono costretti a fornire gratuitamente denaro, armi e viveri. Gli Edui lo fecero controvolentemente, mentre i Lionesi lo fecero volontariamente; per questo motivo furono liberati dalla legione italica e dall’escadrone di Torino che li accompagnavano, e rimase solo la diciottesima coorte a Lione, nel suo quartier di origine. Sebbene Manlio Valens, comandante della legione italica, avesse meritato molto da Vitellio, non ricevette alcun riconoscimento da parte sua. Fabio lo aveva servito in segreto; e per ingannarlo ancora di più, fingeva di lodarlo in pubblico.
Tra Vienna e Lione esistevano antiche discordie che la guerra precedente aveva rinfocolato: da entrambe le parti era stato versato molto sangue, e i combattimenti erano più frequenti e accaniti di quanto avrebbero dovuto essere se si fosse trattato soltanto degli interessi di Galba o di Nerone. I proventi pubblici della provincia di Lione erano stati confiscati da Galba con il pretesto di una multa; al contrario, egli riservò ogni sorta di onori ai Viennesi, aumentando così l’invidia e l’odio tra questi due popoli, separati soltanto da un fiume che non riusciva a placare la loro animosità. I Lionesi, incitando i soldati, li esortavano a distruggere Vienna, accusandola di aver assediato la loro colonia, di essersi schierata dalla parte di Vindex e di aver in precedenza fornito truppe al servizio di Galba. Mostrando loro poi l’immensità del bottino che avrebbero potuto ottenere, alimentavano la loro rabbia con la cupidigia; e non si accontentavano di incitarli in segreto: “Siate”, dicevano ad alta voce, “i nostri vendicatori e anche i vostri, distruggendo la fonte di tutte le guerre della Gallia: lì tutto vi è estraneo o nemico; qui vedete una colonia romana e una parte dell’esercito sempre fedele, pronta a condividere con voi sia i successi che gli insuccessi; anche se la fortuna potesse voltarsi contro di noi, non abbandonateci ad avversari furibondi.” Con discorsi del genere riuscirono a infiammare talmente lo spirito dei soldati che ufficiali e generali disperavano di poterli controllare. I Viennesi, consapevoli del pericolo imminente, andarono incontro all’esercito con drappi e nastri; si prostrarono davanti ai soldati, baciando i loro passi, abbracciando le loro ginocchia e le loro armi, e riuscirono a placare la loro furia. Allora Valens distribuì trecento sesterzi a testa tra i soldati; vennero tenuti conto dell’antichità e della dignità della colonia; e ciò che egli disse per il bene e la salvezza degli abitanti fu ascoltato con favore. Tuttavia, la provincia fu disarmata e i privati furono costretti a fornire cibo ai soldati a discrezione di questi ultimi; ma non si dubitava che avessero pagato un prezzo molto alto per ottenere il favore del generale. Improvvisamente arricchiti, dopo aver vissuto a lungo in condizioni di povertà, Valens non riusciva a nascondere il cambiamento nella sua fortuna; abbandonandosi senza limiti a tutti i suoi desideri, alimentati da una lunga privazione, divenne un vecchio dissipato, diverso completamente dal giovane povero che era stato.
Proseguendo lentamente il suo cammino, condusse l’esercito ai confini degli Allobrogi e dei Voconci; con il più infame dei metodi, regolava le soste e le marce in base all’oro che gli veniva pagato per liberarli da lui. Imponeva ai proprietari terrieri e ai magistrati delle città una tale durezza, che arrivò persino a minacciare di incendiare la città dei Voconci, Luc, che alla fine lo placò offrendogli del denaro. Coloro che non disponevano di oro lo placavano consegnandogli le loro donne e le loro figlie. Fu così che avanzò fino alle Alpi.
Cecina fu ancora più sanguinario e assetato di bottino. Gli Svizzeri, una nazione gallica un tempo illustre per le sue armi e i suoi soldati, e ora rinomata anche per i suoi antenati, ignari della morte di Galba e riluttanti ad obbedire a Vitellio, irritarono ulteriormente il carattere irascibile del loro generale. La ventunesima legione, avendo sequestrato la paga destinata alla guarnigione di un forte dove gli Svizzeri avevano da tempo mantenuto delle milizie locali, fu causa, con la sua impulsività e avarizia, dell’inizio della guerra. Gli Svizzeri, offesi, intercettarono le lettere che l’esercito tedesco inviava a quello ungherese e catturarono un centurione insieme ad alcuni soldati. Cecina, che cercava soltanto la guerra e preferiva sempre la vendetta alla riconciliazione, levò immediatamente il campo e devastò la regione. Distrusse una località frequentata per le sue sorgenti minerali, che durante un lungo periodo di pace si era trasformata in una città veramente bella. Ordinò agli ausiliari della Rezia di attaccare gli Svizzeri schierati di fronte alla legione; questi, spietati lontano dal pericolo ma codardi di fronte al nemico, scelsero subito Claudio Severo come loro generale; tuttavia, incapaci di coordinarsi nelle decisioni, di mantenere le formazioni o di utilizzare correttamente le armi, si lasciarono sconfiggere e uccidere dai nostri soldati, venendo costretti a ritirarsi nelle loro fortezze, le cui mura erano ormai in rovina. Da un lato Cecina, con un esercito ben organizzato, dall’altro gli squadroni e le coorti della Rezia composte da giovani addestrati alle armi e disciplinati, seminavano distruzione ovunque. Gli Svizzeri, divisi in due gruppi, abbandonarono le loro armi; la maggior parte di loro, dispersa o ferita, si rifugiò sulle montagne, ma venne inseguita e massacrata nelle foreste e persino nelle caverne. Migliaia furono uccisi e molti altri venduti come prigionieri. Una volta completato il saccheggio, l’esercito avanzò verso Avranches, la capitale della regione. Gli Svizzeri inviarono dei delegati per arrendersi e furono accettati alle condizioni stabilite. Cecina fece punire Giulio Alpinus, uno dei loro capi, ritenuto responsabile dell’inizio della guerra, lasciando a Vitellio il compito di decidere se concedergli la grazia o infliggergli la pena.
Sarebbe difficile dire chi dei due, il soldato o l’imperatore, si dimostrò più spietato nei confronti dei delegati elvetici. Tutti e due, minacciandoli con le armi e con le parole, gridavano che la loro città doveva essere distrutta; persino Vitellio non riusciva a contenere la sua furia. Tuttavia Claudio Cosso, uno dei delegati noto per la sua eloquenza, seppe utilizzarla con grande abilità e nasconderne l’intensità sotto un’apparenza di timore, riuscendo così ad addolcire gli animi dei soldati. E, come spesso accade tra le persone, i delegati passarono dalla crudeltà alla clemenza; dopo molte lacrime e suppliche più calme, ottennero la salvezza e l’immunità per la loro città.
Cécina, s’étant arrêté quelques jours en Suisse pour attendre les ordres de Vitellius et se préparer au passage des Alpes, y reçut l’agréable nouvelle que la cavalerie syllanienne, qui bordait le Pô, s’était soumise à Vitellius. Elle avait servi sous lui dans son proconsulat d’Afrique ; puis Néron, l’ayant rappelée pour l’envoyer en Égypte, la retint pour la guerre de Vindex. Elle était ainsi demeurée en Italie, où ses décurions, à qui Othon était inconnu et qui se trouvaient liés à Vitellius, vantant la force des légions qui s’approchaient et ne parlant que des armées d’Allemagne, l’attirèrent dans son parti. Pour ne point s’offrir les mains vides, ces troupes déclarèrent à Cécina qu’elles joignaient aux possessions de leur nouveau prince les forteresses d’au-delà du Pô : savoir, Milan, Novarre, Ivrée et Verceil ; et comme une seule brigade de cavalerie ne suffisait pas pour garder une si grande partie de l’Italie, il y envoya les cohortes des Gaules, de Lusitanie et de Bretagne, auxquelles il joignit les enseignes allemandes et l’escadron de Sicile. Quant à lui, il hésita quelque temps s’il ne traverserait point les monts Rhétiens pour marcher dans la Norique contre l’intendant Pétronius, qui, ayant rassemblé les auxiliaires et fait couper les ponts, semblait vouloir être fidèle à Othon. Mais, craignant de perdre les troupes qu’il avait envoyées devant lui, trouvant aussi plus de gloire à conserver l’Italie, et jugeant qu’en quelque lieu que l’on combattît, la Norique ne pouvait échapper au vainqueur, il fit passer les troupes des alliés, et même les pesants bataillons légionnaires par les Alpes Pennines, quoiqu’elles fussent encore couvertes de neige.
Cependant, au lieu de s’abandonner aux plaisirs et à la mollesse, Othon, renvoyant à d’autres temps le luxe et la volupté, surprit tout le monde en s’appliquant à rétablir la gloire de l’empire. Mais ces fausses vertus ne faisaient prévoir qu’avec plus d’effroi le moment où ses vices reprendraient le dessus. Il fit conduire au Capitole Marius Celsus, consul désigné, qu’il avait feint de mettre aux fers pour le sauver de la fureur des soldats, et voulut se donner une réputation de clémence en dérobant à la haine des siens une tête illustre. Celsus, par l’exemple de sa fidélité pour Galba, dont il faisait gloire, montrait à son successeur ce qu’il en pouvait attendre à son tour. Othon, ne jugeant pas qu’il eût besoin de pardon, et voulant ôter toute défiance à un ennemi réconcilié, l’admit au nombre de ses plus intimes amis, et dans la guerre qui suivit bientôt en fit l’un de ses généraux. Celsus, de son côté, s’attacha sincèrement à Othon, comme si c’eût été son sort d’être toujours fidèle au parti malheureux. Sa conservation fut agréable aux grands, louée du peuple, et ne déplut pas même aux soldats, forcés d’admirer une vertu qu’ils haïssaient.
Le châtiment de Tigellinus ne fut pas moins applaudi, par une cause toute différente. Sophonius Tigellinus, né de parents obscurs, souillé dès son enfance, et débauché dans sa vieillesse, avait, à force de vices, obtenu les préfectures de la police, du prétoire, et d’autres emplois dus à la vertu, dans lesquels il montra d’abord sa cruauté, puis son avarice, et tous les crimes d’un méchant homme. Non content de corrompre Néron et de l’exciter à mille forfaits, il osait même en commettre à son insu, et finit par l’abandonner et le trahir. Aussi nulle punition ne fut-elle plus ardemment poursuivie, mais par divers motifs, de ceux qui détestaient Néron et de ceux qui le regrettaient. Il avait été protégé près de Galba par Vinius, dont il avait sauvé la fille, moins par pitié, lui qui commit tant d’autres meurtres, que pour s’étayer du père au besoin ; car les scélérats, toujours en crainte des révolutions, se ménagent de loin des amis particuliers qui puissent les garantir de la haine publique, et, sans s’abstenir du crime, s’assurent ainsi de l’impunité. Mais cette ressource ne rendit Tigellinus que plus odieux, en ajoutant à l’ancienne aversion qu’on avait pour lui celle que Vinius venait de s’attirer. On accourait de tous les quartiers dans la place et dans le palais : le cirque surtout et les théâtres, lieux où la licence du peuple est plus grande, retentissaient de clameurs séditieuses. Enfin Tigellinus, ayant reçu aux eaux de Sinuesse l’ordre de mourir, après de honteux délais cherchés dans les bras des femmes, se coupa la gorge avec un rasoir, terminant ainsi une vie infâme par une mort tardive et déshonnête.
Dans ce même temps on sollicitait la punition de Galvia Grispinilla ; mais elle se tira d’affaire à force de défaites, et par une connivence qui ne fit pas honneur au prince. Elle avait eu Néron pour élève de débauche : ensuite, ayant passé en Afrique pour exciter Macer à prendre les armes, elle tâcha tout ouvertement d’affamer Rome. Rentrée en grâce à la faveur d’un mariage consulaire, et échappée aux règnes de Galba, d’Othon et de Vitellius, elle resta fort riche et sans enfants, deux grands moyens de crédit dans tous les temps bons et mauvais.
Cependant Othon écrivait à Vitellius lettres sur lettres, qu’il souillait de cajoleries de femme, lui offrant argent, grâces, et tel asile qu’il voudrait choisir pour y vivre dans les plaisirs ; Vitellius lui répondit sur le même ton. Mais ces offres mutuelles, d’abord sobrement ménagées et couvertes des deux côtés d’une sotte et honteuse dissimulation, dégénérèrent bientôt en querelles, chacun reprochant à l’autre avec la même vérité ses vices et sa débauche. Othon rappela les députés de Galba, et en envoya d’autres, au nom du sénat, aux deux armées d’Allemagne, aux troupes qui étaient à Lyon, et à la légion d’Italie. Les députés restèrent auprès de Vitellius, mais trop aisément pour qu’on crût que c’était par force. Quant aux prétoriens qu’Othon avait joints comme par honneur à ces députés, on se hâta de les renvoyer avant qu’ils se mêlassent parmi les légions. Fabius Valens leur remit des lettres au nom des armées d’Allemagne pour les cohortes de la ville et du prétoire, par lesquelles, parlant pompeusement du parti de Vitellius, on les pressait de s’y réunir. On leur reprochait vivement d’avoir transféré à Othon l’empire décerné longtemps auparavant à Vitellius. Enfin, usant pour les gagner de promesses et de menaces, on leur parlait comme à des gens à qui la paix n’ôtait rien, et qui ne pouvaient soutenir la guerre : mais tout cela n’ébranla point la fidélité des prétoriens.
Alors Othon et Vitellius prirent le parti d’envoyer des assassins, l’un en Allemagne et l’autre à Rome, tous deux inutilement. Ceux de Vitellius, mêlés dans une si grande multitude d’hommes inconnus l’un à l’autre, ne furent pas découverts ; mais ceux d’Othon furent bientôt trahis par la nouveauté de leurs visages parmi des gens qui se connaissaient tous. Vitellius écrivit à Titien, frère d’Othon, que sa vie et celle de ses fils lui répondraient de sa mère et de ses enfants. L’une et l’autre famille fut conservée. On douta du motif de la clémence d’Othon ; mais Vitellius vainqueur eut tout l’honneur de la sienne.
La première nouvelle qui donna de la confiance à Othon lui vint d’Illyrie, d’où il apprit que les légions de Dalmatie, de Pannonie et de la Moesie, avoient prêté serment en son nom. Il reçut d’Espagne un semblable avis, et donna par édit des louanges à Cluvius Rufus ; mais on sut, bientôt après, que l’Espagne s’était retournée du côté de Vitellius. L’Aquitaine, que Julius Cordus avait aussi fait déclarer pour Othon, ne lui resta pas plus fidèle. Comme il n’était pas question de foi ni d’attachement, chacun se laissait entraîner çà et là selon sa crainte et ses espérances. L’effroi fit déclarer de même la province narbonnaise en faveur de Vitellius, qui, le plus proche et le plus puissant, parut aisément le plus légitime. Les provinces les plus éloignées et celles que la mer séparait des troupes restèrent à Othon, moins pour l’amour de lui qu’à cause du grand poids que donnaient à son parti le nom de Rome et l’autorité du sénat, outre qu’on penchait naturellement pour le premier reconnu[10]. L’armée de Judée, par les soins de Vespasien, et les légions de Syrie, par ceux de Mucianus, prêtèrent serment à Othon. L’Égypte et toutes les provinces d’Orient reconnaissaient son autorité. L’Afrique lui rendit la même obéissance, à l’exemple de Carthage, où, sans attendre les ordres du proconsul Vipsianus Apronianus, Crescens, affranchi de Néron, se mêlant, comme ses pareils, des affaires de la république dans les temps de calamités, avait, en réjouissance de la nouvelle élection, donné des fêtes au peuple, qui se livrait étourdiment à tout. Les autres villes imitèrent Carthage. Ainsi les armées et les provinces se trouvaient tellement partagées, que Vitellius avait besoin des succès de la guerre pour se mettre en possession de l’empire.
Cecina, having stopped in Switzerland for a few days to await orders from Vitellius and prepare for the crossing of the Alps, received the good news that the Syllanian cavalry, which was stationed along the Po River, had submitted to Vitellius. They had served under him during his tenure as proconsul of Africa; later, when Nero recalled them to send them to Egypt, he retained them for the war against Vindex. Thus, they remained in Italy. There, their decurions—who were unfamiliar with Otho and were affiliated with Vitellius—promoted the strength of the approaching legions and spoke only of the German armies, thus drawing Cecina into their camp. In order not to arrive empty-handed, these troops declared to Cecina that they would add to their new lord’s territories the fortresses located beyond the Po: Milan, Novara, Ivrea, and Verceil. Since a single cavalry brigade was insufficient to guard such a large portion of Italy, he dispatched the cohorts from Gaul, Lusitania, and Brittany, along with the German units and the Sicilian squadron. As for himself, he hesitated for some time whether to cross the Rhaetian Mountains and march into Noricum against the governor Petronius, who had gathered the auxiliaries and ordered the bridges to be destroyed, seemingly intending to remain loyal to Otho. However, fearing that he would lose the troops he had sent ahead, considering it more honorable to retain Italy, and believing that no matter where the battle took place, Noricum could not escape the victor’s grasp, he ordered his allies’ troops—and even the heavy legionary battalions—to cross the Pennine Alps, despite the still-falling snow.
However, instead of indulging in pleasures and softness, Otho, putting aside luxury and indulgence for other times, surprised everyone by dedicating himself to restoring the glory of the empire. But these false virtues only presaged even more terrifying moments when his vices would resurface. He had Marius Celsus, the consul whom he had pretended to put in chains in order to save him from the soldiers’ fury, brought to the Capitol and sought to earn a reputation for clemency by sparing the life of this illustrious man, thus avoiding the hatred of his own people. Through his unwavering loyalty to Galba, which he proudly displayed, Celsus showed Otho what he could expect in return. Otho, deeming no forgiveness necessary and wishing to completely dispel any lingering distrust in a reconciled enemy, welcomed Celsus into his closest circle of friends and even appointed him as one of his generals in the ensuing war. On his part, Celsus wholeheartedly devoted himself to Otho, as if it were his fate to always remain loyal to the unfortunate cause. His loyalty pleased the nobles, was praised by the people, and even won over the soldiers, who were forced to acknowledge a virtue they themselves hated.
Tigellinus’s punishment was met with equal enthusiasm, albeit for entirely different reasons. Sophonius Tigellinus, born to obscure parents, corrupted from a young age and degenerate in his old age, had, through his own vices, managed to obtain the prefectures of the police and the court, as well as other positions that should have been reserved for the virtuous. In these roles, he first displayed cruelty and then greed, committing every crime of a wicked man. Not content with corrupting Nero and inciting him to countless atrocities, he even dared to commit some of them without Nero’s knowledge, eventually abandoning and betraying him. Thus, no punishment was more eagerly sought after than that which could be inflicted on Tigellinus—by those who hated Nero as well as by those who regretted his reign. Near Galba, Tigellinus had been protected by Vinius, whose daughter he had saved. However, this protection stemmed not so much from pity—Vinius, who had committed many other murders—but rather from a need to secure himself the support of such a powerful ally in case of revolution. For villains, always fearful of public backlash, seek to distance themselves from those individuals who might expose them to public hatred. By committing crimes without fear of retribution, they ensure their own impunity. Yet this very strategy only made Tigellinus more detestable, adding to the existing aversion people felt toward him the resentment that Vinius now carried toward him. People flocked from every corner of the city to the square and the palace; especially the circus and theaters, where the populace’s licentiousness was greatest, echoed with seditious cries. In the end, after enduring humiliating delays while clinging to women, Tigellinus was ordered to die at Sinuesse. There, he ended his vile life by cutting his own throat—a late and disgraceful death for a man whose entire existence had been one of shame and wickedness.
At the same time, efforts were made to punish Galvia Grispinilla; but she managed to extricate herself from trouble through a series of defeats, and through an collusion that did no honor to the prince. She had once been Nero’s companion in debauchery; later, after going to Africa to incite Macer to take up arms, she openly tried to bring Rome to ruin. Having regained favor through a consular marriage, and surviving the reigns of Galba, Otho, and Vitellius, she remained extremely wealthy and childless—two factors that always guaranteed her influence in good times and bad.
However, Otho continued to write to Vitellius letter after letter, filling them with the flattery typical of a woman, offering him money, favors, and any kind of refuge he might choose in order to indulge in pleasure; Vitellius replied in the same tone. But these mutual offers, at first cautiously made and concealed by both sides through foolish and shameful deceit, soon degenerated into arguments, with each accusing the other of their own vices and debauchery with equal vehemence. Otho recalled the delegates sent by Galba and dispatched others on behalf of the senate to both armies in Germany, to the troops stationed in Lyon, and to the legion in Italy. The delegates remained with Vitellius, but too readily, so as not to seem forced to do so. As for the praetors that Otho had accompanying these delegates out of courtesy, they were quickly sent away before they could mingle with the legions. Fabius Valens handed them letters from the armies in Germany, addressed to the cohorts in the city and under the praetor’s authority, in which the cause of Vitellius was grandly advocated, urging them to join his side. They were sharply reproached for having transferred the empire that had long been granted to Vitellius to Otho. Finally, promises and threats were used to try to win them over, treating them as if peace meant nothing to them and they could only support war; yet all these efforts failed to shake the loyalty of the praetors.
Therefore, Otho and Vitellius decided to send assassins—one to Germany and the other to Rome—but both efforts proved futile. Vitellius’ agents, mixed among a vast crowd of strangers, went unnoticed; however, Otho’s men were quickly identified by their unfamiliar faces in a community where everyone knew each other. Vitellius wrote to Otho’s brother Titian, stating that the lives of his own sons and those of Otho’s children would be enough proof of his mercy toward Otho’s mother and children. Both families were spared. People questioned the motives behind Otho’s leniency; but as the victor, Vitellius received all the credit for it.
The first piece of good news that restored Otho’s confidence came from Illyria, where he learned that the legions of Dalmatia, Pannonia, and Moesia had sworn allegiance to him in his name. A similar report also reached him from Spain, and he issued an edict praising Cluvius Rufus; however, it was soon discovered that Spain had switched its support to Vitellius. Aquitaine, which Julius Cordus had also declared in favor of Otho, proved no more loyal to him. Since there was no question of genuine loyalty or commitment, everyone followed their own fears and hopes, leading many provinces—such as Narbonne—to side with Vitellius. After all, he was the nearer and more powerful candidate, and thus seemingly the more legitimate heir to the throne. The more distant provinces, as well as those separated from Otho’s forces by the sea, remained loyal to him—not so much out of love for him as due to the influence of Rome’s name and the authority of the Senate, coupled with the natural inclination to support the newly recognized emperor. The army of Judea, under Vespasian’s command, and the legions of Syria, under Mucianus’ leadership, also swore allegiance to Otho. Egypt and all the eastern provinces acknowledged his authority. Africa followed suit, with Carthage being a prime example—there, Crescens, a freedman of Nero who had taken an active role in governing the republic during times of crisis, organized celebrations for the people upon hearing of Otho’s election, and the populace eagerly joined in the festivities. Other cities did the same. In this way, both the armies and provinces were so divided that Vitellius needed military victories to seize control of the empire.
Cecina, dopo essersi fermato per alcuni giorni in Svizzera in attesa degli ordini di Vitellio e per prepararsi al passaggio delle Alpi, ricevette la lieta notizia che la cavalleria sillaniana, stazionata lungo il Po, si era sottomessa a Vitellio. Questa cavalleria aveva già servito sotto di lui durante il suo proconsolato in Africa; in seguito, Nerone l’aveva richiamata per inviarla in Egitto, ma poi l’aveva trattenuta per la guerra contro Vindex. Così Cecina era rimasto in Italia, dove i suoi ufficiali, che non conoscevano Otonio e erano legati a Vitellio, esaltavano la forza delle legioni che si stavano avvicinando e parlavano solo delle armate della Germania, attirandolo così dalla sua parte. Per non presentarsi a mani vuote, queste truppe dichiararono a Cecina che aggiungevano ai possedimenti del loro nuovo principe le fortezze al di là del Po: Milano, Novara, Ivrea e Vercelli. Poiché una sola brigata di cavalleria non era sufficiente per difendere una così vasta parte dell’Italia, Cecina inviò lì le coorti delle Gallie, della Lusitania e della Britannia, alle quali aggiunse anche gli stendardi tedeschi e l’escadrono di Sicilia. Per quanto riguardava lui stesso, esitò per un po’ se attraversare i monti Retici per marciare nella Norica contro l’intendente Petronio, che, avendo radunato gli ausiliari e fatto tagliare i ponti, sembrava voler rimanere fedele a Otonio. Tuttavia, temendo di perdere le truppe che aveva inviato avanti, ritenendo anche più glorioso conservare l’Italia, e giudicando che, ovunque si combattesse, la Norica non potesse sfuggire al vincitore, fece attraversare le Alpi Pennine alle truppe degli alleati, compresi i pesanti battaglioni legionari, anche se queste erano ancora coperte di neve.
Tuttavia, invece di abbandonarsi ai piaceri e alla lussuria, Ottone, rinviando il lusso e la voluttà a tempi futuri, sorprese tutti impegnandosi a ristabilire la gloria dell’impero. Ma queste false virtù preannunciavano soltanto che i suoi vizi avrebbero presto ripreso il sopravvento. Fece portare al Campidoglio Mario Celso, il console designato, che aveva finto di imprigionare per salvarlo dalla furia dei soldati, e volle guadagnarsi la reputazione di clemenza rubando alla rabbia dei suoi nemici una figura illustre. Celso, con l’esempio della sua fedeltà verso Galba, di cui andava fiero, mostrò al suo successore ciò che questi avrebbe potuto aspettarsi da lui. Ottone, ritenendo inutile perdonarlo e volendo eliminare ogni sospetto nei confronti di un nemico riconciliato, lo ammise tra i suoi più intimi amici e, nella guerra che seguì poco dopo, ne fece uno dei suoi generali. Celso, dal canto suo, si attaccò sinceramente a Ottone, come se fosse stato suo destino rimanere sempre fedele al partito sfortunato. La sua lealtà fu apprezzata dai grandi, lodata dal popolo e non dispiacque nemmeno ai soldati, costretti ad ammirare una virtù che in realtà odiavano.
La punizione di Tigellino fu ugualmente applaudita, ma per motivi del tutto diversi. Sophonius Tigellino, nato da genitori oscuri, corrotto fin dall’infanzia e dissoluto in vecchiaia, grazie ai suoi vizi aveva ottenuto le cariche di prefetto della polizia, del pretorio e altre posizioni che normalmente spettavano alla virtù. In queste funzioni dimostrò prima la sua crudeltà, poi la sua avarizia, compiendo tutti i crimini tipici di un uomo malvagio. Non si accontentava di corrompere Nerone e di incitarlo a commettere mille atti criminali; osava persino compiere crimini a sua insaputa, finendo per abbandonarlo e tradirlo. Per questo motivo nessuna punizione fu più strenuamente ricercata, sia da coloro che odiavano Nerone sia da quelli che ne rimpiangevano la morte. Tigellino era stato protetto da Vinius presso Galba; aveva salvato la figlia di quest’ultimo, ma non certo per pietà – lui stesso aveva commesso tanti altri omicidi – bensì per potersi avvalere del padre in caso di bisogno. Infatti, i malviventi, sempre temendo rivolte, evitano di avere amici particolari che possano proteggerli dall’odio pubblico; così, pur continuando a commettere crimini, si assicurano l’impunità. Tuttavia, questa strategia rese Tigellino ancora più odioso, poiché aggiunse all’antica avversione che già suscitava in tutti quella derivante dalle azioni di Vinius. La gente accorreva da tutte le parti nella piazza e nel palazzo; soprattutto il circo e i teatri, luoghi dove la licenziosità del popolo è più diffusa, risuonavano di grida sediziose. Alla fine, Tigellino, dopo aver ricevuto l’ordine di morire alle acque del Sinuso, cercò invano di prolungare la sua vita tra le braccia delle donne; alla fine si tagliò la gola con un rasoio, ponendo così fine a una vita infame con una morte tardiva e disonorevole.
Nello stesso periodo si chiedeva la punizione di Galvia Grispinilla; ma lei riuscì a cavarsela grazie a una serie di sconfitte e a una complicità che non onorava affatto il principe. Aveva avuto Nerone come allievo nel vizio; in seguito, recatasi in Africa per incitare Macer a prendere le armi, cercò apertamente di far morire di fame Roma. Tornata in favore grazie a un matrimonio consolare e sopravvissuta ai regni di Galba, Otone e Vitellio, rimase molto ricca e senza figli: due grandi vantaggi che le garantirono credito in tutti i tempi, buoni o cattivi.
Tuttavia Ottone scriveva a Vitellio lettera dopo lettera, riempiendole di lusinghe tipiche di una donna, offrendogli denaro, favori e qualsiasi rifugio desiderasse per vivere nel piacere; Vitellio rispondeva allo stesso tono. Ma queste offerte reciproche, inizialmente moderate e mascherate da una sciocca e vergognosa dissimulazione, ben presto degenerarono in litigi: entrambi accusavano l’altro con la stessa “verità” dei propri vizi e della propria dissolutezza. Ottone richiamò i delegati di Galba e ne inviò altri, a nome del senato, alle due armate dell’Germania, alle truppe di Lione e alla legione d’Italia. I delegati rimasero accanto a Vitellio, ma in modo troppo facile per far credere che ci fosse stata costrizione da parte sua. Quanto ai pretoriani che Ottone aveva unito loro come “onore”, si affrettò a rimandarli prima che potessero mescolarsi tra le legioni. Fabio Valens consegnò loro delle lettere a nome delle armate dell’Germania, indirizzate alle coorti della città e del pretorio; in queste lettere, parlando con pompa del partito di Vitellio, si esortava i pretoriani ad unirsi a lui. Si rimproverava loro aspramente di aver trasferito a Ottone l’impero che molto tempo prima era stato concesso a Vitellio stesso. Infine, utilizzando promesse e minacce per conquistarli, si trattava con loro come con persone a cui la pace non poteva portare nulla di buono e che quindi non avrebbero potuto sostenere una guerra. Ma tutto ciò non scosse affatto la fedeltà dei pretoriani.
Allora Ottone e Vitellio decisero di inviare degli assassini, uno in Germania e l’altro a Roma, ma entrambi i tentativi risultarono inutili. Gli assassini di Vitellio, mescolati tra una così grande folla di persone sconosciute le une alle altre, non furono scoperti; mentre quelli di Ottone furono presto traditi dalla novità dei loro volti in mezzo a persone che si conoscevano tutte. Vitellio scrisse a Tizio, fratello di Ottone, dicendo che la vita sua e quella dei suoi figli avrebbero risposto delle azioni compiute contro sua madre e i suoi bambini. Entrambe le famiglie furono risparmiate. Si dubitò del motivo della clemenza di Ottone; ma Vitellio, essendo il vincitore, ottenne tutto l’onore che ne derivava.
La prima notizia che diede fiducia a Ottone provenne dall’Illiria, dove apprese che le legioni della Dalmazia, della Pannonia e della Mesia avevano giurato fedeltà in suo nome. Ricevette un messaggio simile anche dalla Spagna e, con un editto, lodò Cluvio Rufo; tuttavia, poco dopo si seppe che la Spagna si era schierata dalla parte di Vitellio. Anche l’Aquitania, che Giulio Cordo aveva fatto dichiarare a favore di Ottone, non gli rimase fedele. Poiché non c’era alcun legame di fede o affetto tra le varie province, ognuna si schierò da una parte o dall’altra in base alle proprie paure e speranze. Anche la provincia della Narbona, spinta dal terrore, dichiarò fedeltà a Vitellio, che, essendo il più vicino e il più potente, sembrava di gran lunga il candidato più legittimo. Le province più lontane, quelle separate dal mare dalle truppe di Ottone, rimasero comunque dalla sua parte, meno per amore verso di lui che a causa del grande peso che il nome di Roma e l’autorità del senato esercitavano sul suo partito; inoltre, c’era una naturale tendenza a sostenere il primo imperatore riconosciuto ufficialmente. L’esercito della Giudea, sotto la guida di Vespasiano, e le legioni della Siria, sotto il comando di Muciano, giurarono fedeltà a Ottone. L’Egitto e tutte le province d’Oriente riconobbero la sua autorità; anche l’Africa gli prestò obbedienza, seguendo l’esempio di Cartagine, dove Crescens, un liberto di Nerone che si era unito alle attività politiche della repubblica in tempi di crisi, organizzò feste per celebrare la nuova elezione imperiale, mentre il popolo si abbandonava con entusiasmo a queste celebrazioni. Anche le altre città imitarono Cartagine. In questo modo, eserciti e province erano così divisi che Vitellio aveva bisogno dei successi militari per poter prendere possesso dell’impero.
Pour Othon, il faisait comme en pleine paix les fonctions d’empereur, quelquefois soutenant la dignité de la république, mais plus souvent l’avilissant en se hâtant de régner. Il désigna son frère Titianus consul avec lui, jusqu’au premier de mars ; et, cherchant à se concilier l’armée d’Allemagne, il destina les deux mois suivants à Verginius, auquel il donna Poppoeus Vopiscus pour collègue, sous prétexte d’une ancienne amitié, mais plutôt, selon plusieurs, pour faire honneur aux Viennois. Il n’y eut rien de changé pour les autres consulats aux nominations de Néron et de Galba. Deux Sabinus, Coelius et Flave, restèrent désignés pour mai et juin ; Arius Antonius et Marius Gelsus, pour juillet et août ; honneur dont Vitellius même ne les priva pas après sa victoire. Othon mit le comble aux dignités des plus illustres vieillards en y ajoutant celles d’augures et de pontifes, et consola la jeune noblesse récemment rappelée d’exil en lui rendant le sacerdoce, dont avoient joui ses ancêtres. Il rétablit dans le sénat Cadius Rufus, Pedius Bloesus, et Sevinus Promptinus, qui en avoient été chassés sous Claude pour crime de concussion. L’on s’avisa, pour leur pardonner, de changer le mot de rapine en celui de lèse-majesté ; mot odieux en ces temps-là, et dont l’abus faisait tort aux meilleures lois.
Il étendit aussi ses grâces sur les villes et les provinces. Il ajouta de nouvelles familles aux colonies d’Hispalis et d’Emerita : il donna le droit de bourgeoisie romaine à toute la province de Langres ; à celle de la Bétique, les villes de la Mauritanie ; à celles d’Afrique et de Cappadoce, de nouveaux droits trop brillants pour être durables. Tous ces soins et les besoins pressants qui les exigeaient ne lui firent point oublier ses amours ; et il fit rétablir, par décret du sénat, les statues de Poppée. Quelques-uns relevèrent aussi celles de Néron ; l’on dit même qu’il délibéra s’il ne lui ferait point une oraison funèbre pour plaire à la populace. Enfin le peuple et les soldats, croyant bien lui faire honneur, crièrent durant quelques jours, Vive Néron Othon : acclamations qu’il feignit d’honorer, n’osant les défendre, et rougissant de les permettre.
Cependant, uniquement occupés de leurs guerres civiles, les Romains abandonnaient les affaires de dehors. Cette négligence inspira tant d’audace aux Roxolans, peuple sarmate, que, dès l’hiver précédent, après avoir défait deux cohortes, ils firent avec beaucoup de confiance une irruption dans la Moesie au nombre de neuf mille chevaux. Le succès, joint à leur avidité, leur faisant plutôt songer à piller qu’à combattre, la troisième légion jointe aux auxiliaires les surprit épars et sans discipline. Attaqués par les Romains en bataille, les Sarmates dispersés au pillage, ou déjà chargés de butin, et ne pouvant dans des chemins glissants s’aider de la vitesse de leurs chevaux, se laissaient tuer sans résistance. Tel est le caractère de ces étranges peuples, que leur valeur semble n’être pas en eux. S’ils donnent en escadrons, à peine une armée peut-elle soutenir leur choc ; s’ils combattent à pied, c’est la lâcheté même. Le dégel et l’humidité, qui faisaient alors glisser et tomber leurs chevaux, leur ôtaient l’usage de leurs piques et de leurs longues épées à deux mains. Le poids des cataphractes, sorte d’armure faite de lames de fer ou d’un cuir très dur qui rend les chefs et les officiers impénétrables aux coups, les empêchait de se relever quand le choc des ennemis les avait renversés ; et ils étaient étouffés dans la neige, qui était molle et haute. Les soldats romains, couverts d’une cuirasse légère, les renversaient à coups de traits ou de lances, selon l’occasion, et les perçoivent d’autant plus aisément de leurs courtes épées, qu’ils n’ont point la défense du bouclier. Un petit nombre échappèrent et se sauvèrent dans les marais, où la rigueur de l’hiver et leurs blessures les firent périr. Sur ces nouvelles, on donna à Rome une statue triomphale à Marcus Apronianus, qui commandait en Moesie, et les ornements consulaires à Fulvius Aurelius, Julianus Titius, et Numisius Lupus, colonels des légions. Othon fut charmé d’un succès dont il s’attribuait l’honneur, comme d’une guerre conduite sous ses auspices et par ses officiers, au profit de l’état.
Tout-à-coup il s’éleva sur le plus léger sujet, et du côté dont on se défiait le moins, une sédition qui mit Rome à deux doigts de sa ruine. Othon, ayant ordonné qu’on fît venir dans la ville la dix-septième cohorte qui était à Ostie, avait chargé Varius Crispinus, tribun prétorien, du soin de la faire armer. Crispinus, pour prévenir l’embarras, choisit le temps où le camp était tranquille et le soldat retiré, et, ayant fait ouvrir l’arsenal, commença, dès l’entrée de la nuit, à faire charger les fourgons de la cohorte. L’heure rendit le motif suspect ; et ce qu’on avait fait pour empêcher le désordre en produisit un très grand. La vue des armes donna à des gens pris de vin la tentation de s’en servir. Les soldats s’emportent, et, traitant de traîtres leurs officiers et tribuns, les accusent de vouloir armer le sénat contre Othon. Les uns, déjà ivres, ne savaient ce qu’ils faisaient ; les plus méchants ne cherchaient que l’occasion de piller : la foule se laissait entraîner par son goût ordinaire pour les nouveautés, et la nuit empêchait qu’on ne pût tirer parti de l’obéissance des sages. Le tribun, voulant réprimer la sédition, fut tué, de même que les plus sévères centurions ; après quoi, s’étant saisis des armes, ces emportés montèrent à cheval, et, l’épée à la main, prirent le chemin de la ville et du palais.
Othon donnait un festin ce jour-là à ce qu’il y avait de plus grand à Rome dans les deux sexes. Les convives, redoutant également la fureur des soldats et la trahison de l’empereur, ne savaient ce qu’ils devaient craindre le plus, d’être pris s’ils demeuraient, ou d’être poursuivis dans leur fuite ; tantôt affectant de la fermeté, tantôt décelant leur effroi, tous observaient le visage d’Othon, et, comme on était porté à la défiance, la crainte qu’il témoignait augmentait celle qu’on avait de lui. Non moins effrayé du péril du sénat que du sien propre, Othon chargea d’abord les préfets du prétoire d’aller apaiser les soldats, et se hâta de renvoyer tout le monde. Les magistrats fuyaient çà et là, jetant les marques de leurs dignités ; les vieillards et les femmes, dispersés par les rues dans les ténèbres, se dérobaient aux gens de leur suite. Peu entrèrent dans leurs maisons ; presque tous cherchèrent chez leurs amis et les plus pauvres de leurs clients des retraites mal assurées.
Les soldats arrivèrent avec une telle impétuosité, qu’ayant forcé l’entrée du palais ils blessèrent le tribun Julius Martialis et Vitellius Saturninus qui tâchaient de les retenir, et pénétrèrent jusque dans la salle du festin, demandant à voir Othon. Partout ils menaçaient des armes et de la voix, tantôt leurs tribuns et centurions, tantôt le corps entier du sénat : furieux et troublés d’une aveugle terreur, faute de savoir à qui s’en prendre, ils en voulaient à tout le monde. Il fallut qu’Othon, sans égard pour la majesté de son rang, montât sur un sofa, d’où, à force de larmes et de prières, les ayant contenus avec peine, il les renvoya au camp, coupables et mal apaisés. Le lendemain les maisons étaient fermées, les rues désertes, le peuple consterné, comme dans une ville prise ; et les soldats baissaient les yeux moins de repentir que de honte. Les deux préfets, Proculus et Firmus, parlant avec douceur ou dureté, chacun selon son génie, firent à chaque manipule des exhortations qu’ils conclurent par annoncer une distribution de cinq mille sesterces par tête. Alors, Othon, ayant hasardé d’entrer dans le camp, fut environné des tribuns et des centurions, qui, jetant leurs ornements militaires, lui demandaient congé et sûreté. Les soldats sentirent le reproche, et, rentrant dans leur devoir, criaient qu’on menât au supplice les auteurs de la révolte.
Au milieu de tous ces troubles et de ces mouvements divers, Othon voyait bien que tout homme sage désirait un frein à tant de licence ; il n’ignorait pas non plus que les attroupements et les rapines mènent aisément à la guerre civile une multitude avide des séditions qui forcent le gouvernement à la flatter. Alarmé du danger où il voyait Rome et le sénat, mais jugeant impossible d’exercer tout d’un coup avec la dignité convenable un pouvoir acquis par le crime, il tint enfin le discours suivant :
For Otho, he performed the duties of an emperor in what seemed like a time of peace—sometimes upholding the dignity of the republic, but far more often demeaning it by rushing to assume power. He appointed his brother Titianus as consul alongside himself until March 1st; and in an attempt to win over the army of Germany, he assigned the following two months to Verginius, appointing Poppoeus Vopiscus as his colleague, ostensibly on account of their old friendship, but perhaps more likely to please the people of Vienna. As for the other consulships, Nero and Galba were once again appointed. Two Sabinus brothers, Coelius and Flave, were designated for May and June; Arius Antonius and Marius Gelsus for July and August—a distinction that even Vitellius did not revoke after his victory. Otho went so far as to confer upon the most distinguished elders the additional honors of augur and pontiff, and he also restored to the newly recalled young nobility their ancestral right to hold priestly offices. In the senate, Cadius Rufus, Pedius Bloesus, and Sevinus Promptinus were reinstated after having been expelled by Claudius for crimes of bribery. To pardon them, people simply changed the term “bribery” to “high treason”—an offensive phrase in those times, whose misuse often undermined even the most just laws.
He also extended his favors to cities and provinces alike. He added new families to the colonies of Hispalis and Emerita; he granted Roman citizenship to the entire province of Langres; to that of Baetica, the cities of Mauretania; and to those of Africa and Cappadocia, new rights so dazzling as to be unlikely to endure. All these efforts and the pressing needs they entailed did not cause him to forget his amorous pursuits; and he ordered the senate to restore the statues of Poppaea. Some also restored those of Nero; it is even said that he considered whether to deliver a eulogy for him in order to please the populace. In the end, the people and soldiers, believing they were doing him great honor, cried out “Long live Nero Otho” for several days. He pretended to appreciate these cheers, not daring to defend them but also feeling ashamed to allow them.
However, being solely preoccupied with their civil wars, the Romans neglected external affairs. This negligence inspired such audacity in the Roxolans, a Sarmate people, that the previous winter, after defeating two cohorts, they boldly launched an invasion of Moesia with an army of nine thousand cavalry. Their success, coupled with their greed—which drove them more towards plunder than battle—led to their defeat when the third legion, along with auxiliary forces, caught them scattered and disorganized. Attacked in battle by the Romans, the Sarmates, who were either engaged in looting or already burdened with plunder, and unable to utilize the speed of their horses on the slippery terrain, were slaughtered without resistance. Such was the nature of these strange peoples—their so-called bravery seemed to reside not within them. When they fought in formation, scarcely an entire army could withstand their onslaught; when they fought on foot, they displayed pure cowardice. The thaw and moisture made their horses slip and fall; the heavy armor of the cataphracts, consisting of iron plates or extremely tough leather, rendered both commanders and officers impervious to blows, preventing them from rising after being knocked down. Moreover, they struggled to breathe in the deep, soft snow. The lightly armored Roman soldiers overthrew them with arrows or spears, and their short swords allowed them to strike with even greater ease since the Sarmates lacked the protection of shields. A few managed to escape and hide in the marshes, but there they perished due to the harsh winter conditions and their injuries. Upon hearing these news, Rome awarded a triumphal statue to Marcus Apronianus, who was commanding in Moesia, and conferred consulial honors on Fulvius Aurelius, Julianus Titius, and Numisius Lupus, the colonels of those legions. Otho was delighted by this success, which he claimed as his own, as if it were a war waged under his auspices and by his officers for the benefit of the state.
Suddenly, a rebellion arose on the most seemingly insignificant issue—and from the very direction that was least expected to pose a threat. This uprising brought Rome to the brink of ruin. Otho had ordered the seventeenth cohort, which was stationed at Ostia, to be brought into the city and had entrusted Varius Crispinus, a praetorian tribune, with the task of equipping them. To avoid any delays, Crispinus chose a time when the camp was peaceful and the soldiers were resting. Once the arsenal was opened, he began loading the cohort’s vehicles as soon as night fell. However, the timing of these actions raised suspicions; what had been intended to prevent disorder actually led to one of great magnitude. The sight of weapons gave drunken men the temptation to use them. The soldiers seized control, accusing their officers and tribunes of plotting to arm the Senate against Otho. Some, already intoxicated, had no idea what they were doing; others were simply looking for an opportunity to plunder. The crowd, driven by its habitual craving for novelty, allowed itself to be led astray—while the darkness prevented those who sought to maintain order from taking action. The tribune, attempting to suppress the rebellion, was killed, along with several stern-minded centurions. After that, these frenzied men seized arms and, armed with swords, headed toward the city and the palace.
On that day, Otho held a banquet for the most distinguished individuals of both sexes in Rome. The guests, fearing both the wrath of the soldiers and the betrayal of the emperor, did not know what to fear more—whether they would be captured if they stayed or pursued if they fled. Sometimes putting on an air of firmness, sometimes revealing their fear, they all watched Otho’s expression closely. And since suspicion was rife, the fear he displayed only increased their own dread of him. Equally terrified by the danger to the senate as by his own peril, Otho first ordered the prefects of the praetorium to go and calm the soldiers, then hurriedly sent everyone away. The magistrates fled in all directions, discarding the symbols of their authority; the elderly and women, scattered throughout the streets in the darkness, managed to escape their attendants. Few returned to their homes; almost all sought refuge with their friends or among the poorest of their clients, in places that offered little protection.
The soldiers arrived with such impetuosity that, having forced their way into the palace, they wounded the tribunes Julius Martialis and Vitellius Saturninus, who tried to stop them, and penetrated all the way into the banquet hall, demanding to see Otho. Everywhere they threatened those around them with both weapons and words—now addressing their own tribunes and centurions, now referring to the entire senate. Furious and overcome by blind terror, and not knowing whom to blame, they resented everyone. Otho, disregarding the dignity of his rank, had to climb onto a sofa; there, through tears and prayers, he barely managed to calm them down and sent them back to camp, guilty and still unsettled. The next day, houses were closed, streets deserted, and the people in utter dismay, as if the city had been taken. The soldiers lowered their eyes, not out of repentance so much as out of shame. The two prefects, Proculus and Firmus, spoke either gently or sternly, depending on their temperament, and addressed each unit, concluding their speeches with the announcement of a distribution of five thousand sesterces per soldier. Then Otho, daring to enter the camp again, was surrounded by tribunes and centurions who, throwing off their military insignia, begged him for permission to leave and for safety. The soldiers, feeling reproached, once more remembered their duty and demanded that the instigators of the rebellion be brought to justice.
Amidst all these troubles and various movements, Otho clearly saw that any wise man would desire some restraint to be placed on such license; he was also well aware that crowds and plunderings could easily lead to civil war, especially among those who thirsted for rebellion and thus forced the government to indulge their desires. Alarmed by the danger he perceived for Rome and the Senate, yet recognizing it as impossible to immediately exercise, with due dignity, a power that had been acquired through crime, he ultimately delivered the following speech:
Per Ottone, agire come imperatore sembrava avvenire in tempo di pace: a volte sosteneva la dignità della repubblica, ma più spesso la umiliava affrettandosi a regnare. Designò suo fratello Tiziano come console insieme a sé, fino al primo marzo; nel tentativo di guadagnarsi l’affetto dell’esercito d’Germania, assegnò i due mesi successivi a Verginio, nominandogli Poppaeo Vopisco come collega, con il pretesto di un’antica amicizia, ma probabilmente più per onorare i cittadini di Vienna. Per quanto riguarda gli altri incarichi consolari, le nomina di Nerone e Galba non subirono alcun cambiamento: due Sabini, Coelio e Flavo, furono designati per maggio e giugno; Ario Antonio e Mario Gelso per luglio e agosto; onori che nemmeno Vitellio negò loro dopo la sua vittoria. Ottone elevò al massimo grado le dignità dei più illustri anziani, conferendo loro anche quelle di auguri e pontefici; inoltre, restituì il sacerdozio alla giovane nobiltà appena rimpatriata dall’esilio, onore che i suoi antenati avevano goduto. Riportò nel senato Cazio Rufo, Pedio Bloeso e Sevino Promptino, che erano stati espulsi da Claudio per reati di concussione; per perdonarli, si decise di modificare il termine “rapina” in “lesa maestà”: un termine odioso a quei tempi, e l’abuso del quale violava le migliori leggi.
Estese anche le sue grazie alle città e alle province. Aggiunse nuove famiglie alle colonie di Hispalis ed Emerita; concesse il diritto di cittadinanza romana a tutta la provincia di Langres; alla provincia della Betica, alle città della Mauritania; a quelle d’Africa e di Cappadocia, nuovi diritti troppo lusinghieri per poter durare a lungo. Tutti questi provvedimenti e le esigenze urgenti che ne derivavano non lo fecero dimenticare i suoi amori; e ordinò al senato di far ristabilire le statue di Poppea. Alcuni ristabilirono anche quelle di Nerone; si dice persino che considerasse l’idea di pronunciare un elogio funebre per lui, al fine di compiacere la plebe. Infine, il popolo e i soldati, credendo di rendergli onore, gridarono per alcuni giorni “Viva Nerone Ottone”; acclamazioni che egli fingeva di apprezzare, senza osare difenderle, e arrossendo al solo pensiero di permetterle.
Tuttavia, essendo completamente assorbiti dalle loro guerre civili, i Romani trascuravano gli affari esteri. Questa negligenza incoraggiò grandemente i Roxolani, un popolo sarmato: già nell’inverno precedente, dopo aver sconfitto due coorti, essi invasero la Mesia con una forza di novemila cavalieri, pieni di fiducia in se stessi. Il successo, unito alla loro avidità che li spingeva più verso il saccheggio che al combattimento, permise alla terza legione e agli ausiliari di coglierli impreparati e senza disciplina. Attaccati dai Romani in battaglia, i Sarmati, dispersi tra le operazioni di saccheggio o già impegnati a trasportare il bottino, non riuscirono a sfruttare la velocità dei loro cavalli sui sentieri scivolosi e furono annientati senza resistenza. Ecco il carattere di questi strani popoli: la loro “valore” sembra in realtà non risiedere in loro stessi. Se combattono a cavallo, a malapena un esercito può resistere al loro impatto; se combattono a piedi, mostrano una vera e propria codardia. Il disgelo e l’umidità rendevano i cavalli scivolosi e li facevano cadere; inoltre, il peso dei loro armamenti pesanti impediva loro di rialzarsi dopo essere stati rovesciati dagli attacchi nemici; in più, erano soffocati dalla neve alta e molle. I soldati romani, protetti da una leggera armatura, li sconfiggevano facilmente con frecce o lance, e le loro corti spade permettevano di colpirli con maggiore efficacia, poiché i Sarmati non disponevano della difesa offerta dagli scudi. Pochi riuscirono a fuggire e si salvarono nelle paludi, dove però morirono a causa del freddo intenso e delle loro ferite. Alla notizia di questa vittoria, a Roma fu eretta una statua trionfale in onore di Marco Apronianus, comandante nella Mesia, e furono conferiti titoli consolari a Fulvio Aurelio, Giuliano Titio e Numisio Lupo, colonnelli delle legioni. Ottone fu molto compiaciuto di questo successo, che attribuì a sé stesso, come se fosse stato ottenuto sotto i suoi auspici e grazie ai suoi ufficiali, a beneficio dello Stato.
All’improvviso scoppiò una rivolta su un argomento apparentemente insignificante, proprio da quella parte di cui ci si aspettava meno problemi; questa rivolta portò Roma sull’orlo della rovina. Ottone aveva ordinato di far trasferire nella città la diciassettesima coorte, che si trovava a Ostia, e aveva incaricato Varius Crispinus, tribuno pretorio, di occuparsi del suo armamento. Per evitare intoppi, Crispinus scelse un momento in cui il campo era tranquillo e i soldati si trovavano nei loro alloggi; aprì l’arsenale e iniziò a caricare le armi sui carri della coorte non appena calò la notte. Tuttavia, quell’azione fu interpretata come un segno di tradimento; ciò che era stato fatto per prevenire il disordine finì invece per scatenarlo. La vista delle armi spinse alcune persone ubriache a usarle; i soldati si ribellarono, accusando i loro ufficiali e tribuni di voler armare il senato contro Ottone. Alcuni, già ubriachi, non sapevano nemmeno ciò che stavano facendo; i peggiori cercavano soltanto l’occasione per saccheggiare. La folla, spinta dal proprio desiderio di novità, si lasciò trascinare da questa follia, e la notte impedì che gli uomini saggi potessero intervenire per ripristinare l’ordine. Il tribuno, nel tentativo di sedare la rivolta, fu ucciso, così come i centurioni più severi; dopo di ciò, quegli uomini presero le armi e si diressero verso la città e il palazzo, con la spada in mano.
Quel giorno Ottone organizzò un banchetto per le persone più importanti di Roma, sia di sesso maschile che femminile. I convitati, temendo allo stesso tempo la furia dei soldati e la tradizione dell’imperatore, non sapevano quale pericolo fosse più grande: essere catturati se rimanevano, o essere inseguiti nella fuga. A volte fingevano fermezza, altre volte mostravano il loro terrore; tutti osservavano il volto di Ottone, e poiché erano inclini alla diffidenza, la paura che lui stesso manifestava aumentava ancora di più quella che provavano nei suoi confronti. Altrettanto spaventato per il pericolo del senato quanto per il proprio, Ottone incaricò prima i prefetti del pretorio di andare a placare i soldati, e si affrettò a congedare tutti. I magistrati fuggivano in ogni direzione, gettando via i segni della loro dignità; gli anziani e le donne, dispersi per le strade nelle tenebre, cercavano di sfuggire alle persone che li seguivano. Pochi rientrarono nelle loro case; quasi tutti cercarono rifugio presso amici o tra i più poveri dei loro clienti, in luoghi poco sicuri.
I soldati arrivarono con tale impeto che, forzando l’ingresso del palazzo, ferirono il tribuno Giulio Martelliano e Vitellio Saturnino, i quali cercavano di trattenerli, e penetrarono fino nella sala del banchetto, chiedendo di vedere Ottone. Dappertutto minacciavano con le armi e a parole, ora i loro tribuni e centurioni, ora l’intero senato: furiosi e presi da un terrore cieco, non sapendo a chi rivolgersi, incolpavano tutti. Fu necessario che Ottone, senza curarsi della maestà del proprio rango, salisse su un divano; lì, con lacrime e preghiere, riuscì a calmarli a malapena, poi li rimandò al campo, pieni di colpa e ancora turbati. Il giorno seguente, le case erano chiuse, le strade deserte, il popolo sconvolto, come in una città conquistata; i soldati abbassavano lo sguardo più per vergogna che per pentimento. I due prefetti, Proculo e Firmo, parlando ora con dolcezza, ora con durezza, a seconda del loro temperamento, esortarono ciascuna unità militare, concludendo le loro parole con l’annuncio di una distribuzione di cinquemila sesterzi a testa. Allora Ottone, osando entrare nel campo, fu circondato dai tribuni e dai centurioni, i quali, gettando via i loro ornamenti militari, gli chiesero permesso di andarsene e garanzie di sicurezza. I soldati, sentendo questo rimprovero, tornarono al loro dovere e gridavano che gli autori della rivolta venissero messi a morte.
In mezzo a tutti questi turbamenti e movimenti diversi, Ottone vedeva chiaramente che ogni uomo saggio desiderava un freno a tanta licenzia; non ignorava inoltre che le folle e i saccheggi portavano facilmente alla guerra civile una moltitudine avida di sedizioni che costringevano il governo ad accontentarle. Allarmato dal pericolo che minacciava Roma e il senato, ma ritenendo impossibile esercitare all’improvviso, con la dignità dovuta, un potere ottenuto attraverso il crimine, tenne infine il seguente discorso:
« Compagnons, je ne viens ici ni ranimer votre zèle en ma faveur, ni réchauffer votre courage ; « je sais que l’un et l’autre ont toujours la même vigueur : je viens vous exhorter au contraire à les contenir dans de justes bornes. Ce n’est ni l’avarice ou la haine, causes de tant de troubles dans les armées, ni la calomnie ou quelque vaine terreur, c’est l’excès seul de votre affection pour moi qui a produit avec plus de chaleur que de « raison le tumulte de la nuit dernière ; mais, avec les motifs les plus honnêtes, une conduite inconsidérée peut avoir les plus funestes effets. Dans la guerre que nous allons commencer, est-ce le temps de communiquer à tous chaque avis qu’on reçoit, et faut-il délibérer de chaque chose devant tout le monde ? L’ordre des affaires « ni la rapidité de l’occasion ne le permettraient « pas ; et comme il y a des choses que le soldat doit savoir, il y en a d’autres qu’il doit ignorer. L’autorité des chefs et la rigueur de la discipline demandent qu’en plusieurs occasions les centurions et les tribuns eux-mêmes ne sachent qu’obéir. Si chacun veut qu’on lui rende raison des ordres qu’il reçoit, c’en est fait de l’obéissance, et par conséquent de l’empire. Que sera-ce lorsqu’on osera courir aux armes dans le temps de la retraite et de la nuit ; lorsqu’un ou deux hommes perdus et pris de vin, car je ne puis croire qu’une telle frénésie en ait saisi davantage, tremperont leurs mains dans le sang de leurs officiers, lorsqu’ils oseront forcer l’appartement de leur empereur !
« Vous agissez pour moi, j’en conviens ; mais combien l’affluence dans les ténèbres et la confusion de toutes choses fournissaient-elles une occasion facile de s’en prévaloir contre moi-même ! S’il était au pouvoir de Vitellius et de ses satellites de diriger nos inclinations et nos esprits, que voudraient-ils de plus que de nous inspirer la discorde et la sédition, qu’exciter à la révolte le soldat contre le centurion, le centurion contre le tribun, et, gens de cheval et de pied, nous entraîner ainsi tous pêle-mêle à notre perte ? Compagnons, c’est en exécutant les ordres des chefs et non en les contrôlant qu’on fait heureusement la guerre ; et les troupes les plus terribles dans la mêlée sont les plus tranquilles hors du combat. Les armes et la valeur sont votre partage ; laissez-moi le soin de les diriger. Que deux coupables seulement expient le crime d’un petit nombre : que les autres s’efforcent d’ensevelir dans un éternel oubli la honte de cette nuit, et que de pareils discours contre le sénat ne s’entendent jamais dans aucune armée. Non, les Germains mêmes, que Vitellius s’efforce d’exciter contre nous, n’oseraient menacer ce corps respectable, le chef et l’ornement de l’empire. Quels seraient donc les vrais enfants de Rome ou de l’Italie qui voudraient le sang et la mort des membres de cet ordre, dont la splendeur et la gloire montrent et redoublent l’opprobre et l’obscurité du parti de Vitellius ? S’il occupe quelques provinces, s’il traîne après lui quelque simulacre d’armée, le sénat est avec nous ; c’est par lui que nous sommes la république, et que nos ennemis le sont aussi de l’état. Pensez-vous que la majesté de cette ville consiste dans des amas de pierres et de maisons, monuments sans âme et sans voix, qu’on peut détruire ou rétablir à son gré ? L’éternité de l’empire, la paix des nations, mon salut et le vôtre, tout dépend de la conservation du sénat. Institué solennellement par le premier père et fondateur de cette ville pour être immortel comme elle, et continué sans interruption depuis les rois jusqu’aux empereurs, l’intérêt commun veut que nous le transmettions à nos descendants tel que nous l’avons reçu de nos aïeux : car c’est du sénat que naissent les successeurs à l’empire, comme de vous les sénateurs. »
Ayant ainsi tâché d’adoucir et contenir la fougue des soldats, Othon se contenta d’en faire punir deux : sévérité tempérée, qui nota rien au bon effet du discours. C’est ainsi qu’il apaisa, pour le moment, ceux qu’il ne pou voit réprimer.
Mais le calme n’était pas pour cela rétabli dans la ville. Le bruit des armes y retentissait encore, et l’on y voyait l’image de la guerre. Les soldats n’étaient pas attroupés en tumulte ; mais, déguisés, et dispersés par les maisons, ils épiaient, avec une attention maligne, tous ceux que leur rang, leur richesse ou leur gloire exposaient aux discours publics. On crut même qu’il s’était glissé dans Rome des soldats de Vitellius pour sonder les dispositions des esprits. Ainsi la défiance était universelle, et l’on se croyait à peine en sûreté renfermé chez soi. Mais c’était encore pis en public, où chacun, craignant de paraître incertain dans les nouvelles douteuses ou peu joyeux dans les favorables, courait avec une avidité marquée au-devant de tous les bruits. Le sénat assemblé ne savait que faire, et trouvait partout des difficultés : se taire était d’un rebelle, parler était d’un flatteur ; et le manège de l’adulation n’était pas ignoré d’Othon, qui s’en était servi si longtemps. Ainsi, flottant d’avis en avis sans s’arrêter à aucun, l’on ne s’accordait qu’à traiter Vitellius de parricide et d’ennemi de l’état : les plus prévoyants se contentaient de l’accabler d’injures sans conséquence, tandis que d’autres n’épargnaient pas ses vérités, mais à grands cris, et dans une telle confusion de voix, que chacun profitait du bruit pour l’augmenter sans être entendu.
Des prodiges attestés par divers témoins augmentaient encore l’épouvante. Dans le vestibule du Capitole les rênes du char de la Victoire disparurent. Un spectre de grandeur gigantesque fut vu dans la chapelle de Junon. La statue de Jules César dans l’île du Tibre se tourna, par un temps calme et serein, d’occident en orient. Un bœuf parla dans l’Étrurie. Plusieurs bêtes firent des monstres. Enfin on remarqua mille autres pareils phénomènes qu’on observait en pleine paix dans les siècles grossiers, et qu’on ne voit plus aujourd’hui que quand on a peur. Mais ce qui joignit la désolation présente à l’effroi pour l’avenir fut une subite inondation du Tibre, qui crût à tel point, qu’ayant rompu le pont Sublicius, les débris dont son lit fut rempli le firent refluer par toute la ville, même dans les lieux que leur hauteur semblait garantir d’un pareil danger. Plusieurs furent surpris dans les rues, d’autres dans les boutiques et dans les chambres. À ce désastre se joignit la famine chez le peuple par la disette des vivres et le défaut d’argent. Enfin le Tibre, en reprenant son cours, emporta des îles dont le séjour des eaux avait ruiné les fondements. Mais à peine le péril passé laissa-t-il songer à d’autres choses, qu’on remarqua que la voie flaminienne et le champ de Mars, par où devait passer Othon, étaient comblés. Aussitôt, sans songer si la cause en était fortuite ou naturelle, ce fut un nouveau prodige qui présageait tous les malheurs dont on était menacé.
Ayant purifié la ville, Othon se livra aux soins de la guerre ; et, voyant que les Alpes Pennines, les Cottiennes, et toutes les autres avenues des Gaules étaient bouchées par les troupes de Vitellius, il résolut d’attaquer la Gaule narbonnaise avec une bonne flotte dont il était sûr : car il avait rétabli en légion ceux qui avoient échappé au massacre du pont Milvius, et que Galba avait fait emprisonner ; et il promit aux autres légionnaires de les avancer dans la suite. Il joignit à la même flotte avec les cohortes urbaines plusieurs prétoriens, l’élite des troupes, lesquels servaient en même temps de conseil et de garde aux chefs. Il donna le commandement de cette expédition aux primipilaires Antonius Novellus et Suedius Clemens, auxquels il joignit Emilius Pecensis, en lui rendant le tribunat que Galba lui avait ôté. La flotte fut laissée aux soins d’Oscus, affranchi, qu’Othon chargea d’avoir l’œil sur la fidélité des généraux. À l’égard des troupes de terre, il mit à leur tête Suetonius Paulinus, Marius Celsus, et Annius Gallus ; mais il donna sa plus grande confiance à Licinius Proculus, préfet du prétoire. Cet homme, officier vigilant dans Rome, mais sans expérience à la guerre, blâmant l’autorité de Paulin, la vigueur de Celsus, la maturité de Gallus, tournait en mal tous les caractères, et, ce qui n’est pas fort surprenant, l’emportait ainsi par son adroite méchanceté sur des gens meilleurs et plus modestes que lui.
“Comrades, I have not come here to rekindle your enthusiasm in my favor, nor to strengthen your courage; I know that both remain as strong as ever. Instead, I come to urge you to restrain them within proper limits. It is neither greed nor hatred—causes of so much turmoil in the armies—that are at fault, nor slander or some base fear. It is merely the excessive intensity of your affection for me that led to the chaos of last night, driven more by passion than by reason. Yet, even with the most honorable intentions, reckless behavior can have the most disastrous consequences. In the war we are about to undertake, is now the time to share every opinion received with everyone, or to deliberate on every matter in front of an entire assembly? Neither the order of our affairs nor the urgency of the situation permit this. Moreover, there are things that soldiers must know, and others that they must ignore. The authority of our leaders and the strictness of discipline require that in many situations even centurions and tribunes merely obey without question. If everyone demands an explanation for every order they receive, then obedience is lost—and so is the very foundation of our empire. What will happen when people dare to take up arms during retreat or at night? When one or two drunken men—for I cannot believe such madness could affect more than a few—raise their hands against their officers and even dare to invade the chamber of their emperor!”
“You act on my behalf, I admit that; but how many opportunities did the darkness and the chaos of all things provide to take advantage of that against me! If it were in Vitellius’ and his followers’ power to direct our inclinations and minds, what more could they possibly desire than to inspire discord and rebellion among us—to incite soldiers to revolt against their centurions, centurions against their tribunes, and to lead both cavalry and infantry into a common ruin? My friends, it is by carrying out the orders of our leaders, not by controlling them, that we can win battles successfully; and the most fearsome troops in battle are often the calmest outside of it. Arms and courage are your domain; let me be responsible for directing them. Let only two guilty individuals suffer for the crimes of a few; may the rest strive to bury forever the shame of this night, and may such speeches against the Senate never be heard in any army. No, not even the Germans that Vitellius tries to incite against us would dare threaten this respected body—the head and glory of the empire. What then could those true sons of Rome or Italy possibly want, if not the blood and death of the members of this order, whose splendor and glory only serve to highlight the disgrace and obscurity of Vitellius’ faction? If he occupies some provinces, if he brings along a mere semblance of an army, the Senate is with us; it is through the Senate that we are the republic, and that our enemies are also enemies of the state. Do you really think that the majesty of this city lies in piles of stones and houses—monuments without soul or voice, which can be destroyed or restored at will? The eternity of the empire, the peace of nations, my salvation, and yours—all depend on the preservation of the Senate. Established solemnly by the first father and founder of this city to be as immortal as it itself, and continued without interruption from kings to emperors, the common good demands that we pass it on to our descendants just as we received it from our ancestors. For it is from the Senate that future emperors arise, just as you are the senators of today.”
Having thus tried to moderate and contain the fervor of the soldiers, Otho contented himself with having two of them punished: a measure of severity tempered by moderation, which did not undermine the positive effect of his speech. In this way, he managed to calm, for the time being, those whom he could not suppress outright.
Yet, peace had not been restored to the city for that reason. The sound of weapons could still be heard throughout it, and the specter of war was everywhere visible. The soldiers were not gathered in a tumultuous crowd; rather, disguised and scattered among the houses, they watched with malicious attention all those who, due to their rank, wealth, or fame, were exposed to public discourse. It was even believed that some soldiers of Vitellius had infiltrated Rome in order to gauge the public sentiment. As a result, suspicion was universal, and one hardly felt safe even within one’s own home. But the situation was even worse in public places, where everyone, fearing to appear uncertain about doubtful news or too optimistic about good ones, eagerly sought out every piece of information. The assembled senate did not know what to do and encountered difficulties at every turn: staying silent would be considered rebellious, while speaking would be seen as flattery. Otho was well aware of the art of flattery, having employed it for so long himself. Thus, opinions swung back and forth without settling on anything definite; everyone agreed only on one thing: to call Vitellius a parricide and an enemy of the state. The more cautious among them contented themselves with hurling meaningless insults at him, while others did not hesitate to speak his truth—though only in a loud and chaotic clamor, so that no one could be heard clearly above the noise.
Miracles, attested by various witnesses, only served to increase the terror. In the vestibule of the Capitol, the reins of the chariot of Victory vanished. A giant specter was seen in the chapel of Juno. The statue of Julius Caesar on the island in the Tiber turned, during a calm and serene moment, from west to east. A bull spoke in Etruria; several animals gave birth to monstrous offspring. In short, a thousand such phenomena were observed—phenomena that, in times of peace, would have been dismissed as mere oddities, but which today are only seen when fear reigns. What added to the present desolation and the dread for the future was a sudden inundation of the Tiber, whose waters rose so high that they destroyed the Sublicius Bridge, causing its debris to block the river’s course throughout the city—even in areas seemingly safe from such danger. Many people were caught in the streets, others in shops and homes. To this disaster came famine, caused by a lack of food and money. Finally, when the Tiber returned to its normal flow, it carried away islands whose foundations had been weakened by the rising waters. But before people could even begin to think about other possible dangers, it was discovered that the Flaminian Way and the Field of Mars, along which Octavian was supposed to pass, had been filled in. Once again, whether this was due to natural causes or some other factor, another miracle appeared—another sign of all the misfortunes that loomed ahead.
Having purified the city, Otho devoted himself to military preparations. Seeing that the Alps, the Cottian Mountains, and all other routes into Gaul were blocked by Vitellius’ troops, he resolved to attack Narbonnese Gaul with a powerful fleet—of which he was certain to have control, since he had restored to their legions those who had escaped the massacre at the Milvian Bridge and whom Galba had imprisoned. He also promised the other legionaries that they would be promoted in the future. He joined this fleet along with several praetorian cohorts, the elite troops who served both as advisors and guards for the commanders. He entrusted the command of this expedition to the primipilari Antonius Novellus and Suedius Clemens, adding Emilius Pecensis to their ranks and restoring to him the tribunate that Galba had taken away. Otho left the fleet in the hands of Oscus, a freedman whom he tasked with ensuring the loyalty of the generals. As for the land forces, he placed them under the command of Suetonius Paulinus, Marius Celsus, and Annius Gallus; yet his greatest trust was placed in Licinius Proculus, the prefect of the praetorian guard. This man, a vigilant officer in Rome but lacking military experience, criticized the authority of Paulinus, the vigor of Celsus, and the competence of Gallus, turning every flaw into a point in their disadvantage. Not surprisingly, his cunning malice enabled him to outshine people who were better and more modest than himself.
“Compagni, non sono venuto qui né per rinfocolare il vostro zelo a mio favore, né per ravvivare il vostro coraggio; so che sia l’uno che l’altro rimangono sempre altrettanto forti. Sono venuto invece ad esortarvi a contenerli entrambi entro limiti giusti. Non è né l’avarizia né l’odio, cause di tanti disordini nelle armate, né la calunnia o qualche vana paura; è soltanto l’eccesso della vostra affezione per me che ha generato, con più passione che ragionevolezza, il tumulto di ieri notte. Ma, anche con le motivazioni più oneste, un comportamento imprudente può avere gli effetti più funesti. Nella guerra che stiamo per iniziare, non è certo il momento di comunicare a tutti ogni opinione ricevuta, né di discutere di ogni cosa davanti a tutti. L’ordine delle cose e la rapidità dell’occasione non lo permetterebbero; inoltre, ci sono cose che un soldato deve sapere, e altre che invece deve ignorare. L’autorità dei comandanti e la rigore della disciplina richiedono che, in molte circostanze, anche i centurioni e i tribuni sappiano soltanto obbedire. Se ognuno vorrà che gli vengano spiegate le ragioni degli ordini ricevuti, allora l’obbedienza sarà compromessa, e di conseguenza lo sarà anche l’ordine dell’impero. E cosa accadrà quando qualcuno oserà correre alle armi durante la ritirata o di notte; quando uno o due uomini, ubriachi, perderanno il controllo di sé e verseranno il sangue dei loro ufficiali, quando oseranno violare l’abitazione del loro imperatore!”
“Agite per me, lo ammetto; ma quante opportunità offrivano la confusione e il caos di quel momento per approfittarne contro di me stesso! Se fosse stato in potere di Vitellio e dei suoi seguaci dirigere i nostri desideri e le nostre menti, cosa avrebbero voluto di più se non ispirarci discordia e sedizione, incitare il soldato a ribellarsi contro il centurione, il centurione contro il tribuno, e così trascinare tutti noi verso la nostra rovina? Compagni, è eseguendo gli ordini dei comandanti, non controllandoli, che si vince felicemente una guerra; e le truppe più terribili nella mischia sono quelle più tranquille al di fuori del combattimento. Le armi e il coraggio sono vostri; lasciate che sia io a guidarli. Che solo due colpevoli paghino per il crimine compiuto da pochi: che gli altri si sforzino di seppellire nell’oblio eterno l’umiliazione di quella notte, e che discorsi del genere contro il senato non vengano mai pronunciati in alcuna armata. No, nemmeno i Germani, che Vitellio cerca di incitare contro di noi, oserebbero minacciare questo rispettabile organo, capo e ornamento dell’impero. Quali dunque potrebbero essere i veri figli di Roma o d’Italia che desidererebbero il sangue e la morte dei membri di questo ordine, la cui gloria e splendore dimostrano e raddoppiano l’infamia e l’oscurità del partito di Vitellio? Anche se occupasse alcune province, anche se portasse con sé un simulacro di esercito, il senato è con noi; è attraverso di esso che siamo la repubblica, e che i nostri nemici lo sono anch’essi dello stato. Pensate davvero che la maestà di questa città risieda in cumuli di pietre e case, monumenti senza anima e senza voce, che si possono distruggere o ricostruire a piacimento? L’eternità dell’impero, la pace delle nazioni, il mio salvezzo e il vostro: tutto dipende dalla conservazione del senato. Instituito solennemente dal primo fondatore di questa città per essere immortale come essa stessa, e continuato senza interruzioni dai re fino agli imperatori, l’interesse comune richiede che lo trasmettiamo ai nostri discendenti esattamente come lo abbiamo ricevuto dai nostri antenati: perché è dal senato che nascono i successori all’impero, così come da voi nascono i senatori.”
Avendo così cercato di placare e contenere la furia dei soldati, Ottone si limitò a far punire due di loro: una severità moderata, che non mancò di produrre l’effetto desiderato dal suo discorso. Fu in questo modo che riuscì, per il momento, a calmare coloro che non poteva reprimere completamente.
Ma nonostante ciò, la calma nella città non era ancora stata ristabilita. Il rumore delle armi risuonava ancora nelle strade, e ovunque si potevano vedere i segni della guerra. I soldati non erano radunati in modo tumultuoso; ma, camuffati e dispersi tra le case, spiavano con attenzione tutti coloro che, per il loro rango, la loro ricchezza o la loro gloria, erano esposti a discorsi pubblici. Si credeva persino che alcuni soldati di Vitellio fossero infiltratisi a Roma per sondare le opinioni della gente. Così, l’insicurezza era generale; si riteneva di non essere al sicuro nemmeno restando in casa propria. Ma la situazione era ancora peggiore in pubblico: ognuno, temendo di apparire incerto riguardo alle notizie dubbiose o poco incoraggianti riguardo a quelle positive, correva con grande avidità ad ascoltare qualsiasi voce si diffondesse. Il senato, riunito, non sapeva come comportarsi e incontrava difficoltà ovunque: rimanere in silenzio sarebbe stato considerato un atto di ribellione, mentre parlare avrebbe significato essere accusati di lusinghe; inoltre, Ottone conosceva bene questi metodi di adulazione e li aveva utilizzati per molto tempo. Così, oscillando continuamente tra opinioni diverse senza decidere nulla di certo, tutti concordavano soltanto nel definire Vitellio un parricida e un nemico dello stato: i più cauti si limitavano a insultarlo con parole prive di effetto, mentre altri non esitavano a dire la verità, ma lo facevano gridando, in mezzo a un tale clamore che ognuno approfittava del rumore per rafforzare le proprie accuse senza essere davvero ascoltato.
Prodigi attestati da diversi testimoni aumentavano ancora lo spavento. Nel vestibolo del Campidoglio scomparvero le redini del carro della Vittoria; nella chiesa di Giunone fu visto uno spettro di dimensioni gigantesche; la statua di Giulio Cesare, sull’isola del Tevere, si girò, in un momento di calma e serenità, da ovest a est; in Etruria un bue parlò; diverse bestie assunsero forme mostruose. Infine si osservarono mille altri fenomeni simili, quelli che nei secoli passati si verificavano in tempi di pace, e che oggi si vedono soltanto quando c’è paura. Ma ciò che aggravò ulteriormente la desolazione presente e il terrore per il futuro fu un improvviso allagamento del Tevere: le acque aumentarono così tanto da rompere il ponte Sublicio; i detriti che riempirono il suo letto fecero sì che l’acqua si riversasse in tutta la città, anche in luoghi che sembravano al sicuro da un simile pericolo. Molti furono colti di sorpresa nelle strade, altri nei negozi e nelle case. A questo disastro si aggiunse la carestia, causata dalla mancanza di cibo e di denaro. Infine, il Tevere, riprendendo il suo corso normale, portò via delle isole le cui fondamenta erano state distrutte dall’aumento delle acque. Ma appena il pericolo passò, si iniziò a pensare ad altri eventi: la strada Flaminia e il Campo Marzio, lungo i quali doveva passare Ottone, erano stati riempiti di detriti. Subito, senza considerare se la causa fosse casuale o naturale, questo fu un altro prodigio che preannunciava tutti i mali dai quali si era minacciati.
Dopo aver purificato la città, Ottone si dedicò alle attività militari; e, vedendo che le Alpi Pennine, le Cottiane e tutte le altre vie di accesso alla Gallia erano bloccate dalle truppe di Vitellio, decise di attaccare la Gallia Narbonese con una potente flotta di cui era certo: aveva infatti riportato nelle legioni coloro che erano scampati al massacro sul ponte Milvio e che Galba aveva fatto imprigionare; inoltre promise agli altri legionari di promuoverli in seguito. Aggiunse alla flotta, insieme alle coorti urbane, diversi pretoriani, l’élite delle truppe, i quali svolgevano al contempo il ruolo di consiglieri e guardie dei comandanti. Incaricò Antonius Novellus e Suedius Clemens del comando di questa spedizione, aggiungendo loro Emilius Pecensis, restituendogli il tribunato che Galba gli aveva tolto. La flotta fu affidata a Oscus, un uomo liberto, incaricato di controllare la fedeltà dei generali. Per quanto riguarda le truppe terrestri, ne affidò il comando a Suetonius Paulinus, Marius Celsus e Annius Gallus; ma confidava maggiormente in Licinius Proculus, prefetto del pretorio. Quest’uomo, un ufficiale attento a Roma ma privo di esperienza militare, criticava l’autorità di Paulinus, la fermezza di Celsus e la maturità di Gallus, denigrando così tutti i loro meriti; e, cosa non sorprendente, riusciva con la sua abile malvagità a prevalere su persone migliori e più umili di lui.
Environ ce temps-là, Cornelius Dolabella fut relégué dans la ville d’Aquin, et gardé moins rigoureusement que sûrement, sans qu’on eût autre chose à lui reprocher qu’une illustre naissance et l’amitié de Galba. Plusieurs magistrats et la plupart des consulaires suivirent Othon par son ordre, plutôt sous le prétexte de l’accompagner que pour partager les soins de la guerre. De ce nombre était Lucius Vitellius, qui ne fut distingué ni comme ennemi ni comme frère d’un empereur. C’est alors que les soucis changeant d’objet, nul ordre ne fut exempt de péril ou de crainte. Les premiers du sénat, chargés d’années et amollis par une longue paix, une noblesse énervée et qui avait oublié l’usage des armes, des chevaliers mal exercés, ne faisaient tous que mieux déceler leur frayeur par leurs efforts pour la cacher. Plusieurs cependant, guerriers à prix d’argent et braves de leurs richesses, étalaient par une imbécile vanité des armes brillantes, de superbes chevaux, de pompeux équipages, et tous les apprêts du luxe et de la volupté pour ceux de la guerre. Tandis que les sages veillaient au repos de la république, mille étourdis, sans prévoyance, s’enorgueillissaient d’un vain espoir ; plusieurs, qui s’étaient mal conduits durant la paix, se réjouissaient de tout ce désordre, et tiraient du danger présent leur sûreté personnelle.
Cependant le peuple, dont tant de soins passaient la portée, voyant augmenter le prix des denrées, et tout l’argent servir à l’entretien des troupes, commença de sentir les maux qu’il n’avait fait que craindre après la révolte de Vindex, temps où la guerre allumée entre les Gaules et les légions, laissant Rome et l’Italie en paix, pouvait passer pour externe. Car depuis qu’Auguste eut assuré l’empire aux Césars, le peuple romain avait toujours porté ses armes au loin, et seulement pour la gloire et l’intérêt d’un seul. Les règnes de Tibère et de Caligula n’avoient été que menacés de guerres civiles. Sous Claude les premiers mouvements de Scribonianus furent aussitôt réprimés que connus ; et Néron même fut expulsé par des rumeurs et des bruits plutôt que par la force des armes. Mais ici l’on avait sous les yeux des légions, des flottes, et, ce qui était plus rare encore, les milices de Rome et des prétoriens en armes. L’Orient et l’Occident, avec toutes les forces qu’on laissait derrière soi, eussent fourni l’aliment d’une longue guerre à de meilleurs généraux. Plusieurs, s’amusant aux présages, voulaient qu’Othon différât son départ jusqu’à ce que les boucliers sacrés fussent prêts. Mais, excité par la diligence de Cécina qui avait déjà passé les Alpes, il méprisa de vains délais dont Néron s’était mal trouvé.
Le quatorze de mars il chargea le sénat du soin de la république, et rendit aux proscrits rappelés tout ce qui n’avait point encore été dénaturé de leurs biens confisqués par Néron, don très juste et très magnifique en apparence, mais qui se réduisit presque à rien par la promptitude qu’on avait mise à tout vendre. Ensuite dans une harangue publique il fit valoir en sa faveur la majesté de Rome, le consentement du peuple et du sénat, et parla modestement du parti contraire, accusant plutôt les légions d’erreur que d’audace, sans faire aucune mention de Vitellius, soit ménagement de sa part, soit précaution de la part de l’auteur du discours : car, comme Othon consultait Suétone Paulin et Marius Celsus sur la guerre, on crut qu’il se servait de Galerius Trachalus dans les affaires civiles. Quelques-uns démêlèrent même le genre de cet orateur, connu par ses fréquents plaidoyers et par son style ampoulé, propre à remplir les oreilles du peuple. La harangue fut reçue avec ces cris, ces applaudissements faux et outrés qui sont l’adulation de la multitude. Tous s’efforçaient à l’envi d’étaler un zèle et des vœux dignes de la dictature de César ou de l’empire d’Auguste ; ils ne suivaient même en cela ni l’amour ni la crainte, mais un penchant bas et servile ; et, comme il n’était plus question d’honnêteté publique, les citoyens n’étaient que de vils esclaves flattant leur maître par intérêt. Othon, en partant, remit à Salvius Titianus son frère le gouvernement de Rome et le soin de l’empire.
FIN de la TRADUCTION DU PREMIER LIVRE DE TACITE
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Around this time, Cornelius Dolabella was exiled to the city of Aquin and kept there under less stringent surveillance than might have been necessary; his only offenses were his illustrious birth and his friendship with Galba. Several magistrates and most of the consuls followed Otho at his command, more as a pretext for accompanying him than out of a desire to share in the responsibilities of warfare. Among them was Lucius Vitellius, who held neither the status of an enemy nor that of a brother to an emperor. It was then that, as concerns shifted and no order was safe from peril or fear, the foremost members of the senate—elderly men softened by years of peace—a nobility grown lax and having forgotten how to use arms, and poorly trained knights—all only served to reveal their fear through their attempts to conceal it. Nevertheless, some, being brave men but motivated by greed for wealth, ostentatiously displayed their splendid weapons, fine horses, and extravagant attire, as well as all the trappings of luxury and indulgence that are associated with warfare. While the wise worked to ensure the peace of the republic, countless reckless individuals, devoid of foresight, reveled in vain hopes; many who had misbehaved during times of peace now delighted in this chaos, seeing in the present danger a means to secure their own safety.
However, the common people, whose concerns extended far beyond their immediate surroundings, saw the prices of goods rise and all the money being used to support the troops. They began to feel the hardships they had only feared after Vindex’s rebellion—a time when the war waged between Gaul and the legions, leaving Rome and Italy untouched, could have been mistaken for an external conflict. For since Augustus had secured the empire for the Caesars, the Roman people had always carried their arms far away, solely for the glory and benefit of one individual. The reigns of Tiberius and Caligula had only seen threats of civil war. Under Claudius, Scribonianus’s initial movements were swiftly suppressed as soon as they were detected; even Nero was ousted more by rumors and hearsay than by force of arms. But now, legions and fleets were stationed right before their eyes—and what was even rarer, the armed militias of Rome and the Praetorian Guard stood ready. The East and the West, with all their resources at hand, could have provided the means for a prolonged war if led by better generals. Some, taking omens seriously, suggested that Otho delay his departure until the sacred shields were prepared. But, spurred on by Cecina’s diligent preparations which had already seen him cross the Alps, he scorned such futile delays—a mistake Nero himself had once made.
On March 14th, he entrusted the senate with the responsibility for governing the republic and returned to those who had been exiled all that of their confiscated property which had not yet been seized by Nero. This seemed like a very just and generous gesture, but in reality, it meant little due to the haste with which everything was sold off. Later, in a public speech, he emphasized the majesty of Rome, the consent of both the people and the senate, and spoke modestly of those who opposed him, accusing them more of error than of audacity. He did not mention Vitellius at all—either out of consideration for him or as a precaution on the part of the speaker. Since Otho was consulting Suetonius Paulinus and Marius Celsus regarding military matters, it was assumed that he was also relying on Galerius Trachalus in civil affairs. Some even speculated about the style of this orator, who was known for his frequent speeches and his grandiose rhetoric, suited to please the masses. The speech was met with false and exaggerated cheers and applause—the very embodiment of public flattery. Everyone vied with one another to display zeal and loyalty befitting the dictatorship of Caesar or the empire of Augustus; yet they did so not out of genuine love or fear, but out of base servility. And since there was no longer any talk of public integrity, citizens were nothing more than vile slaves flattering their master for personal gain. Upon leaving, Otho entrusted his brother Salvius Titianus with the governance of Rome and the administration of the empire.
End of the translation of the first book by Tacite.
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Intorno a quel tempo, Cornelius Dolabella fu confinato nella città di Aquino e tenuto sotto sorveglianza meno rigorosa che sicura; non gli si poteva rimproverare altro se non un’illustre nascita e l’amicizia con Galba. Diversi magistrati e la maggior parte dei consolari seguirono Otono per suo ordine, più che altro con il pretesto di accompagnarlo piuttosto che per partecipare alle attività belliche. Tra questi c’era anche Lucius Vitellius, che non fu considerato né nemico né fratello di un imperatore. Fu in quel periodo che, poiché le preoccupazioni cambiarono oggetto, nessun ordine fu esente da pericoli o timori. I membri anziani del senato, ormai invecchiati e abituati a una lunga pace, una nobiltà indebolita che aveva dimenticato l’uso delle armi, e cavalieri poco addestrati, non facevano altro che rivelare ancora di più la loro paura con i tentativi di nasconderla. Tuttavia, alcuni, guerrieri soltanto per denaro e coraggiosi grazie alle proprie ricchezze, ostentavano in modo sciocco armi lucenti, cavalli magnifici, equipaggi sfarzosi, insomma tutti gli ornamenti del lusso e della voluttà tipici di chi si dedica alla guerra. Mentre i saggi vegliavano sul riposo della repubblica, mille persone imprudenti si gonfiavano di vane speranze; molti, che avevano agito male durante la pace, si rallegravano di tutto quel disordine e traevano dalla situazione pericolosa un vantaggio personale.
Tuttavia, il popolo, di cui tanti interessi andavano al di là del controllo diretto dei governanti, vedendo aumentare i prezzi delle merci e tutto l’oro destinato al mantenimento delle truppe, iniziò a percepire i mali che aveva soltanto temuto dopo la rivolta di Vindex. In quel periodo, la guerra scatenata tra le Gallie e le legioni, lasciando Roma e l’Italia in pace, poteva sembrare una guerra esterna. Infatti, da quando Augusto aveva assicurato l’impero ai Cesari, il popolo romano aveva sempre portato le armi lontano da casa, soltanto per la gloria e l’interesse di un unico sovrano. I regni di Tiberio e Caligula avevano conosciuto solo minacce di guerre civili; sotto Claudio, i primi movimenti di Scribonianus furono immediatamente repressi non appena vennero scoperti; persino Nerone fu spodestato più a causa di voci e rumori che per la forza delle armi. Ma questa volta, davanti ai loro occhi c’erano legioni, flotte militari, e – cosa ancora più preoccupante – le milizie di Roma e i pretoriani armati. L’Oriente e l’Occidente, con tutte le risorse che venivano lasciate indietro, avrebbero potuto fornire i mezzi per una lunga guerra a generali più capaci. Molti, interpretando alcuni presagi, suggerirono a Ottone di rimandare la sua partenza fino a quando gli scudi sacri non fossero stati pronti; tuttavia, spinto dall’impegno di Cecina che aveva già attraversato le Alpi, egli disprezzò queste inutili dilazioni, proprio come Nerone si era pentito in seguito.
Il 14 marzo affidò al senato la responsabilità della repubblica e restituì ai proscritti richiamati tutto ciò che dei loro beni confiscati da Nerone non era ancora stato distrutto; un dono apparentemente molto giusto e generoso, ma che in realtà si riduceva a poco, data la rapidità con cui tutto veniva venduto. Successivamente, in un discorso pubblico, sottolineò a proprio favore la maestosità di Roma, il consenso del popolo e del senato, e parlò con modestia dell’opposizione, accusando le legioni piuttosto di errore che di audacia, senza mai menzionare Vitellio: sia per prudenza da parte sua, sia per cautela da parte dell’autore del discorso; infatti, poiché Ottone si consultava con Svetone Paolo e Mario Celso riguardo alla guerra, si pensò che utilizzasse Galerio Trachalo anche nelle questioni civili. Alcuni addirittura identificarono lo stile di questo oratore, noto per i suoi frequenti discorsi e il suo linguaggio enfatico, tipico di chi cerca di conquistare l’attenzione della folla. Il discorso fu accolto da grida e applausi falsi e esagerati, segni evidenti dell’adulazione della moltitudine. Tutti si sforzavano di dimostrare un zelo e dei desideri degni della dittatura di Cesare o dell’impero di Augusto; ma in realtà non seguivano né amore né paura, bensì un atteggiamento servile e meschino. E poiché ormai non si parlava più di onestà pubblica, i cittadini non erano altro che miserabili schiavi che lusingavano il loro padrone per interesse personale. Alla fine, Ottone affidò a Salvio Tiziano il governo di Roma e la responsabilità dell’impero.
Fine della traduzione del primo libro di Tacito.
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